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Hier — 26 mai 2022Vos flux RSS

« Chevalier, Mult Estes Guariz » – Chant en Ancien français (XIIe siècle)

Par : Volti
Un peu de culture ne fait pas de mal.. Un commentateur a écrit : La culture médiévale (chants, poèmes héroïques, enluminures, églises…) exerce toujours une puissante fascination sur les Français enracinés, car elle parle à notre âme. Proposé par Philippe L. Source : Versus Histoire Chant anonyme composé pour le roi de France Louis VII et ses chevaliers croisés à […]

Les trois scénarios de l’issue du conflit entre la Russie et l’Ukraine

Par : Volti
Par Andreï Kortounov pour Observateur-Continental Le conflit armé actuel entre la Russie et l’Ukraine n’est évidemment pas un conflit ethnique standard: des Ukrainiens ethniques et des Russes ethniques combattent aujourd’hui des deux côtés de la ligne de front.  Contrairement aux idées reçues à Moscou, le nationalisme radical n’est pas la seule ni la principale force motrice de la résistance ukrainienne […]

Karmapolis par Zénon l’Ailé

Par : Volti
À la mémoire d’Alain Gossens. « Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n’en rêve votre philosophie. »Shakespeare – Hamlet J’aimerais vous parler du jour inévitable où s’effacera la raison. Ce moment de la vie où,devant la disparition de tous nos acquis et présupposés, l’effilochement progressif del’univers de certitudes dans lequel nous […]
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La prochaine pandémie arrive, mais ce n’est pas la variole du singe

Par : Arnould
La variole du singe ne peut pas être la prochaine épidémie globale qui va servir de prétexte à l’achèvement de la mise en place des passes vaccinaux, du piqouzage de masse avec puce intégrée vantée il y a peu par l’illustre ordure Bourla, et du contrôle total de la vie dérisoire des moutons, juste bons à tondre pour les chères […]

Haïti : le « coup » de 2004 orchestré par Paris et Washington, selon un ancien ambassadeur de France

Un ancien ambassadeur français dans l’île a reconnu l’implication de l’Hexagone et des États-Unis dans le renversement de l’ancien président Aristide, qui avait réclamé des réparations pour les lourds paiements exigés après l’indépendance. Dans une série d’articles consacrée aux relations entre la France et son ancienne colonie Haïti, intitulée La Rançon, le New York Times […]

La véritable raison de l’embargo sur le pétrole russe

Le suicide Européen pour dominer la Russie ? L’Union européenne devrait annoncer une interdiction complète des importations de pétrole russe. La Hongrie, dans son premier véritable acte de défiance, menace d’y opposer son veto ; L’Allemagne, après quelques tergiversations, a finalement décidé qu’elle pouvait survivre à une telle interdiction. En supposant que les objections de la Hongrie soient finalement surmontées, […]

La guerre sans fin de l’Occident : Le vrai combat du dérèglement climatique 

Par : Volti
Par Chems Eddine Chitour pour Mondialisation.ca Les Américains sont impitoyables dans le commerce Nous sommes en guerre avec les Américains. Une guerre sans morts.  François Mitterand  (**mais une guerre à mort**citation complète) « La guerre  c’est  des gens qui  ne se connaissent pas et  s’entre-massacrent  pour le bénéfice de ceux qui se connaissent mais ne se massacrent  pas » Résumé  Nous vivons des temps difficiles ; Cette année 2022 est […]

La variole du singe : « Trompe-moi deux fois, honte à moi »

Par : Volti
Par  Mike Whitney pour Mondialisation.ca « Je n’arrive pas à croire que c’est déjà la saison de la variole du singe et je n’ai même pas enlevé mes décorations ukrainiennes ». (Robin Monotti) La prédiction de Bill Gates selon laquelle le monde serait confronté à une épidémie inattendue de variole se réalise miraculeusement. Devrions-nous être surpris ? Je sais que je ne […]

Réflexions sur la reconduction de Macron : Partie 5

Par : sellami
Parrainages et fraude Que la société française, globalement, ait perdu ses repères, et que tous les dérèglements passent à peu près comme une lettre à la poste, deux éléments relatifs à la présidentielle 2022 le démontreraient. Une nouvelle version du Parrain Que n’entendrait-on pas si, en Russie, en Iran, au Vénézuéla, en Syrie ou en Hongrie, les gouvernants cooptaient les […]

DAVOS 2022, demandez le programme !!

Par : Volti
Source Insolentiae Haaaa, le rassemblement annuel des grands de ce monde aura lieu dans quelques jours en Suisse à Davos. Voici ce que nous raconte le site officiel du World Economic Forum que je citerai source ici : Des dirigeants du monde entier se réuniront à Davos, en Suisse, pour la réunion annuelle 2022 du Forum économique mondial. La rencontre s’articule autour […]

Variole du singe : les cas se multiplient à travers le monde. Faut-il s’inquiéter ?

Par : Volti
Source TrustMyScience Une partie du monde émerge à peine d’une situation de crise inédite due au SARS-CoV-2, tandis que d’autres pays voient les cas exploser, et une nouvelle épidémie semble se profiler. À travers la planète, plusieurs pays rapportent des cas de variole du singe au sein de leur population. L’OMS se dit préoccupée par cette situation d’ampleur mondiale et sans […]

Moments de mensonges et de vérités: L’empire de l’huile sur le feu

Par : Volti
Par  Dr Pascal Sacré via Mondialisation.ca Tous les citoyens européens veulent-ils réellement d’une guerre avec la Russie ? Je parle bien aux citoyens, à vous, lecteurs. Je parle de l’OTAN qui au nom de tous les habitants des pays européens concernés veut nous entraîner dans une guerre avec une puissance nucléaire, en l’occurrence la seule capable, peut-être avec la Chine, de […]

Effet domino de la reddition des soldats ukrainiens à Azovstal sur le reste des troupes ukrainiennes dans le Donbass

Par : Volti
Par Christelle Néant pour Donbass-Insider Alors que plus de 2 400 soldats ukrainiens qui se trouvaient à Azovstal se sont rendus, cette reddition massive a un effet domino sur les autres troupes ukrainiennes encore présentes dans le Donbass, les incitant à déposer les armes elles aussi. Depuis le 16 mai 2022, la reddition progressive des soldats ukrainiens qui étaient encerclés dans […]

Variole du singe. La nouvelle corrida ?

Par : Volti
Par Lediazec Depuis que la science existe, nombreux sont les scientifiques qui mettent en garde leurs propres instituts de recherche et toute la corporation sur les règles et les devoirs  de la profession. En un mot comme en cent, les scientifiques (pas tous) dénoncent la mainmise du cartel du Mondialisme dans les affaires de santé avec pour intention non pas la […]

Voici comment l’Europe a été poussée au suicide économique

Par : Volti
Par Moon of Alabama – via Le Saker Francophone Le 18 mai 2022 Avec l’aide active des « dirigeants » européens, les États-Unis parviennent à ruiner l’Europe. Comme l’écrivait Michael Hudson, professeur et chercheur en économie à l’université du Missouri à Kansas City, début février, avant l’intervention de la Russie en Ukraine : L’Amérique n’a plus la puissance monétaire, l’excédent commercial et une balance des […]

Quand la sagesse dicte ou corrige des comportements !

Par : Volti
Par Djerrad Amar Une petite histoire utile dans la vie des musulmans pour réveiller certaines, voire beaucoup, de consciences abusées par la propagande, visant à démembrer des nations, diviser les peuples dans un but hégémonique. Les nations musulmanes, en particulier chez certains pays arabes, ne cessent de subir les agressions, le plus souvent par fausses bannières suivant la stratégie « diviser […]

L’armée française n’a pas assez d’armes et de munitions

Par : Volti
Nous sommes à deux doigts d’un conflit majeur, à cause de nos hystériques marionnettes otaniennes russophobes, alors que des millions partent pour l’Ukraine. Il ne reste plus qu’a fournir à notre armée, ou du moins ce qu’il en reste, des lance-pierre et des élastiques de rechange. Par Pierre Duval pour Observateur-Continental Le conflit en Ukraine a rudement bouleversé les certitudes […]

Deux poids, deux mesures, l’insulte faite aux femmes

Par : Volti
Par Sylvain Devaux Y aurait-il deux poids deux mesures ? C’est une évidence et l’affaire Peyrat ne peut que le mettre en évidence. Le soutien maladroit finalement plus ou moins démenti par Stanislas Guerini concernant Jérôme Peyrat a suffisamment fait réagir l’opinion et les associations que ce dernier retire sa candidature aux législatives, candidature marquée LREM pour un ex candidat […]

Le drapeau du Québec. Du meuble colonial à l’étendard réapproprié

Par : Ysengrimus

YSENGRIMUS — Bon, comme je n’ai pas que des choses agréables à vous dire sur ce sujet, on va commencer par s’entendre sur un point. L’étymologie vexillologique n’est pas la vexillologie. L’étymologie, c’est ce qui a contribué crucialement à la charpente et à la constitution d’un écu ou d’un drapeau mais dont la signification est oubliée des commettants contemporains dudit écu ou drapeau. L’étymologie d’un drapeau n’est surtout pas le secret caché de sa signification synchronique. C’est juste le descriptif de son passé… les casseroles de son passé aussi, car parfois des symbolismes parasitaires peuvent resurgir de ci, de là, comme autant de rots étymologiques. Si bien que des gens qui aiment leur drapeau et le chérissent profondément peuvent parfois se retrouver avec des petites surprises plaisantes ou, plus souvent, déplaisantes, notamment dans des situations de dialogue culturel.

On va prendre un petit exemple simple et imparable de ceci. Le drapeau français, le Tricolore. Cette bannière majeure, historiquement cruciale, a été la source d’engendrement d’un grand nombre de drapeaux à stries, tous de type République. Le bleu blanc rouge français incarne, en synchronie contemporaine, plus que tout autre drapeau, l’idée même de république. Et pourtant son étymologie contredit assez frontalement son être essentiel actuel. Jugez-en. On part des couleurs de la ville de Paris qui sont, depuis le quatorzième siècle, le rouge et le bleu, juxtaposés. Pendant la révolution française, les milices populaires parisiennes portaient la cocarde rouge et bleu, qui en vint vite à symboliser le peuple de Paris. Le 17 juillet 1789, parce que le peuple de Paris veut se réapproprier son roi, qui est à Versailles, ouvert à tous les vents des influences aristocratiques étrangères compradore et malsaines, le marquis de Lafayette ramène le roi à Paris et, dans une cérémonie restée célèbre, Louis XVI rencontre le peuple de Paris et se fait apposer une cocarde tricolore. Celle-ci se réverbère ultérieurement dans le drapeau. On ouvre l’espace formé par les deux couleurs de Paris et on insère, au centre, le rectangle blanc, symbole des Bourbons (le drapeau des Bourbons est un drapeau blanc depuis au moins Louis XIII). Le Tricolore sémiologisait donc initialement le roi de France, central (le blanc, en position de pal), tenu et enserré par le peuple de Paris (dans la pince formée par le bleu et le rouge du mât et du battant). La symbolique initiale du drapeau français est donc celle d’une monarchie constitutionnelle hautement parisianisée, formule politique à laquelle Lafayette croyais bien plus que le roi. L’étymologie du drapeau de la France est donc primordialement non républicaine et non hexagonale. Ce n’est évidemment plus sa signification contemporaine. Soyons donc clair sur un point: quand l’étymologie d’un drapeau contredit son être essentiel contemporain, c’est l’être essentiel contemporain qui prime. Toujours. Les gens se foutent de l’étymologie, des aléas constitutifs, et des stigmates passés de leur drapeau. Ils l’aiment pour ce qu’il est et ce qu’il incarne ici et maintenant (pour le Tricolore: peuple de toute la France et République). Ceci est crucial… surtout quand l’étymologie d’un drapeau est aussi difficile et lourde que celle du drapeau du Québec.

On va aussi distinguer deux grands types d’inspirations vexillologiques. L’inspiration Féodalité et l’inspiration République. Cela est crucial parce que le Québec, comme pays conquis, colonisé, nié, magané puis réapproprié, va balancer, dans sa vexillologie tourmentée, entre ces deux grandes inspirations. Un drapeau de type Féodalité incorpore des écus, des meubles, des animaux (moutons, lions, aigles, dragons, licornes), des croix, des sautoirs, des chevrons, des fleurs, des cœurs et tout un fourbis d’objets figuratifs. Un drapeau d’inspiration Féodalité est conservateur. Il s’inspire habituellement des vieux écus féodaux. On dira, pour simplifier, qu’un drapeau de type Féodalité est de tendance ducale, monarchiste et provinciale (au sens français ou canadien du terme). De ce fait, le drapeau Féodalité est toujours crucialement inféodable. Un drapeau de type République est progressiste. Il est aussi plus abstrait et non-figuratif, tendanciellement symboliste. Il incorpore quasi-exclusivement des stries, des bandes soit horizontales (chef, fasce, base — genre drapeau des Pays-Bas ou de la Russie) soit verticales (mât, pal, battant — genre drapeau de la France ou de l’Irlande). On dira, pour simplifier, qu’un drapeau de type République est de tendance populaire ou bourgeoise, républicaine et nationale. De ce fait le drapeau République est toujours crucialement une bannière évoquant la résistance à la monarchie, allant éventuellement jusqu’à la promotion de la révolution républicaine (anti-monarchique). Faut-il ajouter que, au moins jusqu’au vingtième siècle, les monarchies (constitutionnelles ou autres) avaient une sainte horreur de l’apparition de drapeaux de type République dans leurs espaces inféodés, provinciaux ou coloniaux. Les monarchies toléraient par contre parfaitement des drapeaux de type Féodalité, quelles que soient les velléités frondeuses (toujours récupérables, au fond) que ces étendards exprimaient.

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QUAND L’OCCUPANT COLONIAL NOUS FLEURDELISE. On va partir de la fleur de lys. Il y a de bien mauvaises nouvelles la concernant. C’est que la fleur de lys nous a été imposée par l’occupant colonial. Elle apparaît pour la première fois, sur un objet héraldique typiquement québécois (ceci NB), dans les armoiries du Québec, imposées unilatéralement, et sans consultation populaire aucune, par les gars d’héraldique de la reine Victoria, en 1868.

Les armoiries victoriennes du Québec

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Un vexillologue canadien anglophone décrit, sans d’ailleurs s’émouvoir outre mesure, cette surprenante incorporation de fleurs de lys dans l’écu colonial d’une des provinces nord-américaine d’un des dominions britanniques.

Each of the four founding provinces received arms by royal warrant on May 26, 1868. Quebec’s reads like a chronology: fleurs-de-lis in the chief representing the French Régime, an English lion in the centre (fess) representing the British Period, and maple leaves in the base for the Canadian period. Curiously, although three golden fleurs-de-lis on a blue field had been the traditional representation, yet, two blue ones on a golden field appeared on the 1868 arms. No explanation was given at the time for these choices, but plausible ones are not hard to find. The practice of reversing colours on derivative arms is well established: just as the saltire on the 1625 arms of Nova Scotia (New Scotland) is a reversal of the white saltire on blue used by Scotland, it would be equally appropriate if the fleurs-de-lis on the portion of the arms representing New France were a reversal of those of France. It has also been suggested that the change in number and colour was just a polite way for Queen Victoria’s heralds to distance themselves from the historic claim England had for land in France. After all, in pursuant of this claim, the royal arms of Britain had born golden fleurs-de-lis from 1340 to 1801; there was no point in opening old wounds now by returning them to the arms of a British dominion. Finally, the choices may have been driven as much by design considerations. Certainly, as presented, the arms of Quebec are a beautiful match to those granted to Nova Scotia at the same time.

[Chacune des quatre provinces fondatrices [du Canada] reçut des armoiries par mandat royal, le 26 mai 1868. Celles du Québec se lisent comme une chronologie: des fleurs de lys au chef pour représenter le régime français, un lion anglais au centre (fasce) pour représenter la période britannique, et des feuilles d’érable à la base pour représenter la période canadienne. Curieusement, bien que trois fleurs de lys dorées sur un fond bleu aient été la représentation traditionnelle, ce sont deux fleurs de lys bleues sur un fond d’or qui figurent sur les armoiries de 1868. À l’époque, aucune explication n’a été fournie pour ces choix, mais des explications plausibles ne sont pas difficiles à trouver. La pratique qui consistait à inverser les couleurs sur les armoiries dérivées est très bien établie. Ainsi, tout comme le sautoir bleu sur fond blanc qui figure sur les armoiries de 1625 de la Nouvelle-Écosse est une inversion du sautoir blanc sur fond bleu utilisé par l’Écosse, il serait également approprié d’envisager que les fleurs de lys qui figurent sur la partie de l’écu représentant la Nouvelle France s’avèrent être une inversion de celles de la France. On a également suggéré que les changements en nombre et en couleur ne furent qu’une façon polie pour les gars d’héraldique de la reine Victoria de se distancier de la revendication historique de l’Angleterre sur des territoires en France. Après tout, en référence à cette revendication, entre 1340 et 1801, des fleur de lys dorées figurèrent sur les armoiries royales de l’Angleterre. Il ne servait à rien de rouvrir de vieilles blessures en les restaurant au sein des armoiries d’un petit dominion britannique. Finalement, les choix auraient pu être guidés par des considérations esthétiques. Certainement, telles que présentées, les armoiries du Québec s’accordent merveilleusement avec celles accordées à la Nouvelle Écosse à la même époque.]

Alistair B. Fraser, 1998, The Flags of Canada, chapitre 15 intitulé «Quebec, from the book»

Il trouve ça très beau, le gars. On retiendra. Voici effectivement, notons-le au passage, un de nos compatriotes anglophones pas trop opposé aux fleurs de lys, calice (et il ne sera pas le seul)… Les fleurs de lys ont en effet déjà figuré sur l’écu de l’Angleterre quand cette dernière considérait la France comme un de ses duchés (cf les motifs profonds de la Guerre de Cent Ans). Il n’y a donc pas de difficulté historique particulière, pour les gars d’héraldique victoriens, à restaurer lesdites fleurs de lys dans l’écu colonial du Québec occupé. C’est une façon limpide de signaler qu’il est bien fermement inféodé, lui. Le développement de monsieur Fraser au sujet de l’inversion des couleurs sur les armoiries dérivées est parfaitement satisfaisant. Par contre le petit monsieur erre totalement quand il parle du sautoir bleu sur fond blanc qui figure sur les armoiries de 1625 de la Nouvelle-Écosse. Le sautoir aux couleurs inversées auquel il fait allusion figure en fait sur le blason moderne de la Nouvelle-Écosse ainsi que sur son drapeau. Faible. Il erre aussi un max quand il nous raconte que l’écu du Québec suggère une chronologie. C’est pas ça du tout. C’est bien plutôt que le lion britannique se promène dans son jardin floral colonial incorporant, tout tranquillement, synchroniquement, des feuilles d’érable et des fleurs de lys, qui sont toutes bien à lui. Pour preuve de cette interprétation spatiale et synchronique de l’écu du Québec, avisons son grand ancêtre, justement, celui de la Nouvelle Écosse (qui date, lui, de 1625 et est, redisons-le, sans sautoir).

Les anciennes armoiries de la Nouvelle-Écosse

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Un saumon de rivière se promène le long de son petit champ floral à lui, des chardons écossais. L’origine écossaise de cette province est largement fantasmée et délirée par l’occupant qui projetait alors, à l’aveugle, ses duchés européens sur la carte de l’Amérique britannique (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse). La Nova Scotia (jargon de cartographes passé dans l’usage, chez les anglophones) et le récit fictif des néo-écossais sont donc évoqués ici sans chronologie particulière. Qu’on aille pas me raconter qu’on est passé historiquement de l’ordre des deux chardons écossais (tête), à l’ordre du saumon (fasce) avec retour au chardon écossais unique (base). C’est le déclin des Écossais ou quelque chose? La mise sur une ligne du temps allant de haut en bas ne veut rien dire, en fait, ici. C’est que c’est pas du tout chronologique, ce présentoir. C’est plutôt synchronique et spacio-figuratif. Le saumon maritime de fasce se promène gentil-gentil entre des champs de chardons écossais ici, tout comme le lion britannique se promène dans sa bande de fasce rouge-anglais parmi ses fleurs de lys vieillottes et ses feuilles d’érables modernes, sur les armoiries du Québec.

L’impérialisme victorien a une forte propension à représenter ses peuples inféodés des Amériques par de gentilles petites brindilles, bien dociles et bien décoratives. (La fleur de lys française étant l’une d’elles, parmi d’autres). J’en veux pour exemple la spectaculaire corroboration de ce fait qu’on retrouve sur les armoiries victoriennes de la ville de Montréal (qui se répercutent sur l’ancienne version du drapeau de Montréal — la version moderne continuant la même propension, en plaçant un pin blanc au centre de la croix, pour symboliser les nations aborigènes).

Les armoiries victoriennes de Montréal

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Une rose de Lancastre (les perdants anglais de la vieille Guerre des Roses), un chardon écossais, un trèfle irlandais et une fleur de lys française se regroupent autour de la Croix de Saint George britannique et autour du mot pseudo-magique: Concordia. Toutes ces fleurs, lys inclus, sont inféodées dans le giron de l’empire. Elles ne font nullement l’objet d’une reconnaissance qui leur assignerait de l’autonomie ou une souveraineté propre. Elles sont satellisées dans le cadre éclectique, cumulatif, et dominateur d’une symbolique englobante, vassalisante, de type Féodalité.

Ce que je suis en train de vous dire, c’est que la fleur de lys est, au tout début de son aventure québécoise, ce qu’on appelle en héraldique un meuble. C’est à dire un des objets fragmentaires figurant sur un écu plus grand l’incorporant dans l’espace plus large de sa domination. Ceux qui s’imagineraient que cette mise au nombre des meubles de la fleur de lys par l’occupant colonial serait un archaïsme victorien, sans plus, sont priés de méditer sa singulière continuité en la maquette du drapeau du Canada suivante qui, elle, date, de 1964.

Maquette de type drapeaux dans le drapeau pour le drapeau du Canada (non retenue)

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Cette maquette ne fut pas retenue parce que le premier ministre canadien du temps se refusait à l’intégration de tous meubles ou fanions héraldiquement hérités, dans le drapeau canadien, qu’il voulait neuf. Mais cette maquette en dit fort long sur le statut mobilier de la fleur de lys, pour l’occupant colonial canadien moderne. On a ici une allusion aux soi-disant deux peuples fondateurs du Canada. Les Britanniques sont représentés par un Union Jack moderne. Les Français sont représentés par une bannière fleurdelisée capétienme surannée et vieillotte. D’une part, si l’allusion (toujours hasardeuse) des drapeaux dans le drapeau avait voulu être étymologique, il aurait fallu que l’on place ici le vieil Union Jack de 1606, celui sans la croix de Saint Patrick (le sautoir —le X— rouge) en compagnie des fleurs de lys (soi-disant) du Régime Français. D’autre part, si l’allusion des drapeaux dans le drapeau avait voulu être synchronique, il aurait fallu que l’Union Jack moderne soit accompagné du drapeau français moderne, soit le Tricolore (qui a eu une belle vie au Canada, j’en reparle plus bas). Or on a ici un Union Jack moderne (et dominant) et une bannière française ancienne (fleurdelisée, donc folklorisée). Longué, longué… Quand je vous disais qu’il y avait des mauvaises nouvelles au sujet de la fleur de lys

Pas de fafinage. Il faut regarder la bête bien en face. La première fleur de lys vraiment québécoise est un meuble héraldique dans un écu colonial imposé sans consultation par l’occupant anglais. Point. Barre. Et venez pas me parler des vieilles fleurs de lys du Régime Français (on va amplement revenir sur ces dernières, plus bas). Aucune d’entre elles n’accote en ancienneté la date de la présence subordonnée de fleurs de lys sur l’écu royal britannique (1340). Parfaitement récupérable et inféodable, la vieille fleur de lys est, pour l’occupant colonial, comme les pork & beans, la chanson À la claire fontaine, le gentil mouton de Jean-Baptiste, et les ceintures fléchées, un petit objet de folklorisation bien mignon. Ils ne se doutent pas une seconde, lors de la mise en place autoritaire des armoiries coloniales québécoises de 1868, des mauvaises surprises que leur réserve ce petit zinzin pointu d’apparence si biscornue et si inoffensive.

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DRAPEAU RÉPUBLICAIN I: DÉFAITE PATRIOTE. Il faut maintenant reculer un petit peu dans le temps. Au tout début du règne de la reine Victoria (en 1837-1838) des révoltes éclatent dans les deux Canadas, le francophone et l’anglophone. Ces révoltes sont très ouvertement anti-monarchiques. L’administration coloniale, vétillarde et autoritaire, maintient un régime politique tombé en désuétude en métropole depuis presque cent ans, celui de la non-responsabilité ministérielle. Comme le roi d’Angleterre l’avait fait jusqu’en 1741, le gouverneur colonial de chacune des deux colonies mettait à profit un système parlementaire bicaméral. Il laissait la chambre du commun (Chambre Basse) se remplir de citoyens élus et il s’entourait, lui, d’un Conseil Législatif nommé par lui (Chambre Haute) et qui contrôlait intégralement les subsides. Ces deux oligarchies arrogantes se faisaient surnommer au Bas-Canada la Clique du Château et au Haut-Canada le Family Compact. En parallèle, donc, sous la houlette de William Lyon Mackenzie (au Haut-Canada) et de Louis-Joseph Papineau (au Bas-Canada), les deux colonies, toutes deux parfaitement intégrées désormais à la progression historique interne du tout du monde anglo-saxon, prirent les armes au cri, déjà antérieurement formulé en Angleterre et aux États-Unis, de No taxation without representation.

Au Haut-Canada, les étendards brandis s’inspirent largement d’une imagerie américaine. Au Bas-Canada, le modèle, ce sera plutôt un autre pays catholique qui résiste de longue date au sein de l’empire, l’Irlande. Comparer les drapeaux suivants:

Le drapeau des Patriotes canadiens-français

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Le drapeau de la République d’Irlande

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Le drapeau des Patriotes (adopté en 1832) est le premier drapeau des canadiens francophones ainsi que la seule bannière de type République originale jamais produite en terre de Canada. D’autres fanions plus figuratifs (avec feuilles d’érables, castors, maskinongés — mais pas la moindre fleur de lys) seront brandis lors des rébellions mais ce tricolore horizontal sera le plus employé. C’est lui, le vrai étendard patriote. Les rébellions seront écrasées par la puissante armée coloniale britannique, dans les deux Canadas, au tout début du règne de Victoria. Soucieuse de comprendre ce qui s’est passé (les moutons canadiens qui se changent en lions, c’est quand même très curieux), l’administration victorienne, réjuvénante, compétente et modernisée, enverra un gouverneur plénipotentiaire et enquêteur extraordinaire, Lord Durham. Ce dernier finira par recommander la responsabilité ministérielle (contrôle des subsides par les chambres basses — ce que réclamaient justement les patriotes des deux Canadas) et l’union (à visée assimilatrice) des deux Canadas (1840). On ne veut pas d’une révolution américaine 2.0. en Canada, et on va fermement prendre les moyens pour que ça n’arrive pas.

Dans ce mouvement de remise en place victorien d’une autorité monarchique revitalisée, le drapeau patriote, subversif, autonomiste et, surtout, républicanisant, deviendra tout simplement illégal.

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DRAPEAU RÉPUBLICAIN II: IL VA FALLOIR CASSER CETTE FRANCITÉ RÉPUBLICAINE PAN-CANADIENNE. L’occupant colonial va alors adopter des procédures authentiquement impériales. L’Angleterre de Victoria, vouée à dominer le siècle, gère des portions immenses du monde. Elle encadre des maharadjahs, des rois africains, des seigneurs de guerres chinois, des guerriers sikhs, des autorités régionales et ducales de toutes farines. Elle passe donc des ententes avec des intendants locaux, les fait tenir le terrain pour elle, exploite les ressources des territoires et empoche les dividendes. Cette pratique, crucialement victorienne, va s’installer aussi en Canada. Et ici, l’intendant local que l’occupant colonial contrôlera de loin, ce sera la hiérarchie de l’église catholique. L’occupant colonial renonce définitivement à convertir les canadiens au protestantisme. Encore une fois, il fait comme en Irlande. Les évêchés du Bas-Canada deviennent discrètement dépositaires d’un pouvoir, désormais endossé et financé par l’occupant, et qui deviendra vite rétrograde et autoritaire. Convertissez-les à ce que vous voudrez, du moment que vous les tenez et qu’ils ne pensent plus à faire des rébellions, c’est tout bon. C’est le début du vieux théocratisme québécois. Il durera cent vingt ans (1840-1960).

Les populations anti-monarchistes qui résistent ne peuvent plus le faire en brandissant le drapeau des Patriotes, devenu ouvertement illégal. Mais un drapeau de type République bien plus puissant et prestigieux que la vieille bannière du pauvre Chevalier de Lorimier décapité est disponible. C’est le Tricolore français, tout simplement. Pendant quarante-cinq ans environ (1840-1885), les francophones de partout au Canada vont brandir le drapeau tricolore français. À partir de 1853, l’Angleterre et la France s’allient contre la Russie au moment de la Guerre de Crimée. Le lent mais inexorable réchauffement entre France et Angleterre qui va mener à l’Entente Cordiale se met déjà en place. La France, notre mère patrie, est maintenant un pays allié de notre métropole coloniale, l’Angleterre. Il devient donc impossible, pour l’occupant colonial, de réprimer frontalement l’usage du drapeau français en terre canadienne. C’est le drapeau d’un important pays allié. Son prestige international, immense, est autant celui d’une grande nation que celui d’une grande idée… Toujours matois et goguenards comme le sont partout au monde les peuples qui résistent, les canadiens francophones, au Québec et hors Québec, peuvent parfaitement faire passer en douce des idées républicaines et progressistes en les couvrant sous le drapeau des Droits de l’Homme et de la bonne harmonie entre Victoria et Louis-Philippe.

C’est donc l’âge d’or du drapeau français en Canada. Et cela va laisser une trace vexillologique importante et inusitée. Nos amis acadiens vont frapper le Tricolore français de l’étoile Stella Maria et en faire leur retentissant étendard de résistance.

Drapeau de l’Acadie

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Le drapeau non-provincial (ceci NB) de l’Acadie devient officiel en 1884. Emberlificoté dans les jeux d’alliances et les contraintes diplomatiques de la métropole impériale, l’occupant colonial canadien ne pourra rien faire pour entraver cela. Il y trouvera d’ailleurs son compte. La diversification vexillologique des canadiens francophones révèle qu’ils se fragmentent imperceptiblement, se particularisent tout doucement. Or une puissance assimilatrice adore que les peuples qu’elle entend dissoudre se fragmentent. Il va falloir casser cette francité républicaine pan-canadienne. La diversification des drapeaux canadiens-français sera un indice heureux de cette tendance, dans les vues de l’occupant. À discrètement encourager, donc. Et comme on peut pas toutes les gagner, il faut donc savoir fermer les yeux sur certains pavois suspects et mal aimés. Surtout que tandis que l’Acadie stabilise symboliquement sa quête d’affranchissement, au Québec, les affaires vexillologiques sont sur le point de se mettre à fortement débloquer… et délirer.

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LE FAUX DRAPEAU DE LA BATAILLE DE CARILLON. Les gars d’héraldique victoriens, anti-républicains bon teint, viennent donc de fourrer la fleur de lys dans notre face, sur les armoiries du Québec (1868). Les forces ultramontaines et monarchistes vont alors attraper le ballon, et relayer son roulement, dans des conditions hautement inusitées. Il faut bien comprendre que le monarchisme c’est le monarchisme et que même la nostalgie envers un roi mort avec son régime est bonne à prendre pour le monarchisme d’un autre roi, surtout s’il est aux abois. Il y a rien pour supplanter la solidarité de classe, chez les aristos comme ailleurs. En 1885, des chercheurs amateurs conservateurs (qui travaillent sur la question depuis 1842) exhibent ceci:

Le faux drapeau de la bataille du Fort Carillon

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Les seuls meubles héraldiques visibles sur ce vieux drapeau tourmenté ce sont quatre fleurs de lys en quartiers, disposées en présentoir subalterne et cernant un objet central indiscernable. Même la couleur de la bannière est incertaine (les historiens contemporains admettent que ce n’était pas bleu comme on l’a alors cru, mais beige possiblement). Le délire sur ce drapeau relique sera, par contre, lui, solide et ferme. De fait, la relique est aussi authentique que la narration qu’elle engendrera sera fausse. On va en effet décider que c’est là l’ancien étendard français de la Bataille de Carillon, ultime victoire française sur le conquérant anglais, survenue en 1758 à Ticonderoga, sur le Lac Champlain, dans l’actuel état de New York. Ce délire, largement endossé collectivement au Québec (les francophones hors Québec ne suivront pas), va marquer rien de moins que le Yankee Doodle de la fleur de lys. Si on endosse ce développement faux (et il sera largement endossé pendant les dernières décennies du dix-neuvième siècle), subitement, la fleur de lys n’est plus un petit meuble décoratif pour écusson colonial. C’est un objet héraldique majeur qui aurait figuré sur le drapeau militaire des vainqueurs du Fort Carillon. La fleur de lys n’est donc pas du tout inféodée à l’Anglais. Au contraire, elle le combat. Elle n’est pas imposée sur les armoiries victoriennes du Québec. Au contraire, elle y est plutôt respectueusement tolérée. L’astuce rédemptrice ici est que, comme on ne peut plus se débarrasser de la fleur de lys, imposée par lesdites armoiries victoriennes inamovibles du Québec, il faut œuvrer à la faire changer de camp symbolique, mais sur un axe nationaliste et cléricaliste plutôt que républicain et progressiste. Or voici qu’elle est la seule fanfreluche discernable du (faux) Drapeau de Carillon, drapeau qu’on donnera en grandes pompes comme l’étendard indubitable d’une ultime victoire française en terre d’Amérique.

Tout ceci est bidon et a été infirmé depuis. Les officiers et soldats royaux français en service (qu’il faut ici soigneusement distinguer des commerçants maritimes français) ont cessé d’arborer la fleur de lys sous Henri IV (le roi au panache blanc, lui-même mort en 1610). Entre 1660 et 1760, même les Français ne se souviennent plus clairement de la fleur de lys comme symbole royal. C’est le drapeau blanc des Bourbons qu’arborent les officiels royaux français désormais, notamment sur les mâts des forts qu’ils contrôlent encore autour des Grands Lacs et du Saint Laurent. Ce vieux fanion à fleur de lys ne peut tout simplement pas avoir eu un statut militaire, administratif ou politique. Restauré par des historiens contemporains, le faux Drapeau de Carillon donne aujourd’hui ceci:

pour son côté civil (il a aussi un côté religieux qui représente la Vierge Marie portant l’enfant Jésus). Cette bannière fait deux mètres sur trois. Parfaitement inopérante sur un champ de bataille, elle est en réalité faite pour être arborée comme ceci:

c’est-à-dire qu’elle reposait sur un perchoir en tau, dans des processions, probablement des processions religieuses. L’écu qui l’orne, c’est l’armoirie personnelle (non nationale) de Charles de la Boische, marquis de Beauharnois, qui fut gouverneur de la Nouvelle-France de 1726 à 1747, sous Louis XV (le vrai drapeau relique est donc un petit peu plus vieux que ce que prétendaient ses mytholâtres). Cette bannière portant l’écu d’un marquis (pas celui du roi), n’a aucun statut royal ou métropolitain dans le Régime Français. Mais surtout, il est certain qu’elle n’a jamais vu le feu contre l’Anglais.

Le faux Drapeau de Carillon est intéressant moins dans sa dimension historique, assez anecdotique, que dans sa dimension mythologique. Avec le battage autour de cette découverte passionnante et passionnelle, on est arrivés à faire croire aux québécois du temps (1885-1905) que la fleur de lys, symbole vieillot, sporadique, non républicain, et ouvertement inféodé, était l’objet héraldique par excellence pour incarner la résistance à l’occupation coloniale britannique. Quelque part, en fait, cela arrange un peu tout le monde. Les ultramontains, qui géreront encore le Québec pour plusieurs décennies, sont arrivés à se donner un beau premier symbole collectif de type Féodalité et non de type République. L’occupant colonial observe que les fleurs de lys de l’écu victorien du Québec, nostalgiques et folkloriques, commencent enfin à bien être intériorisées par un seul segment des canadiens francophones, celui qui, tout doucement, se provincialise et se particularise au Québec. Tout bon. Laissons-les aller dans cette direction-là.

 la popularité renouvelée de la fleur de lys, de par ce mythe fondateur bizarre du fleurdelisé québécois, répondront les tolérances cléricales et coloniales envers ce meuble héraldique ancien qui, soudain, rebondit, se radicalise certes, mais, l’un dans l’autre, reste bien meilleur à prendre que n’importe quel bande de drapeau à stries de subversif républicaneux chicaneux. Les Patriotes sont morts et bien morts. Au tournant du vingtième siècle, désormais aimée des masses, valorisée par les curetons, et bien tolérée de l’occupant post-victorien, la fleur de lys voit soudain un bel avenir symbolique s’ouvrir devant elle.

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LE CARILLON MODERNE, VRAI ANCÊTRE DU DRAPEAU DU QUÉBEC. Nous avons donc maintenant, bon an mal an, la première diapositive qui mènera au drapeau du Québec. Quatre fleurs de lys pointant vers un centre, disposées en présentoir. En 1902, Elphège Filiatrault, cureton à Saint-Hyacinthe et passionné de vexillologie, va crucialement placer la seconde diapo. Une croix de Saint Michel sur fond bleu, en plein centre de l’étendard.

Pavillon à la croix de Saint Michel

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La seconde décision mythologisante est alors prise. Les quatre fleurs de lys en présentoir (dont on savait pas trop ce qu’elles présentaient) encadrent maintenant rien d’autre qu’un pavillon de la marine marchande française du temps des Compagnies à Privilège Royal. C’est d’ailleurs de bonne guerre, si on peut dire, car ces compagnies maritimes, elles au moins, incorporaient assez souvent des fleurs de lys, et ce d’autant plus qu’il leur était strictement interdit d’arborer les nouvelles couleurs du roi, le blanc mat, de façon à éviter qu’elles ne s’arrogent illicitement le prestige royal.

Une bannière de l’ancienne marine marchande coloniale française

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On notera, pour la bonne bouche symétriste, que le premier drapeau du Canada, le Red Ensign canadien a, lui aussi, pour fond de drapeau, le fanion d’une compagnie maritime du dix-septième siècle, anglaise elle, la Compagnie de la Baie d’Hudson. Mais de surcroît ici, le fait que Saint Michel fut une des voix qui se firent entendre autrefois par Jeanne d’Arc pour lui susurrer de bouter les Anglais dehors eut peut-être un certain poids symbolique dans l’apparition de la croix centrale (Croix de Saint Michel) sur le futur fleurdelisé québécois. En tout cas, cette invention vexillologique vernaculaire régionale connut un succès retentissant et fort rapide. On dénomma ce drapeau le Carillon Moderne et on l’arbora promptement et largement dans les milieux nationalistes québécois. Conséquemment, il serait parfaitement légitime de ne pas se gêner pour créditer historiquement Elphège Filiatrault comme concepteur effectif du drapeau du Québec.

Le Carillon Moderne de Filiatrault, qui existe encore matériellement, est un fier fleuron d’histoire locale qui fait d’ailleurs de plus en plus l’objet d’une curiosité nationale renouvelée.

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LE LEURRE CLÉRICAL DU CARILLON SACRÉ-CŒUR. Mais les ultramontains les plus extrémistes vont vouloir en rajouter une couche. La popularité grandissante du Carillon Moderne —qu’on appelle aussi déjà le fleurdelisé— ne prendra pas vraiment la direction escomptée par les cléricalistes. De plus en plus de nationalistes progressistes et anticléricaux s’approprient le nouveau drapeau. Sa tonalité théocratique se dilue et s’édulcore, très vite. Déjà solidement réinvesties comme anti-anglaises, nos fameuses fleurs de lys tendent désormais aussi graduellement à casser du curé, à faire primer le civique sur le théocratique. Pour contrer cette nouvelle dérive gauchère, les réacs cléricalistes du début du siècle dernier vont ouvertement faire la promotion du monstre suivant:

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atténuant parfois ses allures de fanion de zouaves, ainsi:

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On baptisera (c’est bien le mot) ce fleurdelisé abruptement recléricalisé le Carillon Sacré-Cœur et on le fera bénéficier d’un battage promotionnel intensif, notamment dans la première moitié du vingtième siècle, tentant de le faire passer pour un fanion bien implanté dans les masses québécoises. Un fait insolite et intéressant est d’ailleurs à noter. Si on trouve bon nombre de photos d’époque où des types arborent le Carillon Moderne dans des manifestations et des processions (voir supra), il ne semble pas y avoir de photos effectives du Carillon Sacré-Cœur dans des processions religieuses, ou des parades de la Saint-Jean Baptiste, ou ailleurs. Quand on recherche des images anciennes du Carillon Sacré-Cœur, tout ce qu’on dégotte c’est, justement, du matériel promotionnel, comme des images pieuses, ou encore ceci (carte postale):

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Ou alors on tombe sur des images contemporaines qui sont des réfections composées ex post par des olibrius de notre temps:

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Aussi, malgré tout le battage encore maintenu à son sujet, le Carillon Sacré-Cœur ne semble pas avoir eu de vie vernaculaire effective. Quand on le voit apparaître dans le monde, c’est dans des œuvres de fiction comme le film Les Plouffe (1981) ou la série télévisée Duplessis (1977). On notera aussi que la pratique réactionnaire consistant à étamper intempestivement un Sacré-Cœur au milieu du drapeau national n’a rien de spécifiquement québécoise. Les Français aussi ont parfois cultivé cette combinaison sémiologique plus que douteuse sur leur Tricolore, notamment sous l’influence de la très fascisante Action Française.

D’ailleurs, pour tout s’avouer, on peut suggérer que la perpétuation des symboles de la fleur de lys et du Sacré-Cœur ont été, au Québec, dans les premières décennies du siècle dernier, des influences directes, justement, de l’Action Française, qui fut très active en terre québécoise, dans les milieux cléricalistes, en ces temps. Pour bien faire voir la regrettable lourdeur fascisante de ces deux symboles, on méditera ce logo (créé en 1953) de l’Université d’été de l’Action Française:

Logo de l’université d’été de l’Action Française

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On pourrait facilement le prendre pour un écusson québécois bien quelconque et pas si ancien… Inquiétant, quand même, et hautement susceptible de soulever certaines difficultés, dans le dialogue culturel présent et futur. Quand je disais en ouverture les casseroles, je pensais principalement à ceci, fatalement…

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DE NOUVEAU LES ARMOIRIES COLONIALES AU DRAPEAU PRÉSENTOIR. Le battage intempestif en faveur du Carillon Sacré-Cœur dans la première moitié du siècle dernier va bien laisser sa séquelle, dans certains esprits. On sent maintenant une incomplétude dans le collage de nos deux fonds de drapeau hérités. Les fleurs de lys du (faux) Drapeau de Carillon disposées en présentoir pointent vers le centre de la Croix de Saint Michel du Carillon Moderne qui, lui, est sans meuble central. Les fleurs de lys pointent donc vers un petit rien qui semble laisser comme un grand vide. L’union assez forcée de ces deux diapos vexillologiques héritées cloche un petit peu. Et, d’autre part, les campagnes visant à donner au Québec son drapeau spécifique prennent de plus en plus corps. Vers 1939, les instances politiques vont commencer à subir des pressions de plus en plus fermes et massives. Quand l’Union Nationale de Maurice Le Noblet Duplessis reprend le pouvoir en 1944 et que le Canada anglais se lance dans une grande campagne ratée pour un drapeau fédéral en 1946, la pression devient insoutenable. Duplessis, en bon réactionnaire compulsif, est d’abord pas trop chaud à l’idée nouvelle de donner un drapeau provincial au Québec. Sauf que s’il ne s’occupe pas de cette histoire, il risque bel et bien de se faire distancier politiquement par les libéraux et les progressistes. Il le constate et, pour lui, il n’est pas question de risquer de s’enfarger dans une échéance électorale sur une histoire de chiffon au boutte d’un bâton. Il lui faut reprendre l’initiative sur cette question.

Duplessis, qui est un autoritaire, va donc se mettre dès 1946, tout seul dans son bureau, à réfléchir à ces bébelles de drapeau. D’abord il est capital pour lui de ne pas en donner trop à l’église catholique. Celle-ci, pendant la guerre, s’est retournée comme une girouette et a roulé à fond, avec les fédéraux, dans la propagande de guerre et la promotion de la conscription. Duplessis, lors de son premier mandat (1936-1939), croyait l’église si puissante et la théocratie si bien installée au Québec qu’il avait pendu un crucifix sur le mur du fond de l’assemblée législative. Moins naïf qu’à ses débuts, il se rend bien compte maintenant (1946) que les cléricaux sont des pantins des politiques, en fait. Pas plus fou que les fédéraux (et rapide comme un singe dans la propension à les singer, justement, comme en miroir), Duplessis entend bien remettre les soutanes à leur place et à sa main, une bonne fois. On peut même considérer, en conscience, que Duplessis, ce vieux ruraliste, fidéiste, rétrograde et arriéré, est un des artisans obscurs, lointains mais décisifs, des premières initiatives québécoises en matière de laïcité. Eh oui, parfois ce que vous êtes objectivement surpasse votre étroitesse idéologique privée. Premier ministre du Québec pendant les premières décennies très progressistes des Trente Glorieuses, Duplessis n’a pas échappé à cette loi de fer du développement historique. Et en attendant des jours meilleurs pour des progrès sociaux plus tangibles, le nouvel anticléricalisme frustre et secret de Duplessis va faire sa première victime de conséquence, dans le monde éthéré des symboles: le Carillon Sacré-Cœur. Duplessis le rejette d’office. Ce mauvais fanion de zouaves en donne trop aux cléricaux. Il y a déjà une belle croix nordique sur la drapeau là, eh ben c’est ben en masse pour représenter nos valeurs religieuses. En plus, le Carillon Sacré-Cœur, les citoyens en veulent pas vraiment et Duplessis le sent.

Histoire de se faire clarifier cette histoire de meuble manquant au centre du Carillon Moderne, Duplessis va consulter, directement ou par personnes interposées, un gars d’héraldique de choc, un certain Burroughs Pelletier. Celui-ci va confirmer le petit vide vexillologique incriminé et faire soumettre un certain nombre de maquettes, toutes plus affreuses et nunuches les une que les autres, au premier ministre du Québec, pour combler ledit vide. Ces maquettes traînent en fait dans le paysage vexillologique depuis 1903 environ. Tout cela se fait dans l’officine, sans consultation populaire aucune. Il est piquant de constater que la maquette ayant la préférence de notre bon monsieur Burroughs Pelletier est justement celle qui met en valeur… rien d’autre que nos bonnes vieilles armoiries victoriennes du Québec.

Maquette incorporant les armoiries victoriennes du Québec dans le fleurdelisé (non retenue)

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My, my, my, comme on se retrouve, dans le beau monde. Le lion britannique au cœur central du fleurdelisé, maintenant. Comme c’est touchant… et parlant. Lionel Groulx, qui a son grand nez fourré dans cette histoire de drapeau lui aussi, fera observer que des armoiries sur un drapeau, c’est la façon la plus niaiseuse et la plus inutile de le rendre difficile à manufacturer. Bon… enfin une observation utile de Lionel Groulx sur quelque chose. Pavoisons. L’idée des armoiries victoriennes du Québec (ou de quoi que ce soit d’autre, au demeurant) en position centrale sur un étendard national est finalement assez hasardeuse et Duplessis n’y mordra pas. Il n’a pas plus de cadeaux à faire à l’occupant colonial post-victorien qu’au clergé catholique. Et comme il ne peut pas mettre le logo de l’Union Nationale ou sa face au centre du drapeau, ça ne l’intéresse pas vraiment d’y mettre quoi que ce soit.

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LES FLEURS DE LYS POINTERONT VERS LE CIEL OU: LE COURT-CIRCUIT DE DUPLESSIS. C’est donc à Duplessis qu’on impute la finalisation ultime du drapeau du Québec moderne. Ses gars d’héraldique lui font valoir que s’il ne place aucun meuble en position centrale, il va falloir, en bonne conformité héraldique, que les quatre fleurs de lys soient droites et recentrées dans leurs quartiers. Ce faisant, Duplessis, toujours cabot selon sa manière, tentera une troisième et ultime mythologisation du drapeau, bien éphémère celle-là, en ces termes (formulation apocryphe mais certainement assez proche du réel): Ben on va les redressir, les fleurs de lys, tout simplement. Comme ça, elles pointeront vers le ciel, comme le fait si bien l’Union Nationale. Duplessis s’est-il fait jouer un tour malicieux par ses gars d’héraldique ou a-t-il lui-même joué un tour malicieux aux québécois? Je ne sais. Mais en tout cas, avec ses fleurs de lys redressées, le drapeau du Québec ressemble désormais incroyablement à la bannière du roi Charles VII (justement le roi de France qui, grâce à Jeanne d’Arc, bouta les Anglais hors de France).

Le drapeau du roi Charles VII

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Quoi qu’il en soit de cette analogie, assez saisissante il faut bien l’admettre, Duplessis va ensuite court-circuiter la motion parlementaire sur le drapeau que préparait le député indépendant René Chaloult, en prenant abruptement les devant et en soumettant unilatéralement sa propre loi sur le drapeau du Québec, dont il vient de finaliser le dessin dans l’officine. La loi est passée dans une tonitruante unanimité. Notons, pour la bonne bouche coloniale, que même les anglophones du West Island sont favorables à ce type-là de drapeau provincial non républicanisant et non américanisant. Celui-ci est hissé —par surprise— sur la tour du parlement de Québec, pendant le fameux discours du drapeau de Duplessis, le 21 janvier 1948. Le drapeau obtient la sanction royale le 9 mars 1950 (de façon parfaitement légale mais strictement au niveau du Conseil Législatif, sans que l’affaire ne remonte jusqu’au roi).

On se contera pas de menteries, l’héritage vexillologique du drapeau du Québec est lourd. C’est, initialement, étymologiquement, un drapeau de type Féodalité, qui particularise, dégallicanise et provincialise le Québec. Mais ce peuple en résistance va patiemment se réapproprier ce symbole, comme bien d’autres. Et —fait capital dont il faut bien comprendre les ressorts— à mesure que le monarchisme recule au Canada, la folklorisation colonialiste et vassalisante de ce fanion tourmenté recule, elle aussi. La grande lutte de libération nationale québécoise des années 1976-1995, tant par ses succès que par ses avatars, a donné au fleurdelisé du Québec une dimension de plus en plus assurée de drapeau national. L’étymologie vexillologique n’est pas la vexillologie et quand l’étymologie d’un drapeau contredit son être essentiel contemporain, c’est l’être essentiel contemporain qui prime. Aussi, ce lourd passé bardassé et tortueux, ce fourbi de symboles conservateurs, féodaux et suspects, compte beaucoup moins pour nos compatriotes que l’intimité tangible et profonde qu’ils ont avec leur drapeau, comme synthèse moderne. Ladite intimité est sentie et unanime, tant chez les québécois de souche que chez les québécois de branches. Elle incarne tous nos souhaits contemporains d’une vie pacifique, paisible et civique, sans guerres, sans pollutions, sans discriminations, sans injustices sociales.

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Les québécois se sont appropriés la fleur de lys et en ont fait un symbole national (plutôt que ducal ou royal). Ils se sont appropriés la croix symétrique des vieux blasons et en on fait (encore mieux qu’au Danemark, en Norvège, en Suède, en Finlande, en Islande où la dissymétrie des croix vexillologiques rappelle plus sensiblement le crucifix chrétien) un signe de nordicité (plutôt que de catholicité). Et la teinte de bleu champ d’azur que vous voyez sur ce fanion s’appelle, chez nous, Bleu Québec.

Je me souviens. Oui, oui, souvenons nous de l’héritage pesant, ambivalent, tendancieux et trouble de la trajectoire d’émergence de notre drapeau national. Il faut bien la comprendre, son étymologie sombre et tiraillée, et la voir tout doucement disparaître, remplacée pas sa synchronie lumineuse et généreuse. Puis, aussi, en conscience et en rationalité, sachons, au bon moment, mobiliser en nous ces belles paroles subtiles de Gilles Vigneault, qui sont, en soi, toute une leçon de recul historique: Souviens-toi d’oublier. Il n’est jamais la même heure…

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Apollon. Cliquez sur l’image pour accéder au fichier source

ALLAN ERWAN BERGER — Apollon et Artémis, jumeaux nés de Létô, sont enfants de Zeus. Poursuivie par la traditionnelle vindicte de Héra, épouse légitime du grand dieu, Létô se réfugie en un lieu retiré du monde, une île qui n’est ni de la terre, ni de la mer, ni du ciel : Asteria. C’est en ce lieu qui n’en est pas un que Létô, dont le nom l’apparente à la nuit, enfantera Apollon le Soleil. Plus tard, elle accouchera d’Artémis, la Lune. Les uns disent que cette déesse naquit près d’Éphèse, où son culte s’enracina, venu d’Orient ; les autres disent autre chose, mais Artémis est souvent représentée en compagnie ou sous la forme du végétal qui présida à la venue d’Apollon, un végétal à la chevelure étoilée qui poussait sur l’île d’Asteria, et que Létô enlaça pour enfanter… Ce végétal, les anciens Grecs le pensaient familier des zones floues, poussant aux marécages et dans les lagunes, pas tout à fait sur la terre, pas tout à fait dans l’eau. Le voici qui apparaît, dans L’hymne à Apollon d’Homère :

Salut, mère fortunée, ô Létô ! Tu as donné le jour à des enfants glorieux, le grand Apollon et Artémis qui se plaît à lancer des flèches ; elle naquit dans Ortygie, lui, dans l’âpre Délos, lorsque tu reposais sur les hauteurs du mont Cynthos, auprès d’un palmier et non loin des sources de l’Inope.

Artémis. Cliquez sur l'image pour accéder au fichier source
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Ici, Homère ne fait pas attention qu’Ortygie, l’île aux cailles, est l’autre nom d’Asteria, cette île flottante que Poséidon, plus tard, ancrera au fond de la mer, et que l’on connaît aujourd’hui sous le toponyme de Délos.

Lorsque la déesse qui préside aux enfantements arriva à Délos, Létô était en proie aux plus vives douleurs. Sur le point d’accoucher, elle entourait de ses bras un palmier et ses genoux pressaient la molle prairie. Bientôt la terre sourit de joie ; le dieu paraît à la lumière ; toutes les déesses poussent un cri religieux. Aussitôt, divin Phébus, elles te lavent chastement et te purifient dans une onde limpide et t’enveloppent dans un voile blanc, tissu délicat, nouvellement travaillé qu’elles nouent avec une ceinture d’or.

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Le palmier d’Apollon, tout comme celui d’Artémis, est un dattier. Voici la déesse, pleine de dattes et de trophées, représentée sous la forme d’un tronc, telle qu’on la vénérait à Éphèse. Cliquez sur l’image pour accéder au fichier source.

Et maintenant, assistons à cette autre naissance :

Elle devient donc enceinte. Et elle se retira avec lui [son fils à venir] en un lieu éloigné. Puis les douleurs de l’enfantement l’amenèrent au tronc du palmier, et elle dit : « Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant ! Et que je fusse totalement oubliée ! » Alors, il l’appela d’au-dessous d’elle : « Ne t’afflige pas. Ton Seigneur a placé à tes pieds une source. Secoue vers toi le tronc du palmier : il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange donc et bois et que ton œil se réjouisse ! » Si vous êtes attentifs, vous aurez reconnu un fragment de la sourate Maryam, du Coran : naissance d’Îsâ.

Commentaire :

Même si le Coran est un livre de religion, cet apport héllèno-levantin au récit ne peut pas être, à mon avis, qualifié de pur syncrétisme, puisqu’il n’agit pas favorablement sur l’acceptation du dogme par les croyants. Au contraire, il vient perturber celui-ci, en accordant le statut d’un dieu majeur, Apollon, à Jésus, qui est tenu en principe pour l’ante-paraclet, l’avant-dernier prophète. Car un bon syncrétisme, tel qu’on en découvre dans le monde caraïbe ou en Indonésie, en incorporant des fragments de mythe issus de l’humus autochtone, aide au contraire à mieux intégrer les éléments allogènes de la religion dominante. Or, ici, l’humique naissance d’Apollon n’aide pas du tout à faire glisser l’étrangère bouchée ; bien au contraire, elle fait puissamment grincer les rouages : voici que Jésus est traité littérairement comme un des plus puissants dieux de l’Antiquité ! La sourate Maryam serait-elle donc satanique ?

Voici deux jeunes filles qui, ayant été fécondées par le premier des dieux de leur époque, se retrouvent en butte à l’hostilité de la société dominante – le monde Juif, l’Olympe… Elles fuient. Elles se retirent en un lieu écarté du monde. Désolées, sans appuis déclarés, dégradées au rang de putains, les deux accouchent des plus importants attracteurs de la religion de leur monde, qui vont tout perturber. Il y a un avant et un après Apollon, comme il y a un avant et un après Jésus-Christ. On peut concevoir que le littérateur, quel qu’il soit, qui a introduit Jésus dans le Coran, ait décidé d’utiliser la scène mythique de la jeune fille cambrée de douleur contre le palmier auprès de la source, non point pour améliorer l’esthétique de son récit, mais pour laisser à penser à ses auditeurs et futurs lecteurs à quel point ce qui allait sortir de là serait important. Rusé, astucieux ou maladroit, l’apport scénographique retenu ici exhausse le sens, mais il n’est pas, il ne peut pas être strictement syncrétique. Telle est ma petite opinion – à laquelle je ne tient que jusqu’à ce qu’on me prouve qu’elle est illogique ou mal fondée, bien entendu.

Des copier-collers de cette espèce, il y en eut beaucoup autour de la Méditerranée. Nous pourrions par exemple nous souvenir d’une très ancienne figure de Dyonisos, qui eut à fuir la vindicte d’un roi puissant. Dyonisos et son clan semèrent leurs poursuivants en traversant un bras de mer d’où l’eau s’était retirée. Lorsque l’armée royale surgit et s’engagea à son tour dans le passage, la mer revint et emporta les vilains méchants. Nous pouvons encore nous souvenir de tel dieu égyptien qui fut sauvé de la noyade alors qu’il gisait, balloté dans un petit couffin, sur le Nil. Nous pouvons nous souvenir aussi que le sacrifice de l’agneau, animal voué au vieux dieu solaire Agni, est un rite printannier reçu dans les zones moyen-orientale et égéenne, bien longtemps avant d’être intégré à la pratique rituelle juive, puis au récit chrétien. Pour terminer, ne voulant pas soulever une guerre, je ne dirai rien de rien à propos de Mithra et Jésus.

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Maman Maryam et son petit Apollon solaire. Joyeux Noël à tousses

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Les deux drapeaux du Canada. Vexillologie, sémiologie et philosophie

Par : Ysengrimus

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YSENGRIMUS — Voici qu’on me demande pourquoi il y a une feuille d’érable sur le drapeau du Canada. La réponse courte, c’est que l’érable est l’arbre national du Canada donc que sa feuille se retrouve sur son drapeau. Mais il y a une réponse longue beaucoup plus passionnante. Laissez-moi vous la raconter. Vexillologie, sémiologie et philosophie se rencontrent dans cette étonnante petite arène. Vous n’allez pas vous ennuyer.

La Nouvelle-France est conquise par les Britanniques, en 1760. Nous faisons donc partie des colonies britanniques d’Amérique du Nord depuis un bon moment quand, en 1867, l’Angleterre victorienne décide de mettre en place le Dominion du Canada. Il s’agit de taponner ensemble toutes les colonies situées au nord du quarante-neuvième parallèle et n’ayant pas embrassé les valeurs de la république américaine. Les dites colonies sont alors au nombre de quatre et le Québec forme alors environ la moitié de la population de cet ensemble. Ce qui deviendra le Canada moderne est né (1867) mais pour le moment, tout est putatif dans ce conglomérat de colonies qui est un pseudo-pays, plutôt un dominion. Il s’appelle officiellement British North America, Amérique du Nord Britannique, et, en lui, pour le moment, tout est officieux. Nom putatif (Dominion of Canada ou Canada), capitale putative (Ottawa), hymne national putatif (Ô Canada) et… drapeau putatif.

Par principe général, quand on se réclame de la vaste obédience impériale britannique et que l’on veut engendrer un nouveau drapeau, cela fonctionne un peu comme une usine à saucisses. Les drapeaux coloniaux britanniques disposent en effet d’un modèle d’engendrement, un principe génératif, littéralement. Aux périphéries de l’empire, on part habituellement de fanions maritimes britanniques. Il y en a deux types. Le Blue Ensign (qui est un fanion des marines civiles et militaires britanniques) et le Red Ensign (qui est un fanion des compagnies maritimes britanniques). Pour produire un Blue Ensign, vous prenez un rectangle de tissu bleu. Vous placez en quartier (soit dans le coin supérieur gauche) de ce rectangle bleu, l’Union Jack (soit le drapeau du Royaume-Uni, avec les trois croix superposées), et, dans le battant du drapeau, vous placez l’écusson, le logo, l’acronyme, ou l’écu de votre club de voile, votre marina de yachts, votre île, votre phare, votre principauté, votre colonie, votre dominion, ou votre pays. Vous voici doté d’un étendard dans les règles, qui démarque votre spécificité, tout en vous affiliant ouvertement au vaste parapluie de l’Empire Britannique. Les drapeaux de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande sont des Blue Ensigns.

un Blue Ensign

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Maintenant, pour produire un Red Ensign, c’est exactement le même principe d’engendrement. Vous prenez un rectangle de tissu rouge. Vous placez en quartier (soit dans le coin supérieur gauche) de ce rectangle rouge, l’Union Jack (soit le drapeau du Royaume-Uni, avec les trois croix superposées), et, dans le battant du drapeau, vous placez l’écusson, le logo, l’acronyme ou l’écu de votre club de voile, votre marina de yachts, votre île, votre phare, votre principauté, votre colonie, votre dominion, ou votre pays. Vous voici, ici aussi, doté d’un étendard dans les règles, qui démarque votre spécificité tout en vous affiliant ouvertement au vaste parapluie de l’Empire Britannique. Or une vieille compagnie maritime coloniale britannique existait (en 1867, et existe encore aujourd’hui) sous nos hémisphères: la Compagnie de la Baie d’Hudson. Cette vénérable institution commerciale coloniale, fer de lance vif de la pénétration britannique dans les Amériques, fut fondée en 1670 (oui, oui, la Nouvelle France était alors sous Louis XIV). Or, elle avait pour drapeau un Red Ensign dont l’insigne de battant était l’acronyme en lettres blanches de la compagnie: HBC (Hudson Bay Company).

le drapeau de la Compagnie de la Baie d’Hudson

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Nos petits putatifs du Dominion du Canada partirent donc de ce Red Ensign séculaire et ils construisirent le premier drapeau du Canada, sur cette base d’engendrement. Ils remplacèrent d’abord l’acronyme des hudsonistes par une sorte d’écusson à tiroirs. Chaque fois qu’une nouvelle province s’agglutinait au Dominion du Canada, on ajoutait un segment de ses armoiries dans l’écusson à tiroirs qui en grossissait d’autant. Un jour, cet écusson à tiroirs devint trop gros et on le remplaça tout simplement par un écusson officiel stable pour les armoiries même du Canada. Cet écusson d’armoiries canadiennes subit certaines modifications mineures au cours des années mais le principe restait. Le drapeau du Canada fut un Red Ensign colonial pendant presque cent ans (1868-1965).

le vieux Red Ensign avec l’écusson à tiroirs
Red Ensign canadien définitif

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Tout le monde était très content de cela, en 1868, dans le Dominion du Canada, sauf les Québécois. Nous, les Québécois, que voulez-vous, l’Union Jack, pour nous, c’est et ça reste un drapeau d’occupant. Ça nous fait un effet trop durement Kommandantur de le voir pendouiller au dessus de nos têtes pour qu’on avale le truc. Le Red Ensign était donc peu arboré au Québec, qui disposa d’ailleurs, à partir de 1890 environ, de diverses versions d’un vieux drapeau colonial français à fleur de lys, dont une fut mise en forme et officialisée comme drapeau du Québec, en 1948. Nous en reparlerons un autre jour. Comme les bourgeois fédéraux du Canada anglais nous avaient imposé la constitution, la confédération, le parlementarisme de type britannique, la monarchie, la capitale, le nom de la capitale, la Gendarmerie Royale, le chemin de fer transcontinental, et le cheddar (to name a few), nous imposer le Red Ensign flottant par-dessus le tas n’était pas au dessus de leurs forces. Ils le firent donc, sans se complexer. Le Red Ensign canadien fut donc le fanion qui flotta gloriolleusement au dessus de nos troupes canadiennes à la Guerre des Boers, lors de la Première Guerre Mondiale, notamment à la bataille de Vimy (le Mémorial de Vimy arbore d’ailleurs encore les deux drapeaux du Canada, l’ancien et le moderne), et sur le glorieux cargo de Réal Laurendeau (et de tous ses concitoyens canadiens) lors de la terrible Bataille de l’Atlantique. L’âme canadienne (surtout canadienne anglaise) était solidement chevillée au Red Ensign. Pourquoi ce vieux drapeau fripé de gloire changerait-il? Pour apaiser ces râleurs de Québécois? Nah…

Pour comprendre l’étonnante conjoncture qui mena à l’apparition du drapeau canadien moderne, dont le nom officiel est l’Unifolié (en anglais: Maple Leaf Flag), il va falloir s’imprégner de toute la saveur subtile et complexe d’une époque, celle de l’après-guerre. Entre alors en piste un personnage dont le rôle sera central dans la mise en place de toute la problématique vexillologique, sémiologique et philosophique du drapeau canadien. J’ai nommé Lester Bowles Pearson (1897-1972). Ancien officier aviateur de la Grande Guerre, Lester B. Pearson, que ses compagnons d’arme surnommaient Mike Pearson —je sais pas pourquoi, c’était son nom de guerre— est, à partir de 1946, un diplomate canadien. Il circule dans les circuits feutrés de la diplomatie canado-américano-britannique. C’est la Guerre Froide et c’est aussi la décolonisation. Entre 1946 et 1966, les deux nations les plus copieusement honnies en Afrique et en Asie sont deuxièmement la France et premièrement, cardinalement, le Royaume-Uni. Les anciens empires coloniaux français et britannique sont ardemment rejetés et combattus par de nombreux peuples luttant pour leur décolonisation. On en vient aux mains, sur cette question, dans plusieurs recoins du monde et Lester B. Pearson se rend discrètement compte qu’il ne fait pas trop bon, dans la période 1946-1966, de se réclamer de l’héritage britannique, un peu partout dans un monde en pleine ébullition moderniste.

Le Canada est un pays neuneu et sympa-sympa qui peut se vanter du fait qu’un bon nombre des événements historiques déterminants pour son histoire nationale sont survenus… en dehors de son territoire national. Ce sera le cas de l’impulsion initiale menant à la mise en forme du drapeau du Canada moderne. En 1956, le diplomate Lester B. Pearson est devenu une figure éminente de l’ONU et il est un des architectes de la mise en place des Casques Bleus, ces bons petits soldoques de pays gentils-gentils qui se braquent entre les belligérants de conflits de théâtres pour crucialement calmer le jeu. (Lester B. Pearson obtiendra même le Prix Nobel de la Paix, en 1957, comme co-fondateur des Casques Bleus). La crise internationale qui sera déterminante pour l’apparition du nouveau drapeau du Canada, ce sera la Crise de Suez (1956). Turlupinée dans ses détails douloureux, cette crise spécifique de la décolonisation est finalement assez simple dans son principe. Le président Nasser d’Égypte en a plein le dos que les deux anciennes puissances coloniales en collaboration, France et Angleterre, fassent de l’argent comme de l’eau avec le canal de Suez. Le président Nasser saisit donc Suez, l’occupe militairement, et le nationalise. Les vieux coloniaux se rebiffent et la chiasse prend par là. Ensuite, ça devient vite compliqué, notamment quand les deux belligérants pesants de la Guerre Froide, USA et URSS, fourrent leur nez dans l’histoire. L’ONU, discrètement pilotée par Lester B. Pearson, envoie, à un certain moment, des régiments de Casques Bleus pour calmer le jeu. On utilise les bons gars de service à la tête froide habituels, des Danois, des Norvégiens, des Finlandais… des Canadiens. Nos petits gars se pointent donc en Égypte en arborant sur leurs véhicules et à l’épaulette, le drapeau canadien… le Red Ensign. Ils se font vite pointer des mousquetons égyptiens dans les naseaux et c’est: Vous êtes des troupiers coloniaux britanniques, vous dégagez. Réplique: On est pas des troupiers britanniques on est des Casques Bleus canadiens. Réplique: Regarde ton drapeau, baquais, c’est un Union Jack, tu es britannique, et tu dégages. Lester B. Pearson fronce le sourcil, depuis le fond de son officine onusienne. Cette belle obédience britannique si explicitement symbolisée dans la charpente intime du drapeau canadien est désormais un emmerdement potentiel permanent à l’international. Il ne l’oubliera pas.

Il est donc piquant de constater que ce ne sont pas des enjeux nationaux mais bien des enjeux internationaux qui instillèrent dans le premier cerveau décisionnel l’idée de changer le drapeau canadien. Lester B. Pearson, devenu homme politique, après le petit coup de prestige de sa prestation onusienne, va inscrire dans le programme de son parti, le Parti Libéral du Canada, la mise en place d’un drapeau distinctif pour le Canada. Mais cette priorité sera un peu enterrée par tout le reste de l’immense plate-forme libérale du temps, tous les détails complexes de la mise en place de ce qui deviendra l’état providence des Trente Glorieuses. En 1963, le Parti Libéral du Canada gagne ses élections et Lester B. Pearson devient premier ministre du Canada. C’est un gouvernement minoritaire. Cela signifie que les conservateurs de John Diefenbaker sont encore puissants en chambre. Les Libéraux, au début, mettent en place leur grand chantier de réformes sociales et ne pensent plus trop au drapeau. Mais, assez vite, Lester B. Pearson, qui est resté très branché politique internationale, constate que les militaires canadiens seront bientôt requis pour intervenir comme Casques Bleus dans une nouvelle crise régionale, la Crise de Chypre de 1963-64. Chypre c’est cette île porte-avion de l’OTAN au fond de la cuvette méditerranéenne. La chiasse inter-communautaire est pognée là-bas et ce, depuis 1955 environ. Il y a les Turcs au nord, les Grecs au sud, une ligne de démarcation se dessine inexorablement entre ces deux groupes qui, pour le moment, revendiquent tous les deux l’intégralité de l’île. En même temps, Chypre, qui fut longtemps occupée par les Britanniques (décolonisation survenue seulement en 1960, après cinq ans de guerre de libération), a encore une concession britannique sur son territoire, c’est-à-dire qu’il y a une portion de l’île que les Britanniques tiennent encore et gardent pour eux, comme ça. Les chypriotes grecs et turcs, en plus de se combattre les uns les autres, sont donc aussi très remontés contre les Britanniques. Lester B. Pearson ne peut pas envoyer les petits gars la dedans avec le Red Ensign à l’épaulette et sur les véhicules et les baraquements. Ils vont se faire tirer dessus et ce, à cause d’un drapeau, un vieux drapeau totalement pas rapport (comme disent les petits jeunes d’aujourd’hui).

Lester B. Pearson va donc devoir activer ce segment de ses promesses électorales plus tôt que prévu. Il convoque un Comité du Drapeau Canadien et c’est alors: Messieurs, il faut un nouveau drapeau distinctif pour le Canada et ça presse. Vous avez un an. Vaste programme. Ce Comité du Drapeau est un comité parlementaire. Sa composition reflète donc la composition du parlement canadien. Autant dire que le rapport des forces entre les Libéraux et les Conservateurs y est quasiment égal. Il y a aussi, une troisième force politique, progressiste et remuante, le glorieux Nouveau Parti Démocratique, de Tommy Douglas, plus ou moins l’équivalent canadien des travaillistes britanniques. Le comité du drapeau est présidé par un epsilon mais il est surtout animé (chaired) par un dénommé John Matheson (1917-2013), député de l’Ontario énergique, et fidèle comparse du premier ministre Lester B. Pearson.

Le comité du drapeau va d’abord et avant tout faire un grand appel populaire. Envoyez-nous vos maquettes de drapeau. La réponse est massive. Les gens font ça sur des chiffons ou sur du papier blanc avec des crayons à colorier. Environ 3,500 maquettes de drapeau sont soumises. C’est le carnaval joyeux des années 1960 et tout y passe, des loups, des ours, des castors, des outardes, des sapins, des érables, des étoiles polaires, des aurores boréales, des drapeaux dans le drapeau, des cartes du Canada stylisées, des dessins non figuratifs, courbes, lignes, arabesques de couleurs. Il y aura même un drapeau du Canada Beatles. Sur fond blanc à la croix symétrique rouge (croix de Saint George) et avec une fleur de lys bleue au centre, un Beatle par quartier. Ça va être une vraie fête. John Matheson ne retiendra pas grand-chose de ce débordement d’enthousiasme populaire et de créativité débridée mais il va quand même procéder à une sorte de petit sondage informel et non scientifique. Il va colliger et dénombrer tous les symboles apparaissant dans ces 3,500 propositions. Ce sera pour observer que, seule ou accompagnée, la feuille d’érable arrive largement première, devant les castors, les outardes, les fleurs de lys et autres étoiles polaires. Matheson va aussi observer que les Union Jack seules ou accompagnées ne figurent pas très haut au classement. On dirait que les canadiens sont prêts pour un changement des symbolismes. John Matheson rapportera le résultat de ces observations à Lester B. Pearson qui s’en réjouira.

La feuille d’érable est un symbole ancien au Canada. C’est tout d’abord un trait d’imagerie canadien-français. Elle décore notamment, en boisseau ou en couronne ornementale, les Unes de certains journaux canadiens-français dès le XVIIIe siècle. Il s’agit de l’érable sucrière (Acer saccharum), celle dont les feuilles se colorent si vivement, en automne. Elle fournit cette eau sucrée (dont on fait le sirop d’érable) que les aborigènes nous faisaient boire autrefois, quand nous crevions de froid dans nos bourgades mal fortifiées, au tout début de la colonie. C’est un symbole subtil d’entraide collective et de fraternité de l’ancien temps. Comme ce fut le cas pour l’hymne national, les canadiens anglais se sont graduellement appropriés le symbole de la feuille d’érable, au cours du XIXe siècle. Et, dès le début du XXe siècle, elle apparaît comme un signe de ralliement canadien et ce, tant pour les anglophones que pour les francophones. Ravi de l’importance qu’elle semble désormais revêtir dans les masses, Lester B. Pearson va prendre une grave initiative vexillologique qui va passer proche de tout faire capoter.

Il faut comprendre que le premier ministre à cette époque est un personnage prestigieux. Le premier ministre, c’est celui qui parle au roi ou à la reine. Il est une figure d’autorité tranquille et les canadiens, peuple mouton par excellence, sont respectueux de ce genre de figure. Aujourd’hui, le premier ministre, c’est le saltimbanque en costard qui fait cuire des chiens-chauds devant le Tour de la Paix lors des Fêtes du Canada. Mais du temps de Lester B. Pearson, le premier ministre était une figure qu’on ne barouettais pas comme ça. Quand il engageait son prestige, cela avait un poids. Et c’est ce que Lester B. Pearson va faire, justement. Il va engager tout son prestige de premier ministre dans un choix vexillologique décisif. Il va faire concevoir un projet de drapeau du Canada selon ses idées et ses spécifications. Cette maquette de drapeau est passée à l’Histoire sous le nom de Pearson Pennant, le Fanion de Pearson.

le Pearson Pennant

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C’est ici que s’instaure crucialement l’élévation vexillologique, sémiologique et même philosophique du problème du drapeau canadien. Lester B. Pearson veut faire neuf et distinctif. Il veut se donner un drapeau réduisant au strict minimum les symbolismes et éliminant intégralement les codes héraldiques hérités. Pour ce faire, il va jouer la carte d’un drapeau iconique, un tableau indubitablement, stylisé naturellement, mais un tableau. Un rameau de feuilles d’érables d’automne, rouges donc, stylisé en un trifolié, est délicatement déposé sur un lit de neige hivernale, blanche, entre deux cours d’eau, bleus, deux océans en fait, l’Atlantique et le Pacifique, en référence attendrie à la devise du Canada D’un océan à l’autre, Coast to coast, A mari usque ad mare. Fuyant ouvertement les symboles, le premier ministre canadien mise sur l’image picturale stylisée. Ce sera le tollé.

Le Fanion de Pearson va parvenir à faire consensus… contre lui. Quand Lester B. Pearson va le présenter à une assemblée d’anciens combattants dans l’ouest canadien, ils vont passer proche de se faire écharper, lui et son fanion. Les Conservateurs, qui sont viscéralement réacs, n’acceptent tout simplement pas que le glorieux étendard du Dominion, vétéran de toutes les guerres impériales, se fasse intempestivement remplacer par une espèce de zinzin pop qui ressemble à une étiquette de canisse de sirop d’érable. Non. C’est non. Les Libéraux, les hommes même de Lester B. Pearson, ressentent, eux, un malaise plus étoffé et subtil. Sans malice et comme instinctivement, ils recherchent des symbolismes dans la maquette de drapeau de leur premier ministre. D’abord, ils demandent, pourquoi trois feuilles d’érables? Est-ce que cela représente les trois peuples fondateurs du Canada, les Indiens, les Français et les Anglais? Et alors, la feuille d’érable du dessus, c’est celle qui symbolise les Anglais et elle domine les deux autres, qui se penchent? Lester B. Pearson essaie d’expliquer que non, qu’il n’y a absolument aucun symbolisme là. Que c’est juste la représentation visuelle d’un bouquet de feuilles d’érables (comme sur les armoiries du Canada) et que, comme cette représentation visuelle est stylisée pour être bien visible quand le drapeau flotte, ça sort comme un trifolié. Pas de symbolisme ouvert ou secret du chiffre 3, aucun. Mais il n’arrive pas à se débarrasser de la symbolique parasitaire des soi-disant trois peuples fondateurs. Un autre problème important, ce sera celui des couleurs. Oh, du bleu, du blanc, du rouge… on vous voit, monsieur le premier ministre. Vous êtes en train d’insidieusement nous républicaniser. C’est l’américanisation des temps modernes? Il faut dire qu’au Canada, la combinaison convenue des couleurs bleu, blanc, rouge, c’est de la poudre à canon. D’abord, ça fait français, ensuite ça fait américain et surtout, surtout par-dessus tout, ça fait république. Or le Canada est une monarchie qui se définit intrinsèquement par négation des poussées républicaines en terre américaine. Donc, ça ne passe pas, ce tricolore furtif. Lester B. Pearson s’évertue à expliquer qu’il n’y a pas de symbolisme tricolore dans sa maquette de drapeau. C’est juste, exclusivement, iconiquement, le bleu de l’océan, le blanc de la neige, et le rouge des feuilles d’automne, sans plus. Rien n’y fait. Le Pearson Pennant est perçu, par ceux qui sont pourtant censés le défendre, comme la demi-trahison d’une sorte de tricolore américanophile maladroitement déguisé. Voilà un autre symbolisme parasitaire dont on n’arrive pas à se débarrasser. Lester B. Pearson découvre à ses dépends qu’un drapeau, c’est un rectangle aux symboles et que, quand on prétend évacuer les symbolismes par la porte, en un tel espace, ils rentrent par la fenêtre, spontanés, vernaculaires, réinvestis, incontrôlés, parasitaires. Personne ne voudra du Pearson Pennant. Les seuls qui lui réservent un accueil relativement favorable sont les Québécois. Ils tapent sur les cuisses de leur premier ministre anglo-canadien et se félicitent de le voir enfin retirer l’Union Jack du drapeau fédéral. Les Québécois ricaneurs, goguenards et contents, c’est pas nécessairement les meilleurs alliés pour convaincre le ROC (rest of Canada, soit le Canada anglais) d’une idée, quelle qu’elle soit. Mais en tout cas, l’apparition de la maquette du drapeau du premier ministre vient de faire abruptement passer son petit problème international au plan national. Les Québécois n’accepteront plus l’Union Jack sur le drapeau du Canada. Et dans leur cas aussi, le temps commence à sérieusement presser. C’est que le Québec aussi connaît —d’autre part— sa cuisante phase de décolonisation. Les attentats terroristes du FLQ se multiplient et, bon, tous les efforts (même les plus symboliques et les plus dérisoires) doivent désormais être fait pour que le Québec se retrouve des pulsions d’identification à l’ensemble canadien, si tant est. Aussi, sur le drapeau comme sur tout le reste, la boîte de Pandore est maintenant ouverte. Le Grand Débat du Drapeau du Canada est déclenché. Et les positions vont vite se polariser.

Cette question, un peu pinailleuse, de la couleur bleu sur le drapeau sera l’astuce argumentative qu’utilisera John Matheson pour s’objecter insidieusement et diplomatiquement au projet de drapeau de son chef et premier ministre. C’est alors que Matheson produira sa fameuse phrase historique: Blue is not an official canadian color (eh oui, on a les phrases historiques qu’on a). Cette réactivation de la question des couleurs officielles canadiennes par Matheson pour canaliser et légitimer l’hésitation libérale de 1963-1964 sur le Pearson Pennant mérite qu’on s’y arrête. Il faut, pour ce faire, reculer un peu dans le temps. En 1921, il n’y a pas de problème de drapeau au Canada. Le drapeau (putatif) du Canada, c’est le Red Ensign et personne ne s’objecte. D’ailleurs dans trois ans (en 1924), ledit Red Ensign obtiendra le statut de drapeau quasi-officiel, vu qu’il ne flottera plus seulement sur les navires et véhicules militaires mais aussi sur les édifices gouvernementaux fédéraux. Il n’y a pas encore de problème de drapeau au Canada, dans l’entre-deux-guerres, donc. Par contre, et indépendamment de la question vexillologique, en 1921, se manifeste soudain le besoin de couleurs officielles pour le Canada. Il faut effectivement des couleurs nationales stabilisées pour les bandes de parchemins, les rubans et les pourtours de médailles, les uniformes protocolaires, même les murs et cloisons de certains intérieurs officiels. Le Canada recherche ses couleurs officielles. Là, le roi va s’en mêler. Le roi d’alors, c’est George V (le grand-père d’Elizabeth II). George V (1865-1936), c’est peut-être le dernier vrai roi de l’Empire Britannique. Il s’occupe de tout, fourre son nez dans tout, s’intéresse à tout ce qui se tambouille jusqu’aux confins de l’empire. Il aborde toutes les questions, est au four et au moulin, se lève à cinq heure du matin tous les jours pour s’asseoir à son bureau et fricoter ses bébelles impériales. Il fourre son nez et sa grosse barbe dans toutes les affaires de son vaste monde sur lequel le soleil ne se couche jamais. Intelligent, vif, matois, touche-à-tout doué, chafouin, hyperactif, sémillant, hypervitaminé, c’est une sorte de roi-Sarkozy. Alors, la question des couleurs officielles de son grand dominion nordique des Amériques se retrouve éventuellement sur son bureau et il la règle ainsi. Qu’est-ce que le Canada? Le Canada c’est la rencontre calme et rassérénée des deux plus grandes cultures politiques et historiques d’Europe en terre américaine: la Culture Anglaise et la Culture Française. Les couleurs officielles du Canada seront donc l’union constante et indissoluble des couleurs anglaises (entendre: couleurs de la monarchie anglaise) et des couleurs françaises (entendre: couleurs de la monarchie française, hein, pas celles du peuple français ou de sa république). Comme le roi est un roi, il pense et visualise les couleurs depuis le fond de son petit bocal monarchique. La couleur officielle anglaise c’est le rouge. En effet, depuis plusieurs siècles, la couleur des rois d’Angleterre est le pourpre vif. C’est pour cela que les salles sénatoriales et autres House of Lords sont des Salons rouges. On raconte d’ailleurs qu’au Moyen-Âge, la teinture rouge était rare et chère. Les rois anglais en décoraient donc les murs de leurs salles publiques pour faire sentir leur puissance à leurs vassaux, un peu comme avec de l’hermine ou de l’or. La couleur officielle française, pour sa part, c’est le blanc. En effet, la couleur du drapeau des rois Bourbons est le blanc uni, sans aucun motif. La seule couleur française visible aux yeux royaux de George V ce sera donc le blanc. Les couleurs officielles du Canada seront donc le rouge et le blanc, ensemble, unis mais distincts. Quand, quelques quarante ans plus tard, John Matheson agitera cette marotte des couleurs officielles du Canada et l’appliquera, pour la toute première fois, à la question spécifique du drapeau, cette sémiologie des origines anglaise et française des deux couleurs officielles se sera un petit peu obscurcie. Le blanc et le rouge ensemble sont désormais perçus comme fondamentalement et indissolublement canadiens. Pas le bleu. De fait, pour bien montrer que le blanc (français) et le rouge (anglais) ont perdu dès 1963-64 la valeur sémiologique que leur avait assigné le roi en 1921, intéressons nous brièvement à une des nombreuses maquettes de drapeau canadien qui ne fut pas retenue.

maquette de drapeau des Native Sons of Canada

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Cette maquette, soumise en 1963-64 par les Native Sons of Canada, en est une qui, justement, sémiologise très ouvertement les couleurs officielles du Canada, dans l’encodage qu’en avait fait initialement le roi, en 1921. Si on lit, de gauche à droite comme un texte, la narration que cette maquette produit, elle est particulièrement limpide. Les Français (blanc, avant mais en dessous) apparaissent en premier et les Anglais (rouge, après mais au dessus) arrivent ensuite et prennent place. Malgré cette situation historique de domination, les droits des deux peuples fondateurs sont égaux (symétrie en volume de la répartition des deux couleurs répondant, malgré la démographie, à la hiérarchie temporelle et spatiale de leur disposition). La feuille d’érable, qui est rouge (ceci NB), est centrale. Elle verrouille le lien entre le blanc français et le rouge anglais et elle suture l’unité canadienne. Cette maquette ne fut pas retenue pour des raisons vexillologiques (feuille d’érable à demi rouge sur rouge et donc très difficilement discernable quand le drapeau flotte) mais aussi sémiologiques (obscurcissement de l’analyse initiale de George V sur la sémiologie biculturelle des couleurs officielles). Cette maquette aurait été vexillologiquement et sémiologiquement indiscernable. Les couleurs officielles ne symbolisent plus vraiment les deux peuples fondateurs. Elles valent désormais strictement pour le Canada lui-même. And blue is not an official canadian color.

Nous revoici donc en 1963-64 et les positions continuent de se polariser, sur la question du drapeau. Le problème, de plus en plus passionnel, a maintenant une ampleur nationale et il faudrait maintenant arriver à le résoudre alors que, de fait, il s’enlise. D’un côté, on a les Libéraux du Comité du Drapeau qui défendent, mollement et sans joie, le choix de leur chef et premier ministre. De l’autre, les Conservateurs du Comité du Drapeau vont se cabrer encore plus fort dans la réaction. Comme il semble qu’il faille se résigner à reléguer le Red Ensign, les réacs vont formuler plus fermement leur choix de drapeau. Nous sommes britanniques, nous sommes impérialistes (au sens technique du terme, des suppôts revendiqués de l’Empire Britannique), nous sommes une colonie. Nous proposons donc de prendre lUnion Jack en quartier, de l’étirer, et de l’étendre à tout le drapeau. Le drapeau du Canada sera le drapeau du Royaume-Uni. Poils aux sourcils. L’Algérie c’est la France, mes estis. Lester B. Pearson se pogne la tête. C’est là le contraire diamétral de ce qu’il recherchait. Le Comité du Drapeau est coincé. Projet 1: le Pearson Pennant défendu sans ardeur par les Libéraux. Projet 2: l’Union Jack plein défendu farouchement par les Conservateurs. We’re stuck. Et rien ne bouge. Et le temps passe.

C’est alors que va se manifester une sorte de personnage providentiel. Et, bien souvent, au Canada, les personnages providentiels, se nomment Stanley. C’est pas pour rien que la toute consensuelle coupe de hockey sur glace s’appelle la Coupe Stanley. Ici notre lutin salvateur de service, ce sera donc un certain George Stanley (1907-2002). Il contacte John Matheson et, en substance, il lui dit: Johnny, I’ve got your flag! (ceci est évidemment un tour apocryphe. Stanley a, en fait, écrit à Matheson une lettre très officielle et très formelle de quatre pages). George Stanley était alors doyen de faculté aux très réac et très pompeux Collège Royal Militaire du Canada de Kingston (Ontario). C’est un historien militaire, un peu vexillologue, un peu gars d’héraldique… mais surtout, ce monsieur est un conservateur indubitable. Si quelqu’un peut apprivoiser les réacs canadiens et les amener en douce à opter pour un nouveau drapeau, c’est lui. D’ailleurs ce collège militaire où il est doyen de faculté est une institution parfaitement honorable. C’est un peu le petit West Point du nord. C’est une institution bien réac et bien ronron. Tous les conservateurs, galonnés, culottes de peaux et autres bellicolâtres sont passés par là, sont des anciens de cette institution là, ou rêvent de l’être ou de l’avoir été. Le prestige symbolique du Collège Royal Militaire du Canada de Kingston ne pourra pas être contesté ou contestable par tout ce qui grouille de conservateurs et de nostalgiques impériaux au Canada. Stanley et Matheson se rencontrent à Kingston en 1964 et Stanley montre à Matheson, le fanion du Collège Royal Militaire du Canada, nommément l’horreur suivante:

fanion du Collège Royal Militaire du Canada

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Délicatement déposé sur un bâton de canne de bonbon nouant intimement les deux couleurs officielles du Canada, un bras d’armure tient solidement et irréversiblement une touffe de feuilles d’érables canadiennes (encore largement perçues comme canadiennes-françaises) sous la couronne impériale britannique. Avec un tel fanion, le Collège Royal Militaire du Canada formule explicitement son rôle et sa fonction qui est celui d’instruire les galonnés sourcilleux chargés d’occuper le Canada et de le maintenir fermement dans le giron de l’empire. Redisons-le, l’institution dont cet étendard est le fanion est une institution parfaitement indubitable et irréfutable. Tandis que John Matheson blêmit, George Stanley lui explique l’astuce qu’il couve. Pour que les réacs canadiens lâchent l’Union Jack une bonne fois, il faut leur donner, en compensation émotionnelle et idéologique, un solide fond de drapeau sécurisant, issu d’une institution irréprochable. Ce fond de drapeau, il est ici, à Kingston. Bande de mât rouge, pal (c’est-à-dire bande verticale centrale du drapeau) blanc, bande de battant rouge, illustration encadrée, au centre. Votre problème de bleu est réglé dans le mouvement, et nos réacs sont rassérénés car le fond de drapeau provient d’un des fleurons sûrs de notre glorieuse histoire militaire. Et ensuite, sur ce fond de drapeau bichrome, rassurant pour les réacs, on procède au fameux dépouillement des symboles tant revendiqué par le premier ministre. On y parviendra en rapprochant prudemment l’illustration du pal de ce que le bon Pearson propose dans son fanion. Compromis. Matheson se dit alors que le coup est peut-être jouable. Il contacte le premier ministre et un ping-pong s’instaure, entre Kingston et Ottawa. Lester B. Pearson en profite pour faire éliminer les symbolismes parasitaires qui le turlupinent depuis un moment —sous la pression assez vociférante du public— dans sa propre maquette. Il admet la disparition du bleu, fait remplacer le trifolié par un unifolié (au diable cette complication infinie et hasardeuse de trois peuples fondateurs avec un des trois dominant les deux autres — les canadiens sont un peuple unique, point), et surtout il insiste bien pour que les autres symboles coloniaux du fanion du Collège Royal Militaire du Canada, notamment la couronne impériale, soient soigneusement retirés de la maquette finale. Stanley procède à tous les rajustements, dans le cadre de son concept de départ. On en arrive donc à une troisième proposition à soumettre au comité, un unifolié bichrome, dont la feuille d’érable sucrière (Acer saccharum) était initialement plus figurative. C’est donc finalement George Stanley qui est crédité, par l’Histoire, de la conception de l’unifolié canadien définitif.

le vieil unifolié (le fanion de Stanley)

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Matheson va ensuite produire l’unanimité de son comité sur ce troisième choix, contre les deux autres choix. Ce sera une unanimité fabriquée de toutes pièces, mise en place en faisant croire à un côté du comité que l’option trois permettra de battre l’autre côté du comité en nullifiant ses priorités. Aux réacs, on fait valoir qu’ils écrabouillent le chiffon tricolore du premier ministre en mobilisant la force conservatrice, monarchiste et fiable du fanion militariste du Collège Royal Militaire du Canada. Aux libéraux et progressistes, on fait valoir que l’on se retrouve avec un Fanion de Pearson amélioré, dépouillé, débarrassé de ses symbolismes impropres et parasitaires… et surtout le saudit Union Jack est enfin bazardé. Des deux choix, on prend… le troisième. Et l’unanimité du comité parlementaire —cette unanimité armée, chamarrée d’astuces et de jeux de coulisses— se fait donc sur l’Unifolié. En voici la version moderne (feuille d’érable plus stylisée, pour une meilleure visibilité quand le drapeau flotte).

l’unifolié moderne (drapeau du Canada actuel)

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Le problème n’est pas tout de suite résolu. John Diefenbaker, chef conservateur de l’opposition, va fustiger ses membres du Comité du Drapeau. Il va leur faire valoir qu’ils se sont fait avoir, que l’Union Jack est tombée, qu’ils se sont fait fourguer une version à peine atténuée de l’étiquette de sirop d’érable à Pearson. La bataille va donc reprendre de plus belle, à la Chambre des Communes. Après une procédure d’Obstruction Systématique des Conservateurs et 250 discours souvent rageurs, le drapeau sera voté à la majorité simple de la chambre, les Libéraux et les Néo-démocrates ayant voté ensemble. Il est hissé le 15 février 1965. Les canadiens l’adoptent très vite. Ils étaient prêts, eux aussi, pour leur petite décolonisation, au moins dans les signes.

Le Red Ensign n’est pas parti se cacher dans les musées pour autant. Deux provinces canadiennes anglaises, l’Ontario et le Manitoba, se sont rebiffées de voir disparaître le glorieux étendard du premier Canada. Plus tard dans l’année 1965, ces deux provinces canadiennes ont donc activé l’usine à saucisses vexillologique à leur tour et se sont chacune données un Red Ensign comme drapeau provincial. Avec écusson de l’Ontario dans le battant du Red Ensign de l’Ontario et avec écusson du Manitoba dans le battant du Red Ensign du Manitoba. Ainsi va ce qui va. Ces deux drapeaux flottent encore aujourd’hui sur ces deux parlements provinciaux.

drapeau de l’Ontario
drapeau du Manitoba

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Que dire aujourd’hui, deux générations plus tard. Eh bien, l’esprit de Lester B. Pearson flotte toujours un petit peu tout de même, dans les replis du drapeau canadien actuel. Quand on le regarde flotter, dans la brume ou dans la boucane de nos trop nombreuses guéguerres locales, on a vaguement l’impression de discerner une sorte de drapeau de la Croix rouge, gentil, modeste, impartial et hiératique, en réminiscence des priorités de paix internationale et de neutralité qui présidèrent à son émergence. Le drapeau du Canada est solidement distinctif et il est aussi bel et bien exempt de symboles héraldiques vieillots. En cela, il vieillit bien (ses origines militaires kingstoniennes, astuce de départ pour atteindre une cause plus haute, tombent doucement dans l’oubli). Là aussi, Lester B. Pearson a gagné son pari.

Mais la victoire n’est pas intégrale. La première version de l’Unifolié (Le Fanion de Stanley) valorisait spécifiquement l’érable sucrière (Acer saccharum). Or cet érable ne poussait effectivement, en 1965, que dans deux des dix provinces canadiennes, l’Ontario et le Québec, berceaux historiques du Canada. Il y eut donc alors des voix pour dire que le vieux colonialisme impérial avait été remplacé par un second colonialisme, plus insidieux, celui de l’est du pays sur l’ouest du pays. Depuis que la feuille d’érable est stylisée, elle symbolise n’importe quel érable de n’importe quelle essence. Et, priorité du symbolisme national oblige, dans le dernier demi-siècle, différentes essences d’érables ont été pieusement importées et implantées au Canada, terre d’immigration même pour les érables! Tant et tant qu’il y a maintenant, dans tout ce vaste pays, au moins une douzaine d’essences érablières distinctes et il pousse des érables d’une espèce ou d’une autre dans les dix provinces canadiennes. Mais les trois territoires, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, et le Nunavut, n’ont pas d’érables et ne pourront probablement jamais en avoir. En effet, dans ces espaces titanesques, c’est la toundra, c’est le pergélisol, c’est la banquise, c’est le troisième océan canadien, l’Océan Arctique. Et il flotte, sur ces espaces infinis et purs, un drapeau bien intentionné mais qui symbolise désormais un petit peu un troisième colonialisme canadien, celui de son sud prospère et urbain sur son grand nord aborigène, sous-développé, désertique, fragile, immémorial et mystérieux.

Non, Lester B. Pearson et tous les progressistes ronron qui luttèrent à ses côtés pour décoloniser notre sémiologie fédérale ne l’emportèrent pas complètement. Mais quel joli bouquet philosophique nous ont-ils laissé en héritage attendrissant de leur si dérisoire mais si louable effort de définition collective de soi.

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Par H16 Il est maintenant clair, après cinq longues années d’un premier mandat d’Emmanuel Macron essentiellement placé sous le signe du moquage de visage olympique, que rien ne se passe jamais comme prévu, mais, malgré tout, s’il y a un domaine où la France est bien « En Marche », c’est celui du puçage de chaque petit composant de sa société, des […]

Le conflit en Ukraine se radicalise

Par : Volti
Par Erwan Castel pour Alawata-rebellion Parallèlement à la deuxième phase opérationnelle des « opérations militaires spéciales » russes en Ukraine engagée en avril en donnant priorité au contrôle total du Donbass, les pays de l’OTAN ont radicalement intensifié leurs aides militaires lourdes aux forces ukrainiennes, obligeant Moscou a lancé un avertissement diplomatique fort aux occidentaux et le lieutenant-général Alexandre Dvornikov a intensifier également les campagnes de bombardements […]

En période de propagande de guerre, lisez Michel COLLON (Investig’Action), tous les jours, pour bien détecter les média-mensonges

Bonjour.

Michel Collon est, selon moi, un des meilleurs résistants à la propagande de guerre.

Son site, Investig’Action, sa chaîne Youtube Investig’Action, et les innombrables livres d’intérêt général qu’il édite depuis des décennies, sont de véritables services publics, et l’on devrait apprendre à s’en servir quotidiennement dans les écoles du monde entier.


Investig’Action, l’outil essentiel de Michel Collon pour aider à la paix dans le monde

Aujourd’hui, alors que tous les « médias de grand chemin » (expression de Slobodan Despot) nous construisent un nouveau monstre abominable (ici, Poutine et les Russes) pour nous conduire à accepter (et même à souhaiter !) la guerre ouverte qui va être lancée contre la Russie, il est de la première urgence de consulter tous les jours les vidéos et les textes publiés par Michel. Je reproduis ci-dessous, quelques vidéos que j’ai trouvées particulièrement utiles depuis le début de cette « crise ukrainienne » (et j’en ajouterai d’autres dans les commentaires de ce billet) :

Michel Collon avec Annie Lacroix-Riz [passionnante] : USA-Ukraine, la relation secrète :


Le médiamensonge du jour – Boutcha: Que s’est-il vraiment passé ?


Théâtre de Marioupol : une mise en scène ? – Le MédiaMensonge du jour :


Faut-il détester les Russes ? Michel Collon avec Jacques Baud :

On trouve d’autres excellentes interventions, pondérées, raisonnables, savantes, de Jacques Baud sur le net ; je les signalerai en commentaires de ce billet.


Etc. (La liste est longue.)

Parmi les livres, il est difficile de choisir, mais il en est un qui est à la fois bouleversant, très dense et facile à lire : il s’intitule « USA, Les cent pires citations » et il récapitule des aveux incroyables et très importants des pires criminels sur terre, à connaître et à faire connaître (et à enseigner à l’école, je crois). Je vous copie ici la fiche du livre :

2022 04 16 13 01 36 USA Les cent pires citations InvestigAction boutique

J’ai aussi beaucoup appris avec les livres suivants (cliquer pour consulter) :

Le site de Michel est une mine insondable d’informations de la première importance. Je vous conseille de vous y abonner, pour recevoir à temps toutes les notifications utiles, et aussi de l’aider, autant que possible, car cet immense travail demande évidemment de l’argent, et nous-seuls pouvons aider ce vrai journaliste : https://dons.michelcollon.info/fr

Bonne lecture.

Étienne.


 

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[Important] L’analyse d’Olivier Berruyer (ELUCID, les-crises.fr) sur le PREMIER TOUR et sur la scandaleuse « réforme » des RETRAITES annoncée par Macron

SONDAGES BIDONS, FRACTURES FRANÇAISES… : OLIVIER BERRUYER DÉCORTIQUE LE PREMIER TOUR :


MACRON RÉÉLU ? RETRAITES : LA BOMBE NUCLÉAIRE QU’IL NOUS PRÉPARE :


 

Le travail d’Olivier depuis 10 ans est simplement admirable.

Son site les-crises.fr est une référence que je consulte tous les jours. Ses ressources sur l’Ukraine, par exemple, sont d’utilité publique.

Son nouveau site ELUCID est encore mieux : des fiches de lecture des meilleurs livres, des articles approfondis avec un point de vue indépendant des médias de grand chemin, des graphes exclusifs et importants pour comprendre l’essentiel, des vidéos longues et soignées, des invités remarquables, une présentation professionnelle, un moteur de recherche efficace… Quel boulot !

2022 04 16 09 01 21 2022 recomposee pour redimensionner le premier bloc non redimensionnable.docx

La chaîne Youtube ELUCID regroupe ses vidéos.

Je vous en reparlerai.

Si on veut des médias indépendants, il faut les aider en s’abonnant.

Compter sur le système de domination pour nous informer correctement est complètement irréaliste : la fonction première d’un citoyen digne de ce nom est la VIGILANCE par rapport à tous les pouvoirs : chercher leurs intrigues opiniâtrement et les dénoncer courageusement. La confiance dans les pouvoirs (quels qu’ils soient) est une grave négligence, une faute politique de première grandeur, le chemin garanti vers une cruelle servitude, pour nous et pour nos enfants.

Étienne.

 


 
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[Important] L’analyse d’Olivier @OBerruyer (ELUCID, les crises) sur le PREMIER TOUR et sur la scandaleuse “réforme” des RETRAITES annoncée par Macron : https://t.co/UFhg9c4pKv

— Étienne Chouard (@Etienne_Chouard) April 16, 2022


 


 
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