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Les canons d’avril – Les États-Unis et les puissances européennes de l’OTAN ont déclenché une chaîne d’événements qui mène à la Troisième Guerre mondiale.

Les canons d’avril
28 avril 2022, WSWS
https://www.legrandsoir.info/les-canons-d-avril.html

Les États-Unis et les puissances européennes de l’OTAN ont déclenché une chaîne d’événements qui mène à la Troisième Guerre mondiale.

Dans son célèbre ouvrage sur le déclenchement de la Première Guerre mondiale, « Les canons d’août » (The Guns of August), Barbara Tuchman explique en détail comment les erreurs de calcul, la croyance omniprésente en un conflit bref et gagnable, et les manœuvres tactiques irréversibles – les « si, les erreurs et les engagements » – s’accumulaient à mesure que les puissances impérialistes entraînaient les travailleurs européens dans les enchevêtrements de tranchées et le massacre de la Grande Guerre.

Une dynamique similaire se développe dans le conflit entre les États-Unis et l’OTAN contre la Russie. Les obusiers fournis par les États-Unis et le déploiement massif d’armes en Ukraine font retentir les canons d’avril.

À la mi-mars, le président américain Joe Biden a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne permettrait pas un conflit direct entre les États-Unis et la Russie, car « cela signifierait la troisième guerre mondiale ». Un mois plus tard, c’est précisément ce que fait le gouvernement Biden.

Mardi, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, et le secrétaire d’État, Antony Blinken, ont présidé une réunion à laquelle assistaient les représentants de quarante nations dans un conseil de guerre réuni par Washington sur sa base aérienne de Ramstein en Allemagne, le siège de l’armée de l’air américaine en Europe et du commandement aérien de l’OTAN.

Les deux hauts responsables américains, tout juste sortis d’une visite à Kiev déchirée par la guerre, ont confirmé que la guerre en Ukraine était une guerre entre les États-Unis et l’OTAN, d’une part, et la Russie, d’autre part. Austin a annoncé que Washington allait réunir chaque mois un groupe international comparable de personnalités militaires de haut rang – qu’il a baptisé « le Groupe de contact ukrainien » – dans le but de « viser la victoire » dans le conflit avec la Russie.

Les objectifs de la guerre sont désormais clairs. L’effusion de sang en Ukraine n’a pas été provoquée pour défendre son droit technique d’adhérer à l’OTAN, mais elle a été plutôt préparée, instiguée et massivement intensifiée afin de détruire la Russie en tant que force militaire importante et de renverser son gouvernement. L’Ukraine est un pion dans ce conflit, et sa population est de la chair à canon.

Le conseil de guerre de Ramstein a été organisé pour préparer la prochaine étape de ce plan. Avant et après la réunion, les États-Unis et d’autres puissances de l’OTAN ont annoncé le déploiement d’armes de pointe en Ukraine, notamment des missiles antichars, des chars et des drones tactiques.

Le Groupe de contact, a déclaré Austin, doit « agir à la vitesse de la guerre ». Conformément à cette orientation, l’Allemagne a annoncé mardi qu’elle livrerait un nombre non précisé de Flakpanzer Gepard « chars antiaériens », tandis que le Canada a signalé qu’il enverrait des véhicules blindés M777. « La distinction qui limitait la surenchère des armes », qui existait dans les premières semaines de la guerre, note Air Force Magazine, « semble avoir fondu comme neige au soleil ».

Le prétexte selon lequel les États-Unis et l’OTAN ne sont pas en guerre contre la Russie a également « fondu comme neige au soleil ». Le commandant de l’armée américaine en Europe, Ben Hodges, a déclaré dimanche que l’objectif des États-Unis dans ce conflit était de « venir à bout » de la Russie.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a répondu en accusant les États-Unis de faire pression sur le gouvernement ukrainien pour saboter les pourparlers de paix et de mener une guerre par procuration en Ukraine. Il a averti qu’un danger « sérieux et réel » existait de guerre nucléaire. Austin a rejeté l’avertissement de Lavrov, le qualifiant de « dangereux et inutile ».

Quelle absurdité ! Washington rassemble un camp de guerre et déclare qu’il vise à « venir à bout » de la Russie. Lorsque la Russie répond qu’un tel langage et de tels objectifs augmentent le danger d’une guerre nucléaire, Washington déclare que cela est… inutile.

Les États-Unis ont clairement indiqué qu’ils visent à écraser la Russie et à renverser son gouvernement. Face à une telle menace existentielle, l’utilisation d’armes nucléaires devient une tactique que la classe dirigeante russe va considérer. Washington est déterminé à gagner la guerre, le gouvernement Poutine est déterminé à empêcher que cela ne se produise. Aucune autre issue n’existe pour les deux parties que l’escalade. Lavrov a en fait raison : la guerre nucléaire est un sérieux et réel danger.

Les véritables forces motrices de la guerre sont apparues au cours du conflit. Les États-Unis et les puissances de l’OTAN ont poussé la Russie à envahir l’Ukraine, refusant de négocier sur la demande de la Russie de ne pas faire de l’Ukraine un membre de l’OTAN. La Russie a qualifié son invasion d’opération spéciale, signalant ainsi qu’elle avait l’intention d’effectuer une manœuvre tactique limitée pour stabiliser sa position dans la région.

Les États-Unis, cependant, n’allaient pas permettre pas un tel réarrangement et allaient chercher soit à enfoncer la Russie dans le bourbier d’une « occupation pénible », soit à organiser sa défaite. À cette fin, Washington s’est efforcé de saper tous les efforts en vue d’un règlement négocié. La rhétorique de Washington qui justifie cette politique a aggravé le conflit. Biden a accusé Poutine de crimes de guerre, puis de génocide, et a appelé à un changement de régime à Moscou. Chaque nouvelle formulation avait un caractère irréversible, d’escalade, un cran de plus dans l’escalade de la guerre.

Malgré l’infusion massive et croissante de matériel militaire en Ukraine – Washington a expédié pour plus de 3,7 milliards de dollars d’armement depuis le début de la guerre – le régime de Kiev n’a pas été en mesure d’orchestrer la défaite décisive de la Russie. Le danger, du point de vue des États-Unis et de l’OTAN, est que la Russie soit en mesure de consolider son contrôle sur l’est de l’Ukraine et la côte de la mer Noire. Si les forces ukrainiennes ne progressent pas, l’avantage, du moins d’un point de vue militaire, passe à la Russie.

Le développement du conflit, mis en branle dans le Bureau ovale et délibéré au Kremlin, est de plus en plus entre les mains des militaires et il atteint un point de non-retour. Une défaite décisive de la Russie dans le conflit exige une implication toujours plus directe des puissances de l’OTAN elles-mêmes, allant jusqu’au déploiement de troupes.

Avec leurs livraisons d’armes, leurs déclarations fracassantes et leurs conseils de guerre, les États-Unis ont misé toute leur crédibilité sur la défaite de la Russie dans ce conflit. « Les enjeux vont au-delà de l’Ukraine et même au-delà de l’Europe », a déclaré Austin mardi. Le sort de l’hégémonie américaine, y compris la crédibilité de ses menaces contre la Chine, est dans la balance. Les décisions imprudentes prises par Washington sont ainsi devenues la prémisse majeure de la logique d’une nouvelle escalade.

Washington entraîne derrière lui les grandes puissances d’Europe, alors qu’il assemble, avec l’orgueil de l’empire, un camp de guerre sur le continent. La Grande-Bretagne a été profondément complice de chaque étape de l’escalade, et l’Allemagne et la France jouent le rôle qui leur a été assigné. Washington rassemble les conspirateurs militaires sur une base aérienne américaine en Allemagne, le pays qui a lancé l’opération Barberousse, les Allemands faisant presque office de témoins, et prépare sa guerre avec la Russie.

Les dirigeants des puissances impérialistes, surtout les États-Unis, agissent avec une insouciance qui frise la folie criminelle. Mais c’est une insouciance qui découle des intérêts de classe et de la logique de la crise capitaliste. L’escalade du conflit est motivée non seulement par des intérêts géopolitiques, mais aussi, et surtout, par la crise économique, sociale et politique insoluble qui sévit dans tous les grands pays capitalistes, en particulier aux États-Unis.

Comme ce fut le cas lors de la Première Guerre mondiale, les mêmes contradictions qui donnent lieu à la guerre impérialiste donnent également l’impulsion à la révolution socialiste mondiale. Alors même que la guerre se développe, des protestations de masse et des luttes de la classe ouvrière éclatent dans le monde entier. Ces luttes sont alimentées par la montée de l’inflation et des niveaux d’inégalité sociale sans précédent dans l’histoire.

Les plans de guerre mondiale sont mis en œuvre entièrement dans le dos de la population. Les travailleurs doivent être alertés du danger, et les luttes grandissantes à travers le monde doivent être fusionnées à la lutte contre la guerre impérialiste et le système capitaliste des États-nations.

(Article paru en anglais le 27 avril 2022)

Source originale (WSWS) : https://www.wsws.org/fr/articles/2022/04/28/pers-a28.html
Source en français (LGS) : https://www.legrandsoir.info/les-canons-d-avril.html

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CHRIS HEDGES : « SEULE LA GRÈVE GÉNÉRALE POURRA SAUVER LES CLASSES POPULAIRES. » sur Élucid

Encore un papier formidable, sur Élucid — à connaître et à faire connaître :

CHRIS HEDGES : « SEULE LA GRÈVE GÉNÉRALE POURRA SAUVER LES CLASSES POPULAIRES. »

« La seule façon de mettre fin à l’attaque mondiale contre les droits humains des travailleurs est de se syndiquer.

Rendons hommage à ces travailleurs qui ont tenu tête à Amazon, tout particulièrement à Chris Smalls, décrit par l’avocat en chef d’Amazon comme « pas très malin et incapable de s’exprimer », qui a organisé un débrayage dans l’entrepôt Amazon de Staten Island JFK8 au début de la pandémie, il y a deux ans, pour dénoncer des conditions de travail dangereuses. Il a été immédiatement licencié.

Les prestigieux avocats d’Amazon ont toutefois eu une surprise. Smalls a réussi à fédérer dans un syndicat le premier entrepôt Amazon du pays. Avec son cofondateur Derrick Palmer, ils ont mis en place leur syndicat, travailleur par travailleur, avec peu de soutien extérieur et sans affiliation à quelque groupe syndical national que ce soit, en récoltant 120 000 dollars sur GoFundMe. Selon des documents fédéraux, Amazon a pour sa part dépensé plus de 4,3 millions de dollars rien que l’année dernière, pour payer des consultants hostiles à la syndicalisation.

Nous ne devons surtout pas sous-estimer cette victoire. Seules la reconstruction des syndicats et la grève générale pourront enrayer la spirale descendante et sauver les classes populaires. Aucun politicien ne le fera pour nous. Aucun des deux partis au pouvoir ne sera notre allié. Les médias seront hostiles. Le gouvernement, redevable aux entreprises et aux riches, utilisera ses ressources, quel que soit le parti au pouvoir à la Maison-Blanche, pour écraser les mouvements ouvriers. Ce sera une lutte longue, douloureuse et solitaire.

Nous pouvons connaître les grandes peurs des oligarques en regardant ce qu’ils cherchent à détruire : les syndicats. Amazon, le deuxième employeur des États-Unis après Walmart, consacre des ressources faramineuses pour bloquer la syndicalisation, exactement comme Walmart. Selon des documents du tribunal, Amazon a formé une cellule de crise composée de 10 équipes, dont un groupe de sécurité composé de vétérans de l’armée, pour empêcher Staten Island de s’organiser, et a élaboré des plans pour briser l’activité syndicale dans son « Protest Response Playbook » (fascicule de réponses aux manifestations) et son « Labor Activity Playbook » (Guide des activités liées à la main‑d’œuvre).

Les équipes de briseurs de grève ont organisé jusqu’à 20 réunions obligatoires par jour, au cours desquelles les superviseurs dénigraient les syndicats. Amazon a utilisé toutes sortes de subterfuges pour rendre impossible tout vote d’un syndicat. Amazon a placé des affiches hostiles aux syndicats dans les toilettes. Amazon a licencié des travailleurs suspectés de vouloir s’organiser. Et Amazon s’est appuyé sur le démantèlement de la législation antitrust et de l’OSHA, ainsi que sur la castration du National Labor Relations Board (NLRB), qui a largement désarmé les travailleurs, même si le NLRB a pris quelques décisions en faveur des organisateurs de syndicats.

« Ils nous ont traités de voyous », a déclaré Smalls aux journalistes après le vote de 2 654 contre 2 131 en faveur de la création d’un syndicat. « Ils ont essayé de répandre des rumeurs racistes. Ils ont essayé de diaboliser nos personnalités, mais ça n’a pas marché ».

Amazon, comme la plupart des grandes entreprises, n’a pas plus de respect pour les droits des travailleurs que pour la nation. Elles évitent les impôts grâce à une série de niches élaborées par leurs lobbyistes à Washington et adoptées par le Congrès. En 2021, Amazon a échappé à environ 5,2 milliards de dollars d’impôts fédéraux sur le revenu des sociétés, alors même qu’elle déclarait des bénéfices records de plus de 35 milliards de dollars. Elle n’a payé que 6 % de ces bénéfices en impôt fédéral sur les sociétés.

Amazon a affiché des revenus de plus de 11 milliards de dollars en 2018, mais n’a payé aucun impôt fédéral et a reçu un remboursement d’impôt fédéral de 129 millions de dollars. Jeff Bezos, deuxième homme le plus riche du monde, vaut plus de 180 milliards de dollars. Tout comme Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, qui vaut 277 milliards de dollars, s’amuse avec des fusées spatiales comme s’il s’agissait de jouets, et termine à présent les travaux de son yacht qui vaut 500 millions de dollars, le plus grand du monde.

Bezos possède le Washington Post. Le milliardaire bioscientifique Patrick Soon-Shiong possède le Los Angeles Times. Les fonds spéculatifs et autres sociétés financières possèdent la moitié des quotidiens des États-Unis. La télévision est, en gros, entre les mains d’une demi-douzaine de sociétés qui contrôlent 90 % de ce que les Américains regardent. WarnerMedia, actuellement détenue par AT&T, possède CNN et Time WarnerMSNBC est détenue par Comcast, qui est une filiale de General Electric, le 11plus grand entrepreneur de défense des États-Unis. News Corp possède le Wall Street Journal et le New York Post.

Les oligarques au pouvoir ne se soucient pas de ce que nous regardons, tant que nous restons fascinés par les spectacles futiles et chargés d’émotions qu’ils nous offrent. Aucun de ces médias ne remet en cause les intérêts de ses propriétaires, fussent-ils actionnaires ou annonceurs, qui orchestrent l’attaque contre les travailleurs. Plus les travailleurs deviendront puissants, mieux les médias seront armés pour les contrer.

Le premier article que j’ai publié dans un grand journal, le Christian Science Monitor, portait sur la campagne de répression que la société américaine Gulf and Western a menée contre l’organisation d’un syndicat dans sa zone franche industrielle de La Romana, en République dominicaine, campagne qui impliquait l’intimidation, le passage à tabac, le licenciement et l’assassinat d’organisateurs syndicaux dominicains.

L’histoire a initialement été reprise par la section Outlook du Washington Post jusqu’à ce que Gulf and Western, propriétaire de Paramount Pictures, menace de retirer sa publicité cinématographique du journal. Le Monitor, financé par l’Église de la Science Chrétienne, ne contenait pas de publicité. Cette histoire a constitué une première et importante leçon quant aux contraintes sévères imposées par la presse marchande.

Un an plus tôt, le New York Times avait vidé de sa substance un article d’investigation écrit par celui qui est probablement notre plus grand journaliste d’investigation, Seymour Hersh, celui qui a révélé le meurtre par l’armée américaine de quelque 500 civils non armés à My Lai ainsi que la torture perpétrée à Abu Ghraib, travaillant avec Jeff Gerth lorsqu’il s’agissait de Gulf and Western.

Hersh et Gerth ont documenté la manière dont Gulf and Western a pratiqué la fraude, les abus, l’évasion fiscale et ont dénoncé ses liens avec le crime organisé. Charles Bluhdorn, le PDG de Gulf and Western, entretenait des relations avec l’éditeur Arthur « Punch » Sulzberger, qui l’invitait notamment à visionner des films Paramount en avant-première dans la salle de cinéma privée du domicile de Bluhdorn. Bluhdorn s’est servi de ses relations au sein du journal pour discréditer Hersh et Gerth, ainsi que pour assaillir le journal de lettres accusatrices et d’appels téléphoniques menaçants. Il a engagé des détectives privés pour déterrer des ragots sur Hersh et Gerth.

Lorsque les deux reporters ont publié leur article de 15 000 mots, le rédacteur économique en chef, John Lee, et, selon les mots de Hersh, « sa coterie de rédacteurs crétins lèche-cul », peut-être par peur d’être poursuivis, l’ont édulcoré. C’était une chose, selon Hersh, de s’opposer à une institution publique. C’en était une autre de s’attaquer à une grande entreprise. Plus jamais il ne devait être engagé pour travailler régulièrement pour un journal.

Dans son livre de souvenirs, « Reporter », Hersh écrit :

« L’expérience était frustrante et exaspérante. Écrire sur l’Amérique des entreprises avait sapé mon énergie, déçu les rédacteurs en chef et m’avait angoissé. Les entreprises américaines ne seraient jamais contrôlées, telle était ma crainte : la cupidité l’avait emporté. Le sale affrontement avec Gulf and Western avait tellement secoué l’éditeur et les rédacteurs en chef que ceux qui dirigeaient les pages d’économie avaient été autorisés à dénaturer et saper tout le bon travail que Jeff et moi avions fait. Je ne pouvais manquer de me demander si les rédacteurs en chef avaient été informés des liens personnels qui existaient entre Bluhdorn et Punch. Quoi qu’il en soit, il était clair pour Jeff et moi que le courage dont le Times avait fait preuve en affrontant la colère d’un président et d’un procureur général lors de la crise des Pentagon Papers en 1971 ne serait plus de mise face à une bande d’escrocs du monde des affaires… »

Les États-Unis ont connu les guerres ouvrières les plus violentes du monde industrialisé : des centaines de travailleurs ont été assassinés par des hommes de main et les milices des entreprises, des milliers d’autres ont été blessés et des dizaines de milliers ont été mis sur liste noire. Les luttes pour la création de syndicats, et avec ceux-ci pour des salaires décents, des avantages sociaux et la protection de l’emploi, se sont soldés par des rivières de sang ouvrier et d’immenses souffrances. La formation de syndicats, comme par le passé, entraînera une longue et violente guerre de classe. L’appareil de sécurité et de surveillance, y compris le Homeland Security et le FBI, sera déployé, ainsi que des sous-traitants privés et des voyous engagés par les entreprises, pour surveiller, infiltrer et détruire les mouvements en faveur d’une syndicalisation.

Pendant un certain temps, grâce aux syndicats, il a été possible de mettre en place un salaire donnant accès à la classe moyenne aux ouvriers de l’automobile, aux conducteurs de bus, aux électriciens et aux ouvriers du bâtiment. Mais ces avancées ont été réduites à néant. Si le salaire minimum avait suivi le rythme de la hausse de la productivité, comme le souligne le New York Times, aujourd’hui les travailleurs gagneraient au moins 20 dollars de l’heure.

L’organisation naissante chez Amazon, Starbucks, Uber, Lyft, John Deere, Kellogg, l’usine Special Metals de Huntington, en Virginie occidentale, appartenant à Berkshire Hathaway ; REI, le syndicat des charpentiers du Nord-Ouest, Kroger, les enseignants de Chicago, de Sacramento, de Virginie occidentale, d’Oklahoma et d’Arizona ; les travailleurs de la restauration rapide, des centaines d’infirmières à Worcester, dans le Massachusetts, et les membres de l’Alliance internationale des employés de scène de théâtre, sont le signe que les travailleurs découvrent que le seul pouvoir réel dont ils disposent est celui du collectif, bien qu’un maigre 9 % de la main-d’œuvre américaine seulement soit syndiquée. Les 1 400 travailleurs d’une usine Kellogg’s d’Omaha ont obtenu un nouveau contrat prévoyant des augmentations de salaire de plus de 15 % sur trois ans après avoir fait grève pendant près de trois mois l’automne dernier.

La trahison de la classe ouvrière par le Parti démocrate, tout particulièrement pendant l’administration Clinton, s’est traduite par des accords commerciaux qui permettaient aux travailleurs exploités au Mexique ou en Chine de prendre la place des travailleurs syndiqués ici, sur notre territoire. Au nom des grandes entreprises, des lois anti-ouvrières ont été approuvées par des politiciens des deux partis au pouvoir, achetés et soudoyés. La désindustrialisation et la précarité de l’emploi se sont progressivement métamorphosées en une économie de type « gig », une économie qui contraint les travailleurs à vivre avec un salaire de survie, sans avantages sociaux ni sécurité de l’emploi, et avec peu de droits.

Les capitalistes, comme l’a souligné Karl Marx, n’ont que deux objectifs : réduire le coût du travail, ce qui implique appauvrir et exploiter les travailleurs, et augmenter les taux de production, ce qui passe souvent par l’automatisation, bien illustrée par les omniprésents robots trapézoïdes oranges d’Amazon qui transportent des rayonnages jaunes dans des entrepôts qui font un million de mètres carrés. Lorsque les êtres humains interfèrent avec ces deux objectifs capitalistes, on les sacrifie.

La détresse financière des travailleurs, pris au piège de l’esclavage de la dette et exploités par les banques, les sociétés de cartes de crédit, les sociétés de prêts étudiants, les services publics privatisés, la « gig economy », un système de santé à but lucratif qui n’a pas empêché les États-Unis d’avoir environ un sixième de tous les décès par Covid-19 signalés dans le monde – bien que nous ayons moins d’un douzième de la population mondiale – et des employeurs qui paient de maigres salaires et ne fournissent pas d’avantages sociaux, ne cesse d’empirer, en particulier avec l’inflation grandissante.

Biden, tout en dispensant généreusement 13,6 milliards de dollars à l’Ukraine et en portant le budget militaire à 754 milliards de dollars, a piloté la fin de l’extension des allocations de chômage, de l’aide au loyer, de la renégociation des prêts étudiants, des chèques d’urgence, du moratoire sur les expulsions et maintenant la fin de l’extension du crédit d’impôt pour les familles avec enfants. Il a refusé de tenir ne serait-ce que ses promesses de campagne les plus timides, notamment l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars de l’heure et l’annulation des prêts étudiants. Son projet de loi « Build Back Better » a été vidé de sa substance et pourrait bien ne pas être relancé.

Les travailleurs d’Amazon, comme de nombreux travailleurs américains, subissent des conditions de travail épouvantables. Ils sont affectés à des postes de travail qui sont obligatoirement de 12 heures. Ils n’ont pas droit à des pauses toilettes et doivent souvent uriner dans des bouteilles. Ils endurent des températures étouffantes dans l’entrepôt en été. Il leur faut scanner un nouvel article toutes les 11 secondes pour atteindre leur quota. L’entreprise sait immédiatement quand ils prennent du retard. Si on ne respecte pas le quota, c’est le licenciement immédiat.

Will Evans, dans un article d’investigation pour Reveal du Center for Investigative Reporting, a découvert que « la course à la vitesse de l’entreprise, véritable obsession, a transformé ses entrepôts en véritables fabriques à blessés ». Will Evans a réuni des rapports concernant les blessures en interne provenant de 23 des 110 « centres d’exécution » de la société dans tout le pays :

« Globalement, le taux de blessures graves dans ces installations était plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale constatée dans le secteur des entrepôts : 9,6 blessures graves pour 100 travailleurs à temps plein en 2018, contre une moyenne du secteur cette année-là qui était de 4. »

Ceux qui sont blessés, a constaté Evans, sont « rejetés comme des biens avariés ou réaffectés dans des emplois qui leur infligent davantage de blessures ».

« La procédure interne d’Amazon visant Parker Knight montre la cruelle rigueur du système Amazon, il s’agit d’un vétéran handicapé qui a travaillé à l’entrepôt de Troutdale, dans l’Oregon, cette année. Knight avait été autorisé à travailler sur des périodes plus courtes après avoir été victime de blessures au dos et à la cheville dans l’entrepôt, mais [le programme de suivi du logiciel propriétaire] ADAPT ne l’a pas épargné. En mai, à trois reprises, Knight a été signalé par écrit pour avoir failli à son quota. Les attentes étaient précises. Il devait prélever 385 petits articles ou 350 articles moyens par heure. Une semaine, il a atteint 98,45 % de son taux prévu, mais ce n’était pas suffisant. Ce manque de vitesse de 1,55 % lui a valu son dernier avertissement écrit — le dernier avant  licenciement ».

Le New York Times a révélé l’année dernière que régulièrement, Amazon pénalise aussi les nouveaux parents, les patients confrontés à des problèmes médicaux et autres travailleurs vulnérables en congé :

« Dans tout le pays, des travailleurs confrontés à des problèmes médicaux et à d’autres moments personnels difficiles ont été licenciés lorsque le logiciel de présence les a indiqués par erreur comme absents, selon d’anciens et actuels membres du personnel des ressources humaines, dont certains n’ont voulu parler que sous couvert d’anonymat par crainte de représailles, rapporte le journal. Les rapports des médecins ont disparu dans les trous noirs des bases de données d’Amazon. Les employés avaient du mal à joindre leurs responsables de dossiers, se débattant dans des arborescences téléphoniques automatisées qui acheminaient leurs appels vers des employés administratifs débordés qui se trouvaient au Costa Rica, en Inde et à Las Vegas.

Et l’ensemble du système de gestion des congés était géré par un patchwork de logiciels qui, souvent, n’étaient pas compatibles. Certains travailleurs qui étaient prêts à revenir ont découvert que le système était trop encombré pour traiter leur cas, ce qui leur a fait perdre des semaines voire des mois de revenus. Les employés de l’entreprise mieux rémunérés, qui devaient naviguer dans les mêmes systèmes, ont constaté que l’organisation d’un congé de routine pouvait se transformer en un véritable imbroglio. »

La classe dirigeante, par le biais de gourous du développement personnel comme Oprah, de prédicateurs d’un « évangile de prospérité » et de l’industrie du divertissement, a effectivement privatisé l’espoir. Ils entretiennent le fantasme que la réalité ne serait jamais un obstacle à ce que nous désirons. Si nous croyons en nous-mêmes, si nous travaillons dur, si nous saisissons que nous sommes vraiment exceptionnels, nous pouvons avoir tout ce que nous voulons.

La privatisation de l’espoir est un phénomène pervers et autodestructeur. Lorsque nous ne parvenons pas à atteindre nos objectifs, lorsque nos rêves sont irréalisables, alors on nous inculque que ce n’est pas dû à une injustice économique, sociale ou politique, mais bien à des failles qui nous sont propres. L’histoire a démontré que le seul pouvoir des citoyens passe par le collectif, sans ce collectif nous sommes tondus comme des moutons. C’est une vérité que la classe dirigeante passe beaucoup de temps à occulter.

Toute avancée que nous faisons en matière de justice sociale, politique et économique est immédiatement attaquée par la classe dirigeante. Cette dernière grignote petit à petit les acquis que nous obtenons, c’est ce qui s’est produit après la progression des mouvements de masse dans les années 1930 et plus tard dans les années 1960. Les oligarques cherchent à étouffer ce que le politologue Samuel Huntington avec cynisme a appelé « excès de démocratie ». C’est ce qui a conduit le sociologue Max Weber à qualifier la politique de vocation.

La transformation sociale ne peut être obtenue simplement par le biais du vote. Elle exige un effort soutenu, continuel. Il s’agit d’une lutte sans fin pour un nouvel ordre politique, qui requiert le dévouement de toute une vie, la capacité de s’organiser pour tenir en échec les excès rapaces du pouvoir et le sens du sacrifice. Cette vigilance perpétuelle est la clé du succès.

À l’heure où j’écris, la vaste mécanique d’Amazon est sans doute en train de comploter pour réduire à néant le syndicat de Staten Island. Le groupe ne peut pas permettre que ce soit un exemple de réussite. Amazon possède 109 « centres d’exécution » pour lesquels la société est déterminée à s’assurer qu’il n’y aura jamais de syndicalisation. Mais, si nous ne nous laissons pas aller à la facilité, si nous continuons à nous organiser et à résister, si nous joignons nos forces à celles de nos alliés syndiqués dans tout le pays, si nous sommes capables de faire grève, alors nous avons une chance.

Chris Hedges

Article traduit et reproduit avec l’autorisation de Chris Hedges.
Date de publication originale : 04/04/2022 – Scheerpost

 


 

Cet article de Chris Hedge (que j’aime lire depuis des années, et que nous pouvons tous lire en français grâce au travail formidable d’Olivier Berruyer et de son équipe des crises.fr) me fait penser à deux autres outils d’éducation populaire importants (dont je vous parle depuis longtemps) :

• Le magnifique film de Martin Ritt, « Norma Rae », en 1979 :

Norma Rae Union

(Union signifie Syndicat en français)

Ce film est à voir absolument, à acheter et à montrer à nos enfants et à leurs amis.

• Le livre de Grégoire Chamayou « La société ingouvernable. Généalogie du libéralisme autoritaire », livre essentiel pour la mémoire des luttes, à lire le crayon à la main, pour comprendre en profondeur le travail méthodique (véritable complot contre le bien commun) des patrons contre les travailleurs, ici depuis les années 70 :


https://lafabrique.fr/la-societe-ingouvernable/

Étienne.

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Courageuse Tatiana Ventôse (personnalité remarquable de la gauche radicale) : « Choisis ton camp, camarade ! »

Mon commentaire :

Je trouve cette réflexion profonde, et pour tout dire, bouleversante.

APPEL À LA RETRANSCRIPTION :
Ce serait bien de retranscrire cette vidéo et d’en publier le texte écrit, pour nous aider à fixer ses idées et à les discuter une à une.

L’appel de Jean-Luc Mélenchon à voter Macron (indirectement mais clairement) dès le soir du premier tour, sans hésiter, tout de suite et avec même une grande insistance, a été une vraie baffe, la révélation d’une trahison, l’aveu que cette formidable opposition était factice.

On est donc à mille lieues de l’esprit du Conseil National de la Résistance où les gaullistes maurassiens (de l’action française) et les communistes (marxistes) avaient mis l’intérêt général du pays au-dessus de leurs haines mutuelles le temps d’une résistance au pire. Rien de tel ici : ce qu’on appelle « la gauche » nous appelle à voter Macron… Au secours !

Dans ce choix cornélien que nos institutions maudites nous imposent (avec un scrutin uninominal détestable) entre deux personnes qu’on ne veut PAS — et même qu’on redoute particulièrement —, la sagesse populaire conseille : « entre deux maux il faut choisir le moindre ».

Il me semble qu’ici, le moindre mal (entre deux personnes dont tout le monde peut redouter de terribles abus de pouvoir), c’est la personne contre laquelle il y aura le plus de digues, le plus de remparts, le plus de contre-pouvoirs.

Chacun fera bien comme il veut, mais moi je ne m’abstiendrai pas : #ToutSaufMacron.

Et advienne que pourra.

Étienne.


PS : en complément, sur le bilan réel et tangible du candidat le plus extrême que la droite ait jamais promu depuis 1945 — et que « la gauche » nous appelle donc (et violemment) à réélire (!) —, je vous signale ça :

Formulaire d’engagement de responsabilité pour ceux qui votent Macron (directement ou indirectement) :

Conditions générales du vote Macron 17 avril 2022

 

Il manque, à ce bilan (partiel) du passé, des promesses de durcissement pour l’avenir :

  • Retraite promise à 65 ans (!),
    _
  • Injections forcées à vie (« vaccins » obligatoires) de produits dangereux (alors qu’on avait pendu les médecins nazis précisément pour avoir fait ça),
    _
  • Pass arbitraire pour avoir accès à tout,
    _
  • Mort sociale (« suspension ») des opposants politiques,
    _
  • Surveillance générale et « crédit social » arbitraire à la chinoise,
    _
  • Guerre permanente (pour nous enrôler comme des enfants à la manière de la mafia), avec un « Conseil de défense », inconstitutionnel, opaque et invérifiable (pas de liste des présents, pas de compte rendu, pas de verbatim, aucun contrôle possible, aucune responsabilité à craindre, l’arbitraire chimiquement pur),
    _
  • Destruction des services publics (après les avoir asphyxiés financièrement) et de la fonction publique,
    _
  • Endettement public croissant et sans fin, et DONC effondrement de la dépense publique, et DONC chômage,
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  • « Libre-échange » endurci et DONC sur-effondrement de la balance commerciale et désindustrialisation, et DONC chômage de masse (outil de domination central),
    _
  • Censure, intimidations, suppression des outils de communication des opposants politiques,
    _
  • « Intelligence avec une puissance étrangère » (art. 411–4 du code pénal) à travers (entre autres) les « cabinets de conseil » à qui les secrets d’État sont livrés en douce (le fait que les cabinets soient ruineux sans rendre de service et qu’ils ne paient pas d’impôts est NÉGLIGEABLE à côté de la haute trahison qui consiste à les mettre au  pouvoir alors que ce sont des étrangers hostiles),
    _
  • Et j’en oublie.

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Et tout ça SANS AUCUN CONTRE-POUVOIR, même pour résister à d’aussi graves TRAHISONS.

 

Dernière remarque :

Les vrais démocrates, qui se battent encore contre Macron et son monde, vont avoir sur le dos les prétendus « antifas » (les agents de police de la pensée du système de domination), mais on s’en fout : la haine de ces fous furieux est devenue un signe fort qu’on a bien servi l’intérêt général, cette détestation enragée est comme une preuve, une sorte de légion d’honneur (involontaire) de bons services rendus à la résistance.

Étienne.

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En période de propagande de guerre, lisez Michel COLLON (Investig’Action), tous les jours, pour bien détecter les média-mensonges

Bonjour.

Michel Collon est, selon moi, un des meilleurs résistants à la propagande de guerre.

Son site, Investig’Action, sa chaîne Youtube Investig’Action, et les innombrables livres d’intérêt général qu’il édite depuis des décennies, sont de véritables services publics, et l’on devrait apprendre à s’en servir quotidiennement dans les écoles du monde entier.


Investig’Action, l’outil essentiel de Michel Collon pour aider à la paix dans le monde

Aujourd’hui, alors que tous les « médias de grand chemin » (expression de Slobodan Despot) nous construisent un nouveau monstre abominable (ici, Poutine et les Russes) pour nous conduire à accepter (et même à souhaiter !) la guerre ouverte qui va être lancée contre la Russie, il est de la première urgence de consulter tous les jours les vidéos et les textes publiés par Michel. Je reproduis ci-dessous, quelques vidéos que j’ai trouvées particulièrement utiles depuis le début de cette « crise ukrainienne » (et j’en ajouterai d’autres dans les commentaires de ce billet) :

Michel Collon avec Annie Lacroix-Riz [passionnante] : USA-Ukraine, la relation secrète :


Le médiamensonge du jour – Boutcha: Que s’est-il vraiment passé ?


Théâtre de Marioupol : une mise en scène ? – Le MédiaMensonge du jour :


Faut-il détester les Russes ? Michel Collon avec Jacques Baud :

On trouve d’autres excellentes interventions, pondérées, raisonnables, savantes, de Jacques Baud sur le net ; je les signalerai en commentaires de ce billet.


Etc. (La liste est longue.)

Parmi les livres, il est difficile de choisir, mais il en est un qui est à la fois bouleversant, très dense et facile à lire : il s’intitule « USA, Les cent pires citations » et il récapitule des aveux incroyables et très importants des pires criminels sur terre, à connaître et à faire connaître (et à enseigner à l’école, je crois). Je vous copie ici la fiche du livre :

2022 04 16 13 01 36 USA Les cent pires citations InvestigAction boutique

J’ai aussi beaucoup appris avec les livres suivants (cliquer pour consulter) :

Le site de Michel est une mine insondable d’informations de la première importance. Je vous conseille de vous y abonner, pour recevoir à temps toutes les notifications utiles, et aussi de l’aider, autant que possible, car cet immense travail demande évidemment de l’argent, et nous-seuls pouvons aider ce vrai journaliste : https://dons.michelcollon.info/fr

Bonne lecture.

Étienne.


 

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