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Le rôle grandissant de la Chine comme médiateur des relations internationales

Par : Le Saker Francophone — 27 novembre 2022 à 12:00

Par Laurent Michelon − Le 20 novembre 2022

Le président chinois Xi Jinping pose pour une photo de groupe avec d’autres dirigeants et invités avant la 22e réunion du Conseil des chefs d’État de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Samarcande, en Ouzbékistan, le 16 septembre 2022. (Xinhua/Li Tao)

Le marathon de sommets internationaux des deux premières semaines de novembre, le sommet Chine-ASEAN de Phnom Penh, le G20 à Bali, et l’APEC à Bangkok confirme que le centre du monde a résolument pivoté vers l’Asie. Un mois auparavant, la diplomatie chinoise occupait la même position centrale lors des sommets de l’Organisation de coopération de Shanghai à Samarcande et du Partenariat économique régional global à Qingdao, deux groupements inter-étatiques eurasiatiques initiés par Beijing qui regroupent 2/5 de la population mondiale, et notamment les trois économies les plus dynamiques du moment: la Chine, l’Inde et la Russie.

Au centre de ce tourbillon de réunions au sommet, la Chine de Xi Jinping se fait remarquer par son pragmatisme et son volontarisme à définir un cadre alternatif de relations diplomatiques aussi bien au sein de formats de négociations multilatérales que lors de rencontres bilatérales Sud-Sud, avec par exemple les États d’Asie du Sud-est, ce qui est en adéquation avec l’objectif pluri-millénaire de la Chine de cultiver et préserver des relations fructueuses et pacifiques avec son voisinage immédiat.

Le pragmatisme de Beijing ne signifie pas pour autant un nombrilisme sino-centré. Au G20 à Bali, Xi Jinping a démontré une fois de plus que la Chine entendait assumer pleinement les responsabilités qui incombent à sa nouvelle position économique et diplomatique. Dans son discours, il a mis en garde contre l’instrumentalisation des denrées alimentaires et de l’énergie, deux questions qui concernent plus les partenaires africains et moyen-orientaux de Beijing que la Chine elle-même. Beijing identifie les sécurités alimentaire et énergétique comme les deux problèmes les plus importants du moment menaçant les peuples du Sud global, causés non par une diminution de la production ou de la demande, mais par la disruption programmée de la chaîne d’approvisionnement par les suspects habituels, l’hégémon anglo-américain et ses divers affidés gouvernementaux, para-gouvernementaux et privés.

Le moment le plus attendu du G20 fut la rencontre bilatérale sino-américaine, initiée à la demande de Washington, et qui fut l’occasion pour Xi Jinping de rappeler à son homologue le fondement de la relation bilatérale: le respect des engagements américains au sujet de la politique de la Chine unique.

Revigoré par la chaleur et l’hospitalité balinaise, Joe Biden a récité en direct, et presque sans faute cette fois, les éléments de langage qui lui ont été dictés par ceux qui le maintiennent sur le devant de la scène: une série de garanties sur le fait que les États-Unis ne chercheraient pas à provoquer l’indépendance de Taïwan, ne voudraient pas d’une nouvelle Guerre froide et encore moins d’un découplage économique avec la Chine. Autant d’affirmations qu’il faut évidemment comprendre comme exactement le contraire des intentions de l’hégémon anglo-américain, qui se confirment chaque jour dans les faits: les discours apaisants du gouvernement américain envers la Chine sont immédiatement suivis d’une escalade de provocations, de sanctions nouvelles, et de chantage au découplage économique total.

Le G20 a démontré à Bali sa vétusté et son inadéquation aux évolutions du monde, en se transformant, sous l’impulsion du sous-groupe du G7, en un forum de critiques de la Russie sur le thème de la guerre en Ukraine. Les 13 autres membres du G20, non-occidentaux et de cultures qui évitent traditionnellement la confrontation, ont préféré délaisser cette tentative occidentale d’attaquer frontalement la Russie sur un thème éminemment politique lors d’un forum économique, insultant au passage leur hôte indonésien.

En marge de ce sommet, le camp occidental a une nouvelle fois tenté de fracturer l’entente sino-russe en envoyant son tirailleur français implorer Xi Jinping d’intercéder en faveur de l’OTAN et tenter de ramener Vladimir Poutine à la table des négociations: un cruel aveu d’impuissance collective de la diplomatie américaine, de l’OTAN et d’une présidence française qui communique à outrance sur ses multiples appels à Vladimir Poutine, y compris ceux restés sans réponse.

La Chine de Xi Jinping se retrouve dans la position de la France gaullienne des années 60, au centre des relations internationales, dans le rôle de médiateur, tandis que la diplomatie française s’est effondrée au niveau de la diplomatie chinoise des années 60.

Pendant que, pour plaire à leurs sponsors, les dirigeants occidentaux surenchérissent dans les déclarations outrancières au sujet de la Russie mais aussi de la Chine, ne sachant plus si elle est un « rival systémique » ou carrément une « menace existentielle », la diplomatie chinoise est occupée à bâtir des partenariats stratégiques avec les États du Sud global: sous-continent indien, Moyen-orient, Afrique, Amérique latine, qui se rassembleront tous en 2023 au sommet des Nouvelles routes de la soie que Xi Jinping a promis d’organiser, rassemblant toujours plus autour de la Chine les peuples qui désirent s’affranchir de l’hystérie collective occidentale.

Laurent Michelon est entrepreneur en Chine. Il travaille depuis plus de 20 ans entre Hong Kong et Beijing. Il publie en novembre « Comprendre la relation Chine-Occident. La superpuissance réticente et l’hégémon isolé » aux éditions Perspectives libres.

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Guerre orwellienne et Grand Reset

Par : Le Saker Francophone — 27 novembre 2022 à 10:00


Novembre 2022 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

Certains se demandent ce que font les russes, d’autres se demandent s’ils perdent. Les plus enflammés crient au génie échiquier et judoka et traitent d’agents de l’Otan ceux qui ne sont pas d’accord. Parfois il y en a qui réfléchissent.

Le général Delawarde a écrit un texte intéressant où il pose les vraies questions.

Dès le début de l’opération en Ukraine, j’ai commencé à me poser de nombreuses questions sur ses buts, ses objectifs et son résultat final. Les actions de notre armée et de nos autorités ont clairement indiqué que la Russie ne s’efforçait pas d’achever rapidement l’opération.
Voyez comme c’est étrange :
– Retrait volontaire des troupes près de Kiev ;
– Refus de la prise d’initiative ;
– Arrêt des opérations offensives et passage en défensif ;
– Négociations délibérément dénuées de sens ;
– Étranges échanges de prisonniers ;
– Frappes quasi-exclusivement contre des cibles militaires ;
– Refus catégorique d’endommager les infrastructures stratégiques “civiles” ;
– Référendums organisés à la hâte ;
– Refus d’attaquer les QG et centres de décision ennemis.

Rasoir d’Ockham aidant, la réponse vient vite :

Évidemment, l’option la plus simple est de considérer que nos autorités (russes) sont des imbéciles. Bien sûr, qu’elles sont capables de mener une guerre normale. Pourquoi ne le font-elles pas ?

Mais le général fait une juste et audacieuse observation :

De longues réflexions m’ont amené à la conclusion suivante :
Si l’on considère que l’opération n’est qu’une des étapes de la lutte contre l’Occident, il s’avère que la Russie n’a vraiment pas besoin d’une victoire rapide et décisive en Ukraine. L’armée est inutile trop en avant. Une défaite rapide et complète de l’Ukraine ne changera rien pour nous en termes géopolitiques. Nous aurons de nouveaux territoires et de nouvelles populations, mais l’alignement géopolitique mondial restera le même.

On fabriquerait donc à Moscou donc une guerre qui dure :

L’objectif semble être complètement différent : forcer l’Occident à jeter autant de ressources financières et militaires que possible dans le brasier. Dans la partie d’échecs, une pièce est sacrifiée afin d’attirer un adversaire dans un piège dont il ne pourra plus sortir. Et si nous gardons cet objectif à l’esprit, il devient clair pourquoi les États-Unis ont fait sauter nos gazoducs : sans eux, l’importance des gazoducs ukrainiens augmente considérablement. Il s’agit d’une tentative d’engager davantage les européens dans le conflit.

La cible de cette guerre est donc l’Occident qui va passer un hiver très dur, y compris en Amérique. On oublie dans la résistance que pour l’empire aucune population n’importe, pas plus l’américaine que l’européenne : une lectrice de retour d’Atlanta me raconte qu’une omelette vaut là-bas quinze euros, idem une bouteille de vin, idem un paquet de cigarettes. Un petit repas dans un boui-boui vaut 80 euros. En Californie le gallon vaut huit dollars : l’essence est à plus de deux euros le litre dans un état grand comme la France, où tout se fait en bagnole. Biden n’a rien à faire de sa population qui reste de toute manière pour lui et ses marionnettistes de Wall Street trop blanche et trop rebelle.

Mais restons-en à cette idée d’une guerre qui dure et qui affaiblit tout le monde : les russes ont du gaz mais pas de voitures. Les ventes de voitures ont chuté en moyenne depuis avril de 60 à 80%. L’effondrement du niveau de vie sera qualitatif, si la faible baisse quantitative du PNB le masque.

Pour moi qui suis toujours dans les livres et les films, cette guerre entre Eurasie et Océanie qui dure et qui nous ruine nous le peuple offre de fâcheux relents orwelliens. Car 1984 reste notre Apocalypse sinon notre livre d’Enoch.

On cite le mage sur cette vraie-fausse guerre qui dure (1984, p. 244, je donne le lien en français):

La guerre donc, si nous la jugeons sur le modèle des guerres antérieures, est une simple imposture. Elle ressemble aux batailles entre certains ruminants dont les cornes sont plantées à un angle tel qu’ils sont incapables de se blesser l’un l’autre.

La guerre a changé de cible : on tue son camp, pas l’autre. Orwell :

Mais, bien qu’irréelle, elle n’est pas sans signification. Elle dévore le surplus des produits de consommation et elle aide à préserver l’atmosphère mentale spéciale dont a besoin une société hiérarchisée. Ainsi qu’on le verra, la guerre est une affaire purement intérieure. Anciennement, les groupes dirigeants de tous les pays, bien qu’il leur fût possible de reconnaître leur intérêt commun et, par conséquent, de limiter les dégâts de la guerre, luttaient réellement les uns contre les autres, et celui qui était victorieux pillait toujours le vaincu. De nos jours, ils ne luttent pas du tout les uns contre les autres. La guerre est engagée par chaque groupe dirigeant contre ses propres sujets et l’objet de la guerre n’est pas de faire ou d’empêcher des conquêtes de territoires, mais de maintenir intacte la structure de la société.

C’est la vieille andouille De Closets qui se félicitait du rôle retrouvé de l’État avec la crise du Covid. Ce rôle se renforce pour Bruxelles et pour Paris avec la guerre contre la Russie qui permet d’accélérer le Reset et l’autoritarisme. Les deux premières guerres mondiales ont établi le mondialisme, celle-ci va numériser le troupeau et liquider « la vieille race blanche » dont j’ai parlé en 2009 (voir lien) pour établir le Reset voulu par les gnostiques de Davos, lieu de la Montage magique de Thomas Mann. Relisez ce livre étincelant et programmatique et incompris, où tous les personnages sont des malades et des moribonds entourés de médecins inefficaces.

Sur ce sujet on découvrira mon émission sur la Guerre et le Grand Reset. Je me suis désintéressé des opérations dès le début (Et comme j’ai eu raison !) en soulignant que la guerre amenait le Reset alors que le vaccin ou le virus demeuraient trop dénués de victimes (cf. Léon Bloy à propos de l’incendie du Bazar de la Charité : « le petit nombre des victimes tempérait ma joie »).

https://www.youtube.com/watch?v=mkGsGUOdPJM

Orwell poursuit sur ce mot :

« Le mot « guerre », lui-même, est devenu erroné. Il serait probablement plus exact de dire qu’en devenant continue, la guerre a cessé d’exister. La pression particulière qu’elle a exercée sur les êtres humains entre l’âge néolithique et le début du vingtième siècle a disparu et a été remplacée par quelque chose de tout à fait différent. L’effet aurait été exactement le même si les trois super-États, au lieu de se battre l’un contre l’autre, s’entendaient pour vivre dans une paix perpétuelle, chacun inviolé à l’intérieur de ses frontières. Dans ce cas, en effet, chacun serait encore un univers clos, libéré à jamais de l’influence assoupissante du danger extérieur. Une paix qui serait vraiment permanente serait exactement comme une guerre permanente. Cela, bien que la majorité des membres du Parti ne le comprenne que dans un sens superficiel, est la signification profonde du slogan du Parti : La guerre, c’est la Paix.

Cette guerre sera perpétuelle. Elle concerne en effet des super-États – qu’on ne nommera pas – tous fascinés par le contrôle numérique du troupeau (les données sur l’Inde sont également terrifiantes) et qui ne sont pas pressés d’en terminer. C’est une guerre que nos dirigeants livrent contre nous, avec la collaboration de la population : le football, la bière et le jeu (1984, p. 87) contrôlent le troupeau. Nietzsche le disait : il faut maltraiter le petit peuple. Sinon l’appétit lui vient en mangeant.

Nicolas Bonnal sur Amazon.fr

Ridley Scott et le cinéma rétrofuturiste Les mystères de Stanley Kubrick Louis-Ferdinand Céline : La colère et les mots

Sources

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Revue de presse RT du 20 au 26 novembre 2022

Par : Wayan — 26 novembre 2022 à 12:00

Par Wayan – Le 26 novembre 2022 – Le Saker Francophone

Le Monde occidental

La lutte pour garder le contrôle des esprits est farouche :

« Le département d’État américain finance un jeu vidéo au message anti-populiste visant à apprendre aux enfants à reconnaître la « désinformation« , selon des documents publiés jeudi par la Foundation for Freedom Online (FFO). Le jeu, nommé « Cat Park« , est déployé dans le monde entier, les ambassades américaines demandant à leurs employés de le promouvoir dans les écoles et les organisations communautaires.

Dans un mémo envoyé le 31 octobre à tous les postes diplomatiques américains dans le monde, le département d’État a encouragé le personnel à « promouvoir« , « faire connaître » et « organiser des événements spéciaux de lancement » pour « Cat Park« , un jeu développé par un studio néerlandais et financé par le « Global Engagement Center » (GEC) du département d’État.

Le jeu démontre « comment les titres sensationnels, les mèmes et les médias manipulés peuvent être utilisés pour faire avancer les théories du complot et inciter à la violence dans le monde réel« , peut-on lire dans le mémo, qui a été obtenu par America First Legal et rendu public par le FFO.

Les joueurs jouent le rôle d’un utilisateur des médias sociaux qui mène une campagne populaire contre la construction d’un parc pour chats, en faisant naître des théories complotistes disant que le parc serait un projet élitiste pour la classe supérieure de la ville. Lorsqu’il est révélé que la campagne est secrètement financée par un milliardaire, les joueurs doivent alors corriger les « fake news » qu’ils ont diffusées plus tôt au nom du sponsor.

Le mémo indique que Cat Park s’appuie sur la « théorie de l’inoculation » menées par le « Social Decision-Making Lab » de l’université de Cambridge. En exposant virtuellement les joueurs à la « désinformation« , le jeu développe une « résistance cognitive » à celle-ci « dans le monde réel« , explique le département d’État.

Les documents de recherche publiés par le laboratoire de Cambridge ont exploré des techniques visant à faire taire les dissidents sur des sujets tels que le changement climatique et Covid-19, et à « influencer » les conservateurs américains pour qu’ils acceptent les points de vue libéraux.

Cat Park est le deuxième jeu que le GEC a développé avec l’argent des contribuables américains. Harmony Square, qui est sorti après l’élection présidentielle américaine de 2020, permet aux joueurs de devenir « Chief Disinformation Officer » et d’attiser les divisions dans un quartier « obsédé par la démocratie« .

Harmony Square a été promu dans les écoles britanniques avec l’aide du Cabinet Office du Royaume-Uni, ainsi qu’en Ukraine, en Lettonie, en Irak et en Arabie saoudite « en tant qu’outil éducatif stratégique pour contrer la désinformation« , selon le mémo.

Les deux jeux sont conçus pour être déployés et redéployés selon les besoins des États-Unis. « À l’approche d’élections locales, les missions américaines […] pourraient encourager les gens à recevoir leur piqûre de rappel pour lutter contre la désinformation en jouant à [ces jeux]« , indiquent les documents. »

https://www.rt.com/news/566787-fake-news-disinformation-game/

« CBS News a annoncé vendredi qu’elle cesserait d’utiliser Twitter, invoquant « l’incertitude » liée aux changements opérés par Elon Musk au sein de l’entreprise. Le nouveau PDG de la plateforme a licencié plus de la moitié de ses employés et rétabli plusieurs comptes importants bannis pour des raisons telles que « conduite haineuse » et usurpation d’identité.

« À la lumière de l’incertitude autour de Twitter et par prudence, CBS News met en pause son activité sur le site de médias sociaux tout en continuant à surveiller la plateforme« , a déclaré le correspondant de CBS Jonathan Vigliotti dans un rapport vendredi.

Un certain nombre de stations appartenant à CBS ont partagé des déclarations similaires peu après, et les trois principaux comptes Twitter de CBS – @CBSNews, @CBSEveningNews et @CBSMornings – n’ont pas publié de contenu sur la plateforme depuis vendredi après-midi. »

https://www.rt.com/news/566834-cbs-news-suspends-twitter/

Les États-Unis

La lutte contre Trump reprend de plus belle :

« Le procureur général des États-Unis, Merrick Garland, a nommé vendredi John L. Jack Smith au poste de conseiller spécial chargé de superviser l’enquête en cours du ministère de la Justice sur l’ancien président Donald Trump. Smith se penchera sur l’émeute du 6 janvier au Capitole, sur la présence présumée de documents classifiés dans la résidence de Trump à Mar-a-Lago et sur tout ce qui pourrait y être lié. Son poste le plus récent était celui de procureur pour les crimes de guerre à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

Lors de l’annonce de la nomination de M. Smith, M. Garland l’a qualifié de « procureur de carrière chevronné » et a déclaré qu’il sera autorisé à poursuivre « tout crime fédéral qui pourrait découler de ces enquêtes. » Cette décision intervient trois jours seulement après que Trump a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2024.

« J’annonce ma décision et immédiatement ils nomment un procureur spécial« , a déclaré Trump à Fox News Digital, réagissant à la nomination de Garland. « Cela fait six ans que je subis cela, et je ne vais plus le subir« , a ajouté l’ancien président américain, estimant qu’il s’agit de la « pire politisation de la justice dans notre pays« .

« J’ai été prouvé innocent pendant six ans sur tout – des faux impeachments à [Robert] Mueller qui n’a trouvé aucune collusion, et maintenant je dois subir encore cela ? » a-t-il ajouté. « Ce n’est pas acceptable. C’est tellement injuste. C’est tellement politique. » »

https://www.rt.com/news/566796-trump-special-counsel-smith/

Pendant ce temps :

« La dette des ménages américains a augmenté au cours du troisième trimestre à son rythme le plus rapide depuis 15 ans en raison de l’augmentation de l’utilisation des cartes de crédit et des soldes des prêts hypothécaires, selon un rapport de la Réserve fédérale cette semaine.

Selon la Fed, la dette totale a atteint le chiffre record de 16 500 milliards de dollars, en hausse de 2,2 % par rapport au trimestre précédent et de 8,3 % par rapport à l’année précédente. Les ménages ont ajouté 351 milliards de dollars de dettes pour la période de juillet à septembre, a indiqué l’organisme de réglementation. »

 

https://www.rt.com/business/566578-us-household-debt-skyrockets/

 

L’Europe

La réalité reprend toujours ses droits, même s’il faut tricher pour cela :

« Le Royaume-Uni a acheté au moins 39 cargaisons de pétrole russe depuis février, bien que les cargaisons aient été enregistrées comme des importations en provenance d’autres pays, a rapporté le Sunday Times, citant des données sur le trafic des pétroliers et des statistiques commerciales.

Les cargaisons de pétrole d’origine russe, d’une valeur d’environ 200 £ (236 millions de dollars), auraient été livrées dans des ports britanniques après des transferts de navire à navire, une pratique largement utilisée lorsque de grands pétroliers qui ne peuvent pas accoster en raison de leur taille transfèrent leur cargaison à des navires plus petits.

Selon les conclusions du Sunday Times, cette pratique permet aux compagnies maritimes d’enregistrer leur cargaison sans en indiquer l’origine réelle, mais en précisant le pays d’expédition comme source de la cargaison. Ainsi, une cargaison de marchandises fabriquées en Russie peut être enregistrée comme provenant d’Allemagne si elle est amenée dans un port britannique par une entreprise allemande.

Le média a pu suivre des dizaines de cargaisons de pétrole russe arrivées dans des ports britanniques depuis mars, enregistrées comme provenant d’Allemagne, des Pays-Bas, de Pologne, de France et d’autres pays. Au moins 13 de ces cargaisons seraient arrivées en juin et juillet. Cependant, les chiffres officiels sur les importations de pétrole de l’Office britannique des statistiques nationales (ONS) montrent que le pays n’a reçu aucun pétrole de Russie au cours de ces mois. »

https://www.rt.com/business/566904-uk-bypassing-russian-oil-sanctions/

La guerre en Ukraine aurait-elle réveillé quelques esprits ?

« L’Allemagne, la France et l’Espagne ont convenu d’aller de l’avant avec le développement d’un nouvel avion de chasse européen, a confirmé Berlin vendredi.

Cette annonce fait suite à une rencontre entre le chancelier allemand Olaf Scholz et le président français Emmanuel Macron le mois dernier, au cours de laquelle les deux dirigeants ont appelé à une plus grande autonomie de l’UE par rapport aux États-Unis.

Le projet commun est connu sous le nom de système de combat aérien futur (FACS). La ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, a déclaré dans un communiqué : « L’accord politique sur le FCAS est un grand pas et – surtout en ces temps – un signe important de l’excellente coopération franco-germano-espagnole. »

Elle a ajouté que le système de combat, dont le coût est estimé à plus de 100 milliards d’euros (103,4 milliards de dollars), contribuera à « renforcer les capacités militaires de l’Europe et à garantir un savoir-faire important… pour l’industrie européenne. »

L’entreprise allemande Airbus, qui participe au développement de l’avion aux côtés de l’entreprise française Dassault et de l’entreprise espagnole Indra, a déclaré par courriel qu’un « certain nombre de mesures officielles dans les pays respectifs » devaient encore être prises avant que les trois entreprises puissent se mettre au travail. »

https://www.rt.com/news/566832-germany-france-spain-agree-fighter-jet/

« Ni la pandémie de Covid-19 ni l’offensive de la Russie contre l’Ukraine n’ont joué un rôle central dans le ralentissement économique actuel de l’Europe, a affirmé le chancelier allemand Olaf Scholz. Il l’attribue plutôt à la croissance en Asie et prévient qu’il n’y aura probablement pas de retour au bon vieux temps dans un avenir proche.

S’exprimant mardi lors d’un sommet économique organisé par le Suddeutsche Zeitung à Berlin, Scholz a déclaré que, pendant des années, les pays d’Amérique du Nord et d’Europe ont bénéficié d’une combinaison de croissance stable, de faible inflation et de taux d’emploi élevés. Il s’agit toutefois, selon le chancelier, d’une « exception économique » dont on ne peut attendre qu’elle dure plus longtemps.

« La guerre de la Russie [contre l’Ukraine] et les conséquences économiques de la pandémie [Covid-19] ont peut-être accéléré » la fin de cette ère, a estimé l’homme politique. Il s’est toutefois empressé d’ajouter qu' »elles n’en ont pas été le déclencheur« . »

https://www.rt.com/news/566997-scholz-names-culprit-economic-downturn/

Voila qui ne va pas réduire l’inflation :

« L’Ukraine a annoncé son intention d’augmenter les frais de transit pour le pétrole russe acheminé vers l’UE par l’oléoduc Druzhba, en raison de la hausse des coûts résultant des frappes aériennes et de missiles russes visant l’infrastructure énergétique du pays.

Ukrtransnafta, l’opérateur du réseau ukrainien d’oléoducs, devrait augmenter les tarifs de transport du brut vers la Hongrie et la Slovaquie de 2,10 euros par tonne pour atteindre 13,60 euros (13,90 dollars) à compter du 1er janvier, selon une lettre de la société consultée par Bloomberg. Son homologue russe Transneft a confirmé à RIA Novosti avoir reçu une lettre et l’étudier.

La compagnie ukrainienne a attribué la hausse des prix à la « destruction continue des infrastructures énergétiques ukrainiennes » qui a entraîné « une importante pénurie d’électricité, une augmentation de ses coûts, une pénurie de carburant, de pièces de rechange. »

Les frais de transit du pétrole ukrainien ont déjà été augmentés deux fois cette année. La dernière hausse, en avril, aurait porté l’augmentation totale sur une base annualisée à 51 %. »

https://www.rt.com/business/566972-russia-ukraine-oil-transit-fee/

« L’acquisition et l’entretien des terminaux flottants de gaz naturel liquéfié (GNL) coûteront à l’Allemagne au moins 3 milliards d’euros de plus que prévu, a rapporté Reuters lundi, citant une déclaration du ministère de l’économie du pays.

Le coût global des terminaux, également appelés unités flottantes de stockage et de regazéification (FSRU), est désormais estimé à environ 6,56 milliards d’euros, soit plus du double du budget initial de 2,94 milliards d’euros.

« Les coûts supplémentaires ont été déterminés lors de consultations approfondies avec de nombreuses parties prenantes et les prévisions initiales ont été précisées« , a déclaré le ministère au média dans un communiqué, notant que le changement de coût provenait des dépenses d’exploitation supplémentaires et des infrastructures à construire. Selon le ministère, la commission parlementaire du budget a déjà approuvé l’augmentation du financement des terminaux. »

https://www.rt.com/business/566922-germany-lng-terminals-cost/

« Berlin devra trouver 25 milliards d’euros (25,8 milliards de dollars) supplémentaires pour renflouer Uniper, le plus grand importateur de gaz du pays, a rapporté Reuters mercredi.

L’accord, qui portera le coût de la nationalisation de la compagnie à 51,5 milliards d’euros (53 milliards de dollars), comprend des lignes de crédit, des injections de capitaux et reflète également la suppression de la taxe sur le gaz, initialement conçue pour aider les fournisseurs de gaz allemands à faire face à la hausse des coûts, selon le média. »

https://www.rt.com/business/567053-germany-uniper-bailout-cost-doubles/

« Le gouvernement autrichien prévoit d’introduire un nouvel impôt sur les bénéfices exceptionnels des entreprises du secteur de l’énergie, ont annoncé le vice-chancelier Werner Kogler et le ministre des finances Magnus Brunner lors d’une conférence de presse vendredi.

La taxe s’élèvera à 40 % des bénéfices excédentaires des entreprises pétrolières et gazières, selon l’annonce.

Comme l’a expliqué M. Kogler, le gouvernement prendra le bénéfice moyen d’une entreprise entre 2018 et 2021 comme base pour la taxe. Si le bénéfice actuel est supérieur de plus de 20 % à cette moyenne, 40 % seront écrémés en tant qu’impôt exceptionnel. Toutefois, étant donné que l’impôt sur les sociétés sur ce bénéfice continuera d’être dû, les entreprises finiront par renoncer à un total de 65 % de ces bénéfices, a ajouté M. Kogler.

Il a également noté que si une entreprise peut prouver qu’elle investit dans les énergies renouvelables, le prélèvement passe de 40 à 33 %. »

https://www.rt.com/business/566750-austria-energy-companies-windfall-tax

 

Le Monde multipolaire

« Le commerce de l’énergie entre la Russie et la Chine n’a cessé de croître et a augmenté de 64 % en termes monétaires depuis le début de l’année, a déclaré vendredi le vice-premier ministre russe Alexandre Novak à la chaîne de télévision Rossiya 24.

Ses commentaires ont suivi une réunion de la commission intergouvernementale russo-chinoise sur la coopération énergétique.

« La Chine est notre partenaire stratégique dans la région Asie-Pacifique et, d’une manière générale, dans les échanges commerciaux« , a-t-il déclaré, notant qu’en termes physiques, l’augmentation était d’environ 10 % dans les fournitures de pétrole, de gaz, de charbon et d’électricité.

Le vice-Premier ministre a expliqué que les deux pays ont pour objectif de développer davantage leurs relations commerciales, et qu’ils s’efforcent notamment d’accroître la part des monnaies nationales dans les transactions énergétiques.

« Nous passons à des règlements en roubles et en yuans pour les ressources énergétiques fournies« , a déclaré M. Novak. »

https://www.rt.com/business/566763-russia-china-abandon-dollar-trade/

« La Turquie finalisera le plan de développement d’un centre de distribution de gaz naturel dans la région occidentale de Thrace d’ici la fin de l’année, a déclaré le ministre de l’énergie du pays, Fatih Donmez.

Le mois dernier, le président russe Vladimir Poutine a proposé de créer une plateforme gazière internationale en Turquie, ce qui permettrait à la Russie de rediriger le transit des gazoducs Nord Stream endommagés vers la région de la mer Noire.

La proposition a été accueillie favorablement par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a souligné que l’UE serait en mesure d’acheter du gaz russe via son pays.

Louant la Turquie comme l’un des partenaires « les plus fiables » pour le transit du combustible russe vers l’Europe, Poutine a fait remarquer que la plate-forme gazière ne servirait pas seulement de plateforme de distribution, mais pourrait également être utilisée pour déterminer les prix du gaz et éviter la « politisation » de l’énergie. »

https://www.rt.com/business/566617-turkiye-gas-hub-roadmap/

« Les opérations aériennes de la Turquie dans le nord de l’Irak et de la Syrie ne sont « que le début » et le pays pourrait bientôt lancer une offensive terrestre dans les zones contrôlées par les Kurdes en Syrie, a averti mercredi le président Recep Tayyip Erdogan.

Dans un discours devant les législateurs du parti au pouvoir, Erdogan a expliqué que la Turquie est déterminée à « fermer toutes nos frontières méridionales… avec un corridor de sécurité qui empêchera toute possibilité d’attaque contre notre pays. »

Il a précisé que l’incursion terrestre débutera « au moment le plus opportun pour nous » et qu’elle visera les régions de Tel Rifaat, Mambij et Kobani, qu’il a qualifiées de « sources de problèmes. »

Erdogan a également rassuré les gouvernements irakien et syrien sur le fait que l’opération d’Ankara ne constitue pas un défi à leur souveraineté ou à leur intégrité territoriale, et a souligné que le but de l’opération est de protéger la sécurité de la Turquie. Si ces pays « ne peuvent pas remplir les conditions de l’accord, nous avons le droit de nous en occuper nous-mêmes« , a-t-il averti. »

https://www.rt.com/news/567054-turkey-ground-operation-syria/

« L’armée américaine a déclaré que les récentes frappes aériennes turques en Syrie « menaçaient la sécurité » des soldats américains, qui occupent toujours illégalement une partie du pays.

Le Pentagone a ajouté qu’il était « profondément préoccupé » par la montée des hostilités en Syrie, en Irak et en Turquie, notant que les frappes d’Ankara contre des factions de la milice kurde en début de semaine risquaient de nuire aux forces américaines stationnées à proximité.

« Les récentes frappes aériennes en Syrie ont directement menacé la sécurité du personnel américain qui travaille en Syrie avec des partenaires locaux pour vaincre ISIS et maintenir la garde de plus de dix mille détenus d’ISIS« , a déclaré le secrétaire de presse du Pentagone, Patrick Ryder, ajoutant que « cette escalade menace les progrès réalisés depuis des années par la Coalition mondiale pour vaincre ISIS. »

La veille, la Maison Blanche avait exprimé son soutien à l’opération « Claw-Sword » menée par la Turquie en Syrie. Le porte-parole du Conseil national de sécurité, John Kirby, avait déclaré qu’Ankara était confrontée à une « menace terroriste légitime » de la part de certains groupes kurdes et qu’elle avait « tous les droits » de se défendre. Toutefois, l’approbation était quelque peu réticente, car Kirby a suggéré que la mission pourrait « forcer une réaction » des combattants kurdes soutenus par les États-Unis, ce qui pourrait « limiter leur capacité à poursuivre la lutte contre ISIS. » »

https://www.rt.com/news/567077-turkiye-syria-strikes-pentagon

 

La guerre chaude en Ukraine

« Le gouvernement américain s’inquiète de plus en plus de son incapacité à continuer à fournir à l’Ukraine des systèmes et des munitions de pointe dans le cadre du conflit qui l’oppose à la Russie, rapporte CNN.

Selon trois responsables américains interrogés par le média, les défis auxquels les États-Unis sont confrontés en termes de soutien à l’Ukraine comprennent la « diminution » de leurs stocks d’armes et la capacité de l’industrie de la défense à répondre à la demande. Un fonctionnaire a déclaré à CNN que la quantité de stocks excédentaires que Washington peut envoyer à Kiev est « limitée« .

Washington est particulièrement préoccupé par les stocks disponibles d’obus d’artillerie de 155 mm et de missiles de défense aérienne Stinger, indique le rapport. Certains responsables s’inquiètent également de la production d’armes telles que les missiles antiradiation HARMs, les missiles surface-surface GMLRS et les systèmes antichars Javelin.

Les sources de CNN affirment toutefois que la diminution des stocks ne compromet pas la sécurité nationale, étant donné que les armes destinées à l’Ukraine ne proviennent pas des réserves du Pentagone pour ses propres contingences. Un haut fonctionnaire a également déclaré au média que l’évaluation selon laquelle les États-Unis sont « à court » d’armes est subjective, car elle dépend du niveau de risque que le Pentagone est prêt à accepter. »

https://www.rt.com/news/566738-us-running-low-weapons-ukraine/

« Le président Vladimir Zelensky a porté atteinte aux espoirs de l’Ukraine d’adhérer à l’UE en signant un amendement qui réduit la surveillance financière des hommes politiques, ont déclaré lundi des militants anticorruption à Kiev. Cette mesure « tue pratiquement » les efforts de lutte contre le blanchiment d’argent, a déclaré le chef du Centre d’action anticorruption (AntAC).

L’Ukraine avait auparavant imposé un suivi financier à vie des « personnes politiquement exposées« , y compris les responsables gouvernementaux et les législateurs – jusqu’à ce que Zelensky signe un amendement la semaine dernière limitant ce suivi à trois ans seulement. Officiellement, la loi est censée « protéger le système financier ukrainien contre la Russie et le Belarus« , mais l’AntAC estime qu’elle va plutôt nuire aux intérêts du pays.

« Avec cette loi, les politiciens ont détruit le système de surveillance financière de leurs proches, ce qui signifie qu’ils ont en fait bloqué les négociations sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE« , a déclaré Vitaly Shabunin, chef de l’AntAC, sur les médias sociaux. La loi modifiée « tue pratiquement le système de prévention du blanchiment d’argent par les politiciens ukrainiens« , a-t-il ajouté. »

https://www.rt.com/russia/566960-zelensky-ukraine-corruption-monitoring/

« Le parlement ukrainien, la Verkhovnaya Rada, a enregistré un projet de loi visant à rendre totalement illégales les activités de l’Église orthodoxe russe (EOR) sur le territoire ukrainien, les législateurs estimant que l’Église constitue une menace pour la sécurité et l’ordre national de l’Ukraine.

Le projet de loi a été initié par le parti Solidarité européenne de l’ancien président Pyotr Porochenko, dont la coprésidente, Irina Gerashschenko, a annoncé cette initiative sur Facebook mardi. Elle a laissé entendre que l’EOR n’était « pas une église, mais une organisation idéologique promouvant le « monde russe »« . Elle a également accusé le Patriarcat de Moscou d’utiliser le monastère Pechersk Lavra de Kiev – le principal monastère chrétien orthodoxe d’Ukraine – comme une « cellule anti-ukrainienne du Kremlin« .

La proposition de loi vise à rendre illégales les activités de toutes les organisations et institutions religieuses qui font partie de l’EOR ou qui reconnaissent leur subordination à l’EOR « en matière canonique, organisationnelle et autre. »

« La libération de l’Ukraine de l’Église orthodoxe russe est un autre pas vers une Ukraine libre et indépendante« , a conclu le coprésident.

Les responsables russes ont déjà critiqué le projet de loi, la sénatrice Olga Kovitidi déclarant qu’il signale « le début de la fin » pour l’Ukraine et que son adoption serait une erreur fatale pour le président Vladimir Zelensky. »

https://www.rt.com/russia/567045-ukraine-russian-orthodox-church-ban/

« La Géorgie aurait pu être transformée en « champ de tir » si les dirigeants de l’opposition avaient réussi à prendre le contrôle du pays, affirme le Premier ministre Irakly Garibashvili. Il a déclaré que Kiev avait tenté de faire pression sur Tbilissi pour qu’il se joigne au conflit avec la Russie.

Dans une allocution devant le Parlement vendredi, M. Garibashvili a déclaré que les tentatives ukrainiennes d’ouvrir un « second front » contre la Russie en Géorgie n’étaient « ni une interprétation, ni une légende« , mais une « citation directe » de ce qui a été dit lors d’une conférence de presse.

« Ces gens [l’opposition géorgienne] sont leurs alliés [les responsables ukrainiens]. Imaginez si ces personnes avaient été à la tête du gouvernement géorgien aujourd’hui« , a déclaré Garibashvili. « Quelqu’un doute-t-il qu’un ‘second front’ aurait été ouvert en Géorgie, transformant le pays en ‘champ de tir’ ? ».

Tbilissi s’est jusqu’à présent abstenu de prendre part aux sanctions occidentales imposées à la Russie en raison de son opération militaire en Ukraine, et Garibashvili a déclaré en avril que son pays ne se joindrait pas aux combats, car cela irait à l’encontre des intérêts nationaux de la Géorgie. »

https://www.rt.com/russia/566780-ukraine-georgia-second-front-russia/

« Le « meurtre barbare de prisonniers de guerre russes » n’est que le dernier d’une série de crimes de guerre commis par les troupes ukrainiennes, a déclaré vendredi le ministère russe de la Défense. Cette déclaration a été faite après la diffusion sur Internet de vidéos montrant des militaires russes exécutés après s’être rendus.

« Il s’agit d’une pratique généralisée des forces armées ukrainiennes, activement soutenue par le régime de Kiev et carrément ignorée par ses soutiens occidentaux« , a souligné le ministère. Il a également dénoncé les actions des soldats ukrainiens comme un « meurtre délibéré et méthodique« .

« Personne ne pourra prétendre qu’il s’agit d’une « exception tragique » dans le contexte du respect total des normes régissant les droits des prisonniers de guerre par le régime de Kiev », indique le communiqué.

La vidéo montre un groupe de soldats portant des uniformes russes se rendant à des troupes portant des uniformes avec des insignes ukrainiens. On y voit également les militaires capturés allongés sur le sol, vraisemblablement morts. »

https://www.rt.com/russia/566791-ukraine-policy-execute-pows/

Le chantage nucléaire recommence :

« Les troupes ukrainiennes ont bombardé la plus grande centrale nucléaire d’Europe au cours des deux derniers jours, a affirmé dimanche Renat Karchaa, conseiller auprès de l’opérateur nucléaire public russe Rosenergoatom.

Karchaa a déclaré que la centrale nucléaire de Zaporozhye avait été prise pour cible plus tôt dans la journée, à la suite d’un tir de barrage sur l’installation samedi, au cours duquel six projectiles ont touché le système de refroidissement de l’un des réacteurs et l’aire de stockage des déchets radioactifs. Il a ajouté que les employés étaient indemnes.

Selon le ministère russe de la Défense, l’usine a été bombardée deux fois dimanche, tandis que 11 « obus d’artillerie de gros calibre » ont été tirés samedi. Le ministère a précisé que les projectiles sont tombés à proximité des réacteurs et que les tirs ont également touché des lignes électriques.

https://www.rt.com/russia/566874-zaporozhye-waste-storage-shelled/

Et le « deux poids deux mesures » des Nations Unis est de plus en plus visible :

« L’ONU n’est pas en mesure d’identifier les auteurs des attaques contre la centrale nucléaire de Zaporozhye (ZNPP), a déclaré lundi un porte-parole du secrétaire général. La Russie a demandé à l’Agence internationale de l’énergie atomique de faire correctement son travail et de reconnaître que les bombardements provenaient du côté ukrainien.

Une trentaine de projectiles ont frappé la centrale ZNPP au cours du week-end, selon le ministère russe de la défense. La société d’énergie nucléaire Rosatom a déclaré que les dommages causés au stockage du combustible usé de la centrale étaient proches de déclencher une catastrophe. Moscou a déclaré qu’il était clair que les tirs provenaient de la ville de Marganets, tenue par les Ukrainiens, mais l’AIEA a évité de citer des noms.

« Nous n’avons aucun moyen de déterminer qui a mené les attaques », a déclaré à la presse Farhan Haq, le porte-parole adjoint du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. »

https://www.rt.com/russia/566953-un-zaporozhye-ukraine-shelling

 

La nouvelle guerre froide

« Les responsables russes ne participeront pas à la réunion d’automne de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Varsovie la semaine prochaine, après que la Pologne a rejeté leurs visas, a déclaré mercredi un membre de la délégation russe.

« Nous avons reçu une réponse scandaleuse de la part du chef de la délégation polonaise à l’assemblée parlementaire de l’OSCE« , a déclaré au Parlement Vladimir Dzhabarov, premier vice-président de la commission des affaires internationales du Conseil de la Fédération de Russie, selon l’agence de presse russe TASS.

L’envoyée polonaise, Barbara Bartus, « a littéralement dit qu’elle ne voyait aucune possibilité » de permettre aux délégués russes ou biélorusses de participer à l’assemblée, car cela « violerait le principe de solidarité avec l’Ukraine« , a poursuivi M. Dzhabarov, ajoutant qu’il prévoit des problèmes similaires lorsque l’OSCE se réunira à nouveau en février en Autriche et en juillet au Canada.

La Pologne refusera également d’accorder des visas aux responsables russes qui prévoient d’assister à une réunion ministérielle distincte de l’OSCE à Lodz en décembre, a déclaré son ministère des affaires étrangères à Reuters vendredi. « Nous ne leur accordons pas de visas« , a déclaré le porte-parole Lukasz Jasina. Dans des commentaires adressés à l’AFP, M. Jasina a pointé du doigt le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov, déclarant que la Pologne « ne pense pas » qu’il viendra. »

https://www.rt.com/russia/566792-russian-osce-denied-visas/

« La décision de la Pologne d’interdire au plus haut diplomate de Moscou, Sergey Lavrov, de participer à une réunion ministérielle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Lodz le mois prochain est inacceptable et provocatrice, a déclaré samedi le ministère russe des Affaires étrangères.

Cette déclaration est intervenue le lendemain de la confirmation par Varsovie de son intention de refuser l’entrée sur son territoire aux responsables russes sanctionnés par l’UE, dont M. Lavrov.

Selon le ministère russe des affaires étrangères, par cette mesure « sans précédent et provocatrice« , Varsovie, qui préside actuellement l’OSCE, « ne s’est pas seulement discréditée, mais a également causé des dommages irréparables à l’autorité de l’ensemble de l’Organisation« .

Tout au long de sa présidence, la Pologne a « détruit avec enthousiasme » les fondements de l’OSCE, notamment la « culture du consensus« , a déclaré le ministère, et l' »attaque inacceptable contre la Russie » représente le point culminant de cette « anti-présidence. »

Soulignant que la Pologne a également refusé l’entrée aux responsables russes pour la réunion d’automne de l’organisation, le ministère a affirmé que Varsovie et ses alliés occidentaux « poussent l’OSCE dans l’abîme« . »

https://www.rt.com/russia/566838-lavrov-poland-lavrov-entry/

Un signe que la Russie ne prend plus les États-Unis au sérieux. Un avant-gout des futures négociations de paix pour Ukraine :

« La Maison Blanche a accusé la Russie de ne pas négocier de bonne foi un éventuel échange de prisonniers entre les deux pays, affirmant que les actions de Moscou sont en contradiction avec ses déclarations officielles.

Lors d’un point de presse régulier vendredi, le porte-parole Karine Jean-Pierre a commenté les efforts de Washington pour obtenir la libération des citoyens américains détenus par la Russie. Selon la porte-parole, les États-Unis ont fait une offre à la Russie et ont proposé « d’autres moyens potentiels d’avancer » par les canaux diplomatiques disponibles.

Toutefois, Jean-Pierre a affirmé que « les actions du gouvernement russe ont contredit ce qu’il a dit publiquement« . « Au cours des derniers mois, ils n’ont pas réussi à négocier sérieusement par le canal établi ou par tout autre canal« , a-t-elle déclaré.

Tout en refusant de fournir des détails sur les négociations, elle a déclaré que Washington avait fait une « offre substantielle » mais que Moscou avait « constamment… échoué à négocier de bonne foi » a souligné la porte-parole. »

https://www.rt.com/news/566802-us-russia-bad-faith-prisoner-swap/

La guerre des microprocesseurs :

« La Chine a accusé le gouvernement britannique de violer les règles du commerce international après que le Royaume-Uni est intervenu pour annuler la vente du plus grand fabricant de microprocesseurs du pays à une société chinoise en invoquant la « sécurité nationale« . L’ordonnance intervient plus d’un an après la conclusion de la transaction.

Interrogée sur la décision de Londres d’interdire la transaction lors d’une conférence de presse vendredi, la porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Mao Ning, a condamné cette décision, insistant sur le fait que la Grande-Bretagne devait « respecter les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises » et fournir un « environnement commercial équitable, juste et non discriminatoire« .

« Le Royaume-Uni a exagéré le concept de sécurité nationale et a abusé du pouvoir de l’État pour interférer directement dans la coopération normale d’investissement d’une entreprise chinoise en Grande-Bretagne« , a déclaré Mao aux journalistes. « Cela viole les droits et intérêts légitimes de l’entreprise concernée, ainsi que les principes de l’économie de marché et les règles du commerce international dont le Royaume-Uni se prétend depuis longtemps le champion. »

En début de semaine, le ministère britannique des affaires, de l’énergie et de la stratégie industrielle a ordonné à Wingtech Technology, une entreprise technologique chinoise, de céder sa part de 86 % dans Newport Wafer Fab, le plus grand fabricant britannique de micropuces, basé à Newport, au Pays de Galles. L’opération de rachat de Wingtech a été réalisée en juillet 2021, pour un montant de 75 millions de dollars. »

https://www.rt.com/business/566800-uk-blocks-china-deal/

Pas si facile de dédollariser :

« Moscou cherche des moyens de désolidariser les règlements avec ses partenaires étrangers du dollar américain, a rapporté samedi la RBK, citant des sources du marché financier et du gouvernement.

La Russie a intensifié ses efforts pour convertir les règlements internationaux en monnaies nationales après que plusieurs nations occidentales ont imposé des sanctions au pays au début de l’année en rapport avec le conflit en Ukraine. Les sanctions ayant mis en péril les transactions de la Russie en euros et en dollars, ces monnaies ont été considérées comme compromises.

Cependant, le taux de change utilisé dans les échanges transfrontaliers en monnaies locales est toujours calculé par le biais du dollar. Par exemple, lors de la détermination du taux rouble-tenge, le taux de la monnaie kazakhe est calculé en utilisant le dollar pour déterminer le prix en roubles d’un tenge et vice versa.

Selon les sources de la RBK, la banque centrale et le ministère des finances russes travaillent actuellement avec les banques sur un mécanisme qui permettrait à la Russie de fixer les prix des contrats étrangers à l’aide de nouveaux indicateurs qui ne tiennent pas compte du taux de change du dollar.

L’une des solutions consiste à créer un panier de devises qui seraient vraisemblablement arrimées les unes aux autres. Une autre option consiste à introduire une nouvelle unité de paiement pour les contrats de commerce extérieur, dont la valeur serait liée à des matières premières telles que l’or et d’autres métaux précieux. Dans ce cas, le taux de change mondial dépendrait des prix moyens de ces matières premières sur les marchés mondiaux.

Une troisième option sur la table consiste simplement à rattacher les monnaies nationales à l’or ou au pétrole. Toutefois, cette solution peut également poser problème, car le prix du pétrole et de l’or est exprimé en dollars.

Une source a déclaré à RBK que le taux de change dans les contrats de commerce extérieur pourrait être calculé en utilisant le yuan chinois au lieu du dollar, car la Chine ne s’est pas rangée du côté de l’Occident dans la guerre des sanctions contre la Russie. Cependant, le yuan n’est pas une monnaie librement convertible et le consentement de Pékin serait nécessaire pour que le mécanisme puisse être mis en œuvre. »

https://www.rt.com/business/566816-russia-decouple-national-currencies-dollar/

Retour au temps de la politique de non alignement :

« Les chefs de la défense américaine et indonésienne sont sortis de leur réunion lundi avec des conceptions apparemment différentes de l’alignement militaire des deux pays.

Lors d’un point de presse à Jakarta après ses entretiens avec son homologue indonésien, le secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, a parlé d’approfondir les liens de défense et d’accroître l' »interopérabilité » des armements des deux pays. Le ministre indonésien de la défense, Prabowo Subianto, a défendu à plusieurs reprises les solides relations de son pays avec les deux plus grands adversaires des États-Unis, la Russie et la Chine.

« Les États-Unis sont fiers de s’associer à vous alors que nous travaillons ensemble pour faire avancer notre vision commune d’un Indo-Pacifique libre et ouvert« , a déclaré Austin. Mais Subianto a rappelé à la presse la neutralité géopolitique de Jakarta, en déclarant : « Je tiens à souligner que l’Indonésie s’efforce toujours d’entretenir les meilleures relations avec toutes les nations, en particulier avec toutes les grandes puissances. »

L’Indonésie a participé à des exercices militaires conjoints avec les États-Unis en août et a accepté la semaine dernière de reprendre les exercices et les entraînements militaires conjoints avec la Chine. Jakarta achète également des armes chinoises et russes.

Interrogé sur les pressions occidentales visant à interrompre ces achats de défense, Subianto a déclaré : « Nous entretenons des relations de longue date avec la Russie et la Chine. Nous avons des relations avec la Russie depuis de très nombreuses années. Notre armée utilise des équipements russes. . .  Nous apprécions nos relations avec la Chine. En tant que pays indépendant et souverain, nous nous réservons le droit d’utiliser et d’acquérir du matériel provenant de très nombreux pays. » »

https://www.rt.com/news/566958-indonesia-stresses-defense-neutrality-after-us-talks/

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États-Unis : de l’apparente bienveillance à l’hégémonie

Par : Le Saker Francophone — 26 novembre 2022 à 10:00

Par Jean-Luc Baslé – Le 21 novembre 2022

Le siècle américain selon Henry Luce (1941) – Langlois • Histoire &c.

L’indifférence de Washington à l’égard des Européens qui souffriront du froid cet hiver en raison du conflit ukrainien et du sabotage d’un gazoduc en mer Baltique, sans parler de la destruction de leur économie1, en a surpris quelques-uns. C’est ignorer la nature des relations internationales qui fait peu de cas du sort des peuples et plus encore l’évolution profonde de la politique américaine ces dernières décennies qui se résume en deux mots : néoconservatisme et néolibéralisme. Ces néologismes sont entrés dans le vocabulaire courant dans les années 1980/90 sans que leur impact ne soit perçu initialement. Avec le recul du temps, il est plus facile de voir qu’il s’agit d’idéologies à l’origine d’un changement profond de la politique américaine. Le néoconservatisme est l’affirmation d’une hégémonie décomplexée. Le néolibéralisme est un empiètement du marché sur les prérogatives de l’État. Cette mutation de la politique américaine est l’une des clés de compréhension des évènements du monde d’aujourd’hui.

Dès le débarquement, les États-Unis ont donné d’eux-mêmes une image bienveillante, véhiculée par cette image du GI’s distribuant du chocolat aux enfants tout au long de son avancée vers l’Allemagne. Le Plan Marshall d’avril 1948 concrétisa cette image, et rendit les Européens à jamais reconnaissants de cette manne inattendue qui sauvait certains d’entre eux de la famine et ouvrait des perspectives d’avenir inespérées. De fait, avec une énergie retrouvée, les Européens connurent une ère de croissance aussi imprévue que bienvenue, qualifiée de Trente Glorieuses en France et de Miracle allemand outre-Rhin. Hollywood conforta ce message d’espoir en présentant une Amérique heureuse et sûre d’elle-même à une Europe toujours traumatisée par les guerres passées, et inquiète de la menace soviétique. Le traité de l’Alliance atlantique, signé en avril 1949, la rassura en étendant le parapluie nucléaire américain à l’Europe de l’ouest. Les Européens pouvaient désormais jouir en toute quiétude de leur prospérité retrouvée que le génie technologique américain renforçait.

Encouragés par le grand frère américain, les Européens créèrent la CECA, Communauté européenne du charbon et de l’acier en 1951 – embryon de ce qui allait devenir par étapes successives l’Union européenne, instituée par le Traité de Maastricht de février 1992. Le pathétique effondrement de l’Union soviétique renforça ce sentiment chez les Européens que l’Histoire était de leur côté, et qu’en conséquence s’ouvrait devant eux une ère de prospérité et de bonheur que rien ne pouvait arrêter. C’était méconnaître la nature du grand frère américain. Cette méconnaissance est incompréhensible compte tenu de ses nombreuses actions, interférences et guerres dans le monde depuis 1945, y compris en Europe, dénoncées par de nombreux auteurs.

Les Européens ont oublié que dès avant leur création, les États-Unis s’étaient donnés pour mission de conduire le monde. A preuve le discours de John Winthrop de 1630 dans lequel il déclare « nous sommes la cité sur la colline », celle qui éclaire et guide le monde. Ou encore, cette « destinée manifeste » contenue dans cette affirmation de John Sullivan en 1839 que « l’Amérique a été choisie » pour diriger le monde. Choisie par qui ? Par Dieu, bien entendu. C’est une usurpation du message biblique. Quoiqu’il en soit, cette conviction d’être le peuple choisi traverse les siècles pour venir jusqu’à nous. Henry Luce, fondateur et éditeur de Time Magazine, écrit dans un éditorial de février 1941 que le 20ème siècle est le siècle de l’Amérique.

Mais c’est en février 1992, deux mois seulement après la disparition de l’Union soviétique, que se produit la grande transformation avec la publication d’un document intitulé « Defense Planning Guidance »2 dans lequel il est écrit que les États-Unis ne supporteront pas qu’une autre nation les défie à nouveau comme le fit l’Union soviétique pendant la Guerre froide. C’est l’affirmation d’une ambition hégémonique que le Projet pour le nouveau siècle américain reprendra sous la plume de Robert Kagan dans un document intitulé : « Reconstruire les défenses de l’Amérique », publié en septembre 2000, dans lequel l’auteur souhaite qu’un nouveau Pearl Harbor donne aux États-Unis l’occasion d’affirmer leur puissance. Certains verront dans le 11 septembre 2001 la réalisation de ce souhait. La Guerre contre le terrorisme de George W. Bush et son affirmation péremptoire : « vous êtes avec nous ou avec les terroristes », ou la guerre russo-américaine par Ukraine interposée ou encore le conflit sino-américain au sujet de Taïwan doivent s’interpréter à la lumière de cette volonté hégémonique. Le néoconservatisme – nom donné à cette philosophie dominatrice – est le fil conducteur de la politique étrangère américaine depuis la dernière décennie du 20ème siècle.

Son pendant économique est le néolibéralisme. Le capitalisme est consubstantiel à l’Amérique. L’objet premier du capitalisme est l’enrichissement. Dans la Déclaration d’indépendance, Thomas Jefferson écrit que l’homme est doté de droits inaliénables dont « la poursuite du bonheur ». Ce mot – bonheur – est synonyme de richesse. L’un est inconcevable sans l’autre pour les Américains. Il faut être riche pour connaître le bonheur. La conquête de l’Ouest est une course à la richesse, comme en témoignent les ruées vers l’or du 19ème siècle. En secouant l’Amérique dans le tréfonds de son âme, la Grande Dépression de 1929 altère temporairement cette vision du bonheur et contribue à une socialisation du capitalisme américain grâce aux réformes rooseveltiennes, tel que le National Recovery Act3, le Glass-Steagall Act4, le Social Security Act5, la création de la Tennessee Valley Authority6, etc. Cette vision de la politique économique, baptisée keynésienne du nom de l’économiste John Maynard Keynes, sera théorisée par l’américain Alvin Hansen7, et diffusée par ses élèves de l’université d’Harvard dont Paul Samuelson et James Tobin. Accusée d’être à l’origine de l’inflation des années 70, elle cèdera la place au monétarisme de Milton Friedman, professeur à l’université de Chicago. Paul Volcker en sera l’un des disciples les plus illustres quand, gouverneur de la Réserve fédérale, il mit fin brutalement à la stagflation – combinaison d’inflation et de stagnation – qui minait l’économie américaine en relevant sans préavis le taux d’intérêt au jour le jour pour le porter à 20% le 7 janvier 1981. L’effet fut immédiat. L’inflation s’effondra en quelques mois. Cette politique fut conduite sans égard aux effets qu’elle pouvait avoir sur le reste du monde où elle conduit à la déconfiture du Mexique en août 1982.

Le monétarisme est un élément constitutif du néolibéralisme. Il n’en est pas le fondement. Le marché en est l’assise. Il structure et régit la société. L’État lui est soumis. Ses fonctions régaliennes ne sont là que pour servir le marché dans sa finalité : l’enrichissement d’une minorité. La concurrence, loin d’être encouragée, comme le veut la mythologie libérale, est contenue par des lois et pratiques qui facilitent l’émergence de monopoles et d’oligopoles, comme celui bien connu des Seven Sisters – les sept plus grandes sociétés pétrolières occidentale – qui contrôlaient, et contrôlent encore pour partie, le marché pétrolier. Le néolibéralisme est le capitalisme dans sa forme la plus pure. C’est en son nom que fut instituée l’indépendance des banques centrales dans les années 1980, avant que ne s’impose progressivement son complément naturel la liberté de mouvements de capitaux, puis des marchandises et des services avec la création de l’Organisation mondiale du commerce en avril 1994 – complément du système de Bretton Woods d’août 1944. C’est au nom du néolibéralisme que fut abrogé le Glass-Steagall Act qui séparait le secteur bancaire en banques de dépôts et banques d’investissement. Cette abrogation sera à l’origine de la crise des subprimes de 2008 qui conduit le monde au bord d’un gouffre économique proche de celui de 1929. Tout comme le « Defense Planning Guidance » marque l’entrée des États-Unis dans l’ère néoconservatrice, le Graham-Leach-Bliley Act de décembre 1999 qui abroge et remplace le Glass-Steagall Act, marque l’entrée des États-Unis dans l’ère néolibérale.

Néoconservatisme et néolibéralisme ont imprégné les instances politiques et administratives dans les années 80, puis se sont imposées comme lignes directrices de la politique étrangère américaine dans les années 90. De bienveillante dans les années d’après-guerre, cette politique a désormais un double objectif : la domination et l’enrichissement. Comme le montre les évènements que nous vivons actuellement, nous sommes loin de l’image idyllique du GI de 1944 et de ses barres de chocolat. Cette bienveillance, plus apparente que réelle, qui avait séduit jadis les Européens, a fait place à une hégémonie tous azimuts, tant politique qu’économique. Cette mutation de la politique américaine n’est pas l’effet du hasard mais le fruit d’une pensée structurée. Noam Chomsky, linguiste et intellectuel engagé, la décrit comme une « dérive proto-fasciste capitaliste sauvage »8.

Jean-Luc Baslé est un ancien vice-président de Citigroup, et diplômé de l’Université de Columbia et de l’Université de Princeton. Il est l’auteur de « L’euro survivra-t-il ? ».

Notes

  1. Germany’s Position in America’s New World Order, Michael Hudson, Nov. 2, 2022
  2. Le document est attribué à Paul Wolfowitz, secrétaire d’état à la Défense.
  3. Institut le salaire minimum et la durée hebdomadaire du travail
  4. Sépare les banques d’investissement des banques commerciales afin de réduire le risque de malversation
  5. Créer l’assurance sociale
  6. Grand projet d’infrastructure destiné à produire de l’électricité
  7. Economic Policy and Full Employment, 1946
  8. Site Les Crises, 19 novembre 2022

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L’Ukraine est en train de se « suicider par flic interposé »

Par : Wayan — 26 novembre 2022 à 09:00

Par The Saker – Le 25 novembre 2022 – Source The Saker’s Blog

Hier, j’ai reçu un courriel d’un de mes amis ukrainiens.  Par « ukrainien« , je veux dire que sa culture et son identité propre sont ukrainiennes, qu’il aime son héritage, qu’il parle la langue et qu’il aime son pays.  En fait, il est ce que j’appellerais un « véritable ukrainien », par opposition aux Ukronazis au pouvoir à Kiev. Nous correspondons régulièrement et échangeons nos opinions sur ce qui se passe. Voici un extrait de ce que je lui ai écrit hier :

J’ai également le cœur brisé par l’évolution de la guerre pour libérer l’Ukraine de l’OTAN : si je n’ai aucun doute sur l’issue, je suis horrifié à l’idée de ce que cela fait à la population civile. Ma tristesse est d’autant plus grande que je réalise que, dans une large mesure, les Ukrainiens se sont infligés eux-mêmes cette situation. La Russie a fait de VRAIS efforts pour qu’il n’y ait pas de guerre, puis elle a fait de VRAIS efforts pour sauver les civils et l’infrastructure civile. Mais le peuple sous l’occupation nazie a cru toute la propagande émanant du régime de Kiev et de l’Occident et maintenant, c’est l’enfer qu’il va payer. Pendant 6 mois, ces personnes naïves ont cru que l’Ukraine gagnait parce qu’elles ne pouvaient même pas imaginer que la Russie n’utilisait qu’environ 10% de ses forces et essayait vraiment de sauver autant d’Ukrainiens que possible. Mais non, ils ont célébré le meurtre de Dugina, l’attaque du pont de Crimée, les attaques contre la centrale nucléaire et maintenant ils vont payer un prix horrible pour ces illusions et, franchement, ce manque de décence/moralité.

Comme l’a dit Douglas MacGregor, « les Russes sont sur le point d’amener le marteau-pilon » pour vaporiser les forces de l’OTAN en Ukraine.

Nous n’avons pas voulu cela.

Cela nous a été imposé.

Que puis-je dire d’autre ?

Les nazis seront écrasés, mais le coût de cette opération sera inutilement élevé.

Des millions de réfugiés viendront s’ajouter aux millions de personnes qui ont déjà fui.

Je me sens complètement dégoûté, triste et en colère face à ce résultat.

Comme le dit une chanson rock que je connais (« Gates of Babylon » de Rainbow – voir ci-dessous) : « dors avec le diable, et alors tu dois payer, dors avec le diable et le diable t’emportera« .

Je suis triste de dire que je crois que le peuple ukrainien a « dormi avec le diable » (l’Occident) et que l’inévitable se produit maintenant.

Après avoir envoyé mon courriel, je n’ai cessé de penser à la folie totale des actions ukrainiennes. Un observateur extérieur pourrait être pardonné de penser que le peuple ukrainien a une sorte de désir de mort, et si ce n’est la plupart des gens, au moins les dirigeants de l’Ukraine. Et puis j’ai pris conscience d’une chose.

L’Ukraine est en train de faire ce que l’on appelle aux États-Unis un « suicide par flic interposé« , que Wikipedia définit comme suit : « Le suicide par flic interposé est une méthode de suicide dans laquelle un individu suicidaire se comporte délibérément de manière menaçante, avec l’intention de provoquer une réponse létale de la part d’un agent de la sécurité publique ou d’un agent chargé de l’application de la loi« .

Voici ce que le Law Enforcement Bulletin du FBI a à dire sur une telle situation : (c’est nous qui soulignons)

Les situations de suicide par flic interposé sont plus intenses que les autres appels au suicide. Toutes les parties sont armées, ou la victime semble être armée. L’individu est actif, plutôt que passif, et agressif envers la police ou d’autres personnes. Malgré ses caractéristiques uniques, le SFI correspond au modèle du comportement suicidaire en tant que résultat planifié d’un processus psychologique en cours. La prévention et l’intervention sont possibles aux mêmes endroits que pour le suicide par d’autres moyens. Théoriquement, les suicides sont évitables ; cependant, en réalité, ils peuvent ne pas être évitables en raison de la nature du plan ou du moment où les premiers intervenants rencontrent la personne suicidaire. Le SFI est souvent impossible à prévenir. Cela doit être pris en compte dans les suites de l’affaire concernant les officiers qui ont été contraints d’être les moyens involontaires.

Pour être clair, je ne considère PAS que la Russie soit une sorte de « flic » qui doit faire respecter la loi aux autres. Pas du tout. Mais je vois un parallèle moral entre le flic qui ne veut pas tuer la personne suicidaire avec une arme à feu, mais qui n’a peut-être pas le choix, et le fait que la Russie n’avait tout simplement pas d’autre choix que d’agir lorsque le Donbass était menacé d’une invasion imminente et que la Russie était menacée par les plans ukronazis d’acquérir une arme nucléaire.

Parfois, la seule façon de désarmer une personne est d’utiliser sa propre arme. C’est exactement ce qui s’est passé ici.

Ce qui rend tout cela encore pire, c’est que les forces obscures de l’Occident, qui ont créé l’Ukraine en premier lieu, se sont jointes aux nazis et aux néoconservateurs (les deux vilains jumeaux qui se combattent mais se ressemblent tant !) pour pousser le peuple ukrainien dans une guerre qu’il n’a jamais eu la moindre chance de gagner. L’armée ukrainienne a été vaincue dès la mi-mars mais cela ne suffisait pas à l’Hégémon, il a donc ordonné des vagues de mobilisations et envoyé des MILLIERS de « conseillers » et de « volontaires« . Au milieu de l’été, ce qui avait été une armée ukrainienne a été remplacée par une force de facto de l’OTAN, qui est maintenant également en cours de « démilitarisation« .

L’empire anglo-sioniste a promis au peuple ukrainien la paix, la prospérité et toutes les richesses de la propagande occidentale (qui sont très différente de la réalité de l’Occident) et le peuple ignorant de l’Ukraine (dont le cerveau a été lavé d’abord par la propagande soviétique, puis occidentale) a tout gobé, « hameçon, ligne et plomb« . Cela ressemble à deux adultes vicieux promettant à un enfant de 5 ans des bonbons super savoureux et lui disant que « tout ce qu’il a à faire » en échange des bonbons, c’est de jeter quelques pierres sur un ours endormi et « ne t’inquiète pas, si l’ours se réveille, nous te protégerons !« .

Maintenant, l’ours est réveillé, et il est très en colère : l’enfant de 5 ans se fait éviscérer pendant que les adultes vicieux qui lui ont promis « un pays où coulent le lait et le miel » regardent (de ce qu’ils croient – à tort – être une distance sûre) et s’amusent de tout cela.

C’est vraiment démoniaque.

Il y a encore des gens qui ne peuvent pas, ou ne veulent pas, comprendre ce qui se passe.

Je vais donc partager avec vous une vidéo qui circule sur Internet et qui vous montre exactement à quoi tout cela ressemble en réalité.

Voyez par vous-même : (pas besoin de traduction autre que « ВСУ » qui signifie « forces armées de l’Ukraine »).

 

Ce que montre cette vidéo, ce sont deux tentatives d’attaque des forces ukrainiennes : d’abord contre les forces de la LDNR, puis contre les mercenaires de Wagner. Ce qui se passe ensuite est prévisible : on assiste d’abord à un échange de tirs d’armes légères, puis les Russes utilisent des mortiers. Viennent ensuite les frappes très précises de l’artillerie russe. Puis des attaques MLRS à grande échelle suivies d’encore plus de frappes par une paire de Su-25 et un seul Su-34. Selon des sources russes, lors de cette (très petite) attaque, tous (la plupart ?) les Ukrainiens ont été tués tandis que les Russes n’ont subi aucune perte. Remarquez que les soldats ukrainiens, bien que très courageux, n’ont absolument aucun soutien. Notez également la taille minuscule de la force d’attaque : les Ukrainiens avaient l’habitude d’attaquer avec plusieurs « brigades » (enfin, un peu), maintenant ils en sont réduits à des engagements au niveau d’escouades !

Et ce genre de boucherie inutile se produit tous les jours, jour après jour après jour après jour.

Mon ami ukrainien m’a également demandé pourquoi la Russie n’élimine pas « Ze » et sa bande.

Je pense que c’est là le nœud du problème : je crois que c’est le peuple ukrainien lui-même qui devrait renverser « Ze », et non les Russes. Tout comme il était infantile de croire que l’UE allait transformer l’Ukraine en une nouvelle Allemagne du jour au lendemain, il est tout aussi infantile de croire que « Poutine va venir et rétablir l’ordre« . Poutine est le président de la Russie, pas de l’Ukraine, et ce n’est pas à lui de sauver l’Ukraine du gouffre dans lequel elle est tombée.

Il y a également trois raisons pratiques de ne pas décapiter (pas encore) le régime de Kiev :

  • Ce régime n’a pas d’autorité de toute façon, et tout ce qu’une telle décapitation accomplirait serait de couper une tête déjà bien morte.
  • L’Hégémon pourrait rapidement remplacer l’ancien gang par un nouveau.
  • « Ze » et Cie sont si fantastiquement incompétents que la Russie ne peut de toute façon pas espérer avoir un adversaire plus faible, plus bête et plus incompétent.

Cependant, le travail de Poutine est de protéger la Russie et le peuple russe. En poussant les Ukrainiens vers des provocations de plus en plus dangereuses, les Néocons étaient pleinement conscients qu’ils les poussaient dans une sorte de fol « suicide par ours interposé« .

La triste vérité est que la Russie n’a pas d’autre choix que de faire ce que le peuple ukrainien ne peut (ou ne veut) pas faire : dénazifier l’Ukraine. Et puisque l’Ukraine ne pouvait pas être dénazifiée, elle devait être désarmée.

Note de l’auteur

oh et s’il vous plaît, ne me donnez pas l’argument « mais les Ukrainiens ne pouvaient rien faire pour résister ». La résistance est toujours possible, même sous les régimes les plus durs et les plus maléfiques. Et lorsque cette résistance semble futile, cela reste une question d’honneur, de choix personnel, d’obligation morale de résister du mieux que l’on peut. La résistance au mal est ce qui définit notre humanité. Et si l’on ne peut vraiment pas, alors, à tout le moins, chaque personne a la possibilité de « ne pas vivre dans le mensonge » ! Encore une fois, la résistance, même humble et petite, est toujours possible, et le peuple du Donbass l’a prouvé.

Ce dernier bain de sang initié par les néocons a déjà largement dépassé les centaines de milliers de personnes tuées, mutilées ou déplacées inutilement. Cet hiver, cela ne fera qu’empirer.

Et que pensez-vous que les Ukronazis feront pour atténuer cette catastrophe ?

Négocier ? Non, pas du tout !

Ils veulent démonter la statue du fondateur de la ville d’Odessa ! Oui, comme les autres monstres dégénérés d’Europe de l’Est, les Ukronazis sont toujours en train de « combattre les statues » et, par extension, leur propre passé historique.  C’est carrément nul…

Tout cela serait assez hilarant si ce n’était pas aussi horrible et si des millions de personnes n’avaient pas à souffrir des actions des shaitans [diables dans la mythologie arabes, NdSF] qui gouvernent l’Occident !

Le FBI a tout à fait raison. Le suicide par flic interposé est généralement impossible à prévenir.

La Russie a-t-elle eu raison de faire autant d’efforts pour éviter une guerre totale ? Oui.

Les Russes ont-ils eu raison d’essayer de minimiser les dommages causés aux civils et aux infrastructures de l’Ukraine ?  Oui, absolument !

Pensez-y : si la Russie avait attaqué l’Ukraine à la manière de « shock and awe » dès le premier jour et transformé Kiev, Kharkov ou Lvov en « Fallujahs ukrainiens », il aurait été beaucoup plus crédible de blâmer la Russie pour les « dommages collatéraux » massifs qu’une telle attaque aurait inévitablement entraînés.

Est-ce que quelqu’un blâme le flic pour une mort par « suicide par le flic » ?

Bien sûr que non !

Oui, cette politique consistant à essayer d’épargner l’Ukraine a coûté cher à la Russie, non seulement en termes politiques, mais aussi en vies russes perdues.

Mais, au moins, nous avons essayé.

Peut-être est-ce là la plus grande différence entre les Russes et les Ukrainiens ?

Andrei

***

Le week-end approche et j’ai l’habitude de partager avec vous quelques vidéos musicales.  Aujourd’hui, je vais en poster une seule : la vidéo de Rainbow dont j’ai parlé plus haut. Je voudrais juste noter que selon le guitariste, Richie Blackmore, son solo sur « Gates of Babylon » est son meilleur solo à ce jour. Je suis tout à fait d’accord. En termes de structure, le début de la chanson est basé sur une gamme/mode majeur double harmonique, mais le solo passe ensuite à une séquence d’accords/harmonies qui rappellent beaucoup plus la musique baroque, plus précisément J.S. Bach (quelque chose que Richie Blackmore avait déjà exploré avec Deep Purple, mais qu’il a véritablement maîtrisé avec cette superbe chanson). Le chanteur est le regretté Ronnie James Dio, la meilleure voix de toute la musique rock à mon humble avis. Profitez-en !

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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Une image qui vaut mille mots

Par : Wayan — 26 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama − Le 25 novembre 2022

Photo satellite de l’Ukraine prise dans la soirée du 24 novembre 2022 :

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Du surréel au réel et au méta-réel

Par : hervek — 25 novembre 2022 à 12:00

Par Batiushka – Le 31 octobre 2022 – Source The Saker Blog

Le surréel

Pendant un bref instant, nous avons cru que les Monty Python avaient fait leur retour, avec Boris Johnson et Liz Truss. Surréaliste à cause des deux personnages, le premier qui est rentré précipitamment des Caraïbes en rêvant d’un retour victorieux, la seconde qui semble être responsable des attaques terroristes contre les pipelines Nordstream (d’après le téléphone portable de Truss) et le pont de Crimée sur le détroit de Kerch. Rien de surprenant à cela, puisqu’elle représente le même Establishment britannique impitoyable qui a perpétré le meurtre de Litvinenko (sous la direction de « l’homme blanc qui parle avec une langue fourchue » Bliar [liar – mensonge pour Tony Blair, NdA]) et les meurtres ratés de Skripal (sous la direction du fils du millionnaire esclavagiste Cameron), en essayant maladroitement de faire porter le chapeau à la Russie. Seuls des zombies croiraient que la Russie est responsable de l’une ou l’autre de ces mésaventures. La Russie n’est peut-être pas peuplée que de génies, mais, contrairement au MI6, elle n’est pas non plus peuplée que de crétins.

Nous avons ensuite appris que le dernier épisode du Great British Comedy Show était terminé – mais seulement jusqu’au prochain – avec la très incompétente Truss poignardée dans le dos et renvoyée par les siens. Mais le surréalisme n’était pas terminé pour autant : Un hindou multimillionnaire a pris la tête du gouvernement britannique et a déjà fait allusion à l’annulation de l’intention de Truss d’augmenter de 50 % le budget « défense » du Royaume-Uni en faillite d’ici 2030. Ce même banquier hindou est maintenant responsable de la nomination de tous les évêques de l’Église d’Angleterre gérée par l’État ! Oui, c’est encore les Monty Python. Le plus important, cependant, est que les doigts fous de Truss ont été retirés du bouton nucléaire. Peut-être que ses maîtres américains l’ont ordonné.

Quant à « Richy » Sunak, ses chargés de relations publiques le présentent comme un autre gentil Obama brun 1. (Rappelez-vous – celui qui a refusé de fermer Guantanamo Bay et assassiné des gens par drone, ce pour quoi la CIA l’a gentiment financé et lui a ensuite décerné l’un de ses prix Nobel de la paix). Mais déjà, sous la surveillance de Sunak, les services secrets britanniques, pas si secrets, ont coordonné une attaque pathétique par drone contre la flotte russe de la mer Noire. Bien sûr, tout comme James Bond, qui a simplement fait le sale boulot des États-Unis pour eux, tout cela a d’abord été approuvé à Washington. Avec un peu de chance, des amis en Inde pourraient dire à Sunak de commencer à se comporter comme un Indien moralement droit, et non comme un pygmée moral britannique. Espérons-le.

Cependant, le surréalisme s’est poursuivi lorsque, le 23 octobre, le ministre russe de la défense a téléphoné à ses homologues américain, britannique, français et turc au sujet de la découverte par la Russie d’un complot de Kiev/MI6 visant à utiliser une bombe « sale » et à en faire porter la responsabilité à la Russie. En dévoilant ce complot, Sergei Shoigu a alerté l’establishment américain sur l’extrémisme de l’élite de Kiev, désormais désespérée (et de ses agents britanniques du MI6). Les États-Unis ont remis les fous de Kiev à leur place, car, après tout, ce sont eux qui tirent les ficelles et les marionnettes ne sont pas autorisées à faire quoi que ce soit sans leur permission expresse. Les États-Unis ont dûment déclaré qu’ils n’avaient vu aucune preuve que la Russie avait l’intention d’utiliser des armes nucléaires et le président Poutine a déclaré que la Russie ne prévoyait pas d’utiliser des armes nucléaires. La panique et l’hystérie des médias occidentaux et autres n’étaient pas fondées, bien que les médias de masse n’aient pas rapporté l’aveu américain. La panique et l’hystérie font vendre.

La troisième cause de panique surréaliste était la nouvelle selon laquelle des unités d’une division aéroportée américaine avaient été déployées en Roumanie. En fait, il ne s’agissait que d’un déploiement partiel, d’une rotation préparée des mois auparavant, et non d’une menace américaine de prendre Odessa à l’aide de troupes parachutistes. L’idée que les États-Unis souhaitent voir leurs propres troupes se faire massacrer en Ukraine est également surréaliste. Même eux ne veulent pas déclencher la troisième guerre mondiale contre une puissance nucléaire pour le bien de Monsanto, Cargill et Hunter Biden. Oublie ça, Gonzalo, les USA sont des lâches. Ils ne vont pas mourir pour un morceau d’Europe de l’Est. C’est pour cela qu’ils paient la chair à canon et les mercenaires de Kiev. Mourir en leur nom, « pour une poignée de dollars ».

La réalité

Revenons maintenant à la réalité. Les 87,5 % du monde qui soutiennent la campagne russe de libération de l’Ukraine ou qui restent neutres à son égard témoignent de l’isolement croissant de l’Occident nazi. Et il est désormais clair que « l’Occident » n’est en fait que les États-Unis, tout comme l’OTAN n’est que les États-Unis, la méchante sorcière de l’Occident. Le reste n’est que camouflage, un mirage. En Italie, en Allemagne, en France, en Moldavie, dans les Pays tchèques, en Roumanie (l’ancien ministre de la défense), en Bulgarie, en Serbie, même au Royaume-Uni, des voix dissidentes s’élèvent. Pour l’amour de Dieu, négociez avec la Russie ! L’Ukraine est leur affaire, pas la nôtre, ils sont tous fondamentalement des Russes de toute façon. Nous voulons du gaz et de la nourriture ! Qui se soucie des marionnettes nazies de Kiev ? De plus en plus, tous les gouvernements européens, à l’exception du gouvernement hongrois, sont considérés comme ce qu’ils sont : de simples élites fantoches des États-Unis, qui ne représentent pas leurs peuples. Europe communautaire ou non, il n’y a aucune différence, à l’exception de la Hongrie, qui est le seul pays à avoir, dans tous les sens du terme, un gouvernement populaire. Si les prix Nobel étaient attribués de manière apolitique, Victor Orban aurait sûrement déjà dû en gagner un.

Ici, les Français hypocondriaques deviennent fous parce que la Chine les sanctionne en les privant de paracétamol. Peut-être que 20 % des Européens de l’Ouest ont maintenant compris que toute l’affaire ukrainienne est un coup monté, organisé par les États-Unis, avec leur caniche britannique jappant à leurs pieds. Comme l’Irak, comme l’Afghanistan. Toujours le même, toujours le même. Le caniche est plus papiste que le pape. Au cours des deux derniers mois, il est remarquable que la plupart des drapeaux ukrainiens aient été retirés en Europe. Il est rare d’en voir un maintenant. La classe ouvrière n’a jamais été intéressée, elle a toujours su que c’était juste une autre opération de l’industrie de l’armement, mais maintenant, même la classe moyenne conformiste retire ses drapeaux ukrainiens. Le mirage est terminé. Cette guerre infernale doit prendre fin.

De plus en plus de personnes en Europe commencent à penser que le président Poutine a peut-être raison. Nous avons effectivement besoin d’une maison économique commune, de Reykjavik/Dublin/Lisbonne à Vladivostok. Cette maison ne serait pas dirigée par les États-Unis comme l’UE. L’UE n’est que le bras politique et économique des États-Unis en Europe, tout comme l’OTAN est son bras militaire. Les USE (United States of Europe) ont été utilisés. C’est terminé. Tout ce dont nous avons besoin maintenant, c’est que l’Europe retrouve son indépendance après l’invasion et l’occupation américaines des années 1940. Il y aura alors une nouvelle UE, Union eurasienne, ou CE, Confédération eurasienne. Elle sera gouvernée non pas par des eurocrates non élus, mais par les gouvernements élus des pays souverains de l’Eurasie multipolaire qui coopéreront ensemble.

L’attaque terroriste sur le pont de Kerch/Crimée a provoqué des tirs de missiles russes sur le réseau énergétique ukrainien, mettant hors service au moins 40 % de celui-ci, et certains pour une très longue période. Ces frappes ont lieu tous les jours. Aujourd’hui, 80 % de Kiev est privé d’eau. Beaucoup de gens n’ont pas de lumière et pas de chauffage et dehors, la nuit, il fait -2. Attendez qu’il fasse -2 dans la journée. Ne frappe pas l’ours, Zelensky.

Le 20 octobre, nous avons eu une indication de ce qui allait se passer une fois que la mobilisation partielle de 300 000 soldats russes serait terminée – comme c’est le cas maintenant. A Kherson, près de laquelle d’importantes forces ukrainiennes semblent être massées, le gouverneur Kirill Stremousov a déclaré que : « Après avoir vaincu les attaques prévues du régime de Kiev sur Kherson, nous prévoyons de lancer une contre-offensive vers Nikolaev, Odessa et Dnepropetrovsk ».

https://news.mail.ru/incident/53550333

Et le 30 octobre, le même homme a déclaré qu’ils s’attendaient à une attaque massive de Kiev sur Kherson par 40 000 à 60 000 soldats, dont un tiers de mercenaires. On dit que la rémunération des mercenaires est de 4 000 dollars par semaine. Mais à quoi cet argent sert-il quand vous êtes mort ?

https://news.mail.ru/politics/53680125

De nombreuses attaques mineures des troupes de Kiev vers Kherson ont été défaites en octobre. La capacité offensive de Kiev est constamment dégradée par l’attrition. Certains disent que depuis février, 60 000 soldats de Kiev sont morts. D’autres avancent le chiffre effrayant de 400 000, mais cela pourrait bien signifier 400 000 morts, gravement blessés ou capturés. Certains disent que 1 000 soldats de Kiev sont mis hors de combat chaque jour. Aujourd’hui, 82 000 réservistes russes ont déjà été déployés dans le Donbass afin de libérer les troupes de la ligne de front.

Si j’étais un dirigeant occidental, je me demanderais comment je peux me sortir de ce pétrin sans perdre la face. Je pourrais peut-être dire : « La Russie n’a pas osé agir contre un pays de l’OTAN. L’OTAN a tenu bon face à l’agression russe. C’est une nouvelle grande victoire pour nous ». Après m’être enfui et avoir présenté le Dunkerque occidental en Ukraine comme une victoire, je m’assiérais ensuite et supprimerais tranquillement toutes les sanctions. Après tout, il y a presque exactement soixante ans, les États-Unis sous pression ont retiré tous leurs missiles de la frontière soviéto-turque afin d’obtenir de l’URSS qu’elle retire tous ses missiles des côtes de Cuba et tout le monde sait que c’était également une grande victoire américaine. Il n’y a qu’une seule façon de traiter avec les brutes : Leur tenir tête. Et alors vous verrez que toutes les brutes sont des lâches et qu’elles peuvent s’enfuir très vite, comme en Afghanistan.

Le Méta-Réel

Vladimir Poutine jeune par Jean-François Poussard

Selon des paroles attribuées au président Poutine :

Devant Dieu, j’ai juré de faire tout ce que je pouvais pour le salut de la Russie. Il se trouve que le monde doit être sauvé, car les démons qui ont pris le contrôle de l’Occident tentent de détruire tout ce qui est spirituel sur la planète. Je crois que je vais réussir parce que j’ai la puissance et le soutien du Seigneur et c’est tout ce dont j’ai besoin.

Les prophéties chrétiennes orthodoxes sont très nombreuses et unanimes, comme celles, très connues et assez récentes, de saint Laurence de Tchernigov, de saint Kuksha d’Odessa, de l’ancien Zosima de Donetsk, de l’ancien Nikolaï (Guryanov) et aussi de l’ancien Jonas (Ignatenko) d’Odessa (+ 2012). Ce dernier, qui a déclaré qu’Odessa sera libérée en dernier, a dit : « Après le président Poutine, il y aura un tsar et il y aura la paix pour un temps ».

En écoutant une fois de plus le discours de Vladimir Poutine sur le changement planétaire à Valdai, je suis prêt à le croire. Écoutez attentivement. C’est un génie. Le président Poutine a fait preuve de tolérance envers tous, alors que tant de carriéristes qui figurent dans l’élite de l’Église orthodoxe russe, ignorant le clergé et le peuple, font preuve d’une intolérance pharisaïque. Malheureusement, les échelons supérieurs de l’Église orthodoxe russe sont toujours remplis de personnes corrompues par l’argent occidental introduit en Russie dans les années 1990. Comme le dit le proverbe russe : « Un poisson pourrit par la tête ». Mais je suis assez confiant quant au corps du poisson. Et d’ailleurs, les mêmes prophètes disent que le nouveau tsar nettoiera alors l’Église de ses évêques carriéristes corrompus et sans scrupules. Il est temps.

Novembre est le mois où il fait froid, où la boue gèle, où les chars et les transports peuvent avancer et où les feuilles disparaissent des arbres, ce qui signifie qu’il n’y a plus de couverture pour les nazis. Quant à l’Europe de l’Ouest, après un mois d’octobre incroyablement chaud, avec à peine besoin de chauffage, novembre apportera définitivement du froid. Quelque chose se prépare. La grande bataille ?

Batiushka

Recteur orthodoxe russe d’une très grande paroisse en Europe, il a servi dans de nombreux pays d’Europe occidentale et j’ai vécu en Russie et en Ukraine. Il a également travaillé comme conférencier en histoire et en politique russes et européennes.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Notes

  1. Souvenez-vous de la remarque si subtile de Berlusconi lorsqu’il a vu Obama pour la première fois : « Joli bronzage que vous avez là »

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Vous êtes sous contrôle. Les élites françaises craignent, en privé, les États-Unis et une nouvelle étude explique pourquoi

Par : Wayan — 25 novembre 2022 à 10:00

Par Felix Livshitz − Le 15 novembre 2022 − Source RT

Une nouvelle étude [en français, NdT] publiée par l’École de guerre économique française a révélé des résultats extraordinaires sur les personnes et les éléments que les services de renseignement français craignent le plus lorsqu’il s’agit de menaces pour l’économie du pays.

Les résultats sont basés sur des recherches approfondies et des entretiens avec des experts du renseignement français, y compris des représentants d’agences d’espionnage, et reflètent donc les positions et la pensée de spécialistes dans le domaine peu étudié de la guerre économique. Leur opinion collective est très claire : 97 % d’entre eux considèrent que les États-Unis sont la puissance étrangère qui « menace le plus » les « intérêts économiques » de Paris.

Qui est votre véritable ennemi ?

L’étude a été menée pour répondre à la question suivante : « que deviendra la France dans un contexte de guerre économique de plus en plus exacerbé ?« . Cette question est devenue de plus en plus urgente pour l’UE car les sanctions occidentales sur les exportations de Moscou, en particulier l’énergie, ont eu un effet catastrophique sur les pays européens, mais n’ont pas eu l’effet prévu sur la Russie. Elles n’ont pas non plus nui aux États-Unis, le pays qui a poussé le plus énergiquement à l’adoption de ces mesures.

Pourtant, la question ne se pose pas dans les autres capitales européennes. C’est précisément l’échec à l’échelle du continent, ou du moins le manque de volonté, de prendre en compte les « répercussions négatives sur la vie quotidienne » des citoyens européens qui a inspiré le rapport de l’École de Guerre Économique.

Comme l’explique l’auteur principal du rapport, Christian Harbulot, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France « vit dans un état de non-dit« , comme d’autres pays européens.

À l’issue de ce conflit, la « peur manifeste » des élites françaises de voir le Parti communiste prendre le pouvoir en France « a fortement incité une partie de la classe politique à placer notre sécurité entre les mains des États-Unis, notamment en réclamant l’établissement de bases militaires permanentes en France. »

« Il va sans dire que tout a un prix. La contrepartie de cette aide venue d’outre-Atlantique a été de nous faire entrer dans un état de dépendance globale – monétaire, financière, technologique – à l’égard des USA« , indique Harbulot. Et à part entre 1958 et 1965, lorsque le général Charles de Gaulle a tenté d’accroître l’autonomie de Paris par rapport à Washington et à l’OTAN, les dirigeants français sont « rentrés dans le rang« .

Cette acceptation signifie qu’à l’exception de rares scandales publics tels que la vente d’actifs français à des entreprises américaines, ou l’annulation par l’Australie de son achat de sous-marins de fabrication française en faveur d’un accord controversé avec les États-Unis et le Royaume-Uni (AUKUS), il y a peu de reconnaissance – et encore moins de discussion – dans le grand public sur la façon dont Washington exerce un degré significatif de contrôle sur l’économie de la France, et donc sur la politique.

Par conséquent, les politiciens et le public ont du mal à identifier « qui est vraiment leur ennemi« . « Dans les sphères de pouvoir » de toute l’Europe, dit Harbulot, « il est d’usage de taire ce genre de problème« , et la guerre économique reste une « confrontation souterraine qui précède, accompagne puis prend le relais des conflits militaires classiques« .

Cela signifie à son tour que tout débat sur « l’hostilité ou la nocivité » des relations entre l’Europe et Washington passe à côté du fait sous-jacent que « les États-Unis cherchent à assurer leur suprématie sur le monde, sans s’afficher comme un empire traditionnel. »

L’UE peut avoir un excédent commercial de 150 milliards d’euros avec les États-Unis, mais ces derniers ne laisseront jamais volontairement cet avantage économique se traduire par une « autonomie stratégique » vis-à-vis d’eux. Et ce gain est obtenu dans le contexte constant – et plus que compensé – d’une « forte pression géopolitique et militaire » exercée par les États-Unis à tout moment.

J’espionne avec mes Five Eyes

Harbulot estime que l' »état de non-dit » est encore plus prononcé en Allemagne, car Berlin « cherche à établir une nouvelle forme de suprématie au sein de l’Europe » fondée sur sa dépendance à l’égard des États-Unis.

Comme la France « n’est pas dans une phase de construction de puissance mais plutôt dans une recherche de préservation de sa puissance » – un état de fait « très différent » – cela devrait signifier que les Français peuvent plus facilement reconnaître et admettre la dépendance toxique vis-à-vis de Washington, et la considérer comme un problème qui doit être résolu.

Il est certainement difficile d’imaginer qu’un rapport aussi éclairant et honnête soit produit par un institut universitaire basé à Berlin, bien que le pays soit le plus durement touché par les sanctions anti-russes. Certains analystes ont parlé d’une possible désindustrialisation de l’Allemagne, car son incapacité à alimenter des secteurs économiques à forte intensité énergétique a détruit son excédent commercial de 30 ans – peut-être pour toujours.

Mais outre le fait que la « dépendance » de la France vis-à-vis de Washington est différente de celle de l’Allemagne, Paris a d’autres raisons de cultiver une « culture du combat économique » et de suivre de très près les « intérêts étrangers » qui nuisent à l’économie et aux entreprises du pays.

Un ordre d’espionnage de l’Agence nationale de sécurité des États-Unis envoyé à d’autres membres du réseau d’espionnage mondial Five Eyes (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande et Royaume-Uni), publié par WikiLeaks, montre que, depuis au moins 2002, Washington adresse à ses alliés anglophones des demandes annuelles de « besoin d’information« , afin d’obtenir toutes les informations qu’ils peuvent trouver sur les activités économiques des entreprises françaises, les politiques économiques et commerciales du gouvernement français et les points de vue de Paris sur les sommets annuels du G8 et du G20.

Tout ce qui est découvert est partagé avec les principaux décideurs et départements économiques américains, notamment la Réserve fédérale et le Trésor, ainsi qu’avec les agences de renseignement, comme la CIA. Une autre publication classifiée de WikiLeaks montre que cette dernière – entre novembre 2011 et juillet 2012 – a employé des espions des Five Eyes pour infiltrer et surveiller les campagnes des partis et des candidats à l’élection présidentielle française.

Washington était particulièrement inquiet d’une victoire du Parti socialiste, et a donc cherché à obtenir des informations sur une variété de sujets, « pour préparer les principaux décideurs américains au paysage politique français post-électoral et à l’impact potentiel sur les relations entre les États-Unis et la France. » Un intérêt particulier a été porté à « l’opinion des candidats à la présidence sur l’économie française, les politiques économiques actuelles […] qu’ils considèrent comme ne fonctionnant pas, et les politiques […] qu’ils promeuvent pour aider à stimuler les perspectives de croissance économique de la France […]« .

La CIA était également très intéressée par les « points de vue et la caractérisation » des États-Unis de la part des candidats à la présidence, ainsi que par tout effort de ces derniers et des partis qu’ils représentaient pour « entrer en contact avec les dirigeants d’autres pays« , y compris certains des États qui forment le réseau des Five Eyes lui-même.

Naturellement, ces États n’étaient pas conscients que leurs amis de Washington, et d’autres capitales des Five Eyes, les espionnaient pendant qu’ils espionnaient la France.

Ce n’est manifestement pas pour rien que le vétéran de la grande stratégie américaine et ancien secrétaire d’État Henry Kissinger a fait remarquer un jour : « être un ennemi de l’Amérique peut être dangereux, mais en être un ami est fatal. »

Felix Livshitz

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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Ukraine. La jauge arrive dans le rouge

Par : Wayan — 25 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama – Le 24 novembre 2022

Hier, le Pentagone annonçait un nouveau transfert d’armes à l’armée ukrainienne :

Voici la liste du Pentagone :

Des munitions supplémentaires pour le NASMAS

150 mitrailleuses lourdes avec viseurs à imagerie thermique pour contrer les systèmes aériens sans pilote.

Des munitions supplémentaires pour les HIMARS

200 obus d’artillerie de 155 mm à guidage de précision

10 000 obus de mortier de 120 mm

Des missiles antiradiations à grande vitesse (HARM)

150 véhicules polyvalents à roues à haute mobilité (HMMWV)

Plus de 100 véhicules tactiques légers

Plus de 20 000 000 de munitions pour armes légères

Plus de 200 générateurs

Des pièces de rechange pour les obusiers de 105 mm et d’autres équipements.

Ces 400 millions de dollars d’armes sont envoyés à l’Ukraine par le biais de l’autorité présidentielle de retrait (PDA), qui permet au président Biden d’envoyer des armes directement à partir des stocks militaires américains.

Le Pentagone est clairement en train de racler les fonds de tiroirs.

  • « Des munitions supplémentaires pour le NASMAS »

Le NASMAS est un système de défense aérienne qui utilise des missiles air-air réutilisés (AIM-120 AMRAAM à guidage radar actif) en mode sol-air.

Hier, un de ces missiles a été utilisé à Kiev mais a manqué sa cible. Il a touché un immeuble d’habitation et tué plusieurs personnes :

Le missile qui a frappé un immeuble d’habitation à Kiev aujourd’hui était un AIM-120C de fabrication américaine lancé depuis l’un des systèmes de défense aérienne NASMAS récemment arrivés, donnés à l’Ukraine au cours des derniers mois. La population locale a partagé sur les médias sociaux des photos de l’épave du missile. Bien que l’Ukraine ait accusé la Russie de cette frappe, il s’avère que le missile n’était pas russe mais américain et a été tiré par les troupes ukrainiennes.

Le fragment montré sur la photo porte le mot LIFT comme l’AIM-120C américain. Il s’agit d’un missile anti-aérien pour les systèmes NASAMS qui ont été récemment donnés à l’Ukraine. En analysant les photos que les citoyens ukrainiens ont publiées eux-mêmes, le missile qui a frappé leur immeuble résidentiel peut être facilement identifié comme étant américain.

 

  • « Des mitrailleuses lourdes avec viseurs à imagerie thermique pour contrer les systèmes aériens sans pilote. »

C’est un très mauvais signe. J’ai essayé de trouver des photos récentes de mitrailleuses utilisées en mode défense aérienne. Il n’y avait que des photos anciennes et cette photo modèle.

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Il y a quelques décennies de cela, nous nous sommes entraînés à abattre des hélicoptères et des avions avec les mitrailleuses fixées au sommet de nos chars de combat. Malgré le fait que nous tirions depuis une plate-forme stable et que nous utilisions beaucoup de munitions, nos taux de réussite étaient vraiment minces. C’est pourquoi aucune armée que je connaisse n’utilise encore cette méthode. La plupart des drones utilisés en Ukraine pour la reconnaissance sont électriques. Il est peu probable qu’ils apparaissent dans un viseur thermique. Les drones iraniens à hélice, probablement fabriqués en Russie, sont chauds et font beaucoup de bruit. Ils peuvent être ciblés mais sont assez rapides et il faut agir tout aussi rapidement pour les attraper. Les drones kamikazes Lancet utilisés par l’armée russe en Ukraine volent bas et rapidement. Une équipe de mitrailleurs aura peu de chances lorsqu’un tel drone volera vers elle.

Les mitrailleuses que l’Ukraine recevra, sauf celles qui seront vendues au marché noir, ne peuvent pas être efficaces comme défense aérienne. Elles finiront probablement par être utilisées en mode terrestre pour défendre tel ou tel fossé de la ligne de front. Ils sont bons pour cela jusqu’à ce qu’un obus d’artillerie ou un véhicule de combat d’infanterie arrive et les détruise.

  • « Des munitions supplémentaires pour HIMARS »

Le HIMARS est l’arme merveilleuse qu’elle n’est pas. La portée de quelque 70 kilomètres est raisonnable, mais il faut aussi de très bonnes données de ciblage pour les utiliser. Les Russes ont tiré les leçons des premiers succès du HIMARS et sont devenus bien meilleurs pour camoufler leurs positions.

  • « 200 obus d’artillerie de 155 mm à guidage de précision »

C’est une bonne chose, mais là encore, il faut disposer de données de ciblage fiables. Ce qui est choquant, c’est qu’il n’y a pas d’autres munitions de 155 mm dans cette livraison. Que sont censés tirer les canons M-777, du moins ceux qui existent encore en Ukraine ?

  • « 10 000 obus de mortier de 120 mm »

Ce n’est pas beaucoup non plus. Auparavant, les États-Unis avaient donné à l’Ukraine 20 mortiers de 120 mm avec 135 000 cartouches de mortier de 120 mm. Les 10 000 nouveaux obus seront probablement utilisés en moins d’une semaine.

  • « Des missiles antiradiations à grande vitesse (HARM) »

Il s’agit de missiles air-sol utilisés pour cibler les radars ennemis. Ils ont été bricolés pour être montés sur les quelques avions de chasse SU-27 que l’Ukraine a reçus d’un pays d’Europe de l’Est. Selon certains rapports, les défenses aériennes russes frappent généralement ces missiles avant qu’ils n’atteignent leur cible.

Aujourd’hui, le New York Times rapporte qu’un de ces missiles, tiré en septembre, a touché un immeuble d’habitation à Kramatorsk :

Les journalistes du New York Times ont pu recueillir et identifier des fragments métalliques distincts laissés sur le site d’une frappe antérieure, en septembre dans l’est de l’Ukraine, ce qui permet de voir où les milliards de dollars d’aide militaire envoyés par les États-Unis à l’Ukraine peuvent parfois atterrir.

« Trois personnes ont été blessées, disent-ils. Aucun mort. Il a frappé un appartement où personne ne vit, et dans l’appartement voisin, des gens ont été blessés« , a déclaré Olga Vasylivna, une habitante qui vivait à côté de l’endroit où le missile a frappé.

Les camions que l’Ukraine recevra seront peut-être utiles, mais y aura-t-il assez de diesel pour les alimenter ?

20 000 000 de munitions pour armes légères, c’est encore presque rien. La charge de combat typique d’un soldat d’infanterie est de 240 cartouches. Les équipes de mitrailleurs transportent environ 6 000 cartouches. La ligne de front en Ukraine est longue de 1 000 kilomètres. Si l’on fait le calcul, on constate que ces 20 millions de cartouches ne représentent pratiquement rien.

Il existe actuellement un marché noir florissant pour les générateurs en Ukraine. Ces 200 nouveaux seront les bienvenus. Ils finiront très probablement à Lviv ou à Kiev.

  • « Des pièces de rechange pour obusiers de 105 mm et autres équipements »

L’histoire du soutien américain en matière d’armement pour l’Ukraine est celle d’une diminution de la quantité et de la qualité. Les États-Unis ont d’abord fourni 143 systèmes M-777 de 155 mm à l’Ukraine. Ceux-ci se sont avérés avoir un taux de casse élevé et étaient également facilement ciblés. Ensuite, les États-Unis ont épuisé les munitions de 155 mm qu’ils pouvaient donner. Ils ont ensuite offert 36 obusiers de 105 mm et 180 000 munitions de 105 mm. Même histoire. Puis vint le mortier de 120 mm.

L’artillerie est généralement combattue par la contre-artillerie. Lorsque le radar de combat repère un obus d’artillerie en vol, on peut calculer d’où il a été tiré. Ensuite, une batterie de contre-artillerie dédiée, généralement de plus longue portée, sera chargée de tirer sur cette position. Dans une unité bien organisée, cela prend moins d’une ou deux minutes.

Les canons M-777 ont une portée de tir d’environ 20 kilomètres. C’est à peu près égal aux canons de 152 mm utilisés par les Russes. Viennent ensuite les canons de 105 mm. Leur portée est d’environ 11 kilomètres. Le mortier de 120 mm peut atteindre environ 7 kilomètres.

Hormis les HIMARS, l’artillerie ukrainienne est devenue plus petite et a une portée inférieure à celle des systèmes utilisés de l’autre côté. Il sera donc plus facile de la contrer. L’Ukraine manque également cruellement de munitions pour les quelques armes qui existent encore. Elle a perdu depuis longtemps la guerre de l’artillerie.

La guerre en Ukraine se déroule à un niveau industriel. Mais l' »Occident » et son mandataire ukrainien ne sont pas préparés à une guerre industrielle. Dans un article intitulé « c’est la guerre, Joseph, mais pas celle que l’on connait », Aurelian explique pourquoi c’est le cas :

Tout d’abord, une grande partie de l’impulsion politique pour l’Ukraine vient des pays anglo-saxons, dont l’histoire de la guerre, et la réflexion sur la guerre, est essentiellement expéditionnaire et limitée.

Le type d’opérations militaires que les Européens ont effectivement menées depuis 1945, et surtout depuis 1989, a eu tendance à suivre ce modèle.

Le deuxième facteur est simplement qu’en général, les guerres de l’Occident ont été des guerres à responsabilité limitée, où il y a eu peu de victimes dans leur pays.

Pour les Russes, la géographie imposait un ensemble différent de critères. Toujours un pays massif, avec une population relativement importante et de longues frontières, la nation a subi des invasions militaires étrangères à plusieurs reprises dans son histoire. Elle a l’habitude d’être obligée de se battre sur son propre territoire et, au cours de la seule Seconde Guerre mondiale, elle a subi près de trente millions de morts, dont une grande partie de civils. Ainsi, la défense nationale est littéralement une question de vie ou de mort, et la réflexion et la planification de la guerre se font à un niveau stratégique beaucoup plus élevé et complexe.

Cette expérience russe produit inévitablement une façon d’envisager les conflits qui est radicalement différente de celle de l’Occident, à l’exception des deux guerres mondiales où l’Occident lui-même a dû apprendre péniblement des leçons similaires, pour les oublier rapidement à chaque fois.

Les armées soviétique et russe ont une longue tradition d’étude des terribles guerres passées de leur pays, et une telle analyse permet de tirer un certain nombre de conclusions évidentes. L’une d’elles est l’importance du nombre, du personnel, de l’équipement et des munitions. Dans une longue guerre, que les Russes, contrairement aux Occidentaux, se sont toujours attendus à mener, ces éléments comptent énormément.

Jusqu’en 2012, il y avait une entreprise ukrainienne près de Kiev qui produisait encore des munitions d’artillerie pour la Russie. Je ne trouve plus le lien vers cette histoire, mais le nombre de munitions produites pour la Russie s’élevait à quelque 2 000 000 millions par an. L’Occident n’a aucun moyen d’égaler les stocks russes.

Gordon M. Hahn, expert de la Russie, se penche sur la prochaine offensive d’hiver russe. Ce n’est que grâce à un cessez-le-feu que l’Ukraine et ses sponsors pourront éviter la catastrophe à venir. Et ce pour trois raisons :

Premièrement, le marteau russe est sur le point de s’abattre sur l’Ukraine. Les stations d’énergie électrique, les ponts et même les « centres de décision » tels que les bâtiments du gouvernement central de Kiev sont pris pour cible. … Quelle sera la situation sociopolitique lorsque ces infrastructures critiques seront complètement effondrées et que les températures auront baissé de 20 degrés ? La Russie se rapprochera de la stratégie du « choc et effroi« , en détruisant entièrement toutes les infrastructures – militaires ou autres – comme les États-Unis l’ont fait en Serbie et en Irak, et prendra probablement moins de précautions pour éviter les pertes civiles.

Une fois les infrastructures complètement détruites ou neutralisées, les renforts russes de 380 000 soldats réguliers et nouvellement mobilisés se seront pleinement ajoutés aux forces russes dans le sud-est de l’Ukraine. … Une offensive hivernale d’environ un demi-million de soldats permettra de réaliser des gains substantiels sur ces trois fronts et de multiplier les pertes ukrainiennes en personnel et en matériel, qui sont déjà élevées. Cela pourrait facilement conduire à un effondrement des forces ukrainiennes sur un ou plusieurs fronts. Sur la base d’un tel succès, le président russe Poutine pourrait également tenter à nouveau de menacer Kiev…

Deuxièmement, l’Occident commence à fatiguer de l’Ukraine. Les réserves d’armes des pays de l’OTAN ont été épuisées au-delà du tolérable, et la cohésion sociale s’effondre face à une inflation à deux chiffres et à la récession économique. Tout cela fait de la Russie le vainqueur sur le plan stratégique et oblige Washington et Bruxelles à chercher au moins un répit par le biais d’un cessez-le-feu.

Troisièmement, le plus grand atout politique de l’Ukraine – Zelenskiy lui-même – vient d’être dévalué, mettant encore plus en danger la stabilité politique de l’Ukraine. … Pour l’instant, afin de garder l’Occident à bord, Zelenskiy pousserait le commandant des forces armées ukrainiennes Viktor Zalyuzhniy à lancer une dernière offensive pré-hivernale dans le nord de Donetsk (Svatovo et Severodonetsk) ou à Zaporozhe afin de mettre un terme aux murmures de l’Occident sur le cessez-le-feu et de regagner son soutien. Parallèlement, il est question de la poursuite des tensions entre Zelenskiy et Zalyuzhniy en raison de la bonne presse et du statut de star de ce dernier à l’Ouest. … Dans le contexte de la détérioration du champ de bataille et de la situation stratégique internationale, de telles tensions entre civils et militaires sont porteuses d’un risque de coup d’État. …

Nous atteignons peut-être le moment décisif de la guerre d’Ukraine. Plus d’électricité, plus d’armée, plus de société.

Tout ce qui précède et l’approche des élections présidentielles prévues à Moscou, Kiev et Washington l’année prochaine font de cet hiver un moment charnière pour tous les principaux partis en guerre.

En lisant les deux articles cités ci-dessus, j’en arrive à la conclusion que la guerre a été perdue ; tant par l’Ukraine que par ses partisans.

L’OTAN, déjà profondément impliquée, pourrait encore vouloir changer cela en se joignant pleinement à la guerre. Mais je ne pense pas que l’armée américaine, ni ses alliés européens de l’OTAN, auront le cran de le faire.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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Terrorists-R-US. Les Etats-Terroristes-Unis

Par : Wayan — 24 novembre 2022 à 12:00

Par Kevin Barrett – Le 14 Novembre 2022 – Source Unz Review

Lorsque les électeurs américains ont voté, la semaine dernière, la politique étrangère n’était probablement pas en tête de liste de leurs préoccupations. Mal informés par les médias grand public au point de souffrir de déficience cognitive informationnelle, peu d’Américains [et d’européens, NdT] comprennent le rôle dévastateur et destructeur que joue leur pays sur la scène mondiale. Il y a donc quelque chose de symboliquement significatif dans le spectacle des électeurs de Pennsylvanie qui ont envoyé un sénateur souffrant de déficience cognitive à Washington pour servir sous les ordres d’un président souffrant de déficience cognitive, alors qu’un sous-ensemble de ces électeurs a même élu un homme déjà décédé à un poste d’état. On se croirait dans un film de zombies : L’empire des morts-vivants.

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Les électeurs zombies envoient des représentants zombies à Washington pour prétendre présider au démantèlement d’un empire zombie en état de mort cérébrale. Mais les vrais maîtres de cet empire, bien sûr, sont les apparatchiks néocons et les oligarques qui les rémunèrent grassement. Peu importe qui occupe le Congrès et la Maison Blanche, le gouvernement élu n’a pas vraiment de prise sur les décisions. Même les politologues de l’Ivy League payés pour cacher cette réalité la reconnaissent de plus en plus souvent : Michael Glennon, par exemple, dans « National Security and the Double Government » [Sécurité nationale et le double gouvernement], soutient de manière convaincante que nos dirigeants élus sont, à l’instar des monarques britanniques, de simples figures de proue, et non des décideurs politiques.

Puisqu’ils n’ont aucun rôle à jouer dans la prise de décision, ni les politiciens ni les électeurs qui les élisent n’ont besoin de savoir quoi que ce soit sur ce qui se passe réellement dans le monde. Leur rôle n’est pas de raisonner, mais de régurgiter les « mythes publics » diffusés par la machine de propagande médiatique. C’est pourquoi les électeurs américains ne comprennent pas, pour la plupart, que c’est leur propre gouvernement qui a provoqué la guerre en Ukraine. Ils ne comprennent pas non plus que son objectif est de paralyser l’Allemagne et l’UE, ainsi que la Russie.

Asie de l’Ouest : Les terroristes sont américains

Les électeurs connaissent encore moins l’Asie occidentale, où les États-Unis sont à l’origine d’une vague de terrorisme en Iran, au Pakistan et, plus récemment, en Turquie, où une bombe a explosé dimanche dans un quartier très touristique du centre d’Istanbul, tuant six personnes et en blessant plus de 80. Le gouvernement turc a immédiatement accusé les États-Unis, qui arment, financent, forment et dirigent les militants kurdes syriens liés au PKK, d’être à l’origine de l’attentat.

Pourquoi les dirigeants américains utilisent-ils le terrorisme en Turquie ? Pour punir le gouvernement turc de s’être rapproché de la Russie. (Les attentats à la bombe effraieront les touristes, dont un nombre toujours plus grand est russe, et nuiront à l’économie turque). Du point de vue de Washington, le gouvernement d’Erdogan alimente l’effort de guerre russe en augmentant considérablement son commerce avec la Russie et en payant les importations russes, y compris l’énergie, en roubles. Ces mesures contribuent non seulement à maintenir la Russie à flot, mais menacent également la cohésion de l’OTAN et accélèrent l’arrivée du jour où le dollar perdra son statut de monnaie de réserve mondiale.

Les États-Unis terrorisent également le Pakistan et l’Iran parce que les dirigeants de ces pays, comme Erdogan en Turquie, ont l’audace de poursuivre leurs propres intérêts nationaux. Au Pakistan, les espions de l’ambassade américaine – des clones de Raymond Davis – étaient la main cachée derrière l’opération de changement de régime qui a renversé le gouvernement d’Imran Khan en avril dernier. Les sbires de l’empire punissaient Khan pour sa visite à Moscou peu après le lancement par la Russie de son Opération Militaire Spéciale en Ukraine, ainsi que pour avoir évité le FMI étasunien en faveur d’une coopération accrue avec l’initiative de « la Nouvelle route de la soie » et l’Organisation de coopération de Shanghai. Depuis le coup d’État électoral orchestré par les États-Unis, le parti de Khan a remporté une victoire écrasante aux élections régionales, et son chef a toutes les chances de revenir au pouvoir lors des prochaines élections nationales… à condition qu’il reste en vie.

Le 3 novembre, Khan a miraculeusement survécu à une tentative d’assassinat inspirée par les États-Unis. Pris entre les tirs croisés d’un « fanatique religieux » du MK-Ultra d’un côté de son véhicule et d’un sniper professionnel qui tirait depuis la fenêtre d’un immeuble de l’autre côté, Khan n’a survécu que parce qu’un spectateur héroïque a attrapé le bras armé du fanatique, de sorte que les balles ont touché la jambe de Khan plutôt que sa tête ou son torse. Sa jambe touchée, Kahn est tombé au sol alors que les balles du sniper sifflaient dans l’espace qu’il venait de quitter.

Tuer des dirigeants pakistanais fait partie du travail quotidien de la CIA et de ses laquais locaux comme le Premier ministre Shabaz Sharif, nommé par les États-Unis, le ministre de l’Intérieur Rana Sanaullah et le général Faisal, le grand manitou de l’ISI, les trois hommes que Khan tient pour responsables de la tentative d’assassinat. La plupart des Pakistanais le pensent aussi. Ils pensent également que plusieurs de leurs anciens dirigeants ont été tués par la CIA, notamment le général Zia ul-Haq, qui tissait des liens avec des forces pro-islamiques mais non approuvées par les États-Unis dans la région lorsqu’il a été tué dans un accident d’avion provoqué.

La guerre terroriste américaine contre l’Iran

Les campagnes de terreur menées par les États-Unis contre les « alliés » hésitants que sont la Turquie et le Pakistan sont sans commune mesure avec la guerre terroriste menée depuis des décennies par Washington contre la République islamique d’Iran. Et lorsqu’il s’agit de l’Iran, les terroristes ne prennent même pas la peine de brouiller les pistes. Lorsque Washington a décidé de tuer la personnalité publique la plus populaire d’Iran, le général Qasem Soleimani qui, comme Imran Khan, était universellement admiré pour son humble religiosité, son honnêteté irréprochable, sa compétence et son charisme, il n’a même pas pris la peine de créer un déni plausible. Au lieu de cela, les Américains ont attiré le général Soleimani à Bagdad avec une offre de paix bidon, avant de l’assassiner ouvertement avec un drone militaire américain.

Aujourd’hui, la guerre terroriste contre l’Iran s’est transformée en une tentative de changement de régime impliquant des meurtriers et des voyous payés par les États-Unis qui sèment le chaos et la terreur sous le faux prétexte qu’il s’agit d’une sorte de manifestation pour les droits de l’homme. Comme je l’ai écrit dans le numéro de Crescent International de ce mois-ci :

Le 15 septembre, l’Iran a signé un accord pour devenir le neuvième membre à part entière de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), un groupe de nations eurasiennes travaillant ensemble sur des projets économiques, de logistique, d’infrastructure et d’énergie, afin de contourner les institutions contrôlées par les États-Unis. Le lendemain, le 16 septembre, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes iraniennes et ont rapidement dégénéré en émeutes. Bien que les troubles soient apparemment une réponse à la mort de Mahsa Amini, une Iranienne de 22 ans qui s’est soudainement effondrée en garde à vue dans des circonstances peu claires, il est presque certain que les troubles ont été planifiés à l’avance par la CIA et son escadron en charge de mener les révolution de couleur. Sans l’affaire Amini, les spécialistes du changement de régime de l’agence alphabet auraient fabriqué un autre prétexte…

Les voyous de la CIA chargés du changement de régime ne se font pas beaucoup d’amis en Iran.

These are the "heroic peaceful protesters" that western media & politicians glorify. They peacefully shoot at police, slit their throats & burn them alive.

The Iranian police & basij have shown great courage & restraint. If this was in the west, there would be no such restraint. pic.twitter.com/QNjqgzLTYu

— Seyed Mohammad Marandi (@s_m_marandi) November 8, 2022

This is how western backed thugs in Iran work. They're organized from abroad & attack ordinary people. Their cameramen record the "heroic" operations & send them to western/Saudi funded Persian media in London.

Western media & think-tankers glorify these "popular protests." pic.twitter.com/vwjFqodig5

— Seyed Mohammad Marandi (@s_m_marandi) November 8, 2022

This is how western/Saudi funded & trained thugs attack Iranian police. Last Friday these killers attacked 3 officers. As the officers retreated into their police vehicle, they called on the rioters to stop. They were then badly beaten & repeatedly stabbed by these barbarians. pic.twitter.com/bmowvfVc65

— Seyed Mohammad Marandi (@s_m_marandi) November 6, 2022

Les ONG iraniennes affirment qu’environ 17 000 Iraniens ont été tués par des terroristes soutenus par les États-Unis, la majorité par le MEK, un culte de la haine bizarre qui combine les pires caractéristiques d’ISIS et de la Manson Family. De nombreuses personnalités américaines bien connues, dont Pompeo et Bolton, ont accepté des pots-de-vin somptueux pour être vues en public avec les fous du MEK, qui sont actuellement le fer de lance de la vague de violence financée par le contribuable américain en Iran.

La guerre terroriste américaine fonctionne-t-elle ?

Est-ce que faire exploser des civils en Turquie, comploter pour assassiner le leader le plus populaire de tous les temps au Pakistan et envoyer des voyous dans les rues pour terroriser les Iraniens va permettre de vraiment promouvoir les intérêts nationaux légitimes de l’Amérique ? Apparemment, nos décideurs de l’État profond le pensent. Les néoconservateurs citent constamment, à tort, Machiavel en disant « il vaut mieux être craint qu’être aimé« . Mais grâce aux néoconservateurs, l’Amérique est de moins en moins crainte et de plus en plus méprisée. Toute la région de l’Asie occidentale n’apprécie pas la façon dont les néoconservateurs ont essayé de détruire sept pays en cinq ans à la suite de leur faux drapeau du 11 septembre. L’échec total des guerres américaines inspirées par les néoconservateurs en Afghanistan, en Irak et en Syrie a donné au puissant Empire unipolaire l’apparence d’un tigre de papier et d’un méchant de classe mondiale.

Si faire exploser des magasins en Turquie peut effrayer quelques touristes, si tirer sur Imran Khan peut le surprendre, lui et ses partisans, et si fomenter la violence en Iran peut déstabiliser les Iraniens, en fin de compte, les Turcs, les Pakistanais et les Iraniens sont susceptibles de sortir de la vague actuelle de violence encouragée par les États-Unis avec une rancune durable contre l’Amérique et une forte préférence pour un ordre multipolaire. Une fois encore, les néoconservateurs, qui prétendent être de si ardents patriotes américains, semblent accélérer la disparition de l’empire même qu’ils prétendent défendre.

Kevin Barrett

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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La visite prochaine de Xi en Arabie Saoudite sera historique

Par : jmarti — 24 novembre 2022 à 10:00

Par M. K. Bhadrakumar − Le 11 novembre 2022 − Source Oriental Review

M.K. BhadrakumarC’est un symbole très puissant que le président chinois Xi Jinping ait fait le choix de réserver à l’Arabie Saoudite sa première visite à l’étranger après le Congrès du Parti. À en croire le Wall Street Journal, cette visite devrait se produire début décembre, et des préparations intenses sont en cours en vue de l’événement.

Le quotidien cite des personnes bien au fait des préparations, selon qui « l’accueil [réservé au dirigeant chinois] va sans doute ressembler » à celui accordé à Donald Trump en 2017 de par son faste et son apparat.

Il est aisé de prédire que la rencontre va centrer ses échanges sur la trajectoire à venir de l’« alliance » pétrolière sino-saoudienne — ou plutôt, l’établissement d’une alliance pétrolière comparable au cadre russo-saoudien de l’OPEP Plus. Cela étant dit, le contexte géopolitique de la prochaine visite de Xi est particulièrement riche en réalignements dans la région de l’Asie Mineure, et son impact sur le monde peut amener des conséquences profondes.

Le président chinois Xi Xinping planifierait une visite en Arabie Saoudite au cours de la deuxième semaine du mois de décembre 2022.

Le fait est que la Chine comme l’Arabie Saoudite sont des puissances régionales majeures, et que tout schéma qui les implique de manière bilatérale va porter des conséquences importantes sur le jeu politique international. Le Wall Street Journal affirme que « Pékin et Riyad s’emploient à nouer des liens plus resserrés et promeuvent une vision d’un monde multipolaire dans lequel les États-Unis ne dominent plus l’ordre global. »

Sans doute la guerre en Ukraine apporte-t-elle un contexte immédiat. Il va être extrêmement difficile à court terme pour les États-unis de s’extraire de la guerre sans subir un énorme camouflet et une perte de crédibilité en tant que super-puissance, ce qui va saper leur position de dirigeant transatlantique, et même faire peser un risque sur le système d’alliance occidentale en soi.

La Chine comme l’Arabie Saoudite auront tiré la conclusion que le « consensus bipartisan » sur le thème de la guerre en Ukraine pourrait ne pas survivre à la guerre tribale acharnée qui fait rage au sein de l’élite politique étasunienne, et qu’il est certain que ce consensus va éclater une fois statuées les élections de mi-mandat. Si les Républicains reprennent le contrôle de la Chambre des Représentants, ils vont lancer des démarches en vue d’obtenir la destitution du président Biden.

Une enquête est parue dimanche dans le Guardian, relatant des opinions d’experts, sous le titre Les conditions présentes sont propices à la violence politique : les États-Unis sont-ils au bord d’une guerre civile ? Il s’ensuit logiquement que la Chine comme l’Arabie Saoudite voient le désengagement des États-Unis dans la région de l’Asie Mineure prendre de l’ampleur.

Un sujet de discussion majeur animant la visite de Xi en Arabie Saoudite sera la stratégie de politique étrangère du pays arabe dénommée « Regard vers l’Est », qui aura anticipé le retrait étasunien depuis au moins une demi-décennie. La visite de Xi en Arabie Saoudite en 2016 en avait constitué un des événements jalon.

À n’en pas douter, Pékin a suivi de près la détérioration des relations étasuno-saoudiennes depuis cette date. Et Pékin n’a pas pu manquer le fait que récemment, les Saoudiens ont manigancé une coopération énergétique avec la Chine au milieu des tensions entre le prince héritier, Mohammed bin Salman, et Biden.

Pour preuve la plus flagrante, la rencontre virtuelle du 21 octobre dernier entre le prince Abdulaziz bin Salman bin Abdulaziz, ministre saoudien de l’énergie, et Zhang Jianhua, administrateur national de l’énergie pour la Chine — un homme politique d’expérience (qui fut membre de la 19ème commission centrale de discipline du parti communiste chinois.) Cette réunion s’est déroulée au moment d’une crise profonde dans les relations étasuno-saoudiennes, l’élite étasunienne allant jusqu’à menacer Riyad de sanctions.

Nul ne sera surpris d’apprendre que l’un des sujets clés discutés par les ministres chinois et saoudien a été le marché pétrolier. Selon la déclaration faite par les Saoudiens, les ministres « ont confirmé leur volonté d’œuvrer ensemble pour soutenir la stabilité du marché pétrolier international », et ont insisté sur la nécessité d’un « approvisionnement en pétrole fiable et à long terme pour stabiliser le marché global qui subit diverses incertitudes en raison de situations internationales complexes et mouvantes. » N’est-ce pas plus ou moins ce que l’OPEP Plus (l’alliance pétrolière russo-saoudienne) n’a de cesse d’affirmer ?

Les deux ministres avaient également discuté de coopérations et d’investissements conjoints dans des pays considérés par la Chine comme relevant de la vision stratégique autour de la Nouvelle route de la soie, et ont énoncé leur intention de continuer la mise en œuvre d’un accord sur les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire (chose à laquelle Washington s’est opposée.)

Il ne fait pas de doute que la réunion tenue entre les ministres a constitué une remontrance claire et nette visant Washington, et ayant pour objectif de rappeler à l’administration Biden que l’Arabie Saoudite dispose d’autres relations importantes dans le domaine de l’énergie, et que la politique pétrolière saoudienne n’est plus écrite à Washington. Plus important, le calcul qui est fait ici est que Riyad recherche un équilibre entre Pékin et Washington. Les paroles creuses prononcées par Biden au sujet d’une « lutte entre autocratie et démocratie » sont de nature à gêner l’Arabie Saoudite, alors que la Chine n’entretient pas d’agenda idéologique.

Chose notable, les ministres saoudien et chinois ont convenu d’approfondir leur coopération sur la chaîne d’approvisionnement en établissant un « nœud régional » pour que les producteurs chinois installés dans le royaume Saoudien puissent profiter de l’accès à trois continents dont jouit l’Arabie Saoudite.

Le résultat net en est que les élites saoudiennes, dans les milieux politiques et les milieux d’affaires, perçoivent de plus en plus la Chine comme une superpuissance et s’attendent à un engagement global de nature commerciale, suivant la méthode habituellement employée par la Chine et la Russie dans le monde. Les Saoudiens sont convaincus que leur « partenariat stratégique étendu«  de 2016 avec la Chine peut améliorer l’importance géopolitique croissante de leur royaume dans la guerre menée par la Russie en Ukraine, et que celle-ci souligne le fait que Riyad dispose désormais d’un nombre accru d’options, et va donc continuer de rechercher un équilibrage.

L’Arabie Saoudite noue également des liens de plus en plus étroits avec la Chine. Avec un pied sous la tente de l’OCS (le pays a obtenu le statut d’observateur), elle essaye désormais de joindre l’alliance des BRICS. Ces actions sont complémentaires, mais le format BRICS œuvre également à un système monétaire alternatif, chose qui attire Riyad.

Coïncidence ou non, l’Algérie et l’Iran, deux autres pays producteurs de pétrole de premier plan qui maintiennent des relations étroites avec la Russie essayent également de rejoindre l’alliance des BRICS, pour les mêmes raisons. Le fait même que l’Arabie Saoudite en fasse autant et se montre prête à contourner les institutions occidentales et à réduire le risque d’interaction avec elles, tout en explorant des voies parallèles pour nouer des relations financières, économiques et commerciales sans dépendre d’instruments contrôlés par les États-Unis ou l’Union européenne, est porteur d’un message très fort à destination du système international.

Le paradoxe réside en ce que la poussée menée par les Saoudiens vers l’autonomie stratégique va rester fragile tant que le pétrodollar continuera d’attacher le pays au système bancaire occidental. Par conséquent, l’Arabie Saoudite a une grande décision à prendre à l’égard de son engagement de 1971, entérinant le dollar étasunien comme « monnaie mondiale » (à la place de l’or), et de sa décision de ne vendre le pétrole qu’en échange de dollar — une décision qui a permis aux administrations étasuniennes successives d’imprimer des billets à volonté durant un demi-siècle, d’en tirer parti en blanchissant l’argent — et enfin d’utiliser le dollar comme leur arme la plus puissante pour imposer au niveau mondial une hégémonie étasunienne.

Le Wall Street Journal, en annonçant la visite prochaine de Xi en Arabie Saoudite, ajoute que la « re-calibration stratégique de la politique étrangère saoudienne est plus importante que l’explosion récente avec l’administration Biden au sujet de la production de pétrole… Plus récemment leur parade nuptiale (celle des Chinois et des Saoudiens) s’est intensifiée, avec des discussions sur la vente d’une participation à Saoudi Aramco, avec des contrats futurs labellisés en yuan dans le modèle de prix d’Aramco, ainsi que la possibilité d’utiliser le yuan comme monnaie d’échange pour les ventes de pétrole saoudien à la Chine. »

On avait l’habitude de voir les choses évoluer très lentement dans les décisions politiques saoudiennes. Mais Salman, le prince héritier, est pressé de recalibrer la boussole saoudienne, et peut prendre des décisions difficiles, comme en témoigne la création de l’OPEP Plus en alliance avec la Russie. La probabilité que l’Arabie Saoudite change son fusil d’épaule et se mette à vendre une partie de sa production de pétrole en yuan est plus élevée que jamais.

Si les choses finissent par évoluer dans cette direction, c’est bien un changement tectonique qui sera en marche — une re-calibration géo-stratégique majeure — de quoi positionner la visite menée par Xi en Arabie Saoudite comme un événement d’importance historique.

M. K. BHADRAKUMAR est un ancien diplomate de nationalité indienne, dont la carrière diplomatique a trois décennies durant été orientée vers les pays de l’ancienne URSS, ainsi que le Pakistan, l’Iran et l’Afghanistan. Il a également travaillé dans des ambassades indiennes plus lointaines, jusqu’en Allemagne ou en Corée du Sud. Il dénonce la polarisation du discours officiel ambiant (en Inde, mais pas uniquement) : « vous êtes soit avec nous, soit contre nous »

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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Ukraine. Plus de lumières, plus d’eau et bientôt plus de chauffage

Par : Wayan — 24 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama – Le 23 novembre 2022

Dans la journée, l’armée russe a mis hors service le réseau électrique ukrainien.

Les attaques précédentes avaient limité la capacité de distribution à environ 50 % de la demande. Des coupures contrôlées pendant plusieurs heures par jour ont permis de fournir de l’électricité pendant quelques heures à la plupart des régions du pays. L’attaque d’aujourd’hui a créé un problème beaucoup plus important. Non seulement les réseaux de distribution ont été attaqués, mais aussi les éléments qui relient les installations de production d’électricité de l’Ukraine au réseau de distribution. Les quatre centrales nucléaires ukrainiennes, avec leurs 15 réacteurs, sont désormais en mode arrêt.

Kiev ainsi que la plupart des autres villes d’Ukraine n’ont plus d’électricité.

La Moldavie est également touchée, car elle recevait environ 20 % de son électricité d’Ukraine. Lorsque le réseau ukrainien s’est arrêté, la seule centrale thermique locale s’est également arrêtée. Il est probable qu’elle puisse être remise en service, mais le processus peut être compliqué.

Des importations limitées d’électricité du réseau européen vers l’Ukraine pourraient encore être possibles, mais cette électricité ne serait disponible que dans les villes occidentales de l’Ukraine.

Avant l’attaque d’aujourd’hui, le Washington Post racontait les difficultés rencontrées pour réparer le réseau. Comme nous l’avons déjà expliqué, les attaques russes ont touché les transformateurs qui relient le réseau national de 330 kilovolts. Ils sont difficiles à remplacer :

Alors que l’étendue des dommages causés aux systèmes énergétiques ukrainiens est devenue évidente ces derniers jours, les responsables ukrainiens et occidentaux ont commencé à tirer la sonnette d’alarme, mais ils se rendent également compte qu’ils ont un recours limité. Le système électrique ukrainien datant de l’ère soviétique, il ne peut pas être réparé rapidement ou facilement. Dans certaines des villes les plus touchées, les responsables ne peuvent pas faire grand-chose d’autre que d’exhorter les habitants à fuir, ce qui augmente le risque d’un effondrement économique en Ukraine et d’un afflux des réfugiés dans les pays européens voisins.

Le premier ministre ukrainien Denys Shmyhal a déclaré qu’environ la moitié de l’infrastructure énergétique du pays était « hors service » à la suite des bombardements.

Pendant des semaines, les missiles russes ont visé des éléments clés du système de transmission électrique de l’Ukraine, mettant hors service des transformateurs vitaux sans lesquels il est impossible d’alimenter en électricité les ménages, les entreprises, les bureaux gouvernementaux, les écoles, les hôpitaux et d’autres installations essentielles.

Lors d’un point de presse mardi, Volodymyr Kudrytskyi, directeur d’Ukrenergo, l’opérateur public du réseau électrique, a qualifié de « colossaux » les dégâts subis par le système électrique.

Les Russes, a-t-il dit, visent principalement les sous-stations, des nœuds du réseau électrique où le courant est redirigé depuis les centrales. Les principaux composants de ces sous-stations sont des autotransformateurs – « des équipements de haute technologie et de coût élevé » qui sont difficiles à remplacer.

Une liste des « besoins urgents » de DTEK, la plus grande société privée d’énergie du pays, qui circule à Washington, énumère des dizaines de transformateurs ainsi que des disjoncteurs, des bagues et de l’huile pour transformateurs.

Mais ce sont les autotransformateurs – le « cœur » des sous-stations, selon les termes de Kudrytskyi – qui figurent en tête de la liste des besoins des Ukrainiens et qui sont la clé du bon fonctionnement du réseau électrique du pays.

Les Ukrainiens ont essayé d’acheter tous les autotransformateurs qu’ils ont pu trouver, allant jusqu’en Corée du Sud pour en trouver, mais ils doivent encore passer des commandes pour que d’autres soient construits.

« Nous essayons de rassembler tout ce qu’ils ont actuellement dans le monde et d’en commander davantage« , a déclaré Olena Zerkal, conseillère au ministère ukrainien de l’énergie.

Toute tentative de réparation du réseau est inutile tant que la Russie continue de l’attaquer.

Pour mettre fin à ces attaques, il faut une solution politique. L’Ukraine devra finalement trouver un accord avec la Russie.

La Russie a également attaqué certaines des sources de gaz naturel dont dispose l’Ukraine :

La semaine dernière, la Russie a élargi ses cibles. Oleksiy Chernyshov, directeur général de la compagnie énergétique nationale ukrainienne Naftogaz, a déclaré dans une interview qu’une « attaque massive de missiles » avait touché 10 installations de production de gaz dans les régions de Kharkiv et de Poltava, dont Shebelinka, l’une des plus grandes zones de production et de forage.

« Bien sûr, nous allons faire de notre mieux maintenant pour récupérer, mais cela prendra du temps, des ressources et du matériel« , a déclaré Chernyshov. « Le temps est essentiel« , a-t-il ajouté. « Parce que l’hiver, c’est maintenant. »

Le ciblage de l’approvisionnement en gaz est un développement critique, a déclaré Victoria Voytsitska, un ancien membre du parlement qui travaille maintenant avec des groupes de la société civile pour fournir à l’Ukraine les équipements dont elle a besoin. Si Moscou supprime le réseau de gaz, dit-elle, les villes et les villages du pays pourraient devenir « inhabitables« .

Le fournisseur de gaz russe Gazprom a annoncé qu’il allait réduire la quantité de gaz traversant l’Ukraine pour aller vers les clients européens, car l’Ukraine en vole :

Gazprom dit avoir remarqué qu’une partie du gaz destiné à la Moldavie dans le cadre d’un contrat avec l’entreprise gazière locale est détournée par l’Ukraine. Si le déséquilibre dans le transit du gaz se poursuit, Gazprom commencera à réduire les flux de gaz via l’Ukraine dans la matinée du 28 novembre, a déclaré aujourd’hui le géant gazier russe, comme le rapporte l’agence de presse russe TASS.

Sans électricité, il n’y a pas d’eau qui coule dans les systèmes de distribution d’eau des villes. Sans eau, les toilettes ne peuvent pas être utilisées. L’hygiène publique en pâtira. L’internet est également en panne en Ukraine.

Un pays qui devient « inhabitable » a peu de chances de mener et de gagner une guerre. Quand il n’y a pas de transport, pas d’électricité, pas de chauffage et pas de communication, tout devient incroyablement difficile.

Le flux de réfugiés que tout cela va provoquer va accroître la pression sur l’Europe pour pousser l’Ukraine à négocier la paix avec la Russie. Les conditions seront dures, mais ils n’ont pas d’autre moyen de sortir de ce pétrin.

——-

Au cours des dernières semaines, les attaques ukrainiennes sur la ligne de front ont été remarquablement inefficaces. Il n’y a plus aucune coordination des grandes formations. Les unités qui attaquent maintenant sont pour la plupart de la taille d’une compagnie ou même plus petites. Une vidéo de 12 minutes montrant des images de drone d’une telle attaque a été publiée hier :

Que cachent les médias ? @narrative_hole – 11:20 UTC – 23 nov. 2022

Je n’arrive pas à croire que j’ai raté celle-là aujourd’hui, le montage est incroyable.

Un clip de 12 minutes d’Ukrainiens menant ce qui était malheureusement une attaque suicide sur les tranchées russes…

… juste pour se faire pilonner par des Su-25, de l’infanterie, des mortiers lourds, un char, des MLRS et finir par un bombardement de Su-34.

vidéo

Assis sur le toit d’un véhicule d’infanterie blindé, une vingtaine de soldats ukrainiens se dirigent vers une zone fortifiée et pénètrent dans la première rangée vide de tranchées. De là, ils tentent d’attaquer la deuxième rangée de tranchées, tenue par une poignée de soldats russes.

Les troupes ukrainiennes semblent être assez bien équipées, avec des casques et des gilets pare-balles. Mais ils n’ont pas de soutien.

L’infanterie russe riposte. Elle est soutenue par des tirs de mortier bien ciblés, des attaques d’artillerie, de chars et d’avions. Les Russes ont des drones en l’air qui peuvent voir toute la scène. Les unités ukrainiennes n’ont que leurs fusils et quelques grenades à main. Après la destruction du peloton d’attaque, l’artillerie russe attaque et détruit la zone industrielle d’où ils venaient. L’opération se termine par un désastre complet. Toutes les troupes ukrainiennes impliquées semblent être mortes. Le côté russe semble n’avoir eu aucune ou très peu de pertes.

Que cachent les médias ? @narrative_hole – 1:04 AM – 23 Nov. 2022

Cette bataille a eu lieu il y a un certain temps, mais c’est toujours incroyable à regarder maintenant qu’ils ont fait le montage concis.

Si l’on considère que de telles attaques se produisent par dizaines chaque semaine, les estimations du MoD russe concernant les pertes quotidiennes ukrainiennes ne sont pas si farfelues.

Il y a plusieurs attaques de ce type par jour et seules quelques-unes réussissent.

Dans la liste des pertes d’aujourd’hui :

Dans la direction de Donetsk, les unités de l’armée russe ont poursuivi leur intense opération. Plus de 60 militaires ukrainiens et cinq véhicules de combat blindés ont été éliminés.

Dans la direction du sud de Donetsk, les tirs d’artillerie et les actions décisives des troupes russes ont repoussé une attaque des FAU vers Pavlovka avec les forces du groupe tactique d’une compagnie.

En outre, à la suite d’une attaque par tir préventif, les réserves ennemies qui progressaient depuis Ougledar ont été détruites.

Un groupe de sabotage et de reconnaissance des FAU a été détruit près de Novodarovka (région de Zaporozhye).

Les pertes de l’ennemi s’élèvent à plus de 40 militaires ukrainiens tués et blessés, trois véhicules blindés, un MT-LB et quatre pick-up.

Dans la direction de Kupyansk, la tentative d’attaque d’une compagnie d’infanterie mécanisée des FAU, près de Novosyolovskoye (République populaire de Lugansk), a été contrecarrée par des tirs d’artillerie et des systèmes de lance-flammes lourds.

Suite aux tirs d’artillerie russes, plus de 30 militaires ukrainiens, deux véhicules à moteur et un mortier ont été détruits.

Dans la direction de Krasniy Liman, une tentative de déplacement du groupe tactique d’une compagnie des FAU pour attaquer Chervonopopvka (République populaire de Lougansk) a été perturbée par des tirs préventifs.

Jusqu’à 20 militaires ukrainiens, trois équipes de mortiers et deux véhicules motorisés ont été éliminés.

Les troupes d’aviation, de missiles et d’artillerie opérationnelles et tactiques de l’armée ont neutralisé le poste de commandement de la 128e brigade d’assaut en montagne des FAU déployée près de Volnyansk (région de Zaporozhye), ainsi que 72 unités d’artillerie sur leurs positions de tir, des effectifs et du matériel dans 144 zones.

Cela fait au moins 150 soldats ukrainiens morts juste pour cette liste.

Je ne comprends pas pourquoi le commandement ukrainien continue à ordonner des attaques aussi insensées. Militairement, il aurait dû passer depuis longtemps en mode défensif. Cela sauverait des vies ukrainiennes et rendrait plus coûteuse l’attaque des Russes.

——

Le Parlement européen, qui n’a aucune fonction législative sérieuse, a voté aujourd’hui en faveur d’une résolution non contraignante qui déclare que la Russie est un « État soutenant le terrorisme« . Certains Russes ont trouvé cela scandaleux. Quelques heures plus tard, le Parlement a été frappé par une cyberattaque « sophistiquée » :

Le site web du Parlement européen a été touché par une attaque informatique, ont déclaré des responsables mercredi.

La présidente du Parlement, Roberta Metsola, a déclaré qu’il s’agissait d’une « attaque sophistiquée » et qu’un groupe pro-Kremlin en avait revendiqué la responsabilité.

Elle a noté que l’attaque a suivi le vote des législateurs de l’UE visant à désigner la Russie comme un « État parrain » du terrorisme en raison de sa guerre en Ukraine.

« Ma réponse est : Slava Ukraini (Gloire à l’Ukraine)« , a déclaré Mme Metsola.

Cette peu pertinente conservatrice maltaise a encore beaucoup à apprendre.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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Ils règnent sur des ruines dysfonctionnelles, mais ils règnent quand même

Par : Zineb — 23 novembre 2022 à 12:00

Depuis 2008, nous vivons dans un monde occidental façonné par l' »État d’urgence permanent » ou par nos technocrates gestionnaires – étiquette au choix.


Par Alastair Crooke – Le 31 octobre 2022 – Source Strategic Culture

Depuis 2008, nous vivons dans un monde occidental façonné par l’« État d’urgence permanent » ou par nos technocrates gestionnaires – étiquette au choix.

Cette « classe créative » (comme elle aime à se considérer) est particulièrement définie par sa position intermédiaire entre la cabale oligarchique contrôlant les richesses, en tant que maîtres ultimes de l’argent, d’une part, et la « classe moyenne » abrutie, d’autre part, dont elle se moque et qu’elle tourne en dérision.

Cette classe intermédiaire n’avait pas l’intention de dominer la politique (disent-ils) ; c’est arrivé comme ça. Au départ, l’objectif était d’encourager les valeurs progressistes. Mais au lieu de cela, ces technocrates professionnels, qui avaient accumulé des richesses considérables et étaient étroitement regroupés en cliques dans les grandes zones métropolitaines américaines, ont fini par dominer les partis de gauche du monde entier, qui étaient auparavant des véhicules pour la classe ouvrière.

Ceux qui convoitaient l’appartenance à cette nouvelle « aristocratie » cultivaient cette image de cosmopolite, d’argent en circulation rapide, de glamour, de mode et de culture populaire ; le multiculturalisme leur convenait parfaitement. Se présentant comme la conscience politique de l’ensemble de la société (si ce n’est du monde), la réalité était que leur Zeitgeist refléte principalement les caprices, les préjugés et de plus en plus les psychopathies d’un segment de la société libérale.

Dans ce contexte, deux événements déterminants sont survenus : en 2008, Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale, a réuni, à la suite de la crise financière mondiale, une salle pleine d’oligarques les plus riches, les « enfermant » jusqu’à ce qu’ils trouvent la solution à la faillite systémique des banques.

Les oligarques n’ont pas trouvé de solution, mais ont tout de même été libérés de leur enfermement. Ils ont choisi, à la place, d’injecter de l’argent dans des problèmes structurels, aggravés par des erreurs de jugement flagrantes en matière de risque.

Et pour financer les pertes massives qui en ont résulté, plus de 10 000 milliards de dollars rien qu’aux États-Unis, les banques centrales du monde ont commencé à imprimer de l’argent. Depuis, elles n’ont jamais cessé !

C’est ainsi qu’a commencé en Occident l’ère où les problèmes profonds ne sont pas résolus, mais simplement traités avec de l’argent fraîchement imprimé. Cette méthode a été adoptée sans hésitation par l’Union européenne, qui l’a baptisée « Merkelisme » (du nom de l’ancienne chancelière allemande). Les contradictions structurelles sous-jacentes ont tout simplement été laissées à l’abandon ; jusqu’à arriver au pied du mur.

Une deuxième caractéristique de cette époque est que, alors que les grands oligarques se retiraient de la production industrielle et se lançaient dans l’hyper-financiarisation, ils ont vu l’avantage d’adopter le programme naissant de l’élite métropolitaine, centré sur des idéaux utopiques de diversité, d’identité et de justice raciale ; des idéaux poursuivis avec la ferveur d’une idéologie millénaire abstraite. (Leurs dirigeants n’avaient presque rien à dire sur la pauvreté ou le chômage, ce qui convenait parfaitement aux oligarques).

Ainsi, voyant l’avantage, les oligarques se sont eux aussi radicalisés. Dirigés par des organisations telles que les fondations Rockefeller et Ford, la grande philanthropie et le monde des affaires, ils ont adopté des codes de pensée et des discours de guerre. Et ont approuvé le fait de mettre de la richesse directement dans les mains de ceux qui ont été systématiquement victimisés, à travers l’histoire. Mais une fois encore, le changement structurel profond de la société a été abordé de manière superficielle, comme un simple transfert d’argent d’une « poche à l’autre » .

Le véritable problème découlant de la crise de 2008 n’était toutefois pas fondamentalement financier. Certes, les pertes ont été transférées des bilans des institutions défaillantes à celui de la Fed, mais les véritables problèmes structurels n’ont jamais été abordés. Ainsi, les gens ont vite cru que presque tous les problèmes pouvaient être résolus par des techniques de discours et de pensée, associées à la planche à billets.

Les compromis politiques ne devaient plus être considérés comme une nécessité. Les coûts n’étaient plus pertinents. Dans cet environnement, aucun problème n’était trop important pour ne pas pouvoir être résolu par des techniques de gestion comportementale et la banque centrale. Et s’il n’y avait pas de crise pour imposer et « liquéfier » le changement de programme, on pouvait toujours en inventer une. Et, bien sûr, dès que la Fed américaine a commencé à revenir à des politiques « normales » en 2018 et 2019, une nouvelle crise, encore plus importante, a été trouvée.

Il n’est pas surprenant que, dans le contexte de ce qui était considéré comme un échec des réformes des droits civiques et du New Deal, les mouvements activistes financés par les « fonds de richesse » oligarchiques se soient radicalisés. Ils ont adopté un activisme culturel révolutionnaire déployé pour « résoudre les problèmes une fois pour toutes » et visant à provoquer un changement structurel profond au sein de la société.

Cela signifiait que le pouvoir devait à nouveau échapper à la classe moyenne libérale, qui était si souvent blanche et masculine, et faisait donc partie de l’injustice structurelle de la société. En d’autres termes, la classe moyenne occidentale a été considérée par les technocrates comme une plaie.

Ce qu’il faut retenir, c’est que ce qui a été oublié dans tous les discours sur les mesures de « discrimination positive » en faveur des « victimes » , c’est le revers de la médaille : la discrimination négative et préjudiciable pratiquée à l’encontre de ceux qui « bloquent le chemin » , c’est-à-dire ceux qui ne s’écartent pas du chemin.

Le Manifeste du réveil de Scott McKay appelle ce processus discriminatoire hostile, « la militarisation de l’échec du gouvernement » – comme le dysfonctionnement gouvernemental induit dans les villes américaines pour faire fuir la classe moyenne. La « fuite des Blancs fait partie du projet. Ce n’est pas un problème » , prêchaient ses défenseurs. La gauche socialiste urbaine veut un petit noyau de résidents riches et une masse grouillante de pauvres malléables, et rien entre les deux. C’est ce que produit la militarisation de l’échec gouvernemental, et c’est un succès à grande échelle.

La Nouvelle-Orléans vote à 90 % Démocrate, Philadelphie à 80 % Démocrate, Chicago à 85 %. Los Angeles ? 71 %. Aucune de ces villes n’aura à nouveau un maire ou un conseil municipal Républicain, ou du moins pas dans un avenir prévisible. Par contre, le parti Démocrate existe à peine en dehors des ruines que ces machines urbaines produisent.

Le message le plus important est que la « dysfonctionnalité induite » peut produire une société qui peut être dirigée (rendue docile par le désagrément et la douleur) – sans qu’il y ait besoin de la gouverner (c’est-à-dire de faire fonctionner les choses !).

Ce processus est également évident dans l’UE d’aujourd’hui. L’UE est en crise parce qu’elle a fait un gâchis de sa gouvernance en ce qui concerne les sanctions sur l’énergie russe. La classe dirigeante pensait que les effets des sanctions de l’UE sur la Russie seraient « sans appel » : la Russie plierait en quelques semaines, et tout redeviendrait comme avant. Les choses reviendraient à la « normale » . Au lieu de cela, c’est l’Europe qui risque de s’effondrer.

Pourtant, certains dirigeants européens – zélateurs de l’Agenda vert – poursuivent néanmoins une approche parallèle à celle des États-Unis – celle de « la militarisation de l’échec », conçu comme un atout stratégique pour atteindre les objectifs du « Net zéro vert » .

Parce que… cela oblige leurs sociétés à se lancer dans la désindustrialisation, à accepter le contrôle de l’empreinte carbone et la transition verte, et à en supporter les coûts. Yellen et certains dirigeants de l’UE ont célébré la douleur financière comme une accélération de la transition, que vous le vouliez ou non, même si elle vous pousse hors de l’emploi, en marge de la société. Les aéroports européens dysfonctionnels sont un exemple pour décourager les Européens de voyager et ajouter à la charge de carbone !

En bref, il s’agit d’un autre trait nocif qui a émergé avec le « tournant » de 2008. La sociopathie désigne un ensemble de comportements et d’attitudes antisociaux, notamment la manipulation, la tromperie, l’agressivité et un manque d’empathie pour les autres, qui s’apparente à un trouble mental. La caractéristique principale du sociopathe est un profond manque de conscience – une amoralité qui peut cependant  être cachée par un comportement extérieur charmant.

La nouvelle façon de gouverner consiste à nous pousser par le « nudge » à la conformité par le biais du coût ou en nous rendant la vie intolérable. Mais notre monde se fracture rapidement en zones de « vieilles normalités » et en bassins de désintégration.

Ce qui nous amène à la grande question : alors que l’Occident contourne à nouveau l’échec systémique économique, pourquoi ne pas réunir les oligarques milliardaires, comme en 2008, et les enfermer dans une pièce, jusqu’à ce qu’ils trouvent une solution ?

Oui, les oligarques peuvent se tenir en haute estime (étant si riches), mais leur dernier effort n’a donné aucune solution,et a été plutôt un exercice d’auto-préservation, réalisé en jetant de l’argent fraîchement imprimé sur de larges problèmes structurels, facilitant ainsi la transition de leurs empires vers leur nouvelle identité financiarisée.

Cependant, quelque chose semble avoir changé vers 2015-2016 – une réaction a commencé. Celle-ci ne provient pas des oligarques mais de certains milieux du système américain qui craignent les conséquences, si la dépendance psychologique de masse à l’égard de l’impression de toujours plus d’argent n’était pas abordée. Leur crainte est que le glissement vers un conflit sociétal, alors que les distorsions de richesse et de bien-être explosent, devienne imparable.

Cependant, la Fed pourrait tenter de mettre en œuvre une démolition contrôlée de la bulle économique américaine en augmentant les taux d’intérêt. Les hausses de taux ne tueront pas le « dragon » de l’inflation (il faudrait qu’elles soient beaucoup plus élevées pour cela). L’objectif est de rompre une « habitude de dépendance » généralisée à l’égard de l’argent gratuit.

La seule question que se posent tous les acteurs du marché est de savoir quand la Fed va pivoter (revenir à l’impression)… quand ? Ils veulent leur « dose » et la veulent rapidement.

Beaucoup sont « accros » : l’administration Biden en a besoin ; l’UE en dépend ; le Reset a besoin de la planche à billets. L’agenda Vert en a besoin ; le soutien au « Camelot » ukrainien en a besoin. Le complexe militaro-industriel en a également besoin. Tous ont besoin d’une « dose » d’argent gratuite.

Peut-être la Fed peut-elle briser cette dépendance psychologique avec le temps, mais la tâche ne doit pas être sous-estimée. Comme l’a dit un stratège du marché : « Le nouvel environnement opérationnel est totalement étranger à tout investisseur vivant aujourd’hui. Nous devons donc nous dés-ancrer d’un passé qui n’est plus et procéder avec un esprit ouvert » .

Cette période de taux zéro, d’inflation zéro et d’assouplissement quantitatif était une anomalie historique tout à fait extraordinaire. Et elle se termine (pour le meilleur ou pour le pire).

Un petit « cercle intérieur » de la Fed peut avoir une bonne compréhension de ce que signifiera le nouvel environnement opérationnel, mais toute mise en œuvre détaillée ne peut tout simplement pas être appliquée fidèlement par une longue chaîne de commandement orientée vers le paradigme inverse de la « croissance » qui demande un « pivot » . Parmi les personnes actuellement impliquées dans cette transition, combien en comprennent toute la complexité ? Combien sont d’accord avec cela ?

Qu’est-ce qui peut mal tourner ? Commencer le changement au sommet est une chose. Mais le remède au « dysfonctionnement induit de la gouvernance » en tant que stratégie opérationnelle dans un « État d’urgence permanent » composé de sociopathes de guerre froide et de technocrates sélectionnés pour leur conformité n’est pas évident. Les plus sociopathes peuvent dire au public américain : F*** you ! Ils ont l’intention de « régner », même sur des ruines.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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Conflit en Ukraine, et propagande de guerre en France

Par : jmarti — 23 novembre 2022 à 10:00

Par Jose Marti − Le 5 novembre 2022 − Le Saker Francophone

Nous reprenons dans cet article les 10 principes de la propagande de guerre énoncés dès 2001 par Anne Moreli dans son ouvrage « principes élémentaires de propagande de guerre ».

Voyons par l’exemple dans quelle mesure nos brillants médias occidentaux et français les appliquent dans leur couverture du conflit en cours en Ukraine.

1. Nous ne voulons pas la guerre.

2. Le camp adverse est le seul responsable de la guerre.

3. L’ennemi a le visage du diable.

4. C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers.

5. L’ennemi provoque sciemment des atrocités; si nous commettons des bavures, c’est involontairement.

6. L’ennemi utilise des armes non autorisées.

7. Nous subissons très peu de pertes; les pertes de l’ennemi sont énormes.

8. Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause.

9. Notre cause a un caractère sacré.

10. Ceux qui mettent en doute la propagande sont des traîtres.

Jose Marti

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L’OTAN est-elle en train de s’effondrer ?

Par : Wayan — 23 novembre 2022 à 09:00

Par The Saker – Le 22 novembre 2022 – Source The Saker’s Blog

Une chose assez étonnante vient de se produire. Après l’attentat terroriste à Ankara qui a tué 34 personnes et en a blessé 125 autres, les autorités turques ont d’abord déclaré qu’elles n’accepteraient pas les condoléances américaines. Puis les Turcs ont lancé une opération militaire contre les « terroristes kurdes dans le nord de la Syrie« . La Turquie a ensuite affirmé avoir neutralisé 184 terroristes.

Ce qui n’est pas mentionné dans ces articles, c’est que la cible de la frappe turque est le centre géré par les États-Unis pour l’entraînement et la formation des militants du PKK au Rojava. Selon certaines rumeurs, les Turcs auraient donné aux États-Unis suffisamment de temps pour évacuer la plupart de leur personnel.

Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

Si oui, c’est parce que c’est très similaire à ce que les Iraniens ont fait lorsqu’ils ont frappé les bases américaines en Irak après le meurtre du général Solemani par une frappe de drone américain.

Si ce qui précède est vrai, et les rumeurs sont des « si » et ne peuvent être considérées comme des faits avérés, cela signifie qu’un État membre de l’OTAN (la Turquie) vient d’attaquer une base américaine et, comme l’Iran, s’en est tiré à bon compte : la « plus grande force de combat de l’histoire » vient d’être frappée durement et humiliée pour la deuxième fois et n’a absolument rien pu faire pour se défendre ou même sauver la face.

Quelle est l’ampleur de la gifle reçue par l’oncle Shmuel cette fois-ci ? Selon le ministre turc de la défense, Hulusi Akar :

« Les abris, bunkers, grottes, tunnels et entrepôts des terroristes ont été détruits avec succès », a déclaré Akar, ajoutant que « le soi-disant quartier général de l’organisation terroriste a également été touché et détruit. » Dans l’ensemble, le ministère de la défense a affirmé que les frappes ont touché près de 90 cibles qui, selon lui, étaient liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et aux Unités de défense du peuple kurde (YPG).

Même en tenant compte d’une certaine « exagération patriotique« , il est assez clair que la frappe de vengeance d’Ergodan fut à la fois substantielle et, apparemment, plutôt efficace.

Alors, qu’avons-nous ici ? Un État membre de l’OTAN a pratiquement accusé les États-Unis d’une attaque terroriste majeure contre sa capitale, puis cet État membre de l’OTAN a ouvertement attaqué une installation gérée par les États-Unis (n’appelons pas cela une base, ce serait inexact).

L’affirmation d’Erdogan est-elle crédible ? Absolument ! Non seulement les États-Unis ont déjà tenté de renverser et de tuer Erdogan, qui a été sauvé in extremis par les forces spéciales russes (tout comme Ianukovich), mais nous savons également que les États-Unis ont renversé le général de Gaulle en 1968-1969 et que les forces secrètes de l’OTAN ont été utilisées pour organiser des attaques sous faux drapeau contre des alliés de l’OTAN (notamment l’Italie) dans le cadre de l’opération GLADIO.

L’OTAN n’est pas une alliance défensive, elle ne l’a jamais été, elle est un outil de domination coloniale des États-Unis.

Cela a toujours été vrai, d’où les célèbres paroles prononcées dans les années 1950, aujourd’hui lointaines, lorsque le premier secrétaire général de l’OTAN, le général britannique Hasting Ismay, a admis sans ambages que le véritable objectif de l’OTAN était de garder « Russes à l’extérieur, les Américains à l’intérieur, les Allemands à terre« .  Prenons ces éléments un par un, en commençant par le dernier :

  • « Garder les Allemands à terre » : ici, le mot « Allemands » est un substitut désignant tous les dirigeants ou pays européens qui voulant garder une véritable souveraineté et le pouvoir de décision qui va avec. Traduction : asservir les Européens
  • « Garder les américains à l’intérieur » : afin d’écraser tout mouvement de libération européen. Traduction : placer des suzerains pro-américains à la tête de toutes les nations de l’UE.
  • « Garder les russes à l’extérieur » : s’assurer que la Russie ne libère pas l’Europe.  Traduction : diaboliser la Russie et faire tout et n’importe quoi pour empêcher la paix sur le continent européen.  Si possible, faire éclater, soumettre ou détruire la Russie.

Besoin d’une preuve ? Que diriez-vous de l’acte de guerre indéniable contre l’Allemagne (et, je dirais, toute l’UE) lorsque les Anglos ont fait exploser NS1/NS2 ?  N’est-ce pas une preuve suffisante ?

Dans ce contexte, nous devons nous demander ce que signifie être un État membre de l’OTAN en 2022.

La vérité est que l’OTAN est une pure création de la guerre froide et que, dans le monde réel de 2022, elle est un anachronisme total. Être un État membre de l’OTAN signifie vraiment très peu de choses. Non seulement certains sont « plus égaux que d’autres » au sein de l’OTAN, mais il existe également des États non membres de l’OTAN qui sont bien plus « otanisés » que les États membres actuels de l’OTAN (je pense à Israël ou, bien sûr, à l’Ukraine occupée par les nazis). Et le fait d’être membre de l’OTAN ne vous protège de rien, ni des attaques extérieures, ni des attaques intérieures.

Selon le colonel (retraité) MacGregor, la guerre en Ukraine pourrait bien entraîner l’effondrement de l’OTAN et de l’UE. Je suis tout à fait d’accord avec lui. Je dirais qu’un tel effondrement ne sera pas tant le résultat de défaites embarrassantes que celui des profondes contradictions internes des deux organisations.

Soit dit en passant, ce n’est pas notre sujet aujourd’hui, mais je pense que l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) a en grande partie les mêmes problèmes et contradictions que l’OTAN.  Alors, ce que nous observons est-il un  » problème de l’OTAN  » ou un problème d’alliances artificielles et généralement obsolètes ? Je pencherais pour la seconde hypothèse.

Mais laissons la discussion sur l’OTSC pour un autre jour.

Dans le cas de la Turquie, ce problème est encore aggravé par l’incompatibilité totale entre l’islam et l’idéologie woke désormais ouvertement promue (et appliquée) par les États-Unis et l’OTAN.

Ensuite, il y a la géographie. La Turquie a des voisins régionaux assez puissants, dont non seulement la Grèce ou Israël, mais aussi l’Iran, l’Arabie saoudite, l’Égypte, l’Azerbaïdjan, l’Irak, la Syrie et, bien sûr, la Russie. La Turquie peut-elle compter sur une quelconque « protection » des États-Unis et de l’OTAN face à des voisins aussi puissants ?

Demandez aux Saoudiens avec quelle force les États-Unis/OTAN les aident face aux Houthis !

Demandez aux Israéliens à quel point les États-Unis et l’OTAN les aident face au Hezbollah.

Les frappes iraniennes sur les bases du CENTCOM ont démontré que les États-Unis n’ont pas les tripes pour affronter directement l’Iran. En revanche, l’intervention russe et iranienne en Syrie a mis en échec les plans américains pour un « nouveau Moyen-Orient » ou, dirons-nous autrement, elle a donné naissance à un « nouveau Moyen-Orient« , mais certainement pas celui que les néoconservateurs américains espéraient !

Si l’on ajoute à cela la détérioration majeure des relations entre les États-Unis et l’Arabie saoudite de MBS, on obtient une image étonnante : les États-Unis et l’OTAN (que les États-Unis ont entraînés dans la région) perdent progressivement leur importance au Moyen-Orient. Au lieu de cela, de nouveaux « grands acteurs » comblent progressivement le vide, notamment la Russie et l’Iran, qui autorisent même progressivement l’Arabie saoudite à participer à un dialogue régional indispensable sur l’avenir de la région.

La faiblesse phénoménale des États-Unis/OTAN/CENTCOM est parfaitement illustrée par la réaction américaine aux frappes turques : L’oncle Shmuel a approuvé (sans blague !!!) les frappes turques 🙂

C’est absolument pathétique pour une prétendue superpuissance.

Ce processus aura-t-il un impact sur la guerre de l’OTAN contre la Russie ?

Eh bien, imaginons que la Russie frappe réellement une cible à l’intérieur de la Pologne (c’est ce que les Ukies ont prétendu, tout comme les Polonais jusqu’à ce que l’oncle Shmuel leur dise de se calmer). Que se passerait-il ensuite ?

Quelqu’un se souvient-il encore de ce qui s’est passé lorsque Erdogan s’est rendu à Mons pour implorer la protection de l’OTAN contre la Russie (après avoir abattu un Su-24 russe au-dessus du nord de la Syrie par une opération conjointe américano-turque, peut-être exécutée à l’insu d’Erdogan, du moins c’est ce qu’il a affirmé). Qu’a promis ou donné l’OTAN aux Turcs ? Absolument rien (à part des « consultations« ).

Maintenant, les Polonais peuvent délirer au point de penser qu’un président américain pourrait ordonner une attaque de représailles contre la Russie si celle-ci frappait la Pologne, mais ceux d’entre nous qui connaissent les États-Unis et leurs élites dirigeantes savent que cela n’a aucun sens. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une contre-attaque des États-Unis et de l’OTAN contre les forces russes entraînerait une réponse immédiate de la Russie.

Et alors quoi ?

La vérité est très dure dans sa simplicité :

  • Les États-Unis et l’OTAN n’ont pas les effectifs ni la puissance de feu nécessaires pour affronter la Russie dans une guerre conventionnelle à armes combinées.
  • Toute utilisation d’armes nucléaires entraînera des représailles immédiates qui aboutiront très probablement à une guerre nucléaire totale impossible à gagner.

Voici donc la situation : que les politiciens occidentaux le comprennent ou non, les professionnels de l’armée connaissent tous la vérité : l’OTAN ne peut défendre AUCUN de ses membres contre une armée véritablement moderne. Pourquoi ?

Examinons les capacités dont disposent réellement les États-Unis et l’OTAN :

  • L’US Navy dispose d’une superbe force sous-marine (SSN et SSBN) capable de tirer un grand nombre de missiles de croisière relativement obsolètes (et de nombreux SLBM).
  • Une triade nucléaire encore très performante, bien qu’assez ancienne.
  • Un avantage conventionnel quantitatif (seulement !) sur la Russie
  • De superbes (mais très vulnérables !) capacités C4ISR
  • Une presse à imprimer permettant l’impression quasi infinie de dollars
  • Une élite compradore régnant sur tous les pays de l’OTAN/UE
  • La plus formidable machine de propagande de l’histoire

Que manque-t-il donc à l’OTAN pour être une force militaire crédible ?

De toute évidence, des « bottes sur le terrain« . Et je ne parle pas de quelques sous-unités de la 101ème ou de la 82AB ou des forces spéciales américaines ou même d’une soi-disant « brigade blindée » qui, en réalité, ne dispose pas des outils et de l’organisation adéquate pour être qualifiée de telle. Je parle d’une force de « guerre terrestre » capable de combattre un ennemi moderne et extrêmement déterminé.

[Aparté : si ce sujet vous intéresse, je me permets de vous recommander mon article « Déboulonner les clichés populaires sur la guerre moderne » écrit en 2016 mais qui reste majoritairement pertinent].

Les États-Unis, Israël et l’Arabie saoudite sont tous tombés dans le même piège : l’illusion qu’en dépensant des milliards et des milliards de dollars dans du matériel militaire massivement surévalué et massivement sous-performant, vous pourrez vaincre un ennemi supposé être « moins sophistiqué« . D’où la nécessité de recourir à :

  • Des forces proxy
  • Des compagnies privées de mercenaires
  • Des opérations psychologiques
  • La corruption

Tous ces éléments font partie intégrante de toute guerre moderne, mais dans le cas des États-Unis et de l’OTAN, ils ne font pas seulement partie d’un plan plus vaste, ils sont au cœur de toute opération des États-Unis et de l’OTAN, ce qui réduit considérablement leurs capacités réelles sur le terrain. En revanche, des pays comme la Russie ou l’Iran peuvent déployer des « bottes sur le terrain« , et des bottes très performantes (n’oubliez pas que les Iraniens sont ceux qui ont formé le Hezbollah !)

Que signifie tout cela en pratique ?

Cela signifie que même si les Russes décidaient de frapper un pays de l’OTAN, les tensions monteraient en flèche, mais il est hautement improbable qu’un président américain autorise une action susceptible d’entraîner une guerre nucléaire à grande échelle ! N’oubliez pas que pour la Russie, il s’agit d’une guerre existentielle, au même titre que la Seconde Guerre mondiale, alors qu’aucun dirigeant anglo-saxon n’oserait jamais lancer une attaque suicidaire contre les forces russes, qui entraînerait très probablement l’anéantissement total des États-Unis, du Royaume-Uni et de tout autre pays y participant (par exemple en hébergeant des armes à distance déployées à l’avant).

Cela signifie-t-il que nous devons anticiper une attaque russe contre la Pologne, la Roumanie ou le Royaume-Uni ?

Non, pas du tout. En fait, il serait très dangereux pour les Russes de ne laisser qu’un choix brutal à l’Hégémon : admettre la défaite ou se suicider. Et puisque les Russes ont la maîtrise de l’escalade (c’est-à-dire qu’ils ont des capacités équilibrées depuis le niveau de feu des armes légères jusqu’à une guerre nucléaire intercontinentale complète, avec toutes les étapes entre ces deux extrêmes), ils ne sont pas, contrairement aux États-Unis et à l’OTAN, coincés entre le choix de la capitulation ou du suicide.

Cela étant dit, il serait également erroné de supposer que la Russie « n’oserait jamais frapper un État membre de l’OTAN« . Les Polonais seraient peut-être prêts à parier leur avenir, voire leur existence, sur une telle déduction invalide, mais pas les gens du Pentagone ou d’autres centres de décision de l’Hégémon.

Conclusion

Douglas MacGregor a raison, la guerre de l’OTAN contre la Russie pourrait très bien aboutir à l’effondrement de l’OTAN et de l’UE qui, à leur tour, planteront un « dernier clou » officiel dans le cercueil d’un Hégémon déjà mort depuis longtemps et qui n’existe encore que grâce à son élan et à sa machine de propagande.

Je dirais que l’OTAN est déjà en train de s’effondrer sous nos yeux, un processus que les crises économiques, sociales, politiques et spirituelles qui frappent l’ensemble de l’UE ne feront qu’accélérer. Et, bien sûr, le plus étonnant dans tout cela, c’est que cet effondrement n’est pas le résultat d’un plan machiavélique concocté par les Russes, les Chinois ou les Iraniens, mais la conséquence directe de décennies de politiques véritablement suicidaires : ils l’ont fait eux-mêmes !

Maintenant, les Russes, les Chinois et les Iraniens attendent, observent (probablement en souriant) et planifient le monde multipolaire sans hégémonie qu’ils veulent créer, avec ou sans la participation des États-Unis et de l’Europe.

Andrei

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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2022 : L’année où les États-Unis ont perdu tout respect

Par : Le Saker Francophone — 22 novembre 2022 à 12:00

Par Dmitry Orlov – Le 16 novembre 2022 – Source Club Orlov

Il y a quelques jours, une attaque terroriste a eu lieu dans le centre d’Istanbul, en Turquie. Les détails ne sont pas importants et je ne vous en parlerais de toute façon pas car je ne suis pas une pute médiatique qui donne du pouvoir aux terroristes en leur faisant de la publicité gratuite. Ce qui est important, c’est la réaction officielle de la Turquie aux condoléances officielles américaines qui ont été offertes après les faits : la Turquie a refusé de les accepter. Le chef du ministère turc des affaires étrangères, Süleyman Soylu, l’a exprimé sans ambages : « Nous n’acceptons pas les condoléances de l’ambassade américaine ».

Il a également dit d’autres choses intéressantes. La Turquie sait où l’attaque a été coordonnée : aux États-Unis. Peu importe qui l’a exécutée, ce n’étaient que des « pions ». Et il a qualifié le comportement des États-Unis dans cette affaire de « retour du meurtrier sur la scène du crime ». Est-ce respectueux ou poli ? Oui, cela l’est ; c’est parfaitement approprié et diplomatique. Mais est-ce ainsi que l’on traite son seigneur et maître ? Non, pas du tout ! La conclusion inévitable est que les États-Unis ne comptent plus et que vous pouvez traiter les responsables américains de terroristes et leur cracher au visage en public. Ils sortiront leurs mouchoirs, essuieront délicatement la salive qui dégouline de leur visage et feront comme si rien de tout cela ne s’était produit. Pendant ce temps, leurs journalistes préférés fermeront les yeux d’un air penaud.

Et ainsi, la plupart des Américains ne seront même pas au courant. Et si on leur en parlait, la plupart des Américains penseraient, « Hmm. La dinde… [Turkey en anglais, NdT] oh oui, Thanksgiving est dans une semaine, n’est-ce pas ? Une délicieuse et juteuse dinde… » et ensuite, ils fredonneraient comme Homer Simpson, perdus dans un étourdissement anticipé de tryptophane, pensant à la farce, à la sauce aux canneberges, à la tarte au potiron et à de grands hommes en sueur qui courent et se rentrent dedans sur un terrain, s’abîmant les genoux et se donnant des commotions cérébrales, incapables à jamais de se mettre d’accord sur le propriétaire d’un certain objet oblong en cuir…

Il vaut peut-être mieux ne pas leur en parler. Il y a un vieux dicton : « Ne prenez pas dans les bras un bébé heureux. » Ou un bébé malheureux. Ou n’importe quel type de bébé, sauf si c’est le vôtre. Et ce n’est définitivement pas mon bébé. Mais puisque vous lisez ceci, je vais vous le dire.

La Turquie a la plus grande et la plus puissante armée de l’OTAN. Au début de l’année, c’était l’armée ukrainienne (bien que l’Ukraine ne fasse techniquement pas partie de l’OTAN, cela ne fait aucune différence) mais les Russes ont détruit l’armée ukrainienne et maintenant elle est constituée de mercenaires de l’OTAN, de jeunes boutonneux, de vieillards et de racailles diverses. On pourrait penser que les États-Unis ont une armée conséquente, mais après une longue série de défaites militaires (que les Américains aiment appeler « victoires » et oublient presque immédiatement), c’est maintenant une blague et tout le monde le sait.

Quoi qu’il en soit, la Turquie est tout ce qui reste de l’OTAN, sauf que la Turquie est également amie avec la Russie (et passe des accords avec la Russie, la Chine et l’Iran) tout en ignorant largement ce que les États-Unis attendent d’elle. J’ai perdu le compte du nombre de fois où Erdogan, le président turc, a traversé la mer Noire pour se rendre chez Poutine à Sotchi, et je vous assure que ce n’est pas seulement pour faire de la lèche. La Russie et la Turquie construisent ensemble des centrales nucléaires, des gazoducs, la Russie vend des systèmes de défense aérienne à la Turquie (malgré les objections énergiques des États-Unis), etc. Et si vous voulez vraiment savoir qui decide, la Suède et la Finlande ont récemment été embobinées pour rejoindre l’OTAN (et peindre de grandes cibles sur leur dos pour que les Russes puissent leur tirer dessus) mais la Turquie a dit non, donc ça n’arrivera pas.

Tout cela était prévu depuis un certain temps, mais l’année 2022 a changé beaucoup de choses. Tout le monde savait déjà depuis longtemps que les États-Unis sont le principal sponsor du terrorisme sur la planète. Ils forment et financent des fanatiques et des terroristes dans le monde entier et tentent de les utiliser à des fins politiques néfastes. Mais auparavant, les gens s’abstenaient de déclarer ouvertement que c’était le cas à un niveau officiel pour éviter de mettre en colère les Américains cruels et vindicatifs. Eh bien, plus maintenant ! Chaque acte criminel international commandité par les Américains sera désormais salué par de vives accusations contre cette superpuissance en train de rapidement s’effondrer. Et les Américains ne sont pas les seuls à être vindicatifs : 80% de la population mondiale, qui a été gravement lésée par les actes criminels américains, se ligueront contre les Américains, qui ne représentent que 5% de la population mondiale.

Et qu’en sera-t-il des quelque 10 % restants qui sont toujours alliés aux États-Unis (ou, du moins, de leurs politiciens incompétents) ? Les Russes ont un mot pour eux : « podpindósniks ». Il est composé du préfixe « pod-«  (sous), de « pindós », qui signifiait autrefois « Américain » en argot grossier mais qui est désormais d’usage courant, et de « -nik », un suffixe substantif que vous associez peut-être dans votre esprit au verbe anglais « to nig », qui signifie, selon Wikipedia, « se comporter comme un Noir stéréotypé ».

Ces « podpindosniks » s’en sortent déjà plutôt mal, et ils vont s’en sortir bien plus mal s’ils continuent à pratiquer leur « discipline transatlantique ». Voyez-vous, soutenir les États-Unis est déjà coûteux, mais cela va devenir ruineux. L’Ukraine est un objet d’étude utile à cet égard : comparez l’Ukraine pacifique, prospère et favorable à la Russie de Yanoukovitch en 2013 et l’Ukraine misérable, en faillite, ruinée, dépeuplée et « podpindosnik » de Zelensky en 2022. Que les Européens regardent bien : restez des « podpindosniks » et ce sera aussi votre avenir.

Les « podpindosniks » qui en ont assez et veulent partir peuvent faire valoir qu’il n’y a plus d’homologues américains légitimes avec lesquels ils peuvent travailler. Les élections de 2020 aux États-Unis ont été l’année où le système électoral américain a été détruit de manière définitive, et les élections de 2022 n’ont fait que confirmer ce fait. La fraude a fonctionné de la manière suivante : L’équipe Biden a donné des dizaines de milliards d’argent des contribuables aux Ukrainiens, qui ont pris leur part et l’ont utilisée pour acheter des manoirs en Suisse qui avaient été récemment libérés par des oligarques russes. Ils ont utilisé une petite partie de l’argent pour financer leur guerre sur le front oriental et divers autres usages et ont placé le reste dans le cyber-marché FTX, aujourd’hui en faillite. À son tour, FTX a versé cet argent dans des cyber-portefeuilles du parti Démocrate américain, qui l’a ensuite utilisé pour acheter des résultats électoraux d’une manière qui a largement annulé la « vague rouge » républicaine, pourtant enregistrée comme réelle par les sondages d’opinion et les sondages de sortie. Et puis, pouf, FTX a fait faillite et, cyber-magie oblige, les Démocrates sont toujours aux affaires… en quelque sorte.

Et donc, que les « podpindosniks » prennent garde à ne pas être pris en train de faire des affaires avec un gouvernement américain illégitime et usurpateur. Ne vous présentez pas aux réunions avec les officiels américains. Prétendez avoir les symptômes du Covid (peu importe ce qu’ils sont)… ou autre. Commencez à traiter les officiels américains comme les lépreux politiques qu’ils sont. Jusqu’à ce que les Américains mettent de l’ordre dans leurs affaires politiques, leur maison devrait être la niche du chien.

« Mais qu’en est-il de la Russie ? » vous pourriez demander. La Russie ne parle-t-elle pas encore aux États-Unis ? Bien sûr, mais pour ce qui est de conclure des accords, les règles de l’ordre imposent de clôturer les anciennes affaires avant d’entamer les nouvelles. Et les affaires anciennes consistent à ramener l’OTAN à ses frontières de 1997 et à fournir à la Russie des garanties de sécurité, comme celle-ci l’a demandé il y a un an. Pour ce qui est de parler de ceci ou de cela, les Russes sont très communicatifs et parlent toujours à tout le monde – amis, ennemis, amis d’ennemis, clochards ivres, chiens errants… et officiels américains.

Dmitry Orlov

Soutenez mes efforts sur https://boosty.to/cluborlov ou https://subscribestar.com/orlov.

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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Une fois de plus, l’Occident persécute l’Iran

Par : jmarti — 22 novembre 2022 à 10:00

Par M. K. Bhadrakumar − Le 10 novembre 2022 − Source Oriental Review

M.K. BhadrakumarLa manière dont Téhéran a géré son accord avec la Russie au sujet des drones a été quelque peu malhabile. Le fait que la première « fuite » a ce sujet soit provenu de nul autre que Jake Sullivan, Conseiller à la Sécurité Nationale du président Biden, aurait dû alerter Téhéran sur l’idée que quelque chose de sinistre avait été mis en branle.

Au lieu de cela, pour des raisons que l’on ne connaît pas, l’Iran s’est mis à réfuter l’information. Et désormais, revirement de situation, il nous faut comprendre que les réfutations prononcées par l’Iran étaient exactes, mais pas totalement véridiques dans leur contenu. Hossein Amirabdollahian, le ministre des affaires étrangères, a reconnu que la « partie au sujet des drones est exacte ; nous avons livré à la Russie des drones en faible nombre des mois avant la guerre en Ukraine. »

Et le ministre d’ajouter la réserve selon laquelle « ce tapage provoqué par certains pays occidentaux, selon lequel l’Iran aurait livré des missiles et des drones à la Russie pour aider à la guerre en Ukraine — la partie concernant les missiles est totalement fausse. »

Quel que soit le niveau de perfectionnement technologique des drones iraniens, cela n’a pas changé la donne pour la Russie dans la guerre en Ukraine. L’efficacité des missiles provenant directement de Russie surprend jusqu’aux experts occidentaux, qui avaient prédit il y a des mois que la Russie était en train d’« épuiser » son stock. De fait, les frappes de missiles peuvent se poursuivre jusqu’à l’effondrement de l’Ukraine, jusqu’à ce que l’Occident ne trouve plus d’interlocuteur significatif parmi les décombres de Kiev.

La Russie et l’Iran semblent s’être englués dans une controverse inutile. Il semble qu’à l’image de la rétro-ingénierie pratiquée par l’Iran sur les technologies de drones étasuniens, les Russes ont plutôt bien réussi à copier les drones iraniens kamikazes dont elle disposait dans son inventaire avant l’opération militaire spéciale lancée en Ukraine. Kiev affirme désormais, après avoir examiné les débris des drones russes qu’elle a pu abattre, que ceux-ci comportaient même des composants ukrainiens !

Il va de soi que l’industrie de défense russe a recueilli des éléments de technologie iranienne, d’autres éléments de technologie ukrainienne, et en a sorti un surprenant « modèle russe ». Voilà qui explique sans doute le sophisme dans la constante réponse de Moscou qui affirme n’avoir pas utilisé de drones iraniens.

Un agent de police inspecte les morceaux d’un drone sur le site d’une frappe russe au niveau d’infrastructures de stockage de carburant, en Ukraine, le 6 octobre 2022.

Amirabdollahian a révélé que l’Iran a proposé d’expliquer la situation aux autorités ukrainiennes, et une réunion a même été organisée en Pologne pour levers les incompréhensions et rétablir les liens diplomatiques entre l’Iran et Kiev, mais les États-Unis l’ont fait échouer. De toute évidence, les États-Unis ne sont pas intéressés par une normalisation des relations entre l’Ukraine et l’Iran. Israël a également intérêt à maintenir l’Iran à distance de Kiev. Les États-Unis et Israël pourraient craindre qu’une forte présence diplomatique iranienne à Kiev puisse œuvrer en faveur de la Russie.

Quoi qu’il en soit, il va y avoir des conséquences au point qu’a admis honnêtement Amirabdollahian. L’Iran a pu se laisser emporter par le sentiment exaltant d’avoir vu une super-puissance s’abaisser à repiquer dans ses technologies militaires, et qui plus est, a savouré le haut niveau de publicité apporté à ses drones — sans parler de l’embarras ressenti par les parrains occidentaux de l’Ukraine qui ont assisté impuissants à la panique créée par ces drones utilisés à grande échelle.

Mais l’Iran a compris avec un certain retard les répercussions politiques et diplomatiques potentielles de toute cela. En réalité, tout ce « raffut », comme le nomme Amirabdollahian, découle du refus manifesté par Téhéran de signer le projet d’accord nucléaire de l’UE à Vienne, ce qui a enragé Bruxelles et Washington, et douché leurs espoirs de voir le pétrole iranien venir à la rescousse de l’Europe en remplaçant les importations russes qui doivent être terminées lors du forum économique mondial du 5 décembre.

Une fois de plus, les États-Unis comptaient sur un accroissement de la production pétrolière iranienne pour introduire des tensions au sein de l’OPEC, afin de diviser le cartel.

Selon un rapport paru dans le journal Spiegel, l’Allemagne ainsi que huit États de l’UE ont défini un nouveau paquet de sanctions contre l’Iran ce mercredi à Bruxelles, comptant 31 propositions ciblant des dirigeants et des entités en Iran en lien avec le domaine de la sécurité ainsi que des entreprises, pour leurs « violence et répression » en Iran. Alibi avancé : des violations des droits de l’homme.

Il est évident que l’Occident est revenu à sa tactique de persécution. Le président Biden a promis de « libérer l’Iran » de son système politique en place — bien que les étasuniens sachent, de par les expériences passées, que les manifestations publiques sont monnaie courante en Iran, mais qu’un changement de régime relève du rêve éveillé.

Pourquoi l’Occident ressuscite-t-il le « problème iranien » à ce stade ? Deux raisons sous-jacentes existent, peut-être trois. La première est la victoire de Benjamin Netanyahu dimanche dernier aux élections, qui garantit en pratique que la rivalité existentielle entre Israël et l’Iran se trouve une fois de plus au centre du jeu politique de l’Asie occidentale. Si cela n’a pas lieu, Netanyahu va subir des pressions pour répondre au problème fondamental de l’Asie occidentale, qui est le problème palestinien.

En l’état des choses, le « problème iranien » va revenir au centre du jeu politique de l’Asie occidentale. Les intérêts convergent entre Tel Aviv et Washington pour cela, à un moment où des frictions vont inévitablement se produire dans les relations États-Unis-Israël, et l’alliance raciste, sioniste, religieuse et anti-arabe, dernière coalition montée par Netanyahu, contient des éléments jadis considérés comme terroristes par les États-Unis. Brandir le fouet avec exaltation en direction de l’Iran s’avère utile, aussi bien pour Israël que pour les États-Unis.

Mais d’un autre côté, Netanyahu est assez réaliste pour savoir qu’il serait suicidaire de la part d’Israël d’attaquer militairement l’Iran sans un soutien étasunien, et deuxièmement, que l’administration n’a pas encore totalement abandonné tout espoir de conclure un accord nucléaire avec l’Iran.

Par conséquent, dans l’hypothèse ou les élections de mi-mandat changeraient radicalement le profil du Congrès au détriment de l’administration Biden, on peut faire confiance à Netanyahu pour introduire le sujet du nucléaire iranien comme sujet clé de la politique intérieure étasunienne et des relations entre les États-Unis et Israël.

On trouve un autre facteur du problème avec la trajectoire que prend la guerre en Ukraine. Bien que la guerre par mandataire interposé soit dans sa dernière ligne droite et que les États-Unis ainsi que l’OTAN envisagent la destruction de l’Ukraine, l’administration Biden ne peut pas perdre ainsi la face et s’humilier, car on est ici en Europe, et pas dans l’Hindou Kouch, et le destin du système d’alliance occidentale est à une croisée des chemins.

Il est presque certain que des soldats étasuniens soient apparus sur le sol ukrainien, et on ne peut les considérer que comme des « éléments avancés ». Est-ce que l’Ukraine va se transformer en une nouvelle Syrie, avec ses régions à l’Ouest de la rivière Dnieper — « le Rump » sans ressources naturelles — mises sous occupation étasunienne afin que les alliés de l’OTAN à la périphérie de l’Ukraine ne se jettent pas dans la bagarre, avec l’alibi des tensions ethniques dormantes héritées de l’histoire, pour s’attribuer leur part de carcasse ? Ou bien, est-ce qu’une « coalition de volontaires » menée par les États-Unis se préparerait à se battre pour de bon contre des soldats russes en Ukraine de l’Est et du Sud ?

Quoi qu’il en soit, le fait est que les liens stratégiques en développement entre l’Iran et la Russie vont rester un point central pour l’Occident, nonobstant la « clarification » réalisée par Amirabdollahian. Il est tout à fait naturel au vu des sanctions que les relations extérieures de la Russie figurent au centre de l’attention des États-Unis. L’Iran a un historique notable quant à dénigrer la stratégie de la « pression maximale ».

Pour dire les choses de manière différente, disposer de l’Iran comme allié va constituer un actif stratégique pour la Russie dans une topologie multipolaire. L’Iran et l’Union économique eurasiatique ont décidé de négocier un Accord de libre échange, alors que Téhéran travaille également à des accords d’échange impliquant du pétrole russe. Autrement dit, les Européens peuvent conserver leur SWIFT pour ce que bon leur semble, cela n’impactera en rien la Russie ou l’Iran. Le reste du monde regarde les événements se produire en temps réel, surtout aux abords de l’Iran, où l’on achète encore le pétrole en dollars.

Il est également clair à ce stade, aux yeux des États-Unis et de leurs alliés, que JCPOA ou non, l’inclinaison vers la Russie et la Chine constitue la version iranienne du Dôme de Fer israélien, en matière diplomatique. Le thème sous-jacent en est que l’Iran se transforme en modèle pour la région du Golfe persique, comme l’indique la longueur de la file d’attente devant l’Organisation de Coopération de Shanghai, alors même que la voie parallèle des Accords Abraham a disparu dans le bassin endoréique de la péninsule arabe.

M. K. BHADRAKUMAR est un ancien diplomate de nationalité indienne, dont la carrière diplomatique a trois décennies durant été orientée vers les pays de l’ancienne URSS, ainsi que le Pakistan, l’Iran et l’Afghanistan. Il a également travaillé dans des ambassades indiennes plus lointaines, jusqu’en Allemagne ou en Corée du Sud. Il dénonce la polarisation du discours officiel ambiant (en Inde, mais pas uniquement) : « vous êtes soit avec nous, soit contre nous »

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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Ukraine. Aucune chance pour la paix sans aller plus loin dans la guerre

Par : Wayan — 22 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama – Le 21 novembre 2022

Il y a une semaine, j’ai salué les pourparlers entre le directeur de la CIA, Bill Burns, et le directeur du service de renseignement extérieur russe, Sergei Naryshkin, mais j’étais sceptique quant à leur issue :

Il n’y aura pas de cessez-le-feu maintenant, mais discuter est de toute façon une bonne chose. Les deux parties doivent faire de leur mieux pour continuer à discuter.

La Russie a demandé beaucoup de choses : un retrait de l’OTAN à sa position de 1997, les quatre régions d’Ukraine qui sont déjà devenues des régions russes, une garantie que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN. Les États-Unis ne sont certainement pas prêts à s’engager dans cette voie, du moins pas encore.

Il faudra du temps et de nombreuses autres discussions pour que les États-Unis reviennent à la raison et fassent les concessions nécessaires pour mettre fin au conflit.

Il faudra également vaincre l’armée ukrainienne, et tous ceux qui la rejoindront, sur le champ de bataille. La Russie peut y parvenir si elle se concentre sur cet effort.

Depuis, la Russie a lâché une nouvelle salve de missiles sur le réseau électrique de l’Ukraine. Cette action confirme que les pourparlers n’évoluent pas dans un sens positif.

Maintenant, Yves Smith et Gilbert Doctorow citent des handicaps supplémentaires aux compromis nécessaires qui pourraient mettre fin à la guerre.

Smith commence par examiner les récentes déclarations du côté américain. Rien n’indique que quiconque au sein de l’administration Biden cherche une voie vers la paix. Le général Milley, qui a rendu publique la suggestion de pourparlers après avoir perdu la main en interne a, du coup, été sifflé en retour :

Certains observateurs attentifs du conflit russo-ukrainien ont évoqué la possibilité de pourparlers de paix. Comme nous le verrons bientôt, votre humble blogueur pense que ce point de vue n’est actuellement pas bien aligné avec la réalité. Oui, les choses semblent s’être dégelées au point que les États-Unis ont renoncé à la politique de non-communication, comme aux jours les plus sombres de la guerre froide, avec la Russie. Mais si le passage du zéro absolu à un froid glacial est techniquement un réchauffement, il fait encore terriblement froid. Les positions des deux parties ne se recoupent pas, ce qui signifie qu’il n’y a aucune base de discussion.

Un autre problème des pourparlers est qu’il n’y a personne à qui parler. Le comédien ukrainien Zelensky n’est pas dans une position où il peut faire des concessions sans risquer sa vie :

Et l’un des plus grands obstacles à tout règlement, autre que la Russie qui en fin de compte dictera ses conditions, est le leader que l’Occident collectif a mis sur un piédestal : Zelensky, avec le lourd bagage qu’est son cercle intérieur banderiste.

Smith cite l’ancien président russe Medvedev qui avait expliqué le problème ainsi :

Le vice-président du Conseil de sécurité de la Russie, dans un commentaire récent sur Telegram, résumé par TASS, a correctement décrit comment Zelensky est coincé :

Néanmoins, « Zelensky ne veut pas de négociations pour des raisons égoïstes évidentes. De plus, elles [les négociations] sont très dangereuses pour lui« , poursuit Medvedev.

« Après tout, à moins qu’il ne reconnaisse la réalité qu’est l’éclatement de l’Ukraine, cela n’a aucun sens de s’asseoir à la table [des négociations]. Une fois qu’il l’aura admis, il sera éliminé par ses propres nationalistes qui ont des liens avec les hauts gradés de l’armée, et dont il a une peur bleue« , a déclaré Medvedev, décrivant la situation par un terme d’échecs, « Zugzwang » (position dans laquelle chaque mouvement d’un joueur aggrave sa situation).

Ce scénario met également en évidence le gâchis dans lequel se trouve l’Occident s’il devait réellement prendre au sérieux sa volonté de négocier (comme indiqué plus haut, mon interprétation de la vague de nouvelles est qu’il s’agit d’une combinaison de gestion de l’image et d’une certaine jactance personnelle ; rien n’indique que Biden, Blinken, Sullivan ou Austin aient changé de position), ils ne peuvent pas manœuvrer dans le contexte de l’infestation néo-nazie engendrée par les États-Unis. Zelensky devra résister à toute tentative de paix. S’il était tué, les néo-nazis accuseront la Russie et s’en serviront comme prétexte pour adopter des positions encore plus radicales. Après tout, combien cela coûterait-il aux États-Unis de fournir des renseignements et d’autres formes de soutien à leur terrorisme ?

Au cours des derniers mois, la Russie a fait un certain nombre de déclarations qui pourraient être considérées comme des demandes de pourparlers :

Le mois dernier, la série d’appels à la négociation lancés par Poutine s’est intensifiée. Le 30 septembre, Poutine a appelé Kiev à « revenir à la table des négociations« . Le 11 octobre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a déclaré que la Russie « était prête à s’engager avec les États-Unis ou la Turquie sur les moyens de mettre fin à la guerre. » Deux jours plus tard, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que Moscou était « ouvert aux négociations pour atteindre nos objectifs. » Le 26 octobre, Poutine a envoyé un message à Zelensky par l’intermédiaire du président de la Guinée-Bissau, Umaro Mokhtar Sissoco Embalo, disant qu' »il souhaite et pense qu’un dialogue direct devrait avoir lieu entre vos deux pays. » Le 30 octobre, Lavrov déclarait que la Russie était « prête à écouter nos collègues occidentaux s’ils font une autre demande pour organiser une conversation« , tant que les besoins de la Russie en matière de sécurité sont pris en compte. Et le 1er novembre, Poutine déclarait que les « conditions nécessaires » pourraient être réunies et servir de catalyseur aux pourparlers.

La phase de recherche de négociations par la Russie semble désormais terminée.

Gilbert Doctorow constate que la société russe est passée à autre chose et que les hommes politiques de premier plan suivent son exemple :

Le fait est que la société russe, du haut en bas de l’échelle, est très mécontente de l’état actuel de la guerre, mais son mécontentement est dû à ce qu’elle considère comme la pusillanimité de son propre gouvernement qui ne répond pas plus résolument aux frappes d’artillerie continues sur les régions de Koursk et de Belgorod à partir de l’oblast de Kharkov, juste de l’autre côté de la frontière, sans parler des atrocités telles que la vidéo qui vient d’être publiée du meurtre de sang-froid de prisonniers de guerre russes par des soldats ukrainiens joyeux. Le retrait de la ville de Kherson a enflammé les passions du public russe qui exige de meilleures explications à son parlement et à la télévision que celles qu’il a reçues jusqu’à présent.

La pression exercée sur Poutine provient de ses propres partisans patriotes, et une trêve intempestive pour des négociations en ce moment pourrait conduire à des troubles civils en Russie.  Il ne s’agit pas là d’une simple spéculation : la dernière édition de l’émission-débat « Dimanche soir » avec Vladimir Solovyov, à laquelle ont participé activement un vice-président de la Douma issu du parti au pouvoir Russie Unie et un président de commission de la Douma issu des communistes, l’a parfaitement montré, ce qui signifie que les élites du pays suivent le courant populaire contre le ministre de la défense Shoigu, si ce n’est contre ceux qui sont encore plus hauts placés au Kremlin.

Comme le conclut Yves Smith :

Je ne vois donc pas d’autre alternative que de voir la Russie continuer sur sa voie actuelle de paralysie de l’Ukraine. Et je suis sûr que les Russes ont déjà compris cela depuis un certain temps et ne voient rien qui suggère qu’il serait judicieux de changer de cap.

Je suis d’accord.

Cette guerre insensée va pour l’instant se poursuivre.

Pendant ce temps, il gèle ici, dans le nord de l’Allemagne, où l’hiver risque d’être très coûteux.

La Grande-Bretagne continue d’acheter du pétrole russe à des tiers, tandis que l’UE recevra son gaz russe via l’Azerbaïdjan. Les prix unitaires seront beaucoup plus élevés que ceux de toute importation directe en provenance de Russie. Les différences de prix vont enrichir un certain nombre d’intermédiaires au détriment des consommateurs britanniques et européens.

On se demande combien de temps encore les politiciens européens pourront justifier cette mascarade.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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Le plafonnement des prix du pétrole et ses conséquences sur la relation Russie-Inde

Par : Wayan — 21 novembre 2022 à 12:00

Par Conor Gallagher − Le 13 novembre 2022 − Source Naked Capitalism

Pendant des mois, les États-Unis ont essayé à plusieurs reprises de contraindre l’Inde à couper ses liens avec la Russie, donc à abandonner ses intérêts nationaux. New Delhi, cependant, continue de repousser les tentatives de Washington de soumettre son économie à ses diktats.

La dernière affaire en date concerne le plafonnement du prix du pétrole russe par le G7 et l’interdiction par l’UE et le Royaume-Uni du transport maritime et des services connexes pour un brut russe supérieur au prix plafond. L’Inde n’a aucun intérêt à rejoindre l’initiative américaine, car elle bénéficie d’une forte réduction sur le pétrole russe et souhaite maintenir de bonnes relations avec son ancien partenaire stratégique. Le ministre indien des affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, était justement à Moscou le 8 novembre pour discuter de la poursuite des ventes de pétrole. 

Extrait du South China Morning Post :

Le ministre indien des affaires étrangères a salué mardi la relation « forte et stable » de New Delhi avec Moscou, lors de sa première visite dans cette ville depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février.

Subrahmanyam Jaishankar a également déclaré que l’Inde avait l’intention de continuer à acheter du pétrole russe, faisant fi une fois de plus de l’appel lancé par les États-Unis à leurs alliés et partenaires à isoler la Russie des marchés mondiaux.

Les plans du G7 sont susceptibles de faire grimper les prix du pétrole (bien que la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, affirme le contraire) et de réduire la disponibilité des pétroliers, deux facteurs qui menacent la sécurité énergétique de l’Inde et nuisent à son économie, l’Inde étant le troisième consommateur et importateur de pétrole au monde.

La Russie a déclaré qu’elle ne vendrait pas de pétrole aux pays qui participent au système de plafonnement des prix, et M. Jaishankar a affirmé à plusieurs reprises que l’Inde ne pouvait pas se permettre d’acheter du pétrole à des prix élevés – du moins pas sans compromettre sa croissance économique, qui devrait atteindre 6,1 % en 2023, soit la croissance la plus rapide des grandes économies du monde. Selon Energy Intelligence :

La Russie est devenue le premier fournisseur de brut de l’Inde en octobre, avec plus de 900 000 barils par jour, soit environ un cinquième de la demande indienne. La principale préoccupation des deux pays est de s’assurer que le pétrole russe continue à circuler après les interdictions de l’UE et du Royaume-Uni du 5 décembre et le plafonnement des prix du G7 qui en découle.

Mais malgré l’attitude optimiste de M. Jaishankar à Moscou, les raffineurs d’État indiens n’ont pas passé de commandes de brut au-delà du 5 décembre en raison d’incertitudes quant à la disponibilité du transport maritime et de l’assurance, selon Energy Intelligence. Et une tentative récente d’un acheteur indien d’utiliser le plafonnement des prix dans les négociations avec un vendeur russe a incité ce dernier à abandonner l’affaire, selon des sources du marché.

Le manque de clarté actuel du G7 pourrait être intentionnel. Les exportations de pétrole russe ont déjà commencé à chuter, et Bruce Paulsen, expert en sanctions et associé du cabinet d’avocats Seward & Kissel, a déclaré à American Shipper : « Si les orientations sur la conformité [au plafonnement des prix] ne sont pas données rapidement, certains acteurs du secteur pourraient rester sur la touche jusqu’à ce qu’ils puissent déterminer que les expéditions dans le cadre du plafonnement des prix sont sûres. »

Les États-Unis, par un habile tour de passe-passe, ont cessé de faire pression sur l’Inde pour qu’elle respecte le plafonnement des prix, et Mme Yellen déclare maintenant que Washington est « heureuse » que New Delhi continue d’acheter autant de pétrole russe qu’elle le souhaite, y compris à des prix supérieurs au plafond imposé par le G7. Mais il y a quelques mises en garde : L’Inde ne pourra pas utiliser les services occidentaux d’assurance, de financement ou de transport maritime pour transporter ce pétrole.

« La Russie va avoir beaucoup de mal à continuer à expédier autant de pétrole qu’actuellement lorsque l’UE cessera d’acheter du pétrole russe« , a déclaré Mme Yellen à Reuters vendredi. « Ils vont être fortement à la recherche d’acheteurs, et de nombreux acheteurs dépendent des services occidentaux. »

Energy Intelligence explique pourquoi cela équivaut à un plafonnement de facto des prix :

Les raffineurs indiens ont la capacité d’absorber 600 000 b/j supplémentaires de brut russe, à condition qu’il surpasse les qualités de base de celui du Moyen-Orient qui constitue la base vitale des 5 millions de b/j de raffinage du pays. Mais la disponibilité du transport maritime, de l’assurance et des canaux de paiement est essentielle. À partir du 5 décembre, les pétroliers et les assurances liées aux pays de l’UE et du G7 – qui dominent le transport maritime du pétrole dans le monde – ne pourront plus vendre de brut russe, à moins que ces volumes ne soient vendus dans le cadre d’un plafonnement des prix, encore indéterminé.

Environ 90 % du commerce de pétrole en Inde est transporté par des pétroliers étrangers, ce qui pose des problèmes, a déclaré Narendra Taneja, analyste énergétique indépendant. L’assurance ne semble pas aussi problématique, et les analystes affirment que les entreprises russes et chinoises pourront s’en charger.

Cela pourrait laisser la Russie dépendante d’une flotte fantôme de vieux pétroliers à la propriété opaque qui ne se fait pas payer en dollars. Selon Freight Waves :

La société de courtage Braemar a indiqué que 33 pétroliers qui s’occupaient auparavant d’exportations iraniennes ou vénézuéliennes ont transporté des exportations russes depuis avril, principalement vers la Chine et accessoirement vers l’Inde.

Braemar a défini cette flotte obscure de pétroliers qui ont transporté du brut iranien ou vénézuélien au moins une fois au cours de l’année écoulée. Elle estime que le total actuel est de 240 pétroliers, pour la plupart de petite et moyenne taille, dont 74 % ont plus de 19 ans. Quatre-vingts de ces navires sont de très gros transporteurs de brut (VLCC, pétroliers transportant 2 millions de barils) qui ne peuvent pas entrer dans les ports russes mais pourraient être utilisés, pour les cargaisons russes, en faisant du transfert de navires à navires.

Si l’ensemble de cette flotte obscure passait au service de la Russie et était aussi efficace que la « flotte classique« , cela suffirait amplement à maintenir le flux des exportations russes, mais « les navires engagés dans le commerce illicite sont très inefficaces« , a souligné Braemar.

En même temps que Washington fait pression sur New Delhi pour qu’elle se conforme au plafonnement des prix, elle importe de l’Inde davantage de gasoil, qui est principalement utilisé dans les raffineries pour produire d’autres produits tels que l’essence et le diesel. D’après Reuters :

La Russie était un fournisseur clé de VGO pour les raffineurs américains avant que la guerre en Ukraine n’éclate.

« Étant donné que les États-Unis n’achètent plus de pétrole russe, ils cherchent toutes les alternatives possibles« , a déclaré Roslan Khasawneh, analyste principal du fioul chez Vortexa….

Les sanctions américaines et européennes ne s’appliquent pas aux produits raffinés fabriqués à partir de brut russe exporté d’un pays tiers, car ils ne sont pas d’origine russe. En Inde, les raffineurs ont augmenté les importations de pétrole russe à prix réduit à 793 000 barils par jour entre avril et octobre, contre seulement 38 000 bpj au cours de la même période précédente, selon les données commerciales.

L’Inde rejoint la liste des pays – dont l’Arabie saoudite, la Serbie et la Turquie – qui ennuient sérieusement Washington car ils refusent de se soumettre.

Tout cela doit être un choc pour Washington, car sa stratégie indo-pacifique de ces dernières années a toujours compté sur une Inde « partageant les mêmes idées » pour aider à contrer la Chine et exécuter les ordres des États-Unis en Asie du Sud-Est. La possibilité que l’Inde poursuive ses propres intérêts nationaux ne semble pas avoir été prise en compte dans cette stratégie.

La tension sur le plafonnement des prix russes n’est que le dernier d’une série de désaccords entre New Delhi et Washington. Les sanctions américaines contre les exportations de pétrole iranien privent l’Inde du pétrole iranien bon marché et la contraignent à acheter des produits énergétiques américains plus chers. L’Inde est désormais la première destination des exportations de pétrole des États-Unis.

Washington arme la Grèce et Chypre dans le but de pousser la Turquie à rompre ses liens amicaux avec la Russie ; elle fait de même avec le Pakistan pour faire pression sur l’Inde. Les États-Unis ont recommencé à accommoder le Pakistan après l’éviction de l’ancien premier ministre pakistanais Imran Khan, qui a attribué aux États-Unis sa perte de pouvoir lors d’un vote de défiance.

En septembre, le département d’État américain a rendu l’Inde furieuse en approuvant un contrat de 450 millions de dollars pour moderniser la flotte de F-16 du Pakistan. Peu après, l’ambassadeur américain au Pakistan a créé de nouvelles tensions lors d’une visite dans la partie du Cachemire tenue par le Pakistan, qu’il a appelée par son nom pakistanais au lieu du nom approuvé par les Nations unies de « Cachemire administré par le Pakistan« .

Le 8 novembre, le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a fait la leçon à l’Inde sur ce qui est dans son intérêt :

Nous avons également été clairs sur le fait que ce n’est pas le moment de faire comme si de rien n’était avec la Russie, et il incombe aux pays du monde entier de faire ce qu’ils peuvent pour réduire leurs liens économiques avec la Russie. C’est dans l’intérêt collectif, mais aussi dans l’intérêt bilatéral des pays du monde entier de mettre fin à leur dépendance à l’égard de l’énergie russe, et certainement de la réduire au fil du temps. Un certain nombre de pays ont appris à leurs dépens que la Russie n’est pas une source d’énergie fiable. La Russie n’est pas un fournisseur fiable d’assistance en matière de sécurité. La Russie est loin d’être fiable dans tous les domaines. Il est donc non seulement dans l’intérêt de l’Ukraine, de la région et des intérêts collectifs que l’Inde réduise sa dépendance à l’égard de la Russie au fil du temps, mais aussi dans l’intérêt bilatéral de l’Inde, compte tenu de ce que nous voyons concernant la Russie.

Nous devrons attendre et voir si le peuple indien comprend le message, car pour l’instant, c’est le contraire qui apparaît. La fondation indienne Observer Research Foundation a publié les résultats d’un sondage le 2 novembre, montrant que 43 % des Indiens considèrent la Russie comme le partenaire le plus fiable de leur pays, loin devant les États-Unis (27 %).

Washington est bien en peine d’expliquer en quoi le fait que New Delhi réduise ses liens économiques avec la Russie serait une bonne chose pour l’Inde.

Alimenté par une forte augmentation des importations de pétrole et d’engrais, le commerce bilatéral entre l’Inde et la Russie a atteint un niveau record de 18,2 milliards de dollars entre avril et août de cette année financière, selon les dernières données disponibles auprès du ministère du commerce. Cela fait de la Russie le septième partenaire commercial de l’Inde, alors qu’elle occupait la 25e place l’année dernière. Les États-Unis, la Chine, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Irak et l’Indonésie restent devant la Russie.

L’Inde, l’Iran et la Russie ont également passé les vingt dernières années à développer le corridor international de transport Nord-Sud afin d’accroître le commerce entre les pays, et ce corridor a pris une importance accrue avec les sanctions occidentales contre Moscou. Extrait de The LoadStar :

RZD Logistics, une filiale du monopole ferroviaire russe RZD, a lancé des services réguliers de trains de conteneurs entre Moscou et l’Iran afin de desservir, par transbordement, le commerce croissant avec l’Inde.

L’objectif est de maximiser l’utilisation de l’alternative International North South Transport Corridor (INSTC), un réseau de fret multimodal transfrontalier en Asie centrale qui aide les deux partenaires stratégiques à contourner les problèmes de chaîne d’approvisionnement créés par les sanctions occidentales contre la Russie.

Selon des sources industrielles, la durée du trajet entre l’intérieur des terres et l’océan est estimée à 35 jours, contre 40 environ pour le transport maritime traditionnel.

©Peter Hermes Furian.

De la même manière que la pression exercée par les États-Unis sur de nombreux pays se retourne contre eux, la pression exercée sur l’Inde semble ne faire qu’encourager New Delhi à trouver un moyen de contourner le dollar. Le Loadstar ajoute que la Reserve Bank of India est également en train de mettre en œuvre de nouvelles directives réglementaires pour aider les exportateurs à régler les expéditions en roupies, au lieu de dollars américains qui provoquent des goulots d’étranglement liés aux sanctions :

La Fédération des organisations d’exportateurs indiens a également fait pression sur les dirigeants du gouvernement pour que la méthode de la monnaie alternative soit étendue au-delà des marchés russes.

« Bien que la guerre Russie-Ukraine constitue un revers pour nos exportations à court terme, nous envisageons d’augmenter nos exportations vers la Russie une fois que le mécanisme de paiement en roupies sera opérationnel« , a noté la FIEO.

Si l’Inde bénéficie du brut russe à prix réduit, elle souhaite également maintenir de bonnes relations avec Moscou afin d’éviter de trop rapprocher la Russie de la Chine, et potentiellement du Pakistan, les principaux rivaux de l’Inde en Asie.

Le Pakistan demande également au ministère russe du commerce d’introduire un accord d’échange de devises afin de renforcer les liens économiques entre les deux pays.

Conor Gallagher

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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Le capitalisme des parties prenantes du Forum économique mondial n’est qu’un autre nom du fascisme global.

Par : hervek — 21 novembre 2022 à 10:00

Par Brandon Smith − Le 8 novembre 2022 − Source Alt-Market

Le concept de « fascisme » a été introduit à l’origine dans l’Encyclopedia Italiana par le philosophe italien Giovanni Gentile, qui a déclaré que « le fascisme devrait plutôt être appelé corporatisme, car il s’agit d’une fusion du pouvoir de l’État et des entreprises ». Benito Mussolini s’attribuera plus tard le mérite de cette citation comme s’il l’avait écrite lui-même, mais il est important de la noter car elle souligne l’objectif premier de l’idéologie plutôt que de simplement jeter l’étiquette sur les personnes que nous n’aimons pas comme un moyen malhonnête de saper leur légitimité.

Malgré le fait que les gauchistes d’aujourd’hui attaquent souvent les conservateurs comme des « fascistes » en raison de notre désir de protéger les frontières nationales et l’héritage occidental, la vérité est que tout fascisme est profondément enraciné dans les philosophies et les penseurs de gauche.

Mussolini était un socialiste de longue date, un membre du parti qui admirait beaucoup Karl Marx. Il s’est écarté des socialistes en raison de leur volonté de rester neutres pendant la Première Guerre globale et a continué à défendre une combinaison de socialisme et de nationalisme, ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de fascisme. Adolph Hitler était également un socialiste et un admirateur de Karl Marx [Le débat existe y compris sur Wikipédia, NdT], tout comme Mussolini. Il est en fait difficile de trouver où Marx, les communistes et les fascistes diffèrent réellement les uns des autres – Un sens plus profond du nationalisme semble être l’un des rares points de divergence.

Bien que Marx ait considéré l’existence des États-nations comme temporaire pour le prolétariat et la classe dirigeante, il a noté que les industriels effaçaient de toute façon les frontières nationales. Dans le Manifeste Communiste, Marx affirme avec un certain optimisme :

Les différences nationales et les antagonismes entre les peuples tendent déjà à disparaître de plus en plus, en raison du développement de la bourgeoisie, de l’essor du libre-échange et d’un marché global, et de l’uniformisation croissante des procédés industriels et des conditions de vie correspondantes.

Marx considère le développement du pouvoir des entreprises comme utile et comme la prochaine étape nécessaire vers le socialisme, notant que les sociétés par actions (corporations) et le système de crédit sont :

L’abolition du mode de production capitaliste au sein même du mode de production capitaliste.

En d’autres termes, les sociétés sont considérées comme un outil pour la transition éventuelle vers une « Utopie » socialiste et la mort des marchés libres. Une fois de plus, nous voyons qu’il y a très peu de différence de motivation entre la gauche politique et les fascistes. La progression naturelle de toute forme de marxisme, de communisme, de socialisme, de fascisme, etc. conduit finalement à une sorte d’idéologie globaliste et à l’effacement de la séparation culturelle. Les méthodes peuvent différer légèrement mais le résultat final est le même. Certains pensent que c’est une bonne chose, mais c’est en fait assez toxique.

Le globalisme nécessite une dynamique sociale globale, un esprit de ruche unique, sinon il ne peut pas survivre. Si les gens ont la possibilité de choisir ou de créer de meilleures options (ou des options différentes) pour vivre, alors le globalisme perd de son importance. L’existence du choix doit être effacée. C’est un comportement que la gauche politique a pleinement adopté et elle est plus qu’heureuse de travailler main dans la main avec les oligarques des entreprises pour faire de son système idéal une réalité. L’époque des progressistes anti-corporatifs est révolue – ils ADORENT la domination des entreprises, mais seulement si celles-ci promeuvent et appliquent des modèles de société de gauche.

Le fascisme de Mussolini est à l’origine de la gouvernance d’entreprise que les gauchistes applaudissent et convoitent aujourd’hui. Ils ont bien plus en commun avec les fascistes qu’ils ne le pensent.

Le nouveau fascisme est une philosophie remaniée, mieux représentée par ce qu’on appelle le « capitalisme des parties prenantes » ou SHC. C’est un terme souvent utilisé par les globalistes au Forum économique mondial et par le chef du WEF, Klaus Schwab. La définition médiatique du capitalisme des parties prenantes est la suivante :

Une forme de capitalisme dans laquelle les entreprises ne se contentent pas d’optimiser les profits à court terme pour les actionnaires, mais cherchent à créer de la valeur à long terme, en tenant compte des besoins de toutes leurs parties prenantes, et de la société en général.

Mais qui sont « toutes les parties prenantes » selon le WEF ?

Eh bien, selon Klaus Schwab, il s’agit de l’ensemble de la civilisation humaine, aujourd’hui et à l’avenir. En d’autres termes, l’objectif du SHC est que les dirigeants d’entreprise et la bureaucratie globaliste assument la responsabilité du monde entier, et pas seulement de leurs propres employés, actionnaires et profits. Et ces dirigeants n’agiraient pas en tant qu’individus, mais en tant que collectivité. En d’autres termes, le SHC exige que toutes les grandes entreprises agissent comme une seule unité avec un seul objectif et une idéologie collectiviste unifiée – un monopole idéologique.

Comme l’affirme Klaus Schwab :

La caractéristique la plus importante du modèle des parties prenantes aujourd’hui est que les enjeux de notre système sont désormais plus clairement globaux. Les économies, les sociétés et l’environnement sont plus étroitement liés les uns aux autres qu’il y a 50 ans. Le modèle que nous présentons ici est donc fondamentalement global par nature, et les deux principales parties prenantes le sont également.

…Ce qui était autrefois considéré comme des externalités dans l’élaboration des politiques économiques nationales et dans les décisions individuelles des entreprises devra désormais être incorporé ou internalisé dans les opérations de chaque gouvernement, entreprise, communauté et individu. La planète est donc le centre du système économique mondial, et sa santé devrait être optimisée dans les décisions prises par toutes les autres parties prenantes.

Le concept du SHC est trompeur en soi car il prétend que les entreprises seront tenues responsables par le public dans le cadre d’une forme de « démocratie commerciale », comme si le public avait le droit de vote sur ce que font les entreprises. En réalité, ce seront les entreprises qui diront au public ce qu’il est acceptable de penser et de faire, et les entreprises, conjointement avec les gouvernements, qui utiliseront leur pouvoir pour punir les personnes qui ne sont pas d’accord.

Le grand tour de magie est que ces mêmes entreprises unifiées utilisent le bouclier de la « propriété privée » et des droits des entreprises comme moyen de contrôler la société sans répercussion. Après tout, un principe fondamental du conservatisme et de la constitution américaine est le droit à la propriété privée. Ainsi, intervenir pour perturber la gouvernance des entreprises reviendrait à violer l’un de nos propres idéaux bien-aimés. Cela ressemble à une impasse, mais ce n’en est pas une.

Comme mentionné plus haut, les entreprises sont au cœur même d’un concept socialiste : Elles sont créées par une charte gouvernementale, dotées du statut de personne morale et bénéficient de protections spéciales de la part du gouvernement. Elles ne sont PAS des entités du marché libre, et Adam Smith, l’initiateur de la plupart des idéaux du marché libre, s’est opposé aux sociétés, qu’il considérait comme destructrices et enclines au monopole.

Tant qu’elles recevront des protections de la part du gouvernement, y compris des stimuli monétaires et des renflouements, les sociétés ne devraient pas bénéficier des mêmes protections de la propriété privée que les entreprises ordinaires. Elles sont des créations parasites, étrangères au monde naturel des affaires. Dans une société fondée sur la liberté, elles seraient démantelées afin d’éviter des résultats autoritaires.

Le capitalisme actionnarial est également une prémisse incroyablement arrogante car il suppose que les dirigeants d’entreprise ont la sagesse ou l’intelligence objective pour étendre leur rôle au-delà des affaires et dans les sphères sociales et politiques. Cela s’est déjà produit à bien des égards, créant un grand chaos, mais la gouvernance ouverte des entreprises est la finalité et elle est tout sauf objective ou bienveillante.

Quels sont les exemples de ce type de gouvernance d’entreprise/politique (fascisme) en action ?

Que pensez-vous de la censure des médias sociaux par les grandes entreprises qui s’en prennent aux conservateurs et aux défenseurs des libertés ? Que pensez-vous des preuves de collusion entre les entreprises Big Tech et le gouvernement, comme l’administration Biden et le DHS qui travaillent en étroite collaboration avec Twitter et Facebook pour supprimer activement les voix et les points de vue qu’ils n’aiment pas ? Qu’en est-il des chefs d’entreprise qui s’entendent pour détruire les médias sociaux conservateurs concurrents comme Parler ?

Qu’en est-il des prêts ESG financés par des bailleurs de fonds tels que Blackrock ou des organismes à but non lucratif globalistes comme la Fondation Rockefeller ?

Si toutes les entreprises prêteuses appliquaient l’ESG à leurs pratiques de prêt, tous les individus et toutes les entreprises devraient adopter des idéologies sociales gauchistes et des revendications environnementales douteuses pour avoir accès au crédit. L’ESG est une incitation monétaire créée par les élites corporatives pour garder toutes les autres entreprises dans le droit chemin. Si elle se poursuit, la GNE pourrait anéantir l’opposition politique au globalisme en l’espace d’une seule génération.

Et que dire du Conseil pour un capitalisme inclusif ? Il s’agit de l’expression la plus flagrante de fascisme global ouvert que j’ai jamais vue, avec des élites financières et des politiciens travaillant de concert avec l’ONU et même des chefs religieux comme le pape François. Leur objectif est d’instituer une plateforme unique de gouvernance globale centralisée, construite autour des mêmes programmes que ceux décrits dans l’ESG et le SHC, en faisant des entreprises les membres d’un nouveau conseil global qu’ils appellent « les gardiens ». Ils n’essaient même plus de cacher la conspiration, elle est au grand jour.

Klaus Schwab prend soin de mentionner souvent que les crises globales sont l’« opportunité«  nécessaire pour pousser le public dans les bras du capitalisme des parties prenantes par le biais d’un point de jonction appelé « Le Grand Reset ». En d’autres termes, il pense que la peur et le désespoir généralisés doivent exister (ou être fabriqués) pour perpétuer rapidement le cadre du SHC.

De toute évidence, les globalistes sont sur une ligne de temps qui se rétrécit, bien qu’il soit difficile de dire pourquoi. Ils arrachent le masque plus rapidement ces deux dernières années qu’au cours de la décennie précédente. Il est plus que probable qu’ils comprennent dans une certaine mesure que s’ils vont trop lentement, le public aura le temps d’organiser une défense contre eux.

Ils inventeront toutes sortes de distractions et de boucs émissaires pour empêcher les personnes soucieuses de liberté de les frapper en retour. Ils feront cibler la Russie, la Chine, pour la majorité et pour nous ça sera ces idiots utiles de gauchistes. Ils essaieront de nous envoyer à la guerre, ils nous traiteront d’insurrectionnels, de terroristes, ils diront que nous avons provoqué tout cet effondrement et que nous sommes à blâmer pour les maux du monde. Rien de tout cela n’a d’importance. Ce qui importe, c’est que les globalistes au sommet paient le prix du mal qu’ils causent.

Ce n’est que lorsque la tête du serpent aura été enlevée que nous pourrons déterminer qui est à blâmer, qui étaient les héros, qui étaient les méchants et qui étaient les idiots. Ce n’est qu’alors que nous pourrons reconstruire en gardant à l’esprit la véritable liberté.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

☐ ☆ ✇ Le Saker Francophone

Du système de domination au changement de paradigme

Par : Le Saker Francophone — 20 novembre 2022 à 12:00

La dernière guerre de l’hégémonie financière.


Par Valérie Bugault – Le 18 octobre 2022

Interview sur TV Libertés

Il y a selon vos mots, Valérie Bugault, un “système de domination” qui s’exerce sur les populations occidentales avec un recul des libertés et maintenant une crise énergétique qui découle des sanctions contre la Russie. Quels sont les objectifs de cette stratégie des dirigeants atlantistes ?

  • La crise énergétique française n’est due qu’à 15% au problème d’approvisionnement en gaz russe ;
  • La crise énergétique française est essentiellement due à la trahison des intérêts énergétiques français par les dirigeants successifs qui ont d’abord :
    • Saboté la filière nucléaire nationale de multiples façon et ont ensuite, pour bien enfoncer le clou du cercueil français,
    • Saboté notre approvisionnement énergétique et validant l’unionisation de l’énergie par la création du marché européen de l’électricité: lequel impose à la France de vendre son énergie à prix bradé pour devoir, ensuite en racheter au plus cher sur le marché européen. Marché non libre et tout à fait faussé !
  • Ces conditions de marché (de dupe) ont conduit, particulièrement pour la France et les Français (dindons éternels de la farce fédérale européenne), à des coûts plus élevés par rapport aux solutions reposant sur la coopération transfrontalière.
  • Stratégie, menée par l’UE et par des dirigeants français compradors, de sabotage de l’État français en le privant de ses moyens énergétiques.

Je rappelle que cette stratégie de soumission par le sabotage ne concerne pas seulement l’énergie mais toute l’économie, l’agriculture avec la PAC, et, bien sûr, la monnaie.

De trahison en sabotage, la France, ne dispose plus d’aucun levier pour assurer sa subsistance de façon autonome.

Nous avons été enchaînés et soumis à des intérêts supranationaux menés par les grandes banques internationalistes. Car la soumission aux intérêts supérieurs atlantistes ne doit pas être considéré du point de vue géographique, en particulier concernant les USA, mais d’un point de vue financier internationaliste.

Les objectifs recherchés sont évidemment, et aujourd’hui officiellement (cf. déclarations d’Attali, Davos, OMS…), le contrôle intégral des ressources et le pouvoir mondial par l’émergence d’un gouvernement mondial dédié.

Concernant l’idée d’un revenu universel, le Sénat a créé une mission commune d’information sur l’intérêt et les formes possibles de mise en place d’un revenu de base en France le 11 octobre dernier. Quels en seraient les résultats ?

Avant de parler des résultats, il faut parler des causes de ce « revenu de base ».

A partir du moment où l’endettement de la France est irrémédiablement en augmentation exponentielle, il entraîne de façon mécanique, une augmentation des charges publiques et une disparition des services publics, toutes les ressources étant accaparés par les créanciers du « non-État ».

Ce système entraîne également, de façon automatique, l’augmentation de tous les prix et la disparition du tissu économique formé par les PME – de moins en moins autonomes, tant juridiquement qu’économiquement.

Ce mouvement d’endettement se conjugue avec :

  • Des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement dus notamment à des troubles, parfaitement organisés (par des fermetures arbitraires de l’économie pour des prétextes fallacieux : covid), dans les circuits logistiques ; sans même parler de l’aubaine des crises politique géopolitique utilisées par les accapareurs pour augmenter arbitrairement les prix en organisant la raréfaction de l’offre. Tout ceci aggrave l’appauvrissement général ;
  • L’énorme gain quantitatif (augmentation de la production et donc de l’offre) et qualitatif de production dus à la mécanisation et à la numérisation, bientôt renforcées par la mise en œuvre de l’intelligence artificielle, qui rendent la production de plus en plus facile et performante. Les coûts de production diminuent, mais les prix de vente ne suivent pas la même courbe = les propriétaires des entités de production deviendront toujours plus riches pendant qu’ils supprimeront les emplois et appauvriront les populations ;
  • La mise en œuvre, dans les services, de l’intelligence artificielle va entraîner une baisse mécanique de l’emploie dans ce secteur également.

La conjugaison de l’appauvrissement artificiellement organisé et généralisé avec la perte d’activité et d’employabilité des individus (remplacés par des robots et l’IA) va entraîner des troubles sociaux inévitables. Afin de garder une certaine paix sociale, les banquiers qui supportent l’économie, vont devoir assurer un niveau minimal de vie à une population qui n’aura plus d’activité – du moins celle qui survivra à l’époque troublée que nous vivons – ce qui se traduit en effet par un revenu universel.

Ce revenu universel marquera la soumission totale et définitive des individus aux banques créancières et, par voie de conséquence, la fin de toute liberté.

Toujours dans l’idée d’un contrôle accru, le pass-carbone : où en est-on ?

L’idée du pass, ausweiss des temps modernes, est dans l’air vicié du temps de la soumission, laquelle devient de moins en moins volontaire pour les raisons exposées ci-dessus.

Souvenez-vous comment fut imposé, sous le fallacieux prétexte de « notre bien », le pass sanitaire.

Selon cette méthode, il ne fait aucun doute, qu’en raison des crises énergétiques parfaitement organisées par ceux-là même qui font semblant de les résoudre, le pass carbone sera imposé comme incontournable.

Ils vont, pour l’imposer, prendre prétexte des problèmes énergétiques qu’ils ont créés de toute pièce à plus d’un égard :

  • Par la stratégie de long terme de soumission des États nations qui se traduit par l’asservissement économique des pays européens au moyen des règles de marché imposées par « l’Union Européenne sous contrôle globaliste » ;
  • Par la guerre menée aux pays qui ont les moyens de résister à la domination financière globale, qui se traduit par la disparition d’approvisionnement de l’Europe en gaz russe et par l’augmentation consécutive, plus ou moins liée, des prix du pétrole ;
  • Par l’organisation de défauts de fonctionnement énergétiques organisés par les dirigeants compradors des pays européens :
    • Sabotage des filières énergétiques ;
    • Fermeture de l’économie (covid), générant des impossibilités de travailler ;
    • Défaut d’entretien des circuits énergétiques sous le fallacieux prétexte de manque de moyens financiers, alors que ce manque de moyen est dû à un endettement artificiel de l’État généré par une perte de contrôle de sa monnaie ;
    • Politique irrationnelle du « risque zéro » qui permet d’accroître artificiellement les contraintes règlementaires inutiles pesant sur la production énergétique ;
    • Corruption politique systémique permettant d’imposer des énergies non rentables dans le même temps que les énergies rentables sont sacrifiées…

Ce pass est prévu de longue date, il entre dans la stratégie consistant à prendre l’écologie en otage pour faire passer les véritables victimes des excès industriels, celles qui souffrent de toutes sortes de dégradation de leur environnement, pour leurs auteurs.

Il s’agit in fine d’obtenir la soumission volontaire des populations à leur appauvrissement ultime – qu’ils cachent pudiquement derrière le terme décroissance – et dont elles seront, une fois de plus, les victimes expiatoires.

Brièvement, à quand remonte l’avènement de ce système de domination ? Les peuples n’ont-ils pas toujours été dominés d’une façon ou d’une autre ?

Il faut comprendre que si le concept de domination est aussi vieux que la naissance de l’humanité, ce dernier, tant que les oppresseurs étaient identifiables, soulevait des oppositions et initiait des confrontations, ce qui générait des contre-pouvoirs réels.

Tout autre est le système de domination actuel qui repose sur l’anonymat et l’irresponsabilité des décideurs réels. Cet anonymat empêche mécaniquement la manifestation de réactions car il n’est jamais possible d’imputer une faute à une personne précise.

L’anonymat des décideurs réels impose leur irresponsabilité en même temps que leur absolutisme. Ce dernier absolutisme n’a rien, strictement rien à voir, avec le prétendu absolutisme monarchique sans cesse décrié, car il a organisé la disparition de tout type de contre-pouvoir.

Le modèle de ce concept, nouveau et très efficace, de domination reposant sur l’anonymat remonte à l’année 1600, qui est la date de création de la première compagnie des indes, britannique en l’occurrence.

Ces compagnies ont servi de modèle à notre système mondial actuel, dans lequel le partenariat public-privé se traduit par la privatisation des profits et par la nationalisation des pertes, jusqu’à la disparition ultime de toute notion de « bien public » et de « bien commun ».

Ce système d’irresponsabilité a aujourd’hui été mis en œuvre à tous les niveaux : monétaire (par l’arrivée des banques centrales), économiques (par l’anonymat capitalistique), et même politiques car le personnel politique, payé par le con-tribuable, ne doit jamais rendre de compte à qui que ce soit pour ses décisions publiques létales.

Ces forces économiques, constitutives de ce système de domination, comment se sont-elles imposées ?

Elles se sont imposées par la ruse, la malversation, le mensonge et la corruption tous azimuts, illimités ; qui se cachaient derrière un faux semblant démocratique, tant dans l’organisation même des États que dans l’organisation du système économique.

Dans cette imposture généralisée, la réalité cachée derrière l’apparence possibilité d’enrichissement privé et collectif (bien-être public), fut toujours l’accaparement par concentration ultime des ressources dans quelques mains anonymes.

Cette crise énergétique et l’inflation qui l’a précédé vont-elles se poursuivre longtemps ? Le krach financier que beaucoup redoutent, comment le voyez-vous survenir ? (Italie, Allemagne, Pays-Bas, faillite de banque) L’UE aura-t-elle une chance de survivre à cet événement ? (chute de l’euro : 0,60 € pour 1$ ?)

Bien sûr, cette multi-crise va se poursuivre jusqu’à son terme, c’est-à-dire jusqu’à la victoire finale soit de la haute finance mafieuse soit des populations libérées de son joug.

L’inaptitude du dollar en tant que monnaie mondiale et le krach financier qu’elle a engendré est à l’origine des problèmes politiques et géopolitiques actuels.

L’origine de la crise est à rechercher dans la défaillance du dollar en tant que monnaie mondiale, sa réalisation provient du fait que la haute finance (devenue spéculative pour cette raison) a mis en danger l’équilibre financier global, laissant une sorte de vide hégémonique dans lequel les pays les plus forts se sont engouffrés pour retrouver leur indépendance économique et politique : Chine en tête mais aussi, Russie, et dans une moindre mesure, Turquie, Iran, Indes, lesquels entraînent – par un mouvement de fond – dans leur sillage peu ou prou, tous les pays victimes de l’hégémonie financière (d’origine) anglo-saxonne depuis le XIXème et surtout le XXème siècle (Égypte, Afrique noire…).

La survie de l’UE n’est en aucune façon souhaitable car ces instances supranationales sont justement nées de l’hégémon financier, lequel contrôlait précédemment les États mais de façon moins centralisée.

Quant à l’euro, qui ferait contre-pouvoir au dollar US, il s’agit de l’une des plus grandes supercheries de notre monde frelaté ! Les banques européennes sont toutes sous perfusion de dollars US, ce qui fait de l’indépendance proclamée de l’euro une vaste plaisanterie comme l’explique parfaitement Bruno Bertez[1] :

Certes la BCE semble pouvoir émettre sa propre monnaie, mais c’est sans compter avec la situation réelle des banques euros ! les banques euros recyclent, elles sont suremployées en dollars.

Les banques euros en cas de pépin seront absorbées ou garanties par les pays d’Europe, et le système européen se retrouvera demandeur d’une masse considérable de dollars pour refinancer les engagements de ses banques !

Celles-ci sont surexposées en dollars alors que leur banque centrale, la BCE n’est pas créatrice de dollars. Donc la BCE sera obligée de faire comme elle le fait à chaque crise, elle devra mendier des dollars aux États Unis, elle devra baisser son pantalon pour bénéficier de swaps en dollars.

Vous comprenez mieux je l’espère la vassalitude structurelle de l’UE !

Si les grands argentiers perdent la guerre totale qu’ils ont déclenchée, l’UE ne survivra pas. Si, au contraire, ils la gagnent, non seulement l’UE survivra mais le gouvernement mondial sera en marche.

Dans cette lutte à mort, les intérêts des peuples européens ne sont clairement pas les intérêts défendus par les instances dites européennes et par les dirigeants compradors des pays membres.

Tout ceci explique que le krach financier en cours s’accompagne inévitablement d’une crise géopolitique majeure – je parle ici de guerre mondiale – qui met en scène, d’un côté les pays sous contrôle de la finance anglo-saxonne hégémonique et, de l’autre côté, tous les pays qui entendent recouvrir leur indépendance économique, politique, culturelle et monétaire, Chine et Russie en tête.

Où en est l’Union européenne de son projet de fédéralisation des nations ?

Les grands argentiers profitent des crises pour faire avancer leur agenda, lequel passe par une fédéralisation définitive des territoires compris dans l’UE : c’est ainsi qu’après avoir étendu ses pouvoirs sanitaires, ladite Union Européenne, peu à peu, étend et centralise ses prérogatives au niveaux énergétiques, militaires et policiers, numériques… Le tout dans la plus profonde violation des Traités européens qu’ils ont pourtant eux-mêmes écrits, à leur avantage exclusif…

N’oublions pas que le passeport numérique bio-codé (ADN disponible) est sur le métier européen, piloté par le français Thierry Breton en tant que représentant des tenanciers économiques qui enserrent et soumettent les peuples européens.

J’ajoute que parler de « fédéralisation des nations » n’a pas de sens. On ne peut fédéraliser que des entités politiques qui ne sont pas des nations mais des territoires plus ou moins indépendants.

Fédéraliser une nation signifie la faire disparaître, l’éclater jusqu’à disparition. La fédéralisation des nations passe, de façon mécanique, par le préambule de leur éclatement ; situation précisément vécue par la France depuis la vaste entreprise de « régionalisation » initiée par Mitterrand. Vous voyez que ce mouvement stratégique de disparition de l’État français a des origines lointaines… Il ne s’agit pas, et il ne s’est jamais agi, d’une régionalisation à la française mais d’une régionalisation à visée européenne, destructrice de la nation française.

Dans quelle mesure le conflit à l’Est serait-il susceptible de se transformer en guerre mondiale ?

Dans toutes les mesures possibles. En particulier dans celle où l’hégémon anglo-saxon se trouve contesté par des puissances montantes.

On retrouve aujourd’hui le même schéma d’escalade que celui ayant abouti à la 1ère guerre mondiale. Alors qu’à l’époque l’empire britannique était contesté et mis en danger par la puissance germanique susceptible de s’allier à la Russie, c’est aujourd’hui l’empire américain qui est contesté par la puissance chinoise montante alliée à la Russie.

Mais il s’ajoute aujourd’hui un paramètre nouveau par rapport à la 1ère Guerre Mondiale : la dissociation, au sein des élites anglo-saxonnes dominantes, entre :

  • Les intérêts financiers reliés à la City qui contrôlent tous les paradis fiscaux de la planète (représenté aux USA par le clan Biden) et ;
  • Les intérêts américains stricto-sensu, ceux qui sont géographiquement centrés sur la domination mondiale au profit des intérêts délimités par le territoire américain (Trump).

Cette guerre, intestine à l’hégémon, s’est manifestée par la contestation du dollar en tant que monnaie mondiale par les élites rattachées à la City et au Delaware (plus grand paradis fiscal au monde). Elle a notamment vu la disparition de la banque Lehman Brothers, victime de la vindicte de la J-P Morgan. Elle a également généré la résiliation-démission, inouïe et innédite dans l’histoire de l’Église, d’un pape au profit d’un autre, plus centré autour des intérêts financiers apatrides.

Nous assisterons bientôt, le 8 novembre prochain, à un dénouement partiel de cette guerre avec l’arrivée des mid-terms américaine ; lesquels risquent fort d’entraîner, à terme, la dislocation des USA tels que nous les connaissons, dans un genre de guerre de sécession à rebours.

Vous dites qu’après la volonté atlantiste d’en finir avec la Russie, ça sera le tour de la Chine. Les Américains ont-ils les moyens de soumettre Pékin à leur volonté de domination ? Comment jugez-vous l’opposition du régime chinois à l’hégémonie finissante des États-Unis ? Les États-Unis sont-ils voués au déclassement ? La Chine a-t-elle intérêt à cette guerre avec l’Amérique alors qu’elle a besoin du marché américain pour ses exportations ?

La Chine est le véritable ennemi des USA en tant qu’empire américain. Elle a, en revanche, longtemps été considérée, peut-être à tort, comme une alliée fidèle par la haute finance apatride, dont le QG est à la City.

Malheureusement pour l’hégémon financier anglo-saxon et heureusement pour les populations du monde, la Chine est aujourd’hui, après de nombreuses années d’assainissement de ses élites compradores par Xi Jinping, en mesure de s’opposer à toute domination externe.

Les Chinois ne veulent plus ni de la domination de la City, ni de celle de l’empire américain. Ils ont acquis, et sont encore en cours d’acquisition, d’une autonomie technologique (armement et espace, cybernétique, numérisation, intelligence artificielle…) qui, avec l’appui des circuits énergétiques russes, leur permettra largement de se passer dans un proche avenir du renfort technologique de l’Ouest.

Ils travaillent par ailleurs à développer, tant d’un point de vue économique que d’un point de vue sociologique, leur propre pays ; ce qui passe par l’aide au développement de tous les pays situés sur les traditionnelles routes de la soie.

C’est ainsi qu’opérant un grand mouvement stratégique historique, la Chine a décidé de lancer les « nouvelles routes de la soie », qui leur permettra d’étendre leur zone commerciale naturelle, de s’affranchir de la domination des transits maritimes par les puissances de l’ouest et, in fine, de se passer de la consommation de l’ouest du monde. Inutile de préciser que ce mouvement stratégique de l’État chinois a été perçu par l’hégémon financier anglo-saxon comme une véritable déclaration de guerre !

Quant au papier vert, il est loisible d’imaginer que la Chine est prête à sacrifier ses avoirs en dollar pour reconquérir sa liberté et sa puissance politique.

La Russie, longtemps ennemie des seuls britanniques, pourrait également devenir l’ennemie des intérêts américains stricto sensu en raison du virage économique et politique que la démence occidentale l’a poussé à entreprendre au profit du grand Est, c’est-à-dire de l’Asie en générale et de la Chine en particulier.

Il résulte de cette analyse que non seulement l’empire américain mais aussi toute la zone d’influence occidentale soumise à la puissance financière des banquiers globalistes, est irrémédiablement compromise, promise au déclassement, voire à l’anéantissement, dans un futur proche.

Rappelons au passage que l’armée américaine et l’OTAN (laquelle est dirigée par l’armée américaine) sont les deux jambes de l’hégémonie impériale. Ces deux organisations militaires assurent la pérennité de la puissance financière de l’ouest. Ce qui signifie que la contestation de l’hégémonie monétaire et économique débouchera de façon automatique, sans aucune marge d’erreur, sur une guerre globale d’ordre militaire, la troisième guerre mondiale.

Toutefois, la scission au sein des élites financières impacte également les structures officielles de l’OTAN et de l’armée américaine puisque la stratégie militaire suivie par l’armée américaine et par l’OTAN dépend de l’orientation du Président américain, globaliste ou américaniste.

Mais, ici encore, il faut préciser que les structures secrètes et non officielles (utilisation de mercenaires…) de ces deux entités ont été et restent probablement sous le contrôle des banquiers globalistes siégeant à la City.

Ces subtilités rendent, quel que soit l’orientation du pouvoir politique américain, le jeu géopolitique partiellement imprévisible, et par voie de conséquence, la situation mondiale extraordinairement dangereuse.

Il faut aussi considérer qu’il existe, dans tous les grands pays (Chine, Russie, Inde, Iran…), des joutes et désaccords entre partisans de l’indépendance nationale et partisans du développement du gouvernement mondial lancé par les élites financières dont le Quartier Général se situe à la City of London.

Ainsi l’issue finale de cette guerre qui comprend, d’un côté la volonté de domination financière anglo-saxonne globale et, de l’autre côté l’émancipation des Nations, dépendra, en grande partie, des clans qui prendront le pouvoir interne dans chacun des grands pays : USA, Chine, Russie en tête, mais aussi Turquie, Iran, Brésil, Argentine…

Rappelons que la tendance de fond, devenue réalité politique, est à la prise de contrôle patriotique dans ces pays, en premier lieu en Chine mais aussi en Russie. Ce phénomène explique les multiples tentatives de l’hégémon global pour semer le désordre et créer des changements de régimes dans tous les pays tentés par l’émancipation menée par le tandem Chine-Russie.

Les médias français jugent la Russie aujourd’hui isolée. Qu’en pensez-vous ? La Banque des Règlements Internationaux (BRI) a-t-elle rompu ses liens avec la Russie ?

L’assertion consistant à prétendre que la Russie est isolée est tout simplement grotesque, à la mesure précise de ce que sont devenus les médias en occidents : de purs organes de propagandes au profit de l’hégémon financier dont le bras armé se trouve être, lato sensu (mercenaires y compris), l’armée américaine et l’OTAN.

Avec la réserve, indiquée plus haut selon laquelle il existe, au sein de chacun des grands pays, des partisans du globalisme, il suffit de savoir compter les pays et les populations pour comprendre l’ineptie d’une telle assertion.

La Chine et la Russie étant actuellement dirigés par des partisans de la souveraineté nationale, il faut considérer :

  • Que d’un point de vue militaire : l’Organisation de Coopération de Shangaï (OCS) se dresse face à l’OTAN en tant qu’opérateur militaire crédible. Plus encore, Chine et Russie ne cessent de se renforcer mutuellement dans le domaine militaire, en accroissant toujours plus les champs d’action de leurs partenariats bilatéraux. Il en va de même des partenariats bilatéraux militaires entre la Russie et l’Iran.
  • D’un point de vue économique et politique : la désignation insultante de BRICS[2] (acronyme pour Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) par les financiers anglais est en cours de transformation active en autant de pays contestant ouvertement la domination hégémonique anglo-saxonne, laquelle repose, rappelons-le, sur la finance, l’économie et la force armée. Les temps changent… Le mouvement de contestation initié par la Chine et la Russie a un effet d’appel. Ainsi, plusieurs pays africains se détournent ouvertement de la France et de l’hégémon financier pour se rapprocher de la Russie, voire de la Chine. Il en va de même en Amérique Latine.
  • D’un point de vue énergétique : en ce mois d’octobre 2022, l’OPEP prend des mesures qui renforcent l’économie Russe en refusant d’augmenter sa production de barils afin de remplacer le pétrole russe.

Ainsi, ce n’est plus seulement en terme quantitatif de territoire et de population mais aussi désormais en termes de poids économique et financier que les pays contestant la domination anglo-saxonne doivent être appréciés.

Rappelons que « la Chine est désormais, et de loin, le premier exportateur mondial de marchandises. En valeur, cela représente 2600 milliards de dollars pour l’empire du Milieu, contre 1400 milliards de dollars pour les États-Unis. »

Dans cette lutte pour l’émancipation de la Chine et de la Russie du carcan créé par l’hégémon financier, l’UE ne joue qu’un rôle de figurant, de pion amené à être sacrifié militairement après l’avoir été économiquement. Il est tout à fait inutile de mentionner l’UE qui, soumise à la domination globale anglo-saxonne, est un acteur secondaire, déjà sacrifié, en termes de compétitivité économique : aucun État membre de l’UE ne peut, par sa fonction même d’État membre, échapper à cette règle d’airain ; l’application de la dure loi de causalité fait que « soumission » et « sacrifice » vont de pair.

Si, de jure, la Banque des Règlements Internationaux comprend toujours la Russie comme membre officiel, de facto, les liens sont rompus en raison des sanctions infligées par l’occident à la Russie et, en particulier, par la rupture des toute les relations interbancaires avec des établissements russes depuis que Swift a généralement désactivé les banques Russes.

Pourquoi faites-vous de la réforme de l’entreprise un combat d’avant-garde quant à la sauvegarde des peuples ?

Tout simplement parce que les tenanciers du système économique, ceux qui l’ont instauré et répandu comme la peste au niveau mondial, ont pris le contrôle du pouvoir politique – qui n’en est plus un – dans tous les pays occidentaux mais aussi, bien au-delà, dans tous les pays ayant adopté le parlementarisme représentatif et une banque centrale.

Ainsi, il faut déconstruire le radeau de la méduse économique fondé sur l’anonymat et l’irresponsabilité pour avoir une chance de retrouver un réel champ d’action politique disponible aux populations.

Quel modèle politique prônez-vous pour la France et quels seraient les moyens pour y parvenir ?

J’invite toutes les personnes à se préparer à un avenir qui ne ressemblera en rien à ce qu’elles ont déjà connu. Il va falloir faire montre de souplesse et d’adaptabilité, « entreprendre comme si nous étions immortels, et vivre au jour le jour comme si nous allions mourir demain »

En un mot, j’invite tous les auditeurs à faire face à la réalité de l’effondrement imminent de tout ce en quoi ils ont cru, et à rejoindre le combat de Révoludroit pour préparer un avenir nouveau en réinventant la politique et les institutions.

Comprendre en profondeur les mécanismes de notre asservissement actuel m’a permis d’élaborer les solutions historiques nous permettant d’en sortir. J’ai regroupé ces solutions dans un concept appelé Révoludroit, exposé dans le site internet du même nom.

Encore une fois, il ne s’agit pas de réécrire toute l’histoire humaine et repartant de zéro, supprimant au passage tout lien avec notre passé et notre histoire. Car une telle démarche relèverait purement et simplement des mécanismes de domination actuelle, véritable système totalitaire qui appelle à l’avènement d’un homme et d’un État nouveau.

Il s’agit tout au contraire, de tirer des leçons de l’histoire et de faire la synthèse bénéfique de nos expériences politiques :

  • Il s’agit de redonner aux gens un pouvoir politique effectif qui s’applique dans la réalité de leur quotidien => ce qui se traduit dans Révoludroit, par l’instauration de Groupements d’Intérêts ;
  • Il s’agit de réinitialiser le concept de hiérarchie de normes et donc d’État de droit en redécouvrant les grands principes du droit naturel, qui ont été élaborés en Europe tout au long du Moyen-Âge par les grands penseurs de l’Église, en particulier au sein du clergé régulier ;
  • Il s’agit de réinstaurer le concept de droit commun, qui est civil ou n’est pas, dans le respect des normes du droit naturel ; tous les droits d’exception doivent disparaître ;
  • Il s’agit de rendre au pouvoir la responsabilité qui l’accompagne de façon naturelle ; comme de rendre, par principe, à chaque droit le devoir qui va avec ;
  • Il s’agit de rendre à la monnaie son sens naturel initial, perverti par la domination, de type mafieux, des banquiers coalisés au niveau mondial.

Ces quelques principes fondamentaux doivent évidemment être mis en œuvre dans la régulation des relations économiques, ce qui impose une réforme de l’entreprise, mais aussi dans la redéfinition des relations politiques ; la Réforme de l’État s’imposant au même titre que la réforme de l’entreprise.

Croyez-vous à la victoire des nations et des patriotes ou à celle du nouvel ordre mondial et d’un gouvernement mondial ?

Je crois définitivement à la victoire du plus fort et du plus déterminé ; ce dernier élément restant à identifier.

Rien n’est encore écrit :

  • Si les peuples acceptent de se relever et de combattre leur véritable ennemi, le Gouvernement Mondial n’aura aucune chance d’arriver à son terme.
  • Si, en revanche, les populations abruties de propagandes massives, se retournent contre elles-mêmes, en se répandant en guerre civile par exemple, au lieu de combattre leur adversaire, le Gouvernement Mondial arrivera de façon certaine, et probablement plus tôt que nous ne le pensons…

Valérie Bugault

Docteur en droit, ancien avocat fiscaliste, reconvertie dans la géopolitique juridique et économique. Vous êtes l’auteur de plusieurs ouvrages “Du nouvel esprit des lois et de la monnaie” co-écrit avec Jean Rémy, “La nouvelle entreprise”, “Demain dès l’aube… le renouveau”, “Les raisons cachées du désordre mondial” tome 1 et 2.

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Tocqueville et le culte américain de la guerre

Par : Le Saker Francophone — 20 novembre 2022 à 10:00

Novembre 2022 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

L’Amérique est en guerre perpétuelle depuis 1941, et on peut considérer qu’auparavant elle n’était pas en reste, qu’il s’agît de déclarer la guerre à l’Espagne impotente pour lui voler Cuba et les Philippines, d’intervenir de manière récurrente en Amérique centrale ou dans le Pacifique (lire et relire Smedley Butler) ; ou bien de l’incapacité résolue de Roosevelt de résoudre la crise de 1929, jointe à l’évident désir de répandre la croisade démocratique histoire de créer la deuxième guerre mondiale. En imposant l’embargo sur le pétrole au Japon, les États-Unis voulaient provoquer un Pearl Harbour que leur intelligence avait d’ailleurs prévu, et qu’ils laissèrent faire.


L’existence de l’union soviétique tempéra parfois cette ardeur au combat ; mais depuis la chute de l’URSS, on ne se retient plus. Dès les années 80, les budgets militaires explosent comme les déficits budgétaires ; on conçoit l’aberrante guerre des étoiles, substitut à l’impuissance de persévérer dans l’inexistante conquête spatiale, et dans l’ombre on finance et on entretient une armée toujours plus coûteuse et cancéreuse.

C’est le moment de relire Tocqueville :

Car la même agitation d’esprit qui règne parmi les citoyens d’une démocratie se fait voir dans l’armée ; ce qu’on y veut, ce n’est pas de gagner un certain grade, mais d’avancer toujours. Si les désirs ne sont pas très vastes, ils renaissent sans cesse.

Tocqueville développe un long passage sur l’avenir des guerres démocratiques qui n’ont cessé d’agiter les siècles récents. Pour lui, un peuple démocratique est long à sortir de la guerre, s’il est long à y entrer. Car il crée une clientèle de la guerre, avatar de l’économie de services dont on nous a rebattus les oreilles depuis la désindustrialisation forcée.

Un peuple démocratique qui augmente son armée ne fait donc qu’adoucir, pour un moment, l’ambition des gens de guerre ; mais bientôt elle devient plus redoutable, parce que ceux qui la ressentent sont plus nombreux.

Depuis quinze ans, les USA dépensent la moitié du budget militaire mondial, cherchant systématiquement, çà et là, un « rogue state » (expression qu’avait courageusement combattue Derrida) pour reprendre l’expression de l’impayable Albright, à corriger. Cette agitation est allée de pair avec l’explosion des budgets militaires et les besoins d’une hiérarchie désireuse de guerres. L’outil crée sa fonction, et l’armée son conflit. On conçoit qu’alors les militaires américains ne s’arrêtent pas plus que le Tom Cruise de Collateral qui ne peut cesser de tuer – et donc meurt – que lorsque son chargeur est vide. En Afghanistan ou ailleurs en Ukraine, il leur faut toujours plus d’hommes et de moyens. De Jack Reacher à Top Gun ou Collatéral en passant par les ubuesques Missions Impossibles, Cruise est devenu l’incarnation planétaire de cette folie fondée sur la violence et l’activisme fébrile.

Tous les ambitieux que contient une armée démocratique souhaitent donc la guerre avec véhémence, parce que la guerre vide les places et permet enfin de violer ce droit de l’ancienneté, qui est le seul privilège naturel à la démocratie.

Rothbard et les libertariens ont dénoncé cette montée collatérale (bis) de l’État social et de l’État militaire.

On comprend alors pourquoi on a besoin de terrorisme, de tyrans, de « bad guys », de menaces visibles et invisibles, de toutes ces choses. C’est comme pour la vache folle ou le virus. il ne faut pas baisser la garde, et surtout pas les donations en argent. L’Amérique a besoin de la guerre comme le malade de son psychanalyste ; et c’est surtout parce que le soldat a besoin d’un ennemi, et le psychanalyste de son client.

Les États-Unis ont laissé détruire toute leur industrie pour satisfaire aux exigences des marchés financiers : mieux vaut un peuple ruiné qu’un actionnaire mécontent. C’est la règle du post-capitalisme des décombres. Mais ils ont développé une industrie de guerre dont ils ne peuvent plus se passer, celle que Tocqueville, avec son génie visionnaire habituel (en fait il se souvient de la Révolution et de notre Empire), pressent :

La guerre, après avoir détruit toutes les industries, devient elle-même la grande et unique industrie, et c’est vers elle seule que se dirigent alors de toutes parts les ardents et ambitieux désirs que l’égalité a fait naître.

La gesticulation militaire, remarquait l’optimiste Olivier Todd, est l’apanage des empires agonisants. Ils commettent souvent le geste irréparable. On verra si Biden sera l’heureux élu.

Nicolas Bonnal sur Amazon.fr

Ridley Scott et le cinéma rétrofuturiste Les mystères de Stanley Kubrick Louis-Ferdinand Céline : La colère et les mots

Sources

  • De la démocratie en Amérique, tome II, troisième partie, chapitres XXII, XXIII et XXIV.

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Ukraine. Extinction des feux

Par : Wayan — 19 novembre 2022 à 14:00

Par Moon of Alabama – Le 18 novembre 2022

La destruction minutieuse des systèmes énergétiques en Ukraine se poursuit.

Tiré de la liste d’aujourd’hui telle que fournie par le ministère de la Défense de la Russie :


Le 17 novembre, les forces armées de la Fédération de Russie ont lancé une frappe concentrée, à l’aide d’armes aériennes, maritimes et terrestres à longue portée et de haute précision, sur les installations de contrôle militaire, l’industrie de la défense, ainsi que sur les infrastructures énergétiques et de carburant connexes de l’Ukraine.
Les objectifs de la frappe ont été atteints.
Tous les missiles ont frappé avec précision les installations désignées.

Je n’ai aucune idée si la dernière ligne est vraie mais cela n’a pas beaucoup d’importance.

Le ciblage de transformateurs de 330 kilovolts dans divers postes de commutation a réduit de 50 % environ la capacité de distribution du réseau électrique ukrainien. Ces transformateurs pèsent jusqu’à 200 tonnes. Ils ne sont pas remplaçables. Vous ne les achetez pas au coin de la rue, mais vous devez les commander avec des années de délai. Pour autant que je sache, la Russie est actuellement le seul producteur de transformateurs de ce type.

N’est-ce pas un crime de guerre que de détruire l’infrastructure qui approvisionne les civils ?

Cela dépend. Si l’infrastructure est utilisée exclusivement à des fins civiles, la destruction est illégale. Mais l’infrastructure électrique et de transport en Ukraine est utilisée à des fins civiles ET militaires. Dans un article récent de Politico, des responsables ukrainiens le confirment même :

L’Ukraine dit à ses alliés qu’elle pourrait ne pas être en mesure de se remettre de nouvelles attaques russes sur les systèmes énergétiques
Un secteur énergétique peu fiable pourrait avoir des conséquences mortelles, selon des responsables ukrainiens. Dans des conversations récentes, ils ont ajouté que cela pourrait interrompre la production alimentaire et les opérations de transport – des services essentiels pour soutenir les opérations militaires.

La liste comprend également cet élément curieux :

La frappe a permis de neutraliser les capacités de production d’armes nucléaires.

Je me demande où et de quoi il s’agit :

Un dépôt d’armement d’artillerie, livré par les pays occidentaux et préparé pour être envoyé aux troupes, a été détruit.
Le redéploiement des forces de réserve des forces armées ukrainiennes (AFU) et la livraison d’armement étranger aux zones d’opérations sont entravés.

La dernière phrase décrit le véritable objectif des attaques contre les systèmes énergétiques.

Le manque d’énergie dégrade le réseau ferroviaire qui achemine les armes de l’ouest vers le front oriental. Il rend le redéploiement des unités d’une section du front à une autre très difficile et long. Elle donne l’avantage aux forces russes lorsqu’elles changent le Schwerpunkt de leurs attaques d’un coin de la ligne de front à un autre.

Un autre effet des frappes sur les systèmes électriques et des pannes dans les grandes villes qui les suivent sera un nouveau flux de réfugiés qui voudront atteindre l’Europe occidentale. Avec le temps, cela changera l’opinion publique et les priorités politiques de ces pays. S’ils ne parviennent pas à mettre fin à la guerre, ils devront en porter le fardeau.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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Revue de presse RT du 13 au 19 novembre 2022

Par : Wayan — 19 novembre 2022 à 12:00

Par Wayan − Le 19 novembre 2022 − Le Saker Francophone

Le Monde occidental

Entre le temps des résolutions et celui de les appliquer un fossé se creuse :

« Le London Metal Exchange (LME) a décidé de ne pas restreindre les métaux russes de son système et de ses entrepôts, selon une déclaration rendue publique vendredi.

« Le LME ne propose pas à l’heure actuelle d’interdire les transactions des nouveaux métaux russes. De plus, les commentaires ont clairement indiqué que des seuils ou des limites similaires seraient trop complexes pour être réalisables« , a déclaré la bourse.

Le LME a lancé un document de discussion avec les participants du marché sur la perspective d’interdire les métaux russes le mois dernier, et sa déclaration de vendredi était basée sur les résultats de cette discussion.

La bourse a expliqué que certaines parties à la discussion craignaient que le maintien de métaux russes « indésirables » dans les entrepôts du LME ne sème le trouble sur le marché et s’interrogeaient sur l’éthique des relations avec la Russie dans un contexte de sanctions liées à l’Ukraine.

Cependant, le LME a conclu qu’il serait « précipité pour le LME de prendre une action unilatérale » contre la Russie, un producteur majeur, alors que la position sur ses métaux entre les participants au marché varie d’une entreprise à l’autre. »

https://www.rt.com/business/566382-london-exchange-against-ban-russian-metals/

« La Pologne prévoit de continuer à acheter du pétrole russe en 2023 via l’oléoduc « Druzhba » (Amitié), malgré les vœux des autorités du pays d’abandonner les importations en provenance du pays sanctionné, a rapporté mercredi le quotidien moscovite Kommersant.

Le grand raffineur et détaillant de pétrole polonais Orlen a envoyé une offre à la société russe de transport de pétrole et de gaz Transneft pour recevoir trois millions de tonnes de pétrole via l’oléoduc Druzhba en 2023, a rapporté le média, citant une source en Pologne.

Transneft a confirmé la commande sans préciser de quelles sociétés elle émanait, ni les volumes demandés.

Le 5 décembre, un embargo de l’UE sur le pétrole brut et les produits pétroliers russes entre en vigueur. Et même s’il ne sera pas appliqué aux livraisons via l’oléoduc Druzhba, l’Allemagne et la Pologne, qui reçoivent du pétrole par la branche nord de l’oléoduc, ont officiellement annoncé qu’elles renonceraient volontairement au pétrole russe à partir du début de 2023. »

https://www.rt.com/business/566650-poland-russian-oil-imports/

Car la réalité économique frappe :

« L’inflation alimentaire en Finlande a connu une augmentation de 15,7 % en glissement annuel le mois dernier, a rapporté l’agence TASS lundi, citant des données publiées par le centre de statistiques du pays.

La flambée des prix, qui serait la plus forte depuis que la Finlande a rejoint l’Union européenne il y a 27 ans, a été attribuée à « une hausse des prix des engrais et des vecteurs énergétiques causée par la pandémie de coronavirus et le conflit en Ukraine« . »

https://www.rt.com/business/566505-finland-record-jump-food-prices/

« Le géant américain du commerce électronique Amazon devrait licencier jusqu’à 10 000 employés cette semaine, selon des sources anonymes familières de la question, citées par le New York Times.

La nouvelle de ces suppressions d’emplois potentielles intervient quelques jours après que Meta, parent de Facebook, et Twitter ont chacun procédé à des licenciements massifs, envoyant des signaux clairs que le secteur de la technologie se prépare à une récession inévitable. En août, la plateforme de médias sociaux Snap a annoncé son intention de supprimer quelque 20 % de ses effectifs.

Les licenciements toucheraient l’activité Alexa d’Amazon ainsi que les divisions de vente au détail et de ressources humaines de l’entreprise. La semaine dernière, le Wall Street Journal a rapporté que le groupe Alexa, producteur du matériel Echo et des logiciels associés, avait subi des pertes d’exploitation de 5 milliards de dollars par an ces dernières années.

Au début du mois, Amazon a annoncé un gel des embauches au sein de l’entreprise, invoquant un environnement économique « incertain et difficile« .

Les 10 000 emplois représentent environ 1 % des 1,5 million d’employés que compte la société dans le monde. Le nombre final de réductions prévues pourrait changer, a également rapporté le NYT.

Amazon a lutté au cours des derniers trimestres pour faire face au ralentissement de sa division de vente au détail qui s’est produit après les performances impressionnantes réalisées au plus fort de la pandémie de Covid-19. »

https://www.rt.com/business/566538-amazon-workers-layoffs/

« Londres n’abrite plus le plus grand marché boursier d’Europe, Paris ayant repris la couronne lundi, selon Bloomberg. Le journal attribue cette bonne performance à des marques de luxe comme Louis Vuitton et Gucci et pense que les acheteurs chinois seront désireux de dépenser de l’argent lorsque les restrictions liées à la pandémie seront assouplies.

Les actions françaises s’élèvent désormais à 2 823 milliards de dollars, contre 2 821 milliards de dollars pour les actions cotées à la bourse britannique, rapporte Bloomberg, citant ses données de recherche. La Grande-Bretagne avait un avantage de 1 500 milliards de dollars sur la France en 2016, lorsqu’elle a voté pour quitter l’Union européenne lors du référendum sur le « Brexit« .

C’est le Brexit plutôt que la politique fiscale du mandat éphémère de la Première ministre Liz Truss au 10 Downing Street qui est à blâmer, a déclaré Michael Saunders, ancien responsable de la Banque d’Angleterre, à Bloomberg TV.

« L’économie britannique dans son ensemble a été définitivement endommagée par le Brexit« , a-t-il déclaré. « La nécessité d’augmenter les impôts et de réduire les dépenses n’existerait pas si le Brexit n’avait pas réduit autant la production potentielle de l’économie. »

Alors que les valeurs vedettes britanniques n’ont chuté que de 0,4 % cette année, le FTSE 250 a reculé de 17 %, reflétant un « coup de marteau » sur les actions de moyenne capitalisation des détaillants et des marques axées sur la consommation.

Pendant ce temps, les marques de luxe françaises comme LVMH SE et Kering SA – les propriétaires de Gucci – résistent « bien » aux inquiétudes liées à la récession mondiale. Les propriétaires de Louis Vuitton, LVMH, évalués à 360 milliards de dollars, ont fait état de « ventes record » aux États-Unis et s’attendent à un bon quatrième trimestre sur les marchés chinois. »

https://www.rt.com/business/566531-london-paris-stock-market/

La Suède va finalement se plier aux conditions de la Turquie :

« Le Parlement suédois a adopté un amendement constitutionnel qui lui permettra d’imposer des restrictions à la liberté d’association. Une répression des terroristes présumés était exigée par la Turquie comme condition à l’acceptation de la candidature de ce pays à l’OTAN.

La modification a été soutenue mercredi par 278 députés du Riksdag, qui compte 349 sièges. Il ouvre la voie à une future législation visant à lutter contre le terrorisme et est largement perçu comme une concession à la Turquie, qui accuse depuis longtemps la Suède d’abriter sur son sol des terroristes en fuite et de ne pas éradiquer leurs réseaux de collecte de fonds.

Les plaintes de la Turquie portent essentiellement sur les partisans présumés du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a mené une guérilla de plusieurs décennies contre le gouvernement. Ankara a déclaré qu’elle n’accepterait pas la candidature de la Suède à l’OTAN à moins qu’elle ne modifie ses politiques, ce qui empêcherait effectivement l’adhésion. »

https://www.rt.com/news/566681-sweden-amends-constitution-türkiye

 

Le Monde multipolaire

Un petit pas de plus vers la dédollarisation :

« La mission commerciale pakistanaise a demandé au ministère russe du commerce d’introduire un accord d’échange de devises afin de renforcer les liens économiques entre les deux pays, a déclaré vendredi le chef de la mission, Muhammad Shaukat Hayat.

« J’ai lancé une proposition de signature d’un pacte sur un échange de devises et j’ai envoyé une lettre officielle au ministère concerné. La balle est maintenant dans le camp de la Russie. Nous attendons une réponse. Il peut s’agir de n’importe quel mécanisme – échange en roubles ou troc« , a-t-il déclaré.

La Russie et ses partenaires commerciaux ont augmenté la part des monnaies nationales dans les règlements mutuels afin de s’éloigner du dollar américain et de l’euro. Ces dernières années, Moscou a poursuivi une politique de dédollarisation du commerce extérieur et négocie le passage aux monnaies locales pour les règlements avec l’Inde, la Chine, l’Iran et la Turquie. »

https://www.rt.com/business/566334-pakistan-russia-trade-national-currencies/

L’Etat chinois a pris sa décision :

« Les actions et obligations immobilières chinoises ont fortement augmenté lundi, les régulateurs bancaires ayant dévoilé un programme de soutien au secteur endetté.

Les mesures financières visant à stimuler les liquidités dans le secteur immobilier ont été saluées par certains analystes comme un « tournant » et ont fait grimper l’indice immobilier à son plus haut niveau depuis deux mois.

L’indice Hang Seng Mainland Properties a bondi de plus de 16 %, tandis que Country Garden, l’un des plus grands promoteurs immobiliers de Chine, coté à Hong Kong, a gagné plus de 36 %. Les cours des actions de nombreux autres promoteurs immobiliers chinois ont également affiché des gains à deux chiffres.

Le plan de sauvetage intervient alors que le secteur immobilier, à court de liquidités, qui représente un quart de l’économie chinoise, est confronté à des défauts de paiement et à des projets bloqués, ce qui affecte la confiance du marché et freine la croissance de la deuxième plus grande économie du monde.

Selon certains médias, le plan d’aide en 16 points présenté par la People’s Bank of China (PBOC) et la China Banking and Insurance Regulatory Commission (CBIRC) comprend des prolongations de remboursement de prêts. Les régulateurs vont prolonger une échéance de fin d’année pour que les prêteurs plafonnent leur part de prêts dans le secteur de l’immobilier.

Le Financial Times rapporte, en citant un document signé par la PBOC et la CBIRC, que les prêteurs « disposeront désormais d’un délai indéterminé pour limiter la part de leurs prêts immobiliers en cours dans les grandes banques à 40 % du total des prêts et leurs prêts hypothécaires en cours à 32,5 %« .

Cette mesure devrait permettre d’alléger la pression sur le secteur, en évitant un resserrement du crédit, et pourrait concerner 26 % du total des prêts en Chine. »

https://www.rt.com/business/566495-china-property-stocks-rally/

Les occidentaux ont laissé tant d’opportunités d’affaires à saisir en Russie :

« Des concessionnaires automobiles chinois ont ouvert en Russie à un rythme record, a rapporté cette semaine RIA Novosti, citant une analyse d’Otkrytiye Auto. Depuis le début de l’année, leur nombre a augmenté de près de 300 pour atteindre 936, selon le rapport.

« Les détaillants automobiles russes n’ont jamais vu une croissance aussi rapide du nombre de concessionnaires automobiles de la Grande Chine, ce qui s’est produit cet automne« , ont déclaré les experts d’Otkrytiye Auto, notant que 185 salles d’exposition ont été ouvertes de juillet à novembre.

La marque leader parmi les nouveaux concessionnaires était Exeed avec 48. Un total de 47 nouvelles franchises de la nouvelle marque Omoda ont également ouvert, tandis que Chery est désormais la première marque chinoise avec 167 concessionnaires en Russie.

Geely a également augmenté d’un tiers le nombre de ses concessionnaires automobiles en seulement 10 mois, avec 44 nouvelles ouvertures, ce qui porte à 133 le nombre total de concessionnaires de la société en Russie. »

https://www.rt.com/business/566127-chinese-cars-russia-report

 

La guerre chaude en Ukraine

Petit pas par petit pas :

« Le village stratégique de Pavlovka, au sud-ouest de la ville de Donetsk, a été libéré et débarrassé des troupes ukrainiennes, a annoncé lundi l’armée russe.

« Le 14 novembre, après de violents combats, les troupes russes ont complètement libéré la localité de Pavlovka de la République populaire de Donetsk (RPD) », a déclaré le ministère de la Défense dans un communiqué.

Le village, situé sur un carrefour clé, a été le théâtre d’intenses combats ces dernières semaines. Les forces de Kiev ont subi de lourdes pertes dans la bataille, a déclaré le ministère la semaine dernière, perdant quelque neuf soldats contre un Russe.

Le chef par intérim de la RPD, Denis Pushilin, a expliqué précédemment que le village occupe un emplacement stratégique, sa capture ouvrant la voie à une éventuelle avancée plus au nord. Cela est nécessaire pour éloigner les forces ukrainiennes de la capitale de la république, qui subit quotidiennement des tirs d’artillerie et de roquettes, a-t-il ajouté.

Dimanche, l’armée russe a également annoncé la libération du village de Mayorsk, qui se trouve près de la ville de Gorlovka, au nord de Donetsk. Les forces russes auraient également pris le village d’Opytnoye la semaine dernière.

Ce village est situé au nord-ouest de Donetsk, à peu près entre la ville et sa ville satellite d’Avdeevka, qui reste sous le contrôle de Kiev. Le village, effectivement détruit au cours d’années de combats, était un bastion important pour l’Ukraine et était utilisé pour bombarder les zones résidentielles de la capitale de la RPD. »

https://www.rt.com/russia/566504-donbass-locations-military-advance

 

« La Russie a visé les infrastructures énergétiques ukrainiennes dans une attaque de missiles « massive« , a annoncé Kiev mardi. Ces frappes ont eu lieu moins d’un jour après que le président Vladimir Zelensky a fixé des conditions pour des pourparlers de paix avec la Russie que Moscou a qualifiées d' »irréalistes et inadéquates« .

Les forces russes ont « lancé 85 frappes de missiles sur l’Ukraine« , a déclaré Zelensky dans un discours d’urgence mardi soir. Son bureau a qualifié la situation à la suite de cette attaque de « critique« , ajoutant que la plupart des frappes visaient des installations dans le centre et le nord du pays.

La situation à Kiev est particulièrement difficile, selon le chef adjoint de l’administration présidentielle, Kirill Timochenko. Les fournisseurs d’énergie ukrainiens ont eu recours à des coupures de courant d’urgence pour éviter les pannes du système énergétique, a-t-il ajouté.

Selon les autorités locales, la moitié des habitants de Kiev et jusqu’à 80 % des habitants de la ville de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, ont été privés d’électricité à la suite des frappes.

Jusqu’à neuf régions ukrainiennes ont été visées par l’attaque, selon les autorités. »

https://www.rt.com/russia/566581-strikes-across-ukraine

Alors, guerre totale ou pas ? la décision semble diviser ceux qui doivent la prendre :

« Le gouvernement américain est divisé sur la question de savoir s’il faut faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle entame des pourparlers de paix avec la Russie, certains responsables estimant qu’elle n’obtiendra pas de meilleures conditions à l’avenir, rapporte le New York Times jeudi, citant des sources.

Selon des responsables de la Maison Blanche interrogés par le journal, le général Mark Milley, qui dirige les chefs d’état-major interarmées américains, a déclaré lors de réunions internes que les forces de Kiev avaient obtenu tout ce qu’elles pouvaient raisonnablement espérer avant l’arrivée de l’hiver et qu’elles « devraient essayer de consolider leurs acquis à la table des négociations » avec la Russie.

Milley faisait apparemment référence à la récente décision de Moscou de retirer ses troupes de la rive droite du Dniepr, y compris de la ville de Kherson, une décision prise pour préserver la vie des soldats russes.

Toutefois, d’autres hauts fonctionnaires s’opposeraient à la ligne de pensée de Milley, arguant que ni Moscou ni Kiev ne sont prêts à entamer des pourparlers maintenant, alors que toute accalmie dans les combats permettrait à la Russie de se regrouper. Bien qu’ils soient convaincus que le conflit finira par être réglé par la diplomatie, le consensus est que le moment des pourparlers « n’est pas venu » et que les États-Unis ne doivent pas être perçus comme essayant de retenir Kiev alors qu’il « a le vent en poupe« .

Ce rapport intervient alors que le président américain Joe Biden a déclaré jeudi qu’il ne « pense pas que le conflit sera résolu tant que le [président russe Vladimir] Poutine n’aura pas quitté l’Ukraine« . »

https://www.rt.com/news/566326-white-house-split-ukraine-talks/

Il y a ceux qui veulent continuer cette guerre :

« Les États-Unis étudient la possibilité de modifier leurs drones de pointe afin de les envoyer en Ukraine, a rapporté CNN lundi, citant des sources. Plus tôt, les médias américains ont rapporté que Washington avait refusé de fournir à Kiev ce type de véhicule aérien sans pilote (UAV) en raison de problèmes de sécurité technologique et de la crainte d’une escalade du conflit.

Selon deux responsables interrogés par le média, Washington étudie la possibilité de modifier les drones Gray Eagle MQ-1C afin de réduire les risques qu’une technologie sensible ne tombe entre de « mauvaises mains« . Si ces préoccupations sont prises en compte, les chances que l’Ukraine reçoive finalement ces drones seront nettement plus élevées, selon le rapport.

Un autre responsable américain a noté qu' »il y a toujours un réel intérêt à fournir [à l’Ukraine] ce système particulier » si le Pentagone parvient à faire les modifications nécessaires et que les drones seront toujours utiles sur le champ de bataille.

La semaine dernière, le Wall Street Journal rapportait que les États-Unis refusaient de fournir à Kiev des drones Gray Eagle. La principale préoccupation était qu’ils pourraient alimenter le conflit en Ukraine.

Toutefois, selon une source de CNN, les craintes portent davantage sur la sécurité technologique que sur une éventuelle escalade, car tout drone abattu pourrait être récupéré et examiné par l’armée russe. »

https://www.rt.com/news/566542-us-neuter-drones-ukraine-aid

 

« Les forces militaires américaines et britanniques ont organisé un exercice conjoint pour pratiquer l’interopérabilité et tester leurs derniers équipements et techniques de combat sur un terrain similaire à la « steppe ukrainienne« . Cet exercice comprendrait des jeux de guerre simulant la façon dont elles pourraient « pacifier » des foules de civils russophones en colère.

Les exercices en cours se déroulent dans le désert de Mojave, en Californie, dans le cadre du « projet Convergence » du Pentagone, qui a été étendu cette année à la participation des alliés que sont l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni.

Les troupes, dont un régiment d’infanterie d’élite britannique, ont mis en pratique les « leçons prises » du conflit entre la Russie et l’Ukraine tout en s’entraînant sur des paysages désertiques ouverts jugés « similaires au terrain plat de la steppe ukrainienne« , selon le journal britannique Times. »

https://www.rt.com/news/566377-us-uk-russia-drills

 

« Le gouvernement américain a poussé Israël à conclure un accord unique pour fournir à l’Ukraine de mystérieux « matériaux stratégiques » il y a plusieurs semaines, a révélé le journal israélien Haaretz jeudi. Tel Aviv souhaiterait que les détails de l’accord restent secrets pour ne pas irriter Moscou.

Citant trois « hauts responsables diplomatiques européens« , Haaretz rapporte que Washington a approché le gouvernement israélien il y a plusieurs semaines, le pressant de fournir à l’Ukraine des batteries anti-aériennes. Bien qu’Israël ait refusé, il a accepté de financer les « matériaux stratégiques » à la place.

Plusieurs millions de dollars ont été transférés à « un État membre de l’OTAN très impliqué dans la fourniture d’équipements militaires à l’Ukraine« , explique le rapport. Cet État a ensuite acheté le matériel et l’a envoyé en Ukraine. Les sources de Haaretz ont exigé que la nature de ces matériels soit gardée secrète, tandis que Tel Aviv a demandé à toutes les parties impliquées dans l’affaire de ne pas la révéler publiquement, « afin de ne pas mettre en colère [le président russe Vladimir] Poutine. »

Le rapport de Haaretz n’a pas nommé le membre de l’OTAN impliqué dans l’accord. Cependant, il ressemble à un précédent accord de marché gris impliquant la Pologne. »

https://www.rt.com/news/566729-israel-ukraine-weapons-pressure

Et ceux qui ne ne veulent pas que cette guerre s’aggrave :

« L’Allemagne et ses partenaires de l’OTAN n’ont pas l’intention de tenter de fermer l’espace aérien ukrainien à la suite de l’explosion meurtrière d’un missile dans un village situé près de la frontière entre la Pologne et l’Ukraine, a déclaré Berlin mercredi.

S’adressant aux journalistes, le porte-parole Wolfgang Buchner a fait remarquer qu’une telle mesure pourrait déclencher un affrontement direct entre la Russie et les forces de l’OTAN. « Avec tous nos alliés, nous avons convenu que nous voulions éviter une nouvelle escalade de cette guerre en Ukraine« , a-t-il déclaré.

Christian Thiels, porte-parole du ministère allemand de la Défense, a déclaré que Berlin avait proposé d’aider la Pologne à patrouiller son espace aérien. Selon le responsable, des avions de combat Eurofighter allemands pourraient être déployés dès « demain« . »

https://www.rt.com/russia/566610-no-fly-zone-ukraine-poland-missile/

Finalement, il semble que la guerre totale ne soit pas le choix fait, pour l’instant :

« Le président ukrainien Vladimir Zelensky a reconnu que les bailleurs de fonds étrangers de Kiev lui ont parlé de la possibilité de négociations de paix avec Moscou.

« J’ai reçu des signaux de la part de chefs d’État, qui m’ont dit : ‘Nous pensons que [le président russe Vladimir] Poutine veut des négociations directes’. Et j’ai répondu : « Nous proposerons un format public [pour les pourparlers], car la Russie mène une guerre publique contre l’Ukraine« , a déclaré Zelensky aux journalistes mercredi.

« Je suis prêt à recommander un tel format. Je discuterai avec mes collègues de la manière de le faire« , a-t-il ajouté, précisant qu’il ne souhaite pas avoir de « contact en coulisses » avec la Russie.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré jeudi aux journalistes qu' »il est difficile d’imaginer des négociations publiques. Une telle chose n’existe pas« .

« Une chose est évidente : la partie ukrainienne ne veut pas de négociations« , et c’est pourquoi l’opération militaire russe dans le pays voisin se poursuivra jusqu’à ce que tous ses objectifs soient atteints, a déclaré M. Peskov. »

https://www.rt.com/news/566682-ukraine-zelensky-talks-us

 

La guerre froide entre les deux blocs

La Chine dans le viseur :

« Le chef d’état-major interarmées américain Mark Milley a déclaré que le Pentagone soutiendrait l’armée taïwanaise en lui fournissant des armes et des formations, mettant en garde contre une attaque chinoise sur l’île tout en accusant Pékin de rechercher une « supériorité militaire mondiale« .

S’exprimant lors d’un événement organisé par l’Economic Club de New York mercredi, le général américain a souligné que Washington continuerait à renforcer la coopération en matière de sécurité avec Taipei, malgré les objections virulentes de Pékin, qui considère que l’île fait partie du territoire souverain de la Chine.

« Les États-Unis se sont engagés par le biais de la loi sur les relations avec Taïwan, et le président [Joe] Biden a déclaré à de nombreuses reprises récemment que les États-Unis continueraient à soutenir Taïwan« , a déclaré Milley, en faisant référence à la législation américaine décrivant les relations avec Taipei. « Nous les soutiendrons militairement » et « nous essaierons d’aider à les former et à les équiper« .

Milley a poursuivi en affirmant que si rien n’indique que Pékin attaquera l’île dans un avenir immédiat, le président chinois Xi Jinping est en train « d’évaluer la situation et de recalculer ce qu’ils pourraient faire« , notant qu’un assaut à travers le détroit de Taïwan serait « vraiment difficile« .

« C’est vraiment difficile. Et je pense qu’ils sont en train de s’en rendre compte« , a-t-il poursuivi, ajoutant que les préparatifs d’une attaque et sa réalisation effective sont « deux choses différentes. » »

https://www.rt.com/news/566317-milley-taiwan-military-aid

 

« Les législateurs américains cherchent à inonder Taïwan d’autant d’armes et de formations militaires américaines que possible, a rapporté le Washington Post à la veille de la rencontre en tête-à-tête prévue entre le président Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping.

S’il est couronné de succès, cet effort bipartisan permettrait au Pentagone de puiser dans ses propres stocks d’armes, notamment les systèmes de missiles Javelin et Stinger, pour accélérer le renforcement militaire à Taïwan, a écrit le journal dimanche, citant des responsables américains. Le rapport note toutefois que l’approbation de l’assistance militaire à Taipei financée par les contribuables pourrait dépendre du soutien de Biden, qui a promis de « déterminer quelles sont les lignes rouges » lors de sa rencontre avec Xi lundi en Indonésie.

Les législateurs qui soutiennent cet effort espèrent apparemment éviter une répétition du conflit Russie-Ukraine. « L’une des leçons de l’Ukraine est que vous devez armer vos partenaires avant que les tirs ne commencent, ce qui vous donne la meilleure chance d’éviter la guerre en premier lieu« , a déclaré au Post le représentant Mike Gallagher, un républicain du Wisconsin. »

https://www.rt.com/news/566472-taiwan-military-aid-ukraine

 

« Un conflit au sujet de Taïwan provoquerait un choc énorme pour l’économie mondiale, a rapporté vendredi le Financial Times, citant des recherches commandées par le gouvernement américain.

Selon le média, une action militaire sur le territoire chinois autonome entraînerait des pertes économiques de 2 500 milliards de dollars, écrit le FT. Ce chiffre a été communiqué au média par des personnes ayant connaissance d’un document préparé par le cabinet de recherche Rhodium Group.

Les industries dépendant des semi-conducteurs, telles que les secteurs de l’automobile et de l’électronique, subiraient les plus grandes perturbations, indique le rapport. La majeure partie de l’offre mondiale de puces est produite à Taïwan.

Les entreprises chinoises verraient leurs flux financiers se tarir, ce qui constituerait un choc sévère pour le commerce mondial, et les pays en développement qui dépendent de la Chine plongeraient dans une crise économique, indique le FT, citant les recherches.

Le département d’État américain a partagé ces conclusions avec ses partenaires et alliés. Washington et l’UE ont entamé des discussions sur la manière de se préparer à un conflit potentiel autour de l’île, note le FT. »

https://www.rt.com/business/566348-cost-taiwan-conflict-revealed

 

« Le gouvernement chinois a dénoncé Washington pour avoir « répandu de la désinformation » après que le directeur du FBI a déclaré que TikTok – une plateforme de médias sociaux appartenant à la Chine – constitue une menace sérieuse pour la sécurité nationale.

Interrogée sur les remarques du directeur du FBI Christopher Wray en début de semaine, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Mao Ning a rejeté l’accusation, déclarant aux journalistes que Washington cherche simplement à discréditer une grande entreprise chinoise en concurrence avec les géants occidentaux des médias sociaux.

« Diffuser de la désinformation et l’utiliser ensuite pour entraver les entreprises chinoises est devenu un outil incontournable utilisé par le gouvernement américain. La Chine s’y oppose fermement« , a déclaré Mao, qui a exhorté les responsables américains à « agir de manière plus responsable et à prendre des mesures plus crédibles pour respecter et observer les règles internationales qui mettent l’accent sur l’équité, l’ouverture et la non-discrimination« .

Lors d’une audience de la commission de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants consacrée aux « menaces mondiales pour la patrie« , mardi, la représentante républicaine Diana Harshbarger a affirmé que TikTok était « conçu pour accrocher les enfants américains » sur les médias sociaux, et a cité des rapports récents selon lesquels la plate-forme prévoit de surveiller des utilisateurs particuliers « dans le but de sonder des citoyens américains individuels. » Elle a ensuite demandé à Wray si le FBI considérait TikTok comme une « menace importante pour la sécurité nationale » au vu de ces rapports, ou si le bureau avait enquêté sur les « liens avec le [Parti communiste chinois] » présumés de la société.

« Je dirais que nous avons des préoccupations de sécurité nationale, au moins du côté du FBI, au sujet de TikTok« , a déclaré Wray. « Elles incluent la possibilité que le gouvernement chinois puisse l’utiliser pour contrôler la collecte de données sur des millions d’utilisateurs, ou contrôler l’algorithme de recommandation – qui pourrait être utilisé pour des opérations d’influence s’ils le souhaitent – ou pour contrôler les logiciels sur des millions d’appareils. »

Il a ajouté qu’il commenterait les enquêtes en cours dans un « cadre fermé et classifié« , se contentant de dire qu’il y a « des dizaines d’enquêtes ouvertes sur la menace chinoise« , sans donner plus de détails. »

https://www.rt.com/news/566663-china-fbi-tiktok-threat/

C’est le FMI lui-même qui prévient :

« Les tentatives des États-Unis et de l’Union européenne de construire des barrières économiques pour atteindre leurs objectifs géopolitiques finiront par se retourner contre eux, a déclaré la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva.

« Ce qui m’inquiète, c’est l’aggravation de la fragmentation de l’économie mondiale« , a déclaré Mme Georgieva dans une interview accordée au Washington Post samedi. « Nous sommes peut-être en train de créer comme des somnambules un monde qui est plus pauvre et moins sûr en conséquence« .

Si la rivalité entre les États-Unis et la Chine divise l’économie mondiale en camps opposés, elle se contractera de 1,5 %, soit plus de 1 400 milliards de dollars par an, a-t-elle dit, ajoutant que les pertes en pourcentage pour la région asiatique seront deux fois plus importantes.

Mme Georgieva, d’origine bulgare, a rappelé qu’elle avait « vécu la première guerre froide de l’autre côté du rideau de fer. Et, oui, il fait assez froid là-bas. Et se lancer dans une deuxième guerre froide pour une autre génération est… très irresponsable. » »

https://www.rt.com/news/566448-imf-georgieva-us-china

La Russie dans le viseur :

« La déclaration de Washington selon laquelle la Russie ne remplit plus les conditions requises pour être considérée comme une économie de marché n’exerce pas seulement une pression sur Moscou mais aura des répercussions au niveau mondial, a déclaré vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, aux journalistes.

Cette dernière mesure « visant à poursuivre cette ligne vraiment destructrice, ne contribue en aucun cas à la stabilisation des marchés mondiaux« , a-t-il souligné.

Peskov réagissait à l’annonce faite plus tôt dans la journée de vendredi par le ministère américain du commerce, selon laquelle les États-Unis ne traiteraient plus la Russie comme une économie de marché. Le ministère a affirmé que les industries et les fabricants américains ont du mal à concurrencer les entreprises russes sur les marchés nationaux et mondiaux.

« Cela ne peut être vu que d’une seule manière, comme il me semble, c’est la poursuite des actions visant à faire pression sur la Fédération de Russie dans toutes les directions possibles. Nous avons vu des pressions sur l’économie, de nombreuses sanctions et ainsi de suite« , a déclaré Peskov. »

https://www.rt.com/business/566330-kremlin-reacts-us-economic-pressure

 

« Varsovie s’apprête à confisquer les actifs du grand groupe énergétique russe Gazprom, ont rapporté lundi les médias du pays. Cette mesure vise la participation de 48 % de la société dans EuroPolGaz, qui possède la section polonaise du gazoduc Yamal-Europe, qui achemine le gaz russe vers l’UE.

La décision de saisir les actions de Gazprom aurait été prise par le ministre du développement et de la technologie, Waldemar Buda, à la demande de l’agence de sécurité intérieure polonaise. Elle vise à « assurer la sécurité des infrastructures critiques [de la Pologne]« , a déclaré le ministère.

Selon les médias, les autorités polonaises ont déclaré que l’ordre devait être mis en œuvre immédiatement et ont établi une administration obligatoire à l’égard de l’entité russe afin de garantir le maintien de la fonctionnalité d’EuroPolGaz, une coentreprise entre le grand gazier russe et le polonais PGNiG. »

https://www.rt.com/business/566522-poland-seize-gazprom-assets

 

« Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a retiré le code d’une société de logiciels russe de sept applications publiques, invoquant des problèmes de sécurité à la suite d’une enquête, a rapporté Reuters.

L’agence sanitaire américaine affirme que la société, qui s’appelle Pushwoosh, « présente un problème de sécurité potentiel » en raison de son origine russe. La porte-parole du CDC, Kristen Nordlund, a déclaré que la société avait induit le CDC en erreur en lui faisant croire qu’elle était basée dans la région de Washington, DC.

Pushwoosh propose à ses clients une plateforme de communication qui automatise les campagnes de marketing et le support client en diffusant des messages sur divers appareils et plateformes. Sur son site web, elle affirme avoir 10 ans d’expérience et plus de 80 000 clients dans le monde.

Selon Reuters, le code créé par la société a été intégré dans près de 8 000 applications dans les magasins d’applications Google et Apple. L’agence de presse britannique n’a trouvé aucune preuve que la société – dont le siège est situé dans la ville russe de Novossibirsk – ait malmené les données des utilisateurs de quelque manière que ce soit. Mais elle a laissé entendre que le gouvernement russe pourrait faire pression sur Pushwoosh pour qu’elle le fasse.

« Washington pourrait choisir d’imposer des sanctions à Pushwoosh et dispose d’une large autorité pour le faire, selon les experts en sanctions, y compris peut-être par le biais d’un décret de 2021 qui donne aux États-Unis la capacité de cibler le secteur technologique russe pour des activités cybernétiques malveillantes« , note le rapport.

Reuters a affirmé que la firme obscurcissait son origine russe et utilisait même de faux profils Linkedin pour trouver des clients. L’armée américaine a déclaré à l’agence qu’elle avait également retiré une application utilisant le code de Pushwoosh en mars pour des raisons de sécurité. Elle a assuré qu’elle n’avait subi aucune « perte opérationnelle de données » en utilisant cette application. »

https://www.rt.com/news/566506-reuters-pushwoosh-russian-expose

L’Iran dans le viseur :

« Au moins cinq personnes ont été tuées mercredi dans la ville iranienne d’Izeh, où des hommes armés ont ouvert le feu sur des civils avec des armes automatiques, selon des responsables locaux. Des attaques contre le personnel de sécurité ont également été signalées dans deux autres villes iraniennes, Ispahan et Qorveh. Aucun groupe n’en a encore revendiqué la responsabilité.

Selon Valiollah Hayati du bureau du gouverneur de la province du Khuzestan, à 17h30 heure locale, deux hommes à moto ont ouvert le feu sur le marché d’Izeh en utilisant des « armes militaires » et en tuant « cinq citoyens à ce jour« . Parmi eux se trouvaient une femme âgée et un enfant, a-t-il ajouté.

Le bilan pourrait s’alourdir, car plusieurs personnes ont été admises dans les hôpitaux locaux avec des blessures par balle et sont « dans un état critique« , a déclaré Hayati à Press TV.  L’attaque s’est produite alors que les forces de sécurité tentaient de disperser un groupe d’émeutiers, selon des responsables iraniens.

Aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité de l’attaque, que le gouvernement de Téhéran décrit comme un acte de terrorisme. Dans un incident peut-être lié, une école religieuse pour femmes à Izeh a été incendiée par des émeutiers.

Deux membres de la milice de sécurité Basij ont été tués par balle dans une autre attaque à Ispahan, également par des hommes armés circulant à moto, a rapporté l’agence de presse nationale IRNA.

Une fusillade similaire a eu lieu à Qorveh, dans la province du Kurdistan, selon un tweet du professeur de l’université de Téhéran Seyed Mohammad Marandi.

« Les agences de renseignement occidentales/saoudiennes passent des émeutes ratées au terrorisme total« , a-t-il ajouté. »

https://www.rt.com/news/566660-iran-terrorist-shootings-motorcycles

 

« Les États-Unis ont imposé des sanctions à plusieurs hauts responsables d’un média d’État iranien, qualifiant deux de ses reporters de « journalistes-interrogateurs« .

Les sanctions, annoncées mercredi par le département du Trésor américain, désignent six hauts responsables de la société Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), considérée comme « un outil essentiel dans la campagne de suppression et de censure de masse du gouvernement iranien contre son propre peuple« .

« L’IRIB a produit et récemment diffusé des interviews télévisées de personnes forcées d’avouer que leurs proches n’avaient pas été tués par les autorités iraniennes lors des manifestations nationales, mais qu’ils étaient morts de causes accidentelles et sans rapport avec le sujet« , a déclaré le ministère, alléguant que le média avait auparavant « diffusé des centaines de confessions forcées de détenus iraniens, binationaux et internationaux« .

Les sanctions visent le directeur de l’IRIB, Peyman Jebelli, directement nommé par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, le directeur adjoint de l’agence, Mohsen Bormahani, le chef du service mondial de l’IRIB, Ahmad Noroozi, et le directeur des programmes et de la programmation, Yousef Pouranvari.

Les reporters Ali Rezvani et Ameneh Sadat Zabihpour ont également été inscrits sur la liste noire, le Trésor les qualifiant de « journalistes-interrogateurs » qui auraient coopéré avec les forces de sécurité « pour obtenir et diffuser des aveux forcés dans le style des documentaires« .

En vertu des sanctions, tous les biens et avoirs basés aux États-Unis détenus par les personnes désignées seront gelés, tandis que les transactions entre les Américains et toute société ou entité appartenant aux personnes en question sont interdites. »

https://www.rt.com/news/566664-us-sanctions-iranian-journalists

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Les dessous de l’épreuve de force

Par : hervek — 19 novembre 2022 à 10:00

Une menace pour « notre démocratie » ? Quelle effronterie ! Dans un monde juste et équitable, le Parti Démocrate du Chaos irait se coucher au cimetière des ânes – mais depuis quand les USA font-ils partie d’un monde juste et équitable ?


Par James Howard Kunstler – Le 7 novembre 2022 – Source kunstler.com

Rochelle Walensky – CDC

Existe-t-il une notion plus grotesque colportée à travers cette nation troublée que le mantra de campagne selon lequel « Joe Biden », et la clique dissimulée derrière lui, défendent notre démocratie ? Qu’est-ce qui pourrait être plus manifestement faux ?

La censure et la restriction du premier amendement sont-elles démocratiques ? Ils n’ont pas essayé d’adoucir leur assaut continu contre la liberté d’expression. Ils abhorrent la diversité d’opinion, surtout quand elle entre en conflit avec leurs efforts évidents pour détruire le pays. Envoyer les chiens du FBI et emprisonner leurs opposants en dehors de toute procédure légale, est-ce démocratique ? La fraude électorale est-elle démocratique ? La « vaccination » forcée ? Je pourrais continuer (et je le fais souvent), mais vous savez exactement ce qu’ils font : mentir sans cesse sur tout, vous faire avaler des récits insensés, retourner la réalité dans tous les sens et faire exploser ce qui reste de la culture et de la vie économique américaines.

Si ce qu’ils font est évident, la raison pour laquelle ils le font l’est moins. Je n’ai que deux théories : Soit 1) le Parti du chaos agit dans l’intérêt de forces sinistres extérieures à notre système politique ; soit 2) ils sont si loin de toute éthique et si profondément ancrés dans la criminalité menée par tant de personnes et d’agences à leur service, que tout ce que vous les voyez faire maintenant est une tentative de dissimuler leurs crimes ou d’en détourner l’attention de la population.

La bonne réponse est probablement les deux. D’une manière ou d’une autre, l’argent et l’influence de Davos se fraient un chemin à travers les institutions américaines et exercent leur vile volonté, mâchant les supports structurels de la vie quotidienne. Un agent évident est George Soros, dont les nombreuses ONG opèrent à un niveau local très fin pour élire des procureurs de district qui ne feront pas appliquer les lois pénales et des secrétaires d’État qui ne feront pas appliquer les lois électorales. Soros est également profondément impliqué, par l’intermédiaire de son organisation Atlantic Council, dans le programme de déstabilisation de l’Ukraine, qui dure depuis des années, et qui est le prélude à une guerre mondiale qui aurait pu être évitée. Au moins une partie du temps, George Soros vit aux États-Unis. La raison pour laquelle ses activités ne font pas l’objet d’une enquête du ministère américain de la justice répond probablement à vos questionnements sur son influence cachée aux plus hauts niveaux du gouvernement.

Bill Gates, le magnat de Microsoft, circule au centre du nexus maléfique où la santé publique américaine serre la main aux compagnies pharmaceutiques. Son argent semble être impliqué dans des projets de laboratoires biologiques dans le monde entier qui visent à combattre les maladies et à tirer profit de prétendus « vaccins » pour les vaincre. Le projet Covid-19 a mal tourné, surtout la partie « vaccin ». Il s’est prononcé en faveur de la réduction de la population mondiale et semble avoir réussi à provoquer un étrange génocide médical.

Les autres acteurs extérieurs qui le soutiennent vont du très peu crédible Klaus Schwab et son Forum économique mondial, qui a implanté dans toute la société occidentale des dirigeants et des gestionnaires dans le cadre de son effort de grande réinitialisation visant à détruire ce qui reste de la société industrielle et de son armature culturelle, à des personnages de l’ombre dans le secteur bancaire européen dont on parle sans jamais les identifier, en passant par le PCC, qui a tiré d’énormes bénéfices de ses investissements relativement modestes dans la famille Biden.

Sur la scène nationale, où la dissimulation d’écheveaux de crimes multiples donne le ton politique, Christopher Wray du FBI doit mener la meute des gratte-papiers. Sous sa direction, à partir de 2017, l’agence a réalisé la plupart de ses crimes genre RussiaGate contre un président en exercice et n’a absolument rien fait pour enquêter sur la fraude électorale flagrante de 2020 qui a scellé l’affaire. Même sous l’abri de « Joe Biden », que M. Wray a contribué à faire élire, et du larbin , le procureur général Merrick Garland, des informations accablantes sur les crimes du FBI continuent de fuir par le biais de lanceurs d’alerte, tandis que l’agence se comporte de plus en plus comme une Gestapo américaine.

Tout ce désespoir est probablement le signe de la crainte qu’un nouveau Congrès ne commence à poser sérieusement des questions sur tous ces comportements répréhensibles, ce qui pourrait conduire à l’emprisonnement des personnes concernées. Le conseiller spécial John Durham n’a pas réussi à obtenir des condamnations dans les procès de cette année contre les petits délinquants Sussmann et Danchenko, mais il a réussi à rendre publics de nombreux péchés originels de l’opération RussiaGate et, bien que 99,9 % des observateurs pensent qu’il a terminé, je suis prêt à parier que M. Durham continuera à faire parler de lui après les élections, et pas seulement dans un « rapport » de pure forme.

De même dans le domaine de la santé publique aux États-Unis, où le personnage central du désastre Covid, le Dr Anthony Fauci, semble penser que sa retraite érigera un bouclier invisible contre les poursuites autour de lui – s’il vit assez longtemps. L’habileté du Dr Fauci à éviter de témoigner sous serment pourrait bien prendre fin, puisque le juge fédéral Terry Doughty l’a contraint à déposer dans le cadre du procès conjoint du Missouri et de la Louisiane, qui allègue une collusion entre le gouvernement et les entreprises technologiques pour censurer la liberté d’expression liée au Covid et aux « vaccins ».

Rochelle Walensky, du CDC, a disparu pendant plus d’une semaine avant l’élection, alors que les rapports s’accumulent sur la montée en flèche des décès toutes causes confondues impliquant les injections d’ARNm. L’ancien directeur des NIH, Francis Collins, fait profil bas, le Dr Ralph Baric est enfermé et silencieux à l’Université de Caroline du Nord, et un grand nombre d’autres hauts fonctionnaires, actuels et anciens, des CDC, de la FDA et d’autres agences de santé publique doivent être nerveux, si le Congrès se retourne, à l’idée de devoir rendre compte de ce qu’ils ont fait à leur pays. S’il se retourne….

Ainsi, les élections de mi-mandat atteignent leur apogée sur des pattes d’éléphant. Le changement de sentiment est palpable. Dans des circonstances normales, la malhonnêteté prodigieuse et nue du parti Démocrate du chaos, et ses nombreuses insultes gratuites envers les électeurs – comme le barrage d’histoires de drag queens de l’année dernière – conduiraient les Démocrates à l’extinction. Leur désespoir doit être tel qu’ils sont prêts à tout essayer pour éviter un désastre électoral, y compris toutes les formes de fraude électorale. Regardez les endroits habituels : Pennsylvanie, Géorgie, Michigan, Wisconsin, Nevada, Arizona.

Cette fois, bien sûr, de nombreux observateurs sont présents et savent ce qu’il faut rechercher. Il pourrait facilement en résulter une élection dont le résultat ne serait accepté par aucun des deux partis, ce qui constituerait une invitation à un vaste désordre civil. Je ne suis pas très porté sur la prière, mais demain, je me mettrai à genoux pour dire quelques mots au directeur.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

 

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Une dangereuse meute de hyènes erre en Europe

Par : Wayan — 19 novembre 2022 à 09:00

s’attendaient-ils à ce que nous les traitions avec un quelconque respect ?
Ils peuvent polir leurs médailles et aiguiser leurs sourires.
sourires, et s’amuser en jouant à des jeux pendant un certain temps
boom boom, bang bang, allonge-toi tu es mort
Roger Waters


Par The Saker – Le 17 novembre 2022 – Source The Saker’s Blog

À l’heure actuelle, la plupart d’entre vous doivent avoir entendu parler du « mystérieux » tir de missile qui a frappé la Pologne.  Si vous l’avez manqué, voici quelques articles qui montrent comment ce non-événement a été développé par les médias :

Il est en fait assez intéressant de voir comment cette histoire a « évolué« . D’abord, elle a été présentée comme une attaque russe. Bien sûr. Comment pourrait-il en être autrement ?

Puis il est devenu assez évident que le missile était un missile de défense aérienne ukrainien S-300.  Maintenant, je dois vous dire que les Ukronazis ont accusé la Russie d’utiliser de vieux S-300 contre des cibles terrestres. Cependant, il n’y a aucun S-300 russe à portée de l’endroit où le missile a atterri, seulement des S-300 ukrainiens. Et, comme l’a souligné Gonzalo Lira, un agriculteur polonais a vraiment fait une bonne action en photographiant les débris du missile. Je voudrais noter que Lira a tort lorsqu’il affirme qu’un missile russe ne peut venir que de l’Est. Les armes russes à distance utilisent des guidages par satellite, inertiel et le suivi du terrain pour suivre une trajectoire soigneusement préparée afin de contourner les défenses aériennes et elles peuvent très bien voler autour d’une cible avant de la frapper « par derrière« .

Comme on pouvait s’y attendre, la bande habituelle de cinglés a exigé une réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unis et une réunion de l’OTAN. Les Ukies ont été particulièrement véhéments, et la raison en est assez évidente : Les S-300 ukrainiens frappent des bâtiments depuis un certain temps déjà, et chacune de ces explosions a, bien entendu, été imputée à la Russie (ou même personnellement à Poutine). Il existe des vidéos sur Telegram montrant des missiles de défense aérienne ukrainiens décollant, effectuant une grande courbe et explosant en plein vol ou, pire, frappant le sol. La même chose s’est produite pendant la guerre du Golfe, lorsque les Patriots américains n’ont pas réussi à intercepter les SCUD irakiens et ont tué des personnes au sol. Les tentatives de Kiev de dissimuler la véritable origine de ce missile par des hystéries sur « l’agression russe » n’ont pas très bien fonctionné cette fois-ci.

Au départ, il semble que certains politiciens polonais aient voulu immédiatement utiliser cet incident pour créer encore plus de tensions, mais la réaction plutôt tiède des États-Unis leur a envoyé un message clair : les États-Unis ne souhaitent pas participer à ce qui serait une PSYOP ou un false flag vraiment ridicule (et potentiellement très dangereux).

Les Polonais ont compris le message et ont rapidement convenu que le missile était ukrainien.

Le seul « prix de consolation » que les Polonais et les Ukrainiens ont obtenu a été une déclaration américaine molle selon laquelle la Russie était « responsable en dernier ressort« , ce qui est à peu près aussi significatif et intéressant qu’un pétard mouillé.

Pourtant, la hyène polonaise s’efforce de montrer ses prouesses en menant de « petites guerres« , car ses maîtres américains ne lui permettent pas (encore !) de déclencher la grande guerre dont elle a désespérément besoin pour, une fois de plus, arracher des terres à l’Ukraine vaincue (comme elle l’a fait lors de la partition de la Tchécoslovaquie avec l’aide d’Hitler en 1938).

La dernière victoire polonaise est d’avoir vaincu Roger Waters, à qui ils ont désormais interdit de se produire en Pologne. Roger Waters figurait déjà parmi les « ennemis de l’Ukraine » sur la tristement célèbre liste des « Mirotvorets« . Il a maintenant été élevé au rang d’« ennemi de la Pologne ».

Une confirmation de plus que les Ukrainiens nazis, les Polonais latins et les Israéliens sionistes ont les mêmes « ennemis » en dépit de leurs différences idéologiques, relativement mineures.

Pour être juste, le Royaume-Uni, le Canada, le Banderastan ou l’un des trois États baltes ne sont pas moins des hyènes que la Pologne. Eux aussi ne font preuve de courage que lorsqu’ils sont protégés par les suzerains américains.

Alors oui, cette fois-ci, les Ukronazis et les Polonais n’ont pas pu utiliser un missile indiscutablement ukrainien pour tenter de forcer l’OTAN à attaquer la Russie. Mais que se passera-t-il la prochaine fois si aucune photo n’est disponible (les Ukronazis ont déjà interdit la réalisation de photos ou de vidéos de tout endroit touché par un missile !)

Alors, où tout cela nous mène-t-il ?

C’est simple : premièrement, les Polonais détestent les Ukrainiens tout autant qu’ils détestent les Russes. Les Ukrainiens, d’ailleurs, ne détestent pas moins les Polonais que les Russes (et les Juifs). La seule différence est que la haine polonaise anti-ukrainienne est teintée de mépris alors que leur haine anti-russe est teintée de peur. Ajoutez à ce tableau les Britanniques, avec leurs propres douleurs fantômes impériales et leur sentiment de supériorité raciale sur les Européens « continentaux » (« Brouillard sur la Manche, l’Europe est isolée« ) et vous verrez rapidement qu’il y a beaucoup de haine entre ces « alliés« .

Nous avons donc affaire à une meute entière de hyènes haineuses.

Les Polonais et les Ukies ont une chose principale en commun, ils veulent que l’OTAN fasse la guerre à la Russie : les Ukies veulent simplement que leur pays survive et les Polonais veulent s’emparer d’un morceau de l’Ukraine. Certains partis politiques polonais veulent même que les réfugiés ukrainiens jurent fidélité à la Pologne ! En vérité, les Ukronazis ont adopté des lois qui, en substance, permettent aux ressortissants polonais d’avoir les mêmes droits que les Ukrainiens.

On dirait bien que la Pologne, ou du moins une partie du Banderastan, est préparée pour une fusion éventuelle en une seule entité. Si cela se produit vraiment, l’UE aura un gros et très vilain problème sur les bras 🙂

Et, bien sûr, les dirigeants de l’OTAN aimeraient bien vaincre la Russie dans une guerre majeure, mais ils savent qu’ils n’ont tout simplement pas les effectifs nécessaires pour y arriver, d’où la « prudence » des États-Unis et les discussions sur la « désescalade« .

Certains envisagent une sorte de « coalition de volontaires » ou une « alliance des démocraties« , mais tous ces jolis concepts n’apportent ni effectifs ni puissance de feu. Cette approche a échoué lamentablement partout où elle a été tentée, et elle échouera encore.

Attaquer la Russie quand elle est faible, ou déjà attaquée par d’autres ennemis, est une tradition polonaise bien ancrée et leur héros national est un dirigeant psychopathe qui veut sérieusement que la Pologne devienne une superpuissance européenne en s’emparant de toutes les terres entre la mer Baltique et la mer Noire. Dieu sait qu’ils ont essayé suffisamment de fois pour savoir que cela n’arrivera jamais, alors la meilleure solution pour les Polonais est de s’emparer de la plus grande partie possible de l’Ukraine.

L’autre stratégie « sophistiquée » des Polonais est d’être le caniche le plus abjectement soumis dans l’ »Anglo-Eurokennel« , dans l’espoir que la « nouvelle Europe » de Rumsfeld (c’est-à-dire la Pologne) remplace la « vieille Europe » (c’est-à-dire l’Allemagne et la France). Vous vous souvenez qu’ils voulaient un « Fort Trump » ?  Ils étaient même prêts à payer (principalement avec des subventions de l’UE) pour avoir l' »honneur » d’accueillir les forces américaines !

C’est ainsi que les Polonais veulent devenir une « superpuissance de l’UE« . Sans blague !

Il en va de même pour les Britanniques dont la politique étrangère séculaire peut se résumer en une seule phrase : « mettre le feu à l’Europe en déclenchant des guerres et des révolutions ».

Il n’est donc pas surprenant que les Britanniques et les Polonais entretiennent actuellement une sorte de relation amoureuse (malgré le sentiment de supériorité des Britanniques sur cette prétendue superpuissance européenne).

Leur principal problème est qu’aucun des deux pays ne possède d’armes nucléaires et qu’ils ont tous deux besoin du feu vert de l’oncle Shmuel non seulement pour utiliser des armes nucléaires, mais aussi pour organiser un incident (relativement) mineur ou un faux drapeau. Et alors que les Polonais se sont armés (et s’arment toujours) comme des fous, l’armée britannique est assez largement une plaisanterie. Mais il est tout simplement impossible que les Polonais trouvent le courage (certes suicidaire) d’attaquer les forces russes toutes seules. Les trois États baltes contribueraient volontiers à une si noble cause, mais leurs capacités militaires sont vraiment dérisoires et leur géographie les condamne à mort s’ils attaquent la Russie.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de Polonais qui se battent en Ukraine. Il y a au moins plusieurs milliers de Polonais qui combattent actuellement en Ukraine mais, comme le reste du personnel de l’OTAN, ils sont officiellement soit des « volontaires« , soit des « conseillers« , soit des « fournisseurs d’aide« . À propos, les « vieux Européens » sont également bien représentés en Ukraine avec des unités françaises, espagnoles et italiennes.

Mais ces nombres sont loin d’être ceux qui sont nécessaires pour affronter directement l’armée russe.

Quoi qu’il en soit, les politiques et les attitudes véritablement insensées des Polonais et des Ukrainiens font lentement prendre conscience du fait que l’expansion de l’UE vers l’Est était une erreur énorme et fatale. Non seulement des pays comme la Hongrie et la Pologne ne sont pas disposés à obéir à tous les ordres des eurobureaucrates, mais l’arrogance infinie des Ukrainiens, qui exigent constamment, et non pas demandent, que l’OTAN et l’UE les soutiennent quoi qu’il arrive, entraîne maintenant une sorte de contrecoup (toujours très discrets, la plupart des politiciens européens sont encore incapables de défier ouvertement les États-Unis). Au fur et à mesure que les économies occidentales s’enfoncent dans un gouffre économique, l’arrogance et le sentiment d’être dans leur bon droit des Polonais et des Ukrainiens déclencheront de plus en plus de réactions négatives.

Tôt ou tard, le reste de l’UE en aura assez de ces fous.

Certains, comme le très populaire Tucker Carlson, en ont déjà bien assez de ces affreux clowns.

Même certains politiciens américains, y compris des Libéraux et des Conservateurs, s’opposent au soutien total des États-Unis au régime de Kiev.

Ces voix se regrouperont-elles un jour pour un retour à la raison ? Honnêtement, je n’en sais rien.

L’avenir du continent européen sera largement déterminé par la capacité des pays de l’UE, disons, « sains d’esprit« , à maîtriser et à contenir les fous purs et durs de la bande 3B+PU+UK. À l’heure actuelle, les 3B+PU+UK ont le soutien total des États-Unis, ce qui est extrêmement dangereux car cela les encourage à s’engager davantage dans des actions vraiment dangereuses et même téméraires. Les néoconservateurs américains sont au moins aussi haineux à l’égard de la Russie que le gang 3B+PU+UK, aussi ne pouvons-nous que prier et espérer qu’il y ait suffisamment d’esprits sains au Pentagone et ailleurs pour inciter à la prudence (ce qui s’est apparemment produit dans le cas de la « mystérieuse » attaque de missiles sur le tracteur polonais).

L’essentiel est le suivant : à moins que les adultes dans la pièce ne parviennent à tenir en laisse les différentes « hyènes de l’UE« , tôt ou tard, l’une de ces hyènes déclenchera une chaîne d’événements potentiellement cataclysmiques. N’oubliez pas que les personnes qui ont mis les nazis au pouvoir à Kiev sont les mêmes qui ont fédéré les Takfiris dans ce qui est devenu Al-Qaïda (merci Zbig !). C’était il y a plus de 40 ans, et le monde paie encore un énorme prix en sang innocent pour ce « brillant » plan de la CIA…

Pour l’instant, je ne vois aucun « adulte dans la salle« , mais peut-être cela va-t-il changer au cours de cet hiver ?

Nous le saurons bientôt.

Avant de conclure, je voudrais vous laisser avec trois éléments intéressants :

Premièrement, ce qui semble être des documents déclassifiés de la CIA qui montrent que la CIA était profondément impliquée avec les nationalistes ukronazis. Je ne peux pas me porter garant de l’authenticité de ces documents, mais j’ai demandé à un ami qui le saurait peut-être, et il m’a dit qu’ils lui semblaient vrais.

Deuxièmement, n’oubliez pas de consulter le commentaire d’Andrei Martyanov sur ce « missile faux drapeau« . Je suis entièrement d’accord avec lui lorsqu’il dit que (la plupart) des journalistes occidentaux sont des criminels de guerre.

Troisièmement, je vous laisse avec une interview très intéressante du colonel (retraité) Douglas MacGregor, un superbe analyste militaire américain et un homme qui dit la vérité sur la guerre en Ukraine depuis longtemps maintenant.

Je ne peux qu’espérer et prier pour que les gens du Pentagone et les autres écoutent ce que MacGregor a à dire !

L’interview originale est sur sa chaîne YouTube :

The Saker

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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Derrière l’arnaque crypto. « Une absence totale d’informations financières dignes de confiance « 

Par : Wayan — 19 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama – Le 18 novembre 2022

Yves Smith de Naked Capitalism, qui qualifie tout ce qui est crypto de « futures poursuites » [jeu de mot avec le terme « futures » qui désigne, en anglais, les produits financiers dérivés, NdT] fournit le dernier rapport sur le dépôt de bilan de FTX :

John J. Ray III, le PDG nouvellement nommé de l’empire tentaculaire de l’acteur crypto en faillite, FTX, qui a joué le même rôle dans la faillite d’Enron et d’autres grandes implosions d’entreprises, a déposé son évaluation initiale officielle auprès du tribunal des faillites du Delaware sous la forme d’une déclaration, intégrée ci-dessous.

Comme on pouvait s’y attendre, FTX et les entreprises qui y sont liées sont un énorme gâchis criminel.

Au point 5 de sa déclaration, le nouveau PDG ne cache pas que :

Jamais dans ma carrière je n’ai vu un échec aussi complet des contrôles d’entreprise et une absence aussi complète d’informations financières fiables. De l’intégrité compromise des systèmes et de la surveillance réglementaire défectueuse à l’étranger à la concentration du contrôle entre les mains d’un très petit groupe d’individus inexpérimentés, non avertis et potentiellement compromis, cette situation est sans précédent. …

« Des individus potentiellement compromis » pourrait faire référence à l’utilisation rampante de drogues à FTX. Mais cela pourrait également indiquer des connexions plus sombres.

D’Yves encore :

A ce stade, Ray n’a pu faire qu’une description approximative de l’entreprise, en répartissant les opérations en quatre « silos » et en décrivant les principales entités juridiques et activités de chacun.

Regardons tout ce qui manquait à FTX :

 

  • Des bilans montrant les fonds des clients en crypto au passif. Les seuls avoirs des clients figurant dans les bilans consolidés sont ceux des monnaies fiduciaires !
  • Des contrôles des actifs numériques : « Le groupe FTX n’a pas tenu de livres et de registres appropriés, ni de contrôles de sécurité, en ce qui concerne ses actifs numériques. »
  • Un département comptable.
  • Des audits financiers pour toutes les entreprises. Seul un des « silos » faisait appel à un cabinet d’audit reconnu. Le plus gros silo en contact avec la clientèle avait ses livres de comptes préparés par un inconnu (avec son bureau dans le Metaverse, ça ne s’invente pas), deux d’entre eux n’avaient pas d’états financiers audités.
  • Des enregistrements des comptes bancaires et des signataires de ces comptes.
  • Une gestion centralisée de la trésorerie
  • La déclaration des employés et de leurs conditions d’emploi
  • Un contrôle significatif des décaissements
  • Des réunions du conseil d’administration et/ou états financiers « audités par un auditeur peu scrupuleux » pour de nombreuses entités FTX
  • Un registre de la plupart des décisions

Jusqu’à présent, Ray n’a trouvé que 564 millions de dollars d’argent liquide et a déplacé 760 millions de dollars de crypto-monnaie vers des portefeuilles bloqués.

Il ne reste donc que 564 millions de dollars d’argent réel dans une « bourse » qui, il y a quelques mois à peine, était évaluée à 32 milliards de dollars et encaissait des centaines de millions de dollars de nouveaux capitaux.

Source : Bloomberg – Agrandir

Plusieurs milliards des fonds des clients que la société était censée détenir avaient été « prêtés » à Sam Bankman-Fried, le principal propriétaire et PDG, pour son « usage personnel« .

Comment BlackRock, Softbank, le Régime de retraite des enseignants de l’Ontario et d’autres investisseurs du monde réel ont-ils pu donner de l’argent à ces personnes ? Qu’est-ce que cela dit de leur crédibilité ?

N’oubliez pas que [FTX & Co] sont les entités dans lesquelles certaines des sociétés de capital-risque les plus intelligentes et les plus connues de la planète ont injecté des milliards de dollars. Ce sont les entités autour desquelles d’innombrables journalistes ont fait des éditoriaux, déversant d’innombrables litres d’encre numérique au service d’un messie en devenir. Ce sont ces entités qui ont été glorifiées chaque semaine par les médias financiers grand public les plus suivis de la planète.

L’idée qu’il s’agissait d’une ruse si élaborée que personne – ni les investisseurs en capital-risque les plus chevronnés, ni les services d’enquête des conglomérats médiatiques dirigés par des milliardaires – n’ait pu savoir qu’elle pouvait se terminer par des larmes, dépasse l’entendement. Le fait est que personne n’a regardé, parce que personne ne voulait voir.

Selon Web3 is Going Great, quelque 12 autres « bourses » et « fonds » de crypto-monnaies ont jusqu’à présent fermé leurs portes ou interrompu tous les retraits de fonds des clients à la suite de la chute de l’arnaque FTX. D’autres suivront.

Binance, la plus grande « bourse » de crypto-monnaies, dont le propriétaire a déclenché la faillite de FTX, tient toujours bon. C’est pourtant, comme FTX, une arnaque et un système pyramidal qui finira par tomber :

Binance est une énorme bourse de crypto-monnaies dirigée par Changpeng Zhao, plus connu sous le nom de CZ. Personne ne sait vraiment où se trouve le siège de Binance, ni pourquoi une personne qui prétend être un employé de bas niveau figure sur les documents officiels. Un document datant de 2018 a révélé que Binance avait mis au point un plan élaboré pour créer une entité américaine qui serait utilisée pour distraire les régulateurs, tandis que dans les coulisses, ils aidaient les clients basés aux États-Unis à échapper aux restrictions géographiques sur le commerce des dérivés de crypto à fort effet de levier que les États-Unis réglementent.

Rien que des trucs super normaux, totalement légaux. Circulez, il n’y a rien à voir.

Les petits commerçants de crypto qui utilisent Binance comme « bourse d’échange » et qui ont des « portefeuilles » avec des « pièces » de crypto chez Binance n’ont même pas signé d’accords de dépôt avec elle. Ils sont donc des créanciers sans garantis, les derniers de la file, qui ne recevront même pas quelques centimes pour les dollars qu’ils y ont placé lorsque les rideaux de la faillite tomberont.

Nouriel Roubini @Nouriel – 8:48 UTC – 16 nov. 2022

Pour être précis, j’ai littéralement dit que la crypto est définie par ces sept mots :

  1. Glauque
  2. Corrompue
  3. Escroquerie
  4. Criminels
  5. Voyous
  6. Des aboyeurs de carnaval
  7. @cz_binance

#binance

Matt Stoller se demande comment ces escroqueries peuvent être autorisées. Il donne également la réponse, la corruption politique :

Et derrière toutes ces luttes [pour les règlements], il y a l’argent et le prestige politique de certaines personnes les plus puissantes de la Silicon Valley, qui financent la grande lutte politique pour écrire les règles entourant la crypto, avec tout le monde, de l’ancien secrétaire au Trésor Larry Summers à l’ancienne présidente de la SEC Mary Jo White, sur la feuille de paie. (Même maintenant, même après que tout a été révélé comme une chaîne de Ponzi, le Congrès essaie toujours d’écrire des règles favorables à l’industrie. Hé les gars, arrêtez ça. Il n’y a plus d’argent pour payer vos pots-de-vin).

Je ne pense pas que la crypto devrait être réglementée de quelque façon que ce soit. Cela ne ferait que donner une légitimité à une énorme escroquerie qui n’a pas grand-chose à voir avec l’économie réelle. Cela conduirait également à des appels au renflouement lorsque le prochain système pyramidal crypto tombera. Les renflouements potentiels sont probablement la raison pour laquelle Sam Bankman-Fried a également essayé d’obtenir une réglementation amicale pour ses systèmes.

De plus, les entités qui sont actuellement réglementées – banques, sociétés cotées et fonds – ne devraient pas avoir le droit d' »investir » dans quoi que ce soit de crypto. Si elles devaient s’effondrer à cause d’un autre problème de crypto-monnaie, l’économie réelle en souffrirait.

Le Congrès promet maintenant d’examiner de plus près l’arnaque des crypto-monnaies :

La commission des services financiers de la Chambre des représentants tiendra une audience le mois prochain pour enquêter sur l’effondrement de la principale bourse de crypto-monnaies FTX, ont annoncé les législateurs mercredi.

Les députés Maxine Waters (D-Calif.) et Patrick McHenry (R-N.C.), les principaux membres de la commission, ont déclaré dans un communiqué qu’ils s’attendaient à ce que le fondateur de FTX, Sam Bankman-Fried, soit entendu par le Congrès.

Bonne idée – mauvaises personnes :

SBF @SBF_FTX – 21:14 UTC – Dec 8, 2021

1) Un grand merci à @MaxineWaters , @PatrickMcHenry , et à l’ensemble de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants de nous avoir reçus aujourd’hui pour parler de l’avenir des actifs numériques.

La réunion a été productive et je suis vraiment reconnaissant de l’engagement et des réflexions des décideurs politiques.

Maxine Waters et Sam Bankman-Fried

chochaymon @ElliottFryback – 20:29 UTC – 8 Dec. 2021

Maxine Waters vient d’envoyer un baiser à @SBF_FTX. On peut dire que ça s’est bien passé. 😘

video

Quel était donc le montant des pots-de-vin que Maxime Waters, Patrick McHenry et d’autres ont reçu de Sam Bankman-Fried et de ses entreprises ?

Et qu’en est-il des médias qui continuent à écrire des articles sympathiques sur Sam Bankman-Fried et sa fausse idéologie de « l’altruisme efficace » qu’il représentait, même après la chute de ses entreprises ?

Yellen, Zelensky et Zuckerberg interviendront au sommet DealBook du [New York Times] – 18 oct. 2022

La conférence, prévue le 30 novembre, réunira les plus grands acteurs de l’actualité économique, politique et culturelle.

Parmi les intervenants : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la secrétaire au Trésor Janet Yellen, Mark Zuckerberg, cofondateur, président et directeur général de Meta, Shou Chew, directeur général de TikTok, Mike Pence, ancien vice-président des États-Unis, Andy Jassy, directeur général d’Amazon, et Reed Henderson, directeur général de l’entreprise. E.O. d’Amazon ; Reed Hastings, cofondateur et co-directeur général de Netflix ; le maire de New York, Eric Adams ; Larry Fink, président et directeur général de BlackRock ; Sam Bankman-Fried, directeur général de FTX ; et Priscilla Sims Brown, directrice générale d’Amalgamated Bank.

On peut se demander combien de participants souhaitent encore qu’il participe à cette grand-messe.

Comme le conclut Yves Smith :

Je ne vois pas comment Bankman-Fried va éviter la prison. Les États-Unis sont très réticents à poursuivre les criminels en col blanc, mais cette histoire est devenue bien trop visible, trop de petites gens ont perdu de l’argent et l’escroquerie est trop flagrante pour ne pas être punie. Étant donné le chaos total des finances, il faudra peut-être un procureur capable d’argumenter sur la juridiction et le lieu de l’action pour maîtriser suffisamment de détails afin d’établir un dossier et de faire condamner Bankman-Fried. Si rien d’autre n’est fait, il y a toujours la fraude postale et électronique à révéler. Si personne d’autre n’y arrive avant lui, attendez-vous à ce qu’un groupe de procureurs généraux d’États rouges se mettent en selle.

Bankman-Fried est jeune, a des centaines de millions cachés quelque part et a suffisamment de relations pour avoir une vie facile en prison. N’y aurait-il pas une meilleure punition à envisager ?

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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Le retrait de Kherson par la Russie : est-il tactique ou stratégique ?

Par : hervek — 18 novembre 2022 à 12:00

Par Dmitry Orlov – Le 11 novembre 2022 – Source Club Orlov

Au cours des deux dernières années, une transformation étonnante s’est produite : une gigantesque masse grouillante de virologistes indépendants basés sur Internet s’est spontanément transformée en une masse tout aussi grouillante d’experts en géopolitique. Et maintenant, avec la même soudaineté, ces géopoliticiens sont devenus des experts militaires. Certains de ces nouveaux experts militaires estiment que la décision de la Russie, annoncée il y a deux jours, de retirer ses troupes d’un territoire situé sur la rive droite du Dniepr, dans lequel se situe la ville de Kherson, est une défaite stratégique. Elle est stratégique parce que la stratégie de la Russie à l’égard de cette région est – en fait quoi ? Et c’est une défaite parce qu’une retraite est le contraire d’une victoire, qui, dans le contexte de l’opération spéciale de la Russie dans l’ancienne Ukraine, serait – en fait quoi ? Ils ne le savent pas (ils viennent de sortir de l’œuf), mais l’expression « défaite stratégique » impressionne et vise à nous convaincre que ces virologues, je veux dire ces experts militaires, savent certainement de quoi ils parlent. Et même si ce n’est pas le cas, ajoutez-y un peu de Deep State, quelques Bilderbergers, un Schwab ou deux, assaisonnez, mélangez, et vous obtiendrez une belle salade de mots.

Si vous préférez quelque chose de plus consistant à vous mettre sous la dent, voici quelques informations. Kherson est une région russe située juste au nord de la Crimée. Elle fait partie du pont terrestre qui longe la côte de la mer d’Azov et relie la Crimée au reste de la Russie. Elle relie également la Crimée au puissant fleuve Dniepr par un canal qui lui fournit de l’eau pour son irrigation et permet aux agriculteurs de Crimée de cultiver beaucoup de riz (entre autres choses). Et puis il y a la ville de Kherson, qui est à Kherson ce que Kansas City est au Kansas, à la différence que si Kansas City est à cheval sur le fleuve Missouri, Kherson City est de l’autre côté du Dniepr par rapport au reste du territoire de Kherson. En fait, la ville de Kherson se trouve du mauvais côté du fleuve (qui, dans ce cas, est également le bon côté, si vous êtes dans le sens de son écoulement).

Le Dniepr est en fleuve puissant. Il traverse Kiev, puis décrit un grand arc de cercle jusqu’à la mer Noire, formant une frontière naturelle difficile à franchir et facile à défendre. Les Soviétiques l’avaient enjambé avec une douzaine de ponts et de barrages et y avaient construit des centrales hydroélectriques qui ont contribué à faire de l’Ukraine une puissance économique – pour un temps. Mais cette époque est désormais définitivement révolue et les nationalistes ukrainiens actuels appellent cette période « occupation soviétique » et s’emploient à détruire tout ce qui est soviétique, qu’il s’agisse des statues de Lénine sur les places des villes, les ponts, les barrages, qu’ils bombardent sans relâche. Jusqu’à présent, les dommages subis par les barrages n’ont été que superficiels, mais un de ces jours, ils pourraient réussir à en détruire un, auquel cas un mur d’eau submergerait la ville de Kherson et ses environs, la rendant invivable pour un bon moment.

Les Russes ont donc décidé d’évacuer la ville de Kherson et ses environs. Poutine a donné l’ordre direct d’évacuer tous ceux qui voulaient partir. Ces personnes ont été transportées en Crimée, avec leurs enfants, leurs animaux domestiques et leurs parents âgés, dans des ambulances si nécessaire. Elles ont été logées et nourries, ont reçu un traitement médical si nécessaire, puis ont reçu des bons de logement et des cartes de paiement avec un peu d’argent pour leur permettre de tenir jusqu’à ce qu’elles trouvent un emploi et qu’elles soient envoyées dans une région russe où les emplois sont nombreux. Comme Kherson fait désormais partie de la Russie, ils sont tous automatiquement des citoyens russes dotés de tous les droits inaliénables et de tous les privilèges qui s’y rattachent, ce qui les rend, selon les normes ukrainiennes contemporaines, ridiculement riches. Inversement, qu’est-ce que cela fait de ceux qui ont refusé l’offre d’évacuation et ont décidé de rester dans une ville complètement délabrée, partiellement détruite, bombardée sans relâche, complètement minée, semi-abandonnée, qui sera noyée lorsque le vieux barrage cédera ? Une stupidité embarrassante, je suppose… Du point de vue russe, l’évacuation était essentiellement un rapatriement des Khersoniens qui se considèrent comme russes ; quant aux autres – quel est déjà ce mot vulgaire que Victoria Nuland aime prononcer ?

Examinons maintenant la ville de Kherson du point de vue de la logistique. L’hiver arrive, les ponts sont détruits et le Dniepr gèle, mais la ville est située assez loin au sud par rapport aux normes russes, et donc elle ne gèle pas très rapidement ni de manière fiable. Pendant une grande partie de l’hiver, le fleuve sera fermé à la navigation, mais la glace sera trop fine pour permettre le passage de camions lourds et de chars. Il n’y a pas non plus d’aéroport [Il y en a bien 1 au  nord de la ville mais dans quel état ? NdT]. Il n’est pas nécessaire d’être un expert militaire (ni un virologue de talent) pour comprendre que l’évacuation et le retrait de Kherson étaient la seule option viable. Oui, il s’agit d’une retraite, et certaines personnes pensent qu’une retraite est en quelque sorte toujours une mauvaise chose. La retraite de Koutouzov de Moscou en 1812 était-elle une mauvaise chose ? Elle l’a certainement été pour Napoléon ! Et puis, en 1942, il y a eu la retraite en traversant la Volga, à Stalingrad. Comment cela c’est-il passé pour Hitler ?

Ainsi, la ville de Kherson est du mauvais côté du fleuve, impossible à réapprovisionner, complètement dépeuplée, avec des infrastructures délabrées par trois décennies de corruption, de vol et de négligence ukrainiennes, à moitié détruites par les bombardements ukrainiens incessants de ces derniers mois, et sera potentiellement inondée lorsque le barrage cédera. D’un autre côté, les prix de l’immobilier y sont assez raisonnables en ce moment, et c’est toujours un territoire russe – une partie de la région de Kherson, qui a été acceptée dans la Fédération de Russie le 4 octobre 2022, sur la base des résultats d’un référendum public. Selon la constitution russe, aucune partie du territoire russe ne peut être vendue, aliénée ou échangée. Les hostilités se poursuivront donc jusqu’à ce que ce territoire soit à nouveau sous contrôle russe et que le drapeau russe flotte à nouveau sur ce qui restera de la ville de Kherson.

Et si ce morceau de terre particulier du mauvais côté du Dniepr est un territoire russe, alors qu’en est-il du reste ? Que diriez-vous d’une belle bande de terre agricole dépeuplée et démilitarisée de quelques centaines de kilomètres de large le long de la mauvaise rive du Dniepr, patrouillée par des drones et périodiquement labourée, plantée et récoltée par des machines agricoles robotisées ? Ce plan semble parfaitement réalisable ; il ne reste plus qu’aux fiers propriétaires de ce qui reste de l’Ukraine (qui en réalité se trouvent à Washington) à réaliser que c’est la meilleure offre qu’ils puissent recevoir. Les Russes sont toujours assez raisonnables au début, puis le deviennent de moins en moins, et leur offre finale n’est généralement pas une offre du tout – juste la mort.

Maintenant, supposons que les Washingtoniens ne se mettent pas allègrement sur le dos, pour laisser Poutine leur gratter le ventre et ensuite se pisser dessus dans une joie de chiots. Après tout, l’Ukraine est une terre américaine ! Ils ont acheté ces terres à des oligarques ukrainiens, ou les ont gagnées en jouant au poker avec eux, ou les ont simplement prises parce qu’elles leur plaisaient… Supposons qu’au lieu de cela, ils impriment d’énormes liasses de dollars et les donnent aux Ukrainiens, qui s’assoient sur place et envoient d’un air maussade ces liasses de dollars en direction des Russes, qui sont confortablement installés sur la bonne rive du Dniepr (celle de gauche), profitant des douillettes mitaines de laine que des millions de grands-mères russes sont en train de leur tricoter. Alors comment la Russie peut-elle établir cette belle et large bande de terre ? Je ne suis pas un virologue et je ne pourrais pas distinguer l’ARN messager de l’ARN ordinaire, mais je sais reconnaître une protéine de pointe (elle a des pointes, bien sûr !) et je sais aussi lire une carte. Et en la regardant, je vois clairement que le moyen le plus rapide et le plus direct pour la Russie de faire cela est de lancer une attaque depuis le Belarus, en passant par Kiev, puis descendre jusqu’à Odessa sur la mer Noire. La côte de la mer Noire étant déjà bloquée par la marine russe, les voies de réapprovisionnement des forces ukrainiennes/OTAN à l’est de cette ligne seraient coupées et l’action militaire sur le territoire de l’ancienne Ukraine prendrait fin peu après.

Ce qui freine ce plan, c’est la population : il reste encore quelques millions de personnes dans ces territoires, et qui, à votre avis, est censé les nourrir ? Les Russes ? Pas question ! Ces gens ont eu l’occasion de se déclarer russes et de se joindre aux Russes dans la lutte contre les nazis ukrainiens (qui ont toujours été plutôt peu nombreux mais, étant donné leur soutien occidental généreux, plutôt influents). Mais ils ont laissé passer cette chance, et il faut maintenant les persuader de faire leurs valises et de rejoindre l’Union européenne. La façon la plus simple de le faire est de leur présenter la perspective d’un hiver long et froid, sans électricité, sans chauffage, sans eau courante, sans nourriture dans les magasins et sans argent. (La situation pourrait bientôt être sensiblement la même dans une grande partie de l’Union européenne elle-même, mais laissons leur l’opportunité de le découvrir par eux-mêmes). C’est exactement ce que fait la Russie, qui a déjà mis hors service 40 % de la capacité de production d’électricité de l’Ukraine tout en infligeant de nombreux autres dommages à l’infrastructure, principalement à l’aide de missiles lancés depuis des navires et des avions, et de nouvelles mobylettes volantes fantaisistes appelées Geranium 2 (un drone suicide iranien alimenté par un moteur à deux temps bon marché de fabrication chinoise).

Jusqu’à présent, il ne s’agit que de tactique, mais qu’en est-il de la stratégie ? Eh bien, d’un point de vue stratégique, c’est un signal pour les États-Unis et l’OTAN, et ces mandataires et mercenaires que la Russie combat actuellement en Ukraine. (Grâce à la dissuasion nucléaire de la Russie, les guerres par procuration sont tout ce qu’ils peuvent risquer). Ce que la Russie leur signale, ainsi qu’à son propre peuple et au reste du monde, c’est que cette opération militaire spéciale est un engagement à durée indéterminée, sans échéance précise, mais avec un objectif défini : assurer la sécurité de la Russie. La Russie peut la maintenir, littéralement, à l’infini. De plus, c’est probablement une bonne chose pour elle : le peuple devient plus uni, l’économie se dédollarise, le rouble est plus fort qu’il ne l’a été en 22 ans, l’influence culturelle occidentale est éliminée, les ennemis internes sont éliminés et la machine militaire russe reçoit une mise au point bien nécessaire. Pendant ce temps, le reste du monde peut prendre tout son temps pour se faire à l’idée que l’Occident collectif est en train de disparaître. La Russie a tendance à remporter ses plus grandes victoires au cœur de l’hiver. Sa victoire peut venir cet hiver, ou le suivant, ou celui d’après…

Quant à moi, j’adore l’hiver ! J’ai hâte d’aller skier et patiner. Je viens de mettre des pneus cloutés sur mon van militaire Bukhanka, pour le préparer aux aventures hivernales. Je pourrais même faire le traditionnel plongeon dans un trou de glace le 6 janvier (Épiphanie). Cet hiver devrait être bon.

——-

Déclaration complète du ministère de la Défense sur le passage du Dniepr :

  • Aujourd’hui à 5 heures du matin, heure de Moscou, le transfert des unités russes sur la rive gauche du Dniepr a été achevé.
  • Pas une seule pièce d’équipement militaire et d’armes n’a été laissée sur la rive droite, tous les militaires russes ont traversé vers la rive gauche, aucun abandon de personnel, d’armes, d’équipement militaire et de matériel du groupe russe n’a été autorisée.
  • Les forces russes qui ont traversé occupaient des lignes et positions défensives préparées à l’avance en termes de génie.
  • Tous les civils qui souhaitaient quitter la partie de la rive droite de la région de Kherson ont reçu une aide pour leur évacuation.
  • La nuit, l’ennemi a tenté de perturber le transport des civils et le transfert des troupes vers la rive gauche – les militaires ukrainiens ont frappé 5 fois aux points de passage avec des roquettes HIMARS, la défense aérienne russe a abattu 28 obus, 5 autres ont été déviés de leurs cibles au moyen de la guerre électronique.
  • Au cours des deux derniers jours, l’avancée des unités ukrainiennes dans certaines zones [de la région de Kherson] – n’a pas été de plus de 10 km.
  • L’artillerie et les frappes aériennes russes ainsi que l’utilisation de mines et de barrières explosives ont arrêté les unités ukrainiennes à 30-40 km de la zone de traversée du Dniepr.
  • Les drones Lancet et les tirs de roquettes MLRS ont détruit 3 obusiers tractés américains M777, 2 véhicules de combat d’infanterie et 3 camionnettes ennemies pour la journée, plus de 20 soldats ukrainiens, 2 chars, 2 affûts d’artillerie automoteurs et 3 véhicules de combat blindés ont sauté sur des champs de mines.

Dmitry Orlov

Soutenez mes efforts sur https://boosty.to/cluborlov ou https://subscribestar.com/orlov.

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

☐ ☆ ✇ Le Saker Francophone

La fin du jeu

Par : hervek — 18 novembre 2022 à 10:00

Par Batiushka – Le 18 octobre 2022 – Source The Saker Blog

Même les politiciens occidentaux qui se bercent d’illusions et leurs médias de presse commencent à comprendre que la situation ne peut plus durer. Prenons simplement les titres de l’actualité du 18 octobre.

La publication américaine National Interest rapporte que l’Ukraine ne pourrait tenir qu’un mois sans l’aide américaine.

https://news.mail.ru/incident/53516988/?frommail=1

Le gouverneur de la province de Kherson, Kirill Stremousov, a annoncé sur la chaîne russe Channel One que les forces de Kiev ont perdu 9 800 soldats en six semaines, ainsi que 320 chars, 250 véhicules d’infanterie, 542 voitures blindées, 36 avions et 7 hélicoptères. Elles sont tombées dans le piège des Russes, qui leur ont permis d’avancer en rase campagne.

https://news.mail.ru/incident/53510849/?frommail=1

Des photos du gazoduc Nordstream ont été publiées dans le journal suédois « Expressen ». Il s’agit clairement d’un sabotage. Qui serait intéressé à faire cela ? Peut-être les mêmes que ceux qui ont abattu le MH 17 en 2014 ?

https://news.mail.ru/incident/53519325/?frommail=1

La mobilisation partielle de 300 000 réservistes russes est presque terminée. Leur présence dans le Donbass va libérer les forces régulières pour qu’elles puissent avancer davantage, bien qu’une partie des terres prises par les forces de Kiev en septembre ait déjà été reprise et que d’autres soient libérées chaque jour.

Après sept jours d’attaques aériennes (dont deux jours seulement ont été rapportés par les médias occidentaux) sur les infrastructures ukrainiennes, en particulier sur l’approvisionnement en électricité, même Zelensky a admis aujourd’hui que 30 % des centrales électriques du régime de Kiev ont été détruites dans toute l’Ukraine. Tout cela en réponse à son terrorisme à Zaporozhye, Donetsk, Belgorod, Moscou (Daria Dugina), et contre le Nordstream et le pont de Crimée. A quoi d’autre s’attendait-il ?

La France est en grève.

L’Italie en a assez et veut que les livraisons d’armes aux néo-nazis de Kiev cessent.

Au Royaume-Uni, en faillite, à la stupéfaction générale, Truss est toujours « présente » [Ce n’est plus le cas à ce jour, NdT], mais le site web du Daily Mail rapporte que de nombreux pubs vont devoir fermer pour l’hiver. Les propriétaires n’ont pas les moyens de payer les factures de chauffage.

En Allemagne, le ministre de la santé, Karl Lauterbach, a mis en garde contre le risque que même les hôpitaux doivent fermer à cause de la crise énergétique.

Certains demandent : « Mais pourquoi la Fédération de Russie n’a-t-elle pas commencé la campagne de libération en février dernier en augmentant immédiatement le seuil de douleur ? » La réponse est simple. Ce n’est pas seulement que la Fédération a sous-estimé la stupidité totale de l’OTAN et de la junte de Kiev. C’est bien plus que cela, c’est tout simplement que la Russie n’a jamais voulu infliger de douleur aux Ukrainiens ordinaires et à ses propres soldats de l’Union. Les Ukrainiens ordinaires n’ont JAMAIS été l’ennemi. Les Russes ont toujours visé les militaires de Kiev fournis et entraînés par l’OTAN. Les Russes ne sont pas des Américains qui arrosent les buissons de balles de mitrailleuses et les arbres d’agent orange, ou qui rayent Hambourg et Dresde de la carte comme les Britanniques. Ils ciblent. Ils ne sont pas des terroristes.

N’avez-vous pas lu le discours du président Poutine du 30 septembre ? Écoutez-le à nouveau, s’il vous plaît :

Je veux que les autorités de Kiev et leurs véritables manipulateurs à l’Ouest m’entendent maintenant, et je veux que tout le monde se souvienne de ceci : les personnes vivant à Lougansk et Donetsk, à Kherson et Zaporozhye sont devenues nos citoyens, pour toujours.

…Nous appelons le régime de Kiev à cesser le feu et toutes les hostilités immédiatement ; à mettre fin à la guerre qu’il a déclenchée en 2014 et à revenir à la table des négociations. Nous sommes prêts pour cela, comme nous l’avons dit plus d’une fois. Mais le choix des habitants de Donetsk, Lougansk, Zaporozhye et Kherson ne sera pas discuté. La décision a été prise, et la Russie ne la trahira pas.

…Nous défendrons notre terre avec toutes les forces et les ressources dont nous disposons, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la sécurité de notre peuple. C’est la grande mission libératrice de notre nation.

….Aujourd’hui, nous nous battons pour qu’il ne vienne à l’idée de personne que la Russie, notre peuple, notre langue ou notre culture puissent être effacés de l’histoire. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une société consolidée, et cette consolidation ne peut être fondée que sur la souveraineté, la liberté, la création et la justice. Nos valeurs sont l’humanité, la miséricorde et la compassion.

Si vous ne croyez pas ces derniers mots sur les valeurs, alors regardez dans les yeux de la grande sainte russe, Sainte Xénia de Saint-Pétersbourg :

Batiushka

Recteur orthodoxe russe d’une très grande paroisse en Europe, il a servi dans de nombreux pays d’Europe occidentale et j’ai vécu en Russie et en Ukraine. Il a également travaillé comme conférencier en histoire et en politique russes et européennes.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Notes

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Dissipons les illusions occidentales sur l’Ukraine et la Russie

Par : Wayan — 17 novembre 2022 à 12:00

Par Larry Johnson – Le 3 novembre 2022 – Source Sonar 21

Vous souvenez-vous d’avoir essayé de comprendre le démenti catégorique de « Bagdad Bob » (Mohammed Saeed al-Sahaf) en mars 2003, disant qu’il n’y avait ni troupes ni chars américains à Bagdad ? La plupart des réseaux d’information par câble ont juxtaposé l’affirmation de Bob à des images en direct de chars roulant dans les rues. Avoir l’air idiot était le dernier de ses problèmes. Je me suis demandé ce qui pouvait bien pousser un homme instruit et expérimenté à adhérer aussi farouchement à un tel mensonge. Le monde a été témoin du même phénomène avec Adolf Hitler pendant ses derniers jours dans son bunker sous les rues jonchées de décombres de Berlin.

Puis vient l’Ukraine et l' »opération militaire spéciale » de la Russie, et l’esprit de Bagdad Bob est a pénétré une foule de politiciens, d’experts et d’anciens spécialistes. Voici un exemple (je refuse de nommer l’auteur pour ne pas l’embarrasser davantage) de l’illusion de Bagdad Bob :

La Russie est actuellement soumise à un stress extrême et les dirigeants russes sont tendus et mécontents. Non seulement l’opération en Ukraine s’est arrêtée, mais la Russie continue de subir des pertes humaines et matérielles atroces. Elle a dû passer des accords secrets avec l’Iran et la Corée du Nord pour avoir suffisamment de munitions et de fournitures pour rester dans la guerre. Son industrie nationale est trop lente et insuffisamment financée pour pouvoir répondre aux demandes de production urgente de biens de guerre. Elle a épuisé ses soldats, enrôlant des hommes d’âge moyen et plus âgés, en arrachant des prisonniers à leurs prisons pour les faire servir sur les deux fronts principaux du conflit ukrainien. Rien de tout cela n’a semblé fonctionner. Chaque jour, la Russie commet de nouvelles bévues militaires et Poutine vient de renvoyer l’un de ses principaux commandants, le général Alexandre Lapin. Alors que les sondages d’opinion russes (qui peuvent être faux) affirment que Poutine est toujours populaire, il est confronté à un avenir sombre si les pertes se transforment en un échec complet et que les Russes doivent évacuer l’Ukraine. En fait, les commandants russes se préparent actuellement à évacuer la ville importante de Kherson, affirmant qu’elle n’a aucune importance (ce qui est un non-sens total).

Le monsieur qui a écrit le paragraphe précédent est bien éduqué, s’exprime bien et est un vétéran du département de la défense des États-Unis. Je le connais depuis peu et je sais qu’il n’est pas un menteur. Ce qui me stupéfie, c’est qu’il croit sincèrement à ce qu’il dit. Peut-être devrions-nous appeler cela « le syndrome de la terre plate » ? Il consiste à considérer comme des faits des affirmations qui sont contredites par des preuves réelles.

Je voudrais déconstruire certaines de ses affirmations.

Non seulement l’opération en Ukraine s’est arrêtée, mais la Russie continue de subir des pertes agonisantes en hommes et en matériel.

La réalité objective est que la Russie a intensifié sa campagne aérienne et a détruit des nœuds critiques de puissance et d’énergie dans toute l’Ukraine. Comment cela peut-il se traduire par « s’arrêter » ? Il est vrai que ni les Russes ni les Ukrainiens n’ont été en mesure de se déplacer très loin ou très vite sur le terrain au cours des trois dernières semaines. Mais c’est parce que les champs et les chemins de terre sont des gouffres à boue. Si vous voulez vous déplacer par voie terrestre en Ukraine, vous devez emprunter une route goudronnée et, si vous le faites, vous devenez une cible de choix pour l’artillerie et les frappes aériennes. Malgré le sol détrempé par la pluie, les forces russes ont continué à avancer dans la région de Donetsk, bien que lentement.

Qu’en est-il des « pertes agonisantes en hommes et en matériel » ? La dernière fois que j’ai vérifié, c’est l’Ukraine, et non la Russie, qui demande plus de clochettes aux États-Unis et à l’OTAN. Et l’Ukraine manque tellement de soldats valides que la mobilisation qui a commencé en mars a été prolongée jusqu’au 21 novembre. Ce n’est pas mon avis, c’est l’affirmation d’un fonctionnaire ukrainien chargé du « recrutement » faite la semaine dernière (24 octobre) :

L’armée ukrainienne a besoin de troupes supplémentaires et tous les hommes de moins de 60 ans, qui sont tenus de faire leur service militaire, doivent s’attendre à recevoir des avis de conscription, a déclaré le chef du centre de recrutement et de soutien social de la ville de Kiev, Yury Maximov. « Il y a un besoin de [troupes] supplémentaires. Nous devons augmenter notre potentiel« , a-t-il déclaré dans une interview accordée à l’agence de presse TSN. « Il est clair que nous devons avoir suffisamment de troupes de défense. Je pense que la campagne de mobilisation va se poursuivre« , a ajouté Maximov… La loi martiale a été imposée en Ukraine le 24 février 2022. Le lendemain, le Service national des frontières a annoncé l’interdiction pour les hommes ukrainiens âgés de 18 à 60 ans de quitter le pays jusqu’à la fin de la loi martiale. En août, la Verkhovna Rada (parlement) a de nouveau prolongé la loi martiale et une campagne de mobilisation générale pour 90 jours, jusqu’au 21 novembre.

https://tass.com/world/1526665

La Russie, en revanche, a connu une seule mobilisation et vient d’annoncer qu’elle était terminée. Si vous voulez voir à quel point l’Occident est désespéré de contrôler ce récit, faites une recherche sur Google avec les termes « Ukraine » et « Mobilisation« . La grande majorité des résultats sont des articles sur la mobilisation russe. Il faut vraiment creuser pour trouver les faits concernant les pertes stupéfiantes de l’Ukraine.

Qu’en est-il de cette affirmation ?

Chaque jour, la Russie commet de nouvelles bévues militaires et Poutine vient de renvoyer l’un de ses principaux commandants, le général Alexander Lapin. Alors que les sondages d’opinion russes (qui peuvent être faux) affirment que Poutine est toujours populaire, il est confronté à un avenir sombre si les pertes se transforment en un parcours complet et que les Russes doivent évacuer l’Ukraine.

J’ai évoqué dans un article précédent que la nomination du général Surovikin représentait un changement dans l’approche russe de l’opération militaire spéciale. Surovikin a été nommé commandant suprême des forces alliées et a reçu le contrôle de toutes les forces russes en Ukraine. Avant qu’il ne prenne ce poste, les commandants de Louhansk, Donetsk, Kherson et Zaporhyzhia opéraient indépendamment.

Comment l’Ukraine est-elle censée forcer la Russie à battre en retraite sans une aviation de combat robuste et efficace, un approvisionnement garanti en obus d’artillerie et une force de chars suffisante, sans parler des soldats en bonne santé pour faire fonctionner ces systèmes d’armes ? La réponse est simple : elle ne le fera pas car elle ne peut pas le faire. Les forces armées ukrainiennes sont aujourd’hui gravement dégradées par rapport à ce qu’elles pouvaient mettre sur le champ de bataille le 24 février. Je défie quiconque de démontrer que l’Ukraine est plus forte, plus capable aujourd’hui qu’il y a huit mois.

L’analyse stupide que j’ai soulignée ci-dessus n’est que le symptôme d’une maladie qui a infecté l’Occident (et je ne parle pas du Covid). La chute de l’Occident dans le fossé des mensonges ne se limite pas à se livrer à des fantasmes sur la situation militaire de l’Ukraine. La culture corrompue de l’Occident fait également du prosélytisme en affirmant qu’il existe plus de deux sexes, que les hommes peuvent être enceintes et que les moulins à vent et les panneaux solaires suffisent à alimenter les sociétés modernes en énergie. Bon sang, on nous a affirmé que le vaccin contre le Covid empêcherait les gens d’avoir le Covid. Je pense que la cause sous-jacente de la pensée délirante qui domine l’économie, la politique, la médecine et la culture populaire occidentales est que l’Occident a adopté une idéologie rigide et intolérante qui rappelle la sclérose intellectuelle enracinée dans le marxisme qui a conduit à la mort de l’Union soviétique. Le peuple russe a appris de dures vérités au lendemain de l’effondrement de l’empire soviétique. Je crois que les peuples des États-Unis et d’Europe vont connaître un réveil brutal similaire. Et ce ne sera pas beau à voir.

Qu’en pensez-vous ? Pourquoi tant de personnes intelligentes adoptent-elles des récits objectivement faux ?

Larry Johnson

Note du Saker Francophone

Peut-être pour éviter d’en tirer l’angoissante conclusion, pour leur esprit conformiste, que leur gouvernement est en pleine crise de folie suprématiste.

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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Le graphique qui, à lui seul, explique tout

Par : jmarti — 17 novembre 2022 à 10:00

Par Mike Whitney − Le 3 novembre 2022 − Source Unz Review

Examinez ce graphique. Il explique tout.

Il explique les profondes préoccupations entretenues par Washington vis-à-vis de la croissance explosive de la Chine. Il explique pourquoi les États-Unis continuent à terrifier la Chine au sujet de Taïwan de la Mer de Chine du Sud. Il explique pourquoi Washington envoie des délégations du Congrès à Taïwan au mépris des demandes explicites formulées par Pékin. Il explique pourquoi le Pentagone continue d’envoyer des navires de guerre étasuniens dans le détroit de Taïwan et expédie des quantités considérables d’armes mortelles à Taipei. Il explique pourquoi Washington constitue des coalitions contre la Chine en Asie, visant à encercler et provoquer Pékin. Il explique pourquoi l’administration Biden intensifie sa guerre commerciale contre la Chine, impose de lourdes sanctions économiques aux entreprises chinoises, et interdit les semi-conducteurs de haute technologie qui sont « essentiels… à pratiquement tous les aspects de la société moderne, des produits électroniques et des transports jusqu’à la conception et à la production de tous types de produits. » Il explique pourquoi la Chine a été ciblée par la Stratégie de Sécurité Nationale étasunienne (NSS) comme « le seul pays concurrent présentant aussi bien le dessein que, de plus en plus, la capacité de remodeler l’ordre international. » Il explique pourquoi Washington considère désormais la Chine comme son adversaire stratégique le plus important et le plus formidable, qu’il convient d’isoler, de diaboliser et de vaincre.

Le graphique ci-avant explique tout, pas uniquement les coups diplomatiques hostiles ourdis pour ternir l’image de la Chine et l’humilier, mais également les politiques ouvertement belligérantes qui visent la Russie. Il faut que les gens comprennent ce point. Il faut qu’ils comprennent ce qui se produit réellement pour visionner les événements dans le réel contexte géopolitique.

Et quel est ce « contexte » ?

Le contexte d’une Troisième Guerre Mondiale ; une guerre qui a été soigneusement planifiée, fomentée et (désormais) poursuivie par Washington et par ses mandataires. C’est cela qui se produit réellement. Les conflagrations de plus en plus violentes que nous voyons surgir en Ukraine et en Asie ne résultent pas d’une « agression russe » ni de la volonté d’un « Poutine diabolique ». Non. Elles concrétisent une stratégie géopolitique sinistre visant à casser la montée météorique de la Chine, et à préserver le rôle dominant des États-Unis dans l’ordre mondial. Y a-t-il matière à en douter ?

Non. Pas du tout.

C’est pour cela que nous assistons à une nouvelle division du monde en blocs belligérants. C’est pour cela que nous assistons à un retour en arrière sur 30 années de globalisation, et à des perturbations massives sur les chaînes d’approvisionnement. Et c’est pour cela que l’Europe est poussée bille en tête dans une obscurité glaciale et une désindustrialisation forcée. L’ensemble de ces politiques suicidaires a été imaginé dans un seul but : maintenir la position exaltée des États-Unis dans le système global. C’est à cette fin que l’ensemble de l’humanité se retrouve aujourd’hui entraînée dans une Troisième Guerre Mondiale ; une guerre conçue pour empêcher la Chine de devenir la plus grande économie au monde ; une guerre conçue pour préserver la suprématie des États-Unis sur le monde. Prenez connaissance de cet extrait d’un article du site internet World Socialist Web Site :

Un article du Financial Times, écrit le 19 octobre par Edward Luce sous le titre « Endiguer la Chine est l’objectif explicite de Biden », a émis l’alarme qui suit : « Imaginez qu’une superpuissance déclare la guerre à une grande puissance et que nul ne s’en aperçoive. Joe Biden a lancé ce mois-ci une véritable guerre économique contre la Chine — engageant en pratique les États-Unis à bloquer la montée de la Chine — et dans l’ensemble les Étasuniens n’ont pas réagi.

« Assurément, la guerre de la Russie en Ukraine, et l’inflation intérieure suffisent à capter l’attention des gens. Mais l’histoire va probablement se souvenir de la décision prise par Biden comme moment clé de la révélation de la rivalité entre les États-Unis et la Chine. »

Qui plus est, la semaine dernière, un haut-dirigeant de l’administration Biden a indiqué que les États-Unis préparaient de nouvelles interdictions sur les activités de haute technologie de la Chine. S’exprimant face au Center for a New American Security, Alan Estevez, sous-secrétaire au Commerce pour l’Industrie et la Sécurité, s’est vu poser la question de savoir si les États-Unis allaient interdire à la Chine l’accès à l’informatique quantique, aux biotechnologies, aux logiciels d’intelligence artificielle ou aux algorithmes avancés. Estevez a reconnu que ces points étaient activement en cours de discussion. « Allons-nous finir par faire quelque chose dans ces domaines ? Si je devais miser là-dessus, je le ferais, » a-t-il déclaré…

Luce termine son article dans le Financial Times cité ci-avant en déclarant : « Est-ce que le pari de Biden va fonctionner ? Je ne me délecte pas de la perspective de le découvrir. Pour le meilleur ou pour le pire, le monde vient de changer, pas dans une explosion, mais dans un gémissement. Espérons que l’on va en rester là. »… (« Biden’s technology war against China« , World Socialist Web Site)

Examinons encore le graphique. Qu’est-ce qu’il nous dit ?

La première chose qu’il met en évidence est que les hostilités auxquelles nous assistons en Ukraine (et en fin de compte à Taïwan) sont apparentées à un basculement fondamental de l’économie globale. La Chine continue de gagner en puissance. Elle est sur la voie de prendre le pas sur l’économie étasunienne dans la décennie qui vient. Et la croissance amène certains bénéfices. En tant que première économie au monde, la Chine deviendra de manière naturelle la puissance dominante régionale de l’Asie, et sera en mesure « de régler les différends régionaux selon ses intérêts propres, et de délégitimer la primauté des États-Unis tant sur le plan régional que mondial. »

Est-ce que vous voyez le problème qui se pose ?

Depuis presque vingt ans, les États-Unis ont orienté leur politique étrangère suivant une stratégie de « rééquilibrage des forces » dénommée« pivot vers l’Asie ». En bref, les États-Unis comptent être l’acteur dominant dans la région du monde la plus peuplée et la plus prospère, l’Asie. Distinguez-vous en quoi la montée de la Chine fait capoter le projet de Washington pour l’avenir ?

Les États-Unis ne vont pas laisser les choses se passer ainsi sans combattre. Washington ne va pas laisser la Chine monter en puissance sur les marchés qu’elle projette de dominer elle-même. Cela ne va pas se produire. Et si vous pensez que cela peut se produire, vous feriez bien de reconsidérer la question. Les États-Unis vont préférer entrer en guerre pour empêcher un scénario suivant lequel les États-Unis joueraient un « second rôle » après la Chine. De fait, les décideurs de la politique étrangère ont déjà statué : les États-Unis vont s’en prendre militairement à la Chine dans cet objectif précis.

Notre thèse est donc simple : nous pensons que la Troisième Guerre Mondiale a déjà commencé. C’est ce que nous affirmons. Les bagarres auxquelles nous assistons en Ukraine ne constituent guère que la première salve d’une Troisième Guerre Mondiale qui a déjà déclenché une crise énergétique sans précédent, une insécurité alimentaire massive à l’échelle mondiale, une rupture catastrophique des chaînes d’approvisionnement mondiales, une inflation hors de contrôle généralisée, la ré-émergence solide d’un nationalisme extrême, et à la re-division du monde en blocs belligérants. Avez-vous besoin d’autres preuves ?

Tout ceci est économique. Les origines de ce conflit remontent toutes aux changements sismiques dans l’économie globale, à la montée de la Chine et au déclin inévitable des États-Unis. C’est un empire qui prend la place d’un autre. Il est naturel qu’une transition de cette magnitude promette de générer des changements tectoniques dans la distribution globale des puissances. Et ces changements vont apporter leurs lots de poudrières, de dévastations, ainsi que la perspective imminente d’une guerre nucléaire. Et c’est exactement ainsi que les choses se déroulent en ce moment.

Alors, en quoi ce graphique explique-t-il ce qui se produit en ce moment en Ukraine ?

La guerre par mandataire interposé pratiquée par Washington en Ukraine vise en réalité la Chine, pas la Russie. La Russie n’est pas un concurrent à la hauteur des États-Unis, et ne dispose pas de ressources économiques suffisantes pour ébranler le positionnement des États-Unis dans l’ordre global. Pour autant, Nord Stream constituait un risque significatif pour les États-Unis, en renforçant considérablement les relations économiques de Moscou avec l’UE et surtout avec l’Allemagne, la locomotive industrielle de l’Europe. Il fallait saboter l’alliance Moscou-Berlin — qui était bénéfique aux deux parties et qui était la clé de la prospérité allemande — pour empêcher une intégration économique plus poussée qui aurait rapproché les continents en une zone de libre échange les plus grandes au monde. Washington devait y mettre fin pour préserver son emprise économique sur l’Europe et défendre le statut de monnaie de réserve mondiale du dollar. Pour autant, personne ne s’attendait à ce que les États-Unis fassent sauter directement les gazoducs, au travers de ce qui apparaît comme la plus importante action terroriste industrielle de toute l’histoire. Cette action a vraiment été choquante.

Fondamentalement, Washington considère la Russie comme un obstacle à son projet de « pivot » visant à encercler, isoler et affaiblir la Chine. Mais la Russie n’est pas la plus grande menace envers l’hégémonie globale des États-Unis ; et loin s’en faut. C’est la Chine qui est considérée comme telle.

La Troisième Guerre Mondiale est lancée pour endiguer la Chine, pas la Russie. La guerre en Ukraine suggère que — au sein des élites de la politique étrangère — on est relativement d’accord pour penser que la route vers Pékin passe par Moscou. Cela semble constituer le consensus [NdSF : cela peut constituer le consensus avec un pouvoir Démocrate ; la position des Républicains peut apparaître différente sur ce point précis, sans remettre en cause la cible que constitue la Chine. On va bien voir ce que donnera le « rééquilibrage des pouvoirs » aux États-Unis à l’issue des élections de novembre 2022.] En d’autres termes, les hommes d’influence étasuniens veulent affaiblir la Russie pour établir des bases militaires étasuniennes en Asie. Finalement, on fera appel à l’armée pour mettre en œuvre le joug économique de Washington sur ses nouveaux sujets asiatiques. Si cela arrive un jour.

Nous estimons qu’il est fort peu probable que le projet ambitieux de Washington puisse réussir, mais nous n’avons aucun doute quant au fait qu’il sera malgré tout mis sur les rails. Il est probable que des dizaines de millions de personnes vont mourir dans une tentative désespérée de renverser le cours du temps qui amène à la fin du « moment unipolaire » fugace, et au tout aussi bref siècle américain. C’est une tragédie qui dépasse l’entendement.

Traduit par José Martí, relu par wayan, pour le Saker Francophone

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Encore une infox pour noircir la Russie

Par : Wayan — 17 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama – Le 16 novembre 2022

Commençons par une évaluation factuelle :

OSINTtechnical @Osinttechnical – 19:41 UTC – 15 nov. 2022

Le ou les missiles qui ont touché le territoire polonais près de la frontière ukrainienne ressemblent beaucoup aux 5V55K tirés par le système S-300.

Le 5V55K est un ancien missile de production soviétique (1978/82) destiné au système de défense aérienne S-300 que l’Ukraine utilise contre les missiles de croisière russes. Sa portée nominale en mode de défense aérienne est de 75 kilomètres. S’il ne parvient pas à atteindre sa cible, les débris risquent de tomber à peu près à cette distance. Przewodow en Pologne (50.47099 lat, 23.93432 lon), où le missile a atterri, se trouve à environ 70 kilomètres au nord de Lviv en Ukraine.

Mais ceux qui veulent déclencher une troisième guerre mondiale ne se soucient pas des faits :

Dmytro Kuleba @DmytroKuleba – 21:35 UTC – 15 Nov. 2022

Un fonctionnaire du gouvernement ukrainien

La Russie promeut maintenant une théorie du complot selon laquelle ce serait un missile de la défense aérienne ukrainienne qui serait tombé sur la terre polonaise. Ce qui n’est pas vrai. Personne ne devrait croire la propagande russe ou amplifier ses messages. Cette leçon aurait dû être apprise depuis la chute du #MH17.

« La Russie promeut une théorie du complot… »

Biden : Il est «improbable» que le missile qui a frappé la Pologne ait été tiré depuis la RussieAP – 23:44 UTC 15 nov. 2022

NUSA DUA, Indonésie (AP) – Le président Joe Biden a déclaré mercredi qu’il était « improbable » qu’un missile ayant fait deux morts en Pologne, pays membre de l’OTAN, ait été tiré depuis la Russie, mais il a promis de soutenir l’enquête menée par la Pologne sur ce qu’elle a appelé un missile « de fabrication russe« .

Il est bon que personne d’important ne soit tombé dans ce piège.

Par contre, les médias britanniques se sont empressés d’y tomber…

Des bombes russes frappent la Pologne – Agrandir

Escalade de la guerre de Poutine- Des missiles russes frappent la Pologne – Agrandir

Un missile russe frappe la Pologne – Agrandir

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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Fed Watch : Quand ils appellent l’huissier, vous savez que vous avez gagné.

Par : Zineb — 16 novembre 2022 à 12:00

Par Tom Luongo – Le 18 octobre 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

Face à l’intransigeance de la Fed, nous sommes maintenant sur le point d’exposer les pires mensonges des deux générations de personnes au pouvoir. Depuis plus d’un an, j’affirme que l’oligarchie globaliste, connue ici sous le nom de « Bande de Davos » , pensait avoir écrasé les États-Unis et le Royaume-Uni avec le COVID-19.

Les différents plans de sauvetage, la loi CARES de Pelosi et la législation en cours – Build Back Better, etc. – étaient censés détruire la position fiscale des États-Unis une fois pour toutes. Il s’agissait d’un chantage politique pour forcer la Fed à ne pas augmenter les taux alors qu’elle en avait clairement besoin.

Le fait que Pelosi et cie. n’aient pu faire passer que des versions édulcorées de ces projets de loi est un signe que des forces puissantes en coulisses ne sont pas d’accord avec ce plan.

Maintenant, à la lumière de la tentative de coup d’État quasi-complète contre le Premier ministre britannique Liz Truss (plus d’informations à ce sujet plus tard cette semaine), nous nous penchons sur les grands jeux de pouvoir pour décider si Davos conservera le contrôle de la politique occidentale. Les difficultés de Truss indiquent que Davos a quelques atouts à faire valoir dans ce domaine.

Mais je voudrais revenir à il y a quelques semaines et parler aussi du Crédit Suisse. En même temps, il y a eu un effort coordonné pour empêcher Truss de mettre en œuvre un programme fiscal très différent de celui de Davos. Il y a eu une campagne de rumeurs coordonnée pour lancer une ruée sur le Crédit Suisse.

Il est clair que cette attaque a échoué, mais il est tout aussi clair que Davos a activé le niveau suivant de son assaut contre toute institution qui ne s’aligne pas sur lui.

Faut-il s’étonner que les deux grands centres financiers européens hors de l’UE aient fait l’objet d’une attaque coordonnée, à la manière d’un tueur à gages économique, dans les jours qui ont suivi les funérailles de la reine Elizabeth II et le couronnement du roi globaliste Charles III ?

Après cela, et les déclarations ultérieures du président du FOMC, Jerome Powell, Davos a dû faire appel à l’ONU pour supplier (tout en faisant mine d’imposer sa volonté) toutes les banques centrales d’arrêter de relever leurs taux afin d’éviter une récession mondiale.

Cette demande a été promue dans tout l’espace médiatique contrôlé par Davos. Même le War Street Journal de Rupert Murdoch a participé à l’action pour influencer les partisans du GOP à un mois des élections de mi-mandat. Et j’ai posé la grande question la semaine dernière, « La Fed peut-elle se permettre de pivoter » , avec une dette américaine de 31 000 milliards de dollars ?

La réponse de la Fed a toujours été négative.

Et cela signifie que Davos a de sérieux problèmes. Comme je l’ai souligné inlassablement, la Fed resserre la liquidité du dollar mondial comme elle ne l’a pas fait depuis des décennies. Et c’est pourquoi les cris de douleur de tous les suspects habituels sont si forts.

Cela dit, Davos continue d’exécuter un scénario qu’ils n’ont aucun moyen de renforcer s’ils veulent atteindre leurs objectifs déclarés. Sortir le Royaume-Uni était la bonne décision. Mais est-ce un geste qui les met sur la voie de la victoire ou simplement une offensive de circonstance dans une série de combats d’arrière-garde ?

Le moment de l’huissier

Les brutes savent toujours quand elles sont prises. Les brutes sont aussi généralement les pires menteurs, ceux qui musellent leurs adversaires plutôt que d’engager la conversation.

Dans les interrogatoires, le but est toujours d’amener le menteur à se piéger lui-même et à le laisser demander de l’aide. C’est pourquoi vous ne devriez jamais parler aux flics sans un avocat, pour info.

Ils sont faciles à piéger parce que les mensonges sont si évidents. Il suffit de mettre en pratique la méthode socratique – utiliser un argument pour en trouver les failles par le biais d’un contre-exemple – et vous pouvez les faire « appeler l’huissier » en quelques minutes.

Le titre de ce billet est mon meilleur souvenir du titre sous lequel j’ai vu cette vidéo publiée pour la première fois sur Lewrockwell.com en 2009. Je sais que cela représente plus de 7 minutes de visionnage de Nancy Pelosi, mais croyez-moi, cela en vaut la peine.

C’est la seule vidéo de la méchante Nancy que je peux supporter de regarder, parce que Jan Helfeld l’écrase sur le salaire minimum en moins de 3 minutes. Ses contorsions sont une douce musique. C’est un cours magistral de fuite, de tromperie et d’intimidation. Elle met à nu la malignité de son narcissisme.

C’est un bénéfice réel et tangible pour l’humanité que de révéler cet horrible être humain. Remarquez comment, lorsque Pelosi comprend vraiment ce qui s’est passé, elle a recours à de multiples menaces : « Vous faites une erreur ! » , répète-t-elle en le fixant du regard.

Elle est devenue son ennemie à ce moment-là.

Si vous méprisez Pelosi autant que moi, voici un cadeau pour les nouveaux lecteurs, un remerciement pour nous avoir rejoints, que j’ai sorti de ma mémoire et des tréfonds de l’algorithme de YouTube.

Je l’ai sorti pour vous montrer combien il est facile d’exposer la duplicité et la fragilité des récits qui entourent notre réalité politique et financière.

Les reflets des vampires

C’est cette interview qui m’a aidé à structurer le prisme que j’utilise pour comprendre ces faux récits. C’est pourquoi il m’a été si facile de considérer le relèvement par la Fed du taux du Reverse Repo de 0,05 % au-dessus du taux des fonds fédéraux lors de la réunion du FOMC de juin de l’année dernière comme un moment décisif.

C’était comme si Helfeld avait montré à Pelosi que son argument interne était absurde. Ce mouvement a exposé la faiblesse du dollar américain qui avait été créée pendant l’administration Trump comme un mouvement suprêmement faux dans le contexte historique.

Powell augmente le Reverse Repo de 0,05% et le monde entier panique. L’euro s’effondre, le rallye naissant de l’or est étouffé et les rendements obligataires américains commencent à augmenter, forçant les taux obligataires en euros à sortir du sous-sol des rendements négatifs.

Il met le rendement positif ou sinon il a droit à une nouvelle hausse de taux !

Depuis lors, ce n’est rien d’autre qu’une série d’actions toujours plus importantes pour forcer la Fed à pivoter hors des politiques « Volcker-esque » de Powell. J’ai chroniqué tous les rebondissements de cette histoire, pas à pas, depuis juin dernier.

Ces seize derniers mois se sont déroulés comme cette interview de sept minutes avec Pelosi. Jerome Powell est Helfeld et Davos est Pelosi. Ils n’ont cessé de présenter leur plan pour que les États-Unis dépensent, dépensent et dépensent encore alors que l’inflation était bien au rendez-vous.

Le corollaire le plus évident de cette interview et des choix de Powell, c’est quand Obama et cie. ont lancé ce scandale de délit d’initié des gouverneurs de la Fed l’automne dernier et ont forcé trois faucons à quitter le FOMC.

Vous avez fait une erreur !

Notez que nous assistons à la suite cette semaine avec le président de la Fed d’Atlanta, Raphael Bostic, qui doit faire un mea culpa sur d’autres délits d’initiés à la Fed.

Ne regardez pas en l’air !

Cette semaine, Truss a finalement cédé. C’est fini pour elle et les rêves qu’Elizabeth II avait d’une Grande-Bretagne indépendante.

Je vous ai dit que Truss était une imbécile et qu’elle était clairement surclassée pour ce travail. Mais ça va plus loin que ça. Après que la Banque d’Angleterre a joué avec les marchés pendant quelques semaines, le message au monde était d’éviter les mauvaises choses (« RÉCESSION ! ») et d’obtenir que la méchante Fed américaine pivote.

Powell va-t-il pivoter ? Je ne le pense pas. Pourquoi ? Ce n’est pas un crétin. Il n’est pas non plus seul comme l’était Truss. Truss a été piégée et menée à l’échec.

Pendant des mois, j’ai été le seul à dire que la Fed allait être agressive. Pendant des mois, j’ai dit que la Fed n’augmentait pas les taux pour maîtriser l’inflation par les coûts qu’elle n’a pas les moyens de combattre.

Maintenant, je ne suis plus seul. Ni John Hussman ni Danielle Dimartino Booth ne pensent que la Fed va pivoter. D’autres sont encore prisonniers du déni dans le modèle de Kübler-Ross.

Hussman souligne que la Fed n’a jamais pivoté sur la hausse des taux avec le déflateur PCE, actuellement 4,9 % (avec des modificateurs, voir l’article en lien), au-dessus du taux des Fed Funds, 3,25 %. Il avance un argument de poids.

C’est ce que Powell et cie. veulent dire quand ils disent qu’ils ne peuvent pas laisser le travail en plan.

Mais lors d’une récente interview avec Keith McCullough de Hedgeye, Mme Booth n’a cessé de répéter ce que j’ai dit : « La Fed n’essaie pas d’arrêter l’inflation. » Elle utilise le portefeuille massif de TIPS de la Fed comme une partie de la justification, mais c’est aussi quelque chose, quand on la presse, qu’elle n’est « pas capable de dire » .

Regardez l’interview en entier, c’est fascinant.

Donc, dans ce contexte défavorable, nous avons un centre financier européen non-UE écrasé. Revenons à l’autre, la Suisse. L’intransigeance de la Fed est la raison pour laquelle je pense que la campagne de rumeurs contre le Crédit Suisse était une autre de ces opérations.

Je ne dis pas que le Credit Suisse n’est pas vulnérable. Bien sûr qu’il est vulnérable. La raison pour laquelle cela a failli marcher est qu’il est vulnérable, tout comme le système de retraite britannique était le talon d’Achille de Truss.

Tout ce que je dis, c’est que j’ai du mal à croire que le fait que toute la concurrence continentale de l’UE soit soumise à une pression extrême en un temps record ne soit pas un fait stratégique.

Tout le monde a agi comme si la Fed avait pivoté lorsqu’elle a fourni deux tranches de plus de 3 milliards de dollars de liquidités en ligne de swap à la Banque nationale suisse ce mois-ci. Remarquez qu’il n’y avait pas d’argent pour la Banque d’Angleterre et presque pas d’argent pour la BCE.

Et si ce n’était que des lignes de bataille supplémentaires qui se dessinent ?

Parce que le fait que l’ONU se prononce contre la hausse des taux d’intérêt par les banques centrales indique clairement que ce sont les mauvaises personnes qui sont lésées et qu’elles souhaitent maintenant s’extraire des règles communes. Ça ne s’arrête pas là.

Nous avons eu l’effondrement public de Jeremy Seigel sur CNBC qui a été amplifié au-delà de toute compréhension. Jeffrey Sachs a stoppé net CNN en déclarant que les États-Unis étaient derrière le bombardement des Nordstreams.

Ces personnes sont toutes des alliées proches de George Soros et de la machine du parti Démocrate. La peur des élections de mi-mandat est réelle maintenant. Même Nate Silver, de five-thirty-eight.com, s’inquiète que les Démocrates soient sur le point de se faire laminer.

L’ONU demande la clémence

Ainsi, Davos utilise les atouts majeurs de l’ONU par le biais de la CNUCED pour émettre des avertissements contre la Fed et une politique de type Volcker, ce qui n’est pas différent de Pelosi appelant la garde à sortir Helfeld de son bureau.

Ils ont exigé de l’argent facile et un contrôle des prix, à la manière typique des communistes de Davos. Nous devons coordonner la politique monétaire au niveau mondial pour empêcher l’effondrement de l’ancien système.

C’était un appel classique au bien commun et à l’internationalisme au détriment du nationalisme.

C’est aussi un moment de très grande faiblesse.

Et si vous pensez que l’Europe n’est pas faible ici et que la Fed n’est toujours pas installée dans le fauteuil de Helfeld posant des questions inconfortables à des brutes narcissiques au goût vestimentaire douteux, je vous donne les dernières données commerciales de l’UE. (Merci à Robin Brooks sur Twitter)

Les excédents commerciaux ont disparu. L’inflation fait rage. Les prix à la production augmentent plus vite que l’inflation. La volatilité des obligations atteint des niveaux jamais vus depuis le COVID.

Les pics de prix de l’énergie en Europe sont des démons qu’ils ont eux-mêmes invoqués. Ils avaient passé un accord confortable avec la Russie et avaient choisi de faux marchés libres pour le gaz naturel afin de créer un terrain propice à la volatilité et à la faillite de leurs classes moyennes.

Donc, ils veulent cette inflation, même s’ils disent le contraire. Ils veulent que l’inflation force la Fed à la subventionner, comme elle le faisait lorsque le mondialiste Ben et sa tante Janet dirigeaient.

Ce qu’ils ne prévoyaient pas, c’était d’avoir à faire cela et à combattre la Fed simultanément. Dans les grandes lignes, ils auraient pu geler les capitaux dans les banques européennes, récupérer la City de Londres et ajouter Zurich, tout en mettant les États-Unis sur la voie d’une véritable insolvabilité pour neutraliser le pouvoir de New York.

Aujourd’hui, il ne leur reste plus qu’à jouer au plus fort avec les membres juniors de l’UE qui ne pensaient qu’à s’assurer que leur peuple ne mourrait pas de faim, comme la Hongrie. S’en prendre à des estropiés n’est pas une bonne chose.

Tous les arguments selon lesquels le dollar américain ne mérite pas sa force ou que la Fed a une responsabilité envers l’Europe alors que celle-ci n’a fait que se livrer à un hara-kiri fiscal et monétaire via des taux négatifs pendant près d’une décennie sont aussi pathétiques que stupides.

Vous pouvez voir que cet appel est une extension de la campagne psychologique anti-américaine qui s’est déchaînée après les attentats du Nordstream. Il y a maintenant un effort concerté pour pousser à une guerre ouverte entre les États-Unis et la Russie tout en accusant la Fed d’être responsable de l’effondrement des marchés mondiaux.

Vous avez fait une erreur, ici !

Le pivot de la Banque d’Angleterre a été fait pour isoler la Fed. La Banque de réserve d’Australie n’a augmenté que de 25 points de base pour soutenir la Banque d’Angleterre.

La BCE est silencieuse tout au long de ce processus, car elle est l’éléphant dans la pièce qui a été poussé du haut de la montagne et qui est sur le point de s’écraser.

La réponse de l’ONU ? Ne regardez pas en l’air !

Faux rallye, faux marchés

La récompense pour le monde est un rallye massif des actions, obligations et valeurs refuges. S’il est clair qu’il s’agit simplement d’un accès de couverture de positions courtes sur la plupart de ces marchés qui étaient tendus vers le bas, cela coïncide également avec l’appel mondial à l’apaisement des banques centrales et au contrôle des prix lancé par l’ONU.

Le discours actuel est que la Fed est irritable et rapace, tout comme l’establishment de la politique étrangère américaine. Le discours victimaire va crescendo juste avant les élections de mi-mandat.

C’est pourquoi la campagne de rumeurs contre le Crédit Suisse ne s’est pas matérialisée par une ruée vers les banques. C’était un avertissement et il a été utilisé comme une arme pour faire pression sur la Fed. Comme je l’ai souligné sur Twitter, la Fed a ouvert une nouvelle facilité de rachat pour les banques commerciales.

Avez-vous remarqué qui n’est PAS sur cette liste ? Trois suppositions et les deux premières ne comptent pas. Pas de grandes banques européennes. Natixis ne compte pas quand Deutsche Bank, Unicredit, ou ING ne sont pas sur la liste.

Juste des banques américaines, canadiennes, hongkongaises et japonaises.

Devinez qui a reçu de l’argent ? Les Suisses.
Qui n’en a pas eu ? L’Europe.

Cette réunion a fait couler beaucoup d’encre et a servi de base à l’attaque contre le Credit Suisse. La Fed va-t-elle procéder à une réduction d’urgence des taux ? Va-t-elle pivoter ?

Le fait que la Fed convoque une réunion le jour même de l’attaque contre le Credit Suisse et que l’ONU la supplie de pivoter (en faisant mine d’exiger) uniquement pour commenter les systèmes de paiement par carte de débit est un signe fort.

Traduction de la capture d’écran : Le Conseil de la Réserve fédérale a finalisé lundi les mises à jour de la règle du Conseil concernant les transactions par carte de débit. Conformément à la loi, les mises à jour précisent que les émetteurs de cartes de débit doivent permettre à au moins deux réseaux de cartes de paiement de traiter toutes les transactions par carte de débit, y compris les transactions « sans présence de carte » , comme les paiements en ligne.

La règle finale est essentiellement similaire à la proposition publiée l’an dernier.
En vertu de la loi, la Commission est tenue d’établir des règles garantissant que les émetteurs de cartes de débit donnent aux commerçants la possibilité de choisir entre au moins deux réseaux non affiliés lors de l’acheminement des transactions par carte de débit. Lorsque la Commission a initialement publié la règle en juillet 2011, le marché n’avait pas développé de solutions permettant de prendre en charge de manière générale plusieurs réseaux pour les transactions par carte de débit non présentées. Depuis ce temps, la technologie a évolué pour éliminer ces obstacles. Cependant, certains émetteurs de cartes de débit n’ont pas encore permis aux commerçants de choisir entre au moins deux réseaux non affiliés pour l’acheminement de ces transactions. Ce problème est devenu de plus en plus important en raison de la croissance continue des paiements en ligne.

La règle finale souligne que les émetteurs de cartes de débit devraient permettre à au moins deux réseaux non affiliés de traiter les transactions par carte de débit. Il est important de noter que les commentaires reçus dans le cadre de la proposition suggèrent que de nombreux émetteurs de cartes de débit, et surtout la plupart des émetteurs de banques communautaires, se conforment déjà à la règle finale. En réponse aux commentaires du public, la règle finale comprend également certains changements qui permettent aux émetteurs de cartes de débit de déterminer plus facilement s’ils sont conformes à la règle finale. La règle finale encouragera la concurrence entre les réseaux et les incitera à améliorer leurs capacités de prévention de la fraude.

La règle finale ne modifie pas les exigences relatives aux commissions d’interchange. Comme indiqué précédemment, la Commission continuera à examiner les exigences relatives aux commissions d’interchange à la lumière des données les plus récentes sur les coûts de l’industrie des cartes de débit recueillies par la Commission, et pourrait proposer de modifier ces exigences à l’avenir.

La règle finale entrera en vigueur le 1er juillet 2023.

La Fed a mis à jour les nouvelles règles pour les transactions par carte de débit afin d’avoir au moins un processeur de secours en place. Cela signifie que Davos ne peut pas s’appuyer sur VISA pour refuser votre achat à l’épicerie unilatéralement à cause de tweets méchants ou parce que vous êtes Alex Jones.

Cela me dit clairement qu’ils combattent cette merde au niveau fondamental. Cela signifie également que le silence du FOMC sur les gilts britanniques, le Crédit Suisse, etc. est assourdissant.

Depuis lors, il n’y a rien eu d’autre qu’un nouvel acquiescement à la prochaine hausse de 75 points de base à la veille des élections de mi-mandat. La Banque d’Angleterre a obtenu son dû, et pour l’instant, les choses sont stables. Mais ce ne sera pas pour longtemps.

Comme l’a dit Mme Booth et je suis d’accord, chaque reprise du marché boursier, chaque geste de quelqu’un pour augmenter les liquidités offshore et calmer les choses, est une nouvelle occasion pour la Fed de continuer à répéter sa position.

Pourquoi ne pouvons-nous pas augmenter les taux ?

Pourquoi ne pouvons-nous pas faire payer ce que nous voulons pour l’argent que nous fournissons ?

Pourquoi devons-nous définir la valeur du travail américain selon vos règles ?

Pourquoi devons-nous appliquer un salaire minimum pour les spéculateurs en dollars offshore ?

Huissier !!

Mais, la grande question sans réponse à laquelle personne n’est autorisé à répondre est celle que Mme Booth n’a cessé d’éviter dans cette interview, « Si la Fed ne combat pas l’inflation avec des hausses de taux, alors que combat-elle ? » .

Vous connaissez ma réponse. Davos aussi.

Ce qui est hilarant, c’est de voir l’Europe appeler l’huissier et tout le monde réaliser finalement que la Fed lui avait dit de prendre sa pause déjeuner plus tôt.

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par, pour le Saker Francophone

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Le ministre allemand de l’intérieur est accusé d’avoir falsifié le nombre de réfugiés pour dissimuler la crise migratoire

Par : jmarti — 16 novembre 2022 à 10:00

Par John Cody − Le 3 novembre 2022 − Source rmx.news

Il semble que le ministre allemand de l’intérieur, de gauche, dissimule la véritable portée de la crise migratoire que connaît l’Allemagne.

Nancy Faeser, ministre allemand de l’intérieur, fait l’objet de graves accusations, selon lesquelles elle aurait falsifié le nombre de soi-disant réfugiés sur le sol allemand depuis le début de l’année.

Elle affirme en effet que seuls 57 647 réfugiés seraient entrés sur le territoire allemand, alors que la police fédérale a dénombré 101 900 étrangers depuis le mois de janvier, sachant que les données de la police fédérale ne couvrent que quatre régions du pays : Berlin, Munich, Pirna et Stuttgart. Le nombre qu’elle avance est 40 % plus bas que celui évoqué par la police fédérale de son pays. De plus, on estime que les véritables nombres sont bien plus élevés que cela, les données d’autres districts étant manquantes.

Nancy Faeser, ministre allemand de l’intérieur, traverse la salle du cabinet au moment de la réunion hebdomadaire du gouvernement allemand à la chancellerie, à Berlin, en Allemagne, le mercredi 8 juin 2022 (AP Photo/Markus Schreiber)

Faeser est également accusée de truquages encore plus flagrants de nombres en lien avec les demandes d’asile. Le bureau fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) rapporte que 154 557 personnes ont demandé l’asile depuis le mois de janvier. Pourtant, ce nombre est 2,7 fois supérieur à celui cité dans le « Rapport d’Analyse des Migrations » publié par le ministère de l’intérieur.

Faeser est également critiquée pour n’avoir pas communiqué à la police fédérale les statistiques de migrations du mois d’octobre dans le « Rapport d’Analyse des Migrations » — le rapport ne contient que des données allant jusqu’à la fin du mois de septembre. Il est possible que Faeser ait poussé à dissimuler ces nombres au grand public, car les experts estiment que le mois d’octobre a vu un afflux majeur de migrants, comme déjà observé par d’autres pays comme la Hongrie ou l’Autriche.

L’Allemagne a fait entrer sur son sol plus d’un million d’étrangers cette année, dont 750 000 environ en provenance d’Ukraine ; pourtant, ils n’ont pas besoin de demander l’asile en Allemagne. Malgré la tentative de Faeser de sous-estimer la crise migratoire, les villes et les municipalités se plaignent d’être débordées en raison à la fois des Ukrainiens et d’un important afflux de migrants en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient, ce qui a amené 12 des 16 États allemands à déclarer le mois dernier ne plus être en mesure d’accepter davantage de réfugiés.

Le ministre de l’intérieur controversé, qui a appelé à la censure de masse tout en s’attaquant aux conservateurs, s’en tient à ses nombres sur les réfugiés. Elle a affirmé que son ministère ne fait mention que des immigrants appréhendés aux abords de la frontière, et que les forces de la police fédérale comptent peut-être certaines entrées plusieurs fois. Pourtant, cela ne suffit pas à expliquer les différences d’asile trouvées dans les chiffres du BAMF.

Le syndicat de la police fédérale du pays soulève ce problème auprès des journaux, et le dirigeant du syndicat, Heiko Teggatz, affirme au journal Bild que les chiffres plus importants évoqués par la police fédérale « reflètent exactement ce que mes collègues m’ont dit depuis des mois. » Il estime que des points de contrôle fixes doivent être établis aux frontières et avant que les autorités pourraient alors rejeter les demandeurs d’asile ayant déclaré leur candidature depuis un autre pays « directement à la frontière ».

John Cod

Note du Saker Francophone

Ce n’est pas la première fois que Mme Faeser se fait remarquer, il est également évoqué qu’elle a contribué par le passé à un journal Antifa extrêmiste.

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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Que signifierait une défaite russe pour les peuples de l’Ouest ?

Par : Wayan — 16 novembre 2022 à 09:00

Par The Saker – Le 15 novembre 2022 – Source The Saker’s Blog

Les lecteurs réguliers du blog savent que je coupe notre pauvre planète souffrant depuis si longtemps en deux parties fondamentales : La zone A, alias l’empire anglo-sioniste, alias l’Hégémon mondial, alias l' »Axe du bien » et ce que j’appelle la zone B, ou le monde libre.

Très approximativement, nous devons aussi séparer les élites dirigeantes des personnes qu’elles dominent. Voici, très approximativement, ce que nous obtenons :

Zone A Zone B
Les élites dirigeantes détestent la Russie/Poutine  Certaines craignent l’Hégémon, mais d’autres non
Les peuples La plupart des gens sont indifférents ou hostiles la plupart soutiennent la Russie et Poutine

Ensuite, je propose de faire une expérience simple. Supposons que la Russie perde la guerre contre l’OTAN. Nous n’avons pas besoin de préciser comment une telle défaite pourrait exactement se produire, nous supposons simplement que la Russie est incapable d’atteindre ses objectifs de dénazification et de démilitarisation de l’Ukraine (et, en fait, de l’ensemble de l’OTAN), que les forces de l’OTAN parviennent à vaincre la machine militaire russe (encore une fois, peu importe comment, avec ou sans Wunderwaffen) et que la Russie perde très clairement.

Nous n’avons même pas besoin de définir ce que signifierait une « défaite » ? Nous pouvons peut-être imaginer que la Russie conserve la Crimée, mais perde toutes les régions récemment libérées de l’ancienne Ukraine, ou peut-être que l’OTAN parvienne même à occuper la Crimée. Je ne vois pas de chars de l’OTAN dans le centre de Moscou, mais nous pouvons même imaginer une défaite purement psychologique dans laquelle les deux parties pensent que la Russie a perdu et que l’OTAN a gagné.

Encore une fois, les détails, aussi improbables et éloignés de la réalité soient-ils, n’ont pas d’importance. Ce qui compte, c’est seulement ceci : une fois que les quatre groupes ci-dessus auront réalisé que l’OTAN a vaincu la Russie, comment réagiront-ils ?

Pour les dirigeants de l’Hégémon, ce serait un rêve devenu réalité. En fait, les néoconservateurs qui dirigent l’Hégémon décideront très probablement qu’ils doivent « finir le travail » qu’ils n’ont pas terminé dans les années 90, et que la Russie doit être divisée en plusieurs parties. Ce serait la dernière « solution finale » de l’Occident pour le « problème russe« .

Pour les dirigeants du monde libre, une défaite russe signifierait qu’il n’y a plus d’alternative à l’Hégémon et que, qu’on le veuille ou non, les anglo-sionistes dirigeront la planète. Comme les Borgs dans Star Trek aiment à le proclamer : « Nous sommes l’Hégémon. La résistance est futile. Vous serez assimilés« .

Pour la plupart des gens du monde libre, une défaite russe serait une déception écrasante pour la simple raison que la plupart des gens verraient le plan anglo-sioniste pour ce qu’il est : choper la Russie d’abord, puis s’attaquer à la Chine et la faire tomber, et enfin, l’Iran et toute autre nation qui ose désobéir aux dirigeants de l’Hégémon.

Il est clair qu’il ne s’agit pas de l’Ukraine, mais de l’avenir de l’humanité dans son ensemble.

Mais qu’en est-il des personnes de la zone A qui vivent déjà actuellement sous le joug anglo-sioniste ?

[Petit rappel : J’ai décidé, pour diverses raisons, de ne pas discuter de la politique intérieure des États-Unis sur le blog du Saker et je vais m’efforcer de respecter cette règle. Néanmoins, je vais énoncer une évidence : nous connaissons tous le résultat des dernières élections aux États-Unis et les adultes dans la pièce comprennent ce qui s’est passé, pas besoin d’énumérer divers truismes ici. S’il y a quelqu’un qui lit ceci et qui croit sincèrement qu’une variante du Parti-unique néoconservateur au pouvoir va changer les choses pour le mieux ou même ralentir l’effondrement inévitable, je recommande à cette personne d’arrêter de lire ici. Maintenant, pour le reste d’entre nous :]

Je pense que la réaction initiale de la plupart des habitants de la zone A sera un mélange de soulagement (« Bien sûr, je savais que l’Occident gagnerait ! ») et d’indifférence (les problèmes des transsexuels sont tellement plus importants !): leur vaillante « meilleure force de combat de l’histoire du monde » a botté le cul d’un coco rookie qui méritait vraiment de se faire botter le cul. Certains des défenseurs les plus optimistes de la « civilisation occidentale » passeront même dans notre section des commentaires pour jubiler « ha ! ha ! je vous l’avais dit ! votre Poutine et ses généraux sans cervelle se sont fait botter le cul par les meilleurs généraux des États-Unis et de l’OTAN !« . Et pendant un moment, ils se sentiront vraiment bien. Ils se sentiront justifiés : enfin, les Russes stupides et abrutis payent le prix pour avoir élu et soutenu un dirigeant aussi faible, indécis, naïf, corrompu, incompétent (et peut-être même mourant d’un cancer) !

Et si seulement le Kremlin avait eu la sagesse d’écouter ses « amis occidentaux » !

Mais non, le Kremlin ne l’a pas fait, et maintenant, c’est l’enfer qu’il va subir. Bien sûr, si les « amis occidentaux » de la Russie avaient été aux commandes, ils auraient exécuté une guerre éclair depuis longtemps, réduit Banderastan en miettes (à la Fallujah si vous voulez) et vaincu l’OTAN de manière rapide et décisive. Mais ces idiots du Kremlin n’ont pas écouté, et ils méritent donc ce qui leur arrive.

D’accord, c’est bien comme cela.

Mais qu’en est-il des gens ordinaires de la zone A ? Ceux dont le « camp » est censé avoir « gagné » ?

Une fois que le bonheur initial et les célébrations seront passés, que leur arrivera-t-il ensuite ?

Quelqu’un veut-il deviner ? Si oui, postez vos idées dans la section des commentaires.

Je pense qu’après la défaite de la Russie, ce sera au tour de la Chine (par quelque moyen que ce soit). Une fois que cela se produira, tous les pays suivants seront décapités et deviendront sans importance : BRICS, OCS, OSTC. Le prochain pays sur la liste des victimes de l’Hégémon sera l’Iran qui, ayant perdu le soutien de la Russie et de la Chine, ne sera pas en mesure de défier avec succès l’Hégémon. Ce qui, à son tour, aura des conséquences majeures pour l’ensemble du Moyen-Orient. L’aspirant Pacha, Erdogan, sera très rapidement mis au pas. Idem pour MBS.

Les Israéliens auront l’impression d’avoir suffisamment « amélioré l’univers » et que leur Messiah sera le prochain 🙂

Avec la Russie et la Chine hors du chemin, l’Asie centrale serait un choix franchement facile pour l’Hégémon. En fait, tous les pays limitrophes de la Russie seraient rapidement absorbés par l’Hégémon.

Il en va de même pour le Pakistan et l’Inde, qui perdraient rapidement la plupart (voire la totalité) de leur souveraineté. L’Afghanistan sera livré à ISIS (créé et dirigé par les États-Unis). Finalement, l’Amérique latine et l’Afrique seront toutes deux entièrement recolonisées (au grand soulagement et à la grande joie de la classe compradore locale).

Je pense que toute personne disposant d’un minimum d’informations et d’intelligence conviendra que la bande d’allumés qui dirige actuellement les États-Unis et la quasi-totalité des pays de l’Union européenne n’en ont rien à faire des gens qu’elle domine : elle ne les considère que comme des moyens de production, en d’autres termes, comme des esclaves auxquels il faut donner des quantités suffisantes de (mauvaise) nourriture et d’immenses quantités de « divertissements » (vraiment démoniaques) pour les garder gentils, heureux et, surtout, obéissants et ignorants. Voici donc ma question :

La zone B ayant disparu, quel espoir d’un avenir meilleur, s’il en existe un, les esclaves de l’Hégémon anglo-sioniste pourraient-ils garder dans leur cœur si notre planète entière se transforme en zone A ?

L’appareil répressif actuel dont dispose la classe dirigeante américaine, qui comprend 17 agences de « renseignements », le plus gros budget d’agression militaire de la planète, le plus grand nombre de prisonniers détenus dans les prisons, le contrôle informationnel total fourni par Google, Amazon, Netflix, Facebook, Twitter, etc. etc. etc. des forces de police militarisées et d’autres agences prêtes à faire face aux « terroristes domestiques » (parfois définis comme toute personne soutenant MAGA), et un système scolaire et universitaire conçu pour créer un plancton de bureau obéissant (cols blancs) et des employés de fast-food (cols bleus) avec quasiment aucune conscience, sans parler d’une quelconque compréhension, du monde extérieur. Les États de l’UE n’en sont pas encore là, mais ils rattrapent rapidement leur retard.

Ce n’est pas un système qui va simplement s’effondrer de lui-même ou, encore moins, être renversé par ses « déplorables« .

Je l’ai mentionné à maintes reprises dans le passé : le système politique américain n’est ni viable ni réformable.

Le système politique de l’UE est fondamentalement une extension du système politique américain, mais avec une mentalité coloniale plus prononcée (« fuck the EU« , n’est-ce pas ?).

Alors l’Hégémon va-t-il transformer notre planète entière en un Disney World géant et « woke » dirigé par des Néocons ?

Pas tant que la Russie, la Chine, l’Iran et d’autres pays tiendront bon. Mais si ces « nations résistantes » sont écrasées, le spectacle sera terminé pour les habitants de la zone A, dont l’esclavage non seulement durera encore plus longtemps, mais dont les conditions de vie continueront à se détériorer rapidement.

Et une fois que la tactique du « pain et des jeux » aura atteint ses limites, vous pouvez parier que la répression violente sera la prochaine étape.

TOUT régime qui vise sérieusement à coloniser la planète entière (ce que l’Hégémon fait sans aucun doute !) maintiendra TOUJOURS sa propre population dans des conditions d’esclavage, matériellement, culturellement et spirituellement.

Ainsi, pour paraphraser Malcolm X, le seul espoir pour les « Nègres domestiques » [les esclaves qui travaillaient dans la maison du maitre, NdT] reste encore « les Nègre des champs » [les esclaves qui travaillaient dans les plantations, NdT]. Que les « Nègres domestiques » eux-mêmes le comprennent ou non n’a aucune importance.

Permettez-moi de reformuler cela d’une manière encore plus choquante : le dernier et seul espoir pour les peuples des États-Unis et de l’UE est une victoire totale de la Russie contre l’OTAN. Une défaite de l’OTAN entraînerait la chute non seulement de l’OTAN elle-même, mais aussi de l’UE, ce qui, à son tour, obligerait les États-Unis à devenir (enfin !) un pays normal et civilisé.

Quant à l’UE, une défaite de l’OTAN signifierait la fin de mille ans d’impérialisme.

Je sais. Pour une civilisation construite sur l’hypothèse de sa supériorité raciale (qu’elle soit officiellement proclamée ou non), l’idée que le seul salut possible puisse venir de « barbares asiatiques inférieurs » est choquante et ne peut être considérée que comme une forme extrême de « doubleplusmauvaisecrimepensée ». Une telle pensée est, littéralement, impensable pour la plupart des gens.

Pourtant, comme je l’ai mentionné plus haut, que les « Nègres domestiques » le comprennent ou pas importe peu. Non seulement ils n’ont aucun pouvoir, mais ils n’en veulent aucun (y-a-t-il un polonais dans la salle ?).

Conclusion

La Russie ne perdra pas cette guerre, la plupart d’entre nous le comprennent. Mais pour ceux qui ne le comprennent pas, je vais proposer une conclusion simple : une défaite russe serait un désastre pour la Russie. Et pour la Chine. Et pour le reste de la planète. Mais ce serait aussi une véritable calamité pour les peuples opprimés de l’Ouest. Ils devraient faire très attention à ce qu’ils souhaitent. Et la prochaine fois qu’ils voudront halluciner et se réjouir d’une « retraite/défaite stratégique de la Russie« , ils devraient se poser cette simple question : qu’est-ce que cela pourrait signifier pour moi et mon avenir ? Ai-je vraiment raison de me réjouir ?

Ou alors ils sont peut-être tellement habitués à être des esclaves que l’idée d’une liberté et d’une diversité réelles les terrifie.

Andrei

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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Voici comment Newsweek fabrique une fausse nouvelle sur l’Iran

Par : Wayan — 16 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama – Le 15 novembre 2022

James Melville @JamesMelville – 19:10 UTC – 14 nov. 2022

Iran 🇮🇷

Le parlement iranien a voté à une écrasante majorité l’exécution de 15 000 manifestants. Tout cela parce qu’ils ont osé protester pour le droit et la liberté des femmes à ne pas porter de foulard.

Absolument méprisable.

Newsweek.com

Près de 15 000 Iraniens ont été arrêtés dans le cadre de ces manifestations, qui ont été déclenchées par la mort de Mahsa Amini en septembre

Le tweet ci-dessus a été retweeté plus de 3 300 fois. C’est pourtant une infox. Mais on ne l’apprend qu’en remontant aux sources.

Le rapport de Newsweek dont le lien figure dans le tweet, bien que rempli de mensonges, ne dit pas que le parlement iranien « a voté à une écrasante majorité l’exécution de 15 000 manifestants« .

L’Iran vote pour exécuter des manifestants, et dit que les

Mais cela s’en rapproche :

Après de nombreux appels à des punitions sévères ces derniers jours, le parlement iranien a voté mardi à une écrasante majorité en faveur de la peine de mort pour les manifestants.

Les législateurs iraniens ont, ces derniers jours, appelé à des punitions sévères pour les manifestants qui ont été arrêtés. Lundi, CNN a rapporté qu’une lettre signée par 227 membres du Parlement iranien demandait instamment que les manifestants reçoivent une punition sévère « pour servir de leçon le plus rapidement possible. »

« Maintenant, le public, même les manifestants qui ne sont pas favorables aux émeutes, exigent du système judiciaire et des institutions de sécurité qu’ils traitent les quelques personnes qui ont causé des troubles de manière ferme, dissuasive et légale« , a déclaré le porte-parole du gouvernement iranien, Masoud Setayeshi, selon Reuters.

C’est ce que le Parlement a fait mardi, en votant la peine de mort pour tous les manifestants en détention afin de donner une « dure leçon » à tous les rebelles. La majorité en faveur de la peine était considérable, 227 sur 290 membres au total, ce qui correspond au nombre de législateurs qui ont signé la lettre.

L’infox ci-dessus comprend également un tweet d’un organe de propagande ukrainien :

ТРУХА⚡English @TpyxaNews – 9:45 UTC – 8 nov. 2022

Le parlement iranien a voté à la majorité (227 sur 290) l’exécution de tous les manifestants.

Les autorités soulignent que les rebelles doivent recevoir la plus « dure des leçons« .

Dans les réponses à ce tweet, quelqu’un demande une source. Une autre personne répond en postant un lien vers un article d’Iran International :

Les législateurs iraniens exhortent le pouvoir judiciaire à condamner les manifestants à mort

Iran International est une chaîne de télévision et un site Internet financés par l’Arabie saoudite et basés en Grande-Bretagne :

Une chaîne de télévision iranienne basée au Royaume-Uni est financée par une entité offshore secrète et une société dont le directeur est un homme d’affaires saoudien ayant des liens étroits avec le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, a révélé le Guardian.

Ces révélations sont susceptibles de soulever des inquiétudes quant à l’indépendance éditoriale d’Iran International, et surviennent à un moment où les craintes concernant un certain nombre de stations liées à l’Arabie saoudite opérant à Londres s’intensifient.

Une source a déclaré au Guardian que le Prince Mohammed, que beaucoup considèrent comme responsable du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, est la puissance derrière Iran International. La chaîne, qui opère à partir de Chiswick, n’a pas nié les affirmations selon lesquelles elle serait financée par la cour royale saoudienne.

Iran International TV est apparue brusquement sur la scène médiatique londonienne l’année dernière ; une grande partie de la centaine d’employés s’est vu offrir des salaires généreux, souvent le double de ceux de ses concurrents, mais elle est restée évasive quant à sa source de financement.

Le rapport d’Iran International affirme :

Un groupe de 227 membres du Parlement iranien a demandé au pouvoir judiciaire de condamner à mort les personnes arrêtées lors des manifestations antigouvernementales en cours.

Le Parlement, élu lors d’une élection sans compétition en février 2020, est rempli de partisans de la ligne dure et d’officiers des Gardiens de la révolution.

Dans une déclaration lue au Parlement dimanche, les législateurs ont qualifié les manifestants de « mohareb« , qui signifie littéralement « guerrier » en arabe, mais qui, dans la loi islamique ou charia, signifie « ennemi de Dieu« , passible de la peine de mort. Ils ont également comparé les manifestants aux membres d’ISIS, qui « s’en prennent à la vie et aux biens des gens… »

Le régime iranien a jusqu’à présent accusé plusieurs personnes de « moharebeh« , de « corruption sur terre« , de « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale » et de « confrontation avec la République islamique » pour avoir participé aux manifestations.

La moharebeh, ou hirabah en arabe, est une catégorie juridique désignant un certain nombre de crimes en droit islamique :

En droit islamique, la hirabah est une catégorie juridique qui comprend le vol de grand chemin (traditionnellement compris comme un vol aggravé ou un vol qualifié, contrairement au vol, qui est puni différemment), le viol et le terrorisme. Ḥirābah (arabe : حرابة) est un mot arabe désignant la  » piraterie « , ou la  » guerre illégale « . Il vient de la racine trilittérale ḥrb, qui signifie  » se mettre en colère et enrager « . Le substantif ḥarb (حَرْب, pl. ḥurūb حُروب) signifie  » guerre  » ou  » guerres « .

Moharebeh (également orthographié muharebeh) est un terme persan qui est traité comme interchangeable avec ḥirabah dans les lexiques arabes. Le terme apparenté muḥārib (محارب) (auteur de muḥāribah) a été traduit par les médias iraniens de langue anglaise par « ennemi de Dieu« [ Dans les sources médiatiques de langue anglaise, Moḥarebeh en Iran a été traduit diversement par « mener une guerre contre Dieu« , « guerre contre Dieu et l’État« , « inimitié contre Dieu« . C’est un crime capital au Royaume d’Arabie saoudite et en République islamique d’Iran.

Les protestations pacifiques ne sont pas un crime et n’entrent pas dans la catégorie des moharebeh. L’émeute extrême peut être un crime selon la doctrine, mais la peine encourue varie et n’est pas nécessairement une condamnation à mort.

Si l’auteur de Newsweek avait pris la peine de lire l’article de CNN auquel il fait référence mais dont il ne donne pas le lien, il aurait pu faire mieux que de prétendre que le parlement « votait pour imposer la peine de mort à tous les manifestants« .

CNN a écrit :

Les législateurs iraniens ont exhorté le système judiciaire du pays à « ne faire preuve d’aucune indulgence » envers les manifestants dans une lettre citée par la chaîne publique Press TV dimanche, alors que des milliers de personnes continuent de se rassembler dans les rues malgré la menace d’une arrestation.

Dans une lettre ouverte signée par 227 des 290 membres du Parlement iranien, Press TV rapporte que les législateurs demandent que les manifestants reçoivent une « bonne leçon » afin de dissuader d’autres personnes de menacer l’autorité du gouvernement iranien.

« Nous, les représentants de cette nation, demandons à tous les responsables de l’État, y compris le pouvoir judiciaire, de traiter ceux qui ont fait la guerre (contre l’establishment islamique) et attaqué la vie et les biens des gens comme le fait Daesh (les terroristes), d’une manière qui servirait de bonne leçon, le plus rapidement possible« , peut-on lire dans la lettre, selon la chaîne d’État Press TV.

Les législateurs ont ajouté qu’une telle sanction – dont les modalités n’ont pas été précisées – « prouverait à tous que la vie, les biens, la sécurité et l’honneur de notre cher peuple constituent une ligne rouge pour cet establishment (islamique) et qu’il ne fera preuve d’aucune indulgence envers quiconque à cet égard« .

Il n’y a donc pas eu de vote au Parlement iranien sur ce sujet. Une lettre ouverte, signée par tous les membres de la faction conservatrice des principalistes, a demandé au pouvoir judiciaire de punir sévèrement les émeutiers. Il n’y a aucune mention de la catégorie moharebeh ou de la peine de mort.

En descendant encore plus bas dans la chaîne des sources, nous pouvons regarder la source de CNN, l’article de Press TV sur le sujet. Il dit :

Les législateurs iraniens ont appelé à punir fermement ceux qui ont incité les récentes émeutes dans tout le pays et ont causé des pertes de vies humaines et des dommages importants aux biens publics.

Cet appel a été lancé dans une lettre adressée dimanche au pouvoir judiciaire, signée par 227 législateurs iraniens, qui ont demandé aux responsables judiciaires d’envisager des sanctions sévères à l’encontre de toutes les personnes impliquées dans les émeutes, qu’il s’agisse des agents sur le terrain ou des incitateurs.

« Nous, les représentants de cette nation, demandons à tous les responsables de l’État, y compris le pouvoir judiciaire, de traiter ceux qui ont mené la guerre [contre l’establishment islamique] et attaqué la vie et les biens des gens comme les [terroristes] de Daesh, d’une manière qui servirait de bonne leçon, dans les plus brefs délais« , ont-ils déclaré.

Les législateurs ont ajouté qu’une telle sanction « prouvera à tous que la vie, les biens, la sécurité et l’honneur de notre cher peuple constituent une ligne rouge pour cet établissement [islamique], et qu’il ne fera preuve d’aucune indulgence envers quiconque à cet égard« .

Encore une fois – pas de vote du parlement, pas de mention des manifestants pacifiques, pas de demande de peine de mort.

Le reportage de Press TV a été publié le dimanche 6 novembre. Le 8 novembre, Reuters faisait état de la réponse du pouvoir judiciaire à la lettre du Parlement. L’auteur de l’article de Newsweek s’est également trompé dans la date de la lettre et dans la séquence en affirmant que le Parlement avait réagi à la justice. Ce n’est pas le cas :

DUBAI (Reuters) – Les tribunaux iraniens traiteront avec fermeté toute personne provoquant des perturbations ou commettant des crimes lors de la vague de manifestations antigouvernementales, a déclaré mardi le pouvoir judiciaire, indiquant que les autorités ont l’intention de prononcer des peines sévères à l’encontre des manifestants condamnés.

« Maintenant, le public, même les manifestants qui ne sont pas favorables aux émeutes, exigent du système judiciaire et des institutions de sécurité qu’ils traitent les quelques personnes qui ont causé des perturbations de manière ferme, dissuasive et légale« , a déclaré le porte-parole du système judiciaire, Masoud Setayeshi.

Reuters nous fait également savoir que les « manifestations pacifiques » n’ont pas été pacifiques du tout, selon les médias d’opposition financés par les États-Unis :

L’agence de presse activiste HRANA a déclaré que 318 manifestants avaient été tués dans les troubles à la date de samedi, dont 49 mineurs. Trente-huit membres des forces de sécurité ont également été tués, selon l’agence.

Les médias d’État ont déclaré le mois dernier que plus de 46 membres des forces de sécurité, dont des policiers, avaient été tués.

Les policiers ne meurent pas lors de « manifestations pacifiques« .

Comme je l’ai signalé il y a un mois, les émeutes actuelles en Iran sont concentrées dans le sud-est du Baloutchistan et dans la région kurde du nord-ouest de l’Iran. Des mouvements terroristes financés par l’étranger sont actifs dans ces deux régions. Iran International, l’organisation terroriste kurde PDKI et d’autres entités étrangères incitent les émeutiers :

PDKI @PDKIenglish – 20:43 UTC – 14 Nov 14. 2022

Maintenant que les voix des marginaux, des nations opprimées et de tous les combattants de la liberté iraniens ont résonné dans le monde entier, le message de mort [au régime] est parvenu à Téhéran. Il est certain que nous serons victorieux.

Des médias comme Newsweek, qui publient de fausses nouvelles sur l’Iran, sont complices des dommages et des morts que ces émeutes provoquent.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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La présidence cheval de Troie

Par : hervek — 15 novembre 2022 à 12:00

Par Dmitry Orlov – Le 7 novembre 2022 – Source Club Orlov

Orlov

Les élections américaines de mi-mandat approchent et, comme il se trouve que je suis un bon et patriotique ressortissant russe, il m’incombe de m’en mêler. L’ingérence dans les élections est un exemple de soft power de la Russie, qui est bien plus agréable que le hard power de la Russie, et vous devriez donc être heureux que l’option douce soit encore sur la table.

J’ai déclaré officiellement que « les États-Unis ne sont pas une démocratie et que l’identité du président n’a pas d’importance » à de multiples reprises et en de multiples endroits, et je m’en tiens à cette déclaration, que je considère comme un état de fait prouvable. Les statistiques montrent qu’il n’y a aucune corrélation entre les préférences du public et les décisions de politique publique, mais une forte corrélation entre les préférences des groupes de pression du big business et les décisions de politique publique. Ainsi, les États-Unis ne sont pas une démocratie (gouvernée par le peuple) mais un oligopole (gouverné par des groupes d’affaires). Il s’ensuit que l’identité du président importe peu, car les deux partis du duopole Démocrate-Républicain sont détenus par le même ensemble de groupes privés.

Et donc, peu importe qui est président et votre vote ne signifie rien ? Accordé ; mais alors, est-ce que ça importe qu’il y ait un président ? Je pense que oui !

Et si le président était un organo-servo-robot, une marionnette sénile, secondé par un vice-président spécialement choisi pour être encore plus faible d’esprit ? Il s’agit d’un excellent stratagème pour mettre au pouvoir un groupe extrémiste qui n’a qu’un lien indirect avec les lobbies commerciaux habituels qui déterminent ce qui se fait à Washington. Ne pensez pas à un « État profond » vaste et amorphe : l’exécution d’un tel coup de force nécessite une coordination étroite, une certaine dose de secret ou, au moins, de discrétion et, bien sûr, d’énormes sommes d’argent. Pensez plutôt à un oligarque maléfique singulièrement bien doté et à ses multiples serviteurs qu’il a soigneusement préparés et insérés dans des positions de pouvoir.

L’objectif global d’un tel groupe extrémiste pourrait bien aller bien au-delà des intérêts habituels des lobbies commerciaux, tels que la préservation des capitaux propres, une plus grande place à l’auge des subventions fédérales, l’élimination des barrières transnationales au commerce et à la circulation des capitaux, la réduction des impôts sur les entreprises, etc. Ces fanatiques pourraient bien avoir à l’esprit une vision tout à fait différente de l’avenir, dans laquelle un groupe minuscule d’ultra-riches possède tout, tandis que le reste d’entre nous ne possède rien, mais, rendus dociles par toutes sortes de manipulations médicales et techniques, nous nous sentons heureux de cet état de fait… comme autant d’animaux dans une ménagerie… pas trop d’animaux, remarquez : une réduction drastique de la population est probablement un de leurs objectifs clés.

Quels pourraient être les objectifs généraux de cette organisation ? Ce n’est pas vraiment un secret. En voici un échantillon, tiré du document « Objectifs 2030 » de la conférence de 2018 du Complexity Institute de Santa Fe :

  • Pas de propriété privée ou personnelle.
  • Revenu de base garanti pour tous ceux qui acceptent cette « nouvelle normalité ».
  • Société sans argent liquide ; monnaie numérique (comme méthode de contrôle social).
  • Classement des hydrocarbures pour les États et les entreprises.
  • Contrôles sociaux stricts (par drones, reconnaissance faciale, etc.).
  • Rationnement de toute consommation, y compris l’énergie et les ressources naturelles.
  • Brevets sur tous les stocks de semences et restrictions sur la production alimentaire à usage personnel.
  • Élimination quasi totale du bétail. La population restante sera nourrie d’un régime végétarien complété par des protéines artificielles, des insectes, etc.
  • Réduction de la population par la stérilisation et le contrôle des naissances.
  • Vaccination forcée.
  • Interdiction des formes alternatives de médecine.
  • Effacement des distinctions sexuelles (homme/femme).
  • Stérilisation et castration des enfants (chimique et/ou chirurgicale).

Certaines personnes reconnaîtront peut-être dans cette liste divers éléments proposés depuis un certain temps à la conférence de Davos et dans d’autres lieux. Cette proposition est restée lettre morte lorsque l’éternel maître d’hôtel de Davos, un certain M. Klaus, si ma mémoire est bonne, a appelé Poutine et Xi par téléconférence pour leur demander s’ils étaient d’accord avec un tel plan. Les deux hommes ont répondu que non, qu’ils avaient leurs propres plans pour répondre aux besoins de leur peuple. Cela a jeté un grand coup d’arrêt dans les travaux.

Le plan (je suppose) était d’utiliser le grand-père sénile et son acolyte idiot comme cheval de Troie pour infester la Maison Blanche, puis d’utiliser cette position pour détruire l’Amérique, et enfin d’utiliser le cadavre pourri de l’Amérique comme zone de transit pour lancer des attaques similaires dans le monde entier. Mais si Poutine et Xi, et avec eux 80 % du monde, ne veulent rien entendre, alors quoi ? Faire une guerre contre la Russie et la Chine en tandem, et la perdre ? Que faire alors ?

Et donc ils attendent maintenant l’inévitable. La Russie a fini de dévorer l’armée ukrainienne d’origine et son stock d’armes de l’ère soviétique, et elle est maintenant à mi-chemin de dévorer toutes les recrues ukrainiennes restantes (des vieillards et des enfants, essentiellement), plus les mercenaires de l’OTAN et le stock d’armes de l’OTAN, le tout sans verser une goutte de sueur. Elle désactive progressivement toutes les infrastructures publiques sur l’ensemble du territoire ukrainien, la plupart de ces travaux étant effectués à l’aide d’une tronçonneuse volante artificiellement intelligente à petit budget appelée Geranium 2. (Nous, les Russes, aimons les noms comme ça. Un canon de 152 mm s’appelle Hyacinthe B ; un mortier automoteur de 240 mm s’appelle 2S4 Tulipe. Voulez-vous sentir nos fleurs ?)

L’absence d’électricité, de chauffage ou d’eau courante donne à la moitié restante de la population ukrainienne une très bonne raison de faire ses valises et de se diriger vers l’Ouest. Ces 15 à 20 millions d’Ukrainiens supplémentaires, qui exigeant d’être nourris et logés, feront certainement des merveilles pour le moral des Occidentaux. Cela se produira à un moment où les restrictions occidentales sur l’importation d’énergie russe commenceront à mordre sérieusement. Les gens ne seront pas contents.

Pensez-vous que l’oligarque, même pas particulièrement ombrageux, dont les sbires se déchaînent actuellement à la Maison Blanche, a un plan pour gérer l’horrible gâchis qu’il a créé ? Non, ils n’en ont pas. Ils paniquent. Pire encore, ils perdent le contrôle narratif. La présidence de Biden ne semble plus réelle, elle ressemble à ce qu’elle est en réalité : un canular. Et s’il n’est pas réel, alors qui sont les cafards qui ont sévi à la Maison Blanche ces deux dernières années ?

À ce stade, seule une personne très stupide pourrait penser que Biden, qui peut à peine lire une phrase entière à partir d’un téléprompteur sans balbutier au moins une fois, qui continue à serrer la main de fantômes, qui appelle des morts dans le public, qui a besoin de plusieurs essais pour nommer correctement le pays pour lequel il a dépensé 20 milliards de dollars, a été capable de revoir, et encore moins de rédiger, ces 100 décrets présidentiels qu’il a signés, dont 19 au cours de sa première semaine de mandat.

Alors qui les a rédigés et pourquoi ? N’aimeriez-vous pas le savoir ? Je ne peux pas vous dire comment voter, mais je peux vous dire ceci : dans certains États (pas tous), vous pouvez voter d’une manière spécifique pour avoir plus de chances de découvrir qui sont ces cafards. Il s’agirait ensuite de les faire sortir de leurs cachettes dans les lieux de pouvoir et de les piétiner.

Dmitry Orlov

Soutenez mes efforts sur https://boosty.to/cluborlov ou https://subscribestar.com/orlov.

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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Voici comment les ultra-riches contrôlent le gouvernement étasunien

Par : jmarti — 15 novembre 2022 à 10:00

Par Eric Zuesse − Le 5 novembre 2022 − Source Oriental Review

Le gouvernement des États-Unis essaye de dissimuler l’obscénité qui caractérise la distribution des richesses de la nation ; mais on en trouve une présentation tout à fait remarquable (la distribution des richesses privées des États-Unis) sur la page web du Board of Governors du système de la Federal Reserve, présentant un « aperçu » de la « distribution des richesses » sur la période s’étendant entre « Q3 1989 » et « Q2 2021 ». (Le présent article en fait une présentation encore plus claire, sur la base des données livrées par cette page.)

Les nombres qui suivent montrent les répartitions des quintiles de richesses — les pourcentages de la richesse détenues par les ménages de la nation, de la tranche des 20% du haut à la tranche des 20% du bas — en « milliers de milliards de dollars » pour chaque cinquième — au cours du dernier trimestre (« Q2 2021 »), tels que présentés sur cette page web :

  • 20 % le plus élevé = 20 % du haut totalise 94 680 Md$ (36 230 Md$ pour le 1% le plus élevé + 58 450 Md$ pour les autres 19 %)
  • 2ème tranche de 20 % = 40 % du haut – 20 % du haut = 20 680 Md$
  • 3ème tranche de 20 % = 60 % du haut – 40 % du haut = 9 620 Md$
  • 4ème tranche de 20 % = 80 % du haut – 60 % du haut = 5 410 Md$
  • dernière tranche de 20 % = Total – 80 % du haut = 3 690 Md$

100% = 94 680 Md$ + 20 680 Md$ + 9 620 Md$ + 5 410 Md$ + 3 690 Md$ = 134 080 Md$ au total.

Donc :

  • La tranche des 20 % les plus aisés détient 70.6 % de la richesse totale.
  • La tranche des 40 % les plus aisés détient 86.0 % de la richesse totale.
  • La tranche des 60 % les plus aisés détient 93.2 % de la richesse totale.
  • La tranche des 80 % les plus aisés détient 97.2 % de la richesse totale.

On a également vu le 1 % des plus aisés :

  • Tranche des 1 % les plus aisés (« 99-100 % ») : 36 230 Md$
  • Tranche des 20 % les plus aisés sans les 1 % les plus aisés = 58 450 Md$

Donc : les 1 % les plus aisés (La tranche des 5 % les plus riches des 20 % les plus riches) détient 38.3 % des 94 680 Md$ détenus par la tranche haute de 20 %.

1 % les plus aisés = 27 % de l’ensemble de la richesse.

(Le 1% du bas n’est pas détaillé.)

  • Tranche des 20 % les moins aisés = 2,8 % de la richesse totale.
  • Tranche des 40 % les moins aisés = 6,8 % de la richesse totale.
  • Tranche des 60 % les moins aisés = 14,0 % de la richesse totale.
  • Tranche des 80 % les moins aisés = 29,4 % de la richesse totale.

En pratique, toutes les personnes disposant d’assez de fonds pour pratiquer des donations significatives aux hommes politiques de leur choix font partie de la tranche des 20 % les plus aisés — les gens qui détiennent 70,6 % de la richesse totale. Ils dominent le jeu financier politique de la nation. Presque tous les pots-de-vin qui emplissent les comptes de campagnes politiques aux États-Unis sont versés par les 20 % Étasuniens les plus riches — et le 1 % du haut comprend l’ensemble des « faiseurs de roi ». Et si vous faites partie des 80 % du bas, vous n’êtes pas du tout représenté par le gouvernement étasunien.

Les 1 % les plus riches ont bien plus à disposition pour donner à leurs hommes politiques préférés que le reste de la tranche haute des 20 % , car ces gens — les membres du 1 % — détiennent les sièges dans les conseils d’administration des entreprises, et choisissent les dirigeants d’entreprises qui embauchent les lobbyistes au Congrès, pour divertir, récompenser et embaucher les membres du Congrès pour servir leurs entreprises, et se tenir au service des 1 % du haut qui contrôlent l’ensemble de ces entreprises. Parmi ces entreprises figurent celles qui contrôlent l’ensemble des grands — et la plupart des petits — groupes médiatiques, si bien qu’ils façonnent ce que « savent » et donc ce que pensent la plupart des électeurs (des deux partis).

Les États-Unis comptent environ mille milliardaires, et ils contrôlent assez d’argent pour amener le Congrès à ne pas adopter la moindre loi à laquelle ces ultra-riches seraient opposés, et à adopter les nombreux projets de loi que ces ultra-riches veulent voir mis en œuvre. Donc, la quasi-totalité des quelque mille individus qui contrôlent le gouvernement étasunien est composée de milliardaires. Ils contrôlent en particulier les entreprises internationales. Ces quelques personnes dominent les deux partis. Mais ils tirent les ficelles depuis l’ombre. Au cours des siècles passés, on connaissait l’identité des aristocrates, qui disposaient de titres formels ; dans les « démocraties » contemporaines, ils se dissimulent autant que possible. Ils ne veulent pas que le public sache que le gouvernement ne représente qu’eux, car si cela devait se savoir, la parole du gouvernement au sujet de telle ou telle « dictature » étrangère, ne posant aucune véritable menace à la sécurité nationale du pays, et des changements de régime nécessaires à l’étranger ; cette parole se verrait remise en question par les citoyens, qui se demanderaient : « Ne serait-ce pas notre propre régime qu’il convient de changer en premier ? » Il suffit de jeter un coup d’œil sur les médias d’« information » pour comprendre qu’ils NE veulent PAS que cette question pénètre l’esprit de quiconque. Le message est, au lieu de cela, systématiquement de promulguer des changements de régimes sur des dirigeants étrangers que les milliardaires des États-unis VEULENT changer. C’est ainsi que le public est amené à accepter de financer (avec ses impôts) le département de la « Défense »). N’est-il pas anti-« patriotique » de vouloir couper dans les dépenses de « défense » ? Qui pourrait bien vouloir une telle chose ?

Eric Zuesse

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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Les chefs du renseignement étasunien et russe se rencontrent à Ankara

Par : Wayan — 15 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama – Le 14 novembre 2022

Dans la journée, le média russe Kommersant a révélé que des négociations américano-russes avaient lieu en Turquie (traduction automatique) :

Comme l’a appris Kommersant, aujourd’hui 14 novembre, des négociations entre les délégations russe et américaine ont lieu à Ankara, la capitale de la Turquie. Le directeur du service du renseignement extérieur, Sergei Naryshkin, s’est rendu à Ankara en avion, depuis la Russie.

Cette réunion n’a pas été annoncée publiquement auparavant. Notre source a jusqu’à présent refusé de fournir des détails sur les discussions.

Le secrétaire de presse du président russe, Dmitri Peskov, a déclaré qu’il ne pouvait ni confirmer ni infirmer l’information concernant les pourparlers d’Ankara.

La dernière fois que les délégations russe et américaine se sont rencontrées à Genève, c’était le 10 janvier pour des discussions sur les garanties de sécurité. L’absence de résultats concrets des négociations de janvier est souvent considérée comme un préalable diplomatique au déclenchement des hostilités en Ukraine.

L’homologue américain de Sergei Naryshkin est le directeur de la CIA, Bill Burns.

Des négociations sont demandées depuis longtemps par la Russie :

Le mois dernier, la série d’appels à la négociation lancés par Poutine s’est intensifiée. Le 30 septembre, Poutine a appelé Kiev à « revenir à la table des négociations« . Le 11 octobre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a déclaré que la Russie « était prête à s’engager avec les États-Unis ou la Turquie sur les moyens de mettre fin à la guerre. » Deux jours plus tard, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que Moscou était « ouvert aux négociations pour atteindre nos objectifs. » Le 26 octobre, Poutine a envoyé un message à Zelensky par l’intermédiaire du président de la Guinée-Bissau, Umaro Mokhtar Sissoco Embalo, disant qu' »il souhaite et pense qu’un dialogue direct devrait avoir lieu entre les deux pays. » Le 30 octobre, Lavrov a déclaré que la Russie était « prête à écouter nos collègues occidentaux s’ils font une autre demande pour organiser une conversation« , tant que les besoins de la Russie en matière de sécurité sont pris en compte. Et le 1er novembre, Poutine a déclaré que les « conditions nécessaires » pourraient se présenter et servir de catalyseur aux pourparlers.

Du côté américain, une seule voix avait récemment exhorté publiquement à entamer des négociations :

Le général Mark Milley, président des chefs d’état-major interarmées. Selon des responsables américains, Milley « a fait valoir lors de réunions internes que les Ukrainiens ont obtenu à peu près tout ce qu’ils pouvaient raisonnablement espérer sur le champ de bataille avant l’arrivée de l’hiver et qu’ils devraient donc essayer de consolider leurs acquis à la table des négociations« .

Le plus haut général américain n’a pas caché sa position. « Quand il y a une opportunité de négocier, quand la paix peut être obtenue, saisissez-la« , a déclaré Milley dans un discours public cette semaine.

À la fin de la semaine dernière, le Wall Street Journal a rapporté que de plus en plus de membres de l’administration Biden étaient d’accord avec cette position :

Alors que l’Ukraine reprend Kherson, les États-Unis se tournent vers la diplomatie avant que l’hiver ne ralentisse l’élan

Les armes américaines affluent, mais les responsables à Washington se demandent quelle quantité de territoire les deux parties peuvent gagner. Les villes ukrainiennes, y compris Kiev, ont éteint les lampadaires pour économiser l’énergie après les attaques russes sur les centrales électriques.

De hauts responsables américains ont commencé à inciter Kiev à envisager des pourparlers de paix au cas où l’hiver freinerait son élan, après la reprise de Kherson par l’Ukraine, l’une des victoires les plus éclatantes de cette guerre.

L’arrivée imminente de l’hiver, conjuguée aux craintes d’une inflation due à la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, aux milliards de dollars d’armement déjà injectés en Ukraine et aux dizaines de milliers de victimes dans les deux camps, a incité Washington à parler d’un point d’inflexion potentiel dans la guerre, qui en est à son neuvième mois.

Le fait est que « l’Ouest » est à court de munitions qu’il peut livrer à l’Ukraine. C’est pourquoi les États-Unis veulent acheter 100 000 cartouches d’artillerie de 155 mm à la Corée du Sud :

« Des négociations sont en cours entre les États-Unis et des entreprises coréennes pour exporter des munitions, afin de pallier le manque de stocks de munitions de 155 mm aux États-Unis« , a déclaré le ministère. Le Pentagone a déclaré dans un communiqué qu’il était « en discussion » au sujet de « ventes potentielles » de munitions pour les États-Unis, par la Corée du Sud.

Mais les déclarations de la Corée du Sud et des États-Unis indiquent clairement que l’accord, qui est en cours depuis des mois, n’a pas encore été finalisé. L’achat d’une telle quantité de munitions d’artillerie est un sujet très sensible pour la Corée du Sud, notamment en raison des récents tirs de missiles et essais d’armes effectués par la Corée du Nord.

Appeler 100 000 munitions d’artillerie un « gros approvisionnement » est une plaisanterie. C’est moins que ce que l’armée russe utilise en deux jours.

L’Occident n’a actuellement plus la capacité industrielle de fabriquer les produits nécessaires à une longue guerre de haute intensité. Il pourrait reconstruire cette capacité, mais cela nécessiterait une énorme quantité d’argent et des engagements à long terme pour acheter des quantités importantes de ces produits.

Sans un réapprovisionnement régulier d’énormes quantités de munitions, l’armée ukrainienne est fichue.

L’administration Biden a maintenant confirmé que le chef de la CIA, Burns, a bien rencontré Naryshkin. Mais elle ment sur le contenu des discussions :

William J. Burns, le directeur de la Central Intelligence Agency, a rencontré son homologue russe en Turquie lundi pour mettre en garde la Russie contre l’utilisation d’armes nucléaires en Ukraine, a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche.

Le Conseil national de sécurité a déclaré que la réunion de M. Burns à Ankara n’avait en aucun cas pour but de négocier ou de discuter d’un quelconque règlement de la guerre en Ukraine. L’Ukraine a été informée à l’avance de ce voyage, a précisé le porte-parole.

Le président Biden a insisté sur le fait que c’est l’Ukraine, et non les États-Unis, qui décidera si et quand les négociations commenceront pour mettre fin à la guerre.

La Russie n’a pas menacé d’utiliser des armes nucléaires. Elle n’a aucune raison de le faire et beaucoup de bonnes raisons de s’abstenir de les utiliser. Elle s’aliénerait en particulier la Chine et d’autres alliés. Ce sont en réalité les États-Unis qui ont inventé ces histoires de menace nucléaire dans une autre de leurs tentatives de dénigrer la Russie. Les États-Unis savent bien sûr qu’il n’y a aucun risque que la Russie utilise des armes nucléaires et il est probable que Burns n’en a même pas parlé.

Il y a suffisamment d’autres problèmes. La situation de l’électricité en Ukraine s’aggrave à mesure que le temps se refroidit. Entre 40 et 50 % du réseau de 330 kilovolts est en panne et d’autres pannes sont à venir.

Ce dont les États-Unis ont besoin, c’est de plus de temps pour que l’Ukraine répare les dégâts et pour la production et la livraison de plus d’armes et de munitions. Ils ont besoin d’une pause dans la guerre. Ils pourraient bien espérer une sorte de cessez-le-feu pendant l’hiver. Il est fort probable que Burns se soit rendu à Ankara pour parler de cela.

Bien sûr, l’administration Biden n’a aucun intérêt à mettre fin à la guerre. Elle met en place un quartier général en Allemagne où un général trois étoiles et son état-major dirigeront les efforts des États-Unis dans leur guerre par procuration contre la Russie. On prétend que le nouveau commandement sera responsable de l’approvisionnement de l’Ukraine. Il est peu probable que cela soit vrai :

Le Pentagone met un général 3 étoiles en charge des opérations de guerre – pas de l’inventaire. Et vous n’avez pas besoin d’un état-major de 300 personnes pour faire un audit. C’est un état-major de guerre. Nous allons entrer en guerre contre la Russie, à moins que le peuple américain ne trouve un moyen de l’arrêter !

Ce quartier général signifie que les États-Unis se préparent à une guerre très longue et plus importante.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré qu’une victoire russe dans le conflit en Ukraine serait une défaite pour l’OTAN et qu’elle ne peut pas permettre une telle issue.

Si vous ne pouvez pas permettre que se produise quelque chose qui est déjà presque assuré, vous devrez faire quelque chose de très sérieux pour empêcher cette issue. L’OTAN n’est pas suffisamment unie pour entrer en guerre. Mais les chances d’un conflit direct augmentent de jour en jour. Il reviendra aux États-Unis et à certains pays d’Europe de l’Est d’envoyer leurs propres troupes en Ukraine.

L’opinion publique américaine n’est pas encore prête pour une telle mesure et il faudra encore du temps pour en arriver là.

C’est une autre raison pour laquelle les États-Unis souhaiteraient mettre la guerre en mode pause pour le moment. Mais il est peu probable que la Russie tombe dans le piège. Un cessez-le-feu permettrait à l’armée ukrainienne de reprendre des forces et de construire davantage de lignes défensives.

Après la mobilisation des réservistes en septembre, la Russie disposera bientôt des forces nécessaires pour ouvrir une brèche dans les lignes de front ukrainiennes, puis les franchir et attaquer en profondeur. Dès que le sol sera gelé, elle sera prête à agir. Toute pause actuelle rendrait plus difficile toute action ultérieure.

Il n’y aura pas de cessez-le-feu maintenant, mais discuter est de toute façon une bonne chose. Les deux parties doivent faire de leur mieux pour maintenir une relation.

La Russie demande beaucoup de choses : un retrait de l’OTAN à sa position de 1997, quatre morceaux de l’Ukraine qui sont devenue des régions russes, une garantie que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN. Les États-Unis ne sont certainement pas prêts à s’engager dans cette voie, du moins pas encore.

Il faudra du temps et de nombreux autres pourparlers pour que les États-Unis reviennent à la raison et fassent les concessions nécessaires pour mettre fin au conflit.

Il faudra également vaincre l’armée ukrainienne, et tous ceux qui la rejoignent, sur le champ de bataille. La Russie peut y parvenir si elle se concentre sur cet effort.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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La lutte entre grandes puissances. Un « jeu dangereux, sanglant et sale »

Par : Wayan — 14 novembre 2022 à 12:00

Par Scott Ritter − Le 3 novembre 2022 − Source Consortium News

Le discours-programme prononcé par le président russe Vladimir Poutine au Valdai Club jeudi dernier semble avoir placé la Russie sur une trajectoire de collision avec l' »Ordre International Fondé sur des Règles » (OIFR) dirigé par les États-Unis.

Deux semaines plus tôt, l’administration Biden avait publié sa stratégie de sécurité nationale 2022 (SSN), une défense en règle de l’OIFR qui déclare pratiquement la guerre aux « autocrates » qui « travaillent à temps plein pour saper la démocratie« .

Ces deux visions de l’avenir de l’ordre mondial définissent une compétition mondiale qui est devenue existentielle par nature. En bref, il ne peut y avoir qu’un seul vainqueur.

Étant donné que les principaux acteurs de cette compétition sont les cinq puissances nucléaires déclarées, la façon dont le monde gérera la défaite du camp perdant déterminera, en grande partie, si l’humanité survivra à la prochaine génération.

« Nous sommes maintenant dans les premières années d’une décennie décisive pour l’Amérique et le monde« , a écrit le président américain Joe Biden dans l’introduction de la SSN 2022. « Les termes de la compétition géopolitique entre les grandes puissances sont fixés … l’ère de l’après-guerre froide est définitivement terminée, et une compétition est en cours entre les grandes puissances pour façonner ce qui vient ensuite. »

La clé pour gagner cette compétition, a déclaré Biden, est le leadership américain : « La nécessité d’un rôle américain fort et déterminé dans le monde n’a jamais été aussi grande. »

La SSN 2022 a défini la nature de cette compétition en termes clairs. Biden a déclaré : « Les démocraties et les autocraties sont engagées dans un concours visant à montrer quel système de gouvernance peut le mieux servir leur peuple et le monde« .

Les objectifs américains dans cette compétition sont clairs :

« Nous voulons un ordre international libre, ouvert, prospère et sûr. Nous recherchons un ordre qui soit libre dans la mesure où il permet aux gens de jouir de leurs droits et libertés fondamentaux et universels. Il est ouvert en ce sens qu’il offre à toutes les nations qui adhèrent à ces principes la possibilité de participer à l’élaboration des règles et d’y jouer un rôle. »

Le président Joe Biden s’entretenant avec le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan, à gauche, lors d’un appel téléphonique avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky le 25 août. (Maison Blanche, Adam Schultz)

Selon Biden, les forces autocratiques, dirigées par la Russie et la République populaire de Chine (RPC), font obstacle à la réalisation de ces objectifs. « La Russie« , a-t-il déclaré, « représente une menace immédiate pour le système international libre et ouvert, bafouant imprudemment les lois fondamentales de l’ordre international aujourd’hui, comme l’a montré sa brutale guerre d’agression contre l’Ukraine. La RPC, en revanche, est le seul concurrent qui a à la fois l’intention de remodeler l’ordre international et, de plus en plus, la puissance économique, diplomatique, militaire et technologique pour faire avancer cet objectif. »

La Russie et la Chine

Bien entendu, la Russie et la Chine s’offusquent de la vision du monde de Biden, et en particulier du rôle qu’elles y jouent. Cette objection a été exprimée le 4 février, lorsque Poutine a rencontré le président chinois Xi Jinping à Pékin, où les deux dirigeants ont publié une déclaration commune qui a servi de véritable déclaration de guerre à l’OIFR.

« Les parties [c’est-à-dire la Russie et la Chine] ont l’intention de résister aux tentatives de substituer aux formats et aux mécanismes universellement reconnus et conformes au droit international [c’est-à-dire l’ordre international fondé sur le droit (OIFD)] », peut-on lire dans la déclaration conjointe, « des règles élaborées en privé par certaines nations ou certains blocs de nations [c’est-à-dire l’OIFR], et elles sont contre le fait de traiter les problèmes internationaux indirectement et sans consensus, s’opposent à la politique de puissance, à l’intimidation, aux sanctions unilatérales et à l’application extraterritoriale de la juridiction ».

Le président russe Vladimir Poutine s’entretenant à Pékin avec le président chinois Xi Jinping, le 4 février. (Kremlin.ru, CC BY 4.0, Wikimedia Commons)

Loin de chercher la confrontation, la Russie et la Chine, dans leur déclaration commune, ont fait tout leur possible pour souligner la nécessité de la coopération entre les nations :

« Les parties réitèrent la nécessité de consolider et non de diviser la communauté internationale, la nécessité de coopérer et non de se confronter. Les parties s’opposent au retour des relations internationales à l’état de confrontation entre grandes puissances, lorsque le faible est la proie du fort. »

La Russie et la Chine estiment que les problèmes auxquels le monde est confronté proviennent des pressions exercées par l’Occident collectif, dirigé par les États-Unis. Ce point a été souligné par Poutine dans son discours de Valdai.

« On peut dire, a noté Poutine, que ces dernières années, et surtout ces derniers mois, l’Occident a fait un certain nombre de pas vers l’escalade. À proprement parler, il mise toujours sur l’escalade ; ce n’est pas nouveau. Il s’agit de l’instigation de la guerre en Ukraine, des provocations autour de Taïwan, et de la déstabilisation des marchés alimentaires et énergétiques mondiaux. »

Selon Poutine, il n’y a pas grand-chose à faire pour éviter cette escalade, car la racine du problème est la nature même de l’Occident. Il a déclaré :

« Le modèle occidental de mondialisation, néocolonial à la base, a également été construit sur la standardisation, sur le monopole financier et technologique, et sur l’effacement de toutes les différences. La tâche était claire : renforcer la domination inconditionnelle de l’Occident dans l’économie et la politique mondiales, et pour cela mettre à son service les ressources naturelles et financières, les capacités intellectuelles, humaines et économiques de la planète entière, sous couvert de la soi-disant nouvelle interdépendance mondiale. »

La suprématie occidentale

Il ne peut plus y avoir de concept de coopération entre la Russie et l’Occident, a déclaré Poutine, parce que l’Occident dominé par les Américains adhère fermement à la suprématie de ses propres valeurs et systèmes, à l’exclusion de tous les autres.

Poutine s’en prend à cette exclusivité. « Les idéologues et les politiciens occidentaux disent au monde entier depuis de nombreuses années : Il n’y a pas d’alternative à la démocratie. Cependant, ils parlent du modèle occidental, dit libéral, de démocratie. Ils rejettent toutes les autres variantes et formes de démocratie avec mépris et – je tiens à le souligner – avec arrogance. »

En outre, Poutine a noté que « [L]a poursuite arrogante de la domination mondiale, du maintien du leadership par la pression, conduit au déclin de l’autorité internationale des dirigeants du monde occidental, y compris les États-Unis. »

Le président américain Joe Biden en réunion avec le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, le 14 juin 2021. (OTAN)

La solution, a déclaré Poutine, est de rejeter l’exclusivité du modèle américain OIFR. « L’unité de l’humanité ne repose pas sur le commandement ‘faites comme moi’ ou ‘devenez comme nous' », a déclaré Poutine, notant plutôt qu' »elle se forme en tenant compte et en se basant sur l’opinion de tous et dans le respect de l’identité de chaque société et nation. C’est le principe sur lequel un engagement à long terme dans un monde multipolaire peut être construit. »

Une bataille définie par les idées

Les lignes de bataille ont été tracées : d’un côté, la singularité dirigée par les États-Unis et, de l’autre, la multipolarité garantie par la Russie et la Chine.

Un affrontement militaire direct entre les partisans de la OIFD et ceux de la OIFR aurait des conséquences nucléaires et détruirait le monde qu’ils cherchent à contrôler.

Ainsi, l’Armageddon imminent ne sera pas une bataille définie par la puissance militaire, mais plutôt par les idées – comment influencer l’opinion du reste du monde pour qu’il se range de son côté. C’est là que se trouve la clé pour déterminer qui gagnera – l’OIFR établi ou l’OIFD en devenir ?

La réponse semble de plus en plus claire : c’est l’OIFD, et de loin.

L’Amérique est en déclin. Le modèle américain de démocratie échoue chez nous et, en tant que tel, il est ne peut plus être projeté de manière responsable sur la scène mondiale comme quelque chose de digne d’être imité. L’OIFR est en train de s’effondrer.

Sur tous les fronts, il est confronté à des organisations qui embrassent la vision du l’OIFD et échoue. Le G7 perd contre les BRICS ; l’OTAN se fracture alors que l’Organisation de coopération de Shanghai se consolide. L’Union européenne s’effondre, tandis que la vision russo-chinoise d’une union économique transeurasienne est en plein essor.

Carte de l’Organisation de coopération de Shanghai, décembre 2021. (Firdavs Kulolov, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)

« Le pouvoir sur le monde« , a déclaré Poutine à Valdai, « est exactement ce sur quoi le soi-disant Occident a parié. Mais ce jeu est certainement un jeu dangereux, sanglant et, je dirais même, sale. »

Il est impossible d’éviter le conflit à venir. Mais, comme l’a fait remarquer Poutine, en paraphrasant le passage biblique de Osée 8:7, « Celui qui sème le vent récoltera, comme le dit le proverbe, la tempête. La crise est en effet devenue mondiale, elle touche tout le monde. Il ne faut pas se faire d’illusions« .

À cela, il faut ajouter Matthieu 24, 6 : « Et vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerres. Veillez à ne pas vous troubler, car il faut que toutes ces choses arrivent, mais la fin n’est pas encore là. »

Il faut que toutes ces choses s’accomplissent.

Mais la fin n’est pas encore là.

Le déclin de l’hégémonie américaine dans les affaires mondiales ne nécessite pas que les quatre cavaliers de l’apocalypse se déchaînent sur la planète.

L’Amérique a eu ses moments. Comme le chantait Paul Simon dans sa chanson classique, American Tune, « Nous [l’Amérique] arrivons à l’heure la plus incertaine de notre époque« .

L’histoire n’oubliera jamais le siècle américain, où la force de son industrie et de son peuple est venue, non pas une fois, mais deux fois, à l’aide du monde « à l’heure la plus incertaine« .

Mais l’ère de la suprématie américaine est révolue, et il est temps de passer à ce que l’avenir nous réserve – une nouvelle ère de multipolarité où l’Amérique n’est qu’une parmi d’autres.

Nous pouvons, bien sûr, décider de résister à cette transition. En effet, la SSN 2022 de Biden est littéralement une feuille de route pour une telle résistance. Nous pouvons, comme le poète Dylan Thomas l’a écrit, choisir de ne pas « aller doucement dans cette belle nuit« , mais plutôt « Rage, rage contre la mort de la lumière« .

Mais à quel prix ? La fin de la singularité américaine ne signifie pas forcément la fin de l’Amérique. Le rêve américain, une fois débarrassé de la nécessité de dominer le monde pour le soutenir, peut-être une possibilité réalisable.

L’alternative est sombre. Si les États-Unis choisissent de résister aux courants de l’histoire, la tentation d’utiliser la dernière arme de survie existentielle – l’arsenal nucléaire américain – sera réelle.

Et personne n’y survivra.

En fin de compte, la décision de « brûler le village pour le sauver » appartient au peuple américain.

Nous pouvons adhérer au pacte suicidaire de la « démocratie contre l’autocratie » inhérent à la SSN 2022, ou nous pouvons insister pour que nos dirigeants utilisent ce qu’il reste de leadership et d’autorité américaine pour aider à guider la planète vers une nouvelle phase de multilatéralisme où notre nation existerait égale parmi les autres.

Scott Ritter

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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La négociation de plaidoyer d’Emily Oster

Par : hervek — 14 novembre 2022 à 10:00

L’humour de la classe pensante de l’Amérique, les gens qui prétendent savoir mieux que tout le monde.


Par James Howard Kunstler – Le 4 novembre 2022 – Source Clusterfuck Nation

Emily Oster: Emily Oster change notre façon de voir le SIDA en Afrique | TED Talk

À l’heure qu’il est, tout le monde et son oncle ont vu le plaidoyer d’Emily Oster en faveur d’une « amnistie pandémique » dans le magazine The Atlantic, organe interne des personnes qui, en Amérique, en savent plus que vous sur… vraiment… tout. Emily a le culot d’avoir des diplômes en or (licence, doctorat, Harvard ; professeur d’économie à l’université de Brown) et c’est un miracle qu’elle ait pu s’asseoir assez longtemps pour sortir son argument boiteux selon lequel « nous devons nous pardonner mutuellement pour ce que nous avons fait et dit lorsque nous étions dans l’ignorance du COVID ».

Emily n’était pas « dans le noir ». Elle avait accès à la même information que les Américains qui ont reconnu que tout ce que les autorités de santé publique, l’establishment médical et de nombreux élus ont déversé sur le virus de la Covid-19 et ses remèdes et moyens de prévention putatifs était faux, avec une patine de mauvaise foi et de malveillance – surtout lorsqu’il était utilisé pour persécuter leurs adversaires politiques.

Ces dissidents se sont avérés avoir « raison pour de mauvaises raisons », a-t-elle déclaré, la raison principale étant qu’ils n’étaient pas alignés sur le jacobinisme de ses collègues « progressistes » de l’université de Brown et des universitaires de tout le pays, qui étaient justement occupés à détruire la vie intellectuelle de la nation, empêchant la classe pensante de penser.

Regardons les choses en face : toute société a besoin d’une classe pensante, d’une cohorte capable de formuler les questions importantes du moment qui nécessitent un débat vigoureux dans l’arène publique pour aligner nos pensées et nos actes collectifs sur la réalité. L’Amérique disposait autrefois d’une classe pensante plutôt bonne, avec une presse libre plutôt bonne et de nombreuses autres plateformes d’opinion – toutes animées par le respect du premier amendement de la Constitution.

La classe pensante a détruit le débat public en promouvant avec zèle un nouveau régime de censure dans toutes les institutions américaines, mettant fin à la liberté d’expression et, plus important encore, au débat nécessaire pour aligner nos politiques sur la réalité. Ainsi, la classe pensante américaine est devenue le porte-flambeau de l’irréalité, en phase avec le Parti du Chaos qui détient les leviers du pouvoir. Cela incluait les pouvoirs de vie et de mort en matière de Covid-19.

Ce sont ces personnes qui ont milité contre les protocoles de traitement précoce efficaces (afin de préserver cyniquement l’autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) des compagnies pharmaceutiques et donc leurs boucliers de responsabilité) ; ce sont elles qui ont appliqué le combo mortel remdesivir-ventilateur dans les traitements hospitaliers ; ce sont elles qui ont déployé les « vaccins » nocifs et inefficaces ; ce sont elles qui ont licencié et vilipendé les médecins qui n’étaient pas d’accord avec tout cela ; et ce sont elles qui ont conçu une longue liste de politiques abusives qui ont détruit des entreprises, des moyens de subsistance, des ménages, des réputations et des avenirs.

Comment se fait-il que la classe pensante ait détruit la pensée et se soit trahie elle-même ? Parce que la compétition de statut pour la droiture morale dans le milieu malade des campus est devenue plus importante pour eux que la vérité. Dans des endroits comme l’université de Brown, on a assisté à une escalade de la compétition pour les points de reconnaissance du statut, ce qui est l’essence même de la signalisation de la vertu. Et la plus grande vertu était de suivre tout ce que les experts et les personnes en autorité disaient – la pathétique vertu de la soumission. Tout ce qui faisait obstacle à cette conformité, comme les divergences d’opinion, devait être écrasé, éradiqué, avec une pointe de violence pour donner une leçon aux dissidents : la dissidence ne sera pas tolérée !

Une classe de réflexion. Le cas d’Emily Oster devrait être particulièrement et douloureusement troublant, puisqu’elle affecte de se spécialiser, en tant qu’économiste, sur « la grossesse et l’éducation des enfants » (selon son propre site web), alors que le régime Covid de l’administration de la santé publique qu’elle a soutenu est à l’origine d’une horrible crise sanitaire pédiatrique qui se poursuit – il y a quelques jours seulement, le CDC a ajouté les « vaccins » à ARNm nocifs à son calendrier de vaccination des enfants dans le but de conférer une immunité juridique permanente aux entreprises pharmaceutiques après la fin de l’EUA, un acte ignoble. Où est le plaidoyer de Mme Oster auprès du CDC pour qu’il cesse d’essayer de vacciner les enfants avec des produits à ARNm ?

Le CDC continue de diffuser des publicités télévisées (pendant les matchs de la World Series !) vantant ses injections de « rappel » alors qu’il y a quelques semaines seulement, un haut dirigeant de Pfizer, Janine Small (« Regional President for Vaccines of International Developed Markets »), a révélé lors d’un témoignage devant le Parlement européen que sa société n’avait jamais testé son « vaccin » pour prévenir la transmission du CoV-2 du SRAS. Le CDC, sous la direction de Rochelle Walensky, est toujours très occupé à dissimuler ou à truquer ses données statistiques pour masquer l’image émergente selon laquelle les « vaccins » MRNA sont responsables de l’augmentation choquante des « décès toutes causes confondues » dans les pays les plus fortement vaccinés. En bref, les autorités poursuivent encore aujourd’hui leur opération malveillante.

Notamment, le plaidoyer de Mme Oster pour l’amnistie et le pardon, présenté dans The Atlantic, omet toute discussion sur la responsabilité de ce qui constitue des crimes graves contre le public. Un grand nombre de personnes méritent d’être inculpées pour avoir tué et blessé des millions de personnes. Au cœur de son plaidoyer se trouve l’excuse selon laquelle « nous ne savions pas » que la politique officielle Covid était si malavisée. C’est faux, bien sûr, et c’est simplement la preuve de l’allergie à la vérité récemment acquise par la classe pensante. La partie qu’elle a laissée de côté dans sa pétition pour l’amnistie pandémique est la suivante : nous ne faisions que suivre les ordres.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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Quelques réflexions sur le rôle des « idiots utiles » dans les PSYOPS modernes

Par : Wayan — 14 novembre 2022 à 09:00

Par The Saker – Le 12 novembre 2022 – Source The Saker’s Blog

Je dois commencer par un aveu : alors que l’ouragan Ian a été un désastre total pour la majeure partie de la Floride, l’ouragan Nicole est arrivé juste à temps pour m’éviter d’avoir à réagir à l’idiotie collective entourant le retrait annoncé de Kherson par l’armée russe. En termes purement militaires, c’était une évidence et si vous n’avez pas encore écouté Andrei Martyanov et Brian Berletic discuter de cette question avec Gonzalo Lira, veuillez cliquer ici pour écouter leur conversation.

Vous pouvez également écouter les commentaires de Gonzalo Lira ici (ils sont parfaitement sensés).

Big Serge a également publié une bonne discussion ici : https://bigserge.substack.com/p/surovkins-difficult-choice.

Ensuite, je voudrais proposer une nomenclature provisoire des personnes auxquelles je vais me référer. Il ne s’agit pas d’un groupe unique et monolithique, mais plutôt d’une sorte de « chœur PYSOP » avec différentes voix. Voici comment je les vois :

  • Les trolls payés et autres propagateurs de points de discussion PSYOP américains : ce sont les vrais, des gens qui en vivent. Appelons-les les « pros« . Certains d’entre eux sont de simples Intelligences Artificielles.
  • Des gens qui, pour une raison ou une autre, détestent Poutine, la Russie ou les deux. Pour eux, littéralement *tout* événement, décision, déclaration est immédiatement saisi et utilisé pour « prouver » que Poutine est faible et indécis, que la Russie perd la guerre (et qu’elle la perd depuis le premier jour) et que, tôt ou tard, l’Occident tout-puissant vaincra la Russie. Appelons-les les « haineux« .
  • Ensuite, il y a ceux qui sont là uniquement pour faire de l’argent. Ils ont besoin d’annoncer toutes sortes de défaites majeures, de catastrophes, de conspirations cachées, etc. parce que cela génère du trafic et de l’argent. Appelons ces gens les « putaclicks« .
  • Viennent ensuite les gens qui n’ont pas accès aux informations dont disposent Poutine, le Kremlin et l’état-major russe, mais qui se sentent suffisamment informés (et éduqués) pour expliquer au monde ce que les Russes devraient faire au lieu de ce qu’ils font réellement. Je les appelle les « génies en herbe ».
  • Ensuite, il y a ceux qui, formés par Hollywood et Tom Clancy, savent tout simplement que l’Occident est la civilisation la plus brillante et la plus avancée de l’histoire et que tout ce qu’il produit, qu’il s’agisse des peuples ou des technologies, est tellement supérieur à tout autre que la victoire finale de l’Occident contre tout ennemi ou même toute coalition d’ennemis est inévitable. Je pense que nous pouvons les appeler des « suprématistes ».
  • Ensuite, nous avons ceux qui essaient vraiment de comprendre ce qui se passe mais qui n’ont tout simplement pas l’éducation/la formation/l’expertise pour comprendre. Ce sont les personnes qui ont récemment fait une transition en douceur, passant de virologistes/microbiologistes/épidémiologistes de salon à généraux et maréchaux de salon. Ces personnes ont un avis sur tout, et le fait d’avoir cet avis sur tout leur donne le sentiment chaleureux d’être de vrais experts. Appelons-les donc ainsi, « les experts ».
  • Enfin, et pas des moindres, nous devons également mentionner les personnes qui n’ont aucune éducation/formation applicable et qui sont trop stupides pour se rendre compte qu’elles sont stupides. Nous pouvons les appeler « les imbéciles ».

Bien sûr, dès que Surovikin a annoncé que la Russie déplacerait ses défenses à Kherson vers la rive droite et se retirerait de la ville, tous ces gens ont instantanément uni leurs forces en un « chœur PYSOP » vociférant et ont inondé Internet de leurs inepties (y compris notre section de commentaires, mais la plupart ont été interceptés).

Franchement, je n’ai ni l’envie ni l’énergie de démystifier les idioties que cette « chorale PSYOPS » proclame solennellement, mais je tiens à mentionner deux choses qui pourraient avoir été manquées.

Premièrement, si les Russes n’avaient PAS quitté Kherson et si l’OTAN avait fait sauter le barrage de Kahovka et inondé la ville, le résultat aurait ressemblé à quelque chose comme ceci (j’ai obtenu cette image du blog d’Andrei Martyanov) :

Les Russes n’ont pas annoncé combien de soldats ils avaient à Kherson, mais les Ukronazis ont dit 20 000. Ok, partons de cette hypothèse et supposons que 20 000 soldats seraient coupés du reste des forces russes et ne seraient réapprovisionnés qu’avec beaucoup de difficultés. Ensuite, supposons que la force de l’OTAN (bien plus importante) ait pénétré dans la ville. Pouvez-vous imaginer ce qui s’y passerait ? Des centaines de prisonniers de guerre russes, beaucoup plus de morts, de tués, de disparus et, enfin, la « preuve » que la Russie est en train de perdre (et a toujours perdu !).

Je peux absolument vous garantir que les pros, les haineux, les putaclicks, les génies, les suprématistes, les experts et les imbéciles uniraient tous leurs forces en un « fortissimo musical » et crieraient du haut de leurs poumons que « ah ah ! vous voyez ! nous avions raison depuis le début !!!« .

La deuxième chose que je dois aborder est ce que je crois être une erreur d’analyse de Bernhard sur Moon of Alabama. Il a écrit que « ce coup est opérationnellement sain » et pourtant il a ajouté « stratégiquement le coup est mauvais« . On peut se demander comment un coup peut être opérationnellement sain mais stratégiquement mauvais, mais n’allons pas plus loin. L’argument de Bernhard est que « cela ferme pour l’instant la possibilité de se déplacer vers Nikolaev (Mykolaiv) et plus loin vers Odessa« . Le problème ici est que lorsque nous regardons une carte de la région, nous réalisons quelque chose de très important : il y a beaucoup de ruisseaux et de rivières qui coulent du nord au sud et qui se jettent dans la mer Noire.  Voir ici :

Ainsi, tout déplacement le long de la côte impliquerait de devoir traverser un certain nombre de rivières. Est-ce possible ? Oui, absolument. Mais est-ce la meilleure option ? Je n’en suis pas du tout sûr. Je dirai simplement que c’est l’option à laquelle les Ukronazis et l’OTAN se sont préparés.

Une autre option pourrait être de se déplacer non pas vers l’ouest, mais vers le nord, puis de tourner vers l’ouest pour prendre par derrière toutes les défenses de l’OTAN autour du littoral de la mer Noire. Ai-je mentionné qu’une force conjointe russo-biélorusse est maintenant déployée en Biélorussie, ce qui semble beaucoup inquiéter l’OTAN et qui pourrait être utilisée pour immobiliser les forces de l’OTAN qui sont proches et au nord de Kiev.

Est-ce là ce que les Russes prévoient ? Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est qu’il est erroné de penser que la seule façon d’atteindre Odessa est de se battre le long de la côte.

Enfin, et surtout, il y a l’(inévitable) rumeur selon laquelle un accord aurait été conclu entre Poutine et… … euh… eh bien… quelqu’un à l’Ouest (qui ? Brandon ? Sunak ? Macron ?). Il s’agit là d’une connerie pure et simple que seuls les véritables « imbéciles » peuvent avaler (bien que les « putaclicks » s’en servent pour obtenir des clics et de la visibilité !) La Russie et l’Occident sont enfermés dans une guerre existentielle pour leur survie depuis AU MOINS 2013 et nous sommes très proches d’une possible guerre nucléaire, mais certaines personnes continuent de penser que Poutine travaille pour les États-Unis, le WEF, Klaus Schwab, Bibi Netanuyahu, etc. etc. etc. Ma position à ce sujet est simple : toute personne qui croit sérieusement à ces conneries ne vaut pas la peine qu’on lui explique, vous auriez plus de succès en discutant avec un mur. Je ne m’embêterai certainement pas avec eux.

Je voudrais également noter que si un véritable accord en coulisses a été conclu, les chances que Poutine finalise cet accord avec les dirigeants occidentaux au G20 seraient une occasion parfaite. Pourtant, en réalité, Poutine ne va même pas y assister. Tirez en vos propres conclusions.

Il est particulièrement comique, d’une manière un peu triste, d’entendre les « experts » américains offrir leurs précieuses idées et conseils sur ce que les Russes devraient faire ensuite. Étant donné que les États-Unis n’ont jamais mené de véritable guerre depuis la Seconde Guerre mondiale, alors que l’existence d’un état-major russe est plus ancien que les États-Unis en tant que nation, seule une ignorance crasse de l’histoire pourrait inciter ces hyper-perdants à donner des conseils aux hyper-gagnants russes.

Et bien que la Russie ait perdu un certain nombre de batailles et même de campagnes au cours de son histoire, elle a toujours fini par vaincre tous ses ennemis. Pourtant, les Anglos sont toujours là à prêcher la Russie.

En parlant d’anglos, j’ai entendu un fait amusant l’autre jour : toute l’armée britannique pourrait tenir dans le stade Luzhniki à Moscou. Une Grande-Bretagne bien chétive…

Quoi qu’il en soit, ce sont des gens qui ont perdu le contrôle de leur empire et qui sont maintenant en train de perdre le contrôle de leur propre pays mais, plutôt que d’essayer de réparer leur propre désordre, ils sont encore là à prêcher au Kremlin comment faire la guerre.

Vraiment, sic transit gloria mundi…

Conclusion : le retrait de Kherson est-il une sorte de désastre ?

Pas le moins du monde. C’était un mouvement planifié et il a été bien exécuté. N’oubliez pas que le Kremlin a toujours été au courant du problème de Kherson, mais qu’il y a tout de même autorisé les référendums et que Kherson fait désormais légalement partie de la Russie. Ainsi, si les Russes ont retiré (la plupart) de leurs forces de la rive droite du fleuve, cela ne change en rien le statut juridique de la ville ou de ses habitants. Il existe un dicton français qui dit « il faut donner du temps au temps » et c’est ce que je suggère. Voyons ce qui se passera à Kherson et dans le reste du théâtre d’opérations au cours des deux ou trois prochains mois. Et, peut-être, avec le recul, tout deviendra clair.

Mais il est indéniable que les médias sociaux russes ont littéralement explosé de peur, d’incertitude et de doutes (PID) et qu’il y a maintenant un segment croissant de la population qui a) ne comprend pas ce qui se passe b) écoute tous les PID sur l’Internet russe et c) n’a toujours pas intégré le simple fait que la Russie est en guerre. Une guerre tout aussi réelle et cruciale que l’étaient la Première ou la Seconde Guerre mondiale. Cependant, plus cette guerre durera, plus la société russe se polarisera et, comme je l’ai déjà mentionné par le passé, je me réjouis de cette polarisation car elle montre le véritable « qui est avec qui » ici. Et il y aura un enfer à payer sur la route pour des gens, comme par exemple Dougine, qui commettent maintenant des actions qui les auraient fait fusiller pour trahison pendant la Seconde Guerre mondiale. Au moins, j’espère maintenant que le canard « Douguine est le conseiller de Poutine » a été définitivement enterré. Et MAINTENANT vous savez pourquoi je n’ai jamais posté un seul article de Douguine ou même mentionné son nom. Je l’ai deviné pour le faux qu’il est il y a bien longtemps.

Pour l’instant, ignorons simplement le chœur habituel des pros, des haineux, des putaclicks, des génies en herbe, des suprématistes, des experts et des imbéciles et laissons-les profiter de leurs 5 minutes de gloire avant que tout leur édifice mental ne s’écroule, détruit par la réalité et les faits sur le terrain.

Andrei

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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La chute de la FTX et de tout ce qui est crypto-monnaie

Par : Wayan — 14 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama – Le 12 novembre 2022

Cette semaine, j’ai été stupéfait par la stupidité des personnes qui avaient investi dans la crypto-« bourse » FTX. Je suis également stupéfait que certains aient pu « investir  » leur « argent  » sur le compte de cette entité non réglementée. Comment peut-on être aussi stupide ?

Les crypto-« monnaies » n’ont pas de but réel. Elles ne sont pas de l’argent. Leur valeur dépend uniquement de la confiance que les gens ont en elles. Lorsque la confiance disparaît, leur valeur tombe à zéro. C’est ce qui est arrivé à FTX et à la « monnaie » FTT que la société avait émise :

Un jeune homme de 30 ans a créé FTX, basé aux Bahamas, en 2019 et l’a conduit à devenir l’une des plus grandes bourses, accumulant une fortune de près de 17 milliards de dollars.

La nouvelle de la crise de liquidité chez FTX – évaluée en janvier à 32 milliards de dollars avec des investisseurs comme SoftBank et BlackRock – a eu des répercussions dans tout le monde de la crypto.

Le prix des principales pièces a chuté, le bitcoin atteignant son plus bas niveau en près de deux ans, ce qui a aggravé la situation d’un secteur dont la valeur avait déjà chuté d’environ deux tiers cette année en raison du resserrement du crédit par les banques centrales.

Lorsque le Vision Fund de Softbank investit dans quelque chose, c’est un signe certain que sa valeur va bientôt baisser.

Il y a beaucoup de criminalité dans cette affaire. FTX a prêté l' »argent » de ses clients à la société de négoce de Bankman-Fried, Alameda Research, qui l’a elle-même investi dans un certain nombre d’autres cryptomonnaies déficitaires. Binance, une « bourse » de cryptos tout aussi louche, possédait une grande partie de la « monnaie » de FTX. Dimanche dernier, elle a annoncé qu’elle avait tout vendu. Cela a été l’initiative qui a renversé son principal concurrent. Tout le système s’est effondré. La confiance a disparu. Les gens ont retiré leur « argent » des bourses d' »échange » de FTX. La société n’avait plus accès à suffisamment d’argent pour payer ce qu’elle devait. Hier, elle a été mise en faillite.

Une partie de l’argent que FTX avait prétendument donné à Alameda Research s’est volatilisée en route :

Au moins un milliard de dollars de fonds de clients ont disparu de la bourse de crypto-monnaies FTX qui s’est effondrée, selon deux personnes familières de l’affaire.

Le fondateur de la bourse, Sam Bankman-Fried, avait secrètement transféré 10 milliards de dollars de fonds des clients de FTX à la société de trading de Bankman-Fried, Alameda Research, ont déclaré ces personnes à Reuters.

Une grande partie de ce total a depuis disparu, ont-elles expliqué. Une des sources a estimé le montant manquant à environ 1,7 milliard de dollars. L’autre dit que l’écart se situe entre 1 et 2 milliards de dollars.

Toute cette affaire était, comme pour tout ce qui est crypto, une énorme fraude :

Les documents ont montré qu’entre 1 et 2 milliards de dollars de ces fonds n’étaient pas comptabilisés parmi les actifs d’Alameda, ont dit les sources. Les feuilles de calcul n’indiquaient pas où cet argent avait été déplacé, et les sources disent qu’elles ne savent pas ce qu’il est devenu.

Lors d’un examen ultérieur, les équipes juridiques et financières de FTX ont également appris que Bankman-Fried avait mis en place ce que les deux personnes ont décrit comme une « porte dérobée » dans le système de comptabilité de FTX, qui a été construit en utilisant un logiciel sur mesure.

Ils ont déclaré que cette « porte dérobée » permettait à Bankman-Fried d’exécuter des commandes susceptibles de modifier les documents financiers de la société sans alerter d’autres personnes, y compris les auditeurs externes. Grâce à cette configuration, le déplacement des 10 milliards de dollars de fonds vers Alameda n’a pas déclenché de signaux d’alarme internes de conformité ou de comptabilité chez FTX, ont-ils déclaré.

Le type est maintenant en fuite.

Il y a un autre aspect de l’histoire qui mérite un examen beaucoup plus approfondi :

Mr. Whale 🐳 whalechart.org @WhaleChart – 13:53 UTC – 11 Nov. 2022

🔸 25 avril 2019 : Biden annonce sa campagne présidentielle.

🔸 13 jours plus tard, Sam Bankman-Fried, fils de Barbara Fried (cofondatrice d’organisations de collecte de fonds politiques), lance sa bourse de crypto-monnaie #FTX.

🔸 L’affaire est un succès du jour au lendemain. SBF devient le plus grand donateur de Biden.

Ça fait vraiment réfléchir, non ?

FTX a implosé le jour de l’élection d’ailleurs :-(.

La mère de Sam Bankman-Fried est une « cofondatrice de l’organisation de collecte de fonds politiques Mind the Gap, qui défend les candidats politiques progressistes et finance des groupes de soutien. »

Sam Bankman-Fried a investi une grande partie de l’argent qu’il avait « possédé » dans la politique Démocrate :

Âgé de 30 ans, Sam Bankman-Fried est une puissance majeure dans la politique Démocrate, se classant au deuxième rang des plus gros donateurs individuels du parti pour le cycle électoral 2021-2022, selon Open Secrets, avec des dons totalisant 39,8 millions de dollars. Il n’est devancé que par George Soros (environ 128 millions de dollars) mais devance de nombreux autres grands noms, dont Michael Bloomberg (28,3 millions de dollars). De plus, il avait promis de dépenser beaucoup plus pour les Démocrates à l’avenir, prédisant en mai qu’il financerait pour « plus de 100 millions de dollars » et avait un « plafond souple » d’un milliard de dollars pour les élections de 2024.

Bankman-Fried a été l’un des principaux donateurs du président Joe Biden lors des élections de 2020 et est le principal donateur de Protect Our Future PAC, le comité d’action politique qui a soutenu des candidats démocrates tels que Peter Welch, qui a remporté cette semaine sa candidature pour devenir le prochain sénateur du Vermont, et Robert J. Menendez du New Jersey, qui a obtenu un siège à la Chambre des représentants.

Il s’agissait soit d’argent de protection, soit d’un stratagème bien joué par les Démocrates pour financer leurs élections. Ou bien peut-être les deux.

La Maison Blanche est directement impliquée :

Un milliardaire de la crypto-monnaie faisant l’objet d’une enquête fédérale pour avoir mal géré les fonds de ses clients a eu des réunions de haut niveau à la Maison Blanche il y a quelques mois à peine, alors que le Congrès débattait de la manière de réglementer sa société – et quelques semaines seulement avant qu’il ne s’engage à donner jusqu’à 1 milliard de dollars aux Démocrates avant la campagne de mi-mandat.

Sam Bankman-Fried, propriétaire de la bourse de crypto-monnaies FTX, a rencontré le 22 avril et le 12 mai le principal conseiller de Biden, Steve Ricchetti, selon les registres des visiteurs de la Maison Blanche examinés par le Washington Free Beacon. À l’époque, FTX faisait pression sur le Congrès et les agences fédérales pour façonner la réglementation de l’industrie des crypto-monnaies.

[Bankman-Fried] a donné plus de 5 millions de dollars à la campagne présidentielle de Biden en 2020, et a donné des millions de plus au parti Démocrate. Début mai, entre ses deux premières visites à la Maison-Blanche, Bankman-Fried a versé 865 000 dollars au Bureau de campagne Démocrate, selon les dossiers de la Commission électorale fédérale. Auparavant, en mars, il avait fait trois chèques d’un montant total de 66 500 dollars au Comité Démocrate pour la campagne sénatoriale, et plus tard en juin, il a envoyé 250 000 dollars au Comité démocrate pour les élections au Congrès.

Il a déclaré en juin, quelques semaines après sa dernière réunion à la Maison-Blanche, qu’il pourrait donner jusqu’à 1 milliard de dollars pour soutenir les Démocrates lors des élections de mi-mandat, mais il a renoncé à cette promesse en septembre.

Au moment où il faisait ces déboursements politiques, Bankman-Fried menait une campagne de lobbying agressive à Washington concernant la réglementation des crypto-monnaies. Il a rencontré Ricchetti, le conseiller de la Maison Blanche, le 22 avril et le 12 mai, selon le registre des visiteurs. Le 13 mai, il a rencontré Charlotte Butash, conseillère politique auprès du chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche.

Lors de certaines de ces réunions, M. Bankman-Fried était accompagné de Mark Wetjen, responsable de la politique et de la stratégie réglementaire chez FTX, qui a été commissaire à la Commodity Futures Trading Commission sous l’ancien président Barack Obama. Eliora Katz, lobbyiste en chef de FTX, a également assisté aux réunions mais n’a pas mentionné de lobbying auprès de la Maison Blanche dans les déclarations déposées auprès du Congrès.

Les réunions de Bankman-Fried ont eu lieu quelques semaines après que des responsables de la Maison Blanche aient rencontré son frère, qui dirige les opérations politiques du milliardaire. Gabe Bankman-Fried s’est rendu à la Maison-Blanche le 7 mars en compagnie de Jenna Narayanan, une stratège Démocrate qui a travaillé pour Tom Steyer et l’Alliance pour la démocratie, un réseau de riches donateurs libéraux qui financent des causes de gauche. Gabe a également assisté à la réunion du 13 mai avec son frère et les lobbyistes de FTX.

Bankman-Fried a fait du lobbying en faveur d’un projet de loi proposé par la présidente de la commission de l’agriculture du Sénat, Debbie Stabenow (D., Mich.), qui mettrait la Commodity Futures Trading Commission en charge de la réglementation des crypto-monnaies. Bankman-Fried a fait un don de 5 800 dollars à la campagne de Stabenow en février, et de 20 800 dollars à son comité conjoint de collecte de fonds en janvier. Bankman-Fried a financé d’autres membres Démocrates de la commission dans le cadre de sa campagne de lobbying. Il a envoyé un total de 31 000 $ aux bureaux de campagne et aux comités de collecte de fonds conjoints liés aux Sénateurs. Cory Booker (D., N.J.), Tina Smith (D., Minn.), Dick Durbin (D., Ill.), et Kirsten Gillibrand (D., N.Y.) d’octobre à juin 2021. Bankman-Fried a également contribué aux principaux Républicains de la commission de l’agriculture du Sénat. Le crypto-milliardaire a donné 5 800 dollars à chacun des membres de la commission, John Boozman (R., Ark.) et John Hoeven (R., N.D.), respectivement en janvier et en juin.

C’est un sacré marigot. Son but était de voler de l’argent de petits gars qui sont enclins à tomber dans de telles combines.

Toute cette histoire de crypto a toujours senti mauvais.

J’avais lu le document fondateur du bitcoin peu après sa sortie. Il a été écrit par un anonyme sous le nom de Satoshi Nakamoto. Ce fut le premier signal d’alarme. Je soupçonnais, et soupçonne toujours, que certains services secrets « occidentaux » avaient imaginé ce projet pour disposer d’un moyen de déplacer secrètement de l’argent.

Comme j’ai déjà fait un peu d’informatique bancaire, je connais les difficultés des transactions de masse. J’ai constaté que la blockchain, un mécanisme de registre public qui conserve un enregistrement public de chaque transaction en bitcoins, était beaucoup trop compliquée pour un nombre important de transactions mondiales. Elle n’atteindrait jamais la vitesse inhérente aux systèmes de transaction en argent réel, comme ceux des grands émetteurs de cartes de crédit. Je pensais également qu’il serait dangereux que chaque transaction privée soit enregistrée dans un registre public que tout le monde pourrait voir et analyser. Cela rendrait le véritable anonymat de ces paiements presque impossible.

La quantité de pièces dans le système est également limitée par nature, ce qui entraîne tous les problèmes des monnaies fondées sur l’or. Il y a de bonnes raisons pour lesquelles nous ne les utilisons plus.

Tous les échanges et autres sociétés construites autour de ce système ne sont pas réglementés, ne sont pas sécurisés et sont donc sujet à la fraude.

Je me suis donc toujours abstenu d’utiliser des bitcoins ou d’autres monnaies de ce type et je les ai même rejetés lorsqu’ils m’ont été proposés en tant que dons. Enfin, le battage médiatique de ces dernières années m’a convaincu que ces crypto-monnaies n’étaient qu’un grand système de Ponzi dans lequel les petites gens étaient poussés à placer leur argent dans des entités criminelles non réglementées qui, c’étaient certain, allaient finir par les voler.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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Catharsis

Par : Le Saker Francophone — 13 novembre 2022 à 12:00

Ou le crépuscule du soleil noir


Par Zénon − octobre 2022

Les ténèbres s’abattent sur l’Occident… Noces de sang chez les rois du Monde. Festin nu dans les pompes funèbres. Âmes errantes sillonnant les rues en criant « Dieu est grand ». Sans-domicile autour d’un feu. Retraités faisant les poubelles. Les clowns en costume hypnotisent les foules, monopolisent les ondes pour tenir les ombres captives. Chacun vogue d’espoir en désillusion tandis que le collectif somnambule vaque à son autodestruction.

Du couteau d’Abraham levé sur Isaac à la mise en croix de l’agneau Christique. De la signature des accords d’Haavara entre de riches sionistes et le régime nazi en vue de la création d’un foyer juif en Palestine, à la perpétuelle recherche de boucs-émissaires afin de resserrer les liens des communautés. Ou plus récemment, du programme d’inoculations génétiques inaugurant l’ère du transhumanisme à l’aube d’une nouvelle conflagration mondiale comme prétexte à l’instauration globale d’une grille de contrôle numérique : nous écrivons d’un holocauste à l’autre une Histoire en forme de sempiternel recommencement.

Prisonniers d’un conditionnement multiséculaire et de réflexes archaïques, peu d’entre nous ressentent combien violence, traumatismes et culture sacrificielle sont autant d’empreintes profondément inscrites dans notre mémoire génétique. La croyance que d’un mal peut naître un plus grand bien n’est qu’une antique superstition, souvent l’apanage de personnes confondant religion et foi, mais aussi l’instrument pernicieux de manipulateurs versés dans l’art d’utiliser les ressorts de la psyché humaine pour assouvir une insatiable soif de domination.

Agressivité, plaintes, crises de nerfs, d’angoisse, addictions, rumination, chantage, médisances, mise en danger de soi ou d’autrui… Qui ne s’est jamais surpris à répercuter sa souffrance dans toutes les chambres d’écho possibles, selon son éducation, ses penchants héréditaires et son tempérament ? Le mal se distille par tous les canaux, creuse le lit d’un enfer dans lequel nous nous entretenons sans en voir la source ni l’embouchure. Beaucoup extériorisent la douleur en la transférant sur autrui. D’autres l’intériorisent et la laissent peu à peu gangrener leur âme. Seule une infime minorité d’individus est capable de la laisser les traverser sans se l’approprier ni la fuir. Nombreux sur Terre sont les soldats. Rares sont les guerriers.

Malades de notre propre mental sans être capables de le regarder en face, nous avons projeté alentour nos propres démons jusqu’à donner corps à des structures politiques, économiques et sociales de plus en plus destructrices. Toute complaisance à cet égard n’est plus de mise : le monde qui nous entoure dans toutes ses composantes, toutes ses horreurs et toutes ses beautés, n’est que le reflet de notre condition intérieure : de notre attachement à notre confort, de tous nos petits renoncements, de notre paresse et de nos peurs, mais aussi de notre candeur infantile, d’espoirs continuellement nourris en l’action d’autrui, ainsi que de notre amour si égotiquement exprimé.

Ceci ne nous apparaît que rarement, car l’incarnation nous ancre dans l’illusion d’être séparés de ce qui nous semble extérieur. Au moment de notre naissance, nous sommes encore pleinement unis avec le grand Tout, puis le sentiment de dissociation s’accentue à mesure que se développe l’individualité. Notre croissance s’accompagne d’un lot de tourments toujours plus grand jusqu’à la maturité physique. Puis nous souffrons, encore et encore, sous l’influence de stimulations de toutes sortes, jusqu’à la prise de conscience de la responsabilité de notre propre état. La dualité nous apparaît alors comme la condition et le terreau du développement de notre libre-arbitre.

Que serait l’Humanité, où serait l’Amour si nous ne faisions pas l’expérience de cette séparation pour mieux nous retrouver ? L’initiation n’est pas à rechercher dans un quelconque occultisme, auprès de l’érudition des savants ni à travers l’auto-flagellation de l’ascèse. Elle éclot à chaque intersection de notre parcours terrestre, à chaque instant de vérité où nous nous découvrons, nettoyés du fard des habitudes et de l’écorce de nos personnalités. Elle est un lever de rideau sur ce que dissimulent nos peurs. Un immense éclat de rire fissurant la galerie des glaces.

Par un subtil jeu de miroir entre la matière et l’esprit, la peur est utile à l’évitement du danger tant que nous ne comprenons pas qu’elle en est l’aliment – lorsqu’elle n’en est pas la cause. De même, la souffrance est nécessaire à l’apprentissage jusqu’à l’atteinte d’un certain niveau de conscience. Une fois cette étape franchie, c’est à la joie de devenir la roue motrice de l’évolution. Encore faut-il être attentif, et discerner ce qui relève en nous de schémas préinscrits de ce qui nous élève au-delà et nous permet de nous rencontrer. Nous quittons alors le besoin compulsif de renforcer notre ego pour épouser l’univers sans forme de l’éternel renouveau de la Vie.

L’Humanité traverse actuellement les turbulences de son adolescence collective. Nous sommes des funambules oscillants entre déchaînements pulsionnels et brèves intuitions d’une dimension dans laquelle nos désirs et nos frustrations n’ont aucune prise. Nous en avons tous eu un aperçu dans les plus lumineux de nos rêves, tandis que nous courions d’une chimère à l’autre à l’état de veille. Désormais à mi-chemin entre l’élévation et l’abîme, le choix nous incombe de poursuivre l’errance dictée par les passions ou de rompre au contraire tout enchaînement et d’évoluer dans la plus parfaite liberté d’esprit.

De puissantes forces involutives espèrent nous impliquer dans un nouveau conflit global dont elles sortiraient bénéficiaires. Aussi devient-il plus vital que jamais d’en contrecarrer l’intention par la manifestation d’une inébranlable paix intérieure. Nulle question ici d’agiter un drapeau blanc, de signer des pétitions ou de défiler dans la rue. Mais d’acquérir suffisamment de stabilité émotionnelle pour demeurer imperméable aux paroles, suggestions et vibrations négatives qui nous entourent.

Trouver la paix ne signifie pas la mièvre passivité ni l’indifférence face aux choses du monde. Il s’agit de considérer que ce sont nos propres erreurs, et non l’obéissance envers qui que ce soit, qui nous font nous remettre en cause et progresser. Leur acceptation ouvre la porte à l’humilité. Au sentiment d’une petitesse aidant à grandir celui qui l’éprouve. Elle constitue le premier pas vers le pardon, non seulement celui accordé aux autres mais aussi et avant tout le pardon à soi-même. Au terme de ce long cheminement semblable à un deuil, nous nous laissons pénétrer de gratitude envers les leçons inculquées par la Vie. Alors se distingue l’amour-propre du véritable amour de soi : l’expérience intime de ressentir que nous sommes tous les émanations singulières d’un Amour universel.

L’apparente futilité des préoccupations communes n’est la plupart du temps qu’une façade ; une manière consensuelle et puérile de croire éviter d’avoir à accomplir ce parcours. Mais quelle que puisse être la manière de se mentir, nul ne peut échapper à cette nécessité, qui relève de notre destin d’âme. Ceux qui l’auront fuie tout au long de l’existence charnelle devront y faire face au moment de leur passage de l’autre côté, avec l’amertume de découvrir n’avoir finalement craint qu’eux-mêmes. Tôt ou tard, tout ce qui nous échappe encore ici-bas devra nous être révélé.

Dès lors, quels que soient les épreuves et les dangers auxquels nous serons confrontés s’ouvrira en nous la manne d’une indicible joie. Il nous suffira d’un regard, d’un geste, de la caresse d’un souffle de vent ou du frisson électrisant de l’arrivée d’un orage pour nous rappeler qui nous sommes, et nous faire sentir plus intensément que jamais la pulsation du sang dans nos veines. Nous observerons le bal des macchabées avec la distance de l’observateur caché en coulisse. Et rayonnerons la sagesse mutique du Sphinx devant la ronde éternelle des constellations.

Rien ne pourra plus éteindre le feu sacré alors allumé en nos cœurs. Nous serons tout à la fois l’enfant émerveillé par l’envol d’oiseaux à l’horizon. L’oreille et la voix du conteur d’improbables songes à la belle étoile. Le derviche-tourneur en extase au rythme des mélodies perses. Nous serons le plein et le vide. L’ivresse et la torpeur. Le témoignage vivant des mémoires les plus anciennes. Nous serons les frontons des temples, les gitans au maintien noble et impavide. Nous serons l’hymne et l’oraison des cérémonies païennes.

L’ère des mystifications et des faux-semblants touche à son terme. Pas plus les mensonges des gouvernants que nos propres autofictions ne tiendront devant l’immense vague de révélations à venir. Nous n’aurons d’autre choix que d’accepter notre qualité de médium entre Ciel et Terre. De prendre joyeusement part à la danse cosmique à laquelle nous convient toutes les formes de vie peuplant l’univers. Une prise d’inspiration profonde, un petit instant d’abandon à la parfaite affirmation du destin, et nous serons unis dans un pur et magnifique rayon de lumière.

Zénon

Catharsis de Zénon en version PDF. À retrouver dans Les Chroniques de Zénon

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Frédéric Bernays et Louis-Ferdinand Céline face au conditionnement moderne

Par : Le Saker Francophone — 13 novembre 2022 à 10:00

Novembre 2022 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

Avant d’étudier Bernays on rappellera Céline. Apparemment, tout les oppose, mais sur l’essentiel ils sont d’accord : le monde moderne nous conditionne !

Nous disions qu’au départ, tout article à « standardiser »: vedette, écrivain, musicien, politicien, soutien-gorge, cosmétique, purgatif, doit être essentiellement, avant tout, typiquement médiocre. Condition absolue. Pour s’imposer au goût, à l’admiration des foules les plus abruties, des spectateurs, des électeurs les plus mélasseux, des plus stupides avaleurs de sornettes, des plus cons jobardeurs frénétiques du Progrès, l’article à lancer doit être encore plus con, plus méprisable qu’eux tous à la fois.


Bernays… C’est un des personnages les plus importants de l’histoire moderne, et on ne lui a pas suffisamment rendu hommage ! Il est le premier à avoir théorisé l’ingénierie du consensus et la définition du despotisme éclairé. Reprenons Normand Baillargeon :

Edouard Bernays est un expert en contrôle mental et en conditionnement de masse. C’est un neveu viennois de Freud, et comme son oncle un lecteur de Gustave Le Bon. Il émigre aux États-Unis, sans se préoccuper de ce qui va se passer à Vienne… Journaliste (dont le seul vrai rôle est de créer une opinion, de l’in-former au sens littéral), il travaille avec le président Wilson au Committee on Public Information, au cours de la première Guerre Mondiale.

Dans les années Vingt, il applique à la marchandise et à la politique les leçons de la guerre et du conditionnement de masse ; c’est l’époque du spectaculaire diffus, comme dit Debord. A la fin de cette fascinante et marrante décennie, qui voit se conforter la société de consommation, le KKK en Amérique, le fascisme et le bolchévisme en Europe, le surréalisme et le radicalisme en France, qui voit progresser la radio, la presse illustrée et le cinéma, Bernays publie un très bon livre intitulé Propaganda (la première congrégation de propagande vient de l’Église catholique, créée par Grégoire XV en 1622) où le plus normalement et le plus cyniquement du monde il dévoile ce qu’est la démocratie américaine moderne : un simple système de contrôle des foules à l’aide de moyens perfectionnés et primaires à la fois ; et une oligarchie, une cryptocratie plutôt où le sort de beaucoup d’hommes, pour prendre une formule célèbre, dépend d’un tout petit nombre de technocrates et de faiseurs d’opinion.

C’est Bernays qui a imposé la cigarette en public pour les femmes ou le bacon and eggs au petit déjeuner par exemple : dix ans plus tard les hygiénistes nazis, aussi forts que lui en propagande (et pour cause, ils le lisaient) interdisent aux femmes de fumer pour raisons de santé. Au cours de la seconde guerre mondiale il travaille avec une autre cheville ouvrière d’importance, Walter Lippmann.

Avec un certain culot Bernays dévoile les arcanes de notre société de consommation. Elle est conduite par une poignée de dominants, de gouvernants invisibles. Rétrospectivement on trouve cette confession un rien provocante et –surtout – imprudente. A moins qu’il ne s’agît à l’époque pour ce fournisseur de services d’épater son innocente clientèle américaine ?

Oui, des dirigeants invisibles contrôlent les destinées de millions d’êtres humains. Généralement, on ne réalise pas à quel point les déclarations et les actions de ceux qui occupent le devant de la scène leur sont dictées par d’habiles personnages agissant en coulisse.

Bernays reprend l’image fameuse de Disraeli dans Coningsby: l’homme-manipulateur derrière la scène. C’est l’image du parrain, en fait un politicien, l’homme tireur de ficelles dont l’expert russe Ostrogorski a donné les détails et les recettes dans son classique sur les partis politiques publié en 1898, et qui est pour nous supérieur aux Pareto-Roberto Michels. Nous sommes dans une société technique, dominés par la machine (Cochin a récupéré aussi l’expression d’Ostrogorski) et les tireurs de ficelles, ou wire-pullers (souvenez-vous de l’affiche du Parrain, avec son montreur de marionnettes) ; ces hommes sont plus malins que nous, Bernays en conclut qu’il faut accepter leur pouvoir. La société sera ainsi plus smooth. On traduit ?

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Comme je l’ai dit, Bernays écrit simplement et cyniquement. On continue donc:

Les techniques servant à enrégimenter l’opinion ont été inventées puis développées au fur et à mesure que la civilisation gagnait en complexité et que la nécessité du gouvernement invisible devenait de plus en plus évidente.

La complexité suppose des élites techniques, les managers dont parle Burnham dans un autre classique célèbre (l’ère des managers, préfacé en France par Léon Blum en 1946). Il faut enrégimenter l’opinion, comme au cours de la première guerre mondiale, qui n’aura servi qu’à cela : devenir communiste, anticommuniste, nihiliste, consommateur ; comme on sait le nazisme sera autre chose, d’hypermoderne, subtil et fascinant, avec sa conquête spatiale et son techno-charisme – modèle du rock moderne (lisez ma damnation des stars).

L’ère des masses est aussi très bien décrite – mais pas comprise – par Ortega Y Gasset (il résume tout dans sa phrase célèbre ; « les terrasses des cafés sont pleines de consommateurs »…). Et cette expression, ère des masses, traduit tristement une standardisation des hommes qui acceptent humblement de se soumettre et de devenir inertes (Tocqueville, Ostrogorski, Cochin aussi décrivaient ce phénomène).

Nous acceptons que nos dirigeants et les organes de presse dont ils se servent pour toucher le grand public nous désignent les questions dites d’intérêt général ; nous acceptons qu’un guide moral, un pasteur, par exemple, ou un essayiste ou simplement une opinion répandue nous prescrivent un code de conduite social standardisé auquel, la plupart du temps, nous nous conformons.

Pour Bernays bien sûr on est inerte quand on résiste au système oppressant et progressiste (le social-corporatisme dénoncé dans les années 80 par Minc & co).
La standardisation décrite à cette époque par Sinclair Lewis dans son fameux Babbitt touche tous les détails de la vie quotidienne : Babbitt semble un robot humain plus qu’un chrétien (il fait son Church-shopping à l’américaine d’ailleurs), elle est remarquablement rendue dans le cinéma comique de l’époque, ou tout est mécanique, y compris les gags. Bergson a bien parlé de ce mécanisme plaqué sur du vivant. Il est favorisé par le progrès de la technique :

Il y a cinquante ans, l’instrument par excellence de la propagande était le rassemblement public. À l’heure actuelle, il n’attire guère qu’une poignée de gens, à moins que le programme ne comporte des attractions extraordinaires. L’automobile incite nos compatriotes à sortir de chez eux, la radio les y retient, les deux ou trois éditions successives des quotidiens leur livrent les nouvelles au bureau, dans le métro, et surtout ils sont las des rassemblements bruyants.

La capture de l’esprit humain est l’objectif du manipulateur d’opinion, du spécialiste en contrôle mental, cet héritier du magicien d’Oz.

La société consent à ce que son choix se réduise aux idées et aux objets portés à son attention par la propagande de toute sorte. Un effort immense s’exerce donc en permanence pour capter les esprits en faveur d’une politique, d’un produit ou d’une idée.

Concernant la première guerre mondiale, Bernays “révise” simplement l’Histoire en confiant que la croisade des démocraties contre l’Allemagne s’est fondée sur d’habituels clichés et mensonges ! Il a d’autant moins de complexes que c’est lui qui a mis cette propagande au point…

Parallèlement, les manipulateurs de l’esprit patriotique utilisaient les clichés mentaux et les ressorts classiques de l’émotion pour provoquer des réactions collectives contre les atrocités alléguées, dresser les masses contre la terreur et la tyrannie de l’ennemi. Il était donc tout naturel qu’une fois la guerre terminée, les gens intelligents s’interrogent sur la possibilité d’appliquer une technique similaire aux problèmes du temps de paix.

On n’a jamais vu un cynisme pareil. Machiavel est un enfant de chœur. La standardisation s’applique bien sûr à la politique. Il ne faut pas là non plus trop compliquer les choses, écrit Bernays. On a trois poudres à lessive pour laver le linge, qui toutes appartiennent à Procter & Gamble (les producteurs de soap séries à la TV) ou à Unilever ; et bien on aura deux ou trois partis politiques, et deux ou trois programmes simplifiés !

Bernays reprend également l’expression de machine de Moïse Ostrogorski (voir notre étude sur ce chercheur russe, qui disséqua et désossa l’enfer politique américain), qui décrit l’impeccable appareil politique d’un gros boss. La machine existe déjà chez le baroque Gracian. Ce qui est intéressant c’est de constater que la mécanique politique – celle qui a intéressé Cochin – vient d’avant la révolution industrielle. Le mot industrie désigne alors l’art du chat botté de Perrault, celui de tromper, d’enchanter – et de tuer ; l’élite des chats bottés de la politique, de la finance et de l’opinion est une élite d’experts se connaissant, souvent cooptés et pratiquant le prosélytisme. Suivons le guide :

Il n’en est pas moins évident que les minorités intelligentes doivent, en permanence et systématiquement, nous soumettre à leur propagande. Le prosélytisme actif de ces minorités qui conjuguent l’intérêt égoïste avec l’intérêt public est le ressort du progrès et du développement des États-Unis. Seule l’énergie déployée par quelques brillants cerveaux peut amener la population tout entière à prendre connaissance des idées nouvelles et à les appliquer.

Comme je l’ai dit, cette élite n’a pas besoin de prendre de gants, pas plus qu’Edouard Bernays. Il célèbre d’ailleurs son joyeux exercice de style ainsi :

Les techniques servant à enrégimenter l’opinion ont été inventées puis développées au fur et à mesure que la civilisation gagnait en complexité et que la nécessité du gouvernement invisible devenait de plus en plus évidente.

La démocratie a un gouvernement invisible qui nous impose malgré nous notre politique et nos choix. Si on avait su…

Après la Guerre, Bernays inspire le méphitique Tavistock Institute auquel Daniel Estulin a consacré un excellent et paranoïaque ouvrage récemment.

Mais en le relisant, car cet ouvrage est toujours à relire, je trouve ces lignes définitives sur l’organisation conspirative de la vie politique et de ses partis :

Le gouvernement invisible a surgi presque du jour au lendemain, sous forme de partis politiques rudimentaires. Depuis, par esprit pratique et pour des raisons de simplicité, nous avons admis que les appareils des partis restreindraient le choix à deux candidats, trois ou quatre au maximum.

Et cette conspiration était n’est-ce pas très logique, liée à l’esprit pratique et à la simplicité :

Les électeurs américains se sont cependant vite aperçus que, faute d’organisation et de direction, la dispersion de leurs voix individuelles entre, pourquoi pas, des milliers de candidats ne pouvait que produire la confusion.

Pour le grand Bernays il n’y a de conspiration que logique. La conspiration n’est pas conspirative, elle est indispensable. Sinon tout s’écroule. L’élite qu’il incarne, et qui œuvre d’ailleurs à l’époque de Jack London, ne peut pas ne pas être. Et elle est trop souple et trop liquide pour se culpabiliser. N’œuvre-t-elle pas à la réconciliation franco-allemande après chaque guerre qu’elle a contribué à déclencher, et que la Fed a contribué à financer au-delà des moyens de tous ?

Elle est aussi innocente que l’enfant qui vient de naître.

Un qui aura bien pourfendu Bernays sans le savoir dans ses pamphlets est Louis-Ferdinand Céline. Sur la standardisation par exemple, voici ce qu’il écrit :

Standardisons! le monde entier! sous le signe du livre traduit! du livre à plat, bien insipide, objectif, descriptif, fièrement, pompeusement robot, radoteur, outrecuidant et nul.

Et d’ajouter sur un ton incomparable et une méchanceté inégalable :

le livre pour l’oubli, l’abrutissement, qui lui fait oublier tout ce qu’il est, sa vérité, sa race, ses émotions naturelles, qui lui apprend mieux encore le mépris, la honte de sa propre race, de son fond émotif, le livre pour la trahison, la destruction spirituelle de l’autochtone, l’achèvement en somme de l’œuvre bien amorcée par le film, la radio, les journaux et l’alcoolisme.

La standardisation (j’écris satan-tardisation…) rime avec la mort (mais n’étions-nous pas morts avant, cher Ferdinand ? Vois Drumont, Toussenel même, ce bon Cochin, ce génial Villiers…). Le monde est mort, et on a pu ainsi le réifier et le commercialiser ;

Puisque élevés dans les langues mortes ils vont naturellement au langage mort, aux histoires mortes, à plat, aux déroulages des bandelettes de momies, puisqu’ils ont perdu toute couleur, toute saveur, toute vacherie ou ton personnel, racial ou lyrique, aucun besoin de se gêner! Le public prend ce qu’on lui donne. Pourquoi ne pas submerger tout! simplement, dans un suprême effort, dans un coup de suprême culot, tout le marché français, sous un torrent de littérature étrangère? Parfaitement insipide?…

Divaguons sur ce thème de la civilisation mortelle – et sortons du Valéry pour une fois. A la même époque Drieu la Rochelle écrivait dans un beau libre préfacé par Halévy, Mesure de la France :

Il n’y a plus de conservateurs, de libéraux, de radicaux, de socialistes. Il n’y a plus de conservateurs, parce qu’il n’y a plus rien à conserver. Religion, famille, aristocratie, toutes les anciennes incarnations du principe d’autorité, ce n’est que ruine et poudre.

Puis Drieu enfonce plus durement le clou (avait-il déjà lu Guénon ?) :

Tous se promènent satisfaits dans cet enfer incroyable, cette illusion énorme, cet univers de camelote qui est le monde moderne où bientôt plus une lueur spirituelle ne pénétrera.

Le gros shopping planétaire est mis en place par la matrice américaine, qui va achever de liquider la vieille patrie prétentieuse :

Il n’y a plus de partis dans les classes, plus de classes dans les nations, et demain il n’y aura plus de nations, plus rien qu’une immense chose inconsciente, uniforme et obscure, la civilisation mondiale, de modèle européen.

Drieu affirme il y a cent ans que le catholicisme romain est zombie :

Le Vatican est un musée. Nous ne savons plus bâtir de maisons, façonner un siège où nous y asseoir. A quoi bon défendre des banques, des casernes, et les Galeries Lafayette ?

Enfin, vingt ans avant Heidegger ou Ellul, Drieu désigne la technique et l’industrie comme les vrais conspirateurs :

Il y aura beaucoup de conférences comme celle de Gênes où les hommes essaieront de se guérir de leur mal commun : le développement pernicieux, satanique, de l’aventure industrielle.

Revenons à Céline, qui avec ferveur et ire dépeint la faune nouvelle de l’art pour tous :

Les grands lupanars d’arts modernes, les immenses clans hollywoodiens, toutes les sous-galères de l’art robot, ne manqueront jamais de ces saltimbanques dépravés… Le recrutement est infini. Le lecteur moyen, l’amateur rafignolesque, le snob cocktailien, le public enfin, la horde abjecte cinéphage, les abrutis-radios, les fanatiques envedettés, cet international prodigieux, glapissant, grouillement de jobards ivrognes et cocus, constitue la base piétinable à travers villes et continents, l’humus magnifique le terreau miraculeux, dans lequel les merdes publicitaires vont resplendir, séduire, ensorceler comme jamais.

Et de conclure avec son habituelle outrance que l’époque de l’inquisition et des gladiateurs valait bien mieux :

Jamais domestiques, jamais esclaves ne furent en vérité si totalement, intimement asservis, invertis corps et âmes, d’une façon si dévotieuse, si suppliante. Rome? En comparaison?… Mais un empire du petit bonheur! une Thélème philosophique! Le Moyen Age?… L’Inquisition?… Berquinades! Époques libres! d’intense débraillé! d’effréné libre arbitre! le duc d’Albe? Pizarro? Cromwell? Des artistes!

Dans son très bon livre sur Spartacus, l’écrivain juif communiste Howard Fast établit lui aussi un lien prégnant entre la décadence impériale et son Amérique ploutocratique. C’est que l’homme postmoderne et franchouillard a du souci à se faire (ce que Léon Bloy nommait sa capacité bourgeoise à avaler – surtout de la merde) :

Plus c’est cul et creux, mieux ça porte. Le goût du commun est à ce prix. Le « bon sens » des foules c’est : toujours plus cons. L’esprit banquiste, il se finit à la puce savante, achèvement de l’art réaliste, surréaliste. Tous les partis politiques le savent bien. Ce sont tous des puciers savants. La boutonneuse Mélanie prend son coup de bite comme une reine, si 25 000 haut-parleurs hurlent à travers tous les échos, par-dessus tous les toits, soudain qu’elle est Mélanie l’incomparable… Un minimum d’originalité, mais énormément de réclame et de culot. L’être, l’étron, l’objet en cause de publicité sur lequel va se déverser la propagande massive, doit être avant tout au départ, aussi lisse, aussi insignifiant, aussi nul que possible. La peinture, le battage-publicitaire se répandra sur lui d’autant mieux qu’il sera plus soigneusement dépourvu d’aspérités, de toute originalité, que toutes ses surfaces seront absolument planes. Que rien en lui, au départ, ne peut susciter l’attention et surtout la controverse.

Et comme s’il avait lu et digéré Bernays Céline ajoute avec le génie qui caractérise ses incomparables pamphlets :

La publicité pour bien donner tout son effet magique, ne doit être gênée, retenue, divertie par rien. Elle doit pouvoir affirmer, sacrer, vociférer, mégaphoniser les pires sottises, n’importe quelle himalayesque, décervelante, tonitruante fantasmagorie… à propos d’automobiles, de stars, de brosses à dents, d’écrivains, de chanteuses légères, de ceintures herniaires, sans que personne ne tique… ne s’élève au parterre, la plus minuscule naïve objection. Il faut que le parterre demeure en tout temps parfaitement hypnotisé de connerie.
Le reste, tout ce qu’il ne peut absorber, pervertir, déglutir, saloper standardiser, doit disparaître. C’est le plus simple. Il le décrète. Les banques exécutent. Pour le monde robot qu’on nous prépare, il suffira de quelques articles, reproductions à l’infini, fades simulacres, cartonnages inoffensifs, romans, voitures, pommes, professeurs, généraux, vedettes, pissotières tendancieuses, le tout standard, avec énormément de tam-tam d’imposture et de snobisme La camelote universelle, en somme, bruyante, juive et infecte…

Et de poursuivre sa belle envolée sur la standardisation :

Le Standard en toutes choses, c’est la panacée. Plus aucune révolte à redouter des individus pré-robotiques, que nous sommes, nos meubles, romans, films, voitures, langage, l’immense majorité des populations modernes sont déjà standardisés. La civilisation moderne c’est la standardisation totale, âmes et corps.

La violence pour finir :

Publicité ! Que demande toute la foule moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l’or et devant la merde !… Elle a le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n’eut jamais dans toutes les pires antiquités… Du coup, on la gave, elle en crève… Et plus nulle, plus insignifiante est l’idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le cœur des foules… mieux la publicité s’accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute l’idolâtrie… Ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture.

Céline est incomparable quand il s’attaque à la foule, discutable quand il reprend le lemme du juif comme missionnaire du mal dans le monde moderne. Mais c’est cette folie narrative qui crée la tension géniale de son texte. De toute manière, ce n’est pas notre sujet. Et puis c’est Disraeli et c’est Bernays qui ont joué à l’homme invisible un peu trop visible. Comme dit Paul Johnson dans sa fameuse Histoire des Juifs (p. 329):

Ainsi, Disraeli a prêché la supériorité innée de certaines races bien avant que les darwinistes sociaux ne la mettent à la mode, ou que Hitler ne la rende notoire.

Nicolas Bonnal sur Amazon.fr

Ridley Scott et le cinéma rétrofuturiste Les mystères de Stanley Kubrick Louis-Ferdinand Céline : La colère et les mots

Sources

  • Nicolas Bonnal – Littérature et conspiration (Dualpha, Amazon.fr)
  • Frédéric Bernays/Normand Baillargeon – Propagande
  • Céline – Bagatelles…
  • Drieu la Rochelle – Mesure de la France
  • Johnson (Paul) – A History of the Jews

☐ ☆ ✇ Le Saker Francophone

Revue de presse RT du 6 au 12 novembre 2022

Par : Wayan — 12 novembre 2022 à 12:00

Par Wayan − Le 12 novembre 2022 − Le Saker Francophone

Le Monde occidental

États-unis

« Yahoo News a identifié l’un des principaux bénéficiaires de l’affrontement entre la Russie et l’Ukraine : le complexe militaro-industriel américain, qui récolte une manne alors même que ce conflit sanglant provoque des ravages économiques, des pénuries d’énergie et une crise alimentaire imminente dans le monde entier.

Comme l’a rapporté le média samedi, les nations de l’UE se sont engagées à acheter pour environ 230 milliards de dollars de nouvelles armes depuis le début de l’offensive militaire russe contre Kiev en février. Les entreprises de défense américaines sont en passe de se tailler la part du lion de ces commandes, compte tenu de leur domination en tant que fournisseurs des armées européennes, ajoute Yahoo.

De nombreuses nations européennes se tournent vers les fabricants d’armes américains pour plus de la moitié de leurs achats d’armes. Yahoo a cité des données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) pour illustrer la domination des États-Unis dans les arsenaux européens. Par exemple, les armes fabriquées aux États-Unis ont représenté 95 % des achats d’armes des Pays-Bas de 2017 à 2021. Les ratios étaient de 83 % d’armement américain pour la Norvège, 77 % pour le Royaume-Uni et 72 % pour l’Italie. »

https://www.rt.com/news/566012-us-defense-contractor-ukraine-windfall/

« L’Amérique n’est plus un pays où les citoyens bénéficient d’une justice égale au regard de la loi, comme le garantit la Constitution, parce que le principal organisme d’application de la loi du pays a été corrompu par une direction politisée et un « programme de gauche » imposé depuis le sommet, ont affirmé des législateurs républicains.

Ces allégations figurent dans un rapport de 1 050 pages publié vendredi par les membres républicains de la commission judiciaire de la Chambre des représentants. Le rapport, qui s’appuie sur les informations recueillies auprès de 14 lanceurs d’alerte du FBI qui se sont manifestés pour dénoncer des comportements répréhensibles, affirme que l’agence est « pourrie jusqu’à la moelle« .

« Tout simplement, le problème – la pourriture au sein du FBI – s’enracine à Washington et en découle« , indique le rapport. « Le FBI et son agence mère, le ministère de la Justice, sont devenus des institutions politiques« .

Le rapport détaille des abus tels qu’un partenariat secret dans le cadre duquel le FBI reçoit de Facebook des informations privées sur des utilisateurs conservateurs, sans demander leur consentement ni passer par les procédures légales qui seraient normalement nécessaires pour exploiter de telles données.

Les lanceurs d’alerte ont également allégué que le FBI a « fermé les yeux » sur des dizaines d’attaques contre des groupes anti-avortement, alors même que l’agence envoyait des équipes d’agents lourdement armés pour arrêter des militants pro-vie à leur domicile pour de prétendues violations de délits appliqués de manière sélective. Les parents qui s’exprimaient lors des réunions du conseil d’administration de l’école au sujet de politiques controversées étaient ciblés par les enquêteurs comme des terroristes présumés.

Dans le même temps, Timothy Thibault, ancien fonctionnaire du FBI, a « mis fin » à une enquête sur les transactions commerciales à l’étranger du fils du président Joe Biden, Hunter Biden, et a tenté d’empêcher la réouverture de l’affaire, selon le rapport. Thibault a ouvertement affiché son parti pris politique dans des messages sur les médias sociaux, y compris avec son titre officiel.

« L’Amérique n’est plus l’Amérique si vous avez un ministère de la Justice qui traite les gens différemment en vertu de la loi« , a déclaré vendredi à Fox News le représentant Jim Jordan, le membre le plus haut placé de la commission judiciaire de la Chambre des représentants. « C’est censé être un traitement égal au regard de la loi. Ce n’est pas le cas, et nous savons que ce n’est pas le cas parce que 14 courageux agents du FBI sont venus nous voir en tant que lanceurs d’alerte et nous ont dit ce qui se passe exactement ici. »

Le rapport accuse également le FBI d’avoir gonflé les statistiques sur l’extrémisme domestique pour contribuer à alimenter un récit promu par l’administration du président Joe Biden. Les employés du FBI qui ont des opinions conservatrices sont virés de l’agence, affirme le rapport. »

https://www.rt.com/news/565977-fbi-corruption-report/

Europe

 « La majorité des écoles britanniques envisagent de réduire leur personnel en raison de l’augmentation des coûts et de l’insuffisance des financements, a déclaré mardi le syndicat des directeurs d’école NAHT, citant les résultats de la plus grande enquête qu’il ait jamais réalisée.

Sur plus de 11 600 personnes ayant participé à l’enquête, 66 % ont déclaré qu’elles allaient devoir licencier des assistants d’enseignement ou réduire leurs horaires. La moitié des participants au sondage ont déclaré qu’ils envisageaient de réduire le nombre d’enseignants ou les heures d’enseignement.

« L’éducation est vraiment dans un état périlleux« , a déclaré Paul Whiteman, secrétaire général de la NAHT. « Comme il n’y a plus de graisse à couper après une décennie d’austérité, plusieurs milliers d’écoles prévoient maintenant de tomber en déficit à moins de faire des coupes sombres. »

Parmi les facteurs contribuant à la « furieuse tempête de coûts » que subissent les écoles, il a cité « la spirale des coûts des ressources et des fournitures« , ainsi que la crise énergétique, qui a été exacerbée par les sanctions anti-russes et la diminution des approvisionnements énergétiques russes vers l’Europe. »

https://www.rt.com/news/566156-uk-schools-stuff-cuts/

« Selon une étude de S&P Global, l’activité manufacturière dans la zone euro a reculé à son plus bas niveau depuis la pandémie de Covid-19, dans un contexte d’affaiblissement de la demande mondiale de biens.

Le rapport montre que l’indice des directeurs d’achat (PMI) pour l’industrie manufacturière est tombé à 46,4 en octobre, contre 48,4 en septembre. Ce chiffre est inférieur à la lecture préliminaire de 46,6 et à la barre des 50 qui sépare la croissance de la contraction.

L’indice a également chuté à 37,9, contre 41,3 en septembre, car l’incertitude géopolitique, l’inflation élevée et les conditions économiques plus faibles dans le monde entier freinent les dépenses des gens.

Joe Hayes, économiste principal chez S&P Global Market Intelligence, a commenté ces données : « Le secteur de la production de biens de la zone euro s’est enfoncé dans un déclin plus profond au début du quatrième trimestre. Les enquêtes PMI signalent maintenant clairement que l’économie manufacturière est en récession. »

Il a précisé que « en octobre, les nouvelles commandes ont chuté à un rythme que nous avons rarement vu en 25 ans de collecte de données – ce n’est que pendant les pires mois de la pandémie et au plus fort de la crise financière mondiale entre 2008 et 2009 que les baisses ont été plus fortes. » »

https://www.rt.com/business/565819-eurozone-factory-activity-sinks/

De grands plans de dépenses, mais d’où viendra l’argent ?

« La Commission européenne prévoit d’offrir à l’Ukraine un paquet de prêts de 18 milliards de dollars pour permettre au pays de tenir jusqu’en 2023, à condition que Kiev rembourse la dette sur 35 ans, a déclaré le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis aux journalistes mercredi.

Le paquet sera distribué par tranches mensuelles de 1,5 milliard de dollars jusqu’en 2023, chaque tranche étant remboursée en 35 ans, a déclaré Dombrovskis lors d’un point de presse, selon le site d’information Euractiv. L’UE emprunterait l’argent sur les marchés mondiaux et paierait les intérêts des prêts, a-t-il ajouté.

Dombrovskis a déclaré que l’Ukraine avait un besoin  » aigu  » d’aide en raison des attaques de missiles et de drones de la Russie sur son infrastructure électrique, et a appelé les pays de l’UE et le Parlement européen à approuver le paquet avant la fin de l’année.

Obtenir cette approbation pourrait toutefois s’avérer difficile. La Hongrie ne signera pas le plan, a déclaré le ministre des finances Mihaly Varga aux journalistes mardi, un jour après que le ministre des affaires étrangères Peter Szijjarto ait déclaré que la Hongrie « ne soutiendrait certainement pas un quelconque emprunt commun de l’UE dans ce domaine« .

« Nous l’avons déjà fait une fois« , a expliqué Szijjarto. « Nous avons soutenu les emprunts conjoints pendant l’épidémie de coronavirus, et c’était plus que suffisant. »

L’UE a déjà accordé à l’Ukraine 4,2 milliards de dollars de prêts cette année, sur un total de 9 milliards de dollars. Elle a également envoyé à Kiev une aide militaire d’une valeur de plus de 2 milliards de dollars. »

https://www.rt.com/news/566244-eu-loans-ukraine-assistance/

« Le plus haut diplomate de l’UE, Josep Borrell, a proposé un nouveau plan d’action pour la mobilité militaire visant à améliorer la capacité de l’Union à transférer rapidement de grandes quantités d’équipements militaires et de troupes à ses frontières orientales.

Borrell a annoncé ce plan jeudi lors d’un briefing de la Commission européenne. Il a déclaré que l’Union doit adapter ses politiques de défense au nouveau climat de sécurité en Europe, car « la guerre est de retour à nos frontières » et la Russie « sape la paix et le système international fondé sur des règles« .

Borrell a souligné qu’il n’existait actuellement aucune infrastructure ferroviaire ou routière spécialisée pour permettre le transfert de grandes quantités de ressources militaires d’un côté à l’autre du bloc et a noté que l’adaptation du système de mobilité de l’Europe était « essentielle » pour les défenses de l’UE.

Le diplomate a précisé que le bloc devait améliorer « la capacité et l’aptitude à déplacer rapidement des troupes et des équipements d’un côté à l’autre de l’UE, de l’Ouest à l’Est principalement. Vers notre frontière extérieure mais aussi au-delà de nos frontières extérieures lorsque nous déployons nos missions militaires dans le monde. »

Dans le cadre de cette action de mobilité militaire, Borrell a proposé de construire des ponts, des tunnels et des trains capables de transporter les capacités militaires de l’UE, notant que le conflit militaire actuel entre la Russie et l’Ukraine a « clairement montré que cela compte beaucoup. » »

https://www.rt.com/news/566293-eu-military-mobility-plan/

La Pologne, cheval de Troie des États-Unis :

« La Pologne va agrandir une base militaire accueillant la brigade d’aviation de combat américaine dans les années à venir, a annoncé lundi le ministre de la défense du pays, Mariusz Blaszczak, lors d’une visite des installations. Située dans la ville de Powidz, dans le centre de la Pologne, la base devrait renforcer les capacités opérationnelles de l’US Air Force pour soutenir les forces polonaises et de l’OTAN dans la région, a-t-il déclaré.

L’installation sera dotée de nouveaux hangars et entrepôts ainsi que d’une installation de stockage de carburant en vrac à proximité, a déclaré le ministre, accompagné de l’ambassadeur des États-Unis en Pologne, Mark Brzezinski. La base de Powidz accueille les hélicoptères d’attaque américains Apache.

Powidz « se transforme en un complexe militaire, se préparant à soutenir les forces polonaises et de l’OTAN sur le flanc oriental de l’Alliance de l’Atlantique Nord« , a déclaré M. Blaszczak dans un contexte de tensions sans précédent entre l’OTAN et la Russie en raison de la poursuite de l’offensive militaire de Moscou en Ukraine.

L’expansion de la base s’inscrit dans le cadre de l’accord de coopération renforcée en matière de défense de 2020 entre Washington et Varsovie. Cet accord « crée les conditions d’une présence permanente et à long terme des forces armées américaines en Pologne« , a déclaré le ministère polonais de la défense, ajoutant que cela « renforcerait » la sécurité nationale. »

https://www.rt.com/news/566104-poland-expand-us-air-base/

Tensions intra-bloc :

« L’Union européenne a accusé lundi les États-Unis d’enfreindre les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avec sa législation phare sur les technologies vertes, promettant de prendre des mesures de rétorsion.

Cet avertissement met en lumière les inquiétudes suscitées par la loi dite « Inflation Reduction Act » de Washington, qui prévoit de vastes dépenses pour des initiatives en matière d’énergie verte et comprend des subventions et des crédits d’impôt pour les producteurs et les consommateurs américains.

Selon Bruxelles, ces avantages accordés aux constructeurs américains de véhicules électriques désavantageraient injustement les fabricants européens sur le lucratif marché intérieur américain. Elle exige que les États-Unis accordent aux entreprises européennes le même traitement qu’à leurs autres partenaires commerciaux, dont le Canada et le Mexique.

Selon le Financial Times, Bruxelles souhaite modifier neuf des dispositions de la législation, qui limitent les subventions et les crédits d’impôt aux produits fabriqués aux États-Unis ou aux entreprises qui y exercent leurs activités. Ces incitations concernent la fabrication et l’investissement dans des produits tels que les panneaux solaires, les éoliennes et l’hydrogène propre.

Entre-temps, le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton, a menacé de prendre des « mesures de rétorsion » contre les États-Unis, qualifiant les subventions de « contraires aux règles de l’Organisation mondiale du commerce« .

Si Washington ne tient pas compte de l’avis de ses partenaires européens, le bloc pourrait « aller à l’OMC » et y faire valoir ses arguments, a déclaré Thierry Breton à la chaîne de télévision BFM Business, lundi. »

https://www.rt.com/business/566165-eu-us-trade-war/

« La Serbie a rejeté une proposition sur le Kosovo présentée par la France et l’Allemagne, a révélé aux journalistes le premier vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères du pays, Ivica Dacic. Le plan demandait à Belgrade de ne pas s’opposer à l’adhésion de la région séparatiste aux Nations unies en tant qu’État membre, en échange du soutien financier de l’UE et d’une procédure accélérée d’adhésion à l’Union.

Dans une interview accordée au média serbe Novosti, publiée dimanche, M. Dacic a déclaré : « Dans le plan de Scholz et de Macron, il est proposé à la Serbie d’accepter le Kosovo au sein des Nations unies en échange d’une perspective européenne floue. »

Cette proposition est toutefois inacceptable pour Belgrade car elle part du principe que « l’indépendance du Kosovo est déjà une affaire réglée« , a noté le diplomate.

Selon le ministre, le Conseil national de sécurité de la Serbie a voté à l’unanimité pour rejeter le plan suggéré par Berlin et Paris. »

https://www.rt.com/news/566043-minister-serbia-rejects-proposal-kosovo/

L’Europe devient totalitaire :

« Un rappeur allemand connu sous le nom de scène de Schokk a demandé lundi l’asile politique en Russie. Dans un message publié sur les médias sociaux, Dmitry Hinter a déclaré qu’il risquait d’être persécuté en raison de son soutien public à l’opération spéciale de la Russie en Ukraine, un « procès pour l’exemple » et une éventuelle peine de prison l’empêchant de rentrer en Allemagne.

« Je demande l’asile politique« , a posté le rappeur, en russe, sur sa chaîne Telegram. « En tant que citoyen allemand, je ne peux plus y retourner » après que l’Allemagne aurait ouvert une procédure pénale contre lui pour sa « position publique pro-russe » et son soutien à l’opération militaire, a-t-il expliqué.

« J’ai soutenu publiquement la Russie en 2014 et cela m’a coûté ma carrière. Aujourd’hui, je suis menacé d’une peine de prison et, j’en suis convaincu, d’un procès spectacle dans les médias allemands« , a ajouté Hinter.

Des accusations d' »approbation de crimes de guerre » ont été déposées après que des rédacteurs du service russe de la BBC, de Meduza et de Mediazona – désignés comme agents étrangers en Russie – l’ont « dénoncé » à la police de Saxe, a déclaré Hinter au média Mash. « Je ne peux pas rentrer, ils vont m’arrêter, me mettre en prison. »

Bien qu’il vive en Allemagne, Schokk rappe en russe et est une star majeure de la scène musicale russe. Il a pris le nom de scène Schokk au début de sa carrière de « rap battle » en 2007. Il a également une identité « post-punk » sous le nom de Dima Bamberg, nom sous lequel il publie de la musique depuis 2018. »

https://www.rt.com/russia/566105-rapper-germany-asylum-ukraine/

« Au moins quatre pays de l’UE se livrent à une « utilisation illégitime » des logiciels espions, certains les utilisant comme méthode de contrôle, a affirmé mardi l’eurodéputée néerlandaise Sophie in’t Veld, en présentant un nouveau rapport sur la question.

Le projet de document de 159 pages a été produit par la commission PEGA du Parlement européen, qui enquête sur la surveillance illégale des citoyens de l’UE. Il accuse directement la Pologne, la Hongrie, la Grèce et l’Espagne d’abuser du logiciel et indique qu’il existe des « soupçons » quant à son utilisation à Chypre.

Lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le législateur a souligné que cette tendance inquiétante constituait une « grave menace pour la démocratie » sur le continent et que l’Union européenne était mal équipée pour faire face à une telle « attaque contre la démocratie de l’intérieur« .

In’t Veld a noté que le rapport, qui a pris plus de sept mois à rassembler, est encore incomplet en raison du fait que presque tous les gouvernements de l’UE ignorent ou refusent carrément de coopérer avec la commission ou de fournir toute information utile sur l’utilisation des logiciels espions. Néanmoins, l’eurodéputé a déclaré que l’enquête avait permis de trouver « 900 pièces d’un puzzle de 1 000 pièces » et que le tableau était clair.

« Le scandale des logiciels d’espionnage n’est pas une série de cas nationaux isolés d’abus, mais une affaire européenne à part entière« , indique le rapport de la commission, qui note que les États membres de l’UE ont activement utilisé cet outil à des fins politiques et pour dissimuler la corruption et les activités criminelles. Certains gouvernements sont même allés jusqu’à intégrer des logiciels espions dans un système « délibérément conçu pour un régime autoritaire« , ajoute le rapport.

In’t Veld a affirmé que si l’abus de logiciels espions était « le plus souvent vu par le trou de serrure de la politique nationale« , il s’agissait en fait d’une « affaire entièrement européenne » qui touche directement les institutions de l’UE, les députés européens, les commissaires et les fonctionnaires de la Commission et les ministres.

Le législateur a poursuivi en notant que les auteurs de cet abus siègent actuellement au Conseil européen, ce qui porte encore plus atteinte à l’intégrité des élections et du processus décisionnel dans l’UE, et affecte un large éventail de lois et de politiques européennes. »

https://www.rt.com/news/566172-eu-countries-use-spyware/

 

Le Monde multipolaire

Commerce intra-bloc :

« Le commerce entre Moscou et Ankara est en pleine expansion, le volume des marchandises fournies à la Russie ayant atteint un record mensuel de 1,1 milliard de dollars en septembre.

Selon le quotidien économique RBC, citant des données de l’Institut turc des statistiques, c’est 2,3 fois plus qu’au cours du même mois en 2021, lorsque les exportations turques vers la Russie s’élevaient à 504 millions de dollars.

Les données montrent qu’en 2021, la Turquie se classait au 11e rang des pays fournisseurs de biens à la Russie, devant les États-Unis, la France, le Japon, la Pologne et l’Italie. Cet été, elle a fait son entrée dans le top 5 des exportateurs.

Le bond de septembre a placé la Turquie à égalité avec l’Allemagne en termes d’exportations vers la Russie, rapporte RBC. De mai à août, Eurostat constate que les exportations allemandes vers la Russie se sont élevées en moyenne à environ 1,2 milliard de dollars par mois et à 1,14 milliard de dollars en septembre, ce qui est légèrement inférieur à celui de la Turquie. »

https://www.rt.com/business/565746-turkiye-russia-trade/

« Le chiffre d’affaires des échanges commerciaux entre la Russie et l’Irak entre janvier et août 2022 s’élève à 313,1 millions de dollars, dépassant le total de 282,7 millions de dollars de l’année dernière, a déclaré un conseiller économique de l’ambassade de Russie à Bagdad, Ilya Lobov, dans une interview à RIA Novosti publiée samedi.

« Si nous comparons ce chiffre à celui de l’année précédente, nous avons alors enregistré une augmentation de deux fois et demie. Cette dynamique positive a été influencée par une augmentation significative du volume des achats de notre huile de tournesol, de notre farine de blé et de nos aliments pour animaux« , a expliqué M. Lobov.

Selon le diplomate, les deux pays poursuivent une coopération étroite par le biais du Conseil d’affaires russo-irakien et recherchent de nouvelles opportunités pour accroître et développer les échanges mutuels.

Néanmoins, M. Lobov a fait remarquer que les sanctions occidentales prises cette année contre la Russie ont créé des difficultés.

« Nous constatons que les sanctions anti-russes sont devenues un facteur négatif supplémentaire sur la voie du renforcement de la coopération [commerciale] bilatérale. Par exemple, les règlements financiers dans les banques internationales, notamment en dollars américains, sont devenus plus difficiles. Dans le même temps, nos partenaires irakiens comprennent les avantages et les perspectives d’une collaboration. Un dialogue étroit est en cours pour élaborer des solutions mutuellement acceptables afin de résoudre tous les problèmes qui se posent« , a déclaré le conseiller économique.

Lobov a également souligné que la coopération entre les deux pays dans le domaine de l’énergie reste une priorité, notant que Moscou a déjà investi plus de 14 milliards de dollars dans ses projets communs avec Bagdad. »

https://www.rt.com/business/565991-iraq-russia-trade-soars/

« L’Iran prévoit de signer un accord de 40 milliards de dollars avec le grand groupe énergétique russe Gazprom en décembre, a déclaré cette semaine le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Mahdi Safari.

« Nous avons conclu un accord de 6,5 milliards de dollars avec Gazprom. Nous espérons que les accords restants, d’un montant total de 40 milliards de dollars, seront signés le mois prochain« , a déclaré Safari à l’agence de presse ISNA, ajoutant que des négociations sont en cours.

La National Iranian Oil Company et Gazprom ont convenu en juillet de coopérer au développement de deux gisements de gaz et de six champs pétrolifères en Iran. Le document prévoit également des échanges de gaz naturel et de produits pétroliers, la mise en œuvre de projets de GNL et la construction de gazoducs.

Début octobre, le vice-premier ministre russe Alexandre Novak a annoncé que Moscou et Téhéran pourraient convenir d’un échange de 5 millions de tonnes de pétrole et de 10 milliards de mètres cube de gaz, à réaliser d’ici la fin de l’année. »

https://www.rt.com/business/565826-iran-russia-energy-deal/

« Les banquiers d’affaires internationaux sont optimistes quant à l’économie chinoise, malgré les rapports inquiétants des médias occidentaux, a déclaré mercredi le président de la banque UBS, Colm Kelleher.

Kelleher s’exprimait lors du Global Financial Leaders Investment Summit à Hong Kong, qui a rassemblé plus de 200 banquiers et investisseurs de 20 pays, après plus de deux ans et demi de restrictions Covid dans cette ville. Hong Kong chercherait désormais à renforcer son statut de centre financier international.

« Nous ne lisons pas la presse américaine, nous achetons en fait l’histoire [de la Chine] », a-t-il déclaré, cité par le Financial Times. « Mais c’est un peu comme si on attendait la fin de la politique zéro-Covid en Chine pour voir ce qui va se passer« .

Selon le FT, la référence de Kelleher aux médias était « une blague apparente et un clin d’œil » à des remarques antérieures faites par Fang Xinghai, le vice-président de la Commission chinoise de réglementation des valeurs mobilières.

Fang, ainsi que d’autres officiels chinois, ont utilisé des interviews vidéo préenregistrées pour rassurer les investisseurs internationaux sur la force économique du pays. Il a déclaré aux participants : « Je conseille aux investisseurs internationaux de découvrir eux-mêmes ce qui se passe réellement en Chine et quelles sont les intentions réelles de notre gouvernement. Ne lisez pas trop les médias internationaux. » »

https://www.rt.com/business/565893-global-bankers-pro-china/

Extension de la coopération :

« Plus d’une douzaine de pays ont exprimé leur intérêt à rejoindre le groupe des BRICS, qui comprend certaines des principales économies émergentes du monde, à mesure que le bloc gagne en importance au niveau mondial, a déclaré mardi le ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov.

S’exprimant lors d’une réunion avec son homologue indien Subrahmanyam Jaishankar, M. Lavrov a indiqué que l’adhésion au bloc des BRICS était très demandée.

« L’intérêt pour cette association mondiale est très, très élevé et continue de croître« , a-t-il déclaré. Il a confirmé que « plus d’une douzaine » de pays sont désireux d’y adhérer, dont l’Algérie, l’Argentine et l’Iran.

Toutefois, a poursuivi M. Lavrov, avant d’accepter tout nouveau membre, les BRICS ont l’intention de parvenir à un accord sur les critères et les principes d’une éventuelle expansion future.

« Étant donné que des candidatures sont déjà soumises officiellement, nous nous attendons, bien sûr, à ce que l’harmonisation des critères et des principes d’expansion des BRICS ne prenne pas trop de temps« , a-t-il déclaré. »

https://www.rt.com/news/566152-russia-brics-expansion-lavrov/

« L’Algérie aurait déposé une demande officielle d’adhésion au groupe des BRICS, qui regroupe les principales économies émergentes. Selon le site d’information Al-Shouruk, l’annonce a été faite par Leila Zerrouki, envoyée spéciale du ministère des affaires étrangères pour les partenariats internationaux, sur les ondes de la radio publique.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a récemment déclaré que son pays souhaitait rejoindre le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud au sein du groupe des BRICS, expliquant que le pays répondait largement aux critères d’adhésion.

Plus tard, l’ambassadeur russe en Algérie, Valeryan Shuvaev, a indiqué que Moscou n’avait aucune objection à l’adhésion de l’Algérie.

Lors du sommet des BRICS de cette année, qui s’est tenu en ligne en juin, le format a été élargi pour inclure 13 nations supplémentaires, dont l’Algérie. Le président Tebboune a été le premier invité à prendre la parole, appelant à « un nouvel ordre économique où régneront la parité et l’équité entre les pays. » »

https://www.rt.com/business/566090-algeria-applies-brics-membership/

 

La guerre chaude en Ukraine

« Des systèmes antiaériens produits en Occident sont arrivés en Ukraine et renforceront son armée contre la Russie, a annoncé sur Twitter le ministre de la défense du pays, Aleksey Reznikov.

Le responsable a publié des images d’archives des systèmes de missiles sol-air NASAMS et Aspide et a remercié la Norvège, l’Espagne et les États-Unis de les avoir fournis. Ces armes renforceront l’armée ukrainienne et « rendront notre ciel plus sûr« , a-t-il tweeté lundi.

Le Pentagone avait promis à Kiev le NASAMS, un système de défense aérienne de courte à moyenne portée produit par l’entreprise américaine Raytheon en collaboration avec l’entreprise norvégienne Kongsberg Defence & Aerospace. Il y a une semaine, le département militaire américain a déclaré que deux des huit lanceurs promis à l’Ukraine arriveraient « dans un avenir très proche« . »

https://www.rt.com/russia/566071-ukraine-air-defense-systems/

« Quelque 1 300 terminaux satellitaires Starlink ont été mis hors service en Ukraine la semaine dernière en raison d’un défaut de paiement des factures Internet de l’armée, ce qui renforce les craintes que le pays ne soit plus en mesure de s’offrir ce service satellitaire coûteux, ont déclaré vendredi à CNN deux sources au fait de la situation.

Les terminaux, qui font tous partie d’un bloc acheté à une société britannique en mars, ont commencé à tomber en panne le 24 octobre, faute de financement, ce qui a posé un « énorme problème » aux militaires qui en dépendaient. Conscient que la facture arrivait à échéance et qu’il ne serait pas en mesure de la payer, le ministère ukrainien de la défense a demandé à ses alliés britanniques 3,25 millions de dollars pour couvrir le coût mensuel et a mis les terminaux hors service afin qu’ils ne s’éteignent pas à un moment critique. Cependant, leur demande a été rejetée. »

https://www.rt.com/russia/565976-starlink-outage-ukraine-payment-musk/

« Les autorités de Kiev, la capitale de l’Ukraine, travailleraient à l’élaboration d’un plan d’urgence prévoyant l’évacuation d’environ trois millions de résidents restants, en cas de coupure totale de l’alimentation électrique, a déclaré un responsable local au New York Times.

L’article publié samedi cite Roman Tkachuk, directeur de la sécurité du gouvernement municipal de Kiev, qui a averti que la ville « pourrait perdre l’ensemble de son système électrique » si la Russie continue de frapper les infrastructures énergétiques ukrainiennes.

Selon le rapport, les autorités de Kiev s’attendent à ce que, dans le pire des cas, elles aient au moins 12 heures de préavis avant que le réseau ne s’effondre complètement. M. Tkachuk a expliqué que s’il y a des signes de défaillance imminente, « nous commencerons à informer les gens et à leur demander de partir. »

Si la capitale ukrainienne devait être confrontée à une panne totale, il n’y aurait pas non plus d’approvisionnement en eau et les systèmes d’égouts seraient également à l’arrêt, a prévenu le fonctionnaire. Il s’est toutefois empressé d’assurer que la situation est actuellement sous contrôle et qu’il n’y a pas d’exode des habitants de la ville. »

https://www.rt.com/russia/566024-media-kiev-prepares-three-million-evacuation/

« Les travailleurs de l’une des plus grandes compagnies pétrolières et de gaz naturel d’Ukraine, Ukrnafta, ont lancé un appel personnel au président Vladimir Zelensky pour qu’il intervienne dans la reprise du siège de la compagnie.

Une lettre au nom de 20 000 employés a été publiée jeudi sur la page Facebook officielle de la société. Elle affirme que des hommes armés du service de sécurité et du bureau de sécurité économique ukrainiens empêchent depuis trois jours les travailleurs d’entrer dans le bâtiment d’Ukrnafta. Ils n’ont toujours pas présenté de décision de justice autorisant ce déplacement, peut-on lire dans la lettre.

« Depuis le troisième jour, des personnes armées se trouvent dans les bureaux d’Ukrnafta, elles ne permettent pas aux employés de travailler, bloquent toutes les activités opérationnelles de la société et interfèrent avec l’exécution des processus opérationnels normaux« , indique le message.

Les travailleurs affirment que tous les comptes bancaires d’Ukrnafta ont également été bloqués pendant cette période et que toute l’activité de la société a été essentiellement arrêtée.

Cet appel intervient après que l’autorité ukrainienne de régulation des valeurs mobilières, la Commission nationale des valeurs mobilières et du marché des actions, a annoncé la nationalisation des principales entreprises énergétiques ukrainiennes, en utilisant l’autorité d’urgence du temps de guerre comme base juridique pour transférer la propriété de ces entreprises au ministère ukrainien de la Défense.

Parmi les cibles de la nationalisation figurait le producteur de pétrole et de gaz naturel Ukrnafta, qui appartenait en partie au milliardaire ukrainien Igor Kolomoysky. »

https://www.rt.com/russia/566298-ukrnafta-zelensky-nationalization-letter/

« Des agents des services de renseignements britanniques travailleraient à la création et à l’entraînement d’une force terroriste secrète en Ukraine, chargée d’attaquer des cibles russes en Crimée pour le compte du gouvernement de Kiev.

Travaillant par l’intermédiaire d’une société privée de services de renseignement britannique appelée Prevail Partners, les agents ont signé un accord avec la branche d’Odessa du Service de sécurité de l’Ukraine (SSU) pour mettre sur pied une armée terroriste dite « partisane« , a rapporté jeudi The Grayzone, citant des documents divulgués détaillant les plans. Les travaux sont menés en étroite coordination avec le SSU et sont probablement financés, au moins en partie, par l’oligarque ukrainien Andrey Sadovoy, qui est le maire de Lviv et dirige la société de médias TRK Lux du pays.

« Leurs plans prévoyaient que l’armée secrète mène des opérations de sabotage et de reconnaissance visant la Crimée… précisément le type d’attaques observées ces dernières semaines« , écrit The Grayzone. »

https://www.rt.com/news/565973-uk-spies-train-ukraine-secret-terror-army/

La guerre froide entre les deux blocs

« Les pays du Groupe des Sept (G7) et l’Australie ont convenu de fixer un prix fixe pour le pétrole russe au lieu d’un taux flottant lié à un indice des prix du pétrole, a rapporté Reuters vendredi, citant des sources.

« La Coalition a convenu que le plafonnement des prix sera un prix fixe qui sera révisé régulièrement plutôt qu’un rabais par rapport à un indice…. Cela renforcera la stabilité du marché et simplifiera la mise en conformité pour minimiser la charge sur les participants au marché« , a déclaré une source à Reuters.

La source a ajouté que le fait de lier le prix à un indice des prix du pétrole, par exemple l’indice de référence international Brent, qui était l’une des options discutées, pourrait entraîner une volatilité accrue et diminuer l’effet souhaité du plafond. Par exemple, si le Brent commençait à augmenter en raison d’une baisse de l’offre sur le marché, le plafond augmenterait en conséquence, ce qui profiterait à la Russie.

Selon le rapport, le prix réel n’a pas encore été fixé, mais le sera dans les semaines à venir. Le prix sera régulièrement revu, et pourra être révisé à l’avenir si les partenaires de la coalition en voient la nécessité.

Le prix plafond doit entrer en vigueur le 5 décembre pour le pétrole et le 5 février de l’année prochaine pour les produits pétroliers.

La Russie a toutefois déclaré à plusieurs reprises qu’elle ne vendrait pas de pétrole aux pays qui introduisent des plafonds de prix. »

https://www.rt.com/business/565932-rusian-oil-fixed-price/

« La Russie considère la date d’expiration de l’accord sur les céréales en Ukraine comme un « délai naturel » pour que l’ONU montre des progrès dans le respect de ses engagements envers la Russie pour débloquer ses exportations agricoles, a déclaré un haut diplomate russe à un journal.

« L’ONU nous dit que le résultat est imminent« , a déclaré lundi Dmitry Polyansky, représentant adjoint russe auprès de l’ONU, cité par Izvestia. « Notre décision [sur la prolongation ou non du programme céréalier ukrainien] tiendra compte de la réalisation de la partie russe de l’accord. »

Le diplomate faisait référence à un accord entre la Russie et l’Ukraine, négocié par la Turquie et l’ONU et signé en juillet, qui permet à Kiev d’exporter ses récoltes via la mer Noire. Les Nations unies se sont engagées à encourager les États-Unis et leurs alliés à lever les restrictions, qui, selon Moscou, entravent ses propres exportations de denrées alimentaires et d’engrais. Les marchands russes n’ont qu’un accès limité aux services bancaires et aux assurances maritimes en raison des sanctions occidentales.

La partie de l’accord qui décrit les exportations ukrainiennes de céréales a une durée de 120 jours, qui se termine le 18 novembre. La Russie ne s’est pas engagée à prolonger le pacte, et ses responsables ont précédemment critiqué diverses parties de l’accord, notamment le fait que les Nations unies n’aient pas tenu leur promesse. »

https://www.rt.com/russia/566053-ukraine-grain-deal-deadline/

« Un ordre mondial véritablement stable et juste ne pourra être créé que lorsque les nations cesseront de tenter d’assurer leur propre sécurité au détriment des autres, a déclaré le ministre indien de la défense, Rajnath Singh.

S’adressant au Collège de défense nationale jeudi, M. Singh a fait valoir que le monde devrait développer une approche collective de la sécurité.

« L’Inde ne croit pas en un ordre mondial où quelques uns sont considérés comme supérieurs aux autres« , a-t-il déclaré, ajoutant que la politique stratégique de l’Inde devait être « morale« .

Si la sécurité devenait une entreprise véritablement collective, le monde pourrait alors commencer à créer « un ordre mondial qui soit bénéfique pour nous tous« , a ajouté M. Singh.

La sécurité nationale ne devrait pas être considérée comme un « jeu à somme nulle« , a-t-il insisté, ajoutant que les nations devraient plutôt chercher à trouver des solutions « gagnant-gagnant » qui profiteraient à tous. »

https://www.rt.com/news/566302-india-world-order-nations-superior/

« La crise énergétique de l’UE conduit inévitablement à la pauvreté énergétique dans les pays en développement, a rapporté Bloomberg mardi en citant un analyste de l’énergie au Crédit suisse.

« L’Europe aspire le gaz des autres pays quel qu’en soit le coût« , a déclaré Saul Kavonic aux médias.

Malgré la flambée des factures d’énergie, l’UE devrait survivre à la prochaine saison de chauffage, car les membres du bloc ont acheté suffisamment de pétrole et de gaz naturel. Toutefois, le prix à payer est élevé pour les nations les plus pauvres du monde, qui ont été coupées du marché du gaz en raison de la forte demande de l’Europe.

Les pays émergents risquent fort de ne pas pouvoir répondre à leurs besoins énergétiques. Des fermetures d’usines, des pénuries d’électricité plus fréquentes et plus durables, ainsi que des troubles sociaux sont les conséquences les plus probables des problèmes de sécurité énergétique.

Les exportateurs que sont le  Qatar et les États-Unis acceptent les offres des acheteurs européens qui cherchent à acheter autant de carburant que possible pour remplir leurs stocks. Les pays en développement comme le Pakistan, le Bangladesh et la Thaïlande ne sont donc pas en mesure de concurrencer l’Allemagne et les autres grandes économies en termes de prix.

« Nous empruntons l’approvisionnement énergétique d’autres personnes« , a déclaré Russell Hardy, directeur général du groupe Vitol, aux médias. « Ce n’est pas une bonne chose« .

Selon des traders cités par Bloomberg, la flambée des prix a incité certains fournisseurs d’Asie du Sud à simplement annuler des livraisons prévues de longue date au profit de meilleurs rendements ailleurs.

« Les fournisseurs n’ont pas besoin de se concentrer sur la sécurisation de leur GNL vers les marchés à faible accessibilité« , a déclaré Raghav Mathur, analyste chez Wood Mackenzie, ajoutant que les prix plus élevés qu’ils peuvent obtenir sur le marché spot compensent largement les pénalités qu’ils pourraient payer pour s’être dérobés aux expéditions prévues.

Le GNL appartiendra d’abord aux pays « développés« , les restes étant destinés aux pays « en développement«  », a déclaré l’expert, ajoutant que cette dynamique devrait se maintenir pendant des années. »

https://www.rt.com/business/566129-gas-eu-energy-poverty/

« L’opération antiterroriste française Barkhane, qui a duré neuf ans, est officiellement terminée en Afrique du Nord, a annoncé mercredi le président Emmanuel Macron.

« Notre soutien militaire aux pays africains va se poursuivre, mais selon de nouveaux principes que nous avons définis avec eux« , a expliqué le dirigeant français.

Cette décision est la « conséquence de ce que nous avons vécu » ces derniers mois, a déclaré Macron en s’adressant à des généraux de haut rang et à des diplomates à bord d’un porte-hélicoptères français.

Si l’annonce de Macron implique une reconsidération du rôle de la France en Afrique, elle ne change pas les faits sur le terrain. Quelque 3 000 soldats français restent déployés au Niger, au Tchad et au Burkina Faso, avec pour mission de lutter contre les groupes terroristes, dont Al-Qaïda, l’État islamique (EI, anciennement ISIS/ISIL) et d’autres.

À l’avenir, cependant, la France « réduira l’exposition et la visibilité de [ses] forces militaires en Afrique, pour se concentrer sur la coopération et le soutien, principalement en termes d’équipement, de formation, de renseignement et de partenariat opérationnel lorsque les pays le souhaitent« , a annoncé l’Élysée mardi.

Barkhane, a compris le gouvernement, avait acquis une mauvaise réputation, et il fallait faire table rase du passé pour avancer sans opposition locale. « Il est nécessaire d’y mettre un terme clair pour passer à une autre logique« , a expliqué le cabinet de Macron. »

https://www.rt.com/news/566237-france-ends-sahel-mali-counterterror/

« Selon les médias, l’Allemagne a pour mission de protéger son industrie nationale des puces contre les rachats par des entreprises chinoises.

Le ministère de l’économie du pays a officiellement empêché une filiale suédoise de la société chinoise Sai Microelectronics d’acheter le fabricant de puces Elmos, basé à Dortmund, pour 85 millions d’euros, a rapporté Politico mercredi.

« Nous avons interdit à un investisseur non membre de l’Union européenne de s’engager dans des entreprises commerciales en Allemagne« , a déclaré le média citant le ministre de l’économie Robert Habeck. « La raison en est que la sécurité de l’ordre en Allemagne doit être protégée et que les zones de production critiques nécessitent une protection spéciale« , a expliqué Habeck.

Une autre acquisition, celle de la société bavaroise ERS Electronic par un investisseur chinois, a également été interdite par le Cabinet fédéral à la demande de Habeck, selon le journal Handelsblatt, qui cite ses sources au sein du gouvernement.

Face aux problèmes de la chaîne d’approvisionnement mondiale en semi-conducteurs, l’UE a décidé de développer sa propre production nationale. En mai, Berlin a offert une aide financière de 14 milliards d’euros (14 milliards de dollars) pour attirer les fabricants, et le géant américain de l’informatique Intel a décidé au début de l’année de construire une nouvelle usine en Allemagne. »

https://www.rt.com/business/566217-germany-blocks-chinese-chip-takeovers/

La stratégie étasunienne, jouer le dur d’un côté et négocier de l’autre :

« Les responsables américains maintiennent les lignes de communication ouvertes avec leurs homologues russes de haut niveau afin d’éviter le risque d’un éventuel conflit nucléaire, a déclaré lundi le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan.

Le Wall Street Journal avait précédemment rapporté que Sullivan avait établi des contacts en coulisses avec de hauts responsables russes, dans le but de réduire le risque d’un conflit plus large autour de l’Ukraine.

S’exprimant lors d’un événement organisé par le Council on Foreign Relations, un groupe de réflexion américain non partisan, Sullivan a été invité à commenter cette question. Il a déclaré que l’administration du président américain Joe Biden a eu « l’occasion de s’engager à des niveaux élevés avec les Russes pour communiquer, réduire les risques » et « transmettre les conséquences d’une utilisation potentielle d’armes nucléaires« .

Sullivan a refusé de donner plus de détails sur les lignes de communication, mais a reconnu les enjeux élevés auxquels sont confrontés les États-Unis, en raison du conflit en Ukraine. »

https://www.rt.com/news/566124-sullivan-talks-russia-nuclear/

« Des diplomates américains et russes se rencontreront pour discuter du nouveau traité de réduction des armes nucléaires START « dans un avenir proche« , a déclaré mardi à la presse le porte-parole du département d’État américain, Ned Price. Plus tôt, Bloomberg et Kommersant ont cité des sources pour rapporter qu’une réunion de la Commission consultative bilatérale (CCB) pourrait bientôt se tenir en Égypte.

« Nous avons convenu que la BCC se réunira dans un avenir proche. Selon les termes du traité New START, les travaux de la BCC sont confidentiels, mais nous espérons une session constructive« , a déclaré Price lors d’un point de presse.

Les États-Unis croient au « pouvoir de transformation de la diplomatie et du dialogue » mais sont « lucides et réalistes » quant à ce qu’ils peuvent accomplir face à la Russie, a ajouté Price. Les conversations sont « axées sur la réduction des risques » mais Washington veut s’assurer que la capacité à faire passer des messages dans les deux sens avec Moscou « ne s’atrophie pas« .

Price n’a pas voulu nommer le lieu de la réunion, mais Bloomberg a mentionné Le Caire comme lieu neutre plus acceptable pour la Russie que Genève, puisque la Suisse s’est jointe aux sanctions des États-Unis et de l’Union européenne contre Moscou dans le cadre du conflit ukrainien.

Le New START est le dernier accord de contrôle des armes nucléaires entre les États-Unis et la Russie, qui doit expirer en 2026 s’il n’est pas renouvelé. Le BCC s’est réuni pour la dernière fois en octobre 2021. »

https://www.rt.com/news/566181-russia-us-new-start-nuclear/

« L’administration Biden exhorte en privé les grandes banques américaines comme JPMorgan Chase et Citigroup à continuer de faire des affaires avec des entreprises russes stratégiques malgré les sanctions imposées à Moscou en raison du conflit en Ukraine, ont déclaré à Bloomberg des personnes au fait de la question.

Les demandes ont été formulées par les départements du Trésor et d’État américains, alors que le gouvernement tente de maintenir la pression sur la Russie, tout en évitant « une catastrophe économique mondiale« , a rapporté l’agence de presse lundi.

Washington a demandé des services tels que les règlements en dollars, les transferts de paiement et le financement du commerce pour les entreprises russes qui sont exemptées de certains aspects des sanctions, notamment le géant du gaz Gazprom et les producteurs d’engrais Uralkali et PhosAgro, ont indiqué les sources.

En conséquence, les plus grandes banques américaines sont actuellement « prises en tenaille » entre l’administration Biden et le Congrès, qui insiste sur des mesures plus sévères contre Moscou.

Jamie Dimon, PDG de la banque d’investissement JPMorgan Chase, aurait été interrogé lors d’une audition du Congrès en septembre sur le fait que son entreprise aurait utilisé des failles dans le régime de sanctions pour continuer à travailler avec la Russie. Le banquier a répondu en disant que « nous suivons les instructions du gouvernement américain comme il nous l’a demandé. » »

https://www.rt.com/russia/566119-us-banks-sanctions-ukraine/

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Histoire de Cockamamie

Par : hervek — 12 novembre 2022 à 10:00

Par James Howard Kunstler – Le 31 octobre 2022 – Source kunstler.com

Les Pelosi – David DePape

Toutes les histoires racontées par le Parti du chaos s’effondrent maintenant, mais ce dernier fiasco, une semaine à peine avant les élections de mi-mandat, est une bombe avec une cerise sur le gâteau.

Cela fait plusieurs jours que la police de San Francisco a interrompu une bagarre au marteau entre Paul Pelosi – le mari de Nancy, la présidente de la Chambre des représentants – et son « ami… David », dans la maison des Pelosi à Pacific Heights, et apparemment les flics n’ont pas demandé à David DePape pourquoi il était là en premier lieu. Un peu bizarre. Est-il possible que toute une chaîne d’autorités, depuis le SFPD jusqu’au sommet du gouvernement américain et ses acolytes du Parti démocrate, ne veuille pas que vous sachiez ce qui s’est réellement passé ?

Jusqu’à présent, il n’y a pas grand-chose qui tienne la route dans cette histoire farfelue. On en sait pas mal maintenant sur l’agresseur, David DePape. C’était un personnage haut en couleur sur la scène de Berkeley, de l’autre côté de la baie, un « activiste nudiste » et un partisan de BLM. Il y avait vécu et avait eu un enfant avec Oxane « Gypsy » Taub, une autre activiste nudiste et détraquée, qui a passé du temps en prison pour enlèvement d’enfant. Ce partenariat a pris fin il y a sept ans et DePape a été sans domicile fixe par intermittence depuis lors. Des connaissances et des voisins de Berkeley le décrivent comme n’étant pas en bonne santé mentale, disant qu’il a des délires psychotiques et est parfois incohérent.

Jusqu’à présent, la police n’a pas révélé comment DePape s’est rendu de Berkeley à Pacific Heights à 2 heures du matin, soit environ 14 miles. A-t-il marché de Berkeley en passant par le Bay Bridge, puis en traversant la moitié de la ville ? DePape est apparemment aussi connu de la police comme un « gay hustler », c’est-à-dire une personne qui vend du sexe pour de l’argent. Sauf erreur de ma part, la police de San Francisco (SFPD) dispose d’un service de détectives – des hommes et des femmes expérimentés qui parcourent la ville à la recherche d’indices, de preuves et de témoignages afin de donner un sens à des crimes complexes – et de les résoudre ! Devons-nous supposer qu’ils sont en service ?

Paul Pelosi, 82 ans, qui a fait sa fortune de 300 millions de dollars en dirigeant un service de voitures (il a également fait des investissements judicieux dans l’immobilier et à la bourse), a eu quelques ennuis cette année. Le 28 mai 2022, il a été arrêté pour conduite en état d’ivresse à Napa (près d’un domaine viticole qu’il possède avec Nancy) lorsque sa Porsche de 2021 a percuté une Jeep de 2014 conduite par un certain « John Doe » (comme la police l’a identifié). KGO-TV, la chaîne affiliée d’ABC dans la région de San Francisco, a déclaré qu’une deuxième personne se trouvait dans la Porsche avec Pelosi au moment de l’accident. Il n’a jamais été identifié.

En août, M. Pelosi a été condamné à cinq jours de prison, à une amende d’environ 7 000 dollars, à un cours pour conduite en état d’ivresse de trois mois, à huit heures de service communautaire et à l’installation d’un dispositif d’antidémarrage sur sa voiture qui l’obligerait à souffler dans un détecteur d’alcool avant que le moteur puisse s’allumer. Par hasard, la police de Napa ou le tribunal du comté ont-ils été contactés à un moment donné par la police du Capitole ou le FBI ? Nous ne le saurons peut-être jamais.

Si David DePape ne s’est pas rendu à pied de Berkeley à Pacific Heights, ou en taxi (cher), comment s’y est-il rendu ? Voici une théorie : il a pris le métro BART de Berkeley jusqu’à la station Church Street et Mission en ville, à cinq minutes à pied de la Castro Valley, le légendaire quartier gay de San Francisco. Un peu avant 2 heures du matin, heure de fermeture, il a rencontré dans un bar de la région Paul Pelosi, qui a conduit DePape chez lui dans une voiture non équipée d’un éthylotest anti-démarrage. Autrement dit, David DePape a été laissé entrer dans la maison par Pelosi.

La police et les médias ont émis l’hypothèse que DePape s’est introduit dans la maison en brisant une porte vitrée à l’arrière. Uh-huh…. Posez-vous la question : n’y aurait-il pas un système d’alarme au moins sur toutes les fenêtres et portes du rez-de-chaussée de la maison ? N’y aurait-il pas des caméras de sécurité à l’arrière de la maison – le côté que les cambrioleurs pourraient préférer, s’ils pouvaient passer par-dessus le mur ? La présidente de la Chambre, qui dispose d’un budget discrétionnaire en plus d’une fortune de 300 millions de dollars, et en cette période de rancœur politique épique, ne disposerait-elle pas d’une équipe de gardes de sécurité à son domicile privé ?

Selon les premières informations diffusées par les médias, DePape et Paul Pelosi étaient en sous-vêtements et se disputaient un marteau qui s’est avéré appartenir à M. Pelosi. Ce n’est que lorsque la police est entrée dans la maison que DePape a arraché le marteau de Pelosi et a commencé à l’assommer avec. Que dit le rapport d’arrestation sur l’état vestimentaire des deux hommes ? Ce n’est pas une information publique. Comment et pourquoi la police s’est-elle contentée de regarder jusqu’à ce que DePape agresse M. Pelosi – qui a été hospitalisé par la suite et a dû subir une intervention chirurgicale pour son crâne fêlé (comment un coup qui lui a littéralement brisé le crâne n’a pas tué le vieux Pelosi) ?

Les médias ont d’abord suggéré que quelqu’un – une troisième personne sur les lieux – avait ouvert la porte pour laisser entrer la police. Maintenant ils disent que cette personne n’était pas là. La porte d’entrée n’était-elle pas verrouillée (ce qui est étrange, compte tenu du niveau de menace général pour une personnalité publique de la stature de Nancy P.) ? Ou, la police a-t-elle cassé la porte vitrée à l’arrière de la maison pour entrer ? (Cependant, les photos de la porte montrent que le verre a été brisé de l’intérieur et que des éclats ont été éparpillés à l’extérieur). Il est également étrange qu’un couple aussi riche et puissant n’ait pas installé une vitre de sécurité difficile à briser sur une telle porte. (C’est facile à acheter.) Il est également étrange qu’il n’y ait pas eu un seul agent de sécurité humain sur les lieux. La maison avait des caméras de sécurité partout à l’extérieur et à l’intérieur. Aucune mention dans les médias ou de la part du SFPD de ce qui aurait pu être enregistré par ces caméras au moment de l’incident.

Mon évaluation de cet épisode bizarre est la suivante : Paul Pelosi était sorti boire tard le soir de l’incident. Il a rencontré David DePape, un escroc qu’il connaissait peut-être déjà, et l’a ramené chez lui à Pacific Heights. Quelque chose a mal tourné dans la transaction. Sachant que DePape avait parfois un comportement psychotique, il n’en fallait pas plus pour qu’il s’énerve. Toutes les autorités impliquées jouent la carte de la discrétion, mais ne parviennent pas à construire un récit qui tienne la route.

Le parti Démocrate a tenté de convertir l’incident sordide en un sujet de discussion politique, en décrivant DePape comme un fou MAGA. Cette pirouette a apparemment échoué presque instantanément. Leur prochain effort sera d’enfoncer l’histoire dans un trou de mémoire – les médias d’information ne feront tout simplement pas état des développements. En attendant, Nancy Pelosi a fait une déclaration disant que sa famille a le cœur brisé par l’incident. Oui, bien sûr. J’en suis sûr. Personne n’était au courant des peccadilles de Paul Pelosi. Boo-hoo. Pleure-moi une rivière, espèce de jade dégénéré. Ne supposez pas que la vérité à ce sujet sera supprimée avec succès, comme l’ordinateur portable de Hunter B ;. Et ainsi, la carrière de Nancy Pelosi se terminera de façon ignominieuse lors des élections du 8 novembre, avec une cerise sur le gâteau de l’humiliation personnelle. Elle mérite bien tout cela.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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Si tacuisses,…

Par : Wayan — 12 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama – Le 11 novembre 2022

La retraite russe de la ville de Kherson prépare le terrain pour de difficiles combats. Washington Post – 10 Nov. 2022

Le général Mark A. Milley, président de l’état-major interarmées, a déclaré mardi soir qu’il restait 20 000 à 30 000 soldats russes sur la rive ouest du fleuve et qu’il leur faudra du temps pour se retirer. Mais il a aussi vu des « indicateurs initiaux » que le retrait était en cours, a-t-il dit.

« Cela ne leur prendra pas un jour ou deux« , a déclaré Milley, lors d’un événement au Club économique de New York. « Cela va leur prendre des jours et peut-être même des semaines pour retirer ces forces au sud de cette rivière« .

——

Le ministère de la Défense annonce l’achèvement du retrait des troupes de Kherson. Kommersant (traduction automatique) – 11 nov. 2022

Le ministère de la Défense a indiqué qu’à 5h00, heure de Moscou, le transfert des troupes russes sur la rive gauche du Dniepr a été finalisé. Comme le précise l’agence, pas une seule pièce d’équipement militaire et d’armes n’a été laissée sur la rive droite.

Le ministère signale que les forces armées ukrainiennes ont essayé pendant la nuit de perturber le transport des civils et le transfert des troupes sur la rive gauche du Dniepr. Les points de passage de la rivière ont été touchés cinq fois par des roquettes HIMARS.

« Tout le personnel militaire russe a traversé, aucune perte en personnel, armes, équipement et matériel du groupe russe n’a été autorisée« , a déclaré le ministère de la Défense.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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Les nombreuses « guerres » imbriquées – Un guide sommaire à travers le brouillard

Par : Zineb — 11 novembre 2022 à 12:00

Nous avons maintenant un ensemble embarrassant de « guerres » dont, paradoxalement, l’Ukraine est peut-être celle de moindre importance stratégique.


Par Alastair Crooke – Le 24 octobre 2022 – Source Strategic Culture

Nous avons maintenant un ensemble embarrassant de « guerres » dont, paradoxalement, l’Ukraine est peut-être celle de moindre importance stratégique – bien qu’elle conserve un contenu symbolique significatif. Un « drapeau » autour duquel les histoires sont racontées et le soutien rallié.

Oui, il n’y a pas moins de cinq « guerres » en cours, qui se chevauchent et sont liées entre elles – et elles doivent être clairement différenciées pour être bien comprises.

Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs changements d’époque : le sommet de Samarkand, la décision de l’OPEP+ de réduire la production pétrolière des pays membres de deux millions de barils par jour à partir du mois prochain, et la déclaration explicite du président Erdogan selon laquelle « la Russie et la Turquie sont ensemble et travaillent ensemble » .

Les alliés de base des États-Unis, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Égypte et des groupements tels que l’OPEP+ font un grand pas vers l’autonomie et vers la coalescence de nations non occidentales en un bloc cohérent, qui agit selon ses propres intérêts et fait de la politique « à sa façon » .

Cela nous rapproche du monde multipolaire que la Russie et la Chine préparent depuis plusieurs années – un processus qui signifie « la guerre » du découplage géostratégique de l’« ordre » mondial occidental.

Cette guerre est menée, d’une part, en présentant la Russie et la Chine comme trop méfiantes l’une envers l’autre pour être des partenaires. D’autre part, on présente la Russie comme étant si faible, si dysfonctionnelle et erratique (prête à utiliser des armes nucléaires tactiques), que le binaire « avec nous » ou « contre nous » oblige les États à se ranger du côté de l’Occident. Dans ce cas, l’Ukraine est présentée comme le brillant « Camelot » autour duquel se rassembler, pour combattre les « ténèbres » .

Cela nous mène directement à la « guerre » financière mondiale qui dure depuis longtemps, une guerre à deux niveaux.

Au premier niveau, la Fed américaine joue un « jeu mondial » . Elle augmente les taux d’intérêt pour de nombreuses raisons. Mais ici, il s’agit de protéger le « privilège du dollar » , qui consiste à pouvoir échanger l’argent qu’elle imprime à partir de rien contre de la main-d’œuvre et des marchandises réelles dans le monde entier. Ce privilège de « monnaie de réserve » est à la base du niveau de vie élevé des États-Unis (bien plus élevé qu’il ne le serait autrement). C’est un avantage énorme, et la Fed va protéger cet avantage.

Pour ce faire, le plus grand nombre possible d’États doivent être dans la « filière » du dollar et faire des échanges en dollars. Et placer leur épargne dans les bons du Trésor américain. La Fed fait maintenant tout ce qu’elle peut pour faire s’effondrer la part de marché de l’euro et ainsi faire passer les euros et les euro-dollars dans le circuit du dollar. Les États-Unis menaceront l’Arabie saoudite, les États du Golfe et la Turquie pour les empêcher de quitter ce circuit.

Il s’agit là de la « guerre » contre la Russie et la Chine, qui détournent une grande partie de la planète du système du dollar pour la faire entrer dans une sphère non dollarisée. Le non-respect de l’appartenance au système du dollar est sanctionné par divers outils, depuis les sanctions, le gel des avoirs et les droits de douane jusqu’au changement de régime.

Si la Fed ne protège pas le « privilège du dollar » , elle court le risque de voir tout le monde sortir du circuit. Le bloc Eurasie s’efforce de sortir du circuit du dollar, de créer une résilience économique et de commercer en dehors du circuit. Ce que la Fed essaie de faire, c’est d’arrêter cela.

La deuxième dimension de la guerre financière américaine est la longue lutte menée par les États-Unis (Yellen et Blinken, plutôt que la Fed) pour conserver le contrôle des marchés de l’énergie, et la capacité des États-Unis à fixer le prix des carburants. Les BRICS (avec la volonté des Saoudiens de les rejoindre) ont l’intention de développer un « panier » de devises et de matières premières destiné à servir de mécanisme commercial alternatif au dollar pour le commerce international.

Le groupe eurasien ne prévoit pas seulement de commercer en monnaies nationales, et non en dollars, mais il veut lier cette monnaie d’échange à des produits de base (pétrole, gaz, nourriture, matières premières) qui ont une valeur intrinsèque – qui deviennent ainsi des « monnaies » à part entière. Plus que cela, le groupe cherche à éloigner le contrôle des marchés de l’énergie des États-Unis, et à le relocaliser en Eurasie. Washington a toutefois l’intention de reprendre le contrôle (par le biais du contrôle des prix).

Et c’est là que réside un problème fondamental pour Washington : le secteur des matières premières – avec sa valeur tangible inhérente – devient, en soi, une « monnaie » très recherchée. Une monnaie qui, à cause d’une inflation galopante, surpasse la monnaie fiduciaire dévaluée. Comme le souligne Karin Kneissl, ancienne ministre autrichienne des affaires étrangères, « en 2022 seulement, la banque centrale étasunienne a imprimé plus de papier-monnaie que dans toute son histoire. L’énergie, en revanche, ne peut être imprimée » .

Cette « guerre de l’énergie » prend la forme d’une perturbation ou d’une destruction du transport – et du flux – des produits des producteurs d’énergie eurasiens vers les clients. L’UE vient de goûter à cette « guerre » particulière avec la destruction des pipelines Nordstream.

Nous en arrivons maintenant aux grandes « guerres » : tout d’abord, la guerre pour forcer la Fed à pivoter – à pivoter vers les taux d’intérêt zéro et l’assouplissement quantitatif.

La révolution sociale aux États-Unis, qui a vu une élite métropolitaine radicalisée considérer la diversité, le climat et la justice raciale comme des idéaux utopiques, a trouvé sa « cible » facile dans une UE déjà à la recherche d’un « système de valeurs » pour combler son propre « déficit démocratique » .

La bourgeoisie européenne a donc sauté avec alacrité dans le « train » libéral américain. S’appuyant sur les politiques identitaires de ces derniers, ainsi que sur le « messianisme » du Club de Rome en matière de désindustrialisation, la fusion semblait offrir un ensemble impérial idéal de « valeurs » pour combler les lacunes de l’UE.

Seulement … seulement, les Républicains pro-guerre américains, ainsi que les néo-conservateurs Démocrates pro-guerre, avaient déjà grimpé dans « ce train » . Les forces culturelles-idéologiques mobilisées convenaient parfaitement à leur projet interventionniste : « Notre premier objectif est d’empêcher la réémergence d’un nouveau rival » (doctrine Wolfowitz) – la Russie d’abord, la Chine ensuite.

En quoi cela a-t-il à voir avec la guerre contre la Fed ? Cela a beaucoup à voir. Ces courants s’engagent à imprimer et à dépenser GROS, sinon ils verront leurs projets s’effondrer. Le Reset nécessite l’impression. Le Green nécessite l’impression. Le soutien au « Camelot » ukrainien nécessite l’impression. Le complexe militaro-industriel en a également besoin.

Les libéraux américains woke et les écolos européens woke ont besoin que le robinet de l’argent soit complètement ouvert. Ils ont besoin d’imprimer de l’argent à outrance. Ils doivent donc faire chanter la Fed pour qu’elle n’augmente pas les taux, mais qu’elle revienne à l’ère du taux zéro, afin que l’argent reste à coût zéro et circule librement (et au diable l’inflation).

La CNUCED, qui supplie toutes les banques centrales d’arrêter de relever les taux pour éviter une récession, est l’un des fronts de cette guerre ; la poursuite de la guerre en Ukraine, avec l’énorme déficit financier qui en découle, est un autre moyen de forcer la Fed à « pivoter » . Et forcer la Banque d’Angleterre à « pivoter » vers le QE en est encore un autre.

Pourtant, jusqu’à présent, Jerome Powell résiste.

Il y a aussi l’autre « guerre » (en grande partie invisible) qui reflète la conviction de certains courants conservateurs américains que l’après-2008 a été un désastre, mettant le système économique américain en danger.

Oui, ceux qui soutiennent Powell sont certainement préoccupés par l’inflation (et comprennent aussi que les hausses de taux d’intérêt ont été faite en retard par rapport à l’inflation galopante), mais ils sont encore plus préoccupés par le « risque sociétal » , c’est-à-dire le glissement vers la guerre civile en Amérique.

La Fed pourrait continuer à relever les taux pendant un certain temps – même au prix d’un certain effondrement des marchés, des fonds spéculatifs et des petites entreprises. Powell a le soutien de certaines grandes banques new-yorkaises qui voient avec beaucoup de clarté ce qui les attend avec le modèle libéral et woke : la fin de leur activité bancaire lorsque les renflouements deviendront numériques et seront versés directement sur les comptes bancaires des demandeurs (comme l’a proposé le gouverneur Lael Brainard).

Powell ne dit pas grand-chose (il est probable qu’il se tienne à l’écart de la politique américaine partisane durant cette période délicate).

Cependant, la Fed pourrait tenter de mettre en œuvre une démolition contrôlée de la bulle économique américaine, dans le but précis de ramener l’Amérique sur des rails financiers plus traditionnels. Pour briser la « culture des actifs à effet de levier » … Vous commencez à résoudre l’énorme fossé d’inégalité sociétale que la Fed a contribué à créer, par le biais de l’assouplissement quantitatif facilitant les bulles d’actifs géantes … Vous commencez à rajeunir l’économie américaine en mettant fin aux distorsions. Vous dissipez l’envie de guerre civile parce que le problème n’est plus seulement entre les « nantis » et les « démunis » .

Cette vision est peut-être un peu utopique, mais elle permet de briser la « bulle du tout » , de briser la culture de l’effet de levier et de mettre fin à la confrontation extrême entre les bénéficiaires de la bulle et la baisse des salaires réels aux États-Unis pendant 18 mois consécutifs.

Mais … mais cela n’est possible que si rien de systémique ne se brise.

Quelles sont les implications géostratégiques ? De toute évidence, beaucoup de choses dépendent du résultat de l’élection américaine de mi-mandat. Il semble d’ores et déjà (en fonction des résultats précis des candidats du GOP) que le financement de la guerre en Ukraine sera réduit. L’ampleur de cette réduction dépendra de la marge de succès obtenue par les « populistes » du GOP.

Il n’est pas plausible que l’UE, confrontée à sa propre crise dévastatrice, continue à financer Kiev comme avant.

Mais l’importance de la lutte pour replacer les États-Unis dans le paradigme économique des années 1980 suggère que l’Occident va frôler une rupture systémique au cours des prochaines semaines.

Les euro-élites sont trop lourdement investies dans leur voie actuelle pour changer de narratif dans un avenir proche. Ils continueront donc à blâmer et à dénigrer la Russie – ils n’ont guère le choix s’ils veulent éviter la colère populaire. Et il y a trop peu de signes indiquant qu’ils ont mentalement assimilé le désastre que leurs erreurs ont provoqué.

Et en ce qui concerne Bruxelles, le mécanisme de rotation des dirigeants de l’UE est largement absent. L’Union n’a jamais été équipée d’une marche arrière – un besoin que l’on pensait inimaginable à l’époque.

La question reste donc : « quelle sera la situation en Europe en janvier-février ? ».

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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Sur la Trussification : De la décolonisation à la désespérance, en passant par le désespoir et la farce

Par : hervek — 11 novembre 2022 à 10:00

Par Batiushka – Le 16 octobre 2022 – Source The Saker Blog

Décolonisation : Le retrait de l’Occident d’Asie, d’Afrique et d’Europe

Les empires d’Europe occidentale ont disparu. L’Empire espagnol, en faillite, est parti le premier, au siècle dernier, les Allemands ont perdu leurs colonies en 1919 (en même temps que les Austro-Hongrois perdaient leurs colonies européennes), puis les Italiens ont perdu leurs fantasmes en Afrique pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands ont été chassés de leurs colonies d’Europe de l’Est en 1945, sans parler des Portugais qui, beaucoup plus tard, ont été chassés d’Afrique dans les années 1970. À cette époque, les Néerlandais, les Britanniques, les Belges et les Français avaient également été chassés de leurs colonies. Seuls les Danois de l’OTAN tiennent encore au Groenland, qui représente beaucoup de glace et de neige et 56 000 habitants, bien qu’Eisenhower et Trump aient tous deux voulu l’acheter. Cependant, comme les États-Unis ont leur base à Thulé, ils contrôlent effectivement le pays de toute façon.

Depuis 1947, le Royaume-Uni a été expulsé de presque partout, notamment du sous-continent indien en 1947, de la Palestine en 1948 et, de manière humiliante, de Suez en 1956 par ses « alliés » américains. Tout ce qui reste est, pour l’instant, un petit groupe de minuscules enclaves et îles comme les Bermudes, les Caïmans, Gibraltar, Sainte-Hélène, les Malouines, etc., environ 18 000 kilomètres carrés et moins de 300 000 personnes en tout, plus beaucoup de glace dans le « territoire antarctique britannique ».

Quant à la France, après son humiliation en Asie du Sud-Est en 1954, elle a été progressivement chassée d’Afrique (1946-2022) (Suez en 1956, Algérie en 1962, etc.) et bientôt, même après ses décennies d’assassinats de politiciens africains indépendantistes et d’interventions militaires, elle n’aura plus rien là-bas, même si elle possède encore quelques îles dans divers océans ici et là.

Quant à l’éphémère empire américain, au cours des cinquante dernières années, il a été largement chassé de plusieurs pays asiatiques (Vietnam (1975), Iran (1979), Irak (2011-2021) Afghanistan (2021), maintenant de la Russie (2022), et bientôt de la Chine, de l’Inde et de l’Arabie saoudite. Certes, ils s’accrochent encore au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan et en Israël, mais plus pour très longtemps. L’Eurasie sera libérée des États-Unis.

En ce qui concerne le retrait occidental de l’Europe, le Royaume-Uni a quitté l’Europe en 2020. Il s’accroche encore à l’Irlande du Nord, à l’Écosse, au Pays de Galles et surtout à l’Angleterre, mais cela ne durera pas. C’est maintenant au tour des États-Unis d’être mis à la porte de l’Europe. Cela se passe en ce moment même en Ukraine, mais ce rejet s’étendra ensuite à l’Europe occidentale. Puis ce sera au tour de l’UE d’être expulsée de l’Europe et, finalement, les États-Unis seront expulsés des Amériques, en particulier des États-Unis.

Ne soyez pas surpris par les mots « le retrait occidental de l’Europe » ou « le Royaume-Uni est expulsé du Royaume-Uni, l’UE de l’UE et les États-Unis des États-Unis ». Ce n’est pas du charabia. Je parle de l’élimination des trois élites parasites de l’Establishment dans ces trois unions créées par l’homme. Une fois que ces élites auront disparu, ces unions purement artificielles tomberont et les peuples nouvellement souverains d’Angleterre, d’Irlande, d’Écosse, du Pays de Galles, les peuples d’Europe occidentale continentale et tous ceux d’Amérique du Nord pourront être libérés de leur zombification et pourront ainsi retrouver leurs racine, leur souveraineté et leur identité.

Désespoir

Lorsque les États-Unis sont désespérés, ils se tournent toujours vers le terrorisme, comme l’a fait et tente encore, très faiblement, de le faire la Grande-Bretagne. Sans mentionner les bourbiers créés par la CIA en Amérique latine ou en Asie, ni évoquer les détails du Golfe du Tonkin 1, nous rappelons ses bourbiers uniquement en Europe : l’installation de la junte grecque en 1967, le renversement par la CIA de De Gaulle en France en 1968, l’assassinat d’Aldo Moro en Italie en 1978, l’assassinat d’Olof Palme en 1986, et beaucoup plus récemment le vol MH17, ses attaques terroristes contre les pipelines Nordstream et le pont de Crimée, et maintenant sa tentative de forcer la Russie à utiliser des armes nucléaires, afin que les néocons sionistes de Washington puissent enfin trouver une excuse pour utiliser leurs jouets nucléaires.

Ceux qui veulent que la Russie moderne se comporte comme l’Union soviétique de Staline et raye de la carte leurs peuples frères d’Ukraine, comme l’URSS l’a fait à Berlin en 1945 (bien qu’en vérité la plupart des dégâts aient déjà été causés par les bombardements terroristes anglo-américains) ont besoin d’un léger rappel. Malgré les fantasmes et les intimidations des États-Unis, j’ai des nouvelles : l’Union soviétique est morte et le président Poutine ne veut absolument pas la récupérer. Après tout, il a vécu sa fin lorsqu’il était en Allemagne de l’Est et se souvient à quel point c’était horrible. L’objectif de la Russie n’a jamais été ni l’occupation de l’Ukraine (contrairement à l’objectif soviétique en Europe de l’Est en 1945, qui était de créer une zone tampon pour se protéger de l’Occident agressif), ni la destruction de l’Ukraine, ni le massacre de ses frères ukrainiens. Rappelons une fois de plus les trois objectifs de la Russie dans ce conflit contre le régime fantoche américain de Kiev, c’est-à-dire les objectifs de la campagne russe pour la libération des frères et sœurs russes en Ukraine de la junte fasciste. Ces trois objectifs étaient, et sont, et seront :

1. La libération du Donbass

Cet objectif a été atteint à 75 %. En fait, puisque la libération s’est avérée être non seulement celle de Lougansk (99 %) et de Donetsk (75 %), mais aussi celle de 99 % de Kherson et de 75 % de Zaporozhie, nous pourrions dire qu’elle a été atteinte à 85 %. Pourquoi la libération s’est-elle transformée en Donbass x 2, de quatre provinces au lieu de deux ? Tout simplement parce que la junte de Kiev a continuellement menacé la Crimée et le Donbass et qu’il fallait les protéger. Et si Kiev continue à bombarder le Donbass x 2 et à occuper ses champs vides, la campagne russe devra être la libération du Donbass x 3 ou même du Donbass x 4.

2. La démilitarisation de l’Ukraine

Elle est en bonne voie, déjà réalisée à au moins 50%. En fait, elle a été achevée en ce qui concerne l’armée de Kiev fortifiée par l’OTAN le 25 mars. Toutefois, étant donné que, comme la Russie s’y attendait, l’OTAN a décidé de réapprovisionner Kiev avec ses propres stocks militaires, déjà largement épuisés, la démilitarisation est toujours en cours. Mais ce n’est qu’une question de temps.

3. Dénazification

Une certaine confusion règne ici. Que signifie ce terme ? Cela signifie-t-il que la Russie envoie des enseignants pour apprendre aux Ukrainiens la différence entre le racisme nazi et l’acceptation humaine normale des personnes d’autres pays et de leurs cultures ? Non, ce n’est pas le cas. La dénazification dans le contexte occidental actuel est différente de cela. C’est le processus par lequel l’enfant occidental infantile apprend à ne plus mettre ses doigts dans la flamme. En d’autres termes, l’Occident doit s’instruire et tirer les leçons d’une expérience amère. C’est ainsi que la dénazification (et, à partir de là, le changement de régime) sera mise en œuvre dans tout le monde occidental d’aujourd’hui.

Par exemple, au cours des trois derniers mois, le yen, l’euro et la livre sterling ont tous atteint des niveaux historiquement bas par rapport au dollar américain. Cela s’explique par le fait que les taux d’intérêt américains sont plus élevés qu’ailleurs et que ses marchés financiers attirent donc les capitaux d’investissement internationaux. Après tout, pourquoi investir dans les pays européens, qui sont dépendants de l’énergie mais qui sont contraints de boycotter leur principale source d’énergie ? Vous ne voulez pas investir dans des pays en auto-faillite, qui sont engagés dans une voie suicidaire. Les États-Unis ne sont pas encore perçus comme étant en auto-faillite (mais leur tour viendra). Quel est le résultat dénaturant de tout cela ? Examinons le « cas » – et c’est un « cas », au sens médical et pathologique du terme – du Royaume-Uni.

Le désespoir

Après s’être débarrassé de son ivrogne perdant Johnson, l’Establishment britannique a perdu deux mois au cours de l’été, en pleine crise politique et économique, à permettre à 80 000 personnes, principalement âgées et riches, de choisir un Premier ministre incompétent pour 68,7 millions d’habitants – telle est la démocratie britannique, dont le reste du monde, en particulier les « autocrates » de Russie et de Chine, doit apparemment s’inspirer de toute urgence. Ainsi, dès que Truss, la pire candidate possible au poste de Premier ministre, a été soigneusement sélectionnée au cours des deux mois d’été, de nombreux commentateurs, dont moi-même, ont douté qu’elle puisse tenir jusqu’à Noël. Il semble maintenant que ce pessimisme ait été très optimiste. Selon les dernières estimations, elle pourrait, au mieux, ne pas tenir jusqu’au 1er novembre [Elle n’a finalement pas tenu plus loin que le 20 octobre, NdT].

La décision de Mme Truss d’augmenter les dépenses publiques – notamment en doublant le budget de la « défense » britannique (qui attaque le Royaume-Uni de toute façon ?) pour atteindre 50 milliards de livres sterling d’ici 2030 – d’envoyer plus de 3 milliards de livres sterling de fournitures militaires à Kiev depuis le début de l’année, de subventionner 100 000 « réfugiés » ukrainiens et, dans le même temps, de réduire les impôts des riches (que voulez-vous que le parti conservateur fasse d’autre ?) n’a pas été acceptée par Biden, le FMI et, surtout, par les marchés.

Par conséquent, le 14 octobre, Truss a laissé tomber son propre ministre des Finances, en poste depuis 38 jours, pour sa décision de mener sa propre politique économique analphabète – analphabète, comme l’a décrit de manière précise et prophétique, en juillet dernier, le rival de Truss au poste de Premier ministre conservateur, l’ancien ministre des Finances, Sunak. Ainsi, le 14 octobre, Truss a nommé un nouveau ministre des finances britannique, le quatrième en quatre mois, un homme notoirement connu pour avoir contribué à la destruction de l’abyssal « service » de santé du Royaume-Uni 2. Il va maintenant faire exactement le contraire de tout ce qu’elle avait promis trois semaines auparavant et sur la base des promesses impossibles sur lesquelles les déficients intellectuels l’ont élue.

Naturellement, la désespérée Truss impute tous ses problèmes à des « facteurs mondiaux » et en particulier à « l’effroyable invasion de l’Ukraine par Poutine ». Elle ne mentionne pas du tout les sanctions occidentales volontaires et suicidaires. Après tout, voudrait-elle admettre sa propre stupidité colossale ? Nous voyons ici comment la dénazification et, par conséquent, le changement de régime, sont déjà en train de se produire au Royaume-Uni, tout seuls, tout comme ils le feront dans l’UE et aux États-Unis. Tout ce que la Russie a à faire est de s’asseoir et de regarder les dirigeants occidentaux se détruire et entraîner leurs pays dans leur chute, jusqu’à ce que leurs peuples se révoltent, comme cela commence à se produire dans toute l’Europe occidentale, et comme cela se produira aux États-Unis (nous en avons eu un aperçu au Capitole l’année dernière) et dans ses autres colonies. C’est la dénazification, bien qu’il faille peut-être l’appeler plus précisément « Auto-Dénazification ». Ou peut-être pourrait-on simplement l’appeler « Désespoir » ? Ou peut-être simplement « Trussification » ?

Batiushka

Recteur orthodoxe russe d’une très grande paroisse en Europe, il a servi dans de nombreux pays d’Europe occidentale et j’ai vécu en Russie et en Ukraine. Il a également travaillé comme conférencier en histoire et en politique russes et européennes.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Notes

  1. Une lecture rapide de Killing Hope de William Blum, US Military and CIA Interventions Since World War II ou de Overthrow, America’s Century of Regime Change from Hawaii to Iraq de Stephen Kinzler devrait être éclairante.
  2. Un jeune ami du Royaume-Uni m’a téléphoné le 14 octobre. Il m’a raconté comment, après des semaines et des semaines de douleurs chroniques, un médecin d’un hôpital britannique a fini par diagnostiquer un cancer chez lui. On lui a alors dit qu’il lui restait six mois à vivre, mais que les chirurgiens n’auraient pas assez de temps pour l’opérer, car « la liste d’attente est trop longue », et on lui a donné des « analgésiques » qui n’ont pas fonctionné pour le consoler de sa condamnation à mort. Le lendemain, par l’intermédiaire d’un ami, il a réservé un vol pour la Roumanie. Là-bas, en arrivant de l’aéroport, il est immédiatement reçu dans une clinique où on lui fait passer une IRM. On lui annonce immédiatement qu’il a une hernie. Le chirurgien s’est excusé en lui disant qu’il ne pourrait pas l’opérer le lendemain, mais qu’il devrait attendre le surlendemain. Un exemple de plus du système de santé « de classe mondiale » du Royaume-Uni….Trussification en effet.

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Le retrait de Kherson

Par : Wayan — 11 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama – Le 10 novembre 2022

Le commandement russe a décidé de retirer ses troupes de la région de Kherson, sur la rive droite du Dniepr.

Le ministre de la Défense Sergei Shoigu n’avait pas l’air heureux lorsqu’il a donné cet ordre. Il sait qu’un autre revers de ce type lui coûtera son poste.

Cette initiative n’a pas l’air très heureuse

Rien que cela aura des conséquences. Les Ukrainiens, l’administration Biden et les partisans européens de l’Ukraine vont être enhardis par cette décision. En Russie, le soutien à la guerre va diminuer. Certaines personnes commenceront à réclamer la tête du président Poutine. Mais il n’y a aucun risque qu’ils l’obtiennent.

Car cette décision est judicieuse d’un point de vue opérationnel.

D’un point de vue militaire, il y a peu de chances de résister à une attaque sérieuse dans cette région, car réapprovisionner en traversant le Dniepr est très difficile et ne peut être garanti. De plus, l’éventuelle rupture des barrages du Dniepr rendrait tout réapprovisionnement impossible pendant au moins une semaine, voire plus. Cela laisserait suffisamment de temps aux Ukrainiens pour massacrer les troupes russes restées sur place.

D’un point de vue stratégique, cette décision l’est beaucoup moins.

Elle bloque pour l’instant toute possibilité d’avancer vers Nikolaev (Mykolaiv) et plus loin vers Odessa. Cela aurait pu et aurait dû être fait plus tôt. Mais le commandement russe n’avait pas engagé de forces suffisantes pour cette bataille. Il y avait également de bonnes raisons de ne pas le faire. Il est maintenant trop tard pour critiquer ces décisions.

Il est tout à fait possible que, dans les coulisses, un accord ait été conclu à ce sujet. Si c’est le cas, il est peu probable que nous l’apprenions de sitôt.

La priorité doit maintenant être d’évacuer les soldats et les équipements de la zone. Cela nécessitera une intense couverture de défense aérienne pour empêcher la fermeture des points de passage par l’artillerie ukrainienne. Il n’y a aucune raison de faciliter la reconquête de la zone par l’Ukraine. Jusqu’à ce que l’évacuation soit effectuée, tout mouvement significatif des Ukrainiens dans la zone devrait être répliqué par des tirs d’artillerie efficaces.

L’armée ukrainienne commencera bientôt à déplacer vers d’autres lignes de front les troupes préparées pour une attaque contre Kherson. La Russie doit de même déplacer ses troupes pour renforcer ses positions ailleurs.

Le moral des troupes exige maintenant que le prochain mouvement russe soit une grande poussée ayant une signification stratégique. Le concept de bataille et d’opérations en profondeur doit être réappliqué. Historiquement, il a presque toujours joué à l’avantage de la Russie.

Mais cette grande avancée ne devra pas être uniquement militaire. L’autre option consiste à endommager considérablement l’économie ukrainienne par le biais de son réseau électrique. Interdire sévèrement ses lignes d’approvisionnement depuis l’ouest en est une autre.

Nous devons observer cela de plus loin.

Le monde s’éloigne d’un modèle unilatéral dirigé par l’Occident pour s’orienter vers un nouvel avenir multilatéral. En faisant la guerre en Ukraine, la Russie a initié et accéléré ce changement historique. Dans ce contexte, le retrait de Kherson n’est qu’une perte tactique mineure. Elle peut être, et le sera sûrement, corrigée par des actions menées ailleurs.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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La position de l’Allemagne dans le nouvel ordre mondial étasunien

Par : Wayan — 10 novembre 2022 à 12:00

Par Michael Hudson – Le 2 novembre 2022 – Source The  Saker’s Blog

L’Allemagne est devenue un satellite économique de la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Russie, la Chine et le reste de l’Eurasie. L’Allemagne et d’autres pays de l’OTAN ont été invités à s’imposer des sanctions commerciales et d’investissement, sanctions qui survivront à la guerre par procuration menée aujourd’hui en Ukraine. Le président américain Biden et les porte-parole de son département d’État ont expliqué que l’Ukraine n’est qu’une première étape dans une dynamique beaucoup plus large qui divise le monde en deux ensembles opposés d’alliances économiques. Cette fracture mondiale promet d’être une lutte durant dix ou vingt ans pour déterminer si l’économie mondiale sera une économie unipolaire dollarisée centrée sur les États-Unis, ou un monde multipolaire et multidevise centré sur le cœur de l’Eurasie avec des économies mixtes publiques/privées.

Le président Biden caractérise cela comme une division entre les démocraties et autocraties. Cette terminologie est un double langage typiquement orwellien. Par « démocraties« , il entend les États-Unis et les oligarchies financières occidentales alliées. Leur objectif est de retirer la planification économique des mains des gouvernements élus pour la confier à Wall Street et à d’autres centres financiers sous contrôle américain. Les diplomates américains utilisent le Fonds monétaire international et la Banque mondiale pour exiger la privatisation de l’infrastructure mondiale et la dépendance à l’égard de la technologie, du pétrole et des exportations alimentaires des États-Unis.

Par « autocratie« , Biden entend les pays qui résistent à cette prise de contrôle par la financiarisation et la privatisation. Dans la pratique, la rhétorique américaine consiste à promouvoir sa propre croissance économique et son propre niveau de vie, en maintenant la finance et la banque comme des services publics. Il s’agit essentiellement de savoir si les économies seront planifiées par les centres bancaires pour créer de la richesse financière – en privatisant les infrastructures de base, les services publics et les services sociaux tels que les soins de santé pour en faire des monopoles – ou si elles augmenteront le niveau de vie et la prospérité en maintenant la banque et la création monétaire, la santé publique, l’éducation, les transports et les communications entre les mains du public.

Le pays qui subit le plus de « dommages collatéraux » dans cette fracture mondiale est l’Allemagne. En tant qu’économie industrielle la plus avancée d’Europe, l’acier, les produits chimiques, les machines, les automobiles et autres biens de consommation allemands sont les plus fortement dépendants des importations de gaz, de pétrole et de métaux russes, de l’aluminium au titane et au palladium. Pourtant, malgré les deux gazoducs Nord Stream construits pour fournir à l’Allemagne de l’énergie à bas prix, l’Allemagne a été invitée à se couper du gaz russe et à se désindustrialiser. Cela signifie la fin de sa prééminence économique. La clé de la croissance du PIB en Allemagne, comme dans d’autres pays, est la consommation d’énergie par travailleur.

Ces sanctions anti-russes rendent la nouvelle guerre froide d’aujourd’hui intrinsèquement anti-allemande. Le secrétaire d’État américain, Anthony Blinken, a déclaré que l’Allemagne devrait remplacer le gaz russe livré à bas prix par gazoduc par du gaz américain GNL à prix élevé. Pour importer ce gaz, l’Allemagne devra dépenser rapidement plus de 5 milliards de dollars pour construire des capacités portuaires permettant de traiter les méthaniers. L’effet sera de rendre l’industrie allemande non compétitive. Les faillites se multiplieront, l’emploi diminuera, et les dirigeants allemands pro-OTAN imposeront une dépression chronique et une baisse du niveau de vie.

La plupart des théories politiques supposent que les nations agissent dans leur propre intérêt. Sinon, ce sont des pays satellites, qui ne sont pas maîtres de leur destin. L’Allemagne subordonne son industrie et son niveau de vie aux diktats de la diplomatie américaine et à l’intérêt personnel du secteur pétrolier et gazier américain. Elle le fait volontairement – non pas à cause de la force militaire, mais par conviction idéologique que l’économie mondiale doit être dirigée par les planificateurs américains de la guerre froide.

Il est parfois plus facile de comprendre une dynamique en cours en s’éloignant de sa propre situation immédiate pour examiner des exemples historiques ressemblant au type de diplomatie politique que l’on voit diviser le monde d’aujourd’hui. Le parallèle le plus proche que je puisse trouver est la lutte, au temps de l’Europe médiévale, entre la papauté romaine et les rois allemands – les empereurs romains germaniques – au 13e siècle. Ce conflit a divisé l’Europe selon des lignes très semblables à celles d’aujourd’hui. Une série de papes ont excommunié Frédéric II et d’autres rois allemands et ont mobilisé des alliés pour lutter contre l’Allemagne et son contrôle de l’Italie du Sud et de la Sicile.

L’antagonisme entre l’Occident et l’Orient a été suscité par les croisades (1095-1291), tout comme la guerre froide actuelle est une croisade contre les économies qui menacent la domination des États-Unis sur le monde. La guerre médiévale contre l’Allemagne avait pour but de déterminer qui devait contrôler l’Europe chrétienne : la papauté, les papes devenant des empereurs mondains, ou les dirigeants laïques de royaumes individuels en revendiquant le pouvoir de les légitimer et de les accepter moralement.

L’analogue de l’Europe médiévale à la nouvelle guerre froide de l’Amérique contre la Chine et la Russie fut le Grand Schisme de 1054. Exigeant un contrôle unipolaire sur la chrétienté, Léon IX excommunia l’Église orthodoxe centrée à Constantinople et toute la population chrétienne qui en faisait partie. Un seul évêché, Rome, s’est coupé de l’ensemble du monde chrétien de l’époque, y compris des anciens patriarcats d’Alexandrie, d’Antioche, de Constantinople et de Jérusalem.

Cette rupture a créé un problème politique pour la diplomatie romaine : Comment maintenir tous les royaumes d’Europe occidentale sous son contrôle et revendiquer le droit à des subventions financières de leur part. Cet objectif nécessitait de subordonner les rois séculiers à l’autorité religieuse papale. En 1074, Grégoire VII, Hildebrand, annonça 27 diktats papaux décrivant la stratégie administrative permettant à Rome de verrouiller son pouvoir sur l’Europe.

Ces exigences papales présentent un parallèle frappant avec la diplomatie américaine d’aujourd’hui. Dans les deux cas, les intérêts militaires et mondiaux nécessitent une sublimation sous la forme d’un esprit de croisade idéologique pour cimenter le sentiment de solidarité que requiert tout système de domination impériale. La logique est intemporelle et universelle.

Les diktats papaux étaient radicaux à deux égards. Tout d’abord, ils élevaient l’évêque de Rome au-dessus de tous les autres évêchés, créant ainsi la papauté moderne. La clause 3 stipulait que seul le pape avait le pouvoir d’investiture pour nommer des évêques, les déposer ou les réintégrer. Renforçant ce principe, la clause 25 donnait le droit de nommer (ou de déposer) les évêques au pape, et non aux souverains locaux. Et la clause 12 donnait au pape le droit de déposer les empereurs, à la suite de la clause 9, obligeant « tous les princes à baiser les pieds du pape seul » afin d’être considérés comme des souverains légitimes.

De même, aujourd’hui, les diplomates américains revendiquent le droit de désigner qui doit être reconnu comme le chef d’État d’une nation. En 1953, ils ont renversé le dirigeant élu de l’Iran et l’ont remplacé par la dictature militaire du Shah. Ce principe donne aux diplomates américains le droit de parrainer des « révolutions de couleur » pour un changement de régime, comme leur parrainage des dictatures militaires latino-américaines créant des oligarchies clientes pour servir les intérêts commerciaux et financiers des États-Unis. Le coup d’État de 2014 en Ukraine n’est que le dernier exercice de ce droit américain de nommer et de déposer des dirigeants.

Plus récemment, les diplomates américains ont nommé Juan Guaidó comme chef d’État du Venezuela à la place de son président élu, et lui ont remis les réserves d’or de ce pays. Le président Biden a insisté pour que la Russie renvoie Poutine et mette à sa place un dirigeant plus pro-américain. Ce « droit » de choisir les chefs d’État est une constante de la politique des États-Unis dans leur longue histoire d’ingérence politique dans les affaires politiques européennes depuis la Seconde Guerre mondiale.

La deuxième caractéristique radicale de ces diktats du pape était l’exclusion de toute idéologie et politique qui divergerait de l’autorité papale. La clause 2 stipulait que seul le pape pouvait être qualifié d' »universel« . Tout désaccord était, par définition, hérétique. La clause 17 stipule qu’aucun chapitre ou livre ne peut être considéré comme canonique sans l’autorité papale.

Une demande similaire est faite par l’idéologie américaine actuelle des « marchés libres » financiarisés et privatisés, ce qui signifie la dérégulation du pouvoir gouvernemental pour façonner les économies dans des intérêts autres que ceux des élites financières et corporatives centrées sur les États-Unis.

La demande d’universalité dans la nouvelle guerre froide d’aujourd’hui est dissimulée dans le langage de la « démocratie« . Mais la définition de la démocratie dans la nouvelle guerre froide d’aujourd’hui est simplement « pro-États-Unis« , et plus précisément la privatisation néolibérale en tant que nouvelle religion économique parrainée par les États-Unis. Cette éthique est considérée comme une « science« , comme dans le quasi prix Nobel des sciences économiques. C’est l’euphémisme moderne pour l’économie néolibérale de l’école de Chicago, les programmes d’austérité du FMI et le favoritisme fiscal pour les riches.

Ces diktats du pape ont défini une stratégie pour verrouiller le contrôle unipolaire sur les royaumes séculiers. Ils affirmaient la préséance du pape sur les rois du monde, en particulier sur les empereurs romains germaniques. La clause 26 donne aux papes le pouvoir d’excommunier quiconque n’est « pas en paix avec l’Église romaine« . Ce principe impliquait la clause conclusive 27, permettant au pape d' »absoudre les sujets de leur fidélité à des hommes méchants« . Cela encourageait la version médiévale des « révolutions de couleur » pour provoquer un changement de régime.

Ce qui unissait les pays dans cette solidarité était l’antagonisme envers les sociétés non soumises au contrôle papal centralisé – les infidèles musulmans qui tenaient Jérusalem, mais aussi les cathares français et toute autre personne considérée comme hérétique. Par-dessus tout, il y avait une hostilité envers les régions suffisamment fortes pour résister aux demandes papales de tribut financier.

Aujourd’hui, l’équivalent d’un tel pouvoir idéologique d’excommunier les hérétiques qui résistent aux demandes d’obéissance et de tribut serait l’Organisation mondiale du commerce, la Banque mondiale et le FMI, qui dictent les pratiques économiques et fixent les « conditions » que tous les gouvernements membres doivent suivre, sous peine de sanctions américaines – la version moderne de l’excommunication des pays qui n’acceptent pas la suzeraineté des États-Unis. La clause 19 des diktats stipulait que le pape ne pouvait être jugé par personne – tout comme aujourd’hui, les États-Unis refusent de soumettre leurs actions aux jugements de la Cour mondiale. De même, aujourd’hui, les diktats des États-Unis via l’OTAN et d’autres organismes (tels que le FMI et la Banque mondiale) sont censés être suivis par leurs satellites sans poser de questions. Comme Margaret Thatcher l’a dit à propos de sa privatisation néolibérale qui a détruit le secteur public britannique, There Is No Alternative (TINA).

Mon propos est de souligner l’analogie avec les sanctions que les États-Unis imposent aujourd’hui à tous les pays qui ne suivent pas leurs propres exigences diplomatiques. Les sanctions commerciales sont une forme d’excommunication. Elles inversent le principe du traité de Westphalie de 1648 qui rendait chaque pays et ses dirigeants indépendants de toute ingérence étrangère. Le président Biden caractérise l’ingérence américaine comme assurant sa nouvelle division du monde entre « démocraties » et « autocraties« . Par démocratie, il entend une oligarchie cliente sous contrôle américain, créant des richesses financières en réduisant le niveau de vie de la main-d’œuvre, par opposition à des économies mixtes publiques/privées visant à promouvoir le niveau de vie et la solidarité sociale.

Comme je l’ai mentionné, en excommuniant l’Église orthodoxe centrée à Constantinople et sa population chrétienne, le Grand Schisme a créé la fatidique ligne de démarcation religieuse qui sépare « l’Occident » de l’Orient depuis le dernier millénaire. Cette division était si importante que Vladimir Poutine l’a citée dans son discours du 30 septembre 2022 pour décrire la rupture actuelle avec les économies occidentales centrées sur les États-Unis et l’OTAN.

Aux 12e et 13e siècles, les conquérants normands de l’Angleterre, de la France et d’autres pays, ainsi que les rois allemands, ont protesté à plusieurs reprises, ont été excommuniés à plusieurs reprises, mais ont finalement succombé aux exigences papales. Il a fallu attendre le 16e siècle pour que Martin Luther, Zwingli et Henri VIII créent enfin une alternative protestante à Rome, rendant ainsi la chrétienté occidentale multipolaire.

Pourquoi cela a-t-il été si long ? La réponse est que les croisades ont fourni une gravité idéologique organisatrice. C’était l’analogie médiévale avec la nouvelle guerre froide d’aujourd’hui entre l’Est et l’Ouest. Les croisades ont créé un foyer spirituel de « réforme morale » en mobilisant la haine contre « l’autre » – l’Orient musulman, et de plus en plus les Juifs et les chrétiens européens dissidents du contrôle romain. C’était l’analogie médiévale avec les doctrines néolibérales actuelles du « libre marché » de l’oligarchie financière américaine et son hostilité envers la Chine, la Russie et d’autres nations qui ne suivent pas cette idéologie. Dans la nouvelle guerre froide actuelle, l’idéologie néolibérale de l’Occident mobilise la peur et la haine de « l’autre« , diabolisant les nations qui suivent une voie indépendante en les traitant de « régimes autocratiques« . Le racisme pur et simple est encouragé à l’égard de peuples entiers, comme le montrent la russophobie et la « Cancel Culture » qui sévissent actuellement en Occident.

Tout comme la transition multipolaire de la chrétienté occidentale a nécessité l’alternative protestante du 16e siècle, la rupture entre le cœur de l’Eurasie et l’Occident de l’OTAN centré sur les banques doit être consolidée par une idéologie alternative concernant la manière d’organiser des économies mixtes publiques/privées et leur infrastructure financière.

Les églises médiévales de l’Occident ont été vidées de leurs aumônes et de leurs dotations pour contribuer au Denier de Pierre et à d’autres subventions à la papauté pour les guerres qu’elle menait contre les souverains qui résistaient aux exigences papales. L’Angleterre a joué le rôle de grande victime que l’Allemagne joue aujourd’hui. D’énormes impôts anglais, prélevés ostensiblement pour financer les croisades, ont été détournés pour combattre Frédéric II, Conrad et Manfred en Sicile. Ce détournement a été financé par des banquiers papaux du nord de l’Italie (Lombards et Cahorsins), et s’est transformé en dettes royales transmises à l’ensemble de l’économie. Les barons d’Angleterre ont mené une guerre civile contre Henri II dans les années 1260, mettant fin à sa complicité dans le sacrifice de l’économie aux exigences papales.

Ce qui a mis fin au pouvoir de la papauté sur les autres pays, c’est la fin de sa guerre contre l’Orient. Lorsque les croisés ont perdu Acre, la capitale de Jérusalem, en 1291, la papauté a perdu son contrôle sur la chrétienté. Il n’y avait plus de « mal » à combattre, et le « bien » avait perdu son centre de gravité et sa cohérence. En 1307, le Français Philippe IV (« le Bel ») s’empare de la richesse du grand ordre bancaire militaire de l’Église, celle des Templiers du Temple de Paris. D’autres souverains nationalisent également les Templiers, et les systèmes monétaires sont retirés des mains de l’Église. Sans un ennemi commun défini et mobilisé par Rome, la papauté avait perdu son pouvoir idéologique unipolaire sur l’Europe occidentale.

L’équivalent moderne du rejet des Templiers et de la finance papale serait que les pays se retirent du système financier étasunien, en rejetant l’étalon dollar et le système bancaire et financier américain. C’est ce qui est en train de se produire, car de plus en plus de pays considèrent la Russie et la Chine non pas comme des adversaires, mais comme présentant de grandes opportunités d’avantages économiques mutuels.

La promesse brisée d’un gain mutuel entre l’Allemagne et la Russie

La dissolution de l’Union soviétique en 1991 promettait la fin de la guerre froide. Le Pacte de Varsovie a été dissous, l’Allemagne a été réunifiée et les diplomates américains ont promis la fin de l’OTAN, car la menace militaire soviétique n’existait plus. Les dirigeants russes se sont laissés aller à l’espoir que, comme l’a exprimé le président Poutine, une nouvelle économie paneuropéenne serait créée de Lisbonne à Vladivostok. L’Allemagne, en particulier, devait prendre l’initiative d’investir en Russie et de restructurer son industrie selon des principes plus efficaces. La Russie paierait ce transfert de technologie en fournissant du gaz et du pétrole, ainsi que du nickel, de l’aluminium, du titane et du palladium.

Il n’était pas prévu que l’OTAN soit élargie au point de menacer une nouvelle guerre froide, et encore moins qu’elle soutienne l’Ukraine, reconnue comme la kleptocratie la plus corrompue d’Europe, pour qu’elle soit dirigée par des partis extrémistes s’identifiant aux insignes nazis allemands.

Comment expliquer que le potentiel apparemment logique de gain mutuel entre l’Europe occidentale et les anciennes économies soviétiques se soit transformé en un parrainage de kleptocraties oligarchiques. La destruction du gazoduc Nord Stream résume cette dynamique en un mot. Pendant près d’une décennie, les États-Unis ont constamment demandé à l’Allemagne de ne plus dépendre de l’énergie russe. Ces demandes ont été combattues par Gerhardt Schroeder, Angela Merkel et les chefs d’entreprise allemands. Ils ont souligné l’évidente logique économique d’un échange mutuel de produits manufacturés allemands contre des matières premières russes.

Le problème des États-Unis était de savoir comment empêcher l’Allemagne d’approuver le gazoduc Nord Stream 2. Victoria Nuland, le président Biden et d’autres diplomates américains ont démontré que le moyen d’y parvenir était d’inciter à la haine de la Russie. La nouvelle guerre froide a été présentée comme une nouvelle croisade. C’est ainsi que George W. Bush avait décrit l’attaque américaine contre l’Irak pour s’emparer de ses puits de pétrole. Le coup d’État de 2014 parrainé par les États-Unis a créé un régime ukrainien fantoche qui a passé huit ans à bombarder les provinces russophones de l’Est. L’OTAN a donc incité une réponse militaire russe. La provocation a réussi, et la réponse russe souhaitée a été dûment qualifiée d’atrocité non provoquée. Sa protection des civils a été décrite dans les médias parrainés par l’OTAN comme étant si offensante qu’elle méritait les sanctions commerciales et d’investissement qui ont été imposées depuis février. Voilà ce que signifie une croisade.

Le résultat est que le monde se divise en deux camps : l’OTAN centrée sur les États-Unis et la coalition eurasienne émergente. L’un des effets secondaires de cette dynamique a été de laisser l’Allemagne dans l’incapacité de poursuivre la politique économique de relations commerciales et d’investissement mutuellement avantageuses avec la Russie (et peut-être aussi avec la Chine). Le chancelier allemand, Olaf Sholz, se rend en Chine cette semaine pour exiger que celle-ci démantèle son secteur public et cesse de subventionner son économie, faute de quoi l’Allemagne et l’Europe imposeront des sanctions commerciales contre la Chine. Il n’y a aucune chance que la Chine puisse répondre à cette demande ridicule, pas plus que les États-Unis ou toute autre économie industrielle ne cessent de subventionner leur propre secteur des puces électroniques et d’autres secteurs clés 1. Le Conseil allemand des relations étrangères est un bras néolibéral de l’OTAN qui exige la désindustrialisation de l’Allemagne et sa dépendance vis-à-vis des États-Unis pour son commerce, en excluant la Chine, la Russie et leurs alliés. Cela promet d’être le dernier clou du cercueil économique de l’Allemagne.

Un autre sous-produit de la nouvelle guerre froide américaine a été de mettre fin à tout plan international visant à endiguer le réchauffement de la planète. L’une des clés de voûte de la diplomatie économique américaine est que ses compagnies pétrolières et celles de ses alliés de l’OTAN contrôlent l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz – c’est-à-dire qu’elles réduisent la dépendance aux carburants à base de carbone. C’est le but de la guerre de l’OTAN en Irak, en Libye, en Syrie, en Afghanistan et en Ukraine. Ce n’est pas aussi abstrait que « Démocraties contre Autocraties« . Il s’agit de la capacité des États-Unis à nuire à d’autres pays en perturbant leur accès à l’énergie et à d’autres besoins fondamentaux.

Sans le récit du « bien contre le mal » de la nouvelle guerre froide, les sanctions américaines perdront leur raison d’être dans cette attaque américaine contre la protection de l’environnement, et contre le commerce mutuel entre l’Europe occidentale et la Russie et la Chine. C’est dans ce contexte que s’inscrit le combat d’aujourd’hui en Ukraine, qui ne doit être que la première étape d’une lutte durant 20 ans que les États-Unis prévoient de mener pour empêcher le monde de devenir multipolaire. Ce processus enfermera l’Allemagne et l’Europe dans la dépendance des approvisionnements américains en GNL.

L’astuce consiste à essayer de convaincre l’Allemagne qu’elle est dépendante des États-Unis pour sa sécurité militaire. Ce dont l’Allemagne a vraiment besoin d’être protégée, c’est de la guerre des États-Unis contre la Chine et la Russie qui marginalise et « ukrainise » l’Europe.

Aucun appel n’a été lancé par les gouvernements occidentaux pour une fin négociée de cette guerre, car aucune guerre n’a été déclarée en Ukraine. Les États-Unis ne déclarent la guerre nulle part, car cela nécessiterait une déclaration du Congrès en vertu de la Constitution américaine. Alors les armées des États-Unis et de l’OTAN bombardent, organisent des révolutions de couleur, s’ingèrent dans la politique intérieure (rendant obsolètes les accords de Westphalie de 1648) et imposent les sanctions qui déchirent l’Allemagne et ses voisins européens.

Comment des négociations peuvent-elles « mettre fin » à une guerre qui n’a jamais été déclarée et qui est une stratégie à long terme de domination unipolaire totale du monde ?

La réponse est qu’il ne peut y avoir de fin tant qu’une alternative à l’ensemble actuel d’institutions internationales centrées sur les États-Unis n’a pas été mise en place. Cela nécessite la création de nouvelles institutions reflétant une alternative à la vision néolibérale centrée sur les banques, selon laquelle les économies doivent être privatisées avec une planification centrale par les centres financiers. Rosa Luxemburg a caractérisé ce choix comme étant entre le socialisme et la barbarie. J’ai esquissé la dynamique politique d’une alternative dans mon récent livre, The Destiny of Civilization.

Michael Hudson

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

  1. Voir Guntram Wolff, « Sholz devrait transmettre un message explicite pendant sa visite à Pékin », Financial Times, 31 octobre 2022. Wolff est le directeur et CE du Conseil allemand des relations étrangères.

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Retour précis sur les taux de mortalité du COVID

Par : jmarti — 10 novembre 2022 à 10:00

Par Ian Miller − Le 27 octobre 2022 − Source The Epoch Times

Lors des premières phases de la pandémie, les « experts » se sont particulièrement escrimés à faire forte impression sur le grand public, en affirmant et répétant que le COVID était une maladie extrêmement dangereuse. S’il est clair que pour les personnes extrêmement âgées et les personnes fortement immunodéprimées, le COVID présente bel et bien des problématiques de santé importantes, les « experts » ont fait de leur mieux pour convaincre les gens de tous âges qu’ils se trouvaient en danger.

Au départ, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dans son incompétence sans borne, a contribué significativement à cette perception, en affirmant que le taux de mortalité du COVID était épouvantablement élevé.

Au mois de mars 2020, sur la base de fort peu de données, l’OMS a crié au loup en affirmant que 3,4% des personnes ayant contracté le COVID étaient mortes.

CNBC a rapporté qu’au cours d’une conférence de presse réalisée très tôt, Tedros Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, avait comparé le taux de mortalité attendu du COVID-19 avec celui de la grippe :

‘Globalement, environ 3,4% des cas rapportés de COVID-19 sont décédés’, a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, au cours d’une séance de presse au siège de l’agence à Genève. En comparaison, la grippe saisonnière tue bien moins de 1% des personnes affectées, a-t-il ajouté.

Ces affirmations marquaient un contraste avec les estimations précédentes, qui dépassaient déjà les 2% :

Au début de l’épidémie, les scientifiques avaient conclu que le taux de mortalité avoisinait les 2,3%.

Si l’on peut pardonner aux « experts » des incertitudes sur le taux de mortalité d’une maladie tout juste apparue et sur la base de données extrêmement réduites, les politiques catastrophistes de modification du monde, sur la base de la peur, justifiées par ces estimations, ont provoqué des dégâts considérables.

Le consensus est désormais que ces estimations étaient totalement incorrectes, et ce de plusieurs ordres de grandeur.

Mais un nouvel article, signé par l’un des experts les plus éminents au monde, confirme que les estimations de l’époque étaient encore plus déconnectées de la réalité que ce que l’on pensait jusqu’ici.

John Ioannidis est l’un des experts en santé publique les plus en vue des États-Unis, il travail pour l’université de Stanford comme professeur de médecine au sein du Stanford Prevention Research of Epidemiology and Population Health, ainsi qu’au sein de Statistics and Biomedical Data Science.

On pourrait penser que ce pedigree impeccable, ainsi qu’un historique faisant de lui l’un des scientifiques les plus publiés et les plus cités du monde moderne le mettraient à l’abri des critiques, mais malheureusement, La Science™ ne fonctionne plus ainsi.

Ioannidis a commencé par s’attirer les foudres des Gardiens de La Science™ au début de l’épidémie, lorsqu’il avait émis l’avertissement que la société était peut-être en train de prendre des décisions radicales sur la base de données limitées et de mauvaise qualité.

Il avait également participé à l’étude de séroprévalence menés dans le Comté de Santa Clara, menée par le Dr. Jay Bhattacharya.

Cet examen, qui s’intéressait à la prévalence des anticorps dans la région de San Jose, était parvenu à la conclusion que le COVID était d’ores et déjà significativement plus répandu aux mois de mars et d’avril 2020 que ne le comprenaient la plupart des gens.

Cela présente des implications très importantes, mais la révélation la plus importante était que les estimations du taux de mortalité du COVID utilisées par les « scientifiques » et par l’OMS étaient presque certainement bien trop élevées.

Ces estimations ont été créées selon l’hypothèse que les cas de contamination au COVID étaient très facilement détectables ; que les données étaient acquises sur la base de tests, et que le suivi des décès pouvait être réalisé suivant un « taux de mortalité par cas » et non un « taux de mortalité par infection ».

C’est cette erreur que Tedros et l’OMS ont faite il y a deux ans et demi.

Bien sûr, Ioannidis (et Bhattacharya) ont fait l’objet d’attaque de la part de la « communauté des experts » pour avoir apporté des éléments substantiels et des données montrant que le COVID était moins mortel que craint initialement.

Suivant ce qui est désormais devenu une insulte courante, ceux qui avaient mené l’étude ont été diabolisés, décrits comme des minimiseurs du COVID et comme de dangereux théoriciens du complot, qui allaient faire mourir des gens, tués parce qu’ils ne prendraient pas le virus assez au sérieux.

Mais Ionnidis ne s’est pas laissé abattre, et avec plusieurs autres auteurs, il a publié récemment une nouvelle étude du taux de mortalité de l’infection au COVID. Chose importante, l’article considère la période d’avant-vaccination, et couvre les groupes d’âge non-séniors ; les personnes les plus affectées par les restrictions et les mesures sans fin justifiées par le COVID.

Les Chiffres

L’article commence par énoncer des faits restés presque totalement ignorés des « experts » en confinement au cours de toute la pandémie, mais surtout lorsque des restrictions, confinements, et autres mesures avaient culminé au départ.

Il est important d’estimer avec précision le taux de mortalité à l’infection du COVID-19 pour les personnes non-âgées, en l’absence de vaccination ou d’infection préalable, car 94% de la population mondiale a moins de 70 ans, et 86% moins de 60 ans.

 

  • 94% de la population mondiale a moins de 70 ans.
  • 6% de la population mondiale a plus de 70 ans.
  • 86% de la population mondiale a moins de 60 ans.

Voilà qui est important, car les restrictions ont impacté de manière écrasante les 86-94% de gens de moins de 60 ou 70 ans.

Ioannidis et ses co-rédacteurs ont passé en revue 40 études nationales de séroprévalence couvrant 38 pays, pour déterminer leur estimation du taux de mortalité de l’infection pour une majorité écrasante de gens.

Chose importante, ces études de séroprévalence ont été menées avant que les vaccins aient été distribués, ce qui signifie que les taux de mortalité par infection étaient calculés indépendamment de l’impact des vaccins sur les groupes d’âges plus jeunes.

Alors qu’ont-ils découvert ?

Le taux médian de mortalité par infection pour le groupe d’âge compris entre 0 et 59 ans était de 0,035%.

Ce groupe constitue 86% de la population mondiale, et le taux de survie pour ceux qui ont été infectés par le COVID, sans vaccination, était de 99,965%.

Pour le groupe d’âge 0-69 ans, qui couvre 94% de la population mondiale, le taux de mortalité était de 0,095%, c’est-à-dire que le taux de survie pour presque 7,3 milliards de personnes était de 99,965%.

Ces taux de survie sont de toute évidence extrêmement élevés, ce qui provoque d’ores et déjà une frustration face aux mesures de restrictions qui ont été imposées sur tous les groupes d’âge, alors qu’une protection ciblée sur les personnes âgées de plus de 70 ans et sur les personnes présentant des risques significativement élevés aurait été une mesure nettement préférable.

Mais les choses sont encore pires que cela.

Les chercheurs ont séparé ces données démographiques en groupes d’âge plus petits, qui montrent la montée du risque parmi les populations plus âgées, et réciproquement, à quel point le risque était infinitésimal au sein des groupes les plus jeunes.

    • Ages 60–69, taux de mortalité 0,501 %, taux de survie 99,499 %
    • Ages 50–59, taux de mortalité 0,129 %, taux de survie 99,871 %
    • Ages 40–49, taux de mortalité 0,035 % taux de survie 99,965 %
    • Ages 30–39, taux de mortalité 0,011 %, taux de survie 99,989 %
    • Ages 20–29, taux de mortalité 0,003 %, taux de survie 99,997 %
    • Ages 0–19, taux de mortalité 0,0003 %, taux de survie 99,9997 %

Ils ajoutent qu’« en intégrant les données de 9 autres pays avec une distribution sur l’âge des décès du COVID-19, le taux médian de décès par infection était compris entre 0,025% et 0,032% pour les 0-59 ans et de 0,063-0,082% pour les 0-69 ans. »

Ces nombres sont tellement bas qu’ils sont stupéfiants, tous autant qu’ils sont.

Et le taux de décès est presque inexistant pour les enfants.

Pourtant, aussi tard qu’à l’automne 2021, Fauci continuait de manipuler les peurs au sujet des risques de COVID pour les enfants pour faire monter les taux de vaccination, affirmant au cours d’une interview que la situation n’était « pas bénigne ».

Nous voulons absolument faire vacciner autant d’enfants au sein de ce groupe d’âge que nous le pouvons, car comme vous l’avez entendu, il ne s’agit pas, vous savez, d’une situation bénigne.

Il est presque impossible, pour toute maladie, de faire peser une risque plus faible, ou d’être plus « bénigne », qu’un taux de mortalité de 0,0003%.

Au mois d’octobre 2021, au cours de la même interview avec NPR, Fauci avait affirmé que les enfants devaient continuer de porter des masques comme « mesure supplémentaire » de protection, y compris après la vaccination :

Et lorsque l’on a ce type de dynamique virale, même lorsque vos enfants sont vaccinés, vous voulez certainement, lorsque vous vous trouvez à l’intérieur de bâtiments, prendre des mesures supplémentaires pour les protéger. Je ne suis pas en mesure de vous donner un nombre exact de ce que cela représenterait dans la dynamique du virus au sein de la communauté, mais on peut espérer en disposer dans un délai raisonnable. Vous savez, les masques, comme on le dit souvent, on ne va pas les porter indéfiniment. Et on peut espérer parvenir à un stade où nous pourrons retirer les masques dans les écoles et en d’autres lieux. Mais je ne pense pas que ce moment soit arrivé.

Rien ne souligne mieux l’incompétence et la désinformation manifestées par le Dr. Fauci que d’ignorer qu’avant toute vaccination, les enfants subissaient des risques extrêmement faibles de la part du COVID, que l’utilisation de la vaccination parmi les enfants était absolument inutile puisqu’elle n’empêchait ni l’infection, ni la transmission, et que l’utilisation du masque est totalement inopérante pour protéger qui que ce soit. Surtout ceux qui n’ont pas besoin de protection au départ.

Le CDC, communauté « experte », l’OMS, les personnes en vue dans les médias — tous ont propagé une terreur selon laquelle le virus tuait les gens en masse, en confondant les taux de mortalité par cas avec les taux de mortalité par infection.

Mais nous avons un autre élément pour suggérer que les estimations initiales de l’OMS étaient fausses à 99 % pour 94 % de la population mondiale.

Pour apporter un peu de perspective, voici la différence illustrée de manière visuelle entre ce que l’OMS a affirmé, et ce qu’Ionnidis a découvert :

Même si les confinements, les mesures de port du masque, les limites de capacité des établissements recevant le public et les fermetures des espaces de jeux avaient fonctionné, les dangers induits par le virus étaient tellement minuscules que les dégâts collatéraux l’emportaient immédiatement sur tout bénéfice potentiel.

La destruction économique, l’augmentation des taux de suicide induite par un isolement apparemment sans fin, les taux terrifiants de déficit d’enseignement, l’augmentation de l’obésité chez les enfants, la chute spectaculaire des réussites aux tests, l’augmentation de la faim et de la pauvreté, les problèmes d’approvisionnements, l’inflation rampante ; tout cela est un débouché direct de politiques imposées par des « experts » terrifiés et incompétents.

Leurs estimations étaient catastrophiquement fausses, mais ils ont conservé des années durant leur sens de l’autorité, sans contestation, et ils continuent de recevoir des récompenses, des louanges, de plus en plus de financements, et un sens de l’infaillibilité règne parmi les politiciens et les décideurs.

Si la raison et l’honnêteté intellectuelles existaient encore, ces estimations feraient les gros titres de tous les grands médias du monde.

Au lieu de cela, comme les médias et leurs alliés dans les classes technologiques, du monde de l’entreprise, et politiques promulguent et encouragent les confinements et les restrictions en censurant toute pensée divergente, ces faits restent ignorés.

Il n’y a pas plus COVID que cela.

Ian Miller

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

☐ ☆ ✇ Le Saker Francophone

Quelques estimations sur les élections de mi-mandat

Par : Wayan — 10 novembre 2022 à 08:00

Par Moon of Alabama – Le 9 novembre 2022

Les élections de mi-mandat n’ont pas donné lieu à la vague rouge que certains attendaient. Les raisons en sont multiples.

Le fait que la marque Trump ait perdu de son éclat en est une. Trump a toujours été mauvais dans le choix des personnes qui l’entourent. Dans le cas de cette élection, il a soutenu des candidats particulièrement mauvais. Ils n’ont manifestement pas donné les résultats qu’il espérait.

Biden n’est pas très apprécié. Mais, en général, il n’est pas non plus très détesté. Il a réussi à corrompre les électeurs, d’abord grâce aux grands programmes de dépenses qu’il a fait adopter par le Congrès, puis grâce aux énormes déblocages de la réserve stratégique de pétrole. Les prix ont baissé à la pompe et cela compte généralement pour beaucoup.

L’avortement semble avoir joué un rôle et les Démocrates ont dit qu’ils feraient quelque chose à ce sujet. Mais l’arrêt de la Cour suprême a renvoyé le problème aux États. Je doute que les Démocrates fassent quoi que ce soit à ce sujet. Ils n’ont ni la motivation ni les moyens de changer cet arrêt.

Les Démocrates pourraient donc conserver le Sénat, mais de justesse. Les Républicains prendront probablement la Chambre, mais également avec une faible majorité. Cela signifie que la politique américaine, sur le plan intérieur mais surtout sur le plan extérieur, ne changera pas d’un iota.

Comme le dit le proverbe : « Si les élections pouvaient changer quelque chose, elles ne seraient pas autorisées. »

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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