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Voici la raison pour laquelle l’Australie a annulé son contrat d’achat de sous-marins français

Par : Wayan

Pour se protéger de l’hostilité des États-Unis.


Par Moon of Alabama – Le 16 septembre 2021

Hier, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie ont annoncé que ce dernier pays achèterait des sous-marins à propulsion nucléaire pour défendre les intérêts des États-Unis contre la Chine :

La prochaine flotte de sous-marins de l'Australie sera à propulsion nucléaire dans le cadre d'un plan audacieux qui mettra au rebut un programme controversé de 90 milliards de dollars visant à construire jusqu'à 12 sous-marins de conception française.

Selon ABC, l'Australie utilisera des technologies américaines et britanniques pour configurer sa prochaine flotte de sous-marins dans le but de remplacer ses sous-marins actuels de classe Collins par d’autres plus adapté à la détérioration de l'environnement stratégique.

Il s’agit d’une victoire énorme mais à court terme pour les États-Unis, avec un prix de consolation pour la Grande-Bretagne et une perte stratégique de souveraineté et de contrôle budgétaire pour l’Australie.

Il s’agit aussi d’une nouvelle gifle des États-Unis à la France et à l’Union européenne. L’accord mettra en colère la Nouvelle-Zélande, l’Indonésie et, bien sûr, la Chine. Il bouleversera le régime international de non-prolifération nucléaire et pourrait conduire à une nucléarisation militaire accrue de la Corée du Sud et du Japon.

L’Australie possède actuellement 6 sous-marins de classe Collins. Il s’agit de sous-marins à moteur diesel basés sur des modèles suédois mais partiellement construits en Australie. Ils sont relativement lents et ont une portée et une endurance moyennes. Ils ont été construits entre 1990 et 2003 et sont principalement destinés à un usage défensif. Il y a eu beaucoup de problèmes pendant la construction car l’Australie n’a pas les capacités techniques et la profondeur industrielle pour fabriquer des produits aussi compliqués. L’histoire opérationnelle de ces sous-marins est également assez mitigée, plusieurs scandales s’étant succédé. Ils doivent être modernisés pour être utilisés pendant une autre décennie.

Dans les années 2010, l’Australie a commencé à chercher une nouvelle génération de sous-marins. Après une longue discussion, elle a décidé de s’en tenir à des engins à propulsion conventionnelle. Les nouveaux sous-marins devaient à nouveau être construits en Australie d’après une conception étrangère.

L’Allemagne, le Japon et la France ont été invités à faire des propositions. Le constructeur naval public français Naval Group (DCNS) avait remporté la commande pour 12 nouveaux bateaux et un contrat de 50 milliards d’euros. Ironie du sort, le modèle français de Shortfin Barracuda à propulsion conventionnelle proposé par la France est basé sur son propre modèle de classe Barracuda à propulsion nucléaire. Pour l’Australie, la France a donc dû concevoir une centrale conventionnelle pour un sous-marin qui a été conçu à l’origine, comme tous les sous-marins français, pour fonctionner avec un réacteur nucléaire à uranium faiblement enrichi (UFE). Il était tout à fait évident que cette conversion inhabituelle se heurterait à des difficultés et à des retards.

En juin dernier, Peter Lee, alias Chinahand, écrivait à propos de ce programme retardé :

Le programme a officiellement "quelques problèmes" et le Premier ministre australien Scott Morrison a eu une entrevue avec le président français Macron pour tenter de remettre le projet sur les rails.

Bien que le contrat ait été signé en 2016, la construction n'a pas encore commencé, et le premier sous-marin du programme ne sera pas lancé avant une autre décennie. Au moins.

Cela ne cadre pas avec l'ambition déclarée de la marine australienne de déployer sa puissance armée contre une invasion de Taïwan par la RPC qui pourrait se produire au cours des prochaines années. On parle donc de dépenser quelques milliards de dollars pour moderniser la flotte actuelle de sous-marins de classe Collins en guise de palliatif, ou même de se procurer en urgence des sous-marins allemands.

Il est également question d'annuler, de menacer d'annuler et/ou de modifier le contrat des sous-marins d'attaque pour faire mieux. Et peut-être orienter le projet vers l'Allemagne ou vers le choix de l'Amérique, le Japon.

Il s’avère que le constructeur choisi par l’Amérique pour les sous-marins australiens n’est pas le Japon mais les États-Unis eux-mêmes.

Nous apprenons maintenant que les discussions sur l’abandon du contrat avec les Français en faveur de la construction de sous-marins nucléaires par les États-Unis avait déjà commencé en avril 2020 et ont été finalisées lors d’un sommet entre les États-Unis, l’Australie et la Grande-Bretagne au début du mois de juin 2021. Cela s’est donc passé avant que le Premier ministre Scott Morrison ne rencontre le Président français Macron pour remettre le projet franco-australien sur les rails !

Ce que le Premier ministre n'a pas dit à Macron au cours de ce long dîner à Paris - et peut-être la raison pour laquelle le président français pourrait être particulièrement fâché - c'est que Morrison avait, un jour ou deux auparavant, déjà conclu un accord informel avec le président américain Joe Biden et le Premier ministre britannique Boris Johnson pour une prolongation d'un accord de partage de la technologie nucléaire.

Cette révélation donne une nouvelle tournure à la réunion tripartite du 12 juin à Carbis Bay, en Cornouailles, entre les deux PM et le président américain. ...

ABC croit savoir que le gouvernement fédéral a commencé à explorer l'option du sous-marin à propulsion nucléaire il y a environ 18 mois, lorsque Linda Reynolds était encore ministre de la défense.

En outre, le 30 août, les ministres français et australiens des affaires étrangères et de la défense se sont rencontrés et ont publié une déclaration commune sur la coopération bilatérale dans un certain nombre de domaines politiques. La coopération en matière de défense en faisait partie :

Les deux parties se sont engagées à approfondir la coopération dans le domaine de l'industrie de la défense et à renforcer leur avantage capacitaire dans la région. Les ministres ont souligné l'importance du programme de sous-marins du futur. Ils ont convenu de renforcer la coopération en matière de recherche scientifique militaire par le biais d'un partenariat stratégique entre le groupe des sciences et technologies de la défense et la direction générale de l'armement.

Seize jours plus tard, la France apprenait qu’elle avait perdu un énorme contrat de défense en raison d’un revirement à 180 degrés de son « partenaire » australien. Il n’est donc pas étonnant que les Français soient furieux :

Le gouvernement français a réagi à la décision de l'Australie de rompre un contrat de sous-marins avec la France d'une valeur de plus de 50 milliards d'euros pour acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire de fabrication américaine.

"C'est un coup de poignard dans le dos. Nous avions établi une relation de confiance avec l'Australie, et cette confiance a été trahie", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans un entretien accordé à France Info jeudi matin. Le Drian a ajouté qu'il était "en colère et très amer de cette rupture", ajoutant qu'il avait parlé à son homologue australien il y a plusieurs jours et qu'il n'avait reçu aucune indication sérieuse au sujet de cette démarche.

En vertu d'un accord annoncé mercredi par le président américain Joe Biden, l'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis formeront une nouvelle alliance appelée AUKUS, dans le cadre de laquelle les trois pays partageront entre eux des technologies avancées. Dans le cadre de ce nouveau pacte, Canberra abandonnera son accord sur les sous-marins avec la France.

Les Français accusent, à juste titre, les États-Unis de cette décision :

Dans une déclaration publiée avant l'interview, Le Drian et la ministre des Armées Florence Parly ont dit : "Cette décision est contraire à la lettre et à l'esprit de la coopération qui prévalait entre la France et l'Australie."

Le communiqué poursuit : "Le choix américain d'écarter un allié et partenaire européen comme la France d'un partenariat structurant avec l'Australie, alors que nous sommes confrontés à des défis sans précédent dans la région indo-pacifique... témoigne d'un manque de cohérence que la France ne peut que constater et regretter."

L’ambassadeur de France aux États-Unis a été un peu moins direct avec cette pique :

Philippe Etienne @Ph_Etienne - 2:43 UTC – 16 Sep 2021

Fait intéressant, il y a exactement 240 ans, la marine française a vaincu la marine britannique dans la baie de Chesapeake, ouvrant la voie à la victoire de Yorktown et à l'indépendance des États-Unis.

Il existe des raisons militaires de préférer les sous-marins nucléaires aux sous-marins à moteur diesel, si l’on envisage d’assiéger une côte étrangère éloignée de la sienne. Les sous-marins nucléaires (SSN) sont plus rapides et peuvent rester en mission beaucoup plus longtemps que ceux à moteur diesel (SSK).

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Mais les bateaux nucléaires présentent également de nombreux inconvénients. Ils sont plus grands et plus chers que les navires conventionnels. Ils coûtent près de 50 % de plus. Ils nécessitent également une infrastructure dédiée et une formation nucléaire très spécialisée pour les équipages. L’Australie ne dispose pas et ne peut pas fournir le combustible nécessaire aux réacteurs nucléaires.

Le prix des nouveaux sous-marins que l’Australie devra payer sera beaucoup plus élevé que celui des sous-marins français. Quelque 3 milliards de dollars ont déjà été engloutis dans le contrat français. La France exigera à juste titre une compensation supplémentaire pour l’annulation. Le nouveau contrat avec les États-Unis ou le Royaume-Uni coûtera plus cher que le contrat français mais ne comprendra que 8 bateaux au lieu de 12. Comme trois bateaux sont nécessaires pour en garder un en mer (pendant que les deux autres sont en formation ou en maintenance), la capacité réelle de patrouille de la marine australienne passera de 4 à 2-3 sous-marins en mer.

Un prix beaucoup plus élevé pour des bateaux moins nombreux et plus compliqués, cela va bouleverser le budget de défense de l’Australie pour les décennies à venir.

Si le passage à la propulsion nucléaire était la seule raison de l’Australie pour changer de cheval, elle aurait pu s’en tenir à la conception originale du Barracuda français. Celui-ci présente l’avantage d’utiliser de l’uranium faiblement enrichi, disponible dans le commerce. L’Australie ne serait pas dépendante de la France pour les nouveaux approvisionnements en combustible. Les bateaux britanniques et américains utilisent des réacteurs nucléaires avec de l’uranium hautement enrichi (HEU 60%). Comme l’Australie a maintenant décidé d’acheter ces bateaux, elle sera à jamais dépendante de ces fournisseurs.

Les partisans de la non-prolifération et l’AIEA vont s’insurger contre cet accord. Quel sera le degré de supervision de l’UHE ? Qui y aura accès ?

Les sous-marins à propulsion nucléaire sont également perçus comme des armes offensives, et non comme des armes défensives raisonnables. Il y a plus de pays sur cette carte que la seule Chine.

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Le fait que l’Australie, qui ne compte que 25 millions d’habitants, achète des sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire ne sera pas bien accueilli par son voisin du nord, l’Indonésie, dix fois plus peuplé. D’autres pays voisins, comme la Nouvelle-Zélande, rejettent toute utilisation de combustible nucléaire et ne laisseront pas entrer dans leurs ports les navires ou bateaux qui en utilisent.

Le nouveau contrat va également bouleverser les plans australiens de fabrication des sous-marins sur son propre sol. Alors que le projet français était prêt à démarrer la phase de construction proprement dite au début de l’année prochaine, l’ensemble du projet de sous-marin va maintenant entrer dans une nouvelle phase de définition de 18 mois, après laquelle des contrats réels devront être négociés et signés. Entre-temps, il faudra s’occuper des centaines d’ingénieurs australiens qui se sont déplacés en France pour aider à la conception et des spécialistes qui ont été engagés par Naval Group en Australie. L’Australie ne dispose pas de beaucoup de personnes possédant ces connaissances. Que vont-ils faire en attendant que le nouveau projet démarre réellement ?

Le Royaume-Uni proposera à l’Australie d’acheter des sous-marins de classe Astute fabriqués en Grande-Bretagne, tandis que les États-Unis offriront probablement la version plus petite de leurs sous-marins de classe Virginia. Étant donné que les deux pays disposent de chaînes de production actives pour ces sous-marins, il ne sera pas judicieux, d’un point de vue économique, de construire en Australie même plus que quelques petites pièces pour ces sous-marins . Les États-Unis exerceront toutes les pressions nécessaires pour s’assurer que leur offre remportera la course. Un indice de cela est que l’Australie a également annoncé qu’elle allait acquérir des missiles américains Tomahawk à longue portée qui seront utilisés avec les sous-marins.

Le premier des bateaux français destinés à l’Australie devait être prêt au début des années 2030. L’Australie devra maintenant attendre une dizaine d’années supplémentaires avant d’obtenir de nouveaux navires.

Sa gamme de Collins actuelle nécessitera plus qu’un simple carénage pour être maintenue aussi longtemps. Cela va coûter cher. Les Allemands pourraient s’engouffrer dans la brèche en proposant leurs sous-marins de type 214 à propulsion par hydrogène. Bien que ces bateaux soient beaucoup plus petits, ils offrent une longue endurance, peuvent être approvisionnés assez rapidement et coûtent beaucoup moins cher que les sous-marins à propulsion nucléaire.

Dans l’ensemble, je ne vois aucun avantage pour l’Australie dans cette décision.

Quelle est alors la raison de cette initiative ?

Cela s’appelle du chantage.

La Chine est de loin le premier partenaire commercial de l’Australie. Les « stratèges » américains et australiens affirment que les sous-marins sont nécessaires pour protéger de la Chine les routes commerciales maritimes de l’Australie avec son principal partenaire commercial…qui est la Chine. Cela n’a, comme le montre cette scène, aucun sens.

La seule raison pour laquelle l’Australie s’est tournée politiquement et militairement contre la Chine est le chantage qu’exercent les États-Unis. Il y a deux ans, le politologue « réaliste » américain John Mearsheimer est venu en Australie pour expliquer aux Australiens (voir la vidéo à 33 minutes) comment cela fonctionne.

Comme le résume Caitlin Johnstone :

"Maintenant, certaines personnes disent qu'il y a une alternative : vous pouvez marcher avec la Chine", a déclaré Mearsheimer. "Exact, vous avez un choix ici : vous pouvez marcher avec la Chine plutôt qu'avec les États-Unis. Il y a deux choses que je dirai à ce sujet. Numéro un, si vous marchez avec la Chine, vous devez comprendre que vous serez notre ennemi. Vous décidez alors de devenir un ennemi des États-Unis. Parce qu'encore une fois, nous parlons d'une compétition sécuritaire intense."

"Vous êtes soit avec nous, soit contre nous", a-t-il poursuivi. "Et si vous faites un commerce important avec la Chine, et que vous êtes amical avec elle, vous sapez les États-Unis dans cette compétition sécuritaire. Vous nourrissez la bête, de notre point de vue. Et cela ne va pas nous rendre heureux. Et quand nous ne sommes pas contents, il ne faut pas sous-estimer à quel point nous pouvons être méchants. Il suffit de demander à Fidel Castro."

Les rires nerveux de l'auditoire du think tank australien ont ponctué les observations incendiaires de Mearsheimer. La CIA est connue pour avoir tenté de nombreuses tentatives d'assassinat contre Castro.

Voilà donc ce qu'il en est. L'Australie ne s'aligne pas sur les États-Unis pour se protéger de la Chine. L'Australie s’aligne sur les États-Unis pour se protéger des États-Unis.

Joe Biden a peut-être oublié le nom du Premier ministre australien. Mais Scott Morrison se souvient pour qui on attend de lui qu’il travaille. En 1975, les États-Unis et le Royaume-Uni ont lancé un coup d’État contre le Premier ministre australien Gough Whitlam, qui faisait avancer son pays vers l’indépendance. Peu de gens aux États-Unis s’en souviennent, mais les politiciens australiens si. Depuis, leur pays a toujours fait ce qu’on lui disait de faire.

C’est ce qui explique toute cette histoire.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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Retour de bâton de la politique étatsunienne de sanctions contre la Syrie

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 7 septembre 2021

L’hostilité des États-Unis envers l’axe de la résistance en Iran, en Irak, en Syrie et au Liban conduit à des objectifs contradictoires. Si les États-Unis veulent isoler la « résistance », ils veulent aussi conserver leur rôle dominant au Liban. Ces objectifs sont désormais en conflit. Les États-Unis se trouvent donc dans une situation où ils devront lever les sanctions contre la Syrie pour pouvoir concurrencer politiquement le Hezbollah au Liban.

Les États-Unis avaient assiégé économiquement le Liban pour le contraindre à obéir :

Après l'échec d'Israël à perturber ou à vaincre le Hezbollah lors de la guerre de 2006, la victoire de l'Axe de la Résistance dans le conflit syrien et la portée militaire et stratégique croissante du Hezbollah, les États-Unis ont mis en place une politique visant à affamer le Liban et à déstabiliser l'économie du pays. Mais le sac à malices de Washington était vide, à part cette dernière arme de sanctions/siège. ...

Israël veut que les États-Unis fassent l'impossible : faire pression sur le Liban pour qu'il désarme le Hezbollah et reprenne les négociations sur la frontière contestée de la mer Méditerranée pour l'extraction du gaz. ...

Entre-temps, les Libanais ont perdu confiance dans un système bancaire qui a confisqué leurs économies il y a près de deux ans, et dans une banque centrale soutenue par les États-Unis qui a contribué à l'effondrement de la monnaie locale. Le gouvernement libanais en faillite a, à son tour, supprimé la plupart des subventions sur l'essence nécessaire au fonctionnement des hôpitaux, de l'électricité, des transports et des boulangeries.

Le pays n’a plus de réserves monétaires pour importer du pétrole ou de l’essence et pour produire de l’électricité. Les coupures de courant durent désormais 22 heures par jour. Il n’y a plus de gouvernement fonctionnel pouvant résoudre ces problèmes.

Le Liban est donc plongé dans une récession extrêmement profonde au cours de laquelle le taux de pauvreté est passé de 40 % à plus de 80 %. De plus, aucun politicien ou chef de faction libanais n’osera attaquer le Hezbollah, car il est trop puissant pour être battu. De même, personne, à l’exception peut-être d’Israël ou des États-Unis, ne souhaite que le Liban retourne à l’époque de la guerre civile.

Le Hezbollah a aidé ses membres à traverser la crise en leur fournissant de la nourriture subventionnée. Mais il ne peut pas soutenir tout le Liban. Ce qu’il peut faire par contre, avec ses amis en Syrie et en Iran, c’est briser le siège que les États-Unis imposent au pays.

L’Iran avait proposé de fournir du pétrole au Liban en échange de lires libanaises (sans valeur). Mais le gouvernement libanais n’a pas accepté cette offre car les États-Unis l’ont menacé de sanctions supplémentaires.

Le Hezbollah s’est engouffré dans la brèche. Trois pétroliers ont quitté l’Iran et sont en route pour la Syrie. Leur chargement sera raffiné dans une raffinerie syrienne. De là, le diesel et l’essence seront acheminés au Liban où le Hezbollah organisera la distribution.

Après que cela a été connu et que les pétroliers sont partis – protégés par la menace du Hezbollah d’attaquer quiconque les toucherait – les États-Unis ont dû contrer l’offre. Ils ne pourraient plus soutenir la prétention d’être un ami du Liban s’ils étaient perçus comme ne faisant rien pour aider le pays alors que le Hezbollah et l’Iran lui apportent un soutien réel.

Les États-Unis ont donc proposé un plan plutôt étrange. L’Égypte augmentera ses approvisionnements en gaz naturel pour la Jordanie où il sera utilisé pour produire de l’électricité qui sera ensuite exportée vers le Liban. On ne sait pas encore par qui, ni comment, sera payé tout cela.

De plus, comme le Liban et la Jordanie n’ont pas de frontière commune, l’électricité devra être acheminée à travers la Syrie !

Le plan américain visant à apporter un soutien marginal au Liban nécessite donc une rupture des sanctions américaines contre la Syrie et son isolement diplomatique :

La Jordanie accueillera mercredi une réunion des ministres de l'énergie égyptien, syrien et libanais pour discuter du transport du gaz égyptien vers le Liban pour la production d'électricité, a déclaré le radiodiffuseur d'État Mamlaka.

Les États-Unis sont en pourparlers avec l'Égypte et la Jordanie au sujet d'un plan visant à atténuer le manque d'électricité au Liban, qui prévoit l'utilisation du gaz égyptien pour produire de l'électricité en Jordanie, laquelle serait transmise via la Syrie.

Une délégation libanaise de haut niveau s'est rendue à Damas samedi pour ouvrir la voie au plan soutenu par les États-Unis visant à atténuer les pénuries d'électricité au Liban.

Les sanctions américaines à l'encontre de Damas compliquent tout effort visant à aider le Liban via la Syrie, mais les diplomates affirment que Washington étudie les moyens de surmonter ces obstacles de toute urgence.

Les États-Unis devront maintenant lever les sanctions contre la Syrie pour gagner une guerre de relations publiques contre l’axe de résistance libanais. Certains paiements devront également être effectués à la Syrie pour reconstruire les lignes électriques nécessaires qui ont été détruites pendant la guerre.

En poussant à l’imposition de sanctions et de blocus à quiconque n’est pas d’accord avec la vision « occidentale » du monde, les États-Unis font échouer leurs propres objectifs politiques. Le risque que tout le Liban bascule du côté de la résistance les oblige maintenant à rompre leur propre politique de sanctions.

C’est une défaite diplomatique et une perte d’image que peu de gens au Moyen-Orient sont prêts à oublier de sitôt.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Les plans des États-Unis pour se venger de l’Afghanistan ne mèneront probablement à rien

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 4 septembre 2021

Les États-Unis ne veulent pas la paix en Afghanistan. Il y a deux raisons à cela.

La première est la vengeance.

Qu’une prétendue superpuissance se fasse éjecter d’un pays par une guérilla locale est trop difficile à accepter. Le fait que la retraite se soit produite d’une manière plutôt humiliante, même si elle a été causée par l’incompétence des États-Unis et pas du fait des talibans, ne fait que renforcer ce sentiment.

L’esprit de vengeance était déjà visible dans les derniers jours de l’occupation américaine. Les forces américaines quittant Kaboul ont non seulement détruit les équipements militaires, mais aussi la partie civile de l’aéroport.

Murad Gazdiev @MuradGazdiev - 16:06 UTC - 1 Sep 2021

Les troupes américaines ont saccagé les deux terminaux civils lors de leur évacuation de l'aéroport de Kaboul.

Toutes les caméras de sécurité ont été cassées, les ordinateurs détruits, de nombreuses vitres brisées. Le câblage électrique a été coupé, les machines à rayons X ont été cassées et même les écrans d'arrivée/départ ont été renversés Images

Rien de tout cela n’était nécessaire ou n’avait de sens. Quelques jours plus tard, le secrétaire d’État américain a exigé que les talibans rouvrent l’aéroport pour permettre aux personnes les plus éduquées de fuir le pays.

Elijah J. Magnier @ejmalrai - 12:11 UTC - 3 sept. 2021

Aéroport de #Kaboul : les #US ont totalement détruit les radars et la tour de contrôle et ont ensuite supplié le #Qatar de réparer tout cela au plus vite pour permettre aux étrangers, aux collaborateurs afghans et à ceux qui avaient un visa adéquat de partir. Le Qatar a envoyé une équipe de techniciens et des pièces de rechange pour que l'aéroport fonctionne.

Les États-Unis continuent de retenir les réserves de la Banque centrale d’Afghanistan et ont empêché le FMI et la Banque mondiale de débloquer des fonds pour l’Afghanistan. Il s’agit d’un acte de vengeance touchant tous les Afghans.

Le New York Times tente de le justifier (faussement) par une prétendue étiquette terroriste posée sur les Talibans :

"C'est un nouveau monde", a déclaré Adam M. Smith, un haut responsable des sanctions au département du Trésor de l'administration Obama. "Je ne vois aucun autre cas dans lequel un groupe déjà désigné terroriste a pris le pouvoir d'un pays entier."

Il explique que le département du Trésor doit bientôt décider des exceptions, ou licences, qu'il accordera pour certains types de transactions. Il doit également déterminer si l'ensemble de l'Afghanistan, ou seulement les dirigeants talibans, reste sous sanctions afin que le monde sache quel genre de dialogue il peut avoir avec le gouvernement.

Bien que certaines sanctions datant de juillet 1999 puissent encore s’appliquer aux talibans, ceux-ci ne sont pas désignés comme un groupe terroriste et leurs dirigeants, comme le mollah Baradar, ne sont pas des ressortissants spécialement désignés (SDN) sur la liste des sanctions du Trésor américain. Sinon, les États-Unis n’auraient pas été en mesure de négocier officiellement avec eux.

Il ne fait pourtant aucun doute que les talibans dirigent désormais l’Afghanistan. Il n’y a aucune raison valable de leur refuser les fonds du gouvernement afghan. Ils ne sont pas corrompus comme le précédent gouvernement soutenu par les États-Unis. Ils n’ont pas besoin de l’argent pour eux-mêmes mais pour nourrir la population de leur pays.

La deuxième raison pour laquelle les États-Unis ne veulent pas la paix en Afghanistan est géopolitique. Comme l’analyse l’ancien ambassadeur indien M.K.Bhadrakumar :

Les services de renseignement américains ont fait de profondes incursions au sein des Talibans et ont acquis la capacité de les diviser, de les affaiblir et de les soumettre, lorsque le moment sera venu. Il est évident que les Talibans n'auront pas la vie facile. L'intérêt de Washington est de créer une situation "sans État" dans le pays, sans gouvernement central opérationnel, afin de pouvoir intervenir à volonté et poursuivre ses objectifs géopolitiques à l'égard des pays de la région.

L'objectif non avoué est de déclencher une guerre hybride dans laquelle les combattants d'ISIS transportés par avion par les États-Unis depuis la Syrie et transférés en Afghanistan, ainsi que des vétérans aguerris d'Asie centrale, du Xinjiang, du Caucase du Nord, etc. opèrent dans les régions entourant l'Afghanistan.

La Russie a reconnu ce danger, comme l’a expliqué hier son président Vladimir Poutine :

"En cas de désintégration [de l'Afghanistan], il n'y aura personne à qui parler en Afghanistan. Le Mouvement islamique d'Ouzbékistan (hors-la-loi en Russie) et bien d'autres sur le territoire de l'Afghanistan constituent une menace pour nos alliés et nos voisins. Et si nous nous souvenons que nous n'avons pas de restrictions en matière de visas et que les déplacements transfrontaliers sont en fait libres, il est clair que pour nous, pour la Russie, tout cela a une grande importance du point de vue du maintien de notre sécurité", a déclaré M. Poutine.

Cela signifie que les actions des États-Unis seront contrées. ISIS dans l’est de l’Afghanistan a déjà été vaincu une fois. Sans accès à l’Afghanistan, les États-Unis auront du mal à y insérer davantage de combattants.

Une partie du plan américain consiste à lever à nouveau des forces anti-talibans comme l’ancienne « Alliance du Nord » sous la direction d’Amrullah Saleh et d’Ahmad Massoud, opérateurs de la CIA, dans la vallée « invincible » du Panjshir.

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Mais il s’est avéré que Ahmad Massoud, qui a fait ses études à Sandhurst, n’est pas un combattant et un leader comme l’était son père Ahmad Shad Massoud et que la vallée du Panjshir peut très bien être conquise. Les défenses extérieures ont déjà été brisées. Jusqu’à présent, les talibans ont pris Dalan Sang et Shutul et franchi la porte de la route de la vallée du Panjshir sans grande résistance. Ils visent Bazarak, le centre administratif de la vallée du Panjshir. Ils ont également pris des positions sur les montagnes au-dessus de la vallée et mis en place des barrages au nord pour bloquer la route de fuite et les éventuels réapprovisionnements en provenance du Tadjikistan.

Les forces du Panjshir peuvent retarder la progression des talibans dans la vallée en posant des mines pour bloquer la route et en organisant de petites embuscades. Mais ils envoient déjà des enfants au combat car ils n’ont pas assez d’effectifs pour mener une bataille plus longue ou plus importante.

Pour l’instant, les talibans n’ont à craindre aucun défi, si ce n’est la désunion en leur sein. La formation d’un gouvernement prend plus de temps que prévu. Il semble qu’il y ait encore des discussions entre la faction Haqqani de l’est et les dirigeants kandaharis pour savoir qui y participe. Mais le conflit n’est pas aussi important que certains rapports le laissent supposer.

Aujourd’hui, le général Faiz Hamid, chef de l’Inter-Services Intelligence pakistanaise, et une délégation militaire de haut niveau sont arrivés à Kaboul. Le Pakistan comprend que le soutien de la Chine et de la Russie à l’Afghanistan dépend de la création d’un gouvernement d’unité afghan composé essentiellement de technocrates. ils joueront un rôle de médiateur auprès des talibans dans ce sens.

Le négociateur de l’accord de Doha, le mollah Baradar, internationalement respecté, est susceptible d’occuper la position de dirigeant du pays.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

L’establishment de la politique étrangère américaine est incroyablement stupide

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 3 septembre 2021

L’establishment de la politique étrangère américaine est incroyablement stupide :

A cause de son retrait de l'Afghanistan, Biden s’est mis à dos l'establishment de la politique étrangère, New York Times, 1er sept. 2021

"L'establishment de la politique étrangère s'est trompé en Irak, où les États-Unis sont allés trop loin", a déclaré Richard N. Haass, président du Council on Foreign Relations. "Nous nous sommes trompés en Libye, nous nous sommes trompés au Vietnam. Mais à part cela, au cours des 75 dernières années, l'establishment de la politique étrangère a fait la plupart des choses correctement."

Qu’est-ce que l’« establishment » de la politique étrangère a fait correctement ?  Il est amusant de constater qu’il ne cite pas un seul cas de réussite.  C’est probablement parce qu’il n’y en a pas.

"Ma plus grande inquiétude est que les États-Unis entrent peut-être dans une ère de sous-exploitation", a déclaré M. Haass, qui a servi dans l'administration de George W. Bush. "L'histoire montre qu'il y a autant de risques à ne pas aller assez loin qu'à aller trop loin."

Ne pas aller trop loin = ne pas mener et perdre des guerres d’agression illégales ? S’il vous plaît, quel est le risque avec ça ?

Voilà le vrai problème :

Micah Zenko @MicahZenko - 0:38 UTC - 3 sept. 2021

L'establishment de la politique étrangère ne fait généralement pas d'auto-analyse. Les dirigeants et les bailleurs de fonds ne l'exigent pas, l'accent est intrinsèquement orienté vers le futur, et l'analyse prédictive si infalsifiable que l'évaluation est impossible.

Ce phénomène va au-delà de l’establishment :

Pourquoi les États croient aux idées folles : Pas d’auto-analyse faite par les États et les sociétés – MIT, 10 janvier 2002

Les théoriciens de l'organisation notent que les organisations sont de piètres auto-évaluatrices ; je soutiens ici que les États souffrent du même syndrome.

Ce défaut d'auto-évaluation entrave l'apprentissage national et permet aux perceptions erronées de se développer. Les mythes, la fausse propagande et les croyances anachroniques persistent en l'absence d'institutions d'évaluation solides qui testent les idées en fonction de la logique et des preuves, et qui éliminent celles qui échouent. En conséquence, l'apprentissage national est lent et l'oubli est rapide. L'environnement extérieur n'est perçu que faiblement, à travers un brouillard de mythes et de perceptions erronées.

Les États qui perçoivent ainsi leur environnement de manière erronée sont condamnés à ne pas s'y adapter, même si les sanctions dues à cet échec sont élevées. Aveugles aux incitations auxquelles ils sont confrontés, ils réagiront de manière inappropriée, même s'ils acceptent en théorie la nécessité de s'adapter.

C’est également la raison pour laquelle les États-Unis écoutent, encore et toujours, les mêmes personnes toujours aussi stupides.

Micah Zenko @MicahZenko – 15:44 UTC – 21 Aout 2021

C'est triste de voir que tant d'experts, d'universitaires et d'anciens fonctionnaires, qui se trompent régulièrement et ne s'excusent même pas, continuent d’être sollicités pour leur sagesse en matière de politique étrangère.

Non seulement il n'y a aucune obligation de rendre des comptes, mais l'obstination à se tromper est constamment récompensée par les gardiens des médias, les groupes de réflexion, le secteur privé, etc.

Chaque intervention américaine invraisemblable ou guerre désastreuse a été fortement encouragée par des intellectuels et des experts publics - souvent les mêmes 3 ou 4 douzaines de personnes.

Enfin, étant donné que les États-Unis ont une telle influence sur le reste du monde, les débats sur les choix spécifiques en matière de politique étrangère ne peuvent continuer à être menés par les mêmes voix qui se trompent régulièrement. Le monde a besoin de bien mieux.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Pour contrer l’hostilité des États-Unis, la Chine prend des décisions politiques axées sur son peuple

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – le 1 septembre 2021

En décembre 2001, la Chine est devenue membre de l’Organisation mondiale du commerce. Cela a ouvert de nouveaux marchés pour l’industrie chinoise et a attiré de nombreux investissements étrangers.

La croissance de son PIB depuis lors est époustouflante.

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Ce développement a permis à la Chine de réaliser d’énormes investissements dans les infrastructures. Il a également généré les ressources nécessaires pour éliminer la pauvreté.

Ce n’est pas une coïncidence si ce développement s’est produit alors que les États-Unis gaspillaient leur argent dans des guerres au Moyen-Orient. Alors que les États-Unis se retirent peu à peu de ces guerres pour affronter la Chine, le pays doit se préparer à ce nouvel environnement.

L’introduction de plus en plus de caractéristiques capitalistes dans l’économie chinoise au cours des 20 dernières années a créé des déséquilibres. Les entreprises ont tenté d’ignorer ou d’influencer les structures et réglementations gouvernementales. Les entreprises ont abusé de leurs travailleurs. La spéculation des riches a créé des bulles sur les marchés immobiliers. Les excès culturels qui ont mis l’accent sur l’individualisme ont menacé l’unité nationale.

Ces déséquilibres ont fait que la description de l’économie chinoise en tant que « socialisme aux caractéristiques chinoises » semble vide. À long terme, ils entraîneraient le mécontentement d’une grande partie de la population à l’égard de l’establishment politique au pouvoir. Il était grand temps d’éliminer les excès que le développement ultra rapide avait engendrés.

Le gouvernement devait agir pour éviter de futurs conflits internes. Depuis la fin de l’année dernière, il le fait avec la même efficacité qui lui a permis d’arrêter et d’éliminer les épidémies de Covid-19. Il le fait impitoyablement, sans se soucier de la valeur des actions boursières ou l’intérêt des investisseurs.

Il y a six semaines, je me suis opposé à la position de Stephen S. Roach sur les nouvelles réglementations chinoises et j’ai expliqué pourquoi le grand public chinois ne se soucie pas des « investisseurs » et soutiendra ces mesures.

Depuis lors, la campagne de réglementation s’est poursuivie avec une rapidité et un rythme étonnants. Voici une collection de titres, publiés depuis ma dernière prise de position, qui détaillent le développement et le déluge de nouvelles réglementations et lois destinées à remettre les choses en ordre tout en maintenant la croissance économique de la Chine.

Le nouveau slogan de cette époque est désormais « prospérité commune », une politique qui réduira les grands écarts de richesse tout en maintenant des incitations monétaires raisonnables et l’économie de marché en vie pour permettre la poursuite du développement.

Un pamphlet, rédigé par une figure maoïste mineure, qui justifie ces mesures et les replace dans un contexte politique plus large a été largement publié par les organes du Parti communiste :

Un commentaire largement publié dans les médias d'État chinois décrit la répression réglementaire du président Xi Jinping comme une "révolution profonde" qui balaie le pays et avertit que quiconque résiste s'expose à des sanctions.

"Il s'agit du retour d’une part des capitaux vers les masses populaires, c'est la transformation d’une politique centrée sur le capital à une politique centrée sur le peuple", déclare le commentaire, ajoutant que cela marquait un retour à l'intention initiale du Parti communiste. "Par conséquent, c'est un changement politique, et le peuple redevient le corps principal de ce changement, et tous ceux qui bloquent ce changement centré sur le peuple seront écartés."

L’auteur poursuit en plaçant cette « transformation profonde » dans un contexte géopolitique plus large :

"La Chine est actuellement confrontée à un environnement international de plus en plus sévère et complexe. Les États-Unis ont mis en œuvre des menaces militaires, des blocus économiques et technologiques, des frappes financières et un siège politique et diplomatique contre la Chine", écrit Li.

"Les États-Unis ont également lancé une guerre biologique, une cyberguerre et tourné l'opinion publique contre la Chine."

"Si nous devons encore compter sur les grands capitalistes comme force principale de l'anti-impérialisme et de l'anti-hégémonisme, ou si nous coopérons encore à la stratégie de 'tittytainment' des États-Unis, nos jeunes perdront leurs vibrations fortes et masculines et nous nous effondrerons comme l'Union soviétique, avant même d'être attaqués", a-t-il ajouté, affirmant que les États-Unis avaient lancé une révolution de couleur contre la Chine par différents canaux.

La "transformation profonde" en cours en Chine vise à répondre aux attaques brutales et féroces des États-Unis ainsi qu'à la situation internationale compliquée actuelle, a-t-il déclaré.

Les restrictions imposées au secteur du divertissement sont loin d'être suffisantes, car les travailleurs et les personnes ordinaires devraient devenir les personnages principaux sur les écrans. Les gens bénéficieront de l'objectif de "prospérité commune" après la réforme des secteurs de l'éducation, de la médecine et de la propriété, a-t-il écrit.

Si cela ressemble à une révolution culturelle 2.0, il est certain qu’il n’y aura pas de saccages d’étudiants maoïstes dans les bibliothèques ou de camps de rééducation pour les membres du parti.

Le capitaliste prédateur George Soros affirme dans le Financial Times que ces mesures vont condamner l’économie chinoise. (Voir ici la réponse de Michael Hudson.) Mais les personnes qui, comme Soros, s’opposent à des réglementations strictes oublient qu’il n’y aurait pas de marché sans elles. Les entreprises qui ne regardent que la valeur des actionnaires ne sont pas saines et ne permettent pas une société saine. Il suffit de regarder Boeing et les camps de sans-abri dans les villes américaines.

En dehors de leur fondement idéologique, les nouvelles mesures réglementaires sont populistes. Les masses vont les apprécier. Elles garantissent la réélection du président Xi Jinping lors du congrès national du parti l’année prochaine.

Elles renforceront l’unité de la Chine dans sa compétition avec les États-Unis.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Les États-Unis ont un plan pour la suite des événements en Afghanistan mais ce n’est pas un plan de paix.

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 31 août 2021

Secrétaire Antony Blinken @SecBlinken - 1:34 UTC – 31 août 2021

Je veux faire savoir aujourd'hui que le travail de l'Amérique en Afghanistan se poursuit. Nous avons un plan pour la suite, et nous le mettons en œuvre.

Le nom de code du plan que le secrétaire Blinken est en train de mettre en œuvre n’a pas été communiqué officiellement. Il sera probablement appelé « Eternal Revenge » ou quelque chose dans le genre.

Les États-Unis n’ont jamais été bon perdant. Le président Biden et Blinken non plus. Ils vont se venger du tollé que leur évacuation chaotique des troupes et des civils d’Afghanistan a provoqué. Les talibans en seront tenus pour responsables, alors même qu’ils avaient, à la demande des États-Unis, escorté des groupes de citoyens américains jusqu’aux portes de l’aéroport de Kaboul.

On peut anticiper ce que leur plan implique en examinant le processus qui a conduit à la résolution d’hier du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’Afghanistan. La résolution complète n’a pas encore été publiée, mais le rapport de l’ONU en donne l’essentiel :

Le Conseil de sécurité exhorte les talibans à assurer un passage sûr hors d'Afghanistan.

Treize des 15 ambassadeurs ont voté en faveur de la résolution, qui exige en outre que l'Afghanistan ne soit pas utilisé comme refuge pour le terrorisme.

Les membres permanents, la Chine et la Russie, se sont abstenus.

Comme la résolution ne fait que « demander instamment », elle est évidemment minimale et non contraignante. Ce n’est pas ce que les États-Unis voulaient obtenir. Ils en voulaient une beaucoup plus forte, assortie de sanctions possibles (voir « tenir les talibans responsables » ci-dessous) si les talibans ne la respectaient pas.

Avant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, la France et la Grande-Bretagne avaient proposé de créer une « zone de sécurité » à Kaboul. Cette demande a été silencieusement abandonnée, probablement en raison des préoccupations de la Chine et de la Russie concernant la souveraineté de l’Afghanistan.

Le 29 août, Blinken s’était entretenu avec le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, au sujet d’une résolution contraignante. Le compte rendu du département d’État sur cet appel a été minimal :

Le secrétaire d'État Antony J. Blinken s'est entretenu aujourd'hui avec le conseiller d'État et ministre des Affaires étrangères de la RPC, Wang Yi, de l'importance pour la communauté internationale de tenir les talibans responsables des engagements publics qu'ils ont pris concernant le passage en toute sécurité et la liberté de voyager des Afghans et des ressortissants étrangers.

Le compte rendu de la Chine révèle que les sujets de discussion ont été beaucoup plus nombreux que cela :

Selon Wang, la situation en Afghanistan a subi des changements fondamentaux, et il est nécessaire que toutes les parties prennent contact avec les talibans et les guident activement.

Les États-Unis, en particulier, doivent collaborer avec la communauté internationale pour fournir à l'Afghanistan l'aide économique, l'aide à la subsistance et l'aide humanitaire dont le pays a besoin de toute urgence, aider la nouvelle structure politique afghane à assurer le fonctionnement normal des institutions gouvernementales, maintenir la sécurité et la stabilité sociales, freiner la dépréciation de la monnaie et l'inflation, et s'engager rapidement sur la voie de la reconstruction pacifique, a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont bloqué les réserves de la Banque centrale d’Afghanistan, ont arrêté tout paiement budgétisé à l’Afghanistan et ont ordonné au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale de bloquer leurs programmes pour l’Afghanistan.

Cela paralysera toutes les fonctions de l’État afghan. La Banque mondiale est par exemple actuellement chargée de payer les enseignants et le personnel médical afghans. L’Afghanistan connaît une sécheresse et devra importer de grandes quantités de nourriture. Avec ses avoirs étrangers bloqués, il n’a aucun moyen de le faire.

La Chine est clairement consciente que l’Afghanistan connaîtra une catastrophe humanitaire si les États-Unis poursuivent leur blocus économique.

Il y a aussi le danger du terrorisme auquel les États-Unis n’ont pas su faire face :

Wang a exhorté les États-Unis, sur la base du respect de la souveraineté et de l'indépendance de l'Afghanistan, à prendre des mesures concrètes pour aider l'Afghanistan à lutter contre le terrorisme et la violence, au lieu de pratiquer la politique du deux poids deux mesures ou de combattre le terrorisme de manière sélective.

La partie américaine connaît clairement les causes de la situation chaotique actuelle en Afghanistan, a noté Wang, ajoutant que toute action à entreprendre par le CSNU devrait contribuer à apaiser les tensions au lieu de les intensifier, et contribuer à une transition en douceur de la situation en Afghanistan plutôt qu'à un retour à la tourmente.

La Chine est particulièrement préoccupée par le « Mouvement islamique du Turkestan oriental » (MITO) basé dans l’est de l’Afghanistan, que l’administration Trump avait retiré l’année dernière de sa liste de terroristes, alors que l’organisation continue de cibler la Chine. L’administration Biden n’a fait aucune tentative pour renouveler la désignation terroriste du MITO.

La Russie a les mêmes préoccupations, comme l’a expliqué son représentant permanent, Vassily Nebenzia, après s’être abstenu de voter la résolution :

Nous avons dû le faire parce que les auteurs du projet avaient ignoré nos préoccupations de principe.

Tout d'abord, en dépit du fait que le projet de résolution a été proposé dans le contexte d'une attaque terroriste odieuse, les auteurs ont refusé de mentionner État Islamique et le "Mouvement islamique du Turkestan oriental", des organisations qui sont internationalement reconnues comme terroristes, dans le paragraphe sur le contre-terrorisme. Nous interprétons cela comme une réticence à reconnaître l'évidence et une tendance à diviser les terroristes entre "les nôtres" et "les leurs". Les tentatives de minimiser les menaces émanant de ces groupes sont inacceptables.

Deuxièmement, au cours des négociations, nous avons souligné le caractère inacceptable et les effets négatifs de l'évacuation du personnel afghan hautement qualifié pour la situation socio-économique du pays. S'il subit une "fuite des cerveaux", le pays ne sera pas en mesure d'atteindre les objectifs de développement durable. Ces éléments qui sont vitaux pour le peuple afghan n'ont pas été reflétés dans le texte de la résolution.

Troisièmement, les auteurs n'ont pas tenu compte de notre proposition d'indiquer dans le document les effets négatifs du gel des avoirs financiers afghans sur la situation économique et humanitaire du pays, et de mentionner le fait que l'aide humanitaire à l'Afghanistan doit impérativement respecter les principes directeurs de l'ONU, stipulés dans la résolution 46/182 de l'AGNU.

La première préoccupation mentionnée par Nebenzia reconnait les préoccupations chinoises. La deuxième est basée sur une préoccupation que les talibans avaient soulevée lorsqu’ils ont refusé de prolonger l’évacuation par les États-Unis de la population afghane éduquée. La troisième est la plus importante.

La Russie avait proposé de lever le blocage des avoirs afghans. Les États-Unis ont rejeté cette proposition. Il est donc évident que les États-Unis ont l’intention de les maintenir en place. Ils s’en serviront pour formuler des exigences que les talibans seront incapables de satisfaire.

Dans le même temps, les États-Unis utiliseront les membres de l’ISPK (ISIS-K) et de l’« Alliance du Nord » en Afghanistan pour poursuivre la guerre et rendre impossible toute tentative de gouverner l’Afghanistan de manière fructueuse.

Ils accuseront ensuite les talibans des mauvais résultats.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

La CIA utilise ISIS-K pour garder un pied en Afghanistan

Par : Wayan

Par Moon of Alabama − Le 29 août 2021

Il y a une autre histoire derrière les récents événements terroristes en Afghanistan. Nous allons tenter de la retracer.

Au fil des ans, plusieurs rapports publiés par le Réseau d’Analystes Afghans (AAN) concernant État islamique dans la province du Khorasan (ISKP ou ISIS-K) montrent que ce groupe est composés de militants venant de groupes pakistanais. Un rapport de 2016 décrit en détail comment ils ont été encouragés par l’État afghan :

Les combattants de État Islamique qui ont créé la filiale Khorasan étaient des militants pakistanais installés depuis longtemps dans les districts du sud-est de Nangarhar, dans les montagnes de Spin Ghar ou ses contreforts, de l’autre côté de la frontière où vivaient les groupes tribaux, du côté pakistanais de la ligne Durand.

Avant de choisir de rejoindre ISKP, ces militants opéraient sous différentes marques, principalement sous l'égide du Tehrik-e Taleban Pakistan (TTP). Depuis 2010, la plupart de ces militants arrivent à Nangarhar, principalement en provenance de groupes tribaux d'Orakzai, du Nord-Waziristan et de Khyber.

Le Pakistan affirme que TTP est soutenu par le RAW, les services secrets indiens. Ils pourraient également avoir contribué à financer une autre filiale, ISKP.

Dans l'espoir de les utiliser contre le Pakistan, le gouvernement afghan a commencé à courtiser certains de ces combattants, selon certains anciens vivant dans les tribus qui participent à l'établissement des relations et qui ont abrité les militants invités. ...

Toutefois, les efforts déployés par les services de renseignements afghans, la Direction nationale de la sécurité (NDS), pour courtiser les militants pakistanais dans le Nangarhar ne se sont pas limités au Lashkar-e Islam ou aux militants de Khyber. Des anciens des tribus et des habitants d'Achin, Nazian et Kot témoignent que des combattants des filiales d'Orakzai et de Mohmand, appartenant à différentes factions du TTP, ont été autorisés à circuler librement dans la province et à se faire soigner dans les hôpitaux publics. Lorsqu'ils se déplaçaient en dehors de leur centre dans les districts du sud de Nangarhar, ils n'étaient pas armés.

Lors de conversations confidentielles avec l'AAN, des représentants du gouvernement ont confirmé ce type de relations entre des militants pakistanais et la NDS, comme en ont les anciens des tribus et les politiciens pro-gouvernementaux de Jalalabad. Ils ont décrit cet état de fait comme une réaction de représailles à petite échelle au soutien institutionnalisé, plus large et de plus longue portée, apporté par le Pakistan aux talibans afghans dans leur lutte contre le gouvernement afghan.

Le NDS de l’État afghan était une agence proxy de la CIA. Au milieu des années 1990, le chef des services de renseignement de l’Alliance du Nord, Amrullah Saleh, a été formé par la CIA aux États-Unis. Après que les États-Unis ont renversé le gouvernement taliban, Saleh est devenu le chef de la NDS. La NDS entretenait également des relations étroites avec les services secrets indiens.

Alors que les États-Unis prétendaient combattre État islamique en Irak et en Syrie (ISIS), des rapports concordants émanant de diverses parties affirmaient que des membres du noyau dur d’ISIS avaient été extraits d’Irak et de Syrie par des hélicoptères américains banalisés et transférés à Nangarhar où ils ont renforcé les militants de l’ISKP.

Hadi Nasrallah @HadiNasrallah - 1:18 UTC – 28 Aout 2021

En 2017 et 2020, la chaîne syrienne SANA rapportait que des hélicoptères américains avaient transporté entre 40 et 75 militants ISIS de Hasakah, dans le nord de la Syrie, vers une "zone inconnue". La même chose a été signalée pendant des années en Irak par l'UMP, ainsi que des rapports selon lesquels des hélicoptères américains ont largué de l'aide à ISIS.

Comme le résume Alex Rubinstein :

La liste des gouvernements, des anciens responsables gouvernementaux et des organisations de la région qui ont accusé les États-Unis de soutenir l'ISIS-K est longue et comprend le gouvernement russe, le gouvernement iranien, les médias du gouvernement syrien, le Hezbollah, un groupe militaire irakien soutenu par l'État et même l'ancien président afghan Hamid Karzai, qui a qualifié le groupe d'"outil" des États-Unis ...

Comme en Irak et en Syrie, l’utilisation par la CIA d’islamistes ultra-militants a entraîné un retour de bâton, les militants attaquant de plus en plus l’État afghan. L’armée américaine a finalement jugé nécessaire d’intervenir contre eux. Mais la lutte sur le terrain a surtout été menée par les talibans, qui ont reçu à cette fin le soutien direct de l’armée de l’air américaine.

Les opérations des talibans ont été couronnées de succès et la propagation d’ISKP dans l’est de l’Afghanistan a été bloquée. Au lieu de s’emparer ouvertement de nouvelles zones, l’ISKP a alors eu recours à des attentats-suicides sensationnels contre des cibles vulnérables à Kaboul. En mai 2021, par exemple, une voiture piégée placée devant une école de filles hazara à Kaboul a tué plus de 90 personnes, dont la plupart étaient des enfants.

La CIA et la NDS disposaient aussi de militants qui luttaient contre les talibans. Ils avaient développé et construit des forces spéciales organisées en plusieurs bataillons (NDS-01 à -04 et la Khost Protection Force (KPF)). Ces escadrons de la mort contrôlés par la CIA disposaient de leur propre soutien par hélicoptère :

Depuis 2018, la CIA est engagée dans un programme visant à tuer ou capturer des chefs militants, nom de code ANSOF, précédemment Omega. Les effectifs de la CIA sont complétés par du personnel provenant du Commandement des opérations spéciales de l'armée américaine.

Mi-2019, l'ONG Human Rights Watch déclarait que "les forces de frappe afghanes soutenues par la CIA" ont commis "de graves abus, certains équivalant à des crimes de guerre" depuis fin 2017.

Le rapport 2019 de HRW note :

Ces forces d'attaque ont tué illégalement des civils lors de raids nocturnes, fait disparaître de force des détenus et attaqué des établissements de santé pour avoir prétendument soigné des combattants insurgés. Les victimes civiles de ces raids et opérations aériennes ont augmenté de façon spectaculaire au cours des deux dernières années.

Après la prise de Kaboul par les talibans, il est devenu évident que la CIA allait devoir mettre un terme à son programme de « lutte contre le terrorisme » et qu’elle perdrait le contrôle d’une grande partie de son activité (de drogue) en Afghanistan.

Alors que Kaboul tombait, au moins une de ses unités afghanes, soit quelque 600 soldats, a reçu l’ordre d’aider à garder l’aéroport de Kaboul.

NDS 01 Unit @NDS_Afghanistan - 11:50 UTC - Aug 17, 2021

Nous viendrons

Nous servirons aussi nos compatriotes.

#انشاء_الله #Kabul #ANDSF

Les forces afghanes de la CIA se sont chargées de garder les portes et les tours :

Les Américains ont fait appel à plusieurs centaines de commandos de la Direction nationale de la sécurité de l'ancien gouvernement afghan pour limiter l'accès à certaines portes de l'aéroport, afin d'empêcher la foule de submerger l'aéroport. ...

Les commandos de l'ancien NDS devraient être parmi les derniers à quitter le pays lors de l'évacuation, servant d'arrière-garde avant d'être évacués par avion, selon des responsables américains et afghans.

Certains membres de cette unité à la gâchette facile ont eu un incident de tir ami avec des soldats allemands. Les troupes afghanes de la CIA présentes à l’aéroport vont être évacuées. D’autres unités, dont les KPF, se rendraient dans la vallée du Panjshir, où une nouvelle « Alliance du Nord », dirigée par Amrullah Saleh et Ahmad Massoud, est censée se constituer. Les talibans tentent de les traquer.

Jeudi, un kamikaze a attaqué une porte de l’aéroport de Kaboul où de nombreuses personnes attendaient d’être évacuées. État Islamique en a revendiqué la responsabilité :

L'attentat suicide de jeudi à Kaboul et la panique qui a suivi ont tué plus de 150 civils (dont une trentaine de Britanno-afghans), 28 combattants talibans et 13 soldats américains.

Avant l'attentat, un porte-parole des talibans avait déclaré à RT qu'ils avaient averti les États-Unis de l'imminence d'une attaque par ISPK.

Il est difficile de comprendre pourquoi les États-Unis, après avoir été avertis, n’ont pas pris davantage de précautions contre une telle attaque.

La plupart des victimes de l’attaque n’ont pas été causées par le kamikaze mais par les gardes postés sur le mur et dans les tours de garde entourant l’aéroport.  « La plupart des victimes » avaient des blessures par balle sur le haut du corps et les balles venaient d’en haut. Cela a maintenant été confirmé par de multiples sources :

Sangar | سنګر پیکار @paykhar - 13:02 PM – 28 Aout 2021

"La plupart des victimes de l'explosion de l'#KabulAirport n'ont pas été tuées par l'explosion mais par les balles tirées sur elles par les Américains".

Faisal, de la chaîne Kabul Lovers, a interviewé des travailleurs humanitaires à l'hôpital d'urgence de #Kaboul et voici ce qu'ils ont à dire : video

Les médias américains tentent d’ignorer ces rapports. Ce n’est qu’au plus profond d’un long article du New York Times que l’on trouve ces lignes :

Pour la première fois, des responsables du Pentagone ont reconnu publiquement la possibilité que certaines personnes tuées à l'extérieur de l'aéroport jeudi aient pu être abattues par des membres des services américains après l'attentat suicide.

Les enquêteurs cherchent à savoir si les tirs provenaient des Américains postés à la porte d'embarquement ou de État Islamique.

Ce ne sont ni les Américains à la porte ni État Islamique, mais très probablement les escadrons de la mort afghans de la CIA postés dans les tours de garde qui ont causé le massacre.

L’analyse de l’attaque par le Washington Post est tout aussi trompeuse :

Plusieurs hommes armés ont ensuite ouvert le feu sur les civils et les forces militaires. Une filiale locale de État Islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque.

Deux jours après l’attaque la CIA, CNN, a publié une interview de Clarissa Ward avec un commandant présumé d’ISKP, qui aurait été enregistrée il y a deux semaines dans un hôtel de Kaboul. La raison pour laquelle CNN a flouté le visage de l’homme n’est pas expliquée.

Comme RT le titre de façon moqueuse :

« La CIA tweete une interview de la CIA par la CIA » : Les téléspectateurs réagissent à l’interview de CNN avec le commandant d’ISIS-K, qui a été soudainement diffusée et qui est « sinistrement prophétique ».

Un jour après l’attaque de l’aéroport, la CIA a également tué un « planificateur » présumé d’ISKP à Jalalabad qui n’avait rien à voir avec l’attaque de l’aéroport.

Dion Nissenbaum @DionNissenbaum - 10:43 UTC – 29 Aout 2021

Une vidéo exclusive du @WSJ montre les conséquences d'une attaque de drone américain, qui a utilisé un missile "Flying Ginsu", contre État Islamique en Afghanistan. Le Pentagone affirme qu'il n'y a pas eu de victimes civiles. Un témoin oculaire affirme qu'une femme figure parmi quatre blessés.

Une vidéo exclusive montre les conséquences d'une attaque de drone américaine en Afghanistan.

Dire qu’il s’agirait d’un missile « Flying Ginsu », qui ne contient pas d’explosifs, est incompatible avec les importants dégâts causés par des éclats d’obus, que l’on peut voir dans la vidéo ci-dessus.

Passons maintenant aux choses importantes.

Si ISKP est, comme indiqué ci-dessus, un produit de la CIA/NDS et si les gardes de l’aéroport qui ont tué la « plupart des victimes » de l’attaque sont des forces spéciales afghanes dirigées par la CIA, tout cela pourquoi faire   ?

Nous trouverons peut-être la réponse dans un autre article du New York Times intitulé :

Au milieu du chaos afghan, une mission de la CIA qui persistera pendant des années

Alors que la guerre d'Afghanistan touche à sa fin, la CIA s'attend à ce que son objectif principal s'éloigne progressivement du contre-terrorisme - une mission qui avait, en deux décennies, transformé l'agence en une organisation paramilitaire axée sur les chasses à l'homme et les meurtres - pour revenir à un espionnage traditionnel orienté vers des puissances comme la Chine et la Russie.

Mais les deux explosions mortelles de jeudi sont les dernières d'une rapide série d'événements qui se déroulent depuis l'effondrement du gouvernement afghan et la prise de contrôle du pays par les talibans et qui bouleversent ce plan. Tel un trou noir ayant sa propre attraction gravitationnelle, l'Afghanistan pourrait coincer la CIA dans une mission complexe de contre-terrorisme pour les années à venir.

La pauvre CIA, replongée dans une coûteuse mission de « contre-terrorisme » en Afghanistan et ailleurs, qui était censée prendre fin alors que… eh bien, alors qu’un groupe terroriste créé par la CIA envoie un kamikaze à l’aéroport de Kaboul et que les forces afghanes dirigées par la CIA abattent une foule de réfugiés.

On pourrait aussi considérer cela comme la revanche de l’État profond contre l’ordre du président Biden de se retirer d’Afghanistan.

C’est ce même État profond qui nous a valu quatre années de « Russiagate », lorsqu’un autre président était également enclin à rappeler les troupes américaines à la maison et à limiter ainsi les champs d’opération de la CIA.

Pour que leur point de vue soit parfaitement clair, les auteurs de la CIA s’exprimant dans le NYT émettent, dans leur dernier paragraphe, cette menace pas vague du tout :

Toute attaque terroriste en provenance d'Afghanistan exposerait M. Biden à des critiques féroces de la part de ses adversaires politiques, qui lui reprocheraient d'avoir pris la décision de retirer les troupes américaines du pays - un autre facteur susceptible d'entraîner une pression intense de la Maison-Blanche sur les agences d'espionnage pour qu'elles se concentrent sur l'Afghanistan.

La pression de la Maison-Blanche sur les agences d’espionnage ? Non, plutôt la pression exercée par la CIA sur la Maison-Blanche pour qu’elle puisse continuer ses petites affaires en Afghanistan.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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