Revue de presse

🔒
❌ À propos de FreshRSS
Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
Aujourd’hui — 26 novembre 2022Vos flux RSS

Les pays de l’UE se disputent le pétrole russe déjà interdit

par Philippe Rosenthal. Un certain nombre de pays de l'UE ont, donc, fait pression pour obtenir le prix le plus bas possible dans les négociations, juste au-dessus des coûts de production.

Plafonnement des prix du gaz russe : Les pays européens rechignent à se suicider

par Karine Bechet-Golovko. Le fanatisme mêlé à la soumission de ces personnes présentent un danger existentiel pour nos pays. Car ils sont prêts à sacrifier nos économies, nos conditions de vie - voire nos vies.
À partir d’avant-hierVos flux RSS

L’Europe perd lamentablement la guerre des sanctions

L’Europe souffre donc sérieusement de la confrontation aux sanctions. De fait, les mesures de représailles de la Russie nuisent beaucoup plus à l’UE qu’à elle-même. Alors… qui sera le perdant à la fin ?

L’utilisation astucieuse de vide juridique permet au pétrole russe de continuer à couler en Grande-Bretagne

par Laith Al-Khalaf. Les archives officielles montrent que le pétrole russe arrivé à Immingham depuis mars a été enregistré comme des importations en provenance d'Allemagne, des Pays-Bas et de Belgique.

Énergie : Les importations européennes de diesel russe augmentent avant les sanctions européennes

Les hommes d’affaires européens se précipitent pour remplir leurs réservoirs avec du carburant diesel russe avant le début d'une interdiction de l'Union européenne (UE) en février, car les sources alternatives restent limitées.

Le plafonnement des prix du pétrole et ses conséquences sur la relation Russie-Inde

Par : Wayan

Par Conor Gallagher − Le 13 novembre 2022 − Source Naked Capitalism

Pendant des mois, les États-Unis ont essayé à plusieurs reprises de contraindre l’Inde à couper ses liens avec la Russie, donc à abandonner ses intérêts nationaux. New Delhi, cependant, continue de repousser les tentatives de Washington de soumettre son économie à ses diktats.

La dernière affaire en date concerne le plafonnement du prix du pétrole russe par le G7 et l’interdiction par l’UE et le Royaume-Uni du transport maritime et des services connexes pour un brut russe supérieur au prix plafond. L’Inde n’a aucun intérêt à rejoindre l’initiative américaine, car elle bénéficie d’une forte réduction sur le pétrole russe et souhaite maintenir de bonnes relations avec son ancien partenaire stratégique. Le ministre indien des affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, était justement à Moscou le 8 novembre pour discuter de la poursuite des ventes de pétrole. 

Extrait du South China Morning Post :

Le ministre indien des affaires étrangères a salué mardi la relation « forte et stable » de New Delhi avec Moscou, lors de sa première visite dans cette ville depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février.

Subrahmanyam Jaishankar a également déclaré que l’Inde avait l’intention de continuer à acheter du pétrole russe, faisant fi une fois de plus de l’appel lancé par les États-Unis à leurs alliés et partenaires à isoler la Russie des marchés mondiaux.

Les plans du G7 sont susceptibles de faire grimper les prix du pétrole (bien que la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, affirme le contraire) et de réduire la disponibilité des pétroliers, deux facteurs qui menacent la sécurité énergétique de l’Inde et nuisent à son économie, l’Inde étant le troisième consommateur et importateur de pétrole au monde.

La Russie a déclaré qu’elle ne vendrait pas de pétrole aux pays qui participent au système de plafonnement des prix, et M. Jaishankar a affirmé à plusieurs reprises que l’Inde ne pouvait pas se permettre d’acheter du pétrole à des prix élevés – du moins pas sans compromettre sa croissance économique, qui devrait atteindre 6,1 % en 2023, soit la croissance la plus rapide des grandes économies du monde. Selon Energy Intelligence :

La Russie est devenue le premier fournisseur de brut de l’Inde en octobre, avec plus de 900 000 barils par jour, soit environ un cinquième de la demande indienne. La principale préoccupation des deux pays est de s’assurer que le pétrole russe continue à circuler après les interdictions de l’UE et du Royaume-Uni du 5 décembre et le plafonnement des prix du G7 qui en découle.

Mais malgré l’attitude optimiste de M. Jaishankar à Moscou, les raffineurs d’État indiens n’ont pas passé de commandes de brut au-delà du 5 décembre en raison d’incertitudes quant à la disponibilité du transport maritime et de l’assurance, selon Energy Intelligence. Et une tentative récente d’un acheteur indien d’utiliser le plafonnement des prix dans les négociations avec un vendeur russe a incité ce dernier à abandonner l’affaire, selon des sources du marché.

Le manque de clarté actuel du G7 pourrait être intentionnel. Les exportations de pétrole russe ont déjà commencé à chuter, et Bruce Paulsen, expert en sanctions et associé du cabinet d’avocats Seward & Kissel, a déclaré à American Shipper : « Si les orientations sur la conformité [au plafonnement des prix] ne sont pas données rapidement, certains acteurs du secteur pourraient rester sur la touche jusqu’à ce qu’ils puissent déterminer que les expéditions dans le cadre du plafonnement des prix sont sûres. »

Les États-Unis, par un habile tour de passe-passe, ont cessé de faire pression sur l’Inde pour qu’elle respecte le plafonnement des prix, et Mme Yellen déclare maintenant que Washington est « heureuse » que New Delhi continue d’acheter autant de pétrole russe qu’elle le souhaite, y compris à des prix supérieurs au plafond imposé par le G7. Mais il y a quelques mises en garde : L’Inde ne pourra pas utiliser les services occidentaux d’assurance, de financement ou de transport maritime pour transporter ce pétrole.

« La Russie va avoir beaucoup de mal à continuer à expédier autant de pétrole qu’actuellement lorsque l’UE cessera d’acheter du pétrole russe« , a déclaré Mme Yellen à Reuters vendredi. « Ils vont être fortement à la recherche d’acheteurs, et de nombreux acheteurs dépendent des services occidentaux. »

Energy Intelligence explique pourquoi cela équivaut à un plafonnement de facto des prix :

Les raffineurs indiens ont la capacité d’absorber 600 000 b/j supplémentaires de brut russe, à condition qu’il surpasse les qualités de base de celui du Moyen-Orient qui constitue la base vitale des 5 millions de b/j de raffinage du pays. Mais la disponibilité du transport maritime, de l’assurance et des canaux de paiement est essentielle. À partir du 5 décembre, les pétroliers et les assurances liées aux pays de l’UE et du G7 – qui dominent le transport maritime du pétrole dans le monde – ne pourront plus vendre de brut russe, à moins que ces volumes ne soient vendus dans le cadre d’un plafonnement des prix, encore indéterminé.

Environ 90 % du commerce de pétrole en Inde est transporté par des pétroliers étrangers, ce qui pose des problèmes, a déclaré Narendra Taneja, analyste énergétique indépendant. L’assurance ne semble pas aussi problématique, et les analystes affirment que les entreprises russes et chinoises pourront s’en charger.

Cela pourrait laisser la Russie dépendante d’une flotte fantôme de vieux pétroliers à la propriété opaque qui ne se fait pas payer en dollars. Selon Freight Waves :

La société de courtage Braemar a indiqué que 33 pétroliers qui s’occupaient auparavant d’exportations iraniennes ou vénézuéliennes ont transporté des exportations russes depuis avril, principalement vers la Chine et accessoirement vers l’Inde.

Braemar a défini cette flotte obscure de pétroliers qui ont transporté du brut iranien ou vénézuélien au moins une fois au cours de l’année écoulée. Elle estime que le total actuel est de 240 pétroliers, pour la plupart de petite et moyenne taille, dont 74 % ont plus de 19 ans. Quatre-vingts de ces navires sont de très gros transporteurs de brut (VLCC, pétroliers transportant 2 millions de barils) qui ne peuvent pas entrer dans les ports russes mais pourraient être utilisés, pour les cargaisons russes, en faisant du transfert de navires à navires.

Si l’ensemble de cette flotte obscure passait au service de la Russie et était aussi efficace que la « flotte classique« , cela suffirait amplement à maintenir le flux des exportations russes, mais « les navires engagés dans le commerce illicite sont très inefficaces« , a souligné Braemar.

En même temps que Washington fait pression sur New Delhi pour qu’elle se conforme au plafonnement des prix, elle importe de l’Inde davantage de gasoil, qui est principalement utilisé dans les raffineries pour produire d’autres produits tels que l’essence et le diesel. D’après Reuters :

La Russie était un fournisseur clé de VGO pour les raffineurs américains avant que la guerre en Ukraine n’éclate.

« Étant donné que les États-Unis n’achètent plus de pétrole russe, ils cherchent toutes les alternatives possibles« , a déclaré Roslan Khasawneh, analyste principal du fioul chez Vortexa….

Les sanctions américaines et européennes ne s’appliquent pas aux produits raffinés fabriqués à partir de brut russe exporté d’un pays tiers, car ils ne sont pas d’origine russe. En Inde, les raffineurs ont augmenté les importations de pétrole russe à prix réduit à 793 000 barils par jour entre avril et octobre, contre seulement 38 000 bpj au cours de la même période précédente, selon les données commerciales.

L’Inde rejoint la liste des pays – dont l’Arabie saoudite, la Serbie et la Turquie – qui ennuient sérieusement Washington car ils refusent de se soumettre.

Tout cela doit être un choc pour Washington, car sa stratégie indo-pacifique de ces dernières années a toujours compté sur une Inde « partageant les mêmes idées » pour aider à contrer la Chine et exécuter les ordres des États-Unis en Asie du Sud-Est. La possibilité que l’Inde poursuive ses propres intérêts nationaux ne semble pas avoir été prise en compte dans cette stratégie.

La tension sur le plafonnement des prix russes n’est que le dernier d’une série de désaccords entre New Delhi et Washington. Les sanctions américaines contre les exportations de pétrole iranien privent l’Inde du pétrole iranien bon marché et la contraignent à acheter des produits énergétiques américains plus chers. L’Inde est désormais la première destination des exportations de pétrole des États-Unis.

Washington arme la Grèce et Chypre dans le but de pousser la Turquie à rompre ses liens amicaux avec la Russie ; elle fait de même avec le Pakistan pour faire pression sur l’Inde. Les États-Unis ont recommencé à accommoder le Pakistan après l’éviction de l’ancien premier ministre pakistanais Imran Khan, qui a attribué aux États-Unis sa perte de pouvoir lors d’un vote de défiance.

En septembre, le département d’État américain a rendu l’Inde furieuse en approuvant un contrat de 450 millions de dollars pour moderniser la flotte de F-16 du Pakistan. Peu après, l’ambassadeur américain au Pakistan a créé de nouvelles tensions lors d’une visite dans la partie du Cachemire tenue par le Pakistan, qu’il a appelée par son nom pakistanais au lieu du nom approuvé par les Nations unies de « Cachemire administré par le Pakistan« .

Le 8 novembre, le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a fait la leçon à l’Inde sur ce qui est dans son intérêt :

Nous avons également été clairs sur le fait que ce n’est pas le moment de faire comme si de rien n’était avec la Russie, et il incombe aux pays du monde entier de faire ce qu’ils peuvent pour réduire leurs liens économiques avec la Russie. C’est dans l’intérêt collectif, mais aussi dans l’intérêt bilatéral des pays du monde entier de mettre fin à leur dépendance à l’égard de l’énergie russe, et certainement de la réduire au fil du temps. Un certain nombre de pays ont appris à leurs dépens que la Russie n’est pas une source d’énergie fiable. La Russie n’est pas un fournisseur fiable d’assistance en matière de sécurité. La Russie est loin d’être fiable dans tous les domaines. Il est donc non seulement dans l’intérêt de l’Ukraine, de la région et des intérêts collectifs que l’Inde réduise sa dépendance à l’égard de la Russie au fil du temps, mais aussi dans l’intérêt bilatéral de l’Inde, compte tenu de ce que nous voyons concernant la Russie.

Nous devrons attendre et voir si le peuple indien comprend le message, car pour l’instant, c’est le contraire qui apparaît. La fondation indienne Observer Research Foundation a publié les résultats d’un sondage le 2 novembre, montrant que 43 % des Indiens considèrent la Russie comme le partenaire le plus fiable de leur pays, loin devant les États-Unis (27 %).

Washington est bien en peine d’expliquer en quoi le fait que New Delhi réduise ses liens économiques avec la Russie serait une bonne chose pour l’Inde.

Alimenté par une forte augmentation des importations de pétrole et d’engrais, le commerce bilatéral entre l’Inde et la Russie a atteint un niveau record de 18,2 milliards de dollars entre avril et août de cette année financière, selon les dernières données disponibles auprès du ministère du commerce. Cela fait de la Russie le septième partenaire commercial de l’Inde, alors qu’elle occupait la 25e place l’année dernière. Les États-Unis, la Chine, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Irak et l’Indonésie restent devant la Russie.

L’Inde, l’Iran et la Russie ont également passé les vingt dernières années à développer le corridor international de transport Nord-Sud afin d’accroître le commerce entre les pays, et ce corridor a pris une importance accrue avec les sanctions occidentales contre Moscou. Extrait de The LoadStar :

RZD Logistics, une filiale du monopole ferroviaire russe RZD, a lancé des services réguliers de trains de conteneurs entre Moscou et l’Iran afin de desservir, par transbordement, le commerce croissant avec l’Inde.

L’objectif est de maximiser l’utilisation de l’alternative International North South Transport Corridor (INSTC), un réseau de fret multimodal transfrontalier en Asie centrale qui aide les deux partenaires stratégiques à contourner les problèmes de chaîne d’approvisionnement créés par les sanctions occidentales contre la Russie.

Selon des sources industrielles, la durée du trajet entre l’intérieur des terres et l’océan est estimée à 35 jours, contre 40 environ pour le transport maritime traditionnel.

©Peter Hermes Furian.

De la même manière que la pression exercée par les États-Unis sur de nombreux pays se retourne contre eux, la pression exercée sur l’Inde semble ne faire qu’encourager New Delhi à trouver un moyen de contourner le dollar. Le Loadstar ajoute que la Reserve Bank of India est également en train de mettre en œuvre de nouvelles directives réglementaires pour aider les exportateurs à régler les expéditions en roupies, au lieu de dollars américains qui provoquent des goulots d’étranglement liés aux sanctions :

La Fédération des organisations d’exportateurs indiens a également fait pression sur les dirigeants du gouvernement pour que la méthode de la monnaie alternative soit étendue au-delà des marchés russes.

« Bien que la guerre Russie-Ukraine constitue un revers pour nos exportations à court terme, nous envisageons d’augmenter nos exportations vers la Russie une fois que le mécanisme de paiement en roupies sera opérationnel« , a noté la FIEO.

Si l’Inde bénéficie du brut russe à prix réduit, elle souhaite également maintenir de bonnes relations avec Moscou afin d’éviter de trop rapprocher la Russie de la Chine, et potentiellement du Pakistan, les principaux rivaux de l’Inde en Asie.

Le Pakistan demande également au ministère russe du commerce d’introduire un accord d’échange de devises afin de renforcer les liens économiques entre les deux pays.

Conor Gallagher

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Pourquoi Moscou est en position de force

par Bruno Guigue. Contrairement à ce que racontent des médias, le rapport des forces en Ukraine demeure largement favorable à la Russie. Si le conflit s'achève par une débandade ukrainienne, l'OTAN et les USA seront sur la sellette.

Le graphique qui, à lui seul, explique tout

Par : jmarti

Par Mike Whitney − Le 3 novembre 2022 − Source Unz Review

Examinez ce graphique. Il explique tout.

Il explique les profondes préoccupations entretenues par Washington vis-à-vis de la croissance explosive de la Chine. Il explique pourquoi les États-Unis continuent à terrifier la Chine au sujet de Taïwan de la Mer de Chine du Sud. Il explique pourquoi Washington envoie des délégations du Congrès à Taïwan au mépris des demandes explicites formulées par Pékin. Il explique pourquoi le Pentagone continue d’envoyer des navires de guerre étasuniens dans le détroit de Taïwan et expédie des quantités considérables d’armes mortelles à Taipei. Il explique pourquoi Washington constitue des coalitions contre la Chine en Asie, visant à encercler et provoquer Pékin. Il explique pourquoi l’administration Biden intensifie sa guerre commerciale contre la Chine, impose de lourdes sanctions économiques aux entreprises chinoises, et interdit les semi-conducteurs de haute technologie qui sont « essentiels… à pratiquement tous les aspects de la société moderne, des produits électroniques et des transports jusqu’à la conception et à la production de tous types de produits. » Il explique pourquoi la Chine a été ciblée par la Stratégie de Sécurité Nationale étasunienne (NSS) comme « le seul pays concurrent présentant aussi bien le dessein que, de plus en plus, la capacité de remodeler l’ordre international. » Il explique pourquoi Washington considère désormais la Chine comme son adversaire stratégique le plus important et le plus formidable, qu’il convient d’isoler, de diaboliser et de vaincre.

Le graphique ci-avant explique tout, pas uniquement les coups diplomatiques hostiles ourdis pour ternir l’image de la Chine et l’humilier, mais également les politiques ouvertement belligérantes qui visent la Russie. Il faut que les gens comprennent ce point. Il faut qu’ils comprennent ce qui se produit réellement pour visionner les événements dans le réel contexte géopolitique.

Et quel est ce « contexte » ?

Le contexte d’une Troisième Guerre Mondiale ; une guerre qui a été soigneusement planifiée, fomentée et (désormais) poursuivie par Washington et par ses mandataires. C’est cela qui se produit réellement. Les conflagrations de plus en plus violentes que nous voyons surgir en Ukraine et en Asie ne résultent pas d’une « agression russe » ni de la volonté d’un « Poutine diabolique ». Non. Elles concrétisent une stratégie géopolitique sinistre visant à casser la montée météorique de la Chine, et à préserver le rôle dominant des États-Unis dans l’ordre mondial. Y a-t-il matière à en douter ?

Non. Pas du tout.

C’est pour cela que nous assistons à une nouvelle division du monde en blocs belligérants. C’est pour cela que nous assistons à un retour en arrière sur 30 années de globalisation, et à des perturbations massives sur les chaînes d’approvisionnement. Et c’est pour cela que l’Europe est poussée bille en tête dans une obscurité glaciale et une désindustrialisation forcée. L’ensemble de ces politiques suicidaires a été imaginé dans un seul but : maintenir la position exaltée des États-Unis dans le système global. C’est à cette fin que l’ensemble de l’humanité se retrouve aujourd’hui entraînée dans une Troisième Guerre Mondiale ; une guerre conçue pour empêcher la Chine de devenir la plus grande économie au monde ; une guerre conçue pour préserver la suprématie des États-Unis sur le monde. Prenez connaissance de cet extrait d’un article du site internet World Socialist Web Site :

Un article du Financial Times, écrit le 19 octobre par Edward Luce sous le titre « Endiguer la Chine est l’objectif explicite de Biden », a émis l’alarme qui suit : « Imaginez qu’une superpuissance déclare la guerre à une grande puissance et que nul ne s’en aperçoive. Joe Biden a lancé ce mois-ci une véritable guerre économique contre la Chine — engageant en pratique les États-Unis à bloquer la montée de la Chine — et dans l’ensemble les Étasuniens n’ont pas réagi.

« Assurément, la guerre de la Russie en Ukraine, et l’inflation intérieure suffisent à capter l’attention des gens. Mais l’histoire va probablement se souvenir de la décision prise par Biden comme moment clé de la révélation de la rivalité entre les États-Unis et la Chine. »

Qui plus est, la semaine dernière, un haut-dirigeant de l’administration Biden a indiqué que les États-Unis préparaient de nouvelles interdictions sur les activités de haute technologie de la Chine. S’exprimant face au Center for a New American Security, Alan Estevez, sous-secrétaire au Commerce pour l’Industrie et la Sécurité, s’est vu poser la question de savoir si les États-Unis allaient interdire à la Chine l’accès à l’informatique quantique, aux biotechnologies, aux logiciels d’intelligence artificielle ou aux algorithmes avancés. Estevez a reconnu que ces points étaient activement en cours de discussion. « Allons-nous finir par faire quelque chose dans ces domaines ? Si je devais miser là-dessus, je le ferais, » a-t-il déclaré…

Luce termine son article dans le Financial Times cité ci-avant en déclarant : « Est-ce que le pari de Biden va fonctionner ? Je ne me délecte pas de la perspective de le découvrir. Pour le meilleur ou pour le pire, le monde vient de changer, pas dans une explosion, mais dans un gémissement. Espérons que l’on va en rester là. »… (« Biden’s technology war against China« , World Socialist Web Site)

Examinons encore le graphique. Qu’est-ce qu’il nous dit ?

La première chose qu’il met en évidence est que les hostilités auxquelles nous assistons en Ukraine (et en fin de compte à Taïwan) sont apparentées à un basculement fondamental de l’économie globale. La Chine continue de gagner en puissance. Elle est sur la voie de prendre le pas sur l’économie étasunienne dans la décennie qui vient. Et la croissance amène certains bénéfices. En tant que première économie au monde, la Chine deviendra de manière naturelle la puissance dominante régionale de l’Asie, et sera en mesure « de régler les différends régionaux selon ses intérêts propres, et de délégitimer la primauté des États-Unis tant sur le plan régional que mondial. »

Est-ce que vous voyez le problème qui se pose ?

Depuis presque vingt ans, les États-Unis ont orienté leur politique étrangère suivant une stratégie de « rééquilibrage des forces » dénommée« pivot vers l’Asie ». En bref, les États-Unis comptent être l’acteur dominant dans la région du monde la plus peuplée et la plus prospère, l’Asie. Distinguez-vous en quoi la montée de la Chine fait capoter le projet de Washington pour l’avenir ?

Les États-Unis ne vont pas laisser les choses se passer ainsi sans combattre. Washington ne va pas laisser la Chine monter en puissance sur les marchés qu’elle projette de dominer elle-même. Cela ne va pas se produire. Et si vous pensez que cela peut se produire, vous feriez bien de reconsidérer la question. Les États-Unis vont préférer entrer en guerre pour empêcher un scénario suivant lequel les États-Unis joueraient un « second rôle » après la Chine. De fait, les décideurs de la politique étrangère ont déjà statué : les États-Unis vont s’en prendre militairement à la Chine dans cet objectif précis.

Notre thèse est donc simple : nous pensons que la Troisième Guerre Mondiale a déjà commencé. C’est ce que nous affirmons. Les bagarres auxquelles nous assistons en Ukraine ne constituent guère que la première salve d’une Troisième Guerre Mondiale qui a déjà déclenché une crise énergétique sans précédent, une insécurité alimentaire massive à l’échelle mondiale, une rupture catastrophique des chaînes d’approvisionnement mondiales, une inflation hors de contrôle généralisée, la ré-émergence solide d’un nationalisme extrême, et à la re-division du monde en blocs belligérants. Avez-vous besoin d’autres preuves ?

Tout ceci est économique. Les origines de ce conflit remontent toutes aux changements sismiques dans l’économie globale, à la montée de la Chine et au déclin inévitable des États-Unis. C’est un empire qui prend la place d’un autre. Il est naturel qu’une transition de cette magnitude promette de générer des changements tectoniques dans la distribution globale des puissances. Et ces changements vont apporter leurs lots de poudrières, de dévastations, ainsi que la perspective imminente d’une guerre nucléaire. Et c’est exactement ainsi que les choses se déroulent en ce moment.

Alors, en quoi ce graphique explique-t-il ce qui se produit en ce moment en Ukraine ?

La guerre par mandataire interposé pratiquée par Washington en Ukraine vise en réalité la Chine, pas la Russie. La Russie n’est pas un concurrent à la hauteur des États-Unis, et ne dispose pas de ressources économiques suffisantes pour ébranler le positionnement des États-Unis dans l’ordre global. Pour autant, Nord Stream constituait un risque significatif pour les États-Unis, en renforçant considérablement les relations économiques de Moscou avec l’UE et surtout avec l’Allemagne, la locomotive industrielle de l’Europe. Il fallait saboter l’alliance Moscou-Berlin — qui était bénéfique aux deux parties et qui était la clé de la prospérité allemande — pour empêcher une intégration économique plus poussée qui aurait rapproché les continents en une zone de libre échange les plus grandes au monde. Washington devait y mettre fin pour préserver son emprise économique sur l’Europe et défendre le statut de monnaie de réserve mondiale du dollar. Pour autant, personne ne s’attendait à ce que les États-Unis fassent sauter directement les gazoducs, au travers de ce qui apparaît comme la plus importante action terroriste industrielle de toute l’histoire. Cette action a vraiment été choquante.

Fondamentalement, Washington considère la Russie comme un obstacle à son projet de « pivot » visant à encercler, isoler et affaiblir la Chine. Mais la Russie n’est pas la plus grande menace envers l’hégémonie globale des États-Unis ; et loin s’en faut. C’est la Chine qui est considérée comme telle.

La Troisième Guerre Mondiale est lancée pour endiguer la Chine, pas la Russie. La guerre en Ukraine suggère que — au sein des élites de la politique étrangère — on est relativement d’accord pour penser que la route vers Pékin passe par Moscou. Cela semble constituer le consensus [NdSF : cela peut constituer le consensus avec un pouvoir Démocrate ; la position des Républicains peut apparaître différente sur ce point précis, sans remettre en cause la cible que constitue la Chine. On va bien voir ce que donnera le « rééquilibrage des pouvoirs » aux États-Unis à l’issue des élections de novembre 2022.] En d’autres termes, les hommes d’influence étasuniens veulent affaiblir la Russie pour établir des bases militaires étasuniennes en Asie. Finalement, on fera appel à l’armée pour mettre en œuvre le joug économique de Washington sur ses nouveaux sujets asiatiques. Si cela arrive un jour.

Nous estimons qu’il est fort peu probable que le projet ambitieux de Washington puisse réussir, mais nous n’avons aucun doute quant au fait qu’il sera malgré tout mis sur les rails. Il est probable que des dizaines de millions de personnes vont mourir dans une tentative désespérée de renverser le cours du temps qui amène à la fin du « moment unipolaire » fugace, et au tout aussi bref siècle américain. C’est une tragédie qui dépasse l’entendement.

Traduit par José Martí, relu par wayan, pour le Saker Francophone

L’Autriche s’apprête-t-elle à vivre un séisme politique ?

Le parti autrichien de la liberté, hostile à l’immigration et aux sanctions, est désormais à égalité en tête des sondages Alors que l’Europe est confrontée au double défi d’une crise économique et d’une crise de l’immigration, les partis à travers l’Europe connus pour leur position ferme contre la migration de masse voient leur popularité augmenter massivement, et l’Autriche n’est pas […]

Suicide européen aux marches de l’Ukraine?

Nous sommes au bord d'un suicide économique lié aux mesures prises à l'encontre de la Russie. Comment en est-on arrivé là, et à qui cela profite-t-il?

The post Suicide européen aux marches de l’Ukraine? first appeared on Ze Rhubarbe Blog.

❌