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La Pravda Americaine : Le SIDA et le retour de l’hypothèse Duesberg

Par : Wayan

Par Ron Unz − Le 29 décembre 2021 − Source Unz Review

Le mois dernier, j’ai lu le nouveau livre de Robert F. Kennedy Jr. intitulé The Real Anthony Fauci, qui est presque immédiatement devenu un best-seller sur Amazon.

J’ai été assez impressionné par une grande partie du matériel présenté, qui critiquait sévèrement notre industrie pharmaceutique et ses proches alliés de la bureaucratie de la santé publique. Mais ce qui m’a complètement choqué, c’est que près de la moitié du texte – environ 200 pages – était consacrée à la présentation et à la promotion de l’étonnante affirmation selon laquelle tout ce que l’on nous a dit sur le VIH/sida pendant plus de 35 ans est probablement un canular. Ce sujet est donc devenu le point central de ma propre enquête.

American Pravda : le Vax, Anthony Fauci et le SIDA. Ron Unz – The Unz Review – 6 décembre 2021 – 6 100 mots

Pourtant, selon les informations fournies dans le best-seller de Kennedy, n°1 sur Amazon, cette image bien connue et solidement établie, que je n’avais jamais sérieusement remise en question, est presque entièrement fausse et frauduleuse, se résumant essentiellement à un canular médiatico-médical. Au lieu d’être responsable du sida, le virus VIH est probablement inoffensif et n’a rien à voir avec la maladie. Mais lorsque des personnes étaient infectées par le VIH, elles étaient soumises aux premiers médicaments extrêmement lucratifs contre le sida, qui étaient en fait mortels et les tuaient souvent. Les premiers cas de sida étaient principalement dus à une très forte consommation de certaines drogues illégales, et le virus VIH avait été diagnostiqué à tort comme responsable. Mais comme Fauci et les compagnies pharmaceutiques avides de profits ont rapidement bâti d’énormes empires sur ce mauvais diagnostic, ils se sont battus avec acharnement pendant plus de 35 ans pour le maintenir et le protéger, exerçant toute leur influence pour supprimer la vérité dans les médias tout en détruisant les carrières de tous les chercheurs honnêtes qui remettaient en cause cette fraude. Pendant ce temps, le SIDA en Afrique était quelque chose de complètement différent, probablement causé principalement par la malnutrition ou d’autres conditions locales.

 

J’ai trouvé le récit de Kennedy plus choquant que tout ce que j’avais pu lire jusqu’ici.

Dans des circonstances normales, j’aurais été extrêmement réticent à accepter des affirmations aussi farfelues, mais la crédibilité de certains des adhérents à cette thèse était difficile à ignorer.

Par exemple, la première approbation sur la quatrième de couverture est celle du professeur Luc Montagnier, un chercheur médical qui a remporté un prix Nobel pour avoir découvert le virus VIH en 1984, et il écrit : « Tragiquement pour l’humanité, il y a beaucoup, beaucoup de contrevérités émanant de Fauci et de ses sbires. RFK Jr. expose des décennies de mensonges ». Par ailleurs, on nous dit que dès la Conférence internationale sur le sida de San Francisco de juin 1990, Montagnier avait déclaré publiquement que « le virus VIH est inoffensif et passif, un virus bénin. »

 

Peut-être que ce lauréat du prix Nobel a approuvé le livre pour d’autres raisons et peut-être que le sens de sa surprenante déclaration datant de 1990 a été mal interprétée. Mais il est certain que l’opinion du chercheur qui a obtenu un prix Nobel pour avoir découvert le virus VIH ne doit pas être totalement ignorée dans l’évaluation de son éventuel rôle.

Comme l’explique Kennedy, trois autres lauréats du prix Nobel ont également exprimé publiquement un scepticisme similaire à l’égard du récit conventionnel sur le VIH/sida, l’un d’entre eux étant Kary Mullis, le célèbre créateur du révolutionnaire test PCR.

Malgré son énorme succès, le livre a d’abord été ignoré par les médias grand public. Ce silence a finalement été rompu un mois après la publication, lorsqu’Associated Press a publié un article de 4 000 mots attaquant durement l’auteur et son controversé best-seller.

Comment un Kennedy a construit un monstre anti-vax en pleine crise de COVID-19. Michelle R. Smith et al – The Associated Press – 15 décembre 2021 – 4,000 Words

Pourtant, comme je l’ai noté dans ma propre réponse, cette longue accusation évite totalement le sujet du VIH/SIDA, qui constitue pourtant la partie la plus scandaleuse et la plus explosive du livre de Kennedy. Six journalistes et chercheurs de l’AP ont passé au moins dix jours à produire l’article, donc leur silence total sur ce sujet me parait extrêmement suspect. Si près de la moitié du livre de Kennedy soutient que le VIH/SIDA est un canular médical médiatique et que ses critiques les plus virulents refusent de l’attaquer sur ce sujet, tout lecteur impartial doit certainement commencer à soupçonner qu’au moins certaines des remarquables affirmations de l’auteur sont probablement correctes.

RFK Jr. en tant que premier négationniste du VIH/SIDA en Amérique et le silence médiatique autour du sujet. Ron Unz – The Unz Review – 15 décembre 2021 – 1 500 mots

Avant la récente épidémie de la Covid-19, le SIDA fut pendant près de quatre décennies la maladie la plus médiatisée du monde, et j’ai commencé à me demander si je n’avais pas été complètement trompé pendant toutes ces années par mes journaux quotidiens. J’ai écouté les longues interviews de Kennedy avec Tucker Carlson, Steve Bannon et Jimmy Dore, mais aucun de ces animateurs n’a jamais abordé la question du SIDA, peut-être parce qu’ils la considéraient comme une distraction par rapport au sujet plus urgent des vaccins Covid et d’autres mesures de santé publique controversées. En effet, Kennedy lui-même n’avait jamais été associé au sujet du VIH/SIDA et il a souligné que sa couverture était simplement destinée à « donner de l’air et de la lumière aux voix dissidentes » ; il me fallait donc consulter d’autres sources pour obtenir des informations supplémentaires. Heureusement, son livre identifiait clairement la figure la plus importante du débat.

L’un des principaux héros scientifiques du récit de Kennedy est le professeur Peter H. Duesberg, de Berkeley. Au cours des années 1970 et 1980, Duesberg était largement considéré comme l’un des plus grands virologues du monde, élu à l’âge de 50 ans à la prestigieuse Académie nationale des sciences, ce qui en faisait l’un des plus jeunes membres de son histoire. Dès 1987, il a commencé à émettre de sérieux doutes sur l’hypothèse du VIH/SIDA et à souligner les dangers de l’AZT. Il a fini par publier une série d’articles de journaux sur le sujet qui ont progressivement conquis de nombreuses personnes, dont Montagnier. En 1996, il publie « Inventer le virus du sida », un ouvrage massif de 712 pages qui expose ses arguments, avec un avant-propos du prix Nobel Kary Mullis, le célèbre inventeur de la technologie PCR, lui-même un autre grand critique public de l’hypothèse du VIH/sida. Duesberg a même souligné l’assurance de son scepticisme à l’égard du VIH en offrant de se faire injecter du sang contaminé par le VIH.

 

Mais plutôt que de débattre ouvertement avec un adversaire scientifique aussi puissant, Fauci et ses alliés ont interdit à Duesberg de recevoir tout financement gouvernemental, brisant ainsi sa carrière de chercheur, tout en le vilipendant et en faisant pression sur les autres pour qu’ils fassent de même. Selon des collègues chercheurs cités par Kennedy, Duesberg a été détruit pour servir d’avertissement et d’exemple aux autres. Pendant ce temps, Fauci a usé de son influence pour faire interdire ses détracteurs dans les principaux médias nationaux, s’assurant ainsi que peu de personnes en dehors d’un segment étroit de la communauté scientifique soient au courant de cette persistante controverse.

La théorie que je devais étudier était donc l’hypothèse de Duesberg, l’opposant longtemps réprimé à l’orthodoxie régnante en matière de VIH/SIDA.

Heureusement pour moi, les hérésies scientifiques privées de fonds de recherche et mises à l’index des revues de premier plan ont tendance à produire un ensemble de travaux peu nombreux donc gérable. Les milliards de dollars dépensés chaque année pour la recherche orthodoxe sur le sida ont donné naissance à plus de 100 000 articles de revues universitaires, soit plus qu’un lecteur assidu ne pourrait en digérer en une douzaine de vies. Mais la publication universitaire la plus récente que j’ai pu localiser de l’autre côté du débat est un long article de synthèse publié il y a dix-huit ans par Duesberg et deux de ses collaborateurs. En effet, selon leur épilogue, les auteurs avaient passé plusieurs années à se battre pour que leur article soit publié malgré l’hostilité incessante de l’establishment pro-SIDA, qui avait réussi à faire pression sur deux revues précédentes pour qu’elles annulent la publication.

Les bases chimiques des différentes épidémies de SIDA : drogues récréatives, chimiothérapie antivirale et malnutrition (PDF). Peter Duesberg, Claus Koehnlein et David Rasnick – Journal of Bioscience – Juin 2003 – 24 000 Mots

Bien que j’aie une solide formation scientifique, je n’ai pas l’expertise nécessaire en médecine ou en microbiologie pour évaluer correctement leur article. Mais en le lisant attentivement en tant que profane, je l’ai trouvé solide et convaincant, et certainement digne d’être publié. Et lorsque je l’ai transmis à un professionnel de la médecine, il l’a jugé extrêmement impressionnant, exposant de manière convaincante la thèse révolutionnaire des auteurs.

L’une des principales affirmations de Duesberg est que la maladie connue sous le nom de « SIDA » n’existe pas en réalité, mais qu’elle n’est que l’étiquette officielle attachée à un groupe de plus de deux douzaines de maladies différentes, qui ont toutes des causes diverses, dont certaines seulement sont des agents infectieux. En fait, la plupart de ces maladies étaient connues et traitées depuis de nombreuses décennies, mais elles n’étaient qualifiées de « sida » que si la victime était également testée positive au virus VIH, qui n’avait pourtant probablement rien à voir avec la maladie.

À l’appui de leur position, les auteurs notent que les divers groupes à haut risque de « sida » ont seulement tendance à contracter des versions particulières de la maladie, le « sida » dont souffrent les hémophiles étant généralement très différent du « sida » des villageois africains et ne se chevauchant que légèrement avec celui des homosexuels ou des toxicomanes. En fait, le profil du « sida » en Afrique semble totalement différent de celui du monde développé. Mais si toutes ces maladies différentes étaient en fait causées par un seul virus VIH, des syndromes aussi divergents seraient des anomalies déroutantes, difficiles à expliquer d’un point de vue scientifique.

En 2009, une demi-douzaine d’années après la publication de cet article volumineux, un réalisateur indépendant du nom de Brent Leung a produit un documentaire de 90 minutes sur le sida, très favorable à la thèse de Duesberg, et quelqu’un l’a récemment porté à mon attention. Il y a une grande pénurie de matériel pro-Duesberg, donc bien que je ne trouve que rarement les vidéos des sources d’information utiles, ce cas fut une exception importante. Le film met en évidence les énormes incohérences de la position scientifique orthodoxe et comprend également des entretiens importants avec Duesberg, Mullis, Fauci et de nombreux autres chercheurs et journalistes clés des deux côtés du débat. L’intégralité du documentaire est disponible sur Youtube, de sorte que les personnes intéressées peuvent le regarder et décider par elles-mêmes.

Le journaliste John Lauritsen a couvert la controverse sur le VIH/sida pendant des décennies, écrivant deux livres sur le sujet et servant de source importante pour le propre travail de Kennedy. Il a récemment rejoint l’un des fils de discussion de notre site Web et m’a suggéré de republier sa conférence de 2018, qui résume utilement l’histoire et l’état actuel de la question.

Faire valoir nos arguments dans la bataille pour la vérité. Remettre en question les paradigmes viraux avariés. John Lauritsen – Conférence Vers Pont du Gard – 16 juin 2018 – 2 500 mots

Bien que j’ai trouvé tout ce matériel pro-Duesberg utile pour étoffer les arguments, la plupart d’entre eux se recoupent avec le contenu du livre de Kennedy, et l’analyse était nécessairement unilatérale. Sous la pression de l’establishment médical et de son lobby du SIDA, les médias grand public ont presque entièrement fermé leurs portes à toute dissidence sur la question et refusent d’engager le dialogue avec les critiques, semblant plutôt préférer la liste noire et le boycott. Cela laisse supposer la faiblesse relative de l’argumentaire orthodoxe, mais en l’absence des échanges d’arguments et de contre-arguments, je ne pouvais pas facilement évaluer la force des deux parties. Heureusement, j’ai découvert que cette situation avait été très différente par le passé.

J’ai passé la majeure partie du début des années 2000 à créer un système d’archivage de contenu qui comprend des collections quasi complètes de quelques centaines de nos principaux magazines d’opinion des 150 dernières années, ces publications influentes qui ont façonné notre compréhension du monde. Le projet a été un échec presque total puisque très peu de personnes l’ont utilisé, mais il est toujours utile lorsque je veux enquêter sur quelque chose, et j’ai facilement trouvé une longue liste d’articles portant sur l’hypothèse de Duesberg, la plupart datant des années 1990. À cette époque, le mur de fer de la censure n’était pas encore tombé, et le sujet avait été largement et respectueusement traité dans les grandes publications.

J’ai lu attentivement plus d’une douzaine d’articles parmi les plus substantiels, tous parus dans des périodiques libéraux, conservateurs et libertariens tout à fait classiques et respectables. Une surprise majeure a été de constater à quel point le débat semble avoir peu évolué. Les preuves et les arguments que Duesberg et ses alliés scientifiques ont avancé il y a trente ans semblent remarquablement similaires à ceux présentés dans le livre de Kennedy publié le mois dernier seulement.

Le numéro de l’été 1990 de Policy Review, l’une des revues politiques conservatrices les plus sobres et les plus influentes d’Amérique, avait offert à Duesberg et à un co-auteur une tribune pour la théorie controversée, et leur article comptait près de 9 000 mots. Selon le rédacteur en chef, ce sujet a suscité plus de lettres et de réponses – tant positives que négatives – que tout autre sujet dans l’histoire de la publication, et est devenu l’un des articles les plus discutés. En conséquence, le numéro suivant du trimestriel a présenté certaines de ces réactions ainsi que les réponses des deux auteurs, l’ensemble de l’échange comptant près de 13 000 mots.

Le virus du sida est-il une science-fiction ? (PDF). Un comportement immunosuppresseur, et non le VIH, pourrait être la cause du SIDA. Peter H. Duesberg and Bryan J. Ellison – Policy Review – Summer 1990 – 8,800 Words

Le VIH est-il la cause du sida ? (PDF). Les critiques répondent – Policy Review – Fall 1990 – 12,700 Words

Plusieurs années plus tard, une évolution similaire s’est produite chez Reason, la publication phare du mouvement libertarien américain. Le magazine a publié un long article de couverture reprenant les affirmations de Duesberg et rédigé par trois de ses alliés scientifiques, l’un d’entre eux étant un ancien professeur de la Harvard Medical School et un autre un récent lauréat du prix Nobel. Une fois encore, le résultat a été un énorme déluge de réactions de soutien et de critiques, et le long débat a été publié dans un numéro ultérieur.

Qu’est-ce qui cause le sida ? (PDF). Nous ne savons toujours pas ce qui cause le SIDA. Charles A. Thomas Jr, Kary B. Mullis, et Phillip E. Johnson – Reason – Juin 1994 – 4 600 mots

Quelles sont les causes du sida ? Le débat se poursuit (PDF). Les critiques répondent – Reason – Décembre 1994 – 9,100 mots

The Lancet est l’une des plus importantes revues médicales au monde et en 1996, l’année suivant son accession au poste de rédacteur en chef, Richard Horton publiait dans les pages de la prestigieuse New York Review of Books une discussion de 10 000 mots sur les théories de Duesberg, telles qu’elles sont exposées dans trois des récents livres et recueils du chercheur. Horton était évidemment l’une des personnalités les plus respectables de l’establishment, mais bien qu’il ait surtout soutenu le consensus orthodoxe sur le VIH/SIDA, il a présenté la perspective totalement contraire de Duesberg d’une manière équitable, avec respect mais non sans critique.

Cependant, ce qui m’a le plus frappé dans le récit de Horton, c’est à quel point il semblait consterné par le traitement réservé à Duesberg par le complexe médico-industriel américain au pouvoir, comme le suggère son titre « Vérité et hérésie sur le sida ».

La toute première phrase de son long article de synthèse mentionne la « vaste industrie académique et commerciale construite autour… du VIH » ainsi que le défi fondamental que Duesberg a posé à sa base scientifique. En conséquence, le « brillant virologiste » était devenu « le scientifique le plus vilipendé du monde » et le sujet d’« attaques épuisantes ». Les principales revues scientifiques professionnelles avaient fait preuve d’une « attitude injuste alarmante » et, en partie à cause de cela, d’autres dissidents potentiels ont été dissuadés de poursuivre leurs théories alternatives.

Selon Horton, les considérations financières étaient devenues un élément central du processus scientifique, et il a noté avec horreur qu’une conférence de presse sur la recherche remettant en cause l’efficacité d’un médicament anti-sida particulier était en fait remplie de journalistes financiers, concentrés sur les efforts des dirigeants d’entreprise pour détruire la crédibilité d’une étude qu’ils avaient eux-mêmes contribué à concevoir, mais qui allait maintenant à l’encontre de leur produit.

Plus important encore, bien que Horton soit généralement sceptique à l’égard des conclusions de Duesberg, il est absolument cinglant envers les adversaires du virologue dissident.

L’un des aspects les plus troublants du conflit entre Duesberg et l’establishment du sida est la manière dont on a refusé à Duesberg la possibilité de tester son hypothèse. Dans une discipline régie par des prétentions empiriques à la vérité, les preuves expérimentales sembleraient être le moyen évident de confirmer ou de réfuter les affirmations de Duesberg. Mais Duesberg a trouvé les portes de l’establishment scientifique fermées à ses fréquents appels aux tests…

 

Duesberg mérite d’être entendu, et l’assassinat idéologique qu’il a subi restera un témoignage embarrassant des tendances réactionnaires de la science moderne… À une époque où l’on recherche si désespérément des idées nouvelles et de nouvelles voies d’investigation, comment la communauté du sida peut-elle se permettre de ne pas financer les recherches de Duesberg ?

Cette dernière phrase retentissante clôture l’ensemble de l’article, paru dans une publication prestigieuse et influente il y a plus d’un quart de siècle. Mais d’après ce que je peux voir, la critique sincère de Horton est tombée dans l’oreille d’un sourd, et l’establishment du SIDA a tout simplement ignoré toute la controverse et continuer à faire progressivement pression sur les médias pour qu’ils cessent toute couverture sur le sujet. Cela semble confirmer pleinement l’histoire racontée dans le best-seller actuel de Kennedy.

Vérité et hérésie sur le sida. Richard Horton – The New York Review of Books – 23 mai 1996 – 10 100 mots

Pris ensemble, ces cinq articles comptent plus de 45 000 mots, soit la longueur d’un petit livre, et offrent probablement un débat aussi bon et impartial sur l’hypothèse de Duesberg que l’on puisse trouver. Chaque lecteur peut juger par lui-même, mais j’ai trouvé que le camp de Duesberg a certainement eu le dessus dans tous ces échanges.

Selon l’article d’AP, le livre de Kennedy s’est probablement vendu à près de 200 000 exemplaires au cours des deux premières semaines suivant sa sortie le 16 novembre. Le livre a regagné la première place sur Amazon et a conservé cette position pendant une grande partie du mois de décembre, de sorte que les ventes globales pourraient maintenant représenter plus du double de ce chiffre.

Mais même si le nombre total d’exemplaires imprimés finit par atteindre un million ou plus, ces chiffres ne représentent qu’une infime partie des dizaines de millions d’Américains qui sont inondés chaque jour de messages fortement promus par nos médias électroniques et sociaux, des organes médiatiques qui mettent sur liste noire ou boycottent les importantes informations que Kennedy présente. Ainsi, à moins que le mur défensif des médias ne puisse être franchi, le message du livre de Kennedy risque d’être largement limité à une fraction de la population qui y est déjà sensible, renforçant peut-être leur détermination mais gagnant relativement peu de nouveaux adhérents.

Il y a plusieurs années, j’ai analysé précisément cette question, en soulignant les difficultés de surmonter un tel blocus médiatique et la stratégie possible à poursuivre, et certaines de mes suggestions méritent d’être citées en détail :

Les médias grand public existent comme un tout homogène, de sorte qu’affaiblir ou discréditer les médias dans un domaine particulier réduit automatiquement leur influence partout ailleurs également.

 

Les éléments du récit médiatique auxquels est confronté un groupe anti-establishment particulier peuvent être trop forts et bien défendus pour être attaqués efficacement, et toute attaque de ce type peut également être rejetée comme étant motivée par l’idéologie. Par conséquent, la stratégie la plus productive peut parfois être indirecte, en attaquant le récit médiatique ailleurs, à des endroits où il est beaucoup plus faible et moins bien défendu. En outre, gagner ces batailles plus faciles peut générer une plus grande crédibilité et une plus grande dynamique, qui peuvent ensuite être appliquées à des attaques ultérieures sur des fronts plus difficiles.

 

Certaines parties de ce mur médiatique peuvent être solides et vigoureusement défendues par de puissants intérêts particuliers, rendant les assauts difficiles. Mais d’autres parties, peut-être plus anciennes et plus obscures, peuvent s’être décrépies avec le temps, leurs défenseurs s’étant éloignés. Il peut être beaucoup plus facile de percer le mur à ces endroits plus faibles, et une fois que la barrière a été brisée en plusieurs points, il devient beaucoup plus difficile de la défendre aux autres.

 

Par exemple, considérez les conséquences de la démonstration que le récit médiatique établi est complètement faux sur un événement individuel majeur. Une fois ce résultat largement reconnu, la crédibilité des médias sur toutes les autres questions, même celles qui n’ont aucun rapport, sera quelque peu affaiblie. Les gens ordinaires en concluraient naturellement que si les médias se sont trompés pendant si longtemps sur un point important, ils pourraient aussi se tromper sur d’autres, et la puissante suspension de l’incrédulité qui confère aux médias leur influence deviendrait moins puissante. Même les individus qui forment collectivement le corpus des médias pourraient commencer à douter sérieusement de leurs certitudes antérieures.

 

Le point crucial est que de telles percées peuvent être plus faciles à réaliser sur des sujets qui semblent n’avoir qu’une signification historique et qui sont totalement éloignés de toute conséquence pratique actuelle.

 

Selon les paramètres habituels du débat public, les remises en question de l’orthodoxie établie sont traitées comme des « revendications extraordinaires » qui doivent être justifiées par des preuves extraordinaires. Cette exigence peut être injuste, mais elle constitue la réalité de nombreux échanges publics, sur la base du cadre fourni par les médias prétendument impartiaux.

 

Étant donné que la plupart de ces controverses impliquent un large éventail de questions complexes et de preuves ambiguës ou contestées, il est souvent extrêmement difficile d’établir de manière concluante toute théorie non orthodoxe, disons avec un niveau de confiance de 95 % ou 98 %. Par conséquent, le verdict des médias est presque invariablement « Cas non prouvé » et les contestataires sont jugés vaincus et discrédités, même s’ils semblent avoir la prépondérance des preuves de leur côté. Et s’ils contestent vocalement le caractère injuste de leur situation, cette réponse est ensuite citée par les médias comme une preuve supplémentaire de leur fanatisme ou de leur paranoïa.

 

Cependant, supposons qu’une stratégie entièrement différente soit adoptée. Au lieu de tenter d’établir un cas « au-delà de tout doute raisonnable », les partisans se contentent de fournir suffisamment de preuves et d’analyses pour suggérer qu’il y a 30 % de chances, 50 % de chances ou 70 % de chances que la théorie non orthodoxe soit vraie. Le fait même qu’aucune revendication de quasi-certitude ne soit avancée constitue une défense puissante contre toute accusation plausible de fanatisme ou de pensée délirante. Mais si la question est d’une importance énorme et que, comme c’est généralement le cas, la théorie non orthodoxe a été presque totalement ignorée par les médias, bien qu’elle ait apparemment au moins une chance raisonnable d’être vraie, alors les médias peuvent être effectivement attaqués et ridiculisés pour leur paresse et leur incompétence. Ces accusations sont très difficiles à réfuter et, étant donné que l’on ne prétend pas que la théorie non orthodoxe a nécessairement été prouvée correcte, mais simplement qu’elle pourrait l’être, toute contre-accusation de tendances complotistes tomberait à plat.

 

En effet, le seul moyen dont disposent les médias pour réfuter efficacement ces accusations serait d’explorer tous les détails complexes de la question (contribuant ainsi à attirer l’attention sur divers faits controversés), puis de faire valoir qu’il n’y a qu’une chance négligeable que la théorie soit correcte, peut-être 10 % ou moins. Ainsi, la charge habituelle de présomption est complètement inversée. Et comme la plupart des membres des médias n’ont probablement jamais prêté une attention sérieuse au sujet, leur présentation ignorante peut être assez faible et vulnérable à une déconstruction éclairée. En effet, le scénario le plus probable est que les médias continueront à ignorer totalement l’ensemble du conflit, renforçant ainsi ces accusations plausibles de paresse et d’incompétence.

American Pravda : Briser la barrière médiatique. Ron Unz – The Unz Review – 24 octobre 2016 – 2 500 mots

Le public principal du livre de Kennedy est la communauté américaine anti-vaxx, vaste et mobilisée, et beaucoup de ces individus peuvent ignorer sa longue discussion sur la controverse du VIH/SIDA, ou même la rejeter comme une distraction. Mais je pense que c’est une grave erreur stratégique. Au contraire, se concentrer sur le récit douteux du VIH/SIDA et sur l’hypothèse contraire de Duesberg peut constituer le meilleur moyen de discréditer l’establishment médical dominant de l’Amérique, et ainsi permettre une réévaluation de notre politique de vaccination. Comme je l’ai expliqué vers la fin de ma critique :

En tant qu’observateur extérieur sans expertise particulière dans ces domaines médicaux, j’ai été impressionné par une grande partie du matériel que Kennedy a rassemblé pour soutenir ses vues non orthodoxes sur les vaccins et les traitements Covid, mais j’ai trouvé que les preuves qu’il a fournies sur le VIH et le SIDA étaient beaucoup plus complètes et convaincantes, tout en étant soutenues par des experts faisant beaucoup plus autorité. Mais si, comme il le soutient, la vérité sur le VIH et le sida a été supprimée avec succès pendant des décennies par l’ensemble de l’industrie médicale, nous devons nécessairement devenir très méfiants à l’égard d’autres affirmations médicales, y compris celles concernant le Covid et les vaccins.

 

Je me demande même si cela ne représenterait pas une partie du sous-texte caché de l’âpre bataille actuelle sur la vaccination et de la réaction presque paranoïaque de tant d’opposants. Ceux qui ont contesté le dogme scientifique officiel sur le SIDA ont depuis longtemps été chassés de la place publique, de sorte que peu de ceux qui s’informent dans les médias grand public sont même au courant de la dispute. Mais le genre de théories divergentes présentées par Kennedy ont probablement circulé pendant des années dans des segments particuliers de la population, et ces individus sont devenus fermement convaincus qu’un grand nombre d’Américains sont morts parce que l’establishment médical a infligé le traitement mortel à l’AZT pour combattre le virus inoffensif du VIH. Ils deviendraient donc extrêmement méfiants lorsqu’ils apprendraient qu’un virus Covid à faible mortalité est traité par l’utilisation généralisée de nouveaux vaccins expérimentaux qui avaient complètement contourné le processus de test habituel grâce à une série de dérogations d’urgence. Après avoir absorbé le contenu remarquable de l’important ouvrage de Kennedy, je pense que ces préoccupations ne sont pas déraisonnables.

Ron Unz

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Pourquoi les gens ne font-ils pas « confiance à la science » ?

Par : hervek

Parce que les scientifiques sont souvent surpris en train de mentir


Par Brandon Smith − Le 16 décembre 2021 − Source Alt-Market

Au cours des dernières décennies, les pratiques éducatives occidentales se sont malheureusement éloignées de ce que l’on appelait autrefois la « pensée critique ». En fait, la pensée critique était autrefois un élément fondamental des universités américaines et il semble aujourd’hui que ce concept n’existe plus, du moins pas de la manière dont il le faisait auparavant. Au lieu de cela, un autre type d’apprentissage a vu le jour, qui promeut la « pensée juste » ; une forme d’endoctrinement qui encourage et récompense une réponse particulière des étudiants, conforme à l’idéologie et pas nécessairement à la réalité.

Ce n’est pas que les écoles imposent directement une idéologie collectiviste ou corporatiste (parfois elles le font), c’est plutôt qu’elles filtrent les points de vue alternatifs ainsi que les faits et les preuves qu’elles n’aiment pas jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une seule voie et une seule conclusion à un problème donné. Ils apprennent aux élèves à NE PAS penser en leur présentant des expériences de pensée, puis en contrôlant les résultats acceptables.

Par exemple, une expérience de pensée courante et manipulatrice utilisée dans les écoles consiste à demander aux élèves d’écrire une « analyse » sur les raisons pour lesquelles les gens ne font pas confiance à la science ou aux scientifiques de nos jours. L’astuce est que la question est toujours présentée avec une conclusion intégrée – il faut faire confiance aux scientifiques, et certaines personnes refusent de les écouter, alors essayons de comprendre pourquoi ces personnes sont si stupides.

J’ai vu cette expérience de nombreuses fois, toujours présentée de la même manière. Pas une seule fois je n’ai vu un professeur de collège ou un enseignant d’école publique demander aux étudiants : « Doit-on faire confiance aux scientifiques d’aujourd’hui ? »

Pas une seule fois.

Ce n’est PAS une analyse, c’est une hypothèse contrôlée. Si vous avez déjà une conclusion en tête avant de vous lancer dans une expérience de pensée, vous allez naturellement essayer d’ajuster le résultat de l’expérience pour qu’il corresponde à vos idées préconçues. Les écoles d’aujourd’hui présentent cette bêtise comme une forme de jeu de réflexion alors qu’il s’agit en fait de propagande. On apprend aux élèves à penser à l’intérieur de la boîte, pas à l’extérieur de la boîte. Ce n’est pas de la science, c’est de l’anti-science.

Les programmes éducatifs de ce type sont désormais monnaie courante, alors que la science réelle est reléguée au second plan. Des millions d’enfants sortent des écoles publiques et des universités sans aucune compréhension de la méthode scientifique réelle ou de la science en général. Demandez-leur quelles sont les équations de la densité ou de l’accélération, et ils n’auront aucune idée de ce dont vous parlez. Interrogez-les sur les questions relatives à la vaccination ou au « changement climatique », et ils vous régurgiteront une litanie de réponses préprogrammées expliquant pourquoi la science ne peut être remise en question d’aucune manière.

Dans les médias alternatifs, nous appelons souvent cela « être piégé dans la matrice », et il est difficile de trouver une meilleure analogie. Les gens ont été récompensés pendant si longtemps pour avoir accepté le récit dominant et rejeté aveuglément toute autre information que lorsqu’on leur présente la réalité, ils en rient avec arrogance ou reculent avec horreur. La matrice est tellement plus confortable et sûre, et regardez toutes les bonnes notes que vous obtenez lorsque vous dites les bonnes choses, évitez les questions difficiles et soyez d’accord avec le professeur.

Étant donné le triste état de la science en Occident ces jours-ci, en ce qui concerne la réponse à la crise Covid ainsi que la pression insensée et non scientifique pour les vaccinations forcées, j’ai pensé qu’il serait intéressant d’essayer cet exercice de pensée, mais sous un angle qui n’est jamais autorisé dans les écoles d’aujourd’hui :

Pourquoi les gens ne font-ils plus confiance à la science et aux scientifiques ?

La réponse est simple : Parce que de nombreux scientifiques ont été surpris en train de mentir et de déformer leurs données pour les adapter aux conclusions qu’ils souhaitent plutôt qu’aux faits. La science est souvent politisée pour servir un programme. Ce n’est pas une théorie du complot, c’est un fait avéré.

Cela ne veut pas dire qu’il faut se méfier de toutes les sciences. Le fait est qu’aucune science ne devrait être acceptée aveuglément sans un examen indépendant de TOUS les faits disponibles. C’est là tout l’intérêt de la science, après tout. Oui, il existe des théories du complot idiotes lorsqu’il s’agit d’analyse scientifique, mais il existe également un certain nombre d’escroqueries dans le monde de la science.

L’affirmation fausse habituelle est que la personne moyenne est ignorante et qu’elle n’a pas la capacité de comprendre les données scientifiques. Je trouve intéressant que ce soit le message général de l’expérience de pensée sur la confiance dans la science. Il s’inscrit dans la droite ligne du discours dominant et gouvernemental selon lequel LEURS scientifiques, ceux qu’ils paient et que les entreprises paient, sont implicitement corrects et ne doivent pas être remis en question. Ils sont les grands prêtres de l’ère moderne, s’adonnant à de grandes magies que nous, sales paysans, ne pouvons pas saisir. Ce n’est pas à nous de remettre en question « la science », c’est à nous de l’embrasser comme une religion et de nous prosterner en signe de révérence.

La plupart des gens sont capables de passer au crible les données scientifiques tant qu’elles sont transparentes. Lorsque les faits sont occultés, déformés ou omis, cela crée la confusion et, bien entendu, seuls les scientifiques de l’establishment peuvent démêler la pagaille, car ce sont eux qui l’ont créée. Examinons quelques exemples directement liés à la santé humaine…

Les cultures OGM et le train de l’argent des entreprises

La propagande entourant les organismes génétiquement modifiés est implacable et omniprésente, l’idée générale étant qu’ils sont parfaitement sûrs et que quiconque dit le contraire est un cinglé portant un bonnet d’âne. Et il est certain qu’il existe des centaines, voire des milliers d’études qui confirment aisément cette conclusion. Alors, affaire classée, n’est-ce pas ?

Pas tout à fait. C’est ici que l’esprit critique est si utile et que la réalité échappe aux personnes endoctrinées – Qui a payé pour ces études, et ont-ils un intérêt direct à censurer les données négatives sur les OGM ?

Eh bien, dans la grande majorité des cas, les études sur les OGM sont financées par deux sources : les géants de l’industrie des OGM comme Monsanto, Dupont et Syngenta, ou des agences gouvernementales comme la FDA et l’EPA. Très peu d’études sont réellement indépendantes, et c’est là le problème. Le gouvernement et les entreprises comme Monsanto ont tout intérêt à empêcher la publication de toute étude critique sur les OGM.

Monsanto a été prise à de nombreuses reprises en train de cacher les effets dangereux de ses produits sur la santé, de l’agent orange à l’hormone de croissance RGBH utilisée chez les vaches laitières. Elle a été prise en train de constituer des dossiers illégaux sur ses détracteurs. L’industrie a été prise à plusieurs reprises en train de payer des universitaires et des scientifiques pour produire des études sur les OGM avec une tournure positive et même pour attaquer d’autres scientifiques qui participent à des expériences critiquant les OGM. Les recherches montrent qu’au moins la moitié de toutes les études sur les OGM sont financées par l’industrie des OGM, tandis que la majorité de l’autre moitié est financée par les gouvernements.

Il existe également depuis longtemps une porte tournante entre les initiés de l’industrie des OGM et la FDA et l’EPA ; les fonctionnaires travaillent souvent pour Monsanto, puis obtiennent des emplois au sein du gouvernement, avant de retourner chez Monsanto. Le grattage de fond est si flagrant que le gouvernement a même créé des protections juridiques spéciales pour les entreprises d’OGM comme Monsanto dans le cadre de ce qui est maintenant connu sous le nom de Monsanto Protection Act (section 735 du Agricultural Appropriations Bill HR 993) sous l’administration Obama en 2013. Cela rend essentiellement les entreprises OGM immunisées contre les litiges concernant les OGM, et les mêmes protections ont été renouvelées dans différents projets de loi depuis lors.

Au-delà de la porte tournante, le gouvernement a approuvé de nombreux produits OGM avec peu ou pas de données critiques pour confirmer leur sécurité. De plus, dans la plupart des cas, le gouvernement bénéficie d’une immunité souveraine contre tout litige, même s’il a été négligent. En d’autres termes, s’il est prouvé que l’un de ces produits cause des dommages à long terme à la santé, le gouvernement ne peut être poursuivi pour l’avoir approuvé, sauf circonstances particulières.

S’il pouvait être tenu responsable, vous seriez sûr que la FDA effectuerait tous les tests imaginables pour confirmer que les OGM sont définitivement sûrs, sans aucun parti pris, mais ce n’est pas le cas. Au lieu de cela, le gouvernement fait activement de la propagande pour les entreprises d’OGM et utilise des hommes de main pour faire dérailler toute critique publique.

Pour ma part, j’aimerais savoir avec certitude si les OGM sont nocifs pour le corps humain à long terme, et il y a certainement des données scientifiques qui suggèrent que cela pourrait être le cas. Il y a eu de nombreuses situations dans lesquelles des aliments OGM spécifiques ont été retirés du marché dans des pays étrangers en raison d’effets secondaires potentiellement dangereux. Les toxines endogènes des plantes dont les métabolites ont été modifiés sont une source de préoccupation, tout comme les « protecteurs incorporés aux plantes » (plantes conçues pour produire des toxines qui agissent comme des pesticides).

Il existe des données qui nous incitent à nous méfier, mais rien de concluant. Pourquoi ? Parce que des milliards de dollars sont investis par les entreprises dans des recherches visant à « démystifier » toute notion d’effets secondaires. Si le même montant était investi dans des études indépendantes et impartiales, nous pourrions entendre une histoire différente sur les risques des OGM. Tout l’argent est consacré à écarter les risques des OGM ; il n’y a presque pas d’argent pour les étudier honnêtement.

La science semble être truquée en faveur d’un résultat ou d’un récit particulier, et c’est un mensonge. La science est censée rester aussi objective que possible, mais comment peut-elle l’être lorsqu’elle est payée par des gens qui ont un programme ? La tentation de se vendre est extrême.

Les vaccins Covid et la mort de la science

J’évoque l’exemple des OGM car je pense qu’il est représentatif de la manière dont la science peut être contrôlée pour ne produire qu’un seul message en excluant toute autre analyse. Nous ne savons pas vraiment à quel point les OGM sont dangereux parce que la majorité des données sont dictées par les personnes qui en tirent profit et par leurs amis au gouvernement. Le fait de ne pas savoir est considéré comme une preuve de sécurité – Mais ce n’est pas scientifique. La science et la médecine exigent que nous fassions preuve de prudence jusqu’à ce que nous soyons sûrs.

La même dynamique existe dans le monde des vaccins contre le virus de la Covid. Les grandes entreprises pharmaceutiques ont tout intérêt à ce qu’AUCUNE information négative ne soit diffusée sur les vaccins à ARNm, car il y a une rivière perpétuelle d’argent à gagner tant que le vaccin reste approuvé pour une utilisation d’urgence par la FDA. Il peut être important de noter que la FDA a déclaré qu’il lui faudrait au moins 55 ANS pour publier toutes les données dont elle dispose sur les vaccins Covids de Pfizer, ce qui suggère à nouveau qu’il existe une collusion bénéfique entre le gouvernement et les mastodontes industriels.

Entre-temps, quiconque met en doute l’efficacité ou la sécurité des vaccins est immédiatement pris à partie par les chiens de garde des médias, la plupart d’entre eux étant payés en publicité par les grandes entreprises pharmaceutiques. Ces attaques ne se limitent pas aux médias alternatifs ; l’establishment s’en prend également à tout scientifique ou médecin qui s’interroge sur la sécurité des vaccins.

Il existe des programmes idéologiques clairs et ouvertement admis autour de la science des vaccins qui n’ont rien à voir avec la sécurité de la santé publique et tout à voir avec le contrôle politique. Lorsque le chef du Forum économique mondial applaudit la pandémie de Covid comme une « opportunité » parfaite pour faire avancer la centralisation socialiste mondiale et effacer les derniers vestiges des marchés libres et de la liberté individuelle, toute personne rationnelle devrait se demander si la science autour de la crise de Covid n’est pas également truquée pour soutenir des intérêts particuliers.

Heureusement, le problème Covid est si vaste qu’il leur est impossible de contrôler chaque étude. Au lieu de cela, l’establishment ignore les études et les données qu’il n’aime pas.

Le virus est présenté comme une menace pour la majorité du public et comme une justification pour des taux de vaccination de 100%, par la force si nécessaire. Pourtant, le taux médian de létalité de l’infection par la Covid n’est que de 0,27%. Cela signifie qu’en moyenne 99,7% de la population n’a rien à craindre du virus à un moment donné. Cela est confirmé par des dizaines d’études médicales indépendantes, mais quand avez-vous entendu pour la dernière fois ce chiffre discuté par des scientifiques du gouvernement comme Anthony Fauci ?

Je ne les ai jamais entendus en parler. Mais en quoi est-ce scientifique d’ignorer des données simplement parce qu’elles ne correspondent pas à vos objectifs politiques ? Encore une fois, l’omission délibérée de données est une forme de mensonge.

Qu’en est-il des multiples études indiquant que l’immunité naturelle offre une protection bien supérieure à celle des vaccins à ARNm ? Qu’en est-il du fait que les pays ayant les taux de vaccination les plus élevés ont également les taux d’infection les plus élevés et que leurs hospitalisations ont en fait augmenté ? Qu’en est-il du fait que les États et les pays où le confinement et le port du masque sont les plus sévères présentent également les taux d’infection les plus élevés ? Qu’en est-il du fait que le vaccin moyen est testé pendant 10 à 15 ans avant d’être approuvé pour un usage humain, alors que les vaccins Covid à ARNm ont été mis en production en quelques mois ? En d’autres termes, il n’existe AUCUNE donnée à long terme pour prouver la sécurité des vaccins Covid.

Ce sont des faits scientifiques facilement observables, mais nous n’en entendons jamais parler par les scientifiques des entreprises ou les scientifiques du gouvernement comme Fauci. Au lieu de cela, Fauci soutient que la critique de ses politiques est une attaque contre lui, et l’attaquer revient à « attaquer la science« . En d’autres termes, Fauci croit qu’IL EST la science.

Et cela ne montre-t-il pas à quel point la science est tombée bas dans le nouveau millénaire. De vrais scientifiques comme Kary Mullis, l’inventeur du test PCR, qualifient Fauci de fraudeur, mais ils sont ignorés alors que Fauci est adulé. Je ne peux même pas parler ici de la « science » du changement climatique, il faudrait que j’écrive un article entier sur les erreurs commises par les universitaires spécialistes du réchauffement climatique (saviez-vous que les températures mondiales n’ont augmenté que d’un degré Celsius au cours du siècle dernier ? Pourtant, des institutions comme la NOAA continuent de prétendre que la fin du monde est proche à cause du réchauffement climatique).

L’étranglement rigoureux de la science aujourd’hui me rappelle l’église catholique sous le pape Innocent III, lorsque les autorités ecclésiastiques interdisaient aux gens ordinaires de posséder ou de lire une bible dans leur propre langue. Ces lois sont restées en vigueur jusqu’aux 13e et 14e siècles. À la place, les paysans devaient se rendre à l’église et se faire lire les textes par un clergé spécifique. Souvent, les lectures bibliques étaient faites en latin (les bibles ne pouvaient être écrites qu’en latin), langue que la plupart des gens ne parlaient pas, et interprétées comme l’église le souhaitait.

Ce n’est que l’invention de la presse à imprimer dans les années 1400 qui a changé la dynamique du pouvoir et permis aux bibles d’être largement distribuées et aux informations de se répandre sans la surveillance de l’église. Tout comme la création de l’internet permet au public d’accéder à des montagnes de données et de méthodologies scientifiques du bout des doigts. La libre circulation de l’information est un anathème selon l’establishment ; ils soutiennent qu’ils sont les seuls à avoir le droit de traiter l’information pour la consommation publique.

Le culturalisme exige un contrôle excessif des données et la restriction complète des interprétations extérieures. Lorsque l’information devient ouvertement disponible, le public est alors en mesure d’apprendre toute la vérité, et pas seulement les récits approuvés par l’establishment.

La science devient rapidement une religion politique plutôt qu’un bastion de la pensée critique. Les données contradictoires sont ignorées en tant que « non-science » ou même censurées comme étant « dangereuses ». Les études payées par les gouvernements et les entreprises sont considérées comme sacro-saintes. Faut-il s’étonner que tant de gens se méfient aujourd’hui de la science ? Toute personne raisonnable aurait des questions et des soupçons. Ceux qui ne le font pas ont été endoctrinés dans un culte dont ils ne savent même pas qu’ils font partie.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

La théorie du complot de l’année dernière vient d’être adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale. En douce, de nuit et pendant les fêtes, comme toutes les lois scélérates. Et les anticomplotistes veillent, en dénonçant les

La théorie du complot de l'année dernière vient d'être adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale.
En douce, de nuit et pendant les fêtes, comme toutes les lois scélérates.
Et les anticomplotistes veillent, en dénonçant les "complotistes" et protégeant les comploteurs.

— Étienne Chouard (@Etienne_Chouard) January 7, 2022


Véran Le Fourbe (déc. 2021) : « Le pass vaccinal est une forme déguisée de l’obligation vaccinale,
mais c’est plus efficace qu’une obligation vaccinale : empêcher des gens d’aller dans des bars, des restaurants, dans des lieux qui reçoivent du public, s’ils ne sont pas « vaccinés », c’est plus efficace que de leur mettre une amende de 100 € quand on les attrape dans la rue.
« 

Ce que nous impose ce faux "représentant" est un abus de pouvoir. Écoutez cet AVEU.

Je vous invite tous à lire, imprimer ET AFFICHER PARTOUT les art. 312 et suivants du code pénal, qui incriminent L'EXTORSION de consentement :https://t.co/A95xljDjl7#NousNavonsPasDeConstitution pic.twitter.com/y8Mk4zcVVm

— Étienne Chouard (@Etienne_Chouard) December 22, 2021

Je vous invite tous à lire, imprimer ET AFFICHER PARTOUT les art. 312 et suivants du code pénal, qui incriminent L’EXTORSION de consentement :

https://legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070719/LEGISCTA000006165327/#LEGISCTA000006165327

#NousNavonsPasDeConstitution


La technique de domination du GOUVERNEMENT est la même que celle de la MAFIA : le mafieux terrorise ses victimes, puis il se présente lui-même comme le protecteur, en échange de leur docilité.
L’obligation vaccinale, c’est de l’EXTORSION (art 312 et suivants du code pénal)

Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.

La technique de domination du GOUVERNEMENT est la même que celle de la MAFIA : il terrorise ses victimes puis il se présente lui-même comme le protecteur, en échange de leur docilité. L’oblig°💉c’est de l’EXTORSION (art 312 c pénal)
Ils sont grands parce que nous sommes à genoux. https://t.co/kYyQuPyQZ3

— Étienne Chouard (@Etienne_Chouard) December 22, 2021

L’article La théorie du complot de l’année dernière vient d’être adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale. En douce, de nuit et pendant les fêtes, comme toutes les lois scélérates. Et les anticomplotistes veillent, en dénonçant les « complotistes » ce qui protège les comploteurs. est apparu en premier sur Étienne Chouard - Blog du Plan C.

La microtechnologie dans le vaccin de Pfizer (La Quinta Columna)

Par : Volti
Encore de quoi se poser d’énormes questions, je n’ai pas trop percuté sur le graphène et le magnétisme supposé après l’injection, c’est tellement énorme et il y a tellement de propagande.. Le biostatisticien Ricardo Delgado Martín est assez remonté par ce qu’il a découvert, et il semble très sûr de lui puisqu’il demande à aller témoigner devant la justice sur […]

La Grande-Bretagne veut créer des soldats-golems

Par : hervek

Par Leonid Savin − 28 décembre 2021 − Source Oriental Review

Augmentation humaine – L’aube d’un nouveau paradigme

Assez récemment, le ministère britannique de la Défense, en collaboration avec le ministère fédéral allemand de la Défense, a publié un curieux document. Intitulé « Augmentation humaine – L’aube d’un nouveau paradigme », il porte sur les possibilités d’améliorer technologiquement les capacités humaines pour accroître les fonctions de combat des soldats, et ce n’est pas la première fois que l’armée britannique développe un tel concept. Avant cela, il y a eu la Joint Concept Note (JCN) 1/18, « Le travail en équipe homme-machine » et la JCN 2/17, « L’avenir du commandement et du contrôle ». Le document en question a été élaboré dans le cadre du programme technologique du ministère britannique de la défense intitulé « Tendances stratégiques mondiales : L’avenir commence aujourd’hui et Environnement opérationnel futur 2035 », qui a été lancé en 2018.

Les États-Unis travaillent également sur cette question depuis longtemps. L’idée d’améliorer les capacités humaines à des fins militaires a été abordée dans une étude spéciale préparée pour l’US Air Force dès 1962. La DARPA du Pentagone met en œuvre de tels programmes depuis des années, et c’est devenu la norme pour l’armée américaine, ainsi que pour les entreprises et les scientifiques qui la servent.

En général, on parle de trois types d’augmentation (amélioration) : physique, cognitive et biologique.

L’augmentation physique comprend les prothèses et les dispositifs d’assistance, tels que les exosquelettes, et les capteurs qui ajoutent des fonctions sensorielles. Vient ensuite l’augmentation cognitive, qui peut inclure les interfaces cerveau-ordinateur invasives et les dispositifs de neuro-stimulation qui provoquent directement des changements dans le cerveau (à l’aide d’impulsions électriques, d’aimants et d’ultrasons). Enfin, il y a l’augmentation biologique, qui couvre l’édition de gènes, les médicaments et les nouveaux types de vaccins.

Selon le document, les personnes doivent être considérées comme des « plates-formes » au même titre que les véhicules, les avions et les navires, et ces « plates-formes humaines » comportent trois éléments qui doivent être développés : physique, psychologique et social.

Le document conjoint britannique et allemand définit l’augmentation humaine comme « l’application de la science et des technologies pour améliorer de façon temporaire ou permanente les performances humaines ». Une distinction est ensuite faite entre l’optimisation humaine, qui peut « améliorer les performances humaines jusqu’à la limite du potentiel biologique sans ajouter de nouvelles capacités », et l’amélioration humaine, qui peut amener les gens « au-delà de la limite du potentiel biologique ». Notant que les lunettes de vision nocturne et les jumelles devraient être techniquement incluses dans la définition de l’augmentation humaine, le document indique qu’il se concentrera sur « les implications des nouvelles sciences et technologies qui sont plus étroitement intégrées au corps humain. »

« Nous voulons que les « combattants en temps de guerre » – qu’il s’agisse de cyber-spécialistes, de pilotes de drones ou de soldats d’infanterie – soient plus forts, plus rapides, plus intelligents, plus résilients et plus mobiles pour surmonter l’environnement et l’adversaire. … Au fur et à mesure que la technologie s’est perfectionnée, notre réflexion s’est concentrée sur la machine plutôt que sur la personne, mais cela doit changer si nous voulons être efficaces à l’avenir », indique le document.

Bien qu’il affirme que « [l]es progrès de l’intelligence artificielle, de la robotique et de l’autonomie signifient que la puissance de traitement, la vitesse d’action et l’endurance de l’homme sont rapidement dépassées par les machines », il reconnaît que les machines « ont leurs propres faiblesses ». Il est supposé que les personnes ont « un avantage dans les domaines de la créativité et du jugement », mais le document affirme également que l’amélioration humaine est nécessaire pour tirer davantage profit des avancées dans ces domaines.

« Les gagnants des guerres futures ne seront pas ceux qui disposeront de la technologie la plus avancée, mais ceux qui sauront intégrer le plus efficacement les capacités des personnes et des machines. … L’augmentation humaine représente la partie manquante du puzzle », affirment les auteurs pour justifier leur concept.

Après avoir présenté les bases de l’optimisation humaine, telles que le sommeil, la nutrition et les compléments alimentaires, l’article passe au concept d’« augmentation haut de gamme ». Il décrit et examine quatre « technologies de base de l’augmentation humaine » qui sont cruciales pour l’étude de ce domaine : le génie génétique, la bioinformatique, les interfaces cérébrales et les produits pharmaceutiques. Mais comment exactement tout cela sera-t-il utilisé à des fins militaires ?

Le document fait valoir que le déploiement de la force est de plus en plus mis à mal par la prolifération des armes de précision à longue portée ; la solution consiste donc à utiliser davantage les systèmes sans pilote en conjonction avec des forces terrestres plus légères, plus mobiles et plus polyvalentes. Grâce aux interfaces cérébrales, le personnel pourra « augmenter la puissance de combat qu’il peut mettre en œuvre en le mettant en réseau avec des systèmes autonomes et sans pilote ».

L’utilisation croissante des ordinateurs et de l’intelligence artificielle dans la guerre signifie également que « [l]a charge cognitive du personnel est susceptible d’augmenter, en particulier pour ceux qui participent au commandement et au contrôle. » Il suggère que la « bioinformatique » – l’étude et l’analyse de grands volumes de données biologiques – puisse aider pendant la phase de recrutement en « identifiant les commandants et le personnel ayant les bonnes aptitudes pour les rôles de commandement et de contrôle. »

Le document indique : « Les interfaces cérébrales, les produits pharmaceutiques et la thérapie génique pourraient tous jouer un rôle important dans l’optimisation et l’amélioration des compétences en matière de commandement et de contrôle. À court terme, les interfaces cérébrales non invasives pourraient améliorer les performances en étant utilisées pour surveiller la charge cognitive, développer de meilleurs processus et améliorer la formation. … À plus long terme, les interfaces cérébrales pourraient mettre en réseau les cerveaux au sein d’un quartier général et fournir une image opérationnelle entièrement partagée, améliorant ainsi la qualité et la rapidité de la prise de décision. »

Mais la section la plus importante – le caractère éthique d’une telle application – est superficielle et assez courte.

Elle indique qu’elle n’abordera pas les questions éthiques plus larges de l’augmentation humaine car « elles continuent à juste titre à faire l’objet d’un débat plus large ». Il n’y a que des arguments clairs en faveur de l’utilisation militaire. En particulier, elle déclare que « [l]a défense […] ne peut pas attendre que l’éthique change avant de s’engager dans l’augmentation humaine, nous devons être dans la conversation dès le début pour informer le débat et comprendre comment les points de vue éthiques évoluent. … [N]ous ne pouvons pas supposer que l’augmentation humaine sera automatiquement efficace ou acceptée dans son utilisation prévue, quels que soient ses effets bénéfiques. L’augmentation humaine peut faire l’objet d’une résistance de la part d’éléments de la société qui ne font pas confiance à l’efficacité et au motif de l’augmentation. »

Les soldats Golem

En effet, il y a beaucoup de gens au Royaume-Uni, en Allemagne et dans d’autres pays qui s’opposeront sans aucun doute à une telle « augmentation ». Mais ici, les Britanniques suivent leur propre logique classique, en soulignant que les développements militaires dans ce domaine ne devraient pas attendre le consentement du public ou des débats éthiques, mais devraient être « basés sur les intérêts nationaux en termes de prospérité, de sûreté et de sécurité. »

« L’impératif d’utiliser l’augmentation humaine peut finalement ne pas être dicté par un argument éthique explicite, mais par l’intérêt national. Les pays peuvent avoir besoin de développer l’augmentation humaine ou risquer de céder leur influence, leur prospérité et leur sécurité à ceux qui le font », indique le document.

En outre, les auteurs affirment que « les relations avec l’industrie et les universités seront essentielles pour comprendre comment les technologies émergentes d’augmentation humaine pourraient être réutilisées ou développées pour la défense ». Les auteurs suggèrent un réexamen de la relation entre l’armée et les départements gouvernementaux responsables de la santé et des soins sociaux, et une évolution vers « une relation plus sophistiquée entre le secteur public et le secteur privé. » En d’autres termes, une alliance est justifiée entre les techno-corporations, les scientifiques, le gouvernement et les militaires, tandis que le grand public reste à l’écart, comme si ces questions ne le concernaient pas.

Anticipant l’indignation de la population, les auteurs écrivent : « L’exploitation réussie de l’augmentation humaine exigera de la Défense, et de la société, qu’elle fasse face à des dilemmes éthiques et juridiques inconfortables. Jusqu’à présent, les organisations de défense des démocraties libérales ont adopté une approche attentiste, choisissant de laisser le débat éthique et les développements techniques se dérouler. Cette attitude passive va céder le pas à nos adversaires et faire manquer à la Défense des occasions d’améliorer le bien-être et l’efficacité de nos forces armées. »

Dans une critique du document, Chris Cole écrit : « L’argument, comme le fait ce rapport, selon lequel nous sommes faibles et inefficaces face à des ennemis sophistiqués et mortels est loin d’être nouveau. Il a été utilisé pendant des siècles pour développer et vendre des outils destinés à accroître notre létalité et notre portée afin de projeter une force meurtrière dans le monde entier. Mais il y a une différence qualitative entre équiper un soldat de lunettes de vision nocturne ou d’un fusil à grande puissance et implanter une interface informatique dans le cerveau d’un pilote de drone afin d’augmenter le traitement des données… Et ce, avant d’en arriver à l’idée de l’ingénierie des gènes somatiques pour réduire les seuils de douleur ou augmenter la cognition. »

Si l’on regarde sous la surface, c’est l’humanité elle-même qui est remise en question, car l’« augmentation » humaine se fait sous le couvert de l’élimination de certains défauts afin de devenir plus meurtrier et de mieux exercer la violence organisée. N’est-ce pas là une étrange raison pour « augmenter » les capacités humaines ? Sans parler des religions traditionnelles, qui ne voient dans cette « augmentation » qu’un moyen d’accroître le mal dans le monde.

Leonid Savin

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Le génome humain héberge de l’ARN viral depuis des millénaires

Par : Volti
Un peu de biologie pour savoir et comprendre. Par Maryse Laurence Lewis via Mondialisation.ca Depuis quelques années, on s’exalte, à propos du microbiote, autrefois nommée flore intestinale. Des bactéries vivent dans nos intestins et nous permettent de digérer certains aliments. Elles sont indispensables, malgré l’action déjà efficace des sucs gastriques. Les chercheurs les plus enthousiastes considèrent le microbiote comme un deuxième […]

Lalalaaaa j’entends rien!

Par : Marsi
Lalalaaaa j’entends rien! Voici longtemps que les «complotistes» alertent, manifestent, pétitionnent et essayer de convaincre qu’il y a de sérieux problèmes dans la société. Le résultat est assez maigre sur le plan global, il faut bien le reconnaître. Le but de cet article est d’apporter des éléments de réponse ou de réflexion sur cet échec relatif. Quand un choix se […]

Don’t look up: délit cosmique.

Don't look up, le dernier Adam McKay, un film catastrophe doublé d'une critique de la société US sous Trump. Un film cynique et politiquement correct à l'exact opposé d'Armaggedon...

Après 50 ans, ces échantillons lunaires vont (enfin) être analysés

Par : Volti
Source SciencePost.fr Des échantillons lunaires mis de côté depuis la mission Apollo 17 il y a près de cinquante ans seront prochainement ouverts et analysés. À l’intérieur, les chercheurs espèrent trouver des gaz qui seront analysés dans plusieurs laboratoires du monde entier. De quoi jeter un nouveau regard sur notre satellite. De nombreux échantillons rapportés suite aux missions Apollo ont permis de […]

Débunker le narratif covidien.

Le narratif covidien officiel prônant la coercition, la ségrégation et la vaccination de masse se heurte au mur du réel que représente aujourd'hui le variant Omicron. C'est le moment de le débunker définitivement.

Le joyeux Noël des guerriers scientistes.

Les guerriers scientistes collaborent avec les régimes autoritaires afin d'imposer une dystopie sanitaire. Ils se préparent à un joyeux Noël, mais nous aussi.

[Fausse pharmacovigilance, corruption des autorités, abus de pouvoir] L’impuissance de la régulation des médicaments, par Peter Gøtzsche

Chers amis,

Chaque jour, je poursuis (entre autres) la lecture du livre bouleversant de Peter Gøtzsche dont je vous ai parlé à la mi-septembre 2021 : « REMÈDES MORTELS ET CRIME ORGANISÉ : comment l’industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé » (2015, 2019).

Il me semble que tout le monde devrait avoir lu ce livre, le crayon à la main. C’est un service public à lui tout seul, qui dénonce précisément, avec des centaines de preuves, la profonde corruption des services publics de la santé par l’industrie chimique médicamenteuse.

Toutes les lois scélérates (liberticides et arbitraires) imposées pendant les deux ans passés avec la COVID-19 s’appuient, se fondent, ne reposent que sur, l’autorité scientifique (et morale) d’INSTITUTIONS qui sont, en fait, toutes profondément corrompues et dévoyées par l’industrie (qui arrose d’argent et d’honneurs les décideurs et conseillers, et qui menace les opposants) : l’OMS, la FDA, le CDC, le GAVI, les revues scientifiques, les sociétés savantes, les experts appointés, la Haute Autorité de Santé, l’ANSM et les ARS en France, le « Conseil scientifique » et le « Comité consultatif national d’éthique » (présidés par la même fripouille)…

Dans le livre de Peter Gøtzsche, c’est le chapitre 10 qui traite de la corruption des autorités chargées du contrôle des médicaments. Je reproduis ici intégralement ce chapitre essentiel, mais en vous invitant avec insistance à acheter (et à offrir) ce livre, d’une part pour le lire en entier car chaque paragraphe compte, et d’autre part pour aider l’auteur dans son combat héroïque contre la corruption systémique. Il ne suffit pas, je pense, de lire ce texte à l’écran : il faut avoir le livre à la maison, et le laisser traîner sur une table au salon, aux toilettes, dans une chambre, partout où il peut s’offrir aux regards de ceux qui ne connaissent pas la gravité de la situation. Ce livre est un outil d’activiste. Donc il faut l’acheter, pour s’en servir. Tout est bon dans ce livre, important, révoltant, du début à la fin.

Ce chapitre 10 est accompagné de 120 notes de références pour soutenir ses dires. Je suis en train d’étudier une à une ces références, et d’y ajouter les liens cliquables pour vous aider à les consulter vous-mêmes aisément. Aujourd’hui, vous trouverez seulement les 27 premières notes ainsi traitées, mais je continue mon travail et j’actualiserai ce billet au fur et à mesure jusqu’à avoir rendu cliquables les 120 références. Je reproduirai aussi (dans la partie « commentaires » du billet) le texte intégral des références les plus importantes signalées par Peter.

Tout ça est bouleversant.

Bonne lecture.

Étienne.

Edit (4/1//2022) : j’en suis à la note 44…


Chapitre 10 : L’impuissance de la régulation des médicaments

(Extrait de « REMÈDES MORTELS ET CRIME ORGANISÉ : comment l’industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé » (2015, 2019), de Peter Gøtzsche.)

Si les Américains connaissaient quelques-unes des affaires traitées à la FDA, ils ne prendraient jamais autre chose qu’une aspirine Bayer.
Len  Lutwalk, scientifique de la FDA1

Nous n’avons pas de médicaments sécuritaires. L’industrie pharmaceutique se contrôle plus ou moins toute seule ; nos politiciens ont affaibli les exigences réglementaires au cours des ans puisqu’ils sont plus préoccupés par le fric que par la sécurité des patients ; il y a des conflits d’intérêts dans les agences du médicament ; le système est fondé sur la confiance bien qu’on sache que l’industrie ment ; et quand des problèmes surviennent, les agences du médicament recourront à des pseudo-solutions qu’elles savent inaptes à résoudre le problème.

J’ai le plus grand respect pour le travail des scientifiques consciencieux dans les agences du médicament. Ils ont empêché l’autorisation de plusieurs médicaments inutiles ou nuisibles et ont retiré bien des médicaments du marché. Toutefois, ils travaillent dans un système fondamentalement défectueux dans lequel, le bénéfice du doute est toujours accordé à la protection des intérêts des compagnies et non pas à la protection de ceux des patients.

Cela devient manifeste quand on compare les médicaments aux voitures. Ma voiture de 15 ans doit être inspectée deux fois par an. Si je me présentais la prochaine fois sans ma voiture mais avec 10 mètres de documents et que je disais aux inspecteurs qu’ils n’ont pas à examiner ma voiture mais l’énorme pile de documents dans lesquels sont colligés les résultats des tests que j’ai soigneusement administrés à ma voiture, ils penseraient que je suis devenu fou.

N’est-il pas alors incroyablement excessif que nous ayons accepté un système dans lequel c’est exactement ce que fait l’industrie pharmaceutique ? La documentation clinique pour tout juste trois médicaments peut occuper jusqu’à 70 mètres de cartables (voir le chapitre 1). Dans mes 10 mètres de documents, j’aurais pu avoir caché quelque part que mes freins étaient défectueux sans que les inspecteurs l’aient jamais relevé. De la même manière, des procès ont révélé que les compagnies pharmaceutiques peuvent cacher des effets graves dans les montagnes de documentation, effets que les agences du médicament ne relèveront jamais. La différence est que si mes freins font défaut, je pourrai me tuer et peut-être tuer quelques autres personnes alors que lorsqu’une compagnie cache les effets mortels de son médicament alors qu’ il pourrait tuer des dizaines de milliers de gens. Il faudrait que nous soyons beaucoup plus prudents avec les médicaments que nous le sommes avec les véhicules, mais nous ne le sommes pas.

Pourquoi avoir créé un système dans lequel l’industrie est son propre juge alors qu’il est tellement manifeste que c’est insensé ? L’évaluation des médicaments devrait être une entreprise publique alors qu’elle ne l’est pas, et l’argent de l’industrie est partout : même nos agences du médicament sont payées par l’industrie et se font donc concurrence pour être la plus attrayante.

Un autre problème fondamental est qu’il s’agit d’un jugement de valeur – non d’une question scientifique – de décider qu’un médicament est trop dangereux malgré ses avantages. Que faut-il faire d’un médicament qui tue relativement peu de gens alors qu’il améliore la situation d’une foule de malades ? Il n’existe pas de règle d’or pour éclairer de tels jugements et les régulateurs ne font pas mieux que les citoyens ordinaires pour établir où l’on doit tracer la ligne de démarcation. Malheureusement, les régulateurs ne consultent pas la population ; ils consultent des gens impliqués dans des conflits d’intérêts ; des gens des compagnies qui possèdent le médicament et des spécialistes dont un grand nombre ont des conflits d’intérêts financiers en relation avec les médicaments qu’ils évaluent. Les régulateurs eux-mêmes peuvent aussi avoir des conflits d’intérêts financiers et même quand ils n’en ont pas, les avantages découlant d’une décision favorable pourraient se trouver juste à côté, sous la forme d’un poste lucratif dans une compagnie.

 

LES CONFLITS D’INTÉRÊTS DANS LES AGENCES DU MÉDICAMENT*

* NDT. Une agence du médicament est un organisme gouvernemental responsable de réglementer tous les produits utilisées pour traiter les maladies. La réglementation comprend la vérification de l’efficacité, de l’innocuité des produits et la définition des conditions d’utilisation correcte de ces produits et des règles régissant leur distribution et leur utilisation par la population.

Les conflits d’intérêts financiers sont très nombreux en régulation des médicaments1,2 et les régulateurs peuvent faire un va-et-vient entre l’industrie et les agences du médicament, c’est le phénomène de la « porte tournante ». Le commissaire de la FDA, Lester Crawford, a quitté l’agence après le scandale du Vioxx (voir le chapitre 13)3. Crawford avait autorisé le Vioxx, un médicament de Wyeth et après avoir démissionné, il devint conseiller cadre de la firme de relations publiques de Wyeth, Policy Directions Inc.4. Crawford fut plus tard mis à l’amende pour 90 000 dollars après avoir faussement déclaré qu’il avait vendu ses actions de compagnies relevant de la régulation de la FDA alors qu’il était resté propriétaire de ces actions5. Ces actions comprenaient des titres de Pepsico qui vend des boissons sucrées et de la restauration rapide rendant les gens obèses pendant qu’au même moment, Crawford présidait le groupe de travail de la FDA sur l’obésité6.

On s’est posé des questions au Danemark aussi quand le régulateur de médicament ayant aidé Nycomed à obtenir une autorisation pour une pilule amaigrissante, Letigen (signifiant « mince à nouveau ») s’en alla directement à un poste de direction de la compagnie qui allait commercialiser le médicament. Letigen était un mauvais médicament. Il contenait de l’éphédrine et on le retira plus tard du marché en raison de ses effets cardiovasculaires délétères.

Les membres des comités consultatifs des agences du médicament contribuent aussi à la corruption de l’intégrité scientifique. Certains travaillent pour les deux parties et ils extorquent les compagnies pharmaceutiques en exigeant des honoraires de consultant, inhabituellement élevés, ce que les compagnies peuvent difficilement refuser quand elles souhaitent faire approuver des médicaments2. Il est manifeste que les gens payés par l’industrie pour être sa voix dans les réunions de comité ne peuvent pas être aussi défenseurs des patients, ce qui signifie que leur rôle « d’expert indépendant » n’existe pas.

Les agences du médicament ne satisfont pas aux lois sur l’impartialité de l’administration publique bien qu’il ne semble pas difficile d’y arriver. Au Danemark, par exemple, un expert n’a pas le droit de donner des conseils sur des sujets où il a un conflit d’intérêts susceptible d’influencer l’avis, quand c’est possible d’obtenir un avis qualifié d’un expert sans conflit. Il y a quelques années, une tempête médiatique a été déclenchée quand l’Agence danoise du médicament a recruté la psychiatre Bente Glenthaj dans son comité d’enregistrement, lequel ne fait pas que donner des avis mais prend aussi des décisions concernant l’approbation de nouveaux médicaments7. Elle avait plusieurs conflits d’intérêts avec les compagnies pharmaceutiques mais ne pouvait pas voir en quoi cela posait un problème. C’est virtuellement ainsi que tout le monde évalue ses conflits d’intérêts financiers : pas de problème.

L’agence du médicament s’est défendue en disant qu’il était impossible d’obtenir l’expertise dont elle avait besoin sans accepter des gens en conflit d’intérêts. Cet argument était impossible à avaler. En 2011, il y avait 1201 psychiatres enregistrés au Danemark, dont 92 (8 %) avaient la permission de travailler pour une société pharmaceutique. L’agence du médicament voulait nous faire croire qu’aucun de 1109 autres psychiatres n’était qualifié. Pourtant le ministère de la Santé lui accorda l’exemption de la loi à la condition qu’elle ne participe pas aux cas où l’on pourrait douter de son impartialité. Un instant ! Si elle ne pouvait pas intervenir dans des cas où elle est experte, en psychiatrie, il ne restait plus de justification pour la garder à l’agence. Il va de soi qu’on ne fit rien. La pseudo-solution était en place.

Le cas danois est exemplaire. Ce que les agences du médicament font partout dans le monde, ce n’est pas d’éviter le recours à des experts en conflit d’intérêts mais de leur demander de déclarer ces conflits. Qu’on me pardonne la comparaison mais je la crois pertinente : quelle confiance aurait-on dans un service de police dont les détectives inviteraient, de routine, des repris de justice à travailler avec eux, une fois que ces criminels auraient déclaré que leur conflit d’intérêts était leur espoir que le cas ne soit jamais résolu (pour le motif que le crime aurait été commis par certains amis) ?

Les scientifiques des agences du médicament ne sont pas exposés qu’à une industrie très puissante, ils le sont également à leurs propres supérieurs et à leurs comités consultatifs qui peuvent avoir des motifs moins avouables d’orienter leurs décisions. Les patrons ferment souvent les yeux parce qu’ils dépendent du revenu lié aux frais d’approbation et de la bonne volonté politique, et parce que les questions concernant les effets nocifs sont porteuses d’ennuis. Il se développe une culture dans laquelle plusieurs décisions sont prises que les citoyens n’auraient pas laissé passer s’ils avaient été représentés aux comités-conseil des médicaments.

C’est ce qu’on appelle la théorie de la capture de l’emprise réglementaire. Les régulateurs en viennent à travailler si étroitement avec l’industrie qu’ils régulent qu’il devient inévitable que des amitiés se développent et qu’ils acquièrent une meilleure compréhension des problèmes de l’industrie et de ses positions que de ceux des patients qui restent des anonymes. L’industrie cesse donc d’être régulée efficacement et les agences s’engagent dans des négociations amicales et prolongées avec l’industrie plutôt que d’agir quand survient un danger pour la santé de la population1,3. C’est ce qui explique pourquoi la culture au sein de la FDA a la réputation d’être fondée sur l’intimidation, la crainte et un préjugé trop favorable à l’industrie1,2,8-12. La population générale est vue comme une masse hystérique et irrationnelle qu’on devrait mettre à l’abri de toute suggestion liant des effets nocifs à des produits réglementés8. Pourtant, il est curieux que les citoyens prennent part à la planification des villes d’une manière démocratique, alors qu’ils ne sont pas censés savoir ce qui se passe dans les agences du médicament.

En 2006, l’Institut de la médecine a écrit un rapport critique suggérant des changements radicaux13, mais la réponse de la FDA n’était pas adéquate et démontrait une incompréhension presque complète de l’ordre de grandeur des changements requis pour instaurer une culture favorisant la sécurité14. Quand des scientifiques de la FDA trouvent des signes d’effets nocifs graves, ils sont souvent désavoués par leurs supérieurs – allant même jusqu’à l’empêchement de présenter leurs découvertes des effets mortels de médicaments à des réunions des comités consultatifs – voire à l’affectation à un autre poste1,8-10,13. Et cela ne s’arrête pas là. Comme on l’a décrit au chapitre 3, la FDA a accepté des données de sécurité qu’elle savait être frauduleuses12, et – à plusieurs occasions – des données montrant clairement que le médicament n’était pas sécuritaire16.

Quand on considère ce qui se passe après l’approbation, rien ne justifie la confiance aveugle dans les agences du médicament non plus. Elles sont beaucoup trop lentes à réagir aux effets létaux des médicaments, quand elles réagissent1,9,12,15,17-19. Une raison est que, fort malheureusement, la régulation des médicaments n’est pas fondée sur le principe de précaution mais sur un principe permissif en vertu duquel, le bénéfice du doute est toujours accordé à l’industrie et non pas aux patients. Par exemple, la FDA approuva le Vioxx parce qu’elle n’avait pas la « certitude complète » que le médicament augmentait le risque cardio-vasculaire9, bien qu’on s’y soit attendu sur la foi du mécanisme d’action du médicament (voir le chapitre 13). Un autre motif est lié à la volonté de ne pas perdre la face. Les avertissements relatifs à un médicament, ou son retrait du marché, suggèrent que l’agence s’est trompée quand elle l’a autorisé20.

Il est vraiment effrayant qu’une enquête ait montré que 79 % des scientifiques de la FDA n’avaient pas confiance que les produits approuvés par la FDA soient sécuritaires9,21. Et que 66  % manquent de confiance dans la surveillance par la FDA de la sécurité des médicaments sur le marché22. La population a des opinions semblables. Dans une enquête d’opinion, 76 % des répondants s’inquiétaient de ce que la FDA ne communique pas les problèmes de sécurité d’une manière efficace23.

Ces inquiétudes sont soutenues par les faits. Pas moins de 51 % des médicaments font l’objet de changements d’étiquette en raison de problèmes graves de sécurité découverts après leur mise en marché ; 20 % des médicaments obtiennent des mises en garde en encadré noir sur le contenant ; et plus de 1 sur 20 sont retirés du marché24-36.

En fait, c’est encore pire que cela. Les études post-mise en marché sont peu nombreuses et habituellement de qualité médiocre et le signalement spontané des effets nocifs est grossièrement inadéquat pour détecter même les effets graves. Il ne peut donc y avoir aucun doute que plusieurs de nos médicaments sont dangereux, mais le problème est qu’on ne sait pas lesquels. Le directeur adjoint David Graham qui a travaillé pendant 40 ans au bureau de la sécurité des médicaments de la FDA a illustré l’impuissance réglementaire avec une clarté qui a de quoi effrayer9 :

La façon dont la FDA traite la question de la sécurité est virtuellement de l’ignorer. La FDA est persuadée qu’il n’existe pas de risque qu’on ne peut pas gérer dans l’environnement post-commercialisation. Le cas des antidépresseurs et du risque de suicide en est un bel exemple. Comment la FDA s’y prend-elle pour résoudre cela ? Avec des changements d’étiquette. La FDA sait que les changements d’étiquette ne modifient pas la pratique médicale. Pourtant elle agit comme si elle venait de rendre un grand service à la population en modifiant l’étiquette. Plutôt que de s’assurer à 95 % de certitude qu’un médicament est sécuritaire, ce que la FDA dit c’est : « Nous ne pouvons être certains à 95 % que ce médicament vous tuera donc on conclut qu’il ne le fait pas et on le maintient sur le marché. Si on voulait vraiment que les médicaments soient sécuritaires, on pourrait le faire demain. Il est facile mettre en œuvre des études. Mais cela n’intéresse pas la FDA.

Les gens derrière les pupitres prennent des décisions qui ne fonctionneront pas dans la vie réelle et ils le savent. J’en parlerait plus longuement au chapitre 21.

LA CORRUPTION DANS LES AGENCES DU MÉDICAMENT

Il doit être très tentant pour les compagnies pharmaceutiques de corrompre les gens des agences du médicament, tellement sont énormes les sommes d’argent en cause. L’approbation d’un nouveau médicament peut signifier la différence entre la vie et la mort pour une compagnie et un cas récent illustre bien le problème. Je ne suggère pas qu’il y ait eu des méfaits, je ne fais que donner l’information. En 2012, la danoise Lundbeck et son partenaire japonais Takeda ont proposé le vortioxetine, un inhibiteur sélectif de la réabsorption de la sérotonine (ISRS) pour approbation régulatrice aux Etats-Unis. Cela ne paraît pas trop excitant puisqu’on dispose déjà d’une foule d’antidépresseurs mais cela pourrait se révéler important pour Lundbeck dont le grand succès, l’escitalopram, arrive sous peu en fin de brevet. Selon un porte-parole, la compagnie recevrait un paiement historique de 43 millions de dollars de Takeda, si la FDA autorisait le médicament.

Nous ne savons pas grand-chose au sujet de la corruption dans les agences du médicament, mais une partie de ce que je raconte dans le présent ouvrage est difficile à expliquer à moins que de l’argent soit mis en cause, d’une manière ou de l’autre, qui pourrait présager une récompense future prenant la forme d’un emploi bien payé dans la compagnie ou bien d’informations d’initiés à propos des actions de la compagnie (voir plus loin). En voici un exemple28. En 2006, la FDA introduisit de nouvelles règles concernant l’étiquetage, mais après que la période de 5 ans pour commentaires fut écoulée, l’agence ajouta discrètement une nouvelle section qui rendait virtuellement impossible pour les patients de poursuivre des compagnies pharmaceutiques en responsabilité professionnelle quand les patients auraient subi des torts infligés par leurs médicaments.

La FDA affirme que toute étiquette qu’elle a approuvée, que ce soit sur l’ancien format ou le nouveau a priorité sur les décisions d’un tribunal dans le contexte de litiges liés à la responsabilité civile d’un produit. Cette immunité vaudrait même si la compagnie avait omis d’avertir adéquatement les prescripteurs ou les patients d’un risque connu à moins qu’un patient puisse prouver que la compagnie avait commis une fraude délibérée. C’est ce qui est si scandaleux. Non seulement faut-il qu’il y ait fraude, encore faut-il qu’elle soit intentionnelle. Comment un patient peut-il savoir ce qui se passe dans la tête d’un dirigeant de compagnie ? Je me le suis souvent demandé moi-même. Et comment un patient peut-il prouver qu’il y a eu fraude ?

Les données peuvent se trouver dans les archives de la compagnie, mais cela ne prouve pas qu’il était frauduleux de ne pas les analyser et d’en parler. On comprendra que plusieurs politiciens se sont opposés à cette disposition et au fait qu’il n’y ait eu aucune occasion d’en débattre avant que les règlements n’entrent en vigueur. Pendant des années, l’industrie avait essayé d’obtenir une législation qui les immuniserait contre les procès mais le Congrès avait toujours rejeté cette idée et, tout à coup, surgissant de nulle part, la voilà produite par la même agence censée avoir la protection de la population américaine comme premier devoir. Comment peut-on expliquer cela – fait en toute discrétion, en vérité secrètement -, après que la période des commentaires fut terminé, si ce n’est pas par la corruption ?

En 2009, neuf scientifiques de la FDA ont écrit au président Obama relativement à la corruption généralisée aux plus hauts niveaux de la FDA, comprenant plusieurs commissaires4,29. Les scientifiques étaient frustrés et indignés et ils donnèrent plusieurs exemples de la corruption qu’ils décrivirent comme étant systémique et en infraction avec la loi. Ils affirmèrent qu’il régnait à la FDA une atmosphère dans laquelle les employés honnêtes redoutaient les employés malhonnêtes et que des hauts dirigeants, ayant supprimé ou modifié des constats techniques ou scientifiques ainsi que des conclusions, avaient abusé de leur pouvoir et de leur autorité pour s’employer à persécuter illégalement des lanceurs d’alerte.

En 2012, on a révélé que la direction de la FDA avait installé un logiciel espion sur les ordinateurs de cinq scientifiques qui avaient alerté en vain la direction administrative de la FDA au sujet de problèmes de sécurité et qui en avaient, en conséquence prévenu des politiciens30. On s’en est aperçu quand des milliers de documents confidentiels provenant des ordinateurs de ces scientifiques ont été affichés sur un site public, apparemment à la suite d’une erreur commise par un contracteur privé en manipulation de dossiers qui travaillait pour la FDA. L’affichage des documents fut découvert par hasard, par l’un des scientifiques que la FDA avait congédiés et qui avait fait des recherches sur Google pour vérifier s’il existait de la publicité négative capable de compromettre ses chances de trouver un autre emploi.

Il y eut d’autres révélations en 2012. Un ancien scientifique de la FDA, Ronald Kavanagh, a parlé des crimes et des méthodes de gangsters à l’Agence31 :

Pendant que j’étais à la FDA, les réviseurs de médicaments se faisaient dire clairement de ne pas poser de questions aux compagnies pharmaceutiques et que notre travail était d’approuver des médicaments. Si nous posions des questions, cela pourrait retarder sinon empêcher l’approbation de médicaments – ce qui était notre travail en tant que réviseurs de médicaments – l’administration nous réprimanderait, nous réaffecterait, convoquerait des réunions secrètes à notre sujet, et pis encore. Il est manifeste que dans pareil environnement, les gens s’autocensureront. Les études sur l’homme sont habituellement trop courtes et les nombres de participants trop petits pour décrire correctement les risques les plus dangereux. C’est pour ce motif qu’un seul cas doit être pris au sérieux. J’ai fréquemment trouvé des compagnies qui soumettaient certaines données à un endroit et d’autres données à un autre endroit et l’information sur la sécurité ailleurs, de sorte qu’il devenait impossible de les regrouper, puis se présentaient à une rencontre pour obtenir un accord en proposant que l’aspect sécurité était négligeable. Si des réviseurs affirment des choses qui déplaisent aux compagnies, elles se plaindront du réviseur ou appelleront la haute direction pour le faire réaffecter sinon désavouer. Une fois, la compagnie m’a dit qu’elle appellerait la haute direction pour faire éliminer une exigence claire pour l’approbation qu’elle refusait de respecter, ce que je pus voir se produire. Une autre fois, une compagnie a dit clairement « qu’elle avait payé pour obtenir une approbation »… Parfois nous recevions l’ordre explicite de nous en tenir à la lecture d’un résumé de 100 à 150 pages et d’accepter les revendications de la compagnie pharmaceutique sans étudier les données réelles, que j’ai, à de multiples reprises, vu contredire le document de résumé. À d’autres occasions, on m’a ordonné de ne pas réviser certaines sections de la demande d’approbation, presque immanquablement celles où se trouveraient les questions de sécurité.

La réponse de la FDA à la plupart des risques attendus est de les nier et d’attendre jusqu’à l’apparition d’une preuve irréfutable, une fois le médicament mis en marché et de simplement alors ajouter un avertissement dilué sur l’étiquetage. Quand on soulève des problèmes potentiels de sécurité, le refrain que j’ai entendu à répétition de la part de la haute direction était « Où sont les cadavres dans la rue ? ». Ce dont je déduisais qu’on ne ferait quelque chose qu’une fois que les journaux en feront un problème.

Plus tard, j’ai trouvé que la FDA disposait de documents arrivant à la même conclusion que mon analyse mais qu’ils n’avaient pas été communiqués au comité consultatif… Après que la direction de la FDA eut appris que je me m’étais présenté devant le Congrès relativement à certains problèmes, j’ai constaté qu’on était entré par effraction dans mon bureau et qu’on avait abîmé mon ordinateur. J’observai des mouvements étranges du curseur de mon ordinateur alors que je me trouvais à lire à mon bureau, lesquels j’ai soupçonné constituer une preuve d’espionnage. Cependant, les menaces peuvent se révéler bien pires que la prison. Un dirigeant a menacé mes enfants, qui venaient d’avoir 4 et 7 ans et à l’occasion d’une grande réunion, je fus traité de « saboteur ». En m’appuyant sur d’autres événements et certains dires, j’ai craint d’être assassiné pour m’être adressé au Congrès et à des enquêteurs. J’ai trouvé des preuves de délits d’initiés en relations avec des titres d’une compagnie pharmaceutique reflétant la connaissance d’informations que seule la direction de la FDA pouvait détenir. Je crois disposer aussi de preuves de falsification de documents, de fraude, de parjure, de racket étendu, comprenant l’intimidation et le châtiment de témoins. En fait, grâce en partie à la Loi sur les tarifs aux usagers des médicaments prescrits (en vertu de laquelle les compagnies pharmaceutiques paient pour une approbation accélérée) on ne pourrait pas empêcher la thalidomide encore aujourd’hui.

Il y a environ cinquante ans, Henry Welch, chef de la division des antibiotiques de la FDA a encaissé près d’un quart de million de dollars en honoraires privés des compagnies pendant qu’il certifiait l’efficacité et la sécurité de leurs antibiotiques32. Welch publiait aussi un périodique et partageait les articles en voie de publication avec les compagnies, disant qu’il apporterait les corrections qu’elles demanderaient en échange de commandes de tirés-à-part et de l’acheminement vers son périodique de revenus publicitaires33. Il y a eu d’autres cas d’officiers nommés de la FDA qu’on a corrompus pour l’approbation de médicaments, qui ont impliqué la transmission de documents confidentiels de concurrents soumis à la FDA et des sentences de prison tant pour les officiers de la FDA que des salariés de la compagnie34.

Quand j’ai travaillé dans l’industrie, un collègue m’a raconté que sa compagnie antérieure avait payé une pharmacologue clinique ce qui correspondait à une année de salaire pour réviser une demande d’approbation avant qu’on la soumette à l’agence. Une jolie somme pour quelques jours de travail et il est peu probable que la médecin en ait parlé quand plus tard, elle se retrouva de l’autre côté de la table à l’agence du médicament pour participer à l’évaluation de la même proposition.

Duilio Poggiolini, directeur général du département pharmaceutique du ministère italien de la Santé, a été arrêté en 1993 pour une série d’accusations liées à la falsification et à la corruption favorisant l’entrée de médicaments inutiles35. Le scandale impliquait le ministre de la santé qui avait pris les mesures pour que les compagnies pharmaceutiques paient des pots-de-vin afin d’obtenir l’approbation de leurs médicaments et qu’ils soient vendus à des prix « appropriés »36. Le réseau de corruption comprenait des universitaires qui recevaient leurs parts des pots-de-vin en échange de leur avis d’experts en faveur des médicaments, dont certains étaient dangereux et vendus à des prix exorbitants. On a estimé que juste en retirant du marché, cinq de ces médicaments inutiles, l’Italie aurait pu épargner 3 milliards de dollars en 1993. Poggiolini se retrouva en prison alors que le ministre avait une immunité parlementaire. En 2012, Poggiolini se fit imposer une amende de 5 millions d’euros, un petit montant compte tenu du fait que les autorités l’avaient d’abord accusé d’avoir accumulé 180 millions d’euros pendant 30 ans37. Le crime est certainement payant dans les services de santé.

En 2008, le vice-président de l’Agence italienne du médicament, Pasqualino Rossi, un des représentants les plus expérimentés de l’Italie à l’EMA, a été arrêté38. Six lobbyistes de compagnies pharmaceutiques ont aussi été arrêtés et le cas impliquait de la falsification de données d’études cliniques en retour d’argent comptant, le tout ayant été mis à jour par de l’écoute électronique et des caméras cachées. Le procureur de la poursuite a dit que la corruption avait mené à la dissimulation de effets nocifs des médicaments menaçant la vie. C’était un roman savon depuis le début. L’agence du médicament publia un communiqué stipulant qu’aucun de ses employés n’était sous enquête, mais quand la presse italienne nomma les officiers supérieurs qui avaient été arrêtés, l’on a retiré le communiqué et préparé un nouveau. Tout comme quand l’industrie pharmaceutique se fait prendre en faute, on nie tout en dépit des preuves incontestables. Des documents internes de Pfizer montrent que le psychiatre britannique Stuart Montgomery a délibérément évité d’informer l’agence du médicament pour laquelle il travaillait qu’il travaillait en même temps pour Pfizer. Il conseilla Pfizer lui faisant part du raisonnement de l’agence du médicament concernant la demande d’approbation de la sertraline (Zoloft) et de ce que la compagnie devrait faire pour obtenir l’approbation du médicament39.

Les États-Unis sont plus ouverts à étaler leurs scandales que les autres pays mais le peu que l’on connaît confirme les expériences américaines. Quand un scientifique de l’Agence allemande du médicament réclama la désapprobation d’un antibiotique dangereux, qui avait été retiré du marché dans la plupart des autres pays, sa carrière fut arrêtée. Le directeur de l’agence, Karl Uberla, qu’il a plus tard présenté comme corrompu, le muta dans une position dans laquelle il était censé s’occuper de « recherche inexistante »40. L’antibiotique était mis en marché par la firme allemande Hoechst, et Ùberla, qui avait déjà été lobbyiste pour l’industrie américaine du tabac, accepta des faveurs de Hoescht.

La multitude de décisions régulatrices procure plusieurs possibilités de corrompre les régulateurs. Dans certains pays asiatiques, l’approbation de médicaments peut être garantie pour des petites sommes d’argent8.

Au chapitre 17, je décrirai comment l’antidépresseur Prozac a été approuvé en Suède, grâce à la corruption.

L’INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DES POLITICIENS

L’industrie pharmaceutique fait aussi ce qu’elle peut pour corrompre les politiciens. Aux États-Unis, l’industrie contribue généreusement aux campagnes électorales et il y a plus d’un lobbyiste pour chaque membre du Congrès, ce qui en fait le groupe de pression le plus puissant à Washington41,42. L’industrie contribue aussi largement aux campagnes politiques et la plus grande partie de l’argent va aux Républicains41. Entre 1998 et 2006, l’industrie a dépensé 1,2 milliard de dollars en lobbysme et en contributions politiques43, et en 1994, les Républicains tentèrent d’abolir la FDA pour laisser l’industrie se réglementer elle-même33 !

Le lobbysme est aussi robuste à Bruxelles, ce qui, jusqu’en 201044, avait conduit au secret extrême sur la régulation des médicaments en Europe45,46. Le lobbysme a été si efficace que les dirigeants de la FDA perçoivent maintenant l’industrie, et non pas la population américaine, comme leur client1,2,15 et vont jusqu’à négocier avec l’industrie ses objectifs de rendement22. Les politiciens ont constamment poussé la FDA dans cette direction. Dans les années 1990, par exemple, le président Clinton incitait les dirigeants de la FDA à faire confiance à l’industrie en tant que « partenaire et non pas adversaire »15.

En 2002, la nomination du nouveau commissaire de la FDA, Alastair Wood, fut retirée à la dernière minute et selon un sénateur Wood attachait trop d’importance à la sécurité des médicaments2,47. Très bien ! C’est certainement un péché mortel d’être intéressé par la sécurité des médicaments quand on se fait offrir la plus haute position de l’agence américaine du médicament. Wood a été remplacé par Mark McLellan qui s’est fait l’écho de la prétention grotesquement fausse de l’industrie voulant que les prix élevés des médicaments découlaient des coûts très élevés de la mise au point des médicaments (voir le chapitre20)2,48, et il s’est aussi opposé au contrôle des prix2,49. Le titre d’un article du Boston Globe ne laissait aucun doute à propos de ce qui s’est passé : « L’industrie pharmaceutique prive un médecin de la direction de la FDA47 ». L’industrie venait de faire, une fois de plus, la preuve de son omnipotence.

Comme l’illustre cet exemple, l’interférence politique dans les affaires de la FDA contribue à ce qu’on a appelé le déclin du moral au travail dans l’agence. En Europe, des politiciens du Parlement danois et du Parlement européen m’ont expliqué comment ils se trouvent constamment hantés par les représentants de l’industrie pharmaceutique. L’industrie fait pression sur les politiciens par le lobbysme, les dons et parfois, la corruption ouverte – de laquelle on m’avait informé – pour introduire de nouvelles lois qui sacrifieraient la santé publique aux profits. Les contribuables n’écrivent pas les lois fiscales, mais dans une large mesure, les compagnies pharmaceutiques écrivent les règles régissant les médicaments8.

Aux États-Unis, les politiciens ont demandé une accélération des évaluations, ce qui a conduit à des évaluations plus superficielles de la sécurité des médicaments, sans oublier les médicaments déjà sur le marché, vu que ceux qui travaillent à la sécurité des médicaments sont devenus moins bien dotés en ressources humaines. L’importance porte maintenant sur l’approbation rapide des médicaments, ce qui stimule l’économie domestique par l’entremise de l’exportation15,25. Ces influences ont provoqué une détérioration marquée de la régulation des médicaments. Alors qu’il n’y eut que 1,6 % des médicaments autorisés en 1993-1996 à se voir ultérieurement retirés du marché pour avoir provoqué des effets graves, les retraits ont augmenté à 5,3 % pour les médicaments approuvés en 1996-200025,26. En outre, les médicaments approuvés juste avant la date officielle de tombée – date imposée à la FDA par les politiciens bien que la période allouée soit trop brève pour faire une évaluation soignée de la plupart des médicaments – sont deux fois plus sujets au retrait du marché que les médicaments qui, en dépit de l’intention, ne sont pas parvenus à respecter l’échéancier et ont été approuvés après la date limite50,51.

Le signalement à la FDA des effets indésirables des médicaments a montré le même déclin en sécurité des médicaments. De 1998 à 2005, les effets indésirables graves qu’on a signalés ont augmenté de 2,6 fois et les effets mortels ont augmenté de 2,7 fois. Les effets graves signalés ont augmenté quatre fois plus rapidement que le nombre total des ordonnances aux patients ambulants52. Il y eut une contribution disproportionnée des médicaments contre la douleur et des médicaments qui modifient le système immunitaire, mais il y eut aussi une augmentation substantielle pour les autres médicaments.

D’autres données confirment les conséquences indésirables du choix de la FDA de mettre l’importance sur la rapidité plutôt que sur la sécurité15. En 1998,4 % seulement des nouveaux médicaments lancés sur les marchés du monde avaient d’abord été approuvés par la FDA ; dix ans plus tard, c’était 66 %. À la fin des années 1990, la FDA autorisait plus de 80 % des demandes de l’industrie pour de nouveaux produits par comparaison avec 60 % au début de la décennie.

À la fin des années 1990, la FDA qui fut déjà le leader mondial en matière de sécurité a été la dernière à retirer du marché plusieurs nouveaux médicaments, qui avaient été bannis par les autorités de la santé en Europe.

Au Canada, la situation n’est guère plus réjouissante53. La probabilité qu’un nouvel agent actif approuvé entre 1995 et 2010 soit éventuellement associé à un problème sérieux de sécurité était de 24 % et pour les médicaments approuvés dans la filière accélérée des révisions médicamenteuses même pour les produits qui ne sont pas des percées thérapeutiques majeures, le taux était de 36 %.

Cette dégringolade de la FDA commença en 1992 avec la Loi sur les frais d’utilisateur des médicaments ordonnancés à la suite de laquelle les compagnies payaient la FDA pour ses services54. Pendant les dix premières années, le Congrès interdisait à la FDA de recourir aux frais imposés aux usagers pour évaluer la sécurité des médicaments après approbation55. La FDA a saboté le moral du Bureau de la sécurité des médicaments en lui retirant des scientifiques, en raccourcissant les délais de révision, en autorisant les médicaments en se fondant sur le seul effet sur des résultats de substitution (voyez un peu plus loin ce qu’il en est de ce problème), en élargissant son interprétation des médicaments potentiellement capables de sauver la vie, lesquels étaient soumis à approbation par voie accélérée14,54. Ces médicaments comprennent maintenant des traitements pour des problèmes chroniques communs, bien qu’il soit difficile de croire qu’ils soient capables de sauver des vies. De plus, certains de ces produits ont dû être retirés du marché pour des motifs de sécurité comme la troglitazone (Rezulin) pour le diabète, le dexfenfluramine (Redux) pour l’obésité et le rofecoxib (Vioxx) contre la douleur. Cela me paraît scandaleux. Je n’ai jamais entendu parler de pilules amaigrissantes ou de pilules contre la douleur qui soient en mesure de sauver des vies mais j’ai entendu parler de plusieurs de ces médicaments qui sont mortels et je les commenterai, plus loin.

Il est compréhensible que le moral des scientifiques de la FDA soit au plus bas, ce qui est très triste. Peu de fonctions sont plus importantes que celle d’un scientifique dans une agence du médicament. La responsabilité est colossale et une faute de jugement peut parfois résulter en milliers de décès frappant des bien-portants. Il faut donc lui offrir une rémunération exceptionnelle le protéger de toute influence inappropriée de ses patrons, des politiciens, de l’industrie pharmaceutique et des organismes de patients. Il faut également lui donner le temps nécessaire pour réviser attentivement les demandes d’approbation et poser les questions embarrassantes. Tout cela est tellement loin de la réalité et pourrait ressembler à un vœu pieux, mais en 2007, quatre directeurs antérieurs de la FDA étaient d’accord pour reconnaître que la FDA devrait être financée par la Trésorerie et non par les paiements de l’industrie54. Mais il n’y a toujours rien de changé. Les gouvernements prétendent ne pas avoir les fonds, mais cela est faux. Le système des frais aux usagers mène à l’approbation de beaucoup trop de médicaments très coûteux qui n’ont rien à offrir, ce qui surcharge la bourse publique par rapport à ce qui surviendrait si les agences du médicament avaient la latitude pour faire un travail plus méticuleux sans avoir à plaire à l’industrie. De plus, les fonds requis pourraient être obtenus par une petite taxe sur les prescriptions ; aussi peu que 0,5 % suffirait amplement.

Les politiciens s’immiscent directement dans les décisions de la FDA ce qui est tout aussi inacceptable que s’ils le faisaient dans un jugement du tribunal. Selon une enquête, 61 % des scientifiques de la FDA étaient au courant de pareille interférence politique21. Un exemple en a été donné dans un rapport de la FDA, en 2009, dans lequel quatre membres du Congrès et un ancien commissaire de la FDA, Andrew von Eschenbach, avaient indûment influencé l’approbation d’une plaque défectueuse pour les blessures du genou. L’approbation a été accordée en dépit du fait que les scientifiques de l’agence avaient, à répétition et à l’unanimité au cours de plusieurs années, jugé que l’appareil n’était pas sécuritaire parce que souvent défectueux ce qui contraignait les patients à subir une deuxième intervention56. Le rapport de la FDA parlait de pressions extrêmes, inhabituelles et persistantes, qui avaient commencé peu après que les membres du Congrès avaient reçu du manufacturier des contributions électorales mais, comme d’habitude, les accusés prétendirent qu’ils n’avaient pas été influencés par l’argent. Un administrateur de la FDA a confirmé qu’Eschenbach n’avait pas qu’exigé une évaluation accélérée mais aussi une recommandation favorable. Moins d’un an après l’approbation, la FDA a déclaré qu’elle réviserait sa décision.

La sécurité des patients est particulièrement médiocre en ce qui a trait aux dispositifs médicaux. Les dispositifs cardiovasculaires sont beaucoup plus risqués qu’une plaque du genou et en conséquence, soumis à une évaluation des plus rigoureuses. Encore là, les exigences sont minimales bien qu’elles devraient être encore plus rigoureuses pour les dispositifs que pour les médicaments, compte tenu du fait que les dispositifs sont implantés et ne peuvent être retirés comme on le peut avec un médicament57. Une révision de 78 demandes d’approbation pour des dispositifs cardiovasculaires ayant reçu une approbation préalable de la FDA a montré que seulement 27 % des études avaient été randomisées, 65 % des demandes d’approbation n’étaient fondées que sur une seule étude et que dans 31 %, le groupe de comparaison était rétrospectif, ce qui est une conception extrêmement médiocre de la mise en œuvre d’une étude qui donne presque toujours une bonne image de la nouvelle intervention57. Pour ajouter l’injure à l’insulte, la Cour Suprême a statué que les patients qui sont blessés par un dispositif approuvé par la FDA ne peuvent poursuivre la compagnie !

L’implantation par cathéter de la valvule aortique (TAVI) offrait de l’espoir aux patients trop âgés ou trop malades pour subir les opérations de remplacement de la valvule aortique et depuis son introduction, 40 000 implantations ont été effectuées58. Toutefois, c’est très coûteux et son efficacité a été mise en doute par une étude de suivi autorisée par la FDA qui a démontré que plus de patients traités par TAVI sont décédés que ceux sous le traitement usuel. Cette étude reste non publiée et quand des chercheurs indépendants ont demandé d’y avoir accès, ils ont essuyé un refus de la part de la FDA et du commanditaire de l’étude.

Ce manque de respect total pour les patients – dont certains sont morts pour avoir été traités avec un dispositif de qualité inférieure – est incroyable. Malheureusement, il y a peu d’espoir que les politiciens vont nous aider à organiser un meilleur système. Après que le Comité de la santé de la Chambre des communes du Royaume-Uni eut révisé l’industrie pharmaceutique en détail, en 2004-200517, les membres du Parlement avaient le sentiment que l’Agence du médicament n’avait pas la compétence d’assumer ses obligations comme gardienne de la santé publique, mais le gouvernement refusa une audition publique ainsi qu’une recommandation stipulant qu’un médicament ne devrait pas être lancé tant que toutes les données cliniques n’auraient pas été versées dans un registre public59. L’excuse évoquée pour ne pas exiger l’accès aux données des études – à savoir que cela exigerait une modification de la réglementation de l’UE -était une diversion. Nous pouvons décider de ne pas acheter ou rembourser les nouveaux médicaments tant que les données cliniques n’ont pas été rendues disponibles. Ceci nous épargnerait beaucoup d’argent. Ce qui est disponible dans la documentation scientifique dans les années qui suivent l’approbation de nouvelles entités moléculaires est une sélection hautement préjugée de tous les résultats disponibles dans les agences du médicament60.

Au sein de l’Union européenne aussi, le lobbysme de l’industrie mène à des propositions bizarres qui ne sont pas dans l’intérêt des patients. En 2007, la Commission européenne a publié un document tragicomique intitulé Stratégie pour mieux protéger la santé publique61. La Commission a proposé de faire disparaître la clause stipulant que l’autorisation de mise en marché d’un médicament devrait être refusée quand son efficacité thérapeutique est insuffisamment étayée par l’auteur de la proposition ! Comment on améliorerait la protection de la santé publique en autorisant la mise en marché de médicaments inefficaces est difficile à expliquer. Health Action International (HAI), un grand organisme de patients, a protesté contre cette proposition et plusieurs autres tout aussi nuisibles, par exemple introduire les nouveaux médicaments plus rapidement pour susciter plus rapidement des retours sur l’investissement, ce qu’on pourrait faire avec des approbations conditionnelles qui deviendraient habituelles plutôt que des exceptions liées aux circonstances exceptionnelles, quand il y a un besoin thérapeutique urgent62. Le document de l’UE est une horreur et continue à saboter la sécurité des patients. Par exemple, la proposition que les compagnies soient chargées de la collecte et de l’analyse des données, de la publication des avertissements et de l’information décrivant les effets secondaires nuisibles de leurs produits après l’approbation de mise en marché, est une recette pour causer des désastres en santé publique. Les propositions de la Commission prévoyaient l’intervention de l’industrie à toutes les étapes de la prise de décision, la mettant tant dans la position du juge que dans celle de l’accusé. HAI a noté que les systèmes de pharmacovigilance des compagnies ne pouvaient en aucun cas, jamais, devenir des substituts pour les systèmes nationaux de pharmacovigilance qui, eux, sont sans aucune équivoque, au service exclusif de l’intérêt public.

La Commission a aussi proposé que pour les études postérieures à l’approbation, il devrait revenir aux compagnies de « décider si les résultats d’une étude doivent avoir un impact sur l’étiquetage d’un produit, ou pourraient influencer l’équilibre risques/avantages d’un produit pharmaceutique ». Il est incroyable que les politiciens puissent être aussi loin de la réalité et des faits bien établis. Mon ouvrage en entier concerne les patients grandement lésés parce que nous permettons à l’industrie d’être son propre juge. HAI Europe a condamné fortement les propositions de la Commission et a exigé qu’elle réoriente ses efforts et défende l’intérêt public, en accord avec son mandat de protéger les citoyens de l’Europe, découlant de l’article 125 du Traité établissant la Communauté européenne. Il est profondément déprimant qu’un groupe de consommateurs doive redire ce qui est manifeste. On ne répétera jamais trop souvent que, même en l’absence d’initiatives aussi stupides, aux États-Unis et en Europe, les médicaments sont la troisième principale cause de mortalité après les maladies cardiaques et le cancer (voir le chapitre 21).

Le système danois pour gérer les cas allégués d’inconduite scientifique constitue un autre exemple de la manière avec laquelle des politiciens ignorants et mus par l’idéologie peuvent nuire à la santé publique. Nous avions l’un des plus vieux et des meilleurs systèmes du monde entier. Mais, en 2005, le ministre danois des Sciences, Helge Sander, qui ne connaissait rien en science mais qui avait introduit le football professionnel au Danemark, décida que le comité de l’inconduite ne pouvait s’occuper des cas d’inconduite de chercheurs privés et des compagnies que lorsque ces gens acceptaient de faire l’objet d’une enquête alors que les chercheurs employés par les services publics pouvaient être l’objet d’enquête qu’ils soient d’accord ou pas63. Il s’ensuivit une tempête de protestations provenant de tous les horizons, même de la part de Novo Nordisk, dont le porte-parole a déclaré que toute la recherche, qu’elle soit publique ou privée devait être effectuée correctement. La réaction du ministre ? La recherche de l’industrie pharmaceutique danoise ne doit pas être contrôlée par des fonctionnaires. Cette réponse stupide déclencha un tsunami. Le prochain commentaire du ministre ? Pas de commentaire.

Novo Nordisk avait raison, mais l’Association danoise de l’industrie pharmaceutique a profité de l’occasion pour se permettre une réaction extrêmement effrontée. Elle a prétendu que ses membres étaient fatigués de ces médecins qui les accusaient dans les médias, de fausser les résultats de leurs recherches64. (Ces « médecins » étaient plus ou moins une personne : moi !) L’Association déclara qu’il était parfaitement faux que ses membres manipulent leurs résultats et elle ajouta que la publication de sa recherche relève de la responsabilité des médecins. L’Association était prête à laisser ses membres se soumettre aux enquêtes à la condition que le comité accepte de faire enquête pour inconduite scientifique possible de la part de ces médecins qui critiquent les études en nommant les compagnies qui les ont effectuées. J’ai rarement vu plus effronté et plus scandaleux. Les compagnies manipulent de routine les données qu’elles publient de sorte que, chaque fois qu’un médecin critique cela, que ce soit dans les médias ou bien dans une lettre au rédacteur d’un périodique ayant publié la recherche, le médecin devrait être signalé au comité de la malhonnêteté scientifique pour fin d’enquête. C’est comme en Union soviétique où les gens qui critiquent ceux qui détiennent le pouvoir sont astreints à des examens psychiatriques et parfois incarcérés pour la vie, quand on ne les fusille pas sur le champ.

C’est nuisible pour la santé que les politiciens aient permis la publicité directe aux consommateurs aux États-Unis. Quand le statut d’un médicament sous ordonnance change en celui d’un médicament en vente libre, l’information portant sur ses torts et ses contre-indications peut se perdre65. Ce déficit d’information nuit à nos concitoyens qui sont déjà surmédicamentés et aussi dans les pays qui ne permettent pas cet assaut contre la bonne santé dont la majorité d’entre nous jouissons de toute façon.

Il est proprement dégoûtant de voir les publicités télévisées des Etats-Unis, qui sont présentées par une doucereuse voix féminine comme celle qu’utilisent les hôtesses de l’air pour nous dire leur espoir qu’on choisira à nouveau leur société pour voyager quand ce n’est pas dans une profonde voix de basse masculine pour inspirer la confiance. Les publicités se terminent invariablement avec une invitation ressemblant à : « Demandez à votre médecin si le Lyrica vous convient. ». Ou bien encore avec : « Vous pourriez souffrir d’une maladie sans le savoir. »

Je suis bien d’accord, j’ai sûrement un cancer puisqu’on peut trouver du cancer chez tous ceux qui ont plus de 50 ans, quand on se donne le mal de le chercher avec suffisamment de zèle66,67. Pour ma part, je préfère ne pas le savoir puisque je ne me sens pas malade et parce que le traitement de ces pseudo-cancers n’est pas inoffensif.

La publicité par le recours aux célébrités est très employée aux États-Unis, par exemple lors de bulletins d’information et d’émissions de discussion, dont la commandite de l’industrie n’est pas mentionnée de sorte que les témoignages semblent authentiques41. Nous n’avons pas cela au Danemark, mais en 2004, nous avons quand même connu un cas bizarre de publicité par célébrité, importée directement des zones d’influence les plus hautes des États-Unis68. Merck était mécontente que son médicament contre l’ostéoporose, l’alendronate (Fosamax), ne soit pas remboursé au maximum et avait traîné le gouvernement danois devant le tribunal. Merck avait aussi arrangé une rencontre entre le ministre de la Santé et l’ancienne secrétaire d’État, Madeleine Albright, sous le prétexte de discuter du système de santé danois et de celui sur le remboursement. Deux jours avant la rencontre, elle demanda si elle pouvait se faire accompagner du directeur de Merck Danemark, ce qui fut accepté. Pendant la réunion, à laquelle le ministre fut empêché d’assister, Mme Albright a parlé du médicament qu’elle prenait contre l’ostéoporose. Elle ne s’est pas fait beaucoup d’amis avec ce truc publicitaire, car ce n’est pas comme cela qu’on se comporte au Danemark et l’embarras dans lequel cela nous plongea fut discuté dans un journal : « Le géant du médicament utilise des pressions américaines dans le cas danois sur le médicament68. »

Il arrive à l’occasion que l’on observe un petit progrès. Jusqu’à récemment, l’Agence européenne du médicament faisait partie du Directorat général pour l’entreprise et l’industrie de l’UE46, mais on l’a maintenant déménagée au Directorat général pour la santé et les consommateurs. En 2007, une nouvelle législation a augmenté la puissance de réaction de la FDA69. Par contre, il arrive qu’on relève des tendances vers le pire. En 2012, le Sénat des États-Unis a proposé un élargissement des évaluations accélérées en créant une nouvelle catégorie pour « les médicaments constituant des percées »70.

LA RÉGULATION DES MÉDICAMENTS EST FONDÉE SUR LA CONFIANCE

La théorie économique prédit que les firmes investiront dans la corruption relative aux preuves
chaque fois que les avantages seront plus élevés
que les coûts.
Quand la détection est coûteuse
pour les régulateurs,
il faut s’attendre à ce que la
corruption de la preuve soit vastement étendue.
Alan Maynard, manuscrit non publié

Selon les régulateurs du médicament, le système de régulation est fondé sur la confiance, ce qu’ils estiment convenir, puisque les conséquences pour les compagnies seraient trop sérieuses si elles devaient tricher et se faire pincer. Comme Maynard l’explique, cet argument n’est pas juste. En outre, comme on l’a vu, la grande industrie pharmaceutique signifie grands crimes et à quel autre endroit de la société ferait-on confiance à la parole de criminels ? Les rats de laboratoires mentionnés dans les études de toxicologie pourraient n’avoir jamais existé ; il se pourrait qu’ils aient crevé plus d’une fois ; ils peuvent être morts bien qu’on les décrive comme bien portants dans les rapports de toxicologie ; des prélèvements d’organes peuvent manquer ; des données ont pu être fabriquées ; et les animaux ont pu périr avant même de présenter des cancers induits par les médicaments8,16.

Les sociétés pharmaceutiques ne se font pas confiance, mais les agences du médicament sont censées faire confiance à l’ensemble de l’industrie16. Les autorités savent parfaitement bien qu’on ne peut se fier à l’industrie et c’est pour des considérations pratiques quelles disent le contraire. Elles ne peuvent réviser qu’une petite fraction des montagnes de documents qu’elles reçoivent. Un exemple extrême, le rapport d’une étude sur le Tamiflu comprenait 8 545 pages, ce qui est 1000 fois plus que la version publiée71. Il est compréhensible que la plupart des régulateurs ne lisent que les résumés la plupart du temps et, à ma connaissance, il n’y a que la FDA pour refaire de routine, ses propres analyses statistiques sur les documents soumis mais l’EMA entend maintenant le faire elle aussi (voir le chapitre 11).

Plusieurs des milliers de pages sont parfaitement inutiles et je n’ai aucun doute que l’industrie inonde délibérément les régulateurs de données, ce qui lui donne deux avantages. Premièrement, cela réduit le risque que les régulateurs détectent quoi que ce soit qui pourrait empêcher le médicament d’être approuvé ou qui pourrait nuire aux ventes en raison d’un avertissement sur l’étiquette. Ensuite, si des problèmes surgissent, l’industrie peut prétendre qu’elle n’a rien caché et que ce sont les régulateurs qu’il faut blâmer. Bien que cela ne soit pas complètement vrai, cela pourrait fonctionner devant un tribunal.

Les régulateurs sont tellement surchargés qu’ils ne vérifient même pas que tout est bien là, ce qu’ils devraient faire. Nous avons trouvé plusieurs exemples où des appendices importants avaient été écartés ou que des pages centrales d’un rapport étaient manquantes. Des études complètes peuvent aussi être manquantes, par exemple deux de sept études négatives sur les inhibiteurs sélectifs de la réabsorption de la sérotonine (ISRS) chez les enfants72, bien que cela soit interdit par la loi.

Il n’est pas surprenant que des effets nocifs sérieux de nouveaux médicaments puissent passer inaperçus compte tenu du fait qu’on peut très bien les cacher dans les demandes d’approbation et autres soumissions parce qu’il faudrait consacrer un long et fastidieux travail de détective pour pouvoir les mettre en lumière1,73,74. Un exemple de cela est celui des bêta-agonistes d’action prolongée pour le traitement de l’asthme. Dans les années 1990, surgirent des inquiétudes selon lesquelles ces médicaments pourraient augmenter les décès causés par l’asthme plutôt que les réduire et la FDA demanda à GlaxoSmithKline de réaliser une grande étude du salmeterol, l’étude SMART ». La gestion de l’étude par Glaxo fut effectuée d’une manière beaucoup trop astucieuse cependant, la compagnie ayant manipulé les résultats expédiés à la FDA.

En 2003, ces résultats furent présentés à un congrès de pneumologues où Glaxo prétendit que les résultats n’étaient pas concluants, ce qui était mensonger. Le conseil de surveillance des données et de la sécurité de l’étude avait recommandé l’arrêt de l’étude après que 26 000 des 60 000 patients envisagés pour l’étude ont été recrutés, parce que plus de décès avaient été relevés dans le groupe assigné au salmeterol que dans le groupe assigné au placebo, ou l’inverse ; on a recruté 10000 patients de plus73.

La durée prévue de l’étude était de 28 semaines, mais les chercheurs pouvaient – s’ils le voulaient – signaler les effets secondaires graves survenant pendant une période additionnelle de 6 mois. La FDA postula évidemment que les données qu’elle révisa provenaient de la période rigoureusement contrôlée de la période sous double insu. Ce n’est que lorsque la FDA demanda spécifiquement à la compagnie quel ensemble de données elle lui avait fourni, que Glaxo révéla qu’elle avait inclus les données provenant de la période de suivi de six mois. Cela faisait une différence gigantesque. Il n’y avait pas de différence significative sur le plan statistique des décès associés à l’asthme quand on introduisait les données de la période de suivi, alors que le risque était quatre fois plus élevé quand on ne tenait compte que des seules données de l’étude, ce qui était statistiquement significatif. Des chercheurs indépendants ont conclu qu’en l’absence de transparence associée aux rencontres du comité consultatif de la FDA, les tromperies n’auraient jamais été connues du public73. Glaxo répondit aux révélations en disant qu’elle avait « agi d’une manière responsable et transparente74 ».

Ce n’était pas encore tout. Près de trois ans après la fin de l’étude, celle-ci n’avait toujours pas été publiée. Les résultats de SMART confirmaient les résultats d’une grande étude que Glaxo avait déjà menée et publiée en 199375. Glaxo avait comparé le salmeterol avec son médicament de courte durée, le salbutamol, et trois fois plus de patients décédaient des suites de l’asthme quand ils recevaient le médicament de longue durée (P = 0,11 pour la différence). En 2006, une méta-analyse incluant l’étude SMART a confirmé que les bêta-agonistes de longue durée augmentent les décès associés à l’asthme76. À première vue, le risque absolu de mourir semble petit, seulement un par 1 000 patients par année de consommation. Cependant, le salmeterol était l’un des médicaments les plus prescrits dans le monde et cette augmentation du risque se traduit en 4000 à 5000 décès par asthme additionnels chaque année seulement aux États-Unis76.

En juillet 2005, la FDA se demanda si les bêta-agonistes d’action prolongée devraient être retirés du marché, mais l’agence opta plutôt pour de sévères avertissements et la recommandation de ne recourir à ces médicaments qu’après l’échec des autres médicaments76. En 2010, la FDA lança un nouvel avertissement, cette fois à propos d’un risque augmenté d’exacerbations graves des symptômes de l’asthme, menant à l’hospitalisation et au décès et avertit de ne jamais prendre ces médicaments seuls mais conjointement avec un corticostéroïde en inhalation77. Pourtant, l’ajout de l’inhalation de corticostéroïdes ne résout pas le problème, par exemple, le risque d’admission à l’hôpital restant augmenté au double. La FDA exigea aussi des manufacturiers qu’ils effectuent de nouvelles études cliniques pour évaluer la sécurité de ces médicaments quand on les utilise en combinaison avec l’inhalation de corticostéroïdes. Je trouve cela bizarre. Les requêtes d’études additionnelles de la FDA sont habituellement ignorées par les compagnies et la FDA ne les contraint pas. Ces médicaments sont dangereux – probablement aussi quand ils sont combinés avec des stéroïdes – et nous n’en avons pas besoin, alors pourquoi ne pas les retirer du marché ?

Quand Glaxo a fini par publier les résultats de SMART dans Chest, on mentionna l’augmentation des décès par asthme mais ce sont les deux dernières phrases du résumé qui sont intéressantes79 :

Les analyses de sous-groupes suggèrent que le risque puisse être plus grand chez les Afro-Américains par comparaison avec les participants Caucasiens. Il demeure cependant inconnu que ce risque augmenté soit dû à des facteurs comprenant l’effet physiologique du traitement mais n’y étant pas limités, à des facteurs génétiques ou au comportement de certains patients menant à des résultats médiocres.

Des écrans de fumée et l’article sent mauvais : « Les sous-groupes de la population ont été fondés sur les caractéristiques au départ comme (je souligne) l’utilisation de corticostéroïdes en inhalation (CSI) et la phase de l’étude. De plus, les résultats ont été analysés séparément pour les sujets Afro-Américains et les Caucasiens.

Comme ? Glaxo ne nous dit même pas combien de fois, elle a trituré les données avant de trouver le résultat de sous-groupe qu’elle pouvait utiliser pour duper les lecteurs et les porter à croire que le médicament ne faisait tort qu’aux Afro-Américains. La manipulation des données en elle-même était trompeuse. Il n’y avait pas de test d’interaction, ce qui est nécessaire pour qu’on puisse dire qu’il existe une différence entre les résultats de deux sous-groupes. Et, en vérité, le risque relatif de décès par asthme était très semblable pour les Caucasiens et les Afro-Américains. La section Discussion de l’article ne parle que d’un des sous-groupes, ce qui est trompeur : « Les analyses post hoc n’ont montré aucune différence significative entre les traitements dans la population caucasienne. » Glaxo venait de transformer un effet nocif manifeste en un effet nocif inexistant. Les mots me manquent, mais cela en dit long sur les motifs pour lesquels on ne peut pas se fier aux études commanditées par l’industrie. Deux des cinq auteurs étaient des employés de Glaxo et les trois autres étaient à la solde de Glaxo.

Il semble que Glaxo ait fait ce qu’elle pouvait pour protéger son médicament plutôt que les patients79. Dans un éditorial cinglant du New England Journal of Medicine, les rédacteurs ont expliqué que Glaxo avait refusé de fournir un inhalateur pour une étude du salmeterol par le NIH. Les chercheurs ont été contraints de dépenser 90 000 dollars de l’argent des contribuables pour reconditionner le médicament actif et créer un placebo qui soit visuellement identique pour les fins de l’étude. En outre, les rédacteurs ont écrit :

L’objectif affirmé par Glaxo est « d’améliorer la qualité de la vie humaine », mais les compagnies peuvent mettre au point et vendre leurs traitements parce qu’elles peuvent puiser dans une ressource de la communauté : les patients disposés à courir le risque quand ils participent aux études cliniques. De leur côté, les compagnies doivent être disposées à mettre leurs produits à risque en les fournissant à des tiers pour des fins d’étude. Le défaut de le faire est un geste mesquin inacceptable.

Les compagnies pharmaceutiques peuvent non seulement tromper les autorités dans leurs demandes d’approbation ; elles peuvent aussi mentir quand on les questionne directement. Dans des documents préparés pour une audition de la FDA en 2005, Pfizer a nié que son AINS celecoxib provoque des crises cardiaques en s’appuyant sur une analyse de 44000 patients80. Mais les grands nombres évoqués par l’industrie quand elle se trouve sur la défensive sont souvent trompeurs. Pfizer détenait des preuves non publiées du contraire80,81, par exemple une étude de 1999 de la maladie d’Alzheimer. De plus, un cadre de Pfizer reconnut dans une entrevue que son analyse ne comprenait pas d’études extérieures indiquant que son médicament causait des problèmes cardiaques. Une telle étude82, que Pfizer connaissait, avait été menée par le NIH et interrompue une fois qu’on eut trouvé que des fortes doses de celecoxib faisaient plus que tripler l’incidence des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux.

D’autres compagnies ont elles aussi trompé la FDA en cachant des études et des résultats montrant que leurs médicaments entraînent des effets nocifs mortels1,8,16,27,83-85.

Il existe une autre raison pour laquelle nous en savons trop peu au sujet des effets nocifs des médicaments. Les cliniciens sont censés signaler les effets secondaires néfastes graves aux autorités, mais selon un estimé commun seulement 1 % environ de ces événements sont signalés86. Les médecins sont occupés et peuvent avoir tendance à penser qu’un événement n’est pas lié à un médicament et à l’ignorer, d’autant plus que c’est bien commode. Quand ils signalent un événement, ils peuvent apprendre à ne jamais plus le faire, harcelés qu’ils sont par un représentant pharmaceutique qui revient continuellement avec toutes sortes de nouvelles questions sur le patient, sur les autres médicaments qu’il prenait, etc. Il semble que personne ne soit vraiment intéressé par les effets nocifs, hormis la victime. Quand j’ai travaillé dans un département de maladies infectieuses, j’ai appris pourquoi plusieurs événements sérieux survenant dans des études du SIDA commanditées par l’industrie n’étaient pas signalés. Les formulaires étaient longs et compliqués et nous n’avions pas le temps pour des discussions sans fin avec la compagnie pharmaceutique.

L’ÉVALUATION INADÉQUATE DES NOUVEAUX MÉDICAMENTS

Quand j’enseigne à des médecins en formation pour devenir pharmacologues cliniques et que j’explique pourquoi les exigences réglementaires relatives aux nouveaux médicaments ne sont pas adéquates ni capables d’assurer que les médicaments sont efficaces et inoffensifs, et comment l’industrie pharmaceutique manipule sa recherche, je me trouve confronté à des réactions mixtes. Certains sont parfaitement d’accord et d’autres sont tout à fait hostiles, comme si je tentais d’expliquer à un enfant que le Père Noël n’existe pas. Cela m’inquiète, car ce sont là les médecins qui seront en poste dans une agence du médicament ou dans l’industrie pharmaceutique. J’ai parfois le sentiment qu’il est déjà trop tard pour leur faire entendre raison.

Nous pourrions facilement faire bien mieux que nous le faisons présentement pour protéger la santé publique et éviter de gaspiller notre argent et je donnerai quelques exemples.

Deux seules études contrôlées avec placebo montrant un effet ne suffisent pas

Les agences du médicament estiment que l’efficacité est démontrée quand deux études contrôlées avec placebo ont montré un effet. Comme j’ai expliqué au chapitre 4, cela est facile à réaliser pour la plupart des médicaments destinés à toute maladie parce que les médicaments ont des effets secondaires et que l’on peut s’attendre qu’ils aient des effets sur l’évaluation d’un résultat subjectif. Quand la taille de l’échantillon est assez grande, n’importe quel effet deviendra statistiquement significatif et le médicament sera approuvé, s’il n’est pas trop toxique.

Quand une compagnie ne réussit pas dans ses deux premières tentatives, elle peut faire d’autres études jusqu’à ce que deux essais donnent les résultats recherchés. Avec cela en arrière-plan, il est étonnant que le ministre danois de la Santé, après consultation auprès de l’Agence du médicament, ait répondu à un politicien qu’il n’existe pas d’exigence stipulant qu’un médicament soit meilleur qu’un médicament existant pour obtenir son approbation, mais qu’il doit être au moins aussi bon et jamais pire qu’un médicament existant. Toutefois, quand on n’exige que des études contrôlées au placebo, il n’y a pas moyen de savoir si les nouveaux médicaments sont pires que ceux qui existent.

Les compagnies sont contraintes par la loi de soumettre toutes les études qu’elles ont menées quand elles demandent l’approbation d’un médicament mais le problème avec cette exigence est qu’on ne peut pas se fier aux compagnies pharmaceutiques. Des études peuvent manquer et quand elles ont été effectuées dans des pays sans surveillance publique, il peut se révéler impossible de savoir qu’elles existent.

Les médicaments contre la toux ne sont pas efficaces87,88, mais l’industrie pharmaceutique a quand même réussi à faire approuver d’innombrables médicaments pour la toux et les ventes sont élevées89. Pas moins de 20 % de tous les enfants de moins de quatre ans sont traités avec des médicaments pour l’asthme comme la terbutaline, ce qui montre que la commercialisation crapuleuse à laquelle j’ai participé quand je travaillais chez Astra a été hautement efficace (voir le chapitre 2).

Aux États-Unis, les médicaments pour le rhume et la toux en vente libre avaient été consommés par 39 % des ménages sur une période de trois ans.90 Plusieurs de ces médicaments ont été autorisés avant 1972 quand il n’y avait que peu de contrôle sur les médicaments, mais les centres antipoison avaient signalé plus de 750 000 appels d’inquiétude pendant sept années en relation avec ces produits et la FDA avait identifié 123 décès d’enfants de moins de six ans, dans ses banques de données. Les effets secondaires néfastes comprennent l’arythmie cardiaque, les hallucinations, la somnolence et l’encéphalopathie. Les publicités des manufacturiers présentent ces médicaments comme efficaces et inoffensifs, deux mensonges.

Une pétition a demandé à la FDA de réviser ces médicaments, mais les manufacturiers ont prétendu que les mauvais effets pourraient être prévenus par l’éducation des parents, ce qui est un mensonge abominable. En 2011, la FDA a annoncé que ces produits ne doivent pas être utilisés chez les enfants de moins de deux ans et qu’elle appuyait fortement « les initiatives de plusieurs manufacturiers de médicaments qui avaient volontairement retiré du marché des remèdes pour le rhume et la toux qu’on vendait pour utilisation dans ce groupe d’âge91 ». Pourquoi la FDA ne retirait-elle pas ces produits inutiles et potentiellement dangereux du marché ? Et pourquoi, après quatre années, faut-il que la FDA soit toujours en train de réviser la sécurité et qu’on s’attende à ce qu’elle rende son jugement dans un proche avenir, comme elle l’a affirmé ? Même quand des médicaments inutiles tuent des enfants, les régulateurs du médicament n’agissent pas, alors qu’ils ont retiré du marché plusieurs produits efficaces, même quand ils causaient moins de décès. La régulation des médicaments n’est pas une entreprise logique.

J’ai discuté une fois des remèdes pour la toux avec un régulateur de médicament qui a attiré mon attention sur les études accompagnant une demande d’approbation qui soutenaient avoir montré que les médicaments agissaient. C’est l’un des articles les plus bizarres que j’aie jamais vu (et j’en ai vu des tonnes). Les études avaient été menées en Inde. Un microphone miniature très sensible mis au point par Procter & Gamble, attaché au nez d’un patient, enregistrait le moindre son qui survienne et qui était peut-être ou pouvait devenir de la toux92. Les trois médicaments évalués (guaiphenesine, bromhexine, et dextrométorphan) agissaient. Surprise, surprise. Les enregistrements étaient entièrement non pertinents pour les patients. Deux des médicaments augmentaient aussi le volume des crachats. Quel sens donner à cela ? S’ils augmentent le volume des crachats, ils augmenteront aussi le volume des expectorants mesurés en volume de crachats, or cela ne serait pas un avantage mais un effet nuisible. Les études ont été publiées dans Pulmonary Pharmacology, un périodique obscur dont je n’avais jamais entendu parler. Ce n’est pas la faute des régulateurs d’avoir à accepter pareilles niaiseries ; c’est la faute de politiciens qui n’ont pas exigé des résultats qui soient importants pour les patients.

Les études cliniques dans les pays largement corrompus

De nos jours, les études de médicament sont de plus en plus données en sous-traitance à des pays sans surveillance et très largement corrompus. Comment savoir que les données ont été fabriquées quand on ne dispose d’aucun moyen pour surveiller les études ? En dépit de la forte opposition des scientifiques, des éthiciens et des groupes de consommateurs, la FDA a décidé en 2008 que les études cliniques menées hors des États-Unis n’avaient plus à se conformer à la déclaration d’Helsinki quand elles servent à appuyer une demande d’approbation de produits aux États-Unis93. Qu’on me pardonne mais tout le monde est-il devenu fou à la FDA ? La direction de la FDA a-t-elle jamais entendu parler des procès de Nuremberg ? Ou bien des expériences menées sur les prisonniers des États-Unis quand la Déclaration d’Helsinki n’était pas là pour mettre d’entrave ? Ou de l’affaire Tuskegee dans laquelle des chercheurs de l’Alabama ont suivi 399 hommes noirs infectés de la syphilis sans jamais les traiter pendant 40 ans pour étudier l’histoire naturelle de la maladie en les empêchant d’avoir accès aux programmes de traitement disponibles pour les autres et pendant que plusieurs mouraient de la syphilis, que les épouses contractaient la maladie et que les enfants naissaient avec la syphilis congénitale94 ? Ou que les compagnies pharmaceutiques mènent leur recherche dans les pays pauvres pour les médicaments particulièrement dangereux parce que les paysans ne poursuivent pas les grandes corporations pour des lésions et parce que les règlements encadrant le consentement éclairé n’existent pas ou sont mollement appliqués8 ? L’exemple le plus connu de l’utilisation des cobayes du tiers-monde est celui des contraceptifs oraux, qu’on a d’abord testés à Porto Rico, puis en Haïti et au Mexique et, quand vint le moment de les tester aux Etats-Unis, on a choisi des pauvres, dont 90 % étaient soit des Mexicains, soit des Africains d’origine8.

Par contraste avec cette décision indéfendable, la Cour d’appel des États-Unis a jugé quelque temps après que la Déclaration d’Helsinki constituait une norme suffisamment coutumière pour être tenue comme obligatoire dans l’étude de la méningite menée par Pfizer au Nigeria où les parents ne savaient pas que leurs enfants participaient à une étude. La cour a renversé le renvoi, par un tribunal inférieur, d’une poursuite intentée par les familles d’enfants morts ou blessés pendant qu’ils recevaient l’antibiotique expérimental de Pfizer, la trovoflaxine, bien qu’un médicament plus efficace ait été disponible aux Médecins sans Frontières95. Pfizer recruta des enquêteurs pour chercher des preuves de corruption à l’encontre du procureur général dans l’espoir de pouvoir le persuader de laisser tomber la poursuite96. Cela échoua et Pfizer fut contrainte de payer une compensation aux familles dont les enfants étaient morts. Le médicament n’avait jamais été conçu pour l’Afrique. Pfizer entendait le vendre aux Etats-Unis et en Europe, mais son autorisation a été retirée en Europe en raison d’inquiétudes au sujet de sa toxicité pour le foie.

Un effet sur un résultat de substitution ne suffit pas

Une des pratiques les plus nuisibles en régulation des médicaments est de donner l’approbation à un médicament sur la foi de ses effets sur des résultats de substitution. Vu que cette erreur a coûté la vie à des centaines de milliers, ou peut-être même à des millions de patients (voir plus loin) il est difficile de comprendre que les régulateurs n’exigent pas des effets prouvés sur des résultats pertinents.

Voici un exemple. J’étais médecin depuis deux ans quand j’ai diagnostiqué une forme légère de diabète de type 2 chez un vieillard qui avait été admis pour un autre motif, au département d’hépatologie où je travaillais. J’écrivis dans son dossier qu’il était habituel de commencer le traitement avec la tolbutamide mais vu que la seule grande étude jamais réalisée sur la tolbutamide avait dû être interrompue avant terme en raison d’un excès de décès cardiovasculaires et parce que les patients qui consommaient la plus grande partie de leur dose quotidienne étaient aussi ceux qui démontraient le taux le plus élevé de tels décès, je décidai de ne pas commencer un traitement à la tolbutamide.

Mon supérieur hiérarchique m’apostropha de belle manière après avoir lu mes notes. « Comment oses-tu ne pas commencer la tolbutamide en effraction des consignes de pratique que les endocrinologues ont rédigées ? » J’expliquai calmement mais fermement que j’en savais plus sur ce médicament que les endocrinologues parce j’avais lu attentivement le rapport de l’étude ainsi que les articles et les nombreuses lettres qui suivirent ainsi qu’un livre discutant des problèmes. L’étude University Group Diabetes Project (UGDP) avait été réalisée indépendamment de l’industrie pharmaceutique et elle avait fait l’objet de nombreux débats et été réanalysée par plusieurs autres groupes que ceux qui avaient mené l’étude. Je n’avais aucun doute en ce qui concerne qui avait raison.

La tolbutamide réduit le glucose sanguin, mais il s’agit là d’un résultat de substitution. On ne traite pas les patients pour réduire leur glucose sanguin ; on les traite pour prévenir les complications du diabète, les cardiaques plus particulièrement. Je tenais donc pour absurde, et je le pense toujours, que des gens utilisent ce médicament alors que la seule recherche étudiant les complications cardiovasculaires avait été interrompue parce que le médicament tuait les patients. Il était particulièrement convaincant de constater que les patients les plus respectueux du traitement au tolbutamide présentaient des taux de mortalité plus élevés que ceux des moins respectueux97, parce que les patients qui font ce qu’on leur dit de faire sont habituellement en meilleure santé que les autres et ont une meilleure survie même quand le médicament est un placebo. L’étude d’un produit réduisant les lipides, le clofibrate, avait démontré cela98. Il n’y avait pas de différence sur le plan de la mortalité entre le médicament et le placebo mais parmi ceux qui avaient pris plus de 80 % du médicament, seuls 15 % sont décédés par comparaison à 25 % parmi les autres (P = 0,0001). Cela ne prouve pas que le médicament est efficace, bien sûr, et la même différence a été constatée dans le groupe recevant le placebo, 15  % versus 28 %(P=5xl016).

Upjohn, le fabricant du tolbutamide, lança une campagne agressive pour discréditer les résultats de l’étude UGDP en faisant appel à des universitaires renommés et grassement payés et les arguments devinrent progressivement ad hominem ». Des poursuites ont été entamées par la compagnie pour empêcher la FDA de mentionner les résultats de l’étude dans les feuillets accompagnant le médicament et la FDA se trouva même forcée de faire une enquête qui conclut que les données de l’étude n’avaient pas été falsifiées97 !

L’utilisation du tolbutamide aurait dû être arrêtée par le retrait du médicament du marché, au moins temporairement, pendant que ceux qui étaient sceptiques au regard des résultats de l’étude réaliseraient une autre étude. Mais la FDA ne l’a jamais exigé d’Upjohn et cela n’a jamais été fait.

Personne ne semble disposé à apprendre quoi que ce soit – ou au moins pas beaucoup – sur l’historique quand il s’agit de la régulation des médicaments. L’histoire se répète sans cesse. Pendant les 40 années qui ont suivi l’étude UGDP, l’industrie a tout simplement arrêté de faire des études qui auraient pu révéler que ses médicaments contre le diabète augmentent les événements cardiaques et nos régulateurs de médicaments la laissent s’en tirer99, ce qui est passablement scandaleux. La rosiglitazone est un exemple récent de médicament pour le diabète autorisé sur la foi de son effet sur le glucose sanguin, mais il s’agit aussi d’un médicament qui augmente les complications cardiovasculaires qu’il est censé prévenir, et qui a été retiré du marché européen en 2010 après avoir fait mourir des milliers de patients (voir le chapitre 16).

Des histoires s’appliquant à d’autres domaines de la thérapeutique existent100. Une étude de la suppression de l’arythmie cardiaque (CAST) a dû être arrêtée avant terme parce que les deux médicaments actifs, l’encaïnide et le flécaïnide, entraînaient le décès des patients. À l’origine, cette étude avait été conçue pour être unilatérale, ce qui signifie que le médicament ne peut être que neutre ou bénéfique, vu que les cardiologues ne pouvaient imaginer que les traitements puissent être nuisibles101. Au sommet de leur utilisation à la fin des années 1980, les médicaments antiarythmiques provoquaient probablement 50 000 morts par an dans les seuls États-Unis, ce qui est du même ordre de grandeur que le nombre total des Américains qui ont péri pendant la guerre du Vietnam102. Ces médicaments étaient largement utilisés parce qu’ils avaient un effet sur un résultat de substitution, l’ECG et bien que la FDA eût de sérieuses inquiétudes pour sa sécurité, elle céda aux pressions des compagnies, ce qui, – d’une manière tout à fait prévisible -mena à ce que le médicament soit maintenant largement employé chez les bien-portants qui ont des troubles bénins du rythme qui en affectent plusieurs parmi nous.

Le réduction d’une tumeur est un autre résultat de substitution populaire et trompeur. L’intérêt primordial des patients atteints du cancer est de survivre, mais certains traitements qui réduisent les dimensions de la tumeur cancéreuse augmentent la mortalité, par exemple la radiothérapie chez les femmes qui ont eu un cancer diagnostiqué par dépistage103. On peut dire la même chose de plusieurs, sinon de la plupart des médicaments du cancer. De fortes doses peuvent avoir un meilleur effet sur le cancer, mais peuvent aussi tuer plus de patients. Quand la dose est assez élevée, tous les cancers sont détruits, mais il en va de même pour tous les patients. Cela démontre l’absurdité de ce résultat de substitution.

En 2008, la FDA a autorisé en accéléré le bevacizumab (Avastin) pour le traitement du cancer métastatique du sein, bien qu’il n’ait pas augmenté la survie, seulement la survie sans progression du cancer104. Ceci n’est pas qu’un résultat de substitution mais aussi un résultat porté au biais, puisqu’il est passablement subjectif de décider s’il y a eu progression. La FDA imposa à la compagnie de faire plus d’études, lesquelles ne montrèrent pas un effet sur la survie sans progression alors qu’elles mirent en évidence des effets nocifs graves y compris des décès. Trois ans plus tard, le médicament, qui coûte chaque année le prix de plusieurs voitures neuves, environ 88 000 dollars, a été abrogé pour le cancer du sein105.

L’absence de données adéquates sur la sécurité n’est pas acceptable

C’est une faillite majeure de la régulation du médicament quand des médicaments aux effets nocifs connus sont approuvés sans données adéquates sur leur sécurité. Les inhibiteurs des COX-2 sont un exemple parfait, puisque leur mécanisme d’action prédisait une augmentation du risque de mortalité cardiovasculaire. Quand j’ai discuté de cela avec un régulateur de médicaments, il me répondit que s’ils exigeaient de telles données, cela retarderait pendant des années l’introduction de médicaments de valeur.

Je n’accepte pas cet argument. Une compagnie pharmaceutique pourrait réaliser facilement une grande étude de son inhibiteur COX-2 qui pourrait révéler les risques et c’est la faute de l’industrie quand elle estime qu’elle peut s’en tirer en tournant les coins ronds. Si le rofecoxib (Vioxx) avait été étudié avec des populations pertinentes de patients, ses effets nocifs auraient été détectés très rapidement, puisque le nombre qu’il faut traiter pendant un an pour causer un infarctus additionnel n’est que de 70 patients19. Il y a aussi un problème éthique primordial qu’on ne peut écarter avec des revendications mesquines de considérations pratiques ni de perte potentielle de revenus. Malheureusement, les agences du médicament baissent les bras devant les arguments indéfendables de l’industrie.

Le Vioxx a été retiré en 2004 et le valdecoxib (Bextra) en 2005. Avant que le Bextra soit retiré du marché, neuf des dix conseillers de la FDA ayant des liens avec l’industrie ont voté pour qu’on le maintienne sur le marché106 !

En 2008, la FDA s’est demandée si, à l’avenir, elle devrait exiger des études post-marketing dotées de résultats pertinents comme la morbidité cardiovasculaire et la mortalité107. Toutefois, seulement le tiers de telles études ont été réalisées46, et la FDA est connue pour ne pas les exiger parce qu’elle ne dispose pas de l’autorité dans ce dessein22. Depuis 2007, le défaut de réaliser une étude post-marketing ou de faire un changement requis de l’étiquetage, peut entraîner une amende, mais pas plus de 10 millions de dollars54. Comme ce ne sont que des broutilles pour l’industrie, il s’agit là d’un écran de fumée ou d’un faux remède. Même quand les études ont été réalisées, elles pourraient montrer que le médicament a tué des milliers de patients, ce qu’on aurait pu éviter en exigeant les études pertinentes avant que les agences du médicament décident qu’un médicament est approuvé. Les études post-marketing sont donc une très mauvaise idée par comparaison avec le rejet d’une demande d’autorisation de mise en marché. On a besoin des données pertinentes pour tout nouveau médicament d’une classe thérapeutique, vu qu’un nouveau médicament pourrait tuer les gens même si dix médicaments semblables ne le font pas.

Un autre problème est que les études post-marketing qu’on requiert ne sont pas nécessairement des études randomisées mais peuvent n’être que des études d’observation qui sont très médiocres pour détecter les indices d’effets nocifs. Ceux qui sont traités diffèrent en plusieurs manières de ceux du groupe de comparaison qui ne sont pas traités et le doublement du taux des crises cardiaques parmi un groupe de personnes âgées peut s’expliquer simplement par le fait que ces patients sont plus portés à faire une crise cardiaque que d’autres patients. Les patients souffrant d’arthrite rhumatoïde sont plus portés à faire une crise cardiaque que les autres gens du même âge, ce qui rend difficile de voir si les inhibiteurs des COX-2 causent leur décès.

Le signalement spontané des effets secondaires graves des médicaments en marché aux régulateurs est aussi une méthode faiblarde pour la détection des effets nocifs. En 2010, la FDA a averti Pfizer dans une lettre de 12 pages pour avoir failli de signaler promptement des effets secondaires graves et inattendus de ses médicaments, après qu’elle eut procédé à une inspection de six semaines des quartiers généraux de Pfizer108. Pfizer avait mal classifié ou réduit l’importance de signalements non sérieux, sans justification raisonnable et omis de soumettre des signalements de cécité causée par le Viagra (sildenafil) et des médicaments similaires à l’intérieur de l’intervalle de 15 jours déterminé par l’agence. Pfizer avait été mise en garde en 2009, mais la FDA nota que les délais de la compagnie pour signaler les effets nocifs à l’agence n’avaient qu’augmenté. On a dit à Pfizer qu’à défaut de corriger ces problèmes, des poursuites sans préavis pourraient être engagées et que des délais pourraient survenir dans l’approbation des médicaments de la compagnie en attente d’autorisation.

En 2012, Roche a été réprimandée par l’EMA pour n’avoir pas signalé 80 000 effets secondaires potentiellement néfastes de ses médicaments comprenant 15 161 décès survenus aux États-Unis109. Les régulateurs ont identifié d’autres déficiences liées à l’évaluation et au signalement aux agences nationales de la santé de réactions potentiellement néfastes chez 23 000 autres patients et 600 participants à des études cliniques.

TROP D’AVERTISSEMENTS ET TROP DE MÉDICAMENTS

Tous les médicaments comportent une longue liste d’avertissements, de contre-indications et de précautions, expliquant par exemple les types de patients, les maladies et les autres médicaments consommés par les patients qui pourraient rendre dangereuse la consommation de ce médicament. Il suffit de regarder la publicité d’un périodique médical pour voir à quel point cela peut être impressionnant ; on peut trouver plus de 20 avertissements pour un seul médicament. Voici un exemple.

Les statines

Certains de mes collègues sont obsédés par le cholestérol et croient que toute personne de plus de 50 ans devrait prendre une statine, peu importe leur niveau de cholestérol, puisqu’elle réduira leur risque de décès. Ils disent aussi que les statines n’ont pas d’effets secondaires dignes de mention, ou même qu’elles n’ont pas d’effets secondaires110. Examinons une publicité publiée dans les premières pages du JAMA du 19 septembre 2012. On pouvait lire :

« Essayez le LIVALO pour abaisser le LDL-C et améliorer les autres paramètres des lipides ».

Ce n’est pas le motif pour lequel on pourrait envisager la possibilité de prendre une statine, n’est-ce pas ? On souhaiterait la prendre pour réduire le risque de mourir et non pour améliorer certaines valeurs de laboratoire. Peut-on être certain qu’une statine particulière réduit le risque de mourir ? Non, on ne le peut pas parce les statines sont approuvées selon leurs effets sur les lipides du sang. Le LIVALO pourrait réduire le risque de mourir de maladie cardiaque, mais il pourrait aussi augmenter le risque de périr d’autres causes, de sorte qu’on ne peut pas savoir ce que sont ses chances avec ou sans LIVALO.

Après la lecture des deux premières lignes de l’annonce, je dirais non merci. Il ne faut pas consommer des médicaments qui « sauvent la vie » sans savoir s’ils augmentent ou réduisent le risque de mourir.

Continuons. À la page 2 de la publicité, on lit :

« Le traitement médicamenteux devrait être une composante d’une intervention sur plusieurs facteurs de risque chez les personnes qui requièrent une modification de leur profil des lipides. Les produits réduisant les lipides devraient être utilisés en plus d’une diète comportant des restrictions des graisses saturées et du cholestérol quand la réponse à la diète et aux autres mesures non pharmacologiques se révèle insuffisante. »

Ah ! Ah ! Ce n’est pas ce que mes collègues bien intentionnés racontent quand ils sont à la veille de recommander qu’on mette des statines dans l’aqueduc. Je ne suis pas à la diète ni astreint à quelqu’autre « mesure non pharmacologique » (Qu’est-ce que cela pourrait bien être ?) et comment peut-on décider qu’il me faut modifier mon profil des lipides ? Peut-on voir à quel point tout cela est subjectif et combien est vaseux le langage régulatoire ?

Un peu plus loin arrive ce que je souhaitais savoir, mais curieusement sous une rubrique intitulée « Restrictions d’utilisation » :

  • Les doses de LIVALO excédant 4 mg par jour ont été associées à une augmentation du risque de maladie musculaire grave dans les études cliniques requises pour l’autorisation de mise en marché. Il ne faut pas dépasser la dose quotidienne de 4 mg de LIVALO.

  • L’effet du LIVALO sur la morbidité et la mortalité cardio-vasculaires n’a pas été déterminé.

Je le savais ! On n’a aucune idée si le LIVALO fait ce qu’on souhaite qu’il fasse. Et je cours le risque de lésions musculaires graves. Les gens absorbent et métabolisent les médicaments d’une manière différente et certains souffriront sans doute de lésions musculaires graves même sans jamais dépasser la dose de 4 mg par jour. Ce pourrait être moi. À ce moment-ci, mon interprétation libre du nom du médicament est FOUTEZ-MOI LA PAIX !

La première page de la publicité ne dit rien de l’avantage potentiel du médicament à part le titre sur les lipides qui n’est d’aucune utilité. Le reste de la page parle des effets nocifs sous la rubrique « Informations importantes pour la sécurité ». Mon scepticisme augmente :

« Des cas de maladie musculaire et de rhabdomyolyse avec insuffisance rénale aiguë par myoglobinurie ont été rapportés avec les inhibiteurs de la réductase HMG-CoA, incluant le LIVALO. » De tels effets augmentent avec la dose, avec l’âge (> 65 ans), avec une maladie rénale, avec l’hypothyroïdisme mal traité et en combinaison avec les fibrates ou les doses de niacine excédant 1 g. par jour.

Puis cela devient vraiment difficile. « Le traitement au LIVALO doit être arrêté quand les niveaux de CK augmentent de manière marquée ou qu’une maladie musculaire a été diagnostiquée ou soit soupçonnée » et « Prévenez les patients de signaler immédiatement toute douleur musculaire, sensibilité ou faiblesse, plus particulièrement quand ces souffrances sont accompagnées de malaises, de faiblesse ou de fièvre, et d’arrêter le médicament si ces signes ou symptômes apparaissent. »

Mon Dieu ! CK signifie créatinine kinase, une enzyme musculaire. Les patients traités aux statines ont souvent pareils symptômes111 (bien que la publicité dise à tort qu’ils sont rares), alors comment les patients pourraient-ils savoir quand il faut arrêter le LIVALO ?

On nous parle aussi des lésions au foie. Les enzymes du foie devraient être testés avant de commencer le traitement et quand des signes et des symptômes de lésions du foie apparaissent. Il semble un peu tard pour mesurer les enzymes du foie quand le foie est déjà blessé. « Il y a eu des signalements rares d’insuffisance hépatique fatale et non fatale chez des patients prenant des statines, y compris la pitavastatine. » Ce médicament pourrait me tuer.

Le LIVALO peut aussi augmenter le glucose sanguin ce qui augmentera mon risque de mourir de problèmes cardio-vasculaires, ce contre quoi LIVALO est censé me protéger.

Je m’arrête ici, mais il est important de comprendre que les médicaments ne sont jamais sécuritaires. Les vestes de flottaison sont toujours utiles à bord d’un bateau puisqu’elles peuvent sauver la vie. Elles ne tuent pas. Les médicaments ne sont pas comme cela. La consommation d’une statine peut réduire le risque de mourir d’une maladie cardiaque, mais aussi accroître le risque de périr de quelques autres causes. Pas beaucoup de médicaments mais une statine, la cerivastatine (Baycol), a été retirée du marché après que des patients furent décédés de lésions musculaires et d’insuffisance rénale.

Tout le monde doit tenir compte du pour et du contre lors de la consommation d’un médicament et son médecin n’est pas nécessairement la meilleure personne à interroger, parce la plupart des médecins se sont fait laver le cerveau et plusieurs ont été corrompus par l’industrie pharmaceutique. Quand on ne meurt pas d’une maladie cardiaque, on finit certainement par mourir d’autre chose. Un homme de 65 ans qui ne fume pas et dont la pression systolique est de 140 mm Hg et un cholestérol de 5mmol/L peut s’attendre à vivre trois mois de plus s’il consomme une statine pour le reste de ses jours112. Ce n’est pas beaucoup surtout quand ce bonus arrive au moment où le patient est dément et incontinent dans une pension médicalisée et aurait plutôt souhaité avoir un médicament qui abrège toute cette misère. Il faudrait aussi demander aux patients ce que sont leurs expériences. Un enquête menée auprès de plus de 10 000 personnes a trouvé que les effets musculaires étaient mentionnés par 60 % des anciens consommateurs et par 25 % de ceux qui prenaient le médicament110.

D’autres médicaments agissant sur les lipides sont aussi intéressants. On attendait un avantage de l’augmentation des lipoprotéines à haute densité avec un médicament qui faisait cela mais cela n’avait aucun effet sur la progression de l’athérosclérose coronarienne dans les études comptant environ 1000 patients107. Le nom chimique de ce médicament est le torcetrapib. Peut-on le prononcer et s’en rappeler ? Un motif expliquant que les noms chimiques inventés par les compagnies pharmaceutiques sont si fantaisistes est que les médecins se trouvent contraints d’utiliser le nom commercial et moins à même de prescrire un générique moins coûteux quand le brevet du médicament vient à échéance. Par chance, la compagnie a fait une grande étude comptant 15 000 patients et comme elle a montré que le médicament tuait les gens, le manufacturier a cessé de le mettre au point.

Un autre médicament modifiant les lipides, l’exetimibe, a été autorisé par la FDA en 2002 parce qu’il avait réduit le cholestérol à basse densité du sang de 15 %107. En 2007. les ventes de ce médicament ont atteint $5 milliards aux États-Unis, bien que personne ne sache si ce médicament est avantageux ou nuisible.

Les avertissements sont de fausses solutions

Il est impossible pour les cliniciens de savoir ce qu’ils devraient savoir à propos des médicaments pour les prescrire en toute sécurité et il n’est donc pas surprenant que les médecins puissent faire bien des erreurs médicales. Le problème fondamental est que les régulateurs prennent les médicaments un à un et se fichent de ce que les médecins ne peuvent pas bien connaître tous les avertissements concernant les médicaments qu’ils prescrivent. Ce qui compte pour les régulateurs c’est : ce n’est pas notre faute. On vous a prévenus n’est-ce pas ?

Tout médecin sait que l’anticoagulant warfarin peut interagir dangereusement avec d’autres médicaments et certains aliments, mais les médecins ne peuvent même pas utiliser ce médicament en sécurité. Dans une étude, 65 % des patients recevaient au moins un autre médicament capable d’augmenter le risque de saigner avec le warfarin, et dans une autre étude, environ le tiers des patients recevaient de tels médicaments13.

Le cisapride (Propulsid de Johnson & Johnson) était censé promouvoir la vidange gastrique, mais il n’est plus sur le marché parce qu’il cause des arythmies cardiaques qui tuent les gens. En 1998, la FDA a alerté à propos des contre-indications pour ce médicament avec des additions à l’étiquette en encadré noir et les praticiens ont été avertis au moyen d’une lettre expédiée par le manufacturier. Ces avertissements n’eurent pratiquement pas d’effets114. Au cours de l’année précédant l’action régulatoire, l’utilisation du cisapride était contre-indiquée pour 26 %, 30 % et 60 % des utilisateurs dans trois sites d’étude et pendant l’année suivant l’action régulatoire, l’utilisation était contre-indiquée chez 24 %, 28 % et 58 % des utilisateurs. Johnson & Johnson a vendu le médicament pour plus d’un milliard de dollars chaque année, bien qu’il n’aurait jamais dû être approuvé. Quand la FDA convoqua une réunion publique en 2000, un cadre de la compagnie reconnut qu’on n’avait pas pu montrer que le médicament est efficace85. Une fois encore, l’insuffisance régulatrice allait résulter en tragédies pour des gens bien réels115 :

Vanessa était une fille bien portante. Elle ne buvait pas, ne fumait pas, ni ne prenait des médicaments – avec une exception : au cours de la dernière année, elle avait pris périodiquement du cisapride, un médicament pour traiter les régurgitations acides, mis en marché sous le nom de Prepulsid. Son médecin, qui lui avait diagnostiqué une forme légère de boulimie, l’avait prescrit après quelle se soit plaint de régurgitations et de ballonnements après les repas. Ni leur médecin ni le pharmacien n’ont mentionné les risques. Le 19 mars 2000, son père a vu sa fille de 15 ans choir sur le plancher à domicile. « On l’a amenée rapidement à l’hôpital où elle décéda le jour suivant. La cause du décès : arrêt cardiaque. Cinq mois plus tard, le médicament fut retiré du marché mais il était trop tard pour Vanessa.

À cause de la perte de sa fille, son père se lança en politique et fut élu au Parlement du Canada parce qu’il souhaitait changer la régulation des médicaments. Il était pétri d’incrédulité que les médicaments ordonnancés ne soient pas plus rigoureusement réglementés que les autres menaces pour la sécurité publique : « Le ministre des transports ne négocie pas avec les camionneurs pour retirer les véhicules dangereux de la voie publique », dit-il. En vertu de la loi, les médecins doivent signaler ceux dont la conduite est inacceptable et on les paie pour ce faire. Autoriser d’une manière accélérée l’accès au marché des médicaments est comme ordonner aux aiguilleurs du ciel de faire atterrir les avions plus rapidement. Onze ans après l’enquête sur le décès de sa fille, aucune de ses principales recommandations de réforme n’avait été mise en place.

On a accès à des milliers de médicaments et je me demande pourquoi personne n’a jamais évalué si la disponibilité d’autant de médicaments fait plus de tort que de bien. Je suis certain que c’est bien le cas. Sinon, les médicaments ne seraient pas la troisième principale cause de mortalité.

Les médecins ne peuvent pas connaître tous les dangers mais les patients le peuvent. Ils peuvent lire les encarts des emballages attentivement et cesser de consommer le médicament s’ils pensent qu’ils est trop dangereux pour eux. J’espère aussi que le présent livre contribuera à soulever l’indignation de tant de citoyens qu’ils protesteront et manifesteront tant qu’il le faudra pour contraindre les politiciens à instaurer les réformes qui sont nécessaires.

On en sait bien peu au sujet de la polypharmacie

La plupart des patients sont en traitement avec plusieurs médicaments, particulièrement, les plus âgés. Une étude suédoise de 762 personnes vivant dans des maisons de retraite a trouvé que 67 % s’étaient fait prescrire 10 médicaments et plus116. Un tiers était traité avec trois médicaments psychoactifs ou plus ; près de la moitié recevait des antidépresseurs ou des tranquillisants ; enfin des médicaments anticholinergiques (par exemple pour incontinence urinaire) étaient utilisés pour le cinquième. Tous ces médicaments sont capables de détraquer la fonction cognitive, de provoquer de la confusion et des chutes, ce qui entraîne une mortalité élevée chez les aînés. Les symptômes sont souvent mal interprétés par les patients et les gens qui s’en occupent passent pour des signes du vieillissement ou d’une maladie imminente, par exemple la démence ou la maladie de Parkinson. Or, quand les médecins arrêtent les médicaments, plusieurs patients rajeunissent de plusieurs années, laissent tomber le déambulateur qu’on leur avait donné parce qu’ils ne pouvaient plus maintenir leur équilibre et deviennent à nouveau actifs. Une étude américaine a trouvé que près de 18 % des patients de Medicare consommaient des médicaments qui n’étaient pas sécuritaires pour les gens âgés85.

Comme pour les régulateurs, les médecins voient un problème à la fois et commencent habituellement un traitement médicamenteux chaque fois. Ils oublient souvent d’arrêter un médicament quand il n’est plus requis. Ma plus importante contribution à la médecine interne a été d’arrêter les médicaments chez les patients nouvellement admis, pour m’apercevoir que, très souvent, les patients revenaient intoxiqués avec les mêmes médicaments que leur médecin leur avait prescrits, à leur prochaine admission à l’hôpital. C’est certainement un long combat à contre-courant.

Bien qu’on ne sache que peu de choses sur ce qui arrive quand les patients prennent plusieurs médicaments, on en sait assez pour agir. Chaque médicament peut affecter plusieurs fonctions du corps en plus de celle qui est visée et l’ensemble des médicaments peuvent interagir de manières imprévisibles. On sait aussi que les aînés sont souvent surtraités, avec des conséquences nuisibles. Une étude randomisée a montré que la réduction des médicaments abaissait tant la mortalité que l’admission à l’hôpital et une étude subséquente chez 70 patients dont le nombre des médicaments avait été réduit de 7,7 à 4,4 par patient a montré que 88 % avaient connu une amélioration globale de leur santé et la plupart ont eu une amélioration de leurs fonctions cognitives117. Voici une histoire typique, à part le fait que peu d’aînés sont aussi chanceux118 :

À l’âge de 88 ans, mon père fut admis à l’hôpital pour étourdissements, lesquels étaient apparus après qu’on eut augmenté la dose de ses médicaments. À l’hôpital, on lui donna plus de médicaments ce qui le rendit confus, effrayé et incohérent. C’est alors que son médecin le transféra dans une maison de retraite, où il était sale, il pleurnichait et demandait aux gens de lui tenir la main. 11 était identifié comme NPR (ne pas ressusciter) – et encore plus médicamenté.

J’ai persuadé le médecin de la maison de retraite d’interrompre toute médication et j’ai engagé une infirmière privée pour donner à mon père, une diète organique – riche en fruits, légumes, grains, fèves, noix et graines. En trois jours mon père récupéra si miraculeusement, que les infirmières du département ne le reconnaissaient plus. Quand j’appelai pour lui parler, mon père était redevenu lui-même et il me dit qu’il s’embêtait et espérait jouer aux cartes. Mon père fut congédié le jour suivant et mourut plusieurs années plus tard, dans la paix de son domicile.

Voici une autre histoire, celle d’une femme qui avait 88 ans elle aussi. Elle fut admise à l’hôpital après un épisode de diarrhée et d’étourdissements119. Sa famille a été rapidement frappée par la rapide détérioration de sa santé et l’apparition de nouveaux symptômes étranges, comprenant des idées délirantes et l’impossibilité de la réveiller. On s’aperçut qu’elle prenait plusieurs nouveaux médicaments dont un analgésique et un antidépresseur, alors qu’elle n’était pas déprimée mais pleurant avec raison la perte de sa vie antérieure, puisqu’elle se trouvait coincée dans une chambre d’hôpital. Au même moment, un psychiatre diagnostiqua la maladie d’Alzheimer et suggéra qu’elle prenne du donezepil (Aricept). Sa bru refusa cela et lui enleva plusieurs médicaments, ce qui eut un effet spectaculaire. Elle redevint elle-même à nouveau. Cette expérience transforma la bru en militante pour les patients : « Je regardais tous les autres pensionnaires dans les établissements de soins de longue durée, où les membres de la famille ne connaissaient pas les problèmes ou ne souhaitaient pas faire de vagues et je me dis : « Qui prendra la défense de ces gens ? »

La médecine moderne ne fonctionne pas bien pour les personnes âgées. Tout clinicien a vu l’octogénaire médicalisé et obsédé par l’arthrite, la maladie d’Alzheimer et les niveaux de son cholestérol sanguin. Comparons ce patient avec quelqu’un d’autre dont la condition physique est semblable qui reconnaît que ses genoux sont en piteux état et qui a du mal à se souvenir de certaines choses. Lequel des deux patients est le mieux portant120 ?

Peter Gøtzsche
https://twitter.com/PGtzsche1?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Eauthor


Notes du CHAPITRE 10 :

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[Fausse pharmacovigilance, corruption des autorités, abus de pouvoir] L’impuissance de la régulation des médicaments, par Peter Gøtzschehttps://t.co/XzYjfSierg

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DOCTOTHON : remarquable mise en scène, par les citoyens eux-mêmes, du DISSENSUS SCIENTIFIQUE à propos du coup d’État « COVID » (mise en scène interdite par les « médias mainstream » corrompus)

Chers amis,

Je vous signale ici (en retard, pardon), une initiative citoyenne importante pour défendre la démocratie, le « doctothon ».

La démocratie, c’est la mise en scène des conflits politiques, pour bien éclairer l’opinion avant de décider.

La méthode scientifique, elle aussi, repose sur l’organisation de l’exposé public, loyal et rigoureux, des dissensus scientifiques, pour bien éclairer l’opinion, là aussi.

Or aujourd’hui, « les médias », qui accaparent le monopole de cette mise en scène, interdisent carrément cette confrontation publique loyale sur « la crise sanitaire », en censurant la plupart des opinions dissidentes, pour faire croire à un consensus scientifique et politique, alors que celui-ci n’existe pas.

Le « doctothon » résiste au rouleau compresseur de la censure : c’est une remarquable initiative citoyenne pour donner, pendant 24 h, la parole à 300 docteurs, médecins et scientifiques, sur la « crise Covid » (qui est en fait, de mon point de vue, un coup d’État planétaire sous prétexte sanitaire).

J’ai déjà vu passer plein d’informations intéressantes et importantes sur ce long événement : https://www.doctothon.com/

Programme partie 1 :
https://www.doctothon.com/accueil-du-doctothon/horaire-partie-1

Programme partie 2 :
https://www.doctothon.com/accueil-du-doctothon/horaire-partie-2

(La première partie ci-dessous commence apparemment à 1h33:20)

Partie 2 :

Il va nous falloir du temps pour mettre en valeur, dans ce long flot de témoignages, les interventions les plus importantes.

Je vous propose de signaler en commentaire le minutage des passages qui vous semblent particulièrement remarquables (ou critiquables).

Je vous propose aussi, dans les commentaires de ce billet, de regrouper ici toutes les informations montrant le profond DISSENSUS scientifique qui règne en fait, partout sur terre, sur les décisions politiques liberticides imposées par les gouvernements abusifs, sous des prétextes pseudo-scientifiques.

Bon courage à tous, tenez bon.

Je viens du futur merci davoir tenu bon

Étienne.

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[Libertés, Éthique, Citoyens comme seuls défenseurs possibles de la Démocratie] Julie Ponesse, professeur d’éthique : la covid révèle les dangers du conformisme, la banalité du mal, et la nécessité de l’héroïsme

Chers amis,
Je vous signale cet exposé (18 min) que je trouve important.
Je vous copie, en dessous de la vidéo, une retranscription complète, à lire le crayon à la main.
À connaître, et à faire connaître, il me semble.
Étienne.

 

Julie Ponesse, professeur d’éthique, sur la politique COVID : « La plus grande menace pour l’humanité à laquelle nous ayons jamais été confrontés »

Revenez quelques années en arrière, à l’automne 2019, par exemple. Que faisiez-vous alors ? À quoi ressemblait votre vie ? A quoi teniez-vous alors ? De quoi aviez-vous le plus peur ? Comment imaginiez-vous l’avenir ?

Voilà la personne avec laquelle j’aimerais parler pendant les 15 prochaines minutes, et je commencerai par ma propre histoire ; à la fin, j’aurai une faveur à demander et un petit secret à partager.

À l’automne 2019, j’étais professeur d’éthique et de philosophie antique ; j’enseignais aux étudiants la pensée critique et l’importance de la réflexion personnelle, comment poser de bonnes questions et évaluer les preuves, comment apprendre du passé et pourquoi la démocratie exige la vertu civique.

Faisons un accéléré au 16 septembre 2021, date à laquelle j’ai reçu une lettre de « licenciement avec motif » après avoir contesté, et refusé de respecter, la vaccination obligatoire imposée par mon employeur. J’ai été licenciée pour avoir fait exactement ce pour quoi j’avais été engagée. J’étais un professeur d’éthique qui remettait en question ce que je considérais comme une exigence contraire à l’éthique. Il ne faut pas chercher bien loin pour voir l’ironie de la chose.

Le Canada est régi par des lois qui sont fondées sur l’éthique. On pourrait dire que l’éthique est le fondement de notre démocratie.
« Le droit de déterminer ce qui doit ou ne doit pas être fait avec son propre corps, et d’être libre vis-à-vis des traitements médicaux non consensuels, est un droit profondément ancré dans notre système de common law. » Ces mots ne sont pas de moi ; ce sont ceux du juge Sydney Robins de la Cour d’appel de l’Ontario.

À de très rares exceptions près, le corps de chaque personne est considéré comme inviolable dans le droit canadien, et c’est l’éthique sous-jacente du Code de Nuremberg, la promesse faite à l’humanité que nous n’autoriserions plus jamais des prises de décision médicale non informée et non volontaire, même pour le bien du patient, et même au nom du bien public.

Par définition, la vaccination obligatoire est une stratégie d’immunisation coercitive : en l’absence de coercition – la menace de perdre son emploi, par exemple – les gens accepteraient volontairement de faire ce que l’obligation tente de réaliser !

Aujourd’hui, les employeurs prennent nos carrières en otage et nous privent de notre participation à l’économie et à la vie publique. Leur justification est suivante : « Nous sommes en pleine pandémie, et nous devons donc renoncer à l’autonomie de notre corps au nom du bien public. »

Parlons donc un peu d’autonomie et de bien public.

En cas d’urgence, le Parlement et les législatures provinciales disposent d’un pouvoir limité pour adopter des lois qui violent certains droits de la Charte au nom du bien public. Mais, pour justifier ces violations, la vaccination obligatoire devrait satisfaire à un seuil d’exigence très élevé : il faudrait, par exemple, que le COVID-19, soit un agent pathogène très virulent pour lequel il n’existe aucun traitement adéquat, et l’efficacité et la sécurité des vaccins devraient être démontrées.

L’état actuel des choses au Canada ne répond à aucun de ces critères.

Considérons les faits suivants :

1) le COVID-19 a un taux de fatalité par rapport à l’infection qui ne représente même pas 1 % de celui de la variole (et il pose encore moins de risque pour les enfants) ;

2) il existe un certain nombre de produits pharmaceutiques sûrs et très efficaces pour le traiter (notamment des anticorps monoclonaux, l’Ivermectine, la fluvoxamine, la vitamine D et le zinc) ;

3) Les vaccins ont fait l’objet de plus d’événements indésirables (y compris d’innombrables décès) que tous les autres vaccins sur le marché au cours des 30 dernières années.

À la lumière de ces faits, je me pose de nombreuses questions :

Pourquoi les vaccinés se voient-ils accorder des passeports vaccinaux et l’accès aux espaces publics, alors que le directeur du CDC a déclaré que les vaccins COVID-19 ne peuvent pas empêcher la transmission ?

Pourquoi la vaccination est-elle la SEULE stratégie d’atténuation alors que les preuves émergentes (y compris une étude récente de Harvard) ne mettent en évidence aucune relation perceptible entre le taux de vaccination et les nouveaux cas ?

Pourquoi notre gouvernement continue-t-il de ne pas recommander l’ivermectine comme traitement, alors que les National Institutes of Health des États-Unis le soutiennent et que l’État d’Uttar Pradesh, en Inde, l’a distribué à ses 230 millions d’habitants, réduisant ainsi son taux de mortalité liée au COVID à près de zéro ? Comment l’Inde a-t-elle pu dépasser le Canada en matière de soins de santé ?

Pourquoi sommes-nous sur le point de vacciner des enfants de 5 ans alors que le COVID présente pour eux moins de risques que les réactions potentielles aux vaccins ET alors qu’il n’existe AUCUN système de surveillance efficace des vaccins ?

Pourquoi nous concentrons-nous sur les avantages limités de l’immunité induite par le vaccin alors que des études dans le monde réel montrent que l‘immunité naturelle est plus protectrice, plus puissante et plus durable ?

Pourquoi flétrissons-nous ceux qui hésitent à se faire vacciner et non ceux qui veulent imposer le vaccin à tout prix ?

« Pourquoi, comme l’a récemment demandé une infirmière, les personnes protégées doivent-elles être protégées des personnes non protégées en contraignant les personnes non protégées à utiliser une protection qui de toute façon n’a pas protégé les personnes protégées ? »

À tous les égards et sous tous les angles, ce château de cartes est sur le point de s’effondrer…

Mais la question qui m’intéresse est de savoir pourquoi il ne s’est pas déjà effondré ? Pourquoi ces questions ne font-elles pas la une de tous les grands journaux du Canada chaque jour ?

Les bonnes personnes n’ont-elles tout simplement pas vu les bonnes données ? S’agit-il simplement d’une erreur administrative… à l’échelle mondiale ?

Qu’est-il donc arrivé à nos dirigeants ? Notre premier ministre a lancé le cri de guerre : « Ne croyez pas que vous monterez dans un avion », a-t-il menacé. Les promesses de campagne sont devenues des politiques publiques ségrégationnistes. Notre gouvernement nous encourage quotidiennement à nous diviser et à être haineux.

Comment les choses ont-elles pu changer si radicalement ? Comment nous, Canadiens, avons-nous pu changer aussi radicalement ?

J’observe que nous sommes confrontés à une pandémie, non pas seulement d’un virus, mais d’une pandémie de conformisme et de complaisance, dans une culture du silence, de la censure et de l’intimidation institutionnalisée.

Les médias mainstream aiment à dire que nous menons une « guerre de l’information » : que la désinformation, et même le questionnement et le doute, ont été les fléaux de cette pandémie.

Mais ce n’est pas seulement l’information qui a été instrumentalisée comme arme, dans cette guerre ; c’est aussi le droit d’une personne à penser par elle-même.

J’ai entendu dire : « Eh bien, je n’y connais pas grand-chose en virus, donc je ne devrais pas vraiment avoir d’opinion », mais…
La question n’est pas de savoir si vous en savez plus sur la virologie que nos responsables de la santé publique ; la question est de savoir pourquoi nous ne leur reprochons pas tous de ne pas être prêts à s’engager sur la voie des preuves et à débattre avec celui qui a une opinion différente.

Nous devrions demander non pas un résultat, mais le rétablissement d’un processus.

Sans ce processus, nous n’avons pas de science, nous n’avons pas de démocratie.

Sans ce processus, nous sommes dans une espèce de guerre morale.

Mais, les guerres du passé avaient des frontières claires et nettes : l’Est et l’Ouest, les patriotes et le gouvernement.

La guerre où nous nous trouvons aujourd’hui est une guerre d’infiltration et non d’invasion, d’intimidation et non de libre choix, de forces psychologiques si insidieuses que nous en venons à croire que les idées sont les nôtres et que nous y faisons notre devoir en abandonnant nos droits.

Comme l’a dit récemment un sage collègue, « C’est une guerre qui porte sur le rôle du gouvernement. Il s’agit de notre liberté de penser et de poser des questions, et de savoir si l’autonomie individuelle peut être réduite à un privilège conditionnel ou si elle demeure un droit. C’est une guerre qui vise à déterminer si vous devez rester un citoyen ou devenir un sujet. Il s’agit de savoir à qui vous appartenez… à vous-même ou à l’État. »

Elle porte sur le point où nous établissons la ligne de démarcation.

Il n’est pas question ici de libéraux et de conservateurs, de pro et d’anti-vaxx, d’experts et de profanes. Chacun a le devoir de se soucier de la vérité, chacun devrait se soucier des processus scientifiques et démocratiques, chacun devrait se soucier des autres.

Je dirais qu’il n’y a pas grand-chose à faire pour assurer la survie de notre nation si notre liberté de débattre, de critiquer, d’exiger des preuves quant à ce que notre gouvernement nous demande, ne survit pas avec elle.

En tant que personne née dans les années 70, je n’ai jamais pensé que je devrais mener CE type de guerre ; que le droit à l’autonomie corporelle, à l’échange libre et transparent d’informations serait menacé.

Pensez un instant aux horreurs les plus inimaginables du siècle dernier – la « solution finale », l’apartheid sud-africain, les génocides rwandais et cambodgiens. Ne sommes-nous pas censés nous souvenir des atrocités du passé pour ne pas les répéter ? Eh bien, la mémoire est courte, les chaînes familiales sont brisées, les nouveaux soucis éclipsent les anciens, et les leçons du passé se perdent dans l’histoire ancienne pour être oubliées.

Aujourd’hui, les vaccinés semblent jouir de tous les droits et privilèges d’une société civilisée : liberté de mouvement, accès à l’éducation, approbation des gouvernements, des législateurs, des journalistes, des amis et de la famille. La vaccination est le ticket pour un retour CONDITIONNEL de notre droit à participer à la société canadienne.

Mais comme l’a dit John F Kennedy : « Les droits de chaque homme sont diminués lorsque les droits d’un seul homme sont menacés. »

CONCLUSION

Je n’ai aucun doute sur le fait que COVID-19 est la plus grande menace pour l’humanité à laquelle nous ayons jamais été confrontés ; non pas à cause d’un virus ; celui-ci n’est qu’un chapitre d’une histoire beaucoup plus longue et complexe ; mais à cause de notre réponse à ce virus.

Et cette réponse est en train, je crois, de gagner sa place dans tous les manuels d’éthique médicale qui seront publiés au cours du siècle prochain.

Que pouvons-nous faire ?

Comme l’a dit le chimiste et auteur canadien Orlando Battista, « Une erreur ne devient une faute que lorsque vous refusez de la corriger. »

Dans notre monde, la politesse, « se débrouiller », « passer sous le radar » semblent être devenus les seuls objectifs. Finis les révolutionnaires des années 60, finis les patriotes de l’Amérique primitive. Nous sommes les victimes – et les soldats – d’une pandémie du conformisme.

Mais le conformisme n’est pas une vertu, il n’est pas neutre, et il n’est certainement pas inoffensif.

Lorsque Hannah Arendt a couvert le procès d’Adolf Eichmann pour le New Yorker en 1961, elle s’attendait à trouver un homme complexe, arrogant, diabolique, voire psychotique. Elle a trouvé tout le contraire. Elle a été frappée par son « caractère très ordinaire ». Il était « terriblement normal, terrifiant dans sa normalité », écrit-elle, un homme qui « ne faisait que suivre les ordres », comme il le répétait sans cesse. Ce qu’elle a découvert, c’est ce qu’elle a appelé la « banalité du mal », la tendance irréfléchie des gens ordinaires à obéir aux ordres afin de se conformer sans penser par eux-mêmes.

Les messages dédaigneux et bien rodés de nos responsables de la santé publique ont créé une machine très efficace qui ne publie pas ses preuves et ne s’engage pas dans un débat, mais émet des ordres que nous suivons avec empressement. Avec l’aide des médias, ses erreurs sont cachées, ses politiques ne sont pas remises en question et ses dissidents réduits au silence.

Comment briser ce silence ? Comment retrouver la raison et reconstruire notre démocratie ? Il est peut-être temps de faire un peu de bruit. Des études ont prouvé qu’une fois qu’une idée est adoptée par seulement 10 % de la population, c’est le point de basculement où les idées, opinions et croyances seront rapidement adoptées par les autres. Un 10 % qui parle, un 10 % qui fait du bruit, il n’en faut pas plus.

La démocratie, « le règne du peuple », ne permet pas seulement la liberté d’expression et de recherche, elle l’exige.

Et le petit secret que je vous ai promis au début ? Le voici : vous n’êtes PAS une mauvaise personne parce que vous exigez des preuves, vous n’êtes pas une mauvaise personne parce que vous faites confiance à votre instinct, et vous n’êtes pas une mauvaise personne parce que vous voulez penser par vous-même. En réalité, c’est le contraire qui est vrai.

Si la perte de la justice vous inquiète, si le genre de vie que pourront mener nos enfants vous fait du souci, si vous voulez retrouver votre pays – le pays qui était autrefois l’envie du monde entier – c’est maintenant qu’il faut agir. Il n’y a pas de raison d’attendre, vous ne pouvez pas vous offrir le luxe d’attendre, ou trouver des excuses. C’est maintenant que nous avons besoin de vous.

C’est maintenant qu’il faut appeler nos politiciens et écrire à nos journaux. C’est le moment de protester, c’est le moment de contester et même de désobéir à notre gouvernement.

Comme l’a dit Margaret Mead : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens réfléchis et engagés puisse changer le monde ; en fait, c’est la seule chose qui y soit jamais parvenue. »

En d’autres termes, vous n’avez pas besoin d’une tribu de héros, d’une masse de héros, d’un pays de héros. Il ne vous en faut qu’un seul. Vous pouvez apporter votre contribution et vous POUVEZ faire la différence. Les pilotes de Southwest Airlines, la police montée canadienne, les infirmières du University Health Network font tous une différence.

Et cette faveur que je devais vous demander ? Nous avons besoin de héros maintenant plus que jamais. Notre démocratie demande des volontaires… Serez-vous un héros, pour notre pays, pour nos enfants ? Ferez-vous partie des 10 % qui font du bruit ?

Dr Julie Ponesse, Discours du 28 octobre 2021 pour « The Democracy Fund »

Source de la retranscription

L’article [Libertés, Éthique, Citoyens comme seuls défenseurs possibles de la Démocratie] Julie Ponesse, professeur d’éthique : la covid révèle les dangers du conformisme, la banalité du mal, et la nécessité de l’héroïsme est apparu en premier sur Étienne Chouard - Blog du Plan C.

Une comparaison des taux de mortalité toutes causes ajustés selon l’âge en Angleterre, par Norman Fenton et Martin Neil : le taux de mortalité est actuellement plus élevé chez les vaccinés que chez les non vaccinés

Chers amis,

L’expérience d’abus de pouvoir chimiquement pur que nous sommes en train de vivre me contraint (littéralement) à ne plus penser qu’à ça, en toute première urgence. Il me semble que la prise de conscience (par toutes les populations du monde) que la prétendue « crise sanitaire » est en fait une agression jamais vue dans toute l’histoire de l’humanité, cette prise de conscience populaire est la seule façon de conduire le peuple à résister et d’empêcher physiquement les criminels de perpétrer leur forfait. C’est la raison qui explique mon obsession du moment, qui n’est, selon moi, pas du tout hors-sujet par rapport à mes travaux (sur les pouvoirs abusifs et les institutions démocratiques) depuis 2005 : la toute première urgence est d’empêcher que l’irréparable soit commis. Or les effets des « vaccins » sont irréversibles.

Je vous signale ici un travail anglais intéressant. Ces auteurs observent en Angleterre que le taux de mortalité est actuellement plus élevé chez les vaccinés que chez les non vaccinés. Vous verrez que ce travaille complète utilement les travaux de Pierre Chaillot (Décoder l’éco) pour produire des statistiques honnêtes et fiables contre l’obligation qui nous est faite de nous injecter de force des produits toxiques (dont 20 % de la composition est tenue secrète).

Fraternellement.

Étienne.


Une comparaison des taux de mortalité toutes causes ajustés selon l’âge en Angleterre entre vaccinés et non vaccinés

Norman Fenton et Martin Neil

(traduction automatique par Google)

Les propres données du gouvernement britannique ne corroborent pas les affirmations concernant l’efficacité/l’innocuité du vaccin. 

Dans un précédent post, nous avons fait valoir que la mesure à long terme la plus fiable de l’efficacité/de l’innocuité du vaccin Covid-19 est le taux de mortalité toutes causes confondues ajusté en fonction de l’âge. Si, sur une période raisonnablement prolongée, moins de personnes vaccinées meurent, quelle qu’en soit la cause, y compris Covid-19, que les personnes non vaccinées, alors nous pourrions conclure que les avantages du vaccin l’emportent sur les risques. Nous avons également souligné que, pour éviter l’effet de confusion de l’âge, il est essentiel que les données pour chaque catégorie d’âge soient disponibles, plutôt que les données agrégées car, de toute évidence, les données agrégées pourraient exagérer les taux de mortalité vaccinale si plus de personnes âgées, avec des prévisions plus courtes mortalité, sont inclus. Le déploiement du vaccin au Royaume-Uni a été effectué par ordre d’âge décroissant, du plus âgé au plus jeune, sauf très tôt dans le programme de vaccination lorsque les jeunes vulnérables ont été vaccinés avec les personnes très âgées. Au fur et à mesure que le programme progressait, les personnes vaccinées étaient, en moyenne, plus âgées que celles qui n’avaient pas été vaccinées et au fur et à mesure du déploiement, une proportion progressivement plus élevée de la population non vaccinée résiduelle est plus jeune.

Le  dernier rapport de l’Office for National Statistics sur les taux de mortalité par statut de vaccination Covid fournit des données sur tous les décès – liés à Covid et non liés à Covid pour la période janvier-juillet 2021 pour les non vaccinés et les différentes catégories de vaccinés (‘dans les 21 jours suivant le premier dose », « 21 jours ou plus après la première dose », « deuxième dose »). Les données de l’ONS pour la mortalité Covid-19, sont présentées dans le tableau 4 du tableur ONS et les données ONS pour la mortalité toutes causes hors Covid-19, sont présentées dans le tableau 5 du même tableur . Les deux tableaux sont reproduits au bas de cet article.

Nous pensons qu’il existe de graves faiblesses et des erreurs possibles dans les données de l’ONS (voir foonote**). Mais surtout, bien qu’il ne fournisse pas les données brutes classées par âge, il fournit des taux de mortalité « standardisés selon l’âge »*** (voir également la vidéo explicative). Cela signifie que l’ONS a calculé le taux de mortalité global d’une manière qui (selon eux) s’ajuste à l’effet confusionnel de l’âge, et cela est « intégré » dans les taux de mortalité qu’ils ont publiés. Cependant, alors qu’ils déclarent ce taux de mortalité ajusté en fonction de l’âge pour chacune des trois catégories distinctes de personnes vaccinées, ils ne le déclarent pas pour l’ensemble combiné de personnes vaccinées. Dans notre analyse, et en l’absence de données stratifiées sur l’âge réel, nous calculons un taux de mortalité toutes causes ajusté en fonction de l’âge en utilisant les tailles de population publiées par l’ONS pour chacune des trois catégories de vaccinés. Ce n’est pas idéal car les taux ajustés en fonction de l’âge de l’ONS sont si opaques et ne sont pas des « chiffres absolus ». Cependant, en l’absence de données détaillées, cela devrait fournir une estimation raisonnable de ce que serait le taux de mortalité toutes causes de l’ONS ajusté en fonction de l’âge pour tous les non vaccinés s’ils avaient pris la peine de le déclarer. Nous appellerons cela le « taux de mortalité vacciné pondéré ». Le tableau de données dérivé des données de l’ONS et utilisé pour calculer ce taux est donné à la fin de cet article.

Il s’avère que, même en utilisant ce taux de mortalité ajusté selon l’âge, le taux de mortalité est actuellement plus élevé chez les vaccinés que chez les non vaccinés.  

Les taux de mortalité ajustés selon l’âge pour les vaccinés contre les non vaccinés pour les semaines 1 à 26 de 2021 sont présentés ci-dessous. Dans l’ensemble, le graphique montre qu’au fil du temps, le taux de mortalité pondéré des vaccinés a régulièrement augmenté et qu’à la semaine 16 (23 avril 2021), il a dépassé celui des non vaccinés.

La semaine 1 se termine le 6 janvier 2021, la semaine 26 se termine le 2 juillet 2021

 

Le graphique suggère une tendance de mortalité saisonnière normale pour les non vaccinés, avec un pic hivernal la semaine 6, le 12 février 2021, et une baisse constante vers l’été. En revanche, le schéma pour les vaccinés est complètement différent. À partir de la semaine 24, les taux de mortalité des vaccinés et des non vaccinés semblent converger au début de l’été.

Comme les données de l’ONS décomposent les données au fil du temps pour les trois catégories de vaccinés (ceux dans les 21 jours suivant la première dose, ceux dans les 21 jours après la première dose et ceux après deux doses), nous pouvons également tracer des graphiques de mortalité pour chacune de ces catégories. . Le taux de mortalité, pour la semaine 26, jusqu’au 2 juillet, pour les non vaccinés est d’environ 25 décès pour 100 000. Mais il existe de grandes différences entre les taux de mortalité pour les différentes catégories de décès vaccinés. Par exemple, pour ceux après 21 jours de première dose, la mortalité comparable est d’environ 89 décès pour 100 000 personnes (un nombre qui a considérablement augmenté depuis janvier), tandis que pour les personnes vaccinées avec deux doses, il y a eu environ 15 décès pour 100 000 dans le même Période de juillet.


Mortalité « toutes causes » parmi les vaccinés en Angleterre

Les tendances des différentes catégories de vaccination sont également préoccupantes. Contrairement aux non vaccinés, les taux de mortalité des vaccinés ont d’abord augmenté à partir de valeurs initiales très faibles, mais ont ensuite augmenté, tandis que celui des non vaccinés a diminué. Les graphiques ci-dessous montrent ces modèles.

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Depuis le 19 mars, le taux de mortalité par vaccination à double dose a augmenté d’une semaine à l’autre de manière plus ou moins constante. Le taux de mortalité chez les personnes plus de 21 jours après la première dose a augmenté considérablement au printemps (à la semaine 14) et est resté élevé par la suite. La mortalité dans les 21 jours suivant la vaccination a initialement augmenté, mais semble s’être stabilisée, quoique avec un peu de bruit. Nous laisserons à nos collègues cliniciens le soin d’expliquer pourquoi il existe des modèles si différents.

En raison des limites et des erreurs possibles dans les données de l’ONS**, de nombreuses mises en garde doivent être appliquées à notre analyse brute (y compris certaines qui sont couvertes dans le post précédent ). Mais nous pouvons conclure que les propres données de l’ONS ne corroborent pas les affirmations concernant l’efficacité/l’innocuité du vaccin.  

Il est également important de noter que la population de personnes vaccinées devient suffisamment importante et représentative pour que la criticité de l’ajustement de l’âge diminue considérablement. Nous ferons une analyse de suivi qui en tiendra compte.

* Pour ceux qui ont répondu à cet article en disant qu’ils ne comprenaient pas pourquoi nous nous concentrons sur la mortalité toutes causes :

Pourquoi la mortalité « toutes causes » est la mesure plus appropriée pour une analyse globale des bénéfices-risques des vaccins anti-Covid

  • Si le Covid était aussi dangereux que proclamé —et si les vaccins étaient aussi efficaces que proclamés — nous devrions maintenant avoir constaté beaucoup plus de morts Covid parmi les non vaccinés que parmi les vaccinés (dans chaque groupe d’âge).
  • Si le vaccin était aussi sûr que proclamé, alors il aurait dû y avoir très peu de décès supplémentaires dus à des causes non Covid parmi les vaccinés que parmi les non vaccinés (dans chaque groupe d’âge).
  • Ainsi, le nombre de morts « toutes causes » devrait être plus élevé parmi les non vaccinés que parmi les vaccinés (dans chaque groupe d’âge), confirmant que les bénéfices de la vaccination dépasseraient les risques.
  • Compter les morts « toutes causes » neutralise le problème de la définition des « cas Covid » ou des « morts Covid » (définitions qui peuvent être facilement manipulées pour soutenir les différentes narrations).
  • Nous définissons une personne comme « vaccinée » si elle a reçu au moins une dose. Comme nous ne sommes pas intéressés à savoir si une personne est devenue un « cas Covid », toute autre définition est erronée car elle ne reconnaîtra pas que les effets indésirables (y compris la mort) des vaccins sont très susceptibles de se produire peu de temps après la vaccination.
  • Le fait que le CDC compte maintenant comme « non vaccinée » une personne qui meurt moins de 14 jours après la seconde injection, ou juste après la première dose, pourrait être intéressant si nous nous intéressions uniquement à l’aptitude du vaccin à stopper l’infection. Mais dans le contexte de notre recherche des causes de la mort, utiliser cette façon de compter serait parfaitement frauduleux.

 

** Limitations et erreurs potentielles dans les données de l’ONS (merci à Clare Craig pour en avoir identifié certaines)

  • Ne fournit pas les données brutes classées par âge.
  • Le score standardisé selon l’âge utilisé par l’ONS s’appuie sur les données du recensement de 2011 pour déterminer les proportions de population dans chaque catégorie d’âge. Ces proportions ont changé depuis 2011 et, comme nous l’avons noté dans cet article , ces différences peuvent modifier considérablement les résultats.
  • Il existe des incohérences dans les chiffres de vaccination entre les données de l’ONS et les données du National Immunization Management Service (NIMS). Par exemple, à la semaine 26, le NIMS compte 28,1 millions de personnes de plus de 18 ans qui ont eu une deuxième dose, mais l’ONS n’en compte que 23,3 millions.
  • La population totale de l’ONS est de 16,6 millions de moins que l’ensemble de la population. Seuls 12,6 millions ont moins de 18 ans, les 4 millions restants sont donc omis pour une autre raison.
  • Les taux des non vaccinés au 8 janvier sont inférieurs à ceux des doubles vaccinés en été. De plus, le 8 janvier, seuls 12 % des plus de 65 ans avaient été vaccinés, de sorte que la population non vaccinée aurait dû avoir un taux de mortalité très similaire aux niveaux de base.
  • Les taux de mortalité hebdomadaires ajustés en fonction de l’âge (pour les décès non liés à Covid) en forte augmentation pour les 38 millions de personnes non vaccinées en janvier sont totalement incompatibles avec les changements hebdomadaires des années précédentes. Bien que cette population exclut les moins de 18 ans et les 1,2 million (principalement les plus de 65 ans) qui avaient alors reçu leur première dose, nous ne nous attendrions pas à ce que le taux de mortalité de cette population soit radicalement différent du taux de mortalité de l’Angleterre observé ces dernières années comme rapporté dans un autre rapport de l’ONS .
  • En fin de compte, nous devons exclure les décès non naturels tels que les meurtres, les accidents et les suicides, car ils peuvent introduire un biais entre les cohortes, en particulier dans les catégories d’âge jeunes où le nombre total de décès est faible.

Voici les données du tableau 4, les données brutes, pour les décès de Covid-19, telles que fournies par l’ONS :

Voici les données du tableau 5, les données brutes, pour les décès toutes causes confondues à l’exception du Covid-19, telles que fournies par l’ONS :

Enfin, voici les données que nous avons utilisées pour calculer les taux de mortalité combinés toutes causes ajustées selon l’âge et le taux de mortalité vacciné pondéré.

***


La définition de l’ONS des taux de mortalité standardisés selon l’âge (cliquez pour agrandir)

Source : https://probabilityandlaw.blogspot.com/2021/09/all-cause-mortality-rates-in-england.html

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Importante réflexion de René Chiche, au CSI (Conseil Scientifique Indépendant) n°23, sur la bascule totalitaire en France : interdiction de douter, soumission générale, gouvernance par les nombres, oppressions parallèles entre professeurs et méd

Chers amis,

Comme beaucoup d’entre vous, sans doute, je regarde chaque semaine, le jeudi soir, le très précieux Conseil Scientifique Indépendant (CSI), qui nous apporte chaque fois une bouffée d’air frais d’intelligence, d’honnêteté et de courage.

Je vous recommande la séance de jeudi dernier, particulièrement intéressante.
René Chiche (que je connais et apprécie depuis que nous participons tous les deux au Gouv) y est profond et décapant.
Son échange avec Louis (Fouché) est enrichissant et éclairant.


https://crowdbunker.com/v/0HvVTmUq

Bon courage à tous ceux qui sont martyrisés par l’oppression « sanitaire » des « Brutes en blanc » (© Martin Winckler).

Étienne.

PS : beaucoup des critiques formulées ici à propos de l’usage totalitaire des statistiques pour dépolitiser — et même déshumaniser — les décisions publiques s’articulent dans ma tête avec le formidable travail d’Alain Supiot sur la Gouvernance par les nombres (dont je vous ai beaucoup parlé ces dernières années).


Tweet correspondant à ce billet :

Importante réflexion de @rene_chiche, au CSI (Conseil Scientifique Indépendant) n°23, sur la bascule totalitaire en France : interdiction de douter, soumission générale, gouvernance par les nombres, oppressions parallèles entre professeurs et médecins…https://t.co/WfiA9xn5rH

— Étienne Chouard (@Etienne_Chouard) September 19, 2021

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