Revue de presse

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New York Times : 20 pays de l’OTAN sur 30 ont épuisé leurs stocks d’armes

Neuf mois après le début de la guerre, l’impréparation fondamentale de l’Occident a provoqué une lutte folle pour fournir à l’Ukraine ce dont elle a besoin, ainsi que pour reconstituer les approvisionnements de l’OTAN.
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Ne pas oser nommer ses ennemis c’est déja de la lacheté ! Les chevaux de Troie US en Europe

par Bruno Bertez. Les Européens vont souffrir matériellement dans leur confort, et pour ceux qui ont de la dignité, dans leur amour propre. Les plus lucides ont compris que nous étions les paillassons des Anglo-Saxons.

Les pays de l’UE se disputent le pétrole russe déjà interdit

par Philippe Rosenthal. Un certain nombre de pays de l'UE ont, donc, fait pression pour obtenir le prix le plus bas possible dans les négociations, juste au-dessus des coûts de production.

Plafonnement des prix du gaz russe : Les pays européens rechignent à se suicider

par Karine Bechet-Golovko. Le fanatisme mêlé à la soumission de ces personnes présentent un danger existentiel pour nos pays. Car ils sont prêts à sacrifier nos économies, nos conditions de vie - voire nos vies.

OTAN : La Hongrie repousse la ratification de l’adhésion de la Suède et de la Finlande

Alors que la Commission européenne menace de geler des milliards d’euros de fonds communautaires, Budapest a annoncé son report de la ratification de l’adhésion à l’OTAN de la Suède et de la Finlande.
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Vous êtes sous contrôle. Les élites françaises craignent, en privé, les États-Unis et une nouvelle étude explique pourquoi

Par : Wayan

Par Felix Livshitz − Le 15 novembre 2022 − Source RT

Une nouvelle étude [en français, NdT] publiée par l’École de guerre économique française a révélé des résultats extraordinaires sur les personnes et les éléments que les services de renseignement français craignent le plus lorsqu’il s’agit de menaces pour l’économie du pays.

Les résultats sont basés sur des recherches approfondies et des entretiens avec des experts du renseignement français, y compris des représentants d’agences d’espionnage, et reflètent donc les positions et la pensée de spécialistes dans le domaine peu étudié de la guerre économique. Leur opinion collective est très claire : 97 % d’entre eux considèrent que les États-Unis sont la puissance étrangère qui « menace le plus » les « intérêts économiques » de Paris.

Qui est votre véritable ennemi ?

L’étude a été menée pour répondre à la question suivante : « que deviendra la France dans un contexte de guerre économique de plus en plus exacerbé ?« . Cette question est devenue de plus en plus urgente pour l’UE car les sanctions occidentales sur les exportations de Moscou, en particulier l’énergie, ont eu un effet catastrophique sur les pays européens, mais n’ont pas eu l’effet prévu sur la Russie. Elles n’ont pas non plus nui aux États-Unis, le pays qui a poussé le plus énergiquement à l’adoption de ces mesures.

Pourtant, la question ne se pose pas dans les autres capitales européennes. C’est précisément l’échec à l’échelle du continent, ou du moins le manque de volonté, de prendre en compte les « répercussions négatives sur la vie quotidienne » des citoyens européens qui a inspiré le rapport de l’École de Guerre Économique.

Comme l’explique l’auteur principal du rapport, Christian Harbulot, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France « vit dans un état de non-dit« , comme d’autres pays européens.

À l’issue de ce conflit, la « peur manifeste » des élites françaises de voir le Parti communiste prendre le pouvoir en France « a fortement incité une partie de la classe politique à placer notre sécurité entre les mains des États-Unis, notamment en réclamant l’établissement de bases militaires permanentes en France. »

« Il va sans dire que tout a un prix. La contrepartie de cette aide venue d’outre-Atlantique a été de nous faire entrer dans un état de dépendance globale – monétaire, financière, technologique – à l’égard des USA« , indique Harbulot. Et à part entre 1958 et 1965, lorsque le général Charles de Gaulle a tenté d’accroître l’autonomie de Paris par rapport à Washington et à l’OTAN, les dirigeants français sont « rentrés dans le rang« .

Cette acceptation signifie qu’à l’exception de rares scandales publics tels que la vente d’actifs français à des entreprises américaines, ou l’annulation par l’Australie de son achat de sous-marins de fabrication française en faveur d’un accord controversé avec les États-Unis et le Royaume-Uni (AUKUS), il y a peu de reconnaissance – et encore moins de discussion – dans le grand public sur la façon dont Washington exerce un degré significatif de contrôle sur l’économie de la France, et donc sur la politique.

Par conséquent, les politiciens et le public ont du mal à identifier « qui est vraiment leur ennemi« . « Dans les sphères de pouvoir » de toute l’Europe, dit Harbulot, « il est d’usage de taire ce genre de problème« , et la guerre économique reste une « confrontation souterraine qui précède, accompagne puis prend le relais des conflits militaires classiques« .

Cela signifie à son tour que tout débat sur « l’hostilité ou la nocivité » des relations entre l’Europe et Washington passe à côté du fait sous-jacent que « les États-Unis cherchent à assurer leur suprématie sur le monde, sans s’afficher comme un empire traditionnel. »

L’UE peut avoir un excédent commercial de 150 milliards d’euros avec les États-Unis, mais ces derniers ne laisseront jamais volontairement cet avantage économique se traduire par une « autonomie stratégique » vis-à-vis d’eux. Et ce gain est obtenu dans le contexte constant – et plus que compensé – d’une « forte pression géopolitique et militaire » exercée par les États-Unis à tout moment.

J’espionne avec mes Five Eyes

Harbulot estime que l' »état de non-dit » est encore plus prononcé en Allemagne, car Berlin « cherche à établir une nouvelle forme de suprématie au sein de l’Europe » fondée sur sa dépendance à l’égard des États-Unis.

Comme la France « n’est pas dans une phase de construction de puissance mais plutôt dans une recherche de préservation de sa puissance » – un état de fait « très différent » – cela devrait signifier que les Français peuvent plus facilement reconnaître et admettre la dépendance toxique vis-à-vis de Washington, et la considérer comme un problème qui doit être résolu.

Il est certainement difficile d’imaginer qu’un rapport aussi éclairant et honnête soit produit par un institut universitaire basé à Berlin, bien que le pays soit le plus durement touché par les sanctions anti-russes. Certains analystes ont parlé d’une possible désindustrialisation de l’Allemagne, car son incapacité à alimenter des secteurs économiques à forte intensité énergétique a détruit son excédent commercial de 30 ans – peut-être pour toujours.

Mais outre le fait que la « dépendance » de la France vis-à-vis de Washington est différente de celle de l’Allemagne, Paris a d’autres raisons de cultiver une « culture du combat économique » et de suivre de très près les « intérêts étrangers » qui nuisent à l’économie et aux entreprises du pays.

Un ordre d’espionnage de l’Agence nationale de sécurité des États-Unis envoyé à d’autres membres du réseau d’espionnage mondial Five Eyes (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande et Royaume-Uni), publié par WikiLeaks, montre que, depuis au moins 2002, Washington adresse à ses alliés anglophones des demandes annuelles de « besoin d’information« , afin d’obtenir toutes les informations qu’ils peuvent trouver sur les activités économiques des entreprises françaises, les politiques économiques et commerciales du gouvernement français et les points de vue de Paris sur les sommets annuels du G8 et du G20.

Tout ce qui est découvert est partagé avec les principaux décideurs et départements économiques américains, notamment la Réserve fédérale et le Trésor, ainsi qu’avec les agences de renseignement, comme la CIA. Une autre publication classifiée de WikiLeaks montre que cette dernière – entre novembre 2011 et juillet 2012 – a employé des espions des Five Eyes pour infiltrer et surveiller les campagnes des partis et des candidats à l’élection présidentielle française.

Washington était particulièrement inquiet d’une victoire du Parti socialiste, et a donc cherché à obtenir des informations sur une variété de sujets, « pour préparer les principaux décideurs américains au paysage politique français post-électoral et à l’impact potentiel sur les relations entre les États-Unis et la France. » Un intérêt particulier a été porté à « l’opinion des candidats à la présidence sur l’économie française, les politiques économiques actuelles […] qu’ils considèrent comme ne fonctionnant pas, et les politiques […] qu’ils promeuvent pour aider à stimuler les perspectives de croissance économique de la France […]« .

La CIA était également très intéressée par les « points de vue et la caractérisation » des États-Unis de la part des candidats à la présidence, ainsi que par tout effort de ces derniers et des partis qu’ils représentaient pour « entrer en contact avec les dirigeants d’autres pays« , y compris certains des États qui forment le réseau des Five Eyes lui-même.

Naturellement, ces États n’étaient pas conscients que leurs amis de Washington, et d’autres capitales des Five Eyes, les espionnaient pendant qu’ils espionnaient la France.

Ce n’est manifestement pas pour rien que le vétéran de la grande stratégie américaine et ancien secrétaire d’État Henry Kissinger a fait remarquer un jour : « être un ennemi de l’Amérique peut être dangereux, mais en être un ami est fatal. »

Felix Livshitz

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Le Parlement européen qualifie la Russie d’État soutenant le terrorisme

par Christelle Néant. Après des sanctions toutes plus inutiles et contre-productives les unes que les autres, le parlement européen vient de voter une résolution qualifiant la Russie d’État soutenant le terrorisme.

Associated Press publie une correction à son faux rapport qui aurait pu déclencher la troisième guerre mondiale !

Associated Press rétropédale discrètement Une nouvelle déclaration de la Maison Blanche a soutenu l’évaluation de la Pologne et de l’OTAN selon laquelle l’explosion survenue mardi à la frontière polonaise était « très probablement le résultat d’un missile de défense aérienne ukrainien qui a malheureusement atterri en Pologne ». Associated Press publie une correction à son faux rapport qui aurait pu déclencher […]

L’Europe perd lamentablement la guerre des sanctions

L’Europe souffre donc sérieusement de la confrontation aux sanctions. De fait, les mesures de représailles de la Russie nuisent beaucoup plus à l’UE qu’à elle-même. Alors… qui sera le perdant à la fin ?

Un état des lieux mondial très différent s’installe

par Alastair Crooke. La fenêtre des retraits du distributeur se réduit, le couvercle qui retient les vieilles animosités et les sentiments tribaux ne tiendra pas longtemps. En effet, les démons se lèvent - et sont facilement visibles.

Éric Denécé : « La diplomatie française a perdu tout crédit international »

Dans les années à venir, l’histoire démontrera que cette crise a été provoquée délibérément par les États-Unis pour affaiblir Moscou et que les Européens vassalisés les ont docilement suivis au détriment de leurs intérêts.

Couple franco-allemand : La grande réinitialisation

Xavier Moreau, directeur du Centre d’analyses politico-stratégiques Stratpol, et l'historien Edouard Husson s’intéressent au couple franco-allemand qui bat de l'aile en raison de désaccords budgétaires, énergétiques et militaires.

Zakharova suggère de reconnaître le Parlement européen comme un « promoteur de la débilité »

En réaction à l'adoption par le Parlement européen d'une résolution qualifiant la Russie d'« État promoteur du terrorisme », Maria Zakharova a avancé l'idée que cet organe soit reconnu comme un « promoteur de la débilité ».

Ukraine : La fin du vieil ordre mondial

Caroline Galactéros nous livre son analyse sur l’explosion de l’ordre mondial où se déroule une bataille entre vieux monde multipolaire basé sur l’hégémonie américaine et multipolarité avec l’expansion des BRICS.

États-Unis : De l’apparente bienveillance à l’hégémonie

par Jean-Luc Baslé. Le néoconservatisme est l’affirmation d’une hégémonie décomplexée. Le néolibéralisme est un empiétement du marché sur les prérogatives de l’État. Cette mutation est l’une des clés de compréhension des évènements d’aujourd’hui.

La Grèce lance un SOS

La Grèce est le pays où la liberté et la crédibilité des médias sont les plus faibles. Quant à l'opposition... elle sombre dans l'oubli de l'inexistence et de l'indifférence.

Énergie : Les importations européennes de diesel russe augmentent avant les sanctions européennes

Les hommes d’affaires européens se précipitent pour remplir leurs réservoirs avec du carburant diesel russe avant le début d'une interdiction de l'Union européenne (UE) en février, car les sources alternatives restent limitées.

Dur dur d’être vassal

par Bruno Bertez. Les Américains sont féroces, ils veulent que l’Europe soit objectivement condamnée à dépendre des États-Unis dans la perspective de la Grande Confrontation avec le bloc Chinois. Nous sommes dans une phase d’alignement forcé.

L’électricité, talon d’Achille allemand : Le fil du rasoir

Même mon petit-fils comprend que peu importe que j’aie 100 ou 1 000 000 d’éoliennes. Si le vent ne souffle pas, il n’y a pas d’électricité. Et le vent ne souffle que pendant 2000 heures au maximum en Allemagne.

Maria Zakharova, une femme au cœur du pouvoir russe

Voici une interview vraiment remarquable de Maria Zakharova. Le point de vue russe est enfin mis à la disposition des citoyens de notre pays qui ne sont pas aveuglés par la Propagande de guerre.

UKRAINE : L’INSTRUMENT DE LA CIA DEPUIS 75 ANS ! PARTIE 1

De l’utilité de la CIA Les médias ont construit un récit pur et simple sur la « guerre de Poutine » qui dissimule l’expansion impérialiste de l’Amérique en Europe de l’Est. Il s’agit d’un effort tout à fait orwellien pour projeter sur la Russie ce que les États-Unis et leur principal allié impérial, le Royaume-Uni (qu’un journaliste britannique a qualifié de « remorqueur […]

Le Parlement européen décidera s’il convient de reconnaître la Russie comme un « État terroriste »

Par : Thierry65
  Le 21 novembre, la session plénière ordinaire du Parlement européen s’ouvre à Strasbourg. Les représentants de la plus grande faction, le Parti populaire européen, envisagent de soumettre au vote une résolution reconnaissant la Russie comme un « Etat terroriste ». Le parti détient 182 sièges sur 751 et est la plus grande faction au Parlement européen. L’initiative exprimée de sa part […]

Les nombreuses « guerres » imbriquées – Un guide sommaire à travers le brouillard

Par : Zineb

Nous avons maintenant un ensemble embarrassant de « guerres » dont, paradoxalement, l’Ukraine est peut-être celle de moindre importance stratégique.


Par Alastair Crooke – Le 24 octobre 2022 – Source Strategic Culture

Nous avons maintenant un ensemble embarrassant de « guerres » dont, paradoxalement, l’Ukraine est peut-être celle de moindre importance stratégique – bien qu’elle conserve un contenu symbolique significatif. Un « drapeau » autour duquel les histoires sont racontées et le soutien rallié.

Oui, il n’y a pas moins de cinq « guerres » en cours, qui se chevauchent et sont liées entre elles – et elles doivent être clairement différenciées pour être bien comprises.

Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs changements d’époque : le sommet de Samarkand, la décision de l’OPEP+ de réduire la production pétrolière des pays membres de deux millions de barils par jour à partir du mois prochain, et la déclaration explicite du président Erdogan selon laquelle « la Russie et la Turquie sont ensemble et travaillent ensemble » .

Les alliés de base des États-Unis, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Égypte et des groupements tels que l’OPEP+ font un grand pas vers l’autonomie et vers la coalescence de nations non occidentales en un bloc cohérent, qui agit selon ses propres intérêts et fait de la politique « à sa façon » .

Cela nous rapproche du monde multipolaire que la Russie et la Chine préparent depuis plusieurs années – un processus qui signifie « la guerre » du découplage géostratégique de l’« ordre » mondial occidental.

Cette guerre est menée, d’une part, en présentant la Russie et la Chine comme trop méfiantes l’une envers l’autre pour être des partenaires. D’autre part, on présente la Russie comme étant si faible, si dysfonctionnelle et erratique (prête à utiliser des armes nucléaires tactiques), que le binaire « avec nous » ou « contre nous » oblige les États à se ranger du côté de l’Occident. Dans ce cas, l’Ukraine est présentée comme le brillant « Camelot » autour duquel se rassembler, pour combattre les « ténèbres » .

Cela nous mène directement à la « guerre » financière mondiale qui dure depuis longtemps, une guerre à deux niveaux.

Au premier niveau, la Fed américaine joue un « jeu mondial » . Elle augmente les taux d’intérêt pour de nombreuses raisons. Mais ici, il s’agit de protéger le « privilège du dollar » , qui consiste à pouvoir échanger l’argent qu’elle imprime à partir de rien contre de la main-d’œuvre et des marchandises réelles dans le monde entier. Ce privilège de « monnaie de réserve » est à la base du niveau de vie élevé des États-Unis (bien plus élevé qu’il ne le serait autrement). C’est un avantage énorme, et la Fed va protéger cet avantage.

Pour ce faire, le plus grand nombre possible d’États doivent être dans la « filière » du dollar et faire des échanges en dollars. Et placer leur épargne dans les bons du Trésor américain. La Fed fait maintenant tout ce qu’elle peut pour faire s’effondrer la part de marché de l’euro et ainsi faire passer les euros et les euro-dollars dans le circuit du dollar. Les États-Unis menaceront l’Arabie saoudite, les États du Golfe et la Turquie pour les empêcher de quitter ce circuit.

Il s’agit là de la « guerre » contre la Russie et la Chine, qui détournent une grande partie de la planète du système du dollar pour la faire entrer dans une sphère non dollarisée. Le non-respect de l’appartenance au système du dollar est sanctionné par divers outils, depuis les sanctions, le gel des avoirs et les droits de douane jusqu’au changement de régime.

Si la Fed ne protège pas le « privilège du dollar » , elle court le risque de voir tout le monde sortir du circuit. Le bloc Eurasie s’efforce de sortir du circuit du dollar, de créer une résilience économique et de commercer en dehors du circuit. Ce que la Fed essaie de faire, c’est d’arrêter cela.

La deuxième dimension de la guerre financière américaine est la longue lutte menée par les États-Unis (Yellen et Blinken, plutôt que la Fed) pour conserver le contrôle des marchés de l’énergie, et la capacité des États-Unis à fixer le prix des carburants. Les BRICS (avec la volonté des Saoudiens de les rejoindre) ont l’intention de développer un « panier » de devises et de matières premières destiné à servir de mécanisme commercial alternatif au dollar pour le commerce international.

Le groupe eurasien ne prévoit pas seulement de commercer en monnaies nationales, et non en dollars, mais il veut lier cette monnaie d’échange à des produits de base (pétrole, gaz, nourriture, matières premières) qui ont une valeur intrinsèque – qui deviennent ainsi des « monnaies » à part entière. Plus que cela, le groupe cherche à éloigner le contrôle des marchés de l’énergie des États-Unis, et à le relocaliser en Eurasie. Washington a toutefois l’intention de reprendre le contrôle (par le biais du contrôle des prix).

Et c’est là que réside un problème fondamental pour Washington : le secteur des matières premières – avec sa valeur tangible inhérente – devient, en soi, une « monnaie » très recherchée. Une monnaie qui, à cause d’une inflation galopante, surpasse la monnaie fiduciaire dévaluée. Comme le souligne Karin Kneissl, ancienne ministre autrichienne des affaires étrangères, « en 2022 seulement, la banque centrale étasunienne a imprimé plus de papier-monnaie que dans toute son histoire. L’énergie, en revanche, ne peut être imprimée » .

Cette « guerre de l’énergie » prend la forme d’une perturbation ou d’une destruction du transport – et du flux – des produits des producteurs d’énergie eurasiens vers les clients. L’UE vient de goûter à cette « guerre » particulière avec la destruction des pipelines Nordstream.

Nous en arrivons maintenant aux grandes « guerres » : tout d’abord, la guerre pour forcer la Fed à pivoter – à pivoter vers les taux d’intérêt zéro et l’assouplissement quantitatif.

La révolution sociale aux États-Unis, qui a vu une élite métropolitaine radicalisée considérer la diversité, le climat et la justice raciale comme des idéaux utopiques, a trouvé sa « cible » facile dans une UE déjà à la recherche d’un « système de valeurs » pour combler son propre « déficit démocratique » .

La bourgeoisie européenne a donc sauté avec alacrité dans le « train » libéral américain. S’appuyant sur les politiques identitaires de ces derniers, ainsi que sur le « messianisme » du Club de Rome en matière de désindustrialisation, la fusion semblait offrir un ensemble impérial idéal de « valeurs » pour combler les lacunes de l’UE.

Seulement … seulement, les Républicains pro-guerre américains, ainsi que les néo-conservateurs Démocrates pro-guerre, avaient déjà grimpé dans « ce train » . Les forces culturelles-idéologiques mobilisées convenaient parfaitement à leur projet interventionniste : « Notre premier objectif est d’empêcher la réémergence d’un nouveau rival » (doctrine Wolfowitz) – la Russie d’abord, la Chine ensuite.

En quoi cela a-t-il à voir avec la guerre contre la Fed ? Cela a beaucoup à voir. Ces courants s’engagent à imprimer et à dépenser GROS, sinon ils verront leurs projets s’effondrer. Le Reset nécessite l’impression. Le Green nécessite l’impression. Le soutien au « Camelot » ukrainien nécessite l’impression. Le complexe militaro-industriel en a également besoin.

Les libéraux américains woke et les écolos européens woke ont besoin que le robinet de l’argent soit complètement ouvert. Ils ont besoin d’imprimer de l’argent à outrance. Ils doivent donc faire chanter la Fed pour qu’elle n’augmente pas les taux, mais qu’elle revienne à l’ère du taux zéro, afin que l’argent reste à coût zéro et circule librement (et au diable l’inflation).

La CNUCED, qui supplie toutes les banques centrales d’arrêter de relever les taux pour éviter une récession, est l’un des fronts de cette guerre ; la poursuite de la guerre en Ukraine, avec l’énorme déficit financier qui en découle, est un autre moyen de forcer la Fed à « pivoter » . Et forcer la Banque d’Angleterre à « pivoter » vers le QE en est encore un autre.

Pourtant, jusqu’à présent, Jerome Powell résiste.

Il y a aussi l’autre « guerre » (en grande partie invisible) qui reflète la conviction de certains courants conservateurs américains que l’après-2008 a été un désastre, mettant le système économique américain en danger.

Oui, ceux qui soutiennent Powell sont certainement préoccupés par l’inflation (et comprennent aussi que les hausses de taux d’intérêt ont été faite en retard par rapport à l’inflation galopante), mais ils sont encore plus préoccupés par le « risque sociétal » , c’est-à-dire le glissement vers la guerre civile en Amérique.

La Fed pourrait continuer à relever les taux pendant un certain temps – même au prix d’un certain effondrement des marchés, des fonds spéculatifs et des petites entreprises. Powell a le soutien de certaines grandes banques new-yorkaises qui voient avec beaucoup de clarté ce qui les attend avec le modèle libéral et woke : la fin de leur activité bancaire lorsque les renflouements deviendront numériques et seront versés directement sur les comptes bancaires des demandeurs (comme l’a proposé le gouverneur Lael Brainard).

Powell ne dit pas grand-chose (il est probable qu’il se tienne à l’écart de la politique américaine partisane durant cette période délicate).

Cependant, la Fed pourrait tenter de mettre en œuvre une démolition contrôlée de la bulle économique américaine, dans le but précis de ramener l’Amérique sur des rails financiers plus traditionnels. Pour briser la « culture des actifs à effet de levier » … Vous commencez à résoudre l’énorme fossé d’inégalité sociétale que la Fed a contribué à créer, par le biais de l’assouplissement quantitatif facilitant les bulles d’actifs géantes … Vous commencez à rajeunir l’économie américaine en mettant fin aux distorsions. Vous dissipez l’envie de guerre civile parce que le problème n’est plus seulement entre les « nantis » et les « démunis » .

Cette vision est peut-être un peu utopique, mais elle permet de briser la « bulle du tout » , de briser la culture de l’effet de levier et de mettre fin à la confrontation extrême entre les bénéficiaires de la bulle et la baisse des salaires réels aux États-Unis pendant 18 mois consécutifs.

Mais … mais cela n’est possible que si rien de systémique ne se brise.

Quelles sont les implications géostratégiques ? De toute évidence, beaucoup de choses dépendent du résultat de l’élection américaine de mi-mandat. Il semble d’ores et déjà (en fonction des résultats précis des candidats du GOP) que le financement de la guerre en Ukraine sera réduit. L’ampleur de cette réduction dépendra de la marge de succès obtenue par les « populistes » du GOP.

Il n’est pas plausible que l’UE, confrontée à sa propre crise dévastatrice, continue à financer Kiev comme avant.

Mais l’importance de la lutte pour replacer les États-Unis dans le paradigme économique des années 1980 suggère que l’Occident va frôler une rupture systémique au cours des prochaines semaines.

Les euro-élites sont trop lourdement investies dans leur voie actuelle pour changer de narratif dans un avenir proche. Ils continueront donc à blâmer et à dénigrer la Russie – ils n’ont guère le choix s’ils veulent éviter la colère populaire. Et il y a trop peu de signes indiquant qu’ils ont mentalement assimilé le désastre que leurs erreurs ont provoqué.

Et en ce qui concerne Bruxelles, le mécanisme de rotation des dirigeants de l’UE est largement absent. L’Union n’a jamais été équipée d’une marche arrière – un besoin que l’on pensait inimaginable à l’époque.

La question reste donc : « quelle sera la situation en Europe en janvier-février ? ».

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Résister au rideau de fer numérique qui s’abat sur l’Europe !

Par : Volti
Par Cédric d’Ajaccio, pour FranceSoir TRIBUNE –  Le rideau de fer numérique qui tombe sur les peuples européens présente de multiples facettes. Et, c’est toujours « pour leur plus grand bien », et sous prétexte de sécurité, dont « l’esclavage est le comble » (selon une remarquable formule qui a échappé à Jacques Attali, commentant dans l’émission Apostrophes la sortie de son ouvrage « L’ordre cannibale »), que la […]

Le 4ème Empire sera-t-il américain?

La logique d'Empire des USA fonde la guerre en cours face à la Russie, et celle à venir face à la Chine. L'Europe, trahie par ses élites, est supposée applaudir.

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Vers la “sri lankalisation” de l’Occident ?

Le covid qui se fout des vaccins, la Russie qui ridiculise l'OTAN, des sanctions qui se retournent contre les sanctionneurs, en route vers la sri lankalisation de l'Occident.

Pierrick Tillet
Vers la “sri lankalisation” de l’Occident ?
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Nous sommes au bord d'un suicide économique lié aux mesures prises à l'encontre de la Russie. Comment en est-on arrivé là, et à qui cela profite-t-il?

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