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Aujourd’hui — 1 octobre 2022Vos flux RSS

Qui profite du terrorisme des pipelines ?

par Pepe Escobar. Les discussions secrètes entre la Russie et l'Allemagne pour résoudre leurs problèmes de Nord Stream 1 et 2 devaient être évitées à tout prix. La guerre des couloirs économiques est entrée dans un territoire incandescent et inexploré : Le terrorisme des pipelines. La guerre, menée par les straussiens installés dans l'État profond - néocons et néolibéraux - ne s'arrêtera pas. C'est une guerre contre la Russie, la Chine, l'Allemagne et d'autres puissances eurasiennes. L'Allemagne vient d'être abattue. La Chine observe actuellement, attentivement. Et la Russie - nucléaire et hypersonique - ne se laissera pas intimider.

La longue habitude des puissances impériales de se porter « garantes » de ce qu’elles vont détruire

par Hassan Hamadé. Aujourd’hui Kiev accuse la Russie de trahison, ce que les faits infirment. Au contraire, ce sont le Royaume-Uni et les États-Unis qui, renouant avec une vieille habitude impériale, ont organisé la guerre actuelle afin de précipiter non seulement la Russie, mais aussi l’Allemagne, dans un conflit destructeur.

L’endommagement sans précédent des deux gazoducs Nord Stream et Nord Stream 2 est un acte de guerre contre l’Europe

par Daniele Dell'orco. Au moment où ils en auraient le plus besoin, les citoyens européens voient la ressource vitale, dont ils ne disposent hélas pas eux-mêmes, partir en fumée dans une de leurs propres mers intérieures, car elle se déverse hors des infrastructures que leurs gouvernements ont contribué à construire.

La Russie dispose de données sur l’implication occidentale dans le sabotage des Nord Stream

Au lendemain du lancement d’une enquête pour « acte de terrorisme » sur les explosions des Nord Stream, la Russie a déclaré disposer de données sur l’implication occidentale dans l’incident. « Nous disposons déjà de certains dossiers pointant une piste occidentale [dans les explosions] », a fait savoir auprès des journalistes le directeur du Service des renseignements extérieurs Sergueï Narychkine. « À mon avis, l’Occident fait tout pour cacher les véritables organisateurs et auteurs de cet acte terroriste international ».

Vladimir Poutine au Kremlin : Conférence de presse de 2014

« Si nous partons du fait qu’à peu près 25% de nos problèmes économiques actuels sont causés par les sanctions occidentales, nous devons comprendre cela et décider si nous voulons nous maintenir et combattre, et se faisant nous améliorons notre structure économique en utilisant les sanctions comme tremplin »

Nord Stream, Ukraine, Brésil

Nous nous sommes trompés d’ennemi. L’ennemi de la France et de l’UE, ce n’est pas la Russie. Elle ne demandait qu’à continuer à travailler en bonne entente. L’ennemi, ce sont les États-Unis, qui sont dans le pur rapport de forces.

Base russe au Soudan : L’ambassadeur US menace Khartoum de « conséquences »

L’ambassadeur des États-Unis a déclaré que le déploiement envisagé d’une base militaire russe dans le pays isolerait le Soudan de la communauté internationale. « Tous les pays ont le droit souverain de décider avec quels autres pays coopérer, mais ces choix ont bien sûr des conséquences », a indiqué M.Godfrey.
Hier — 30 septembre 2022Vos flux RSS

Omerta dans la guerre des gangsters

par Diana Johnstone. Les guerres impérialistes sont menées pour conquérir des terres, des peuples, des territoires. Les guerres de gangsters sont menées pour éliminer les concurrents. Dans les guerres de gangsters, on lance un avertissement obscur, puis on casse les vitres ou on brûle l’endroit. Par une étrange coïncidence, il se trouve que Joe Biden ressemble à un chef de la mafia, qu’il parle comme un chef de la mafia et qu’il arbore un demi-sourire de travers comme un chef de la mafia.

Gazoducs : L’Occident et les droits de l’Homme-grenouille

par Régis de Castelnau. Si l’on comprend bien, il s’est trouvé un État pour monter une opération sophistiquée nécessitant précisément des moyens étatiques. Opération sophistiquée, qui va probablement rendre inopérant deux installations décisives pour l’avenir énergétique et industriel de l’Allemagne. Cette dernière ne devrait pas s’y tromper, c’est bien une agression majeure contre elle-même et sa population. L’absence de réaction à la hauteur de l’événement de la part de l’actuelle direction du pays et de ce point de vue assez stupéfiante. Et témoigne du niveau consternant des équipes gouvernementales composées de sociaux-démocrates pusillanimes et d’écologistes aussi incompétents qu’atlantistes furieux.

Jacques Baud : Point sur la situation ukrainienne

Jacques Baud est auteur de « Opération Z » aux éditions Max Milo, ancien colonel du renseignement stratégique suisse, partie prenante des négociations lors de la chute de l’URSS, commente l’évolution de la situation en Ukraine.

Sabotage des gazoducs Nord Stream : Un acte de guerre contre les intérêts énergétiques des Européens

Le projet mondialiste est d’atteler l’Europe au GNL américain hors de prix (voire à lancer l’exploitation du gaz de schiste en Europe), puis à construire des éoliennes partout pour produire de l’hydrogène permettant de « stocker » de l’électricité (cependant en quantité insuffisante pour tous les besoins des Européens), tout en détruisant définitivement l’industrie européenne qui fait concurrence aux oligarques américains.

Acte de guerre des États-Unis contre l’Union européenne : Le président Biden a-t-il ordonné l’attaque terroriste contre Nord Stream ?

par Prof Michel Chossudovsky. Selon la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, « les fuites » dans la mer Baltique sont dues à un « sabotage » : « Toute perturbation délibérée d’une infrastructure énergétique européenne active est inacceptable et entraînera la réaction la plus forte possible », a-t-elle averti, et elle a demandé que soit menée une enquête pour faire toute la lumière sur « les événements et leur raison ».
À partir d’avant-hierVos flux RSS

La mise au pas de l’Allemagne au lendemain des manifestations populaires pour la réouverture de NS2. Un terrible avertissement à Scholz-le-tiède

Cela n’arrive pas par hasard ou par destin. L’axe anglo-américain est le seul parti à bénéficier des récents événements. « Les États-Unis auraient averti l’Allemagne du sabotage du système Nord Stream ». Il est facile de prévoir de tels événements lorsque c’est vous qui avez l’intention de les provoquer.

L’Allemagne et l’UE ont reçu une déclaration de guerre

par Pepe Escobar. Le sabotage des gazoducs Nord Stream a propulsé de manière inquiétante le « capitalisme du désastre » à un tout nouveau niveau toxique. Il est désormais évident que les gants de velours impériaux sont retirés en ce qui concerne les vassaux. Indépendance de l'UE : verboten. Coopération avec la Chine : verboten. Connectivité commerciale indépendante avec l'Asie : verboten. La seule place pour l'UE est d'être économiquement assujettie aux États-Unis : un remix sordide des années 1945-1955. Avec une tournure néolibérale perverse : nous posséderons votre capacité industrielle, et vous n'aurez rien.

Le gouvernement US ordonne à ses ressortissants de quitter immédiatement la Russie

L’ambassade des États-Unis à Moscou a envoyé un message à chaque citoyen US présent en Russie lui demandant de quitter immédiatement le pays. Les services secrets US viennent de détruire les gazoducs russo-allemands Nord Stream et Nord Stream 2 en mer Baltique ce qui constitue un acte de guerre.

Plusieurs navires de l’US Navy étaient près des lieux des attentats

Grâce aux sites Internet qui tracent 24/24 les mouvements de tous les navires, on découvre que plusieurs bâtiments de la flotte étaient présents sur zone depuis plusieurs jours. Ils viennent de plier bagage !

L’histoire nous apprend que les Américains, sous Reagan, ont déjà saboté les gazoducs

Jacques Baud nous apprend que le président Reagan avait signé un décret qui autorisait le sabotage des gazoducs entre la Russie et l’Europe. Si on prend en compte les menaces de Joe Biden concernant le gazoduc Nord Stream 2, on comprend rapidement qui est derrière les 2 explosions de ces derniers jours. D’ailleurs, accuser les Russes des fuites dans ce gazoduc majeur qui va plonger l’Europe dans le froid hivernal relève de la bêtise crasse car ils possèdent le robinet et pourraient fermer ce dernier sans aucune difficulté en faisant du chantage énergétique à l’Europe.

Le doute n’est plus permis : Les gazoducs de Nord Stream ont été sabotés

Un jour après la destruction des deux tronçons du gazoduc Nord Stream en mer Baltique, le gouvernement fédéral allemand pense lui aussi qu'il s'agit d'un attentat. Le ministre allemand de l'Économie, M. Habeck (Verts), a déclaré mardi lors d'un événement organisé par les principales associations économiques que l'on sait désormais avec certitude que les dommages causés au pipeline « ne sont pas dus à des incidents ou événements naturels ou à la fatigue des matériaux, mais qu'il y a vraiment eu des attaques contre l'infrastructure ».

Détruire le gazoduc Nord Stream et « Fuck the EU ! »

par Dimitris Konstantakopoulos. Ce que le sabotage des deux pipelines accomplit, c'est qu'il prive d'une part la Russie de son « arme » et que, d'autre part, il lie l'Allemagne et, d'une manière plus générale, l'Europe, à la politique belliciste de l'OTAN qui continue son action contre la Russie. Cela prouve ainsi, une fois de plus, que nous n'avons pas seulement affaire à une guerre contre la Russie, mais, aussi, à une guerre indirecte contre l'Europe lancée par « l'Empire ».

Bonnal & le suicide européen

par Nicolas Bonnal. « Le monde multipolaire ça fait plaisir à certains d’en parler, la réalité de terrain est beaucoup plus dure pour tout le monde, avec le catalogue des horreurs médicales, technocratiques, informatiques, militaristes et télévisuels qui sont imposées à tous ces pays ».

11 septembre 2001 : La théorie du « complot piraté »

Par : faraway109
par Laurent Guyénot. L'attaque du Pentagone semble avoir été planifiée à Washington, celles du WTC étaient planifiées à Tel-Aviv et à New York. L’attaque du Pentagone était un inside job mais celle sur les Twin Towers était un Israeli job.

Les guerres américaines deviennent un sujet de discorde

Par : Zineb

Avant que Poutine ne relâche la pression sur les nations de l’UE, il est encore probable qu’il insiste pour que l’influence américaine cesse en Europe occidentale.


Par Alastair Crooke – Le 30 août 2022 – Source Strategic Culture

Nous sommes au mois d’août, le jour de l’indépendance de l’Ukraine et l’anniversaire, également, du désastreux retrait de Biden de Kaboul. Washington ne sait que trop bien que ces images douloureuses (des Afghans s’accrochant au train d’atterrissage d’avions Hercules) sont sur le point d’être rejouées, à l’approche des élections de novembre.

Car les événements en Ukraine se présentent mal pour Washington alors que le rouleau compresseur lent et calibré des tirs d’artillerie russes déchiquette l’armée ukrainienne. L’Ukraine a été notablement incapable de renforcer les positions assiégées, ou de contre-attaquer [article de fin Août, NdSF] et de tenir les territoires reconquis. L’Ukraine a utilisé des HIMARS, de l’artillerie et des drones pour frapper certains dépôts de munitions russes, mais il s’agit pour l’instant d’incidents isolés, qui sont davantage des « jeux » médiatiques que des changements dans l’équilibre stratégique de la guerre.

Alors, changeons le « récit » : au cours de la semaine dernière, le Washington Post s’est employé à élaborer un nouveau récit. En gros, le changement est assez simple : les services de renseignement américains se sont peut-être trompés de manière désastreuse par le passé, mais ils ont « visé juste » cette fois-ci. Ils ont averti du projet d’invasion de Poutine. Ils connaissaient les plans détaillés des militaires russes.

Premier changement : l’équipe Biden a averti Zelensky plusieurs fois, mais il a obstinément refusé d’écouter. En conséquence, lorsque l’invasion a pris Zelensky par surprise, les Ukrainiens dans leur ensemble étaient désespérément mal préparés. Message : « C’est la faute de Zelensky » .

Ne parlons pas de l’omission flagrante, dans ce récit, des huit années de préparation par l’OTAN d’une méga attaque sur le Donbass, qui ne pouvait qu’entraîner une riposte russe. Pas besoin d’une boule de cristal pour le savoir. Les structures militaires russes se trouvaient depuis des mois à quelque 70 km de la frontière ukrainienne.

Deuxième changement : l’armée ukrainienne « prend un nouveau tournant » , grâce aux armes occidentales. Vraiment ? Message : aucune répétition de la débâcle de Kaboul, d’un effondrement à Kiev ne peuvent être tolérés avant les élections de mi-mandat. Donc, répétez après moi : « L’Ukraine prend un nouveau tournant » ; tenez bon, gardez le cap.

Troisième changement (d’après un éditorial du Financial Times) : l’économie de la Russie s’est avérée plus solide que prévu, mais les sanctions économiques « n’ont jamais été susceptibles de faire s’effondrer son économie » . En fait, les responsables américains et les services de renseignement américains et britanniques avaient précisément prédit qu’un effondrement financier et institutionnel de la Russie, à la suite des sanctions, déclencherait des troubles économiques et politiques à Moscou d’une telle ampleur que l’emprise de Poutine sur le pouvoir pourrait se relâcher, et qu’un Moscou déchiré par la crise politique et financière serait incapable de poursuivre efficacement une guerre dans le Donbass – Kiev l’emporterait donc.

C’est cette « ligne » qui a persuadé la classe politique européenne de tout miser sur les sanctions. Le ministre français des finances, Bruno Le Maire, a déclaré « une guerre économique et financière totale » contre la Russie, afin de provoquer son effondrement.

Quatrième changement (encore le FT) : les Européens ne se sont pas suffisamment préparés à la hausse conséquente des prix de l’énergie. Ils doivent donc persévérer davantage dans la réduction des revenus de la Russie, en « poursuivant l’ajustement » à l’embargo pétrolier à venir. Message : L’UE a dû mal comprendre. Les sanctions n’ont « jamais été susceptibles » de faire s’effondrer l’économie russe. Ils n’ont pas non plus préparé les gens à la hausse des prix de l’énergie à long terme ; c’est leur faute.

Si ce changement de discours peut être compréhensible du point de vue des intérêts américains, il constitue une « douche froide » pour l’Europe.

Helen Thompson, professeur d’économie politique à l’université de Cambridge, écrit dans le FT :

En Europe, les gouvernements veulent alléger la pression qui pèse sur les ménages… [tout en laissant] la peur de l’hiver à venir faire baisser la demande. Fiscalement, cela signifie un financement public pour réduire la hausse des factures d’énergie … Ce qui n’est disponible nulle part, c’est un moyen rapide d’augmenter l’offre physique d’énergie [c’est nous qui soulignons].

 

Cette crise n’est pas une conséquence fortuite de la pandémie ou de la guerre brutale de la Russie contre l’Ukraine. Elle a des racines beaucoup plus profondes dans deux problèmes structurels. Premièrement, aussi désagréable que soit cette réalité pour des motifs climatiques et écologiques, la croissance économique mondiale nécessite toujours la production de combustibles fossiles. Sans davantage d’investissements et d’explorations, il est peu probable que l’offre soit suffisante à moyen terme pour répondre à la demande. La crise actuelle du gaz trouve son origine dans l’explosion de la consommation de gaz provoquée par la Chine en 2021. La demande a augmenté si rapidement que le gaz n’a pu être acheté qu’à des prix très élevés en Europe et en Asie.

 

Entre-temps, le répit dans la hausse des prix du pétrole cette année ne s’est matérialisé que lorsque les données économiques de la Chine n’étaient pas favorables. Selon l’Agence internationale de l’énergie, il est tout à fait possible que la production mondiale de pétrole soit insuffisante pour répondre à la demande dès l’année prochaine. Pendant une grande partie des années 2010, l’économie mondiale s’en est sortie grâce au boom du pétrole de schiste… Mais le schiste américain ne peut plus se développer au même rythme : la production américaine globale est encore inférieure de plus d’un million de barils par jour à ce qu’elle était en 2019. Même dans le Permien, la production quotidienne par puits est en baisse. Un plus grand nombre de forages offshore, du type de ceux ouverts dans le Golfe du Mexique et en Alaska par la loi sur la réduction de l’inflation, nécessitera des prix plus élevés, ou des investisseurs prêts à déverser des capitaux quelles que soient les perspectives de profit. Les meilleures perspectives géologiques pour un changement de jeu semblable à ce qui s’est passé dans les années 2010 résident dans l’énorme formation de pétrole de schiste de Bazhenov en Sibérie. Mais les sanctions occidentales signifient que la perspective que les majors pétrolières occidentales aident la Russie sur le plan technologique est une impasse géopolitique. Deuxièmement, il n’y a pas grand-chose à faire pour accélérer immédiatement la transition vers l’abandon des combustibles fossiles… Pour faire fonctionner les réseaux électriques sur la base de charges solaires et éoliennes, il faudra réaliser des percées technologiques en matière de stockage. Il est impossible de prévoir avec certitude quels progrès auront été réalisés dans 10 ans, et encore moins l’année prochaine.

Le message géostratégique qui en découle est clair comme de l’eau de roche : il s’agit d’un avertissement brutal selon lequel les intérêts de l’UE ne correspondent pas à ceux des États-Unis, déterminés à traverser les prochains mois jusqu’aux élections de mi-mandat, avec des sanctions renforcées imposées à la Russie par l’Europe (les « sanctions technologiques finiront par avoir raison de l’économie russe »), et avec l’Europe qui continue à « tenir bon » avec son soutien militaire et financier à Kiev.

Comme le fait remarquer le professeur Thomson, « une bonne compréhension des réalités géopolitiques est également essentielle…Les gouvernements occidentaux doivent soit s’exposer à une misère économique d’une ampleur qui mettrait à l’épreuve le tissu politique démocratique de n’importe quel pays, soit faire face au fait que l’approvisionnement énergétique limite les moyens de défense de l’Ukraine. » En d’autres termes, il s’agit soit de sauver la peau de la classe politique européenne en revenant au gaz russe bon marché, soit de rester aligné sur Washington et d’exposer ses électeurs à la misère – et ses dirigeants à un jugement politique qui se dessine déjà.

La Russie est donc en mesure de jouer ses « cartes maîtresses » : ainsi, tout comme les États-Unis ont joué à fond de leur domination militaire et du dollar dans les années qui ont suivi l’implosion de l’Union soviétique, afin d’attirer une grande partie du monde dans leur sphère fondée sur des règles, la Russie et la Chine offrent aujourd’hui au Sud global, à l’Afrique et à l’Asie une libération de ces « Règles » occidentales. Elles encouragent le « reste du monde » à affirmer son autonomie et son indépendance par le biais des BRICS et de la Communauté économique eurasienne.

La Russie, en partenariat avec la Chine, est en train d’établir des relations politiques étendues à travers l’Asie, l’Afrique et le Sud global, sur la base de son rôle dominant de fournisseur de combustibles fossiles et d’une grande partie de la nourriture et des matières premières du monde. Pour accroître encore son influence sur les sources d’énergie dont dépendent les belligérants occidentaux, la Russie est en train de mettre en place une « OPEP » du gaz avec l’Iran et le Qatar, et a également fait des ouvertures accueillantes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis pour qu’ils s’associent afin de renforcer le contrôle de toutes les matières premières énergétiques essentielles.

En outre, ces grands producteurs s’associent aux grands consommateurs d’énergie pour arracher les marchés des métaux précieux et des matières premières aux mains de Londres et des États-Unis, afin de mettre un terme à la manipulation occidentale des prix des matières premières, par le biais des marchés dérivés.

L’argument avancé par les responsables russes aux autres États est à la fois extrêmement séduisant et simple : l’Occident a tourné le dos aux combustibles fossiles et prévoit de les éliminer complètement, d’ici une dizaine d’années. Le message est le suivant : vous n’êtes pas obligés de vous joindre à cette « politique du sacrifice » masochiste. Vous pouvez avoir du pétrole et du gaz naturel et à un prix inférieur à celui que l’Europe doit payer, ce qui contribuera à l’avantage concurrentiel de vos industries.

Le « Golden Billion » a profité des avantages de la modernité, et maintenant ils veulent que vous renonciez à tout cela, et que vous exposiez vos électeurs aux difficultés extrêmes d’un programme vert radical. On peut toutefois soutenir que le monde des non-alignés a besoin au moins des bases de la modernité. Les rigueurs de l’idéologie verte occidentale ne peuvent cependant pas être imposées au reste du monde contre sa volonté.

Cet argument convaincant représente la voie à suivre par la Russie et la Chine pour faire basculer une grande partie du globe dans leur camp.

Certains États, tout en reconnaissant la nécessité de lutter contre le changement climatique, verront dans le régime ESG (Environnement, Social et Gouvernance) les prémices d’un nouveau colonialisme financier occidental, avec des financements et des crédits réservés à ceux qui se conforment pleinement au projet vert géré par l’Occident. En bref, ils soupçonnent un nouveau gâchis, qui enrichit principalement les intérêts financiers occidentaux.

La Russie dit simplement : « Cela ne devrait pas être comme ça » . Oui, le climat doit être pris en considération, mais les combustibles fossiles font l’objet d’un manque aigu d’investissements, en partie pour des raisons idéologiques vertes, plutôt que parce que ces ressources s’épuisent, à proprement parler. Et, aussi désagréable que cela puisse être pour certains, le fait est que la croissance économique mondiale nécessite toujours la production de combustibles fossiles. Sans davantage d’investissements et d’exploration, il est peu probable que l’offre soit suffisante à moyen terme pour répondre à la demande probable. Ce qui n’est disponible nulle part, c’est un moyen rapide d’augmenter l’offre d’énergie physique alternative.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? La Russie a lancé une grande offensive en Ukraine. Et l’Europe espère peut-être pouvoir s’éclipser de son imbroglio ukrainien sans se faire remarquer, sans avoir l’air de rompre ouvertement avec Biden, alors que Kiev implose progressivement. Vous le voyez déjà. Combien de gros titres sur l’Ukraine en Europe ? Combien de nouvelles sur les réseaux ? « L’Europe peut se contenter de se taire et de se retirer de la débâcle » , suggère-t-on.

Mais c’est là que le bât blesse : avant de relâcher la pression sur les nations de l’UE, Poutine insistera probablement sur le retrait de l’influence américaine en Europe occidentale ou, à tout le moins, demandera que l’Europe commence à agir de manière totalement autonome dans son propre intérêt.

Il ne fait aucun doute que c’est ce que Poutine avait à l’esprit lorsqu’il a lancé l’« opération militaire spéciale » en Ukraine. Il a dû anticiper la réaction de l’OTAN en imposant ses sanctions à la Russie dont cette dernière a largement profité (de manière très inattendue pour l’Occident). C’est l’UE qui a été durement écrasée, avec une pression que Poutine peut intensifier à volonté.

Le drame se joue toujours. Poutine a besoin de maintenir une certaine pression sur l’Ukraine. Il n’est probablement pas prêt à faire de compromis. L’hiver dans l’UE sera encore plus difficile, les pénuries d’énergie et de nourriture risquant de provoquer des troubles sociaux. Poutine ne s’arrêtera que lorsque les Européens auront suffisamment souffert pour adopter une autre stratégie et rompre avec les États-Unis et l’OTAN.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Sabotage de Nord Stream 1 et 2 : « Thank you USA »

Les gazoducs Nord Stream 1 et 2 ont-ils fait l’objet d’un sabotage ? La question ne semble plus faire de doute ce mardi soir. La Première ministre danoise Mette Frederiksen a évoqué des « actes délibérés » : « On ne parle pas d’un accident », a-t-elle ajouté sans toutefois désigner un suspect. Pour Copenhague, les trous par lequel s’échappe le gaz sont « trop gros » pour être de cause accidentelle ; ces derniers auraient été provoqués « par des détonations », a expliqué le ministre de l’Énergie Dan Jørgensen. Les fuites devraient durer « au moins une semaine », selon Copenhague.

L’Europe va-t-elle rompre avec les États-Unis ?

par Larry Johnson. L’âge du Colosse des États-Unis touche à sa fin. L’Oncle Sam n’aura plus de meute de Yorkshires, Caniches et Teckels européens qui jappent en laisse. Je pense que nous sommes au seuil d’un nouvel ordre international multipolaire qui brisera enfin l’héritage du colonialisme européen et de l’impérialisme américain. Comme Garland Nixon l’a sagement noté, « le Général Hiver est en marche ».

La guerre froide de 100 ans

Ce conflit, provoqué par les prétentions impériales du capitalisme étasunien, doit être remis dans la perspective de lutte mondialisée des classes, et ses épisodes militaires, pour comprendre pourquoi et comment cette classe dominante et ses agents les plus zélés s'appliquent encore à produire une rhétorique de légitimation de cette « juste cause ».

Réactions chinoises à la Russie et à la réunion de l’ONU dominée par l’Occident

par Markku Siira. La Chine, l'Iran, l'Inde et d'autres pays savent pertinemment que si la Russie tombe, ils seront les prochaines cibles en tant que « puissances montantes » pour un centre de pouvoir atlantiste qui ne tolère pas la multipolarité.

Ukraine : Le but du jeu

par Patrick Reymond. Problème occidental, on veut faire la guerre, mais si on fait semblant d'avoir des armées, on ne peut pas faire semblant d'avoir des usines. Or, les usines, notamment d'armements, ont été transformées en lofts, ateliers d'artistes et autre branlecouilleries comme aurait dit je sais pas qui...

Iran : « Aucune indulgence » vis-à-vis des fauteurs de troubles, avertissent les autorités

Les autorités nient toute implication dans la mort par crise cardiaque de Mahsa Amini, 22 ans et originaire de la région du Kurdistan (nord-ouest). Dimanche, le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian a de nouveau mis en cause les États-Unis, ennemi juré de Téhéran, accusant Washington « de s’ingérer dans les affaires iraniennes (…) et de soutenir les émeutiers de manière provocative ».

La Grèce déploie des véhicules blindés vers les îles démilitarisées en mer Égée

Des drones de l'armée turque ont filmé des navires de débarquement grecs transportant des véhicules militaires fournis par les États-Unis à des îles à statut non militaire. Les actes d'Athènes et l'esprit d'alliance malgré les appels aux relations de bon voisinage sont « inacceptables », ont déclaré des sources de sécurité de la Türkiye.

Les États-Unis, un pays « en voie de développement »

Le Bureau des Nations unies pour le développement durable a rapporté que les États-Unis ne sont plus un pays développé, mais un pays en voie de développement. L’indice de développement humain (IDH) publié en juillet 2022 montre que les États-Unis reculent dans les statistiques mondiales.

À propos de l’Ukraine

Une vidéo très pédagogique sur les véritables effets des sanctions occidentales contre la Russie. Elles témoignent de l'inexpérience, voire de la bêtise de ceux qui dirigent la manœuvre du camp occidental et surtout celle de l'UE. Comment les sanctions enrichissent la Russie ! ... Et d’autres profiteurs.

Selon Joe Biden : « La pandémie est terminée », 57 676 nouveaux cas aux États-Unis au cours des dernières 24 heures

La déstabilisation de la structure sociale, politique et économique de 190 pays souverains a été présentée comme la "solution" pour combattre le virus mortel. La fausse science soutenait ce programme dévastateur. Et maintenant, nous avons atteint un nouveau point culminant : Le président Biden a déclaré sans ambages que la pandémie était terminée.

La CIA, la plaie ouverte des Etats-Unis

Par : Wayan

Par Edward Snowden – Le 20 Septembre 2022

Cela ne fait à peine un mois que le président Biden est monté sur les marches de l’Independence Hall de Philadelphie, déclarant qu’il était de son devoir de s’assurer que chacun d’entre nous comprenne que la faction centrale de son opposition politique est constituée d’extrémistes qui « menacent les fondements mêmes de notre République« . Flanqué des icônes en uniforme de son armée et debout sur une scène à la Leni Riefenstahl, le leader a serré les poings pour illustrer le fait de protéger l’avenir des forces de « la peur, de la division et des ténèbres« . Les mots tombant du téléprompteur étaient riches du langage de la violence, une « dague à la gorge » émergeant de « l’ombre des mensonges« .

« Ce qui se passe dans notre pays« , a déclaré le président, « n’est pas normal« .

A-t-il tort de penser cela ? La question que le discours entendait soulever – celle qui s’est perdue dans cet apparat involontairement crapuleux – est de savoir si et comment nous allons continuer à être une démocratie et une nation guidé par des lois. Malgré toutes les discussions sur Twitter concernant les propositions de Biden, ses prémisses n’ont guère été prises en compte.

La démocratie et l’État de droit ont été si souvent invoqués comme faisant partie de l’image de marque de la politique américaine que nous considérons tout simplement comme acquis le fait de bénéficier des deux.

Avons-nous raison de penser cela ?

Notre brillante nation faite de droits célèbre cette année deux anniversaires : le 70e anniversaire de la National Security Agency, sur laquelle je me suis déjà exprimé, et le 75e anniversaire de la Central Intelligence Agency.

La CIA a été fondée dans le sillage de la loi de 1947 sur la sécurité nationale. Cette loi prévoyait qu’il n’était pas nécessaire que les tribunaux et le Congrès supervisent une simple installation d’agrégation d’informations, et la subordonnait donc exclusivement au président, par le biais du Conseil national de sécurité qu’il contrôle.

En l’espace d’un an, la jeune agence avait déjà échappé aux limites de son rôle prévu, la simple collecte et analyse de renseignements, pour créer une division d’opérations secrètes. En l’espace d’une décennie, la CIA dirigeait la couverture des médias américains, renversait des gouvernements démocratiquement élus (parfois simplement au profit d’une entreprise favorite), mettait en place des équipes de propagande pour manipuler l’opinion publique, lançait une longue série d’expériences de contrôle mental sur des sujets humains involontaires (contribuant à la création d’Unabomber) et, hélas, s’immisçait dans des élections étrangères. De là, il n’y avait qu’un pas à franchir pour mettre des journalistes sur écoute et constituer des dossiers sur les Américains qui s’opposaient à ses guerres.

En 1963, l’ancien président Harry Truman avouait déjà que l’agence dont il avait personnellement signé la loi s’était transformée en quelque chose de tout à fait différent de ce qu’il avait prévu :

« Depuis quelque temps, je suis troublé par la manière dont la CIA a été détournée de sa mission initiale. Elle est devenue un bras opérationnel et parfois un bras politique du gouvernement. Cela a entraîné des problèmes… »

Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, se consolent en imaginant que l’Agence a été réformée et que ces abus sont des reliques d’un passé lointain, mais les quelques réformes que notre démocratie a obtenues ont été édulcorées ou compromises. Le rôle limité de « surveillance » qui a finalement été concédé au Congrès afin d’apaiser le public n’a jamais été pris au sérieux, ni par la majorité de la commission – qui préfère les applaudissements aux enquêtes – ni par l’Agence elle-même, qui continue de dissimuler des opérations politiquement sensibles au groupe le plus susceptible de les exposer.

« Le Congrès aurait dû être informé« , a déclaré [la sénatrice] Dianne Feinstein. « Nous aurions dû être informés avant le début de ce genre de programme sensible. Le directeur Panetta… a été informé que le vice-président avait ordonné que le programme ne soit pas expliqué au Congrès. »

Comment pouvons-nous juger de l’efficacité finale de la surveillance et des réformes ? Eh bien, la CIA a comploté l’assassinat de mon ami, le dénonciateur américain Daniel Ellsberg, en 1972, et pourtant près de cinquante ans de « réformes » n’ont guère empêché la CIA d’esquisser récemment un autre meurtre politique visant Julian Assange. Si l’on met cela en perspective, vous possédez probablement des chaussures plus vieilles que le dernier complot de la CIA pour assassiner un dissident… ou plutôt le plus récent complot dont nous ayons connaissance.

Si vous pensez que le cas Assange est une anomalie historique, une aberration propre à la Maison-Blanche de Trump, rappelez-vous que les meurtres de la CIA se sont succédé au fil des administrations. Obama a ordonné l’assassinat d’un Américain loin de tout champ de bataille, et a tué son fils américain de 16 ans quelques semaines plus tard, mais la fille américaine de cet homme était toujours en vie au moment du départ d’Obama.

Moins d’un mois après son entrée à la Maison Blanche, Trump l’a tuée.

Elle avait 8 ans.

Nawar al-Awlaki

Cela va au-delà des assassinats. De mémoire récente, la CIA a capturé Gul Rahman, dont nous savons qu’il n’appartenait pas à Al-Qaida, mais qui semble avoir sauvé la vie du futur président afghan (pro-US). Rahman a été placé dans ce que l’Agence a décrit comme un « donjon » et torturé jusqu’à sa mort.

Ils l’ont déshabillé, à l’exception d’une couche qu’il ne pouvait pas changer, dans un froid si intense que ses gardes, dans leurs vêtements chauds, ont fait fonctionner des chauffages pour eux-mêmes. Dans l’obscurité absolue, ils ont attaché ses mains et ses pieds à un seul point du sol avec une chaîne très courte, de sorte qu’il était impossible de se lever ou de s’allonger – une pratique appelée « enchaînement court » – et après sa mort, ils ont prétendu que c’était pour sa propre sécurité. Ils admettent l’avoir battu, décrivant même les « coups de poing violents« . Ils décrivent le sang qui coulait de son nez et de sa bouche au moment de sa mort.

L’enchaînement court, tel que décrit par les survivants

Des pages plus loin, dans leur conclusion formelle, l’Agence déclare qu’il n’y a aucune preuve de coups. Il n’y avait aucune preuve de torture. La CIA attribue la responsabilité de sa mort à l’hypothermie, qu’elle lui a imputée pour le crime d’avoir refusé, lors de sa dernière nuit, un repas servi par les hommes qui l’ont tué.

La CIA a affirmé que les plaintes d’un homme qu’elle a torturé à mort – concernant la violation de ses droits fondamentaux – étaient la preuve d’un « niveau sophistiqué d’entraînement à la résistance ».

Par la suite, l’Agence a dissimulé la mort de Gul Rahman à sa famille. Aujourd’hui encore, elle refuse de révéler ce qu’il est advenu de sa dépouille, privant ceux qui lui survivent d’une sépulture, voire d’un lieu de deuil.

Dix ans après l’enquête, la dénonciation et la fin du programme de torture, personne n’a été inculpé pour son rôle dans ces crimes. L’homme responsable de la mort de Rahman a été recommandé pour une récompense en espèces de 2 500 dollars – pour « un travail constamment de qualité« .

Un autre tortionnaire a été élevé au poste de directeur.

Cet été, dans un discours prononcé à l’occasion du 75e anniversaire de la CIA, le président Biden a tenu un discours bien différent de celui qu’il avait prononcé à Philadelphie, en rappelant ce que la CIA enseigne à tous les présidents : que l’âme de l’institution réside réellement dans le fait de dire la vérité au pouvoir.

« Nous nous tournons vers vous pour vous poser les grandes questions« , a déclaré Biden, « les questions les plus difficiles. Et nous comptons sur vous pour nous donner votre meilleure évaluation, sans fard, de la situation actuelle. Et j’insiste sur « sans fard » ».

Mais ceci est en soi une sorte de ravalement de façade, un blanchiment.

Pour quelle raison aspirons-nous à maintenir – ou à atteindre – une nation régie par les lois, si ce n’est pour établir la justice ?

Disons que nous avons une démocratie, brillante et pure. Le peuple, ou dans notre cas un sous-ensemble du peuple, institue des lois raisonnables auxquelles le gouvernement et les citoyens doivent répondre. Le sentiment de justice qui naît au sein d’une telle société ne résulte pas de la simple présence de la loi, qui peut être tyrannique et capricieuse, ni même des élections, qui connaissent leurs propres problèmes, mais plutôt de la raison et de l’équité du système qui en résulte.

Que se passerait-il si nous insérions dans cette belle nation régie par les lois une entité extralégale qui n’est pas dirigée par le peuple, mais par une personne : le président ? Avons-nous protégé la sécurité de la nation, ou l’avons-nous mise en danger ?

Voici la vérité sans fard : la création d’une institution chargée de violer la loi au sein d’une nation basée sur le droit a mortellement blessé son précepte fondateur.

Depuis l’année de sa création, les présidents et leurs cadres ont régulièrement ordonné à la CIA d’outrepasser la loi pour des raisons qui ne peuvent être justifiées et qui doivent donc être dissimulées, c’est à dire classifiées. Le principal résultat du système de classification n’est pas un renforcement de la sécurité nationale, mais une diminution de la transparence. Sans transparence significative, il n’y a pas de responsabilité, et sans responsabilité, il n’y a pas d’apprentissage.

Les conséquences ont été mortelles, tant pour les Américains que pour nos victimes. Lorsque la CIA a armé les moudjahidines pour faire la guerre à l’Afghanistan soviétique, nous avons créé Oussama Ben Laden d’Al-Qaïda. Dix ans plus tard, la CIA arme, selon les mots du vice-président de l’époque, Joe Biden, « Al-Nusra, Al-Qaïda et les éléments extrémistes des jihadistes venant d’autres parties du monde« . Après que la CIA a mené une opération de désinformation pour rendre la vie dure à l’Union soviétique en alimentant une petite guerre par procuration, la guerre a fait rage pendant vingt-six ans, bien après l’effondrement de l’Union.

Croyez-vous que la CIA d’aujourd’hui – une CIA libre de toute conséquence et de toute responsabilité – n’est pas impliquée dans des activités similaires ? Ne trouvez-vous aucune présence de leurs empreintes digitales dans les événements du monde, tels qu’ils sont décrits dans les gros titres, qui soit source d’inquiétude ? Pourtant, ce sont ceux qui remettent en question la sagesse de placer une organisation paramilitaire hors de portée de nos tribunaux qui sont qualifiés de « naïfs« .

Pendant 75 ans, le peuple américain a été incapable de faire plier la CIA pour qu’elle s’adapte à la loi, et la loi a donc été pliée pour qu’elle s’adapte à la CIA. Alors que Biden se tenait sur la scène cramoisie, à l’endroit où la Déclaration d’indépendance et la Constitution ont été débattues et adoptées, ses mots ont résonné comme le cri d’une Cloche de la Liberté fêlée : « Ce qui se passe dans notre pays n’est pas normal. »

Si seulement ce n’était que cela.

Edward Snowden

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Un vent mauvais

Par : hervek

Quelque chose se prépare… tout le monde le sent…


Par James Howard Kunstler – Le 26 aout 2022 – Source kunstler.com

Fauci s’en va, mais il a laissé une petite part de lui-même dans le cœur de millions

Quelque chose d’inquiétant flotte dans la brise de fin de l’été alors que notre pays, et la société occidentale avec lui, bascule dans la saison de l’obscurité croissante. Le sentez-vous ? La mort est dans l’air, et pas dans le mode vaudeville habituel d’Halloween, avec les zombies de pelouse qui caquettent et les squelettes à chapeau haut-de-forme qui font des claquettes. Ce n’est pas une plaisanterie.

Nous n’avons jamais été aussi peu préparés à une calamité qui se déroule au vu et au su de tous, et cela parce que les gens qui dirigent les choses ont fait en sorte que cela se produise par des actes combinés de méchanceté et de stupidité. Après des décennies de simple racket, arrangeant les choses de manière à mettre en faillite quiconque tombe gravement malade, les soins de santé corporatisés président maintenant à une moisson de mort induite par la médecine, en prétendant bêtement qu’il n’y a rien à voir.

Les gens le voient maintenant et en parlent, et rien ne les empêchera de découvrir exactement ce qui s’est passé, ni d’exprimer leur colère après coup. L’architecte en chef de cette débâcle épique, le Dr Anthony Fauci, le capitaine Queeg de la santé publique américaine, a annoncé son départ de la scène « pour poursuivre le prochain chapitre de ma carrière ». Il n’a pas précisé ce que cela pourrait être. Je pense que le titre du poste est : accusé. Ce sera une étape importante dans l’histoire de l’humanité que d’assister au procès de la Science elle-même, si elle vit assez longtemps. Qu’est-ce qui attend pour prendre sa place ? Des vizirs avec des baguettes et des chapeaux pointus ? Des bourdons chevauchant des balais contre une lune froide et sans vie ? Une principauté de magie noire ? Une descente aux enfers ?

L’interruption médicale de la vie à grande échelle accompagne l’effort actuel pour provoquer le suicide de la culture et de la nation – plus de dépravation et de folie orchestrées. Les institutions sont retournées contre nous comme des lance-flammes. Le FBI pourrait bien défoncer votre porte dans sa quête de suppression de la dissidence. Les compositeurs de l’intoxication mentale officielle ne dorment jamais, s’assurant que vous ne saurez pas où se trouve le bout de quelque chose. Vos législateurs aveugles viennent de mettre 87 000 nouveaux agents du fisc à vos fesses, comme si c’était une bonne idée. Les tribunaux existent pour protéger le Parti, mais de quel parti s’agit-il ? (Quelle importance, à ce stade ? dit Hillary Clinton.) Allez vous plaindre de ces prétendus droits constitutionnels ailleurs, comme sur Twitter et Facebook, où ils peuvent être effacés dès que vous appuyez sur le bouton « poster ». Vous serez bientôt mort, de toute façon.

Nous avons entendu ad nauseam que les initiés de Washington DC, les habitants de ce demi-mythique Deep State dans la zone métropolitaine la plus riche de tout le pays, regardent de haut le reste de l’Amérique. Pourquoi cela ? Je vais vous le dire. Parce que la confédération d’escrocs de DC s’est engraissée sur votre souffrance alors qu’elle a systématiquement détruit et pillé le reste de l’Amérique, la classe moyenne en perdition. Ils vivent dans un confort fabuleux de vos bêtises et de votre ruine. Leur mépris pour vous se développe sur votre effondrement tragique comme un champignon sur un arbre tombé autrefois puissant. Ils ont prévalu dans ce monde et pas vous. Vous êtes à Palookaville, en route pour le verger d’os, et donc ils sont meilleurs que vous, ha ha ha.

Il y a un autre côté de cette vie, au cas où tout cela vous aurait démoralisé. C’est le côté où les êtres humains disent des choses qui correspondent à la réalité, où les gens pensent ce qu’ils disent et utilisent le langage comme s’il avait évolué pour décrire les choses et les actions avec une certaine exactitude – comme ceci est ceci et cela est cela… et non l’inverse ou le contraire. C’est le côté de la vie où faire semblant n’est pas la meilleure utilisation de l’intelligence humaine. Je sais, de nos jours, il est difficile d’imaginer ce côté de la vie, mais il est en fait toujours là, attendant d’être réanimé.

Le régime qui a mis notre monde sens dessus dessous dans sa quête satanique de confort et de pouvoir sera mis à nu et jugé, sinon par des juges officiels, du moins par un consensus imparable. Le public endolori fera l’inventaire de ce qui a été perdu et commencera à reconstruire un échafaudage de vie partagée qui récompense la fidélité à la façon dont les choses fonctionnent réellement. Ce sera un passage difficile pour sortir de ce qui s’apparente à une prise d’otages. Il y aura des frictions et de la chaleur. Vous ne serez pas à l’aise, mais vous serez intrépides. Vous n’aurez certainement rien et ne serez pas heureux de cela. Vous aurez, au moins, un souvenir restauré de ce que c’était que de lutter honorablement pour une vie digne d’être vécue.

Nous sommes en ce moment dans le creuset de tout cela, où tout est chauffé à blanc. Ne pliez pas et ne fondez pas. Passez au travers. Soyez des hommes et des femmes (il n’y a vraiment rien entre les deux, et ne tombez pas dans les piètres incitations à en douter). Vous êtes frères et sœurs dans une entreprise qui mérite d’être sauvée et vous avez une histoire qui mérite d’être défendue. Croyez-le.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

La « guerre financière » de la Russie et de la Chine contre l’Occident

Par : Zineb

Aujourd’hui, la Russie et la Chine proposent au Sud collectif, à l’Afrique et à l’Asie de se libérer des « règles » occidentales.


Par Alastair Crooke – Le 28 août 2022 – Source Al Mayadeen

Dans le magazine américain National Interest (une revue à tendance conservatrice), et dans un élan de candeur inhabituel, Ramon Marks publie un article intitulé : « Peu importe qui gagne l’Ukraine, l’Amérique a déjà perdu » .

Dans cet article, Marks observe que « quel que soit le vainqueur de la guerre en Ukraine, les États-Unis seront le perdant stratégique. La Russie établira des relations plus étroites avec la Chine et d’autres pays du continent eurasien, notamment l’Inde, l’Iran, l’Arabie saoudite et les États du Golfe. Elle se détournera irrévocablement des démocraties européennes et de Washington. Tout comme le président Richard Nixon et Henry Kissinger ont joué la « carte de la Chine » pour isoler l’Union soviétique pendant la guerre froide, les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping joueront leurs cartes pour tenter de contenir le leadership mondial des États-Unis » .

Mis à part le clin d’œil au récit occidental obligatoire suggérant que la question reste ouverte (« peu importe qui gagne »), l’essentiel de l’article du National Interest est « juste » , bien qu’il déforme complètement le contexte.

La Russie et la Chine sont certainement engagées dans une tentative de changement de l’« ordre fondé sur des règles » des États-Unis. Non pas pour remplacer une hégémonie par une autre, mais plutôt pour créer une pression – sans guerre – qui force une transformation existentielle de l’esprit occidental. Une pression qui ne laisse guère d’autre choix à l’Occident que de mettre un terme à son expansionnisme, en l’obligeant à se conformer à ses « règles » (autrement connues sous le nom de néocolonialisme).

Oui, la Russie et la Chine jouent maintenant leurs « cartes » géostratégiques. Et dans un sens, ce sont des « cartes » très familières. Il s’agit des principes d’autodétermination et de respect de la souveraineté qui ont émergé de la réunion de Bandung en 1955 et qui ont servi de base au mouvement des non-alignés de l’époque. Ils reflétaient le mécontentement des organisateurs de la conférence face à la réticence de l’Occident à écouter et, au contraire, à sa tendance à imposer son point de vue singulier aux États asiatiques.

Ainsi, tout comme les États-Unis ont joué à fond la carte de la domination du dollar soutenue par l’armée dans les années qui ont suivi l’implosion de l’Union soviétique pour faire entrer une grande partie du monde dans leur sphère réglementée, la Russie et la Chine proposent aujourd’hui au Sud collectif, à l’Afrique et à l’Asie de se libérer des « règles » occidentales. Elles encouragent le « reste du monde » à affirmer son autonomie et son indépendance, à la manière de Bandung.

La Russie, en partenariat avec la Chine, construit ces relations politiques étendues sur le contrôle de l’approvisionnement mondial en combustibles fossiles et en une grande partie de la nourriture et des matières premières du monde. Pour accroître encore son influence sur les sources d’énergie dont dépendent les belligérants occidentaux, la Russie est en train de mettre sur pied une « OPEP » du gaz avec l’Iran et le Qatar, et a également fait des ouvertures accueillantes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis pour qu’ils s’associent afin de renforcer le contrôle de tous les produits énergétiques essentiels.

En outre, ces grands producteurs se joignent aux grands acheteurs pour arracher les marchés des métaux précieux et des matières premières des mains de Londres et des États-Unis, afin de mettre un terme à la manipulation occidentale des prix des matières premières par le biais des marchés dérivés.

L’argument avancé par les responsables russes aux autres États est à la fois extrêmement séduisant et simple : l’Occident a tourné le dos aux combustibles fossiles et prévoit de les éliminer complètement, d’ici une dizaine d’années.
Ils ont choisi cette voie sous la pression intense des États-Unis ; une voie qui, dans le cas de l’Europe, imposera la misère à leurs peuples pour les années à venir.

Cependant, aussi désagréable que cela puisse être pour certains, le fait est que la croissance économique mondiale nécessite toujours la production de combustibles fossiles. Sans davantage d’investissements et d’exploration, il est peu probable que l’offre soit suffisante à moyen terme pour répondre à la demande probable. Il n’existe pas de moyen rapide d’augmenter l’apport physique d’énergie.

Le message de la Russie à ses partenaires est le suivant : vous n’êtes pas obligés de participer à cette « politique du sacrifice » masochiste. Vous pouvez avoir du pétrole et du gaz naturel à un prix inférieur à celui que l’Europe doit payer. Le « Golden Billion » a profité des avantages de la modernité, et maintenant il veut que vous renonciez à tout cela, et que vous exposiez vos électeurs à des difficultés extrêmes.

La Russie dit simplement : « Cela ne doit pas être comme ça » . Oui, le climat est un facteur à prendre en considération, mais les combustibles fossiles font l’objet d’un manque aigu d’investissements pour des raisons idéologiques, plutôt que pour des raisons d’épuisement en soi.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le point de départ initial de Bandung était que l’Occident refuse tout simplement « d’écouter » ; il dirige et impose. L’idéologie verte occidentale, cependant, ne peut pas simplement être imposée au reste du monde, contre sa volonté. Cet argument représente la voie à suivre par la Russie et la Chine pour faire basculer une grande partie du monde dans leur camp.

En resserrant la vis énergétique pour donner du mordant à son argument, la Russie avertit sans détour l’UE que la classe politique ouest-européenne peut soit sauver sa peau en revenant au gaz russe bon marché, soit rester alignée sur Washington au sujet de l’Ukraine. Dans ce dernier cas, cependant, elle devra plonger son électorat dans la misère. Avec le risque que ses dirigeants soient confrontés au « désagrément » d’une révolte à la lanterne. Mais l’UE ne peut pas faire les deux.

Ce qui importe avant tout, c’est la nature de la métamorphose européenne. Est-elle tactique ou s’agit-il d’un véritable « chemin de Damas » ? Trouverons-nous, dans le sillage de la crise énergétique russe, une UE suffisamment réfléchie pour s’engager dans une négociation non idéologique sur la sécurité et les aspirations civilisationnelles des autres, ainsi que dans un échange fondé sur les moyens de protéger la planète contre de nouvelles déprédations ?

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Le dossier d’une nouvelle guerre civile américaine

Par : hervek

Par Dmitry Orlov – Le 6 septembre 2022 – Source Club Orlov

OrlovLes États-Unis tiendront-ils le coup jusqu’en 2024 ? Au début de l’année, des complications liées à la Covid-19 ont coûté la vie à Vladimir Jirinovsky, l’éternel et grandiloquent leader du Parti libéral démocrate de Russie. Il était connu non seulement pour sa rhétorique inimitable, mais aussi pour la précision étonnante de ses prédictions. Par exemple, il a prédit le début de l’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine presque jour pour jour, des mois avant le fait et à un moment où personne d’autre n’avait la moindre idée de ce qui allait se passer. Une autre de ses prédictions se lit comme suit : « Il n’y aura pas d’élection présidentielle américaine en 2024 parce qu’il n’y aura plus d’États-Unis. » S’avérera-t-il également prémonitoire sur ce point ? On verra bien !

Jirinovsky est loin d’être le seul à faire une telle prédiction. Selon des sondages récents, plus de 40 % des Américains craignent qu’une nouvelle guerre civile n’éclate au cours de la prochaine décennie. Que l’on n’aille pas croire que les personnes interrogées ont effectué une analyse indépendante, sur la base de laquelle elles ont pu calculer la probabilité d’une guerre civile ! Aujourd’hui, la grande majorité des Américains ont été conditionnés à percevoir la réalité comme une mosaïque composée de courts extraits de journaux télévisés, d’extraits sonores, de scènes dont la longueur ne dépasse pas celle de deux publicités télévisées et de récits miniatures qui présentent tel ou tel objet imaginaire sous un jour positif ou négatif. Ils pensent qu’une guerre civile est probable parce que c’est ce qu’on leur a dit à travers les médias de masse ou les médias sociaux, invisiblement mais implacablement chaperonnés.

L’oligarchie, qui contrôle tout ce qui précède, joue avec deux business plans alternatifs. Le plan A, plus rentable et moins risqué, ne prévoit pas de guerre civile, tandis que le plan B, risqué mais toujours rentable, en prévoit une. Dans les deux cas, les profits proviennent de la confiscation des richesses de la population ; avec le plan A, une moindre partie de ces richesses est détruite, d’où des profits plus importants. Mais le plan A exige de s’assurer l’obéissance et la docilité totales d’une population de plus en plus désemparée et rétive. Pour paraphraser Klaus Schwab, ils doivent s’accommoder de ne rien avoir et faire semblant d’être heureux (à condition d’être autorisés à rester à l’intérieur et à être nourris).

Pour maintenir la population américaine à distance, l’oligarchie doit l’approvisionner en grandes quantités de malbouffe, d’alcool, de drogues et de pornographie. Et malgré toute la propagande incitant les gens à se trier dans un arc-en-ciel de genres, la plupart stériles, certaines femmes peuvent encore réussir à tomber enceintes, refuser d’avorter et donner effectivement naissance à des enfants, empêchant ainsi la population de diminuer aussi vite que les ressources qui s’amenuisent. « Écoutez, des femmes tombent enceintes chaque jour en Amérique, et c’est un vrai problème », a déclaré la vice-présidente Kamala Harris. Malgré le terme politiquement incorrect de « femmes » – c’est-à-dire d’hommes engrossés – son message est clair comme de l’eau de roche : ses concitoyens américains devraient être stérilisés comme les animaux domestiques qui est l’image qu’elle a d’eux. Vos animaux domestiques ne sont pas stérilisés, n’est-ce pas, ils sont transgenres ! Cela ne semble-t-il pas beaucoup plus à la mode ?

Mais que se passera-t-il si les pipelines de la malbouffe, de l’alcool, de la drogue et de la pornographie se tarissent plus vite que la population ne peut être réduite à l’aide de la propagande LGBT et des avortements gratuits et abondants ? Il serait alors temps de passer au plan B, où les Américains se tireraient dessus en utilisant toutes les armes légères qu’ils possèdent. Une combinaison des plans A et B est aussi théoriquement possible, où les États bleus Démocrates sont maintenus dans la paix et la crainte des États rouges Républicains, où la guerre civile fait rage et où les cadavres jonchent les routes, tandis que, de leur côté, les habitants des États rouges ont une peur bleue de s’aventurer en territoire bleu de peur de voir leurs enfants castrés et leurs armes sacrées confisquées. Mais un tel équilibre précaire peut être difficile à atteindre et un scénario bien plus probable est celui d’un désordre stable, où l’oligarchie rassemble ses ressources humaines les plus précieuses dans quelques enclaves bien défendues tout en laissant le reste de la population succomber à des luttes intestines.

Mais ni le plan A, ni le plan B ne peuvent résoudre un problème majeur qui se profile à l’horizon : comment permettre au gouvernement fédéral américain de se décharger (annuler, c’est-à-dire plutôt que remplir) de ses responsabilités. Les principales sont la sécurité sociale, les allocations familiales, Medicare et la défense. Environ la moitié des ménages américains reçoivent une aide financière significative du gouvernement fédéral, tandis que la défense est le plus grand programme d’aide sociale que le monde ait jamais connu. La dette fédérale américaine est déjà astronomique et s’élève à environ la moitié du PIB mondial. Si elle était un objet physique, elle serait visible à l’œil nu depuis l’espace. Elle continue de croître à pas de géant, le déficit budgétaire de 2022 devant dépasser 1 000 milliards de dollars, contre environ 2 000 milliards de dollars les deux années précédentes, mais il s’agit toujours d’un montant astronomique.

Personne ne sait combien de temps cette farce financière peut durer, mais avec toutes les grandes nations créancières qui se sont lancées dans une course à la vente de leurs avoirs en dette américaine, le message est clairement sur le mur. Comment se débarrasser du double fardeau des créanciers étrangers et des dépendants nationaux ? Une guerre civile qui mettrait à sac Washington DC et démantèlerait le gouvernement fédéral serait la solution la plus efficace. Les structures politiques locales restantes, quelles qu’elles soient, rejetteraient la dette fédérale comme étant onéreuse et totalement absurde et refuseraient de prendre en charge les dépenses de défense et les programmes d’aide sociale fédéraux ; le problème serait résolu !

Joe Biden semble déjà penser dans ce sens. Dans un récent discours à Philadelphie, il a déclaré : « Pour ces braves Américains de droite… si vous voulez vous battre contre le pays, il vous faut un F-15. Vous avez besoin d’un peu plus qu’un fusil ». A-t-il, avec son fils Hunter, quelques F-15 qu’ils aimeraient vendre à ces braves Américains de droite ? Notez qu’il a mentionné les F-15, et non les F-35 : il aimerait fournir des avions anciens mais efficaces, prêts au combat, pour effectuer des bombardements sur la capitale américaine, et non des engins dorés, truffés de bogues et jamais prêts au combat comme les F-35. Mais avant que Washington DC ne soit rayée de la carte politique, un pillage important doit avoir lieu, via un épisode majeur de corruption politique.

L’Ukraine, qui est le terrain de jeu personnel de Joe et Hunter Biden depuis des années, a été utilisée comme principale plaque tournante du blanchiment d’argent. Sur les plus de 10 milliards de dollars que l’administration Biden a dépensés pour l’Ukraine jusqu’à présent, très peu est effectivement parvenu à l’Ukraine ; le reste a été utilisé pour remplir des poches ou une caisse de campagne politique ou autre aux États-Unis. Parmi les armes qui sont parvenues en Ukraine, au moins un tiers a été vendu sur le marché noir international par la junte de Kiev.

Même les armes qui ont atteint les lignes de front sont rapidement revendues par des mercenaires étrangers et expédiées dans des régions inconnues. Les morceaux qui parviennent aux troupes sont détruits ou pris comme trophées par les Russes qui avancent sans relâche (bien que très lentement et prudemment). Au cours de l’opération spéciale, les Russes ont amassé un véritable trésor de systèmes d’armes extrêmement coûteux, mais plutôt inefficaces, trop compliqués et assez fragiles, qui ne peuvent être entretenus sur le terrain et qui ont été abandonnés par les Ukrainiens battant en retraite.

Une autre source importante de revenus supplémentaires provient de la vente d’une grande partie de la réserve stratégique de pétrole à la Chine et à d’autres nations étrangères : Sur les 700 millions de barils, 300 millions ont été vendus et la réserve stratégique de pétrole est maintenant à son niveau le plus bas depuis 40 ans. Il s’agit d’un résultat intéressant, étant donné que la manne de pétrole de schiste a atteint son apogée en 2019 et que, le forage étant désormais concentré sur une seule parcelle du bassin permien, et compte tenu des taux d’épuisement très élevés, elle devrait être réduite à un filet d’eau en seulement 2 ou 3 ans. Bien que les vérificateurs de faits des médias de fausses nouvelles aient crié au scandale, des entités associées à Hunter Biden auraient été impliquées.

Bien sûr, nous ne connaîtrons jamais tous les détails car Hunter Biden est magique, ayant été placé bien au-dessus de la loi : s’il s’en sort avec la pédophilie, le trafic de drogue, le transport de prostituées au-delà des frontières de l’État et d’autres crimes de ce genre, qu’est-ce qu’un petit (ou un gros) crime en col blanc entre collègues truands ? Pour ne pas être en reste par rapport à son fils, Biden-père et le reste de l’establishment Démocrate semblent prêts à voler les élections de mi-mandat au Congrès de la manière la plus évidente et la plus flagrante possible, rendant impossible de continuer à prétendre que les États-Unis sont encore une sorte de démocratie. Une fois que le message selon lequel la démocratie est morte et que Washington est un repaire de voleurs sera entré dans la tête de tout le monde, la voie sera libre pour les premières salves du Plan B.

Mais que se passera-t-il si ces « Américains courageux et de droite » sur lesquels Biden semble fonder ses espoirs n’y parviennent pas et que le plan B s’essouffle au lieu de démarrer en fanfare ? Que se passera-t-il s’ils restent assis dans les bars à pleurnicher dans leurs bières, puis rentrent chez eux pour polir leurs armes ? N’attendez pas l’aide des Russes ou des Chinois ! Ils pourraient mettre fin à la misère des États-Unis, mais ils ne le feront pas. Les Russes ont fait le plein de graines de tournesol (leur choix plutôt que du pop-corn) ; de même, les Chinois ont empilé de nombreuses chips de riz. Ils vont s’asseoir et regarder cette célébration pan-eurasienne de la Schadenfreude, sans lever le petit doigt pour aider.

Dmitry Orlov

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Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Les trois « chevaux de troie » sentent l’étau se resserrer

Par : Zineb

Les néoconservateurs américains ont toujours eu le don d’accrocher leurs projets autoritaires purs et durs à n’importe quel slogan du dernier culte de la « vertu » occidentale.


Par Alastair Crooke – Le 21 août 2022 – Source Al Mayadeen

Le 24 juin, à l’Institut Hudson de Washington, Mike Pompeo a prononcé un discours de politique étrangère intitulé Les trois phares, présentant Taïwan, l’Ukraine et « Israël » comme des « phares de la liberté ». Les néoconservateurs américains ont toujours eu le don d’accrocher leurs projets autoritaires purs et durs à n’importe quel slogan du dernier culte de la « vertu » occidentale, et de parvenir ainsi à établir un récit médiatique.

Depuis les premiers jours de Covid, les mots vulnérabilité, solidarité et soins qui ont circulé parmi les élites « performativement compatissantes » à l’égard du régime biomédical ont été consolidés dans un récit plus large visant à intimider le public pour qu’il se conforme à la nouvelle « politique du sacrifice » . En d’autres termes, « être prêt et disposé à sacrifier ses libertés pour protéger les groupes vulnérables : C’est notre solidarité… Votre liberté individuelle s’arrête là où commence la liberté collective » .

L’utilisation par Pompeo de la protection de la « liberté » au sein de ce groupe de « phares vulnérables » vise à dissimuler un projet néoconservateur qui a causé la perte de vies, la perte de droits, la perte de revenus et des dommages psychologiques à nombre de ceux qui vivent à côté de ces « chevaux de Troie » . Bien sûr, « protéger les personnes vulnérables » en détruisant les moyens de subsistance et la vie des autres a toujours été une proposition illogique. Son véritable objectif n’est que de rallier le soutien du public à une action belliqueuse contre les forces chinoises, russes et iraniennes.

Et pourtant, dans la formulation linguistique maladroite de Pompeo, il y a un indice sur les similitudes entre les trois phares : la visite du Président Pelosi à Taipei a réveillé le Dragon endormi. Il voit désormais clairement les parallèles entre Taïwan et l’Ukraine. Depuis le début du 20e siècle, l’Occident a établi plusieurs juridictions extraterritoriales (les Concessions) à l’intérieur de la Chine, qui ont servi à la fragmenter et à l’affaiblir.

Pékin voit maintenant que les États-Unis ont l’intention de faire tout leur possible pour que la réunification pacifique de Taïwan avec le continent n’ait jamais lieu, et que la politique américaine actuelle n’est que le prolongement d’une ancienne stratégie coloniale.

Cela a permis à la Chine de mieux comprendre la question de l’Ukraine : l’Occident, depuis le début du 20e siècle, a cherché à exploiter le nationalisme ethnique ukrainien d’extrême droite contre les Ukrainiens culturellement russes, afin d’affaiblir la Russie.

Comme la Chine vis-à-vis de Taïwan, Moscou a compris que les États-Unis et leurs alliés européens feraient tout leur possible pour empêcher l’unification pacifique des divers peuples de cette région frontalière (ce qui était l’objectif des accords de Minsk).

La réponse chinoise à la visite de Mme Pelosi a été que « le nœud coulant autour du cou de l’indépendance de Taïwan » sera de plus en plus resserré, comme l’a prévenu le ministre Wang Yi, ajoutant qu’« il n’y a pas de place pour le compromis » sur cette question.

Li Fei, professeur à l’université de Xiamen, a conceptualisé ce qu’il appelle « le modèle de Pékin » , qui a donné à Pékin la notion de « réunification intelligente » – une approche qui combine efforts pacifiques et force militaire. Une telle approche doit être mise en œuvre étape par étape, et la normalisation des exercices militaires actuels autour de l’île est un pas en avant. Si la « réunification intelligente » ne permet toujours pas d’atteindre notre objectif final, a-t-il ajouté, une approche plus directe fondée sur la force sera nécessaire. (En janvier 1949, la PLA a encerclé Pékin, qui était alors occupée par les forces du KMT, et a finalement forcé les commandants du KMT à se rendre, de sorte que la libération de la ville s’est effectivement produite pacifiquement…).

Eh bien … La Russie, étape par étape, resserre progressivement l’étau autour du cou de l’armée ukrainienne post-Maidan, formée par l’OTAN. Si une solution n’émerge pas naturellement de la sensation de la corde sur le cou, ce « nœud » sera lui aussi resserré.

Cela nous amène au troisième des phares de Troie de Pompeo : « Israël » . L’Iran et de nombreux autres pays comprennent que les États-Unis ne souhaitent pas voir le Moyen-Orient uni. L’Occident collectif voit plutôt une région fragmentée, polarisée, divisée par les sectes et la question palestinienne comme la voie à suivre pour affaiblir l’Iran et ses alliés.

D’où la réponse de l’Iran. Étape par étape, l’Iran et ses alliés ont progressivement resserré l’étau autour d’« Israël » , depuis quatre points géographiques distincts. L’UE s’est empressée de sauver le mécanisme d’endiguement de l’Iran (le JCPOA) même si l’Iran est désormais une puissance nucléaire « seuil » et pourrait, dans un délai relativement court, fabriquer une arme, s’il le décidait (ce qui n’est pas le cas).

L’amiral Shamkhani a déclaré aux membres de la Commission de sécurité nationale du Parlement iranien que l’Iran pouvait lui aussi se permettre d’aller lentement, étape par étape. L’Iran peut se permettre de dire oui ou non à la proposition prétendument finale de l’UE, et de confirmer que l’Iran ne dérogera pas à ses « lignes rouges » .

Après tout, l’Iran vend son pétrole et génère des revenus substantiels, tandis que le Moyen-Orient, l’Asie et le Sud collectif subissent une métamorphose géopolitique révolutionnaire. Le paysage politique se consolide en une sphère autonome et anti-Ordre global. Et le paradigme économique de l’Asie occidentale est lui aussi sur le point de se transformer avec l’avènement d’un nouveau système de commerce et de compensation financière en gestation.

En somme, l’Iran n’a pas explicitement besoin de serrer le nœud coulant en ce moment. Une nouvelle architecture géostratégique à large spectre dirigée par Moscou, qui se dessine dans toute la région, s’en charge de toute façon pour l’Iran.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

La Chine va-t-elle abandonner sa prudence ?

Par : Zineb

Il s’agit là d’un point essentiel : à la lumière de la tromperie américaine sur Taïwan, la Chine va-t-elle mettre sa prudence de côté et reconnaître qu’elle a besoin de la profondeur militaire et stratégique de la Russie et de l’Iran ?


Par Alastair Crooke – Le 15 août 2022 – Source Al Mayadeen

De l’extérieur, on voit une Asie occidentale qui se prépare et qui modifie sa position pour faire face à l’Est. Il ne s’agit toutefois pas d’un simple déplacement géographique vers un autre point cardinal. Il s’agit en partie d’une « réaction repoussoir » face à l’avalanche de sanctions, de réglementations et de saisies d’avoirs qui s’échappent de l’« usine » à sanctions de l’UE et s’appliquent à des personnes n’ayant aucun lien, ou un lien très faible, avec les États sanctionnés.

Mais le véritable catalyseur de ce « pivot » naissant est plutôt la force d’attraction décisive d’une vision globale déposée sur le plateau de jeu du Grand Jeu par la Russie. Les États du « Heartland » sont à la fois intrigués et attirés. Il y a aussi un parfum de Bandung II dans cette affaire. La conférence de Bandung, en 1955, a également été lancée sur les principes d’autodétermination, de respect mutuel de la souveraineté, de non-agression, de non-ingérence dans les affaires intérieures et d’égalité de participation.

Bien sûr, l’énergie originelle de cette initiative s’est dissipée sous l’impact d’un nouveau colonialisme financiarisé, mais il y a aujourd’hui dans l’air une tentative de renaissance de ces premiers sentiments anticolonialistes dirigés, cette fois-ci, contre l’« ordre fondé sur des règles » imposé et dissimulé.

Dans une succession rapide, nous avons eu une série de sommets potentiellement redéfinisseurs de stratégie : la conférence de la Caspienne, la conférence de Téhéran et la conférence Russie-Turquie. Tous ont une importance stratégique majeure et nous voyons déjà les premiers « bourgeons » de croissance dans le projet du président Erdogan d’appeler le président Assad.

Cette initiative, en soi, atténuera les tensions régionales. La relance par le président Poutine de l’accord d’Adana (1998), dans lequel Damas garantissait l’endiguement des mouvements kurdes basés en Syrie, pourrait toutefois ouvrir la voie à un règlement final de la question syrienne, tant en ce qui concerne les djihadistes à l’est, d’une part (avec la coopération d’Erdogan), que la fin de l’occupation américaine du nord-est de la Syrie, d’autre part (avec l’aide de la Russie).

Ce dernier point n’est qu’un exemple de la nouvelle dynamique politique qui commence à prendre vie. Ces ouvertures sont néanmoins soutenues par un intérêt économique solide – centré sur l’avènement de nouveaux canaux commerciaux et économiques, afin d’atténuer le barrage de sanctions de l’Occident – tout en générant de nouvelles initiatives commerciales pour sortir la région de sa crise.

Le nerf de cette vision est l’énorme réseau de voies navigables, soutenu par la conférence sur la mer Caspienne, ainsi qu’un réseau de pipelines complémentaire dans le Heartland. En Occident, les corridors fluviaux bon marché ont été négligés. Mais nous assistons ici au déploiement d’un réseau extraordinaire, qui s’étend vers l’ouest jusqu’à la mer Noire (et donc potentiellement jusqu’au Danube) et (plus directement) jusqu’à la Méditerranée. Vers le nord, jusqu’à la route maritime du nord de l’Arctique ; vers le sud, via la mer Caspienne et le corridor nord-sud, jusqu’à Dubaï et l’Inde ; et vers l’est, via la Nouvelle route de la soie, jusqu’à la Chine. Des corridors plus rapides et moins coûteux que les alternatives maritimes.

Tout cela doit être consolidé par de nouveaux systèmes de paiement partant de l’Afrique (le Système panafricain de paiement et de règlement) qui doivent s’harmoniser avec les systèmes alternatifs SWIFT, Mir et Union Pay. Par la multiplication des Zones économiques spéciales exonérées d’impôts se développant dans la région MENA et une renaissance ferroviaire traversant le continent africain, tant latéralement que verticalement.

Dans l’ensemble, il s’agit d’un mouvement stratégique visant à retirer le commerce, ses couloirs de transport et tous les systèmes de paiement des griffes des puissances maritimes du « Grand Jeu » . L’Occident fulmine. Le Financial Times, le journal de l’establishment, a déjà lancé des avertissements concernant un réalignement trop étroit entre la Turquie et la Russie. Des commentateurs anonymes de l’UE laissent entendre que la Turquie pourrait se voir sanctionnée par l’UE.

Paradoxalement, l’événement déterminant qui pourrait lier toutes ces initiatives russes a eu lieu à des milliers de kilomètres de la région : la visite de Pelosi à Taïwan, qui a tant exaspéré Pékin.

Ce n’est pas la réaction militaire immédiate de la Chine, ni l’annulation par la Chine d’une série de canaux de communication bilatéraux avec les États-Unis, qui sont en cause ici, mais plutôt le fait que le rythme et l’intensité des tensions entre les États-Unis et la Chine sont appelés à augmenter, ce qui modifiera à jamais ces relations.

Il semblerait que la Chine ait compris que Biden a menti. À trois reprises, il a déclaré explicitement que les États-Unis défendraient militairement Taïwan, en cas de prise de contrôle forcée de l’île par les Chinois. À chaque fois, les collaborateurs de Biden sont revenus sur ces déclarations : « Oh, vous savez, Biden a tendance à mal s’exprimer » . Lui, Biden, s’en tient sincèrement à la politique d’une seule Chine.

Ce n’était pas vrai.

Eh bien, les yeux des Chinois se sont ouverts. Ils comprennent tout d’abord maintenant que les États-Unis ont l’intention de faire tout leur possible pour s’assurer qu’une réunification pacifique n’aura jamais lieu. Cette prise de conscience a touché la corde sensible du « siècle d’humiliation » de la Chine par les puissances occidentales, qui avaient saisi et occupé des parties de la Chine.

Deuxièmement, ils doivent comprendre qu’il découle de cette idée que la réunification doit être imposée, d’une manière ou d’une autre, contre la volonté des États-Unis. Et troisièmement, que la fenêtre d’opportunité (ou du moins, l’opportunité de le faire sans déclencher une guerre majeure), se refermera progressivement sur eux.

Ces deux points impliquent que les relations entre les États-Unis et la Chine ne seront plus jamais les mêmes. Quelle est l’incidence de cette situation sur le Moyen-Orient ? Voici les implications (comme l’explique un commentateur militaire russe, mais ce qui suit est paraphrasé) :

Il est facile d’oublier que la Chine a joué le rôle de « gentil garçon » pour les États-Unis, en ce qui concerne les sanctions contre la Russie. (Jake Sullivan avait averti la Chine à Ankara, que si elle tenait à ses marchés américains et européens, elle ne devait pas tenter de contourner les sanctions américaines). Oui, la Chine achète l’énergie de la Russie ainsi que d’autres ressources stratégiques, mais les États-Unis aussi, et ils l’ont exemptée des sanctions.

 

Il a fallu l’humiliation évidente de la visite de Pelosi à Taïwan pour que la Chine commence à reconnaître qu’il faudrait peut-être aller au-delà de l’achat d’énergie et de certaines technologies militaires à la Russie, en plus d’un soutien verbal dans le cadre d’un partenariat stratégique. La Russie soutient pleinement la Chine et continuera à le faire, mais il est temps que la Chine prenne des mesures très concrètes, et pas seulement des déclarations, en vue d’une véritable alliance et d’un ajustement des aspirations économiques de la Chine aux réalités de l’intégration eurasienne, dont la sécurité stratégique repose sur la Russie.

Il s’agit là d’un point essentiel : à la lumière de la tromperie américaine sur Taïwan, la Chine va-t-elle mettre sa prudence de côté et reconnaître qu’elle a besoin de la profondeur militaire et stratégique de la Russie et de l’Iran ? Et maintenant, dans ses relations avec la Russie et l’Iran, va-t-elle peser de tout son poids sur les divers projets d’intégration eurasiens ?

Si tel est le cas, elle donnera un coup de fouet à la région, au moment où celle-ci en a le plus besoin.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Les États-Unis cherchent à évincer la Chine des chaînes logistiques régionales et mondiales

La stratégie américaine d’endiguement de la Chine passe au niveau supérieur. À l’heure actuelle, Washington tente d’imposer à la région Asie-Pacifique un réseau d’accords commerciaux et économiques, de lier leurs acteurs par des engagements de restreindre l’interaction avec la Chine

Les sanctions ne servent qu’à gagner du temps et ne mènent pas à la victoire

Par : Zineb

Par Tom Luongo – Le 31 juillet 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

L’un des points essentiels de la politique de sanctions américaine, qui n’est pas pleinement compris par la plupart des analystes, et certainement pas par la plupart des analystes pro-russes, est que les sanctions ne sont pas un outil politique direct. Dans des cas extrêmes, comme ce qui est arrivé à la Russie dans les jours qui ont suivi son invasion de l’Ukraine, elles sont censées l’être.

Mais tout compte fait, les sanctions telles qu’elles sont utilisées par l’Occident sont un outil bien plus dangereux qu’un simple changement de régime, elles sont le pivot des stratégies de déni à long terme des militaristes et des colonisateurs en puissance.

Nous avons passé cinq mois maintenant à nous concentrer sur l’effet boomerang des sanctions occidentales sur l’économie russe. Et cet effet boomerang sur l’Occident, en particulier l’Europe, est réel et prévisible. L’objectif de créer un bourbier en Ukraine qui générerait des troubles intérieurs pour Poutine ne s’est pas matérialisé.

Le bourbier militaire est discutable, si l’on croit tout ce qui vient des médias occidentaux. Personnellement, je ne crois pas grand-chose de ce qui est dit, mais les lignes de combat relativement dures de ces derniers mois donnent du crédit à cette opinion.

Encore une fois, ce n’est pas un point de vue que je partage en fin de compte, mais cela vaut la peine de le garder à l’esprit. Si les sanctions ont été si inefficaces, pourquoi les maintenir ? Quel objectif stratégique peuvent-elles ou doivent-elles servir ?

Parce qu’il est évident que les personnes qui ont élaboré ce paquet de sanctions avaient un plan. Ce plan a-t-il survécu au contact avec l’ennemi ? A-t-il été un échec total ou un succès partiel ? Telles sont quelques-unes des questions que je souhaite aborder ici.

Tout compte fait, la plupart des sanctions nuisent davantage à celui qui les impose qu’à la victime. Il s’agit, bien entendu, d’actes de guerre et seul le privilège impérial permet de les utiliser de la sorte sans répercussion.

Ainsi, alors que nous nous sommes concentrés sur l’aspect monétaire/fiscal de la guerre des sanctions, il est utile de parler du prix réel que l’Occident est prêt à payer dans sa guerre contre la Russie.

Les sanctions, dans leur forme la plus élémentaire, ne sont que des obstructions, destinées à priver un pays de l’accès à des ressources vitales ou, dans le cas des tensions géopolitiques extrêmes d’aujourd’hui, à des technologies de pointe.

Du point de vue des néoconservateurs, refuser à nos « ennemis » (comme ils les ont définis) l’accès aux éléments dont ils ont besoin pour construire des systèmes d’armement avancés ou accélérer la production des derniers prototypes militaires vaut toutes les souffrances économiques et politiques que l’on peut ressentir chez soi.

Et cette douleur est très très réelle. La junte de Biden et ses compradores en Europe (principalement les Verts allemands) n’ont pas hésité à dire ouvertement que nous, les citoyens, devions endurer des difficultés pour soutenir leurs objectifs géostratégiques en Ukraine.

Ils n’ont pas été très convaincants, comme le suggèrent les sondages, mais telle est néanmoins la situation.

Lorsque la rhétorique occidentale s’est rapidement transformée en cela, j’ai dit qu’il s’agirait d’une course à la Grande Réinitialisation, la question que j’ai posée alors était : « De qui ? » .

Poutine s’est contenté d’une guerre d’artillerie pour faire monter la pression (et réduire l’approvisionnement en gaz) sur une Europe aux prises avec des gouvernements de coalition faibles et pour révéler les fissures au sein de l’Union européenne. Il y est parvenu.

Les néoconservateurs britanniques et américains pensent qu’en fin de compte, les sanctions priveront la Russie de l’énergie nécessaire pour mener une guerre jusqu’en 2023 et au-delà. C’est pourquoi nous devons considérer que l’objectif initial de toutes les sanctions, remontant à 2014, après la Crimée, était de mener la Russie à cela.

Donc, si vous vous demandez pourquoi les Russes n’ont pas engagé leurs T-14 avancés et leurs très nombreux chars T-90 sur le champ de bataille en Ukraine, la réponse est double. Tout d’abord, on pourrait dire qu’ils n’en ont pas besoin pour accomplir leur tâche actuelle, qui est d’épuiser l’infanterie et les défenses ukrainiennes dans le Donbass.

Deuxièmement, et c’est plus important, les rapports occidentaux sur l’incapacité de l’industrie russe à les fabriquer sont plus vrais que ce que les commentateurs pro-russes veulent bien croire.

Encore une fois, je ne prends pas parti ici, mais tout comme je ne crois pas les rapports militaires ukrainiens faisant état de 70 000 Russes tués et/ou neutralisés parce que je ne vois pas les vidéos soutenant cette propagande, je dois également prendre au sérieux le fait que la Russie utilise l’ancien char T-62 au combat, plutôt que d’envoyer des centaines de T-14.

Je ne suis en aucun cas un expert en matériel militaire, alors salez ces commentaires à votre goût. Je suis un homme qui sait lire entre les lignes de ce que les gens disent et ne disent pas et de ce qu’ils font et ne font pas.

Et il y a des indices ici qui expliquent pourquoi cette guerre a progressé comme elle l’a fait.

En outre, ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas de jeter de l’ombre sur ce que la Russie a ou n’a pas accompli en Ukraine. Mais cela peut certainement expliquer pourquoi, après les premières offensives, elle a renoncé à l’utilisation massive de chars pour se concentrer sur l’artillerie et l’infanterie, nettoyant le Donbass méthodiquement tout en trouvant des solutions de rechange à ses problèmes d’approvisionnement.

C’est comme pour tout le reste maintenant, l’information est de faible qualité, si ce n’est presque sans valeur. Donc, nous spéculons tous sur ce qui se passe.

Pour la Russie, les blocages technologiques sont censés être particulièrement accablants, car le pays est terriblement en retard dans des domaines tels que les semi-conducteurs, l’usinage avancé et la métallurgie. Si ce n’était pas le cas, il y aurait des T-14 dans les tuyaux.

Il n’y a aucun moyen de présenter de manière positive le fait que le dernier plan du gouvernement russe prévoit que le pays atteigne la technologie de puce 28 nm, technologie de 2011, d’ici 2030.

Le 90 nm devrait être développé d’ici la fin de l’année en Russie.

90 nm.

Maintenant, avez-vous besoin de quelque chose de plus petit que 90 nm pour construire un char moderne ? Probablement pas. Mais avec la coupure totale de la Russie des technologies de base d’origine étrangère comme celle-ci, il n’est pas difficile de voir que cela affecte leur capacité à remplacer les blindages perdus depuis les premiers jours de la guerre.

Si vous allez sur le web, vous trouverez toutes sortes de propagandes occidentales et ukrainiennes sur l’efficacité de ces sanctions. Je parierais sur le fait que la Russie a prévu cela d’une certaine manière et qu’elle a trouvé des solutions de contournement au cours des cinq derniers mois.

Un rapport de mai sur une livraison de chars T-90M par Uralvagonzavod est la dernière chose que j’ai pu trouver. L’objectif principal de la série de sanctions imposées par l’Occident en 2014, après la réunification de la Russie avec la Crimée, était de freiner le développement de technologies telles que la lithographie des puces, l’optique, l’usinage CNC avancé, etc. Il n’a jamais été question de changement de régime jusqu’à ce printemps, après avoir poussé Poutine à une invasion générale de l’Ukraine.

Ainsi, lorsque vous entendez les experts américains et britanniques en politique étrangère parler de saigner à blanc la Russie en Ukraine, ils pensent que c’est le point culminant d’une stratégie de près de dix ans visant à déclencher une guerre que la Russie ne serait pas en mesure de terminer.

Le fait que SMIC (Semiconductor Manufacturing International Corp.) ait annoncé la semaine dernière qu’elle allait expédier des puces pour le minage du bitcoin basées sur la lithographie en 7 nm devrait vous dire ce que vous devez savoir sur la durée pendant laquelle vous pouvez empêcher des produits demandés d’arriver sur le marché en adoptant un comportement obstructionniste.

Les progrès surprenants de SMIC soulèvent des questions sur l’efficacité des contrôles à l’exportation et sur la capacité de Washington à contrecarrer l’ambition de la Chine de développer une industrie des puces de classe mondiale sur son territoire et de réduire sa dépendance vis-à-vis des technologies étrangères. Cette situation survient également à un moment où les législateurs américains ont exhorté Washington à combler les lacunes de ses contrôles axés sur la Chine et à s’assurer que Pékin ne fournit pas de technologies cruciales à la Russie.

À l’heure où j’écris ces lignes, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, effectue une tournée en Asie du Sud-Est. Dans le cadre de ce voyage, elle s’est arrêtée à Taïwan, ce qui constitue la plus grande provocation jamais vue à l’égard de la politique d’une seule Chine, dont les États-Unis sont signataires.

La réponse de la Chine a été tout simplement apocalyptique dans sa rhétorique. Pelosi a ensuite fait marche arrière une fois dans la région et ne se rendra pas à Taïwan après que la Chine s’était mobilisée de manière vraiment effrayante.

Pensons-nous que ces choses ne sont pas liées d’une certaine manière ?

Alors que TSMC est sur le point de passer à la lithographie en 2 nm, le 7 nm est-il si important ? Oui, si l’on considère les choses du point de vue des sanctions. Le fait que Pelosi se rende à Taïwan la semaine même où l’administration Biden vante les mérites de sa nouvelle loi CHIPS, qui prévoit d’investir des milliards de dollars dans de nouvelles usines basées aux États-Unis, est clairement une tentative de pousser la Chine à réagir de manière excessive afin de donner aux États-Unis l’excuse dont ils ont besoin pour imposer à la Chine des sanctions en matière de contrôle des exportations.

N’oubliez pas que lorsqu’il s’agit de combattre la Russie et la Chine, Davos et les néoconservateurs américains et britanniques ont un objectif commun. C’est lorsqu’il s’agit de savoir qui contrôlera le monde unipolaire restauré et d’en définir l’aspect que leurs chemins divergent.

Nous menaçons l’industrie des puces de la Chine depuis le début de la guerre. Nous avons fait la même chose aux Russes avant l’invasion. Mais c’est la mise sur liste noire de Huawei par Trump qui a incité SMIC à accélérer le travail de développement qui nous mène à la situation actuelle.

Donc, ne pensez pas que ces sanctions ne sont pas en tête de liste si la Chine réagit de manière excessive à toute provocation future. En fait, je parierais beaucoup d’argent que la mise en place de ces sanctions n’est pas le but de cette ridicule affaire Pelosi.

Son recul indique en fin de compte que quelqu’un au Capitole a reçu le message que la Chine est sérieuse.

C’est pourquoi les sanctions ne sont pas un chemin vers la victoire. Elles ne sont rien de plus qu’un exercice pour gagner du temps. Une fois bien considérées, elles constituent un ultime coup de bluff, tout comme la menace de Pelosi de se rendre à Taïwan.

Vous ne pouvez pas arrêter le flux d’informations sans vous heurter au moment où l’action doit se substituer aux discours : « Je peux aussi construire ou fabriquer ceci, qu’allez-vous faire pour arrêter ça ? » .

SMIC est probablement en train de faire de la rétro-ingénierie sur les conceptions de TSMC, voire de les voler carrément. Allons-nous déclencher une guerre sur deux fronts, avec des puissances nucléaires de part et d’autre du monde, à cause de cela ? Si les Chinois sont capables d’obtenir une lithographie de 7 nm en un an à partir d’un transistor Finfet de 14 nm, est-il si difficile de croire qu’ils ne peuvent pas obtenir l’usinage CNC en 3 dimensions nécessaire pour aider la Russie à construire les barils des chars T-14 Armata ou les puces nécessaires à la construction de voitures et d’avions ?

Il est évident que le bluff des sanctions en matière de technologie est en train de se vérifier. Sinon, nous ne serions pas en train de contempler la possibilité d’une guerre entre les superpuissances. La Russie devait augmenter la production du T-14 cette année pour son propre usage et pour l’exportation vers l’Inde.

Ne voyons-nous pas pourquoi alors une bataille pour l’Ukraine devait avoir lieu maintenant plutôt que dans deux ans, si le T-14 était tout ce que la Russie prétend ?

Mais, est-ce vraiment ce qui se passe alors que l’Inde fabrique maintenant des T-90M. Donc, même si la Russie ne peut plus importer directement les pièces pour fabriquer les siens en raison des sanctions, me dites-vous que l’Inde, maintenant, ne détournerait pas ses propres pièces pour les expédier à la Russie ?

Quelqu’un a-t-il remarqué que tout à coup, tout le monde parle du corridor international de transport Nord-Sud (INSTC) ? J’en parle depuis des années. Maintenant, c’est viable. Maintenant, l’Iran fournit des drones à la Russie.

Le but de ce billet n’est pas de faire des affirmations définitives sur ce qui se passe ou ne se passe pas, mais de nous rappeler à tous qu’il y a la guerre dont on parle et la guerre qui se passe réellement.

De mon point de vue, lorsque nous analysons les choses de cette manière, nous devons ensuite examiner l’état de la situation et faire quelques suppositions.

On entend beaucoup parler de la Russie qui se prépare à une offensive majeure cet automne, probablement dans les prochaines semaines. Selon Alexander Mercouris de The Duran, la Russie entraîne et équipe une force portant le nom d’« Odessa » depuis mars.

Si c’est le cas, une offensive russe majeure cet automne, avec des centaines de chars, ne ferait-elle pas voler en éclats toutes les théories sur l’efficacité des sanctions pour limiter la production de matériel militaire russe ?

Et si cela ne se produisait pas, que faudrait-il penser de la situation ?

N’oubliez pas que ce sont les mêmes sources et théories qui ont annoncé que plus de 5 millions de barils de pétrole russe étaient retirés du marché parce que leurs installations de stockage ne pouvaient pas gérer le trop-plein ou qu’une contre-offensive ukrainienne à Kherson était imminente.

En fin de compte, chaque jour que les Russes survivent à la guerre des sanctions nous rapproche du jour où celles-ci invalideront même les stratégies à long terme qu’elles impliquent. Et peut-être, je dis bien peut-être, qu’une nouvelle génération d’« experts » en politique étrangère finira par se débarrasser de l’idée que les sanctions ne sont pas l’équivalent moderne d’une guerre de siège et que tout cet exercice n’est qu’une perte de temps pour tout le monde.

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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