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FTX : Miroir de l’empire bancaire de l’irréalité

par Sébastien Renault. Un système qui ne repose plus sur rien de réel ne peut, pour survivre, que compter sur le renforcement systémique de la perception de ses propres mystifications sociales et politiques.

Derrière l’arnaque crypto. « Une absence totale d’informations financières dignes de confiance « 

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 18 novembre 2022

Yves Smith de Naked Capitalism, qui qualifie tout ce qui est crypto de « futures poursuites » [jeu de mot avec le terme « futures » qui désigne, en anglais, les produits financiers dérivés, NdT] fournit le dernier rapport sur le dépôt de bilan de FTX :

John J. Ray III, le PDG nouvellement nommé de l’empire tentaculaire de l’acteur crypto en faillite, FTX, qui a joué le même rôle dans la faillite d’Enron et d’autres grandes implosions d’entreprises, a déposé son évaluation initiale officielle auprès du tribunal des faillites du Delaware sous la forme d’une déclaration, intégrée ci-dessous.

Comme on pouvait s’y attendre, FTX et les entreprises qui y sont liées sont un énorme gâchis criminel.

Au point 5 de sa déclaration, le nouveau PDG ne cache pas que :

Jamais dans ma carrière je n’ai vu un échec aussi complet des contrôles d’entreprise et une absence aussi complète d’informations financières fiables. De l’intégrité compromise des systèmes et de la surveillance réglementaire défectueuse à l’étranger à la concentration du contrôle entre les mains d’un très petit groupe d’individus inexpérimentés, non avertis et potentiellement compromis, cette situation est sans précédent. …

« Des individus potentiellement compromis » pourrait faire référence à l’utilisation rampante de drogues à FTX. Mais cela pourrait également indiquer des connexions plus sombres.

D’Yves encore :

A ce stade, Ray n’a pu faire qu’une description approximative de l’entreprise, en répartissant les opérations en quatre « silos » et en décrivant les principales entités juridiques et activités de chacun.

Regardons tout ce qui manquait à FTX :

 

  • Des bilans montrant les fonds des clients en crypto au passif. Les seuls avoirs des clients figurant dans les bilans consolidés sont ceux des monnaies fiduciaires !
  • Des contrôles des actifs numériques : « Le groupe FTX n’a pas tenu de livres et de registres appropriés, ni de contrôles de sécurité, en ce qui concerne ses actifs numériques. »
  • Un département comptable.
  • Des audits financiers pour toutes les entreprises. Seul un des « silos » faisait appel à un cabinet d’audit reconnu. Le plus gros silo en contact avec la clientèle avait ses livres de comptes préparés par un inconnu (avec son bureau dans le Metaverse, ça ne s’invente pas), deux d’entre eux n’avaient pas d’états financiers audités.
  • Des enregistrements des comptes bancaires et des signataires de ces comptes.
  • Une gestion centralisée de la trésorerie
  • La déclaration des employés et de leurs conditions d’emploi
  • Un contrôle significatif des décaissements
  • Des réunions du conseil d’administration et/ou états financiers « audités par un auditeur peu scrupuleux » pour de nombreuses entités FTX
  • Un registre de la plupart des décisions

Jusqu’à présent, Ray n’a trouvé que 564 millions de dollars d’argent liquide et a déplacé 760 millions de dollars de crypto-monnaie vers des portefeuilles bloqués.

Il ne reste donc que 564 millions de dollars d’argent réel dans une « bourse » qui, il y a quelques mois à peine, était évaluée à 32 milliards de dollars et encaissait des centaines de millions de dollars de nouveaux capitaux.

Source : Bloomberg – Agrandir

Plusieurs milliards des fonds des clients que la société était censée détenir avaient été « prêtés » à Sam Bankman-Fried, le principal propriétaire et PDG, pour son « usage personnel« .

Comment BlackRock, Softbank, le Régime de retraite des enseignants de l’Ontario et d’autres investisseurs du monde réel ont-ils pu donner de l’argent à ces personnes ? Qu’est-ce que cela dit de leur crédibilité ?

N’oubliez pas que [FTX & Co] sont les entités dans lesquelles certaines des sociétés de capital-risque les plus intelligentes et les plus connues de la planète ont injecté des milliards de dollars. Ce sont les entités autour desquelles d’innombrables journalistes ont fait des éditoriaux, déversant d’innombrables litres d’encre numérique au service d’un messie en devenir. Ce sont ces entités qui ont été glorifiées chaque semaine par les médias financiers grand public les plus suivis de la planète.

L’idée qu’il s’agissait d’une ruse si élaborée que personne – ni les investisseurs en capital-risque les plus chevronnés, ni les services d’enquête des conglomérats médiatiques dirigés par des milliardaires – n’ait pu savoir qu’elle pouvait se terminer par des larmes, dépasse l’entendement. Le fait est que personne n’a regardé, parce que personne ne voulait voir.

Selon Web3 is Going Great, quelque 12 autres « bourses » et « fonds » de crypto-monnaies ont jusqu’à présent fermé leurs portes ou interrompu tous les retraits de fonds des clients à la suite de la chute de l’arnaque FTX. D’autres suivront.

Binance, la plus grande « bourse » de crypto-monnaies, dont le propriétaire a déclenché la faillite de FTX, tient toujours bon. C’est pourtant, comme FTX, une arnaque et un système pyramidal qui finira par tomber :

Binance est une énorme bourse de crypto-monnaies dirigée par Changpeng Zhao, plus connu sous le nom de CZ. Personne ne sait vraiment où se trouve le siège de Binance, ni pourquoi une personne qui prétend être un employé de bas niveau figure sur les documents officiels. Un document datant de 2018 a révélé que Binance avait mis au point un plan élaboré pour créer une entité américaine qui serait utilisée pour distraire les régulateurs, tandis que dans les coulisses, ils aidaient les clients basés aux États-Unis à échapper aux restrictions géographiques sur le commerce des dérivés de crypto à fort effet de levier que les États-Unis réglementent.

Rien que des trucs super normaux, totalement légaux. Circulez, il n’y a rien à voir.

Les petits commerçants de crypto qui utilisent Binance comme « bourse d’échange » et qui ont des « portefeuilles » avec des « pièces » de crypto chez Binance n’ont même pas signé d’accords de dépôt avec elle. Ils sont donc des créanciers sans garantis, les derniers de la file, qui ne recevront même pas quelques centimes pour les dollars qu’ils y ont placé lorsque les rideaux de la faillite tomberont.

Nouriel Roubini @Nouriel – 8:48 UTC – 16 nov. 2022

Pour être précis, j’ai littéralement dit que la crypto est définie par ces sept mots :

  1. Glauque
  2. Corrompue
  3. Escroquerie
  4. Criminels
  5. Voyous
  6. Des aboyeurs de carnaval
  7. @cz_binance

#binance

Matt Stoller se demande comment ces escroqueries peuvent être autorisées. Il donne également la réponse, la corruption politique :

Et derrière toutes ces luttes [pour les règlements], il y a l’argent et le prestige politique de certaines personnes les plus puissantes de la Silicon Valley, qui financent la grande lutte politique pour écrire les règles entourant la crypto, avec tout le monde, de l’ancien secrétaire au Trésor Larry Summers à l’ancienne présidente de la SEC Mary Jo White, sur la feuille de paie. (Même maintenant, même après que tout a été révélé comme une chaîne de Ponzi, le Congrès essaie toujours d’écrire des règles favorables à l’industrie. Hé les gars, arrêtez ça. Il n’y a plus d’argent pour payer vos pots-de-vin).

Je ne pense pas que la crypto devrait être réglementée de quelque façon que ce soit. Cela ne ferait que donner une légitimité à une énorme escroquerie qui n’a pas grand-chose à voir avec l’économie réelle. Cela conduirait également à des appels au renflouement lorsque le prochain système pyramidal crypto tombera. Les renflouements potentiels sont probablement la raison pour laquelle Sam Bankman-Fried a également essayé d’obtenir une réglementation amicale pour ses systèmes.

De plus, les entités qui sont actuellement réglementées – banques, sociétés cotées et fonds – ne devraient pas avoir le droit d' »investir » dans quoi que ce soit de crypto. Si elles devaient s’effondrer à cause d’un autre problème de crypto-monnaie, l’économie réelle en souffrirait.

Le Congrès promet maintenant d’examiner de plus près l’arnaque des crypto-monnaies :

La commission des services financiers de la Chambre des représentants tiendra une audience le mois prochain pour enquêter sur l’effondrement de la principale bourse de crypto-monnaies FTX, ont annoncé les législateurs mercredi.

Les députés Maxine Waters (D-Calif.) et Patrick McHenry (R-N.C.), les principaux membres de la commission, ont déclaré dans un communiqué qu’ils s’attendaient à ce que le fondateur de FTX, Sam Bankman-Fried, soit entendu par le Congrès.

Bonne idée – mauvaises personnes :

SBF @SBF_FTX – 21:14 UTC – Dec 8, 2021

1) Un grand merci à @MaxineWaters , @PatrickMcHenry , et à l’ensemble de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants de nous avoir reçus aujourd’hui pour parler de l’avenir des actifs numériques.

La réunion a été productive et je suis vraiment reconnaissant de l’engagement et des réflexions des décideurs politiques.

Maxine Waters et Sam Bankman-Fried

chochaymon @ElliottFryback – 20:29 UTC – 8 Dec. 2021

Maxine Waters vient d’envoyer un baiser à @SBF_FTX. On peut dire que ça s’est bien passé. 😘

video

Quel était donc le montant des pots-de-vin que Maxime Waters, Patrick McHenry et d’autres ont reçu de Sam Bankman-Fried et de ses entreprises ?

Et qu’en est-il des médias qui continuent à écrire des articles sympathiques sur Sam Bankman-Fried et sa fausse idéologie de « l’altruisme efficace » qu’il représentait, même après la chute de ses entreprises ?

Yellen, Zelensky et Zuckerberg interviendront au sommet DealBook du [New York Times] – 18 oct. 2022

La conférence, prévue le 30 novembre, réunira les plus grands acteurs de l’actualité économique, politique et culturelle.

Parmi les intervenants : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la secrétaire au Trésor Janet Yellen, Mark Zuckerberg, cofondateur, président et directeur général de Meta, Shou Chew, directeur général de TikTok, Mike Pence, ancien vice-président des États-Unis, Andy Jassy, directeur général d’Amazon, et Reed Henderson, directeur général de l’entreprise. E.O. d’Amazon ; Reed Hastings, cofondateur et co-directeur général de Netflix ; le maire de New York, Eric Adams ; Larry Fink, président et directeur général de BlackRock ; Sam Bankman-Fried, directeur général de FTX ; et Priscilla Sims Brown, directrice générale d’Amalgamated Bank.

On peut se demander combien de participants souhaitent encore qu’il participe à cette grand-messe.

Comme le conclut Yves Smith :

Je ne vois pas comment Bankman-Fried va éviter la prison. Les États-Unis sont très réticents à poursuivre les criminels en col blanc, mais cette histoire est devenue bien trop visible, trop de petites gens ont perdu de l’argent et l’escroquerie est trop flagrante pour ne pas être punie. Étant donné le chaos total des finances, il faudra peut-être un procureur capable d’argumenter sur la juridiction et le lieu de l’action pour maîtriser suffisamment de détails afin d’établir un dossier et de faire condamner Bankman-Fried. Si rien d’autre n’est fait, il y a toujours la fraude postale et électronique à révéler. Si personne d’autre n’y arrive avant lui, attendez-vous à ce qu’un groupe de procureurs généraux d’États rouges se mettent en selle.

Bankman-Fried est jeune, a des centaines de millions cachés quelque part et a suffisamment de relations pour avoir une vie facile en prison. N’y aurait-il pas une meilleure punition à envisager ?

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

La chute de la FTX et de tout ce qui est crypto-monnaie

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 12 novembre 2022

Cette semaine, j’ai été stupéfait par la stupidité des personnes qui avaient investi dans la crypto-« bourse » FTX. Je suis également stupéfait que certains aient pu « investir  » leur « argent  » sur le compte de cette entité non réglementée. Comment peut-on être aussi stupide ?

Les crypto-« monnaies » n’ont pas de but réel. Elles ne sont pas de l’argent. Leur valeur dépend uniquement de la confiance que les gens ont en elles. Lorsque la confiance disparaît, leur valeur tombe à zéro. C’est ce qui est arrivé à FTX et à la « monnaie » FTT que la société avait émise :

Un jeune homme de 30 ans a créé FTX, basé aux Bahamas, en 2019 et l’a conduit à devenir l’une des plus grandes bourses, accumulant une fortune de près de 17 milliards de dollars.

La nouvelle de la crise de liquidité chez FTX – évaluée en janvier à 32 milliards de dollars avec des investisseurs comme SoftBank et BlackRock – a eu des répercussions dans tout le monde de la crypto.

Le prix des principales pièces a chuté, le bitcoin atteignant son plus bas niveau en près de deux ans, ce qui a aggravé la situation d’un secteur dont la valeur avait déjà chuté d’environ deux tiers cette année en raison du resserrement du crédit par les banques centrales.

Lorsque le Vision Fund de Softbank investit dans quelque chose, c’est un signe certain que sa valeur va bientôt baisser.

Il y a beaucoup de criminalité dans cette affaire. FTX a prêté l' »argent » de ses clients à la société de négoce de Bankman-Fried, Alameda Research, qui l’a elle-même investi dans un certain nombre d’autres cryptomonnaies déficitaires. Binance, une « bourse » de cryptos tout aussi louche, possédait une grande partie de la « monnaie » de FTX. Dimanche dernier, elle a annoncé qu’elle avait tout vendu. Cela a été l’initiative qui a renversé son principal concurrent. Tout le système s’est effondré. La confiance a disparu. Les gens ont retiré leur « argent » des bourses d' »échange » de FTX. La société n’avait plus accès à suffisamment d’argent pour payer ce qu’elle devait. Hier, elle a été mise en faillite.

Une partie de l’argent que FTX avait prétendument donné à Alameda Research s’est volatilisée en route :

Au moins un milliard de dollars de fonds de clients ont disparu de la bourse de crypto-monnaies FTX qui s’est effondrée, selon deux personnes familières de l’affaire.

Le fondateur de la bourse, Sam Bankman-Fried, avait secrètement transféré 10 milliards de dollars de fonds des clients de FTX à la société de trading de Bankman-Fried, Alameda Research, ont déclaré ces personnes à Reuters.

Une grande partie de ce total a depuis disparu, ont-elles expliqué. Une des sources a estimé le montant manquant à environ 1,7 milliard de dollars. L’autre dit que l’écart se situe entre 1 et 2 milliards de dollars.

Toute cette affaire était, comme pour tout ce qui est crypto, une énorme fraude :

Les documents ont montré qu’entre 1 et 2 milliards de dollars de ces fonds n’étaient pas comptabilisés parmi les actifs d’Alameda, ont dit les sources. Les feuilles de calcul n’indiquaient pas où cet argent avait été déplacé, et les sources disent qu’elles ne savent pas ce qu’il est devenu.

Lors d’un examen ultérieur, les équipes juridiques et financières de FTX ont également appris que Bankman-Fried avait mis en place ce que les deux personnes ont décrit comme une « porte dérobée » dans le système de comptabilité de FTX, qui a été construit en utilisant un logiciel sur mesure.

Ils ont déclaré que cette « porte dérobée » permettait à Bankman-Fried d’exécuter des commandes susceptibles de modifier les documents financiers de la société sans alerter d’autres personnes, y compris les auditeurs externes. Grâce à cette configuration, le déplacement des 10 milliards de dollars de fonds vers Alameda n’a pas déclenché de signaux d’alarme internes de conformité ou de comptabilité chez FTX, ont-ils déclaré.

Le type est maintenant en fuite.

Il y a un autre aspect de l’histoire qui mérite un examen beaucoup plus approfondi :

Mr. Whale 🐳 whalechart.org @WhaleChart – 13:53 UTC – 11 Nov. 2022

🔸 25 avril 2019 : Biden annonce sa campagne présidentielle.

🔸 13 jours plus tard, Sam Bankman-Fried, fils de Barbara Fried (cofondatrice d’organisations de collecte de fonds politiques), lance sa bourse de crypto-monnaie #FTX.

🔸 L’affaire est un succès du jour au lendemain. SBF devient le plus grand donateur de Biden.

Ça fait vraiment réfléchir, non ?

FTX a implosé le jour de l’élection d’ailleurs :-(.

La mère de Sam Bankman-Fried est une « cofondatrice de l’organisation de collecte de fonds politiques Mind the Gap, qui défend les candidats politiques progressistes et finance des groupes de soutien. »

Sam Bankman-Fried a investi une grande partie de l’argent qu’il avait « possédé » dans la politique Démocrate :

Âgé de 30 ans, Sam Bankman-Fried est une puissance majeure dans la politique Démocrate, se classant au deuxième rang des plus gros donateurs individuels du parti pour le cycle électoral 2021-2022, selon Open Secrets, avec des dons totalisant 39,8 millions de dollars. Il n’est devancé que par George Soros (environ 128 millions de dollars) mais devance de nombreux autres grands noms, dont Michael Bloomberg (28,3 millions de dollars). De plus, il avait promis de dépenser beaucoup plus pour les Démocrates à l’avenir, prédisant en mai qu’il financerait pour « plus de 100 millions de dollars » et avait un « plafond souple » d’un milliard de dollars pour les élections de 2024.

Bankman-Fried a été l’un des principaux donateurs du président Joe Biden lors des élections de 2020 et est le principal donateur de Protect Our Future PAC, le comité d’action politique qui a soutenu des candidats démocrates tels que Peter Welch, qui a remporté cette semaine sa candidature pour devenir le prochain sénateur du Vermont, et Robert J. Menendez du New Jersey, qui a obtenu un siège à la Chambre des représentants.

Il s’agissait soit d’argent de protection, soit d’un stratagème bien joué par les Démocrates pour financer leurs élections. Ou bien peut-être les deux.

La Maison Blanche est directement impliquée :

Un milliardaire de la crypto-monnaie faisant l’objet d’une enquête fédérale pour avoir mal géré les fonds de ses clients a eu des réunions de haut niveau à la Maison Blanche il y a quelques mois à peine, alors que le Congrès débattait de la manière de réglementer sa société – et quelques semaines seulement avant qu’il ne s’engage à donner jusqu’à 1 milliard de dollars aux Démocrates avant la campagne de mi-mandat.

Sam Bankman-Fried, propriétaire de la bourse de crypto-monnaies FTX, a rencontré le 22 avril et le 12 mai le principal conseiller de Biden, Steve Ricchetti, selon les registres des visiteurs de la Maison Blanche examinés par le Washington Free Beacon. À l’époque, FTX faisait pression sur le Congrès et les agences fédérales pour façonner la réglementation de l’industrie des crypto-monnaies.

[Bankman-Fried] a donné plus de 5 millions de dollars à la campagne présidentielle de Biden en 2020, et a donné des millions de plus au parti Démocrate. Début mai, entre ses deux premières visites à la Maison-Blanche, Bankman-Fried a versé 865 000 dollars au Bureau de campagne Démocrate, selon les dossiers de la Commission électorale fédérale. Auparavant, en mars, il avait fait trois chèques d’un montant total de 66 500 dollars au Comité Démocrate pour la campagne sénatoriale, et plus tard en juin, il a envoyé 250 000 dollars au Comité démocrate pour les élections au Congrès.

Il a déclaré en juin, quelques semaines après sa dernière réunion à la Maison-Blanche, qu’il pourrait donner jusqu’à 1 milliard de dollars pour soutenir les Démocrates lors des élections de mi-mandat, mais il a renoncé à cette promesse en septembre.

Au moment où il faisait ces déboursements politiques, Bankman-Fried menait une campagne de lobbying agressive à Washington concernant la réglementation des crypto-monnaies. Il a rencontré Ricchetti, le conseiller de la Maison Blanche, le 22 avril et le 12 mai, selon le registre des visiteurs. Le 13 mai, il a rencontré Charlotte Butash, conseillère politique auprès du chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche.

Lors de certaines de ces réunions, M. Bankman-Fried était accompagné de Mark Wetjen, responsable de la politique et de la stratégie réglementaire chez FTX, qui a été commissaire à la Commodity Futures Trading Commission sous l’ancien président Barack Obama. Eliora Katz, lobbyiste en chef de FTX, a également assisté aux réunions mais n’a pas mentionné de lobbying auprès de la Maison Blanche dans les déclarations déposées auprès du Congrès.

Les réunions de Bankman-Fried ont eu lieu quelques semaines après que des responsables de la Maison Blanche aient rencontré son frère, qui dirige les opérations politiques du milliardaire. Gabe Bankman-Fried s’est rendu à la Maison-Blanche le 7 mars en compagnie de Jenna Narayanan, une stratège Démocrate qui a travaillé pour Tom Steyer et l’Alliance pour la démocratie, un réseau de riches donateurs libéraux qui financent des causes de gauche. Gabe a également assisté à la réunion du 13 mai avec son frère et les lobbyistes de FTX.

Bankman-Fried a fait du lobbying en faveur d’un projet de loi proposé par la présidente de la commission de l’agriculture du Sénat, Debbie Stabenow (D., Mich.), qui mettrait la Commodity Futures Trading Commission en charge de la réglementation des crypto-monnaies. Bankman-Fried a fait un don de 5 800 dollars à la campagne de Stabenow en février, et de 20 800 dollars à son comité conjoint de collecte de fonds en janvier. Bankman-Fried a financé d’autres membres Démocrates de la commission dans le cadre de sa campagne de lobbying. Il a envoyé un total de 31 000 $ aux bureaux de campagne et aux comités de collecte de fonds conjoints liés aux Sénateurs. Cory Booker (D., N.J.), Tina Smith (D., Minn.), Dick Durbin (D., Ill.), et Kirsten Gillibrand (D., N.Y.) d’octobre à juin 2021. Bankman-Fried a également contribué aux principaux Républicains de la commission de l’agriculture du Sénat. Le crypto-milliardaire a donné 5 800 dollars à chacun des membres de la commission, John Boozman (R., Ark.) et John Hoeven (R., N.D.), respectivement en janvier et en juin.

C’est un sacré marigot. Son but était de voler de l’argent de petits gars qui sont enclins à tomber dans de telles combines.

Toute cette histoire de crypto a toujours senti mauvais.

J’avais lu le document fondateur du bitcoin peu après sa sortie. Il a été écrit par un anonyme sous le nom de Satoshi Nakamoto. Ce fut le premier signal d’alarme. Je soupçonnais, et soupçonne toujours, que certains services secrets « occidentaux » avaient imaginé ce projet pour disposer d’un moyen de déplacer secrètement de l’argent.

Comme j’ai déjà fait un peu d’informatique bancaire, je connais les difficultés des transactions de masse. J’ai constaté que la blockchain, un mécanisme de registre public qui conserve un enregistrement public de chaque transaction en bitcoins, était beaucoup trop compliquée pour un nombre important de transactions mondiales. Elle n’atteindrait jamais la vitesse inhérente aux systèmes de transaction en argent réel, comme ceux des grands émetteurs de cartes de crédit. Je pensais également qu’il serait dangereux que chaque transaction privée soit enregistrée dans un registre public que tout le monde pourrait voir et analyser. Cela rendrait le véritable anonymat de ces paiements presque impossible.

La quantité de pièces dans le système est également limitée par nature, ce qui entraîne tous les problèmes des monnaies fondées sur l’or. Il y a de bonnes raisons pour lesquelles nous ne les utilisons plus.

Tous les échanges et autres sociétés construites autour de ce système ne sont pas réglementés, ne sont pas sécurisés et sont donc sujet à la fraude.

Je me suis donc toujours abstenu d’utiliser des bitcoins ou d’autres monnaies de ce type et je les ai même rejetés lorsqu’ils m’ont été proposés en tant que dons. Enfin, le battage médiatique de ces dernières années m’a convaincu que ces crypto-monnaies n’étaient qu’un grand système de Ponzi dans lequel les petites gens étaient poussés à placer leur argent dans des entités criminelles non réglementées qui, c’étaient certain, allaient finir par les voler.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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