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Dégringolade de l’économie et du niveau de vie en Europe

Par : jmarti

Par Oriental Review − Le 19 septembre 2022 − Source Oriental Review

Les stupides sanctions prises contre la Russie ont mis en lumière les problèmes les plus saillants de l’Europe, qui est en train de perdre sa puissance économique à toute vitesse. Le nombre d’entreprises sur le point de déposer le bilan est colossal. Un afflux de migrants en provenance d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Ukraine exige des dotations budgétaires toujours croissantes. On dépense également beaucoup d’argent à soutenir le régime de Kiev. Conséquence de tout cela, les économies d’Europe se dégradent, et le niveau de vie dégringole.

Des entreprises au bord de la faillite

En Grande-Bretagne, 60 % des entreprises sont au bord de la faillite en raison des prix de l’électricité. C’est le groupe d’analyse Make UK, qui représente les intérêts de l’industrie britannique, qui donne ce chiffre. 13 % des usines britanniques ont réduit leurs horaires d’embauche, et 7% connaissent une fermeture temporaire. Les factures d’électricité ont connu une croissance de plus de 100 % par rapport à l’année passée.

En Allemagne, si l’on s’en tient aux chiffres du Leibniz Institute for Economic Research, le nombre d’entreprises et de personnes ayant déclaré une faillite au seul mois d’août a augmenté de 26% par rapport au chiffre de l’an dernier. Cet accroissement est significativement plus important qu’anticipé par les analystes. Selon les experts, au cours de l’automne, le nombre de faillites ne va faire que croître. Ceci se produit en lien avec l’accroissement des coûts des processus de production, en particulier avec l’augmentation des prix de l’énergie.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a reconnu que de nombreux Allemands sont confrontés à des prix qui augmentent sur le carburant et les denrées alimentaires. La plupart des pays d’Europe connaissent une situation similaire. Mais les autorités sacrifient la qualité de vie de leurs peuples pour continuer d’exercer des pressions sur la Russie.

La crise ne fait que commencer

Dans le même temps, de nombreux experts croient que la fermeture du Nord Stream va provoquer la pire crise énergétique d’Europe depuis des décennies.

Manuela Schwesig, premier ministre de Mecklenburg-Vorpommern, et Markus Söder, premier ministre de Bavière, visitent un site qui va alimenter un réseau de gazoducs déjà existant en gaz naturel à Lubmin, Allemagne, le 30 août 2022

Ces circonstances ont déjà provoqué une forte augmentation des prix des ressources énergétiques sur le marché européen. En résultat, les factures énergétiques des foyers européens ont augmenté. Selon des analystes de Goldman Sachs, le coût cumulé de l’énergie va connaître un pic début 2023, jusqu’à atteindre les 2 000 milliards d’euros. Il a également entraîné à une dépréciation record de la monnaie européenne par rapport aux 20 dernières années.

L’augmentation du coût du gaz, du chauffage et de l’électricité produit un effet néfaste sur le niveau de vie des peuples. Mais un problème plus dangereux encore réside dans la chute de compétitivité des produits européens qui sont produits suivant les nouveaux coûts énergétiques. Les produits européens deviennent non-compétitifs sur le marché mondial : leur prix augmente fortement à cause du coût de l’électricité et du gaz.

Les tentatives menées par les dirigeants de l’UE d’introduire un plafond sur les prix de l’énergie en provenance de Russie ont totalement échoué.

« L’Europe récole ce qu’elle sème »

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que les pays européens ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes au sujet des problèmes qu’ils auront à affronter l’hiver prochain suite à la diminution des livraisons de gaz russe. Pour reprendre ses termes, « l’Europe récolte ce qu’elle sème », alors que la Turquie « n’a aucun problème de fourniture de gaz ».

La crise en Europe est la résultante d’erreurs politiques. D’un côté, les sanctions contre la Russie ne profitent qu’aux États-Unis. Et de l’autre côté, l’imposition d’une économie post-hydrocarbures sur les Européens a prouvé son ineptie.

En résultat, les prix de l’énergie en Asie et en Amérique Latine sont aujourd’hui beaucoup plus faibles. Tout comme les salaires des travailleurs. En d’autres termes, les produits européens sont devenus totalement non-concurrentiels. Et nous constatons une diminution de la distribution de ces produits sur les marchés. Par conséquence, l’économie européenne a commencé à plongé dans la récession. En particulier, Christian Sewing, directeur général de la Deutsche Bank, a affirmé le 7 septembre que l’Allemagne n’est plus en mesure d’éviter une récession. Elle achète d’ores et déjà nettement moins de matières premières auprès de fournisseurs majeurs tels que le Brésil, l’Argentine ou les États-Unis.

L’Economist Intelligence Unit, un groupe de réflexion britannique, prédit que la croissance du PIB pour 2023 sera de : 5.3% en Chine, 5.1% en Inde, 1.2% aux États-Unis, 0.3% en France, 0.3% au Brésil. Et elle sera négative dans divers pays : -0.6% au Royaume-Uni, -1% en Allemagne, et -1.3% en Italie.

La pauvreté approche

La prochaine conséquence logique sera une série de fermetures en masse d’unités de production et un accroissement du chômage. Les entreprises technologiques européennes sont d’ores et déjà en train de réduire le nombre de postes d’ingénierie bien payés. Au mois de septembre, Siemens, le fabricant allemand d’éoliennes a annoncé son intention de réduire le nombre de ses salariés de 1500 personnes.

Dès lors, la montée du chômage va provoquer une chute du niveau de vie et une charge additionnelle sur les budgets gouvernementaux, au fur et à mesure que la lutte contre la pauvreté exigera de nouvelles dépenses sociales.

Les économies européennes survivent grâce à des stimuli. Mais cela aggrave l’inflation. Mark Rutte, le premier ministre hollandais, a déclaré : « On ne peut pas aider tout le monde, alors que nous autres, en Occident, allons devenir un peu plus pauvres en raison du haut niveau d’inflation, et des coûts élevés de l’énergie. »

Les migrants provoquent la ruine des budgets

Dans le même temps, la crise de l’énergie et les problèmes de production ont été aggravés par les politiques migratoires qui exigent d’autres injections budgétaires dans la sphère sociale.

L’afflux de migrants dans les pays européens au cours des deux dernières décennies est resté sous la barre du million de personnes par an. Mais l’an dernier, 1,3 millions de gens ont immigré en Europe, et cette année, on en compte déjà 1,8 millions. Il faut prendre en compte le fait que certains immigrés entrent illégalement en Europe et ne sont pas comptabilisés. Il s’agit surtout de ressortissants somaliens, nigérians, gambiens, iraniens, pakistanais, maliens, afghans, érythréens et syriens.

En outre plus de dix millions de personnes ont quitté l’Ukraine depuis la fin du mois de février. Parmi celles-ci, au moins 6 millions de gens restent dans des pays européens, dont 3,7 millions ont déjà reçu le statut de réfugiés. Le coût moyen par migrant ukrainien s’établit à 7000 euros par an. Même sans les Ukrainiens, l’Allemagne dépense à elle-seule 25 à 55 milliards d’euros par an sur l’aide aux réfugiés.

L’économie européenne pouvait se permettre de payer ces dépenses colossales avant la crise énergétique [Pas sûr que les populations rurales pauvres de France soient tout à fait d’accord avec cette affirmation, NdSF]. Mais désormais, la situation est telle que les dépenses ne font que croître, pendant que les revenus sont en chute libre.

Suite aux factures d’électricité et de chauffage catastrophiques, la population européenne est confrontée au chômage de masse, suivi par un déclin du soutien social apporté par les États. De tels processus ne peuvent que mener à un déclin du niveau de vie [et à de profonds remous sociaux, NdSF]

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

L’avenir de l’UE est à nouveau incertain

par Philippe Rosenthal. Dans le contexte des événements autour de l'Ukraine, les contours d'un nouvel ordre mondial se dessinent. À cet égard, les différends sur les moyens de poursuivre le développement politique et socio-économique, sur les perspectives de devenir un pôle autonome d'influence internationale s'intensifient dans l'UE.

La Hongrie est désormais le seul État de l’UE à recevoir encore du gaz russe

La semaine dernière, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a appelé à la fin des sanctions russes d’ici la fin de l’année afin d’enrayer l’inflation, de réduire de moitié les prix des denrées alimentaires et de maîtriser la flambée des coûts énergétiques.

L’effondrement des économies européennes commence par la Grande-Bretagne

par Philip Pilkington. L’effondrement de la Grande-Bretagne a été déclenché par la publication du budget du nouveau gouvernement vendredi 23 septembre. Le budget était ridicule – un paquet expansionniste dans une économie avec une inflation élevée et un énorme déficit commercial – et il a déclenché une vente sur le marché des gilts (titres de créance négociables émis par le Royaume-Uni), qui s’est rapidement étendue au marché de la livre sterling.

Virage à droite en Italie : La forteresse Europe assume et s’affirme

par Chems Eddine Chitour. L’idéal de la société ouverte et multiculturelle de l’Europe est une vue de l’esprit. L’individualisme a conduit les Européens au nationalisme et à la xénophobie, accélérant ainsi la désintégration culturelle. Dans ce climat, tout ce qui est nouveau allogène est diabolisé. Le conservatisme triomphe. La doxa occidentale a perdu son « magister moral ».

Finalement, le crash financier attendu est à nos portes

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 3 octobre 2022

Lorsque deux analystes économiques et financiers expérimentés, qui avaient tous deux correctement prédit la crise des produits dérivés de 2008, mettent à nouveau en garde contre un krach imminent, il vaut mieux les écouter.

Aujourd’hui, Yves Smith de Naked Capitalism écrit sur la crise financière désormais inévitable :

Depuis des mois, je suis convaincu que l’Europe va subir une crise financière et une dépression, c’est-à-dire une catastrophe de l’économie réelle accompagnée d’un krach boursier. Elle ne sera peut-être pas aussi grave et durable que celle de 1929, mais son ampleur signifiera qu’il n’y aura pas de rebondissement rapide comme en 1987, ni comme la crise des produits dérivés en 2008, concentrée au cœur du système bancaire. Même si cette crise a ressemblé à une expérience financière proche de la mort, les mêmes facteurs qui l’ont rendue plus aiguë à bien des égards ont également permis aux autorités d’identifier et de consolider plus facilement les institutions clés qui ont été touchées sous la ligne de flottaison.

La version courte de ce qui suit est que les choses semblent encore pires maintenant, et sur plusieurs fronts.

Nous examinerons ci-dessous la crise de l’économie réelle qui s’accélère rapidement et qui est exacerbée par le serrage de vis des banques centrales, qui constitue pratiquement la seule ligne de défense contre l’inflation, laquelle est presque entièrement le résultat d’un choc d’offre à plusieurs facettes. Inutile de dire que le fait que la Fed augmente ses taux d’intérêt (ce que Bernanke a reconnu comme nécessaire en 2014 pour maîtriser les prix des actifs en ébullition, mais il a ensuite perdu son sang-froid) n’aide en rien pour obtenir davantage de puces de la Chine ou pour guérir comme par magie les employés atteints de Covid afin qu’ils puissent se présenter au travail. Mais cela va frapper toutes sortes de spéculateurs et de sociétés financières qui ont mal géré leurs positions sur les taux d’intérêt.

Il semble également évident que les États-Unis seront entraînés dans le maelström, peut-être pas aussi loin, mais la contagion, les dépendances de la chaîne d’approvisionnement et l’importance de l’Europe en tant que client garantissent que les États-Unis souffriront également.

Le deuxième avertissement vient du « Dr. Doom » Nouriel Roubini :

Certains signes indiquent qu’une crise de la dette est en train de se former et que l’économie se dirige vers un atterrissage brutal, selon Nouriel Roubini.

Roubini a prédit une profonde récession et une chute de 40 % du marché boursier d’ici la fin de l’année.

Il a averti qu’un large éventail de chocs aura des effets désastreux sur les économies mondiales.

Certains signes indiquent qu’une crise de la dette a déjà commencé à prendre forme, et un atterrissage brutal de l’économie avant la fin de l’année est désormais le scénario de base, selon l’économiste de renom Nouriel Roubini.

Roubini, qui a gagné le surnom de « Dr. Doom » pour ses vues pessimistes sur les marchés et l’économie, met en garde contre une crise imminente de la dette et de l’inflation depuis environ un an. Auparavant, il avait prédit qu’elle conduirait à une récession de type Frankenstein d’ici à la fin de 2022, mélangeant les pires aspects de la stagflation des années 1970 et de la crise financière de 2008.

Et les signes de cet effondrement financier sont finalement en train d’apparaître, a déclaré Roubini, qui a fait référence à un atterrissage brutal comme scénario de base dans une tribune publiée lundi par Project Syndicate.

« Les signes de tension sur les marchés de la dette se multiplient… la crise est là« , a déclaré M. Roubini, faisant référence aux récentes mesures prises par les banques centrales pour endiguer la volatilité des marchés.

Le titre de l’article de de Roubini dans le Project Syndicate donne le ton : La crise stagflationniste de la dette est là.

Son argument est presque similaire à celui d’Yves :

NEW YORK – Depuis un an, je soutiens que la hausse de l’inflation sera persistante, que ses causes incluent non seulement de mauvaises politiques mais aussi des chocs d’offre négatifs, et que la tentative des banques centrales de la combattre provoquera un atterrissage économique brutal. Lorsque la récession arrivera, j’ai prévenu qu’elle serait grave et prolongée, avec une détresse financière et des crises de la dette généralisées. En dépit de leurs propos belliqueux, les banques centrales, prises au piège de la dette, pourraient encore se dégonfler et se contenter d’une inflation supérieure à la cible. Tout portefeuille d’actions risquées et d’obligations à revenu fixe moins risquées perdra de l’argent sur les obligations, en raison de la hausse de l’inflation et des anticipations d’inflation.

Tout le monde reconnaît désormais que ces chocs d’offre négatifs persistants ont contribué à l’inflation, et la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale américaine ont commencé à admettre qu’un atterrissage en douceur sera extrêmement difficile à réaliser. Le président de la Fed, Jerome Powell, parle désormais d’un « atterrissage en douceur » avec au moins « un peu de douleur« . Pendant ce temps, un scénario d’atterrissage brutal devient le consensus parmi les analystes de marché, les économistes et les investisseurs.

Il est beaucoup plus difficile de réaliser un atterrissage en douceur dans des conditions de chocs d’offre négatifs stagflationnistes que lorsque l’économie est en surchauffe en raison d’une demande excessive.

Les banques centrales ont mal diagnostiqué la raison des taux d’inflation élevés actuels. Ils ont été provoqués non seulement par une stimulation trop forte de la part des gouvernements et des banques centrales, mais aussi, dans une large mesure, par un manque d’approvisionnement, conséquence de la pandémie et des sanctions « occidentales » qui ont suivi la guerre en Ukraine. En augmentant les taux d’intérêt, les banques centrales ont combattu le mauvais ennemi. Elles ont aggravé la situation :

Sommes-nous déjà en récession ? Pas encore, mais les États-Unis ont enregistré une croissance négative au premier semestre de l’année, et la plupart des indicateurs prospectifs de l’activité économique dans les économies avancées indiquent un fort ralentissement qui s’aggravera encore avec le resserrement de la politique monétaire. Un atterrissage brutal d’ici la fin de l’année devrait être considéré comme le scénario de base.

Si de nombreux autres analystes sont désormais d’accord, ils semblent penser que la récession à venir sera courte et peu profonde, alors que j’ai mis en garde contre un tel optimisme relatif, soulignant le risque d’une crise de la dette stagflationniste grave et prolongée. Et maintenant, la dernière détresse des marchés financiers – y compris les marchés obligataires et du crédit – a renforcé mon opinion selon laquelle les efforts des banques centrales pour ramener l’inflation à l’objectif fixé provoqueront un crash économique et financier.

En outre, des signes précurseurs indiquent que la Grande Modération a cédé la place à la Grande Stagflation, qui sera caractérisée par l’instabilité et la confluence de chocs d’offre négatifs au ralenti. Outre les perturbations mentionnées ci-dessus, ces chocs pourraient inclure le vieillissement de la société dans de nombreuses économies clés (un problème aggravé par les restrictions à l’immigration) ; le découplage sino-américain ; une « dépression géopolitique » et l’effondrement du multilatéralisme ; de nouvelles variantes du COVID-19 et de nouvelles épidémies, comme la variole du singe ; les conséquences de plus en plus dommageables du changement climatique ; la cyberguerre ; et les politiques fiscales visant à augmenter les salaires et le pouvoir des travailleurs.

Les actions américaines et mondiales n’ont pas encore pleinement intégré le prix d’un atterrissage dur, même léger et court. Les actions chuteront d’environ 30 % en cas de récession légère, et de 40 % ou plus en cas de crise de la dette stagflationniste grave que j’ai prédite pour l’économie mondiale. Les signes de tension sur les marchés de la dette sont de plus en plus nombreux : les spreads souverains et les taux obligataires à long terme augmentent, et les spreads des obligations à haut rendement augmentent fortement ; les marchés des prêts à effet de levier et des obligations adossées à des prêts se ferment ; les entreprises très endettées, les banques parallèles, les ménages, les gouvernements et les pays se retrouvent en situation de surendettement. La crise est là.

Il n’y a pas grand-chose que l’on puisse faire pour se protéger des conséquences de cette crise. Essayez de rester à l’abri. Ayez le moins de dettes possible. Si vous avez des dettes, il est préférable de les contracter à un taux d’intérêt fixe. Ne pariez pas sur la valeur des actifs que vous pourriez avoir.

Cette tempête sera rude et les conséquences seront graves.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Hier — 3 octobre 2022Vos flux RSS

L’Euro sans l’Allemagne

Par : Wayan

Par Michael Hudson – Le 30 septembre 2022 –  Source Naked Capitalism

La réaction au sabotage de trois des quatre gazoducs du Nord Stream 1 et 2, en quatre endroits, le lundi 26 septembre s’est concentrée sur les spéculations quant à l’identité du coupable et sur la question de savoir si l’OTAN fera une tentative sérieuse pour trouver la réponse. Pourtant, au lieu d’une panique, on a pu observer un grand soupir de soulagement diplomatique, voire le calme. La mise hors service de ces gazoducs met fin à l’incertitude et aux inquiétudes des diplomates des États-Unis et de l’OTAN qui ont failli atteindre un niveau de crise la semaine précédente, lorsque de grandes manifestations ont eu lieu en Allemagne pour demander la fin des sanctions et la mise en service de Nord Stream 2 pour résoudre la pénurie d’énergie.

Le public allemand commençait à comprendre ce que signifiait la fermeture de ses entreprises d’acier, d’engrais, de verre et de papier toilette. Ces entreprises prévoient de mettre la clé sous la porte, ou transférer leurs activités aux États-Unis, si l’Allemagne ne se retire pas des sanctions commerciales et monétaires à l’encontre de la Russie et n’autorise pas la reprise des importations de gaz et de pétrole, impliquant vraisemblablement une diminution de leur prix par rapport à leur augmentation astronomique par un facteur de huit à dix.

Pourtant, la faucon du département d’État, Victoria Nuland, avait déjà déclaré en janvier que « d’une manière ou d’une autre, le Nord Stream 2 n’avancera pas » si la Russie répond aux attaques militaires de l’OTAN et de l’Ukraine contre les oblasts orientaux russophones. Le président Biden a confirmé l’importance pour les États-Unis, le 7 février, en promettant qu' »il n’y aura plus de Nord Stream 2. Nous y mettrons fin. … Je vous le promets, nous serons en mesure de le faire« .

La plupart des observateurs ont simplement supposé que ces déclarations reflétaient le fait évident que les politiciens allemands étaient entièrement dans la poche des États-Unis et de l’OTAN. Ils ont tenu bon en refusant d’autoriser Nord Stream 2, et le Canada a rapidement saisi les dynamos Siemens nécessaires à l’acheminement du gaz par Nord Stream 1. Cela semblait régler la question jusqu’à ce que l’industrie allemande, et un nombre croissant d’électeurs, commence enfin à réaliser ce que le blocage du gaz russe signifierait pour l’entreprise industrielle allemande.

La volonté de l’Allemagne de s’auto-imposer une dépression économique a vacillé, mais pas chez ses politiciens ni la bureaucratie européenne. Si les responsables politiques allemands faisaient passer les intérêts commerciaux et le niveau de vie de l’Allemagne en premier, les sanctions communes et le nouveau front de la guerre froide de l’OTAN seraient brisés. L’Italie et la France pourraient suivre le mouvement. Ce cauchemar d’une possible indépendance diplomatique européenne rendait urgent de retirer les sanctions anti-russes des mains de la politique démocratique et de régler les choses en sabotant les deux gazoducs. Bien qu’il s’agisse d’un acte de violence, il a permis de rétablir le calme dans les relations diplomatiques internationales entre les politiciens américains et allemands.

Il n’y a plus d’incertitude quant à savoir si l’Europe se détachera ou non des objectifs de la nouvelle guerre froide menée par les États-Unis en rétablissant le commerce et les investissements mutuels avec la Russie. Cette option est désormais écartée. La menace d’une rupture de l’Europe avec les sanctions commerciales et financières des États-Unis et de l’OTAN contre la Russie a été résolue, apparemment pour un avenir prévisible, car la Russie a annoncé qu’avec la baisse de pression du gaz dans trois des quatre gazoducs, l’infusion d’eau salée corrodera irréversiblement les tuyaux. (Tagesspiegel, 28 septembre.)

Où vont l’euro et le dollar à partir de maintenant ?

En observant comment cette « solution » va remodeler la relation entre le dollar américain et l’euro, on peut comprendre pourquoi les conséquences apparemment évidentes de la rupture des liens commerciaux entre l’Allemagne, l’Italie et d’autres économies européennes et la Russie n’ont pas été discutées ouvertement. Le « débat sur les sanctions » va être résolu par un crash économique allemand, voire européen. Pour l’Europe, la prochaine décennie sera un désastre. Il y aura peut-être des récriminations contre le prix à payer pour avoir laissé sa diplomatie être dictée par l’OTAN, mais elle ne peut rien y faire. Personne ne s’attend (encore) à ce qu’elle rejoigne l’Organisation de coopération de Shanghai. Ce que l’on attend, c’est que son niveau de vie s’effondre.

Les exportations industrielles de l’Allemagne étaient le principal facteur soutenant le taux de change de l’euro. Le grand intérêt pour l’Allemagne de passer du deutsche mark à l’euro était d’éviter que son excédent d’exportations ne fasse grimper le taux de change du deutsche mark à un point tel que les produits allemands seraient hors de prix sur les marchés mondiaux. L’élargissement de la monnaie à la Grèce, l’Italie, le Portugal, l’Espagne et d’autres pays dont la balance des paiements est déficitaire empêchait la monnaie de s’envoler. Et cela protégeait la compétitivité de l’industrie allemande.

Après son introduction en 1999 à 1,12 dollar, l’euro a effectivement chuté à 0,85 dollar en juillet 2001, mais il s’est redressé et a atteint 1,58 dollar en avril 2008. Il n’a cessé de baisser depuis lors, et depuis février de cette année, les sanctions ont fait passer le taux de change de l’euro en dessous de la parité avec le dollar, pour atteindre 0,97 dollar cette semaine. Le principal facteur a été la hausse des prix du gaz et du pétrole importés, ainsi que des produits tels que l’aluminium et les engrais dont la production nécessite de lourds intrants énergétiques. Et à mesure que le taux de change de l’euro baisse par rapport au dollar, le coût du portage de sa dette en dollars américains – condition normale pour les filiales des multinationales américaines – augmentera, ce qui réduira leurs bénéfices.

Ce n’est pas le genre de dépression où les « stabilisateurs automatiques » peuvent faire fonctionner « la magie du marché » pour rétablir l’équilibre économique. La dépendance énergétique est structurelle. Et les propres règles économiques de la zone euro limitent ses déficits budgétaires à seulement 3 % du PIB. Cela empêche ses gouvernements nationaux de soutenir l’économie par des dépenses déficitaires. La hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires – et du service de la dette en dollars – laissera beaucoup moins de revenus à dépenser en biens et services.

Il semble curieux que la bourse américaine ait grimpé en flèche – 500 points pour le Dow Jones Industrial Average mercredi. Peut-être s’agissait-il simplement de l’intervention de l’Équipe de protection contre les plongeons pour tenter de rassurer le monde que tout allait bien se passer. Mais la réalité économique a pointé le bout de son nez jeudi, et la bourse a rendu ces gains fantômes.

Il est vrai que la fin de la concurrence industrielle allemande avec les États-Unis est terminée sur le plan commercial. Mais sur le plan des capitaux, la dépréciation de l’euro va réduire la valeur des investissements américains en Europe et la valeur en dollars des bénéfices que ces investissements peuvent encore rapporter à mesure que l’économie européenne se contracte. Les bénéfices déclarés par les multinationales américaines vont donc diminuer.

Pour finir, Pepe Escobar a souligné, le 28 septembre, que « l’Allemagne est contractuellement obligée d’acheter au moins 40 milliards de mètres cubes de gaz russe par an jusqu’en 2030. … Gazprom a légalement le droit d’être payé même sans livrer de gaz. C’est l’esprit d’un contrat à long terme. … Berlin ne reçoit pas tout le gaz dont elle a besoin mais doit quand même payer. » La bataille judiciaire s’annonce longue avant que l’argent ne change de mains, mais la capacité de l’Allemagne à payer ne cesse de s’affaiblir.

D’ailleurs, la capacité de paiement de nombreux pays atteint déjà le point de rupture.

L’effet des sanctions américaines et de la nouvelle guerre froide en dehors de l’Europe

Les matières premières internationales sont encore principalement évaluées en dollars, de sorte que la hausse du taux de change du dollar entraînera une augmentation proportionnelle des prix à l’importation pour la plupart des pays. Ce problème de taux de change est intensifié par les sanctions des États-Unis et de l’OTAN qui font grimper les prix mondiaux du gaz, du pétrole et des céréales. De nombreux pays d’Europe et du Sud ont déjà atteint la limite de leur capacité à assurer le service de leurs dettes libellées en dollars, alors qu’ils doivent encore faire face à la pandémie de Covid. Ils ne peuvent pas se permettre d’importer l’énergie et la nourriture dont ils ont besoin pour vivre s’ils veulent payer leurs dettes extérieures. L’économie mondiale dépasse désormais les limites de sa dette, il faut donc que quelque chose cède.

Le mardi 27 septembre, lorsque la nouvelle des attaques contre le gazoduc Nord Stream a été connue, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a versé des larmes de crocodile et a déclaré que l’attaque contre les gazoducs russes n’était « dans l’intérêt de personne« . Mais si c’était vraiment le cas, personne n’aurait attaqué les gazoducs.

Je ne doute pas que les stratèges américains ont un plan pour savoir comment procéder à partir d’ici, et pour faire ce qui est dans ce que les néocons prétendent être l’intérêt des États-Unis, celui de maintenir une économie mondiale unipolaire néolibéralisée et financiarisée aussi longtemps qu’ils le peuvent.

Ils ont depuis longtemps un plan pour les pays qui ne sont pas en mesure de rembourser leurs dettes étrangères. Le FMI leur prêtera l’argent, à condition que le pays débiteur trouve les devises nécessaires pour rembourser les prêts en dollars (de plus en plus chers) en privatisant ce qui reste de son domaine public, de son patrimoine de ressources naturelles et d’autres actifs, principalement au profit des investisseurs financiers américains et de leurs alliés.

Cela fonctionnera-t-il ? Ou bien les pays débiteurs vont-ils se regrouper et trouver des moyens de restaurer le monde apparemment perdu où les prix du pétrole et du gaz, des engrais, des céréales et autres denrées alimentaires, ainsi que des métaux ou des matières premières fournis par la Russie, la Chine et leurs voisins alliés d’Eurasie étaient abordables ?

C’est la prochaine grande préoccupation des stratèges mondiaux américains. Elle semble moins facile à résoudre que ne l’a été le sabotage des Nord Stream 1 et 2. Mais la solution semble être l’approche américaine habituelle : quelque chose de militaire par nature, de nouvelles révolutions de couleur. L’objectif est d’obtenir le même pouvoir sur les pays du Sud et d’Eurasie que celui que la diplomatie américaine a exercé sur l’Allemagne et d’autres pays européens via l’OTAN.

À moins qu’une alternative institutionnelle ne soit créée au FMI, à la Banque mondiale, à la Cour internationale, à l’Organisation mondiale du commerce et aux nombreuses agences de l’ONU qui sont maintenant sous l’influence des diplomates américains et leurs mandataires, les décennies à venir verront la stratégie économique américaine de domination financière et militaire se dérouler comme Washington l’a prévu.

Le problème est que ses plans concernant la façon dont la guerre en Ukraine et les sanctions anti-russes ont fonctionné jusqu’à présent ont été exactement l’inverse de ce qui avait été annoncé. Cela peut donner un peu d’espoir pour l’avenir du monde. L’opposition et même le mépris des diplomates américains à l’égard des autres pays qui agissent dans leur propre intérêt économique et selon leurs valeurs sociales sont si forts qu’ils ne sont pas disposés à réfléchir à la manière dont ces pays pourraient développer leur propre alternative au plan mondial américain.

La question est donc de savoir comment ces autres pays pourront développer avec succès leur nouvel ordre économique alternatif, et comment ils peuvent se protéger du sort que l’Europe vient de s’imposer pour la prochaine décennie.

Michael Hudson

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Escalade : Les événements récents laissent entrevoir un danger économique croissant

Par : hervek

Par Brandon Smith − Le 15 septembre 2022 − Source Alt-Market

Un refrain courant chez les personnes qui critiquent les économistes alternatifs est que nous prédisons la crise depuis si longtemps que « nous finirons par avoir raison ». Ce sont généralement des personnes qui ne comprennent pas la nature du déclin économique – C’est comme une avalanche qui se construit au fil du temps, puis se brise et s’intensifie rapidement en dévalant la montagne. Ce qu’ils ne saisissent pas, c’est qu’ils sont au milieu d’un effondrement économique MAINTENANT, et qu’ils ne le voient pas parce qu’ils se sont habitués à la présence de la neige et du froid.

Le déclin économique est un processus qui prend de nombreuses années, et même si vous pouvez avoir un événement comme le krach boursier de 1929 ou le krach de 2008, ces moments de panique ne sont rien de plus que les débris laissés par la grande vague de glace dégringolante que tout le monde aurait dû voir venir bien à l’avance, mais qu’ils ont refusé.

En 2022, la tâche d’avertir les gens est beaucoup plus facile qu’auparavant, car nous avons largement dépassé le point médian du processus de déclin. Mais, croyez-le ou non, je reçois encore aujourd’hui des gens qui prétendent que nous, analystes, sommes des « prophètes de malheur ». Le pouvoir de l’ignorance délibérée est vraiment étonnant. Elle suffit à rendre une personne aveugle à la crise stagflationniste, aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement, à l’inflation rapide des prix, au carnage boursier, à l’instabilité du marché obligataire, à la dette record des consommateurs et aux conflits internationaux.

À ce stade, je pense que si une personne ne peut pas voir les dangers qui l’attendent, elle est probablement une perte de temps et d’espace et est destinée à être enterrée dans la glace ; il n’y a rien à faire pour elle. Oui, il y a des gens qui ne sont pas exposés à l’information et nous devons les prendre en compte, mais ma priorité sera les gens qui sont éveillés et conscients et j’essaierai de leur donner une idée du moment où nous nous trouvons dans le processus d’effondrement.

Au cours du mois dernier, il y a eu une augmentation considérable de l’activité économique et géopolitique qui suggère que nous entrons dans une nouvelle phase, et il n’est pas surprenant que tout cela s’accumule juste avant le mois d’octobre. Voici les événements que je trouve les plus préoccupants :

La crise énergétique européenne

C’est un événement que je prédis depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie et qui est maintenant arrivé. J’en ai parlé en détail dans mon récent article intitulé « L’Europe est confrontée à un désastre énergétique et cela va se répercuter sur les États-Unis« , je ne vais donc pas répéter toutes ces informations ici. Ce que je veux souligner, c’est l’absence totale de planification de la part des responsables européens pour faire face à cette menace. C’est comme s’ils voulaient un désastre complet.

La Russie a maintenant complètement interrompu l’approvisionnement en gaz naturel de l’Europe, qui représente environ 40 % de toutes les ressources énergétiques de l’UE. Les prix de référence du gaz naturel en Europe ont augmenté de 28 % il y a une semaine, en plus de l’inflation déjà existante. Les approvisionnements en pétrole sont également en forte baisse pour l’Europe et le gouvernement de l’UE s’est engagé à réduire ce qui reste des importations de pétrole russe par voie maritime à la fin de l’année. Malheureusement, ils ont proposé très peu de solutions au problème de l’offre.

Il a été question d’augmenter les importations de ressources alternatives en provenance d’autres nations, mais l’UE achète déjà environ 75 % de tout le gaz naturel liquéfié des États-Unis. Les producteurs de pétrole de l’OPEP ont indiqué qu’ils ne tenteront pas d’augmenter leur production de sitôt (probablement parce qu’ils ne le peuvent pas en raison de l’inflation des coûts d’exploitation). Il n’existe AUCUNE ressource énergétique de secours pour l’Europe ; elle n’existe pas pour le moment. Ils vont essayer d’acheter tout le charbon, le pétrole et le gaz qu’ils peuvent trouver sur le marché tout en faisant grimper les prix encore plus pour les autres pays. Ils seront toujours à court, ce qui signifie que les gens vont geler cet hiver.

Dans le meilleur des cas, les températures seront généralement douces et les gens pourront à peine survivre avec un chauffage minimal. Mais l’industrie européenne va souffrir et de nombreux fabricants vont réduire leur production (ce qui signifie plus de pression sur la chaîne d’approvisionnement mondiale).

L’inflation de base est toujours en hausse

Comme je l’ai signalé la semaine dernière dans mon article « C’est un fait qui doit être répété : La Réserve fédérale est un kamikaze« , l’inflation continue d’augmenter malgré les hausses continues des taux d’intérêt de la Fed, donnant à la banque centrale encore plus de munitions pour justifier des taux plus élevés en cas de faiblesse économique extrême.

La dernière impression de l’IPC a montré une augmentation à 8,3% et a été un choc pour les marchés qui s’attendaient universellement à une baisse. C’est la nature de la stagflation – Même avec une demande en baisse, les prix continuent de grimper ou restent élevés pendant de longues périodes. La stagflation des années 1970 a duré une décennie jusqu’à ce que la Fed porte les taux à 21 % et que l’emploi s’effondre au début des années 1980.

Cela ne signifie pas que les taux atteindront 21 % cette fois-ci ; ils n’en ont pas besoin. Il suffirait d’un taux des fonds fédéraux d’environ 4 % – 5 % pour que notre système actuel de dépendance au QE s’effondre. Une hausse des taux de 75 points de base est maintenant largement attendue lors de la prochaine réunion de la Fed ce mois-ci, et certains prédisent une hausse de 100 points de base. Cela nous rapprocherait de la zone d’effondrement des marchés et de l’emploi, même si je pense qu’il faudra attendre 2023 avant que le chômage ne commence vraiment à grimper en flèche.

La rencontre entre Poutine et Xi

Au moment où j’écris ces lignes, Vladimir Poutine doit rencontrer le président chinois Xi Jinping et la nature de la conférence n’est pas claire. Il y a les points d’accord évidents, comme les achats continus de pétrole et d’autres produits de base russes par la Chine, ainsi que le projet actuel de construction d’un oléoduc vers la Chine d’ici 2025. Il y a également la coopération stratégique qui est évidente dans les récents exercices navals entre les deux nations autour du Japon et de Taïwan.

Le moment de la réunion me préoccupe, car la saison propice à une éventuelle invasion chinoise de Taïwan approche à grands pas (octobre est le meilleur mois pour les mouvements navals afin d’éviter les typhons). La Chine n’aurait pas nécessairement besoin de s’engager dans une invasion terrestre. Elle pourrait simplement couper tout commerce d’importation/exportation de toute autre source que la Chine et affamer Taïwan jusqu’à ce qu’elle accepte l’unification.

Il y a aussi la question de l’Ukraine et des ventes d’armes. Avec la quantité de propagande émanant des services de renseignement ukrainiens et de l’OTAN, il est difficile de dire ce qui se passe réellement, mais je soupçonne la Russie de changer de stratégie et de se repositionner pour déployer des bombardements de missiles et d’artillerie sur les infrastructures, notamment les réseaux électriques et l’eau. Il s’agit d’une tactique que la Russie a évitée pendant des mois (jusqu’à cette semaine), ce qui est surprenant car l’une des premières mesures généralement prises par les États-Unis lors d’une invasion est d’éliminer la plupart des infrastructures clés (comme nous l’avons fait en Irak). On pourrait penser que la Russie aurait fait de même, mais elle a peut-être gardé ce scénario pour l’hiver, lorsque l’Ukraine aura plus de mal à faire face.

Cela rendrait l’Ukraine pratiquement invivable au cours de l’hiver prochain pour la majeure partie de la population. Poutine cherche peut-être à s’assurer que la Chine reste un partenaire économique stable si les pressions géopolitiques augmentent. Ils pourraient même conclure un accord de soutien mutuel : La Chine s’empare de Taïwan tandis que la Russie fait de l’Ukraine un désert de ressources et ils se soutiennent mutuellement sur le plan économique alors que les pays de l’OTAN vont tenter d’imposer des sanctions à la Chine. Nous ne le saurons probablement pas avant le mois d’octobre, mais le moment de la rencontre devrait faire sourciller.

Si le fumier est sur le point de se répandre à Taïwan et en Ukraine, les liens diplomatiques et économiques seront rompus et l’accès de l’Occident à l’industrie manufacturière chinoise sera coupé. Il s’agit certainement d’un problème pour l’économie chinoise, ce qui peut expliquer pourquoi ils ont poursuivi leurs confinements massifs Covid bien après que tous les autres gouvernements les aient abandonnées. Pourrait-il s’agir d’un entraînement aux contrôles civils dans un environnement de guerre imminente ?

La domination mondiale de la Chine en matière d’importations/exportations lui confère toutefois un pouvoir économique considérable dans le domaine du commerce. De nombreuses nations ne soutiendraient pas des sanctions à leur encontre. En outre, les vastes avoirs en dollars et en bons du Trésor américains pourraient être utilisés comme une arme pour endommager ou détruire le statut de réserve mondiale du dollar. Si la Chine envahit Taïwan cette année, les paris sont ouverts – le déclin économique sera rapide à partir de ce moment-là.

Il existe de nombreuses autres tendances qui entrent en ligne de compte dans l’environnement du krach, mais les facteurs ci-dessus sont les plus récents et les plus susceptibles de provoquer un effet domino à l’échelle mondiale. La question qui se pose toujours est la suivante : « Que pouvons-nous y faire ? » Pas grand-chose en termes de prévention. Ce que nous pouvons faire, en revanche, c’est nous préparer localement à affronter la tempête. Cela signifie stocker les produits de première nécessité avant que leur prix n’augmente encore plus ou qu’ils deviennent inexistants. Devenez producteur et apprenez une compétence précieuse pour survivre dans une économie en déclin. Organisez-vous avec des personnes localement qui sont sur la même longueur d’onde pour créer la sécurité et des opportunités commerciales alternatives.

Espérons que les citoyens conscients relèveront le défi et que l’organisation sera étendue, car le pire scénario serait de grandes masses de personnes complètement isolées, rivalisant les unes contre les autres plutôt que de travailler à leur sécurité mutuelle. Même dans un scénario d’effondrement lent, il s’agit d’un problème en termes d’augmentation de la criminalité ; prévoyez donc de travailler avec d’autres si vous voulez éviter les inévitables conditions du tiers monde.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

La déclaration de guerre

par Patrick Reymond. Les trublions à courte vue, n'ont pas anticipé le plus important. Personne ne peut remplacer les Russes comme fournisseur, et le continent va plonger dans la ruine et la misère, et le maintien de ces élites si lécheuses de culs américains, risque d'être problématique. Les dirigeants américains ont sans doute aussi, très peu anticipé que l'Europe occidentale pourrait devenir un trou noir de l'économie mondiale, et totalement l'aspirer, USA compris.

Nord Stream, nucléaire : Le grand sabotage

par Dominique Delawarde. De manière très pédagogique, cet ancien haut responsable de grandes entreprises publiques et privées nous explique pourquoi nous allons payer l'électricité beaucoup plus cher à très court terme et désigne les responsables de cette situation.

Le Danemark annonce l’arrêt des fuites de gaz dans le gazoduc Nord Stream 1

par Mohammed Hamood Ali Al Ragawi. Les autorités danoises ont annoncé, dimanche, que la fuite de gaz dans le gazoduc Nord Stream 1 avait cessé, après avoir assuré que celle survenue dans la conduite Nord Stream 2 avait pris fin.

Poutine se lâche à propos de l’Europe

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 2 octobre 2022

Voici des extraits du discours prononcé par Vladimir Poutine lors de la cérémonie de signature des traités d’adhésion des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk et des régions de Zaporozhye et de Kherson à la Russie :

Les pays occidentaux affirment depuis des siècles qu’ils apportent la liberté et la démocratie aux autres nations. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Au lieu d’apporter la démocratie, ils ont supprimé et exploité, et au lieu de donner la liberté, ils ont asservi et opprimé. Le monde unipolaire est intrinsèquement anti-démocratique et non-libre ; il est faux et hypocrite de bout en bout.

Rappelez-vous que, pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont réduit en ruines Dresde, Hambourg, Cologne et de nombreuses autres villes allemandes, sans la moindre nécessité militaire. Cela a été fait de manière ostentatoire et, je le répète, sans aucune nécessité militaire. Ils n’avaient qu’un seul objectif, comme pour les bombardements nucléaires des villes japonaises : intimider notre pays et le reste du monde.

Les États-Unis ont laissé une profonde cicatrice dans la mémoire des peuples de Corée et du Vietnam avec leurs bombardements en tapis et l’utilisation du napalm et d’armes chimiques.

Ils continuent en réalité d’occuper l’Allemagne, le Japon, la République de Corée et d’autres pays, qu’ils qualifient cyniquement d’égaux et d’alliés. Quel genre d’alliance est-ce là ? Le monde entier sait que les hauts responsables de ces pays sont espionnés et que leurs bureaux et leurs maisons sont sur écoute. C’est une honte, une honte pour ceux qui font cela et pour ceux qui, comme des esclaves, avalent en silence et docilement ce comportement arrogant.

Ils appellent « solidarité euro-atlantique » les ordres et les menaces qu’ils adressent à leurs vassaux, ainsi que la création d’armes biologiques et l’utilisation de cobayes humains, y compris en Ukraine, pour la noble recherche médicale.

Ce sont leurs politiques destructrices, leurs guerres et leurs pillages qui ont déclenché la vague massive de migrants d’aujourd’hui. Des millions de personnes endurent des privations et des humiliations ou meurent par milliers en essayant de rejoindre l’Europe.

Ils exportent maintenant des céréales depuis l’Ukraine. Où les emmènent-ils sous prétexte d’assurer la sécurité alimentaire des pays les plus pauvres ? Où vont-elles ? Ils les emmènent vers ces mêmes pays européens. Seuls cinq pour cent ont été livrés aux pays les plus pauvres. Encore plus de tricherie et de tromperie mise à nue.

En fait, l’élite américaine utilise la tragédie de ces personnes pour affaiblir ses rivaux, pour détruire les États-nations. Cela vaut pour l’Europe et pour les identités de la France, de l’Italie, de l’Espagne et d’autres pays à l’histoire séculaire.

Washington exige de plus en plus de sanctions contre la Russie et la majorité des politiciens européens s’y plient docilement. Ils comprennent clairement qu’en faisant pression sur l’UE pour qu’elle renonce complètement à l’énergie et aux autres ressources russes, les États-Unis poussent pratiquement l’Europe vers la désindustrialisation dans le but de mettre la main sur l’ensemble du marché européen. Ces élites européennes comprennent tout mais elles le font quand même, elles préfèrent servir les intérêts des autres. Ce n’est plus de la servilité mais une trahison directe de leurs propres peuples. Si Dieu le veut, c’est comme ils veulent.

Mais les Anglo-Saxons estiment que les sanctions ne suffisent plus et ils se tournent désormais vers la subversion. Cela semble incroyable mais c’est un fait, en provoquant des explosions sur les gazoducs internationaux Nord Stream qui passent au fond de la mer Baltique, ils se sont en fait lancés dans la destruction de toute l’infrastructure énergétique de l’Europe. Qui en profite est clair pour tout le monde . Ceux qui en profitent sont bien sûr responsables.

L’ensemble du discours en dit beaucoup plus et mérite votre attention. (Pour ceux qui ne peuvent pas accéder au site du Kremlin, un fichier texte contenant le discours est disponible ici). En substance, Poutine fait de la Russie la nouvelle force de libération, de la même manière que l’Union soviétique l’a été pour de nombreux petits pays autrefois colonisés. Le « tiers monde » pourrait bien se tourner vers la Russie lorsqu’il aura besoin d’aide.

Mais l’Europe est foutue (lecture recommandée). Nos politiciens n’ont pas seulement permis à nos sociétés d’être minées par les États-Unis, mais ils y ont activement contribué. Ils continuent à le faire en dépit de la catastrophe économique et sociale que les États-Unis ont provoquée en détruisant l’accès de l’Europe à une énergie bon marché.

Seul un énorme changement dans l’opinion publique peut changer cela [Pour l’instant un tel changement n’est pas en vue, NdT]. Mon seul espoir est que la prochaine décennie, qui s’annonce bien sombre en Europe, apporte ces changements.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

À partir d’avant-hierVos flux RSS

ZELENSKY Révèle l’aide mensuelle qu’il reçoit des USA !

Une aide mensuelle considérable, payée par les impôts américains Le président ukrainien Vladimir Zelensky s’est vanté, lors d’une interview diffusée dimanche sur CBS dans le cadre de l’émission « Face the Nation », d’avoir reçu de Washington la somme colossale de 1,5 milliard de dollars par mois pour alimenter les caisses de l’État, alors que le pays accumule un important déficit en temps de […]

L’euro sans l’Allemagne

par Michael Hudson. Il n'y a plus d'incertitude quant à savoir si l'Europe se détachera ou non des objectifs de la nouvelle guerre froide des États-Unis en rétablissant le commerce et les investissements mutuels avec la Russie. Cette option est désormais écartée.

Plus jamais de gaz russe : Les États-Unis prévoient de nouveaux sabotages

Bien qu'un embargo sur le gaz n'ait pas encore été décidé officiellement, tout semble aller bel et bien dans ce sens. Les États-Unis tentent, disent-ils, d'aider l'Europe. Or l'acte de sabotage plus ou moins évident, qui vient d'être commis, vise à forcer l'UE à prendre une décision favorable au gaz de schiste américain. Qu'est-ce que les Américains ont à faire d'une catastrophe économique sur notre continent ? Au contraire, ils n'auront plus à se soucier d'un concurrent très sérieux sur le marché mondial.

Et si les États Unis d’Amérique devenait un très puissant État-Nation ?

par Olivier Field. La Chine, l’Inde, la Turquie, savent que si l’empire Américain et sa politique de pressions, de conflictualité voire de guerres ne cède pas, alors leur tour viendra. C’est le processus de l’Empire, il ne peut que croître sinon il meurt.

L’endommagement sans précédent des deux gazoducs Nord Stream et Nord Stream 2 est un acte de guerre contre l’Europe

par Daniele Dell'orco. Au moment où ils en auraient le plus besoin, les citoyens européens voient la ressource vitale, dont ils ne disposent hélas pas eux-mêmes, partir en fumée dans une de leurs propres mers intérieures, car elle se déverse hors des infrastructures que leurs gouvernements ont contribué à construire.

La Russie dispose de données sur l’implication occidentale dans le sabotage des Nord Stream

Au lendemain du lancement d’une enquête pour « acte de terrorisme » sur les explosions des Nord Stream, la Russie a déclaré disposer de données sur l’implication occidentale dans l’incident. « Nous disposons déjà de certains dossiers pointant une piste occidentale [dans les explosions] », a fait savoir auprès des journalistes le directeur du Service des renseignements extérieurs Sergueï Narychkine. « À mon avis, l’Occident fait tout pour cacher les véritables organisateurs et auteurs de cet acte terroriste international ».

Vu de Chine : L’Europe perd son autonomie d’une manière irrationnelle

La situation actuelle en Europe a rendu plus difficile la réalisation de son objectif d’autonomie stratégique. C’est catastrophique pour l’Europe et le monde entier, car cela pourrait conduire à un grave déséquilibre dans l’ensemble de la situation géopolitique et empêcher le retour à la normale.

Des crises européennes aux crises africaines

par Leslie Varenne. À la crise sécuritaire des pays du Sahel s’ajoutera donc une crise économique et financière dans la zone CFA, alors que si jusque-là cette monnaie était politiquement contestée, elle restait néanmoins un instrument de stabilité.

Les licornes sont réelles

par Batiushka. Un froid automnal s’abat sur tous les pays d’Europe, mais de manière différente dans chaque pays. Ce ne sont pas seulement des foyers, mais des usines entières qui sont menacées de fermeture imminente dans les industries à forte consommation d’énergie. Il en résultera un chômage de masse. Par « massif », j’entends 20% et plus.

Le câble électrique suédois passant près de SP-1 s’est avéré être « prudemment » hors tension avant l’explosion sur le gazoduc

Au moment de l'explosion sur les gazoducs, le câble sous-marin était hors tension. À Stockholm, ils expliquent que le câble électrique n'était pas sous tension au moment de l'explosion à SP-1 et SP-2 par le fait que « pour le moment il n'y avait pas besoin d'exporter de l'électricité ».

Jacques Baud : Point sur la situation ukrainienne

Jacques Baud est auteur de « Opération Z » aux éditions Max Milo, ancien colonel du renseignement stratégique suisse, partie prenante des négociations lors de la chute de l’URSS, commente l’évolution de la situation en Ukraine.

Hongrie démocratique : Les citoyens peuvent voter sur les sanctions contre la Russie

« Les sanctions n'ont pas été décidées de manière démocratique, ce sont les bureaucrates de Bruxelles et les élites européennes qui en ont décidé », a déclaré M. Orbán. « Bien que les citoyens européens en paient le prix, on ne leur a pas demandé leur avis ».

C’est à l’Europe, plus qu’à Poutine, d’endosser la responsabilité de la crise énergétique

par Jonathan Cook. L’Occident ne cesse d’intensifier la rhétorique. Poutine est accusé d’employer contre l’Europe un mélange de chantage et de terreur économique. Ses agissements sont censés prouver une fois de plus qu’il est un monstre avec lequel on ne peut pas négocier et une menace pour la paix mondiale.

Sabotage des gazoducs Nord Stream : Un acte de guerre contre les intérêts énergétiques des Européens

Le projet mondialiste est d’atteler l’Europe au GNL américain hors de prix (voire à lancer l’exploitation du gaz de schiste en Europe), puis à construire des éoliennes partout pour produire de l’hydrogène permettant de « stocker » de l’électricité (cependant en quantité insuffisante pour tous les besoins des Européens), tout en détruisant définitivement l’industrie européenne qui fait concurrence aux oligarques américains.

Grèce : L’hybridation finale

par Panagiotis Grigoriou. Mitsotákis déclare « que nous menons une guerre contre la Russie » ; sauf que majoritairement les Grecs rejettent cette position tandis que le Parlement, ou ce qui s’y colle de la sorte à travers la mascarade représentative d’Athènes, n’ose toujours pas déclarer... la guerre à Moscou.

L’Allemagne et l’UE ont reçu une déclaration de guerre

par Pepe Escobar. Le sabotage des gazoducs Nord Stream a propulsé de manière inquiétante le « capitalisme du désastre » à un tout nouveau niveau toxique. Il est désormais évident que les gants de velours impériaux sont retirés en ce qui concerne les vassaux. Indépendance de l'UE : verboten. Coopération avec la Chine : verboten. Connectivité commerciale indépendante avec l'Asie : verboten. La seule place pour l'UE est d'être économiquement assujettie aux États-Unis : un remix sordide des années 1945-1955. Avec une tournure néolibérale perverse : nous posséderons votre capacité industrielle, et vous n'aurez rien.

Détruire le gazoduc Nord Stream et « Fuck the EU ! »

par Dimitris Konstantakopoulos. Ce que le sabotage des deux pipelines accomplit, c'est qu'il prive d'une part la Russie de son « arme » et que, d'autre part, il lie l'Allemagne et, d'une manière plus générale, l'Europe, à la politique belliciste de l'OTAN qui continue son action contre la Russie. Cela prouve ainsi, une fois de plus, que nous n'avons pas seulement affaire à une guerre contre la Russie, mais, aussi, à une guerre indirecte contre l'Europe lancée par « l'Empire ».

Giorgia on Our Mind

par Pepe Escobar. Le principal combat de chats en cage à suivre est celui de Giorgia contre la dominatrice Ursula. Les Méditerranéennes contre les techno-barbares teutons. Plus Giorgia sera harcelée par Bruxelles, plus elle contre-attaquera, avec le soutien total de ses légions romaines de la post-vérité : les électeurs italiens. Sortez les Negronis et les Aperol Spritz, que le spectacle commence.

Retour en choc de la réalité

par Sébastien Renault. De nombreux mondialistes patentés et autres manitous non élus de l’Union européenne (la détestable Ursula von der Leyen en tête) sont aujourd’hui sous assistance respiratoire intellectuelle après cette claque jouissive dans leurs vilaines gueules de fascistes soi-disant « progressistes » et « libéraux ». Rien de mieux qu’une injection, non pas expérimentale, mais bien de RÉALITÉ.

Bonnal & le suicide européen

par Nicolas Bonnal. « Le monde multipolaire ça fait plaisir à certains d’en parler, la réalité de terrain est beaucoup plus dure pour tout le monde, avec le catalogue des horreurs médicales, technocratiques, informatiques, militaristes et télévisuels qui sont imposées à tous ces pays ».

Qui est le coupable ? Faits relatifs au sabotage du Nord Stream

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 28 septembre 2022

Pendant des décennies, les États-Unis se sont opposés aux projets européens visant à recevoir de l’énergie de la Russie. Ils veulent que l’Europe achète du pétrole et du gaz américain plus cher.

the Lemniscat @theLemniscat – 15:56 UTC – Sep 27, 2022

Le plan américain a toujours été d’empêcher l’UE d’acheter le gaz russe.

2014 – Rice : « Vous voulez changer la structure de la dépendance énergétique. Vous voulez dépendre davantage de la plateforme énergétique nord-américaine… pour avoir des pipelines qui ne passent pas par l’Ukraine et la Russie ».

 

L’industrie européenne, et notamment allemande, dépend de l’énergie bon marché fournie par la Russie. Sans elle, l’Europe sera désindustrialisée et fera faillite.

Les États-Unis avaient menacé de désactiver les pipelines reliant l’Europe à la Russie.

ABC News @ABC – 9:59pm – 7 Fev. 2022

Président Biden : « Si la Russie envahit… alors il n’y aura plus de Nord Stream 2. Nous y mettrons fin« .

Journaliste : « Mais comment allez-vous faire, exactement, puisque… le projet est sous le contrôle de l’Allemagne ?« .

Biden : « Je vous jure que nous serons en mesure de le faire« .

abcn.ws/3B5SScx

Actuellement, les États-Unis sont en train de gagner leur guerre contre les industries et les populations d’Europe, principalement d’Allemagne. Les sabotages d’hier sur les pipelines Nord Stream I et II, qui sont censés acheminer le gaz naturel russe vers l’Allemagne, signifient que la guerre contre l’Allemagne est entrée dans sa phase chaude.

Une question demeure : Qui est le coupable ?

La Russie n’a aucune raison de détruire les pipelines qu’elle possède. Il s’agit d’actifs précieux à long terme et le gaz qui s’en est échappé hier valait à lui seul quelque 600 à 800 millions de dollars.

Un gazoduc qui pouvait être fermé et rouvert constituait pour la Russie un moyen de pression qui lui donnait un certain pouvoir de négociation. Un gazoduc détruit ne donne aucun moyen de pression à la Russie. C’est vraiment élémentaire. On ne peut pas faire abstraction de cela.

Pendant la guerre en Ukraine, la Russie n’a pas cessé de livrer du gaz à l’Europe, comme il était convenu contractuellement. C’est au contraire, les pays européens, la Pologne, l’Ukraine et l’Allemagne qui ont bloqué les pipelines, terrestres et sous-marins, qui acheminaient le gaz vers l’Allemagne.

La population allemande proteste contre la fermeture du gazoduc Nord Stream II ordonnée par les États-Unis. (Nord Stream I était récemment hors ligne parce que Siemens était empêché par les sanctions d’entretenir ses turbines de compression).

RadioGenova @RadioGenova – 18:02 UTC – 26 Sep. 2022

Des milliers de personnes à Gera, en Allemagne, manifestent contre la politique d’Olaf Scholz et l’explosion des prix de l’énergie et du gaz. Ils demandent la fin des sanctions contre la Russie et la réouverture du gazoduc Nord Stream 2. Des manifestations ont également lieu dans d’autres villes allemandes, mais les médias européens les censurent.

Le lendemain des manifestations, les pipelines étaient sabotés :

AZ @AZmilitary1 – 12:51 UTC – 27 Sep. 2022

NOUS Y VOILA

Des images du site de la fuite de gaz sur la section sous-marine du Nord Stream.

La vidéo a été publiée par l’armée danoise.

Auparavant, le Kremlin avait déclaré qu’il s’agissait très probablement d’un sabotage.

Le gouvernement allemand a exprimé la même opinion.

L’attaque d’hier contre le système Nord Stream n’est pas sans précédent :

professional hog groomer@bidetmarxman – 15:51 UTC – Sep 27. 2022

En 2015, l’enquête sous-marine annuelle de routine sur les pipelines Nord Stream 1 est tombée sur un véhicule télécommandé truffé d’explosifs placé juste à côté de l’un des tuyaux dans les eaux suédoises.

Le câble ombilical avait été coupé. L’origine nationale du drone n’a jamais été révélée. 🧵

En 2015, Pipeline Journal rapportait :

[L]es militaires suédois ont réussi à dégager un véhicule télécommandé (drone) truffé d’explosifs trouvé près de la ligne 2 du réseau de gazoducs offshore Nord Stream Natural Gas.

Le véhicule a été découvert lors d’une opération de routine dans le cadre de l’évaluation annuelle de l’intégrité du gazoduc Nord Stream. Comme il se trouvait dans la zone économique exclusive (ZEE) suédoise, à environ 120 km de l’île de Gotland, les Suédois ont fait appel à leurs forces armées pour enlever et finalement désarmer l’objet.

L’identité nationale du drone n’a pas été vérifiée jusqu’à présent, car de nombreux pays utilisent des véhicules sous-marins sans pilote (UUV) de construction similaire, a déclaré [Jesper Stolpe, porte-parole des forces armées suédoises].

Pour détruire un pipeline sous-marin, il faut plus qu’une charge creuse délivrée par un ROV ou un drone.

Javier Blas @JavierBlas – 15:18 UTC – 27 Sep. 2022

Quelle est la résistance d’un tuyau Nord Stream ? Très forte !

Le tuyau en acier lui-même a une paroi de 4,1 centimètres (1,6 pouce), et il est recouvert de 6 à 11 cm de béton armé. Chaque section du tuyau pèse 11 tonnes, et 24-25 tonnes après l’application du béton.

Ce ne sont pas des tremblements de terre qui ont détruit les pipelines. Il s’agit de plusieurs explosions massives et bien ciblées :

Un sismologue suédois a déclaré mardi qu’il était certain que l’activité sismique détectée sur le site des fuites de gaz du gazoduc Nord Stream en mer Baltique était due à des explosions et non à des tremblements de terre ou à des glissements de terrain.

Bjorn Lund, sismologue au Réseau sismique national suédois de l’université d’Uppsala, a déclaré que les données sismiques recueillies par lui et ses collègues nordiques montraient que les explosions avaient eu lieu dans l’eau et non dans la roche située sous le fond marin.

Les explosions n’étaient pas petites :

Dagny Taggart @DagnyTaggart963 – 15:56 UTC – 27 Sep. 2022

Les sismologues suédois de l’université de Lund ont noté qu' »au moins 100 kg de TNT (peut-être plus) ont été utilisés pour détruire les pipelines. »

Voici l’endroit où les pipelines ont été touchés :

La mer Baltique est contrôlée par l’OTAN. Ceci date de juin 2022 :

« BALTOPS, avec son haut degré de complexité, a mis à l’épreuve notre préparation et notre adaptabilité collectives, tout en soulignant la force de notre Alliance et notre détermination à fournir un domaine maritime avec une liberté de navigation pour tous« , a déclaré le vice-amiral Gene Black, commandant de la Sixième flotte américaine et des forces navales de frappe et de soutien de l’OTAN (STRIKFORNATO).

Dirigé par la Sixième flotte des États-Unis, BALTOPS 22 était commandé et contrôlé par STRIKFORNATO. Depuis le quartier général de l’état-major à Oeiras, au Portugal, le contre-amiral James Morley, commandant adjoint de STRIKFORNATO, était chargé de veiller à ce que les participants atteignent tous les objectifs de l’entraînement.

[Le contre-amiral John Menoni, commandant du deuxième groupe d’attaque expéditionnaire, a également noté plusieurs cas où les forces ont dépassé les méthodes de guerre connues pour repousser les limites avec les nouvelles technologies en mer et à terre. « Qu’il s’agisse de chasser les mines à l’aide d’UAV, d’effectuer des opérations persistantes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance à partir d’un UAV observable, ou de démontrer la valeur du concept émergent du Corps des Marines d’opérations de base avancées expéditionnaires (EABO), nos hommes et nos femmes continuent de développer les tactiques, les techniques et les procédures qui, en fin de compte, contribuent de manière significative à la connaissance du domaine maritime et augmentent la létalité de nos forces. »

En mer, les navires ont affiné les manœuvres tactiques, la lutte anti-sous-marine, l’entraînement au tir réel, les opérations de lutte contre les mines et le ravitaillement en mer. Le sous-marin suédois participant à l’exercice, le destroyer de défense aérienne HMS Defender (D 36) de la classe Daring du Royaume-Uni et les aéronefs des autres nations participantes se sont entraînés à la guerre anti-sous-marine. Pendant ce temps, les opérations de déminage ont constitué un domaine idéal pour tester les nouvelles technologies.

Des scientifiques de cinq nations ont apporté en mer Baltique les dernières avancées en matière de technologie de chasse aux mines des véhicules sous-marins sans pilote (UUV) afin de démontrer l’efficacité de ces véhicules dans des scénarios opérationnels. Le groupe opérationnel de lutte contre les mines BALTOPS s’est aventuré dans toute la région de la Baltique pour s’entraîner à la localisation, l’exploitation et le désarmement de munitions dans des points d’étranglement maritimes critiques.

Alors que les manœuvres Baltops 22 ont déjà eu lieu en juin et juillet de cette année, la Sixième flotte américaine vient de quitter la mer Baltique, il y a à peine quelques jours (en allemand, ma traduction) :

Un grand groupe de la flotte de l’U.S. Navy passe la Fehmanbelt [une île allemande].

Mercredi matin, le navire d’assaut amphibie USS Kearsarge, escorté par les navires de débarquement USS Arlington et USS Gunston Hall, était en route vers l’ouest. Auparavant, ces navires faisaient partie d’unités américaines qui participaient aux manœuvres de l’OTAN et faisaient escale dans de nombreux ports d’Allemagne, de Scandinavie et des États baltes.

Le « USS Kearsarge« , navire amiral de l’association et plus grand navire de guerre de l’US Navy, qui a été en action dans la mer Baltique au cours des 30 dernières années, a 40 hélicoptères et avions de chasse ainsi que plus de 2000 soldats à bord, les navires d’escorte environ 1000. Quant aux quelque 4 000 soldats, ils rentrent chez eux sur la côte est des États-Unis après leur déploiement de six mois.

Une partie des opérations Kearsange en mer Baltique a été consacrée à l’essai de technologies spéciales de destruction de mines sous-marines :

Chaque année, BALTOPS met l’accent sur la démonstration des capacités de chasse aux mines de l’OTAN et, cette année, la marine américaine continue de profiter de l’exercice pour tester les technologies émergentes, a déclaré le 14 juin le service des affaires publiques des forces navales américaines en Europe et en Afrique.

En soutien à BALTOPS, la 6ème flotte de l’U.S. Navy s’est associée aux centres de recherche et de guerre de l’U.S. Navy pour apporter les dernières avancées technologiques en matière de chasse aux mines par véhicule sous-marin sans pilote en mer Baltique afin de démontrer l’efficacité du véhicule dans des scénarios opérationnels.

L’expérimentation a été menée au large de Bornholm, au Danemark, avec des participants du Naval Information Warfare Center Pacific, du Naval Undersea Warfare Center Newport et du Mine Warfare Readiness and Effectiveness Measuring, tous sous la direction de l’U.S. 6th Fleet Task Force 68.

C’est au large des côtes de Bornholm, au Danemark, que les pipelines ont été touchés. Il y a quelques jours, l’USS Kearsarge se trouvait dans cette zone :

AZ @AZmilitary1 – 13:52 UTC – 27 Sep. 2022

Un détachement expéditionnaire de navires de la marine américaine dirigé par le navire d’assaut amphibie universel USS Kearsarge se trouvait, il y a quelques jours, dans la mer Baltique.

Il était à 30 km du site du sabotage présumé du gazoduc Nord Stream-1 et à 50 km des tuyaux du gazoduc Nord Stream-2

AZ @AZmilitary1 – 14:12 UTC – 27 Sep. 2022

Le 2 septembre, des manœuvres intéressantes ont été effectuées par un hélicoptère américain portant l’indicatif FFAB123. A l’époque on pensait que cet appareil provenait de l’escadre aérienne USS Kearsarge, et aujourd’hui, on a regardé plus de détails.

Selon le site ads-b.nl, cet indicatif a été utilisé par 6 appareils ce jour-là, dont nous avons réussi à établir les numéros de trois d’entre eux. Tous sont des Sikorsky MH-60S.

En superposant l’itinéraire du FFAB123 au schéma de l’accident d’hier, on obtient un résultat plutôt intéressant : l’hélicoptère a volé soit le long de l’autoroute Nord Stream-2, soit entre les points où l’accident s’est produit.

Sur Twitter, pendant ce temps, on pouvait voir des captures d’écran d’autres vols de l’aviation américaine – la capture d’écran suivante a été prise le 13 septembre.

Le MH-60S transporte de grands capteurs électromagnétiques qui lui permettent de détecter les sous-marins, les mines et – dans les eaux peu profondes de la mer Baltique – les pipelines sous-marins.

Cette photo superposée à deux autres postées ci-dessus est particulièrement intéressante :

L’armée américaine n’est pas la seule force qui se trouvait près de la zone où le gazoduc a été endommagé. À une centaine de kilomètres au sud se trouve la base navale polonaise de Kolobrzeg (l’ancienne Kolberg allemande) qui abrite des navires poseurs de mines et le 8e bataillon du génie de combat naval de Kołobrzeg. Les ingénieurs de combat naval sont des experts dans l’explosion de tout ce qui se trouve sous l’eau, que ce soit des mines ou des pipelines.

En 2021, alors que Nord Stream 2 était encore en cours de construction, la marine polonaise était intervenue et avait mis en danger les navires posant les tuyaux au même endroit.

Artifaktus @bzyqer – 7:49 UTC – 28 sept. 2022

Gdy Wy mycie zęby, przebieracie się w piżamy i szykujecie do snu, jeden niestrudzony Polak wyrusza w swoją łodzią w kierunku Bornholmu mając na sercu dobro Polski a może i Niemiec ….

Traduit du polonais par Google

Alors que vous vous brossez les dents, mettez votre pyjama et vous apprêtez à dormir, un Polonais infatigable part dans son bateau vers Bornholm avec le bien de la Pologne et peut-être de l’Allemagne à cœur….

Pendant la récente crise ukrainienne, la Pologne a refusé de recevoir du gaz russe. Elle a fermé le gazoduc Yamal qui transporte le gaz naturel de la Russie vers l’Allemagne. Mais la Pologne a continué à consommer le gaz russe. Elle le recevait d’Allemagne qui l’avait elle-même reçu par le gazoduc Nord Stream I venant de Russie.

La Pologne et le Danemark ont construit un nouveau gazoduc sous-marin qui les relie au gazoduc qui achemine le gaz norvégien vers les Pays-Bas et l’Europe.

Le gazoduc a été ouvert hier, le jour même où le système Nord Stream était saboté.

Chancellerie du Premier ministre de la Pologne @PremierRP_fr – 11:25 UTC – 27 sept. 2022

🇵🇱🤝🇩🇰 Le #BalticPipe est un investissement conjoint polono-danois pour la sécurité énergétique de la région.

 

Chancellerie du Premier ministre de la Pologne @PremierRP_fr – 13:43 UTC – 27 sept. 2022

🎥La cérémonie de lancement du gazoduc #BalticPipe avec la participation du PM @MorawieckiM , du PM du Danemark Mette Frederiksen & @prezydentpl @AndrzejDuda.

Le Baltic Pipe est un projet d’infrastructure stratégique visant à créer un nouveau corridor d’approvisionnement en gaz pour le marché européen.

Le « Baltic Pipe » a une capacité de seulement 10 milliards de mètres cubes par an. Le système Nord Stream pourrait transporter jusqu’à 110 milliards de mètres cubes par an. Autant de ressources nécessaires au fonctionnement des industries européennes.

Pour en savoir plus sur l’implication de la Pologne, probablement en coopération avec les États-Unis, lisez ces spéculations éclairées de John Helmer :

Les explosions à Bornholm sont une nouvelle frappe polonaise dans la guerre en Europe contre le chancelier Olaf Scholz. Jusqu’à présent, la Chancellerie à Berlin est resté silencieuse, ce qui est révélateur.

Il faut rappeler aux Polonais que d’autres pays ont également la capacité de saboter les pipelines sous-marins.

Radosław Sikorski est un ancien ministre de la défense et ministre des affaires étrangères de la Pologne. Il est aujourd’hui membre du Parlement européen. Hier, il a posté une photo du gaz s’échappant des pipelines Nord Stream endommagés et a remercié les États-Unis de les avoir fait sauter.

Sikorski est marié à l’écrivaine néoconservatrice Anne Appelbaum, connue pour ses tirades anti-russes et anti-allemandes largement publiées dans les médias américains.

En 2014, pendant le coup d’État de Maïdan en Ukraine, une autre néoconservatrice notoire, la secrétaire d’État adjointe Victoria Nuland, a dit à l’ambassadeur américain en Ukraine, Geoffrey Pyatt, qui devait devenir le nouveau premier ministre de l’Ukraine. Elle a exprimé de façon célèbre son opinion sur les préoccupations européennes : « Fuck the EU » a dit Nuland. Elle est actuellement sous-secrétaire d’État américaine aux affaires politiques.

Au cours des dernières décennies, l’Allemagne a financé la zone euro à hauteur de 1 240 milliards d’euros. (Voir également ce fil de discussion). Cela a été possible parce que l’Allemagne exportait beaucoup de produits industriels et avait un excédent commercial. Avec le déclin de l’industrie allemande dû à un manque d’énergie bon marché, cet excédent disparaîtra. L’Europe, dans son ensemble, deviendra un continent pauvre.

Philip Pilkington @philippilk – 21:23 UTC – 27 Sep. 2022

9/ La guerre énergétique européenne restera probablement dans l’histoire, avec le traité de Versailles et les guerres commerciales des années 1930, comme l’une des plus grandes erreurs de politique économique de l’histoire.

10/ Autre chose : lorsque Trump a été élu sur un programme de protectionnisme plus doux, de nombreuses personnes ont, à juste titre, pointé du doigt les années 1920 et 1930 et mis en garde contre ces politiques. Ces mêmes personnes semblent avoir soutenu ces politiques beaucoup plus proches des années 1920/30 l’année dernière. C’est ironique.

Cela n’est pas le fruit du hasard ou du destin. Cela fait partie d’un plan néoconservateur à long terme visant à maintenir la suprématie des États-Unis sur le monde. L’axe anglo-américain est la seule partie à bénéficier des récents événements.

Les États-Unis auraient averti l’Allemagne du sabotage du système Nord Stream (en allemand).

Cela rappelle l’avertissement du président Joe Biden concernant une invasion russe en Ukraine au début de cette année.

Il est facile de prédire de tels événements quand on est celui qui a l’intention de les provoquer.

Les États-Unis savaient que l’Ukraine allait lancer une attaque contre les républiques du Donbass. Les États-Unis savaient que la Russie allait intervenir pour aider ses frères. La Russie l’avait dit. L’attaque ukrainienne a commencé par des tirs d’artillerie le 17 février. La Russie est intervenue le 24 février.

Ce qui précède est un recueil des faits actuellement disponibles. Vous pouvez en tirer vos propres conclusions.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Poutine : L’Europe dévore la nourriture… et les expéditions de céréales n’atteignent pas les pays pauvres

Poutine : « depuis le 23 septembre, 203 navires chargés de céréales ont quitté les ports ukrainiens, dont seulement quatre sont allés vers des pays pauvres … Sur les 46 navires envoyés du lundi au vendredi, la semaine dernière, 14 ont montré que la Turquie était le pays de destination et le pays intermédiaire. Quant aux 32 navires restants, 25 d’entre eux ont été envoyés vers l’Union européenne … Sont-ils les plus pauvres, ou quoi ? La situation ici ne change pas. C’est embarrassant de dire : c’est une pure tromperie, rien de plus ».

Les manifestations de Prague répondent aux décisions politiques contre-productives, pas à la « propagande russe »

Par : jmarti

Par Andrew Korybko − Le 5 septembre 2022 − Source OneWorld Press

andrew-korybko

Le cycle auto-alimenté de désordres socio-économiques et politiques déclenché par les dirigeants européens obéissant avec les exigences étasuniennes de mesures contre-productives va sans doute se poursuivre pour une durée indéterminée.

Une manifestation de grande ampleur s’est tenue à Prague, capitale de la Tchéquie, samedi 3 septembre, comptant entre 70 000 et 100 000 personnes, qui se sont rassemblées pour mobiliser pacifiquement l’attention sur les décisions prises par le gouvernement, qui ont fortement impacté le niveau de vie de la population au cours des six derniers mois. Le premier ministre Petr Fiala, au lieu de prendre acte de leur désaccord légitime et de se dissocier des causes sous-jacentes aux souffrances socio-économiques ressenties par la population, a essayé de discréditer les manifestants en affirmant de manière trompeuse que la manifestation « a été suscitée par des forces pro-russes, » en ajoutant qu’« il est clair que la propagande russe et les campagnes de désinformation sont présentes sur notre territoire et que des gens les écoutent. »

Sa réaction semble avoir été influencée par Annalena Baerbock, le ministre des affaires étrangères allemand, dont une remarque récente a totalement discrédité le concept-même sous-jacent aux démocraties occidentales, en insistant sur l’idée que son gouvernement va s’accrocher à toutes ses sanctions anti-russes illégales en dépit du fait que celles-ci sont directement responsables des souffrances socio-économiques du peuple allemand. Comme elle, Fiala refuse de changer de trajectoire, et encore moins de reconnaître que ce sont les politiques choisies par son gouvernement qui sont responsables du déclenchement des mêmes réactions par son peuple, à l’instar des réactions allemandes. La nature identique des politiques suivies par ces gouvernements de pays voisins et leur réponse au mécontentement populaire indique une tendance importante.

De fait, l’élite européenne a reçu l’ordre de la part de ses chefs étasuniens de promulguer des politiques contre-productives, qui plombent son économie et provoquent des troubles politiques, des événements qui n’ont rien à voir avec la soi-disant « propagande russe » et tout à voir avec l’ingérence des États-Unis dans leurs affaires intérieures souveraines. Si ces politiciens avaient maintenu ne serait-ce qu’un semblant d’indépendance politique, ils auraient au moins accepté de prendre acte des frustrations exprimées pacifiquement et légitimement par leurs peuples respectifs, et seraient peut-être revenus sur au moins une partie des mesures contre-productives pour conserver leur posture politique.

Au lieu de cela, ces dirigeants s’agrippent aux politiques responsables de la déstabilisation de leurs pays respectifs, par eux-mêmes établies, et pour des raisons qui sont clairement reliées aux dettes dont ils sont redevables envers leurs parrains étasuniens en échange de leur place au pouvoir. C’est une chose de se faire éjecter de son poste à l’issue de la prochaine élection, exactement comme l’avait prédit le président Poutine au cours du Forum Économique International de Saint-Pétersbourg (SPIEF) pour l’ensemble de l’UE dans un avenir proche, pour amener à ce qu’il a décrit comme « un changement d’élites«  (c’est un coup habilement joué face aux changements de régime fomentés par les États-Unis), mais c’en est une autre de se faire retirer le pouvoir par les États-Unis en représailles à ses décisions.

Le terme « se faire retirer le pouvoir » utilisé ici ne signifie pas seulement que les renseignements étasuniens pourraient orchestrer la séquence d’événements politiques menant au remplacement d’un dirigeant par une autre marionnette plus servile que lui, mais pourquoi pas, dans un scénario du pire, une élimination plus radicale du personnage. C’est avec ces craintes à l’esprit, dont la crédibilité est tout à fait sérieuse au vu du pedigree de la CIA au cours des décennies passées, que des politiciens comme Baerbock et Fiala continuent de s’accrocher à leurs décisions contre-productives malgré le fait que celles-ci ont déjà complètement déstabilisé leurs pays respectifs. Vouloir accuser de tout la « propagande russe » ne va que contribuer à augmenter l’exaspération du peuple.

La censure pratiquée par l’UE sur les médias russes emblématiques internationaux, RT et Spoutnik, implique qu’aucun de ces médias (qui sont uniquement financés sur deniers publics, et non pas « contrôlés par l’État », contrairement à la BBC et à ses homologues occidentaux) ne dispose d’une possibilité réaliste d’influencer les Tchèques, les Allemands ou les nombreux autres peuples membres du bloc à manifester contre leur gouvernement, même si ces médias essayaient d’induire un tel mouvement (chose qu’ils n’ont pas faite, et ne feront pas). Ces citoyens le savent également, si bien que les fausses affirmations proférées par leurs dirigeants constituent des insultes à leur intelligence et constituent des attaques désespérées pour tenter de discréditer leurs origines authentiquement populaires ainsi que l’expression strictement pacifique de leurs droits constitutionnels, ce qui provoque davantage de manifestations.

Le cycle auto-alimenté de désordres socio-économiques et politiques déclenché par les dirigeants européens obéissant aux exigences étasuniennes de mesures contre-productives va sans doute se poursuivre pour une durée indéterminée. Le résultat final en est que l’UE va continuer de se voir déstabilisée par la grande stratégie machiavélique étasunienne consistant à utiliser le chaos comme arme pour essayer de créer des opportunités exploitables par la suite pour prolonger sans fin le déclin de leur hégémonie unipolaire. Des millions de gens vont en pâtir, l’influence des États-Unis va monter au sein du bloc, et l’Europe ne sera jamais en mesure d’entrer de nouveau en compétition avec les États-Unis.

Andrew Korybko est un analyste politique étasunien, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

L’Europe va-t-elle rompre avec les États-Unis ?

par Larry Johnson. L’âge du Colosse des États-Unis touche à sa fin. L’Oncle Sam n’aura plus de meute de Yorkshires, Caniches et Teckels européens qui jappent en laisse. Je pense que nous sommes au seuil d’un nouvel ordre international multipolaire qui brisera enfin l’héritage du colonialisme européen et de l’impérialisme américain. Comme Garland Nixon l’a sagement noté, « le Général Hiver est en marche ».

La non-pensée occidentale

par Daniele Perra. L'histoire ne se réduit pas aux événements des deux derniers mois. L'idée que la géographie peut être combattue en construisant des murs de sanctions est une fois de plus un fantasme qui envahit cycliquement la pensée (ou plutôt l'anti-pensée) occidentale, pour se briser ensuite contre la réalité des processus historiques.

La guerre contre l’Allemagne vient d’entrer dans sa phase chaude

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 27 septembre 2022

Hier j’expliquais comment les États-Unis sont en train de gagner leur guerre contre les industries et les populations européennes.

Cette guerre, cachée derrière la crise ukrainienne créée par les États-Unis, est conçue pour détruire l’avantage manufacturier de l’Europe par rapport aux États-Unis. Il est cependant plus probable qu’elle renforce la position économique de la Chine et d’autres économies asiatiques.

J’ai fait valoir que l’Allemagne doit ouvrir le gazoduc Nord Stream II, qui peut acheminer du gaz naturel russe en Allemagne sans traverser le territoire d’autres pays. Elle doit également autoriser Siemens à réparer les compresseurs défectueux du Nord Stream I. C’est en fait inévitable si l’on veut que l’industrie allemande survive.

D’autres sont arrivés à la même conclusion que moi et ont décidé de saboter les gazoducs pour rendre leur réouverture impossible :

Trois lignes sous-marines du réseau de gazoducs Nord Stream ont subi des dommages « sans précédent » dans la même journée, a déclaré mardi Nord Stream AG, l’opérateur du réseau, à cause de ce qu’un responsable allemand a suggéré être une « attaque ciblée« . Nord Stream 2 a subi une fuite de gaz qui a ensuite été suivie d’une chute de pression du Nord Stream 1.

La société a également déclaré qu’il était impossible d’estimer quand la capacité de fonctionnement du réseau gazier serait rétablie.

L’endommagement simultané, sous la mer, de trois gazoducs n’est évidemment pas un accident.

Un fonctionnaire allemand de l’économie a déclaré au Tagesspiegel : « Nous ne pouvons pas imaginer d’autre scénario qu’une attaque ciblée« .

Ils ont ajouté : « Tout plaide contre une coïncidence« .

Les va-t-en-guerre du Telegraph britannique affirment sans aucune preuve ni logique que la Russie est le coupable :

On craint un sabotage russe de l’approvisionnement en gaz de l’Europe après que trois lignes sous-marines du système de gazoducs Nord Stream ont subi des dommages « sans précédent » dans la même journée.

La Russie a suspendu ses livraisons de gaz à l’Europe pour se venger des sanctions occidentales imposées pour l’invasion illégale de l’Ukraine. Les journaux allemands ont rapporté des sources affirmant que les fuites étaient le résultat d’une « attaque ciblée« .

Comme indiqué dans notre article d’hier, l’affirmation selon laquelle la Russie retient le gaz destiné à l’Europe est totalement fausse :

Nord Stream II a été créé pour rendre l’Allemagne indépendante des gazoducs traversant la Pologne et l’Ukraine. Le bloquer était la chose la plus stupide à faire pour l’Allemagne et le chancelier Scholz l’a donc fait.

Dans les mois qui ont suivi, la Pologne a bloqué le gazoduc Yamal, qui acheminait également du gaz russe vers l’Allemagne. L’Ukraine a suivi en coupant deux pipelines russes. Les principales stations de compression du gazoduc Nord Stream I, que la société allemande Siemens a fait construire et dont elle assure la maintenance, sont tombées en panne les unes après les autres. Des sanctions interdisent à Siemens de les réparer.

Ce n’est pas la Russie qui a bloqué son gaz et son pétrole sur les marchés européens. Ce sont les gouvernements allemand, polonais et ukrainien qui l’ont fait.

En fait, la Russie serait heureuse de vendre davantage. Poutine a encore récemment proposé de faire passer autant de gaz russe que possible vers l’Allemagne, par le Nord Stream II: …

Si la Russie devait couper les gazoducs de la mer Baltique, elle endommagerait ceux qui acheminent le gaz norvégien vers l’Europe, et non les gazoducs qu’elle possède et qui lui donnent un certain poids.

La Russie n’a donc aucun intérêt plausible à saboter le système Nord Stream. D’autres pays ont cependant de tels intérêts. Ils veulent probablement que l’Allemagne « reste en ligne » dans leur guerre contre la Russie. Les principaux acteurs potentiels derrière tout cela sont les États-Unis, les Britanniques, les gouvernements ukrainien et polonais ou un mélange de ceux-ci.

La géographie et la faible profondeur de la mer Baltique semblent exclure que les dommages aient été causés par un sous-marin américain ou britannique. L’Ukraine n’a pas d’accès à la mer Baltique. La Pologne, qui a déjà tenté d’empêcher ou d’entraver la construction du Nord Stream II, est l’acteur le plus probable derrière tout cela, même si je doute qu’elle ose agir seule.

Prenons l’exemple d’avril 2021 :

Les promoteurs du gazoduc Nord Stream 2 ont accusé des forces navales étrangères de mener des activités « provocatrices » à proximité des travaux de construction. Le gazoduc controversé est achevé à environ 93 %, et deux navires russes de pose de gazoducs sont à poste et travaillent sur le projet dans les eaux danoises.

Andrei Minin, directeur de la filiale de Gazprom Nord Stream 2 AG, a déclaré à l’agence TASS que « des navires de guerre et des navires étrangers faisaient preuve d’une activité accrue » à proximité des travaux, et que « de telles actions sont provocatrices et peuvent entraîner des dommages au gazoduc« . Il a également accusé la Pologne d’avoir déployé un avion de patrouille militaire M-28 pour inspecter le site.

« La marine polonaise ne mène pas d’opérations de provocation et s’est acquittée de ses tâches statutaires en accord avec les lois internationales« , a répondu le commandement central de l’armée polonaise dans un message sur les médias sociaux. « Les avions M-28B Bryza effectuent régulièrement des vols de patrouille dans la région de la mer Baltique« .

La Pologne s’oppose fermement au développement du Nord Stream 2, qui donnerait à Gazprom une route alternative sous-marine pour fournir du gaz naturel aux clients d’Europe occidentale. À l’heure actuelle, ce gaz doit passer par des réseaux de pipelines terrestres passant par la Pologne et l’Ukraine, ce qui rapporte de précieux frais de transit et offre aux deux nations – qui n’ont pas toujours des relations cordiales avec la Russie – une certaine sécurité énergétique.

Puis celui de mai 2021 :

La Pologne a réagi avec colère à la décision du président Joe Biden de lever les sanctions américaines sur le Nord Stream II, avertissant que cette décision pourrait menacer la sécurité énergétique de l’Europe centrale et orientale.

« L’information n’est absolument pas positive du point de vue de la sécurité, car nous savons parfaitement que Nord Stream II n’est pas seulement un projet commercial – c’est surtout un projet géopolitique« , a déclaré Piotr Muller, un porte-parole du gouvernement polonais.

Le 7 février, Biden déclarait qu’il se prononcerait sur l’ouverture du Nord Stream II :

Après que les deux dirigeants aient semblé éviter de mentionner le gazoduc, malgré les questions répétées des journalistes lors d’une conférence de presse dans l’après-midi, M. Biden, debout à côté de la chancelière allemande, a déclaré que le Nord Stream 2 n’avancerait pas si la Russie envahissait l’Ukraine, dans un avertissement au président russe Vladimir Poutine des conséquences économiques potentielles.

« Si la Russie envahit l’Ukraine, ce qui signifie que des chars ou des troupes traversent à nouveau la frontière ukrainienne, il n’y aura plus de Nord Stream 2« , a déclaré M. Biden lors de la conférence de presse avec M. Scholz, qui n’est pas allé aussi loin que M. Biden, mais a insisté sur le fait que les États-Unis et l’Allemagne restaient « absolument unis« .

Le 27 février, Biden sanctionnait la société propriétaire du gazoduc.

Sous sa direction actuelle de droite, la Pologne s’est montrée extrêmement hostile envers l’Allemagne. Ce mois-ci, elle a même renouvelé sa demande de réparations de guerre à l’Allemagne, une question qui avait été réglée il y a plusieurs décennies :

Le principal homme politique polonais a déclaré jeudi que le gouvernement allait demander à l’Allemagne l’équivalent de quelque 1 300 milliards de dollars de réparations pour l’invasion et l’occupation de son pays par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Jaroslaw Kaczynski, chef du parti Droit et Justice, a annoncé cette énorme demande à l’occasion de la publication d’un rapport très attendu sur le coût pour le pays des années d’occupation nazie allemande, alors que la Pologne célèbre les 83 ans du début de la Seconde Guerre mondiale.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a déclaré jeudi que la position du gouvernement restait « inchangée« , à savoir que « la question des réparations est close. »

« La Pologne a renoncé il y a longtemps, en 1953, à de nouvelles réparations et a confirmé à plusieurs reprises cette renonciation« , a déclaré le ministère dans une réponse par courriel à une demande d’Associated Press concernant le nouveau rapport polonais.

Il est grand temps pour le gouvernement allemand de se réveiller et de reconnaître qu’une guerre a été lancée contre son pays.

Et ce n’est pas la Russie qui la mène.

Moon of Alabama

Note du Saker Francophone :

RT donne quelques infos supplémentaire sur cette affaire :

« Des scientifiques danois et suédois ont enregistré des explosions sous-marines près des pipelines Nord Stream lundi, alors que plusieurs fuites importantes étaient signalées. On pense désormais qu’un sabotage est à l’origine de ces dégâts.

« Il ne fait aucun doute qu’il s’agissait d’explosions« , a déclaré mardi le sismologue Bjorn Lund, du Centre national de sismologie de Suède (SNSN), à la chaîne de télévision publique SVT.

L’armée danoise a diffusé des images aériennes des fuites, montrant de grandes taches et des bulles visibles dans l’eau. Nord Stream 1 a subi deux fuites au nord-est de l’île danoise de Bornholm, tandis que Nord Stream 2 a été endommagé au sud de Dueodde, une plage située à l’extrémité sud de l’île, a indiqué l’armée.

https://www.rt.com/russia/563614-explosions-detected-near-nordstream/

 

La police suédoise a ouvert une enquête préliminaire sur un possible sabotage des pipelines russes Nord Stream 1 et 2, après que plusieurs fuites importantes ont été signalées suite à des pertes soudaines de pression sur trois des lignes du réseau lundi.

« Nous avons établi un rapport et la classification du crime est le sabotage grossier« , a déclaré mardi un porte-parole de la police nationale, selon Reuters.

https://www.rt.com/news/563628-police-investigate-nord-stream-pipeline/

 

Alors que les États-Unis, la Russie et la plupart des gouvernements européens ont réservé leur jugement quant à savoir qui pourrait être derrière l’explosion de lundi qui a endommagé les deux pipelines Nord Stream et coupé l’Allemagne du gaz russe, l’ancien ministre polonais et membre du Parlement européen Radoslaw Sikorski n’a pas eu ces scrupules.

« Merci les États-Unis« , a tweeté Sikorski mardi, à côté d’une photo de la fuite massive de gaz dans les eaux de la mer Baltique.

M. Sikorski a ensuite tweeté, en polonais, que les dommages subis par Nord Stream signifient que la Russie devra « discuter avec les pays qui contrôlent les gazoducs Brotherhood et Yamal, l’Ukraine et la Pologne » si elle souhaite continuer à livrer du gaz à l’Europe. « Bon travail« , a-t-il conclu.

https://www.rt.com/news/563632-sikorski-usa-nordstream-poland/

 

Commentant les informations selon lesquelles les pipelines Nord Stream 1 et 2 ont été mis hors service par des sabotages ou des attaques délibérées, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré mardi qu’une telle attaque n’était « dans l’intérêt de personne« . Il a toutefois ajouté que la situation actuelle représente une opportunité pour l’Europe.

Répondant à la question, M. Blinken a déclaré que la priorité des États-Unis était d’imposer un plafonnement des prix sur les exportations de pétrole russe et d’augmenter les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’Europe. Les États-Unis sont devenus le premier exportateur mondial de GNL cette année, en partie grâce à l’embargo contre la Russie imposé par Washington et ses alliés.

Bien qu’il y ait « des défis évidents dans les mois à venir » en termes d’approvisionnement énergétique de l’Europe, « il y a aussi une opportunité très importante de faire deux choses« , a souligné M. Blinken. La première est de « mettre enfin un terme à la dépendance de l’Europe vis-à-vis de l’énergie russe » et la seconde est d' »accélérer la transition vers les énergies renouvelables » afin que l’Occident puisse relever le « défi climatique. »

https://www.rt.com/news/563626-blinken-nord-stream-sabotage/

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Les États-Unis sont en train de gagner leur guerre contre les industries et les peuples d’Europe

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 26 septembre 2022

Disclose.tv @disclosetv – 10:03 UTC – Sep 26, 2022

Dernières nouvelles – L’économie allemande s’est considérablement détériorée en septembre. L’indice IFO du climat des affaires continue de chuter.

Le 7 février, le professeur d’économie Michael Hudson expliquait pourquoi les véritables adversaires de l’Amérique sont ses alliés, européens et autres :

Ce qui inquiète les diplomates américains, c’est que l’Allemagne, les autres pays de l’OTAN et les pays situés le long de la « Nouvelle route de la soie » comprennent les gains qui peuvent être réalisés en ouvrant leur commerce et leurs investissements de manière pacifique. S’il n’existe aucun plan russe ou chinois pour les envahir ou les bombarder, pourquoi l’OTAN serait-elle nécessaire ? Et s’il n’existe pas de relation intrinsèquement conflictuelle, pourquoi les pays étrangers doivent-ils sacrifier leurs propres intérêts commerciaux et financiers en s’appuyant exclusivement sur les exportateurs et les investisseurs américains ?

Ce sont ces préoccupations qui ont poussé le président français Macron à invoquer le fantôme de Charles de Gaulle et à exhorter l’Europe à se détourner de ce qu’il appelle la guerre froide « sans cerveau » de l’OTAN et à se débarrasser des accords commerciaux pro-américains qui imposent des coûts croissants à l’Europe tout en la privant des gains potentiels d’un commerce avec l’Eurasie. Même l’Allemagne rechigne à l’idée de se geler jusqu’en mars prochain en se privant du gaz russe.

Au lieu d’une réelle menace militaire de la part de la Russie et de la Chine, le problème pour les stratèges américains est l’absence d’une telle menace.

Ce dont les États-Unis avaient besoin, c’était de provoquer la Russie, et plus tard la Chine, pour qu’elles réagissent aux menaces arrangées par les États-Unis de manière à obliger leurs « alliés » à suivre leurs politiques de sanctions.

Les dirigeants européens, plutôt stupides, sont tombés dans le panneau.

Les États-Unis ont organisé une attaque ukrainienne contre la région du Donbass, tenue par les rebelles. Cette attaque a commencé le 17 février par d’intenses tirs d’artillerie contre les positions du Donbass, comme l’ont enregistré les observateurs de l’OSCE à cette frontière. La Russie devait réagir ou voir les Russes ethniques de ces régions être blessés et tués par des Ukrainiens dévoués aux nazis.

Il n’y avait aucun moyen d’empêcher cela autrement que par des moyens militaires. Le 22 février, la Russie a reconnu les républiques du Donbass comme des États indépendants et a signé des accords de défense avec elles.

Le même jour, le chancelier allemand Olaf Scholz annulait le lancement du gazoduc sous-marin Nord Stream II qui devait transporter le gaz russe vers les industries et les consommateurs allemands.

Les Européens ont lancé une série de sanctions économiques extrêmement sévères contre la Russie, sanctions qui, sous l’impulsion des États-Unis, avaient été préparées des mois à l’avance.

L’opération militaire spéciale de la Russie, en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations unies, a commencé le 24 février.

Un article de Michael Hudson, publié le 28 février, observe que l’Allemagne a été vaincue pour la troisième fois en un siècle :

Depuis 1991, la force militaire active est celle des États-Unis. En rejetant le désarmement mutuel des pays du Pacte de Varsovie et de l’OTAN, il n’y a pas eu de « dividendes de paix« . Au contraire, la politique américaine de l’administration Clinton visant à mener une nouvelle expansion militaire par le biais de l’OTAN a rapporté des dividendes pendant 30 ans, sous la forme d’un déplacement de la politique étrangère de l’Europe occidentale et d’autres alliés américains hors de leur sphère politique intérieure, vers leur propre sphère de « sécurité nationale » (terme désignant des intérêts rentiers spéciaux qui ne doivent pas être nommés). L’OTAN est devenue l’organe de politique étrangère de l’Europe, au point de dominer les intérêts économiques nationaux.

La récente provocation contre la Russie en soutenant la violence ethnique anti-russe instaurée par le régime néo-nazi ukrainien de l’après-2014 visait à forcer une épreuve de force. Il s’agit d’une réponse à la crainte des intérêts américains de perdre leur emprise économique et politique sur leurs alliés de l’OTAN et d’autres satellites de la zone dollar, car ces pays voyait que leurs principales opportunités de gain étaient dans l’augmentation du commerce et des investissements avec la Chine et la Russie.

Comme l’a expliqué le président Biden, l’escalade militaire actuelle (« Provoquer l’ours ») ne concerne pas vraiment l’Ukraine. Biden a promis dès le départ qu’aucune troupe américaine ne serait impliquée. Mais il exige depuis plus d’un an que l’Allemagne empêche le gazoduc Nord Stream 2 d’approvisionner son industrie et ses logements en gaz à bas prix et se tourne vers les fournisseurs américains, dont les prix sont beaucoup plus élevés.

Ainsi, l’objectif stratégique américain le plus urgent dans cette confrontation de l’OTAN avec la Russie est la flambée des prix du pétrole et du gaz. En plus de créer des profits et des gains boursiers pour les entreprises américaines, les prix plus élevés de l’énergie vont enlever une grande partie de la vapeur de l’économie allemande.

(Certaines personnes colportent actuellement une « étude secrète de la RAND daté de janvier 2022« . Il s’agit manifestement d’un faux. Il s’agit simplement d’une copie de l’analyse d’Hudson).

Nord Stream II a été créé pour rendre l’Allemagne indépendante des pipelines traversant la Pologne et l’Ukraine. Le bloquer était la chose la plus stupide à faire pour l’Allemagne et le chancelier Scholz l’a donc fait.

Dans les mois qui ont suivi, la Pologne a bloqué le gazoduc Jamal, qui acheminait également du gaz russe en Allemagne. L’Ukraine a suivi en fermant deux pipelines russes. Les principales stations de compression du gazoduc Nord Stream I, que la société allemande Siemens a fait construire et dont elle assure la maintenance, sont tombées en panne les unes après les autres. Des sanctions interdisent à Siemens de les réparer.

Ce n’est pas la Russie qui a bloqué son gaz et son pétrole sur les marchés européens. Ce sont les gouvernements allemand, polonais et ukrainien qui l’ont fait.

En fait, la Russie serait heureuse de vendre davantage. Récemment, Poutine a encore proposé de faire passer autant de gaz russe que possible, par le Nord Stream II vers l’Allemagne :

Après tout, s’ils en ont besoin d’urgence, si les choses vont si mal, il suffit de lever les sanctions contre le Nord Stream 2, avec ses 55 milliards de mètres cubes par an – il leur suffit d’appuyer sur le bouton et ils le feront démarrer. Mais ils ont choisi eux-mêmes de le fermer ; ils ne peuvent pas réparer un pipeline et ont imposé des sanctions contre le nouveau Nord Stream 2 et ne l’ouvriront pas. Sommes-nous à blâmer pour cela ?

C’est le gouvernement allemand qui est à blâmer pour avoir rejeté cette offre.

La guerre économique contre la Russie, qui était censées être gagnée à coup de sanctions, n’a pas réussi à ébranler la Russie. Le rouble est plus fort que jamais. La Russie réalise des bénéfices records, même si elle vend moins de gaz et de pétrole qu’avant la guerre. La Russie connaîtra peut-être une petite récession cette année, mais son niveau de vie n’est pas en déclin.

Comme il était facile de le prévoir, et comme l’a expliqué Michael Hudson, les conséquences économiques des sanctions anti-russes en Europe ont, en revanche, des conséquences catastrophiques pour les industries de l’Europe, ses sociétés et sa position politique dans le monde.

Les gouvernements et les médias s’étaient jusqu’à présent abstenus de noter les problèmes gigantesques qui se profilent et que les chefs d’entreprise avaient signalés très tôt. Ce n’est qu’au cours des deux dernières semaines environ qu’ils ont commencé à avertir.

Der Spiegel, le grand hebdomadaire allemand, s’interroge : Quelle sera l’ampleur de la récession allemande ? et constate l’évidence :

Les premières entreprises allemandes ont commencé à jeter l’éponge et la consommation s’effondre sous l’effet des retombées de l’explosion des prix de l’énergie. L’économie glisse de manière quasi incontrôlée vers une crise qui pourrait affaiblir durablement le pays.

L’article évoque les cinq étapes au cours desquelles la catastrophe se produira.

Premier acte : le gel de la production – Le coût de la production en Allemagne devient prohibitif.

Deuxième acte : le piège des prix – Personne n’achète des produits allemands au prix trop élevés.

Troisième acte : La crise de la consommation – Obligés de payer les prix élevés de l’énergie, les consommateurs allemands achètent moins de tout le reste.

Quatrième acte : La vague de faillites.

Cinquième acte : L’acte final sur le marché du travail.

Lorsque l’Allemagne comptera entre 6 et 10 millions de chômeurs, et que le gouvernement aura moins de recettes fiscales car seules quelques entreprises seront rentables, le système social s’effondrera.

« L’industrie européenne plie sous le poids de la flambée des prix de l’énergie« , titre l’Irish Examiner :

Volkswagen, le plus grand constructeur automobile européen, a prévenu la semaine dernière qu’il pourrait délocaliser sa production hors d’Allemagne et d’Europe de l’Est si les prix de l’énergie ne baissent pas.

L’Europe paie son gaz sept fois plus cher que les États-Unis, ce qui souligne l’érosion dramatique de la compétitivité industrielle du continent et menace de causer des dommages durables à son économie. Avec le président russe Vladimir Poutine qui redouble ses efforts de guerre en Ukraine, il y a peu de signes que les flux de gaz – et des prix sensiblement plus bas – soient rétablis en Europe à court terme.

OilPrice.com indique que l’Europe fait face à un exode des industries à forte intensité énergétique.

En fait, l’UE sombre dans l’anarchie :

Tous les regards sont tournés vers les résultats des élections italiennes de ce matin, mais l’Europe a des problèmes bien plus graves que la perspective d’un gouvernement de droite. L’hiver arrive, et les conséquences catastrophiques de la crise énergétique que l’Europe s’est imposée se font déjà sentir sur tout le continent.

Alors que les politiciens continuent d’élaborer des plans irréalistes de rationnement de l’énergie, la réalité est que la flambée des prix de l’énergie et la baisse de la demande ont déjà provoqué la réduction de la production ou la fermeture de dizaines d’usines dans un large éventail d’industries à forte intensité énergétique – verre, acier, aluminium, zinc, engrais, produits chimiques – entraînant le licenciement de milliers de travailleurs. Même le New York Times, favorable à la guerre, a récemment été contraint de reconnaître l’impact « paralysant » que les sanctions de Bruxelles ont sur l’industrie et la classe ouvrière en Europe. « Les prix élevés de l’énergie frappent l’industrie européenne, obligeant les usines à réduire rapidement leur production et à mettre des dizaines de milliers d’employés au chômage technique« , a-t-il rapporté.

Le fait qu’en dépit de la falaise qui se rapproche à grands pas, personne ne puisse se résoudre à dire l’évidence, à savoir que les sanctions doivent prendre fin, est un véritable signe de la faiblesse des politiciens européens. Il n’y a tout simplement aucune justification morale à la destruction des moyens de subsistance de millions d’Européens simplement pour faire la leçon à Poutine, même si les sanctions contribuaient à atteindre cet objectif, ce qui n’est clairement pas le cas.

Les États-Unis, tout en entrant eux-mêmes également en récession, profiteront, comme ils l’avaient prévu, de la catastrophe européenne.

Le Handelsblatt, un quotidien économique, rapporte que les entreprises allemandes déplacent leur production vers l’Amérique du Nord.

Washington attire les entreprises allemandes grâce à son énergie bon marché et à ses impôts réduits.

Le gouvernement allemand prétend vouloir empêcher cela, mais c’est impossible sans mettre fin aux sanctions énergétiques.

Le New York Times se réjouit bien sûr de cette situation. Alors que les producteurs européens sont évincés de leurs marchés par les prix, les États-Unis prennent le relais :

L’emploi dans les usines explose, comme dans les années 70.

L’industrie manufacturière américaine connaît un rebond, les entreprises ajoutant des travailleurs dans un contexte de forte demande des consommateurs pour des produits…

Les États-Unis, avec l’aide des politiciens européens, mènent une guerre contre les peuples d’Europe et leur niveau de vie. Ils sont maintenant sur le point de gagner cette guerre.

Aucune aide ne viendra de l’extérieur pour empêcher que cela se produise :

L’Allemagne n’obtient qu’un seul pétrolier pendant la tournée de Scholz dans le Golfe.

L’Europe, et en particulier l’Allemagne, ne peut échapper à ce piège évident que si elle ouvre les gazoducs venant de Russie. Il serait grand temps de le faire.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Colonie


Par René Lamertume − Septembre 2022

L'empire colonial de la France républicaine | Lelivrescolaire.fr

Le fatras médiatique semble bien organisé pour que personne, hormis un petit nombre d’organisateurs, ne comprenne vraiment ce qui se passe. Et malgré des faits significatifs qui ne peuvent être cachés, les liens principaux entre ces faits peuvent passer inaperçus. C’est pourquoi ces quelques lignes ont pour but de présenter la théorie d’un ami.


Nota : dans ce petit texte, il faut entendre par « intérêts américains » les intérêts d’un nombre réduit de personnes, le plus souvent très fortunées, qui influencent le fonctionnement de l’Amérique du Nord et même du monde, pour atteindre leur propre objectif, la prise du pouvoir sur la planète entière. Ces mêmes intérêts peuvent, bien entendu, être partagés par les représentants officiels du pays à certaines périodes.

Le refus par le Président Chirac, de suivre l’Otan, donc les intérêts américains, dans la guerre contre l’Irak constitue le dernier acte réel d’indépendance de notre pays vis-à-vis des USA. Par comparaison, les lignes de conduite des trois successeurs au président Chirac, en s’en tenant à quelques faits emblématiques, présentent de curieux points communs.

Le premier président de la série a organisé le rejet du référendum de 2005 et a donc imposé une étape supplémentaire de l’emprise de l’UE sur notre pays (il est désormais de notoriété publique que l’UE n’est rien d’autre qu’une couche administrative travaillant à placer les intérêts privés au dessus des États-nations de la vieille Europe). Ce président a aussi placé la France dans le commandement intégré de l’Otan. Ainsi notre pays se trouvait formellement soumis, sur les plans politique et militaire, aux intérêts d’outre-atlantique. Ajoutons à cela des travaux pratiques consistant en la participation de notre pays, avec l’Otan, à la destruction de la Libye (on sait maintenant que le déclenchement de cette guerre a de bonnes probabilités de se trouver dans le projet du président Kadhafi de créer une monnaie du continent africain, indépendante de celle des USA).

Lors des élections présidentielles qui ont suivi ce premier quinquennat, monsieur Straus-Kahn était en bonne position pour devenir président. Mais il a été pris dans un scandale. Et, bien que cette personne voyageait beaucoup, c’est par le plus grand des hasards que les faits ont eu lieu sur le territoire des USA.

Ainsi le deuxième président de la série a été élu, un peu par défaut. Ce deuxième président, c’est l’épisode rocambolesque où la France refuse tout à coup d’honorer un contrat de livraison de navires militaires à la Russie. Cela devrait permettre de mesurer l’évolution de la place des intérêts américains en France, entre la date de la conclusion du contrat et la date de livraison des navires. Car bien entendu, la rupture du contrat n’était pas faite pour plaire aux industriels français, mais pour servir toujours les mêmes intérêts étrangers. A la date de livraison, la soumission était déjà complète.
Ce président a également participé à la guerre menée par l’Otan en Syrie, par supplétifs interposés cependant.

Avec le second président, et c’est un point important du quinquennat, est arrivé un secrétaire général de l’Élysée, inconnu alors, devenu ensuite ministre de l’économie et des finances. Puis cette personne a été promue au rang de futur troisième président de la série. Avec lui, le nombre de coïncidences s’enrichit, qui débute sous ce second quinquennat et se poursuit ensuite.

On note le bradage d’intérêts industriels (Alstom par exemple), ou l’installation de la société Uber en France, décisions qui favorisent des sociétés d’un pays particulier.
Durant la « séquence covid », on se met en tête de vacciner toute la population. La France possédant un institut de renommée internationale dans la fabrication de vaccins, aurait pu trouver sa place dans la bataille sanitaire. Mais l’institut a jeté l’éponge et c’est une société – américaine – qui s’est taillée la part du lion, y compris dans notre pays.

A la suite, on apprend que le gouvernement français est friand d’études extérieures. Mais ici encore, on ne peut plus trouver de conseillers français et la maison mère du cabinet qui décroche les principaux contrats est située… inutile de préciser.
Les travaux pratiques guerriers ont la vie dure et nos concitoyens découvrent que la France défend un pays quasi inconnu de tous, l’Ukraine, et obéit, ce-faisant, à une politique décidée ailleurs.

Ainsi me dit mon ami, la clef de lecture est simple : puisque tous les faits politiques importants (et la liste n’est pas limitative) sont polarisés de manière identique, cela signifie que notre pays pourrait bien être gouverné depuis deux décennies au moins, par les USA. Celui qui pense avoir participé plusieurs fois au processus démocratique de l’élection du président du pays, n’aurait fait que valider l’installation de personnes qui se conduisent assez comme des administrateurs étrangers. Mais cela ne semble pas intéresser les médias.

Notre pays comme tant d’autres n’étant plus autonome, notre avenir peut alors être déduit d’après les situations que nous voyons aujourd’hui se développer, par exemple en Ukraine, me dit mon ami. La nouvelle hystérie autour de ce sujet s’explique évidemment parce que l’UE est organisée pour suivre la position d’outre-atlantique, quel que soit le prix à payer pour les pays de l’UE. Les administrateurs de Ukraine, pour satisfaire aux intérêts américains, ont commencé par conduire une politique insensée1, et en sont venus à ruiner le pays et à laisser massacrer une part de la population. Si nos concitoyens ne réagissent pas, notre pays, colonisé, risque de subir un sort similaire.

Ainsi l’avenir peut se dérouler suivant deux grandes directions : Soit les Français continueront de se laisser désinformer, et ne se réveilleront que lorsque le pays sera vraiment en ruines, effondré, voire détruit par la guerre que certains rêvent d’étendre à toute l’UE ; soit une prise de conscience réussira à se répandre, et dans ce cas, les administrateurs étrangers, ainsi que les acteurs des médias qui trompent la population, devront rendre des comptes. Mon ami conclut, hélas, en notant que la guerre est un excellent moyen de masquer, une nouvelle fois, les causes de la déchéance du pays.

René Lamertume

Notes

  1. L’une des causes de la détestation de la Russie par les intérêts américains est peut-être en rapport avec le fait que la Russie a détruit le nazisme en Allemagne lors de la seconde guerre mondiale. Car il est intéressant de constater quelle aide a été fournie, après la guerre, par les États-Unis, aux deux anciens pays fascistes que sont l’Allemagne et le Japon, mais c’est un vaste sujet dépassant le cadre de ces quelques lignes.

La Russie militarise son gaz alors que l’UE essaie de se préparer à la crise énergétique !

Poutine a fini de jouer Deux jours après que la Russie a interrompu indéfiniment l’approvisionnement en gaz naturel via le gazoduc Nord Stream 1 pour la raison amusante qu’il y avait une « fuite de pétrole » Quelle fuite ! Lundi, la Russie a finalement admis ce que tout le monde sait depuis février, à savoir qu’elle a militarisé les matières premières en réponse à la […]

Sous la roche de Skylla

Johann Heinrich Füssli : Odysseus vor Scilla und Charybdis (1794-1796) – détail.

ALLAN ERWAN BERGER  —  « Nous partîmes le 2 de mai 1778 de Reggio, à midi, par un temps calme ; une heure et demie après nous découvrîmes la tour du phare, à une hauteur que l’on prétend qui fait la moitié du chemin de la traversée. À deux milles de Messine, cette ville se développe de la plus grande manière, par des masses élevées en amphithéâtre sur de grandes bases, ce qui rend tout juste l’idée que l’on se fait de ces viles qu’on trouve dans les fonds des tableaux de Poussin, et de ceux du grand genre de l’histoire. Nous dirigeâmes sur le château de la Lanterne, et passâmes sur la fameuse Charybde sans éprouver la moindre oscillation. L’effet de ce gouffre ne se fait sentir que dans les seuls instants où les courants du nord et du midi, venant à se rencontrer à cette pointe, roulent l’un contre l’autre, soulèvent l’eau, et y occasionnent du tournoiement. Dans le cas où il n’y a pas de vent, la plus petite barque n’y éprouve que du ballottement : mais lorsque les ouragans ajoutent aux courants, les plus gros vaisseaux y sont attirés, et peuvent échouer à la pointe appellée pointe sèche, qui par sa dureté équivaut à un écueil ; ou peuvent être poussés par le courant vers Scylla, sur la côte de Calabre, à dix milles de là, écueil plus dangereux encore, et hors de portée de tout secours. » (Dominique Vivant Denon :Voyage en Sicile, Paris, 1788).

2015_07_16_dt« Nous entrons dans la passe et voguons angois­sés. Nous avons d’un côté la divine Charybde et, de l’autre, Skylla. Quand Charybde vomit, toute la mer bouillonne et retentit comme un bassin sur un grand feu : l’écume en rejaillit jusqu’au haut des écueils et les couvre tous deux. Quand Charybde engloutit à nouveau l’onde amère, on la voit, dans son trou, bouillonner tout entière ; le rocher du pourtour mugit terriblement ; tout en bas, apparaît un fond de sables bleus… Ah ! la terreur qui prit et fit verdir mes gens ! Mais, tandis que nos yeux regardaient vers Charybde, d’où nous craignions la mort, Skylla nous enlevait dans le creux du navire six compagnons, les meilleurs bras et les plus forts : me retournant pour voir le croiseur et mes gens, je n’aperçois les autres qu’emportés en plein ciel, pieds et mains battant l’air, et criant, m’appelant ! et ré­pétant mon nom, pour la dernière fois : quel effroi dans leur cœur ! Sur un cap avancé, quand, au bout de sa gaule, le pêcheur a lancé vers les petits poissons l’appât trompeur et la corne du bœuf champêtre, on le voit brusquement rejeter hors de l’eau sa prise frétillante. Ils frétillaient ainsi, hissés contre les pierres, et Skylla, sur le seuil de l’antre, les mangeait. Ils m’appelaient encore ; ils me tendaient les mains en cette lutte atroce !… Non ! jamais, de mes yeux, je ne vis telle horreur, à travers tous les maux que m’a valus sur mer la recherche des passes. » (Homère :Odyssée chant XII).

Aujourd’hui, Scilla est un port de la province de Reggio de Calabre, à l’entrée nord du détroit de Messine, qui sépare la péninsule italienne de la Sicile. Le toponyme proviendrait du phénicien skoula qui signifie « rocher ». Et c’est bien la première chose que l’on distingue de Scilla quand on arrive par la mer : le rocher, que couronne un château aux fondations sans âge, accroché à l’emplacement même du fameux oppidum Scyllaeum où se réfugièrent les esclaves guidés par Spartacus lors de la révolte de -73.

Si cette roche peut être dangereuse pour la navigation, elle commande à un havre sûr, qui fut par exemple utilisé en -42 par la flotte d’Octavien lors de ses combats contre Pompée.

Le pays est régulièrement soumis à de très violents tremblements de terre. Le dernier en date (1908) a détruit pratiquement tout ce qui avait survécu au précédent (1783). Voici quelques coquillages trouvés au pied des denti di Skylla, les récifs qui entourent cette roche terrible. Ils ont été récoltés par 50m de fond, dans une forêt de gorgones et de corail rouge, sur laquelle pendant tant de millénaires il plut des épaves et des cadavres.

Alvania weinkauffi Schwartz in Weinkauff, 1868

Espèce endémique du sud de la Méditerranée centrale. Arnould Locard la signale comme typique des zones coralliennes (1892). Les espèces de la famille des Rissoidae sont toujours petites, et colonisent les jardins sous-marins jusqu’à de très grandes profondeurs. Cet exemplaire est assez grand puisqu’il mesure 2mm.

Cavolinia inflexa (Lesueur, 1813)

cavolinia_inflexa2

Espèce strictement nageuse, toujours en pleine eau, et à son aise dans toutes les mers. La profondeur à laquelle on découvre ses coquilles ne signifie donc rien. Ce spécimen est mort devant Scilla, mais j’en ai un autre dont le corps s’est déposé en plein milieu du détroit de Messine, par 600m de fond. Taille : 6mm.

Creseis virgula (Rang, 1828) fait elle aussi partie de ces gastéropodes aux formes inhabituelles qui peuplent les océans du monde entier. Ces trois-ci ont fini leur nage en Corse, par 4m de fond, au pied d’un gros bloc de granite. tailles : 1-2mm.

Folinella excavata (Philippi, 1836)

Distribution : des Îles Britanniques, où elle est très rare, jusqu’en Méditerranée, où elle est assez commune. L’espèce fait partie de l’immense familledes Pyramidellidae, qui sont généralement des parasites des Échinodermes (oursins, étoiles de mer, holoturies). Taille adulte : 2mm.

Deux autres Pyramidellidae trouvées dans la gorgoneraie des Dents de Skylla. À gauche : Clathrella clathrata (Philippi, 1844) 4mm. À droite : Odostomella doliolum (Philippi, 1844) 1,75mm. Cet endroit est un milieu extrêment riche en vie de toute sorte.

Lucinoma spelæum Palazzi & Villari, 2001

Espèce endémique du détroit de Messine, vivant essentiellement sur les fonds détritiques des entrées de grottes et de ce que les Italiens nomment les Grotte semi oscure (notées GSO – cf. Angelo Vazzana : La malacofauna del Circalitorale di Scilla, 2010). Cet exemplaire a été réolté dans une de ces grottes, par 52m de fond sous les Denti. Il fait 8mm.

Pteria hirundo (Linnæus, 1758)

Des Îles Britanniques à l’Angola, des Açores à la Méditerranée. Espèce emblématique des fonds à gorgones, aux branches desquelles elle s’accroche. On la trouve aussi sur le corail rouge. Pteria hirundo fait partie de la célèbre famille des Pteriidae, les huîtres perlières. Cet adulte mesure 65mm.

Jeune spécimen dragué par 120m de fond dans le détroit de Gibraltar, en bas d’une pente colonisée par du corail rouge. 14mm. La semaine prochaine, nous irons voir quelques coquilles étranges de la Méditerranée orientale et de la côte turque.

L’économie et le niveau de vie en Europe s’effondrent

Par : Volti
Source Aube-Digitale Manuela Schwesig, première ministre de Mecklenburg-Vorpommern, et Markus Söder, premier ministre de Bavière, visitent un site qui alimentera un réseau de gazoducs existant en gaz naturel liquéfié à Lubmin, en Allemagne, le 30 août 2022. Les sanctions irréfléchies contre la Russie ont mis en lumière les problèmes les plus aigus de l’Europe, qui perd rapidement sa puissance économique. […]

La « guerre financière » de la Russie et de la Chine contre l’Occident

Par : Zineb

Aujourd’hui, la Russie et la Chine proposent au Sud collectif, à l’Afrique et à l’Asie de se libérer des « règles » occidentales.


Par Alastair Crooke – Le 28 août 2022 – Source Al Mayadeen

Dans le magazine américain National Interest (une revue à tendance conservatrice), et dans un élan de candeur inhabituel, Ramon Marks publie un article intitulé : « Peu importe qui gagne l’Ukraine, l’Amérique a déjà perdu » .

Dans cet article, Marks observe que « quel que soit le vainqueur de la guerre en Ukraine, les États-Unis seront le perdant stratégique. La Russie établira des relations plus étroites avec la Chine et d’autres pays du continent eurasien, notamment l’Inde, l’Iran, l’Arabie saoudite et les États du Golfe. Elle se détournera irrévocablement des démocraties européennes et de Washington. Tout comme le président Richard Nixon et Henry Kissinger ont joué la « carte de la Chine » pour isoler l’Union soviétique pendant la guerre froide, les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping joueront leurs cartes pour tenter de contenir le leadership mondial des États-Unis » .

Mis à part le clin d’œil au récit occidental obligatoire suggérant que la question reste ouverte (« peu importe qui gagne »), l’essentiel de l’article du National Interest est « juste » , bien qu’il déforme complètement le contexte.

La Russie et la Chine sont certainement engagées dans une tentative de changement de l’« ordre fondé sur des règles » des États-Unis. Non pas pour remplacer une hégémonie par une autre, mais plutôt pour créer une pression – sans guerre – qui force une transformation existentielle de l’esprit occidental. Une pression qui ne laisse guère d’autre choix à l’Occident que de mettre un terme à son expansionnisme, en l’obligeant à se conformer à ses « règles » (autrement connues sous le nom de néocolonialisme).

Oui, la Russie et la Chine jouent maintenant leurs « cartes » géostratégiques. Et dans un sens, ce sont des « cartes » très familières. Il s’agit des principes d’autodétermination et de respect de la souveraineté qui ont émergé de la réunion de Bandung en 1955 et qui ont servi de base au mouvement des non-alignés de l’époque. Ils reflétaient le mécontentement des organisateurs de la conférence face à la réticence de l’Occident à écouter et, au contraire, à sa tendance à imposer son point de vue singulier aux États asiatiques.

Ainsi, tout comme les États-Unis ont joué à fond la carte de la domination du dollar soutenue par l’armée dans les années qui ont suivi l’implosion de l’Union soviétique pour faire entrer une grande partie du monde dans leur sphère réglementée, la Russie et la Chine proposent aujourd’hui au Sud collectif, à l’Afrique et à l’Asie de se libérer des « règles » occidentales. Elles encouragent le « reste du monde » à affirmer son autonomie et son indépendance, à la manière de Bandung.

La Russie, en partenariat avec la Chine, construit ces relations politiques étendues sur le contrôle de l’approvisionnement mondial en combustibles fossiles et en une grande partie de la nourriture et des matières premières du monde. Pour accroître encore son influence sur les sources d’énergie dont dépendent les belligérants occidentaux, la Russie est en train de mettre sur pied une « OPEP » du gaz avec l’Iran et le Qatar, et a également fait des ouvertures accueillantes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis pour qu’ils s’associent afin de renforcer le contrôle de tous les produits énergétiques essentiels.

En outre, ces grands producteurs se joignent aux grands acheteurs pour arracher les marchés des métaux précieux et des matières premières des mains de Londres et des États-Unis, afin de mettre un terme à la manipulation occidentale des prix des matières premières par le biais des marchés dérivés.

L’argument avancé par les responsables russes aux autres États est à la fois extrêmement séduisant et simple : l’Occident a tourné le dos aux combustibles fossiles et prévoit de les éliminer complètement, d’ici une dizaine d’années.
Ils ont choisi cette voie sous la pression intense des États-Unis ; une voie qui, dans le cas de l’Europe, imposera la misère à leurs peuples pour les années à venir.

Cependant, aussi désagréable que cela puisse être pour certains, le fait est que la croissance économique mondiale nécessite toujours la production de combustibles fossiles. Sans davantage d’investissements et d’exploration, il est peu probable que l’offre soit suffisante à moyen terme pour répondre à la demande probable. Il n’existe pas de moyen rapide d’augmenter l’apport physique d’énergie.

Le message de la Russie à ses partenaires est le suivant : vous n’êtes pas obligés de participer à cette « politique du sacrifice » masochiste. Vous pouvez avoir du pétrole et du gaz naturel à un prix inférieur à celui que l’Europe doit payer. Le « Golden Billion » a profité des avantages de la modernité, et maintenant il veut que vous renonciez à tout cela, et que vous exposiez vos électeurs à des difficultés extrêmes.

La Russie dit simplement : « Cela ne doit pas être comme ça » . Oui, le climat est un facteur à prendre en considération, mais les combustibles fossiles font l’objet d’un manque aigu d’investissements pour des raisons idéologiques, plutôt que pour des raisons d’épuisement en soi.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le point de départ initial de Bandung était que l’Occident refuse tout simplement « d’écouter » ; il dirige et impose. L’idéologie verte occidentale, cependant, ne peut pas simplement être imposée au reste du monde, contre sa volonté. Cet argument représente la voie à suivre par la Russie et la Chine pour faire basculer une grande partie du monde dans leur camp.

En resserrant la vis énergétique pour donner du mordant à son argument, la Russie avertit sans détour l’UE que la classe politique ouest-européenne peut soit sauver sa peau en revenant au gaz russe bon marché, soit rester alignée sur Washington au sujet de l’Ukraine. Dans ce dernier cas, cependant, elle devra plonger son électorat dans la misère. Avec le risque que ses dirigeants soient confrontés au « désagrément » d’une révolte à la lanterne. Mais l’UE ne peut pas faire les deux.

Ce qui importe avant tout, c’est la nature de la métamorphose européenne. Est-elle tactique ou s’agit-il d’un véritable « chemin de Damas » ? Trouverons-nous, dans le sillage de la crise énergétique russe, une UE suffisamment réfléchie pour s’engager dans une négociation non idéologique sur la sécurité et les aspirations civilisationnelles des autres, ainsi que dans un échange fondé sur les moyens de protéger la planète contre de nouvelles déprédations ?

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Le premier ministre belge prévient que « Les 5 à 10 prochains hivers seront difficiles »

L’Europe dans l’impasse Le Premier ministre belge Alexander De Croo a peut-être vendu la mèche sur la durée de la crise énergétique en Europe. Il a déclaré lundi aux journalistes que « les 5 à 10 prochains hivers seront difficiles ». « L’évolution de la situation est très difficile dans toute l’Europe », a déclaré M. De Croo au radiodiffuseur belge VRT. « Dans un […]

Pourquoi l’Allemagne se suicide-t-elle ?

Par : Wayan

Pour les mêmes raisons qui font que l’UE/le Royaume-Uni se désindustrialise !


Par David Chu – Le 18 septembre 2022 – The Saker’s Blog

« C’est une vraie question, n’est-ce pas ? Pourquoi ? Le comment et le qui ne sont que des décors pour le public. Oswald, Ruby, Cuba, la mafia. Cela les maintient dans l’expectative comme une sorte de jeu de société, les empêchant de poser la question la plus importante, pourquoi ? Pourquoi Kennedy a-t-il été tué ? Qui en a profité ? Qui a le pouvoir d’étouffer l’affaire ? Qui ? » ~ Mr. X dans le film JFK

Pourquoi l’Allemagne se fait-elle harakiri (ou seppuku) ?

Parce que les Américains leur ont ordonné de le faire !

Récemment, William F. Engdahl a écrit un article très intéressant intitulé « Europe’s Energy Armageddon From Berlin and Brussels, Not Moscow » [C’est Berlin et Bruxelles qui sont les causes de l’Armageddon énergétique européenne, pas Moscou] qui a été retravaillé dans l’article de Pepe Escobar intitulé « Germany’s Energy Suicide : An Autopsy » [Le suicide énergétique allemand : une autopsie].

Les deux articles expliquent de manière fascinante comment l’Allemagne se suicide. Agenda vert 2030. La grande réinitialisation. Etc.

J’ai envoyé un courriel à Engdahl au sujet de la déclaration suivante qu’il a écrite dans son article et je lui ai demandé : « Quelle est la véritable raison de la désindustrialisation complète de l’Allemagne ? En dehors des conneries sur l’énergie verte ou le Great Reset » :

Ce n’est pas parce que des politiciens comme Scholz ou le ministre allemand de l’économie verte Robert Habeck, ou le vice-président de la Commission européenne chargé de l’énergie verte, Frans Timmermans, sont stupides ou désemparés. Corrompus et malhonnêtes, peut-être oui. Mais ils savent exactement ce qu’ils font. Ils lisent un script. Tout cela fait partie du plan de l’UE visant à désindustrialiser l’une des concentrations industrielles les plus efficaces énergétiquement de la planète. Il s’agit de l’Agenda vert 2030 de l’ONU, également connu sous le nom de Grande Réinitialisation de Klaus Schwab. (Les caractères gras sont de moi).

Pour une raison quelconque, Engdahl n’a pas répondu à mon courriel. Mais dans le courriel que je lui ai envoyé, j’ai essentiellement répondu à ma question lorsque j’ai demandé ce qui suit :

S’agit-il d’émasculer complètement l’Europe afin de la rendre totalement dépendante des États-Unis tant pour l’énergie que pour la technologie ? Le reste du monde se dirige vers la Route de la soie et les BRICS. Le seul bloc restant à récolter, c’est-à-dire à violer et à piller pour les Américains, est l’Europe (plus le Japon et la Corée du Sud).

C’était le 5 septembre 2022.

Le 16 septembre 2022, RT (Russia Today) a publié un article intitulé « Elite US think tank dismisses EU plot report as ‘fake’ » [le groupe de réflexion de l’élite rejette le rapport sur le complot contre l’Europe, disant que c’est un « faux »] :

L’histoire d’un prétendu plan américain visant à drainer les ressources de l’UE pour soutenir son économie a été rapportée mardi par Nya Dagbladet, un média suédois qui se décrit comme anti-globaliste, humaniste, pro-liberté et indépendant. Une version en langue anglaise a été publiée plus tard dans la semaine.

Le journal affirme avoir obtenu un document classifié signé par la RAND Corporation, intitulé « Weakening Germany, strengthening the US« [Affaiblir l’Allemagne, renforcer les USA]. Le document, qui aurait été écrit en janvier, décrit un scénario selon lequel les États-Unis pourraient aider leur économie en difficulté en drainant les ressources de leurs alliés européens.

Le prétendu complot consistait à pousser la Russie à attaquer l’Ukraine, ce qui obligerait l’UE à imposer des sanctions à la Russie et à découpler leurs économies de l’énergie russe.

Eh bien, aujourd’hui (17 septembre 2022), j’ai contacté les deux auteurs suédois du Nya Dagbladet et leur ai demandé de me fournir le document de la RAND. Markus Andersson, l’un des auteurs et rédacteur en chef, a rapidement répondu et voilà le « faux » document de la RAND :

https://nyadagbladet.se/wp-content/uploads/2022/09/rand-corporation-ukraina-energikris.pdf

Vous feriez mieux d’enregistrer une copie de ce PDF sur votre disque dur et de le transmettre à tous vos amis, en particulier aux personnes qui vivent en Allemagne, avant que les gens de RAND ne crient au meurtre et ne fassent disparaître ce document très important !

Très bientôt maintenant, les gens de RAND vont le qualifier de « faux« . [C’est fait, NdT]

Le rapport RAND est intitulé « Résumé : affaiblir l’Allemagne, renforcer les USA« .

Il est daté du 25 janvier 2022 et porte la mention « confidentiel« . La liste de distribution comprend le WHCS (White House Chief of Staff), l’ANSA (Assistant du Président pour les affaires de sécurité nationale), le Département d’État, la CIA (Central Intelligence Agency), la NSA (National Security Agency) et le DNC (Democratic National Committee).

Jetons un petit coup d’œil à ce « faux » document.

L’état actuel de l’économie américaine ne permet pas de penser qu’elle puisse fonctionner sans le soutien financier et matériel de sources extérieures. La politique d’assouplissement quantitatif, à laquelle la Fed a eu régulièrement recours ces dernières années, ainsi que l’émission incontrôlée de liquidités lors des confinements Covid 2020 et 2021, ont conduit à une forte augmentation de la dette extérieure et à une augmentation de l’offre de dollars.

La détérioration continue de la situation économique risque fortement d’entraîner une perte pour le Parti démocrate au Congrès et au Sénat lors des prochaines élections qui se tiendront en novembre 2022. La mise en accusation du président ne peut être exclue dans ces circonstances, ce qui doit être évité à tout prix. [Les caractères gras sont de l’auteur].

Il est urgent que des ressources affluent dans l’économie nationale, notamment dans le système bancaire. Seuls les pays européens liés par les engagements de l’UE et de l’OTAN seront en mesure de les fournir sans coûts militaires et politiques importants pour nous.

Le principal obstacle à cela est l’indépendance croissante de l’Allemagne. Bien qu’elle soit encore un pays à la souveraineté limitée, elle s’oriente depuis des décennies vers la levée de ces limitations et la transformation en un État totalement indépendant. Ce mouvement est lent et prudent, mais régulier. Les extrapolations montrent que le but ultime ne pourra être atteint que dans plusieurs décennies. Toutefois, si les problèmes sociaux et économiques des États-Unis s’aggravaient, le rythme pourrait s’accélérer considérablement…

Vulnérabilités de l’économie allemande et européenne

On peut s’attendre à une augmentation du flux de ressources de l’Europe vers les États-Unis si l’Allemagne commence à connaître une crise économique contrôlée [les caractères gras sont de l’auteur]. Le rythme du développement économique de l’UE dépend presque sans alternative de l’état de l’économie allemande. C’est l’Allemagne qui supporte l’essentiel des dépenses destinées aux membres les plus pauvres de l’UE.

Le modèle économique allemand actuel repose sur deux piliers. Il s’agit de l’accès illimité aux ressources énergétiques russes bon marché et à l’énergie électrique française bon marché, grâce à l’exploitation de centrales nucléaires. L’importance du premier facteur est considérablement accrue. L’arrêt des approvisionnements russes peut très bien créer une crise systémique qui serait dévastatrice pour l’économie allemande et, indirectement, pour l’ensemble de l’Union européenne… [Les caractères gras sont de l’auteur].

Une crise contrôlée

En raison des contraintes de la coalition, les dirigeants allemands ne contrôlent pas totalement la situation dans le pays. Grâce à nos actions précises, il a été possible de bloquer la mise en service du gazoduc Nord Stream 2, malgré l’opposition des lobbyistes des industries sidérurgiques et chimiques. Cependant, la détérioration dramatique du niveau de vie pourrait inciter les dirigeants à reconsidérer leur politique et à revenir à l’idée de souveraineté européenne et d’autonomie stratégique.

La seule façon possible de garantir le rejet par l’Allemagne des approvisionnements énergétiques russes est d’impliquer les deux parties dans le conflit militaire en Ukraine. La poursuite de nos actions dans ce pays entraînera inévitablement une réponse militaire de la Russie. Les Russes ne pourront évidemment pas laisser sans réponse la pression massive de l’armée ukrainienne sur les républiques non reconnues du Donbass. Cela permettrait de déclarer la Russie comme agresseur et de lui appliquer l’ensemble du train de sanctions préparé à l’avance. …] [Les caractères gras sont de l’auteur].

Le résumé de RAND détaille ensuite les « Conséquences attendues » avec des projections de pertes financières et économiques pour l’Allemagne.

Le reste, comme on dit, est… (presque) Mission accomplie !

David Chu

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

L’Armaggedon énergétique européen de Bruxelles et de l’Allemagne, pas de la Russie


Par F. William Engdahl − Le 31 Aout 2022 − Source New Eastern Outlook

Le ministre allemand de l’Économie Verte Robert Habeck

Le 22 août, les prix du marché du gaz naturel s’échangeaient sur le Pôle allemand du THE (Pôle d’Echange Europe) à 1000% des prix de l’année dernière. Les citoyens s’entendent dire par Scholtz que la raison en est Poutine et la guerre de la Russie en Ukraine. La vérité est bien différente. Les politiciens de l’UE et des intérêts financiers puissants utilisent la Russie pour dissimuler le fait que cette crise de l’énergie est Made in Allemagne et Bruxelles.


Non pas parce que des politiciens comme Scholtz, le ministre de l’Économie Verte Robert Habeck ou le Vice-Président de la commission Européenne à l’Énergie Verte Franz Timmermans seraient complètement stupides ou paumés. Corrompus et malhonnêtes, probablement, oui. Ils savent parfaitement ce qu’ils font. Ils lisent un script. Cela fait partie intégrante du plan européen pour désindustrialiser l’une des concentrations énergétiques les plus efficaces de la planète. Ceci est le plan des Nation Unies pour l’Agenda Vert 2030, connu autrement sous le nom de Grande Réinitialisation de Klaus Shwab.

Dérégulation du marché du gaz européen

Ce que dissimulent soigneusement la Commission Européenne et les ministres du gouvernement d’Allemagne ou d’ailleurs dans l’Union, c’est la façon dont ils ont transformé la manière de déterminer les prix du gaz aujourd’hui. Pendant presque deux décennies, la Commission Européenne, soutenue par des méga banques type JP Morgan, ou de grands Fonds de Pension spéculateurs, a commencé à poser les jalons de ce qui est devenu aujourd’hui une complète dérégulation du marché du gaz naturel. Au nom de la « libéralisation » du marché du gaz de l’UE, ce qui a été autorisé, c’est la fixation des prix sur l’échange libre, dérégulé et en temps réel, plutôt que sur des contrats à long terme.

Aux alentours de 2010, l’UE a commencé à favoriser un changement radical dans les règles de fixation des prix du gaz. Avant cela, la plupart des prix était fixée par les contrats à long terme de livraison par gazoduc. Le plus grand fournisseur, le Russe Gazprom, approvisionnait l’UE en gaz, et plus spécialement l’Allemagne, par des contrats à long terme indexés sur le prix du pétrole. Jusqu’aux années précédentes, presque aucune livraison de gaz n’était importée par méthaniers. En 2016, après le changement du corpus législatif US autorisant l’exportation de GNL tiré de la production massive de gaz de schiste, les fournisseurs de gaz naturel américains ont entamé la construction de leurs terminaux de livraison de GNL. IL faut en moyenne 3 à 5 ans pour construire ces terminaux. Au même moment, la Pologne, la Hollande et d’autre pays de l’UE ont commencé à construire leurs terminaux d’importation pour recevoir le GNL de l’étranger.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, l’émergence des géants de l’industrie pétrolière anglo-saxonne, alors appelés les Sept Sœurs, a créé un monopole sur le prix global du pétrole. Comme l’a mentionné Henry Kissinger pendant le choc pétrolier des années 70, « Contrôlez le pétrole, et vous contrôlerez des nations entières ». Depuis les années 80, les banques de Wall Street, menées par Goldman Sachs, ont créé un nouveau marché sur le « pétrole-papier », ou contrats à terme, ainsi que d’autres produits dérivés sur le cours du baril. Cela a engendré un énorme casino de profits spéculatifs contrôlé par une poignée de banques géantes de New York et de la City de Londres.

Ces mêmes puissances financières sont à l’œuvre depuis des années pour créer un système similaire de marché globalisé du « gaz-papier », avec des contrats à terme qu’elles pourraient contrôler. La Commission Européenne et son Agenda Vert pour « décarboner » l’économie d’ici 2050 en éliminant les combustibles à base de pétrole, de gaz, et de charbon, a créé le piège parfait qui a conduit à l’explosion des prix du gaz dans l’UE depuis 2021. Afin d’imposer ce contrôle du marché « unifié », l’UE a subi des pressions de la caste mondialiste pour imposer à Gazprom de nouvelles pratiques draconiennes et, de fait, illégales, afin de forcer l’ouverture à la concurrence du propriétaire russe des réseaux gazoducs de l’UE.

Les grandes banques et les gestionnaires de l’énergie qui contrôlent la politique de l’Union Européenne à Bruxelles ont créé un nouveau système de prix indépendants, parallèles aux prix stables et à long terme des pipelines de gaz qu’ils ne contrôlaient pas.

Dès 2019, une série de directives bureaucratiques de la Commission Européenne à Bruxelles a permis de déréguler complètement le prix des transactions du gaz sur le marché de l’UE, en dépit du fait que la Russie était toujours, de loin, la première source d’importation. Une série de pôles virtuels d’échanges a été introduite pour permettre l’échange des contrats à terme du gaz dans plusieurs pays de l’Union. Dès 2020, le hollandais TTF (Etablissement de Transferts des Titres) a été le pôle dominant du marché d’échange du gaz pour l’UE, le soi-disant standard européen.

Remarquablement, le TTF est une plateforme virtuelle d’échange des contrats à termes gaziers pour les transactions entre banques et autre investisseurs financiers hors de contrôle. Cela signifie que tout se passe, de facto, de manière dérégulée, en dehors de tout échange contrôlé. Ceci est primordial pour bien comprendre le jeu joué par l’Union Européenne.

En 2021, seulement 20% de tout le gaz naturel importé par l’UE était du GNL, dont les prix étaient déterminés par les marchés à terme du pôle TTF, dans les faits devenu le standard européen, détenu par le même gouvernement hollandais qui attaque aujourd’hui ses fermes agricoles sur des allégations frauduleuses de pollution au nitrates. La plus grande part d’importation du gaz européen venait du russe Gazprom qui fournissait plus de 40% des importations en 2021. Les prix de ce gaz, issus de contrats à long terme sur les gazoducs, était largement plus bas que les prix spéculatifs du TTF pratiqués aujourd’hui. En 2021, les états européens ont dû s’acquitter d’une charge supplémentaire estimée à 30 milliards pour le gaz naturel, comparé aux prix offerts par Gazprom et leur indexation sur ceux du pétrole. Les banques ont adoré. L’industrie de l’UE et les consommateurs, eux, non. C’est seulement en détruisant la part du marché russe dans l’UE que les intérêts financiers et les défenseurs du Green Deal ont pu imposer leur contrôle du marché du GNL.

Fermer les gazoducs de l’UE

Avec le soutien ferme et entier de l’UE sur le nouveau marché du gaz en gros, Bruxelles, l’Allemagne et l’OTAN ont commencé à fermer les gazoducs stables et pérennes de l’UE.

Après qu’elle a coupé ses liens diplomatiques avec le Maroc suite à des contestations territoriales, l’Algérie a annoncé que le gazoduc Maghreb-Europe (MGE), qui a été lancé en 1996, cesserait toute opération dès le 31 octobre 2021, à l’expiration des conventions afférentes.

En septembre 2021, Gazprom a terminé le gazoduc Nord Stream 2 de plusieurs milliards qui passe sous la mer Baltique pour rejoindre l’Allemagne. Cela devait doubler la capacité du Nord Stream 1 à 110 milliards de mètres cubes annuels, permettant à Gazprom de s’affranchir des interférences sur la livraison de gaz par le gazoduc Soyuz qui traverse l’Ukraine. La Commission Européenne, soutenue par l’administration Biden, a bloqué avec des artifices bureaucratiques l’ouverture de ce pipeline en février 2022, et finalement le chancelier allemand Scholtz a imposé des sanctions sur ce gazoduc au titre de la reconnaissance par la Russie des républiques populaires de Donetsk et de Luhansk. Avec la crise grandissante du gaz, le gouvernement allemand a refusé l’ouverture du Nord Stream 2 en dépit du fait qu’il était opérationnel.

Puis le 12 mai 2022, en dépit du fait que les livraisons de gaz Gazprom par le gazoduc Soyouz aient été ininterrompues pendant les trois mois de conflit, en dépit des opérations en Ukraine, le régime de Zelinsky contrôlé par l’OTAN à Kiev a fermé un des importants pipelines russes passant par Luhansk et qui fournissait du gaz aussi bien à son pays, l’Ukraine, qu’aux états de l’UE, en déclarant qu’il resterait fermé jusqu’à ce que l’Ukraine obtienne le contrôle complet sur ses systèmes de livraison qui traversent les deux républiques du Donbass. Cette coupure de la ligne Soyuz par l’Ukraine a privé l’UE d’un tiers de son gaz. Cela n’a certainement pas arrangé le sort de l’économie européenne, alors que dans le même temps l’Ukraine mendiait davantage d’armes de ces mêmes pays membres de l’OTAN. Le Soyuz avait ouvert en 1980, du temps de l’Union Soviétique, pour livrer le gaz du champ gazier Orenburg.

Ensuite ce fut le tour du gazoduc russe Jamal qui passe par le Belarus, la Pologne jusqu’en Allemagne. En décembre 2021, deux mois avant le début du conflit en Ukraine, le gouvernement polonais a coupé la section polonaise du Gazoduc, coupant la fourniture du gaz Gazprom aussi bien à l’Allemagne qu’à la Pologne. En place de quoi, les compagnies gazières polonaises ont acheté le gaz russe stocké dans les réserves des compagnies de gaz allemandes, et via la section Pologne-Allemagne du Jamal, se le sont fait livrer en sens inverse et à un prix plus élevé. Les compagnies allemandes ont acheté le gaz russe par des contrats à long terme à bas-coût, et l’ont revendu à la Pologne avec une forte marge. Cette folie a été délibérément minimisée par le ministre allemand de l’économie verte, Habeck, le chancelier Scholtz et les médias allemands, même si cela augmente le coût du tarif et aggrave la crise du gaz en Allemagne. Le gouvernement polonais a refusé de renouveler ses contrats avec la Russie, et au lieu de cela, achète son gaz à l’Allemagne à des prix supérieurs. Avec pour résultat que désormais plus aucun gaz russe ne circule jusqu’à l’Allemagne par le Jamal.

Enfin, la fourniture de gaz russe via le gazoduc sous-marin Nord Stream 1 a été interrompue parce qu’elle nécessitait la réparation d’une turbine à gaz fabriquée par Siemens. Cette turbine a été envoyée dans une installation spéciale de Siemens au Canada où le gouvernement anti-russe du régime Trudeau l’a retenue pendant des mois avant de finalement la rendre à la demande du gouvernement allemand. Pourtant, ils ont délibérément refusé de garantir son expédition au fournisseur russe, pour l’envoyer plutôt à Siemens en Allemagne, où elle attend que les gouvernements allemand et canadien s’accordent mutuellement sur une exemption des sanctions avant son transfert en Russie. Par ce procédé, l’approvisionnement du gaz Gazprom du Nord Stream 1 a été réduit considérablement à 20% de son débit initial.

En janvier 2020, Gazprom a commencé à envoyer du gaz par son gazoduc Turkstream de la Turquie en direction de la Bulgarie et de la Hongrie. En mars 2022, la Bulgarie, avec le soutien de l’OTAN, a unilatéralement coupé la livraison de gaz du Turkstream. La Hongrie de Victor Orban, par contraste, a sécurisé avec la Russie la continuation de l’approvisionnement de gaz du Turkstream. Avec pour résultat que la Hongrie aujourd’hui ne connait pas de crise énergétique et importe par des pipelines gaziers du gaz fixé contractuellement à bas coût.

En sanctionnant ou en coupant systématiquement l’approvisionnement contractuel de gaz à long terme et à bas coût, les spéculateurs sur le gaz via le hollandais TTP ont été capables à chaque hoquet ou choc énergétique dans le monde, que ce soit une sécheresse record en Chine ou un conflit en Ukraine, d’exporter des restrictions aux USA, et de mettre aux enchères le marché de gros du gaz. A la mi-août, les prix du marché à terme au TTP étaient 1000% plus élevés que l’année précédente, et continuent d’augmenter quotidiennement.

La folie allemande du prix le plus haut

Le sabotage délibéré des prix de l’énergie et de l’électricité devient chaque jour plus absurde. Lindner a appelé à un changement urgent des lois allemandes sur l’énergie en découplant certains marchés. Cautionnant le fait que le gouvernement devait être attentif à ne pas trop intervenir, le Ministre fanatique de l’Économie Verte Robert Habeck a immédiatement répondu :

Nous travaillons durement à trouver un nouveau modèle de marché. Nous avons besoin de marchés opérationnels et, dans le même temps, nous avons besoin d’établir de bonnes règles pour que les positions sur ces marchés ne fassent pas l’objet d’abus.

En fait Habeck est en train de faire son possible pour consolider l’Agenda Vert et éradiquer le gaz, le pétrole et le nucléaire, pourtant la seule énergie fiable du moment. Il refuse de considérer la réouverture de trois usines nucléaires fermées il y a un an, ou de reconsidérer la fermeture des trois autres prévue pour décembre, et dit dans une interview au Bloomberg :

Je ne vais pas aborder cette question sur des fondements idéologiques. L’énergie nucléaire n’est pas la solution, c’est le problème.

Habeck, comme la présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen, ont répété que le solaire et l’éolien étaient la réponse à la crise énergétique qu’ils ont délibérément créée. A tout égard, la crise énergétique suicidaire de l’Europe a été fabriquée de toutes pièces en Allemagne, pas en Russie.

F. William Engdahl est un conférencier et consultant en risques stratégiques. Diplômé de l’Université de Princeton et auteur de best-sellers sur le pétrole et la géopolitique, exclusivement pour le magazine en ligne « New Eastern Outlook ».

Traduit par Maud, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Ecolo-nazisme et mise en place du plan Morgenthau en Allemagne

Par : Volti
Par  Nicolas Bonnal via Le Saker Francophone Le dément gouvernement Scholz a pris un tour dictatorial : d’une part il achève de liquider l’industrie allemande sur ordre des mondialistes (le rôle de Larry Fink et de BlackRock semble éminent). D’autre part pour justifier la fin définitive (je dis bien définitive) du gaz russe et la désindustrialisation génocidaire qui va l’accompagner […]

L’UE l’annonce : Les européens vont souffrir et doivent l’assumer !

L’Europe fatiguée va devoir assumer ses positions jusqu’au bout Le haut représentant de l’UE et chef de la politique étrangère, Josep Borrell, a dressé un bilan surprenant de la guerre en Ukraine et de la position précaire de l’Europe dans une interview à l’AFP publiée mardi, admettant que le président russe Vladimir Poutine fait le pari de fracturer une réponse unie […]

Ils ont pris les EMBARGOS les plus DÉBILES de toute l’Histoire !

Par : Volti
Source Trouble Fait Après avoir tentés par tous les moyens de ne plus payer la Russie pour les produits qu’on est obligé de lui acheter, les européens ont fini par comprendre qu’ils ne pourraient pas avoir le beurre et l’argent du beurre.Il est devenu évident qu’on ne pourra pas sanctionner efficacement la Russie tant qu’on continue à acheter ces énergies […]

Dans la mer des sirènes

Ulysse et les Sirènes. Stamnos attique à figures rouges, vers 480-470 av. J.-C

ALLAN ERWAN BERGER — La Mer Thyrrénienne est l’ancienne “Mer Étrusque” des Romains. Elle baigne l’Étrurie au Nord, la Campanie et la Sicile au sud, la Corse et la Sardaigne à l’ouest. C’est le pays des Sirènes. Jadis on disait d’elles qu’elles étaient capables de voler, et aussi de chanter d’une manière si merveilleuse que leurs auditeurs, subjugués, s’approchaient, s’approchaient encore, et finissaient d’ordinaire sous les crocs de ces monstres. Car les sirènes antiques étaient carnivores, et folles absolument.

Homère les mettait, quant à lui, plus à l’est. Et de fait, dans le sud de la mer Égée, il y eut, dit-on, une île où des êtres ressemblant à des femmes chantaient au milieu des ossements de leurs victimes.

Mais pourquoi ces êtres sont-ils toujours et uniquement féminins ? Plusieurs hypothèses peuvent être émises, parmi lesquelles celle-ci : les femmes sont, dans les cultures méditerranéennes, des êtres souvent mis à part, mais vraiment, littéralement… au point qu’on a pu retrouver sur quelques îles de véritables camps d’internement qui leurs étaient spécialement affectés. J’en veux pour exemple récent cette Isola delle Femmine près de Palerme, dont il est dit qu’elle abrita, au Moyen-Âge, une prison de cette espèce. On imagine ce qui se racontait à leur propos, et comment les pêcheurs avaient pour instruction d’éviter ces parages. Voici quelques coquilles provenant de ces sombres eaux.

Amphissa acutecostata (Philippi, 1844)

Coquillage de moyennes profondeurs et d’eaux froides, que l’on trouve depuis l’Arctique jusqu’en Caroline du Nord et en Méditerranée, et aussi sur les crètes de la Dorsale Médio-Atlantique. Pendant longtemps, on s’est demandé si l’espèce était encore vivante en Méditerranée, car l’on n’en récoltait que des fossiles dans les dragages tyrrhéniens. Cet exemplaire, de toute évidence récent, montre que l’espèce est encore vivante. Il a été récolté par 500m de fond, dans une ropcaille à corail blanc, au large de Fiumicino. Il faut noter que le toponyme Fiume et sa variante Fiumicino viennent du latin flumen, le fleuve, et se réfèrent donc aux embouchures. Ici, il s’agit de celle du Tibre, car nous sommes sur la côte du Latium. Le coquillage présenté ici fait 5,5mm.

Coripia corbis (Philippi, 1836)

Coquillage d’ombre, habitant les entrées des grottes sous-marines, les crevasses et les rochers noyés depuis la Mer du Nord jusqu’en Méditerranée. Ce specimen large de 5mm a été récolté par 33m de fond, sur les Secche de Tor Paterno, au large de Torvajanica, Latium. Le haut-fond de Tor Paterno est une montagne sous-marine dont le sommet forme une sorte de plateau allant de -60m à -18m, véritable oasis de surface, isolée au milieu de la plaine latiale. Cet endroit est aujourd’hui une aire marine protégée, chérie des plongeurs et des scientifiques.

     

Du même endroit voici encore un Slit Worm-Shell aux formes extravagantes et variées : Petalopoma elisabettæ Schiapparelli, 2002. Cette espèce, elle aussi, ne dédaigne pas les entrées de grottes. Tailles : de 4 à 9m.

Karnekampia sulcata (O.F. Müller, 1776)

Cette petite pétoncle vit depuis l’Islande jusqu’au Cap Vert, et en Méditerranée occidentale. Elle est toujours rare. Sa sculpture délicate en fait une coquille recherchée des collectionneurs. Ce spécimen a été récolté par 100m de fond, attaché à un câble sous-marin qui reliait Capri à la côte napolitaine. Il fait 12mm.

     

À gauche : détroit de Gibraltar, 180m de fond. À droite : rare spécimen albino pêché par 120m de fond dans un champ de corail rouge, côte de Sassari, en Sardaigne.

Pagodula echinata (Kiener, 1840)

Encore un coquilage d’eau froide, qu’on trouve depuis les Féroé jusqu’aux Canaries, des Açores jusqu’en Méditerranée. Comme il est très variable, on souvent cru le découvrir, et on lui a donné toutes sortes de noms : aculeatus, depressa, elongata, hirtus, spinosa… Un des derniers synonymes en date (Dautzenberg & Fischer, 1896) est grimaldii, donné en l’honneur du prince Albert 1er, une figure de l’océanographie méditerranéenne.

     

Spécimens récoltés par 1000m de fond, au large du Cap Teulade, en Sardaigne. 17,5-21,5mm.

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