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La Chine a « résolu » l’addiction aux jeux vidéo des jeunes

Le rapport montre que le comportement de divertissement des mineurs est passé des jeux à d’autres activités après la mise en œuvre des règles anti-dépendance chinoises pour les jeux.
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La Chine ne lâche pas la pression quant à l’activité biologique US en Ukraine

par Mikhail Gamandiy-Egorov. Face aux activités opaques de Washington et son refus de transparence, la Russie et la Chine n’auront d’autre choix que de trouver le moyen de faire la lumière sur ces activités.

La visite prochaine de Xi en Arabie Saoudite sera historique

Par : jmarti

Par M. K. Bhadrakumar − Le 11 novembre 2022 − Source Oriental Review

M.K. BhadrakumarC’est un symbole très puissant que le président chinois Xi Jinping ait fait le choix de réserver à l’Arabie Saoudite sa première visite à l’étranger après le Congrès du Parti. À en croire le Wall Street Journal, cette visite devrait se produire début décembre, et des préparations intenses sont en cours en vue de l’événement.

Le quotidien cite des personnes bien au fait des préparations, selon qui « l’accueil [réservé au dirigeant chinois] va sans doute ressembler » à celui accordé à Donald Trump en 2017 de par son faste et son apparat.

Il est aisé de prédire que la rencontre va centrer ses échanges sur la trajectoire à venir de l’« alliance » pétrolière sino-saoudienne — ou plutôt, l’établissement d’une alliance pétrolière comparable au cadre russo-saoudien de l’OPEP Plus. Cela étant dit, le contexte géopolitique de la prochaine visite de Xi est particulièrement riche en réalignements dans la région de l’Asie Mineure, et son impact sur le monde peut amener des conséquences profondes.

Le président chinois Xi Xinping planifierait une visite en Arabie Saoudite au cours de la deuxième semaine du mois de décembre 2022.

Le fait est que la Chine comme l’Arabie Saoudite sont des puissances régionales majeures, et que tout schéma qui les implique de manière bilatérale va porter des conséquences importantes sur le jeu politique international. Le Wall Street Journal affirme que « Pékin et Riyad s’emploient à nouer des liens plus resserrés et promeuvent une vision d’un monde multipolaire dans lequel les États-Unis ne dominent plus l’ordre global. »

Sans doute la guerre en Ukraine apporte-t-elle un contexte immédiat. Il va être extrêmement difficile à court terme pour les États-unis de s’extraire de la guerre sans subir un énorme camouflet et une perte de crédibilité en tant que super-puissance, ce qui va saper leur position de dirigeant transatlantique, et même faire peser un risque sur le système d’alliance occidentale en soi.

La Chine comme l’Arabie Saoudite auront tiré la conclusion que le « consensus bipartisan » sur le thème de la guerre en Ukraine pourrait ne pas survivre à la guerre tribale acharnée qui fait rage au sein de l’élite politique étasunienne, et qu’il est certain que ce consensus va éclater une fois statuées les élections de mi-mandat. Si les Républicains reprennent le contrôle de la Chambre des Représentants, ils vont lancer des démarches en vue d’obtenir la destitution du président Biden.

Une enquête est parue dimanche dans le Guardian, relatant des opinions d’experts, sous le titre Les conditions présentes sont propices à la violence politique : les États-Unis sont-ils au bord d’une guerre civile ? Il s’ensuit logiquement que la Chine comme l’Arabie Saoudite voient le désengagement des États-Unis dans la région de l’Asie Mineure prendre de l’ampleur.

Un sujet de discussion majeur animant la visite de Xi en Arabie Saoudite sera la stratégie de politique étrangère du pays arabe dénommée « Regard vers l’Est », qui aura anticipé le retrait étasunien depuis au moins une demi-décennie. La visite de Xi en Arabie Saoudite en 2016 en avait constitué un des événements jalon.

À n’en pas douter, Pékin a suivi de près la détérioration des relations étasuno-saoudiennes depuis cette date. Et Pékin n’a pas pu manquer le fait que récemment, les Saoudiens ont manigancé une coopération énergétique avec la Chine au milieu des tensions entre le prince héritier, Mohammed bin Salman, et Biden.

Pour preuve la plus flagrante, la rencontre virtuelle du 21 octobre dernier entre le prince Abdulaziz bin Salman bin Abdulaziz, ministre saoudien de l’énergie, et Zhang Jianhua, administrateur national de l’énergie pour la Chine — un homme politique d’expérience (qui fut membre de la 19ème commission centrale de discipline du parti communiste chinois.) Cette réunion s’est déroulée au moment d’une crise profonde dans les relations étasuno-saoudiennes, l’élite étasunienne allant jusqu’à menacer Riyad de sanctions.

Nul ne sera surpris d’apprendre que l’un des sujets clés discutés par les ministres chinois et saoudien a été le marché pétrolier. Selon la déclaration faite par les Saoudiens, les ministres « ont confirmé leur volonté d’œuvrer ensemble pour soutenir la stabilité du marché pétrolier international », et ont insisté sur la nécessité d’un « approvisionnement en pétrole fiable et à long terme pour stabiliser le marché global qui subit diverses incertitudes en raison de situations internationales complexes et mouvantes. » N’est-ce pas plus ou moins ce que l’OPEP Plus (l’alliance pétrolière russo-saoudienne) n’a de cesse d’affirmer ?

Les deux ministres avaient également discuté de coopérations et d’investissements conjoints dans des pays considérés par la Chine comme relevant de la vision stratégique autour de la Nouvelle route de la soie, et ont énoncé leur intention de continuer la mise en œuvre d’un accord sur les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire (chose à laquelle Washington s’est opposée.)

Il ne fait pas de doute que la réunion tenue entre les ministres a constitué une remontrance claire et nette visant Washington, et ayant pour objectif de rappeler à l’administration Biden que l’Arabie Saoudite dispose d’autres relations importantes dans le domaine de l’énergie, et que la politique pétrolière saoudienne n’est plus écrite à Washington. Plus important, le calcul qui est fait ici est que Riyad recherche un équilibre entre Pékin et Washington. Les paroles creuses prononcées par Biden au sujet d’une « lutte entre autocratie et démocratie » sont de nature à gêner l’Arabie Saoudite, alors que la Chine n’entretient pas d’agenda idéologique.

Chose notable, les ministres saoudien et chinois ont convenu d’approfondir leur coopération sur la chaîne d’approvisionnement en établissant un « nœud régional » pour que les producteurs chinois installés dans le royaume Saoudien puissent profiter de l’accès à trois continents dont jouit l’Arabie Saoudite.

Le résultat net en est que les élites saoudiennes, dans les milieux politiques et les milieux d’affaires, perçoivent de plus en plus la Chine comme une superpuissance et s’attendent à un engagement global de nature commerciale, suivant la méthode habituellement employée par la Chine et la Russie dans le monde. Les Saoudiens sont convaincus que leur « partenariat stratégique étendu«  de 2016 avec la Chine peut améliorer l’importance géopolitique croissante de leur royaume dans la guerre menée par la Russie en Ukraine, et que celle-ci souligne le fait que Riyad dispose désormais d’un nombre accru d’options, et va donc continuer de rechercher un équilibrage.

L’Arabie Saoudite noue également des liens de plus en plus étroits avec la Chine. Avec un pied sous la tente de l’OCS (le pays a obtenu le statut d’observateur), elle essaye désormais de joindre l’alliance des BRICS. Ces actions sont complémentaires, mais le format BRICS œuvre également à un système monétaire alternatif, chose qui attire Riyad.

Coïncidence ou non, l’Algérie et l’Iran, deux autres pays producteurs de pétrole de premier plan qui maintiennent des relations étroites avec la Russie essayent également de rejoindre l’alliance des BRICS, pour les mêmes raisons. Le fait même que l’Arabie Saoudite en fasse autant et se montre prête à contourner les institutions occidentales et à réduire le risque d’interaction avec elles, tout en explorant des voies parallèles pour nouer des relations financières, économiques et commerciales sans dépendre d’instruments contrôlés par les États-Unis ou l’Union européenne, est porteur d’un message très fort à destination du système international.

Le paradoxe réside en ce que la poussée menée par les Saoudiens vers l’autonomie stratégique va rester fragile tant que le pétrodollar continuera d’attacher le pays au système bancaire occidental. Par conséquent, l’Arabie Saoudite a une grande décision à prendre à l’égard de son engagement de 1971, entérinant le dollar étasunien comme « monnaie mondiale » (à la place de l’or), et de sa décision de ne vendre le pétrole qu’en échange de dollar — une décision qui a permis aux administrations étasuniennes successives d’imprimer des billets à volonté durant un demi-siècle, d’en tirer parti en blanchissant l’argent — et enfin d’utiliser le dollar comme leur arme la plus puissante pour imposer au niveau mondial une hégémonie étasunienne.

Le Wall Street Journal, en annonçant la visite prochaine de Xi en Arabie Saoudite, ajoute que la « re-calibration stratégique de la politique étrangère saoudienne est plus importante que l’explosion récente avec l’administration Biden au sujet de la production de pétrole… Plus récemment leur parade nuptiale (celle des Chinois et des Saoudiens) s’est intensifiée, avec des discussions sur la vente d’une participation à Saoudi Aramco, avec des contrats futurs labellisés en yuan dans le modèle de prix d’Aramco, ainsi que la possibilité d’utiliser le yuan comme monnaie d’échange pour les ventes de pétrole saoudien à la Chine. »

On avait l’habitude de voir les choses évoluer très lentement dans les décisions politiques saoudiennes. Mais Salman, le prince héritier, est pressé de recalibrer la boussole saoudienne, et peut prendre des décisions difficiles, comme en témoigne la création de l’OPEP Plus en alliance avec la Russie. La probabilité que l’Arabie Saoudite change son fusil d’épaule et se mette à vendre une partie de sa production de pétrole en yuan est plus élevée que jamais.

Si les choses finissent par évoluer dans cette direction, c’est bien un changement tectonique qui sera en marche — une re-calibration géo-stratégique majeure — de quoi positionner la visite menée par Xi en Arabie Saoudite comme un événement d’importance historique.

M. K. BHADRAKUMAR est un ancien diplomate de nationalité indienne, dont la carrière diplomatique a trois décennies durant été orientée vers les pays de l’ancienne URSS, ainsi que le Pakistan, l’Iran et l’Afghanistan. Il a également travaillé dans des ambassades indiennes plus lointaines, jusqu’en Allemagne ou en Corée du Sud. Il dénonce la polarisation du discours officiel ambiant (en Inde, mais pas uniquement) : « vous êtes soit avec nous, soit contre nous »

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Haïti : Une « occupation » américaine est-elle possible ?

La Chine et la Russie ont exprimé des réserves quant à la perspective de déploiement d’une force internationale armée en Haïti à la demande du gouvernement haïtien lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

C’est eux ou nous ! Il n’y a pas de négociation pour sortir de l’Histoire

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Pour les Américains, lors des guerres les humains sont l’équivalent des rats dans les laboratoires

par Caitlin Johnstone. Il semble que la guerre par procuration en Ukraine soit également utilisée pour aiguiser les griffes de la machine de guerre impériale en vue d’une guerre chaude imminente avec la Chine et/ou la Russie.

Dur dur d’être vassal

par Bruno Bertez. Les Américains sont féroces, ils veulent que l’Europe soit objectivement condamnée à dépendre des États-Unis dans la perspective de la Grande Confrontation avec le bloc Chinois. Nous sommes dans une phase d’alignement forcé.

Le Qatar va fournir du gaz à la Chine sur 27 années

Cette annonce intervient alors que l’Europe cherche à se tourner vers des alternatives aux hydrocarbures russes, sans être parvenue à un tel accord avec le riche émirat gazier du Golfe, le Qatar.

La Chine inflige à Charles Michel l’humiliation de sa vie

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Pourquoi les Américains repartent-ils sur la Lune?

Par : Volti
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Le graphique qui, à lui seul, explique tout

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Il explique pourquoi les États-Unis continuent à terrifier la Chine au sujet de Taïwan de la Mer de …

La Chine en ligne de mire

Par : Volti
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La diplomatie du bambou : L’idylle Chine-Asie du Sud-Est

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Première étape, Phnom …

Nouveau revers pour les USA : Chine et Vietnam engagent les négociations d’un partenariat stratégique militaires !

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Pour la civilisation américaine, contre l’impérialisme américain

Par : Ysengrimus

James Dean rime pas avec John Wayne,
Saint-Denys Garneau est mort désossé…

Lucien Francoeur

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YSENGRIMUS — Un mot d’abord, pour faire changement, sur mon exergue ici. Ce sont des vers de Lucien Francoeur que l’on peut citer quand la question du recentrage socio-économique et de la déchéance impériale de l’Amérique est en cause. Hector de Saint-Denys Garneau (1912-1943), poète, peintre, homme grand, beau, riche, indolent, ayant tout pour lui, meurt pourtant à 31 ans des complications d’une maladie rhumatismale qui le laisse tout amaigri. Il est la grandeur fondamentale de l’Amérique, hautaine, fugitive, fragile et fatale… James Dean (1931-1955), bien, cela ne rime pas avec John Wayne (1907-1979)… Cela s’entend au son mais aussi au sens. Dean ado révolté mort jeune. Wayne cow-boy réac (genre Reagan) mort vieux. Trois pôles antinomiques du fait américain. La jeune Amérique meurt jeune. La vieille Amérique réactionnaire dure et dure. Sa dimension impériale s’enfle, sa dimension civilisationnelle se désosse. Il est plus que temps d’inverser ça un petit peu. Ça ne rime pas, et ne rime à rien.

Car maintenant, je vais vous dire un truc. Je ne crois pas vraiment à la connerie américaine et je suis aussi pro-américain pour l’intelligence sagace, la rouerie matoise, la lucidité, le réalisme, la richesse ethno-culturelle, la simplicité intellectuelle sans complexe, la saine et fluide cordialité, la langue bien pendue, la vis comica, la sagesse sourde de ce nouveau monde virulent, critique, souple et libre… que je suis anti-impérialiste (ce qui m’oblige à brasser les américains de temps en temps, si tant est qu’ils s’en soucient…). Les impérialistes américains sont fondamentalement bellicistes, militaristes, ploutocrates et bêtes (je vous passe les sempiternelles ritournelles des guerres de théâtres des temps passés et présents, Vietnam, Afghanistan etc…), ce sont leurs moyens titanesques qui, malgré la susdite bêtise et inénarrable incurie, les tiennent en place encore pour un temps. Et, par delà les fausses rédemptions politiciennes, l’intelligence des américains, qui est ailleurs, ne se mesure nullement à l’aune de la sottise épaisse de leur impérialisme… Je suis pour la civilisation américaine, contre l’impérialisme américain et archi-contre l’idée fixiste implicite que ces deux aspects sont inséparables. L’histoire est en train de mettre une cassure de plus en plus nette entre l’Amérique de demain et son impérialisme auto-sanctifié d’hier. Ça fait mal mais ça s’en vient. Nous, et notre bon voisinage tant mondial que panaméricain, nous en porterons tous beaucoup mieux quand ce divorce sera consommé. Un jour viendra…

Le détroit de Taiwan (photo satellite du UCLA Asia Institute)

L’impérialisme américain craque dans tous ses maillons. On nous bassine bien avec le Moyen-Orient mais des maillons faibles de l’impérialisme américain, il y en a d’autres, et pas des petits. Un cas d’espèce peu publicisé, par exemple, c’est celui de Taiwan. La Chine continentale monte en puissance et alors, comme par hasard, la tension taiwanaise rejaillit épisodiquement. Sauf que… attention ici. C’est chinois donc c’est subtil. Simplisme grossier s’abstenir. Lors de la première (1955) seconde (1958 – sous Eisenhower) et troisième (1995 – sous Clinton) crise du détroit de Taiwan, les porte-avions US se sont portés directement et concrètement au secours de la ci-devant République de Chine (Taiwan). De nos jours, on semble plutôt tendre à opter pour une formule plus ambivalente: on vous vend par avance du matos pour soldoques et bruits de bottes (terrestres – ceci N.B.), mes bons taiwanais, et négociez ensuite vos affaire par vous-même… entre vous, ni plus ni moins. Cette fois-ci, c’est cash & carry, donc, en fait. Signal implicite et feutré: ne comptez pas sur nous pour aller faire nager des brasses belliqueuses ou symboliques à nos flottes dans le détroit de Taiwan pour vous tirer de la nasse de ce siècle nouveau. Mon pronostic: sous couvert de les armer (un peu), les USA larguent en fait la République de CHINE ou CHINE nationaliste (Taiwan). Sous l’ergotage et le plastronnage à la Fonzie couve son contraire veule, la concession. Ce n’est pas du Eisenhower, ça. Je vous en passe mon carton. Pourquoi le nom très officiel de cette île est-il CHINE au fait… Demandez aux autorités de Pékin, ils vont bien éclairer votre lanterne sur la question. Chine ça veut dire Chine, non? C’est pas du chinois ça… On ne va pas faire péter la planète pour ça… C’est à suivre attentivement, cette montée toute ordinaire de la vraie de vraie Chine. La subreptice mise en place de l’Amérique post-impériale nage sinueusement, entre autres, dans le détroit de Taiwan… Oh, oh, je le redis. L’impérialisme américain a sauté par-dessus son requin en mer de Chine, et partout ailleurs. TO JUMP THE SHARK (sauter par-dessus le requin), cela fait référence au feuilleton HAPPY DAYS. Comme tous les feuilletons populaires de l’Amérique impériale, HAPPY DAYS s’amplifie, se magnifie, s’hypertrophie, en rajoute. Puis un beau jour de 1977, dans une scène restée iconique, on nous présente justement Fonzie (un des persos les plus populaires du feuilleton) sautant par-dessus un requin en skis nautiques. Fracture, perte subite de magie, yeux qui se dessillent. Là HAPPY DAYS a charrié trop loin et le saut de Fonzie au dessus du requin marque le moment où ce feuilleton, jadis plaisant, crédible et valide, bascule dans la pantalonnade, le ridicule, le grotesque, l’inepte, l‘incohérent. Et c’est le déclin irréversible dont la borne initiale est à jamais marquée par Fonzie sautant par dessus le requin en skis nautiques. Sauter par dessus le requin est aujourd’hui une expression idiomatique américaine encapsulant: «Charrier trop loin, dépasser les bornes du tolérable et entrer en déclin». L’impérialisme américain a sauté par-dessus son requin et c’est la civilisation américaine qui se prend tout le discrédit dans la gueule.

Traduction: «J’ai vu Fonzie sauter par-dessus le requin». Interprétation symbolique: j’ai vu le spectacle impérial US en faire autant…

Aussi, justement, conséquemment, de plus en plus, on va devoir observer l’Amérique avec d’autres lentilles. On va devoir l’appréhender non plus dans sa généralité impériale si flatulente mais bel et bien dans sa spécificité civilisationnelle si truculente. Cela nous obligera, par exemple, à observer mille particularités et curiosités, dont la suivante. L’impérialisme US, bouteur ne faisant habituellement pas dans la dentelle, s’est planté lamentablement dans l’exportation internationale d’un de ses objets culturels pourtant majeurs: ses sports. Le baseball, le football américain, le hockey sur glace, même le basketball, immenses pour les ricains, le reste de la planète s’en tape totalement ou quasi-totalement. Et le foot/soccer, qui est désormais LE sport universel, les ricains y perdent leur latin et s’y mettent tardivement et sans joie réelle. C’est quand même curieux, ça, quand on y songe une minute. Non-impérial en diable aussi, pour faire un peu changement. De fait, une part significative de la spécificité intellectuelle (notez ce mot) américaine se canalise dans ses sports. C’est que ceux-ci sont un trait tellement typiquement US… bien plus que la musique, la littérature et le reste. Le sportif américain est voué à sa non-universalité, ce qui place sa spécificité (folklorique et philosophique inclusivement) en un singulier et saisissant relief. Et j’en veux pour preuve ultime, le remarquable opus suivant: Yogi BERRA, The Yogi Book – I really didn’t say everything I said, Workman Publishing, New York, 1998, 127 p. La civilisation américaine non-impériale est là (entre autres) et nous attend, biscornue, sapientale et clownesque.

Peter Lawrence Berra dit Yogi Berra (1925-2015) fut receveur pour les mythiques Yankees de New York de 1946 à 1963. Il fut un de ces innombrables joueurs en pyjama rayé qui hantent le panthéon des figures incroyables du baseball majeur (il portait le numéro 8, retiré depuis, et, fait crucial, le personnage de dessin animé Yogi Bear fut nommé d’après lui, pas le contraire). Un mot brièvement sur sa fiche. Frappeur, Yogi Berra tint une moyenne au bâton très honorable de .285. Pour obtenir ce chiffre, au fait, vous divisez simplement le nombre de coups de bâtons fructueux par le nombre de présences au marbre. Si un joueur se présente au marbre 20 fois et frappe la balle correctement huit fois (8/20 soit 40%), il se retrouve avec une moyenne au bâton de .400 et… finit catapulté au Temple de la Renommée s’il tient cela en carrière (le monstrueux Babe Ruth, le titan des titans du baseball majeur tint une moyenne globale de .342). De plus, Yogi Berra cogna 359 coups de circuits en carrière (Babe Ruth en cogna 714). Encore une fois: honorable. En défensive, Yogi Berra fut un receveur talentueux qui, entre autres exploits, fut justement le receveur de la fameuse partie parfaite lancée par Don Larsen lors de la Série Mondiale de 1956 contre les Dodgers de Brooklyn. On aura compris qu’une partie parfaite se réalise quand, oh merveille, aucun des 27 frappeurs (3 par manche de jeu avec 9 manches dans une partie) de l’équipe adverse n’arrive à frapper la balle que vous lancez/recevez. Berra fut intronisé au Temple de la Renommée du Baseball Majeur en 1972. Après une carrière de gérant moins fructueuse s’étalant cahin-caha jusqu’en 1989, Yogi Berra prit une retraite paisible et l’affaire aurait pu en rester là, avec un mérite sportif aussi parfaitement incontestable que solidement circonscrit au petit monde des grands stades.

Yogi Berra, receveur de baseball et… réceptacle philosophique

Mais non, cet homme peu instruit, jovial, simple et spontané, allait devenir, presque sans s’en rendre compte et quasiment malgré lui, l’un des héros populaires les plus bizarres et les plus originaux de l’Amérique du 20ième siècle. Et qui plus est un héros intellectuel… En effet, Yogi Berra est à l’origine d’une série d’environ 70 aphorismes populaires (les fameux Yogismes, tous colligés dans le petit ouvrage que je vous mentionne ici) qui font de lui l’un des penseurs (absolument sans ironie) les plus cités par ses compatriotes. Son ami et ancien confrère avec les Yankees Joe Garagiola nous dit ceci, sur cette figure tellement, mais tellement éminement et fondamentalement américaine, dans la préface de l’ouvrage (je traduis – P.L.):

On peut bien rire et se prendre la tête quand Yogi dit quelque chose de curieux comme «Tant que c’est pas fini, c’est pas fini», mais vite on se rend compte que ce qu’il dit est tout à fait cohérent. Et on en vient à utiliser ses paroles nous-mêmes car, finalement, elles s’avèrent un mode d’expression parfaitement adéquat pour les idées spécifiques auxquelles nous pensons.

De fait, la clef du mystère des Yogismes, c’est la logique toute simple de Yogi. Il emprunte peut-être une route distincte de celle que nous emprunterions pour raisonner, mais sa route est la plus rapide et la plus vraie des routes. Ce que vous diriez en un paragraphe. Il le dit, lui, en une seule phrase.
(p. 5)

La transmission populaire des aphorismes de Yogi Berra, via un colportage oral et médiatique s’étalant sur plus d’un demi-siècle, avait, avant la publication de ce petit ouvrage définitif, connu un certain nombre de brouillages et de distorsions regrettables. On imputait à Yogi Berra toutes sortes de citations farfelues, peu cohérentes, souvent excessivement ridicules et clownesques, d’où le sous-titre de l’ouvrage: J’ai pas vraiment dit tout ce que j’ai dit (pour dire: je n’ai pas vraiment dit tout ce qu’on m’impute – mais le fait est que je reste quand même présent aux aphorismes qu’on m’impute et que je n’ai pas textuellement dit – Ouf, Joe Garagiola a raison, la formule de Yogi surprend, mais elle est bien plus rapide). Un petit nombre des aphorismes de Yogi Berra sont intraduisibles parce qu’ils jouent sur des effets de sens spécifiques à la langue anglaise. Mais la majorité d’entre eux se transpose parfaitement en français (ou dans toute autre langue), ce qui garantit sans conteste leur impact de sagesse. Citons-en six, sublimes :

Quand vous arrivez à une croisée des chemins, eh bien, prenez la
(p. 48)

Si le monde était parfait, il ne serait pas
(p. 52)

Si vous ne pouvez l’imiter, évitez donc de le copier
(p. 63)

On arrive à observer énormément simplement en regardant
(p. 95)

L’avenir n’est plus ce qu’il était
(pp. 118-119)

Tant que c’est pas fini, c’est pas fini
(p. 121)

Chacun des quelques 70 aphorismes est cité dans sa formulation propre et replacé dans le contexte verbal qui fut celui de son émergence spontanée initiale. L’ouvrage remarquable que je vous recommande ici se complète de la préface de Joe Garagiola (pp 4-5), d’une introduction très sympathique écrite par les trois fils Berra (pp 6-7), de photos et de commentaires d’amis et d’anciens collègues de ce surprenant philosophe vernaculaire. Et, pour le pur plaisir, une grande photo de famille nous présente (pp 124-125) les enfants et les petits enfant du Sage, avec un aphorisme numéroté par personne. C’est ainsi que l’on apprend qu’une de ses petites filles du nom de Whitney aurait dit un jour:

Comment puis-je la retrouver si elle est perdue?
(p. 125)

Eh bien… la sagesse inouïe de Yogi Berra, elle, n’est plus perdue. Ce petit ouvrage délicieux la retrouve. Et, justement, oh que justement, c’est toute l’Amérique cogitante qui y percole. Ne cherchons plus ses philosophes, ils sont à se courailler, en ricanant comme des sagouins et en pensant à leur manière, autour de tous les losanges de baseball, connus et méconnus, de ce continent incroyable… Alors? Alors, quand leurs grandes bourgeoisies criminelles et véreuses auront fini de tuer des gens inutilement pour engraisser leurs consortiums de pétrole et d’armes, les modestes représentants de la civilisation américaine ne vont pas se pulvériser. On saura bien les retrouver, pimpants, sagaces, toniques, naturels, contemplativement braqués sur le Field of dreams, apaisé et post-impérial, vers lequel, comme les Britanniques, comme les Français avant eux, NOS Américains se dirigent inexorablement. L’apophtegme Les USA peuvent ENCORE faire de grandes choses (Barack Obama dixit), affirmé ici sur les questions intérieures, rejoint le plus souffreteux Les USA peuvent ENCORE indiquer la voie (Barack Obama toujours dixit), affirmé par le premier président américain du 21ième siècle, dans plusieurs rencontres internationales. C’est comme ma vieille maman, hein, elle peut ENCORE s’alimenter seule… Sentez-vous la conscience post-hégémonique exprimée par ce tout petit ENCORE? J’approuve ET le déclin impérial ET la continuité civilisationnelle que formule ce Sweet Encore… Le président Obama manifeste d’ailleurs un autre exemple vraiment patent de cette dualité du déclin bourgeois et de la continuité de masse de sa civilisation, quand il affirme qu’il veut se remettre à taxer les millionnaires, milliardaires et autres proriétaires d’avions à réaction privés. En effet, ce faisant, Obama prive ouvertement ses commettants de la doctrine économique sous-tendant ce nouveau type de choix politiques. Il subjectivise l’analyse en mettant un focus excessif sur les milliardaires, les Lex Luthor, les propiétaires d’avions à réaction privés, les individus riches (qu’on rabroue). Or, dans le mouvement, Obama nous annonce aussi qu’il va priver TOUTE l’industrie pétrolière de la pause fiscale de l’ère Bush/Chevron. Cela signifie que cette administration ne croit plus que ce segment industriel majeur utilise ses profits colossaux pour réinvestir productivement (la fonction habituelle d’une pause fiscale). Flagornage populiste à part, c’est toute une analyse critique du capitalisme industriel privé qui se profile ici. Ah, Obama fait explicitement l’annonce de la fin des niches fiscales du secteur pétrolier mais, adroit orateur, il la noie dans le rabrouage des Lex Luthor, en gardant ses conséquences profondes encore bien cachées. Je vous le dis, grands et petits, les indices de ce genre se multiplient. C’est que la civilisation américaine ne s’avoue tout simplement pas encore à elle-même qu’elle oeuvre ouvertement à la dissolution de son impérialisme. Et c’est aussi que, ben, que voulez-vous… l’avenir n’est plus ce qu’il était (Yogi Berra).

Yogi BERRA, The Yogi Book – I really didn’t say everything I said, Workman Publishing, New York, 1998, 127 p.

La Chine à l’offensive: l’hégémonie atlantiste malmenée dans la sphère économique…

Preuve qu’au-delà du théâtre militaire ukrainien où se joue ce qui reste de la crédibilité de son hégémonie coloniale mondiale, la ploutocratie occidentale est aujourd’hui en (très) grande difficulté, non seulement sur le plan géopolitique (où les séismes se multiplient …

Le 4ème Empire sera-t-il américain?

La logique d'Empire des USA fonde la guerre en cours face à la Russie, et celle à venir face à la Chine. L'Europe, trahie par ses élites, est supposée applaudir.

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