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Lire les runes de guerre

Par : Zineb

La politique de Poutine visant à nettoyer les écuries d’Augias du « capital occidental prédateur » est une douce musique aux oreilles du Sud.


Par Alastair Crooke – Le 18 juillet 2022 – Source Strategic Culture

Bien sûr, le conflit, à toutes fins utiles, est réglé ; mais il est loin d’être terminé. Il est clair que la Russie l’emportera dans la guerre militaire – et dans la guerre politique aussi – ce qui signifie que tout ce qui émergera en Ukraine une fois l’action militaire terminée sera dicté par Moscou selon ses conditions.

Il est clair que, d’une part, le régime de Kiev s’effondrerait s’il se voyait dicter ses conditions par Moscou. Et, d’autre part, l’ensemble de l’agenda occidental derrière le coup d’État de Maïdan en 2014 imploserait également. (C’est pourquoi une porte de sortie, à défaut d’une déroute ukrainienne, est quasiment impossible).

Ce moment marque donc un point d’inflexion crucial. Un choix américain pourrait être de mettre fin au conflit ; et de nombreuses voix appellent à un accord, ou à un cessez-le-feu, avec l’intention humaine compréhensible de mettre fin au massacre inutile de jeunes hommes ukrainiens envoyés au « front » pour défendre des positions indéfendables, pour être cyniquement tués sans gain militaire, simplement pour que la guerre continue.

Bien que rationnel, l’argument en faveur d’une voie de sortie passe à côté d’un point géopolitique plus important : l’Occident est si fortement investi dans son récit fantaisiste de l’effondrement et de l’humiliation imminents de la Russie qu’il se retrouve « coincé » . Il ne peut aller de l’avant de peur que l’OTAN ne soit pas en mesure d’affronter les forces russes (Poutine a fait remarquer que la Russie n’avait même pas commencé à utiliser toutes ses forces). Et pourtant, conclure un accord, reculer, reviendrait à perdre la face.

Et « perdre la face » se traduit en gros par la défaite de l’Occident libéral.

L’Occident s’est donc rendu otage de son triomphalisme effréné présenté comme une infoguerre. Il a choisi ce chauvinisme effréné. Les conseillers de Biden, cependant, lisant les runes de la guerre – des gains russes incessants – ont commencé à sentir qu’une autre débâcle de politique étrangère était imminente.

Ils considèrent que les événements, loin de réaffirmer l’« ordre fondé sur des règles », mettent plutôt à nu aux yeux du monde les limites de la puissance américaine, mettant sur le devant de la scène non seulement une Russie renaissante, mais aussi une Russie porteuse d’un message révolutionnaire pour le reste du monde (bien que l’Occident n’ait pas encore pris conscience de ce fait).

En outre, l’alliance occidentale se désagrège à mesure que la fatigue de la guerre s’installe et que les économies européennes sont menacées de récession. La tendance instinctive contemporaine à décider d’abord, et à réfléchir ensuite (cf. les sanctions européennes), a plongé l’Europe dans une crise existentielle.

Le Royaume-Uni est un exemple de l’énigme européenne au sens large : la classe politique britannique, effrayée et désemparée, d’abord « déterminée » à poignarder son chef, finit par se rendre compte qu’elle n’a pas de successeur à portée de main ayant le sérieux nécessaire pour gérer la nouvelle normalité, et aucune idée de la manière de sortir du piège dans lequel elle est prise.

Ils n’osent pas perdre la face à propos de l’Ukraine et n’ont aucune solution pour faire face à la récession à venir (sauf un retour au thatchérisme ?). Et on peut dire la même chose de la classe politique européenne : elle est comme un cerf pris dans les phares d’un véhicule lancé à pleine vitesse.

Biden et un certain réseau qui s’étend de Washington à Londres, en passant par Bruxelles, Varsovie et les pays baltes, voit la Russie depuis une hauteur de 30 000 pieds au-dessus de celle du conflit ukrainien. Biden estime qu’il se trouve dans une position équidistante entre deux tendances dangereuses et inquiétantes qui engloutissent les États-Unis et l’Occident : le Trumpisme à l’intérieur et le Poutinisme à l’extérieur. Toutes deux, selon lui, présentent des dangers clairs et actuels pour l’ordre libéral fondé sur des règles auquel (l’équipe) Biden croit passionnément.

D’autres voix, principalement issues du camp réaliste américain, ne sont pas aussi obsédées par la Russie ; pour elles, les « vrais hommes » s’attaquent à la Chine. Ils veulent simplement maintenir le conflit ukrainien dans une impasse pour sauver la face, si possible (plus d’armes), pendant que le pivot vers la Chine est activé.

Lors d’un discours à l’Hudson Institute, Mike Pompeo a fait une déclaration de politique étrangère qui avait clairement en vue l’année 2024 et son accession au poste de vice-président. L’essentiel du discours portait sur la Chine, mais ce qu’il a dit sur l’Ukraine était intéressant : l’importance de Zelensky pour les États-Unis dépendait de sa capacité à maintenir la guerre (c’est-à-dire à sauver la face de l’Occident). Il n’a pas fait explicitement référence à la « présence au sol » , mais il était clair qu’il ne préconisait pas une telle mesure.

Son message était de fournir des armes, des armes et encore des armes à l’Ukraine, et d’aller de l’avant, en pivotant vers la Chine MAINTENANT. Pompeo a insisté pour que les États-Unis reconnaissent diplomatiquement Taïwan aujourd’hui, indépendamment de ce qui pourrait se passer (c’est-à-dire indépendamment du fait que cette action pourrait déclencher une guerre contre la Chine). Et il a intégré la Russie dans l’équation en disant simplement que la Russie et la Chine devraient être traitées comme une seule entité.

Biden semble toutefois vouloir laisser passer cette occasion et poursuivre la trajectoire actuelle. C’est également ce que souhaitent les nombreux participants à ce gâchis. Le fait est que les points de vue de l’État profond s’opposent et que les banquiers influents de Wall Street n’apprécient certainement pas les idées de Pompeo. Ils préféreraient une désescalade avec la Chine. La poursuite de ce processus est donc l’option la plus facile, car l’attention intérieure des États-Unis se concentre sur les problèmes économiques.

Le fait est que l’Occident est complètement bloqué : il ne peut ni avancer, ni reculer. Ses structures politiques et économiques l’en empêchent. Biden est bloqué sur l’Ukraine ; l’Europe est bloquée sur l’Ukraine et sur son bellicisme envers Poutine ; idem pour le Royaume-Uni ; et l’Occident est bloqué sur ses relations avec la Russie et la Chine. Plus important encore, aucun d’entre eux ne peut répondre aux demandes insistantes de la Russie et de la Chine en faveur d’une restructuration de l’architecture de sécurité mondiale.

S’ils ne peuvent pas bouger sur ce front de la sécurité, par peur de perdre la face, ils seront incapables d’assimiler (ou d’entendre – étant donné le cynisme bien ancré qui se rattache à toute parole prononcée par le président Poutine) que l’agenda de la Russie va bien au-delà de l’architecture de sécurité.

Par exemple, le diplomate et commentateur indien chevronné, MK Badrakhumar, écrit :

Après Sakhaline-2, [sur une île de l’Extrême-Orient russe] Moscou prévoit également de nationaliser le projet de développement pétrolier et gazier Sakhaline-1 en évinçant les actionnaires américains et japonais. La capacité de Sakhaline-1 est assez impressionnante. Il fut un temps, avant que l’OPEP+ ne fixe des limites aux niveaux de production, où la Russie extrayait jusqu’à 400 000 barils par jour, mais le niveau de production récent est d’environ 220 000 barils par jour.

 

La tendance générale à la nationalisation des participations des capitaux américains, britanniques, japonais et européens dans les secteurs stratégiques de l’économie russe apparaît comme la nouvelle politique. Le nettoyage de l’économie russe, libérée des capitaux occidentaux, devrait s’accélérer dans la période à venir.

 

Moscou était bien consciente du caractère prédateur des capitaux occidentaux dans le secteur pétrolier russe – un héritage de l’ère Boris Eltsine – mais devait s’accommoder de cette exploitation pour ne pas contrarier d’autres investisseurs occidentaux potentiels. Mais c’est désormais de l’histoire ancienne. La détérioration des relations avec l’Occident qui a presque atteint le point de rupture libère Moscou de ces inhibitions archaïques.

 

Après son arrivée au pouvoir en 1999, le président Vladimir Poutine s’est attelé à la tâche gigantesque de nettoyer les écuries d’Augias de la collaboration étrangère dans le secteur pétrolier russe. Le processus de « décolonisation » a été atrocement difficile, mais Poutine l’a mené à bien.

Mais ce n’est pas tout. Poutine ne cesse de répéter dans ses discours que l’Occident est l’auteur de sa propre crise de la dette et de l’inflation (et non la Russie), ce qui laisse perplexe en Occident. Permettez au professeur Hudson d’expliquer pourquoi une grande partie du reste du monde considère que l’Occident a pris un « mauvais tournant » sur le plan économique. En bref, le mauvais virage de l’Occident l’a conduit à une « impasse » , selon Poutine.

Le professeur Hudson soutient (paraphrasé et reformulé) qu’il existe essentiellement deux grands modèles économiques qui ont traversé l’histoire : « D’une part, nous voyons des sociétés proche-orientales et asiatiques organisées pour maintenir l’équilibre et la cohésion sociale en gardant les relations d’endettement et la richesse mercantile subordonnées au bien-être général de la communauté dans son ensemble » .

Toutes les sociétés anciennes se méfiaient de la richesse, car elle avait tendance à s’accumuler aux dépens de la société dans son ensemble, ce qui entraînait une polarisation sociale et de grandes inégalités de richesse. Si l’on considère toute l’histoire ancienne, on constate (selon Hudson) que le principal objectif des dirigeants, de la Babylonie à l’Asie du Sud et à l’Asie de l’Est, était d’empêcher l’émergence d’une oligarchie mercantile et créancière qui concentrerait la propriété des terres entre ses mains. Il s’agit là d’un modèle historique.

Le grand problème que le Proche-Orient de l’Age du bronze a résolu, mais que l’Antiquité classique et la civilisation occidentale n’ont pas résolu, était de savoir comment faire face à des dettes croissantes (jubilés périodiques de la dette) sans polariser la société et finalement appauvrir l’économie en soumettant la majeure partie de la population à la dépendance de la dette.

L’un des principes clés de Hudson est la manière dont la Chine est structurée en tant qu’économie « à faible coût » : logements bon marché, éducation, soins médicaux et transports subventionnés. Ce qui signifie que les consommateurs disposent d’un certain revenu excédentaire et que la Chine dans son ensemble devient compétitive. En revanche, le modèle occidental, financiarisé et fondé sur la dette, a un coût élevé, et des pans entiers de la population s’appauvrissent de plus en plus et sont privés de revenus discrétionnaires après avoir payé le service de la dette.

Cependant, la périphérie occidentale, dépourvue de la tradition proche-orientale, s’est « tournée » vers une riche oligarchie de créanciers pour prendre le pouvoir et concentrer la propriété foncière et immobilière entre ses mains. À des fins de relations publiques, elle a prétendu être une « démocratie » et a dénoncé toute réglementation gouvernementale protectrice comme étant, par définition, une « autocratie » . C’est le deuxième grand modèle, mais avec son surendettement et sa spirale inflationniste, il est lui aussi bloqué, sans moyens d’avancer.

C’est ce dernier modèle qui a été appliqué à Rome. Et nous en vivons encore les conséquences. Rendre les débiteurs dépendants de riches créanciers est ce que les économistes d’aujourd’hui appellent un « marché libre » . C’est un marché sans freins ni contrepoids publics contre l’inégalité, la fraude ou la privatisation du domaine public.

Cette éthique néolibérale pro-créanciers, affirme le professeur Hudson, est à l’origine de la nouvelle guerre froide actuelle. Lorsque le président Biden décrit ce grand conflit mondial visant à isoler la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran et leurs partenaires commerciaux eurasiens, il le décrit comme une lutte existentielle entre la « démocratie » et l’« autocratie » .

Par démocratie, il entend oligarchie. Et par « autocratie » , il entend tout gouvernement suffisamment fort, comme celui de Poutine, pour empêcher une oligarchie financière de prendre le contrôle du gouvernement et de la société et d’imposer des règles néolibérales par la force. L’idéal « démocratique » est de faire en sorte que le reste du monde ressemble à la Russie de Boris Eltsine, où les néolibéraux américains ont eu les coudées franches pour supprimer toute propriété publique des terres, des droits miniers et des services publics de base.

Mais aujourd’hui, nous avons affaire à des nuances de gris : il n’y a pas de marché véritablement libre aux États-Unis ; la Chine et la Russie sont des économies mixtes, bien qu’elles tendent à donner la priorité à la responsabilité du bien-être de la communauté dans son ensemble, plutôt que d’imaginer que des individus livrés à leurs intérêts égoïstes permettront de maximiser le bien-être national.

Voilà le problème : l’économie d’Adam Smith et l’individualisme sont ancrés dans le zeitgeist occidental. Cela ne changera pas. Cependant, la nouvelle politique du président Poutine visant à nettoyer les écuries d’Augias du « capital occidental prédateur » et l’exemple donné par la Russie de sa métamorphose vers une économie largement autosuffisante, immunisée contre l’hégémonie du dollar, sont une douce musique aux oreilles du Sud et d’une grande partie du reste du monde.

Si l’on ajoute à cela le fait que la Russie et la Chine ont pris l’initiative de contester le « droit » de l’Occident à fixer des règles, à monopoliser les moyens (le dollar) à la base des règlements des échanges entre États, et que les BRICS et l’OCS sont en train de prendre progressivement du galon, les discours de Poutine révèlent leur programme révolutionnaire.

Une question demeure : comment provoquer une métamorphose « révolutionnaire » sans provoquer de guerre contre l’Occident. Les États-Unis et l’Europe sont coincés. Ils sont incapables de se renouveler, car les contradictions politiques et économiques structurelles ont figé leur paradigme. Comment alors « décoincer » la situation, sans recourir à la guerre ?

La clé, paradoxalement, pourrait résider dans la compréhension profonde qu’ont la Russie et la Chine des failles du modèle économique occidental. L’Occident a besoin d’une catharsis pour se « décoincer » . La catharsis peut être définie comme le processus consistant à libérer, et donc à apaiser, des émotions fortes ou refoulées liées à des croyances.

Pour éviter une catharsis militaire, il semble que les dirigeants russes et chinois, comprenant les failles du modèle économique occidental, doivent alors faire subir à l’Occident une catharsis économique.

Ce sera douloureux, sans aucun doute, mais mieux que la catharsis nucléaire. Souvenons-nous de la fin du poème de CV Cafavy, En attendant les barbares,

Car la nuit est tombée et les barbares ne sont pas venus.
Et certains de nos hommes qui reviennent de la frontière disent qu’il n’y a plus de barbares.

 

Maintenant, que va-t-il nous arriver sans barbares ?
Ces gens étaient une sorte de solution.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Davos a perdu gros – Draghi se retire en Italie

Par : Zineb

Par Tom Luongo – Le 14 juillet 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

Le Premier ministre italien Mario Draghi est dehors. Il a présenté sa démission au président Sergio Mattarella. Mattarella refuse pour l’instant. Il y aura un autre vote de confiance. C’est sans importance.

Comme c’est toujours le cas avec la politique italienne, l’histoire est beaucoup plus trouble que ce qu’en disent les gros titres.

Les gros titres disent que le leader du Mouvement 5 étoiles (M5S), Giuseppe Conte, ne peut plus soutenir le gouvernement de Draghi parce qu’il ne fait rien pour lutter contre la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie en Italie. Sans le soutien du M5S, il sera difficile pour Draghi de se maintenir au pouvoir.

Italy, SWG poll:

FdI-ECR: 24%
PD-S&D: 22%
LEGA-ID: 15% (+1)
M5S-NI: 12% (+1)
FI-EPP: 8% (+1)
A/+E-RE: 5%
SI/EV-LEFT/G/EFA: 4% (-1)
IV-RE: 3% (+1)
A1-S&D: 2% (-1)

+/- vs. 29 June – 4 July 2022

Fieldwork: 6-11 July 2022
Sample size: 1,200
https://t.co/Aee87D2X9L pic.twitter.com/dhbXIbCray

— Europe Elects (@EuropeElects) July 11, 2022

Les partis qui ont « gagné » les dernières élections sont maintenant en 3ème et 4ème position. Le M5S n’obtient que 12% des voix. La Lega seulement 15%.

Ce sont les Frères d’Italie de Georgia Meloni qui sont en tête des sondages. Et nous sommes, au maximum, à neuf mois des élections italiennes.

Je dirais, plus vraisemblablement neuf semaines.

Donc, le fait que le M5S et Conte fassent cela maintenant ne joue pas en leur faveur. Cela implique quelque chose de bien plus profond que ce que l’on croirait à première vue.

Cela signifie clairement que le retrait de Draghi est une urgence qui l’emporte sur la politique de pouvoir de base, que l’avenir même de l’Italie est peut-être en jeu.

Et je pense que je sais pourquoi.

L’Italie est terriblement mal préparée pour cet hiver, le stockage de gaz étant bien en dessous des niveaux nécessaires pour passer l’hiver. Le problème est que l’Italie et l’UE ont menti publiquement à ce sujet. Selon les données de l’UE, le système gazier italien est rempli à plus de 65 %, avec plus de 126 TWh disponibles, ce qui correspond à d’autres grandes nations, comme l’Allemagne.

Mais si l’on regarde les chiffres réels, pour cette année, qui ont été terriblement difficiles à obtenir ces dernières semaines (je me demande pourquoi), le Stogit italien, la principale société de stockage de gaz en Italie, n’est rempli qu’à 53 % et ce chiffre a considérablement augmenté ces derniers jours (lien vers les données d’aujourd’hui 14/07/2022).

Comparez le taux de remplissage du stockage de gaz (voir le graphique ci-dessous) à partir des données d’aujourd’hui par rapport à celles du 17 juin 2022, où le stockage n’était qu’à 37 % de sa capacité, et vous verrez exactement où je veux en venir.

Alors, que s’est-il passé à ce moment-là pour que le taux de stockage du gaz en Italie change soudainement ? Le M5S a commencé sa campagne contre la gestion de l’Ukraine par Draghi et un appel à la grève générale a été lancé parmi les travailleurs des transports pour le 17 juin.

Après que Draghi a publiquement parlé de régler le conflit ukrainien avec la Russie, le ministre italien des affaires étrangères Luigi DiMaio (ancien Premier ministre et leader du M5S) a ouvertement critiqué l’ « immaturité » de Draghi face à la Russie.

C’est à partir de là que les choses sont devenues vraiment obscures. Rappelez-vous que c’est Conte qui était l’homme de main d’Angela Merkel lorsqu’il était Premier ministre pour faire dérailler toute sortie potentielle de l’Italie de l’Union européenne, ou du moins de l’euro. Rappelez-vous également que c’est Matteo Salvini, de la Lega, qui appelait ouvertement l’Italie à quitter l’euro.

Salvini a ensuite été mis sous pression par un faux procès intenté par Soros à son encontre lorsqu’il était ministre de l’Intérieur pour sa gestion d’un bateau de réfugiés.

Conte a organisé un coup d’État contre DiMaio, tandis qu’ils ont tous deux jeté Salvini sous le bus lorsqu’il a tenté, en août 2019, de faire tomber le gouvernement et de forcer la tenue de nouvelles élections, qu’à l’époque, la Lega aurait remportées haut la main, avec plus de 35 % de soutien national.

Depuis lors, Salvini s’est plié à presque toutes les mauvaises actions de l’Italie, probablement parce que ses actions étaient sans conséquence.

En fin de compte, ces manœuvres des élites politiques italiennes ont neutralisé les jeunes M5S et Lega et ont conduit à faire appel à Draghi en tant que Premier ministre intérimaire politiquement neutre pour mener le pays jusqu’aux prochaines élections, qui sont prévues pour la première partie de 2023.

Davos avait besoin de Draghi en Italie pour diriger la liquidation du pays, et c’est là que la crise du stockage du gaz entre en jeu. Davos s’est empressé de mettre en place tous ses collaborateurs en Europe après avoir installé Fongique Joe Biden comme président aux États-Unis. Draghi étant aux commandes en Italie, Davos était en mesure de gérer les deux côtés de la relation italo-américaine.

Et je suis sûr qu’ils s’attendaient tous à être en mesure de remporter toutes les manches, géopolitiquement. Draghi mettrait en œuvre des obligations de vaccination, des passeports verts et dégraderait encore plus la compétitivité de l’Italie à chaque étape.

L’euro resterait fort, les rendements des euro-obligations faibles, la réputation de la BCE intacte et la Fed captive des plans de dépenses délirants des Démocrates. Tel était l’état des lieux lorsque Draghi a été installé en mars 2021.

Il suffisait que les États-Unis se couchent et impriment/dépensent sans compter avec les Démocrates au pouvoir aux États-Unis. La Fed serait obligée de monétiser plus de 6 000 milliards de dettes supplémentaires dont le monde ne veut pas et les États-Unis s’effondreraient, permettant aux capitaux d’affluer en Europe au lieu de la fuir.

Nous savons tous comment cela s’est passé.

Comme je le dis depuis un an en tapant ma chaussure sur la table, la Fed, sous la direction de Jerome Powell, n’a cessé de saper le programme des eurocrates en menant une politique de rigueur à l’égard du dollar qui a déclenché cette hausse massive du dollar américain en juin dernier, lorsqu’elle a porté le taux du Reverse Repo à 0,05 % au-dessus du taux des fonds fédéraux.

Dans le même temps, Krysten Sinema (D-AZ) et Joe Manchin (D-WV) ont bloqué le programme national en refusant les projets de loi sur les infrastructures et sur la reconstruction au Sénat. Pelosi et Schumer ont été bloqués à chaque fois et n’ont rien pu faire passer à ces deux-là.

Comme je l’ai dit à l’époque, ces deux-là ne tiennent debout que parce que des gens puissants les ont soutenus. Des gens que même Davos n’a pas pu faire chanter.

La liste est courte, pour votre information. Elle commence avec la Fed et se termine avec le capital international, pas avec le Comintern. Pour une liste complète, il suffit de regarder ceux qui ne veulent pas sanctionner la Russie pour avoir donné le premier coup de poing en Ukraine.

Une fois que cet agenda s’est effondré et que le second mandat de Powell en tant que président du FOMC a été assuré, cela a préparé le terrain pour ce qui se passe maintenant.

Parce que la démission de Draghi soulève BEAUCOUP de questions. Pourquoi Conte, ancien larbin de Merkel, se retirerait-il de la coalition si Davos contrôlait toujours la situation en Italie ? Qu’est-ce qui a changé pour que cela se produise ?

J’ai décrit plus haut le mensonge sur le stockage du gaz et les hésitations de Draghi sur l’Ukraine, mais est-ce suffisant ? La semaine dernière, Davos a reçu deux scalps : Boris Johnson et Shinzo Abe. Tous deux étaient alignés sur les États-Unis, pas sur l’Europe.

L’Europe veut soutenir la guerre contre la Russie sans donner l’impression de soutenir la guerre contre la Russie. Typiquement européens, ils veulent avoir leur gâteau de politique étrangère fourni par l’argent américain et le manger aussi.

Ils s’en prennent à Olaf Scholz pour mettre les Verts officiellement aux commandes en Allemagne et trahir ce qui reste de la classe moyenne allemande.

Vous savez que je crois que la Fed travaille à rétablir la primauté des États-Unis sur leur propre politique monétaire et fiscale, ce qui est cohérent avec la façon dont Powell a augmenté les taux et provoqué des crises cardiaques au sein du système des eurodollars.

De plus, lorsque vous regardez les échecs de l’administration Biden à obtenir une quelconque avancée au niveau mondial pour isoler la Russie, vous voyez un agenda de Davos qui échoue complètement.

Il s’ensuit que les faibles nouveaux venus dans le marécage italien, comme ceux du M5S, ont peut-être finalement reçu suffisamment d’assurance que la situation a changé. L’indice des prix à la consommation de 9,1 % d’hier a suffi pour que les choses commencent vraiment à changer.

Les factions anti-Davos au sein des États-Unis sont désormais suffisamment fortes pour se débarrasser du joug de Davos représenté par Draghi, Mattarella et l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, et lancer la candidature de l’Italie à l’indépendance.

La Fed répond à la décision de Davos d’éliminer Johnson en éliminant Draghi et en mettant l’UE sur la voie de la désintégration. L’euro a cassé la parité avec le dollar américain aujourd’hui suite à cette nouvelle. La BCE est maintenant confrontée à un tourbillon de taux plus élevés, car il est clair que la Fed augmentera encore ses taux de 75 à 100 points de base dans deux semaines.

Que va faire Lagarde ? Augmenter les taux ? Si oui, alors adieu l’Italie et bonjour la crise bancaire de la zone euro.

Étant donné que Draghi est détesté en Italie, il n’y a aucun moyen pour lui de continuer étant donné ce que nous savons maintenant. Toute résistance supplémentaire de Mattarella leur vaudra d’être lynchés publiquement.

L’ambiance en Italie est mauvaise à ce point.

L’histoire probable est que Draghi a détourné le regard pendant que l’Allemagne siphonnait ouvertement le gaz destiné à l’Italie pour elle-même afin de s’assurer que l’Italie meure de faim et de froid cet hiver.

Bon, en résumé.

L’UE a de sérieux problèmes. Avec la chute de Draghi, rien ne pourra empêcher l’effondrement des prix de la dette italienne, car soit Davos se ruine et nationalise les réserves d’or de l’Italie, soit Meloni arrive au pouvoir avec le soutien des banques américaines et du ministère de la défense et sort le pays de l’euro, voire de l’UE elle-même.

La trahison a été totale. Il est impossible de restaurer la loyauté des Italiens envers l’UE après avoir constaté l’énième tentative allemande merdique de prendre le contrôle de l’Europe.

Comme je l’ai décrit dans des articles précédents, avec la Russie d’un côté et la Fed américaine/les intérêts bancaires de l’autre, la pression sur la zone euro et la Banque centrale européenne n’a jamais été aussi forte.

La BCE n’a pas de réponse et a également admis qu’elle n’en avait pas. Tout ce qu’elle peut faire, c’est continuer à financer l’Italie jusqu’aux élections de mi-mandat aux États-Unis au cours desquelles Davos espère pouvoir sauver les Démocrates d’un anéantissement total. C’était aussi le plan.

Maintenant, Conte et le M5S ont fait exploser ces plans également.

Une véritable lutte pour la primauté du pouvoir occidental est en cours. Sera-t-elle menée par les cocos eurocrates ou les fascistes anglo-saxons ? Il n’y a pas de « gentils » ici. Ils sont tous terribles.

Ce renversement de Draghi, l’ultime initié de Davos, est l’un des tournants les plus importants de 2022. Cela signifie pour moi qu’ils ont maintenant perdu le contrôle du pays le plus important d’Europe. C’est le pilier sur lequel l’avenir de l’humanité pourrait finalement reposer.

Étant donné que nous sommes à deux doigts de voir Davos manipuler les États-Unis et le monde pour les entraîner dans une guerre sainte mondiale pour l’énergie, comme l’a souligné récemment l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo dans son discours aux Three Lighthouses, je dirais que je suis du côté de ceux qui s’efforcent d’éviter cela.

La crème solaire à 20 millions de SPF n’a pas encore été inventée. Je suis sûr que j’aurais lu ça dans Wired. Pour cette seule raison, vous devriez probablement applaudir la fin ignominieuse de la vie publique de Mario Draghi.

Tom Luongo 

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Deux architectures rivales s’affrontent

Par : Zineb

Le monde de l’après-24 février est vraiment différent. L’inexorable logique géopolitique actuelle veut que l’attention de l’Amérique se tourne ailleurs, et le monde voit des États-Unis plus faibles.


Par Alastair Crooke – Le 17 juillet 2022 – Source Al Mayadeen

Personne ne semble savoir exactement pourquoi Biden fait ce voyage au Moyen-Orient. C’est un mystère. Il est certain que ce n’est pas pour recevoir des éloges dans son pays : les linceuls de Jamal Khashoggi et de Shireen Abu Akleh tourbillonnent confusément autour de la délégation américaine, lui donnant le trac. Même dans les journaux américains les plus favorables, Biden est grillé en raison du risque pour la sécurité des journalistes qu’implique toute réconciliation avec MbS.

Biden ne vient pas pour les Palestiniens. Il vient plutôt avec un petit cadeau pour « Israël » , à savoir faire abstraction des Palestiniens, du mieux qu’il pourra. Ce n’est pas non plus pour inaugurer une OTAN arabe (les États du Golfe veulent conserver des liens avec l’Iran). Et ce n’est même pas pour le pétrole : les Émirats arabes unis ne lui donneront même pas un seul baril supplémentaire, et les Saoudiens, peut-être seulement 100 000 ou 150 000 barils supplémentaires par jour (et même cela se fera contre les États de l’OPEP+ qui n’ont pas atteint leur quota d’approvisionnement).

Un neurologue m’a dit un jour que notre cerveau est comme un forêt vierge. Au début, il y a de l’herbe et des fleurs partout sous les arbres. Puis, un cerf se promène et poursuit sa route. Un autre suit, puis un autre, et tous suivent la piste tracée par le premier cerf. La piste devient un chemin très fréquenté. Il en va ainsi de la diplomatie.

Il y a vingt ans, une stratégie de rupture nette a été élaborée ; selon celle-ci, les États-Unis devaient être amis avec les monarques de la région, et les soutenir, contre les États arabes laïques et socialistes, afin de garantir la sécurité d’« Israël » . Et les présidents américains ont tous suivi la même voie à travers la forêt. Rien ne change, on trouve juste un nouveau nom pour une « nouvelle » alliance arabe contre l’Iran.

Et donc Biden se promène dans la forêt. Mais cette fois, il s’agit davantage d’ « occuper l’espace » dans la région : il s’agit de bousculer les monarques pour s’assurer que cet « espace américain » est refusé à la Russie.

Il y a aujourd’hui à Washington cette inquiétude de voir la sphère russe paraître trop séduisante. Et il y a de quoi s’inquiéter (même Josep Borrell l’admet) : l’Occident, lors du sommet des ministres des affaires étrangères du G20 à Bali, n’a absolument pas réussi à forcer les BRICS et les principaux acteurs du Sud à isoler et à sanctionner la Russie au sujet de l’Ukraine. Ils essaient encore : l’Inde et l’Arabie saoudite sont désormais dans leur ligne de mire. Toutefois, le compte rendu chinois du G20 a souligné que Jaishankar avait fait savoir à Wang Yi que « l’Inde continuera à défendre son autonomie stratégique et sa position indépendante dans les affaires internationales » . L’Inde a également déclaré aux États-Unis qu’elle ne participerait à aucun projet visant à plafonner le prix du pétrole russe.

Les Américains font la promotion de leur architecture de sécurité régionale (basée sur la polarisation autour de l’Iran). Mais la Russie a une alternative.

L’architecture OCS-BRICS est différente de celle des Américains. Elle envisage une architecture qui n’est pas dirigée par des puissances extérieures, mais une architecture dont les participants sont propriétaires. La Russie et la Chine insistent sur ce point. Et elle se veut inclusive.

Le monde de l’après-24 février est vraiment différent. La logique géopolitique inexorable aujourd’hui est que l’attention de l’Amérique se tourne ailleurs (vers la Chine). Et le monde voit une Amérique qui s’affaiblit.

Le titre du Harpers de ce mois-ci est étonnant : Harpers déclare ‘C’est fini’ – Le ‘Siècle américain’ est révolu. Qui plus est, il l’écrit, sans le point d’interrogation de rigueur. Il s’est fait remarquer à un kilomètre avant même que Harpers ne sorte ce titre : Comparez les pitreries du G7 à la conduite professionnelle du sommet des BRICS.

Dans ce contexte, chacun évalue le cours de l’histoire. Si l’on veut éviter la guerre, une certaine architecture de sécurité est nécessaire. Et l’initiative russe est séduisante précisément parce qu’elle inclut l’Iran. L’Iran est membre de l’OCS et candidat aux BRICS. L’Arabie saoudite, le Bahreïn et le Qatar sont également candidats à l’OCS, et l’Arabie saoudite a été invitée à rejoindre les BRICS. L’Égypte et la Syrie ont demandé le statut d’observateur auprès de l’OCS et la Turquie est un partenaire de dialogue. Les bases de l’architecture sont donc déjà réunies.

Et si l’on ajoute que l’OCS possède déjà une dimension sécuritaire et une dimension économique puissante dans la Communauté économique eurasienne qui est liée à l’initiative « Nouvelle route de la soie » , l’architecture du Nord devient incontournable.

Cette semaine, l’Iran a annoncé l’achèvement de la première expédition de marchandises au départ de Saint-Pétersbourg via le corridor de transport nord-sud. Elle est passée par le port d’Anzali, sur la mer Caspienne, et par le port iranien de Bandar Abbas jusqu’à Bombay.

Cette nouvelle route, qui devrait être transformée en route à grande vitesse d’ici un an, permet de réduire considérablement les délais et les coûts de transport. L’Inde vient de faire de la roupie une monnaie commerciale, et l’Iran a signé un accord de compensation interbancaire avec la Russie. Nous prédisons que c’est le Golfe qui va pivoter, orienter son commerce vers l’Inde et l’Asie.

Les événements se succèdent avec rapidité. Faut-il alors s’étonner que l’équipe Biden soit de retour pour tenter de consolider les relations ? Mais le bilan de l’équipe Biden dans la région sera-t-il si différent de celui du G20 qui a tant découragé Josep Borrell ?

Alastair Crooke 

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Pourquoi Joe Biden refuse de faire marche arrière en Ukraine

Par : Zineb

Par Tom Luongo – Le 4 juillet 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

Au cours du week-end, Sputnik News m’a demandé de commenter les raisons pour lesquelles le président fongique Select Biden était si déterminé à soutenir l’Ukraine contre la Russie en lui fournissant de l’argent et des armes, malgré des taux d’approbation catastrophiques et un trou budgétaire qui se creuse chaque jour.

Voici un lien vers l’article publié par Sputnik. Ils me donnent à peu près la deuxième moitié de l’article.

Tandis que l’analyste géopolitique américain Tom Luongo a fait remarquer que le conflit en cours dans la nation d’Europe orientale n’est rien d’autre qu’une « guerre entre civilisations » , dans le cadre des efforts des néoconservateurs américains pour « empêcher la Russie de prendre le contrôle de l’Ukraine » .

 

Abordant les motifs des responsables de Washington derrière l’aide sans cesse croissante à Kiev, Luongo a déclaré à Sputnik que le président américain, « en tant que mandataire des oligarques de Davos, agit en leur nom pour affaiblir finalement les États-Unis en envoyant des armes à l’étranger et en détruisant le leadership et la crédibilité des États-Unis » .

 

La réponse courte est ce que je dis depuis près de trois ans maintenant, la bande de Davos veut la destruction des États-Unis et elle travaille à l’intérieur et à l’extérieur de notre gouvernement pour atteindre cet objectif. Le soutien indéfectible de Biden à l’Ukraine correspond parfaitement à cette thèse.

Comme je l’ai écrit dans mon dernier article, l’épuisement des stocks d’armes américains et occidentaux tout en exposant au monde la vulnérabilité de l’industrie manufacturière est une donnée clé pour inciter le Sud à se lever publiquement et défier Biden et le Davos à propos de toute nouvelle tentative d’isoler la Russie.

Je dois envisager qu’à un certain niveau, Biden est tellement déconnecté de la réalité qu’il croit réellement que les sanctions fonctionnent et que le régime de Poutine va s’effondrer à tout moment. Il est aussi peu au courant de la réalité de la situation réelle que ne l’étaient de la vraie guerre les soldats réguliers des FAU qui combattaient dans le Donbass et qui croyaient plutôt la propagande dont ils étaient abreuvés.

D’ici les élections de mi-mandat, vous pouvez vous attendre à une nouvelle accélération de l’agenda de Davos à Washington D.C. Dépenser des milliards pour soutenir l’Ukraine est une autre façon d’essayer de pousser la Fed à ne pas augmenter davantage les taux.

C’est un milliard pathétique par-ci, un milliard par-là. Donc, c’est vraiment sans importance, mais cela montre le désespoir total de leur position. Ces dernières mesures de soutien annoncées ne sont qu’un ensemble de bonnes vieilles combines pour faire taire certaines personnes et un dernier passage à la caisse avant que tout ne s’arrête.

Je sais qu’il y a des nuages de guerre à l’horizon, et il est clair que beaucoup, au sein de l’OTAN, essaient simplement de faire durer les combats en Ukraine orientale jusqu’à ce que l’Occident puisse contre-attaquer la Russie et la repousser.

Personnellement, je ne vois pas cette stratégie bénéficier d’un réel soutien en dehors de la pièce où George Soros se complaît dans sa démence narcissique, mais bon, ça n’engage que moi.

Comme toujours, merci à Olga de Sputnik pour ses questions et voici le texte intégral de ce que je leur ai envoyé.

Il s’agit d’un financement américain supplémentaire pour l’Ukraine. Quels sont les motifs qui poussent à alimenter continuellement l’Ukraine en argent et en assistance militaire ?

Il s’agit d’un besoin profond des néoconservateurs d’empêcher la Russie de prendre le contrôle de l’Ukraine. Ce conflit est une guerre entre civilisations. Biden, en tant que mandataire des oligarques de Davos, agit en leur nom pour finalement affaiblir les États-Unis en envoyant des armes à l’étranger et en détruisant le leadership et la crédibilité des États-Unis. Cela ne prendra fin que lorsqu’il y aura une véritable révolution politique aux États-Unis.

Ces propos interviennent dans un contexte de crise économique, de chute de la cote de popularité de Biden et d’autres questions brûlantes aux États-Unis. Pourquoi l’administration Biden se concentre-t-elle tant sur le conflit à l’étranger au lieu de régler les problèmes chez elle ?

Il a été mis en place pour détruire les États-Unis. Biden et son administration sont des vandales. Ils n’agissent pas dans l’intérêt des États-Unis mais ont subordonné notre politique publique aux souhaits de puissances étrangères. Trop de conservateurs veulent aligner le Comité National Démocrate sur la Chine, mais il est clair que si la Chine contribue à éroder la cohésion politique des États-Unis, c’est le Davos, avec son agenda sur le changement climatique et sa technocratie, qui tire toutes les ficelles.

Pourquoi les États-Unis ne consacrent-ils pas cet argent à subventionner le secteur de l’énergie, par exemple, pour maintenir la sécurité énergétique du pays et protéger ses citoyens ?

La réponse à la question est évidente. Les États-Unis sont dirigés par des traîtres. J’aimerais que ce soit plus compliqué que ça. Mais ça ne l’est pas.

Combien de temps l’économie américaine peut-elle se permettre de sponsoriser les ambitions de Washington ?

Plus très longtemps. C’est pourquoi, à ce jour, il y a, à mon avis, un mouvement de repli sincère et sérieusement organisé venant de l’endroit le plus improbable, certaines des méga-banques américaines et la Réserve fédérale qui resserre agressivement sa politique monétaire pour vider le monde de ses dollars et briser à la fois les marchés offshore (euro)dollar et mettre les partenaires financiers de la Chine, à savoir Hong Kong, sous une pression réelle. Si la Fed ne le fait pas maintenant, les chances d’une désintégration politique des États-Unis d’ici la fin de la décennie augmentent de façon spectaculaire.

D’où vient ce financement massif ? Où les États-Unis trouvent-ils l’argent nécessaire à cet énorme montant ?

Pour cette année, de l’argent déjà alloué, mais en fin de compte, le Congrès doit vendre de la dette sur le marché qui devra être achetée au niveau national, international ou monétisée par la Fed.

La Fed augmente les taux pour arrêter le robinet d’argent de D.C. en forçant le Congrès à agir de manière plus responsable. Considérez ces allocations de dépenses et ces promesses, comme les 600 milliards de dollars destinés aux infrastructures mondiales pour contrecarrer l’initiative Belt and Road de la Chine, comme des tentatives de chantage auprès d’une Fed réticente à monétiser la dette que le monde ne veut plus acheter.

La Banque fédérale de réserve d’Atlanta a averti que le PIB des États-Unis pourrait diminuer de 1 % au deuxième trimestre de 2022. Cela pourrait signifier le début d’une récession. Quelle est la probabilité d’un effondrement économique de grande ampleur dans ce contexte ?

Il y a un grand fossé entre une récession et un « effondrement économique à grande échelle » . La Fed peut et doit tout faire pour forcer la résolution de nombreux problèmes et déséquilibres géopolitiques en suspens. Si elle doit « agir au niveau mondial » , c’est de cette manière qu’elle doit le faire, en retirant le bol à punch du crédit offshore basé sur le dollar et les eurodollars, et en reprenant le contrôle de sa propre politique monétaire.

Si ce processus entraîne une grave contraction et une dislocation économique de l’économie américaine pendant un an ou deux, c’est le prix à payer pour équilibrer les comptes de la précédente explosion inflationniste. Je pense toutefois que le pire de ces effets sur l’économie américaine sera atténué par l’effondrement complet de l’économie européenne et des marchés de la dette souveraine. Cela ne durera pas éternellement, deux ou trois ans, mais ce sera suffisant pour provoquer un véritable changement politique. Nous saurons lors des élections de mi-mandat de cette année ce que le peuple américain pense vraiment de ces choses.

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Le « Mauvais » Tournant entraîne le « Quatrième Tournant »

Par : Zineb

Si nous décidons d’imaginer le monde comme une machine, alors la « réalité » se présentera comme une machine.


Par Alastair Crooke – Le 4 juillet 2022 – Source Strategic Culture

Au cours des quatre cents dernières années, les Européens de l’Ouest ont connu une « vision » très particulière, aux antipodes de celles qui les ont précédés. Alors que Galilée poursuivait ses expérimentations en Italie, c’est Francis Bacon qui a établi une théorie claire de la procédure inductive, faire des expériences et en tirer des conclusions générales, à vérifier par d’autres expériences.

Bacon est également à l’origine de la compréhension du monde comme une machine, une évolution complétée par deux grandes figures de la civilisation occidentale, Descartes et Newton. Descartes était célèbre pour avoir considéré les piétons d’une rue de Paris qui se dépêchaient de rentrer chez eux comme des « automates recouverts d’un imperméable » . Attiré par le désir de certitude de l’époque, Descartes a perçu comment il pouvait « donner au public … une science entièrement nouvelle qui résoudrait toutes les questions de quantité, continues ou discontinues » .

Pour lui, l’esprit était plus certain que la matière, et il en est arrivé à la conclusion que les deux étaient séparés et fondamentalement différents. Newton a complété ce paradigme en considérant le cosmos (à nouveau) comme une machine, régie par des lois immuables ; une machine cosmique géante, complètement causale et déterminée.

Cette histoire peut sembler abstraite et lointaine. Pourtant, elle ne l’est pas. Beaucoup d’entre nous acceptent encore la « nouvelle compréhension » décrite ci-dessus. Pourtant, si tel est le cas, nous sommes des dinosaures. Car la science a muté depuis. Les conséquences géopolitiques nous affligent aujourd’hui.

Cette pensée mécaniste a peut-être rendu l’Europe occidentale très puissante à l’époque, mais poussée à l’extrême (comme elle l’a été) et remodelée en une idéologie de la transformation radicale de l’homme qui divise, elle conduit aujourd’hui l’Europe au désastre (le Quatrième Tournant). Le récent G7 en est un exemple clair. Face aux innombrables et graves crises que traverse l’Europe, ses dirigeants ont été obsédés par l’Ukraine, ignorant de fait leur maison en voie de désintégration et affichant implicitement leur indifférence à l’égard du sort des peuples qui y vivent.

Qu’y a-t-il de si nouveau et de si différent aujourd’hui par rapport à il y a quatre cents ans ? La manière de penser et de voir de la Renaissance était essentiellement conjonctive : l’œil et l’intellect, dans cette tradition, peuvent être dirigés vers une « chose » (l’œil et l’intellect font preuve de discernement), et lorsqu’ils touchent cet autre être, c’est comme si l’on rencontrait une autre personne – bien que cet être soit ce que nous appellerions aujourd’hui une « chose » (dans le monde d’aujourd’hui, nous exprimons quelque chose de nous-mêmes dans la rencontre personnelle, et pourtant, nous sommes en quelque sorte transformés par la présence de l’autre aussi.) Les deux interpénètrent et modifient la substance de l’autre.

Les Lumières (c’est-à-dire notre mode contemporain), avec leur manière de voir et de connaître, cependant, sont essentiellement disjonctives. L’« œil » ou l’intellect est séparé et désengagé des « objets » examinés. (Le Mauvais Tournant qu’une grande partie du monde, le monde non occidental, n’a pas imité).

Ce qui est fondamental, par conséquent, c’est notre attention, ou autrement dit, notre disposition, envers le monde. Le mode d’attention que nous portons au monde modifie le type de « chose » qui se présente à nous. En ce sens, il change le monde. Et, de cette façon aussi, nous créons « notre monde » (ou du moins notre représentation de celui-ci). Si nous décidons d’imaginer le monde comme une machine, alors la « réalité » se présentera comme une machine.

C’est ainsi que « ça se passe » . Les dirigeants politiques du G7 étant en orbite autour d’une « représentation du monde » imaginaire, ils ne semblent pas avoir conscience de ce qu’ils ont créé : ils n’entendent pas et ne voient pas. Ils ne sont sous l’emprise que des applaudissements de leurs pairs dans leur zone de confiance, soit ceux qui pensent comme eux.

Le philosophe de la morale Alasdair MacIntyre, dans After Virtue, montre comment ces forces « chaotiques » et déstructurantes d’aujourd’hui ont presque effacé la recherche morale de la culture européenne. La cacophonie et le caractère interminable des débats contemporains sont le résultat direct de cette catastrophe (les Lumières) dans notre passé, écrit-il. Une catastrophe si grande, note MacIntyre, que le vocabulaire même de la recherche morale a été pratiquement éliminé de notre langage.

Toute discussion morale aujourd’hui, dans un groupe suffisamment diversifié, risque de dégénérer en une engueulade… ou pire (bagarre, annulation, ruine…). Mais la caractéristique la plus frappante des débats moraux est leur tendance à ne jamais aboutir à une résolution : les lignes sont tracées très tôt, et les participants se précipitent pour prendre parti. Mais en prenant parti, ils semblent se rendre incapables d’entendre l’autre. « Tout le monde ressent la chaleur, mais personne ne voit la lumière » .

Eh bien, l’une des conséquences, comme l’a noté le professeur Neil Kutzman, est la contamination de la science newtonienne. La science progresse en remettant en question l’état actuel des connaissances. Pensez à la querelle entre Albert Einstein et Niels Bohr sur les implications de la mécanique quantique. Einstein assaillait Bohr d’une litanie d’objections. Finalement, Bohr et d’autres ont pu répondre à toutes les objections d’Einstein concernant la mécanique quantique, mais le domaine a fait des progrès incommensurables en devant traiter les questions complexes et sophistiquées soulevées par Einstein.

La science, par sa nature même, n’est donc jamais figée. La réponse à un problème est non seulement susceptible d’être modifiée ultérieurement, mais elle soulève invariablement beaucoup plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Pourtant, nombre des grandes questions scientifiques d’aujourd’hui sont régies par le dogme plutôt que par le débat ; et par l’annulation de ceux qui remettent en question « La Science » .

Cela est compréhensible car la « nouvelle idéologie » issue de la Silicon Valley et de Davos a littéralement bouleversé le monde newtonien. La « nouvelle sagesse » , qui a émergé dans le sillage de la révolution cybernétique des années 1960, affirme que la technologie « grandit » avec la vie, tout en en étant détachée, comme un « élan vital » synthétique et déterministe, sans aucun égard pour la pensée humaine ou le libre-arbitre.

Cela semblera étrange à l’expérience de la plupart des lecteurs, mais la science, dans cette nouvelle vision, n’est plus au service de l’humanité : l’esprit humain, dans une partie influente de l’Occident, n’est considéré comme rien de plus que la somme de ses atomes non vivants ; une chose distincte des progrès de la technologie, un être autonome en évolution, sur le point de devenir conscient.

Le gourou du Forum économique mondial pour le Great Reset, le professeur israélien Yuval Noah Harari, l’a déclaré explicitement :

Si vous avez suffisamment de données, et si vous avez suffisamment de puissance de calcul, vous pouvez comprendre les gens mieux qu’ils ne se comprennent eux-mêmes et vous pouvez alors les manipuler d’une manière qui était auparavant impossible et dans une telle situation, les anciens systèmes démocratiques cessent de fonctionner. Nous devons réinventer la démocratie dans cette nouvelle ère où les humains sont désormais des animaux piratables. L’idée que les humains ont une « âme » ou un « esprit » et qu’ils ont un libre-arbitre… c’est fini.

C’est en Afghanistan qu’une telle vision a vu le jour ces dernières années. Ce devait être une vitrine du managérialisme technique. En termes très concrets, l’Afghanistan s’est transformé en un banc d’essai pour chaque innovation en matière de gestion technocratique de projets, chaque innovation étant annoncée comme précurseur de notre avenir. Les fonds ont afflué et une armée de technocrates globalisés est arrivée pour superviser le processus. Le big data, l’IA et l’utilisation d’ensembles toujours plus vastes de mesures techniques et statistiques devaient renverser les vieilles idées « indigestes » . La sociologie militaire, sous la forme d’« équipes de terrain humain » et d’autres créations innovantes, a été déployée pour mettre de l’ordre dans le chaos.

La chute du régime mis en place par l’Occident en Afghanistan a cependant révélé très clairement que la classe managériale d’aujourd’hui, rongée par la notion de technocratie comme seul moyen d’instaurer un régime fonctionnel, a donné naissance à quelque chose de complètement pourri, une « défaite basée sur les données » , comme l’a décrit un vétéran afghan américain ; si pourri qu’il s’est effondré en quelques jours.

Encore le professeur Hariri : le principal problème pour l’élite dirigeante qui gère le monde, ne sera pas de résoudre la guerre, ou la faim, mais plutôt de gérer la « nouvelle classe inutile mondiale » émergente :

« Je pense que la plus grande question… sera de savoir quoi faire de toutes ces personnes inutiles ? …. Je pense qu’à l’heure actuelle, la combinaison de médicaments et de jeux vidéo est la meilleure solution pour [la plupart] des gens. C’est déjà le cas… Je pense qu’une fois que vous êtes superflu, vous n’avez plus de pouvoir » (c’est-à-dire que vous ne pouvez pas riposter).

Le Professeur Hariri poursuit :

Le Covid est critique car c’est ce qui convainc les gens d’accepter de légitimer la surveillance biométrique totale. Nous ne devons pas seulement surveiller les gens, nous devons surveiller ce qui se passe sous leur peau.

Une fois que l’on a compris que les technocrates de la Silicon Valley considèrent que les êtres humains peuvent être « piratés » et reconfigurés, comme un logiciel, beaucoup d’autres choses deviennent claires.

L’enthousiasme des médias sociaux américains pour normaliser le phénomène selon lequel « des personnes ayant des chromosomes normaux s’identifient comme l’opposé de leur sexe phénotypique et génotypique devient plus clair«  : ces nouveaux réformateurs sont prompts à affirmer que les notions insensées de genre, de moralité, de Dieu, de patriotisme, d’âme ou de liberté sont des concepts abstraits créés par l’homme et n’ayant aucune existence ontologique dans l’univers mécaniste, froid et finalement sans but dans lequel nous sommes censés exister.

Modifier de façon permanente le développement sexuel des personnes est une « atrocité éthique«  , mais cela correspond précisément à cette notion (encore le professeur Hariri) : « Les humains n’ont que deux capacités de base : physique et cognitive. Lorsque les machines nous ont remplacés dans nos capacités physiques, nous sommes passés à des emplois qui exigent des capacités cognitives. … Si l’IA devient meilleure que nous dans ce domaine, il n’y a pas de troisième domaine vers lequel les humains peuvent se diriger » . En bref, à mesure que nous avançons dans cette voie pour devenir transhumains, le sexe n’est qu’un élément qui devient sans importance.

Un instant, vous devez vous dire que c’est « à côté de la plaque » ! C’est vrai, j’en conviens. Néanmoins, des éléments de cette pensée ont proliféré depuis Davos et le WEF et sont furtivement promulgués par le cinéma, la musique et les plateformes de médias sociaux comme TikTok. Oui, il existe une chaîne reliant la Silicon Valley, la grande philanthropie, une partie des grandes entreprises, Bruxelles et les groupes de réflexion qui y voient un moyen de résoudre la contradiction apparente entre une robotisation accrue du travail et un excès de main-d’œuvre non qualifiée.

C’est pourquoi la situation est si grave et dangereuse. Dans son livre déterminant de 1981, MacIntyre a soutenu que le projet des Lumières a coupé l’homme occidental de ses racines dans la tradition, mais n’a pas réussi à produire une moralité contraignante basée sur la seule Raison. Par conséquent, nous vivons dans une culture de chaos moral et de fragmentation, dans laquelle de nombreuses questions sont tout simplement impossibles à régler. Cela indique que nous nous dirigeons vers un Quatrième Tournant.

Eh bien … n’est-ce pas là le but (le chaos parmi les non-élus) ? Du moins tant que la colère ne se retourne pas contre les élites ?

L’argument de MacIntyre est que c’est la tradition culturelle seule et ses contes moraux (que Jung appelle nos « récits archétypaux » ) qui fournissent un contexte à des termes tels que le bien, la justice et le telos. « En l’absence de traditions, le débat moral n’a plus lieu d’être et devient un théâtre d’illusions dans lequel la simple indignation et la simple protestation occupent le devant de la scène » .

La prescience de MacIntyre est remarquable : les dirigeants européens d’aujourd’hui sont en effet devenus les acteurs d’un « théâtre d’illusions » dans lequel toute opinion contraire est accueillie avec colère et par une réfutation irréfléchie.

Non seulement l’absence de ces structures de conscience antérieures a détruit le tissu moral, mais, comme le note Gavin Jacobson, le célèbre essai de Francis Fukuyama, La fin de l’histoire, « est habituellement lu comme l’apologie du capitalisme rampant et des interventions anglo-américaines au Moyen-Orient » , mais il serait erroné de le considérer comme tel.

Au contraire, Fukuyama, largement considéré comme l’apôtre prêchant l’arrivée du Nouvel ordre mondial dirigé par les Américains, n’a pas crié « Hosannah ! » . Au contraire, Fukuyama a déclaré que cela conduirait à une révolte populaire.

L’éminent psychiatre Iain McGilchrist a écrit dans son livre The Master and his Emissary que cette modification de notre attention (crée par la cybernétique de la Silicon Valley) a littéralement « créé » notre monde modifié ; elle a littéralement changé l’apparence physique du monde, façonné notre art et notre architecture, et façonné notre façon de « voir » le monde. Aujourd’hui, nous avons du mal à admettre que nous avons « créé » notre propre réalité et que d’autres pensaient auparavant tout à fait différemment de nous.

Nous pensons et avons pensé de la même manière, n’est-ce pas ? C’est le cas, mais c’était il y a des siècles. La nouvelle rationalité mécaniste a littéralement « créé » la façon dont nous « voyons » le monde et, en le voyant ainsi, a « créé » le monde tel qu’il est aujourd’hui. C’est-à-dire qu’elle nous a donné le « monde moderne » . Cela nous place devant une proposition déconcertante : l’inauthenticité fade, la solitude et l’insignifiance du monde moderne ne sont-elles pas quelque chose que nous avons en quelque sorte « choisi » inconsciemment, lorsque nous avons opté pour le détachement, le doute radical et la distance ?

Pouvons-nous encore être « européens » autrement qu’en étant « pro-UE » ? L’avertissement terrible de Fukuyama est ici pertinent : il est centré sur le moment où la société, dans son ensemble, « se lasserait de l’ennui de sa propre existence » et de l’artifice mis en scène au profit de ses auteurs. Une production délibérément montée pour les endormir. Ce n’est que lorsqu’ils s’éveilleront à une conscience active qu’ils comprendront qu’ils ont toujours vécu dans l’illusion.

L’ancienne notion était qu’une culture sûre, « vivante » , est la racine du pouvoir souverain personnel et communautaire. Sa condition nécessaire et suffisante est d’avoir, comme fondement, un peuple qui est mentalement « actif » et éveillé ; un peuple qui est conscient de la nature chimérique du monde ; qui peut réactiver sa vitalité et sa force culturelle, et ainsi l’emporter sur les forces de l’entropie, plus riches financièrement et bien établies.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Le Grand Réveil continue – Ve Vil Not Eet Ze Bugz, Klaus

Par : Zineb

Par Tom Luongo – Le 9 juillet 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

« Le plus grand tour du Diable a été de convaincre le monde qu’il n’existait pas. » – The Usual Suspects

Lorsque les camionneurs canadiens sont descendus pacifiquement à Ottawa pour protester contre le mandat de Justin TrueDOH ! sur les vaccins, il était évident pour beaucoup que quelque chose de fondamental avait changé. Il ne s’agissait pas d’une opération psychologique de la bande de Davos, comme l’incendie de Minneapolis ou la Million Vagina March.

Klaus ne nous divisera pas. Nous ne serons pas réduits.

C’était un véritable réveil de l’opposition au Great Reset. Détruire les moyens de subsistance des personnes qui fournissent les marchandises à nos magasins était le pas de trop. Même les libéraux les plus atteints par le biais de normalité ont dû s’interroger sur ce qui se passait avec les vaccins COVID.

Comment en est-on arrivé là si vite ?

L’agenda de Davos s’est accéléré ces derniers mois, des événements majeurs leur ayant forcé la main. De la guerre de Jerome Powell contre les marchés offshore du dollar au choix de Poutine de se pendre ou de se noyer, les piliers de leur pouvoir s’effondrent sous le poids de leurs ambitions.

La plupart des gens ne peuvent pas concevoir ce que ces grands changements signifient réellement. Malheureusement, ils se fient encore au peu d’informations qu’ils obtiennent de leurs maîtres pour se forger une opinion. Mais ces informations sont devenues tellement ridicules, tellement de mauvaise qualité, qu’elles ont éveillé suffisamment de gens à des questions qu’ils n’auraient jamais envisagées auparavant.

C’est un début. Et une fois que les derniers vestiges de confiance dans nos médias auront fondu, nous verrons bien plus que les protestations que nous avons vues jusqu’à présent.

Oui, les choses peuvent empirer.

Cela dit, le catalyseur de la révolte des agriculteurs européens a été la folle erreur de calcul des laquais de Davos, TrueDOH ! et Chrystia Freeland, issue de la diaspora ukrainienne. Le fait de geler les comptes des camionneurs et de piétiner des manifestants pacifiques avec des chevaux a réveillé beaucoup trop de gens.

Lorsque vous mettez les banques en colère, que vous radicalisez les gens normaux et que vous créez une ruée vers les banques à l’échelle nationale, vous déclenchez un compte à rebours.

Ils s’en sont d’abord pris aux camionneurs pour créer une crise de l’approvisionnement. Les gens les ont soutenus en masse et ont été piétinés.

Maintenant, ils s’attaquent aux terres agricoles hollandaises pour provoquer une crise alimentaire et les agriculteurs ont pris le drapeau des camionneurs.

This is wild.
The Dutch farmers that are fighting against the government didn’t erect a flag of the Netherlands in their square but a Canadian Flag. 🇨🇦
An unstoppable movement was started in Canada. pic.twitter.com/hUFpBAQ92T

— bu/ac (@buperac) July 8, 2022

c’est énorme.

Les fermiers hollandais qui se battent contre le gouvernement n’ont pas installé un drapeau hollandais sur leur quartier mais un drapeau canadien.

Un mouvement inarrêtable a démarré au Canada

Pendant des semaines, je me suis demandé si la vague d’incendies dans les usines de transformation alimentaire d’Amérique du Nord était un acte de sabotage ou simplement le résultat naturel d’une surcharge de travail et d’un équipement mal entretenu.

C’est un sujet qu’il convient de prendre en considération plutôt que de simplement déblatérer à tort et à travers sur les méfaits de Davos. Parce qu’au final, peu importe la vérité (probablement un mélange des deux), ces pannes sont de toute façon de leur faute.

Remercions cette politique COVID stupide.

Mais que dire des déraillements de trains d’engrais ?

Ou du millier de vaches mortes à cause de la canicule ?

Lorsque la révolution paysanne a commencé aux Pays-Bas, j’ai compris qu’il s’agissait de quelque chose de plus profond. Et j’en ai été heureux. Le Grand Réveil qui a commencé à Ottawa et qui s’est ensuite répandu dans le monde entier comme une métastase, constitue un véritable cauchemar politique pour Klaus Schwab et sa joyeuse bande de midwits [Mème représentant les 3 opinions socialement répandues sur un sujet donné en fonction du niveau de QI selon la courbe de Gauss. Le midwit a le QI moyen et a, pour ce libertarien, une opinion consensuelle indifférente aux enjeux réels, NdT] nihilistes.

Ils veulent saisir les terres des agriculteurs néerlandais efficaces comme s’ils étaient en pilotage automatique. Les Pays-Bas sont régulièrement loués par le Davos comme une sorte de Mecque de l’agriculture durable. Alors pourquoi s’en prendre à eux ? Pourquoi ne pas diaboliser davantage les agriculteurs américains. Je veux dire que tout le monde sait bien que les Américains sont des gaspilleurs et des cochons sales, non ?

Et puis je suis tombé sur les plans de Tristate City et, pour moi, tout s’est éclairci.

Mettre les agriculteurs en faillite par décret législatif et saisir leurs terres pour construire la ville intelligente du futur de Davos. Le parfait « Capitole de la Corporatocratie » .

Essayez de googler tout ce qui concerne cette histoire et vous trouverez très peu de choses. Faites une recherche Twitter sur « Tristate City » et tirez vos propres conclusions.

Imaginez Minority Report mais avec des Allemands.

Révolution périodique

La guerre de Davos contre le tableau périodique continue sans relâche. Mais remarquez qu’ils ne s’attaquent pas aux éléments véritablement toxiques comme le mercure (Hg), le thallium (Tl) ou même l’arsenic (As). Pour votre information, en raison de leur composition chimique exceptionnelle, il est facile et peu coûteux de les traiter.

Non, ils s’attaquent aux éléments constitutifs de la vie elle-même – le carbone (C), l’hydrogène (H), l’oxygène (O), l’azote (N), le phosphore (P) et le soufre (S), ou CHNOPS.

L’objectif déclaré est la « décarbonisation » à l’échelle mondiale.

Depuis des décennies, le phosphore et l’azote sont attaqués sans relâche au titre de la guerre contre les « engrais chimiques » , les émissions des cheminées, etc.

L’ensemble de notre secteur des transports a été rendu moins efficace, en augmentant les coûts par des règles inutiles concernant le diesel à faible teneur en soufre et le fioul.

Maintenant, nous sommes censés applaudir les navires de faible tonnage en poids sec alimentés au GNL et nous sommes censés les considérer comme un PROGRÈS ! Oui, un bateau de 350 millions de dollars pour transporter des marchandises de Jacksonville à Porto Rico. C’est brillant !

Utilisons le carburant le plus cher que l’on puisse imaginer (le méthane liquéfié) pour le transport maritime, une industrie où le coût du carburant représente littéralement tout.

Mais je pensais que la fracturation était MAUVAISE !

Tout cela sous couvert d’air pur et de mots à la mode comme « durabilité » .

Je suis tout à fait favorable à un environnement propre et à la lutte contre la pollution réelle qui entrave la vie humaine et même l’écosystème et la chaîne alimentaire dans son ensemble, mais les vaches qui produisent de l’azote font partie du cycle naturel de cet élément essentiel.

Quelle est la prochaine étape ? Faire disparaître les volcans par voie législative ?

Anti-Transhumanisme

Tout cela se situe en aval du processus visant à convaincre un grand nombre de personnes de se considérer comme des pollueurs et de considérer l’activité humaine comme « non naturelle » . Pensez à la formulation de l’argument ici et tout s’éclaircit. L’humanité ne fait pas partie du « monde naturel » . Nos activités ne sont pas une émanation de la « conception pure de la nature » .

C’est littéralement l’argument sur le changement climatique causé par l’homme. Dommage qu’ils aient dû définir les apports énergétiques de l’homme à l’environnement de la manière la plus idiote (et inexacte) qui soit, en ignorant plus de 90 % de l’énergie que le soleil et l’univers transmettent à notre planète.

Ajoutez maintenant le principe de base que tout le monde a une religion, même les athées. Ils se tournent simplement vers l’adoration de quelque chose d’autre. Ils passent des églises aux palais de justice, des cathédrales aux salles de classe, et des temples aux logements sociaux.

La conclusion est la suivante : « Tout le monde croit en quelque chose, même les nihilistes. »

Mais cet anti-humanisme est bien pire que la doctrine du « péché originel » du christianisme. Celle-ci transmet le message que nous sommes imparfaits mais rachetables parce que nous portons l’étincelle du divin en nous. Le chemin de l’illumination passe par la découverte et l’amélioration de soi.

Dans ce cas, votre menace existentielle est votre propre héritage, rien de plus. C’est un voyage intérieur.

Aujourd’hui, la religion du climat a fusionné cyniquement avec l’orgueil et le colonialisme de Davos pour créer quelque chose d’horrible et de mortel. Et comme ils ont maintenant le contrôle des textes sacrés, ils sont devenus des croisés qui ne se laisseront pas arrêter par les gens qui refusent de se conformer.

Vous serez assimilés par le marteau et la faucille, soit en réalité par l’épée et le bouclier.

C’est pour le bien de tous, après tout.

Les mèmes sont réels, les amis. Nous sommes le carbone qu’ils veulent réduire. Nous sommes le bétail qu’ils pensent pouvoir élever. Toute la force de leur programme pour nous ramener à l’époque où nous mangions des insectes pour survivre est là.

Est-ce l’héritage que vous voulez laisser à ce monde ?

Si nous n’arrêtons pas ça maintenant, il n’y aura plus beaucoup de place pour reculer. Et si vous doutez de moi, allez parler à un agriculteur.

Penser globalement, agir localement vient d’acquérir une multitude de significations plus profondes. Il est grand temps de passer à l’action.

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

#GotGoldorRubles? La Russie vient de briser le dos de l’Occident

Par : Zineb

Par Tom Luongo – Le 28 mars 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

Je ne pense pas que tout le monde ait encore saisi l’importance de l’annonce faite par la Russie de l’établissement d’un plancher pour le prix de l’or. Mais, pour être clair, la Russie vient de briser le système de suppression de l’or papier.

Vendredi, la Banque de Russie a annoncé :

BREAKING NEWS:

THE RUSSIAN CENTRAL BANK WILL RESTART BUYING GOLD FROM BANKS AND WILL PAY A FIXED PRICE OF 5,000 ROUBLES PER GRAM BETWEEN MARCH 28 AND JUNE 30 pic.twitter.com/Q1kTSfzAIm

— Gold Telegraph ⚡ (@GoldTelegraph_) March 25, 2022

ACTUALITÉ :

LA BANQUE CENTRALE RUSSE VA RECOMMENCER À ACHETER DE L’OR AUX BANQUES ET PAIERA UN PRIX FIXE DE 5 000 ROUBLES PAR GRAMME ENTRE LE 28 MARS ET LE 30 JUIN.

5000 RUB au gramme à un taux de change de 100 RUB/USD implique un prix de l’or de 1550 $ l’once.

Quelques jours avant cette annonce, qu’il savait imminente, l’Occident a présenté de nombreux textes de loi pour tenter d’empêcher les Russes de vendre leur or.

Le G7 pense que les sanctions sont tellement fortes que Poutine sera obligé de vendre son or pour échapper aux sanctions et payer ses achats. Ils suivent littéralement un scénario imaginaire qui ne se déroule pas dans le monde réel.

Mais peu importe, les néoconservateurs n’ont jamais rencontré un bâton qu’ils ne voulaient pas utiliser pour frapper quelqu’un à la tête. Dommage que tout ce qu’ils fassent, c’est frapper un pneu en caoutchouc. Boing !

Parce que voilà le truc, la Russie ne va pas vendre de l’or. Elle en achète.

Ils sont censés être les architectes du système monétaire mondial et on pourrait penser qu’ils sont ceux qui le comprennent le mieux. Mais, clairement, ce n’est pas le cas.

Ce qu’ils croient comprendre, c’est qu’ils contrôlent toujours le flux des matières premières dans le monde par le biais de systèmes de suppression des prix sur le CRIMEX, le LBMA et l’ICE.

Ce n’est plus le cas.

En fin de compte, l’« argent extérieur » l’emporte sur l’« argent intérieur » .

Les Autrichiens, comme moi, ont toujours compris qu’en fin de compte, l’argent intérieur [l’argent qui existe au sein du système financier] échoue parce qu’il n’est finalement rien de plus qu’un système de Ponzi construit sur l’argent extérieur : l’argent qui existe en dehors du système financier, comme les matières premières et le bitcoin.

 

L’argent, c’est un succès !

Commençons par les bases. Pourquoi créons-nous de la monnaie ? Pour atténuer le risque entre le moment de la vente de ce que nous avons et l’achat de ce que nous voulons. Nous vendons donc notre travail aujourd’hui pour acheter de l’essence, du papier pour imprimante demain. En attendant, nous détenons de l’argent.

C’est un moyen de transformer la pensée et l’exploitation personnelle de l’énergie et du temps en un jeton qui peut nous procurer des biens réels dans le monde réel.

En gardant cela à l’esprit, réfléchissez maintenant au système financier actuel dans lequel tout l’argent intérieur est créé en vendant d’abord un instrument de dette à quelqu’un qui est prêt à le détenir pour une certaine somme.

Revenons au rouble et à l’or. Car une fois que j’aurai exposé la nouvelle structure d’incitation, vous comprendrez pourquoi le G7 n’a plus d’amis dans ce combat.

Le pouvoir du Davos repose sur sa capacité à créer du crédit et à le vendre à un taux d’intérêt positif aux producteurs de matières premières. Étant donné que la production de matières premières de base dans n’importe quel type de marché efficace devrait être une entreprise à très faible marge, 1-4% de rendement annuel réel, leur vendre de la dette pour extraire du pétrole ou de l’or du sol à des taux plus élevés que cela aspire finalement tout le profit de l’entreprise.

Les marchés libres, lorsqu’ils sont autorisés à fonctionner correctement, extraient les bénéfices par l’arbitrage concurrentiel. C’est à la fois brutal et générateur de nouvelles innovations et d’efficacité.

C’est le désir d’augmenter les profits par rapport à la situation de référence qui fait cela.

Dans les produits de base, cela est, au mieux, difficile à faire. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont rien de plus qu’un bien de second ordre. Le premier ordre serait le minerai ou le bois récolté. Le second ordre serait le lingot ou le bois produit. Plus le bien est de premier ordre, plus il est spécialisé et plus l’opportunité de faire du profit en différenciant le produit sur un critère autre que le prix est grande.

C’est le plus difficile à faire pour améliorer l’extraction des ressources car la plupart des gains d’efficacité majeurs ont eu lieu dans le passé lorsque l’économie était moins spécialisée.

La confusion autour du « système »

Si les banques se trouvent des deux côtés de l’échange et fixent le prix de l’argent, elles contrôlent en fin de compte qui gagne et qui perd en cours de route. Et ne mâchons pas nos mots, c’est eux les gagnants. Les bénéfices reviennent à ceux qui produisent les biens les plus importants avec les chaînes d’approvisionnement les plus complexes.

Les banques investissent les bénéfices provenant des intérêts sur la dette initiale dans les entreprises qui produisent les biens de niveau supérieur nécessaires pour s’assurer que les biens de niveau inférieur ne produisent pas de richesses, en réduisant les bénéfices par arbitrage tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Vous ne me croyez pas ? Demandez aux éleveurs de bétail.

À cet égard, le financement actuel de ces industries n’est rien d’autre qu’une version virtualisée du modèle économique colonial qui a eu cours du XVe au XIXe siècle.

Au lieu d’utiliser des hommes en chair et en os pour soumettre les populations locales à l’aide d’armes plus puissantes et de pots-de-vin pour les amener à extraire les richesses minérales que les colonialistes ramènent chez eux, nous utilisons aujourd’hui les institutions de l’après-guerre pour faire fonctionner le même système par l’émission de dettes pour les investissements et le paiement des intérêts (dans ce cas, il s’agit d’une pure rente économique – une richesse non gagnée).

Les pays producteurs de toutes les richesses minérales du monde ne sont rien d’autre que des esclaves endettés des maîtres de l’argent de Bruxelles, de la City de Londres et de New York. C’est ça le problème.

Puisque nous avons atteint le point de saturation de la dette où plus aucune dette ne peut être émise pour extraire des richesses minérales et faire croire aux marchés qu’elle pourrait être remboursée à ces rendements réels, le système doit être réinitialisé.

Le Great Reset est un moyen de planter le système existant mais de laisser légalement les mêmes colonialistes au pouvoir.

Ce n’est pas vraiment plus compliqué que cela.

Si vous comprenez cette dynamique, vous pouvez maintenant comprendre pourquoi la Russie, en particulier, est l’avant-garde de la volonté du Sud de changer le système mondial.

C’est aussi le seul pays qui a le pouvoir de production de matières premières pour exposer les vulnérabilités de ce Système.

C’est bien… #GotRubles ?

Et c’est là que l’arrimage du rouble à l’or entre en jeu.

La Banque de Russie est maintenant un acheteur d’or à 5000 roubles pour un gramme, ou 155 500 roubles pour une once troy. Au cours de clôture du vendredi 25 mars de 96,62 roubles par rapport au dollar, cela implique un prix de l’or de 1610 dollars par once.

Le rouble se renforce maintenant librement par rapport au dollar américain.

En soi, cela n’a rien de remarquable.

Comme je l’ai expliqué sur Twitter l’autre fois :

  • 1 : A 1550 dollars l’once, l’effet de premier ordre est que cela implique un taux RUB/USD d’environ 75. Cela incite ceux qui détiennent des RUB à continuer et ceux qui en ont besoin à faire monter les prix à partir des niveaux actuels.
  • 2 : Cela crée une boucle d’incitation positive pour ramener le rouble aux niveaux d’avant-guerre. Ensuite, les effets du marché prennent le relais, car la demande de roubles devient structurelle, en fonction de la balance commerciale de la Russie.
  • 3 : Une fois que cela se produit et que le RUB/USD tombe en dessous de 75, alors le prix de l’or en USD augmente structurellement, vidant les marchés de l’or papier et faisant s’effondrer le système financier basé sur l’or hypothéqué/à effet de levier. Nous entrons maintenant dans la phase d’arbitrage que @Lukegromen a postulée avec 1000 barils/oz.

Donc, ce système incite les Russes à détenir leurs économies en roubles, car le rouble est sous-évalué. Il incite également les traders étrangers à détenir des roubles parce que le rouble est sous-évalué par rapport à un prix de l’or ouvert surévalué.

Il est clair que les spéculateurs de devises à Moscou, Shanghai, Singapour, Bombay et Hong Kong s’en donnent à cœur joie.

Si l’on ajoute que Poutine exige que les « pays inamicaux » paient leurs importations russes soit avec de l’or, soit avec le rouble, le choix naturel pour eux est d’acheter des roubles jusqu’à ce que les prix de l’or et du rouble soient synchronisés sur les marchés internationaux.

Les hurlements de douleur du G-7 et de l’Allemagne en particulier sont à la fois pathétiques et hilarants, car ils se plaignent que Poutine est en « rupture de contrat » pour avoir exigé une autre monnaie de paiement pour le gaz que les euros stipulés dans le contrat.

Plus tôt dans la journée de lundi, le ministre allemand de l’économie, Robert Habeck, a déclaré depuis Berlin que la demande du Kremlin concernant le paiement des contrats de gaz naturel en roubles constituait une « violation unilatérale et manifeste des contrats » – affirmant que les contrats devaient être honorés dans les conditions préalablement définies, selon Bloomberg. « Cela signifie qu’un paiement en roubles n’est pas acceptable et nous exhortons les entreprises concernées à ne pas se conformer à la demande de Poutine » , a déclaré M. Habeck. « L’effort de Poutine pour creuser un fossé entre nous est évident, mais vous pouvez voir que nous ne nous laisserons pas diviser et la réponse du G-7 est claire : les contrats seront honorés. »

 

Le Kremlin a rapidement démoli les commentaires du ministre allemand de l’économie et la position du G-7 sur le rouble, lundi, par l’intermédiaire d’un législateur russe à la chaîne d’État RIA Novosti : « Le législateur russe Abramov déclare que le refus du G-7 de payer le gaz en roubles russes entraînera certainement un arrêt des livraisons » .

Les Russes énervés ont certainement un don pour les mots, et en tant qu’écrivain, j’apprécie beaucoup cela. Selon TASS :

Moscou s’occupe des détails de ses plans de livraison de gaz aux pays inamicaux pour un paiement en roubles, mais elle ne s’engagera pas dans la charité si l’Europe refuse de payer en monnaie russe, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, aux journalistes lundi. …

 

Le porte-parole du Kremlin est resté muet sur les mesures que la Russie pourrait prendre si l’Europe refusait de payer le gaz en roubles, notant que ces « questions devraient être réglées au fur et à mesure de leur développement » . « Mais nous ne fournirons pas de gaz gratuitement, c’est certain. Il n’est guère possible et raisonnable de faire de la charité dans notre situation » , a-t-il souligné.

Vous entendez ça, le Davos ? C’est le son de l’horloge qui tourne.

Le commerce, c’est essentiel …

La raison pour laquelle ce schéma actuel fonctionne déjà est que la Russie a une balance commerciale positive, principalement grâce aux exportations de produits de base. Le Davos ne veut pas que la Russie gagne de l’argent en vendant ces produits au monde entier et continuera à imposer des sanctions pour que les gens n’utilisent pas de roubles.

Ils luttent cependant contre la main invisible du marché d’Adam Smith. La demande de roubles va dépasser le taux de change d’avant-guerre d’environ 75:1 par rapport au dollar américain.

Le prix de l’or/rouble implique ce taux de change. La Russie réexaminera cette question à la fin du deuxième trimestre. Cela signifie également qu’elle s’attend à ce que le taux de change rouble/dollar tombe à 75 à la fin du deuxième trimestre, si ce n’est plus tôt.

Ensuite, si le rouble se renforce au-delà de ce seuil, elle pourra ajuster le prix d’achat de l’or.

Si la parité rouble/dollar tombe en dessous de leur prix fixe, les acheteurs obtiendront du pétrole à un prix réduit lorsqu’ils paieront en or. Cela obligera le CRIMEX et le LBMA à se trouver dans une situation de pénurie d’approvisionnement ou alors ils devront mettre fin à l’expansion de l’or papier par rapport à l’or réel et permettre une véritable découverte des prix à la hausse.

Si les sanctions parviennent à effrayer tout le monde et faire en sorte que personne n’utilise le rouble l’or les matières premières russes, alors le taux de change restera obstinément au-dessus de 75 et le monde boycotteur perdra son avantage concurrentiel par rapport à ceux qui sont prêts à braver l’ire des États-Unis en obtenant des produits russes à bas prix.

Comme je l’ai évoqué dans des articles précédents, cela offre la possibilité de mettre fin à la suppression du prix de l’or par la réhypothèque d’or physique sur les marchés de papier qui est la base de tout le système de colonisation financière que j’ai décrit ci-dessus.

Pour votre information, ce même scénario va se dérouler avec le Bitcoin maintenant que la Russie a déclaré que les « pays amis » pouvaient payer leurs importations en Bitcoin. Quelqu’un a-t-il remarqué le rallye actuel de la crypto-monnaie la plus détestée au monde ?

Nous disposons désormais d’un système d’interconversion or/bitcoin/rouble (et bientôt yuan) qui exclut complètement le Davos et détruit son modèle d’endettement colonial, tout en lui ôtant le pouvoir d’écraser les économies par des flux de capitaux à court terme entrants et sortants.

Parce que la prochaine étape dans tout cela est que la Russie clôture la balance des capitaux et nationalise la Banque de Russie, de sorte que la seule source de roubles internationaux soit le gouvernement russe.

En interne, le rouble sera de facto soutenu par l’or et pourra circuler librement.

La guerre sans fin est finie

La guerre est terminée, les gars. La Russie, la Chine et le reste du Sud ont déjà gagné. Comme m’a répondu Luke Gromen, « au final, ils ne peuvent rien y faire » .

Ce qui me fait peur, c’est la dernière chose que j’ai tweetée dans ce fil :

A part étendre la guerre sur le terrain. C’est ça qui m’effraie.

Et c’est exactement ce que j’attends de la suite, malheureusement. Biden est à Bruxelles en train de dire tout haut le but honteux de cette entreprise en évoquant avec la 82ème division aéroportée un départ en Ukraine et appelant à un changement de régime à Moscou.

Ces gens croient encore à leurs propres conneries au point de penser que cela deviendrait une guerre que les Russes ne pourront pas gagner.

Poutine a rompu avec le monde en douceur avec cette annonce. Il aurait pu entrer dans la salle et annoncer 8 000 roubles au gramme ou 2575 dollars l’once, ce qui aurait cassé les marchés vendredi et pendant le week-end, en vendant son pétrole et son gaz à un prix fortement réduit.

Il a attendu la fin de l’OpEx vendredi dernier et l’annonce du plan de hausse des taux d’intérêt de la Fed.

Le timing est important.

Mais, en faisant cela, il a aussi très subtilement soutenu la Fed et son plan de retrait des dollars d’Europe, car cela permettra de contenir le prix de l’or pendant un certain temps et d’empêcher la BCE de compenser la hausse des rendements des euro-obligations par une augmentation des réserves d’or dans son bilan.

Entre Poutine et Powell, Lagarde est sur le point de subir un revers si le Davos ne joue pas le jeu et n’abandonne pas.

Le problème, c’est l’arrogance infinie de ces élites européennes qui ne croient tout simplement pas qu’elles puissent être battues par les « colonies » des États-Unis et les « sales slaves » de Russie. Je vous dis depuis des années que c’est leur racisme naturel qui les pousse à agir.

Ne soyez donc pas surpris s’ils donnent le pouvoir aux néoconservateurs du Royaume-Uni et des États-Unis pour provoquer une escalade. Les signes s’accumulent pour indiquer que le Pentagone et la Maison Blanche sont en désaccord sur les escalades prévues. Les départements d’État et du Trésor sont des nids de vipères qui ont investi le Congrès pour faire la guerre sans la déclarer.

Je ne peux qu’espérer que des personnes sérieuses et adultes au sein du Pentagone mettront enfin un terme à cette absurdité avant que nous ne nous retrouvions dans une guerre dont personne ne veut, à l’exception d’une bande d’Euro-déchets consanguins dont la date de péremption est largement dépassée.

Je dis toujours que les barbouzes commencent les guerres civiles mais que les militaires les terminent. Espérons que nous n’arriverons jamais au point d’avoir besoin d’une autre armée que celle des Russes pour mettre fin à cette guerre.

En attendant, le message est clair, #GotGoldorRubles ?

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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