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Hier — 26 mai 2022les 7 du quebec

Non, ce n’est pas la guerre en Ukraine qui provoque la crise alimentaire mondiale

Par Moon of Alabama – Le 21 mai 2022

La Russie est accusée à tort de bloquer les ports maritimes de l’Ukraine et d’aggraver ainsi une pénurie alimentaire mondiale :

 

Les Nations unies ont averti que la guerre en Ukraine contribue à alimenter une crise alimentaire mondiale qui pourrait durer des années si elle n’est pas maîtrisée, alors que la Banque mondiale a annoncé un financement supplémentaire de 12 milliards de dollars pour atténuer ses « effets dévastateurs ».

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré que les pénuries de céréales et d’engrais causées par la guerre, le réchauffement des températures et les problèmes d’approvisionnement liés aux pandémies menaçaient de faire basculer des dizaines de millions de personnes dans l’insécurité alimentaire.

S’exprimant lors d’une réunion de l’ONU à New York sur la sécurité alimentaire mondiale, il a déclaré que ce qui pourrait s’ensuivre serait « la malnutrition, la faim de masse et la famine, à cause d’une crise qui pourrait durer des années »Lui et d’autres personnes exhortent la Russie à libérer les exportations de céréales ukrainiennes. …

Avant l’invasion de février, l’Ukraine était considérée comme le grenier du monde, exportant 4,5 millions de tonnes de produits agricoles par mois via ses ports – 12 % du blé de la planète, 15 % du maïs et la moitié de l’huile de tournesol.

Mais les ports d’Odessa, de Chornomorsk et d’autres étant coupés du monde par les navires de guerre russes, l’approvisionnement ne peut se faire que par des routes terrestres encombrées et bien moins efficaces.

Ce n’est pas la Russie qui retient les céréales ukrainiennes ou qui bloque ses ports maritimes. L’Ukraine le fait d’elle même. Comme le rapporte le quartier général russe de coordination conjointe de la réponse humanitaire en Ukraine :

75 navires étrangers, originaire de 17 pays, sont bloqués dans 7 ports ukrainiens (Kherson, Nikolaev, Chernomorsk, Ochakov, Odessa, Yuzhniy et Mariupol). La menace de bombardements et le danger élevé de mines installées par Kiev dans ses eaux intérieures et sa mer territoriale empêchent les navires de quitter les ports en toute sécurité et d’atteindre la haute mer.

En confirmation de cela, la Fédération de Russie ouvre tous les jours de 08h00 à 19h00 (heure de Moscou) un corridor humanitaire, qui est une voie sûre au sud-ouest de la mer territoriale de l’Ukraine, longue de 80 miles nautiques et large de 3 miles nautiques.

Des informations détaillées en anglais et en russe sur le modus operandi du corridor humanitaire maritime sont diffusées quotidiennement toutes les 15 minutes sur la radio VHF 14 et 16 des chaînes internationales, en anglais et en russe.

Dans le même temps, les autorités de Kiev continuent d’éviter de dialoguer avec les représentants des États et les armateurs pour résoudre la question de la garantie du passage en toute sécurité des navires étrangers vers la zone de rassemblement.

Le danger pour la navigation que représentent les mines ukrainiennes dérivant le long des côtes des États de la mer Noire demeure.

La Fédération de Russie prend toute une série de mesures pour assurer la sécurité de la navigation civile dans les eaux de la mer Noire et de la mer d’Azov.

Vous pourriez dire que ce n’est que de la propagande russe. Mais non, ce n’est pas le cas. L’Organisation maritime internationale (OMI) a publié des rapports sur la sécurité et la sûreté maritimes dans la mer Noire et la mer d’Azov :

Au début du conflit, environ 2000 marins étaient bloqués à bord de 94 navires dans les ports ukrainiens. Depuis, 10 navires ont quitté la mer d’Azov en toute sécurité et il reste 84 navires marchands, avec près de 450 marins à bord. …

Le Conseil (C/ES.35), le 10 et 11 mars, a convenu d’encourager la mise en place, à titre de mesure provisoire et urgente, d’un couloir maritime bleu sécurisé pour permettre l’évacuation en toute sécurité des marins et des navires des zones à haut risque de la mer Noire et de la mer d’Azov vers un lieu sûr afin de protéger la vie des marins, et d’assurer la mobilisation et la navigation commerciale des navires ayant l’intention d’utiliser ce couloir en évitant les attaques militaires, en protégeant et sécurisant le domaine maritime. …

La Fédération de Russie a informé l’OMI qu’elle avait établi un corridor humanitaire, afin d’assurer l’évacuation en toute sécurité des navires une fois sortis des eaux territoriales de l’Ukraine. Malgré cette initiative, il subsiste de nombreux problèmes de sûreté et de sécurité qui entravent l’accès au couloir et la possibilité pour les navires de quitter leur poste à quai dans les ports ukrainiens.

Les ports ukrainiens sont au niveau 3 de MARSEC (sécurité maritime) et restent fermés à l’entrée et à la sortie. Des mines marines ont été posées dans les approches des ports et certaines sorties de port sont bloquées par des barges et des grues coulées. De nombreux navires n’ont plus suffisamment d’équipage à bord pour pouvoir naviguer.

L’Ukraine a également fourni ses conditions préalables à l’évacuation en toute sécurité des navires de ses ports. Ces conditions comprennent la fin des hostilités, le retrait des troupes et la garantie de la liberté de navigation dans la mer Noire et la mer d’Azov, y compris la réalisation d’activités de déminage avec la participation des États riverains de la mer Noire.

Le niveau MARSEC d’un port est déterminé par les autorités locales. L’Ukraine interdit tout simplement aux navires d’entrer ou de sortir des ports qu’elle contrôle. Elle les a pris en otage et formule des exigences déraisonnables pour leur libération.

Elle a également posé quelque 400 mines ancrées autour d’Odessa, qui sont si vieilles que certaines d’entre elles se sont détachées de leurs chaînes et ont dérivé vers le sud en direction de la Turquie.

Entre-temps, les navires étrangers qui avaient été retenus par l’Ukraine à Marioupol ont pu partir, depuis que la Russie a pris la ville et son port.

Le secrétaire général des Nations unies, M. Guterres, sait certainement tout cela. Le fait qu’il accuse la Russie d’avoir provoqué un blocus montre seulement qu’il n’honore pas la neutralité que sa position exige.

La pénurie alimentaire mondiale existe d’ailleurs depuis le début de l’année 2021. Elle n’a pas été causée par la crise ukrainienne, mais, comme l’indique un rapport d’octobre 2021, par des prix élevés suite à des perturbations de la chaîne d’approvisionnement pendant la pandémie :

La pénurie alimentaire dans le monde n’est pas seulement due à des problèmes de chaîne d’approvisionnement. Selon une enquête téléphonique rapide réalisée par la Banque mondiale dans 48 pays, un nombre important de personnes sont à court de nourriture ou réduisent leur consommation. Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint leur plus haut niveau depuis dix ans, en raison de la hausse des prix des céréales et des huiles végétales. Malgré une consommation record de céréales, une pénurie est prévue sur la base de projections de consommation plus élevées.

Les accusations de M. Guterres sont un copié-collé des remarques faites par le secrétaire d’État américain Anthony Blinken lors d’une interview :

Blinken : L’Ukraine est l’un des principaux producteurs de blé, entre autres, dans le monde. La Russie, bien sûr, est elle-même un grand producteur. Et en Ukraine, il y a littéralement des dizaines de millions de tonnes de blé qui sont bloquées parce que la Russie bloque les ports ukrainiens. Il y a environ 85 navires en ce moment avec des céréales, du blé à l’intérieur. Ils ne peuvent pas sortir. Il y a encore 22 millions de tonnes de blé dans des silos près des ports qui ne peuvent pas partir.

Blinken ment à propos du blocus des ports. D’ailleurs, l’Ukraine exporte actuellement du blé par chemin de fer, par barges sur le Danube, puis par le port roumain de Constanta. Ce blé est toutefois susceptible d’aller vers Europe.

Blinken ment également au sujet des engrais :

Blinken : La raison en est qu’il y a aussi une pénurie d’engrais, car une grande partie est produite dans la région. Cela signifie que lorsque les agriculteurs pensent aux cultures de l’année prochaine, s’ils n’ont pas d’engrais, les rendements vont baisser. Il y aura donc encore moins de nourriture sur le marché et les prix augmenteront encore plus.

La Russie et le Belarus sont de gros producteurs d’engrais. Ni l’un ni l’autre n’a été empêché de produire par la guerre. Il n’y a donc pas de pénurie. La seule raison pour laquelle les États-Unis et les pays « occidentaux » n’obtiendront pas d’engrais de ces pays, ce sont les sanctions qu’ils ont décrétées contre ces pays.

Ce passage de l’interview de Blinken comporte un élément comique :

Q : Vous étiez à Kiev récemment, il y a environ un mois, et vous aviez dit que la Russie échoue et que l’Ukraine réussit. Quelle est votre évaluation aujourd’hui ?

Blinken : C’est toujours le cas. Voici ce qui est important : l’objectif numéro un de Poutine en entrant en Ukraine était d’empêcher son indépendance, sa souveraineté, de ramener complètement l’Ukraine dans le giron russe, de l’intégrer, d’une certaine manière, à la Russie. Cela a déjà échoué.

Comment Blinken pourrait-il savoir quel était ou quel est l’objectif numéro un de Poutine ? S’est-il mis dans la tête de Poutine ? Poutine lui-même a donné les raisons du lancement de l’opération dans son discours du jour de la Victoire. L’indépendance de l’Ukraine n’y a jamais été remise en question.

La question suivante après que Blinken se soit mis dans la tête de Poutine est celle-ci :

Q : Comment a-t-il pu se tromper à ce point ? Comment a-t-il pu faire une telle erreur de calcul ?

Blinken : Il est très difficile de se mettre complètement dans la tête de quelqu’un d’autre.

Ouais. C’est bien ce que je pensais.

Q : Qu’est-ce que vous entendez en matière de renseignements ?

Blinken : Eh bien, nous avions, bien sûr, de très bonnes informations sur l’agression planifiée par la Russie en premier lieu, que nous avons partagées avec le monde. Beaucoup de gens étaient sceptiques. Et c’est l’une de ces choses où, comme je l’ai dit, j’aurais aimé que nous ayons eu tort, mais nous avons eu raison. …

Lorsque, durant l’hiver 2021, Biden mettait en garde contre une « invasion russe imminente » de l’Ukraine, il ne savait pas quels étaient les plans de la Russie. Ce qu’il savait par contre, c’est que l’Ukraine préparait, avec l’aide des États-Unis, une attaque généralisée contre les républiques du Donbass, en février 2022.

Biden savait qu’aucun politicien russe ne pourrait rester en retrait si cela devait se produire. Lorsque vous savez à quelle date une guerre va commencer, il est bien sûr facile de prédire quand la réponse à cette guerre aura lieu.

À partir du 16 février, les attaques d’artillerie ukrainiennes sur le Donbass sont passées de quelques dizaines par jour à plus de 2 000 par jour, comme l’a noté et rapporté la mission d’observation spéciale de l’OSCE. Ce sont ces préparatifs d’artillerie pour une attaque en règle qui ont poussé la Russie à lancer une opération préventive en Ukraine.

Cela est confirmé par un récent bulletin d’information russe sur la libération d’Azovstal (traduction automatique) :

L’opération [russe] [en Ukraine] a commencé avec en toile de fond la situation dans le Donbass qui s’est aggravée à la mi-février. Les autorités de la RPD et de la RPL ont fait état d’une intensification des bombardements par les troupes ukrainiennes, ont annoncé l’évacuation des civils en Fédération de Russie et ont demandé la reconnaissance de leur indépendance. Le 21 février, Poutine a signé les décrets correspondants.

Encore une fois :

  • Il y avait et il y a toujours une crise alimentaire mondiale parce que la nourriture est devenue inabordable pour certaines personnes.
  • La guerre en Ukraine n’est pas à l’origine de la crise alimentaire.
  • La Russie ne bloque pas les ports ukrainiens.
  • L’Ukraine pourrait exporter davantage de blé si elle autorisait les navires à quitter ses ports.
  • Poutine n’a jamais remis en question l’indépendance de l’Ukraine.
  • La raison de cette guerre était l’attaque ukrainienne planifiée et préparée contre le Donbass.

Tout ce qui dit le contraire n’est que de la propagande.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

 

Le problème de l’Amérique n’est pas le contrôle des armes à feu!

Le problème de l’Amérique ce n’est pas le contrôle plus ou moins sévère de la vente des armes à feu de poing ou à tir rapide…LE problème de l’Amérique c’est le désespoir de tout un peuple soumis à la déchéance d’une société sclérosée. Le capitalisme décadent emportera la Maison États-Unis et sa folie…

Par James Howard Kunstler – Le 16 mai 2022 – Source kunstler.com

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Il ne fait apparemment aucun doute qu’un certain Peyton Gendron, 18 ans, est parti à la chasse aux Noirs à Buffalo, dans l’État de New York, et qu’il a soigneusement documenté son crime à chaque étape, de la rédaction d’un manifeste en forme de livre à la reconnaissance du lieu du crime au supermarché Topps, en passant par l’installation d’une caméra vidéo GoPro sur son front pour enregistrer son acte diabolique, qui a fait 10 morts et trois blessés.

 

Gendron est un cadeau pour le régime de « Joe Biden », qui avait besoin de preuves pour étayer son affirmation selon laquelle l’Amérique est infestée de « suprémacistes blancs » qui, comme l’a déclaré à plusieurs reprises le « président », constituent la « plus grande menace » pour le pays. Les morts de Buffalo serviront-ils de George Floyd cette année, déclenchant un nouvel été d’émeutes sanctionnées tacitement par le parti au pouvoir ? Qui sait ? Il est certain que cela galvanisera des gens comme Alejandro Mayorkas (département de la sécurité intérieure) et Nina Jankowicz (chef du Disinfo Governance Board) dans leurs efforts pour annuler toute personne située à droite du centre sur le transect politique et normaliser la suppression de la parole.

Mais comme pour la plupart des problèmes actuels, le récit officiel est en décalage avec la réalité. Ce que nous avons en Amérique, c’est du chaos et des meurtres dans toutes les directions raciales. Le lendemain du jour où Gendron a tiré sur le Topps, un homme asiatique d’une soixantaine d’années, qui n’a pas encore été nommé, a tiré sur une église taïwanaise près du Disneyland californien, tuant une personne et blessant grièvement quatre autres, les victimes étant toutes des Asiatiques âgés. Et la même nuit que le massacre de Buffalo, 23 personnes ont été blessées lors de trois fusillades successives autour de la salle de basket des Milwaukee Bucks dans cette ville. (Il y a quelques semaines, un maniaque noir du nom de Frank James, 60 ans, a tiré sur une rame de métro de Brooklyn, blessant dix personnes de différentes races. Le tireur avait publié sur Facebook de nombreuses diatribes contre les Blancs, les Hispaniques et même les Noirs. Les médias ont enfoui cette histoire dans leurs trous de mémoire en moins de 48 heures.

 

Le tireur du métro de New York sera poursuivi pour «attaque terroriste» | JDQ

Et, bien sûr, il y a eu l’événement de la fin novembre 2021, au cours duquel le criminel et malade mental Darrell Brooks Jr, 39 ans, a délibérément précipité un SUV Ford Escape dans la parade de Noël annuelle de Waukesha, dans le Wisconsin, tuant six personnes blanches et en blessant 62, dont de nombreux enfants. Brooks avait un casier judiciaire de 50 pages et avait publié de nombreux messages sur les médias sociaux appelant à la violence contre les Blancs, saluant même Adolf Hitler pour avoir persécuté les Juifs. Il a plaidé non coupable et son procès est prévu pour octobre. Les journaux et les chaînes de télévision câblées ont abandonné l’histoire après quelques jours.

 

Waukesha Christmas tragedy: Darrell Brooks beat up ex moments before driving through parade, documents say | Fox News

 

« Joe Biden » se rendra mardi à Buffalo pour présenter ses condoléances aux familles des victimes de la fusillade de Topps. (Il ne s’est pas rendu à Waukesha en novembre dernier, ni à New York en avril). Il semble que les journaux et les chaînes d’information câblées vont continuer à diffuser l’histoire de Buffalo, l’exploitant pour alimenter le récit selon lequel seul le parti Démocrate se soucie des Noirs et peut les sauver de la « suprématie blanche ». Cette fois, cependant, plus ils pousseront, plus les esprits risquent de se révolter.

Nous ne sommes pas en 2020. Le public est peut-être mieux vacciné aujourd’hui contre les provocations du gouvernement et la manipulation des esprits qu’il ne l’est contre les virus de la Covid-19. Comme l’a fait remarquer le sénateur Rand Paul (R-KY) la semaine dernière lors de son colloque avec le secrétaire Mayorkas, « Savez-vous qui est le plus grand propagateur de désinformation de l’histoire du monde ? Le gouvernement américain. » Le sénateur Paul est sur la bonne voie. Au cours de cette audition, il a demandé à M. Mayorkas si les propos tenus sur le Covid 19 dans les médias sociaux pouvaient faire l’objet d’une action officielle de « désinformation » de la part de son agence.

« J’ai dit un million de fois que les masques en tissu ne fonctionnent pas ; YouTube m’a censuré », a déclaré le sénateur Paul. « C’est une entreprise privée. Je peux avoir ce problème avec eux. Mais qu’en est-il de vous ? Vous allez regarder ça ? Je dis souvent que l’immunité naturelle due à l’infection est égale ou supérieure au vaccin. Vous allez démolir ça ? » Rand Paul est un médecin diplomé, soit dit en passant, et Alejandro Mayorkas ne l’est pas.

M. Mayorkas a répondu que si quelqu’un prétendait que les centres de vaccination « vendent en fait du fentanyl »« Dois-je rester les bras croisés ou dois-je diffuser des informations exactes ? » a-t-il demandé.

En réalité, bien sûr, cette hypothétique absurdité de fentanyl n’est pas ce qui est en cause dans les « vaccins » Covid-19. Ce qui est en fait en cause, c’est le fait maintenant établi que les produits ARNm appelés « vaccins » ne préviennent pas l’infection ou la transmission du Covid-19, et provoquent un large éventail de dommages aux personnes, provoquant l’invalidité et la mort dans, au moins, des dizaines de milliers de cas, ce qui est beaucoup en comparaison de toutes les normes médicales antérieures.

 

Le gouvernement n’a cessé de mentir à ce sujet. Et les médias d’information ont docilement relayé ces mensonges, de concert avec les géants pharmaceutiques qui produisent les « vaccins ». La gouverneure de mon État, Kathy Hochul, veut toujours, de façon idiote, rendre obligatoires les « vaccins » à ARNm pour les enfants. Pfizer a diffusé une publicité dans l’émission 60-Minutes de CBS dimanche soir, promettant qu’une nouvelle « vaccination » avec leur produit douteux « ouvrira le monde » aux gens. En fait, cela ne fera rien pour protéger les gens, mais favorisera plutôt l’évolution de nouvelles et différentes itérations de nouveaux coronavirus, et cela tuera et mutilera sûrement beaucoup plus de gens, y compris des petits enfants.

Avez-vous remarqué autre chose d’intéressant et d’étrange ces jours-ci ? Dans tous les reportages sur l’Ukraine, il n’a été absolument pas fait mention du Covid-19 en rapport avec les troubles de la guerre, où l’on pourrait penser que la faim, le froid, les blessures et la saleté compromettent de nombreux systèmes immunitaires. Bizarre, un peu, hein ? Est-ce que ça a juste cessé d’exister ?

La « suprématie blanche » est le bouclier universel du régime de « Joe Biden » contre les conséquences de ses insultes à la réalité, y compris son rôle d’instigateur de cette guerre en Ukraine, sa création de tout le fiasco autour du Covid-19, depuis le laboratoire de Wuhan jusqu’à aujourd’hui, ses politiques qui induisent une inflation monétaire inconsidérée, sa négligence délibérée de la gestion des frontières, et sa corruption monumentale. Regardez-les essayer de courir avec ça aux fesses.

 

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

 

Les subtilités de la rhétorique gauchiste pro-occidentale en Ukraine

Par Edward CURTIN.    Commentaires

Source »» https://reseauinternational.net/les-subtilites-de-la-rhetorique-gauchi…

Le fait déconcertant est que de nombreux intellectuels de gogauche « respectés » (sic) sont en réalité les gardiens de l’empire. Opposition contrôlée. Chez de telles personnes, l’anticommunisme est profond et des demi-vérités sont habilement brandies pour prétendre à une impartialité élevée.

Chomsky : Maître de la demi-vérité (pendant 40 ans dans les rangs de la gauche opportuniste et réformiste. NDÉ). Il blâme et sauve souvent l’empire dans un même souffle. «Un fléau sur vos deux maisons» – tel que pratiqué par lui et d’autres personnes de stature publique (bourgeoise) similaire – reste une posture sournoise, typique des libéraux, (des Bobos gauchisants et autres chiendents NDÉ) et non des véritables anti-impérialistes.

Alors que les médias dits libéraux et conservateurs – tous à la solde des agences de renseignement – déversent la propagande la plus flagrante sur la Russie et l’Ukraine, si évidente qu’elle en deviendrait comique si elle n’était pas si dangereuse, les connaisseurs autoproclamés ingèrent également des messages plus subtils, souvent issus des médias alternatifs (le prolétariat nous en préserve. ).

Une femme que je connais et qui est au courant de mes analyses sociologiques de la propagande m’a contacté pour me dire qu’il y avait un excellent article sur la guerre en Ukraine dans The Intercept, une publication en ligne financée par le milliardaire Pierre Omidyar que je considère depuis longtemps comme un exemple majeur de reportage trompeur où la vérité est mélangée à des mensonges pour véhiculer un récit « libéral » qui soutient fondamentalement les élites dirigeantes tout en semblant les combattre. Cela n’a rien de nouveau, bien sûr, puisque c’est le modus operandi de tous les médias institutionnels, chacun à sa manière idéologique et malhonnête, comme le New York Times, CBS, le Washington Post, le New York Daily News, Fox News, CNN, NBC, etc. depuis très longtemps (il n’est jamais trop tard pour se réveiller. NDÉ).

Néanmoins, par respect pour son jugement et sachant combien elle se sent profondément concernée par toutes les personnes qui souffrent, j’ai lu l’article. Écrit par Alice Speri, son titre semblait ambigu – «La gauche en Europe fait face à la résurgence de l’OTAN après l’invasion de l’Ukraine par la Russie» – jusqu’à ce que je voie le sous-titre qui commence par ces mots : «L’invasion brutale de la Russie complique…» Mais j’ai continué à lire. Au quatrième paragraphe, il est devenu clair où cet article voulait en venir. Speri écrit que «En Ukraine, par contraste [avec l’Irak], c’était la Russie qui avait organisé une invasion illégale et non provoquée, et le soutien à l’Ukraine par les États-Unis était considéré par beaucoup comme crucial pour éviter des atrocités encore pires que celles que l’armée russe avait déjà commises.»

Alors qu’il s’agit ostensiblement de militants européens anti-guerre et anti-OTAN pris dans un dilemme, l’article poursuit en affirmant que si les États-Unis et l’OTAN se sont rendus coupables d’une expansion injustifiée pendant de nombreuses années, la Russie a été un agresseur en Ukraine et en Géorgie et est coupable de terribles crimes de guerre, etc.

Il n’y a pas un mot sur le coup d’État fomenté par les États-Unis en 2014, ni sur les mercenaires soutenus par la CIA et le Pentagone en Ukraine, ni sur leur soutien au bataillon néonazi Azov et aux années d’attaques de l’Ukraine dans le Donbass où plusieurs milliers de personnes ont été tuées. On suppose que ces actions ne sont pas criminelles ou ne sont pas des provocations. Et il y a ceci :

« La réponse hésitante des militants pacifistes européens est à la fois le reflet d’une invasion brutale et non provoquée qui a stupéfié le monde (sic) et celui d’un mouvement anti-guerre qui s’est réduit et marginalisé au fil des ans. La gauche, tant en Europe qu’aux États-Unis, a eu du mal à répondre à une vague de soutien à l’Ukraine qui va à l’encontre des efforts déployés depuis des décennies pour libérer l’Europe d’une alliance militaire dirigée par les États-Unis. »

En d’autres termes, l’article, couché dans une rhétorique anti-guerre, était une propagande anti-Russie. Lorsque j’ai fait part de mon analyse à mon amie, elle a refusé d’en discuter et s’est mise en colère contre moi, comme si j’étais donc un partisan de la guerre. J’ai constaté que c’est une réaction courante. (En effet, l’auteur est un partisan de la guerre réactionnaire – du côté russo-chinois du conflit – alors que d’autres bobos opportunistes sont favorables au côté USA-OTAN de la force. NDÉ).

Les gens passent si souvent à côté des contre-vérités contenues dans des articles qui sont en grande partie véridiques et exacts. Je le remarque constamment. Elles sont comme de petites graines glissées dans l’article en espérant que personne ne s’en rende compte ; elles opèrent leur magie presque inconsciemment. Peu de gens les remarquent, car elles sont souvent imperceptibles. Mais elles ont leurs effets, sont cumulatives et sont bien plus puissantes au fil du temps que les déclarations fracassantes qui rebuteront les gens, surtout ceux qui pensent que la propagande ne fonctionne pas sur eux. C’est le pouvoir d’une propagande réussie, qu’elle soit intentionnelle ou non. Elle fonctionne particulièrement bien sur les personnes « intellectuelles » et très éduquées.

Par exemple, dans une interview récente, Noam Chomsky, après avoir été présenté comme un Galilée, un Newton et un Descartes des temps modernes, parle de la propagande, de son histoire, de Edward Bernays, de Walter Lippman, etc. Ce qu’il dit est historiquement exact et instructif pour quiconque ne connaît pas cette histoire. Il parle avec sagesse de la propagande des médias étasuniens concernant leur guerre non provoquée contre l’Irak et il qualifie avec précision la guerre en Ukraine de « provoquée ». Et ensuite, concernant la guerre en Ukraine, il lâche cette déclaration surprenante :

« Je ne pense pas qu’il y ait des « mensonges significatifs » dans les reportages de guerre. Les médias américains font généralement un travail très honorable en rapportant les crimes russes en Ukraine (sic). C’est précieux, tout comme il est précieux que des enquêtes internationales soient en cours en vue d’éventuels procès pour crimes de guerre. »

En l’espace d’un battement de cil, Chomsky dit quelque chose de si incroyablement faux qu’à moins de le considérer comme un Galilée des temps modernes, ce que beaucoup font, cela peut passer pour vrai et vous passerez sans problème au paragraphe suivant. Pourtant, c’est une déclaration si fausse qu’elle en devient risible. La propagande médiatique concernant les événements en Ukraine a été si manifestement fausse et ridicule qu’un lecteur attentif s’arrêtera tout de suite et pensera : est-ce qu’il vient de dire ça ?

Chomsky considère donc maintenant que les médias, tels que le New York Times et ses semblables, qu’il a correctement fustigés pour avoir fait de la propagande pour les États-Unis en Irak et au Timor oriental, pour ne citer que deux exemples, font « un travail très honorable en rapportant les crimes russes en Ukraine », comme si, soudain, ils n’étaient plus les porte-parole de la CIA et de la désinformation étasunienne. Et il dit cela alors que nous sommes au milieu du plus grand blitz de propagande depuis la Première Guerre mondiale, avec sa censure, son Disinformation Governance Board (conseil de gouvernance de la désinformation) traquant les dissidents, qui frôlent la parodie de 1984 de Orwell.

Il est encore plus malin lorsqu’il affirme avec désinvolture que les médias font du bon travail en rapportant les crimes de guerre de la Russie, alors qu’il a déjà dit ceci à propos de la propagande :

« Ainsi, ça continue. En particulier dans les sociétés plus libres, (sic) où les moyens de violence de l’État ont été limités par l’activisme populaire, il est très important de concevoir des méthodes de fabrication du consentement et de s’assurer qu’elles sont bien assimilées, devenant aussi invisibles que l’air que nous respirons, notamment dans les cercles éduqués et structurés. L’imposition de mythes de guerre est une caractéristique régulière de ces entreprises. » (Ajoutons que le fascisme est l’accomplissement de la démocratie bourgeoise sous le totalitarisme et le militarisme. NDÉ).

 

C’est tout simplement magistral. Expliquer comment la propagande atteint les sommets et comment s’y opposer, puis en glisser un soupçon dans son analyse. Et pendant qu’il y est, Chomsky s’assure de faire l’éloge de Chris Hedges, l’un de ses disciples, qui a lui-même récemment écrit un article – “ L’âge de l’auto-illusion ” – qui contient également des points valables faisant appel à ceux qui en ont assez des guerres, mais qui aussi contient les mots suivants :

« Le revanchisme de Poutine est égalé par le nôtre. La désorganisation, l’inaptitude et le moral bas des conscrits de l’armée russe, ainsi que les échecs répétés du haut commandement russe en matière de renseignement, apparemment convaincu que la Russie écraserait l’Ukraine en quelques jours, révèlent le mensonge selon lequel la Russie est une menace mondiale. « L’ours russe s’est effectivement dégonflé », écrit l’historien Andrew Bacevich. Mais ce n’est pas une vérité que les faiseurs de guerre transmettent au public. La Russie doit être gonflée pour devenir une menace mondiale, malgré neuf semaines d’échecs militaires humiliants. »

Le revanchisme de la Russie ? Où ? Revanchisme ? Pour récupérer quel territoire perdu les États-Unis ont-ils jamais fait la guerre ? L’Irak, la Syrie, Cuba, le Vietnam, la Yougoslavie, etc. ? L’histoire des États-Unis n’est pas une histoire de revanchisme mais de conquête impériale, de saisie ou de contrôle de territoire, tandis que la guerre de la Russie en Ukraine est clairement un acte d’autodéfense après des années de provocations et de menaces EU/OTAN/Ukraine, ce que Hedges reconnaît. « Neuf semaines d’échecs militaires humiliants » ? – alors qu’ils contrôlent une grande partie de l’est et du sud de l’Ukraine, y compris le Donbass. Mais son faux message est subtilement tissé, comme celui de Chomsky, dans des phrases qui sont vraies.

« Mais ce n’est pas une vérité que les faiseurs de guerre communiquent au public. » Non, c’est exactement ce que les médias porte-parole des faiseurs de guerre – c’est-à-dire le New York Times (l’ancien employeur de Hedges, qu’il ne manque jamais de mentionner et pour qui il a couvert la destruction sauvage de la Yougoslavie par l’administration Clinton), CNN, Fox News, le Washington Post, le New York Post, communiquent chaque jour au public pour leurs maîtres. Des gros titres qui disent comment la Russie, tout en commettant des crimes de guerre quotidiens, échoue dans ses objectifs de guerre et que le héros mythique Zelensky mène les Ukrainiens à la victoire. Des propos selon lesquels « l’ours russe s’est effectivement dégonflé » présentés comme des faits.

Oui, ils gonflent le mythe du monstre russe, pour ensuite le percer avec le mythe de David battant Goliath.

Mais étant dans le domaine des jeux d’esprit (trop de cohérence conduit à la clarté et trahit le jeu), on peut s’attendre à ce qu’ils brouillent leurs messages de manière continue pour servir l’agenda étasunien en Ukraine et poursuivre l’expansion de l’OTAN dans la guerre non déclarée avec la Russie, pour laquelle le peuple ukrainien sera sacrifié. Orwell l’a appelé « double pensée » :

« La double pensée est au cœur même de l’Ingsoc, puisque l’acte essentiel du Parti est de recourir à la tromperie consciente tout en conservant la fermeté d’intention qui va de pair avec une honnêteté totale. Dire des mensonges délibérés tout en y croyant sincèrement, oublier tout fait devenu gênant, puis, lorsque cela devient nécessaire, le tirer de l’oubli juste le temps qu’il faut, nier l’existence de la réalité objective et, en même temps, tenir compte de la réalité que l’on nie – tout cela est indispensable… avec le mensonge toujours en avance sur la vérité. »

Révélant tout en dissimulant et en injectant des inoculations de contre-vérités qui n’obtiendront qu’une attention superficielle de la part de leurs lecteurs, les écrivains mentionnés ici et d’autres ont un grand attrait pour l’intelligentsia de gauche. Pour des gens qui vénèrent fondamentalement ceux qu’ils ont investis d’infaillibilité et de génie, il est très difficile de lire attentivement des phrases et de déceler l’arnaque. Le subterfuge est souvent très habile et fait appel au sentiment d’indignation des lecteurs face à ce qui s’est passé dans le passé – par exemple, les mensonges de l’administration de George W. Bush sur les armes de destruction massive en Irak.

Chomsky, bien sûr, est le chef de la meute, et ses disciples sont légion, y compris Hedges. Depuis des décennies, ils évitent ou soutiennent les versions officielles des assassinats de JFK et RFK, des attentats du 11 septembre 2001 qui ont directement conduit à la guerre contre le terrorisme et à tant de guerres d’agression, et de la récente propagande Covid-19 avec ses verrouillages (ses confinements déments et meurtriers. NDÉ) et ses répressions dévastatrices des libertés civiles. Ils sont loin d’être des amnésiques historiques, bien sûr, mais considèrent manifestement que ces événements fondateurs n’ont aucune importance, car sinon ils les auraient abordés. Si vous attendez d’eux des explications, vous attendrez longtemps.

Dans un article récent – “ How the organized Left got Covid wrong, learned to love Lockdowns and lost its Mind : an Autopsy ” – Christian Parenti écrit ceci à propos de Chomsky :

« La quasi-totalité de l’intelligentsia de gauche (petite bourgeoise opportuniste et réformiste NDÉ) est restée psychiquement bloquée en mars 2020. Ses membres ont applaudi la nouvelle répression de la biosécurité et traité de menteurs, d’escrocs et de fascistes tous ceux qui n’étaient pas d’accord. Généralement, ils l’ont fait sans même s’engager sur des preuves et en évitant le débat public. Parmi les plus visibles, citons Noam Chomsky, l’anarcho-syndicaliste autoproclamé qui a appelé les personnes non vaccinées à «se retirer de la société» et a suggéré que l’on devrait les laisser mourir de faim si elles refusaient de se soumettre.»

La critique de Parenti sur la réponse de la gauche (pas seulement celle de Chomsky et Hedges) au Covid s’applique également aux événements fondateurs mentionnés ci-dessus, ce qui soulève des questions plus profondes sur la pénétration de la CIA et de la NSA dans les médias en général, un sujet qui dépasse le cadre de cette analyse.

Pour ceux, comme la femme libérale qui m’a renvoyé à l’article de The Intercept, qui diraient sans doute de ce que j’ai écrit ici : Pourquoi vous en prendre aux gauchistes ? ma réponse est très simple.

Les agendas pernicieux de la droite et des néoconservateurs sont évidents ; rien n’est vraiment caché ; on peut et on doit donc s’y opposer. Mais de nombreux gauchistes servent deux maîtres et sont beaucoup plus subtils. Ostensiblement du côté des gens ordinaires et opposés à l’impérialisme et aux prédations des élites à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ils sont souvent les auteurs d’une rhétorique séduisante qui échappe à leurs partisans. Une rhétorique qui alimente indirectement les guerres auxquelles ils prétendent s’opposer.


À notre avis le problème de la révolution populaire ne se pose pas en termes de « gauche » ou de « droite » bourgeoise mais en termes de guerre réactionnaire impérialiste et de guerre populaire révolutionnaire, dilemme que ne peut résoudre le « pacifisme gauchiste ou droitiste ».

Voici un extrait du manifeste contre la guerre impérialiste, d’une brûlante actualité, publié en février 1915 par le groupe anarchiste (dont A. Berkman, E. Goldmann, E. Malatesta, D. Nieuwenhuis), pouvant servir de plateforme minimale de classe sur la question de la guerre:

« Aussi est-il naïf et puéril, après avoir multiplié les causes et les occasions de conflits, de chercher à établir les responsabilités de tel ou tel gouvernement. Il n’y a pas de distinction possible entre les guerres offensives et les guerres défensives. (…) Aucun des belligérants n’a le droit de se réclamer de la civilisation, comme aucun n’a le droit de se déclarer en état de légitime défense. (…) Quelle que soit la forme qu’il revête, l’État n’est que l’oppression organisée au profit d’une minorité de privilégiés. Le conflit actuel illustre cela de façon frappante : toutes les formes de l’État se trouvent engagées dans la guerre présente: l’absolutisme avec la Russie, l’absolutisme mitigé de parlementarisme avec l’Allemagne, l’État régnant sur des peuples de races bien différentes avec l’Autriche, le régime démocratique constitutionnel avec l’Angleterre, et le régime démocratique républicain avec la France. (…) Le rôle des anarchistes (des Révolutionnaires NDA), quels que soient l’endroit ou la situation dans lesquels ils se trouvent, dans la tragédie actuelle, est de continuer à proclamer qu’il n’y a qu’une seule guerre de libération: celle qui, dans tous les pays, est menée par les opprimés contre les oppresseurs, par les exploités contre les exploiteurs».

En complément je vous invite à lire ceci: Contre la Guerre Impérialiste, pour la Guerre de Classe – les 7 du quebec et ceci: Faisons la guerre à la guerre réactionnaire! – les 7 du quebec  et ceci: LETTRE OUVERTE CONTRE LA GUERRE IMPÉRIALISTE – les 7 du quebec et ceci: 5 QUESTIONS POUR COMPRENDRE JUSQU’OÙ IRA LA GUERRE EN UKRAINE – les 7 du quebec  et ceci: Guerre en Ukraine pour une pose dans la mondialisation – les 7 du quebec

INTERVIEW AVEC UN CAMMIONEUR

Mon ami, Éric, me dit qu’il est en route pour le Grand Rassemblement à Ottawa, le 29 Janvier, 2022. Les Cow-Boys de la route ouvrent la voie aux retours aux bons sens. Les OUTSIDERS, déconnectés de RADIO CANADA, prennent les choses en main appuiés par la classe moyenne qui diminue et les pauvres qui ont doublés depuis l’élection de Trudeau. Environ cent vingt milles camions lourds sont en route de PARTOUT au Canada et convergent vers l’entonnoir, la ville unilingue, la capitale du DOMINION du Canada.

Après la Grande Vague Grise du temps de Mulroney quand il a essayé de diminuer nos pensions, voici que l’histoire se répète. Un million de contestataires réclament LA LIBERTÉ! ON le sait, Trudeau. Tes chiffres mentent ! Et on va le prouver. Le FAKE NEWS de RADIO CANADA, que Trudeau contrôle, c’est fini ! Une nouvelle aire commence le 29 janvier. Vous en faites parti ? Pourquoi pas?

Fini les masques, les vaccins, la folie furieuse d’une fausse pandémie ! Le vrai score c’est 1 à 0 pour le peuple contre Trudeau qui n’a eu que 23% du vote aux dernières élections. Pour qui se prend-t-il pour nous garder enchaînés derrière une remorque chargée, mais sans roux.

On veut AVANCER vers un avenir éblouissant sans restrictions débiles, une vraie démocratie. Qui est pour?

Moi, Éric.

John Mallette
Le Poète Prolétaire

À partir d’avant-hierles 7 du quebec

Islande – Énorme mortalité supplémentaire due aux vaccins anticovid ARN

Par : do

http://mai68.org/spip2/spip.php?article11698

Islande : 30 % de décès supplémentaires au premier trimestre 2022 et presque le double des mort-nés et des décès infantiles en 2021

24 mai 2022

Von JÖRG WOLLSCHLÄGER

Cet article est originellement écrit en allemand. Je vous présente un traduction Google. L’original en allemand est reproduit dans un cadre au lien ci-dessus.

En Islande, il y a eu une augmentation du nombre de décès au premier trimestre 2022 de 30% par rapport au premier trimestre de l’année précédente 2021 ! Au cours des mois précédents à partir de décembre 2021, les soi-disant « vaccins de rappel » ont été administrés principalement aux personnes âgées anxieuses. Il y a une augmentation apparemment inexplicable du nombre de décès non seulement chez les personnes âgées, mais aussi chez les enfants à naître et les nourrissons depuis la campagne de vaccination du printemps 2021.

Par JÖRG WOLLSCHLÄGER

Dans la petite nation insulaire de l’Atlantique Nord qui compte un peu plus de 360 ​​000 habitants, 28% d’insulaires de plus sont décédés entre janvier et mars 2022 que lors de la première moyenne trimestrielle des cinq années précédentes. C’était 760 personnes. Au cours de la période de 5 ans mentionnée, il y en avait en moyenne 592 au premier trimestre. Les nombres absolus variaient entre un minimum de 560 et un maximum de 620 décédés.

L’épidémiologiste en chef islandais Thorolfur Gudnason l’explique avec les décès de Covid, mais les statistiques n’en comptent que 64 comme décès de Covid. Ces chiffres doivent être remis en question, car, comme dans la plupart des autres régions du monde, les personnes mortes DU Covid-19 et les personnes mortes AVEC le covid-19 ont été comptabilisées comme des décès Covid de manière indifférenciée. Cependant, il existe toujours une surmortalité inexpliquée de plus de 100 décès si la moyenne sur 5 ans est utilisée comme comparaison. La plupart des morts avaient plus de 70 ans. En décembre 2021 et janvier 2022, plus d’un tiers de la population a reçu un troisième « vaccin », également appelé rappel, principalement des personnes d’âge moyen et âgées. Deux sont décédés directement après une vaccination par ARNm Covid-19. On ne sait pas combien de personnes au total diffèrent des effets secondaires possibles des vaccinations, car ici aussi, comme dans le reste du monde, une sous-déclaration des rapports peut être supposée.

Presque le double des mort-nés

Année pandémique, 2020, il n’y a pas eu d’augmentation par rapport aux 10 dernières années, 28 enfants sont morts suite à des fausses couches ou avant d’avoir atteint l’âge d’un an. Entre 2011 et 2020, il y a eu en moyenne 5,9 fausses couches et décès pour 1 000 naissances vivantes par an. En 2021, il était presque le double à 10,7 pour 1000 naissances. La campagne de vaccination a commencé en Islande au début de 2021 et a atteint une couverture vaccinale de 70 % des personnes « entièrement » vaccinées le 15 juillet. Selon les informations officielles (Statistics Iceland), jusqu’en avril 2021, 11 cas de fœtus « endommagés » étaient connus en Islande. Quelles sont les causes des lésions fœtales, des mortinaissances et des décès infantiles ? Source : Frettin

Mainstream : décès « inexpliqués »

Le courant dominant s’appuie sur deux sources (au 29/04/2022) pour promouvoir la vaccination comme sûre pour les femmes enceintes : une étude publiée en juin 2021 était si mal conçue que ses conclusions ne sont pas valides, selon Children’s Health Defence. Un autre, commandé par le CDC américain, est défectueux. Dans ce document, la conclusion et la base de données ne concordent pas. Les chiffres montrent en fait que les vaccinations Covid augmentent la probabilité de naissances prématurées. Il existe également deux autres critiques sérieuses liées à la conception de l’étude. Ces publications contredisent également une étude israélienne de février 2022, écrite par Joesh Guetzkow de l’Université hébraïque de Jérusalem, qui suppose un risque accru de fausse couche de 34 % chez les mères vaccinées ! Le courant dominant, ses « vérificateurs de faits » et les « scientifiques du gouvernement » qui dépendent de la politique et des sociétés pharmaceutiques ne sont pas découragés par cela. Toutes sortes de vaccinations, y compris la vaccination par ARNm Covid-19, sont annoncées, en particulier pour les femmes enceintes, car cela confère une immunité au fœtus. Comment ce danger apparent pour les fœtus et les nourrissons est-il causé ?

Après la vaccination, le lait maternel contient de l’immunoglobuline A (anticorps) et des protéines de pointe et l’ARNm du vaccin

Le lait maternel des femmes enceintes vaccinées contient de l’immunoglobuline A (IGA) contre le virus Sars-Cov-19 à des concentrations normales. La même étude (preprint), qui a été publiée en octobre 2021 (la vaccination par le BNT162b2 induit la sécrétion d’anticorps spécifiques du SRAS-CoV-2 dans le lait maternel avec un transfert minimal d’ARNm du vaccin), a également démontré que les protéines de pointe et l’ARNm du vaccin à de faibles concentrations sont contenus dans lait maternel. La barrière dite placentaire (syncytiotrophoblaste) sert de barrière protectrice pour l’embryon et le fœtus en croissance contre les influences potentiellement nocives de la circulation sanguine maternelle, telles que les agents pathogènes. Il a été démontré que les anticorps et l’ARNm BNT162b2 Pfizer (transfert efficace de la mère au nouveau-né des anticorps contre le SRAS-CoV‑2 et le vaccin BNT162b2 ARNm COVID-19) peuvent traverser cette barrière. Si la mère est vaccinée, le fœtus ou l’enfant est tout aussi exposé qu’elle aux risques d’atteinte à la santé liés au vaccin !

Bien à vous,
do
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Les cauteleuses et coûteuses guerres modernes de l’ère du capitalisme décadent

Par Khider Mesloub.

 

Globalement, les gouvernants, en particulier les chefs d’État des grandes puissances, se déclarent volontiers pacifistes. Ils affichent ostensiblement leur détestation de la guerre. Mais cela ne les empêche pas, sous divers prétextes, de déclencher régulièrement des guerres. Sans scrupule, envoyer leur population au front pour mourir pour la patrie, cette abstraction fondée sur les privations alimentaires et les sacrifices socioéconomiques (exploitation et oppression), véritable entité bourgeoise belligène.

 

De manière générale, pour justifier et légitimer la mobilisation générale militaire, chaque dirigeant proclame mener une guerre défensive car ce serait l’autre pays belligérant l’agresseur. 

 

À notre époque, en temps de guerre, l’agression est devenue une notion honteuse, car jamais diplomatiquement assumée. Aucun président engagé dans un conflit armé ne revendique fièrement être l’agresseur. Par couardise, il soutient lâchement être l’agressé. Donc, drapé dans sa légitimité de victime idéologiquement fabriquée, son pays aurait le droit de faire la guerre pour se défendre contre le prétendu pays agresseur. (Comme ces zélateurs défenseurs d’un camp impérialiste – à l’instar de certains révolutionnaires de salon, émargeant au Webmagazine Les 7 du Québec, supportent sans vergogne leur maître va-t-en-guerre Poutine – justifient leur soutien à la guerre au moyen d’arguties doctrinales marxistes ou d’analyses géopolitiques byzantines).

 

En cette période de guerres honteuses, depuis peu, avec la téméraire Russie poutinienne, y compris le terme guerre, devenu tabou, est banni désormais du lexique. L’invasion de l’Ukraine est qualifiée, de manière euphémistique, « d’opération militaire spéciale ». Bien que des centaines de villes soient, en quelques semaines, réduites en décombres, des milliers de civils ukrainiens massacrés, des millions acculés à l’exil ou déportés, selon la terminologie polémologique cauteleuse du Kremlin il s’agirait d’une routinière « opération militaire spéciale ». C’est vrai qu’il s’agit d’un peuple frère à libérer. Même au prix de son extermination. De la dévastation totale de son pays. À écouter Poutine, cet infâme patriotard du néoslavisme, contre ce peuple frère slave, il ne mène pas une guerre, mais une « opération militaire spéciale ». À l’exemple de l’État colonial et impérialiste français qui avait, plusieurs décennies durant, usé d’une terminologie cauteleuse pour qualifier la guerre d’Algérie (1954/1962). En effet, les autorités françaises avaient longtemps parlé honteusement d’« événements » d’Algérie avant de reconnaître tardivement qu’il s’agissait, en vérité, d’une véritable guerre menée contre le peuple algérien en lutte pour l’obtention de son indépendance. Et à l’exemple des multiples interventions militaires impérialistes étasuniennes exécutées, selon la formule propagandiste polémologique consacrée, comme des opérations chirurgicales, autrement dit sans victimes, ni dommages collatéraux.

 

Dans cet empire des prisons du peuple russe, soumis à l’emprise des oligarques rusés, interdiction est ainsi décrétée de prononcer le mot guerre, sous peine d’encourir 15 ans d’emprisonnement. Au sein du Kremlin, dominée par Poutine et ses généraux à la poitrine gonflée de médailles, se dresse fougueusement cette opinion partagée par les médias, avec le soutien de la population tétanisée et terrorisée mais gorgée de culpabilité : « Cachez-moi cette honteuse guerre que je ne saurais voir ! ».  

 

À l’ère de la désacralisation de l’État et de la patrie, de la délégitimation des gouvernants, la guerre est devenue honteuse (les Occidentaux attisent l’ardeur belliqueuse des Ukrainiens, arment leur pays, mais n’entendent nullement s’engager directement dans la guerre. Et pour cause. Aucun « citoyen » américain ou européen n’est disposé à mourir pour l’Ukraine. Alors, depuis leurs bureaux dorés gouvernementaux, ils se mobilisent vaillamment pour approvisionner en armes Zelensky en vue d’alimenter cette poudrière ukrainienne, exacerber verbalement leur guerre par procuration dirigée par la puissance étasunienne, qui n’ose pas endosser la tenue de combat de belligérance, mais la pudique tunique de la neutralité belliqueuse. Hissée à la tête d’une coalition de 28 pays répartis sur quatre continents, l’Amérique de Biden a annoncé le 28 avril, non la mobilisation générale de ses troupes mais l’attribution d’une spectaculaire aide de 33 milliards de dollars à l’Ukraine, dont 20 milliards de dollars de livraisons d’armes.). Et irrationnelle (des peuples frères, russe et ukrainien, s’entretuent pour les intérêts respectifs du capital occidental et ceux des riches oligarques du Kremlin).  

 

En effet, l’État sacralisé d’antan incarnant la nation et inspirant ardeur patriotique et sacrifice, a été remplacé par le nouveau Totem, incarné par le Dieu-argent, la finance transnationale, ennemi de la patrie, de la morale et autres valeurs nationales bourgeoises. Pas étonnant que le sacrifice pour la patrie ait perdu tout sens moral et politique. Dans cette période de la mondialisation, donc de la dissolution des nations, plus aucun « citoyen » n’est prêt à mourir pour la patrie, pour un idéal national. 

 

Comme l’avait écrit Ernst Kantorowicz : « Nous sommes sur le point de demander au soldat de mourir sans proposer un quelconque équivalent émotionnel réconciliateur en échange de cette vie perdue. Si la mort du soldat au combat – pour ne pas mentionner celle du civil dans les villes bombardées – est dépouillée de toute idée embrassant l’humanitas, fût-elle Dieu, roi ou patria, elle sera aussi dépourvue de toute idée anoblissante du sacrifice de soi. Elle devient un meurtre de sang-froid, ou, ce qui est pire, prend la valeur et la signification d’un accident de circulation politique un jour de fête légale ». 

 

Pour revenir à la Russie (cette République vodka-enne – comme existent des République bannières –, enivrée actuellement d’un chauvinisme éthylique), l’usage de la force est l’expression de la faiblesse. En l’espèce, cela illustre la faiblesse et le désarroi du régime capitaliste poutinien, contraint de recourir au bâillonnement et à la répression de sa population (dépourvue en vrai de fibre patriotique : son silence actuel ne peut être interprété comme la preuve de son adhésion totale à la guerre, mais comme l’expression de la terreur totalitaire imposée par le régime terroriste poutinien) pour entreprendre une guerre contre une autre population (sœur), sur laquelle les États atlantistes ont greffé un artificiel nationalisme belliqueux pour les mobiliser comme mercenaires dans leur guerre impérialiste menée contre la Russie. Pour neutraliser les opposants, désignés sous la dénomination de « cinquième colonne » par le Kremlin, Poutine a appelé à mener une action de « purification interne » (ira-t-il les pourchasser, voire les buter jusque dans les chiottes, selon sa formule terroriste consacrée ?).

 

Côté ukrainien, la même répression gouvernementale s’abat sur la population. Selon les médias occidentaux, tout le peuple ukrainien soutiendrait le saltimbanque millionnaire Zelensky, donc Sa guerre orchestrée par l’OTAN, financée par les États-Unis et leurs vassaux, les pays de l’Europe atlantiste. (Certes, depuis l’effondrement de l’URSS, en dépit des assurances fournies au début des années 1990, l’OTAN, bras armé de l’hyperpuissance impérialiste étasunienne, ne cesse de se déplacer vers l’est, intégrant plusieurs pays des anciens pays du Pacte de Varsovie, exerçant une pression autour des frontières de la Russie. Cette pression est considérée par le Kremlin comme une « menace existentielle », justifiant l’invasion de l’Ukraine, voire le recours potentiel à l’arme nucléaire contre les pays membres de l’OTAN. Avec l’annonce officielle de l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, Poutine va-t-il envahir ces deux pays frontaliers ? Je doute fortement. Ce qui démontrerait l’inanité des arguments spécieux du Kremlin pour justifier SA guerre contre l’Ukraine. En vérité, la guerre actuelle menée par la Russie sous-développée contre l’Ukraine est une guerre coloniale, drapée dans des justifications anachroniques staliniennes : « dénazification », « démilitarisation ». En tout cas, drôle de manière de démilitariser et de dénazifier l’Ukraine : par une guerre meurtrière opérée avec des méthodes nazies.) 

 

Aucune voix discordante ni dissidente ne semble avoir surgi au sein de ce concert belliciste patriotique ukrainien. Toujours selon les médias occidentaux, mû par une fibre patriotique exemplaire, tout le monde serait prêt à mourir pour la patrie ukrainienne. Pourtant, le président Zelensky a dû décréter l’interdiction aux hommes de 18 à 60 ans de quitter le pays (comme s’il craignait que la majorité des Ukrainiens préférerait prendre la route de l’exode ouest-européen plutôt que le chemin des fronts de guerre. Ainsi, ce n’est pas avec la fleur au fusil mais le pistolet de l’État fasciste de Zelensky pointé sur leur tempe que les Ukrainiens se mobilisent pour affronter leurs frères russes).  

 

De même, curieusement, dans ce « pays libéral » qui se bat pour la défense de la « démocratie », pour mener sa guerre « de la liberté », ce même président à dû décréter également l’interdiction des partis d’opposition. Au reste, la loi martiale a été décrétée pour réprimer toutes sortes d’actions considérées comme antipatriotiques.  

 

Pareillement, ce « démocrate » défenseur de la liberté d’expression, Zelensky, a dû contraindre de manière autoritaire tous les médias, en particulier les chaînes d’information télévisées ukrainiennes, à se regrouper en « une seule plateforme d’information de communication stratégique » baptisée « United News ».  

 

Curieusement, à notre époque moderne particulièrement belliqueuse, lors de chaque guerre, devenue ordinaire (autant que sa sœur siamoise, la crise, ancrée dans le quotidien, liée au capitalisme par ce cordon ombilical dénommé la loi de la baisse tendancielle du taux de profit), comme celle opposant actuellement la Russie et l’Ukraine, l’accusation de « crimes de guerre » est invoquée par l’un des deux belligérants. Comme si la guerre n’était pas intrinsèquement un crime. Le Crime des crimes. Comme si la guerre était ordinairement une simple compétition sportive menée entre deux pays adversaires. Or, la guerre est par essence un exercice de massacres effroyables de masse, de destructions épouvantables d’infrastructures.  

 

À croire qu’il y aurait deux manières de faire la guerre, différenciée en fonction du système politique du pays belligérant. Menée par un pays « démocratique » occidental, la guerre se déroulerait de manière civilisée. En revanche, un pays totalitaire ne livrerait de facto, selon la conception idéologique occidentale, qu’une guerre barbare, autrement dit criminelle. De là s’expliquerait la présomption de culpabilité pesant sur lui  L’accusation de « crimes de guerre ». Comme celle qui frappe aujourd’hui la Russie.  

En vérité, à l’ère de la domination impérialiste fondée sur le développement extraordinaire de la technologie militaire destructrice et exterminatrice, toutes les guerres sont meurtrières, criminelles et génocidaires (il suffit de citer les récentes guerres destructrices et ruineuses livrées par les États-Unis et leurs alliés contre l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie). En effet, si, jusqu’à la fin du XIXème siècle, les guerres décimaient principalement des militaires engagés directement sur les lignes de front, depuis la Première Guerre mondiale, c’est-à-dire l’entrée du capitalisme en décadence, les populations civiles constituent majoritairement les principales victimes, et les villes administratives et les zones d’habitation les principaux foyers de guerre. De nos jours, 90% du total de décès de guerre sont des civils. Sans oublier les destructions totales des villes abritant principalement des civils. 

 

Ainsi, aujourd’hui, après seulement quelques semaines de conflits armés, la Russie est accusée, sans autre forme de procès, par l’Occident de « crimes de guerre » commis en Ukraine. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite mène depuis 7 ans une guerre génocidaire au Yémen, et pourtant jamais l’accusation de crimes de guerre n’a été invoquée contre la monarchie saoudienne par les pays occidentaux, qui par ailleurs épaulent militairement cette monarchie moyenâgeuse, notamment par la vente d’armes. Pourquoi ce silence criminel des occidentaux ? Probablement, car, à l’instar de l’Ukraine à l’État nazifié, l’Arabie saoudite obscurantiste mènerait une guerre pour la démocratie. Et, comme tout le monde le sait, les pays démocratiques ne commettent pas de crimes de guerre car leurs guerres sont opérées de manière chirurgicale, dans les règles de l’art de la destruction humanitaire et du génocide philanthropique.  

 

À l’instar d’Israël qui mène en toute impunité, sans provoquer la moindre riposte militaire ou sanctions économiques des pays occidentaux, sa guerre d’épuration ethnique des Palestiniens depuis 74 ans. Selon la définition juridique des instances internationales, notamment des Nations-Unies, le nettoyage ethnique est « une politique délibérée conçue par un groupe ethnique ou religieux visant à faire disparaître, par le recours à la violence et à la terreur, des populations civiles appartenant à une communauté ethnique ou religieuse distincte de certaines zones géographiques ». Telle est la nature de l’occupation coloniale de la Palestine par les sionistes. Une guerre d’épuration ethnique, appelée également guerre de colonisation de peuplement, consistant à confisquer militairement les terres des autochtones pour les attribuer aux colons, après avoir exterminé ou chassé leurs habitants légitimes et légaux.  

 

Par ailleurs, lors de chaque guerre, en matière de communication, l’information se distingue difficilement de la propagande. La frontière est poreuse. En fonction du camp belligérant, la communication est qualifiée d’information ou de propagande.

 

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, quand il s’agit d’un pays belligérant occidental, toute communication diffusée par les autorités ou les médias est présumée être sûre et véridique. Donc, il s’agirait d’une authentique information. En revanche, toute communication émanant d’un pays belligérant dit totalitaire, par exemple la Russie depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, est d’emblée qualifiée de propagande. Elle est frappée du sceau de contrevérité. Il est vrai qu’en Russie tous les médias d’opposition sont aujourd’hui réduits au silence. Seuls les organes de presse des oligarques et du gouvernement ont le droit de diffuser les informations relatives à « l’opération militaire spéciale ». La propagande comme la censure tiennent lieu d’information ou de protection. Actuellement, en Ukraine comme en Russie, les autorités soutiennent cyniquement appliquer la censure pour protéger leurs populations de la désinformation adverse. Aussi, le gouvernement russe a-t-il ordonné la fermeture d’accès aux réseaux sociaux, notamment Facebook, Twitter, Instagram et TikTok.  

 

De l’autre côté du rideau de fer, l’enfer doré de l’Occident, les pays européens atlantistes ont interdit à tous médias internationaux russes, notamment Russia Today et Sputnik, la diffusion de leurs programmes sur les canaux dits « libres », notamment Facebook. Bien évidemment, selon les Occidentaux, il ne s’agit pas de censure. Mais de mesures démocratiques de protection. Sans conteste, à notre époque l’information est une arme de guerre car elle permet de mener une guerre de désinformation.  

 

Quoi qu’il en soit, dans cette guerre d’Ukraine, les principales victimes de la guerre sont les populations ukrainiennes. Doublement victimes. Victimes des destructions et des massacres. Mais également victimes de l’hystérie patriotique injectée par les pays atlantistes. Car leur combat pour la patrie est vain. En effet, au terme de leur guerre (victorieuse ou perdue) menée pour vivre sous un État intégré à l’OTAN et à l’Union Européenne, les Ukrainiens hériteront d’un pays ruiné, dévasté, appauvri, dépeuplé, probablement démembré. Et ce n’est sûrement pas les nations occidentales, certes actuellement très prodigues en matière d’aide en armements coûteux, qui financeront la reconstruction de leur pays, l’Ukraine. 

 

De même, une fois les canons tus et la paix signée entre les dirigeants maffieux russes et ukrainiens réconciliés, assurément les populations ukrainiennes sombreront dans l’indigence et la détresse sociale, livrées à elles-mêmes, abandonnées et ignorées des Européens. En revanche le président Zelensky comme ses acolytes oligarques seront toujours opulents, millionnaires.

 

En guise de conclusion : à l’intention des révolutionnaires de salon s’évertuant à invoquer toutes les justifications doctrinales et à confectionner des analyses géostratégiques emberlificotées  pour légitimer leur criminel soutien à la guerre génocidaire menée par Poutine et par l’OTAN-Zelensky-Biden, je reproduis un court extrait du manifeste contre la guerre impérialiste, d’une brûlante actualité, publié en février 1915 par le groupe anarchiste (dont A. Berkman, E. Goldmann, E. Malatesta, D. Nieuwenhuis), pouvant servir de plateforme minimale de classe sur la question de la guerre: « Aussi est-il naïf et puéril, après avoir multiplié les causes et les occasions de conflits, de chercher à établir les responsabilités de tel ou tel gouvernement. Il n’y a pas de distinction possible entre les guerres offensives et les guerres défensives. (…) Aucun des belligérants n’a le droit de se réclamer de la civilisation, comme aucun n’a le droit de se déclarer en état de légitime défense. (…) Quelle que soit la forme qu’il revête, l’État n’est que l’oppression organisée au profit d’une minorité de privilégiés. Le conflit actuel illustre cela de façon frappante : toutes les formes de l’État se trouvent engagées dans la guerre présente: l’absolutisme avec la Russie, l’absolutisme mitigé de parlementarisme avec l’Allemagne, l’État régnant sur des peuples de races bien différentes avec l’Autriche, le régime démocratique constitutionnel avec l’Angleterre, et le régime démocratique républicain avec la France. (…) Le rôle des anarchistes (des Révolutionnaires NDA), quels que soient l’endroit ou la situation dans lesquels ils se trouvent, dans la tragédie actuelle, est de continuer à proclamer qu’il n’y a qu’une seule guerre de libération: celle qui, dans tous les pays, est menée par les opprimés contre les oppresseurs, par les exploités contre les exploiteurs».

En complément à cet éditorial en ces tristes jours de guerre en Ukraine je vous invite à lire ceci: Contre la Guerre Impérialiste, pour la Guerre de Classe – les 7 du quebec et ceci: Faisons la guerre à la guerre réactionnaire! – les 7 du quebec  et ceci: LETTRE OUVERTE CONTRE LA GUERRE IMPÉRIALISTE – les 7 du quebec et ceci: 5 QUESTIONS POUR COMPRENDRE JUSQU’OÙ IRA LA GUERRE EN UKRAINE – les 7 du quebec  et ceci: Guerre en Ukraine pour une pose dans la mondialisation – les 7 du quebec

 

Khider MESLOUB  

 

Société, tu m’auras pas (Renaud)

Société, tu m’auras pas
Renaud Séchan (1975)

Y’a eu Antoine avant moi
y’a eu Dylan avant lui
après moi qui viendra?
Après moi c’est pas fini.
On les a récupérés,
oui, mais moi on m’aura pas.
Je tirerai le premier
et j’viserai au bon endroit.

J’ai chanté dix fois, cent fois
j’ai hurlé pendant des mois,
j’ai crié sur tous les toits
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m’auras pas.

J’ai marché sur bien des routes,
j’ai connu bien des pat’lins,
partout on vit dans le doute,
partout on attend la fin.
J’ai vu occuper ma ville
par des cons en uniformes
qu’étaient pas vraiment virils,
mais qui s’prenaient pour des hommes.

J’ai chanté dix fois, cent fois
j’ai hurlé pendant des mois,
j’ai crié sur tous les toits
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m’auras pas.

J’ai vu pousser des barricades,
J’ai vu pleurer mes copains,
J’ai entendu les grenades
tonner au petit matin.
J’ai vu ce que tu faisais
du peuple qui vit pour toi,
j’ai connu l’absurdité
de ta morale et de tes lois.

J’ai chanté dix fois, cent fois
j’ai hurlé pendant des mois,
j’ai crié sur tous les toits
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m’auras pas.

Demain, prends garde à ta peau,
à ton fric, à ton boulot,
car la vérité vaincra,
la Commune refleurira
Mais en attendant, je chante,
et je te crache à la gueule
cette petite chanson méchante
que t’écoutes dans ton fauteuil.

J’ai chanté dix fois, cent fois
j’ai hurlé pendant des mois,
j’ai crié sur tous les toits
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m’auras pas.

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Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

Le Canada et les bandéristes ukrainiens (néonazi)

Le Canada et les bandéristes
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Par Thierry Meyssan.
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Dans des articles précédents, Thierry Meyssan a montré comment les bandéristes, collaborateurs des pires exactions nazies en Ukraine et en Pologne, sont arrivés au pouvoir à Kiev, dans la jeune Ukraine indépendante. Il montre ici que, durant quatre-vingt ans, des immigrés bandéristes se sont incrustés dans le Parti libéral canadien au point d’occuper le poste de numéro 2 du gouvernement actuel de Justin Trudeau.

 

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, est venu au Parlement pour introduire le discours du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Sur 39 millions de citoyens canadiens, 1,4 serait d’origine ukrainienne, soit 3 à 4 % du corps électoral. Cette communauté est très encadrée par les organisations bandéristes qui lui infusent leur idéologie raciale.
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Cet article fait suite à :
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1. « La Russie veut contraindre les USA à respecter la Charte des Nations unies », 4 janvier 2022.
2. « Washington poursuit le plan de la RAND au Kazakhstan, puis en Transnistrie », 11 janvier 2022.
3. « Washington refuse d’entendre la Russie et la Chine », 18 janvier 2022.
4. « Washington et Londres, atteints de surdité », 1er février 2022.
5. « Washington et Londres tentent de préserver leur domination sur l’Europe », 8 février 2022.
6. « Deux interprétations de l’affaire ukrainienne », 15 février 2022.
7. « Washington sonne l’hallali, tandis que ses alliés se retirent », 22 février 2022.
8. « Vladimir Poutine déclare la guerre aux Straussiens », 5 mars 2022.
9. « Une bande de drogués et de néo-nazis », 5 mars 2022.
10 « Israël abasourdi par les néo-nazis ukrainiens », 8 mars 2022.
11. « Ukraine : la grande manipulation », 22 mars 2022.
12. « Le Nouvel Ordre Mondial que l’on prépare sous prétexte de guerre en Ukraine », 29 mars 2022.
13 « La propagande de guerre change de forme », 5 avril 2022.
14. « L’alliance du MI6, de la CIA et des bandéristes », 12 avril 2022.
15. « La fin de la domination occidentale »,19 avril 2022.
16. « Ukraine : la Seconde Guerre mondiale ne s’est jamais terminée », 26 avril 2022.
17. « Washington espère rétablir son hyper-puissance grâce à la guerre en Ukraine », 3 mai 2022.

Les premiers combattants étrangers arrivés en Ukraine, au début de la guerre, en février 2022, étaient des Canadiens. Le premier officier étranger arrêté par les forces russes, le 3 mai, était un général canadien. À l’évidence, le Canada, bien qu’éloigné de plus de 6 000 kilomètres de l’Ukraine, a une implication cachée dans ce conflit.

Dans cet article, je vais montrer que tous les gouvernements libéraux canadiens ont soutenu les bandéristes ukrainiens depuis le début de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont joué sur les deux tableaux durant cette guerre, luttant contre les nazis, mais soutenant les bandéristes. Pis encore, l’actuel gouvernement canadien est composé d’un Premier ministre libéral Justin Trudeau, flanqué d’une adjointe bandériste, Chrystia Freeland.

Si les connections entre la CIA et les nazis ont marqué la Guerre froide et n’ont été révélées qu’en 1975 avec les commissions du Congrès états-unien Pike, Church et Rockfeller, et n’ont pris fin qu’avec le président Jimmy Carter, les liens du Parti libéral canadien avec les bandéristes se poursuivent toujours. Le Canada est le seul pays au monde, hors de l’Ukraine, a avoir une ministre bandériste et qui plus est, elle est le numéro 2 de son gouvernement.

Le Premier ministre canadien William Mc King à la sortie de son entretien avec le führer Adolf Hitler à Berlin (29 juin 1937).

En 1940, c’est-à-dire alors que le Royaume-Uni était en guerre, mais pas les États-Unis, le gouvernement libéral canadien de William King créa l’Ukrainian Canadian Congress (UCC) afin d’aider les immigrés anti-bolchéviques contre les pro-soviétiques (Association of United Ukrainian Canadians – AUUC) et les juifs (Canadian Jewish Congress – CJC). Des bibliothèques pro-soviétiques et des synagogues furent interdites.

Le Parti libéral du royaume du Canada n’a pas été créé pour promouvoir l’individualisme contre les idées conservatrices, mais contre l’idée républicaine [1].

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Premier ministre William King, était très apprécié de ses concitoyens, mais il fut hué par ses soldats lorsqu’il vint les voir en Europe. Le Parti libéral a toujours défendu des positions anti-Russes, les présentant jusqu’en 1991 comme anti-soviétiques, et a toujours interprété le christianisme comme opposé au judaïsme.

Aussi, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Canada fut le principal refuge des bandéristes (35 000 immigrés) et des nazis baltes. Parmi eux, Volodymyr Kubijovyč et « Michael Chomiak » de son vrai nom Mykhailo Khomiak, les éditeurs du principal journal nazi en Europe centrale, Krakivs’ki Visti.

Michael Chomiak avec des dignitaires nazis.

Chomiak, qui travaillait sous le contrôle direct du ministre de la Propagande nazi, Joseph Goebbels, n’a jamais renié son passé collaborationniste. Au contraire, il a toujours milité pour l’OUN(B). C’est dans cet esprit qu’il a éduqué sa petite-fille, Chrystia Freeland, actuelle Premier ministre adjoint du Canada. Loin de condamner les crimes des bandéristes, celle-ci a débuté sa carrière de journaliste, à 18 ans, en travaillant pour l’Encyclopedia of Ukraine de Kubijovyč (disponible aujourd’hui sur Internet). Puis pour The Ukrainian News, le journal des bandéristes canadiens, et The Ukrainian Weekly, celui des bandéristes états-uniens liés à l’ABN et à la CIA. Elle voyagea en Union soviétique à la fin de ce pays. Les autorités soviétiques interrogèrent le gouvernement canadien pour son soutien aux bandéristes et lui interdirent de revenir. Cependant, après la dissolution de l’URSS, elle devint la cheffe du bureau du The Financial Times à Moscou. Puis rédactrice en chef adjointe du Globe and Mail et rédactrice en chef de Thomson Reuters Digital.

Dans ses articles et ses livres, Vente du siècle : la chevauchée sauvage de la Russie du communisme au capitalisme [2] et Plutocrates : La montée des nouveaux super-riches mondiaux et la chute de tous les autres [3], Chrystia Freeland développe deux thèses chères à son grand-père.
Elle critique les ultra-riches en choisissant presque exclusivement des exemples juifs.
Elle dénonce à tout bout de champ l’URSS, puis la Russie.

Il faut se souvenir que le fascisme était une réponse à la crise économique de 1929 proposant une alliance nationaliste de classe par corporation. Les nazis et les bandéristes y ont ajouté une terrible dimension raciale. En ciblant les super-riches, Chrystia Freeland traite à juste titre du principal problème actuel. Aujourd’hui seule la Finance rapporte, tandis que la production est en crise. Cependant elle dérive insidieusement vers une lecture raciale en constatant que les juifs sont plus nombreux parmi les super-riches que dans la population et en laissant penser que cette corrélation est signifiante.

En 1991, le député libéral d’origine polono-ukrainienne Borys Wrzesnewskyj intervint pour que le Canada soit le premier pays au monde a reconnaître l’indépendance de l’Ukraine. Avec sa fortune familiale (les boulangeries Future Bakery), il créa un service pour diffuser auprès de chaque membre du parlement des nouvelles de l’Ukraine. Il finança l’archivage par Volodymyr Kubijovyč et « Michael Chomiak » de documents sur les nationalistes ukrainiens durant la Seconde Guerre mondiale. Il faut admettre que l’l’Encyclopedia of Ukraine n’est pas une œuvre scientifique, mais une réhabilitation des bandéristes et une falsification de l’histoire. Compte tenu de ses liens familiaux, Borys Wrzesnewskyj introduisit le futur président ukrainien Viktor Iouchtchenko au Canada.

En 1994, le Premier ministre libéral Jean Chrétien négocia un Traité d’amitié et de coopération avec l’Ukraine, dont il demanda, dès 1996, l’adhésion à l’Otan.

En janvier 2004, le Canada, sous l’autorité du Premier ministre libéral Paul Martin, participa à la préparation par Washington de la « Révolution orange ». L’ambassadeur canadien à Kiev, Andrew Robinson, organisa des réunions de ses collègues de 28 pays pour porter au pouvoir Viktor Iouchtchenko. Il s’agissait de casser la politique du président Kouchma qui avait accepté du gaz russe au lieu de favoriser les recherches US de pétrole dans la Caspienne [4].

L’ambassadeur du Canada finança le sondage du Centre ukrainien d’études économiques et politiques Oleksandr Razumkov selon lequel l’élection présidentielle avait été truquée, il subventionna également à hauteur de 30 000 dollars l’association Pora ! (C’est l’heure !) du stratège de l’Otan Gene Sharp [5].

Sur l’unique base du sondage Razumkov, Pora ! organisa des manifestations, le scrutin fut annulé et un autre convoqué. Le Canada dépensa 3 millions de dollars pour dépêcher 500 observateurs électoraux. Le second scrutin porta Viktor Iouchtchenko au pouvoir. Celui-ci constitua alors son équipe, choisissant Vladislav Kaskiv (employé de George Soros et leader de Pora !) comme conseiller spécial et Anatoliy Gritsenko (militaire formé aux États-Unis et président du Centre Razumko) comme ministre de la Défense.

Le député libéral Borys Wrzesnewskyj, fut particulièrement actif durant la Révolution orange ; sa sœur, Ruslana, étant très proche de Madame Iouchtchenko, Katerina Chumachenko. Il investit 250 000 dollars canadiens pour soutenir le mouvement et utilisa son appartement au centre de Kiev pour coordonner les manifestations entre les deux scrutins. Les cortèges de Pora ! scandaient « Ca-na-da ! » et arboraient le drapeau à la feuille d’érable.

Chrystia Freeland débuta sa carrière politique en 2013, au Parti libéral. Elle fut élue députée de Toronto. En 2014, elle soutint la « Révolution de la dignité » à Kiev (c’est-à-dire le coup d’État bandériste), dont elle rencontra les principaux acteurs. Elle dénonça l’indépendance de la Crimée et rencontra Mustafa Dzhemilev, le célèbre espion US durant la Guerre froide et leader des Tatars. En définitive, le président Vladimir Poutine lui interdit d’entrer en Russie.

Elle fut nommée ministre du Commerce extérieure par le Premier ministre libéral Justin Trudeau, en 2015, puis ministre des Affaires étrangères, en 2017, et ministre des Affaires intergouvernementales en 2019 avec la dignité de Premier ministre adjointe. Elle est devenue ministre des Finances depuis 2020.

John Baird est venu apporter le soutien du Canada au leader du parti néo-nazi Slovoda.

En 2014, le ministre conservateur des Affaires étrangères, John Baird, se rendit sur la place Maidan et rencontra les principaux leaders de la contestation. La Télévision canadienne considéra qu’il donnait ainsi un argument à la version du président Poutine selon laquelle cette révolution n’est qu’une manipulation occidentale.

La porte parole de l’ambassade, Inna Tsarkova, était une des responsables du mouvement AutoMaïdan. L’ambassade, située à côté de la place Maïdan était un refuge pour les protestataires qui campent dans son hall durant une semaine. Le groupe néo-nazi C14 [6] s’y réfugia le 18 février pendant le massacre.

Lorsque le 17 juillet 2014, le vol Malaysia Airlines 17 fut abattu au-dessus de l’Ukraine, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), basée à Montréal, envoya quatre inspecteurs sur les lieux du crash. Avant même le début de l’enquête, Chrystia Freeland débuta une campagne internationale pour dénoncer la Russie. Elle utilisera par la suite son statut ministériel pour jeter autant que possible de l’huile sur le feu.

Après le renversement du président Viktor Ianoukovytch et l’irruption au pouvoir des bandéristes, le Canada créa l’opération UNIFIER (Canadian Armed Forces Joint Task Force-Ukraine). Il s’agissait d’instruire les militaires ukrainiens et de développer leur police militaire. L’opération était conduite sous les ordres de Londres et de Washington. Elle comportait l’envoi de 200 instructeurs et de matériel non-létal. Elle a pris fin, le 13 février 2022, juste avant l’opération russe, afin de ne pas placer le Canada en situation de guerre.

En 8 ans, le Canada a versé près de 900 millions de dollars d’aide à l’Ukraine.

De gauche à droite : l’ambassadeur ukrainien au Canada Andriy Shevchenko, le Premier ministre Justin Trudeau, le député ukraino-canadien Borys Wrzesnewskyj. En premier plan : l’espion mythique de la CIA durant la Guerre froide et leader des tatars anti-russes, Mustafa Dzhemilev (juin 2016).

En 2016, le Premier ministre libéral Justin Trudeau reçut avec les honneurs Mustafa Dzhemilev, que son adjointe Chrystia Freeland avait déjà rencontré. Il était devenu, en août 2015, l’émir d’une Brigade musulmane internationale, co-financée par l’Ukraine et la Turquie pour reprendre la Crimée [7].

 

Chrystia Freeland et Stepan Kubiv signent l’Accord de libre-échange Canada-Ukraine, en présence de Premier ministre Justin Trudeau et du président Petro Poroshenko.

Dans la même période,Chrystia Freeland négocie l’accord de libre-échange Canada-Ukraine.

Chrystia Freeland manifeste avec les bandéristes d’OUN(B) contre l’agression russe en Ukraine. La petite banderole est aux couleurs noir et rouge des bandéristes. Elle porte le slogan des bandéristes « Gloire à l’Ukraine ! ».
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Lorsqu’en 2017, le site Russia Insider révéla le passé criminel de son grand-père et ses liens toujours étroits avec les bandériste, elle nia les faits et dénonça la « propagande » russe. Cependant, le 27 février dernier, elle s’afficha avec un groupe de bandéristes de l’OUN(B) lors d’une manifestation contre l’agression russe. La photo, qu’elle avait elle-même publiée, fut rapidement retirée de son compte Twitter.

 

Le Premier ministre Justin Trudeau, Paul Grod président des Ukrainiens bandéristes du Canada, et Chrystia Freeland.
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Réagissant avec ses partenaires de l’Otan à l’opération militaire russe, le Canada a modifié son budget pour réserver 500 millions de dollars pour l’armée ukrainienne, bandéristes inclus. Il a déjà envoyé des mitrailleuses, des pistolets, des carabines, 1,5 million de balles, des fusils de tireur d’élite et divers équipements connexes (14 février), des lunettes de vision nocturne, des casques et des gilets pare-balles (27 février), 100 canons sans recul Carl Gustav M2, et 2000 munitions de 84 mm (28 février), 390 000 rations individuelles de campagne et d’environ 1600 vestes pare-éclats (1er mars), 4 500 lance-roquettes M72 et de 7 500 grenades à main, ainsi qu’un abonnement à des images satellitaires commerciales pour 1 million de dollars (3 mars), des caméras pour les drones de surveillance (9 mars), des obusiers M777 et des munitions connexes, ainsi que des munitions supplémentaires pour l’arme anti-blindés Carl Gustav M2 (22 avril), 8 véhicules blindés de modèle commercial et un contrat de service pour l’entretien et la réparation de caméras spécialisées transportées par drone (26 avril), et a commencé à former les soldats ukrainiens au maniement des obusiers M777.

Le 2 mars, Justin Trudeau, qui croit en les États-Unis, a fait signer à une vingtaine de pays une déclaration dénonçant la désinformation russe [8]. Il s’agit d’empêcher la diffusion d’informations sur les bandéristes ukrainiens et canadiens.

Le 10 mars, le Canada est parvenu à faire signer, cette fois à une trentaine de pays, une seconde déclaration, très orwellienne, pour se réjouir —au nom de la liberté de la presse— de la censure en Occident de Russia Today et de l’agence Sputnik, deux organes de presse publics russes.

Depuis l’irruption au pouvoir des bandéristes à Kiev, le Canada a sanctionné plus de 900 personnalités et sociétés russes ou de l’opposition ukrainienne. Il a ajouté à cette liste des proches du président russe et des membres de leurs familles.

Malgré ses déclarations de principe en faveur de l’égalité en droit de tous les hommes, le Canada soutient sans réserve les bandéristes, hérauts de la supériorité raciale des Ukrainiens sur les Russes.

Le « vaccin » anticovid doit être immédiatement retiré du marché dans le monde entier

Par Nicole Delepine

Les politiques et singulièrement les futurs députés ne devraient pas détourner la tête.

Ils ne pourront pas plaider l’ignorance et l’absence d’informations fiables. Leur responsabilité tant éthique, morale que légale sera engagée s’ils votent, comme les précédents des lois conduisant à une obligation d’injection expérimentale pour pouvoir continuer à travailler.

Mme la Première Ministre E. Borne qui en tant que ministre du Travail à l’époque, porte une lourde responsabilité dans sa décision de DISCRIMINER les personnels de santé non vax et de plus de les suspendre sans rémunération, sans chômage, les réduisant à la mendicité de fait, et ce sans aucune justification scientifique.

Il serait souhaitable qu’elle-même et son directeur de cabinet se plongent dans les documents PFIZER afin de libérer MAINTENANT les suspendus et que surtout ils ne s’engagent pas dans la prolongation du tout vaccin et singulièrement chez les enfants. Ils ne pourront pas plaider l’ignorance.

Il serait indispensable que tous les citoyens s’informent eux-mêmes à travers ces rapports et surtout donnent ces éléments à toute personne désireuse de représenter le peuple. Lettres, appels téléphoniques, discussion en meetings électoraux, prise de rendez-vous avec les élus et/ou futurs élus potentiels sont des méthodes efficaces et légales que chacun peut tenter plutôt que désespérer dans son coin. À nous tous nous pouvons les informer, sachant qu’à l’assemblée, ils ne le sont essentiellement que par les lobbies de Big Pharma. Il en va de la santé de nos enfants et de la survie de l’humanité.

Les pseudovax anticovid sont dangereux : Pfizer l’avoue

Depuis son entrée fulgurante dans la vie des Terriens, conduisant à l’injection de milliards d’individus dans le monde, la vérité est criante pour tous ceux qui n’ont pas un masque sur les yeux… INEFFICACITÉ ET DANGEROSITÉ.

Des millions de morts rapidement après la piqûre — près de 70 000 en additionnant seulement les chiffres officiels d’EudraVigilance et du VAERS, et des millions de complications de gravité variable.

« 69 053 décès liés à l’injection de Covid-19 et 10 997 085 blessés pour l’UE, les États-Unis et le Royaume-Uni combinés pour une population de 830 millions de personnes (à la date d’avril 2022).

Basé sur les cas signalés. Seule une petite fraction des victimes ou des familles des personnes décédées passera par le fastidieux processus de notification des décès et des événements indésirables liés au vaccin aux autorités sanitaires nationales. Sur la base de données historiques (Electronic Support for Public Health—Vaccine Adverse Event Reporting System—ESP:VAERS, p. 6) »

Nous apprenons que Pfizer SAVAIT d’emblée au fil des nouvelles révélations dont la justice américaine a obtenu la publication. Ces documents déclarés « secrets » par la FDA et dont chaque livraison de pages supplémentaires apporte son poids de découvertes tragiques.[1]

L’interview vidéo ci-dessous publiée par mondialisation.ca avec le professeur Michel Chossudovsky détaille ce rapport confidentiel de Pfizer dont la publication a été obtenue par une procédure d’accès à l’information (FOI)[2][3] et les conclusions fondamentales qu’il en tire.

Dès février 2021, la FDA disposait déjà de données majeures qui confirmaient que le pseudo vaccin était suivi d’une mortalité quotidienne supérieure à celle de l’évolution naturelle prévue ; le vaccin Pfizer était plus dangereux que le virus. IL AURAIT DÛ ÊTRE RETIRÉ.

Regardez l’ensemble des courbes qui défilent au début de la vidéo du professeur Michel Chossudovsky sur de nombreux pays dont les données sont disponibles.

En Autriche la mortalité post vaccinale observée [en bleu] a été plus forte que celle attendue sans vaccin [en pointillés rouges] :

Mais aussi de manière plus marquée en Équateur :

Comme en Turquie :

Ou en Inde ou le début de la vaccination a été suivie d’une forte poussée de mortalité :

En juin 2021 nous ignorions tout de ce rapport, mais nous avions remarqué, sur les données de l’OMS, une aggravation nette de la mortalité durant environ deux mois suivant les campagnes de vaccination que nous avions qualifiée d’hécatombe post vaccinale[4][5]Mais les dénégations mensongères des médias et de leurs professionnels de la désinformation[6] avaient réussi à dissimuler ces faits avérés à la population.

Pfizer a répertorié de très nombreux effets secondaires dans son rapport « confidentiel » bien détaillé. Au vu de ces données, Pfizer aurait dû retirer son vax à cette date et plaider l’homicide involontaire. En poursuivant cette commercialisation, il passe dans le registre du meurtre selon ce professeur.

Ce rapport disponible sur internet, dont les médias ne parlent pas et que les gouvernements veulent ignorer, prouve la responsabilité de Pfizer et de la FDA et démontre sans équivoque que le vax aurait dû être retiré dès février 2021.

« Le rapport est une bombe. Le vaccin a été lancé à la mi-décembre 2020. Fin février 2021, Pfizer avait déjà reçu plus de 1 200 déclarations de décès possiblement causés par le vaccin et des dizaines de milliers d’événements indésirables, dont 23 cas d’avortements spontanés sur 270 grossesses et plus de 2 000 rapports de troubles cardiaques.

Ce rapport confidentiel de Pfizer fournit des données sur les décès et les événements indésirables enregistrés par Pfizer depuis le début du projet de vaccin en décembre 2020 jusqu’à fin février 2021, soit une très courte période [au plus deux mois et demi].

Ce qui est contenu dans le rapport “confidentiel” de Pfizer est une preuve détaillée des impacts du “vaccin” sur la mortalité et la morbidité. Ce document confidentiel a été lu par la FDA.

Ces données qui peuvent maintenant être utilisées pour affronter et pour étayer des procédures judiciaires contre Big Pharma, les gouvernements, l’OMS et les médias. »

Video : Le rapport « secret » de Pfizer avec Prof. Michel Chossudovsky

« Devant un tribunal, les preuves contenues dans ce rapport confidentiel de Big Pharma [associées aux données sur les décès et les événements indésirables compilées par les autorités nationales de l’UE, du Royaume-Uni et des États-Unis] sont irréfutables : parce que ce sont leurs données et leurs estimations et pas les nôtres. ». 

« N’oubliez pas qu’il s’agit de données basées sur des cas signalés et enregistrés, qui constituent un petit pourcentage du nombre réel de décès et d’événements indésirables liés au vaccin. 

Il s’agit de facto d’une reconnaissance de la part de Pfizer. Oui c’est un vaccin tueur. »

Il n’y a pas de doute ni d’hésitation justifiée quand c’est un poison. Il faut retirer ce produit et ce n’est pas aux citoyens désinformés « de choisir » alors que l’on ne leur assène que des mensonges sur les ondes.

Selon ce professeur canadien :

« Pfizer était parfaitement conscient que le vaccin à ARNm qu’il commercialise dans le monde entraînerait une vague de mortalité et de morbidité. Cela équivaut à un crime contre l’humanité de la part de Big Pharma.

Pfizer savait dès le départ qu’il s’agissait d’un vaccin tueur. 

C’est aussi une reconnaissance et une trahison de la part des agences sanitaires [FDA,E MA] et des gouvernements nationaux corrompus du monde entier qui sont soudoyés par Big Pharma. »

Mr le PR Chossudovsky rappelle que de plus le labo Pfizer a un dossier criminel aux USA depuis 2009 :

Ce rapport ne peut pas être traité de fake news. C’est un rapport qui confirme la responsabilité criminelle sous-jacente basée sur les documents de Pfizer lui-même. C’est aux avocats de prendre les choses en main.

Le message aux avocats canadiens : ce rapport est un instrument à utiliser dans les procédures et c’est l’opportunité de mener une action en recours collectif pour les milliers de canadiens à l’endroit de Pfizer et des entités publiques collaborant avec Big Pharma.

Il nous semble que les avocats du monde entier pourraient également entendre ce conseil.

LES INJECTIONS ANTICOVID SONT DANGEREUSES

IL FAUT REFUSER TOUTE PIQÛRE OU BOOSTER [car la toxicité est cumulative].

PROTÉGEZ LES ENFANTS ET L’AVENIR EN INFORMANT ENCORE ET ENCORE POUR COMPENSER LA DÉSINFORMATION MÉDIATIQUE MASSIVE.

REGARDEZ SANS ŒILLÈRES LES ACCIDENTS QUI SE MULTIPLIENT AUTOUR DE VOUS.

J’ai publié hier soir un papier montrant la multiplication des rechutes brutales et des nouveaux cancers après vaccin anti-covid. En moins de 24 h j’ai reçu des dizaines de mails de témoignages. Ce n’est pas une hallucination.[7]

Les pilotes de ligne, les personnels navigants et des organisations commerciales de l’aviation appellent aussi à l’arrêt des vaccinations obligatoires et du déni des effets secondaires. Ils exigent le retour aux mesures de sécurité dans l’aviation.[8]

REFUSONS ENSEMBLE CES INJECTIONS, LES PASS, LES DISCRIMINATIONS, ET LES CONTRÔLES NUMÉRIQUES. SI LA PEUR DU VIRUS EST REMPLACÉE PAR LA PEUR DU VAX, LE GOUVERNEMENT NE POURRA RIEN IMPOSER. LEUR FORCE NE VIENT QUE DE NOTRE SOUMISSION.

  1. [1] En intégralité Pfizer’s Documents — Public Health and Medical Professionals for Transparency (phmpt.org)
    Examiner le rapport de christine cotton
    Evaluation des essais PFIZER — Christine COTTON (1ere-page.fr) Audition OPECST — Christine COTTON (1ere-page.fr)
    Liste des effets secondaires à surveiller-Pfizer-avril 2021 (yetiblog.org) 9 pages serrées[↩]
  2. [2] Vidéo : Rapport « secret » de Pfizer sur le vaccin Covid. Au-delà de l’homicide involontaire. Les preuves sont accablantes. Le vaccin devrait être immédiatement retiré dans le monde entier | Mondialisation — Centre de Recherche sur la Mondialisation[↩]
  3. [3] HORIZON POLITIQUE — LE VACCIN COVID ET LE RAPPORT SECRET DE PFIZER (odysee.com) [↩]
  4. [4] G Delépine Nouveau Monde 6 9 2021
    https://nouveau-monde.ca/et-surgit-une-hecatombe-post-vaccinale/[↩]
  5. [5] G Delépine L’hécatombe post vaccinale s’étend dans le monde.
    https://www.mondialisation.ca/lhecatombe-post-vaccinale-setend-dans-le-monde/5656922.[↩]
  6. [6] https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/non-il-n-existe-pas-d-hecatombe-post-vaccinale_13955101/[↩]
  7. [7] Refusons la poursuite des injections anticovid qui favorisent l’augmentation des cancers — Nouveau Monde (nouveau-monde.ca) [↩]
  8. [8] Global Coalition Statement: Commercial Aviation and Pilot Vaccine Injury 17/05/22 (substack.com) [↩]

La dynamique de l’escalade: L’OTAN peut-elle gagner sa guerre en Ukraine?

Par Alastair Crooke – Avril 2022 – Source Strategic Culture

L’Occident se rend compte qu’alors que les sanctions sont sensées pouvoir mettre les pays à genoux, la réalité est qu’une telle capitulation n’a jamais eu lieu (exemple : Cuba, la Corée du Nord, l’Iran). Et, dans le cas de la Russie, il est possible de dire que cela ne se produira tout simplement pas.

L’équipe Biden n’a pas encore totalement compris les raisons de cette situation. L’une d’elles est qu’ils ont précisément choisi la mauvaise économie : tenter de provoquer un effondrement par le biais de sanctions (la Russie a des lignes d’approvisionnement étrangères minimales et des quantités importantes de matières premières précieuses) s’avérera très difficile. Les collaborateurs de Biden n’ont pas compris toutes les ramifications du jujitsu monétaire de Poutine qui lie le rouble à l’or et le rouble à l’énergie.

L’axe Russie-Chine possède de la nourriture, de l’énergie, des technologies et la plupart des ressources clés du monde. L’histoire enseigne que ce sont ces éléments qui font les gagnants dans les guerres.

Ils considèrent avec condescendance le jujitsu monétaire de Poutine comme une autre attaque désespérée contre le statut de monnaie de réserve « imprenable » du dollar. Ils choisissent donc de l’ignorer et supposent que si seulement les Européens prenaient moins de douches chaudes, portaient plus de pulls en laine, renonçaient à l’énergie russe et soutenaient l’Ukraine, l’effondrement économique se matérialiserait enfin. Alléluia !

L’autre raison pour laquelle l’Occident interprète mal le potentiel stratégique des sanctions est que la guerre Russie-Chine contre l’hégémonie occidentale est assimilée par ses peuples à une guerre existentielle. Pour eux, il ne s’agit pas seulement de prendre moins de douches chaudes (comme pour les Européens), il s’agit de leur survie même. Par conséquent leur seuil de tolérance à la douleur est beaucoup, beaucoup plus élevé que celui de l’Occident. L’Occident ne va pas enfumer ses challengers de manière aussi ridicule.

Le problème stratégique, cependant, est double : premièrement, la fenêtre pour un plan B de désescalade via un accord politique en Ukraine est passée. C’est tout ou rien maintenant (à moins que Washington ne plie). Deuxièmement, bien que dans un contexte légèrement différent, l’Europe et l’équipe Biden ont choisi de faire monter les enjeux en flèche :

La conviction que la vision libérale européenne risque d’être humiliée et méprisée si Poutine venait à « gagner » s’est installée. Et dans le noyau Obama-Clinton-État profond, il est inimaginable que Poutine et la Russie, toujours considérée comme l’auteur du Russiagate par de nombreux Américains, puissent l’emporter.

La logique de cette équation est inexorable : l’escalade.

Pour Biden dont la cote de popularité continue de chuter, le désastre surviendra lors des élections de mi-mandat de novembre. Le consensus parmi les initiés américains est que les Démocrates sont sur le point de perdre 60 à 80 sièges au Congrès, et une petite poignée (4 ou 5 sièges) au Sénat également. Si cela devait se produire, il ne s’agirait pas seulement d’une humiliation personnelle, mais d’une paralysie administrative pour les Démocrates jusqu’à la fin théorique du mandat de Biden.

La seule issue possible à ce cataclysme imminent serait que Biden sorte un lapin du « chapeau » ukrainien (qui, à tout le moins, détournerait l’attention de l’inflation galopante). Les Néo-cons et l’État profond (mais pas le Pentagone) sont tous pour. L’industrie de l’armement apprécie naturellement que Biden blanchisse des armes en Ukraine (avec d’énormes « débordements » qui disparaissent en quelque sorte dans les limbes). De nombreuses personnes à Washington profitent de ce gâchis bien financé.

Pourquoi une telle euphorie face à un plan d’escalade aussi téméraire ? Eh bien, les stratèges suggèrent que si les dirigeants Républicains se montrent bipartisans en matière d’escalade – se rendant complices de la politique belliciste de plus en plus agressive, pour ainsi dire – ils affirment qu’il pourrait s’avérer possible d’endiguer les pertes Démocrates lors des élections de mi-mandat et d’émousser, pendant la campagne de l’Opposition, un assaut axé sur une économie mal gérée.

Jusqu’où Biden pourrait-il aller avec cette escalade ? Eh bien, le déploiement d’armes est une évidence (un autre gâchis), et les forces spéciales sont déjà sur le terrain, prêtes à allumer une mèche à toute escalade ; de plus, la zone d’exclusion aérienne évoquée semble avoir l’avantage supplémentaire de bénéficier d’un soutien européen, en particulier au Royaume-Uni, parmi les Baltes (bien sûr) et chez les « Verts » allemands également. (Alerte spoiler ! Tout d’abord, bien sûr, pour mettre en œuvre une zone d’exclusion aérienne, il est nécessaire de contrôler l’espace aérien, espace que la Russie domine déjà et sur lequel elle met en œuvre une exclusion électronique et magnétique totale).

Cela serait-il suffisant ? Des voix sinistres conseillent de ne pas le faire. Elles veulent une présence au sol. Elles parlent même d’armes nucléaires tactiques. Elles affirment que Biden n’a rien à perdre à « faire le gros dos » , surtout si le GOP est convaincu de devenir complice. En fait, cela pourrait même le sauver de l’ignominie, insistent-ils. Les initiés de l’armée américaine soulignent déjà que l’approvisionnement en armes ne permettra pas de « renverser » la situation. Il faut à tout prix éviter une « guerre perdue » d’ici novembre.

Un tel consensus en faveur d’une escalade est-il réaliste ? Eh bien, oui, c’est possible. Rappelons qu’Hillary (Clinton) a été l’alchimiste qui a fusionné l’aile néoconservatrice des années 1980 avec les néolibéraux des années 1990 pour créer une large structure interventionniste qui pourrait servir tous les goûts : les Européens pouvaient s’imaginer exercer un pouvoir économique d’envergure mondiale pour la première fois, tandis que les néoconservateurs ont ressuscité leur insistance sur l’intervention militaire musclée comme condition préalable au maintien de l’ordre fondé sur des règles. Ces derniers sont fous de joie à l’idée que la guerre financière échoue.

Du point de vue des néo-conservateurs, cela remet l’action militaire sur la table et ouvre un nouveau « front » : aujourd’hui, les Néo-cons remettent précisément en question le postulat selon lequel un échange nucléaire avec la Russie doit être évité à tout prix. Et à partir de cet abandon de l’interdiction des actions susceptibles de déclencher un échange nucléaire, ils affirment que circonscrire le conflit ukrainien sur cette base est inutile et constitue une erreur stratégique – affirmant que, selon eux, il est peu probable que Poutine ait recours aux armes nucléaires.

Comment cette superstructure d’élite interventionniste néoconservatrice et libérale peut-elle exercer une telle influence alors que la classe politique américaine au sens large est historiquement « anti-guerre » ? Les néo-cons sont l’archétype du caméléon. Adorés par l’industrie de la guerre, régulièrement présents dans les réseaux, ils entrent et sortent du pouvoir à tour de rôle, les « faucons de la Chine » se nichant dans les couloirs de Trump, tandis que les « faucons de la Russie » migrent pour peupler le département d’État de Biden.

L’escalade est-elle déjà intégrée ? Il y a peut-être encore une « mouche du coche » iconoclaste : Trump ! – par son acte symbolique de soutien à J.D. Vance pour la primaire sénatoriale du GOP dans l’Ohio, contre la volonté de l’establishment du GOP.

Vance est l’un des nombreux représentants de la tradition populiste de l’Amérique qui cherche à se faire élire lors du prochain « remaniement » du Congrès. Mais le fait marquant ici est que Vance a remis en question le caractère précipité de l’escalade en Ukraine. Beaucoup d’autres prétendants populistes potentiels parmi les nouveaux sénateurs et sénateurs en herbe du GOP ont déjà succombé à la pression du vieil establishment du GOP pour approuver la guerre. (Le gâchis, encore une fois).

Le GOP est divisé sur l’Ukraine à son niveau de représentation supérieur, mais la base populaire est traditionnellement sceptique quant aux guerres étrangères. Avec ce soutien politique, Trump pousse le GOP à s’opposer à l’escalade en Ukraine. Ross Douthat, dans le NY Timesconfirme que le soutien de Vance est plus étroitement lié aux sources de la popularité de Trump en 2016, car il a exploité le sentiment anti-guerre parmi les Déplorables, qui se préoccupent davantage du bien-être de leur propre pays.

Peu de temps après l’annonce du soutien, Trump a publié une déclaration :

« Il est insensé que la Russie et l’Ukraine ne s’assoient pas et n’élaborent pas une sorte d’accord. S’ils ne le font pas bientôt, il ne restera rien d’autre que la mort, la destruction et le carnage. C’est une guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu, mais elle a eu lieu. La solution ne pourra jamais être aussi bonne qu’elle l’aurait été avant le début des tirs, mais il y a une solution, et elle doit être trouvée maintenant, pas plus tard, quand tout le monde sera MORT », a déclaré Trump.

Trump écarte effectivement la possible ligne de fracture clé pour les prochaines élections (même si certains gros bonnets du GOP – dont beaucoup sont financés par le complexe militaro-industriel (MIC) – sont favorables à une implication militaire plus robuste).

Et Trump perçoit toujours le point faible de son adversaire : Biden peut être très attiré par l’argument de l’escalade, mais il est connu pour être encore plus affecté à l’idée que des sacs mortuaires rentrent aux États-Unis avant novembre et deviennent son héritage. D’où l’exagération de Trump, qui a déclaré que, tôt ou tard, tout le monde en Ukraine « sera MORT » .

Une fois encore, la crainte des Démocrates ayant des connaissances militaires est que le pont aérien d’armes occidentales aux frontières de l’Ukraine ne changera pas le cours de la guerre et que la Russie l’emportera, même si l’OTAN s’engage. En d’autres termes, « l’impensable » se produira : l’Occident perdra face à la Russie. Ils affirment que l’équipe Biden n’a guère le choix : mieux vaut miser sur l’escalade que de risquer de tout perdre avec une débâcle en Ukraine (surtout après l’Afghanistan).

Le fait d’éviter l’escalade représente un tel défi pour la psyché missionnaire américaine avide de leadership mondial que la prudence innée de Biden ne suffira peut-être pas à vaincre l’élan en sa faveur. Le Washington Post rapporte déjà que « l’administration Biden fait fi des nouveaux avertissements russes contre la fourniture aux forces ukrainiennes d’armes plus perfectionnées et d’un nouvel entraînement – dans ce qui semble être un risque calculé que Moscou n’intensifie pas la guerre » .

Les élites de l’UE, en revanche, ne sont pas seulement persuadées (en dehors de la Hongrie et d’une faction en Allemagne) par la logique de l’escalade, elles en sont franchement intoxiquées. Lors de la conférence de Munich en février, c’était comme si les dirigeants de l’UE avaient l’intention de surenchérir dans leur enthousiasme pour la guerre : Josep Borrell a réaffirmé son engagement en faveur d’une solution militaire en Ukraine : « Oui, normalement, les guerres sont gagnées ou perdues sur le champ de bataille » , a-t-il déclaré à son arrivée à une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE à Luxembourg, lorsqu’on lui a demandé de commenter sa précédente déclaration selon laquelle « cette guerre sera gagnée sur le champ de bataille » .

Leur euphorie est centrée sur la croyance que l’UE – pour la première fois – exerce son pouvoir économique d’une manière significative au niveau mondial et, en même temps, permet et arme une guerre par procuration contre la Russie (en imaginant l’UE comme un véritable empire carolingien, gagnant réellement sur le champ de bataille !)

L’euphorie des élites de l’UE – si complètement découplées des identités nationales et des intérêts locaux, et plutôt fidèles à une vision cosmopolite dans laquelle les hommes et les femmes d’importance travaillent en réseau entre eux et se complaisent dans l’approbation de leurs pairs – ouvre une profonde polarisation au sein de leurs propres sociétés.

Le malaise vient de ceux qui ne considèrent pas le patriotisme, ou le scepticisme à l’égard de la russophobie actuelle, comme nécessairement mal placés. Ils craignent que les élites bornées de l’UE qui préconisent des sanctions à l’encontre de la Russie et l’engagement de l’OTAN avec une puissance nucléaire, n’entraînent un désastre pour l’Europe.

Les euro-élites sont en croisade – trop investies dans la charge émotionnelle et l’euphorie de la « cause » ukrainienne pour avoir même envisagé un plan « B ».

Et même si un plan « B » devait être envisagé, l’UE a moins de possibilités d’inverser le mouvement que les États-Unis. Structurellement, l’UE est incapable de s’auto-réformer ou de changer radicalement de cap, et l’Europe élargie manque désormais de « vaisseaux » permettant d’opérer des changements politiques décisifs.

Accrochez-vous à vos chapeaux !

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par, pour le Saker Francophone

Shireen Abou Akleh

Par : René Naba

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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Shireen Abou Akleh, par Jacques Marie Bourget, un rescapé des snipers israéliens.

L’accumulation d’une barbarie à visage humain, suicidaire pour Israël, fera un jour sauter le manteau de plomb qui veut étouffer la Palestine.


Cinquante cinq (55) ; le nombre de journalistes palestiniens tués par les forces d’occupation israéliennes depuis l’an 2000, date du début de la deuxième intifada et à 16 le nombre des journalistes palestiniens emprisonnés.


Note de la Rédaction https://www.madaniya.info/

Journaliste chrétienne palestinienne, d’une famille originaire de Jérusalem jouissant de la double nationalité palestinienne et américaine, Shireen Abou Akleh, correspondante de la chaîne transfrontière arabe «Al Jazeera» pour les territoires palestiniens occupés, a été tuée par l’armée israélienne, le 11 Mai 2022, à proximité du camp de réfugiés palestiniens de Jénine, alors qu’elle portait un gilet pare balles mentionnant PRESSE en toutes lettres.

Intervenant un an après la destruction de la Tour Média de Gaza qui abritait notamment les bureaux d’Al Jazeera et de l’agence de presse américaine Associated Press, la mort de Shireen Abou Akleh porte à cinquante cinq (55) et le nombre de journalistes palestiniens tués par les forces d’occupation israéliennes depuis l’an 2.000, date du début de la première intifada et à 16 le nombre de journalistes palestiniens emprisonnés.

Dans le même ordre d’idées, 150 dépouilles palestiniennes, dont les dépouilles de 9 enfants, demeurent retenues par les autorités israéliennes en otage, dans des entrepôts frigorifiques.
Une journée solidarité internationale sera organisée le 27 août 2022 à Beyrouth en vue de réclamer la restitution des dépouilles palestiniennes à leurs familles. La journée de solidarité est organisée par Mohamad Safa, directeur du Centre Khiam, du nom du centre de détention aménagé par les Israéliens au sud-liban durant leur occupation de cette zone frontalière libanaise (1976-2000). Fin de la note.

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Le témoignage de Jacques Marie Bourget

Aujourd’hui ces vidéos implacables qui nous déroulent à volonté la bobine de la vie nous permettent aussi, quand le drame tend sa toile, de voir la mort en face. En regardant les images de ma magnifique consœur Shireen Abu Akleh, prise dans une rafale de tirs, j’ai revécu ma propre mort, ou presque mort. En effet puisque le 21 octobre 2000 à Ramallah, j’ai été ainsi pris, comme elle, dans la mire d’un tireur «d’élite» israélien. Qui m’a visé au cœur. Hasard de l’histoire, le criminel de guerre -puisqu’il s’agit de cela selon la Convention de Genève- n’a pas touché ce qu’il voulait détruire; tirant juste quelque centimètre trop haut. Grâce à cette association du hasard et du formidable talent des chirurgiens Palestiniens j’ai survécu.

Soyons clairs, la victime est bien Shireen et non moi qui suit encore là. Ecrire ces lignes ce n’est qu’une façon d’être solidaire par le témoignage. D’expérience, je peux décrire les secondes horrifiantes qui furent, pour Shireen, les dernières de sa vie. Vous êtes journaliste, vous êtes là sans armes, non pour faire la guerre mais pour rendre compte, permettre au monde de voir l’invisible. Puis c’est l’ahurissement, l’incompréhensible de la blessure, le passage dans un autre monde.

Une reporter de la qualité de Shireen avait assez d’expérience pour ne pas se mettre volontairement sous le feu. Si elle est tombée ce n’est pas le hasard d’une malchance, c’est qu’un barbare a décidé, en lui ôtant la vie, de commettre un crime de guerre. Selon la loi un attentat terroriste dont il se moque puisqu’il sait en appuyant sur la détente qu’il sera impuni.

J’ai jadis croisé la jeune femme à Ramallah, à Gaza, à Jérusalem, dans le patio de l’hôtel «American Colony» qui fût le palais de Lawrence d’Arabie. Elle était intimement journaliste et Palestinienne, mais aussi Palestinienne et journaliste.
Comme Paul Nizan (mort lui aussi sous des balles) était marxiste et Français. Ceux qui oseront aujourd’hui nous dire que ses écrits étaient militants sont des lâches, ils étaient simplement justes. Courageuses dans ses récits, courageuse sur le terrain, elle gardait toujours le sens de l’accueil, toujours prêt à aider l’autre. Plus qu’une femme, c’est un exemple qui a été assassiné.

J’en reviens à l’expérience de la mort Et je tiens aussi à demander pardon à ces Palestiniens «anonymes» qui, chaque jour ou presque, tombent sous des tirs israéliens. De ceux-là, la presse occidentale parle peu et ils apparaissent rarement sur les écrans. Ils ne sont rien qu’un nombre qui vient s’ajouter au chiffre des morts comptabilisés tous les mois, tous les ans… Et le monde, les yeux clos, se moque de ce cortège. Par sa mort Shireen ressuscite aussi la mémoire de toutes ces victimes tombées sans faire de bruit.

Très gravement blessé, laissé sur le pavé par les démocrates israéliens indifférents qui ont refusé de me porter secours, je connais le refrain repris aujourd’hui par les «autorités» israéliennes: «ce sont les palestiniens qui ont tiré». Les mensonges du «story telling» sont tenus en réserve, prêts à être servis à chaud.

Ce déni permet à tous les aveugles de la planète, si épris de vérité, mais là ne veulent rien savoir, d’être les relayeurs d’une insupportable prudence «ne nous emballons pas, attendons les preuves». Des preuves qui ne viendront jamais, ou trop tard, le drame étant effacé des mémoires occidentales.

Vient ensuite le bobard, celui de «l’enquête impartiale». Qui bien sûr, ne peut être crédible qu’exécutée par les «experts» israéliens. Personnellement après ma blessure, on m’a servi ce mensonge, celui d’une «armée qui se livrait à une investigation». C’est faux et cette illusion, ce leurre sont ignobles: les pelles qui jettent la terre de l’enterrement.

A force de me battre, avec l’aide de l’avocat William Bourdon et de quelques juges français, j’ai fini par apprendre officiellement d’Israël: «que mon cas avait été étudié, mais que le rapport militaire était secret.

Comble du mépris, mes assassins osaient ajouter que ce compte rendu officiel avait été «perdu» mais, que de toutes façons, le tir qui m’a traversé le corps était le fait «des palestiniens»!

Si, après 20 années de combat la justice française a reconnu que j’avais bien été «victime d’une tentative d’assassinat de la part d’Israël» (un crime de guerre). Mais d’où les magistrats français tiennent-ils cette certitude? A une mince ogive de métal retirée de mon omoplate. Analysée par des experts la munition est bien une balle de M16 fabriquée par IMI, l’industrie d’armement israélienne. Faute d’être puni, le coupable est connu.

Même si les amateurs du port de parapluie par beau temps affirment les lèvres serrées que «comparaison ne vaut pas raison», intimement je sais tout de la mort de Shireen et que seul le hasard a voulu que je respire encore.

Mon témoignage entend aller, en bouclier, au devant des mensonges officiels et donner un peu d’espoir à ceux qui aimaient Shireen. L’étude balistique, dans la zone où notre consœur a été tuée, et celle d’un projectile -s’il est retrouvé- peuvent encore dénoncer un coupable. Un jour il sera puni, lui et ceux qui lui sont solidaires, ses enfants peut-être, punis par trop de honte et d’injustice accumulées.

Ainsi, je recommande à ceux qui ne sont pas indignés, de visionner les images tournées au moment où le corps de Shireen est retiré de la morgue de l’hôpital de Jérusalem. On voit alors un peloton de policiers israéliens lancer l’assaut contre un cercueil, comme si ces non-humains souhaitaient la deuxième mort d’une journaliste trop indomptable.

L’accumulation d’une barbarie à visage humain, suicidaire pour Israël, fera un jour sauter le manteau de plomb qui veut étouffer la Palestine.

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A propos
ILLUSTRATION :

Créateur : Maya Levin | Crédits : AP

Contre la guerre impérialiste, pour la guerre de classe – Appel internationaliste de la TCI

Source: Révolution ou Guerre.

(Versione italiana disponibile : http://www.igcl.org/Contro-la-guerra-imperialista-per)

 

Nous nous associons à l’appel lancé par les camarades de la Tendance communiste internationaliste pour que les révolutionnaires fidèles à l’internationalisme prolétarien se regroupent dans des « comités no war but the class war » [non à la guerre, oui à la guerre de classe]. Nous ne rejoignons pas cette initiative au nom d’un principe internationaliste abstrait valable en tout temps et en toute occasion. Mais parce que cet appel, dont nous partageons chaque point, chaque phrase ou presque, se veut une première réponse à la menace « d’une guerre plus généralisée d’une manière encore jamais vue depuis 1945 ». Si d’aucun pouvait douter jusqu’alors que le capitalisme en crise ne pouvait offrir à l’humanité, inéluctablement, que l’alternative révolution prolétarienne mondiale ou guerre impérialiste généralisée, la guerre en Ukraine a rendu cette perspective ô combien concrète et d’actualité.

Comme le dit la TCI, cet appel à former des comités « « Contre la guerre, pour la guerre de classe » est une initiative internationale mais pas un embryon d’Internationale. » Les conditions pour celle-ci sont loin d’être réunies aujourd’hui. De même, toute conférence internationaliste du type de Zimmerwald durant la Première guerre mondiale serait largement prématurée du fait, non pas tant de la situation historique en soi, mais de l’état, en particulier de dispersion et de division, des forces internationalistes – ne serait-ce que parce qu’une partie d’entre elles rejette toute perspective de Troisième guerre mondiale, faisant ainsi de l’internationalisme prolétarien un principe abstrait et en soi qui ne peut déboucher, au mieux, que sur le pacifisme que l’appel de la TCI rejette avec raison.

Pour l’heure, et vu la réalité limitée des luttes prolétariennes et l’état du camp révolutionnaire, il s’agit de permettre « aux minorités révolutionnaires dispersées de combiner leurs forces et de transmettre le message de la nécessité de se battre à une classe ouvrière plus large. » L’objectif est plus modeste mais correspond tout à fait à la situation actuelle et à ses possibilités. Dans la mesure de nos moyens, nous le faisons nôtre.

Le GIGC, 10 avril 2022

Contre la guerre, pour la guerre de classe – Un appel pour agir (TCI, 7 avril 2022)

1) L’invasion russe de l’Ukraine n’est pas un acte isolé. C’est le début d’une nouvelle période de rivalités impérialistes qui menace d’une guerre plus généralisée d’une manière encore jamais vue depuis 1945.

2) Aucun pays aujourd’hui n’est en dehors du système capitaliste. L’intensification de la rivalité impérialiste est le produit de la crise économique toujours non résolue du capitalisme qui date maintenant depuis plusieurs décennies. Durant cette période, le capitalisme a été contraint de recourir à nombre d’expédients pour gérer sa crise économique provoquée par la baisse du taux de profit. Ce que cela a causé à la classe ouvrière mondiale, c’est une exploitation plus intense, une plus grande précarité des emplois et un déclin continu de la part des travailleurs dans la richesse qu’ils produisent. Non seulement ce système mène à la guerre, mais sa recherche insatiable de profit mène aussi à la destruction de la planète.

3) Cependant, la mondialisation, la financiarisation et le soi-disant néolibéralisme, toutes ces réponses à la chute du taux de profit, ont abouti à l’éclatement de l’énorme bulle spéculative mondiale en 2008. Elles n’ont fait que prolonger la crise – pas la résoudre. Les contradictions du système s’accumulent et aucun Etat n’en est immunisé.

4) L’une des contradictions les plus flagrantes est que l’Occident a transféré des investissements vers des économies à bas salaires dans les années 1980. Le plus grand bénéficiaire en a été la Chine qui a construit son économie grâce à l’exploitation massive de sa main-d’œuvre à bas salaires pour fournir des produits de base bon marché afin d’alléger la pression à la baisse sur les revenus des travailleurs occidentaux. Cet arrangement avantageux pour le capitalisme mondial a cependant commencé à s’effondrer dès que l’essor économique a permis à la Chine de commencer à concurrencer les États-Unis sur toute la planète. Ce mariage de convenance économique s’est effondré et s’est pleinement révélé après l’éclatement de la bulle spéculative en 2008, intensifiant ainsi les contradictions déjà existantes du système.

5) L’éclatement de cette bulle aurait conduit à une crise capitaliste mondiale sans précédent depuis 1929 si les États n’étaient pas intervenus pour absorber les dettes du système financier. Mais « l’assouplissement quantitatif » n’a, ni résolu la crise globale, ni l’augmentation de l’exploitation à des niveaux inhumains. Ce dont le capitalisme a besoin, c’est d’une dévaluation massive du capital qui va au-delà de l’amortissement des actifs existants et cela nécessite une guerre généralisée. Cette propulsion vers la guerre généralisée a pris de l’ampleur depuis un certain temps. Avec de moins en moins d’options ouvertes aux dirigeants du monde, il y a de moins en moins de place pour le compromis sur ce que sont les « intérêts nationaux« . Plus ils sont désespérés, plus ils sont susceptibles d’utiliser des armes de destruction massive qui menacent l’avenir de l’humanité (en un temps encore plus court que la menace très réelle que représente le changement climatique). En fait, la menace d’une guerre mondiale est liée à la catastrophe environnementale qui se produit déjà en raison de l’épuisement croissant des ressources naturelles et de la destruction de l’environnement provoqués par un système de plus en plus en crise.

6) La seule force capable d’empêcher cette catastrophe, et la guerre en général, est la classe ouvrière mondiale, dont la force collective peut d’abord paralyser l’effort de guerre, puis renverser l’ordre capitaliste. Les travailleurs salariés du monde entier partagent une position objective commune en tant que créateurs de la richesse mondiale qui aboutit dans les mains de leurs exploiteurs. En tant que tels, ils n’ont aucun pays ni intérêts nationaux à défendre. Eux seuls sont en mesure de créer une nouvelle société sans classes dans laquelle il n’y a pas d’États, où la production est coopérative, et conçue pour répondre aux besoins du plus grand nombre et non aux profits de quelques-uns. Ainsi, les conditions existent pour une communauté mondiale de producteurs librement associés où les gens donnent ce qu’ils peuvent et ne prennent que ce dont ils ont besoin.

7) Pour y parvenir, la classe ouvrière a besoin de s’organiser, ou peut-être de se réorganiser. Dans la lutte quotidienne contre les réductions de salaire, etc., les travailleurs seront obligés de former des comités de grève élus et révocables par tous les travailleurs pour unir leur lutte. Mais cela ne suffira pas à stopper les attaques des capitalistes. Les luttes isolées dans un secteur ou sur un lieu de travail sont facilement gérées par les patrons et les syndicats complices. Tous les comités de grève doivent s’unir pour former un mouvement de classe plus large qui puisse entamer le processus de dépassement de l’État existant.

8) Il est inévitable que dans ce processus, certains travailleurs en viennent à reconnaître l’impasse de l’existence capitaliste avant les autres. Il est impératif que ces derniers s’organisent politiquement à un niveau international afin d’offrir une voie claire pour l’avenir. Cela ne se produira pas immédiatement, surtout pas après des décennies de recul des luttes des travailleurs face à l’assaut capitaliste. Cependant, la situation actuelle en Ukraine est un avertissement de ce que les gouvernements réservent aux travailleurs partout dans le monde et nous devons réagir, non seulement à l’exploitation quotidienne, mais aussi aux plans politiques de « nos » dirigeants.

9) Dans la situation actuelle de désastre humanitaire, nous n’avons pas d’illusion sur la possibilité qu’un mouvement de classe puisse surgir bientôt, même si l’histoire a maintenant pris un nouveau tournant désespéré. Nous devons construire ensemble quelque chose qui s’oppose à la fois à l’exploitation et à la guerre. Même si la crise actuelle en Ukraine se termine par un accord de fortune, cela ne peut que semer les graines pour le prochain cycle de conflits impérialistes. L’invasion de l’Ukraine a déjà jeté la Russie dans les bras de la Chine et rallié l’OTAN et l’UE aux États-Unis et à leurs objectifs.

10) Le capitalisme signifie la guerre et c’est le capitalisme qu’il faut arrêter. Nous proposons donc de mettre en place des comités « No War but the Class War » partout où nous sommes présents et d’inviter à y participer les individus et les groupes qui s’opposent à tous les nationalismes et reconnaissent que la seule guerre qui vaille la peine d’être menée est la guerre de classe pour mettre fin au capitalisme et à ses conflits impérialistes sanglants. Cela permettra aux minorités révolutionnaires dispersées de combiner leurs forces et de transmettre le message de la nécessité de se battre à une classe ouvrière plus large.

11) « Contre la guerre impérialiste, pour la guerre de classe » est une initiative internationale mais pas un embryon d’Internationale. Cela ne se produira que lorsque la guerre de classe se développera en un mouvement capable de s’attaquer à l’ordre capitaliste mondial. Cependant, elle offre une boussole politique pour les révolutionnaires de différents horizons qui rejettent toutes les politiques sociales-démocrates, trotskystes et staliniennes consistant, soit à se ranger carrément d’un côté d’un impérialisme ou d’un autre, soit à décider que l’un ou l’autre est un ‘moindre mal’ qu’il faut soutenir, soit à approuver le pacifisme qui rejette la nécessité de transformer la guerre impérialiste en guerre de classe, ce qui sème la confusion et désarme la classe ouvrière pour qu’elle n’entreprenne pas sa propre lutte.

12) Enfin, nous devons souligner qu’il ne s’agit pas d’un appel au pacifisme, qui n’est au fond qu’un plaidoyer pour un retour à la « normale ». Le problème concerne justement cette « normalité » – c’est-à-dire le système capitaliste lui-même qui génère les forces qui mènent à la guerre. Être contre la guerre sans appeler à la fin du capitalisme, c’est comme attendre que le capital ne produise pas de profits sans renverser le système d’exploitation, alors que ce dernier est la condition nécessaire à l’existence du premier.

Si ces points convergent pour l’essentiel avec votre propre position, nous aimerions connaître votre opinion.

Camarades de la Tendance Communiste Internationaliste

Nous, Français, sommes champions!

OLIVIER CABANEL — Oui, nous, les Français , nous sommes les champions !, nous pouvons y aller de notre cocorico ! Il y a eu le foot mais ceci est du passé, attardons-nous un peu au présent…

En effet, nous sommes champions du monde de la consommation des médicaments, de la consommation des psychotropes (trois fois plus que nos voisins européens), de la consommation des antibiotiques (la quantité d’antibiotiques consommés en Europe atteint 10 493 tonnes en 1997 et, en dix ans, probable que nous ayons fait un grand bon en avant).

A ce sujet, je voudrais rappeler à nos amis chasseurs que les faisans d’élevage, qu’il vont tuer à la prochaine ouverture de la chasse, sont tellement bourrés d’antibiotiques, qu’ils devraient être interdits à la consommation.

Nous sommes aussi champion du monde de la consommation d’anti-migraineux, du nombre de césariennes, de la contamination par transfusion (57 % des transfusés en France, pour 3,3 % en Angleterre), de l’importation d’amiante, du nombre d’incinérateurs (193), et il faut se souvenir que même s’ils sont aux normes, la santé se moque des normes puisque les quantités de dioxines rejetées s’additionnent dans notre corps.

Nous sommes aussi champion du monde du nombre de centrales nucléaires : 19 centrales nucléaires, faisant tourner 58 réacteurs et, en conséquence, produisant autant de déchets dangereux : 136 sites de déchets radioactifs, répartis dans pratiquement chaque départements français.

Pour plus de détail, vous pouvez consulter le « rapport de l’observatoire national de l’ANDRA dont le titre est : Où sont les déchets radioactifs en France ? ». c’est un ouvrage complet et très édifiant (www.andra.fr).

De cause à effet, nous sommes aussi champions du monde de la consommation de tranquilisants (cinq fois plus qu’aux Etats-Unis).

Pour finir en beauté, champion du monde du suicides des jeunes.

II y a aussi les places de seconds, tout aussi honorables, puisque juste derrière les Etats-Unis, nous sommes le pays ou il y a le plus d’obèses : 1 Américain sur 3 et, en France, 1 sur 4 (avec l’Allemagne)!

Cette obésité est due en partie aux 2,7 kg d’additifs que nous consommons chaque année et qui se trouvent dans les sucreries et les boissons artificielles. Qu’attendent donc nos champions de boissons pétillantes pour augmenter un peu les doses afin de nous permettre de détrôner les Américains ?

Pourtant, il y a un record dont nous pourrions être fiers. Bien sûr ce n’est qu’un record d’Europe, mais ce n’est pas le moindre.

Nous sommes les champions d’Europe, dans la catégorie « patrons les mieux payés ».

C’est un magazine américain qui le révèle : Fortune pour ne pas le nommer.

Celui-ci a découvert que nous étions champions d’Europe parmi le classement des vingt chefs d’entreprise européens les mieux payés de l’année 2006.

En tête, Carlos Goshn patron de Renault avec 45 millions de dollars, puis Jean-Paul Agon, patron de l’Oréal avec 19 millions de dollars, en septième position nous trouvons Thierry Demarest, patron de Total, et Daniel Bouton, inspecteur général honoraire des finances, président-directeur général de la Société générale. Il anime aussi le groupe « croissance » au Médef et il est administrateur de Total et de Veolia environnement.

Vous voyez qu’il ne faut pas désespérer.

Vive la France qui gagne, comme dit notre président qui goûte des vacances bien méritées, et fête certainement tous ces titres enviables.

Mais je pose une question : pourquoi personne n’est allé chercher les coupes du monde de ces records ?

J’ose espérer que nous n’avons pas honte de les avoir remportées, et qu’il ne s’agit que d’un bête oubli.

Paiement en roubles et sanctions contre la Russie: les guignols de l’UE capitulent!

 Par Marc Rousset.

 

L’UE se voit obligée d’autoriser les sociétés européennes acheteuses de gaz à ne pas respecter les sanctions qu’elle a mises en place : payer en euros ou dollars, mais pas en roubles ! Elle a finalement plié face aux exigences de Poutine de payer le gaz en roubles.

Tout acheteur de gaz russe doit ouvrir un compte à Gazprombank. Cette banque russe reçoit les paiements dans la devise du contrat, les convertit à ses frais sur un deuxième compte en roubles ouvert par la société européenne acheteuse de gaz et paie ainsi Gazprom, le fournisseur de gaz, en roubles ! Pour ne pas perdre la face, l’UE exige des sociétés européennes acheteuses de gaz une déclaration guignolesque selon laquelle leurs obligations sont remplies puisqu’elles paient en euros ou en dollars conformément aux contrats signés. La déclaration ment par omission en disant qu’elle clôt le paiement pour la livraison de gaz concernée car elle oublie de préciser que le paiement ultime a finalement été effectué par le débit en roubles sur un deuxième compte en roubles ouvert chez Gazprombank.

Pourtant les dirigeants de l’UE affirmaient que jamais au grand jamais ils n’accepteraient de payer le gaz en roubles. Il s’agit donc d’une capitulation pure et simple de Bruxelles. L’important pour la Russie est d’éviter la saisie des paiements en euros ou en dollars dans des comptes ouverts auprès des banques occidentales. De plus, ces dollars et euros sont immédiatement revendus sur le marché des changes contre des roubles avec des frais de change facturés à la société européenne acheteuse de gaz. C’est la raison pour laquelle le rouble a non seulement retrouvé son taux de change d’avant le 24 février 2022, date de l’intervention militaire russe en Ukraine, mais il l’a même dépassé, narguant l’euro en train de dévisser et même le dollar américain ! Les Occidentaux qui rêvaient de voir le rouble s’écrouler pour déclencher une inflation monstrueuse en Russie se retrouvent donc, il n’y a pas d’autres termes pour exprimer le mieux possible la réalité de la situation, tout « cons » !

Selon l’agence Bloomberg, 20 entreprises européennes ont déjà ouvert des comptes auprès de Gazprombank pour payer le gaz russe en convertissant des euros en roubles. 14 autres clients ont demandé des documents nécessaires pour les ouvrir. Et 4 ont déjà effectué le paiement en roubles !

La Russie vient de gagner par exemple son bras de fer avec l’Italie : l’ENI, le groupe énergétique italien détenu par l’État, a accepté d’ouvrir un deuxième compte en roubles. A contrario, la Pologne et la Bulgarie avaient réglé leurs achats dans la devise prévue, mais avaient refusé d’ouvrir un second compte en roubles ; Gazprom, en rétorsion, a suspendu ses livraisons, considérant que le règlement n’avait pas été effectué. Selon le journal italien La Repubblica, malgré la pantomime grotesque des guignols de l’UE, « le gaz, à raison de 155 milliards de m3 en 2021, continuera à affluer de la Russie vers l’UE ».

Quant à la politique des sanctions contre le pétrole russe, c’est aussi le fiasco le plus complet !

Les divergences entre les pays européens sont très vives ! La Hongrie, dépendante à 100 % de l’énergie russe par gazoduc et oléoduc, a chiffré à 15-18 milliards d’euros le coût d’un arrêt de ses achats de pétrole russe pour expliquer sa demande d’exemption, suite à un approvisionnement russe exclusif par oléoducs terrestres, du projet d’embargo pétrolier de l’UE.

Pour Vladimir Poutine, il est impossible pour certains pays européens d’abandonner rapidement le pétrole russe, comme le souhaite l’UE. «Il est évident que certains États de l’UE, dont la part des hydrocarbures russes dans le bilan énergétique est particulièrement élevée, ne seront pas en mesure de le faire avant longtemps, qu’ils ne pourront pas se passer de notre pétrole». Le chef du Kremlin a ajouté qu’en abandonnant les approvisionnements énergétiques russes, l’Europe risquait d’acquitter à terme les tarifs les plus chers du monde, tandis que la compétitivité de son industrie serait sapée, avec la désindustrialisation et le chômage à la clé pour les Européens.

Selon le site pro-européen Euractiv.fr « l’UE joue sa réputation alors que la Hongrie continue de bloquer les sanctions contre Moscou». Il est évident que les sanctions devraient viser la Russie et lui causer du tort plutôt que de causer du tort aux États membres, ce qui est hallucinant de bêtise et d’impréparation. Plusieurs États membres, tels que la Slovaquie, la République tchèque et la Bulgarie ne sont pas mécontents de voir la Hongrie monter en première ligne.

Les sanctions énergétiques ne sont ni plus ni moins qu’un suicide économique et industriel pour l’Allemagne et tous les pays européens qui ont besoin d’une énergie abondante, écologique par gazoducs (ce qui n’est pas le cas des méthaniers) et peu coûteuse.

Les responsables de l’UE, suite à la concurrence du Royaume-Uni qui voulait tirer les marrons du feu, ont aussi abandonné un projet visant à interdire aux navires de l’UE de transporter du pétrole russe, après l’opposition de la Grèce et de Chypre quant à l’impact sur leur économie. Dans les problèmes de ce type, il n’y a que la règle de l’unanimité qui peut sauver certains États, ce que souhaitait de Gaulle, contrairement à ce que veut mettre en place le fédéraliste Macron, vendeur de la France industrielle à l’encan.

Face à toutes ces difficultés la Commission européenne a dévoilé un plan de 210 milliards d’euros. L’objectif technocratique est de mettre fin à la dépendance de l’Europe aux combustibles russes fossiles d’ici 2027 et d’accélérer le passage aux coûteuses et catastrophiques énergies renouvelables. Viktor Orban a pu déclarer à ce sujet : « Cela vaut la peine de se demander s’il y a un sens à une transformation coûteuse qui ne peut commencer à fonctionner que dans quatre à cinq ans., alors que la cause de tout cela est une guerre qui se déroule en ce moment ».

Le résultat provisoire des courses, c’est que la Russie gagne plus d’argent avec ses ventes de gaz et de pétrole qu’avant la guerre en Ukraine et va réorienter son secteur des hydrocarbures vers la Chine, l’Inde, les BRICS et les pays émergents. Vladimir Poutine a pu déclarer « Commettre un tel autodafé, un tel suicide économique, c’est évidemment leur problème. Nous devons agir de façon pragmatique et tenir tout d’abord compte de nos propres intérêts ( ..). Le résultat des actions chaotiques de nos partenaires a été une hausse de nos revenus du secteur des hydrocarbures, les changements sur le marché pétrolier étaient de nature « tectonique (…). Il est peu probable qu’on pourra refaire des affaires comme avant. »

La Russie croule donc sous les excédents financiers. Ses profits avec la hausse du baril sur les marchés internationaux sont supérieurs à ce qui était anticipé dans les prévisions budgétaires russes. Les sanctions de l’UE sont un échec majeur. La Russie s’enrichit tandis que « les pauvres bougres qui fument des clopes et roulent au diesel » s’appauvrissent en France et en Europe !

Le paiement en roubles du gaz russe, l’embargo par l’UE du pétrole russe, c’est un travail d’idéologues, d’enfants de chœur, d’amateurs irresponsables, de traîtres immigrationnistes et droit-de-l’hommistes, pris subitement d’une rage folle, suicidaire et gratuite pour faire une guerre économique à la Russie qui n’est pas la nôtre, mais celle de l’Amérique!

Marc Rousset

Auteur de  Comment sauver la France/Pour une Europe des nations avec la Russie.

Maintenant voilà pourquoi nous votons blanc ou nous nous abstenons…

Par : ROBERT GIL

Recherche menée par Robert Gil

APTOPIX Mideast IraqEmmanuel Macron est notre président, on le sait depuis le premier tour. Au second tour, il obtiendra autour de 60% des suffrages exprimés et Lepen autour de 35%. Allez, 39% pour nous faire un peu peur.

Il faut être une sacrée nouille pour ne pas encore avoir fait cette arithmétique électorale et penser que Lepen a la moindre chance. L’élection de Macron s’est donc faite le 23 avril au soir et Macron lui-même vient de dire : il n’y a plus de gauche, plus de droite, il n’y a plus de front républicain, je veux que chaque personne qui vote pour moi adhère à ma vision de la France. Cette posture réfléchie, il peut se la permettre parce qu’imaginer Lepen s’approcher du score de Macron relève du phantasme de névrosé ou de l’hystérie collective, mais …lire la suite

LA THÉORIE DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ANTHROPIQUE PREND L’EAU?

Par : JBL 1960

La théorie du Réchauffement Climatique Anthropique;

Un mensonge qui dérange;

Sur ce blog, je dénonce l’escroquerie du Réchauffement Climatique, dit Anthropique, sous toutes ces formes.

Et Résistance71 porte à notre connaissance cet article de Roy Spencer (Docteur en climatologie, ex-climatologue à la NASA) du 20 septembre qu’ils viennent de traduire et de publier ce jour ▼

Escroquerie du réchauffement climatique : Les modèles de prédiction reconnus erronés dans les merdias…

Des fissures dans l’armure de l’empire se font jour

Roy Spencer (Docteur en climatologie, ex-climatologue à la NASA) | 20 septembre 2017 | URL de l’article original en anglais ► http://www.drroyspencer.com/2017/09/cracks-in-the-empires-armor-appear/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/09/30/escroquerie-du-rechauffement-climatique-les-modeles-de-prediction-reconnus-errones-dans-les-merdias/

Hier, nous avons eu droit à une bonne couverture médiatique concernant une “nouvelle” étude publiée dans le magazine “Nature Geoscience” qui conclut que le réchauffement climatique n’a pas progressé aussi rapidement que prévu et que les modèles de prédiction climatique sont “un petit peu” faux.

(Que cette erreur soit d’un facteur de 2 ou 3 est une affaire sur laquelle nous ne nous étendrons pas ici…)

J’essaie toujours d’analyser mon sentiment sur le comment les deux auteurs de cette étude, Myles Allen et Michael Grubb, aient pu être autorisés à errer si loin de la réserve de l’empire et de son porte-parole en la matière du GIEC de l’ONU.

J’ai pensé à ce qui a bien pu mener à cette tournure des évènements et j’en ai conclu que ce n’était pas une compréhension coïncidentelle faite par des éléments hors de contrôle de l’empire. Ce n’est pas une anomalie tactique, mais plutôt une sorte de ballon sonde stratégique expérimental. Si John Christy ou moi-même avions essayé de publier un tel article, les troupes d’assaut impériales emmenées par Darth Trenberth auraient été rapidement envoyées pour écraser la rébellion.

La compréhension par les auteurs que les modèles climatiques produits ont fourni trop de réchauffement par prédiction depuis 2000 est une chose connue depuis au moins 5 ans. Ceci n’est pas un secret, Christy et moi-même avons été fustigés et traités de “négationnistes” pour l’avoir dit de manière répétitive.

Le timing de la “compréhension” de ces auteurs de la même chose ne semble pas très crédible. De l’article du journal “the Independant” : “D’après le ‘Times’, un autre auteur de cet article, Michael Grubb, professeur d’énergie internationale et du changement climatique au University College de Londres, a admis que ses modèles de prédiction précédents avaient surestimé l’augmentation des températures. Au sommet sur le climat de Paris en 2015, le professeur Grubb avait dit : ‘Toutes les preuves de ces 15 dernières années me mènent à conclure que donner pour prédiction une augmentation de 1,5oC n’est simplement pas compatible avec la démocratie.” Parlant au “Times” il avait dit : “Lorsque les faits changent, je change d’avis, comme l’avait dit en son temps (John Meynard) Keynes.”

Je dois maintenant demander ce que savait Grubb et quand l’a t’il su ? Qu’est-ce qui avait changé exactement dans les prédictions des modèles depuis la conférence de Paris en décembre 2015 ?

Absolument rien.

Allen et Grubb savaient que les modèles avaient un sérieux problème bien avant cela.

Je suspecte même qu’il y a eu des années de discussions dans les arrières-chambres emplies des vapeurs de cigarettes électroniques où les leaders de l’empire ont discuté du comment se devait d’être gérée l’augmentation de la disparité entre les prédictions des modèles et les observations de terrain. Cet article fait partie d’un grand plan que l’auteur de “La bombe démographique” Paul Ehrlich avait perfectionné il y a quelques décennies. Je pense que le nouveau narratif qui prend forme est celui-ci : “oui, nous avons eu tort, mais seulement sur le timing du désastre climatique à venir. Cela va toujours se produire… mais maintenant nous avons du temps devant nous pour résoudre ce problème avant qu’il ne soit vraiment trop tard.”

Je me demande si Allen et Grubb vont aussi appelés des “négationnistes” pour avoir montré que les modèles climatiques de l’empire sont à poil ?…

Seul le temps le dira. Tout ce que je peux dire pour l’instant est ceci : bienvenue du côté obscur.

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Enfin, certains Merdias continuent à dire de la merdia!

Les documentaires d’Al Gore ont cette capacité d’éveiller à la réalité, d’élargir notre horizon, de nous décentrer de nous-mêmes, pour envisager un autre rapport au monde et à la nature. Une suite qui dérange’ d’Al Gore – Source Le HuffPost ► http://www.huffingtonpost.fr/2017/09/26/une-suite-qui-derange-dal-gore-le-documentaire-qui-devrait-bousculer-le-monde-comme-dix-autres-films-avant-lui_a_23222249/

Alors que depuis 2010, de manière argumentée nous savons que cette théorie n’est qu’un mythe ▼

Le mythe du Réchauffement Climatique Anthropique (RCA)

https://resistance71.wordpress.com/2010/06/27/le-mythe-du-rechauffement-climatique-anthropique-rca/

Le dogme erroné du réchauffement climatique anthropique ou RCA battait déjà de l’aile avant le meeting de Copenhague en Novembre 2009. Depuis le Climategate de novembre dernier, l’escroquerie de ce dogme pseudo-scientifique a été exposée ainsi que la dictature de la pensée unique de l’organe politique (et non scientifique) de l’ONU en la matière : le GIEC, qui a agi en véritable tyran du dogme pseudo-scientifique pendant plus d’une décennie.

Le passage de la tendance « refroidissement global » des années 70 a la tendance « réchauffement global » de la fin des années 80 n’est aucunement prouvé scientifiquement. Ceci est le résultat exclusif d’une décision politique, motivée par des intérêts financiers particuliers. Si le problème de la pollution est bien réel, celui du RCA est un leurre qui ne profite qu’a une minorité de financiers et de grosses multinationales.

Ci-dessous le manuel du sceptique de Joann Nova, journaliste scientifique australienne qui démonte le dogme pour nous dans ses deux versions complémentaires Manuel du Sceptique I :

http://lemytheclimatique.files.wordpress.com/2010/01/manuel.pdf

et le Manuel du Sceptique II :

http://www.skyfall.fr/uploads/Manuel%20du%20Sceptique%20II-V4.pdf

A lire absolument et faire passer sans modération !

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Voire une escroquerie ▼

Pour vous dire que dès que le gros Al Gore a pointé le bout de son nez pour nous vendre, cher, SA vérité qui dérange, nous n’avons pas cessé de relever les approximations, incohérences et mensonges, puisque ce film s’appuie sur « de sérieuses recherches scientifiques, notamment celles du GIEC » comme le précise sa fiche Wikia.

Et ici, précisément on dénonce la véritable escroquerie mise en place par le  GIEC qui agi en véritable tyran du dogme pseudo-scientifique et ce depuis près de 30 ans… Mais le blog Résistance71 le dénonce depuis plus longtemps que moi et de manière argumentée :

Escroquerie du changement climatique anthropique : Escroquerie d’un marché « vert » de 5 à 7000 milliards de dollars !

Pour les banquiers l’escroquerie du changement climatique anthropique représente un marché potentiel de 7000 milliards de dollars

La marée du fric, le flot des conflits d’intérêts

par JoNova Traduction R71.

Et nous ne sommes pas les seuls à dénoncer;

Les mensonges qui arrangent:

La création du GIEC

Le GIEC fut créé en 1988 à la demande du G7 (G20 aujourd’hui) sous la pression de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Source Les Blogs de Médiarpart.fr ► Le Blog d’Antoine Calandra ► https://blogs.mediapart.fr/antoine-calandra/blog/100116/le-rechauffement-climatique-anthropique-un-mensonge-qui-arrange

MàJ à 14:18 – Grâce à Balou du site Les Moutons Enragés ; 

UN NOUVEAU SAVANT DÉMOLIT LA FABLE DU RCA ;

Un scientifique très respecté, médaillé du climat, vient de décortiquer la science du réchauffement planétaire et y a jeté un coup de pied géant.

Son nom ? John Bates. Sa cible ? Une étude frauduleuse récente qui a déclaré que la «pause» inconfortable dans le réchauffement n’était vraiment pas du tout une pause.

Source La Cause du Peuple ► http://numidia-liberum.blogspot.fr/2017/02/un-nouveau-savant-demolit-la-fable-du.html#more

Et chaque mois, en appui du résumé SOTT des évènements climatiques majeurs (incluant les dolines, passages de bolides, morts soudaines de masses d’animaux, etc) je rajoute toujours des dossiers ad hoc, comme celui sur les probables joueurs de HAARP ► RÉSUMÉ SOTT 08/2017 + INFOS, DOSSIERS & PDF AD HOC

Et ce mois-ci j’ai rédigé un article complet sur les Ouragans en rafales ► Des ouragans en rafales… Alors que le Vert de gris Ministre Nicolas Hulot affirme que c’est là la preuve du RCA ; ICI et .

Et ici ► DE L’EAU PARTOUT… Et pas une goutte à boire ! Mohawk Nation News traduit & complété par JBL1960 Le point de vue des Natifs sur les ouragans en rafales d’Harvey, Irma, Jose, Katia, et les autres…

Je rappelle ici une autre Théorie, celle, Russo-Ukrainienne, de l’origine abiotique profonde du pétrole : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pétrole (abiotique) et en version PDF N° 26 de 68 pages ▼ https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/02/pdftheoriepetroleabiotiquer71.pdf
« L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ;
La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit. »
Mahatma Gandhi

COVID-19: LE BILAN EN 40 QUESTIONS

Par Jean-Loup Izambert et Claude Janvier.

Vient de paraître:  COVID-19: LE BILAN EN 40 QUESTIONS

IS-Édition : https://www.is-edition.com/

 

Résumé (Extrait du livre 33 feuillets sur notre librairie):
covid-19-le-bilan-en-40-questions-extrait-version-pdf (1)

La crise liée à la covid-19 a mis en lumière de sérieux problèmes de
désinformation venant d’Internet mais aussi parfois, contre toute
attente, de l’UE, de l’OMS et de la France, toutes trois mises
sous pression par les lobbies de puissants groupes
pharmaceutiques et cabinets de conseil.

Ainsi, plusieurs informations relayées au public se sont
finalement avérées inexactes ou tronquées.

Plus inquiétant, certaines études scientifiques essentielles
ont été ignorées et des conflits d’intérêts ont été découverts, installant un sentiment
de méfiance dans l’esprit de nombreux citoyens.

Face à ce manque de clarté, le journaliste Jean-Loup Izambert et
l’écrivain-essayiste Claude Janvier sont allés à la rencontre de spécialistes
de tous bords (médecins, chercheurs, avocats, journalistes,
élus, associations…) pour apporter des réponses précises et sourcées
à 40 questions que se posent les Français.

Quelle est la dangerosité réelle du virus covid-19 ? Les test PCR sont-ils
fiables ? Combien ont-ils coûté à la France ? Le cabinet McKinsey a-t-il
contribué à élaborer le plan de vaccination en France ? Pourquoi le
gouvernement n’a-t-il pas favorisé les traitements contre la covid-19 ?
Le port du masque est-il efficace ? Quel est le bénéfice/risque des
vaccins à ARNm ? Sont-ils vraiment sans effet secondaire ? Le Passe
vaccinal est-il justifié ? Comment se défendre légalement face à
certaines mesures gouvernementales ?

Retrouvez toutes les réponses et bien d’autres questions dans
Covid-19 : Le bilan en 40 questions, ainsi que des informations
pratiques et juridiques pour faire respecter ses droits dans un
contexte législatif parfois abusif.

Contact Auteurs et Presse:
Pour toutes commandes de livres, demandes d’interviews,
conférences débat-vente-dédicace avec les auteurs, demande de
visuels, contactez-nous par téléphone (09.81.218.218) ou rendez-vous
sur le site de IS Edition en précisant vos coordonnées et
l’objet de votre demande.


IS-ÉDITION. Maison d’édition – Marseille

Collection: Faits et société

Genre: Essai – Enquête

300 pages

Prix 20 euros TTC

ISBN 978-2-36845-295-0

 

L’impact de la guerre russo-ukrainienne sur les pays du Maghreb

Par Mohamed Ben Abderrazek (revue de presse : Tunisie numérique – 12/5/22)*

Les pressions inflationnistes ont entraîné une hausse des prix des matières premières depuis le dernier trimestre de 2021, et la poursuite du chômage, exacerbée par la pandémie Covid 19, a exacerbé les tensions sociales, qui posent des défis majeurs aux pays du Maghreb rapporte une étude publié lundi dernier 9 mai 2022 par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises, intitulée « L’impact de la guerre russo-ukrainienne sur les pays du Maghreb ».

D’après l’IACE, un think tank publiant régulièrement des notes de recherches économiques, bien que l’impact de ces facteurs soit variable d’un pays à l’autre, le dénominateur commun entre la Tunisie, l’Algérie, la Libye et le Maroc est le coût élevé des aliments et de l’énergie, et le risque de troubles sociaux.

L’impact de la guerre ukraino-russe sur les prix de l’énergie a été très important. Au fait, les prix ont augmenté de façon spectaculaire et le prix du baril de pétrole a dépassé les 100 dollars, ce qui a affecté négativement la plupart des pays du Maghreb importateurs de gaz et de pétrole, tels que la Tunisie, le Maroc et La Mauritanie. Quant à l’Algérie et la Libye, elles ont profité de cette augmentation.

Selon le think tank, les pays de l’Union européenne ont commencé à prospecter des sources de gaz naturel pour compenser le gaz russe après la hausse des prix causée par l’invasion de l’Ukraine, et comptent s’appuyer sur l’Algérie. En 2020, l’Algérie a exporté 7 milliards de dollars de gaz naturel, la principale destination des exportations étant l’Italie avec 2,83 milliards de dollars, l’Espagne 1,8 milliard de dollars, la France 1,02 milliard de dollars, la Turquie 377 millions de dollars et le Maroc à raison de 330 millions de dollars.

La même année, l’Algérie a exporté 6,26 milliards de dollars de pétrole brut. Les principales destinations de ces exportations étaient la France pour 1,15 milliard de dollars, la Grèce pour 522 millions de dollars, l’Inde pour 502 millions de dollars, les Pays-Bas pour 473 millions de dollars et le Royaume-Uni pour 457 millions de dollars.

Selon l’agence Bloomberg, l’Algérie est au premier rang des pays la production de gaz pour compenser le gaz naturel russe, du fait qu’elle occupe le troisième rang parmi les exportateurs de gaz naturel vers l’Union européenne après la Russie et la Norvège. Le coût du gaz algérien est beaucoup moins cher que le gaz qatari ou même américain.

Etant donné que l’Algérie est le principal exportateur de produits pétroliers, la Tunisie peut bénéficier du transit du gaz algérien par son sol à travers de meilleurs partenariats.

Par ailleurs, l’étude de l’IACE note qu’en 2020, la Libye est le deuxième exportateur de gaz naturel au Maghreb avec 717 millions de dollars. La principale destination de ses exportations était l’Italie avec 673 millions de dollars, le Liban pour 27,4 millions de dollars, la Jordanie 4,46 millions de dollars, la France 3,28 millions de dollars et l’Égypte à raison de 2,93 millions de dollars. La même année, la Libye a exporté 5,46 milliards de dollars de pétrole brut, la principale destination des exportations étant l’Italie avec environ 1,06 milliard de dollars, l’Allemagne 748 millions de dollars, la Chine avec 706 millions de dollars, l’Espagne 629 millions de dollars et les Émirats arabes unis avec 547 millions de dollars.

Quant à la Tunisie, le Maroc et la Mauritanie, qui sont des pays importateurs d’énergie, ils souffriront davantage de la hausse des prix du pétrole et du gaz naturel. Au fait, le Maroc a importé en 2020, 1,04 milliard de dollars de gaz naturel, principalement d’Algérie avec une valeur de 330 millions de dollars, des États-Unis 292 millions de dollars, l’Espagne 136 millions de dollars et la France 77,5 millions de dollars, la Norvège 66,1 millions de dollars.

La même année, la Tunisie a importé 131 millions de dollars de gaz naturel, principalement de la Grèce 40,5 millions de dollars, l’Italie 26,8 millions de dollars, la France 25,3 millions de dollars, la Turquie 20,6 millions de dollars et le Royaume-Uni 10 millions de dollars.

La Mauritanie a également importé pour 39 millions de dollars de gaz naturel, principalement des Émirats arabes unis avec environ 25,6 millions de dollars, des États-Unis 4,98 millions de dollars, de la Norvège 4,58 millions de dollars, du Royaume-Uni 3,63 millions de dollars et de la Grèce 140 000 dollars.

La hausse des prix de l’énergie due à la crise russo-ukrainienne a eu des effets négatifs sur la Tunisie et le Maroc, puisque le prix de l’essence en Tunisie a augmenté de 6% et le prix du diesel de 6,4%, alors que la hausse a été énorme au Maroc en avril 2022, où le prix de l’essence a augmenté de 21,2 % et le prix du diesel de 46,3 %.

*Source : Tunisie numérique

La guerre en Ukraine, une escalade dans l’affrontement impérial

Par Andrey Sushentsov (revue de presse : Arrêt sur info – 14/5/22)*. Source secondaire: France-Irak Actualité.

Plusieurs scénarios se présentent à Moscou, Kiev et l’Occident (Washington-Bruxelles)

Pourquoi les relations russo-ukrainiennes préoccupent-elles chaque Russe et chaque Ukrainien ? Dans une certaine mesure, ce qui se passe est une guerre civile à retardement, qui aurait pu se produire au début des années 1990 avec l’effondrement de l’URSS, lorsque la première génération de dirigeants russes et ukrainiens se vantait d’avoir évité un divorce sanglant comme celui de la Yougoslavie.

En Russie, une personne sur deux a des parents dans le pays voisin, et ce qui s’y passe est davantage une question de politique intérieure. Par exemple, si le gouvernement ukrainien ferme des églises orthodoxes russes ou interdit un parti politique d’opposition pro-russe, l’affaire est immédiatement couverte par la télévision d’État et les politiciens russes font des déclarations.

Tous les pays post-soviétiques ont accédé à l’indépendance le même jour, et chacun de ces États est en quelque sorte une expérience de construction de l’État, d’établissement de stratégies politiques étrangères et intérieures.

La particularité de l’expérience étatique ukrainienne est soulignée par le dilemme suivant : comment est-il possible de concilier les deux piliers de l’État ukrainien – l’Ukraine galicienne et la communauté russe orientale ? À un moment donné, les représentants des régions occidentales ont eu un bâton en main, et ils ont commencé à l’utiliser dans leur dialogue avec les représentants de l’Est – c’est pourquoi le dernier Maïdan a gagné. La voie sur laquelle s’est développée l’expérience ukrainienne reflète une réduction progressive de la présence et des intérêts de l’identité russe.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lorsqu’il a tenté de s’assurer le soutien de l’est du pays pendant les élections, a promis qu’il n’interdirait jamais l’enseignement du russe dans les écoles, qu’il garantirait le statut du russe en tant que langue de communication avec les agences gouvernementales et qu’il protégerait la mémoire de la Grande Guerre patriotique. Dès qu’il est arrivé au pouvoir, il est devenu clair que ses intentions étaient de faire exactement le contraire.

Aujourd’hui, en observant ce qui se passe dans les médias occidentaux, nous pouvons voir que tout est présenté comme si la grande et forte Russie attaquait la petite Ukraine. Du point de vue de l’équilibre stratégique des forces, cependant, la situation n’est pas si évidente. L’Ukraine est la deuxième plus grande nation d’Europe en termes de taille physique après la Russie. La population de l’Ukraine est d’environ 40 millions d’habitants, ce qui est important par rapport aux normes européennes.

L’armée ukrainienne est la troisième plus grande d’Europe après celles de la Russie et de la Turquie – entre 220 000 et 240 000 personnes. La part des dépenses militaires dans le PIB de l’Ukraine est de près de 6 % (au niveau d’Israël), les forces armées ont été modernisées et Kiev a acheté des systèmes armés modernes à l’Occident. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a directement souligné que des instructeurs occidentaux avaient formé des dizaines de milliers de soldats ukrainiens. En arrosant l’Ukraine d’armes, l’Occident a cherché à créer un contrepoids à la Russie, en l’affrontant d’une manière qui absorberait complètement son attention et ses ressources – un peu comme la confrontation du Pakistan avec l’Inde.

Il y a quelques semaines, des farceurs russes ont appelé le ministre britannique de la défense et, au nom du Premier ministre ukrainien, lui ont demandé comment la Grande-Bretagne réagirait s’ils envisageaient de créer des armes nucléaires en Ukraine. Le ministre de la défense a répondu que le Royaume-Uni soutiendrait toujours ses amis ukrainiens.

Il semble à beaucoup que l’Occident ne permettrait jamais à l’Ukraine d’obtenir ses armes nucléaires, mais il est tout à fait possible que l’Occident réagisse de la même manière que dans le cas d’Israël : Officiellement, le pays ne possède pas d’ADM, mais, comme l’a dit un dirigeant israélien, « Si nécessaire, alors nous l’utiliserons. » Métaphoriquement parlant, on peut dire que les Américains ont mis un gilet pare-balles aux Ukrainiens, leur donnant un casque et les poussant vers la Russie : « Succès, mon pote. » En fin de compte, tout cela a conduit à une relation de dépendance unilatérale. L’Ukraine est très dépendante de l’Occident, mais ce dernier ne prévoit pas de la soutenir systématiquement pour toujours.

Comment les Américains se comporteraient-ils si la Russie répondait par une menace comparable ? Lors d’une des auditions au Sénat américain, l’amiral américain Kurt W. Tidd a déclaré que « la Russie étend sa présence dans la région, concurrençant directement les États-Unis pour l’influence dans notre hémisphère ». Imaginez que la Russie commence à interagir avec le Mexique de la même manière que l’Occident se comporte actuellement avec l’Ukraine : De façon inattendue pour les Américains, le Mexique commence à se militariser rapidement, pense à son propre programme de missiles, aux armes nucléaires. Les Mexicains se souviennent de griefs datant du 19e siècle, lorsque le Texas ne faisait pas encore partie des États-Unis. Que feraient les États-Unis, compte tenu des fuites très récentes sur le désir de l’ancien président Donald Trump d’envahir le Venezuela « en raison d’une menace pour la sécurité régionale ? »

Nous sommes probablement au point de départ d’une crise en cours, et pas près de sa fin. La première proposition diplomatique faite par la Russie au début de la crise était que l’Ukraine reste neutre, que la Crimée soit reconnue comme territoire russe et que les républiques du Donbass soient reconnues comme indépendantes. En réponse à ces demandes, l’Ukraine a avancé les siennes : Le rapatriement complet de son territoire d’avant 2014 et aucun pas vers la Russie. La maximisation des demandes ukrainiennes signifie qu’un point d’équilibre n’a pas encore été trouvé dans la campagne militaire en cours. Cependant, elle dispose de ses propres options d’évolution.

Dans le premier scénario, le gouvernement ukrainien actuel et la Russie concluent un accord qui prend en compte les demandes russes, et ces accords sont reconnus par l’Occident comme faisant partie d’un accord global de sécurité européenne. La crise russo-ukrainienne laisserait place à une confrontation militaro-politique russo-occidentale, semblable à celle de la guerre froide.

Le deuxième scénario suppose le développement des événements sous l’influence de la situation militaire sur le terrain. En conséquence, soit un équilibre est inévitablement trouvé, soit l’une des parties l’emporte. Dans ce cas, il existe des risques que l’Occident ne reconnaisse pas les résultats de l’accord et qu’un nouveau gouvernement ukrainien se mette en place, auquel s’oppose le gouvernement en exil. L’Occident mettra en place un système de soutien à l’underground ukrainien, similaire à celui qui existait dans l’ouest de l’Ukraine dans les années 1950.

Le troisième scénario implique une forte escalade des tensions entre la Russie et l’Occident. Il est possible que la crise s’étende aux pays de l’OTAN ou que l’escalade de la guerre de sanctions contre la Russie s’intensifie dans l’espoir d’ébranler les fondements de l’État russe. Dans ce cas, les risques d’une collision nucléaire augmenteront. Toutefois, jusqu’à présent, nous constatons que les dirigeants occidentaux prennent leurs distances par rapport à de tels plans et affirment qu’ils n’enverront pas de forces de l’OTAN dans ce conflit. Néanmoins, nous avons vu à plusieurs reprises comment l’Occident franchit ses propres « lignes rouges » – cela peut vraiment se reproduire.

 

Andrey Sushentsov  est directeur de programme du Valdaï Club, un think tank russe.

*Source et Traduction : Arretsurinfo.ch

Version originale: https://www.rt.com/russia/555454-strategic-foundations-ukrainian-crisis/

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Syrie/Iran: Vladimir Poutine a dit…

Revue de presse : Le Courrier de Russie – 26/10/15* Extraits du discours de Vladimir Poutine au Forum de Valdaï (22/10/15)

Georges le tué

Alvaro : Georges Wolinski dédicaçant à la fête de l'Huma 2007. (CC BY-SA 3.0)
Alvaro : Georges Wolinski dédicaçant à la fête de l’Huma 2007. (CC BY-SA 3.0)

 

ALLAN ERWAN BERGER   — Nicolas Hibon, écrivain, a diffusé cette lettre. Je la reproduis ici.

J’ai comme un gros goût de merde dans la bouche.

Ça pue l’obscurantisme, l’intransigeance, la haine et tout un cocktail nauséabond d’inhumanité.

Dire que l’envie de vomir ne m’a pas quitté n’est rien, elle m’habite depuis ce matin. Je n’ai pas seulement perdu un copain qui m’avait spontanément fait cadeau de son talent alors que je ne le connaissais pas, mais un des derniers repères véritablement humains de notre société. Si Wolinski et les autres sont morts entourés de ceux qui ont guidé leurs vies, c’est de la plus atroce façon : par la main de la lâcheté et de l’ignominie.

J’ai eu le privilège de rencontrer Georges à plusieurs reprises, et de pouvoir passer quelques moments d’exceptions avec lui. Par “moments d’exceptions” j’entends au tour d’une table bien garnie loin de toutes phrases définitives et de connards puants les mondanités.

Il me racontait un jour s’être rendu chez Reiser accompagné de quelques copains de Charlie lorsqu’ils avaient appris sa mort. D’ailleurs tous remarquablement éméchés par la douleur et l’alcool qui enjolive le pire. Lorsqu’ils étaient entrés chez Reiser décédé quelques heures plus tôt, et probablement parce qu’il refusait sa mort, l’un d’eux s’était écrié : « Ben pourquoi vous faites cette gueule, y a quelqu’un qu’est mort ? »

Je ne suis pas de ta trempe, Georges, ta mort ne me fait pas rire, ça faisait longtemps que j’avais pas chialé.

On est tous des enfants de Charlie, et aujourd’hui j’ai encore perdu un papa.

Tu salueras Cavana pour moi s’il te plaît Georges, et bien le bonjour aux mille vierges.

Nicolas

2015_01_08_b

Commentaire sur la situation :

Tout ce qui est ridicule mérite d’être moqué. Si tu es de droite, moque-toi sans remord des gogos de gauche ; si tu es de gauche, paye-toi la poire des gagas de droite. La République te le permet, et protègera ton droit à rigoler de tout ce qui te semble risible.

Mais les gens sans esprits ne savent pas se moquer : pour eux, une personne de gauche n’est qu’une gauchiasse, selon le terme à la mode dans les rangs de l’extrême-droite, et ils adorent les massacrer, comme le fit un fasciste qui tua plusieurs dizaines d’enfants dans un camp organisé par la Ligue des Jeunes Travaillistes sur l’île d’Utøya, en Norvège, en 2011.

Et un être libre sera toujours perçu comme une abomination par ceux d’entre les fidèles d’une religion qui sont incapables de se structurer sans l’aide permanente d’un faisceau de dogmes, et celle d’un cadre coercitif. Le crime est la seule réponse que ces esprits mal finis trouvent à brandir en réaction au défi d’intelligence qui leur est lancé par un simple rire.

Les acteurs de ce drame, les mots employés, les tournures des phrases, tout aujourd’hui favorise l’extrême droite. Jusqu’au concept d’union nationale qui, malgré l’intelligent contre-feu lancé par Madame Taubira ce matin du 8 janvier, s’appuie sur le vocabulaire du Front national tout en prétendant exprimer le contraire de ce que dit ce parti fasciste.

Nous remarquons au passage que c’est l’extrême droite islamiste qui a tiré sur la gauche antiraciste, et que c’est l’extrême droite nationaliste qui s’empresse de dicter le ton de la journée, tandis que la gauche républicaine n’en peut mais, elle qui a subi un coup énorme. Médiatiquement, nos propos ne font pas le poids face aux phrases simples de l’extrême-droite, chargées de haine, formatées pour s’accrocher dans les filets des journalistes. Les fascistes jouent ici sur du velours, à médias conquis, et la situation leur est infiniment favorable.

Décérébrés de toutes obédiences, voici venu le temps de votre aurore en France. Nous devrions cependant pouvoir vous enquiquiner par quelques dessins, car il semble que vous en ayez très peur, comme les vampires de l’ail. – A.E.B.

FIN

BLANCHEUR INOUÏE (Diane Boudreau)

Par : Ysengrimus

Soleil
Si jamais le soleil s’éteint dans ta vie
Bouge d’un pas, change ton point de vue
Tu verras
Il était caché mais pas disparu
(p 51)
.

YSENGRIMUS — Avec le travail dense et velouté de cette poétesse, on est probablement dans la blancheur mais on est surtout, indubitablement, dans l’inouï. La poésie de Diane Boudreau se présente comme une suite de courts textes jouant de sobriété et de dépouillement. Les thèmes abordés touchent le quotidien et la concrétude. Ce sont des poèmes calmes. Un optimisme ambivalent les caractérise. Il s’en dégage une solide harmonie entre poéticité et écriture ordinaire. Les choses se jouent donc souvent entre nos temps et nos espaces à nous.

Janvier à St-Jovite

Neige, neige
Tassée lentement sous le vent
Et sous les longs élans
Des skieurs du dimanche

Douce, douce neige
Feutrée de silence
Accrochée aux grands conifères
Et aux versants les plus secrets de la vallée

Et nous deux
Silencieux
Comme en un sanctuaire
À l’orée du boisé
Si pur

Attentifs
En ces haltes d’azur
Habitées de mésanges
Aux battements d’ailes si vifs
Aux frôlements si légers
Que je n’ose bouger.

(p. 26 — typographie et disposition modifiées)

.

Nous voici donc ensemble face aux éléments. Rien ne se nie mais rien ne se donne. Il faut agir mais il faut percevoir aussi, appréhender, ondoyer, ressentir. Il n’est pas question de postuler le lisse ou le facile. L’écriture semble facile. Le monde qu’elle évoque le sera fatalement moins. C’est qu’un rapport problématique spécifique s’établit envers les forces contraires.

Dans la nuit

Je ris et je danse
Ô délice

Mais il se meurt.

Je t’aime, tu m’aimes
Ô bonheur

Mais elle est seule.

Hier c’était moi
Aujourd’hui c’est lui

Et demain…?

Quand donc y aura-t-il assez de soleil
Que personne ne soit dans la nuit?

(p. 15 — typographie et disposition modifiées)

.

Optimisme ambivalent. Le monde porte une souffrance et le vibrato de cette souffrance revient sur la poétesse qui, par empathie naturelle mais aussi par harmonie intellective, partage la souffrance appréhendée. C’est pas drôle, c’est pas marrant, c’est lancinant mais la poésie qu’on découvre ici n’aspire pas à se lamenter. Il y a du difficile, du douloureux, du tyrannique même. Mais la sensibilité optimiste de la poétesse la pousse à affronter les forces contraires et à les tourner à son avantage. Aussi c’est: à nous deux, les intempéries.

Promenade au bois

Il pleut… Bon.
Déçu…? Non.

C’est la fête
Aux feuilles

C’est la fête
Aux écureuils.

Bottes, impers
…et hop là!

Les marmottes
Nous voilà!

(p. 31 — typographie et disposition modifiées)

.

La poétesse est, de fait, phénoméniste. L’existence est une affaire assumée. On la modifie dans sa périphérie mais on l’assume pleinement en son centre. C’est un traitement non fataliste de la fatalité qui se donne à lire ici. Une joie devant le fait qui s’impose. La poétesse ne plie pas devant ce qu’elle regarde et contemple. Elle tire sa force des particularités définitoires et réjuvénantes de l’existence. Elle le sait: il faut continuer.

Je continue

Un chêne est tombé
C’était mon ami
Ma vie était liée à lui.

Elle l’est encore…

À travers le temps et l’espace
Il sera là
Il veillera sur moi
À sa façon.

Je sentirai la force
Revenir en mes membres
En mon cœur rejaillit
Une source nouvelle

Il m’habite déjà
Reprend racine en moi
Et me fera aller plus haut
Plus loin
Je continue pour lui.

(p. 29 — typographie et disposition modifiées)

.

La force vient du monde, bien sûr. Mais un regard femme sur ce monde reste un enjeu de première importance. Le travail de l’écriture féminine s’articule depuis les profondeurs tranquilles, les soubassements ordinaires, chez Diane Boudreau. Elle tire sa force de son appréhension personnelle de la nature, du monde, des faits. Mais viennent des moments où cela ne suffit pas. La poétesse se ressource alors au sein du collectif humain. Elle tire sa force de l’humain. Elle tire aussi sa force des particularités cruciales de la sororité. C’est le stable et solide chemin de Talie.

Talie

Femme-flamme
Yeux de braise

Talie
D’où que tu viennes

Toutes les femmes
Mère fille fée
Fière Indienne

Fille du vent et de la terre

Toutes les femmes
Sont en toi

Talie
Toute la vie…
Scellée.

Précieux cristal
Au jardin de lumière.

(p. 52 — typographie et disposition modifiées)

.

Le jardin de lumière se centre sur ce précieux cristal qui est femme. C’est ainsi que la constellation femme s’installe sans tambour ni trompette au sein de la poéticité fondamentale de Diane Boudreau. C’est ainsi que la poétesse alloue une attention soutenue à ses amitiés féminines.

À la source

Un oiseau de lumière
À la source même s’abreuve.

Notes neuves,
Cristallines

Se répandent dans l’espace
En poussière de lune

Pénètrent jusqu’au cœur de l’être
Y chassant l’amertume.

Claudine

Ton chant
Puissant et pur
Étrange et doux

Nous ravit,
Tel un oiseau du paradis
Venu jusqu’à nous.

(p. 35 — typographie et disposition modifiées)

.

Et ceci nous emporte, comme verte tempête des sens et des émotions, au sein de la si virulente et si contemporaine problématique des genres. Le miroir ne se casse pas. Il se gondole, il pleure aussi mais l’un dans l’autre, il se regarde, se voit et s’assume. Avec la femme c’est la communion, le raccord pacifié et ancien de la sororité séculaire et spéculaire. Le miroir n’est pas en tesson, il est en lagon, en embruns et en guirlandes boréales. Avec l’homme, les résultats sont plus aléatoires. Parfois le verbe se grippe dans le rapport de force sous-jacent et alors, oh, oh, ça ne fonctionne pas fort.

Conversation

Tu retrousses mes phrases, les fait culbuter
Leur donne crocs-en-jambe.

Tu me dépossèdes
De moi

M’étourdis
Me réduis à néant

Comme si la vie
S’enfuyait
De toutes parts
En t’écoutant.

Qui es-tu
Pour me lacérer ainsi?

Et moi
Que suis-je devenu?

Casse-tête oublié
«Modèle à recoller»
Pour tromper
Ton ennui?

(p. 43 — typographie et disposition modifiées)

.

Quoi de nouveau sous le soleil et quoi de sec sous la rivière ? Mais tout n’est pas perdu et on peut tout de même suggérer que la Guerre des Roses n’aura pas lieu. En effet, le sens de la rencontre chez la poétesse arrive à mieux préserver ses atouts, quand les enjeux se densifient. Il s’agit —vieille lune fatale— de détecter le bon gars. Parfois donc, ça gaze pas fort. Et d’autres fois, ça fonctionne bien mieux.

Avec lui

Avec lui
Point n’est besoin de dire
Ou de chercher…

Tout est là

Dans la simplicité heureuse
Du sublime ordinaire

Enfin mon cœur repu
Suis arrivée au puits
Je bois
Mon infini perdu.

(p. 27 — typographie et disposition modifiées)

.

C’est avec la mise en place du sublime ordinaire que se rapatrie mon infini perdu. C’est là un aphorisme de sagesse. Le recueil de poésie Blancheur inouïe contient 33 poèmes. Il se subdivise en quatre petits sous-recueils: Voyage (p 11 à 21), Jusqu’au puits jusqu’à la source (p 23 à 37), M’ancrer à la vie (p 39 à 53), et Avec le temps dans ma main (p 55 à 72). Ils sont précédés d’une dédicace (p 7) et d’un texte liminaire de deux pages (en manuscrit ronéo) intitulé Les mots viendront danser (p 8 et 9), et suivis d’une table des matières (p 74 et 75) et de remerciements en page finale. Le recueil est illustré d’une page couverture ainsi que de douze dessins de type encres et fumées (dont la teinte intégrale vire volontairement au verdâtre). Ces illustrations sont de Céline G. Lapointe.

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Extrait de la quatrième de couverture:
Des mots simples, du quotidien, qui, ordonnés à leur manière, transforment les choses, les êtres, et viennent nous rejoindre là où notre âme trouve sa source. Une fois de plus, les encres et fumées de Céline G. Lapointe accompagnent de façon remarquable cette poésie chaude, sereine et d’une grande sensibilité. De très beaux moments de paix et d’harmonie intérieure à vivre et à partager.

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Diane Boudreau, Blancheur inouïe, Diane Boudreau, 1993, 76 p.

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« La grande explosion sociale arrive ! » (Francis Cousin)

Zoom - Francis Cousin : "La grande explosion sociale arrive !"video

 Zoom – Francis Cousin : «La grande explosion sociale arrive!»
 Le prolétariat a définitivement renié la gauche et la droite et l’effondrement économique de la planète marchandise catastrophique est inéluctable. Les larbins politiciens de toute allégeance ne décident rien, pas plus que les godillots de la finance en transe qui regardent le crédit chimérique déclassifié s’étioler. Ce ne sont que des polichinelles actant les mécanismes incontournables du capital. Le capitalisme, sous toutes ses formes – libertaire – conservatrice – socialiste – capitaliste d’État, va s’écrouler.  De tout ceci, prédit Francis Cousin, la grande explosion sociale mondiale arrive…tous aux abris, à moins, déclame le philosophe, que l’Europe capitaliste  réagisse, se braque, s’arme et se joigne à la maison Russie pour forger l’Eurasie de Brest à Vladivostok. Une troisième superpuissance contre l’hyperpuissance Étatsunienne et contre le dragon chinois…et la guerre nucléaire sera assurée. Une pièce d’anthologie politico-économique à écouter et analyser absolument. Cependant, garder en tête, chers lecteurs, que nous devons et que nous pouvons  construire l’alternative à cette apocalypse annoncée.   Contre la Guerre Impérialiste, pour la Guerre de Classe – les 7 du quebec

Zoom – Francis Cousin : «La grande explosion sociale arrive!»

Guerre en Ukraine: les seize preuves de l’entière responsabilité de l’Amérique

Par Marc Rousset.

Afin de développer un politique de classe prolétarienne – autonome – nous devons connaître la rhétorique des deux blocs impérialistes qui s’affrontent sur la scène ukrainienne cet État fantoche et failli. Marc Rousset résume ci-dessous l’argumentaire du bloc impérialiste russo-chinois contre l’agressif bloc impérialiste américano-OTAN. Nous vous prions de porter attention à la conclusion ou l’auteur présente le manifeste en faveur de la création d’un troisième bloc eurasien (Europe-Russie).

 

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L’Occident met en avant la propagande de la Russie envers ses citoyens, mais ce que l’on vit en Occident relève d’une propagande tout aussi intense et de plus mensongère ! L’agresseur apparent de l’Ukraine est la Russie depuis le 24 février 2022, mais l’agresseur véritable de la Russie est l’Amérique qui, depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et le célèbre ouvrage « Le grand échiquier » de Brzezinski en 1991, n’a toujours eu qu’un seul et unique but : mettre à bas la Russie, la dépecer en trois, tout en lui faisant perdre la stratégique Ukraine, russe depuis la fondation de la « Rus de Kiev » en 882.

Les seize preuves de l’entière responsabilité de l’Amérique pour la guerre en Ukraine :

1) L’expansion sans fin de l’OTAN à l’Est
Poutine est le témoin vivant de quatre vagues successives d’élargissement de l’OTAN à l’Est. En mars 1999, les premières adhésions à l’OTAN d’anciens pays du Pacte de Varsovie : République tchèque, Hongrie et Pologne ; en 2004 les trois pays baltes, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie ; en 2009 l’Albanie et la Croatie ; en 2017, le Monténégro et en 2020 la Macédoine du Nord.
Les États-Unis rejettent également de leur côté, au nom de la doctrine Monroe, depuis le XIXe siècle, toute idée d’une alliance militaire hostile sur le continent américain ou d’une présence militaire hostile dans leur étranger proche.

2) Les engagements pris par les Européens et les Américains envers la Russie, lors de la réunification de l’Allemagne et de la chute de l’URSS, n’ont pas été respectés
Le 9 février 1990, selon le procès-verbal de la rencontre, le secrétaire d’État américain James Baker auprès de George Bush dit à Gorbatchev : « Nous comprenons que pour l’URSS et les pays européens, il est important d’avoir des garanties que la présence militaire de l’OTAN ne se déplacera pas d’un pouce en direction de l’Est ». Le lendemain, selon des archives russes, le chancelier Kohl dit à Gorbatchev : « Nous estimons que l’OTAN ne doit pas étendre sa sphère d’influence ».

3) La politique d’agression de la Russie par l’Amérique a été écrite noir sur blanc, dès 1997, par Zbignew Brzezinski dans Le grand échiquier !
L’ours russe, poussé dans les cordes par l’Amérique et l’expansion à l’Est de l’OTAN, ne peut pas se permettre de perdre stratégiquement, économiquement, démographiquement, linguistiquement et historiquement l’Ukraine. Plus qu’une guerre de la Russie contre l’Ukraine, c’est une guerre défensive et préventive de la Russie, alliée par nécessité avec la Chine, contre l’Amérique !

Zbignew Brzezinski écrivait noir sur blanc, dès 1997, dans  Le grand échiquier  : « L’Amérique doit absolument s’emparer de l’Ukraine, parce que l’Ukraine est le pivot de la puissance russe en Europe. Une fois l’Ukraine séparée de la Russie, la Russie n’est plus une menace ».

4) Poutine a toujours voulu la paix, mais a été obligé d’intervenir car, depuis le 16 février 2022, les Ukrainiens, poussés par l’Amérique, préparaient un massacre des Russes ukrainiens, afin de conquérir entièrement le Donbass
14 000 séparatistes russes ont déjà été tués dans le Donbass depuis 2014 et un nouveau massacre était sur le point de se produire avec l’offensive des Ukrainiens extrémistes endoctrinés, tels les militaires nazis du régiment Azov, descendants directs du régiment SS Galicia en 1943.

5) Suite aux intrigues en coulisses de l’Amérique, les accords de Minsk I (5 septembre 2014) et Minsk II (12 février 2015) n’ont pas été respectés par les Ukrainiens. La France et l’Allemagne, garants des accords, mais sous influence américaine, sont devenues subitement très passives.
Le coup d’État de Maïdan a été organisé en 2014 par la CIA pour écarter un dirigeant pro-russe démocratiquement élu en Ukraine. L’Amérique, qui conseillait les Ukrainiens, ne les a pas incités à respecter les accords de fédéralisation de l’Ukraine et de l’utilisation de la langue russe car elle a toujours poussé à l’affrontement et à la guerre.

6) Les États-Unis et l’OTAN ont bafoué leur propre principe, comme quoi un pays (l’Ukraine) ne peut pas améliorer sa sécurité aux dépens d’un autre pays (la Russie)
Les États-Unis et l’OTAN ont signé des traités en 1999 à Istanbul et en 2010 à Astana indiquant qu’au nom du principe de « l’indivisibilité de la sécurité » qu’ils ne peuvent améliorer leur sécurité au détriment d’autres pays. Or l’Ukraine, depuis 2014, a accru des capacités militaires hostiles à la Russie, suite aux fournitures de matériel et à la formation des militaires ukrainiens par les pays de l’OTAN. L’installation de missiles par l’Amérique en Ukraine nous ramènerait à la crise des missiles à Cuba en 1962.

7) Une loi ukrainienne adoptée en mars 2021 pour reconquérir la Crimée par la force.
Volodomyr Zelensky a fait adopter en mars 2021 une loi qui stipulait la nécessité pour l’Ukraine, alors que la Crimée, historiquement, ethniquement et linguistiquement, n’a jamais été ukrainienne, de reconquérir la Crimée par la force.
La Crimée russe a été donnée en cadeau en 1954 par Khrouchtchev à une Ukraine purement administrative dans le cadre de l’URSS, pour fêter le tricentenaire du soulèvement des cosaques zaporogues en 1654 qui ont demandé l’aide et la protection de la Russie, afin de pouvoir se débarrasser et vaincre les Polonais !

8) Un accord de partenariat stratégique et militaire entre les États-Unis et l’Ukraine a été signé le 10 novembre 2021
Cet accord qui scellait une alliance entre les deux pays était dirigé contre la Russie et promettait à l’Ukraine l’entrée dans l’OTAN. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ! L’homme d’État Poutine a été convaincu que la Russie devrait immédiatement attaquer avant que l’adversaire se renforce encore, soit de plus en plus fort et menaçant, voire capable de reprendre effectivement la très stratégique Crimée qui a été peuplée de Russes, dès la conquête de la Crimée en 1783 par Catherine II aux dépens de l’empire ottoman.

9) Une offensive militaire ukrainienne, avec l’accord officieux des États-Unis, pour reprendre tout le Donbass avait déjà commencé dès le 16 février 2022, alors que la Russie n’est intervenue militairement que le 24 février 2022
Vladimir Poutine a invoqué, le 24 février 2022, l’article 51 de la Charte des Nations unies qui prévoit une assistance en cas d’attaque des deux républiques du Donbass ayant proclamé leur indépendance. Selon les observateurs impartiaux de l’OSCE, le nombre de tirs d’artillerie ukrainienne est passé progressivement de 76, le 16 février 2021, à 1484 le 22 février 2022. 1, 5 million de personnes du Donbass pro-russe ont été déplacées et 14 000 personnes ont péri sous les bombardements ukrainiens de 2014 à 2022. Un massacre à venir et un exode des populations russophones était quasi certain, sans l’intervention militaire russe au Donbass qui était donc légale en vertu du droit international.

10) Le rapport 2019 très révélateur de la société américaine de conseil stratégique « Rand Corporation » 
Ce rapport intitulé « Sur-expansion et déséquilibrage de la Russie, évaluation des impacts des options imposant des coûts » est très explicite. Il envisage comme tactique possible pour les États-Unis de « fournir une aide létale à l’Ukraine » afin « d’exploiter le plus grand point de vulnérabilité externe de la Russie ».

11) Selon la Charte des Nations unies, la Russie est « en état de légitime défense »
Selon l’article 51 de la Charte des Nations unies, suite à l’expansion sans fin de l’OTAN à l’Est, suite à l’armement, la formation et à la réorganisation de l’armée ukrainienne par l’Amérique, ce que montrent les gigantesques derniers envois d’armes américains prévus par une loi-bail pour un montant de 40 milliards de dollars, suite à la menace d’implantation de missiles stratégiques, et suite à l’attaque ukrainienne en février 2022 dans le Donbass, la Russie est en droit d’invoquer la légitime défense.

12) L’Ukraine, selon la Charte des Nations unies est devenue un mandataire de l’Amérique et de l’OTAN, pour agresser la Russie
L’Ukraine attaque en fait non seulement les séparatistes du Donbass, mais aussi potentiellement directement la Russie, suite à un armement de plus en plus lourd et important, suite à une campagne médiatique farouchement antirusse, suite à son souhait officiel de vouloir intégrer l’UE et l’OTAN, avec possibilités d’installer des missiles trop proches de Moscou, tels des serpents venimeux à sonnettes potentiellement mortels pour la Russie.

13) L’Amérique a fait de l’Ukraine un modèle mortel de société pour la Russie, une Anti-Russie en voie de sécession du monde russe
La guerre de l’Amérique est aussi idéologique et mortelle à terme pour la Russie car le modèle ukrainien de démocratie occidentale décadente, individualiste, hédoniste et matérialiste, est destructeur à terme pour la Russie. La Russie, pour survivre, a besoin au contraire d’un État régalien fort, d’une armée forte et d’une démocratie autoritaire, face à tous les dangers qui l’entourent (OTAN à l’Ouest, Caucase et Turquie au Sud, 4 500 km de frontières communes avec la Chine, danger islamique de l’Asie centrale peuplée par des descendants de la Horde d’Or).

Introduire la démocratie occidentale en Russie, c’est la condamner à une mort certaine, l’Occident étant lui-même en décadence.
La Russie, suite à des pressions du gouvernement ukrainien, a déjà subi la sécession de l’Église orthodoxe ukrainienne qui s’est affranchie de la tutelle du Patriarcat de Moscou pour se tourner vers Constantinople

14) La demande d’adhésion récente de la Finlande et de la Suède à l’OTAN confirme la stratégie d’encerclement de la Russie par l’OTAN, bras armé de l’Amérique

La Suède et la Finlande n’étaient menacés en rien par la Russie. Ce que souhaite Poutine, c’est pouvoir seulement réunifier d’une façon légitime et historique, suite à l’éclatement abracadabrantesque non pensé et réfléchi de l’URSS en 1991, les Slaves russes ukrainiens de Novorossia et de l’Est du Dniepr, ainsi que les Slaves russes de Biélorussie, du Kazakhstan et de Transnistrie. Poutine n’a aucune intention de s’attaquer à l’Europe, à la Pologne, à la Finlande, à la Suède ! Pourquoi faire ? Quel serait son intérêt ? La Russie cherche au contraire à coopérer avec l’Europe. Elle a mieux à faire dans son immense espace et n’a pas les moyens humains pour occuper tous ces pays. C’est donc bien l’Amérique qui, une fois de plus, agresse la Russie, en voulant faire des pays neutres des membres actifs de l’OTAN qui soi-disant défend, mais en fait passe le plus clair son temps à agresser pour le compte de l’Amérique : en Serbie, en Afghanistan, en Irak, en Libye et demain en Asie si les Européens se laissent entraîner par l’infernale et impérialiste Amérique avec ses bases militaires répandues dans le monde entier !

15) La Russie fait face à une agression stratégique et planifiée de longue date par l’Amérique
Le but ultime de l’Amérique est de « briser le dos de la Russie », de la diviser, de renverser Poutine, de s’emparer des ressources énergétiques et en matières premières, comme cela a failli être le cas avec et après Eltsine, de prendre une place importante en Asie centrale, d’écraser donc d’abord la Russie, avant de s’attaquer à la Chine expansionniste qui souhaite récupérer Taïwan.

16) La guerre économique totale déclenchée par l’Occident et menée par l’Amérique ne fait que confirmer la volonté de l’Amérique de faire tomber la Russie dans sa lutte à mort pour la domination du monde avec la Chine
« L’Occident a déclenché la guerre totale »   a pu dire Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères de Poutine. La confiscation des avoirs de la Banque centrale de Russie en Europe et aux États-Unis n’est rien d’autre qu’un acte hallucinant de gangstérisme, une première dans l’histoire du monde. Quant à la politique des sanctions économiques et financières envers la Russie, elle a d’ores et déjà échoué, suite aux positions dominantes de la Russie pour l’énergie et les matières premières, et elle se retourne comme un boomerang contre l’Occident (inflation et pénurie).

Conclusion : Risque de guerre nucléaire et véritable intérêt stratégique de l’Europe

L’Amérique utilise les Ukrainiens comme « chair à canon » en les incitant à se battre jusqu’au dernier homme, ce qui est le cas à Marioupol, mais comme l’a souligné Henri Guaino dans un article remarquable du Figaro, «  nous marchons en fait vers la guerre nucléaire comme des somnambules » si l’on se réfère aux débuts de la guerre de 1914, aux bombes d’Hiroshima et de Nagasaki, aux quelques centaines de conseillers américains au Vietnam en 1961 qui ont très vite laissé la place à un demi-million d’hommes, à des bombardements massifs au napalm , à des massacres de villages entiers, suite à l’engrenage incontrôlé des événements. Ce que nous vivons actuellement en Europe est dû uniquement à l’agression depuis plus de 30 ans de la Russie par l’Amérique, à la folie soudaine et irréfléchie va-t-en guerre de l’UE, petit caniche de l’OTAN et des États-Unis.

L’intérêt stratégique de l’Europe, comme l’avait très bien compris le visionnaire de Gaulle, c’est de construire au contraire une Europe libre des nations européennes, en lieu et place de l’UE, Europe fédérale américaine, de se débarrasser de l’OTAN, de renvoyer l’Amérique à Wall Street, de se rapprocher progressivement et de plus en plus de la Russie pour constituer une grande Europe forteresse de Brest à Vladivostok, de mettre en place un OTAN européen où la Russie européenne remplacerait à long terme purement et simplement l’Amérique ! C’est ce que souhaitaient Gorbatchev en 1989 et Poutine en 2001 qui ont tous deux demandé la mise en place d’une « Maison commune européenne », la peur bleue de l’Amérique ! Washington souhaite au contraire faire de la Russie un ennemi pour diviser les Européens et justifier son protectorat militaire impérialiste, ses ventes d’armement, son gaz de schiste, son blé au monde entier, sa domination sur l’Europe, d’où la guerre stratégique de l’Amérique contre la Russie qui est diamétralement opposée aux intérêts fondamentaux d’une Europe libre, puissante et européenne  !

Marc Rousset

*Auteur de Comment sauver la France/Pour une Europe des nations avec la Russie

Le drapeau du Québec. Du meuble colonial à l’étendard réapproprié

Par : Ysengrimus

YSENGRIMUS — Bon, comme je n’ai pas que des choses agréables à vous dire sur ce sujet, on va commencer par s’entendre sur un point. L’étymologie vexillologique n’est pas la vexillologie. L’étymologie, c’est ce qui a contribué crucialement à la charpente et à la constitution d’un écu ou d’un drapeau mais dont la signification est oubliée des commettants contemporains dudit écu ou drapeau. L’étymologie d’un drapeau n’est surtout pas le secret caché de sa signification synchronique. C’est juste le descriptif de son passé… les casseroles de son passé aussi, car parfois des symbolismes parasitaires peuvent resurgir de ci, de là, comme autant de rots étymologiques. Si bien que des gens qui aiment leur drapeau et le chérissent profondément peuvent parfois se retrouver avec des petites surprises plaisantes ou, plus souvent, déplaisantes, notamment dans des situations de dialogue culturel.

On va prendre un petit exemple simple et imparable de ceci. Le drapeau français, le Tricolore. Cette bannière majeure, historiquement cruciale, a été la source d’engendrement d’un grand nombre de drapeaux à stries, tous de type République. Le bleu blanc rouge français incarne, en synchronie contemporaine, plus que tout autre drapeau, l’idée même de république. Et pourtant son étymologie contredit assez frontalement son être essentiel actuel. Jugez-en. On part des couleurs de la ville de Paris qui sont, depuis le quatorzième siècle, le rouge et le bleu, juxtaposés. Pendant la révolution française, les milices populaires parisiennes portaient la cocarde rouge et bleu, qui en vint vite à symboliser le peuple de Paris. Le 17 juillet 1789, parce que le peuple de Paris veut se réapproprier son roi, qui est à Versailles, ouvert à tous les vents des influences aristocratiques étrangères compradore et malsaines, le marquis de Lafayette ramène le roi à Paris et, dans une cérémonie restée célèbre, Louis XVI rencontre le peuple de Paris et se fait apposer une cocarde tricolore. Celle-ci se réverbère ultérieurement dans le drapeau. On ouvre l’espace formé par les deux couleurs de Paris et on insère, au centre, le rectangle blanc, symbole des Bourbons (le drapeau des Bourbons est un drapeau blanc depuis au moins Louis XIII). Le Tricolore sémiologisait donc initialement le roi de France, central (le blanc, en position de pal), tenu et enserré par le peuple de Paris (dans la pince formée par le bleu et le rouge du mât et du battant). La symbolique initiale du drapeau français est donc celle d’une monarchie constitutionnelle hautement parisianisée, formule politique à laquelle Lafayette croyais bien plus que le roi. L’étymologie du drapeau de la France est donc primordialement non républicaine et non hexagonale. Ce n’est évidemment plus sa signification contemporaine. Soyons donc clair sur un point: quand l’étymologie d’un drapeau contredit son être essentiel contemporain, c’est l’être essentiel contemporain qui prime. Toujours. Les gens se foutent de l’étymologie, des aléas constitutifs, et des stigmates passés de leur drapeau. Ils l’aiment pour ce qu’il est et ce qu’il incarne ici et maintenant (pour le Tricolore: peuple de toute la France et République). Ceci est crucial… surtout quand l’étymologie d’un drapeau est aussi difficile et lourde que celle du drapeau du Québec.

On va aussi distinguer deux grands types d’inspirations vexillologiques. L’inspiration Féodalité et l’inspiration République. Cela est crucial parce que le Québec, comme pays conquis, colonisé, nié, magané puis réapproprié, va balancer, dans sa vexillologie tourmentée, entre ces deux grandes inspirations. Un drapeau de type Féodalité incorpore des écus, des meubles, des animaux (moutons, lions, aigles, dragons, licornes), des croix, des sautoirs, des chevrons, des fleurs, des cœurs et tout un fourbis d’objets figuratifs. Un drapeau d’inspiration Féodalité est conservateur. Il s’inspire habituellement des vieux écus féodaux. On dira, pour simplifier, qu’un drapeau de type Féodalité est de tendance ducale, monarchiste et provinciale (au sens français ou canadien du terme). De ce fait, le drapeau Féodalité est toujours crucialement inféodable. Un drapeau de type République est progressiste. Il est aussi plus abstrait et non-figuratif, tendanciellement symboliste. Il incorpore quasi-exclusivement des stries, des bandes soit horizontales (chef, fasce, base — genre drapeau des Pays-Bas ou de la Russie) soit verticales (mât, pal, battant — genre drapeau de la France ou de l’Irlande). On dira, pour simplifier, qu’un drapeau de type République est de tendance populaire ou bourgeoise, républicaine et nationale. De ce fait le drapeau République est toujours crucialement une bannière évoquant la résistance à la monarchie, allant éventuellement jusqu’à la promotion de la révolution républicaine (anti-monarchique). Faut-il ajouter que, au moins jusqu’au vingtième siècle, les monarchies (constitutionnelles ou autres) avaient une sainte horreur de l’apparition de drapeaux de type République dans leurs espaces inféodés, provinciaux ou coloniaux. Les monarchies toléraient par contre parfaitement des drapeaux de type Féodalité, quelles que soient les velléités frondeuses (toujours récupérables, au fond) que ces étendards exprimaient.

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QUAND L’OCCUPANT COLONIAL NOUS FLEURDELISE. On va partir de la fleur de lys. Il y a de bien mauvaises nouvelles la concernant. C’est que la fleur de lys nous a été imposée par l’occupant colonial. Elle apparaît pour la première fois, sur un objet héraldique typiquement québécois (ceci NB), dans les armoiries du Québec, imposées unilatéralement, et sans consultation populaire aucune, par les gars d’héraldique de la reine Victoria, en 1868.

Les armoiries victoriennes du Québec

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Un vexillologue canadien anglophone décrit, sans d’ailleurs s’émouvoir outre mesure, cette surprenante incorporation de fleurs de lys dans l’écu colonial d’une des provinces nord-américaine d’un des dominions britanniques.

Each of the four founding provinces received arms by royal warrant on May 26, 1868. Quebec’s reads like a chronology: fleurs-de-lis in the chief representing the French Régime, an English lion in the centre (fess) representing the British Period, and maple leaves in the base for the Canadian period. Curiously, although three golden fleurs-de-lis on a blue field had been the traditional representation, yet, two blue ones on a golden field appeared on the 1868 arms. No explanation was given at the time for these choices, but plausible ones are not hard to find. The practice of reversing colours on derivative arms is well established: just as the saltire on the 1625 arms of Nova Scotia (New Scotland) is a reversal of the white saltire on blue used by Scotland, it would be equally appropriate if the fleurs-de-lis on the portion of the arms representing New France were a reversal of those of France. It has also been suggested that the change in number and colour was just a polite way for Queen Victoria’s heralds to distance themselves from the historic claim England had for land in France. After all, in pursuant of this claim, the royal arms of Britain had born golden fleurs-de-lis from 1340 to 1801; there was no point in opening old wounds now by returning them to the arms of a British dominion. Finally, the choices may have been driven as much by design considerations. Certainly, as presented, the arms of Quebec are a beautiful match to those granted to Nova Scotia at the same time.

[Chacune des quatre provinces fondatrices [du Canada] reçut des armoiries par mandat royal, le 26 mai 1868. Celles du Québec se lisent comme une chronologie: des fleurs de lys au chef pour représenter le régime français, un lion anglais au centre (fasce) pour représenter la période britannique, et des feuilles d’érable à la base pour représenter la période canadienne. Curieusement, bien que trois fleurs de lys dorées sur un fond bleu aient été la représentation traditionnelle, ce sont deux fleurs de lys bleues sur un fond d’or qui figurent sur les armoiries de 1868. À l’époque, aucune explication n’a été fournie pour ces choix, mais des explications plausibles ne sont pas difficiles à trouver. La pratique qui consistait à inverser les couleurs sur les armoiries dérivées est très bien établie. Ainsi, tout comme le sautoir bleu sur fond blanc qui figure sur les armoiries de 1625 de la Nouvelle-Écosse est une inversion du sautoir blanc sur fond bleu utilisé par l’Écosse, il serait également approprié d’envisager que les fleurs de lys qui figurent sur la partie de l’écu représentant la Nouvelle France s’avèrent être une inversion de celles de la France. On a également suggéré que les changements en nombre et en couleur ne furent qu’une façon polie pour les gars d’héraldique de la reine Victoria de se distancier de la revendication historique de l’Angleterre sur des territoires en France. Après tout, en référence à cette revendication, entre 1340 et 1801, des fleur de lys dorées figurèrent sur les armoiries royales de l’Angleterre. Il ne servait à rien de rouvrir de vieilles blessures en les restaurant au sein des armoiries d’un petit dominion britannique. Finalement, les choix auraient pu être guidés par des considérations esthétiques. Certainement, telles que présentées, les armoiries du Québec s’accordent merveilleusement avec celles accordées à la Nouvelle Écosse à la même époque.]

Alistair B. Fraser, 1998, The Flags of Canada, chapitre 15 intitulé «Quebec, from the book»

Il trouve ça très beau, le gars. On retiendra. Voici effectivement, notons-le au passage, un de nos compatriotes anglophones pas trop opposé aux fleurs de lys, calice (et il ne sera pas le seul)… Les fleurs de lys ont en effet déjà figuré sur l’écu de l’Angleterre quand cette dernière considérait la France comme un de ses duchés (cf les motifs profonds de la Guerre de Cent Ans). Il n’y a donc pas de difficulté historique particulière, pour les gars d’héraldique victoriens, à restaurer lesdites fleurs de lys dans l’écu colonial du Québec occupé. C’est une façon limpide de signaler qu’il est bien fermement inféodé, lui. Le développement de monsieur Fraser au sujet de l’inversion des couleurs sur les armoiries dérivées est parfaitement satisfaisant. Par contre le petit monsieur erre totalement quand il parle du sautoir bleu sur fond blanc qui figure sur les armoiries de 1625 de la Nouvelle-Écosse. Le sautoir aux couleurs inversées auquel il fait allusion figure en fait sur le blason moderne de la Nouvelle-Écosse ainsi que sur son drapeau. Faible. Il erre aussi un max quand il nous raconte que l’écu du Québec suggère une chronologie. C’est pas ça du tout. C’est bien plutôt que le lion britannique se promène dans son jardin floral colonial incorporant, tout tranquillement, synchroniquement, des feuilles d’érable et des fleurs de lys, qui sont toutes bien à lui. Pour preuve de cette interprétation spatiale et synchronique de l’écu du Québec, avisons son grand ancêtre, justement, celui de la Nouvelle Écosse (qui date, lui, de 1625 et est, redisons-le, sans sautoir).

Les anciennes armoiries de la Nouvelle-Écosse

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Un saumon de rivière se promène le long de son petit champ floral à lui, des chardons écossais. L’origine écossaise de cette province est largement fantasmée et délirée par l’occupant qui projetait alors, à l’aveugle, ses duchés européens sur la carte de l’Amérique britannique (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse). La Nova Scotia (jargon de cartographes passé dans l’usage, chez les anglophones) et le récit fictif des néo-écossais sont donc évoqués ici sans chronologie particulière. Qu’on aille pas me raconter qu’on est passé historiquement de l’ordre des deux chardons écossais (tête), à l’ordre du saumon (fasce) avec retour au chardon écossais unique (base). C’est le déclin des Écossais ou quelque chose? La mise sur une ligne du temps allant de haut en bas ne veut rien dire, en fait, ici. C’est que c’est pas du tout chronologique, ce présentoir. C’est plutôt synchronique et spacio-figuratif. Le saumon maritime de fasce se promène gentil-gentil entre des champs de chardons écossais ici, tout comme le lion britannique se promène dans sa bande de fasce rouge-anglais parmi ses fleurs de lys vieillottes et ses feuilles d’érables modernes, sur les armoiries du Québec.

L’impérialisme victorien a une forte propension à représenter ses peuples inféodés des Amériques par de gentilles petites brindilles, bien dociles et bien décoratives. (La fleur de lys française étant l’une d’elles, parmi d’autres). J’en veux pour exemple la spectaculaire corroboration de ce fait qu’on retrouve sur les armoiries victoriennes de la ville de Montréal (qui se répercutent sur l’ancienne version du drapeau de Montréal — la version moderne continuant la même propension, en plaçant un pin blanc au centre de la croix, pour symboliser les nations aborigènes).

Les armoiries victoriennes de Montréal

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Une rose de Lancastre (les perdants anglais de la vieille Guerre des Roses), un chardon écossais, un trèfle irlandais et une fleur de lys française se regroupent autour de la Croix de Saint George britannique et autour du mot pseudo-magique: Concordia. Toutes ces fleurs, lys inclus, sont inféodées dans le giron de l’empire. Elles ne font nullement l’objet d’une reconnaissance qui leur assignerait de l’autonomie ou une souveraineté propre. Elles sont satellisées dans le cadre éclectique, cumulatif, et dominateur d’une symbolique englobante, vassalisante, de type Féodalité.

Ce que je suis en train de vous dire, c’est que la fleur de lys est, au tout début de son aventure québécoise, ce qu’on appelle en héraldique un meuble. C’est à dire un des objets fragmentaires figurant sur un écu plus grand l’incorporant dans l’espace plus large de sa domination. Ceux qui s’imagineraient que cette mise au nombre des meubles de la fleur de lys par l’occupant colonial serait un archaïsme victorien, sans plus, sont priés de méditer sa singulière continuité en la maquette du drapeau du Canada suivante qui, elle, date, de 1964.

Maquette de type drapeaux dans le drapeau pour le drapeau du Canada (non retenue)

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Cette maquette ne fut pas retenue parce que le premier ministre canadien du temps se refusait à l’intégration de tous meubles ou fanions héraldiquement hérités, dans le drapeau canadien, qu’il voulait neuf. Mais cette maquette en dit fort long sur le statut mobilier de la fleur de lys, pour l’occupant colonial canadien moderne. On a ici une allusion aux soi-disant deux peuples fondateurs du Canada. Les Britanniques sont représentés par un Union Jack moderne. Les Français sont représentés par une bannière fleurdelisée capétienme surannée et vieillotte. D’une part, si l’allusion (toujours hasardeuse) des drapeaux dans le drapeau avait voulu être étymologique, il aurait fallu que l’on place ici le vieil Union Jack de 1606, celui sans la croix de Saint Patrick (le sautoir —le X— rouge) en compagnie des fleurs de lys (soi-disant) du Régime Français. D’autre part, si l’allusion des drapeaux dans le drapeau avait voulu être synchronique, il aurait fallu que l’Union Jack moderne soit accompagné du drapeau français moderne, soit le Tricolore (qui a eu une belle vie au Canada, j’en reparle plus bas). Or on a ici un Union Jack moderne (et dominant) et une bannière française ancienne (fleurdelisée, donc folklorisée). Longué, longué… Quand je vous disais qu’il y avait des mauvaises nouvelles au sujet de la fleur de lys

Pas de fafinage. Il faut regarder la bête bien en face. La première fleur de lys vraiment québécoise est un meuble héraldique dans un écu colonial imposé sans consultation par l’occupant anglais. Point. Barre. Et venez pas me parler des vieilles fleurs de lys du Régime Français (on va amplement revenir sur ces dernières, plus bas). Aucune d’entre elles n’accote en ancienneté la date de la présence subordonnée de fleurs de lys sur l’écu royal britannique (1340). Parfaitement récupérable et inféodable, la vieille fleur de lys est, pour l’occupant colonial, comme les pork & beans, la chanson À la claire fontaine, le gentil mouton de Jean-Baptiste, et les ceintures fléchées, un petit objet de folklorisation bien mignon. Ils ne se doutent pas une seconde, lors de la mise en place autoritaire des armoiries coloniales québécoises de 1868, des mauvaises surprises que leur réserve ce petit zinzin pointu d’apparence si biscornue et si inoffensive.

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DRAPEAU RÉPUBLICAIN I: DÉFAITE PATRIOTE. Il faut maintenant reculer un petit peu dans le temps. Au tout début du règne de la reine Victoria (en 1837-1838) des révoltes éclatent dans les deux Canadas, le francophone et l’anglophone. Ces révoltes sont très ouvertement anti-monarchiques. L’administration coloniale, vétillarde et autoritaire, maintient un régime politique tombé en désuétude en métropole depuis presque cent ans, celui de la non-responsabilité ministérielle. Comme le roi d’Angleterre l’avait fait jusqu’en 1741, le gouverneur colonial de chacune des deux colonies mettait à profit un système parlementaire bicaméral. Il laissait la chambre du commun (Chambre Basse) se remplir de citoyens élus et il s’entourait, lui, d’un Conseil Législatif nommé par lui (Chambre Haute) et qui contrôlait intégralement les subsides. Ces deux oligarchies arrogantes se faisaient surnommer au Bas-Canada la Clique du Château et au Haut-Canada le Family Compact. En parallèle, donc, sous la houlette de William Lyon Mackenzie (au Haut-Canada) et de Louis-Joseph Papineau (au Bas-Canada), les deux colonies, toutes deux parfaitement intégrées désormais à la progression historique interne du tout du monde anglo-saxon, prirent les armes au cri, déjà antérieurement formulé en Angleterre et aux États-Unis, de No taxation without representation.

Au Haut-Canada, les étendards brandis s’inspirent largement d’une imagerie américaine. Au Bas-Canada, le modèle, ce sera plutôt un autre pays catholique qui résiste de longue date au sein de l’empire, l’Irlande. Comparer les drapeaux suivants:

Le drapeau des Patriotes canadiens-français

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Le drapeau de la République d’Irlande

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Le drapeau des Patriotes (adopté en 1832) est le premier drapeau des canadiens francophones ainsi que la seule bannière de type République originale jamais produite en terre de Canada. D’autres fanions plus figuratifs (avec feuilles d’érables, castors, maskinongés — mais pas la moindre fleur de lys) seront brandis lors des rébellions mais ce tricolore horizontal sera le plus employé. C’est lui, le vrai étendard patriote. Les rébellions seront écrasées par la puissante armée coloniale britannique, dans les deux Canadas, au tout début du règne de Victoria. Soucieuse de comprendre ce qui s’est passé (les moutons canadiens qui se changent en lions, c’est quand même très curieux), l’administration victorienne, réjuvénante, compétente et modernisée, enverra un gouverneur plénipotentiaire et enquêteur extraordinaire, Lord Durham. Ce dernier finira par recommander la responsabilité ministérielle (contrôle des subsides par les chambres basses — ce que réclamaient justement les patriotes des deux Canadas) et l’union (à visée assimilatrice) des deux Canadas (1840). On ne veut pas d’une révolution américaine 2.0. en Canada, et on va fermement prendre les moyens pour que ça n’arrive pas.

Dans ce mouvement de remise en place victorien d’une autorité monarchique revitalisée, le drapeau patriote, subversif, autonomiste et, surtout, républicanisant, deviendra tout simplement illégal.

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DRAPEAU RÉPUBLICAIN II: IL VA FALLOIR CASSER CETTE FRANCITÉ RÉPUBLICAINE PAN-CANADIENNE. L’occupant colonial va alors adopter des procédures authentiquement impériales. L’Angleterre de Victoria, vouée à dominer le siècle, gère des portions immenses du monde. Elle encadre des maharadjahs, des rois africains, des seigneurs de guerres chinois, des guerriers sikhs, des autorités régionales et ducales de toutes farines. Elle passe donc des ententes avec des intendants locaux, les fait tenir le terrain pour elle, exploite les ressources des territoires et empoche les dividendes. Cette pratique, crucialement victorienne, va s’installer aussi en Canada. Et ici, l’intendant local que l’occupant colonial contrôlera de loin, ce sera la hiérarchie de l’église catholique. L’occupant colonial renonce définitivement à convertir les canadiens au protestantisme. Encore une fois, il fait comme en Irlande. Les évêchés du Bas-Canada deviennent discrètement dépositaires d’un pouvoir, désormais endossé et financé par l’occupant, et qui deviendra vite rétrograde et autoritaire. Convertissez-les à ce que vous voudrez, du moment que vous les tenez et qu’ils ne pensent plus à faire des rébellions, c’est tout bon. C’est le début du vieux théocratisme québécois. Il durera cent vingt ans (1840-1960).

Les populations anti-monarchistes qui résistent ne peuvent plus le faire en brandissant le drapeau des Patriotes, devenu ouvertement illégal. Mais un drapeau de type République bien plus puissant et prestigieux que la vieille bannière du pauvre Chevalier de Lorimier décapité est disponible. C’est le Tricolore français, tout simplement. Pendant quarante-cinq ans environ (1840-1885), les francophones de partout au Canada vont brandir le drapeau tricolore français. À partir de 1853, l’Angleterre et la France s’allient contre la Russie au moment de la Guerre de Crimée. Le lent mais inexorable réchauffement entre France et Angleterre qui va mener à l’Entente Cordiale se met déjà en place. La France, notre mère patrie, est maintenant un pays allié de notre métropole coloniale, l’Angleterre. Il devient donc impossible, pour l’occupant colonial, de réprimer frontalement l’usage du drapeau français en terre canadienne. C’est le drapeau d’un important pays allié. Son prestige international, immense, est autant celui d’une grande nation que celui d’une grande idée… Toujours matois et goguenards comme le sont partout au monde les peuples qui résistent, les canadiens francophones, au Québec et hors Québec, peuvent parfaitement faire passer en douce des idées républicaines et progressistes en les couvrant sous le drapeau des Droits de l’Homme et de la bonne harmonie entre Victoria et Louis-Philippe.

C’est donc l’âge d’or du drapeau français en Canada. Et cela va laisser une trace vexillologique importante et inusitée. Nos amis acadiens vont frapper le Tricolore français de l’étoile Stella Maria et en faire leur retentissant étendard de résistance.

Drapeau de l’Acadie

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Le drapeau non-provincial (ceci NB) de l’Acadie devient officiel en 1884. Emberlificoté dans les jeux d’alliances et les contraintes diplomatiques de la métropole impériale, l’occupant colonial canadien ne pourra rien faire pour entraver cela. Il y trouvera d’ailleurs son compte. La diversification vexillologique des canadiens francophones révèle qu’ils se fragmentent imperceptiblement, se particularisent tout doucement. Or une puissance assimilatrice adore que les peuples qu’elle entend dissoudre se fragmentent. Il va falloir casser cette francité républicaine pan-canadienne. La diversification des drapeaux canadiens-français sera un indice heureux de cette tendance, dans les vues de l’occupant. À discrètement encourager, donc. Et comme on peut pas toutes les gagner, il faut donc savoir fermer les yeux sur certains pavois suspects et mal aimés. Surtout que tandis que l’Acadie stabilise symboliquement sa quête d’affranchissement, au Québec, les affaires vexillologiques sont sur le point de se mettre à fortement débloquer… et délirer.

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LE FAUX DRAPEAU DE LA BATAILLE DE CARILLON. Les gars d’héraldique victoriens, anti-républicains bon teint, viennent donc de fourrer la fleur de lys dans notre face, sur les armoiries du Québec (1868). Les forces ultramontaines et monarchistes vont alors attraper le ballon, et relayer son roulement, dans des conditions hautement inusitées. Il faut bien comprendre que le monarchisme c’est le monarchisme et que même la nostalgie envers un roi mort avec son régime est bonne à prendre pour le monarchisme d’un autre roi, surtout s’il est aux abois. Il y a rien pour supplanter la solidarité de classe, chez les aristos comme ailleurs. En 1885, des chercheurs amateurs conservateurs (qui travaillent sur la question depuis 1842) exhibent ceci:

Le faux drapeau de la bataille du Fort Carillon

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Les seuls meubles héraldiques visibles sur ce vieux drapeau tourmenté ce sont quatre fleurs de lys en quartiers, disposées en présentoir subalterne et cernant un objet central indiscernable. Même la couleur de la bannière est incertaine (les historiens contemporains admettent que ce n’était pas bleu comme on l’a alors cru, mais beige possiblement). Le délire sur ce drapeau relique sera, par contre, lui, solide et ferme. De fait, la relique est aussi authentique que la narration qu’elle engendrera sera fausse. On va en effet décider que c’est là l’ancien étendard français de la Bataille de Carillon, ultime victoire française sur le conquérant anglais, survenue en 1758 à Ticonderoga, sur le Lac Champlain, dans l’actuel état de New York. Ce délire, largement endossé collectivement au Québec (les francophones hors Québec ne suivront pas), va marquer rien de moins que le Yankee Doodle de la fleur de lys. Si on endosse ce développement faux (et il sera largement endossé pendant les dernières décennies du dix-neuvième siècle), subitement, la fleur de lys n’est plus un petit meuble décoratif pour écusson colonial. C’est un objet héraldique majeur qui aurait figuré sur le drapeau militaire des vainqueurs du Fort Carillon. La fleur de lys n’est donc pas du tout inféodée à l’Anglais. Au contraire, elle le combat. Elle n’est pas imposée sur les armoiries victoriennes du Québec. Au contraire, elle y est plutôt respectueusement tolérée. L’astuce rédemptrice ici est que, comme on ne peut plus se débarrasser de la fleur de lys, imposée par lesdites armoiries victoriennes inamovibles du Québec, il faut œuvrer à la faire changer de camp symbolique, mais sur un axe nationaliste et cléricaliste plutôt que républicain et progressiste. Or voici qu’elle est la seule fanfreluche discernable du (faux) Drapeau de Carillon, drapeau qu’on donnera en grandes pompes comme l’étendard indubitable d’une ultime victoire française en terre d’Amérique.

Tout ceci est bidon et a été infirmé depuis. Les officiers et soldats royaux français en service (qu’il faut ici soigneusement distinguer des commerçants maritimes français) ont cessé d’arborer la fleur de lys sous Henri IV (le roi au panache blanc, lui-même mort en 1610). Entre 1660 et 1760, même les Français ne se souviennent plus clairement de la fleur de lys comme symbole royal. C’est le drapeau blanc des Bourbons qu’arborent les officiels royaux français désormais, notamment sur les mâts des forts qu’ils contrôlent encore autour des Grands Lacs et du Saint Laurent. Ce vieux fanion à fleur de lys ne peut tout simplement pas avoir eu un statut militaire, administratif ou politique. Restauré par des historiens contemporains, le faux Drapeau de Carillon donne aujourd’hui ceci:

pour son côté civil (il a aussi un côté religieux qui représente la Vierge Marie portant l’enfant Jésus). Cette bannière fait deux mètres sur trois. Parfaitement inopérante sur un champ de bataille, elle est en réalité faite pour être arborée comme ceci:

c’est-à-dire qu’elle reposait sur un perchoir en tau, dans des processions, probablement des processions religieuses. L’écu qui l’orne, c’est l’armoirie personnelle (non nationale) de Charles de la Boische, marquis de Beauharnois, qui fut gouverneur de la Nouvelle-France de 1726 à 1747, sous Louis XV (le vrai drapeau relique est donc un petit peu plus vieux que ce que prétendaient ses mytholâtres). Cette bannière portant l’écu d’un marquis (pas celui du roi), n’a aucun statut royal ou métropolitain dans le Régime Français. Mais surtout, il est certain qu’elle n’a jamais vu le feu contre l’Anglais.

Le faux Drapeau de Carillon est intéressant moins dans sa dimension historique, assez anecdotique, que dans sa dimension mythologique. Avec le battage autour de cette découverte passionnante et passionnelle, on est arrivés à faire croire aux québécois du temps (1885-1905) que la fleur de lys, symbole vieillot, sporadique, non républicain, et ouvertement inféodé, était l’objet héraldique par excellence pour incarner la résistance à l’occupation coloniale britannique. Quelque part, en fait, cela arrange un peu tout le monde. Les ultramontains, qui géreront encore le Québec pour plusieurs décennies, sont arrivés à se donner un beau premier symbole collectif de type Féodalité et non de type République. L’occupant colonial observe que les fleurs de lys de l’écu victorien du Québec, nostalgiques et folkloriques, commencent enfin à bien être intériorisées par un seul segment des canadiens francophones, celui qui, tout doucement, se provincialise et se particularise au Québec. Tout bon. Laissons-les aller dans cette direction-là.

 la popularité renouvelée de la fleur de lys, de par ce mythe fondateur bizarre du fleurdelisé québécois, répondront les tolérances cléricales et coloniales envers ce meuble héraldique ancien qui, soudain, rebondit, se radicalise certes, mais, l’un dans l’autre, reste bien meilleur à prendre que n’importe quel bande de drapeau à stries de subversif républicaneux chicaneux. Les Patriotes sont morts et bien morts. Au tournant du vingtième siècle, désormais aimée des masses, valorisée par les curetons, et bien tolérée de l’occupant post-victorien, la fleur de lys voit soudain un bel avenir symbolique s’ouvrir devant elle.

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LE CARILLON MODERNE, VRAI ANCÊTRE DU DRAPEAU DU QUÉBEC. Nous avons donc maintenant, bon an mal an, la première diapositive qui mènera au drapeau du Québec. Quatre fleurs de lys pointant vers un centre, disposées en présentoir. En 1902, Elphège Filiatrault, cureton à Saint-Hyacinthe et passionné de vexillologie, va crucialement placer la seconde diapo. Une croix de Saint Michel sur fond bleu, en plein centre de l’étendard.

Pavillon à la croix de Saint Michel

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La seconde décision mythologisante est alors prise. Les quatre fleurs de lys en présentoir (dont on savait pas trop ce qu’elles présentaient) encadrent maintenant rien d’autre qu’un pavillon de la marine marchande française du temps des Compagnies à Privilège Royal. C’est d’ailleurs de bonne guerre, si on peut dire, car ces compagnies maritimes, elles au moins, incorporaient assez souvent des fleurs de lys, et ce d’autant plus qu’il leur était strictement interdit d’arborer les nouvelles couleurs du roi, le blanc mat, de façon à éviter qu’elles ne s’arrogent illicitement le prestige royal.

Une bannière de l’ancienne marine marchande coloniale française

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On notera, pour la bonne bouche symétriste, que le premier drapeau du Canada, le Red Ensign canadien a, lui aussi, pour fond de drapeau, le fanion d’une compagnie maritime du dix-septième siècle, anglaise elle, la Compagnie de la Baie d’Hudson. Mais de surcroît ici, le fait que Saint Michel fut une des voix qui se firent entendre autrefois par Jeanne d’Arc pour lui susurrer de bouter les Anglais dehors eut peut-être un certain poids symbolique dans l’apparition de la croix centrale (Croix de Saint Michel) sur le futur fleurdelisé québécois. En tout cas, cette invention vexillologique vernaculaire régionale connut un succès retentissant et fort rapide. On dénomma ce drapeau le Carillon Moderne et on l’arbora promptement et largement dans les milieux nationalistes québécois. Conséquemment, il serait parfaitement légitime de ne pas se gêner pour créditer historiquement Elphège Filiatrault comme concepteur effectif du drapeau du Québec.

Le Carillon Moderne de Filiatrault, qui existe encore matériellement, est un fier fleuron d’histoire locale qui fait d’ailleurs de plus en plus l’objet d’une curiosité nationale renouvelée.

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LE LEURRE CLÉRICAL DU CARILLON SACRÉ-CŒUR. Mais les ultramontains les plus extrémistes vont vouloir en rajouter une couche. La popularité grandissante du Carillon Moderne —qu’on appelle aussi déjà le fleurdelisé— ne prendra pas vraiment la direction escomptée par les cléricalistes. De plus en plus de nationalistes progressistes et anticléricaux s’approprient le nouveau drapeau. Sa tonalité théocratique se dilue et s’édulcore, très vite. Déjà solidement réinvesties comme anti-anglaises, nos fameuses fleurs de lys tendent désormais aussi graduellement à casser du curé, à faire primer le civique sur le théocratique. Pour contrer cette nouvelle dérive gauchère, les réacs cléricalistes du début du siècle dernier vont ouvertement faire la promotion du monstre suivant:

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atténuant parfois ses allures de fanion de zouaves, ainsi:

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On baptisera (c’est bien le mot) ce fleurdelisé abruptement recléricalisé le Carillon Sacré-Cœur et on le fera bénéficier d’un battage promotionnel intensif, notamment dans la première moitié du vingtième siècle, tentant de le faire passer pour un fanion bien implanté dans les masses québécoises. Un fait insolite et intéressant est d’ailleurs à noter. Si on trouve bon nombre de photos d’époque où des types arborent le Carillon Moderne dans des manifestations et des processions (voir supra), il ne semble pas y avoir de photos effectives du Carillon Sacré-Cœur dans des processions religieuses, ou des parades de la Saint-Jean Baptiste, ou ailleurs. Quand on recherche des images anciennes du Carillon Sacré-Cœur, tout ce qu’on dégotte c’est, justement, du matériel promotionnel, comme des images pieuses, ou encore ceci (carte postale):

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Ou alors on tombe sur des images contemporaines qui sont des réfections composées ex post par des olibrius de notre temps:

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Aussi, malgré tout le battage encore maintenu à son sujet, le Carillon Sacré-Cœur ne semble pas avoir eu de vie vernaculaire effective. Quand on le voit apparaître dans le monde, c’est dans des œuvres de fiction comme le film Les Plouffe (1981) ou la série télévisée Duplessis (1977). On notera aussi que la pratique réactionnaire consistant à étamper intempestivement un Sacré-Cœur au milieu du drapeau national n’a rien de spécifiquement québécoise. Les Français aussi ont parfois cultivé cette combinaison sémiologique plus que douteuse sur leur Tricolore, notamment sous l’influence de la très fascisante Action Française.

D’ailleurs, pour tout s’avouer, on peut suggérer que la perpétuation des symboles de la fleur de lys et du Sacré-Cœur ont été, au Québec, dans les premières décennies du siècle dernier, des influences directes, justement, de l’Action Française, qui fut très active en terre québécoise, dans les milieux cléricalistes, en ces temps. Pour bien faire voir la regrettable lourdeur fascisante de ces deux symboles, on méditera ce logo (créé en 1953) de l’Université d’été de l’Action Française:

Logo de l’université d’été de l’Action Française

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On pourrait facilement le prendre pour un écusson québécois bien quelconque et pas si ancien… Inquiétant, quand même, et hautement susceptible de soulever certaines difficultés, dans le dialogue culturel présent et futur. Quand je disais en ouverture les casseroles, je pensais principalement à ceci, fatalement…

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DE NOUVEAU LES ARMOIRIES COLONIALES AU DRAPEAU PRÉSENTOIR. Le battage intempestif en faveur du Carillon Sacré-Cœur dans la première moitié du siècle dernier va bien laisser sa séquelle, dans certains esprits. On sent maintenant une incomplétude dans le collage de nos deux fonds de drapeau hérités. Les fleurs de lys du (faux) Drapeau de Carillon disposées en présentoir pointent vers le centre de la Croix de Saint Michel du Carillon Moderne qui, lui, est sans meuble central. Les fleurs de lys pointent donc vers un petit rien qui semble laisser comme un grand vide. L’union assez forcée de ces deux diapos vexillologiques héritées cloche un petit peu. Et, d’autre part, les campagnes visant à donner au Québec son drapeau spécifique prennent de plus en plus corps. Vers 1939, les instances politiques vont commencer à subir des pressions de plus en plus fermes et massives. Quand l’Union Nationale de Maurice Le Noblet Duplessis reprend le pouvoir en 1944 et que le Canada anglais se lance dans une grande campagne ratée pour un drapeau fédéral en 1946, la pression devient insoutenable. Duplessis, en bon réactionnaire compulsif, est d’abord pas trop chaud à l’idée nouvelle de donner un drapeau provincial au Québec. Sauf que s’il ne s’occupe pas de cette histoire, il risque bel et bien de se faire distancier politiquement par les libéraux et les progressistes. Il le constate et, pour lui, il n’est pas question de risquer de s’enfarger dans une échéance électorale sur une histoire de chiffon au boutte d’un bâton. Il lui faut reprendre l’initiative sur cette question.

Duplessis, qui est un autoritaire, va donc se mettre dès 1946, tout seul dans son bureau, à réfléchir à ces bébelles de drapeau. D’abord il est capital pour lui de ne pas en donner trop à l’église catholique. Celle-ci, pendant la guerre, s’est retournée comme une girouette et a roulé à fond, avec les fédéraux, dans la propagande de guerre et la promotion de la conscription. Duplessis, lors de son premier mandat (1936-1939), croyait l’église si puissante et la théocratie si bien installée au Québec qu’il avait pendu un crucifix sur le mur du fond de l’assemblée législative. Moins naïf qu’à ses débuts, il se rend bien compte maintenant (1946) que les cléricaux sont des pantins des politiques, en fait. Pas plus fou que les fédéraux (et rapide comme un singe dans la propension à les singer, justement, comme en miroir), Duplessis entend bien remettre les soutanes à leur place et à sa main, une bonne fois. On peut même considérer, en conscience, que Duplessis, ce vieux ruraliste, fidéiste, rétrograde et arriéré, est un des artisans obscurs, lointains mais décisifs, des premières initiatives québécoises en matière de laïcité. Eh oui, parfois ce que vous êtes objectivement surpasse votre étroitesse idéologique privée. Premier ministre du Québec pendant les premières décennies très progressistes des Trente Glorieuses, Duplessis n’a pas échappé à cette loi de fer du développement historique. Et en attendant des jours meilleurs pour des progrès sociaux plus tangibles, le nouvel anticléricalisme frustre et secret de Duplessis va faire sa première victime de conséquence, dans le monde éthéré des symboles: le Carillon Sacré-Cœur. Duplessis le rejette d’office. Ce mauvais fanion de zouaves en donne trop aux cléricaux. Il y a déjà une belle croix nordique sur la drapeau là, eh ben c’est ben en masse pour représenter nos valeurs religieuses. En plus, le Carillon Sacré-Cœur, les citoyens en veulent pas vraiment et Duplessis le sent.

Histoire de se faire clarifier cette histoire de meuble manquant au centre du Carillon Moderne, Duplessis va consulter, directement ou par personnes interposées, un gars d’héraldique de choc, un certain Burroughs Pelletier. Celui-ci va confirmer le petit vide vexillologique incriminé et faire soumettre un certain nombre de maquettes, toutes plus affreuses et nunuches les une que les autres, au premier ministre du Québec, pour combler ledit vide. Ces maquettes traînent en fait dans le paysage vexillologique depuis 1903 environ. Tout cela se fait dans l’officine, sans consultation populaire aucune. Il est piquant de constater que la maquette ayant la préférence de notre bon monsieur Burroughs Pelletier est justement celle qui met en valeur… rien d’autre que nos bonnes vieilles armoiries victoriennes du Québec.

Maquette incorporant les armoiries victoriennes du Québec dans le fleurdelisé (non retenue)

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My, my, my, comme on se retrouve, dans le beau monde. Le lion britannique au cœur central du fleurdelisé, maintenant. Comme c’est touchant… et parlant. Lionel Groulx, qui a son grand nez fourré dans cette histoire de drapeau lui aussi, fera observer que des armoiries sur un drapeau, c’est la façon la plus niaiseuse et la plus inutile de le rendre difficile à manufacturer. Bon… enfin une observation utile de Lionel Groulx sur quelque chose. Pavoisons. L’idée des armoiries victoriennes du Québec (ou de quoi que ce soit d’autre, au demeurant) en position centrale sur un étendard national est finalement assez hasardeuse et Duplessis n’y mordra pas. Il n’a pas plus de cadeaux à faire à l’occupant colonial post-victorien qu’au clergé catholique. Et comme il ne peut pas mettre le logo de l’Union Nationale ou sa face au centre du drapeau, ça ne l’intéresse pas vraiment d’y mettre quoi que ce soit.

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LES FLEURS DE LYS POINTERONT VERS LE CIEL OU: LE COURT-CIRCUIT DE DUPLESSIS. C’est donc à Duplessis qu’on impute la finalisation ultime du drapeau du Québec moderne. Ses gars d’héraldique lui font valoir que s’il ne place aucun meuble en position centrale, il va falloir, en bonne conformité héraldique, que les quatre fleurs de lys soient droites et recentrées dans leurs quartiers. Ce faisant, Duplessis, toujours cabot selon sa manière, tentera une troisième et ultime mythologisation du drapeau, bien éphémère celle-là, en ces termes (formulation apocryphe mais certainement assez proche du réel): Ben on va les redressir, les fleurs de lys, tout simplement. Comme ça, elles pointeront vers le ciel, comme le fait si bien l’Union Nationale. Duplessis s’est-il fait jouer un tour malicieux par ses gars d’héraldique ou a-t-il lui-même joué un tour malicieux aux québécois? Je ne sais. Mais en tout cas, avec ses fleurs de lys redressées, le drapeau du Québec ressemble désormais incroyablement à la bannière du roi Charles VII (justement le roi de France qui, grâce à Jeanne d’Arc, bouta les Anglais hors de France).

Le drapeau du roi Charles VII

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Quoi qu’il en soit de cette analogie, assez saisissante il faut bien l’admettre, Duplessis va ensuite court-circuiter la motion parlementaire sur le drapeau que préparait le député indépendant René Chaloult, en prenant abruptement les devant et en soumettant unilatéralement sa propre loi sur le drapeau du Québec, dont il vient de finaliser le dessin dans l’officine. La loi est passée dans une tonitruante unanimité. Notons, pour la bonne bouche coloniale, que même les anglophones du West Island sont favorables à ce type-là de drapeau provincial non républicanisant et non américanisant. Celui-ci est hissé —par surprise— sur la tour du parlement de Québec, pendant le fameux discours du drapeau de Duplessis, le 21 janvier 1948. Le drapeau obtient la sanction royale le 9 mars 1950 (de façon parfaitement légale mais strictement au niveau du Conseil Législatif, sans que l’affaire ne remonte jusqu’au roi).

On se contera pas de menteries, l’héritage vexillologique du drapeau du Québec est lourd. C’est, initialement, étymologiquement, un drapeau de type Féodalité, qui particularise, dégallicanise et provincialise le Québec. Mais ce peuple en résistance va patiemment se réapproprier ce symbole, comme bien d’autres. Et —fait capital dont il faut bien comprendre les ressorts— à mesure que le monarchisme recule au Canada, la folklorisation colonialiste et vassalisante de ce fanion tourmenté recule, elle aussi. La grande lutte de libération nationale québécoise des années 1976-1995, tant par ses succès que par ses avatars, a donné au fleurdelisé du Québec une dimension de plus en plus assurée de drapeau national. L’étymologie vexillologique n’est pas la vexillologie et quand l’étymologie d’un drapeau contredit son être essentiel contemporain, c’est l’être essentiel contemporain qui prime. Aussi, ce lourd passé bardassé et tortueux, ce fourbi de symboles conservateurs, féodaux et suspects, compte beaucoup moins pour nos compatriotes que l’intimité tangible et profonde qu’ils ont avec leur drapeau, comme synthèse moderne. Ladite intimité est sentie et unanime, tant chez les québécois de souche que chez les québécois de branches. Elle incarne tous nos souhaits contemporains d’une vie pacifique, paisible et civique, sans guerres, sans pollutions, sans discriminations, sans injustices sociales.

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Les québécois se sont appropriés la fleur de lys et en ont fait un symbole national (plutôt que ducal ou royal). Ils se sont appropriés la croix symétrique des vieux blasons et en on fait (encore mieux qu’au Danemark, en Norvège, en Suède, en Finlande, en Islande où la dissymétrie des croix vexillologiques rappelle plus sensiblement le crucifix chrétien) un signe de nordicité (plutôt que de catholicité). Et la teinte de bleu champ d’azur que vous voyez sur ce fanion s’appelle, chez nous, Bleu Québec.

Je me souviens. Oui, oui, souvenons nous de l’héritage pesant, ambivalent, tendancieux et trouble de la trajectoire d’émergence de notre drapeau national. Il faut bien la comprendre, son étymologie sombre et tiraillée, et la voir tout doucement disparaître, remplacée pas sa synchronie lumineuse et généreuse. Puis, aussi, en conscience et en rationalité, sachons, au bon moment, mobiliser en nous ces belles paroles subtiles de Gilles Vigneault, qui sont, en soi, toute une leçon de recul historique: Souviens-toi d’oublier. Il n’est jamais la même heure…

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MACRON EST UN GANGSTER !

Par Brigitte Bouzonnie.

 

Macron est un marlou. Macron est un imposteur. Macron est un gangster, pour qui la vie humaine n’a aucune importance. La mort de masse aussi.

Macron est un gangster. Un homme sans foi ni loi participant de ce capitalisme criminel, parfaitement décrit et dénoncé par Jean-François Gayrot, commissaire de police, dans son ouvrage : « Le nouveau capitalisme criminel », préfacé par l’économiste atterré Paul Jorion.

Comme disait Al Capone : « le capitalisme est le racket légitime organisé par la Classe dominante »(sic))

Avec lui, toute morale minimale a disparu. Place au racket publié au Journal Officiel. Place à la mise à mort sociale et psychologique du Peuple français.

1.1°)– Macron a pris le pouvoir à la hussarde. Alors que c’était un mauvais candidat, incapable de débattre sérieusement avec ses adversaires : voir son premier meeting à la télé vu par 10 millions de personnes, où il baissait la tête, tellement il était mauvais. Ne remplissant pas les salles de meeting. Obligé d’organiser une claque de fans rémunérés pour l’applaudir. Et alors que les premiers chiffres lui donnaient entre 6 et 9% de suffrage à 19 heures (voir article Eric Montana du 24 novembre 2020 : « Scytl : le logiciel qui vote pour vous »). Alain Badiou a dénoncé le coup d’état démocratique fomenté par Macron dans son ouvrage : « Eloge de la politique », édition Café Voltaire/Flammarion, 2017. La promotion de son livre a été brutalement interrompue par les sbires du petit poudré.

Pourtant, il a été crédité de 23% des voix le soir du premier tour de la Présidentielle, en siphonnant toutes les autres listes : Fillon, FI ,RN, PS, UPR, NPA, liste Dupont-Aignan, parti animaliste, etc…

Comme disait Al Capone : « le capitalisme est le racket légitime organisé par la Classe dominante »(sic)). Et tous les moyens sont bons au capitalisme criminel, pour arriver à l’Elysée : notamment, par des triches abyssales rendues possibles, grâce aux serveurs Dominion (ferme de la CIA à Nice) et SCYTL.

1.2°)- Avec lui, les Gilets Jaunes ont été traités comme du bétail. Comme les métropoles traitaient les peuples colonisés avant 1914. Les soignants ont été surpris de la gravité et de la violence des coups reçus par les manifestants, sur ordre de Macron. Beaucoup ont fait de la prison ferme, où les droit commun les appelaient : « les politiques ». Beaucoup ont perdu leur emploi et leur femme. On compte : 11 morts, 26 éborgnés, 5000 blessés, 5 mains arrachées. 315 blessés à la tête.

1.3°)-Macron n’a pas bien ou mal géré le Covid-19, il s’est foutu de notre gueule, nuance. Ainsi, la rumeur circule selon laquelle Macron aurait reçu un milliard d’euros, pour empêcher les français de porter un masque (lu sur le mur Facebook d’Alain Benajam). De même, en Allemagne, le ministre de la santé est accusé d’avoir fait construire une superbe villa, ne pas avoir soigné véritablement les patients allemands (cf Courrier des stratèges du 10 mars 2021). Tout a été fait pour ne pas soigner véritablement les français..

Cette pandémie a été utilisée par Macron pour générer la peur : donc l’obéissance craintive de millions de femmes et d’hommes à son pouvoir dictatorial.

1.4°)-Si Macron avait été un honnête homme, jamais il n’aurait fait chanter le Professeur Raoult, le menaçant de supprimer les crédits publics de l’IFU, s’il continuait à défendre la Chloroquine. Jamais il n’aurait fait publier ce faux article dans la revue The Lancet, vendu par une prostituée, « montrant » l’inefficacité de la Chloroquine. Jamais il n’aurait trainé Didier Raoult devant le Conseil de l’Ordre créé par Pétain, téléguidé par l’Elysée, afin de le briser psychologiquement. Les méthodes utilisées par Macron sont des méthodes de maitre-chanteur, voyou rompu à toutes les crapuleries. Et pourtant, personne ne moufte, trouvant sa conduite « normale », « allant de soi ».

1.5°)-Macron est un marlou. Macron est un imposteur. Macron est un gangster, pour qui la vie humaine n’a aucune d’importance. La mort de masse aussi. On l’a vu avec l’affaire du Covid-19, je n’y reviens pas. On l’a vu aussi l’été 2019, été de canicule : 45 degrés à Paris. Dans les rues, on avait l’impression d’être dans une piscine bouillante. Les personnes âgées et fragiles furent livrées à elle-même. Bien sûr, le chiffre de mille morts supplémentaires donnés par Buzyn au mois de septembre fut un « fake ». Car pendant l’été, on apprit que les morgues étaient pleines. Une répétition générale du Covid de mars 2020.

1.6°)-Le budget de l’Etat a été siphonné, racketté par les patrons du CAC 40 : fin de l’impôt sur les grandes fortunes : +4 milliards. L’état social raclé jusqu’à l’os, pour donner de l’argent à ces Messieurs-Dames milliardaires.

Un exemple entre mille : le nombre de contrats aidés est passé de 2,650 millions (Jospin) en 2000 à 100 000 sur décision de Macron en 2020. Le petit banquier n’a eu aucune pitié pour faire passer le nombre de contrats aidés de 500 000 à 100 000, rien que sous son quinquennat. Sachant que les chômeurs et les pauvres, ne retrouveront jamais un emploi en CDI.

Le mécanisme du dispositif « Exonérations de cotisations sociales », pour soit disant créer des emplois dans le secteur marchand, est une arnaque. Il a été parfaitement analysé par Philippe Askenasy dans son ouvrage « Les décennies aveugles. 40 ans de politique de l’emploi », édition du Seuil, 2011. L’auteur montre les 15 milliards donnés aux patrons (le livre remonte à 2011), pour in fine ne créer que 300 000 emplois non qualifiés, le plus souvent en CDD : au demeurant, un chiffre très difficile à obtenir, tant le MEDEF nous avait bassinés avec son pin’s menteur : « un million d’emplois » !

Il montre aussi comment ces exonérations de cotisations sociales ont été menées par tous les gouvernements successifs de droite et de gauche : depuis Balladur, Juppé, Jospin, Raffarin, Villepin, Fillon, etc…Et ensuite Ayrault, Valls, Philippe, Castex. Une dîme scandaleuse payée sur nos impôts à la Bourgeoisie triomphante.

Pour comprendre ce mécanisme de renvoi d’informations cruciales dans le hors champ, la boite noire de l’impensé, il faut lire le livre d’Alain Badiou, dont je parlai hier sur mon mur : « A la recherche du réel perdu », 2015, Fayard.

Volontairement, l’Etat a abandonné de nombreux terrains de l’action sociale. Résultat : c’est une somme extraordinaire de souffrance et de larmes de toute sorte, affectant des millions de femmes et d’hommes frappés par la misère, qui jamais n’accèdent dans la sphère médiatique des sujets dont on parle !.

1.7°)-Dans le même temps, dans le partage de la valeur ajoutée depuis 1980, le travail a perdu 10 points par rapport au capital: autrement dit, le capital n’est absolument pas dans le besoin, la nécessité, bien au contraire ! Pourtant, cette information majeure a disparu des réseaux sociaux, soit disant « critiques ».

LES AIDES AUX ENTREPRISES SONT UNE GABEGIE ECONOMIQUE !. Ce qu’il faut faire en priorité, c’est relancer la demande, donc les salaires et revenus des français !

1.8°)-Personne n’a oublié Macron pris en photo avec deux petites frappes de l‘île Saint-Martin. L’un des deux jeunes fut surpris deux jours plus tard à cambrioler une bijouterie. Personne n’a moufté. Son attirance est évidente pour les voleurs, les délinquants : on n’a pas oublié son amant Benalla.

1.9°)-Personne n’a oublié la photo de Donald Trump, qui, d’une chiquenaude, enlève un milligramme de cocaïne sur le veston du « Président de la République française« . La honte la plus absolue. Macron est un drogué. La preuve est établie aux yeux du monde entier. Aux Etats-Unis, ce fut le fou rire général. Même les animateurs de shows de variété racontaient l’histoire. En France, avec nos courageux et intrépides journalistes toujours près à foncer, ce fut le silence le plus total. Même Facebook n’a pas beaucoup relayé l’info.

1.10°)-Brigitte Macron passe ses nuits à voir des films pornos. Je me souviens de cet article rédigé par Ariane, intitulé « Jupiter et jupenlair à l’Elysée », provoquant la ire des trolls de Médiapart. Pourtant, avec ses jupes ras le bonbon, sa perruque, ses talons hauts, même le jour de l’enterrement de Rocard, sa maigreur étudiée, Brigitte M. a tous les codes de la fille de joie de Saint-Denis, celle qui agitait son fichu avenue du Maine, aurait chanté Brassens, la nécessité de survivre en moins.

1.11°)-Autre mot de Donald Trump : « tout ce que touche Macron devient de la merde ». Rien de plus juste. Ainsi le gangster de l’Elysée a fait de Mélenchon, non seulement un homme corrompu ; mais surtout un personnage faible, vile, à l’intellect et à la morale fortement diminués.

Souvenons-nous du blog de JLM, ses articles publiés tous les mardis que nous attendions avec impatience. De beaux billets. Du beau travail artisanal. Ses petites phrases courtes au rasoir. Ses blagues contre Hollande, qualifié de « capitaine de pédalo ».

Tandis que la prestation de Mélenchon chez Hanouna fut craintive, convenue, idéologie dominante, fade, transparente, faisant fuir au galop ses derniers fans. L’été 2017, un facebookien a écrit : »JLM a eu un AVC »(sic). Je ne le crois pas. Mais le mot résume bien la dégringolade intellectuelle d’un homme politique, devenu une guenille, visiblement drogué par son entourage. Une épave à n’y pas croire.

Si Macron avait été un honnête homme, jamais il n’aurait fait de son adversaire number one, ce non vivant du champ politique, qu’il est devenu.

Macron est un gangster, mais la société du Mensonge roi structurant notre société nous empêche de le voir, du moins pour les personnes les moins conscientisées. Le champ politico-idéologico-journalistique produit un tissu permanent de contre vérités, où la vérité, tellement minoritaire, s’estompe et se dilue, y compris sur les réseaux sociaux (Facebook, Tweeter), qui se calent in fine sur l’idéologie dominante, beaucoup plus que l’on ne croit.

Ruth ElKriel disait un jour :  » cela fait 40 ans que je fais de la Politique, euh, je veux dire, du journalisme politique » (sic). Ce sont les journaleux de BFMTV, qui sont nos vrais « ministres », qui nous donnent la boussole idéologique de notre non avenir radieux avec Macron.

L’impunité dont bénéficient les scribouillards des télés au ordres est véritablement extra ordinaire, l’aveu silencieux selon lequel le Mensonge majuscule structure le champ politique et social : et personne ne moufte sur les réseaux sociaux !

 

Guerre Russie-OTAN-Ukraine: les pauvres d’Afrique en sont victimes

Source:  France – Irak – Actualité.

Par Öznur Sirene (revue de presse : TRT en français – 1/4/22)*

L’offensive russe en Ukraine a changé tous les équilibres géopolitiques, soulevant des inquiétudes majeures liées à la défense mais aussi à la sécurité alimentaire mondiale. A tout cela s’ajoutent des difficultés sanitaires provenant de la pandémie de Covid-19.

L’implication directe ou indirecte des plus grandes économies mondiales dans le conflit russo-ukrainien fait également naître des préoccupations quant à l’avenir de l’économie mondiale.

« L’économie mondiale entière en sentira les effets à travers une croissance plus lente et des perturbations des échanges commerciaux. Les populations plus pauvres et vulnérables seront les plus touchées », ont averti les grandes organisations économiques internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale dans un communiqué commun. Selon certaines estimations, le conflit pourrait amputer l’économie mondiale de 800 milliards de dollars, un chiffre qui peut même être plus important en fonction de la durée de l’offensive.

La contraction économique mondiale pourrait essentiellement provenir d’un éventuel choc pétrolier et de l’augmentation des prix des matières premières. Rappelons que la Russie est l’un des plus gros producteurs et exportateurs de pétrole. L’Europe est aussi extrêmement dépendante du gaz russe avec environ 45% de ses importations de gaz, provenant de Russie.

Une autre menace qui plane sur le monde est l’éventualité d’une crise alimentaire mondiale. La Russie et l’Ukraine représentent au moins un quart des exportations mondiales de céréales.

Risque d’une pénurie alimentaire majeure en Afrique

En raison de la dépendance énergétique des pays européens vis-à-vis de Moscou et de leur proximité géographique avec la Russie et l’Ukraine, toute l’attention est concentrée sur le continent européen depuis le début du conflit. Or le continent africain est dans une situation beaucoup plus critique. « Selon des données de l’ONU, 25 pays africains ont importé plus de 33% de leur blé depuis l’Ukraine et la Russie en 2018 et en 2020. Parmi les pays les plus touchés, le Bénin (100%), la Somalie (100%), l’Egypte (81%) ou le Soudan (75%) », souligne BFM.

Dépendance des pays africains au blé russe et ukrainien (Others)

Sur le continent, la flambée des prix des denrées alimentaires de première nécessité crée une situation critique pour de nombreux pays africains tels que le Sénégal, faisant aussi face au défi de l’approvisionnement en eau.

En accord avec les pays du G7, le président français Emmanuel Macron a proposé jeudi 24 mars un plan d’urgence pour la sécurité alimentaire afin de prévenir le risque de « famine » dans de nombreux pays dont notamment en Afrique.

En réalisant d’intenses échanges commerciaux et des investissements directs sur le continent, l’Union européenne entretient des relations solides avec l’Afrique. Elle offre aussi des subventions et prêts aux gouvernements dans le cadre d’un soutien financier direct. Or ces aides risquent de se réduire drastiquement en raison des impacts économiques de l’offensive russe en Ukraine.

Relations privilégiées de la Russie avec l’Afrique

Un autre sujet important à souligner est l’influence grandissante de la Russie en Afrique. Profitant de la vague anti-impérialiste en évolution sur le continent, la Russie a de plus en plus renforcé sa position sur le continent. En 2019, un premier sommet Russie-Afrique a été organisé en 2019 avec la participation de 43 dirigeants africains. L’Afrique représente désormais plus qu’un marché à conquérir, une sphère d’influence clé pour la Russie.

C’est ce qui explique d’ailleurs que lors du vote d’une résolution de l’ONU du 2 mars, condamnant l’intervention russe en Ukraine, près de la moitié des pays qui se sont abstenus sont africains.

Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la Russie représente 49% du total des exportations d’armes vers l’Afrique. En outre, la Russie a consolidé ses relations avec de nombreux pays africains par la signature d’accords sur la formation militaire, l’exploitation des ressources naturelles et la lutte contre le terrorisme. La société privée de sécurité russe Wagner serait aussi présente dans de nombreux pays africains tels que le Mali, la Mozambique et la République centrafricaine.

L’avenir de la présence russe en Afrique dépendra directement du résultat de l’offensive en Ukraine. Si la Russie en sort vainqueur, elle s’implantera davantage sur le continent africain. Cela fera aussi le bonheur des alliés africains de la Russie. Si la Russie en sort perdante, les conséquences seront encore plus lourdes pour les pays africains qui sont ses alliés privilégiés.

*Source : TRT (en français)

Contre la Guerre Impérialiste, pour la Guerre de Classe

Source: Révolution ou Guerre.

Contre la Guerre, pour la Guerre de Classe

(30 avril 2022, comités internationalistes NWBCW)

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Nous reproduisons ici le tract des comités Non à la guerre, pour la guerre de classe (No War but the Class War) qui fut à l’origine rédigé par son comité de Liverpool en Grande Bretagne. Nous reprenons ici, comme nous l’avions dit sur notre site (igcl.org), l’appel lancé par la Tendance communiste internationaliste  le 10 avril dernier. Nous appelons tous ceux et celles, groupes, cercles et individus qui seraient isolés et qui partagent le contenu de l’appel de la TCI et du tract internationaliste à le diffuser au maximum de leur force, en particulier lors des manifestations de rue du 1e mai. Par la suite et dans la mesure du possible, regrouper autour de l’appel et constituer des comités pour regrouper les forces internationalistes et offrir une alternative, l’alternative de la lutte des classes, de la défense de nos conditions de vie et de travail, face aux sacrifices pour la guerre impérialiste en Ukraine et la marche à la guerre généralisée.

Guerre, pauvreté, crise et maladie : Le vrai visage du système capitaliste

Les tambours de la guerre résonnent à nouveau en Europe. L’invasion de l’Ukraine par la Russie rapproche le monde de son point d’ébullition. Une fois de plus, les travailleurs du monde entier sont invités à prendre parti dans un conflit où nous n’avons rien à gagner et tout à perdre. D’un côté, la Russie, qui tente de récupérer ce qu’elle a perdu depuis l’effondrement de l’URSS. De l’autre, l’OTAN, qui tente d’attirer l’Ukraine dans sa sphère d’influence. En arrière-plan, les lignes impérialistes se renforcent, les États de l’UE se ralliant aux États-Unis et la Russie se tournant vers la Chine.

Si la guerre en Ukraine représente une escalade dans la volonté de généralisation de la guerre, elle n’est pas le seul champ de bataille actuel. Que ce soit en Syrie, au Yémen ou en Palestine, la classe dirigeante dresse les travailleurs les uns contre les autres dans le monde entier. Tout cela à la recherche de revenus financiers, de matières premières et d’une main d’œuvre bon marché. Le nationalisme – ce dernier refuge de la canaille – nous appelle à tuer et à mourir pour une cause qui n’est pas la nôtre.

Mais les guerres ne sont pas les seules à être menées contre les travailleurs. Nous sommes au cœur d’une guerre de classe dont nos conditions de vie et de travail sont le sacrifice sur l’autel de la rentabilité. A cause de l’austérité, nous avons été contraints de payer pour le krach financier de 2008. Mais l’économie mondiale ne s’en est jamais vraiment remise. Avant même l’arrivée de la pandémie, des milliards étaient injectés chaque jour pour les marchés pour les maintenir à flot alors qu’une nouvelle récession était annoncée. La pandémie n’a été que l’étincelle qui a allumé la flamme. Aujourd’hui, sous couvert de restructuration, nous sommes une fois de plus censés payer pour la crise. Sur tous les lieux de travail, nous assistons à une baisse des salaires du fait de l’inflation, à des licenciements, à des mises à pied et à diverses autres attaques contre nos conditions de travail. Pendant ce temps, à la maison, nous sommes confrontés à la hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant, à l’augmentation des loyers, des factures et des impôts. Pendant ce temps, les riches s’enrichissent. Et la guerre, en bouleversant encore plus les chaînes d’approvisionnement, ne fera qu’aggraver la situation.

Enfin, n’oublions pas la crise climatique. Les inondations, les incendies et les phénomènes météorologiques extrêmes rendent progressivement des pans entiers de la planète inhabitables. La classe dirigeante continue de traiter la planète comme son jardin privé, avec peu de considération pour la vie animale et humaine. Et, avouons-le, les conditions qui ont créé le Covid-19 et lui ont permis de se propager, tuant des millions de personnes, sont toujours en place. Et, la menace de futures pandémies plane.

La guerre, la pauvreté, la crise et la maladie créent des générations entières de personnes marquées par un système qui tend vers la barbarie. Réfugiés, amis et familles de ceux qui sont tombés malades, mutilés et tués, chômeurs et sans-abri.

C’est une guerre sur de multiples fronts contre tous les travailleurs et l’avenir de l’humanité. Mais nous pouvons résister. Les tentatives de défense de nos conditions de vie et de travail peuvent semer les graines d’un mouvement plus large qui reconnaît que le capitalisme – le système de production actuel caractérisé par l’existence de la propriété privée, du travail salarié, de la monnaie et des États – est la source du problème. Nous devons poser la question sociale et la possibilité de créer une société où la production est fonction des besoins et non du profit, une communauté mondiale où les États et les frontières ont disparu, où des organes indépendants créés par la classe ouvrière peuvent commencer à aborder collectivement les problèmes auxquels l’humanité est confrontée.

De même, les actions anti-guerre éparses qui ont été rapportées jusqu’à présent – manifestations en Russie, soldats désobéissant aux ordres en Ukraine, refus de manutentionner des cargaisons par des dockers au Royaume-Uni et en Italie, sabotage par des cheminots en Biélorussie – doivent adopter la perspective de la classe ouvrière pour être véritablement anti-guerre, de peur d’être instrumentalisées par l’un ou l’autre camp. Soutenir la Russie ou l’Ukraine dans ce conflit signifie soutenir la guerre. La seule façon de mettre fin à ce cauchemar est que les travailleurs fraternisent au-delà des frontières et abattent la machine de guerre. N’adhérez pas à la propagande nationaliste.

C’est pourquoi nous disons qu’il n’y a pas de guerre mais une guerre de classe. Les classes dirigeantes mènent déjà leur guerre contre nous et la planète. C’est aux travailleurs du monde entier – la grande majorité sans laquelle tout s’arrête – de créer l’alternative.

 

Contre la guerre impérialiste. Pour la guerre de classe
(No War But the Class War)
Pour quoi nous battons-nous ?

No War but the Class War (NWBCW) vise à apporter un message internationaliste aux luttes locales. Nous nous considérons dans la tradition des tentatives précédentes de s’opposer aux guerres capitalistes dans une perspective de classe ouvrière. Comme point de départ, nous adoptons la déclaration suivante du NWBCW rédigée en 2018. Si vous êtes globalement d’accord avec elle, contactez-nous. Nous encourageons les autres internationalistes du monde entier à créer également des groupes NWBCW sur vos lieux de travail et dans vos quartiers.

Contre la guerre impérialiste. Pour la guerre de classe. (NWBCW)

Le capitalisme mondial est dans une crise à long terme qui s’approfondit et qui nous conduit sur la voie de la guerre généralisée. Il y a plus de 60 guerres locales en cours aujourd’hui. Chacune d’entre elles détruit la vie de nos sœurs et frères de la classe ouvrière tandis que différents gangs de patrons luttent pour le contrôle. La plupart de ces guerres opposent les clients des principales puissances impérialistes. Ce sont des guerres impérialistes par procuration qui, avec les guerres commerciales ouvertes, sont les signes avant-coureurs d’un conflit mondial plus large. L’incitation à la guerre est le résultat du fonctionnement du système capitaliste lui-même. Elle n’est pas le résultat de quelques dirigeants capitalistes fous ou mauvais et seul le renversement du système capitaliste peut empêcher la guerre. La véritable alternative à laquelle nous sommes confrontés est la guerre ou la révolution.

Les partisans de No War but the Class War (NWBCW) visent le renversement révolutionnaire du capitalisme par la classe ouvrière et la création d’un nouveau système mondial de production. Nous sommes pour un système basé sur la propriété commune pour satisfaire directement les besoins de chacun. Ce système sera contrôlé démocratiquement par la classe ouvrière via un système mondial de conseils ouvriers. La production pour le profit et le système des Etats-nations et des frontières seront éliminés. Dans ce processus, la dégradation de la planète par le capitalisme sera inversée et l’humanité sera capable de planifier un développement durable.

Pour y parvenir, nous devons nous organiser à l’échelle mondiale et répandre la compréhension de la nécessité de créer une nouvelle société et la conscience de la manière d’y parvenir. La classe ouvrière elle-même doit créer une organisation politique internationale de révolutionnaires pour cette tâche.

Le point de départ nécessaire est d’intensifier la défense de nos propres intérêts et de rejeter les programmes de la classe dirigeante, y compris les guerres qu’elle nous demande de soutenir. Toutes ces guerres sont des guerres impérialistes dans l’intérêt des sections du capital. La NWBCW existe pour s’opposer à la guerre sur la base de la classe, pas seulement contre une section de la classe dirigeante, mais contre l’ensemble du système pourri qui offre aux travailleurs du monde la mort, la destruction et la misère, que ce soit lentement par la pauvreté, la maladie et les catastrophes ou au rythme plus rapide de la guerre.

Les travailleurs n’ont pas de pays ! Les guerres dites de ’libération nationale’ ou ’anti-impérialistes’ ne sont que des guerres impérialistes déguisées ! Nous ne faisons aucun front commun avec les marionnettes des patrons de la gauche capitaliste, comme les partis parlementaires et les syndicats, ainsi qu’avec les personnes qui les accompagnent dans le marécage pseudo-révolutionnaire. Ils sont tous intégrés dans le système des patrons et le soutiennent en temps de paix comme en temps de guerre.

Pas de guerre, mais pour la guerre de classe ! Allons de l’avant et généralisons la lutte de classe comme notre réponse à la guerre bourgeoise et à l’austérité !

Le NWBCW est une combinaison de groupes et d’individus qui soutiennent les positions politiques ci-dessus. Nous invitons d’autres personnes qui soutiennent ces positions à rejoindre le NWBCW pour nous aider à produire et distribuer de la propagande et à mener des interventions dans la lutte de classe pour ’Contre la guerre, pour la guerre de classe ’.

Pour information : NWBCWmontreal@gmail.com ou, pour la France, l’adresse du GIGC : intleftcom@gmail.com (igcl.org) ou de la Tendance communiste internationaliste (info@leftcom.org)

(Traduit à partir du texte original de No War but the Class War – NWBCW – Liverpool, UK.)

 

LES MENSONGES DE LEGAULT

Dans le Journal de Montréal, le 21 jan 2022, page 63, on se demande maintenant combien il y a eu, vraiment de morts de COVID-19 pendant la période de février 2020 à janvier 2021? La surmortalité au Québec a engendré 5400 morts (de plus qu’attendu), alors que 8489 personnes sont décédées de la COCID-19, SELON L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Certaines personnes vulnérables ont PEUT-ÊTRE été emportées plus tôt en raison du coronavirus ? Il est aussi possible que la COVID-19 N’AIT PAS ÉTÉ LA cause direct de décès chez les personnes âgées ou ayant des comorbidités.

Dans un autre article sur la même page, on nous dit que le Québec compte 12 639 décès liés é la COVID-19 ?!? Sur la page 6 du même journal, Legault nous dit qu’on a eu MOINS de surmortalités colligées par l’Institut de la statistique du Québec !?! Il ne donne pas de chiffres ? Mais il nous dit qu’on a un meilleur score qu’ailleurs grâce à ses mesures restrictives?

Sur la page 63 du même journal, on nous dit que la Nouvelle Zélande n’a enregistré qu’une cinquantaine de décès liés à la COVID-19, grâce à un control strict de la frontière, surtout les aéroports.

Trouvez l’erreur ?!? Legault ne ratte pas une occasion de blâmer les anti-vax par exemple, pour tous ses malheurs. C’est très commode d’avoir un bouc-émissaire pas loin pour écoper de l’incompétence et la malhonnête de Legault.

Il y a d’autres chiffres douteux que Legault nous lance. Comme, par exemple, le nombre de cas COVID dans les hôpitaux au Québec ? Selon lui, 50% des cas sont des gens vaccinés. Des vaccinés ? À quoi ça sert d’être vacciné?

L’Italie sera-t-elle le grain de sable dans la machine de «guerre permanente» de l’Otan?

Par Dominique Delawarde.

 

[(Alors que le Premier ministre italien Mario Draghi et le président Joe Biden se rencontraient mardi à la Maison-Blanche, l’unité de façade qu’ils ont tenté d’afficher est sur le point de voler en éclat, tant l’opposition progresse en Italie contre la stratégie de « guerre permanente » de Londres et Washington — y compris dans les rangs des partis composant la majorité, faisant planer la possibilité d’une chute du gouvernement…)]

Mario Draghi pourrait en effet se retrouver privé de gouvernement à son retour des États-Unis. Car, tandis que Biden a pressé le Premier ministre italien à accroître le soutien militaire à l’Ukraine, les choses ont basculé en Italie.

Alors que le Parlement avait auparavant approuvé la décision de Draghi sur l’envoi d’armes, le groupe de députés s’y opposant, initialement minuscule, est devenu majoritaire en quelques jours. A l’origine, seuls la gauche radicale et de petits groupes au sein du M5S (Mouvement cinq étoiles), de la Lega et du Parti démocrate (PD) lui-même s’opposaient à cette décision. Cependant, depuis les déclarations du pape contre «les aboiements de l’Otan à la porte de la Russie», la situation a radicalement changé. Le M5S, dirigé par l’ancien Premier ministre Giuseppe Conte, et la Lega, dirigée par Matteo Salvini, sont désormais publiquement opposés à de nouvelles livraisons d’armes et favorables à une négociation de paix. L’opposition au sein du PD, dirigée par l’ancien ministre Graziano Delrio, a pris de l’ampleur au point que la direction du PD, pro-Otan, a changé de camp, sans doute dépassés par les événements.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/03/pret-a-rencontrer-poutine-le-pape-evoque-les-aboiements-de-l-otan-a-la-porte-de-la-russie_6124644_3210.html

Chose remarquable, parmi les artisans de ce basculement, l’on retrouve l’homme d’affaires Carlo De Benedetti, considéré comme l’oligarque ayant créé le Parti démocrate italien. Deux jours après l’intervention du Pape, De Benedetti a accordé un long entretien au quotidien Corriere della Sera, appelant à découpler la politique étrangère italienne (c’est-à-dire de l’UE) de l’axe Washington-Londres. Il a notamment mis en garde contre les conséquences imminente de la crise alimentaire, déclarant que des millions de réfugiés, forcés de choisir entre la famine et le risque de se noyer dans la Méditerranée, vont envahir l’Italie depuis l’Afrique.

https://www.corriere.it/politica/22_maggio_08/carlo-de-benedetti-intervista-guerra-putin-3b389410-ce3a-11ec-b3ba-cf41db28034c.shtml

Comme dans un effet domino, le secrétaire général du PD, Enrico Letta, a ensuite donné une interview au même journal, s’écriant : «l’Italie, la France, l’Allemagne, l’Espagne et la Pologne doivent maintenant se déplacer, unis, pour la paix. Allez d’abord à Kiev, puis rencontrez Poutine. Nous ne devons pas nous laisser guider par les États-Unis, l’Europe est assez grande. Cette guerre se déroule en Europe et c’est à l’Europe d’y mettre fin».

https://www.corriere.it/politica/22_maggio_09/letta-ucraina-europa-russia-2f9e690a-cf06-11ec-b21c-2cc92198dafc.shtml

Le Parlement a ensuite exigé d’être informé par le Premier ministre avant sa visite à Washington, ce que Draghi a ignoré. C’est pourquoi il risque d’être confronté à son retour à une majorité sur le papier qui rejettera tout ce que Biden aurait pu lui demander. Cela ne signifie pas forcément que le gouvernement tombera, mais a minima il en sortira très affaibli – de même que l’unité de l’Europe derrière les États-Unis.

De plus, l’opposition contre la stratégie anglo-américaine monte également parmi les militaires italiens. Dans un entretien publié par l’Antidiplomatico et relayé sur notre site, le général italien Fabio Mini, ancien chef d’état-major du Commandement de l’Otan pour l’Europe du Sud, appelle à dissoudre l’Alliance pour créer une nouvelle structure de sécurité régionale, rejoignant ainsi l’appel de l’Institut Schiller publié dès le début de la guerre en Ukraine.

https://solidariteetprogres.fr/actualites-001/un-general-italien-appelle-a.html?var_mode=calcul*

https://www.institutschiller.org/Appel-a-convoquer-une-conference-internationale-pour-une-nouvelle-architecture

Par ailleurs, le général Marco Bertolini (à la retraite), ancien commandant du quartier général des opérations interarmées, a exprimé de fortes critiques à l’encontre du secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg. Alors que ce dernier a récemment déclaré que «les membres de l’Otan n’accepteront jamais l’annexion de la Crimée», Bertolini a affirmé que Stoltenberg ferait mieux de se taire sur des sujets qui dépassent ses compétences.

https://www.ilfattoquotidiano.it/in-edicola/articoli/2022/05/09/marco-bertolini-smettiamola-di-stare-zitti-la-nato-non-puo-decidere-per-lucraina/6584681/

« Nous devons comprendre que la Crimée est une ressource indispensable pour Poutine, parce qu’elle est principalement habitée par des Russes, et surtout parce qu’elle garantit l’accès à la mer Noire, a-t-il expliqué dans une interview avec Il Fatto Quotidiano. La déclaration de Stoltenberg démontre que la Crimée est le point le plus sensible de la question. Le problème est que Stoltenberg ne peut pas parler au nom de Zelensky. Il est le secrétaire général de l’Otan, qui est une organisation supranationale et, pour commencer, il ne peut même pas parler au nom d’un seul pays, d’autant plus que l’Ukraine ne fait pas partie de l’Alliance ».

Face au risque imminent d’affrontement direct entre la Russie et les États-Unis, la dissolution de l’Otan et son remplacement par une nouvelle architecture de sécurité est une urgence absolue. Puisse les développements en Italie en être l’étincelle…

 

« Manifeste » pour les brigades internationales de la bourgeoisie en Ukraine.

La bourgeoisie de plateaux télé semble unanime. Il faut se ranger d’un bloc derrière l’Ukraine et son si héroïque président Zelensky. Mieux. Il faut plus d’armes, plus de bombes, plus de morts pour pouvoir sauver le monde libre de l’affreux Poutine. Il faudrait même carrément faire la guerre à Poutine. Face à cette demande toujours plus pressante nous avons une proposition politique : allez y les gars !

Dès le 24 février ça a été la curée sur tous les plateaux télé. Il faut trouver du monde pour commenter l’invasion. Les spécialistes de stratégies militaires et de la vie ukrainienne sont trop occupés, alors il faut meubler avec des spécialistes sur le tas tous plus ou moins insipides. Nathalie Saint Cricq, Raphael Enthoven, BHL évidemment, rien ne nous sera épargné. La guerre amène son lot de viols, de meurtres de masses et de toutes les horreurs possible, mais ça, c’est la goutte de trop.

Car ces éditorialistes, tremblant d’excitation à la vue des bombardements sur Kiev, les mains moites en pensant à la part d’audimat qu’ils sont en train de se trancher, n’ont qu’une obsession : nous faire rentrer en guerre.

Cette frange particulière de la bourgeoisie médiatique dont la personne la plus illustre est l’inénarrable Bernard Henry Lévi ressort lors de tous les conflits armés pour « défendre le monde libre ». Ce monde libre, qui n’est rien d’autre que l’impérialisme US et ses avatars, est un mantra pour ces « intellectuels » néo conservateurs. Ils ont milité pour l’intervention dans les balkans dans les années 90, en Irak (quel succès !) ou encore en Libye (incroyable d’efficacité) avec à chaque fois une rhétorique bien rodée : la guerre est un moindre mal face aux horreurs de ceux que le camp occidental érige en « axe du mal ». Miloseviç, Saddam Hussein, Khadafi et maintenant Poutine, ces dictatures là n’ont pas ou plus la côte pour les Américains et deviennent les supers méchants de Disney.

Il n’est évidemment pas question de défendre ici le bilan des dictatures susnommées ou même de relativiser leurs crimes mais les néoconservateurs n’ont que peu de discours sur les lapidations publiques de femmes adultérines en Arabie Saoudite ou les exactions multiples perpétrées par les bouchers mis en place par la France dans ses anciennes colonies… Pour noyer le poisson de leurs horreurs, les néo conservateurs saupoudrent toujours leurs discours bellicistes et guerriers de philosophie. Imprégnés de l’esprit des lumières et d’un humanisme surplombant, ces dégoûtants personnages, tout droit sortis de leurs salons, sont extrêmement cultivés.

Jugez plutôt. Au moment d’appeler le monde occidental à rentrer en guerre, Raphaël Glucksman, intellectuel montant de BFMTV et ancien candidat PS, est tout en emphase : « Mais nos élites biberonnées au mythe de la paix perpétuelle sauront-elles faire face à la tempête qu’elles ont si longtemps refusé de voir venir ? L’Europe trouvera-t-elle la force de naître de ce chaos que les anciens Grecs plaçaient aux origines du monde, ou bien s’y noiera-t-elle par impuissance et apathie ? »(Tribune dans Le Monde, 15 mars 2022)

« Si nous ne défendons pas l’Ukraine pour nos principes, alors faisons-le pour nos intérêts vitaux ». Les grecs quoi. Le mec nous a sorti des références à nos cours de 6ème sur l’antiquité pour justifier de livrer des lances missiles aux Ukrainiens. Alors ça ne vous aura pas échappé, les grecs n’ont rien à voir là dedans et il s’agissait juste pour Glusckman de rappeler qu’il était très cultivé. Attention une culture légitime, une vraie, avec du savoir et tout. Pas un truc vulgaire et sale. Pas la saleté et la vulgarité des soldats, qui crèvent dans la boue. Pas la vulgarité du peuple russe qui a le mauvais goût d’élire régulièrement Vladimir Poutine et qui va en chier encore un peu plus avec des batteries de sanctions économiques qui ne toucheront pas les structures du pouvoir russe.

Ça ne sera donc pas une guerre vulgaire mais bien une guerre raffinée. Une guerre au nom de la civilisation. Une guerre avec des jouuuulies images, avec des jolis tanks qui explosent vu du ciel. Avec évidemment des moments forts comme lors des découvertes de charnier de Boutcha où les monstruosités de l’armée russe sont érigés comme des bouchers d’un autre temps. BHL qualifiera ce massacre « d’Ouradour en Ukraine ». Ce sera l’occasion de rappeler leur humanisme sans borne. On ne les entendra pas parler des exactions de l’armée ukrainienne qui sont évidemment nombreuses puisque c’est une armée en campagne comme les autres. On les verra aussi très rétifs à rappeler la présence pourtant importante des néo nazis dans l’appareil militaire ukrainien.

Mais nous devons le rappeler avant de trop s’énerver sur des personnes qui n’en valent pas la peine : ces gens là ne sont rien et ne seront rien sans l’appareil médiatique qui les accompagne. Un appareil médiatique qui ne veut qu’un chose : plus de guerre. Plus de guerre pour alimenter la société spectaculaire marchande, pour alimenter la machine économique, plus de guerre pour permettre à l’occident de se tailler encore plus de parts de marché. Plus de guerre enfin, pour nous endoctriner, nous faire vivre dans une état de guerre construit depuis une petite dizaine d’année. Un état de guerre qui permettra de passer toutes les pires lois existantes.

Alors vous les « intellectuels » du pouvoir, les VRP des marchands de canons, si vous voulez aller à la guerre allez-y. Et restez-y.

 

M.OCL-Paris

FAIRE LA GUERRE A LA GUERRE IMPÉRIALISTE

À l’occasion de la guerre impérialiste de l’OTAN-USA contre l’empire russo-chinois, via l’État fantoche ukrainien en faillite, nous avons amorcé une série d’articles sur la science de la guerre tant du point de vue militaire, économique, financier, monétaire, commerciale, politique, sociale et populaire ou les civils sont devenus des cibles et des boucliers humains. Nous publions régulièrement des comptes rendus d’observateurs des champs de batailles en Ukraine – des opinions d’officiers à propos de cette guerre d’un nouveau genre. Nous pensons que la classe prolétarienne a intérêt à connaître tous les aspects de cette guerre qui pourrait bien donner naissance à l’insurrection populaire comme première étape de la révolution prolétarienne que nous appelons de nos voeux.  Nous croyons que plus les combats s’intensifieront militairement et s’étendront géographiquement plus les tactiques et les objectifs stratégiques des belligérants devront s’adaptés aux conditions internationales ce qui fera de cette guerre réactionnaire régionale-européenne la Troisième Guerre Mondiale…qu’il nous faudra transformer en guerre populaire. Il n’est jamais trop tôt pour apprendre l’art de la guerre pour FAIRE LA GUERRE À LA GUERRE. Robert Bibeau  Faisons la guerre à la guerre! – les 7 du quebec 


 

Les mirages de la guerre :
6 illusions issues de nos récents conflits

Par David Barno et Nora Bensahel – Le 11 avril 2017 – Source War On The Rocks

Photo de l’armée américaine par le sergent d’état-major Elizabeth Tarr

Plus de 15 ans de combats continus ont profondément façonné la façon dont l’armée américaine pense la guerre. Les conflits en Irak et en Afghanistan ont profondément coloré la façon dont ceux qui y ont servi pensent aujourd’hui au caractère même de la guerre – en particulier parmi les forces de l’armée, des Marines et des opérations spéciales qui ont supporté le plus gros des combats. L’expérience du combat est inestimable pour les dirigeants chargés de mener des guerres et de conseiller les décideurs politiques sur l’usage de la force. Mais elle engendre également des préjugés et des angles morts subconscients, qui peuvent les empêcher de penser clairement et de manière créative aux types de guerres qu’ils mèneront à l’avenir.

 

Prédire l’avenir – y compris le caractère des guerres futures – est une entreprise incroyablement difficile et souvent infructueuse, car il y a toujours trop d’incertitude et trop peu d’informations. Comme Daniel Kahneman et Amos Tversky l’ont largement documenté, des préjugés systémiques et inconscients affectent la manière dont les gens traitent l’information, en particulier lorsqu’ils tentent de donner un sens à la complexité. L’un des biais les plus importants est appelé (alerte au jargon !) l’heuristique de disponibilité : plus un exemple nous vient facilement à l’esprit, plus nous sommes susceptibles de penser qu’il représente l’avenir. Comme nous nous souvenons généralement plus clairement des expériences récentes que des expériences passées – en particulier des expériences très intenses comme le combat – nous supposons souvent inconsciemment que l’avenir ressemblera à une extension linéaire de ces expériences passées.

Alors que cette génération du temps de guerre continue d’accéder aux rangs les plus élevés de l’armée américaine, elle aura deux responsabilités majeures : fournir des conseils militaires aux décideurs politiques et faire des choix stratégiques sur les armes et la structure des forces qui détermineront comment les États-Unis mèneront leurs futures guerres. Cependant, leur vision de l’avenir peut être profondément affectée par leurs expériences passées, d’une manière dont ils ne sont peut-être même pas conscients. Nous pensons qu’il existe au moins six illusions tirées des guerres récentes qui peuvent sérieusement déformer la façon dont ces dirigeants expérimentés au combat pensent et planifient les conflits futurs.


Illusion 1 : la guerre est centrée sur la terre. Parce que les guerres en Afghanistan et en Irak se sont concentrées sur la conquête du contrôle de vastes masses terrestres et de leurs populations, l’armée de terre et le corps des Marines ont été le centre de l’univers militaire américain depuis 2001. Bien que l’armée de l’air et la marine aient apporté une aide considérable, toute une génération de chefs militaires a grandi en voyant la guerre sous un seul angle : la guerre terrestre avec les troupes terrestres en tête. Dans le langage militaire, l’armée de terre et les Marines (souvent accompagnés des forces d’opérations spéciales) ont été les services d’appui, l’armée de l’air et la marine étant les services de soutien. Pour certains, cela semble maintenant être l’ordre naturel des choses. Récemment, un officier de grade intermédiaire de l’armée de terre a demandé à l’un d’entre nous si les autres services étaient prêts à soutenir l’armée, non seulement dans les missions de contre-insurrection, mais aussi dans les opérations interarmées de haute intensité. Cette question est valable, mais elle suppose implicitement que l’armée de terre restera le service soutenu à l’avenir – et rien ne garantit que ce sera le cas. Une guerre contre la Chine, par exemple, pourrait se dérouler en grande partie dans les airs et en mer, les opérations sur terre n’étant que des escarmouches périphériques. Au-delà de la fourniture d’une logistique de théâtre essentielle, l’armée de terre est-elle prête à jouer un rôle de combat important pour soutenir les forces navales et aériennes ? Cela pourrait l’obliger à développer de nouvelles capacités de combat, telles que des missiles anti-navires terrestres à longue portée, ou à réaffecter ses hélicoptères d’attaque armés de missiles et ses drones à des missions anti-navires ou anti-sous-marines. L’armée de terre examine actuellement de nombreuses capacités de ce type dans le cadre du nouveau concept de bataille multi-domaine, mais cette initiative n’en est qu’à ses débuts et il est loin d’être clair si et comment elle sera mise en œuvre.


Illusion 2 : Il y aura suffisamment de temps pour s’adapter. Les guerres suite au 11 septembre sont de loin les plus longues de l’histoire américaine, et elles ne montrent aucun signe de conclusion [article datant de 2017, NdT]. Pour le meilleur ou pour le pire, cela a donné à l’armée américaine un temps considérable pour s’adapter sur le champ de bataille et corriger ses erreurs. À titre de comparaison, les États-Unis sont entrés, ont combattu et ont gagné la Seconde Guerre mondiale en moins de temps qu’il n’en a fallu aux dirigeants américains pour reconnaître l’échec de leur stratégie en Irak et adopter une approche anti-insurrectionnelle radicalement différente – et plus efficace. Dans les guerres futures contre une grande puissance, les actions sur le champ de bataille et les mouvements et contre-mouvements stratégiques se dérouleront probablement à la vitesse de l’éclair, avec des conséquences immédiates et catastrophiques en cas d’échec. Une adaptation continue et, parfois, quasi instantanée, peut être nécessaire pour éviter une défaite désastreuse. Rien dans notre récente expérience en temps de guerre n’a préparé nos chefs militaires à cette nouvelle réalité de guerres menées à une vitesse stupéfiante. Le temps ne sera pas du côté de l’Amérique.


Illusion 3 : la technologie américaine domine. Aujourd’hui, les forces américaines ne peuvent pas mener d’opérations sans des technologies très avancées telles que le GPS, les capacités de vision nocturne, les armes de frappe de précision, les communications par satellite, les ordinateurs et l’Internet, le tout soutenu en coulisse par des logiciels complexes. Ces technologies fournissent des capacités mondiales inégalées à l’armée américaine, qui les a largement considérées comme acquises lors des dernières guerres parce qu’elles n’ont jamais été sérieusement menacées. La dépendance de l’Amérique à l’égard de ces technologies présente également une grave vulnérabilité. Tout futur adversaire capable sera presque certain d’attaquer et de perturber autant de ces capacités que possible. Des attaques généralisées de réseaux informatiques, l’usurpation de réseaux de commande et de contrôle, la perturbation ou la destruction de satellites clés et des attaques cinétiques sur des drones et autres systèmes sans pilote dégraderaient rapidement ces capacités américaines essentielles. Malgré ces dangers, les forces américaines sont devenues dépendantes aux technologies numériques et ont largement perdu leur capacité à opérer dans un monde analogique de cartes, boussoles, navigation inertielle, radios FM et HF, bombes non guidées et ordres d’opérations sur papier. Lors de la prochaine guerre majeure, les bombes américaines peuvent manquer, les données informatiques peuvent être corrompues, les avions peuvent dévier de leur trajectoire, et personne ne saura pourquoi – ni ne sera préparé à s’adapter rapidement à une guerre sans chiffres fiables.


Illusion 4 : les réserves américaines sont épuisées. Les forces américaines en Irak et en Afghanistan ont été de loin les troupes américaines les mieux approvisionnées de tous les temps. Elles ont opéré au bout d’un énorme pipeline logistique qui livre quotidiennement toutes sortes de provisions, directement des États-Unis et du monde entier. Les fruits et légumes frais (ainsi que les steaks et les homards occasionnels) sont livrés à presque toutes les bases des zones de combat. Même les troupes se trouvant dans des avant-postes éloignés peuvent généralement envoyer des courriels, téléphoner ou utiliser Skype pour communiquer avec leurs familles restées au pays. En revanche, les guerres futures seront probablement menées d’une manière qui rendra impossible la mise en place ou le maintien d’une telle dorsale logistique, car les sites fixes tels que les bases logistiques (sans parler des troupes massées) seront vulnérables. Dans les opérations de haute intensité, les sites fixes comme les bases logistiques (sans parler des troupes massées) seront vulnérables aux tirs de roquettes de précision à longue portée et aux missiles lancés par avion. Les forces américaines, en particulier les forces terrestres, peuvent être amenées à opérer sans ravitaillement adéquat, et à combattre et gagner dans des conditions d’extrême austérité. Le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Mark Milley, a dit aux soldats de s’attendre à peu de soutien dans les futures batailles, au-delà de l’eau, de la nourriture, des munitions, du carburant, de la maintenance et des traitements médicaux. N’étant jamais du genre à mâcher ses mots, Milley a averti que « apprendre à être à l’aise avec le fait d’être sérieusement misérable chaque minute de chaque jour devra devenir un mode de vie pour une armée sur le champ de bataille que je vois venir ».


Illusion 5 : Il y aura beaucoup de munitions de haute technologie. Les guerres récentes n’ont pas sérieusement mis à l’épreuve les réserves de munitions des États-Unis, car la plupart des batailles individuelles étaient des engagements relativement petits et courts (bien qu’aigus) contre des ennemis à faible technologie. Pourtant, dans une future guerre majeure contre un adversaire beaucoup plus capable, les munitions – en particulier les munitions de précision avancées – seront probablement consommées à un rythme féroce. Dans une guerre contre la Russie ou la Chine, ou même contre la Corée du Nord ou l’Iran, les États-Unis dépenseraient incontestablement des milliers (voire des dizaines de milliers) de leurs roquettes, missiles et bombes guidées les plus sophistiqués dans les premiers jours. Les stocks de ces armes sont limités, et il sera difficile, voire impossible, d’étendre soudainement les chaînes de production d’une usine pour en produire rapidement davantage en cas de crise. Par conséquent, quelques jours seulement après le début d’une guerre majeure, les forces américaines peuvent être confrontées à des pénuries de missiles avancés, de bombes guidées et d’autres munitions difficiles à remplacer, et il n’est pas du tout certain qu’elles soient en mesure de continuer à combattre efficacement sans ces armes. Pour se prémunir contre ce défi prévisible, les services devraient s’assurer qu’ils développent une doctrine pour combattre et gagner dans de telles conditions dégradées.


Illusion 6 : Les États-Unis n’auront jamais besoin d’un service militaire. Le fait que les États-Unis aient été en mesure de poursuivre deux conflits longs et illimités avec une force entièrement volontaire a rendu la perspective d’un futur service militaire de plus en plus impensable pour les militaires comme pour la population civile. Le récent débat sur l’obligation pour les femmes de s’inscrire au service sélectif a donné lieu à de nombreux arguments (et même à des propositions de loi) selon lesquels les hommes ne devraient pas non plus s’inscrire au service obligatoire. Un éditorial a même affirmé : « Il est difficile d’imaginer un conflit dans le monde d’aujourd’hui dans lequel cette nation ne pourrait pas compter sur ses forces volontaires. » Mais c’est précisément ce que nous devons imaginer. Comme nous l’avons écrit, les États-Unis doivent se préparer à la prochaine grande guerre – le genre de guerre qui pourrait nécessiter jusqu’à des centaines de milliers de soldats, avec des niveaux de destruction et de pertes potentiellement stupéfiants. Dans une telle guerre, l’idée que l’armée américaine disposera toujours d’un nombre suffisant de volontaires qualifiés pourrait rapidement devenir un vœu pieux. Pendant la Première Guerre mondiale, par exemple, seules 300 000 personnes se sont portées volontaires pour s’engager dans l’armée. 2,7 millions de personnes supplémentaires ont été enrôlées par conscription. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les conscrits représentaient plus de 60 % des quelque 18 millions de personnes qui ont servi dans les forces armées américaines. Les futures grandes guerres pourraient connaître un manque similaire de volontaires, surtout si les pertes sont élevées lors des premières batailles. C’est pourquoi les États-Unis ont toujours besoin du service militaire, même si la possibilité de faire la guerre avec la conscription semble lointaine. Bien que le service militaire reste profondément impopulaire, l’opinion publique pourrait changer radicalement après une attaque contre les États-Unis qui tuerait des dizaines ou même des centaines de milliers d’Américains (sans parler de millions).

Les chefs militaires américains doivent toujours trouver un équilibre entre les besoins des combats d’aujourd’hui et les conflits possibles de demain. Pourtant, plus de 15 ans de combats dans des conflits irréguliers de bas niveau ont inévitablement – et souvent inconsciemment – affecté la capacité des chefs militaires américains à penser clairement aux futurs champs de bataille, en particulier pour les opérations de haute intensité contre des adversaires très capables. Ces guerres seront probablement importantes, dangereuses et très destructrices, et elles seront menées selon un calendrier très accéléré qui exigera une adaptation rapide de l’armée américaine. Elles peuvent rapidement réfuter de nombreuses hypothèses profondément ancrées concernant les services qui seront en tête, les technologies et les capacités qui seront disponibles, et la durabilité de la force entièrement volontaire. Dissiper ces illusions de guerre est une étape très importante pour s’assurer que l’armée américaine est prête à combattre et à gagner les guerres du futur.

 

David Barno et Nora Bensahel

Le lieutenant-général David W. Barno, USA (retraité) est un praticien distingué en résidence, et le Dr Nora Bensahel est une chercheuse distinguée en résidence, à la School of International Service de l’American University. Tous deux sont également associés principaux non résidents à l’Atlantic Council.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Le New York Times change son discours pro-guerre et décrit l’échec des États-Unis en Ukraine

Source: https://reseauinternational.net/le-new-york-times-change-son-discours-pro-guerre-et-decrit-lechec-des-etats-unis-en-ukraine/

Par John V. Walsh.

Le NYT suggère que les États-Unis mettent fin à leur guerre par procuration contre la Russie.

Le New York Times a un travail à faire – et il l’a fait de manière spectaculaire au cours des derniers mois. Le Times est un précurseur, de l’avis de cet auteur, le précurseur dans l’élaboration du récit américain de la guerre en Ukraine, un récit conçu pour maintenir le moral, donner à la guerre un objectif moral élevé et justifier les milliards incalculables déversés par les contribuables dans la guerre par procuration de Joe Biden contre la Russie. Jour après jour, page après page, avec des mots et des images, le Times explique à tous, y compris aux politiciens et aux leaders d’opinion de bas niveau, ce qu’il faut penser de la guerre en Ukraine.

Ainsi, lorsque le Times affirme que les choses ne vont pas bien pour les États-Unis et leur homme à Kiev, Volodymyr Zelensky, il s’agit d’une histoire du type « l’homme mord le chien ». Il nous dit que certaines vérités sont passées d’inconfortables à indéniables. Telle était la nature de l’article publié en première page le 11 mai, intitulé « Les Russes tiennent une grande partie de l’Est, malgré les revers ».

Même ce titre anti-narratif adoucit l’amère vérité. Le premier paragraphe de l’article avoue plus complètement : « Obscurcie dans les combats quotidiens, la réalité géographique est que la Russie a gagné du terrain. » Pas « tenir » le terrain mais « gagner » du terrain. Pas vraiment de quoi remonter le moral des troupes.

Le Times poursuit : « Le ministère russe de la Défense a déclaré mardi que ses forces dans l’est de l’Ukraine avaient progressé jusqu’à la frontière entre Donetsk et Lougansk, les deux provinces russophones où les séparatistes soutenus par Moscou combattent l’armée ukrainienne depuis huit ans ». Il nous rappelle ici que les premiers coups de feu de cette guerre n’ont pas été tirés le 24 février, comme le veut la narration, mais il y a huit longues années dans le Donbass. C’est un rappel cinglant pour ceux qui basent leur soutien à la guerre sur «qui a tiré le premier coup de feu», que leur vision « morale » a un angle mort considérable.

Le Times poursuit : « …. la prise du Donbass, combinée au succès précoce de l’invasion russe dans la prise de parties du sud de l’Ukraine jouxtant la péninsule de Crimée … donne au Kremlin un énorme levier dans toute négociation future pour mettre fin au conflit. »

Il poursuit : « Et les Russes jouissent de l’avantage supplémentaire de la domination navale en mer Noire, la seule route maritime pour le commerce ukrainien, qu’ils ont paralysée par un embargo qui pourrait finir par affamer l’Ukraine économiquement et qui contribue déjà à une pénurie mondiale de céréales. Encore des mauvaises nouvelles.

Plus encore, « La Russie a pratiquement atteint l’un de ses principaux objectifs : s’emparer d’un pont terrestre reliant le territoire russe à la péninsule de Crimée ». Et, « Le dernier bastion de la résistance ukrainienne dans cette zone, à l’usine sidérurgique Azovstal de Mariupol, a été réduit à quelques centaines de soldats affamés, désormais confinés pour la plupart dans des bunkers ». Aïe !

Enfin, tournant son attention vers l’économie, le Times déclare : « La guerre a « soumis l’économie ukrainienne à un stress énorme, avec la lourde dévastation des infrastructures et des capacités de production », a déclaré la banque dans une mise à jour économique. Elle estime que 30 à 50% des entreprises ukrainiennes ont fermé leurs portes, que 10% de la population a fui le pays et que 15% supplémentaires sont déplacés à l’intérieur du pays ». Soit un grand total de 25% de la population déplacée de chez elle.

Cette triste histoire d’échec, de misère et de mort est entrecoupée par un verbiage considérable, quelques anecdotes du front et le témoignage d’Avril Haines, directrice du renseignement national, dont le témoignage est prudent mais sombre. Mais, lu avec réflexion, c’est un grand échec qui plane sur l’entreprise.

Ainsi, dans la panique, les États-Unis continuent de jeter des montagnes d’argent sur le problème, environ 63 milliards de dollars si l’on inclut la récente infusion d’environ 40 milliards de dollars sur le point d’être sifflée par le Sénat et déjà adoptée par la Chambre avec seulement 57 Nays, tous républicains. (Et c’est là que se trouve une autre histoire, celle de la disparition du sentiment anti-guerre au sein du parti démocrate et de sa renaissance parmi les républicains populistes de Tucker Carlson qui ont rejoint les libertaires du GOP sur cette question).

Mais pourquoi ce brusque changement de ton de la part du Times. Une surveillance éditoriale laxiste ? Cela ne semble pas être le cas, car le même jour, nous avons droit à un article d’opinion intitulé : « L’Amérique et ses alliés veulent saigner la Russie. Ils ne devraient vraiment pas ». Cet article suggère qu’il est temps pour les États-Unis d’agiter le drapeau blanc.

L’article se conclut ainsi :

« Mais plus la guerre est longue, plus les dommages causés à l’Ukraine sont importants et plus le risque d’escalade est grand. Un résultat militaire décisif dans l’est de l’Ukraine pourrait s’avérer insaisissable. Pourtant, l’issue moins dramatique d’une impasse persistante n’est guère mieux. La prolongation indéfinie de la guerre, comme en Syrie, est trop dangereuse avec des participants dotés de l’arme nucléaire.

« Les efforts diplomatiques devraient être la pièce maîtresse d’une nouvelle stratégie pour l’Ukraine. Au lieu de cela, les frontières de la guerre sont étendues et la guerre elle-même est présentée comme une lutte entre la démocratie et l’autocratie, dans laquelle le Donbass est la frontière de la liberté. Ce n’est pas seulement une extravagance déclamatoire. C’est de l’inconscience. Les risques n’ont guère besoin d’être énoncés. »

Il semble que certains membres de l’élite de la politique étrangère et d’autres enceintes de l’État profond aient vu le désastre imminent de la guerre par procuration contre la Russie menée par Biden, Nuland, Blinken et le reste de la cabale néocon. La perspective d’un holocauste nucléaire au bout de cette route pourrait suffire à les tirer de leur torpeur. Ils semblent vouloir arrêter le train qu’ils ont mis en marche avant qu’il ne se jette dans le précipice. Il n’est pas certain qu’ils y parviennent. Mais il est clair que nous devons chasser du pouvoir les responsables de cette dangereuse débâcle – avant qu’il ne soit trop tard.

source : Antiwar

via Arrêt sur Info

Colloque sur les travailleurs des mines d’uranium d’Urgeiriça (Portugal)

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colóquio da urgeiriça (1)
Le colloque d’Urgeiriça (1)

Le colloque d’Urgeiriça

Par Arnaldo Matos

Partido Communista Dos Trabalhadores Portugueses (PCTP) 

http://www.lutapopularonline.org/

06.11.2016

Les Portugais savent qu’Urgeiriça est une localité de la paroisse de Canas de Senhorim, municipalité de Nelas, district de Viseu, connue pour ses mines d’uranium- Minas da Urgeiriça-explorées par la Société nationale de l’uranium (ENU) jusqu’à sa fermeture en 2001.  En 2009, l’usine contenait encore 400 tonnes d’uranium, dont 127 tonnes vendues à l’Allemagne seule. Dans les années soixante-dix du siècle dernier, avant la première guerre du Golfe, l’armée portugaise qui dirigeait l’usine vendit beaucoup d’uranium à l’Irak de Sadam Hussein et à l’Iran de Ayatollah Komeny dans un scandale politique qu’aucun responsable n’a encore voulu clarifier.

 Les conditions de travail dans les mines d’Urgeiriça représentent le plus grand crime commis à ce jour contre la classe ouvrière portugaise de tous les temps. En effet, la radioactivité de l’uranium et du radon, dont les effets cancérogènes mortels ont toujours été dissimulés aux mineurs et à leurs familles, avec la connivence de l’armée d’avril, des gouvernements auxquels Barreirinhas Cunhal et le PCP ont participé, et de leur consentement. Les centrales syndicales – Inter et UGT – sont responsables de la mort prématurée et inexpliquée d’environ deux cents travailleurs et de leurs familles.

En 1977, j’étais dans les mines d’Urgeiriça et de Cunha Baixa, dans la municipalité voisine de Mangualde, dénonçant ces crimes de l’armée d’avril, Álvaro Cunhal, du PCP et d’Intersindical devant les travailleurs de Minas, qui m’écoutaient un peu à ce moment-là, incrédule, étant donné la propagande adverse des social-fascistes du PCP dans la dissimulation du crime.

Sous la direction conjointe des anticommunistes Conceição Franco et Garcia Pereira, cette lutte pour préserver la santé des mineurs et de leurs familles a été totalement abandonnée dans notre parti à ce jour, alors que les effets mortels du cancer en masse se fait sentir sur les membres les plus jeunes des familles des vieux mineurs.

Les crimes commis contre les mineurs et leurs familles étaient si barbares que les administrateurs de la National Uranium Company dissimulaient non seulement aux mineurs les effets de la radioactivité de l’uranium et du radon, mais permettaient également aux travailleurs de prendre ses zuartes (costumes de travail) chez eux, baignés de radioactivité, pour que les femmes lave-les et sèchent dans les endroits où les enfants jouent souvent… La question du sort tragique des mineurs et de leurs familles victimes d’un cancer radioactif, à laquelle ils sont exposés depuis longtemps, n’a pas encore été pleinement résolue par le gouvernement et les indemnités dues n’ont jamais été versées.

Espérons que notre parti, désormais par l’intermédiaire du Comité régional du Massif central, reprendra le combat contre le cancer chez les travailleurs des mines d’Urgeiriça et de Cunha Baixa et leurs familles, car il en reste encore à ce jour des victimesde l’ ancien crime des capitalistes contre les ouvriers.

Parce qu’ils ne veulent pas laisser mourir la juste lutte des anciens mineurs d’Urgeiriça, nos camarades du Comité régional du Massif central ont appelé symboliquement à une réunion prolongée de ce Comité du parti pour Urgeiriça, le dimanche 6 novembre, afin de marquer le 99e anniversaire de la Grande Révolution d’octobre en Russie, avec un colloque-débat sur le véritable caractère de classe de cette révolution et les enseignements que le prolétariat mondial doit en tirer aujourd’hui.


 

L’importance et l’actualité du débat

 Connaissant les études auxquelles je me suis consacré ces dernières années sur le caractère de classe de la révolution d’octobre et sur son importance, le camarade Viriato, secrétaire du Comité régional du Massif central, m’a invité à venir à Urgeiriça et à me présenter devant ce comité. J’ai largement approuvé les conclusions auxquelles je suis parvenue et accepté de débattre de ces conclusions, ce que j’ai volontiers fait et que je résume maintenant, en particulier pour les lecteurs actifs de notre journal Luta Popular Online.

Dix camarades étaient présents et ont participé au débat avec enthousiasme. Un invité spécial, le camarade João Camacho, membre du Comité Central du Parti, s’est assuré, par un geste d’humilité et de dévouement remarquables, l’enregistrement, la photographie et l’enregistrement vidéo  de ce voyage de lutte théorique et idéologique.

Le débat sur le caractère et la nature de classe de la Grande Révolution d’octobre, dirigée par Lénine, ainsi que sur le caractère et la nature de classe de la Révolution de la nouvelle démocratie en Chine, dirigée par Mao Tse-Tung, fait l’objet d’un débat. Il est de la plus haute importance pour les prolétaires de tous les pays, car il est devenu évident que l’instauration d’un capitalisme d’État monopoliste en Russie et en République populaire de Chine ne peut être que directement liée à la nature des révolutions d’octobre de 1917 et 1949, respectivement, en Russie tsariste et en Chine semi-féodale.

Pendant longtemps, j’ai vu dans le maoïsme et dans la prétendue grande révolution culturelle prolétarienne les principes et les méthodes permettant d’empêcher l’instauration d’un capitalisme d’État monopolistique dans ces pays semi-capitalistes et semi-féodaux, tels que la Russie et la Chine, qui osaient procéder sous la direction du prolétariat, la révolution socialiste dans un pays ou un ensemble limité de pays, qui partageait avec le nouveau mode de production capitaliste, déjà dans la phase finale de l’impérialisme, le mode de production féodal alors en train de mourir.

Il était donc nécessaire pour moi d’étudier à nouveau Marx et Engels depuis leurs premières lignes écrites, pour comprendre pourquoi il n’était pas possible pour les travailleurs d’un pays semi-féodal de faire la révolution prolétarienne, pour établir le socialisme ou la dictature du prolétariat et pour atteindre le mode de production communiste, tout en dépassant à la fois le mode de production capitaliste et le mode de production féodal.

L’idée que les révolutions peuvent être politiques et idéologiques plutôt qu’économiques est la négation totale du matérialisme historique, comme nous l’a appris Marx.

Toutes ces questions théoriques me sont venues à l’esprit en 1975, lorsque Cunhal, le PCP et une partie des officiers militaires d’avril ont décidé à eux seuls de nationaliser l’industrie, les banques, les transports et le commerce et de forcer la réforme agraire en nationalisant la terre,  en tant que voie portugaise du socialisme, et je me suis opposé à cette ligne, dans la Grande salle des Actes du Presbytère de l’Université de Lisbonne, débordant de plus de deux mille personnes, en expliquant que ce n’était pas la voie au socialisme, mais la voie à suivre au capitalisme d’État monopoliste et à la place, exigeant la cession de la terre à des salariés ruraux et à des paysans pauvres et à un contrôle des ouvriers (et non du contrôle des travailleurs ou du peuple) sur l’industrie, la banque, les assurances et le commerce, communications et transports.

Aujourd’hui, je constate au bout de quarante et un ans que ma solution était incomparablement plus correcte que celles de Cunhal et de Melo Antunes, mais n’était toujours pas suffisante pour réaliser la révolution prolétarienne et progresser vers le communisme. La partie rurale, agraire et semi-féodale de la base économique de la société portugaise à cette époque devrait d’abord passer au mode de production capitaliste avant que la révolution prolétarienne puisse faire son chemin puis que le prolétariat puisse imposer sa révolution prolétarienne, le socialisme et, plus tard, le mode de production communiste.

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La révolution portugaise de 1383/1385

Nous avons dans notre histoire un cas assez parallèle à celui de la Grande Révolution russe du 25 octobre 1917 (7 novembre, selon le calendrier grégorien actuel, et donc son quatre-vingt-dix-neuvième anniversaire demain), un cas assez parallèle – a-t-il dit – lors de la grande révolution portugaise de 1383/85, qui a porté au pouvoir D. João, maître d’ Avis, renversé la grande noblesse portugaise pro-castillane, écrasé les envahisseurs des armées espagnoles à Aljubarrota et propulsé une nouvelle dynastie au pouvoir, la Dynastie d’Avis.

La révolution portugaise de 1383/85 a été promue, organisée, dirigée et payée, comme nous l’a montré Fernão Lopes dans deux de ses magnifiques livres, par la bourgeoisie naissante, regroupée dans la Casa dos 24 (Maison des 24), à Lisbonne et à Porto.

Politiquement, la révolution portugaise de 1383/85 est la première révolution mondiale de la bourgeoisie menée dans le cadre d’une lutte nationale.

Cependant, même s’il s’agissait d’une révolution politique bourgeoise, elle n’a pas réussi à installer la bourgeoisie naissante dans le domaine de l’appareil d’État existant, c’est-à-dire qu’elle n’a établi aucune dictature de la bourgeoisie, encore moins implanté le mode de production capitaliste.

 Malgré le triomphe d’une révolution politique bourgeoise, c’est une nouvelle noblesse qui a atteint le pouvoir de l’appareil d’État, est resté, bien qu’un peu de temps partagé, la dictature féodale et le mode de production féodal ont poursuivi leur développement normal. Le mode de production capitaliste n’est devenu dominant qu’au XIXe siècle   avec la Régénération (1851/1865).

L’exemple portugais montre que les révolutions politiques et idéologiques ne conduisent pas à des révolutions des modes de production économiques, mais découlent plutôt de l’évolution de ces modes de production. Mais c’est quelque chose que les marxistes savaient déjà ou devrions connaître: c’est le mouvement qui précède la conscience et non la conscience qui précède le mouvement. La conscience ne précède pas mais procède du mouvement.

Au moment de la révolution portugaise de 1383/85, il existait au Portugal une petite bourgeoisie capitaliste à des fins commerciales et une grande bourgeoisie d’artisans. Le mode de production capitaliste se trouvait alors dans la phase d’accumulation primitive.

Dans le chapitre 24 du livre I du Capital, Marx montre comment le mode de production capitaliste est lié à un processus violent d’exploitation de la production familiale, artisanale et industrielle, par lequel  le producteur direct est violemment séparé de ses moyens de production. Ainsi, une masse énorme de pauvres non occupés – les prolétaires – constitue une réserve de main-d’œuvre gratuite pouvant être incorporée dans leur main-d’œuvre par le capital salaure ou par le capital argent transformé en capital salaire, la seule forme de capital susceptible d’exproprier aux travailleurs la valeur ajoutée produite lors du processus de transformation de leur main-d’œuvre en biens (marchandise).

Dans la situation économique qui prévalait à l’époque de la révolution de 1383/85, le mode de production féodal dominait et le mode de production capitaliste était encore en phase d’accumulation primitive. Ainsi sont nés à la fois la bourgeoisie moderne issue des serviteurs du pays et le prolétariat moderne issu de l’accumulation primitive.

Ainsi, la première révolution politique bourgeoise portugaise non seulement n’a pas pu mettre, comment ne pouvait pas mettre,  fin au mode de production féodal, mais elle n’a pas non plus pu ni établir le mode de production capitaliste.

Le but d’un mode de production est d’assurer la reproduction de la société correspondante. En conséquence, le but du mode de production féodal est d’assurer la reproduction de la société féodale et le but du mode de production capitaliste est d’assurer la reproduction de la société capitaliste.

Ce sont les contradictions apparaissant au sein de chaque mode de production économique qui conduisent à la substitution violente de ce mode de production par le mode de production ultérieur.

Les révolutions politiques et idéologiques sont les conséquences, et non les causes, du développement des contradictions et de la lutte des contraires dans les modes de production économiques. Ils jouent néanmoins un rôle important: le rôle des sages-femmes dans l’histoire.

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Les thèses d’avril et le discours de la gare de Finlande

La Grande Révolution russe d’octobre 1917, qui aura lieu demain 7 novembre, a été célébrée pendant le calendrier actuel, le quatre-vingt-dix-neuvième anniversaire, pendant et à l’intérieur de la Première Guerre mondiale, une guerre inter-impérialiste centrée sur l’Europe et qui a débuté le 28 juillet 1914, date de l’assassinat de l’archiduc Francisco Fernando d’Autriche par le patriote serbe Gavrilo Princip à Serajevo, en Bosnie, et s’achève le jour de la Saint-Martin (le 11 novembre 1918), quatre jours après la révolution d’Octobre.

Comme on le sait, la Première Guerre mondiale a opposé deux blocs de grandes puissances impérialistes: la Triple Alliance, qui unissait l’Empire allemand, l’Empire austro-hongrois et l’Italie, entre autres, et la Triple Entente, qui unissait le Royaume-Uni, La France, l’empire russe, entre autres, comme le Portugal aux côtés de ces derniers alliés. À la fin de la guerre, les quatre grandes puissances impériales ont cessé d’exister: l’empire russe, l’empire allemand, l’empire austro-hongrois et l’empire ottoman.

Le 27 février 1917 (le 12 mars dans le calendrier grégorien actuel), en pleine guerre mondiale impérialiste, se déroula à Pétrograd, à l’époque la capitale de la Russie,  une révolution démocratique-burgeoise, conduit par le peuple en armes,  constitué par des ouvriers et des paysans, c’est à dire, par des soldats et des marins, qui ont conduit au renversement du régime tsariste semi-impérialiste et semi-féodal et à la mise en place d’un gouvernement bourgeois capitaliste.

À cette époque, Lénine et d’autres dirigeants bolcheviks du Parti ouvrier social-démocrate russe vivaient en exil en Suisse et s’organisèrent rapidement pour rentrer rapidement à Pétrograd afin de pouvoir participer personnellement à la révolution.

Dans ses Lettres lointaines (cinq, mais une seule a été publié), adressées à la classe ouvrière révolutionnaire de Russie, dans la Lettre d’adieu aux travailleurs suisses, puis dans ses Thèses d’avril, écrites dans le train qui rentre à Pétrograd mais rendu public le 17 avril 1917 seulement, Lénine insiste sur les principes fondamentaux de sa stratégie révolutionnaire: la déclaration unilatérale de paix, avec la suspension unilatérale et immédiate des opérations militaires par la Russie; réforme agraire; pain pour tous les travailleurs; la transformation de la révolution démocratique bourgeoise en une révolution socialiste prolétarienne, avec la prise complète du pouvoir par les soviets des ouvriers et des paysans armés (soviets des soldats et des marins).

Les thèses d’avril sont proclamées à haute voix par Lénine dans un discours prononcé devant une foule d’ouvriers armés et de paysans à la gare de chemin de fer Finlande à l’occasion de l’arrivée de Lénine et de ses dix-sept compagnon d’exile à Pétrograd.

La grande révolution russe d’octobre 1917 renverse le pouvoir capitaliste bourgeois de Kerenski et expulse son gouvernement du Palais d’Hiver sous le puissant bombardement des marins du cuirassé Aurora. Le Soviet de Petrograd s’empara du pouvoir politique entre les mains des ouvriers et paysans armés, décréta unilatéralement la paix et la suspension immédiate des opérations militaires, distribuant les produits alimentaires aux ouvriers et aux paysans, et quatre jours plus tard, la guerre mondiale impérialiste de 1914/ 1918 était terminée, avec la signature du traité de paix de Versailles.

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Mais la guerre civile en Russie soviétique a commencé

L’idée que la révolution prolétarienne socialiste puisse être partagée avec la révolution agraire paysanne contre le féodalisme, à savoir que deux classes exploitées et opprimées – ouvriers et paysans – par deux modes de production différents – capitaliste et féodal – peuvent coexister dans une dictature conjointe c’est la principale erreur de Lénine, en voulant  simultanément surmonter deux modes de production économiques distincts, sous la direction conjointe de deux classes, mais avec des intérêts antagonistes (ouvriers et paysans/serviteurs).

C’est cette erreur quant à la possibilité de construire le socialisme sous la dictature conjointe de deux classes aux intérêts antagonistes qui a conduit la première révolution démocratique-bourgeoise russe du 27 février à une deuxième révolution socialiste non prolétarienne, comme Lénine le souhaitait, mais démocratique russe bourgeois, du 7 novembre, qui a joué à tous égards dans une Russie semi-impérialiste et semi-féodale, hérité du tsarisme, du rôle de la grande révolution française du 14 juillet 1789, qui a conduit à l’établissement du mode de production capitaliste dans toute la Russie sous la forme d’un capitalisme d’État monopoliste plutôt que du capitalisme libéral qui a conduit à la Révolution française, suite à la prise de la Bastille.

Le développement économique russe de 1917, et en particulier l’existence simultanée de deux modes de production qui se combattent, ne permettrait jamais de transformer cette révolution démocratique bourgeoise en une révolution socialiste prolétarienne, dépassant un mode de production – le mode de production féodal – dont la transformation économique révolutionnaire n’avait pas encore eu lieu.

Mais c’est toujours Lénine qui, à lui seul, a anticipé sa propre erreur et a voulu la corriger; mais d’une façon tout aussi  faux.

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La Nouvelle Politique Économique (NEP)

 Les particularités de l’économie tsariste, avec un mode de production capitaliste déjà dans la phase impérialiste et un mode de production féodal, toujours dominant dans l’agriculture russe, ont conduit à des contradictions profondes et plus  aiguës avec la politique de nationalisation et de réforme agraire imposée pour la soi-disant révolution socialiste ouvrière du 7 novembre en Russie.

À cela s’ajoutait une guerre civile, soutenue par l’impérialisme européen, qui dura quatre ans jusqu’à la défaite de la révolte de Kronstadt, au cours de laquelle le peuple russe subit les plus grandes privations, à savoir la famine et le rationnement des provisions alimentaires.

Au dixième Congrès du Parti ouvrier social-démocrate russe (POSDR), réuni en 1921, afin de faire face à la situation économique difficile de la Russie, Lénine adopta une série de mesures politiques et économiques capitalistes bourgeoises, connues sous le nom de Nouvelle Politique Économique, NEP en acrostiche russe.

Ainsi, la liberté du commerce intérieur, la liberté des salaires des travailleurs, l’autorisation d’exploiter des entreprises privées, l’autorisation de capitaux étrangers pour la reconstruction du pays et l’autorisation pour les paysans de commercialiser librement leurs produits ont été rétablies,  outre le quota devant être acheté par l’État à un prix fixe.

Donc c’est arrivé à verifiquer une association de mesures économiques socialistes avec des mesures capitalistes et des mesures traditionnelles compatibles avec la production agraire féodale.

Cettes mésures politiques-économiques conçu et appliqué par Lénine, alors président du Conseil du commissaire du peuple de la République socialiste soviétique de Russie – Lénine est décédé le 21 janvier 1924 -, aidé à surmonter la crise économique dans laquelle la société russe avait plongé pendant la guerre civile, mais ils l’ont aidé à vaincre par les moyens et méthodes capitalistes bourgeois et non par les moyens et méthodes socialistes prolétariens.

Cela montre l’impossibilité de réaliser une révolution socialiste basée sur l’alliance de deux classes – ouvrières et paysannes – exploitées et dominées, chacune par des modes de production économique différents et antagonistes.

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Capital et révolution sociale

Or, la révolution socialiste d’octobre, bien que ce fût une soulèvement armé des ouvriers et paysans, n’était pas une révolution socialiste. En effet, sous le mode de production capitaliste, tout révolution prolétarienne et socialiste authentique ne peut pas, comme la révolution d’octobre, être au niveau politique, social et culturel, ni se limiter à la simple modification des formules juridiques des relations économiques de production. La révolution socialiste prolétarienne doit avant tout s’attaquer au mode de production économique capitaliste: elle doit d’abord s’attaquer au processus économique matériel par lequel  le capitaliste, par le biais du capital salarié, confisque à l’ouvrier le capital-plus value, et elle doit mettre fin à cette expropriation, qu’elle soit privée, publique ou étatique, afin de détruire le fondement même du mode de production capitaliste et de créer les fondements économiques du nouveau mode de production communiste.

Or, la révolution d’octobre en Russie, à l’instar de la nouvelle révolution de la démocratie en Chine, n’a jamais attaqué ce processus économique de la circulation des capitaux et n’a jamais remis en question l’appropriation privée de la plus-value, individuelle ou collective, de toute une classe ensemble ou un état.

De plus, dans le cas de la révolution d’octobre en Russie et de la nouvelle révolution démocratique en Chine, le mode de production capitaliste n’avait pas encore éliminé le mode de production féodal, car il coexisté dans les deux pays – disons – le mode de production capitaliste, déjà dans sa phase impérialiste, et le mode de production féodal ancien et mourant, en voie de disparition.

Aujourd’hui est définitivement connu – et Marx et Engels l’avaient déjà prévu – qu’il est impossible de mener à bien dans un pays et dans le même temps une révolution socialiste prolétarienne qui attaque simultanément les deux modes de production économiques.

Nous vivons dans cette phase de l’histoire qui est régie par le mode de production capitaliste, dans lequel  le pouvoir économique, politique et idéologique bourgeois est dominant, même s’il est parvenu à son stade final, celui de l’impérialisme mourant. C’est pourquoi une révolution politique prolétarienne ne peut pas survivre par elle-même dans un pays isolé, surtout quand cette révolution, comme cela s’est passé en Russie le 7 novembre 1917 et en Chine le 1er octobre 1949, n’a commencé que comme une révolution politique et idéologique, avant d’être une révolution économique, ce qui dans les deux cas en question n’a jamais été.

C’est toujours une conséquence du principe matérialiste dialectique fondateur: le mouvement précède la conscience. Et la conscience révolutionnaire vient du mouvement révolutionnaire.

Nous vivons sur une planète où l’impérialisme, stade suprême et ultime du capitalisme, s’est globalisé et mondialisé, c’est-à-dire qu’il est devenu dominant aux niveaux local et général. C’est maintenant que les guerres entre les grandes puissances impérialistes vont s’intensifier. Chacune de ces guerres aura aussi tendance à se généraliser, comme dans le cas de la guerre impérialiste pour la conquête du pétrole et des matières premières au Proche et au Moyen-Orient.

Cette guerre dure depuis plus de quarante ans et la tendance est à la mondialisation croissante. De ces guerres impérialistes vont finalement voir le jour les révolutions prolétariennes socialistes modernes, qui – oui – sont en mesure de permettre la destruction du mode de production capitaliste et d’établir le nouveau mode de production communiste.

 Arnaldo Matos

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Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

Le deux-tiers monde regarde circonspect la guerre impérialiste en Ukraine

La guerre ukrainienne, ou s’affrontent l’impérialisme américain – OTAN – et l’impérialisme russo-chinois, mélange toutes les cartes des alliances entre pays capitalistes. Cette vidéo de la télévision d’État française présente les paramètres qui orientent l’édification des alliances entre les deux grandes puissances parmi les pays émergents. Une leçon de géopolitique mondiale ou l’on démontre que la notion de « communauté internationale » est une coquille vide.

 

La bataille de Russie en Ukraine vue par Israël Adam Shamir

Par Israël Adam Shamir.

Le déclencheur immédiat des problèmes a été le « sommet de Genève des deux présidents » Poutine et Biden, le 16 juin 2021) qui a apparemment mal tourné. Nous ne savons pas ce qui a mal tourné. Maintenant, les fonctionnaires russes pro-occidentaux se sont enfuis en Géorgie et en Israël ; ils sont remplacés par des fonctionnaires anti-occidentaux. La relation Est-Ouest ne peut pas être inversée facilement.

Les Russes sont très semblables aux Ukrainiens. Tous deux sont des combattants têtus.  Au XX° siècle, ils ont choisi des stratégies différentes : Les Russes ont choisi l’internationalisme, les Ukrainiens le nationalisme. Le nationalisme ukrainien était anti-russe ; alors que les Russes ne nourrissaient aucun sentiment négatif à l’égard des Ukrainiens. Il était naturel pour les Ukrainiens de flirter avec les puissances anti-russes. Mais lorsque les responsables ukrainiens ont commencé à se déclarer alliés de l’OTAN, même les Russes les plus « internationaux » se sont alarmés.

Le pape de Rome et Noam Chomsky ont compris les raisons immédiates de la guerre de manière similaire : L’OTAN avait  aboyé à la porte de Poutine, et il a réagi. En décembre 2021, Poutine a proposé au niveau diplomatique que l’OTAN se retire jusqu’à sa ligne du milieu des années 1990, et il a suggéré qu’une discussion pacifique sur les frontières de l’OTAN pourrait avoir une vertu préventive, face à la menace d’un conflit. Poutine a proposé un accord international sur les frontières de l’OTAN, une solution politique sur laquelle tout le monde pourrait s’entendre : proposition ignorée avec nonchalance ; l’OTAN a refusé de discuter de cette idée. Poutine est très contrarié.

D’autres tentatives de discussions pour sortir du clivage Est/Ouest n’ont pas abouti. L’Occident décline toute proposition de Poutine. Et voilà la guerre qui commence.

L’OTAN a commencé à expédier des armements et des munitions, et a déployé ses espions. Leur collecte de renseignements leur a permis de couler un gros navire russe nommé Moscou. Ils ont fourni les coordonnées en temps réel des navires et des avions russes. Depuis le début, il est clair que la Russie combat l’OTAN plus que les Ukrainiens, qu’elle considère comme des frères. Ce pathos de temps de guerre était un développement assez inattendu. Poutine a toujours eu la réputation d’être un dirigeant doux, qui refuse de se laisser entraîner dans des guerres. La Russie a évité la guerre pendant de nombreuses années sous le règne de Poutine, et des générations de Russes se sont habituées à une vie paisible et prospère. Soudain, en vertu de circonstances indépendantes de leur volonté, ils sont passés à une vie de guerre et de sanctions.

Rétrospectivement, les avertissements n’avaient pas manqué. Les Russes ont été empêchés de participer aux Jeux olympiques par une conspiration internationale d’une hypocrisie flagrante. Les athlètes russes ont été accusés de se doper. Or les athlètes occidentaux ont eux aussi recours au dopage, mais ils savent comment contourner les règles. Les Norvégiens ont prétendu qu’ils souffraient d’asthme et qu’ils avaient besoin de médicaments spéciaux (qui améliorent les performances) afin de le soigner. Les Américains avaient leurs propres excuses, tout comme les athlètes de nombreuses autres nations. Le RUSADA russe, M. Grigori Rodchenkov, a été soudoyé par les États-Unis pour fournir des preuves du dopage russe. Les Russes affirment que ces preuves reposent sur des falsifications. Quoi qu’il en soit, le fonctionnaire russe a fait défection vers l’ouest, une démarche inédite depuis la guerre froide. La Russie a été traitée en paria tout au long des jeux ; elle n’a pas été autorisée à jouer son hymne national ni à afficher son drapeau. Les Russes sont persécutés par l’establishment olympique depuis des générations. Il existe bel et bien une guerre non déclarée contre les athlètes russes (voir ici l’histoire complète). Le schéma est indéniable. Les athlètes russes sont régulièrement pénalisés pour des activités que d’autres nations pratiquent en toute impunité. Il faut que cela cesse.

Heureusement pour tout le monde, la guerre en Ukraine s’est pratiquement tarie. Les dirigeants ukrainiens supplient désespérément l’ONU de les aider à poursuivre la guerre, comme si le bataillon Azov et le reste des militants violents, cruels et voyous avaient besoin d’être payés pour tirer sur des gens. Les démocrates américains ont rédigé un projet d’aide à la guerre en Ukraine de près de 40 milliards de dollars, qui a récemment été bloqué à lui seul par le sénateur Rand Paul du Kentucky. La guerre en Ukraine est devenue un enjeu politique aux États-Unis. Tant les néoconservateurs de droite que les néolibéraux de gauche espèrent faire passer cette guerre au Congrès.

Les Russes sont mécontents de la guerre comme solution à la crise ukrainienne. Ils parlent de « trahison », ce qui signifie que le soutien politique derrière l’offensive s’amenuise. Les Russes pensent plutôt qu’ils peuvent faire dérailler la guerre de l’OTAN et les sanctions internationales en retenant judicieusement le gaz et le pétrole de l’Europe. L’embargo sur le pétrole arabe a mis les États-Unis à genoux dans les années 1970 en utilisant exactement cette stratégie. L’OTAN existe pour faire la guerre ; lui faire la guerre ne fait que l’alimenter. La seule façon de vaincre l’OTAN est de l’affamer. La Russie possède de grandes quantités de pétrole, de gaz et de blé. Elle produit de l’aluminium, du fer, du charbon, de l’acier, du titane et de l’électricité bon marché. L’économie russe a été qualifiée de « gilet pare-balles » en raison de sa capacité à résister aux chocs géopolitiques.

L’Allemagne a besoin de l’énergie russe. Elle en a toujours eu besoin. Elle en aura toujours besoin. Il n’y a tout simplement pas d’autre option pour l’Allemagne. En tant que base de l’OTAN, l’Allemagne est dans une position unique pour forger une paix durable avec la Russie. Les Allemands pourraient bénéficier grandement d’une augmentation du commerce vers l’Est le long de voies telles que le China-Europe Railway Express, mais ils restent étouffés par leurs radotages qu’ils traînent comme des boulets. Le commerce de la guerre n’est plus rentable. Les grands acteurs fournissent désormais à la Chine tout ce dont elle a besoin pour fabriquer la richesse du monde, et la Russie est dans une position unique pour être un producteur majeur. Le reste de l’Europe est également bien placé pour profiter du nouvel empire chinois, si seulement ils pouvaient cesser de se chamailler assez longtemps pour en tirer un bénéfice. L’empire anglo-américain mourant est la seule entité qui profite de la division du continent eurasien.

Source:  https://www.unz.com/ishamir/ukraine-war/

 

De la Déstabilisation du Liban par le Royaume Uni dans la phase du «printemps arabe» 2/3

Par : René Naba

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

La première partie de l’article est ici: https://les7duquebec.net/archives/272466.

1 – La jeunesse chrétienne et chiite de même que les femmes: Levier de la politique britannique au Liban.

«Le Royaume Uni a voulu brûler le Liban, recyclant à l’encontre du pays frontalier d’Israël la stratégie mise en œuvre contre la Syrie depuis 2011. Le gouvernement de Sa Majesté a tenté d’infléchir les orientations politiques du Liban, via des sociétés de Relations publiques, noyautant les institutions libanaises d’espions locaux à sa solde.

«Pour ce faire, le gouvernement de Sa Majesté a proposé son assistance au gouvernement libanais en usant de la tromperie en vue de lui faire admettre des espions déguisés au sein des organismes de la société civile, les forces armées et les médias en vue de la satisfaction de ses objectifs impériaux (…). «L’objectif sous-jacent de Londres était de parvenir à renverser le pouvoir libanais quand bien même il bénéficie du soutien de sa population», révèlent les documents divulgués par Anonymous et dont le quotidien libanais Al Akhbar en a publié de larges extraits lundi 14 et mardi 15 décembre 2020.

«En vue de provoquer un «changement social positif», la firme britannique ARK a proposé de mettre en avant la «lutte contre la corruption» en vue d’inciter les Libanais à provoquer le changement.

«La coopération avec l’armée et les forces de sécurité en vue de gagner la confiance de ces deux institutions constituera un des volets de l’articulation de la stratégie britannique.

«Le Foreign Office a appliqué la feuille de route élaborée par ARK (Analysis, Research, Knowledges), notamment le ciblage de la population libanaise en vue de provoquer un renversement pacifique du pouvoir; une reprographie réalisée par la firme britannique auparavant sollicitée pour la déstabilisation de la Syrie.

«ARK a principalement ciblé la jeunesse chrétienne et chiite, représentant 12 pour cent de la population libanaise, de même que les femmes, particulièrement visées par la crainte de la paupérisation et du déclassement social.

Le projet a reçu l’aval du gouvernement britannique le 19 juillet 2019, soit trois mois avant le soulèvement populaire qui a provoqué la démission du premier ministre libanais Saad Hariri, entraînant une vacance prolongée du pouvoir.

Ce soulèvement est intervenu, curieusement, alors que le président libanais Michel Aoun s’apprêtait à une normalisation des relations entre la Syrie et le Liban, gelées depuis le déferlement djihadiste en Syrie, en 2011. La normalisation syro-libanaise devait favoriser le retour de près de 1,5 millions de réfugiés syriens dans leur pays d’origine. De même la réouverture des frontières entre la Syrie et l’Irak, via le poste de Boukamal, devrait favoriser le transit des produits agricoles libanais vers l’hinterland arabe et soulager l’économie libanaise, affectée par les sanctions unilatérales américaines contre le Hezbollah libanais et ses sympathisants pour les contraindre à souscrire à la transaction du siècle.

Sur ce soulèvement cf ces liens:

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2 – L’anarchie sous couvert de la promotion de la démocratie

«Comment le Royaume Uni a-t-il réussi à noyauter la plupart des grandes institutions libanaises? Comment les Services de sécurité libanais n’ont pas réussi à déjouer les menées britanniques, particulièrement la présence de dizaines de firmes britanniques directement téléguidées par l’ambassade britannique à Beyrouth?

«La réponse est simple: Les services libanais pilulent d’espions à la solde des britanniques.

Anonymous précise que l’opération de noyautage britannique des institutions libanaises avait pour nom de code «Cheval de Troie». «La population libanaise est facile à exciter et à l’inciter à se révolter contre le gouvernement libanais», ajoute-t-il.

Le Foreign Office a mis au point une plate-forme revendicative en trois points, réclamant la participation des femmes à la vie publique, allouant un budget de 1,2 millions de livres sterling pour la réalisation de cet objectif; la participation des jeunes à la vie publique nationale; enfin le renforcement des mécanismes de contrôle démocratique et de redevabilité (Al Mouhassaba), de même que le renforcement du dialogue entre les parlementaires et les hommes d’affaires libanais.

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3- ARK et la crise des ordures: Levier de déstabilisation

ARK, qui a bénéficié des subventions gouvernementales de l’ordre de 20 millions de Livres Sterling de 2012 à 2018, pour la réalisation des objectifs du gouvernement britannique en Syrie et au Liban, a recommandé d’exploiter la crise des ordures en tant que levier revendicatif «un thème populiste à l’effet de mobiliser la jeunesse et de l’inciter à réclamer une plus grande participation à la vie publique libanaise».

ARK a préconisé de concentrer les efforts du gouvernement britannique sur la jeunesse de Tripoli et de Saïda, deux grandes villes à majorité sunnite, la première au Nord du Liban, frontalière de la Syrie, la seconde, chef lieu du Sud Liban, qui donne accès à la région frontalière avec Israël, ainsi que dans le secteur de la Beka’a centrale, voie de transit entre la Syrie et le Liban.

Et de soutenir l’ONG «ANA HAWN» (Je Suis Ici) qui a ultérieurement élargi son champ d’action à Beyrouth, le fief sunnite de la capitale libanaise.

Anonymous précise «avoir avisé le gouvernement britannique qu’il se proposait de divulguer les documents piratés, lui accordant un délai pour évacuer ses espions au Liban».

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4- ECORYS et les réfugiés syriens.

ECORYS, financée, elle, par l’Union Européenne, a ciblé les réfugiés syriens présents au Liban avec pour «objectif non pas tant leur retour dans leur pays, mais d’assainir les relations entre les réfugiés syriens et leurs hôtes libanais en vue de favoriser leur enracinement au Liban».

Note de la rédaction de https://www.madaniya.info/

Le Liban abrite près de 1,5 millions réfugiés syriens et environ 300 000 réfugiés palestiniens d’une précédente crise migratoire. Avec un total de 4,5 millions d’habitants, la présence des réfugiés syriens représente aujourd’hui un quart de la population libanaise.

Dans ce pays régi par le système confessionnelle, la présence d’un tel nombre de personnes de confession majoritairement musulmane sunnite ferait pencher la balance démographique en faveur des sunnites au détriment des chrétiens et des chiites.

Faisant face à une crise financière aiguë, l’opinion publique libanaise nourrit une sourde hostilité à l’égard de cette main d’œuvre concurrente et bon marché. Les frictions entre réfugiés et Libanais ne cessent d’augmenter, plus particulièrement dans les régions du pays accueillant déjà des Palestiniens. Les habitants craignent de ne plus trouver de travail et de voir l’insécurité augmenter dans leurs quartiers.

A l’initiative de la France, l’Union Européenne souhaite maintenir les réfugiés syriens dans les pays limitrophes de la Syrie afin d’en faire un instrument de pression électoral dans la perspective des échéances électorales syriennes. Ce faisant, les pays occidentaux chercheraient à faire supporter par les pays limitrophes de la Syrie les conséquences de leurs erreurs et de leur échec.

Fin de la note.

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5- Maurice and Charles Saatchi

M and C Saatchi s’est déjà distingué au Liban, en tandem avec Quantum du libanais Elie Khoury, lors de la «révolution colorée» de 2005 qui s’est déroulée dans la foulée de l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri et a abouti au retrait des troupes syriennes du Liban. Fort de ce précédent, la firme britannique a été un «partenaire essentiel de la stratégie de déstabilisation du régime libanais», auparavant «un des principaux soutiens à l’opposition» off shore pétro monarchique syrienne.

Constitué d’un réseau de 22 agences indépendantes réparties à travers le Monde, la nouvelle agence M&C Saatchi MENA regroupe, en plus de Quantum, les divisions Brand Central (spécialisée dans l’image de marque), Fusion Digital (multimédias) et Vertical Media Services (achats média). Trois compagnies du groupe Quantum ne sont pas concernées par cette alliance: il s’agit de Cube (digital) Comtrax (contenu média et analyse d’image) et Firehorse (production de contenu télé).

Anonymous présente la firme britannique comme le «maître d’œuvre des opérations de déstabilisation en substitution aux services de renseignements occidentaux».

La branche libanaise de M and C Saatchi a assumé un «rôle clandestin dans la mise en œuvre de la stratégie de déstabilisation britannique envers le Liban. Elle a notamment veillé à «assurer la protection de ses agents locaux, à contrôler les médias libanais notamment à propos des informations concernant les activités des ONG britanniques et occidentales

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6- Torchlight (le flambeau)

Torchlight, dont le siège est à Amman, s’était déjà distinguée en Syrie en portant assistance aux groupements terroristes syriens en partenariat avec Albany et Magenta, deux autres officines britanniques.

Anonymous a réussi à percer l’identité des agents de la sécurité libanaise et des services de renseignements qui collaboraient avec la firme britannique.

Augusters Lersten, ancien responsable militaire britannique, a été chargé de la supervision des activités de Torchlight en Syrie et au Liban. En Syrie, il a veillé au bon fonctionnement du service d’information de l’Armée libre syrienne (ALS).

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7 – L’Iran et la Russie, au hit parade du sondage, loin devant les États Unis, le Royaume Uni et l’Arabie saoudite

Un sondage ARK, dont le siège est à Doubaï, a révélé à la grande surprise des occidentaux que la détention par le Hezbollah d’armes de guerre ne posait pas problème aux libanais, conduisant les services occidentaux à intensifier leur propagande clandestine en vue de modifier l’opinion des Libanais sur ce sujet hautement sensible pour les stratèges occidentaux et israéliens.

En dépit de la propagande intensive occidentale, ce même sondage révélait que l’Iran et la Russie bénéficiaient au sein de la population libanaise d’une plus grande popularité que les États Unis, le Royaume Uni et l’Arabie saoudite.

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8- L’infiltration des camps palestiniens du Liban.

Le Liban contient 12 camps officiels hébergeant 225.125 réfugiés. Bourj Al Barjaneh Sabra Chatila et Mar Elias et Dbayeh (banlieue de Beyrouth), Ain Al Helwé, et Miyeh Miyeh (Banlieue de Saïda), Nahr Al Bared et Baddawi (Banlieue de Tripoli), Bourj Al Chémali et Rachidiyeh (Banlieue de Tyr) ainsi qu’A Buss et Wavel.

Quatre camps ont été détruits, Dikwaneh, Jisr el-Bash (banlieue de Beyrouth à à la faveur de la guerre civile libanaise (1975-1990) et Nabatiyeh (sud Liban).

«Un fait notable: le grenouillage des services occidentaux dans les camps palestiniens est infiniment supérieur et intense que l’activisme déployé dans ces camps par Mohamad Dahlan, le dirigeant palestinien dissident rival de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne et financé par Abou Dhabi.

«Ce grenouillage pourrait expliquer les changements intervenus dans l’opinion de la population des camps palestiniens: Dans la décennie 1970, les camps palestiniens du Liban constituaient un vivier du militantisme révolutionnaire, un réservoir de fedayines, le levier d’un changement social au Liban.

De nos jours, les camps palestiniens sont engagés dans ses conflits confessionnels sectaires, sans rapport avec leur objectif majeur: La Libération de la Palestine

Et du noyautage des services de sécurité du Liban par les britanniques

L’empire du mensonge des armes biologiques et virales

Par Pepe Escobar.

Un programme américain d’armes biologiques en cours en Ukraine a été l’une des trois principales raisons qui ont conduit au lancement de l’Opération Z.

 

Cet aperçu de « l’effroi dans une poignée de poussière » figure déjà parmi les principales percées du jeune XXIe siècle, présentées cette semaine par le chef de la force russe de protection contre les radiations, les produits chimiques et biologiques, Igor Kirillov.

Les résultats provisoires des preuves recueillies sur l’utilisation d’armes biologiques américaines en Ukraine sont tout simplement étonnants. Voici les principaux éléments à retenir.

1. Les idéologues américains de l’armement biologique font partie de la direction du parti démocrate. En s’associant à des organisations non gouvernementales de biotechnologie, en utilisant les fonds d’investissement des Clinton, des Rockefeller, de Soros et de Biden, ils ont bénéficié d’un financement supplémentaire pour leur campagne – le tout dûment dissimulé. En parallèle, ils ont assemblé la base législative permettant de financer le programme d’armes biologiques directement à partir du budget fédéral.

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2. Les fabricants de vaccins contre le COVID-19, Pfizer et Moderna, ainsi que Merck et Gilead – connus pour être les « inconnus connus » de Donald, et affiliés au Pentagone – ont été directement impliqués.

3. Les spécialistes américains ont testé de nouveaux médicaments dans les biolabs ukrainiens en contournant les normes de sécurité internationales. Selon Kirillov, en agissant de la sorte, « les entreprises occidentales réduisent sérieusement les coûts des programmes de recherche et obtiennent des avantages concurrentiels importants. »

4. Selon Kirillov, « aux côtés des entreprises pharmaceutiques américaines et des contractants du Pentagone, des agences gouvernementales ukrainiennes sont impliquées dans des activités de biotechnologie militaire, dont les principales tâches consistent à dissimuler les activités illégales, à mener des essais sur le terrain et des essais cliniques et à fournir le biomatériau nécessaire. »

5. Le Pentagone, a souligné Kirillov, a étendu son potentiel de recherche non seulement en termes de production d’armes biologiques, mais aussi de collecte d’informations sur la résistance aux antibiotiques et la présence d’anticorps contre certaines maladies parmi la population de certaines régions. Le terrain d’essai en Ukraine échappait pratiquement au contrôle de la soi-disant « communauté internationale ».

Ces découvertes, amplement documentées, suggèrent un vaste racket des armes biologiques « légitimé » atteignant les plus hauts niveaux du corps politique américain. Il ne fait aucun doute que les Russes ont l’intention de le démasquer complètement pour le bénéfice de l’opinion publique mondiale, en commençant par un tribunal pour crimes de guerre qui sera mis en place cet été, très probablement à Donetsk.

L’existence d’un programme américain d’armes biologiques en Ukraine est l’une des trois principales raisons qui ont conduit au lancement de l’Opération Z, au même titre que la prévention d’une attaque éclair imminente contre le Donbass sous la direction de l’OTAN et le désir de Kiev de relancer un programme d’armes nucléaires. Ce sont les trois principales lignes rouges pour la Russie.

La force des preuves recueillies peut être en corrélation directe avec ce qui a été largement interprété comme un discours du jour de la Victoire soigneusement mesuré par le président Poutine. Le Kremlin ne bluffe pas. Il privilégiera certainement la présentation méticuleuse des faits sur le terrain – des armes biologiques – à la rhétorique grandiloquente.

Le retour de Nord Stream 2

Le représentant permanent adjoint auprès de l’ONU, Dmitri Polianski, a annoncé que la Russie demandait une réunion ouverte du Conseil de sécurité de l’ONU afin de présenter de nouvelles preuves concernant les biolabs américains en Ukraine. Même si les États-Unis opposent leur veto à cette réunion, les preuves seront inscrites par la Russie dans les dossiers de l’ONU.

Ces développements fournissent une indication supplémentaire qu’il n’y a absolument plus d’espace pour la diplomatie entre la Russie et les États-Unis/l’Occident collectif, comme Polianski lui-même l’a suggéré lorsqu’il a commenté l’éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’UE : « La situation a changé après la déclaration de M. Borrell selon laquelle « cette guerre doit être gagnée sur le champ de bataille » et suite au fait que l’Union européenne est le leader des livraisons d’armes [à l’Ukraine]. »

Et ce n’est pas tout. Le chapitre suivant est la volonté de la Finlande d’adhérer à l’OTAN.

Les Américains parient que l’adhésion de la Finlande – et de la Suède – à l’OTAN discréditera totalement l’Opération Z de Poutine comme n’ayant pratiquement rien accompli sur le plan stratégique : après tout, dans un avenir proche, les éventuels missiles hypersoniques américains stationnés en Finlande et en Suède seront très proches de Saint-Pétersbourg et de Moscou.

Pendant ce temps, le démasquage par la Russie du racket des armes biologiques incitera une partie toxique des élites politiques américaines à donner un coup de fouet à leur bellicisme. Tout cela suit un scénario soigneusement calculé.

Tout d’abord, ces « élites » supervisant les armes biologiques ont ordonné le bombardement massif du Donbass par Kiev au début du mois de février. Cela a forcé la main du Kremlin, le poussant à lancer l’Opération Z.

Nous devrions toujours nous rappeler que le but ultime du plan américain d’entraînement des Ukrainiens à la guerre depuis 2014 était d’aliéner l’Allemagne à la Russie – car l’Allemagne contrôle de facto l’Euroland sur le plan économique.

Le contrôle impérial des océans permet à l’Empire d’étrangler l’Allemagne à volonté pour la soumettre en la coupant de l’énergie russe – comme les Britanniques l’ont fait à l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale lorsque Britannia régnait sur les vagues. La Wehrmacht ne pouvait pas approvisionner son armée mécanisée en carburant. Maintenant, en théorie, l’Allemagne et l’UE devront se tourner vers les mers – et la dépendance totale des États-Unis – pour leurs ressources naturelles.

Le régime de Kiev, contrôlé à distance et dominé par les fanatiques du SBU et les néonazis d’Azov, rend la tâche encore plus difficile en coupant tout le gaz naturel provenant de Russie et transitant par l’Ukraine vers l’Europe, réduisant ainsi le flux de plus d’un tiers.

Cela se traduit par un chantage exercé par les États-Unis pour forcer l’UE à accroître l’armement de l’Ukraine contre la Russie. Les conséquences pratiques pour l’Allemagne et l’UE seront terribles – en termes de fermeture d’industries et de coût du chauffage et de l’électricité.

La Russie, quant à elle, s’appuiera sur un labyrinthe de pipelines renforcé vers la Chine et l’Asie de l’Est, ainsi que sur les trains à grande vitesse pour transporter toutes ses ressources naturelles.

Le retour de bâton contre les Américains n’est pas exclu. Des choses plus étranges se sont produites. Si le transit du gaz vers l’Europe via l’Ukraine est totalement coupé, il n’y a pas d’alternatives. Et cela – en supposant qu’il y ait des QI en état de marche à Berlin – ouvrirait la voie à une renégociation sur l’avenir de Nord Stream 2.

Comme le note le chef du Centre de développement énergétique Kirill Melnikov, « le gazoduc Yamal-Europe est pratiquement inactif et l’une des lignes de Nord Stream 2 est également prête à être exploitée, bien que le régulateur allemand n’ait pas encore délivré d’autorisation pour son lancement. »

Cela a incité Melnikov à faire un commentaire impayable : « Si les achats restent les mêmes, l’Allemagne devra probablement autoriser d’urgence le lancement de l’une des lignes Nord Stream 2 afin de remplacer la voie de transit ukrainienne. »

Personne n’a jamais perdu d’argent en pariant sur l’étonnante stupidité qui imprègne les niveaux de décision des eurocrates. Même confrontée à un suicide économique, l’UE est prête à tout pour « abandonner » le pétrole russe. Pourtant, une interdiction totale est impossible, à cause de l’Europe de l’Est privée d’énergie.

Tout analyste de l’énergie impartial sait que le remplacement du pétrole russe est impossible, et ce pour plusieurs raisons : l’accord OPEP+, l’effroyable fossé entre Washington et Riyad, l’interminable renégociation du JCPOA, où les Américains se comportent comme des poulets sans tête, et le fait crucial – hors de portée des eurocrates – que les raffineries européennes sont conçues pour utiliser le pétrole de l’Oural.

Alors que nous pensions pouvoir profiter de l’été en regardant l’Europe se faire hara-kiri, il est temps de faire le plein d’Aperol Spritz. Préparez-vous pour une nouvelle série à succès, saison 1 : Le racket américain des armes biologiques.

Pepe Escobar

Source : Strategic Culture Foundation

Traduction Réseau International


 

par Jesse Jill.

Laboratoire diabolique de l’OTAN à Marioupol.

« Ceci est une véritable boîte de Pandore, une boîte diabolique dans laquelle nous allons découvrir la plus terrible ignominie fomentée par les gouvernants de nos supposées démocraties depuis 30 ans »

 

 

source : YouTube/Jesse Jill

 

 

Faisons la guerre à la guerre – Ou trouver des armes pour le combat anti-guerre réactionnaire?

À l’occasion de la guerre impérialiste de l’OTAN-USA contre l’empire russo-chinois, via l’État fantoche ukrainien en faillite, nous avons amorcé une série d’articles sur la science de la guerre tant du point de vue militaire, économique, financier, monétaire, commerciale, politique, sociale et populaire ou les civils sont devenus des cibles et des boucliers humains. Nous publions régulièrement des comptes rendus d’observateurs sur les champs de batailles et des opinions d’officiers à propos de cette guerre d’un nouveau genre. Nous pensons que la classe prolétarienne a intérêt à connaître tous les aspects de cette guerre qui pourrait bien donner naissance à l’insurrection populaire comme première étape de la révolution prolétarienne que nous appelons de nos voeux.  Nous croyons que plus les combats s’intensifieront militairement et s’étendront géographiquement plus les tactiques et les objectifs stratégiques des belligérants devront s’adaptés aux conditions internationales ce qui fera de cette guerre réactionnaire régionale  l’amorce de la Troisième Guerre Mondiale…qu’il nous faudra transformer en guerre populaire. Il n’est jamais trop tôt pour apprendre l’art de la guerre et pour FAIRE LA GUERRE À LA GUERRE. Robert Bibeau  Faisons la guerre à la guerre! – les 7 du quebec 


Ukraine : que deviennent les armes envoyées par les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN ?

 

LE MONDE EST À DEUX PAS DE LA RÉCESSION ET D’UNE « NOUVELLE AUSTÉRITÉ »

Source : Communia.  Traduction et commentaires :

 

La célèbre puissance économique allemande est sous le choc. La hausse des taux d’intérêts pousse les États-Unis vers la récession. Les banques centrales recommencent à regarder de travers le marché immobilier. Et la «nouvelle austérité» va de soi si naturellement en France ou en Espagne que sa mise en œuvre ne dépend que des aménagements du calendrier électoral.

 

Table des matières


L’effondrement du modèle allemand

Commerce extérieur allemand
Commerce extérieur allemand

Dans le graphique ci-dessus, nous pouvons voir l’évolution du commerce extérieur allemand. Au premier trimestre 2020, il y a une chute brutale : les confinements pandémiques. Mais dès l’été suivant la reprise des exportations est solide… jusqu’à la guerre en Ukraine. Les importations augmentent donc plus vite que jamais et les exportations chutent.

C’est la conséquence directe des sanctions: les exportations sont bloquées mais le gaz et les hydrocarbures continuent d’augmenter. Résultat : le fameux excédent commercial allemand, pour la première fois depuis des décennies, est réduit à presque rien. (On comprend que la grand capital allemand s’est engagé dans une économie de guerre du côté des États-Unis et des puissances de l’OTAN, plaçant ainsi tous les oeufs germaniques dans le même panier percé et désespéré de l’Alliance Atlantique. Quand le Grand capital mondial s’impose ainsi des restrictions draconiennes c’est que la Guerre mondiale globale pointe son nez ).

Ce n’est pas une situation temporaire. Les États-Unis – et de nombreux pays de l’UE – exigent que l’Allemagne rompe définitivement ses relations avec la Russie et la Chine. Les mêmes qui vantaient « le modèle allemand » et sa force exportatrice dénoncent aujourd’hui qu’il reposait sur une énergie russe bon marché, une complémentarité avec la Chine et une zone euro toujours utile pour maintenir bas le coût total du travail . Ils poussent donc l’Allemagne vers une « indépendance vis-à-vis de la Russie » qui ne signifie rien d’autre que la mise au rebut de son secteur industriel d’exportation.

Alors que les alliés de l’Allemagne resserrent l’étau autour du cou de son industrie, le capital allemand essaie de gagner du temps et de l’utiliser pour trouver des alternatives. En ce moment tout est course pour construire des terminaux méthaniers flottants – qui feront encore augmenter les coûts de production en substituant le gaz russe au gaz américain et qatari – et « réinventer la Chine » en Inde ou dans les Balkans .

En eux-mêmes, les deux mouvements ne sont pas une nouveauté. L’Allemagne est à la tête du Green Deal européen car le changement du panier énergétique était son engagement stratégique pour recapitaliser et relancer son industrie. Elle a aussi été la puissance la plus désireuse d’intégrer les Balkans à l’UE car elle y voyait une alternative « plus sûre » et plus rentable à l’internationalisation de la production en Asie . Mais les dirigeants allemands se sont donné plus de 20 ans pour y parvenir. Et maintenant, les États-Unis et l’UE lui refusent cette marge. (De fait, l’Europe de l’Est et les Balkans sont depuis longtemps l' »espace vital » (disait Hitler) de l’expansion allemande. Les États-Unis et ses alliés européens lui refuse aujourd’hui de reconstituer son empire. Le spectre NAZI hante l’Europe depuis l’Ukraine).

L’impact sur les travailleurs de l’inflation et des faibles attentes du secteur exportateur est immédiat. A tel point que le gouvernement Scholz a présenté un véritable plan d’urgence sociale pour calmer les eaux : les salariés recevront 300 euros bruts pour compenser les fortes dépenses énergétiques, le ticket mensuel de 9 euros pour les transports locaux et régionaux deviendra valable trois mois et les allocations familiales seront majorées une fois de 100 € par enfant.

La rapidité et la concentration de la réponse en disent long sur les craintes du capital allemand. Ils craignent que lorsque cela s’accompagne d’une récession mondiale plus que prévisible dans quelques mois, un militantisme de classe déjà en train de s’éveiller ne se mette en branle.


L’Amérique en sortie de récession (?!…)

Taux d'intérêt de la Réserve fédérale
Taux d’intérêt de la Réserve fédérale

Les sondages indiquent que 64% des Américains sont mécontents de la gestion économique du gouvernement Biden. Les salaires sont pillés par l’inflation depuis de nombreux mois … et la réponse de la Fed ne va pas leur faciliter la tâche. Aujourd’hui , la Fed a relevé ses taux d’ intérêt d’ une seule traite plus que jamais depuis 2000 . Cela se traduira comme on pouvait s’y attendre par une baisse du taux d’embauche – qui faiblissait déjà beaucoup – et une perte du pouvoir d’achat moyen des salariés.

Normalement, lorsque les taux montent, les spéculateurs considèrent qu’avec des taux plus élevés, les entreprises ayant moins de capacité d’investissement et des coûts financiers plus élevés donneront de moins bons résultats et s’apprécieront plus lentement ; les banques vendront moins de prêts et auront plus de défaillants ; et les entreprises de construction auront moins de demande de logements car les hypothèques sont plus chères. C’est-à-dire : hausse des taux, baisse de la bourse. Mais aujourd’hui, c’est le contraire qui s’est produit . Pratiquement tout a augmenté, à commencer par les banques et les entreprises de construction. Jusqu’ici, les mécanismes de la politique monétaire et « les marchés » sont déjà rompus.

Et ce n’est pas que les perspectives étaient particulièrement bonnes jusqu’à hier et les dégâts que la hausse des taux causera sur la demande étaient considérés comme anecdotiques. Au contraire : les ventes de maisons avaient déjà chuté de façon spectaculaire de 7,2 % en février , accompagnant des intérêts hypothécaires déjà très élevés (5 %) et des prix au mètre carré qui sont les plus élevés de l’histoire du pays. Avec ces prix et ces coûts hypothécaires, les travailleurs ont été pratiquement expulsés du marché.

Bref : pour stopper une inflation qui dévore les salaires, la Réserve fédérale va forcer une récession qui va encore fragiliser les embauches. Il y aura moins d’emplois et moins bien rémunérés. La fameuse « reprise de la consommation » ne va pas venir.


Le marché du logement en Europe

exposition des banques au crédit hypothécaire
Exposition des banques aux crédits immobiliers par pays

En Europe, le logement déclenche également des alarmes. L’actualité économique reflète déjà ce qui est devenue une conversation quotidienne : les prix de l’immobilier explosent aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède… sans oublier l’Allemagne, record absolu , ou en Irlande où les hausses continues sont à deux chiffres . La Banque d’Espagne, bien qu’elle nie de graves « déséquilibres » , est déjà en alerte .

Sans surprise, selon le dernier rapport du Comité européen du risque systémique , le marché du logement souffre de risques mondiaux élevés dans une dizaine de pays. Malgré la stagnation du PIB, au second semestre 2021, non seulement les prix des logements ont augmenté, mais le rythme auquel les prix augmentent. Et la spirale ne s’arrête pas.

Dans toute l’Europe, le pourcentage que représentent les prêts hypothécaires dans le PIB est déjà plus élevé qu’avant la pandémie. Et dans certains, les plus problématiques, parmi lesquels l’Allemagne et les Pays-Bas, les nouveaux flux d’octroi de crédits immobiliers doublent ceux du reste des pays.

En Allemagne et en Slovaquie, le coussin de fonds propres contracyclique a été activé, ce qui signifie que les banques sont tenues de disposer de plus de fonds propres pour soutenir les prêts qu’elles accordent. D’autres pays ont durci les critères d’octroi des prêts hypothécaires. Et c’est que la situation inquiète les régulateurs.

Ce n’est pas surprenant : comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus, l’exposition moyenne des banques européennes aux crédits immobiliers est supérieure à 25 % et dans les pays nordiques, au Portugal et en Pologne, elle avoisine ou dépasse 35 %. Dans le contexte d’une récession en cours, le risque qu’une vague de défauts de paiement sur les prêts hypothécaires alimentant une crise financière est à prendre au sérieux.

Mais encore une fois… les mesures de prévention des dégâts majeurs à court terme alimentent un nouveau ralentissement de l’accumulation… et ses conséquences.


L’imminence d’une « nouvelle austérité » en France et en Espagne

Sánchez et Scholz se sont rencontrés à Madrid en janvier dernier pour affirmer ensemble la nécessité de "revenir aux obligations fiscales"
Sánchez et Scholz se sont rencontrés à Madrid en janvier dernier pour affirmer ensemble la nécessité de « revenir aux obligations fiscales »

Entre inflation et perspective de hausse des taux d’intérêt, emprunter devient de plus en plus cher pour les États . L’Espagne, par exemple, avait prévu un taux de 0,8% sur ses émissions à dix ans… et il est déjà à 2,1%. Dans les pays du Sud, cela s’ajoute au fait que l’emploi, même si les chiffres sont rattrapés , ne s’améliorant pas suffisamment pour couvrir les dépenses de retraite, une partie de celles-ci a été prélevée sur le budget ordinaire. Résultat : de nouvelles taxes et de nouvelles coupes dans les dépenses à l’horizon immédiat.

Macron parle déjà de la « nouvelle austérité » et prépare une nouvelle offensive contre les retraites . Pour commencer à le mettre en œuvre, il n’attend que la fin du calendrier électoral , en fonction des résultats, donnant une forme ou une autre à la même substance.

En Espagne, même la forme n’est pas en discussion. Scholz en est déjà venu à soutenir le «retour aux obligations fiscales» et la Commission a peint l’avenir en noir en raison du déficit structurel si des réformes n’étaient pas faites à la fois du côté des revenus et du côté des dépenses. Personne n’est inquiet à Bruxelles. Sánchez est si clair que la prochaine phase de ce gouvernement va être la «nouvelle austérité» que pour lui cela se réduit à un problème d’agenda électoral .

(Comme le démontre cet article les puissances économiques, financières, industrielles et militaires mondiales – des deux grands blocs impérialistes (USA-OTAN contre Chine-Russie) sont sous la tutelle d’une économie de guerre globale. La guerre en Ukraine en est le triste et dangereux symptôme. Pour compléter : Crépuscule atomique occidental vs révolution nucléaire chinoise: quelques digressions… – les 7 du quebec ).
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FAIRE LA GUERRE À LA GUERRE IMPERIALISTE

À l’occasion de la guerre impérialiste de l’OTAN-USA contre l’empire russo-chinois, via l’État fantoche ukrainien en faillite, nous avons amorcé une série d’articles sur la science de la guerre tant du point de vue militaire, économique, financier, monétaire, commerciale, politique, sociale et populaire ou les civils sont devenus des cibles et des boucliers humains. Nous publions régulièrement des comptes rendus d’observateurs sur les champs de batailles en Ukraine et des lettres d’opinions d’officiers à propos de cette guerre d’un nouveau genre. Nous pensons que la classe prolétarienne a intérêt à connaître tous les aspects de cette guerre qui pourrait bien donner naissance à l’insurrection populaire comme première étape de la révolution prolétarienne que nous appelons de nos voeux.  Nous croyons que plus les combats s’intensifieront militairement et s’étendront géographiquement plus les tactiques et les objectifs stratégiques des belligérants devront s’adaptés aux conditions internationales ce qui fera de cette guerre réactionnaire régionale la Troisième Guerre Mondiale…qu’il nous faudra transformer en guerre populaire. Il n’est jamais trop tôt pour apprendre l’art de la guerre et pour FAIRE LA GUERRE À LA GUERRE. Robert Bibeau  Faisons la guerre à la guerre! – les 7 du quebec  Postscriptum : le webmagazine Les7duquebec.net n’endosse pas nécessairement les opinions émises dans ces articles.


 

LA SITUATION MILITAIRE EN UKRAINE
JACQUES BAUD

PREMIÈRE PARTIE : EN ROUTE VERS LA GUERRE

Source: https://cf2r.org/documentation/la-situation-militaire-en-ukraine/

Pendant des années, du Mali à l’Afghanistan, j’ai travaillé pour la paix et ai risqué ma vie pour elle. Il ne s’agit donc pas de justifier la guerre, mais de comprendre ce qui nous y a conduit. Je constate que les « experts » qui se relaient sur les plateaux de télévision analysent la situation à partir d’informations douteuses, le plus souvent des hypothèses érigées en faits, et dès lors on ne parvient plus à comprendre ce qui se passe. C’est comme ça que l’on crée des paniques.

Le problème n’est pas tant de savoir qui a raison dans ce conflit, mais de s’interroger sur la manière dont nos dirigeants prennent leurs décisions.

Essayons d’examiner les racines du conflit. Cela commence par ceux qui durant les huit dernières années nous parlaient de « séparatistes » ou des « indépendantistes » du Donbass. C’est faux. Les référendums menés par les deux républiques auto-proclamées de Donetsk et de Lougansk en mai 2014, n’étaient pas des référendums d’« indépendance » (независимость), comme l’ont affirmé certains journalistes peu scrupuleux, mais de référendums d’« auto-détermination » ou d’« autonomie » (самостоятельность). Le qualificatif « pro-russes » suggère que la Russie était partie au conflit, ce qui n’était pas le cas, et le terme « russophones » aurait été plus honnête. D’ailleurs, ces référendums ont été conduits contre l’avis de Vladimir Poutine.

En fait, ces Républiques ne cherchaient pas à se séparer de l’Ukraine, mais à avoir un statut d’autonomie leur garantissant l’usage de la langue russe comme langue officielle. Car le premier acte législatif du nouveau gouvernement issu du renversement du président Ianoukovitch, a été l’abolition, le 23 février 2014, de la loi Kivalov-Kolesnichenko de 2012 qui faisait du russe une langue officielle. Un peu comme si des putschistes décidaient que le français et l’italien ne seraient désormais plus des langues officielles en Suisse.

Cette décision provoque une tempête dans la population russophone. Il en résulte une répression féroce contre les régions russophones (Odessa, Dniepropetrovsk, Kharkov, Lougansk et Donetsk) qui s’exerce dès février 2014 et conduit à une militarisation de la situation et à quelques massacres (à Odessa et à Marioupol, pour les plus importants). À la fin de l’été 2014, ne restent que les Républiques auto-proclamées de Donetsk et de Lougansk.

A ce stade, trop rigides et engoncés dans une approche doctrinaire de l’art opératif, les états-majors ukrainiens, subissent l’ennemi sans parvenir s’imposer. L’examen du déroulement des combats en 2014-2016 dans le Donbass montre que l’état-major ukrainien a systématiquement et mécaniquement appliqué les mêmes schémas opératifs. Or, la guerre menée par les autonomistes est alors très proche de ce que l’on observe dans le Sahel : des opérations très mobiles menées avec des moyens légers. Avec une approche plus flexible et moins doctrinaire, les rebelles ont su exploiter l’inertie des forces ukrainienne pour les « piéger » de manière répétée.

En 2014, je suis à l’OTAN, responsable de la lutte contre la prolifération des armes légères, et nous tentons de détecter des livraisons d’armes russes aux rebelles afin de voir si Moscou est impliqué. Les informations que nous recevons viennent alors pratiquement toutes des services de renseignement polonais et ne « collent pas » avec les informations en provenance de l’OSCE : en dépit d’allégations assez grossières, on n’observe aucune livraison d’armes et de matériels militaire de Russie.

Les rebelles sont armés grâce aux défections d’unités ukrainiennes russophones qui passent du côté rebelle. Au fur et à mesure des échecs ukrainiens, les bataillons de chars, d’artillerie ou anti-aériens au complet viennent grossir les rangs des autonomistes. C’est ce qui pousse les Ukrainiens à s’engager dans les Accords de Minsk.

Mais, juste après avoir signé les Accords de Minsk 1, le président ukrainien Petro Porochenko lance une vaste opération antiterroriste (ATO/Антитерористична операція) contre le Donbass. Bis repetita placent : mal conseillés par des officiers de l’OTAN, les Ukrainiens subissent une cuisante défaite à Debaltsevo qui les oblige à s’engager dans les Accords de Minsk 2…

Il est essentiel de rappeler ici que les Accords de Minsk 1 (septembre 2014) et Minsk 2 (février 2015), ne prévoyaient ni la séparation, ni l’indépendance des Républiques, mais leur autonomie dans le cadre de l’Ukraine. Ceux qui ont lu les Accords (ils sont très, très, très peu nombreux) constateront qu’il est écrit en toutes lettres que le statut des républiques devait être négocié entre Kiev et les représentants des républiques, pour une solution interne à l’Ukraine.

C’est pourquoi depuis 2014, la Russie a systématiquement demandé leur application tout en refusant d’être partie aux négociations, car il s’agissait d’une affaire intérieure à l’Ukraine. De l’autre côté, les Occidentaux – France en tête – ont systématiquement tenté de substituer aux Accords de Minsk le « format Normandie », qui mettait face à face Russes et Ukrainiens. Or, rappelons-le, il n’y a jamais eu de troupes russes dans le Donbass avant le 23-24 février 2022. D’ailleurs, les observateurs de l’OSCE n’ont jamais observé la moindre trace d’unités russes opérant dans le Donbass. Ainsi, la carte des services de renseignements américains publiée par le Washington Post le 3 décembre 2021 ne montre pas de troupes russes dans le Donbass.

En octobre 2015, Vasyl Hrytsak, directeur du Service de sécurité ukrainien (SBU), confessait que l’on avait seulement observé 56 combattants russes dans le Donbass. C’était un même comparable à celui des Suisses allaient combattre en Bosnie durant les week-ends, dans les années 1990, ou des Français qui vont combattre en Ukraine aujourd’hui.

L’armée ukrainienne est alors dans un état déplorable. En octobre 2018, après quatre ans de guerre, le procureur militaire ukrainien en chef Anatoly Matios déclarait que l’Ukraine avait perdu 2 700 hommes dans le Donbass : 891 de maladies, 318 d’accidents de la route, 177 d’autres accidents, 175 d’empoisonnements (alcool, drogue), 172 suite à des manipulations imprudentes d’armes, 101 d’infractions aux règles de sécurité, 228 de meurtres et 615 de suicides.

En fait, l’armée est minée par la corruption de ses cadres et ne jouit plus du soutien de la population. Selon un rapport du ministère de l’Intérieur britannique, lors du rappel des réservistes de mars-avril 2014, 70 % ne se sont pas présentés à la première session, 80 % à la deuxième, 90 % à la troisième et 95 % à la quatrième. En octobre/novembre 2017, 70 % des appelés ne se sont pas présentés lors de la campagne de rappel « Automne 2017 ». Ceci sans compter les suicides et les désertions (souvent au profit des autonomistes) qui atteignent jusqu’à 30 % des effectifs dans la zone de l’ATO. Les jeunes Ukrainiens refusent d’aller combattre dans le Donbass et préfèrent l’émigration, ce qui explique aussi, partiellement au moins, le déficit démographique du pays.

Le ministère de la Défense ukrainien s’adresse alors à l’OTAN pour l’aider à rendre ses forces armées plus « attractives ». Ayant déjà travaillé à des projets similaires dans le cadre des Nations Unies, j’ai été sollicité par l’OTAN pour participer à un programme destiné à restaurer l’image des forces armées ukrainiennes. Mais c’est un processus de longue haleine et les Ukrainiens veulent aller vite.

Ainsi, pour compenser le manque de soldats, le gouvernement ukrainien recourt alors à des milices paramilitaires. Elles sont essentiellement composées de mercenaires étrangers, souvent militants d’extrême-droite. En 2020, elles constituent environ 40% des forces ukrainiennes et comptent environ 102 000 hommes selon Reuters. Elles sont armées, financées et formées par les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada et la France. On y trouve plus de 19 nationalités – dont des Suisses.

Les pays occidentaux ont donc clairement créé et soutenu des milices d’extrême droite ukrainiennes. En octobre 2021, le Jerusalem Post sonnait l’alarme en dénonçant le projet Centuria. Ces milices opèrent dans le Donbass depuis 2014, avec le soutien des Occidentaux. Même si on peut discuter le terme « nazi », il n’en demeure pas moins que ces milices sont violentes, véhiculent une idéologie nauséabonde et sont virulemment antisémites. Leur antisémitisme est plus culturel que politique, c’est pourquoi le qualificatif « nazi » n’est pas vraiment adapté. Leur haine du juif vient des grandes famines des années 1920-1930 en Ukraine, résultant de la confiscation des récoltes par Staline afin de financer la modernisation de l’Armée Rouge. Or, ce génocide – connu en Ukraine sous le nom d’Holodomor – a été perpétré par le NKVD (ancêtre du KGB) dont les échelons supérieurs de conduite étaient principalement composés de juifs. C’est pourquoi, aujourd’hui, les extrémistes ukrainiens demandent à Israël de s’excuser pour les crimes du communisme, comme le relève le Jerusalem Post. On est donc bien loin d’une « réécriture de l’Histoire » par Vladimir Poutine.

Ces milices, issues des groupes d’extrême-droite qui ont animé la révolution de l’Euromaïdan en 2014, sont composées d’individus fanatisés et brutaux. La plus connue d’entre elles est le régiment Azov, dont l’emblème rappelle celui de la 2ePanzerdivision SS Das Reich, qui fait l’objet d’une véritable vénération en Ukraine, pour avoir libéré Kharkov des Soviétiques en 1943, avant de perpétrer le massacre d’Oradour-sur-Glane en 1944, en France.

Parmi les figures célèbres du régiment Azov, on trouvait l’opposant Roman Protassevitch, arrêté en 2021 par les autorités bélarusses à la suite de l’affaire du vol RyanAir FR4978. Le 23 mai 2021, on évoque le détournement délibéré d’un avion de ligne par un MiG-29 – avec l’accord de Poutine, bien évidemment – pour arrêter Protassevitch, bien que les informations alors disponibles ne confirment absolument pas ce scénario.

Mais il faut alors montrer que le président Loukachenko est un voyou et Protassevitch un « journaliste » épris de démocratie. Pourtant, une enquête assez édifiante produite par une ONG américaine en 2020, mettait en évidence les activités militantes d’extrême-droite de Protassevitch. Le complotisme occidental se met alors en marche et des médias peu scrupuleux « toilettent » sa biographie. Finalement, en janvier 2022, le rapport de l’OACI est publié et montre que malgré quelques erreurs de procédure, le Bélarus a agi conformément aux règles en vigueur et que le MiG-29 a décollé 15 minutes après que le pilote de RyanAir a décidé d’aller atterrir à Minsk. Donc pas de complot bélarus et encore moins avec Poutine. Ah !… Encore un détail : Protassevitch, cruellement torturé par la police bélarusse, est aujourd’hui libre. Ceux qui voudraient correspondre avec lui, peuvent aller sur son compte Twitter.

La qualification de « nazi » ou « néo-nazi » donnée aux paramilitaires ukrainiens est considérée comme de la propagande russe. Peut-être ; mais ce n’est pas l’avis du Times of Israel, du Centre Simon Wiesenthal ou du Centre de Lutte contre le Terrorisme de l’académie de West Point. Mais cela reste discutable, car, en 2014, le magazine Newsweek semblait plutôt les associer à… l’État Islamique. Au choix !

Donc, l’Occident soutient et continue d’armer des milices qui se sont rendues coupables de nombreux crimes contre les populations civiles depuis 2014 : viols, torture et massacres. Mais alors que le gouvernement suisse a été très prompt à prendre des sanctions contre la Russie, il n’en n’a adopté aucune contre l’Ukraine qui massacre sa propre population depuis 2014. En fait, ceux qui défendent les droits de l’homme en Ukraine ont depuis longtemps condamné les agissements de ces groupes, mais n’ont pas été suivis par nos gouvernements. Car, en réalité, on ne cherche pas à aider l’Ukraine, mais à combattre la Russie.

L’intégration de ces forces paramilitaires dans la Garde Nationale ne s’est pas du tout accompagnée d’une « dénazification », comme certains le prétendent. Parmi les multiples exemples, celui de l’insigne du Régiment Azov est édifiant :

En 2022, très schématiquement, les forces armées ukrainiennes qui combattent l’offensive russe s’articulent en :

– Armée de terre, subordonnée au ministère de la Défense : elle est articulée en 3 corps d’armée et composée de formations de manœuvre (chars, artillerie lourde, missiles, etc.).

– Garde Nationale, qui dépend du ministère de l’Intérieur et est articulée en 5 commandements territoriaux.

La Garde Nationale est donc une force de défense territoriale qui ne fait pas partie de l’armée ukrainienne. Elle comprend les milices paramilitaires, appelées « bataillons de volontaires » (добровольчі батальйоні), également connues sous le nom évocateur de « bataillons de représailles », composés d’infanterie. Principalement formés pour le combat urbain, ceux-ci assurent aujourd’hui la défense de villes comme Kharkov, Marioupol, Odessa, Kiev, etc.

 

Jacques Baud présente ses thèses sur Youtube

 

DEUXIÈME PARTIE : LA GUERRE

 

Ancien responsable des forces du Pacte de Varsovie au service de renseignement stratégique helvétique, j’observe avec tristesse – mais sans étonnement – que nos services ne sont plus en mesure de comprendre la situation militaire en Ukraine. Les « experts » auto-proclamés qui défilent sur nos écrans relaient inlassablement les mêmes informations modulées par l’affirmation que la Russie – et Vladimir Poutine – est irrationnel. Prenons un peu de recul.

 

LE DÉCLENCHEMENT DE LA GUERRE

Depuis le mois de novembre 2021, les Américains ne cessent de brandir la menace d’une invasion russe contre l’Ukraine. Pourtant, les Ukrainiens ne semblent pas du même avis. Pourquoi ?

Il faut remonter au 24 mars 2021. Ce jour-là, Volodymyr Zelensky promulgue un décret pour la reconquête de la Crimée et commence à déployer ses forces vers le sud du pays. Simultanément, a lieu la conduite de plusieurs exercices de l’OTAN entre la mer Noire et la mer Baltique, accompagnés d’un accroissement important des vols de reconnaissance le long de la frontière russe. La Russie, mène alors quelques exercices, afin de tester la disponibilité opérationnelle de ses troupes et montrer qu’elle suit l’évolution de la situation.

Les choses se calment jusqu’en octobre-novembre avec la fin des exercices ZAPAD 21, dont les mouvements de troupes sont interprétés comme un renforcement en vue d’une offensive contre l’Ukraine. Pourtant, même les autorités ukrainiennes réfutent l’idée de préparatifs russes pour une guerre et Oleksiy Reznikov, ministre de la Défense ukrainien déclare qu’il n’y a pas de changement à sa frontière depuis le printemps.

En violation des Accords de Minsk, l’Ukraine mène des opérations aériennes au Donbass à l’aide de drones, dont au moins exécute une frappe contre un dépôt de carburant à Donetsk en octobre 2021. La presse américaine le relève, mais pas les Européens et personne ne condamne ces violations.

En février 2022, les événements se précipitent. Le 7 février, lors de sa visite à Moscou, Emmanuel Macron réaffirme à Vladimir Poutine son attachement aux Accords de Minsk, un engagement qu’il répétera à l’issue de son entrevue avec Volodymyr Zelensky, le lendemain. Mais le 11 février, à Berlin, après 9 heures de travail, la réunion des conseillers politiques des dirigeants du « format Normandie » s’achève, sans résultat concret : les Ukrainiens refusent encore et toujours d’appliquer les Accords de Minsk, apparemment sous la pression des États-Unis. Vladimir Poutine constate alors que Macron lui a fait des promesses en l’air et que les Occidentaux ne sont pas prêts à faire appliquer les Accords, comme ils le font depuis huit ans.

Les préparatifs ukrainiens dans la zone de contact continuent. Le Parlement russe s’alarme et le 15 février demande à Vladimir Poutine de reconnaître l’indépendance des Républiques, ce qu’il refuse.

Le 17 février, le président Joe Biden annonce que la Russie va attaquer l’Ukraine dans les prochains jours. Comment le sait-il ? Mystère… Mais depuis le 16, le pilonnage d’artillerie sur les populations du Donbass augmente de manière dramatique, comme le montrent les rapports journaliers des observateurs de l’OSCE. Naturellement, ni les médias, ni l’Union européenne, ni l’OTAN, ni aucun gouvernement occidental ne réagit et n’intervient. On dira plus tard, qu’il s’agit de désinformation russe. En fait, il semble que l’Union européenne et certains pays ont à dessein passé sous silence le massacre des populations du Donbass, sachant que cela provoquerait une intervention russe.

Simultanément, on signale des actes de sabotages dans le Donbass. Le 18 janvier, les combattants du Donbass interceptent des saboteurs équipés de matériel occidental et parlant polonais cherchant à créer des incidents chimiques à Gorlivka. Il pourrait s’agir de mercenaires de la CIA, conduits ou « conseillés » par des Américains et composés de combattants ukrainiens ou européens, pour mener des actions de sabotage dans les Républiques du Donbass.

En fait, dès le 16 février, Joe Biden sait que les Ukrainiens ont commencé à pilonner les populations civiles du Donbass, mettant Vladimir Poutine devant un choix difficile : aider le Donbass militairement et créer un problème international ou rester sans rien faire et regarder les russophones du Donbass se faire écraser.

S’il décide d’intervenir, Vladimir Poutine peut invoquer l’obligation internationale de « Responsibility To Protect » (R2P). Mais il sait que quelle que soit sa nature ou son ampleur, l’intervention déclenchera une pluie de sanctions. Dès lors, que son intervention soit limitée au Donbass ou qu’elle aille plus loin pour faire pression sur les Occidentaux pour le statut de l’Ukraine, le prix à payer sera le même. C’est d’ailleurs ce qu’il explique lors de son allocution du 21 février.

Ce jour-là, il accède à la demande de la Douma et reconnaît l’indépendance des deux Républiques du Donbass et, dans la foulée, il signe avec elles des traités d’amitié et d’assistance.

Les bombardements de l’artillerie ukrainienne sur les populations du Donbass se poursuivent et, le 23 février, les deux Républiques demandent l’aide militaire de la Russie. Le 24, Vladimir Poutine invoque l’article 51 de la Charte des Nations Unies qui prévoit l’entraide militaire dans le cadre d’une alliance défensive.

Afin de rendre l’intervention russe totalement illégale aux yeux du public nous occultons délibérément le fait que la guerre a effectivement commencé le 16 février. L’armée ukrainienne s’apprêtait à attaquer le Donbass dès 2021, comme le savaient pertinemment certains services de renseignement russes et européens… Les juristes jugeront.

Dans son allocution du 24 février, Vladimir Poutine a énoncé les deux objectifs de son opération : « démilitariser » et « dénazifier » l’Ukraine. Il ne s’agit donc pas de s’emparer de l’Ukraine, ni même, vraisemblablement de l’occuper et certainement pas de la détruire.

À partir de là, notre visibilité sur le déroulement de l’opération est limitée : les Russes ont une excellente sécurité des opérations (OPSEC) et le détail de leur planification n’est pas connue. Mais assez rapidement, le déroulement des opérations permet de comprendre comment les objectifs stratégiques se sont traduits sur le plan opératif.

– Démilitarisation :

. destruction au sol de l’aviation, des systèmes de défense aérienne et des moyens de reconnaissance ukrainiens ;

. neutralisation des structures de commandement et de renseignement (C3I), ainsi que des principales voies logistiques dans la profondeur du territoire ;

. encerclement du gros de l’armée ukrainienne massée dans le sud-est du pays.

Dénazification :

. destruction ou neutralisation des bataillons de volontaires qui opèrent dans les villes d’Odessa, Kharkov et Marioupol, ainsi que dans diverses installations sur le territoire.

 

LA  DÉMILITARISATION

L’offensive russe se déroule de manière très « classique ». Dans un premier temps – comme l’avaient fait les Israéliens en 1967 – avec la destruction au sol des forces aériennes dans les toutes premières heures. Puis, on assiste à une progression simultanée sur plusieurs axes selon le principe de « l’eau qui coule » : on avance partout où la résistance est faible et on laisse les villes (très voraces en troupes) pour plus tard. Au nord, la centrale de Tchernobyl est occupée immédiatement afin de prévenir des actes de sabotage. Les images de soldats ukrainiens et russes assurant ensemble la surveillance de la centrale ne sont naturellement pas montrées…

L’idée que la Russie cherche à s’emparer de Kiev, la capitale pour éliminer Zelensky, vient typiquement des Occidentaux : c’est ce qu’ils ont fait en Afghanistan, en Irak, en Libye et ce qu’ils voulaient faire en Syrie avec l’aide de l’État islamique. Mais Vladimir Poutine n’a jamais eu l’intention d’abattre ou de renverser Zelensky. La Russie cherche au contraire à le maintenir au pouvoir en le poussant à négocier en encerclant Kiev. Il avait refusé de faire jusque-là pour appliquer les Accords de Minsk, mais maintenant les Russes veulent obtenir la neutralité de l’Ukraine.

Beaucoup de commentateurs occidentaux se sont étonnés que les Russes aient continué à chercher une solution négociée tout en menant des opérations militaires. L’explication est dans la conception stratégique russe, depuis l’époque soviétique. Pour les Occidentaux, la guerre commence lorsque la politique cesse. Or, l’approche russe suit une inspiration clausewitzienne : la guerre est la continuité de la politique et on peut passer de manière fluide de l’une à l’autre, même au cours des combats. Cela permet de créer une pression sur l’adversaire et le pousser à négocier.

Du point de vue opératif, l’offensive russe a été un exemple du genre : en six jours, les Russes se sont emparés d’un territoire aussi vaste que le Royaume-Uni, avec une vitesse de progression plus grande que ce que la Wehrmacht avait réalisé en 1940.

Le gros de l’armée ukrainienne était déployé au sud du pays en vue d’une opération majeure contre le Donbass. C’est pourquoi, les forces russes ont pu l’encercler dès le début mars dans le « chaudron » compris entre Slavyansk, Kramatorsk et Severodonetsk, par une poussée venant de l’est par Kharkov et une autres venant du sud depuis la Crimée. Les troupes des Républiques de Donetsk (RPD) et de Lougansk (RPL) complètent l’action des forces russes par une poussée venant de l’Est.

A ce stade, les forces russes resserrent lentement l’étau, mais ne sont plus sous pression du temps. Leur objectif de démilitarisation est pratiquement atteint et les forces ukrainiennes résiduelles n’ont plus de structure de commandement opératif et stratégique.

Le « ralentissement » que nos « experts » attribuent à une mauvaise logistique, n’est que la conséquence d’avoir atteint les objectifs fixés. La Russie ne semble pas vouloir s’engager dans une occupation de l’ensemble du territoire ukrainien. En fait, il semble plutôt que la Russie cherche à limiter son avance à la frontière linguistique du pays.

Nos médias parlent de bombardements indiscriminés contre les populations civiles, notamment à Kharkov et des images dantesques sont diffusées en boucle. Pourtant, Gonzalo Lira, un latino-américain qui y vit, nous présente une ville calme le 10 mars, et le 11 mars. Certes c’est une grande ville et on ne voit pas tout, mais cela semble indiquer que l’on n’est pas dans la guerre totale qu’on nous sert en continu sur nos écrans.

Quant aux Républiques du Donbass, elles ont « libéré » leurs propres territoires et combattent dans la ville de Marioupol.

 

LA « DÉNAZIFICATION »

Dans les villes comme Kharkov, Marioupol et Odessa, la défense est assurée par les milices paramilitaires. Elles savent que l’objectif de « dénazification » les vise au premier chef.

Pour un attaquant en zone urbanisée, les civils sont un problème. C’est pourquoi la Russie cherche à créer des couloirs humanitaires pour vider les villes des civils et ne laisser que les milices afin de les combattre plus facilement.

À l’inverse, ces milices cherchent à garder les civils dans les villes afin de dissuader l’armée russe de venir y combattre. C’est pourquoi elles sont réticentes à mettre en œuvre ces couloirs et font tout pour que les efforts russes soient vains : ils peuvent ainsi utiliser la population civile comme « boucliers humains ». Les vidéos montrant des civils cherchant à quitter Marioupol et tabassés par les combattants du régiment Azov sont naturellement soigneusement censurées chez nous.

Sur Facebook, le groupe Azov était considéré dans la même catégorie que l’État islamique et soumis à la « politique sur les individus et organisations dangereuses » de la plate-forme. Il était donc interdit de le glorifier, et les « posts » qui lui étaient favorables étaient systématiquement bannis. Mais le 24 février, Facebook modifie sa politique et autorise les posts favorables à la milice. Dans le même esprit, en mars, la plate-forme autorise, dans les ex-pays de l’Est, les appels au meurtre de militaires et de dirigeants russes. Voilà pour les valeurs qui inspirent nos dirigeants, comme nous le verrons.

Nos médias propagent une image romanesque de la résistance populaire. C’est cette image qui a conduit l’Union européenne à financer la distribution d’armes à la population civile. C’est un acte criminel. Dans mes fonctions de chef de la doctrine des opérations de maintien de la paix à l’ONU, j’ai travaillé sur la question de la protection des civils. Nous avons alors constaté que les violences contre les civils avaient lieu dans des contextes très précis. En particulier lorsque les armes foisonnent et qu’il n’y pas de structures de commandement.

Or, ces structures de conduite sont l’essence des armées : elles ont pour fonction de canaliser l’emploi de la force en fonction d’un objectif. En armant des citoyens de manière désordonnée comme c’est le cas actuellement, l’UE les transforme en combattants, avec les conséquences qui en découlent : des cibles potentielles. En outre, sans commandement, sans buts opératifs, la distribution d’armes conduit inéluctablement à des règlements de compte, du banditisme et à des actions plus meurtrières qu’efficaces. La guerre devient une affaire d’émotions. La force devient violence. C’est ce qui s’est passé à Tawarga (Libye) du 11 au 13 août 2011, où 30 000 africains noirs ont été massacrés avec des armes parachutées (illégalement) par la France. D’ailleurs, l’Institut royal d’étude stratégique britannique (RUSI) ne voit pas de valeur ajoutée à ces livraisons d’armes.

De plus, en livrant des armes à un pays en guerre, on s’expose à être considéré comme un belligérant. Les frappes russes du 13 mars 2022, contre la base aérienne de Mykolaïv suivent les avertissements russes que les transports d’armes seraient traités comme des cibles hostiles.

L’UE répète la désastreuse expérience du IIIe Reich dans les dernières heures de la bataille de Berlin. La guerre doit être laissée aux militaires et lorsqu’un camp a perdu, il faut l’admettre. Et s’il doit y avoir une résistance, elle doit impérativement être conduite et structurée. Or, nous faisons exactement l’inverse : on pousse des citoyens à aller se battre et simultanément, Facebook autorise les appels au meurtre de militaires et de dirigeants russes. Voilà pour les valeurs qui nous inspirent.

Dans certains services de renseignement, on voit cette décision irresponsable comme une manière d’utiliser la population ukrainienne comme chair à canon pour combattre la Russie de Vladimir Poutine. Il fallait laisser ce genre de décision meurtrière aux collègues du grand-père de d’Ursula von der Leyen. Il aurait été plus judicieux d’engager des négociations et ainsi obtenir des garanties pour les populations civiles que d’ajouter de l’huile sur le feu. Il est facile d’être combatif avec le sang des autres…

 

LA MATERNITÉ DE MARIOUPOL

Il est important de comprendre au préalable que ce n’est pas l’armée ukrainienne qui assure la défense de Marioupol, mais la milice Azov, composée de mercenaires étrangers.

Dans son résumé de la situation du 7 mars 2022, la mission russe de l’ONU à New York déclare que « Les habitants rapportent que les forces armées ukrainiennes ont expulsé le personnel de l’hôpital natal n°1 de la ville de Marioupol et ont installé un poste de tir à l’intérieur de l’établissement. »

Le 8 mars, le média indépendant russe Lenta.ru, publie le témoignage de civils de Marioupol qui racontent que la maternité a été prise par les milices du régiment Azov, et en ont chassé les occupants civils en les menaçant de leurs armes. Ils confirment ainsi les déclarations de l’ambassadeur russe quelques heures plus tôt.

L’hôpital de Marioupol occupe une position dominante, parfaitement adéquate pour y installer des armes antichars et pour l’observation. Le 9 mars, les forces russes frappent le bâtiment. Selon CNN, il y aurait 17 blessés, mais les images ne montrent aucune victime dans les locaux et rien ne montre que les victimes dont on parle sont liées à cette frappe. On parle d’enfants, mais en réalité, on ne voit rien. C’est peut-être vrai, mais c’est peut-être faux… Ce qui n’empêche pas les dirigeants de l’UE d’y voir un crime de guerre… Ce qui permet, juste après, à Zelensky de réclamer une zone d’interdiction de vol au-dessus de l’Ukraine…

En réalité, on ne sait pas exactement ce qui s’est passé. Mais la séquence des événements tend à confirmer que les forces russes ont frappé une position du régiment Azov et que la maternité était alors libre de tout civils.

Le problème est que les milices paramilitaires qui assurent la défense des villes sont encouragées par la communauté internationale à ne pas respecter les usages de la guerre. Il semble que les Ukrainiens ont rejoué le scénario de la maternité de Koweït City en 1990, qui avait été totalement mise en scène par la firme Hill & Knowlton pour un montant de 10,7 millions de dollars afin de convaincre le Conseil de Sécurité des Nations Unies d’intervenir en Irak pour l’opération Desert Shield/Storm.

Les politiciens occidentaux ont d’ailleurs accepté les frappes contres civils du Donbass pendant huit ans, sans adopter aucune sanction contre le gouvernement ukrainien. Nous sommes depuis longtemps entrés dans une dynamique où les politiques occidentaux ont accepté de sacrifier le droit international à leur objectif d’affaiblir à la Russie.

 

TROISIÈME PARTIE : CONCLUSIONS

 

En tant qu’ex-professionnel du renseignement, la première chose qui me frappe est l’absence totale des services de renseignement occidentaux dans la représentation de la situation depuis une année. En Suisse, on a reproché aux services de ne pas avoir fourni une image correcte de la situation. En fait, il semble que dans tout le monde occidental, les services aient été débordés par les politiques. Le problème est que ce sont les politiques qui décident : le meilleur service de renseignement du monde est inutile si le décideur ne l’écoute pas. C’est ce qui s’est passé lors de cette crise.

Cela étant, si certains services de renseignement avaient une image très précise et rationnelle de la situation, d’autres avaient manifestement la même image que celle propagée par nos médias. Dans cette crise, les services des pays de la « nouvelle Europe » ont joué un rôle important. Le problème est que, par expérience, j’ai constaté qu’ils étaient extrêmement mauvais sur le plan analytique : doctrinaires, ils n’ont pas l’indépendance intellectuelle et politique nécessaire pour apprécier une situation avec une « qualité » militaire. Il vaut mieux les avoir comme ennemis que comme amis.

Ensuite, il semble que dans certains pays européens, les politiques ont délibérément ignoré leurs services pour répondre de manière idéologique à la situation. C’est pourquoi, cette crise a été irrationnelle dès le début. On observera, que tous les documents qui ont été présentés au public lors de cette crise l’ont été par des politiques sur la base de sources commerciales…

Certains politiciens occidentaux voulaient manifestement qu’il y ait un conflit. Aux États-Unis, les scénarios d’attaque présentés par Anthony Blinken au Conseil de Sécurité n’étaient que le fruit de l’imagination d’un Tiger Team travaillant pour lui : il a fait exactement comme Donald Rumsfeld en 2002, qui avait ainsi « contourné » la CIA et les autres services de renseignement qui étaient beaucoup moins affirmatifs sur les armes chimiques irakiennes.

Les développements dramatiques dont nous sommes les témoins aujourd’hui ont des causes que nous connaissions, mais que nous avons refusés de voir :

– sur le plan stratégique, l’expansion de l’OTAN (que nous n’avons pas traité ici) ;

– sur le plan politique, le refus occidental de mettre en œuvre les Accords de Minsk ;

– et sur le plan opératif, les attaques continues et répétées des populations civiles du Donbass depuis ans et la dramatique augmentation de la fin février 2022.

En d’autres termes, nous pouvons naturellement déplorer et condamner l’attaque russe. Mais NOUS (c’est-à-dire : les États-Unis, la France et l’Union européenne en tête) avons créé les conditions pour qu’un conflit éclate. Nous témoignons de la compassion pour le peuple ukrainien et les deux millions de réfugiés. C’est bien. Mais si nous avions eu un minimum de compassion pour le même nombre de réfugiés des populations ukrainiennes du Donbass massacrées par leur propre gouvernement et qui se sont accumulés en Russie durant huit ans, rien de cela ne serait probablement passé.

Que le terme de « génocide » s’applique aux exactions subies par les populations du Donbass est une question ouverte. On réserve généralement ce terme à des cas de plus grande ampleur (Holocauste, etc.), néanmoins, la définition qu’en donne la Convention sur le génocide, est probablement suffisamment large pour s’y appliquer. Les juristes apprécieront.

Clairement, ce conflit nous a conduit dans l’hystérie. Les sanctions semblent être devenues l’outil privilégié de nos politiques étrangères. Si nous avions insisté pour que l’Ukraine respecte les Accords de Minsk, que nous avions négocié et cautionné, tout cela ne serait pas arrivé. La condamnation de Vladimir Poutine est aussi la nôtre. Rien ne sert de pleurnicher après coup, il fallait agir avant. Or, ni Emmanuel Macron (comme garant et comme membre du Conseil de Sécurité de l’ONU), ni Olaf Scholz, ni Volodymyr Zelensky n’ont respecté leurs engagements. En définitive, la vraie défaite est celle de ceux qui n’ont pas de parole.

L’Union européenne a été incapable de promouvoir la mise en œuvre des accords de Minsk, au contraire, elle n’a pas réagi lorsque l’Ukraine bombardait sa propre population dans le Donbass. L’eût-elle fait, Vladimir Poutine n’aurait pas eu besoin de réagir. Absente de la phase diplomatique, l’UE s’est distinguée en alimentant le conflit. Le 27 février, le gouvernement ukrainien est d’accord d’entamer des négociations avec la Russie. Mais quelques heures plus tard, l’Union européenne vote un budget de 450 millions d’euros pour fournir des armes à l’Ukraine, remettant de l’huile sur le feu. A partir de là, les Ukrainiens sentent qu’ils n’auront pas besoin d’arriver à un accord. La résistance des milices Azov à Marioupol provoquera même une relance de 500 millions d’euros pour des armes.

En Ukraine, avec la bénédiction des pays occidentaux, ceux qui sont en faveur d’une négociation sont éliminés. C’est le cas de Denis Kireyev, un des négociateurs ukrainiens, assassiné le 5 mars par le service secret ukrainien (SBU) car il est trop favorable à la Russie et est considéré comme traître. Le même sort est réservé à Dmitry Demyanenko, ex-chef adjoint de la direction principale du SBU pour Kiev et sa région, assassiné le 10 mars, car trop favorable à un accord avec la Russie : il est abattu par la milice Mirotvorets (« Pacificateur »). Cette milice est associée au site web Mirotvorets qui liste les « ennemis de l’Ukraine », avec leurs données personnelles, leur adresse et numéros de téléphone, afin qu’ils puissent être harcelés, voire éliminés ; une pratique punissable dans de nombreux pays, mais pas en Ukraine. L’ONU et quelques pays européens en ont exigé la fermeture… refusée par la Rada.

Finalement, le prix sera élevé, mais Vladimir Poutine atteindra vraisemblablement les objectifs qu’il s’était fixés. Ses liens avec Pékin se sont solidifiés. La Chine émerge comme médiatrice du conflit, tandis que la Suisse fait son entrée dans la liste des ennemis de la Russie. Les Américains doivent demander du pétrole au Venezuela et à l’Iran pour se sortir de l’impasse énergétique dans laquelle ils se sont mis : Juan Guaido quitte définitivement la scène et les Etats-Unis doivent revenir piteusement sur les sanctions imposées à leurs ennemis.

Des ministres occidentaux qui cherchent à faire s’effondrer l’économie russe et faire en sorte que le peuple russe en souffre, voire appellent à assassiner Poutine, montrent (même s’ils sont partiellement revenus sur la forme de leurs propos, mais pas sur le fond !) que nos dirigeants ne valent pas mieux que ceux que nous détestons. Car, sanctionner des athlètes russes des jeux para-olympiques ou des artistes russes n’a strictement rien à voir avec une lutte contre Poutine.

Ainsi, nous reconnaissons donc que la Russie est une démocratie puisque nous considérons que le peuple russe est responsable de la guerre. Si ce n’est pas le cas, alors pourquoi cherchons-nous à punir toute une population pour la faute d’un seul ? Rappelons que la punition collective est interdite par les Conventions de Genève…

La leçon à tirer de ce conflit est notre sens de l’humanité géométrie variable. Si nous tenions tellement à la paix et à l’Ukraine, pourquoi ne l’avons-nous pas plus encouragée à respecter les accords qu’elle avait signés et que les membres du Conseil de Sécurité avaient approuvés ?

L’intégrité de médias se mesure à leur volonté à travailler selon les termes de la Charte de Munich. Ils avaient réussi à propager la haine des Chinois lors de la crise de la Covid et leur message polarisé conduit aux mêmes effets contre les Russes. Le journalisme se dépouille de plus en plus du professionnalisme pour devenir militant…

Comme disait Goethe : « Plus grande est la lumière, plus noire est l’ombre ». Plus les sanctions contre la Russie sont démesurées, plus les cas où nous n’avons rien fait mettent en évidence notre racisme et notre servilité. Pourquoi aucun politicien occidental n’a-t-il réagi aux frappes contre les populations civiles du Donbass durant huit ans ?

Car finalement, qu’est-ce qui rend le conflit en Ukraine plus blâmable que la guerre en Irak, en Afghanistan ou en Libye ? Quelles sanctions avons-nous adopté contre ceux qui ont délibérément menti devant la communauté internationale pour mener des guerres injustes, injustifiées, injustifiables et meurtrières ? A-t-on cherché à « faire souffrir » le peuple américain qui nous avait menti (car c’est une démocratie !) avant la guerre en Irak ? Avons-nous seulement adopté une seule sanction contre les pays, les entreprises ou les politiciens qui alimentent en armes le conflit du Yémen, considéré comme la « pire catastrophe humanitaire au monde » ? Avons-nous sanctionné les pays de l’Union européenne qui pratiquent la torture la plus abjecte sur leur territoire au profit des États-Unis ?

Poser la question c’est y répondre… et la réponse n’est pas glorieuse.

 

 

Jacques Baud est un ancien colonel d’État-major général, ex-membre du renseignement stratégique suisse, spécialiste des pays de l’Est. Il a été formé dans les services de renseignement américain et britannique. Il a été chef de la doctrine des opérations de la paix des Nations Unies. Expert des Nations Unies pour l’État de droit et les institutions de sécurité, il a conçu et dirigé le premier service de renseignement multidimensionnel des Nations Unies au Soudan. Il a travaillé pour l’Union africaine et a été durant 5 ans responsable de la lutte contre la prolifération des armes légères à l’OTAN. Il a été engagé dans des discussions avec les plus hauts responsables militaires et du renseignement russes juste après la chute de l’URSS. Au sein de l’OTAN, il a suivi la crise ukrainienne de 2014, puis a participé à des programmes d’assistance à l’Ukraine.  Il est l’auteur de plusieurs livres sur le renseignement, la guerre et le terrorisme, et en particulier Le Détournement aux éditions SIGEST, Gouverner par les fake news, L’affaire Navalny, et Poutine, maître du jeu ? aux éditions Max Milo.

Son dernier ouvrage « Poutine, maître du jeu ? », éditions Max Milo, paraît le 16 mars 2022.

 

Travailler rend-il malade?

OLIVIER CABANEL — Au moment ou chacun suit le concept macronien, qui voudrait que l’on travaille plus pour gagner plus, d’autres s’interrogent sur la nécessité de travailler.

Depuis la nuit des temps, l’homme n’a cessé de créer des machines qui lui rendraient le travail moins pénible, voire pour ne plus travailler.

Un ordinateur remplace à lui seul une escouade de secrétaires, comptables, traducteurs, etc.

Est-ce à dire que nous sommes paresseux ? Peut-être pas, mais nous voulons garder notre temps libre à faire autre chose que des gestes répétitifs juste bon à remplir notre bourse.

Nous voulons utiliser notre temps différemment : à lire, à créer, à penser, à faire des choses que nous avons envie de faire.

Envie, c’est le mot essentiel. C’est lui qui nous maintient en vie, qui nous donne une raison d’être, qui nous donne envie d’exister, qui peut nous rendre heureux.

Voyez-vous un sourire sur les lèvres d’un travailleur ? Rarement, vous en conviendrez.

D’ailleurs, le travail comporte en lui-même une notion de punition : dans la Bible, Dieu punit l’homme d’avoir transgressé la loi, et lui impose de travailler à la sueur de son front.

Mais l’homme résiste.

Enfin, peut-être pas tous, mais certains.

Comme Paul Lafargue, dans son livre Le Droit à la paresse, qui prétend que « le travail utile destiné à l’échange, salarié ou non, peut descendre à deux heures par jour ! ».

Deux heures de travail par jour, et le reste chacun fait ce qu’il lui plaît.

Revenons au travail :

Saviez-vous que le stress au travail coûte 1,656 milliard d’euros par an à la société ? (Chiffres de 2003 : ils ont dû augmenter depuis.) Ce sont des chercheurs français de l’institut national de recherche et de sécurité, qui réunis en table ronde, ont fait cette découverte.

Les cadres sont en première ligne : pris en sandwich entre les exigences de la direction et le mal-être des salariés, ils peuvent être aussi bien harceleurs qu’harcelés.

Rappelez-vous, il n’y a pas si longtemps, les suicides à la chaîne dans certaines grandes entreprises.

Il serait peut-être temps de créer un ministère de la Paresse, puisque le ministère du Travail a montré les limites de ses compétences.

Financièrement, c’est théoriquement possible, car la machine qui a remplacé l’homme n’a pas besoin de salaire, et dès cet instant, rien n’empêche que les salariés mis en vacances par celle-ci ne continuent de toucher une paye.

Bien sûr, de temps en temps, il faut songer à remplacer une machine, à la moderniser, mais comme l’outil de travail ne pointe pas à la Sécu, avec tout l’argent économisé, cela ne devrait pas poser trop de problème.

Le « trou » de la Sécu devrait atteindre 12 milliards d’euros en 2008, et les mesures prises par le gouvernement vont surtout ralentir la croissance en limitant encore plus le pouvoir d’achat des Français.

Alors que donner 1 500 euros par mois à chaque citoyen privé de travail, comme le préconise un économiste allemand, relancerait à coup sûr la consommation. Ainsi, la firme Nokia, basée en Finlande a développé un programme de lutte contre le stress. Cette initiative lui coûte plusieurs millions d’euros par an, mais les dirigeants affirment qu’ils en gagnent autant grâce à la performance de leurs salariés. Quelle technique ont-ils employée ? Séances de massage collectif ? Voyage d’entreprise à Ibiza ? Hausse des salaires à chaque fou rire ? Cela nous donnerait presque des idées.

Utopie tout cela me direz-vous ? Peut-être, mais les utopies d’hier ne sont-elles pas devenues les réalités d’aujourd’hui ?

Alors je vous propose mon utopie : travailler moins pour gagner plus.

L’ANARCHIE POUR LA JEUNESSE…

Par : JBL 1960

EN VERSION PDF À LIRE, TÉLÉCHARGER ET/OU S’IMPRIMER GRATOS!


Mieux comprendre pour mieux agir !

Et pour se défaire de ses idées toutes faites sur l’Anarchie…

Je n’ai pu résister au plaisir de mettre en forme ce texte de Résistance71 et à leur demande paru en janvier 2017 L’Anarchie expliquée pour la jeunesse en seulement 11 pages.

Il y a, en complément de lecture, les liens vers les PDF réalisés depuis janvier et des auteurs cités dans ce recueil ainsi que le lien de téléchargement vers La Société contre l’État de Pierre Clastres, en entier et en fichier compressé, en gratuit également.

RÉSISTANCE POLITIQUE ► L’Anarchie pour la jeunesse ;

version PDF {N° 36} de 11 pages

Lien direct ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/09/pdflanarchiepourlajeunesse.pdf

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Parce que le mot anarchie est associé à tort mais le plus souvent volontairement dans les merdias et en général, par les gens, à la notion de « désordre » et de « chaos » alors que rien n’est plus faux car l’anarchie intègre une grande conception de l’ordre, mais sans les ordres…

Je ne puis que vous conseiller de lire les dernières publications de Résistance71 ;

Résister à l’État, son oppression et monopole de la violence… Réflexions lumineuses de Léon Tolstoï

Un texte époustouflant et lumineux de Léon Tolstoï,  publié en 1900 et qui est toujours on ne peut plus d’actualité, pour la simple et bonne raison que nous, les peuples, n’avons toujours pas adressé ces questions fondamentales…

Quand le ferons-nous ? N’est-il pas grand temps ?…

Nous allons publier trois autres textes de cette veine de Tolstoï, auteur et penseur prolixe, peu connu en dehors de ses romans (« Guerre et Paix », « Anna Karénine », « Les cosaques » etc…), mais qui a en fait plus écrit sous forme de nouvelles, d’essais et d’une grande correspondance éclectique et internationale, que sous la forme de roman. (Re)découvrir Tolstoï le penseur et essayiste est vital de nos jours.

~ Résistance 71 ~

Tu ne tueras point

Léon Tolstoï | Écrit et publié en 1900

Quand on exécute, suivant les formes de la justice des rois : Charles Ier, Louis XVI, Maximilien du Mexique, ou quand on les égorge lors d’une révolution de cour : Pierre III, Paul Ier, divers sultans, shahs et empereurs de Chine, ce sont là des faits qu’on passe généralement sous silence. Mais lorsqu’on les supprime sans l’appareil de la justice et non pendant les révolutions de cours, tels : Henri IV, Alexandre II, l’Impératrice d’Autriche, le shah de Perse, et, récemment, le roi Humbert, ces meurtres provoquent, parmi les empereurs, les rois et leur entourage, l’indignation et la surprise générales, comme si ces souverains eux-mêmes ne participaient pas à des assassinats, n’en profitaient pas et ne les ordonnaient pas.

Pourtant, les rois assassinés, même les meilleurs, comme Alexandre II et Humbert, étaient auteurs ou complices du meurtre de milliers et de milliers d’hommes qui périrent sur les champs de bataille ; quant aux souverains mauvais, c’est par centaines de mille et par millions qu’ils ont fait périr les hommes.

La doctrine du Christ abolit la loi : « Œil pour œil, dent pour dent. » Mais les hommes qui professaient toujours cette loi et qui s’y conforment aujourd’hui encore, l’appliquent dans des proportions effrayantes sous forme de châtiments isolés ou s’exterminent pendant les guerres, et ne rendent pas seulement œil pour œil, mais, sans aucune provocation, ordonnent l’assassinat de milliers d’êtres. Ces hommes n’ont pas le droit de s’indigner qu’on leur applique cette loi à leur tour, et dans une proportion si infime qu’on compterait à peine un empereur ou un roi sur cent mille, peut-être un million d’individus tués par leur ordre ou avec leur consentement.

Lire l’intégralité du texte sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/09/26/resister-a-letat-son-oppression-et-monopole-de-la-violence-reflexions-lumineuses-de-leon-tolstoi/

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Résistance à la tyrannie de l’État : Désobéir aux lois

(Henry David Thoreau)

Désobéir aux lois

Henri David Thoreau | La Revue Blanche, 1886

Henry David Thoreau  est né à Concord (Massachusetts) le 12 juillet 1817. Son père, d’origine française, était fabricant de crayons ; sa mère, Cynthia Dunbar, était fille d’un pasteur du New Hampshire. De 1833 à 1837, il étudia à l’Université Harvard. À l’exception de brèves absences, il vécut à Concord, où il subvenait à ses besoins par les occupations les plus diverses, et où il mourut le 6 mai 1862. Sa vie a été écrite par M. Henry S. Salt.

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Henry David Thoreau est l’auteur, entre autres, de “La désobéissance civile”, publié en 1849, qui fut et demeure un des grands textes de la contestation sociale aux États-Unis. Il posa tout au long de sa vie, les questions fondamentales sur la société et l’État qui l’opprime comme: la liberté doit-elle être subordonnée au libre-échange ? Sommes-nous en droit de nous contenter d’un sort confortable quand on sait que celui-ci repose sur l’exploitation et l’oppression d’autrui ? Peut-on vivre dans la lâcheté et l’erreur ? La loi de la majorité est-elle forcément démocratique ? Doit-on obéir à la loi quand celle-ci ordonne ou prescrit l’inacceptable ? La loi naturelle est-elle compatible avec l’État et le droit positif ?

~ Résistance 71 ~

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »
(Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, et préambule de la Constitution du 24 juin 1793).

J’accepte de bon cœur la formule : « Ce gouvernement est le meilleur, qui gouverne le moins » ; et j’aimerais la voir réaliser plus vite et plus systématiquement, — ce qui aboutit à ceci, à quoi je souscris également : « Ce gouvernement est le meilleur, qui ne gouverne pas du tout » ; et quand l’éducation des hommes sera faite, ce sera là le genre de gouvernement qu’ils auront. Un gouvernement peut tout au plus prétendre à être opportun ; mais la plupart sont ordinairement inopportuns, et tous le sont quelquefois.

Dans un État populaire, quand la majorité détient le pouvoir, ce n’est pas qu’elle soit plus probablement dans le vrai que la minorité, ni que son pouvoir semble à celle-ci équitable, c’est qu’elle est matériellement la plus forte. Mais un gouvernement dans lequel la majorité règle tout ne peut être basé sur la justice. Le citoyen doit-il, fût-ce un moment et si peu que ce soit, sacrifier sa conscience au législateur ? Je pense que nous devons être d’abord des hommes, et seulement ensuite des citoyens. Il est inadmissible de confondre le respect de la loi avec le respect du juste. La seule obligation que j’aie à assumer est de faire ce que je crois bien. On a assez dit qu’une communauté n’a point de conscience, mais une communauté d’hommes consciencieux est une communauté avec une conscience. Jamais la loi ne rendit le moins du monde les hommes plus justes ; et souvent les bien intentionnés deviennent, de par leur respect pour elle, les agents de l’injustice. Comme illustration au respect abusif de la loi, voici une colonne de soldats, colonel, capitaine, caporaux, singes à poudre. Tous marchent dans un ordre admirable par monts et par vaux, contre leur volonté, en dépit du bon sens et malgré leur conscience, vers les guerres. Ils savent que c’est là une besogne damnable et tous s’inclinent. Que sont ils ? des hommes ? ou des petits forts, des arsenaux ambulants au service de quelque gaillard sans scrupule qui détient le pouvoir ? Visitez le Navy-Yard, et considérez un marin ; un homme tel que le gouvernement américain peut en faire, ou cette chose qu’il peut faire d’un homme avec sa magie noire : c’est une ombre, une réminiscence d’humanité, un être consumé vivant et debout, et enterré sous les armes, avec accompagnements funéraires.

Lire l’intégralité de l’article sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/09/25/resistance-a-la-tyrannie-de-letat-desobeir-aux-lois-henry-david-thoreau/

Ainsi, nous pouvons MIEUX COMPRENDRE POUR MIEUX AGIR ;

Nous appelons à Ignorer l’État et les institutions pour créer des associations libres n’œuvrant que pour le bien commun au sein de communes autonomes qui se fédèrent.

Créons, ICI & MAINTENANT, et d’où nous sommes, une société parallèle, celle des association libres fédérées, BOYCOTTONS le système et ses institutions de manière exponentielle au nombre de gens rejoignant les associations libres…

À un moment donné, la désobéissance civile, donc la confrontation avec l’État sera inévitable, mais si les gens font tourner la société déjà localement en ignorant l’État et le système politico-économique qui nous sont imposés, l’obsolescence de ces entités ne fera que croitre et elles tomberont quasiment d’elles-mêmes ou avec un petit coup d’épaule « non-violent » !

C’est avant tout une question d’état d’esprit individuel puis collectif se confédérant par la solidarité, il faut cesser de se laisser dicter nos « différences » par l’oligarchie, cesser de la laisser organiser notre division.

La première des priorités est de comprendre que collectivement il y a bien plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous divisent. La division est induite, fabriquée, et donc certainement pas inéluctable.

La preuve par le Macron à l’américaine !

De là part toute action viable à notre sens et s’il n’y a pas de recettes toutes faites, il y a de grandes leçons à tirer du passé, des enseignements à tirer, également, de nos sociétés ancestrales européennes et ailleurs et c’est cela qu’on appelle adapter l’ancien au neuf !

L’émancipation du peuple, pour et par la RÉVOLUTION SOCIALE et la société des sociétés se fera par et pour le peuple de manière générale ou ne sera pas.

C’est aussi simple que cela, comme l’a défini R71 il faudra une fenêtre d’opportunité à deux éléments simultanés ;

  1. Une conjoncture politico-économique propice : le capitalisme et son système arrivant au bout du bout du banc, sans mutation possible et…
  2. Une conscience politique des peuples ne menant pas à l’insurrection, mais au tsunami de la révolution sociale qui emportera tout sur son passage…

Toute autre considération, et on le voit bien aujourd’hui, c’est comme pisser dans un violon…

Comme le disait le père Peinard, en 1896 ;

Ah c’est bin vrai, ça !

Qu’ils soient réactionnaires, ralliés, opportunards, radigaleux ou socialos, c’est tous des pognonistes ! Une fois élus, barca, ils se foutent de nous ; Parbleu, ils sont nos maitres ! En effet, quel est le turbin des bouffes-galette une fois installés à la Chambre ? Fabriquer des lois, toujours contre le populo, au profit des riches.

La preuve par les Sénatoriales de ce dimanche 24 septembre ► https://www.marianne.net/politique/resultats-elections-senatoriales-2017-la-droite-reussi-s-asseoir-sur-la-parite Et je voudrais pas dire mais le Gras Larcher, y doit en bouffer des galettes au beurre, non ?

Vous avez vu que MAM, qui a été Ministre de l’Intérieur, pour dire, est venue exprès de Paris à Pau (alors on sait pas si c’est en train de nuit, y’en a qu’ont essayés, y zont eu des problèmes, c’est vous qui voyez…) pour veauter aux Sénatoriales, alors qu’elle était pas inscrite, parce qu’elle n’avait pas le droit d’y participer ! Si tout est là ► https://www.marianne.net/politique/elections-senatoriales-du-expliquer-michele-alliot-marie-qu-elle-n-avait-pas-le-droit-de

La solution n’est pas dans l’élection ; ni dans la manifestation ; ni dans la pétition !

Prise de conscience individuelle ► prise de conscience collective ► boycott et organisation parallèle ► désobéissance civile ► réorganisation politico-sociale ► changement de paradigme

La solution est en nous, la solution c’est NOUS !

Ignorons le Système ► Ignorons l’État et ses institutions ► Créons les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchissons et agissons en une praxis commune ► Adaptons le meilleur, le sublime de l’ANCIEN au NEUF

Et c’est fin de partie pour l’oligarchie…

Et ils le savent !

La mère Peinarde ► JBL1960

«Fiscal Kombat»: partez à la chasse aux oligarques grâce au jeu vidéo de Mélenchon

Par : ROBERT GIL

Reherche menée par Robert Gil

fiscalkombat-38e5eDans ce jeu vidéo lancé ce vendredi soir sur le web, le candidat de La France insoumise affronte des « oligarques » comme Pierre Gattaz, Liliane Bettencourt ou Jérôme Cahuzac.

Jean-Luc Mélenchon, du haut de ses 65 ans, est incontestablement le candidat des nouvelles technologies. Après avoir créé sa chaîne YouTube et s’être transformé en hologramme, Jean-Luc Mélenchon devient le héros d’un jeu vidéo, « Fiscal Kombat ». Son directeur de campagne, Manuel Bompard, avait annoncé sa sortie la semaine dernière. Il expliquait à … lire la suite …

Crépuscule atomique occidental vs révolution nucléaire chinoise: quelques digressions…

Par Vincent Gouysse. Pour www.marxisme.fr

 

Crépuscule atomique occidental vs révolution nucléaire chinoise : quelques digressions…

Nous n’allons pas ici traiter du volet nucléaire militaire, qui pourrait sonner le glas de l’Occident si celui-ci poussait la Russie et ses alliés à utiliser leur arsenal nucléaire en périphérie de la guerre par procuration en Ukraine, mais d’une facette au moins aussi capitale de l’atome : son utilisation civile. Celle-ci révèle en effet également la profonde crise de déclassement dans laquelle s’enfonce aujourd’hui irrésistiblement l’Occident.

La part de l’énergie nucléaire peut d’abord sembler assez modeste dans le mixte énergétique atlantiste : elle a représenté respectivement 8,4 % de la consommation énergétique primaire des USA en 2020. Elle culmine cependant à 36,1 % en France en 2020. Elle n’en assure pas moins une part importante voir prépondérante de l’approvisionnement électrique des pays impérialistes d’Occident trônant jusqu’à il y a peu au sommet de la pyramide alimentaire mondiale. En 2020, l’électricité d’origine nucléaire a ainsi représenté 19,4 % des 4 287 TWh de la production électrique américaine et 67,4 % des 525 TWh de la production électrique française.

Pourquoi donc mettre au centre des préoccupations l’analyse du secteur énergétique en général et du secteur nucléaire en particulier ? 1° En ce qui concerne le secteur nucléaire lui-même, il constitue une source d’approvisionnement électrique flexible et de grande puissance, face à de nombreuses autres sources d’énergie intermittentes comme l’éolien et le solaire (dont le caractère erratique peut être partiellement atténué par l’utilisation des centrales solaires à sels fondus), au potentiel limité de l’hydroélectrique ou aux centrales thermiques brûlant des énergies fossiles (dont les réserves sont limitées et dont le coût tend à augmenter). Or l’électricité est sans aucun doute la forme d’énergie la plus avancée pour l’approvisionnement des forces productives modernes les plus avancées. 2° En ce qui concerne le secteur énergétique en général, nous avons insisté à maintes reprises sur son importance stratégique et même proprement existentielle, de la production à la distribution. En 2010, nous introduisons un long chapitre consacré au développement du secteur énergétique chinois au milieu de la campagne médiatico-scientifique atlantiste carbocentriste dans les termes suivants :

« Comme on l’a également vu, cette campagne lancée par le lobby politico-médiatique des pays impérialistes en déclin a un but précis : mettre des bâtons dans les roues au développement économique des « pays en voie de développement » et en premier lieu de l’impérialisme chinois. Et c’est bien là le nœud du problème : les pays impérialistes en déclin souhaiteraient pouvoir imposer des limitations à la consommation énergétique de l’impérialisme chinois… L’activité économique a en effet besoin de carburant : l’énergie. Limiter son utilisation, c’est freiner le moteur industriel ! » (p. 211)

De même que la valeur d’une marchandise se ramène à la quantité de travail (accumulé comme immédiat) cristallisée en elle, travail que l’on peut également réduire à des flux et à des transferts d’énergie, on peut réduire la société humaine et son écosystème à une somme de transferts d’énergie : soleil/producteur primaire/consommateur primaire et secondaire. Ce dernier est par exemple l’esclave salarié dont l’essentiel de l’énergie est drainée dans une activité moins destinée à l’amélioration de ses propres conditions de vie, qu’à engraisser une minorité d’exploiteurs situés au sommet de la pyramide alimentaire, classe (parasite-prédatrice, consommatrice finale) détentrice des moyens de production et de reproduction de la vie immédiate…

Les économistes bourgeois les plus lucides et compétents, s’ils ont du mal à aller jusqu’au bout du bout du raisonnement scientifique logique faisant de l’énergie (et du travail…) le carburant principal de l’économie, reconnaissent néanmoins l’importance capitale de l’approvisionnement énergétique pour l’économie. C’est ainsi que Charles Gave soulignait dernièrement les conséquences apocalyptiques qu’il fallait attendre des sanctions atlantistes et des contre-sanctions russes, notamment en termes de renchérissement considérable et durable du coût de l’approvisionnement énergétique de l’Europe, via l’explosion des cours du gaz et du pétrole :

« Il se trouve que la Russie est le premier pays producteur d’énergie du Monde. Entre le gaz, le pétrole et le charbon, ils sont de loin les principaux producteurs. Or, comme je ne le cesse de le dire à ceux qui veulent bien m’écouter, l’économie, l’emploi, c’est de l’énergie transformée. Si les russes décident en représailles, ou si on les en empêche, de livrer de l’énergie à l’Europe, nous allons avoir la récession la plus effroyable que l’Europe aura connu depuis les années 1970. Donc on est en train de scier littéralement la rentabilité de toutes les entreprises françaises et européennes ».

On en revient ainsi aux fondamentaux de l’économie, c’est-à-dire à la sphère de la production matérielle, dont l’essentiel a été pendant cinq décennies délocalisé par les pays impérialistes dominants de manière croissante à l’autre bout de la planète. Le rêve de la société de consommation occidentale post-industrielle promet de s’achever dans les désillusions et la douleur…

L’Europe pourrait vouloir se consoler en pensant que tous les pays seront touchés par le renchérissement du coût de l’énergie, mais ce serait là un bien mauvais calcul… L’Europe fait d’abord partie des régions dont la dépendance énergétique est la plus élevée : l’Europe importe ainsi 80 % de son gaz, contre 40 % pour la Chine. En outre, de l’aveu même des analystes atlantistes, la Chine bénéficie de contrats d’approvisionnement à long terme beaucoup plus avantageux que ceux de l’Europe :

« Les contrats à long terme ont protégé les consommateurs chinois de cette soudaine hausse des prix. Contrairement à l’Europe où les acheteurs évoluent sur des marchés du gaz essentiellement libéralisés, avec des prix déterminés sur les marchés au comptant et à terme, la majorité des gros consommateurs en Chine ont recours à des contrats à long terme (80% des contrats chinois d’approvisionnement en gaz en 2018) et les prix du gaz y sont  encore largement régulés. Ainsi, si la haute volatilité du prix du gaz s’est directement répercutée sur la facture des  ménages en France, le consommateur final en Chine a été relativement épargné ». (p. 28)

Le 7 mai, le Quotidien du peuple remarquait dans un article intitulé « Washington récolte les bénéfices et l’Europe en supporte les conséquences amères », que « depuis le déclenchement du conflit, le cours des actions des géants de l’armement américains s’est envolé » quand l’Europe écope à l’inverse d’ « une crise des réfugiés sans précédent » et voit « l’inflation » propulsée « à un nouveau sommet »…

Alors que l’Occident confronté à la phase terminale de son effondrement écope d’une récession économique combinée à une inflation historique (stagflation), la Chine affiche un bilan très différent : une croissance économique confortable combinée à une inflation très modérée.

Au 1er trimestre 2022, l’économie chinoise a ainsi enregistré une croissance de son PIB de 4,8 % en glissement annuel (sa production industrielle s’accroissant de 6,5 %) et ce pour une inflation des prix à la consommation de 1,1 % durant la même période…

Le commerce extérieur chinois de biens a enregistré des performances exceptionnelles à tous points de vue en 2021 avec une croissance du commerce bilatéral (exportations et importations) de l’ordre de 30 % en glissement annuel et un excédent commercial record de plus de 689 milliards de $ US, et ce « en premier lieu avec les pays occidentaux ». Le poids de la Chine dans le commerce mondial de biens, déjà prépondérant, a continué à s’élever rapidement pour passer de 12,7 à 14,8 % entre 2019 et 2021 (p. 56), ce qui témoigne de la détérioration continue de la structure économique des pays impérialistes d’Occident (par exemple leur déficit commercial structurel croissant) ainsi  que l’approfondissement accéléré du différentiel de développement entre le monde atlantiste et son challenger principal !

La situation de l’ex- locomotive du commerce extérieur mondial qu’est l’Allemagne est indéniablement bien plus sombre. Sur le seul mois de mars 2022, l’Allemagne a vu ses exportations vers la Russie (constituées en premier lieu de machines, véhicules, produits chimiques et pharmaceutiques) s’effondrer de 57,5 % en glissement annuel à 1,1 milliard d’euros ! En 2021, le volume du commerce bilatéral germano-russe avait augmenté de 34,1 % à 59,8 milliards d’euros. En ce qui concerne les importations allemandes, il sera indéniablement difficile de se passer de l’approvisionnement énergétique russe à court terme, alors que l’Allemagne importe 55 % de son gaz naturel, 35 % de son pétrole brut et 45 % de son charbon de Russie…

Au 1er trimestre 2022, le PIB des USA s’est contracté à un rythme annuel de 1,4 %. Alors que la Fed est aujourd’hui contrainte de relever ses taux d’intérêts « pour intensifier sa lutte contre l’inflation » qui évolue à des niveaux historiquement hauts, les milieux d’affaires américains ne cachent plus que la situation économique générale ne va pas s’améliorer à bref délai et que « l’économie américaine serait confrontée à une récession en 2023 ». Dans le même temps, au 1er trimestre 2022, l’économie française a enregistré « une croissance nulle, inférieure aux attentes », en raison d’un « fort recul de la consommation des ménages sur fond d’inflation ». En mars, l’inflation officielle en France (toute sous-estimée qu’elle soit) a en effet atteint 4,5 % en glissement annuel. Certains secteurs, comme l’automobile connaissent aujourd’hui déjà une « situation qui vire à la catastrophe ». En avril 2022, les immatriculations de voitures particulières neuves affichent ainsi une baisse de 22,5 % en glissement annuel et même de 42,2 % par rapport à leur niveau de 2019…

Avec le début de la paupérisation accélérée des masses populaires d’Occident, c’est l’effondrement des débouchés de nombreux secteurs « non-essentiels » qui est aujourd’hui à l’ordre du jour. Leur marché intérieur est condamné à se contracter durablement et va conduire à un bouleversement de la structure de la consommation, et notamment à la baisse de la consommation de nombreux biens manufacturés, services et loisirs liés à l’ancien standard de vie privilégié bientôt révolu, et ce au profit des biens les plus nécessaires à la survie (alimentation, déplacements professionnels, logement low-cost).

De l’aveu des investisseurs occidentaux, si la situation économique mondiale actuelle est indéniablement périlleuse et met « sous pression » « l’économie chinoise », « sa base économique reste solide » : « l’économie chinoise possède un potentiel et une résilience excellents ». Les autorités chinoises ne font aujourd’hui pas mystère de leur optimisme, bien qu’elles avertissent des conséquences internationales du dangereux jeu de confrontation et de déstabilisation joué par les élites occidentales :

« Face à une économie mondiale morose et fragile, les Etats-Unis et une poignée d’autres pays s’en tiennent à leurs propres intérêts et multiplient aveuglément les sanctions unilatérales, a déclaré M. Zhao. Il a ajouté que les faits avaient déjà prouvé que les sanctions ne pouvaient pas apporter la paix, mais ne faisaient qu’aggraver l’économie mondiale, et que le gros bâton des sanctions frappait en fait les populations de tous les pays ».

Un optimisme qui doit apparaître comme bien insolent au Capital financier atlantiste : « La Chine a la confiance, les capacités et les conditions pour atteindre les objectifs du développement économique et social de cette année ».

Comme nous l’avons démontré en 2010, le découplage Chine-Occident ne date pas d’hier, mais remonte à beaucoup plus loin. Si l’Occident a vu sa consommation énergétique primaire augmenter jusqu’à la fin des années 1990, les deux dernières décennies écoulées, marquées par l’accélération et la généralisation des délocalisations à la quasi-totalité des branches d’industrie, offrent un contraste saisissant. En 2020, la consommation énergétique primaire des USA s’est chiffrée à 87,8 exajoules et représentait 92,3 % de son niveau de 2000. Celle de la France et de l’Allemagne s’est montée respectivement à 8,7 et 12,1 exajoules, représentant respectivement 78,7 et 84,6 % de leur niveau de 2000. Ainsi, l’Occident a vu sa consommation énergétique primaire stagner puis reculer au cours des deux dernières décennies. A l’inverse, la consommation d’énergie primaire de la Chine a atteint 145,5 exajoules en 2020, soit 342,7 % de son niveau de 2000 !

En 2021, la Chine a produit 8 534 TWh d’électricité, soit le double de la production électrique américaine. De l’aveu des analystes du Trésor, l’année 2021 a vu la Chine déployer « de nouvelles capacités éoliennes et solaires » « à une vitesse frénétique ». (+ 102 GW) Rappelons seulement qu’en 2000, la Chine avait produit à peine 1 356 TWh d’électricité, soit le tiers de la production électrique des USA…

La Chine est depuis une décennie au moins le leader mondial incontesté des énergies dites renouvelables :  depuis l’énergie solaire à l’énergie hydroélectrique. Ceci n’est pas de peu d’importance, cette dernière étant incontestablement comme nous l’avions déjà souligné « la production énergétique la plus rentable une fois les investissements amortis » (p. 239), avec un coût de revient du kWh pouvant atteindre 2 centimes d’euros. A l’heure où la centrale hydroélectrique de Baihetan, la seconde plus importante au monde en termes de capacité installée (avec 16 générateurs de 1GW) et dont la production annuelle devrait avoisiner 62 TWh est en train d’achever sa complète mise en service, la compétitivité de l’électricité chinoise n’est pas prête de prendre fin.

Un des deux halls souterrains géants abritant chacun huit turbines de 1 GW de fabrication chinoise, les plus puissantes au monde… (Baihetan, le 22 avril 2022)

La situation est très différente pour le camp atlantiste. En 2020, l’Allemagne a consommé 86,5 milliards de m3 de gaz naturel, avec un taux de couverture de 5,2 % par sa propre production. En ce qui concerne les USA, ils en ont consommé 832 milliards de m3, avec un taux de couverture de 109,9 %. De son côté, la Russie en a consommé 411,4 milliards de m3, avec un taux de couverture de 155,2 %.

En 2020, le gaz a représenté 34,1 % de la consommation énergétique primaire des USA , contre 37,1 % pour le pétrole et 10,5 % par le charbon. Plus des quatre cinquièmes de la consommation énergétique américaine est donc tributaire des énergies fossiles. A titre de comparaison, la consommation énergétique primaire de l’Allemagne a été assurée à hauteur de 25,8 % par le gaz et 34,8 % par le pétrole et 15,2 % par le charbon. Plus des trois-quarts de sa consommation énergétique est donc tributaire des énergies fossiles. En ce qui concerne la consommation énergétique primaire de la Russie, elle a été assurée à 52,3 % par le gaz, à 22,6 % par le pétrole et à 11,6 % par le charbon.

Le gaz naturel représente 25,2 % de la consommation énergétique primaire de l’Europe en 2020. Même en ce qui concerne la production d’électricité, l’approvisionnement en gaz a un impact certain. Si à l’échelle de toute l’Europe, les centrales thermiques au gaz naturel n’ont produit « que » 19,6 % de ses 3 871 TWh d’électricité en 2020, le degré de dépendance de certains pays est bien supérieur. S’il n’est que de 16,1 % pour l’Allemagne, il culmine à 48,2 % pour l’Italie ! Dans ce pays, près de la moitié de l’électricité est produite à partir du gaz. Et le GNL n’y représente que le sixième des importations ! L’Italie a consommé 67,7 milliards de m3 de gaz qui ont représenté 51,6 % de sa consommation énergétique primaire. (Source des chiffres bruts : BP, Statistical review of World Energy, 2021)

Voilà qui clôt notre digression énergétique généraliste. Venons-en maintenant à notre sujet principal : les perspectives de la filière nucléaire chinoise et ses multiples impacts locaux et internationaux…

En dépit des fanfaronnades électorales démagogiques de la macronie au sujet de futurs chantiers d’EPR destinés à prendre (hypothétiquement) le relais du vieillissant parc nucléaire français dont la disponibilité, et donc la production n’a cessé de dégringoler au cours des dernières années (avec moins de 354 TWh produits en 2020, bien loin des 399 TWh de 2019 ou des 437 TWh de 2015), la cruelle réalité promet de se rappeler bientôt à tous, via le renchérissement du prix de l’électricité qu’il faut produire et importer à partir d’énergies fossiles de moins en moins bon marché…

Sous cet angle, l’année 2022 promet déjà d’être une année noire pour le secteur nucléaire français alors qu’EDF a annoncé avoir récemment trouvé des « indications » de « phénomènes de corrosion sous contrainte » sur les circuits auxiliaires de quatre « nouveaux » réacteurs nucléaires (Chinon 3, Cattenom 3, Flamanville 2 et Golfech 1). Les réacteurs nucléaires français ne sont à l’évidence plus aussi fringants qu’à leurs débuts, avec une moyenne d’âge de 35 ans… Les arrêts pour maintenance /inspection ont indéniablement de l’avenir et devrait limiter la production nucléaire française de l’année 2022 aux environs de 300 TWh, un plus bas de production depuis trois décennies… et ce au moment précis où le coût de l’énergie explose en Europe !

Si l’EPR finlandais a démarré à la fin de l’année 2021 pour une production à pleine puissance prévue pour la mi-2022 « après seize ans de chantier et douze ans de retard sur la date de mise en service prévue initialement », la situation reste critique, sinon pour le moins incertaine, pour son homologue français. Le début de l’année 2022 a en effet vu EDF reporter une nouvelle fois la mise en service de l’’EPR de Flamanville « de fin 2022 au second trimestre 2023 ». Selon la Cour des comptes qui qualifie le projet d’ « échec opérationnel », le coût total du chantier s’élèvera « à plus de 19 milliards d’euros ». La mise en service du réacteur de 3ème génération qu’est l’EPR de Flamanville était initialement prévue pour 2012 pour un budget prévisionnel de 3 milliards d’euros…

Le secteur nucléaire chinois, qui a pour sa part ravi le 2nd rang mondial à la France en produisant plus de 366 TWh en 2020 (contre 171 TWh en 2015 et 70 TWh en 2009), se porte à l’inverse comme un charme. En 2021, la Chine a produit 410 TWh d’électricité d’origine nucléaire pour une puissance installée en service de 54 GW. Si cette puissance installée est encore éloignée de celle des USA (93 réacteurs totalisant 95 GW dont la moyenne d’âge est de 42 ans), elle ne le restera pas encore très longtemps, la Chine visant une capacité installée (en service et en construction) de 100 GW à l’horizon 2025 et de 200 GW à l’horizon 2035 (soit une production annuelle de l’ordre de 1 500 TWh). A la fin de l’année 2021, la Chine comptait 16 réacteurs en construction (dont 12 réacteurs de 3ème génération Hualong-1, d’une puissance de 1,1 GW dotés d’une durée de vie nominale de 60 ans). Le 1er janvier 2022, la Chine comptait deux réacteurs Hualong-1 en service (Fuqing-5 et Fuqing-6), sans oublier Kanupp-2 et Kanupp-3 (entrés en service aux printemps 2021 et 2022 au Pakistan). Hualong-1, dont le taux d’équipements indigènes dépasse déjà 90 %, devrait surtout rapidement céder la place à une version optimisée (Hualong-2) d’ici 2024, qui verra le coût de construction passer de 17 000 à 13 000 yuans par kW installé (soit à peine plus de 2 milliards de $ US par unité) et la durée de construction ramenée de 5 à 4 ans.

Au premier plan, les deux réacteurs Hualong-1 de la centrale nucléaire de Fuqing.

Outre le réacteur Hualong-1, la Chine est également en train de construire ses deux premiers réacteurs CAP1400 sur le site de Shidao Bay (un autre modèle de REP de conception indigène de 3ème génération d’une puissance de 1,5 GW). Lancée en juillet 2019, la construction de ces réacteurs possédant plus de 90 % de composants indigènes doit s’achever en 2025.

La mise en œuvre à grande échelle de réacteurs chinois de 3ème génération est cependant loin d’être la seule réalisation majeure du secteur nucléaire chinois.

Le début de l’année 2022 a ainsi vu la connexion au réseau du premier des deux réacteurs nucléaires de démonstration de 4ème génération de la centrale de Shidaowan. Quand le deuxième réacteur sera mis en service cette année, les deux réacteurs à haute température (HTRC), d’une puissance thermique de 250 MW chacun produiront un total de 210 MW d’électricité (soit un rendement de 42 % et une production annuelle de 1,4 TWh suffisante pour 2 millions d’habitants). La construction de ce nouveau type de réacteur nucléaire refroidi à l’hélium (en place de l’eau pressurisée) est une première mondiale qui amène les experts occidentaux à reconnaître que « la Chine prend de l’avance dans la course aux nouveaux réacteurs nucléaires ».

Quelques mois auparavant, la Chine avait achevé la construction d’un autre réacteur expérimental de 4ème génération à sels fondus et au thorium, situé en plein désert de Gobi. Cette technologie brièvement explorée par les USA dans les années 1960, possède de multiples avantages, que ce soit en termes de sécurité, de déchets et d’approvisionnement en combustible, sans oublier son affranchissement de la dépendance traditionnelle à l’eau.

« Sur le papier, le mariage réacteur à sels fondus et thorium semble donc avoir tout bon. Si on n’y a pas eu recours plus tôt, « c’est essentiellement parce que l’uranium 235 était le candidat naturel pour les réacteurs nucléaires et que le marché n’a pas cherché beaucoup plus loin » ».

La commercialisation de ce nouveau type de réacteur nucléaire qui « ne présenterait que des avantages » et ne « produirait quasiment pas de déchets radioactifs » est prévue à l’horizon 2030.

Il faut en effet savoir que les réacteurs nucléaires (de 2ème et 3ème générations) basés sur l’uranium 235, le seul isotope d’uranium qui soit naturellement fissile, sont dépendants d’un combustible particulièrement rare qui ne représente que 0,7 % de l’uranium disponible (constitué à 99,3 % d’uranium 238 non-fissile). Le thorium 232, aussi commun que le plomb, résoudrait encore plus radicalement la problématique de la disponibilité à grande échelle très limitée du combustible nucléaire…

Enfin, il est également essentiel de souligner que deux réacteurs nucléaires de 4ème génération CFR-600 (réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium, également appelés surgénérateurs) sont aujourd’hui en construction sur le site de Xiapu (depuis décembre 2017 et décembre 2020), avec des mises en service respectives prévues pour 2023 et 2026. Ce type de réacteur peut être alimenté par de l’uranium 238 et grâce au traitement du combustible usé des centrales nucléaires traditionnelles.

En d’autres termes, la filière nucléaire chinoise est aujourd’hui en train de tester les principaux types de réacteurs nucléaires de 4ème génération, qui ont tous vu leur développement être abandonné par l’Occident, et ce comme le préalable évident à leur développement à grande échelle… Les inquiétudes croissantes de l’Occident en ce qui concerne les futures centrales nucléaires chinoises, notamment celles utilisant l’uranium 238, qui promettent à la Chine une transition vers une énergie abondante, relativement propre et bon marché, sont évidemment maquillées par leurs préoccupations sécuritaires, ces réacteurs de 4ème génération permettant notamment de produire du plutonium 239 à usage militaire…

Même les médias atlantistes les plus obstinément enragés, bien qu’ils se limitent à n’évoquer lapidairement que la partie visible de l’iceberg et ne puissent se départir de préjugés « sur la capacité du pays à sécuriser ses centrales » ainsi que sa communication « tchernobylesque », sont aujourd’hui forcés de reconnaître les réalisations et les ambitions mondiales sans précédent de la filière nucléaire chinoise et sa compétitivité internationale inégalée avec un coût du MWh estimé à 36 euros, contre 83 euros en Occident :

« Le pays compte ainsi bâtir plus de 150 nouveaux réacteurs dans les quinze prochaines années – plus que le reste du monde les trente-cinq précédentes. Le plan devrait coûter au pays la bagatelle de 380 milliards d’euros, avec l’objectif annoncé de produire 200 gigawatts d’ici 2035 ».

Alors que l’Occident hésite entre l’abandon (Japon, Allemagne) et la prolongation (USA, France) de ses parcs nucléaires vieillissants, se débattant entre aujourd’hui surcoûts, malfaçons, pertes de compétences et explosion du coût des énergies fossiles après des décennies de sous-investissement chronique dans son un secteur énergétique, sous-investissement motivé par l’avènement de « l’économie de bazar » occidentale post-industrielle, la Chine se dote aujourd’hui d’un mix énergétique de tout premier ordre (constitué de centrales thermiques, hydroélectriques, nucléaires, éoliennes et solaires) capable de lui assurer un avantage comparatif clef et par conséquent une compétitivité à long terme. Les analystes occidentaux les plus honnêtes et lucides soulignent surtout que la Chine a réalisé « une montée en puissance « tous azimuts » du nucléaire » :

« Ce pays ne se contente plus de construire et d’exploiter des réacteurs conçus à l’étranger. En s’inspirant des technologies françaises et américaines, il a acquis une maturité industrielle qui lui permet dorénavant de concevoir et construire des réacteurs dans des délais qu’aucun pays ne parvient plus à atteindre (5 ans à 6 ans). Leur coût annoncé, autour de 5 milliards d’euros, est largement inférieur à celui des autres réacteurs de troisième génération dans le monde. Les réacteurs chinois de troisième génération tels que le Hualong-1 et le CAP1400 équiperont majoritairement les nouvelles centrales nucléaires en Chine, et peut-être ailleurs dans le monde ».

Dans un article intitulé « Le dragon nucléaire chinois prêt pour le grand bond en avant », ces mêmes analystes soulignent que « cet essor industriel est inégalé dans l’histoire du nucléaire mondial » et conduira inévitablement à rapidement faire de la Chine « la référence en matière de centrales nucléaires car l’énorme volume de ce programme conduira à une optimisation industrielle et à la baisse des coûts de construction qui favoriseront encore davantage son déploiement », notamment à l’international.

En outre, la Chine vise à augmenter le rendement énergétique global des réacteurs nucléaires (voisin de 35 % sur les générateurs de type REP) en récupérant les calories (habituellement dissipées sous forme de vapeur d’eau au niveau des tours de refroidissement) en vue de la production d’eau chaude destinée au chauffage urbain. Un réacteur nucléaire générant 1 GW d’électricité possède une puissance thermique brute voisine de 3 GW, c’est-à-dire que seul un tiers de l’énergie thermique produite par les réactions de fission est convertie en électricité. Le 9 novembre 2021, La Chine a ainsi inauguré le premier chauffage nucléaire urbain du Monde couvrant la totalité de la zone urbaine de la ville de Haiyang (200 000 habitants sur 4,5 millions de m2 habitables). D’autres villes chinoises (comme Qingdao) en bénéficieront également, avec la promesse d’une bien meilleure rentabilité à long terme que la combustion d’énergies fossiles… Enfin, le tableau ne serait pas complet si nous n’évoquions pas la perspective à plus long terme (de l’ordre de trois décennies au moins), de la maîtrise de la fusion nucléaire, et donc la création d’un soleil artificiel. La Chine là encore à l’avant-garde de la recherche mondiale, avec pas moins de 6 réacteurs à fusion expérimentaux en fonctionnement… A n’en pas douter, le XXIème siècle promet d’être « le siècle chinois », n’en déplaise au camp atlantiste…

En guise de conclusion, il nous importe maintenant essentiel de rattacher l’essor irrépressible de la filière nucléaire chinoise à ses considérations internationales dérivées : la construction par la Chine du futur premier parc nucléaire mondial conventionnel (REP) avant la fin de cette décennie nécessite de l’alimenter durablement en combustible… C’est à cette étape qu’intervient le Kazakhstan !…

Si la balance commerciale du Kazakhstan est structurellement positive (8,8 milliards de $ US d’excédent en 2020), la structure de ses exportations est dominée par l’industrie extractive (plus de 80 %). Le pétrole représente à lui seul la moitié de ses exportations et contribue pour 21 % à son PIB (en 2020). Mais le gaz, le charbon, les métaux et surtout l’uranium comptent aussi parmi ses exportations phares. Le Kazakhstan est depuis 2009 le 1er producteur mondial d’uranium (et le second détenteur mondial en termes de réserves prouvées). En 2019, il en a produit 22,8 kT, soit 42 % de la production mondiale, loin devant le Canada (13 %), l’Australie (12 %), la Namibie (10 %), le Niger (6 %), la Russie (6 %), l’Ouzbékistan (5 %) et la Chine (4 %). L’uranium kazakh est surtout exporté vers la Chine (plus de 50 % du total), mais aussi vers le Canada, la Russie et la France. L’UE et la Chine sont les principaux clients du Kazakhstan, représentant respectivement 37,6 et 19,2 % de ses exportations en 2020. La Russie et le Chine sont ses principaux fournisseurs, avec respectivement 34,9 et 16,7 % de ses importations.

Venons-en maintenant aux événements qui ont secoué le Kazakhstan en janvier 2022. Dans la mesure où le camp atlantiste a appelé les autorités du Kazakhstan « à la retenue », on peut estimer raisonnablement que l’Occident ne voyait pas ces troubles d’un mauvais œil… Si ceux-ci semblent avoir démarré de manière spontanée, leur degré de coordination ultérieure (impliquant des officiers supérieurs) fait penser à l’ingérence d’éléments extérieurs en vue d’une tentative de « révolution de couleur ». Au regard des enjeux géopolitiques, on ne peut que donner un certain crédit aux propos du président Tokaïev qui a décrété l’état d’urgence et dénoncé les émeutiers « comme des agents de l’extérieur constituant une menace terroriste », faisant notamment appel à l’OTSC pour aider à « rétablir la paix », les russes et les chinois ayant ainsi apporté leur concours direct en troupes, matériel militaire et experts en télécommunications et cyber-guerre… Quant au véritable vainqueur de cette insurrection avortée, il apparaît à l’évidence être le bloc sino-russe : les autorités kazakhes « non-alignées » devront à l’évidence opter pour un rapprochement avec l’axe sino-russe si elles veulent se préserver d’autres dangereuses ingérences occidentales… La prise de distance de Tokaïev avec l’ancienne direction de Nazarbaïev et le remplacement de ce dernier à la tête du Parti au pouvoir (largement gagnant aux législatives de 2021) semble indiquer que le temps de cette « voie médiane » de la bourgeoise compradore Kazakh est bel et bien révolu et qu’il est désormais temps de choisir son camp… et de rejoindre le NOM sino-russe !

La rage du camp atlantiste déployée sur le théâtre militaro-médiatique ukrainien ne peut à l’évidence être que renforcée par sa défaite géopolitique majeure au Kazakhstan. A la décharge du Capital financier occidental, il est difficile à une bourgeoisie de se faire à l’idée de sa fin imminente après avoir dirigé les affaires du Monde pendant plusieurs siècles… Un tel déclassement ne doit guère être facile à avaler… Tout ceci permet de donner un autre relief aux attaques chinoises croissantes contre la politique coloniale atlantiste et au soutien indéfectible apporté par la Chine à la Russie. Le 29 avril, le ministère chinois des Affaires étrangères déclarait :

« Les #É.-U. assument une responsabilité indéfectible pour le déclenchement de la crise #Ukraine, car ils ont rompu leur promesse et ont continuellement insisté pour l’expansion #OTAN vers l’Est ».

Quelques jours auparavant, les autorités chinoises avaient frappé publiquement de manière toute aussi explicite le leader de la coalition atlantiste ainsi que ses larbins au cours d’une conférence de presse.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait en effet dénoncé de façon particulièrement musclée la domination mondiale coloniale atlantiste, déclarant entre autres ceci :

« Les États-Unis sont les maîtres de la désinformation et de la diplomatie coercitive, et le plus grand saboteur de la paix et de la stabilité internationales et régionales. (…) Il est à espérer que l’Europe arrivera à voir la vérité et arrêtera de tenir la chandelle au diable »…

Le même diplomate avait demandé juste avant :

« Quand les États-Unis fermeront-ils les 800 bases militaires qu’ils exploitent dans 80 pays et régions qui sont depuis longtemps une préoccupation majeure pour le monde ? »

Dans deux articles publiés à la fin du mois d’avril intitulés « L’« homme de main » des États-Unis dans leur quête de l’hégémonie » et « Une « cellule cancéreuse » qui crée des conflits et des affrontements internationaux », la presse officielle chinoise décrivait « le rôle de l’OTAN dans l’ère post-guerre froide » comme consistant à  « maintenir l’hégémonie mondiale des États-Unis en créant un « chaos contrôlable » » « sous couvert de « paix », de « démocratie » et de « droits de l’homme » » sans la moindre considération pour les destructions matérielles et le « grand nombre de victimes civiles ».

« Plus de 30 ans après la fin de la guerre froide, l’OTAN dirigée par les États-Unis a avant tout été guidée par les intérêts de « l’Amérique d’abord » et de la « suprématie occidentale », et n’a cessé de déclencher des vagues de conflits et de guerres dans le monde entier, causant une agitation et de l’anxiété qui tourmentent la communauté internationale. Afin d’établir un monde à un seul niveau avec « une superpuissance dominante », l’OTAN dirigée par les États-Unis a froidement bombardé la Yougoslavie, attaqué sauvagement l’ambassade de Chine en Yougoslavie avec des missiles et lancé une série de guerres contre des pays souverains, causant dommages infinis et des dizaines de millions de réfugiés en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et dans d’autres pays. Dans la quête de ses propres intérêts géopolitiques, l’OTAN n’a cessé d’inciter à des « révolutions de couleur » dans le monde entier, et pour les pays « désobéissants » tels que la Russie, la Corée du Nord, l’Iran, le Venezuela, etc., l’OTAN brandit souvent le bâton des sanctions unilatérales, abuse de sa « juridiction au bras long » et impose des sanctions globales en matière politique, économique, scientifique et technologique. Dessinant des lignes idéologiques, formant des gangs et utilisant la force militaire, l’OTAN, héritage de la guerre froide, est le « méchant » de la communauté internationale ».

« Avec la fin de la guerre froide, l’OTAN n’avait plus aucune raison de continuer à exister, mais à l’inverse du Pacte de Varsovie, ce « fantôme» ne s’est pas désintégré. Au contraire même, il est devenu l’« homme de main » numéro un des États-Unis dans leur quête d’établissement d’un monde unipolaire, ainsi qu’un outil de promotion de l’hégémonisme et de la politique de puissance. De la poursuite de l’expansion vers l’est à la provocation du conflit russo-ukrainien, les diverses mesures prises par les États-Unis pour soutenir l’OTAN continuent non seulement d’étouffer la Russie, mais aussi d’approfondir la confrontation entre celle-ci et l’Europe, et enfin de renforcer la dépendance de l’Europe vis-à-vis des États-Unis. La logique derrière toutes ces actions apparemment sans rapport est de maintenir l’hégémonie mondiale des États-Unis en créant un « chaos contrôlable ». Les États-Unis sont très familiers de ce genre de façon de faire, comme l’ont clairement montré leur trajectoire de lancement de guerres en Irak, en Afghanistan et en Syrie. Aujourd’hui, l’OTAN est prête à être l’« homme de main » de Washington encore et encore, comme elle a soutenu les États-Unis dans le lancement de la guerre en Afghanistan et des frappes aériennes en Libye… sous couvert de « paix », de « démocratie » et de « droits de l’homme », ces opérations militaires ont causé un grand nombre de victimes civiles et de pertes de biens. La crise ukrainienne montre une fois de plus que l’hégémonie américaine est le principal « fusible » des guerres dans le monde et la plus grande « source de troubles » dans le monde ».

Comme on le voit, la Chine frappe fort, sans commune mesure avec ce que l’on pouvait voir il y a ne serait-ce qu’une décennie, époque à laquelle elle était encore toute en retenue…

Aujourd’hui, il apparaît à tout observateur attentif que les cartes sont sur la table, et qu’elles ne sont guère à l’avantage des pays impérialistes d’Occident…

Le fait que nous soutenions aujourd’hui la lutte pour l’émancipation de l’humanité de la domination coloniale atlantiste ne signifie nullement que celle-ci soit l’aboutissement de notre combat. Il ne s’agit en effet là que d’une infime partie de la lutte pour la libération de l’humanité du joug du Capital. La destruction du joug colonial fasciste de l’Occident exercé à l’encontre de nombreux peuples, en particulier ceux des pays dépendants, afin de les maintenir de force dans le périmètre de leur sphère d’influence, ne constitue qu’une première étape dans leur prise de conscience future de la nécessité de détruire toutes les chaînes de l’asservissement capitaliste, qu’il s’agisse des méthodes contraintes du colonialisme (interventions militaires/révolutions colorées/sanctions), mais aussi des méthodes néo-coloniales pacifiques en apparence librement consenties (commerce, investissements, dépendance industrielle, propriété intellectuelle). Cela ne signifie donc nullement que nous souscrivons aux mystifications tri-mondistes et socialisantes sino-russes que nous n’avons cessé de dénoncer dans le passé

Pour autant, d’autres mystifications doivent à l’évidence être détruites au préalable avant que notre espèce ne prenne conscience de la voie sans avenir que constitue le mode de production bourgeois. En Occident notamment, plusieurs générations sont nées et ont grandi dans le « rêve américain« , au sein d’une « société de consommation » post-industrielle vivant comme un parasite-prédateur sur le corps du reste du Monde.

Mais alors que ce « rêve » a commencé à se briser, il faut expliquer qu’il ne pouvait durer éternellement sous le capitalisme, notamment quand la stratégie de « containement » colonialiste de futurs rivaux plus gros et plus compétitifs échoue…

Le pôle sino-russe va créer une autre version du monde global que celle de l’Occident, plus profonde et inclusive, mais le globalisme est une tendance inéluctable, liée à la concentration capitalistique croissante, à la nécessité de disposer d’une base d’accumulation toujours plus vaste face à la concurrence.

Ce qui va se produire, c’est la fin des institutions internationales contrôlées par l’Occident et leur remplacement par de nouveaux accords et structures (OCS, RCEP)…

Dans ces conditions de grand chambardement du rapport de force inter-impérialiste mondial, et comme pour la crise des subprimes, le capitalisme (notamment occidental) a aujourd’hui besoin d’un bouc-émissaire, pour ne pas apparaître comme le responsable systémique de sa propre crise de déclassement… Hier les vilains traders, aujourd’hui le Covid et l’intervention militaire russe en Ukraine, etc. Le capitalisme est prêt à l’occasion à reporter sur une de ses parties toute la faute de son incapacité à offrir un développement harmonieux à l’ensemble de la société humaine, pour ne pas apparaître aux yeux des masses exploitées pour ce qu’il est en réalité : une voie sans issue dont les contradictions deviennent plus aigües et violentes à mesure que le schisme s’approfondit entre le développement des forces productives avancées et la forme privée d’appropriation du travail collectif…

Mais avant que cette impasse n’apparaisse à tous les peuples dont beaucoup rêvent aujourd’hui de voir brisée une tutelle coloniale atlantiste séculaire, le NOM sino-russe promet d’abord de donner une nouvelle extension mondiale au capitalisme, une perspective implicite exposée récemment par Serguei Glaziev, chargé de guider la fin de la dédollarisation en cours de l’économie russe… (et plus si affinités !) Au-delà des poncifs rebattus sur l’échec du socialisme en URSS propre à tous les économistes bourgeois, il présente une analyse intéressante des évènements actuels à replacer dans le cadre de l’effondrement des sociétés occidentales et de l’avènement d’une nouvelle étape de développement du capitalisme (NOM sino-russe) bâtie sur les ruines du colonialisme occidental et de sa politique agressive de « containment » : le souverainisme et l’Etat providence de nouveau à l’ordre du jour. Un « printemps » des nations longtemps soumises au joug de l’occupation coloniale atlantiste.

De toute évidence, les russes et les chinois sont très habiles et promettent de fédérer les élites bourgeoises-compradore du monde entier avec leurs échanges en roubles/yuans/monnaies locales/matières premières… La promesse d’un retour à l’économie réelle, une fois la parenthèse de la bulle spéculative de la « société de consommation » occidentale fermée ! La fin de la domination colonialiste mondiale va adosser les économies occidentales à leur création réelle de valeur (c’est-à-dire pas grand-chose), au lieu de la valeur extorquée à l’international (cette source étant sur le point de se tarir)… Des pans entiers de ce qui subsiste de « l’industrie de bazar » occidentale vont s’effondrer (aéronautique civile, automobile par exemple). Le tournant fasciste de l’Occident n’est indéniablement pas un hasard… De même qu’une guerre ouverte en Ukraine dont nous disions déjà en janvier dernier, près d’un mois avant qu’elle n’éclate, qu’elle aurait, outre l’utilité de tenter d’ébranler l’allié russe de la Chine, un autre but majeur non avoué :

« Après avoir rodé sur les pays dépendants presque sans partage tout au long du siècle écoulé, la meute des loups impérialistes d’Occident, aujourd’hui confrontée à l’inexorable réduction de son territoire de chasse, en sera bientôt contrainte de s’entre-déchirer. Ces loups affamés se dévoreront donc bientôt entre eux… Dans cette optique, le bruyant tapage atlantiste sur la menace imminente d’une agression Russe de l’Ukraine pourrait être avant tout une tentative de déstabilisation du bloc impérialiste européen par l’impérialisme américain : quand les débouchés extérieurs se contractent, la seule façon de limiter l’érosion de sa part de marché est d’éliminer la concurrence, fût-elle celle d’un ancien « allié »… Le seul impérialisme qui aurait objectivement quelque chose à gagner dans une guerre civile ravageant l’Europe, serait assurément l’impérialisme américain ! »

Les USA, relativement riches en matières premières minières et énergétiques (contrairement au vieux continent), pourraient en effet limiter la casse industrielle par rapport à l’Europe, surtout si cette dernière a été laminée prioritairement. Et on est aujourd’hui bien parti dans ce sens… Le Grand Reset atlantiste est bel et bien en marche, même si tout ne se passe pas de façon « optimale » pour Washington, notamment sur le front Est, qui n’aura décidémment eu de cesse de donner bien des soucis à l’Oncle Sam !…

Voilà la raison fondamentale pour laquelle le sacrifice de l’Europe par son « allié » américain ne sera pas perdu pour tout le monde…

Les manœuvres coloniales de l’Occident impérialiste, notamment avec le soutien décomplexé apporté aux néonazis d’Ukraine, dévoilent le vrai visage du lobby atlantiste aux yeux des citoyens conscients et honnêtes du Monde, de même que les manœuvres des « démocraties » occidentales dans la coulisse au cours d’un autre conflit majeur, il y a maintenant huit décennies. C’est ainsi qu’au moment où la Wehrmacht fût stoppée à Stalingrad, en 1942, Albert Einstein fît les réflexions suivantes :

« Pourquoi Washington a-t-il aidé à étrangler l’Espagne loyaliste [républicaine] ? Pourquoi a-t-il un représentant officiel dans la France fasciste ? (…) Pourquoi garde-t-il des relations avec l’Espagne franquiste ? Pourquoi aucun effort n’est fait pour aider la Russie qui en a le plus grand besoin ? Ce gouvernement est largement contrôlé par des financiers dont la mentalité est proche de l’état d’esprit fasciste. Si Hitler n’était pas en plein délire, il aurait pu avoir de bonnes relations avec les puissances occidentales. (…) Sans la Russie, ces chiens sanguinaires (…) auraient atteint leur but ou, en tout cas, en seraient proches. (…) Nos enfants et nous avons une énorme dette de gratitude envers le peuple russe qui a enduré tant d’immenses pertes et de souffrances. La manière dont (la Russie) a mené sa guerre a prouvé son excellence dans tous les domaines de l’industrie et de la technique. (…). Dans le sacrifice sans compter et l’abnégation de chacun, je vois une preuve d’une détermination générale à défendre ce qu’ils ont gagné (…). En Russie, l’égalité de tous les peuples et de tous les groupes culturels n’est pas qu’une parole en l’air : elle existe vraiment dans la réalité ».

Quelques années plus tard, en décembre 1947, alors que l’hystérie anticommuniste submergeait les USA et que l’Union Soviétique (re-)devenait brutalement officiellement LA puissance diabolique à abattre, le même Albert Einstein faisait la réflexion suivante :

« Je suis venu en Amérique à cause de la grande, très grande liberté dont j’avais entendu dire qu’elle existait dans ce pays. J’ai commis une erreur en choisissant l’Amérique comme pays de liberté, une erreur que je ne peux pas réparer dans la balance de ma vie ». (Cité dans : Einstein, un traître pour le FBI, Fred Jérôme, Editions Frison-Roche, 2005)

Aujourd’hui, le mythe hollywoodien selon lequel l’Amérique sauve le Monde (ou même seulement ses alliés…) prend à l’évidence un très sérieux coup à l’occasion de la crise en Ukraine ! Car loin de sauver le Monde, l’impérialisme US semble en effet aujourd’hui prêt à vouloir le sacrifier pour tenter de ne pas perdre son emprise dominante sur celui-ci !… Et, alors que la rhétorique belliciste du camp atlantiste se dévoile dans sa hideuse nudité, la Chine, habituée à penser son développement à l’échelle de décennies, se paie encore le luxe d’œuvrer pour l’Humanité toute entière, et pourrait bien un jour la sauver, non pas au cinéma, mais dans la réalité :

Le 29 avril dernier, le ministère chinois des Affaires étrangères n’annonçait en effet rien de moins que le développement d’un système de défense planétaire contre les petits astéroïdes géocroiseurs, nous évitant ainsi le remake d’un improbable et périlleux sauvetage sur le scénario d’Armageddon (1998)…

Vincent Gouysse, le 10/05/2022, pour www.marxisme.fr

FAIRE LA GUERRE À LA GUERRE IMPÉRIALISTE

À l’occasion de la guerre impérialiste de l’OTAN-USA contre l’empire russo-chinois, via l’État fantoche ukrainien en faillite, nous avons amorcé une série d’articles sur la science de la guerre tant du point de vue militaire, économique, financier, monétaire, commerciale, politique, sociale et populaire ou les civils sont devenus des cibles et des boucliers humains. Nous publions régulièrement des comptes rendus d’observateurs des champs de batailles en Ukraine – des opinions d’officiers à propos de cette guerre d’un nouveau genre. Nous pensons que la classe prolétarienne a intérêt à connaître tous les aspects de cette guerre qui pourrait bien donner naissance à l’insurrection populaire comme première étape de la révolution prolétarienne que nous appelons de nos voeux.  Nous croyons que plus les combats s’intensifieront militairement et s’étendront géographiquement plus les tactiques et les objectifs stratégiques des belligérants devront s’adaptés aux conditions internationales ce qui fera de cette guerre réactionnaire régionale-européenne la Troisième Guerre Mondiale…qu’il nous faudra transformer en guerre populaire. Il n’est jamais trop tôt pour apprendre l’art de la guerre pour FAIRE LA GUERRE À LA GUERRE. Robert Bibeau  Faisons la guerre à la guerre! – les 7 du quebec  

Guerres longues et mobilisation industrielle : la Troisième Guerre Mondiale ne sera pas pareil à la Seconde Guerre Mondiale

Par Mark Cancian – Le 8 août 2017 – Source War On The Rocks

Après une génération d’absence, l’intérêt pour les guerres longues contre des adversaires de même niveau est revenu et, avec lui, l’intérêt pour la mobilisation. De nombreux observateurs – d’Eliot Cohen aux membres de l’état-major interarmées en passant par David Barno et Nora Bensahel – ont lancé des avertissements à ce sujet. Les guerres longues nécessitent une mobilisation industrielle, et lorsque les stratèges et les planificateurs pensent à ces choses, ils pensent à la Seconde Guerre mondiale et à tout ce qui l’a accompagnée : la conversion de l’industrie civile à un usage militaire, la production de masse, une longue accumulation de forces et, enfin, des armées massives et bien équipées qui écrasent leurs adversaires.

 

Mais une guerre longue aujourd’hui serait totalement différente. En fait, après environ neuf mois de conflit intense entre pairs, l’attrition réduirait les forces armées américaines à quelque chose qui ressemblerait à l’armée d’une puissance régionale. L’armée, par exemple, serait principalement armée d’armes d’infanterie, la puissance de feu étant fournie par des camions d’artillerie et un petit nombre d’équipements modernes acquis auprès d’une production nationale en difficulté et de tout ce que les logisticiens pourraient dénicher sur le marché mondial. Cet état de choses est dû au fait que le gouvernement américain n’a pas pensé sérieusement à la mobilisation industrielle. Il est bien plus facile de se prélasser dans les souvenirs chaleureux de la Seconde Guerre mondiale que d’affronter les choix difficiles qu’implique la préparation à la mobilisation.

Voici le problème de base : les guerres majeures contre des concurrents de même niveau consomment des armes et des munitions à un rythme féroce, bien au-delà de ce que l’industrie de la défense américaine, hautement consolidée et fragile, peut produire. La base industrielle de la défense américaine est conçue pour l’efficacité en temps de paix, et non pour la production de masse en temps de guerre, car maintenir une capacité inutilisée pour la mobilisation est coûteux. Le Congrès et le Pentagone estiment que les armes sont suffisamment coûteuses sans avoir à payer pour quelque chose qui ne sera peut-être jamais nécessaire.

Prenons l’exemple des chars, mais la même dynamique s’applique aux avions, aux navires et aux munitions (ainsi qu’aux personnes, d’ailleurs, mais c’est un autre article en soi). L’armée américaine compte 15 équipes de combat de brigade blindée dans la force régulière et la réserve, avec un total d’environ 1300 chars (90 par brigade). Derrière ces chars « opérationnels », il y a environ un millier d’autres chars dans les unités d’entraînement, de maintenance et de recherche et développement. Et il y en a des centaines d’autres dans des « cimetières« , à différents stades de dégradation.

Il est difficile de prévoir l’attrition dans les conflits entre pairs car ces conflits sont – heureusement – rares, mais nous pouvons en avoir un aperçu. Par exemple, en 1973, les Israéliens ont perdu 400 chars sur 1 700, soit un taux d’environ 1,1 % par jour pendant les 20 jours de combats de plus en plus déséquilibrés. Les armées arabes en ont perdu beaucoup plus. La grande bataille de chars de 1943 à Koursk a entraîné des pertes de chars très élevées – les Allemands en ont perdu 14 % par jour pendant deux semaines de combat, soit 110 % de leur force initiale – mais il s’agissait d’un engagement court d’une intensité inhabituelle. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le bataillon d’infanterie américain moyen sur la ligne de front a perdu 2,6 % de ses effectifs par jour, même sans combat majeur. Il est donc raisonnable de supposer qu’un conflit intense entre pairs détruirait environ 1 % de la force des chars par jour. Cela inclut les pertes de toutes origines – combat, abandon pendant la retraite, coulé en route vers le théâtre des opérations, et accidents.

Si les 15 brigades blindées étaient engagées, la force blindée perdrait 13 chars par jour en moyenne, soit 390 par mois. En faisant appel aux remplaçants des chars en maintenance et de la base d’entraînement, les équipes de combat des brigades blindées pouvaient rester à pleine puissance pendant environ deux mois. Ensuite, la force diminuera régulièrement : 74% au quatrième mois (960 chars), 55% au cinquième mois (715 chars), 41% au sixième mois (533 chars), et ainsi de suite. Au dixième mois, la force ne compterait plus que 158 chars, soit l’équivalent de deux brigades blindées.

La mobilisation industrielle ne va-t-elle pas fournir des remplacements ? Oui, mais pas suffisamment. Ces dernières années, les États-Unis n’ont construit (en fait, ils ont modernisé des versions plus anciennes) que 20 à 60 chars par an, et un nombre peut-être égal de chars a été vendu à l’étranger. À terme, selon les documents budgétaires de l’armée, la production pourrait passer à 28 par mois. En d’autres termes, une fois pleinement mobilisée, la production de chars remplacerait environ deux jours de pertes par mois. L’inclusion de ces remplacements dans le calcul ci-dessus ajoute un mois au calendrier. Avec plus de temps et d’argent, l’industrie (General Dynamics dans le cas présent) pourrait étendre davantage la production, mais le chemin à parcourir est encore long.

Que faire alors ? Tout d’abord, les États-Unis doivent sortir le matériel de l’entrepôt, le remettre en état de marche et l’envoyer au front. Pour les chars, cela signifie utiliser tous les vieux M-1A1, la version non numérisée sans le contrôle de tir amélioré, le blindage amélioré et les ordinateurs intégrés de la version actuelle M-1A2SEP. Finalement, les M-1 originaux du début des années 1980 avec le plus petit canon de 105 mm, au lieu du canon actuel de 120 mm, seraient nécessaires. Il n’y aurait ni le temps ni la capacité de passer à la version la plus récente. Les installations du gouvernement et des entrepreneurs seront débordées pour réparer les dommages causés par les combats et construire de nouveaux chars. L’utilisation d’un équipement aussi ancien va à l’encontre de 50 ans de pratique où l’armée américaine n’a combattu qu’avec les équipements les plus modernes. Le revers de la médaille, cependant, est que les adversaires seraient confrontés à la même dynamique d’attrition et traverseraient leur propre crise de quantité par rapport à la qualité. En d’autres termes, si le conflit se déroulait en Europe, les chars américains ne seraient pas confrontés à des chars russes modernes comme les T-90, mais à des chars plus anciens comme les T-80 ou les T-72. Il s’agirait donc d’un combat à armes égales.

Simultanément, les logisticiens devront se rendre dans l’économie civile et acheter ce qui peut y être adapté. Adapter ne signifie pas faire passer la production civile à une production conforme aux spécifications militaires, car cela prendrait trop de temps. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la mobilisation industrielle a pris des années, commençant par les commandes de guerre françaises et britanniques en 1938, mais ne produisant pas les masses d’équipements nécessaires pour affronter l’Allemagne et le Japon avant 1944. Les mots de Winston Churchill à la Chambre des communes, rappelant le défi de la mobilisation de la Première Guerre mondiale, s’appliquent ici :

Voici l’histoire de la production de munitions : la première année, très peu ; la deuxième année, pas beaucoup, mais quelque chose ; la troisième année, presque tout ce que vous voulez ; la quatrième année, plus que ce dont vous avez besoin.

L’« adaptation » dans une telle situation signifie prendre ce que l’économie civile produit, le peindre en vert et l’envoyer à l’avant. Certains équipements « de type civil » peuvent être produits relativement rapidement. La production de MRAP (Mine Resistant Ambush Protected – essentiellement des camions blindés), par exemple, a bondi en un an pendant la guerre d’Irak. L’adaptation s’applique également à la doctrine nécessaire pour combattre une telle force. Ainsi, après six ou huit mois de combat, le principal véhicule de combat de l’armée pourrait être un camion blindé MRAP, mais c’est mieux que rien.

Enfin, les logisticiens devront acheter tout ce qu’ils peuvent sur le marché mondial, ce que l’armée américaine n’a pas fait de façon majeure depuis la Première Guerre mondiale, lorsque les Français ont équipé le corps expéditionnaire américain mal préparé. Cependant, il existe de nombreux précédents dans d’autres pays. Lorsque la Grande-Bretagne a repris les îles Malouines en 1983, les États-Unis ont fourni des munitions. Lorsque l’Irak et l’Iran se sont livrés une lutte à mort de huit ans, de 1980 à 1988, les deux pays ont fouillé le marché mondial de manière agressive pour trouver des équipements partout où ils le pouvaient. Aussi, lorsque l’industrie américaine sera incapable de produire des équipements en nombre suffisant, les États-Unis devront faire de même. Étant donné que les alliés de l’OTAN sont peut-être engagés eux-mêmes ou qu’ils construisent leurs propres forces armées, les États-Unis devront se tourner vers d’autres pays. Le Brésil serait un bon exemple, puisqu’il possède une industrie de l’armement mature. Des mesures radicales, comme proposer d’acheter les forces de chars égyptiennes et marocaines, seraient justifiées. Cela peut paraître idiot, mais ces pays possèdent de nombreux chars américains qui pourraient être intégrés rapidement à l’armée américaine. [Ces 2 armées n’ont pas ces chars pour la parade mais pour contrer des menaces bien réelles et n’en donneront que de manière symbolique, NdT]

Bien sûr, des hypothèses optimistes peuvent faire disparaître le problème. Par exemple, des investissements de plusieurs milliards de dollars en temps de paix dans la capacité de mobilisation permettraient d’accélérer la production en temps de guerre. Cependant, les services militaires n’ont jamais été disposés à le faire, étant confrontés à de nombreuses demandes budgétaires à court terme et la capacité de mobilisation apparaissant comme une inefficacité dans un système d’acquisition déjà inefficace.

Une longue période d’alerte stratégique, comme ce fut le cas pendant la Seconde Guerre mondiale, faciliterait également la mobilisation, mais il est peu probable que cela se produise dans une guerre future. Il est difficile d’imaginer des événements qui seraient si choquants pour les Américains qu’ils lanceraient un appel d’offres et mobiliseraient totalement l’industrie, mais qui n’entraîneraient pas en même temps les États-Unis dans la guerre.

Quelle est donc la solution ? La première étape consiste à reconnaître le problème. C’est là que nous sommes bloqués aujourd’hui, bien qu’il s’agisse d’un problème connu, ou de ce que Frank Hoffman appelle un « flamant rose« . Penser à ce à quoi pourrait ressembler une longue guerre est extrêmement inconfortable. Les chefs militaires considéreraient probablement que le fait d’équiper les forces américaines avec du matériel plus ancien, étranger ou moins performant est une erreur, voire un acte immoral. Malheureusement, il se peut que nous n’ayons pas le choix. Ce changement culturel sera le plus grand défi d’une future mobilisation. L’étape suivante consiste à élaborer des plans adaptés à un large éventail de circonstances de mobilisation, des plus stressantes aux moins stressantes, car la probabilité et la nature des guerres longues sont très incertaines. Enfin, le ministère de la Défense devra investir de petites sommes d’argent dans la capacité de mobilisation – les gros investissements ne sont tout simplement pas réalistes. Par exemple, l’industrie pourrait atténuer les goulots d’étranglement de la production avec un certain investissement initial. L’évaluation de la base industrielle de la défense récemment ordonnée par le président devrait aider à identifier les opportunités. Le « cimetière » pourrait veiller à ce que les équipements « mis en sommeil » ne se détériorent pas trop afin de pouvoir être réactivés en cas d’urgence. Au final, des investissements intelligents et une planification réaliste pourraient transformer une vulnérabilité stratégique en un avantage stratégique.

Mark Cancian

Colonel, Corps des Marines des États-Unis, retraité, l’auteur est aussi conseiller principal au sein du Programme de sécurité internationale du CSIS. Le colonel Cancian a passé plus de trois décennies dans le corps des Marines des États-Unis, en service actif et de réserve, en tant qu’officier d’infanterie, d’artillerie et d’affaires civiles, et lors de missions à l’étranger au Vietnam, lors de l’opération Desert Storm et en Irak (deux fois). Il a beaucoup écrit sur des sujets de sécurité nationale et dirige actuellement un projet de recherche sur la manière d’éviter les surprises dans un futur conflit entre pairs.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Vers un nouveau krach boursier en 2022 ?

Par Marc Rousset.

 

Selon l’optimiste invétéré Bruno le Maire, doux euphémisme, « le plus dur est devant nous » ! Les investisseurs doutent de plus en plus de la capacité des banques centrales à combattre l’inflation sans que cela affecte l’économie. Tout va très bien, selon Bruno Le Maire et Macron, mais on va en fait tout droit vers un krach boursier et un nouveau Jeudi noir. Les investisseurs fuient le marché et, à 6 100 points, le CAC 40 poursuit sa chute, tous comme les autres bourses et Wall Street. Les quatre premières fortunes mondiales ont perdu 75 milliards de dollars en trois jours et les plus grandes entreprises technologiques 1 000 milliards de dollars (Apple, Tesla, Microsoft, Amazon). Les banques centrales augmentent les taux à un moment où l’économie est fragilisée par le prix de l’énergie, les sanctions suicidaires, la guerre en Ukraine et les confinements en Chine qui perturbent les chaînes d’approvisionnement.

La Bourse a terminé lundi à 6 086, 02, soit moins 17,5% par rapport à son pic de début janvier. Pour tenter de juguler l’inflation, les banques centrales augmentent leurs taux directeurs et réduisent leurs achats d’actifs sur les marchés. Il y a risque en France de récession technique, de stagflation, de faillite pure et simple avec la dette publique française. Les investisseurs se détournent massivement des actions et des actifs jugés à risques.

Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Le dégonflement de la bulle Netflix, avec ses mauvais résultats, a été un premier avertissement salutaire. Les marchés ne voient pas le rebond venir et la baisse devrait continuer. L’indice VIX, dit « indice de la peur », a grimpé à 35%, soit son niveau le plus élevé depuis deux mois. Vendredi, l’indice Dow Jones avait accusé sa sixième semaine de pertes consécutives et la cinquième de suite pour le Nasdaq et le S&P 500. Depuis le début de l’année, les valeurs technologiques du Nasdaq ont dégringolé d’environ 25%. La hausse des taux est la raison principale puisque le rendement des « treasuries » américains est passé de 0,9% en début d’année à 3% aujourd’hui. Quant aux intérêts du « bund » allemand à 10 ans, de négatifs qu’ils étaient en décembre, ils ont grimpé à 1%.

La baisse de l’indice ISM a surpris les États-Unis. L’indice manufacturier est ressorti en baisse à 55,4 égalant le plus bas de septembre 2020 contre 57,1 le mois précédent, alors que les économistes s’attendaient à une amélioration à 57,6. Il y a eu, de plus, une «contraction surprise» de 1,4% en rythme annualisé du PIB américain au 1er trimestre 2022, alors que la croissance du quatrième trimestre 2021 était de 6,9%.

En Angleterre, la Banque centrale signale un risque de récession et une inflation de 10%, tandis qu’elle relève de nouveau ses taux de 0,25% à 1%. Les factures anglaises d’énergie ont bondi de 54% en avril et une nouvelle augmentation de 40% est prévue en octobre. En Turquie, les taux d’intérêt sont de 14% et l’inflation réelle est de 156% par an, soit plus de 2 fois le taux officiel de 70%. Il y a menace d’hyperinflation en Turquie.

Le déficit commercial français est plombé par la flambée des prix de l’énergie, elle-même provoquée par les stupides et suicidaires sanctions contre la Russie. Le déficit a atteint 11, 5 milliards d’euros en mars 2022. Ce déficit progresse de record en record et le déficit commercial monstrueux sur un an s’établit désormais à 100 milliards d’euros. La politique de réindustrialisation de Macron, c’est du vent pour les naïfs, Intel et Tesla ayant choisi l’Allemagne pour créer des usines gigantesques.

L’euro est au plus bas depuis 2017 face au dollar. La monnaie unique se dirige vers la parité un euro pour un dollar. En un an le dollar a bondi de 13% et en avril il a même gagné 6% face à un panier de grandes devises. En restant trop accommodante (taux d’intérêt trop faible et diminution insuffisante des achats de titres) pour empêcher la récession, la BCE risque de faire encore chuter l’euro face au dollar, ce qui aura pour conséquence l’accélération de l’inflation, suite au renchérissement des importations.

Autre signe d’instabilité et que rien ne va bientôt plus aller pour Macron, c’est la chute sans fin du bitcoin à 34 656 dollars dimanche après-midi, soit environ la moitié de son record absolu de 67 802 dollars en novembre 2021. La BCE souhaite réguler et réglementer ce marché purement spéculatif de 1 300 milliards de dollars pour un actif dont la valeur intrinsèque est de zéro. Ce bitcoin est un autre signe de la folie décadente des temps modernes et d’un monde qui va bientôt s’écrouler et disparaître !

La faillite et l’effondrement brutal guettent la France en proie au chômage et à la désindustrialisation, avec un surendettement public et privé de 361% du PIB. La France est menacée par un choc financier puisque les taux d’intérêt vont bientôt dépasser d’une façon structurelle la croissance nominale du PIB. Les Français ne l’auront pas volé, pour avoir voté, pendant les Présidentielles, en faisant semblant d’oublier les deux éléphants qui attendent toujours dans le corridor de la Maison France : le surendettement et la suicidaire, ruineuse invasion migratoire extra-européenne encouragée et accélérée par Macron (500 000 immigrés de plus chaque année) ! Ce choc financier pourrait se traduire concrètement par un krach boursier en 2022, l’explosion de la zone euro en 2023, en raison de la divergence des taux d’intérêts entre les pays membres, et se terminer par la banqueroute officielle de la France d’ici 2 ans au plus tard.

Marc Rousset

Auteur de Comment sauver la France/ Pour une Europe des nations avec la RussieVient de paraître: Comment sauver la France – les 7 du quebec

Source: Vers un nouveau krach boursier en 2022 ? – Riposte Laique

La naissance d’Apollon

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Apollon. Cliquez sur l’image pour accéder au fichier source

ALLAN ERWAN BERGER — Apollon et Artémis, jumeaux nés de Létô, sont enfants de Zeus. Poursuivie par la traditionnelle vindicte de Héra, épouse légitime du grand dieu, Létô se réfugie en un lieu retiré du monde, une île qui n’est ni de la terre, ni de la mer, ni du ciel : Asteria. C’est en ce lieu qui n’en est pas un que Létô, dont le nom l’apparente à la nuit, enfantera Apollon le Soleil. Plus tard, elle accouchera d’Artémis, la Lune. Les uns disent que cette déesse naquit près d’Éphèse, où son culte s’enracina, venu d’Orient ; les autres disent autre chose, mais Artémis est souvent représentée en compagnie ou sous la forme du végétal qui présida à la venue d’Apollon, un végétal à la chevelure étoilée qui poussait sur l’île d’Asteria, et que Létô enlaça pour enfanter… Ce végétal, les anciens Grecs le pensaient familier des zones floues, poussant aux marécages et dans les lagunes, pas tout à fait sur la terre, pas tout à fait dans l’eau. Le voici qui apparaît, dans L’hymne à Apollon d’Homère :

Salut, mère fortunée, ô Létô ! Tu as donné le jour à des enfants glorieux, le grand Apollon et Artémis qui se plaît à lancer des flèches ; elle naquit dans Ortygie, lui, dans l’âpre Délos, lorsque tu reposais sur les hauteurs du mont Cynthos, auprès d’un palmier et non loin des sources de l’Inope.

Artémis. Cliquez sur l'image pour accéder au fichier source
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Ici, Homère ne fait pas attention qu’Ortygie, l’île aux cailles, est l’autre nom d’Asteria, cette île flottante que Poséidon, plus tard, ancrera au fond de la mer, et que l’on connaît aujourd’hui sous le toponyme de Délos.

Lorsque la déesse qui préside aux enfantements arriva à Délos, Létô était en proie aux plus vives douleurs. Sur le point d’accoucher, elle entourait de ses bras un palmier et ses genoux pressaient la molle prairie. Bientôt la terre sourit de joie ; le dieu paraît à la lumière ; toutes les déesses poussent un cri religieux. Aussitôt, divin Phébus, elles te lavent chastement et te purifient dans une onde limpide et t’enveloppent dans un voile blanc, tissu délicat, nouvellement travaillé qu’elles nouent avec une ceinture d’or.

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Le palmier d’Apollon, tout comme celui d’Artémis, est un dattier. Voici la déesse, pleine de dattes et de trophées, représentée sous la forme d’un tronc, telle qu’on la vénérait à Éphèse. Cliquez sur l’image pour accéder au fichier source.

Et maintenant, assistons à cette autre naissance :

Elle devient donc enceinte. Et elle se retira avec lui [son fils à venir] en un lieu éloigné. Puis les douleurs de l’enfantement l’amenèrent au tronc du palmier, et elle dit : « Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant ! Et que je fusse totalement oubliée ! » Alors, il l’appela d’au-dessous d’elle : « Ne t’afflige pas. Ton Seigneur a placé à tes pieds une source. Secoue vers toi le tronc du palmier : il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange donc et bois et que ton œil se réjouisse ! » Si vous êtes attentifs, vous aurez reconnu un fragment de la sourate Maryam, du Coran : naissance d’Îsâ.

Commentaire :

Même si le Coran est un livre de religion, cet apport héllèno-levantin au récit ne peut pas être, à mon avis, qualifié de pur syncrétisme, puisqu’il n’agit pas favorablement sur l’acceptation du dogme par les croyants. Au contraire, il vient perturber celui-ci, en accordant le statut d’un dieu majeur, Apollon, à Jésus, qui est tenu en principe pour l’ante-paraclet, l’avant-dernier prophète. Car un bon syncrétisme, tel qu’on en découvre dans le monde caraïbe ou en Indonésie, en incorporant des fragments de mythe issus de l’humus autochtone, aide au contraire à mieux intégrer les éléments allogènes de la religion dominante. Or, ici, l’humique naissance d’Apollon n’aide pas du tout à faire glisser l’étrangère bouchée ; bien au contraire, elle fait puissamment grincer les rouages : voici que Jésus est traité littérairement comme un des plus puissants dieux de l’Antiquité ! La sourate Maryam serait-elle donc satanique ?

Voici deux jeunes filles qui, ayant été fécondées par le premier des dieux de leur époque, se retrouvent en butte à l’hostilité de la société dominante – le monde Juif, l’Olympe… Elles fuient. Elles se retirent en un lieu écarté du monde. Désolées, sans appuis déclarés, dégradées au rang de putains, les deux accouchent des plus importants attracteurs de la religion de leur monde, qui vont tout perturber. Il y a un avant et un après Apollon, comme il y a un avant et un après Jésus-Christ. On peut concevoir que le littérateur, quel qu’il soit, qui a introduit Jésus dans le Coran, ait décidé d’utiliser la scène mythique de la jeune fille cambrée de douleur contre le palmier auprès de la source, non point pour améliorer l’esthétique de son récit, mais pour laisser à penser à ses auditeurs et futurs lecteurs à quel point ce qui allait sortir de là serait important. Rusé, astucieux ou maladroit, l’apport scénographique retenu ici exhausse le sens, mais il n’est pas, il ne peut pas être strictement syncrétique. Telle est ma petite opinion – à laquelle je ne tient que jusqu’à ce qu’on me prouve qu’elle est illogique ou mal fondée, bien entendu.

Des copier-collers de cette espèce, il y en eut beaucoup autour de la Méditerranée. Nous pourrions par exemple nous souvenir d’une très ancienne figure de Dyonisos, qui eut à fuir la vindicte d’un roi puissant. Dyonisos et son clan semèrent leurs poursuivants en traversant un bras de mer d’où l’eau s’était retirée. Lorsque l’armée royale surgit et s’engagea à son tour dans le passage, la mer revint et emporta les vilains méchants. Nous pouvons encore nous souvenir de tel dieu égyptien qui fut sauvé de la noyade alors qu’il gisait, balloté dans un petit couffin, sur le Nil. Nous pouvons nous souvenir aussi que le sacrifice de l’agneau, animal voué au vieux dieu solaire Agni, est un rite printannier reçu dans les zones moyen-orientale et égéenne, bien longtemps avant d’être intégré à la pratique rituelle juive, puis au récit chrétien. Pour terminer, ne voulant pas soulever une guerre, je ne dirai rien de rien à propos de Mithra et Jésus.

Joyeux Noël à tousses
Maman Maryam et son petit Apollon solaire. Joyeux Noël à tousses

À SA MANIÈRE (Loana Hoarau)

Par : Ysengrimus

Les enfants se taisent parce qu’on refuse de les croire. Parce qu’on les soupçonne d’affabuler. Parce qu’ils ont honte et qu’ils se sentent coupables. Parce qu’ils ont peur. Parce qu’ils croient qu’ils sont les seuls au monde avec leur terrible secret.

Barbara

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YSENGRIMUS  — Dans ce roman, le jeune narrateur masculin a un père, une mère et un grand frère. C’est la petite famille nucléaire habituelle. Comme un grand nombre de petites familles thermonucléaires habituelles de notre temps, celle-ci éclate, les atomes volent dans toutes les directions, ça surchauffe, et le père quitte la maisonnée. Et voici que maman se retrouve avec deux enfants, deux fils, un adolescent et un jeune adulte. Ce sont Lauri (notre narrateur) et Nell. Nell, le frère aîné, va prendre de plus en plus de place, s’enfler, occupant partiellement —et un peu n’importe comment— l’espace paternel déserté. Il va conséquemment nous champignonner une dimension imprévue, implacable, monstrueuse. Et, brutalement, il va mettre en place, sur son petit frère, et au détriment de sa mère, le dispositif quotidien de l’abus absolu. On entrera, d’un frère envers l’autre, en sexualité non consentie.

Nous sommes dans la tête de Lauri, qui tient une sorte de journal secret. Nous partageons ses hantises et ses paradoxes émotionnels. Nous suivons, sans joie mais avec une insoutenable solidarité, sa quête torve. Nous constatons aussi, ainsi, par le petit bout de la lorgnette, la faillite contemporaine de la parentalité. Le père disparaît, c’est l’arlésienne, sa cruelle absence se fait sentir à chaque instant et, l’un dans l’autre, on en souffre plus que de son abusive présence d’autrefois. La mère, prisonnière désormais de la monoparentalité classique la plus chambranlante, tâtonne et erre. Elle ne peut pas vraiment cerner les détails fins de la masculinité naissante. Elle se remue dans des rets, il lui manque des accès cruciaux de compréhension, certains compartiments lui restent hermétiquement fermés. Et même quand elle se fait aider de sa sœur, tante-tata-tante de ses fils, elle continue de manquer de prise. Elle n’assure pas, elle panique, elle dérape, elle s’esquive. Sur ce point, Loana Hoarau (qui, rappelons-le, est une femme) le signale sans hésiter ni tergiverser: ça manque d’hommes, tout ça.

Tant et tant que le seul homme à occuper l’espace, c’est Nell. Jeune adulte mal bâti, traumatisé lui aussi par des excès paternels secrets, ancien petit maître battu qui aujourd’hui bat son chien, abuseur convulsionnaire, autorité sommaire, tyran terrible parce qu’infantile, brute imprévisible et rigide, faux parent incomplet, Nell semble être partout sauf à la place où il devrait rester. En un mot, il joue le papa putatif de toc et, fatalement, il le fait à sa manière… Et Lauri va se définir en Nell. Lauri va se configurer sous Nell, de par Nell, et autour de Nell. À bon chat bon rat etcetera. Sauf que là, ça ne marche vraiment pas. Le rat est pas si bon que ça. Il se fait écraser, dominer, violenter. Il se fait molester… comme on dit dans le jargon creux des impudents pudiques juridiques. Et le drame de se déployer, sur quelques années. Les petits garçons qui grandissent lancent ici la danse mais les petites filles, qui grandissent aussi, vont vite se joindre au cauchemar. C’est Lauri en personne qui les fera entrer dans cet enfer, car, malgré sa trajectoire de sexualité esquintée, il aime les filles, ce garçon. Son frère les aime aussi, d’ailleurs. Si bien que les petites filles, puis jeunes filles, puis jeunes femmes, n’y couperons pas, elles non plus.

Dans le simple comme dans l’excessif, Loana Hoarau évoque les langueurs et les excès de la jeunesse masculine avec un brio remarquable. Ce petit roman est terrible, avec sa simplicité et sa sobriété qui nous brûle par en dessous, comme un acide lent. Oh, c’est pas sanglant, ni tonitruant. Mais, c’est sadique, vitriolique, quotidien, vernaculaire. Loana Hoarau montre un sens particulièrement fin et ténu du rebondissement ordinaire, du petit rebondissement, subtil mais abrupt. On attend un développement, il s’esquive. Une situation semble s’imposer, elle s’estompe. On oublie une péripétie subsidiaire, elle réapparaît, soudainement centrale. Un personnage semble tenir le gouvernail, il s’escamote. Une marotte de trois fois rien s’agite ou gesticule au loin, elle prend soudain toute la place. Il n’y a ici rien d’ostensible, rien de tapageur, rien de grossier. C’est la détresse et ses aléas. Et aussi, c’est de la dentelle… mais de la dentelle très solide, comme ces vieux filets de pêche incassables d’autrefois qui étaient noirs, fins, et dont on ne se dépêtrait jamais. Vraiment savoureux, le Loana Hoarau nouveau. Le cheminement d’écriture de cette auteure vire imparablement au roman psychologique. C’est très intéressant, très lancinant, très contemporain.

Voici donc, en effet, où nous en sommes arrivés, dans la civilisation actuelle, avec nos enfants. Ce roman de Loana Hoarau est l’histoire honteuse de ce que nous leur avons fait, involontairement mais inexorablement. Nous sommes tous, à des degrés divers, impliqués dans la hantise cruelle de cette question insoutenable: que ferait l’enfant dont on a copieusement abusé (avant d’être chassé) à l’enfant dont on n’a pas abusé (par manque de temps)? Les deux frères ennemis mis en scène dans cet ouvrage sont ordinaires et actuels. Ils sont ce que nous ne pouvons plus éviter, ou contenir. Ils sont ce qui transforme l’illusoire paradis moderne de l’enfance en un insoutenable enfer. Le drame de Lauri et Nell illustre un des nombreux avatars du monde adulte en faillite parentale que les enfants contemporains subissent, envisagent, affrontent, contournent ou évitent. Nous avons perdu quelque chose de profond, de crucial, et cette perte, c’est notre enfant qui la subit. Et ce qui lui arriverait, ce qui lui arrive, est décrit dans ce récit, sans concession, du point de vue, douloureux et calme, des enfants, petits garçons et petites filles, définis et lacérés par l’intégralité de nos pertes de contrôle et la perturbation renouvelée de nos cadres de référence.

Et si cela se présente comme une sorte d’étrange évidence, c’est que Loana Hoarau sait tellement comment nous présenter calmement les réalités les plus cruelles qui cernent notre univers ordinaire.

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Loana Hoarau, À sa manière, Montréal, ÉLP éditeur, 2019, formats ePub ou Mobi.

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La journaliste Shireen Abu Akleh assassinée par les troupes israéliennes d’occupation

Shireen Abu Akleh couvrait les raids israéliens sur la ville de Jénine en Cisjordanie occupée
Photo : Al Jazeera

Par Al-Jazeera (revue de presse : Chronique de Palestine – 11/5/22)*. Source secondaire: France-Irak Actualité

Les forces israéliennes d’occupation ont abattu Shireen Abu Akleh d’un tir à la tête alors qu’elle était en mission à Jénine en Cisjordanie occupée.

Les forces israéliennes ont abattu la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh en Cisjordanie occupée, selon le ministère palestinien de la Santé.

Elle a été touchée par un tir à balle réelle mercredi alors qu’elle couvrait des raids israéliens dans la ville de Jénine et a été transportée d’urgence à l’hôpital dans un état critique, selon le ministère et des journalistes d’Al Jazeera.

Elle a été déclarée morte à l’hôpital, a indiqué le ministère.

Les circonstances de sa mort ne sont pas encore connues dans le détail, mais des vidéos de l’incident montrent qu’Abu Akleh a reçu une balle dans la tête, a déclaré Nida Ibrahim d’Al Jazeera.

« Ce que nous savons pour l’instant, c’est que le ministère palestinien de la Santé a annoncé sa mort. Shireen Abu Akleh, couvrait les événements qui se déroulaient à Jénine, en particulier un raid israélien dans la ville, située au nord de la Cisjordanie occupée, lorsqu’elle a été touchée par une balle dans la tête », a déclaré Ibrahim, s’exprimant depuis la ville palestinienne de Ramallah. .

« Comme vous pouvez l’imaginer, c’est un choc pour les journalistes qui ont travaillé avec elle. »

S’exprimant à travers les larmes, Ibrahim a déclaré qu’Abu Akleh était une « journaliste très respectée » qui travaille avec Al Jazeera depuis le début de la deuxième Intifada palestinienne en 2000.

Un autre journaliste palestinien a également été touché d’une balle réelle dans le dos, a indiqué le ministère de la Santé. Ali Samoudi, qui travaille pour le journal al-Quds basé à Jérusalem, serait dans un état stable.

Le chef du bureau d’Al Jazeera à Ramallah, Walid al-Omary, a déclaré qu’il n’y avait pas eu de tirs de combattants armés palestiniens, contestant une déclaration israélienne faisant référence à cette possibilité.

 


L’ARMÉE D’OCCUPATION ISRAÉLIENNE ATTAQUE ET MATRAQUE LE CORTÈGE FUNÈBRE
DE LA JOURNALISTE SHIREEN ABU AKLEH
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[Jamais à un mensonge près] l’armée israélienne a prétendu qu’elle avait été attaquée avec des tirs nourris et des explosifs alors qu’elle «opérait» à Jénine, et qu’elle avait riposté. Elle a ajouté qu’elle « enquêtait sur l’événement ».

 

Pourtant, Abu Akleh est la  47ième journaliste tué par Israël depuis 2000, et Reporters without Borders a déclaré qu’au moins 144 journalistes palestiniens ont été violemment ciblés par les forces israéliennes depuis 2018. Qualifié d’état d’apartheid par toutes les grandes organisations des droits de la personne, Israël cible systématiquement les journalistes pour cacher ses crimes.

Beaucoup en Palestine et à l’étranger se sont tournés vers les médias sociaux pour exprimer leur choc et leur chagrin.

« Les forces d’occupation israéliennes ont assassiné notre chère journaliste Shireen Abu Akleh alors qu’elle couvrait leur brutalité à Jénine ce matin. Shireen était la journaliste palestinienne la plus en vue et une amie proche », a écrit Husam Zomlot, l’ambassadeur palestinien au Royaume-Uni.

Israeli occupation forces assassinated our beloved journalist Shireen Abu Akleh while covering their brutality in Jenin this morning. Shireen was most prominent Palestinian journalist and a close friend. Now we will hear the “concerns” of the UK govt & the international community pic.twitter.com/M6lKTbceHJ

— Husam Zomlot (@hzomlot) May 11, 2022

Ceux qui la connaissaient la décrivaient comme courageuse, aimable et attentionnée et la voix des Palestiniens.

«Shireen était une journaliste courageuse, gentille et d’une grande intégrité que moi et des millions de Palestiniens avons grandi en regardant », a écrit Fadi Quran, un militant du groupe de campagne Avaaz.

« Horrifié d’apprendre le meurtre par Israël de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh à Jénine ! Shireen a hardiment couvert l’agression d’Israël en Palestine pendant plus de deux décennies », a écrit Huwaida Arraf, une militante et avocate américano-palestinienne.

« Incrédule », a écrit Salem Barahmeh, un militant palestinien. « Nous avons grandi avec ses reportages sur la deuxième Intifada. Elle était notre voix. Repose en force et en paix. Un autre jour, une autre tragédie.»

In disbelief. Israeli apartheid forces killed Al Jazeera journalist Shireen Abu Akleh this morning while covering their invasion of Jenin. We grew up to her reporting on the second intifada. She was our voice. Rest in power and peace. Another day, another tragedy. https://t.co/FkaNdCTFUU

— Salem Barahmeh (@Barahmeh) May 11, 2022

Giles Trendle, directeur général d’Al Jazeera, a déclaré que le réseau était «choqué et attristé» par la mort de Shireen Abu Akleh.

Les bureaux d’Al Jazeera dans la bande de Gaza, qui abritaient également l’Associated Press, ont été bombardés par les forces israéliennes lors d’une offensive il y a un an.

«En tant que journalistes, nous continuons. Notre mission est de continuer. Nous ne serons pas réduits au silence malgré les tentatives de nous réduire au silence », a déclaré Trendle. « Notre mission est toujours de continuer à informer le monde de ce qui se passe. Et c’est plus important que jamais. »

 

Lancée en 1996, Al Jazeera Arabic a été la première chaîne d’information indépendante du monde arabe à se consacrer à la diffusion d’informations complètes et de débats en direct. Al Jazeera English, qui a été lancée en 2006, fait partie d’un réseau en pleine expansion comprenant plus de 10 chaînes et divisions. Al Jazeera est un organisme d’information indépendant financé en partie par le gouvernement qatari.

*Source et Traduction : Chronique de Palestine

Version originale : 11 mai 2022 – Al-Jazeera

Faisons la guerre à la guerre!

Que se passe-t-il en Chine avec cette ridicule prétention au « zéro-Covid »
et ce confinement dément de 25 millions de gens à Shanghai ?

1) les dirigeants chinois savent mieux que quiconque que les puissances occidentales (USA-OTAN) préparent les conditions de la Troisième guerre mondiale. L’Occident peut-il utiliser la guerre pour enrayer son déclin et le passage à un nouvel ordre monétaire mondial? – les 7 du quebec.
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2) La crise hystérique du COVID-19 fait partie intégrante de ces préparatifs de guerre mondialiste. La pandémie du Covid-19: « Act of God » ou complot…ou les deux ? – les 7 du quebec.
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3) La guerre d’Ukraine est la deuxième étape de ces préparatifs militaires. Cette guerre, localisée en Europe sur le plan militaire conventionnel, a mis en branle tout un dispositif de guerre commerciale – financière – monétaire – globale et mondiale. La Chine en tant que première économie et premier centre industriel mondial est directement interpellée par cette guerre économique – financière – commerciale – généralisée. L’intervention militaire russe en Ukraine vue depuis la Chine!… – les 7 du quebec.

.4) Les dirigeants chinois savent que tôt ou tard (probablement à l’automne 2022) les armes virales et bactériologiques qui ont été répandues à travers le monde par les laboratoires militaires de recherche de « gain de fonction » (chinois – américains – européens – ukrainiens) tout au long des années 2020, 2021 et 2022, connaitront une nouvelle « vague » de propagation plus meurtrière que les précédentes. Covid-19: une arme virale élaborée en laboratoire militaire – les 7 du quebec.
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5) Les dirigeants capitalistes de l’impériale Chine imposent – préventivement – à un échantillon de leur population – les conditions du combat civil – contre cette attaque militaire virale, et possiblement nucléaire avec ses retombées radioactives…
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6) La Chine impériale a choisi le centre financier et le port de Shanghai pour cet exercice de guerre virologique et éventuellement nucléaire afin de justifier le blocage du plus grand port du monde et montrer aux puissances impérialistes occidentales quelles seront les conséquences économiques et financières globales de cette Troisième Guerre Mondiale, militaire, économique, financière, sanitaire (virale et bactériologique), numérique et nucléaire.

 

7) Conclusions prolétariennes : chaque résistant aux mesures de confinement dément est un déserteur qui refuse de s’enrôler pour cette Troisième guerre meurtrière.

8) Chaque résistant qui refuse la conscription et qui fuit les fronts de guerre ukrainien – russe – européen – moyen-oriental – africain est un déserteur épris de liberté et de paix.

Faisons la guerre à la guerre

9) Le texte qui suit présente quelques articles récents ou nous explicitons notre position que nous résumons par ce mot d’ordre transitoire: « FAIRE LA GUERRE À LA GUERRE« .

10) Nous refusons de payer pour leurs préparatifs de guerre: https://les7duquebec.net/archives/272751.

11)  Démasquons l’hypocrisie de la bourgeoisie – du Grand capital mondial – qui d’une main, arme les néoNAZI ukrainiens, les poussant à la guerre suicidaire « jusqu’au dernier ukrainien », contre la Russie impériale et nucléaire, – et de l’autre main, – inflige des embargos commerciaux à la Russie ce qui créent des pénuries (blé, céréales, engrais, gaz, pétrole…) qui provoquent des hausses de prix drastiques (hyperinflation) et des hausses de profits capitalistes, ce qui attaquent directement le pouvoir d’achat du prolétariat international – jusqu’à et y compris provoquer des famines dans les pays pauvres du Sud…et bientôt dans les pays faillis du Nord. https://les7duquebec.net/archives/272759.

12)  À l’évidence, le prolétariat international est entraîné dans cette guerre réactionnaire ukrainienne qui devient chaque jour plus mondialiste – dangereuse – globaliste. https://les7duquebec.net/archives/272453.

13)  Les larbins politiciens, ces godillots va-t’en guerre ignobles, sont aux commandes des États bourgeois et des institutions mondialistes – les mêmes qui ont manigancées et imposées la Plandémie hystérique globaliste du COVID qui nous accable depuis plus de deux ans… et que nous n’avons pas fini de payer de nos deniers. https://les7duquebec.net/archives/272716

 

Face à la pandémie bidon nombres de prolétaires (les camionneurs notamment) deviennent résistants…Hourra!
Face à cette guerre réactionnaire les prolétaires deviennent déserteurs…Hourra!
Face aux confinements déments le prolétariat chinois résiste…Hourra!
Face à l’inflation galopante nous faisons la grève…et nous bloquons la production…Hourra!

 

LETTRE OUVERTE CONTRE LA GUERRE IMPÉRIALISTE

robertbibeau@hotmail.com

Les deux drapeaux du Canada. Vexillologie, sémiologie et philosophie

Par : Ysengrimus

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YSENGRIMUS — Voici qu’on me demande pourquoi il y a une feuille d’érable sur le drapeau du Canada. La réponse courte, c’est que l’érable est l’arbre national du Canada donc que sa feuille se retrouve sur son drapeau. Mais il y a une réponse longue beaucoup plus passionnante. Laissez-moi vous la raconter. Vexillologie, sémiologie et philosophie se rencontrent dans cette étonnante petite arène. Vous n’allez pas vous ennuyer.

La Nouvelle-France est conquise par les Britanniques, en 1760. Nous faisons donc partie des colonies britanniques d’Amérique du Nord depuis un bon moment quand, en 1867, l’Angleterre victorienne décide de mettre en place le Dominion du Canada. Il s’agit de taponner ensemble toutes les colonies situées au nord du quarante-neuvième parallèle et n’ayant pas embrassé les valeurs de la république américaine. Les dites colonies sont alors au nombre de quatre et le Québec forme alors environ la moitié de la population de cet ensemble. Ce qui deviendra le Canada moderne est né (1867) mais pour le moment, tout est putatif dans ce conglomérat de colonies qui est un pseudo-pays, plutôt un dominion. Il s’appelle officiellement British North America, Amérique du Nord Britannique, et, en lui, pour le moment, tout est officieux. Nom putatif (Dominion of Canada ou Canada), capitale putative (Ottawa), hymne national putatif (Ô Canada) et… drapeau putatif.

Par principe général, quand on se réclame de la vaste obédience impériale britannique et que l’on veut engendrer un nouveau drapeau, cela fonctionne un peu comme une usine à saucisses. Les drapeaux coloniaux britanniques disposent en effet d’un modèle d’engendrement, un principe génératif, littéralement. Aux périphéries de l’empire, on part habituellement de fanions maritimes britanniques. Il y en a deux types. Le Blue Ensign (qui est un fanion des marines civiles et militaires britanniques) et le Red Ensign (qui est un fanion des compagnies maritimes britanniques). Pour produire un Blue Ensign, vous prenez un rectangle de tissu bleu. Vous placez en quartier (soit dans le coin supérieur gauche) de ce rectangle bleu, l’Union Jack (soit le drapeau du Royaume-Uni, avec les trois croix superposées), et, dans le battant du drapeau, vous placez l’écusson, le logo, l’acronyme, ou l’écu de votre club de voile, votre marina de yachts, votre île, votre phare, votre principauté, votre colonie, votre dominion, ou votre pays. Vous voici doté d’un étendard dans les règles, qui démarque votre spécificité, tout en vous affiliant ouvertement au vaste parapluie de l’Empire Britannique. Les drapeaux de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande sont des Blue Ensigns.

un Blue Ensign

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Maintenant, pour produire un Red Ensign, c’est exactement le même principe d’engendrement. Vous prenez un rectangle de tissu rouge. Vous placez en quartier (soit dans le coin supérieur gauche) de ce rectangle rouge, l’Union Jack (soit le drapeau du Royaume-Uni, avec les trois croix superposées), et, dans le battant du drapeau, vous placez l’écusson, le logo, l’acronyme ou l’écu de votre club de voile, votre marina de yachts, votre île, votre phare, votre principauté, votre colonie, votre dominion, ou votre pays. Vous voici, ici aussi, doté d’un étendard dans les règles, qui démarque votre spécificité tout en vous affiliant ouvertement au vaste parapluie de l’Empire Britannique. Or une vieille compagnie maritime coloniale britannique existait (en 1867, et existe encore aujourd’hui) sous nos hémisphères: la Compagnie de la Baie d’Hudson. Cette vénérable institution commerciale coloniale, fer de lance vif de la pénétration britannique dans les Amériques, fut fondée en 1670 (oui, oui, la Nouvelle France était alors sous Louis XIV). Or, elle avait pour drapeau un Red Ensign dont l’insigne de battant était l’acronyme en lettres blanches de la compagnie: HBC (Hudson Bay Company).

le drapeau de la Compagnie de la Baie d’Hudson

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Nos petits putatifs du Dominion du Canada partirent donc de ce Red Ensign séculaire et ils construisirent le premier drapeau du Canada, sur cette base d’engendrement. Ils remplacèrent d’abord l’acronyme des hudsonistes par une sorte d’écusson à tiroirs. Chaque fois qu’une nouvelle province s’agglutinait au Dominion du Canada, on ajoutait un segment de ses armoiries dans l’écusson à tiroirs qui en grossissait d’autant. Un jour, cet écusson à tiroirs devint trop gros et on le remplaça tout simplement par un écusson officiel stable pour les armoiries même du Canada. Cet écusson d’armoiries canadiennes subit certaines modifications mineures au cours des années mais le principe restait. Le drapeau du Canada fut un Red Ensign colonial pendant presque cent ans (1868-1965).

le vieux Red Ensign avec l’écusson à tiroirs
Red Ensign canadien définitif

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Tout le monde était très content de cela, en 1868, dans le Dominion du Canada, sauf les Québécois. Nous, les Québécois, que voulez-vous, l’Union Jack, pour nous, c’est et ça reste un drapeau d’occupant. Ça nous fait un effet trop durement Kommandantur de le voir pendouiller au dessus de nos têtes pour qu’on avale le truc. Le Red Ensign était donc peu arboré au Québec, qui disposa d’ailleurs, à partir de 1890 environ, de diverses versions d’un vieux drapeau colonial français à fleur de lys, dont une fut mise en forme et officialisée comme drapeau du Québec, en 1948. Nous en reparlerons un autre jour. Comme les bourgeois fédéraux du Canada anglais nous avaient imposé la constitution, la confédération, le parlementarisme de type britannique, la monarchie, la capitale, le nom de la capitale, la Gendarmerie Royale, le chemin de fer transcontinental, et le cheddar (to name a few), nous imposer le Red Ensign flottant par-dessus le tas n’était pas au dessus de leurs forces. Ils le firent donc, sans se complexer. Le Red Ensign canadien fut donc le fanion qui flotta gloriolleusement au dessus de nos troupes canadiennes à la Guerre des Boers, lors de la Première Guerre Mondiale, notamment à la bataille de Vimy (le Mémorial de Vimy arbore d’ailleurs encore les deux drapeaux du Canada, l’ancien et le moderne), et sur le glorieux cargo de Réal Laurendeau (et de tous ses concitoyens canadiens) lors de la terrible Bataille de l’Atlantique. L’âme canadienne (surtout canadienne anglaise) était solidement chevillée au Red Ensign. Pourquoi ce vieux drapeau fripé de gloire changerait-il? Pour apaiser ces râleurs de Québécois? Nah…

Pour comprendre l’étonnante conjoncture qui mena à l’apparition du drapeau canadien moderne, dont le nom officiel est l’Unifolié (en anglais: Maple Leaf Flag), il va falloir s’imprégner de toute la saveur subtile et complexe d’une époque, celle de l’après-guerre. Entre alors en piste un personnage dont le rôle sera central dans la mise en place de toute la problématique vexillologique, sémiologique et philosophique du drapeau canadien. J’ai nommé Lester Bowles Pearson (1897-1972). Ancien officier aviateur de la Grande Guerre, Lester B. Pearson, que ses compagnons d’arme surnommaient Mike Pearson —je sais pas pourquoi, c’était son nom de guerre— est, à partir de 1946, un diplomate canadien. Il circule dans les circuits feutrés de la diplomatie canado-américano-britannique. C’est la Guerre Froide et c’est aussi la décolonisation. Entre 1946 et 1966, les deux nations les plus copieusement honnies en Afrique et en Asie sont deuxièmement la France et premièrement, cardinalement, le Royaume-Uni. Les anciens empires coloniaux français et britannique sont ardemment rejetés et combattus par de nombreux peuples luttant pour leur décolonisation. On en vient aux mains, sur cette question, dans plusieurs recoins du monde et Lester B. Pearson se rend discrètement compte qu’il ne fait pas trop bon, dans la période 1946-1966, de se réclamer de l’héritage britannique, un peu partout dans un monde en pleine ébullition moderniste.

Le Canada est un pays neuneu et sympa-sympa qui peut se vanter du fait qu’un bon nombre des événements historiques déterminants pour son histoire nationale sont survenus… en dehors de son territoire national. Ce sera le cas de l’impulsion initiale menant à la mise en forme du drapeau du Canada moderne. En 1956, le diplomate Lester B. Pearson est devenu une figure éminente de l’ONU et il est un des architectes de la mise en place des Casques Bleus, ces bons petits soldoques de pays gentils-gentils qui se braquent entre les belligérants de conflits de théâtres pour crucialement calmer le jeu. (Lester B. Pearson obtiendra même le Prix Nobel de la Paix, en 1957, comme co-fondateur des Casques Bleus). La crise internationale qui sera déterminante pour l’apparition du nouveau drapeau du Canada, ce sera la Crise de Suez (1956). Turlupinée dans ses détails douloureux, cette crise spécifique de la décolonisation est finalement assez simple dans son principe. Le président Nasser d’Égypte en a plein le dos que les deux anciennes puissances coloniales en collaboration, France et Angleterre, fassent de l’argent comme de l’eau avec le canal de Suez. Le président Nasser saisit donc Suez, l’occupe militairement, et le nationalise. Les vieux coloniaux se rebiffent et la chiasse prend par là. Ensuite, ça devient vite compliqué, notamment quand les deux belligérants pesants de la Guerre Froide, USA et URSS, fourrent leur nez dans l’histoire. L’ONU, discrètement pilotée par Lester B. Pearson, envoie, à un certain moment, des régiments de Casques Bleus pour calmer le jeu. On utilise les bons gars de service à la tête froide habituels, des Danois, des Norvégiens, des Finlandais… des Canadiens. Nos petits gars se pointent donc en Égypte en arborant sur leurs véhicules et à l’épaulette, le drapeau canadien… le Red Ensign. Ils se font vite pointer des mousquetons égyptiens dans les naseaux et c’est: Vous êtes des troupiers coloniaux britanniques, vous dégagez. Réplique: On est pas des troupiers britanniques on est des Casques Bleus canadiens. Réplique: Regarde ton drapeau, baquais, c’est un Union Jack, tu es britannique, et tu dégages. Lester B. Pearson fronce le sourcil, depuis le fond de son officine onusienne. Cette belle obédience britannique si explicitement symbolisée dans la charpente intime du drapeau canadien est désormais un emmerdement potentiel permanent à l’international. Il ne l’oubliera pas.

Il est donc piquant de constater que ce ne sont pas des enjeux nationaux mais bien des enjeux internationaux qui instillèrent dans le premier cerveau décisionnel l’idée de changer le drapeau canadien. Lester B. Pearson, devenu homme politique, après le petit coup de prestige de sa prestation onusienne, va inscrire dans le programme de son parti, le Parti Libéral du Canada, la mise en place d’un drapeau distinctif pour le Canada. Mais cette priorité sera un peu enterrée par tout le reste de l’immense plate-forme libérale du temps, tous les détails complexes de la mise en place de ce qui deviendra l’état providence des Trente Glorieuses. En 1963, le Parti Libéral du Canada gagne ses élections et Lester B. Pearson devient premier ministre du Canada. C’est un gouvernement minoritaire. Cela signifie que les conservateurs de John Diefenbaker sont encore puissants en chambre. Les Libéraux, au début, mettent en place leur grand chantier de réformes sociales et ne pensent plus trop au drapeau. Mais, assez vite, Lester B. Pearson, qui est resté très branché politique internationale, constate que les militaires canadiens seront bientôt requis pour intervenir comme Casques Bleus dans une nouvelle crise régionale, la Crise de Chypre de 1963-64. Chypre c’est cette île porte-avion de l’OTAN au fond de la cuvette méditerranéenne. La chiasse inter-communautaire est pognée là-bas et ce, depuis 1955 environ. Il y a les Turcs au nord, les Grecs au sud, une ligne de démarcation se dessine inexorablement entre ces deux groupes qui, pour le moment, revendiquent tous les deux l’intégralité de l’île. En même temps, Chypre, qui fut longtemps occupée par les Britanniques (décolonisation survenue seulement en 1960, après cinq ans de guerre de libération), a encore une concession britannique sur son territoire, c’est-à-dire qu’il y a une portion de l’île que les Britanniques tiennent encore et gardent pour eux, comme ça. Les chypriotes grecs et turcs, en plus de se combattre les uns les autres, sont donc aussi très remontés contre les Britanniques. Lester B. Pearson ne peut pas envoyer les petits gars la dedans avec le Red Ensign à l’épaulette et sur les véhicules et les baraquements. Ils vont se faire tirer dessus et ce, à cause d’un drapeau, un vieux drapeau totalement pas rapport (comme disent les petits jeunes d’aujourd’hui).

Lester B. Pearson va donc devoir activer ce segment de ses promesses électorales plus tôt que prévu. Il convoque un Comité du Drapeau Canadien et c’est alors: Messieurs, il faut un nouveau drapeau distinctif pour le Canada et ça presse. Vous avez un an. Vaste programme. Ce Comité du Drapeau est un comité parlementaire. Sa composition reflète donc la composition du parlement canadien. Autant dire que le rapport des forces entre les Libéraux et les Conservateurs y est quasiment égal. Il y a aussi, une troisième force politique, progressiste et remuante, le glorieux Nouveau Parti Démocratique, de Tommy Douglas, plus ou moins l’équivalent canadien des travaillistes britanniques. Le comité du drapeau est présidé par un epsilon mais il est surtout animé (chaired) par un dénommé John Matheson (1917-2013), député de l’Ontario énergique, et fidèle comparse du premier ministre Lester B. Pearson.

Le comité du drapeau va d’abord et avant tout faire un grand appel populaire. Envoyez-nous vos maquettes de drapeau. La réponse est massive. Les gens font ça sur des chiffons ou sur du papier blanc avec des crayons à colorier. Environ 3,500 maquettes de drapeau sont soumises. C’est le carnaval joyeux des années 1960 et tout y passe, des loups, des ours, des castors, des outardes, des sapins, des érables, des étoiles polaires, des aurores boréales, des drapeaux dans le drapeau, des cartes du Canada stylisées, des dessins non figuratifs, courbes, lignes, arabesques de couleurs. Il y aura même un drapeau du Canada Beatles. Sur fond blanc à la croix symétrique rouge (croix de Saint George) et avec une fleur de lys bleue au centre, un Beatle par quartier. Ça va être une vraie fête. John Matheson ne retiendra pas grand-chose de ce débordement d’enthousiasme populaire et de créativité débridée mais il va quand même procéder à une sorte de petit sondage informel et non scientifique. Il va colliger et dénombrer tous les symboles apparaissant dans ces 3,500 propositions. Ce sera pour observer que, seule ou accompagnée, la feuille d’érable arrive largement première, devant les castors, les outardes, les fleurs de lys et autres étoiles polaires. Matheson va aussi observer que les Union Jack seules ou accompagnées ne figurent pas très haut au classement. On dirait que les canadiens sont prêts pour un changement des symbolismes. John Matheson rapportera le résultat de ces observations à Lester B. Pearson qui s’en réjouira.

La feuille d’érable est un symbole ancien au Canada. C’est tout d’abord un trait d’imagerie canadien-français. Elle décore notamment, en boisseau ou en couronne ornementale, les Unes de certains journaux canadiens-français dès le XVIIIe siècle. Il s’agit de l’érable sucrière (Acer saccharum), celle dont les feuilles se colorent si vivement, en automne. Elle fournit cette eau sucrée (dont on fait le sirop d’érable) que les aborigènes nous faisaient boire autrefois, quand nous crevions de froid dans nos bourgades mal fortifiées, au tout début de la colonie. C’est un symbole subtil d’entraide collective et de fraternité de l’ancien temps. Comme ce fut le cas pour l’hymne national, les canadiens anglais se sont graduellement appropriés le symbole de la feuille d’érable, au cours du XIXe siècle. Et, dès le début du XXe siècle, elle apparaît comme un signe de ralliement canadien et ce, tant pour les anglophones que pour les francophones. Ravi de l’importance qu’elle semble désormais revêtir dans les masses, Lester B. Pearson va prendre une grave initiative vexillologique qui va passer proche de tout faire capoter.

Il faut comprendre que le premier ministre à cette époque est un personnage prestigieux. Le premier ministre, c’est celui qui parle au roi ou à la reine. Il est une figure d’autorité tranquille et les canadiens, peuple mouton par excellence, sont respectueux de ce genre de figure. Aujourd’hui, le premier ministre, c’est le saltimbanque en costard qui fait cuire des chiens-chauds devant le Tour de la Paix lors des Fêtes du Canada. Mais du temps de Lester B. Pearson, le premier ministre était une figure qu’on ne barouettais pas comme ça. Quand il engageait son prestige, cela avait un poids. Et c’est ce que Lester B. Pearson va faire, justement. Il va engager tout son prestige de premier ministre dans un choix vexillologique décisif. Il va faire concevoir un projet de drapeau du Canada selon ses idées et ses spécifications. Cette maquette de drapeau est passée à l’Histoire sous le nom de Pearson Pennant, le Fanion de Pearson.

le Pearson Pennant

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C’est ici que s’instaure crucialement l’élévation vexillologique, sémiologique et même philosophique du problème du drapeau canadien. Lester B. Pearson veut faire neuf et distinctif. Il veut se donner un drapeau réduisant au strict minimum les symbolismes et éliminant intégralement les codes héraldiques hérités. Pour ce faire, il va jouer la carte d’un drapeau iconique, un tableau indubitablement, stylisé naturellement, mais un tableau. Un rameau de feuilles d’érables d’automne, rouges donc, stylisé en un trifolié, est délicatement déposé sur un lit de neige hivernale, blanche, entre deux cours d’eau, bleus, deux océans en fait, l’Atlantique et le Pacifique, en référence attendrie à la devise du Canada D’un océan à l’autre, Coast to coast, A mari usque ad mare. Fuyant ouvertement les symboles, le premier ministre canadien mise sur l’image picturale stylisée. Ce sera le tollé.

Le Fanion de Pearson va parvenir à faire consensus… contre lui. Quand Lester B. Pearson va le présenter à une assemblée d’anciens combattants dans l’ouest canadien, ils vont passer proche de se faire écharper, lui et son fanion. Les Conservateurs, qui sont viscéralement réacs, n’acceptent tout simplement pas que le glorieux étendard du Dominion, vétéran de toutes les guerres impériales, se fasse intempestivement remplacer par une espèce de zinzin pop qui ressemble à une étiquette de canisse de sirop d’érable. Non. C’est non. Les Libéraux, les hommes même de Lester B. Pearson, ressentent, eux, un malaise plus étoffé et subtil. Sans malice et comme instinctivement, ils recherchent des symbolismes dans la maquette de drapeau de leur premier ministre. D’abord, ils demandent, pourquoi trois feuilles d’érables? Est-ce que cela représente les trois peuples fondateurs du Canada, les Indiens, les Français et les Anglais? Et alors, la feuille d’érable du dessus, c’est celle qui symbolise les Anglais et elle domine les deux autres, qui se penchent? Lester B. Pearson essaie d’expliquer que non, qu’il n’y a absolument aucun symbolisme là. Que c’est juste la représentation visuelle d’un bouquet de feuilles d’érables (comme sur les armoiries du Canada) et que, comme cette représentation visuelle est stylisée pour être bien visible quand le drapeau flotte, ça sort comme un trifolié. Pas de symbolisme ouvert ou secret du chiffre 3, aucun. Mais il n’arrive pas à se débarrasser de la symbolique parasitaire des soi-disant trois peuples fondateurs. Un autre problème important, ce sera celui des couleurs. Oh, du bleu, du blanc, du rouge… on vous voit, monsieur le premier ministre. Vous êtes en train d’insidieusement nous républicaniser. C’est l’américanisation des temps modernes? Il faut dire qu’au Canada, la combinaison convenue des couleurs bleu, blanc, rouge, c’est de la poudre à canon. D’abord, ça fait français, ensuite ça fait américain et surtout, surtout par-dessus tout, ça fait république. Or le Canada est une monarchie qui se définit intrinsèquement par négation des poussées républicaines en terre américaine. Donc, ça ne passe pas, ce tricolore furtif. Lester B. Pearson s’évertue à expliquer qu’il n’y a pas de symbolisme tricolore dans sa maquette de drapeau. C’est juste, exclusivement, iconiquement, le bleu de l’océan, le blanc de la neige, et le rouge des feuilles d’automne, sans plus. Rien n’y fait. Le Pearson Pennant est perçu, par ceux qui sont pourtant censés le défendre, comme la demi-trahison d’une sorte de tricolore américanophile maladroitement déguisé. Voilà un autre symbolisme parasitaire dont on n’arrive pas à se débarrasser. Lester B. Pearson découvre à ses dépends qu’un drapeau, c’est un rectangle aux symboles et que, quand on prétend évacuer les symbolismes par la porte, en un tel espace, ils rentrent par la fenêtre, spontanés, vernaculaires, réinvestis, incontrôlés, parasitaires. Personne ne voudra du Pearson Pennant. Les seuls qui lui réservent un accueil relativement favorable sont les Québécois. Ils tapent sur les cuisses de leur premier ministre anglo-canadien et se félicitent de le voir enfin retirer l’Union Jack du drapeau fédéral. Les Québécois ricaneurs, goguenards et contents, c’est pas nécessairement les meilleurs alliés pour convaincre le ROC (rest of Canada, soit le Canada anglais) d’une idée, quelle qu’elle soit. Mais en tout cas, l’apparition de la maquette du drapeau du premier ministre vient de faire abruptement passer son petit problème international au plan national. Les Québécois n’accepteront plus l’Union Jack sur le drapeau du Canada. Et dans leur cas aussi, le temps commence à sérieusement presser. C’est que le Québec aussi connaît —d’autre part— sa cuisante phase de décolonisation. Les attentats terroristes du FLQ se multiplient et, bon, tous les efforts (même les plus symboliques et les plus dérisoires) doivent désormais être fait pour que le Québec se retrouve des pulsions d’identification à l’ensemble canadien, si tant est. Aussi, sur le drapeau comme sur tout le reste, la boîte de Pandore est maintenant ouverte. Le Grand Débat du Drapeau du Canada est déclenché. Et les positions vont vite se polariser.

Cette question, un peu pinailleuse, de la couleur bleu sur le drapeau sera l’astuce argumentative qu’utilisera John Matheson pour s’objecter insidieusement et diplomatiquement au projet de drapeau de son chef et premier ministre. C’est alors que Matheson produira sa fameuse phrase historique: Blue is not an official canadian color (eh oui, on a les phrases historiques qu’on a). Cette réactivation de la question des couleurs officielles canadiennes par Matheson pour canaliser et légitimer l’hésitation libérale de 1963-1964 sur le Pearson Pennant mérite qu’on s’y arrête. Il faut, pour ce faire, reculer un peu dans le temps. En 1921, il n’y a pas de problème de drapeau au Canada. Le drapeau (putatif) du Canada, c’est le Red Ensign et personne ne s’objecte. D’ailleurs dans trois ans (en 1924), ledit Red Ensign obtiendra le statut de drapeau quasi-officiel, vu qu’il ne flottera plus seulement sur les navires et véhicules militaires mais aussi sur les édifices gouvernementaux fédéraux. Il n’y a pas encore de problème de drapeau au Canada, dans l’entre-deux-guerres, donc. Par contre, et indépendamment de la question vexillologique, en 1921, se manifeste soudain le besoin de couleurs officielles pour le Canada. Il faut effectivement des couleurs nationales stabilisées pour les bandes de parchemins, les rubans et les pourtours de médailles, les uniformes protocolaires, même les murs et cloisons de certains intérieurs officiels. Le Canada recherche ses couleurs officielles. Là, le roi va s’en mêler. Le roi d’alors, c’est George V (le grand-père d’Elizabeth II). George V (1865-1936), c’est peut-être le dernier vrai roi de l’Empire Britannique. Il s’occupe de tout, fourre son nez dans tout, s’intéresse à tout ce qui se tambouille jusqu’aux confins de l’empire. Il aborde toutes les questions, est au four et au moulin, se lève à cinq heure du matin tous les jours pour s’asseoir à son bureau et fricoter ses bébelles impériales. Il fourre son nez et sa grosse barbe dans toutes les affaires de son vaste monde sur lequel le soleil ne se couche jamais. Intelligent, vif, matois, touche-à-tout doué, chafouin, hyperactif, sémillant, hypervitaminé, c’est une sorte de roi-Sarkozy. Alors, la question des couleurs officielles de son grand dominion nordique des Amériques se retrouve éventuellement sur son bureau et il la règle ainsi. Qu’est-ce que le Canada? Le Canada c’est la rencontre calme et rassérénée des deux plus grandes cultures politiques et historiques d’Europe en terre américaine: la Culture Anglaise et la Culture Française. Les couleurs officielles du Canada seront donc l’union constante et indissoluble des couleurs anglaises (entendre: couleurs de la monarchie anglaise) et des couleurs françaises (entendre: couleurs de la monarchie française, hein, pas celles du peuple français ou de sa république). Comme le roi est un roi, il pense et visualise les couleurs depuis le fond de son petit bocal monarchique. La couleur officielle anglaise c’est le rouge. En effet, depuis plusieurs siècles, la couleur des rois d’Angleterre est le pourpre vif. C’est pour cela que les salles sénatoriales et autres House of Lords sont des Salons rouges. On raconte d’ailleurs qu’au Moyen-Âge, la teinture rouge était rare et chère. Les rois anglais en décoraient donc les murs de leurs salles publiques pour faire sentir leur puissance à leurs vassaux, un peu comme avec de l’hermine ou de l’or. La couleur officielle française, pour sa part, c’est le blanc. En effet, la couleur du drapeau des rois Bourbons est le blanc uni, sans aucun motif. La seule couleur française visible aux yeux royaux de George V ce sera donc le blanc. Les couleurs officielles du Canada seront donc le rouge et le blanc, ensemble, unis mais distincts. Quand, quelques quarante ans plus tard, John Matheson agitera cette marotte des couleurs officielles du Canada et l’appliquera, pour la toute première fois, à la question spécifique du drapeau, cette sémiologie des origines anglaise et française des deux couleurs officielles se sera un petit peu obscurcie. Le blanc et le rouge ensemble sont désormais perçus comme fondamentalement et indissolublement canadiens. Pas le bleu. De fait, pour bien montrer que le blanc (français) et le rouge (anglais) ont perdu dès 1963-64 la valeur sémiologique que leur avait assigné le roi en 1921, intéressons nous brièvement à une des nombreuses maquettes de drapeau canadien qui ne fut pas retenue.

maquette de drapeau des Native Sons of Canada

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Cette maquette, soumise en 1963-64 par les Native Sons of Canada, en est une qui, justement, sémiologise très ouvertement les couleurs officielles du Canada, dans l’encodage qu’en avait fait initialement le roi, en 1921. Si on lit, de gauche à droite comme un texte, la narration que cette maquette produit, elle est particulièrement limpide. Les Français (blanc, avant mais en dessous) apparaissent en premier et les Anglais (rouge, après mais au dessus) arrivent ensuite et prennent place. Malgré cette situation historique de domination, les droits des deux peuples fondateurs sont égaux (symétrie en volume de la répartition des deux couleurs répondant, malgré la démographie, à la hiérarchie temporelle et spatiale de leur disposition). La feuille d’érable, qui est rouge (ceci NB), est centrale. Elle verrouille le lien entre le blanc français et le rouge anglais et elle suture l’unité canadienne. Cette maquette ne fut pas retenue pour des raisons vexillologiques (feuille d’érable à demi rouge sur rouge et donc très difficilement discernable quand le drapeau flotte) mais aussi sémiologiques (obscurcissement de l’analyse initiale de George V sur la sémiologie biculturelle des couleurs officielles). Cette maquette aurait été vexillologiquement et sémiologiquement indiscernable. Les couleurs officielles ne symbolisent plus vraiment les deux peuples fondateurs. Elles valent désormais strictement pour le Canada lui-même. And blue is not an official canadian color.

Nous revoici donc en 1963-64 et les positions continuent de se polariser, sur la question du drapeau. Le problème, de plus en plus passionnel, a maintenant une ampleur nationale et il faudrait maintenant arriver à le résoudre alors que, de fait, il s’enlise. D’un côté, on a les Libéraux du Comité du Drapeau qui défendent, mollement et sans joie, le choix de leur chef et premier ministre. De l’autre, les Conservateurs du Comité du Drapeau vont se cabrer encore plus fort dans la réaction. Comme il semble qu’il faille se résigner à reléguer le Red Ensign, les réacs vont formuler plus fermement leur choix de drapeau. Nous sommes britanniques, nous sommes impérialistes (au sens technique du terme, des suppôts revendiqués de l’Empire Britannique), nous sommes une colonie. Nous proposons donc de prendre lUnion Jack en quartier, de l’étirer, et de l’étendre à tout le drapeau. Le drapeau du Canada sera le drapeau du Royaume-Uni. Poils aux sourcils. L’Algérie c’est la France, mes estis. Lester B. Pearson se pogne la tête. C’est là le contraire diamétral de ce qu’il recherchait. Le Comité du Drapeau est coincé. Projet 1: le Pearson Pennant défendu sans ardeur par les Libéraux. Projet 2: l’Union Jack plein défendu farouchement par les Conservateurs. We’re stuck. Et rien ne bouge. Et le temps passe.

C’est alors que va se manifester une sorte de personnage providentiel. Et, bien souvent, au Canada, les personnages providentiels, se nomment Stanley. C’est pas pour rien que la toute consensuelle coupe de hockey sur glace s’appelle la Coupe Stanley. Ici notre lutin salvateur de service, ce sera donc un certain George Stanley (1907-2002). Il contacte John Matheson et, en substance, il lui dit: Johnny, I’ve got your flag! (ceci est évidemment un tour apocryphe. Stanley a, en fait, écrit à Matheson une lettre très officielle et très formelle de quatre pages). George Stanley était alors doyen de faculté aux très réac et très pompeux Collège Royal Militaire du Canada de Kingston (Ontario). C’est un historien militaire, un peu vexillologue, un peu gars d’héraldique… mais surtout, ce monsieur est un conservateur indubitable. Si quelqu’un peut apprivoiser les réacs canadiens et les amener en douce à opter pour un nouveau drapeau, c’est lui. D’ailleurs ce collège militaire où il est doyen de faculté est une institution parfaitement honorable. C’est un peu le petit West Point du nord. C’est une institution bien réac et bien ronron. Tous les conservateurs, galonnés, culottes de peaux et autres bellicolâtres sont passés par là, sont des anciens de cette institution là, ou rêvent de l’être ou de l’avoir été. Le prestige symbolique du Collège Royal Militaire du Canada de Kingston ne pourra pas être contesté ou contestable par tout ce qui grouille de conservateurs et de nostalgiques impériaux au Canada. Stanley et Matheson se rencontrent à Kingston en 1964 et Stanley montre à Matheson, le fanion du Collège Royal Militaire du Canada, nommément l’horreur suivante:

fanion du Collège Royal Militaire du Canada

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Délicatement déposé sur un bâton de canne de bonbon nouant intimement les deux couleurs officielles du Canada, un bras d’armure tient solidement et irréversiblement une touffe de feuilles d’érables canadiennes (encore largement perçues comme canadiennes-françaises) sous la couronne impériale britannique. Avec un tel fanion, le Collège Royal Militaire du Canada formule explicitement son rôle et sa fonction qui est celui d’instruire les galonnés sourcilleux chargés d’occuper le Canada et de le maintenir fermement dans le giron de l’empire. Redisons-le, l’institution dont cet étendard est le fanion est une institution parfaitement indubitable et irréfutable. Tandis que John Matheson blêmit, George Stanley lui explique l’astuce qu’il couve. Pour que les réacs canadiens lâchent l’Union Jack une bonne fois, il faut leur donner, en compensation émotionnelle et idéologique, un solide fond de drapeau sécurisant, issu d’une institution irréprochable. Ce fond de drapeau, il est ici, à Kingston. Bande de mât rouge, pal (c’est-à-dire bande verticale centrale du drapeau) blanc, bande de battant rouge, illustration encadrée, au centre. Votre problème de bleu est réglé dans le mouvement, et nos réacs sont rassérénés car le fond de drapeau provient d’un des fleurons sûrs de notre glorieuse histoire militaire. Et ensuite, sur ce fond de drapeau bichrome, rassurant pour les réacs, on procède au fameux dépouillement des symboles tant revendiqué par le premier ministre. On y parviendra en rapprochant prudemment l’illustration du pal de ce que le bon Pearson propose dans son fanion. Compromis. Matheson se dit alors que le coup est peut-être jouable. Il contacte le premier ministre et un ping-pong s’instaure, entre Kingston et Ottawa. Lester B. Pearson en profite pour faire éliminer les symbolismes parasitaires qui le turlupinent depuis un moment —sous la pression assez vociférante du public— dans sa propre maquette. Il admet la disparition du bleu, fait remplacer le trifolié par un unifolié (au diable cette complication infinie et hasardeuse de trois peuples fondateurs avec un des trois dominant les deux autres — les canadiens sont un peuple unique, point), et surtout il insiste bien pour que les autres symboles coloniaux du fanion du Collège Royal Militaire du Canada, notamment la couronne impériale, soient soigneusement retirés de la maquette finale. Stanley procède à tous les rajustements, dans le cadre de son concept de départ. On en arrive donc à une troisième proposition à soumettre au comité, un unifolié bichrome, dont la feuille d’érable sucrière (Acer saccharum) était initialement plus figurative. C’est donc finalement George Stanley qui est crédité, par l’Histoire, de la conception de l’unifolié canadien définitif.

le vieil unifolié (le fanion de Stanley)

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Matheson va ensuite produire l’unanimité de son comité sur ce troisième choix, contre les deux autres choix. Ce sera une unanimité fabriquée de toutes pièces, mise en place en faisant croire à un côté du comité que l’option trois permettra de battre l’autre côté du comité en nullifiant ses priorités. Aux réacs, on fait valoir qu’ils écrabouillent le chiffon tricolore du premier ministre en mobilisant la force conservatrice, monarchiste et fiable du fanion militariste du Collège Royal Militaire du Canada. Aux libéraux et progressistes, on fait valoir que l’on se retrouve avec un Fanion de Pearson amélioré, dépouillé, débarrassé de ses symbolismes impropres et parasitaires… et surtout le saudit Union Jack est enfin bazardé. Des deux choix, on prend… le troisième. Et l’unanimité du comité parlementaire —cette unanimité armée, chamarrée d’astuces et de jeux de coulisses— se fait donc sur l’Unifolié. En voici la version moderne (feuille d’érable plus stylisée, pour une meilleure visibilité quand le drapeau flotte).

l’unifolié moderne (drapeau du Canada actuel)

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Le problème n’est pas tout de suite résolu. John Diefenbaker, chef conservateur de l’opposition, va fustiger ses membres du Comité du Drapeau. Il va leur faire valoir qu’ils se sont fait avoir, que l’Union Jack est tombée, qu’ils se sont fait fourguer une version à peine atténuée de l’étiquette de sirop d’érable à Pearson. La bataille va donc reprendre de plus belle, à la Chambre des Communes. Après une procédure d’Obstruction Systématique des Conservateurs et 250 discours souvent rageurs, le drapeau sera voté à la majorité simple de la chambre, les Libéraux et les Néo-démocrates ayant voté ensemble. Il est hissé le 15 février 1965. Les canadiens l’adoptent très vite. Ils étaient prêts, eux aussi, pour leur petite décolonisation, au moins dans les signes.

Le Red Ensign n’est pas parti se cacher dans les musées pour autant. Deux provinces canadiennes anglaises, l’Ontario et le Manitoba, se sont rebiffées de voir disparaître le glorieux étendard du premier Canada. Plus tard dans l’année 1965, ces deux provinces canadiennes ont donc activé l’usine à saucisses vexillologique à leur tour et se sont chacune données un Red Ensign comme drapeau provincial. Avec écusson de l’Ontario dans le battant du Red Ensign de l’Ontario et avec écusson du Manitoba dans le battant du Red Ensign du Manitoba. Ainsi va ce qui va. Ces deux drapeaux flottent encore aujourd’hui sur ces deux parlements provinciaux.

drapeau de l’Ontario
drapeau du Manitoba

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Que dire aujourd’hui, deux générations plus tard. Eh bien, l’esprit de Lester B. Pearson flotte toujours un petit peu tout de même, dans les replis du drapeau canadien actuel. Quand on le regarde flotter, dans la brume ou dans la boucane de nos trop nombreuses guéguerres locales, on a vaguement l’impression de discerner une sorte de drapeau de la Croix rouge, gentil, modeste, impartial et hiératique, en réminiscence des priorités de paix internationale et de neutralité qui présidèrent à son émergence. Le drapeau du Canada est solidement distinctif et il est aussi bel et bien exempt de symboles héraldiques vieillots. En cela, il vieillit bien (ses origines militaires kingstoniennes, astuce de départ pour atteindre une cause plus haute, tombent doucement dans l’oubli). Là aussi, Lester B. Pearson a gagné son pari.

Mais la victoire n’est pas intégrale. La première version de l’Unifolié (Le Fanion de Stanley) valorisait spécifiquement l’érable sucrière (Acer saccharum). Or cet érable ne poussait effectivement, en 1965, que dans deux des dix provinces canadiennes, l’Ontario et le Québec, berceaux historiques du Canada. Il y eut donc alors des voix pour dire que le vieux colonialisme impérial avait été remplacé par un second colonialisme, plus insidieux, celui de l’est du pays sur l’ouest du pays. Depuis que la feuille d’érable est stylisée, elle symbolise n’importe quel érable de n’importe quelle essence. Et, priorité du symbolisme national oblige, dans le dernier demi-siècle, différentes essences d’érables ont été pieusement importées et implantées au Canada, terre d’immigration même pour les érables! Tant et tant qu’il y a maintenant, dans tout ce vaste pays, au moins une douzaine d’essences érablières distinctes et il pousse des érables d’une espèce ou d’une autre dans les dix provinces canadiennes. Mais les trois territoires, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, et le Nunavut, n’ont pas d’érables et ne pourront probablement jamais en avoir. En effet, dans ces espaces titanesques, c’est la toundra, c’est le pergélisol, c’est la banquise, c’est le troisième océan canadien, l’Océan Arctique. Et il flotte, sur ces espaces infinis et purs, un drapeau bien intentionné mais qui symbolise désormais un petit peu un troisième colonialisme canadien, celui de son sud prospère et urbain sur son grand nord aborigène, sous-développé, désertique, fragile, immémorial et mystérieux.

Non, Lester B. Pearson et tous les progressistes ronron qui luttèrent à ses côtés pour décoloniser notre sémiologie fédérale ne l’emportèrent pas complètement. Mais quel joli bouquet philosophique nous ont-ils laissé en héritage attendrissant de leur si dérisoire mais si louable effort de définition collective de soi.

La stratégie de prise de pouvoir de Mélenchon est presque parfaite!

Par Brigitte Bouzonnie.

 

Je viens d’écouter le politologue Jérôme Jaffré sur France Inter (replay : 08 mai 2022, 6 heures 55) dresser un portrait de Mélenchon.

En particulier, à la question : “On présente Mélenchon comme le patron de la gauche radicale. Mais si on l’écoute bien : celui auquel il se réfère sans cesse c’est François Mitterrand. Est-ce qu’on peut être radical et mitterrandiste à la fois ? Cela parait assez paradoxal…?(sic).

Réponse de Jérôme Jaffré : “Oui, ç’est possible (d’être à la fois radical et mitterrandiste) : car radicales, ce sont les propositions verbales. Et le mitterrandisme au pouvoir, c’est le talent d’être opportuniste. Il faut se souvenir que Mitterrand, quand il a conquis le pouvoir au sein du PS en 1971, proposait un programme de rupture avec le capitalisme. Au fond, l’idée, c’est que si vous voulez intéresser les classes populaires, et qu’elles votent pour vous, il faut proposer des changements radicaux. Quitte, au Gouvernement, à devoir tenir compte des difficultés à changer les choses. Mais si vous commencez par des accommodements, compromis, vous n’arrivez pas à intéresser l’électorat de gauche. En cela, il y a une grande ressemblance entre Mitterrand et Mélenchon”(sic).

Entre les lignes, on comprend assez bien la stratégie de prise de pouvoir de Mélenchon.

1°)-Dans un premier temps, on défend nuit et jour un programme de réformes économiques et sociales volontairement très à gauche: par exemple, le programme “L’Humain d’abord” du Front de gauche, PG +PCF. Le lecteur l’a peut être oublié, mais dans ce programme 2012, il y avait une excellente proposition, rédigée par le syndicaliste Claude Debons, animateur du mouvement social de 1995, proposant de donner un droit de véto aux salariés, permettant de contre carrer les plans de licenciement des employeurs (1).

2°)-Puis, lorsqu’on se rapproche de la prise de pouvoir effective, on opère un aggiornamento du programme, comme la bascule opérée en 2017, transformant la FI en PS bis. Le très bon droit de véto donné aux salariés est remplacé par l’insipide planification écologique, simple morceau de papier techno, ne mangeant pas de pain. La preuve (?)  Macron est prêt à la mettre en oeuvre !

Autre exemple : la possibilité de sortir de la zone euro, prévue dans le programme 2017, ce qui était une concession majeure faite aux eurosceptiques, est remplacée dans le programme 2022 par des “désobéissances ponctuelles aux traités”. Soit une sottise absolue sur le plan juridique. Prévoir en toutes lettre, comme mesure juridique, une “désobéissance” aux traités est du pur foutage de gueule. Et je fais du droit depuis l’âge de 18 ans.

De son côté, le PS prévoit une “dérogation” aux traités européens. PS et FI réinventent une Europe de contes de fées, où il serait possible de “désobéir”, “déroger”, comme on achète sa baguette de pain. Où il serait possible de contrevenir à une dictature bruxelloise, marionnette de l’Etat profond américain. Naturellement, c’est du pur attrape couillons !

Il en résulte plusieurs observations :

1°)-Ce glissement idéologique substantiel, entre d’une part, des proposition social- démocrates de gauche fortes, de nature à donner du pouvoir au Peuple dans l’entreprise (2012). D’autre part, des mesures à peine dignes du parti radical de gauche (2022), préfigure assez bien la gestion droitière de Mélenchon au pouvoir, si d’aventure, il devient Premier Ministre de Macron dans deux mois. Ce sera la “deuxième droite”, comme analyse très bien le camarade Jean-Pierre Garnier.

2°)- Cette stratégie plan A (propositions très à gauche), plan B (virage idéologique à droite et gestion droitière au pouvoir), sur le modèle du parcours idéologique de Mitterrand depuis 1971, était dans la tête de Mélenchon, depuis novembre 2008, date de la création du PG à Asnières. J’étais dans la salle, et le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’étais pas convaincue par les propos tonalité PS des différents orateurs qui se sont succédés : Simonet, Corbière…sauf Claude Debons : le seul que j‘ai trouvé lutte des classes. Naturellement, il n’est pas resté au PG, le quittant fin 2009. Ce que voyant, JLM a gauchi sa ligne, mais uniquement sur le plan verbal. Il s‘agissait juste d’hameçonner l’électeur de gôche par de jolies propositions de changement social, qui frappent l’esprit et le regard.

Mais, dès le début, il était clair pour Mélenchon que ce discours de gauche radicale n’était qu’une posture. Pour ne pas dire une imposture. Il s’agissait uniquement de reconquérir l’électorat jeune et ouvrier. Mission accomplie en 2017, puisque 25% des ouvriers et 25% des jeunes ont voté Mélenchon. Et permettre à ces Messieurs-Dames de la direction de la FI (coucou Corbière, coucou Lachaud, coucou Autain, coucou Quatennens….) d’avoir un poste de député, vivre sur un grand train sur nos impôts.

Alors que je lui expliquais que j’avais milité 10 ans au Parti de gauche/ France insoumise, le regretté Claude Karnooh, qui avait longtemps milité au Parti communiste, m’a répondue : “la France insoumise, c’est une plaisanterie” (sic). Il avait raison à 300% ! Je n’ai même pas cherché à défendre la FI. Pour sauver la mise, je lui ai dit que j’étais aussi restée dix ans au PSU, et il m’a dit : “le PSU, c’était un parti sympa” !

3°)- Mélenchon n’est pas le premier fils spirituel de Mitterrand à utiliser cette stratégie à double détente. Souvenons-nous de Laurent Fabius, première manière. Dans son excellente biographie sur Georges Marchais, -”L’inconnu du Comité central”, édition de l’Archipel, 1993, Gaspard Koenig parle des longues négociations sur le Programme commun entre cadres socialistes et cadres communistes. Notamment sur le nombre de nationalisations. Dans la délégation du parti socialiste, on compte un jeune énarque, un certain Laurent Fabius. Acte 1.

Puis, devenu Premier Ministre en 1983, Fabius n’aura de cesse que de fermer les fiefs industriels du nord et de l’est de la France. La misère, jusque là inconnue s‘abat sur des villes comme Lille, Valenciennes, Roubaix, Tourcoing, comme me l’a raconté une amie de la gauche de la CFDT des années 70, corrézienne, partie travailler dans une association à Lille. Du jour au lendemain, de nombreux sans abris sont sur les trottoirs. Acte 2.

Mais ce n’est pas tout. En 2006, Fabius participe à la primaire socialiste, qui désignera le candidat PS de 2007. Il déclare de façon cynique à la télévision (LCI) : “ un parti, un état se conquiert sur la gauche. Il se gère sur la droite” (sic). Autrement dit, il théorise la stratégie de Mitterrand, passé de la rupture avec le capitalisme en 1971 à la politique de rigueur que l’on sait en 1983. Il anticipe la stratégie à venir de Mélenchon, qui est alors son pote en crapuleries politiques.

Pour mémoire, c’est Mélenchon, qui, en 2006-2007, cède sa place de leader de la gauche du PS pour la donner à Fabius, un droitier de première ! Une manoeuvre politicarde très mal perçue par les militants même de cette gauche du PS. Et sur laquelle plane aujourd’hui un silence pesant.

(1)- Cette excellente proposition est reprise et figure en toutes lettres dans le programme en 35 points du Rassemblement “Pouvoir au Peuple”

Didier Raoult: « hystérie pandémique mondialisée et profits inouïs »

#SudRadio #BERCOFF_DANS_TOUS_SES_ETATS

Pr Didier Raoult – Covid 19 : « Une crise de nerfs généralisée- mondialisée- et des bénéfices inouïs pour l’industrie pharmaceutique! »
Entretien choc avec le résistant de Marseille.

 

LEGAULT MENTEUR!

LEGAULT MENTEUR!

On manque d’électricité…
Encore!
Et Legault blâme
Le bon peuple
Discipliné.

Legault nous avertit
Que c’est notre faute.
On dépense trop
D’électricité!?

Et le bon peuple
Le croit!?
Comme si c’était
Vraiment
Notre faute!?

Il a vendu NOTRE
Électricité
Aux Américains
Cet été
Pendant qu’on était
En vacances… cet été.

Maintenant,
Les Américains
Ont priorité
Sur le… bon peuple!

John Mallette
Le Poète Prolétaire

Nous ne voulons PAS financer VOTRE guerre en Ukraine contre les Russes

Par : do

http://mai68.org/spip2/spip.php?article11582

Adresse aux membres de la classe dominante occidentale :

Pour financer votre guerre contre la Russie, vous osez augmenter tous les prix. On ne va pas supporter ça longtemps.

Vous nous dites par exemple qu’à cause de votre embargo contre le pétrole russe, le prix de l’essence augmente en France. Vous nous dites que c’est la faute aux Russes ; mais, c’est votre faute ! vous n’avez qu’à cesser immédiatement votre stupide embargo.

Maintenant, je comprends pourquoi depuis des années vous voulez décarboner l’énergie. Ce n’est pas pour sauver le climat dont vous avez rien à foutre. C’est pour faire la guerre à la Russie.

Bien à vous,
do
http://mai68.org/spip2

Commentaire de a_suivre :

Pour être certain et bien comprendre que cette guerre est une connerie monumentale, il faut, Camarades, écouter « La 3e guerre mondiale ? » avec Jacques Baud (vidéo_3h54’) qui est interviewé par « TheSwissBox Conversation » un média Suisse indépendant qui est composé d’une petite équipe d’utopistes, ouverts d’esprit et critiques qui tentent d’appréhender la complexité du monde tout en s’engageant pour ce qu’ils croient juste. Ils proposent pour ce faire des conversations longs formats, libres, puissantes, profondes, honnêtes, nourrissantes et porteuses de sens en libre accès sur Internet.

Voici le lien de l’interview de Jacques Baud :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article11578

Jacques Baud, né le 1er avril 1955, est un ancien colonel de l’armée suisse, analyste stratégique, spécialiste du renseignement et du terrorisme.
/../
Entre 1983 et 1990, Jacques Baud est membre du Service de renseignement stratégique suisse, en charge des forces du Pacte de Varsovie à l’est du Rideau de fer et dans le monde1,2.

En 1995, en raison de sa connaissance de l’Afrique et des mines, il est chargé de mission3,4 auprès du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Goma (alors au Zaïre), comme responsable de la Sécurité des Camps de réfugiés rwandais au Zaïre5, afin de prévenir l’épuration ethnique.

En 1997, il est chargé de mettre sur pied un projet pour contribuer à la lutte contre les mines antipersonnel. Il est envoyé comme expert6 auprès du Service d’action contre les mines du Département des opérations de maintien de la paix des Nations unies à New York.

En 2002, il est engagé7 au Centre de Politique de Sécurité Internationale (CPSI) au Département fédéral des affaires étrangères, service nouvellement créé.

En 2005, les Nations unies lui demandent8 de diriger9 le premier centre de renseignement civilo-militaire et multidisciplinaire (Joint Mission Analysis Centre (JMAC)) de la Mission des Nations unies au Soudan (Khartoum)10.

En 2009-2011, il est appelé à New York comme chef des Politiques et de la Doctrine11,12,13 auprès du Bureau des Affaires Militaires du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP). Il y travaille notamment sur les opérations civilo-militaires, l’amélioration du renseignement opérationnel, l’intégration des femmes dans les opérations de maintien de la paix et la protection des civils.

En 2011, il est appelé par l’Union africaine pour diriger le Département de la Recherche14 de l’International Peace Support Training Centre (IPSTC) à Nairobi (Kenya). À l’issue de son mandat, il est nommé15 chef de la Lutte contre la Prolifération des Armes Légères et contre les Mines16 de la Division des Affaires Politiques et de la Politique de Sécurité auprès de l’OTAN17, à Bruxelles.

 

 

 

 

 

 

 

LE CAPITAL FICTIF SE DÉVELOPPE VERS L’IMPASSE DE LA DETTE PERPÉTUELLE

Par Gérard Bad

En ce début 2022, il me paraît nécessaire de faire le point sur les dernières évolutions de ce que l’ on appelle la finance mondiale et le capital fictif .

Si l’année 2021 fut marquée par la pandémie mondiale du coronavirus, elle fut aussi atteinte par la maladie virale de l’endettement à perpétuité et par la découverte d’un « vaccin financier »  (la MMT) pour la guérir selon l’usage voulant qu’il faut soigner le mal par le mal.

Et bien nous y voilà, la solution moderne nous est encore une fois venue d’ Amérique sous le nom de Théorie monétaire moderne (MMT) de Stéphanie Kelton, (Voir: La Russie, premier pays à s’attaquer frontalement au monopole du dollar – les 7 du quebec).

Tous les pays de l’ OCDE l’ont finalement adopté. Les partisans de la MMT pensent que la monnaie est un monopole public dont ils peuvent user à leur guise « sans limite ». Cette idée n’ est pas nouvelle comme le souligne Nick Beams dans son article (La théorie monétaire moderne (MMT) et la crise du capitalisme).

 

« En 1924, l’économiste allemand Georg Friedrich Knapp a avancé une nouvelle théorie de la monnaie. Il soutenait que l’argent ne provenait pas de la production de marchandises et n’avait pas de valeur intrinsèque. C’était un jeton créé par les gouvernements comme moyen de paiement pour les obligations fiscales qu’ils imposaient. Cette théorie, connue sous le nom de chartalisme1 (dérivé du mot latin charta, qui signifie « jeton »), est à la base du MMT. » (Nick Beams)

Nous avons vu dans nos précédents articles comment la BCE a fait voler en éclats les traités de Maastricht et de Lisbonne, comment en Allemagne une fraction du capitalisme allemand a cherché à résister, en vain. Tout cela pour finir par nous chanter les louanges du MMT et Par Gérard Badde sa dette perpétuelle non remboursable. P. Artus dans un interview Oui, la dette explose mais elle n’aura pas à être remboursée !  nous explique de long en large pourquoi la dette n’ est pas forcément remboursable. Dans le même sillage le groupe Mélenchon résolution nº 2914 efface la dette d’un coup de baguette magique.

« La solution que nous proposons est pragmatique. D’abord la transformation de la dette actuelle des États par la banque centrale européenne en dette perpétuelle à taux nul. Aujourd’hui, 18 % de la dette publique française est stockée à la banque centrale. Sa transformation en dette perpétuelle permettrait d’effacer pour notre pays le coût de la crise sanitaire. Cela peut se faire immédiatement. La Banque centrale européenne pourra ensuite augmenter sa politique de rachat des dettes publiques sur le marché secondaire pour les geler petit à petit. Cette opération ne nécessite pas de changer les traités européens. » (…)« Monétiser la dette par la banque centrale est la solution la plus raisonnable, la seule sérieusement envisageable. Elle est plus pertinente que jamais. Sinon quoi ? Va t on pendant les cent prochaines années n’avoir d’autre projet de société que de payer une dette contractée pour payer les dégâts de l’ère productiviste à l’heure où il faut investir pour sortir de cette façon de produire et d’échanger. » ( extraits de la résolution nº 2914)

Il ne fait pas de doute que pour le capital financier « Monétiser la dette par la banque centrale est la solution la plus raisonnable, la seule sérieusement envisageable. » Ceci dénote que le capital fictif fait ici figure de « dernier métro » pour la finance mondiale en détresse. Avec le dit « Grand Reset » ils vont essayer une sortie de crise. Pour éponger les dettes ( les bonnes2 comme les mauvaises) le capital financier va d’abord consolider son assise mondiale par le truchement des banques centrales, qui maintenant font figure de dernier recours pour capter la monnaie mondiale et superviser le crédit. Ce n’ est certes pas un hasard si la BCE, puis la Banque des banques centrales, la BRI envisagent de passer à la monnaie numérique de détail.

Ce grand requiem de la finance mondiale n’ est que l’ aboutissement d’une longue agonie, dont les fondements proviennent de ce que la composition organique du capital ,est suffisamment élevée pour que toute innovation technologique qui vise l’ extraction de plus-value relative tend à dévaloriser-transférer en fictivité-davantage de capital fixe qu’elle produit de plus-value apte à être transformée en profit, intérêt et rente foncière.

Autrement dit la machinerie (Robotique et NTCI) permet une augmentation de la productivité, cette productivité produit de la plus-value relative tout en provoquant une dévalorisation des forces de travail à l’ échelle mondiale. Comme la plus-value provient de l’ exploitation du travail humain, plus la machinerie exclu ce travail humain source d’enrichissement du capital , plus ce dernier se retrouve face à lui même en sciant la branche sur laquelle il est assis. Il est alors contraint de procéder à un « enrichissement fictif » par la dette et l’ expansion du capital fictif afin d’ empêcher la dévalorisation du capital.

La dette devra être remboursée

Tout le monde connaît l’expression « Qui paye ses dettes s’enrichit » mais à l’Ère du capital fictif le retournement dialectique la transforme en son contraire « qui fait de la dette s’enrichit » (sic)

Tout d’ abord réaffirmons que malgré les discours, les gouvernements ne vont pas exonérer les citoyens du remboursement de « la dette » dite souveraine3 et s’il le faut ils piocheront dans l’épargne des citoyens.  A la question, faudra-t-il rembourser la dette ? Voici ce que répond Agnès Bénassy-Quéré chef économiste de la DG du trésor.

« Mais au fait, faudra-t-il rembourser la dette ? La réponse juridique et financière est oui : une dette est un contrat qui doit être honoré. L’Etat ayant la capacité de lever l’impôt, les marchés financiers lui font en général confiance pour honorer ses engagements. En retour, l’État s’appuie sur les marchés pour rembourser ses anciennes dettes en émettant de nouvelles dettes. Les États n’aiment pas faire défaut pour au moins trois raisons. Premièrement, cela rend plus difficile le financement de leurs déficits résiduels. Deuxièmement, les difficultés de financement d’un État en défaut contaminent immédiatement le financement des entreprises. Troisièmement, un défaut fait perdre de l’argent aux épargnants du pays. »Dette publique : qui va payer ?

Pour le moment, les mesures visant à faire payer la dette souveraine apparaissent comme très favorables aux emprunteurs notamment les entreprises, les gouvernements, les particuliers pour l’ achat d’immobilier (intérêts plus bas et sur des durées plus longues).  Mais ces mesures nous les connaissons biens depuis la crise financière de 2008 visant à sauver le noyer en lui faisant boire de l’eau, c’est-à-dire du capital fictif à gogo en espérant qu’il sera au final valorisé dans le temps.

Qui fait de la dette enrichit.

Les partisans de la MMT développent cette idée et trouve un répondant auprès de la « gauche de la dévalorisation » comme le parti  gauchiste de Mélenchon et autres. Comment est il possible de s’enrichir de la dette ? C’ est ce que font les banques quand elles octroient un prêt immobilier dont il faut rembourser les intérêts en premier et ensuite le principal. A une échelle supérieure celles des États c’est le même processus l’ État emprunte à la banque centrale « de la monnaie banque centrale » qu’il devra rembourser comme pour un achat immobilier sauf que les États sont aussi actionnaires des banques centrales et de ce fait vont toucher des intérêts en tant qu’ actionnaires. Ce petit jeu d’équilibriste peut effectivement fonctionner un temps. Par exemple quand la Banque de France (BdF) achète des titres de la dette publique, les intérêts perçus sur ces titres vont se partager entre la BdF et la BCE comme l’indique ci dessous la BdF elle même.

 

« Pour le programme PSPP, 90% des titres sont achetés par les banques centrales nationales (dont la Banque de France) et 10% par la BCE directement. Les achats par les banques centrales nationales de titres publics de leur juridiction sont en risque propre et en revenus non partagés à hauteur de 80% des encours de détention PSPP. Les trois autres programmes d’achat sur titres (SMP, ABSPP, CBPP3) sont par construction en risques partagés. Les intérêts perçus par la BCE contribuent à son résultat, qui est reversé via le dividende aux banques centrales nationales actionnaires et membres de l’Eurosystème selon une clef de répartition dite clef Eurosystème, différente de la clef de capital car recalculée pour les seuls pays membres de la zone euro. Les banques centrales actionnaires de la BCE mais non membres de l’euro ne perçoivent pas de dividende. » (Quand la Banque de France achète des titres de la dette publique française, les intérêts perçus sur ces titres de dettes vont – ils à la Banque de France ou à la BCE ?)

 

Il résulte in fine que le Trésor actionnaire à 100% de la BdF, va percevoir un dividende de la part de la BdF, qui comme nous venons de le voir perçoit un dividende de la BCE dont elle est actionnaire.  Le Trésor récupère ainsi une partie des profits de la BdF et de la BCE. Voilà comment la dette publique devient un enrichissement sans cause.

Il y a aussi l’ exemple des 137 milliards de dette tombant du ciel mis sur le dos de la sécu afin de faire perdurer via la CADES la ponction CSG/CRDS sur les salariés, chômeurs, retraités, voir notre article. G.Bad- L’ Etat et la Cades gèrent la dette sociale, les salariés , retraités, chômeurs banquent.    Voilà comment la dette publique est devenue un produit financier des plus sûr, classé trois AAA.

La régulation supra-étatique où la stratégie du funambule.

Alors que les États-Unis première puissance mondiale s’étaient  octroyer suite aux accords de Bretton Woods le privilège de détenir la monnaie universelle le dollar ; il se trouve que celui-ci entre en déclin relatif. Nous disons relatif dans le sens ou d’autres puissances émergent comme la Chine, s’invitant au banquet mondial des grandes puissances décisionnelles du sort du monde ( les différents G). L’éternelle remise en cause du dollar comme monnaie de réserve est de nouveau au centre des contradictions de ce monde dominé par le capital fictif. L’Occident peut-il utiliser la guerre pour enrayer son déclin et le passage à un nouvel ordre monétaire mondial? – les 7 du quebec

Ce que certains appellent le « déclin de l’occident » dont ils attribuent le commencement avec les chocs pétrolier, déplacement de richesses vers les pays non occidentaux et délocalisations.  Le déplacement de zone d’accumulation du capital n’ est pas nouveau et il indique seulement que certains états entrent en crises quand d’autres prospèrent, cette évolution est matérialisée par l’ évolution des «G» Le G6, émerge en 1975, puis devient le G7 avec l’ entré du Canada en 1976 et le G8 en 1997 avec la Russie et G7 en 2014. L’objet des différents «G» est de vouloir réguler l’ ensemble des mouvements des monnaies qui commençaient à échappé au contrôle des   États. (Aujourd’hui on parle du G20. NDLR). Voir: Crise, la fin des rafistolages: dévalorisation financière, crise monétaire et banqueroute des Etats et La guerre des monnaies: conversion du système de crédit en système monétaire.

De là la mise en place de superviseurs1 et des banques centrales de plusieurs pays, au sein du comité de Bâle2. Désormais tous les pays du G20 en sont membres, ses recommandations, sont de facto mises en œuvre par la plupart des banques significatives avant même leur transformation en règles étatiques les fameux Bâle IBâle IIBâle IIIFRTB

A la fin du XXe siècle, des formes de régulation supra-étatiques émergent sur la base des risques souverains6 et des crises dites régionales (Amérique latine, Asie, Russie).  La création de valeur financière devient le critère de jugement prévalant sur la performance d’entreprise, et c’est au nom de cette valeur que des financiers achètent et démantèleront RJR Nabisco à la fin des années 1980, ce qui leur vaut d’être surnommés « les barbares » par le Wall Street Journal.

Au tournant du XXIe siècle, d’autres barbares sont emportés par la déconfiture de grandes entreprises qu’ils avaient portées au pinacle de la Bourse : Enron et WorldCom. On croit alors réguler pour éviter à jamais ce type de crise, c’est ce que fit le président Bush en signant la loi Sarbanes-Oxley. Six ans plus tard, en 2008, le monde connaissait la crise financière la plus violente et la plus globale depuis la crise de 1929. Depuis cette crise, le risque souverain a gagné les pays de l’ UE à tel point que l’euro lui même fut menacé dans son existence même et qu’il fut nécessaire pour le sauver de pratiquer en grand la politique dite « non conventionnelle » du « quantitative easing » (QE) ou « assouplissement quantitatif »  c’ est à dire l’injection massive de liquidités dans le système financier.

 

Bien avant la « crise covid 19 » le risque souverain planait au-dessus des pays de l’OCDE et la pandémie est arrivée comme la fée clochette pour balayer les dernières résistances visant à ouvrir la boite de pandore de la création monétaire illimitée.

 

Le confinement dément des populations a conduit à une chute très importante de la production et on attend un recul du Produit Intérieur Brut (PIB) de 7 % en 2020 et davantage en 2021  pour l’ensemble de l’OCDE. Endettement qui ne fait qu’augmenter l’exposition des banques aux risques souverains et qui préparent les conditions de l’hyperinflation Voir La Fed n’est qu’à une réunion de créer un puits apocalyptique sur les marchés (inflation+stagflation) – les 7 du quebec.

Ce risque nous auront l’occasion de le constater prochainement, va s’amplifier, continuant à enfler les bilans des banques et banques centrales. La récession va accroître le risque souverain, et il ne faut pas compter sur le fil d’ Ariane de la «révolution verte = Green Deal» pour une relance. La récession déjà présente avant la crise pandémique covidienne suivi par la guerre ukrainienne va se poursuivre avec les affres d’une paupérisation de la classe moyenne venant s’ajouter à celle des travailleurs pauvres. Une situation mondialement explosive préventivement par des couvre feu et état d’urgence sanitaire le tout accompagné de lois liberticides.

 

Par Gérard Bad


Notes
2  Si la nomination au Trésor, de Janet Yellen,est confirmée par le Sénat, cette ancienne présidente de la Fed, partisante de «  la théorie monétaire moderne » ne va pas lésiner sur les dépenses publiques.
3  En pratique, les principales mesures prises par la BCE, comprennent le nouveau programme temporaire d’achats d’actifs privés et publics (Pandemic Emergency Purchase Programme, ou PEPP), d’un montant de 750 milliards d’euros, qui s’ajoute aux programmes déjà en place pour un total d’achats de plus de 1000 milliards d’euros pour l’année 2020 ; ii) les financements massifs accordés aux banques de la zone euro pour maintenir les crédits à l’économie (Targeted Longer-Term Refinancing Operations, or TLTRO III).
4  Ne pas confondre le régulateur chargé d’édicter les règles, souvent les États (ou, en Europe, la Commission européenne), et le superviseur chargé de les faire appliquer et de surveiller le secteur financier.
5  Le Comité de Bâle ou sur le contrôle bancaire (en anglais Basel Committee on Banking Supervision, BCBS) est un forum où sont traités de manière régulière (quatre fois par an) les sujets relatifs à la supervision bancaire. Il est hébergé par la Banque des règlements internationaux à Bâle.Cette institution fut créée en 1974 1 par les gouverneurs des banques centrales du « groupe des Dix » (G10). C’est la liquidation d’une société allemande (Herstatt), qui a précipité la création du Comité, cette faillite pouvant avoir un effet domino sur d’ autres banques. Le Comité se compose de représentants des banques centrales et des autorités prudentielles des pays suivants : Allemagne, Belgique, Canada, Espagne, États-Unis, France, Italie, Japon, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Au cours de la session des 10 et 11 mars 2009, il fut décidé de l’élargir à l’Australie, au Brésil, à la Chine, à la Corée, à l’Inde, au Mexique et à la Russie2. Le 10 juin 2009, il a, en outre, été ouvert à Hong Kong et à Singapour, ainsi qu’à d’autres membres du G20 : Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Indonésie et Turquie.
6   Définition : le risque souverain correspond au risque attaché à l’état et aux administrations publiques d’un pays donné et à sa capacité à rembourser ses crédits et à pouvoir faire face à ses engagements.

La France rythmée par les violences policières et les crimes policiers impunis

Par Khider Mesloub.

 

La réélection d’Emmanuel Macron fut sacrée et sabrée, non au son des clameurs des foules, royalement indifférentes au succès électoral du candidat de la finance, mais des sifflements de balles réelles tirées, en plein centre de Paris, par un policier contre trois passagers d’une voiture. Bilan : deux morts et un blessé grave. Ainsi, l’inauguration du second mandat du locataire de l’Élysée, au premier mandat marqué par une politique répressive de tous les mouvements sociaux, notamment des Gilets jaunes, s’amorce sous les violentes rafales des balles meurtrières policières. Manière tonitruante (plutôt tuante, en cette période militariste) de rappeler au prolétariat le caractère foncièrement répressif du régime capitaliste macronien, l’infléchissement belliqueux imprimé à la nouvelle gouvernance, illustrée par la participation de l’État français impérialiste à l’escalade des tensions armées en Ukraine, première ébauche de la guerre mondiale en préparation, pleinement assumée par le va-t-en-guerre Macron.

Évidemment, comme à l’accoutumée, les médias stipendiés ont fourni une version policière pour relater ce fait-divers meurtrier, promptement politisé par la police elle-même à la suite de la mise en examen du policier, sous le chef d’inculpation d’homicide volontaire. Pour s’exonérer de leur responsabilité, les syndicats de la police, notamment le syndicat d’extrême-droite Alliance, sont aussitôt montés crânement au créneau pour brandir leur seconde arme favorite :  la légitime défense. Ils ont déclaré que le conducteur avait mis en danger leur collègue par son refus d’obtempérer. Or, si la voiture était en infraction, quand bien même en délit de fuite, il suffisait aux policiers de relever le numéro d’immatriculation de la voiture pour pouvoir aisément et légalement retrouver ensuite le conducteur (selon le rapport de police, les cinq agents des forces de l’ordre ont décidé de contrôler ce véhicule qui stationnait en sens inverse au niveau du Quai des Orfèvres. Ils l’observaient depuis un moment et soupçonnaient ses occupants de se livrer à un trafic de stupéfiants. Donc, ils avaient eu largement le temps de relever les numéros de la plaque minéralogique).

À plus forte raison, quand bien même le policier pouvait user de son arme pour neutraliser le véhicule, logiquement il devait viser les pneus. Et non directement le conducteur. Encore moins également ses autres passagers. Manifestement, en l’espèce le policier, en déchargeant, sans sommation, son pistolet automatique sur les trois passagers, a délibérément voulu les tuer.  Le policier a tiré une dizaine de cartouche de fusil d’assaut HK G36, une véritable arme de guerre. La volonté de tuer est manifeste, comme le juge chargé de l’instruction l’a retenue contre le policier. En effet, le policier a été mis en examen du chef d’homicide volontaire. Mais, comme il est d’usage dans les affaires criminelles policières, le mis en cause a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, de surcroît sans interdiction d’exercer ses fonctions.

En France, depuis plusieurs décennies, tout se passe comme si l’abolition de la peine de mort au plan judiciaire a été remplacée par le Permis de tuer accordé aux policiers. C’est ce qui s’appelle la justice meurtrière expéditive. Répétitive. Sans délibération. Ni condamnation. La justice du pistolet. Le verdict des balles guillotineuses.

En particulier, quand il s’agit de jeunes issus de l’immigration. Au reste, apparemment, les deux jeune hommes, abattus le 25 avril dernier à Paris par le policier, étaient d’origine africaine.

La France est ainsi, ces dernières décennies, rythmée par les violences policières et les crimes policiers. Dans cette période de crise multidimensionnelle et de délégitimation gouvernementale, marquée par l’exacerbation de la lutte des classes, l’État français protège et couvre de manière générale les policiers, son dernier rempart. La politique du gouvernement, en matière de répressions, vise, quoi qu’il arrive et quoi qu’il en coûte, l’absolution des violences policières systémiques, illustrée notamment par l’impunité dont bénéficient les policiers, auteurs d’exactions ou d’homicide.

C’est mû par cet esprit d’impunité que le syndicat de police d’extrême-droite Alliance a appelé, lundi 2 mai, à un rassemblement en soutien au policier mis en examen. Les manifestants policiers ont plaidé « la présomption de légitime défense ». Or, comme le dénoncent plusieurs avocats et associations de victimes de violences policières, cette revendication de présomption de légitime défense constitue ni plus ni moins qu’un « Permis de tuer ». Il est important de rappeler que ce permis de tuer, autrement appelé « présomption de légitime défense » par la police, fut porté lors de la campagne présidentielle par Marine Le Pen et Éric Zemmour.

Au reste, le même jour, le lundi 2 mai, plusieurs collectifs comme Urgence Notre Police Assassine, le comité Vérité et Justice pour Souheil, le comité Justice pour Lahoucine Ait Omghar, le comité Justice pour Abdoulaye Camara, le comité Justice pour Olivio Gomes, le collectif les Mutilé.es pour l’exemple ou encore l’Observatoire National contre les violences policières avaient appelé à une contre-manifestation pour dénoncer les violences policières et réclamer l’abrogation de la loi L435-1 permettant l’élargissement de la légitime défense pour les policiers.

Emboîtant le pas aux collectifs contre les violences policières, le Syndicat de la magistrature a dénoncé à son tour « la défiance envers la justice » des policiers, qui manifestent contre la mise en examen de l’un d’eux. « Ce qui pose question c’est la défiance envers la justice qui devient quasi systématique de la part des syndicats de police », a déploré sur France-info Sophie Legrand, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature. « Ça pose vraiment une question de crise de confiance », a-t-elle ajouté. « Ce qui nous pose problème, ce n’est pas qu’ils critiquent une décision de justice, puisqu’on est favorables à la critique », a précisé Sophie Legrand. Elle s’inquiète de « la revendication sous tendue », celle de la « présomption de légitime défense qui s’imposerait pour tous les policiers, qui supposerait qu’on ne fasse pas d’enquête quand un policier tue quelqu’un dans l’exercice de ses fonctions ».

Sans conteste, ces dernières années, au nom de la « légitime défense d’État », initialement dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme », puis de la gestion sécuritaire de la pandémie de Covid-19, on assiste à une extension significative des pouvoirs de la police. Cette extension des pouvoirs de la police, symbolisée par le droit d’usage des armes, a été actée par l’adoption de la loi du 28 février 2017 autorisant les policiers à tirer, après sommation, sur des personnes en fuite. C’est une sorte de blanc-seing octroyé aux policiers. Une forme déguisée de légitime défense. D’absolution des crimes policiers.

De fait, historiquement, notamment en France et aux États-Unis imprégnés par un racisme ethnique et social, la légitime défense, véritable meurtre dit défensif, fut toujours une cause d’irresponsabilité pénale accordée à certains individus au détriment d’autres, en vertu de leurs caractéristiques sociales ou statut professionnel supérieur ou étatique. Notamment aux policiers. Aux nantis, les hommes blancs des classes privilégiées, quand les victimes appartiennent aux classes défavorisées, particulièrement les populations issues de l’immigration, continuellement marginalisées, réprimées ou ostracisées, par ailleurs, de nos jours, accusées d’islamistes, voire de terroristes, quand elles sont de confession musulmane, pour légitimer leur répression (leur meurtre). Une cause d’irresponsabilité accordée également aux policiers en intervention, auteurs d’exactions comme d’homicide.

Quoi qu’il soit, en France, dans les affaires de violences policières comme des crimes policiers, on assiste systématiquement à une inversion accusatoire. Les policiers, auteurs de meurtres, sont présentés comme les victimes, et la ou les personnes tuées comme présumées coupables en raison de leurs dérisoires antécédents judiciaires de délinquance médiatiquement exhibés pour les stigmatiser, les anathématiser, les condamner. Au yeux des médias comme de la justice, les victimes de violences policières et d’homicide sont jugées automatiquement comme violentes et délinquantes car « défavorablement connues des services de police », selon la formule médiatique consacrée. Donc, la présomption de culpabilité s’abat comme une chevrotine sur ces victimes doublement assassinées : la première fois par la police, la seconde par l’institution médiatique et judiciaire de la classe dominante.

Cette inversion accusatoire est favorisée par la propagande médiatique et étatique qui propage le discours raciste faisant l’amalgame entre immigration et délinquance, massivement répandu par l’ensemble de la classe politique française, et le discours de mépris de classe faisant l’amalgame entre classe populaire et déviance, « Classes laborieuses et classes dangereuses », théorisé par l’historien Louis Chevalier dans son livre éponyme publié en 1958.

En effet, historiquement, avant la stigmatisation des immigrés de confession musulmane, accusés de nos jours d’être vecteurs de délinquance et de criminalité, longtemps, tout au long du XIXème siècle, ce fut la classe ouvrière « française » nouvellement formée et concentrée dans les villes, notamment à Paris, qui était fustigée pour ses soi-disant inclinations criminelles, sa brutalité et sa violence congénitale (les théories biologiques pour analyser et expliquer la criminalité étaient très en vogue à cette époque. La criminalité s’expliquait, selon les pénalistes et politiciens de l’époque, par des déterminismes biologiques, évidemment inhérents exclusivement aux populations populaires). La criminalité comme la violence étaient associées aux classes laborieuses (de nos jours, elles sont associées à la population immigrée de confession musulmane), définies biologiquement comme dangereuses, porteuses de vices. Donc, moralement et socialement inassimilables au modèle républicain bourgeois dominant. Ces populations populaires étaient considérées par les élites, animées d’un mépris de classe politiquement assumé, comme « perdues pour la société civilisée française », car moralement corrompues. C’est ce mépris de classe (racisme de classe) qui explique les multiples répressions dont furent fréquemment victimes les classes populaires françaises tout au long du XIXème siècle. L’exemple le plus connu est le massacre sanglant des Communards de Paris par le gouvernement versaillais.

De nos jours, ce sont désormais les populations immigrées de confession musulmane, issues majoritairement des anciennes colonies françaises, qui sont considérées comme des catégories culturellement dangereuses, sociologiquement violentes, religieusement inadaptables, donc vouées à être contrôlées, surveillées, réprimées, voire impunément tuées, notamment par la police.

Les exactions policières et les crimes policiers sont ainsi ancrés dans la culture de la gouvernance de l’État français. Le peuple algérien porte encore les stigmates des répressions et tueries subies durant 132 ans, perpétrées singulièrement par la police française, en particulier durant la guerre de Libération, entre 1954 et 1962. En effet, huit ans durant le peuple algérien fut victime de ratonnades, de bastonnades, de chasse aux faciès, d’arrestations arbitraires, de torture, d’emprisonnement, d’exécutions sommaires, de pogroms, commis en toute impunité par la police française, notamment à Paris le 17 octobre 1961.

 

Khider MESLOUB

 

 

Le plus fort c’est mon père (Lemay)

Le plus fort c’est mon père
Linda Lemay, 1996

Comment t’as fait maman,
Pour savoir que papa
Beau temps et mauvais temps
Il ne partirait pas
Est-ce que t’en étais sûre
Ou si tu savais pas
Est-ce que les déchirures ça se prévoit.

Comment t’as fait maman
Pour trouver le bon gars
Tu l’as connu comment,
Tu l’as aimé pourquoi
Est-ce qu’il y en avait juste un
Dans tout le présent siècle
Et y s’trouve que c’est toi qui dort avec

{Refrain:}
Comment t’as pu trouver,
Un homme qui n’a pas peur
Qui promet sans trembler
Qui aime de tout son cœur
J’le disais y a longtemps
Mais pas d’la même manière
T’as d’la chance maman
Le plus fort c’est mon père

Comment ça s’fait maman
Que dans ma vie à moi
Avec autant d’amants
Avec autant de choix
Je n’ai pas encore trouvé
Un homme comme lui,
Capable d’être ami, père et mari

Comment t’as fait maman
Pour lui ouvrir ton cœur
Sans qu’il parte en courant
Avec c’que t’as de meilleur
Est-ce qu’il y a des mots magiques
Que t’as dits sans t’rendre compte
Explique-moi donc c’qu’y faudrait que j’raconte.

{Refrain}

Quand j’ai l’air d’les aimer
Les hommes changent de regard
Si j’ose m’attacher
Y s’mettent à m’en vouloir
Si je parle d’avenir
Y sont déjà loin derrière
J’avais raison d’le dire,
Le plus fort c’est mon père.

Vas-tu m’dire maman
Comment t’as pu savoir
Dès le commencement,
Qu’c’était pas un trouillard
Qu’il allait pas s’enfuir
Et qu’il allait tout faire
Pour que je puisse dire
Le plus fort c’est mon père

Quel effet ça t’a fait
Quand tu l’as rencontré
Est-ce que ça paraissait
Qu’il allait tant t’aimer
Les hommes bien souvent
Paraissent extraordinaires
Mais dis-toi bien maman
Qu’le plus fort…c’est mon père.

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Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

Entretien avec Valérie Bugault sur le monde d’après

Entretien avec Valérie Bugault pour BioTempo
Publié le mai 8, 2022 par Le Saker Francophone
Le 11 avril 2022 − Source Valérie Bugault
Article_BioTempo vignetet Avril 2022

 

1°) Comment analysez-vous la séquence Covid qui dure maintenant depuis plus de deux ans ?
A-t-elle changé la donne ?
Quel a été son impact sur la vie des gens ?
Qu’a-t-elle dévoilé par rapport à notre monde ?
Comment est-ce qu’elle changera notre monde ?
Précède-t-elle un effondrement économique et systémique ?
Le covid a-t-il modifié ou amplifié la corruption ?
Peut-on espérer des poursuites à l’encontre des gestionnaires de la crise Covid ?
Comment voyez-vous l’évolution du contexte Covid ?

VB : La séquence politique Covid fut le coup d’envoi, organisé par la ploutocratie qui contrôle l’occident, de la mise en œuvre de ce qu’ils appellent le NOM/NWO. Comme je l’explique de longue date, cet « ordre » n’est, à strictement parler, pas un « ordre » mais un désordre et il est loin d’être nouveau puisque ses racines remontent aux siècle dit des Lumières et à la Révolution industrielle, c’est-à-dire à l’émergence de la grande banque en tant que leader cachée derrière l’apparition politique de la bourgeoisie commerçante.

Cette crise sous forme sanitaire aux conséquences politiques et sociales graves et inédites dans l’histoire fut artificiellement déclenchée. Elle accompagne et amplifie l’effondrement systémique en cours aux niveaux politique, économique et social – notamment via le développement tout à fait inconséquent de la dette publique et de l’entrave volontaire à l’économie – souhaité par la ploutocratie afin d’officialiser son contrôle politique sans partage (c’est-à-dire sans contrepouvoir) sur le monde.

Cette caste d’affairistes qui dominent les monnaies et le commerce maritime a en effet besoin de passer d’un contrôle politique, monétaire et juridique officieux à un contrôle officiel en créant un gouvernement mondial à son service. Néanmoins, ce projet a déjà échoué car une partie du monde – Chine et Russie en tête – a acquis la capacité et la volonté politique de s’opposer à cette hégémonie politique. Dans ce contexte, le risque majeur pour tous, est que les « globalistes » ne déclenchent une guerre nucléaire et biologique totale en pratiquant la politique de la Terre brûlée.

Il faut bien comprendre que cette domination sans partage de la caste des financiers, utilisant le commerce maritime et le pseudo « droit » commercial anglo-saxon, s’est développée dans l’ombre, en organisant son irresponsabilité juridique et politique ; son développement s’est réalisé par des pratiques de corruption systématique, rendue possible par le contrôle qu’elle avait sur les monnaies. C’est ainsi que cette caste a développé, partout dans le monde, un contre-modèle fondé sur :

Le cirque politique du pouvoir dit représentatif,
Une fallacieuse séparation des pouvoirs et
Un système centralisé de banques dites centrales organisées en réseau.
La corruption est irrémédiablement liée à ce type de régime. Notons qu’afin de couper court à toute contestation conceptuelle, cette caste à vocation hégémonique a pris soin de qualifier le régime ci-dessus décrit de « République » alors qu’en réalité une telle organisation politico-sociale ne doit RIEN à la « chose publique » (Res publica) et tout à la « chose privée » par l’accaparement des richesses et des pouvoirs dans les mains de quelques fournisseurs de crédit.

L’émergence politique du Covid n’a fait que mettre en lumière, rendre visible aux yeux de tous, cette triste réalité de l’accaparement et de l’hégémonie politique de la Haute finance au moyen d’un système de corruption systématique de toutes les instances dites « politiques » ; le personnel « politique » dans les pays soumis à cette caste ne sont en aucune façon des « hommes politiques » mais de simple VRP (voyageurs représentants placiers), mandataires des tenanciers du système économique global, détenu par les Grands banquiers internationaux qui en ont développé les règles.

Tant que cet « ordre », qui n’est en réalité qu’un « désordre » (je le rappelle), perdurera, aucune responsabilité juridique, pénale et politique officielle de cette mafia ordinaire (légalisée par elle-même) ne pourra voir de jour puisque ceux qui contrôlent de façon totalitaire les désormais « non-États » ont pris soin de définitivement verrouiller leur système de contrôle au moyen des institutions.
Seuls des « procès » en forme d’instruction pénale publique, tel que le Grand Jury lancé par l’avocat allemand Reiner Fuellmich, pourront éventuellement voir le jour, mais les différents verdicts rendus ne pourront en aucun cas se prévaloir de la force publique pour être mis en œuvre.


2°) Vers quoi pensez-vous que nous allons ? La création d’un gouvernement mondial, prétentieusement désigné sous le vocable de « Nouvel Ordre Mondial » qui est loin d’être nouveau comme vous le dites depuis longtemps ?
Le public va-t-il l’accepter ? Et maintenant, voilà que nous avons une nouvelle crise en Ukraine ? Est-ce qu’on peut établir des liens entre ces deux crises. Si oui, lesquels ? Par exemple réduire encore plus les libertés partout sur la planète ?

VB : Cette « crise » sanitaire a été précisément déclenchée par la mafia au pouvoir afin de nous faire changer de système et de nous faire entrer dans un gouvernement totalitaire via un contrôle numérique intégral des individus ; contrôle qui ne pourra voir le jour qu’après l’avènement d’une dépopulation massive. Cette crise radicale est préparée de très longue date par ce que l’on peut désigner du terme générique de « chambre de commerce internationale ».

S’agissant de dépopulation, il n’est pas anodin que les pouvoirs publics français aient abandonné, il y a déjà un bon moment, la notion de recensement ; cet abandon donne au pouvoir non-politique en place des marges de manœuvres dans le contrôle du narratif public lié à la démographie.

Dans le même ordre d’idées, et d’une façon plus générale, l’épisode politique du Covid a permis de mettre en lumière un trafic des données et de statistiques de très grande ampleur. À tel point que dans un pays comme la France, on ne peut aujourd’hui réellement plus se fier à aucune information statistique – de quelque sorte qu’elle soit – tant toutes ces informations sont fondées sur des données sujettes à caution.

Si, la « crise » a pris la forme sanitaire elle concerne en réalité tous les pans de la vie privée et collective : l’économie, la monnaie, la politique et les particularités biologiques des individus, y compris leur ADN et leur libre arbitre, qui ne sera plus qu’un lointain souvenir si les projets de cette mafia hégémonique globaliste arrivent effectivement à être mis en œuvre.

Mais l’avenir n’est pas écrit, car il y une différence entre un projet et une réalité.

En particulier, il faut se souvenir que le terme « crise » signifie, dans la sagesse chinoise, à la fois danger et opportunité. L’aspect « danger » est clair et ne nécessite aucun commentaire, sauf à préciser que l’enjeu est la survie de l’humanité.

Quant à « l’opportunité », il s’agit de celle – quasi unique dans l’histoire – offerte aux populations de s’émanciper de leur domination par la caste, infiniment minoritaire, des grands argentiers de ce monde. En effet, la mise en lumière de la « mafia financière » au pouvoir, par la crise dite du Covid, suivie de la guerre en Ukraine, fragilise cette caste : pour la première fois de sa longue histoire de domination financière, les décideurs réels apparaissent au grand jour ; ils peuvent donc être désignés et mis en cause avant, peut-être un jour, d’être attraits en responsabilité juridique et politique ? La suite reste à écrire…

La contestation qui a commencé à se produire, dans les pays soumis à cette mafia globaliste, par de véritables élites indépendantes (rares mais talentueuses et motivées car conscientes des enjeux), est un signe précurseur qui montre que les projets globalistes ne pourront être mis en œuvre que par le recours à la force, ce qui est, pour eux, le plus sûr gage d’échec à moyen terme.

Initialement, les projets globalistes étaient de mettre en œuvre l’ultime asservissement des population par le recours à la « servitude volontaire », des victimes, on parlait alors d’agenda 2030, voir 2050. Néanmoins, la méthode « douce » (en référence au soft power cher aux anglo-saxons) de la forçage du consentement des victimes n’a pas pu être suivi car la mafia au pouvoir a dû accélérer son agenda, en raison du fait que la Chine, et la Russie à sa suite (parfaitement illustré par la récente volte-face militaire Russe en Ukraine – après des décennies d’humiliation politique, diplomatique, économique et sociale -, qui en est le dernier avatar), ont échappé à leur emprise.

Toutefois, il convient de rester lucide : dans les pays occidentaux soumis à la haute finance – et plus largement dans tous les territoires qui subissent le joug de la force militaire de l’OTAN et de l’armée américaine, bras armé des grands argentiers -, le combat pour l’émancipation des populations, s’il a lieu, sera rude et de longue durée. Il faut en effet considérer que les « globalistes » et les VRP, qu’ils ont installés aux manettes politiques, se défendront par tous les moyens, y compris les plus vils : ces derniers ne reculeront devant aucun moyen de dépopulation – guerre sous toutes ses formes (bactériologique, nucléaire…) -, ce qui concourra au surplus à la réalisation de leur objectif ultime.

Cette caste financière est prête, de longue date (son agenda officiel de dépopulation, très ancien, est apparu au grand jour à l’occasion de la sortie, en 1972, du Rapport Meadows rédigé dans le cadre du Club de Rome ), à sacrifier une très grande partie de la population mondiale pour aboutir à son objectif de contrôle intégral des survivants. Elle semble bien décidée à sacrifier jusqu’à ses pions les plus dociles, comme on le voit avec les derniers rebondissements en Ukraine.


3°) À propos de réseau mondial, que pensez-vous de cette histoire de labos de recherche en Ukraine ?
Il semble que l’on retrouve un certain nombre d’acteurs identiques à ceux de la Covid dans ce partenariat avec l’Ukraine pour les ‘programmes de réduction de la menace biologique ?

VB : Effectivement, il semble que les laboratoires de recherche bio-bactériologiques à vocation militaire (la recherche en biologie et en bio-bactériologie est ici utilisée consciemment et à dessein comme arme de guerre contre l’humanité, contre le vivant) ont été financé par les mêmes acteurs que ceux qui sont à l’origine du Covid (arme bactériologique, rappelons-le, créée dans un ou plusieurs laboratoires du même type).

Derrière ces organismes se profilent la DARPA, ainsi que tout l’appareil de l’État profond américain mené par les pourvoyeurs de capitaux (1) ; lesquels pourvoyeurs de fonds sont à leur tour soutenus par les Grands banquiers organisateurs, ceux qui sont à l’origine de la City of London et qui ont un contrôle hégémonique sur tous les acteurs économiques, quel que soit leur degré d’anonymat.

Je rappelle que ce sont précisément ces grands banquiers qui sont à l’origine de la création de toutes les structures juridiques transnationales anonymes à vocation politique, œuvrant dans le domaine économique. Les paradis fiscaux en réseau sont leur arme de prédilection.


4°) Vous avez dit que l’idée de la démocratie a cédé le pas au pouvoir universel. Pourriez-vous expliquer cela ?
Vous parlez aussi d’une imposture à propos de la réalité politique dans laquelle les gens croyaient vivre. Quel est le rôle des médias et de la propagande ? Le public est-il constamment manipulé, contrôlé par la peur ?

Quelle est l’origine historique du « désordre mondial » que vous évoquez dans un de vos ouvrages ?
Vous parlez de la caste des banquiers commerçants et du nomadisme du capitalisme qui relève d’un fonctionnement sociétal particulier axé autour de la pure prédation dans laquelle les prédateurs extrêmement minoritaires d’un point de vue quantitatif ne participent en aucune façon du développement collectif. Pourriez-vous en dire davantage ?

VB : J’ai expliqué, de longue date, que nos systèmes politiques fondés sur le parlementarisme représentatif, c’est-à-dire sur la suprématie des partis politiques, sur la fausse séparation des pouvoirs (dont, de façon pathétique, les juristes se gargarisent comme étant la quintessence de la démocratie !) et sur le système des banques centrales étaient en réalité une pure IMPOSTURE.

Ce système n’est pas politique en ce qu’il donne réellement les manettes du pouvoir à ceux qui fournissent l’argent et les capitaux, c’est-à-dire aux banquiers-commerçants qui ont pris le contrôle de nos États.

Lesdits États ne sont plus « politiques » au sens propre du terme car ils n’ont plus pour vocation d’organiser la « vie de la Cité » mais de corrompre, de mettre en scène des hommes de paille, afin de donner le contrôle de la force publique et du pouvoir – en ayant bien pris soin de liquider tout contre-pouvoir effectif – aux pourvoyeurs de capitaux, lesquels sont parfaitement et par construction «transnationaux» ou «apatrides».

Je précise encore que la mise en scène politique a inclus l’existence d’apparents contre-pouvoirs (Conseil d’État, Cours de justice, Cours constitutionnelles…), ces derniers n’étant que de façade puisque contrôlés à 100% par le pouvoir dit exécutif, ce qui a permis d’endormir les populations qui se sont crues en réel contrôle du phénomène politique. Ce subterfuge revient, pour la ploutocratie à la manœuvre, à avoir donné un « volant libre » à un enfant – représenté par les populations naïves – en lui expliquant qu’il pouvait ainsi conduire la voiture… L’aspect le plus dérangeant du procédé est que les populations ont massivement cru à ce grossier subterfuge pendant plusieurs siècles…

Ce système a-politique, prétendument démocratique et républicain, qui a été mis en place en France à la faveur de la Révolution de 1789, a permis de donner aux pourvoyeurs de capitaux le contrôle de la législation. Nous avons en conséquence glissé d’un véritable système de droit qui s’applique à tous et qui tend à établir la vérité et la justice (représenté par l’ancien système dit « de droit continental »), à un système juridique au service exclusif des puissances d’argent, sur le modèle du droit maritime et commercial anglo-saxon.

En conséquence, il ne faut pas s’étonner que le système économique se soit déployé dans la mesure exacte des besoins de captation des richesses et du pouvoir par la caste financière qui contrôlait les monnaies. Ainsi, le système dit capitaliste d’origine hollando-britannique – caricature de l’utilisation du capital en tant qu’arme de prédation ultime – a déployé ses méfaits dans tous les domaines de la vie.

Vous comprendrez que le domaine de l’information ne fait pas exception à ce principe général : il a été capté, comme tous les autres domaines de la vie collective, au profit de ceux qui le finance. Le contrôle du domaine médiatique est particulièrement recherché par l’oligarchie aux commandes en raison du contrôle de l’opinion publique qu’il permet au moyen de la diffusion généralisée d’informations difficilement vérifiables par chaque personne individuellement. Pour cette raison, les ploutocrates achètent et développent tous les médias disponibles sur le marché (presse écrite, radio ou média audiovisuel, dominants et alternatifs), qu’ils soient ou non rentables. La question de la rentabilité ne se pose pas pour ces actionnaires puisqu’ils contrôlent, via leurs VRP qui dirigent les pseudos « États », l’affectation des ressources publiques, c’est-à-dire des ressources émanant du contribuable. La mafia ploutocratique est donc définitivement assurée, sans aucune contrepartie de sa part, de compenser largement toute perte d’exploitation par des subventions publiques.

Par ailleurs, vous avez raison de le souligner l’utilisation systématique de la peur par les médias aux ordres. Cette peur relève de la diffusion d’informations toxiques, systématiquement orientées vers les catastrophes publiques ou privées, de mensonges statistiques alarmistes, de fausses informations (dites scientifiques, chiffrées ou autres) et de prévisions systématiquement catastrophiques. La puissante toxicité de ces informations vient du fait qu’elles sont diffusées partout massivement, ce qui permet de transformer, dans l’inconscient collectif, des mensonges avérés en dogmes acceptés.

Il est très difficile pour un individu clairvoyant de contester des « croyances », aussi ineptes soient-elles, infusées massivement auprès d’un public naturellement réceptif à une propagande diffusée quotidiennement (matin, midi et soir) par tous moyens, écrit, oral et vidéo (avec éventuellement de fausses images à l’appui).

Par ailleurs, la « peur », abondamment diffusée par les médias, a toujours été un puissant moyen de contrôler les individus car, d’un point de vue cognitif, elle a pour effet d’inhiber le cerveau rationnel de ceux qui la reçoivent et de suractiver leur partie du cerveau liée aux émotions, empêchant l’esprit critique de se déployer.


5°) Quelles sont les solutions ? Avez-vous un projet alternatif pour contrer l’oligarchie et la puissance des technologies de surveillance et de contrôle ?

Votre théorie unifiée des entreprises, en quoi consiste-t-elle ? Révolu Droit ? Comment s’opposer utilement à l’accaparement dans tous les aspects de la vie collective (économique, monétaire, politique, juridique et militaire) auquel nous faisons face ? Comment s’y prendre pour que les entreprises puissent échapper aux griffes des banques ? Existe-t-il une issue politique et quelle forme pourrait-elle prendre selon vous ?

La crise « sanitaire » n’est-t-elle pas l’occasion d’un « grand reset citoyen » monétaire, politique et sociétal pour refaire civilisation ? L’Union Européenne peut-elle jouer un rôle ?

Pensez-vous qu’il faille reconstruire un système monétaire ? Les cryptomonnaies comme le Bitcoin sont-elles des alternatives crédibles ?

VB : Après avoir fait un état des lieux sans concession de notre situation globale aux niveaux politique, juridique, économique et social, j’ai en effet été en mesure de proposer une solution conceptuelle à la soumission actuelle au « désordre » initié par les tenanciers du système monétaro-financier.

Cette solution est un réel changement de paradigme en ce qu’elle permettra de « refaire société », c’est-à-dire de renouer avec le concept de civilisation, et de casser le cercle vicieux de la déresponsabilisation du « personnel en charge », c’est-à-dire des individus chargés d’une mission publique au sens large du terme. Révoludroit permet de rendre à chaque habitant d’un territoire déterminé une parcelle du pouvoir politique qui lui a été volé en remettant chaque individu au cœur du développement de sa vie privée et de la vie publique.

Cela passe non seulement par une rénovation de la structure étatique mais également par une reprise en main politique des concepts de droit et de réglementation. Ainsi, dans mon nouveau modèle, le droit positif redevient soumis aux règles du droit naturel. Le droit positif redevient également un « droit commun » de nature civile (disparition de tous les droits d’exception, notamment le droit commercial, le droit social, le droit administratif…) qui s’impose à tous.

L’organisation de l’activité humaine réintègre le droit commun civil sous la forme de l’instauration d’un modèle unique d’entreprise fondé sur la codécision des apporteurs de travail et des apporteurs de capitaux (personnalité professionnelle).

Cela passe également par la réinitialisation du « fait monétaire » dans le sens, qui aurait dû rester le sien, d’un service public destiné à tous les habitants et soumis aux besoins exclusif du développement de la Société, en tant qu’organe politique. La monnaie peut circuler soit de manière matérielle soit de façon dématérialisée mais elle doit toujours rester au service des ressortissants de l’État sans distinction. La question des cryptomonnaies concerne la façon dont la monnaie circule, elle est et reste un moyen de circulation monétaire. Ce moyen peut être utilisé à condition de remplir tous les fondamentaux qu’une monnaie requiert, en particulier, à condition de ne pas être un outil de spéculation. Une cryptomonnaie doit avoir pour fondement et justification l’activité humaine et non des postulats plus ou moins fumeux élaborés en « hors sol » par rapport au développement de la Société politique.

Enfin, il est évident que les actuelles instances européennes, conçues ab initio comme une arme politique au service exclusif des puissances financières dominantes, ne saurait en aucune façon faire partie du monde politique renouvelé ; pas plus que l’OTAN, bras armé de l’oligarchie transnationale, ne saurait en faire partie.


6°) Avez-vous bon espoir que l’on puisse revenir à une société plus juste et harmonieuse ?
Y a-t-il un dernier message que vous souhaitez partager ?

VB : Il y a toujours de l’espoir mais les individus doivent prendre conscience que l’espoir ne viendra que de leurs propres actions, lesquelles impulseront – ou non – une nouvelle dynamique sociétale et civilisationnelle.

Il ne saurait être question de réinventer les règles qui permettent le développement collectif et l’édification d’une civilisation. En ce domaine, nous ne pouvons que réinventer la roue car tout à déjà été expérimenté par l’humanité. Il suffit d’en connaître les grandes règles et de les respecter. A titre d’exemple de ces règles :

Le pouvoir ne doit jamais être décorrélé de la responsabilité ;
Les droits sont assortis de devoirs ;
Les pouvoirs doivent toujours s’accompagner de contrepouvoirs ;
L’édiction des règles de droit positif doit être rare et chaque règles doit être riche en capacité d’application ; rappelons que le droit relève d’une construction ;
Le commerce est un moyen de développer la Société politique et non le but exclusif de ladite Société ;
Le droit positif doit être le même pour tous ; il est guidé par le droit naturel ;
Le droit naturel est révélé par l’expérience humaine et par le niveau des connaissances disponibles dans une Société à un moment donné ; il est indépendant du caprice politique et a justement pour mission d’empêcher l’arbitraire normatif ;
Les règles du droit positif doivent permettre l’établissement d’une Société politique en garantissant la capacité du « vivre ensemble » ;
La monnaie est un concept comptable au service de tous ;
Les personnes en charge doivent toujours être contrôlées ;
Un chef est un arbitre des intérêts privés protecteur de l’intérêt public…
Si les individus acceptent à nouveau de respecter ces quelques principes légués par l’expérience de la longue histoire humaine, s’ils acceptent de redevenir acteurs de l’évolution de la Société politique, tous les espoirs sont permis.

Si, en revanche, la paresse intellectuelle, la sidération mentale et le rejet du réel continuent de gouverner les foules, il faut alors d’ores et déjà abandonner tout espoir de revenir à une Société plus juste et harmonieuse, comme tout espoir de survie pour l’humanité.

Mon mot de la fin sera le suivant : je souhaite à tous d’être courageux, ancrés dans le réel et combatifs face à l’empire du mensonge qui se dresse chaque jour devant chacun de nous. Ces qualités sont la condition du succès de l’émancipation des populations ; elles sont aussi la condition de la pérennité de la vie sur Terre.


Notes

De la déstabilisation de la Syrie et du Liban par le Royaume Uni 1/3

Par : René Naba

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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De la déstabilisation de la Syrie et du Liban par le Royaume Uni dans la phase du «printemps arabe». 1/3

1 – Les révélations d’Anonymous sur La «guerre de Sa Majesté» contre la Syrie et le Liban

Moins tonitruant que la France, mais plus perfide et autrement plus efficace, le Royaume Uni a assumé un rôle redoutable dans la déstabilisation de la Syrie et du Liban, les deux anciennes chasses gardées françaises au levant, à la faveur de la séquence du “printemps arabe”, sans qu’il ait eu besoin de criminaliser les contestataires à sa stratégie, sans qu’il ait été relégué au rang d’”affinitaire”, sanction de son échec, comme ce fut le cas de son partenaire français.

Telle est la principale révélation d’ ”Anonymous” qui a réussi le tour de force de pirater les documents confidentiels du “gouvernement de Sa Majesté”.

Anonymous (en français: les «Anonymes») est un collectif d’internautes activistes spécialisé dans la piraterie informatique (hacker) se manifestant notamment sur Internet, agissant de manière anonyme et qui se présente comme défenseur de la liberté d’expression.

En considération de ces capacités, Anonymous a été présenté par la chaîne de télévision américaine CNN comme étant l’un des trois principaux successeurs de WIKILEAKS.

Les documents ont été publiés sous une série de dossiers intitulés, Op. HMG [Gouvernement de Sa Majesté].

Extraits

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2- Domestiquer la Syrie

Le Royaume Uni a conçu une guerre totale dans le domaine de la propagande contre le Syrie en vue de domestiquer le régime baasiste, mobilisant bon nombre de firmes de relations publiques opérant sous couvert d’organisations non lucratives en vue d’emporter le soutien occidental à l’opposition syrienne dans ses deux variantes politiques et militaires.

En 2014, le Foreign Office, le ministère de la défense et le ministère du Commonwealth ont déclenché une campagne conjointe en vue de faire bénéficier l’opposition syrienne des contacts stratégiques, en tissant un réseau relationnel entre les Médias et les groupements syriens.
Un document gouvernemental de 2017 expliquait clairement comment la Grande-Bretagne a financé le «mentorat de sélection, de formation, de soutien et de communication des militants syriens qui partageait la vision du Royaume-Uni pour une future Syrie… et qui respecterait un ensemble de valeurs conformes à la politique du Royaume-Uni». Cette initiative a nécessité un financement du gouvernement britannique «pour soutenir l’activisme des médias de base syriens dans les sphères de l’opposition civile et armée » et visait les Syriens vivant à la fois dans des territoires «extrémistes et modérés» tenus par l’opposition.

En d’autres termes, le ministère britannique des Affaires étrangères et l’armée ont élaboré des plans pour mener une guerre médiatique globale contre la Syrie.

Les révélations d’Anonymous sur ce lien pour les locuteurs arabophones

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3 – ARK (Analysis Research Knowledge), The Global Strategy Network (TGSN), Albany

Pour établir une infrastructure capable de gérer le blitz de propagande, la Grande-Bretagne a payé une série d’entrepreneurs gouvernementaux, y compris ARK (Analysis Research Knowledge), The Global Strategy Network (TGSN), Innovative Communication & Strategies (InCoStrat), et Albany. Le travail de ces entreprises s’est fait en concertation avec des membres de l’opposition syrienne.

L’une des principales entreprises du gouvernement britannique derrière le régime de changement de régime en Syrie s’appelle ARK (Analysis Research Knowledge). L’ARK a joué des médias comme d’un violon.  ARK est basé à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis. Elle se présente comme une ONG humanitaire, affirmant qu’elle «a été créée afin d’aider les plus vulnérables» en créant une «entreprise sociale, autonomisant les communautés locales par la fourniture d’interventions souples et durables pour créer une plus grande stabilité, des opportunités et de l’espoir pour l’avenir ».

En réalité ARK est une agence de renseignement dont les fonctions sont intégrées aux interventions armées occidentales.

Dans un document divulgué qu’elle a déposé auprès du gouvernement britannique, ARK a déclaré que son «objectif depuis 2012 a été de fournir des résultats très efficaces, politiquement et sensibles aux conflits. Objectif consigné dans un document intitulé Programmation de la Syrie pour les gouvernements du Royaume-Uni, des États-Unis, du Danemark, du Canada, du Japon et de l’Union européenne.

Trois des firmes précitées (ARK, TGSN et Albany), dont les équipes étaient constituées de contractuels du gouvernement britannique, ont été chargées de cette guerre psychologique totale en collaboration avec les Etats Unis, le Canada, les Pays Bas et les Nations Unies. Sur son site web, ARK a établi une liste où tous ces gouvernements sont cités en tant que clients, ainsi que les Nations Unies. ARK s’est vanté d’avoir supervisé des contrats d’une valeur de 66 millions de dollars pour soutenir les efforts de l’opposition en Syrie.

ARK a ainsi formé 150 activistes au maniement des caméras, l’éclairage et le son. En six mois, ARK a inondé le monde de tracts diffusant près de 668.600 documents, affiches, tracts, contrôlant 97 pour cent de la production vidéo de l’opposition syrienne, employant 19 entraîneurs locaux, 23 rédacteurs, 27 photographes vidéo, 8 centres de formation, 3 bureaux d’information et de propagande ainsi que 23 responsables de programme de recherches chargés d’éditer des études visant à valider les thèses de l’opposition syrienne.

Ces trois firmes se sont targuées d’entretenir les meilleures relations avec les grands vecteurs internationaux notamment: Reuters, New York Times, CNN, BBC, Financial Times, Al Jazeera, le service arabe de Sky News, Orient TV ainsi que la chaîne saoudienne Al Arabiya, à qui elles fournissaient régulièrement de la matière visant à privilégier le point de vue du «Gouvernement de Sa Majesté».

Deux cents organisations non lucratives, formées dans 130 ateliers, ont bénéficié des subventions liées à ce programme avant d’être infiltrées à l’intérieur du territoire syrien pour y mener des actions d’agit-prop.

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4- Même la légendaire BBC.

La BBC réputée pour son légendaire professionnalisme, n’a pas échappé à la tentation de l’intoxication. La radio britannique a dû battre sa couple, avouant avoir réalisé un reportage «ne correspondant pas à ses critères professionnels » à propos de la Syrie, dans un documentaire de Radio 4 diffusé en novembre 2020.

Ce reportage tentait de discréditer l’inspecteur de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) qui avait dénoncé le rapport de sa propre organisation comme un faux en l’accusant d’avoir été corrompu par Wikileaks. La radio anglaise accusait également un éditorialiste du Daily Mail, Peter Hitchens, qui avait révélé la manipulation de l’OIAC d’être un supporter du «régime de Bachar».
L’accusation selon laquelle la République arabe syrienne aurait utilisé des gaz contre sa propre population ne repose sur un aucun argument crédible. C’est pourtant un des éléments de propagande les plus utilisé contre elle.

CF à ce propos : «Mayday: The Canister on the Bed, Radio 4, 20 November 2020 », BBC Executive Complaints Unit, Septembre 2, 2021.

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5 – James Le Masurier et les Casques blancs et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme.

Au-delà de cet impressionnant dispositif de propagande, le Royaume Uni a mis sur orbite deux projets particulièrement pernicieux: les Casques Blancs et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme

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A – Les Casques Blancs:
Ce collectif d’urgence humanitaire s’est distingué par sa théâtralité, mais s’est vite discrédité par ses connections terroristes et son fondateur, mort dans des conditions mystérieuses en 2019 en Turquie dans une opération qui s’est apparentée à une élimination d’un témoin encombrant.

Ancien officier de l’armée britannique devenu directeur d’une ONG néerlandaise, la Mayday Rescue Foundation, James Le Masurier, le fondateur des «Casques Blancs» de Syrie, né le 25 Mai 1971 à Singapour, est décédé le 11 Novembre 2019 à Istanbul dans des conditions mystérieuses. Il a été retrouvé mort au pied de l’immeuble où il habitait, avec de multiples fractures. Cet ancien agent du MI6 a été repéré, notamment dans les Balkans et au Moyen-Orient. Ses relations avec des groupes terroristes ont été rapportées lors de sa mission au Kosovo. Les «Casques blancs» se sont révélés en fait une «une structure de propagande» anti-Assad qui collaborerait avec des terroristes, selon la journaliste britannique Vanessa Beeley, qui a fait état de nombreux cas de coopération étroite entre les Casques blancs et des groupes extrémistes tels que le Front Al-Nosra et Harakat Nour al-Din al-Zenki, à Alep-Est et ailleurs.

Pour aller plus loin sur ce thème: Vanessa Beeley démolit le mythe des «Casques Blancs»:

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B – Innovative Communication and Strategies (InCoStrat), Observatoire Syrien des Droits de l’Homme
Cette structure chapeautait deux sous-traitants du ministère britannique des Affaires étrangères travaillant sous la supervision du ministère de la défense. Elle était chargée de la communication des «groupes armés modérés» en Syrie. Leur mission était de produire des éléments de langage et du matériel de propagande: des vidéos, des photos, des rapports militaires, des brochures avec les logos des groupements combattants.

Un budget de 2,4 millions de Livres Sterling (3 millions d’euros) par an lui était alloué depuis l’affaire des armes chimiques, l’été 2013. D’abord destiné à la société de management de crise Regester Larkin, ce budget a été réaffecté à Innovative Communications ans Stratégies (InCoStrat), une compagnie créée en 2014. Les deux sociétés, basées à Londres et à Washington, ont été créées par le colonel Paul Tilley. Il employait cinquante personnes à Istanbul. Ces mêmes sociétés ont conclu un autre contrat avec le Yémen.

Cette opération est distincte de celle de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) qui dépend lui du MI6, le service de renseignements britannique chargé du théâtre extérieur. Créé en mai 2006, à Coventry au Royaume-Uni, l’OSDH est dirigé par Rami Abdel Rahmane, de son vrai nom Oussama Ali Souleiman.

Né à Baniyas en Syrie, il se présente comme musulman, laïc. Son organisme est la source la plus importante utilisée par les principaux médias occidentaux pour la guerre civile syrienne depuis l’expulsion des journalistes étrangers. La neutralité et la fiabilité de cet organisme sont cependant contestées par certains experts du conflit

Les documents visés par le Guardian, qui en a révélé l’existence, attestent que ces sociétés assuraient la communication du Mouvement Hazm et de l’Armée de l’Islam. Ce dernier serait en réalité une dénomination modérée utilisée par les combattants d’Al Qaida.
Au Conseil de sécurité de l’ONU, le Royaume Uni s’est opposé à son inscription sur la liste des organisations terroristes au motif qu’il participe aux négociations de paix de Syrie à Genève. (CF. à ce propos «How Britain Funds the propaganda War against ISIS in Syria», IAN Cobain, Alice Ross, Rob Evans, Mona Mahmooudht- The Guardian May 3rd 2006. Et aussi: Charles Skelton: Qui produit le discours? https://www.the guardian.com commentisfree/2012/jul/12/syrian-opposition-doing the talking.

 

Des Québécois au front en Ukraine aux côtés de la bande néo-NAZI « Azov »

Par Simon Coutu. Sur Radio-Canada.

« Le commandant ne peut pas vous parler, il est au front pour l’instant », me répond-on à quelques reprises, alors que je tente d’entrer en contact avec Hrulf, le Québécois à la tête de la Brigade normande.

Je réussis finalement à joindre le militaire sur une application de messagerie cryptée. Il accepte de s’entretenir avec moi à condition de ne pas révéler son identité ni l’endroit où il se trouve. Il y a une petite accalmie en ce moment, mais ça brassait la nuit dernière et cet après-midi», dit-il pour expliquer nos problèmes de communication.

Ce vétéran des Forces armées canadiennes a fait le voyage vers l’Ukraine dès le début de l’invasion russe. Il dirige aujourd’hui un groupe d’anciens militaires venus du Canada, des États-Unis et d’Europe qui combattent aux côtés de l’armée ukrainienne. Hrulf a baptisé sa brigade en l’honneur des ancêtres français de certains Québécois qui en font partie.

Il décrit ce qu’il vit depuis deux mois comme un enfer sur terre.

Si certains éléments de la brigade ont des origines ukrainiennes, tous sont là pour défendre des valeurs auxquelles ils croient, avance Hrulf. Ce n’est pas une guerre propre. On est là pour arrêter un génocide, mais aussi pour donner une chance aux Ukrainiens d’avoir la liberté qu’ils souhaitent. Les Russes ne sont pas du bon côté de l’histoire.»

Le vétéran explique que tous les membres de la brigade combattent bénévolement et sont intégrés à un bataillon de la branche volontaire de l’armée ukrainienne. Ils relèvent donc directement du ministère de la Défense. C’est la seule façon de ne pas imposer un contrat à mes gars, dit-il. On n’est pas des mercenaires. Un combattant peut rester un mois seulement s’il le veut.»

Hrulf ne cache pas qu’il y a eu de la bisbille au sein de ses troupes depuis le début de sa présence en Ukraine. D’anciens membres de la brigade ont d’ailleurs remis en question son leadership cette semaine dans un article de La Presse. Ils lui reprochaient notamment d’avoir négligé de fournir l’équipement de protection nécessaire à ses hommes.

Le commandant admet avoir redirigé une soixantaine de combattants vers d’autres unités. Mais il martèle qu’il n’a jamais lésiné sur la sécurité. Tous avaient des casques et des plaques balistiques», dit-il.

Baptême de feu russe

Au début du conflit, Hrulf et ses hommes ont été invités à participer à une séance d’information par l’armée ukrainienne. Ils se sont plutôt retrouvés à reprendre un village alors aux mains des Russes, sous une pluie d’obus.

Malgré la surprise pour les expatriés, l’assaut s’est soldé par un succès. Radio-Canada n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante ces faits d’armes.

Mais ils n’étaient pas au bout de leurs peines. Le lendemain, les Russes sont revenus, avec le double des effectifs. Ils ont pris des prisonniers et toute la population civile qui nous avait aidés a été déportée, raconte le commandant. On assiste à une assimilation forcée.»

Hrulf estime que sa brigade offre une certaine expérience qui fait défaut chez certains combattants volontaires ukrainiens des autres unités. On leur donne notamment de la formation sur le terrain aux niveaux tactique et stratégique. Mais il y a encore beaucoup de travail à faire, convient-il. Il y a de nombreuses pertes chez les nouveaux venus.»

Le vétéran observe que l’héritage soviétique est encore bien présent chez les troupes ukrainiennes. Toutefois, la formation dont a bénéficié l’armée ukrainienne auprès des troupes de l’OTAN a porté fruit. Depuis 2015, le Canada a contribué à former 33 346 militaires dans le cadre de l’opération Unifier, selon le ministère de la Défense nationale. Le coût de ce programme s’élève à plus de 890 millions de dollars.

La Brigade normande tente aujourd'hui de se financer en vendant des tasses et des vêtements.© Brigade normande La Brigade normande tente aujourd’hui de se financer en vendant des tasses et des vêtements.

Avant, tu ne pouvais pas aller aux toilettes sans l’accord du général. Les Occidentaux ont fait un très bon travail pour décentraliser le commandement pour permettre aux équipes de prendre des initiatives tactiques sur le terrain. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les Russes ont perdu des généraux, qui doivent se rendre sur la ligne de front s’il y a un problème. C’est corrompu et tout le monde a peur de faire une erreur.»

Si le commandant est reconnaissant des pays qui envoient de l’armement pour soutenir l’effort de guerre, sur le terrain, il manque encore cruellement de matériel pour les combattants volontaires.

On a besoin de rails Picatinny pour les AK-47 et des optiques, déplore-t-il. C’est très difficile à trouver. La priorité est pour l’armée ukrainienne et on prend ce qu’il reste.» La Brigade tente aujourd’hui de se financer en vendant des tasses et des vêtements. Mais ce n’est pas ça qui va nous permettre d’acheter des véhicules», ajoute Hrulf.

Une cargaison de munitions livrées par l'armée ukrainienne à la Brigade normande à la fin du mois d'avril.

© Brigade normandeUne cargaison de munitions livrées par l’armée ukrainienne à la Brigade normande à la fin du mois d’avril.

Prêts à tout

En pleine entrevue, le commandant se met à apostropher un de ses soldats. Il y a un drone? Éteins ta lumière et rentre, putain!», crie-t-il, alors qu’un engin Orlan-10 les survole.

Hrulf reprend ensuite la discussion comme si de rien n’était.

Il s’attend maintenant à une plus grande offensive des Russes dans la région du Donbass. On a un plan et on patiente. On a des instructions à suivre. On ne peut pas faire ce qu’on veut.»

À savoir si les Ukrainiens ont des chances de sortir victorieux de cette bataille, le Québécois est confiant. Même si c’est une confiance aveugle ou naïve, tout le monde est extrêmement motivé. L’inquiétude se fait sentir quand on se fait bombarder. Les blessures sont horribles. Mais les Ukrainiens sont prêts à tout pour défendre leur terre. Si j’étais un Russe, j’y penserais deux fois avant de venir.»

Pour ce qui est de la Brigade normande, elle est là pour longtemps, même si le conflit s’enlise, selon Hrulf. Pour ma part, tant qu’on va être utiles, je vais rester. Mais à un moment donné, après deux ou trois ans de guerre, je vais passer le flambeau.»

Peu à peu les médias mainstream, au service des riches de l’Alliance Atlantique, inculquent l’idée que la guerre russo-américaine dans l’État fantoche ukrainien est une guerre juste pour le bien des peuples de la région. Les médias menteurs attisent ainsi la guerre fratricide comme le présente cet article militariste. Les brigades internationales fascistes ne sont pas un exemple à suivre, ni du côté russe ni du côté de l’OTAN, et doivent être dénoncées comme une incitation à la guerre mondiale dont le prolétariat servira de chair à canon pour le bénéfice des riches. Faisons la guerre à la guerreRobert Bibeau 

La pandémie du Covid-19: « Act of God » ou complot…ou les deux ?

Nous avons reçu ce document par courriel. Nous pensons qu’il est de l’intérêt populaire de connaître les informations et les hypothèses qu’il  présente…même celles de nature « complotistes »…chacun étant apte à faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Toute information doit être confronter à la réalité des faits et au tamis de la lutte de classe. Que chacun se fasse une opinion sur ce document que nous n’endossons pas mais ou nous avons trouvé des renseignements intéressants


Par David Sorensen. Je suis l’auteur de StopWorldControl.com : Notre objectif est de présenter des informations 100% précises. Chaque fait peut être vérifié.  Si vous voyez quelque chose qui n’est pas correct à 100%, s’il vous plaît laissez-nous savoir. à cette adresse: https://stopworldcontrol.com/

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