Plandémie de Covid

🔒
❌ À propos de FreshRSS
Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierVos flux RSS

La Chine met des gardes fous à « l’opium spirituel » que sont les jeux en ligne

Par : Wayan

Par Tom Fowdy – Le 31 aout 2021 – Source Russia Today

Nous vivons une nouvelle ère fascinante de réformes socialistes, très ambitieuses et radicales, qui ne visent qu’un seul résultat : gagner la bataille technologique contre l’Amérique.

L’ampleur de la révolution sociale de Xi Jinping s’intensifie chaque jour, et rien ne semble à l’abri de sa portée. En plus de la réorganisation spectaculaire des cours particuliers, de la mise à mal des grandes entreprises technologiques et de la campagne contre la culture des stars, l’État chinois s’intéresse désormais à ce qu’il perçoit comme l’utilisation excessive des jeux en ligne chez les jeunes. De nouvelles réglementations strictes visent à limiter leurs activités sur les plateformes de jeux en ligne à seulement trois heures par semaine, en les décrivant comme un « opium spirituel » et en soulignant qu’elles ont un impact négatif sur la santé mentale des enfants, tout en cherchant à faire en sorte que les enfants se concentrent davantage sur leur éducation.

Il s’agit d’un autre effort pour aligner la société chinoise sur ses priorités nationales, et d’une autre indication que les intérêts des « grandes entreprises » ne représentent pas toujours les intérêts de la société dans son ensemble, comme de nombreux pays occidentaux le supposent. George Soros a récemment exprimé son inquiétude, mais c’est probablement plus un signe que la Chine est sur la bonne voie qu’autre chose.

L’évolution et la croissance des jeux vidéo ont complètement changé nos vies et notre façon de nous divertir. En l’espace d’une quarantaine d’années, les jeux vidéo et les consoles ont transformé les activités récréatives et les passe-temps de millions de personnes, reléguant les jeux de société familiaux classiques au rang d’antiquités. Tous les enfants des années 1990 ont grandi avec différentes consoles, de la Playstation à la Nintendo, en passant par la XBox et des plateformes en ligne comme Steam. Outre son impact sur les modes de vie, le jeu moderne a également donné naissance à une méga industrie qui se chiffre en centaines de milliards.

La Chine possède une énorme part de ce gâteau. Mais c’est là que réside le problème aux yeux de Xi. L’industrie des jeux vidéo s’efforce de perpétuer ses produits et d’accaparer une part toujours plus grande du temps et des ressources des jeunes, même si cela perturbe leur développement social et éducatif. Si les jeux sont amusants et divertissants, ils ne correspondent pas au monde réel. Les efforts qu’on y consacre n’aboutissent jamais vraiment à quelque chose de tangible ou de valable, et c’est pourquoi la Chine s’y oppose fermement, en disant effectivement « ça suffit : Les enfants doivent se concentrer sur les vraies priorités de leur vie ». Et la priorité numéro un est l’éducation, pas l’univers fantastique des jeux.

Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour les plus grands conglomérats de jeux chinois, tels que Tencent, qui ont déjà été frappés par le vaste remaniement de Pékin, mais il y a une sagesse innée dans tout cela, et elle est liée à l’intensification de la lutte technologique de la Chine avec les États-Unis et à sa propre vision du développement.

Cette sagesse est la suivante : La Chine devrait développer de meilleures entreprises de semi-conducteurs, d’intelligence artificielle et de puces technologiques haut de gamme, et non des entreprises de jeux vidéo de plus en plus grosses. S’il y a un message qui ressort des événements de ces derniers mois, c’est que la force économique d’un pays ne se définit pas seulement par le nombre de « Mark Zuckerberg » qu’il possède. Xi articule sans relâche une vision directe et claire de l’économie chinoise et s’appuie sur les principes socialistes pour la défendre. Il a décidé que certaines choses sont plus importantes que d’autres pour l’économie de la Chine et son développement stratégique. Il ne s’agit pas simplement de savoir qui a le plus de milliardaires ou les plus grandes entreprises, mais le défi avec les États-Unis signifie qu’il y a des domaines très spécifiques dans lequel le pays doit exceller, et son avenir stratégique et son succès en dépendent. C’est pourquoi Xi s’est attaqué aux jeunes et aux habitudes de jeu dans le cadre de son approche globale de l’éducation, en mettant également fin au soutien scolaire à but lucratif.

Mais comment cette limite de trois heures va-t-elle être appliquée ? Qui dira aux enfants « tu as eu tes trois heures, éteins maintenant ! », surtout si les parents ne sont pas coopératifs ? La Chine va sans aucun doute faire peser la charge réglementaire sur les sociétés de jeux pour qu’elles l’appliquent, et les punira si elles ne le font pas. Compte tenu de la manière dont la Chine moderne gère l’identité et les données, les gens pourraient être obligés de s’inscrire sur des plateformes de jeux pour vérifier leur âge et leurs documents d’identité, qui limiteront ensuite leur temps en conséquence. Il existe sans doute des moyens de contourner ces limites – il suffit de demander aux centaines de millions de Chinois qui utilisent des VPN (réseaux privés virtuels qui masquent votre identité réelle ou votre localisation) – et l’efficacité de cette mesure n’est pas évidente, elle dépend en grande partie de la volonté des parents d’être responsables et de discipliner leurs enfants.

En résumé, la Chine dit clairement qu’elle ne veut pas, n’a pas besoin et n’apprécie pas les joueurs. Il s’agit d’un passe-temps qui est fondamentalement une distraction, quelque chose qui est acceptable avec modération, mais pas en tant qu’addiction à grande échelle, étant donné qu’il a une faible valeur sociale. En le qualifiant d’« opium spirituel », la Chine évoque métaphoriquement un puissant souvenir historique : elle est enfermée dans une nouvelle « guerre de l’opium » contre l’Occident, avec une série de pays qui veulent imposer leurs préférences idéologiques, économiques et stratégiques à la Chine, tout comme les Britanniques ont cherché à le faire au XIXe siècle avec leurs exportations de drogue depuis le sous-continent indien.

Mais cette fois, Pékin a décidé que ce type d’asservissement ne pourra plus jamais se reproduire. Xi ne veut pas d’une société de joueurs, il veut une société d’ingénieurs, de scientifiques, de médecins et d’innovateurs ; le genre de personnes qui peuvent faire en sorte que Pékin gagne la course technologique et prenne le dessus dans la lutte avec l’Amérique. Ce faisant, il utilise les principes les plus forts du collectivisme contre la nature individualiste des sociétés occidentales, où les enfants font à peu près ce qu’ils veulent. Il s’agit d’une nouvelle ère de réforme socialiste, très ambitieuse et radicale, sans équivoque. C’est une expérience fascinante.

Tom Fowdy

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Pour contrer l’hostilité des États-Unis, la Chine prend des décisions politiques axées sur son peuple

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – le 1 septembre 2021

En décembre 2001, la Chine est devenue membre de l’Organisation mondiale du commerce. Cela a ouvert de nouveaux marchés pour l’industrie chinoise et a attiré de nombreux investissements étrangers.

La croissance de son PIB depuis lors est époustouflante.

Agrandir

 

Ce développement a permis à la Chine de réaliser d’énormes investissements dans les infrastructures. Il a également généré les ressources nécessaires pour éliminer la pauvreté.

Ce n’est pas une coïncidence si ce développement s’est produit alors que les États-Unis gaspillaient leur argent dans des guerres au Moyen-Orient. Alors que les États-Unis se retirent peu à peu de ces guerres pour affronter la Chine, le pays doit se préparer à ce nouvel environnement.

L’introduction de plus en plus de caractéristiques capitalistes dans l’économie chinoise au cours des 20 dernières années a créé des déséquilibres. Les entreprises ont tenté d’ignorer ou d’influencer les structures et réglementations gouvernementales. Les entreprises ont abusé de leurs travailleurs. La spéculation des riches a créé des bulles sur les marchés immobiliers. Les excès culturels qui ont mis l’accent sur l’individualisme ont menacé l’unité nationale.

Ces déséquilibres ont fait que la description de l’économie chinoise en tant que « socialisme aux caractéristiques chinoises » semble vide. À long terme, ils entraîneraient le mécontentement d’une grande partie de la population à l’égard de l’establishment politique au pouvoir. Il était grand temps d’éliminer les excès que le développement ultra rapide avait engendrés.

Le gouvernement devait agir pour éviter de futurs conflits internes. Depuis la fin de l’année dernière, il le fait avec la même efficacité qui lui a permis d’arrêter et d’éliminer les épidémies de Covid-19. Il le fait impitoyablement, sans se soucier de la valeur des actions boursières ou l’intérêt des investisseurs.

Il y a six semaines, je me suis opposé à la position de Stephen S. Roach sur les nouvelles réglementations chinoises et j’ai expliqué pourquoi le grand public chinois ne se soucie pas des « investisseurs » et soutiendra ces mesures.

Depuis lors, la campagne de réglementation s’est poursuivie avec une rapidité et un rythme étonnants. Voici une collection de titres, publiés depuis ma dernière prise de position, qui détaillent le développement et le déluge de nouvelles réglementations et lois destinées à remettre les choses en ordre tout en maintenant la croissance économique de la Chine.

Le nouveau slogan de cette époque est désormais « prospérité commune », une politique qui réduira les grands écarts de richesse tout en maintenant des incitations monétaires raisonnables et l’économie de marché en vie pour permettre la poursuite du développement.

Un pamphlet, rédigé par une figure maoïste mineure, qui justifie ces mesures et les replace dans un contexte politique plus large a été largement publié par les organes du Parti communiste :

Un commentaire largement publié dans les médias d'État chinois décrit la répression réglementaire du président Xi Jinping comme une "révolution profonde" qui balaie le pays et avertit que quiconque résiste s'expose à des sanctions.

"Il s'agit du retour d’une part des capitaux vers les masses populaires, c'est la transformation d’une politique centrée sur le capital à une politique centrée sur le peuple", déclare le commentaire, ajoutant que cela marquait un retour à l'intention initiale du Parti communiste. "Par conséquent, c'est un changement politique, et le peuple redevient le corps principal de ce changement, et tous ceux qui bloquent ce changement centré sur le peuple seront écartés."

L’auteur poursuit en plaçant cette « transformation profonde » dans un contexte géopolitique plus large :

"La Chine est actuellement confrontée à un environnement international de plus en plus sévère et complexe. Les États-Unis ont mis en œuvre des menaces militaires, des blocus économiques et technologiques, des frappes financières et un siège politique et diplomatique contre la Chine", écrit Li.

"Les États-Unis ont également lancé une guerre biologique, une cyberguerre et tourné l'opinion publique contre la Chine."

"Si nous devons encore compter sur les grands capitalistes comme force principale de l'anti-impérialisme et de l'anti-hégémonisme, ou si nous coopérons encore à la stratégie de 'tittytainment' des États-Unis, nos jeunes perdront leurs vibrations fortes et masculines et nous nous effondrerons comme l'Union soviétique, avant même d'être attaqués", a-t-il ajouté, affirmant que les États-Unis avaient lancé une révolution de couleur contre la Chine par différents canaux.

La "transformation profonde" en cours en Chine vise à répondre aux attaques brutales et féroces des États-Unis ainsi qu'à la situation internationale compliquée actuelle, a-t-il déclaré.

Les restrictions imposées au secteur du divertissement sont loin d'être suffisantes, car les travailleurs et les personnes ordinaires devraient devenir les personnages principaux sur les écrans. Les gens bénéficieront de l'objectif de "prospérité commune" après la réforme des secteurs de l'éducation, de la médecine et de la propriété, a-t-il écrit.

Si cela ressemble à une révolution culturelle 2.0, il est certain qu’il n’y aura pas de saccages d’étudiants maoïstes dans les bibliothèques ou de camps de rééducation pour les membres du parti.

Le capitaliste prédateur George Soros affirme dans le Financial Times que ces mesures vont condamner l’économie chinoise. (Voir ici la réponse de Michael Hudson.) Mais les personnes qui, comme Soros, s’opposent à des réglementations strictes oublient qu’il n’y aurait pas de marché sans elles. Les entreprises qui ne regardent que la valeur des actionnaires ne sont pas saines et ne permettent pas une société saine. Il suffit de regarder Boeing et les camps de sans-abri dans les villes américaines.

En dehors de leur fondement idéologique, les nouvelles mesures réglementaires sont populistes. Les masses vont les apprécier. Elles garantissent la réélection du président Xi Jinping lors du congrès national du parti l’année prochaine.

Elles renforceront l’unité de la Chine dans sa compétition avec les États-Unis.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

❌