Revue de presse

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Hier — 8 décembre 2022Vos flux RSS

Russie-Occident : Un conflit de civilisation ?

par Bruno Guigue. Entre un monde occidental « progressiste » et un monde slave « conservateur », il y aurait une sorte de confrontation morale et sociale, voire un antagonisme aux allures de « choc des civilisations ».

Les Russes aujourd’hui sont les juifs d’hier

par Boris Karpov. L’intervention militaire russe contre l’OTAN en Ukraine a permis de donner libre cours à une véritable « chasse » aux Russes, à la culture russe et même à la religion des Russes.

Illusions nécessaires : Même le récit de l’UE en tant qu’acteur géostratégique a maintenant éclaté

par Alastair Crooke. L'Europe est destinée à devenir un marigot économique. Elle a « perdu » la Russie - et bientôt la Chine. Et elle constate qu'elle a également perdu sa place dans le monde.

Caroline Galacteros : « L’Occident a volontairement franchi les lignes rouges posées par Poutine »

« Le Pentagone voit les choses sous un angle plus concret. La question c’est : affaiblir la Russie sans la pousser trop loin et qu’on ne puisse plus contrôler l’escalade, c’est tout le problème de ce conflit. »

La guerre en Ukraine révèle la fragilité des armes américaines et de l’OTAN

par Larry Johnson. Ni les États-Unis ni l'OTAN ne disposent d'une quantité suffisante de nouveaux obusiers à envoyer à Kiev. Ne voyez pas l'Amérique comme un généreux Oncle Sam. L'armoire est vide.

Ukraine : L’Occident réalise que son industrie militaire est défaillante contrairement à la Russie

par Hannibal Genséric. La machine de guerre ukrainienne tourne à vide parce que « l’Occident » ne peut plus fournir d’armes et de munitions en quantités significatives.
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La nationalisation du pétrole en deux temps

Par : Zineb

Par Tom Luongo – Le 4 novembre 2022 – Source Gold Goat’s N Guns

Vous m’avez tous entendu déblatérer sur le « deux temps straussien«  , qui n’est rien d’autre qu’une reprise de la dialectique hégélienne.

Voici la définition officielle :

Une méthode d’interprétation, utilisée à l’origine pour relier des entités ou des événements spécifiques à l’idée absolue, dans laquelle une proposition affirmable (la thèse) est nécessairement opposée à une proposition tout aussi affirmable et apparemment contradictoire (antithèse), la contradiction mutuelle étant réconciliée à un niveau supérieur de vérité par une troisième proposition (synthèse).

En politique moderne, elle est utilisée pour créer une fausse réalité en affirmant quelque chose qui est partiellement vrai (au mieux) ou une vérité que vous avez vous-même créée en tant que personne au pouvoir.

Dans le cas présent, il s’agit d’une crise énergétique fabriquée de toutes pièces en Occident.

Afin de voir le deux temps straussien, vous devez travailler à rebours. Ce processus n’est pas une déduction a priori ou une forme exhaustive de journalisme d’investigation.

Il s’agit plutôt d’une conclusion inductive basée sur la prise de conscience des motivations des personnes au pouvoir et sur la manière dont elles conduisent une masse de personnes à une conclusion préétablie. En d’autres termes, il s’agit d’un post schizophrène.

Thèse

Disons que votre objectif est de légitimer la prise de contrôle d’une industrie par l’État, ou de faire un pas de plus vers la prise de contrôle par l’État. Utilisons le pétrole et le gaz pour la leçon d’aujourd’hui.

La première chose que vous faites est de fabriquer une crise qui va perturber l’approvisionnement du produit que vous voulez contrôler. Dans ce cas, cela a commencé avec le COVID-19, qui a perturbé bien plus que le secteur de l’énergie.

Plus de 2 millions de barils par jour de capacité de raffinage ont été perdus dans le monde entier grâce au COVID-19. Compte tenu de l’hostilité actuelle à l’égard des nouvelles raffineries (nous y reviendrons), ces barils ne reviendront pas.

N’oubliez pas que pour un « deux temps straussien » de cette ampleur, vous devrez laver le cerveau et/ou enfumer deux générations entières pour qu’elles se détestent elles-mêmes parce qu’elles sont riches, gaspilleuses, gâtées, vivantes ou pire, tout simplement blanches.

Ainsi, elles sont déjà prêtes à haïr toutes les choses en jeu ici – le capitalisme, le pétrole, les banques, les vieux hommes blancs (riches ou pauvres) – et à faire enrager vos idiots utiles en poussant leur emprise déjà ténue sur la réalité jusqu’au point de rupture.

« Je ne peux même pas…. »1 n’est pas la phrase la plus souvent prononcée sur Tik-Tok pour rien.

C’est la partie Thèse.

Donc, quand la crise frappe grâce à la pénurie de gaz naturel, vous interdisez l’achat de gaz d’un pays particulier…

– Allô, Vlad ? On est dans un sacré pétrin, ça te dérangerait d’envahir l’Ukraine… ? Nyet… ? Eh bien, nous verrons cela….

– PAGES MANQUANTES DU SCRIPT DE TRAVAIL DU RETOUR DU DR. FOLLEAMOUR.

… vous diabolisez non seulement Vlad, mais aussi l’industrie elle-même, qui pratique des prix exorbitants et s’attaque au petit peuple en temps de guerre.

Il y a un mot pour ça… la chutzpah.

Antithèse

Comme on pouvait s’y attendre, vous permettez ensuite à vos faux opposants politiques…

[Cocaïne Mitch entre depuis la droite de la scène]

… de produire l’argument opposé. Dans ce cas, l’argument opposé est évidemment que nous avons besoin de marchés libres pour produire du pétrole et du gaz. Les raffineurs ne font que répondre au marché.

Cette fausse opposition, bien sûr, accuse également Vlad d’être responsable de cette crise afin que le champion du marché ait l’air non seulement patriote mais aussi convenablement acheté et payé par Big Oil, les vieux mâles blancs, etc.

Les deux côtés de cet argument ont maintenant été orientés à 90 degrés de la véritable source du problème, à savoir l’intrusion du gouvernement dans le flux de pétrole et de gaz jusqu’à vos maisons.

Il s’agit d’une crise qui, si elle était résolue par l’ingéniosité humaine et, oui, par l’application studieuse de la cupidité, serait terminée en quelques semaines, car les raffineries fermées pendant le COVID seraient remises en service, les chaînes d’approvisionnement réorganisées, etc.

Alors que la phase de crise aurait pu rapidement être clôturée, le cycle d’investissement à long terme déclenché dans le raffinage prendra plus de temps pour immuniser structurellement l’industrie contre les futurs chocs d’approvisionnement.

Et si vous êtes assez stupide pour croire que le gouvernement a planifié ces investissements dans le but de rendre un noble service à l’humanité, je ne peux même pas…[ ]

Les prix ne reviendront peut-être pas à la normale avant des années, mais le marché, sans l’intervention d’abrutis rapaces tant au gouvernement que derrière le rideau, finira par éliminer presque entièrement l’arbitrage dans l’industrie des carburants.

Devinez qui gagne, les amis ? C’est vous. Mais, encore une fois, vous vous détestez d’être, eh bien, vous-même.

Une fois que la crise est là et que les bases rhétoriques sont posées après des mois de répétition de ces mensonges sur la cause de la crise – C’EST LA FAUTE DE PUTLER – il est facile de déplacer la conversation là où vous voulez vraiment qu’elle aille.

Rappelez-vous l’objectif. Détruire les marchés libres, nationaliser le pétrole et le gaz.

Cela signifie qu’il faut également préparer le prochain mouvement pour se débarrasser d’un autre aspect du marché libre tout en se concentrant sur la crise actuelle. Dans ce cas théorique, il s’agit de la propagation massive des cracks de diesel dans les raffineries, alimentant la machine à mouvement perpétuel de l’envie inhérente au marxisme.

De plus, cette situation a explosé à la veille d’une élection cruciale pour faire parler les acteurs de la crise que nous appelons familièrement, « les membres du Congrès » .

Synthèse

Leur solution ? Imposer des taxes sur les bénéfices exceptionnels aux raffineurs qui profitent de l’homme du peuple vulnérable et dans le besoin. Ce sont de méchants « profiteurs » qui acceptent les offres du marché issues du fruit de leur travail, précisément parce qu’ils ont provoqué artificiellement un choc dans le système.

Dans le cas du carburant diesel aux États-Unis, il s’agit clairement d’une crise fabriquée. Le COVID a mis hors service un grand nombre de raffineries dans le Nord-Est (PADD-1). Et étant donné l’hostilité de l’administration Biden et des écologistes à l’égard de l’industrie pétrolière dans son ensemble, comme j’y ai fait allusion plus haut, ces raffineries ne sont pas prêtes de revenir en service.

Ne me croyez pas sur parole, écoutez plutôt ceux qui possèdent les raffineries.

Construire une raffinerie est un investissement de plusieurs milliards de dollars. Cela peut prendre une décennie. Aucune raffinerie n’a été construite aux États-Unis depuis les années 1970. Mon opinion personnelle est qu’il n’y aura plus jamais de raffinerie construite aux États-Unis.

 

Selon Wirth, les compagnies pétrolières et gazières devraient évaluer les avantages d’engager pour dix ans des capitaux qui auront besoin de décennies pour offrir un retour aux actionnaires « dans un environnement politique où les gouvernements du monde entier disent ‘nous ne voulons pas que ces produits soient utilisés à l’avenir’  » .

Pourquoi le feraient-ils ? S’il s’agissait de votre argent, entameriez-vous le processus insensé de construction d’une raffinerie de pétrole aux États-Unis aujourd’hui, même avec des crack spread de plus de 70 dollars par baril ? Bien sûr que non. Au moment où vous déposerez le premier formulaire de demande d’évaluation de l’impact sur l’environnement, les spreads pourraient revenir à 20 dollars, car il est politiquement avantageux pour les adeptes du « deux-temps straussien » de relâcher la pression pendant quelques mois.

Le gouvernement maintient volontairement le marché dans une situation d’inadéquation entre l’offre et la demande. C’est la seule conclusion que vous pouvez tirer. Parce que si « Biden » voulait résoudre ce problème, il ne viderait pas la Réserve stratégique de pétrole, il supprimerait les réglementations sur le raffinage du pétrole ou offrirait une partie de cet « argent des infrastructures » pour aider l’industrie à se reconstruire après le COVID.

Quel que soit votre engagement à sauver la planète du changement climatique, la civilisation est directement liée à la production d’énergie.

S’il voulait faire baisser le prix de l’essence, il n’essaierait pas d’étendre les subventions aux pauvres et d’obtenir leurs votes, il irait à la table des négociations avec Putler et trouverait une solution peu appétissante pour les intérêts de chacun en Ukraine.

L’offre la plus élevée remporte le prix

La demande de carburant diesel est essentiellement inélastique, car il est tout simplement nécessaire à notre vie quotidienne. Toute rupture de l’approvisionnement provoquera une flambée massive des prix, car les gens se jetteront sur les prix des réserves disponibles pour obtenir ce qu’ils peuvent.

C’est la seule chose que ces abrutis gauchistes n’arrivent pas à comprendre. Les producteurs ne retiennent pas l’offre et ne « font pas monter les prix » dans une économie de marché ouverte. C’est de la propagande. La réalité est que les consommateurs font monter les prix pour tout ce qui est demandé ou retiennent ces offres lorsque le coût/bénéfice n’est pas en leur faveur.

Il n’y a aucun besoin de contrôler cela. Les choses qui subissent un choc d’offre iront à ceux qui ont les moyens de les acheter et les producteurs reçoivent le signal qu’il y a de l’argent à faire en augmentant l’offre. C’est ce donnant-donnant qui atténue toujours les pénuries, à moins qu’il ne soit pas autorisé de le faire en raison des « règles » .

Comme le regretté Gary North nous l’a répété à maintes reprises, « tout est à vendre, l’offre la plus élevée gagne » . Si vous voulez quelqu’un à blâmer pour la hausse des crack spread du diesel, il vous suffit de vous regarder dans un miroir. Parce que nous pourrions avoir une capacité de raffinage de réserve à l’heure actuelle si le coût de la remise en service des usines inactives n’était pas prohibitif, même à ces prix.

Rappelez-vous, tout est à vendre et le plus offrant gagne. Tout le monde fait l’analyse coûts/bénéfices.

C’est la dynamique en jeu lorsque j’utilise le terme d‘inflation par les coûts. Une pénurie de l’offre fait grimper les prix des biens de base par nécessité et le fait de verser de l’argent dans le système par le biais de subventions gouvernementales ne fait qu’accélérer cet effet.

Les dollars gratuits ou à bas prix vont vers les biens dont les gens ont le plus besoin et c’est la principale source de notre inflation actuelle.

Ainsi, lorsque vous voyez les gros titres chargés de déclarations alarmistes, comme le fait que les États-Unis n’ont plus que 20 jours de carburant diesel, cela renforce les offres d’approvisionnement limité. Les marchés à terme sont dépouillés de leur pouvoir de coordonner l’offre dans le temps et les producteurs se retrouvent diabolisés par la propagande et l’agitation de basse qualité de gens comme AOC et Lizzie Slapaho.

Nationalisation : La prochaine étape

Des taxes sur les bénéfices exceptionnels sont déjà en place en Allemagne, 90 % de tous les bénéfices étant imposés au profit de l’État. La production d’énergie, lorsque ce projet de loi sera adopté, sera nationalisée en Allemagne. La fin de la tarification rationnelle de l’énergie sera révolue.

L’Allemagne deviendra un autre enfer de subventions énergétiques comme on en voit partout dans le monde.

Les entreprises allemandes du secteur de l’énergie ont maintenant le choix entre le sort d’Uniper, la nationalisation par le biais d’un plan de sauvetage, ou rester « privées » mais selon un modèle commercial de coûts majorés imposé par le gouvernement, modèle dont les profits ne dépasseront jamais la courbe d’amortissement.

Aujourd’hui, ici aux États-Unis, les Démocrates font pression pour la nationalisation pure et simple de toute la production de pétrole et de gaz. C’était l’objectif depuis le début, la thèse. La fausse antithèse est la foule « Drill baby, Drill » au Capitole, qui pleure des larmes de crocodile sur la perte du pipeline Keystone XL depuis plus d’une décennie.

Cette fois-ci, la synthèse consistera à faire passer l’impôt sur les milliardaires qu’ils recherchent depuis longtemps, sous la forme d’un impôt sur les bénéfices exceptionnels, en commençant par le maléfique Big Oil. Même s’ils ne l’obtiennent pas, ce n’est pas comme s’ils n’avaient pas d’autres choses sur leur liste de choses à faire pour y parvenir.

Ils recommencent ici parce qu’ils savent que personne n’envisagera sérieusement une nationalisation pure et simple (la prochaine synthèse) à moins qu’il y ait une guerre contre la Russie…

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

  1. « I can’t even… » Morceau de phrase utilisé en tant que tel sur les réseaux sociaux pour signifier la stupeur et l’impossibilité de verbaliser ces émotions.

Non, ce n’est pas Poutine qui a commencé la guerre en Ukraine

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Arrêtez la guerre de l’Empire contre le monde : De Tom Lehrer à Robert Frost

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La presse française se précipite pour détourner l’attention du profane sur n’importe quoi, juste pour ne pas admettre que la visite aux États-Unis, malgré tous les signes d’amitié, s’est avérée être le fiasco le plus total.

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Le mythe du 8 mai 1945

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Sur la déconstruction des constructions

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Olga Zinoviev : « L’Occident tout entier est en guerre contre la Russie »

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La vérité sur l’ivermectine

L’ivermectine a été saluée comme un « médicament miracle » et comme un élément essentiel de « l’une des campagnes de santé publique les plus triomphantes jamais menées dans le monde en développement ».

Sylvain Ferreira & Régis de Castelnau : Guerre en Ukraine (vidéo n°18)

par Régis de Castelnau. Cet événement a déclenché un processus historique majeur qui voit se dérouler une guerre hybride globale entre l’Occident et le reste du monde.

Pour son 75ème anniversaire la CIA tente de recruter des Russes  

par Faouzi Oki. David Marlowe a fait part de l'intention de l'agence de proposer une collaboration à tout citoyen russe opposé à l'intervention de son pays en Ukraine.

Si les États rouges veulent se protéger de l’effondrement, ils devront construire des économies alternatives

Par : hervek

Par Brandon Smith − Le 25 octobre 2022 − Source Alt-Market

La centralisation économique est la forme ultime du pouvoir conspirationniste organisé, car elle permet à un petit groupe de personnes de dicter les termes du commerce pour une société et donc de dicter les termes de la survie individuelle de chaque personne.

Par exemple, la Réserve fédérale, en tant qu’entité bancaire, a toute latitude pour exercer des contrôles politiques susceptibles de perturber le tissu même de l’économie américaine et le pouvoir d’achat de notre monnaie. Elle peut (et elle le fait) créer arbitrairement des milliers de milliards de dollars à partir de rien, provoquant ainsi une inflation, ou augmenter arbitrairement les taux d’intérêt et faire s’effondrer les marchés boursiers. Et selon l’ancien président de la Fed, Alan Greenspan, elle ne rend de comptes à personne, y compris au gouvernement américain.

J’ai commencé à voir se répandre un nouveau discours dans les médias grand public et alternatifs, selon lequel la Fed est nécessaire parce qu’elle s’efforce de « contrer » le programme de Joe Biden et des Démocrates. Certains prétendent que la banque centrale « protège » l’Amérique des plans de l’ONU et des intérêts européens.

C’est peut-être la théorie la plus stupide que j’aie jamais entendue, mais il est logique que la banque centrale et ses marionnettes essaient de faire croire que la Fed est une sorte de « héros » qui mène secrètement une guerre en notre nom. Au cours des 14 dernières années, les élites financières associées à la Fed ont gonflé ce qui est peut-être la plus grande bulle financière de l’histoire du monde. Elles l’ont fait avec des sauvetages, elles l’ont fait avec l’assouplissement quantitatif, elles l’ont fait avec des chèques et des prêts pour la pandémie de Covid-19, et maintenant la bulle éclate. Ils savent qu’elle éclate, parce qu’ils VEULENT qu’elle éclate.

Comme je le dis depuis des années, la Fed a mis en scène une démolition massive et contrôlée de l’économie américaine. Pourquoi ? Parce que l’économie américaine doit être réduite afin de faire place au « Grand Reset », un terme créé par le Forum économique mondial pour décrire un changement de paradigme sans précédent dans l’économie mondiale et son fonctionnement, ainsi qu’un bouleversement complet de la société. La finalité du jeu est ouvertement admise – un système de monnaie numérique unique et une gouvernance mondiale unique contrôlée travaillant par une ligue d’entreprises partenaires de concert avec les politiciens.

Ce n’est pas une théorie de la conspiration, c’est une réalité de la conspiration. C’est un fait indéniable.

La Fed ne se soucie pas de l’économie américaine, sa loyauté va à un agenda mondial et elle reçoit ses ordres d’un consortium d’institutions bancaires appelé la Banque des règlements internationaux (BRI). C’est ainsi que les politiques des banques centrales mondiales sont coordonnées pour fonctionner soit en harmonie afin de créer une stabilité artificielle, soit en conflit, créant ainsi des crises artificielles.

La vérité est que les fondements de la gouvernance mondiale existent déjà, mais ce que l’establishment n’a pas, c’est l’acceptation publique et la soumission totale à son autorité. Ce que les banques veulent, c’est créer une crise si profonde que les masses courront vers elles, les suppliant de les aider. Lorsqu’une population supplie ses geôliers de la soulager ou de la résoudre et qu’elle le fait, il est beaucoup moins probable qu’elle se révolte contre ces geôliers à l’avenir.

Psychologiquement, les banques centrales et les élites de l’establishment tentent de créer un Syndrome de Stockholm planétaire, et nous le voyons déjà avec la Réserve Fédérale dépeinte comme le « bouclier » retenant la marée de ruine économique qu’ils ont en fait créée.

Les étapes initiales de la Grande Réinitialisation ont déjà été lancées. La bulle économique ayant atteint des niveaux incroyables, la Fed met en scène une implosion agressive en utilisant des hausses de taux d’intérêt pour affaiblir l’économie. De multiples menaces accompagnent cette dynamique :

Stagflation

En cas de stagflation, les interventions normales sur le marché du crédit ne fonctionnent pas nécessairement tout de suite. Comme nous l’avons vu récemment avec l’impression officielle de l’IPC en hausse malgré les hausses de taux de la Fed, les prix ne vont pas baisser aussi facilement. Lors de la dernière stagflation, il y a 40 ans, la Fed a augmenté les taux jusqu’à environ 20 % avant que les prix n’arrêtent leur ascension épique. À l’époque, les États-Unis n’avaient pas 31 000 milliards de dollars de dette et ne venaient pas d’imprimer plus de 8 000 milliards de dollars en l’espace de deux ans. Les taux sont susceptibles d’être beaucoup plus élevés que ce que beaucoup de gens attendent.

La crise des obligations du Trésor

La Fed a remplacé les investisseurs étrangers comme le Japon et la Chine comme principaux acheteurs d’obligations du Trésor américain, et ce depuis des années. Maintenant, avec la Fed qui réduit ses achats, réduit son bilan et augmente les taux, qui va acheter toute cette dette américaine et maintenir le financement du gouvernement ? Eh bien, la réponse est personne. Pour l’instant, les achats étrangers suffisent à donner un semblant de stabilité, mais avec la montée des tensions géopolitiques, ce n’est qu’une question de temps avant que des pays comme la Chine ne se débarrassent complètement de leurs avoirs en T-bonds et en dollars. Le statut de réserve mondiale du dollar sera alors remis en question et l’inflation deviendra une menace encore plus grande, car les milliers de milliards de dollars de billets verts détenus à l’étranger afflueront à nouveau aux États-Unis.

Spirale boursière

Sans la Réserve fédérale pour alimenter les rachats d’actions des entreprises avec de l’argent bon marché, les actions continueront à baisser. Elles bondiront de temps à autre à la suite de rumeurs selon lesquelles la Fed s’éloignera du resserrement monétaire, et lorsque la Fed ne le fera pas, les actions recommenceront à chuter. En l’absence de mesures de relance et de taux proches de zéro, il n’y a aucun espoir pour les actions, si ce n’est le resserrement occasionnel.

La Fed a la capacité de ralentir ou d’accélérer toutes les conditions ci-dessus, et jusqu’à présent, elle semble accélérer les choses. Nous ne pouvons évidemment pas compter sur l’administration Biden pour faire quoi que ce soit face à ces problèmes ; selon toute vraisemblance, Biden et ses conseillers se réjouissent de la perspective de l’inévitable calamité. Personne au gouvernement n’essaie de faire quoi que ce soit de légitime pour arrêter le glissement de terrain et personne n’essaie de préparer les Américains aux conséquences.

En fait, on dit aux Américains qu’il n’y a pas de conséquences. Ainsi, c’est aux individus de se préparer et d’avertir leurs amis et leur famille, mais qu’en est-il d’une réponse organisée plus large ?

Malgré les nombreuses affirmations selon lesquelles les conservateurs ne feraient « rien » pour arrêter la montée du fascisme médical au nom de la pandémie de Covid, près de la moitié des États américains se sont opposés aux obligations et à la demande de passeports vaccinaux. Si cela ne s’était pas produit, l’Amérique ressemblerait à la Chine d’aujourd’hui avec des confinements sans fin et des applications de suivi draconiennes. Je pense qu’il n’y a pas assez de gens qui comprennent à quel point nous avons failli perdre toutes les libertés qui nous restent – Nous étions à la porte d’un enfer orwellien, et probablement d’une guerre civile.

Le défi des États rouges aux restrictions Covid représentait une action organisée au niveau de l’État et entre les États. Et si ces états faisaient la même chose face à la crise économique ?

Sans organisation au niveau de l’État pour créer des alternatives à l’économie dominante, la situation critique du public devient beaucoup plus intimidante et dangereuse. Plutôt que d’essayer de repartir de zéro, il existe des solutions qui peuvent être mises en œuvre au niveau des États pour aider à atténuer le désastre.

Alternatives monétaires

Des États comme le Texas, l’Utah et la Louisiane (actuellement sous contrôle Démocrate) ont tous mis en place une législation visant à utiliser l’or et l’argent comme monnaie légale. De tels efforts doivent être étendus à autant d’États que possible, et la liste des alternatives doit s’allonger. L’or, l’argent, le cuivre et d’autres matières premières comme le pétrole, l’électricité, le blé et les céréales pourraient être utilisés pour soutenir un système monétaire reconnu par les États. Est-ce constitutionnel ? Pas techniquement, mais le gouvernement fédéral a violé le mandat constitutionnel de création monétaire il y a plus d’un siècle lorsqu’il a autorisé l’institution de la Réserve fédérale. Le système est déjà cassé.

Si les États proposaient des monnaies adossées à des produits de base parallèlement au dollar, ils pourraient réellement éviter l’inflation des prix et peut-être même l’inverser. Cela ne peut pas être réalisé par seulement un ou deux états, cependant. Il faudrait qu’il soit organisé entre plusieurs États avec de multiples accords commerciaux en place.

Banques d’État

Le Dakota du Nord possède sa propre banque d’État qui offre des possibilités de crédit spécifiquement aux habitants et aux entreprises du Dakota du Nord. Elle fonctionne avec succès depuis des décennies. Pourquoi aucun autre État n’a-t-il adopté ce modèle ? Pourquoi devrions-nous compter sur des banques qui sont toutes liées à des conglomérats d’entreprises qui veulent nous détruire ? Les banques d’État sont la réponse au problème des gauchistes et des globalistes qui utilisent les banques d’entreprise comme une arme contre les conservateurs et les défenseurs des libertés.

Alternatives commerciales localisées

Les États devraient utiliser les ressources à l’intérieur de leurs propres frontières pour créer de vrais emplois (plutôt que des emplois précaires et temporaires dans le secteur des services) et de la prospérité économique. Pourquoi les États et les citoyens de ces États permettent-ils au gouvernement fédéral dirigé par Biden de dicter les termes de la croissance de leur économie ?

Les gauchistes prétendront que la gestion des ressources doit être supervisée par des agences fédérales, mais pourquoi ? Ces personnes ont constamment prouvé qu’elles étaient incompétentes et destructrices. Pourquoi devrait-on leur faire confiance pour contrôler notre capacité à nous développer dans nos propres États ?

La conservation et la gestion intelligente des ressources de l’État ne devraient pas être reléguées à des bureaucrates qui vivent en dehors de ces États et qui ne se soucient pas des citoyens de ces États.

Incitations publiques pour l’industrie

La grande majorité des produits de détail achetés par les citoyens américains sont fabriqués en dehors des États-Unis. Il s’agit d’une simple question d’incitations à la rentabilité impliquant une main-d’œuvre bon marché à l’étranger. Mais, que se passerait-il s’il y avait d’importantes réductions d’impôts pour les entreprises qui fabriquent en Amérique ? Et si les banques d’État offraient des crédits plus faciles aux entreprises qui construisent des usines à l’intérieur des frontières de cet État et qui embauchent des travailleurs américains à un salaire raisonnable ? Cela peut être fait aux États-Unis – Cela a été fait dans le passé. Si nous ne relançons pas la production nationale, notre pays est condamné à rester dépendant de sociétés internationales et d’entités étrangères qui n’ont pas nos meilleurs intérêts à l’esprit.

Le seul espoir qu’ont les États de surmonter la tempête à venir est de localiser la production et de gérer leurs ressources pour relancer le commerce. La production locale agirait comme une redondance si l’économie générale s’effondrait (ce qui arrivera). Les États n’ont pas besoin de la permission de Biden pour y parvenir. Ils n’ont pas non plus besoin de la permission de la Réserve fédérale. Ils peuvent et doivent agir maintenant avant qu’il ne soit trop tard.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Pascal Praud : Macron aux États-Unis

« Il est le prince du vent, l’homme qui séduit, l’homme qui parle, l’homme qui prend la lumière, mais que restera-t-il de tout ça ? Le prince du vent règne sur le royaume du vide. »

Lavrov a félicité l’Inde qui a refusé de rejoindre les alliances des États-Unis contre la Russie et la Chine

par Andrew Korybko. « Ils voulaient attirer l’Inde dans leurs alliances anti-Chine et anti-Russie, mais l’Inde a refusé de rejoindre toute alliance formée en tant que bloc militaro-politique. »

Les liens entre le COVID et le monde des crytpomonnaies : la sinistre saga de FTX et de Sam Bankman-Fried

Par : jmarti

Par Jeffrey A. Tucker − Le 19 novembre 2022 − Source brownstone.org

Une suite de textes et de tweets produits par Sam Bankman-Fried, le PDG de FTX — jadis plateforme d’échange de cryptomonnaie de haute volée, désormais en faillite — tombée en disgrâce, affirme ceci au sujet de son image de bien-pensant : il s’agit d’un « jeu débile, dans le cadre duquel nous autres, Occidentaux woke, lançons les slogans qu’il faut, et ainsi tout le monde nous aime. »

Très intéressant. Il avait étalé le grand jeu : un végan qui s’inquiète du changement climatique, soutient chaque action en justice (raciale, sociale, environnementale) hormis celle dont il est la cible, et déverse des millions à des organisations caritatives méritantes associées à la Gauche. Il avait également acheté nombre de droits d’accès et de protection à Washington D.C., suffisamment pour faire de sa société véreuse la coqueluche de la ville.

Dans ce mélange, on trouve cette chose dénommée planification de la pandémie. Chacun devrait à ce stade avoir compris de quoi il s’agit : vous ne pouvez pas gérer votre vie parce que de mauvais virus rodent au-dehors. Aussi bizarre que celui puisse apparaître, et pour des raisons qui restent encore à éclaircir, soutenir les confinements, les masques et les passes sanitaires est une chose qui a pris sa place dans le mélange idéologique woke.

Cela est d’autant plus étrange qu’il a été établi de manière répétée que les restrictions en lien avec le Covid ont provoqué des dégâts dans tous les groupes que l’idéologie woke affirme défendre avec tant d’application. Cela va jusqu’aux droits des animaux : qui a oublié le massacre des visons au Danemark en 2020 ?

Mais cela a fonctionné. Porter un masque est devenu le symbole d’être quelqu’un de bien, tout comme se faire vacciner, devenir végan, et piquer des crises pour un oui ou pour un non sur le sujet du changement climatique. Rien de tout cela n’a quoi que ce soit à voir avec la science ou la réalité. Il s’agit d’un symbolisme tribal au nom d’une solidarité politique de groupe. Et FTX a parfaitement joué le jeu, en distribuant des centaines de millions de dollars pour démontrer la loyauté de la société envers les bonnes causes.

Parmi ces donations, on trouve le racket de la planification de la pandémie. Vous avez bien lu : des liens importants existent entre FTX et le Covid, cultivés durant deux années. Examinons cela.

En début d’année 2022, le New York Times a annoncé avec fracas une étude établissent que l’utilisation d’Ivermectine n’était d’aucun secours. Ce résultat était présenté comme définitif. L’étude avait été financée par FTX. Pourquoi ? Pourquoi une plateforme d’échange de cryptomonnaies s’intéressait-elle tellement à détruire le mythe de la réutilisation de certains médicaments pour amener les gouvernements et les gens à utiliser des produits pharmaceutiques fraîchement brevetés, comme le Remdesivir, qui ne fonctionnait pas du tout ? Des esprits chagrins aimeraient bien le savoir.

Quoi qu’il en soit, cette étude, et surtout ses conclusions, se sont avérées trompeuses. David Henderson et Charles Hooper signalent en outre un fait intéressant : « Certains chercheurs impliqués dans les essais TOGETHER avaient été payés pour d’autres services par Pfizer, Merck, Regeneron et AstraZeneca, toutes les entreprises impliquées dans le développement de médicaments et vaccins contre le COVID qui entrent frontalement en compétition avec l’ivermectine. »

Pour une raison ou une autre, SBF a su qu’il fallait qu’il s’oppose aux réutilisations de médicaments, alors qu’il ne connaissait strictement rien à ce sujet. Il fut heureux de financer une étude branlante pour étayer cette thèse, et le New York Times a joué le rôle qui lui était assigné en la faisant paraître.

Ce n’était que le début. Une enquête, faite sans trop se fouler, menée par le Washington Post a mis au jour le fait que Sam et son frère Gabe, qui gérait une organisation à but non-lucratif sur le Covid montée en toute hâte, « ont dépensé au moins 70 millions de dollars depuis le mois d’octobre 2021 dans des projets de recherche, des donations de campagnes et d’autres projets visant à améliorer la bio-sécurité et à empêcher la prochaine pandémie. »

Je ne peux pas faire mieux que citer le Wahington Post :

Les ondes de choc qui font suite à la chute libre de FTX ont provoqué des remous dans le monde de la santé publique, au sein duquel nombre de dirigeants de structure s’occupant de la préparation aux pandémies avaient reçu des fonds de la part des fondateurs de FTX, ou essayaient d’en obtenir.

En d’autres termes, le « monde de la santé publique » voulait pouvoir continuer sur la voie du : « Donnez-moi de l’argent pour que je puisse continuer de soutenir l’idée de confiner plus de gens ! » Malheureusement, l’effondrement de la plateforme d’échange, qui ne semble détenir qu’à peine 0,001% des actifs qu’elle revendiquait, ne le permet plus.

Parmi les organisations les plus affectées, on trouve Guarding Against Pandemics, le groupe de pression dirigé par Gabe, qui avait dépensé des millions en publicités pour soutenir l’idée de l’administration Biden visant à conserver 30 milliards de dollars de financement « contre la prochaine pandémie ». Comme l’indique Influence Watch, « Guarding Against Pandemics est un groupe de pression orienté à gauche créé en 2020 pour soutenir les projets de loi qui accroissent les investissements gouvernementaux pour les plans de prévention des pandémies. »

Mais les choses sont encore pires que cela :

Les projets soutenus par FTX se sont étalés entre 12 millions de dollars pour propulser un projet de vote en Californie visant à renforcer les programmes de santé publique et détecter les menaces de virus émergents (avec un soutien des plus mornes, cette mesure a été reportée à 2024), jusqu’à un investissement de plus de 11 millions de dollars pour la campagne ratée des primaires au Congrès menée par un expert en biosécurité de l’Oregon, et même une dotation de 150 000 dollars pour aider Moncef Slaoui, conseiller scientifique auprès de l’administration Trump, à rédiger son mémoire sur son projet « Operation Warp Speed« , un accélérateur de vaccins.

Les dirigeants du FTX Future Fund, une fondation qui a engagé plus de 25 millions de dollars pour empêcher les bio-risques, ont démissionné jeudi dernier en publiant une lettre ouverte, reconnaissant que certaines donations de la part de l’organisation sont en attente.

Pire encore :

Les engagements du FTX Future Fund comprennent 10 millions de dollars à destination de HelixNano, une start-up en biotechnologie visant à développer un vaccin de nouvelle génération contre le coronavirus ; 250 000 dollars à destination de l’université d’Ottawa pour une recherche scientifique visant à éradiquer les virus des surfaces plastiques ; et 175 000 dollars pour soutenir les travaux récents d’un diplômé en droit du John Hopkins Center for Health Security. « Dans l’ensemble, le Future Fund était une force agissant pour le bien, » affirme Tom Inglesby, qui dirige le John Hopkins Center, en déplorant l’effondrement du fonds. « Les travaux qu’ils menaient essayaient véritablement d’amener les gens à réfléchir sur le long terme… de bâtir une préparation à la pandémie, de diminuer les risques de menaces biologiques. »

Et encore :

Guarding Against Pandemics a dépensé plus d’1 million de dollars en lobbying auprès de Capitol Hill et de la Maison Blanche l’année passée, a embauché au moins 26 lobbyistes pour soutenir un projet bipartisan sur les pandémies encore en instance au Congrès, et d’autres dossiers, et a affiché des publicités soutenant les projets de loi finançant une préparation contre les pandémies. Protect Our Future, un comité d’action politique soutenu par les frères Bankman-Fried, a dépensé environ 28 millions de dollars au cours de ce cycle du Congrès pour des candidats démocrates « qui seront les champions de la prévention des pandémies », selon la page internet du groupe.

Je pense que vous commencez à comprendre. Il s’agit d’un gigantesque racket. FTX, créée en 2019 après l’annonce de Biden de sa candidature à la présidence, par le fils du cofondateur d’un comité d’action politique majeur du parti démocrate appelé Mind the Gap, n’était rien d’autres qu’un schéma de Ponzi miraculeux. Il a saisi toutes les opportunités induites par les confinements pour disposer d’une couverture politique, médiatique et académique. Ses justifications économiques étaient tout aussi inexistantes que ses livres de compte. Le premier auditeur qui a regardé l’état de la société a écrit :

De toute ma carrière, je n’ai jamais vu un manque aussi patent de contrôles sur une société, et une absence aussi complète d’information financière fiable que sur ce dossier. Entre des systèmes à l’intégrité compromise et une supervision défaillante des activités menées à l’étranger, et la concentration du contrôle entre les mains d’un tout petit groupe de personnages sans expérience, simplistes et potentiellement corrompus, cette situation est sans précédent.

Ce fut le pire exemple d’une machine en mouvement perpétuel : un jeton pour soutenir une entreprise qui était elle-même soutenue par le jeton, qui lui-même n’était soutenu par rien d’autres que la vogue politique et l’idéologie woke enroulée autour de Larry David, Tom Brady, Katy Perry, Tony Blair et Bill Clinton pour se parer d’une aura de légitimité.

Tony Blair, Bill Clinton, et Sam Bankman-Fried aux Bahamas au mois d’avril 2022

Et on ne peut plus rattraper cela : FTX entretenait une relation étroite avec le Forum Économique mondial et était la plateforme d’échange de cryptomonnaies préférée du gouvernement ukrainien. Aux yeux du monde entier, la voici exposée comme opération de blanchiment d’argent du comité national démocrate et de l’ensemble du lobby pro-confinement.

Voici ce qui me rend furieux avec tous ces milliards de fausse monnaie et de corruption profonde des milieux politique et scientifique. Depuis des années déjà, mes amis opposés aux confinements ont été harcelés, dénoncés comme financés par de l’argent soi-disant sale, qui n’existe absolument pas. De nombreux scientifiques, journalistes, avocats, et autres personnes courageuses, ont abandonné de très belles carrières pour défendre un principe, dénoncer les dégâts provoqués par les confinements, et voici comment on les a traités : on les a salis et remplacés.

Brownstone a adopté dans cette diaspora autant de gens que les ressources le permettaient (de vraies ressources, auxquelles des personnes bienveillantes ont contribué). Mais nous ne parvenons pas à approcher du niveau nécessaire à la justice, et encore moins rivaliser avec le régime de financement à 8 chiffres qui est celui du camp d’en face.

La Déclaration de Great Barrington a été signée dans les bureaux de l’American Institute for Economic Research, qui avait apparemment reçu six années auparavant une dotation de 60 000 dollars, dépensée depuis longtemps, de la part de la Koch Foundation, et s’est par conséquent trouvé labellisé comme « groupe de travail libertarien financé par Koch », ce qui a soi-disant jeté le discrédit sur le GBD, en dépit du fait qu’aucun des auteurs n’a reçu le moindre centime.

Ce charabia et ces calomnies durent depuis des années — sur les exhortations des dirigeants du gouvernement ! — et Brownstone se retrouve à faire face aux mêmes âneries, avec toutes les élucubrations possibles sur notre pouvoir, nos financements, et nos influences grouillant dans les recoins les plus sombres des donjons des réseaux sociaux. En réalité, cette même Fondation Koch a financé (sans doute à l’insu de son fondateur) les travaux pro-confinement de Neil Ferguson, dont le modèle mathématique ridicule a terrifié le monde au point de priver de droits de l’homme des milliards de gens dans le monde entier.

Durant tout ce temps — alors chaque once possible de propagande vicieuse était déversée sur le monde — le lobby pro-confinement et pro-contrôle, intégrant de faux scientifiques et de fausses études, jouissait des milliards déversés par les opérateurs d’un schéma de Ponzi fondé sur les mensonges, la fraude, et de 15 milliards de dollars de fonds à effet de levier qui n’existaient pas réellement, pendant que ses principaux acteurs se morfondaient dans une villa à 40 millions de dollars, remplie de drogue, dans les Bahamas tout en présentant les vertus de l’« altruisme véritable » ainsi que leur machinerie de planification des pandémies, qui vient de tomber en morceaux.

Et le New York Times, plutôt que dénoncer cette conspiration criminelle, écrit des articles montés de toutes pièces sur le fondateur, et sur la manière selon laquelle il a laissé son entreprise en plein essor grandir trop rapidement, et doit désormais surtout prendre du repos, que Dieu le bénisse.

Nous autres restons en plan avec l’ardoise de cette escroquerie patente qui établit un lien inattendu entre les cryptomonnaies et le Covid. Mais à l’image de l’argent qui était basé sur du brassage d’air, les dégâts qui ont été infligés au monde ne sont que trop réels : une génération de gamins perdue, une espérance de vie en déclin, des millions de gens qui ne travaillent plus, une chute calamiteuse des niveaux de santé publique, des millions d’enfants réduits à la pauvreté suite aux ruptures des chaînes d’approvisionnement, 19 mois d’affilée de revenus en chute, des augmentations de la dette historiquement élevées, et une chute dramatique du niveau mental des populations dans le monde entier.

Donc, oui, nous pouvons tous être furieux et exiger pour le moins une pleine attribution des responsabilités. Il est probable que la vérité qui en sortira s’avérera bien pire que les éléments déjà colossaux que nous avons exposés au sein du présent article. Il est déjà très grave que les confinements aient ruiné la vie et la liberté. Découvrir que le vaste niveau de soutien qui leur a été apporté a été financé par des escroqueries et des charlataneries y apporte un niveau supplémentaire de corruption, que même les plus cyniques d’entre nous n’auraient jamais pu imaginer.

Jeffrey A. Tucker, fondateur et président de l’institue Brownstone, est économiste et écrivain. Il a écrit 10 ouvrages, dont « Liberté ou Confinement », et des milliers d’articles parus dans la presse universitaire et grand public. Il écrit un éditorial chaque jour pour The Epoch Times, et exprime généralement des idées sur l’économie, les technologies, la philosophie sociale et la culture.

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Une méthode inorthodoxe pour réduire l’endettement


Par Jean-Luc Baslé – Le 28 novembre 2022

How big is America's public debt? | World Economic Forum

Les États-Unis, l’Europe, et le Japon ainsi que d’autres pays sont confrontés à un double défi : un endettement élevé et une résurgence de l’inflation. Réduire l’un et l’autre ne peut se faire sans une modification profonde de la politique économique de ces nations.

Priorité a été donnée à la réduction de l’inflation tant aux États-Unis qu’en Europe. La manière commune de combattre l’inflation est de relever les taux d’intérêt ce qui a pour effet d’augmenter la charge d’intérêt, et de réduire le revenu disponible – donc la capacité à dépenser (la croissance de nos sociétés repose essentiellement sur la consommation). Ce relèvement sera désastreux pour les débiteurs quel que soit leur statut : gouvernements, entreprises ou ménages, et provoquera une récession. En revanche, si rien n’est fait, l’inflation peut devenir « galopante », c’est-à-dire atteindre des niveaux très élevés, rappelant les mauvaises heures de l’Allemagne des années 20. Les autorités font face à un dilemme : inflation ou récession. Une solution serait d’inverser les priorités en privilégiant la réduction de l’endettement, non pas en termes absolus mais relatifs, c’est-à-dire en pourcentage du produit intérieur brut. L’endettement réduit, l’inflation serait alors progressivement abaissée. Pour ce faire, nous proposons de maintenir un taux d’inflation de 5% par an pendant dix ans en prenant les États-Unis comme exemple.

Avant de commencer notre démonstration, sensibilisons le lecteur à l’ampleur du problème. L’endettement total des États-Unis qui est resté stable pendant trente ans, s’est accru à partir des années 1980 pour atteindre près de trois fois le montant du produit intérieur brut (PIB), c’est-à-dire près de trois fois la valeur créée chaque année par les Américains (graphique 1).

graphique 1

Le taux d’inflation qui était stable depuis les années 1990 aux environs de 2% par an, a brutalement augmenté au printemps 2021 pour atteindre 9% en juin avant de retomber à 7,7% en octobre (graphique 2).

graphique 2

Les États-Unis ne sont pas les seuls dans cette situation. Les nations européennes et le Japon sont aussi confrontés à un fort endettement et une inflation élevée (graphiques 3 & 4).

graphique 3

graphique 4

Le retour de l’inflation au printemps 2021 aux États-Unis fut une surprise pour beaucoup. Elle n’aurait pas dû l’être au regard de la politique des gouvernements Trump et Biden en 2020 et 2021. Nous en avons parlé dans une précédente note. Des États-Unis, l’inflation s’est propagée à l’Europe et au reste du monde en raison des liens économiques et financiers qui unissent les nations. L’inflation étant perçue comme le mal absolu, il est désormais convenu de la juguler coûte que coûte. Jérôme Powell, gouverneur de la Réserve fédérale, entend la ramener à 2% – objectif officiel de la banque depuis des décennies – dans les plus brefs délais. Relever les taux d’intérêt afin de freiner la demande pour réduire l’inflation provoque généralement une récession. Cette solution a un coût social élevé en raison du chômage qu’elle crée. Pour éviter cet écueil, nous proposons de maintenir un taux d’inflation en dessous du taux actuel (7,7%) mais au-dessus de l’objectif de la Réserve fédérale de 2%, soit 5% par an. En outre, nous suggérons d’annuler une partie de la dette publique.

L’annulation des dettes était communément pratiquée dans les temps anciens, comme nous l’apprend la Bible. Tous les cinquante ans, les dettes étaient annulées. Si cette méthode présente des avantages, elle a aussi des inconvénients. La dette d’une personne est la créance d’une autre. Annuler la dette avantage les débiteurs et pénalise les créanciers. Elle n’est donc pas applicable unilatéralement. En revanche, la dette qui figure au bilan de la banque centrale est le résultat d’un jeu d’écriture. Si, par exemple, le Trésor américain a besoin d’un milliard de dollars, il lui suffit de s’adresser à la Réserve fédérale qui inscrira cette somme au passif et à l’actif de son bilan. Puis elle débitera son compte Caisse à l’actif où elle a entreposé la somme destinée au Trésor pour créditer le compte de celui-ci. Le Trésor pourra alors en disposer librement. Étant un simple jeu d’écriture, personne ne souffre de son annulation. A combien s’élève la dette publique au bilan de la Réserve fédérale ? A 6.217 milliards au 31 mars 2022, soit 20% de son total (graphique 5).

graphique 5

C’est peu au regard de l’endettement total de la nation qui s’élève à 64.584 milliards si l’on y ajoute la dette des entreprises et des ménages, mais c’est un pas dans la bonne direction. Ce pas n’étant pas suffisant, il faut recourir à une autre méthode, l’inflation, pour réduire significativement la dette en termes relatifs, c’est-à-dire en pourcentage du produit intérieur brut.

Depuis les années 80, la politique des banques centrales est de maintenir son taux à 2%. Ce taux ne repose sur aucune étude objective, et il n’est pas démontré que l’inflation soit le mal absolu. Ainsi, dans les années 60, au cœur des Trente Glorieuses, la France avait une inflation supérieure à celle des États-Unis (3,9% contre 2,3%). Mais son taux de croissance était aussi plus élevé : 5,7% contre 4,7%. L’inflation n’est donc pas nécessairement mauvaise. Tout dépend de son taux. Il doit rester modéré pour que l’inflation ne se transforme pas en un cycle inflationniste. Cela est possible, comme le démontre l’exemple de la France. Un taux d’inflation de 5% pendant dix ans abaisserait l’endettement des États-Unis de 280% à 175% du produit intérieur brut. Avec l’annulation de la dette au bilan de la Réserve fédérale, mentionné ci-dessus, le montant total de la dette tombe à 148%, montant qui demeure élevé mais qui permet d’espérer sa réduction à un niveau plus faible dans le futur.

Pour cela, il convient que les États-Unis, et les autres nations concernées, réduisent leur déficit public en éliminant les dépenses publiques non productives, adoptent une politique fiscale plus juste, et une meilleure répartition du fruit de la croissance entre entreprises et salariés – répartition qui se fait au désavantage des salariés depuis les années 80 (graphique 6).

graphique 6

Il reste que l’inflation heurte les personnes au revenu modeste davantage que les classes moyenne ou supérieure, mais la solution proposée leur évitera le chômage, tout au moins un chômage de masse – un État qui leur est encore plus dommageable.

In fine, tant la réduction de l’inflation que de l’endettement ne peut se faire sans un changement profond de la politique économique. En pratique, cela se traduit par l’abandonnement de l’assouplissement quantitatif – l’hérésie économique qui a conduit à la situation présente – et du dogme de 2% d’inflation.

Jean-Luc Baslé est un ancien vice-président de Citigroup, et diplômé de l’Université de Columbia et de l’Université de Princeton. Il est l’auteur de « L’euro survivra-t-il ? ».

Notes

Les États-Unis paralysés par le revirement stratégique de la République islamique d’Iran

Le parlement iranien vient d’approuver l’adhésion de la République islamique à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), précédemment consacrée lors du sommet de Samarcande en septembre dernier, marquant ainsi l’aboutissement d’un processus qui a duré pas moins de 15 ans.  

Le G20 est mort. Longue vie au G20 !

Par : jmarti

Par M. K. Bhadrakumar − Le 19 novembre 2022 − Source Indian Punchline

M.K. BhadrakumarLe dix-septième sommet du G20, rassemblant chefs d’États et de gouvernements, s’est tenu à Bali, en Indonésie, les 15 et 16 novembre, et à de nombreux égards, il apparaît comme un événement d’importance. Le jeu politique international se trouve à un point d’inflexion, et la transition ne va épargner aucune des institutions héritées d’un passé en cours de flétrissement irréversible.

Pourtant, le G20 peut constituer une exception, et tenir lieu de pont entre le temps présent et l’avenir. Les annonces en provenance de Bali laissent un sentiment mitigé entre l’espoir et l’impuissance. Le G20 a été imaginé au départ pour répondre au contexte de la crise financière de 2007 — fondamentalement, une tentative occidentale de redorer un G7 terni, en y faisant entrer les puissance émergentes qui le regardaient fonctionner depuis l’extérieur, et surtout la Chine, en injectant un aspect contemporain aux discours globaux.

Le leitmotiv était l’harmonie. Le point qui est discutable aujourd’hui est de savoir dans quelle mesure le sommet de Bali a répondu à ces attentes. Chose regrettable, le G7 amenait de manière discriminante certains sujets externes dans ses délibérations, et son alter ego, l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN), a fait sa première apparition en Asie-Pacifique. Sans doute peut-on considérer cette apparition comme un événement funeste durant le sommet de Bali.

C’est une négation sur l’esprit du G20 qui s’est produite. Si le G7 refuse de laisser de côté sa mentalité de bloc, la cohésion du G20 en est affectée. La déclaration conjointe aurait pu être émise depuis Bruxelles, Washington ou Londres. Pourquoi Bali ?

Xi Jinping, le président chinois, avait affirmé le 17 novembre dans un discours écrit au sommet de l’APEC (Coopération Économique pour l’Asie-Pacifique) que « l’Asie-Pacifique n’est l’arrière-cour de personne et n’a pas vocation à devenir une arène de combat entre grande puissances. Ni les peuples, ni l’époque, ne permettront de lancer une nouvelle guerre froide. »

Xi a émit l’avertissement : « Les tensions géopolitiques et la dynamique économique en évolution ont exercé un impact négatif sur l’environnement de développement et la structure de coopération de l’Asie-Pacifique. » Xi a affirmé que la région de l’Asie-Pacifique a jadis pu constituer un terrain de rivalité entre grandes puissances, et a subi les conflits et la guerre. » L’histoire nous enseigne que la confrontation entre blocs ne peut résoudre aucun problème, et que ce penchant ne peut amener qu’au désastre. »

Rencontre entre le président Joe Robinette Biden et le président chinois Xi Jinping à Bali, le 14 novembre 2022. Biden affirme avoir discuté de leur responsabilité pour empêcher la compétition et trouver des moyens de travailler ensemble.

La règle d’or selon laquelle les sujets de sécurité ne sont pas à discuter dans le périmètre du G20 a été brisée. Au sommet du G20, les pays occidentaux ont soumis à rançon les autres participants au sommet : « Selon nos méthodes, sinon rien ». À moins que l’occident intransigeant ne soit apaisé sur le sujet de l’Ukraine, il ne pouvait exister de déclaration de Bali, si bien que la Russie a cédé. Le drame sordide a montré que l’ADN du monde occidental n’a pas changé. L’intimidation reste son trait distinctif.

Mais de manière ironique, en fin de compte, il en est ressorti que la déclaration de Bali n’a pas dénoncé la Russie sur le problème en Ukraine. Des pays comme l’Arabie Saoudite et la Turquie donnent des raisons d’espérer que le G20 pourrait se régénérer. Ces pays n’ont jamais été des colonies occidentales. Ils sont tournés vers la multipolarité, qui finira par contraindre l’Occident à admettre que l’unilatéralisme et l’hégémonie n’ont rien de tenable.

Ce point d’inflexion a apporté beaucoup de verve dans la rencontre entre le président étasunien Joe Biden et le président chinois Xi Jinping à Bali. Washington a demandé que cette rencontre entre les deux hommes se produise en marge du sommet du G20, et Pékin y a consenti. Chose frappante au niveau de cette rencontre entre les deux hommes, Xi apparaissait sur la scène mondiale après un Congrès du Parti particulièrement réussi.

Il n’est pas possible de se tromper sur la teneur de ses propos. Xi a souligné que les États-Unis ont perdu la main, en disant à Biden : « Un homme d’État devrait réfléchir et savoir dans quelle direction amener son pays. Il devrait également réfléchir et savoir comment s’entendre avec les autres pays et le vaste monde. » (ici et ici)

Les résumés fournis par la Maison-Blanche au sujet de la rencontre laissent à penser que Biden s’est montré conciliant. Les États-Unis sont confrontés à un défi d’importance pour isoler la Chine. En l’état des choses, les circonstances œuvrent dans l’ensemble à l’avantage de la Chine. (ici, ici et ici)

La majorité des pays s’est refusée à prendre parti pour l’Ukraine. Le positionnement de la Chine reflète tout à fait ce point. Xi a affirmé à Biden que la Chine est « très préoccupée » par la situation actuelle en Ukraine, et soutient et aspire à une reprise des pourparlers de paix entre la Russie et la Chine [Sic, plutôt l’Ukraine, NdT]. Cela étant dit, Xi a également exprimé l’espoir que les États-Unis, l’OTAN et l’UE « vont conduire des dialogues étendus » avec la Russie.

Les lignes de faille qui sont apparues à Bali pourront prendre de nouvelles formes d’ici au 18ème sommet du G20 qui se tiendra l’an prochain en Inde. On est en droit de se montrer prudemment optimiste. Pour commencer, et avant tout, il est improbable que l’Europe reste sur la stratégie étasunienne consistant à utiliser des armes comme sanctions contre la Chine. L’Europe ne peut pas se permettre une dissociation de la Chine, qui est la plus grande nation commerçante au monde et le principal vecteur de croissance de l’économie mondiale.

Ensuite, même si les cris de bataille en Ukraine ont provoqué le ralliement de l’Europe derrière les États-Unis, on réfléchit intensément en Europe à un repositionnement. L’autonomie stratégique de l’Europe est fortement mise à mal par cet engagement. La récente visite d’Olaf Scholz, chancelier allemand, en Chine, a indiqué cette direction. Il est inévitable que l’Europe finira par prendre ses distances avec les aspirations étasuniennes à la guerre froide. Ce processus est inexorable dans un monde où les États-Unis ne sont pas enclins à consacrer du temps, dépenser de l’argent ou mener des efforts pour leurs alliés européens.

Il s’ensuit qu’à de multiples égards, la capacité étasunienne d’assurer véritablement le rôle de dirigeant économique mondial a diminué de manière irréversible. Ce pays a perdu son statut prééminent de première économie mondiale, et de loin. En outre, les États-Unis ne veulent plus ni ne peuvent investir lourdement pour endosser la responsabilité de mener la barque. Pour dire les choses simplement, ce pays n’a toujours rien à proposer pour répondre au projet de la Ceinture et la Route de la Chine. Cela aurait dû avoir une influence modératrice et amener à un changement d’état d’esprit en faveur d’actions politiques coopératives, mais l’élite étasunienne continue de jouer la même partition comme un disque rayé.

Fondamentalement, le multilatéralisme est donc devenu bien plus dur dans la situation actuelle du monde. Néanmoins, le G20 est la seule instance rassemblant le G7 et les puissances en développement, et pouvant bénéficier d’un ordre mondial démocratisé. Le système d’alliance occidental est enraciné dans le passé. La mentalité du bloc ne présente que peu d’attrait aux pays en développement. La gravitation de la Turquie, de l’Arabie Saoudite et de l’Indonésie autour des BRICS porte le message puissant : la stratégie occidentale de conception du G20 — créer un anneau d’États subalternes autour du G7 — est dépassée.

La dissonance qui s’est fait ouïr à Bali a mis au jour le fait que les États-Unis continuent de s’agripper à leur titre, et restent prêts à gâcher la situation. L’Inde dispose d’une grande opportunité d’orienter le G20 dans une nouvelle direction. Mais cela va également demander de profonds changements de la part de l’Inde — une distanciation vis-à-vis des États-Unis — en matière de politique étrangère, couplée à la culture d’une vision à long terme et de l’audace de forger une relation de coopération avec la Chine, en abandonnant les phobies du passé et en laissant de côté les narratifs auto-entretrenus et, à tout le moins, en évitant toute nouvelles descente dans le jeu politique consistant à mendier auprès de ses voisins.

M. K. BHADRAKUMAR est un ancien diplomate de nationalité indienne, dont la carrière diplomatique a trois décennies durant été orientée vers les pays de l’ancienne URSS, ainsi que le Pakistan, l’Iran et l’Afghanistan. Il a également travaillé dans des ambassades indiennes plus lointaines, jusqu’en Allemagne ou en Corée du Sud. Il dénonce la polarisation du discours officiel ambiant (en Inde, mais pas uniquement) : « vous êtes soit avec nous, soit contre nous »

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

États-Unis : de l’apparente bienveillance à l’hégémonie


Par Jean-Luc Baslé – Le 21 novembre 2022

Le siècle américain selon Henry Luce (1941) – Langlois • Histoire &c.

L’indifférence de Washington à l’égard des Européens qui souffriront du froid cet hiver en raison du conflit ukrainien et du sabotage d’un gazoduc en mer Baltique, sans parler de la destruction de leur économie1, en a surpris quelques-uns. C’est ignorer la nature des relations internationales qui fait peu de cas du sort des peuples et plus encore l’évolution profonde de la politique américaine ces dernières décennies qui se résume en deux mots : néoconservatisme et néolibéralisme. Ces néologismes sont entrés dans le vocabulaire courant dans les années 1980/90 sans que leur impact ne soit perçu initialement. Avec le recul du temps, il est plus facile de voir qu’il s’agit d’idéologies à l’origine d’un changement profond de la politique américaine. Le néoconservatisme est l’affirmation d’une hégémonie décomplexée. Le néolibéralisme est un empiètement du marché sur les prérogatives de l’État. Cette mutation de la politique américaine est l’une des clés de compréhension des évènements du monde d’aujourd’hui.

Dès le débarquement, les États-Unis ont donné d’eux-mêmes une image bienveillante, véhiculée par cette image du GI’s distribuant du chocolat aux enfants tout au long de son avancée vers l’Allemagne. Le Plan Marshall d’avril 1948 concrétisa cette image, et rendit les Européens à jamais reconnaissants de cette manne inattendue qui sauvait certains d’entre eux de la famine et ouvrait des perspectives d’avenir inespérées. De fait, avec une énergie retrouvée, les Européens connurent une ère de croissance aussi imprévue que bienvenue, qualifiée de Trente Glorieuses en France et de Miracle allemand outre-Rhin. Hollywood conforta ce message d’espoir en présentant une Amérique heureuse et sûre d’elle-même à une Europe toujours traumatisée par les guerres passées, et inquiète de la menace soviétique. Le traité de l’Alliance atlantique, signé en avril 1949, la rassura en étendant le parapluie nucléaire américain à l’Europe de l’ouest. Les Européens pouvaient désormais jouir en toute quiétude de leur prospérité retrouvée que le génie technologique américain renforçait.

Encouragés par le grand frère américain, les Européens créèrent la CECA, Communauté européenne du charbon et de l’acier en 1951 – embryon de ce qui allait devenir par étapes successives l’Union européenne, instituée par le Traité de Maastricht de février 1992. Le pathétique effondrement de l’Union soviétique renforça ce sentiment chez les Européens que l’Histoire était de leur côté, et qu’en conséquence s’ouvrait devant eux une ère de prospérité et de bonheur que rien ne pouvait arrêter. C’était méconnaître la nature du grand frère américain. Cette méconnaissance est incompréhensible compte tenu de ses nombreuses actions, interférences et guerres dans le monde depuis 1945, y compris en Europe, dénoncées par de nombreux auteurs.

Les Européens ont oublié que dès avant leur création, les États-Unis s’étaient donnés pour mission de conduire le monde. A preuve le discours de John Winthrop de 1630 dans lequel il déclare « nous sommes la cité sur la colline », celle qui éclaire et guide le monde. Ou encore, cette « destinée manifeste » contenue dans cette affirmation de John Sullivan en 1839 que « l’Amérique a été choisie » pour diriger le monde. Choisie par qui ? Par Dieu, bien entendu. C’est une usurpation du message biblique. Quoiqu’il en soit, cette conviction d’être le peuple choisi traverse les siècles pour venir jusqu’à nous. Henry Luce, fondateur et éditeur de Time Magazine, écrit dans un éditorial de février 1941 que le 20ème siècle est le siècle de l’Amérique.

Mais c’est en février 1992, deux mois seulement après la disparition de l’Union soviétique, que se produit la grande transformation avec la publication d’un document intitulé « Defense Planning Guidance »2 dans lequel il est écrit que les États-Unis ne supporteront pas qu’une autre nation les défie à nouveau comme le fit l’Union soviétique pendant la Guerre froide. C’est l’affirmation d’une ambition hégémonique que le Projet pour le nouveau siècle américain reprendra sous la plume de Robert Kagan dans un document intitulé : « Reconstruire les défenses de l’Amérique », publié en septembre 2000, dans lequel l’auteur souhaite qu’un nouveau Pearl Harbor donne aux États-Unis l’occasion d’affirmer leur puissance. Certains verront dans le 11 septembre 2001 la réalisation de ce souhait. La Guerre contre le terrorisme de George W. Bush et son affirmation péremptoire : « vous êtes avec nous ou avec les terroristes », ou la guerre russo-américaine par Ukraine interposée ou encore le conflit sino-américain au sujet de Taïwan doivent s’interpréter à la lumière de cette volonté hégémonique. Le néoconservatisme – nom donné à cette philosophie dominatrice – est le fil conducteur de la politique étrangère américaine depuis la dernière décennie du 20ème siècle.

Son pendant économique est le néolibéralisme. Le capitalisme est consubstantiel à l’Amérique. L’objet premier du capitalisme est l’enrichissement. Dans la Déclaration d’indépendance, Thomas Jefferson écrit que l’homme est doté de droits inaliénables dont « la poursuite du bonheur ». Ce mot – bonheur – est synonyme de richesse. L’un est inconcevable sans l’autre pour les Américains. Il faut être riche pour connaître le bonheur. La conquête de l’Ouest est une course à la richesse, comme en témoignent les ruées vers l’or du 19ème siècle. En secouant l’Amérique dans le tréfonds de son âme, la Grande Dépression de 1929 altère temporairement cette vision du bonheur et contribue à une socialisation du capitalisme américain grâce aux réformes rooseveltiennes, tel que le National Recovery Act3, le Glass-Steagall Act4, le Social Security Act5, la création de la Tennessee Valley Authority6, etc. Cette vision de la politique économique, baptisée keynésienne du nom de l’économiste John Maynard Keynes, sera théorisée par l’américain Alvin Hansen7, et diffusée par ses élèves de l’université d’Harvard dont Paul Samuelson et James Tobin. Accusée d’être à l’origine de l’inflation des années 70, elle cèdera la place au monétarisme de Milton Friedman, professeur à l’université de Chicago. Paul Volcker en sera l’un des disciples les plus illustres quand, gouverneur de la Réserve fédérale, il mit fin brutalement à la stagflation – combinaison d’inflation et de stagnation – qui minait l’économie américaine en relevant sans préavis le taux d’intérêt au jour le jour pour le porter à 20% le 7 janvier 1981. L’effet fut immédiat. L’inflation s’effondra en quelques mois. Cette politique fut conduite sans égard aux effets qu’elle pouvait avoir sur le reste du monde où elle conduit à la déconfiture du Mexique en août 1982.

Le monétarisme est un élément constitutif du néolibéralisme. Il n’en est pas le fondement. Le marché en est l’assise. Il structure et régit la société. L’État lui est soumis. Ses fonctions régaliennes ne sont là que pour servir le marché dans sa finalité : l’enrichissement d’une minorité. La concurrence, loin d’être encouragée, comme le veut la mythologie libérale, est contenue par des lois et pratiques qui facilitent l’émergence de monopoles et d’oligopoles, comme celui bien connu des Seven Sisters – les sept plus grandes sociétés pétrolières occidentale – qui contrôlaient, et contrôlent encore pour partie, le marché pétrolier. Le néolibéralisme est le capitalisme dans sa forme la plus pure. C’est en son nom que fut instituée l’indépendance des banques centrales dans les années 1980, avant que ne s’impose progressivement son complément naturel la liberté de mouvements de capitaux, puis des marchandises et des services avec la création de l’Organisation mondiale du commerce en avril 1994 – complément du système de Bretton Woods d’août 1944. C’est au nom du néolibéralisme que fut abrogé le Glass-Steagall Act qui séparait le secteur bancaire en banques de dépôts et banques d’investissement. Cette abrogation sera à l’origine de la crise des subprimes de 2008 qui conduit le monde au bord d’un gouffre économique proche de celui de 1929. Tout comme le « Defense Planning Guidance » marque l’entrée des États-Unis dans l’ère néoconservatrice, le Graham-Leach-Bliley Act de décembre 1999 qui abroge et remplace le Glass-Steagall Act, marque l’entrée des États-Unis dans l’ère néolibérale.

Néoconservatisme et néolibéralisme ont imprégné les instances politiques et administratives dans les années 80, puis se sont imposées comme lignes directrices de la politique étrangère américaine dans les années 90. De bienveillante dans les années d’après-guerre, cette politique a désormais un double objectif : la domination et l’enrichissement. Comme le montre les évènements que nous vivons actuellement, nous sommes loin de l’image idyllique du GI de 1944 et de ses barres de chocolat. Cette bienveillance, plus apparente que réelle, qui avait séduit jadis les Européens, a fait place à une hégémonie tous azimuts, tant politique qu’économique. Cette mutation de la politique américaine n’est pas l’effet du hasard mais le fruit d’une pensée structurée. Noam Chomsky, linguiste et intellectuel engagé, la décrit comme une « dérive proto-fasciste capitaliste sauvage »8.

Jean-Luc Baslé est un ancien vice-président de Citigroup, et diplômé de l’Université de Columbia et de l’Université de Princeton. Il est l’auteur de « L’euro survivra-t-il ? ».

Notes

  1. Germany’s Position in America’s New World Order, Michael Hudson, Nov. 2, 2022
  2. Le document est attribué à Paul Wolfowitz, secrétaire d’état à la Défense.
  3. Institut le salaire minimum et la durée hebdomadaire du travail
  4. Sépare les banques d’investissement des banques commerciales afin de réduire le risque de malversation
  5. Créer l’assurance sociale
  6. Grand projet d’infrastructure destiné à produire de l’électricité
  7. Economic Policy and Full Employment, 1946
  8. Site Les Crises, 19 novembre 2022

Terrorists-R-US. Les Etats-Terroristes-Unis

Par : Wayan

Par Kevin Barrett – Le 14 Novembre 2022 – Source Unz Review

Lorsque les électeurs américains ont voté, la semaine dernière, la politique étrangère n’était probablement pas en tête de liste de leurs préoccupations. Mal informés par les médias grand public au point de souffrir de déficience cognitive informationnelle, peu d’Américains [et d’européens, NdT] comprennent le rôle dévastateur et destructeur que joue leur pays sur la scène mondiale. Il y a donc quelque chose de symboliquement significatif dans le spectacle des électeurs de Pennsylvanie qui ont envoyé un sénateur souffrant de déficience cognitive à Washington pour servir sous les ordres d’un président souffrant de déficience cognitive, alors qu’un sous-ensemble de ces électeurs a même élu un homme déjà décédé à un poste d’état. On se croirait dans un film de zombies : L’empire des morts-vivants.

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Les électeurs zombies envoient des représentants zombies à Washington pour prétendre présider au démantèlement d’un empire zombie en état de mort cérébrale. Mais les vrais maîtres de cet empire, bien sûr, sont les apparatchiks néocons et les oligarques qui les rémunèrent grassement. Peu importe qui occupe le Congrès et la Maison Blanche, le gouvernement élu n’a pas vraiment de prise sur les décisions. Même les politologues de l’Ivy League payés pour cacher cette réalité la reconnaissent de plus en plus souvent : Michael Glennon, par exemple, dans « National Security and the Double Government » [Sécurité nationale et le double gouvernement], soutient de manière convaincante que nos dirigeants élus sont, à l’instar des monarques britanniques, de simples figures de proue, et non des décideurs politiques.

Puisqu’ils n’ont aucun rôle à jouer dans la prise de décision, ni les politiciens ni les électeurs qui les élisent n’ont besoin de savoir quoi que ce soit sur ce qui se passe réellement dans le monde. Leur rôle n’est pas de raisonner, mais de régurgiter les « mythes publics » diffusés par la machine de propagande médiatique. C’est pourquoi les électeurs américains ne comprennent pas, pour la plupart, que c’est leur propre gouvernement qui a provoqué la guerre en Ukraine. Ils ne comprennent pas non plus que son objectif est de paralyser l’Allemagne et l’UE, ainsi que la Russie.

Asie de l’Ouest : Les terroristes sont américains

Les électeurs connaissent encore moins l’Asie occidentale, où les États-Unis sont à l’origine d’une vague de terrorisme en Iran, au Pakistan et, plus récemment, en Turquie, où une bombe a explosé dimanche dans un quartier très touristique du centre d’Istanbul, tuant six personnes et en blessant plus de 80. Le gouvernement turc a immédiatement accusé les États-Unis, qui arment, financent, forment et dirigent les militants kurdes syriens liés au PKK, d’être à l’origine de l’attentat.

Pourquoi les dirigeants américains utilisent-ils le terrorisme en Turquie ? Pour punir le gouvernement turc de s’être rapproché de la Russie. (Les attentats à la bombe effraieront les touristes, dont un nombre toujours plus grand est russe, et nuiront à l’économie turque). Du point de vue de Washington, le gouvernement d’Erdogan alimente l’effort de guerre russe en augmentant considérablement son commerce avec la Russie et en payant les importations russes, y compris l’énergie, en roubles. Ces mesures contribuent non seulement à maintenir la Russie à flot, mais menacent également la cohésion de l’OTAN et accélèrent l’arrivée du jour où le dollar perdra son statut de monnaie de réserve mondiale.

Les États-Unis terrorisent également le Pakistan et l’Iran parce que les dirigeants de ces pays, comme Erdogan en Turquie, ont l’audace de poursuivre leurs propres intérêts nationaux. Au Pakistan, les espions de l’ambassade américaine – des clones de Raymond Davis – étaient la main cachée derrière l’opération de changement de régime qui a renversé le gouvernement d’Imran Khan en avril dernier. Les sbires de l’empire punissaient Khan pour sa visite à Moscou peu après le lancement par la Russie de son Opération Militaire Spéciale en Ukraine, ainsi que pour avoir évité le FMI étasunien en faveur d’une coopération accrue avec l’initiative de « la Nouvelle route de la soie » et l’Organisation de coopération de Shanghai. Depuis le coup d’État électoral orchestré par les États-Unis, le parti de Khan a remporté une victoire écrasante aux élections régionales, et son chef a toutes les chances de revenir au pouvoir lors des prochaines élections nationales… à condition qu’il reste en vie.

Le 3 novembre, Khan a miraculeusement survécu à une tentative d’assassinat inspirée par les États-Unis. Pris entre les tirs croisés d’un « fanatique religieux » du MK-Ultra d’un côté de son véhicule et d’un sniper professionnel qui tirait depuis la fenêtre d’un immeuble de l’autre côté, Khan n’a survécu que parce qu’un spectateur héroïque a attrapé le bras armé du fanatique, de sorte que les balles ont touché la jambe de Khan plutôt que sa tête ou son torse. Sa jambe touchée, Kahn est tombé au sol alors que les balles du sniper sifflaient dans l’espace qu’il venait de quitter.

Tuer des dirigeants pakistanais fait partie du travail quotidien de la CIA et de ses laquais locaux comme le Premier ministre Shabaz Sharif, nommé par les États-Unis, le ministre de l’Intérieur Rana Sanaullah et le général Faisal, le grand manitou de l’ISI, les trois hommes que Khan tient pour responsables de la tentative d’assassinat. La plupart des Pakistanais le pensent aussi. Ils pensent également que plusieurs de leurs anciens dirigeants ont été tués par la CIA, notamment le général Zia ul-Haq, qui tissait des liens avec des forces pro-islamiques mais non approuvées par les États-Unis dans la région lorsqu’il a été tué dans un accident d’avion provoqué.

La guerre terroriste américaine contre l’Iran

Les campagnes de terreur menées par les États-Unis contre les « alliés » hésitants que sont la Turquie et le Pakistan sont sans commune mesure avec la guerre terroriste menée depuis des décennies par Washington contre la République islamique d’Iran. Et lorsqu’il s’agit de l’Iran, les terroristes ne prennent même pas la peine de brouiller les pistes. Lorsque Washington a décidé de tuer la personnalité publique la plus populaire d’Iran, le général Qasem Soleimani qui, comme Imran Khan, était universellement admiré pour son humble religiosité, son honnêteté irréprochable, sa compétence et son charisme, il n’a même pas pris la peine de créer un déni plausible. Au lieu de cela, les Américains ont attiré le général Soleimani à Bagdad avec une offre de paix bidon, avant de l’assassiner ouvertement avec un drone militaire américain.

Aujourd’hui, la guerre terroriste contre l’Iran s’est transformée en une tentative de changement de régime impliquant des meurtriers et des voyous payés par les États-Unis qui sèment le chaos et la terreur sous le faux prétexte qu’il s’agit d’une sorte de manifestation pour les droits de l’homme. Comme je l’ai écrit dans le numéro de Crescent International de ce mois-ci :

Le 15 septembre, l’Iran a signé un accord pour devenir le neuvième membre à part entière de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), un groupe de nations eurasiennes travaillant ensemble sur des projets économiques, de logistique, d’infrastructure et d’énergie, afin de contourner les institutions contrôlées par les États-Unis. Le lendemain, le 16 septembre, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes iraniennes et ont rapidement dégénéré en émeutes. Bien que les troubles soient apparemment une réponse à la mort de Mahsa Amini, une Iranienne de 22 ans qui s’est soudainement effondrée en garde à vue dans des circonstances peu claires, il est presque certain que les troubles ont été planifiés à l’avance par la CIA et son escadron en charge de mener les révolution de couleur. Sans l’affaire Amini, les spécialistes du changement de régime de l’agence alphabet auraient fabriqué un autre prétexte…

Les voyous de la CIA chargés du changement de régime ne se font pas beaucoup d’amis en Iran.

These are the "heroic peaceful protesters" that western media & politicians glorify. They peacefully shoot at police, slit their throats & burn them alive.

The Iranian police & basij have shown great courage & restraint. If this was in the west, there would be no such restraint. pic.twitter.com/QNjqgzLTYu

— Seyed Mohammad Marandi (@s_m_marandi) November 8, 2022

This is how western backed thugs in Iran work. They're organized from abroad & attack ordinary people. Their cameramen record the "heroic" operations & send them to western/Saudi funded Persian media in London.

Western media & think-tankers glorify these "popular protests." pic.twitter.com/vwjFqodig5

— Seyed Mohammad Marandi (@s_m_marandi) November 8, 2022

This is how western/Saudi funded & trained thugs attack Iranian police. Last Friday these killers attacked 3 officers. As the officers retreated into their police vehicle, they called on the rioters to stop. They were then badly beaten & repeatedly stabbed by these barbarians. pic.twitter.com/bmowvfVc65

— Seyed Mohammad Marandi (@s_m_marandi) November 6, 2022

Les ONG iraniennes affirment qu’environ 17 000 Iraniens ont été tués par des terroristes soutenus par les États-Unis, la majorité par le MEK, un culte de la haine bizarre qui combine les pires caractéristiques d’ISIS et de la Manson Family. De nombreuses personnalités américaines bien connues, dont Pompeo et Bolton, ont accepté des pots-de-vin somptueux pour être vues en public avec les fous du MEK, qui sont actuellement le fer de lance de la vague de violence financée par le contribuable américain en Iran.

La guerre terroriste américaine fonctionne-t-elle ?

Est-ce que faire exploser des civils en Turquie, comploter pour assassiner le leader le plus populaire de tous les temps au Pakistan et envoyer des voyous dans les rues pour terroriser les Iraniens va permettre de vraiment promouvoir les intérêts nationaux légitimes de l’Amérique ? Apparemment, nos décideurs de l’État profond le pensent. Les néoconservateurs citent constamment, à tort, Machiavel en disant « il vaut mieux être craint qu’être aimé« . Mais grâce aux néoconservateurs, l’Amérique est de moins en moins crainte et de plus en plus méprisée. Toute la région de l’Asie occidentale n’apprécie pas la façon dont les néoconservateurs ont essayé de détruire sept pays en cinq ans à la suite de leur faux drapeau du 11 septembre. L’échec total des guerres américaines inspirées par les néoconservateurs en Afghanistan, en Irak et en Syrie a donné au puissant Empire unipolaire l’apparence d’un tigre de papier et d’un méchant de classe mondiale.

Si faire exploser des magasins en Turquie peut effrayer quelques touristes, si tirer sur Imran Khan peut le surprendre, lui et ses partisans, et si fomenter la violence en Iran peut déstabiliser les Iraniens, en fin de compte, les Turcs, les Pakistanais et les Iraniens sont susceptibles de sortir de la vague actuelle de violence encouragée par les États-Unis avec une rancune durable contre l’Amérique et une forte préférence pour un ordre multipolaire. Une fois encore, les néoconservateurs, qui prétendent être de si ardents patriotes américains, semblent accélérer la disparition de l’empire même qu’ils prétendent défendre.

Kevin Barrett

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

La visite prochaine de Xi en Arabie Saoudite sera historique

Par : jmarti

Par M. K. Bhadrakumar − Le 11 novembre 2022 − Source Oriental Review

M.K. BhadrakumarC’est un symbole très puissant que le président chinois Xi Jinping ait fait le choix de réserver à l’Arabie Saoudite sa première visite à l’étranger après le Congrès du Parti. À en croire le Wall Street Journal, cette visite devrait se produire début décembre, et des préparations intenses sont en cours en vue de l’événement.

Le quotidien cite des personnes bien au fait des préparations, selon qui « l’accueil [réservé au dirigeant chinois] va sans doute ressembler » à celui accordé à Donald Trump en 2017 de par son faste et son apparat.

Il est aisé de prédire que la rencontre va centrer ses échanges sur la trajectoire à venir de l’« alliance » pétrolière sino-saoudienne — ou plutôt, l’établissement d’une alliance pétrolière comparable au cadre russo-saoudien de l’OPEP Plus. Cela étant dit, le contexte géopolitique de la prochaine visite de Xi est particulièrement riche en réalignements dans la région de l’Asie Mineure, et son impact sur le monde peut amener des conséquences profondes.

Le président chinois Xi Xinping planifierait une visite en Arabie Saoudite au cours de la deuxième semaine du mois de décembre 2022.

Le fait est que la Chine comme l’Arabie Saoudite sont des puissances régionales majeures, et que tout schéma qui les implique de manière bilatérale va porter des conséquences importantes sur le jeu politique international. Le Wall Street Journal affirme que « Pékin et Riyad s’emploient à nouer des liens plus resserrés et promeuvent une vision d’un monde multipolaire dans lequel les États-Unis ne dominent plus l’ordre global. »

Sans doute la guerre en Ukraine apporte-t-elle un contexte immédiat. Il va être extrêmement difficile à court terme pour les États-unis de s’extraire de la guerre sans subir un énorme camouflet et une perte de crédibilité en tant que super-puissance, ce qui va saper leur position de dirigeant transatlantique, et même faire peser un risque sur le système d’alliance occidentale en soi.

La Chine comme l’Arabie Saoudite auront tiré la conclusion que le « consensus bipartisan » sur le thème de la guerre en Ukraine pourrait ne pas survivre à la guerre tribale acharnée qui fait rage au sein de l’élite politique étasunienne, et qu’il est certain que ce consensus va éclater une fois statuées les élections de mi-mandat. Si les Républicains reprennent le contrôle de la Chambre des Représentants, ils vont lancer des démarches en vue d’obtenir la destitution du président Biden.

Une enquête est parue dimanche dans le Guardian, relatant des opinions d’experts, sous le titre Les conditions présentes sont propices à la violence politique : les États-Unis sont-ils au bord d’une guerre civile ? Il s’ensuit logiquement que la Chine comme l’Arabie Saoudite voient le désengagement des États-Unis dans la région de l’Asie Mineure prendre de l’ampleur.

Un sujet de discussion majeur animant la visite de Xi en Arabie Saoudite sera la stratégie de politique étrangère du pays arabe dénommée « Regard vers l’Est », qui aura anticipé le retrait étasunien depuis au moins une demi-décennie. La visite de Xi en Arabie Saoudite en 2016 en avait constitué un des événements jalon.

À n’en pas douter, Pékin a suivi de près la détérioration des relations étasuno-saoudiennes depuis cette date. Et Pékin n’a pas pu manquer le fait que récemment, les Saoudiens ont manigancé une coopération énergétique avec la Chine au milieu des tensions entre le prince héritier, Mohammed bin Salman, et Biden.

Pour preuve la plus flagrante, la rencontre virtuelle du 21 octobre dernier entre le prince Abdulaziz bin Salman bin Abdulaziz, ministre saoudien de l’énergie, et Zhang Jianhua, administrateur national de l’énergie pour la Chine — un homme politique d’expérience (qui fut membre de la 19ème commission centrale de discipline du parti communiste chinois.) Cette réunion s’est déroulée au moment d’une crise profonde dans les relations étasuno-saoudiennes, l’élite étasunienne allant jusqu’à menacer Riyad de sanctions.

Nul ne sera surpris d’apprendre que l’un des sujets clés discutés par les ministres chinois et saoudien a été le marché pétrolier. Selon la déclaration faite par les Saoudiens, les ministres « ont confirmé leur volonté d’œuvrer ensemble pour soutenir la stabilité du marché pétrolier international », et ont insisté sur la nécessité d’un « approvisionnement en pétrole fiable et à long terme pour stabiliser le marché global qui subit diverses incertitudes en raison de situations internationales complexes et mouvantes. » N’est-ce pas plus ou moins ce que l’OPEP Plus (l’alliance pétrolière russo-saoudienne) n’a de cesse d’affirmer ?

Les deux ministres avaient également discuté de coopérations et d’investissements conjoints dans des pays considérés par la Chine comme relevant de la vision stratégique autour de la Nouvelle route de la soie, et ont énoncé leur intention de continuer la mise en œuvre d’un accord sur les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire (chose à laquelle Washington s’est opposée.)

Il ne fait pas de doute que la réunion tenue entre les ministres a constitué une remontrance claire et nette visant Washington, et ayant pour objectif de rappeler à l’administration Biden que l’Arabie Saoudite dispose d’autres relations importantes dans le domaine de l’énergie, et que la politique pétrolière saoudienne n’est plus écrite à Washington. Plus important, le calcul qui est fait ici est que Riyad recherche un équilibre entre Pékin et Washington. Les paroles creuses prononcées par Biden au sujet d’une « lutte entre autocratie et démocratie » sont de nature à gêner l’Arabie Saoudite, alors que la Chine n’entretient pas d’agenda idéologique.

Chose notable, les ministres saoudien et chinois ont convenu d’approfondir leur coopération sur la chaîne d’approvisionnement en établissant un « nœud régional » pour que les producteurs chinois installés dans le royaume Saoudien puissent profiter de l’accès à trois continents dont jouit l’Arabie Saoudite.

Le résultat net en est que les élites saoudiennes, dans les milieux politiques et les milieux d’affaires, perçoivent de plus en plus la Chine comme une superpuissance et s’attendent à un engagement global de nature commerciale, suivant la méthode habituellement employée par la Chine et la Russie dans le monde. Les Saoudiens sont convaincus que leur « partenariat stratégique étendu«  de 2016 avec la Chine peut améliorer l’importance géopolitique croissante de leur royaume dans la guerre menée par la Russie en Ukraine, et que celle-ci souligne le fait que Riyad dispose désormais d’un nombre accru d’options, et va donc continuer de rechercher un équilibrage.

L’Arabie Saoudite noue également des liens de plus en plus étroits avec la Chine. Avec un pied sous la tente de l’OCS (le pays a obtenu le statut d’observateur), elle essaye désormais de joindre l’alliance des BRICS. Ces actions sont complémentaires, mais le format BRICS œuvre également à un système monétaire alternatif, chose qui attire Riyad.

Coïncidence ou non, l’Algérie et l’Iran, deux autres pays producteurs de pétrole de premier plan qui maintiennent des relations étroites avec la Russie essayent également de rejoindre l’alliance des BRICS, pour les mêmes raisons. Le fait même que l’Arabie Saoudite en fasse autant et se montre prête à contourner les institutions occidentales et à réduire le risque d’interaction avec elles, tout en explorant des voies parallèles pour nouer des relations financières, économiques et commerciales sans dépendre d’instruments contrôlés par les États-Unis ou l’Union européenne, est porteur d’un message très fort à destination du système international.

Le paradoxe réside en ce que la poussée menée par les Saoudiens vers l’autonomie stratégique va rester fragile tant que le pétrodollar continuera d’attacher le pays au système bancaire occidental. Par conséquent, l’Arabie Saoudite a une grande décision à prendre à l’égard de son engagement de 1971, entérinant le dollar étasunien comme « monnaie mondiale » (à la place de l’or), et de sa décision de ne vendre le pétrole qu’en échange de dollar — une décision qui a permis aux administrations étasuniennes successives d’imprimer des billets à volonté durant un demi-siècle, d’en tirer parti en blanchissant l’argent — et enfin d’utiliser le dollar comme leur arme la plus puissante pour imposer au niveau mondial une hégémonie étasunienne.

Le Wall Street Journal, en annonçant la visite prochaine de Xi en Arabie Saoudite, ajoute que la « re-calibration stratégique de la politique étrangère saoudienne est plus importante que l’explosion récente avec l’administration Biden au sujet de la production de pétrole… Plus récemment leur parade nuptiale (celle des Chinois et des Saoudiens) s’est intensifiée, avec des discussions sur la vente d’une participation à Saoudi Aramco, avec des contrats futurs labellisés en yuan dans le modèle de prix d’Aramco, ainsi que la possibilité d’utiliser le yuan comme monnaie d’échange pour les ventes de pétrole saoudien à la Chine. »

On avait l’habitude de voir les choses évoluer très lentement dans les décisions politiques saoudiennes. Mais Salman, le prince héritier, est pressé de recalibrer la boussole saoudienne, et peut prendre des décisions difficiles, comme en témoigne la création de l’OPEP Plus en alliance avec la Russie. La probabilité que l’Arabie Saoudite change son fusil d’épaule et se mette à vendre une partie de sa production de pétrole en yuan est plus élevée que jamais.

Si les choses finissent par évoluer dans cette direction, c’est bien un changement tectonique qui sera en marche — une re-calibration géo-stratégique majeure — de quoi positionner la visite menée par Xi en Arabie Saoudite comme un événement d’importance historique.

M. K. BHADRAKUMAR est un ancien diplomate de nationalité indienne, dont la carrière diplomatique a trois décennies durant été orientée vers les pays de l’ancienne URSS, ainsi que le Pakistan, l’Iran et l’Afghanistan. Il a également travaillé dans des ambassades indiennes plus lointaines, jusqu’en Allemagne ou en Corée du Sud. Il dénonce la polarisation du discours officiel ambiant (en Inde, mais pas uniquement) : « vous êtes soit avec nous, soit contre nous »

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Ils règnent sur des ruines dysfonctionnelles, mais ils règnent quand même

Par : Zineb

Depuis 2008, nous vivons dans un monde occidental façonné par l' »État d’urgence permanent » ou par nos technocrates gestionnaires – étiquette au choix.


Par Alastair Crooke – Le 31 octobre 2022 – Source Strategic Culture

Depuis 2008, nous vivons dans un monde occidental façonné par l’« État d’urgence permanent » ou par nos technocrates gestionnaires – étiquette au choix.

Cette « classe créative » (comme elle aime à se considérer) est particulièrement définie par sa position intermédiaire entre la cabale oligarchique contrôlant les richesses, en tant que maîtres ultimes de l’argent, d’une part, et la « classe moyenne » abrutie, d’autre part, dont elle se moque et qu’elle tourne en dérision.

Cette classe intermédiaire n’avait pas l’intention de dominer la politique (disent-ils) ; c’est arrivé comme ça. Au départ, l’objectif était d’encourager les valeurs progressistes. Mais au lieu de cela, ces technocrates professionnels, qui avaient accumulé des richesses considérables et étaient étroitement regroupés en cliques dans les grandes zones métropolitaines américaines, ont fini par dominer les partis de gauche du monde entier, qui étaient auparavant des véhicules pour la classe ouvrière.

Ceux qui convoitaient l’appartenance à cette nouvelle « aristocratie » cultivaient cette image de cosmopolite, d’argent en circulation rapide, de glamour, de mode et de culture populaire ; le multiculturalisme leur convenait parfaitement. Se présentant comme la conscience politique de l’ensemble de la société (si ce n’est du monde), la réalité était que leur Zeitgeist refléte principalement les caprices, les préjugés et de plus en plus les psychopathies d’un segment de la société libérale.

Dans ce contexte, deux événements déterminants sont survenus : en 2008, Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale, a réuni, à la suite de la crise financière mondiale, une salle pleine d’oligarques les plus riches, les « enfermant » jusqu’à ce qu’ils trouvent la solution à la faillite systémique des banques.

Les oligarques n’ont pas trouvé de solution, mais ont tout de même été libérés de leur enfermement. Ils ont choisi, à la place, d’injecter de l’argent dans des problèmes structurels, aggravés par des erreurs de jugement flagrantes en matière de risque.

Et pour financer les pertes massives qui en ont résulté, plus de 10 000 milliards de dollars rien qu’aux États-Unis, les banques centrales du monde ont commencé à imprimer de l’argent. Depuis, elles n’ont jamais cessé !

C’est ainsi qu’a commencé en Occident l’ère où les problèmes profonds ne sont pas résolus, mais simplement traités avec de l’argent fraîchement imprimé. Cette méthode a été adoptée sans hésitation par l’Union européenne, qui l’a baptisée « Merkelisme » (du nom de l’ancienne chancelière allemande). Les contradictions structurelles sous-jacentes ont tout simplement été laissées à l’abandon ; jusqu’à arriver au pied du mur.

Une deuxième caractéristique de cette époque est que, alors que les grands oligarques se retiraient de la production industrielle et se lançaient dans l’hyper-financiarisation, ils ont vu l’avantage d’adopter le programme naissant de l’élite métropolitaine, centré sur des idéaux utopiques de diversité, d’identité et de justice raciale ; des idéaux poursuivis avec la ferveur d’une idéologie millénaire abstraite. (Leurs dirigeants n’avaient presque rien à dire sur la pauvreté ou le chômage, ce qui convenait parfaitement aux oligarques).

Ainsi, voyant l’avantage, les oligarques se sont eux aussi radicalisés. Dirigés par des organisations telles que les fondations Rockefeller et Ford, la grande philanthropie et le monde des affaires, ils ont adopté des codes de pensée et des discours de guerre. Et ont approuvé le fait de mettre de la richesse directement dans les mains de ceux qui ont été systématiquement victimisés, à travers l’histoire. Mais une fois encore, le changement structurel profond de la société a été abordé de manière superficielle, comme un simple transfert d’argent d’une « poche à l’autre » .

Le véritable problème découlant de la crise de 2008 n’était toutefois pas fondamentalement financier. Certes, les pertes ont été transférées des bilans des institutions défaillantes à celui de la Fed, mais les véritables problèmes structurels n’ont jamais été abordés. Ainsi, les gens ont vite cru que presque tous les problèmes pouvaient être résolus par des techniques de discours et de pensée, associées à la planche à billets.

Les compromis politiques ne devaient plus être considérés comme une nécessité. Les coûts n’étaient plus pertinents. Dans cet environnement, aucun problème n’était trop important pour ne pas pouvoir être résolu par des techniques de gestion comportementale et la banque centrale. Et s’il n’y avait pas de crise pour imposer et « liquéfier » le changement de programme, on pouvait toujours en inventer une. Et, bien sûr, dès que la Fed américaine a commencé à revenir à des politiques « normales » en 2018 et 2019, une nouvelle crise, encore plus importante, a été trouvée.

Il n’est pas surprenant que, dans le contexte de ce qui était considéré comme un échec des réformes des droits civiques et du New Deal, les mouvements activistes financés par les « fonds de richesse » oligarchiques se soient radicalisés. Ils ont adopté un activisme culturel révolutionnaire déployé pour « résoudre les problèmes une fois pour toutes » et visant à provoquer un changement structurel profond au sein de la société.

Cela signifiait que le pouvoir devait à nouveau échapper à la classe moyenne libérale, qui était si souvent blanche et masculine, et faisait donc partie de l’injustice structurelle de la société. En d’autres termes, la classe moyenne occidentale a été considérée par les technocrates comme une plaie.

Ce qu’il faut retenir, c’est que ce qui a été oublié dans tous les discours sur les mesures de « discrimination positive » en faveur des « victimes » , c’est le revers de la médaille : la discrimination négative et préjudiciable pratiquée à l’encontre de ceux qui « bloquent le chemin » , c’est-à-dire ceux qui ne s’écartent pas du chemin.

Le Manifeste du réveil de Scott McKay appelle ce processus discriminatoire hostile, « la militarisation de l’échec du gouvernement » – comme le dysfonctionnement gouvernemental induit dans les villes américaines pour faire fuir la classe moyenne. La « fuite des Blancs fait partie du projet. Ce n’est pas un problème » , prêchaient ses défenseurs. La gauche socialiste urbaine veut un petit noyau de résidents riches et une masse grouillante de pauvres malléables, et rien entre les deux. C’est ce que produit la militarisation de l’échec gouvernemental, et c’est un succès à grande échelle.

La Nouvelle-Orléans vote à 90 % Démocrate, Philadelphie à 80 % Démocrate, Chicago à 85 %. Los Angeles ? 71 %. Aucune de ces villes n’aura à nouveau un maire ou un conseil municipal Républicain, ou du moins pas dans un avenir prévisible. Par contre, le parti Démocrate existe à peine en dehors des ruines que ces machines urbaines produisent.

Le message le plus important est que la « dysfonctionnalité induite » peut produire une société qui peut être dirigée (rendue docile par le désagrément et la douleur) – sans qu’il y ait besoin de la gouverner (c’est-à-dire de faire fonctionner les choses !).

Ce processus est également évident dans l’UE d’aujourd’hui. L’UE est en crise parce qu’elle a fait un gâchis de sa gouvernance en ce qui concerne les sanctions sur l’énergie russe. La classe dirigeante pensait que les effets des sanctions de l’UE sur la Russie seraient « sans appel » : la Russie plierait en quelques semaines, et tout redeviendrait comme avant. Les choses reviendraient à la « normale » . Au lieu de cela, c’est l’Europe qui risque de s’effondrer.

Pourtant, certains dirigeants européens – zélateurs de l’Agenda vert – poursuivent néanmoins une approche parallèle à celle des États-Unis – celle de « la militarisation de l’échec », conçu comme un atout stratégique pour atteindre les objectifs du « Net zéro vert » .

Parce que… cela oblige leurs sociétés à se lancer dans la désindustrialisation, à accepter le contrôle de l’empreinte carbone et la transition verte, et à en supporter les coûts. Yellen et certains dirigeants de l’UE ont célébré la douleur financière comme une accélération de la transition, que vous le vouliez ou non, même si elle vous pousse hors de l’emploi, en marge de la société. Les aéroports européens dysfonctionnels sont un exemple pour décourager les Européens de voyager et ajouter à la charge de carbone !

En bref, il s’agit d’un autre trait nocif qui a émergé avec le « tournant » de 2008. La sociopathie désigne un ensemble de comportements et d’attitudes antisociaux, notamment la manipulation, la tromperie, l’agressivité et un manque d’empathie pour les autres, qui s’apparente à un trouble mental. La caractéristique principale du sociopathe est un profond manque de conscience – une amoralité qui peut cependant  être cachée par un comportement extérieur charmant.

La nouvelle façon de gouverner consiste à nous pousser par le « nudge » à la conformité par le biais du coût ou en nous rendant la vie intolérable. Mais notre monde se fracture rapidement en zones de « vieilles normalités » et en bassins de désintégration.

Ce qui nous amène à la grande question : alors que l’Occident contourne à nouveau l’échec systémique économique, pourquoi ne pas réunir les oligarques milliardaires, comme en 2008, et les enfermer dans une pièce, jusqu’à ce qu’ils trouvent une solution ?

Oui, les oligarques peuvent se tenir en haute estime (étant si riches), mais leur dernier effort n’a donné aucune solution,et a été plutôt un exercice d’auto-préservation, réalisé en jetant de l’argent fraîchement imprimé sur de larges problèmes structurels, facilitant ainsi la transition de leurs empires vers leur nouvelle identité financiarisée.

Cependant, quelque chose semble avoir changé vers 2015-2016 – une réaction a commencé. Celle-ci ne provient pas des oligarques mais de certains milieux du système américain qui craignent les conséquences, si la dépendance psychologique de masse à l’égard de l’impression de toujours plus d’argent n’était pas abordée. Leur crainte est que le glissement vers un conflit sociétal, alors que les distorsions de richesse et de bien-être explosent, devienne imparable.

Cependant, la Fed pourrait tenter de mettre en œuvre une démolition contrôlée de la bulle économique américaine en augmentant les taux d’intérêt. Les hausses de taux ne tueront pas le « dragon » de l’inflation (il faudrait qu’elles soient beaucoup plus élevées pour cela). L’objectif est de rompre une « habitude de dépendance » généralisée à l’égard de l’argent gratuit.

La seule question que se posent tous les acteurs du marché est de savoir quand la Fed va pivoter (revenir à l’impression)… quand ? Ils veulent leur « dose » et la veulent rapidement.

Beaucoup sont « accros » : l’administration Biden en a besoin ; l’UE en dépend ; le Reset a besoin de la planche à billets. L’agenda Vert en a besoin ; le soutien au « Camelot » ukrainien en a besoin. Le complexe militaro-industriel en a également besoin. Tous ont besoin d’une « dose » d’argent gratuite.

Peut-être la Fed peut-elle briser cette dépendance psychologique avec le temps, mais la tâche ne doit pas être sous-estimée. Comme l’a dit un stratège du marché : « Le nouvel environnement opérationnel est totalement étranger à tout investisseur vivant aujourd’hui. Nous devons donc nous dés-ancrer d’un passé qui n’est plus et procéder avec un esprit ouvert » .

Cette période de taux zéro, d’inflation zéro et d’assouplissement quantitatif était une anomalie historique tout à fait extraordinaire. Et elle se termine (pour le meilleur ou pour le pire).

Un petit « cercle intérieur » de la Fed peut avoir une bonne compréhension de ce que signifiera le nouvel environnement opérationnel, mais toute mise en œuvre détaillée ne peut tout simplement pas être appliquée fidèlement par une longue chaîne de commandement orientée vers le paradigme inverse de la « croissance » qui demande un « pivot » . Parmi les personnes actuellement impliquées dans cette transition, combien en comprennent toute la complexité ? Combien sont d’accord avec cela ?

Qu’est-ce qui peut mal tourner ? Commencer le changement au sommet est une chose. Mais le remède au « dysfonctionnement induit de la gouvernance » en tant que stratégie opérationnelle dans un « État d’urgence permanent » composé de sociopathes de guerre froide et de technocrates sélectionnés pour leur conformité n’est pas évident. Les plus sociopathes peuvent dire au public américain : F*** you ! Ils ont l’intention de « régner », même sur des ruines.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Une fois de plus, l’Occident persécute l’Iran

Par : jmarti

Par M. K. Bhadrakumar − Le 10 novembre 2022 − Source Oriental Review

M.K. BhadrakumarLa manière dont Téhéran a géré son accord avec la Russie au sujet des drones a été quelque peu malhabile. Le fait que la première « fuite » a ce sujet soit provenu de nul autre que Jake Sullivan, Conseiller à la Sécurité Nationale du président Biden, aurait dû alerter Téhéran sur l’idée que quelque chose de sinistre avait été mis en branle.

Au lieu de cela, pour des raisons que l’on ne connaît pas, l’Iran s’est mis à réfuter l’information. Et désormais, revirement de situation, il nous faut comprendre que les réfutations prononcées par l’Iran étaient exactes, mais pas totalement véridiques dans leur contenu. Hossein Amirabdollahian, le ministre des affaires étrangères, a reconnu que la « partie au sujet des drones est exacte ; nous avons livré à la Russie des drones en faible nombre des mois avant la guerre en Ukraine. »

Et le ministre d’ajouter la réserve selon laquelle « ce tapage provoqué par certains pays occidentaux, selon lequel l’Iran aurait livré des missiles et des drones à la Russie pour aider à la guerre en Ukraine — la partie concernant les missiles est totalement fausse. »

Quel que soit le niveau de perfectionnement technologique des drones iraniens, cela n’a pas changé la donne pour la Russie dans la guerre en Ukraine. L’efficacité des missiles provenant directement de Russie surprend jusqu’aux experts occidentaux, qui avaient prédit il y a des mois que la Russie était en train d’« épuiser » son stock. De fait, les frappes de missiles peuvent se poursuivre jusqu’à l’effondrement de l’Ukraine, jusqu’à ce que l’Occident ne trouve plus d’interlocuteur significatif parmi les décombres de Kiev.

La Russie et l’Iran semblent s’être englués dans une controverse inutile. Il semble qu’à l’image de la rétro-ingénierie pratiquée par l’Iran sur les technologies de drones étasuniens, les Russes ont plutôt bien réussi à copier les drones iraniens kamikazes dont elle disposait dans son inventaire avant l’opération militaire spéciale lancée en Ukraine. Kiev affirme désormais, après avoir examiné les débris des drones russes qu’elle a pu abattre, que ceux-ci comportaient même des composants ukrainiens !

Il va de soi que l’industrie de défense russe a recueilli des éléments de technologie iranienne, d’autres éléments de technologie ukrainienne, et en a sorti un surprenant « modèle russe ». Voilà qui explique sans doute le sophisme dans la constante réponse de Moscou qui affirme n’avoir pas utilisé de drones iraniens.

Un agent de police inspecte les morceaux d’un drone sur le site d’une frappe russe au niveau d’infrastructures de stockage de carburant, en Ukraine, le 6 octobre 2022.

Amirabdollahian a révélé que l’Iran a proposé d’expliquer la situation aux autorités ukrainiennes, et une réunion a même été organisée en Pologne pour levers les incompréhensions et rétablir les liens diplomatiques entre l’Iran et Kiev, mais les États-Unis l’ont fait échouer. De toute évidence, les États-Unis ne sont pas intéressés par une normalisation des relations entre l’Ukraine et l’Iran. Israël a également intérêt à maintenir l’Iran à distance de Kiev. Les États-Unis et Israël pourraient craindre qu’une forte présence diplomatique iranienne à Kiev puisse œuvrer en faveur de la Russie.

Quoi qu’il en soit, il va y avoir des conséquences au point qu’a admis honnêtement Amirabdollahian. L’Iran a pu se laisser emporter par le sentiment exaltant d’avoir vu une super-puissance s’abaisser à repiquer dans ses technologies militaires, et qui plus est, a savouré le haut niveau de publicité apporté à ses drones — sans parler de l’embarras ressenti par les parrains occidentaux de l’Ukraine qui ont assisté impuissants à la panique créée par ces drones utilisés à grande échelle.

Mais l’Iran a compris avec un certain retard les répercussions politiques et diplomatiques potentielles de toute cela. En réalité, tout ce « raffut », comme le nomme Amirabdollahian, découle du refus manifesté par Téhéran de signer le projet d’accord nucléaire de l’UE à Vienne, ce qui a enragé Bruxelles et Washington, et douché leurs espoirs de voir le pétrole iranien venir à la rescousse de l’Europe en remplaçant les importations russes qui doivent être terminées lors du forum économique mondial du 5 décembre.

Une fois de plus, les États-Unis comptaient sur un accroissement de la production pétrolière iranienne pour introduire des tensions au sein de l’OPEC, afin de diviser le cartel.

Selon un rapport paru dans le journal Spiegel, l’Allemagne ainsi que huit États de l’UE ont défini un nouveau paquet de sanctions contre l’Iran ce mercredi à Bruxelles, comptant 31 propositions ciblant des dirigeants et des entités en Iran en lien avec le domaine de la sécurité ainsi que des entreprises, pour leurs « violence et répression » en Iran. Alibi avancé : des violations des droits de l’homme.

Il est évident que l’Occident est revenu à sa tactique de persécution. Le président Biden a promis de « libérer l’Iran » de son système politique en place — bien que les étasuniens sachent, de par les expériences passées, que les manifestations publiques sont monnaie courante en Iran, mais qu’un changement de régime relève du rêve éveillé.

Pourquoi l’Occident ressuscite-t-il le « problème iranien » à ce stade ? Deux raisons sous-jacentes existent, peut-être trois. La première est la victoire de Benjamin Netanyahu dimanche dernier aux élections, qui garantit en pratique que la rivalité existentielle entre Israël et l’Iran se trouve une fois de plus au centre du jeu politique de l’Asie occidentale. Si cela n’a pas lieu, Netanyahu va subir des pressions pour répondre au problème fondamental de l’Asie occidentale, qui est le problème palestinien.

En l’état des choses, le « problème iranien » va revenir au centre du jeu politique de l’Asie occidentale. Les intérêts convergent entre Tel Aviv et Washington pour cela, à un moment où des frictions vont inévitablement se produire dans les relations États-Unis-Israël, et l’alliance raciste, sioniste, religieuse et anti-arabe, dernière coalition montée par Netanyahu, contient des éléments jadis considérés comme terroristes par les États-Unis. Brandir le fouet avec exaltation en direction de l’Iran s’avère utile, aussi bien pour Israël que pour les États-Unis.

Mais d’un autre côté, Netanyahu est assez réaliste pour savoir qu’il serait suicidaire de la part d’Israël d’attaquer militairement l’Iran sans un soutien étasunien, et deuxièmement, que l’administration n’a pas encore totalement abandonné tout espoir de conclure un accord nucléaire avec l’Iran.

Par conséquent, dans l’hypothèse ou les élections de mi-mandat changeraient radicalement le profil du Congrès au détriment de l’administration Biden, on peut faire confiance à Netanyahu pour introduire le sujet du nucléaire iranien comme sujet clé de la politique intérieure étasunienne et des relations entre les États-Unis et Israël.

On trouve un autre facteur du problème avec la trajectoire que prend la guerre en Ukraine. Bien que la guerre par mandataire interposé soit dans sa dernière ligne droite et que les États-Unis ainsi que l’OTAN envisagent la destruction de l’Ukraine, l’administration Biden ne peut pas perdre ainsi la face et s’humilier, car on est ici en Europe, et pas dans l’Hindou Kouch, et le destin du système d’alliance occidentale est à une croisée des chemins.

Il est presque certain que des soldats étasuniens soient apparus sur le sol ukrainien, et on ne peut les considérer que comme des « éléments avancés ». Est-ce que l’Ukraine va se transformer en une nouvelle Syrie, avec ses régions à l’Ouest de la rivière Dnieper — « le Rump » sans ressources naturelles — mises sous occupation étasunienne afin que les alliés de l’OTAN à la périphérie de l’Ukraine ne se jettent pas dans la bagarre, avec l’alibi des tensions ethniques dormantes héritées de l’histoire, pour s’attribuer leur part de carcasse ? Ou bien, est-ce qu’une « coalition de volontaires » menée par les États-Unis se préparerait à se battre pour de bon contre des soldats russes en Ukraine de l’Est et du Sud ?

Quoi qu’il en soit, le fait est que les liens stratégiques en développement entre l’Iran et la Russie vont rester un point central pour l’Occident, nonobstant la « clarification » réalisée par Amirabdollahian. Il est tout à fait naturel au vu des sanctions que les relations extérieures de la Russie figurent au centre de l’attention des États-Unis. L’Iran a un historique notable quant à dénigrer la stratégie de la « pression maximale ».

Pour dire les choses de manière différente, disposer de l’Iran comme allié va constituer un actif stratégique pour la Russie dans une topologie multipolaire. L’Iran et l’Union économique eurasiatique ont décidé de négocier un Accord de libre échange, alors que Téhéran travaille également à des accords d’échange impliquant du pétrole russe. Autrement dit, les Européens peuvent conserver leur SWIFT pour ce que bon leur semble, cela n’impactera en rien la Russie ou l’Iran. Le reste du monde regarde les événements se produire en temps réel, surtout aux abords de l’Iran, où l’on achète encore le pétrole en dollars.

Il est également clair à ce stade, aux yeux des États-Unis et de leurs alliés, que JCPOA ou non, l’inclinaison vers la Russie et la Chine constitue la version iranienne du Dôme de Fer israélien, en matière diplomatique. Le thème sous-jacent en est que l’Iran se transforme en modèle pour la région du Golfe persique, comme l’indique la longueur de la file d’attente devant l’Organisation de Coopération de Shanghai, alors même que la voie parallèle des Accords Abraham a disparu dans le bassin endoréique de la péninsule arabe.

M. K. BHADRAKUMAR est un ancien diplomate de nationalité indienne, dont la carrière diplomatique a trois décennies durant été orientée vers les pays de l’ancienne URSS, ainsi que le Pakistan, l’Iran et l’Afghanistan. Il a également travaillé dans des ambassades indiennes plus lointaines, jusqu’en Allemagne ou en Corée du Sud. Il dénonce la polarisation du discours officiel ambiant (en Inde, mais pas uniquement) : « vous êtes soit avec nous, soit contre nous »

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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