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Voici comment l’Ukraine aura perdu ses richesses

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 10 août 2022

Le 24 février, le jour où les troupes russes ont franchi les frontières de l’Ukraine, j’ai écrit sur l’état final potentiel de l’opération :

En regardant cette carte, je pense que l’état final le plus avantageux pour la Russie serait la création d’un nouveau pays indépendant, appelé Novorussiya, sur les terres situées à l’est du Dniepr et au sud le long de la côte, terres qui détiennent une population majoritairement russe et qui, en 1922, avaient été rattachées à l’Ukraine par Lénine. Cet État serait politiquement, culturellement et militairement aligné sur la Russie.

Cela éliminerait l’accès de l’Ukraine à la mer Noire et créerait un pont terrestre vers la Transnistrie, séparée de la Moldavie, qui est sous la protection de la Russie.

Le reste de l’Ukraine serait un État confiné, essentiellement agricole, désarmé et trop pauvre pour devenir rapidement une nouvelle menace pour la Russie. Sur le plan politique, elle serait dominée par les fascistes de Galicie, ce qui deviendra alors un problème majeur pour l’Union européenne.

Le 19 mars, j’ai réexaminé le sujet et ajouté Kryvyi Rih (Kriwoi Rog en russe), la partie jaune de la carte, à la liste :

La Novorossiya comprend en gros les zones roses et jaunes de la carte ci-dessus. Elle comprend également les précieuses mines de fer et les usines de Kryvyi Rih développées par les Soviétiques à l’ouest du Dniepr.

Je tiens tout particulièrement à souligner que j’ai parlé d’un « État essentiellement agricole, désarmé et trop pauvre pour constituer de sitôt une nouvelle menace pour la Russie« .

J’ai pu dire cela parce que presque toutes les ressources et industries de l’Ukraine se trouvent dans le sud et l’est. Si la Russie les prend ou crée un nouvel État nommé Novorossiya, le « reste de l’Ukraine » sera en grande partie désindustrialisé. Il convient également de noter que le sud et l’est englobent la plupart des fameuses zones de terre noire, qui consistent en une couche d’humus d’un demi-mètre de profondeur permettant d’obtenir de bons résultats agricoles sans utiliser beaucoup d’engrais.

Une grande partie des industries de l’acier et des machines lourdes dans le sud et l’est ont été négligées au cours des 30 dernières années sous la domination ukrainienne ou ont été détruites pendant les guerres qui font rage depuis 2014. Il faudra de très gros investissements pour les relancer, mais les bénéfices potentiels seront importants.

Près d’une demi-année après mon article, le Washington Post, avec l’aide de quelques Canadiens, rattrape son retard sur le sujet :

Dans la guerre d’Ukraine, une bataille pour les richesses minérales et énergétiques du pays

 

Après près de six mois de combats, la guerre bâclée de Moscou lui a apporté au moins un grand profit : un contrôle accru sur certaines des terres les plus riches en minéraux d’Europe. L’Ukraine abrite certaines des plus grandes réserves de titane et de minerai de fer du monde, des gisements de lithium inexploités, ainsi que d’énormes dépôts de charbon. Collectivement, ils valent des dizaines de milliers de milliards de dollars.

 

La part du lion de ces gisements de charbon, qui ont alimenté pendant des décennies l’industrie sidérurgique ukrainienne, est concentrée dans l’est du pays, où Moscou a fait le plus de percées. Selon une analyse réalisée pour le Washington Post par la société canadienne SecDev, spécialisée dans les risques géopolitiques, ces gisements sont passés aux mains des Russes, tout comme d’autres gisements énergétiques et minéraux de grande valeur, utilisés dans des domaines aussi variés que les pièces d’avion ou les smartphones. …

 

« Le pire scénario est que l’Ukraine perde des terres, n’ait plus une économie de matières premières forte et devienne davantage comme l’un des États baltes, une nation incapable de soutenir son économie industrielle« , a déclaré Stanislav Zinchenko, directeur général de GMK, un groupe de réflexion économique basé à Kiev. « C’est ce que veut la Russie. Nous affaiblir. » …

 

Pourtant, l’analyse de SecDev indique qu’au moins 12 400 miliards de dollars de gisements énergétiques, de métaux et de minéraux ukrainiens sont désormais sous contrôle russe. Ce chiffre représente près de la moitié de la valeur en dollars des 2 209 gisements examinés par l’entreprise. Outre 63 % des gisements de charbon du pays, Moscou s’est emparé de 11 % de ses gisements de pétrole, de 20 % de ses gisements de gaz naturel, de 42 % de ses métaux et de 33 % de ses gisements de terres rares et d’autres minéraux critiques, dont le lithium.

Je pense que la part de gaz naturel que détient déjà la Russie est plus élevée, car il existe plusieurs gisements de gaz sous-marins autour de la Crimée et au large de la côte orientale.

Si les forces russes prennent également Kryvyi Rih et Dnipro, elles contrôleront environ 75 à 80 % du PIB de l’Ukraine d’avant-guerre.

L’effort de guerre de la Russie est actuellement financé par l’« Occident », qui le paie par le biais des prix records de l’énergie créés par ses propres sanctions contre la Russie.

Comme le rapportait hier l’agence russe Interfax (traduction automatique) :

Le solde positif du compte courant de la balance des paiements de la Fédération de Russie de janvier à juillet 2022 s’est élevé à 166,6 milliards de dollars, soit 3,3 fois plus qu’au cours de la même période en 2021 (50,1 milliards de dollars). Ces informations figurent dans l’évaluation de la balance des paiements de la Fédération de Russie, publiée sur le site Internet de la Banque de Russie. …

 

Selon le scénario de base des prévisions de la Banque centrale pour 2022, mis à jour en juillet, avec un prix annuel moyen du pétrole de 80 dollars le baril, l’excédent de la balance courante devrait être de 243 milliards de dollars, le solde positif du commerce extérieur de biens et de services – 277 milliards de dollars, et le solde négatif des revenus primaires et secondaires – 33 milliards de dollars.

Si l’« Occident » veut vraiment priver la Russie d’argent, il doit immédiatement lever les sanctions et recommencer à importer du pétrole, du gaz et du charbon de Russie à des prix alors beaucoup plus bas.

La Russie ne manquera pas d’argent pour financer la reconstruction des grandes industries de Novorossiya. Une fois cela fait, ces régions seront manifestement capables de subvenir à leurs besoins et de garantir un niveau de vie élevé. Elles auront également assez d’argent pour se défendre militairement contre tout ce que le pauvre reste d’Ukraine sera capable de financer.

Fin mars, après des négociations entre la Russie et l’Ukraine en Turquie, un accord sur un cessez-le-feu et sur la fin de la guerre a presque été conclu. Joe Biden a alors chargé Boris Johnson de dire à Zelensky de poursuivre la guerre. Sinon, l’« Ouest » cesserait de le payer. Zelensky a fait ce qu’on lui a dit de faire et a cessé toute négociation avec la Russie.

Un accord avec la Russie à ce moment-là aurait permis à l’Ukraine de rester un seul État, avec seulement des pertes mineures dans le Donbass. Mais la décision de poursuivre cette guerre sans espoir a également mis fin à toutes les chances de l’Ukraine de conserver ses richesses.

Elle finira pauvre et impuissante tandis que ses voisins « occidentaux » s’en régaleront.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

À partir d’avant-hierVos flux RSS

La perquisition de la maison de Trump va saboter la campagne des Démocrates

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 9 août 2022

Au cours du week-end, les Démocrates ont finalement adopté leur assez médiocre loi budgétisant 430 milliards de dollars pour la réduction de l’inflation, ce qui ne réduira pas l’inflation car elle concerne surtout des mesures liées au climat et aux médicaments. Ils espèrent en tirer profit lors des élections de mi-mandat de novembre :

Les sénateurs Démocrates sortants en difficulté, comme Maggie Hassan du New Hampshire et Catherine Cortez Masto du Nevada, prévoient déjà des événements pour promouvoir la loi historique qu’ils ont adopté ce week-end. Les publicitaires Démocrates s’affairent à déverser un flot de spots publicitaires à ce sujet dans les principaux champs de bataille. Et la Maison-Blanche s’apprête à déployer des membres de son cabinet pour une campagne de promotion nationale.

 

Cette législation de grande envergure, couvrant le changement climatique et les prix des médicaments sur ordonnance, qui a été adoptée par le Sénat après plus d’un an d’hésitations douloureusement publiques, a donné le coup d’envoi d’un sprint frénétique de 91 jours pour vendre le paquet de mesures d’ici novembre – et convaincre un électorat de plus en plus sceptique à l’égard du pouvoir Démocrate.

Mais le jour même, le ministère de la Justice et le FBI ont donné aux Républicains un énorme point de ralliement qui augmentera de manière significative leur participation aux élections :

Des hordes de partisans de Donald Trump en colère ont envahi sa résidence de Mar-a-Lago hier soir, peu après qu’il soit rendu public que le FBI avait fouillé la propriété de l’ex-président dans le cadre d’une enquête visant à déterminer s’il avait transporté des documents confidentiels de la Maison Blanche à sa résidence de Floride.

 

Trump, qui a rendu publique la perquisition par une longue déclaration, a affirmé que des agents avaient ouvert le coffre-fort situé à son domicile et a décrit leur travail comme un « raid inattendu » qu’il a qualifié de « faute professionnelle« .

 

Il a accusé le FBI de faire du deux poids deux mesures, affirmant que le bureau avait « permis » à Hillary Clinton de « diluer dans l’acide » 33 000 courriels de l’époque où elle était secrétaire d’État.

 

Ceux qui sont dans son camp ont déclaré que le raid était une tentative claire de contrecarrer une éventuelle candidature à la présidence, en 2024.

 

Trump n’a pas officiellement annoncé sa candidature, mais les spéculations sur sa volonté de se représenter vont bon train. Elles ont été accentuées par son apparition au C-Pac ce week-end.

Le raid est assuré d’être couvert par de nombreux bulletins d’information. Il donnera à Trump un nouvel élan pour annoncer sa campagne :

Alors que Trump envisage de se présenter à la présidence pour la troisième fois, les implications de l’incursion du FBI à Mar-a-Lago pour son avenir politique sont considérables. Cela va-t-il renforcer son statut de martyr, incitant le Parti Républicain à se rallier à lui ? Ou s’agit-il du premier signe réel d’une myriade de difficultés juridiques, allant de la fraude électronique à la falsification des élections en Géorgie, en passant par l’attentat du 6 janvier, qui pourraient le mettre en difficulté ?

S’agit-il d’une « bombe » ? Les murs se rapprochent-ils (vidéo) de Trump ? Est-ce le « point de bascule » tant attendu qui marque le « début de la fin » pour Trump ?

Bien sûr que non.

Toutes les tentatives de faire tomber Trump avec des fausses accusations, du genre Russiagate ou autres, ont échoué. Quelques documents « classifiés« , probablement trouvés en possession de la personne qui, en tant que président, avait le pouvoir de les déclassifier, ne changeront rien.

Cette perquisition et les accusations qui vont avec ne feront que renforcer la détermination de Trump et de ses partisans à gagner :

L’avantage à court terme pour Trump, en tout cas, est clair. Il est une fois de plus au centre de l’attention politique à un moment où le président Joe Biden a remporté tant de victoires, la semaine dernière. Trump, qui est un maître du spectacle, va exploiter la perquisition du FBI pour en tirer toute la publicité qu’il peut en tirer.

Ce raid est probablement ce que Trump pouvait espérer de mieux :

Trump a clairement indiqué dans sa déclaration qu’il voyait dans cette perquisition une valeur politique potentielle, ce que certains de ses conseillers ont confirmé, en fonction des résultats de l’enquête.

 

Son équipe politique a commencé à envoyer des sollicitations de collecte de fonds en s’appuyant sur cette perquisition, tard dans la soirée de lundi.

Même les conservateurs qui n’aiment pas Trump verront dans cette affaire une tentative illégitime de la part des Démocrates d’empêcher une autre candidature de Trump à la présidence. Beaucoup s’y opposeront par principe, indépendamment de la personne visée.

La Maison Blanche affirme ne pas avoir été informée du raid. Beaucoup de gens en douteront.

Si l’Attorney General, Merrick B. Garland, n’a pas informé la Maison Blanche, il devrait être licencié pour sabotage politique de la campagne des Démocrates. Lancer une action hautement politique sans en informer le patron est inconcevable pour un ministre de la Justice.

Si la Maison Blanche a été informée, sa haine pour Trump a dû la pousser à cette très stupide erreur. Autoriser le raid à ce moment-là était la pire chose qui pouvait arriver aux Démocrates.

Ajout :

Il y a aussi ce sujet complotiste :

U.S. Ministry of Truth @USMiniTru – 12:57 UTC – Aug 9, 2022

Il n’est pas du tout suspicieux que l’avocat qui a défendu Jeffrey Epstein soit le juge qui a signé le mandat scellé pour autoriser le raid du FBI au domicile de Trump.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Note du Saker Francophone

Cet article de RT confirme l’analyse de Moon of Alabama : « Plus d’un an d’enquête menée par une commission du Congrès et neuf audiences télévisées – emballées de manière experte par un ancien cadre d’ABC News – ont eu essentiellement un impact nul sur l’opinion publique au sujet de l’émeute du 6 janvier au Capitole américain, selon un nouveau sondage.

Le sondage de l’Université Monmouth, publié mardi, a montré que la commission de la Chambre des représentants dirigée par les Démocrates avait échoué dans ses efforts pour convaincre les électeurs que l’ancien président Donald Trump était responsable de l’intrusion au Capitole. Environ 38% des Américains pensent que Trump était « directement responsable« , contre 42% avant les audiences télévisées, selon le sondage.

« Les révélations sensationnelles faites pendant les audiences ne semblent pas avoir fait bouger l’aiguille de l’opinion publique sur la culpabilité de Trump, que ce soit pour l’émeute ou pour ses affirmations fallacieuses de fraude électorale« , a déclaré Patrick Murray, directeur du Monmouth University Polling Institute. »

Cet autre article montre la colère des Républicains : « Le chef de la minorité de la Chambre des représentants américaine, Kevin McCarthy (R-Californie), et d’autres législateurs républicains ont condamné l’administration du président Joe Biden pour avoir perquisitionné la résidence de Donald Trump en Floride, avertissant qu’ils enquêteront sur la politisation du ministère de la Justice (DOJ) lorsqu’ils reprendront le contrôle du Congrès. « Le ministère de la Justice a atteint un état intolérable de politisation« , a déclaré McCarthy lundi soir, quelques heures après que des agents du FBI ont exécuté un mandat de perquisition dans la résidence de Trump à Mar-a-Lago. « Lorsque les républicains reprendront la Chambre, nous effectuerons une surveillance immédiate de ce département, nous suivrons les faits et nous ne négligerons aucune piste. Procureur général [Merrick] Garland, conservez vos documents et libérez votre agenda.« 

La politique par d’autres moyens

Par : Wayan

Par Helmholtz Smith – Le 8 août 2022 – Source Moon of Alabama

La « guerre hybride ». Les propagandistes occidentaux adorent l’expression « Les méchants font de vilaines choses sournoises pour contrer nos activités qui sont propres, décentes et totalement justifiées« , mais ce n’est que du bruit. Cependant, comme le savait Clausewitz, il existe une signification réelle :

Nous voyons donc que la guerre n’est pas seulement un acte politique, mais aussi un véritable instrument politique, une continuation du commerce politique, une réalisation de celui-ci par d’autres moyens. Tout ce qui, au delà, est strictement propre à la guerre ne se rapporte qu’à la nature particulière des moyens qu’elle emploie (…) car la vue politique est l’objet, la guerre est le moyen, et le moyen doit toujours inclure l’objet dans notre conception.

En ce sens, toutes les guerres intelligemment menées sont des « guerres hybrides » avançant sur plusieurs niveaux pour atteindre l’« objet politique » par d’« autres moyens ».

Quel est cet « objet » ?

Moscou sait que l’OTAN/États-Unis sont le véritable ennemi, que les misérables Ukrainiens sont ses marionnettes et que leur pays, pillé et usé, n’est que l’arène du combat. Poutine lui-même a déclaré qu’il fallait mettre un terme à la menace que l’OTAN fait peser sur la Russie. L’OTAN, et l’Union européenne avec laquelle elle est étroitement liée, doivent être démasquées comme inutiles, activement nuisibles à leurs membres et leur hostilité doit être vaincue.

L’OTAN, qui aime se présenter comme pacifique (malgré les cinq ou six guerres qu’elle a déclenchées au cours du dernier quart de siècle), ne peut ou ne veut pas comprendre le point de vue de la Russie. Moscou va s’y engouffrer. Poutine dit qu’il a maintes fois essayé d’autres moyens (Munich 2007 étant l’un des premiers). Ces moyens ayant échoué, il en utilise d’autres cette fois-ci.

Des objectifs de grande envergure nécessitent une attaque sur plusieurs fronts. Examinons les fronts.

LE FRONT MILITAIRE. Poutine a expliqué les objectifs – dénazification et démilitarisation. Peut-être auraient-ils pu être atteints par la négociation – bien que des années d’ignorance des accords de Minsk par Kiev laissent penser que non – mais cela ne s’est pas produit. Peut-être que Moscou espérait que sa feinte sur Kiev pourrait éviter un bain de sang, mais cela ne s’est pas produit non plus. La bataille de l’anéantissement est donc lancée – la puissance militaire de l’Ukraine est écrasée et les nazis tués.

Cela prend beaucoup de temps pour plusieurs raisons. Imaginez la ligne de tranchées du front occidental, mais avec trois fois plus de temps pour la construire avec du béton plutôt qu’avec des sacs de sable et du bois. La Russie et ses alliés ont attaqué avec des forces plus réduites. Les forces alliées avancent lentement pour réduire leurs pertes et parce qu’elles ne sont pas particulièrement pressées. Les Ukrainiens résistent avec beaucoup de ténacité et l’OTAN les encourage. Les forces ukrainiennes sont méthodiquement massacrées, les pertes alliées sont une fraction des pertes ukrainiennes parce que « l’artillerie conquiert et l’infanterie occupe« .

LE FRONT DIPLOMATIQUE. L’Occident aime prétendre que la Russie est isolée. Mais, en termes de population, la soi-disant « Communauté internationale » ne représente que 15 à 20 % du monde et les Russes sont bien accueillis ailleurs. Voici Lavrov très présent à l’ASEAN, en Afrique (notez les tentatives des médias pour le faire oublier) et dans le monde arabe.

La Russie n’est pas du tout isolée et sa diplomatie a des effets. La diplomatie américaine, en revanche, se résume à des menaces – l’Afrique est avertie, la Chine menacée.

LE FRONT ÉCONOMIQUE. Lorsque Moscou a entamé son « opération militaire spéciale », elle s’attendait à ce que Nordstream 2 soit arrêté, car elle savait que l’Occident était arc-bouté sur l’idée que l’économie russe dépend de la vente d’énergie à l’Europe – « la Russie ne peut pas se permettre de réduire ses ventes de pétrole« . Moscou avait préparé sa réponse : les pays hostiles doivent payer en roubles.

Quelle est la réponse de l’Europe ? Toucher Poutine en ne prenant pas de douche. Ne le faites pas, il s’en moque. Bien sûr, le prix du pétrole a augmenté et Moscou finance probablement entièrement l’opération grâce à l’augmentation des recettes. L’Occident découvre – et, conseillé comme il l’est par des gens comme Aslund, à son grand étonnement – que « le pays qui ne fabrique rien » est un gros producteur de beaucoup de choses essentielles.

Moscou savait que Washington refilerait l’addition aux Européens – tout comme Washington se battra jusqu’au dernier Ukrainien, il sanctionnera jusqu’à ce que le dernier Européen gèle. La guerre économique fait plus de dégâts chez les ennemis de la Russie. Soit ils s’en rendent compte et changent leur comportement, soit ils ne le font pas et ils en souffrent. Moscou attend en sachant qu’elle gagne dans les deux cas.

LE FRONT DE LA PROPAGANDE. Il est communément admis que Moscou perd la guerre de la propagande, mais je n’en suis pas convaincu. La propagande doit avoir un certain fondement dans la vérité – au lieu de cela, nous avons les martyrs de l’île des Serpents qui reviennent miraculeusement à la vie, le fantôme de Kiev, des armées d’un million d’hommes qui disparaissent, les contre-attaques sur Kherson à nouveau reportées, les bombardements des maternités révélés par les mères bombardées, les corps soigneusement laissés dehors pour être vus, la Russie suppliant la Chine, l’Iran ou la Corée du Nord pour des armes, une autre arme qui « change la donne« .

La Russie était à court de munitions en mars, avril, juin et juillet. Il faut être assez comateux pour croire encore à cela. Les propagandistes ont perdu leurs compétences. Et la réalité s’échappe par les trous de ces récits peu convaincants. Témoin la réception du rapport d’Amnesty International selon lequel les tactiques ukrainiennes « mettent les civils en danger et violent les lois de la guerre lorsqu’elles opèrent dans des zones peuplées« .

« Des propagandistes de Poutine« , s’exclame le Times ; « on ne peut pas le tolérer« , dit Zelensky ; « propagande russe« . Rien de nouveau pour nous qui avons vu des combattants d’Azov s’abriter derrière des civils à Marioupol, des armes cachées dans des centres commerciaux, des troupes s’installer dans des écoles. Mais c’est un choc pour ceux qui croient au récit occidental (surtout les lectrices de Vogue !).

Les sceptiques savent que la différence entre une théorie du complot et la vérité rapportée est de quelques mois. En juin, dire que des fonctionnaires corrompus vendaient des armes occidentales était de la désinformation russe , en août c’est une info. Zelensky était un héros à l’époque, il est corrompu aujourd’hui. Attendez-vous à plus de « désinformation » se transformant en vérité.

JUDO. Poutine est bien connu pour être un maître du judo. Le judo est l’art d’utiliser les mouvements de l’adversaire contre lui. C’est ce que nous observons. Sur tous les fronts, la Russie a le temps de son côté et la domination de l’escalade. L’impuissance de l’OTAN et de l’UE – en fait, les dommages réels causés par l’appartenance à l’une ou l’autre – est plus perceptible chaque jour à l’approche de l’hiver.

La prédominance de l’Europe, de l’Occident, reposait sur trois pieds. Le pouvoir de contraindre les autres. L’aura captivante du succès. La richesse pour financer les deux. Regardez cette petite vidéo – il n’y a pas beaucoup de respect. Je m’attends à ce que nous en voyions plus comme celle-ci.

La statue est creuse, le mandat du Ciel est en train de changer.

Helmholtz Smith

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Le journalisme de guerre occidental se résume à des articles du genre « Les officiels de notre camp ont dit… »

Par : Volti
Merci Kalon Par Moon of Alabama – Le 7 août 2022 via Le Saker Francophone Larry Johnson est consterné, à juste titre, par un article du New York Times citant de nombreux « officiels » mais ne vérifiant aucune des affirmations, pourtant manifestement fausses, de ces officiels : Je ne cesse d’être étonné par l’incapacité totale des journalistes à rassembler les faits. Je pense que cela se résume […]

Le journalisme de guerre occidental se résume à des articles du genre « Les officiels de notre camp ont dit… »

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 7 août 2022

Larry Johnson est consterné, à juste titre, par un article du New York Times citant de nombreux « officiels » mais ne vérifiant aucune des affirmations, pourtant manifestement fausses, de ces officiels :

Je ne cesse d’être étonné par l’incapacité totale des journalistes à rassembler les faits. Je pense que cela se résume à de la paresse. Pourquoi faire des recherches ou des réflexions indépendantes qui vous obligent à aller sur le front alors que vous pouvez gober et régurgiter des points de discussion pré-établis ? Vous êtes payé de la même façon et vous pouvez même recevoir un Pulitzer si vous êtes le diffuseur le plus enthousiaste de la connerie du régime.

Un article récent du New York Times, intitulé « Selon des responsables occidentaux, les erreurs de la Russie créent une opportunité pour l’Ukraine », illustre ce phénomène. Voici les points saillants de cet article de Julian Barnes et Eric Schmitt : …

L’article du NYT est également disponible ici.

Je ne vais pas me joindre à Larry pour dissiper les mythes que ces « journalistes » essaient de répandre. Ces personnes ne vont pas sur le terrain pour examiner les faits. Ils ne consultent pas les cartes du front, les statistiques sur les pertes, la structure des forces ou les données économiques. Ils n’ont aucune expérience de l’art de la guerre. Ce sont de simples sténographes, grassement payés, qui s’accrochent aux lèvres des « officiels » et écrivent ce que les « sources » qui les invitent veulent qu’ils racontent.

Difficile à croire ? Eh bien, voici la source mentionnée dans l’article du NYT sur lequel Larry Johnson se déchaîne :

…, selon des responsables américains et européens.

Les responsables américains et européens disent …

La Russie a annoncé, et l’Occident a prédit, …

Les commandants russes ont dit …

L’OTAN et d’autres responsables disent …

Ces responsables reconnaissent…

… ont déclaré de hauts responsables militaires et des législateurs américains.

… ces responsables ont dit.

… a déclaré la représentante Elissa Slotkin.

… un haut fonctionnaire du ministère de la Défense a déclaré récemment.

Les responsables européens ont dit, …

… selon les responsables du renseignement américain et allié.

… ont dit des responsables occidentaux du renseignement

Les rapports du renseignement américain ont dit …

… selon des officiels informés de ces évaluations.

Des officiels américains ont dit…

Les responsables occidentaux du renseignement disent…

… un officiel du renseignement occidental comparé à…

… les officiels occidentaux ont dit.

Selon certaines estimations des services de renseignement…

… les officiels américains ont dit.

… selon les responsables occidentaux du renseignement.

… Des officiels ukrainiens ont dit. …

Des officiers supérieurs de l’armée américaine ont dit …

Le brigadier Christopher King, le plus haut officier britannique d’une cellule militaire à Stuttgart, en Allemagne, … a déclaré …

Et un haut responsable militaire ukrainien a déclaré …

… le responsable a ajouté …

Les évaluations des services de renseignement américains et occidentaux …

Les responsables américains et britanniques ont déclaré …

Le représentant Michael Waltz, républicain de Floride, … a déclaré …

Le Président Volodymyr Zelensky a déclaré aux membres du Congrès …

… M. Waltz a dit.

Ce n’est même pas du journalisme « il a dit, elle a dit« . Il s’agit d’une pure sténographie des déclarations d’une seule des parties en conflit, sans aucune tentative de vérifier la véracité douteuse de ces affirmations.

Le New York Times n’est pas le seul à produire de telles conneries. Un article récent du Washington Post, intitulé  » La promesse de la Russie d’annexer l’Ukraine occupée suscite des divisions et des appels à l’aide. « , suit le même schéma :

La promesse de la Russie d’annexer des poches de l’Ukraine occupée a placé les États-Unis et ses partenaires dans une situation difficile, alors que l’inquiétude grandit à Washington et à Kiev quant à savoir si l’Occident est en mesure d’éviter un tournant décisif dans la guerre, dès le mois prochain.

De quel « tournant » parlent-ils ? La Russie gagne cette guerre depuis le premier jour. Cela ne va pas changer.

Quatre auteurs, Karoun Demirjian, Karen DeYoung, Loveday Morris et Michael Birnbaum, ont été nécessaires pour assembler ces absurdités. Voici les sources qu’ils mentionnent :

… les critiques de la réponse de l’administration Biden disent …

La promesse de la Russie de…

Les dirigeants russes ont signalé …

Le secrétaire d’État Antony Blinken et de hauts responsables de la Maison Blanche ont prévenu …

… les critiques de la réponse de l’administration Biden jusqu’à présent… prétendent…

… l’Occident dit…

… a déclaré le représentant Michael Waltz (R-Fla.), …

Le membre du Congrès a noté que…

… Waltz a dit, …

L’ambassade de Russie à Washington n’a pas répondu…

Le ministre des Affaires étrangères du pays, Sergei Lavrov, a déclaré …

Le gouvernement de Kiev a…

Zelensky avertissant que …

Les responsables de l’administration Biden insistent …

Les évaluations occidentales du conflit citent régulièrement … tout en amplifiant …

Dans plus d’une douzaine d’interviews et de séances d’information, des responsables de la Maison Blanche, du Département d’État, du Pentagone et de la communauté du renseignement américaine ont défendu …

Ces responsables ont minimisé…

… a déclaré le porte-parole du Pentagone, Todd Breasseale.

… certains hauts fonctionnaires américains ont déclaré …

Les conseillers de Zelensky ont été catégoriques sur le fait que…

… Yuriy Sak, un conseiller du ministre de la défense ukrainien Oleksii Reznikov, a déclaré dans une interview.

… la communauté du renseignement américain a changé … selon les officiels.

… selon des fonctionnaires familiers avec le partage de l’information. Comme d’autres, ils ont parlé sous couvert de l’anonymat…

… alors que les alliés occidentaux disent…

… a déclaré le représentant Mike Quigley (D-Ill.), …

La Commission européenne a déclaré lundi…

Certains ont pointé du doigt…

… selon Rafael Loss, un analyste basé à Berlin au Conseil européen des relations étrangères.

Les critiques notent …

… que l’Union européenne a accepté la semaine dernière…

… a déclaré Sam Charap, spécialiste de la Russie et politologue à la RAND Corporation.

… dit-il.

Le ministre des Affaires étrangères de Lettonie, Edgars Rinkevics, a reconnu …

Mais il a rejeté…

… Rinkevics a déclaré dans une interview.

Poutine a fait sensation en annonçant que…

Les officiels occidentaux disent…

Sak, l’assistant du ministre de la défense ukrainien, a fait l’éloge de …

… il a dit, …

… Sak a dit.

Au bas de l’article, le Post fait savoir à ses lecteurs d’où les « reporters » de cet article, sur l’Ukraine (!), sont en train de sténographier :

Birnbaum a fait son reportage d’Athènes. Morris a fait son reportage de Berlin. Shane Harris, à Washington, et Florian Neuhof, à Berlin, ont contribué à ce rapport.

Ce qui est terrifiant avec de tels articles, c’est que des « officiels » à Washington et en Europe lisent réellement de telles choses et y croient. Ils consomment les mythes qu’ils produisent eux-mêmes et agissent ensuite en conséquence. Ils ignorent ainsi l’histoire, les faits de base et la vie bien réelle des personnes qui deviennent les victimes de leurs guerres.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

La réaction de la Chine à la visite de Mme Pelosi révèle ses plans en cas de conflit avec Taïwan

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 6 août 2022

La réaction de la Chine à la visite de Pelosi à Taïwan se poursuit :

Taipei, 6 août (CNA). Le ministère taïwanais de la Défense nationale (MD) a déclaré samedi que de multiples avions et navires militaires chinois avaient opéré près de Taïwan dans la matinée, dans ce qu’il pense être une simulation d’attaque contre l’île principale de Taïwan.

 

Dans un bref communiqué de presse, le ministère de la Défense nationale a déclaré que plusieurs avions et navires militaires chinois avaient mené des activités près de Taïwan samedi matin, certains d’entre eux franchissant la ligne médiane du détroit de Taïwan – une zone tampon non officielle normalement évitée par les avions et navires militaires taïwanais et chinois. Le MD a ajouté que les militaires chinois étaient probablement en train de « simuler une attaque contre l’île de Taïwan« .

La ligne médiane du détroit de Taïwan a été tracée en 1955 par le général Benjamin Davis, de l’armée de l’air américaine. Elle n’a plus aucune signification.

Le trafic maritime autour de Taïwan se poursuit sans trop de problèmes. Les ports de Taïwan sont toujours accessibles. Les navires évitent juste les zones que la Chine avait désignées comme cibles.

Certains, à l’agence de presse taïwanaise CNA, savent désormais à quoi ressemblerait un véritable conflit avec la Chine (traduction automatique) :

Les experts ont souligné que les exercices militaires à grande échelle sans précédent menés par la Chine autour de Taïwan donnent désormais un aperçu de la manière dont l’armée communiste bloquerait l’île de Taïwan si elle lançait une guerre contre Taïwan, et montrent également les capacités de l’armée chinoise.

 

Après le départ de Pelosi de Taïwan, l’armée communiste a émis un autre avertissement de navigation, et des tirs à balles réelles [seront] effectués dans la mer Jaune pendant 10 jours consécutifs… …

 

C’est la première fois qu’un exercice militaire chinois se déroule aussi près de Taïwan, certains exercices se déroulant à moins de 20 kilomètres de la côte taïwanaise.

Autre fait sans précédent, le lieu de l’exercice de l’armée communiste inclut la mer et l’espace aérien à l’est de Taïwan. Il s’agit d’une zone d’importance stratégique pour l’approvisionnement des troupes taïwanaises et pour d’éventuels renforts américains.

 

Le monde extérieur spécule depuis longtemps que l’une des stratégies préférées de la Chine pour attaquer Taïwan serait le blocus.

 

Cette action d’encerclement a pour but d’empêcher tout navire ou avion commercial ou militaire d’entrer ou de sortir de Taïwan, ainsi que d’empêcher la défense de Taïwan par les troupes américaines stationnées dans la région. Song Zhongping, un analyste militaire chinois indépendant, a déclaré que l’armée chinoise « a évidemment toutes les capacités militaires pour faire respecter un tel blocus« .

La Chine a en effet la capacité de bloquer complètement Taïwan. Comme toute la région est également couverte par les missiles balistiques terrestres chinois et à portée de son aviation, un blocus est facile à établir et difficile à briser.

L’armée chinoise n’est plus la force armée légère et non professionnelle que certains pensent encore qu’elle est :

Selon l’agence de presse Xinhua, l’armée chinoise a envoyé plus de 100 avions militaires et plus de 10 frégates et destroyers dans l’exercice, y compris le chasseur furtif J-20 et le destroyer Type 055, qui sont tous les deux des armes de pointe de l’armée de l’air et de la marine chinoises.

 

En outre, grâce à l’exercice, l’armée chinoise peut tester et renforcer les capacités de combat coordonnées des troupes participantes de divers services et armes, notamment les troupes terrestres, maritimes, aériennes et balistiques, ainsi que les capacités de soutien stratégique en charge de la cyberguerre.

 

En outre, l’exercice a également constitué un test majeur pour le commandement du théâtre oriental établi par le Parti communiste chinois en 2016. Ce théâtre est responsable des opérations militaires dans l’ensemble des mers orientales chinoise, et couvre donc Taïwan.

John Blaxland, professeur de sécurité internationale à l’Université nationale australienne, a déclaré aux journalistes que ce que la Chine avait montré jusqu’à présent était une « grande armée. »

 

« On ne peut pas les considérer comme une sorte d’armée peu expérimentée et peu puissante, ils sont clairement capables de coordonner des opérations terrestres et maritimes, et capables d’utiliser des systèmes de missiles et d’être efficaces« , a-t-il déclaré.

Selon M. Braxland, les exercices de l’armée chinoise ont montré à Taïwan, aux États-Unis et au Japon que la Chine « dispose des conditions nécessaires pour mener à bien les actions qu’elle a menacé de mener.« 

Barxland n’est pas le seul expert « occidental » à être impressionné par cette démonstration de force bien coordonnée.

Si l’on compare une guerre potentielle à propos de Taïwan avec l’actuelle guerre par procuration entre l’OTAN et la Russie en Ukraine, on peut voir les problèmes des États-Unis. Les États-Unis voudraient probablement éviter un conflit direct sur Taïwan avec une Chine dotée d’armes nucléaires, tout comme ils évitent un conflit avec la Russie en Ukraine. C’est la raison pour laquelle Biden est en désaccord avec les législateurs qui veulent mettre en œuvre une loi délirante sur la politique taïwanaise, loi qui engagerait les États-Unis dans la défense des îles.

Les États-Unis devraient plutôt aider Taïwan par d’autres moyens. Mais comment ?

Un blocus aérien et maritime frapperait durement Taïwan. Environ 40 % de son électricité est produite par du gaz naturel, qu’elle doit importer. Une autre grande partie est produite avec du charbon que Taïwan importe également. Il en va de même pour les produits pétroliers. Avant que Pelosi n’atterrisse à Taipei, les réserves de gaz de l’île étaient suffisantes pour 11 jours seulement. Le charbon et le pétrole sont plus faciles à stocker, mais ils seraient tout de même épuisés avant la levée d’un blocus.

Et puis il y a la nourriture :

En 2018, le taux d’autosuffisance alimentaire de Taïwan n’est que de 35 %. De plus, la production réelle de terres agricoles à Taïwan est d’environ 520 000 hectares, ce qui est loin de l’objectif des 740 000 à 810 000 hectares prescrit par le ministère de l’Intérieur. En tant que nation insulaire, l’approvisionnement alimentaire dépend du commerce international et est considéré comme dangereux.

Un blocus total de Taïwan la mettrait probablement à genoux en quelques semaines ou mois. Un temps qui pourrait être utilisé pour vaincre sa force aérienne, ses défenses anti-aériennes et ses missiles et empêcher les attaques de Taïwan sur les actifs continentaux de la Chine. La Chine n’a pas besoin d’envahir l’île. Elle n’a simplement qu’à attendre qu’on l’invite à y entrer.

En réponse à un blocus chinois de Taïwan, les États-Unis déclareraient probablement un blocus des importations énergétiques chinois, c’est-à-dire du pétrole et du GPL. Ils pourraient faire respecter cette mesure en empêchant les navires chinois de passer par le détroit de Malacca et d’autres goulets d’étranglement maritimes. (Le deuxième grand gazoduc que la Russie construit actuellement vers la Chine est l’une des contre-mesures à cette menace).

En cas de blocus et de contre-blocus, la question est de savoir qui pourra tenir le plus longtemps. Dans ce cas, la Chine a l’avantage de disposer de réserves plus importantes. Les États-Unis n’auraient également que peu d’alliés dans un tel conflit. La Chine, comme la Russie aujourd’hui, serait toujours en accord avec le reste du monde. Cela lui permettrait d’atténuer la plupart des conséquences.

Andrei Martyanov semble penser que la flotte sous-marine américaine, technologiquement supérieure, pourrait vaincre la marine chinoise en mer de Chine méridionale. Je doute que ce soit encore le cas. C’est également totalement hors de propos. Les sous-marins ne peuvent pas lever des blocus qui sont tenus par des missiles basés à terre et une force aérienne qui vole sous la couverture de la défense aérienne de la Chine continentale.

En plus de ces manœuvres, la Chine a pris des contre-mesures politiques contre les États-Unis :

Le ministère chinois des Affaires étrangères a, en réponse, annoncé vendredi les contre-mesures suivantes  :

  1. Annulation de la discussion entre les commandements militaires opérationnels chinois et américains.

  2. Annulation des entretiens de coordination de la politique de défense (DPCT) entre la Chine et les États-Unis.

  3. Annulation des réunions de l’Accord consultatif militaire maritime (ACMM) entre la Chine et les États-Unis.

  4. Suspension de la coopération entre la Chine et les États-Unis sur le rapatriement des immigrants illégaux.

  5. Suspension de la coopération entre la Chine et les États-Unis en matière d’assistance juridique dans les affaires criminelles

  6. Suspension de la coopération sino-américaine contre les crimes transnationaux.

  7. Suspension de la coopération sino-américaine en matière de lutte contre les stupéfiants.

  8. Suspension des discussions entre la Chine et les États-Unis sur le changement climatique.

Les appels des chefs du Pentagone à la Chine restent désormais sans réponse.

Les États-Unis veulent provoquer encore plus la Chine en faisant passer des navires de guerre dans le détroit de Taïwan. Mais la Chine considère juridiquement qu’un passage militaire non invité dans sa zone économique n’est pas autorisé. Les États-Unis disent la même chose lorsqu’il s’agit de leur propre zone économique.

Comme la Chine a rompu toute communication militaire avec les États-Unis, les risques pour ce passage sont désormais beaucoup plus élevés. Il ne faudra pas s’étonner de la réaction de la Chine.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Ukraine Sitrep. L’Ukraine admet la percée russe. Paralysie du front sud

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – le 5 août 2022

Il y a un rapport sur l’Ukraine qui fait le tour du monde, qui aurait été écrit par le commandement supérieur de l’armée ukrainienne et qui aurait fuité.

Dr.Snekotron @snekotron – 12:50 UTC – 5 aout 2022

Les chaînes ukrainiennes discutent de ce qui pourrait être une fuite provenant de données de l’état-major des FAU :

– Les FAU n’ont plus qu’une force à 43-48% de sa capacité.

– le personnel médical est à la limite de ses capacités

– les armes légères et les blindés ne sont pas suffisants

– 191 000 soldats ont été tués ou blessés (uniquement les forces armées ukrainiennes, sans compter les autres).

– il n’y a pas assez d’hydraulique et d’azote liquide pour les obusiers M777

– personne ne se soucie des disparus – il n’y a pas de statistiques

– les équipements transférés par l’Occident s’épuisent

– les armes occidentales sont utilisées par des amateurs, car il n’y a pas de spécialistes qualifiés

– il n’est pas possible de réparer les armes sur place en raison du manque de pièces de rechange et de spécialistes – tout est envoyé en Pologne.

Soit dit en passant, même avec ce rapport désastreux, je me garderais de prédire une rupture décisive du moral. Comme pour Peski, les blessés de guerre sont renvoyés directement dans les tranchées.

Des photos de documents écrits en caractères cyrilliques sont jointes au tweet ci-dessus.

Les documents semblent légitimes. Les chiffres globaux et les problèmes mentionnés me semblent plausibles. Le nombre élevé de victimes (plus les disparus) n’est pas étonnant. Il serait étonnant que l’armée russe et ses alliés en comptent plus d’un dixième. Il s’agit principalement d’une guerre d’artillerie et le camp russe a eu une grande supériorité en canons et en missiles.

Je m’interroge sur les besoins du M-777 en huile hydraulique et en azote. Les deux sont utilisés dans le mécanisme de recul hydraulique de ces armes. Lorsque j’étais dans l’armée, nous avions des mécanismes similaires dans nos chars. Mais ils ne consommaient pas d’huile ou d’azote en fonctionnement normal. Seule une maintenance plus importante, comme le changement du canon, nécessitait un réajustement de ce mécanisme. L’obusier « léger » M-777 est-il si mal construit que ces fluides et ces gaz peuvent s’échapper et devenir ainsi des consommables ?

L’Ukraine a reconnu que sa principale ligne de défense renforcée, à l’ouest de la ville de Donetsk, a été brisée :

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a qualifié cette semaine d' »infernale » la pression subie par ses forces armées dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Il a parlé de combats acharnés autour de la ville d’Avdiivka et du village fortifié de Pisky, où Kiev a reconnu le « succès partiel » de son ennemi russe, ces derniers jours.

L’armée ukrainienne a déclaré jeudi que les forces russes avaient lancé au moins deux assauts sur Pisky, mais que ses troupes avaient réussi à les repousser.

L’Ukraine a passé les huit dernières années à fortifier des positions défensives à Pisky, qu’elle considère comme une zone tampon contre les forces soutenues par la Russie qui contrôlent la ville de Donetsk à environ 10 km au sud-est.

Le général Oleksiy Hromov a déclaré, lors d’une conférence de presse, que les forces ukrainiennes avaient repris deux villages autour de la ville de Sloviansk, dans l’est du pays, mais qu’elles avaient été repoussées à la périphérie de la ville d’Avdiivka après avoir été contraintes d’abandonner une mine de charbon considérée comme une position défensive clé.

Le ministère russe de la Défense a confirmé cette offensive.

Source : LiveUAmapAgrandir

Tout ce qui se trouve à gauche de la ligne rouge marque les progrès récents. Cela semble peu mais a été réalisé contre les positions les plus fortifiées dont disposait la partie ukrainienne.

Voici une vue aérienne d’une partie de Pisky.

Il y a des fossés (lignes noires) partout et après huit ans de guerre d’artillerie, toutes les maisons ont été plus ou moins détruites. Leurs sous-sols constituent néanmoins de bonnes positions de combat, difficiles à conquérir.

La percée s’est produite après que l’Ukraine a déplacé de nombreuses unités d’artillerie, de Donetsk vers le front sud. Cela explique également l’absence de tirs de contre-batterie dans l’est, comme l’a récemment déploré un témoin oculaire.

L’Ukraine rêve toujours d’une contre-offensive dans le sud :

L’Ukraine a déclaré que l’offensive russe dans l’est ressemblait à une tentative de la forcer à détourner des troupes du sud où les forces de Kiev tentent de reprendre des territoires et de détruire les lignes d’approvisionnement russes, en prélude à une plus grande contre-offensive.

« L’idée est d’exercer une pression militaire sur nous à Kharkiv, Donetsk et Louhansk au cours des prochaines semaines […]. Ce qui se passe à l’est n’est pas ce qui déterminera l’issue de la guerre« , a déclaré le conseiller présidentiel ukrainien Oleksiy Arestovych, dans une interview sur YouTube.

Arestovych a bien sûr tort. La guerre a été décidée à l’est lorsque l’armée ukrainienne a suivi les ordres de ses chefs et a déplacé tout ce qu’elle avait sur ce front. Cela a donné à l’artillerie russe la possibilité de tout démolir. La tactique ukrainienne, ordonnée d’en haut, était de tenir chaque position jusqu’à ce qu’elle soit complètement détruite. Une défense plus mobile aurait probablement été plus efficace et aurait coûté moins de pertes.

Les unités que l’Ukraine a retirées du Donbass et envoyées à Kherson pour son offensive « d’un million d’hommes » avaient déjà été fortement malmenées. Cela fait maintenant des semaines qu’elles attendent le lancement de l’offensive. Entre-temps, les missiles russes ont frappé plusieurs de ces unités repositionnées et ont causé un grand nombre de nouvelles victimes. Parallèlement, le retrait de l’artillerie ukrainienne de la région de Donetsk a permis d’y percer la ligne front.

Le temps qu’il a fallu pour que ce repositionnement se produise a également permis aux forces russes de renforcer leurs troupes autour de Kherson. Les effectifs sont désormais suffisants pour qu’ils puissent lancer leur propre offensive.

Le général Hromov a déclaré que la Russie pourrait lancer sa propre offensive dans la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, pour tenter de regagner du terrain dans la guerre après y avoir renforcé ses forces.

Le général a raison. L’offensive russe dans le sud pourrait être lancée dès la semaine prochaine.

Il semble qu’il y ait à nouveau un désaccord entre le régime Zelensky et l’état-major des forces armées ukrainiennes.

L’état-major sait qu’une contre-offensive contre Kherson n’a aucun sens, car elle ferait beaucoup plus de victimes et serait probablement battue.

Source : Military LandAgrandir

(Selon la symbologie de l’OTAN, l’artillerie amie est représentée par un rectangle avec un gros point au milieu. Un X au-dessus indique que l’unité est une brigade. Trois lignes verticales marquent un régiment (plus petit) et deux un bataillon (plus petit)).

Je compte 4 brigades d’artillerie ukrainiennes et trois régiments d’artillerie sur le front sud. Il n’y a actuellement qu’une seule brigade d’artillerie sur le front est. Bien que les brigades mécanisées de l’est disposent de leurs propres unités d’artillerie organiques, elles n’ont pas les gros canons qui peuvent effectuer les tirs de contre-batterie.

L’état-major ne veut pas attaquer au sud. Il veut déplacer au moins certaines des brigades d’artillerie vers la ligne de Donetsk.

Mais Zelenski et son équipe veulent empêcher les référendums qui se tiendront le mois prochain à Kherson et dans d’autres régions sous contrôle russe. C’est pourquoi ils font pression pour une contre-attaque là-bas.

Ce désaccord paralyse l’armée ukrainienne. Les unités attendent les ordres dans le sud, tandis qu’elles sont décimées par les tirs de missiles russes quotidiens. Ceci alors qu’on a besoin d’elles de toute urgence à l’est.

Zelensky et Arestovych sont peut-être bons pour faire des films. Mais ils ne sont certainement pas des génies militaires.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

La visite de Pelosi n’a pas été une bonne chose pour Taïwan

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 4 août 2022

Lorsque Nancy Pelosi a effectué sa visite à Taïwan, les États-Unis semblaient espérer une réaction militaire chinoise. Ils avaient positionné un porte-avions et deux navires de débarquement amphibies dans la région. Ils avaient également envoyé des avions de combat supplémentaires au Japon et en Corée du Sud.

Les commentateurs chinois et internationaux ont élaboré des scénarios potentiels d’affrontement, comme le détournement forcé de l’avion de Pelosi. Cependant, le gouvernement chinois a gardé son calme. La réintégration de Taïwan dans la Chine n’est pas une question urgente. Il a plutôt prévu des mesures à long terme destinées à faire pression sur le gouvernement indépendantiste de Taïwan pour qu’il obéisse.

Des exercices militaires chinois seront désormais organisés autour de l’île sans tenir compte de ce que Taipei revendique comme étant ses frontières. Ces tirs de missiles et ces manœuvres maritimes et aériennes ne seront pas suffisamment menaçants pour provoquer une dangereuse confrontation militaire. Mais ils seront répétés au cours des prochaines années et se rapprocheront de plus en plus des côtes de Taïwan.

La ligne médiane entre la Chine et Taïwan, jamais officiellement reconnue mais respectée, sera désormais ignorée.

La Chine a essentiellement décidé de faire bouillir la proverbiale grenouille de l’indépendance taïwanaise en augmentant lentement, lentement, la pression :

L’Armée populaire de libération (APL) chinoise ferme six zones autour de Taïwan, de jeudi à dimanche, et devrait organiser des exercices, y compris des exercices à munitions réelles, dans certaines zones situées à moins de 30 km de l’île.

 

Ces exercices devraient être plus importants que les essais de missiles lancés par la Chine lors de la troisième crise du détroit de Taïwan, déclenchée en 1995 par l’octroi par les États-Unis d’un visa à l’ancien président taïwanais, Lee Teng-hui.

 

Les analystes chinois et américains estiment que ces exercices militaires sans précédent pourraient devenir une routine, conséquence de la visite provocatrice de Mme Pelosi.

Taïwan dépend du commerce maritime. Les manœuvres militaires chinoises vont bloquer ce commerce pendant les prochains jours. C’est une démonstration de ce qui pourrait arriver si la Chine devenait vraiment sérieuse.

Cette posture militaire sera soutenue par des sanctions économiques choisies pour supprimer le soutien au gouvernement indépendantiste actuel de Taïwan :

La Chine a également imposé des sanctions à Taïwan à cause de Pelosi, notamment l’interdiction d’exporter du sable naturel et l’arrêt des importations de poissons et de fruits en provenance de l’île.

Une interdiction d’exporter du sable naturel, que Taïwan importe à 90 % de Chine, peut sembler anodine. Mais si vous vivez sur un rocher dans une région sujette aux tremblements de terre, vous voudrez peut-être construire vos gratte-ciels en béton. Pas de sable, pas de béton. Les coûts de construction à Taïwan vont augmenter et le gouvernement sera blâmé pour cela.

Le soft power taïwanais sera également mis à mal :

Les autorités vont prendre des mesures punitives contre la « Taiwan Foundation for Democracy » (TFD) et l’ »International Cooperation and Development Fund » (ICDF), deux organisations qui entretiennent des liens étroits avec les sécessionnistes, a déclaré Ma Xiaoguang, porte-parole du Bureau des affaires taïwanaises du Conseil d’État.

 

Les entreprises qui ont fait des dons à ces deux fonds, comme Speedtech Energy, Hyweb Technology, Skyla Corporation, Skyeyes GPS Technology, ne pourront plus effectuer de transactions ni coopérer avec des organisations, des entreprises et des particuliers du continent. Les personnes responsables de ces entreprises sont interdites d’entrée sur le continent.

La population de Taïwan n’a pas soutenu la prestation de Pelosi :

Les sites d’information ont réalisé des sondages, et près des deux tiers des personnes interrogées par UDN ont déclaré que cette visite était déstabilisante. Les radios ont discuté de la préparation de la visite et des plans d’évacuation, et ont aidé leurs auditeurs à gérer leur anxiété croissante.

La surdité de Pelosi n’a rien arrangé :

Lors d’une conférence de presse avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, mercredi, on a demandé à Mme Pelosi ce qu’elle pouvait offrir à Taïwan pour compenser les coûts éventuels que l’île encourrait – y compris les représailles économiques de la Chine – à la suite de sa visite.

Elle a répondu que sa visite s’inscrivait dans le cadre d’un effort plus large des États-Unis pour avoir de « meilleurs échanges économiques » avec Taïwan, et elle a déclaré que d’ »importantes » entreprises taïwanaises prévoyaient déjà d’investir dans la fabrication aux États-Unis. »

« Vous serez sanctionnés tandis que nous vous volerons votre avantage principal dans la fabrication de puces » n’est pas exactement un message édifiant.

D’autres pays que Mme Pelosi a également visités se sont sentis mis à l’écart par ses singeries anti-chinoises :

La visite de Mme Pelosi pourrait également nuire à la volonté de la Maison Blanche de renforcer le soutien contre la Chine de la part d’alliés clés de la région qui, selon les analystes, se sont sentis mis à l’écart par ce voyage et frustrés par la spirale des tensions. Les fulminations de la Chine au sujet de la visite ont accaparé une grande partie de l’attention récente, et les alliés ont laissé entendre qu’ils auraient souhaité être mieux consultés avant le voyage de Mme Pelosi.

La Corée du Sud, dont le récent déséquilibre économique et le déficit commercial suscitent des inquiétudes, a snobé Mme Pelosi :

Le président Yoon Suk-yeol prévoit de s’entretenir par téléphone avec la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, en visite aux États-Unis, plus tard dans la journée de jeudi, a indiqué son bureau.

Cela n’a pas plus à Pelosi :

Korea Pro @southkoreapro – 2:00 UTC – 4 aout 2022

L’administration Yoon et l’Assemblée nationale de la République de Corée n’ont pas envoyé de délégation pour accueillir l’arrivée de Pelosi hier soir. Cette situation n’a pas plu à Mme Pelosi, selon de nombreux rapports.

Dans l’ensemble, le voyage de Mme Pelosi n’a pas été le succès qu’elle espérait. Ce fut un piège qu’elle s’est tendu à elle-même dès la première « fuite » indiquant qu’elle se rendrait à Taïwan. Si elle n’y était pas allée, les Républicains l’auraient traitée de lâche. Maintenant, elle portera la responsabilité d’une nouvelle détérioration des relations entre les États-Unis et la Chine.

Taïwan, qui est l’objet de tout ce brouhaha, perdra encore davantage dans ses relations économiques avec la Chine et s’étiolera en tant que puissance économique.

Finalement, la population de Taïwan votera pour un autre parti et l’unification sera à nouveau en vue.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Ukraine SitRep. La ligne de front ukrainienne s’effondre

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 3 août 2022

Vous trouverez ci-dessous une traduction automatique légèrement modifiée d’un article paru hier sur le site ukrainien censor.net. Cet article a été publié par Yuri Butusov, un correspondant militaire ukrainien bien connu. Il s’agit à l’origine de la publication sur les médias sociaux de quelqu’un qui se trouvait sur la ligne de front à Pisky, juste au nord-ouest de la ville de Donetsk.


Contexte :

Au cours des deux ou trois derniers mois, la partie ukrainienne a utilisé ses positions dans les environs de la ville de Donetsk pour bombarder plus ou moins aléatoirement la population civile du côté pro-russe. A la suite de sérieuses protestations, le commandement militaire russe a accepté de lancer une opération de contre-artillerie pour mettre fin au harcèlement meurtrier des Ukrainiens.

Ses rapports quotidiens, dont voici celui d’hier, contiennent depuis lors des lignes comme celles-ci presque tous les jours :

Dans le cadre de la guerre de contre-batterie, 2 batteries d’artillerie d’obusiers Giatsint près de Dzerzhinsk et Novhorodskoye, République populaire de Donetsk, ont été touchées.

 

Plus 4 sections de Grad MLRS et 9 sections d’artillerie en position de tir près de Seversk, Kirovo, Artemovsk, Avdeevka, Peski, Orlovka, Shakhterskoye, Velikaya Novoselka en République populaire de Donetsk, Dobropolie dans la région de Zaporozhye, Shirokoye, Bereznevatoye dans la région de Nikolaev, Russkaya Lozovaya et Nortsovka dans la région de Kharkov.

La campagne systématique de contre-artillerie a sérieusement détérioré la puissance de feu ukrainienne, déjà faible.

La partie russe a également modifié la direction principale de sa poussée, passant du front nord, dans la direction Sievierdonetsk-Lysichansk-Siversk, à une poussée plus au sud. L’opération offensive actuelle est concentrée au nord-ouest et à l’ouest de la ville de Donetsk, en direction d’Avdivka. Une opération d’enveloppement est en cours au nord et au sud pour entourer cette ville extrêmement bien fortifiée.

Le territoire rouge à gauche de la ligne rouge marque les progrès récents.

Source : Live UA mapAgrandir

Pisky est au sud de cette opération d’enveloppement.

Après d’intenses préparations d’artillerie, les forces russes sont actuellement en train, lentement, lentement, de dégager les lignes de bunkers et de fossés en béton armé qui ont été construits du côté ukrainien au cours des 8 dernières années. Voici maintenant le point vue, pour cette bataille, du côté ukrainien (traduction automatique éditée, pour une traduction alternative voir ceci.) (Note : 300 est l’indicatif militaire des blessés, 200 celui des soldats morts) :

Pisky. Un hachoir à viande

Auteur : Serhiy Gnezdilov

 

Qu’y a-t-il à perdre, que peut-on encore me prendre au sixième jour de mon enfer personnel, à Pisky, à un kilomètre de la première rue de Donetsk, en Ukraine ? Les corps de ceux qui m’étaient plus chers que ma famille gisent sous la chaleur des tranchées, brisés par un calibre 152. Comme je l’ai écrit précédemment, 6 500 obus par satané village en moins d’une journée.

 

Cela fait déjà six jours, et je n’arrive pas à imaginer comment même un petit nombre de nos fantassins a pu survivre à ce barrage de tirs ennemis. Non, je ne me plains pas. Deux mortiers, un de 82 et un de 120, travaillent de notre côté. Parfois, ils se réveillent et « éternuent » deux barils d’artillerie en direction de Donetsk.

 

Nous répondons à peine. Il n’y a pas de tir de contre-batterie, dès le départ, l’ennemi tire des obus d’artillerie dans nos tranchées sans aucun problème, démantèle des positions très fortes et bétonnées en quelques dizaines de minutes, repoussant notre ligne de défense sans pause ni repos minimal.

 

Avant-hier, la ligne s’est rompue, et une rivière de 200 ou 300 [tués/blessés] a été déversée. Je ne publierai pas de statistiques, c’est interdit dans notre pays, mais vous n’avez aucune idée du nombre et du pourcentage de pertes. C’est un sacré hachoir à viande, où le bataillon ne fait que retenir l’assaut avec ses corps.

 

Depuis près d’une semaine, nous attendons au moins une sorte d’aide pour toucher l’artillerie de l’ennemi. Nous, je le répète, sommes frappés en toute impunité avec tout ce dont le système militaire russe est riche. Leur aviation fonctionnait aujourd’hui.

 

Je suis fier du commandement du bataillon qui est resté ici avec nous. Le combattant est avec nous, tout le monde est avec nous, contusionné, le blessé léger est bandé et retourne, après quelques heures, à la position, si vous pouvez appeler ces ravins sans fond ainsi. Il y a une guerre en cours.

 

Mais sans moyen de contre-batterie, elle se transforme en un broyeur à viande insensé, où une quantité folle de notre infanterie est broyée en un jour. Vous voulez vraiment la vérité ? La voici, la vérité toute nue.

 

La réserve se rend sur la position, ferme la brèche, et après cinq minutes, seule une des 15 personnes est encore intacte.

Les corps gisent sur le sol. Si c’est un 300 léger, peut-être que tu auras de la chance, tu t’évanouiras, et tu sortiras à pied, tu atteindras les médecins.

 

Ils viennent de ramener un 300 [blessé]. Il a crié tout le long du chemin : – « Où est le soutien ? Où est l’artillerie ? Pourquoi on nous a abandonnés ? Pourquoi personne ne nous a couverts ? »

 

Je ne sais pas, mon ami, pourquoi personne ne nous a couverts… Il hurle, et j’ai honte d’être encore sain et sauf, seulement bien assourdi. J’ai vomi, je me suis pissé dessus, je suis désolé, et je suis de retour à l’action.

 

Toutes les réserves sont détruites, le matériel militaire est en feu, l’ennemi s’approche et occupe sans problème nos positions après un nouveau barrage d’artillerie. En ce moment, nous perdons Pisky, toutes nos ressources humaines et matérielles sont presque épuisées.

 

Denys, un habitant de Marioupol, qui m’a dit « bien, je fais confiance à l’arrêté [conseiller Zelenski Arestovich], nous rentrerons tous très bientôt« , est mort. Il a été blessé deux fois, ils l’ont pansé directement dans la tranchée, ils lui ont dit, Denchyk, fais-toi évacué, mais il a répondu « les gars, je ne vous abandonnerai pas. » Blessé deux fois, et après la deuxième blessure, il a continué à tirer en retour.

 

On n’a toujours pas pris son corps. Sur les ruines de Pisky, il gît les bras tendus et le regard figé. Il demande à être vengé. Comment puis-je refuser sa dernière requête ? Comment pouvons-nous tous abandonner Dan ? Je crois que Dimka a survécu après tout. Parce qu’il ne pouvait pas mourir, il revenait de l’hôpital et venait de demander sa petite amie en mariage. On dit qu’après la charge, il a simplement disparu. Il s’est endormi avec la terre. Mais, je crois que c’est une erreur, et qu’il est vivant. Un espoir et une attente insensés.

 

Je sais, mon pays n’aime pas penser à voix haute. Mais je n’avais pas le choix entre la victoire et l’arrestation. La vérité doit être entendue, pas les chuchotements dans la cuisine. Bien sûr, ce texte va aller de sa propre vie, car comment ? Oui, l’État ment-il à ses propres citoyens ?

 

Je ne serai pas surpris si quelqu’un dit aujourd’hui : « L’agent du Kremlin Sirozh a parlé du plan brillant des vainqueurs sur le front de Donetsk, pendons-le pour la paix« .

Je m’amuse à dire que tout est sous contrôle. Maintenant, à Pisky, rien n’est sous le contrôle de personne, mais pour une raison quelconque, la situation est étouffée.

 

Sonnez les cloches cassées pendant que nous couvrons Pisky de corps. Il nous faut de l’artillerie. Donnez-nous quelque chose à quoi nous accrocher.

Mettez-vous à la place de Serhiy Gnezdilov, Denys ou Dimka. Ensuite, pensez aux politiciens qui parlent de la résistance ukrainienne héroïque et qui envoient ces hommes se faire massacrer sans aucun profit possible.

Désolé Serhiy, plus d’artillerie ne suffira pas. Les Russes ne feraient que les broyer en quelques jours. Combien des 120 obusiers américains M-777 qui ont été donnés à l’Ukraine existent encore ? Peut-être une dizaine, la plupart endommagés ?

D’autres opérations sont en cours. Au nord du front de Donetsk, il y a une poussée vers Bakhmut (également connu sous le nom d’Artomovsk). Hier, Soledar, au nord de Bakhmut, aurait été en grande partie capturé. Vershyna et Zaiseve, au sud, sont également tombé ou vont bientôt l’être.

La partie ukrainienne a annoncé haut et fort une contre-offensive prochaine sur le front sud, vers la ville de Kherson. Mais le nombre d’unités russes dans cette zone a depuis été augmenté à un niveau qui rend une nouvelle offensive russe vers Mykolaiv (Nikolaev), Kryvyv Rih (Krivoy Rog) ou Zaporitzhia plus probable, contre laquelle le côté ukrainien ne pourra rien faire.

La partie russe mène également une campagne de frappe continue contre les réserves ukrainiennes, les quartiers généraux de brigade et les installations militaires ou les zones de stockage temporaire loin derrière la ligne de front immédiate. Ces attaques moins visibles tuent aussi un grand nombre de soldats ukrainiens. Extrait du rapport militaire d’hier (également ici) :

Suite à une frappe des forces aérospatiales russes sur les positions de combat de la 54e brigade mécanisée des FAU, près de Mar’inka en République populaire de Donetsk, plus de 50 nationalistes du 2e bataillon de cette unité ont été détruits.

 

Des armes de haute précision des forces aérospatiales russes ont frappé sur un point de déploiement temporaire de la Légion étrangère ukrainienne près de la ville de Nikolaev. Ces attaques ont permis d’éliminer jusqu’à 250 nationalistes et 20 unités d’équipement militaire.

Les frappes de haute précision des forces aérospatiales russes ont éliminé jusqu’à 500 nationalistes de la 92e brigade mécanisée des FAU et une grande quantité d’équipements militaires à Merefa et Chuguyiv dans la région de Kharkov.

 

Le bombardement des positions de combat du 16e bataillon de la 58e brigade d’infanterie motorisée des FAU, près d’Artemovsk, a permis d’éliminer plus de 130 nationalistes. Les militaires restants du bataillon, au nombre de 70, ont quitté précipitamment leurs positions et sont partis pour Konotop, région de Sumy, où ils ont été désarmés et déclarés déserteurs.

 

Le 21e bataillon de la 56e brigade d’infanterie motorisée, qui avait subi des pertes importantes près de Peski, a subi le feu de l’artillerie des FAU pendant sa retraite vers Vodyanoye et a été presque entièrement éliminé.

Notez le dernier paragraphe. L’unité de Pisky (Peski), d’où Serhiy Gnezdilov a fait son rapport, battait en retraite vers Vodiane (Vodyanoye), au nord de Pisky (voir la deuxième carte ci-dessus). Sur leur chemin, les Forces armées ukrainiennes (FAU) ont ouvert le feu sur eux, leurs propres militaires, tuant presque tous ceux qui avaient survécu aux attaques russes contre Pisky.

S’agissait-il d’une punition pour leur retraite déjà tardive ? Ou était-ce une erreur d’identification de la part d’un observateur de l’artillerie avancée qui pensait que ces forces ukrainiennes en retraite attaquaient des unités russes ? Je ne sais pas, mais…

A propos – le nombre de victimes de l’adversaire donné par le ministère russe de la défense est probablement surestimé (comme tous ces chiffres). Mais même si seulement la moitié des 900 victimes annoncées hier ont réellement été blessées ou tuées la veille, les pertes restent dévastatrices. En 1967, au plus fort de la guerre du Vietnam, les pertes américaines, morts et blessés, étaient au maximum d’environ 200 par jour. Nous en voyons un multiple du côté ukrainien, chaque jour.

Cette situation n’est pas viable. Le gouvernement ukrainien aurait dû abandonner ce combat totalement inégal depuis des mois. C’est un crime immense de le continuer encore plus longtemps.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Ukraine. Mines, missiles, crimes de guerre et avertissement à Zelenski

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 2 août 2022

La Russie poursuit son opération militaire spéciale en Ukraine de manière relativement lente.

Ses militaires sont chargés de la « démilitarisation » et de la « dénazification » de l’Ukraine. Cette tâche ne nécessite pas de grands mouvements de la ligne de front car le gouvernement ukrainien continue d’envoyer des troupes fraîches et des unités nazies vers les lignes russes. Là, les Russes les massacrent immanquablement, sans avoir trop de victimes dans leur propre camp.

Le gouvernement ukrainien et son armée continuent de commettre des crimes de guerre.

Depuis quelques jours, l’Ukraine tire des missiles contenant des milliers de mines anti-personnelles sur la ville de Donetsk et d’autres centres de population, à l’est du pays. Ces mines ne sont pas assez puissantes pour tuer mais sont conçues pour mutiler toute personne qui marche dessus ou tente de les ramasser.

Elles sont de couleur verte et brune, de sorte qu’on les voit à peine lorsqu’elles sont posées dans l’herbe ou sur un terrain accidenté. Les Russes avaient autrefois des mines similaires, mais elles se désactivaient après 24 heures. Ce n’est pas le cas des mines ukrainiennes. Elles seront encore dangereuses dans plusieurs mois. La Russie a envoyé des centaines de soldats pour aider au déminage.

Le 29 juillet, deux missiles HIMARS ont été tirés sur un camp de prisonniers à Olenivka (également écrit Elenovka), à quelque 30 kilomètres au sud de la ville de Donetsk. Ils ont frappé des baraquements qui abritaient les combattants nazis d’Azov, ceux qui avaient été capturés à Marioupol. Cinquante d’entre eux sont morts et quelque 70 ont été blessés dans cette attaque de missiles. L’Ukraine a nié avoir lancé les missiles et a accusé les Russes de tuer délibérément les prisonniers.

Cependant, la Russie n’aurait pas besoin de tirer des missiles ou de bombarder des casernes pour tuer les prisonniers qu’elle détient déjà. Elle peut simplement les faire sortir de leurs baraquements et les pendre ou les abattre. Elle ne blesserait pas non plus 70 personnes dont elle doit en plus désormais s’occuper .

Via le magazine Politico, les officiels américains couvrent l’Ukraine :

Les États-Unis estiment que les lance-roquettes de fabrication américaine n’ont pas été utilisés lors de la frappe sur des prisons en Ukraine

 

Les États-Unis ont estimé que l’Ukraine n’a pas attaqué une prison dans la région de Donetsk, dans l’est du pays occupé par la Russie, avec des lance-roquettes de fabrication américaine la semaine dernière, contredisant ainsi directement les affirmations de la Russie, selon deux responsables américains. …

 

Cependant, aucune trace des armes fournies par les États-Unis n’a été trouvée sur le site, selon deux responsables américains ayant connaissance de l’évaluation, qui ont parlé sous couvert d’anonymat pour discuter d’un sujet sensible.

 

« Nous savons que l’Ukraine n’a pas attaqué le site avec des HIMARS parce que le site ne présente pas d’indices montrant qu’il aurait été frappé avec des HIMARS« , a déclaré l’un des responsables.

 

L’un des responsables n’a pas voulu dire que l’Ukraine n’était pas responsable de l’attaque, mais l’autre a déclaré que les preuves montraient que l’attaque n’avait pas été menée par Kiev. Les photos satellite du site publiées par Maxar Technologies, le 30 juillet, semblent montrer que seuls la section du centre de détention abritant les prisonniers ukrainiens a été endommagée, sans dommages collatéraux aux bâtiments environnants.

Les têtes des missiles HIMARS de plus courte portée ont des ogives de 91 kilogrammes (200 livres). Il s’agit d’une quantité relativement faible d’explosifs. Les frappes des HIMARS sont précises et ne créent pas de dommages collatéraux à grande échelle. C’est là tout l’intérêt.

L’affirmation selon laquelle « aucune trace des armes fournies par les États-Unis n’a été trouvée sur le site » est également fausse. Plusieurs équipes de télévision ont visité le site et filmé les débris collectés le jour même de l’incident, aux premières heures du matin. Le diamètre des pièces de moteur de fusée correspond à celui des missiles HIMARS. D’autres débris filmés montrent des fragments typiques de l’extrémité des missiles HIMARS.

C’est l’Ukraine, c’est à dire ses douteux dirigeants, qui avaient intérêt à tuer les prisonniers d’Azov. Ces derniers avaient commencé à parler avec les enquêteurs russes et révélaient des crimes de guerre dont les dirigeants ukrainiens sont directement responsables.

Le 28 juillet, les Russes ont publié la vidéo d’une interview d’un soldat nazi du bataillon Azov, Dmytro Kozatsky, surnommé Orest, qui accusait directement le conseiller de Zelenski, Arestovich, d’avoir ordonné le meurtre de soldats russes qui avaient été faits prisonniers.

Kozatsky s’occupait des relations publiques de son unité dans le bataillon Azov. Selon Kozatsky, avant même le début de la guerre, Arestovich préparait une campagne d’information avec des vidéos chocs censées montrer la torture et le meurtre de soldats russes faits prisonniers. Kozatsky a reçu un tel ordre et l’a transmis. Il a par la suite constaté que de telles vidéos chocs avaient effectivement été réalisées et publiées sur les médias sociaux.

Cette déclaration de témoin est suffisante pour mettre Arestovich en prison pour une très longue période. Il a répondu à cela en envoyant des missiles HIMARS pour tuer les prisonniers qui parlaient aux Russes et l’accusaient.

La publication de vidéos montrant la torture et le meurtre de prisonniers russes était censée dissuader les soldats russes de continuer à se battre pendant la guerre. Cette tactique a également été utilisée dans les années 1940 par les collaborateurs nazis ukrainiens de l’OUN. Elle a eu l’effet inverse de ce qu’elle était censée faire. Les Russes furent enragés par ces films et ces photographies et se sont battus encore plus durement.

Aujourd’hui, le ministère russe de la défense a accusé Washington d’être derrière ces attaques de missiles :

Le ministère russe de la défense a enregistré et prend en compte pour l’avenir un aveu officiel du général Skibitsky, chef adjoint de la direction principale du renseignement du ministère de la défense de l’Ukraine, selon lequel Washington coordonne directement chaque cible pour Kiev avant les tirs de MLRS HIMARS de fabrication américaine.

S’adressant aux journalistes britanniques du Telegraph, Skibitsky a admis qu' »avant les lancements de roquettes, il y a des consultations entre les responsables du renseignement des deux pays, qui permettent à Washington d’arrêter toute attaque potentielle s’ils ne sont pas satisfaits de la cible visée« .

 

Tout cela prouve indéniablement que Washington, contrairement aux affirmations de la Maison Blanche et du Pentagone, est directement impliqué dans le conflit en Ukraine.

 

C’est l’administration Biden qui est directement responsable de toutes les attaques à la roquette approuvées par Kiev contre des zones résidentielles et des infrastructures civiles dans les zones peuplées du Donbass et d’autres régions, qui ont entraîné la mort massive de civils.

 

Personne d’autre en Ukraine ou dans le monde ne devrait douter que les tirs de roquettes HIMARS sur Novaya Kakhovka, le 12 juillet, sur Stakhanov, le 17 juillet, sur Krasniy Luch, le 24 juillet, des dizaines de frappes sur Donetsk et, bien sûr, la frappe du 29 juillet sur le centre de détention d’Elenovka, qui a tué 50 et blessé 73 prisonniers de guerre ukrainiens, ont été planifiées par le régime de Zelensky et approuvées par Washington.

 

La responsabilité politique, criminelle et morale du massacre d’Elenovka et d’autres crimes de guerre en Ukraine, incombe directement à l’administration Biden autant qu’à Zelensky.

Cet article du Telegraph a été publié hier :

La Grande-Bretagne aide l’Ukraine à traquer les espions russes qui cherchent à obtenir une aide militaire occidentale

 

Interrogé sur la façon dont les systèmes de roquettes à lancement multiple Himars fournis par les États-Unis ont ciblé avec une telle précision les dépôts de carburant et de munitions russes, ainsi que les quartiers généraux des champs de bataille dans l’est de l’Ukraine, le général Skibitsky a répondu que « dans ce cas précis, nous utilisons des informations en temps réel« .

 

Les responsables américains ne fournissent pas d’informations directes sur les cibles, ce qui pourrait nuire à leur argument selon lequel ils ne participent pas directement à la guerre, a déclaré le général Skibitsky.

 

Il a toutefois laissé entendre qu’il existait un niveau de consultation entre les responsables du renseignement des deux pays avant le lancement des missiles, ce qui permettrait à Washington d’arrêter toute attaque potentielle si la cible visée ne lui convenait pas.

Quelqu’un dans l’administration Biden a dit au chroniqueur du New York Time, Thomas Friedman, de tirer un coup de semonce contre le président ukrainien Zelenski.

Il le fait aujourd’hui dans une colonne qui met aussi en garde contre le voyage de Pelosi à Taïwan.

Pourquoi la visite de Pelosi à Taïwan est tout à fait imprudente

 

Cher lecteur : La guerre en Ukraine n’est pas terminée. Et en privé, les responsables américains sont beaucoup plus préoccupés par le leadership de l’Ukraine qu’ils ne le laissent entendre. Il existe une profonde méfiance entre la Maison Blanche et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, bien plus que ce qui est rapporté.

 

Et il y a de drôles d’affaires en cours à Kiev. Le 17 juillet, M. Zelensky a licencié le procureur général de son pays et le chef de son agence de renseignement intérieur. Il s’agit là du plus important remaniement de son gouvernement depuis l’invasion russe en février. Ce serait l’équivalent du renvoi par Biden de Merrick Garland et de Bill Burns le même jour. Mais je n’ai toujours pas vu de reportage expliquant de manière convaincante de quoi il s’agissait. C’est comme si nous ne voulions pas regarder de trop près sous le capot de Kiev par crainte de la corruption ou des frasques que nous pourrions voir, alors que nous avons tant investi là-bas. (Plus sur les dangers de cela un autre jour).

 

En bref, cette guerre en Ukraine n’est pas terminée, n’est pas stable, n’est pas sans surprises dangereuses qui peuvent surgir à tout moment. Pourtant, au milieu de tout cela, allons-nous risquer un conflit avec la Chine au sujet de Taïwan, provoqué par la visite arbitraire et inutile du président de la Chambre ?

 

C’est le b.a.-ba de la géopolitique : on ne risque pas une guerre sur deux fronts avec deux autres superpuissances en même temps.

Tant que les États-Unis continueront à financer Zelenski, il continuera à gouverner comme bon lui semble tout en augmentant son pécule, pourtant déjà considérable.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Quelques remarques à propos du vol de Pelosi vers Taiwan

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 1 août 2022

La vieille dame « woke », dont l’énorme congélateur est rempli de glaces très chères, a fait savoir par les médias taïwanais qu’elle voulait arriver à Taipei demain, 2 août, à 22h30 heure locale (14h30 UTC) et y passer la nuit.

Ce voyage est une chose stupide à faire mais c’est une politicienne et les politiciens font généralement des choses stupides.

Michael D. Swaine @Dalzell60 – 12:26 UTC – 1 Aout 2022

On m’a dit que Pelosi a dit qu’elle n’irait pas à Taïwan que si Biden la décourage publiquement et qu’elle puisse l’en blâmer. Quelqu’un d’autre a entendu cela ? Cela ressemble bien à du Pelosi. Pourquoi ne peuvent-ils pas se concerter et conclure que ce n’est pas une bonne idée ? Pourquoi ce jeu de reproches, si c’est vrai ?

Pelosi devrait se rendre à Taïwan, selon des responsables taïwanais et américains

Je peux penser à plusieurs raisons pour lesquelles Pelosi n’arrivera pas à Taïwan. Son vol pourrait, par exemple, être détourné. Mais il est également possible que cela se produise mais soit suivi d’énormes conséquences, probablement au détriment des États-Unis et de Taïwan.

Il y a aussi cette réflexion, de Cynthia Chung, qui pourrait devenir pertinente :

En octobre 2019, Jake Sullivan, qui est devenu conseiller à la sécurité nationale des États-Unis en 2021, déclarait dans une interview que les États-Unis avaient besoin d’une menace claire pour rallier le monde et jouer le rôle de sauveur de l’humanité et que la Chine pourrait devenir un tel principe autour duquel organiser la politique étrangère américaine. Dans l’interview de 2019, il reconnaît que le problème est que les gens ne vont pas croire que la Chine est une menace pour le monde, que leur vision de la Chine est trop positive et que les États-Unis auraient besoin d’un « moment Pearl Harbour« , un véritable événement focalisant pour les faire changer d’avis, ce qui, selon lui, « effraierait le peuple américain. »

Elle assimile correctement ce « moment Pearl Harbour » au mouvement néo-conservateur. Chung termine par ceci :

Ainsi, lorsque Jake Sullivan observe qu’il n’y a pas assez de sentiment anti-chinois pour renforcer l’image des États-Unis en tant que « sauveur de l’humanité » contre la Chine et que l’Amérique a besoin d’un « moment Pearl Harbour« , je me méfierais beaucoup.

 

Le cirque autour du voyage de Pelosi à Taïwan dans les prochains jours, et la joie évidente qui émane de nombre de ces néoconservateurs, écume à la bouche à cette perspective, est un signe clair que quelque chose d’incroyablement imprudent et stupide est sur le point de se produire.

 

L’avion de Pelosi pourrait en effet être abattu lors de son voyage, complètement hors de propos et inutile, à Taïwan et si c’est le cas, ne soyez pas surpris si ce sont les Américains eux-mêmes qui sont derrière cela, eux qui ont montré qu’ils étaient prêts à tout pour ce « moment Pearl Harbour« .

Pour ma part, j’espère vraiment que ce qu’elle dit ne se produira pas.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Sur la manière dont la Chine met en garde contre le voyage de Pelosi à Taïwan

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 30 juillet 2022

Il y a trois jours, quelqu’un parlant mandarin a posté un fil de discussion intéressant sur la façon d’exprimer une menace en langue chinoise.

Wen-Ti Sung @wentisung – 5:29 UTC – 27 juil. 2022

Un court fil de discussion sur la #rhétorique de la Chine concernant le projet de visite de @SpeakerPelosi à Taïwan. Jusqu’à présent, la formulation de Pékin était bien en deçà des types de mots et de phrases que la Chine a historiquement utilisés pour signaler une guerre imminente/une politique de la corde raide.

Commençons par les récents propos du porte-parole du ministère des affaires étrangères : « La Chine agira avec force pour y répondre résolument et prendre des contre-mesures. Nous pensons ce que nous disons » (中方必將採取有力措施予以堅決應對和反制。我們說到做到) De nombreux observateurs considèrent que « répondre résolument » signifie guerre. C’est peut-être exagéré. Notez que ses mots clés « 有力 » peuvent aussi signifier « énergiquement » ou « efficacement ». S’ils avaient voulu parler de guerre, ils auraient dit ‘武力 ou 非和平’ (mesures militaires/non pacifiques).

 

La rhétorique de la Chine est actuellement à la limite du troisième niveau. Un autre niveau supérieur serait #懸崖勒馬, ou « vous êtes au bord de la falaise« . Traduction : « si vous faites un pas de plus, vous allez tomber et mourir ». C’est malheureux, mais la falaise est une merveille de la nature, pas un piège créé par l’homme. La chute est donc en partie une tragédie de circonstance. Donc les niveaux suivants se concentrent sur les facteurs anthropiques.

Ensuite, nous avons ‘是可忍孰不可忍’, ou « si nous avons pu supporter ça, que ne pouvons-nous pas supporter d’autre ?« . Cela signifie que la provocation perçue des autres ne menace pas seulement les intérêts de la Chine, mais aussi son #identité. Cette rhétorique fait appel aux récits familiers du « siècle d’humiliation » et du nationalisme chinois, et vise à signaler que la Chine n’a pas le droit de reculer. Elle montre que la Chine est prête à recourir à la « politique de la corde raide« . Par exemple, la Chine a utilisé ce langage avant les escarmouches avec l’Inde (1962) et le Vietnam (1979).

 

Enfin, la vitesse supérieure est ‘勿謂言之不預’, littéralement « vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenus« , alias « dernier avertissement« . La Chine a utilisé ce langage avant les escarmouches avec l’Inde, le Vietnam et l’Union soviétique (1967).

 

En bref, le langage actuel de la Chine est dur mais loin d’être le plus dur. Il peut signifier soit :

1) La Chine est encore en train de décider de ce qu’elle va faire, elle garde donc des mots plus durs en réserve pour le moment. OU

2) La Chine essaie (sans trop de succès) de faire en sorte qu’il ne soit pas trop coûteux pour Pelosi et les États-Unis de faire marche arrière.

 

Le prochain appel téléphonique Biden-Xi nous dira si la Chine a pris sa décision et si les soi-disant « #rails de protection » stratégiques qu’elle a mis en place – précisément pour contenir ces turbulences de niveau tactique en cas d’escalade incontrôlée – sont efficaces.

La lecture en anglais de l’appel téléphonique entre Biden et Xi n’utilise aucune des phrases ci-dessus. La partie la plus « menaçante » est la suivante :

La Chine s’oppose fermement aux mouvements séparatistes en faveur de l' »indépendance de Taïwan » et à l’ingérence de forces extérieures, et ne laissera jamais de place aux forces « indépendantistes » sous quelque forme que ce soit. La position du gouvernement et du peuple chinois sur la question de Taïwan est cohérente, et la sauvegarde résolue de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de la Chine est la volonté ferme de plus de 1,4 milliard de Chinois. L’opinion publique ne peut être défiée. Ceux qui jouent avec le feu y laisseront leur peau. Il est à espérer que les États-Unis seront lucides à ce sujet.

Il s’agit d’un avertissement d’autodestruction et non d’une menace de mesure active. Il s’agit donc d’un niveau « vous vous tenez au bord de la falaise« , sérieux mais pas dur.

Puis j’ai ensuite reconnu une phrase mentionnée dans les tweets ci-dessus lorsqu’elle est apparue en haut de la page d’accueil du Global Times.

Ne dites pas que nous ne vous avons pas prévenus – Le symposium du principal groupe de réflexion chinois envoie un avertissement classique d’avant-guerre à la provocante Pelosi

 

« Ne dites pas que nous ne vous avons pas prévenu ! » – une phrase utilisée par le Quotidien du Peuple en 1962, avant que la Chine ne soit contrainte de mener la guerre frontalière avec l’Inde et avant la guerre Chine-Vietnam de 1979, a été fréquemment mentionnée lors d’un forum organisé vendredi par un groupe de réflexion chinois de haut niveau. Les analystes ont prévenu que des options militaires ouvertes et des contre-mesures complètes attendaient, allant de l’économie à la diplomatie, si la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, se risquait à visiter l’île de Taïwan lors de sa tournée en Asie.

Pour autant que je sache, l’expression signifiant « dernier avertissement » n’a pas encore été utilisée par des sources gouvernementales officielles. Mais les principaux groupes de réflexion en Chine sont tous officiels, et non des clubs privés corrompus comme le sont la plupart des groupes de réflexion américains. Le Global Times est le principal organe de presse anglophone du PCC et il a affiché cette phrase en haut de sa page d’accueil. N’est-ce pas en soi un signe d’officialité ?

Le porte-parole de l’armée chinoise a déclaré qu’il y aurait certainement des réponses militaires à un voyage. Mais cela pourrait être des manœuvres ou des survols, pas une guerre.

Pelosi voyage en Asie dans un avion militaire américain. Il est peu probable que cet avion se rende à Taïwan, qui fait partie de l’espace aérien chinois, selon la compréhension de Pékin. Pelosi utilisera très probablement un avion civil, peut-être même un avion de ligne, pour se rendre de Singapour à Taïwan. Très probablement en milieu de semaine prochaine.

Si les Chinois apprennent sur quel vol elle se trouve, ils peuvent utiliser un certain nombre de mesures de riposte et/ou détourner le vol.

Si elle arrive à Taipei sans intervention, le gouvernement chinois perdra la face et devra réfléchir à d’autres mesures à mettre en œuvre. Des missiles volant vers Taïwan pour se jeter ensuite dans la mer pourraient être une possibilité. L’article du Global Times ci-dessus en mentionne d’autres.

Cette visite n’est pas nécessaire et risque de créer un conflit qui pourrait être très dommageable pour les États-Unis, la Chine et l’économie mondiale.

Ce serait stupide.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Ce que les présidents disent n’a pas d’importance. C’est la réalisation politique qui compte

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 30 juillet 2022

Hier, les 28 et 29 juillet 2022, trois entités indépendantes ont affirmé le fait évident que le président des États-Unis n’est qu’une marionnette de façade qui n’a pas le pouvoir de tenir les promesses qu’il fait lors de ses diverses interactions avec des dirigeants étrangers. Les dangers qui découlent de cet état de fait sont énormes mais rarement relevés.

Andrew Bacevich, qui dirige l’Institut Quincy, écrit :

Quelque chose de beaucoup plus grand que POTUS – appelez-le Complexe Militaro Industriel ou État profond – a de facto un droit de veto sur toutes les questions liées à la sécurité nationale.

Écrivant dans le New York Times, le vétéran correspondant étranger Edward Wong rapporte que « l’approche de l’administration Biden en matière de priorités stratégiques est étonnamment cohérente avec les politiques de l’administration Trump. »

Ce qui devrait être surprenant à ce stade, c’est la surprise de Wong.

En pratique, le pouvoir exercé par l’homme le plus puissant du monde s’avère être assez limité. Des facteurs nationaux et internationaux limitent la liberté d’action du président.

Deux facteurs se distinguent, l’un structurel et l’autre idéologique.

Le facteur structurel fait référence aux institutions dont le bien-être dépend du maintien d’arrangements qui ont été dévolus pendant la guerre froide et ont survécu à la fin de celle-ci. Appelez-le comme vous voulez – le Blob, l’État profond, le complexe militaro-industriel au Congrès – il exerce un droit de veto de facto sur toutes les questions liées à la politique fondamentale de sécurité nationale des États-Unis.

Le facteur idéologique repose sur les revendications explicites ou tacites de l’exceptionnalisme américain : Il incombe aux États-Unis de diriger le monde, le leadership tendant dans la pratique à devenir synonyme de primauté mondiale et la primauté tendant à être exprimée en termes militaires.

En ce qui concerne le récent appel de Joe Biden au président chinois Xi Jinping, Yves Smith de Naked Capitalism avance un argument similaire :

Les dirigeants nationaux n’ont jamais une liberté d’action totale ; même les autocrates ont des circonscriptions ou des blocs de pouvoir qu’ils doivent apaiser. Aux États-Unis, il est devenu évident que le président n’a qu’une liberté limitée en matière de politique étrangère ; ce sont les militaires et les services de renseignement qui décident. C’est pourquoi, par exemple, Obama a été en mesure de contrecarrer les projets d’escalade de Clinton en Syrie. Mais le revers de la médaille est que les présidents qui veulent améliorer les relations avec leurs ennemis jurés n’arrivent à rien. Dans les interviews d’Oliver Stone, Poutine raconte qu’il a eu des discussions productives avec Bush et qu’ils se sont mis d’accord sur des mesures concrètes de désescalade. Le suivi est resté sans réponse. Finalement, Poutine a reçu une réponse écrite en langue de bois. Cet exemple et d’autres ont amené Poutine à conclure que les présidents américains sont les otages d’intérêts bureaucratiques et commerciaux.

Biden est un président visiblement très faible. Et il semble que cela ait permis aux néoconservateurs d’avoir une influence encore plus grande que d’habitude sur la politique étrangère.

On suppose que Xi doit comprendre ce facteur. Pourtant, selon les informations chinoises, Xi part de principes nobles pour affirmer que les États-Unis et la Chine, en tant que grandes puissances mondiales, ont le devoir de promouvoir la paix, le développement mondial et la prospérité. À partir de là, Xi estime que considérer la Chine comme un rival stratégique revient à « mal percevoir » les relations entre les États-Unis et la Chine et à induire la communauté mondiale en erreur.

À qui Xi s’adresse-t-il lorsqu’il s’exprime de la sorte ? Ce n’est certainement pas à Biden.

Le jour même où Yves publiait cet article, le Global Times, le principal organe de presse international du Parti communiste chinois, reconnaissait l’incapacité de Biden à tenir ses promesses en publiant un éditorial qui faisait la même observation :

Non seulement les relations sino-américaines n’ont pas réussi à se sortir de la situation critique créée par le précédent gouvernement américain, mais elles ont stagné et se sont même détériorées. La raison en est que les déclarations positives du président Biden ne se sont pas traduites par des actions concrètes de la part des États-Unis. En d’autres termes, du point de vue de nombreux Chinois, il y a quelque chose qui ne va pas dans l’exécutif à Washington.

Pour la prochaine étape, la partie américaine devrait traduire l’élan positif formé lors de ces derniers échanges en une dynamique qui reflète pleinement la capacité d’exécution, prendre sérieusement en considération les déclarations de la Chine sur les voies stratégiques qui sont rationnelles et conformes aux intérêts et aux préoccupations des deux pays, rencontrer réellement la Chine à mi-chemin, gérer et développer correctement les liens sino-américains. En particulier, les États-Unis doivent faire preuve d’une capacité de comportement positif sur les questions essentielles qui ont un impact majeur sur les relations bilatérales.

Dans ce contexte, il est intéressant de voir les leçons de bonne conduite données par le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, au sous-fifre qui joue le rôle de son homologue à Washington :

Les ministres ont discuté des développements actuels en Ukraine. Sergueï Lavrov a exposé les approches de principe de la Russie dans le contexte de l’opération militaire spéciale en République populaire de Donetsk, en République populaire de Lougansk et en Ukraine. Il a souligné que ses objectifs et ses tâches seront pleinement atteints.

Lavrov a déclaré que les sanctions américaines aggravaient la situation et que les promesses américaines d’accorder des exemptions aux expéditions de produits alimentaires russes ne s’étaient pas concrétisées.

Quant à l’échange potentiel de prisonniers entre les pays, M. Lavrov a vivement conseillé un retour au dialogue professionnel dans le cadre d’une « diplomatie discrète« , sans fuites médiatiques douteuses.

Aïe.

En examinant l’appel Blinken-Lavrov, l’ancien diplomate indien M.K. Bhadrakumar se demande :

Biden ne devrait-il pas s’adresser directement à Poutine ?

Des conversations comme celle d’hier souffrent d’être totalement opaques. Blinken n’arrive même pas à formuler les questions de fond qui préoccupent Biden, c’est à dire les fissures dans l’unité occidentale.

Curieusement, l’équipe Biden est confronté à deux situations de crise au potentiel explosif en ce moment – en Ukraine et à propos de Taïwan. En effet, il est clair comme de l’eau de roche que ces deux situations ont été précipitées par Washington. Pourtant, la manière dont Biden les gère ne pourrait pas être plus différente.

Dans le cas de Taïwan, Biden n’a pas hésité à appeler le président chinois Xi Jinping pour apaiser les tensions. Mais il a choisi une voie différente pour communiquer avec le président Vladimir Poutine.

Certes, après six mois de conflit en Ukraine, Biden a finalement décidé de prendre le taureau par les cornes et de reprendre des contacts de haut niveau avec Moscou. Mais il a choisi de communiquer avec Poutine par l’intermédiaire de son secrétaire d’État !

Le problème est que, bien que les relations entre les États-Unis et la Chine soient tendues, Biden ne les a jamais portées à un niveau personnel. Il n’a jamais utilisé de termes désobligeants pour contrarier Xi Jinping, comme il l’a fait à plusieurs reprises avec Poutine.

Biden a-t-il tenu ses promesses concernant Taïwan ? Il est évident qu’il ne l’a pas fait. Un coup de fil avec lui est plutôt inutile.

Le problème d’un appel à Moscou n’est pas que Biden a dénigré et insulté Poutine. Le président russe est un professionnel. Il ne prend pas ce genre de choses personnellement. Ce qui lui importe, c’est que les choses soient faites, que les promesses faites soient tenues. Le vrai problème, comme le disent les trois premiers auteurs cités ci-dessus, est que Biden n’a pas son mot à dire sur à peu près tout.

Biden pourrait empêcher le voyage fantaisiste mais dangereux de Nancy Pelosi à Taïwan en annulant simplement son passeport pour des raisons de sécurité nationale. Il existe un précédent sanctionné par la Cour suprême pour faire cela. Au lieu de cela, il risque une réponse militaire massive de la part de la Chine.

Quant à Blinken, au cours des deux dernières décennies, il n’a été guère plus que le garçon de courses de Biden, un petit joueur sans réelle influence dans la bureaucratie de l’État profond. Là-bas, ce sont les Victoria Nuland et autres néocons intrigants qui mènent la danse. Ils portent les griefs subjectifs de leurs grands-parents et cherchent à les venger, quel qu’en soit le prix.

Tout président qui veut réellement diriger les politiques américaines doit être un dur à cuire brutal. Il doit impitoyablement licencier des gens à gauche et à droite dès qu’ils pensent même à saboter une politique déclarée officiellement. Cela doit être fait jusqu’au troisième et quatrième niveau du département d’État, des services de renseignement et des bureaucraties du Pentagone. Le département de la justice et les services fiscaux internes doivent être utilisés pour garder le Congrès sous contrôle. Tout sénateur, représentant ou personnel qui tente de résister à l’ordre du jour doit être publiquement exposé comme l’égoïste totalement corrompu qu’ils sont tous.

Ce serait alors considéré comme une « dictature » ?

Eh bien, regardez comment Xi Jinping et Vladimir Poutine gèrent leurs affaires, en grande partie grâce à la bienveillance de leur peuple. Tous deux ont été réélus par leurs électeurs respectifs.

Il n’y a aucune chance que Joe Biden le soit.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Une administration Biden en panique cherche à parler avec la Russie

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 29 juillet 2022

Voici une histoire qui démontre encore l’incompétence et l’arrogance de l’administration Biden.

Le New York Times parle d’un échange potentiel de prisonniers entre les États-Unis et la Russie :

[L’administration Biden a proposé d’échanger le marchand d’armes contre le basketteur emprisonné ainsi qu’un ancien soldat détenu en Russie sur la base de ce qui est considéré comme de fausses accusations d’espionnage. Dans le monde dur et cynique de la diplomatie internationale, les échanges de prisonniers sont rarement agréables et les choix désagréables sont souvent les seules options.

On ne sait pas encore si l’échange va se faire. Le secrétaire d’État, Antony J. Blinken, a rendu l’offre publique en partie pour rassurer les familles de Brittney Griner, la basketteuse, et de Paul N. Whelan, l’ancien marine, en leur disant que l’administration fait tout ce qu’elle peut pour les libérer.

Les responsables russes, qui cherchent depuis longtemps à obtenir la libération du trafiquant d’armes Viktor Bout, ont confirmé la discussion jeudi, mais ont déclaré que le ministre des affaires étrangères Sergey V. Lavrov était maintenant trop occupé pour s’entretenir avec M. Blinken.

En général, les échanges de prisonniers ne sont pas évoqués publiquement avant qu’ils ne se produisent :

Certains négociateurs d’otages chevronnés étaient perplexes quant au fait que M. Blinken ait rendu l’offre publique. « Il est déconcertant que les États-Unis annoncent cette proposition en milieu de négociations« , a déclaré Rob Saale, ancien chef de la cellule de fusion pour la récupération des otages dirigée par le FBI. « Si vous êtes dans des négociations sensibles, pourquoi voudriez-vous rendre cela public ? je me demande si les Russes n’ont pas déjà refusé l’accord« .

Les soupçons de M. Saale sont justifiés, comme le rapporte maintenant le Washington Post :

L’administration Biden a révélé publiquement que les États-Unis avaient fait « une offre substantielle » à la Russie pour obtenir la libération de deux prisonniers américains parce que les négociations à huis clos étaient au point mort, a déclaré jeudi un responsable de l’administration.

L’administration espère que la pression publique amènera Moscou à s’engager dans des négociations qui aboutiront à la libération de la star du basket Brittney Griner et du consultant en sécurité Paul Whelan, a déclaré le fonctionnaire, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat pour discuter de délibérations sensibles.

Les responsables américains affirment qu’ils essaient depuis des semaines de négocier la libération de Griner et de Whelan. Mais l’absence de progrès et la perspective de voir Griner bientôt condamnée pour des accusations de drogue ont incité l’administration à rendre les négociations publiques cette semaine.

Je ne comprends pas pourquoi l’administration a entamé de telles négociations avant même que le procès de Griner ne soit clos. En général, ces prisonniers ne sont graciés et remis à l’autre partie qu’après avoir été condamnés. Toute autre démarche soulèverait des accusations d’ingérence de l’exécutif dans le processus judiciaire. L’affaire Brittney Griner, une histoire de contrebande d’huile de cannabis, est toujours en cours. Le gouvernement russe s’abstiendra évidemment de faire quoi que ce soit à son sujet avant la fin de la procédure judiciaire.

On estime que l’échange de prisonniers concerne bien plus Paul Whelan, qui est probablement un agent de la CIA. Il possédait des passeports de quatre pays et, en 2007, il a commencé à se rendre à Moscou alors qu’il servait comme Marine en Irak :

Whelan s’est ensuite mis à la recherche d’autres amis russes, utilisant notamment le service de réseau social VK du pays.

En parcourant leurs profils, peu après son arrestation, on a constaté que presque tous étaient des hommes, la plupart beaucoup plus jeunes que lui. Certains ont des liens évidents avec l’armée – y compris des photos en uniforme – mais pas tous, et ceux qui ont répondu à mes messages n’ont vu aucune raison de douter des motivations de Whelan.

L’homme que Whelan accuse de l’avoir piégé était l’un de ses plus vieux amis en Russie. Il est également un officier du renseignement en activité.

Les avocats de la défense ont révélé certains détails de la relation entre les deux hommes au début de l’affaire, notamment que l’Américain s’était rendu chez son ami à Sergiev Posad, dans les environs de Moscou, pour « des saunas et des kebabs » l’hiver précédant son arrestation.

Ils ont également déclaré qu’il devait à Whelan environ 80 000 roubles (1 147 dollars ; 930 livres sterling), ce qui, selon le FSB, était un paiement anticipé pour des renseignements. L’équipe de défense a déclaré que le Russe avait demandé un prêt pour acheter un cadeau à sa femme, dans le cadre de son piège.

La partie russe affirme avoir trouvé dans la poche de Whelan une clé USB contenant une liste de membres du FSB qui lui avait été remise par son ami corrompu.

Il se pourrait bien que Whelan ait été piégé par le FSB. Mais cela n’exclut pas qu’il était aussi un espion. Son comportement documenté soulève sûrement ce soupçon :

Le 28 décembre 2018, Whelan a été arrêté dans la région de Moscou par le Service fédéral de sécurité russe (FSB), qui a ensuite confirmé son arrestation. David, le frère jumeau de Whelan, a déclaré que ce dernier était arrivé à Moscou le 22 décembre pour assister au mariage d’un ancien camarade Marine, à l’hôtel Metropol de Moscou, et pour aider les membres de la famille du marié lors de leur première visite en Russie, un pays qu’il avait visité à de nombreuses reprises. Il a ajouté que son frère prévoyait de rentrer dans le Michigan le 6 janvier 2019, en passant par Saint-Pétersbourg.

Selon MBK News, un média dirigé par Mikhaïl Khodorkovski, un critique de Poutine, Whelan s’est vu « temporairement confisquer » 80 000 dollars en espèces lors d’un contrôle douanier à l’aéroport Domodedovo. Selon le New York Times, Whelan avait fait office de guide local pour les invités du mariage, mais avait décidé de passer la journée du mariage à rencontrer un ami, selon le récit d’autres participants.

Pourquoi l’administration Biden fait-elle maintenant la course pour obtenir un échange de prisonniers ? Pourquoi publie-t-elle ce qu’elle fait ? Je ne vois vraiment aucune raison valable pour cela.

Il y a bien sûr, comme le note M.K. Bhadrakumar, d’autres raisons importantes pour lesquelles Blinken veut parler avec la Russie :

Blinken en vient ensuite au véritable objectif de son prochain appel avec Lavrov – « les plans que la Russie a maintenant pour poursuivre l’annexion du territoire ukrainien. »

Blinken a répété l’hyperbole selon laquelle les sanctions ont « un effet puissant et également croissant » et ont « profondément affaibli la Russie » et l’administration Biden fera tout ce qu’elle peut « pour renforcer la position de l’Ukraine sur le champ de bataille afin qu’elle ait la position la plus forte possible à la table des négociations. »

Cependant, ce qui ressort, c’est l’inquiétude croissante de Washington qui, à son grand désarroi, constate que la position russe ne fait que se durcir ces derniers temps. M. Blinken a déclaré que cela « provoque des alarmes« . Il a notamment noté la remarque de M. Lavrov, la semaine dernière, selon laquelle les objectifs du Kremlin en Ukraine se sont élargis. « Ils cherchent maintenant à revendiquer davantage de territoire ukrainien, au-delà du Donbass« , a-t-il commenté.

En effet, la guerre est sortie de l’algorithme américain. Comme l’a souligné le Premier ministre hongrois Orban la semaine dernière, les sanctions anti-russes « n’ont pas ébranlé Moscou« , mais l’Europe a déjà perdu quatre gouvernements et traverse une crise économique et politique.

La Russie rend la monnaie aux États-Unis et à l’OTAN de la même manière que ces derniers l’ont fait lorsqu’ils ont démembré la Yougoslavie.

Les États-Unis constatent que leur guerre proxy contre la Russie ne prend pas la direction espérée :

Le spectre de l’effondrement des économies de l’UE fait trembler l’administration Biden. Un reportage de CNN intitulé « US officials say ‘biggest fear’ has come true as Russia cuts gas supplies to Europe » (Des responsables américains affirment que leur « plus grande crainte » s’est réalisée car la Russie réduit ses livraisons de gaz à l’Europe) a été publié hier. L’administration Biden « travaille furieusement en coulisses pour maintenir l’unité des alliés européens« , alors que le contrecoup des sanctions contre la Russie les frappe et que « l’impact sur l’Europe pourrait se répercuter sur les États-Unis, faisant grimper en flèche les prix du gaz naturel et de l’électricité« .

Le rapport cite un responsable américain anonyme affirmant que les représailles de la Russie aux sanctions occidentales ont placé l’Occident en « territoire inconnu« . On voit que l’appel de Blinken souligne l’urgence désespérée à Washington d’ouvrir une ligne de communication avec Moscou au niveau politique.

Il était évident que la partie russe utiliserait la publication de l’échange potentiel de prisonniers à son avantage :

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré jeudi aux journalistes que le silence diplomatique entoure généralement des négociations concernant la libération de prisonniers. Les annonces sont généralement faites « sur les accords qui ont été conclus« , a déclaré M. Peskov, alors qu’aucun accord n’a été finalisé.

Le gouvernement russe a reconnu jeudi qu’il avait reçu la demande de M. Blinken, mais le service de presse Interfax a indiqué que M. Lavrov répondrait « lorsque son propre emploi du temps le lui permettra« .

« Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, prêtera attention à cette demande dès que son temps le lui permettra« , a déclaré la porte-parole du ministère, Maria Zakharova, selon Interfax. « Actuellement, son calendrier de contacts internationaux est rempli d’affaires importantes : le conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OCS [Organisation de coopération de Shanghai] à Tachkent, des réunions bilatérales. »

Oui, le ministre des Affaires étrangères de la « Russie isolée« , qui a récemment été reçu très amicalement dans plusieurs pays africains, est très occupé à rencontrer des dizaines de dignitaires étrangers. Il n’a pas le temps de téléphoner à un sous-fifre américain connu pour ses accusations infondées et ses demandes déraisonnables.

Les Russes laisseront Blinken se débattre pendant un certain temps avec leur peu importante affaire de prisonniers et autres sujets.

L’illusion reflétée dans l’article du Washington Post montre que les États-Unis n’ont pas encore retrouvé la raison :

Lavrov a conclu mercredi un voyage de quatre jours en Afrique et se trouve actuellement en Ouzbékistan, dans le cadre d’une série de visites diplomatiques récentes, alors que la Russie cherche à renforcer ses derniers partenariats dans un contexte d’isolement international croissant dû à sa guerre en Ukraine.

Dans quelle mesure l’isolement international présumé de la Russie est il croissant ? Après la première vague de sanctions, prises uniquement par les pays de l’OTAN, de l’UE et du groupe des 5 eyes, aucun autre pays ne s’est joint à la campagne « occidentale » de dénigrement de la Russie ni n’a imposé de sanctions. La position internationale de la Russie auprès des autres 80+% de l’humanité s’est en fait renforcée depuis lors.

L’auteur de l’article du Washington Post, ainsi que l’ensemble de l’administration Biden, se font de sérieuses illusions sur le rôle de la Russie dans un monde désormais multipolaire.

Lavrov, Peskov et Maria Zakharova sont des professionnels expérimentés. Si l’on veut parler avec eux, il faut être d’un niveau similaire.

Blinken en est loin.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Note du Saker Francophone : RT vient d’annoncer qu’une discussion entre Lavrov et Blinken a finalement eu lieu : « Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est entretenu vendredi par téléphone avec le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, à la demande de Washington, a confirmé le ministère. Outre le conflit, ils ont discuté de l’accord d’exportation de céréales ukrainiennes, signé en Turquie la semaine dernière, et d’un éventuel échange de prisonniers entre les deux nations, a indiqué le ministère. Plus tôt dans la journée de vendredi, M. Blinken a déclaré lors d’un point presse qu’il avait eu « une conversation franche et directe » avec le ministre russe et qu’il avait « insisté auprès du Kremlin pour qu’il accepte la proposition substantielle que nous avons faite concernant la libération de Paul Whelan et de Brittney Griner. » »

Pourquoi provoquer Pékin ?

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 28 juillet 2022

Yves Smith est consterné par le fait que les États-Unis soit en train de provoquer la Chine :

Les néoconservateurs semblent surtout incapables de comprendre que les jours de l’hégémonie américaine sont terminés. Il est ahurissant de constater qu’ils ne se contentent pas de faire de la simple provocation, mais qu’ils endommagent considérablement leurs relations avec la Chine par le biais de la visite toujours prévue de Pelosi à Taïwan, en août. Comme nous l’expliquerons, la Chine est parfaitement consciente du fait que Pelosi est le numéro deux, après Harris, si quelque chose devait arriver à Biden, de plus en plus distrait. Et ils ne croient pas une seconde que Pelosi opère sans l’approbation explicite de l’administration.

 

Notez qu’il est tout à fait possible que Pelosi ait relancé son projet de voyage à Taïwan (rappelez-vous qu’elle l’avait remis à plus tard après avoir contracté le Covid) de son propre chef. Le Pentagone lui aurait juste permis de sauver la face en disant qu’il ne le recommandait pas.

La Chine, qui a l’habitude de récriminer lorsqu’elle est contrariée par ce qu’elle perçoit comme des transgressions étrangères, a réussi à trouver de nouveaux registres pour ses objections à la visite proposée par Pelosi.

Pelosi n’est pas seulement la numéro « deux » du gouvernement étasunien, mais elle est hostile au gouvernement chinois depuis plus de 30 ans. En 1991, elle et deux autres membres du Congrès ont fait un coup d’éclat sur la place Tiananmen où, deux ans auparavant, des manifestations avaient eu lieu.

La manifestation qui avait duré plusieurs jours sur la place s’était terminée pacifiquement. Mais à en dehors de la place, des émeutes sanglantes ont eu lieu pendant plusieurs jours et nuits, au cours desquelles des centaines de soldats et d’émeutiers ont été tués.

La manifestation et les émeutes étaient une tentative de révolution de couleur à l’instigation des États-Unis. Le père du concept de révolution de couleur, Gene Sharp, était personnellement présent à Pékin et conseillait les leaders de la manifestation. Après l’échec de la tentative, la CIA a organisé la fuite de centaines de leaders et de participants à la manifestation vers Hong Kong, où ils ont constitué la base de la tentative de révolution de couleur de 2020. Un grand nombre de ces « activistes » ont maintenant déménagé à Taïwan.

En 1991, Pelosi et deux membres du Congrès ont déployé une bannière sur Tiananmen devant les médias internationaux, où était écrit : « À ceux qui sont morts pour la démocratie en Chine. » La police est immédiatement intervenue et a mis fin au coup d’éclat.

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Le coup d’éclat a eu un écho positif dans les médias américains (remarque : le titre de la vidéo indique que nous sommes en 1989, mais le présentateur dit que c’est deux ans plus tard).

Mme Pelosi pense peut-être qu’elle peut recréer un autre écho médiatique positif en se rendant à Taïwan.

Mais la Chine de 2022 n’est plus la Chine de 1991. Elle est désormais la plus grande économie du monde et sa force militaire rivalise avec celle des États-Unis. Elle ne tolère plus les provocations et les alibis de style « droits de l’homme ». Elle sait reconnaître une provocation américaine quand elle en voit une.

Dans les années 50 et 60, les États-Unis ont financé le terrorisme au Tibet. En 1989, ils ont encadré et financé une tentative de révolution de couleur sanglante à Pékin. Dans les années 1990, ils ont amené le terrorisme islamiste au Xinjiang. Au cours de ce siècle, les États-Unis ont été à l’origine de plusieurs périodes d’émeutes à Hong Kong.

Mais notez une tendance. Le Tibet est désormais une province paisible de la Chine, Pékin se porte bien et le peuple chinois est satisfait de son gouvernement. Le Xinjiang est maintenant la région touristique la plus visitée du monde et Hong Kong est sous le contrôle total de la Chine.

Les États-Unis tentent de pousser Taïwan à déclarer son indépendance et d’entraîner la Chine dans une réaction militaire. Ils devraient prendre note du fait que leurs autres tentatives pour provoquer la Chine ne se sont pas bien terminées pour eux.

Selon Yves, la Chine est prête à réagir si le coup d’éclat prévu par Pelosi a lieu :

Si l’on se fie au niveau de colère des Chinois, le fait que des avions de chasse chinois empêchent Pelosi d’atterrir à Taïwan est la réponse la plus modérée possible. Si cela devait se produire et que l’avion était escorté pour atterrir en Chine continentale, je pourrais voir les Chinois remuer le couteau dans la plaie en ne laissant descendre personne de l’avion.

 

La Chine réfléchit à la manière d’utiliser la visite de Pelosi pour établir des précédents bien plus importants. Dans le clip du Global Times ci-dessus, Hu a évoqué la possibilité de déclarer une zone d’exclusion aérienne ou de faire voler des jets de l’armée chinoise autour de l’avion de Pelosi dans l’espace aérien de Taïwan. Comme l’a noté le Global Times : « Cela créerait un grand précédent pour que l’armée chinoise patrouille au-dessus de l’île, ce qui serait bien plus significatif que la visite de Pelosi. »

 

Comme pour la provocation contre la Russie, les États-Unis sont peut-être sur le point d’obtenir ce qu’ils cherchaient avec Taïwan et de découvrir que les résultats ne sont pas à leur avantage. Et en tant qu’Américain, il est déprimant de voir tant d’incompétence et d’arrogance affichées.

Mais il y a encore plus d’incompétence et d’arrogance dans le panier. Pelosi a maintenant demandé à d’autres législateurs de se joindre à elle pour ce voyage :

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi (D-CA), a invité d’autres membres du Congrès à se joindre à elle lors d’une visite à Taïwan le mois prochain, signalant qu’elle a toujours l’intention de faire ce voyage malgré le fait que l’armée américaine pense qu’elle risque de provoquer la Chine.

 

Le représentant Michael McFaul (R-TX), principal républicain de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, a déclaré mercredi que Mme Pelosi l’avait invité, ainsi que le représentant Gregory Meeks (D-NY), qui préside cette commission.

 

McFaul a déclaré qu’il ne pouvait pas se rendre à Taïwan en raison d’un engagement antérieur, mais a exprimé son soutien au voyage. « Tout membre qui veut y aller devrait le faire. Cela opposerait une dissuasion politique au président Xi« , a-t-il déclaré. « Mais elle devrait aussi faire attention aux militaires si cela risque de provoquer un retour de flamme et une escalade des événements« .

Le Pentagone avait averti que ce voyage pourrait être synonyme de graves problèmes, mais il augmente désormais ce potentiel de problèmes en déployant davantage de forces dans la région :

Des responsables ont déclaré à l’Associated Press que si Pelosi se rendait à Taïwan – ce qui reste une incertitude – l’armée augmenterait ses mouvements de forces et de moyens dans la région indo-pacifique. Ils ont refusé de donner des détails, mais ont déclaré que des avions de chasse, des navires, des moyens de surveillance et d’autres systèmes militaires seraient probablement utilisés pour fournir des anneaux de protection qui se chevaucheraient pendant le vol de Mme Pelosi vers Taïwan et pendant tout le temps passé sur place.

C’est en effet la chose la plus stupide que le Pentagone puisse faire. Plus de forces dans la région, c’est plus de risques de dérapage. Si une seule chose tourne mal, tout pourrait dégénérer en une guerre sanglante :

Le plus grand risque pendant le voyage de Mme Pelosi est une démonstration de force chinoise « qui tourne mal, ou un type d’accident qui résulte d’une démonstration d’action provocatrice« , a déclaré Mark Cozad, directeur associé intérimaire du Centre de politique de sécurité internationale et de défense de la Rand Corp. « Il pourrait donc s’agir d’une collision aérienne. Il pourrait s’agir d’une sorte de test de missile et, encore une fois, lorsque vous faites ce genre de choses, vous savez, il y a toujours la possibilité que quelque chose tourne mal. »

« Il est très possible que … nos tentatives de dissuasion envoient en fait un signal bien différent de celui que nous avons l’intention d’envoyer« , a déclaré Cozad. « Et on entre alors dans une sorte de spirale d’escalade, où nos tentatives de dissuasion sont en fait perçues comme de plus en plus provocantes et vice versa. Et cela peut être une dynamique très dangereuse« .

Hier, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a clairement indiqué que la Chine ne reculerait pas :

AFP : Un responsable américain a déclaré que si Pelosi se rendait à Taïwan, l’armée augmenterait ses mouvements de forces dans la région Asie-Pacifique, notamment les avions de chasse. Quel est votre commentaire ?

Zhao Lijian : Peut-être avez-vous loupé nos briefings de ces derniers jours. Nous avons clairement indiqué à plusieurs reprises notre ferme opposition à la visite potentielle du président Pelosi à Taïwan. Si la partie américaine insiste pour effectuer cette visite et défie la ligne rouge de la Chine, elle sera confrontée à des contre-mesures résolues. Les États-Unis devront assumer toutes les conséquences qui en découleront.

Le président Joe Biden s’est abstenu d’empêcher les plans de voyage de Pelosi. Aujourd’hui, il est censé appeler le président Xi. Les Chinois n’ont pas confirmé cet appel, qui pourrait donc ne pas avoir lieu. Joe Biden va-t-il demander que Mme Pelosi soit autorisée à se rendre à Taïwan ? S’il le fait, il recevra certainement une réponse assez dure.

Taïwan fait partie de la Chine. C’est d’ailleurs aussi la position officielle du gouvernement de Taipei. Mais vu de Pékin, ce gouvernement n’est que celui d’une province chinoise et n’est pas autorisé à avoir une politique étrangère indépendante. Toute tentative de changer cela se heurtera à une forte résistance de Pékin, si nécessaire par la force.

Le gouvernement américain assiste actuellement au démantèlement systématique de sa force proxy en Ukraine, par la Russie, qui est destinée à gagner cette guerre. Il n’y a rien que les États-Unis puissent faire à ce sujet. Tout conflit autour de Taïwan aurait une issue similaire.

Washington peut penser que ce serait une excellente occasion d’isoler la Chine.

Mais isoler de qui ? Ce sont les États-Unis et leurs alliés qui en souffriraient le plus, tandis que le reste du monde, beaucoup plus important, continuerait simplement à travailler avec la Chine, comme il le fait actuellement avec la Russie.

Mais avec l’incompétence et l’arrogance qui règnent à Washington (et à Bruxelles), on ne peut exclure que ce soit exactement leur plan.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Les sanctions aident les « ennemis » à se doter de leurs propres capacités

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 26 juillet 2022

Le comportement hostile de l’« Occident » envers la Chine et la Russie a des conséquences.

La station spatiale internationale est en train de perdre les modules russes dont elle a besoin pour manœuvrer. Les États-Unis doivent immédiatement construire de nouveaux modules de propulsion s’ils veulent la sauver.

En 2024, la Russie se retirera de la Station spatiale internationale

La Russie a déclaré qu’elle se retirerait de la Station spatiale internationale (ISS) après 2024 pour se concentrer sur la construction de son propre avant-poste orbital.

Yuri Borisov, qui a été nommé au début du mois à la tête de Roscosmos, la société spatiale contrôlée par l’État russe, a déclaré lors d’une réunion avec le président russe, Vladimir Poutine, que la Russie remplirait toutes ses obligations envers les autres partenaires avant de quitter le projet.

Borisov a déclaré que « la décision de quitter la station après 2024 a été prise« .

Les États-Unis avaient prévu d’exploiter la station jusqu’en 2031 :

Plus tôt cette année, la NASA a publié des plans qui pourraient voir cette structure de 444 615 kg être retirée de l’orbite en janvier 2031 et s’écraser dans un « cimetière de vaisseaux spatiaux« .

Elle a déclaré que le laboratoire continuerait à fonctionner jusqu’en 2030, mais que son avenir à long terme n’était pas viable.

La date de fin sera probablement antérieure à celle prévue par la NASA. Comme l’expliquait un précédent rapport :

La Russie fournit l’ergol et les propulseurs nécessaires pour rebooster périodiquement la station, une capacité critique que la NASA ne peut actuellement pas remplacer. La manœuvre est assurée par des propulseurs intégrés aux modules russes Zarya et Zvezda et à bord des vaisseaux d’approvisionnement Progress en visite.

Un vaisseau cargo Cygnus de Northrop Grumman, arrivé en début de semaine, est le premier véhicule américain, après la navette spatiale, à être capable de relancer la station, mais il ne peut à lui seul remplacer la capacité russe.

Les astronautes de la NASA ne sont pas formés pour faire fonctionner les systèmes russes et vice versa pour les cosmonautes. Aucune des deux parties ne peut faire fonctionner le laboratoire à elle seule en toute sécurité.

Sans les modules de propulsion russes, la station va continuellement ralentir et s’enfoncer vers la terre jusqu’à ce qu’elle se brise et brûle dans l’atmosphère.

La construction par les États-Unis de leurs propres modules de propulsion prendrait très probablement plus de deux ans. Ils arriveraient trop tard pour sauver la station.

La Russie a des projets de construction d’une nouvelle station spatiale. Une alternative pour elle pourrait être de se raccorder à la station spatiale chinoise qui a été lancée l’année dernière. Hier, elle a reçu son deuxième grand module, un laboratoire. Un troisième grand module sera ajouté plus tard dans l’année.

La Chine a construit sa propre station spatiale parce que les États-Unis l’avaient exclue de la participation à l’ISS :

La Chine est exclue de l’ISS depuis 2011, date à laquelle le Congrès a adopté une loi interdisant tout contact officiel américain avec le programme spatial chinois en raison de préoccupations liées à la sécurité nationale. La sécurité nationale, bien sûr, est l’expression qui permet à n’importe quel pays de faire tout ce qu’il veut, même si cela n’a rien à voir avec, vous savez, la sécurité de la nation. Mais peu importe.

Seulement 11 ans après cette interdiction, la Chine a lancé et exploite sa propre station spatiale.

Il est probable qu’à partir de 2025, il n’y aura plus qu’une seule station spatiale internationale. Mais elle sera exploitée par la Chine et probablement la Russie, tandis que les États-Unis et leurs alliés en seront surement exclus.

C’est la conséquence du comportement hostile des États-Unis qui excluent et sanctionnent les autres pour des raisons peu sérieuses.

Les États-Unis ont fait pression sur le gouvernement néerlandais pour qu’il interdise la livraison à la Chine des machines ASML nécessaires à la fabrication des structures de 4 à 7 nanomètres pour les puces informatiques les plus avancées d’aujourd’hui. Il y a deux semaines, les États-Unis ont commencé à faire pression pour interdire à ASML de livrer même ses anciens modèles en Chine.

Mais une société canadienne a récemment découvert que la société chinoise SMIC produit déjà des puces de 7 nm en masse. Cette capacité n’avait jamais été annoncée :

« Il s’agit du produit technologique le plus avancé que TechInsights ait vu de la part de SMIC jusqu’à présent et il pourrait conduire à un véritable processus autour de la technologie de 7 nm qui incorpore des cellules de mémoire et de logique à échelle réduite« , a déclaré TechInsights.

Dylan Patel, observateur du monde des puces, a noté une autre implication pour les capacités 7 nm de SMIC. Selon lui, ce développement signifie que la Chine est désormais plus avancée que les États-Unis ou l’Europe en termes de capacités de fabrication de puces à 7 nm, puisque le fabricant de puces américain Intel doit encore mettre son processus 7 nm à la disposition des fonderies.

La Chine construit également plus d’usines de fabrication de puces que quiconque :

La Chine est le leader mondial de la construction de nouvelles usines de puces, une étape vers une plus grande autosuffisance en matière de semi-conducteurs qui pourrait à terme rendre certains acheteurs dépendants de la Chine pour de nombreuses puces de base actuellement en pénurie.

Alors que les fabricants de puces s’efforcent d’augmenter leur production et de remédier aux pénuries d’approvisionnement, aucun pays ne se développe plus rapidement que la Chine, qui devrait construire 31 grandes usines de semi-conducteurs, appelées fabs, au cours des quatre années à venir, selon le groupe SEMI.

Jusqu’à présent, la Chine importait pour 300 milliards de dollars de puces par an. Lorsque toutes les nouvelles fabs chinoises seront prêtes, la majeure partie de cet argent restera en Chine. Les producteurs de puces de Taïwan, de Corée du Sud, du Japon et des États-Unis devront chercher de nouveaux clients ou réduire leur propre production.

Les sanctions concernant les stations spatiales et les puces électroniques ne font que démontrer les conséquences inévitables de l’hostilité envers de grands pays comme la Russie et la Chine.

Ces pays ont suffisamment d’alternatives pour remplacer les produits sanctionnés et pour développer leurs propres capacités de production.

Tout cela pendant que les États-Unis et leurs alliés perdent des parts de marché.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Bellingcat nie que des fonctionnaires ukrainiens soient responsables de l’échec du complot pourtant Zelenski les licencie

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 26 juillet 2022

Quelques heures après la publication des révélations sur l’opération secrète ukrainienne ratée visant à détourner des avions de chasse russes, Christo Grozev, l’enquêteur principal de Bellingcat sur la Russie, exprimait quelques excuses peu convaincantes pour justifier sa profonde implication dans ce plan clandestin raté :

Christo Grozev @christogrozev – 14:52 UTC – 25 Juil. 2022

Un important P.S. basé sur les questions des lecteurs.

L’opération ukrainienne n’était pas un projet du SBU ou du GUR. (Si c’était le cas, nous n’aurions jamais pu – ou voulu – y avoir accès). Elle a été organisée par d’anciens agents non-conformistes que nous avons appris à connaître dans le cadre de l’enquête sur la société Wagner.

Ainsi, toutes les déclarations russes d’aujourd’hui – prétendant qu’il s’agissait d’une opération du « GRU » (renseignement militaire) « avec le soutien de l’OTAN » – sont des conneries totales, sans nuances. L’ensemble du FSB CI s’est battu bec et ongles contre une bande de volontaires, essentiellement. Et ce n’était pas la première fois.

Ah. Bien sûr. Ce qui suit n’est alors qu’une étrange coïncidence « de conneries totales« …

Russians With Attitude @RWApodcast – 16:27 UTC – 25 Juil. 2022

Zelensky a démis Ruslan Demchenko de son poste de premier secrétaire adjoint du Conseil de sécurité nationale et de défense et a démis Grigoriy Galagan de son poste de commandant des forces d’opérations spéciales des FAU, en le remplaçant par Viktor Horenko.

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Erik Zimerman @ZimermanErik – 1:39 UTC – 26 juil. 2022

[…] Après la publication de cette information, nous avons appris deux licenciements de haut niveau au sein du gouvernement ukrainien. #Zelensky a licencié le premier secrétaire adjoint du Conseil de sécurité nationale et de défense Ruslan Demchenko. Faisant partie du Conseil, qui, entre autres tâches, coordonne les questions de sécurité et conseille le président, il pourrait très bien avoir été impliqué dans des affaires clandestines telles que cette opération. Il a également travaillé comme vice-ministre des affaires étrangères.

Peut-être plus révélateur encore, Zelensky a également licencié le commandant des forces d’opérations spéciales (SSO), Hryhoriy Halahan. Jusqu’en 2016, ces unités relevaient de la Direction principale du renseignement (HUR / GRU), et sont donc fortement corrélées à ce type d’opération. La SSO comprend des unités de guerre psychologique et peut être considérée comme des forces spéciales (Spestnaz) du renseignement militaire. Une opération telle que celle menée par Bellingcat et Christo Grozev, visant à la défection de pilotes russes et de leurs avions vers l’Ukraine, serait tout à fait dans les cordes de la SSO.

Vous trouverez d’autres réflexions intéressantes d’Erik Zimerman sur cette affaire ici et ici.

Cette affaire n’était pas la première incursion de Grozev dans la fabrication de faux récits. Voici une vidéo qui documente un précédent comportement malhonnête :

Bellingcat arnaque le témoin de l’avion MH17

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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