Plandémie de Covid

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Un Stalingrad pour le gaz naturel

Par : hervek

Par Dmitry Orlov – Le 15 septembre 2021 – Source Club Orlov

 

Le prix au comptant du gaz naturel en Europe a dépassé les 900 dollars par millier de mètres cubes, le seuil psychologiquement important de 1 dollar par mètre cube n’étant pas loin. Il s’agit d’un prix astronomique qui risque de mettre en faillite un grand nombre de compagnies d’énergie européennes tout en provoquant la mort de leurs clients cet hiver.

Rien qu’au Royaume-Uni, où environ 10 000 personnes meurent de froid au cours d’un hiver normal avec des prix normaux, jusqu’à présent, PfP Energy, MoneyPlus Energy, People’s Energy et Utility Point ont dit adieu au monde, leurs clients étant récupérés par l’organisme de réglementation gouvernemental Ofgem. Agissant avec sagesse, Ofgem a augmenté le plafond annuel des prix pour un ménage type de 139 £ pour le porter à 1 277 £.

Qu’est-ce qui se cache derrière tout ce chaos et cette pagaille ? Appelez ça le salaire de la stupidité.

Le Royaume-Uni a tout misé sur les énergies renouvelables – éoliennes et solaires – en ignorant le fait que « s’asseoir dans un jardin anglais en attendant le soleil », comme le chantaient les Beatles, est une quête futile. Et maintenant, il s’avère qu’il n’y a tout simplement pas assez de vent pour faire tourner les turbines. En conséquence, la demande de gaz naturel, qui est le combustible de prédilection pour combler les trous béants dans l’approvisionnement en énergie renouvelable, dépasse ce qui est disponible, ce qui entraîne des prix exorbitants pour l’électricité. Pour rendre les choses encore plus intéressantes, le câble sous-marin qui fournit de l’électricité au Royaume-Uni depuis la France vient de tomber en panne, privant ainsi le pays d’une puissance de 1 GW sur une liaison de 2 GW.

Dans l’Union européenne, le gaz n’a pas été pompé dans les stockages souterrains en quantité suffisante pour passer un hiver normal et modéré, tandis qu’un vortex polaire arctique forçant l’air froid loin au sud épuiserait les réserves bien avant le printemps. Mais il y a aussi de bonnes nouvelles : La société russe Gazprom vient d’achever la pose du dernier tronçon du gazoduc NordStream2, qui relie la côte baltique dans sa région de Leningrad à la côte allemande. Sous réserve des lenteurs bureaucratiques allemandes et des ingérences américaines, il devrait livrer son premier gaz en décembre.

Les Américains sont, bien sûr, livides et les sénateurs républicains menacent de bloquer les nominations à des postes au sein du département du Trésor parce que l’administration Biden n’a pas réussi à bloquer l’achèvement du gazoduc. Trump voulait vendre du gaz naturel liquéfié américain à l’Europe, mais Biden a fait échouer ce plan et a permis l’achèvement du pipeline. Bien sûr, il n’y a pas assez de gaz naturel liquéfié américain disponible pour faire une différence, et le gaz qu’il y a va en Asie, pas en Europe, car c’est là que les prix sont les plus élevés. « Rien de personnel », comme les Américains aiment à le dire, « juste les affaires ».

Mais la politique est différente des affaires : pour le bien de l’unité politique occidentale, si les Américains ne peuvent ou ne veulent pas vendre suffisamment de gaz à l’Europe, les Européens doivent se taire et se figer lentement dans l’obscurité. Ils ne doivent certainement pas se précipiter et acheter beaucoup de molécules de méthane russes totalitaires pour combler la différence.

En attendant, les entreprises énergétiques européennes voient dans NordStream2 une bouée de sauvetage essentielle. Il est bien moins nuisible sur le plan écologique et plus sain sur le plan économique que ne le serait l’expédition de gaz de schiste liquéfié depuis l’autre côté de l’océan. Le gazoduc est plus court de 2000 km que tous les gazoducs existants vers l’Europe et utilise deux fois moins de stations de pompage. Les Allemands estiment que le lancement de NS2 rendra leur industrie plus écologique et permettra une collaboration avec la Russie dans le domaine des énergies vertes. Plus précisément, à l’avenir, le NS2 pourra transporter une certaine quantité d’hydrogène avec le méthane, qui sera séparé à la livraison et utilisé pour alimenter toutes sortes de choses très dangereuses mais très vertes.

Pendant ce temps, la pauvre Estonie, qui jouxte la région de Leningrad d’où provient le gaz, et qui se trouve à l’extrémité oubliée de ce qui reste de l’Union européenne, a été contrainte de rouvrir sa centrale électrique alimentée par du schiste que les Soviétiques avaient eu la prévoyance de construire pour elle il y a longtemps. Ils l’avaient auparavant fermée parce que la combustion du schiste dégageait de nombreuses molécules de CO2 que Greta pouvait voir depuis Stockholm et qui la mettaient hors d’elle. Mais les prix élevés du gaz naturel ont obligé les Estoniens à oublier le réchauffement climatique et à se ré-soviétiser. De plus, en regardant le golfe de Finlande, large de 80 km, ils ont vu les Finlandais passer un contrat avec la société russe Rosatom pour construire un, voire deux, réacteurs nucléaires, et ils ont pensé : « Oh, eh bien… »

Tout cela est, bien sûr, terrible, mais le Parlement européen est sur le coup, puisqu’il vient d’approuver les détails d’un rapport préparé par Andrius Kubilius, ancien premier ministre de la Lituanie, pays voisin de l’Estonie. Son rapport appelle l’UE à renforcer son potentiel pour contenir la Russie.

À cet égard, les Lituaniens sont un cas exemplaire. Ils ont fermé leur station d’énergie atomique d’Ignalinskaya (comme condition préalable à l’adhésion à l’UE), que les Soviétiques avaient si soigneusement construite pour qu’elle dure jusque dans les années 2030. À la place, ils louent un terminal de regazéification de gaz naturel norvégien, stationné à Klaipeda et appelé « Independence », pour 189 000 dollars par jour. Ils utilisent parfois ce terminal pour acheter du gaz naturel aux Américains… qui à leur tour l’achètent aux Russes, en faisant le plein dans un terminal gazier situé au coin de la rue, dans cette même région de Leningrad, et en le majorant de 100 %. Mais la plupart du temps, ils se contentent d’importer de l’électricité du Belarus voisin, où Rosatom vient d’allumer une nouvelle centrale nucléaire située à proximité de la défunte Ignalinskaya AES.

L'Europe centrale fait bloc contre le projet Nord Stream 2 – EURACTIV.fr

Quoi qu’il en soit, pour en revenir au Parlement européen et à sa lutte contre tout ce qui est russe, le nouveau rapport appelle l’Union européenne à faire pression sur la Russie pour empêcher Moscou de s’immiscer dans les affaires des États membres de l’Est et du Sud de l’UE. À cette fin, Bruxelles devrait devenir le centre unifié unique pour la prise de décisions concernant tout ce qui est anti-russe. En particulier, l’UE devrait être prête à refuser de reconnaître les résultats de l’élection de la Douma d’État russe (qui se tiendra dans les prochains jours), à investir dans des systèmes d’armes qui feraient réfléchir les Russes à deux fois avant de les envahir et, bien sûr, à imaginer de nouvelles sanctions.

Mais, et c’est peut-être le plus important, le rapport invite les institutions européennes à élaborer une stratégie visant à réduire la dépendance de l’Union européenne à l’égard des ressources russes, en particulier les ressources énergétiques, et des technologies russes en matière d’énergie nucléaire. Dans ce contexte, les auteurs du rapport estiment que NordStream2 augmente les risques de « domination russe » et ne devrait pas être mis en service malgré le fait que la situation du gaz naturel en Europe soit des plus catastrophiques, malgré qu’il ait déjà été construit et que Gazprom prévoit sa mise en service en décembre prochain.

C’est tout à fait logique, car l’énorme flambée actuelle du prix du gaz naturel en Europe est évidemment la faute de Gazprom (si ce n’est pas directement celle de Vladimir Poutine), qui n’a pas augmenté volontairement le flux de gaz à l’exportation au-delà du montant convenu par contrat. C’est un argument formidable si la directive première est de blâmer la Russie pour tout ce qui ne va pas dans le monde, mais au-delà de cela, il y a quelques autres raisons à ce chaos.

  1. Au cours des deux dernières années, les banques centrales occidentales ont imprimé beaucoup d’argent, mais les économies occidentales n’ont pas réussi à produire des quantités correspondantes de biens et de services. Par conséquent, quiconque propose une énorme liasse de dollars ou d’euros pour quelque chose de réellement utile, comme du gaz naturel, risque de se faire frapper au visage. Empêcher des Européens innocents de mourir de froid chez eux est une chose, mais contribuer à alimenter une frénésie spéculative sur une monnaie de plus en plus sans valeur en est une autre.
  2. Hélas, l’Union européenne n’est plus une destination privilégiée pour le gaz naturel. Les prix en Asie sont de 10 à 20 % plus élevés et tous les méthaniers se dirigent donc vers les plateformes de gaz naturel asiatiques plutôt qu’européennes. La grande différence n’est même pas le prix, mais le fait que les économies du Sud-Est asiatique ont beaucoup plus à offrir en échange des ressources naturelles qu’elles consomment que l’Union européenne, dont une bonne moitié ne produit presque rien.
  3. Au cours des dernières années, l’Union européenne a exercé diverses discriminations à l’encontre de la Russie en général et de Gazprom en particulier, sous le couvert de la promotion de la libre concurrence, négligeant le fait que lorsqu’il s’agit d’assurer un approvisionnement en gaz fiable et à un prix raisonnable, il n’existe aucune alternative à Gazprom, ce qui en fait un monopole naturel par excellence. Par conséquent, dans leurs efforts pour construire un marché d’acheteurs pour le gaz naturel, les Européens ont réussi à faire exactement le contraire.
  4. Enfin et surtout, la fuite en avant de l’Europe dans les énergies renouvelables s’est traduite par des prix de l’énergie très élevés et a anéanti sa compétitivité sur les marchés mondiaux. Bien sûr, les élites européennes sont incapables d’admettre ce fait, et leur seul recours est donc de blâmer les Russes. Peut-être qu’à un moment donné, une masse critique d’électeurs européens se rendra compte qu’en fait, ce sont les Russes qui tentent de les maintenir en vie alors que leurs propres élites se moquent de savoir s’ils vivent ou s’ils meurent tant que Greta Tunberg est heureuse, et qu’ils votent pour les écolos ; seul le temps nous le dira.

Les Russes, bien sûr, sont loin d’être irréprochables. Au lieu de s’effondrer sous la pression de l’Occident, comme l’attendaient d’eux leurs supérieurs occidentaux autoproclamés, ils ont comploté, manigancé et réussi à organiser pour l’Occident collectif une sorte de Stalingrad du gaz naturel qui ne manquera pas de lui donner une importante leçon, du même genre que celle qu’ils ont donnée à l’Europe sous les chevaliers teutoniques en 1242, à l’Europe sous Napoléon en 1812 et, à nouveau, à l’Europe sous Hitler en 1942. Comme le dit le proverbe, la répétition est la clé de l’apprentissage.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

S’ancrer au sol et résister à la poussée

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 3 Septembre 2021 – Source kunstler.com

https://www.greygoose.com/binaries/content/gallery/greygoose/products/grey-goose-vodka/bottle.png

En fait, la politique progressiste-libérale en matière d’avortement n’est jamais allée assez loin. Si seulement l’avortement était rétroactif ! Nous pourrions renvoyer « Joe Biden » (et peut-être tout le monde) dans les ténèbres cosmiques pré-embryonnaires qui précèdent la conception ? Sinon, nous devrons le chasser du Bureau ovale comme un petit généralissime guatémaltèque, puisqu’il a achevé la transformation des États-Unis en un trou perdu du tiers-monde… et qu’il a donc rempli sa mission.

C’était ça, d’ailleurs ? « Joe Biden » était-il une sorte de kamikaze envoyé ouvertement à la Maison Blanche par des partis mal perçus pour faire sauter les restes en lambeaux d’une république autrefois digne ? Une cohorte d’observateurs, dont de nombreux commentateurs avisés de ce blog, le dirait. D’une manière ou d’une autre, les jours de « Ol’ White Joe » à la barre sont désormais comptés. Même la claque des lèche-bottes quasi-analphabètes des médias d’information se retourne contre lui depuis qu’il a jeté un coup d’œil à sa montre trop souvent pendant que les corps des marines morts étaient roulés devant lui à Dover AFB. Au moins, il n’a pas bâillé et n’a pas allumé de cigarette non plus.

En ces nuits fraîches et agréables d’avant l’automne, Kamala Harris doit être en train de boire une Gray Goose au litre, pour faire passer son Xanax, dans le manoir où loge la vice-présidente, l’ancien observatoire naval, probablement la plus belle maison dans laquelle elle vivra jamais, car elle ne déménagera jamais au 1600 Pennsylvania Avenue, No siree! . Les parties mal perçues derrière tout ça… ce meshugas… ont tout faux avec elle. Elle était censée être une police d’assurance contre le retrait de « JB », tandis qu’il agissait comme une machine à signer les lois.

Mais c’est l’heure de vérité pour les acteurs du pouvoir dans notre capitale nationale, et je pense que Kamala pense qu’ils pensent que peut-être Kamala doit partir aussi… et peut-être pas d’une belle manière… comme si quelque chose allait mal sur Air Force Two à cent miles à l’est de l’île de l’Ascension en plein Atlantique Sud en route vers le Botswana… et la rencontre officielle tant attendue avec le Président Mokgweetsi Masisi… qui n’a jamais eu lieu…. Réveille-toi Kammie !!!! Oh non, c’est encore pire qu’un mauvais rêve, pense-t-elle. C’est la réalité !

Ces partis mal perçus pensent sûrement qu’ils peuvent s’en tirer avec n’importe quoi maintenant. Il n’y a pas de responsabilité, ni de souvenir de ce que cela signifiait autrefois. Les choses se passent et se défont, comme dans un royaume animal brut, préconscient, méchant et brutal, ce qui est exactement ce que notre pays est devenu si l’on tient compte de la lobotomisation massive des Éveillés, de la dépendance à la méthamphétamine et au fentanyl, de la manipulation mentale par les médias sociaux et de l’hystérie Covid. Klaus Schwab, vous allez un peu trop loin maintenant, non ? C’est une chose de ne rien posséder et d’être heureux, mais ne rien se rappeler ? Cette population survivante complaisante d’un demi-milliard de serfs que vous souhaitez réserver pour vous servir comme esclaves ne sera même pas capable d’exécuter les instructions les plus simples. Quelque chose a très mal tourné avec votre Grand Reset… si c’est ce que c’est.

Je préfère l’appeler la longue urgence, simplement la fin de partie de la phase hypertrophique techno-industrielle de l’histoire. On pouvait le voir venir à cent mois de distance, mais maintenant qu’il est là, la société occidentale est passée de la tragédie à la farce et à la psychose. Le groupe de lobbying pharmaceutique connu sous le nom d’American Medical Association a appelé cette semaine à un « arrêt immédiat » de l’utilisation de l’ivermectine pour traiter la Covid-19. Ils interdisent aux médecins membres de le prescrire. Ils suivent le CDC et la FDA dans la condamnation de ce médicament, le condamnant à la sellette… au bûcher ! « Il a été démontré que l’utilisation de l’ivermectine pour la prévention et le traitement du COVID-19 est nocif pour les patients », disent-ils.

Ils mentent, bien sûr. Et ils veulent que tous les médecins mentent. Combien d’entre eux iront dans ce sens pour s’entendre ? Se soucient-ils si ces absurdités psychotiques détruisent ce qui reste de la pratique médicale, tout comme les études sur la race et le sexe ont détruit l’enseignement supérieur ? Un jour pas si lointain, les médecins se présenteront au travail, mais les hôpitaux surpeuplés seront en faillite, les portes fermées, et les médecins reviendront faire des visites à domicile avec un petit sac noir… plus de voitures allemandes pour vous… et peut-être un poulet en échange d’un peu d’Ivermectine de contrebande, si vous êtes chanceux ! Il se trouve que je prends moi-même de l’Ivermectine de qualité vétérinaire à titre prophylactique, parce que c’est tout ce qu’on peut trouver facilement par ici. Je ne me suis jamais senti aussi bien depuis des années. Peut-être avais-je des oxyures (Enterobius vermicularis). En tout cas, je n’ai pas de Covid. Je prends aussi de la vitamine D3 et du zinc. Anathème, saloperies à 2 sous !

Tous ceux que je fréquente en ont assez de ce jeu nauséabond – les politiciens menteurs, les médias menteurs, les bureaucrates médicaux menteurs, les généraux menteurs, les enseignants menteurs, les célébrités menteuses, les magnats de la technologie menteurs, toute l’armature de la contre-réalité que vous voulez imposer à un pays autrefois juste. Nous n’exécuterons jamais vos ordres. Nous ne nous soumettrons jamais. Nous sommes plus nombreux que vous. Allez-y, poussez juste un peu plus fort.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Le programme orwellien du passeport vaccinal repose sur le mensonge du « contrat social »

Par : hervek

Par Brandon Smith − Le 2 septembre 2021 − Source Alt-Market

Il y a une question fondamentale qui doit être posée lors de l’examen de la question du passeport vaccinal, et ce que je constate, c’est que presque personne dans les médias dominants ne s’y attaque directement. Cette question est la suivante :

Est-il légalement et moralement acceptable de restreindre les droits et l’accès économique des personnes afin de les forcer à se soumettre à un « vaccin » expérimental, ou à toute autre procédure médicale ?

En outre, qui décide des procédures médicales qu’il est acceptable d’appliquer ? Qui peut être le superviseur tout puissant et bienveillant du parcours de santé de chaque être humain ? Je pose cette question parce que je ne pense pas que beaucoup de gens réalisent les répercussions futures de permettre aux gouvernements ou aux entreprises (qui sont fortement entremêlés de nos jours) de dicter les vaccinations Covid. Cela ne s’arrête pas là ; en fait, nous n’avons aucune idée d’où cela s’arrête une fois que la boîte de Pandore est ouverte.

Par exemple, le principal argument du culte Covid et de l’establishment en faveur des passeports vaccinaux est le fantasme du « contrat social ». Ils prétendent que parce que nous « vivons dans une société », tout ce que nous faisons affecte tout le monde d’une manière ou d’une autre, et parce que nous sommes tous interconnectés dans notre « collectif », nous sommes donc redevables à la collectivité. En d’autres termes, la collectivité a le « droit » de microgérer la vie de l’individu car si l’individu est autorisé à prendre ses propres décisions, il pourrait potentiellement causer du tort à l’ensemble du groupe.

Au cas où vous ne seriez pas familier avec cette philosophie, il s’agit d’une extension du socialisme et du marxisme culturel, et elle est au cœur même de la propagande du passeport vaccinal. Dans le passé, j’ai eu des débats publics avec des personnes pro-socialistes qui ont essayé de défendre les mérites du socialisme et, à chaque fois, l’argument se résume à une seule déconnexion – je dis que si un groupe de personnes veut partir et créer sa propre petite communauté socialiste, il en a parfaitement le droit… tant que c’est VOLONTAIRE. Ensuite, si elle échoue et s’effondre, cela n’a pas d’importance car cela ne m’affecte pas, ni moi ni quiconque n’a pas voulu participer.

Le problème est que ces socialistes/communistes/Marxistes/collectivistes ne saisissent tout simplement pas la notion de volontariat. Ils pensent qu’il faut forcer les gens à faire ce qu’il faut ou à aider les autres, et que ce sont eux qui décident de ce qu’il faut faire et qui reçoit l’aide. Ce sont eux qui décident quelles libertés sont acceptables et quelles libertés ne conviennent pas à leur programme. Quand ils disent « Nous vivons dans une société… », ce qu’ils veulent vraiment dire, c’est « Vous vivez dans NOTRE société, et NOUS allons déterminer ce qui est le mieux pour vous ».

Lorsque je soutiens qu’une communauté socialiste devrait être volontaire, ils affirment inévitablement que les gens ne s’engageront pas volontairement dans un tel système et qu’il faut donc les forcer à faire ce qui est le mieux pour le « plus grand bien ».

En ce qui concerne les passeports vaccinaux, le contrat social collectiviste est un élément clé. Ils affirment que le fait de ne pas être vacciné n’est pas une liberté personnelle car les personnes non-vaccinées représentent un risque pour la vie de tous les autres. Le contrat social est donc violé car en faisant un choix de vie personnel, vous mettez en danger les droits des autres.

Il est intéressant de noter que le culte Covid est composé de personnes qui n’appliquent pas la même logique à d’autres problèmes de santé comme l’avortement. Je veux dire qu’il n’y a aucune preuve corroborée pour soutenir l’affirmation selon laquelle les personnes non vaccinées sont plus dangereuses pour la vie des autres que les personnes vaccinées, et nous allons y revenir dans un instant. Mais, lorsque nous parlons d’un avortement, nous parlons d’une décision médicale personnelle qui conduit à la mort directe et observable d’un autre être humain innocent ayant ses propres droits. Les avortements mettent fin à la vie de plus de 800 000 personnes à naître par an aux États-Unis, bien plus que ce que la Covid est censé faire.

Le principe « Mon corps, mon choix » ne s’applique apparemment qu’au meurtre de bébés, mais pas aux personnes qui ne veulent pas devenir des cobayes pour un cocktail d’ARNm dont l’innocuité n’est pas prouvée par des tests à long terme.

Imaginez cependant que nous inversions le scénario et appliquions l’argument du contrat social au sens large à quelque chose comme les enfants et la population ? Un membre collectiviste/gauchiste du culte du réchauffement climatique pourrait également soutenir que l’avortement devrait être légalement obligatoire, parce que le fait d’avoir un enfant ou « trop d’enfants » augmente les émissions de carbone et met ainsi la société « en danger » encore plus (encore une fois, sans aucune preuve à l’appui). En permettant au récit du contrat social de ne pas être contrôlé, nous ouvrons la porte à de nouvelles mesures d’oppression horribles et à un effacement complet de notre autonomie.

Je pense que l’on peut dire que l’idéologie du « contrat social » est très sélective et hypocrite. Le culte Covid ne se soucie pas de sauver des vies, il ne se soucie que de son récit idéologique et du pouvoir de faire en sorte que les gens s’y soumettent. Mais creusons un peu plus le raisonnement derrière la revendication du contrat social. Qui meurt réellement à cause des personnes non vaccinées, qui, selon les statistiques nationales sur les vaccins, représentent environ 50 % de la population américaine ?

Le taux moyen de mortalité par infection (IFR) du covid est de seulement 0,26 % selon des dizaines d’études et les propres chiffres du gouvernement. Cela signifie que les personnes non-vaccinées ne représentent même pas une menace lointaine pour 99,7% de la population. Environ 40 % de tous les décès dus à la Covid-19 sont constitués de personnes en maison de retraite présentant des conditions préexistantes, ce qui signifie que nous ne savons pas si elles sont réellement mortes de la Covid-19 ou en raison des problèmes de santé dont elles souffraient déjà. Le bassin de personnes susceptibles d’être affectées par les non-vaccinés se réduit de plus en plus…

Et que dire de la contradiction ridicule qui surgit lorsque l’on parle du récit des obligations et du récit du passeport ? Si les masques et les vaccins fonctionnent réellement, alors comment une personne non vaccinée ou non masquée peut-elle constituer une menace pour une personne vaccinée ? Si les vaccins et les masques ne fonctionnent pas, alors pourquoi les utiliser, et pourquoi exiger des vaccinations forcées par le biais de mesures de passeport ?

La propagande dominante affirme que les personnes non vaccinées deviendront en quelque sorte des boîtes de Pétri pour de nouvelles mutations qui nuiront aux personnes vaccinées. Il n’y a aucune preuve à l’appui de cette affirmation. En fait, il y a plus de preuves qui suggèrent que ce sont les personnes vaccinées qui déclencheront les mutations et les variants. Les médias affirment qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, mais si ce n’est pas le cas, nous ne devrions pas non plus nous inquiéter des mutations qui se développent dans la population non vaccinée, si tant est qu’il y en ait.

Le fait est que de plus en plus de preuves scientifiques démontrent que les vaccins expérimentaux ne sont PAS efficaces et que les personnes non-vaccinées sont en fait plus à l’abri de la Covid-19, quelle que soit la variante ou la mutation.

Il est impossible de connaître le nombre réel d’infections aux États-Unis car, selon le CDC, 59 % des personnes qui attrapent la Covid et la propagent sont asymptomatiques. Elles ne savent jamais qu’elles sont infectées et il est donc peu probable qu’elles se soumettent à un test de dépistage. Cela dit, il est clair que des millions d’Américains ont été confrontés au virus et ont maintenant une immunité naturelle contre lui (il se trouve que j’en fais partie). Les élitistes de l’establishment comme Anthony Fauci refusent de reconnaître l’immunité naturelle comme un facteur, et ils disent que SEULS les personnes vaccinées sont qualifiées pour recevoir un passeport. Pourquoi ?

De multiples études sont publiées par des pays ayant un taux de vaccination élevé, comme Israël, qui contredisent complètement le discours de Fauci sur l’immunité naturelle. Israël a un taux de vaccination d’environ 63% selon les statistiques gouvernementales, mais les preuves scientifiques qu’ils ont publiées montrent que les personnes vaccinées ont 13 à 27 fois plus de risques de contracter la Covid et 8 fois plus de risques d’être hospitalisées par rapport aux personnes qui ont une immunité naturelle. Il semble presque que les vaccins à ARNm rendent les gens PLUS sensibles au virus plutôt que moins sensibles.

Des données récentes publiées par l’État du Massachusetts confirment cette préoccupation. Au cours du mois de juillet, le Massachusetts a signalé au moins 5 100 infections par la Covid, toutes des personnes qui étaient entièrement vaccinées. Plus de 80 d’entre elles sont mortes, ce qui représente un taux de mortalité beaucoup plus élevé que chez les personnes non vaccinées. Dans mon comté de 20 000 habitants, où le taux de vaccination est faible et où le masque n’est pas obligatoire, il n’y a eu au total que 17 décès dus à la Covid pendant la première année de la pandémie.

Cela soulève la question : Pourquoi prendre le cocktail ARNm ? Qu’y a-t-il à gagner ? Eh bien, il n’y a rien à gagner en termes de sécurité sanitaire. Même si vous faites partie des 0,26 % de personnes exposées au risque de Covid, il est préférable sur le long terme de tenter votre chance avec l’immunité naturelle plutôt que de vous faire vacciner.

La réponse à la question ne concerne pas la santé, mais le refus d’accès. Les gouvernements et leurs partenaires commerciaux essaient de faire en sorte que vous soyez OBLIGÉ de prendre le vaccin pour participer à des activités sociales normales, voire pour garder un emploi. En plus de cela, le processus s’éternise car, chaque année, il y a de nouveaux variants et de nouvelles piqûres de rappel. La seule raison de se faire vacciner est de conserver au moins une poignée de ses libertés et d’éviter la pauvreté et la famine.

C’est ici que nous devons revenir à la question initiale présentée au début de cet article :

Est-il légalement et moralement acceptable de restreindre les droits et l’accès économique des gens afin de les forcer à se soumettre à un « vaccin » expérimental ?

La secte Covid dira que les droits des entreprises privées l’emportent sur les droits individuels et que les entreprises devraient donc être autorisées à discriminer leurs employés en fonction de leur statut vaccinal. Mais encore une fois, ce à quoi nous sommes confrontés dans la plupart des cas, ce ne sont PAS des entreprises privées, mais des conglomérats financés par des renflouements gouvernementaux et qui sont de connivence directe avec les gouvernements pour appliquer l’agenda du passeport. Je dois donc dire que ces entreprises n’ont pas le droit de se nourrir de l’argent des contribuables et de prétendre ensuite qu’elles sont des entités privées qui ont la liberté d’envahir la vie privée des employés et des clients.

Et depuis quand les collectivistes se soucient-ils réellement des droits des entreprises privées, de toute façon ? Encore de l’hypocrisie…

Si nous parlons de petites et moyennes entreprises qui ne sont pas stimulées par le gouvernement, la question devient plus délicate. Dans de nombreux États et autres pays, les entreprises ne font qu’appliquer les passeports parce que, si elles ne le font pas, elles seront punies par le gouvernement. Dans ce cas, l’argument des droits de l’entreprise privée tombe à l’eau. Le culte Covid ne respecte l’indépendance des entreprises que lorsque cela les arrange.

Franchement, ce sont les petites entreprises qui sont les plus touchées par les obligations Covid et les coûts supplémentaires qu’implique la simple application des passeports dans leurs propres établissements vont les ruiner. Tout propriétaire de petite entreprise qui soutient volontairement les règles du passeport doit avoir une envie de mort financière.

En ce qui concerne le gouvernement, la secte Covid prétendra qu’il existe des précédents de la Cour suprême pour l’application légale des vaccinations. Honnêtement, je m’en fiche, et des millions d’autres Américains non plus. Une bande de grands prêtres en robe noire n’a pas à dicter mes décisions indépendantes en matière de santé ; je prends ces décisions et ils ne peuvent rien y faire. C’est là qu’il faut en venir à la morale et aux principes impliqués – La vie des autres n’est en rien affectée par ma décision de refuser de me conformer aux passeports vaccinaux. Et ce n’est pas parce qu’un groupe de personnes a des peurs irrationnelles face à la menace de la Covid qu’il faut exiger des personnes ayant plus de discernement sur les faits qu’elles les fassent se « sentir mieux » ou se sentir plus en sécurité.

La ligne de fond est la suivante : Nos libertés sont plus importantes que vos peurs paranoïaques, et nous ne nous y plierons pas. Nous ne souscrivons pas à votre faux contrat social, et vous n’êtes pas en position de dicter les termes de notre « société ». Vous n’aimez pas ça ? Vous êtes plus que bienvenus de quitter le pays et de créer une utopie vaccinale ailleurs. Nous verrons comment cela fonctionnera pour vous à long terme.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Ce sont les poètes qui détruisent le vieil ordre de la conscience mécanique

Par : hervek

Par Jon Rappoport − Le 6 juillet 2021

The Poet Gustav Fröding — Sven Richard Bergh

La plus grande somme n’est pas une somme du tout. Ce n’est pas l’addition de faits ou de chiffres. Il existe des qualités mythiques dans l’existence qui proviennent de nous… des mythes plus grands que les machines… et pour donner une voix aux mythes, nous devons aller là où les poètes vont. Nous devons absolument y aller. Pour notre propre bien, nous devons mettre sur l’étagère cette précision particulière qui divise une particule minuscule en morceaux de plus en plus petits…

Le magicien s’éveille

De nos jours, les gens s’inquiètent à juste titre de l’espionnage, de la fouille, du pistage, du piratage, du profilage. La bataille de la vie privée contre l’intrusion. Les systèmes qui regardent les autres systèmes.

Quel genre de langage est impliqué dans l’espionnage et le contre-espionnage et la protection des ordinateurs ? Il n’est pas nécessaire d’être un expert pour comprendre que c’est le langage de la machine. Il est délimité par des détails fins, très fins et extra-fins. Le cheval de Troie est maintenant algorithmique.

Les personnes qui entrent et travaillent dans cet univers sont engagées dans un processus méticuleux de mouvements et de contre-mouvements. Des programmes au-dessus d’autres programmes. Des observateurs qui traitent les stratégies d’autres observateurs.

Le passé, le présent et le futur du langage sont impliqués. Une civilisation, dans une large mesure, dépend de ce qui arrive aux mots – non pas en tant qu’entités détachées, mais en tant qu’expression de ce que nous nous inventons à être.

Il n’est pas nécessaire qu’un poème soit long. Chaque mot a déjà été un poème.

Ralph Waldo Emerson

Si la liberté est placée dans un contexte moderne de vie privée contre absence de vie privée, la guerre va nous embrigader dans un langage de machine. Nous allons toucher ce langage, nous y frotter d’une manière ou d’une autre, l’utiliser, opposer une partie de ce langage à une autre partie.

Les enfants vont grandir en l’apprenant et en nageant dans ce langage et ses effets.

De cette façon, les ruisseaux, les rivières et les océans de l’interaction des machines vont alimenter la pensée humaine.

…il est difficile d’obtenir les nouvelles des poèmes et pourtant des hommes meurent misérablement chaque jour par manque de ce qu’on y trouve…

William Carlos Williams

Voici un exemple étrange. Les gens vont prendre un paragraphe dans le roman d’un auteur, en extraire tous les mots clés, et traquer leurs références possibles – et ensuite essayer de reconstituer le paragraphe comme s’il s’agissait de lignes de code secret. Ils le reconstruiront en soudant ces références entre elles.

Parce que les mathématiques consistent en une manipulation de symboles, et que ces symboles ont des significations très spécifiques et étroites, on a de plus en plus tendance à penser que tout le langage fonctionne de cette façon.

Ce n’est pas le cas.

Ce n’est pas le cas de la poésie. Mais le poète, qui était déjà à la limite de la crédibilité, est réintroduit comme un fabricant de symboles, un mathématicien glissant une révolution codée dans la matrice.

Cela pourrait faire un roman de science-fiction divertissant, mais cela n’a rien à voir avec l’énergie ou l’intention d’un poème.

Les poètes déterrent peut-être des trésors cachés, mais le butin de leur guerre est tout ce que les mathématiques ne sont pas. Tous les grands poètes détruisent l’ordre ancien. C’est au lecteur de le découvrir et de le voir, s’il le peut.

L’ordre ancien, qui est toujours et à jamais le fascisme déguisé en « plus grand bien », refait sans cesse surface dans le même bassin de décomposition.

Ce sont les poètes qui savent à la fois descendre dans la boue et voler au-dessus, réveillant les parties mortes de la psyché.

Celui qui gouverne les morts, et quel que soit le but royal, reste constant : il rejette la conscience poétique qui peut pleinement redonner vie à l’être humain.

La poésie fait plus que réorganiser la réalité. Elle la crée dès le début, dès la première ligne sur la page du futur.

La société, telle qu’elle a été façonnée, est la somme des illusions qui empêchent l’individu d’entendre la première ligne, même si elle résonne dans son esprit.

Cette répression est un échange coopératif sur le marché. L’individu accepte de s’assourdir, afin d’apaiser ses forces intérieures.

Le temps m’a laissé saluer et monter, doré aux beaux jours de ses yeux. Et honoré parmi les chariots, j’étais le prince des villes de pommes, Et une fois sous le temps, j’ai seigneurialement fait traîner les arbres et les feuilles avec des marguerites et de l’orge le long des rivières à la lumière de la tombée du ciel.

Partons alors, vous et moi, quand le soir s’étale sur le ciel comme un patient éthéré sur une table…

Ce sont les temps qui mettent à l’épreuve les âmes des hommes. Le soldat de l’été et le patriote du soleil le seront, dans cette crise…

Ce ne sont pas des instructions, des codes ou des habitudes à suivre, ou des améliorations politiques. Ce sont de grandes intrusions dans le labyrinthe de la vie courante. Elles arrivent et explosent.

Alors que la conscience de ces choses s’amenuise à l’ère de la machine et de toutes ses complications, alors que la matrice s’étend pour inclure des calculs de langage conçus pour décrire ce que l’individu est et n’est pas, une mer de métriques forme l’illusion du progrès.

Pris dans des nids de relations symboliques, nous attendons, « jusqu’à ce que des voix humaines nous réveillent et nous noient ».

Dans la mesure où le poète est simplement pris pour un fou, le malheur s’installe comme un linceul autour de nos épaules.

…la volonté de donner la réponse à l’héroïque… s’affaiblit de plus en plus dans chaque démocratie, à mesure que le temps passe. Alors les hommes se retournent contre l’appel héroïque, avec une sorte de venin. Ils n’écoutent que l’appel de la médiocrité qui exerce le pouvoir d’intimidation insensible de la médiocrité : ce qui est le mal.

DH Lawrence

Mais les poètes viennent toujours. Ils voient le malheur et l’utilisent comme combustible pour un nouveau feu qui met fin à une époque et en commence une autre. Qui les écoute ? C’est toujours la question ouverte. Nous vivons déjà dans une nouvelle époque, si nous voulons bien la reconnaître.

La poésie est la langue maternelle de l’espèce humaine.

Johann Georg Hamann

 

[Poésie :] des pensées qui respirent, et des mots qui brûlent.

Thomas Gray

Imaginez qu’il y ait un million de langues nouvelles et inconnues qui attendent d’être découvertes. Ces langues ne rendraient pas les choses plus simples. Elles ne feraient pas fonctionner les machines plus facilement. Elles nous conduiraient dans des mondes qui sont restés dans l’ombre parce que nous n’avions aucun moyen d’exprimer notre perception d’eux. Ils éclaireraient des géographies entières de la conscience qui étaient restées en sommeil. Chaque compromis avec la réalité serait exposé comme un énorme mensonge flagrant.

Chaque « machine à penser » s’effondrerait. L’absurdité de construire des organisations de plus en plus grandes comme la grande solution au conflit se révélerait si clairement que même les androïdes-humains le verraient et se réveilleraient de leur transe.

Voici un extrait de mon manuscrit inachevé, Le magicien se réveille :

Vous êtes assis là et vous me racontez votre vie, mais au bout d’un moment, vous vous rendez compte que vous parlez dans une langue aveugle. Vous vous déplacez sous d’autres mots auxquels vous ne donnez pas de voix.

Vous pensez vaguement, de temps en temps, que ces autres mots pourraient se trouver dans la nature. Mais la Nature n’est qu’une partie de cette expression. Il y a des milliers d’autres Natures. Et chacune a un langage qui la déverrouille et la déploie dans un espace et un temps différents.

Préférez-vous vous replier et vous contenter des mots que vous utilisez tous les jours ? Préféreriez-vous devenir un expert de ces mots, un roi de ces mots, un souverain dans ce petit endroit ? Est-ce le début et la fin de ce que vous voulez et où vous allez ?

Parce que si c’est le cas, alors nous pouvons mettre fin à cette discussion et à toutes les discussions. Nous pouvons nous contenter de ce que nous avons. Nous pouvons esquiver. Nous pouvons nous injecter une drogue de satisfaction et dire qu’il n’y a rien d’autre à faire.

C’est ainsi que se produit une vie circonscrite : à travers une histoire qu’une personne se raconte.

Il n’y a vraiment qu’un seul solvant universel qui peut faire disparaître cette histoire : l’imagination.

La base ultime de tout contrôle de l’esprit est : tout ce qu’il faut pour nier le véritable pouvoir de l’imagination.

On peut dire exactement la même chose du but ultime de la répression politique.

Pour comprendre, pour avoir une idée de ce dont l’imagination est capable, vous devez vous rendre à l’ART.

Le centre créatif du monde.

Après le non final vient un oui et sur ce oui est suspendu l’avenir du monde.

Wallace Stevens

Que se passerait-il si le monde était enveloppé d’art ? Et si nous étions les artistes ? Et si nous ne devions rien à une quelconque hiérarchie ou autorité extérieure ?

L’art est un mot qui devrait être océanique. Il devrait secouer et faire exploser l’ennui de l’âme.

L’art est ce que l’individu invente quand il est en feu et ne se soucie pas de le dissimuler. C’est ce que l’individu fait lorsqu’il s’est débarrassé de la fausse façade qui l’étrangle lentement.

L’art est la fin de l’ajournement insensé. C’est ce qui arrive quand on brûle les jolies et mesquines petites obsessions. Il émerge du costume vide et de la machine vide de la société qui tourne en rond et aspire le flux sanguin vital.

L’art détruit l’ordre ancien et l’ordre nouveau et l’ordre actuel, d’un coup d’œil.

L’art transperce la vieille pomme à la pointe d’une épée étincelante et ouvre toute la croûte pourrie qui s’est attachée à l’arbre de vie.

Il se débarrasse de la fausse harmonie des morts-vivants.

Alimentée par une imagination libérée, c’est la révolution que la psyché réclamait.

L’art déchaîné devient titanesque.

Il y a des artistes comme Stravinsky, comme Gaudi, comme le compositeur Edgar Varese, comme l’écrivain américain souvent honni Henry Miller, comme Walt Whitman (qui a été grotesquement coopté en préfet à la Norman Rockwell), comme les nombreux grands muralistes mexicains – Orozco, Rivera, Siqueiros – qui transmettent tous la qualité océanique.

Comme dans Le Déluge.

On craint que, si ces artistes étaient libérés pour produire leurs œuvres à grande échelle, ils ne s’emparent du monde.

Notre monde, contrairement à ce que l’on pense, est censé être révolutionné par l’art, par l’imagination, jusqu’au plus profond de lui-même.

Que cela ne se soit pas produit n’est pas un signe que le processus n’est pas pertinent. C’est seulement un témoignage de la résistance collective.

Qui sait combien de révolutions de ce type ont été écartées et rejetées, en faveur de la forme consensuelle que nous considérons aujourd’hui comme centrale et éternelle ?

Nous vivons dans une structure par défaut, celle qui est restée après que toutes les révolutions antérieures aient été mises en sommeil.

Mais la création n’est pas neutre.

Elle se répand dans l’atmosphère avec toute sa force subjective.

C’est la transformation que nous avons inconsciemment espérée, la révolution qui bouleverserait sans cesse la société, qui finirait par briser l’influence de tous les cartels et monopoles de l’expérience physique, émotionnelle, mentale et spirituelle.

Non pas parce que nous l’avons souhaité, mais parce que nous l’avons fait advenir.


Prométhée, l’artiste qui a libéré l’humanité…

À travers quel miroir nous regardons-nous dans ces contes anciens ?

L’histoire de Prométhée n’a absolument aucun sens si nous ne reconnaissons pas qu’il y a une raison à la rébellion. Mais pas n’importe quelle rébellion. Un homme qui prend d’assaut la montagne surnaturelle des Olympiens pour voler le feu, s’échapper et le ramener à l’homme est plus qu’audacieux, si tant est que les poètes grecs aient inventé le panthéon des dieux et leur aerie.

Dans ce cas, le vol du feu est une reconnaissance du retour du pouvoir à la maison.

Nous avons inventé les dieux. Maintenant nous nous réinventons.

La religion est une poésie gelée. Les poètes ont commencé par écrire en dehors des limites de la tribu, et les prêtres se sont auto-proclamés censeurs.

Ils ont martelé, coupé et poli les poèmes libres et sauvages pour en faire des tablettes, des catéchismes et des manuels de réprobation sévère. Ils ont rassemblé des ouvriers pour construire les temples où les nouvelles lois seraient prêchées et enseignées. Ils ont établi les sanctions en cas de défection. Ils ont revendiqué l’exclusivité de la révélation.

Ils ont établi la centralité universelle fausse et synthétique du mythe déguisé en révélation, et ils l’ont vendue, et ils l’ont appliquée, et ils ont préparé une liste d’ennemis qui menaçaient la Loi des Lois.

Et toute cette matière première, qu’ils ont volée ? Elle venait des poètes. Elle provenait de la création libre et illimitée des artistes.

Donc Prométhée remettait les pendules à l’heure. Il cassait le système comme un œuf. Il ramenait l’imagination là où elle devait être.

Bien sûr, dans le mythe antique, il a payé le prix fort pour ses actions. Mais ce n’est que de la propagande. Les grands prêtres écrivent cette fin punitive sur chaque histoire issue de la liberté. Ils appellent la punition de divers noms, et ils prétendent naturellement qu’elle est infligée par un marteau de la plus haute autorité. Ils travaillent cet angle avec une dévotion désespérée.

Prométhée était le libérateur. Il était les peintres chinois du Dun Huang, les artistes de perles Yoruba, le Michel-Ange de David, le Piero della Francesca de la Légende de la Vraie Croix, le Velazquez des Demoiselles d’honneur, le Van Gogh des Iris et de l’Arles éclairée, le Yeats du Chant de l’Aengus errant, le Dylan Thomas de Fern Hill, le Walt Whitman de La Route ouverte, le Henry Miller de Se souvenir pour se souvenir, le Orson Welles de Citizen Kane, le Lawrence Durrell du Quatuor d’Alexandrie, le Kooning de Gotham News.

Il était Tesla et Rife.

Partout où l’imagination humaine individuelle a été lancée comme feu, Prométhée était là.

Bien sûr, il ne l’était pas. Il était l’histoire que nous nous sommes racontée sur ce que nous pouvions faire. Cette histoire est destinée à nous rappeler que toute vision collective est une fraude. Elle peut ne pas commencer comme ça, mais tôt ou tard, elle devient un glissement gargantuesque vers la narcose de l’âme.

Prométhée est l’histoire que nous nous racontons pour nous rappeler la limite entre ce que l’individu peut apprendre et ce qu’il peut créer, et combien de chevaux ont été tirés jusqu’à cette limite et refusent de la franchir pour s’abreuver aux puits de l’imagination.

Prométhée est l’histoire d’une reconquête de ce que nous sommes. Nous avons peut-être enfoui cette compréhension au plus profond de notre psyché, mais elle est là. Combien de fois avons-nous essayé de la refuser !

Nous nous rassemblons en groupes et prétendons que tout progrès découle de la masse. Nous jouons avec telle ou telle limite. Nous nous ajustons et faisons plus de place à la moyenne. Nous construisons des machines pour penser à un niveau plus élevé que le nôtre. Nous regardons des spectacles théâtraux de « nouveaux humains hybrides ». Nous proclamons des vertus curatives et oublions ce que la guérison de l’esprit pourrait réellement impliquer, quelle révolution, quelles énergies vitales, quels sauts d’imagination, quelles affirmations de notre pouvoir inhérent.

Nous continuons à penser à la paix, alors que la paix signifie, selon la définition des « sages », une mort. Leur paix est ce qui reste après que la guerre de l’humain créatif ait été abandonnée.

Leur paix est un sirop. Leur paix est la soumission à une quelconque « conscience universelle ». Leur paix est une colonne d’idiots souriants qui gardent une tour d’apprentissage autoproclamée. Leur paix est la survie et l’organisation de marchandises endommagées. Leur paix est : « Si cela doit arriver, cela arrivera. » Leur paix est : l’univers décide, nous obligeons. Leur paix est une décharge cosmique.

De cette foule de castrats, Prométhée émergea, se démêlant des fils humides de l’illusion, de la résignation et de la peur. Il s’est élevé. Il a avancé. Il a repris notre caractère fondamental et vital. Il a insufflé une énergie crépitante dans les flux sanguins.

Dans la perspective prométhéenne, la Réalité attend que l’imagination la révolutionne jusqu’à son noyau.

Au-delà des systèmes. Au-delà des structures.

Les énergies bouillonnent dans les cavernes souterraines. Où ces rivières couleront-elles au cours des mille prochaines années ou des mille prochaines incarnations ?

Qu’est-ce qui créerait une révolution interne ?

Qu’est-ce qui ferait tourner les roues à eau et surgir les torrents ?

Comment la création commencerait-elle ?

Sur cette question prométhéenne repose le destin de chaque civilisation, passée, présente et future.

Chaque fil, chaque atome, chaque quark, chaque wavicule de cette Réalité prend la posture, est imprégné de l’impression que « ce qui existe déjà » est supérieur à ce que l’individu peut maintenant inventer. Les chaînes causales de l’histoire semblent produire le présent et le présent semble produire le futur.

Ce sont les grandes tromperies. Ce sont les illusions…

Jon Rappoport

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Une suite insouciante

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 30 Août 2021 – Source kunstler.com

Malgré toute la puissance apparente de l’État profond – alias la « communauté du renseignement » – on ne peut qu’être impressionné par sa stupidité et son désespoir. Il ne peut pas garder de secrets ou couvrir ses traces. Quiconque a prêté attention à l’opération RussiaGate a vu les preuves publiées de tous les comportements illicites qu’elle a engendrés et connaît les noms de tous les acteurs. Idem pour les efforts visant à organiser l’élection de 2020 et à installer un larbin-marionnette manifestement sénile à la Maison Blanche. Et idem pour l’effort visant à fabriquer la crise de la Covid-19 en détournant l’appareil de santé publique du gouvernement fédéral.

Pourtant, cette menace de l’État profond est en train de trébucher parce qu’elle n’a pas compris la dynamique de base de l’urgence à long terme : les surinvestissements dans la complexité produisent inexorablement le désordre et l’effondrement. Cela inclut la complexité de l’État profond lui-même, une entreprise tentaculaire étouffée par l’immense flux de données dont elle se nourrit et par les efforts maladroits de ses agents trop humains pour en faire des armes. La question qui se pose maintenant est de savoir si l’État profond va s’effondrer – et peut-être même être battu avec force par les Américains qui s’y opposent – avant que le pays tout entier et tous ses systèmes de soutien ne s’effondrent.

Les événements se succèdent bien au-delà du contrôle de l’État profond. Son homme de paille, « Joe Biden », a scellé son destin la semaine dernière avec la sortie ratée d’Afghanistan. La mort de treize soldats américains n’est peut-être que l’avant-goût d’un Grand-Guignol à venir, alors que les maniaques islamiques victorieux vont pouvoir mettre en scène des atrocités à l’encontre des milliers d’Américains et d’autres Occidentaux laissés sur place. Pourquoi ne le feraient-ils pas ? Pendant des décennies, ils ont promis de vaincre et d’humilier leurs ennemis « infidèles ». Rappelez-vous les décapitations enregistrées sur vidéo de Nicholas Berg, Daniel Pearl et bien d’autres ? Le rôti du pilote syrien capturé dans une cage en acier ?

Il n’est même pas nécessaire de poser la question rhétorique suivante : qui a planifié et exécuté l’évacuation pied-nickelesque de Kaboul ? C’est une évidence : toute la chaîne de commandement. Cela galvanise enfin la moitié du pays qui n’est pas sous l’emprise de l’État profond pour qu’elle s’y oppose, et c’est ce que vous verrez dans les semaines à venir. Ils se débarrasseront de cet imposteur de « Joe Biden » – si l’État profond n’essaie pas de le faire avant – et ensuite ils « annuleront » la tentative de l’État profond de gérer toute succession au poste vacant au sommet.

Pensez-vous que vous n’entendrez pas parler des résultats de l’audit des élections en Arizona simplement parce que l’entreprise s’est tue la semaine dernière lorsque trois membres de l’équipe d’audit sont tombés malades à cause de la Covid-19 ? Le processus n’a pas été arrêté ou écrasé. Le rapport montrera une disparité flagrante et surprenante entre les résultats certifiés et les bulletins réellement comptés. Cela fera voler en éclats les lambeaux de légitimité que portait « Joe Biden », révélant la créature larvaire et aveugle qui se cache à l’intérieur.

Le CDC et ses agences alliées ont fait le plein des Américains prêts à se faire vacciner. La dernière manœuvre de la FDA visant à « approuver » l’agent de thérapie génétique « Comirnaty », qui n’a pas encore été produit (ou testé), avait pour but de faire croire au public que l’actuel « vaccin » Pfizer-BioNTech était également approuvé. Il n’est pas approuvé. Il est toujours administré en vertu de l’autorisation d’utilisation d’urgence. Les médias d’information menteurs mentent encore à ce sujet. Quoi qu’il en soit, la moitié du pays refuse de prendre un cocktail qui n’agit pas comme un véritable vaccin (c’est-à-dire qui prévient la maladie) et qui menace d’attaquer mortellement la paroi des vaisseaux sanguins… cette grande partie du public en a bien assez d’être bousculée par des obligations et des menaces.

Nous ne nous soumettrons pas. Nous approchons de la fin de ce règne de terreur médicale. Le problème, c’est que l’establishment médical n’y survivra pas. Ils ont perverti et sapé ce que l’on appelait autrefois la science – la recherche de la vérité sur ce qui est réel et ce qui ne l’est pas – et, de toute façon, le système médical s’est déjà empoisonné lui-même avec un racket si excentrique et cruel qu’il fait passer l’ancienne mafia pour une organisation caritative. Non seulement les Américains reçoivent un virus Covid dont le développement a été financé et guidé par le principal responsable de la santé publique des États-Unis, Tony Fauci, mais s’il les conduit à l’hôpital, leurs médecins leur refusent un traitement avec des médicaments efficaces et, si les patients survivent à l’épreuve, ils reçoivent des factures de plusieurs millions de dollars. Cette conduite témoigne d’une sorte de sadisme qui va au-delà de la simple addition d’insultes aux blessures.

La moitié du pays prête également attention à l’invasion de « sauteurs de frontières » venant du Mexique avec l’aide de l’État profond. Ils remarquent également que « Joe Biden » ne se conforme pas à la récente décision de la Cour suprême des États-Unis selon laquelle il doit appliquer la procédure permanente pour renvoyer les « demandeurs d’asile » au Mexique en attendant une décision sur leur admissibilité. Beaucoup de ces migrants viennent des coins les plus reculés du monde, notamment d’endroits remplis de gens qui ne nous aiment pas, ni notre pays. Combien d’entre eux viennent ici pour faire exploser des choses et tirer sur des citoyens américains ? Personne ne le sait. L’État profond ne veut pas le savoir et il ne veut pas que vous le découvriez.

Enfin, il y a la question du système financier qui, ces derniers temps, est devenu le mandataire de ce qui était l’économie productive américaine, son faux front Potemkine. Les divers plans visant à dépenser environ 8 000 milliards de dollars d’argent inexistant pour d’autres expériences sociales telles que payer les citoyens pour qu’ils soient oisifs, auraient suffi à couler la monnaie américaine, le dollar américain. Maintenant que le monde a été témoin du retrait humiliant des États-Unis de notre guerre de 20 ans en Afghanistan, le processus va s’accélérer. Le monde voit que l’on ne peut compter sur nous dans aucune crise étrangère. Ils savent que nous ne produisons plus de choses de valeur. A quoi sommes-nous bons, exactement ? Des entreprises absurdes comme la confusion des genres et l’escroquerie raciale ? La drogue et la pornographie ? Est-ce cela qui se cache derrière le dollar ?

L’ancien (depuis hier) lieutenant-colonel Stuart Scheller est revenu sur YouTube hier. Il montre bien à quel point la meilleure moitié de la nation est en colère, la moitié qui refuse de se plier à l’État profond, la moitié qui cherche à l’écraser et à lui demander des comptes pour avoir tenté de détruire le pays de six façons différentes.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Réfugiés militarisés et attaques hybrides

Par : hervek

Par Binoy Kampmark − Le 07/09/2021 − Source Oriental Review

Réfugiés afghans coincés entre la Pologne et le Belarus

Les réfugiés et les demandeurs d’asile constituent un riche vivier pour les démagogues et les opportunistes politiques. L’approche australienne politise leur détresse en affirmant qu’ils sont illégitimes selon la façon dont ils arrivent, à savoir par bateau. Le vingtième anniversaire de la tentative du MV Tampa d’accoster à l’île Christmas avec plus de 400 de ces individus a inauguré un régime particulièrement vicieux. Intercepté par les forces spéciales australiennes, les SAS, en août 2001, cela a offert au gouvernement Howard une occasion incroyablement cruelle de récolter des voix. Et ce gouvernement les a récoltés avec enthousiasme.

Plusieurs pays européens ont également adopté une approche similaire : les arrivées navales en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique doivent être contenues, détenues et, de préférence, traitées dans des pays tiers par le biais d’une série d’accords. Le thème commun à tous ces accords est la fermeté des contrôles aux frontières et la dissuasion.

Le Belarus a ajouté une autre option à l’arsenal d’utilisation et d’abus des réfugiés. Le pays, sous la direction d’Alexandre Loukachenko, a mis au point un plan bâclé pour harceler les pays sympathisants de ses opposants et responsables de l’imposition de sanctions à son régime : les submerger. Premièrement : inciter les réfugiés et les migrants d’un certain nombre de pays – Irak, Iran, Afghanistan, Syrie et Cameroun – à arriver avec des visas touristiques. Mobiliser ces personnes pour qu’elles franchissent les frontières polonaises, lituaniennes et lettones.

Des descriptions ont été proposées pour cette stratégie. Le ministre lituanien des affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis, a considéré les actes de la part du Belarus comme une « opération de guerre hybride » qui menaçait, a-t-il affirmé avec un effet dramatique, « l’ensemble de l’Union européenne ». En juillet, il a déclaré à la Deutsche Welle que les réfugiés concernés étaient utilisés comme des « boucliers humains » et une sorte d’« arme hybride ». Le vice-ministre lituanien de l’Intérieur, Arnoldas Abramavičius, n’a pas apprécié que les gardes-frontières de son pays « agissent comme une sorte d’hôtel d’accueil pour les migrants pendant longtemps. Il fallait que cela cesse ».

Les États membres ont échangé leurs expériences sur la meilleure façon de faire face à la recrudescence de ces arrivées « Loukachenko ». Lors d’une réunion entre M. Landsbergis et son homologue grec Nikos Dendias en juin, une grande solidarité a été ressentie dans la discussion sur la manière de combattre une menace commune. Les droits de l’homme se sont avérés moins importants que l’intégrité territoriale et la défense européenne. Comme l’a déclaré le ministère lituanien des affaires étrangères, les deux ministres « ont souligné l’importance de la solidarité européenne et la nécessité de prêter attention aux processus dans le voisinage de l’UE, ainsi qu’être prêt à répondre aux menaces dangereuses qui émergent au voisinage de l’UE. »

Les gardes le long de la frontière lituanienne avaient, jusqu’en août, intercepté environ 4 100 réfugiés et demandeurs d’asile rien que cette année. L’année dernière, ce nombre n’était que de 81. Ces chiffres ont incité l’État balte à déclarer l’état d’urgence en juillet. Les ressources de Frontex, cet organisme peu transparent également connu sous le nom d’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, ont déployé du personnel à la hâte ce même mois pour aider à maintenir l’ordre à la frontière avec la Lituanie et la Lettonie.

Selon Frontex, le soutien initial comprendrait « la surveillance des frontières et d’autres fonctions de gestion des frontières ». L’opération commencera par le déploiement de 10 agents avec des voitures de patrouille, et leur nombre sera progressivement augmenté.

Le directeur exécutif de l’agence, Fabrice Leggeri, n’a pas tari d’éloges sur les prouesses de l’organisation aux allures militaires, suggérant une aide face à des barbares menaçants à la frontière de l’Europe. « Le déploiement rapide en soutien à la Lituanie et à la Lettonie met en évidence la valeur des troupes permanentes de Frontex, qui permet à l’agence de réagir rapidement à des défis inattendus, en apportant la solidarité européenne pour soutenir les États membres aux frontières extérieures. »

L’humanitarisme est la dernière chose à laquelle pense M. Leggeri lorsqu’il évoque le rôle des « gardes-frontières et patrouilleurs supplémentaires de Frontex », qui « travaillent côte à côte avec leurs collègues lettons et lituaniens » pour « protéger nos frontières extérieures » en faisant cause commune.

Au début du mois, la Pologne a rejoint la Lituanie avec une ferveur alarmiste, en déclarant l’état d’urgence. Cette mesure a eu pour effet de militariser inutilement la situation, tout en faisant appel au jingo intérieur. Il s’agit du premier ordre de ce type depuis l’époque communiste du pays, qui interdit les rassemblements de masse et limite les mouvements de la population dans une bande de 3 km le long de la frontière pendant 30 jours. Marta Anna Kurzyniec, habitante de la ville frontalière polonaise de Krynki, a décrit une atmosphère « généralement violente ». Il y avait « des militaires en uniforme et armés partout… cela me rappelle la guerre ».

À l’utilisation de troupes s’ajoutent des barrières inhospitalières telles que la construction d’une clôture en fil de fer rasoir de 508 km par les autorités lituaniennes. La première ministre lituanienne, Ingrida Simonyte, a estimé qu’il s’agissait d’un élément essentiel de la stratégie de son pays pour repousser les arrivées indésirables. « La barrière physique est vitale pour repousser cette attaque hybride, que le régime biélorusse entreprend contre la Lituanie. »

Des personnalités politiques telles que le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki et le Lituanien Landsbergis ont également encouragé la diffusion de messages sévères de désapprobation à ceux qui tentent d’entrer dans leur pays. « Nous devons informer les gens qu’on leur ment », s’est emporté Landsbergis. « On leur promet un passage facile vers l’Europe, une vie très libre en Europe. Ce n’est pas ce qui va se passer. » Morawiecki, bien que revendiquant une certaine sympathie pour « les migrants qui ont été dans une situation extrêmement difficile », a estimé qu’« il faut clairement dire qu’ils sont un instrument politique. »

La situation a également vu la Cour européenne des droits de l’homme faire une apparition bien nécessaire en demandant à la Pologne et à la Lettonie de « fournir à tous les requérants de la nourriture, de l’eau, des vêtements, des soins médicaux adéquats et, si possible, un abri temporaire ». La Cour a toutefois tenu à faire savoir « que cette mesure ne doit pas être comprise comme exigeant que la Pologne ou la Lettonie laissent les requérants entrer sur leur territoire. »

Le gouvernement polonais, quant à lui, insiste sur le fait que son cœur ne s’est pas endurci, et s’adonne à son propre jeu de dissimulation pour la presse. Comme l’a affirmé une porte-parole du ministère de l’intérieur, « ces personnes se trouvent du côté biélorusse de la frontière ».

La manipulation de ce trafic humain a créé son lot de réalités bestiales ignorant les principes fondamentaux de la Convention des Nations Unies sur les réfugiés et d’un assortiment d’instruments internationaux, dont la Convention de Genève. C’est notamment le cas d’un certain nombre de réfugiés afghans qui se retrouvent bloqués à Usnarz Gorny, à 55 km à l’est de Bialystok. « Ils sont les victimes du jeu politique entre les pays », a déclaré avec justesse Aleksandra Fertlinska, d’Amnesty International Pologne. « Mais ce qui est le plus important, c’est que la source de ce jeu politique n’a pas d’importance. Ce sont des réfugiés, et ils sont protégés par [la] Convention de Genève ; ce que nous devons faire, c’est les accepter. »

Un réfugié irakien du nom de Slemen, se trouvant dans les environs détrempés de Rūdninki, à quelque 38 kilomètres de la capitale lituanienne Vilnius, offre sa propre observation pertinente. « Ce n’est pas parce que nous sommes passés par la Biélorussie que nous sommes de mauvaises personnes », a-t-il expliqué à Der Spiegel. Mais lui, et ses compagnons de voyage, sont présentés comme mauvais par des États qui négligent la compassion du traitement des demandes au profit d’une politique instinctive mettant l’accent sur le déluge et la menace plutôt que sur le salut et l’espoir.

Binoy Kampmark

Note Saker Francophone
Il est assez étonnant de voir que la Biélorussie renvoie la monnaie de leur pièce à la Pologne et aux États Baltes après les déstabilisations récentes, et avec des techniques utilisées par les forces globalistes pour imposer le multiculturalisme en Occident.

Traduit par hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Les petites victoires de Biden

Par : hervek

Par Dmitry Orlov – Le 8 septembre 2021 – Source Club Orlov

Kamala Harris dépose des fleurs devant un monument à la mémoire du Viet Cong qui a abattu John McCain.

Pour un nourrisson, la victoire peut consister à cracher une bouchée de nourriture plus loin que jamais auparavant ; pour un homme adulte dans la force de l’âge, la victoire peut consister à coucher avec une belle femme ; et pour quelqu’un de l’âge de Joe Biden, la victoire peut consister à réussir à aller à la selle. Ne perdons pas de vue ces relativités lorsque nous considérons la sortie victorieuse de l’Amérique de l’Afghanistan et ses prochaines sorties victorieuses de l’Irak, de la Syrie, de l’Ukraine, du Kosovo, d’Israël, de Taïwan, du Qatar, d’Okinawa, de Guam, de Porto Rico, des îles Vierges et de l’Alaska, pour n’en citer que quelques-unes.

Un fait bien connu à propos des États-Unis est que leurs politiques nationales en général, et leur « truc de vision » (comme George Bush-père l’appelait) en particulier, sont formulées par des diplômés en « liberal arts » des écoles de la Ivy League. Leur formation consiste généralement à lire et à réfléchir à certains livres, mais leurs listes de lecture ont tendance à être plutôt courtes. Cependant, elles comprennent toujours deux titres : 1984 de George Orwell et Brave New World d’Aldous Huxley. De façon perverse, ils s’en souviennent non pas comme des anti-utopies édifiantes, mais comme des manuels d’instructions, surtout pour 1984, et agissent en conséquence.

Rappelez-vous que sur le mur du Ministère de la Vérité de George Orwell étaient inscrits trois slogans :

LA GUERRE, C’EST LA PAIX
LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE
L’IGNORANCE EST UNE FORCE

En 2014, il m’était apparu que ces slogans s’appliquaient un peu trop bien au mode de fonctionnement de l’establishment de Washington, DC, et j’ai suivi ses progrès à la lumière de cette prise de conscience depuis lors, avec d’excellents résultats.

La guerre est certainement la paix : il suffit de voir à quel point l’Irak, l’Afghanistan, le Yémen, le Kosovo, la Libye, la Syrie et l’Ukraine sont devenus pacifiques grâce à leurs efforts de pacification. Les seuls écarts par rapport à la paix absolue qui pourraient se produire là-bas sont liés au fait que tout le monde n’a pas été contraint de devenir un réfugié et que certaines personnes tentent encore de vivre sur place. Cette situation devrait se résoudre d’elle-même, notamment en Ukraine, où les gens sont désormais confrontés à la perspective de survivre à un hiver froid sans chauffage.

La liberté est en fait un esclavage : pour profiter de leur « liberté », les Américains passent la majeure partie de leur vie à rembourser leurs dettes, qu’il s’agisse d’un prêt hypothécaire, de dettes médicales contractées à la suite d’une maladie ou de prêts étudiants. Ils peuvent aussi en profiter en pourrissant en prison. Ils travaillent également de plus longues heures avec moins de congés et des avantages sociaux plus mauvais que dans n’importe quel autre pays développé, et leurs salaires n’ont pas augmenté depuis deux générations.

Et ce qui maintient tout cela, c’est le fait que l’ignorance est en fait vraiment une force ; si ce n’était pas l’ignorance écrasante et délibérée des Américains, à la fois de leurs propres affaires et du monde en général, ils se seraient déjà rebellés, et le château de cartes (comme l’appelle George Bush-fils) se serait écroulé.

Mais il y a un quatrième slogan qu’ils doivent ajouter au mur du ministère de la Vérité de Washington. Il s’agit de :

LA DÉFAITE EST UNE VICTOIRE

Le caractère grotesque des trois premiers slogans peut être atténué de diverses manières. Il est difficile de prétendre que les engagements américains en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Libye, en Syrie ou en Ukraine ont produit la « paix », mais divers fonctionnaires menteurs et autres télétubbies nationaux trouvent encore possible de prétendre qu’ils ont en quelque sorte évité des dangers plus graves (totalement inventés) comme les « armes de destruction massive » irakiennes et syriennes ou Oussama Ben Laden qui, depuis sa grotte de Tora Bora, en Afghanistan, a fait tomber à distance encore plus de grattes-ciel à New York. Ce qu’ils ont produit, c’est une guerre sans fin financée par une dette galopante menant à la ruine économique. Cela devient de plus en plus difficile à ignorer, mais l’ignorance aide beaucoup ici.

De même, il est possible, bien qu’un peu maladroit, de prétendre que l’esclavage est une liberté – parce que, voyez-vous, une fois que vous vous êtes acquitté de vos devoirs d’esclave, vous pouvez rentrer chez vous et lire toutes les absurdités que vous voulez sur un blog ou un autre. C’est, bien sûr, tout à fait idiot ; vous pouvez vous bourrer la tête de toutes les « connaissances » que vous voulez, mais si vous essayez de les mettre en pratique, vous découvrirez rapidement que vous n’y êtes pas autorisé. « Retourne dans le rang, esclave ! » Vous pouvez aussi prendre le contre-pied et prétendre que la liberté est réservée aux fainéants tandis que nous, les gens productifs, devons nous précipiter d’une activité programmée à l’autre, en obligeant également nos enfants à vivre selon un calendrier tout aussi serré, en évitant les « temps non structurés » comme la peste, et que cela n’a rien à voir avec l’esclavage. Rien du tout. Même pas un peu. « Personne ne me dit ce que je dois faire ! » (Baisse les yeux sur le smartphone pour voir ce qu’il y a ensuite sur la liste des choses à faire aujourd’hui).

Avec l’ignorance, nous n’avons même pas besoin d’en faire l’apologie : les ignorants sont parmi les personnes les plus savantes de la terre – selon eux. Je l’ai constaté tout le temps dans les centaines de commentaires de blogs publics que j’ai dû supprimer (avant de les désactiver) ; ceux qui commençaient par « Vous devez sûrement savoir que [quelque chose que je ne sais pas] » ou « Tout le monde devrait maintenant savoir que [quelque chose qui n’est pas clair] » étaient particulièrement amusants. Certains jours, j’ai trouvé cette ignorance presque accablante, et l’ignorance est en effet une force.

Mais il est très difficile de prétendre que la défaite est une victoire, et c’est là que réside un grand défi pour l’establishment de Washington, DC. Lorsqu’ils sont victorieux, vos dirigeants peuvent faire ce qu’ils veulent avec le monde ; lorsqu’ils sont vaincus, le monde fait ce qu’il veut avec eux. C’est quelque chose qui est difficile à cacher : vos dirigeants disent ce qu’ils veulent faire, et ensuite ils réussissent ou échouent. Lorsqu’ils échouent, ils essaient toujours d’appeler cela un succès, mais si vous regardez leur déclaration d’intention initiale, puis les résultats, et que les deux ne correspondent pas du tout, alors cela ressemble un peu à une sorte de défaite, peu importe comment ils se tordent et se tortillent.

C’est une bonne chose, car avec toute la propagande diffusée par le ministère de la Vérité, il est difficile pour le commun des mortels de déterminer la nature des « faits sur le terrain », mais lorsqu’il s’agit de victoire ou de défaite, vous pouvez généralement vous fier au rectum du cheval. Oui, les consultants en relations publiques du ministère peuvent toujours prétendre que « nous avons forcé l’ennemi à nous faire un massage en profondeur gratuit de nos glutei maximi« , mais un élève précoce de maternelle peut toujours décoder cela en « Nous nous sommes fait botter le cul ». Ainsi, dans le cas de l’Afghanistan, la plupart des gens, lorsqu’ils entendent que les États-Unis sont entrés dans le pays il y a 20 ans pour se débarrasser des talibans et qu’ils viennent juste de le quitter, après avoir dépensé des milliers de milliards de dollars, en rendant l’Afghanistan aux talibans avec 90 milliards de dollars d’armes gratuites et de nombreux otages américains (actuellement piégés à l’aéroport de Mazar-e-Sharif), peuvent très bien faire le rapprochement et appeler cela une défaite humiliante.

Les étudiants en « liberal arts », venez à la rescousse ! Au cours de l’obtention de leurs diplômes ridiculement hors de prix de l’Ivy League, ils se sont familiarisés avec la théorie de la critique, qui leur a appris que l’objectivité est subjective. Par conséquent, pour transformer la défaite en victoire, il suffit de choisir le bon sujet. Si le commandant en chef croit que la mission a été une victoire, qui sommes-nous pour discuter ?

Joe Biden : « Nous avons réalisé l’un des plus grands ponts aériens de l’histoire, avec plus de 120 000 personnes évacuées en lieu sûr. … Seuls les États-Unis avaient la capacité, la volonté et les moyens de le faire, et nous l’avons fait aujourd’hui. … L’extraordinaire succès de cette mission est dû à l’incroyable compétence, à la bravoure et au courage désintéressé de l’armée américaine, de nos diplomates et des professionnels du renseignement. »

Vous pourriez être tenté de mettre cela sur le compte de la sénilité, et peut-être le devriez-vous, mais vous devez réaliser qu’il ne s’agit pas simplement des divagations d’un vieux fou. Non, c’est de la sénilité stratégique. Rappelez-vous, à l’âge de Biden, la mesure du succès est une défécation réussie, et il ne laissera rien s’y opposer. Et pour les manipulateurs de Biden, le succès réside dans le fait d’avoir réussi à choisir un homme de paille pour qui la défaite est une victoire, ce qui est très certainement le cas, car selon la théorie critique de quelque chose d’autre, l’objectivité est subjective.

L’Afghanistan est loin d’être la seule victoire de Joe Biden ; si vous l’observez attentivement, vous vous rendrez compte qu’il remporte des victoires similaires presque tous les deux jours. Il a victorieusement dormi pendant une réunion avec le nouveau Premier ministre israélien Naftali Bennett, comme c’était la chose intelligente à faire pour lui. Bennett a apporté de terribles nouvelles :  » Les Syriens ont appris à abattre plus de 90 % des roquettes israéliennes en utilisant leurs systèmes de défense aérienne russes mis à jour (S1 Pantsyr et Buk-M2Э). Il ne s’agit même pas des systèmes russes haut de gamme dont disposent les Iraniens ; ceux-ci auraient pu abattre les avions israéliens qui avaient lancé les roquettes au-dessus du Liban. Que faisons-nous, M. le Président ? » Que devait faire Biden, reconnaître sa défaite ? Bien sûr que non ! Au lieu de cela, il s’est gentiment assoupi.

Ou prenez sa rencontre avec le président ukrainien Vladimir Zelensky, un clown, qui s’est présenté pour quémander un peu d’argent pour son numéro de clown consistant à « tenir tête à l’agression russe ». Le vieux cerveau de Biden, dont les neurones fonctionnent de moins en moins chaque jour, a tendance à tracer des lignes droites entre deux points quelconques, et il a donc appelé Zelensky, Lewinsky, comme Monica Lewinsky, qui offrait certains services sexuels dans le Bureau ovale, que Zelensky serait trop heureux d’offrir en échange d’une tape sur la tête et d’un peu d’argent, mais Biden est trop vieux pour cela.

Zelensky a également apporté une terrible nouvelle : « Les Russes ont terminé leur gazoduc NordStream 2 vers l’Allemagne et n’utiliseront plus l’Ukraine comme Pipelineistan pour acheminer leur gaz vers l’UE ; en conséquence, les Ukrainiens ne pourront plus siphonner le gaz russe et mourront de froid dans le noir. Que faisons-nous, Monsieur le Président ? » La brillante réponse de Biden a été du style « Franchement, mon chère, je m’en fous ». Selon Victoria Nuland, les États-Unis ont dépensé 5 milliards de dollars pour faire de l’Ukraine une démocratie moderne et dynamique, et maintenant ceci : une autre victoire !

J’espère que vous êtes dûment impressionnés par l’idée brillante de la sénilité stratégique ; mais attendez, il y a plus ! La sénilité stratégique de Biden est soutenue par l’incompétence stratégique. C’est le cas de Kamala Harris : les primaires démocrates avaient montré qu’elle était éminemment inéligible, mais ce problème a été résolu en faisant en sorte que les machines à compter les votes par correspondance fassent « brrr ». Et maintenant, elle vole autour du monde, faisant des acrobaties comme déposer des fleurs au mémorial des courageux guerriers vietnamiens qui ont abattu John McCain et démontrant généralement qu’il y a un vent frais qui souffle entre ses oreilles.

Harris semble être une sorte de call-girl exotique. Elle a un rire de jeune fille et sait comment bouger ses hanches comme il faut, et quel dirigeant mondial ne voudrait pas dormir… pendant une réunion avec elle. Mais vous auriez tort de penser qu’elle fait simplement une erreur ; non, elle démontre son incompétence stratégique. Son rôle est d’offrir aux Américains un choix : soit supporter Joe, sa sénilité stratégique et ses selles victorieuses, soit le faire remplacer par quelqu’un qui ricanera et se trémoussera sans réfléchir d’une défaite à l’autre, les qualifiant de victoires parce que c’est ce qui est écrit sur le téléprompteur.

À la lumière de tout cela, que doit faire le peuple américain ? Eh bien, ils pourraient simplement déclarer que l’Empire américain est une chose raciste et maléfique construite par des hommes blancs fanatiques, et alors son effondrement serait une victoire plutôt qu’une défaite. Après tout, cela va dans le sens de ce qu’on a appris aux Soviétiques à penser de leur pays il y a 30 ans, et lorsque l’URSS s’est effondrée, cela a été présenté comme une grande victoire. Bien sûr, environ 10 millions de personnes sont mortes dans la violence et le désespoir qui ont suivi, mais je suppose que l’on pourrait appeler cela une vision indûment négative d’un événement historique important et inspirant, car, voyez-vous, selon la théorie critique de d’une chose ou l’autre, l’objectivité est subjective.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

On plonge dans le noir

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 27 Août 2021 – Source kunstler.com

Il serait cruel d’accabler les lecteurs d’une dénonciation avec plus d’opprobre du personnage pathétique qui prétend diriger la nation, mais il serait juste de se demander ce qu’il faut faire à son sujet. On a l’impression que « Joe Biden » dérape vers la résignation. Son langage corporel suggère la défaite. Lorsque le journaliste Peter Doocy l’a interrogé jeudi soir en direct sur les treize soldats américains qui se sont fait exploser devant l’aéroport de Kaboul, il s’est replié devant les caméras comme un accordéon cassé. Mauvaise optique, comme on dit dans le milieu de la manipulation. Et ce, après avoir fait attendre le pays pendant cinq heures et demie avant même de faire une apparition lorsque la nouvelle de l’attentat a été annoncée.

Ses managers ont installé une « pilule empoisonnée » nommée Kamala Harris comme vice-présidente, et même les membres de son propre parti ont des vapeurs à la simple pensée fugitive de la voir essayer de diriger le pays, gloussant d’une crise à l’autre. Pendant ce temps, la VIP a écourté sa tournée en Asie du Sud-Est, se précipitant pour aider le gouverneur de Californie Gavin Newsom lors d’un rassemblement pour combattre son vote de rappel… mais elle a ensuite interrompu sa mission de sauvetage de Newsom pour s’envoler vers Washington. Faire campagne électorale pendant la plus grande crise d’otages de l’histoire des États-Unis est probablement synonyme de mauvaise image. Elle passera vraisemblablement les jours à venir à se tenir prête sur les développements, à portée de main de la fiole de Xanax – tandis qu’un groupe de gros bonnets du parti l’implore d’invoquer le 25e amendement.

Certains de ces gros bonnets, y compris les dirigeants des partis derrière « Joe Biden », pourraient être en train de préparer une opération soignée dans laquelle « Joe Biden » démissionne, Mme Harris est élevée au rang de POTUS… Mme Harris nomme Barack Obama vice-président… puis Mme Harris démissionne, faisant de l’ex-président populaire un nouveau président. Le 22e amendement empêche seulement les présidents d’être élus plus de deux fois, pas d’être nommés par hasard. Oseraient-ils ? Eh bien, pourquoi pas ? Ils ont osé organiser des détournements d’élections assez audacieux en 2020.

Une chose sur laquelle vous pouvez compter, la situation a le potentiel de devenir bien pire, à la fois pour la nation et pour « Joe Biden ». Nos nouveaux « partenaires » talibans, chargés d’assurer la sécurité à l’intérieur et autour de Kaboul, pourraient se révéler moins fermes dans leurs fonctions que prévu. Le bain de sang de jeudi laisse entrevoir leurs insuffisances. Le nombre d’Américains bloqués en Afghanistan reste hypothétique, un millier… six mille… personne ne semble le savoir. De plus, Dieu seul sait combien de membres du personnel civil de l’OTAN, d’employés d’ONG internationales et d’autres personnes, disons, occidentales, restent coincés.

Les attentats-suicides de ISIS ont également constitué une déclaration assez audacieuse. Si l’on se risque à dire que nos nouveaux partenaires talibans ne sont pas des gentlemen, comment décririez-vous les cadres d’Al-Qaïda et de ISIS ? De piètres sportifs ? Ruffians ? Misogynes ? Ils ont désormais la mainmise sur Kaboul, la possibilité de faire du porte-à-porte et d’éliminer les Occidentaux, ce qu’ils considèrent probablement comme amusant. Vous souvenez-vous des choses qu’ils aimaient faire à leurs prisonniers il y a quelques années ? Leur couper la tête. (Remarquez que je n’ai pas dit hacher.) Les faire rôtir dans des cages. Cela pourrait commencer d’une minute à l’autre. Et quoi alors, « Joe Biden » ?

Mais, alors, peut-être que quelque chose d’autre se produit, quelque chose de plutôt choquant : un jeu pour destituer le président actuel par des moyens peu orthodoxes, disons, un soulèvement de parties apparemment extérieures au gouvernement américain, y compris un groupe choisi d’officiers militaires américains actuels et anciens ? Un hiatus extraordinaire dans les procédures habituelles de longue date autour du transfert du pouvoir ? Je ne peux pas en dire plus parce que je n’en sais pas plus – sauf qu’il y a des rumeurs dans le vent et que c’est un moment au moins aussi sombre de notre histoire que Valley Forge, Fort Sumter, Pearl Harbor, 9/11. On ne saurait trop insister sur le fait que certaines personnes ingénieuses sont très mécontentes de la situation actuelle.

N’oublions pas que « Joe Biden » doit encore faire face à d’autres adversités. Les résultats de l’audit des élections en Arizona peuvent être publiés à tout moment. Ils indiqueront que le vote officiellement certifié du 3 novembre 2020 dans le comté de Maricopa ne ressemble guère à ce qui a été découvert par un examen scrupuleux et exhaustif des bulletins de vote. Le résultat sera une puissante intimidation que peut-être « Joe Biden » est arrivé à son dernier poste fédéral par des moyens infâmes… provoquant des mouvements dans d’autres États pour revoir leurs conclusions certifiées de 2020, aussi. L’image sera mauvaise.

Ensuite, il y a l’hystérie actuelle du Covid 19, un fiasco mondial de données truquées et de méfaits mortels. « Joe Biden » est déterminé à faire vacciner tout le monde dans le pays avec des cocktails pharmaceutiques à propos desquels le public a des raisons d’être sceptique. Nous savons que ces injections d’ARNm ont provoqué plus d’effets indésirables graves et de décès que tout ce qui était auparavant appelé « vaccin ». Il y a des raisons de croire que le nombre de ces mésaventures est, malgré tout, largement sous-déclaré.

Il y a de nombreuses raisons de suspecter le nombre de cas de Covid-19 rapportés. Les tests PCR ont été jugés non fiables, et pourtant le corps médical est autorisé à les utiliser jusqu’en décembre. C’est comme ça qu’on calcule encore le nombre de cas ? Je n’ai entendu parler d’aucune autre méthode. Et si un nombre important de cas de Covid n’était pas du tout du Covid, mais plutôt des réactions aux protéines de pointe chez les personnes déjà vaccinées ? Je pense qu’un grand nombre d’entre eux ne sont que cela. Et n’est-il pas clair maintenant que le fait de « vacciner » la moitié de la population n’éradique pas la maladie, mais crée plutôt davantage de variantes résistantes à ces concoctions d’ARNm ? Les nations du monde qui sont les plus vaccinées sont aussi celles qui ont les taux les plus élevés de cas de Covid.

Et « Joe Biden » remue ciel et terre pour que chaque entreprise et institution américaine contraigne ses employés à se faire vacciner. Avez-vous la moindre idée de l’état d’énervement de la nation à ce sujet – sans parler de l’avalanche de mensonges diffusés depuis deux ans par les responsables de la santé publique et les médias d’information sur les véritables origines de la maladie et des « vaccins » à ARNm ? Il est évident que cette prétendue pandémie est devenue une excuse pour bousculer les gens.

Les événements se précipitent au galop, et ce sont les événements qui commandent maintenant, pas les personnalités. « Joe Biden » a encore des jours devant lui dans le bureau ovale. Ce n’est vraiment qu’une question de comment il sera écarté… et de qui le remplacera. Les personnes qui l’ont installé dans ses fonctions et tous ses partisans électoraux ont-ils des remords d’achat ? C’est ce que nous allons découvrir. Voici la déclaration d’un des principaux blogueurs de la gauche politique :

J’ai avalé ces mots… syllabe par syllabe. Je me sens submergé de gratitude pour les adultes dans la pièce.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

La noosphère, Partie III : Mythologies polythéistes

Par : hervek

Par Dmitry Orlov – Le 6 septembre 2021 – Source Club Orlov

Cet ensemble de mythes englobe le polythéisme sous toutes ses formes et est symbolisé par l’expression mathématiquement invalide 0 = ∞ Le nombre est zéro parce que dans ce schéma, il y a exactement zéro dieu réel. Ici, 0 est très différent de l’état NULL dont nous avons parlé précédemment, qui est le déni acharné des athées et/ou l’absence expérimentée de tout ce qui est divin. Zéro est également l’infini puisque le nombre de dieux, de déesses et de dieux en minuscules n’est limité par aucun principe. Si vous avez une déesse de la forêt, alors pourquoi pas une déesse de l’arbre, une déesse du buisson, une déesse de l’arbuste et une déesse du jeune arbre ? Ajoutez une bonne poignée de nymphes, de trolls et de gobelins pour compléter le tableau.

Une autre distinction est que NULL semble être un état transitoire indiquant une crise alors que 0 = est un état stable que l’Homo sapiens a connu et continuera vraisemblablement à connaître au cours d’innombrables millénaires. Diverses religions et cultes monothéistes, symbolisés par 1≠1, 1+1=1 et 1+1+1=1, dont nous parlerons plus tard, occupent une position intermédiaire : ils ne sont pas transitoires ; ils ne sont pas non plus permanents, mais tendent à se dégrader vers 0 = au fil du temps.

Les dieux en minuscules forment un continuum allant d’entités véritablement divines qui créent et détruisent des mondes et ne peuvent être apaisées que par des sacrifices humains réguliers, de préférence des vierges, à des humains déifiés dont les restes momifiés reposent perpétuellement dans des mausolées, en passant par des pop stars et des célébrités et jusqu’à de petites idoles – les dieux de la cuisine chinoise, par exemple, qui sont des statuettes que l’on peut apaiser correctement en les enduisant de saindoux une fois par an. Les fétiches et les talismans se situent à l’extrémité de ce continuum. L’existence de « figurines de Vénus » néolithiques montre que cela dure depuis au moins quelques milliers d’années, probablement beaucoup plus longtemps, ce qui accrédite la théorie selon laquelle le penchant pour la mythologie religieuse est un trait évolué de l’Homo sapiens que les athées scientifiques sont assez stupides pour essayer de combattre : les dieux, les êtres et les choses divines sont peut-être des logiciels, mais ces logiciels fonctionnent sur un matériel dédié, à usage spécial, intégré dans le crâne humain.

Si la technosphère apprécie particulièrement NULL, elle sait aussi se servir des cultes 0 = et connaît ceux qu’elle préfère. Certains cultes païens peuvent présenter des difficultés pour la technosphère. Par exemple, le culte apollinien avec sa devise  » rien en trop «  militerait contre une surabondance de technologie, limitant la portée de la technosphère. Le culte orgiaque de Bacchus, qui trouve son reflet dans la culture contemporaine des boîtes de nuit, tend à contrevenir aux restrictions épidémiologiques ostensiblement imposées dans le cadre d’un effort futile pour contrecarrer la propagation d’un virus grippal pas particulièrement mortel (mais utilisé en réalité pour contrôler la consommation, en particulier la consommation d’énergie d’hydrocarbures, et pour renforcer le contrôle social).

Plus généralement, la technosphère trouve le polythéisme relativement copieux. Les divinités mineures telles que les pop stars et les célébrités peuvent être vénérées en achetant les produits qu’elles soutiennent ou dont elles font la publicité. Les divinités majeures qui composent l’oligarchie – Bill Gates, Elon Musk, Jeff Bezos, etc. – intégrées comme elles le sont dans la technosphère, suscitent un certain niveau de crainte et requièrent des formes de sacrifice plus sérieuses, allant de l’injection de vaccins expérimentaux à l’utilisation de systèmes d’exploitation qui sont des logiciels espions flagrants, en passant par la conduite de Teslas hautement combustibles, ridiculement hors de prix et inefficaces, et la dépense d’une fortune pour de petits rectangles lumineux aux jolis coins arrondis, et une grande variété d’autres fétiches technologiques.

Chez l’Homo sapiens, l’envie de déifier est irrépressible, et le polythéisme tend à apparaître spontanément, ce qui donne du crédit au fait qu’il s’agit d’un aspect évolué de la nature humaine, rendant inutile toute tentative de suppression pure et simple par la technosphère. Au contraire, il est beaucoup plus efficace pour la technosphère de le canaliser de manière à produire le comportement obéissant, conformiste et consumériste souhaité. Les consommateurs forment alors volontairement le troupeau, les « prosommateurs » (qui publient des vidéos Youtube populaires d’eux-mêmes utilisant le produit fétichisé) deviennent le clergé laïc, et les supporters des célébrités le grand sacerdoce du culte éphémère de tel ou tel gadget, babiole, substance injectable ou pilule.

Le polythéisme représente la première étape du développement de la mythologie religieuse de l’humanité, et si la technosphère gagne, ce sera aussi la dernière. La technosphère déteste toute sophistication qui n’est pas une sophistication technique. De son point de vue, les formes de culte les plus primitives, comme le fait de baver devant des chanteurs pop sud-coréens androgynes, sont acceptables en tant que phase de transition vers l’état NULL qui représente une existence entièrement végétative d’un point de vue spirituel.

Le fait que le polythéisme soit une tendance naturelle de l’espèce humaine est vraiment difficile à manquer. Prenons l’exemple des cultes d’État auxquels sont spontanément parvenus divers régimes communistes ostensiblement athées. Peu après que toutes les divinités aient été bannies par un dictat gouvernemental, les régimes communistes se sont mis à construire des mausolées dans lesquels ils ont enterré les restes momifiés de leurs grands dirigeants. Il y a le très imposant Palais du Soleil de Kumsusan à Pyongyang, en Corée du Nord, qui sert de mausolée au président Kim Il-sung et à son fils, le président Kim Jong-il. Et puis il y a le Mausolée Ho Chi Minh, dont le style attrayant rappelle celui d’un temple grec antique, à Hanoi, au Vietnam. Et n’oublions pas le mausolée de Mao Zedong à Pékin, en Chine.

Et puis, bien sûr, il y a le mausolée de Lénine sur la Place Rouge à Moscou, qui est toujours en place aujourd’hui, bien que son balcon ne soit plus utilisé comme tribune par les dirigeants politiques et les dignitaires lors des défilés. Mon humble proposition de le réutiliser comme entrée d’une nouvelle station de métro – « Mavzoleiskaya » [littéralement « Station du mausolée », NdT] – est restée lettre morte ; même après tout ce temps, de nombreuses personnes trouvent l’idée sacrilège et préfèrent subir l’inconvénient de devoir marcher 210 mètres pour se rendre sur la Place Rouge depuis la station de métro la plus proche (place de la Révolution).

Ces cultes d’État communistes ne parviennent généralement pas à inspirer le même niveau de ferveur religieuse que les formes traditionnelles d’observance religieuse. Ils peuvent prolonger le pouvoir du grand leader pendant un certain temps après sa mort, mais l’effet s’estompe inévitablement avec le temps. Ce fait a été reconnu même par les dirigeants communistes eux-mêmes. Les dirigeants chinois ont progressivement assoupli les restrictions sur la pratique religieuse, en prenant soin de contrôler les groupes religieux qui présentent des risques politiques ou qui pourraient servir de canaux pour l’infiltration et l’ingérence étrangères.

Les gens sont souvent choqués d’apprendre que Joseph Staline a pris la décision de rouvrir de nombreuses églises pendant la Seconde Guerre mondiale, moins de deux décennies après la mort de Lénine, ayant compris que la foi joue un rôle fondamental pour conduire les soldats russes vers la victoire. Ayant été éduqué dans un séminaire, Staline était bien conscient du pouvoir de la foi. Selon certaines sources, il était lui-même un homme religieux : avant sa mort, il s’est confessé au patriarche Alexii Ier, qui aurait dit « Il s’est repenti ! ». Pour des raisons évidentes, cela a été tenu secret par la hiérarchie soviétique aussi longtemps qu’elle a continué d’exister.

Une résurgence spontanée différente de l’expérience religieuse peut être facilement observée dans les sociétés qui arrivent à l’état NULL (ou passent brièvement par l’état NULL) par des processus autres que le changement révolutionnaire. Ces processus peuvent aller de l’endoctrinement athée pur et simple par des pédagogues rationalistes à la décadence culturelle (et religieuse) générale et à la perte de sens. Il existe de nombreuses façons de produire un athée ; par exemple, beaucoup de bons athées ont été produits par les écoles catholiques. En général, la combinaison d’observances religieuses spirituellement vides et l’utilisation sans discernement du concept de culpabilité pour contrôler le comportement font que le déni de l’existence de Dieu est ressenti comme une libération et une expérience religieuse à part entière.

Il s’avère qu’il ne s’agit en fait que d’une phase qui libère l’espace pour de nouveaux types d’expériences religieuses, spontanément improvisées. La nature a horreur du vide, et la nature humaine a horreur du vide spirituel : quelle que soit la rationalité que nous essayons d’avoir, nous ne sommes tout simplement pas faits pour maintenir un haut niveau de scepticisme pendant de longues périodes et, au bout d’un certain temps, le besoin inné de croire et d’adorer quelque chose ou autre l’emporte.

Ainsi, en Occident, dans le sillage de la dislocation sociale de la Seconde Guerre mondiale et de la disparition progressive de la société traditionnelle, est apparue une nouvelle culture de la jeunesse centrée sur la musique pop, qui s’est assez rapidement transformée en une grande variété de phénomènes quasi-religieux, de la Beatlemania extatique aux Rolling Stones sataniques (sympathie pour le diable, quelqu’un ?), ainsi qu’en une grande quantité d’idolâtrie générale. Le chanteur pop anglais William Broad n’a pas choisi arbitrairement le nom de scène Billy Idol : il essayait de suivre la tendance.

À cette époque, la concurrence entre les superpuissances était intense et les dirigeants soviétiques ont vite compris le pouvoir de cette nouvelle culture des jeunes. Ils ont dépensé une fortune pour cultiver leur propre scène musicale pop, avec d’excellents résultats, sauf sur un point : l’idéologie soviétique a imposé un niveau d’égalitarisme qui a empêché les pop stars soviétiques, aussi bien rémunérées soient-elles, d’atteindre la fabuleuse richesse divine des pop stars occidentales, ce qui a contribué à les transformer en objets de culte public. C’est ainsi que la culture occidentale des jeunes l’a emporté, apportant avec elle toute une série d’influences culturelles occidentales qui ont contribué à sceller le destin de l’URSS, qui avait mal tourné pour un grand nombre d’autres raisons. Mais le charme n’a pas duré longtemps et aujourd’hui, des groupes russes comme Little Big, qui a remporté l’Eurovision, prospèrent en détruisant les tropes culturels occidentaux avec un sarcasme industriel, tandis que d’autres, comme le groupe Leningrad, doivent leur fabuleux succès à une heureuse combinaison de patriotisme parfaitement laïc, de blasphèmes surpuissants et de virtuosité musicale.

La technosphère s’accommode parfaitement de l’idéologie NULL qui règne en maître dans les hautes sphères de la société tandis que les ordres inférieurs sont sans cesse distraits par une idolâtrie puérile car aucun d’entre eux n’est capable de s’organiser pour s’y opposer et menacer sa suprématie. Ce n’est pas nécessairement le cas des mythologies religieuses monothéistes, symbolisées par 1≠1, 1+1=1 et 1+1+1=1, dont nous parlerons ensuite.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Des jours étranges en perspective

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 16 Août 2021 – Source kunstler.com

A gauche : La chute de Kaboul, 2021 – A droite : La chute de Saïgon, 1975

Si American Airlines était aux commandes, ils auraient mis toutes les annulations sur le compte de la météo et auraient ensuite donné les bagages enregistrés de tout le monde aux talibans.

Sean Davis, rédacteur en chef, The Federalist, à propos de ce qui se passe dans l’aéroport de Kaboul.

Je suppose que nous avons dû apprendre à nos dépens que l’Afghanistan n’est pas comme le Nebraska. Laissons les autres être cruels à ce sujet (et il y en a beaucoup en ce moment, ailleurs). Le dernier prétendu hégémon qui a essayé d’occuper l’endroit avant nous était l’Union soviétique, qui a découvert douloureusement que l’Afghanistan ne ressemblait pas beaucoup à son Oblast de Kemerovo non plus, et peu après avoir retiré ses troupes en 1989, l’Union soviétique a commencé à s’effondrer – ce qui pousse à se demander : Dans quelle mesure les États-Unis de 2021 ressemblent-ils à l’Union soviétique de ces années-là ?

Eh bien, nous sommes devenus une nomenklatura administrative sclérosée, composée de larbins de l’État profond, comme l’étaient les Soviétiques, et dernièrement, nous sommes tout aussi anarchiques qu’eux, du point de vue constitutionnel – par exemple, l’abolition des droits de propriété via le moratoire sur les loyers du CDC… l’emprisonnement prolongé en isolement des prisonniers politiques du 6 janvier… l’introduction de « passeports » internes. Les États-Unis fonctionnent sur des vapeurs économiques comme les Soviétiques. La direction de notre parti dominant a vieilli en une gérontocratie embarrassante. Est-ce que c’est notre tour de nous effondrer ?

On dirait bien que oui. Les jours à venir risquent d’être difficiles. La Chine a certainement pris la mesure de notre armée « éveillée » et envisage de s’emparer de Taïwan dans notre moment de faiblesse. Plus de puces électroniques pour vous, Oncle Sam ! Allons-nous défendre Taïwan militairement, ou peut-être des armes nucléaires ? Et si ça ne marche pas très bien ? Je vais vous dire : une réorganisation géopolitique majeure des choses, nous laissant… où ? Incapables d’imposer notre volonté dans le monde comme c’est le cas depuis 80 ans. Désemparés. Sans amis. Fauchés. Cassés !

Bien sûr, la situation intérieure de notre pays n’a jamais été aussi tendue et exacerbée depuis 1861. Tout est politisé, c’est-à-dire qu’on s’en sert comme d’une matraque pour battre ses adversaires et, avouons-le, surtout dans le sens gauche contre droite. C’est particulièrement vrai pour le feuilleton Covid-19, qui oppose de plus en plus les « progressistes » vaccinés de manière moralisatrice aux conservateurs récalcitrants du « libre choix de ne pas se faire vacciner » – c’est-à-dire un gouvernement coercitif qui tente de forcer des citoyens supposés libres à accepter un traitement médical expérimental plutôt douteux.

Depuis quand la gauche américaine est-elle devenue si pro-tyrannie, et comment cela est-il arrivé ? J’ai des amis et des parents – et je suis sûr que vous en avez aussi – qui se sont tués à la tâche dans les années 1960 pour protester contre la guerre, le gouvernement, le FBI et la CIA… qui se sont battus dans les rues pour la liberté d’expression et ont fait feux de tout bois contre la propagande officielle – et aujourd’hui, ils n’en peuvent plus de contraindre, punir, laver le cerveau et annuler leurs concitoyens. Ils vont même jusqu’à concevoir un récit vicieux pour qualifier leurs opposants de « terroristes nationaux ». Vous pensez que ça va marcher ?

J’en doute. Et la chute de l’Afghanistan ne manquera pas de susciter une réaction de ressentiment parmi les nombreux anciens soldats qui ont payé un lourd tribut en effectuant des tours de service dans cette aventure infortunée pendant vingt ans. Ils sont nombreux dans l’Amérique rouge, et ils étaient déjà furieux de l’absurdité pernicieuse que leur enfonçaient dans la gorge les sbires du wokestérisme : les bousculades raciales et sexuelles, la hausse vertigineuse de la criminalité violente, l’ouverture des frontières, la délocalisation des emplois, les confinements Covid et le démantèlement des petites entreprises, l’expérience de la Théorie Moderne de la Monnaie qui lance l’inflation, et la nouvelle « pussification » [féminisation, NdT] des forces armées dans lesquelles ils ont servi et souffert. Ils sont restés plutôt discrets pendant toutes ces années, se contentant d’observer la scène avec étonnement et nausée, mais vous les verrez peut-être devenir plus actifs maintenant. Et n’oubliez pas qu’ils ont été bien entraînés aux armes et aux tactiques militaires.

Des découvertes troublantes sont à prévoir pour l’avenir. Le Wall Street Journal a récemment détecté des signes de vie dans l’enquête sur John Durham, rapportant que l’affaire a été portée devant un grand jury. Cela signifie que des crimes sont poursuivis. Nous pourrions bientôt retrouver des noms qui ont failli être oubliés – Bruce Ohr, Glenn Simpson, Andrew McCabe, Rod Rosenstein, Pete Strzok… qui d’autre ? Cela pourrait également conduire à un discrédit catastrophique des grands médias d’information – qui étaient pleinement impliqués dans l’escroquerie du RussiaGate – au point que certaines entreprises finissent par être complètement ruinées et de nombreuses carrières balayées.

Des informations concrètes sur ce qui s’est réellement passé lors de l’élection de 2020 sont également en train de sortir, et pas à l’avantage du régime au pouvoir qui a prétendument triomphé lors de ce scrutin. Certaines de ces informations pourraient avoir une incidence sur la question de l’implication de la Chine dans nos affaires et, au-delà de la simple ingérence dans les élections, sur l’achat en gros de la classe politique américaine. Ce qui est pathétique, c’est que nous connaissons déjà plusieurs personnalités très en vue qui ont été achetées par la Chine, notamment Eric Swalwell, Diane Feinstein et, surtout, Hunter Biden (et sa famille), mais les rangs des personnes connues pour être achetées pourraient grossir de façon spectaculaire.

Enfin, il y a le sort du président « Joe Biden ». Alors que Kaboul tombe ce matin, il reste dans son trou de marmotte de Camp David. Les observateurs pensent qu’il a eu quelques « mauvais jours » ces derniers temps, ce qui signifie qu’il n’est pas présentable. La clameur monte, même parmi ses propres partisans, pour qu’il sorte et dise quelque chose, n’importe quoi… pour l’amour du ciel… qu’il fasse plus que prétendre être le leader du monde libre ! Cela pourrait être le baisser de rideau pour Ol’ White Joe… le temps de partir. Jamais auparavant un président américain n’a été confronté à une telle perte de légitimité, et pas seulement à cause de l’Afghanistan. Et puis, pensez à qui sera le prochain à occuper ce poste. (Avez-vous frissonné ?)

Parfois, comme le faisait remarquer Vlad Lénine, les événements prennent des décennies, et parfois les années se déroulent en quelques semaines. Cela ressemble à l’une de ces périodes pour les États-Unis. Les têtes vont bientôt tourner comme celles de la petite fille dans L’Exorciste, libérant un flot de révélations choquantes. Les anciens récits vont s’effondrer sous nos yeux. Les esprits devront se ressaisir. Préparez-vous à vivre des jours étranges.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

La débâcle de la sortie d’Afghanistan : incompétence, distraction ou quelque chose de plus sinistre ?

Par : hervek

Par Brandon Smith − Le 18 Août 2021 − Source Alt-Market

Mon premier réflexe a été d’ignorer le cirque entourant l’apparente gabegie de Biden concernant le retrait des troupes d’Afghanistan, principalement parce que je pense que cela détourne l’attention du danger bien plus grand des mandats despotiques et des passeports vaccinaux que Biden et ses manipulateurs tentent de faire avancer en ce moment même sur notre sol. Cela dit, j’ai reçu de nombreuses demandes de lecteurs pour discuter de la situation et j’ai trouvé certains aspects du retrait plutôt suspects. L’hypothèse de base est que Biden est sénile et que sa gestion de la sortie est entachée de sa stupidité, mais il y a peut-être plus que ce que l’on croit…

Tout d’abord, je pense qu’il est important de dissiper un récit de propagande qui circule dans les médias et selon lequel les conservateurs demandent en quelque sorte que les troupes restent en Afghanistan en critiquant la stratégie de sortie de Biden. Il s’agit là d’une propagande typique de la gauche. On peut être en faveur d’un retrait des troupes tout en critiquant la façon dont Biden a géré la situation. Franchement, les États-Unis auraient dû quitter l’Afghanistan il y a plusieurs années ; je ne pense pas qu’il soit trop demander de mettre en place un plan concret pour atténuer les dommages causés aux personnes qui comptaient sur notre présence pour les protéger des talibans.

C’est Barack Obama qui, le premier, a promis une sortie de l’Afghanistan pour 2014, tout en affirmant que la « mission de combat était terminée ». Cela n’est bien sûr jamais arrivé et la gauche politique a ignoré la tromperie d’Obama en faveur du récit du sauveur progressiste.

Pour être juste, l’administration Trump a fait exactement la même chose, en mettant en avant l’idée d’un retrait majeur ou d’une sortie complète, puis en instituant des renforts de troupes à la place, mais au moins les conservateurs ont été beaucoup plus critiques à l’égard de son retour en arrière. Trump s’est finalement engagé à réduire les troupes en 2020, en déplaçant la plupart des actifs APRÈS l’élection de novembre, laissant 2 500 militaires en Afghanistan ainsi que 17 000 entrepreneurs privés.

Le véritable choc a été la rapidité du programme de sortie de Biden après que Trump ait déjà retiré le gros des troupes américaines. Ce retrait rapide a consisté à réduire la quasi-totalité des troupes américaines et à diminuer le nombre d’entrepreneurs privés d’au moins 60 %, le tout en l’espace de quelques mois. Cela a permis aux talibans d’envahir les dernières provinces sécurisées autour de la capitale Kaboul, puis Kaboul elle-même. Une panique s’est emparée des citoyens afghans aux sentiments anti-talibans, et des centaines de milliers de personnes cherchent à s’échapper.

Les multiples administrations américaines ont pour habitude de répondre du bout des lèvres aux préoccupations de l’opinion publique concernant la guerre sans fin en Afghanistan, en disant aux gens que la sortie est imminente, puis en haussant les épaules lorsqu’elles sont prises en flagrant délit de mensonge. C’est devenu une telle formule que je pense que les Américains ont été conditionnés pour s’attendre à ce que nous ne quittions jamais réellement le pays, que les fausses promesses se poursuivent perpétuellement. C’est peut-être la raison pour laquelle le retrait précipité et désordonné des troupes de la région par Biden en l’espace de quelques mois semble si bizarre.

Les apologistes de Biden diront que le jacassant commandant en chef nous a donné exactement ce que nous voulions, et que nous devrions donc l’applaudir. Cependant, la manière chaotique dont Biden exécute le retrait des troupes est de plus en plus suspecte. Cela ressemble davantage à une retraite désespérée face à une attaque écrasante, plutôt qu’à une sortie contrôlée avec un plan défensif face à une insurrection limitée. Ou, plus inquiétant encore, on a l’impression que Biden a besoin de ces troupes et de ces ressources ailleurs et dans l’urgence – mais où sont les troupes nécessaires et pourquoi ?

Une stratégie de sortie aurait dû prendre au moins un an de plus, avec une zone sécurisée entourant Kaboul et les provinces frontalières du Pakistan, ainsi qu’un plan d’évacuation des civils risquant des représailles de la part des fondamentalistes islamiques. Une stratégie à plus long terme (et meilleure) aurait été de diviser une partie des provinces des régions les plus difficiles à contrôler du pays et de former une nouvelle nation composée de personnes qui ne veulent pas vivre sous la domination des talibans (ils sont nombreux). Cela aurait été une solution plus significative, mais qui aurait dû être mise en œuvre il y a des années. Il est bien trop tard maintenant.

Il faut comprendre que les États-Unis n’allaient JAMAIS « gagner » la guerre en Afghanistan. Une stratégie militaire orthodoxe est rarement susceptible de réussir contre une insurrection à long terme utilisant des tactiques asymétriques. Peu importe l’avancée technologique de cette armée, peu importe le nombre d’avions, de chars et de drones dont elle dispose. Au fil du temps, ils finiront par perdre par pure attrition face à une résistance de guérilla.

Je tiens également à souligner que ce n’est pas vraiment le retrait des troupes qui a ouvert la porte à la récente offensive des talibans, mais plutôt le retrait des 17 000 entrepreneurs privés présents dans le pays. C’était la principale force qui maintenait les talibans à distance après les élections.

Aujourd’hui, les Afghans s’entassent sur les trains d’atterrissage des avions qui quittent les bases de l’armée de l’air à l’extérieur de Kabul, alors que la capitale est envahie par les combattants talibans, dans des scènes qui rappellent la fin de la participation des États-Unis à la guerre du Vietnam. Des mères afghanes jettent leurs bébés par-dessus les barbelés pour les soldats de l’autre côté. De nombreux gouvernements n’ont même pas eu le temps d’évacuer leurs ambassades que les talibans ont envahi le pays. Les femmes dépoussièrent rapidement leurs burkas après 20 ans et les personnes qui se sont portées candidates à des fonctions publiques sont laissées derrière pour être massacrées, tandis qu’un nombre incalculable d’armements américains sont tombés entre les mains des talibans. Cela n’a tout simplement aucun sens. Et c’est ici que nous devons examiner certaines théories expliquant pourquoi cela a été géré de cette façon.

Je ne crois pas à l’histoire du « Biden est incompétent », car elle est trop simpliste et ne tient pas compte de la situation dans son ensemble. Biden est une marionnette, une mascotte, un homme de paille que le public peut aimer ou détester, et c’est tout ce qu’il est. Oui, il peut à peine lire sur un téléprompteur, mais ce sont ses marionnettistes qui prennent les grandes décisions, pas Biden. Ce sont des gens mauvais, mais pas incompétents.

Donc nous devons poser des questions importantes : Pourquoi maintenant ? Et, qui en profite ? Après des décennies de présidents nous mentant sur la « mission accomplie » et le retrait imminent des troupes, pourquoi Biden s’engage-t-il soudainement dans une stratégie de sortie de la manière la plus hystérique qui soit ?

Pourquoi l’administration Biden a-t-elle choisi le 11 septembre comme date limite pour le retrait des troupes ? C’est certainement le symbole d’un nouvel échec et d’une nouvelle défaite des États-Unis, mais est-ce aussi le symbole d’une nouvelle phase dans les plans de l’establishment pour les États-Unis dans leur ensemble ? Un autre événement majeur, comme le 11 septembre ou un événement plus important, est-il prévu et la sortie soudaine d’Afghanistan est-elle une préparation à cet événement ?

Comme je l’ai mentionné, certaines scènes me rappellent le Viêt Nam, mais aussi Benghazi. Il y a une odeur de pourriture dans cet événement, comme si le but était de déclencher délibérément un brasier pour cacher un autre motif dans la fumée.

Certes, la folie en Afghanistan est une distraction bien loin de la mise en œuvre des passeports vaccinaux et d’autres mandats illégaux aux États-Unis, avec un nombre croissant de sociétés et de gouvernements de villes et d’États qui tentent de les appliquer. Le DHS vient de publier une déclaration indiquant que toute personne qui refuse de se soumettre aux restrictions et aux vaccins expérimentaux à ARNm « pourrait » être un terroriste potentiel. Ils envisagent même l’idée de restrictions interétatiques sur les voyages des personnes non vaccinées, ce que je prédis depuis un an et qui figure en tête de ma liste des actions qui déclencheront une guerre civile.

Tout ce que les médias alternatifs ont mis en garde ces 18 derniers mois contre la tyrannie médicale est en train de se réaliser. Ce n’est pas une « théorie de la conspiration », c’est une réalité de la conspiration.

L’administration Biden va certainement essayer d’annoncer des exigences de passeport vaccinal au niveau fédéral dans un avenir proche. Le plan consiste-t-il à ramener des troupes américaines et peut-être même des entrepreneurs privés aux États-Unis pour aider à faire appliquer des directives illégales par le biais de la loi martiale ? Il y a une forte probabilité d’une sécession douce des états et comtés rouges si la farce Covid continue. Les troupes américaines étant majoritairement conservatrices, on peut espérer qu’elles n’obtempéreront pas et qu’elles n’ont aucun intérêt à combattre une nouvelle insurrection composée de leur propre peuple. Nous devrons attendre et voir.

Ou bien, y a-t-il une autre guerre en préparation, destinée à détourner les Américains valides pour les envoyer se battre dans un autre trou perdu à l’étranger, alors qu’ils devraient se battre pour la liberté aux États-Unis ? Un renforcement des capacités dans le Pacifique est en cours et le PC chinois est effectivement l’un des régimes les plus horribles qui existent aujourd’hui, mais nous devons d’abord éliminer les communistes et les globalistes dans notre propre pays avant de nous préoccuper de ceux qui gouvernent à l’autre bout du monde.

Un conflit régional avec la Chine ou tout autre pays à ce stade minerait complètement l’économie américaine déjà fragile et la chaîne d’approvisionnement mondiale, sans parler de la dévaluation du dollar américain et de l’augmentation de l’inflation des prix à un degré paralysant. C’est quelque chose à considérer.

Ce qui m’inquiète le plus, encore une fois, c’est la vitesse à laquelle tout cela est mis en œuvre. Dans mes derniers articles, j’ai souligné le fait que le gouvernement et les entreprises bombardent le public de propagande sur les passeports vaccinaux et les restrictions Covid à un niveau jamais vu depuis l’apogée de la pandémie en janvier. C’est comme s’ils DEVAIENT mettre ces mesures en place d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine. Par extension, la sortie de l’Afghanistan ressemble également à une course effrénée. Peut-être est-ce parce que les ressources utilisées là-bas seront nécessaires ailleurs d’ici la fin de l’année ?

Je ne peux pas prédire quel sera l’événement exact, mais il semble évident que l’establishment se prépare à une autre crise à court terme. La fin abrupte de l’occupation de l’Afghanistan est un signe précurseur de menaces plus pressantes à venir.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Épreuves de force et luttes tribales

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 23 Août 2021 – Source kunstler.com

Remarquez qu’il y a deux groupes d’otages dans cette phase de ce qui ressemble à un effondrement américain artificiel : les milliers d’Américains bloqués qui ne peuvent pas quitter l’Afghanistan à cause de l’ineptie historique de « Joe Biden », Tony Blinken et du général Mark Milley, et les millions de « Nous-le-Peuple » de retour chez eux dont les esprits sont otages des récits concoctés dans l’ombre d’une gouvernance sinistre. Bienvenue dans une semaine d’épreuves de force et de lutte tribales, une force majeure pour changer les esprits.

Une étrange paralysie au Pentagone a empêché l’utilisation de la puissance américaine pour dégager un couloir d’évacuation vers l’aéroport de Kaboul et d’y rétablir l’ordre – ceci, après la décision tactiquement mystificatrice d’abandonner l’aérodrome militaire américain de Bagram, à une bonne trentaine de kilomètres de Kaboul en proie à l’agitation, et entouré d’un désert vide plus facile à sécuriser. La Grande-Bretagne et la France ont réussi à faire sortir leurs ressortissants la semaine dernière, avant d’être réprimandées par l’état-major américain pour « nous avoir fait mal paraître ». Ça a aidé, j’en suis sûr.

Et puis combien de temps les Américains bloqués peuvent-ils rester cachés et en vie ? Ils doivent manger. Soit ils sortent de leur cachette et se rendent sur un marché, soit ils doivent (théoriquement) envoyer des domestiques afghans pour les ravitailler. Mais quel Afghan sain d’esprit voudrait être pris au service des Américains par les Talibans ? L’horizon temporel de ce dilemme va être assez court. J’attends de voir comment ça se passe. ….

La prochaine étape de la parade de cette semaine est l’approbation imminente par la FDA du vaccin Covid-19 de Pfizer, sans aucun des essais approfondis habituels. Comment cela est-il possible, avec un taux d’efficacité de 39 % maximum et un train d’effets secondaires vicieux allant des lésions cérébrales et cardiaques à la stérilité ? Les « vaccins » à ARNm sont également impliqués dans la mutation continue de la maladie, produisant une cavalcade de variants. Serait-ce, peut-être, à dessein, pour maintenir la pandémie, l’empêcher de s’épuiser ?

La Covid-19 est un moyen expéditif d’exercer le contrôle le plus strict sur la vie quotidienne des Américains, et il est à nouveau utilisé généreusement dans les villes « bleues » pour rendre les affaires ordinaires aussi difficiles que possible, jusqu’à la fermeture et la ruine. L’approbation de la FDA va permettre la « vaccination » obligatoire des écoliers, des fonctionnaires et des employés des entreprises. Environ la moitié du pays refuse toujours de se faire vacciner. Vous êtes sur le point de les voir passer à la vitesse supérieure lorsque la FDA agira.

La cabale de l’ombre derrière « Joe Biden » va, en conséquence, détruire ce qui reste de l’éducation publique alors que des millions de parents retirent leurs enfants du système. Vous assisterez alors à l’assemblage rapide de réseaux d’enseignement à domicile qui se regroupent de manière informelle en petites académies privées – et, bien sûr, les plus grands perdants seront les minorités qui n’ont pas la culture nécessaire pour faire l’école à la maison. Bien joué, « Joe Biden » et la FDA ! Pendant que vous y êtes, pourquoi ne pas détruire aussi l’enseignement supérieur ? (Le bruit que vous entendrez est celui du contreplaqué que l’on cloue sur les fenêtres d’innombrables petites universités insolvables).

La révolte des écoles ne sera qu’une partie d’un plus grand tumulte contre l’hystérie confuse due à la Covid-19. Prochaine étape : la publication des résultats préliminaires de l’audit des élections en Arizona. La rumeur veut qu’elles montrent une mauvaise gestion du scrutin, probablement criminelle, et qu’elles permettent de conclure que « Joe Biden » n’a pas gagné les élections dans cet État. Une autre rumeur dit que les bulletins de vote portaient des numéros de série cachés et traçables, ou quelque chose de ce genre, montrant de manière concluante comment le vote papier a été truqué. Le cauchemar de Rachel Maddow – « Ils ont les bulletins de vote !! » – se réalise… un réveil pour le camp des Éveillés.

Comme prédit ici, John Durham est de retour dans les nouvelles. Les médias captifs – c’est-à-dire les organisations grand public appartenant à la communauté du renseignement – ont publié la semaine dernière des histoires selon lesquelles le procureur spécial du RussiaGate a fait quelques passages devant le grand jury. Cela implique une sorte de poursuites pénales. Leur version était qu’il n’avait obtenu que quelques alevins, des personnages pour la plupart extérieurs au gouvernement, comme Igor Danchenko de la Brookings Institutes, qui serait la source principale du « dossier » infâme de Christopher Steele. N’y croyez pas. Durham va chercher les requins et les baleines : Andrew McCabe, Peter Strzok, John Brennan, Bruce et Nellie Ohr… et, vraiment, comment exclure James Comey de cette bande, puisqu’il la dirigeait ?

Cette semaine marque le début d’une période difficile pour l’État profond. Ses récits sont en train de s’effilocher. Ses mesures de contrôle de l’esprit s’effacent. La moitié du pays a compris leur jeu depuis des années, et l’autre moitié est sur le point de sentir sa tête exploser alors qu’une réalité corrective entre en scène. C’est-à-dire la vraie et seule réalité, et non celle que vous ont confabulée en coulisses des quislings. Vous voyez comment vous avez été manipulés ? Ils ont pris votre pays. Vous devriez peut-être commencer à vous en soucier.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

La noosphère, Partie II : Mythologies athées

Par : hervek

Par Dmitry Orlov – Le 23 aout 2021 – Source Club Orlov

En dépit de leur grande diversité, les mythes qui servent d’éléments fondateurs à la noosphère peuvent tous être classés dans des catégories identifiées par un membre de l’ensemble suivant : {NULL, 0, 1, 2, 3}. Ces identificateurs indiquent les mythologies athées, polythéistes, monistes, dualistes et trinitaires. Ces nombres n’obéissent pas aux lois de l’arithmétique mais se comportent de la manière suivante, contre-intuitive et non évidente :

  • Athée : NULL est NULL
  • Polythéiste : 0 = ∞
  • Moniste : 1≠1
  • Dualiste : 1+1=1
  • Trinitaire : 1+1+1=1

Comme promis, nous allons maintenant nous pencher sur chacune d’entre elles. Le volet de cette semaine portera sur les mythologies athées.

Les mythologies athées

NULL est NULL est NULL. NULL est différent de zéro qui signifie lui qu’il n’y a rien ; NULL signifie que nous ne savons pas ce qu’il y a et que nous ne nous en soucions pas. NULL n’est égal à rien, pas même à lui-même, puisqu’il n’y a pas de base de comparaison ; par conséquent, tout ce que l’on peut dire à son sujet est qu’il est NULL, une tautologie. Il y a une variété presque illimitée d’adeptes de NULL, tout comme il y a une variété presque illimitée de poteries cassées dans les décharges du monde, mais un exemple particulièrement omniprésent est l’Homo trivialis : le cas dégénéré d’un Homo sapiens non-sapiens, un homme qui ne se préoccupe de rien de plus noble qu’un ventre plein, une libido satisfaite et un endroit chaud et sec pour dormir. Le spécimen typique de l’Homo trivialis est un consommateur satisfait de bière, de féculents, d’aliments gras et de sports télévisés. Il peut aussi s’agir d’une femme, dont les préoccupations sont centrées sur ses cheveux, ses ongles et ses chaussures, avec en prime des seins, des lèvres et des fesses améliorés par la chirurgie.

Parmi les adeptes de NULL, on trouve également les serviteurs enthousiastes de la technosphère. Ce sont les technophiles qui considèrent tout ce qui dépasse une conception purement mécaniste de l’univers comme une superstition de base à ridiculiser, alors que sa propre idolâtrie et fétichisation de la technologie n’est pas du tout ridicule, remarquez ! Plusieurs générations d’auteurs de science-fiction ont construit un univers technosphérique entier que vous pouvez traverser à bord du bon petit vaisseau spatial Spinal Tap qui fait Warp 11 1 (mais seulement dans votre imagination juvénile). En réalité, l’homme n’a jamais sorti la tête de l’orbite terrestre basse, malgré toutes les absurdités de la mission Apollo, et ne le fera probablement jamais. Il s’avère maintenant que les Américains ne peuvent pas retourner sur la Lune parce qu’ils n’ont pas de combinaisons spatiales. Ces merveilleuses combinaisons spatiales qu’ils utilisaient pour s’ébattre sur la Lune ont été rongées par des rats de l’espace et ils ne peuvent pas en fabriquer de nouvelles parce qu’ils ont perdu le plan que leur chien a mangé. Tout cela est très crédible, bien sûr, mais seulement si vous êtes aussi crédule qu’un enfant.

Parmi la population adulte, il y a aussi un certain nombre de rationalistes philosophiques. Ils sont convaincus qu’une entité dont l’existence ne peut être prouvée (documentée, attestée, pesée, mesurée, obligée de faire pipi dans un gobelet, interviewée par une caméra, traînée devant un tribunal pour témoigner, etc.) n’existe pas. Cette position est particulièrement drôle si on l’aborde du point de vue d’une divinité : si j’étais Dieu (ce que, soit dit en passant, je ne suis pas ; il s’agit purement d’une expérience de pensée), alors pourquoi condescendrais-je à me laisser tripoter de la sorte ? En tant que Dieu, je serais bien disposé à l’égard de ceux qui croient en moi et me vénèrent, peut-être même me montrerais-je à eux, mais uniquement de manière purement mystique et éthérée afin de ne pas banaliser ma nature divine. Mais j’ignorerais surtout ceux qui ne croient pas en moi et ne m’adorent pas, tant qu’ils laissent mes vrais croyants tranquilles. Mais Je frapperai avec une grande vengeance et une furieuse colère ceux qui tentent d’empoisonner et de détruire Mes frères. Cette partie-là, Ezéchiel [25:17] l’a bien comprise. Mais ils ne sauront pas que Mon nom est le Seigneur quand J’exercerai Ma vengeance sur eux ; plutôt, ils ne sauront pas ce qui les a frappés et appelleront simplement cela un « acte de Dieu » (en qui ils ne croient pas). J’ai fini de parler en tant que Dieu maintenant, aussi amusant que cela puisse être.

Du point de vue de la technosphère, ce sont tous des clients idéaux : soit ils sont indifférents, obéissants et faciles à manipuler, sans programme propre, soit ce sont des gardiens zélés de la technosphère qui souhaitent tout technologiser et qui monteraient volontiers dans une capsule spatiale pour être envoyés dans le vide sans fin de l’espace juste pour la plus grande gloire de la chose.

Les adeptes passionnés et zélés de NULL sont les plus fidèles serviteurs de la technosphère. Leur insistance sur le fait que tout doit avoir une base rationnelle est très utile pour élargir le champ d’action de la technosphère et renforcer sa capacité à exercer un contrôle total sur l’humanité. Bien entendu, une approche rationnelle est souvent utile, notamment lorsqu’il s’agit de décider de la quantité d’eau à mettre dans un réacteur nucléaire pour l’empêcher de fondre. Mais elle n’est ni nécessaire ni suffisante pour trouver le sens de la vie ; au contraire, elle est très utile pour le détruire. L’objectif à long terme de la technosphère est donc de conduire l’ensemble de l’humanité vers l’état NULL.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Notes

  1. Assemblage du vaisseau Enterprise de Star Trek, qui passait en distorsion/warp 10 (très rapide), et le groupe de rock fictif Spinal Tap, dont les amplificateurs pouvaient être réglés sur 11 (très fort).

Que pouvons-nous apprendre de l’Australie et de l’Afghanistan sur la tyrannie Covid ?

Par : hervek

Par Brandon Smith − Le 26 août 2021 − Source alt-market

Les personnes despotiques ont tendance à télégraphier leurs actions futures tout comme les combattants inexpérimentés ont tendance à télégraphier leurs coups de poing ; ce n’est pas comme si les intentions des totalitaires étaient obscures ou difficiles à prévoir. Dans certains cas, ils peuvent même croire qu’ils peuvent être aussi transparents qu’ils le souhaitent, car ils supposent que personne ne tentera jamais de les arrêter. Ils détruisent des vies depuis si longtemps qu’ils adoptent un sentiment de supériorité, comme s’ils étaient intouchables.

Dans mon étude approfondie de la psychopathie, je constate que, malheureusement, le principal catalyseur de l’exploitation et de la victimisation de vastes populations est le fait que nombre d’entre elles ne parviennent pas à se faire à l’idée d’une conspiration organisée de monstres humains. Ils refusent de reconnaître l’existence du mal qui se trouve juste devant eux, ce qui permet au mal de rester sans opposition pendant de longues périodes. Il y a TOUJOURS un moment, cependant, où les psychopathes poussent les mauvaises personnes trop loin. Ils ne peuvent pas s’en empêcher, et c’est à ce moment-là qu’ils se retrouvent au bout d’un nœud coulant ou dans la ligne de mire du canon d’une arme.

Lorsqu’il s’agit d’organisations de psychopathes, le même moment finit par arriver, il faut simplement plus de temps pour que le public comprenne que c’est nécessaire.

En ce qui concerne l’agenda du « Grand Reset », la tyrannie médicale utilisant la Covid comme justification est clairement un ingrédient clé des objectifs futurs de l’élite du pouvoir. Au début des confinements pandémiques l’année dernière, j’ai fait plusieurs prédictions et émis des avertissements. J’ai dit que les obligations et les confinements pour la plupart des gens dans le monde ne disparaîtraient jamais, et j’ai appelé cela la « théorie des vagues » ; l’utilisation de moments intermittents de liberté limitée suivis de restrictions de plus en plus agressives.

Ce cycle est destiné à conditionner le public à l’idée que les gouvernements sont « autorisés » à microgérer notre vie quotidienne, que c’est « normal », que c’est pour notre bien et que nous devrions profiter des courts moments de liberté ou de normalité qu’ils nous laissent si gracieusement.

J’ai toujours prévenu que tous les gouvernements du monde finiraient par adopter des exigences en matière de preuve de vaccination pour que les gens puissent participer aux activités quotidiennes telles que se rendre dans des lieux publics, aller à l’école, faire des achats dans des magasins ou même trouver un emploi. L’année dernière, les médias grand public et les gouvernements n’ont cessé d’affirmer que les passeports vaccinaux « n’allaient pas exister » et que cette notion même était une théorie du complot. Aujourd’hui, les passeports vaccinaux sont mis en place dans de nombreux pays, y compris dans certaines régions des États-Unis, et toute personne qui s’y oppose est traitée de « théoricien de la conspiration ».

Vous voyez comment cela fonctionne ? Si vous exposez la vérité d’un complot autoritaire, l’establishment ment et vous traite de « théoricien du complot ». Une fois que l’establishment admet le complot et que vous refusez de vous y conformer, ces mêmes menteurs vous traitent de nouveau de théoricien du complot, ainsi que de « terroriste ».

Oui, cela a également été prédit par moi-même et d’autres au début de la pandémie. Nous avions dit que les personnes qui luttent contre la tyrannie du passeport vaccinal seraient rapidement qualifiées de traîtres et de terroristes « mettant les autres en danger » parce que nous sommes trop « égoïstes » pour nous incliner et prendre le vaccin expérimental ou nous soumettre aux confinements. C’est exactement ce qui s’est passé, le DHS ayant récemment annoncé que l’un des signes avant-coureurs d’un terroriste potentiel est l’opposition aux obligations Covid et aux vaccins.

J’ai également prédit que le but ultime de l’agenda Covid sera de créer des restrictions de voyage à l’intérieur du pays et des points de contrôle dans les États et les villes, sans parler des « camps » ou des prisons Covid pour les personnes non vaccinées. Aux États-Unis, le DHS admet qu’il envisage de limiter les déplacements entre les États et d’instaurer un système de « papiers s’il vous plaît » pour empêcher les Américains de se déplacer librement. L’État de New York a fait allusion à des camps Covid il y a plusieurs mois, mais le véritable plan est révélé à l’étranger, dans d’autres nations occidentales comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Et c’est ici que nous trouvons les coups de poing télégraphiés…

J’ai spécifiquement examiné les plans de tyrannie Covid accélérée de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande il y a un an dans mon article « L’avenir totalitaire que les globalistes veulent pour le monde entier est en train d’être révélé«  et j’ai noté que tout ce qui se passe dans ces pays ainsi que dans certains pays d’Europe va être essayé aux États-Unis à court terme. La principale différence est que ces mesures ne peuvent pas être mises en œuvre rapidement de la même manière aux États-Unis, car les Américains sont lourdement armés et ont la capacité d’enterrer l’establishment six pieds sous terre si nous nous organisons pour le faire.

C’est pourquoi les passeports vaccinaux ne sont encore qu’une mesure progressive aux États-Unis et ne sont pas mis en place dans la grande majorité du pays. C’est pourquoi, en dehors des grandes villes, la plupart des Américains ignorent complètement les obligations et ce, depuis de nombreux mois.

Dans ma région, je ne pense pas avoir vu plus de deux personnes par jour porter un masque, où que ce soit. La vue du masque est si bizarre qu’il se remarque presque immédiatement. Une fois, j’ai même vu une femme avec un masque (une touriste évidente) dans la file d’attente de l’épicerie regarder autour d’elle et réaliser que personne d’autre n’en portait. Elle a soudain commencé à trouver des excuses bizarres et très bruyantes pour son masque devant tous les gens dans la file, affirmant qu’elle « déteste l’odeur des détergents » et que c’était pour cela qu’elle le portait.

La différence entre les zones rurales libres et les villes dystopiques est frappante.

Franchement, je me fiche que quelqu’un porte un masque ou non. C’est un placebo qui ne fait rien pour arrêter la transmission du virus, mais si cela les fait se sentir mieux, alors tant mieux pour eux. Le problème est que ces personnes effrayées et pathétiques essaient de projeter leurs illusions sur tout le monde. Le taux de mortalité médian de 0,26% pour la Covid est si faible que je n’arrive pas à croire que tant de personnes dans les états et comtés bleus en soient terrifiées. Je ne pense pas qu’ils comprennent les statistiques de base de la situation – 99,7% de la population a peu à craindre de la Covid.

C’est ce que disent les CDC et des dizaines d’études médicales indépendantes, mais vous n’entendrez jamais ces chiffres dans les médias. Ils parleront du nombre d’infections et de décès, mais ils refusent de mettre les décès en perspective avec les statistiques. Pourquoi ? Parce qu’alors la peur du public disparaîtrait, et l’establishment a besoin d’augmenter la peur pour pouvoir continuer à nous priver de nos libertés au nom de la « sécurité ».

J’ai entendu récemment un argument plutôt naïf selon lequel des pays comme la France font honte aux Américains parce qu’ils sont dans les rues pour protester contre les confinements et les passeports. Ils disent que les Américains « ne se défendront jamais ». Ce que ces gens ne comprennent pas, c’est que dans la plupart des États-Unis, il n’y a PAS de confinements et il n’y a pas d’obligations. Le gouvernement les déclare, bien sûr, et nous les ignorons. Il n’y a que des poches de gauchistes dans certains états et comtés qui suivent et appliquent réellement ces règles. La population conservatrice est tout à fait prête à stopper net cet agenda lorsque le gouvernement essaiera de le faire respecter, et elle essaiera certainement.

C’est ici que nous devons comprendre les développements horribles en Australie et en Nouvelle-Zélande : Les confinements sont maintenant normalisés dans ces pays et les gouvernements n’ont pas besoin d’une réelle excuse pour les justifier. Ils annoncent simplement qu’il y a une poignée de cas de Covid et que les confinements doivent revenir. Les voyages sont étranglés et les droits et libertés fondamentaux sont inexistants. Le dernier discours du Premier ministre néo-zélandais sur les restrictions en dit long :

Le message principal étant que l’interaction sociale est interdite. Il suffit de rester dans sa bulle et de suivre les obligations sans poser de questions. Et, même si vous êtes vacciné, ces règles s’appliquent toujours à vous. La beauté des restrictions Covid est qu’elles sont une excuse parfaite pour un gouvernement tyrannique pour bloquer les rassemblements publics, ce qui permet d’empêcher l’organisation de la résistance.

Les globalistes ont besoin que les confinements durent éternellement. En Australie et en Nouvelle-Zélande, on affirme que toute personne qui enfreint ces restrictions sera la cible de sanctions pouvant aller jusqu’à l’enfermement dans un camp Covid géré par l’armée. Ce sont les mêmes mesures que Biden et les globalistes de l’establishment voudraient pour les États-Unis. Ce n’est pas une théorie du complot, c’est la réalité du complot.

Cela m’amène à la situation en Afghanistan, et certains pourraient suggérer qu’elle n’a rien à voir avec la tyrannie Covid, mais suivez-moi. Encore une fois, il s’agit de prédire les événements futurs en fonction de coups de poing télégraphiés ainsi que d’exemples historiques.

La question que j’entends le plus souvent lorsqu’il s’agit de l’Afghanistan est « comment est-il possible pour un groupe d’hommes des cavernes tribales de vaincre l’armée la plus avancée du monde ». Je pense que cette énigme doit être explorée lorsqu’il s’agit de la tyrannie Covid, car si la puissance épique de l’armée américaine n’a pas suffi à retenir les Talibans, comment les globalistes prévoient-ils de faire respecter les confinements Covid en Amérique ?

Soyons d’abord clairs : nombreux sont ceux qui affirment que l’armée américaine n’avait pas le droit de gagner en Afghanistan. Il s’agit d’une déformation de la réalité. Le fait est que gagner a TOUJOURS été IMPOSSIBLE en Afghanistan. L’establishment le savait il y a 20 ans lorsqu’il a envoyé les premières troupes américaines. Ils n’avaient pas besoin de saboter la mission américaine en Afghanistan, car perdre en Afghanistan était de toute façon inévitable.

L’occupation d’une nation entière afin de réduire une insurrection importante et d’imposer un changement culturel est un effort qui doit être accompli rapidement ou pas du tout. Le coût financier est écrasant, le coût humain est stupéfiant et la quantité de ressources nécessaires pour maintenir la subjugation est exponentielle. En vérité, plus une occupation se prolonge sans l’élimination totale de l’insurrection, moins elle a de chances de réussir. Le problème est que, pour éliminer complètement l’insurrection, il faudrait anéantir la majeure partie de la population en utilisant des tactiques grotesques, qui ne font qu’inspirer davantage d’insurrection.

Je vais répéter le message ici car je pense que certaines personnes ne le comprennent pas : La conspiration visant à piéger les États-Unis dans l’échec a été achevée il y a 20 ans, au moment où nous nous sommes engagés dans l’invasion de l’Afghanistan. À partir de là, tout s’est dégradé et il n’y avait aucun moyen de gagner.

J’ai également entendu dire qu’il n’est pas pratique de comparer une insurrection afghane à une rébellion américaine contre la tyrannie parce que les Talibans sont composés de combattants dont les capacités sont bien supérieures à celles des patriotes américains. En d’autres termes, certaines personnes pensent que les talibans sont des sortes de super soldats. C’est une vision idiote. Je pense que la vidéo suivante illustre bien mon propos :

Ces soldats ne sont pas les plus brillants de la bande et ne sont pas non plus des berserkers inarrêtables. Leur entraînement est médiocre et la majorité des incidents de combat avec les talibans font état de leur habitude de ne même pas regarder le viseur de leur fusil lorsqu’ils tirent. Cela nous amène à une question logique concernant le goulag Covid que les globalistes veulent transplanter aux États-Unis : si les combattants à bas prix des talibans peuvent repousser la puissance militaire moderne des États-Unis, comment diable les globalistes comptent-ils contrôler une insurrection américaine composée de vétérans entraînés au combat et de tireurs civils expérimentés utilisant des tactiques de guérilla ?

Qui vont-ils charger de cette tâche ? Qui est assez stupide pour exiger des papiers, faire respecter les points de contrôle et arrêter ceux qui ne s’y conforment pas dans des régions majoritairement conservatrices où il y a plus d’armes que de personnes et assez de munitions pour combattre au moins deux guerres mondiales ? Je soupçonne que des mercenaires coûteux payés par des entreprises privées seraient la seule réponse en dehors des forces étrangères, et même dans ce cas, je ne voudrais pas être à leur place lorsque le géant endormi de la rébellion américaine se réveillera.

Je suppose que la leçon que je tire de ces exemples est que les globalistes vont essayer d’appliquer l’agenda Covid et la tyrannie du passeport quoi qu’il arrive. Ils ne peuvent pas arrêter le processus qu’ils ont mis en marche. Les événements en Australie et en Nouvelle-Zélande montrent que leur addiction au totalitarisme est insatiable et qu’elle exige qu’ils poursuivent un contrôle croissant quel qu’en soit le coût. Ils nous disent exactement ce qu’ils sont sur le point de faire.

Les événements en Afghanistan montrent qu’un tel contrôle est presque impossible à maintenir sur une population armée et que, du moins aux États-Unis, ils finiront par perdre… gravement. Même s’ils utilisent des tactiques de terreur absolue, ils perdront toujours tant que les Américains continueront à se battre. Les lois de l’usure prévalent toujours, et la supériorité technologique ne signifie rien. Pour résumer, le combat est déjà gagné, mais la lutte ne fait que commencer.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

La technosphère et la noosphère de la Terre

Par : hervek

Par Dmitry Orlov – Le 19 aout 2021 – Source Club Orlov

Dans mon livre de 2016 « Réduire la technosphere« , j’ai décrit la technosphère comme une intelligence émergente mondiale non humaine dirigée par une téléologie abstraite de contrôle total, une machine en réseau avec quelques pièces mobiles humaines (de moins en moins nombreuses chaque jour), totalement dépourvue de tout sens moral ou éthique (mais habile à utiliser la moralité et l’éthique à des fins de manipulation). La technosphère peut vous maintenir en vie et vous offrir un certain confort si elle vous trouve utile, mais elle peut tout aussi bien vous tuer, ses technologies meurtrières étant parmi les plus avancées. J’ai fait valoir que nous devrions nous efforcer de réduire la technosphère, non pas en l’éliminant complètement, car cela entraînerait la mort de milliards de personnes, mais en la maîtrisant et en devenant son maître plutôt qu’elle ne soit notre maître.

Mon livre a défini la moitié du problème, mais en se concentrant sur la seule technologie, il a ignoré l’autre moitié en plaçant hors de portée une question importante : qu’est-ce qui motive la totalité de l’activité humaine ? Oui, la technosphère ne se soucie pas particulièrement de savoir si nous vivons ou mourons. Si nous devons réduire la technosphère, dans quel but ? La technosphère est puissante, et se battre contre elle requiert une certaine dose d’héroïsme et d’abandon sauvage. Mais qu’est-ce qui doit nous motiver à devenir des héros – la peur de la mort ? Eh bien, la peur n’a jamais produit de héros. Pourquoi essayer d’être un héros si la simple lâcheté peut produire des résultats similaires ?

Ce qui peut contrôler et réduire la technosphère, ce n’est pas vous ou moi et nos efforts dérisoires et pathétiques, mais des forces culturelles et civilisationnelles qui échappent à notre contrôle. Pour les comprendre, nous devons d’abord admettre que rien n’est hors de portée. Nous devons commencer par examiner la variété des mythologies religieuses qui servent de base à la plupart des motivations humaines. Certaines d’entre elles limitent la technosphère de manière délibérée, tandis que d’autres la laissent se déchaîner. Ces mythologies, ainsi que tout ce qui est construit au-dessus d’elles, constituent la noosphère de la Terre, que je vais tenter de décrire.

Le monde a sensiblement changé au cours des années qui se sont écoulées depuis que j’ai publié ce livre, notamment dans le sens d’un contrôle total de la technosphère sur nos vies. Une grande partie de la population mondiale se voit maintenant donnée des ordres, souvent apparemment au hasard, injectée des concoctions expérimentales aux conséquences à long terme inconnues, forcée de s’isoler et de porter des masques. Un certain virus respiratoire, qui n’est pas particulièrement mortel et qui est probablement artificiel, a fourni une excuse commode pour masquer les évolutions désastreuses de la disponibilité et de l’accessibilité des combustibles fossiles. Dans de nombreuses régions du monde, les libertés humaines fondamentales se sont pratiquement évaporées : les gens vivent désormais dans un panoptique, observés et surveillés en permanence pour détecter tout signe de désobéissance par leurs ordinateurs et leurs smartphones, par des caméras de sécurité omniprésentes, et leur discours public censuré par des algorithmes d’intelligence artificielle. Il semblerait que nous vivions désormais dans une anti-utopie technologique qui surprendrait à la fois Orwell et Huxley. La technosphère semble avoir gagné ; à partir de 2021, rien ne l’empêchera de mettre sur la touche les sages et les vieux, de laver le cerveau des jeunes et des idiots et de remplacer les humains par des gadgets.

Ce que je proposais dans ce livre n’a pas fonctionné, mais j’ai depuis appris suffisamment de choses pour essayer de résoudre le problème, du moins du point de vue d’une meilleure compréhension. Pour ce faire, nous devons d’abord faire un zoom arrière et replacer le concept de technosphère dans son contexte. La technosphère n’est qu’un aspect d’un schéma intellectuel plus vaste créé par le scientifique russe Vladimir Vernadsky, une sommité de la science du 20e siècle qui a fondé des disciplines scientifiques entièrement nouvelles – la biochimie et la radiogéologie – et a été l’un des fondateurs de la minéralogie et de la géochimie génétiques. Aucun des autres scientifiques du XXe siècle n’a pu se comparer à lui dans l’étendue de ses connaissances. L’apogée de sa créativité a été son enseignement sur la biosphère, résultat de la synthèse d’idées et de faits provenant de dizaines de branches différentes des sciences naturelles. Vernadsky était un élève de Dmitry Mendeleïev, qui, avec son invention de la table de Mendeleiev, a fondé la chimie moderne. Vernadsky était à son tour le professeur d’Igor Kurchatov, le scientifique nucléaire qui, entre autres, a fourni à l’URSS la dissuasion nucléaire qui l’a sauvée de l’anéantissement par les États-Unis, qu’elle prévoyait de réaliser dans les années qui ont suivi le bombardement atomique réussi du Japon.

Ces phares brillants de la science mondiale ont été résolument ignorés par l’Occident. La contribution de Mendeleïev étant impossible à ignorer, son tableau fut timidement rebaptisé « tableau périodique des éléments », tandis que Vernadsky est à peine mentionné. Pourtant, c’est Vernadsky qui a fourni le meilleur cadre conceptuel pour comprendre la vie sur Terre et la place qu’y occupe l’humanité, bien mieux que le théologien amateur qu’est James Lovelock, qui a créé une Gaia entièrement imaginaire et, dans sa dernière version, prétendument vengeresse. Mais Gaïa est politiquement utile en menaçant de déchaîner sa douce vengeance sur quiconque ose tracer des empreintes de carbone sur le tapis de son salon.

Examinons le modèle de Vernadsky, qui englobe à peu près tout ce qui devrait nous préoccuper. Sans entrer dans les détails, la Terre est une boule avec un noyau de fer solide entouré d’un manteau de roches silicatées fondues ou semi-fondues sur lequel flotte une fine croûte composée d’éléments plus légers qui constituent le fond des océans et les îles et continents que nous habitons. Les réactions de fission nucléaire au sein de la Terre génèrent de la chaleur qui est dissipée par le volcanisme, le mouvement des plaques tectoniques et le réchauffement des océans du bas vers le haut. Il est amusant de constater que les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), motivés par leur programme, ont constamment raté le plus simple des tests en sciences de la Terre, affirmant que la fonte des glaciers entraînera une élévation du niveau des mers, sans remarquer que les terres sur lesquelles reposent les glaciers et les fonds marins que leur eau de fonte pousserait vers le bas sont à flot. Si la glace terrestre fond et s’écoule dans les océans (un processus qui prendrait jusqu’à un million d’années), les tremblements de terre provoqueraient l’élévation de la terre et l’abaissement du plancher océanique, annulant ainsi l’effet.

La biosphère (terme inventé par Vernadsky) est une sphère située entre les couches supérieures de la croûte terrestre et les parties inférieures de la stratosphère, où se trouvent tous les êtres vivants, tandis que les zones situées au-dessus et au-dessous sont entièrement dépourvues de vie. Mais ce n’est pas tout ce qui se passe. Depuis l’évolution de l’Homo sapiens, la biosphère a été de plus en plus transformée par les effets de deux autres entités sphériques. La noosphère (du grec nöos, connaissance ou sagesse) est une sphère de la connaissance humaine. La noosphère est ce qui rend l’Homo sapiens sapiens. Il y a aussi la technosphère (également une invention de Vernadsky), qui englobe la panoplie toujours plus grande d’astuces techniques à la disposition de tous les Homo sapiens, quelles que soient leurs différences noosphériques, et qui a de plus en plus développé un esprit primitif et un agenda qui lui est propre.

Pour la biosphère comme pour la noosphère, la diversité est essentielle. Bombardez la Terre d’astéroïdes ou de bombes nucléaires, recouvrez-la de cendres volcaniques provenant d’éruptions volcaniques, modifiez subtilement la chimie de son atmosphère en brûlant tous les combustibles fossiles que vous pouvez trouver – et elle finira par rebondir, car une fois la poussière retombée, certains organismes qui étaient auparavant tapis dans l’ombre remonteront des profondeurs de l’océan ou ramperont hors d’une crevasse et évolueront pour occuper chaque nouvelle niche disponible. Il en va de même pour la noosphère : un certain ensemble de mythes (capitalisme, communisme, socialisme, démocratie, progrès, catastrophisme climatique, valeurs humaines universelles, etc.) peut prospérer pendant un certain temps, puis périr, et d’autres mythes, peut-être plus récents, mais très probablement plus anciens, sortiront de l’ombre et prendront leur place.

Si vous pensiez que la noosphère englobe ce que vous connaissez ou considérez comme des connaissances communes dans un sens officiellement reconnu au niveau international, vous auriez probablement tort. La noosphère est une pile qui comprend les relations sociales, les traditions politiques, l’histoire, la langue, les coutumes et les lois locales, les traditions, les observances religieuses et, à sa base, les mythes religieux qui donnent un sens à la vie. Allez voir une personne au hasard et demandez-lui : « Quel est le but de votre vie ? » Si la réponse est du type « Travailler et s’amuser avec les autres », « Devenir riche et coucher avec des tas d’inconnus » ou « Gagner suffisamment pour nourrir ma famille », alors l’Homo sapiens auquel vous vous adressez n’est peut-être pas particulièrement sapiens, puisque les mêmes motivations peuvent animer un singe, un éléphant, un pingouin ou même un termite. Une réponse plus intéressante serait plutôt du type « Ne faire qu’un avec mon animal spirituel » ou « Entrez dans le royaume des cieux » ou « Brisez le cycle de la mort et de la résurrection en atteignant le nirvana ».

Malgré leur grande diversité, les mythes qui servent d’éléments fondateurs de la noosphère peuvent tous être classés dans des catégories identifiées par un membre de l’ensemble suivant : {NULL, 0, 1, 2, 3}. Ces identificateurs indiquent les mythologies athées, polythéistes, monistes, dualistes et trinitaires. Ces nombres n’obéissent pas aux lois de l’arithmétique mais se comportent de la manière suivante, contre-intuitive et non évidente :

  • Athée : NULL est NULL
  • Polythéiste : 0 = ∞
  • Moniste : 1≠1
  • Dualiste : 1+1=1
  • Trinitaire : 1+1+1=1

La semaine prochaine, nous examinerons chacun de ces cas.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Les Heebie-Jeebies du mois d’août

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 20 Août 2021 – Source kunstler.com

« Joe Biden » va interrompre ses vacances mobiles – pour l’instant, il est de retour à Wilmington, DE – pour s’adresser à la nation en début d’après-midi ce vendredi. Va-t-il s’enfoncer davantage dans le trou dans lequel les talibans l’ont jeté, ou va-t-il simplement jeter l’éponge pour diriger la branche exécutive du gouvernement (si c’est ce qu’il a fait) ?

Note du Saker Francophone

Heebie-Jeebies : sentiment d'anxiété, d'appréhension, de dépression ou de maladie.

Soyons réalistes : Les faits et gestes de « Joe B » à la Maison-Blanche au cours de ces sept mois sont aussi mystérieux que l’attaque éclair des talibans en Afghanistan la semaine dernière. Que fait réellement le vieux Joe Blanc toute la journée après que ses managers aient mis fin à ses fonctions officielles à 8h30 du matin ? Il discute avec Hunter des affaires familiales sur un téléphone sécurisé ? Il regarde Joy Behar et sa bande à la télévision ? Nous, le peuple, ignorons que le « président » a des hobbies ou des loisirs. Du golf ? Apparemment pas. Les timbres ? S’il vous plaît ! Ou bien est-il simplement assis dans un fauteuil confortable au deuxième étage, repensant à ce qui reste de son esprit, à ces jours perdus de son enfance légendaire à Scranton ?

Pouvez-vous vraiment imaginer Kamala Harris dans le bureau ovale ? Je doute que Kamala elle-même le puisse. Quoi qu’il en soit, quelqu’un l’a envoyée à Singapour et au Vietnam cette semaine, comme si c’était le moment (qu’elle quitte la ville, pronto… les choses vont devenir un peu difficiles par ici). On peut supposer qu’elle reviendra aux États-Unis en temps voulu, sans accident fâcheux impliquant Air Force Two. Mais que se passera-t-il si la VIP, pour des raisons qui lui sont propres (disons, les « nerfs »), jette aussi l’éponge ? Qui d’autre est constitutionnellement dans la ligne du commandant en chef au cas où l’ensemble du ticket 2020 se retire ? La présidente de la Chambre des représentants, bien sûr, Mme Nancy Pelosi, le premier modèle mondial de masques faciaux assortis aux tenues. Quel couronnement de carrière cela va être ! Il vaut mieux remplir le congélateur de la Maison Blanche de glaces gourmandes à la mangue et au gâteau au fromage de la marque Jeni’s et se préparer à une rafale d’ordres exécutifs faisant de tous ceux qui vivent entre les chutes du Potomac et l’Embarcadero des hors-la-loi.

Les médias d’information peuvent se demander si l’Afghanistan ne retourne pas au douzième siècle, mais beaucoup d’entre nous ici se demandent si notre pays restera au vingt-et-unième siècle. Les chaînes de télévision câblées crépitent d’angoisse existentielle. Les États-Unis semblent avoir fait de leur pays l’idiot des nations idiotes. Nous sommes si facilement trompés ! Notre armée et nos services de renseignements, qui coûtent des milliards de dollars, se sont fait avoir par des sauvages en sandales, pour l’amour de Dieu ! Dix mille Américains (ou plus !) sont bloqués à Kaboul pendant que des cavaliers pachtounes se promènent au-dessus de la ville dans des hélicoptères Blackhawk volés ! Nous abandonnons nos alliés et nos obligations ! Nous ne sommes pas dignes de confiance (même par nous-mêmes). Que faut-il faire ?

Personne ne le sait, ou s’ils le savent, ils ne le disent pas. On sent une descente vers une saison de désordre national extraordinaire. On entend les chuchotements d’une cabale de l’armée de l’ombre, proche de Trump, qui se cache en marge, attendant de prendre le pouvoir. Qu’y a-t-il d’autre ? Un appel au Pakistan pour qu’il rappelle ses chiens ? Parce qu’après tout, c’est le Pakistan qui a pratiquement créé les Talibans, qui a placé Oussama Ben Laden à Kandahar, puis qui l’a hébergé à Abbottabad après que les Américains soient arrivés dans le coin en 2001 pour le faire sortir d’une grotte mythique (et qu’ils n’y soient pas parvenus, ayant sous-traité la tâche aux gendarmes pachtounes, une équipe qui a certains problèmes de motivation).

Jimmy Carter a été défait par seulement cinquante-deux otages en Iran en 1979, mais ce fiasco est bien plus important. Les talibans pourraient facilement mettre un terme à la question de l’extraction des milliers d’Américains coincés à Af-stan en tirant quelques balles de RPG sur la piste de l’aéroport international Hamid Karzai. Ensuite, ils décapiteront tout Afghan qui aura pris un chewing-gum à un Américain ?

« Le cimetière des empires », en effet. Rome a attendu quelques siècles pour s’effondrer, mais l’Amérique semble démontrer qu’elle peut le faire en quelques années seulement. Et, au-delà de ces questions d’hégémonie mondiale, il y a la question de ce qui se passe ici dans la soi-disant patrie. L’hystérie des vaccins et des masques autour de la Covid-19 arrive à son comble. Les conseils d’administration des écoles se font entendre à propos de tout ce qui est basé sur la race dans les programmes scolaires. Certains gouverneurs et maires semblent déterminés à détruire ce qui reste des petites entreprises. Une mutinerie se prépare contre le nouveau semi-confinement de Bill de Blasio à New York. Gavin Newsom est sur le point d’être jeté dans le gyre du Pacifique Nord. D’un moment à l’autre, l’audit des élections en Arizona publiera un rapport préliminaire, que l’on dit choquant. Les marchés financiers sont dans la zone de flottement. Les lignes d’approvisionnement sont en panne pour de nombreux éléments nécessaires à la vie quotidienne dans ce pays. Et des millions de personnes se demandent maintenant avec anxiété : quels sont vraiment les effets latents de ces piqûres ?

Les choses se bousculent un peu partout. Comme l’a dit un jour Bob Dylan, l’ordre s’estompe rapidement (et il est encore plus vieux que « Joe Biden ».) Tous les gens que je connais ont la chair de poule. Personne n’est aux commandes de cet ensemble alors que nous naviguons dans le brouillard.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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