Plandémie de Covid

🔒
❌ À propos de FreshRSS
Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
Hier — 26 mai 2022Vos flux RSS

Les subtilités de la rhétorique gauchiste pro-occidentale en Ukraine

Par Edward CURTIN.    Commentaires

Source »» https://reseauinternational.net/les-subtilites-de-la-rhetorique-gauchi…

Le fait déconcertant est que de nombreux intellectuels de gogauche « respectés » (sic) sont en réalité les gardiens de l’empire. Opposition contrôlée. Chez de telles personnes, l’anticommunisme est profond et des demi-vérités sont habilement brandies pour prétendre à une impartialité élevée.

Chomsky : Maître de la demi-vérité (pendant 40 ans dans les rangs de la gauche opportuniste et réformiste. NDÉ). Il blâme et sauve souvent l’empire dans un même souffle. «Un fléau sur vos deux maisons» – tel que pratiqué par lui et d’autres personnes de stature publique (bourgeoise) similaire – reste une posture sournoise, typique des libéraux, (des Bobos gauchisants et autres chiendents NDÉ) et non des véritables anti-impérialistes.

Alors que les médias dits libéraux et conservateurs – tous à la solde des agences de renseignement – déversent la propagande la plus flagrante sur la Russie et l’Ukraine, si évidente qu’elle en deviendrait comique si elle n’était pas si dangereuse, les connaisseurs autoproclamés ingèrent également des messages plus subtils, souvent issus des médias alternatifs (le prolétariat nous en préserve. ).

Une femme que je connais et qui est au courant de mes analyses sociologiques de la propagande m’a contacté pour me dire qu’il y avait un excellent article sur la guerre en Ukraine dans The Intercept, une publication en ligne financée par le milliardaire Pierre Omidyar que je considère depuis longtemps comme un exemple majeur de reportage trompeur où la vérité est mélangée à des mensonges pour véhiculer un récit « libéral » qui soutient fondamentalement les élites dirigeantes tout en semblant les combattre. Cela n’a rien de nouveau, bien sûr, puisque c’est le modus operandi de tous les médias institutionnels, chacun à sa manière idéologique et malhonnête, comme le New York Times, CBS, le Washington Post, le New York Daily News, Fox News, CNN, NBC, etc. depuis très longtemps (il n’est jamais trop tard pour se réveiller. NDÉ).

Néanmoins, par respect pour son jugement et sachant combien elle se sent profondément concernée par toutes les personnes qui souffrent, j’ai lu l’article. Écrit par Alice Speri, son titre semblait ambigu – «La gauche en Europe fait face à la résurgence de l’OTAN après l’invasion de l’Ukraine par la Russie» – jusqu’à ce que je voie le sous-titre qui commence par ces mots : «L’invasion brutale de la Russie complique…» Mais j’ai continué à lire. Au quatrième paragraphe, il est devenu clair où cet article voulait en venir. Speri écrit que «En Ukraine, par contraste [avec l’Irak], c’était la Russie qui avait organisé une invasion illégale et non provoquée, et le soutien à l’Ukraine par les États-Unis était considéré par beaucoup comme crucial pour éviter des atrocités encore pires que celles que l’armée russe avait déjà commises.»

Alors qu’il s’agit ostensiblement de militants européens anti-guerre et anti-OTAN pris dans un dilemme, l’article poursuit en affirmant que si les États-Unis et l’OTAN se sont rendus coupables d’une expansion injustifiée pendant de nombreuses années, la Russie a été un agresseur en Ukraine et en Géorgie et est coupable de terribles crimes de guerre, etc.

Il n’y a pas un mot sur le coup d’État fomenté par les États-Unis en 2014, ni sur les mercenaires soutenus par la CIA et le Pentagone en Ukraine, ni sur leur soutien au bataillon néonazi Azov et aux années d’attaques de l’Ukraine dans le Donbass où plusieurs milliers de personnes ont été tuées. On suppose que ces actions ne sont pas criminelles ou ne sont pas des provocations. Et il y a ceci :

« La réponse hésitante des militants pacifistes européens est à la fois le reflet d’une invasion brutale et non provoquée qui a stupéfié le monde (sic) et celui d’un mouvement anti-guerre qui s’est réduit et marginalisé au fil des ans. La gauche, tant en Europe qu’aux États-Unis, a eu du mal à répondre à une vague de soutien à l’Ukraine qui va à l’encontre des efforts déployés depuis des décennies pour libérer l’Europe d’une alliance militaire dirigée par les États-Unis. »

En d’autres termes, l’article, couché dans une rhétorique anti-guerre, était une propagande anti-Russie. Lorsque j’ai fait part de mon analyse à mon amie, elle a refusé d’en discuter et s’est mise en colère contre moi, comme si j’étais donc un partisan de la guerre. J’ai constaté que c’est une réaction courante. (En effet, l’auteur est un partisan de la guerre réactionnaire – du côté russo-chinois du conflit – alors que d’autres bobos opportunistes sont favorables au côté USA-OTAN de la force. NDÉ).

Les gens passent si souvent à côté des contre-vérités contenues dans des articles qui sont en grande partie véridiques et exacts. Je le remarque constamment. Elles sont comme de petites graines glissées dans l’article en espérant que personne ne s’en rende compte ; elles opèrent leur magie presque inconsciemment. Peu de gens les remarquent, car elles sont souvent imperceptibles. Mais elles ont leurs effets, sont cumulatives et sont bien plus puissantes au fil du temps que les déclarations fracassantes qui rebuteront les gens, surtout ceux qui pensent que la propagande ne fonctionne pas sur eux. C’est le pouvoir d’une propagande réussie, qu’elle soit intentionnelle ou non. Elle fonctionne particulièrement bien sur les personnes « intellectuelles » et très éduquées.

Par exemple, dans une interview récente, Noam Chomsky, après avoir été présenté comme un Galilée, un Newton et un Descartes des temps modernes, parle de la propagande, de son histoire, de Edward Bernays, de Walter Lippman, etc. Ce qu’il dit est historiquement exact et instructif pour quiconque ne connaît pas cette histoire. Il parle avec sagesse de la propagande des médias étasuniens concernant leur guerre non provoquée contre l’Irak et il qualifie avec précision la guerre en Ukraine de « provoquée ». Et ensuite, concernant la guerre en Ukraine, il lâche cette déclaration surprenante :

« Je ne pense pas qu’il y ait des « mensonges significatifs » dans les reportages de guerre. Les médias américains font généralement un travail très honorable en rapportant les crimes russes en Ukraine (sic). C’est précieux, tout comme il est précieux que des enquêtes internationales soient en cours en vue d’éventuels procès pour crimes de guerre. »

En l’espace d’un battement de cil, Chomsky dit quelque chose de si incroyablement faux qu’à moins de le considérer comme un Galilée des temps modernes, ce que beaucoup font, cela peut passer pour vrai et vous passerez sans problème au paragraphe suivant. Pourtant, c’est une déclaration si fausse qu’elle en devient risible. La propagande médiatique concernant les événements en Ukraine a été si manifestement fausse et ridicule qu’un lecteur attentif s’arrêtera tout de suite et pensera : est-ce qu’il vient de dire ça ?

Chomsky considère donc maintenant que les médias, tels que le New York Times et ses semblables, qu’il a correctement fustigés pour avoir fait de la propagande pour les États-Unis en Irak et au Timor oriental, pour ne citer que deux exemples, font « un travail très honorable en rapportant les crimes russes en Ukraine », comme si, soudain, ils n’étaient plus les porte-parole de la CIA et de la désinformation étasunienne. Et il dit cela alors que nous sommes au milieu du plus grand blitz de propagande depuis la Première Guerre mondiale, avec sa censure, son Disinformation Governance Board (conseil de gouvernance de la désinformation) traquant les dissidents, qui frôlent la parodie de 1984 de Orwell.

Il est encore plus malin lorsqu’il affirme avec désinvolture que les médias font du bon travail en rapportant les crimes de guerre de la Russie, alors qu’il a déjà dit ceci à propos de la propagande :

« Ainsi, ça continue. En particulier dans les sociétés plus libres, (sic) où les moyens de violence de l’État ont été limités par l’activisme populaire, il est très important de concevoir des méthodes de fabrication du consentement et de s’assurer qu’elles sont bien assimilées, devenant aussi invisibles que l’air que nous respirons, notamment dans les cercles éduqués et structurés. L’imposition de mythes de guerre est une caractéristique régulière de ces entreprises. » (Ajoutons que le fascisme est l’accomplissement de la démocratie bourgeoise sous le totalitarisme et le militarisme. NDÉ).

 

C’est tout simplement magistral. Expliquer comment la propagande atteint les sommets et comment s’y opposer, puis en glisser un soupçon dans son analyse. Et pendant qu’il y est, Chomsky s’assure de faire l’éloge de Chris Hedges, l’un de ses disciples, qui a lui-même récemment écrit un article – “ L’âge de l’auto-illusion ” – qui contient également des points valables faisant appel à ceux qui en ont assez des guerres, mais qui aussi contient les mots suivants :

« Le revanchisme de Poutine est égalé par le nôtre. La désorganisation, l’inaptitude et le moral bas des conscrits de l’armée russe, ainsi que les échecs répétés du haut commandement russe en matière de renseignement, apparemment convaincu que la Russie écraserait l’Ukraine en quelques jours, révèlent le mensonge selon lequel la Russie est une menace mondiale. « L’ours russe s’est effectivement dégonflé », écrit l’historien Andrew Bacevich. Mais ce n’est pas une vérité que les faiseurs de guerre transmettent au public. La Russie doit être gonflée pour devenir une menace mondiale, malgré neuf semaines d’échecs militaires humiliants. »

Le revanchisme de la Russie ? Où ? Revanchisme ? Pour récupérer quel territoire perdu les États-Unis ont-ils jamais fait la guerre ? L’Irak, la Syrie, Cuba, le Vietnam, la Yougoslavie, etc. ? L’histoire des États-Unis n’est pas une histoire de revanchisme mais de conquête impériale, de saisie ou de contrôle de territoire, tandis que la guerre de la Russie en Ukraine est clairement un acte d’autodéfense après des années de provocations et de menaces EU/OTAN/Ukraine, ce que Hedges reconnaît. « Neuf semaines d’échecs militaires humiliants » ? – alors qu’ils contrôlent une grande partie de l’est et du sud de l’Ukraine, y compris le Donbass. Mais son faux message est subtilement tissé, comme celui de Chomsky, dans des phrases qui sont vraies.

« Mais ce n’est pas une vérité que les faiseurs de guerre communiquent au public. » Non, c’est exactement ce que les médias porte-parole des faiseurs de guerre – c’est-à-dire le New York Times (l’ancien employeur de Hedges, qu’il ne manque jamais de mentionner et pour qui il a couvert la destruction sauvage de la Yougoslavie par l’administration Clinton), CNN, Fox News, le Washington Post, le New York Post, communiquent chaque jour au public pour leurs maîtres. Des gros titres qui disent comment la Russie, tout en commettant des crimes de guerre quotidiens, échoue dans ses objectifs de guerre et que le héros mythique Zelensky mène les Ukrainiens à la victoire. Des propos selon lesquels « l’ours russe s’est effectivement dégonflé » présentés comme des faits.

Oui, ils gonflent le mythe du monstre russe, pour ensuite le percer avec le mythe de David battant Goliath.

Mais étant dans le domaine des jeux d’esprit (trop de cohérence conduit à la clarté et trahit le jeu), on peut s’attendre à ce qu’ils brouillent leurs messages de manière continue pour servir l’agenda étasunien en Ukraine et poursuivre l’expansion de l’OTAN dans la guerre non déclarée avec la Russie, pour laquelle le peuple ukrainien sera sacrifié. Orwell l’a appelé « double pensée » :

« La double pensée est au cœur même de l’Ingsoc, puisque l’acte essentiel du Parti est de recourir à la tromperie consciente tout en conservant la fermeté d’intention qui va de pair avec une honnêteté totale. Dire des mensonges délibérés tout en y croyant sincèrement, oublier tout fait devenu gênant, puis, lorsque cela devient nécessaire, le tirer de l’oubli juste le temps qu’il faut, nier l’existence de la réalité objective et, en même temps, tenir compte de la réalité que l’on nie – tout cela est indispensable… avec le mensonge toujours en avance sur la vérité. »

Révélant tout en dissimulant et en injectant des inoculations de contre-vérités qui n’obtiendront qu’une attention superficielle de la part de leurs lecteurs, les écrivains mentionnés ici et d’autres ont un grand attrait pour l’intelligentsia de gauche. Pour des gens qui vénèrent fondamentalement ceux qu’ils ont investis d’infaillibilité et de génie, il est très difficile de lire attentivement des phrases et de déceler l’arnaque. Le subterfuge est souvent très habile et fait appel au sentiment d’indignation des lecteurs face à ce qui s’est passé dans le passé – par exemple, les mensonges de l’administration de George W. Bush sur les armes de destruction massive en Irak.

Chomsky, bien sûr, est le chef de la meute, et ses disciples sont légion, y compris Hedges. Depuis des décennies, ils évitent ou soutiennent les versions officielles des assassinats de JFK et RFK, des attentats du 11 septembre 2001 qui ont directement conduit à la guerre contre le terrorisme et à tant de guerres d’agression, et de la récente propagande Covid-19 avec ses verrouillages (ses confinements déments et meurtriers. NDÉ) et ses répressions dévastatrices des libertés civiles. Ils sont loin d’être des amnésiques historiques, bien sûr, mais considèrent manifestement que ces événements fondateurs n’ont aucune importance, car sinon ils les auraient abordés. Si vous attendez d’eux des explications, vous attendrez longtemps.

Dans un article récent – “ How the organized Left got Covid wrong, learned to love Lockdowns and lost its Mind : an Autopsy ” – Christian Parenti écrit ceci à propos de Chomsky :

« La quasi-totalité de l’intelligentsia de gauche (petite bourgeoise opportuniste et réformiste NDÉ) est restée psychiquement bloquée en mars 2020. Ses membres ont applaudi la nouvelle répression de la biosécurité et traité de menteurs, d’escrocs et de fascistes tous ceux qui n’étaient pas d’accord. Généralement, ils l’ont fait sans même s’engager sur des preuves et en évitant le débat public. Parmi les plus visibles, citons Noam Chomsky, l’anarcho-syndicaliste autoproclamé qui a appelé les personnes non vaccinées à «se retirer de la société» et a suggéré que l’on devrait les laisser mourir de faim si elles refusaient de se soumettre.»

La critique de Parenti sur la réponse de la gauche (pas seulement celle de Chomsky et Hedges) au Covid s’applique également aux événements fondateurs mentionnés ci-dessus, ce qui soulève des questions plus profondes sur la pénétration de la CIA et de la NSA dans les médias en général, un sujet qui dépasse le cadre de cette analyse.

Pour ceux, comme la femme libérale qui m’a renvoyé à l’article de The Intercept, qui diraient sans doute de ce que j’ai écrit ici : Pourquoi vous en prendre aux gauchistes ? ma réponse est très simple.

Les agendas pernicieux de la droite et des néoconservateurs sont évidents ; rien n’est vraiment caché ; on peut et on doit donc s’y opposer. Mais de nombreux gauchistes servent deux maîtres et sont beaucoup plus subtils. Ostensiblement du côté des gens ordinaires et opposés à l’impérialisme et aux prédations des élites à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ils sont souvent les auteurs d’une rhétorique séduisante qui échappe à leurs partisans. Une rhétorique qui alimente indirectement les guerres auxquelles ils prétendent s’opposer.


À notre avis le problème de la révolution populaire ne se pose pas en termes de « gauche » ou de « droite » bourgeoise mais en termes de guerre réactionnaire impérialiste et de guerre populaire révolutionnaire, dilemme que ne peut résoudre le « pacifisme gauchiste ou droitiste ».

Voici un extrait du manifeste contre la guerre impérialiste, d’une brûlante actualité, publié en février 1915 par le groupe anarchiste (dont A. Berkman, E. Goldmann, E. Malatesta, D. Nieuwenhuis), pouvant servir de plateforme minimale de classe sur la question de la guerre:

« Aussi est-il naïf et puéril, après avoir multiplié les causes et les occasions de conflits, de chercher à établir les responsabilités de tel ou tel gouvernement. Il n’y a pas de distinction possible entre les guerres offensives et les guerres défensives. (…) Aucun des belligérants n’a le droit de se réclamer de la civilisation, comme aucun n’a le droit de se déclarer en état de légitime défense. (…) Quelle que soit la forme qu’il revête, l’État n’est que l’oppression organisée au profit d’une minorité de privilégiés. Le conflit actuel illustre cela de façon frappante : toutes les formes de l’État se trouvent engagées dans la guerre présente: l’absolutisme avec la Russie, l’absolutisme mitigé de parlementarisme avec l’Allemagne, l’État régnant sur des peuples de races bien différentes avec l’Autriche, le régime démocratique constitutionnel avec l’Angleterre, et le régime démocratique républicain avec la France. (…) Le rôle des anarchistes (des Révolutionnaires NDA), quels que soient l’endroit ou la situation dans lesquels ils se trouvent, dans la tragédie actuelle, est de continuer à proclamer qu’il n’y a qu’une seule guerre de libération: celle qui, dans tous les pays, est menée par les opprimés contre les oppresseurs, par les exploités contre les exploiteurs».

En complément je vous invite à lire ceci: Contre la Guerre Impérialiste, pour la Guerre de Classe – les 7 du quebec et ceci: Faisons la guerre à la guerre réactionnaire! – les 7 du quebec  et ceci: LETTRE OUVERTE CONTRE LA GUERRE IMPÉRIALISTE – les 7 du quebec et ceci: 5 QUESTIONS POUR COMPRENDRE JUSQU’OÙ IRA LA GUERRE EN UKRAINE – les 7 du quebec  et ceci: Guerre en Ukraine pour une pose dans la mondialisation – les 7 du quebec

À partir d’avant-hierVos flux RSS

Les cauteleuses et coûteuses guerres modernes de l’ère du capitalisme décadent

Par Khider Mesloub.

 

Globalement, les gouvernants, en particulier les chefs d’État des grandes puissances, se déclarent volontiers pacifistes. Ils affichent ostensiblement leur détestation de la guerre. Mais cela ne les empêche pas, sous divers prétextes, de déclencher régulièrement des guerres. Sans scrupule, envoyer leur population au front pour mourir pour la patrie, cette abstraction fondée sur les privations alimentaires et les sacrifices socioéconomiques (exploitation et oppression), véritable entité bourgeoise belligène.

 

De manière générale, pour justifier et légitimer la mobilisation générale militaire, chaque dirigeant proclame mener une guerre défensive car ce serait l’autre pays belligérant l’agresseur. 

 

À notre époque, en temps de guerre, l’agression est devenue une notion honteuse, car jamais diplomatiquement assumée. Aucun président engagé dans un conflit armé ne revendique fièrement être l’agresseur. Par couardise, il soutient lâchement être l’agressé. Donc, drapé dans sa légitimité de victime idéologiquement fabriquée, son pays aurait le droit de faire la guerre pour se défendre contre le prétendu pays agresseur. (Comme ces zélateurs défenseurs d’un camp impérialiste – à l’instar de certains révolutionnaires de salon, émargeant au Webmagazine Les 7 du Québec, supportent sans vergogne leur maître va-t-en-guerre Poutine – justifient leur soutien à la guerre au moyen d’arguties doctrinales marxistes ou d’analyses géopolitiques byzantines).

 

En cette période de guerres honteuses, depuis peu, avec la téméraire Russie poutinienne, y compris le terme guerre, devenu tabou, est banni désormais du lexique. L’invasion de l’Ukraine est qualifiée, de manière euphémistique, « d’opération militaire spéciale ». Bien que des centaines de villes soient, en quelques semaines, réduites en décombres, des milliers de civils ukrainiens massacrés, des millions acculés à l’exil ou déportés, selon la terminologie polémologique cauteleuse du Kremlin il s’agirait d’une routinière « opération militaire spéciale ». C’est vrai qu’il s’agit d’un peuple frère à libérer. Même au prix de son extermination. De la dévastation totale de son pays. À écouter Poutine, cet infâme patriotard du néoslavisme, contre ce peuple frère slave, il ne mène pas une guerre, mais une « opération militaire spéciale ». À l’exemple de l’État colonial et impérialiste français qui avait, plusieurs décennies durant, usé d’une terminologie cauteleuse pour qualifier la guerre d’Algérie (1954/1962). En effet, les autorités françaises avaient longtemps parlé honteusement d’« événements » d’Algérie avant de reconnaître tardivement qu’il s’agissait, en vérité, d’une véritable guerre menée contre le peuple algérien en lutte pour l’obtention de son indépendance. Et à l’exemple des multiples interventions militaires impérialistes étasuniennes exécutées, selon la formule propagandiste polémologique consacrée, comme des opérations chirurgicales, autrement dit sans victimes, ni dommages collatéraux.

 

Dans cet empire des prisons du peuple russe, soumis à l’emprise des oligarques rusés, interdiction est ainsi décrétée de prononcer le mot guerre, sous peine d’encourir 15 ans d’emprisonnement. Au sein du Kremlin, dominée par Poutine et ses généraux à la poitrine gonflée de médailles, se dresse fougueusement cette opinion partagée par les médias, avec le soutien de la population tétanisée et terrorisée mais gorgée de culpabilité : « Cachez-moi cette honteuse guerre que je ne saurais voir ! ».  

 

À l’ère de la désacralisation de l’État et de la patrie, de la délégitimation des gouvernants, la guerre est devenue honteuse (les Occidentaux attisent l’ardeur belliqueuse des Ukrainiens, arment leur pays, mais n’entendent nullement s’engager directement dans la guerre. Et pour cause. Aucun « citoyen » américain ou européen n’est disposé à mourir pour l’Ukraine. Alors, depuis leurs bureaux dorés gouvernementaux, ils se mobilisent vaillamment pour approvisionner en armes Zelensky en vue d’alimenter cette poudrière ukrainienne, exacerber verbalement leur guerre par procuration dirigée par la puissance étasunienne, qui n’ose pas endosser la tenue de combat de belligérance, mais la pudique tunique de la neutralité belliqueuse. Hissée à la tête d’une coalition de 28 pays répartis sur quatre continents, l’Amérique de Biden a annoncé le 28 avril, non la mobilisation générale de ses troupes mais l’attribution d’une spectaculaire aide de 33 milliards de dollars à l’Ukraine, dont 20 milliards de dollars de livraisons d’armes.). Et irrationnelle (des peuples frères, russe et ukrainien, s’entretuent pour les intérêts respectifs du capital occidental et ceux des riches oligarques du Kremlin).  

 

En effet, l’État sacralisé d’antan incarnant la nation et inspirant ardeur patriotique et sacrifice, a été remplacé par le nouveau Totem, incarné par le Dieu-argent, la finance transnationale, ennemi de la patrie, de la morale et autres valeurs nationales bourgeoises. Pas étonnant que le sacrifice pour la patrie ait perdu tout sens moral et politique. Dans cette période de la mondialisation, donc de la dissolution des nations, plus aucun « citoyen » n’est prêt à mourir pour la patrie, pour un idéal national. 

 

Comme l’avait écrit Ernst Kantorowicz : « Nous sommes sur le point de demander au soldat de mourir sans proposer un quelconque équivalent émotionnel réconciliateur en échange de cette vie perdue. Si la mort du soldat au combat – pour ne pas mentionner celle du civil dans les villes bombardées – est dépouillée de toute idée embrassant l’humanitas, fût-elle Dieu, roi ou patria, elle sera aussi dépourvue de toute idée anoblissante du sacrifice de soi. Elle devient un meurtre de sang-froid, ou, ce qui est pire, prend la valeur et la signification d’un accident de circulation politique un jour de fête légale ». 

 

Pour revenir à la Russie (cette République vodka-enne – comme existent des République bannières –, enivrée actuellement d’un chauvinisme éthylique), l’usage de la force est l’expression de la faiblesse. En l’espèce, cela illustre la faiblesse et le désarroi du régime capitaliste poutinien, contraint de recourir au bâillonnement et à la répression de sa population (dépourvue en vrai de fibre patriotique : son silence actuel ne peut être interprété comme la preuve de son adhésion totale à la guerre, mais comme l’expression de la terreur totalitaire imposée par le régime terroriste poutinien) pour entreprendre une guerre contre une autre population (sœur), sur laquelle les États atlantistes ont greffé un artificiel nationalisme belliqueux pour les mobiliser comme mercenaires dans leur guerre impérialiste menée contre la Russie. Pour neutraliser les opposants, désignés sous la dénomination de « cinquième colonne » par le Kremlin, Poutine a appelé à mener une action de « purification interne » (ira-t-il les pourchasser, voire les buter jusque dans les chiottes, selon sa formule terroriste consacrée ?).

 

Côté ukrainien, la même répression gouvernementale s’abat sur la population. Selon les médias occidentaux, tout le peuple ukrainien soutiendrait le saltimbanque millionnaire Zelensky, donc Sa guerre orchestrée par l’OTAN, financée par les États-Unis et leurs vassaux, les pays de l’Europe atlantiste. (Certes, depuis l’effondrement de l’URSS, en dépit des assurances fournies au début des années 1990, l’OTAN, bras armé de l’hyperpuissance impérialiste étasunienne, ne cesse de se déplacer vers l’est, intégrant plusieurs pays des anciens pays du Pacte de Varsovie, exerçant une pression autour des frontières de la Russie. Cette pression est considérée par le Kremlin comme une « menace existentielle », justifiant l’invasion de l’Ukraine, voire le recours potentiel à l’arme nucléaire contre les pays membres de l’OTAN. Avec l’annonce officielle de l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, Poutine va-t-il envahir ces deux pays frontaliers ? Je doute fortement. Ce qui démontrerait l’inanité des arguments spécieux du Kremlin pour justifier SA guerre contre l’Ukraine. En vérité, la guerre actuelle menée par la Russie sous-développée contre l’Ukraine est une guerre coloniale, drapée dans des justifications anachroniques staliniennes : « dénazification », « démilitarisation ». En tout cas, drôle de manière de démilitariser et de dénazifier l’Ukraine : par une guerre meurtrière opérée avec des méthodes nazies.) 

 

Aucune voix discordante ni dissidente ne semble avoir surgi au sein de ce concert belliciste patriotique ukrainien. Toujours selon les médias occidentaux, mû par une fibre patriotique exemplaire, tout le monde serait prêt à mourir pour la patrie ukrainienne. Pourtant, le président Zelensky a dû décréter l’interdiction aux hommes de 18 à 60 ans de quitter le pays (comme s’il craignait que la majorité des Ukrainiens préférerait prendre la route de l’exode ouest-européen plutôt que le chemin des fronts de guerre. Ainsi, ce n’est pas avec la fleur au fusil mais le pistolet de l’État fasciste de Zelensky pointé sur leur tempe que les Ukrainiens se mobilisent pour affronter leurs frères russes).  

 

De même, curieusement, dans ce « pays libéral » qui se bat pour la défense de la « démocratie », pour mener sa guerre « de la liberté », ce même président à dû décréter également l’interdiction des partis d’opposition. Au reste, la loi martiale a été décrétée pour réprimer toutes sortes d’actions considérées comme antipatriotiques.  

 

Pareillement, ce « démocrate » défenseur de la liberté d’expression, Zelensky, a dû contraindre de manière autoritaire tous les médias, en particulier les chaînes d’information télévisées ukrainiennes, à se regrouper en « une seule plateforme d’information de communication stratégique » baptisée « United News ».  

 

Curieusement, à notre époque moderne particulièrement belliqueuse, lors de chaque guerre, devenue ordinaire (autant que sa sœur siamoise, la crise, ancrée dans le quotidien, liée au capitalisme par ce cordon ombilical dénommé la loi de la baisse tendancielle du taux de profit), comme celle opposant actuellement la Russie et l’Ukraine, l’accusation de « crimes de guerre » est invoquée par l’un des deux belligérants. Comme si la guerre n’était pas intrinsèquement un crime. Le Crime des crimes. Comme si la guerre était ordinairement une simple compétition sportive menée entre deux pays adversaires. Or, la guerre est par essence un exercice de massacres effroyables de masse, de destructions épouvantables d’infrastructures.  

 

À croire qu’il y aurait deux manières de faire la guerre, différenciée en fonction du système politique du pays belligérant. Menée par un pays « démocratique » occidental, la guerre se déroulerait de manière civilisée. En revanche, un pays totalitaire ne livrerait de facto, selon la conception idéologique occidentale, qu’une guerre barbare, autrement dit criminelle. De là s’expliquerait la présomption de culpabilité pesant sur lui  L’accusation de « crimes de guerre ». Comme celle qui frappe aujourd’hui la Russie.  

En vérité, à l’ère de la domination impérialiste fondée sur le développement extraordinaire de la technologie militaire destructrice et exterminatrice, toutes les guerres sont meurtrières, criminelles et génocidaires (il suffit de citer les récentes guerres destructrices et ruineuses livrées par les États-Unis et leurs alliés contre l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie). En effet, si, jusqu’à la fin du XIXème siècle, les guerres décimaient principalement des militaires engagés directement sur les lignes de front, depuis la Première Guerre mondiale, c’est-à-dire l’entrée du capitalisme en décadence, les populations civiles constituent majoritairement les principales victimes, et les villes administratives et les zones d’habitation les principaux foyers de guerre. De nos jours, 90% du total de décès de guerre sont des civils. Sans oublier les destructions totales des villes abritant principalement des civils. 

 

Ainsi, aujourd’hui, après seulement quelques semaines de conflits armés, la Russie est accusée, sans autre forme de procès, par l’Occident de « crimes de guerre » commis en Ukraine. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite mène depuis 7 ans une guerre génocidaire au Yémen, et pourtant jamais l’accusation de crimes de guerre n’a été invoquée contre la monarchie saoudienne par les pays occidentaux, qui par ailleurs épaulent militairement cette monarchie moyenâgeuse, notamment par la vente d’armes. Pourquoi ce silence criminel des occidentaux ? Probablement, car, à l’instar de l’Ukraine à l’État nazifié, l’Arabie saoudite obscurantiste mènerait une guerre pour la démocratie. Et, comme tout le monde le sait, les pays démocratiques ne commettent pas de crimes de guerre car leurs guerres sont opérées de manière chirurgicale, dans les règles de l’art de la destruction humanitaire et du génocide philanthropique.  

 

À l’instar d’Israël qui mène en toute impunité, sans provoquer la moindre riposte militaire ou sanctions économiques des pays occidentaux, sa guerre d’épuration ethnique des Palestiniens depuis 74 ans. Selon la définition juridique des instances internationales, notamment des Nations-Unies, le nettoyage ethnique est « une politique délibérée conçue par un groupe ethnique ou religieux visant à faire disparaître, par le recours à la violence et à la terreur, des populations civiles appartenant à une communauté ethnique ou religieuse distincte de certaines zones géographiques ». Telle est la nature de l’occupation coloniale de la Palestine par les sionistes. Une guerre d’épuration ethnique, appelée également guerre de colonisation de peuplement, consistant à confisquer militairement les terres des autochtones pour les attribuer aux colons, après avoir exterminé ou chassé leurs habitants légitimes et légaux.  

 

Par ailleurs, lors de chaque guerre, en matière de communication, l’information se distingue difficilement de la propagande. La frontière est poreuse. En fonction du camp belligérant, la communication est qualifiée d’information ou de propagande.

 

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, quand il s’agit d’un pays belligérant occidental, toute communication diffusée par les autorités ou les médias est présumée être sûre et véridique. Donc, il s’agirait d’une authentique information. En revanche, toute communication émanant d’un pays belligérant dit totalitaire, par exemple la Russie depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, est d’emblée qualifiée de propagande. Elle est frappée du sceau de contrevérité. Il est vrai qu’en Russie tous les médias d’opposition sont aujourd’hui réduits au silence. Seuls les organes de presse des oligarques et du gouvernement ont le droit de diffuser les informations relatives à « l’opération militaire spéciale ». La propagande comme la censure tiennent lieu d’information ou de protection. Actuellement, en Ukraine comme en Russie, les autorités soutiennent cyniquement appliquer la censure pour protéger leurs populations de la désinformation adverse. Aussi, le gouvernement russe a-t-il ordonné la fermeture d’accès aux réseaux sociaux, notamment Facebook, Twitter, Instagram et TikTok.  

 

De l’autre côté du rideau de fer, l’enfer doré de l’Occident, les pays européens atlantistes ont interdit à tous médias internationaux russes, notamment Russia Today et Sputnik, la diffusion de leurs programmes sur les canaux dits « libres », notamment Facebook. Bien évidemment, selon les Occidentaux, il ne s’agit pas de censure. Mais de mesures démocratiques de protection. Sans conteste, à notre époque l’information est une arme de guerre car elle permet de mener une guerre de désinformation.  

 

Quoi qu’il en soit, dans cette guerre d’Ukraine, les principales victimes de la guerre sont les populations ukrainiennes. Doublement victimes. Victimes des destructions et des massacres. Mais également victimes de l’hystérie patriotique injectée par les pays atlantistes. Car leur combat pour la patrie est vain. En effet, au terme de leur guerre (victorieuse ou perdue) menée pour vivre sous un État intégré à l’OTAN et à l’Union Européenne, les Ukrainiens hériteront d’un pays ruiné, dévasté, appauvri, dépeuplé, probablement démembré. Et ce n’est sûrement pas les nations occidentales, certes actuellement très prodigues en matière d’aide en armements coûteux, qui financeront la reconstruction de leur pays, l’Ukraine. 

 

De même, une fois les canons tus et la paix signée entre les dirigeants maffieux russes et ukrainiens réconciliés, assurément les populations ukrainiennes sombreront dans l’indigence et la détresse sociale, livrées à elles-mêmes, abandonnées et ignorées des Européens. En revanche le président Zelensky comme ses acolytes oligarques seront toujours opulents, millionnaires.

 

En guise de conclusion : à l’intention des révolutionnaires de salon s’évertuant à invoquer toutes les justifications doctrinales et à confectionner des analyses géostratégiques emberlificotées  pour légitimer leur criminel soutien à la guerre génocidaire menée par Poutine et par l’OTAN-Zelensky-Biden, je reproduis un court extrait du manifeste contre la guerre impérialiste, d’une brûlante actualité, publié en février 1915 par le groupe anarchiste (dont A. Berkman, E. Goldmann, E. Malatesta, D. Nieuwenhuis), pouvant servir de plateforme minimale de classe sur la question de la guerre: « Aussi est-il naïf et puéril, après avoir multiplié les causes et les occasions de conflits, de chercher à établir les responsabilités de tel ou tel gouvernement. Il n’y a pas de distinction possible entre les guerres offensives et les guerres défensives. (…) Aucun des belligérants n’a le droit de se réclamer de la civilisation, comme aucun n’a le droit de se déclarer en état de légitime défense. (…) Quelle que soit la forme qu’il revête, l’État n’est que l’oppression organisée au profit d’une minorité de privilégiés. Le conflit actuel illustre cela de façon frappante : toutes les formes de l’État se trouvent engagées dans la guerre présente: l’absolutisme avec la Russie, l’absolutisme mitigé de parlementarisme avec l’Allemagne, l’État régnant sur des peuples de races bien différentes avec l’Autriche, le régime démocratique constitutionnel avec l’Angleterre, et le régime démocratique républicain avec la France. (…) Le rôle des anarchistes (des Révolutionnaires NDA), quels que soient l’endroit ou la situation dans lesquels ils se trouvent, dans la tragédie actuelle, est de continuer à proclamer qu’il n’y a qu’une seule guerre de libération: celle qui, dans tous les pays, est menée par les opprimés contre les oppresseurs, par les exploités contre les exploiteurs».

En complément à cet éditorial en ces tristes jours de guerre en Ukraine je vous invite à lire ceci: Contre la Guerre Impérialiste, pour la Guerre de Classe – les 7 du quebec et ceci: Faisons la guerre à la guerre réactionnaire! – les 7 du quebec  et ceci: LETTRE OUVERTE CONTRE LA GUERRE IMPÉRIALISTE – les 7 du quebec et ceci: 5 QUESTIONS POUR COMPRENDRE JUSQU’OÙ IRA LA GUERRE EN UKRAINE – les 7 du quebec  et ceci: Guerre en Ukraine pour une pose dans la mondialisation – les 7 du quebec

 

Khider MESLOUB  

 

Shireen Abou Akleh

Par : René Naba

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

.

Shireen Abou Akleh, par Jacques Marie Bourget, un rescapé des snipers israéliens.

L’accumulation d’une barbarie à visage humain, suicidaire pour Israël, fera un jour sauter le manteau de plomb qui veut étouffer la Palestine.


Cinquante cinq (55) ; le nombre de journalistes palestiniens tués par les forces d’occupation israéliennes depuis l’an 2000, date du début de la deuxième intifada et à 16 le nombre des journalistes palestiniens emprisonnés.


Note de la Rédaction https://www.madaniya.info/

Journaliste chrétienne palestinienne, d’une famille originaire de Jérusalem jouissant de la double nationalité palestinienne et américaine, Shireen Abou Akleh, correspondante de la chaîne transfrontière arabe «Al Jazeera» pour les territoires palestiniens occupés, a été tuée par l’armée israélienne, le 11 Mai 2022, à proximité du camp de réfugiés palestiniens de Jénine, alors qu’elle portait un gilet pare balles mentionnant PRESSE en toutes lettres.

Intervenant un an après la destruction de la Tour Média de Gaza qui abritait notamment les bureaux d’Al Jazeera et de l’agence de presse américaine Associated Press, la mort de Shireen Abou Akleh porte à cinquante cinq (55) et le nombre de journalistes palestiniens tués par les forces d’occupation israéliennes depuis l’an 2.000, date du début de la première intifada et à 16 le nombre de journalistes palestiniens emprisonnés.

Dans le même ordre d’idées, 150 dépouilles palestiniennes, dont les dépouilles de 9 enfants, demeurent retenues par les autorités israéliennes en otage, dans des entrepôts frigorifiques.
Une journée solidarité internationale sera organisée le 27 août 2022 à Beyrouth en vue de réclamer la restitution des dépouilles palestiniennes à leurs familles. La journée de solidarité est organisée par Mohamad Safa, directeur du Centre Khiam, du nom du centre de détention aménagé par les Israéliens au sud-liban durant leur occupation de cette zone frontalière libanaise (1976-2000). Fin de la note.

.

Le témoignage de Jacques Marie Bourget

Aujourd’hui ces vidéos implacables qui nous déroulent à volonté la bobine de la vie nous permettent aussi, quand le drame tend sa toile, de voir la mort en face. En regardant les images de ma magnifique consœur Shireen Abu Akleh, prise dans une rafale de tirs, j’ai revécu ma propre mort, ou presque mort. En effet puisque le 21 octobre 2000 à Ramallah, j’ai été ainsi pris, comme elle, dans la mire d’un tireur «d’élite» israélien. Qui m’a visé au cœur. Hasard de l’histoire, le criminel de guerre -puisqu’il s’agit de cela selon la Convention de Genève- n’a pas touché ce qu’il voulait détruire; tirant juste quelque centimètre trop haut. Grâce à cette association du hasard et du formidable talent des chirurgiens Palestiniens j’ai survécu.

Soyons clairs, la victime est bien Shireen et non moi qui suit encore là. Ecrire ces lignes ce n’est qu’une façon d’être solidaire par le témoignage. D’expérience, je peux décrire les secondes horrifiantes qui furent, pour Shireen, les dernières de sa vie. Vous êtes journaliste, vous êtes là sans armes, non pour faire la guerre mais pour rendre compte, permettre au monde de voir l’invisible. Puis c’est l’ahurissement, l’incompréhensible de la blessure, le passage dans un autre monde.

Une reporter de la qualité de Shireen avait assez d’expérience pour ne pas se mettre volontairement sous le feu. Si elle est tombée ce n’est pas le hasard d’une malchance, c’est qu’un barbare a décidé, en lui ôtant la vie, de commettre un crime de guerre. Selon la loi un attentat terroriste dont il se moque puisqu’il sait en appuyant sur la détente qu’il sera impuni.

J’ai jadis croisé la jeune femme à Ramallah, à Gaza, à Jérusalem, dans le patio de l’hôtel «American Colony» qui fût le palais de Lawrence d’Arabie. Elle était intimement journaliste et Palestinienne, mais aussi Palestinienne et journaliste.
Comme Paul Nizan (mort lui aussi sous des balles) était marxiste et Français. Ceux qui oseront aujourd’hui nous dire que ses écrits étaient militants sont des lâches, ils étaient simplement justes. Courageuses dans ses récits, courageuse sur le terrain, elle gardait toujours le sens de l’accueil, toujours prêt à aider l’autre. Plus qu’une femme, c’est un exemple qui a été assassiné.

J’en reviens à l’expérience de la mort Et je tiens aussi à demander pardon à ces Palestiniens «anonymes» qui, chaque jour ou presque, tombent sous des tirs israéliens. De ceux-là, la presse occidentale parle peu et ils apparaissent rarement sur les écrans. Ils ne sont rien qu’un nombre qui vient s’ajouter au chiffre des morts comptabilisés tous les mois, tous les ans… Et le monde, les yeux clos, se moque de ce cortège. Par sa mort Shireen ressuscite aussi la mémoire de toutes ces victimes tombées sans faire de bruit.

Très gravement blessé, laissé sur le pavé par les démocrates israéliens indifférents qui ont refusé de me porter secours, je connais le refrain repris aujourd’hui par les «autorités» israéliennes: «ce sont les palestiniens qui ont tiré». Les mensonges du «story telling» sont tenus en réserve, prêts à être servis à chaud.

Ce déni permet à tous les aveugles de la planète, si épris de vérité, mais là ne veulent rien savoir, d’être les relayeurs d’une insupportable prudence «ne nous emballons pas, attendons les preuves». Des preuves qui ne viendront jamais, ou trop tard, le drame étant effacé des mémoires occidentales.

Vient ensuite le bobard, celui de «l’enquête impartiale». Qui bien sûr, ne peut être crédible qu’exécutée par les «experts» israéliens. Personnellement après ma blessure, on m’a servi ce mensonge, celui d’une «armée qui se livrait à une investigation». C’est faux et cette illusion, ce leurre sont ignobles: les pelles qui jettent la terre de l’enterrement.

A force de me battre, avec l’aide de l’avocat William Bourdon et de quelques juges français, j’ai fini par apprendre officiellement d’Israël: «que mon cas avait été étudié, mais que le rapport militaire était secret.

Comble du mépris, mes assassins osaient ajouter que ce compte rendu officiel avait été «perdu» mais, que de toutes façons, le tir qui m’a traversé le corps était le fait «des palestiniens»!

Si, après 20 années de combat la justice française a reconnu que j’avais bien été «victime d’une tentative d’assassinat de la part d’Israël» (un crime de guerre). Mais d’où les magistrats français tiennent-ils cette certitude? A une mince ogive de métal retirée de mon omoplate. Analysée par des experts la munition est bien une balle de M16 fabriquée par IMI, l’industrie d’armement israélienne. Faute d’être puni, le coupable est connu.

Même si les amateurs du port de parapluie par beau temps affirment les lèvres serrées que «comparaison ne vaut pas raison», intimement je sais tout de la mort de Shireen et que seul le hasard a voulu que je respire encore.

Mon témoignage entend aller, en bouclier, au devant des mensonges officiels et donner un peu d’espoir à ceux qui aimaient Shireen. L’étude balistique, dans la zone où notre consœur a été tuée, et celle d’un projectile -s’il est retrouvé- peuvent encore dénoncer un coupable. Un jour il sera puni, lui et ceux qui lui sont solidaires, ses enfants peut-être, punis par trop de honte et d’injustice accumulées.

Ainsi, je recommande à ceux qui ne sont pas indignés, de visionner les images tournées au moment où le corps de Shireen est retiré de la morgue de l’hôpital de Jérusalem. On voit alors un peloton de policiers israéliens lancer l’assaut contre un cercueil, comme si ces non-humains souhaitaient la deuxième mort d’une journaliste trop indomptable.

L’accumulation d’une barbarie à visage humain, suicidaire pour Israël, fera un jour sauter le manteau de plomb qui veut étouffer la Palestine.

.

A propos
ILLUSTRATION :

Créateur : Maya Levin | Crédits : AP

Contre la guerre impérialiste, pour la guerre de classe – Appel internationaliste de la TCI

Source: Révolution ou Guerre.

(Versione italiana disponibile : http://www.igcl.org/Contro-la-guerra-imperialista-per)

 

Nous nous associons à l’appel lancé par les camarades de la Tendance communiste internationaliste pour que les révolutionnaires fidèles à l’internationalisme prolétarien se regroupent dans des « comités no war but the class war » [non à la guerre, oui à la guerre de classe]. Nous ne rejoignons pas cette initiative au nom d’un principe internationaliste abstrait valable en tout temps et en toute occasion. Mais parce que cet appel, dont nous partageons chaque point, chaque phrase ou presque, se veut une première réponse à la menace « d’une guerre plus généralisée d’une manière encore jamais vue depuis 1945 ». Si d’aucun pouvait douter jusqu’alors que le capitalisme en crise ne pouvait offrir à l’humanité, inéluctablement, que l’alternative révolution prolétarienne mondiale ou guerre impérialiste généralisée, la guerre en Ukraine a rendu cette perspective ô combien concrète et d’actualité.

Comme le dit la TCI, cet appel à former des comités « « Contre la guerre, pour la guerre de classe » est une initiative internationale mais pas un embryon d’Internationale. » Les conditions pour celle-ci sont loin d’être réunies aujourd’hui. De même, toute conférence internationaliste du type de Zimmerwald durant la Première guerre mondiale serait largement prématurée du fait, non pas tant de la situation historique en soi, mais de l’état, en particulier de dispersion et de division, des forces internationalistes – ne serait-ce que parce qu’une partie d’entre elles rejette toute perspective de Troisième guerre mondiale, faisant ainsi de l’internationalisme prolétarien un principe abstrait et en soi qui ne peut déboucher, au mieux, que sur le pacifisme que l’appel de la TCI rejette avec raison.

Pour l’heure, et vu la réalité limitée des luttes prolétariennes et l’état du camp révolutionnaire, il s’agit de permettre « aux minorités révolutionnaires dispersées de combiner leurs forces et de transmettre le message de la nécessité de se battre à une classe ouvrière plus large. » L’objectif est plus modeste mais correspond tout à fait à la situation actuelle et à ses possibilités. Dans la mesure de nos moyens, nous le faisons nôtre.

Le GIGC, 10 avril 2022

Contre la guerre, pour la guerre de classe – Un appel pour agir (TCI, 7 avril 2022)

1) L’invasion russe de l’Ukraine n’est pas un acte isolé. C’est le début d’une nouvelle période de rivalités impérialistes qui menace d’une guerre plus généralisée d’une manière encore jamais vue depuis 1945.

2) Aucun pays aujourd’hui n’est en dehors du système capitaliste. L’intensification de la rivalité impérialiste est le produit de la crise économique toujours non résolue du capitalisme qui date maintenant depuis plusieurs décennies. Durant cette période, le capitalisme a été contraint de recourir à nombre d’expédients pour gérer sa crise économique provoquée par la baisse du taux de profit. Ce que cela a causé à la classe ouvrière mondiale, c’est une exploitation plus intense, une plus grande précarité des emplois et un déclin continu de la part des travailleurs dans la richesse qu’ils produisent. Non seulement ce système mène à la guerre, mais sa recherche insatiable de profit mène aussi à la destruction de la planète.

3) Cependant, la mondialisation, la financiarisation et le soi-disant néolibéralisme, toutes ces réponses à la chute du taux de profit, ont abouti à l’éclatement de l’énorme bulle spéculative mondiale en 2008. Elles n’ont fait que prolonger la crise – pas la résoudre. Les contradictions du système s’accumulent et aucun Etat n’en est immunisé.

4) L’une des contradictions les plus flagrantes est que l’Occident a transféré des investissements vers des économies à bas salaires dans les années 1980. Le plus grand bénéficiaire en a été la Chine qui a construit son économie grâce à l’exploitation massive de sa main-d’œuvre à bas salaires pour fournir des produits de base bon marché afin d’alléger la pression à la baisse sur les revenus des travailleurs occidentaux. Cet arrangement avantageux pour le capitalisme mondial a cependant commencé à s’effondrer dès que l’essor économique a permis à la Chine de commencer à concurrencer les États-Unis sur toute la planète. Ce mariage de convenance économique s’est effondré et s’est pleinement révélé après l’éclatement de la bulle spéculative en 2008, intensifiant ainsi les contradictions déjà existantes du système.

5) L’éclatement de cette bulle aurait conduit à une crise capitaliste mondiale sans précédent depuis 1929 si les États n’étaient pas intervenus pour absorber les dettes du système financier. Mais « l’assouplissement quantitatif » n’a, ni résolu la crise globale, ni l’augmentation de l’exploitation à des niveaux inhumains. Ce dont le capitalisme a besoin, c’est d’une dévaluation massive du capital qui va au-delà de l’amortissement des actifs existants et cela nécessite une guerre généralisée. Cette propulsion vers la guerre généralisée a pris de l’ampleur depuis un certain temps. Avec de moins en moins d’options ouvertes aux dirigeants du monde, il y a de moins en moins de place pour le compromis sur ce que sont les « intérêts nationaux« . Plus ils sont désespérés, plus ils sont susceptibles d’utiliser des armes de destruction massive qui menacent l’avenir de l’humanité (en un temps encore plus court que la menace très réelle que représente le changement climatique). En fait, la menace d’une guerre mondiale est liée à la catastrophe environnementale qui se produit déjà en raison de l’épuisement croissant des ressources naturelles et de la destruction de l’environnement provoqués par un système de plus en plus en crise.

6) La seule force capable d’empêcher cette catastrophe, et la guerre en général, est la classe ouvrière mondiale, dont la force collective peut d’abord paralyser l’effort de guerre, puis renverser l’ordre capitaliste. Les travailleurs salariés du monde entier partagent une position objective commune en tant que créateurs de la richesse mondiale qui aboutit dans les mains de leurs exploiteurs. En tant que tels, ils n’ont aucun pays ni intérêts nationaux à défendre. Eux seuls sont en mesure de créer une nouvelle société sans classes dans laquelle il n’y a pas d’États, où la production est coopérative, et conçue pour répondre aux besoins du plus grand nombre et non aux profits de quelques-uns. Ainsi, les conditions existent pour une communauté mondiale de producteurs librement associés où les gens donnent ce qu’ils peuvent et ne prennent que ce dont ils ont besoin.

7) Pour y parvenir, la classe ouvrière a besoin de s’organiser, ou peut-être de se réorganiser. Dans la lutte quotidienne contre les réductions de salaire, etc., les travailleurs seront obligés de former des comités de grève élus et révocables par tous les travailleurs pour unir leur lutte. Mais cela ne suffira pas à stopper les attaques des capitalistes. Les luttes isolées dans un secteur ou sur un lieu de travail sont facilement gérées par les patrons et les syndicats complices. Tous les comités de grève doivent s’unir pour former un mouvement de classe plus large qui puisse entamer le processus de dépassement de l’État existant.

8) Il est inévitable que dans ce processus, certains travailleurs en viennent à reconnaître l’impasse de l’existence capitaliste avant les autres. Il est impératif que ces derniers s’organisent politiquement à un niveau international afin d’offrir une voie claire pour l’avenir. Cela ne se produira pas immédiatement, surtout pas après des décennies de recul des luttes des travailleurs face à l’assaut capitaliste. Cependant, la situation actuelle en Ukraine est un avertissement de ce que les gouvernements réservent aux travailleurs partout dans le monde et nous devons réagir, non seulement à l’exploitation quotidienne, mais aussi aux plans politiques de « nos » dirigeants.

9) Dans la situation actuelle de désastre humanitaire, nous n’avons pas d’illusion sur la possibilité qu’un mouvement de classe puisse surgir bientôt, même si l’histoire a maintenant pris un nouveau tournant désespéré. Nous devons construire ensemble quelque chose qui s’oppose à la fois à l’exploitation et à la guerre. Même si la crise actuelle en Ukraine se termine par un accord de fortune, cela ne peut que semer les graines pour le prochain cycle de conflits impérialistes. L’invasion de l’Ukraine a déjà jeté la Russie dans les bras de la Chine et rallié l’OTAN et l’UE aux États-Unis et à leurs objectifs.

10) Le capitalisme signifie la guerre et c’est le capitalisme qu’il faut arrêter. Nous proposons donc de mettre en place des comités « No War but the Class War » partout où nous sommes présents et d’inviter à y participer les individus et les groupes qui s’opposent à tous les nationalismes et reconnaissent que la seule guerre qui vaille la peine d’être menée est la guerre de classe pour mettre fin au capitalisme et à ses conflits impérialistes sanglants. Cela permettra aux minorités révolutionnaires dispersées de combiner leurs forces et de transmettre le message de la nécessité de se battre à une classe ouvrière plus large.

11) « Contre la guerre impérialiste, pour la guerre de classe » est une initiative internationale mais pas un embryon d’Internationale. Cela ne se produira que lorsque la guerre de classe se développera en un mouvement capable de s’attaquer à l’ordre capitaliste mondial. Cependant, elle offre une boussole politique pour les révolutionnaires de différents horizons qui rejettent toutes les politiques sociales-démocrates, trotskystes et staliniennes consistant, soit à se ranger carrément d’un côté d’un impérialisme ou d’un autre, soit à décider que l’un ou l’autre est un ‘moindre mal’ qu’il faut soutenir, soit à approuver le pacifisme qui rejette la nécessité de transformer la guerre impérialiste en guerre de classe, ce qui sème la confusion et désarme la classe ouvrière pour qu’elle n’entreprenne pas sa propre lutte.

12) Enfin, nous devons souligner qu’il ne s’agit pas d’un appel au pacifisme, qui n’est au fond qu’un plaidoyer pour un retour à la « normale ». Le problème concerne justement cette « normalité » – c’est-à-dire le système capitaliste lui-même qui génère les forces qui mènent à la guerre. Être contre la guerre sans appeler à la fin du capitalisme, c’est comme attendre que le capital ne produise pas de profits sans renverser le système d’exploitation, alors que ce dernier est la condition nécessaire à l’existence du premier.

Si ces points convergent pour l’essentiel avec votre propre position, nous aimerions connaître votre opinion.

Camarades de la Tendance Communiste Internationaliste

LA THÉORIE DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ANTHROPIQUE PREND L’EAU?

Par : JBL 1960

La théorie du Réchauffement Climatique Anthropique;

Un mensonge qui dérange;

Sur ce blog, je dénonce l’escroquerie du Réchauffement Climatique, dit Anthropique, sous toutes ces formes.

Et Résistance71 porte à notre connaissance cet article de Roy Spencer (Docteur en climatologie, ex-climatologue à la NASA) du 20 septembre qu’ils viennent de traduire et de publier ce jour ▼

Escroquerie du réchauffement climatique : Les modèles de prédiction reconnus erronés dans les merdias…

Des fissures dans l’armure de l’empire se font jour

Roy Spencer (Docteur en climatologie, ex-climatologue à la NASA) | 20 septembre 2017 | URL de l’article original en anglais ► http://www.drroyspencer.com/2017/09/cracks-in-the-empires-armor-appear/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/09/30/escroquerie-du-rechauffement-climatique-les-modeles-de-prediction-reconnus-errones-dans-les-merdias/

Hier, nous avons eu droit à une bonne couverture médiatique concernant une “nouvelle” étude publiée dans le magazine “Nature Geoscience” qui conclut que le réchauffement climatique n’a pas progressé aussi rapidement que prévu et que les modèles de prédiction climatique sont “un petit peu” faux.

(Que cette erreur soit d’un facteur de 2 ou 3 est une affaire sur laquelle nous ne nous étendrons pas ici…)

J’essaie toujours d’analyser mon sentiment sur le comment les deux auteurs de cette étude, Myles Allen et Michael Grubb, aient pu être autorisés à errer si loin de la réserve de l’empire et de son porte-parole en la matière du GIEC de l’ONU.

J’ai pensé à ce qui a bien pu mener à cette tournure des évènements et j’en ai conclu que ce n’était pas une compréhension coïncidentelle faite par des éléments hors de contrôle de l’empire. Ce n’est pas une anomalie tactique, mais plutôt une sorte de ballon sonde stratégique expérimental. Si John Christy ou moi-même avions essayé de publier un tel article, les troupes d’assaut impériales emmenées par Darth Trenberth auraient été rapidement envoyées pour écraser la rébellion.

La compréhension par les auteurs que les modèles climatiques produits ont fourni trop de réchauffement par prédiction depuis 2000 est une chose connue depuis au moins 5 ans. Ceci n’est pas un secret, Christy et moi-même avons été fustigés et traités de “négationnistes” pour l’avoir dit de manière répétitive.

Le timing de la “compréhension” de ces auteurs de la même chose ne semble pas très crédible. De l’article du journal “the Independant” : “D’après le ‘Times’, un autre auteur de cet article, Michael Grubb, professeur d’énergie internationale et du changement climatique au University College de Londres, a admis que ses modèles de prédiction précédents avaient surestimé l’augmentation des températures. Au sommet sur le climat de Paris en 2015, le professeur Grubb avait dit : ‘Toutes les preuves de ces 15 dernières années me mènent à conclure que donner pour prédiction une augmentation de 1,5oC n’est simplement pas compatible avec la démocratie.” Parlant au “Times” il avait dit : “Lorsque les faits changent, je change d’avis, comme l’avait dit en son temps (John Meynard) Keynes.”

Je dois maintenant demander ce que savait Grubb et quand l’a t’il su ? Qu’est-ce qui avait changé exactement dans les prédictions des modèles depuis la conférence de Paris en décembre 2015 ?

Absolument rien.

Allen et Grubb savaient que les modèles avaient un sérieux problème bien avant cela.

Je suspecte même qu’il y a eu des années de discussions dans les arrières-chambres emplies des vapeurs de cigarettes électroniques où les leaders de l’empire ont discuté du comment se devait d’être gérée l’augmentation de la disparité entre les prédictions des modèles et les observations de terrain. Cet article fait partie d’un grand plan que l’auteur de “La bombe démographique” Paul Ehrlich avait perfectionné il y a quelques décennies. Je pense que le nouveau narratif qui prend forme est celui-ci : “oui, nous avons eu tort, mais seulement sur le timing du désastre climatique à venir. Cela va toujours se produire… mais maintenant nous avons du temps devant nous pour résoudre ce problème avant qu’il ne soit vraiment trop tard.”

Je me demande si Allen et Grubb vont aussi appelés des “négationnistes” pour avoir montré que les modèles climatiques de l’empire sont à poil ?…

Seul le temps le dira. Tout ce que je peux dire pour l’instant est ceci : bienvenue du côté obscur.

~~~~▲~~~~

Enfin, certains Merdias continuent à dire de la merdia!

Les documentaires d’Al Gore ont cette capacité d’éveiller à la réalité, d’élargir notre horizon, de nous décentrer de nous-mêmes, pour envisager un autre rapport au monde et à la nature. Une suite qui dérange’ d’Al Gore – Source Le HuffPost ► http://www.huffingtonpost.fr/2017/09/26/une-suite-qui-derange-dal-gore-le-documentaire-qui-devrait-bousculer-le-monde-comme-dix-autres-films-avant-lui_a_23222249/

Alors que depuis 2010, de manière argumentée nous savons que cette théorie n’est qu’un mythe ▼

Le mythe du Réchauffement Climatique Anthropique (RCA)

https://resistance71.wordpress.com/2010/06/27/le-mythe-du-rechauffement-climatique-anthropique-rca/

Le dogme erroné du réchauffement climatique anthropique ou RCA battait déjà de l’aile avant le meeting de Copenhague en Novembre 2009. Depuis le Climategate de novembre dernier, l’escroquerie de ce dogme pseudo-scientifique a été exposée ainsi que la dictature de la pensée unique de l’organe politique (et non scientifique) de l’ONU en la matière : le GIEC, qui a agi en véritable tyran du dogme pseudo-scientifique pendant plus d’une décennie.

Le passage de la tendance « refroidissement global » des années 70 a la tendance « réchauffement global » de la fin des années 80 n’est aucunement prouvé scientifiquement. Ceci est le résultat exclusif d’une décision politique, motivée par des intérêts financiers particuliers. Si le problème de la pollution est bien réel, celui du RCA est un leurre qui ne profite qu’a une minorité de financiers et de grosses multinationales.

Ci-dessous le manuel du sceptique de Joann Nova, journaliste scientifique australienne qui démonte le dogme pour nous dans ses deux versions complémentaires Manuel du Sceptique I :

http://lemytheclimatique.files.wordpress.com/2010/01/manuel.pdf

et le Manuel du Sceptique II :

http://www.skyfall.fr/uploads/Manuel%20du%20Sceptique%20II-V4.pdf

A lire absolument et faire passer sans modération !

~~~~▲~~~~

Voire une escroquerie ▼

Pour vous dire que dès que le gros Al Gore a pointé le bout de son nez pour nous vendre, cher, SA vérité qui dérange, nous n’avons pas cessé de relever les approximations, incohérences et mensonges, puisque ce film s’appuie sur « de sérieuses recherches scientifiques, notamment celles du GIEC » comme le précise sa fiche Wikia.

Et ici, précisément on dénonce la véritable escroquerie mise en place par le  GIEC qui agi en véritable tyran du dogme pseudo-scientifique et ce depuis près de 30 ans… Mais le blog Résistance71 le dénonce depuis plus longtemps que moi et de manière argumentée :

Escroquerie du changement climatique anthropique : Escroquerie d’un marché « vert » de 5 à 7000 milliards de dollars !

Pour les banquiers l’escroquerie du changement climatique anthropique représente un marché potentiel de 7000 milliards de dollars

La marée du fric, le flot des conflits d’intérêts

par JoNova Traduction R71.

Et nous ne sommes pas les seuls à dénoncer;

Les mensonges qui arrangent:

La création du GIEC

Le GIEC fut créé en 1988 à la demande du G7 (G20 aujourd’hui) sous la pression de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Source Les Blogs de Médiarpart.fr ► Le Blog d’Antoine Calandra ► https://blogs.mediapart.fr/antoine-calandra/blog/100116/le-rechauffement-climatique-anthropique-un-mensonge-qui-arrange

MàJ à 14:18 – Grâce à Balou du site Les Moutons Enragés ; 

UN NOUVEAU SAVANT DÉMOLIT LA FABLE DU RCA ;

Un scientifique très respecté, médaillé du climat, vient de décortiquer la science du réchauffement planétaire et y a jeté un coup de pied géant.

Son nom ? John Bates. Sa cible ? Une étude frauduleuse récente qui a déclaré que la «pause» inconfortable dans le réchauffement n’était vraiment pas du tout une pause.

Source La Cause du Peuple ► http://numidia-liberum.blogspot.fr/2017/02/un-nouveau-savant-demolit-la-fable-du.html#more

Et chaque mois, en appui du résumé SOTT des évènements climatiques majeurs (incluant les dolines, passages de bolides, morts soudaines de masses d’animaux, etc) je rajoute toujours des dossiers ad hoc, comme celui sur les probables joueurs de HAARP ► RÉSUMÉ SOTT 08/2017 + INFOS, DOSSIERS & PDF AD HOC

Et ce mois-ci j’ai rédigé un article complet sur les Ouragans en rafales ► Des ouragans en rafales… Alors que le Vert de gris Ministre Nicolas Hulot affirme que c’est là la preuve du RCA ; ICI et .

Et ici ► DE L’EAU PARTOUT… Et pas une goutte à boire ! Mohawk Nation News traduit & complété par JBL1960 Le point de vue des Natifs sur les ouragans en rafales d’Harvey, Irma, Jose, Katia, et les autres…

Je rappelle ici une autre Théorie, celle, Russo-Ukrainienne, de l’origine abiotique profonde du pétrole : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pétrole (abiotique) et en version PDF N° 26 de 68 pages ▼ https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/02/pdftheoriepetroleabiotiquer71.pdf
« L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ;
La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit. »
Mahatma Gandhi

COVID-19: LE BILAN EN 40 QUESTIONS

Par Jean-Loup Izambert et Claude Janvier.

Vient de paraître:  COVID-19: LE BILAN EN 40 QUESTIONS

IS-Édition : https://www.is-edition.com/

 

Résumé (Extrait du livre 33 feuillets sur notre librairie):
covid-19-le-bilan-en-40-questions-extrait-version-pdf (1)

La crise liée à la covid-19 a mis en lumière de sérieux problèmes de
désinformation venant d’Internet mais aussi parfois, contre toute
attente, de l’UE, de l’OMS et de la France, toutes trois mises
sous pression par les lobbies de puissants groupes
pharmaceutiques et cabinets de conseil.

Ainsi, plusieurs informations relayées au public se sont
finalement avérées inexactes ou tronquées.

Plus inquiétant, certaines études scientifiques essentielles
ont été ignorées et des conflits d’intérêts ont été découverts, installant un sentiment
de méfiance dans l’esprit de nombreux citoyens.

Face à ce manque de clarté, le journaliste Jean-Loup Izambert et
l’écrivain-essayiste Claude Janvier sont allés à la rencontre de spécialistes
de tous bords (médecins, chercheurs, avocats, journalistes,
élus, associations…) pour apporter des réponses précises et sourcées
à 40 questions que se posent les Français.

Quelle est la dangerosité réelle du virus covid-19 ? Les test PCR sont-ils
fiables ? Combien ont-ils coûté à la France ? Le cabinet McKinsey a-t-il
contribué à élaborer le plan de vaccination en France ? Pourquoi le
gouvernement n’a-t-il pas favorisé les traitements contre la covid-19 ?
Le port du masque est-il efficace ? Quel est le bénéfice/risque des
vaccins à ARNm ? Sont-ils vraiment sans effet secondaire ? Le Passe
vaccinal est-il justifié ? Comment se défendre légalement face à
certaines mesures gouvernementales ?

Retrouvez toutes les réponses et bien d’autres questions dans
Covid-19 : Le bilan en 40 questions, ainsi que des informations
pratiques et juridiques pour faire respecter ses droits dans un
contexte législatif parfois abusif.

Contact Auteurs et Presse:
Pour toutes commandes de livres, demandes d’interviews,
conférences débat-vente-dédicace avec les auteurs, demande de
visuels, contactez-nous par téléphone (09.81.218.218) ou rendez-vous
sur le site de IS Edition en précisant vos coordonnées et
l’objet de votre demande.


IS-ÉDITION. Maison d’édition – Marseille

Collection: Faits et société

Genre: Essai – Enquête

300 pages

Prix 20 euros TTC

ISBN 978-2-36845-295-0

 

Le drapeau du Québec. Du meuble colonial à l’étendard réapproprié

Par : Ysengrimus

YSENGRIMUS — Bon, comme je n’ai pas que des choses agréables à vous dire sur ce sujet, on va commencer par s’entendre sur un point. L’étymologie vexillologique n’est pas la vexillologie. L’étymologie, c’est ce qui a contribué crucialement à la charpente et à la constitution d’un écu ou d’un drapeau mais dont la signification est oubliée des commettants contemporains dudit écu ou drapeau. L’étymologie d’un drapeau n’est surtout pas le secret caché de sa signification synchronique. C’est juste le descriptif de son passé… les casseroles de son passé aussi, car parfois des symbolismes parasitaires peuvent resurgir de ci, de là, comme autant de rots étymologiques. Si bien que des gens qui aiment leur drapeau et le chérissent profondément peuvent parfois se retrouver avec des petites surprises plaisantes ou, plus souvent, déplaisantes, notamment dans des situations de dialogue culturel.

On va prendre un petit exemple simple et imparable de ceci. Le drapeau français, le Tricolore. Cette bannière majeure, historiquement cruciale, a été la source d’engendrement d’un grand nombre de drapeaux à stries, tous de type République. Le bleu blanc rouge français incarne, en synchronie contemporaine, plus que tout autre drapeau, l’idée même de république. Et pourtant son étymologie contredit assez frontalement son être essentiel actuel. Jugez-en. On part des couleurs de la ville de Paris qui sont, depuis le quatorzième siècle, le rouge et le bleu, juxtaposés. Pendant la révolution française, les milices populaires parisiennes portaient la cocarde rouge et bleu, qui en vint vite à symboliser le peuple de Paris. Le 17 juillet 1789, parce que le peuple de Paris veut se réapproprier son roi, qui est à Versailles, ouvert à tous les vents des influences aristocratiques étrangères compradore et malsaines, le marquis de Lafayette ramène le roi à Paris et, dans une cérémonie restée célèbre, Louis XVI rencontre le peuple de Paris et se fait apposer une cocarde tricolore. Celle-ci se réverbère ultérieurement dans le drapeau. On ouvre l’espace formé par les deux couleurs de Paris et on insère, au centre, le rectangle blanc, symbole des Bourbons (le drapeau des Bourbons est un drapeau blanc depuis au moins Louis XIII). Le Tricolore sémiologisait donc initialement le roi de France, central (le blanc, en position de pal), tenu et enserré par le peuple de Paris (dans la pince formée par le bleu et le rouge du mât et du battant). La symbolique initiale du drapeau français est donc celle d’une monarchie constitutionnelle hautement parisianisée, formule politique à laquelle Lafayette croyais bien plus que le roi. L’étymologie du drapeau de la France est donc primordialement non républicaine et non hexagonale. Ce n’est évidemment plus sa signification contemporaine. Soyons donc clair sur un point: quand l’étymologie d’un drapeau contredit son être essentiel contemporain, c’est l’être essentiel contemporain qui prime. Toujours. Les gens se foutent de l’étymologie, des aléas constitutifs, et des stigmates passés de leur drapeau. Ils l’aiment pour ce qu’il est et ce qu’il incarne ici et maintenant (pour le Tricolore: peuple de toute la France et République). Ceci est crucial… surtout quand l’étymologie d’un drapeau est aussi difficile et lourde que celle du drapeau du Québec.

On va aussi distinguer deux grands types d’inspirations vexillologiques. L’inspiration Féodalité et l’inspiration République. Cela est crucial parce que le Québec, comme pays conquis, colonisé, nié, magané puis réapproprié, va balancer, dans sa vexillologie tourmentée, entre ces deux grandes inspirations. Un drapeau de type Féodalité incorpore des écus, des meubles, des animaux (moutons, lions, aigles, dragons, licornes), des croix, des sautoirs, des chevrons, des fleurs, des cœurs et tout un fourbis d’objets figuratifs. Un drapeau d’inspiration Féodalité est conservateur. Il s’inspire habituellement des vieux écus féodaux. On dira, pour simplifier, qu’un drapeau de type Féodalité est de tendance ducale, monarchiste et provinciale (au sens français ou canadien du terme). De ce fait, le drapeau Féodalité est toujours crucialement inféodable. Un drapeau de type République est progressiste. Il est aussi plus abstrait et non-figuratif, tendanciellement symboliste. Il incorpore quasi-exclusivement des stries, des bandes soit horizontales (chef, fasce, base — genre drapeau des Pays-Bas ou de la Russie) soit verticales (mât, pal, battant — genre drapeau de la France ou de l’Irlande). On dira, pour simplifier, qu’un drapeau de type République est de tendance populaire ou bourgeoise, républicaine et nationale. De ce fait le drapeau République est toujours crucialement une bannière évoquant la résistance à la monarchie, allant éventuellement jusqu’à la promotion de la révolution républicaine (anti-monarchique). Faut-il ajouter que, au moins jusqu’au vingtième siècle, les monarchies (constitutionnelles ou autres) avaient une sainte horreur de l’apparition de drapeaux de type République dans leurs espaces inféodés, provinciaux ou coloniaux. Les monarchies toléraient par contre parfaitement des drapeaux de type Féodalité, quelles que soient les velléités frondeuses (toujours récupérables, au fond) que ces étendards exprimaient.

.

QUAND L’OCCUPANT COLONIAL NOUS FLEURDELISE. On va partir de la fleur de lys. Il y a de bien mauvaises nouvelles la concernant. C’est que la fleur de lys nous a été imposée par l’occupant colonial. Elle apparaît pour la première fois, sur un objet héraldique typiquement québécois (ceci NB), dans les armoiries du Québec, imposées unilatéralement, et sans consultation populaire aucune, par les gars d’héraldique de la reine Victoria, en 1868.

Les armoiries victoriennes du Québec

.

Un vexillologue canadien anglophone décrit, sans d’ailleurs s’émouvoir outre mesure, cette surprenante incorporation de fleurs de lys dans l’écu colonial d’une des provinces nord-américaine d’un des dominions britanniques.

Each of the four founding provinces received arms by royal warrant on May 26, 1868. Quebec’s reads like a chronology: fleurs-de-lis in the chief representing the French Régime, an English lion in the centre (fess) representing the British Period, and maple leaves in the base for the Canadian period. Curiously, although three golden fleurs-de-lis on a blue field had been the traditional representation, yet, two blue ones on a golden field appeared on the 1868 arms. No explanation was given at the time for these choices, but plausible ones are not hard to find. The practice of reversing colours on derivative arms is well established: just as the saltire on the 1625 arms of Nova Scotia (New Scotland) is a reversal of the white saltire on blue used by Scotland, it would be equally appropriate if the fleurs-de-lis on the portion of the arms representing New France were a reversal of those of France. It has also been suggested that the change in number and colour was just a polite way for Queen Victoria’s heralds to distance themselves from the historic claim England had for land in France. After all, in pursuant of this claim, the royal arms of Britain had born golden fleurs-de-lis from 1340 to 1801; there was no point in opening old wounds now by returning them to the arms of a British dominion. Finally, the choices may have been driven as much by design considerations. Certainly, as presented, the arms of Quebec are a beautiful match to those granted to Nova Scotia at the same time.

[Chacune des quatre provinces fondatrices [du Canada] reçut des armoiries par mandat royal, le 26 mai 1868. Celles du Québec se lisent comme une chronologie: des fleurs de lys au chef pour représenter le régime français, un lion anglais au centre (fasce) pour représenter la période britannique, et des feuilles d’érable à la base pour représenter la période canadienne. Curieusement, bien que trois fleurs de lys dorées sur un fond bleu aient été la représentation traditionnelle, ce sont deux fleurs de lys bleues sur un fond d’or qui figurent sur les armoiries de 1868. À l’époque, aucune explication n’a été fournie pour ces choix, mais des explications plausibles ne sont pas difficiles à trouver. La pratique qui consistait à inverser les couleurs sur les armoiries dérivées est très bien établie. Ainsi, tout comme le sautoir bleu sur fond blanc qui figure sur les armoiries de 1625 de la Nouvelle-Écosse est une inversion du sautoir blanc sur fond bleu utilisé par l’Écosse, il serait également approprié d’envisager que les fleurs de lys qui figurent sur la partie de l’écu représentant la Nouvelle France s’avèrent être une inversion de celles de la France. On a également suggéré que les changements en nombre et en couleur ne furent qu’une façon polie pour les gars d’héraldique de la reine Victoria de se distancier de la revendication historique de l’Angleterre sur des territoires en France. Après tout, en référence à cette revendication, entre 1340 et 1801, des fleur de lys dorées figurèrent sur les armoiries royales de l’Angleterre. Il ne servait à rien de rouvrir de vieilles blessures en les restaurant au sein des armoiries d’un petit dominion britannique. Finalement, les choix auraient pu être guidés par des considérations esthétiques. Certainement, telles que présentées, les armoiries du Québec s’accordent merveilleusement avec celles accordées à la Nouvelle Écosse à la même époque.]

Alistair B. Fraser, 1998, The Flags of Canada, chapitre 15 intitulé «Quebec, from the book»

Il trouve ça très beau, le gars. On retiendra. Voici effectivement, notons-le au passage, un de nos compatriotes anglophones pas trop opposé aux fleurs de lys, calice (et il ne sera pas le seul)… Les fleurs de lys ont en effet déjà figuré sur l’écu de l’Angleterre quand cette dernière considérait la France comme un de ses duchés (cf les motifs profonds de la Guerre de Cent Ans). Il n’y a donc pas de difficulté historique particulière, pour les gars d’héraldique victoriens, à restaurer lesdites fleurs de lys dans l’écu colonial du Québec occupé. C’est une façon limpide de signaler qu’il est bien fermement inféodé, lui. Le développement de monsieur Fraser au sujet de l’inversion des couleurs sur les armoiries dérivées est parfaitement satisfaisant. Par contre le petit monsieur erre totalement quand il parle du sautoir bleu sur fond blanc qui figure sur les armoiries de 1625 de la Nouvelle-Écosse. Le sautoir aux couleurs inversées auquel il fait allusion figure en fait sur le blason moderne de la Nouvelle-Écosse ainsi que sur son drapeau. Faible. Il erre aussi un max quand il nous raconte que l’écu du Québec suggère une chronologie. C’est pas ça du tout. C’est bien plutôt que le lion britannique se promène dans son jardin floral colonial incorporant, tout tranquillement, synchroniquement, des feuilles d’érable et des fleurs de lys, qui sont toutes bien à lui. Pour preuve de cette interprétation spatiale et synchronique de l’écu du Québec, avisons son grand ancêtre, justement, celui de la Nouvelle Écosse (qui date, lui, de 1625 et est, redisons-le, sans sautoir).

Les anciennes armoiries de la Nouvelle-Écosse

.

Un saumon de rivière se promène le long de son petit champ floral à lui, des chardons écossais. L’origine écossaise de cette province est largement fantasmée et délirée par l’occupant qui projetait alors, à l’aveugle, ses duchés européens sur la carte de l’Amérique britannique (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse). La Nova Scotia (jargon de cartographes passé dans l’usage, chez les anglophones) et le récit fictif des néo-écossais sont donc évoqués ici sans chronologie particulière. Qu’on aille pas me raconter qu’on est passé historiquement de l’ordre des deux chardons écossais (tête), à l’ordre du saumon (fasce) avec retour au chardon écossais unique (base). C’est le déclin des Écossais ou quelque chose? La mise sur une ligne du temps allant de haut en bas ne veut rien dire, en fait, ici. C’est que c’est pas du tout chronologique, ce présentoir. C’est plutôt synchronique et spacio-figuratif. Le saumon maritime de fasce se promène gentil-gentil entre des champs de chardons écossais ici, tout comme le lion britannique se promène dans sa bande de fasce rouge-anglais parmi ses fleurs de lys vieillottes et ses feuilles d’érables modernes, sur les armoiries du Québec.

L’impérialisme victorien a une forte propension à représenter ses peuples inféodés des Amériques par de gentilles petites brindilles, bien dociles et bien décoratives. (La fleur de lys française étant l’une d’elles, parmi d’autres). J’en veux pour exemple la spectaculaire corroboration de ce fait qu’on retrouve sur les armoiries victoriennes de la ville de Montréal (qui se répercutent sur l’ancienne version du drapeau de Montréal — la version moderne continuant la même propension, en plaçant un pin blanc au centre de la croix, pour symboliser les nations aborigènes).

Les armoiries victoriennes de Montréal

.

Une rose de Lancastre (les perdants anglais de la vieille Guerre des Roses), un chardon écossais, un trèfle irlandais et une fleur de lys française se regroupent autour de la Croix de Saint George britannique et autour du mot pseudo-magique: Concordia. Toutes ces fleurs, lys inclus, sont inféodées dans le giron de l’empire. Elles ne font nullement l’objet d’une reconnaissance qui leur assignerait de l’autonomie ou une souveraineté propre. Elles sont satellisées dans le cadre éclectique, cumulatif, et dominateur d’une symbolique englobante, vassalisante, de type Féodalité.

Ce que je suis en train de vous dire, c’est que la fleur de lys est, au tout début de son aventure québécoise, ce qu’on appelle en héraldique un meuble. C’est à dire un des objets fragmentaires figurant sur un écu plus grand l’incorporant dans l’espace plus large de sa domination. Ceux qui s’imagineraient que cette mise au nombre des meubles de la fleur de lys par l’occupant colonial serait un archaïsme victorien, sans plus, sont priés de méditer sa singulière continuité en la maquette du drapeau du Canada suivante qui, elle, date, de 1964.

Maquette de type drapeaux dans le drapeau pour le drapeau du Canada (non retenue)

.

Cette maquette ne fut pas retenue parce que le premier ministre canadien du temps se refusait à l’intégration de tous meubles ou fanions héraldiquement hérités, dans le drapeau canadien, qu’il voulait neuf. Mais cette maquette en dit fort long sur le statut mobilier de la fleur de lys, pour l’occupant colonial canadien moderne. On a ici une allusion aux soi-disant deux peuples fondateurs du Canada. Les Britanniques sont représentés par un Union Jack moderne. Les Français sont représentés par une bannière fleurdelisée capétienme surannée et vieillotte. D’une part, si l’allusion (toujours hasardeuse) des drapeaux dans le drapeau avait voulu être étymologique, il aurait fallu que l’on place ici le vieil Union Jack de 1606, celui sans la croix de Saint Patrick (le sautoir —le X— rouge) en compagnie des fleurs de lys (soi-disant) du Régime Français. D’autre part, si l’allusion des drapeaux dans le drapeau avait voulu être synchronique, il aurait fallu que l’Union Jack moderne soit accompagné du drapeau français moderne, soit le Tricolore (qui a eu une belle vie au Canada, j’en reparle plus bas). Or on a ici un Union Jack moderne (et dominant) et une bannière française ancienne (fleurdelisée, donc folklorisée). Longué, longué… Quand je vous disais qu’il y avait des mauvaises nouvelles au sujet de la fleur de lys

Pas de fafinage. Il faut regarder la bête bien en face. La première fleur de lys vraiment québécoise est un meuble héraldique dans un écu colonial imposé sans consultation par l’occupant anglais. Point. Barre. Et venez pas me parler des vieilles fleurs de lys du Régime Français (on va amplement revenir sur ces dernières, plus bas). Aucune d’entre elles n’accote en ancienneté la date de la présence subordonnée de fleurs de lys sur l’écu royal britannique (1340). Parfaitement récupérable et inféodable, la vieille fleur de lys est, pour l’occupant colonial, comme les pork & beans, la chanson À la claire fontaine, le gentil mouton de Jean-Baptiste, et les ceintures fléchées, un petit objet de folklorisation bien mignon. Ils ne se doutent pas une seconde, lors de la mise en place autoritaire des armoiries coloniales québécoises de 1868, des mauvaises surprises que leur réserve ce petit zinzin pointu d’apparence si biscornue et si inoffensive.

.

DRAPEAU RÉPUBLICAIN I: DÉFAITE PATRIOTE. Il faut maintenant reculer un petit peu dans le temps. Au tout début du règne de la reine Victoria (en 1837-1838) des révoltes éclatent dans les deux Canadas, le francophone et l’anglophone. Ces révoltes sont très ouvertement anti-monarchiques. L’administration coloniale, vétillarde et autoritaire, maintient un régime politique tombé en désuétude en métropole depuis presque cent ans, celui de la non-responsabilité ministérielle. Comme le roi d’Angleterre l’avait fait jusqu’en 1741, le gouverneur colonial de chacune des deux colonies mettait à profit un système parlementaire bicaméral. Il laissait la chambre du commun (Chambre Basse) se remplir de citoyens élus et il s’entourait, lui, d’un Conseil Législatif nommé par lui (Chambre Haute) et qui contrôlait intégralement les subsides. Ces deux oligarchies arrogantes se faisaient surnommer au Bas-Canada la Clique du Château et au Haut-Canada le Family Compact. En parallèle, donc, sous la houlette de William Lyon Mackenzie (au Haut-Canada) et de Louis-Joseph Papineau (au Bas-Canada), les deux colonies, toutes deux parfaitement intégrées désormais à la progression historique interne du tout du monde anglo-saxon, prirent les armes au cri, déjà antérieurement formulé en Angleterre et aux États-Unis, de No taxation without representation.

Au Haut-Canada, les étendards brandis s’inspirent largement d’une imagerie américaine. Au Bas-Canada, le modèle, ce sera plutôt un autre pays catholique qui résiste de longue date au sein de l’empire, l’Irlande. Comparer les drapeaux suivants:

Le drapeau des Patriotes canadiens-français

.

Le drapeau de la République d’Irlande

.

Le drapeau des Patriotes (adopté en 1832) est le premier drapeau des canadiens francophones ainsi que la seule bannière de type République originale jamais produite en terre de Canada. D’autres fanions plus figuratifs (avec feuilles d’érables, castors, maskinongés — mais pas la moindre fleur de lys) seront brandis lors des rébellions mais ce tricolore horizontal sera le plus employé. C’est lui, le vrai étendard patriote. Les rébellions seront écrasées par la puissante armée coloniale britannique, dans les deux Canadas, au tout début du règne de Victoria. Soucieuse de comprendre ce qui s’est passé (les moutons canadiens qui se changent en lions, c’est quand même très curieux), l’administration victorienne, réjuvénante, compétente et modernisée, enverra un gouverneur plénipotentiaire et enquêteur extraordinaire, Lord Durham. Ce dernier finira par recommander la responsabilité ministérielle (contrôle des subsides par les chambres basses — ce que réclamaient justement les patriotes des deux Canadas) et l’union (à visée assimilatrice) des deux Canadas (1840). On ne veut pas d’une révolution américaine 2.0. en Canada, et on va fermement prendre les moyens pour que ça n’arrive pas.

Dans ce mouvement de remise en place victorien d’une autorité monarchique revitalisée, le drapeau patriote, subversif, autonomiste et, surtout, républicanisant, deviendra tout simplement illégal.

.

DRAPEAU RÉPUBLICAIN II: IL VA FALLOIR CASSER CETTE FRANCITÉ RÉPUBLICAINE PAN-CANADIENNE. L’occupant colonial va alors adopter des procédures authentiquement impériales. L’Angleterre de Victoria, vouée à dominer le siècle, gère des portions immenses du monde. Elle encadre des maharadjahs, des rois africains, des seigneurs de guerres chinois, des guerriers sikhs, des autorités régionales et ducales de toutes farines. Elle passe donc des ententes avec des intendants locaux, les fait tenir le terrain pour elle, exploite les ressources des territoires et empoche les dividendes. Cette pratique, crucialement victorienne, va s’installer aussi en Canada. Et ici, l’intendant local que l’occupant colonial contrôlera de loin, ce sera la hiérarchie de l’église catholique. L’occupant colonial renonce définitivement à convertir les canadiens au protestantisme. Encore une fois, il fait comme en Irlande. Les évêchés du Bas-Canada deviennent discrètement dépositaires d’un pouvoir, désormais endossé et financé par l’occupant, et qui deviendra vite rétrograde et autoritaire. Convertissez-les à ce que vous voudrez, du moment que vous les tenez et qu’ils ne pensent plus à faire des rébellions, c’est tout bon. C’est le début du vieux théocratisme québécois. Il durera cent vingt ans (1840-1960).

Les populations anti-monarchistes qui résistent ne peuvent plus le faire en brandissant le drapeau des Patriotes, devenu ouvertement illégal. Mais un drapeau de type République bien plus puissant et prestigieux que la vieille bannière du pauvre Chevalier de Lorimier décapité est disponible. C’est le Tricolore français, tout simplement. Pendant quarante-cinq ans environ (1840-1885), les francophones de partout au Canada vont brandir le drapeau tricolore français. À partir de 1853, l’Angleterre et la France s’allient contre la Russie au moment de la Guerre de Crimée. Le lent mais inexorable réchauffement entre France et Angleterre qui va mener à l’Entente Cordiale se met déjà en place. La France, notre mère patrie, est maintenant un pays allié de notre métropole coloniale, l’Angleterre. Il devient donc impossible, pour l’occupant colonial, de réprimer frontalement l’usage du drapeau français en terre canadienne. C’est le drapeau d’un important pays allié. Son prestige international, immense, est autant celui d’une grande nation que celui d’une grande idée… Toujours matois et goguenards comme le sont partout au monde les peuples qui résistent, les canadiens francophones, au Québec et hors Québec, peuvent parfaitement faire passer en douce des idées républicaines et progressistes en les couvrant sous le drapeau des Droits de l’Homme et de la bonne harmonie entre Victoria et Louis-Philippe.

C’est donc l’âge d’or du drapeau français en Canada. Et cela va laisser une trace vexillologique importante et inusitée. Nos amis acadiens vont frapper le Tricolore français de l’étoile Stella Maria et en faire leur retentissant étendard de résistance.

Drapeau de l’Acadie

.

Le drapeau non-provincial (ceci NB) de l’Acadie devient officiel en 1884. Emberlificoté dans les jeux d’alliances et les contraintes diplomatiques de la métropole impériale, l’occupant colonial canadien ne pourra rien faire pour entraver cela. Il y trouvera d’ailleurs son compte. La diversification vexillologique des canadiens francophones révèle qu’ils se fragmentent imperceptiblement, se particularisent tout doucement. Or une puissance assimilatrice adore que les peuples qu’elle entend dissoudre se fragmentent. Il va falloir casser cette francité républicaine pan-canadienne. La diversification des drapeaux canadiens-français sera un indice heureux de cette tendance, dans les vues de l’occupant. À discrètement encourager, donc. Et comme on peut pas toutes les gagner, il faut donc savoir fermer les yeux sur certains pavois suspects et mal aimés. Surtout que tandis que l’Acadie stabilise symboliquement sa quête d’affranchissement, au Québec, les affaires vexillologiques sont sur le point de se mettre à fortement débloquer… et délirer.

.

LE FAUX DRAPEAU DE LA BATAILLE DE CARILLON. Les gars d’héraldique victoriens, anti-républicains bon teint, viennent donc de fourrer la fleur de lys dans notre face, sur les armoiries du Québec (1868). Les forces ultramontaines et monarchistes vont alors attraper le ballon, et relayer son roulement, dans des conditions hautement inusitées. Il faut bien comprendre que le monarchisme c’est le monarchisme et que même la nostalgie envers un roi mort avec son régime est bonne à prendre pour le monarchisme d’un autre roi, surtout s’il est aux abois. Il y a rien pour supplanter la solidarité de classe, chez les aristos comme ailleurs. En 1885, des chercheurs amateurs conservateurs (qui travaillent sur la question depuis 1842) exhibent ceci:

Le faux drapeau de la bataille du Fort Carillon

.

Les seuls meubles héraldiques visibles sur ce vieux drapeau tourmenté ce sont quatre fleurs de lys en quartiers, disposées en présentoir subalterne et cernant un objet central indiscernable. Même la couleur de la bannière est incertaine (les historiens contemporains admettent que ce n’était pas bleu comme on l’a alors cru, mais beige possiblement). Le délire sur ce drapeau relique sera, par contre, lui, solide et ferme. De fait, la relique est aussi authentique que la narration qu’elle engendrera sera fausse. On va en effet décider que c’est là l’ancien étendard français de la Bataille de Carillon, ultime victoire française sur le conquérant anglais, survenue en 1758 à Ticonderoga, sur le Lac Champlain, dans l’actuel état de New York. Ce délire, largement endossé collectivement au Québec (les francophones hors Québec ne suivront pas), va marquer rien de moins que le Yankee Doodle de la fleur de lys. Si on endosse ce développement faux (et il sera largement endossé pendant les dernières décennies du dix-neuvième siècle), subitement, la fleur de lys n’est plus un petit meuble décoratif pour écusson colonial. C’est un objet héraldique majeur qui aurait figuré sur le drapeau militaire des vainqueurs du Fort Carillon. La fleur de lys n’est donc pas du tout inféodée à l’Anglais. Au contraire, elle le combat. Elle n’est pas imposée sur les armoiries victoriennes du Québec. Au contraire, elle y est plutôt respectueusement tolérée. L’astuce rédemptrice ici est que, comme on ne peut plus se débarrasser de la fleur de lys, imposée par lesdites armoiries victoriennes inamovibles du Québec, il faut œuvrer à la faire changer de camp symbolique, mais sur un axe nationaliste et cléricaliste plutôt que républicain et progressiste. Or voici qu’elle est la seule fanfreluche discernable du (faux) Drapeau de Carillon, drapeau qu’on donnera en grandes pompes comme l’étendard indubitable d’une ultime victoire française en terre d’Amérique.

Tout ceci est bidon et a été infirmé depuis. Les officiers et soldats royaux français en service (qu’il faut ici soigneusement distinguer des commerçants maritimes français) ont cessé d’arborer la fleur de lys sous Henri IV (le roi au panache blanc, lui-même mort en 1610). Entre 1660 et 1760, même les Français ne se souviennent plus clairement de la fleur de lys comme symbole royal. C’est le drapeau blanc des Bourbons qu’arborent les officiels royaux français désormais, notamment sur les mâts des forts qu’ils contrôlent encore autour des Grands Lacs et du Saint Laurent. Ce vieux fanion à fleur de lys ne peut tout simplement pas avoir eu un statut militaire, administratif ou politique. Restauré par des historiens contemporains, le faux Drapeau de Carillon donne aujourd’hui ceci:

pour son côté civil (il a aussi un côté religieux qui représente la Vierge Marie portant l’enfant Jésus). Cette bannière fait deux mètres sur trois. Parfaitement inopérante sur un champ de bataille, elle est en réalité faite pour être arborée comme ceci:

c’est-à-dire qu’elle reposait sur un perchoir en tau, dans des processions, probablement des processions religieuses. L’écu qui l’orne, c’est l’armoirie personnelle (non nationale) de Charles de la Boische, marquis de Beauharnois, qui fut gouverneur de la Nouvelle-France de 1726 à 1747, sous Louis XV (le vrai drapeau relique est donc un petit peu plus vieux que ce que prétendaient ses mytholâtres). Cette bannière portant l’écu d’un marquis (pas celui du roi), n’a aucun statut royal ou métropolitain dans le Régime Français. Mais surtout, il est certain qu’elle n’a jamais vu le feu contre l’Anglais.

Le faux Drapeau de Carillon est intéressant moins dans sa dimension historique, assez anecdotique, que dans sa dimension mythologique. Avec le battage autour de cette découverte passionnante et passionnelle, on est arrivés à faire croire aux québécois du temps (1885-1905) que la fleur de lys, symbole vieillot, sporadique, non républicain, et ouvertement inféodé, était l’objet héraldique par excellence pour incarner la résistance à l’occupation coloniale britannique. Quelque part, en fait, cela arrange un peu tout le monde. Les ultramontains, qui géreront encore le Québec pour plusieurs décennies, sont arrivés à se donner un beau premier symbole collectif de type Féodalité et non de type République. L’occupant colonial observe que les fleurs de lys de l’écu victorien du Québec, nostalgiques et folkloriques, commencent enfin à bien être intériorisées par un seul segment des canadiens francophones, celui qui, tout doucement, se provincialise et se particularise au Québec. Tout bon. Laissons-les aller dans cette direction-là.

 la popularité renouvelée de la fleur de lys, de par ce mythe fondateur bizarre du fleurdelisé québécois, répondront les tolérances cléricales et coloniales envers ce meuble héraldique ancien qui, soudain, rebondit, se radicalise certes, mais, l’un dans l’autre, reste bien meilleur à prendre que n’importe quel bande de drapeau à stries de subversif républicaneux chicaneux. Les Patriotes sont morts et bien morts. Au tournant du vingtième siècle, désormais aimée des masses, valorisée par les curetons, et bien tolérée de l’occupant post-victorien, la fleur de lys voit soudain un bel avenir symbolique s’ouvrir devant elle.

.

LE CARILLON MODERNE, VRAI ANCÊTRE DU DRAPEAU DU QUÉBEC. Nous avons donc maintenant, bon an mal an, la première diapositive qui mènera au drapeau du Québec. Quatre fleurs de lys pointant vers un centre, disposées en présentoir. En 1902, Elphège Filiatrault, cureton à Saint-Hyacinthe et passionné de vexillologie, va crucialement placer la seconde diapo. Une croix de Saint Michel sur fond bleu, en plein centre de l’étendard.

Pavillon à la croix de Saint Michel

.

La seconde décision mythologisante est alors prise. Les quatre fleurs de lys en présentoir (dont on savait pas trop ce qu’elles présentaient) encadrent maintenant rien d’autre qu’un pavillon de la marine marchande française du temps des Compagnies à Privilège Royal. C’est d’ailleurs de bonne guerre, si on peut dire, car ces compagnies maritimes, elles au moins, incorporaient assez souvent des fleurs de lys, et ce d’autant plus qu’il leur était strictement interdit d’arborer les nouvelles couleurs du roi, le blanc mat, de façon à éviter qu’elles ne s’arrogent illicitement le prestige royal.

Une bannière de l’ancienne marine marchande coloniale française

.

On notera, pour la bonne bouche symétriste, que le premier drapeau du Canada, le Red Ensign canadien a, lui aussi, pour fond de drapeau, le fanion d’une compagnie maritime du dix-septième siècle, anglaise elle, la Compagnie de la Baie d’Hudson. Mais de surcroît ici, le fait que Saint Michel fut une des voix qui se firent entendre autrefois par Jeanne d’Arc pour lui susurrer de bouter les Anglais dehors eut peut-être un certain poids symbolique dans l’apparition de la croix centrale (Croix de Saint Michel) sur le futur fleurdelisé québécois. En tout cas, cette invention vexillologique vernaculaire régionale connut un succès retentissant et fort rapide. On dénomma ce drapeau le Carillon Moderne et on l’arbora promptement et largement dans les milieux nationalistes québécois. Conséquemment, il serait parfaitement légitime de ne pas se gêner pour créditer historiquement Elphège Filiatrault comme concepteur effectif du drapeau du Québec.

Le Carillon Moderne de Filiatrault, qui existe encore matériellement, est un fier fleuron d’histoire locale qui fait d’ailleurs de plus en plus l’objet d’une curiosité nationale renouvelée.

.

LE LEURRE CLÉRICAL DU CARILLON SACRÉ-CŒUR. Mais les ultramontains les plus extrémistes vont vouloir en rajouter une couche. La popularité grandissante du Carillon Moderne —qu’on appelle aussi déjà le fleurdelisé— ne prendra pas vraiment la direction escomptée par les cléricalistes. De plus en plus de nationalistes progressistes et anticléricaux s’approprient le nouveau drapeau. Sa tonalité théocratique se dilue et s’édulcore, très vite. Déjà solidement réinvesties comme anti-anglaises, nos fameuses fleurs de lys tendent désormais aussi graduellement à casser du curé, à faire primer le civique sur le théocratique. Pour contrer cette nouvelle dérive gauchère, les réacs cléricalistes du début du siècle dernier vont ouvertement faire la promotion du monstre suivant:

.

atténuant parfois ses allures de fanion de zouaves, ainsi:

.

.

On baptisera (c’est bien le mot) ce fleurdelisé abruptement recléricalisé le Carillon Sacré-Cœur et on le fera bénéficier d’un battage promotionnel intensif, notamment dans la première moitié du vingtième siècle, tentant de le faire passer pour un fanion bien implanté dans les masses québécoises. Un fait insolite et intéressant est d’ailleurs à noter. Si on trouve bon nombre de photos d’époque où des types arborent le Carillon Moderne dans des manifestations et des processions (voir supra), il ne semble pas y avoir de photos effectives du Carillon Sacré-Cœur dans des processions religieuses, ou des parades de la Saint-Jean Baptiste, ou ailleurs. Quand on recherche des images anciennes du Carillon Sacré-Cœur, tout ce qu’on dégotte c’est, justement, du matériel promotionnel, comme des images pieuses, ou encore ceci (carte postale):

.

Ou alors on tombe sur des images contemporaines qui sont des réfections composées ex post par des olibrius de notre temps:

.

.

Aussi, malgré tout le battage encore maintenu à son sujet, le Carillon Sacré-Cœur ne semble pas avoir eu de vie vernaculaire effective. Quand on le voit apparaître dans le monde, c’est dans des œuvres de fiction comme le film Les Plouffe (1981) ou la série télévisée Duplessis (1977). On notera aussi que la pratique réactionnaire consistant à étamper intempestivement un Sacré-Cœur au milieu du drapeau national n’a rien de spécifiquement québécoise. Les Français aussi ont parfois cultivé cette combinaison sémiologique plus que douteuse sur leur Tricolore, notamment sous l’influence de la très fascisante Action Française.

D’ailleurs, pour tout s’avouer, on peut suggérer que la perpétuation des symboles de la fleur de lys et du Sacré-Cœur ont été, au Québec, dans les premières décennies du siècle dernier, des influences directes, justement, de l’Action Française, qui fut très active en terre québécoise, dans les milieux cléricalistes, en ces temps. Pour bien faire voir la regrettable lourdeur fascisante de ces deux symboles, on méditera ce logo (créé en 1953) de l’Université d’été de l’Action Française:

Logo de l’université d’été de l’Action Française

.

On pourrait facilement le prendre pour un écusson québécois bien quelconque et pas si ancien… Inquiétant, quand même, et hautement susceptible de soulever certaines difficultés, dans le dialogue culturel présent et futur. Quand je disais en ouverture les casseroles, je pensais principalement à ceci, fatalement…

.

DE NOUVEAU LES ARMOIRIES COLONIALES AU DRAPEAU PRÉSENTOIR. Le battage intempestif en faveur du Carillon Sacré-Cœur dans la première moitié du siècle dernier va bien laisser sa séquelle, dans certains esprits. On sent maintenant une incomplétude dans le collage de nos deux fonds de drapeau hérités. Les fleurs de lys du (faux) Drapeau de Carillon disposées en présentoir pointent vers le centre de la Croix de Saint Michel du Carillon Moderne qui, lui, est sans meuble central. Les fleurs de lys pointent donc vers un petit rien qui semble laisser comme un grand vide. L’union assez forcée de ces deux diapos vexillologiques héritées cloche un petit peu. Et, d’autre part, les campagnes visant à donner au Québec son drapeau spécifique prennent de plus en plus corps. Vers 1939, les instances politiques vont commencer à subir des pressions de plus en plus fermes et massives. Quand l’Union Nationale de Maurice Le Noblet Duplessis reprend le pouvoir en 1944 et que le Canada anglais se lance dans une grande campagne ratée pour un drapeau fédéral en 1946, la pression devient insoutenable. Duplessis, en bon réactionnaire compulsif, est d’abord pas trop chaud à l’idée nouvelle de donner un drapeau provincial au Québec. Sauf que s’il ne s’occupe pas de cette histoire, il risque bel et bien de se faire distancier politiquement par les libéraux et les progressistes. Il le constate et, pour lui, il n’est pas question de risquer de s’enfarger dans une échéance électorale sur une histoire de chiffon au boutte d’un bâton. Il lui faut reprendre l’initiative sur cette question.

Duplessis, qui est un autoritaire, va donc se mettre dès 1946, tout seul dans son bureau, à réfléchir à ces bébelles de drapeau. D’abord il est capital pour lui de ne pas en donner trop à l’église catholique. Celle-ci, pendant la guerre, s’est retournée comme une girouette et a roulé à fond, avec les fédéraux, dans la propagande de guerre et la promotion de la conscription. Duplessis, lors de son premier mandat (1936-1939), croyait l’église si puissante et la théocratie si bien installée au Québec qu’il avait pendu un crucifix sur le mur du fond de l’assemblée législative. Moins naïf qu’à ses débuts, il se rend bien compte maintenant (1946) que les cléricaux sont des pantins des politiques, en fait. Pas plus fou que les fédéraux (et rapide comme un singe dans la propension à les singer, justement, comme en miroir), Duplessis entend bien remettre les soutanes à leur place et à sa main, une bonne fois. On peut même considérer, en conscience, que Duplessis, ce vieux ruraliste, fidéiste, rétrograde et arriéré, est un des artisans obscurs, lointains mais décisifs, des premières initiatives québécoises en matière de laïcité. Eh oui, parfois ce que vous êtes objectivement surpasse votre étroitesse idéologique privée. Premier ministre du Québec pendant les premières décennies très progressistes des Trente Glorieuses, Duplessis n’a pas échappé à cette loi de fer du développement historique. Et en attendant des jours meilleurs pour des progrès sociaux plus tangibles, le nouvel anticléricalisme frustre et secret de Duplessis va faire sa première victime de conséquence, dans le monde éthéré des symboles: le Carillon Sacré-Cœur. Duplessis le rejette d’office. Ce mauvais fanion de zouaves en donne trop aux cléricaux. Il y a déjà une belle croix nordique sur la drapeau là, eh ben c’est ben en masse pour représenter nos valeurs religieuses. En plus, le Carillon Sacré-Cœur, les citoyens en veulent pas vraiment et Duplessis le sent.

Histoire de se faire clarifier cette histoire de meuble manquant au centre du Carillon Moderne, Duplessis va consulter, directement ou par personnes interposées, un gars d’héraldique de choc, un certain Burroughs Pelletier. Celui-ci va confirmer le petit vide vexillologique incriminé et faire soumettre un certain nombre de maquettes, toutes plus affreuses et nunuches les une que les autres, au premier ministre du Québec, pour combler ledit vide. Ces maquettes traînent en fait dans le paysage vexillologique depuis 1903 environ. Tout cela se fait dans l’officine, sans consultation populaire aucune. Il est piquant de constater que la maquette ayant la préférence de notre bon monsieur Burroughs Pelletier est justement celle qui met en valeur… rien d’autre que nos bonnes vieilles armoiries victoriennes du Québec.

Maquette incorporant les armoiries victoriennes du Québec dans le fleurdelisé (non retenue)

.

My, my, my, comme on se retrouve, dans le beau monde. Le lion britannique au cœur central du fleurdelisé, maintenant. Comme c’est touchant… et parlant. Lionel Groulx, qui a son grand nez fourré dans cette histoire de drapeau lui aussi, fera observer que des armoiries sur un drapeau, c’est la façon la plus niaiseuse et la plus inutile de le rendre difficile à manufacturer. Bon… enfin une observation utile de Lionel Groulx sur quelque chose. Pavoisons. L’idée des armoiries victoriennes du Québec (ou de quoi que ce soit d’autre, au demeurant) en position centrale sur un étendard national est finalement assez hasardeuse et Duplessis n’y mordra pas. Il n’a pas plus de cadeaux à faire à l’occupant colonial post-victorien qu’au clergé catholique. Et comme il ne peut pas mettre le logo de l’Union Nationale ou sa face au centre du drapeau, ça ne l’intéresse pas vraiment d’y mettre quoi que ce soit.

.

LES FLEURS DE LYS POINTERONT VERS LE CIEL OU: LE COURT-CIRCUIT DE DUPLESSIS. C’est donc à Duplessis qu’on impute la finalisation ultime du drapeau du Québec moderne. Ses gars d’héraldique lui font valoir que s’il ne place aucun meuble en position centrale, il va falloir, en bonne conformité héraldique, que les quatre fleurs de lys soient droites et recentrées dans leurs quartiers. Ce faisant, Duplessis, toujours cabot selon sa manière, tentera une troisième et ultime mythologisation du drapeau, bien éphémère celle-là, en ces termes (formulation apocryphe mais certainement assez proche du réel): Ben on va les redressir, les fleurs de lys, tout simplement. Comme ça, elles pointeront vers le ciel, comme le fait si bien l’Union Nationale. Duplessis s’est-il fait jouer un tour malicieux par ses gars d’héraldique ou a-t-il lui-même joué un tour malicieux aux québécois? Je ne sais. Mais en tout cas, avec ses fleurs de lys redressées, le drapeau du Québec ressemble désormais incroyablement à la bannière du roi Charles VII (justement le roi de France qui, grâce à Jeanne d’Arc, bouta les Anglais hors de France).

Le drapeau du roi Charles VII

.

Quoi qu’il en soit de cette analogie, assez saisissante il faut bien l’admettre, Duplessis va ensuite court-circuiter la motion parlementaire sur le drapeau que préparait le député indépendant René Chaloult, en prenant abruptement les devant et en soumettant unilatéralement sa propre loi sur le drapeau du Québec, dont il vient de finaliser le dessin dans l’officine. La loi est passée dans une tonitruante unanimité. Notons, pour la bonne bouche coloniale, que même les anglophones du West Island sont favorables à ce type-là de drapeau provincial non républicanisant et non américanisant. Celui-ci est hissé —par surprise— sur la tour du parlement de Québec, pendant le fameux discours du drapeau de Duplessis, le 21 janvier 1948. Le drapeau obtient la sanction royale le 9 mars 1950 (de façon parfaitement légale mais strictement au niveau du Conseil Législatif, sans que l’affaire ne remonte jusqu’au roi).

On se contera pas de menteries, l’héritage vexillologique du drapeau du Québec est lourd. C’est, initialement, étymologiquement, un drapeau de type Féodalité, qui particularise, dégallicanise et provincialise le Québec. Mais ce peuple en résistance va patiemment se réapproprier ce symbole, comme bien d’autres. Et —fait capital dont il faut bien comprendre les ressorts— à mesure que le monarchisme recule au Canada, la folklorisation colonialiste et vassalisante de ce fanion tourmenté recule, elle aussi. La grande lutte de libération nationale québécoise des années 1976-1995, tant par ses succès que par ses avatars, a donné au fleurdelisé du Québec une dimension de plus en plus assurée de drapeau national. L’étymologie vexillologique n’est pas la vexillologie et quand l’étymologie d’un drapeau contredit son être essentiel contemporain, c’est l’être essentiel contemporain qui prime. Aussi, ce lourd passé bardassé et tortueux, ce fourbi de symboles conservateurs, féodaux et suspects, compte beaucoup moins pour nos compatriotes que l’intimité tangible et profonde qu’ils ont avec leur drapeau, comme synthèse moderne. Ladite intimité est sentie et unanime, tant chez les québécois de souche que chez les québécois de branches. Elle incarne tous nos souhaits contemporains d’une vie pacifique, paisible et civique, sans guerres, sans pollutions, sans discriminations, sans injustices sociales.

.

Les québécois se sont appropriés la fleur de lys et en ont fait un symbole national (plutôt que ducal ou royal). Ils se sont appropriés la croix symétrique des vieux blasons et en on fait (encore mieux qu’au Danemark, en Norvège, en Suède, en Finlande, en Islande où la dissymétrie des croix vexillologiques rappelle plus sensiblement le crucifix chrétien) un signe de nordicité (plutôt que de catholicité). Et la teinte de bleu champ d’azur que vous voyez sur ce fanion s’appelle, chez nous, Bleu Québec.

Je me souviens. Oui, oui, souvenons nous de l’héritage pesant, ambivalent, tendancieux et trouble de la trajectoire d’émergence de notre drapeau national. Il faut bien la comprendre, son étymologie sombre et tiraillée, et la voir tout doucement disparaître, remplacée pas sa synchronie lumineuse et généreuse. Puis, aussi, en conscience et en rationalité, sachons, au bon moment, mobiliser en nous ces belles paroles subtiles de Gilles Vigneault, qui sont, en soi, toute une leçon de recul historique: Souviens-toi d’oublier. Il n’est jamais la même heure…

.

Contre la Guerre Impérialiste, pour la Guerre de Classe

Source: Révolution ou Guerre.

Contre la Guerre, pour la Guerre de Classe

(30 avril 2022, comités internationalistes NWBCW)

PDF - 58.7 ko

Nous reproduisons ici le tract des comités Non à la guerre, pour la guerre de classe (No War but the Class War) qui fut à l’origine rédigé par son comité de Liverpool en Grande Bretagne. Nous reprenons ici, comme nous l’avions dit sur notre site (igcl.org), l’appel lancé par la Tendance communiste internationaliste  le 10 avril dernier. Nous appelons tous ceux et celles, groupes, cercles et individus qui seraient isolés et qui partagent le contenu de l’appel de la TCI et du tract internationaliste à le diffuser au maximum de leur force, en particulier lors des manifestations de rue du 1e mai. Par la suite et dans la mesure du possible, regrouper autour de l’appel et constituer des comités pour regrouper les forces internationalistes et offrir une alternative, l’alternative de la lutte des classes, de la défense de nos conditions de vie et de travail, face aux sacrifices pour la guerre impérialiste en Ukraine et la marche à la guerre généralisée.

Guerre, pauvreté, crise et maladie : Le vrai visage du système capitaliste

Les tambours de la guerre résonnent à nouveau en Europe. L’invasion de l’Ukraine par la Russie rapproche le monde de son point d’ébullition. Une fois de plus, les travailleurs du monde entier sont invités à prendre parti dans un conflit où nous n’avons rien à gagner et tout à perdre. D’un côté, la Russie, qui tente de récupérer ce qu’elle a perdu depuis l’effondrement de l’URSS. De l’autre, l’OTAN, qui tente d’attirer l’Ukraine dans sa sphère d’influence. En arrière-plan, les lignes impérialistes se renforcent, les États de l’UE se ralliant aux États-Unis et la Russie se tournant vers la Chine.

Si la guerre en Ukraine représente une escalade dans la volonté de généralisation de la guerre, elle n’est pas le seul champ de bataille actuel. Que ce soit en Syrie, au Yémen ou en Palestine, la classe dirigeante dresse les travailleurs les uns contre les autres dans le monde entier. Tout cela à la recherche de revenus financiers, de matières premières et d’une main d’œuvre bon marché. Le nationalisme – ce dernier refuge de la canaille – nous appelle à tuer et à mourir pour une cause qui n’est pas la nôtre.

Mais les guerres ne sont pas les seules à être menées contre les travailleurs. Nous sommes au cœur d’une guerre de classe dont nos conditions de vie et de travail sont le sacrifice sur l’autel de la rentabilité. A cause de l’austérité, nous avons été contraints de payer pour le krach financier de 2008. Mais l’économie mondiale ne s’en est jamais vraiment remise. Avant même l’arrivée de la pandémie, des milliards étaient injectés chaque jour pour les marchés pour les maintenir à flot alors qu’une nouvelle récession était annoncée. La pandémie n’a été que l’étincelle qui a allumé la flamme. Aujourd’hui, sous couvert de restructuration, nous sommes une fois de plus censés payer pour la crise. Sur tous les lieux de travail, nous assistons à une baisse des salaires du fait de l’inflation, à des licenciements, à des mises à pied et à diverses autres attaques contre nos conditions de travail. Pendant ce temps, à la maison, nous sommes confrontés à la hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant, à l’augmentation des loyers, des factures et des impôts. Pendant ce temps, les riches s’enrichissent. Et la guerre, en bouleversant encore plus les chaînes d’approvisionnement, ne fera qu’aggraver la situation.

Enfin, n’oublions pas la crise climatique. Les inondations, les incendies et les phénomènes météorologiques extrêmes rendent progressivement des pans entiers de la planète inhabitables. La classe dirigeante continue de traiter la planète comme son jardin privé, avec peu de considération pour la vie animale et humaine. Et, avouons-le, les conditions qui ont créé le Covid-19 et lui ont permis de se propager, tuant des millions de personnes, sont toujours en place. Et, la menace de futures pandémies plane.

La guerre, la pauvreté, la crise et la maladie créent des générations entières de personnes marquées par un système qui tend vers la barbarie. Réfugiés, amis et familles de ceux qui sont tombés malades, mutilés et tués, chômeurs et sans-abri.

C’est une guerre sur de multiples fronts contre tous les travailleurs et l’avenir de l’humanité. Mais nous pouvons résister. Les tentatives de défense de nos conditions de vie et de travail peuvent semer les graines d’un mouvement plus large qui reconnaît que le capitalisme – le système de production actuel caractérisé par l’existence de la propriété privée, du travail salarié, de la monnaie et des États – est la source du problème. Nous devons poser la question sociale et la possibilité de créer une société où la production est fonction des besoins et non du profit, une communauté mondiale où les États et les frontières ont disparu, où des organes indépendants créés par la classe ouvrière peuvent commencer à aborder collectivement les problèmes auxquels l’humanité est confrontée.

De même, les actions anti-guerre éparses qui ont été rapportées jusqu’à présent – manifestations en Russie, soldats désobéissant aux ordres en Ukraine, refus de manutentionner des cargaisons par des dockers au Royaume-Uni et en Italie, sabotage par des cheminots en Biélorussie – doivent adopter la perspective de la classe ouvrière pour être véritablement anti-guerre, de peur d’être instrumentalisées par l’un ou l’autre camp. Soutenir la Russie ou l’Ukraine dans ce conflit signifie soutenir la guerre. La seule façon de mettre fin à ce cauchemar est que les travailleurs fraternisent au-delà des frontières et abattent la machine de guerre. N’adhérez pas à la propagande nationaliste.

C’est pourquoi nous disons qu’il n’y a pas de guerre mais une guerre de classe. Les classes dirigeantes mènent déjà leur guerre contre nous et la planète. C’est aux travailleurs du monde entier – la grande majorité sans laquelle tout s’arrête – de créer l’alternative.

 

Contre la guerre impérialiste. Pour la guerre de classe
(No War But the Class War)
Pour quoi nous battons-nous ?

No War but the Class War (NWBCW) vise à apporter un message internationaliste aux luttes locales. Nous nous considérons dans la tradition des tentatives précédentes de s’opposer aux guerres capitalistes dans une perspective de classe ouvrière. Comme point de départ, nous adoptons la déclaration suivante du NWBCW rédigée en 2018. Si vous êtes globalement d’accord avec elle, contactez-nous. Nous encourageons les autres internationalistes du monde entier à créer également des groupes NWBCW sur vos lieux de travail et dans vos quartiers.

Contre la guerre impérialiste. Pour la guerre de classe. (NWBCW)

Le capitalisme mondial est dans une crise à long terme qui s’approfondit et qui nous conduit sur la voie de la guerre généralisée. Il y a plus de 60 guerres locales en cours aujourd’hui. Chacune d’entre elles détruit la vie de nos sœurs et frères de la classe ouvrière tandis que différents gangs de patrons luttent pour le contrôle. La plupart de ces guerres opposent les clients des principales puissances impérialistes. Ce sont des guerres impérialistes par procuration qui, avec les guerres commerciales ouvertes, sont les signes avant-coureurs d’un conflit mondial plus large. L’incitation à la guerre est le résultat du fonctionnement du système capitaliste lui-même. Elle n’est pas le résultat de quelques dirigeants capitalistes fous ou mauvais et seul le renversement du système capitaliste peut empêcher la guerre. La véritable alternative à laquelle nous sommes confrontés est la guerre ou la révolution.

Les partisans de No War but the Class War (NWBCW) visent le renversement révolutionnaire du capitalisme par la classe ouvrière et la création d’un nouveau système mondial de production. Nous sommes pour un système basé sur la propriété commune pour satisfaire directement les besoins de chacun. Ce système sera contrôlé démocratiquement par la classe ouvrière via un système mondial de conseils ouvriers. La production pour le profit et le système des Etats-nations et des frontières seront éliminés. Dans ce processus, la dégradation de la planète par le capitalisme sera inversée et l’humanité sera capable de planifier un développement durable.

Pour y parvenir, nous devons nous organiser à l’échelle mondiale et répandre la compréhension de la nécessité de créer une nouvelle société et la conscience de la manière d’y parvenir. La classe ouvrière elle-même doit créer une organisation politique internationale de révolutionnaires pour cette tâche.

Le point de départ nécessaire est d’intensifier la défense de nos propres intérêts et de rejeter les programmes de la classe dirigeante, y compris les guerres qu’elle nous demande de soutenir. Toutes ces guerres sont des guerres impérialistes dans l’intérêt des sections du capital. La NWBCW existe pour s’opposer à la guerre sur la base de la classe, pas seulement contre une section de la classe dirigeante, mais contre l’ensemble du système pourri qui offre aux travailleurs du monde la mort, la destruction et la misère, que ce soit lentement par la pauvreté, la maladie et les catastrophes ou au rythme plus rapide de la guerre.

Les travailleurs n’ont pas de pays ! Les guerres dites de ’libération nationale’ ou ’anti-impérialistes’ ne sont que des guerres impérialistes déguisées ! Nous ne faisons aucun front commun avec les marionnettes des patrons de la gauche capitaliste, comme les partis parlementaires et les syndicats, ainsi qu’avec les personnes qui les accompagnent dans le marécage pseudo-révolutionnaire. Ils sont tous intégrés dans le système des patrons et le soutiennent en temps de paix comme en temps de guerre.

Pas de guerre, mais pour la guerre de classe ! Allons de l’avant et généralisons la lutte de classe comme notre réponse à la guerre bourgeoise et à l’austérité !

Le NWBCW est une combinaison de groupes et d’individus qui soutiennent les positions politiques ci-dessus. Nous invitons d’autres personnes qui soutiennent ces positions à rejoindre le NWBCW pour nous aider à produire et distribuer de la propagande et à mener des interventions dans la lutte de classe pour ’Contre la guerre, pour la guerre de classe ’.

Pour information : NWBCWmontreal@gmail.com ou, pour la France, l’adresse du GIGC : intleftcom@gmail.com (igcl.org) ou de la Tendance communiste internationaliste (info@leftcom.org)

(Traduit à partir du texte original de No War but the Class War – NWBCW – Liverpool, UK.)

 

« Manifeste » pour les brigades internationales de la bourgeoisie en Ukraine.

La bourgeoisie de plateaux télé semble unanime. Il faut se ranger d’un bloc derrière l’Ukraine et son si héroïque président Zelensky. Mieux. Il faut plus d’armes, plus de bombes, plus de morts pour pouvoir sauver le monde libre de l’affreux Poutine. Il faudrait même carrément faire la guerre à Poutine. Face à cette demande toujours plus pressante nous avons une proposition politique : allez y les gars !

Dès le 24 février ça a été la curée sur tous les plateaux télé. Il faut trouver du monde pour commenter l’invasion. Les spécialistes de stratégies militaires et de la vie ukrainienne sont trop occupés, alors il faut meubler avec des spécialistes sur le tas tous plus ou moins insipides. Nathalie Saint Cricq, Raphael Enthoven, BHL évidemment, rien ne nous sera épargné. La guerre amène son lot de viols, de meurtres de masses et de toutes les horreurs possible, mais ça, c’est la goutte de trop.

Car ces éditorialistes, tremblant d’excitation à la vue des bombardements sur Kiev, les mains moites en pensant à la part d’audimat qu’ils sont en train de se trancher, n’ont qu’une obsession : nous faire rentrer en guerre.

Cette frange particulière de la bourgeoisie médiatique dont la personne la plus illustre est l’inénarrable Bernard Henry Lévi ressort lors de tous les conflits armés pour « défendre le monde libre ». Ce monde libre, qui n’est rien d’autre que l’impérialisme US et ses avatars, est un mantra pour ces « intellectuels » néo conservateurs. Ils ont milité pour l’intervention dans les balkans dans les années 90, en Irak (quel succès !) ou encore en Libye (incroyable d’efficacité) avec à chaque fois une rhétorique bien rodée : la guerre est un moindre mal face aux horreurs de ceux que le camp occidental érige en « axe du mal ». Miloseviç, Saddam Hussein, Khadafi et maintenant Poutine, ces dictatures là n’ont pas ou plus la côte pour les Américains et deviennent les supers méchants de Disney.

Il n’est évidemment pas question de défendre ici le bilan des dictatures susnommées ou même de relativiser leurs crimes mais les néoconservateurs n’ont que peu de discours sur les lapidations publiques de femmes adultérines en Arabie Saoudite ou les exactions multiples perpétrées par les bouchers mis en place par la France dans ses anciennes colonies… Pour noyer le poisson de leurs horreurs, les néo conservateurs saupoudrent toujours leurs discours bellicistes et guerriers de philosophie. Imprégnés de l’esprit des lumières et d’un humanisme surplombant, ces dégoûtants personnages, tout droit sortis de leurs salons, sont extrêmement cultivés.

Jugez plutôt. Au moment d’appeler le monde occidental à rentrer en guerre, Raphaël Glucksman, intellectuel montant de BFMTV et ancien candidat PS, est tout en emphase : « Mais nos élites biberonnées au mythe de la paix perpétuelle sauront-elles faire face à la tempête qu’elles ont si longtemps refusé de voir venir ? L’Europe trouvera-t-elle la force de naître de ce chaos que les anciens Grecs plaçaient aux origines du monde, ou bien s’y noiera-t-elle par impuissance et apathie ? »(Tribune dans Le Monde, 15 mars 2022)

« Si nous ne défendons pas l’Ukraine pour nos principes, alors faisons-le pour nos intérêts vitaux ». Les grecs quoi. Le mec nous a sorti des références à nos cours de 6ème sur l’antiquité pour justifier de livrer des lances missiles aux Ukrainiens. Alors ça ne vous aura pas échappé, les grecs n’ont rien à voir là dedans et il s’agissait juste pour Glusckman de rappeler qu’il était très cultivé. Attention une culture légitime, une vraie, avec du savoir et tout. Pas un truc vulgaire et sale. Pas la saleté et la vulgarité des soldats, qui crèvent dans la boue. Pas la vulgarité du peuple russe qui a le mauvais goût d’élire régulièrement Vladimir Poutine et qui va en chier encore un peu plus avec des batteries de sanctions économiques qui ne toucheront pas les structures du pouvoir russe.

Ça ne sera donc pas une guerre vulgaire mais bien une guerre raffinée. Une guerre au nom de la civilisation. Une guerre avec des jouuuulies images, avec des jolis tanks qui explosent vu du ciel. Avec évidemment des moments forts comme lors des découvertes de charnier de Boutcha où les monstruosités de l’armée russe sont érigés comme des bouchers d’un autre temps. BHL qualifiera ce massacre « d’Ouradour en Ukraine ». Ce sera l’occasion de rappeler leur humanisme sans borne. On ne les entendra pas parler des exactions de l’armée ukrainienne qui sont évidemment nombreuses puisque c’est une armée en campagne comme les autres. On les verra aussi très rétifs à rappeler la présence pourtant importante des néo nazis dans l’appareil militaire ukrainien.

Mais nous devons le rappeler avant de trop s’énerver sur des personnes qui n’en valent pas la peine : ces gens là ne sont rien et ne seront rien sans l’appareil médiatique qui les accompagne. Un appareil médiatique qui ne veut qu’un chose : plus de guerre. Plus de guerre pour alimenter la société spectaculaire marchande, pour alimenter la machine économique, plus de guerre pour permettre à l’occident de se tailler encore plus de parts de marché. Plus de guerre enfin, pour nous endoctriner, nous faire vivre dans une état de guerre construit depuis une petite dizaine d’année. Un état de guerre qui permettra de passer toutes les pires lois existantes.

Alors vous les « intellectuels » du pouvoir, les VRP des marchands de canons, si vous voulez aller à la guerre allez-y. Et restez-y.

 

M.OCL-Paris

De la Déstabilisation du Liban par le Royaume Uni dans la phase du «printemps arabe» 2/3

Par : René Naba

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

La première partie de l’article est ici: https://les7duquebec.net/archives/272466.

1 – La jeunesse chrétienne et chiite de même que les femmes: Levier de la politique britannique au Liban.

«Le Royaume Uni a voulu brûler le Liban, recyclant à l’encontre du pays frontalier d’Israël la stratégie mise en œuvre contre la Syrie depuis 2011. Le gouvernement de Sa Majesté a tenté d’infléchir les orientations politiques du Liban, via des sociétés de Relations publiques, noyautant les institutions libanaises d’espions locaux à sa solde.

«Pour ce faire, le gouvernement de Sa Majesté a proposé son assistance au gouvernement libanais en usant de la tromperie en vue de lui faire admettre des espions déguisés au sein des organismes de la société civile, les forces armées et les médias en vue de la satisfaction de ses objectifs impériaux (…). «L’objectif sous-jacent de Londres était de parvenir à renverser le pouvoir libanais quand bien même il bénéficie du soutien de sa population», révèlent les documents divulgués par Anonymous et dont le quotidien libanais Al Akhbar en a publié de larges extraits lundi 14 et mardi 15 décembre 2020.

«En vue de provoquer un «changement social positif», la firme britannique ARK a proposé de mettre en avant la «lutte contre la corruption» en vue d’inciter les Libanais à provoquer le changement.

«La coopération avec l’armée et les forces de sécurité en vue de gagner la confiance de ces deux institutions constituera un des volets de l’articulation de la stratégie britannique.

«Le Foreign Office a appliqué la feuille de route élaborée par ARK (Analysis, Research, Knowledges), notamment le ciblage de la population libanaise en vue de provoquer un renversement pacifique du pouvoir; une reprographie réalisée par la firme britannique auparavant sollicitée pour la déstabilisation de la Syrie.

«ARK a principalement ciblé la jeunesse chrétienne et chiite, représentant 12 pour cent de la population libanaise, de même que les femmes, particulièrement visées par la crainte de la paupérisation et du déclassement social.

Le projet a reçu l’aval du gouvernement britannique le 19 juillet 2019, soit trois mois avant le soulèvement populaire qui a provoqué la démission du premier ministre libanais Saad Hariri, entraînant une vacance prolongée du pouvoir.

Ce soulèvement est intervenu, curieusement, alors que le président libanais Michel Aoun s’apprêtait à une normalisation des relations entre la Syrie et le Liban, gelées depuis le déferlement djihadiste en Syrie, en 2011. La normalisation syro-libanaise devait favoriser le retour de près de 1,5 millions de réfugiés syriens dans leur pays d’origine. De même la réouverture des frontières entre la Syrie et l’Irak, via le poste de Boukamal, devrait favoriser le transit des produits agricoles libanais vers l’hinterland arabe et soulager l’économie libanaise, affectée par les sanctions unilatérales américaines contre le Hezbollah libanais et ses sympathisants pour les contraindre à souscrire à la transaction du siècle.

Sur ce soulèvement cf ces liens:

.
2 – L’anarchie sous couvert de la promotion de la démocratie

«Comment le Royaume Uni a-t-il réussi à noyauter la plupart des grandes institutions libanaises? Comment les Services de sécurité libanais n’ont pas réussi à déjouer les menées britanniques, particulièrement la présence de dizaines de firmes britanniques directement téléguidées par l’ambassade britannique à Beyrouth?

«La réponse est simple: Les services libanais pilulent d’espions à la solde des britanniques.

Anonymous précise que l’opération de noyautage britannique des institutions libanaises avait pour nom de code «Cheval de Troie». «La population libanaise est facile à exciter et à l’inciter à se révolter contre le gouvernement libanais», ajoute-t-il.

Le Foreign Office a mis au point une plate-forme revendicative en trois points, réclamant la participation des femmes à la vie publique, allouant un budget de 1,2 millions de livres sterling pour la réalisation de cet objectif; la participation des jeunes à la vie publique nationale; enfin le renforcement des mécanismes de contrôle démocratique et de redevabilité (Al Mouhassaba), de même que le renforcement du dialogue entre les parlementaires et les hommes d’affaires libanais.

.

3- ARK et la crise des ordures: Levier de déstabilisation

ARK, qui a bénéficié des subventions gouvernementales de l’ordre de 20 millions de Livres Sterling de 2012 à 2018, pour la réalisation des objectifs du gouvernement britannique en Syrie et au Liban, a recommandé d’exploiter la crise des ordures en tant que levier revendicatif «un thème populiste à l’effet de mobiliser la jeunesse et de l’inciter à réclamer une plus grande participation à la vie publique libanaise».

ARK a préconisé de concentrer les efforts du gouvernement britannique sur la jeunesse de Tripoli et de Saïda, deux grandes villes à majorité sunnite, la première au Nord du Liban, frontalière de la Syrie, la seconde, chef lieu du Sud Liban, qui donne accès à la région frontalière avec Israël, ainsi que dans le secteur de la Beka’a centrale, voie de transit entre la Syrie et le Liban.

Et de soutenir l’ONG «ANA HAWN» (Je Suis Ici) qui a ultérieurement élargi son champ d’action à Beyrouth, le fief sunnite de la capitale libanaise.

Anonymous précise «avoir avisé le gouvernement britannique qu’il se proposait de divulguer les documents piratés, lui accordant un délai pour évacuer ses espions au Liban».

.

4- ECORYS et les réfugiés syriens.

ECORYS, financée, elle, par l’Union Européenne, a ciblé les réfugiés syriens présents au Liban avec pour «objectif non pas tant leur retour dans leur pays, mais d’assainir les relations entre les réfugiés syriens et leurs hôtes libanais en vue de favoriser leur enracinement au Liban».

Note de la rédaction de https://www.madaniya.info/

Le Liban abrite près de 1,5 millions réfugiés syriens et environ 300 000 réfugiés palestiniens d’une précédente crise migratoire. Avec un total de 4,5 millions d’habitants, la présence des réfugiés syriens représente aujourd’hui un quart de la population libanaise.

Dans ce pays régi par le système confessionnelle, la présence d’un tel nombre de personnes de confession majoritairement musulmane sunnite ferait pencher la balance démographique en faveur des sunnites au détriment des chrétiens et des chiites.

Faisant face à une crise financière aiguë, l’opinion publique libanaise nourrit une sourde hostilité à l’égard de cette main d’œuvre concurrente et bon marché. Les frictions entre réfugiés et Libanais ne cessent d’augmenter, plus particulièrement dans les régions du pays accueillant déjà des Palestiniens. Les habitants craignent de ne plus trouver de travail et de voir l’insécurité augmenter dans leurs quartiers.

A l’initiative de la France, l’Union Européenne souhaite maintenir les réfugiés syriens dans les pays limitrophes de la Syrie afin d’en faire un instrument de pression électoral dans la perspective des échéances électorales syriennes. Ce faisant, les pays occidentaux chercheraient à faire supporter par les pays limitrophes de la Syrie les conséquences de leurs erreurs et de leur échec.

Fin de la note.

.

5- Maurice and Charles Saatchi

M and C Saatchi s’est déjà distingué au Liban, en tandem avec Quantum du libanais Elie Khoury, lors de la «révolution colorée» de 2005 qui s’est déroulée dans la foulée de l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri et a abouti au retrait des troupes syriennes du Liban. Fort de ce précédent, la firme britannique a été un «partenaire essentiel de la stratégie de déstabilisation du régime libanais», auparavant «un des principaux soutiens à l’opposition» off shore pétro monarchique syrienne.

Constitué d’un réseau de 22 agences indépendantes réparties à travers le Monde, la nouvelle agence M&C Saatchi MENA regroupe, en plus de Quantum, les divisions Brand Central (spécialisée dans l’image de marque), Fusion Digital (multimédias) et Vertical Media Services (achats média). Trois compagnies du groupe Quantum ne sont pas concernées par cette alliance: il s’agit de Cube (digital) Comtrax (contenu média et analyse d’image) et Firehorse (production de contenu télé).

Anonymous présente la firme britannique comme le «maître d’œuvre des opérations de déstabilisation en substitution aux services de renseignements occidentaux».

La branche libanaise de M and C Saatchi a assumé un «rôle clandestin dans la mise en œuvre de la stratégie de déstabilisation britannique envers le Liban. Elle a notamment veillé à «assurer la protection de ses agents locaux, à contrôler les médias libanais notamment à propos des informations concernant les activités des ONG britanniques et occidentales

.
6- Torchlight (le flambeau)

Torchlight, dont le siège est à Amman, s’était déjà distinguée en Syrie en portant assistance aux groupements terroristes syriens en partenariat avec Albany et Magenta, deux autres officines britanniques.

Anonymous a réussi à percer l’identité des agents de la sécurité libanaise et des services de renseignements qui collaboraient avec la firme britannique.

Augusters Lersten, ancien responsable militaire britannique, a été chargé de la supervision des activités de Torchlight en Syrie et au Liban. En Syrie, il a veillé au bon fonctionnement du service d’information de l’Armée libre syrienne (ALS).

.
7 – L’Iran et la Russie, au hit parade du sondage, loin devant les États Unis, le Royaume Uni et l’Arabie saoudite

Un sondage ARK, dont le siège est à Doubaï, a révélé à la grande surprise des occidentaux que la détention par le Hezbollah d’armes de guerre ne posait pas problème aux libanais, conduisant les services occidentaux à intensifier leur propagande clandestine en vue de modifier l’opinion des Libanais sur ce sujet hautement sensible pour les stratèges occidentaux et israéliens.

En dépit de la propagande intensive occidentale, ce même sondage révélait que l’Iran et la Russie bénéficiaient au sein de la population libanaise d’une plus grande popularité que les États Unis, le Royaume Uni et l’Arabie saoudite.

.

8- L’infiltration des camps palestiniens du Liban.

Le Liban contient 12 camps officiels hébergeant 225.125 réfugiés. Bourj Al Barjaneh Sabra Chatila et Mar Elias et Dbayeh (banlieue de Beyrouth), Ain Al Helwé, et Miyeh Miyeh (Banlieue de Saïda), Nahr Al Bared et Baddawi (Banlieue de Tripoli), Bourj Al Chémali et Rachidiyeh (Banlieue de Tyr) ainsi qu’A Buss et Wavel.

Quatre camps ont été détruits, Dikwaneh, Jisr el-Bash (banlieue de Beyrouth à à la faveur de la guerre civile libanaise (1975-1990) et Nabatiyeh (sud Liban).

«Un fait notable: le grenouillage des services occidentaux dans les camps palestiniens est infiniment supérieur et intense que l’activisme déployé dans ces camps par Mohamad Dahlan, le dirigeant palestinien dissident rival de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne et financé par Abou Dhabi.

«Ce grenouillage pourrait expliquer les changements intervenus dans l’opinion de la population des camps palestiniens: Dans la décennie 1970, les camps palestiniens du Liban constituaient un vivier du militantisme révolutionnaire, un réservoir de fedayines, le levier d’un changement social au Liban.

De nos jours, les camps palestiniens sont engagés dans ses conflits confessionnels sectaires, sans rapport avec leur objectif majeur: La Libération de la Palestine

Et du noyautage des services de sécurité du Liban par les britanniques

LE MONDE EST À DEUX PAS DE LA RÉCESSION ET D’UNE « NOUVELLE AUSTÉRITÉ »

Source : Communia.  Traduction et commentaires :

 

La célèbre puissance économique allemande est sous le choc. La hausse des taux d’intérêts pousse les États-Unis vers la récession. Les banques centrales recommencent à regarder de travers le marché immobilier. Et la «nouvelle austérité» va de soi si naturellement en France ou en Espagne que sa mise en œuvre ne dépend que des aménagements du calendrier électoral.

 

Table des matières


L’effondrement du modèle allemand

Commerce extérieur allemand
Commerce extérieur allemand

Dans le graphique ci-dessus, nous pouvons voir l’évolution du commerce extérieur allemand. Au premier trimestre 2020, il y a une chute brutale : les confinements pandémiques. Mais dès l’été suivant la reprise des exportations est solide… jusqu’à la guerre en Ukraine. Les importations augmentent donc plus vite que jamais et les exportations chutent.

C’est la conséquence directe des sanctions: les exportations sont bloquées mais le gaz et les hydrocarbures continuent d’augmenter. Résultat : le fameux excédent commercial allemand, pour la première fois depuis des décennies, est réduit à presque rien. (On comprend que la grand capital allemand s’est engagé dans une économie de guerre du côté des États-Unis et des puissances de l’OTAN, plaçant ainsi tous les oeufs germaniques dans le même panier percé et désespéré de l’Alliance Atlantique. Quand le Grand capital mondial s’impose ainsi des restrictions draconiennes c’est que la Guerre mondiale globale pointe son nez ).

Ce n’est pas une situation temporaire. Les États-Unis – et de nombreux pays de l’UE – exigent que l’Allemagne rompe définitivement ses relations avec la Russie et la Chine. Les mêmes qui vantaient « le modèle allemand » et sa force exportatrice dénoncent aujourd’hui qu’il reposait sur une énergie russe bon marché, une complémentarité avec la Chine et une zone euro toujours utile pour maintenir bas le coût total du travail . Ils poussent donc l’Allemagne vers une « indépendance vis-à-vis de la Russie » qui ne signifie rien d’autre que la mise au rebut de son secteur industriel d’exportation.

Alors que les alliés de l’Allemagne resserrent l’étau autour du cou de son industrie, le capital allemand essaie de gagner du temps et de l’utiliser pour trouver des alternatives. En ce moment tout est course pour construire des terminaux méthaniers flottants – qui feront encore augmenter les coûts de production en substituant le gaz russe au gaz américain et qatari – et « réinventer la Chine » en Inde ou dans les Balkans .

En eux-mêmes, les deux mouvements ne sont pas une nouveauté. L’Allemagne est à la tête du Green Deal européen car le changement du panier énergétique était son engagement stratégique pour recapitaliser et relancer son industrie. Elle a aussi été la puissance la plus désireuse d’intégrer les Balkans à l’UE car elle y voyait une alternative « plus sûre » et plus rentable à l’internationalisation de la production en Asie . Mais les dirigeants allemands se sont donné plus de 20 ans pour y parvenir. Et maintenant, les États-Unis et l’UE lui refusent cette marge. (De fait, l’Europe de l’Est et les Balkans sont depuis longtemps l' »espace vital » (disait Hitler) de l’expansion allemande. Les États-Unis et ses alliés européens lui refuse aujourd’hui de reconstituer son empire. Le spectre NAZI hante l’Europe depuis l’Ukraine).

L’impact sur les travailleurs de l’inflation et des faibles attentes du secteur exportateur est immédiat. A tel point que le gouvernement Scholz a présenté un véritable plan d’urgence sociale pour calmer les eaux : les salariés recevront 300 euros bruts pour compenser les fortes dépenses énergétiques, le ticket mensuel de 9 euros pour les transports locaux et régionaux deviendra valable trois mois et les allocations familiales seront majorées une fois de 100 € par enfant.

La rapidité et la concentration de la réponse en disent long sur les craintes du capital allemand. Ils craignent que lorsque cela s’accompagne d’une récession mondiale plus que prévisible dans quelques mois, un militantisme de classe déjà en train de s’éveiller ne se mette en branle.


L’Amérique en sortie de récession (?!…)

Taux d'intérêt de la Réserve fédérale
Taux d’intérêt de la Réserve fédérale

Les sondages indiquent que 64% des Américains sont mécontents de la gestion économique du gouvernement Biden. Les salaires sont pillés par l’inflation depuis de nombreux mois … et la réponse de la Fed ne va pas leur faciliter la tâche. Aujourd’hui , la Fed a relevé ses taux d’ intérêt d’ une seule traite plus que jamais depuis 2000 . Cela se traduira comme on pouvait s’y attendre par une baisse du taux d’embauche – qui faiblissait déjà beaucoup – et une perte du pouvoir d’achat moyen des salariés.

Normalement, lorsque les taux montent, les spéculateurs considèrent qu’avec des taux plus élevés, les entreprises ayant moins de capacité d’investissement et des coûts financiers plus élevés donneront de moins bons résultats et s’apprécieront plus lentement ; les banques vendront moins de prêts et auront plus de défaillants ; et les entreprises de construction auront moins de demande de logements car les hypothèques sont plus chères. C’est-à-dire : hausse des taux, baisse de la bourse. Mais aujourd’hui, c’est le contraire qui s’est produit . Pratiquement tout a augmenté, à commencer par les banques et les entreprises de construction. Jusqu’ici, les mécanismes de la politique monétaire et « les marchés » sont déjà rompus.

Et ce n’est pas que les perspectives étaient particulièrement bonnes jusqu’à hier et les dégâts que la hausse des taux causera sur la demande étaient considérés comme anecdotiques. Au contraire : les ventes de maisons avaient déjà chuté de façon spectaculaire de 7,2 % en février , accompagnant des intérêts hypothécaires déjà très élevés (5 %) et des prix au mètre carré qui sont les plus élevés de l’histoire du pays. Avec ces prix et ces coûts hypothécaires, les travailleurs ont été pratiquement expulsés du marché.

Bref : pour stopper une inflation qui dévore les salaires, la Réserve fédérale va forcer une récession qui va encore fragiliser les embauches. Il y aura moins d’emplois et moins bien rémunérés. La fameuse « reprise de la consommation » ne va pas venir.


Le marché du logement en Europe

exposition des banques au crédit hypothécaire
Exposition des banques aux crédits immobiliers par pays

En Europe, le logement déclenche également des alarmes. L’actualité économique reflète déjà ce qui est devenue une conversation quotidienne : les prix de l’immobilier explosent aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède… sans oublier l’Allemagne, record absolu , ou en Irlande où les hausses continues sont à deux chiffres . La Banque d’Espagne, bien qu’elle nie de graves « déséquilibres » , est déjà en alerte .

Sans surprise, selon le dernier rapport du Comité européen du risque systémique , le marché du logement souffre de risques mondiaux élevés dans une dizaine de pays. Malgré la stagnation du PIB, au second semestre 2021, non seulement les prix des logements ont augmenté, mais le rythme auquel les prix augmentent. Et la spirale ne s’arrête pas.

Dans toute l’Europe, le pourcentage que représentent les prêts hypothécaires dans le PIB est déjà plus élevé qu’avant la pandémie. Et dans certains, les plus problématiques, parmi lesquels l’Allemagne et les Pays-Bas, les nouveaux flux d’octroi de crédits immobiliers doublent ceux du reste des pays.

En Allemagne et en Slovaquie, le coussin de fonds propres contracyclique a été activé, ce qui signifie que les banques sont tenues de disposer de plus de fonds propres pour soutenir les prêts qu’elles accordent. D’autres pays ont durci les critères d’octroi des prêts hypothécaires. Et c’est que la situation inquiète les régulateurs.

Ce n’est pas surprenant : comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus, l’exposition moyenne des banques européennes aux crédits immobiliers est supérieure à 25 % et dans les pays nordiques, au Portugal et en Pologne, elle avoisine ou dépasse 35 %. Dans le contexte d’une récession en cours, le risque qu’une vague de défauts de paiement sur les prêts hypothécaires alimentant une crise financière est à prendre au sérieux.

Mais encore une fois… les mesures de prévention des dégâts majeurs à court terme alimentent un nouveau ralentissement de l’accumulation… et ses conséquences.


L’imminence d’une « nouvelle austérité » en France et en Espagne

Sánchez et Scholz se sont rencontrés à Madrid en janvier dernier pour affirmer ensemble la nécessité de "revenir aux obligations fiscales"
Sánchez et Scholz se sont rencontrés à Madrid en janvier dernier pour affirmer ensemble la nécessité de « revenir aux obligations fiscales »

Entre inflation et perspective de hausse des taux d’intérêt, emprunter devient de plus en plus cher pour les États . L’Espagne, par exemple, avait prévu un taux de 0,8% sur ses émissions à dix ans… et il est déjà à 2,1%. Dans les pays du Sud, cela s’ajoute au fait que l’emploi, même si les chiffres sont rattrapés , ne s’améliorant pas suffisamment pour couvrir les dépenses de retraite, une partie de celles-ci a été prélevée sur le budget ordinaire. Résultat : de nouvelles taxes et de nouvelles coupes dans les dépenses à l’horizon immédiat.

Macron parle déjà de la « nouvelle austérité » et prépare une nouvelle offensive contre les retraites . Pour commencer à le mettre en œuvre, il n’attend que la fin du calendrier électoral , en fonction des résultats, donnant une forme ou une autre à la même substance.

En Espagne, même la forme n’est pas en discussion. Scholz en est déjà venu à soutenir le «retour aux obligations fiscales» et la Commission a peint l’avenir en noir en raison du déficit structurel si des réformes n’étaient pas faites à la fois du côté des revenus et du côté des dépenses. Personne n’est inquiet à Bruxelles. Sánchez est si clair que la prochaine phase de ce gouvernement va être la «nouvelle austérité» que pour lui cela se réduit à un problème d’agenda électoral .

(Comme le démontre cet article les puissances économiques, financières, industrielles et militaires mondiales – des deux grands blocs impérialistes (USA-OTAN contre Chine-Russie) sont sous la tutelle d’une économie de guerre globale. La guerre en Ukraine en est le triste et dangereux symptôme. Pour compléter : Crépuscule atomique occidental vs révolution nucléaire chinoise: quelques digressions… – les 7 du quebec ).
.

L’ANARCHIE POUR LA JEUNESSE…

Par : JBL 1960

EN VERSION PDF À LIRE, TÉLÉCHARGER ET/OU S’IMPRIMER GRATOS!


Mieux comprendre pour mieux agir !

Et pour se défaire de ses idées toutes faites sur l’Anarchie…

Je n’ai pu résister au plaisir de mettre en forme ce texte de Résistance71 et à leur demande paru en janvier 2017 L’Anarchie expliquée pour la jeunesse en seulement 11 pages.

Il y a, en complément de lecture, les liens vers les PDF réalisés depuis janvier et des auteurs cités dans ce recueil ainsi que le lien de téléchargement vers La Société contre l’État de Pierre Clastres, en entier et en fichier compressé, en gratuit également.

RÉSISTANCE POLITIQUE ► L’Anarchie pour la jeunesse ;

version PDF {N° 36} de 11 pages

Lien direct ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/09/pdflanarchiepourlajeunesse.pdf

~~~~▼~~~~

Parce que le mot anarchie est associé à tort mais le plus souvent volontairement dans les merdias et en général, par les gens, à la notion de « désordre » et de « chaos » alors que rien n’est plus faux car l’anarchie intègre une grande conception de l’ordre, mais sans les ordres…

Je ne puis que vous conseiller de lire les dernières publications de Résistance71 ;

Résister à l’État, son oppression et monopole de la violence… Réflexions lumineuses de Léon Tolstoï

Un texte époustouflant et lumineux de Léon Tolstoï,  publié en 1900 et qui est toujours on ne peut plus d’actualité, pour la simple et bonne raison que nous, les peuples, n’avons toujours pas adressé ces questions fondamentales…

Quand le ferons-nous ? N’est-il pas grand temps ?…

Nous allons publier trois autres textes de cette veine de Tolstoï, auteur et penseur prolixe, peu connu en dehors de ses romans (« Guerre et Paix », « Anna Karénine », « Les cosaques » etc…), mais qui a en fait plus écrit sous forme de nouvelles, d’essais et d’une grande correspondance éclectique et internationale, que sous la forme de roman. (Re)découvrir Tolstoï le penseur et essayiste est vital de nos jours.

~ Résistance 71 ~

Tu ne tueras point

Léon Tolstoï | Écrit et publié en 1900

Quand on exécute, suivant les formes de la justice des rois : Charles Ier, Louis XVI, Maximilien du Mexique, ou quand on les égorge lors d’une révolution de cour : Pierre III, Paul Ier, divers sultans, shahs et empereurs de Chine, ce sont là des faits qu’on passe généralement sous silence. Mais lorsqu’on les supprime sans l’appareil de la justice et non pendant les révolutions de cours, tels : Henri IV, Alexandre II, l’Impératrice d’Autriche, le shah de Perse, et, récemment, le roi Humbert, ces meurtres provoquent, parmi les empereurs, les rois et leur entourage, l’indignation et la surprise générales, comme si ces souverains eux-mêmes ne participaient pas à des assassinats, n’en profitaient pas et ne les ordonnaient pas.

Pourtant, les rois assassinés, même les meilleurs, comme Alexandre II et Humbert, étaient auteurs ou complices du meurtre de milliers et de milliers d’hommes qui périrent sur les champs de bataille ; quant aux souverains mauvais, c’est par centaines de mille et par millions qu’ils ont fait périr les hommes.

La doctrine du Christ abolit la loi : « Œil pour œil, dent pour dent. » Mais les hommes qui professaient toujours cette loi et qui s’y conforment aujourd’hui encore, l’appliquent dans des proportions effrayantes sous forme de châtiments isolés ou s’exterminent pendant les guerres, et ne rendent pas seulement œil pour œil, mais, sans aucune provocation, ordonnent l’assassinat de milliers d’êtres. Ces hommes n’ont pas le droit de s’indigner qu’on leur applique cette loi à leur tour, et dans une proportion si infime qu’on compterait à peine un empereur ou un roi sur cent mille, peut-être un million d’individus tués par leur ordre ou avec leur consentement.

Lire l’intégralité du texte sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/09/26/resister-a-letat-son-oppression-et-monopole-de-la-violence-reflexions-lumineuses-de-leon-tolstoi/

►◄

Résistance à la tyrannie de l’État : Désobéir aux lois

(Henry David Thoreau)

Désobéir aux lois

Henri David Thoreau | La Revue Blanche, 1886

Henry David Thoreau  est né à Concord (Massachusetts) le 12 juillet 1817. Son père, d’origine française, était fabricant de crayons ; sa mère, Cynthia Dunbar, était fille d’un pasteur du New Hampshire. De 1833 à 1837, il étudia à l’Université Harvard. À l’exception de brèves absences, il vécut à Concord, où il subvenait à ses besoins par les occupations les plus diverses, et où il mourut le 6 mai 1862. Sa vie a été écrite par M. Henry S. Salt.

▼▼▼

Henry David Thoreau est l’auteur, entre autres, de “La désobéissance civile”, publié en 1849, qui fut et demeure un des grands textes de la contestation sociale aux États-Unis. Il posa tout au long de sa vie, les questions fondamentales sur la société et l’État qui l’opprime comme: la liberté doit-elle être subordonnée au libre-échange ? Sommes-nous en droit de nous contenter d’un sort confortable quand on sait que celui-ci repose sur l’exploitation et l’oppression d’autrui ? Peut-on vivre dans la lâcheté et l’erreur ? La loi de la majorité est-elle forcément démocratique ? Doit-on obéir à la loi quand celle-ci ordonne ou prescrit l’inacceptable ? La loi naturelle est-elle compatible avec l’État et le droit positif ?

~ Résistance 71 ~

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »
(Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, et préambule de la Constitution du 24 juin 1793).

J’accepte de bon cœur la formule : « Ce gouvernement est le meilleur, qui gouverne le moins » ; et j’aimerais la voir réaliser plus vite et plus systématiquement, — ce qui aboutit à ceci, à quoi je souscris également : « Ce gouvernement est le meilleur, qui ne gouverne pas du tout » ; et quand l’éducation des hommes sera faite, ce sera là le genre de gouvernement qu’ils auront. Un gouvernement peut tout au plus prétendre à être opportun ; mais la plupart sont ordinairement inopportuns, et tous le sont quelquefois.

Dans un État populaire, quand la majorité détient le pouvoir, ce n’est pas qu’elle soit plus probablement dans le vrai que la minorité, ni que son pouvoir semble à celle-ci équitable, c’est qu’elle est matériellement la plus forte. Mais un gouvernement dans lequel la majorité règle tout ne peut être basé sur la justice. Le citoyen doit-il, fût-ce un moment et si peu que ce soit, sacrifier sa conscience au législateur ? Je pense que nous devons être d’abord des hommes, et seulement ensuite des citoyens. Il est inadmissible de confondre le respect de la loi avec le respect du juste. La seule obligation que j’aie à assumer est de faire ce que je crois bien. On a assez dit qu’une communauté n’a point de conscience, mais une communauté d’hommes consciencieux est une communauté avec une conscience. Jamais la loi ne rendit le moins du monde les hommes plus justes ; et souvent les bien intentionnés deviennent, de par leur respect pour elle, les agents de l’injustice. Comme illustration au respect abusif de la loi, voici une colonne de soldats, colonel, capitaine, caporaux, singes à poudre. Tous marchent dans un ordre admirable par monts et par vaux, contre leur volonté, en dépit du bon sens et malgré leur conscience, vers les guerres. Ils savent que c’est là une besogne damnable et tous s’inclinent. Que sont ils ? des hommes ? ou des petits forts, des arsenaux ambulants au service de quelque gaillard sans scrupule qui détient le pouvoir ? Visitez le Navy-Yard, et considérez un marin ; un homme tel que le gouvernement américain peut en faire, ou cette chose qu’il peut faire d’un homme avec sa magie noire : c’est une ombre, une réminiscence d’humanité, un être consumé vivant et debout, et enterré sous les armes, avec accompagnements funéraires.

Lire l’intégralité de l’article sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/09/25/resistance-a-la-tyrannie-de-letat-desobeir-aux-lois-henry-david-thoreau/

Ainsi, nous pouvons MIEUX COMPRENDRE POUR MIEUX AGIR ;

Nous appelons à Ignorer l’État et les institutions pour créer des associations libres n’œuvrant que pour le bien commun au sein de communes autonomes qui se fédèrent.

Créons, ICI & MAINTENANT, et d’où nous sommes, une société parallèle, celle des association libres fédérées, BOYCOTTONS le système et ses institutions de manière exponentielle au nombre de gens rejoignant les associations libres…

À un moment donné, la désobéissance civile, donc la confrontation avec l’État sera inévitable, mais si les gens font tourner la société déjà localement en ignorant l’État et le système politico-économique qui nous sont imposés, l’obsolescence de ces entités ne fera que croitre et elles tomberont quasiment d’elles-mêmes ou avec un petit coup d’épaule « non-violent » !

C’est avant tout une question d’état d’esprit individuel puis collectif se confédérant par la solidarité, il faut cesser de se laisser dicter nos « différences » par l’oligarchie, cesser de la laisser organiser notre division.

La première des priorités est de comprendre que collectivement il y a bien plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous divisent. La division est induite, fabriquée, et donc certainement pas inéluctable.

La preuve par le Macron à l’américaine !

De là part toute action viable à notre sens et s’il n’y a pas de recettes toutes faites, il y a de grandes leçons à tirer du passé, des enseignements à tirer, également, de nos sociétés ancestrales européennes et ailleurs et c’est cela qu’on appelle adapter l’ancien au neuf !

L’émancipation du peuple, pour et par la RÉVOLUTION SOCIALE et la société des sociétés se fera par et pour le peuple de manière générale ou ne sera pas.

C’est aussi simple que cela, comme l’a défini R71 il faudra une fenêtre d’opportunité à deux éléments simultanés ;

  1. Une conjoncture politico-économique propice : le capitalisme et son système arrivant au bout du bout du banc, sans mutation possible et…
  2. Une conscience politique des peuples ne menant pas à l’insurrection, mais au tsunami de la révolution sociale qui emportera tout sur son passage…

Toute autre considération, et on le voit bien aujourd’hui, c’est comme pisser dans un violon…

Comme le disait le père Peinard, en 1896 ;

Ah c’est bin vrai, ça !

Qu’ils soient réactionnaires, ralliés, opportunards, radigaleux ou socialos, c’est tous des pognonistes ! Une fois élus, barca, ils se foutent de nous ; Parbleu, ils sont nos maitres ! En effet, quel est le turbin des bouffes-galette une fois installés à la Chambre ? Fabriquer des lois, toujours contre le populo, au profit des riches.

La preuve par les Sénatoriales de ce dimanche 24 septembre ► https://www.marianne.net/politique/resultats-elections-senatoriales-2017-la-droite-reussi-s-asseoir-sur-la-parite Et je voudrais pas dire mais le Gras Larcher, y doit en bouffer des galettes au beurre, non ?

Vous avez vu que MAM, qui a été Ministre de l’Intérieur, pour dire, est venue exprès de Paris à Pau (alors on sait pas si c’est en train de nuit, y’en a qu’ont essayés, y zont eu des problèmes, c’est vous qui voyez…) pour veauter aux Sénatoriales, alors qu’elle était pas inscrite, parce qu’elle n’avait pas le droit d’y participer ! Si tout est là ► https://www.marianne.net/politique/elections-senatoriales-du-expliquer-michele-alliot-marie-qu-elle-n-avait-pas-le-droit-de

La solution n’est pas dans l’élection ; ni dans la manifestation ; ni dans la pétition !

Prise de conscience individuelle ► prise de conscience collective ► boycott et organisation parallèle ► désobéissance civile ► réorganisation politico-sociale ► changement de paradigme

La solution est en nous, la solution c’est NOUS !

Ignorons le Système ► Ignorons l’État et ses institutions ► Créons les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchissons et agissons en une praxis commune ► Adaptons le meilleur, le sublime de l’ANCIEN au NEUF

Et c’est fin de partie pour l’oligarchie…

Et ils le savent !

La mère Peinarde ► JBL1960

FAIRE LA GUERRE À LA GUERRE IMPÉRIALISTE

À l’occasion de la guerre impérialiste de l’OTAN-USA contre l’empire russo-chinois, via l’État fantoche ukrainien en faillite, nous avons amorcé une série d’articles sur la science de la guerre tant du point de vue militaire, économique, financier, monétaire, commerciale, politique, sociale et populaire ou les civils sont devenus des cibles et des boucliers humains. Nous publions régulièrement des comptes rendus d’observateurs des champs de batailles en Ukraine – des opinions d’officiers à propos de cette guerre d’un nouveau genre. Nous pensons que la classe prolétarienne a intérêt à connaître tous les aspects de cette guerre qui pourrait bien donner naissance à l’insurrection populaire comme première étape de la révolution prolétarienne que nous appelons de nos voeux.  Nous croyons que plus les combats s’intensifieront militairement et s’étendront géographiquement plus les tactiques et les objectifs stratégiques des belligérants devront s’adaptés aux conditions internationales ce qui fera de cette guerre réactionnaire régionale-européenne la Troisième Guerre Mondiale…qu’il nous faudra transformer en guerre populaire. Il n’est jamais trop tôt pour apprendre l’art de la guerre pour FAIRE LA GUERRE À LA GUERRE. Robert Bibeau  Faisons la guerre à la guerre! – les 7 du quebec  

Guerres longues et mobilisation industrielle : la Troisième Guerre Mondiale ne sera pas pareil à la Seconde Guerre Mondiale

Par Mark Cancian – Le 8 août 2017 – Source War On The Rocks

Après une génération d’absence, l’intérêt pour les guerres longues contre des adversaires de même niveau est revenu et, avec lui, l’intérêt pour la mobilisation. De nombreux observateurs – d’Eliot Cohen aux membres de l’état-major interarmées en passant par David Barno et Nora Bensahel – ont lancé des avertissements à ce sujet. Les guerres longues nécessitent une mobilisation industrielle, et lorsque les stratèges et les planificateurs pensent à ces choses, ils pensent à la Seconde Guerre mondiale et à tout ce qui l’a accompagnée : la conversion de l’industrie civile à un usage militaire, la production de masse, une longue accumulation de forces et, enfin, des armées massives et bien équipées qui écrasent leurs adversaires.

 

Mais une guerre longue aujourd’hui serait totalement différente. En fait, après environ neuf mois de conflit intense entre pairs, l’attrition réduirait les forces armées américaines à quelque chose qui ressemblerait à l’armée d’une puissance régionale. L’armée, par exemple, serait principalement armée d’armes d’infanterie, la puissance de feu étant fournie par des camions d’artillerie et un petit nombre d’équipements modernes acquis auprès d’une production nationale en difficulté et de tout ce que les logisticiens pourraient dénicher sur le marché mondial. Cet état de choses est dû au fait que le gouvernement américain n’a pas pensé sérieusement à la mobilisation industrielle. Il est bien plus facile de se prélasser dans les souvenirs chaleureux de la Seconde Guerre mondiale que d’affronter les choix difficiles qu’implique la préparation à la mobilisation.

Voici le problème de base : les guerres majeures contre des concurrents de même niveau consomment des armes et des munitions à un rythme féroce, bien au-delà de ce que l’industrie de la défense américaine, hautement consolidée et fragile, peut produire. La base industrielle de la défense américaine est conçue pour l’efficacité en temps de paix, et non pour la production de masse en temps de guerre, car maintenir une capacité inutilisée pour la mobilisation est coûteux. Le Congrès et le Pentagone estiment que les armes sont suffisamment coûteuses sans avoir à payer pour quelque chose qui ne sera peut-être jamais nécessaire.

Prenons l’exemple des chars, mais la même dynamique s’applique aux avions, aux navires et aux munitions (ainsi qu’aux personnes, d’ailleurs, mais c’est un autre article en soi). L’armée américaine compte 15 équipes de combat de brigade blindée dans la force régulière et la réserve, avec un total d’environ 1300 chars (90 par brigade). Derrière ces chars « opérationnels », il y a environ un millier d’autres chars dans les unités d’entraînement, de maintenance et de recherche et développement. Et il y en a des centaines d’autres dans des « cimetières« , à différents stades de dégradation.

Il est difficile de prévoir l’attrition dans les conflits entre pairs car ces conflits sont – heureusement – rares, mais nous pouvons en avoir un aperçu. Par exemple, en 1973, les Israéliens ont perdu 400 chars sur 1 700, soit un taux d’environ 1,1 % par jour pendant les 20 jours de combats de plus en plus déséquilibrés. Les armées arabes en ont perdu beaucoup plus. La grande bataille de chars de 1943 à Koursk a entraîné des pertes de chars très élevées – les Allemands en ont perdu 14 % par jour pendant deux semaines de combat, soit 110 % de leur force initiale – mais il s’agissait d’un engagement court d’une intensité inhabituelle. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le bataillon d’infanterie américain moyen sur la ligne de front a perdu 2,6 % de ses effectifs par jour, même sans combat majeur. Il est donc raisonnable de supposer qu’un conflit intense entre pairs détruirait environ 1 % de la force des chars par jour. Cela inclut les pertes de toutes origines – combat, abandon pendant la retraite, coulé en route vers le théâtre des opérations, et accidents.

Si les 15 brigades blindées étaient engagées, la force blindée perdrait 13 chars par jour en moyenne, soit 390 par mois. En faisant appel aux remplaçants des chars en maintenance et de la base d’entraînement, les équipes de combat des brigades blindées pouvaient rester à pleine puissance pendant environ deux mois. Ensuite, la force diminuera régulièrement : 74% au quatrième mois (960 chars), 55% au cinquième mois (715 chars), 41% au sixième mois (533 chars), et ainsi de suite. Au dixième mois, la force ne compterait plus que 158 chars, soit l’équivalent de deux brigades blindées.

La mobilisation industrielle ne va-t-elle pas fournir des remplacements ? Oui, mais pas suffisamment. Ces dernières années, les États-Unis n’ont construit (en fait, ils ont modernisé des versions plus anciennes) que 20 à 60 chars par an, et un nombre peut-être égal de chars a été vendu à l’étranger. À terme, selon les documents budgétaires de l’armée, la production pourrait passer à 28 par mois. En d’autres termes, une fois pleinement mobilisée, la production de chars remplacerait environ deux jours de pertes par mois. L’inclusion de ces remplacements dans le calcul ci-dessus ajoute un mois au calendrier. Avec plus de temps et d’argent, l’industrie (General Dynamics dans le cas présent) pourrait étendre davantage la production, mais le chemin à parcourir est encore long.

Que faire alors ? Tout d’abord, les États-Unis doivent sortir le matériel de l’entrepôt, le remettre en état de marche et l’envoyer au front. Pour les chars, cela signifie utiliser tous les vieux M-1A1, la version non numérisée sans le contrôle de tir amélioré, le blindage amélioré et les ordinateurs intégrés de la version actuelle M-1A2SEP. Finalement, les M-1 originaux du début des années 1980 avec le plus petit canon de 105 mm, au lieu du canon actuel de 120 mm, seraient nécessaires. Il n’y aurait ni le temps ni la capacité de passer à la version la plus récente. Les installations du gouvernement et des entrepreneurs seront débordées pour réparer les dommages causés par les combats et construire de nouveaux chars. L’utilisation d’un équipement aussi ancien va à l’encontre de 50 ans de pratique où l’armée américaine n’a combattu qu’avec les équipements les plus modernes. Le revers de la médaille, cependant, est que les adversaires seraient confrontés à la même dynamique d’attrition et traverseraient leur propre crise de quantité par rapport à la qualité. En d’autres termes, si le conflit se déroulait en Europe, les chars américains ne seraient pas confrontés à des chars russes modernes comme les T-90, mais à des chars plus anciens comme les T-80 ou les T-72. Il s’agirait donc d’un combat à armes égales.

Simultanément, les logisticiens devront se rendre dans l’économie civile et acheter ce qui peut y être adapté. Adapter ne signifie pas faire passer la production civile à une production conforme aux spécifications militaires, car cela prendrait trop de temps. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la mobilisation industrielle a pris des années, commençant par les commandes de guerre françaises et britanniques en 1938, mais ne produisant pas les masses d’équipements nécessaires pour affronter l’Allemagne et le Japon avant 1944. Les mots de Winston Churchill à la Chambre des communes, rappelant le défi de la mobilisation de la Première Guerre mondiale, s’appliquent ici :

Voici l’histoire de la production de munitions : la première année, très peu ; la deuxième année, pas beaucoup, mais quelque chose ; la troisième année, presque tout ce que vous voulez ; la quatrième année, plus que ce dont vous avez besoin.

L’« adaptation » dans une telle situation signifie prendre ce que l’économie civile produit, le peindre en vert et l’envoyer à l’avant. Certains équipements « de type civil » peuvent être produits relativement rapidement. La production de MRAP (Mine Resistant Ambush Protected – essentiellement des camions blindés), par exemple, a bondi en un an pendant la guerre d’Irak. L’adaptation s’applique également à la doctrine nécessaire pour combattre une telle force. Ainsi, après six ou huit mois de combat, le principal véhicule de combat de l’armée pourrait être un camion blindé MRAP, mais c’est mieux que rien.

Enfin, les logisticiens devront acheter tout ce qu’ils peuvent sur le marché mondial, ce que l’armée américaine n’a pas fait de façon majeure depuis la Première Guerre mondiale, lorsque les Français ont équipé le corps expéditionnaire américain mal préparé. Cependant, il existe de nombreux précédents dans d’autres pays. Lorsque la Grande-Bretagne a repris les îles Malouines en 1983, les États-Unis ont fourni des munitions. Lorsque l’Irak et l’Iran se sont livrés une lutte à mort de huit ans, de 1980 à 1988, les deux pays ont fouillé le marché mondial de manière agressive pour trouver des équipements partout où ils le pouvaient. Aussi, lorsque l’industrie américaine sera incapable de produire des équipements en nombre suffisant, les États-Unis devront faire de même. Étant donné que les alliés de l’OTAN sont peut-être engagés eux-mêmes ou qu’ils construisent leurs propres forces armées, les États-Unis devront se tourner vers d’autres pays. Le Brésil serait un bon exemple, puisqu’il possède une industrie de l’armement mature. Des mesures radicales, comme proposer d’acheter les forces de chars égyptiennes et marocaines, seraient justifiées. Cela peut paraître idiot, mais ces pays possèdent de nombreux chars américains qui pourraient être intégrés rapidement à l’armée américaine. [Ces 2 armées n’ont pas ces chars pour la parade mais pour contrer des menaces bien réelles et n’en donneront que de manière symbolique, NdT]

Bien sûr, des hypothèses optimistes peuvent faire disparaître le problème. Par exemple, des investissements de plusieurs milliards de dollars en temps de paix dans la capacité de mobilisation permettraient d’accélérer la production en temps de guerre. Cependant, les services militaires n’ont jamais été disposés à le faire, étant confrontés à de nombreuses demandes budgétaires à court terme et la capacité de mobilisation apparaissant comme une inefficacité dans un système d’acquisition déjà inefficace.

Une longue période d’alerte stratégique, comme ce fut le cas pendant la Seconde Guerre mondiale, faciliterait également la mobilisation, mais il est peu probable que cela se produise dans une guerre future. Il est difficile d’imaginer des événements qui seraient si choquants pour les Américains qu’ils lanceraient un appel d’offres et mobiliseraient totalement l’industrie, mais qui n’entraîneraient pas en même temps les États-Unis dans la guerre.

Quelle est donc la solution ? La première étape consiste à reconnaître le problème. C’est là que nous sommes bloqués aujourd’hui, bien qu’il s’agisse d’un problème connu, ou de ce que Frank Hoffman appelle un « flamant rose« . Penser à ce à quoi pourrait ressembler une longue guerre est extrêmement inconfortable. Les chefs militaires considéreraient probablement que le fait d’équiper les forces américaines avec du matériel plus ancien, étranger ou moins performant est une erreur, voire un acte immoral. Malheureusement, il se peut que nous n’ayons pas le choix. Ce changement culturel sera le plus grand défi d’une future mobilisation. L’étape suivante consiste à élaborer des plans adaptés à un large éventail de circonstances de mobilisation, des plus stressantes aux moins stressantes, car la probabilité et la nature des guerres longues sont très incertaines. Enfin, le ministère de la Défense devra investir de petites sommes d’argent dans la capacité de mobilisation – les gros investissements ne sont tout simplement pas réalistes. Par exemple, l’industrie pourrait atténuer les goulots d’étranglement de la production avec un certain investissement initial. L’évaluation de la base industrielle de la défense récemment ordonnée par le président devrait aider à identifier les opportunités. Le « cimetière » pourrait veiller à ce que les équipements « mis en sommeil » ne se détériorent pas trop afin de pouvoir être réactivés en cas d’urgence. Au final, des investissements intelligents et une planification réaliste pourraient transformer une vulnérabilité stratégique en un avantage stratégique.

Mark Cancian

Colonel, Corps des Marines des États-Unis, retraité, l’auteur est aussi conseiller principal au sein du Programme de sécurité internationale du CSIS. Le colonel Cancian a passé plus de trois décennies dans le corps des Marines des États-Unis, en service actif et de réserve, en tant qu’officier d’infanterie, d’artillerie et d’affaires civiles, et lors de missions à l’étranger au Vietnam, lors de l’opération Desert Storm et en Irak (deux fois). Il a beaucoup écrit sur des sujets de sécurité nationale et dirige actuellement un projet de recherche sur la manière d’éviter les surprises dans un futur conflit entre pairs.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Faisons la guerre à la guerre!

Que se passe-t-il en Chine avec cette ridicule prétention au « zéro-Covid »
et ce confinement dément de 25 millions de gens à Shanghai ?

1) les dirigeants chinois savent mieux que quiconque que les puissances occidentales (USA-OTAN) préparent les conditions de la Troisième guerre mondiale. L’Occident peut-il utiliser la guerre pour enrayer son déclin et le passage à un nouvel ordre monétaire mondial? – les 7 du quebec.
.

2) La crise hystérique du COVID-19 fait partie intégrante de ces préparatifs de guerre mondialiste. La pandémie du Covid-19: « Act of God » ou complot…ou les deux ? – les 7 du quebec.
.

3) La guerre d’Ukraine est la deuxième étape de ces préparatifs militaires. Cette guerre, localisée en Europe sur le plan militaire conventionnel, a mis en branle tout un dispositif de guerre commerciale – financière – monétaire – globale et mondiale. La Chine en tant que première économie et premier centre industriel mondial est directement interpellée par cette guerre économique – financière – commerciale – généralisée. L’intervention militaire russe en Ukraine vue depuis la Chine!… – les 7 du quebec.

.4) Les dirigeants chinois savent que tôt ou tard (probablement à l’automne 2022) les armes virales et bactériologiques qui ont été répandues à travers le monde par les laboratoires militaires de recherche de « gain de fonction » (chinois – américains – européens – ukrainiens) tout au long des années 2020, 2021 et 2022, connaitront une nouvelle « vague » de propagation plus meurtrière que les précédentes. Covid-19: une arme virale élaborée en laboratoire militaire – les 7 du quebec.
.

5) Les dirigeants capitalistes de l’impériale Chine imposent – préventivement – à un échantillon de leur population – les conditions du combat civil – contre cette attaque militaire virale, et possiblement nucléaire avec ses retombées radioactives…
.

6) La Chine impériale a choisi le centre financier et le port de Shanghai pour cet exercice de guerre virologique et éventuellement nucléaire afin de justifier le blocage du plus grand port du monde et montrer aux puissances impérialistes occidentales quelles seront les conséquences économiques et financières globales de cette Troisième Guerre Mondiale, militaire, économique, financière, sanitaire (virale et bactériologique), numérique et nucléaire.

 

7) Conclusions prolétariennes : chaque résistant aux mesures de confinement dément est un déserteur qui refuse de s’enrôler pour cette Troisième guerre meurtrière.

8) Chaque résistant qui refuse la conscription et qui fuit les fronts de guerre ukrainien – russe – européen – moyen-oriental – africain est un déserteur épris de liberté et de paix.

Faisons la guerre à la guerre

9) Le texte qui suit présente quelques articles récents ou nous explicitons notre position que nous résumons par ce mot d’ordre transitoire: « FAIRE LA GUERRE À LA GUERRE« .

10) Nous refusons de payer pour leurs préparatifs de guerre: https://les7duquebec.net/archives/272751.

11)  Démasquons l’hypocrisie de la bourgeoisie – du Grand capital mondial – qui d’une main, arme les néoNAZI ukrainiens, les poussant à la guerre suicidaire « jusqu’au dernier ukrainien », contre la Russie impériale et nucléaire, – et de l’autre main, – inflige des embargos commerciaux à la Russie ce qui créent des pénuries (blé, céréales, engrais, gaz, pétrole…) qui provoquent des hausses de prix drastiques (hyperinflation) et des hausses de profits capitalistes, ce qui attaquent directement le pouvoir d’achat du prolétariat international – jusqu’à et y compris provoquer des famines dans les pays pauvres du Sud…et bientôt dans les pays faillis du Nord. https://les7duquebec.net/archives/272759.

12)  À l’évidence, le prolétariat international est entraîné dans cette guerre réactionnaire ukrainienne qui devient chaque jour plus mondialiste – dangereuse – globaliste. https://les7duquebec.net/archives/272453.

13)  Les larbins politiciens, ces godillots va-t’en guerre ignobles, sont aux commandes des États bourgeois et des institutions mondialistes – les mêmes qui ont manigancées et imposées la Plandémie hystérique globaliste du COVID qui nous accable depuis plus de deux ans… et que nous n’avons pas fini de payer de nos deniers. https://les7duquebec.net/archives/272716

 

Face à la pandémie bidon nombres de prolétaires (les camionneurs notamment) deviennent résistants…Hourra!
Face à cette guerre réactionnaire les prolétaires deviennent déserteurs…Hourra!
Face aux confinements déments le prolétariat chinois résiste…Hourra!
Face à l’inflation galopante nous faisons la grève…et nous bloquons la production…Hourra!

 

LETTRE OUVERTE CONTRE LA GUERRE IMPÉRIALISTE

robertbibeau@hotmail.com

Les deux drapeaux du Canada. Vexillologie, sémiologie et philosophie

Par : Ysengrimus

.

YSENGRIMUS — Voici qu’on me demande pourquoi il y a une feuille d’érable sur le drapeau du Canada. La réponse courte, c’est que l’érable est l’arbre national du Canada donc que sa feuille se retrouve sur son drapeau. Mais il y a une réponse longue beaucoup plus passionnante. Laissez-moi vous la raconter. Vexillologie, sémiologie et philosophie se rencontrent dans cette étonnante petite arène. Vous n’allez pas vous ennuyer.

La Nouvelle-France est conquise par les Britanniques, en 1760. Nous faisons donc partie des colonies britanniques d’Amérique du Nord depuis un bon moment quand, en 1867, l’Angleterre victorienne décide de mettre en place le Dominion du Canada. Il s’agit de taponner ensemble toutes les colonies situées au nord du quarante-neuvième parallèle et n’ayant pas embrassé les valeurs de la république américaine. Les dites colonies sont alors au nombre de quatre et le Québec forme alors environ la moitié de la population de cet ensemble. Ce qui deviendra le Canada moderne est né (1867) mais pour le moment, tout est putatif dans ce conglomérat de colonies qui est un pseudo-pays, plutôt un dominion. Il s’appelle officiellement British North America, Amérique du Nord Britannique, et, en lui, pour le moment, tout est officieux. Nom putatif (Dominion of Canada ou Canada), capitale putative (Ottawa), hymne national putatif (Ô Canada) et… drapeau putatif.

Par principe général, quand on se réclame de la vaste obédience impériale britannique et que l’on veut engendrer un nouveau drapeau, cela fonctionne un peu comme une usine à saucisses. Les drapeaux coloniaux britanniques disposent en effet d’un modèle d’engendrement, un principe génératif, littéralement. Aux périphéries de l’empire, on part habituellement de fanions maritimes britanniques. Il y en a deux types. Le Blue Ensign (qui est un fanion des marines civiles et militaires britanniques) et le Red Ensign (qui est un fanion des compagnies maritimes britanniques). Pour produire un Blue Ensign, vous prenez un rectangle de tissu bleu. Vous placez en quartier (soit dans le coin supérieur gauche) de ce rectangle bleu, l’Union Jack (soit le drapeau du Royaume-Uni, avec les trois croix superposées), et, dans le battant du drapeau, vous placez l’écusson, le logo, l’acronyme, ou l’écu de votre club de voile, votre marina de yachts, votre île, votre phare, votre principauté, votre colonie, votre dominion, ou votre pays. Vous voici doté d’un étendard dans les règles, qui démarque votre spécificité, tout en vous affiliant ouvertement au vaste parapluie de l’Empire Britannique. Les drapeaux de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande sont des Blue Ensigns.

un Blue Ensign

.

Maintenant, pour produire un Red Ensign, c’est exactement le même principe d’engendrement. Vous prenez un rectangle de tissu rouge. Vous placez en quartier (soit dans le coin supérieur gauche) de ce rectangle rouge, l’Union Jack (soit le drapeau du Royaume-Uni, avec les trois croix superposées), et, dans le battant du drapeau, vous placez l’écusson, le logo, l’acronyme ou l’écu de votre club de voile, votre marina de yachts, votre île, votre phare, votre principauté, votre colonie, votre dominion, ou votre pays. Vous voici, ici aussi, doté d’un étendard dans les règles, qui démarque votre spécificité tout en vous affiliant ouvertement au vaste parapluie de l’Empire Britannique. Or une vieille compagnie maritime coloniale britannique existait (en 1867, et existe encore aujourd’hui) sous nos hémisphères: la Compagnie de la Baie d’Hudson. Cette vénérable institution commerciale coloniale, fer de lance vif de la pénétration britannique dans les Amériques, fut fondée en 1670 (oui, oui, la Nouvelle France était alors sous Louis XIV). Or, elle avait pour drapeau un Red Ensign dont l’insigne de battant était l’acronyme en lettres blanches de la compagnie: HBC (Hudson Bay Company).

le drapeau de la Compagnie de la Baie d’Hudson

.

Nos petits putatifs du Dominion du Canada partirent donc de ce Red Ensign séculaire et ils construisirent le premier drapeau du Canada, sur cette base d’engendrement. Ils remplacèrent d’abord l’acronyme des hudsonistes par une sorte d’écusson à tiroirs. Chaque fois qu’une nouvelle province s’agglutinait au Dominion du Canada, on ajoutait un segment de ses armoiries dans l’écusson à tiroirs qui en grossissait d’autant. Un jour, cet écusson à tiroirs devint trop gros et on le remplaça tout simplement par un écusson officiel stable pour les armoiries même du Canada. Cet écusson d’armoiries canadiennes subit certaines modifications mineures au cours des années mais le principe restait. Le drapeau du Canada fut un Red Ensign colonial pendant presque cent ans (1868-1965).

le vieux Red Ensign avec l’écusson à tiroirs
Red Ensign canadien définitif

.

Tout le monde était très content de cela, en 1868, dans le Dominion du Canada, sauf les Québécois. Nous, les Québécois, que voulez-vous, l’Union Jack, pour nous, c’est et ça reste un drapeau d’occupant. Ça nous fait un effet trop durement Kommandantur de le voir pendouiller au dessus de nos têtes pour qu’on avale le truc. Le Red Ensign était donc peu arboré au Québec, qui disposa d’ailleurs, à partir de 1890 environ, de diverses versions d’un vieux drapeau colonial français à fleur de lys, dont une fut mise en forme et officialisée comme drapeau du Québec, en 1948. Nous en reparlerons un autre jour. Comme les bourgeois fédéraux du Canada anglais nous avaient imposé la constitution, la confédération, le parlementarisme de type britannique, la monarchie, la capitale, le nom de la capitale, la Gendarmerie Royale, le chemin de fer transcontinental, et le cheddar (to name a few), nous imposer le Red Ensign flottant par-dessus le tas n’était pas au dessus de leurs forces. Ils le firent donc, sans se complexer. Le Red Ensign canadien fut donc le fanion qui flotta gloriolleusement au dessus de nos troupes canadiennes à la Guerre des Boers, lors de la Première Guerre Mondiale, notamment à la bataille de Vimy (le Mémorial de Vimy arbore d’ailleurs encore les deux drapeaux du Canada, l’ancien et le moderne), et sur le glorieux cargo de Réal Laurendeau (et de tous ses concitoyens canadiens) lors de la terrible Bataille de l’Atlantique. L’âme canadienne (surtout canadienne anglaise) était solidement chevillée au Red Ensign. Pourquoi ce vieux drapeau fripé de gloire changerait-il? Pour apaiser ces râleurs de Québécois? Nah…

Pour comprendre l’étonnante conjoncture qui mena à l’apparition du drapeau canadien moderne, dont le nom officiel est l’Unifolié (en anglais: Maple Leaf Flag), il va falloir s’imprégner de toute la saveur subtile et complexe d’une époque, celle de l’après-guerre. Entre alors en piste un personnage dont le rôle sera central dans la mise en place de toute la problématique vexillologique, sémiologique et philosophique du drapeau canadien. J’ai nommé Lester Bowles Pearson (1897-1972). Ancien officier aviateur de la Grande Guerre, Lester B. Pearson, que ses compagnons d’arme surnommaient Mike Pearson —je sais pas pourquoi, c’était son nom de guerre— est, à partir de 1946, un diplomate canadien. Il circule dans les circuits feutrés de la diplomatie canado-américano-britannique. C’est la Guerre Froide et c’est aussi la décolonisation. Entre 1946 et 1966, les deux nations les plus copieusement honnies en Afrique et en Asie sont deuxièmement la France et premièrement, cardinalement, le Royaume-Uni. Les anciens empires coloniaux français et britannique sont ardemment rejetés et combattus par de nombreux peuples luttant pour leur décolonisation. On en vient aux mains, sur cette question, dans plusieurs recoins du monde et Lester B. Pearson se rend discrètement compte qu’il ne fait pas trop bon, dans la période 1946-1966, de se réclamer de l’héritage britannique, un peu partout dans un monde en pleine ébullition moderniste.

Le Canada est un pays neuneu et sympa-sympa qui peut se vanter du fait qu’un bon nombre des événements historiques déterminants pour son histoire nationale sont survenus… en dehors de son territoire national. Ce sera le cas de l’impulsion initiale menant à la mise en forme du drapeau du Canada moderne. En 1956, le diplomate Lester B. Pearson est devenu une figure éminente de l’ONU et il est un des architectes de la mise en place des Casques Bleus, ces bons petits soldoques de pays gentils-gentils qui se braquent entre les belligérants de conflits de théâtres pour crucialement calmer le jeu. (Lester B. Pearson obtiendra même le Prix Nobel de la Paix, en 1957, comme co-fondateur des Casques Bleus). La crise internationale qui sera déterminante pour l’apparition du nouveau drapeau du Canada, ce sera la Crise de Suez (1956). Turlupinée dans ses détails douloureux, cette crise spécifique de la décolonisation est finalement assez simple dans son principe. Le président Nasser d’Égypte en a plein le dos que les deux anciennes puissances coloniales en collaboration, France et Angleterre, fassent de l’argent comme de l’eau avec le canal de Suez. Le président Nasser saisit donc Suez, l’occupe militairement, et le nationalise. Les vieux coloniaux se rebiffent et la chiasse prend par là. Ensuite, ça devient vite compliqué, notamment quand les deux belligérants pesants de la Guerre Froide, USA et URSS, fourrent leur nez dans l’histoire. L’ONU, discrètement pilotée par Lester B. Pearson, envoie, à un certain moment, des régiments de Casques Bleus pour calmer le jeu. On utilise les bons gars de service à la tête froide habituels, des Danois, des Norvégiens, des Finlandais… des Canadiens. Nos petits gars se pointent donc en Égypte en arborant sur leurs véhicules et à l’épaulette, le drapeau canadien… le Red Ensign. Ils se font vite pointer des mousquetons égyptiens dans les naseaux et c’est: Vous êtes des troupiers coloniaux britanniques, vous dégagez. Réplique: On est pas des troupiers britanniques on est des Casques Bleus canadiens. Réplique: Regarde ton drapeau, baquais, c’est un Union Jack, tu es britannique, et tu dégages. Lester B. Pearson fronce le sourcil, depuis le fond de son officine onusienne. Cette belle obédience britannique si explicitement symbolisée dans la charpente intime du drapeau canadien est désormais un emmerdement potentiel permanent à l’international. Il ne l’oubliera pas.

Il est donc piquant de constater que ce ne sont pas des enjeux nationaux mais bien des enjeux internationaux qui instillèrent dans le premier cerveau décisionnel l’idée de changer le drapeau canadien. Lester B. Pearson, devenu homme politique, après le petit coup de prestige de sa prestation onusienne, va inscrire dans le programme de son parti, le Parti Libéral du Canada, la mise en place d’un drapeau distinctif pour le Canada. Mais cette priorité sera un peu enterrée par tout le reste de l’immense plate-forme libérale du temps, tous les détails complexes de la mise en place de ce qui deviendra l’état providence des Trente Glorieuses. En 1963, le Parti Libéral du Canada gagne ses élections et Lester B. Pearson devient premier ministre du Canada. C’est un gouvernement minoritaire. Cela signifie que les conservateurs de John Diefenbaker sont encore puissants en chambre. Les Libéraux, au début, mettent en place leur grand chantier de réformes sociales et ne pensent plus trop au drapeau. Mais, assez vite, Lester B. Pearson, qui est resté très branché politique internationale, constate que les militaires canadiens seront bientôt requis pour intervenir comme Casques Bleus dans une nouvelle crise régionale, la Crise de Chypre de 1963-64. Chypre c’est cette île porte-avion de l’OTAN au fond de la cuvette méditerranéenne. La chiasse inter-communautaire est pognée là-bas et ce, depuis 1955 environ. Il y a les Turcs au nord, les Grecs au sud, une ligne de démarcation se dessine inexorablement entre ces deux groupes qui, pour le moment, revendiquent tous les deux l’intégralité de l’île. En même temps, Chypre, qui fut longtemps occupée par les Britanniques (décolonisation survenue seulement en 1960, après cinq ans de guerre de libération), a encore une concession britannique sur son territoire, c’est-à-dire qu’il y a une portion de l’île que les Britanniques tiennent encore et gardent pour eux, comme ça. Les chypriotes grecs et turcs, en plus de se combattre les uns les autres, sont donc aussi très remontés contre les Britanniques. Lester B. Pearson ne peut pas envoyer les petits gars la dedans avec le Red Ensign à l’épaulette et sur les véhicules et les baraquements. Ils vont se faire tirer dessus et ce, à cause d’un drapeau, un vieux drapeau totalement pas rapport (comme disent les petits jeunes d’aujourd’hui).

Lester B. Pearson va donc devoir activer ce segment de ses promesses électorales plus tôt que prévu. Il convoque un Comité du Drapeau Canadien et c’est alors: Messieurs, il faut un nouveau drapeau distinctif pour le Canada et ça presse. Vous avez un an. Vaste programme. Ce Comité du Drapeau est un comité parlementaire. Sa composition reflète donc la composition du parlement canadien. Autant dire que le rapport des forces entre les Libéraux et les Conservateurs y est quasiment égal. Il y a aussi, une troisième force politique, progressiste et remuante, le glorieux Nouveau Parti Démocratique, de Tommy Douglas, plus ou moins l’équivalent canadien des travaillistes britanniques. Le comité du drapeau est présidé par un epsilon mais il est surtout animé (chaired) par un dénommé John Matheson (1917-2013), député de l’Ontario énergique, et fidèle comparse du premier ministre Lester B. Pearson.

Le comité du drapeau va d’abord et avant tout faire un grand appel populaire. Envoyez-nous vos maquettes de drapeau. La réponse est massive. Les gens font ça sur des chiffons ou sur du papier blanc avec des crayons à colorier. Environ 3,500 maquettes de drapeau sont soumises. C’est le carnaval joyeux des années 1960 et tout y passe, des loups, des ours, des castors, des outardes, des sapins, des érables, des étoiles polaires, des aurores boréales, des drapeaux dans le drapeau, des cartes du Canada stylisées, des dessins non figuratifs, courbes, lignes, arabesques de couleurs. Il y aura même un drapeau du Canada Beatles. Sur fond blanc à la croix symétrique rouge (croix de Saint George) et avec une fleur de lys bleue au centre, un Beatle par quartier. Ça va être une vraie fête. John Matheson ne retiendra pas grand-chose de ce débordement d’enthousiasme populaire et de créativité débridée mais il va quand même procéder à une sorte de petit sondage informel et non scientifique. Il va colliger et dénombrer tous les symboles apparaissant dans ces 3,500 propositions. Ce sera pour observer que, seule ou accompagnée, la feuille d’érable arrive largement première, devant les castors, les outardes, les fleurs de lys et autres étoiles polaires. Matheson va aussi observer que les Union Jack seules ou accompagnées ne figurent pas très haut au classement. On dirait que les canadiens sont prêts pour un changement des symbolismes. John Matheson rapportera le résultat de ces observations à Lester B. Pearson qui s’en réjouira.

La feuille d’érable est un symbole ancien au Canada. C’est tout d’abord un trait d’imagerie canadien-français. Elle décore notamment, en boisseau ou en couronne ornementale, les Unes de certains journaux canadiens-français dès le XVIIIe siècle. Il s’agit de l’érable sucrière (Acer saccharum), celle dont les feuilles se colorent si vivement, en automne. Elle fournit cette eau sucrée (dont on fait le sirop d’érable) que les aborigènes nous faisaient boire autrefois, quand nous crevions de froid dans nos bourgades mal fortifiées, au tout début de la colonie. C’est un symbole subtil d’entraide collective et de fraternité de l’ancien temps. Comme ce fut le cas pour l’hymne national, les canadiens anglais se sont graduellement appropriés le symbole de la feuille d’érable, au cours du XIXe siècle. Et, dès le début du XXe siècle, elle apparaît comme un signe de ralliement canadien et ce, tant pour les anglophones que pour les francophones. Ravi de l’importance qu’elle semble désormais revêtir dans les masses, Lester B. Pearson va prendre une grave initiative vexillologique qui va passer proche de tout faire capoter.

Il faut comprendre que le premier ministre à cette époque est un personnage prestigieux. Le premier ministre, c’est celui qui parle au roi ou à la reine. Il est une figure d’autorité tranquille et les canadiens, peuple mouton par excellence, sont respectueux de ce genre de figure. Aujourd’hui, le premier ministre, c’est le saltimbanque en costard qui fait cuire des chiens-chauds devant le Tour de la Paix lors des Fêtes du Canada. Mais du temps de Lester B. Pearson, le premier ministre était une figure qu’on ne barouettais pas comme ça. Quand il engageait son prestige, cela avait un poids. Et c’est ce que Lester B. Pearson va faire, justement. Il va engager tout son prestige de premier ministre dans un choix vexillologique décisif. Il va faire concevoir un projet de drapeau du Canada selon ses idées et ses spécifications. Cette maquette de drapeau est passée à l’Histoire sous le nom de Pearson Pennant, le Fanion de Pearson.

le Pearson Pennant

.

C’est ici que s’instaure crucialement l’élévation vexillologique, sémiologique et même philosophique du problème du drapeau canadien. Lester B. Pearson veut faire neuf et distinctif. Il veut se donner un drapeau réduisant au strict minimum les symbolismes et éliminant intégralement les codes héraldiques hérités. Pour ce faire, il va jouer la carte d’un drapeau iconique, un tableau indubitablement, stylisé naturellement, mais un tableau. Un rameau de feuilles d’érables d’automne, rouges donc, stylisé en un trifolié, est délicatement déposé sur un lit de neige hivernale, blanche, entre deux cours d’eau, bleus, deux océans en fait, l’Atlantique et le Pacifique, en référence attendrie à la devise du Canada D’un océan à l’autre, Coast to coast, A mari usque ad mare. Fuyant ouvertement les symboles, le premier ministre canadien mise sur l’image picturale stylisée. Ce sera le tollé.

Le Fanion de Pearson va parvenir à faire consensus… contre lui. Quand Lester B. Pearson va le présenter à une assemblée d’anciens combattants dans l’ouest canadien, ils vont passer proche de se faire écharper, lui et son fanion. Les Conservateurs, qui sont viscéralement réacs, n’acceptent tout simplement pas que le glorieux étendard du Dominion, vétéran de toutes les guerres impériales, se fasse intempestivement remplacer par une espèce de zinzin pop qui ressemble à une étiquette de canisse de sirop d’érable. Non. C’est non. Les Libéraux, les hommes même de Lester B. Pearson, ressentent, eux, un malaise plus étoffé et subtil. Sans malice et comme instinctivement, ils recherchent des symbolismes dans la maquette de drapeau de leur premier ministre. D’abord, ils demandent, pourquoi trois feuilles d’érables? Est-ce que cela représente les trois peuples fondateurs du Canada, les Indiens, les Français et les Anglais? Et alors, la feuille d’érable du dessus, c’est celle qui symbolise les Anglais et elle domine les deux autres, qui se penchent? Lester B. Pearson essaie d’expliquer que non, qu’il n’y a absolument aucun symbolisme là. Que c’est juste la représentation visuelle d’un bouquet de feuilles d’érables (comme sur les armoiries du Canada) et que, comme cette représentation visuelle est stylisée pour être bien visible quand le drapeau flotte, ça sort comme un trifolié. Pas de symbolisme ouvert ou secret du chiffre 3, aucun. Mais il n’arrive pas à se débarrasser de la symbolique parasitaire des soi-disant trois peuples fondateurs. Un autre problème important, ce sera celui des couleurs. Oh, du bleu, du blanc, du rouge… on vous voit, monsieur le premier ministre. Vous êtes en train d’insidieusement nous républicaniser. C’est l’américanisation des temps modernes? Il faut dire qu’au Canada, la combinaison convenue des couleurs bleu, blanc, rouge, c’est de la poudre à canon. D’abord, ça fait français, ensuite ça fait américain et surtout, surtout par-dessus tout, ça fait république. Or le Canada est une monarchie qui se définit intrinsèquement par négation des poussées républicaines en terre américaine. Donc, ça ne passe pas, ce tricolore furtif. Lester B. Pearson s’évertue à expliquer qu’il n’y a pas de symbolisme tricolore dans sa maquette de drapeau. C’est juste, exclusivement, iconiquement, le bleu de l’océan, le blanc de la neige, et le rouge des feuilles d’automne, sans plus. Rien n’y fait. Le Pearson Pennant est perçu, par ceux qui sont pourtant censés le défendre, comme la demi-trahison d’une sorte de tricolore américanophile maladroitement déguisé. Voilà un autre symbolisme parasitaire dont on n’arrive pas à se débarrasser. Lester B. Pearson découvre à ses dépends qu’un drapeau, c’est un rectangle aux symboles et que, quand on prétend évacuer les symbolismes par la porte, en un tel espace, ils rentrent par la fenêtre, spontanés, vernaculaires, réinvestis, incontrôlés, parasitaires. Personne ne voudra du Pearson Pennant. Les seuls qui lui réservent un accueil relativement favorable sont les Québécois. Ils tapent sur les cuisses de leur premier ministre anglo-canadien et se félicitent de le voir enfin retirer l’Union Jack du drapeau fédéral. Les Québécois ricaneurs, goguenards et contents, c’est pas nécessairement les meilleurs alliés pour convaincre le ROC (rest of Canada, soit le Canada anglais) d’une idée, quelle qu’elle soit. Mais en tout cas, l’apparition de la maquette du drapeau du premier ministre vient de faire abruptement passer son petit problème international au plan national. Les Québécois n’accepteront plus l’Union Jack sur le drapeau du Canada. Et dans leur cas aussi, le temps commence à sérieusement presser. C’est que le Québec aussi connaît —d’autre part— sa cuisante phase de décolonisation. Les attentats terroristes du FLQ se multiplient et, bon, tous les efforts (même les plus symboliques et les plus dérisoires) doivent désormais être fait pour que le Québec se retrouve des pulsions d’identification à l’ensemble canadien, si tant est. Aussi, sur le drapeau comme sur tout le reste, la boîte de Pandore est maintenant ouverte. Le Grand Débat du Drapeau du Canada est déclenché. Et les positions vont vite se polariser.

Cette question, un peu pinailleuse, de la couleur bleu sur le drapeau sera l’astuce argumentative qu’utilisera John Matheson pour s’objecter insidieusement et diplomatiquement au projet de drapeau de son chef et premier ministre. C’est alors que Matheson produira sa fameuse phrase historique: Blue is not an official canadian color (eh oui, on a les phrases historiques qu’on a). Cette réactivation de la question des couleurs officielles canadiennes par Matheson pour canaliser et légitimer l’hésitation libérale de 1963-1964 sur le Pearson Pennant mérite qu’on s’y arrête. Il faut, pour ce faire, reculer un peu dans le temps. En 1921, il n’y a pas de problème de drapeau au Canada. Le drapeau (putatif) du Canada, c’est le Red Ensign et personne ne s’objecte. D’ailleurs dans trois ans (en 1924), ledit Red Ensign obtiendra le statut de drapeau quasi-officiel, vu qu’il ne flottera plus seulement sur les navires et véhicules militaires mais aussi sur les édifices gouvernementaux fédéraux. Il n’y a pas encore de problème de drapeau au Canada, dans l’entre-deux-guerres, donc. Par contre, et indépendamment de la question vexillologique, en 1921, se manifeste soudain le besoin de couleurs officielles pour le Canada. Il faut effectivement des couleurs nationales stabilisées pour les bandes de parchemins, les rubans et les pourtours de médailles, les uniformes protocolaires, même les murs et cloisons de certains intérieurs officiels. Le Canada recherche ses couleurs officielles. Là, le roi va s’en mêler. Le roi d’alors, c’est George V (le grand-père d’Elizabeth II). George V (1865-1936), c’est peut-être le dernier vrai roi de l’Empire Britannique. Il s’occupe de tout, fourre son nez dans tout, s’intéresse à tout ce qui se tambouille jusqu’aux confins de l’empire. Il aborde toutes les questions, est au four et au moulin, se lève à cinq heure du matin tous les jours pour s’asseoir à son bureau et fricoter ses bébelles impériales. Il fourre son nez et sa grosse barbe dans toutes les affaires de son vaste monde sur lequel le soleil ne se couche jamais. Intelligent, vif, matois, touche-à-tout doué, chafouin, hyperactif, sémillant, hypervitaminé, c’est une sorte de roi-Sarkozy. Alors, la question des couleurs officielles de son grand dominion nordique des Amériques se retrouve éventuellement sur son bureau et il la règle ainsi. Qu’est-ce que le Canada? Le Canada c’est la rencontre calme et rassérénée des deux plus grandes cultures politiques et historiques d’Europe en terre américaine: la Culture Anglaise et la Culture Française. Les couleurs officielles du Canada seront donc l’union constante et indissoluble des couleurs anglaises (entendre: couleurs de la monarchie anglaise) et des couleurs françaises (entendre: couleurs de la monarchie française, hein, pas celles du peuple français ou de sa république). Comme le roi est un roi, il pense et visualise les couleurs depuis le fond de son petit bocal monarchique. La couleur officielle anglaise c’est le rouge. En effet, depuis plusieurs siècles, la couleur des rois d’Angleterre est le pourpre vif. C’est pour cela que les salles sénatoriales et autres House of Lords sont des Salons rouges. On raconte d’ailleurs qu’au Moyen-Âge, la teinture rouge était rare et chère. Les rois anglais en décoraient donc les murs de leurs salles publiques pour faire sentir leur puissance à leurs vassaux, un peu comme avec de l’hermine ou de l’or. La couleur officielle française, pour sa part, c’est le blanc. En effet, la couleur du drapeau des rois Bourbons est le blanc uni, sans aucun motif. La seule couleur française visible aux yeux royaux de George V ce sera donc le blanc. Les couleurs officielles du Canada seront donc le rouge et le blanc, ensemble, unis mais distincts. Quand, quelques quarante ans plus tard, John Matheson agitera cette marotte des couleurs officielles du Canada et l’appliquera, pour la toute première fois, à la question spécifique du drapeau, cette sémiologie des origines anglaise et française des deux couleurs officielles se sera un petit peu obscurcie. Le blanc et le rouge ensemble sont désormais perçus comme fondamentalement et indissolublement canadiens. Pas le bleu. De fait, pour bien montrer que le blanc (français) et le rouge (anglais) ont perdu dès 1963-64 la valeur sémiologique que leur avait assigné le roi en 1921, intéressons nous brièvement à une des nombreuses maquettes de drapeau canadien qui ne fut pas retenue.

maquette de drapeau des Native Sons of Canada

.

Cette maquette, soumise en 1963-64 par les Native Sons of Canada, en est une qui, justement, sémiologise très ouvertement les couleurs officielles du Canada, dans l’encodage qu’en avait fait initialement le roi, en 1921. Si on lit, de gauche à droite comme un texte, la narration que cette maquette produit, elle est particulièrement limpide. Les Français (blanc, avant mais en dessous) apparaissent en premier et les Anglais (rouge, après mais au dessus) arrivent ensuite et prennent place. Malgré cette situation historique de domination, les droits des deux peuples fondateurs sont égaux (symétrie en volume de la répartition des deux couleurs répondant, malgré la démographie, à la hiérarchie temporelle et spatiale de leur disposition). La feuille d’érable, qui est rouge (ceci NB), est centrale. Elle verrouille le lien entre le blanc français et le rouge anglais et elle suture l’unité canadienne. Cette maquette ne fut pas retenue pour des raisons vexillologiques (feuille d’érable à demi rouge sur rouge et donc très difficilement discernable quand le drapeau flotte) mais aussi sémiologiques (obscurcissement de l’analyse initiale de George V sur la sémiologie biculturelle des couleurs officielles). Cette maquette aurait été vexillologiquement et sémiologiquement indiscernable. Les couleurs officielles ne symbolisent plus vraiment les deux peuples fondateurs. Elles valent désormais strictement pour le Canada lui-même. And blue is not an official canadian color.

Nous revoici donc en 1963-64 et les positions continuent de se polariser, sur la question du drapeau. Le problème, de plus en plus passionnel, a maintenant une ampleur nationale et il faudrait maintenant arriver à le résoudre alors que, de fait, il s’enlise. D’un côté, on a les Libéraux du Comité du Drapeau qui défendent, mollement et sans joie, le choix de leur chef et premier ministre. De l’autre, les Conservateurs du Comité du Drapeau vont se cabrer encore plus fort dans la réaction. Comme il semble qu’il faille se résigner à reléguer le Red Ensign, les réacs vont formuler plus fermement leur choix de drapeau. Nous sommes britanniques, nous sommes impérialistes (au sens technique du terme, des suppôts revendiqués de l’Empire Britannique), nous sommes une colonie. Nous proposons donc de prendre lUnion Jack en quartier, de l’étirer, et de l’étendre à tout le drapeau. Le drapeau du Canada sera le drapeau du Royaume-Uni. Poils aux sourcils. L’Algérie c’est la France, mes estis. Lester B. Pearson se pogne la tête. C’est là le contraire diamétral de ce qu’il recherchait. Le Comité du Drapeau est coincé. Projet 1: le Pearson Pennant défendu sans ardeur par les Libéraux. Projet 2: l’Union Jack plein défendu farouchement par les Conservateurs. We’re stuck. Et rien ne bouge. Et le temps passe.

C’est alors que va se manifester une sorte de personnage providentiel. Et, bien souvent, au Canada, les personnages providentiels, se nomment Stanley. C’est pas pour rien que la toute consensuelle coupe de hockey sur glace s’appelle la Coupe Stanley. Ici notre lutin salvateur de service, ce sera donc un certain George Stanley (1907-2002). Il contacte John Matheson et, en substance, il lui dit: Johnny, I’ve got your flag! (ceci est évidemment un tour apocryphe. Stanley a, en fait, écrit à Matheson une lettre très officielle et très formelle de quatre pages). George Stanley était alors doyen de faculté aux très réac et très pompeux Collège Royal Militaire du Canada de Kingston (Ontario). C’est un historien militaire, un peu vexillologue, un peu gars d’héraldique… mais surtout, ce monsieur est un conservateur indubitable. Si quelqu’un peut apprivoiser les réacs canadiens et les amener en douce à opter pour un nouveau drapeau, c’est lui. D’ailleurs ce collège militaire où il est doyen de faculté est une institution parfaitement honorable. C’est un peu le petit West Point du nord. C’est une institution bien réac et bien ronron. Tous les conservateurs, galonnés, culottes de peaux et autres bellicolâtres sont passés par là, sont des anciens de cette institution là, ou rêvent de l’être ou de l’avoir été. Le prestige symbolique du Collège Royal Militaire du Canada de Kingston ne pourra pas être contesté ou contestable par tout ce qui grouille de conservateurs et de nostalgiques impériaux au Canada. Stanley et Matheson se rencontrent à Kingston en 1964 et Stanley montre à Matheson, le fanion du Collège Royal Militaire du Canada, nommément l’horreur suivante:

fanion du Collège Royal Militaire du Canada

.

Délicatement déposé sur un bâton de canne de bonbon nouant intimement les deux couleurs officielles du Canada, un bras d’armure tient solidement et irréversiblement une touffe de feuilles d’érables canadiennes (encore largement perçues comme canadiennes-françaises) sous la couronne impériale britannique. Avec un tel fanion, le Collège Royal Militaire du Canada formule explicitement son rôle et sa fonction qui est celui d’instruire les galonnés sourcilleux chargés d’occuper le Canada et de le maintenir fermement dans le giron de l’empire. Redisons-le, l’institution dont cet étendard est le fanion est une institution parfaitement indubitable et irréfutable. Tandis que John Matheson blêmit, George Stanley lui explique l’astuce qu’il couve. Pour que les réacs canadiens lâchent l’Union Jack une bonne fois, il faut leur donner, en compensation émotionnelle et idéologique, un solide fond de drapeau sécurisant, issu d’une institution irréprochable. Ce fond de drapeau, il est ici, à Kingston. Bande de mât rouge, pal (c’est-à-dire bande verticale centrale du drapeau) blanc, bande de battant rouge, illustration encadrée, au centre. Votre problème de bleu est réglé dans le mouvement, et nos réacs sont rassérénés car le fond de drapeau provient d’un des fleurons sûrs de notre glorieuse histoire militaire. Et ensuite, sur ce fond de drapeau bichrome, rassurant pour les réacs, on procède au fameux dépouillement des symboles tant revendiqué par le premier ministre. On y parviendra en rapprochant prudemment l’illustration du pal de ce que le bon Pearson propose dans son fanion. Compromis. Matheson se dit alors que le coup est peut-être jouable. Il contacte le premier ministre et un ping-pong s’instaure, entre Kingston et Ottawa. Lester B. Pearson en profite pour faire éliminer les symbolismes parasitaires qui le turlupinent depuis un moment —sous la pression assez vociférante du public— dans sa propre maquette. Il admet la disparition du bleu, fait remplacer le trifolié par un unifolié (au diable cette complication infinie et hasardeuse de trois peuples fondateurs avec un des trois dominant les deux autres — les canadiens sont un peuple unique, point), et surtout il insiste bien pour que les autres symboles coloniaux du fanion du Collège Royal Militaire du Canada, notamment la couronne impériale, soient soigneusement retirés de la maquette finale. Stanley procède à tous les rajustements, dans le cadre de son concept de départ. On en arrive donc à une troisième proposition à soumettre au comité, un unifolié bichrome, dont la feuille d’érable sucrière (Acer saccharum) était initialement plus figurative. C’est donc finalement George Stanley qui est crédité, par l’Histoire, de la conception de l’unifolié canadien définitif.

le vieil unifolié (le fanion de Stanley)

.

Matheson va ensuite produire l’unanimité de son comité sur ce troisième choix, contre les deux autres choix. Ce sera une unanimité fabriquée de toutes pièces, mise en place en faisant croire à un côté du comité que l’option trois permettra de battre l’autre côté du comité en nullifiant ses priorités. Aux réacs, on fait valoir qu’ils écrabouillent le chiffon tricolore du premier ministre en mobilisant la force conservatrice, monarchiste et fiable du fanion militariste du Collège Royal Militaire du Canada. Aux libéraux et progressistes, on fait valoir que l’on se retrouve avec un Fanion de Pearson amélioré, dépouillé, débarrassé de ses symbolismes impropres et parasitaires… et surtout le saudit Union Jack est enfin bazardé. Des deux choix, on prend… le troisième. Et l’unanimité du comité parlementaire —cette unanimité armée, chamarrée d’astuces et de jeux de coulisses— se fait donc sur l’Unifolié. En voici la version moderne (feuille d’érable plus stylisée, pour une meilleure visibilité quand le drapeau flotte).

l’unifolié moderne (drapeau du Canada actuel)

.

Le problème n’est pas tout de suite résolu. John Diefenbaker, chef conservateur de l’opposition, va fustiger ses membres du Comité du Drapeau. Il va leur faire valoir qu’ils se sont fait avoir, que l’Union Jack est tombée, qu’ils se sont fait fourguer une version à peine atténuée de l’étiquette de sirop d’érable à Pearson. La bataille va donc reprendre de plus belle, à la Chambre des Communes. Après une procédure d’Obstruction Systématique des Conservateurs et 250 discours souvent rageurs, le drapeau sera voté à la majorité simple de la chambre, les Libéraux et les Néo-démocrates ayant voté ensemble. Il est hissé le 15 février 1965. Les canadiens l’adoptent très vite. Ils étaient prêts, eux aussi, pour leur petite décolonisation, au moins dans les signes.

Le Red Ensign n’est pas parti se cacher dans les musées pour autant. Deux provinces canadiennes anglaises, l’Ontario et le Manitoba, se sont rebiffées de voir disparaître le glorieux étendard du premier Canada. Plus tard dans l’année 1965, ces deux provinces canadiennes ont donc activé l’usine à saucisses vexillologique à leur tour et se sont chacune données un Red Ensign comme drapeau provincial. Avec écusson de l’Ontario dans le battant du Red Ensign de l’Ontario et avec écusson du Manitoba dans le battant du Red Ensign du Manitoba. Ainsi va ce qui va. Ces deux drapeaux flottent encore aujourd’hui sur ces deux parlements provinciaux.

drapeau de l’Ontario
drapeau du Manitoba

.

Que dire aujourd’hui, deux générations plus tard. Eh bien, l’esprit de Lester B. Pearson flotte toujours un petit peu tout de même, dans les replis du drapeau canadien actuel. Quand on le regarde flotter, dans la brume ou dans la boucane de nos trop nombreuses guéguerres locales, on a vaguement l’impression de discerner une sorte de drapeau de la Croix rouge, gentil, modeste, impartial et hiératique, en réminiscence des priorités de paix internationale et de neutralité qui présidèrent à son émergence. Le drapeau du Canada est solidement distinctif et il est aussi bel et bien exempt de symboles héraldiques vieillots. En cela, il vieillit bien (ses origines militaires kingstoniennes, astuce de départ pour atteindre une cause plus haute, tombent doucement dans l’oubli). Là aussi, Lester B. Pearson a gagné son pari.

Mais la victoire n’est pas intégrale. La première version de l’Unifolié (Le Fanion de Stanley) valorisait spécifiquement l’érable sucrière (Acer saccharum). Or cet érable ne poussait effectivement, en 1965, que dans deux des dix provinces canadiennes, l’Ontario et le Québec, berceaux historiques du Canada. Il y eut donc alors des voix pour dire que le vieux colonialisme impérial avait été remplacé par un second colonialisme, plus insidieux, celui de l’est du pays sur l’ouest du pays. Depuis que la feuille d’érable est stylisée, elle symbolise n’importe quel érable de n’importe quelle essence. Et, priorité du symbolisme national oblige, dans le dernier demi-siècle, différentes essences d’érables ont été pieusement importées et implantées au Canada, terre d’immigration même pour les érables! Tant et tant qu’il y a maintenant, dans tout ce vaste pays, au moins une douzaine d’essences érablières distinctes et il pousse des érables d’une espèce ou d’une autre dans les dix provinces canadiennes. Mais les trois territoires, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, et le Nunavut, n’ont pas d’érables et ne pourront probablement jamais en avoir. En effet, dans ces espaces titanesques, c’est la toundra, c’est le pergélisol, c’est la banquise, c’est le troisième océan canadien, l’Océan Arctique. Et il flotte, sur ces espaces infinis et purs, un drapeau bien intentionné mais qui symbolise désormais un petit peu un troisième colonialisme canadien, celui de son sud prospère et urbain sur son grand nord aborigène, sous-développé, désertique, fragile, immémorial et mystérieux.

Non, Lester B. Pearson et tous les progressistes ronron qui luttèrent à ses côtés pour décoloniser notre sémiologie fédérale ne l’emportèrent pas complètement. Mais quel joli bouquet philosophique nous ont-ils laissé en héritage attendrissant de leur si dérisoire mais si louable effort de définition collective de soi.

Didier Raoult: « hystérie pandémique mondialisée et profits inouïs »

#SudRadio #BERCOFF_DANS_TOUS_SES_ETATS

Pr Didier Raoult – Covid 19 : « Une crise de nerfs généralisée- mondialisée- et des bénéfices inouïs pour l’industrie pharmaceutique! »
Entretien choc avec le résistant de Marseille.

 

La France rythmée par les violences policières et les crimes policiers impunis

Par Khider Mesloub.

 

La réélection d’Emmanuel Macron fut sacrée et sabrée, non au son des clameurs des foules, royalement indifférentes au succès électoral du candidat de la finance, mais des sifflements de balles réelles tirées, en plein centre de Paris, par un policier contre trois passagers d’une voiture. Bilan : deux morts et un blessé grave. Ainsi, l’inauguration du second mandat du locataire de l’Élysée, au premier mandat marqué par une politique répressive de tous les mouvements sociaux, notamment des Gilets jaunes, s’amorce sous les violentes rafales des balles meurtrières policières. Manière tonitruante (plutôt tuante, en cette période militariste) de rappeler au prolétariat le caractère foncièrement répressif du régime capitaliste macronien, l’infléchissement belliqueux imprimé à la nouvelle gouvernance, illustrée par la participation de l’État français impérialiste à l’escalade des tensions armées en Ukraine, première ébauche de la guerre mondiale en préparation, pleinement assumée par le va-t-en-guerre Macron.

Évidemment, comme à l’accoutumée, les médias stipendiés ont fourni une version policière pour relater ce fait-divers meurtrier, promptement politisé par la police elle-même à la suite de la mise en examen du policier, sous le chef d’inculpation d’homicide volontaire. Pour s’exonérer de leur responsabilité, les syndicats de la police, notamment le syndicat d’extrême-droite Alliance, sont aussitôt montés crânement au créneau pour brandir leur seconde arme favorite :  la légitime défense. Ils ont déclaré que le conducteur avait mis en danger leur collègue par son refus d’obtempérer. Or, si la voiture était en infraction, quand bien même en délit de fuite, il suffisait aux policiers de relever le numéro d’immatriculation de la voiture pour pouvoir aisément et légalement retrouver ensuite le conducteur (selon le rapport de police, les cinq agents des forces de l’ordre ont décidé de contrôler ce véhicule qui stationnait en sens inverse au niveau du Quai des Orfèvres. Ils l’observaient depuis un moment et soupçonnaient ses occupants de se livrer à un trafic de stupéfiants. Donc, ils avaient eu largement le temps de relever les numéros de la plaque minéralogique).

À plus forte raison, quand bien même le policier pouvait user de son arme pour neutraliser le véhicule, logiquement il devait viser les pneus. Et non directement le conducteur. Encore moins également ses autres passagers. Manifestement, en l’espèce le policier, en déchargeant, sans sommation, son pistolet automatique sur les trois passagers, a délibérément voulu les tuer.  Le policier a tiré une dizaine de cartouche de fusil d’assaut HK G36, une véritable arme de guerre. La volonté de tuer est manifeste, comme le juge chargé de l’instruction l’a retenue contre le policier. En effet, le policier a été mis en examen du chef d’homicide volontaire. Mais, comme il est d’usage dans les affaires criminelles policières, le mis en cause a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, de surcroît sans interdiction d’exercer ses fonctions.

En France, depuis plusieurs décennies, tout se passe comme si l’abolition de la peine de mort au plan judiciaire a été remplacée par le Permis de tuer accordé aux policiers. C’est ce qui s’appelle la justice meurtrière expéditive. Répétitive. Sans délibération. Ni condamnation. La justice du pistolet. Le verdict des balles guillotineuses.

En particulier, quand il s’agit de jeunes issus de l’immigration. Au reste, apparemment, les deux jeune hommes, abattus le 25 avril dernier à Paris par le policier, étaient d’origine africaine.

La France est ainsi, ces dernières décennies, rythmée par les violences policières et les crimes policiers. Dans cette période de crise multidimensionnelle et de délégitimation gouvernementale, marquée par l’exacerbation de la lutte des classes, l’État français protège et couvre de manière générale les policiers, son dernier rempart. La politique du gouvernement, en matière de répressions, vise, quoi qu’il arrive et quoi qu’il en coûte, l’absolution des violences policières systémiques, illustrée notamment par l’impunité dont bénéficient les policiers, auteurs d’exactions ou d’homicide.

C’est mû par cet esprit d’impunité que le syndicat de police d’extrême-droite Alliance a appelé, lundi 2 mai, à un rassemblement en soutien au policier mis en examen. Les manifestants policiers ont plaidé « la présomption de légitime défense ». Or, comme le dénoncent plusieurs avocats et associations de victimes de violences policières, cette revendication de présomption de légitime défense constitue ni plus ni moins qu’un « Permis de tuer ». Il est important de rappeler que ce permis de tuer, autrement appelé « présomption de légitime défense » par la police, fut porté lors de la campagne présidentielle par Marine Le Pen et Éric Zemmour.

Au reste, le même jour, le lundi 2 mai, plusieurs collectifs comme Urgence Notre Police Assassine, le comité Vérité et Justice pour Souheil, le comité Justice pour Lahoucine Ait Omghar, le comité Justice pour Abdoulaye Camara, le comité Justice pour Olivio Gomes, le collectif les Mutilé.es pour l’exemple ou encore l’Observatoire National contre les violences policières avaient appelé à une contre-manifestation pour dénoncer les violences policières et réclamer l’abrogation de la loi L435-1 permettant l’élargissement de la légitime défense pour les policiers.

Emboîtant le pas aux collectifs contre les violences policières, le Syndicat de la magistrature a dénoncé à son tour « la défiance envers la justice » des policiers, qui manifestent contre la mise en examen de l’un d’eux. « Ce qui pose question c’est la défiance envers la justice qui devient quasi systématique de la part des syndicats de police », a déploré sur France-info Sophie Legrand, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature. « Ça pose vraiment une question de crise de confiance », a-t-elle ajouté. « Ce qui nous pose problème, ce n’est pas qu’ils critiquent une décision de justice, puisqu’on est favorables à la critique », a précisé Sophie Legrand. Elle s’inquiète de « la revendication sous tendue », celle de la « présomption de légitime défense qui s’imposerait pour tous les policiers, qui supposerait qu’on ne fasse pas d’enquête quand un policier tue quelqu’un dans l’exercice de ses fonctions ».

Sans conteste, ces dernières années, au nom de la « légitime défense d’État », initialement dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme », puis de la gestion sécuritaire de la pandémie de Covid-19, on assiste à une extension significative des pouvoirs de la police. Cette extension des pouvoirs de la police, symbolisée par le droit d’usage des armes, a été actée par l’adoption de la loi du 28 février 2017 autorisant les policiers à tirer, après sommation, sur des personnes en fuite. C’est une sorte de blanc-seing octroyé aux policiers. Une forme déguisée de légitime défense. D’absolution des crimes policiers.

De fait, historiquement, notamment en France et aux États-Unis imprégnés par un racisme ethnique et social, la légitime défense, véritable meurtre dit défensif, fut toujours une cause d’irresponsabilité pénale accordée à certains individus au détriment d’autres, en vertu de leurs caractéristiques sociales ou statut professionnel supérieur ou étatique. Notamment aux policiers. Aux nantis, les hommes blancs des classes privilégiées, quand les victimes appartiennent aux classes défavorisées, particulièrement les populations issues de l’immigration, continuellement marginalisées, réprimées ou ostracisées, par ailleurs, de nos jours, accusées d’islamistes, voire de terroristes, quand elles sont de confession musulmane, pour légitimer leur répression (leur meurtre). Une cause d’irresponsabilité accordée également aux policiers en intervention, auteurs d’exactions comme d’homicide.

Quoi qu’il soit, en France, dans les affaires de violences policières comme des crimes policiers, on assiste systématiquement à une inversion accusatoire. Les policiers, auteurs de meurtres, sont présentés comme les victimes, et la ou les personnes tuées comme présumées coupables en raison de leurs dérisoires antécédents judiciaires de délinquance médiatiquement exhibés pour les stigmatiser, les anathématiser, les condamner. Au yeux des médias comme de la justice, les victimes de violences policières et d’homicide sont jugées automatiquement comme violentes et délinquantes car « défavorablement connues des services de police », selon la formule médiatique consacrée. Donc, la présomption de culpabilité s’abat comme une chevrotine sur ces victimes doublement assassinées : la première fois par la police, la seconde par l’institution médiatique et judiciaire de la classe dominante.

Cette inversion accusatoire est favorisée par la propagande médiatique et étatique qui propage le discours raciste faisant l’amalgame entre immigration et délinquance, massivement répandu par l’ensemble de la classe politique française, et le discours de mépris de classe faisant l’amalgame entre classe populaire et déviance, « Classes laborieuses et classes dangereuses », théorisé par l’historien Louis Chevalier dans son livre éponyme publié en 1958.

En effet, historiquement, avant la stigmatisation des immigrés de confession musulmane, accusés de nos jours d’être vecteurs de délinquance et de criminalité, longtemps, tout au long du XIXème siècle, ce fut la classe ouvrière « française » nouvellement formée et concentrée dans les villes, notamment à Paris, qui était fustigée pour ses soi-disant inclinations criminelles, sa brutalité et sa violence congénitale (les théories biologiques pour analyser et expliquer la criminalité étaient très en vogue à cette époque. La criminalité s’expliquait, selon les pénalistes et politiciens de l’époque, par des déterminismes biologiques, évidemment inhérents exclusivement aux populations populaires). La criminalité comme la violence étaient associées aux classes laborieuses (de nos jours, elles sont associées à la population immigrée de confession musulmane), définies biologiquement comme dangereuses, porteuses de vices. Donc, moralement et socialement inassimilables au modèle républicain bourgeois dominant. Ces populations populaires étaient considérées par les élites, animées d’un mépris de classe politiquement assumé, comme « perdues pour la société civilisée française », car moralement corrompues. C’est ce mépris de classe (racisme de classe) qui explique les multiples répressions dont furent fréquemment victimes les classes populaires françaises tout au long du XIXème siècle. L’exemple le plus connu est le massacre sanglant des Communards de Paris par le gouvernement versaillais.

De nos jours, ce sont désormais les populations immigrées de confession musulmane, issues majoritairement des anciennes colonies françaises, qui sont considérées comme des catégories culturellement dangereuses, sociologiquement violentes, religieusement inadaptables, donc vouées à être contrôlées, surveillées, réprimées, voire impunément tuées, notamment par la police.

Les exactions policières et les crimes policiers sont ainsi ancrés dans la culture de la gouvernance de l’État français. Le peuple algérien porte encore les stigmates des répressions et tueries subies durant 132 ans, perpétrées singulièrement par la police française, en particulier durant la guerre de Libération, entre 1954 et 1962. En effet, huit ans durant le peuple algérien fut victime de ratonnades, de bastonnades, de chasse aux faciès, d’arrestations arbitraires, de torture, d’emprisonnement, d’exécutions sommaires, de pogroms, commis en toute impunité par la police française, notamment à Paris le 17 octobre 1961.

 

Khider MESLOUB

 

 

De la déstabilisation de la Syrie et du Liban par le Royaume Uni 1/3

Par : René Naba

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

.

De la déstabilisation de la Syrie et du Liban par le Royaume Uni dans la phase du «printemps arabe». 1/3

1 – Les révélations d’Anonymous sur La «guerre de Sa Majesté» contre la Syrie et le Liban

Moins tonitruant que la France, mais plus perfide et autrement plus efficace, le Royaume Uni a assumé un rôle redoutable dans la déstabilisation de la Syrie et du Liban, les deux anciennes chasses gardées françaises au levant, à la faveur de la séquence du “printemps arabe”, sans qu’il ait eu besoin de criminaliser les contestataires à sa stratégie, sans qu’il ait été relégué au rang d’”affinitaire”, sanction de son échec, comme ce fut le cas de son partenaire français.

Telle est la principale révélation d’ ”Anonymous” qui a réussi le tour de force de pirater les documents confidentiels du “gouvernement de Sa Majesté”.

Anonymous (en français: les «Anonymes») est un collectif d’internautes activistes spécialisé dans la piraterie informatique (hacker) se manifestant notamment sur Internet, agissant de manière anonyme et qui se présente comme défenseur de la liberté d’expression.

En considération de ces capacités, Anonymous a été présenté par la chaîne de télévision américaine CNN comme étant l’un des trois principaux successeurs de WIKILEAKS.

Les documents ont été publiés sous une série de dossiers intitulés, Op. HMG [Gouvernement de Sa Majesté].

Extraits

.

2- Domestiquer la Syrie

Le Royaume Uni a conçu une guerre totale dans le domaine de la propagande contre le Syrie en vue de domestiquer le régime baasiste, mobilisant bon nombre de firmes de relations publiques opérant sous couvert d’organisations non lucratives en vue d’emporter le soutien occidental à l’opposition syrienne dans ses deux variantes politiques et militaires.

En 2014, le Foreign Office, le ministère de la défense et le ministère du Commonwealth ont déclenché une campagne conjointe en vue de faire bénéficier l’opposition syrienne des contacts stratégiques, en tissant un réseau relationnel entre les Médias et les groupements syriens.
Un document gouvernemental de 2017 expliquait clairement comment la Grande-Bretagne a financé le «mentorat de sélection, de formation, de soutien et de communication des militants syriens qui partageait la vision du Royaume-Uni pour une future Syrie… et qui respecterait un ensemble de valeurs conformes à la politique du Royaume-Uni». Cette initiative a nécessité un financement du gouvernement britannique «pour soutenir l’activisme des médias de base syriens dans les sphères de l’opposition civile et armée » et visait les Syriens vivant à la fois dans des territoires «extrémistes et modérés» tenus par l’opposition.

En d’autres termes, le ministère britannique des Affaires étrangères et l’armée ont élaboré des plans pour mener une guerre médiatique globale contre la Syrie.

Les révélations d’Anonymous sur ce lien pour les locuteurs arabophones

.
3 – ARK (Analysis Research Knowledge), The Global Strategy Network (TGSN), Albany

Pour établir une infrastructure capable de gérer le blitz de propagande, la Grande-Bretagne a payé une série d’entrepreneurs gouvernementaux, y compris ARK (Analysis Research Knowledge), The Global Strategy Network (TGSN), Innovative Communication & Strategies (InCoStrat), et Albany. Le travail de ces entreprises s’est fait en concertation avec des membres de l’opposition syrienne.

L’une des principales entreprises du gouvernement britannique derrière le régime de changement de régime en Syrie s’appelle ARK (Analysis Research Knowledge). L’ARK a joué des médias comme d’un violon.  ARK est basé à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis. Elle se présente comme une ONG humanitaire, affirmant qu’elle «a été créée afin d’aider les plus vulnérables» en créant une «entreprise sociale, autonomisant les communautés locales par la fourniture d’interventions souples et durables pour créer une plus grande stabilité, des opportunités et de l’espoir pour l’avenir ».

En réalité ARK est une agence de renseignement dont les fonctions sont intégrées aux interventions armées occidentales.

Dans un document divulgué qu’elle a déposé auprès du gouvernement britannique, ARK a déclaré que son «objectif depuis 2012 a été de fournir des résultats très efficaces, politiquement et sensibles aux conflits. Objectif consigné dans un document intitulé Programmation de la Syrie pour les gouvernements du Royaume-Uni, des États-Unis, du Danemark, du Canada, du Japon et de l’Union européenne.

Trois des firmes précitées (ARK, TGSN et Albany), dont les équipes étaient constituées de contractuels du gouvernement britannique, ont été chargées de cette guerre psychologique totale en collaboration avec les Etats Unis, le Canada, les Pays Bas et les Nations Unies. Sur son site web, ARK a établi une liste où tous ces gouvernements sont cités en tant que clients, ainsi que les Nations Unies. ARK s’est vanté d’avoir supervisé des contrats d’une valeur de 66 millions de dollars pour soutenir les efforts de l’opposition en Syrie.

ARK a ainsi formé 150 activistes au maniement des caméras, l’éclairage et le son. En six mois, ARK a inondé le monde de tracts diffusant près de 668.600 documents, affiches, tracts, contrôlant 97 pour cent de la production vidéo de l’opposition syrienne, employant 19 entraîneurs locaux, 23 rédacteurs, 27 photographes vidéo, 8 centres de formation, 3 bureaux d’information et de propagande ainsi que 23 responsables de programme de recherches chargés d’éditer des études visant à valider les thèses de l’opposition syrienne.

Ces trois firmes se sont targuées d’entretenir les meilleures relations avec les grands vecteurs internationaux notamment: Reuters, New York Times, CNN, BBC, Financial Times, Al Jazeera, le service arabe de Sky News, Orient TV ainsi que la chaîne saoudienne Al Arabiya, à qui elles fournissaient régulièrement de la matière visant à privilégier le point de vue du «Gouvernement de Sa Majesté».

Deux cents organisations non lucratives, formées dans 130 ateliers, ont bénéficié des subventions liées à ce programme avant d’être infiltrées à l’intérieur du territoire syrien pour y mener des actions d’agit-prop.

.

4- Même la légendaire BBC.

La BBC réputée pour son légendaire professionnalisme, n’a pas échappé à la tentation de l’intoxication. La radio britannique a dû battre sa couple, avouant avoir réalisé un reportage «ne correspondant pas à ses critères professionnels » à propos de la Syrie, dans un documentaire de Radio 4 diffusé en novembre 2020.

Ce reportage tentait de discréditer l’inspecteur de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) qui avait dénoncé le rapport de sa propre organisation comme un faux en l’accusant d’avoir été corrompu par Wikileaks. La radio anglaise accusait également un éditorialiste du Daily Mail, Peter Hitchens, qui avait révélé la manipulation de l’OIAC d’être un supporter du «régime de Bachar».
L’accusation selon laquelle la République arabe syrienne aurait utilisé des gaz contre sa propre population ne repose sur un aucun argument crédible. C’est pourtant un des éléments de propagande les plus utilisé contre elle.

CF à ce propos : «Mayday: The Canister on the Bed, Radio 4, 20 November 2020 », BBC Executive Complaints Unit, Septembre 2, 2021.

.

5 – James Le Masurier et les Casques blancs et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme.

Au-delà de cet impressionnant dispositif de propagande, le Royaume Uni a mis sur orbite deux projets particulièrement pernicieux: les Casques Blancs et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme

.

A – Les Casques Blancs:
Ce collectif d’urgence humanitaire s’est distingué par sa théâtralité, mais s’est vite discrédité par ses connections terroristes et son fondateur, mort dans des conditions mystérieuses en 2019 en Turquie dans une opération qui s’est apparentée à une élimination d’un témoin encombrant.

Ancien officier de l’armée britannique devenu directeur d’une ONG néerlandaise, la Mayday Rescue Foundation, James Le Masurier, le fondateur des «Casques Blancs» de Syrie, né le 25 Mai 1971 à Singapour, est décédé le 11 Novembre 2019 à Istanbul dans des conditions mystérieuses. Il a été retrouvé mort au pied de l’immeuble où il habitait, avec de multiples fractures. Cet ancien agent du MI6 a été repéré, notamment dans les Balkans et au Moyen-Orient. Ses relations avec des groupes terroristes ont été rapportées lors de sa mission au Kosovo. Les «Casques blancs» se sont révélés en fait une «une structure de propagande» anti-Assad qui collaborerait avec des terroristes, selon la journaliste britannique Vanessa Beeley, qui a fait état de nombreux cas de coopération étroite entre les Casques blancs et des groupes extrémistes tels que le Front Al-Nosra et Harakat Nour al-Din al-Zenki, à Alep-Est et ailleurs.

Pour aller plus loin sur ce thème: Vanessa Beeley démolit le mythe des «Casques Blancs»:

.

B – Innovative Communication and Strategies (InCoStrat), Observatoire Syrien des Droits de l’Homme
Cette structure chapeautait deux sous-traitants du ministère britannique des Affaires étrangères travaillant sous la supervision du ministère de la défense. Elle était chargée de la communication des «groupes armés modérés» en Syrie. Leur mission était de produire des éléments de langage et du matériel de propagande: des vidéos, des photos, des rapports militaires, des brochures avec les logos des groupements combattants.

Un budget de 2,4 millions de Livres Sterling (3 millions d’euros) par an lui était alloué depuis l’affaire des armes chimiques, l’été 2013. D’abord destiné à la société de management de crise Regester Larkin, ce budget a été réaffecté à Innovative Communications ans Stratégies (InCoStrat), une compagnie créée en 2014. Les deux sociétés, basées à Londres et à Washington, ont été créées par le colonel Paul Tilley. Il employait cinquante personnes à Istanbul. Ces mêmes sociétés ont conclu un autre contrat avec le Yémen.

Cette opération est distincte de celle de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) qui dépend lui du MI6, le service de renseignements britannique chargé du théâtre extérieur. Créé en mai 2006, à Coventry au Royaume-Uni, l’OSDH est dirigé par Rami Abdel Rahmane, de son vrai nom Oussama Ali Souleiman.

Né à Baniyas en Syrie, il se présente comme musulman, laïc. Son organisme est la source la plus importante utilisée par les principaux médias occidentaux pour la guerre civile syrienne depuis l’expulsion des journalistes étrangers. La neutralité et la fiabilité de cet organisme sont cependant contestées par certains experts du conflit

Les documents visés par le Guardian, qui en a révélé l’existence, attestent que ces sociétés assuraient la communication du Mouvement Hazm et de l’Armée de l’Islam. Ce dernier serait en réalité une dénomination modérée utilisée par les combattants d’Al Qaida.
Au Conseil de sécurité de l’ONU, le Royaume Uni s’est opposé à son inscription sur la liste des organisations terroristes au motif qu’il participe aux négociations de paix de Syrie à Genève. (CF. à ce propos «How Britain Funds the propaganda War against ISIS in Syria», IAN Cobain, Alice Ross, Rob Evans, Mona Mahmooudht- The Guardian May 3rd 2006. Et aussi: Charles Skelton: Qui produit le discours? https://www.the guardian.com commentisfree/2012/jul/12/syrian-opposition-doing the talking.

 

Des Québécois au front en Ukraine aux côtés de la bande néo-NAZI « Azov »

Par Simon Coutu. Sur Radio-Canada.

« Le commandant ne peut pas vous parler, il est au front pour l’instant », me répond-on à quelques reprises, alors que je tente d’entrer en contact avec Hrulf, le Québécois à la tête de la Brigade normande.

Je réussis finalement à joindre le militaire sur une application de messagerie cryptée. Il accepte de s’entretenir avec moi à condition de ne pas révéler son identité ni l’endroit où il se trouve. Il y a une petite accalmie en ce moment, mais ça brassait la nuit dernière et cet après-midi», dit-il pour expliquer nos problèmes de communication.

Ce vétéran des Forces armées canadiennes a fait le voyage vers l’Ukraine dès le début de l’invasion russe. Il dirige aujourd’hui un groupe d’anciens militaires venus du Canada, des États-Unis et d’Europe qui combattent aux côtés de l’armée ukrainienne. Hrulf a baptisé sa brigade en l’honneur des ancêtres français de certains Québécois qui en font partie.

Il décrit ce qu’il vit depuis deux mois comme un enfer sur terre.

Si certains éléments de la brigade ont des origines ukrainiennes, tous sont là pour défendre des valeurs auxquelles ils croient, avance Hrulf. Ce n’est pas une guerre propre. On est là pour arrêter un génocide, mais aussi pour donner une chance aux Ukrainiens d’avoir la liberté qu’ils souhaitent. Les Russes ne sont pas du bon côté de l’histoire.»

Le vétéran explique que tous les membres de la brigade combattent bénévolement et sont intégrés à un bataillon de la branche volontaire de l’armée ukrainienne. Ils relèvent donc directement du ministère de la Défense. C’est la seule façon de ne pas imposer un contrat à mes gars, dit-il. On n’est pas des mercenaires. Un combattant peut rester un mois seulement s’il le veut.»

Hrulf ne cache pas qu’il y a eu de la bisbille au sein de ses troupes depuis le début de sa présence en Ukraine. D’anciens membres de la brigade ont d’ailleurs remis en question son leadership cette semaine dans un article de La Presse. Ils lui reprochaient notamment d’avoir négligé de fournir l’équipement de protection nécessaire à ses hommes.

Le commandant admet avoir redirigé une soixantaine de combattants vers d’autres unités. Mais il martèle qu’il n’a jamais lésiné sur la sécurité. Tous avaient des casques et des plaques balistiques», dit-il.

Baptême de feu russe

Au début du conflit, Hrulf et ses hommes ont été invités à participer à une séance d’information par l’armée ukrainienne. Ils se sont plutôt retrouvés à reprendre un village alors aux mains des Russes, sous une pluie d’obus.

Malgré la surprise pour les expatriés, l’assaut s’est soldé par un succès. Radio-Canada n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante ces faits d’armes.

Mais ils n’étaient pas au bout de leurs peines. Le lendemain, les Russes sont revenus, avec le double des effectifs. Ils ont pris des prisonniers et toute la population civile qui nous avait aidés a été déportée, raconte le commandant. On assiste à une assimilation forcée.»

Hrulf estime que sa brigade offre une certaine expérience qui fait défaut chez certains combattants volontaires ukrainiens des autres unités. On leur donne notamment de la formation sur le terrain aux niveaux tactique et stratégique. Mais il y a encore beaucoup de travail à faire, convient-il. Il y a de nombreuses pertes chez les nouveaux venus.»

Le vétéran observe que l’héritage soviétique est encore bien présent chez les troupes ukrainiennes. Toutefois, la formation dont a bénéficié l’armée ukrainienne auprès des troupes de l’OTAN a porté fruit. Depuis 2015, le Canada a contribué à former 33 346 militaires dans le cadre de l’opération Unifier, selon le ministère de la Défense nationale. Le coût de ce programme s’élève à plus de 890 millions de dollars.

La Brigade normande tente aujourd'hui de se financer en vendant des tasses et des vêtements.© Brigade normande La Brigade normande tente aujourd’hui de se financer en vendant des tasses et des vêtements.

Avant, tu ne pouvais pas aller aux toilettes sans l’accord du général. Les Occidentaux ont fait un très bon travail pour décentraliser le commandement pour permettre aux équipes de prendre des initiatives tactiques sur le terrain. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les Russes ont perdu des généraux, qui doivent se rendre sur la ligne de front s’il y a un problème. C’est corrompu et tout le monde a peur de faire une erreur.»

Si le commandant est reconnaissant des pays qui envoient de l’armement pour soutenir l’effort de guerre, sur le terrain, il manque encore cruellement de matériel pour les combattants volontaires.

On a besoin de rails Picatinny pour les AK-47 et des optiques, déplore-t-il. C’est très difficile à trouver. La priorité est pour l’armée ukrainienne et on prend ce qu’il reste.» La Brigade tente aujourd’hui de se financer en vendant des tasses et des vêtements. Mais ce n’est pas ça qui va nous permettre d’acheter des véhicules», ajoute Hrulf.

Une cargaison de munitions livrées par l'armée ukrainienne à la Brigade normande à la fin du mois d'avril.

© Brigade normandeUne cargaison de munitions livrées par l’armée ukrainienne à la Brigade normande à la fin du mois d’avril.

Prêts à tout

En pleine entrevue, le commandant se met à apostropher un de ses soldats. Il y a un drone? Éteins ta lumière et rentre, putain!», crie-t-il, alors qu’un engin Orlan-10 les survole.

Hrulf reprend ensuite la discussion comme si de rien n’était.

Il s’attend maintenant à une plus grande offensive des Russes dans la région du Donbass. On a un plan et on patiente. On a des instructions à suivre. On ne peut pas faire ce qu’on veut.»

À savoir si les Ukrainiens ont des chances de sortir victorieux de cette bataille, le Québécois est confiant. Même si c’est une confiance aveugle ou naïve, tout le monde est extrêmement motivé. L’inquiétude se fait sentir quand on se fait bombarder. Les blessures sont horribles. Mais les Ukrainiens sont prêts à tout pour défendre leur terre. Si j’étais un Russe, j’y penserais deux fois avant de venir.»

Pour ce qui est de la Brigade normande, elle est là pour longtemps, même si le conflit s’enlise, selon Hrulf. Pour ma part, tant qu’on va être utiles, je vais rester. Mais à un moment donné, après deux ou trois ans de guerre, je vais passer le flambeau.»

Peu à peu les médias mainstream, au service des riches de l’Alliance Atlantique, inculquent l’idée que la guerre russo-américaine dans l’État fantoche ukrainien est une guerre juste pour le bien des peuples de la région. Les médias menteurs attisent ainsi la guerre fratricide comme le présente cet article militariste. Les brigades internationales fascistes ne sont pas un exemple à suivre, ni du côté russe ni du côté de l’OTAN, et doivent être dénoncées comme une incitation à la guerre mondiale dont le prolétariat servira de chair à canon pour le bénéfice des riches. Faisons la guerre à la guerreRobert Bibeau 

❌