Plandémie de Covid

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COVID-19: RT-PCR ou comment enfumer toute l’humanité.

Introduction : utilisation d’une technique pour verrouiller la société Toute la propagande actuelle sur la pandémie COVID-19 repose sur un postulat considéré comme évident, vrai et qui n’est plus remis en question : Test RT-PCR...

Ne pas opposer une explication anxiogène à la propagande de la peur

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Belgique, à la recherche de la seconde vague

Saurez-vous aider Médor à trouver la deuxième vague dans les méandres des données officielles mises à disposition par StatBel?  C’est le jeu que je me propose de vous offrir alors même que les zotorités...

J’ai fait un rêve : le peuple renversait les lapins crétins au pouvoir en France

Je me suis réveillée profondément secouée par ce rêve impie. J’ai d’abord ressenti une profonde culpabilité C’est normal, c’est le Premier Sentiment. Cela nous est enseigné, au sein, par notre mère la Secte des...

Lettre de l’Archevèque Carlo Maria Viganò au Président des États-Unis

  LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE DONALD J. TRUMP Dimanche 25 octobre 2020 Solennité du Christ-Roi   Monsieur le Président, Permettez-moi de m’adresser à vous en cette heure où le sort du...

Le « grand reset » : dernier virage ou dernière sortie avant l’enfer mondialiste ?

>> Un article de Luc-Laurent Salvador paru initialement sur Agoravox L’effondrement économique qui vient : en quoi ce malheur pourrait-il être salutaire en aidant à déjouer les plans de l’élite ?  Entre autres délices orwelliens de...

La république des chats

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Revue de presse covid en RSS

https://feeds.levilainpetitcanard.be Laissez-moi vous présenter le dernier venu des petits outils bien utiles que le Vilain Petit Canard a décidé de mettre à disposition de ses fidèles lecteurs.  Bon, pour les moins assidus aussi, mais...

Censure du documentaire Hold-Up

Temps de lecture : 2 minutes Hold-Up, le documentaire explosif de Pierre Barnérias a été censuré des plateformes quelques heures seulement après avoir été mis en ligne, et notamment la version VOD initialement placée sur Vimeo. Résultat, le film a...

Être ou ne pas être complotiste, that is the question…

Temps de lecture : 8 minutes Dans la pyramide de Maslow, les besoins sont répartis en trois catégories, les besoins élémentaires (boire, manger dormir, être en sécurité) et les besoins de croissance (se réaliser, trouver du sens). Les besoins de...

À propos des vaccins…

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Lettre à mon petit-fils en ces temps d’incertitude et de recomposition économique et géopolitique

Temps de lecture : 10 minutes Depuis que tu es né toutes mes pensées vont vers toi, Toi, dont l’enfance est secouée par les ambitions dévorantes et désordonnées d’une oligarchie mondialisée prête à tout pour augmenter ses pouvoirs et ses...

Internement du Professeur Jean-Bernard Fourtillan

Temps de lecture : 5 minutes Décidément l’Occident n’en finit pas de sombrer toujours plus profondément dans la dictature.  Lentement, sournoisement, comme une pieuvre qui étend ses tentacules avant de dévorer sa proie, ceux qui nous gouvernent nous enlèvent les...

Les mots/maux de la crise

Temps de lecture : 9 minutes Je n’ai pas envie de me réveiller dans un monde dans lequel il serait trop tard. Trop pour agir sur le réel et changer le cours des événements. Un monde dans lequel nous dirions...

Que penser de la menace voilée de Macron sur Brut?

Temps de lecture : 8 minutes En réponse à une question du journaliste de Brut sur les élections présidentielles de 2020, Macron a répondu « Peut-être que je ne pourrai pas être candidat. Peut-être que je devrai faire des choses...

Belgique, la dictature sanitaire s’installe, et elle est violente

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La désobéissance civile

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LE VACCIN MIRACLE?

Un magnifique
Soleil jaune
Se redresse
Dans un ciel azure.

Une généreuse
Clarté du jour
Embrase
Et enflamme
La neige inattaquable
Qui n’appartient
Qu’à la Nature.
Malgré le brouillard
Dans nos cerveaux
D’humanoïde
Bientôt remplacées
Par des zombies…

Souriants,
Après le vaccin!
Une substance
Patthogène
Dont on ignore
Le contenu?

John Mallette
Le Poète Prolétaire

Pass sanitaire, pass totalitaire. Ils préparent leur guerre

Par Claude Janvier.   Co-Auteur de Le virus et le président

 

À la question : est-ce que le passeport vaccinal ou le pass sanitaire est une mesure liberticide? La réponse est oui.

D’une part, parce que le flicage est devenu de plus en plus prépondérant, faisant parti de la vie quotidienne que tout un chacun subit tous les jours et d’autre part, parce que les libertés ne sont plus des droits naturels. Elles sont totalement conditionnées par une surveillance toujours plus active.

Radars, caméras dans les rues, GPS, géolocalisation, traçage, flicage et censure des réseaux sociaux, il ne manquait que le pass sanitaire pour anéantir le peu d’individualité qui existait encore.

Avec la puce que l’on va bientôt nous inoculer sous la peau, la chape de plomb va bientôt se refermer, et quand toutes nos possibilités de choix auront disparu, nous ne serons plus libres du tout. Bienvenu dans le monde docile du 21e siècle. Malraux avait dit que ce siècle serait spirituel ou pas. C’est assurément le contraire, et l’on pourrait définir ce siècle comme étant celui de la « stupidité servile ».

Les raisons  d’un pass sanitaire ne sont pas liées à la santé. L’âge moyen des décès par la Covid-19 est de 82 ans, l’âge médian étant de 85 ans. La surmortalité due à la Covid-19 est négligeable pour les personnes de moins de 65 ans. La vérité est donc ailleurs. Contrepoints 9 mars 2021 : Pourquoi il faut s’opposer à un Pass sanitaire?

Suite à l’envoi de ma lettre contre le vote du passeport sanitaire à l’ensemble des sénateurs, un des élus m’a fait remarquer et je le cite : « … Que les cas d’utilisation de cette attestation sanitaire seront concentrés sur les plus grands rassemblements, certainement au-dessus de 1000 personnes… N’apparaîtront sur ce document que les noms, prénoms, dates de naissances, résultats du test ou certificat de vaccination et la date et l’heure de cet acte… Aucune information d’ordre personnel autre que celles-ci ne seront ainsi consultables… Il convient d’ajouter à ce tableau l’accord conclu entre les États de l’Union européenne pour qu’un pass analogue permette les déplacements des Européens dans les divers lieux de l’Union. Cet accord, qui a été soumis à des conditions strictes de protection des données personnelles, représente évidemment un progrès dans la sortie de crise qui répond aux divers motifs de déplacement et il démontre l’utilité de ce dispositif élargissant les libertés concrètes de tous… »

Pour vos voyages futurs dans le monde, à part utiliser votre « jet personnel » et emprunter la sortie VIP sans contrôles des aéroports, ce n’est pas gagné.  À n’en pas douter, ce pass sanitaire sera plus tard, appliqué aux rassemblements de plus de 6 personnes. Quant à la sécurité de vos informations personnelles, elles sont déjà, via votre carte vitale, dans la banque de données d’une société privée.

Elise Lucet, « Cash Investigation », jeudi 20 mai France 2 : extraits : « … L’enquêtrice est tombée sur cette autorisation de la CNIL qui a été donnée à une société privée qui est juste le leader mondial des data de santé dans le monde qui s’appelle IQVIA*… Donc IQVIA a eu l’autorisation de passer un partenariat avec les pharmacies ce qui fait qu’à chaque fois que vous présentez votre carte vitale dans une pharmacie, toutes les données de ce que vous achetez médicaments ou parapharmacie, absolument tout, va dans un logiciel… »

« … Des informations qui sont transmises sans aucun consentement, donc illégalement… Normalement, on devrait absolument vous prévenir et demander votre consentement, c’est obligatoire. Le consentement explicite, c’est dans la loi, on doit vous le demander. Or moi, j’ai fait le test, on a fait le test dans 200 pharmacies… Petite précision : ils vous disent que ces données de santé sont « anonymisées », c’est-à-dire qu’il n’y a plus le nom et le prénom. Le problème, c’est que dans l’enquête de Cash investigation, on prouve que cette anonymisation par le nom et le prénom, c’est faux ».

Plus besoin de pousser plus avant la démonstration. Le vote de ce « Pass sanitaire » est un pas de plus vers le fond de l’abîme « démocratique ».

Ceux qui ont voté « pour » auront sur la conscience les répercussions sur les générations futures.

 

Claude Janvier
Co-auteur avec Jean-Loup Izambert du livre « Le virus et le président« . IS édition. www.is-edition.com


 

* IQVIA est un leader mondial dans l’utilisation des données, de la technologie, de l’analyse avancée et de l‘expertise humaine pour aider les entreprises des sciences de la vie à faire progresser les soins de santé et la santé humaine. But : Contribuer à mettre en place un système de santé plus moderne, plus efficace et plus efficient. .

L’État totalitaire, la première étape de préparation de la guerre bactériologique

Par Philippe Huysmans. Sur  

 

 

Mars 2020, une majorité des pays les plus riches, mais aussi les plus endettés de la planète basculaient dans la dictature sanitaire.  Incarcération domiciliaire en dehors de tout cadre constitutionnel, décrets et arrêtés toujours plus liberticides, absurdes, humiliants, contradictoires, contraires au bon sens et à l’évidence scientifique.  Tout ça pour quoi?  Pour un virus qui ne tue pas plus qu’une mauvaise grippe.

 

Lassé de courir après la baballe en attendant le prochain train de mesures quasi-dictatoriales décidées dans le confortable entre soi d’un quarteron de pourritures et claironnées le lendemain par tous les médias de grands chemins, j’ai décidé de m’arrêter un instant pour réfléchir.  Eh oui, la vraie question à se poser c’est comment des pays réputés démocratiques ont-ils pu basculer simultanément dans la dictature sanitaire, et donc comment l’ensemble des politiques aux pouvoir dans ces pays ont-ils pu s’affranchir du droit pour imposer des mesures dont on se rend parfaitement compte aujourd’hui qu’elles ont tué par centaines de milliers?

 

Prenons l’exemple d’Olivier Véran, Ministre français de la Santé.  Le 28 mars 2020 était publié le fameux décret Rivotril, pour « soulager » les patients covid en état de détresse respiratoire.  En pratique le Rivotril les a « soulagés » comme l’avaient été les handicapés mentaux victimes du tristement célèbre programme Aktion T4 des nazis2.  On les a piqués comme des chiens.  Or en France, l’euthanasie est illégale, elle est assimilée à un meurtre.  Logiquement donc, en cas de retour à la normale, Olivier Véran devrait être mis en examen en tant que responsable de plusieurs milliers de meurtres, voire de crimes contre l’humanité, ce qui lui vaudrait une condamnation à perpétuité.  Pourtant, aucun de ces hommes de pouvoir ne semble craindre un seul instant l’éventualité d’être traduit en justice un jour, et ils se vautrent  toujours plus avant dans l’abjection et la tyrannie3.  Comment cela est-il possible?

 

Ce qui suit est une opinion, une tentative d’expliquer ce qui est apparemment inexplicable si l’on ne prend pas la peine d’articuler les causes et les événements qui nous ont amenés là.  C’est une étape cruciale pour savoir qui est à la manoeuvre, et pour savoir précisément jusqu’où ces gens sont prêts à aller.  À la lumière de ce qui précédait, vous devez déjà vous en douter un peu, non?

En règle générale, les hommes politiques sont d’une prudence de Sioux, ne s’engageant qu’à coup sûr, s’assurant que leur responsabilité n’est jamais engagée au point que l’on pourrait ultérieurement les poursuivre en justice sur base de leurs actions, et le timide docteur Véran ne fait pas exception à la règle.  Comment transforme-t-on des paisibles chapons4 en sociopathes prêt à tuer sans l’ombre d’une hésitation?

 

Au commencement était l’effondrement

En 1991, la chute du bloc soviétique était consommée, le « communisme » avait vécu (du moins, le soi-disant communisme tel que présenté par le système capitaliste soviétique adoubé par le système capitaliste  étatsunien-Atlantique. NDÉ).  Ca s’est passé sans un bruit, sur fond de déclarations insipides des dirigeants de l’époque qui évoquaient la question comme s’il s’agissait d’une simple formalité.  En pratique c’était le principal opposant au bloc capitaliste qui disparaissait brutalement de la carte, laissant libre cours au néolibéralisme le plus débridé.

 

Ce qu’on a oublié de vous dire à l’époque, c’est que le système capitaliste était lui-aussi en phase d’effondrement, et que c’était inéluctable.  L’usure ayant tout dévoré, les pays les plus riches, écrasés par le service de la dette détruisirent méticuleusement ce qu’il restait du tissu industriel, pour le convertir en actions plus lucratives, mais ne reposant que sur la spéculation.   Le crash qui se produisit en 2008 signa l’arrêt de mort de l’économie capitaliste.  La seule chose qui a pu retarder l’échéance jusqu’à présent, c’est que tant les États-Unis que l’Europe se sont mis à faire tourner la planche à billets à un rythme toujours plus vertigineux.

 

Par des mécanismes douteux, la FED s’est mise à racheter la quasi-totalité des actifs boursiers américains, afin d’éviter l’effondrement total de l’économie, mais au prix d’endetter toujours plus les citoyens américains, et en diluant leur pouvoir d’achat.  La diplomatie de la canonnière trouvant ses limites dans le fait que désormais, tous les pays étaient plongés dans les mêmes difficultés.

 

Ainsi l’Europe n’était pas en reste pour produire par tombereaux de la fausse monnaie ultimement destinée à maintenir les banques systémiques sous perfusion.  Vous avez sérieusement cru qu’il s’agissait d’aider les États? Ayant atteint le bout du bout, craignant par-dessus tout un effondrement généralisé qui serait inévitablement cause de révoltes un peu partout, et donc de leur disparition, les vrais dirigeants de ce monde ont décidé de prendre les choses en main.

 

À qui profite le crime?

Dans l’hypothèse normale d’un système failli, et sachant que personne ne pourra jamais rembourser la dette colossale des États, la question logique à se poser aurait été celle de l’effacement de la dette.  C’est bien ainsi que cela se passe dans le monde de l’entreprise, pourquoi devrait-il en être autrement s’agissant du système capitaliste dans son ensemble?  Eh bien tout simplement parce que les détenteurs de la dette, une toute petite brochette de fonds requins, de multinationales et de banques ne l’entendent pas de cette oreille.  Ils veulent le beurre et l’argent du beurre, et n’ont pas l’intention de rien lâcher de ce qui constitue leur pouvoir de domination sur le monde.

 

J’entends d’ici les pleureuses opposer que l’effacement de la dette signifierait aussi la disparition des fonds de pension qui reposent largement sur des produits financiers basés sur la dette, mais c’est un faux problème, les pensions pourraient être financées sans aucun problème en y consacrant seulement quelques pourcents des moyens aujourd’hui consacrés au service de la dette.

 

Magistrature de collusion, corruption et technique des petits pas

Maintenant que nous avons identifiés les donneurs d’ordre, reste à comprendre comment ils ont pu prendre le contrôle total des leviers du pouvoir dans tous les pays concernés, soit l’ensemble des pays les plus endettés et les plus soumis aux diktats du FMI, de la Commission Européenne et de l’État profond américain.

 

On pourrait d’abord parler de magistrature de collusion, puisque l’ensemble de ces donneurs d’ordre, même s’ils ne représentent pas un corps social homogène, même s’ils ne partagent pas forcément la même vision politique, sont les représentants d’une petite élite ultra-minoritaire qui forme à elle seule une classe au sens marxiste du terme.  C’est par sa cohésion autour d’un projet (préserver leur domination à tout prix), ses moyens illimités, et son réseau de contacts s’étendant dans toutes les strates du pouvoir autour du globe —tels les tentacules d’une pieuvre gigantesque— qu’ils ont pu mettre en place leurs hommes de paille : nos dirigeants.  Ceux qu’ils ne peuvent acheter, ils les font chanter5.

 

  • eur : on évoque une pandémie gravissime, qui pourrait bien être la cause de millions de morts, mais dans le même temps on présente ça comme une fenêtre d’Overton6 qui permettrait l’instauration d’une société plus contrôlée, dans laquelle il serait plus facile d’empêcher l’émergence des inévitables mouvements sociaux que la crise ne manquera pas d’engendrer dans les mois et années à venir.  Pour instaurer cette société largement amputéeLa technique mise en oeuvre recouvre plusieurs méthodes de manipulations visant à mettre leurs obligés dans l’impossibilité de reculer.
    • La p

    de ses attributs démocratiques, il faut nécessairement en passer par la violation des garde-fous que sont les constitutions.  Le passage en force s’impose désormais partout comme la nouvelle norme7.

  • Brûler ses vaisseaux : on pousse les dirigeants à tout fermer, quitte à écraser pour de bon ce qui restait de la classe moyenne, et dans le même temps, on incite les États à s’endetter toujours plus pour distribuer de l’argent hélicoptère afin d’indemniser les entreprises lésées.  On parle là de centaines de milliards de dette qui étrangleront toujours plus les États, les rendant d’autant plus tributaires des donneurs d’ordre.
  • L’intérêt supérieur : on présente l’ensemble des mesures comme une sorte d’opération de la dernière chance qui viserait justement à minimiser l’impact de la crise8, et de son cortège de victimes.  Certes on va faire très mal, mais c’est pour éviter des maux bien plus grands encore.  Les tortionnaires se verront ainsi en sauveurs et il ne subsistera plus l’ombre d’une prévention dans leur esprit puisqu’ils croiront agir dans l’intérêt de la population.
  • Liés par le crime : on poussera les dirigeants à commettre, et à faire commettre par leurs subalternes des actions passibles de poursuites pénales, ce qui leur fermera ensuite toute possibilité de retraite.  C’est une méthode mafieuse qui a fait ses preuves.
  • Les petits pas : les hommes de paille n’ont aucune connaissance du plan et le découvrent au fur et à mesure au travers des feuilles de route qui leur sont transmises par d’obscurs cabinets conseils américains à la solde des donneurs d’ordre.   Finalement, ces hommes politiques sont tout aussi manipulés que nous, mais à un autre niveau.  C’est un peu l’histoire de la grenouille qu’on met à cuire doucement dans la casserole.  Se rendent-ils compte de ce vers quoi ils se dirigent, et comment ça se terminera?  Peu importe, en fait, parce qu’il ne leur sera pas donné le choix de revenir en arrière.
    .

Ne vous y trompez pas, ce que vous vivez actuellement n’a rien à voir avec une crise sanitaire, c’est un coup d’État planétaire visant à asseoir le pouvoir absolu des donneurs d’ordre sur une dictature féroce.  Vous aurez le pire du communisme (pour les masses) (le soi-disant « communisme » tel que le présente la gauche bourgeoise opportuniste et électoraliste, associant – communisme et goulag au grand plaisir de la CIA  NDÉ) et le pire du capitalisme (le seul bénéfice étant réservé à l’élite).

 

Quand comprendrez-vous que vous êtes victime d’une guerre psychologique visant à briser la résistance des peuples avant de les mettre en esclavage?  Si j’ai réussi à exprimer correctement mes idées, vous devriez avoir réalisé à présent que non seulement ce cauchemar ne s’arrêtera jamais, mais qu’on en est qu’aux préliminaires, et qu’ils ne reculeront devant rien.

 

NOTES


  1. Connais ton ennemi et connais-toi toi-même; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux. Si tu ignores ton ennemi et que tu te connais toi-même, tes chances de perdre et de gagner seront égales.  Si tu ignores à la fois ton ennemi et toi-même, tu ne compteras tes combats que par tes défaites.  – Sun Tzu, l’Art de la Guerre.
  2. Aktion T4 est le nom donné, après la Seconde Guerre mondiale, à la campagne d’extermination d’adultes handicapés physiques et mentaux par le régime nazi, de 1939 à août 1941, et qui fait de 70 000 à 80 000 victimes.  Fondée sur un terreau idéologique fertile prônant une politique eugéniste active, antérieure au nazisme mais exacerbée par celui-ci, favorisée par une intense campagne de propagande en faveur de la stérilisation et de l’euthanasie des handicapés, elle est le fruit d’une décision personnelle d’Adolf Hitler.  Source : Wikipedia
  3. Clin d’oeil à Pierre-Yves Rougeyron qui, dans sa dernière émission avec Pierre Jovanovic avait reconnu avoir mésestimé le pouvoir de nuisance des politiques (il ne croyait pas qu’ils pourraient aller aussi loin), mais sans parvenir à expliquer ce glissement inexorable vers toujours plus de tyrannie et de violence.
  4. L’ensemble des dirigeants politiques des pays ayant réduit drastiquement les libertés, incarcéré leur population à domicile, détruit l’économie et poussé les gens au suicide soi-disant pour lutter contre une pseudo-pandémie qui n’était pas —on le sait aujourd’hui— plus mortelle que la grippe de 2015.
  5. Cfr. affaire Epstein
  6. La fenêtre d’Overton, aussi connue comme la fenêtre de discours, est une allégorie qui désigne l’ensemble des idées, opinions ou pratiques considérées comme acceptables dans l’opinion publique d’une société. […] Selon la description d’Overton, sa fenêtre comprend une gamme de politiques considérées comme politiquement acceptables au regard de l’opinion publique existante, et qu’un politicien peut donc proposer sans être considéré comme trop extrême, pour gagner ou conserver une fonction publique.   Source : Wikipedia
  7. La majorité des décrets et arrêtés concernant le confinement, le port du masque, et bientôt le passeport sanitaire sont parfaitement insconstitutionnels et contraire au droit.
  8. Ce qui est un faux dilemme puisqu’à aucun moment on ne tirera les conséquences de la faillite du système, on entend juste se dispenser d’avoir à en assumer les conséquences.

Les parlementaires et les victimaires

Par : Ysengrimus

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YSENGRIMUS — On ne dira jamais assez combien les débat à gauche sont des révélateurs intellectuels intéressants. Ils permettent, par effet de friction, de voir les tendances émerger. Les priorités deviennent saillantes. Les faiblesses structurelles aussi. On vit une petite expérience de ce type au Québec, en ce moment. Microscopique mais assez intrigante quand-même, la choses se joue au sein d’un petit parti politique de gauche qui s’appelle Québec solidaire. Et cette empoigne, hautement révélatrice, se trame entre les parlementaires et les victimaires.

D’un côté, donc, on a la portion de ce parti politique qui macère au parlement provincial (à l’Assemblée Nationale du Québec). C’est notre gauche parlementaire à nous, bien de chez nous. Elle est onctueuse, ronron, déférente, gentille-gentille, caramélisante, et très orientée respect de l’autre. Ce petit parti d’opposition, fiscalement réformiste, méthodique et méticuleux, systématique et besogneux, considère qu’il faut tout faire dans le respect des codes et dans la politesse, tant interactive que médiatisée, à l’égard de tout le monde, son père et sa mère. De l’autre côté, on a un collectif qui est une espèce de groupe satellisé au parti. Un compagnon de route, comme disaient autrefois les Français. À l’intérieur de ce collectif se rameutent des victimes, effectives ou autoproclamées, c’est-à-dire des bonnes personnes qui défendent une cause circonscrite qu’elles perçoivent comme déterminante et cardinale, attendu que ladite cause est le soliveau de leur souffrance sociétale. Dans ce cas-ci, il s’avère que les troupiers et troupières de ce collectif, c’est des antiracistes (c’est le Collectif Antiraciste Décolonial). Mais, bon, c’est pas spécialement parce que c’est des antiracistes que le problème se pose, c’est bien plus parce qu’il s’agit de doctrinaires victimaires à cause circonscrite. Alors les figures de ce collectif, dépositaires auto-certifiés et sans complexe de l’exclusivité du souverain bien, sont des amateurs de l’opération coup de poing verbal (pour le moment, strictement verbal) et ils sont prêts à toutes les dérives, y compris les dérives droitières (recours juridiques à tous crins, intimidation, battage médiatique douteux etc…), si lesdites dérives sont susceptibles de faire avancer des pions sur l’échiquier exclusivement prioritaire de leur cause victimaire.

Donc, la chiasse a pris entre ces deux courants, qui sont aussi deux sections articulées d’une formation politique se voulant sereinement décentralisée. Les victimaires, procédant d’un rouage flottant un petit peu éloigné du parti, se sont mis à ferrailler, de leur propre chef, un peu partout dans la société civile. Pas achalés (comme on dit chez nous. Autrement dit, très à leur aise), ils ont ouvertement manifesté des comportements, avalisé des propos, porté des attaques, déployé des approches qui confirment ouvertement que s’ils sont des grands victimaires, ils ne sont pas nécessairement de bien grands théoriciens. Force est, en effet, de constater que les procédés qu’ils utilisent sont certainement plus proches de ce qu’on pourrait voir apparaitre, par exemple, dans certains courants nationalistes, au mauvais sens du terme, que dans certains courants anticapitalistes. De l’autre côté, les parlementaires ont frémi des comportements excessifs et peu gracieux de leur collectif de victimaires. Et ils ont fini par leur coller un blâme sur le dos. Cela se fit solennellement, non pas au nom d’une analyse critique qui serait cohérente, articulée et qui ferait primer la lutte des classes sur les chicanes entre groupes sociologiques. Non, non. Ce blâme fut formulé, officiellement, ostensiblement et bel et bien au nom justement d’un comportement de type parlementaire, gentil-gentil, javellisé, bien éduqué, médiatico-compatible, juridiquement sécuritaire, et respectueux du jeu politique conventionnel.

Alors les accusations mutuelles ont fusé. Les victimaires ont accusé les parlementaires de commencer à se comporter comme un vieux parti politique ronron voulant s’efforcer de ménager la chèvre et le chou politiciens, en marchant à pas légers, un petit peu comme un gros chat qui veut attraper les souris sans trop se faire remarquer. Les parlementaires, pour leur part, ont accusé les victimaires de ne pas suivre la discipline du parti, de faire n’importe quoi, d’improviser, de ne pas respecter les statuts d’une formation politique souple mais quand même exigeante sur le point, toujours chatouilleux, de son intendance interne. Et surtout, ces victimaires, velléitaires et vindicatifs, ont été donnés comme ayant fortement tendance à négliger des exigences d’ouverture et d’inclusion à tous, y compris à ceux qui ne font pas partie du segment sectaire que lesdits victimaires valorisent. Les victimaires sont accusés de prioriser leurs susdites opérations coup de poing qui, elles, finalement s’apparentent plus à du militantisme tout croche de groupuscules tapageurs qu’aux activités effectives d’un parti politique de bon ton. Le débat a fini par atteindre un degré de dégradation assez vitriolique et aux conséquences certainement irréversibles. Les victimaires ont décrété que le parti était atteint de racisme systémique, ce qui le voue irrémédiablement à ne jamais stabiliser le moindre mérite sociétal. Les parlementaires ont fait grise mine en constatant que les victimaires avaient avalisé les propos d’un ontarien racialisé qui qualifiait notre beau Québec doucereux d’Alabama du Nord. Les parlementaires ont aussi décrété que les victimaires traitent ouvertement de fascisants des bonnes gens qui ne le sont pas… enfin ne le sont pas, selon les parlementaires. On peut conséquemment juger, en conscience, que les couteaux sont tirés et que désormais aucune de ces deux factions ne retrouvera sa rédemption aux yeux de l’autre. Chercher à être le plus fin en est venu à traiter un segment de son propre dispositif de pas fin. Drame durable. Cela rappelle un superbe proverbe arabe. Jette de la boue sur un mur. Soit elle restera collée, soit elle laissera une trace… Malheureusement pour ceux et celles qui croient en la portion parlementaire ou en la portion victimaire de cette formation politique, la boue a bel et bien jailli et les traces risquent de rester longtemps perceptibles.

Plus fondamentalement, force est d’admettre que cette fracture est aussi navrante qu’extrêmement utile pour l’analyse, surtout dans le contexte sociologique actuel. Et la question qui vient à l’esprit devant ces débats, c’est: sommes-nous vraiment à gauche, dans tout ceci? On a, d’un côté, des gars et des filles de la ci-devant gauche parlementaire qui se préparent, tout doucement, à un élargissement électoraliste qui leur permettrait de mieux s’agripper au susdit parlement. Cet élargissement impliquera, infailliblement, de ratisser à droite. Les parlementaires solidaristes n’iront pas chercher leur masse électorale sur leur gauche. Il est implacable qu’ils vont devoir se mettre à frayer avec les éléments réformateurs et nationalistes de notre centre-droit petit-bourgeois. C’est fatal, dans le cadre restreint de la logique parlementaire. Et d’un autre côté, on a nos dépositaires de l’autorité victimaire qui, eux, profitent de la courte et éphémère mode continentale contemporaine et attention médiatique qui les avantagent en ce moment, pour mettre de l’avant les priorités de leur cause bourgeoise. Nos victimaires ne sont pas des révolutionnaires, quoi qu’ils en disent. Des anti-parlementaires, ils en sont peut-être, et cela non plus n’est pas un très bon signe… Vouloir défendre des groupes sociologiques spécifiques, de façon réparatrice, chirurgicale et circonscrite, sans qu’une remise en question essentielle de la société capitaliste ne soit effectuée, cela reste un trip de petite bourgeoise en accession. Voilà, de fait, des procédés qu’on a vu apparaître, depuis un moment déjà, avec les partis verts, les partis marijuana, les partis athées, et tous ces partis à causes circonscrites hypertrophiées, qui finissent toujours d’une certaine façon par devenir les idiots utiles de l’ordre établi.

Voici donc, en notre microcosme québécois, la situation, à gauche. Inutile de dire que la bourgeoisie adore ces débats de polochons du premier monde. Il est très nettement perceptible que l’espèce de fracture interne entre ces deux courants est subitement étalée partout, dans les journaux bourgeois, parce que ça fait superbement gauche divisée. Et, en plus, plus fondamentalement, quand on se chicane pour savoir s’il faut être poli-poli, gentil-gentil envers le tout de la société civile ou si tel sous-groupe sociologique est plus effectivement dépositaire du monopole victimaire que tel autre, rien d’effectivement radical ne se passe vraiment. La remise en question fondamentale de la société de classes est, une fois de plus, reportée aux calendes, si tant est qu’on s’en soucie encore. Ceci confirme, si nécessaire, que, depuis un bon moment, les gauches ne s’occupent plus guère de la destruction collective en cours du mode de production capitaliste (qui serait pourtant à encadrer d’urgence, par un parti de masse faisant effectivement l’analyse des profondes mutations qui s’avancent). Les factions de notre gauche nationale sont bien nationalistes, chacune à leur manière…  oui, oui, nationalistes, chacune au profit autolégitimé de son terroir sociologique spécifique… et pas internationalistes, en tout cas. Ces factions se picossent et pinaillent pour des zinzins réformistes et réparateurs dont les enjeux, petits ou moins petits, sont parfaitement délimités à l’intérieur du bac à sable bourgeois. Disons la chose comme elle est, nos parlementaires et nos victimaires solidaristes sont, pour reprendre le beau mot du très respecté directeur des 7 du Québec, Robert Bibeau, de la gau-gauche, sans plus.

L’Intifada du XXIe siècle (en 7 langues)

Ce texte (septembre 2001) est paru dans la revue , Aufheben, N°10,2002 en anglais.  Ce texte fut aussi traduit en Allemand dans la revue Widcat-zirkular N° 62 , février 2002, et en français en brochure par Échanges et mouvement en octobre 2003. 

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  Que o Silêncio dos Justos não Mate Inocentes: A Intifada do Século XXI (queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com)

TABLE des matières

Introduction

La domination américaine

Les intérêts économiques de l’Amérique au Moyen-Orient

Le nationalisme panarabe et le prolétariat de l’industrie du pétrole

Le nationalisme palestinien, rejeton bâtard du sionisme travailliste

Histoire de deux mouvements de libération nationale : le sionisme travailliste et le mouvement national palestinien

Le sionisme travailliste et le militantisme de la classe ouvrière juive européenne

Naissance du sionisme travailliste en Palestine

La stratification ethnique sioniste

La résistance de la classe ouvrière juive et l’impératif d’expansion

Le boom d’après 1967

Les colonies et l’accord travailliste sioniste

Les Panthères noires israéliennes

La crise inflationniste de 1978-1985

Les Etats arabes, l’expansion et les Etats-Unis

Colonies et contradictions

La formation de la classe ouvrière palestinienne

Une terre sans peuple ? L’abolition de la bourgeoisie palestinienne locale « Le seul représentant légitime du peuple palestinien »

L’OLP contre l’activité autonome du prolétariat

La Jordanie

Le Liban

L’Intifada (1987 -1993)

Une lutte de « libération nationale » ?

L’Intifada en tant que lutte de classe et les luttes de classe dans l’Intifada

La « révolte des pierres »

La réaction de la bourgeoisie israélienne

Les Islamistes

La guerre du Golfe

La route d’Oslo

Le  » processus de paix  » d’Oslo (1993-2000)

Le rôle policier de l’OLP

Le processus de paix et la restructuration du capital israélien

La classe ouvrière palestinienne

La classe ouvrière juive

L’Intifada du XXIe siècle

Les Arabes israéliens

L’Autorité palestinienne de plus en plus discréditée et la militarisation de la lutte

L’impact de la nouvelle Intifada

Conclusion : de la révolte à la guerre ?

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Introduction

Alors que nous mettons sous presse* les Etats-Unis font un sérieux effort pour sauvegarder le « processus de paix » d’Oslo, effort qui constitue le cœur de leur stratégie, sous couvert de « guerre contre le terrorisme », pour mobiliser la bourgeoisie mondiale et lui imposer l’union. Ceci après une année pendant laquelle ils ont laissé Israël et les Palestiniens s’enfoncer dans un conflit unilatéral, déprimant et sanglant. La façon dont est perçue la caution américaine accordée au terrorisme d’Etat israélien contre les Palestiniens est une composante importante de la réaction ambivalente, voire même du soutien, de nombreuses personnes au Moyen-Orient et ailleurs à l’égard du terrorisme qui a visé le cœur de la puissance militaire et financière américaine. Ceci a brutalement mis en relief le conflit israélo-palestinien, rendant plus urgente que jamais l’analyse des forces motrices de l’Intifada. Au moment des attentats contre le World Trade Center de New York et le Pentagone à Washington, le 11 septembre 2001, ce que l’on a appelé « l’Intifada Al Aqsa » faisait rage depuis environ un an et semblait avoir réussi à saboter la tentative de paix bourgeoise incarnée par les accords d’Oslo. Elle a coûté très cher au prolétariat palestinien, qui a perdu beaucoup plus de vies et ramassé beaucoup plus de blessés que pendant l’Intifada de 1987-1993. C’est en particulier le nombre élevé de morts parmi la population palestinienne en « Israël proprement dit » qui fait la spécificité de cette Intifada, lorsque des localités comme Jaffa et Nazareth se sont soulevées avec des grèves générales et des émeutes, et lorsque la route principale qui traverse la Galilée du Nord a été semée de pneus enflammés dès les premiers jours du soulèvement. De l’autre côté de la Ligne verte, la politique israélienne d’assassinats a régulièrement ajouté au nombre de morts, chaque jour fournissant des témoignages encore plus choquants sur les horreurs du nationalisme et de la répression.

Pourtant, ce qui différencie vraiment cette dernière Intifada de la précédente est l’existence d’un micro-Etat palestinien, dont le rôle de policier et le statut de client ont été mis en évidence par le soulèvement. L’Etat israélien a commencé à réoccuper les zones contrôlées par l’Autorité palestinienne, à première vue temporairement. Sans présumer des intentions à long terme de l’Etat israélien, ces incursions ont servi à rappeler brutalement à l’Autorité palestinienne qu’elle est la création d’Israël, et que les Israéliens peuvent aussi détruire ce qu’ils ont créé. Le but de ce texte n’est pas de prédire les développements futurs du conflit israélo-palestinien, mais de replacer la dernière Intifada dans son contexte historique et de la comprendre sous l’angle de la lutte de classe.

Beaucoup réagissent au problème palestinien en lançant des appels abstraits à la solidarité entre travailleurs arabes et juifs. En même temps, la gauche léniniste légitime l’idéologie nationaliste qui divise la classe ouvrière, en affirmant « le droit à l’autodétermination nationale » et en offrant son « soutien critique » à l’OLP (1). Au moment où nous écrivons [2001], l’Intifada ne semble pas vraiment à même de détrôner cette idéologie nationaliste. Les travailleurs arabes et juifs « s’unissent et luttent » – apparemment avec leurs bourgeoisies et les uns contre les autres. Cet article soulignera certaines raisons matérielles pour lesquelles les exemples concrets de la solidarité prolétarienne entre Juifs et Arabes sont rares. La classe ouvrière juive a été matériellement avantagée par l’occupation et par la position inférieure des Palestiniens sur le marché du travail, tant en Israël que dans les territoires occupés. Depuis le milieu des années 1970, cet accord (que nous appellerons sionisme travailliste) a régressé, et les travailleurs juifs sont confrontés à l’insécurité économique. L’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza était nécessaire pour loger la classe ouvrière juive en Israël. Les colonies dans les territoires occupés ont joué le rôle de logement social pour compenser l’insécurité économique croissante des travailleurs juifs, et sont devenues un problème insoluble auquel sont confrontés les architectes de la paix bourgeoise.

Une position typique de la gauche est d’appeler à la création d’un « Etat socialiste démocratique en Palestine dans lequel Juifs et Arabes pourront vivre en paix (2) ». Cela pourrait nous sembler relativement réformiste, mais un tel appel pour « un Etat binational, laïc et démocratique » est considéré en Israël comme une exigence follement révolutionnaire, même par des activistes relativement radicaux. Depuis le début du siècle, les luttes des deux groupes de travailleurs sont de plus en plus réfractées par le prisme du nationalisme. Toutefois, le spectacle désolant de prolétaires qui s’entretuent n’est pas prédéterminé : le nationalisme au Moyen-Orient est apparu et est entretenu pour réagir au militantisme de la classe ouvrière. Pour nous, l’idéologie nationaliste, telle qu’elle se manifeste au Moyen-Orient, ne peut se comprendre qu’en relation avec l’émergence d’un prolétariat pétrolier et avec la domination américaine dans la région. Par exemple, les formes prises par le nationalisme palestinien – particulièrement l’OLP – étaient une réponse concrète de la bourgeoisie palestinienne en exil à un prolétariat palestinien ouvertement rebelle. Le  » processus de paix  » agencé par les Etats-Unis naquit de la reconnaissance du rôle récupérateur de l’OLP dans l’Intifada, alors que l’écroulement d’Oslo et la montée apparemment dramatique de l’hostilité islamiste à l’égard des Etats-Unis est liée à l’incapacité de l’OLP de satisfaire les exigences même les plus basiques du nationalisme palestinien. C’est pourquoi il nous faut d’abord comprendre le contexte international au Moyen-Orient, en particulier le rôle hégémonique des Etats-Unis dans la région.

Intifada. 3. La domination américaine

La domination américaine

La première guerre mondiale, de 1914 à 1918, a démontré la valeur militaire du pétrole. Dans son sillage, l’influence de l’Allemagne au Moyen-Orient se trouva considérablement réduite, et il devint évident pour toutes les grandes puissances que l’Empire ottoman ne pouvait plus se maintenir seul (en partie à cause de la révolte arabe de 1917, favorisée par les Britanniques). La Grande-Bretagne et la France s’entendirent pour diviser le Moyen-Orient en sphères d’influence, la Grande-Bretagne contrôlant la Palestine. Alors que le but affiché était d’empêcher la Russie de pénétrer dans cette région, la Grande-Bretagne avait aussi l’intention de contenir les ambitions françaises en Syrie et au Liban, de garantir l’accès au canal de Suez et de sécuriser l’écoulement du pétrole depuis l’Irak. Dès 1947, la position britannique en Palestine n’était plus tenable, en raison du déclin de la Grande-Bretagne comme puissance impériale. Epuisé par la seconde guerre mondiale, attaqué par les colons militants juifs, et de plus en plus diminué en politique étrangère par les Etats-Unis, le Royaume-Uni maintint une position chancelante jusqu’à ce que son « retrait » soit manigancé en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israël.

Cette année-là vit l’expansion et la consolidation de l’Etat israélien par la guerre contre ses voisins arabes, et la domination des Etats-Unis en tant que puissance étrangère dominante dans la région. Les intérêts stratégiques des Etats-Unis étaient triples : stopper l’expansion de l’URSS en Méditerranée, protéger les gisements de pétrole de la péninsule arabique identifiés à l’époque, et enfin entraver toute poursuite de l’influence britannique ou française au Moyen-Orient. Pendant les premières années de l’après-guerre, les Etats-Unis considéraient les vieilles puissances européennes, et non l’URSS, comme leurs principales rivales au Moyen-Orient. En 1953, en Iran, le coup d’Etat de Reza Pahlavi soutenu par la CIA – en réaction à la nationalisation par l’Iran des gisements de pétrole appartenant aux Britanniques* – eut pour effet le transfert de 40 % du pétrole britannique vers les Etats-Unis. Le coup d’Etat transforma l’Iran en Etat-client des Etats-Unis dans le  » ventre mou  » de la frontière sud de l’URSS, en bastion de la  » culture occidentale  » au Moyen-Orient. De même, pendant la crise de Suez de 1956, les Etats-Unis empêchèrent la Grande-Bretagne et la France de réaffirmer leurs intérêts nationaux en Egypte, obligeant ces vieilles puissances impériales à jouer les seconds violons de l’Amérique au Moyen-Orient.

Cependant, une fois l’Egypte dans l’orbite soviétique, à la suite du coup d’Etat des Officiers libres en 1952, et de la signature d’une vente d’armes avec la Tchécoslovaquie en 1955, les Etats-Unis comprirent que l’Union soviétique tentait de jouer les gros bras dans la région. L’endiguement de l’URSS devint alors le mot d’ordre officiel de la politique étrangère américaine, ce qui signifiait placer des obstacles sur la route de l’influence soviétique au Moyen-Orient. La politique sous-jacente était la protection à tout prix des intérêts économiques américains.

Les intérêts économiques de l’Amérique au Moyen-Orient

L’intérêt principal de l’Amérique dans la région est bien entendu le pétrole. En même temps qu’elle plaça les Etats-Unis au sommet de la hiérarchie impérialiste, la seconde guerre mondiale confirma la position centrale du Moyen-Orient comme principale source de pétrole. Un rapport du Département d’Etat de 1945 qualifiait l’Arabie Saoudite de « source prodigieuse de puissance stratégique, et l’une des possessions les plus importantes de l’histoire du monde ». Peu de choses ont changé depuis, sinon que le pétrole acquit une valeur encore supérieure lorsque l’Amérique entra dans sa phase dynamique d’expansion fordiste, au cours des deux décennies qui suivirent la seconde guerre mondiale.

Lorsque la production automobile et l’industrie pétrochimique remplacèrent la construction de voies ferrées comme lieux clés de l’expansion, le capital alla du charbon au pétrole, qui devint la matière première essentielle. Les sources d’approvisionnement en pétrole, surtout le Moyen-Orient avec ses énormes réserves, acquirent une importance cruciale. La valeur du pétrole ayant été soulignée par la crise énergétique des années 1970, les Etats-Unis ont utilisé tous les moyens possibles pour se procurer le pétrole de cette région avant et par-dessus tout le monde. Pour les Etats-Unis, une source de profits secondaires, mais non négligeables, est constituée par l’écoulement des pétrodollars arabes vers l’Amérique du Nord sous forme d’achats de matériel militaire, de projets de construction, de dépôts bancaires et autres investissements, phénomène qui date des années 1970.

Le nationalisme panarabe et le prolétariat de la production pétrolière

Au début, l’Etat d’Israël nouveau-né tenait très peu de place dans les préoccupations américaines. En fait, pendant la crise de Suez, l’Amérique s’était alliée à l’Egypte contre l’expansionnisme d’Israël. Ce ne fut que dans les années 1950, lors de l’émergence d’un nationalisme arabe plus affirmé, que les Etats-Unis commencèrent à saisir le potentiel d’un partenariat stratégique construit avec l’« entité sioniste ». La croissance de la production pétrolière au Moyen-Orient avait amené des société autrefois traditionnelles à se moderniser rapidement. Une nouvelle bourgeoisie émergea de la classe militaire et bureaucratique, au service de l’accumulation nationale, favorable au modèle de développement capitaliste de l’URSS et hostile à l’« impérialisme ».

La forme d’anti-impérialisme la plus cohérente était le nationalisme « panarabe ». Les origines du panarabisme se trouvent dans l’Empire ottoman, qui avait unifié les Arabes sous la férule turque, mais qui s’était écroulé à la suite de la première guerre mondiale. Les puissances impérialistes découpèrent alors le Moyen-Orient dans le but de conquérir et de contrôler de nouveaux marchés et des matières premières d’importance stratégique. Pourtant, ces nouvelles frontières allaient à l’encontre « du langage commun, des coutumes et des traditions » conservés par les habitants de l’ancien Empire ottoman. Dans l’idéologie panarabe, une « communauté naturelle », basée sur l’idéalisation des relations sociales précapitalistes, sert à neutraliser les antagonismes de classe. Au moyen d’un mouvement politique moderniste, le panarabisme a pu utiliser cette « communauté naturelle » imaginaire pour faire avancer son projet de modernisation et pour récupérer la lutte de classe. En tant que mouvement nationaliste, le panarabisme servit à diviser et à coopter la classe ouvrière de la région, favorisant ainsi la promotion du développement capitaliste. Malgré cela, son penchant pour l’URSS et ses tendances au capitalisme d’Etat menaçaient les intérêts du capital occidental (3). Bien que ces intérêts n’aient en aucun cas été semblables pour les différentes capitales occidentales, à long terme, les tendances au capitalisme d’Etat du nationalisme arabe risquaient d’empêcher le capital occidental d’accéder librement aux gisements pétroliers du Moyen-Orient.

Mais le nationalisme arabe, pendant les brèves périodes où il s’est incarné dans un panarabisme combatif, a été réduit en poussière par Israël. Et sur le plan économique, les bourgeoisies des différents pays arabes ont, tôt ou tard, découvert qu’il était difficile de résister à l’énorme soutien économique qu’apporterait un réalignement avec l’Amérique (4). Pour la bourgeoisie arabe (et l’OLP ne fait pas exception), qu’elle soit ou non ouvertement panarabe, la difficulté, si elle ne voulait pas affronter des défis intérieurs, était de s’allier avec l’Amérique de façon crédible tout en paraissant maintenir en vie le rêve de l’indépendance arabe et la destruction d’Israël. En 1973, cette tension se traduisit par la hausse du prix du pétrole décidée par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), ressentie comme une réaction à la guerre d’octobre entre Israël et les Etats arabes. Cependant, les exigences du prolétariat de la production pétrolière signifiaient que, dans certains pays, on dépensait une part disproportionnée des augmentations du prix du pétrole imposées par l’Opep pour répondre aux besoins de la classe ouvrière, plutôt que pour atteindre les niveaux technologiques supérieurs nécessaires au développement industriel (5).

Les impératifs stratégiques de l’Amérique se durcirent autour de deux objectifs : d’abord contenir la menace que représentait l’Union soviétique et, deuxièmement, écraser ou, là où c’était possible, coopter les expressions variées du nationalisme arabe qui déferlaient sur la région.

En plus de sa méthode habituelle d’intervention à l’étranger – c’est-à-dire soutenir avec enthousiasme la faction de la bourgeoisie pro-occidentale la plus crédible, coopter autant que possible tout mouvement populaire, et faire éliminer les provocateurs impénitents – les Etats-Unis inventèrent un moyen raffiné de représenter le Moyen-Orient comme la partie du monde en crise permanente et, de toute façon, impossible à comprendre. La politique américaine devint donc  » gestion de crise  » et  » apport de paix à l’endroit le plus troublé du monde « . Qu’importe la crise, le pétrole et les pétrodollars continuaient à s’écouler d’est en ouest, et les Etats-Unis n’ont pas eu à lutter beaucoup pour faire durer la paix bourgeoise dans la région (6).

Le nationalisme

Intifada. 4. Histoire de deux mouvements de libération nationale

Histoire de deux mouvements de libération nationale : le sionisme travailliste et le mouvement national palestinien

Le sionisme travailliste et le militantisme de la classe ouvrière juive européenne

Le sionisme travailliste s’est traditionnellement construit autour de plusieurs grosses structures institutionnelles, principalement l’Histadrout et le Fonds national juif (FNJ). L’Histadrout est un « syndicat » d’Etat et a aussi toujours été un employeur important. Même avant la création d’Israël, c’était un ministère de l’emploi et de la solidarité embryonnaire, qui remplissait également les fonctions d’un syndicat pour certains secteurs de travailleurs juifs. Le FNJ fut créé en 1903 pour collecter les dons des sionistes. Sa fonction principale est l’administration du territoire national. Il a acheté de grandes quantités de terres au nom de « tous les Juifs », et a contrôlé la plupart des territoires gagnés lors du vol des terres de 1948. Les terres du FNJ ne pouvaient être cédées qu’à des Juifs et travaillées que par des Juifs, et devinrent propriété de l’Etat en 1948. 80 % des Israéliens vivent sur des terres qui appartenaient autrefois au FNJ, et il en contrôle encore une grande partie.

Les premiers sionistes étaient un groupe de pression bourgeois qui passaient leur temps à faire du lobbying auprès de plusieurs dirigeants européens (y compris Mussolini). Contrairement à la plupart des Juifs européens, ces sionistes se déclaraient anticommunistes. Ils reconnaissaient comme alliées des « antisémites honnêtes » qui leur donneraient des terres pour se débarrasser de la « menace révolutionnaire » juive. Ils courtisaient aussi les Juifs européens capitalistes qui voulaient mettre fin à l’immigration des Juifs militants d’Europe de l’Est dans leurs pays respectifs (car ils pensaient que ces militants compromettaient l’assimilation et favorisaient l’antisémitisme) ; ils courtisaient aussi les Etats coloniaux qui leur donneraient ou leur vendraient des terres (ce n’était pas obligatoirement, à ce stade, la Palestine).

Cependant, le sionisme a toujours eu besoin d’être un mouvement de masse, et c’est pourquoi les premiers sionistes étaient volontiers souples dans leurs alliances politiques. A ses débuts, le sionisme était étranger à la plupart des Juifs européens de la classe ouvrière, car ils s’alliaient plutôt au mouvement ouvrier révolutionnaire qui balayait alors le continent (11). Tout comme le prolétariat juif militant, de nombreux Juifs de la classe moyenne en Europe de l’Est pensaient que, face à l’antisémitisme de droite, ils ne pouvaient être qu’à gauche. Afin de plaire à cet électorat, les groupes sionistes furent obligés d’accentuer leurs caractéristiques les plus  » socialistes  » (12).

Ces caractéristiques convergeaient avec le désir, exprimé dans le sionisme, de revenir à des liens communautaires pré-capitalistes, qui formaient la base même de l’ » identité juive « . Les éléments plus sociaux-démocrates de la pensée sioniste devinrent prédominants et s’imposèrent comme la forme dominante du sionisme, et c’est ce qui permit aux groupes sionistes de s’introduire dans le mouvement ouvrier juif.

Naissance du sionisme travailliste en Palestine

Les premières colonies juives étaient plus ou moins des aventures commerciales qui avaient tendance à se terminer par l’emploi de travailleurs arabes (souvent prolétarisés depuis peu, en raison des achats de terres par les sionistes [13]). Les nouveaux immigrés juifs qui cherchaient du travail se retrouvaient souvent à chercher un emploi précaire sur les mêmes bases que les Arabes (14).

Les institutions du sionisme travailliste commencèrent à devenir puissantes dans la communauté juive palestinienne vers les années 1920. Une lutte permanente avait cours depuis 1905, époque à laquelle de nombreux Juifs russes de gauche s’étaient tournés vers le sionisme après l’échec de la révolution de 1905. La seconde vague d’immigration sioniste était principalement composée de Juifs de gauche, jeunes, éduqués, issus de la classe moyenne, qui voulaient revenir à la terre et travailler comme pionniers. Ils furent peu à peu déçus par la colonisation sioniste, qu’ils trouvaient trop capitaliste pour combler leurs espérances. S’opposant aux capitalistes juifs, qui ne voyaient aucun inconvénient à utiliser une main-d’œuvre arabe tant qu’elle coûtait moins cher, ils introduisirent l’idée que seuls des Juifs pouvaient travailler sur les terres et dans les entreprises juives.

Si une partie de l’antisémitisme moderne est un pseudo anticapitalisme, dans lequel le Juif est assimilé au côté abstrait du système marchand, travail abstrait et non concret, finance et circulation « cosmopolites et sans racines », plutôt que production enracinée dans le sol national (15), d’une certaine façon le sionisme constitue une réponse puisqu’il insiste sur le travail productif et le retour à la terre.

On pensait que dans un Etat exclusivement juif, les Juifs ne seraient pas confinés dans certains métiers et professions, mais joueraient complètement leur rôle dans la division du travail capitaliste. C’est pourquoi leurs slogans disaient : « la conquête de la terre » et la « conquête du travail ». Ceci fut à l’origine d’un conflit entre les anciens colons et les nouveaux immigrés (16). Les syndicats sionistes installaient des piquets de grève devant les entreprises qui continuaient à employer de la main-d’œuvre arabe (17). Le conflit était atténué par l’organisation sioniste, qui utilisait une grande partie de ses fonds pour subventionner les salaires juifs afin qu’employer des Juifs ne soit pas plus coûteux que d’employer des Arabes. Malgré tout, il y avait encore des grèves.

En réaction, l’opposition de droite organisa un « syndicat national » de « jaunes » avec l’aide d’immigrés petits-bourgeois polonais, de riches fermiers et de propriétaires d’usines. Ils s’attaquaient aussi aux organisations de la classe ouvrière (18). Cependant, les sionistes de l’aile gauche « conquête du travail » furent grandement encouragés par les grèves générales palestiniennes de 1936, lorsque des ouvriers juifs brisèrent les grèves palestiniennes. Dès les années 1920, l’Histadrout organisait plus des trois quarts des ouvriers juifs et était le principal employeur après le gouvernement britannique. Il dirigeait aussi les agences pour l’emploi et entretenait des liens très étroits avec les coopératives de production et de vente. Avec une telle structure, l’Histadrout était une base vitale pour les organisations sionistes  » presque gouvernementales  » qui organisaient l’éducation, l’immigration, les affaires économiques et culturelles. Donc, même avant 1948, l’Etat sioniste s’enracinait dans des formes social-démocrates corporatistes (19).

La stratification ethnique sioniste

Après la confiscation massive des terres en 1948, le problème de la pénurie de main-d’œuvre juive apparut pour la première fois. Les bourgeois juifs européens présentaient le sionisme comme la solution au militantisme juif à ceux qui les finançaient et les soutenaient. Pourtant, on s’aperçut que la plupart des Juifs ne voulaient pas aller en Israël et étaient plus attirés par l’Amérique ou l’Europe de l’Ouest. Ce qui dissuadait les Juifs européens était la mauvaise situation territoriale de ce minuscule Etat face à ses voisins arabes hostiles, qui entraînait à son tour l’obligation de s’étendre : contrairement à l’Egypte à l’ouest, et à la Syrie au nord-est, Israël ne pouvait pas se permettre de perdre un seul hectare de terre.

La militarisation logique de la société israélienne décourageait encore plus les immigrants potentiels. Ce problème a été partiellement résolu par l’immigration des Juifs du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Cependant, de nombreux Juifs d’Orient n’avaient aucune envie de s’installer en Israël et s’opposaient même au sionisme parce qu’il rendait leur situation plus précaire, surtout dans les pays arabes. Une grande partie de la bourgeoisie arabe tentait de promouvoir le panarabisme en opposition au sionisme, et bien que les Juifs d’Orient n’aient pas été victimes d’un génocide systématique du niveau de l’Holocauste, il y a eu des pogroms dans certains pays du Moyen-Orient.

La fondation d’Israël, la guerre de 1948 et la montée logique du nationalisme arabe déstabilisèrent encore plus la vie des Juifs d’Orient, et beaucoup d’entre eux émigrèrent en Israël (20). Les Juifs d’Orient furent souvent prolétarisés au cours de leurs migrations. Ceux qui avaient des qualifications professionnelles s’aperçurent qu’elles n’étaient pas reconnues en Israël et que leurs avoirs personnels étaient souvent confisqués à l’arrivée. Les Juifs d’Occident bénéficiaient d’un traitement préférentiel pour le logement et l’emploi et certains pouvaient utiliser comme capital les dédommagements personnels de guerre versés par l’Allemagne, et le contraste était choquant. Et il arrivait aussi souvent que les Juifs d’Orient soient placés dans les camps de transit et les villes des zones de développement les plus proches des frontières, surpeuplées et dangereuses. Dans le cas des Juifs d’Afrique du Nord surtout, abandonnés dans des villes-frontières comme Musrara, l’Etat feignit d’ignorer qu’ils occupaient les maisons des Arabes déplacés par la guerre expropriatrice de 1948. Donc en réalité, les Juifs d’Orient finirent comme gardiens des frontières contre les Arabes.

Dans la pratique, le sionisme travailliste en Israël était basé sur la division ethnique de la classe ouvrière, pas seulement entre Juifs et Arabes, mais aussi entre Juifs d’Orient et d’Occident. Ce fut le travail des Juifs d’Orient, ajouté à celui des quelques Palestiniens qui restaient, qui devint la force motrice de  » l’éclosion du désert « , et sa transformation en Etat capitaliste moderne. Cependant Israël n’a jamais eu une économie capitaliste  » normale  » en raison du rôle disproportionné qu’y joue le soutien financier de l’étranger. Depuis les années 1950, l’Allemagne de l’Ouest a envoyé environ un milliard de marks par an au titre des réparations collectives pour l’holocauste nazi. La contribution des Etats-Unis est plus importante encore.  » En 1983, Israël avec seulement 300 000 habitants, recevait 20 % d’aide exclusivement américaine.  » En d’autres termes, chaque famille israélienne recevait l’équivalent de 2 400 dollars du gouvernement américain. Mais en tant qu’Etat capitaliste le plus développé de la région, la bourgeoisie israélienne avait rassemblé ses propres fossoyeurs potentiels sous la forme d’une classe ouvrière combative.

LA RESISTANCE DE LA CLASSE OUVRIERE JUIVE ET L’IMPERATIF D’EXPANSION

Contrairement à celle de nombreux autres pays du Moyen-Orient, la classe ouvrière israélienne a toujours été concentrée dans un espace réduit. La stratification ethnique a empêché l’émergence d’un prolétariat homogène face au capital israélien. Mais malgré cela, la classe ouvrière israélienne s’est montrée combative. Le trait marquant de la lutte de classe à cette époque fut la contestation par les Juifs orientaux de leur position subordonnée dans la société israélienne. Les années 1950 ont été traversées par des émeutes « pain et travail » dans les camps de transit, en grande partie peuplés de Juifs orientaux qui se retournèrent fréquemment contre la police. En 1959, les « émeutes Wadi Salib » débutèrent dans un quartier pauvre de Haïfa et s’étendirent aussitôt à d’autres endroits où vivait une importante population de Juifs marocains.

Comme dans les Etats d’Europe de l’Ouest, les institutions social-démocrates servaient de médiateurs dans les conflits de classe en Israël. Cependant de nombreux Juifs orientaux militants considéraient l’Histadrout et le Parti travailliste comme des ennemis, et ils s’en prenaient donc souvent à ces institutions. Une fois, en 1953, le bureau de l’Histadrout à Haïfa fut l’objet d’un incendie criminel de la part des manifestants juifs orientaux qui considéraient son pur corporatisme comme l’une des incarnations de leur subordination aux Juifs occidentaux. Au début des années 1960, l’économie israélienne était en récession, en partie à cause du tarissement des réparations de guerre allemandes, qui avaient fourni au capital israélien son élan initial. Beaucoup d’immigrants qui étaient venus en Israël dans l’espoir d’une vie meilleure se retrouvaient maintenant face à un chômage croissant. Les travailleurs juifs continuèrent à mener la vie dure à la bourgeoisie israélienne, avec 277 grèves pour la seule année 1966 (21). En brûlant le drapeau rouge (qui symbolisait l’hégémonie du Parti travailliste), action de routine lors des manifestations de dockers, il était clair que les formes social-démocrates du sionisme travailliste étaient incapables de récupérer les luttes des travailleurs juifs.

Le boom d’après 1967

Après la guerre de 1967, l’Etat israélien se retrouvait non seulement encore entouré d’Etats arabes hostiles, mais aussi dans l’obligation de contrôler la population palestinienne des territoires occupés. Un tiers de la population contrôlée par l’Etat israélien était alors palestinienne. Face à ces menaces internes et externes, la survie permanente de l’Etat sioniste exigeait l’unité de tous les Juifs israéliens, occidentaux et orientaux. Mais unir tous les Juifs derrière l’Etat israélien supposait l’intégration des Juifs orientaux, auparavant exclus, au sein d’une vaste colonie de travail sioniste. Comme par hasard, ces mêmes circonstances qui exigeaient l’expansion de la colonie de travail sioniste offraient aussi les conditions nécessaires pour mener à bien une restructuration sociale de cette importance.

Premièrement, la guerre de 1967 avait obligé les Etats-Unis à s’engager en faveur d’Israël pour faire contrepoids au nationalisme panarabe croissant qui s’alignait sur l’URSS. Deuxièmement, l’occupation de la Cisjordanie fournissait à Israël une réserve importante de main-d’œuvre palestinienne hautement exploitable. Ce furent cette main-d’œuvre palestinienne bon marché ainsi que la perfusion financière de plus en plus conséquente mise en place par les Etats-Unis qui fournirent les conditions préalables vitales pour l’expansion rapide de l’économie israélienne au cours des dix années suivantes. Après 1967, l’Etat israélien eut les moyens de suivre une politique de keynésianisme militaire et les dépenses militaires s’élevèrent à 30 % du PIB dans les années 1970. La hausse des dépenses publiques, financée par un budget gouvernemental en déficit croissant, alimentait le boom économique. C’est ainsi que le gouvernement put créer un abondant réservoir d’emplois, pas seulement directement par l’augmentation du nombre d’emplois dans le secteur public, mais aussi indirectement, car le secteur privé se développait pour satisfaire la demande croissante de l’armée.

Les besoins croissants de l’armée israélienne en armements high-tech offraient des profits sûrs aux cinq principaux conglomérats qui dominaient l’économie d’Israël depuis les années 1950 et qui étaient dominés par la bourgeoisie juive occidentale. Cependant l’armée israélienne exigeait aussi la construction de bases militaires, de casernes et d’installations qui amenaient des affaires à la petite-bourgeoisie juive orientale émergente qui pouvait réaliser d’importants profits en employant la main-d’œuvre palestinienne bon marché. En plus de satisfaire aux besoins domestiques, les armes devinrent l’exportation la plus importante d’Israël. Une grande partie du secteur public étant à présent destinée à l’accumulation militaire, seuls ceux qui étaient éligibles pour le service militaire pouvaient travailler dans ces industries. Même les  » citoyens  » arabes israéliens étaient exclus de ce privilège douteux, sans parler des Palestiniens des territoires, et donc les industries  » stratégiques  » (qui payaient mieux) étaient par définition accessibles aux seuls Juifs (souvent orientaux). Alors que la militarisation de l’économie favorisait l’intégration des Juifs orientaux, elle renforçait la subordination des travailleurs non juifs. En pratique, Israël avait maintenant un marché du travail à deux niveaux : juif et palestinien.

On peut remarquer que l’occupation de ces territoires par Israël s’était arrêté juste avant la pure annexion de droit. Celle-ci aurait supposé qu’on accordât les mêmes droits limités de citoyenneté aux Palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza, droits qui avaient été accordés aux Palestiniens qui avaient réussi à rester dans les frontières de 1948 jusqu’en 1966. L’occupation permettait au capital israélien, surtout dans l’agriculture et la construction, d’utiliser le surplus de main-d’œuvre palestinienne sans compromettre la judéité de l’Etat. Les Palestiniens n’étaient pas intégrés dans la société israélienne : ils travaillaient en Israël le jour, et ils étaient censés retourner dans leurs dortoirs de Cisjordanie et de la Bande de Gaza le soir. Tandis que la main-d’œuvre palestinienne bon marché alimentait le boom de la construction des deux côtés de la Ligne verte, l’économie israélienne était encore renforcée par la subordination des territoires en tant que marché captif pour les produits de consommation israéliens. De plus, grâce au contrôle des contrats gouvernementaux, aux impératifs de sécurité nationale, et au développement militaire et à la construction, l’Etat d’Israël pouvait suivre une politique d’industrialisation rapide et de substitution à l’importation.

Protégé de la concurrence étrangère par des barrières douanières élevées et de généreuses subventions à l’exportation, l’investissement était canalisé vers le développement d’une industrie manufacturière moderne. Ceci permettait à Israël de remplacer les importations de fabrication étrangère par des produits fabriqués localement, politique qui allait faire d’Israël une économie industrialisée relativement avancée dès la fin des années 1970. Les politiques de keynésianisme militaire et d’industrialisation rapide aboutirent à un énorme déficit de la balance des paiements, puisque la demande des consommateurs ainsi que celle de l’industrie précédaient l’offre. Ce déficit de la balance des paiements devait s’élever à 15 % du PIB. Il ne pouvait être financé que grâce à une généreuse aide américaine.

Donc l’expansion économique rapide et le développement d’Israël dans les dix ans qui suivirent la Guerre des Six Jours procurèrent les conditions matérielles nécessaires à l’expansion de la colonie de travail sioniste. Alors qu’en 1966 le chômage en Israël se chiffrait à 11 %, l’économie pouvait presque, à présent, assurer le plein-emploi. L’Etat sioniste pouvait alors offrir du travail et un niveau de vie en hausse dans une économie moderne à l’occidentale à tous les Juifs qui choisissaient d’y vivre.

Les colonies et l’accord travailliste sioniste

Depuis la fin de la Guerre des Six Jours, la politique consistant à établir des colonies juives dans les territoires occupés est un élément important de l’extension de la colonisation travailliste sioniste pour inclure les Juifs orientaux auparavant exclus. Bien entendu, le but immédiat de l’installation des colonies était de consolider le contrôle d’Israël sur les territoires occupés. Cependant, la politique de colonisation offrait aussi aux franges pauvres de la classe ouvrière juive un logement et des emplois qui leur permettaient d’échapper à leur position subordonnée en Israël proprement dit. Ceci était particulièrement important dans les années 1970, quand la pénurie de logements corrects poussait certains Juifs orientaux sans abri à squatter des bâtiments vides dans les faubourgs riches des Juifs occidentaux. Les colonies proposaient une alternative à cette appropriation directe hostile, en dirigeant cette hostilité ailleurs.

Ces colonies plaçaient la classe ouvrière juive en première ligne, dans une relation directe et hostile avec le prolétariat palestinien potentiellement insurrectionnel. Ils étaient ainsi liés à l’Etat sioniste, qui protégeait leurs privilèges récemment acquis des revendications des Palestiniens. En 1971, il y avait déjà 52 colonies.

Les Panthères noires israéliennes

Pourtant, tout le monde n’était pas intégré dans la colonisation du sionisme travailliste, et les luttes de classe continuaient. De nombreux Juifs orientaux jeunes étaient exclus des « bienfaits » de l’occupation parce qu’ils avaient des casiers judiciaires et ne pouvaient donc obtenir le travail bien payé et les logements corrects qui étaient censés être un droit de naissance pour tout Juif en Israël. Le boom de l’après-1967 conduisit à l’embourgeoisement de villes qui, comme Musrara, avaient été des villes-frontières. Ceci en chassa les Juifs pauvres d’Afrique du Nord.

Là était la raison de la naissance d’un nouveau mouvement : les Panthères noires israéliennes. On peut soutenir que leur base sociale était plus marginale que celle des mouvements des années 1960. Pourtant leur manifestation de 1971 contre la répression policière attira des dizaines de milliers de personnes, entraîna 171 arrestations et 35 personnes furent hospitalisées suite à des heurts avec la police. Ils flirtaient aussi avec des antisionistes de gauche, et certains envisagèrent même d’entamer des pourparlers avec l’OLP. Certains tracts étaient écrits par des membres ou des sympathisants du Matzpen (groupe antisioniste peu nombreux mais célèbre) et il y eut parfois des alliances. Le discours des Panthères noires reflète un positionnement de classe en train d’émerger : « Ils ont besoin de nous chaque fois qu’ils font la guerre », « Je ne veux pas penser à ce qui arrivera quand il y aura la paix », « Si les Arabes avaient un peu de bon sens, ils laisseraient les Juifs régler leurs comptes entre eux ».

Cependant leur critique de la société israélienne était affaiblie par certains éléments qui cherchaient une place au sein du sionisme travailliste, et qui n’étaient donc pas d’accord pour tisser des liens avec la gauche antisioniste ou, pire encore, avec ces parias de la société, les Palestiniens. On offrit à plusieurs membres éminents des Panthères noires de meilleurs logements et des emplois et ils quittèrent le groupe, qui fut de plus en plus accaparé par des scissions internes. Mais l’insatisfaction que ressentaient les Juifs orientaux à l’égard de l’establishment travailliste sioniste demeurait forte, et le fait de coopter des Juifs radicaux comme des personnalités influentes des Panthères noires émanait d’un climat dans lequel les travailleurs juifs en général s’attendaient à avoir un meilleur niveau de vie que leurs parents.

La nécessité de garantir le plein-emploi pour tous les Juifs renforçait le rapport de forces en faveur des travailleurs juifs dans les négociations salariales, ce qui commençait à créer des problèmes d’inflation pour l’économie israélienne. Ces problèmes n’affectaient pas seulement Israël : l’Europe de l’Ouest et l’Amérique affrontaient aussi leurs prolétariats qui, au lieu de se contenter des « gains » de l’après-guerre, les utilisaient pour imposer des restrictions supplémentaires à l’accumulation du capital. En Israël, ces problèmes étaient compliqués par les limitations imposées à une accumulation intensive et par les impératifs de sécurité.

Etant donné ce retranchement sur ses positions de la classe ouvrière juive, la politique d’expansion économique intensive basée sur la substitution des importations avait commencé à atteindre les limites des confins étroits de l’économie israélienne dès la fin des années 1970. La croissance économique de plus de 10 % par an du début des années 1970 redescendit à un modeste 3 %. Ce ralentissement devait précipiter une crise inflationniste qui vit les prix grimper de 100 000 % en à peine sept ans. Cette crise ne pouvait se résoudre qu’en affaiblissant sérieusement le pacte social sioniste avec son salaire relativement généreux.

La crise inflationniste de 1978-1980

Le plein-emploi dans une économie dominée par quelques grands conglomérats, protégés de la concurrence étrangère par d’importantes barrières douanières, est une recette classique pour l’inflation. L’indexation de 85 % des contrats salariaux sur l’inflation des prix, ainsi que diverses aides sociales et autres formes de revenu, signifiait que toute augmentation des prix se traduisait rapidement en augmentation des salaires, qui à leur tour entraînaient la hausse des prix, comme le coût des salaires plus élevés se répercutait sur le consommateur. C’est pourquoi l’économie israélienne était hautement sujette à un cercle vicieux salaires/prix. Le keynésianisme militaire avait abouti à un taux d’inflation compris entre 30 % et 40 % pendant la plus grande partie des années 1970.

Cependant, en maintenant le taux de change fixe de la livre israélienne avec le dollar américain (malgré l’effondrement du système de taux de change fixe de Bretton-Woods en 1973), le gouvernement israélien put contenir l’inflation. La hausse des prix intérieurs était compensée par le fait qu’avec un taux de change fixe, les importations demeuraient meilleur marché qu’elles n’auraient dû l’être, ce qui servait à maintenir l’indexation des prix à un niveau bas, puisque l’augmentation des salaires était basée sur elle. Bien entendu, des prix intérieurs en hausse dans un régime de taux de change fixe rendaient l’industrie israélienne peu compétitive, mais cela pouvait être compensé par des barrières douanières plus élevées, en augmentant les subventions à l’exportation et en dévaluant de façon ponctuelle et contrôlée la livre israélienne.

Toutefois, le ralentissement de l’économie, combiné à la situation politique instable au Moyen-Orient, entraîna un changement décisif de politique économique qui allait déclencher une crise économique dans les années 1980. Ce changement survint en 1978 avec l’élection du gouvernement du Likoud, qui mit fin à trente ans de règne du Parti travailliste. Le réalignement de la droite, ainsi que les scissions dans le Parti travailliste, permirent au Likoud de bénéficier électoralement de l’insatisfaction permanente des Juifs orientaux à l’égard des travaillistes. Pourtant, les politiques déflationnistes du Likoud ne pouvaient être mises en œuvre qu’en affrontant la classe ouvrière juive, dont les positions retranchées avaient contribué à la crise inflationniste et au déclin des profits de certaines franges de la bourgeoisie israélienne. Le Likoud affrontait aussi une action d’arrière-garde contre certaines de ses politiques émanant de l’« establishment travailliste » de la bourgeoisie occidentale, alors que l’Histadrout s’efforçait d’étouffer les luttes de la classe ouvrière israélienne, comme par exemple les violents piquets de grève des cantonniers.

Les États arabes, l’expansion et les États-Unis

La victoire décisive d’Israël lors de la guerre de 1973 avait enfin brisé l’unité des Etats arabes. La position d’Israël au Moyen-Orient était maintenant à l’abri d’une menace extérieure en provenance d’une alliance arabe hostile. Toutefois, le réalignement ultérieur de l’Egypte sur les Etats-Unis fit quelque peu douter de l’engagement à long terme des Etats-Unis pour financer Israël. Si les Etats arabes s’alignaient sur les Etats-Unis, pourquoi les Etats-Unis devraient-ils continuer à déverser des milliards de dollars en Israël ? De plus, l’Egypte étant neutralisée au sud, la voie était libre pour l’expansion israélienne vers le nord et l’est. L’annexion des territoires occupés de Cisjordanie et la subordination économique de la Jordanie et du Liban offraient un moyen de sortir des restrictions croissantes imposées à l’accumulation intensive. Mais ces politiques allaient contre les intérêts des Etats-Unis. Alors que ces derniers voulaient faire d’Israël leur chien de garde impérialiste au Moyen-Orient, ils ne voulaient pas que ce chien de garde déstabilise la région et contrarie les riches alliés pétroliers de l’Amérique, comme par exemple l’Arabie Saoudite. La politique du Likoud consistant à créer un Grand Israël nécessitait donc un relâchement des chaînes dorées de l’aide américaine.

La fuite des capitaux des économies occidentales, à la fin des années 1970, et la croissance ultérieure du capital de la finance internationale fournirent l’occasion de réduire la dépendance d’Israël vis-à-vis de l’aide américaine. En suivant une politique économique de libéralisation et de dérégulation, on espérait qu’Israël pourrait puiser dans le flux de capitaux internationaux et réduire ainsi sa dépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Cette politique de libéralisation dont se réclamait le Likoud était aussi en phase avec une grande partie de la bourgeoisie israélienne qui, devant la baisse de ses profits, voulait plus de libertés pour trouver des champs d’investissement profitables.

Voilà pourquoi, dans les semaines qui suivirent l’accession au pouvoir du Likoud, Milton Friedman – un des pionniers de ce que l’on connaît à présent sous le nom de « néo-libéralisme » – fut convoqué pour élaborer un programme de libéralisation. Sur les conseils de Friedman, le nouveau gouvernement israélien supprima les droits de douane sur les importations et les subventions à l’exportation, relâcha ses contrôles sur la circulation des devises vers l’extérieur et à l’entrée du pays, et abandonna le taux de change fixe de la livre israélienne avec le dollar américain. Quelques semaines après sa déconnection du dollar, la livre israélienne avait perdu un tiers de sa valeur. Le prix des marchandises importées monta en flèche, élevant l’indexation des prix. En quelques mois, l’indexation des salaires avait fait monter le taux d’inflation à plus de 100 %. A la suite de cette accélération de l’inflation, on remplaça la livre israélienne par le shekel en tant que monnaie d’Israël, à un taux de 10 livres pour 1 shekel.

Cependant, la politique de libéralisation, combinée à une coupe sombre dans les salaires réels dont la cause était l’indexation des salaires à la traîne derrière l’accélération de l’inflation des prix, fit grimper les profits et aboutit à une relance de la croissance (22). A cause de cela, l’année 1981 vit l’économie israélienne renouer avec les taux de croissance du début des années 1970. En vérité, à l’époque, la crise mondiale n’étant pas encore terminée, on pouvait dire que les taux d’inflation élevés d’Israël n’avaient pas d’importance. Comme la valeur extérieure du shekel mesurée en dollars chutait aussi vite que l’inflation grignotait sa valeur intérieure, on pouvait dire qu’en termes du dollar, l’inflation était plus ou moins nulle. En vérité, la nullité du taux d’inflation en termes du dollar, comparée à des taux d’inflation beaucoup plus élevés aux Etats-Unis et ailleurs, impliquait une compétitivité internationale croissante de l’industrie israélienne. Cet optimisme ne dura pas longtemps.

Alors que la croissance économique commençait à faiblir et le déficit public à s’accroître, suite à l’invasion du Liban, on commença à craindre sérieusement que les taux d’inflation élevés ne basculent aisément dans une hyperinflation incontrôlable. C’est pourquoi le gouvernement de Menahem Begin mit en place de nouvelles mesures de politique économique destinées à réduire progressivement le taux d’inflation. On combina des coupes dans les dépenses publiques et une politique de limitation de la chute du taux de change du shekel par rapport au dollar américain à 5 % par mois. En même temps, on tenta de limiter l’indexation des revenus. La politique de limitation de la chute du shekel eut l’avantage, immédiat pour la popularité du gouvernement, de rendre moins chères les importations de biens de consommation. Mais elle rendit aussi les exportations israéliennes non compétitives. Incapables d’être concurrentielles, de plus en plus d’entreprises israéliennes commencèrent à faire faillite et le chômage commença à monter. En même temps, les tentatives d’écraser les salaires entraînèrent de plus en plus de conflits sociaux.

Suite à la démission de Begin à l’automne 1983, la crainte que le gouvernement soit incapable d’empêcher une chute importante de la valeur du shekel conduisit à une ruée sur les banques, car les épargnants cherchaient à changer leurs shekels en dollars. Le gouvernement fut obligé de nationaliser les principales banques et de laisser chuter le shekel par rapport au billet vert. Afin de rassurer les marchés financiers, le gouvernement israélien dut annoncer d’importantes réductions des dépenses publiques et des mesures sévères de politique monétaire. Ces nouvelles mesures se heurtèrent à l’opposition résolue aussi bien de l’Histadrout que des capitalistes influents dans l’« establishment travailliste ». L’Histadrout appela à une succession de grèves qui paralysèrent le pays. Incapable d’écraser les salaires, la torsion de la spirale des prix et des salaires résultant de la chute importante du shekel causa une accélération de l’inflation des prix.

A la veille de l’élection de juillet 1983, le taux d’inflation avoisinait les 400 %. Comme l’augmentation des salaires avait du retard sur l’augmentation des prix, cette accélération de l’inflation avait pour résultat une diminution de 30 % des salaires réels. Le Parti travailliste et le Likoud perdirent tous deux nombre de soutiens lors de l’élection et durent s’allier pour former un gouvernement d’« unité national », avec Shimon Peres, le chef du Parti travailliste, comme Premier ministre. Usant de son influence auprès de l’establishment travailliste, Peres proposa un programme composé de mesures d’urgence. On imposa un prélèvement de 10 % sur les salaires, on devait suspendre l’indexation et on devait imposer un gel de trois mois des salaires et des prix. Ces mesures devaient être soutenues par un programme sans précédent de réduction du déficit budgétaire à partir de 20 % du PIB. Lorsque le programme fut présenté à l’automne 1983, après de longues négociations au cours de l’été, le taux d’inflation avait atteint 1 000 %.

Le programme de Peres se révéla une réussite partielle. Face à la forte opposition de l’Histadrout, le gouvernement du Likoud avait renoncé à toucher à l’indexation des salaires et des autres revenus. Pourtant, intervenir dans l’indexation des salaires semblait plus légitime aux yeux de l’« establishment travailliste » lorsque c’était proposé par une figure de proue influente du Parti travailliste. Dès mai 1985, le taux d’inflation avait été ramené à 400 % tandis que, malgré une opposition croissante, le déficit budgétaire avait été réduit à 15 % du PIB. Peres annonça alors un autre train de mesures. Un gel supplémentaire de trois mois des prix et des salaires allait être accompagné d’une autre série de réductions des dépenses publiques afin de diviser de nouveau par deux le déficit budgétaire du gouvernement. En même temps, on dévaluait le shekel de 19 % et on allait ensuite maintenir un taux de change fixe avec le dollar américain. Toutefois, alors qu’il aurait été possible de rallier l’« establishment travailliste » à ces mesures d’austérité, l’hostilité des travailleurs juifs, sommés de se serrer encore plus la ceinture, menaçait de se libérer des contraintes que lui imposait la récupération de l’Histradrout.

Face à une augmentation des grèves sauvages, l’Histadrout appela à une grève générale qui obligea le gouvernement à autoriser un « rattrapage » limité des salaires avant le gel des prix et des salaires, mais cela n’aida guère à faire passer la perte de 20 % sur les salaires réels et la hausse brutale du chômage issues du premier train de mesures d’austérité de Peres. En fin de compte, les mesures draconiennes du gouvernement de coalition Likoud-Parti travailliste sauvèrent Israël de l’hyper-inflation. Dès 1986, le taux d’inflation était tombé au niveau respectable de 20 %.

Pourtant, en mettant fin à la crise inflationniste, Peres avait sérieusement affaibli le pacte avec le sionisme travailliste. Alors que les salaires réels commencèrent à augmenter lentement après 1986, le chômage avait atteint des niveaux inégalés depuis la récession du début des années 1960 et il resta élevé pendant les années 1980 et le début des années 1990. La poursuite des mesures d’austérité pendant les années 1980 réduisit encore le budget d’aide sociale et rogna les garanties sociales. Ces mesures furent imposées à la classe ouvrière juive, avec l’aide de l’Histadrout. Les hommes politiques des deux principaux partis commencèrent alors à se rallier à des pratiques « néo-libérales », malgré la lenteur initiale de la mise en place effective de la dérégulation et de la privatisation des entreprises nationales, en partie grâce à la résistance de l’Histadrout, propriétaire de bon nombre des gros conglomérats. Mais le chômage, la précarité et la flexibilité des conditions de travail allaient devenir le lot de franges de plus en plus larges de la classe ouvrière israélienne. A cause du démantèlement des aspects les plus sociaux du sionisme travailliste suite à la crise inflationniste des années 1980, la politique d’installation de colonies dans les territoires occupés est devenue un élément de plus en plus important pour souder la classe ouvrière à l’Etat sioniste. En réalité, et le Likoud le reconnaît, les colons ont apporté un soutien populaire à la construction à terme d’un Grand Israël, dans lequel certaines fractions de la bourgeoisie israélienne voient un moyen d’échapper à la stagnation chronique de l’économie israélienne depuis la fin des années 1970.

Jusqu’à un certain point, les colonies ont débarrassé le gouvernement du poids politique de l’occupation, surtout lorsqu’il s’agissait d’un gouvernement travailliste. On pouvait attribuer à l’intransigeance et à l’extrémisme des colons la mauvaise volonté d’Israël à faire des concessions aux Palestiniens. Car les colons étaient obligés d’intégrer les impératifs de sécurité à un degré bien plus élevé que le plus « belliciste » des gouvernements. D’autre part, l’accélération de la construction des colonies représente un compromis secondaire avec les franges de la bourgeoisie israélienne qui préconisent l’annexion de droit des territoires occupés. Parce que la crise ne pouvait se résoudre qu’en détruisant le caractère de salaire social du pacte du sionisme travailliste, les colonies devinrent à la fois une forme de compensation sociale pour les Juifs pauvres, et une forme d’annexion de fait, pour réaliser le rêve d’un Grand Israël par d’autres moyens. Mais Israël n’est toujours pas libéré de sa dépendance envers l’aide américaine et doit donc modérer ses excès expansionnistes.

Colonies et contradictions

Beaucoup de gens dans les classes moyennes israéliennes qui soutenaient Peace Now (La Paix maintenant) s’opposaient à la construction des colonies et cela corsait les problèmes de la bourgeoisie israélienne (23). L’occupation de Gaza et de la Cisjordanie joue un rôle vital dans le compromis de classe en Israël depuis 1967. Grâce à la subordination des travailleurs palestiniens et à l’aide américaine, les Juifs de la classe ouvrière pouvaient exiger de meilleurs salaires que leurs voisins palestiniens et éviter les travaux les plus ingrats. A cause de l’occupation des terres, les Juifs de la classe ouvrière, qui n’avaient pas les moyens de vivre dans les zones urbaines, pouvaient obtenir des logements subventionnés (construits par des travailleurs palestiniens peu payés). Donc, on avait abandonné les Juifs de la classe ouvrière dans ce qui était en fait une zone tampon de sécurité dans les territoires occupés. Ces mesures étaient vitales pour réduire le militantisme du prolétariat juif, mais elles suscitaient la résistance immédiate des classes moyennes libérales et, de façon encore plus significative, des Palestiniens.

A ce moment-là, pour la bourgeoisie israélienne, le problème était de savoir comment préserver le compromis avec la classe ouvrière juive sans trop provoquer les Palestiniens. Parce que la population palestinienne dense était entassée dans un espace de plus en plus encombré par l’empiétement des colonies où nombre de Palestiniens étaient obligés de travailler, le début des années 1970 a connu des révoltes dans les camps de réfugiés de Gaza qui ont été (au sens propre) écrasées par les tanks de Sharon. Depuis lors, Gaza est relativement calme. Mais pour combien de temps ?

La bourgeoisie israélienne a pu faire des concessions aux travailleurs juifs, mais elle n’a utilisé que la répression pour pacifier les Palestiniens. Toute concession accordée aux Palestiniens était susceptible d’affaiblir le pacte du sionisme travailliste. En 1985, les territoires occupés faisaient les frais de la crise. Le sauvetage du capital israélien impliquait le renforcement de la subordination de la bourgeoisie palestinienne, en lui refusant les autorisations « pour étendre toute entreprise agricole ou industrielle susceptible de concurrencer l’Etat d’Israël (24) ». A cause de la hausse du chômage dans les territoires, les travailleurs palestiniens étaient davantage obligés de trouver du travail à l’intérieur de la Ligne verte ou dans la construction des colonies juives qui s’étendaient pour suppléer à la pénurie de logements abordables pour les travailleurs juifs dans les zones urbaines d’« Israël proprement dit ».

Alors que la construction des colonies procurait un revenu aux travailleurs palestiniens, elle était aussi une source de rancœur, et la résistance qu’elle provoquait fournissait au gouvernement militaire la logique qui justifiait un répression accrue. La « Main de fer » de 1985, destinée à contenir la résistance dans les territoires occupés, allait main dans la main avec des mesures d’austérité destinées à contenir la crise en Israël. La « Main de fer » intensifiait les mesures répressives, comme par exemple les « détentions administratives » de militants palestiniens et les punitions collectives contre la population dans son ensemble. Tel était l’arrière-plan de l’Intifada de 1987-1993. Avant de nous en occuper, il faut étudier l’organisation en classes des Palestiniens…

LA FORMATION DE LA CLASSE OUVRIERE PALESTINIENNE

Une terre sans peuple ? Le mythe des pionniers sionistes atterrissant dans un désert dépeuplé et le transformant en vignobles luxuriants masque une transformation plus banale : celle des paysans palestiniens en prolétaires. « Le « paradis » dans le désert du Neguev, la culture florissante des agrumes et des avocats sur la plaine côtière ainsi que le boom industriel (même à l’échelle d’un tout petit pays) présupposent la spoliation totale des paysans palestiniens (25). » Ce processus était déjà en cours lorsque les premiers colons juifs arrivèrent, et il n’est toujours pas terminé. Le développement capitaliste pénétra pour la première fois au Moyen-Orient dans les années qui suivirent la fin des guerres napoléoniennes. L’Empire ottoman qui dominait la région déclinait déjà depuis un siècle, même s’il devait durer un siècle encore, et le réajustement de l’équilibre du pouvoir consécutif à la défaite de la France et de Napoléon, formalisé après le Congrès de Vienne, ouvrit la voie à une nouvelle exploitation de la région, au moment même où la révolution industrielle prenait de la vitesse en Grande-Bretagne. La Grande-Bretagne et l’Autriche, malgré leurs rivalités ailleurs, se mirent d’accord sur la nécessité de soutenir l’Empire ottoman pour en faire un obstacle à l’expansionnisme russe dans l’Est de l’Europe. Plus tard, l’Allemagne devint le principal soutien de l’Empire ottoman.

A cette époque, certaines parties du Moyen-Orient se retrouvèrent envahies par le nouveau mode de production capitaliste. Dans cette région, l’industrie textile indigène, surtout en Egypte, fut détruite par les textiles anglais bon marché dans les années 1830 et, dès les années 1860, les fabricants britanniques avaient commencé à cultiver le coton le long du Nil. En 1869, on ouvrit le canal de Suez dans le but de faciliter le commerce britannique et français. Conformément à cette modernisation, on peut dater les origines de l’accumulation primitive en Palestine à la loi de l’Empire ottoman de 1858 sur la propriété terrienne qui remplaçait la propriété collective par la propriété individuelle de la terre. Les chefs de village tribaux se transformèrent en classe de propriétaires terriens qui vendaient leurs titres aux marchands libanais, syriens, égyptiens et iraniens. Pendant toute cette période, le modèle de développement fut surtout celui d’un développement inégal, avec une bourgeoisie étrangère qui prenait des initiatives et une bourgeoisie indigène, si l’on peut dire, qui restait faible et politiquement inefficace. En même temps, on laissait à l’abandon de vastes régions du Moyen-Orient dont on ne voyait pas l’intérêt économique, et là, les traditions de cultures de subsistance et le nomadisme perduraient.

Sous le Mandat britannique, de nombreux propriétaires absentéistes furent rachetés par l’Association de colonisation juive, entraînant l’expulsion de métayers et de fermiers palestiniens. Etant donné que « les fellah dépossédés devaient devenir ouvriers agricoles sur leurs propres terres », une transformation décisive des relations de production commençait, conduisant aux premières apparitions d’un prolétariat palestinien (26). Ce processus eut lieu malgré une violente opposition de la part des Palestiniens. Le grand tournant dans une succession de révoltes fut le soulèvement de 1936-1939. Son importance réside dans le fait que « la force motrice de ce soulèvement n’était plus la paysannerie ou la bourgeoisie, mais, pour la première fois, un prolétariat agricole privé de moyens de travail et de subsistance, associé à un embryon de classe ouvrière concentrée principalement dans les ports et dans la raffinerie de pétrole de Haïfa (27) ». Ce soulèvement entraîna des attaques contre des propriétaires palestiniens ainsi que contre des colons anglais et sionistes, et obligea la Grande-Bretagne à limiter l’immigration juive en Palestine pendant quelques années.

Bien que ce soit l’armée britannique qui ait tiré, avec un peu d’aide du Haganah, la milice sioniste de gauche, les chefs tribaux locaux jouèrent aussi un rôle essentiel dans la défaite de la rébellion. On peut considérer que la  » nakba  » (catastrophe) de 1948 – l’exode des Palestiniens et la création d’Israël – comme l’héritage de cette défaite. Bien que le soulèvement de 1936-1939 ait montré l’émergence d’un prolétariat en Palestine, la population palestinienne en Israël était toujours, à cette époque, en grande partie paysanne.

Le nouvel Etat utilisa l’appareil légal du Mandat britannique pour poursuivre l’expropriation des Palestiniens. De par cette loi, les paysans qui fuyaient, ne serait-ce qu’à quelques mètres, pour échapper à un massacre, étaient considérés comme des  » absentéistes  » et on confisquait leurs terres. Cependant, le peu d’entre eux qui réussirent à rester à l’intérieur des frontières de 1948 reçurent des droits de citoyenneté pour compenser leur séparation forcée d’avec leur outil de production. La prolétarisation de la paysannerie palestinienne s’étendit lors de l’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza en 1967. Cette nouvelle vague d’accumulation primitive ne se fit pas sous la seule forme de l’accaparement des terres. Elle entraîna aussi le contrôle autoritaire des réserves d’eau de la Cisjordanie par le capital israélien, en creusant des puits plus profonds que ceux des Palestiniens. Conséquemment, la population palestinienne réfugiée hors de la juridiction israélienne fut coupée de ses terres, alors que seule une minorité de ceux qui se trouvaient sous la juridiction israélienne possédaient encore de la terre. Dans les deux régions, la population palestinienne est devenue majoritairement prolétaire.

L’abolition de la bourgeoisie palestinienne locale

Alors que l’expropriation de la paysannerie palestinienne entraînait la formation d’un prolétariat, on mettait fin à l’émergence d’une bourgeoisie industrielle indigène. Là où elle existait, elle était désespérément faible et incapable de concurrencer le capital israélien, en dépit du fait que « les salaires que versaient les patrons arabes étaient encore plus misérables que ceux que payaient leurs maîtres sionistes ». Les Palestiniens des territoires avaient le statut le plus bas sur le marché du travail israélien, inférieur même à celui des Palestiniens possédant la citoyenneté israélienne. Suite à la guerre de 1967, les Palestiniens qui travaillaient en Israël furent considérés comme des collaborateurs par les nationalistes palestiniens (28). Cependant, les lois d’Israël interdisaient la création d’entreprises palestiniennes susceptibles de concurrencer les entreprises israéliennes, donc les nationalistes les plus endurcis finirent par reconnaître que la seule source de revenus pour de nombreux Palestiniens était de travailler en Israël.

On peut diviser la bourgeoisie palestinienne en trois groupes (29). Certains des réfugiés les plus riches formaient une bourgeoisie marchande et financière au Liban, en Syrie, en Egypte et dans d’autres pays arabes. La bourgeoisie locale, si l’on peut dire, était composée de petits entrepreneurs, d’artisans propriétaires et de fermiers. La main-mise d’Israël sur le capital productif empêchait la bourgeoisie locale de développer ses forces productives. Ceux qui tentaient l’expérience formaient une petite-bourgeoisie misérable qui partageait les mêmes nombreuses privations quotidiennes et les mêmes humiliations que leurs voisins prolétaires des territoires occupés, sauf une : la séparation d’avec leur outil de production (30). D’autres sont devenus une  » lumpen-bourgeoisie « , enrichie grâce à l’OLP, qui a déversé un demi-milliard de dollars d’aide dans les territoires occupés entre 1977 et 1985. Ils ne dépensaient leur argent que pour leur consommation personnelle, ce qui leur a attiré la rancune du prolétariat et de la petite-bourgeoisie palestinienne. C’est la bourgeoisie déplacée par la diaspora qui a formé la classe de base de l’OLP et de l’« Etat palestinien en exil ».

« Le seul représentant légitime du peuple palestinien »

Même alors que le panarabisme gisait vaincu suite à la guerre de 1967, les germes de sa renaissance (certes sous une forme moins virulente) prenaient naissance dans la nouvelle cohérence et l’organisation du nationalisme palestinien et particulièrement de l’OLP. Cette situation et la première Intifada (1987-1993) entretiennent les flammes de l’anti-américanisme au Moyen-Orient et remettent en cause la légitimité de la bourgeoisie pro-occidentale dans toute la région. Pourtant les actions de l’OLP, représentant la bourgeoisie palestinienne en exil, furent, comme on pouvait s’y attendre, souvent en contraction avec les besoins des prolétaires dont les luttes secouaient les pays producteurs de pétrole.

L’OLP CONTRE L’ACTIVITE AUTONOME DU PROLETARIAT

60 % de la population palestinienne se retrouva dans les camps de réfugiés hors d’Israël et des territoires occupés. Le processus qui avait transformé la plupart d’entre eux en prolétaires les dispersa aussi dans tout le Liban, la Jordanie, le Koweït et la Syrie. Ceux qui émigraient dans les riches Etats du Golfe comme le Koweït pouvaient exiger des salaires élevés, même par rapport à ceux des travailleurs juifs en Israël. La plupart eurent moins de chance et devinrent les catalyseurs des conflits de classe dans toute la région. Ce furent les dirigeants arabes (ainsi que la bourgeoisie marchande et financière palestinienne) qui favorisèrent la création de l’OLP en 1964, comme outil de contrôle de cette diaspora. Parce qu’elle ne put pas empêcher la nakba de 1948 et fut impuissante face à la puissance militaire d’Israël en 1967, la bourgeoisie arabe affronta des révoltes dans les pays qu’elle gouvernait.

La Jordanie

En Jordanie, les réfugiés palestiniens étaient maintenant armés à cause de la guerre, et étaient plus nombreux que la population jordanienne, de faible densité. Bien qu’on ait vu dans l’OLP un Etat dans l’Etat, même elle ne pouvait pas gouverner les réfugiés palestiniens. A la fin des années 1960 et au début des années 1970, les camps de réfugiés étaient armés et indépendants de l’OLP, et la police ne pouvait pas y pénétrer. De plus, l’OLP utilisait la Jordanie comme base pour ses attaques contre Israël et l’Etat jordanien était donc exposé aux représailles d’Israël. Les luttes du prolétariat palestinien en Jordanie se terminèrent par le massacre de 30 000 Palestiniens lors du « Septembre noir » perpétré par l’armée jordanienne à Amman en 1970. Ce massacre fut facilité par l’accord de l’OLP avec le régime hachémite : conformément aux conditions négociées avec l’Etat jordanien, l’OLP se retira d’Amman, autorisant ainsi le massacre des prolétaires restés dans la ville.

Le Liban

Parmi les survivants, beaucoup s’enfuirent au Liban et la bourgeoisie arabe affronta alors un prolétariat combatif concentré dans des camps de réfugiés surpeuplés. 14 000 Palestiniens se retrouvèrent dès 1972 au Liban, à Tel-al-Zaatar, dans une région industrielle qui contenait 29 % de l’industrie libanaise. En 1969 les réfugiés et d’autres prolétaires s’emparèrent d’armes, occupèrent les usines et tentèrent de transformer Tel-al-Zaatar en « zone interdite libérée de l’armée libanaise et de l’Etat » (31). Puisque l’Etat libanais, si l’on peut dire, essaya pendant toutes les années 1970 de casser le pouvoir de la classe ouvrière, les prolétaires syriens, palestiniens et libanais participèrent à des bagarres avec la police libanaise à coups de kalachnikov. « La présence des armes permettait des grèves qui aboutirent à la destruction de la vie industrielle libanaise (32). » Il y eut aussi un mouvement limité de conseils ouvriers. En raison de la faiblesse et de la division de la bourgeoisie libanaise, une grande grève de l’industrie de la pêche culmina dans une guerre civile prolongée, qui devint le champ de bataille des ambitions stratégiques concurrentes des Etats-Unis et de l’URSS, par l’entremise de leurs intermédiaires respectifs, Israël et la Syrie.

Expulsée de Jordanie, l’OLP tentait alors de créer un autre « Etat dans l’Etat » au Liban. Cependant, les luttes autonomes de réfugiés palestiniens pour s’émanciper de l’enfer de leur existence prolétarienne intéressait peu l’OLP qui voulait au contraire maintenir ses liens avec les bourgeoisies libanaise et syrienne. L’instabilité générale et la faiblesse de l’Etat libanais rendirent inévitable l’écrasement de la force du prolétariat par les troupes syriennes et phalangistes, avec l’appui de la marine israélienne (33). S’accrochant toujours à leurs illusions désespérées sur le nationalisme, les Palestiniens appelèrent à l’aide l’OLP.

Bien entendu, l’OLP n’avait aucun intérêt à aider cette lutte qu’elle considérait comme une diversion dans « la lutte contre l’ennemi véritable, Israël ». « Quand les combattants demandèrent de l’aide militaire pour la lutte à Tel-al-Zaatar, la direction du Fatah répondit : « Al Naba’a et Salaf et Harash ne sont pas comme Haga, Haïfa et Jérusalem qui sont occupées » (34) ». En exerçant son « droit à la non-ingérence », l’OLP fit en sorte que la révolte soit écrasée et que la « zone interdite » devienne un cimetière pour prolétaires. Malgré son rôle dans la contre- insurrection à Tel-al-Zaatar, un Etat libanais plus fort était la dernière chose que voulait Israël. Au contraire, Israël et la Syrie cherchaient tous deux à promouvoir la « balkanisation » du pays afin d’améliorer leur position stratégique. Le morcellement de la bourgeoisie libanaise en factions ennemies fournissait le prétexte pour l’intervention dans la guerre civile de ces deux puissances voisines. Dans le cas d’Israël, il y avait un motif supplémentaire d’intervention au Liban : la présence de l’OLP. L’OLP en quête d’un  » Etat dans l’Etat  » ne pouvait pas co-exister avec les impératifs d’Israël au Liban. La présence massive de Palestiniens gênait ses intérêts stratégiques, et le souhait d’Israël de déloger l’OLP conduisit à l’invasion de Beyrouth en 1982.

Ce qui rendait le nationalisme de l’OLP séduisant était sa volonté de s’engager dans une lutte armée contre l’Etat israélien. Mais son expulsion de Jordanie, puis du Liban, montrèrent sa faiblesse face à la puissance militaire israélienne. Son évacuation humiliante de Beyrouth confirma qu’elle avait échoué à concrétiser sa stratégie de lutte armée. On reproduisit ensuite le même scénario qu’en Jordanie, l’expulsion de l’OLP laissant le champ libre pour le massacre des Palestiniens dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila par les Phalangistes, avec l’aide de l’armée israélienne. L’invasion israélienne de Beyrouth fut aussi humiliante pour le « camp anti-impérialiste ». L’Egypte se trouvant alors dans l’orbite américaine, la Syrie était la principale puissance pro-URSS dans la région. Pourtant, non seulement l’OLP fut remise au pas par l’invasion israélienne, mais l’armée syrienne dut se retirer.

Chaque confrontation signifiait de plus en plus clairement que les Palestiniens n’avaient pas grand-chose à attendre des Etats arabes. Les guerres de 1967 et de 1973 avaient efficacement affaibli le panarabisme et confirmé Israël dans le rôle de super-puissance militaire de la région. Les Etats arabes manquaient de volonté politique pour attaquer Israël. Malgré son rapprochement avec Israël, l’Egypte fut mieux reçue que l’OLP au sommet d’Amman de 1987, preuve que les Etats arabes se tournaient de plus en plus vers les Etats-Unis. Le roi Hussein snoba Arafat, et il était clair que la guerre Iran-Irak était plus importante pour les délégués que les Palestiniens. Ceci confirma l’impression très répandue parmi les résidents des territoires occupés qu’ils étaient seuls capables de renverser la domination israélienne.

Intifada. 5. L’Intifada (1987-1993)


L’Intifada (1987-1993)

Les habitants du camp de réfugiés Jabalya à Gaza furent à l’origine de l’Intifada, et non l’OLP, basée en Tunisie et complètement surprise. De la part des résidents de Jabalya, ce fut une réaction de masse spontanée au meurtre de travailleurs palestiniens par un véhicule israélien, réaction qui se propagea rapidement au reste de la bande de Gaza et à la Cisjordanie. A long terme, l’Intifada a permis de parvenir à la réhabilitation diplomatique de l’OLP (35). Après tout, l’OLP pourrait bien être un moindre mal comparée à l’activité autonome du prolétariat. Cependant, la force de négociation de l’OLP dépendait de sa capacité, en tant que « seul représentant légitime du peuple palestinien », à contrôler sa circonscription, ce qui ne pouvait jamais être garanti, surtout alors que sa stratégie de lutte armée s’était révélée infructueuse. Il était donc difficile pour l’OLP de récupérer un soulèvement à l’initiative des prolétaires, peu intéressés par le nationalisme, et qui haïssaient la « lumpen-bourgeoisie » palestinienne presque autant que l’Etat israélien.

UNE LUTTE DE « LIBERATION NATIONALE » ?

Le bulletin n°1 Worldwide Intifada de 1992 tente de contrer l’optique gauchiste conventionnelle à propos de l’Intifada en soulignant les contradictions entre les différentes classes de Palestiniens (36). Alors que l’optique de ce n°1 de Worldwide Intifada est de toute évidence supérieure au soutien de la « libération nationale », sa démonstration fait preuve de certaines faiblesses. Bien que ce bulletin identifie correctement « les germes de la défaite » que renferme le nationalisme de l’Intifada de 1987, il parle du nationalisme comme d’une abstraction, comme s’il s’agissait d’une sorte de farce psychologique jouée à la classe ouvrière palestinienne et à la bourgeoisie palestinienne (37). Il est vrai que le nationalisme est une idéologie. Mais cette idéologie est plus qu’une simple tromperie : elle a du pouvoir parce qu’elle a une base matérielle dans la vie quotidienne. Il est toutefois clair que de nombreux aspects de cette Intifada allaient bien au-delà du nationalisme.

Alors que de nombreux commentateurs considèrent pour acquis que, dès le point de départ, l’Intifada était une campagne en faveur de la création d’un Etat palestinien, les premiers jours du soulèvement suggèrent autre chose. Quand l’IDF (Israeli Defence Force = Force de défense israélienne) interrogea les cent premiers émeutiers qu’elle avait arrêtés, elle découvrit que ces prolétaires étaient « incapables de répéter les slogans les plus courants utilisés par la propagande habituelle de l’OLP, et que même le concept central de la lutte palestinienne – le droit à l’autodétermination – leur était totalement étranger (38) ». Quel scandale !

L’Intifada en tant que lutte de classe et les luttes de classe dans l’Intifada

La subordination de la bourgeoisie palestinienne prit la forme de l’abolition de l’accumulation de capital palestinien par l’Etat israélien, afin que la bourgeoisie palestinienne soit incapable de développer correctement ses forces productives. Si certains Palestiniens étaient employés dans des ateliers palestiniens, dans des fermes ou des petites usines, ces établissements étaient confinés dans des secteurs qui ne concurrençaient pas le capital israélien. Donc une proportion excessive de l’argent de la bourgeoisie palestinienne était dépensé comme un revenu en consommation personnelle, plutôt que comme capital de consommation productive.

La réalité du chômage de masse et de la pauvreté des prolétaires côtoyant la richesse ostentatoire de la « lumpen-bourgeoisie » attisa les antagonismes de classe, qui passèrent au premier plan pendant les premiers jours du soulèvement de 1987. A Gaza, pendant les premiers jours du soulèvement, on vit des milliers de prolétaires piller les récoltes des propriétaires terriens voisins. De nombreux propriétaires durent annoncer des réductions massives des loyers. Les plus riches des gens du coin firent appel à l’IDF pour protéger leurs biens. Le cri de guerre des émeutiers était « d’abord l’armée, ensuite Rimal ! (39) »

Rimal était un riche faubourg palestinien de la ville de Gaza. Quand les autorités israéliennes émirent de nouvelles cartes d’identité afin de désamorcer le soulèvement, c’est l’endroit qu’elles choisirent comme bonne poire pour faire passer leur projet. Heureusement pour l’OLP, elle était suffisamment unie pour prendre pied dans le soulèvement, grâce à l’émergence de l’UNLU (United National Leadership of the Uprising = Direction nationale unitaire du soulèvement). Elle était basée dans les territoires et était donc plus crédible pour récupérer les militants locaux que « l’OLP 5-étoiles » basée en Tunisie. Elle fut donc la mieux placée pour essayer de transformer une attaque contre toutes les formes d’autorité bourgeoise en tentative « nationale » concertée de créer un embryon d’Etat palestinien. Cependant, à cause de l’intransigeance de l’Etat israélien, cela présupposait de rendre les territoires ingouvernables, situation qui pouvait facilement dégénérer. Un mois après le jour du soulèvement, l’UNLU publia son premier communiqué, s’adressant d’abord à « la classe ouvrière palestinienne courageuse », ensuite aux « commerçants militants courageux », et saluant en l’OLP « le seul représentant légitime du peuple palestinien (40) ». Un an plus tard, le prolétariat et la petite-bourgeoisie furent mis dans le même sac et baptisés « les masses héroïques de notre peuple », mais dans tous les communiqués, l’OLP reste « le seul représentant légitime (41) ».

Malgré la soi-disant unité interclasses proclamée par l’UNLU, il fallait souvent intimider la petite-bourgeoisie pour que les magasins ferment les jours de grève. Parfois, il suffisait d’un enfant tenant une allumette enflammée devant un magasin pour rappeler que les magasins pourraient faire l’objet de représailles. Elle subissait aussi la pression des militants prolétaires qui se trouvaient en première ligne et lui déclaraient : « Nous sommes prêts à donner nos vies pour la lutte, est-ce trop vous demander de renoncer à une part de vos profits ? (42) » Il serait pourtant faux de penser qu’il a fallu entraîner la petite-bourgeoisie par la force dans l’Intifada, bien que cela se soit parfois produit. Des propriétaires de magasins et d’ateliers se virent confisquer leurs biens pour avoir refusé de payer l’impôt au gouvernement militaire, et des commerçants de Beit Sahour lancèrent une  » grève commerciale  » de trois mois pour protester contre ces mesures. Pour pouvoir se développer en tant que véritable bourgeoisie, ils avaient besoin de leur propre Etat et d’une quantité de terres adéquate. En pratique, au lieu de favoriser leur évolution vers une bourgeoisie à part entière, les confiscations de biens pour refus de payer l’impôt accélérèrent leur prolétarisation. Les « grèves commerciales » ne servirent qu’à conduire les marchands palestiniens à la faillite.

Bien que, jusqu’à un certain point, toutes les classes aient eu la possibilité de jouer un rôle dans la perturbation de l’économie israélienne, en refusant de payer l’impôt sur le revenu au gouvernement militaire ou en boycottant ses produits, la perturbation la plus tangible de l’économie israélienne fut le fait de la classe ouvrière. Pendant la grève générale sauvage de décembre 1987, 120 000 travailleurs ne se rendirent pas au travail en Israël. Ceci coïncidait avec la récolte des agrumes, qui emploie des Palestiniens pour un tiers de sa main-d’œuvre. Cela coûta 500 000 dollars au service de commercialisation agricole israélien pendant les deux premiers mois du soulèvement, car les commandes destinées au marché britannique furent perdues. De nombreux Palestiniens travaillaient aussi comme journaliers dans un autre secteur clé, l’industrie de la construction des deux côtés de la Ligne verte. Ils purent accomplir ce dont l’OLP et le mouvement pour la paix ne pouvaient que rêver : arrêter d’un seul coup la construction des colonies.

La « révolte des pierres »

Voici un récit de discussion pendant l’Intifada. Quand certaines personnes essayèrent d’affirmer leur autorité en prétendant être des leaders de l’Intifada, un garçon de quatorze ans montra la pierre qu’il tenait et dit : « C’est ça, le leader de l’Intifada. » Tant pis pour l’UNLU ! De soi-disant leaders se faisaient attaquer par les Palestiniens dans les manifestations lorsqu’ils devenaient trop modérés (43). Les tentatives actuelles de l’Autorité palestinienne pour militariser l’Intifada d’aujourd’hui sont une tactique pour éviter que cette « anarchie » ne se reproduise. L’utilisation répandue des pierres comme armes contre l’armée israélienne signifiait qu’on avait compris que les Etats arabes étaient incapables de vaincre Israël au moyen d’une guerre conventionnelle, sans parler de la « lutte armée » de l’OLP. Le désordre civil « désarmé » rejetait obligatoirement « la logique de guerre de l’Etat (44) » (bien qu’on puisse aussi le considérer comme une réaction à une situation désespérée, dans laquelle mourir en « martyr » pouvait sembler préférable à vivre dans l’enfer de la situation présente). Jusqu’à un certain point, le fait de lancer des pierres déjouait la puissance armée de l’Etat d’Israël. Afin de conserver le soutien politique et financier des Etats-Unis, Israël devait respecter les apparences en tant que démocratie en difficulté assiégée par des hordes barbares, et il était dangereux de tuer trop de civils désarmés, au moment où la position pro-américaine de l’Egypte risquait d’affaiblir le rôle d’atout stratégique d’Israël.

Ce qui ne veut pas dire qu’il l’a fait : dès la mi-juin 1988, l’IDF avait déjà tué 300 Palestiniens. Cependant, les cas de conscience personnels que provoquait l’expérience d’affronter, munis d’armes létales, des civils désarmés, s’ajoutaient aux pressions qui s’exerçaient sur le moral des soldats israéliens. Ils étaient censés appartenir à cette puisante armée qui avait vaincu l’Egypte et la Syrie, et voilà qu’on leur ordonnait de tirer à balles réelles sur des gosses armés de pierres ! Ceci contribua à un renouveau dans le mouvement de l’« objection de conscience » (45). Les pierres étaient un facteur égalitariste important, car c’était des armes auxquelles tout le monde pouvait avoir accès. Au sens propre du terme, le prolétariat palestinien était en train de prendre la lutte en main, après des années d’appels déçus pour obtenir l’aide de la bourgeoisie arabe. Une nouvelle génération de jeunes prolétaires, qui avaient grandi sous l’occupation, était en première ligne dans la lutte. Mais, comme un soulèvement prolétaire spontané se transformait en mouvement national sous les auspices de l’UNLU, l’Intifada finit par devenir l’expression d’une alliance précaire entre le prolétariat et la petite-bourgeoisie.

La réactionn de la bourgeoisie israélienne

Dans les années 1970-1980, le gouvernement israélien refusait absolument d’avoir affaire à l’OLP. Ce consensus politique englobait la « gauche » du mouvement La paix maintenant. Pourtant, les « ligues villageoises » de toute évidence fantoches étaient tout à fait incapables d’incarner une direction palestinienne différente de l’OLP avec laquelle ils auraient pu négocier. L’Intifada a poussé le mouvement La Paix maintenant dans une direction plus radicale, parce que des groupes pacifistes plus petits établissaient déjà des contacts avec les Palestiniens, généralement sous forme de soutien « humanitaire ». La stratégie à long terme du camp de la paix avait besoin d’un « partenaire pour la paix », et l’échec des « ligues villageoises » faisait de l’OLP le seul interlocuteur possible.

De plus, la bourgeoisie israélienne commençait à manquer d’options, car celle de transférer les Palestiniens en masse en Jordanie, idée avec laquelle ils jouaient depuis le milieu des années 1980, était irréalisable. La Jordanie avait déjà son propre problème palestinien et, à la fin des années 1980, la dernière chose que voulait le roi Hussein était d’avoir plus de Palestiniens à gérer. Les bureaucrates palestiniens dans les territoires occupés, nommés par la Jordanie ou par Israël, avaient dû démissionner ou affronter la justice révolutionnaire. Au cas où cela exprimerait à quel point ses futurs sujets préféraient le régime jordanien à Israël, le roi Hussein s’empressa d’abandonner son droit sur la Cisjordanie.

Malgré tous ces éléments, l’aile Likoud du gouvernement d’union était intransigeante, mais les Etats-Unis subissaient de plus en plus de pressions internationales pour qu’ils mettent fin à leur boycott diplomatique de l’OLP. Alors que les instincts du Likoud le portaient à la répression ouverte, il y avait des limites à ce qu’on pouvait accomplir par la force brute et par la terreur, étant donné la pression croissante des Etats-Unis et le peu de goût des conscrits israéliens pour une orgie de meurtre. En outre, c’était la « Main de fer » qui avait d’abord contribué à créer les conditions de la révolte.

Quand les Etats-Unis acceptèrent de reconnaître l’OLP à condition que le conflit régresse, ce qui nécessitait que l’OLP reconnaisse Israël, le Premier ministre israélien Yitzhak Shamir dut faire des concessions. Son offre d’« élections libres et démocratiques » aux délégués palestiniens qui « négocieraient pour un intérim assuré par une administration auto-gouvernée » posait aussi la condition de l’apaisement des troubles. Bien que l’OLP ait formellement reconnu  » le droit à l’existence  » d’Israël dès décembre 1988, le processus de reconnaissance de l’OLP par Israël était loin d’être achevé. Le processus pour amener Israël et l’OLP à la table des négociations se retrouva rapidement dans une impasse, ne dépassant jamais les pourparlers au sujet des pourparlers, et la tactique israélienne de manœuvres politiques dilatoires (tout en continuant à assassiner des Palestiniens) semblait payante.

L’économie israélienne, soutenue par l’aide américaine, put absorber le premier choc de la perturbation économique ; mais plus cela durait, plus l’Intifada s’épuisait. Avec le temps, ce qui subsistait de l’économie palestinienne fut détruit. Pendant ce temps, le capital israélien pouvait rechercher d’autres sources de main-d’œuvre bon marché, pour contourner les Palestiniens et les exclure du marché de l’emploi israélien.

Les Islamistes

On vit aussi le début d’un âpre conflit pour le contrôle d’un territoire et pour savoir qui allait être le chien de garde en chef dans les rues palestiniennes. Les bandes nationalistes répétaient déjà leur futur rôle de gardiens de la loi, de l’ordre bourgeois et de la propriété privée. Avec l’épuisement du soulèvement, le prolétariat des territoires occupés était décimé par des combats entre factions et des « meurtres de collaborateurs », et au printemps 1990, plus de Palestiniens étaient tués par d’autres Palestiniens que par les forces israéliennes. Beaucoup de ces « collaborateurs » étaient des pilleurs ou des militants de la lutte de classe. D’autres participants appartenaient à des groupes relativement nouveaux, le Hamas et le Jihad Islamique. Pour essayer de mettre en place un contrepoids à l’OLP authentiquement palestinien, Israël avait encouragé la croissance de la confrérie musulmane au début des années 1980. La confrérie ayant fait preuve de ses sentiments anti-classe ouvrière en brûlant une bibliothèque qu’elle jugeait être un  » foyer communiste « , Israël commença à leur fournir des armes (46). Parce qu’ils croyaient qu’on ne pourrait renverser la domination israélienne que lorsque tous les Palestiniens seraient de vrais croyants musulmans, il semblait que leur croissance pourrait étouffer la résistance à l’occupation. Toutefois, c’est pendant l’Intifada que les Islamistes se politisèrent, en tant que Hamas et Jihad Islamique.

Pour essayer d’être visibles, et pour contester l’OLP, les Islamistes organisèrent des jours de grève qui ne suivaient pas le calendrier de l’UNLU. Ces « grèves contre le processus de paix » les confirmaient dans leur rôle d’« opposition de masse authentique et indigène (47) » à l’OLP. Pourtant, si le Hamas voulait affaiblir l’OLP, il ne voulait pas la remplacer. Sa concurrence « je suis plus militant que toi » avec le Fatah (l’aile militaire de l’OLP) était plutôt destinée à lui assurer un rôle décisionnel dans la nature du futur Etat palestinien. Il rejetait non seulement le « processus de paix » et ses compromis avec Israël, mais aussi l’idée même d’un Etat laïc bourgeois. En dépit de sa position « de rejet », le Hamas finit par rechercher un compromis avec l’OLP, parce qu’il voulait agir sur la forme de l’Etat palestinien.

Les phases initiales de l’Intifada comportaient une part de révolte contre l’institution de la famille patriarcale. Les femmes palestiniennes avaient refusé leur invisibilité sociale et avaient affronté l’armée. A Ramallah, un groupe de filles lapidèrent leurs parents qui voulaient les empêcher de participer à l’émeute ! Pour le Hamas, un Etat palestinien devait être musulman, ce qui supposait d’imposer la charia pour restaurer ces mêmes formes de « contrôle social basse intensité » que l’Intifada avait remises en question.

La guerre du Golfe

Le « processus de paix » traîna encore en longueur à cause de la crise du Golfe, qui mit en doute les loyautés opposées d’Arafat. Alors qu’une grande partie de la bourgeoisie arabe était du côté des Etats-Unis, Arafat ne pouvait pas se le permettre à cause de la position propalestinienne de l’Irak et du soutien palestinien massif dans son conflit avec les Etats-Unis. Finalement, la guerre du Golfe ébranla les illusions relatives à un « nationalisme progressiste » soutenu par l’URSS, qui n’existait plus. En même temps, les attaques de Scud sur Israël renforcèrent en Occident son image publique de bastion de la démocratie entouré d’« Etats voyous » agressifs.

En dépit de la nouvelle réalité mondiale résultant de l’écroulement de l’URSS, Israël reste un atout stratégique vital pour le capital américain. Les quelques Etats arabes qui s’étaient tournés vers Moscou avaient dû entre-temps entreprendre un réalignement hésitant sur l’Occident pour trouver un nouveau sponsor. Presque simultanément, une occasion de faire preuve de leur compréhension du « nouvel ordre mondial » s’offrit aux bourgeoisies arabes récalcitrantes, avec la possibilité de prendre le parti de la coalition contre l’Irak. Presque toutes les capitales arabes de quelque poids politique firent ce choix. De plus en plus, la guerre du Golfe apparaît comme une occasion pour l’Amérique, tout à coup libérée des contraintes de la guerre froide, de démontrer de la façon la plus brutale et la plus arbitraire l’étendue de sa domination sur les puits pétroliers du Moyen-Orient. Et, à la minute où l’« Etat voyou client » se trouva réellement menacé par un soulèvement kurde au nord et par une révolte chiite au sud, les Etats-Unis relâchèrent leur pression, préférant un régime arabe qu’ils pouvaient diaboliser et punir périodiquement à l’éventualité de devoir eux-mêmes écraser une révolution sociale, ce qui aurait pu intensifier les sentiments anti-américains au Moyen-Orient.

La guerre du Golfe participa à la recomposition générale de la classe ouvrière de la région. L’expulsion massive des travailleurs palestiniens du Koweït contribua à l’appauvrissement général du prolétariat palestinien, dont une partie avait bénéficié d’un niveau de vie supérieur même à celui de leurs voisins juifs, grâce aux salaires virés par des membres de leurs familles établis au Koweït. Le couvre-feu intégral imposé par Israël pendant la guerre accrut les difficultés économiques dans les territoires. Il offrit aux patrons israéliens l’occasion de licencier de nombreux travailleurs palestiniens parce qu’ils avaient respecté le couvre-feu, ou parce qu’ils ne l’avaient pas fait ou devraient le faire dans l’avenir. Ceci, à son tour, exacerba les antagonismes de classe dans les territoires, entraînant le vol et l’illégalité généralisée. Pendant le couvre-feu, les magasins surpris à gonfler leurs prix étaient attaqués et contraints de les baisser.

LA ROUTE D’OSLO

Puisque les Etats-Unis jouissaient d’une position hégémonique absolue sur le Moyen-Orient suite à la guerre du Golfe, et puisque la menace du militantisme islamiste était pour le moment endiguée par les bourgeoisies indigènes, notamment en Egypte et en Syrie, le seul problème des Etats-Unis était les Palestiniens. Le soutien populaire à la première Intifada menaçait sans aucun doute les intérêts américains, et le « processus de paix » d’Oslo, à un niveau rhétorique, n’était rien moins qu’un coup d’arrêt aux années de conflit et à une gestion de la crise que les administrations américaines successives avaient été obligées d’entreprendre.

Puisque les alliés arabes de l’Amérique avaient passé avec succès le test de loyauté crucial de la guerre du Golfe, le « nouvel ordre mondial » ouvrait la perspective de la mise au rancart d’Israël en tant que principal atout stratégique des Etats-Unis dans la région, alors qu’une bonne partie de la bourgeoisie arabe était consentante, et que l’incapacité d’Israël à résoudre le problème palestinien menaçait cette nouvelle ère de paix bourgeoise qu’on annonçait partout.

Pour l’Etat israélien, faire des concessions aux Palestiniens impliquait l’éventualité de devoir affronter sa propre classe ouvrière. Mais, comme l’économie du pays n’était pas encore remise de la crise et de l’Intifada, les Israéliens avaient encore besoin de l’aide américaine, qui pouvait servir de moyen de pression pour que l’Etat israélien signe un accord avec les Palestiniens. En 1989, les Etats-Unis se montraient de plus en plus agacés par la stagnation dans le dénouement de l’Intifada. Israël était censé être l’un de leurs gendarmes régionaux. Mais Israël avait un soulèvement intérieur sur les bras qui menaçait de déstabiliser la région, à cause de la diaspora palestinienne. Le Premier ministre Yitzhak Shamir n’était pas en mesure de résoudre le problème, surtout parce qu’à ce moment-là l’union gouvernementale s’était écroulée et qu’il subissait les pressions de ses partenaires de la coalition d’extrême droite.

Avec l’élection d’un gouvernement travailliste qui s’engageait à accélérer le « processus de paix », le Hamas voulut consolider sa base en tant que principale alternative « de rejet » à l’OLP. Le meurtre de six soldats israéliens en décembre 1992 par les guérilleros du Hamas était la preuve que l’entretien de l’Islam politique par Israël comme contrepoids à l’OLP avait été payant, mais pas comme il l’avait espéré. Si la montée du Hamas avait des effets secondaires mortels, elle fournit aussi un prétexte à l’IDF pour exercer de dures répressions au printemps 1993. Ce fut Gaza qui essuya le plus fort de l’attaque, car elle était considérée comme une « base du Hamas ». A l’occasion de cette vague de répression générale, Israël imposa aussi la fermeture des territoires « pour une période indéterminée », au prétexte d’« antiterrorisme ». Cela signifiait l’impossibilité d’aller travailler en Israël pour 189 000 Palestiniens.

La politique de fermeture avait été utilisée sporadiquement pendant les années 1990, comme « punition collective » après des attentats suicides ou d’autres attaques. Après la fermeture des territoires occupés en mars 1993, qui créa des pénuries de main-d’œuvre dans la construction et l’agriculture, le gouvernement donna le feu vert à l’emploi de travailleurs immigrés. C’est ainsi que l’Intifada obligea la bourgeoisie israélienne à mettre fin au monopole des Palestiniens au bas de l’échelle du marché du travail, et à trouver une source de main-d’œuvre bon marché moins volatile. A cause de leur position retranchée, il serait problématique de forcer les travailleurs juifs à occuper cette place. Au début de l’Intifada, des chantiers de construction à Jérusalem avaient tenté sans succès de recruter de la main-d’œuvre juive pour le double du salaire normal palestinien. De toute évidence, les travailleurs juifs ont tendance à être plus loyaux envers l’Etat, et auraient tendance à épouser les impératifs de sécurité. Mais, pour les pousser au bas de l’échelle du marché du travail, il faudrait renégocier le compromis de classe de l’après-1967, et il y avait déjà une pénurie de main-d’œuvre juive. Dans les années 1980, les Juifs quittaient Israël en plus grand nombre qu’ils n’y entraient. L’écroulement de l’URSS semblait fournir la solution, sous la forme d’une nouvelle vague d’immigrés potentiels. Cela n’allait pas sans problèmes, car les nouveaux immigrés avaient désiré aller en Amérique et pour se dédommager d’être coincés en Israël, ils exigeaient leur part du gâteau sioniste. Le bas de l’échelle du marché du travail était bien loin des carrières professionnelles que beaucoup d’entre eux avaient eues en URSS.

De plus, Israël avait besoin de l’aide américaine pour absorber les nouveaux immigrants, et parce que les atermoiements d’Israël sur les colonies agaçaient la bourgeoisie américaine, Bush père avait menacé de ne pas renouveler les prêts en 1991, et déclara clairement qu’Israël ne pourrait pas absorber les nouveaux immigrants sans progresser sérieusement dans la résolution de l’Intifada. Les immigrants russes sont devenus une pomme de discorde dans la société israélienne, car on pense généralement qu’ils ont trouvé leur place aux dépens des autres travailleurs juifs. On relie les augmentation de loyers dans les  » zones désirables « , qui mettent à la rue les Juifs les plus pauvres et accroissent la demande d’extension des colonies, à la nécessité d’intégrer l’afflux d’immigrants russes. Ce ressentiment, auquel s’ajoute une inquiétude générale au sujet de la détérioration du caractère exclusivement juif de l’Etat, a nourri des rumeurs concernant le manque d’authenticité de l’« identité juive » des nouveaux immigrants.

Ces inquiétudes sont encore alimentées par l’emploi de plus en plus généralisé de travailleurs immigrés non juifs d’Europe de l’Est et du Pacifique. Originaires surtout de Roumanie et des Philippines, quoique certains d’entre eux viennent de Jordanie et d’Egypte, ces travailleurs immigrés sont généralement employés par l’intermédiaire d’agences comme Manpower. Ils subissent de très mauvaises conditions de travail et de logement et il y a de nombreux cas de maltraitance physique par les employeurs (48). L’agence conserve systématiquement les passeports des travailleurs, ce qui les lie à leur travail s’ils veulent rester dans le pays. Beaucoup d’employeurs retiennent leurs salaires, et font reconduire leurs employés à la frontière s’ils essaient de les exiger. Récemment, on a obligé des travailleurs à payer une caution aux agences, qu’ils ne récupèrent que s’ils terminent leurs contrats. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que de nombreux travailleurs migrants décident qu’il vaut mieux travailler illégalement (49).

La plupart des ouvriers migrants de sexe masculin travaillent dans la construction et dans l’agriculture, mais surtout dans la construction. L’industrie de la construction a constamment besoin de plus de travailleurs immigrés et le gouvernement limite sans cesse le nombre de visas accordés, créant ainsi un marché pour les travailleurs immigrés illégaux. Les travailleurs immigrés travaillent pour moins cher que les Palestiniens d’Israël et des territoires, et, dans un cas, ce fut la cause d’un pogrom dans une ville palestinienne de Galilée contre des travailleurs squatters jordaniens et égyptiens.

Le chômage palestinien massif, la remise en cause de l’Autorité par le Hamas et l’isolement d’Arafat en raison de son soutien à l’Irak pendant la guerre du Golfe, tous ces éléments contribuèrent à l’affaiblissement de la force de négociation de l’OLP. Alors que la montée du Hamas représentait la politique de rejet de la petite-bourgeoisie locale, les capitalistes marchands et financiers de la diaspora étaient alors plus enclins à accepter l’offre d’un mini-Etat palestinien appauvri. Après tout, ils n’avaient pas besoin de terres pour faire des profits et, contrairement à la petite-bourgeoisie locale, ils n’affrontaient pas les réalités quotidiennes de la domination israélienne. D’autre part, ils auraient pu mettre en danger la sécurité relative de leur position en s’engageant trop avant contre le « nouvel ordre mondial ».

INTIFADA 6. Le « processus de paix » d’Oslo (1993-2000)

Le « processus de paix » d’Oslo (1993-2000)

D’abord connus comme les « accords Gaza-Jéricho », les accords d’Oslo étaient une reprise des transactions que l’OLP rejetait depuis des années. On offrit à l’OLP d’administrer Gaza et Jéricho, dans un premier temps. Bien qu’on ait accordé, avec mauvaise grâce, un territoire plus étendu, Israël contrôle toujours les frontières, la politique étrangère, etc. Toutefois, la transaction était si humiliante pour l’OLP que même Israël s’inquiétait d’avoir eu la main trop lourde. Au Caire, le ministre de l’environnement israélien a prévenu qu’une OLP « vaincue » n’était pas plus dans l’intérêt d’Israël qu’une OLP victorieuse. « Quand on tord le bras d’Arafat au nom de la sécurité, il faut faire attention de ne pas le casser. Avec un bras cassé, Arafat ne pourra pas garder le contrôle de Gaza et de Jéricho (50).»

On a souvent comparé cet accord au système des « bantoustans » qui existaient en Afrique du Sud. La poursuite de la colonisation et la construction de routes réservées aux seuls colons ont renforcé cette similitude. La plupart des groupes nationalistes palestiniens s’opposèrent aux accords d’Oslo dès le départ mais décidèrent de s’en tenir à leur rôle d’« opposition loyale ». Le Hamas poursuivit ses attaques contre les Israéliens mais pas contre l’Autorité palestinienne. Au début du règne de l’Autorité palestinienne, le Hamas déclara : « Nous accueillons les forces de sécurité palestiniennes comme des frères » et jura de « réduire les jours d’appel à la grève séparée pour alléger le fardeau économique de notre peuple. » Des groupes léninistes, principalement le FDLP (Front démocratique pour la libération de la Palestine) et le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) reçoivent moins de soutien que le Hamas et semblent inefficaces. Ils s’opposent à Oslo mais n’ont pas préconisé une lutte active contre l’Autorité palestinienne ou même contre Israël, du moins jusqu’au début de l’Intifada.

Le rôle policier de l’OLP

Malgré son rôle d’« opposition loyale », la résistance en Cisjordanie et à Gaza ne disparut pas lorsque l’Autorité palestinienne arriva au pouvoir. L’arrivée d’Arafat à Gaza le 1er juillet 1994 ne fut pas l’accueil triomphal réservé à un héros, comme il l’avait espéré, et l’Autorité palestinienne se démena désespérément pour exciter la joie des masses à son retour d’exil. Les prolétaires de Gaza s’intéressaient plus au prix des nécessités de base. Les prix des légumes avaient grimpé de 250 % en raison des conditions relativement libres d’exportation vers le marché israélien accordées aux produits agricoles palestiniens sous l’égide du Protocole de Paris en 1994.

Israël contribua à envenimer la situation en fermant immédiatement la Bande de Gaza et en tuant des Palestiniens lors des émeutes qui s’ensuivirent (51). Pour se venger, le Hamas tua des Israéliens et la nouvelle Autorité palestinienne dénonça les attaques contre Israël et jura de coopérer avec Israël pour s’opposer à toute attaque future. Ceci entraîna immédiatement de grands rassemblements pour protester contre la position de l’Autorité palestinienne. Pour Israël, l’Autorité palestinienne dans les zones les plus peuplées voulait dire faire passer le poids politique du maintien de l’ordre public sur les épaules de la bourgeoisie palestinienne, qui ne s’encombrait pas des contrôles mutuels (entre la police et la justice) que les formes démocratiques occidentales de style européen imposaient à Israël. L’Autorité palestinienne dépense la plus grosse partie de son budget pour la sécurité, avec un policier pour trente Palestiniens, la plus grande partie de l’argent destinée aux réformes économiques « s’est perdue » grâce à une Autorité palestinienne notoirement corrompue (52). L’Autorité palestinienne a rétabli la peine de mort, utilisée pour mettre en scène des exécutions publiques de « collaborateurs » pendant la nouvelle Intifada, et a emprisonné de très nombreuses personnes sans procès, généralement ses adversaires politiques.

Malgré la répression exercée dans les zones contrôlées par l’Autorité, il y eut des manifestations et des grèves générales pour protester contre la manière dont étaient traités les militants du Hamas. Dans les camps de réfugiés de Gaza, dont tout le monde sait qu’Arafat n’avait aucune envie de les visiter, il y eut plusieurs bagarres pendant l’été 2000 avec la sécurité de l’Autorité ; des opposants furent arrêtés et emprisonnés sans procès. 200 enseignants quittèrent leur syndicat, trop proche de l’Autorité palestinienne, organisèrent un nouveau syndicat, fermèrent les écoles et s’engagèrent dans une longue grève reconductible (53). Beaucoup d’entre eux sont en prison. Dernièrement aussi, vingt universitaires et membres des professions libérales qui vivent dans les zones contrôlées par l’Autorité ont publié et distribué un manifeste critiquant l’Autorité palestinienne.

LE PROCESSUS DE PAIX

ET LA RESTRUCTURATION DU CAPITAL ISRAELIEN

Pour cette partie de la bourgeoisie israélienne qui cherchait un compromis avec les Palestiniens, Oslo représentait une troisième voie, entre l’accumulation intensive des années 1970 et les rêves expansionnistes d’un Grand Israël. Si ce n’était pas par la conquête, ce serait par une plus grande intégration dans l’économie de la région que le capital israélien chercherait de nouveaux centres d’investissement. Il fallait cesser de contrôler les importations, augmenter la concurrence, et privatiser les grands conglomérats détenus par l’Etat, en étendant le rôle des sous-traitants et des agences de placement privés. Pour l’Etat israélien, cela signifiait mettre la classe ouvrière israélienne au pas, tout en se débarrassant du fardeau politique du contrôle social de la classe ouvrière palestinienne au profit du nouveau mini-Etat palestinien.

Mais la panacée d’Oslo se heurta à l’opposition des prolétaires israéliens et palestiniens. En 1996, trois ans après que Yasser Arafat et Yitzhak Rabin se furent serré la main sur la pelouse de la Maison Blanche, les tentatives du gouvernement du Likoud pour introduire la privatisation entraînèrent une vague de troubles sociaux, tandis que la construction d’un tunnel à Jérusalem déclencha des émeutes, ce qui causa le plus grand nombre de morts palestiniens en vingt ans d’occupation. Cependant, ces luttes n’étaient pas reliées, et les tentatives de rationalisation économique que représentait Oslo continuèrent dans l’indifférence générale.

La classe ouvrière palestinienne

Grâce à Oslo, la bourgeoisie israélienne avait gagné du temps pour remplacer la main-d’œuvre palestinienne, bon marché mais peu disciplinée, par une main-d’œuvre moins chère et moins volatile. Des milliers de Palestiniens furent licenciés pendant la guerre du Golfe. Cela fut possible parce qu’on pouvait les remplacer par des travailleurs immigrés, comme on l’a vu précédemment. L’utilisation d’une main-d’œuvre migrante a permis à Israël de mettre en place un blocus des territoires bien plus efficace que lors de la précédente Intifada. Les barrages imposés lorsque l’Autorité palestinienne arriva au pouvoir rendirent difficile voire impossible pour les Palestiniens d’aller travailler en Israël. Cela contribua à créer les conditions d’un chômage massif à Gaza, car les travailleurs devaient réussir à passer à travers les barrages pour se rassembler sur les « marchés aux esclaves » à un carrefour de Jaffa, au lieu que les employeurs aillent chercher les travailleurs dans les « marchés aux esclaves » des territoires (54). Mais, comme Peres l’a dit en novembre 1994, trois mois après les émeutes du check-point d’Erez, « si les Palestiniens ne peuvent plus travailler en Israël, nous devons créer les conditions qui amèneront des emplois aux travailleurs (55) ».

Ceci se fait de deux manières. Certains Palestiniens travaillent dans les nouvelles zones industrielles, et on en prévoit d’autres juste en deçà des frontières jordanienne et libanaise. (56) Beaucoup d’autres Palestiniens travaillent pour des sous-traitants palestiniens. Les sous-traitants importent des matières premières israéliennes et versent des salaires très bas. Les marchandises produites sont vendues au détail par des entreprises israéliennes, permettent aux patrons israéliens d’accroître leurs profits grâce aux niveaux des salaires palestiniens. Cette nouvelle coopération entre les bourgeoisies arabe et israélienne n’a pas seulement détérioré les conditions de travail du prolétariat palestinien, elle a aussi étendu la prolétarisation de la petite-bourgeoisie palestinienne. Par exemple, les investisseurs israéliens et palestiniens sont en train de monter une grande zone industrielle pour fabriquer des produits laitiers juste à l’intérieur de la frontière, du côté de l’Autorité palestinienne, avec Tnuva, une des plus grandes entreprises agroalimentaires israéliennes. Ceci affaiblira et mettra sans doute en faillite la plupart des éleveurs laitiers palestiniens, qui emploient actuellement 13 % des travailleurs palestiniens dans les territoires.

La bourgeoisie palestinienne accepte sa subordination au capital israélien, d’abord parce qu’elle en profite, ensuite parce qu’un désengagement complet de l’économie israélienne l’exposerait à la concurrence de capitaux voisins ayant accès à une main-d’œuvre moins chère. Cela entraînerait d’autres affrontements avec la classe ouvrière. Toutefois, les bourgeoisies israélienne et palestinienne (ainsi que la bourgeoisie jordanienne) ont toutes un intérêt commun à maintenir l’énorme réserve de main-d’œuvre bon marché des territoires pour attirer l’investissement israélien, palestinien et international.

La classe ouvrière juive

Bien que les Palestiniens soient peu à peu exclus du marché du travail israélien, les travailleurs immigrés ne sont pas la solution idéale. Idéalement, il faudrait que le capital israélien fasse empirer les conditions de travail de la classe ouvrière juive. Mais quand le Likoud essaya d’engager plus de privatisations, en 1996, il y eut une recrudescence des troubles dans la classe ouvrière juive. Oslo représente une tentative supplémentaire pour continuer à fractionner l’économie israélienne en emplois bien rémunérés et en emplois précaires mal payés, et pour renégocier le compromis de classe de l’après-1967. La tentative d’Oslo pour « normaliser » les relations commerciales avec le monde arabe ne peut qu’exposer la classe ouvrière en Israël à la concurrence des travailleurs moins bien payés dans les Etats voisins. C’est très rentable puisque leurs salaires sont encore plus bas que ceux des Palestiniens israéliens. L’accord de paix avec la Jordanie comportait des dispositions prévoyant la libre circulation des capitaux, donc les entreprises israéliennes délocalisèrent immédiatement en Jordanie pour utiliser la main-d’œuvre moins chère. Ce qui augmenta le chômage des ouvriers juifs dans des zones comme Dimona, et des travailleuses arabes du textile dans le Nord, dont le taux de chômage, de 8 %, est en augmentation.

En même temps qu’il favorise les licenciements dans le secteur privé, l’accord d’Oslo entraîne une insécurité économique croissante pour les travailleurs du secteur public. Un bon nombre de travailleurs juifs du secteur public ont maintenant des contrats à durée déterminée, particulièrement les femmes, les jeunes et les nouveaux immigrants, et la sous-traitance existe aussi dans le secteur public où elle dégrade les conditions de travail. Les Juifs au chômage doivent prendre n’importe quel travail, une expérience que nous connaissons bien ici*. L’Histadrout couvre de moins en moins de travailleurs, s’appelle maintenant la « Nouvelle Histadrout », et effectue des sondages pour savoir pourquoi les gens ne lui font pas confiance. Récemment, un syndicat des chemins de fer indépendant a organisé une grande grève pour exiger que l’Histadrout le reconnaisse. Les travailleurs intérimaires aussi ont tenté d’organiser un syndicat (57).

Pour tenter de faire taire la classe ouvrière juive, on a accompagné ces mesures d’une accélération du rythme de construction des colonies dans les territoires occupés. Bien que chaque nouvel accord conclu par l’entremise de l’Amérique comporte une promesse israélienne d’arrêter la construction des colonies, la bourgeoisie israélienne n’a pas d’autre choix que d’ignorer ces promesses pour tenir compte des besoins des travailleurs juifs. Pour le moment, Israël essaie de contourner le problème en « judaïsant » des zones arabes à l’intérieur de la Ligne verte, politique directement responsable de l’engagement des Arabes israéliens dans l’Intifada actuelle.

Intifada. 8. Conclusion. De la révolte à la guerre ?

Conclusion.

De la révolte à la guerre ?

Le « processus de paix » mettait en évidence la prise de conscience par la bourgeoisie israélienne de la nécessité de l’OLP pour contrôler le prolétariat palestinien. L’OLP se retrouvait donc coincée entre la récompense qu’elle pouvait espérer en faisant le sale boulot et son besoin de conserver sa capacité idéologique de récupérer les luttes prolétariennes. L’éruption de la nouvelle Intifada a montré son échec sur ces deux points.

En Israël, les manifestations de la résistance de la classe ouvrière à la rationalisation économique des années 1990 étaient plus feutrées qu’ailleurs., Egypte et Tunisie par exemple. Cependant, pour compenser l’insécurité accrue des travailleurs juifs, il fallait accélérer la construction des colonies, et donc, cela entraînait l’intransigeance de l’Etat israélien dans ses négociations avec les Palestiniens. La construction de colonies en Cisjordanie se déroulait parallèlement à la « judaïsation » de la Galilée en Israël proprement dit. Cela signifiait l’intensification du harcèlement contre les chômeurs et des démolitions des maisons des Palestiniens israéliens pendant la période qui a débouché sur une nouvelle éruption de l’Intifada en 2000.

Les signes d’une escalade de l’Intifada jusqu’à ce qu’elle devienne un conflit militaire rangé n’ont pas entraîné la disparition totale des soulèvements civils. Certaines sections de la bourgeoisie palestinienne veulent imposer à nouveau des formes de lutte civile de masse pour essayer de désamorcer l’Intifada. Pourtant jusqu’à présent, elles n’ont pas réussi. L’Intifada a conduit à l’abandon par la bourgeoisie israélienne du « processus de paix » ; mais la dépendance de cette bourgeoisie à l’égard des Etats-Unis, qui ont d’autres préoccupations au Moyen-Orient, a limité ses possibilité d’intensification de la répression du soulèvement. Alors, dans quelle mesure l’Intifada est-elle l’expression modérée d’une guerre de classe, et dans quelle mesure est-elle une lutte de libération nationale ? Et si les travailleurs n’ont pas de pays, pourquoi les travailleurs continuent-ils à soutenir le nationalisme ?

Souligner les attaques récentes des Palestiniens contre les formes établies de représentation politique n’est qu’une partie de la réponse, car on a souvent dit que ces représentants n’étaient pas assez nationalistes. Dans ce scénario, la crise de légitimité de l’OLP n’implique pas le rejet de toutes les formes de représentation, mais conduit plutôt à un soutien de masse pour une forme de représentation nationaliste plus militante, par exemple le Hamas.

En raison de la subordination de la bourgeoisie palestinienne, de nombreux Palestiniens ont été obligés de travailler pour le capital d’Israël, soit à l’intérieur de la Ligne verte, soit dans la construction des colonies. Pour eux, le visage du patron est le gouvernement militaire israélien. Il leur serait donc possible de s’identifier aux commerçants petit-bourgeois en tant que Palestiniens plutôt qu’en tant que prolétaires, car ces derniers subissent les mêmes nombreuses humiliations et privations quotidiennes imposées par Israël. En l’absence d’une révolution, leurs vies de tous les jours en tant que travailleurs pourraient s’améliorer s’il existait une bourgeoisie palestinienne fonctionnelle, capable d’investir dans des industries et de leur donner du travail, procurant ainsi un revenu aux deux classes.

Pour conclure, les appels rituels à une solidarité abstraite entre travailleurs juifs et palestiniens démontrent l’ignorance des divisions très concrètes dont les deux groupes font l’expérience quotidiennement.

Le « processus de paix » avait l’air prêt à s’attaquer partiellement à ces divisions, en intégrant l’Etat israélien dans le reste du Moyen-Orient. Implicitement, ce processus était une agression contre la position retranchée des travailleurs juifs qui les obligerait à se fondre dans le reste de la classe ouvrière de la région, quoique dans une position relativement privilégiée. Ceci s’est heurté à la résistance de la classe ouvrière, comme dans cette grève chez Tempo Beers déclenchée par des Arabes et des Juifs israéliens, que la gauche israélienne a salué comme un exemple rare de solidarité de classe entre Juifs et Palestiniens. Comme nous l’avons fait remarquer dans le numéro 2 d’Aufheben, le soutien de masse en faveur du nationalisme exprime une « identité superficielle » d’intérêts de classe contradictoires (63).

Dans le cas des travailleurs juifs en Israël, la position privilégiée qu’ils occupent par rapport aux Palestiniens est née de leur combativité. La place des travailleurs juifs exige la domination du capital israélien sur les territoires occupés. La subordination de la bourgeoisie palestinienne a aiguisé les antagonismes de classe dans les territoires, c’est pourquoi elle doit retourner la colère prolétarienne exclusivement contre Israël. Parce que les deux classes palestiniennes partagent l’expérience de la répression par les autorités israéliennes, il semble que l’alliance nationale entre les prolétaires et la petite-bourgeoisie soit plus forte que les liens de solidarité de classe entre travailleurs palestiniens et juifs. Les attaques des nationalistes palestiniens visent de plus en plus souvent toutes les manifestations de la domination israélienne, surtout les colons eux-mêmes, et même des civils en Israël. Le danger physique dans lequel se trouvent les travailleurs juifs les pousse à soutenir les impératifs de sécurité de l’Etat israélien.

Aussi bien chez les Palestiniens que chez les Israéliens, on note des tendances à résister à leur incorporation dans les machines étatiques opposées et leur logique de guerre. Mais en fin de compte, il est impossible de trouver, dans les limites de ce conflit étudié isolément, une transformation de ces tendances en mouvement social capable de sortir de l’impasse de deux nationalismes qui se renforcent mutuellement. Ou plutôt, une telle transformation est liée à la généralisation des luttes prolétariennes au Moyen-Orient, et de façon vitale, en Occident. Selon l’intensité de la résistance de classe qu’elle générera, surtout à une époque de récession mondiale,  » la guerre contre le terrorisme  » ouvre au moins la perspective de cette généralisation.


 

Notes

 

* Ce texte est paru en 2002 en Grande-Bretagne. (NDE.)

(1) Elle a aussi tendance à nier le statut de « véritable » nationalisme du sionisme, en se concentrant sur son racisme d’exclusion. Bien que cela soit vrai du sionisme, elle oublie que le nationalisme est toujours basé sur l’exclusion et n’a donc rien à voir avec le communisme.

(2) The New Intifada : Israel, Imperialism and Palestinian Resistance (La Nouvelle Intifada, Israël, l’impérialisme et la résistance palestinienne), brochure du Socialist Worker, janvier 2001.

* En 1951, le Premier ministre iranien Mossadegh décida la nationalisation du pétrole. Opposé à cette politique, le chah Reza Pahlavi le destitua et le fit arrêter en 1953 (NDE).

(3) « Somalia and the « Islamic Threat » to Global Capital » (La Somalie et la « menace islamiste » pour le capital mondial), Aufheben n°2, été 1993.

(4) Contrairement à l’URSS qui, à cette époque, avait très peu à offrir à ses clients potentiels. Il lui était impossible d’offrir les gigantesques encouragements financiers des Américains, et au lieu des mille et une manières d’aider un état arabe dont disposait le capital, l’Union soviétique ne pouvait offrir qu’une aide militaire et une assistance technique limitée. Contrairement aux Etats-Unis, la politique russe au Moyen-Orient était rudimentaire, ne pouvant apporter qu’une protection extrêmement limitée, même à son plus proche allié, la Syrie.

(5) « Somalia and the « Islamic Threat » to Global Capital », Aufheben, Op. cit. Voir aussi : « When crusaders and assassins unite, let the people beware » (Quand les croisés et les assassins s’unissent, que le peuple prenne garde), Midnight Notes, 1990.

(6) En 1979, le traité de paix israélo-égyptien ne faisait que souligner à quel point l’Egypte était entrée dans l’orbite américaine depuis la mort de Nasser.

(7) Voir : « Capistalist Carnage in the Middle East » (Carnage capitaliste au Moyen-Orient), Wildcat n°6, 1983.

(8) Tellement anti-occidental que le régime baasiste d’Irak, panarabe mais antichiite, dut être utilisé pour neutraliser l’Iran dans les années 1980.

(9) Bien sûr, il s’agit là d’un arrangement réciproque : le nationalisme israélien est renforcé par l’impression que « les Arabes veulent nous balancer dans la mer ».

(10) « La contradiction fondamentale du sionisme était de vouloir sauver le Juif en tant que Juif, c’est-à-dire les relations communautaires datant de bien avant le capitalisme moderne, en l’intégrant dans le monde le plus moderne du capitalisme. » (« Avenir d’une révolte », Le Brise-Glace, 1988.) Ainsi que nous le verrons, la logique contradictoire de cette idéologie revêt en pratique la forme de tendances qui sapent cette même identité, par exemple dans le cas où Israël s’intégrerait plus au Moyen-Orient.

(11) L’une des principales organisations juives était le Bund (syndicat général des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie), créé en 1898 pour relier différents groupes de travailleurs juifs de l’empire tsariste. Il fit brièvement partie du POSDR, le Parti ouvrier social-démocrate russe, qui scissionna plus tard en deux groupes : les mencheviks et les bolcheviks. En 1903, le Bund comptait 40 000 adhérents. Il était « une avant-garde dans le mouvement ouvrier russe » et « un soutien de la classe ouvrière beaucoup plus sincère » que tous les autres groupements de travailleurs d’Europe de l’Est (voir Nathan Weinstock, Le Sionisme, faux messie, Paris, 1969). Bien qu’ardemment opposé au sionisme organisé, le Bund connut toujours en son sein un débat pour savoir jusqu’à quel point il devrait soutenir ou encourager le nationalisme juif. Il s’agissait de savoir si l’exigence d’un état juif briserait la solidarité de la classe ouvrière et l’éloignerait de la lutte de classe, et si les travailleurs juifs devaient s’organiser à l’écart des autres travailleurs. Tout en organisant les luttes ouvrières, le Bund réussit aussi à organiser la défense contre les pogroms en s’associant avec des non-Juifs. Mais lorsque ses adhérents chutèrent de 40 000 à 500, il devint de plus en plus nationaliste.

(12) On dit même que David Ben Gourion (le premier Premier ministre d’Israël) avait un buste de Lénine sur son bureau, mettant en évidence l’influence du bolchévisme sur la classe ouvrière juive européenne.

(13) Le baron de Rothschild, qui était d’avis que la colonisation juive était une bonne façon de servir les intérêts français, parraina la première immigration sioniste en Palestine à la fin du XIXe siècle. Il avait sa propre administration qui pouvait vaincre l’insubordination par la force. Les colons devaient signer un contrat par lequel ils s’engageaient à n’appartenir à aucune organisation non autorisée et à reconnaître qu’ils n’étaient que des tâcherons sur les terres du baron qui produisaient principalement du vin. Ce projet très coûteux exigeait plusieurs milliers de livres pour installer chaque famille de colon (Nathan Weinstock, Le Sionisme, faux messie (Op. cit.).

(14) « Des centaines d’Arabes se rassemblent sur la place du marché, près de la résidence des travailleurs, ils attendent ici depuis l’aube. Ce sont des ouvriers saisonniers… il y en a à peu près 1 500 chaque jour, et nous, quelques dizaines de travailleurs juifs, restons souvent sans travail. Nous aussi venons au marché pour trouver une offre d’emploi pour la journée » (Ibid.).

(15) Voir le pamphlet de Moshe Postone : Anti-sémitisme et national-socialisme.

(16) « Ce problème fut le principal conflit dans la communauté des colons pendant les trois premières décennies du siècle. » (Op. cit,. p. 71.)

(17) Ce genre d’action était courant chez les sionistes de gauche, par exemple ceux qui travaillaient dans les compagnies ferroviaires appartenant aux Britanniques dans la Palestine sous mandat (une des plus grosses industries de Palestine à cette époque). Parmi ces Juifs de gauche, on parlait de solidarité de la classe ouvrière et on essayait de créer des syndicats juifs et arabes unitaires. Pourtant, en même temps, ils faisaient partie des piquets de grève et faisaient pression sur les employeurs britanniques pour qu’ils n’utilisent que de la main-d’œuvre juive.

(18) L’Irgoun Zwaï Leumi fut créée en 1931 par la milice de droite alors que la gauche était de plus en plus sous le contrôle de l’Haganah (la milice principale).

(19) Nous n’utilisons pas ici le mot « corporatistes » comme les « antimondialisation » dans le sens de « domination de l’entreprise », etc. (voir « Anticapitalism as ideology… and as movement ? » (L’anticapitalisme en tant qu’idéologie… et en tant que mouvement ?), Aufheben n° 10. Nous faisons allusion à des pratiques social-démocrates telles que les accords tripartites entre l’Etat, les syndicats et les employeurs. Bien sûr, dans le cas du sionisme travailliste, l’Histadrout jouait en grande partie les trois rôles.

(20) Là où ce n’était pas le cas, l’Etat d’Israël y pourvoyait de diverses manières, y compris en s’arrangeant pour qu’une bombe explose dans une synagogue en Irak et en payant le gouvernement irakien pour chaque émigrant Juif en Israël.

(21) Voir « Deux guerres locales », Internationale situationniste n° 11, p. 13, avril 1967.

(22) La plupart des salaires étaient réévalués tous les six mois. Une augmentation du taux d’inflation signifiait une diminution du salaire réel jusqu’à ce que les salaires soient relevés. Ce décalage dans la ré-évaluation des salaires avait donc tendance à transférer un revenu des salaires vers les profits.

(23) En 1978, l’opposition au Likoud des classes moyennes travaillistes sionistes se concentrait sur la construction des colonies. La « lettre des officiers » s’opposait à cette expansion car elle menaçait le « caractère juif et démocratique de l’Etat ». Cet « écart croissant entre les pratiques démocratiques occidentales et celles d’Israël » constituait la base idéologique du Mouvement pour la paix. Celui-ci oubliait un peu vite que les colonies avaient commencé alors que le Parti travailliste était au pouvoir. Cette disparité, sur laquelle il avait facilement fermé les yeux avant 1967, devenait de plus en plus visible avec l’occupation. Les éléments plus radicaux du Mouvement pour la paix étaient confrontés à quelque chose de presque impensable dans la société israélienne : le refus frontal du service militaire. En raison du caractère essentiel du service militaire obligatoire dans la reproduction de la société israélienne, ce refus créait des divisions très importantes dans le mouvement. Son aile dominante, La Paix maintenant, dénonça une lettre envoyée par des réservistes au ministère de la Défense, dans laquelle ils menaçaient de refuser de défendre les colonies. L’« objection de conscience » gagna en légitimité en 1982, car l’invasion du Liban remettait en cause ce que de nombreux sionistes travaillistes considéraient comme le rôle exclusivement défensif de l’IDF (Israeli Defence Force, Force de défense israélienne). 160 soldats furent condamnés pour avoir refusé de prendre part à l’invasion. Pourtant, la consommation de marijuana dans l’armée et la crise économique menaçaient bien plus l’effort de guerre au Liban que l’« objection de conscience ». Jusqu’à un certain point, on pouvait intégrer cette dernière en autorisant le nombre relativement réduit de refuseniks à plaider la folie et en les retirant des zones de combat. La manifestation de 400 000 personnes contre les massacres de Sabra et Chatila en 1982 est généralement considérée comme l’empreinte la plus importante du mouvement israélien contre la guerre. La guerre au Liban n’avait pas été la victoire rapide qu’on attendait, et beaucoup de parents devaient envisager de voir revenir leurs enfants dans des sacs mortuaires.

(24) Le ministre de la Défense israélien, Yitshak Rabin, en 1985.

(25) « The agonizing transformation of the Palestinian peasants into proletarians » (La douloureuse transformation des paysans palestiniens en prolétaires), p. 1, International Library of the Communist Left, http://www.sinistra. net/lib/upt/compro/liqe/liqemcibue.html

(26) Op. cit. p. 3  » Fellah  » signifie paysan.

(27) Op. cit., p. 3.

(28) En 1973, 52 % travaillaient dans la construction et 19 % dans l’agriculture, les secteurs les plus mal payés.

(29) Voir « The Palestinian proletariat is spiling its blood for a bourgeois state » (Le prolétariat de Palestine verse son sang pour un Etat bourgeois), Revolutionary Perspectives n° 20, hiver 2001 (revue de la CWO, Communist Workers’ Organization).

(30) Ibid.

(31)  » In memory of the proletarian uprising in Tel-Al-Zatar  » (En mémoire du soulèvement prolétarien de Tel-al-Zaatar) : Worldwide Intifada n°1, été 1992.

(32) Ibid.

(33) Les Phalangistes étaient des milices chrétiennes, soutenues par Israël.

(34) « In memory of the proletarian uprising in Tel-Al-Zatar », op. cit..

(35) A peu près à cette époque, les différentes factions nationalistes s’étaient unies, avec l’aide de médiateurs russes, et le PCP (Parti communiste palestinien) était membre à part entière de l’OLP. Il faut remarquer à ce stade que cette réconciliation a eu lieu sous la pression des Palestiniens des territoires, de plus en plus assiégés par les nouvelles colonies.

(36) Voir : « Palestinian autonomy ? Or the autonomy of our class struggle ? » (Autonomie palestinienne ? Ou l’autonomie de notre lutte de classe ?), Worldwide Intifada n° 1, 1992.

(37) Voir :  » Intifada : uprising for nation or class ?  » (L’Intifada : soulèvement nationaliste ou de classe ?), Op. cit.

(38) Rapport de l’IDF, cité dans Op. cit.

(39) Ibid.

(40) D’après « Call no 2. The united national leadership for escalating the uprising in the occupied territories, January 10, 1988 » (Appel n°2. La direction nationale unitaire pour l’extension du soulèvement dans les territoires occupés, 10 janvier 1988), No voice is louder than the voice of the uprising, Ibal Publishing Ltd, 1989.

(41) D’après « Call no 32. The call of revolution and continuation, January 8, 1989 » (Appel n° 32. L’appel à la révolution et à sa poursuite, 8 janvier 1989), Op. cit.

(42) Cité par Andrew Rigby, Living Intifada (Vivre l’Intifada), Zed Books 1991.

(43) Par exemple en partageant la tribune avec Meretz (parti israélien du centre gauche).

(44) Voir : « Avenir d’une révolte » (Le Brise-glace, 1988).

(45) On peut exagérer, et c’est souvent le cas, l’importance ou la taille de ce mouvement, qui a toujours été assez réduit.

(46) Voir Andrew Rigby, op. cit. L’islamisme est un mouvement politique moderniste, mais qui se réfère à des formes précapitalistes. Ainsi, comme le fascisme, il peut se positionner à la fois contre le communisme et contre le capitalisme (son opposition au capitalisme est en réalité une opposition morale à  » l’« usure » : l’intérêt). Comme certaines formes d’antisémitisme et d’anti-américanisme, c’est un faux anticapitalisme.

(47) D’après Graham Usher. Palestine in crisis : the struggle for peace and political independence after Oslo (La Palestine en crise : la lutte pour la paix et l’indépendance après Oslo), Pluto Press, 1995.

(48) Voir Kav la Oved (Workers’Hotline) http://www.kavlaoved. org.il//index_en.html).

(49) Il y a environ 100 000 travailleurs étrangers en Israël. Plus de 66 000 travaillent dans la construction (sur un total de 160 000 ouvriers du bâtiment). Dans la construction, environ 51 000 de ces travailleurs étrangers sont déclarés et 15 000 sont illégaux.

(50) Graham Usher, op. cit.

(51) Beaucoup d’émeutes, surtout au passage d’Erez, furent déclenchées par les milliers de Palestiniens qui ne pouvaient pas aller travailler dans la zone industrielle, de l’autre côté de ce passage. Au cours d’une de ces émeutes, une station d’essence fut brûlée, des bus flambèrent sur un parking, 65 ouvriers agricoles palestiniens furent blessés et 2 tués. La nouvelle police palestinienne échangea des tirs avec l’armée israélienne et 25 soldats furent blessés. Le même mois, des travailleurs de Gaza se heurtèrent à l’IDF pendant des émeutes pour le pain.

(52) Une des raisons d’insister sur la sécurité est de faire de la place pour les cadres du Fatah, en leur donnant un travail.

(53) Les enseignants dans les zones sous Autorité palestinienne sont plus prolétarisés qu’en Occident en général, car leur salaire n’est pas suffisant pour vivre, et ils doivent travailler comme ouvriers agricoles, etc. pendant les vacances.

(54) Pendant les premiers jours de l’Autorité palestinienne, le taux de chômage à Gaza avait atteint 60 %, et seuls 21 000 des 60 000 Palestiniens travaillant en Israël étaient autorisés à y entrer. Après des émeutes, Israël ferma la Bande de Gaza pour une période indéterminée. Le taux de chômage s’aggrava lorsque Khadafi expulsa tous les Palestiniens de Lybie, dans un geste de solidarité avec l’OLP !

(55) Cité dans Graham Usher, op. cit. Ces mesures sont particulièrement utiles puisqu’elles permettent aux entreprises israéliennes de vendre leurs produits, par l’intermédiaire de sous-traitants arabes, aux Etats arabes qui ne veulent pas avouer qu’ils commercent avec Israël.

(56) Dès le début de cette Intifada, le gouvernement jordanien a demandé officieusement que le ministre de l’Industrie et du Commerce établisse deux autres zones industrielles en Jordanie.

* En Grande-Bretagne, NDT.

(57) Cela concerne Kav la Oved (Workers’Hotline), l’un des nombreux groupes issus de la scission de Matzpen. Ils soutiennent les travailleurs vulnérables devant les tribunaux, ils s’occupent surtout des prud’hommes politicards. Ils publient aussi dans la presse des informations telles que les reconduites à la frontière des travailleurs immigrés et les licenciements abusifs de travailleurs palestiniens.

(58) Graham Usher :  » Palestine : the Intifada this time  » (Palestine : l’Intifada actuelle), Race & Class, vol. 42 n° 4.

* National Intifada Force, NDT.

(59) La participation des Arabes à l’intérieur d’Israël ne s’est pas limitée aux Palestiniens israéliens. Il y eut aussi une vague de démissions de soldats druzes (secte arabe, ils sont censés servir dans l’armée israélienne) de l’IDF. Le village de l’un de ces soldats refusa de l’inhumer après sa mort dans des affrontements avec les Palestiniens.

(60) C’est-à-dire dans les zones où sont généralement abandonnés les immigrants juifs d’Ethiopie.

(61) Et pendant l’été 2000, un MK arabe fut accueilli par une pluie de pierres quand il vint parler au camp de réfugiés d’Al Baqaa (Jordanie).

(62) Et la majorité du mouvement pour la paix a rendu l’âme parce que « sans partenaire pour la paix ».

(63) « Yugoslavia unravelled : class decomposition in the « New World Order » » (La Yougoslavie effilochée : la décomposition des classes dans le nouvel ordre mondial), Aufheben n° 2, été 1993 : « Le nationalisme reflète l’identité superficielle des intérêts qui existent entre une bourgeoisie nationale donnée et le prolétariat de son pays tant que les relations sociales capitalistes perdurent. Identité d’intérêts, parce que la valorisation et la réalisation du capital fournissent à la fois aux capitalistes et aux travailleurs une source de revenus grâce auxquels, en tant que sujets indépendants sur le marché légalement séparé des moyens de production, on peut acheter des marchandises pour satisfaire ses besoins (quoique sous une forme aliénée). Superficielle, parce que, alors qu’il ne se présente pas spontanément comme tel, ce processus est celui de l’exploitation de classe et donc de l’antagonisme de classe. Dans la mesure où la bourgeoisie s’organise à un niveau national, et dans la mesure où parler d’économies nationales a encore du sens, le prolétariat se retrouve inclus dans une classe universelle divisée par les séparations nationales. Tant que nous demeurerons dans la défaite, c’est-à-dire tant que la forme de la valeur existera, alors le nationalisme se nourrira de cette division. Le capital est peut-être un, mais c’est un « un » différencié dont l’unité se construit grâce à la concurrence à un niveau international. Comme la concurrence sur le marché mondial est basée sur des produits moins chers, accepter « l’intérêt national » et consentir des sacrifices à la bourgeoisie nationale peut entraîner plus d’exploitation pour la classe ouvrière, la résignation à une vie de mort-vivant ou une véritable vie de chair à canon, mais cela augmente aussi la compétitivité du capital national sur le marché mondial, rendant sa réalisation plus probable, et contribuant ainsi à assurer aux deux classes un revenu futur. »

(31 janvier 2006)

 

Coronavirus – Le pouvoir a bien du mal à forcer la vaccination (vidéo)

Par : do

http://mai68.org/spip2/spip.php?article8791

Propagande du gouvernement pour les vaccins anti-covid

Enregistré sur France 2 le 20 mai 2021 au 20 heures

Cliquer ici pour télécharger la vidéo

Bonjour à toutes et à tous,

L’État est tellement désespéré avec sa campagne de vaccination contre le coronavirus qu’il en vient à dire et faire n’importe quoi à propos des vaccins.

Soit-disant que maintenant les vaccins Pfizer se conservent 1 mois au lieu de cinq jours auparavant. Le pouvoir en vient à dire, contre toute évidence, et contre ce qu’il a dit lui-même auparavant, que tous les vaccins sont efficaces contre tous les variants du coronavirus.

Comme plus personne, parmi les gens autorisés ne veut se faire vacciner, l’État ouvre les vaccins à tout le monde bien plus tôt que prévu.

Il y a une propagande gigantesque de l’État pour la vaccination. Ce qui prouve que cette maladie n’est pas si grave. Si par hasard le coronavirus tuait autant que la peste, comme on a essayé de nous le faire croire au début, les gens se rueraient sur les vaccins sans qu’il y ait besoin qu’on les implore de le faire.

Puisqu’il est question du Qatar dans la vidéo, regardons ce qu’il s’y passe.

https://ourworldindata.org/explorers/coronavirus-data-explorer

Ci-dessus la courbe des cas et ci-dessous celle des morts.

Sur mon site, on peut agrandir les images en cliquant dessus.

Damien Mascret nous dit que la vaccination au Qatar a commencé fin décembre. Constatons tout d’abord que le plus gros pic meurtrier suit la vaccination. Est-ce ça, le côté positif de la vaccination ?

Constatons ensuite qu’en Suède, il y a en ce moment à peine plus de morts qu’au Qatar. Pourtant, en Suède, la campagne de vaccination n’a pas bien marché.

Constatons pourtant que, des trois pays dont j’ai mis les courbes, la Suède est celui où il y a actuellement le plus de cas (courbe du haut). Ils sont donc pour l’essentiel à peu près asymptomatiques

On en déduit qu’au niveau social l’immunité naturelle c’est bien mieux que le vaccin. Puisqu’il n’y a pas le pic meurtrier terrible qui suit le vaccin et que les gens sont quand même protégés.

Constatons de plus qu’au Qatar, il y a eu deux vagues bien visibles sur la courbe du haut. Et que le nombre de cas lors de la première vague était bien plus important que lors de la deuxième ; alors que, c’est pourtant la deuxième, celle qui suit le vaccin, qui a fait le plus de morts !

Bien à vous,
do
21 mai 2021
http://mai68.org/spip2

Coronavirus – Une vaccination anti-covid massive entraine un pic épidémique bien pire que les précédents

La vaccination massive de la population a commencé en Israël dès le 20 décembre 2020. Elle a été suivi d’un pic meurtrier terrible. Le pire pic meurtrier de tout l’histoire covid d’Israël !

Le même phénomène s’est produit en Grande Bretagne et aux Émirats arabes Unis.

En Inde tout allait très bien, l’épidémie était quasiment finie et ce pays s’est mis à vacciner massivement sa population. Du coup, l’épidémie recommence !

Et, d’une manière générale, en France, la « troisième vague » arrive en même temps que la vaccination, et proportionnellement à son intensité.

La suite avec d’autres exemple ici :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article8376

Pourquoi une vaccination anti-covid est-elle suivie d’un pic épidémique meurtrier bien pire que les précédents ?

Parce que, quel que soit le vaccin, il contient la protéine spike (*) du virus, ou sa recette de fabrication (ARN). Parce que cette protéine suffit à rendre malade. Parce que la recette de fabrication de cette protéine peut s’intégrer au génome humain. Parce qu’alors toutes les cellules du corps produisent la protéine spike. Le vacciné devient donc extrêmement contagieux au covd-19.

(*) La protéine spike est parfois appelée protéine de pointe dans certaines traductions automatiques.

Que tous les vaccins contiennent la protéine spike ou sa recette sous forme d’ARN, la télévision n’arrête pas de le répéter.

La protéine spike suffit provoquer le covid :

Article en français et en anglais :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article8695

PDF article scientifique en anglais :

http://mai68.org/spip2/IMG/pdf/2021-04-coronavirus-spike-protein-additional-key.pdf

Le virus peut s’intégrer dans le génome humain :

Vidéo Didier Raoult en Français :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article8768

PDF article scientifique en anglais :

http://mai68.org/spip2/IMG/pdf/e2105968118-full.pdf

 

Le syndrome de Yom Kippour revisité

Par  Gilad Atzmon

L’un des aspects les plus intéressants de la guerre du Kippour (1973) est qu’elle a marqué un passage soudain de l' »hubris » maniaque israélien à la mélancolie, l’apathie et la dépression.  Après leur remarquable victoire militaire de 1967, les Israéliens ont développé une attitude arrogante et irrespectueuse envers les Arabes et leurs capacités militaires. Les services de renseignement israéliens ont prédit qu’il faudrait des années aux armées arabes pour se remettre. Les militaires israéliens ne croyaient pas que le soldat arabe avait la capacité de se battre, et encore moins de remporter une victoire.

 

Mais le 6 octobre 1973, les Israéliens ont eu une surprise dévastatrice. Cette fois, le soldat arabe était très différent. La stratégie militaire israélienne, fondée sur la supériorité aérienne et des manœuvres terrestres rapides soutenues par des chars, s’est avérée inefficace en quelques heures. L’Égypte et la Syrie, aidées par les nouveaux missiles antichars et sol-air soviétiques, ont réussi à démanteler la puissance d’Israël. Dans les premiers jours de la guerre, Israël subit de lourdes pertes. Ses dirigeants et son haut commandement militaire sont dans un état de désespoir. Pourtant, ce type de crise n’était pas vraiment un événement rare dans l’histoire juive.

 

Le fiasco militaire israélien lors de la première phase de la guerre était la répétition d’un syndrome tragique aussi vieux que les Juifs eux-mêmes. Ces scénarios répétitifs impliquent l’orgueil démesuré de la collectivité juive, poussée par un fort sentiment d’exceptionnalisme (ou élection divine), et donnent lieu à des conséquences horribles. J’appelle cela « le syndrome de Yom Kippour ».

 

Dans le Berlin des années 1920, l’élite juive se vantait de son pouvoir. Certains juifs riches étaient convaincus que l’Allemagne et sa capitale étaient leur terrain de jeu. À l’époque, quelques juifs allemands dominaient le secteur bancaire et influençaient la politique et les médias allemands. En outre, l’école de Francfort (ainsi que d’autres écoles de pensée juives) se consacrait ouvertement au déracinement culturel des Allemands, au nom du « progrès », de la « psychanalyse », de l' »érotisme », de la « phénoménologie » et du « marxisme culturel ». Puis, presque « de nulle part », un raz-de-marée de ressentiment est apparu, et le reste est connu.

 

Mais y a-t-il vraiment eu un changement soudain dans la conscience allemande ? L' »antisémitisme » allemand des années 1930 aurait-il dû être une surprise ? Pas du tout. Tous les signes nécessaires étaient présents depuis un certain temps. En fait, les premiers sionistes tels que Herzl et Nordau avaient  correctement prédit la montée inévitable des sentiments antijuifs européens à la fin du XIXe siècle. C’est le syndrome de Yom Kippour, ce même orgueil démesuré qui a empêché l’élite juive de Berlin d’évaluer l’opposition croissante autour d’elle.

 

Ce que nous voyons en Israël en ce moment est évidemment une manifestation tragique du même syndrome. Une fois de plus, les Israéliens ont été pris au dépourvu. Une fois de plus, la folie maniaque de la toute-puissance est remplacée par la mélancolie dépressive. Une fois de plus, les Israéliens n’ont pas su estimer les capacités militaires du Hamas. Ils n’ont pas su reconnaître la frustration croissante des Arabes israéliens et admettre la possibilité que leurs frustrations puissent dégénérer en combats de rue, voire en guerre civile.

 

Les Israéliens ont succombé à l’idée délirante que la cause palestinienne s’était évaporée. Ils étaient convaincus que la répression du BDS et la famine des Gazaouis avaient démantelé les aspirations palestiniennes. Pourtant, c’est le Hamas qui a réussi à remporter la victoire la plus cruciale en unissant les Palestiniens en Palestine, dans les camps et dans la diaspora, aux côtés des musulmans du monde entier. Cette unité est d’autant plus importante qu’Israël est politiquement divisé et se dirige vers une cinquième élection.

 

Une fois de plus, l’arrogance israélienne fait place à une profonde tristesse. Israël pourrait se poser certaines questions nécessaires : Qu’est-ce que nous faisons de mal ? Pourquoi notre histoire se répète-t-elle ? Y a-t-il quelque chose que nous puissions faire pour changer notre destin ? Au lieu de cette nécessaire introspection, Israël fait en réalité le contraire. Au lieu de disséquer la crise actuelle à la lumière d’événements similaires dans le passé, Israël répète les mêmes erreurs. Il qualifie la crise actuelle de « nouvelle vague de violence ». Il se penche sur les possibilités stratégiques et tactiques qui permettront « d’imposer un cessez-le-feu au Hamas ». Israël spécule essentiellement sur le niveau de carnage qui mettra une fois de plus les « Arabes à genoux ».

 

Israël se définit comme l’État juif et ses erreurs tragiques sont naturellement déterminées par ce fait. Si Yom Kippour est un jour juif d’introspection, le syndrome de Yom Kippour est le résultat direct d’une incapacité totale à réfléchir sur soi. Et pourtant, ne peut-on pas se demander si le Juif peut s’émanciper du destin juif et du syndrome de Yom Kippour en particulier ? Comme le sioniste de la première heure Bernard Lazare, je crois qu’il suffit de s’éloigner de l’exceptionnalisme. Mais une fois dépouillé de l’exceptionnalisme, il ne reste plus grand-chose de l’identitarisme juif contemporain.

 

Je pense que nous touchons là à l’aspect existentiel le plus dévastateur du syndrome de Yom Kippour ; il n’y a pas d’échappatoire idéologique collective pour le Juif. Nous sommes essentiellement confrontés à des limbes culturels et spirituels. J’ai tendance à croire que la seule issue au syndrome de Yom Kippour est individuelle : l’exil auto-imposé. Quitter le ghetto tard dans la nuit, ramper sous la clôture, creuser un tunnel sous le « mur de séparation ». Une fois sur la terre de la liberté, partez tranquillement et modestement à la recherche de l’humain et de l’universel.

 

 

Trois titres imprimés

ALLAN ERWAN BERGER — L’impression à la demande semble devoir être un modèle bien dans le ton de l’époque puisque le procédé met directement en relation l’imprimeur avec l’acheteur, ce qui supprime deux intermédiaires – le distributeur et le libraire – et réduit les coûts de stockage à néant. Pas d’invendus à craindre, et donc pas de pilon. En conséquence, les prix se réduisent et les marges des acteurs encore présents dans le processus s’en retrouvent renforcées. Pour un éditeur et un imprimeur voulant offrir tous deux de la qualité, c’est pain béni : ils offrent à l’achat des livres beaux et solides à des prix sensiblement inférieurs à ce qu’ils auraient été à l’issue d’un circuit de production traditionnel. Pour peu que les frais postaux ne soient pas épouvantables, ça devient carrément le bonheur.

Personne ne regrettera le transporteur, qui souvent fait la loi en imposant ses marges léonines, mais l’on sera en droit de regretter la disparition du libraire, un professionnel qui s’active, dans cette affaire, d’abord par amour du livre plutôt que dans le but de se payer une troisième Lamborghini – à celles et ceux qui, réagissant à la mention de cette marque de véhicules, suggéreraient que j’exagère un poil, je répondrai que je sais, et que je n’oublierai jamais, ce que j’ai vu garés dans le parking privé d’un éditeur de renom : plusieurs vies d’ouvrier imprimeur n’y auraient pas suffi… et ne disons rien du char médiocrement pourri qui sert de moyen de transport au libraire commun, comme cela nous n’aurons pas à détailler dans quel genre d’épave se traîne un auteur.

Un second avantage de l’impression à la demande – et celui-là ne sacrifie personne – est la liberté entière de l’éditeur : enfin il peut se permettre de promouvoir et de lancer des titres qui, bien qu’étant de haute qualité, ne trouveront pas un public gigantesque. Car cela ne coûte presque rien de produire une curiosité qui générera seulement dix achats par an. Ce n’est plus une aventure financière ! Voici enfin que la contrainte de ne pas se planter dans le choix éditorial disparaît sous terre. On ne regrettera pas ce vilain monstre, dont les actions s’apparentaient furieusement à de la censure, le résultat étant, ici comme en journalisme, que l’éditeur n’édite que ce que les autres éditent. Adieu et bon débarras, et vive la liberté.

Amazon ne s’y est pas trompé, qui offre sa surface et sa domination planétaire à tout auteur désireux de se croire lisible : son service CreateSpace est des plus séduisants, et ELP éditeur y proposera très bientôt quelques titres bien teigneux, bien nerveux, tout à fait dignes de trouver la gloire.

Trois titres imprimés

Pour ma part, comme je suis un rebelle qui n’aime pas spécialement les géants du village global et que je me penche toujours avec bienveillance sur les productions locales, j’ai été tout à fait ravi d’essayer l’impression à la demande avec un imprimeur basé en Belgique, capable, pour des coûts de production fort raisonnables, de délivrer des ouvrages de belle facture. Je sais ici que mon argent et celui de mes lecteurs n’ira pas faire la bamboula dans un paradis fiscal aux eaux turquoises et à la végétation tropicale : il restera bien sagement en Belgique, ce qui n’est déjà pas si mal.

Voici donc, de ma production, trois titres que je vous propose d’acheter ensemble pour économiser sur les frais de port. Ces trois titres, j’en suis fier ; je sais qu’ils présentent de l’intérêt, les gens qui les ont lus en numérique en sont contents au point que l’on m’a même parfois envoyé des messages, ce qui m’encourage à écrire encore. Que demander de plus ? Une Lamborghini ? Quelques bonnes pizzas suffiront.

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Trois grandes figures de l’ouest

Je me suis lancé dans ce recueil un soir d’écœurement, après que j’eus avalé de travers l’indigeste nouvelle de trop. Il s’agissait d’une de ces innombrables injustices dont sont victimes les migrants. Je me suis dit : « À quoi bon râler encore ? On n’est approuvé que par les convaincus ! Écrivons plutôt une histoire qui touchera plus de gens. Je suis certain que ces putois qui nous gouvernent seraient capables de foutre en tôle jusqu’au pape s’il se présentait incognito. Alors pourquoi pas Merlin ? » Et ce fut Merlin au Diable.

Quelque temps plus tard, remonté à bloc contre un président de la cinquième république encore plus menteur et immoral que le précédent (mais moins que le suivant), accablé par les discours tenus sur le grand projet du Lyon-Turin, et épouvanté par ce que j’entendais à propos de cimenteries qui auraient été autorisées dans un grand parc naturel italien, j’eus le désir de mettre en scène les combats pour la protection de ce que, depuis, des gens indignés ont appelé avec bonheur une Zone À Défendre. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes n’était pas encore sous les feux médiatiques, et le concept semblait ne pas devoir nous toucher de sitôt. Je me suis donc dit : « Il s’agit là de politique-fiction, allons-y à fond dans l’énorme, on ne risquera pas d’être rattrapé. » Erreur magistrale : la réalité galope toujours plus vite que n’importe quelle fiction ! Mais comme j’ai convoqué les Morgan, qui sont des êtres mythiques de la mer bretonne, afin de nous aider dans un combat contre des bétonneurs, et que les Morgan ne sont pour l’instant pas encore sortis de l’eau, cette histoire des Océanides est encore en avance sur son temps, même si les modalités des opérations de résistance entreprises dans ce récit ressemblent comme deux gouttes d’eau à ce qui se passe dans le bocage nantais.

Enfin, ayant sous les yeux ces deux récits un tantinet pugnaces, je me suis dit que je tenais là quelque chose comme un recueil, et qu’il fallait que je l’achève en illustrant la geste d’une troisième des grandes figures de l’Ouest français : l’Ankoù. Je mis en scène ce personnage dans un hôpital public en cours de dépeçage pour satisfaire les appétits du privé. Il n’était pas encore prévu de supprimer, comme l’a annoncé Manuel Valls récemment, 22.000 postes dans la fonction publique hospitalière d’ici 2017 ; aussi pensais-je naïvement que j’écrivais là de belles outrances. Las, la politique politicienne est encore plus pressée de nuire que la plus avide des réalités néolibérales. Mais bon, l’Ankoù me soutient, et il soutiendra longtemps cette belle histoire où l’on pleurniche car je l’ai installé au cœur profond de l’être humain, là où palpite l’amour et où nulle avidité ne prévaut face à la compassion. Yvon, l’Ankoù et Marinette vous en mettra plein le museau et radoucira votre âme de militant-e rebelle, zadiste et porté-e sur la morale.

Pour lire des extraits de ce recueil et le commander, soit en numérique, soit en papier, c’est par ici.

Histoires de ténèbres et de lumière

Il est toujours agréable de voir les protagonistes d’une affaire quelque peu ténébreuse s’en sortir par le haut. Raison pour laquelle, si les Ténèbres sont légion, il n’existe qu’une Lumière, universelle et peinarde. Ceci énoncé à l’écart de toute intention prosélyte ; je ne suis pas un bondieusard.

Le recueil aligne des tableaux de quelques-unes des principales situations que l’on peut traverser lorsqu’on progresse dans des souterrains. Comme il est question d’espoir, d’histoire et d’émotions et pas de tourisme scientifique, je me suis cantonné à mettre en scène des lieux creusés ou aménagés par l’être humain, et j’ai laissé de côté les gouffres.

Dieu et le Diable, Pan, Lucifer et Dionysos savent, Apollon m’en soit témoin, que j’en connais un sacré rayon là-dessus. Je me suis terriblement contenu pour ne pas élucubrer plus que nécessaire, ce qui fait de ces récits des évocations légèrement en-dessous de ce que peut produire la réalité lorsqu’on ne la filtre pas. Car sous terre, mes amis-amies, l’esprit se lâche parfois en grand ! Il suffit d’une fois, d’une seule fois où quelque chose dérape du côté de l’inconscient et des chimères, mais cette fois-là vous grave et fait de vous un arpenteur de tunnels un tantinet plus aux aguets que ses camarades. On vous regarde en coin, vous regardez tout le monde en coin aussi. C’est amusant et instructif. Bon, la plupart du temps, il ne se passe rien que de très convenu mais parfois c’est carnaval. Et qui s’en plaindrait ?

Voici donc des squelettes et des chambres secrètes. Voici des souterrains oubliés depuis des générations, et où peina la classe ouvrière. Voici une bête jetée par son maître dans ces oubliettes si commodes. Voici une terreur qui fit hésiter jusqu’aux nazis, et que les villageois du cru ont domestiquée par un rituel de charité. Voici une fête délirante et pseudo scientiste si délicatement rétro que l’on pourrait croire qu’un studio Ghibli l’aura dessinée, avec ses statues et ses toits pointus, ses carillons et ses fontaines. Voici enfin la puissante réalité qui s’impose comme un léger voile peinard et lumineux sur toutes les imaginations ésotériques accablées d’ombres.

Et pour lire tous ces moments si magiques, il suffit de cliquer sur ce lien et de se laisser porter, soit vers le numérique, soit vers du papier.

Deux petits romans étranges

Rien ne vaut une bonne petite victoire éclatante des humains sur les monstres. Raison pour laquelle mes histoires finissent bien. Mieux vaut être prévenu-e : avec Berger, souvent tout finit par un baiser.

Ces deux petits romans sont nés, l’un d’un rêve, l’autre d’une vision. Le rêve : je navigue dans un quartier peuplé de fantômes, et les fantômes ont terriblement peur de moi. On m’assaille, on me repousse, et les pigeons terrorisés me giflent dans leurs envols assourdissants tandis que crament les crématoires. La vision : au pied d’un clocher destiné à sauver des vies aux nuits de tempête, un adolescent demeuré pousse des rugissements tandis que sa mère se masse les reins en regardant les falaises. Le rêve : un parchemin écarte deux maisons, et ouvre un passage sous le nez même d’un ange. L’Éternel sauve, les innocents sont justifiés, et le témoin se barre pour ne pas se faire écraser par le portier en colère. La vision : des chiens vont et viennent, la nuit, gémissant dans la ruelle d’un hameau perdu au milieu d’une forêt immense, tandis qu’au loin une horreur triste rôde et hurle. Le rêve ? J’en ai marre de me plier aux usages desséchés d’un monde en proie à l’avidité, et je le dis à l’être que j’aime. Tous deux nous commettons un manifeste, et le public est bien content que nous nous tenions si mal. La vision ? Des jeunes gens se rejoignent au cœur d’une tourmente, et replient sur eux la couverture des vérités ; ils s’en enveloppent, et tout est sauvé.

Pour sourire et vous mettre à chanter à tue-tête l’Internationale au grand désespoir des voisins, suivez ce lien et aussi celui-ci, et vautrez-vous dans mes Deux petits romans étranges qui n’attendent qu’une chose : qu’un public bienveillant les approuve, parce que merde à la fin, ici ce n’est pas toujours le Purgatoire.

L’ensemble fait 30 euros en papier, et 10 euros en epub. Vous ne risquez pas grand’chose à commander le trio, et vous économiserez sur les frais de port. Allez, lâchez-vous, faites vivre le petit commerce !

CAMILLE CLAUDEL, LA VALSE DES GESTES (Denis Morin)

Par : Ysengrimus

YSENGRIMUS — L’écrivain Denis Morin est à installer le genre, original et exploratoire, de la poésie biographique. En découvrant le présent ouvrage, on prend d’abord la mesure de l’art poétique, en soi, de Denis Morin. Le texte est court, lapidaire quoique très senti. La sensibilité artistique s’ouvrant vers les arts plastiques s’y manifeste d’une façon particulièrement tangible. Et alors, dans les replis de cette versification sobre et dépouillée, soudain, Camille Claudel (1864-1943) parle. Son ton est parfois rageur, parfois plus professionnel, pas nécessairement dans le bon sens du terme. On est devant une sorte de prosopopée en soliloque. Cela se joue comme si on s’installait tout doucement dans la tête même de Camille Claudel, guidés par les discrètes hypothèses biographiques de Denis Morin. Certains faits solidement étayés historiquement (mais toujours mal discernés, au sein de la mytholâtrie dans laquelle on entretient assez ouvertement le grand public sur les artistes éminents) sont mentionnés, comme tout naturellement. On pense par exemple au fait que le sculpteur et statuaire Auguste Rodin faisait travailler une foule de subalternes dont l’action et le savoir-faire contribuaient anonymement à son art. Le statuaire à la longue barbe et au monocle était littéralement un patron qui tyrannisait des employés. Au nombre de ces employés, il y a eu Camille Claudel (qui fut aussi son modèle et son amante) et elle, devant la postérité et l’histoire, elle n’allait certainement pas se laisser faire.

Le gant retourné

Rodin, mon gredin,
Je t’ai offert mes plus jeunes années, mon talent, ma féminité
Et tu ne comprends pas mon inimité…
Et le succès, tu as obtenu, ramassé, engrangé, va cossu!
Je ne veux plus des échecs qui me font bifurquer de mon destin.
Va mon filou dodu,
Clamer à tes relations que tu as cultivé mon talent dans ton jardin,
Comme si j’étais une artiste en dormance
N’attendant qu’un maître pour sortir le génie de la somnolence!
Ne cherche plus à m’espionner, à me copier, à m’imiter,
Épargne-moi ton insolence.
Si j’étais toi, je mettrais dans un sac toute ma peine
Que tu lancerais pour moi dans la Seine.
(p. 28)

Claudel ne doit rien à Rodin. Elle ne fut pas une disciple ou une épigone. Elle détenait sa propre force artistique intérieure. L’analyse du travail collectif des hommes et des femmes de l’atelier de Rodin, parfaitement étayé historiquement donc, se complète ensuite d’une hypothèse plus personnelle de Denis Morin sur les conceptions et les tourments intérieurs de la statuaire. Littéralement, le poète se fait biographe et, ici, il amène Camille Claudel, sur un ton semi-confidentiel, comme auto-réflexif, à nous narrer certains segments de sa vie. Le personnage-narratrice ne se décrit pas exhaustivement (comme si, par exemple, la prosopopée imitait une entrevue). C’est plutôt une sorte de réflexion intérieure, de bilan doux-amer, allusif, furtif. Le tout résulte sur une manière de synthèse personnelle qui se susurre du bout des lèvres. Le fait est que Camille Claudel a fait les petites mains pour Rodin (au sens littéral aussi, surtout peut-être, même). En effet, on lui doit notamment les extrémités des membres de la si célèbre statue de groupe Les bourgeois de Calais. Et on parle de cela, comme allusivement. On encore on relate une galerie de souvenirs. Des souvenirs virulents qui, inexorablement, virent à une très aigre énumération en cascade.

Des pieds et des mains

Mademoiselle Camille
Vous ferez des pieds et des mains
Que Rodin me disait sans plaisanter,
L’expression de soi passe souvent par les détails les plus fins.

Mademoiselle Camille
Ne bougez plus, derrière l’œuvre soyez effacée, patientez,
Je saisis votre profil
Ou continuez de travailler en besogneuse à modeler l’argile.

Mademoiselle Camille
Vous avez changé à tout jamais mon destin
Qu’il m’écrivait dans ses lettres enflammées…
En fait, la passion et l’ambition nous ont consumés.

Mademoiselle Say pour Camille, ainsi il débutait souvent ses missives.
À l’époque où je travaillais avec lui à la Porte de l’enfer,
J’étais loin de penser que mon être partirait un jour à la dérive,
En concevant des pieds et des mains, quelle misère!
(p. 6)

Et, oui, l’être de Camille Claudel partira effectivement à la dérive. La folie la guette. Sans s’appesantir, on passe en revue les différents avatars de la relation de Rodin avec Camille Claudel, C’est le rapport de force constant entre les deux statuaires de Giganti. C’est donc aussi tout le conflit artistique et les manœuvres avec Paul Claudel pour faire interner sa sœur, à raison ou à tort. Elle finira en asile et ne sculptera plus jamais. Mais elle continuera de se rebiffer, toujours obsédée de Rodin

La lettre cousue

Docteur, je vous écris cette lettre…
Cela fait cinq ans et des poussières
Que je subis la démence des pensionnaires
Les menaces et les pleurs à tue-tête.
Nous en sommes aux antipodes
De monsieur Rodin et de ses personnalités à la mode.
J’ai oublié la joie des kermesses et je ne signale plus les fêtes.
Et si ma mère le veut bien, je lui écrirai que je regrette…
Je regagnerais la maison, à Villeneuve-sur-Fère
Où mon bon papa nous encourageait dans les arts,
Où la bonne cuisait le pain et ma mère, par devoir,
Retenait sa colère.
Je veux sortir de ce purgatoire.
Docteur, j’ai cousu cette lettre
Pour que l’on me dépêtre.
Je vous en prie, libérez-moi de ces longs couloirs.
(p. 32)

Et puis enfin, au bout du bout du rapport de force, de la jalousie, de la gloriole et de la folie, on en arrive enfin à l’art. Camille Claudel transgresse ouvertement Rodin. Chez Rodin (avant qu’il ne se claudélise, notamment de par son Balzac), comme chez maint statuaires ronron pour grands monuments de ville, le matériau se plie veulement aux objectifs figuratifs du contrat. Chez Camille Claudel, au contraire, la représentation du thème est dévorée, boursouflée et corrodée dans la subversion par le matériau. Si Giganti souffre, la glaise le montre et se traîne. Si les amoureux jouissent, les marbres le crient, se dressent et s’emportent. On regarde un tout petit peu Camille Claudel travailler et cela est vraiment le plus beau et le plus sublime. C’est cela, avant tout, et par-dessus tout, la valse des gestes. Ainsi, par exemple, transférer une œuvre de glaise dans le marbre, c’est, avec le matériau en mouvement sous la main, une véritable étreinte.

Étreinte

Rodin se perd dans les soirées mondaines,
Alors qu’elle ne goûte guère toutes ces fredaines
En silence, Camille crée une femme assise en équilibre difficile
Et un homme agenouillé la serrant sous ses seins.
Camille contrôle l’étreinte, rien…
Aucun détail n’échappe à son œil et à ses doigts agiles.
Quelques années plus tard, sur un ciseau elle frappe
Et retire les fragments de marbre inutiles,
En reprenant ce même sujet d’une femme qui attrape
La tendresse et le désir de l’homme quoique fragiles.

D’après Sakountala, 1886-1887, et sa traduction en marbre, Vertumne et Pomone, 1905
(p. 20)

L’amour des chairs et des personnes, la passion des glaises molles et des marbres durs se rejoignent et s’amplifient mutuellement. L’émotion de la statuaire ne se sépare tout simplement pas de sa vie, elle en émane plutôt, s’en extirpe, comme un mystérieux esprit d’alcool. Et Denis Morin nous le donne ici, en poète biographe qui joue, lui aussi de ce matériau complexe dur et labile. C’est toujours subtil mais c’est pas nécessairement empêtré dans le factuel conjoncturel que l’on retrouvera, bien en ordre, chez les biographes conventionnels. Au corpus des hypothèses de Denis Morin sur Camille Claudel s’ajoute tout doucement le corpus de ses émotions. Le recueil est composé de vingt poèmes (pp 5-34), ponctués de dix citations d’exergues. Il se complète d’une chronologie détaillée de la vie de Camille Claudel. (pp 35-68) et d’une liste de références (p. 2). De plus, un CD-ROM, enchâssé dans l’ouvrage de Denis Morin sur Auguste Rodin, a deux plages. La première est un récitatif de l’intégralité du recueil sur Rodin. La seconde plage de ce CD-ROM est le récitatif du recueil Camille Claudel, la valse des gestes, récitatif passionné, assuré principalement par Jacqueline Barral.

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Extrait des fiches descriptives des cyber-libraires:

Le nom de Camille Claudel (1864-1943) évoque inévitablement le personnage d’Auguste Rodin, sculpteur, ou encore son frère, Paul Claudel, diplomate et écrivain. Toutefois, il est de ces personnages qui méritent une sortie de l’oubli. Dans ce recueil, Denis Morin nous exprime ce qui animait cette grande artiste (la création, sa famille, l’amour) et nous décrit son entrée en exil. Camille n’a pas dit son dernier mot…

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Denis Morin, Camille Claudel, la valse des gestes — poésie biographique, Éditions Edilivre, 2015, 68 p.

Pogroms israéliens contre les arabes de Palestine

Par  Israël Adam Shamir

 

Comme une adolescente, kidnappée et enfermée dans une cave par un pédophile maniaque, griffe son horrible visage lubrique avec ses ongles pointus, Gaza envoie ses roquettes artisanales à Tel Aviv.  Elles ne peuvent pas faire beaucoup de dégâts ; ce ne sont que des morceaux de fer rouillé, dangereux dans le cas improbable d’un impact direct, mais elles ont réveillé la bête dans le monstre. Il lui a soigneusement retiré tout objet pointu à sa portée, il l’a affamée pendant des années pour la rendre placide et docile, il s’est assuré qu’elle n’aurait aucune chance de voir ou de gagner sa liberté, et tout à coup, une douleur si terrible, des griffures si profondes ! J’ai le droit de me défendre, crie-t-il tout en déclenchant ses jets F-16 pour la bombarder jusqu’à a ramener à l’âge de pierre ; et son acolyte, le sénile président des États-Unis, répète après lui : il a le droit de se défendre ! Tant qu’elle l’égratigne, il peut et doit la gifler ! Pas de cessez-le-feu tant qu’elle n’aura pas été forcée d’obéir ; et les États-Unis opposent leur veto à la résolution du Conseil de sécurité soutenue par 15 des 16 membres. Pour plus de sécurité, la Maison Blanche a approuvé la vente d’armes de précision à Israël pour la somme de 735 millions de dollars, afin qu’ils soient en mesure de faire un 11 septembre dans n’importe quelle tour de leur choix, et pas seulement à New York. Et ils ont utilisé ces armes à bon escient.

 

Juifs dansant de joie devant les flammes d’al Aqsa: https://www.unz.com/CONTENTS/VIDEO/AqsaBurning.mp4?_=1

 

La résolution à laquelle « nous » avons opposé notre veto disait ce qui devait être fait immédiatement. Israël devait cesser de bombarder Gaza, s’abstenir d’interférer avec les lieux saints, arrêter de s’emparer des maisons et des terres palestiniennes. Les États-Unis ont refusé d’approuver cela. C’est loin d’être suffisant : la fille violée devrait être libérée de la cave où elle est enfermée. Autrement dit, les Palestiniens devraient être autorisés à se déplacer librement sur leurs propres terres. L’armée israélienne devrait quitter les terres palestiniennes. Le blocus de Gaza devrait être levé. Un goy et un juif devraient avoir les mêmes droits, comme aux États-Unis. Toutes les lois d’apartheid devraient être rendues nulles et non avenues.  La dignité humaine devrait être respectée. Après quoi la fille devrait également être autorisée à vivre en paix. Les terres et les maisons volées devraient être restituées à leurs propriétaires légitimes, les réfugiés devraient être rapatriés et des élections libres devraient avoir lieu. Mais on en est encore très loin.

 

Mes amis et collègues pensaient que les Palestiniens de Gaza pouvaient infliger une défaite à Israël, ou du moins causer une douleur considérable au maniaque. Hélas, pas encore. Certes, les Palestiniens améliorent leur capacité de réaction. Lors de la première Intifada (1987), ils avaient utilisé des pierres contre l’armée ; lors de la deuxième Intifada (2001), ils ont utilisé des fusils ; lors de cette troisième Intifada (2021), ils utilisent des roquettes. Mais ils sont vaincus à chaque fois, et leur vie empire à chaque défaite. Avant la première Intifada, les Palestiniens pouvaient se déplacer librement ; avant la deuxième Intifada, ils avaient leur autonomie en Cisjordanie ; maintenant, ils n’ont rien qui en vaille la peine ; et nous verrons ce qui va leur être enlevé après le présent cycle de lutte. C’est pourquoi, bien que la position palestinienne soit parfaitement insupportable, les Palestiniens ordinaires de Cisjordanie ne sont pas si enthousiastes à l’idée d’engager une lutte armée contre un ennemi si redoutable. Ce sont les jeunes désespérés, qui ne voient pas d’avenir digne d’être vécu, qui s’engagent dans la lutte.  Et Gaza, cette prison à ciel ouvert administrée par les prisonniers, s’est engouffrée dans la brèche. Pour les Gazaouis, il y a peu de différence entre une vie qui est un enfer et une mort qui pourrait être préférable. Ils sont sévèrement punis pour leur action audacieuse.

 

Les Juifs d’Israël n’ont pas beaucoup souffert, jusqu’à maintenant, mais plus que prévu. Leur célèbre intelligence leur a encore fait défaut. Le Shabak, le service de renseignement interne, avait prédit que Gaza ne répondrait pas par des actions autres que des protestations contre l’accaparement des terres à Jérusalem et l’invasion de la mosquée al-Aqsa. Ils avaient tort. Le Shabak était certain que Gaza n’avait pas de roquettes capables d’atteindre Tel Aviv, ou seulement quelques-unes, dans le pire des cas. Ils se sont encore trompés. Le Shabak ne s’attendait pas à ce que les Palestiniens d’Israël complètement apprivoisés, les citoyens de seconde zone de l’État juif, se révoltent. Mais c’est arrivé.

 

Le centre de ce soulèvement est Lydda (Lod), la ville de Saint-Georges ; le saint est enterré ici, dans la belle vieille église orthodoxe. En vertu de la résolution de partage des Nations unies de 1947, cette ville palestinienne était censée faire partie de l’État palestinien, mais les Juifs l’ont occupée, ont massacré ses habitants, ont expulsé les survivants et l’ont repeuplée de Juifs nord-africains fraîchement importés. Pourtant, une minorité palestinienne non négligeable a survécu et s’est accrochée à ses maisons. Après des années de terribles discriminations, les voilà qui se révoltent contre leurs maîtres juifs, pour la première fois depuis 1948. La même chose s’est produite à Jaffa et Acre, des villes à l’histoire similaire.

 

Pogroms contre les Palestiniens: https://www.unz.com/CONTENTS/VIDEO/pogrom.mp4?_=2

 

Les bandes de Juifs militants armés, assistés par la police, ont mené un pogrom anti-arabe classique, comme le faisaient dit-on les cosaques contre les Juifs au début du vingtième siècle.  Ils ont brisé des vitrines, brûlé des magasins, incendié des appartements arabes ; ils ont rassemblé des Arabes dans la rue. De tels pogroms ont eu lieu dans tout Israël, même dans la ville juive de Bat Yam, où un Arabe tenait un glacier salon de thé depuis des années. Il a été complètement détruit. Un enfant arabe a été brûlé (pas mortellement) par un cocktail Molotov lancé par un militant juif. Des pogroms avaient eu lieu il y a plus de cent ans en Ukraine (et jamais en Russie proprement dite), mais les écrivains russes se lamentaient et ils  exprimaient leur solidarité avec les Juifs qui souffraient. Aujourd’hui, presque aucun écrivain juif n’a exprimé sa tristesse ou sa solidarité avec les Arabes. Les Arabes israéliens, c’est-à-dire les Palestiniens ayant la citoyenneté israélienne, se sont mis en grève nationale aujourd’hui (mardi) pour soutenir leurs frères privés de leurs droits.  La Cisjordanie se réveille également.

 

Les centaines de martyrs palestiniens ont créé une énorme vague d’empathie pour le peuple qui souffre. Des manifestations massives ont eu lieu à New York, à Paris, à Londres et ailleurs. Les Arabes des pays arabes ont également manifesté partout où ils étaient autorisés à le faire. Bien sûr, Israël se moque des manifestations à l’étranger ; ils sont habitués aux condamnations. Cela fait partie de l’expérience juive, d’être condamné pour de très bonnes raisons. Les Juifs aiment prétendre qu’il n’y a pas de raison du tout, juste de « l’antisémitisme », mais cette affirmation sonne faux face aux enfants assassinés de Gaza. Les Juifs sont condamnés parce qu’ils méritent d’être condamnés.  Seul un antisémite enragé dirait que Gaza c’est pire qu’Auschwitz. Non, c’est mieux, mais tout juste. Et cela dure depuis plus longtemps, année après année, sans fin en vue.

 

Et cette guerre a enfin réveillé l’empathie du monde : c’était une raison primordiale pour l’attaque audacieuse de Gaza. Maintenant, un retour en arrière rapide s’impose. En apparence, les événements actuels ont commencé il y a plus d’une semaine, lorsqu’un tribunal israélien (probablement la plus immorale des institutions juives) a décidé d’expulser certaines familles palestiniennes de leurs maisons à Jérusalem-Est et de donner les bâtiments au Ku Klux Klan juif. Les manifestants ont été frappés par la police et la gendarmerie ; parmi les gens tabassés, il y avait un député (membre du Parlement/Knesset) du parti communiste, juif d’origine, qui soutenait les Palestiniens.

 

Puis, pendant les derniers jours du Ramadan, la police et l’armée israéliennes ont envahi la mosquée al-Aqsa. Ils ont largué des centaines de grenades de choc sur les fidèles ; ces grenades ont produit une pluie d’étincelles. Certains arbres dans l’enceinte de la mosquée ont pris feu. À ce moment-là, des milliers de militants juifs se sont rassemblés devant le Mur des Lamentations, au pied d’al-Aqsa. Lorsqu’ils ont vu le feu et la fumée s’élever de la cour, ils ont supposé que la mosquée était en feu, et ils ont éclaté en acclamations et chants triomphaux, appelant la vengeance de leur dieu sur les goyim.

 

C’est à ce moment-là que le gouvernement de Gaza (les Israéliens préfèrent l’appeler « Hamas », du nom du plus grand parti ; de même, nous pourrions appeler le gouvernement israélien « le régime du Likoud ») a lancé son ultimatum : mettez fin à votre attaque contre la mosquée, ou nous enverrons nos missiles sur vos têtes. Les Israéliens ont rigolé, Gaza a répondu, et la mini-guerre a commencé. On pourrait dire que Gaza a été trop téméraire, en s’attaquant au monstre : elle n’a pas de défense aérienne, l’armée de l’air israélienne pouvait frapper, et a effectivement tué les habitants par centaines et détruit leurs maisons.

 

Mais il s’agit là des grandes lignes de micro-événements ; cependant, faisons un zoom arrière et considérons la situation dans son ensemble. Trump et Kushner ont forcé les États arabes à « normaliser » leurs relations avec Israël, créant une déconnexion totale entre les problèmes palestiniens et les États arabes. Les Palestiniens ont dû se battre pour revenir à l’ordre du jour.  Sinon, ils auraient été oubliés. L’attaque juive contre al-Aqsa leur a fourni une bonne ouverture pour entrer en guerre et remettre leur cause à l’ordre du jour. Cette décision a été prise pour que les Palestiniens ne soient pas oubliés. Oui, les gens chuchotaient « Vous savez que ce maniaque garde une adolescente enfermée dans sa cave comme esclave sexuelle ? » et on leur répondait : « C’est de l’histoire ancienne ! Tout le monde le sait mais c’était il y a longtemps, et il est probable qu’elle s’y est habituée et ne veut plus sortir ! ». La fille doit griffer le salopard même si ça doit lui coûter d’être battue, juste pour vous rappeler son terrible destin.

 

Agrandissons encore l’image. La seule force capable d’influencer radicalement les événements c’est l‘Iran. C’est le seul État où la résistance est encore forte. L’Irak a été brisé par l’invasion américaine de 2003, la Syrie a été détruite par le printemps arabe de 2011, le Hezbollah n’est pas assez fort pour faire payer Israël pour ses péchés. L’Iran est le seul à pouvoir se redresser ; mais l’Iran est gouverné par une administration néo-libérale pro-occidentale. Actuellement, l’Iran négocie avec les États-Unis à Vienne le retour de l’accord nucléaire et la levée des sanctions. En juin, l’Iran organise des élections. Malgré de nombreuses limites, l’Iran est une démocratie, les votes des gens comptent et sont comptabilisés, contrairement à ce qui se passe en Arizona, par exemple. Si les négociations de Vienne aboutissent, l’Iran quittera le front de la résistance, et les libéraux remporteront les élections, ramenant la Pax Americana au Moyen-Orient.

 

Cependant, la guerre de Gaza a révélé que les modérés iraniens sont des agents de l’étranger, des faibles qui ne peuvent pas/ne veulent pas défendre al Aqsa. Cela leur coûtera les élections. Si les modérés perdent, les partisans de la ligne dure gagneront. Ahmadinejad ou ses semblables arriveront au pouvoir. L’Iran reprendra sa place centrale dans la Résistance. Les Américains perdront le Moyen-Orient. Lors de la prochaine confrontation, l’Iran entrera dans la mêlée.

 

Déplaçons maintenant le cadre et considérons l’arène palestinienne interne. Les dernières élections palestiniennes ont eu lieu en 2006 ; le Hamas a gagné à la loyale, mais le Fatah au pouvoir a refusé de céder le pouvoir. Seule la bande de Gaza, séparée du reste de la Palestine, a réussi à opérer un changement de garde. Aujourd’hui, l’ancien président Mahmud Abbas avait promis d’organiser des élections en mai 2021, mais il les a à nouveau reportées. Sa raison : Israël ne permet pas aux 300 000 Palestiniens de Jérusalem de participer aux élections. Si cette raison s’évapore, si Israël autorise les Palestiniens de Jérusalem à voter, il y a de fortes chances que le Hamas gagne. Ce n’est pas gagné d’avance : les Palestiniens auraient le choix entre le Fatah, qui collabore avec Israël, et le Hamas, qui combat Israël. On vit mieux sous le Fatah collaborateur, et la vie est plus facile que sous le Hamas belligérant. Mais ce n’est pas suffisant pour leur faire abandonner l’espoir de gagner en dignité et en liberté. Les sondages d’opinion sont extrêmement peu fiables, mais le Fatah et Mahmoud Abbas craignent de perdre les élections. Dans tout accord de cessez-le-feu entre Gaza et Tel-Aviv, la question des élections sera un élément déterminant. Gaza insistera pour que des élections soient organisées à Jérusalem-Est. Si Israël l’autorise, il y a de fortes chances que le Hamas, moins enclin à capituler, s’installe en Cisjordanie. Si Israël laisse Marwan Barghouti sortir de prison (il est emprisonné depuis des années pour sa participation à la deuxième Intifada), il a de bonnes chances de remporter les élections en tant que Mandela palestinien.

 

Le Hamas avait-il des considérations électorales en tête lorsqu’il s’est engagé dans la bataille ? Bien sûr ; c’est tant mieux, et c’est normal. Le Hamas a l’habitude de défendre les droits des Palestiniens, et même par la lutte armée. Le Fatah l’avait aussi, mais il l’a perdue. Les Palestiniens auront donc un vrai choix, si les élections ont lieu un jour. Passons maintenant à la scène israélienne. Pour Netanyahu, cette guerre est une bonne chose. Elle a éclaté exactement au moment où il fallait torpiller la création d’un gouvernement alternatif, où il serait écarté du pouvoir et probablement en route pour la prison. Cependant, un gouvernement israélien alternatif ne sera pas meilleur pour les Palestiniens. Naftali Bennett, un leader politique certain de jouer un rôle de premier plan dans le gouvernement alternatif, est encore plus sanguinaire que Netanyahou, et il a appelé Bibi à « continuer à se battre jusqu’à ce que Gaza soit détruite ».

 

Au fait, le Covid est mort en Israël. Pour la première fois en un an, les nouvelles du Covid ont disparu des titres de l’actualité israélienne. Les gens ne se soucient pas beaucoup de ce fichu virus quand il y a de vrais problèmes. Et maintenant, pour une vue plus panoramique: la Russie a exprimé son soutien à la cause palestinienne. Poutine a déclaré que la Palestine n’était pas une terre lointaine et reculée pour les Russes ; la Russie exige qu’Israël cesse le feu et respecte les accords et les résolutions, y compris la sécurité des lieux saints (lire : al Aqsa). Les adversaires de Poutine en Russie sont de fervents partisans d’Israël. Les libéraux pro-occidentaux anti-Poutine sont juifs ou partiellement juifs, et ils sont pour Israël. Les Russes ethniques-nationalistes anti-poutiniens (parfois décrits comme des naziks, des « petits nazis ») soutiennent également Israël et son « droit » à traiter comme ils l’entendent  leurs « nègres » détestés. Pour eux, peu importe que les Palestiniens ne soient ni plus foncés ni plus clairs que les Juifs israéliens, peu importe que les Palestiniens chrétiens soutiennent pleinement la lutte palestinienne, et que le principal dirigeant des chrétiens palestiniens, l’archevêque Theodosius Atallah Hanna (pour tout vous dire, il nous a baptisés, ma famille et moi), ait déclaré que le combat pour al-Aqsa est aussi le combat pour le Saint-Sépulcre, et que les chrétiens et les musulmans mènent la même guerre en tant que membres d’une même famille et d’une même nation. Les naziks sont des gens stupides.

 

Ce qui est pire pour Poutine, c’est que ses alliés dans les médias, les Juifs pour Poutine (Douguine les appelle la Sixième Colonne) comme le populaire animateur Soloviev, sont tous pour Israël. On peut compter sur eux pour dénigrer les Ukrainiens ou pour souligner la duplicité des Européens, mais lorsqu’il s’agit d’Israël, ils font l’autruche. La télévision d’État russe est la voix de Tel Aviv. Sur les réseaux sociaux russes, la foule pro-Israël est de loin la plus importante et la plus agressive ; elle bénéficie également du soutien de la direction de Facebook. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que j’ai été immédiatement banni de Facebook.

 

Un bon point pour Erdogan. Le président turc et le peuple turc soutiennent tous la Palestine. Et leurs énormes manifestations ont demandé à Erdogan d’envoyer des soldats turcs pour libérer la Palestine. Oui, il faut que quelqu’un le fasse: les Palestiniens ne peuvent pas le faire eux-mêmes. Celui qui libérera la Palestine atteindra une renommée sans égale. Mais en attendant, les Palestiniens doivent survivre.

 

Donc apparemment, cette guerre, ce n’est pas encore l’Armageddon. C’est juste une autre campagne sordide des Juifs contre des indigènes désobéissants. Ils ont eu leur ration de sang, ils ont saccagé l’approvisionnement en eau et en électricité de Gaza, ils ont ruiné ses maisons, et maintenant ils peuvent attendre placidement que les Gazaouis soient dévastés par la maladie, la faim et les bombardements occasionnels. Et ensuite, ils continueront leurs assauts. À moins que nous ne les arrêtions.

 

Source: https://www.unz.com/ishamir/gaza-is-better-than-auschwitz/

traduction: MP

joindre l’auteur: israelshamir@gmail.com

Le fonctionnaire, voilà l’ennemi

Par : ROBERT GIL

Recherche menée par Robert Gil

 bulleVoici un exemple de propagande ou de bêtise que l’on peut trouver sur internet : « Trouver que notre pays étouffe sous une fonction publique trop nombreuse est juste du bon sens. Comme personne ne dépense 57 % de son budget pour gérer son ménage il est tout à fait aberrant de dépenser 57 % des richesses du pays pour administrer un pays. Trop de fonctionnaires et l’Etat étouffe l’initiative privée et empêche la création de richesses. » Evidement on en trouve de nombreuses autres, et au-delà du discours néolibéral ambiant, on découvre aussi de la frustration, de la jalousie et un mal vivre qui pose question sur la mentalité de la société que l’on a construit.

Dans les pays ayant le plus faible taux de prélèvements obligatoires on trouve le Soudan, l’Ethiopie ou Madagascar par exemple. Dans les pays à taux élevé on trouve la Suède, le Danemark et la France. Donc l’affirmation : « trop de fonctionnaires et d’Etat étouffe l’initiative privée et empêche la création de richesses » est d’une totale stupidité. Cette idée que le BdB ressasse avant même d’y avoir réfléchi est un élément du système de propagande néo-libérale.

La finance et les grandes entreprises privées ont déjà mis la main sur les réseaux créés par la puissance publique : eau, électricité, téléphone, autoroutes. L’étape suivante c’est la santé et l’éducation, secteurs économiques énormes dont les citoyens sont immédiatement dépendants, et qui font baver d’envie le capitalisme.

De plus, dans les  57 % de prélèvements de l’Etat Français, une large part revient directement dans les poches des groupes industriels et financiers. Le programme Rafale c’est 40 milliards d’euros à la charge des finances publiques. Les projets opaques comme le nouveau ministère de la défense, NDDL, la liaison Lyon-Turin sont des cadeaux au secteur du BTP. Le service de la dette est devenu le premier poste financier de la France… et à qui rapporte-t-il ? Ni à moi, ni à vous, mais encore au secteur financier et au plus riches qui placent leur argent pour spéculer sur la dette que nous payons tous !

Si quelque chose vous choque dans ces 57% informez-vous et bougez-vous pour dénoncer et combattre ce qui relève du capitalisme de connivence et du pillage des richesses du pays, et fichez la paix aux fonctionnaires qui font un travail utile. Les perroquets néo-libéraux  qui récitent la messe de TF1 et consort sans chercher à comprendre, ça suffit !

Un autre  argument fameux répété bêtement sans réfléchir par tout un échantillon de BdB: « les emplois de la fonction publique coûtent plus qu’ils ne rapportent ». En substance on voudrait affirmer et soutenir que les emplois privés eux, sont « soupesés » « analysés à leur juste valeur », que si on créé un emploi privé c’est parce que c’est utile. Voilà la messe est dite.

Ben non, patatrac, c’est presque le contraire, j’ose l’affirmer pour un truc tout con : l’obsolescence programmée. S’il n’y avait pas cela, plus de 75% des emplois du privé n’existeraient tout bonnement pas. Alors, à moins de considérer de manière cynique que l’obsolescence programmée est une œuvre de génie économique, les emplois qui en découlent sont non seulement inutiles mais contribuent à la destruction de la planète. Au contraire d’une infirmière ou d’un professeur des écoles par exemple, dont on est incapable de chiffrer la richesse qu’ils produisent mais qui sont indispensables à la société ! Au passage, c’est une des aberrations de ce système de tout vouloir chiffrer et rentabiliser.

Et comme ce chiffre de 57 % a l’air de perturber l’électeur de la droite capitaliste, il  serait sympa qu’il chiffre aussi combien en pourcentage l’état dépense pour les aides et subventions diverses et variées concernant le secteur privé,  et qu’il ait aussi la curiosité de savoir également combien coute à l’année les infrastructures routières, premier poste de dépense concernant les infrastructures nationales. J’espère qu’il ouvrira aussi les yeux devant la ruse qui consiste souvent d’externaliser une partie des services. (Informatique, restauration, nettoyage, service des eaux, voirie…). Ce qui généralement n’engendre aucune économie mais reste très efficace en terme de communication Dans le genre « il fait ce qu’il peut pour contenir les impôts »… mais qui aboutit en fait à l’inverse du but proclamé, car l’externalisation dit : « dégager des dividendes pour les actionnaires ! » Il y a aussi la variante « syndicat d’économie mixte » qui a de plus l’avantage d’échapper aux règles de l’administration (marchés publiques, recrutements…) et permet de caser quelques amis … je vous fais la grâce de vous parler des fameux PPP !

« Le fonctionnaire voilà l’ennemi » : La formule est de Henry-Auguste d’Halluin, dit Henry Dorgéres. Il est le fondateur des Chemises vertes, faction de l’extrême droite française pendant l’Entre-deux-guerres. Il collabora et fut décoré par Pétain. C’est un bon exemple de ce que Paxton décrivait comme le fascisme paysan. Le fonctionnaire c’est vrai est l’ennemi du capitalisme, car à cause de lui des pans entiers de l’économie ne finissent pas dans la poche des actionnaires, des rentiers ou dans les paradis fiscaux. Tout ceux qui défendent le système et la spoliation des biens par une poignée de privilégiés militent pour la fin de la fonction publique et déversent leur bille à longueur de commentaires sur les forums du net !

La haine des fonctionnaires, la haine des syndicats, la haine des francs-maçons, la haine des communistes, la haine des juifs, euh pardon des arabes …  soyons modernes, la haine du populo, sauf quand il s’agit de lui soutirer des bulletins de vote … ça remonte à ….. 1930 ? C’est le credo de l’extrême droite, montée des fascismes, les ligues, etc …Etat Français … travail, patrie …

Maréchal nous revoilà !
Quand le discours néo-libéral rejoint le discours fasciste…
Par J.P ACASOCA

Les évènements climatiques majeurs et extrêmes selon SCOTT

Par : JBL 1960

Voici la vidéo SOTT qui comme chaque mois résume tous les évènements climatiques majeurs et extrêmes.

Je précise que Sott inclut dans cette vidéo les morts massives d’animaux (y compris étoiles de mer, cétacés…), comme les rares attaques d’animaux (requins, ours, éléphants…) c’est leur choix. Je relaie cette vidéo, comme une info à prendre en compte notamment en regard de la théorie du Réchauffement Climatique Anthropique défendue par le GIEC, la COP21 et les grandes conférences sur le Climat, la prochaine étant prévue pour décembre à Paris, par notre Demi-dieu autoproclamé Jupiter 1er (ou dernier après-tout…) qui a fait un Caprice-des-dieux pour les Jeux Olympiques à Paris en 2024 ► Les Jeux Olympiques de Jupiter 1er

La collecte de données et d’images est énorme et je salue ce travaille remarquable, même s’il faut le dire, parfois la mort est en directe, lorsque ce sont des images de caméras de surveillance par exemple.

Vidéo SOTT MÉDIA mise en ligne le 10 août 2017

Vous trouverez toutes les vidéos SOTT depuis décembre 2015 dans la catégorie NON CLASSÉ de mon blog, souvent agrémentées par des dossiers, infos et PDF ad hoc.

INFO FR.SOTT.NET (rappel d’info du 29 mai 2017) ► https://fr.sott.net/article/30959-Affaiblissement-du-Gulf-Stream-vers-un-refroidissement-en-Europe-de-l-Ouest-des-la-prochaine-decennie

LES INSECTICIDES ET LA DISPARITION MASSIVES DES ABEILLES

Source de l’article ► La Terre du Futur ► URL de l’article ► https://fr.sott.net/article/30954-Les-pesticides-et-la-disparition-massive-des-abeilles | 9 août 2017

Espèce menacée dans certaines régions du monde, les abeilles disparaissent progressivement de nos campagnes. Si les raisons de ce déclin sont nombreuses, ce sont les pesticides qui sont le plus souvent pointés du doigt. Une nouvelle étude démontre que les pesticides nuisent bien à la santé des abeilles, réduisant ainsi leurs chances de survie, et donc celles de l’Homme. Lire l’intégralité de l’article ► https://fr.sott.net/article/30954-Les-pesticides-et-la-disparition-massive-des-abeilles

DOSSIER « LES BLOGS DE MÉDIAPART »

RAPPEL D’INFO du 29/10/2015 par JEAN63 (Blog de JEAN63 père de Jean-Eudes)*

C’est un refroidissement planétaire qui nous attend et non un réchauffement disent les scientifiques russes

Les scientifiques russes prédisent l’arrivée d’une nouvelle mini-ère glaciale en 2014. La thèse du réchauffement climatique n’est qu’un stratagème marketing, disent-ils.

Le chercheur russe Vladimir Bachkine affirme que les changements climatiques sont cycliques et ne sont pas liés à l’activité des hommes. Raouf Galiouline, de l’Institut des problèmes de biologie à l’Académie des sciences de Russie, confirme : l’entrée dans une nouvelle ère de glace nous attend. Lire l’intégralité de l’article ► https://blogs.mediapart.fr/jean63/blog/291015/cest-un-refroidissement-planetaire-qui-nous-attend-et-non-un-rechauffement-disent-les-scientifiques-russ

*J’ai choisi de rappeler cette info, car le père de Jean-Eudes lance un appel à Médiapart afin d’enquêter sur la mort suspecte de son fils, Jean-Eudes ;

SUGGESTIONS A EDWY PLENEL ET SON EQUIPE

11 août 2017 |Par  |Blog : Blog de Jean63 (père de Jean-Eudes)

Je suggère à Edwy Plenel et à son équipe de fins limiers comme Fabrice Arfi, Karl Laske .. etc ..(qu’on nous dit …) d’aller faire un tour à Toulouse et dans le Tarn et Garonne ( Castelsarrasin, Valence d’Agen entr’autres) pour terminer mon enquête sur la mort de mon fils. C’est facile je suis presque au bout, il me manque ; Lire l’intégralité du billet ► https://blogs.mediapart.fr/jean63/blog/110817/suggestions-edwy-plenel-et-son-equipe
Décidément, ils s’en passent de belles à Toulouse,  j’ai relayé il y a peu l’enquête de Krim Khetah relayé initialement par MÉDIAPART, qui est également au point mort, concernant l’explosion de l’usine AZF le 21 septembre 2001, la Cour d’Appel de Paris rendra sa décision le 31 octobre prochain, après le 3ème procès ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/08/04/21-septembre-2001-10-h-18-azf-toulouse-explose/
D’ailleurs dans la vidéo SOTT au 17 juillet il est fait mention de tornades de feu filmées à l’occasion d’un feu sauvage près d’Amarillo au Texas. Cela est tout à fait notable, car il se trouve que la ville d’Amarillo est mentionnée dans l’affaire de disparition de noyaux nucléaires concernant l’attentat « nucléaire » du 11 septembre 2001  ► Yankland et Israël à l’origine du trafic du combustible nucléaire militaire… « Il apparaît que l’arme de prédilection pour les Israéliens fut le W-54 et s’en suivit la cession de plusieurs noyaux nucléaires pris depuis la facilité de stockage et de décommission d’Amarillo au Texas. » Lire l’intégralité de l’article Source Veterans Today traduction Résistance 71 ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/05/31/la-verite-liberera-les-peuples/
Notre changement d’attitude doit se faire dans tous les domaines et  initier un nouveau paradigme n’est pas seulement sur un plan politique nous avons à modifier notre rapport au Monde, à la Nature, à la Terre. L’autogestion doit se faire à tout les niveaux. Que l’on admette que le mythe de la surpopulation est une manipulation mentale pour nous faire accepter l’idée que nous sommes trop nombreux et rappelez-vous que les Zélites ont tout prévu pour limiter la population mondiale à un maximum de 500 millions d’individus !

Pour en finir avec l’escroquerie malthusienne de la « surpopulation »…

“Il n’y a pas le moindre doute que l’hésitation de bien des biologistes pour reconnaître la sociabilité et l’entraide comme caractéristiques fondamentales de la vie animale est due à la contradiction qu’ils perçoivent entre une telle reconnaissance et la dure lutte pour la survie malthusienne qu’ils considèrent être au plus profond de la théorie de l’évolution darwinienne. Même lorsqu’ils sont remémorés par Darwin lui-même dans son second ouvrage “La descendance de l’Homme”, qu’il reconnaissait la valeur dominante de la sociabilité et des sentiments “positifs” pour la préservation de l’espèce, ils ne peuvent pas réconcilier cette assertion avec la partie que Darwin et Wallace ont assigné à la lutte individuelle malthusienne pour le gain d’avantages individuels dans leur théorie de la sélection naturelle. […]”

Pierre Kropotkine ~

 À lire aussi : “Le CO2 est le démon par ce que Malthus et Ehrlich ont eu tort sur la surpopulation” (https://resistance71.wordpress.com/2015/05/03/lescroquerie-du-rechauffement-climatique-anthropique-avatar-de-lescroquerie-malthusienne-de-la-surpopulation/ )

 Et parce que l’escroquerie du réchauffement climatique anthropique se dégonfle comme la baudruche qu’elle est, le retour au (néo)malthusianisme et le bidonnage de la “surpopulation” est de rigueur…  Nous n’avons pas un problème de surpopulation, nous avons un problème de gestion, énorme différence (Résistance 71) Lire l’intégralité de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/04/06/pour-en-finir-avec-lescroquerie-malthusienne-de-la-surpopulation/

Pour conclure, vous pouvez lire ou télécharge gratuitement ;

Théorie russo-ukrainienne de l’origine abiotique profonde du pétrole : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pétrole (abiotique)…

Biotique ou abiotique : La vraie-fausse crise pétrolière ou la pseudoscience au service du contrôle énergétique par scarcité induite

“Dans un monde de mensonge universel, dire la vérité est un acte révolutionnaire.”

~ George Orwell ~

 “La suggestion que le pétrole puisse être dérivé d’une sorte de transformation de poisson compressé ou de détritus biologique est certainement la notion la plus idiote qui a été entretenue par un nombre substantiel de personnes pendant un laps de temps étendu.”

~ Fred Hoyle (1982) ~

 “Il n’y a jamais eu d’observations faites d’une génération spontanée de pétrole naturel (pétrole brut) à partir de matière biologique à basse pression dans quelque laboratoire que ce soit, où que ce soit, jamais.”

~ J.F. Kenney ~

Une fois de plus, le pétrole et ses aléas viennent troubler la vie quotidienne des citoyens de France et d’ailleurs. Le pétrole est de fait la véritable monnaie d’échange du monde, bien au-delà des valeurs aléatoires des monnaies de singe utilisées pour les transactions globales. Qu’est-ce donc que cet or noir ? D’où provient-il ? Quelles conséquences a t’il sur nos vies et le monde ? La science sur laquelle est basée notre concept économique et d’exploitation du produit est-elle correcte ?

PDF N° 26 de 68 pages ;

Commentaires Page 2 ;

6 parties de la page 3 à 49 ;

2 additifs du Dr. J.F. Kenney page 49 à 68.

https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/02/pdftheoriepetroleabiotiquer71.pdf

Et vous pouvez lire, télécharger ou imprimer, gratuitement, tous les PDF {à ce jour ; il y en a 33} en accédant à la page spéciale de mon blog ► LES PDF DE JBL1960

Le vaccin Moderna contient bel et bien un ingrédient douteux

Temps de lecture : 5 minutes Peut-être avez-vous déjà entendu parler de la polémique qui fait rage autour d’un des ingrédients listés par le fabricant Moderna

Lyon-Turin, la fin d’un mythe

Ce projet pharaonique, lancé il y a près de trente ans, est en train de finir en eau de boudin, malgré les pressions des milliardaires du BTP, malgré les politiciens aveugles, ou intéressés, et malgré les pressions mafieuses…


Quand, en 1990, suite à la découverte d’une petite plaquette savoyarde qui évoquait le projet Lyon Turin, je m’amusais à agrandir le document, puis à le superposer à un plan IGN, montrant les communes touchées par le projet, puis contactais un journaliste du Nord-Isère, lequel fit publier le document dans son journal, je n’imaginais pas la mobilisation que cela allait provoquer.

Sur tout le territoire, de la Savoie, à la région lyonnaise, les associations d’opposants se multiplièrent, générant 3 coordinationsSavoieavant pays savoyard, et nord Isère Ain.

Les années passant, une certaine lassitude s’installait, mais nous n’avions pas baissé les bras pour autant, multipliant les actions, à la mesure de nos moyens…

Faire le tour de la question depuis le départ du projet est une tâche complexe, mais il faut se souvenir que, pour justifier ce projet, Louis Besson, ex-ministre des transports de Mitterrand, et personnage influent de Savoie, avait tenté mille subterfuges pour promouvoir le projet, comme par exemple inclure ce projet dans une banane.

Cette banane symbolique reliait Londres à Turin, en passant par Lyon, et ce TGV, devait transporter des millions de voyageurs, et plus tard des marchandises.

En effet, au départ, il ne s’agissait que d’une ligne TGV de plus, cataloguée par les opposants dans la liste des G.P.I.I. (grands projets inutiles et imposés). lien

Manque de chance, les opposants de la CADS (Coordination Ain Dauphiné Savoie) interrogèrent Eurotunnel, lequel gère le trafic fret entre Londres et l’Italie, et fit savoir qu’ils avaient retenu un itinéraire par le Nord, à savoir, par CalaisMetz, Bale, et Milan. lien

Du coup les promoteurs du LT changèrent leur fusil d’épaule, inventant un nouveau concept, Kiev-Lisbonne, passant bien sûr par Lyon et Turin

https://mediarail.files.wordpress.com/2018/11/tunnel_12.jpg?w=500

Pour faire passer la pilule, le coût en avait été minoré…7 milliards pour l’ensemble, y compris un tunnel long de 57,5 km.

Aujourd’hui, on sait que, le tunnel de base envisagé coûte déjà plus cher (près de 9 milliards d’euros)…tunnel auquel il faut ajouter près de 80 km de tunnels supplémentaires.

De nombreux rapports se succédèrent, critiquant le projet. lien

La commission européenne jugea même qu’il était surdimensionné. lien

Les opposants demandèrent et obtinrent une expertise indépendante qui confirma leurs craintes : la rentabilité du projet n’était pas prouvée, le cout était largement sous-estimé, et l’environnement était loin d’être respecté, prélevant 1500 hectares de terres agricoles riches, des zones à protéger, et surtout, les experts mirent en évidence les contradictions des promoteurs du projet. lien

Le seul intérêt qu’aurait pu avoir le projet étant, d’après les experts, de le remplacer par un projet de fret ferroviaire.

Les promoteurs saisirent alors l’occasion, en doublant le projet voyageur, par un projet fret, sauf que, pour respecter les pentes, (les marchandises ne pouvant franchir des pentes de plus de 3 pour 100), l’environnement s’en trouvait encore plus dévasté, puisque c’était désormais deux sillons qu’il fallait imaginer…

Les opposants eurent beau faire savoir qu’une ligne ferroviaire existait déjà, qu’elle faisait passer des voyageurs et des marchandises, et qu’elle n’est exploitée qu’à 18% de ses possibilités, les promoteurs s’entêtèrent. lien

Incompréhensible attitude puisqu’un milliard environ a été dépensé pour mettre aux normes l’ancien tunnel.

Coté élus écologistes, il ne fallut pas moins de 15 ans pour les convaincre de l’inutilité du projet, et de l’importance d’étudier une alternative recevable. lien

Et puis récemment, Grenoble s’est retiré du projet, au grand dam des promoteurs. lien

La CADS obtint finalement une subvention, offerte par le ministère de l’environnement, permettant d’étudier un projet alternatif.

Pour les marchandises, il va d’Ambérieu à la vallée de Maurienne, et pour les voyageurs, il utilise la voie historique, en la modernisant, suivant une technique développée en Autriche, supprimant toutes les nuisances liées à l’activité ferroviaire. lien

Ce projet permet une liaison rapide, tant pour les marchandises que pour les voyageurs, et permet d’économiser 20 milliards d’euros

Pour l’instant, sans réactions du gouvernement.

Si la mobilisation en France fut assez modeste, elle ne cessa de contester ce projet, d’autant que nos voisins italiens avaient mobilisé beaucoup plus de militants contre ce projet… ces militants, sous l’appellation de NOTAV, réunirent à plusieurs reprises plus de 70 000 manifestants, ce qui donna naissance au mouvement 5 étoiles, sous la houlette d’un certain Beppe Grillolien

On sait que ce mouvement est aujourd’hui aux manettes du pays, avec une alliance incongrue, avec l’extrême droite.

Or dans le contrat de gouvernement Salvini, et Di Maio, (la ligue et les 5 étoiles), figurait en bonne et due place l’abandon pur et simple du projet, et suite au rapport italien récent, confirmant la non rentabilité du projet, Di Maio a enfoncé le clou : « le Lyon Turin ne se fera pas ». lien

Si Salvini persistait à vouloir ce projet, malgré l’accord qu’il a signé, il provoquerait l’éclatement du gouvernement italien…

En France, il y eut plusieurs renoncements, des pauses, dont la dernière, a été décidée par le président français actuel, en automne dernier. lien

S’il est vrai que l’Europe avait consenti à prendre en charge une partie du financement du projet, et s’était impliqué pour 500 millions dans les études, l’implication européenne ne portait que sur 40% du tunnel de base, soit ~3 milliards…alors que, nous l’avons vu, le projet couterait au minimum 30 milliardslien

De plus, l’organisme qui gérait ce projet avait pour nom TELT… et le mandat de celui qui présidait cet organisme finissait le 31 décembre 2018.

Or le gouvernement français a décidé de ne pas le renouveler, donnant le signe évident d’un manque d’enthousiasme pour ce projet.

Des millions furent tout de même engagés par la région Rhône-Alpes, par Charles Million, et par ses successeurs, alors que le financement n’était pas acté, en contournant ce problème, qualifiant les travaux comme étant partie des études.

(Rappelons que le contrat gouvernemental qui acte le projet ne permet de démarrer le chantier que lorsque la totalité des financements aura été trouvée…)

Alors que des sondages verticaux auraient pu être réalisés à moindre coût, les promoteurs mirent en chantier des « galeries de reconnaissance », galeries dans lesquelles le tunnelier ne cessa de rencontrer des problèmes, tombant régulièrement en panne, et avançant à la vitesse d’un escargot.

Il était censé avancer de 600 mètres par mois, or 5 mois après le début des travaux, on en est à 2 mètres par jour, soit 10 fois moins vite que prévulien

Plus tard, le tunnelier ralenti encore sa cadence, se trouvant dans une zone carbonifère, difficile à creuser, avec une cadence de creusement d’un mètre par jour.

A ce rythme, pour creuser un seul tube (pour un tunnel qui en compte deux), il faudrait 78 ans pour aboutir. lien

Aujourd’hui, l’Europe menace de récupérer les 500 millions versés, (lien) et la France évoque des sanctions, oubliant au passage qu’un autre projet transalpin avait été signé, il y a des dizaines d’années : la traversée ferroviaire de Montgenèvre, censée relier la France et l’Italie, sauf que ce projet n’a jamais été réalisé, et que personne n’a réclamé suite à son abandon.

En toute logique, si les deux pays persistaient à imaginer cette liaison franco italienne, c’est donc le projet de Montgenèvre qui serait prioritaire.

Et puis, si le projet se réalisait malgré tout, vu sa non rentabilité, et malgré le rapport Italien qui le juge non rentable, évoquant un « gâchis d’argent public », une rapide faillite serait probable, qui obligerait l’état à combler le déficit, et à payer pour des années, la dette, et les intérêts de la dette…lien

C’est d’ailleurs ce qui s’est passé il n’y a pas si longtemps dans les Pyrénées, pour la LGV Perpignan-Figueras, provoquant la aussi, la fin d’un mythe. lien

Comme dit mon vieil ami africain : «c’est à force de se planter qu’on devient cultivé».

COMMENT L’ISLAMISME CONTRIBUE À LA PÉRENNISATION D’ISRAËL

Par Khider Mesloub.

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24.05.2021-mESLOUB.eNGLISH-iTALIANO-sPANISH
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Que o Silêncio dos Justos não Mate Inocentes: COMO O ISLAMISMO CONTRIBUI PARA A PERPETUAÇÃO DE ISRAEL (queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com)

Notre époque est cernée de toutes parts par les forces réactionnaires. Qu’elle s’exprime sous la forme religieuse, nationale, raciale ou ethnico-linguistique, la réaction a le vent en poupe. Parmi les mouvements rétrogrades les plus revendicatifs, vindicatifs et actifs, apparus ces dernières décennies sur la scène internationale, l’islamisme occupe le haut du podium dans le classement des forces obscurantistes. L’idéologie archaïque islamiste s’est mise à s’agiter frénétiquement comme une bête blessée, dès l’instant où les sociétés semi-féodales, semi-coloniales des pays musulmans étaient bousculées dans leurs fondements. Au moment où leur base sociale s’étiolait, à la faveur de l’introduction de nouvelles structures économiques, sociales, politiques et idéologiques. Autrement dit, à la faveur de la mutation de leur formation sociale, de l’implantation du capitalisme, de la modernisation balbutiante de ces régions.
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L’islamisme est l’expression d’une société travaillée par des mutations sociales profondes. C’est le dernier sursaut d’une bête agonisante tout juste capable de se défendre à coups de griffes religieuses pour échapper à son absorption par le modèle capitaliste « occidental » dominant réputé pour sa force dissolvante des sociétés archaïques. En vérité, comme je ne cesse de le répéter depuis plus de trente ans, le surgissement de l’islamisme préfigure le début de la fin des sociétés musulmanes. C’est un combat d’arrière-garde porté par les derniers dinosaures de l’islam, reliquats d’une société musulmane en voie de dissolution.
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L’islamisme est l’ultime râle d’agonie d’une société archaïque qui accouche aux forceps de nouvelles structures socioéconomiques et politiques modernes trop disproportionnées pour le « col de l’utérus sociétal » étroitement enserré dans la tradition, insuffisamment développée pour conduire ordinairement la naissance d’un nouveau mode de production. Comme toute naissance prématurée et traumatique, cela provoque des dommages collatéraux, cela impacte les fonctions psychologiques pouvant aboutir à la perturbation du fonctionnement cognitif, obérant le développement normal de la société. Mais, une fois le traumatisme de l’accouchement amorti, le processus de résilience sociétal se met en œuvre pour assurer une évolution normative et rationnelle de la société.
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Cependant, le surgissement de l’islamisme dans les pays musulmans a été également favorisé et alimenté par la domination impérialiste, la multiplication des conflits transplantés dans ces pays par les puissances capitalistes en lutte pour le contrôle de ces régions stratégiques et pétrolifères. Ces tensions impérialistes se sont particulièrement exacerbées et accentuées après la disparition de L’URSS. En effet, au lendemain de l’effondrement du bloc soviétique, la nécessité de la redistribution de la carte du monde s’est posée avec acuité et invitée avec brutalité sur l’échiquier international.
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De manière insistante, tout le monde soutient, y compris les prétendus experts, que le mouvement islamiste est la résultante de la radicalisation de la religion islamique. C’est une explication purement idéaliste du phénomène islamiste. Une chose est sûre : ce n’est pas la conscience qui détermine l’être, c’est l’être social qui détermine la conscience. En d’autres termes, l’esprit ne guide pas le monde. Ce sont les conditions socio-économiques qui impriment leurs modèles à l’évolution d’une société. Pour preuve, ce phénomène des mouvements islamistes apparaît à une phase de domination mondiale capitaliste corrodée par la déliquescence. Il n’a pas surgi à l’époque de sa glorieuse croissance, ou à une tout autre période antérieure de l’histoire. Notre époque décadente favorise toutes les déviances sociales et réactions politiques, toutes les formes de violences à connotations criminelle, sexuelle, politique ou religieuse.
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En fait, dans ses manifestations archaïques, l’islamisme n’exprime phénoménologiquement que la forme et non le fond de l’opposition que ce courant représente. Dans son expression politique, la réaction intégriste islamiste est la forme ultime qu’a prise la résistance nationaliste chauvine dans ces pays économiquement et industriellement arriérés, en proie à une crise systémique profonde (en Algérie, cette expression de la crise de la société est portée par l’islamisme et le berbérisme irrédentiste, produits d’une Algérie en pleine bouleversement socioéconomique et politique, en transition historique entre l’ancien monde qui peine à mourir et le nouveau mode production qui regimbe à naître pleinement). De fait, l’islamisme, expression religieuse d’un combat en réalité politique, traduit la résistance de ce monde ancien, produit du mode de production archaïque féodal, à la pression du modèle économique libéral vecteur de valeurs menaçant l’ordonnancement traditionnel des structures sociales des sociétés musulmanes.
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Pareillement, dans les pays occidentaux avancés du point de vue des forces productives et des moyens de production, confrontés à la récession économique et à la crise de gouvernance, on assiste à l’émergence du nationalisme chauvin patriotique, exprimé sous la forme du populisme.
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Ces deux idéologies superficiellement rivales et virales (intégrisme islamique versus intégrisme populiste) mènent en réalité un même combat d’arrière-garde dans un contexte de crise économique structurelle du capitalisme. L’intégrisme d’extrême-droite se développe dans tous les pays du monde, aux États-Unis, en Europe, et particulièrement en Israël où il s’illustre actuellement par les ratonnades, les pogroms, les expulsions des populations, l’assassinat des manifestants, les bombardements des populations civiles désarmées.
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C’est dans ce contexte de décadence du système capitaliste mondial, vecteur d’extrémismes religieux et populistes, qu’il faut inscrire, de manière générale, la maladie chronique du monde arabe affecté par la propagation pestilentielle de l’islamisme. Et, corollairement, la crise profonde du combat du peuple palestinien, tout à la fois pollué par le radicalisme islamique et abandonné par le monde entier, notamment par l’Arabie Saoudite et la majorité des pays arabes, ralliés officiellement au sionisme.
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De manière générale, le repliement hystérique identitaire et le déploiement religieux terroriste, dans leurs versions islamique et judaïque (partiellement chrétienne circonscrite à l’Amérique), caractérisent notre époque affligée de dérélictions protéiformes.
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De fait, le projet d’émancipation social ayant brûlé ses vaisseaux, le monde, emporté par de multiples naufrages économiques et chavirements institutionnels, en proie aux tempêtes guerrières, aux noyades sociales, au tsunami du chômage endémique, aux pandémies virales létales, au suicide collectif de la morale complètement à la dérive, le monde donc navigue à vue, sans capitaine vertueux salvateur au gouvernail, sans boussole politique libératrice,  sans promesse d’accostage un jour à bon port, à la faveur d’un sursaut révolutionnaire. Partout, dans de nombreux pays, les deux formes d’expression réactionnaires populistes (identitaires) et religieuses (islamiste et judaïque) prennent en tenaille les populations soumises à leur délétères influences idéologiques.
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Pour nous cantonner à la dramatique situation de la Palestine, il faut se rendre à l’évidence : la Palestine n’est pas près de recouvrer son indépendance. Par la faute des arabes, en particulier, et des musulmans, en générale, la cause palestinienne est discréditée, disqualifiée, dévoyée. La cause palestinienne, problème colonial par essence, a été métamorphosée en guerre de religion entre Juifs et musulmans, en combat intra ethnique (entre la même population sémitique déchirée uniquement par des dissensions religieuses). La cause palestinienne a perdu son caractère politique, colonial.
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Indubitablement, ces trente dernières années, à la faveur de l’expansion de l’islamisme, la question palestinienne a été totalement phagocytée par ces entités réactionnaires islamistes.
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Depuis plus de trois décennies, dans la majorité des pays musulmans, la croissance du nationalisme religieux est manifeste. Le mouvement de politisation de la religion, avec son renforcement des pratiques religieuses archaïques, a démarré au début des années 1980, à la faveur de la « révolution islamique » en Iran. C’est à cette période qu’émerge le phénomène de l’islamisation politique de la cause palestinienne, matérialisée par la fondation du Hamas. Cette organisation islamiste palestinienne se définit explicitement comme un « mouvement palestinien spécifique qui fait allégeance à Dieu, fait de l’islam sa règle de vie et œuvre à planter l’étendard de Dieu sur toute parcelle de la Palestine » (article 6 de sa charte). Le Hamas arbore de manière ostentatoire sa dimension religieuse, ses orientations islamiques, son « patriotisme religieux (« le patriotisme est un article de foi religieuse », article 12).  Pour ces islamistes, la défense de la Palestine constitue une cause essentiellement islamique. Car il s’agit de protéger une terre islamique. Dès lors, avec l’islamisation de la cause palestinienne, l’antagonisme colonial originel oppose, non les Juifs aux Arabes, mais bien les Juifs aux musulmans. Sans conteste, le Hamas soutenu par l’Iran et la Turquie, a son propre agenda, qui est loin d’être exclusivement palestinien. Par ailleurs, cette organisation vise à exercer une hégémonie totalitaire sur l’ensemble des Palestiniens. De là s’explique que le Hamas ne peut accepter que la révolte palestinienne, de quelque ville qu’elle démarre, y compris en Israël où vivent 20% d’Arabes, se fasse sans lui.
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Nul doute, la cause palestinienne s’est diluée en combat religieux. De problème colonial international, la question palestinienne, par la faute des islamistes, a été fondamentalement dévoyée, transformée en guerre confessionnelle entre musulmans et Juifs. Aussi, a-t-elle perdu, aux yeux de l’opinion publique internationale, son caractère politique, sa matrice colonialiste.
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Les Arabes, en particulier, et les musulmans, en général, sont responsables de cette désaffection du soutien de l’opinion publique au peuple palestinien, pourtant victime d’occupation coloniale par les sionistes. À cet égard, il n’est pas inutile de rappeler que 95% des fervents sionistes à l’échelle planétaire ne sont pas Juifs.
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Ironie de l’histoire, naguère, jusqu’aux années 80, à l’époque progressiste du combat anti-impérialiste et anticapitaliste, avant l’émergence des mouvements islamistes, la cause palestinienne était portée aux nues. Elle constituait le ticket d’entrée de l’engagement politique. Tous les partis de gauche, socialiste et communiste, étaient pro-palestiniens. Y compris au sein des formations politiques de droite s’exprimait une sympathie pour la cause palestinienne. On peut affirmer que la majorité de la population mondiale soutenait la cause palestinienne. Toutes les populations du monde étaient unanimes sur la centralité de la cause palestinienne.
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Aujourd’hui, ces dernières décennies, la donne a changé : l’idéologie islamiste a dénaturé cette lutte anticoloniale des Palestiniens. Elle a sapé la cause palestinienne. Elle a réduit la question coloniale palestinienne à une revendication religieuse islamique. Rendant ainsi service à Israël, cette entité sioniste raciste basée sur la religion. Dès lors, aux yeux de l’opinion publique internationale, le « conflit israélo-palestinien » revêt désormais un caractère religieux. Il s’inscrit dans un affrontement confessionnel entre Juifs et Musulmans, un « schisme religieux séculaire », une « controverse théologique », une « querelle de clocher », « d’orgueil de minaret ». La dimension coloniale du conflit territorial est totalement opacifiée, escamotée, éclipsée.
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Aussi, en raison de la discréditation du monde musulman, pollué par l’islamisme, confronté à un terrorisme meurtrier massif, accablé par des guerres sanguinaires, accusé (à tort ou à raison) de répandre le terrorisme partout dans le monde, l’opinion publique internationale, du fait de la transformation de la question coloniale palestinienne en un conflit religieux, s’est-elle détournée de la cause palestinienne. Pour l’opinion internationale le sionisme ne représente pas un problème de dépossession des terres palestiniennes, d’occupation territoriale, de déplacement de la population palestinienne, mais une Guerre de religion livrée à son adversaire sémite islamique palestinien, soutenu par l’ensemble des musulmans.
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Aussi, n’est-il pas surprenant que la majorité de l’opinion publique internationale, favorisée par la propagande sioniste, ait fini par se rallier à la cause d’Israël, érigé en victime – dans cette guerre de religion où ce pays juif est encerclé par les pays islamiques (sic) -, et, par extension, à adhérer au sionisme.
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C’est dans ce contexte qu’il faut inscrire la manipulation opérée par les sionistes sur l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme, désormais gravé dans les consciences.  Effectivement, c’est à bon escient que le sionisme exploite cette dénaturation du projet de lutte anticoloniale du peuple palestinien pour l’assimiler à de l’antisémitisme. En particulier quand la lutte est portée par des non Palestiniens, surtout des musulmans, immédiatement taxés d’antisémitisme.
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La réduction de la lutte du peuple palestinien à un conflit interconfessionnel entre musulmans et juifs a favorisé grandement cette machination sioniste, orchestrée notamment en France où l’antisionisme est en voie de criminalisation par son association  à une forme d’antisémitisme, dans le prolongement de la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), entérinée par plusieurs pays et défendue par Emmanuel Macron devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).
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Aussi, pour ce qui de la France, l’« étape importante (qui) a été franchie le mardi 3 décembre 2019, avec le vote à l’Assemblée nationale d’une résolution, déposée par le député La République En Marche (LREM) Sylvain Maillard, et soutenue par le gouvernement, assimilant toute critique à l’égard de l’Etat d’Israël à de l’antisémitisme », s’inscrit-elle dans cet effritement de la cause palestinienne, impulsé par les mouvements réactionnaires islamistes, responsables de la dénaturation du combat anticolonialiste palestinien, converti en conflit interconfessionnel. En effet, désormais en France, depuis la loi du 3 décembre 2019, l’antisionisme est caractérisé comme une forme d’antisémitisme. Et pour cause !
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Ce n’est pas la puissance du lobby sioniste qui a permis le vote de cette résolution, mais l’affaiblissement de la cause palestinienne, phagocytée par les mouvements islamistes. Ainsi, le lobby sioniste est parvenu à étendre l’épouvantail de l’antisémitisme, favorisé par les islamistes, pour mieux subvertir la lutte antisioniste, à stigmatiser l’antisionisme. Par une forme d’inversion accusatoire, les sionistes deviennent les victimes. Leur loi assimilant l’antisionisme à de l’antisémitisme, confectionnée sur mesure et dans la démesure de leur domination impérialiste des consciences malheureuses, permet de criminaliser désormais toute critique du sionisme ou d’interdire toute manifestation de soutien aux Palestiniens.
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Plus globalement, il ne suffit pas de fustiger les islamistes. Les dirigeants palestiniens sont également responsables de cette dérive, coupables de la désagrégation de la cause palestinienne. Assurément, à observer la compromission des principaux représentants officiels palestiniens, le président Mahmoud Abbas en tête, avec l’entité sioniste, pays théocratique et raciste, on saisit mieux les motifs de cette désaffection de la cause palestinienne. En vérité, la Palestine a toujours représenté un jeu politique pour les dirigeants bourgeois palestiniens, uniquement intéressés par le pouvoir ; et un enjeu idéologique pour tous les dirigeants des pays arabes et musulmans pour détourner l’attention de leurs populations respectives des problèmes socioéconomiques et politiques internes. En réalité, tous ces dirigeants, valets de l’impérialisme, après avoir implicitement œuvré des décennies durant à la perpétuation de l’occupation de la Palestine, pour mieux pérenniser leur maintien au pouvoir par l’instrumentalisation de la cause palestinienne, aujourd’hui, ils se sont explicitement résolus à s’allier à Israël pour obtenir leur aide diplomatique et logistique en vue de consolider leur régime vacillant, menacé d’éclatement (plusieurs pays arabes, Bahreïn, Émirats arabes unis, Maroc, Soudan, ont même récemment normalisé leurs relations avec Israël).
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Au final, l’islamisme constitue le meilleur soutien de l’État d’Israël, du fait de son alliance et de sa collusion avec l’impérialisme, et le meilleur garant de la conservation des structures rétrogrades traditionnelles des pays arabes, pays par ailleurs incapables de rivaliser avec la haute technologie israélienne et la supériorité militaire sioniste. Comme l’a écrit un commentateur, « lorsque les islamistes, toujours passagers clandestins des Révolutions (à l’instar de Khomeiny qui monta dans le train de la révolution populaire menée par la classe ouvrière, les partis de gauche et les organisations laïques pour la dérailler, l’orienter vers la voie islamique, NDA), prennent le volant du camion, vous pouvez être sûrs qu’ils emmènent le camion droit dans l’impasse ou dans le fossé. Vous pouvez être sûrs que si les Oulémas algériens avait pris les rênes de la Révolution algérienne, l’Algérie serait encore une Colonie ».
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Comme l’a souligné un autre commentateur : « L’islamisme (qui, contrairement à la bien-pensance dominante, n’est pas une « perversion » de la religion musulmane mais un sous-produit direct de cette dernière) est l’idéologie idoine du système dominant le monde musulman semi-féodal/semi-colonial fondé sur la distribution de la rente et la prédation ». Aussi, l’islamisme est le meilleur allié de l’impérialisme et du sionisme.
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Qui plus est, l’islamisme considère tout Juif comme un sioniste. Or, c’est exactement ce que tente d’accréditer le sionisme.  Ce faisant, l’islamisme renforce davantage son alliance objective avec le sionisme. En fait, le sionisme et l’islamisme constituent l’avers et le revers de la même médaille réactionnaire, nuisible et pour les Juifs et pour les citoyens de confession musulmane.
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Incontestablement, la déconsidération et l’éclipse de la cause palestinienne (favorisée par l’idéologie réactionnaire islamiste) s’inscrivent globalement dans le déclin du combat progressiste, le reflux mondial de la lutte du prolétariat international, la régression de la conscience de classe, le dépérissement des partis révolutionnaires, l’abâtardissement du marxisme, en un mot dans l’affaissement du projet d’émancipation humaine. Aujourd’hui, le piège religieux islamiste s’est refermé sur la cause palestinienne, tendu à la fois par ses faux frères musulmans et ses ennemis sionistes.
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Seul un changement de paradigme du conflit peut redynamiser la cause palestinienne. En réalité, seule la reprise de la lutte radicale du mouvement ouvrier international, des peuples opprimés, du prolétariat mondial, dans une perspective de renversement du capitalisme, pourra redonner ses lettres de noblesse au combat du peuple palestinien, combat conduit dans une optique à la fois anticapitaliste et anticolonialiste contre l’entité sioniste, loin des scories religieuses islamiques réactionnaires et des scélérats régimes arabes inféodés définitivement au sionisme.
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Khider Mesloub

Les armes nucléaires : Péril pour l’humanité!

Nous publions aujourd’hui, dans une mise en page très attrayante, un fascicule couleurs de 28 pages intitulé « Les armes nucléaires : Péril pour l’humanité ! », rehaussé de plusieurs illustrations originales et percutantes de Jacques Goldstyn (alias Boris). Ce document, qui aborde une des deux menaces actuelles à la survie de l’humanité, brosse un tableau condensé mais assez complet du péril nucléaire pour quiconque veut s’informer sur cet enjeu capital… et passer à l’action !

Téléchargez le fascicule pour lecture à l’écran

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Le fascicule aborde l’historique de l’ère nucléaire et du mouvement citoyen pour le désarmement nucléaire; il explique l’horreur et les dangers extrêmes posés par ces armes; il souligne les risques accrus de déclenchement volontaire ou accidentel dans la conjoncture mondiale actuelle; il déconstruit les mythes invoqués pour justifier les stratégies nucléaires; il dénonce le rôle important du Canada dans la création, la prolifération et la défense de ces armes; et il présente des pistes d’action pour l’élimination totale des armes nucléaires. Nous publions en même temps une liste de références « Pour en savoir plus–Complément au fascicule« , dont un document de travail sur « Les aspects juridiques du désarmement nucléaire« .
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Vous pourrez très bientôt commander des copies imprimées du fascicule. De plus, il sera traduit en anglais pour élargir sa diffusion, notamment dans le reste du Canada.

WEBINAIRE : JEUDI 3 JUIN, de 19h30 à 21 h (inscription obligatoire)

Les armes nucléaires : Péril pour l’humanité
Événement Facebook pour le webinaire

Pour participer au webinaire et recevoir les informations de connexion, veuillez vous inscrire dans ce formulaire : https://zoom.us/meeting/register/tJAoc-6hrj8tHdPazur5NBno6LaB7Jd9b9Ln. Notez que ce formulaire sert également  aux membres du Collectif pour s’inscrire à l’assemblée générale. Si vous n’êtes pas membre du Collectif, faites simplement le choix « Le Webinaire » dans la liste de choix « J’assisterai à… ».

Voir les détails du webinaire sous l’affiche.

(Pour télécharger l’affiche, cliquer dessus)

Sujets et conférenciers

MICHEL DUGUAY

Le péril nucléaire : Qu’en est-il ? Pourrons-nous toujours être chanceux ?

  • Les analystes qui sont contre les armes nucléaires, tout comme ceux qui sont pour, commencent à parler du besoin urgent de diminuer la probabilité de détonation d’une ou plusieurs bombes, soit comme résultat de l’escalade d’un conflit régional, soit par accident. Deux exemples historiques qui auraient pu mal tourner ont été la crise des missiles à Cuba en 1962 et l’exercice militaire de l’OTAN Able Archer en novembre 1983. Des équipes d’experts comprenant des Américains, des Russes et des Chinois travaillent depuis quelques années à établir un régime de coopération en vue de réduire le risque nucléaire. Des spécialistes en changements climatiques estiment que l’explosion de 100 bombes nucléaires pourrait déclencher un  »automne nucléaire » entrainant des famines partout dans le monde.

Michel Duguay a obtenu un doctorat en physique nucléaire à l’université Yale en 1966. Il a œuvré dans le domaine de la recherche en lasers et en photonique dans les laboratoires de AT&T dans le New Jersey jusqu’en 1987. En 1988 il a occupé une chaire CRSNG/Québec Téléphone à l’Université Laval. Il s’est joint au mouvement antinucléaire en 1983. Il est retraité depuis janvier 2020.

RAYMOND LEGAULT

Le péril nucléaire : rôle néfaste du Canada et nécessité d’une mobilisation citoyenne planétaire

  • Le Canada a non seulement participé à la création des premières armes atomiques, mais il a aussi directement alimenté la prolifération des armes nucléaires pendant des années et il est encore aujourd’hui un promoteur de la stratégie de la « dissuasion nucléaire » de l’OTAN. Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), adopté à l’ONU par 122 pays sur 192 en 2017, est entré en vigueur le 22 janvier dernier. Aucun des neuf pays nucléaires et aucun des pays membres de l’OTAN, dont le Canada, ne l’ont signé. Une mobilisation citoyenne planétaire est nécessaire pour réaliser le désarmement nucléaire tout comme pour faire face à l’urgence climatique.

Raymond Legault est l’un des porte-paroles du Collectif Échec à la guerre depuis sa création en 2002.

Nous espérons que vous serez nombreux à participer à ce webinaire de lancement du nouveau fascicule du Collectif !

Solidairement,
Raymond Legault, pour le Collectif Échec à la guerre

 


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Comment le capital américain prépare sa prochaine guerre

Par Pepe Escobar.

Source The Saker’s Blog

Andrei Martyanov est un cas à part. Ce baby-boomer de la troisième vague, né au début des années 1960 à Bakou, dans le Caucase, qui faisait alors partie de l’ex-URSS, est sans doute le principal analyste militaire de la sphère russe. Il vit et travaille aux États-Unis, écrit en anglais pour un public mondial et excelle toujours dans son blog intitulé Reminiscence of the Future.

J’ai déjà eu le plaisir de faire la critique de ses deux précédents livres. Dans Losing Military Supremacy : The Myopia of American Strategic Planningpublié il y a près de trois ans, il démontrait de manière convaincante que l’écart entre les États-Unis et la Russie en matière de missiles était comparable à un « abîme technologique » et que le Khinzal était « un changement complet de la donne sur les plans géopolitique, stratégique, opérationnel, tactique et psychologique ».

 

Il y cartographiait en détail « l’arrivée définitive d’un paradigme complètement nouveau » dans la guerre et la technologie militaire. Cette critique est incluse dans mon propre livre électronique intitulé Shadow play, disponible sur Asia Times.

Il a ensuite publié The (Real) Revolution in Military Affairs, où il est allé encore plus loin en expliquant comment cette « révolution », introduite au Pentagone par feu Andrew Marshall, alias Yoda, l’inventeur de facto du concept de « pivot vers l’Asie », a en fait été conçue par des théoriciens militaires soviétiques dans les années 1970, sous le nom de MTR (Military-Technological Revolution).

Son nouveau livreDisintegration, complète cette trilogie. Et c’est un final étonnant.

Dans cet ouvrage, Martyanov analyse de façon méticuleuse le déclin impérial, par thèmes, avec des chapitres sur la consommation, la géoéconomie, l’énergie, la perte de la course aux armements, entre autres. Il y dresse un réquisitoire dévastateur, notamment contre les lobbies toxiques de Washington et la médiocrité politique qui prévaut de l’autre côté de la Beltway. Ce qui est révélé au lecteur est l’interaction complexe des forces qui sont à l’origine du chaos politique, idéologique, économique, culturel et militaire américain.

Le chapitre 3, consacré à la géoéconomie, est une véritable promenade de santé. Martyanov montre comment la géoéconomie, en tant que domaine distinct de la guerre et de la géopolitique, n’est rien d’autre qu’un obscur embrouillamini : le bon vieux conflit « enveloppé dans le mince emballage de sciences politiques à l’intellectualisme superficiel «  – l’étoffe dont sont faits les rêves de Huntington, Fukuyama et Brzezinski.

Ce thème est pleinement développé au chapitre 6, consacré aux élites occidentales, avec un démantèlement cinglant du « mythe Henry Kissinger » : Un autre exceptionnaliste américain, faussement qualifié de « réaliste », qui fait partie d’une bande qui « n’est pas conditionnée pour penser de manière multidimensionnelle ». Après tout, ils ne sont toujours pas capables de comprendre le raisonnement et les implications du discours de Poutine à Munich, en 2007, qui déclarait le moment unipolaire – un euphémisme grossier pour dire hégémonie – mort et enterré.

Comment ne pas gagner de guerre

L’une des principales conclusions de Martyanov est qu’après avoir perdu la course aux armements et toutes les guerres qu’elle a déclenchées au XXIe siècle – comme le montre son bilan – la géoéconomie est essentiellement un « euphémisme pour qualifier les sanctions et les tentatives incessantes des États-Unis de saboter l’économie de toute nation capable de rivaliser avec eux » (voir, par exemple, la saga du Nord Stream 2). C’est « le seul outil » (c’est lui qui souligne) que les États-Unis utilisent pour tenter d’enrayer leur déclin.

Dans un chapitre consacré à l’énergie, Martyanov démontre que l’aventure américaine du pétrole de schiste n’est pas viable financièrement et que l’augmentation des exportations de pétrole est essentiellement due au fait que les États-Unis ont « récupéré les quotas libérés principalement à la suite des réductions de production de la Russie et de l’Arabie saoudite au sein de l’OPEP+, réductions faites dans le but d’équilibrer le marché mondial du pétrole ».

Au chapitre 7, intitulé « Losing the Arms Race », Martyanov développe le thème clé dont il est la superstar incontestée : les États-Unis ne peuvent pas gagner de guerres. Infliger une guerre hybride est une toute autre affaire, c’est créer « beaucoup de misère dans le monde, affamer effectivement des gens pour les conduire à leur mort pure et simple ».

Les sanctions économiques « à pression maximale » contre l’Iran en sont un exemple flagrant. Mais le fait est que ces outils – qui incluent également l’assassinat du général Soleimani – font partie de l’arsenal de « propagation de la démocratie » et n’ont rien à voir avec la « géoéconomie », mais ont « tout à voir avec les jeux de pouvoir bruts conçus pour atteindre le principal objectif clausewitzien de la guerre – « contraindre notre ennemi à obéir à notre volonté » ». Et « pour l’Amérique, la majeure partie du monde est l’ennemi ».

Martyanov se sent également obligé de mettre à jour ce sur quoi il excelle depuis des années : le fait que l’arrivée des missiles hypersoniques « a changé la guerre pour toujours ». Le Khinzal, déployé en 2017, a une portée de 2 000 km et « n’est pas interceptable par les systèmes antimissiles américains existants ». Le 3M22 Zircon « change complètement la stratégie de guerre navale et terrestre ». Le retard des États-Unis sur la Russie en matière de systèmes de défense aérienne est « massif, tant sur le plan quantitatif que qualitatif ».

Disintegration est également une critique acerbe du phénomène éminemment post-moderniste – qui se caractérise par une fragmentation culturelle infinie et le refus d’accepter que « la vérité est connaissable et peut faire l’objet d’un accord » – responsable de la réingénierie sociale actuelle des États-Unis, en tandem avec une oligarchie qui « de manière évidente, n’est pas très brillante, malgré sa richesse ».

Et puis il y a la russophobie rampante. Martyanov lance l’alerte rouge définitive : « Bien sûr, les États-Unis sont toujours capables de déclencher une guerre avec la Russie, mais s’ils le font, cela ne signifiera qu’une seule chose : les États-Unis cesseront d’exister, tout comme la majeure partie de la civilisation humaine. Ce qui est horrible, c’est qu’il y a des gens aux États-Unis pour qui même ce prix est trop faible à payer. »

En fin de compte, un intellect scientifique froid ne peut que s’appuyer sur une realpolitik solide : en supposant que les États-Unis évitent une désintégration complète en « territoires séparatistes », Martyanov souligne que la seule façon pour « l’élite » américaine de maintenir une sorte de contrôle « sur des générations de plus en plus éveillées ou désensibilisées par les drogues » est la tyrannie. En fait, la techno-tyrannie. Et cela semble effectivement être le nouveau paradigme dysfonctionnel qui se profile à l’horizon.

 

Pepe Escobar

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

 

La tragédie de l’État profond américain contre l’alliance Chino-russe

Par Pepe Escobar.  Source The Saker’s Blog

Henry Kissinger, 97 ans, dit Henry the K. pour ceux qu’il garde près de lui, est soit un penseur stratégique de type oracle de Delphes, soit un authentique criminel de guerre, pour ceux qu’il garde moins près de lui. Il semble qu’il ait un peu lâché son activité habituelle de diviser pour mieux régner, pour conseiller le groupe qui tient le POTUS, alias Crash Test Dummy, et émettre quelques perles de sagesse en realpolitik.

Lors d’un récent forum en Arizona, Henry the K. a déclaré, en faisant référence au conflit sino-américain qui enfle, que « c’est le plus gros problème de l’Amérique, le plus gros problème du monde. Parce que si nous ne parvenons pas à le résoudre, le risque est que, dans le monde entier, une sorte de guerre froide se développe entre la Chine et les États-Unis. »

En termes de realpolitik, cette « sorte de guerre froide » est déjà en cours ; au sein de la Beltway [Wasington DC, NdSF], la Chine est unanimement considérée comme la première menace pour la sécurité nationale des États-Unis.

 

Kissinger a ajouté que la politique américaine à l’égard de la Chine doit être un mélange de mise en avant des « principes » américains pour exiger le respect de la Chine et de dialogue pour trouver des domaines de coopération : « Je ne dis pas que la diplomatie conduira toujours à des résultats bénéfiques… C’est la tâche complexe qui nous incombe… Personne n’a réussi à le faire complètement. »

Henry the K. doit vraiment avoir perdu le fil diplomatique. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, s’emploient désormais à plein temps à démontrer – principalement aux pays du Sud – que l’« ordre international fondé sur des règles » imposé par les États-Unis n’a absolument rien à voir avec le droit international et le respect de la souveraineté nationale.

Au début, j’avais écarté ces platitudes d’Henry the K. Mais une personne qui occupait une position de premier plan au sommet de l’État profond américain m’a montré qu’il faudrait y être plus attentif.

Cette personnalité – appelons-la M. S. – est l’une de mes sources inestimables et dignes de confiance depuis le début des années 2000. La confiance mutuelle a toujours été la clé. Je lui ai demandé si je pouvais publier certains passages de son analyse, sans citer de noms. Il a donné son accord – avec précaution. Alors attachez vos ceintures.

Danser avec M. S.

M. S., d’une manière assez intrigante, semble exprimer l’opinion collective d’un certain nombre de personnes extrêmement qualifiées. Dès le début, il souligne comment les observations d’Henry the K. s’expliquent par le triangle Russie-Chine-Iran d’aujourd’hui.

La première remarque que nous nous faisons est que ce n’est pas Kissinger qui a créé la politique pour Nixon, mais l’État profond. Kissinger n’était qu’un messager.  Dans la situation de 1972, l’État profond voulait sortir du Vietnam, dont la politique avait été mise en place pour contenir la Chine et la Russie communistes.  Nous étions là basés sur la théorie des dominos.

Il poursuit :

L’État profond voulait atteindre un certain nombre d’objectifs en approchant le président Mao, qui était contrarié par la Russie. Il voulait s’allier, en 1972, avec la Chine contre la Russie. Cela rendait le Vietnam sans intérêt, car la Chine devenait le parti qui contiendrait la Russie et le Vietnam ne signifiait plus rien. Nous voulions équilibrer la Chine contre la Russie.  La Chine n’était pas une grande puissance en 1972, mais elle pouvait drainer la Russie, la forçant à placer 400 000 soldats à sa frontière.  Et la politique de l’État profond a fonctionné. C’est nous, dans l’État profond, qui y avions pensé, et pas Kissinger. 400 000 soldats à la frontière chinoise étaient une ponction sur leur budget, comme l’est devenu plus tard l’Afghanistan avec plus de 100 000 soldats, et le Pacte de Varsovie avec 600 000 soldats supplémentaires.

Et cela nous amène à l’Afghanistan :

L’État profond voulait créer un Vietnam pour la Russie, en Afghanistan en 1979.  J’étais parmi ceux qui s’y opposaient, car cela aurait inutilement utilisé le peuple afghan comme chair à canon et c’était injuste. On a refusé de m’écouter. Brzezinski jouait ici le rôle de Kissinger, un autre rien du tout qui ne faisait que transmettre des messages.

L’État profond a également décidé de faire chuter le prix du pétrole, car cela affaiblirait économiquement la Russie. Et cela a fonctionné en 1985, faisant chuter le prix à huit dollars le baril, ce qui a fait fondre la moitié du budget russe. Ensuite, nous avons autorisé Saddam Hussein à envahir le Koweït afin d’envoyer notre armée avancée pour l’assommer et démontrer notre supériorité au monde en matière d’armement, ce qui a fortement démoralisé les Russes et instiller la peur de Dieu dans les pays pétroliers musulmans.  Nous avons ensuite créé la fiction de la Guerre des étoiles.  La Russie, à notre grande surprise, a perdu son sang-froid et s’est effondrée.

M.S. définit tout ce qui précède comme « merveilleux » à ses yeux, car « le communisme est sorti et le christianisme est entré » :

Nous avons ensuite voulu accueillir la Russie dans la communauté des nations chrétiennes, mais l’État profond voulait la démembrer. C’était stupide, car elle aurait créé un équilibre contre la Chine, du moins de leur point de vue à la Mackinder. C’était naïf de ma part d’espérer un retour du christianisme, car l’Occident se dirigeait rapidement vers une désintégration morale totale.

Pendant ce temps, notre alliée la Chine a continué de croître car nous n’en finissions pas de démembrer la Russie et les conseillers que nous avons envoyés en Russie ont détruit toute l’économie dans les années 1990, contre mes objections. Le bombardement de Belgrade, qui a duré 78 jours, a finalement réveillé la Russie, qui a commencé à se remilitariser massivement, car il était évident que l’intention finale était de détruire Moscou. Les missiles défensifs sont donc devenus essentiels. D’où, les S-300, S-400, S-500 et bientôt les S-600.

Lors de nos réunions, j’avais mis en garde l’État profond sur le fait que le bombardement de Belgrade en 1999 entraînerait une remilitarisation de la Russie mais l’argument n’a pas été entendu. Belgrade a été bombardé pendant 78 jours, comparés aux deux jours de bombardement de vengeance contre Hitler. Et la Chine continuait de croître.

Pourquoi l’équilibre des forces ne fonctionne pas

Et cela nous amène à une nouvelle ère – qui a commencé en pratique avec l’annonce chinoise des Nouvelles routes de la soie en 2013 et le Maidan à Kiev en 2014 :

La Chine se réveille en réalisant qu’elle a été utilisée et que la flotte américaine contrôle ses routes commerciales. Elle décide donc de se rapprocher de la Russie, en 2014, juste au moment où elle assiste au renversement de l’Ukraine par le Maidan.  Ce renversement a été organisé par l’État profond lorsqu’il a commencé à comprendre qu’il avait perdu la course aux armements, et qu’il ne savait même pas ce qui se passait.

L’État profond voulait attirer la Russie dans un nouveau Vietnam, en Ukraine, pour la drainer puis faire à nouveau s’effondrer le prix du pétrole, ce qu’ils ont fait. Pékin a étudié cela et a compris l’histoire. Si la Russie était renversée, l’Occident contrôlerait toutes ses ressources naturelles, dont la Chine prévoyait d’avoir besoin puisqu’elle devenait une économie géante, plus grande que celle des États-Unis.  Pékin commence alors à nouer des relations chaleureuses avec Moscou, cherchant à obtenir de la Russie des ressources naturelles terrestres, comme le pétrole et le gaz naturel, afin d’éviter autant que possible les ressources naturelles transportées par voie maritime. Pendant ce temps, Pékin accélère massivement la construction de sous-marins transportant des missiles capables de détruire les flottes américaines.

Alors, quel rapport avec Kissinger en Arizona ?

Aujourd’hui, Kissinger reflète l’angoisse de l’État profond sur la relation entre la Russie et la Chine et son souhait que celle-ci soit scindée pour de bon. C’est ce dont parle Kissinger. Il ne veut pas dire la vérité sur les réalités de l’équilibre des forces. Il utilise l’argument de « nos valeurs », alors que les États-Unis n’ont plus d’autres valeurs que l’anarchie, le pillage et l’incendie de centaines de villes. Biden espère convaincre la population désinformée alors que l’impression monétaire se déchaîne.

Nous en revenons donc à Kissinger choqué par la nouvelle alliance russo-chinoise. Elle doit être cassée.

Maintenant, je ne suis pas d’accord avec les intrigants de l’équilibre des forces, car la moralité ou les valeurs nobles devraient régir les relations internationales, et non le pouvoir. Les États-Unis suivent leurs rêves d’équilibre des pouvoirs depuis 1900 et ils sont maintenant confrontés à la ruine économique. Ces idées ne fonctionnent pas.  Il n’y a aucune raison pour que les États-Unis ne puissent pas être amis avec la Russie et la Chine et que les différences puissent être résolues. Mais vous ne pouvez pas atteindre cette phase tant que des considérations d’équilibre des pouvoirs dominent toute votre pensée. C’est la tragédie de notre époque.

 

Pepe Escobar

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

L’offre de l’Arabie saoudite au Mollah Omar pour récupérer Oussama Ben Laden, chef d’Al Qaida

Par : René Naba

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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Sauf contretemps, les États-Unis et les Talibans ont signé le 29 Février 2020, un accord historique, visant à mettre, théoriquement, un terme à un conflit vieux de 18 ans, déclenché au lendemain du raid du 11 septembre 2001 contre les symboles de l’hyper puissance américaine et qui aura coûté au budget américain la somme faramineuse de 2.000 milliards de dollars. Le texte négocié pour le compte des États Unis par Zalmay Khalilzad, l’ambassadeur des Etats Unis à Kaboul, d’origine afghane, un vestige de l’administration républicaine de George Bush Jr, et le chef politique des Talibans, Abdul Ghani Barada, a été signé au Qatar, en présence de Mike Pompeo, secrétaire d’état américain.

Les négociations ont duré un an et demi. L’accord prévoit le retrait des troupes américaines dans un délai de 14 mois et ouvre la voie à des négociations de paix inter afghanes. 1 800 soldats américains et plus de 30.000 civils afghans ont perdu la vie dans le conflit

Retour sur un aspect méconnu des négociations clandestines entre L’Arabie saoudite et les Talibans pour clore ce dossier par la livraison aux Saoudiens d’Oussama Ben Laden, chef d’Al Qaida.


Le récit de l’entretien orageux entre le chef des services de renseignements saoudiens et le mollah Omar, chef des Talibans.

L’Arabie Saoudite a proposé l’amnistie à Oussama Ben Laden, assortie d’une somme de 200 millions de dollars s’il consentait à retourner au Royaume; le doublement de la somme si le chef d’Al Qaida confirmait dans une déclaration à son arrivée à l’aéroport saoudien que «la législation islamique s’appliquait de la manière la plus parfaite sur le territoire du Royaume».

«Quand j’ai rencontré Oussama Ben Laden dans les caves de Tora Bora, fin novembre 1996, il m’a confirmé que les autorités saoudiennes avaient dépêché plusieurs émissaires. Dans l’une des délégations figuraient ma propre mère, accompagnée de son 2me mari, Mohamad Attas, ainsi qu’un groupe d’hommes d’affaires du Hedjaz (région de Djeddah).

Cette révélation est contenue dans un témoignage d’Abdel Bari Al Aywane, un des rares journalistes au Monde à avoir rencontré Oussama Ben Laden, dans son refuge de Tora Bora. Fondateur du journal trans-arabe ‘Al Qods Al Arabi’, puis du site en ligne «Ar Rai Al Yom, M. Atwane, un des meilleurs spécialistes du Monde arabo musulman, réagissait aux déclarations du Prince Turki Ben Faysal, sur la chaîne saoudienne Al Arabiya, enjolivant son rôle dans cette affaire.

Pour le lectrorat arabophone, le récit complet de ce témoignage, sur ce lien.

«Les émissaires étaient porteurs d’une offre en deux volets: l’amnistie royale et le déblocage de 200 millions de dollars représentant la quote part d’Oussama Ben Laden des intérêts générés par les activités du Consortium Ben Laden, à l’époque un géant du BTP saoudien…. «Le décuplement de cette somme si à son atterissage en Arabie saoudite, Oussama Ben Laden faisait une déclaration à la presse confirmant que la législation islamique s’appliquait de la manière la plus parfaite sur le territoire saoudien», a poursuivi M. Atwane.

Oussama Ben Laden a confirmé à M. Atwane avoir refusé les deux offres saoudiennes. La délégation saoudienne est rentrée bredouille et c’était «la dernière fois que le chef d’Al Qaida voyait sa mère, Alia Ghanem», a précisé le journaliste.

L’offre saoudienne au Mollah Omar

Le récit d’Abdel Bari Atwane sur cet entretien orageux

«Une semaine après l’entretien du prince Turki Ben Faysal avec le Molalh Omar, qui a eu lieu en Août 1998, dans la foulée des attentats de Nairobi et Dar Es Salaam, Abou Mouss’ab As Soury (de son vrai nom Moustapha Sitt Mariam), m’a joint par téléphone pour m’informer de la teneur de la négociation.

«Le prince Turki s’est adressé au Molalh Omar sur un ton plein de morgue et de suffisance. Il a sommé le chef ses Talibans de lui remettre Oussama Ben Laden qu’il devait embarquer avec lui à bord de l’avion spécial qui devait ramener le prince saoudien à Kandahar avant leur atterrssage à Ryad, le chef d’Al Qaida débarquant de l’avion menotté».

«En contrepartie, le Prince Turki proposait une reconnaissance du gouvernement Taliban, en remplacement du gouvernement présidé par Hamid Karzai, la restitution aux Talibans du siège dévolu à l’Afghanistan à l’ONU, enfin des ptroposiitons alléchantes sur le plan financier».

«Devant un tel comportement obséquieux, le Mollah Omar n’a pu contenir sa colère, répliquant vertement au chef des services de renseignements saoudiens: «Je suis disposé à livrer Oussama Ben Laden, à condition qu’il comparaisse devant un tribunal légitime composé de magistrats d’Arabie saoudite, d’Afghanistan et d’autres pays musulmans. Si un tel tribunal le condamne pour fait de terrorisme, j’exécuterai sur le champ la sentence.

«Puis fixant le prince saoudien, le chef taliban lui assène: Comment peux-tu me demander de livrer un Moujahid musulman à un pays athée, en l’occurrence les États Unis, pour qu’il soit jugé sur son territoire». Puis, joignant le geste à la parole, Mollah Omar demande au prince saoudien de quitter la salle. Ce qui fut fait sur le champ.

Soudan: Sauf conduit pour le président soudanais Omar Al Bachir en contrepartie de sa remise aux Saoudiens d’Oussama Ben Laden

L’Arabie saoudite a proposé au général Omar Al Bachir, destitué en 2019, de lui garantir un sauf conduit, en obtenant l’annulation de sa comparution devant la Cour Pénale Internationale en contrepartie de sa remise aux autorités saoudiennes d’Oussama Ben Laden.

Le chef d’Al Qaida s’était réfugié en 1995 au Soudan, après la déchéance de sa nationalité saoudienne. Il avait choisi le Soudan pour sa proximité géographique avec l’Égypte, patrie d’origine de son bras droit et successeur Ayman Al Zawahiri, qui y disposait d’un important réseau de sympathisants de la confrérie des Frères Musulmans.

Les attentats contre les ambassades américaines en Afrique du 7 août 1998 à Nairobi (Kenya), et Dar Es Salaam (Tanzanie) ont été commis par des membres locaux d’Al Qaida.

Leur première conséquence a été de placer Oussama ben Laden, sur la liste des dix fugitifs les plus recherchés par le FBI.

L’attaque à la voiture piégée contre l’ambassade de Nairobi a tué au moins 213 personnes dont douze Américains -dont deux employés de la CIA-, et blessé plus de 4 000, dont l’ambassadrice. L’attentat contre l’ambassade à Dar el Salaam, utilisant le même modus operandi a tué onze personnes et blessé 85 autres.

Avec l’attentat du World Trade Center de 1993, l’attentat des Tours de Khobbar en Arabie saoudite, et l’attentat contre l’USS Cole, au Yémen, les attaques des ambassades américaines en Afrique font partie des attentats antiaméricains les plus importants qui précédèrent ceux du 11 septembre 2001.

L’assaut contre le domicile d’Oussama Ben Laden

Ousama Ben Laden a été tué lors d’un raid contre sa résidence, à Bilal2, dans la périphérie d’Abbottabad, au Pakistan, le2 Mai 2011. Ce raid, de 40 minutes baptisé «opération Neptune’s Spear» («Trident de Neptune»), a été mené par une équipe d’une vingtaine de SEAL (commandos de l’US Navy). Selon la version officielle américaine, la dépouille d’Oussama Ben Laden a été immergée en haute mer.

Se fondant sur le témoignage du frère de l’épouse d’Oussama Ben Laden, Abdel Bari Atwane fait le récit suivant:

«Ma sœur, Amal As Sadate se trouvait aux côtés de son époux au dernier étage de leur domicile. Oussama Ben Laden tenait un fusil mitrailleur à portée de sa main. A la première alerte, ma sœur s’est jetée sur son époux pour le protéger. Elle a été blessée à la cuisse.

«Nul ne sait ce qui s’est passé depuis lors, sauf que l’un des fils d’Oussama Ben Laden, Khaled, a été tué à ses côtés ainsi que deux de ses compagnons. Un des trois hélicoptères ayant participé à l’assaut a été détruit.

L’assaut a été déclenché sur la base d’une délation d’un médecin pakistanais, qui demeure encore de nos jours écroué dans une des prisons pakistanaises

Épilogue

Deux des plus proches collaborateurs de Turki Ben Faysal – Oussama Ben Laden et Jamal Khashoogi- ont disparu sans laisser de traces, privant le récit saoudien de redoutables contradicteurs.

«Turki Ben Faysal fait sienne la version américaine et assure que la dépouille d’Oussama Ben Laden a été transférée à bord d’un navire de guerre américain vers la Mer d’Oman (Arabian Sea), aux larges des côtes du Yémen où elle a été immergée selon la législation islamique, en présence d’un imam qui a procédé à la «prière du mort». Un tel dispositif avait été décidé afin d’éviter que la tombe du chef d’Al Qaida ne se transforme en lieu de pèlerinage pour sa sympathisants. L’administration Obama s’est abstenue de présenter des preuves convaincantes a ce sujet.

Quoiqu’il en soit, -hasard ou non,- force est de constater que deux des plus proches collaborateurs du Prince Turki Ben Faysal, le premier, Oussama ben Laden, le second, Jamal Khashoggi, ancien émissaire du chef des services de renseignements saoudiens auprès du chef d’Al Qaida en Afghanistan, ont connu une fin violente, dans la plus grande incertitude sur leur sort.

Le premier, Oussama Ben Laden, officiellement immergé, le second, Jamal Khashoggi, par ailleurs ancien porteur de valise du prince Turki auprès des «arabes afghans» lorsque ce dernier exerçait a exercé les fonctions de chef des services de renseignements saoudiens, décapité au consulat saoudien à Istanbul, en octobre 2018, sans que sa dépouille n’ait jamais été retrouvé.

Ce constat établi, se pose la question de savoir quel a été leur sort final des deux anciens collaborateurs du chef des services de renseignements saoudiens dans la guerre anti soviétique d’Afghanistan (1980-1989), émettant des doutes que la réponse parvienne dans un avenir prévisible.

Pourquoi la France fait face à un risque d’effondrement?

Par Marc Rousset.

 

Avec des Bourses au plus haut et sans visibilité sur l’ à venir, le spectre de l’intervention des banques centrales préoccupe les investisseurs ; les Bourses jouent donc au yo-yo, plombées par la peur de l’inflation, mais elles sous-estiment les risques de faillites d’entreprises et de pertes financières pour les banques.

 

Afin de juguler l’inflation, la Fed pourrait diminuer ses achats d’actifs obligataires qui s’élèvent à 120 milliards de dollars par mois ; elle imagine cette possibilité pour fin 2021-début , mais il est possible qu’elle soit obligée d’intervenir beaucoup plus tôt. Pour l’instant, suite à la vente de titres obligataires par les investisseurs, le taux des bons du Trésor à dix ans est de 1,672 %. Quant à la , en raison des taux d’inflation actuels très bas en , il n’est pas question de diminuer les achats de titres obligataires, et les taux d’emprunt augmentent très lentement (0,244 % en France et 1,081 % en Italie). Si les taux d’intérêt devaient augmenter brusquement en 2021, suite à une inflation qui augmente, à un niveau d’endettement des États de plus en plus élevé et à une  économique insuffisante, la BCE se trouverait dans une situation impossible, devant alors choisir entre la peste de l’hyperinflation inacceptable (augmentation des achats de titres) et le choléra des taux d’intérêt élevés (diminution des achats de titres) et, donc, de la banqueroute des États (France et Italie).

 

Au-delà du risque d’inflation, suite à l’augmentation de la masse monétaire par les banques centrales, il y a également un risque d’inflation par les coûts. Au manque de conteneurs pour le transport maritime, à la pénurie de puces électroniques, à la hausse d’un grand nombre de matières premières telles que le cuivre, le bois, le lithium, de nouvelles pénuries apparaissent : manque de pneus et de caoutchouc et même de palettes en bois et de clous ! Les palettes en bois ont augmenté de 50 % en un an et le prix des clous de 36 %. Les entreprises du BTP éprouveraient aussi de grandes difficultés pour effectuer leurs achats nécessaires aux chantiers. Il semblerait que la Chine ait acheté de grandes quantités de caoutchouc partout dans le monde. Les Chinois chercheraient à se débarrasser de leurs dollars qui ne leur rapportent rien en achetant et stockant des matières premières susceptibles de flamber dans les mois qui viennent. (C’est ce que l’on appelle « une économie de guerre », première étape de préparation à la guerre totale. NDÉ)

 

L’Institute of  Finance explique comment la réponse à la pandémie Covid-19 (de fait le confinement dément et le lock down ahurissant NDÉ) a ajouté 24.000 milliards de dollars à la montagne de la dette mondiale qui a atteint, en 2020, un nouveau record historique à 281.000 milliards de dollars. La BCE, de son côté, alerte sur les risques élevés de crise financière. Les faillites vont se multiplier car les taux d’endettement ont bondi de 220 % des fonds propres, fin 2019, à 270 % en moyenne, fin 2020, pour les 10 % des entreprises les plus endettées. Les États de la zone euro vont donc aussi faire face au dilemme de la faillite des entreprises ou des dépenses trop importantes du « quoi qu’il en coûte » (sic) car l’endettement moyen des États de la zone euro est passé de 86 % du PIB, en 2019, à 100 %, en 2020.

 

Les dilemmes seront encore d’autant plus cornéliens dans la zone euro qu’une hausse des défaillances d’entreprises fragilisera très fortement les banques. Ces dernières devront augmenter leurs provisions pour créances douteuses, tout en étant exposées à un risque de correction du prix des actions, voire de l’. Il se trouve que la rentabilité des banques européennes est actuellement très faible (1,3 % de rentabilité des capitaux propres, alors qu’elle était de 5,3 % avant la pandémie) et qu’elle est de 10 % pour les banques américaines. La rentabilité devrait progresser un peu de nouveau, mais la BCE ne voit que les mariages entre établissements (avec, donc, des licenciements pour diminuer les coûts) afin de remédier aux problèmes structurels du secteur. (Chômage – chômage-chômage. NDÉ)

 

Pas besoin, donc, de sortir de Polytechnique pour réaliser que les propos optimistes du gouvernement ne correspondent en rien à la gravité de la situation en France au sortir de la crise sanitaire (bidon. NDÉ). Si l’on ajoute au risque économique, financier et boursier un risque non négligeable de crise politique, d’explosion sociale ou populiste, parler de risque d’effondrement de la France n’est pas exagéré.

 

Médecine et santé publique à l’épreuve du Covid-Le système de santé corrompu

La médecine et la santé publique à l’épreuve du Covid. L’industrie pharmaceutique corrompue avec la complicité des systèmes de santé et de l’OMS. La dégénérescence de l’économie capitaliste. Une catastrophe civilisationnelle en cours.

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Coronavirus – Quelle est la différence entre recherche et découverte (vidéo)

Par : do

http://mai68.org/spip2/spip.php?article8834

COVID, Recherche, Curiosité & Vérités internationales

IHU-MI – 25 mai 2021


Pr Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection :

La courbe du nombre de personnes qui se font tester varie à très peu près comme celle des gens qui sont positifs.

Ce que dit Raoult sur la différence entre la découverte et la recherche est très bien décrit par Jean-Marc Lévy-Leblond dans son livre l’Esprit de sel :

Lors d’une nuit noire, quelqu’un cherchait quelque chose depuis un bon moment près d’un lampadaire. Un passant s’approche et lui demande :

— Que cherchez-vous monsieur ?
— Je cherche mes clefs, lui répondit-il
— Et vous ne les trouvez pas ?
— Non ! pourtant ça fait longtemps que je les cherche ?
— Êtes-vous sûr de les avoir perdu près de ce lampadaire ?
— Non, pas du tout monsieur ; mais ; ici, au moins, il y a de la lumière pour chercher.

Les chinois mentent-ils sur les chiffres du coronavirus chez eux ? Dire que les Chinois mentent, c’est casser le thermomètre. Non, les chinois ne mentent pas ; sinon, il arriverait chez nous des cas de coronavirus venant de Chine ; or, il n’y en a pas !

Les Chinois ont-ils fabriqué le coronavirus ? Je ne crois pas, et les Chinois disent que non. En tout cas, le variant Marseille 4 n’est pas celui de Wuhan et il est une mutation qui s’est produite dans un élevage de visons français. Les coronavirus n’arrêtent pas de se mélanger et de muter, ils n’ont pas besoin qu’on fabrique artificiellement des mutants.

J’ai vu les Américains mentir. Par exemple, à propos du bacille du charbon soit disant venu de l’Irak de Saddam. J’ai vu Colin Powell mentir à l’ONU. Je n’ai pas vu les Chinois mentir sur un tel sujet.

Colin Powell à l’ONU le 5 février 2003

 

Vaccinbécile…

À Radio Canada ce matin, on emploie un nouveau mot, vaccinbécile. On est rendu là. Moi, je me demande où je me situe? Je me trouve toujours dans l’opposition.

Dans les années 70, j’étais dans le Parti NPD. Mais dans son aile gauche, le Waffel. Dans les années 80, j’étais dans le parti Marxiste Léniniste EN LUTTE. Mais je n’étais pas membre, juste sympathisant. Pendant les deux référendums, je n’étais ni pour le NON, ni pour le OUI. J’étais dans le mouvement J’ANNULE.

Aujourd’hui c’est la pandémie et je fais partie du mouvement Complotiste. Mais même ce mouvement qui représente 24% de la population est divisé en multiple factions! On va où avec ça? Moi je suis de Gauche et je vais demeurer à Gauche. Mais je reste sceptique. Rien n’est clair? Rien n’est Noir ou Blanc.

Mais, je demeure Complotiste. Je participe où, avec qui? On lutte pour la survie de l’humanité et tout semble au point mort malgré l’assaut meurtrier du mouvement fasciste mondial. C’est frustrant! Pendant le trop court mouvement Marxiste Léniniste, on étais forts au travers le Canada mais la bourgeoisie étais mieux organisée que nous. Ils ont créé d’autres partis Marxistes Léninistes, et on s’est trouver à s’épuiser en se battant entre nous. C’était pareil dans le mouvement « OCCUPY » en 2012 et celui de la grève des étudiants en 2013. C’étais frustrant de recevoir des directives contradictoires.

Scepticisme devient hésitation quand on est en lutte face à la bourgeoisie, qui est la SEULE véritable ennemie et qu’on se retourne de bord pour s’apercevoir qu’il n’y a personne?

John Mallette
Le Poète Prolétaire

Les affres du télétravail et les résistances

Par Gérard Bad.

Voici donc que depuis la pandémie, les syndicats tous confondus veulent renégocier les conditions d’ exploitation organisé par le télétravail. C’est bien sur le rôle que l’ état attribue aux syndicats reconnus d’ailleurs qualifiés de partenaires sociaux ou mieux de collaborateurs.


 Nous avons à plusieurs reprises, montré comment la loi travail et les ordonnances Macron avaient introduit pour s’adapter aux réalités de l’ emploi précaire le concept de « contractant » ou si l’on préfère celui d’ auto-entrepreneur de soi. de la loi el khomri au rapport badinter via les ordonnances macron et la loi sur le télétravail .


Maintenant il s’ agit de montrer l’ impact provoqué par le confinement sur l’introduction du télétravail. Il faut se souvenir qu’ avant l’ ordonnance de Macron du 22 décembre 2017, un accord collectif était nécessaire et l’employeur se devait d’indemniser les frais occasionnés par le télétravail. Bien entendu, l’ordonnance Macron allait faire disparaître le volet de l’indemnisation en l’absence d’ accord collectif ou de rédaction d’une Charte. Le résultat ne s’est pas fait attendre et de nombreux salariés ont été contraints de signer un accord de gré à gré avec l’employeur.


L’ enthousiasme initial des travailleuses et travailleurs pour le travail à domicile n’ est plus aussi unanime. En effet, le confinement a révélé au grand jour les inconvénients du télétravail. En effet, c’ est l’entreprise qui s’impose chez toi, elle te prend un espace de vie, elle économise sur l’électricité, le chauffage, les restaurants d’entreprises ou les chèques déjeuné.  Avec un peu de chance tu toucheras une prime médiocre.

 

Les femmes en première ligne des affres du télétravail.

 Le confinement à provoqué la fermeture des crèches, des écoles. De nombreuses travailleuses se sont retrouvées à devoir travailler en présence des enfants dans un espace réduit par le mobilier informatique, le tout sous la surveillance constante de l’entreprise.

Toute déconnexion étant bien évidemment suspecté tant par l’employeur que le manager. Selon une récente étude réalisée par GetApp ; c’est 45% des télétravailleurs et travailleuses qui seraient soumis à des contrôles en permanence.


Aux Etats-Unis, c’ est le logiciel Time Doctor qui fait le flicage, en France il y a Hubstaff qui peut prendre des captures d’ écran des salariés toutes les cinq minutes. Microsoft a proposé une nouvelle fonction dans sa suite Office 365 qui permet de noter, avec un score, les utilisateurs…


De son côté, l’outil Teramind permet de surveiller le comportement en ligne des salariés (messagerie instantanée, suivi des documents et des fichiers partagés, etc.). Il permet aussi à l’employeur de bloquer l’accès aux sites des réseaux sociaux, au matériel non autorisé sur l’ordinateur du salarié et à d’autres contenus.

Mais le télétravail a entraîné un autre genre d’isolement des salariés, après avoir été utilisé contre les grèves des transports, il est maintenant la source du flex office du bureau agile utilisé dans les assurances et les banques. Le salarié n’ a plus de poste fixe attitré, quand il arrive il prend le premier poste libre. Les taux d’occupation des grandes entreprise comme à la Défense prés de Paris ne cesse de baisser, il est question actuellement d’un taux d’occupation de 70% mais les employeurs ne cachent pas leur intention de tomber à 50%.

 La Défense bientôt un désert d’ emploi

 C’ est tout du moins ce que Philippe Morel, pense avec quelques arguments
 a  la question Pensez-vous qu’avec l’essor du télétravail, le secteur de l’immobilier d’entreprise va devoir se réinventer plus rapidement que prévu ?

 Il va répondre : « Avant la crise, le taux d’occupation réelle des bâtiments était en chute libre. Alors que jusqu’au début des années 2000, il était d’environ 60%, depuis le développement du nomadisme, ce taux a chuté pour être aujourd’hui, en région parisienne, de 40%. Cela veut dire que dans un bâtiment de 10.000 mètres carrés accueillant 1.000 collaborateurs, en moyenne uniquement 400 personnes étaient présentes en permanence. Et cela va évidemment s’accentuer après cette crise, puisque le télétravail et le nomadisme vont devenir incontournables. L’impact sur la consommation de mètres carrés à l’intérieur des sièges sociaux est considérable. »

 Ce constat est confirmé par plusieurs sources « Gagner de l’espace… pour augmenter les profits Ça vient de tomber: Neptune bientôt 500 personnes passeront en « Flex office » avec disparition des bureaux individuels soit une surface de… 6000 m². Il y aura aussi sur le nouveau site de Marc en Baroeul qui remplace Wasquehall 260 personnes en Flex office un peu plus tard. Les patrons de l’assurance, des banques, des sièges sociaux, profitent très largement du télétravail pour réduire les surfaces et réaliser ainsi de substantielles économies. Allianz : tout va très bien… pour eux Allianz (le groupe) va bien…


Cinq tours Allianz durant des années à La Défense. quatre tours depuis le 1er janvier 2019 grâce au télétravail et « flex office » (disparition des bureaux individuels, open space où tu te trouves toi-même une place avec ton « caisson »).Résultat : 10 millions d’euros de loyer annuel « économisé » pour Allianz (plus que le CICE de 9 millions annuels). » (source le Syndicat des employés mécontents (Sdem) et L.O)

 La déshumanisation de l’individu au travail 

C’ est sans aucun doute le plus important malaise ressenti par le télétravail, et Phiippe Morel1 l’ a bien cerné. « Les outils digitaux sont des accélérateurs de productivité, mais ce ne sont pas des créateurs de confiance. La confiance, elle se crée quand on se voit. Il est donc impératif de donner aux collaborateurs l’envie de se voir, de travailler visuellement ensembles pour qu’ensuite ils puissent travailler efficacement de façon nomade.»


Comme le faisait remarqué H.Simon quand il travaillait dans l’ assurance aux AGF, l’ entreprise c’ est comme un village…2 Mais il y a longtemps que ce village à été détruit par organisation capitaliste du travail et de la productivité. Toute reconstruction de « rapport humains » sera avant tout motivé par les gains de productivité et pour eux.

Ce village Philippe Morel se propose de reconstruire cet espace de vie « Ça passe par un accueil qui ressemble à ce qui se fait dans l’hôtellerie et le commerce, par exemple. Tout commence au rez-de-chaussée : c’est là qu’on doit retrouver le maximum de convivialité. Il faut aussi soigner les espaces de café ou restauration : on sait à quel point les moments de repas sont importants pour la vie sociale et pour créer du lien. Les entreprises se sont massivement horizontalisées : on travaille de façon autonome, en mode projet… Mais pour que cela fonctionne, il faut que les salariés amenés à collaborer puissent avoir l’occasion de tisser des liens. Or pour cela il faut se voir. »

Ce voir, sous le contrôle des managers, ce n’ est pas réifier les véritables contacts humains qui s’ expriment le plus souvent lors des gréves et manifestations ou ils ont tous le sourire libérateur. Il ne faut jamais oublier que Marx comparait l’ organisation des entreprise à celle des prisons, l’organisation capitaliste du travail avec les systèmes de contrôles des nouvelles technologies et de l’ Intelligence artificielle I A n’ est qu’une pale copie de celle des prisons et le confinement a révélé au grand jour ce rapprochement avec le monde carcéral.

L’intelligence artificielle aux postes de commande

La voilà enfin opérationnelle au point de réveiller les consciences de ceux qui se croyaient indispensables à l’ entreprise , sont étendue est potentiellement illimité et détruit par la même de nombreuses fonctions dont il faudrait faire un livre. Si la machinerie mécanique à remplacée la force musculaire de l’ homme, la machinerie informatique va remplacer son intelligence et ceux bien payé pour leur savoir. Le dernier exemple qui me vient à l’ esprit c’ est celui des consultations chez son médecin, consultation de plus en plus rapide se limitant souvent à un renouvellement d’ordonnance. Le médecin ne vous ausculte plus il n’ est plus qu’un prolongement de l’ industrie pharmaceutique facilement remplaçable, dans un premier temps par les pharmaciens qui maintenant s’ équipe de télécabine. pour télé-consultation.

Voilà donc le prestigieux métier de médecin traitant en sous traitance/télétravail de l’ industrie pharmaceutique. Comme pour le capital la véritable maladie provient d’un manque de productivité,le remède technologique devrait enfin guérir le malade. Par exemple l’ importante charge de travail des personnels soignants devrait trouver sa solution grâce à l’ appui des robots apportant les repas aux patients. Par l’utilisation de calculateurs de chambres médicalisées réalisant diagnostics et prescriptions.

Dans d’ autres secteurs, l’IA associée aux algorithmes, devient une véritable prothèse de l’humain qui se trouve ravalé à n’ être comme le disait déjà Marx en son temps qu’un serviteur de la machinerie. La gestion algorithmique reste encore insidieuse, mais déjà elle fait ses premiers pas dans la gestion des recrutements, des compétences, l’ évaluation des salariés, la dite sécurisation des accès au sein des entreprises.

Conclusion provisoire, Nous n’ en avons pas fini de résister à l’ emprise globale des NTCI sur toutes les superstructures, sur la vente du meilleur produit que puisse produire les Etats « le sécuritaire » et sa compagne « la peur ». Comme vient de le formuler Israël Adam Shamir dans son article « Les tueurs de géants s’attaquent à Google »

« Les géants du numérique (Big Tech) ont pris le contrôle du monde. Personne n’a jamais amassé autant de pouvoir. Hitler en crèverait d’envie si on lui montrait la grandeur de Google. Les protagonistes de Huxley et d’Orwell ne pouvaient qu’en rêver, Bezos et Gates font le boulot. Ces derniers ont renversé le président américain pour en installer un plus à leur goût, et pour cause. La valeur nette combinée des 100 premiers ultra-riches américains a grimpé en flèche de 195 milliards de dollars depuis l’entrée en fonction de Biden, selon les calculs de Bloomberg. Ces géants contrôlent l’esprit de milliards de personnes. Les nations mettent en gage leurs terres et leurs industries pour acheter leurs médicaments brevetés (Big Pharma). Ces géants connaissent nos visages, nos noms, ils savent tout de nous, jusqu’aux cellules dont nous sommes faits, jusqu’à la dernière protéine. Les dieux ont été vaincus, le doux Christ et le puissant Sabaoth, sans oublier le colérique Allah. Est-ce là une chose dont on dit : « Voici, c’est nouveau » ? (Eccl 1:10) Non, mon ancêtre à l’esprit blasé avait raison – cela avait déjà été fait dans les âges qui nous ont précédés.»

Le lanceur d’ alerte Edward Snowden nous avait déjà mis en garde contre ce fascisme sans botte qui s’infiltre dans tous les pores de la société comme le totalitarisme achevé, mais avec le visage de la bonne mère démocratique.

G.Bad 12 mai 2021


Notes


1 Philippe Morel, confondateur et président de Dynamic Workplace, répond à cette question dans le Journal du Télétravail, le podcast de Management.
2Henri Simon de son nom de plume Roger Berthier dans Socialisme ou barbarie N°20 décembre 1956-février 1957

Faisons le point après dix-huit mois de guerre virale expérimentale

Par Robert Bibeau.

Le capitalisme c’est la guerre virale, bactériologique, chimique et numérique

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27.05.2021-WAR-English-Italiano-Spanish
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Que o Silêncio dos Justos não Mate Inocentes: Façamos um ponto da situação após dezoito meses de guerra viral total (queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com)

Les puissances impérialistes s’affrontent sur tous les fronts dans une  guerre concurrentielle permanente pour la conquête des marchés et le contrôle des ressources – y compris des  ressources humaines (force de travail) – afin de rescaper leur profitabilité déclinante.

 

Dans cette guerre acharnée – désespérée – ces puissances développent de nouvelles armes létales nucléaires – technologiques – spatiales – numériques (Internet) –  bactériologiques et virales  https://les7duquebec.net/archives/257512

 

Les médias d’information alternative diffusent depuis des mois des articles identifiant 42 laboratoires de recherche militaire, soi-disant  de haut  niveau de  sécurité de type P4 – pour la création d’armes de tuerie massive dont le laboratoire de Wuhan (franco-chinois) est un exemple dramatique. Une douzaine de pays hébergent ce type de laboratoires militaires de développement d’armes virales.

 

Depuis le début de l’hystérie pandémique (décembre 2019) nous avons publié une cinquantaine d’articles présentant l’hypothèse que le virus Sars-Cov-2, une arme virologique de faible létalité – se soit échappée ou ait été exfiltrée (???)  du laboratoire P4 de  Wuhan  en Chine: https://les7duquebec.net/?s=laboratoire

 

En décembre 2019, cette « échappée virale« , volontaire ou accidentelle, peu importe, a fourni l’opportunité aux puissances totalitaires, et à leurs États vassaux, de mettre au point leurs stratégies de défense face à une éventuelle guerre virologique mondiale. Depuis, l’humanité tout entière vit les affres de la crise pandémique du coronavirus et ses suites (confinement, couvre-feu, état d’urgence totalitaire, chômage forcée, famine, lois liberticides, désespoir et terreur sanitaire, etc).

Pour comprendre le terrible danger qui pèse sur la tête de milliards d’individus victimes potentielles d’une guerre bactériologique, il importe peu de savoir qui de la Chine, de la France ou des États-Unis, a tiré la première salve de cette guerre totale. Chacun de la douzaine de pays hébergeant un laboratoire de développement d’armes virales à «gains de fonctions» est susceptible un jour «d’échappé ou d’exfiltré» un de ces virus meurtriers que des apprentis sorciers – docteurs Fol-amour et scientifiques démoniaques – auront concoctés.

 

À compter de décembre 2019, la Chine, première puissance contaminée par l’arme Sars-Cov-2, a imposée l’état d’urgence totalitaire sur son territoire afin de mobiliser toutes ses ressources  humaines et médicales pour faire face à cette menace invisible. L’État totalitaire, première étape de préparation de la guerre bactériologique – les 7 du Québec

 

Puis, la Chine a commencé à organiser son économie de guerre afin de mobiliser toutes ses ressources économiques pour contrer cette attaque non conventionnelle et incontrôlable. En parallèle à  ces efforts politiques, économiques, sociaux et sanitaires, la machine médiatique de propagande ne ménageait pas ses efforts pour diffuser la doxa officielle élaborée par «la police de la pensée». Dans une guerre totale, le moral de la populace, à l’arrière du front, est un facteur déterminant pour la victoire du contingent. D’autant plus que dans cette guerre d’un nouveau genre ce n’est pas la piétaille en uniforme qui est la cible des armes létales, mais la population civile et particulièrement les plus vulnérables. Les guerres modernes, avec leurs armes discrètes (bactériologiques, virales, chimiques, numériques, technologiques) ressemblent à des guerres civiles dont les états-majors ne sauraient déterminer le front de la  confrontation, car une fois la bombe chimique lâchée dans la nature – dans la population cible – l’assaillant n’en contrôle plus la diffusion qui, comme nous avons pu le constater avec la pandémie du Covid-19, se propage sur l’ensemble de la planète, aussi bien chez l’assaillant que chez ses concurrents. https://les7duquebec.net/archives/264043

 

C’est ici que les grandes puissances impériales ont à nouveau recours aux laboratoires de Big Pharma, aux scientifiques, aux chercheurs et aux experts des laboratoires militaires pour développer des armes de défense antivirales appelées «vaccins», une façon de poursuivre la guerre concurrentielle en espérant en réduire les inconvénients pour son propre contingent. Une douzaine de vaccins ont été développés à la hâte par les multinationales du Big Pharma  pour contrer le Covid-19 et ses variants…avec plus ou moins de succès comme chacun sait. https://les7duquebec.net/archives/264183

 

Vous aurez constaté que chacune des grandes puissances totalitaires et la quasi-totalité de leurs  vassaux ont suivi, avec plus ou moins de bonheur, la même stratégie que la Chine dans sa préparation-participation à cette phase Un de la guerre virale mondiale. Les lois de l’économie politique s’appliquent inexorablement à tous les pays capitalistes. Voilà le fil d’Ariane qui relie les organismes mondialistes (OMS, ONU, FMI, OMC, BM, UE) et tous ces pays qui, tout en conspirant entre eux, ne peuvent faire autrement que d’appliquer les lois de l’économie même si cette conjoncture singulière les tétanise.

 

Ce ne sont pas les «complotistes-conspirationnistes» qu’il nous faut démasquer et contrer, mais les fauteurs de guerre virologique ayant pignon sur rue, à commencer par ces politiciens larbins de la gouvernance corrompue et ces charlatans médicaux et sanitaires stipendiés par Big Pharma, et par les GAFAM, ainsi que ces experts des laboratoires militaires dits «à gain de fonctions mortelles» et leurs patrons.

 

 ANNEXE

 

Nouveau développement,  la revue scientifique Science a publié le 13 mai 2021 une lettre signée par une vingtaine de chercheurs américains réclamant une enquête sur les origines du Sars-Cov-2. Les scientifiques sont des apprentis sorciers qui mènent ces recherches démentielles pour créer des armes bactériologiques dont ils ne contrôlent même pas les paramètres et ne connaissent pas le «contrepoison». Le crime n’est pas d’«échapper» le virus maléfique, mais de l’avoir fabriqué. Ces 20 chercheurs demandent aujourd’hui une enquête pour se défausser.  Il serait préférable qu’ils réclament la fermeture de ces 42 laboratoires militaires.   Voilà, selon nous,  le véritable enjeu de la phase Un de cette guerre sanitaire mettant aux prises le grand capital mondialisé et  le prolétariat international à conscientiser.

 


Notes

 

Briser le silence sur les origines du COVID 19 – Les Grosses Orchades, les Amples Thalamèges, le blog (lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.fr)

Ron Unz écrit : Depuis plus d’un an maintenant, j’ai publié une série d’articles et de chroniques sur les origines de l’épidémie mondiale de COVID-19, y faisant fortement valoir que l’épidémie représentait une attaque américaine de guerre biologique contre la Chine (et l’Iran). Voici des liens vers les trois principaux articles, dont le dernier a paru il y a une semaine.

La Pravda  américaine : Notre catastrophe au coronavirus, retour de flamme d’une guerre biologique ?
Ron Unz • The Unz Review 21 avril 2020 • 7.400 mots • 1.638 commentaires

La Pravda américaine : COVID-19, son impact et ses origines, après un an.
Ron Unz • The Unz Review 15 mars 2021 • 8.700 Mots • 975 commentaires

La Pravda américaine : « La vérité » et « Toute la vérité » sur les origines du COVID-19
Ron Unz • The Unz Review 10 mai, 2021 • 6,400 mots • 847 commentaires

 

 

 

Déjà 12000 morts et plus d’1,2 million d’effets secondaires susceptibles d’être liés aux «vaccins» anti-covid dans l’UE

Par FredericGobert (son site)  Sur  Agoravox

 

Inoculer une substance mettant en péril la vie d’un être humain en toute connaissance de cause est un crime. Imposer un «  passeport sanitaire  » pour imposer ces substances appelées improprement «  vaccins  » anti-covid, susceptibles de causer des millions d’effets secondaires sans résolution à ce jour et des dizaines milliers de décès dans le monde, sans parler des innombrables effets de tous ordres, à moyen et (très) long terme, déjà relevés par nombre de généticiens, épidémiologistes, etc., est un acte dont on peut se demander s’il n’est pas criminel. S’il s’agit d’un crime, les responsables (politiques, industriels, médiatiques…) qui, en toute connaissance des risques et des chiffres ― publics ― cités notamment dans cet article, ont encouragé, voire exigé la «  vaccination  » anti-covid et le «  passeport sanitaire  » devront rendre des comptes, être jugés et condamnés.

Le 3 avril 2021, 5966 décès étaient officiellement susceptibles d’être liés aux quatre «  vaccins  » utilisés dans l’Union européenne.

Le 24 avril 2021, 8686 décès étaient officiellement susceptibles d’être liés à ces trois «  vaccins  » pour les seuls «  vaccins  » Moderna, Pfizer et Astrazeneca.

Au 15 mai 2021, ce sont 11529 décès qui sont officiellement susceptibles d’être liés aux quatre «  vaccins  ».

Entre le 3 avril et le 15 mai 2021, soit en six semaines seulement, le nombre de décès susceptibles d’être liés aux quatre « vaccins » dans l’Union Européenne a tout simplement presque doublé.

Le total des «  effets indésirables susceptibles d’être liés à l’utilisation  » des quatre «  vaccins  » Moderna, Pfizer, Astrazeneca et Janssen se monte (au 15 mai 2021) à 1.241.141, dont 728.468 effets secondaires non résolus, « en cours de résolution », résolus avec des séquelles ou à l’issue indéterminée (total des colonnes 2, 5, 6 et 7).

Le 3 avril 2021, ce sont 453.752 effets secondaires non résolus, « en cours de résolution », résolus avec des séquelles ou à l’issue indéterminée (« unknown ») qui étaient recensés. Entre le 3 avril et le 15 mai 2021, en six semaines, on observe donc une augmentation de 60% d’effets secondaires non résolus, « en cours de résolution », résolus avec des séquelles ou à l’issue indéterminée.

« Effets indésirables susceptibles d’être liés à l’utilisation » des « vaccins »
Moderna, Pfizer, Astrazeneca et Janssen au 15 mai 2021
Effets à

«  Vaccin  »

Fatal / décès Non guéri /non résolu Non déterminé Guéri/résolu Guéri

/résolu avec séquelles

En cours de guérison

/résolution

Non précisé
MODERNA 3150 13769 0 27096 209 10137 13674
PFIZER 5757 78598 0 201649 4396 91944 71006
ASTRAZENECA 2308 165437 0 268295 8923 167305 92988
JANSSEN 314 4798 0 4104 15 2866 2403
TOTAL 11529 262602 0 501144 13543 272252 180071
TOTAL général des « effets indésirables » 1.241.141

Il est important de relever que les chiffres ci-dessus sont une estimation basse du nombre d’effets secondaires et de décès dans l’Union Européenne. Une estimation sans doute plus proche de la réalité est bien plus élevée. En effet, une étude portant notamment sur la mortalité covid induite par la vaccination (https://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/vaccination-un-deces-pour-700-vaccines-en-france-et-dans-le-monde-montre-une) indique que «  si l’on vaccine 80% de la population française (l’objectif pour atteindre la soi-disant immunité collective), plus de 76 500 décès seront à déplorer. […] Le nombre de décès covid en France est proportionnel au nombre de personnes vaccinées. […] Chaque fois que 700 personnes sont vaccinées, une personne de plus décède de la Covid. Cette observation permet de comprendre pourquoi le nombre journalier de décès Covid reste stable en France autour de 250 / jour depuis des semaines. » Par surcroît et pour conforter cette étude, on constate que «  la même analyse peut être faite au niveau mondial ». Pour les détails de l’analyse, se reporter à l’article cité dans ce paragraphe (publié le 14 mai 2021).

En France, le «  vaccin  » Pfizer est chaque jour encensé dans les médias comme étant le plus sûr. Les chiffres ci-dessus permettent de constater que cela est faux. Pfizer n’est pas plus sûr qu’Astrazeneca : les décès susceptibles d’être causés par le «  vaccin  » Pfizer (5757) sont deux fois plus nombreux que les décès liés à Astrazeneca (2308).

Concernant le «  vaccin  » Janssen, il convient de préciser que le faible nombre d’effets secondaires relevés ne signifie pas, à ce jour, qu’il est plus sûr, en raison du fait qu’il a été beaucoup moins inoculé dans l’Union Européenne que les trois autres «  vaccins  ».

Comment les calculs ont-ils été effectués ?

Les effets indésirables recensés au 15 mai 2021 dans cet article proviennent du troisième rapport («  par l’évolution de l’effet  ») de l’onglet 6 («  Nombre de cas individuels pour une réaction donnée  ») de chacune des quatre pages recensant les effets indésirables des quatre «  vaccins  » inoculés dans l’Union européenne (site EudraVigilance).

Sur la page suivante de ce site (www.adrreports.eu/fr/search_subst.html#), on peut lire que les «  informations disponibles sous les onglets 3, 4, 5 et 6 tiennent compte de l’effet ou des effets indésirables suspectés notifié(s) dans un cas individuel ; étant donné qu’un cas individuel peut faire référence à plus d’un effet indésirable suspecté, les informations NE représentent PAS le nombre total de cas individuels qui ont été notifiés à EudraVigilance, mais le nombre des effets indésirables qui y sont associés.  » Il est donc explicitement confirmé sur le site d’EudraVigilance que le nombre d’effets indésirables cumulés ci-dessous est exact. Il ne s’agit pas du nombre de personnes concernées par les effets indésirables, mais du nombre total d’effets indésirables recensés dans l’Union Européenne officiellement par EudraVigilance. (À ce chiffre inouï doivent en outre être ajoutés tous les effets secondaires qui n’ont pas été notifiés à EudraVigilance entre autres par les personnels médicaux ou dont ces derniers n’ont pas été informés ― j’y reviens plus bas).

Pour confirmer que les chiffres ci-dessous sont exacts et ne comportent pas de surnumération, j’ai consulté le «  manuel de l’utilisateur pour l’accès en ligne par le portail adrreports.eu  » (EMA/754608/2016 Division de la gestion de l’information) qui permet de comprendre les chiffres cités. En page 8, il est explicitement écrit que lorsqu’une même réaction indésirable est remontée deux fois auprès d’EudraVigilance, le rapport électronique consultable en ligne à partir duquel le décompte ci-dessous a été effectué ne comporte, lui, qu’une seule mention. En page 15, on peut lire : «  les informations présentées dans les onglets 3, 4, 5 et 6 NE représentent PAS le nombre total de cas individuels qui ont été notifiés à EudraVigilance, mais le nombre des effets indésirables qui y sont liés.  » C’est bien ce que recense cet article : le nombre d’effets indésirables. Aucun doublon dans les chiffres ci-dessous ; pas de surnumération.

Les tableaux ci-dessous recensent donc le nombre «  d’effets indésirables susceptibles d’être liés à l’utilisation  » des «  vaccins  » Moderna («  MRNA VACCINE MODERNA (CX-024414)  »), Pfizer («  MRNA VACCINE PFIZER-BIONTECH (TOZINAMERAN)  »), Astrazeneca («  VACCINE ASTRAZENECA (CHADOX1 NCOV-19)  ») et Janssen («  VACCINE JANSSEN (AD26.COV2.S)  ») dans l’Union européenne, mis à jour le 15 mai 2021 sur le site EudraVigilance, et la nature de ces effets indésirables (www.adrreports.eu/fr/search_subst.html#). Les critères de classement sont ceux du site officiel européen European Medicines Agency / EudraVigilance. Tout ce qui suit peut être vérifié en suivant les indications détaillées données dans mon premier article : https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/les-vaccins-contre-la-covid-19-232177.

Remarque sur le vocabulaire utilisé.

Dans cet article comme dans le précédent, le terme «  vaccin  » appliqué aux quatre «  vaccins  » anti-covid est utilisé avec des guillemets pour la raison suivante : «  Les thérapies utilisées appelées “vaccins” ne répondent pas à la définition du mot vaccin et il serait plus approprié de les nommer thérapies géniques ou thérapies à vecteurs vaccinaux.  » (https://www.francesoir.fr/societe-sante/57-scientifiques-et-medecins-demandent-larret-immediat-de-toutes-les-vaccinations)

MODERNA

15 mai 2021

Effets à

La réaction concerne :

Fatal (décès) Non guéri /non résolu Non déterminé Guéri/résolu Guéri/résolu avec séquelles En cours de guérison

/résolution

Non précisé
Blood and lymphatic system disorders 20 370 0 356 3 239 182
Cardiac disorders 344 330 0 565 13 120 505
Congenital, familial and genetic disorders 2 1 0 3 0 0 2
Ear and labyrinth disorders 0 224 0 147 6 82 178
Endocrine disorders 1 9 0 7 0 5 11
Eye disorders 4 289 0 269 5 82 258
Gastrointestinal disorders 105 894 0 2804 19 807 1059
Genereal disorders and administration site conditions 1373 4066 0 8755 49 3905 2937
Hepatobiliary disorders 7 38 0 20 1 12 37
Immune system disorders 4 89 0 253 1 56 217
Infections and infestations 169 519 0 445 7 205 809
Injury, poisoning and procedural complications 59 177 0 474 2 32 442
Investigations 70 308 0 563 4 167 465
Metabolism and nutrition disorders 62 157 0 199 1 66 251
Musculoskeletal and connective tissue disorders 61 1701 0 3950 21 1653 1032
Neoplasm benign, malignant and unspecified (incl cysts and polyps) 11 19 0 4 0 0 33
Nervous system disorders 323 2189 0 4883 48 1587 2153
Pregnancy, puerperium and perinatal conditions 0 9 0 48 0 0 15
Product issues 0 0 0 7 0 0 4
Psychiatric disorders 49 284 0 398 7 88 423
Renal and urinary disorders 37 89 0 115 1 24 161
Reproductive system and breast disorders 1 43 0 54 1 19 38
Respiratory, thoracic ans mediastinal disorders 288 691 0 956 7 262 1001
Skin and subcutaneous tissue disorders 23 800 0 1179 8 541 753
Social circumstances 9 95 0 44 0 9 75
Surgical and medical procedures 22 24 0 38 0 2 126
Vascular disorders 106 354 0 560 5 174 507
TOTAL 3150 13769 0 27096 209 10137 13674
MODERNA

15 mai 2021

Fatal (décès) Non guéri / non résolu Non déterminé Guéri/résolu Guéri/résolu avec séquelles En cours de guérison

/résolution

Non précisé
TOZINAMERAN (PFIZER) 15 mai 2021
Effets à

La réaction concerne :

Fatal (décès) Non guéri /non résolu Non déterminé Guéri/résolu Guéri/résolu avec séquelles En cours de guérison

/résolution

Non précisé
Blood and lymphatic system disorders 57 3587 0 4412 119 3446 1477
Cardiac disorders 689 1389 0 3835 159 1594 1711
Congenital, familial and genetic disorders 4 17 0 13 1 8 22
Ear and labyrinth disorders 3 1514 0 1888 92 1033 758
Endocrine disorders 0 54 0 25 4 33 57
Eye disorders 13 1416 0 2164 88 1179 1194
Gastrointestinal disorders 297 6109 0 20224 426 8524 5077
Genereal disorders and administration site conditions 1824 20728 0 65296 891 27765 19041
Hepatobiliary disorders 27 64 0 45 9 85 79
Immune system disorders 29 373 0 2173 66 913 959
Infections and infestations 621 2707 0 2804 142 2454 4484
Injury, poisoning and procedural complications 76 512 0 886 38 461 2573
Investigations 206 1640 0 3569 99 1688 2614
Metabolism and nutrition disorders 116 629 0 1025 36 569 794
Musculoskeletal and connective tissue disorders 67 11788 0 31278 488 13948 7236
Neoplasm benign, malignant and unspecified (incl cysts and polyps) 13 60 0 16 4 18 110
Nervous system disorders 582 14386 0 38500 993 16303 10661
Pregnancy, puerperium and perinatal conditions 8 30 0 68 21 46 83
Product issues 0 9 0 9 0 5 64
Psychiatric disorders 88 1354 0 3094 81 1231 1830
Renal and urinary disorders 88 254 0 335 21 212 369
Reproductive system and breast disorders 3 471 0 422 17 233 340
Respiratory, thoracic ans mediastinal disorders 665 3406 0 6552 270 3681 3637
Skin and subcutaneous tissue disorders 50 4067 0 8460 170 4277 3582
Social circumstances 9 149 0 156 6 58 234
Surgical and medical procedures 9 24 55 8 28 24
Vascular disorders 213 1861 0 4345 147 2152 1996
TOTAL 5757 78598 0 201649 4396 91944 71006
TOZINAMERAN (PFIZER) 15 mai 2021 Fatal (décès) Non guéri /non résolu Non déterminé Guéri/résolu Guéri/résolu avec séquelles En cours de guérison/résolution Non précisé
ASTRAZENECA 15 mai 2021
Effets à

La réaction concerne :

Fatal (décès) Non guéri /non résolu Non déterminé Guéri/résolu Guéri/résolu avec séquelles En cours de guérison

/résolution

Non précisé
Blood and lymphatic system disorders 97 2722 0 1406 64 1599 909
Cardiac disorders 280 1767 0 3842 222 1952 1270
Congenital, familial and genetic disorders 2 18 0 14 2 19 36
Ear and labyrinth disorders 0 2377 0 1707 121 1378 876
Endocrine disorders 2 58 0 38 4 40 48
Eye disorders 7 3352 0 3215 143 2150 1391
Gastrointestinal disorders 105 14155 0 31572 868 16299 8820
Genereal disorders and administration site conditions 653 44936 0 88533 2283 54300 28595
Hepatobiliary disorders 19 92 0 61 5 94 90
Immune system disorders 9 378 0 702 45 614 549
Infections and infestations 153 3338 0 3975 284 3690 1664
Injury, poisoning and procedural complications 38 1211 0 1314 58 992 1799
Investigations 43 2480 0 5801 136 2734 1418
Metabolism and nutrition disorders 36 2287 0 2814 100 2113 716
Musculoskeletal and connective tissue disorders 25 29096 0 40329 1219 26740 9453
Neoplasm benign, malignant and unspecified (incl cysts and polyps) 5 46 0 25 2 52 67
Nervous system disorders 363 35260 0 58110 2230 34045 20288
Pregnancy, puerperium and perinatal conditions 2 18 0 41 8 24 43
Product issues 0 27 0 18 3 10 11
Psychiatric disorders 19 2918 0 4334 168 2515 2336
Renal and urinary disorders 20 580 0 748 35 462 318
Reproductive system and breast disorders 0 1149 0 789 43 562 455
Respiratory, thoracic ans mediastinal disorders 248 5907 0 5782 375 4998 3801
Skin and subcutaneous tissue disorders 16 7989 0 9232 303 6833 5722
Social circumstances 4 122 0 228 10 60 111
Surgical and medical procedures 14 139 0 122 13 124 50
Vascular disorders 148 3015 0 3543 179 2906 2152
TOTAL 2308 165437 0 268295 8923 167305 92988
ASTRAZENECA 15 mai 2021 Fatal (décès) Non guéri /non résolu Non déterminé Guéri/résolu Guéri/résolu avec séquelles En cours de guérison

/résolution

Non précisé
JANSSEN

15 mai 2021

Effets à

La réaction concerne :

Fatal (décès) Non guéri /non résolu Non déterminé Guéri/résolu Guéri/résolu avec séquelles En cours de guérison

/résolution

Non précisé
Blood and lymphatic system disorders 7 47 0 18 0 10 44
Cardiac disorders 29 62 0 45 1 14 75
Congenital, familial and genetic disorders 0 2 0 0 0 0 4
Ear and labyrinth disorders 0 27 0 13 0 8 17
Endocrine disorders 1 1 0 0 0 1 1
Eye disorders 2 76 0 38 1 12 41
Gastrointestinal disorders 10 272 0 482 0 251 126
Genereal disorders and administration site conditions 83 1239 0 1375 3 1184 444
Hepatobiliary disorders 2 9 0 4 0 2 14
Immune system disorders 0 10 0 11 0 5 19
Infections and infestations 7 70 0 24 0 17 84
Injury, poisoning and procedural complications 4 53 0 20 0 6 95
Investigations 18 434 0 208 0 61 229
Metabolism and nutrition disorders 9 22 0 19 0 3 31
Musculoskeletal and connective tissue disorders 10 757 0 624 1 570 182
Neoplasm benign, malignant and unspecified (incl cysts and polyps) 0 5 0 0 0 0 2
Nervous system disorders 45 870 0 834 6 586 364
Pregnancy, puerperium and perinatal conditions 0 2 0 0 0 0 3
Product issues 0 1 0 1 0 0 5
Psychiatric disorders 3 49 0 37 0 14 53
Renal and urinary disorders 4 21 0 14 0 2 13
Reproductive system and breast disorders 0 23 0 13 0 2 18
Respiratory, thoracic ans mediastinal disorders 23 217 0 107 1 51 162
Skin and subcutaneous tissue disorders 1 90 0 69 1 23 72
Social circumstances 2 15 0 2 0 2 11
Surgical and medical procedures 15 67 0 26 0 5 41
Vascular disorders 39 357 0 120 1 37 253
TOTAL 314 4798 0 4104 15 2866 2403
JANSSEN

15 mai 2021

Fatal (décès) Non guéri / non résolu Non déterminé Guéri/résolu Guéri/résolu avec séquelles En cours de guérison

/résolution

Non précisé

 

ERRATUM ― L’article que j’ai publié le 26 avril 2021 sur Agoravox intitulé Bientôt 10.000 morts et 2 millions d’effets secondaires susceptibles d’être liés aux « vaccins » contre la Covid-19 comportait une erreur de calcul dont je me suis aperçu le 15 mai. Le nombre de décès susceptibles d’être liés aux « vaccins » était exact, mais pas le nombre total d’effets indésirables indiqué dans le titre. L’erreur était la suivante : un total de 1,7 million d’effets indésirables recensés par EudraVigilance, au 24 avril 2021, avait été calculé, alors que les effets indésirables se montaient à cette date à 1.014.459, ce qui était déjà colossal. Cette erreur était involontaire et il est important de la signaler, même si le total des effets secondaires, passé à plus de 1,2 million au 15 mai, reste considérable.

En outre, le total de tous les effets secondaires officiellement reconnus dans le monde comme « susceptibles » d’être attribués aux « vaccins » anti-covid ne comptabilise pas la majorité des effets secondaires, lesquels ne sont pas recensés : selon une étude réalisée par Harvard (https://www.icandecide.org/wp-content/uploads/2020/12/Lazarus-report.pdf), moins de 1 % de toutes les réactions indésirables aux « vaccins » sont recensées et notifiées au National Vaccine Adverse Events Reports System (VAERS) (https://www.deconstructingconventional.com/post/18-reason-i-won-t-be-getting-a-covid-vaccine).

Réflexion sur les fondements interactifs et informatifs du cyber-journalisme

Par : Ysengrimus

YSENGRIMUS — Il y a quelques temps, lors d’un débat sur Les 7 du Québec, deux de nos plus assidus collaborateurs ont eu l’estoc suivant, parmi bien d’autres. C’était au cœur d’un de ces grands élans digressifs dont je me tiens bien loin désormais comme participant mais que je lis toujours très attentivement, car la sagesse y percole souvent. Après que Lambda ait déploré la sempiternelle rudesse des échanges, Epsilon lui dit ceci:

Mais Lambda, vous êtes tout autant rude avec vos interlocuteurs, et ça n’est pas grave. C’est une question de style. Et vous montrez que vous êtes particulièrement sensible à la rudesse d’autrui. Ce qui est bien.

Vous savez, sur internet, il ne faut pas prendre tout ça avec le même sérieux que dans la vie. Car tout est ajouté des émotions fantasmatiques sur le net, parce que nous n’avons pas la vraie personne en face de nous. Vraiment, il ne faut pas se focaliser sur des réponses un peu plus rudes que la coutume. Et ça fait partie du jeu. C’est sans conséquence. Et vous pourriez m’en dire autant que ça ne changerait pas l’opinion que j’ai de vous et mon comportement dans mes réponses à vos rudesses, le cas échéant.

Réponse de Lambda:

Vous parlez d’internet, Monsieur Epsilon, moi je vois un moyen de diffusion d’information, un journal, un magazine, un média d’information. Vous voyez ce site comme étant un média social, une sorte de Facebook où le discours citoyen se vautre dans les mondanités et l’opinion, avec bien entendu les accrochages d’usage. Votre vision ne correspond pas à la mienne.

Si on veut faire du Facebook, soit. Mais si on veut faire de l’information et pousser la réflexion, il faut un minimum de crédibilité et de sérieux. Comment voulez-vous concurrencer en crédibilité avec les médias de masse si on joue avec des clowns? Vous voyez beaucoup de professionnels de l’information insulter les gens? Moi, je n’en ai jamais vu.

Ces deux interventions, surtout la seconde, synthétisent toute la problématique actuelle du journalisme citoyen. Le problème journalistique se formule désormais comme suit, c’est inévitable. Comme suit, je dis bien, c’est à dire dans les termes fort peu anodins d’une crise existentielle. Le journalisme est-il un corps de comportements communicatifs normés, fatalement aseptisés, reçus, stabilisés historiquement, avec une certaine façon ritualisée de colliger l’information, de la synthétiser, de la disposer, de la desservir, qui serait constante. Est-il un comportement produisant un corpus circonscrit?… un peu comme la poésie en vers ou les recettes de cuisine sont constantes et à peu près stabilisables à travers le temps.

Ou alors le journalisme n’est-il pas lui-même rien d’autre qu’une vaste manifestation perfectionnée (une parmi d’autres), justement, de mondanité et de formulation d’opinion, dont les cyber-ressources actuelles ne révèlent jamais que la profonde mutation contemporaine. Le journalisme, malgré ce qu’il voudrait bien faire croire, c’est pas une discipline rigoureuse comme, disons, la géométrie. Cela implique d’importantes questions. Le caractère «professionnel» ou «informé» du journalisme traditionnel est-il jamais autre chose qu’une illusion un peu parcheminée de classe élitaire (bien entretenue par la frilosité classique de l’esprit de corps, lui-même effarouché par le progrès que l’explosion actuelle impose). Les divers journalismes jaunes, la presse poubelle ou potineuse ne sont pas des inventions très récentes. Les élucubrations bobardeuses journalistiques, les diffamations de personnalités politiciennes et les relations de rencontres d’OVNI, sont vieilles comme le journalisme. L’internet est loin, très loin, d’avoir inventé tout ça. L’internet n’a pas inventé non plus le discours polémique, dont en retrouve des traces virulentes jusque chez les Grecs et les Romains.

L’élément nouveau des conditions journalistiques contemporaines ne réside pas vraiment non plus dans le fait que n’importe quel ahuri peut s’improviser diffuseur d’information de presse. Rappelons-nous, un petit peu, de l’époque pas si lointaine où celui qui contrôlait le chantier de coupe de bois contrôlait la pulpe, que celui qui contrôlait la pulpe contrôlait le papier, et que celui qui contrôlait le papier contrôlait à peu près tout ce qui s’écrivait dessus. Le journalisme n’a JAMAIS existé dans un espace intellocratique serein et éthéré. Cela n’est pas. Et l’objectivité de la presse, depuis sa conformité au factuel jusqu’à l’équilibre des opinions qu’elle véhicule, a toujours été un leurre de classe, dont l’unique bonne foi, toute épisodique, fut de se laisser aller parfois à croire à sa propre propagande.

L’opposition entre mes deux intervenants ici pose de facto une triade critique Facebook/média citoyen/média élitaire et, nul ne peux le nier, c’est l’espace intermédiaire, celui du média citoyen, qui se cherche le plus et ce, à cause du poids des deux autres. Un mot sur ces trois facettes du tripode.

Médias journalistiques élitaires. Ils sont foutus en terme de crédibilité fondamentale et plus personne de sérieux ne cultive la moindre illusion au sujet de leur partialité de classe. En plus, ils se détériorent qualitativement, en misant de plus en plus sur des pigistes et des gloses et traductions-gloses d’agences de presse. L’électronique les tue lentement comme distributeurs d’un objet (commercial) matériel traditionnel, ce qui les compromet avec une portion significative de leurs lecteurs d’antan. L’éditorial d’autrefois, donnant péremptoirement la ligne d’un quotidien ou d’un hebdomadaire, n’est plus. Il a été remplacé par des chroniques de francs-tireurs vedettes portés plus par leur succès d’audimat que par une base doctrinale effective. À cause de tout cela, un temps, on croyait vraiment les journaux conventionnels condamnés. Mais ils ont manifesté une notable résilience. Mobilisant leurs ressources, ils se sont adaptés, étape par étape, aux différents cyber-dispositifs et, en s’appuyant sur des ressorts empiriques (apprentissage collectif graduel du fonctionnement des blogues journalistiques, menant à leur noyautage) et juridiques (intimidation de plus en plus virulente des formes de discours et de commerce alternatif), ils on refermé un par un les différents verrous de la liberté d’expression et d’action, tout en restant de solides instruments de diffusion de la pensée mi-propagandiste mi-soporifique de la classe bourgeoise. Une fois de plus on observe qu’une solution technique ne règlera jamais une crise sociale, elle s’y coulera comme instrument et la crise continuera de se déployer, dans ses contradictions motrices, sans moins, sans plus. Les médias élitaires n’ont donc pas perdu tant que ça leur aptitude à tout simplement faire taire. Ceci est la confirmation du fait que la qualité intrinsèque, l’adéquation factuelle ou la cohérence intellectuelle, ne sont pas du tout des obligations très nettes quand ton journal est le bras de la classe dominante.

Facebook (et tous ses équivalents tendanciels). L’immense espace où le discours citoyen se vautre dans les mondanités et l’opinion avec bien entendu les accrochages d’usage n’est pas déplorable à cause de l’empoigne qui y règne mais bien à cause de sa dimension de vaste soupe de plus en plus gargantuesque et inorganisée. Qui relit du stock émanant de ces dispositifs? Qui prend la mesure de la censure mécanique par mots-clés qui y sévit de plus en plus nettement. Et, malgré cette dernière, c’est fou l’information qui nous attend, en percolant, dans un corpus de type Facebook (ou équivalents). In magma veritas, si vous me passez le latin culinaire! Sauf que, allez la pêcher… Je me prends parfois à fantasmer une sorte de gros agrégateur hyper-fin (car il serait tributaire de la fulgurance de cette intelligence artificielle authentique qui est encore à être). J’entrerais, mettons «Croyance aux OVNI» ou «Arguments dénonçant la corruption politique» et mon super-agrégateur plongerait dans Facebook (et équivalents) et y pêcherait ces développements et les organiserait, les convoquerait, les corderait, par pays, par époques, par tendances politiques ou philosophiques. Le corpus informatif magnifique que ça donnerait. On s’en fiche un peu pas mal que ces gens se chamaillent entre eux. Ils parlent, ils s’informent, ils amènent des nouvelles, comme autrefois sur les places des villages et dans les grands chemins. Molière a appris la mort de Descartes d’un vagabond venant de Paris monté temporairement sur l’arrière d’un des charriots de son théâtre ambulant. Je peux parfaitement me faire enseigner les prémisses de la dissolution effective du capitalisme pas un gogo méconnu dont le texte dort en ce moment sur Facebook, MySpace ou myobscurewittyblog.com. Ne médisons pas trop des ci-devant médias sociaux. Ils sont la tapisserie du Bayeux de notre époque. Les historiens ne les jugeront absolument pas aussi sévèrement que nous le faisons.

Médias journalistiques citoyens. Entre les deux, il y a les médias citoyens. Un cadre présentatif journalistique un peu à l’ancienne, quoique «pour tous» (commentateurs et auteurs) sur lequel se déverse la tempête interactive, sabrée du cinglant blizzard de toutes les digressions, redites et empoignes. De fait, entre la redite-télex et l’édito de choc, les médias journalistiques citoyens cherchent encore leur formule, et maintes figures d’hier ont jeté la serviette, les concernant. Ces médias alternatifs, où tout est encore â faire, sont principalement cybernétiques bien évidemment. Et ils s’alimentent de deux héritages. Ce sont justement les deux héritages, complémentaires et interpénétrés, qui, bon an mal an, se rencontrent et se confrontent ici, dans mes deux citations d’ouverture: l’interactif et l’informatif. Il ne faut pas se mentir sur les médias citoyens, dont l’exaltation des débuts s’estompe. Les manifestations verbales et conversationnelles de la lutte des classes la plus aigüe y font rage. Rien n’est badin ici, rien n’est formel, rien n’est comportemental (courtois ou discourtois). Tout concerne la lutte des forces progressistes et des forces réactionnaires de notre société pour se positionner et se maintenir dans l’espace, secondaire certes, subordonné mais toujours sensible, de le communication de masse.

La lutte des classes se bridait pesamment, sous les piles de papier encré du journalisme conventionnel. Dans le journalisme citoyen, elle se débride allègrement dans les pixels. Pour le moment, cela ne rend pas la susdite lutte des classes nécessairement plus méthodique, avisée ou systématique mais subitement, ouf, quelle visibilité solaire!

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Extra-Extra

Le roman des damnés. Ces nazis au service des vainqueurs après 1945

Par Brigitte Bouzonnie.

Critique du livre récent rédigé par Eric Branca intitulé : « Le roman des damnés. Ces nazis au service des vainqueurs après 1945« , éditions Perrin, mai 2021.

Pendant mes vacances sous une pluie battante, digne d’un mois de novembre, j’ai lu un livre vraiment passionnant, qui vient juste de sortir, intitulé : « Le roman des damnés. Ces nazis au service des vainqueurs après 1945 ». Il est rédigé par le journaliste Éric Branca, aux éditions Perrin, mai 2021. Depuis la publication de l’excellent ouvrage de Philippe Burin « Hitler et le génocide juif« , Point Seuil, 1989, on savait que Hitler avait défendu à ses subordonnés de METTRE PAR ECRIT sa politique de la solution finale. En principe, tout devait se faire oralement, afin de ne pas effrayer les contemporains, ni alerter plus tard les historiens.

Ce livre justement nous apprend que les nazis en charge de la solution finale n’ont pas obéi à Hitler. Et que des textes normatifs ont bien été pris, ce qui explique l’incroyable obéissance de la Wermacht et de la SS, dans la shoah par balles, les sinistres « einsatzgruppen » ! Le livre de Branca raconte l’itinéraire de nazis poursuivant après 1945 leur triste besogne au sein de la CIA: Gehlen, Schellenberg, Kiesinger, Heusenberg.

1)- HEUSENBERG : Le parcours du Général Heusenberg est particulièrement intéressant : ses obsèques en 1964 en RFA ne seront pas nationales non mais presque, ce qui montre l’importance du personnage dans la nouvelle RFA ! Pourtant Heusinger est un ancien Chef de section des opérations de l’OKH, le commandement suprême de l’armée de terre, chargé entre autre de l’opération Barbarossa, c’est à dire l’invasion et les modalités pratiques d’occupation de l’Union soviétique en 1942. 24 millions de russes y perdirent la vie : un chiffre jamais mentionne par les historiens de l’Ouest ! C’est lui qui coordonne l’offensive de l’été 1942 à Stalingrad. C’est lui aussi qui s’occupe du « nettoyage » politique et ethnique du Peuple soviétique aux fins de « sécuriser » les arrières de la Wermacht. En clair, c’est lui, et donc l’armée allemande, qui ordonnent le répugnant massacre du ghetto de Minsk, la shoah par balles d’un million de soviétiques ! L’agence Tass apporte les preuves irréfragables de la responsabilité personnelle de Heusinger dans le massacre de 45 000 biélorusses. Réponse des autorités américaines de l’époque : « Heusinger aurait été un résistant sincère à Hitler ! »(sic).

En effet il était au courant de l’attentat contre Hitler du 20 juillet 1944, mangeant à tous les râteliers ! Comme explique Jean Lopez spécialiste de l’opération Barbarossa, il ne faut pas différencier l’extermination des juifs et la guerre contre les commissaires politiques soviétiques. Et ce n’est pas tout : Heusinger est l’officier supérieur qui a parlé plus de 700 fois à Hitler, le plus souvent à Rastenburg, la « tanière du loup » d’Hitler ! C’était donc un intime de Hitler, un homme du premier cercle, ce qu’on ne dit jamais lorsqu’il devient un dignitaire de la RFA. Pourtant, en 1945, Heusinger ne subit aucun purgatoire. Il devient le responsable de la nouvelle armée allemande avant de devenir NUMERO UN MILITAIRE DE L’OTAN.

En mai 1945, il se rend aux américains en leur donnant sa précieuse documentation sur la puissance militaire soviétique. Heusinger n’est pas condamné à Nuremberg ! C’est une réhabilitation du IIIème Reich en bonne et due forme. Avec Gehlen, Heusinger est recruté par la CIA pour créer le BNB, service de renseignements de la RFA. Il s’agit en réalité d’une CIA bis, dont les ordres viennent directement des États-Unis. En 1955, il est nommé principal conseiller de Bonn dans les questions militaires.

 

2)-GEHLEN : Reinhard Gehlen est en rapport constant avec Walter Schellenberg, bras droit de Heydrich. En 1945 Gehlen se rend aux américains afin d’éviter le GRU russe, qui le recherche activement pour ses crimes en URSS. En effet Gehlen s’est opposé à Hitler sur l’opération Barbarossa : non pas à cause des crimes de masse commis sur la population civile, que pour des raisons purement stratégiques : Hitler visait prioritairement Moscou, Gehlen les champs de pétrole du Caucase. Gehlen collabore avec l’Institut Wannsee proche de la SS, afin de constituer une documentation économique et sociale précise sur l’union soviétique. Sous la houlette de Gehlen, l’institut Wannsee est mobilisé pour préparer la guerre à l’Est. Gehlen découvre que les cartes routières sont fausses comme les statistiques. Grâce aux informations corrigées de Gehlen, la Wermacht peut atteindre la ville pétrolière de Maïkop le 9 août 1942 alors que la guerre a été déclarée le 22 juin, soit 49 jours ! De plus, afin d’asservir la Russie, Gehlen souhaite s’appuyer sur les nationalistes slaves. Notamment indépendantiste ukrainien Stépan Bandera. Emprisonné et condamné à mort en 1936 par les russes, Bandera est libéré par les allemands, enrôlé dans la SS de Heydrich. Mais Himmler est opposé à une nation ukrainienne. Le 1er juillet 1942, Bandera proclame l’Ukraine indépendante. Colère de Hitler qui fait arrêter l’imprudent. La ligne Himmler triomphe.

Mais, accueillis sous les fleurs, les allemands sont très vite détestés par la population ukrainienne Beaucoup rejoignent l’armée ukrainienne anti hitlérienne. Entre 1941 et 1945, on compte 7,7 millions de victimes civiles et militaires, rien qu’en Ukraine : Gehlen y est pour beaucoup. Si la politique raciste de Himmler n’avait pas soudé les ukrainiens derrière Staline, l’armée rouge aurait échoué à reconquérir le pays ! Quand le Reich s’effondre, ce n’est pas moins de 50 caisses d’archives que Gehlen emporte avec lui. C’est avec cette monnaie d’échange que Gehlen se rend aux américains. En août 1945, il est libéré avec six de ses hommes. Direction Fort Hunt en Virginie. Durant les 218 jours du procès du tribunal de Nuremberg, son nom n’est jamais cité, collaboration avec les américains oblige ! Dès juillet 1946, il est de retour en RFA : avec pour mission de collaborer avec la CIA en formant les « organisations Gehlen ». Il s’installe au Camp Nicholas, y gagne le surnom de « général sans visage ». Parmi ses collaborateurs, on compte un certain Klaus Barbie qui a torturé Raymond Aubrac. Obligé Bertie Albrecht à se suicider, pour ne pas dénoncer ses compagnons de résistance. Mais aussi Bandera l’Ukrainien. Et Oscar Reile qui a capturé et torturé Jean Moulin. Gehlen fait parler les prisonniers de guerre allemands emprisonnés en Union Soviétique Il apprend ainsi la construction d’une usine à l’Est de Moscou participant du programme nucléaire soviétique. C’est lui qui met sur pieds les réseaux Stay Behind (réseaux Gladio), c’est à dire, les armées secrètes de l’OTAN, afin d’empêcher le communisme de triompher en France et en Italie. Dresse la liste noire des individus à liquider. Gulio Andreotti reconnaît l’existence de ces réseaux Gladio en1990, devant une commission du Sénat.

Les réseaux Gladio sont derrière les attentats des Brigades Rouges manipulés par le BNB et la CIA. La mise à mort d’Aldo Moro n’est pas le fait des Brigades rouges à proprement parler, mais d’un agent de la CIA infiltré (cf Rendez-vous avec X). En 1956 Gehlen est nommé chef des services secrets de la RFA : le BNB = CIA bis. Mais son seul chef est Allen Dulles patron de la CIA. Il est de tous les coups fourrés face à la naissance de la Vème République, aidant l’OAS. Le KGB n’a pas renoncé à éliminer Gehlen. Il réussit à infiltrer le BNB par un agent double : Felfe qui provoquera l’arrestation de 94 agents du BNB. L’affaire Felfe précipitera sa chute.

 

Conclusion : Pour finir, on soulignera combien le livre d’Eric Branca faisant le portrait de 12 nazis (1) passés au service de l’État profond n’est que la partie émergée de l’iceberg, QU’ UNE PIECE DU PUZZLE dans la construction de l’État profond américain. En effet, il faut y ajouter aussi le rôle idéologique considérable joué par la firme IG-Farben théorisant, contre l’avis d’Hitler, l’idée d’un « état mondial » chapeautant des nations en ruine, sciemment mises à la poubelle. Il faut aussi avoir à l’esprit le livre remarquable de Jacques Pauwels « Le mythe de la bonne guerre« , où il montre la longue complicité existante entre Hitler, Goering et les patrons des grandes firmes américaines : ITT, Ford, Général Motors. Les longs repas entre les patrons américains et « Monsieur Goering » tant admiré par ces derniers. Donc on voit comment l’intellectuel collectif nazi est passé avec armes et bagages au service de l’État profond : et 50 ans après, personne ne moufte considérant cette trahison des services secrets américains comme « normale », « allant de soi » …!

 


(1)-Albert Speer, Walter Schellenberg, Reinhard Gehlen, Rudolf Diels, Otto Skorzeny, Ernst Achenbach, Kurt Kiesinger, Hjalmar Schacht, Friedrich Paulus, Wernher von Braun, Hannah Reitsch.

 

 

C’est le moment de récupérer quelques objets rouillés

La République amochée ne se rend pas, par Prisme, avril 2016. Placard installé à Rennes, près de l’accès à la Passerelle de l’œil à Jean-François Martin.

Mise à jour d’un billet paru en 2016, et qui n’a pris qu’une ride malheureusement.
Je lui ai donné un coup de maquillage.
Tout est encore à faire.

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ALLAN ERWAN BERGER —  L’entêtement avec lequel le gouvernement français entend faire passer coûte que coûte ses lois infectes, dont les citoyens ne veulent pas pour diverses raisons parfois contradictoires, rencontre au sommet de l’iniquité la veulerie avec laquelle la grande majorité des représentants de la population de gauche s’abstiennent de résister efficacement et ne veulent prendre, de la résistance, au mieux que ses postures. Mais là n’est pas le seul problème : il est aussi dans la façon dont sont traitées les manifestations de notre indignation, puisque tout y est fait pour les rendre physiquement dangereuses, en assurant une impunité inquiétante aux forces armées, en faisant des coupables les victimes et des victimes les coupables, tout en ne touchant qu’au minimum aux quelques « casseurs » présentés comme dingues et qui servent ici d’alibi à tout le reste, tandis qu’on envoie une unité d’élite antiterroriste déloger quelques jeunes gens sur un toit. Tout se passe comme si le pouvoir rêvait que nos manifestations, qui ne sont jamais que de l’insurrection polie, dégénèrent en insurrection tout court. Nous aurions tout à y perdre, nous dit-on parfois, et nos maîtres tout à gagner.

Il y a un coup d’État, avec la complicité de l’ensemble des forces de pouvoir, quel que soit par ailleurs le discours spécifique qu’elles prétendent tenir sur tel ou tel objet de la polémique. Car en dehors d’un enfumant blabla de façade, il y a quand même une sérieuse convergence sur le fond : la démocratie ne doit pas poindre, le pouvoir doit rester confisqué. C’est de plus en plus visible car de plus en plus décomplexé.

Raison pour laquelle la haine gouvernementeuse s’est déportée ces derniers temps sur un nouvel objet : ce ne sont plus les syndicalistes que le discours criminalise, mais les non-encartés, les lambdas de la rue, les citoyens indignés qui, ont formé hier la Nuit Debout, aujourd’hui les Gilets Jaunes. Voici bien la cible : la démocratie qui point, les lanceurs d’alerte qui se dressent, les gens qui se parlent. Et le drapeau de l’Europe financière flotte, sinistre, au-dessus des écoles et des palais de justice.

2016_05_14_02

En écoutant ce qui se dit sur les places et les rond-points, en lisant les communiqués qui y sont publiés, on se rend assez vite compte qu’on y traite principalement de politique fondamentale, matière presque entièrement inconnue dans l’hémicycle rupin où les parasites gavés qui sont censés nous représenter déposent leurs gros culs malpropres.

C’est ça, c’est la politique fondamentale, c’est elle qui ne doit pas sourdre jusqu’à la population. Aussi, les médias nous invitent-ils à frémir au spectacle de la couche extérieure des révoltés, faite d’affrontements avec les forces de l’ordre (pas notre ordre, pas nos forces), tandis que le cœur débattant des assemblées reste inconnaissable, insondable, insondé à quelques finkielkrauteries près. Car la morale, qui est le ciment des civilisations, pèse de toute son importance dans nos assemblées sauvages, tandis qu’elle est bafouée, reniée dans les palais où les malfaisants ont pour habitude de s’entre-décorer et se tiennent joyeusement par la barbichette, loin de toute atteinte judiciaire. Et le drapeau de l’Europe financière flotte, sinistre, au-dessus des télévisions allumées.

Ce qui se passe dans les rond-points, c’est l’ancienne France qui perce la neige. Celle de la Constituante de 93. Les sans-dents d’aujourd’hui avancent tranquillement sur les traces des sans-culottes de jadis. Ils leur reste à s’emparer de ce qui leur revient de droit, et qui est notre héritage : le drapeau, des mots, et même une chanson.

Il est certain qu’un faisceau de manifestations qui porteraient les couleurs de la France, et qui scanderaient les beaux mots de « Liberté, Égalité, Fraternité » à plein mégaphone, aurait une telle gueule étonnante que les caméras du monde entier (mais pas de la France) se jetteraient dessus et porteraient ces images incroyables jusqu’au canapés où gisent, abandonnés, tant de cerveaux disponibles sur tant de continents. Et ces mots, et ce drapeau, qui furent ceux des participants des Nuits Debout, qu’ils en aient eu conscience ou non, ils sont aujourd’hui repris en jaune soleil, et en pleine conscience cette fois-ci. C’est imparable : il y a en ce moment un écho des luttes politiques de la fin des temps monarchiques, et c’est jusqu’à la “Marseillaise” qui, aujourd’hui, résonne étrangement. Car cette “Marseillaise” qui, depuis tant de générations, a été confisquée par les crapules, au point que l’entendre peut soulever le cœur, elle parle de nous finalement, de nos groupes assiégés, de nos vies attaquées. La lire, c’est frémir devant un fantôme.

Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ?
Français, pour nous, ah ! quel outrage,
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !

Osez dire que ce couplet ne nous concernait pas au printemps 2016. Il a beau être bizarre, mal bricolé et pompeux, il est exact, et décrit notre hiver 2018.

Quoi ! ces cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fils guerriers !
Grand Dieu ! par des mains enchaînées,
Nos fronts sous le joug se ploieraient,
De vils despotes deviendraient
Les maîtres des destinées ?

Ne vous semble-t-il pas entendre les Grecs s’indigner des chaînes de la Troïka ? Et cela, qui nous désigne :

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus.
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus.
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre !

Pendant ce temps, le drapeau de l’Europe financière claque, sinistre, au-dessus de la statue de son dieu Euro, imbécile objet d’une adoration friquée dont nous faisons tous les frais, d’un bout du continent à l’autre.

Il est temps de ressortir notre drapeau, notre devise et notre chanson, et de les proposer à nos voisins de servitude, pour qu’ils s’en fassent des symboles adaptés à leurs causes. Au minimum, ça scandalisera les décatis du cerveau, et Finkielkraut postillonnera encore et encore de beaux gnagnagnas.

Notre pays est tout près d’être un volcan. Faisons en sorte qu’il soit fertile et non ravageur, et que les Gilets jaunes en soient le généreux cratère. Finies, les collaborations ! Redevenons la France, cet inextinguible bélier toujours disponible d’une génération à l’autre, qui boutera, peut-être, la finance hors des palais de l’Europe, sous les huées des nantis et les ovations des sans-dents de la planète entière. Alors on nous aidera, et nous ne serons plus seuls.

PERMANENCE DE L’INSTANT — QUE FAIS-TU DE TA VIE? (Jeannine Pioger)

Par : Ysengrimus

Laisse-moi dériver avec toi
Vers ce présent sans futur
Cette source limpide et pure
Ne lâche surtout pas mes doigts…
(p. 88)

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YSENGRIMUS — La poésie et la prose de Jeannine Pioger se présentent comme une suite de courts textes jouant de sobriété et de dépouillement. Les thèmes abordés touchent les émotions fondamentales, la vie perceptive, les causes sociales. Ce sont des poèmes calmes. Une sorte de souffrance inhérente les caractérise. Il s’en dégage une solide harmonie entre poéticité et écriture ordinaire. Mille femmes habitent sereinement cette poétesse. La richesse de leur poésie et de leur philosophie chuinte intensément du texte. Pour ouvrir chacune des sous-sections de ce recueil, la poétesse place un court texte en prose qui opère un petit peu comme une sorte de prologue de la sous-section. Dans l’un de ces textes, justement, elle formule explicitement ses vues sur son art poétique.

Écrire c’est essayer de se comprendre, de comprendre les autres et la vie en général. Pour cela, je regarde d’abord en moi et autour de moi, pour ensuite mettre sur papier, sous forme de mots, mes sentiments et mes émotions. C’est alors que j’ai l’impression d’exister plus intensément parce que je revis l’événement relaté à l’infini.

Écrire, c’est aussi se laisser aller dans un autre monde non visible mais qui n’en est pas moins réel. C’est voyager par l’esprit où l’on veut, rencontrer qui l’on veut, vivre ce que l’on veut. C’est une liberté que personne ne peut nous enlever et qu’on conserve jusqu’à notre dernier souffle.

Par l’écriture, je désire aider le monde à voir l’essentiel. J’aimerais qu’après avoir lu mon livre la vie du lecteur en soit un peu transformée, qu’il ait l’impression d’avoir redécouvert en ma compagnie la nature, l’amour, la création, l’amitié, le travail et la mort.
(p. 55)

L’un des thèmes récurrents de l’œuvre, ce sera le deuil, dans sa dimension lancinante, permanente, presque tranquille. La lutte pour surmonter le deuil se fait en douceur et opère au mieux… mais ça vire un petit peu dans la mélasse aussi, inévitablement, cruellement. Il n’est pas si facile de retrouver le chemin après une si puissante et si douloureuse dérive.

Le chemin du destin

J’ai voulu reprendre le chemin
Juste avant que s’envole ton âme
Le chemin de ton destin

Le temps m’a pris par la main
Pour m’emmener vers le passé
Quand ton âme s’est envolée

Un chemin de roses fanées
Le temps a une couleur rosée
Qu’il est vaste ce ciel embrasé
Me vois-tu de là-haut rouler?

Le moteur est allumé
Entends-tu les oiseaux chanter?
Pourtant le silence est invitant
Dans un monde près de s’effondrer

Mais tu es toujours là
Entre vie et néant
Je suis venue me réconcilier
Dans un instant d’éternité
Avec notre passé.
(p. 82)

Tout —tout simplement tout— dans l’existence ordinaire ramène l’orphelande blessée à la dimension endeuillée de son corps d’émotions. Absolument rien, aucun moment, aucun instant, aucune sensation, aucun petit plaisir, n’échappe à ce cadre d’existence atténué, assombri, condamné désormais à revêtir un caractère densément éternel. Il procède d’une récurrence fatale, ce constant rappel de l’absence.

Absence

Jamais plus le lac
Ne sera aussi bleu
Jamais le soleil aussi caressant
Jamais plus mon cœur ne chantera
Comme ce jour-là

Insouciante du temps qui vole
La présence
Je riais au ciel, aux fleurs, aux oiseaux
À cet instant d’éternité
Toi à mes côtés

Ignorante de l’absence, du vide
De l’immense cri sans écho
Cette soif insupportable de toi
Mon âme erre incomplète

À la recherche du visage aimé
Des bras faits pour serrer
Des maisons pour caresser
Du sourire frondeur
Où s’accrochait ma joie

Ne me répondent que vents furieux
Soleil brillant ma peau tirée
Silence des cieux à mes prières
Tu ne reviendras pas

Cette paix que je réclamais tant
Est devenue l’enfer
(p. 50)

Le recueil de Jeannine Pioger se présente comme une sorte de collection de souvenirs poétiques, comme un cahier de poèmes dont on tiendra à bien documenter et convoyer la genèse ordinaire. Chaque poème est donc suivi d’une courte notule explicative qui —au moins— le date et en résume souvent, fugitivement, les conditions concrètes d’engendrement. La notule explicative du poème À mes amis poètes nous aide à comprendre l’origine tragique de la récurrence du thème du deuil.

Ce texte voit le jour sous le magnifique prunier en fleurs de notre maison de Deux-Montagnes le 19 juin 2001. Mon aîné, Alexandre, est dans la maison et je crois bien le lui avoir fait lire. J’apprécie sa présence sans savoir qu’environ un mois plus tard, elle me sera brutalement retirée. Chaque fois que je relis ce poème il est là, non loin.
(p. 71)

Le deuil fonctionne donc comme un scotome chez Jeannine Pioger. La voici sur un quai au bord de l’eau dans un de nos beaux petits village des Basses Laurentides. Elle avance et formule une capture du moment, gorgée de concrétude et de langueur… c’est pour se faire rattraper et sinueusement envelopper par l’âme de l’être cher perdu qui la hantera toujours. Le terrible scotome qui couve est derechef dévoilé.

Dévoilé

Glisse sur l’eau
Une voile se gonfle
Blanche minuscule
À l’horizon

L’oiseau survole
L’eau frissonnante
Comme une peau
S’étirant vers la mer

Battent les ailes
Vers une terre lointaine
Comme un hymen à l’amour
Que chante l’homme

Sur son voilier léger
Monte en lui
La vague du mystère
À quel port accoster?

Demain sera-t-il là
Ou bien son âme émergera
Dans un monde parallèle
Où vivent les esprits?
(p. 92)

Le travail poétique de Jeannine Pioger est, de fait, amplement gorgé de concrétude. Son passage vers la poésie concrète sait —en toute simplicité— maintenir une touche symboliste élémentaire qui rejoint assez librement la pensée vernaculaire. Un torrent perçu par les sens de la poétesse rappelle ainsi le génie impétueux qui ne transige pas, dans la quête de son cheminement. Le raccord métaphorique s’établit, sans complication.

Génie impétueux

Le torrent dévale la montagne
Tourbillonne, écume, gronde
Sur les pierres, les troncs, les épaves
Tous ces écueils sur son chemin

Rien ne doit l’arrêter
Dans son désir impérieux
De connaître d’autres rives
De couler jusqu’en bas

Sa fougue le propulse
Sur la pente abrupte
Indifférent même à la biche
Qui brave ses eaux tumultueuses

Superbe et infernal rebelle
Son destin lui fut assigné
Et de tous temps gravé
Dans la roche montagnaise

Génie impétueux
Solitaire et impulsif
Force glacée de la nature
Admiré mais craint de tous.
(p. 60)

Autre cas de poésie symboliste en concrétude: un merveilleux paysage d’hiver canadien imprègne les perceptions de l’artiste. On l’évoquera… mais ce sera non sans faire flotter une petite touche thanatique sur l’ensemble du tableau empirique, teintant ainsi de cette insondable touche de tristesse contenue, la majestueuse présentation de l’expérience sensorielle.

Blancheur matinale

Le soleil courtise la neige
S’allonge vers l’infini
Se prélasse
Sur les branches des conifères

Ma pensée s’étire
Dans le blanc silence où je m’enfonce

La froideur
M’ouvre ses bras immaculés.
(p. 32)

La tristesse contenue est une thématique majeure, dans tout cet exercice. Le drame tranquille mais fatal de la petite tragédie des étapes de vie s’impose comme autant de dalles sur un trottoir, d’ornières dans une route, de nuages dans un ciel. Toute bonne chose a une fin.

Fin d’un amour

Notre amour, tu es mort!
Je ne le voulais pas, mais tu gis là
Je ne savais pas qu’un amour
C’est comme du cristal:
Fragile

Mon gros cœur d’homme
N’a pas su te traiter
Avec la délicatesse
Qu’on apporte aux plus fins joyaux

Quand tu étais là
Tout doux, tout chaud,
Mes nuits étaient des rêves éveillés
Qui débordaient sur mes journées

Je ne savais pas que c’était toi
La brillance des étoiles
La neige bleutée
La renaissance des matins

Maintenant que tu n’es plus
Mon soleil est froid
Mon air, irrespirable
Ma nourriture, sans saveur

Ma vie, un dernier soupir.
(p. 44)

Ou encore: si un jeune, un enfant, un petit bleu est poète. Il n’est pas heureux. C’est la souffrance, la douleur et la frustration qui chez lui sera suprêmement logogène. La poésie de Jeannine Pioger est souvent une parole contrariée. Elle est comme une petite douleur insidieuse, une écharde au doigt de l’existence humaine, autour de laquelle on ne peut que composer sa vie.

L’étudiant-poète

Il en pleure le jour
Il en rêve la nuit
L’étudiant incompris
Qui veut rimer toujours

Un démon enchanteur
Emmène son esprit
Sur des chemins rieurs
Empreints de poésie

Mais la vie est cruelle
Son âme délaissée
Erre dans l’irréel
Pourrait-il être aimé?

Une voix éternelle
Lui souffle ses écrits
Et, inspiré par elle,
Il compose sa vie
(p. 18)

L’évocation de ces étapes nocturne de la vie va voir éclore un autre thème fortement senti chez Jeannine Pioger: la maternité. La maternité est vécue et ressentie ici avant tout comme une expérience organique, intime, charnelle, pulsionnelle. Elle est une de ces étapes de vie mais, elle, on la sent nettement passer.

Nuits de ma vie

Nuit noire
De quand j’étais petite
À couper au couteau
J’ai peur, je crie
Personne ne me répond!

Nuit blanche de mon adolescence
Ma conscience s’élargit
Remplit la nuit
Mais je suis toujours seule
Et j’ai peur du noir

Nuit de plaisir
Où s’épanche l’infini
Je caresse le bonheur
À cœur de nuit
J’ai trouvé un paradis
Dans mes nuits

Nuits d’enfantement
Douleurs rythmées
Au diapason de la joie
Nuit extatique où j’entends
Le premier cri de mon enfant

Nuit de tristesse
Où j’appelle à la tendresse
Me love dans les ténèbres
Jusqu’en plein cœur de la nuit

Nuit d’où je suis issue
Et qui m’appelle à l’infini
Je viens, je viens
Ce ne sera plus très long
Dernière nuit de ma vie
(p. 80)

Et c’est la maternité qui nous ramène directement à l’enfance, notre enfance. C’est comme si l’enfant oublié nous remontait dans les sangs, nous prenait au corps, nous infectait de son triomphe réminiscent. Les entrailles investies de l’invasion fœtale de l’enfant en germe réactivent le cœur d’enfant.

Mon cœur d’enfant

Où t’avais-je perdu mon cœur d’enfant
Toi qui savait jeter sur la vie
Un regard pur,
Qui s’émouvait devant la beauté
Et voulait la chanter

Mon cœur d’enfant savait pleurer
D’un vrai chagrin
Mais rien non plus n’arrêtait
Son rire cristallin

T’avais-je enterré
Dans un recoin obscur
Pour ne plus être dérangé [sic]
Par ta pitié?

Tu as cessé de parler
Quand l’avion et le train
T’ont emmené
Loin de ta source

Comme un arbre déraciné
Un cours d’eau détourné
Tu ne pouvais plus t’égayer

Tu en as vu des pays
Des gens, des continents
Ce n’était pas important

Tu ne savais plus rire ou pleurer
Et je t’avais presque oublié
Jusqu’au moment où dans mon ventre
Un cœur d’enfant s’est mis à battre

Alors je t’ai senti mon cœur d’enfant
De nouveau tu as vu la beauté
Et voulu la chanter
Pour retrouver ce que tu avais perdu
Un pays, un amour.
(p. 63)

L’enfant nous amène inexorablement vers cette portion de la vie qui se configure comme un devoir. Et comme la vie vaut plus qu’une idée dans la tête des autorités (p. 91) un certain nombre des textes de la compagne de vie du Poète Prolétaire revêtent une dimension militante. On évoque par exemple la Journée des sans abris:

La ville s’endort

Dans l’air câlin de ce soir d’octobre
J’attends que mon étoile se lève

Complice de mon destin
Elle m’accompagne ces nuits
Où je n’ai pas de toit.

Repue, la ville s’endort
Et moi je veille…

Où vais-je errant ainsi
Cette planète grain de sable
Dans le cosmos

M’a engendré, être fragile
Qui doit manger et dormir
Pour pouvoir l’habiter
Droit des plus démunis

Repue, la ville s’endort
Et moi je veille…

Demain j’aurai droit à mon soleil

J’emplis mes poumons d’air frais
Car c’est encore gratuit
Je vais boire à la fontaine
Car cette eau est sans prix

Repue, la ville s’endort
Et moi je veille…
(p. 73)

Au moment de l’évocation du Jour de la terre, la poésie mobilise subitement aussi des ressorts militants qui ne se démentirait aucunement en lecture publique. La poétesse intimiste se fait alors pasionaria des causes cruciales de notre temps.

Jour de la terre

Terre qui m’a fait naître
Aujourd’hui je te fête

J’arrête de te faire souffrir
J’arrête de te faire mourir

Halte aux fumées indisciplinées
Qui encrassent tes poumons
Et les miens

Halte aux tueries injustifiées
De tes animaux si sages
Tes arbres si généreux

Sans eux, sans toi, plus d’avenir
Nos enfants meurent

Nous ne pouvons survivre seuls
Sans ton air pur
Ton eau vivifiante
Tes plaintes nourrissantes

Avec trois cent mille autres
Sur la rue De Maisonneuve
Je te promets…

Un avenir.
(p. 30)

Le deuil personnel, invocation inévitable du passé, cède alors un peu le pas devant la priorité collective cardinale de l’avenir. C’est ça aussi, l’appréhension assagie du présent critique (Laisse-moi dériver avec toi vers ce présent sans futur). On va bien finir par en faire quelque chose de notre vie, vu qu’elle continue de se vivre, elle, imparablement. Le magnifique recueil de poésie Permanence de l’instant — Que fais-tu de ta vie? contient 63 textes (7 miniatures en prose et 56 poèmes). Il se subdivise en six petits sous-recueils: Questionnement (p 15 à 26), Nature (p 27 à 36), Amour (p 37 à 52), Création (p 53 à 66), Amitié (p 67 à 76), et Voyage en soi (p 77 à 93). Les textes sont précédés de remerciements (p 5), d’une dédicace (p 7), d’une citation d’exergue (p 9), d’une courte préface en vers de John Mallette, le Poète Prolétaire (p 11 à 12), et d’une introduction de l’auteure (p 13 à 14). Ils sont suivis d’une table des matières (p 95-98). Le recueil est illustré de deux photographies paysagères en couleur et la page couverture est une très belle photographie en couleur de l’auteure en train de lire Les testaments trahis de Milan Kundera.

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Jeannine Pioger, Permanence de l’instant — Que fais-tu de ta vie?, Jeannine Pioger, 2013, 98 p.

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Extrait de la quatrième de couverture:

L’auteure nous invite à une promenade dans les dédales de son existence car «chacun de nous crée son propre monde». Quand elle lance une plume poétique et philosophique sur ses sentiments et ses émotions, de la puberté à l’âge mur, nous la suivons intrigués de redécouvrir avec elle l’univers où nous baignons. L’essentiel de sa réflexion: éclairer le côté exaltant et miraculeux de toute vie, sans en occulter le côté sombre, parce que «le regard à terre», nous sommes trop souvent «oublieux de l’infini firmament».

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L’avertissement de Hassan Nasrallah à Israël (12 juillet 2006)

Conférence de presse de Hassan Nasrallah suite à la capture de deux soldats israéliens le 12 juillet 2006 par le Hezbollah. 


Traduite pour la première fois à l’occasion du 12ème anniversaire de l’événement. Tous les discours du Secrétaire Général du Hezbollah durant la guerre de 2006, inédits en français, seront intégralement publiés à leur date anniversaire cet été. 

 Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

 

«L’ennemi israélien sait bien à quel point nous sommes sérieux, capables et prêts (à la guerre), il sait que nous assumons nos responsabilités et que nous avons le courage requis et la maîtrise de nos nerfs, ce qui nous permet de réfléchir (et d’agir) avec un esprit froid (et lucide). » Hassan Nasrallah, 12 juillet 2006.

En prévision de la Grande Guerre de Libération annoncée par Sayed Hassan Nasrallah, il est bon de savoir précisément ce qui s’est passé durant la guerre de l’été 2006, véritable épopée dont le détail des événements reste méconnu du public occidental, de même que l’ampleur de la déroute d’Israël et les causes mêmes du conflit. Cette méconnaissance est due au poids de la propagande et de la censure qui pèse sur le plus authentique de tous les dirigeants arabes et le plus redoutable de tous les mouvements armés de l’Histoire. C’est à raison qu’Israël le considère comme sa principale menace existentielle, juste avant l’Iran, tant son hostilité à l’entité sioniste est absolue, en principe comme dans les faits.

 Hassan Nasrallah, Secrétaire Général du ‘Parti de Dieu’, est le visage du seul mouvement qui a infligé deux défaites cuisantes à Israël, à un contre dix, restaurant ainsi l’honneur du monde arabo-musulman. Il est, selon Norman Finkelstein, le seul leader politique dont les discours soient à la fois parfaitement véridiques et fiables (bien qu’il soit très difficile pour nous de concevoir un homme politique qui ne ment ni même n’exagère en aucune circonstance) et hautement instructifs. Il suffit de lire – et même de regarder – ses discours tout au long de la guerre mondiale d’annihilation qui a été menée contre le Hezbollah pour en prendre conscience. Quiconque veut comprendre ce qui se passe au Moyen-Orient ne saurait faire abstraction des informations de première main et des analyses de très haute qualité qu’il propose régulièrement.

On ne peut qu’imaginer la puissance actuelle du Hezbollah, après la ‘Victoire Divine’ de 2006 et la lutte victorieuse contre Daech & la coalition saoudo-américaine en Syrie, en Irak et au Yémen, qui a considérablement renforcé et élargi l’Axe de la Résistance. Sans aucun doute, la prochaine guerre bouleversera complètement la carte du Moyen-Orient.

Sayed Hasan

https://vimeo.com/279581148

https://vimeo.com/279681789

Transcription:

Au Nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Dieu, Seigneur des mondes, et que Ses prières soient sur notre Maître Muhammad, sur sa famille pieuse et pure, et sur ses compagnons choisis et fidèles. Que les salutations soient sur vous, ainsi que la Miséricorde de Dieu et ses bénédictions.

En premier lieu et en dernier lieu, que la louange et les remerciements soient à Dieu pour la victoire, le djihad, la gloire et les résultats qu’il nous a accordés. Il faut que je commence par m’adresser aux moudjahidines (combattants) héroïques qui ont aujourd’hui tenu notre promesse (de libérer nos prisonniers détenus en Israël). Et c’est pourquoi leur opération a été nommée l’opération « Promesse véridique ». Je leur adresse mes remerciements sincères et j’embrasse leur front et leurs mains.

Par la grâce de ces têtes hautes et de ces combattants héroïques, nous resterons tous la tête haute, et aucun de nos combattants (libanais) ne restera enchaîné dans les prisons de l’occupant (sioniste). Aujourd’hui est le jour de la fidélité envers Samir Qintar, Yahya Skaf, Nasim Nisr, et tous les frères, tous les prisonniers et tous ceux qui sont détenus dans les prisons de l’occupant.

De même, je me dois d’exprimer mon respect et mes remerciements à tous les Libanais, tous les Palestiniens, tous les Arabes et tous les musulmans qui ont exprimé leur joie, leur bonheur et leur soutien, qu’il s’agisse de dirigeants (politiques), d’autorités religieuses, de partis, de forces, de personnalités, de savants ou d’humbles et bons citoyens du quotidien qui sont descendus dans les rues et ont exprimé (tout cela) à leur façon. A tous ceux-là, je fais part de mon respect et de mes remerciements, et tout particulièrement à notre peuple dans le sud du Liban, dans les villages situés en première ligne, qui restent jusqu’à cet instant et resteront par la Grâce de Dieu endurants, patients, confiants et plus forts (que l’ennemi), contrairement à ce qu’indiquent certains médias qui évoquent une situation d’exode massif, des problèmes, etc., mais ce n’est pas vrai. J’y reviendrai dans un instant.

Je commence par l’opération (elle-même). Bien sûr, je ne vais pas évoquer (en détail) les données du terrain, les communiqués de la Résistance s’en chargeront. Plusieurs communiqués ont déjà été publiés. La Résistance a annoncé qu’elle avait capturé deux soldats israéliens. Naturellement, notre usage est de révéler chaque détail en temps voulu. Comment, quand, où, tout cela sera révélé plus tard.

Les Israéliens ont également reconnu que deux soldats israéliens ont été faits prisonniers. Il semble qu’il y ait eu des pertes chez les soldats de l’occupation (durant l’opération), trois morts. On parle maintenant de 7 morts parce qu’après l’opération, une incursion… Il y a même des médias libanais qui parlent d’une (vaste) incursion des forces israéliennes sur le territoire libanais. Quelqu’un qui s’informerait (uniquement) via ces médias se dirait « Comment, ils sont déjà arrivés à Beyrouth et nous ne sommes pas au courant ?! »

Ce n’est pas vrai, il n’y a eu aucune incursion, si ce n’est sur un seul point, la position Raheb à l’ouest d’Ayt al-Cha’b, où un tank israélien s’est approché et a été détruit, causant des morts et des blessés (israéliens). Et il y a quelques heures, l’ennemi israélien, via plusieurs médiateurs, demandait un cessez-le-feu sur ce point précis situé à la frontière, pour récupérer ses morts et ses blessés, mais nous avons répondu qu’il fallait un cessez-le-feu global, et non pas simplement sur un point précis. Allons-nous leur accorder un cessez-le-feu sur un point précis alors qu’eux, de leur côté, frappent des ponts, des positions… Ce serait illogique.

Ainsi, les 4 victimes supplémentaires ont été causées par la destruction du tank lors de la première incursion israélienne sur le territoire libanais. Jusqu’à présent, il n’y a pas d’incursion israélienne sur le territoire libanais. Voilà pour un bref aperçu de la réalité du terrain.

Bien sûr, les deux prisonniers israéliens sont déjà en lieu sûr, loin, très loin (de la frontière avec Israël)… Frapper un pont ici ou là, alors que l’opération a eu lieu à 9h05, (est complètement vain). Ce n’est qu’à 10h30 ou 11h que les Israéliens ont eu connaissance d’un incident et se sont demandés ce qui s’était passé, quelle était la situation, etc. Donc ceux qui ont capturé ces soldats à 9h05 ont eu le temps de les amener (aussi loin) qu’ils le voulaient.

En bref, cette opération, cette atmosphère, les communiqués en révéleront les détails.

Le deuxième point est que ce qui s’est passé aujourd’hui… Je ne veux pas entrer dans le débat pour établir si nous avions légalement le droit ou pas de faire cela (au regard de la loi libanaise), quelle est (la pertinence de) ce choix, quelles sont les (autres options), etc. Je dirai tout simplement en deux mots, en m’exprimant à ma manière, que c’est notre droit naturel, et que c’est la SEULE voie logique possible. Ce n’est pas la communauté internationale qui libèrera nos prisonniers détenus, ni les organisations internationales, ni les organisations régionales, ni les gouvernements, ni les régimes  – avec tout le respect qui leur est dû  –, ni les négociations politiques, je veux dire les négociations qu’on mène sans monnaie d’échange. Rien de tout ça ne peut libérer un seul détenu. Capturer des soldats israéliens est le seul choix raisonnable.

Si quelqu’un a une autre solution pour faire libérer nos prisonniers et détenus des prisons israéliennes, qu’il veuille bien nous l’indiquer, et s’il connait une autre manière de les libérer, qu’il nous explique pourquoi, depuis 20 ans et jusqu’à ce jour, il ne l’a pas mise en œuvre, pourquoi il ne l’a pas entreprise.

Par conséquent, ce que nous avons fait aujourd’hui est premièrement notre droit naturel, et je ne veux entrer dans aucun débat légal, philosophique ou politique sur cette question, et deuxièmement, c’est la seule manière possible, la seule voie possible 1/ pour libérer les prisonniers et les détenus libanais des prisons israéliennes et 2/ pour mettre au grand jour, dans le monde entier, jusqu’aux plus hautes organisations de la communauté internationale et dans tous les médias du monde, les souffrances de milliers de détenus Libanais, Palestiniens et Arabes – notre contingent libanais est aujourd’hui réduit en quantité, mais pas en souffrances – et des familles de ces détenus, afin que le monde ouvre les yeux sur la tragédie vécue par des dizaines de milliers de détenus et des dizaines de milliers de familles, et une humiliation permanente (des Arabes). Ce qui s’est passé aujourd’hui, tout comme ce qui s’est passé dans la bande de Gaza (capture du soldat israélien Gilad Shalit) met en lumière ce problème et met le monde entier face à sa responsabilité en ce qui concerne ces souffrances. Voilà pour l’arrière-plan (de notre opération).

Bien sûr, nous n’avons surpris personne, et ça fait plus d’un an que je déclare, ou du moins durant cette année, que nous voulons faire des prisonniers pour procéder à un échange et libérer nos prisonniers et détenus. C’est vrai ou pas ? Je l’ai rappelé à plus d’une occasion, et à chaque déclaration, les Israéliens se mettaient en état d’alerte à la frontière, et ils l’étaient déjà, et ce avant même ce qui s’est passé à Gaza. Cette décision avait déjà été prise, et pour l’année 2006, la Résistance avait fait de la capture de soldats israéliens sa priorité pour clore définitivement le dossier des prisonniers. Telle était notre priorité.

Nous nous sommes astreints à la retenue sur toute la ligne, malgré toutes les conditions difficiles, mais la seule exception était toujours (la capture de soldats). Et moi-même, durant plusieurs réunions internes, j’ai bien fait savoir à certains dirigeants politiques que la seule exception (à notre retenue) était la capture de prisonniers. Nous (avons clairement dit que) ne pouvions pas oublier ou ignorer ces souffrances, ni retarder (notre action) : à tout moment, dès que l’occasion de faire des prisonniers se présenterait, nous la saisirions sans aucune hésitation. Et c’est vraiment ce que nous avons fait. Aujourd’hui, l’opération s’est tenue dans ce cadre.
Et naturellement, sa nature et son timing constituent sans aucun doute une grande aide et un grand soutien à nos frères en Palestine, qui se font tuer chaque jour sous les yeux du monde entier sans que quiconque ne prononce la moindre parole (de dénonciation) ou que quiconque entreprenne la moindre action (pour s’y opposer). On croirait vraiment qu’il n’y a plus d’intelligence dans ce monde, ni de valeurs, ni d’honneur, ni de noblesse, ni de courage, ni de morale, ni d’humanité… Aujourd’hui, les moudjahidines (combattants) de la Résistance Islamique (au Liban) veulent raviver ces valeurs dans cette Communauté. Mais cela est naturellement venu dans le cadre d’une décision prise avant les événements de Gaza, (je le précise) pour ne pas qu’on créé trop d’interférence entre les événements au Liban et ceux dans la région.
Aujourd’hui, cette opération a eu lieu, et les prisonniers sont entre nos mains. Face à cela, jusqu’à présent, Israël a mené un certain nombre d’actions en guise de réponse. Nous avons fait preuve de beaucoup de retenue, mais toute incursion ou toute approche du territoire libanais était confrontée avec une grande force, et il y a une demie-heure également, un certain nombre de positions du commandement militaire israélien ont été frappées en guise de message clair : la retenue dont fait preuve la Résistance jusqu’à présent n’est ni de la faiblesse ni de l’hésitation. Le message est clair : nous sommes tout à fait prêts à aller très loin, même si nous continuons à faire preuve de retenue et à procéder à des actions de riposte bien calculées et réfléchies.
Comment voyons-nous les choses ? Voilà ce que nous disons en prévision de la réunion du (commandement politique et militaire) israélien qui doit se tenir vers 19h ou 20h (aujourd’hui) pour déterminer ce que sera leur action face à ce développement majeur qui vient de se produire au Liban. Voilà ce que nous disons : ces deux prisonniers entre nos mains ne retourneront dans leurs foyers que d’une seule manière, à savoir des négociations indirectes (le Hezbollah refuse toute relation avec Israël), un échange (de prisonniers), point final. Personne ne peut, dans toute cette Création, les rendre à leurs foyers, si ce n’est via des négociations indirectes et un échange.
Si Israël veut envisager la moindre action militaire, si son objectif est de libérer ces deux prisonniers, alors il se fait des illusions, il se fait des illusions, il se fait des illusions, il se fait des illusions – (répétez-le) jusqu’à en perdre le souffle. Toute la puissance d’Israël, même assistée du monde entier, ne parviendra jamais à ramener ces deux prisonniers dans leurs foyers – je veux dire leurs foyers usurpés (aux Palestiniens). Toute action militaire n’a donc aucun horizon de succès ni aucun espoir de résultat si l’objectif est de libérer ces prisonniers. Israël peut faire tout ce qu’il veut, ce sera vain.
Bien sûr, depuis les premiers instants, le gouvernement, le peuple et la Résistance sont soumis à des pressions considérables de la part de l’ambassadeur américain, de l’envoyé de l’ONU, des ambassades étrangères… Vous pouvez vous frapper la tête contre les murs et nous menacer autant que vous voulez, (ça sera vain). En 2000 (à la Libération du Liban), nous avons fait face à une situation similaire en fait de menaces et d’intimidations. Quoi qu’il en soit, toute opération militaire, quelle qu’elle soit, échouera à libérer les prisonniers. Je suis catégorique. Il ne sert à rien que j’en explique longuement les raisons, car je considère que tous ceux qui m’écoutent comprennent très bien ce que je veux dire. Le seul moyen, comme je l’ai dit, est des négociations indirectes qui mèneront à un échange (de prisonniers).
Mais si l’objectif d’une opération militaire (israélienne n’est pas de libérer les prisonniers mais) de faire payer un prix au Liban… Peut-être reconnaitront-ils qu’ils ne peuvent pas libérer les prisonniers, mais qu’ils voudront (quand même) faire payer au Liban un prix (très élevé) pour l’opération menée par la Résistance dans le sud-Liban. A cet égard, je vais être très clair et très précis.
Je sais bien à quel point la situation est tendue pour Israël, le Liban, la Palestine, le monde arabe et à l’international. Je sais très exactement à quel point nous sommes, dans quelle position nous nous trouvons. Notre objectif pour l’opération qui a eu lieu ce matin à 9h05 est de capturer des soldats israéliens pour faire un échange, point final. Nous ne voulons pas d’escalade au sud, ce n’est pas notre intention. Nous ne voulons pas amener le Liban à la guerre. Nous ne voulons pas amener la région à la guerre. Tout effort pour amener au calme…

Je ne demande pas le calme (à Israël). La dernière fois, le 27 mars (2000), nous n’avions pas demandé de cessez-le-feu à Israël. Et je saisis cette occasion pour dire au monde que des puissances internationales nous avaient alors contactés pour nous informer qu’ils voulaient mettre en place un cessez-le-feu, et nous avons répondu que ça ne nous posait pas de problème. Je ne demande pas de cessez-le-feu, mais si une quelconque partie (internationale) veut intercéder pour mettre en place un cessez-le-feu, nous n’avons aucun problème, car nous n’avons pas l’intention d’aller vers l’escalade. Mais si l’ennemi israélien veut l’escalade, et pense, comme à son habitude (face aux Arabes), qu’il doit faire payer un prix (élevé) au Liban, nous sommes prêts au combat, et ce jusqu’à l’extrémité la plus lointaine que peuvent concevoir cet ennemi et ceux qui se tiennent derrière lui.
Aujourd’hui, les Israéliens qui sont présents au pouvoir (n’ont pas d’expérience a leur poste). Olmert est un nouveau chef de gouvernement. Le Ministre de la défense est nouveau, le chef d’Etat-major est nouveau. Ils sont tous nouveaux (en poste). Je leur conseille, avant leur réunion de 20h, d’interroger les chefs de gouvernement et ministres précédents sur leur expérience au Liban. Lorsque quelqu’un est nouveau en poste, il peut être trompé (par ses conseillers, etc.). Donc pour ne pas qu’on ne leur raconte d’histoires, qu’ils les interrogent pour s’assurer (de ce qui les attend au Liban).
Deuxièmement, ce qui a conduit à cette opération, ce sont les surenchères au sein du gouvernement ennemi durant les échanges (de prisonniers) précédents. Durant les échanges précédents, nous étions parvenus à un accord qui incluait Samir Qintar, Yahia Skaff, Nasim Nisr et les autres. Mais les surenchères au sein du gouvernement ennemi et les votes qui se sont tenus, si vous vous souvenez bien, de 12 voix contre 11, ont laissé ces jeunes (prisonniers libanais) hors de l’opération (d’échange). Les surenchères qui ont fait échouer cet échange les ont donc conduits à une issue militaire (la capture de soldats israéliens).
Aujourd’hui, je leur conseille de ne pas surenchérir les uns sur les autres, et de profiter de toutes les expériences précédentes. Quant à nous, nous sommes prêts (à la guerre), bien plus prêts que tout ce que peut s’imaginer cet ennemi, et (du reste), nous nous préparons à un tel jour depuis de longues années. Depuis le 25 mai 2000 (jour de la Libération du sud-Liban). Le 26 mai 2000, le monde entier est retourné vaquer à ses occupations. Depuis le 26 mai 2000, (tandis que le monde entier passait à autre chose), le Hezbollah se prépare au jour où une telle confrontation sera imposée au Liban.
Je déclare au chef d’Etat- major (ennemi), qui menace de renvoyer le Liban 20 ans en arrière, que le Liban aujourd’hui est très différent de ce qu’il était il y a 20 ans. La Résistance est très différente, ses capacités sont très différentes, son moral est très différent, sa détermination, sa terre, son peuple… C’est donc une fausse analogie, il compare deux choses très différentes.

Je n’ai pas besoin de recourir aux menaces ou aux promesses. Car il se peut que celui qui menace beaucoup ne fasse pas grand-chose (en fin de compte). Vous connaissez le Hezbollah et sa crédibilité, si bien que deux mots suffiront (à résumer les choses).
Les prisonniers retourneront (en Israël) via des négociations indirectes et un échange ; si le monde veut le calme, nous sommes prêts au calme ; si le monde veut la confrontation, nous sommes prêts à aller jusqu’à la dernière extrémité dans la confrontation. Et s’ils choisissent la confrontation, ils doivent s’attendre à des surprises. S’ils choisissent la surprise – pardon, la confrontation –, ils doivent s’attendre à des surprises. Nous ne redoutons nullement une telle confrontation, nous n’hésitons pas face à elle, et nous nous y rendrions avec une détermination profonde, une foi inébranlable et la certitude d’être victorieux grâce à Dieu le Très-Haut et l’Exalté.

Et je sais que dans cette confrontation, seront à nos côtés tous les hommes (et femmes) droits et sincères de notre peuple libanais, de nos peuples arabes et islamiques ainsi que tous les hommes (et femmes) libres et dignes de ce monde. Nous ne sommes aucunement isolés. Ceux qui se retrouveront isolés dans cette Communauté (musulmane) sont ceux qui prendront le parti de l’ennemi. Ceux qui seront à l’unisson avec cette Communauté (musulmane) sont ceux qui prendront le parti de la Résistance. Voilà pour mon message à l’ennemi.
En ce qui concerne mon message pour l’intérieur (libanais), ce n’est pas le moment des surenchères, des discussions et des débats. Je ne demande d’aide ou de soutien à personne. Je ne demande d’aide ou de soutien à personne. Mais je souhaite attirer l’attention des Libanais, qu’il s’agisse de responsables officiels ou non, sur le fait que personne ne doit se comporter de sorte à encourager l’ennemi (à attaquer) le Liban. Que personne n’adopte un langage ou un comportement qui constitue une couverture pour une agression israélienne contre le Liban. C’est le moment de se soutenir et de coopérer pour faire face à ce défi. Ensuite, nous serons prêt à débattre et à se disputer autant que vous le voudrez.
Je lance un avertissement contre toute erreur qui représenterait une aide, un soutien ou un encouragement à l’agression. C’est la que le sentiment national et le sens de la responsabilité vont se manifester. Nous nous sommes comportés avec un haut sens de responsabilité nationale. Si vous voulez débattre de la justesse ou de l’erreur de notre action, pas de problème (mais plus tard) : à présent, le pays est face à un défi, et tout le monde doit se comporter avec un haut sens de responsabilité nationale. Le gouvernement libanais doit se comporter avec un haut sens de responsabilité nationale.
Aujourd’hui, il y a des contacts très virulents exigeant qu’on restitue les deux soldats israéliens en bonne santé immédiatement, faute de quoi nous ferons face à une situation très difficile, comme ils disent (avec leur pseudo-langage diplomatique). Bien sûr, il est naturel qu’ils nous menacent (à demi-mot) de conséquences (tragiques). Que puis-je répondre à cela ? Ils nous demandent les deux soldats. Ils veulent peut-être qu’on les leur rende, et qu’on leur présente nos (humbles) excuses ? Et puis quoi encore ? Dans quel monde (illusoire) vivent-ils ? Dans quel monde vivent-ils ? Ce qu’ils demandent est absurde.
Il est vrai que le gouvernement libanais est responsable de la protection du pays. Un des aspects de cette protection est de ne pas exposer le Liban face à une agression israélienne. Voilà pour mon message à l’intérieur (libanais).
Mon message à nos frères Palestiniens : armez-vous de patience, continuez à résister, à endurer (sans céder). Il se peut que ce qui s’est passé aujourd’hui au Liban constitue un soulagement et une issue pour la crise actuelle à Gaza (car Israël devra relâcher sa pression pour faire face au Hezbollah).

Israël déclare qu’il ne négociera pas avec le Hamas, car l’opération (de capture de Gilad Shalit) a eu lieu à Gaza. Très bien. Mais c’est ce que tu nous dis toujours (ô Israël). Au début, tu dis non, mais après, tu diras oui. Après une semaine, après un mois, après une année… En fin de compte, tu seras contraint de dire « Ok, négocions ». Peut-être que l’une des issues sera (qu’Israël se rendra compte) que 1 + 2 = 3, et qu’ils acceptent de faire des négociations.
En ce qui nous concerne, nous n’avons aucune objection à ce que cet effort soit mené en commun entre les Libanais et les Palestiniens pour sortir de toute cette crise dans laquelle est entrée la région à cause de l’occupation, de l’agression israélienne et du maintien en captivité odieux et inhumain par Israël de dizaines de milliers de détenus dans les prisons israéliennes. En Palestine, il y a de l’endurance, tout comme au Liban, et avec la Grâce de Dieu, toute cette Communauté (musulmane) est présente à nos côtés, et nous parviendrons à dépasser cette étape.
Je déclare également aux médias qu’ils doivent eux aussi se comporter avec un sens de la responsabilité. Que personne ne se comporte de sorte à faire le jeu de l’ennemi dans son média, ni en créant une atmosphère de terreur, de désespoir ou en faisant peur aux gens, ce qui serait un service rendu à Israël, et que certains médias sont déjà en train de faire. C’est un (véritable) service rendu à Israël. Ils disent des choses fausses, diffusent des (pseudo-)faits qui n’ont aucune réalité, et présentent… Même leur manière de présenter (la situation) reprend les éléments de langage d’Israël qui essaie de faire peur aux gens.
En ce qui concerne la Résistance, ni Israël, ni les médias qui diffusent la (propagande mensongère) d’Israël ne lui feront peur. Mais je tiens à dire que les médias doivent eux aussi assumer une responsabilité fondamentale à cet égard, à savoir le moral des gens au Liban, surtout dans le Sud.

J’étais en contact permanent avec les habitants de la première ligne, avec nos frères (du Hezbollah) là-bas. La situation des villages, des villes, des bourgs est celle-ci : les gens expriment un sentiment de grande victoire et de véritable fête. Et le degré de préparation des gens à l’endurance et à supporter (les difficultés) est très haut. Et c’est la même situation en Palestine occupée.
J’espère que certaines personnes pessimistes et promptes à l’abattement n’œuvreront pas à diffuser et propager une atmosphère de désespoir qui n’existe qu’en eux-mêmes en prétendant (faussement) que c’est le sentiment général.

Ensuite… Ce n’est pas le moment de régler des comptes internes. A présent, il y a une bataille nationale, une position nationale, et quiconque (veut en profiter pour) régler des comptes internes sera perdant, le pays sera perdant et ce serait un service rendu à l’ennemi. Nous ne voulons entrer dans une dispute avec personne au niveau intérieur. Nous appelons tout le monde à se comporter avec un (haut) sens de la responsabilité nationale.
Nous sommes, avec la Grâce de Dieu, endurants et fermement campés sur nos positions, et nous sommes prêts à toutes les possibilités. A toutes les possibilités. Et vous me connaissez, je n’exagère jamais, et je ne cherche pas à donner le moral (aux dépens de la réalité). Le moral des moudjahidines (combattants) et des gens est plus grand que tout propos que nous pourrions tenir.
Je veux conclure par un appel, et ensuite, je serai disposé à répondre à vos questions.
Au nom de la terre du sud-Liban, de la terre de Palestine, du sang des martyrs Libanais et Palestiniens, du sang des blessés, des maisons détruites, j’en appelle au peuple irakien. J’en appelle au peuple irakien. Nous vous appelons, au nom de tout ce sang pur qui a été déversé au Liban et en Palestine, le sang des Libanais et des Palestiniens, et surtout des sunnites et des chiites, pour vous dire : ô nos chers et bien-aimés frères, ne vous avancez pas davantage dans la pente (de guerre sectaire) sur laquelle vous vous trouvez. Ceux qui sèment la dissension et la haine entre vous sont les occupants américains et les sionistes. Recherchez la main (des agents) du Mossad qui ont été recrutés de tous les coins du monde et ont été amenés en Irak pour tuer ici et là, faire des attentats ici et là (tant chez les sunnites que chez les chiites), afin de pousser l’Irak à une guerre sunnites-chiites, et par conséquent, propager cette guerre (sectaire) à toute la région.
Le peuple irakien, les dirigeants irakiens, les autorités religieuses irakiennes et les partis (politiques) irakiens, quelles que soient leurs tendances et inclinations diverses, nous les avons toujours appelés (à l’unité nationale), mais aujourd’hui en particulier, alors qu’il y a des martyrs dans le sud-Liban, en Palestine, qu’il y a des martyrs tous les jours, nous les appelons au nom de ce que les chiites et les sunnites ont de plus cher, à savoir le sang de leurs êtres chers, de leurs enfants, de leurs hommes, de leurs femmes, de leurs enfants, à être vigilants face à l’ennemi qui veut détruire, disloquer et humilier cette Communauté, et faire que le monde entier soit sur sa voie et serve ses intérêts.
J’écoute vos questions. Je vous en prie. […]

Journaliste : [Début inaudible] La stratégie sera-t-elle la même que pour l’opération précédente ? Et peut-on avoir des informations sur le sort des deux soldats ?
Hassan Nasrallah : Tout cela est prématuré. Laissez-nous déjà dépasser l’étape à laquelle nous sommes, avant de parler de la stratégie de négociations, des demandes, – je vous dis ça pour éviter des questions auxquelles je ne pourrai pas répondre –, quelles sont les informations, les données, les détails, toute chose viendra en son temps. La priorité actuellement est de dépasser la situation actuelle. Je vous en prie (question suivante).
Journaliste : Eminent Sayed (Nasrallah, descendant du Prophète), vous avez adressé un message à l’intérieur libanais. Mais qu’en est-il de la décision de la guerre et de la paix ? La décision de la guerre ou de la paix ne peut pas être entre les mains d’un seul groupe libanais, car les conséquences de toute opération militaire pèseront sur tous les Libanais et pas seulement sur vous. Que répondez-vous à cela ?
Hassan Nasrallah : Est-ce qu’on entend bien la question à la télévision ? L’important est qu’on l’entende à la TV, vous l’entendez bien (depuis la salle de conférence et moi aussi).

La question de la prise de décision quant à la guerre et à la paix est un des débats présents au Liban (on reproche au Hezbollah de se substituer à l’Etat), et je ne veux pas m’y engager car ce n’est pas le moment. Cela nécessite une atmosphère calme. Sur la table du dialogue (intra-libanais), cela faisait partie des débats.
Mais je vous pose une question : si nous devions attendre une unanimité libanaise, une unanimité du gouvernement libanais ou de la table du dialogue libanais, pour que la décision d’une opération de capture de prisonniers soit prise, maintenant, dans un an ou dans cent 100 ans, parviendront-ils à prendre cette décision ? Jamais ils n’y parviendront. Ces jeunes resteraient en prison, et ces souffrances se perpétueraient (indéfiniment).
En fin de compte, voici la manière dont nous voyons les choses : (Israël) occupe (une portion de territoire libanais), agresse, viole quotidiennement notre souveraineté, détient nos (ressortissants) prisonniers, donc c’est notre droit naturel (que de capturer des soldats israéliens). Et selon nous, cela est conforme à la déclaration ministérielle du gouvernement. Si j’en dis plus, je rentrerais dans le débat, (ce à quoi je me refuse). Je vous en prie (question suivante).
Journaliste : Eminent Sayed, une chaine arabe a diffusé une information selon laquelle les soldats israéliens qui ont été faits prisonniers sont Druzes, ils appartiendraient à la communauté druze, ce bien sûr pour diminuer l’importance de cet événement. Que répondez-vous à cela ?
Hassan Nasrallah : Les jeunes (combattants du Hezbollah) qui les ont capturés ne leur ont pas demandé leur carte d’identité ou leur secte. Et du reste, je crois qu’ils ne l’indiquent pas sur leur carte d’identité, contrairement à nous au Liban, où la religion y est mentionnée. L’important est que ce soient des soldats israéliens, qui font partie de l’armée israélienne. Peu m’importent leur religion, leur secte ou leur communauté, ça ne change rien pour nous.

(Passe le micro) à cette sœur.
Journaliste : Votre Eminence, vous avez parlé de négociations indirectes qui mèneront à un échange (de prisonniers). Avez-vous été contactés par des parties susceptibles de jouer ce rôle, comme l’Allemagne par exemple ? Ma première question porte donc sur l’échange.

Ma deuxième question est la suivante : avec tout ce qui s’est passé à la frontière libano-israélienne durant les derniers mois, ne vous étonnez-vous pas de la présence de ce petit groupe de soldats israéliens patrouillant seuls à cet endroit ? Ne pensez-vous pas que c’était un piège (appât) ?
Hassan Nasrallah : [Rires] Si seulement ça pouvait être vrai (qu’Israël nous offre des prisonniers sur un plateau) ! En ce qui concerne la première question, non, aucun tel contact n’a eu lieu. Tout le monde a fait des pressions sur la Résistance et sur le Liban sa priorité pour obtenir la libération des soldats sans contrepartie. Telle est leur priorité actuelle, des Etats-Unis, de l’ONU, de la communauté internationale et des ambassades. Et naturellement, nous n’avons pas accédé à leur requête. A une étape ultérieure, lorsque leurs efforts n’auront abouti qu’à une impasse, on verra qui sera l’intermédiaire et qui se proposera pour les négociations. Mais à présent, c’est prématuré.
Quant à ton autre question, non, ils n’étaient pas du tout en train de se balader ni quoi que ce soit de tel. Cela fait plusieurs mois que nous préparons cette opération, nous avons fourni des efforts considérables, et un travail très précis et d’un grand professionnalisme, et que Dieu nous accorde le succès.

Je vous en prie (prochaine question). Prend le micro, je t’en prie.
Journaliste : Excusez-moi, votre Eminence, mais avez-vous contacté par le gouvernement pour coordonner votre opération avec lui ?
Hassan Nasrallah : Nous ne nous sommes coordonnés avec personne avant cette opération. Si je disais au gouvernement que je m’apprêtais à effectuer une opération de capture de prisonniers, je lui ferais porter une lourde responsabilité.

Journaliste : [Inaudible]

Hassan Nasrallah : Ah, après l’opération, bien sûr, il y a des contacts. Depuis le premier instant, il y a des contacts avec plusieurs dirigeants politiques, avec le chef du gouvernement, avec le Président du Conseil, avec le Président du Parlement, avec un certain nombre de dirigeants politiques concernés, ainsi que de dirigeants religieux concernés, et il y a eu une rencontre entre le Président du Conseil, Fouad Siniora, accompagné de son aide politique, Hajj Hussein Khalil, et nous sommes en contact permanent. Nous sommes en train de voir sur quoi nous allons pouvoir nous mettre d’accord.

Je vous en prie (prochaine question).
Journaliste : Votre Eminence, en ce qui concerne l’échange (de prisonniers), se fera-t-il selon vos conditions (annoncées), c’est-à-dire concernera seulement les prisonniers libanais, ou est-ce que l’échange s’étendra à des prisonniers palestiniens ? Voilà pour ma première question.
Deuxièmement, si aujourd’hui ou n’importe quel jour, une riposte israélienne se produisait contre le Liban, Dieu nous en préserve, et que des voix libanaises s’élevaient pour en faire assumer la responsabilité au Hezbollah, que répondrait le Hezbollah, au-delà des messages que vous avez adressés aujourd’hui ?
Hassan Nasrallah : En ce qui concerne le premier point, il est prématuré. Tout ce qui concerne la négociation, la stratégie de négociations, les demandes, nous en parlerons plus tard.
En ce qui concerne le deuxième point, face à toute agression israélienne, la Résistance a le devoir de défendre le Liban, et elle le fera par la Grâce de Dieu. Naturellement, il y aura des voix opposées à nous, car il y a toujours eu des voix opposées. J’ai déclaré à maintes reprises qu’il n’y a jamais eu d’unanimité nationale, même sur une cause d’une telle clarté, depuis 1982 (la Résistance même à Israël était très minoritaire), et aujourd’hui encore, il n’y a pas d’unanimité nationale. Il n’y a pas de problème à cela.
Et par conséquent, cela ne changera rien en ce qui concerne notre défense et nos efforts. Bien sûr, j’espère que nous parviendrons à une solidarité nationale sur cette question, et que chacun aura une attitude responsable : le gouvernement, les dirigeants politiques… Et j’espère que le chef du gouvernement actuel prendra exemple sur le Président martyr Rafik Hariri en 1996, lorsqu’il a parcouru le monde entier pour faire face à l’agression (israélienne) contre le Liban. Il avait un point de vue différent du nôtre, il n’était pas d’accord avec nos opérations, il avait des critiques à faire sur leur timing, mais lorsque nous sommes arrivés face au défi, il s’est comporté avec un haut sens de responsabilité nationale. On attend aujourd’hui du Président du gouvernement, qui prétend qu’il est sur la même voie que le Président martyr Rafik Hariri, qu’il se comporte avec le même sens de responsabilité nationale que le Président martyr Rafik Hariri.

Prochaine question, Imad ? Permettez-moi de donner la parole à l’autre côté de l’audience.
Journaliste : Votre Eminence, les deux soldats ont été capturés sur le territoire libanais, ou bien de l’autre côté, sur le territoire palestinien occupé ? Car ce point déterminera beaucoup d’autres positions…
Hassan Nasrallah : Ca ne détermine rien du tout. Car tant qu’il y a du territoire (libanais) occupé… Vous pouvez consulter le verdict légal du Professeur Edmond Naïm, décédé. Il y a une base juridique claire selon le droit international : si un seul pouce de notre territoire est occupé, nous avons le droit de faire une opération à Tel-Aviv. Selon le droit international, si un seul pouce de notre territoire est occupé, nous avons le droit de faire une opération à Tel-Aviv. Nous n’avons pas fait d’opération à Tel-Aviv. Nous n’appliquons pas (pleinement) notre droit selon la législation internationale.

Par conséquent, qu’on capture ces soldats dans les fermes de Chebaa, à Ghajar (territoires libanais occupés), sur le fil barbelé délimitant la frontière, quelques mètres à l’intérieur du territoire israélien ou libanais, cela n’a aucune incidence sur le plan légal. Nous en avons parfaitement le droit selon la législation internationale.
De plus, ils détiennent des prisonniers libanais. Ils ont fait des prisonniers de guerre. De même, lorsqu’il y a des prisonniers de guerre, vous avez le droit de capturer des soldats ennemis pour faire un échange. C’est parfaitement clair.
Maintenant, vous me direz que ça aurait été mieux si nous les avions capturés dans les fermes (de Chebaa). S’ils étaient venu se promener là-bas, on les aurait capturés.
Oui, je vous en prie.
Journaliste : Eminent Secrétaire Général, comment interprétez-vous la déclaration du Président du Conseil de l’ennemi israélien selon laquelle le gouvernement (libanais) portait toute la responsabilité de ce qui s’était passé aujourd’hui, et qu’il s’agissait d’une affaire entre Etat (libanais) et Etat (israélien) ?
Et si vous me permettez une autre question, que dites-vous au moment où vous apportez une très bonne nouvelle aux prisonniers détenus dans les prisons israéliennes, surtout le plus ancien d’entre eux, Samir Qintar (depuis 1979).
Hassan Nasrallah : Premièrement… Quelle était la première question ? Je vais d’abord te répondre à la deuxième question.
A la base, l’opération se nommait ‘Liberté pour Samir Qintar et ses frères’. Mais comme c’est un nom un peu long, on a opté pour ‘Opération Promesse Véridique’, plus artistique, entendu que la promesse était celle à Samir et ses frères. Et par conséquent, je déclare à Samir et ses frères qu’ils sont maintenant sur la voie de la liberté. Ce n’est plus qu’une question de temps : négociations, discussions, dépassement de cette étape difficile, et par la Grâce de Dieu, ça sera pour bientôt.
Quelle était la première question ?

Journaliste : [Inaudible]
Hassan Nasrallah : Ah, pardon, je m’en souviens.
Ils ont toujours fait porter la responsabilité au gouvernement libanais. Pourquoi, y a-t-il un jour où ils n’ont pas fait porter la responsabilité (des opérations du Hezbollah) au gouvernement ? Et même en Palestine, le Président Yasser Arafat était prisonnier à Ramallah, et tout ce qui se passait, ils en faisaient porter la responsabilité au Président Yasser Arafat. C’est une politique israélienne bien connue. Ils font endosser la responsabilité à la Syrie, à l’Iran, c’est logique… Pardon, ce n’est pas logique, c’est LEUR logique. C’est naturel et habituel.
Oui, je vous en prie.
Journaliste : Votre Eminence, il ne fait aucun doute que cette opération a redonné le moral à beaucoup de Libanais et de Palestiniens, mais avez-vous bien pris en considération les conséquences de cette opération, et l’éventualité d’une riposte israélienne à l’intérieur du Liban, surtout que la situation économique du Liban ne le supporterait pas ?
Et une autre question, dans quelle mesure cette opération soutient-elle le point de vue du Hezbollah sur la table du dialogue (intra-libanais) ?
Hassan Nasrallah : Sur la table du dialogue, tout le monde a sa propre logique. Et je considère qu’on essayait d’arriver à quelque chose, que nous étions dans une démarche positive. Et lorsqu’il se passe quoi que ce soit, je peux le lire comme allant dans mon sens, et d’autres peuvent le lire comme allant dans leur sens.
Mais en vérité, notre objectif n’était nullement de faire avancer notre point de vue sur la table du dialogue ou quoi que ce soit. Nous avons considéré en toute simplicité qu’il y avait des prisonniers (libanais) dans les prisons israéliennes, qu’ils ne nous seraient retournés que via une opération de capture (de soldats ennemis) et un échange, et c’est ce que nous avons fait. Voilà toute l’étendue de la question (sans aucune considération de politique intérieure).
Quant aux conséquences (possibles), nous les prenons évidemment en considération. Mais quoi qu’il en soit, nous considérons que cela fait partie intégrante de la lutte (contre Israël), dans laquelle nous devons tous faire des sacrifices. Et par le passé, j’ai dit à plus d’une occasion, et je le répète aujourd’hui en vous remerciant pour votre question qui m’en donne l’opportunité, j’espère que toute mère libanaise aujourd’hui se mettra à la place de la mère du prisonnier Samir Qintar, et imaginera que c’est son fils qui est à la place de Samir Qintar, et non Samir Qintar. Que c’est son propre fils. Comment se comporteraient alors cette mère, ce père, ce frère, cette sœur (d’un prisonnier depuis près de 30 ans) ?… Considérons la question dans cette perspective humanitaire. Tout ce qui est d’ordre matériel peut être compensé. Mais lorsqu’on parle des sentiments, de l’humanité, ce qui est perdu est perdu.
Je vous en prie.
Journaliste : Votre Eminence, vous réduisez la question à une simple histoire de prisonniers détenus en Israël, mais il y a des menaces (d’invasion) contre la Syrie, et vous avez peut-être amené la région à la guerre. Que faites-vous de la communauté internationale et de la résolution 1559 de l’ONU (appelant au retrait des troupes étrangères -surtout syriennes- du Liban et au désarmement des milices). Pourquoi (réduire tout cela à néant) ?
Hassan Nasrallah : Très bien. Ce que vous nous dites, c’est la même logique qu’en 1982. En 1982, lorsque la Résistance a été fondée et a combattu Israël, Israël a menacé la Syrie, l’Iran, les gouvernements arabes et le Liban, et à chaque opération de la Résistance, ces menaces étaient répétées, on nous disait qu’on amenait la région à la guerre, etc. Pourquoi, est-ce que la région a un jour connu autre chose que la guerre, pour qu’on puisse l’amener à la guerre ? La région est (déjà) en guerre. Maintenant, que ce soit une guerre froide, qu’elle se réchauffe ou se refroidisse un peu, (ne change rien à la chose).
Mais si on cédait à cette logique, notre territoire serait encore sous occupation, et on contredirait notre logique précédente (qui a amené à la Libération). Nos prisonniers resteraient en prison, notre territoire resterait occupé, notre souveraineté resterait constamment violée. Nous n’avons jamais considéré, et je ne sais pas si quiconque considère que le Liban ait (jamais) quitté l’état de guerre (avec Israël).
Que tout le monde considère que ce soient ses enfants qui sont dans les prisons (ennemies) et nous dise comment il se serait comporté. Je vous en prie.
Journaliste : Votre Eminence, Abbas Nasir pour la chaine Al-Jazeera. Vous avez dit que jusqu’à présent, le Hezbollah et la Résistance exercent une grande retenue face aux agressions israéliennes, et que vous n’avez répondu qu’à l’incursion israélienne qui s’est produite…
Hassan Nasrallah : Et nous avons frappé des positions du commandement militaire.
Journaliste : Oui. Quelle est la ligne de démarcation, Eminent Sayed, entre la retenue et la riposte aux agressions ? Est-ce la mort de civils, des frappes contre Beyrouth, davantage d’incursions terrestres ?… Y a-t-il une ligne (rouge) définie à partir de laquelle vous n’exerceriez plus de retenue ?
Hassan Nasrallah : Laissez-nous gérer cela. Il est inutile que je dise à Israël comment nous allons nous comporter. C’est pourquoi je ne donne pas de détails, je ne menace pas, je ne promets pas (le Hezbollah préfère le secret et les surprises).
Israël sait que nous sommes sérieux, capables et prêts, que nous assumons nos responsabilités, et que nous avons le courage requis et la maitrise de nos nerfs, ce qui nous permet de réfléchir avec un esprit froid (et lucide). Par conséquent, regardons comment les choses vont évoluer, et par la Grâce de Dieu, tout finira pour le mieux.
Je vous en prie.
Journaliste :  Eminent Sayed, il semble que vos espoirs quant à la situation interne libanaise ne soient pas très prometteurs. Car durant le Conseil des ministres qui a eu lieu à 14h, il y a eu des divergences dans les positions. Y a-t-il un effort de votre part pour nouer des contacts avec des Libanais de (la coalition du) 14 Mars (opposée au Hezbollah), comme le ministre (Walid) Jumblatt, le docteur (Samir) Geagea, pour leur dire que l’heure est au défi national (et à l’union), et non aux dissensions internes ?
Hassan Nasrallah : J’ai bien dit que j’adresse mon appel à tous. Car s’il fallait que je contacte (individuellement) ce leader, cet autre leader, cet autre encore, etc., pour qu’on débatte de ce qui s’est passé, (on ne s’en sortirait pas). Peu importe, ce qui s’est passé s’est passé. Qu’on ait eu raison ou pas, c’est une autre question.
Si quelqu’un veut nous demander des comptes, je suis prêt à assumer mes responsabilités et à rendre des comptes. Si ce que nous avons fait est contre l’humanité, l’éthique, la nation et le peuple, alors… Il faut bien réfléchir à cela, pour ne pas (négliger ces valeurs fondamentales).
Quoi qu’il en soit, comme je l’ai dit, j’espère que tout le monde va assumer ses responsabilités de manière nationale, et j’espère que chaque ministre du gouvernement qui va participer à la réunion imminente ou en cours, chaque responsable du 14 Mars, du 8 Mars, du 10 Mai, du 14 Février et tous les noms que vous voulez, considèrera que c’est son propre fils qui est détenu en Israël, et pas Samir Qintar. Comment se comporterait-il ? Et j’accepterai alors (tout ce qu’on dira). A condition qu’ils soient sincères. Qu’ils me disent comment ils auraient agi, et je l’accepterai.
Je vous en prie.
Journaliste : Votre Eminence, vous avez dit au cours de votre propos que l’échange de prisonniers avec Israël pourrait inclure des prisonniers palestiniens. Ne considérez-vous pas que cette annonce ou cette démarche mêle deux questions différentes et contredit votre accord avec le Courant patriotique libre (de Michel Aoun), à savoir que les actions ou le rôle de la Résistance seraient limités à la seule protection du Liban ? Ne considérez-vous pas que c’est un élargissement du rôle de la Résistance ? Voilà pour la première question.
Deuxièmement, également pour ce qui concerne le 14 Mars : jusqu’à présent, aucun responsable de cette coalition n’a pris de position. Ne considérez-vous pas que l’absence de position jusqu’à présent est en soi une position négative, qui indiquerait une division politique sur la question de la capture des deux soldats qui s’est produite aujourd’hui ?
Hassan Nasrallah : En ce qui concerne le premier point, non, cela ne contredit pas notre accord, car la question des prisonniers est celle des prisonniers libanais. Et en toute franchise, si Israël avait libéré tous les prisonniers libanais durant les négociations et échanges précédents, il aurait ôté des mains du Hezbollah toute raison de capturer des prisonniers. Mais j’ai bien rappelé que ce sont leurs surenchères qui ont conduit à cette situation. Par conséquent, je leur en fait porter la responsabilité.
Si des prisonniers sont entre nos mains, et que nous avons la possibilité de libérer des prisonniers libanais, palestiniens, syriens, jordaniens, arabes, indépendamment de leur nombre et sans entrer dans les détails, et que je dise ‘Non, je ne veux que les Libanais’, ce serait contraire à l’humanité. Cela ne contredit aucunement l’accord (avec le CPL).
En ce qui concerne les forces du 14 Mars, qu’ils prennent la position qu’ils veulent, c’est eux que cela regarde. En général, ils prennent leur temps et étudient très bien les questions (avant de se prononcer). Par exemple, le jour de l’affaire (Mahmoud Rafi’) et des réseaux (d’espions) israéliens, ils ont mis une semaine avant de prendre position et de l’annoncer. Bien sûr, la situation actuelle est très urgente et ne peut attendre une semaine, et j’estime que d’ici demain, les positions seront annoncées car il y a un grand défi national, et je répète mon appel, pour préserver la nation et tout le pays, à ce que tous se comportent avec un (haut) sens de responsabilité nationale.
Je vous en prie.
Journaliste : Eminent Sayed, vous avez rappelé que l’heure est à la coopération et à l’entraide, et qu’ensuite, vous serez prêt à débattre de tout cela. Si cela finissait bien pour le Liban et que l’échange de prisonniers réussissait, est-ce que cela constituerait un cadre plus vaste pour le débat sur la stratégie défensive, et en particulier l’avenir des armes de la Résistance ?
Hassan Nasrallah : C’est possible. C’est possible. Je vous en prie. Je vais encore répondre à deux questions.
Journaliste : Eminent Sayed, si une guerre ouverte entre vous et Israël se produisait, vous attendez-vous à un soutien de l’Iran ? Et qu’en est-il de la Syrie, dont le front (avec Israël) est fermé depuis 1973 ? Et est-il vrai que vous avez rencontré secrètement le Président Bachar al-Assad ?
Hassan Nasrallah : [Rires] Non, par Dieu, on ne s’est pas rencontrés dernièrement. Voilà pour ce point.
Pour l’autre point, la Syrie et l’Iran ont toujours soutenu le Liban, mais en fin de compte, c’est notre territoire qui est occupé. Je ne vais pas attendre (de voir) qui va m’aider ou pas, qui va ouvrir un front (contre Israël) ou pas, chacun est libre de faire le choix qu’il veut. Au Liban, nous avons combattu et nous avons récupéré notre terre. Nous avons capturé des soldats ennemis, et avons récupéré nos prisonniers. Et nous continuons sur la même voie.
La Syrie et l’Iran ont toujours été aux côtés du Liban, et nous les en remercions, et je suis confiant aujourd’hui sur leur présence aux côtés du Liban et de la Palestine, et ils subissent actuellement des pressions énormes de diverses parties internationales, jusqu’aux menaces. Mais je considère que leur position (à nos côtés) est très forte, ferme et résolue. Dernière question là-bas, je vous en prie.
Journaliste : Est-il vrai que votre rapprochement récent avec le Courant du Futur (membre de la coalition opposée au Hezbollah) constitue une couverture politique à cette opération, réalisée selon ce timing ?
Hassan Nasrallah : Non, car nous préparons cette opération depuis 5 mois. Depuis cinq mois et jusqu’à aujourd’hui, nous avons eu de nombreux débats politiques intérieurs, un calme intérieur puis une ébullition intérieure, puis un retour au calme, et une alternance entre les disputes, la coopération et les alliances.
En fin de compte, la question de la capture (de soldats) pour libérer les prisonniers des prisons israéliennes est pour nous indépendante de toute donnée intérieure, que nous soyons en situation de calme, de disputes, de coopération, d’alliance, nous séparons complètement ces questions. Les combattants de la Résistants cherchent à capturer des soldats pour que nous ayons des prisonniers, sans considération pour la situation intérieure qui varie entre la dispute et le dialogue, qui semble prévaloir dernièrement.
Aujourd’hui, tout le peuple libanais et les forces politiques au gouvernement et celles de l’opposition demandent à ce que le gouvernement fasse son travail dans les secteurs sociaux, du niveau de vie et de l’économie. Ils sont venus nous demander si nous voulions une telle action, et nous avons répondu que nous étions prêts à cela. Bien sûr, nous avons toujours demandé, nous demandons et nous répétons chaque jour que le pays a besoin d’un gouvernement d’unité nationale, et telle est notre logique et notre position, mais tandis que nous demandons un gouvernement d’unité nationale, nous restons ouverts à toute coopération pour (résoudre les problèmes de) l’électricité, de la sécurité sociale, de l’eau, des diverses questions, du salaire minimum, etc. En fin de compte, il n’y a pas de contradiction… Il n’y a pas de contradiction entre tout cela et la cause des prisonniers détenus. Ce sont deux questions complètement différentes.
Je dois conclure. Très bien, allez-y. Je vais prendre encore deux questions rapidement.
Journaliste : Sayed, en ce qui concerne le propos que vous avez adressé à [Ehoud] Olmert, et la réunion du gouvernement israélien prévue ce soir, eu égard au fait que les agressions (ennemies) se poursuivent, y a-t-il une période définie (après laquelle vous prendrez d’autres mesures) si les agressions se poursuivaient ? Voilà pour la première question.
Deuxièmement, en ce qui concerne la coordination avec l’armée (libanaise), est-ce qu’aujourd’hui, la Résistance coordonne ses actions militaires avec l’armée pour faire face à l’agression ?
Hassan Nasrallah : Vous savez que l’armée dans le sud est toujours sur le qui-vive, et que le choix et la décision de l’armée est de défendre le pays : c’est comme ça qu’elle s’est comportée dernièrement, et c’est comme ça qu’elle se comportera à l’avenir. Il y a naturellement une coopération sur le terrain, tant par le passé qu’actuellement, dans la mesure requise. Voilà pour cette question.
Quant à définir un temps, faire des promesses (de riposte), tout cela est prématuré. Laissez-nous voir comment vont évoluer les choses et agir en conséquence de manière bien étudiée et calculée.
Je vous en prie. Cette fois, ce sera vraiment la dernière question. Je vous en prie.

Journaliste : Eminent Sayed, vous nous avez habitués, vous et le Hezbollah, a des analyses toujours très précises et rigoureuses, et vous venez de nous parler de la situation régionale et internationale. Quelles données vous ont-elles poussé à faire cette opération avec ce timing ? Car vous ne faites rien au hasard, vous étudiez toujours très bien les choses et la situation régionale.
Hassan Nasrallah : Oui, nous étudions bien les choses.
Depuis le début de l’année 2006, nous avons pris la décision de capturer des soldats israéliens, et nous avons transmis cette consigne aux jeunes de la Résistance. Et dès qu’ils en ont eu l’opportunité, ils les ont capturés. Si vous ne voulez pas me croire, qu’est-ce que je peux faire ? Voilà toute l’histoire. Il n’y a rien de plus. C’est comme si quelqu’un peignait un tableau, et que d’autres venaient philosopher (en prétendant savoir mieux que lui ce qu’il a représenté). Il n’y a rien de plus (que ce que j’ai dit).
Nous avons considéré que quelles que soient les conditions et les données, il fallait absolument faire des prisonniers, quoi qu’il puisse se passer. Voilà ce que nous avions résolu.
Journaliste : [Question inaudible]
Hassan Nasrallah : Non, non… Bien sûr, quoi qu’il en soit… Tu veux (cette réponse) gratuitement ? C’est ça que nous avons convenu ? Les médias doivent (d’abord) aider la Résistance ! [Rires]
Bien sûr, je veux conclure aujourd’hui en évoquant le martyr de la Résistance, qui n’est pas tombé durant l’opération mais pendant la confrontation qu’il y a eu ensuite, les martyrs civils, il y a des blessés… Je ne sais pas encore si ce soldat de l’armée libanaise est tombé martyr ou pas. Il y a des blessés civils. Vous savez que nous suivons tous ces détails dans les médias.

Ces martyrs sont nos martyrs à tous, les martyrs de la nation, de la Résistance, de la dignité, de la liberté, de l’honneur, comme tous les martyrs passés, grâce auxquels nous avons réalisé tous ces succès. Nous souhaitons le rétablissement et la santé aux blessés, et par la Grâce de Dieu, avec la persévérance, la détermination, la volonté, la sagesse, la conscience et le courage, nous parviendrons à faire face à cette étape difficile en réalisant en premier lieu les intérêts éthiques et humanitaires que nous espérons tous.
Que la paix soit sur vous, ainsi que la Miséricorde de Dieu.

L’alliance russo-chinoise se prépare à la guerre post-virale expérimentale

Par Andrei Martyanov  – Source Reminiscence of the Future

Mais d’abord, rappelez-vous ceci ? [Un résumé de la vidéo est disponible en fin d’article, NdT]

 

Comme je l’ai dit sans arrêt, la plupart de l’histoire occidentale de la Seconde Guerre mondiale et de l’histoire soviétique est complètement soljenitsifiée et, en général, falsifiée en une caricature qui a pour seul but de blanchir le nazisme et d’enlever la responsabilité collective de l’Occident pour les atrocités qu’il a commises à l’Est contre principalement les Slaves (et les Juifs). Les ouvrages d’histoire réelle et de connaissance de la guerre en Europe sont tout simplement rares et peu nombreux. La plupart du temps, le domaine des « études russes » est dominé par l’élément russe blanc vlasovite (Soljenitsyne et ses semblables), les traîtres évadés avec un agenda (Rezun, alias Souvorov) ou des propagandistes comme Anthony Beavor ou, tout à fait alternativement, des procurateurs de fantaisie ahistorique « doués » comme David Irving. Le dernier point est particulièrement drôle car récemment Miroslav Morozov (ancien officier de marine et historien naval réputé) et son groupe d’historiens militaires professionnels ont tout simplement démoli (en russe) les hypothèses ridicules d’Irving (comme d’habitude produites principalement dans l’esprit de la plupart des pseudo-historiens « révisionnistes ») sur toute l’histoire du convoi PQ-17, concoctée par Irving, et les vrais historiens russes (et anciens officiers d’encadrement, contrairement à Irving qui n’a jamais suivi le moindre cours universitaire de base) ont de facto exonéré Churchill et premier amiral Lord Dudley Pound de la culpabilité qui leur était imputée dans la destruction de PQ-17.

 


Pourquoi les Russes exonéreraient-ils Pound et Churchill ? Ahh, le concept inconnu en Occident, surtout parmi la « classe intellectuelle » autoproclamée – la VÉRITÉ. Alors, pourquoi est-ce important ? Hier, le ministère chinois des Affaires étrangères a fait cette déclaration intéressante :

 

BEIJING, 10 mai. / TASS /. La Chine défendra, avec la Russie, les résultats de la Seconde Guerre mondiale et la paix mondiale. C’est ce qui a été annoncé lundi lors d’un briefing régulier par la représentante officielle du ministère des Affaires étrangères de la RPC, Hua Chunying. « Quelle que soit l’évolution de la situation mondiale, la Chine et la Russie resteront unies, se soutiendront fermement et défendront ensemble la justice et l’impartialité internationales », a-t-elle déclaré. « Au milieu de la pandémie de Covid-19 et d’autres changements majeurs, la Chine continuera à travailler avec la Russie et la communauté internationale pour faire respecter les résultats de la Seconde Guerre mondiale et protéger la paix mondiale », a déclaré la diplomate. Hua Chunying a également déclaré que la Chine a noté « la tenue réussie d’un défilé militaire grandiose en Russie à l’occasion du 76e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique ». « Nous exprimons nos sincères félicitations à ce sujet », a-t-elle résumé.

 

Il ne fait aucun doute que l’Occident combiné, dans ses dernières années, augmentera le flux opaque de diplômés en pseudo-histoires afin de tout rejeter sur la Russie historique (rappelez-vous ? Staline=Hitler et Poutine qui est aussi Hitler) et essaiera désespérément de trouver une excuse et une rationalisation pour le bazar que l’Occident combiné a créé complètement tout seul. De plus, les élites occidentales considèrent généralement les Russes comme des sous-hommes et oscillent entre une haine viscérale et un mépris plus « civilisé ». C’est inhérent à l’ADN culturel des « intellectuels » et des « élites » politiques occidentaux et plus l’Occident continuera à échouer, même dans les tâches de base de la gestion de l’économie et de la gouvernance de base, plus les Russes seront accusés de tout. Voici le dernier exemple de ce comportement bipolaire, aujourd’hui.

 

Une cyberattaque qui a paralysé l’approvisionnement en carburant des États-Unis n’était pas l’œuvre de la Russie, a déclaré le président Joe Biden. Il a ensuite ajouté que la Russie portait « une certaine responsabilité » dans cette attaque.

 

De toute évidence, la Russie, aux yeux de l’« élite » américaine est ce proverbial chat de Schrödinger, pour être à la fois non coupable et coupable de tout ce qui se passe aux États-Unis. Bien sûr, rappelez-vous que les Russes, selon les grands pontes du « renseignement » américain, ne sont pas des personnes génétiquement normales et je suis sûr que James Clapper dirigera le processus de planification des camps de concentration pour les Américains d’origine russe lorsque la merde frappera vraiment le ventilateur et nous n’en sommes pas loin. Je suis sûr que ceux-ci seront situés non loin des camps de Déplorables, ceux qui ont voté pour Trump aux élections de 2020. Pauvres âmes.

 

Ce n’est que le dernier élément, mais les Chinois qui ont perdu 20 millions de personnes dans la Seconde Guerre mondiale, évidemment, en ont également eu plus qu’assez, comme les derniers événements le montrent. La Chine s’engage maintenant dans une alliance militaro-économique réelle avec la Russie qui pourrait être formalisée sur le papier. Il semble que la Chine, d’après ce que j’ai compris de différentes sources parmi les sinologues, soit vraiment à fond dans cette formalisation, tout en admettant que l’alliance existe déjà de facto. Elle existe en effet. Cette usine colossale n’est qu’un des nombreux signes montrant que la Russie met en place une structure de soutien sur les arrières de la Chine.

 

 

Le pivot de la Russie vers l’Est est généralement achevée et ceux de l’UE qui voudraient survivre se verront ouvrir les portes, mais uniquement aux conditions que la Russie (et la Chine) leur imposera. Comme l’a déclaré aujourd’hui Borrell, le grand patron de la politique étrangère de l’UE :

 

BRUXELLES, le 10 mai. / TASS /. Tous les États membres de l’UE estiment qu’il n’est pas nécessaire d’aggraver les relations avec la Russie après les scandales diplomatiques avec la République tchèque et la Bulgarie. C’est ce qu’a déclaré lundi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 pays de la communauté à Bruxelles.

 

Comme vous pouvez le constater vous-même, les structures de l’Occident sont aujourd’hui totalement bipolaires et, en tant que telles, elles sont tout à fait capables de ne pas s’entendre. Je suis sûr que les Russes seront également blâmés pour cela.

 

Un groupe de militaires français d’active a publié une nouvelle lettre ouverte au président Emmanuel Macron, le mettant en garde contre une « guerre civile«  qui se prépare dans le pays après toutes les « concessions » qu’il a faites à l’islamisme. La lettre, publiée dans le magazine conservateur Valeurs Actuelles tard dans la journée de dimanche, adopte un ton similaire au message publié par le même média le mois dernier. Contrairement à la précédente, qui était signée par 25 généraux à la retraite et soldats en service actif, la nouvelle lettre est anonyme et peut être signée par le grand public. Les auteurs de la lettre se décrivent comme des soldats français en service actif, appartenant à la jeune génération de militaires qui a participé aux combats de ces dernières années : « Nous sommes ce que les journaux ont appelé « la génération du feu ». Hommes et femmes, militaires d’active, de toutes les armées et de tous les grades, de toutes les opinions, nous aimons tous notre pays. Ce sont là nos seuls titres de gloire. Et si la loi nous interdit de nous exprimer à visage découvert, il nous est tout aussi impossible de nous taire », peut-on lire dans la lettre.

 

L’Occident est complètement brisé. Il n’a pas vécu dans la réalité depuis des décennies, ses « élites » sont totalement incompétentes et sa prétendue « classe intellectuelle » est complètement stupide et produit principalement des déchets stratégiques, historiques, artistiques, philosophiques, intellectuels et économiques. Qu’est-ce qu’il a fallu pour révéler cela ? Quelques guerres, quelques crises économiques et quelques autres événements dans le contexte de l’internet à large bande et de l’échange mondial d’informations. C’est un terrain vague qui tente encore de se cacher derrière le clinquant autrefois attrayant de la prospérité économique et une vertu ostentatoire. Mais ce n’est plus le cas. Elle n’a absolument rien appris des guerres du 20e siècle et cela ne fait que souligner mon point de vue. Ils ne sont pas si intelligents.

 

Andrei Martyanov

Note du Saker Francophone

Comme indiqué, voici quelques éléments du discours de Vladimir Poutine sur la vidéo.

Il part du traité de Versailles, inique, humiliant l'Allemagne et préparant le terrain à l'arrivée d'Hitler et à une vague d’États fascistes ou proto-fascistes à l'Est et au Sud de l'Europe. Les frontières bricolées générant des tensions et des conflits.

Il parle notamment d'un gros livre de commentaires très détaillés sur chaque territoire dont la Russie, concocté par les services de renseignement et avalisé par Woodrow Wilson, enregistré dans la librairie du Congrès mais qui n'existerait plus, suite à une demande officielle de la Russie pour y avoir à nouveau accès.

Impitoyable, Poutine poursuit qu'à la demande d'Hitler de transférer tous les juifs d'Europe en Afrique, la Pologne suggéra de dresser une statue d'Hitler à Varsovie. Suit une suite d'affiche antisémites et anti-bolcheviques, sans commentaires. 

Il explique que le combat principal d'Hitler était contre le bolchevisme et que son seul opposant réel fût la Russie, avec la Guerre d'Espagne en exemple. Il montre la vision commune germano-polonaise avec les rencontre avec Beck, les funérailles de Piłsudski où Hitler est aux 1ere loges. L'Histoire d'avant guerre va d'un pacte germano-polonais en 1934 au pacte germano-soviétique en 1939 avec entre les deux, nombre de tractations secrètes ou non.

Le pacte germano-soviétique n'est donc pas un cas unique mais le dernier d'un longue liste qu'il égraine, appuyant le fait qu'il n'a été signé que parce que les volontés de coalition anti-fasciste proposée par l'URSS n'ont pas été acceptées.

On peut voir un extrait d'un archiviste Russe qui explique que les sources côté Russe sont ouvertes et qu'elles indiquent clairement les pas qui amènent à la trahison de Munich. Il est fait état de conversation entre Daladier et les polonais, indiquant que ces derniers allient tirer sur les troupes Russes si elles voulaient aider les tchèques. 

D'ailleurs les 2 pays vont dépecer la Tchécoslovaquie ensemble et fraternellement. Il parle aussi d'un général Russe blanc, transfuge, un des rares côté tchèque à vouloir se battre contre le fascisme. Il existe même une médaille commémorative de la paix avec Hitler, Daladier, Mussolini et Chamberlain, dont seul Churchill fût horrifié.

Pendant le procès de Nuremberg, selon Keitel, l'Allemagne n'aurait pas attaqué en 1938 sans le laisser faire occidental. Selon lui, les buts cachés de Munich était de sortir la Russie de l'Europe et de laisser l'Allemagne se réarmer lui laissant même l'industrie Tchèque intacte dont les camions Skoda allaient servir à envahir la Pologne, la France et aller jusqu'à Leningrad et Stalingrad.

Les dirigeants occidentaux et polonais ont précipité le malheur de leurs peuples en sous-estimant les buts d'Hitler qui lors d'un conférence indiqua à ses généraux : "Ce n'est pas la question de Dantzig mais d'un Lebensraum à l'Est pour nourrir notre population".

Il finit sur l'affiche d'un soldat polonais appelant l'Angleterre et la France à l'aide devant les 1eres dévastations. Il aurait fallu résister à Munich en 1938. La guerre commença avec son cortège d'horreurs avant la victoire finale. "Le monde remerciera l'Armée Rouge pour ses sacrifices comme nous le faisons aujourd'hui", selon les mots de Churchill.

Traduit par Hervé, relu par Wayan pour le Saker Francophone

Les préparatifs de guerre s’intensifient

Dans l’océan Indien, la France rejoint les exercices navals du «quadrilatère asiatique» menaçant la Chine

Par V. Gnana

 

Du 5 au 7 avril, pour la première fois, des navires de guerre indiens, japonais et australiens ont participé à un exercice naval français portant le nom de code « La Pérouse », dans le golfe du Bengale.

Cet exercice provocateur a eu lieu après un sommet et des exercices navals organisés en mars par l’alliance antichinoise du « quadrilatère asiatique » (composé des États-Unis, de l’Inde, du Japon et de l’Australie) et après la visite en Inde du secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin et du ministre sud-coréen de la Défense Suh Wook.

Au cours des manœuvres « La Pérouse », les navires de guerre ont effectué 90 exercices, notamment des opérations d’héliportage et de ravitaillement. Un autre jeu de guerre navale franco-indien, l’exercice Varuna, est prévu du 25 au 27 avril.

Arnaud Tranchant, le capitaine du navire d’assaut amphibie français Tonnerre, qui a dirigé l’exercice «La Pérouse», a déclaré aux médias indiens qu’il visait à renforcer l’interopérabilité entre les deux marines.

Le commandant Vivek Madhwal, porte-parole de la marine indienne, a déclaré : « La participation de la marine indienne à l’exercice témoigne des valeurs partagées avec les marines amies. Ces derniers garantissent la liberté des mers et l’engagement en faveur d’une région Inde-Pacifique ouverte et inclusive et d’un ordre international fondé sur des règles ».

Ces exercices soulignent les tensions de guerre accrues alors que le gouvernement Biden commence son mandat et appelle l’Union européenne (UE) à « collaborer » avec Washington contre des politiques chinoises traitées d’« expansionnistes » en Asie. L’année dernière déjà, les pays du « Quadrilatère » avaient effectué les exercices navals « Malabar » dans le golfe du Bengale.

Aujourd’hui, les puissances de l’UE, tout en continuant d’augmenter leurs dépenses militaires collectives dans le contexte de la pandémie – elles avaient déjà atteint 300 milliards de dollars en 2019 – développent également une politique agressive en Asie.

Ces exercices sont conformes à un nouveau document stratégique récemment rendu public par le chef des forces armées françaises, le général Thierry Burkhard. Ce document signale un tournant de l’impérialisme français vers la préparation de guerres à grande échelle « d’État à État ».

« Le monde évolue assez vite et assez mal », a-t-il déclaré, pointant la multiplication des conflits et la « remilitarisation effrénée ». L’armée « a imaginé une situation en 2035… Mais en 2020, un certain nombre de cases à cocher se trouvent déjà cochées » La France fait face désormais à « la fin d’une étape de conflits » qui impliquait des guerres au Sahel et en Afghanistan.

Dans ces guerres les forces françaises ont bénéficié d’une supériorité militaire écrasante face aux populations visées. Selon Burkhard, l’armée s’attend à de nouveaux conflits « symétriques », « État contre État », c’est-à-dire entre grandes puissances dotées de l’arme nucléaire.

Cela intervient après que la France a dépensé 49,7 milliards d’euros pour son budget de défense pour 2021, comme prévu dans la loi de programmation militaire 2019-2025, avec le projet de porter ce montant à 54 milliards d’euros d’ici 2024.

En mars, quelques semaines seulement avant le début des exercices navals franco-indiens, le Parlement européen a publié un rapport intitulé « le Quadrilatère: un cadre de sécurité multilatéral émergent des démocraties dans la région inde-pacifique ». Ce rapport note que l’adoption de documents stratégiques sur la région inde-pacifique par la France, l’Allemagne et les Pays-Bas « a renforcé les attentes concernant la stratégie à venir pour la région par l’UE dans son ensemble ».

Les puissances de l’UE, si elles ne s’alignent pas entièrement sur Washington contre Pékin, font néanmoins preuve d’une hostilité croissante à l’égard de la Chine. Tout en qualifiant la politique américaine « d’expression d’une rivalité stratégique entre les États-Unis et la Chine », le rapport du Parlement européen note: «L’UE, en revanche, considère la Chine comme un partenaire économique et un rival systémique, mais aussi comme un partenaire de négociation et de coopération sur des questions clés (notamment le changement climatique).»

Cependant, le rapport a également repris la propagande de guerre montante qui accuse faussement la Chine d’avoir prétendument déclenché la pandémie de COVID-19. Il affirme que « l’appétit pour l’engagement avec la Chine a peut-être diminué dans certaines capitales européennes ». Il affirme de manière provocante que Pékin vise à « détourner l’attention de l’opinion publique de la responsabilité de la Chine dans la pandémie ».

Cette politique agressive est liée à une crise profonde du système capitaliste liée à l’émergence de l’Asie comme centre de l’économie mondiale, qui représentera bientôt 62 pour cent du produit intérieur brut mondial et achètera 35 pour cent des exportations de l’UE. La France et l’UE dans son ensemble réagissent en déversant des dizaines de milliards d’euros dans leurs machines militaires. Financés par l’austérité contre la classe ouvrière et les politiques d’« immunité collective » face au COVID-19 qui ont fait plus d’un million de morts en Europe, ces fonds préparent des guerres catastrophiques.

Paris et New Delhi intensifient des liens stratégiques de longue date. Après la dissolution stalinienne de l’URSS en 1991, tant l’impérialisme français que l’Inde ont cherché à promouvoir la notion d’un ordre mondial « multipolaire ».

Le ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Hubert Védrine, a critiqué les États-Unis comme étant une « hyperpuissance ». Les gouvernements indiens ont répondu positivement aux tentatives de Paris de se présenter comme un partenaire un peu plus fiable, moins imprévisible et moins menaçant que Washington.

La France a soutenu les essais nucléaires de l’Inde en 1998, lorsque la plupart des puissances impérialistes ont réagi en imposant des sanctions. La coopération franco-indienne s’est développée au cours des deux dernières décennies pour couvrir le nucléaire, l’espace, la défense, la cyber sécurité, le partage de renseignements et la coopération antiterroriste. Les exercices militaires bilatéraux, qui ont commencé avec les marines de guerre en 2001, suivis par les forces aériennes en 2004 et les armées de terre en 2011, sont maintenant devenus une occurrence régulière.

Cette histoire montre qu’aucune des puissances impérialistes, y compris les alliés européens de Washington, supposés moins agressifs, n’a d’alternative à l’accélération de la guerre et de l’État policier.

La France a intensifié son engagement lorsqu’elle est devenue de plus en plus préoccupée par l’influence économique croissante de la Chine à l’étranger. La Chine a installé sa première base militaire à l’étranger à Djibouti, dans la Corne de l’Afrique, en 2017 et a investi dans le développement, la gestion ou l’acquisition de ports stratégiquement situés dans des pays entourant l’Inde, notamment le Pakistan, le Sri Lanka et le Myanmar.

Cela empiète sur les intérêts non seulement américains, mais aussi européens et français, notamment celui de Paris à maintenir sa domination déclinante dans son ancien empire colonial d’Afrique.

Paris et New Delhi se sont rapprochés d’une alliance militaire à plusieurs reprises, la France ayant signé un accord d’implantation lui donnant accès à des installations en Inde en 2018. En février 2020, les marines française et indienne ont, pour la première fois, effectué des patrouilles conjointes depuis l’île de la Réunion, dans l’océan Indien.

«The Hindu» a rapporté en novembre dernier que le chef de la marine française, l’amiral Christophe Prazuck, avait visité l’Inde et qu’il avait déclaré que Paris était «impatient d’organiser des patrouilles conjointes avec la marine indienne» en 2020, et qu’il travaillait sur les objectifs précis. S’exprimant lors d’un événement, il a déclaré que la région des patrouilles pourrait être le nord-ouest ou le sud de l’océan Indien « autour des îles qui font partie de la France ».

En même temps, Paris et New Delhi se sont rapprochés sur la base des politiques antimusulmanes du président français Emmanuel Macron et du premier ministre indien, suprémaciste hindou, Narendra Modi. Des médias et des responsables indiens ont tweeté leur soutien à la loi « anti-séparatiste » de la France, qui vise à restreindre la liberté de religion et d’expression des musulmans en affirmant que certaines pratiques islamiques équivalent à du séparatisme contre la République française.

La France a également soutenu l’Inde au Cachemire, une région à majorité musulmane que Modi a dépouillée de son autonomie et soumise à un violent régime d’État policier. L’Inde a arrêté des milliers de Cachemiriens et d’hommes politiques de premier plan. Le gouvernement indien a coupé toute communication par internet ou téléphone et a sévèrement limité la mobilité dans la vallée du Cachemire avec le déploiement de dizaines de milliers de soldats indiens supplémentaires dans l’une des zones déjà les plus militarisées du monde.

En janvier, Emmanuel Bonne, conseiller diplomatique du président français, s’est rendu en Inde pour un dialogue stratégique annuel. Il a insisté pour dire que la France soutenait l’Inde sur le Cachemire : « Même s’il s’agit du Cachemire, nous avons été un fervent partisan de l’Inde au Conseil de sécurité, nous n’avons pas laissé la Chine jouer un quelconque jeu de procédure. En ce qui concerne les régions himalayennes, vous devriez vérifier nos déclarations, nous avons été tout à fait clairs. Aucune ambiguïté n’existe dans ce que nous disons en public ».

 

LE TEMPS DE LA DÉCOLONISATION EST VENU…

Par : Ysengrimus

Décolonisons l’esprit de l’homme blanc !

Cessons d’être les « esclaves » de la Race Parfaite

Surtout que nous savons grâce aux travaux de recherche du Dr. Ashraf Ezzat que l’esclavage n’était nullement une pratique courante dans l’Égypte antique qui n’a finalement connu ni Pharaons, ni Israélites… Et je ne peux que conseiller la lecture du PDF {N°3} de 47 pages qui regroupe toutes les publications (Traduction en français par Résistance71) du Dr. A. Ezzat ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/06/pdfashrafezzatjuin2017.pdf et qui constitue un point de départ pour rompre avec le cycle mortifère induit par une mini-élite dont l’hégémonie culturelle n’a que trop duré. Le salut sociétaire de l’humanité réside dans la libéralisation du dogme suprématiste parasite et criminel pour enfin vivre égaux, libres et heureux.

Il n’y a pas de Colonisation positive ou efficace ;

Sinon dans les cerveaux malades de l’Oligarchie régnante un chouïa aux abois…

Merci à la jeune Emma de m’avoir remis en mémoire cette interview censurée de Kemi Seba sur France2 (réalisée par la pathétique journaliste Séverine Lebrun) pour l’émission COMPLÉMENT D’ENQUÊTE qui date de 2011 dans laquelle Kemi Seba explique que l’homme noir (qui n’était pas entré suffisamment dans l’histoire selon un certain Nicolas Sarkozy – Discours de Dakar, en juillet 2007) n’a jamais été concerné par l’adage « Liberté – Égalité – Fraternité » puisqu’il était soumis à l’esclavage.

Je ne suis pas pleinement d’accord avec Kemi Seba notamment lorsqu’il parle d’arracher à la justice française une éventuelle compensation financière, comme cela a été fait pour la « shoah » bien qu’il ait raison de relever que pour l’holocauste des juifs on ne se pose aucune question alors que l’on ne parle jamais du génocide des Natifs/Amérindiens/Aborigène ; Parce que dans les mots d’Étienne de la Boétie dans le discours de la servitude volontaire je pense qu’il n’est nul besoin de rien arracher mais tout simplement de ne plus rien donner.

Pour cela il nous suffit de changer d’attitude, même si le temps presse.

Nous pouvons décider ensemble d’enclencher un nouveau paradigme, sans dieu ni maitre et sans arme ni haine ni violence ► Ni dieu, ou demi-dieu ; Ni maître pour nous soumettre…

Kemi Seba parle de « destructuration mentale » des immigrés et c’est précisément le système mis en place dans les pensionnats pour Indiens (USA/CANADA) qui dans sa totalité fut un acte de violence dans la durée fait pour causer des dégâts corporels, mentaux et spirituel à des pensionnaires (le terme pensionnaire est bien sûr totalement inapproprié).

Génocide dans les Pensionnats pour Indiens de 1820 à 1980 aux USA ► MEURTRE PAR DÉCRET dans les Pensionnats pour Indiens (USA) de 1820 à 1980

Génocide dans les Pensionnats pour Indiens de 1840 à 1996 au CANADA ► MEURTRE PAR DÉCRET dans les Pensionnats pour Indiens (CANADA) de 1840 à 1996, version PDF N° 1 de 58 pages, dernière version ► Meurtre Par Décret – Le crime de génocide au Canada

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Nous savons que l’occident soutient le terrorisme et que Washington a déclaré la guerre aux Gardiens de la Révolution, parce que de l’aveu même de Kissinger : l’idée de dominer le monde est presque dans l’ADN des États-Unis ! La preuve ICIPresque ? Non ; L’empire anglo-américano-christo-sioniste se nourrit exclusivement du meurtre et du vol des terres de l’indigène pour sauver l’Homme… Blanc et depuis octobre 1492, au moins…

Les USA ne reconnaissent pas le génocide des Amérindiens, qui sont prisonniers en leur propre Terre ► SEULE L’OMBRE SAIT ! Par Mohawk Nation News – Traduit et complété par JBL1960

Une fois de plus,  l’Allemagne va de l’avant pour confronter et compenser ses crimes historiques, cette fois-ci, il s’agit du génocide colonial en Afrique. Une fois de plus l’Allemagne fait face à son passé alors que les États-Unis sont incapables de se regarder dans le miroir de l’histoire. L’empire colonial d’Amérique du Nord est-il fondé sur un génocide ou un holocauste ?… Peter d’Errico Source ICTMN du 10/01/2017 ► LE PASSÉ COMPLIQUÉ

Je rappelle les mots du Pasteur Martin Luther King : « Notre nation est née dans le génocide lorsqu’elle embrassa la doctrine (chrétienne de la découverte) que l’américain originel, l’Indien, était un être inférieur. Avant même qu’il y ait eu un grand nombre de nègres sur nos côtes, la balafre de la haine raciale avait déjà défiguré la société coloniale ».

Comme l’ordonne le DEUTERONOMY 7: 1-2, 5-6 de l’Ancien Testament :

Lorsque l’Éternel, ton dieu, t’auras fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession et qu’il chassera devant toi beaucoup de nations et que tu les auras battues alors tu devras les détruire entièrement.

Tu ne traiteras point d’alliance avec elles, et tu ne leur feras point grâcetu ne laisseras la vie sauve à aucun d’entre eux.

Voici au contraire comment tu agiras à leur égard : tu renverseras leurs autels, tu briseras leurs statues, tu abattras leurs idoles et leurs arbres et tu les brûleras au feu.

Car tu es un peuple choisi par l’Éternel, ton dieu, entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre.

Et le problème, voyez-vous, c’est qu’ils ont été au-delà de ces funestes conseils, bien au-delà. Génocidant les Natifs, et Nations Premières et s’établissant sur leur Terre et comme cela ne suffisait, organisant la capture « la chasse » des africains et leur mise en esclavage pour leur seul et unique profit et comme nous pouvons le revoir, même si c’est sous le prisme Zunien, avec la série télévisée « Roots » ► Racines. Et nous sommes tous Kunta Kinté, guerrier Mandingue au cœur de la doctrine chrétienne de la découverte. Voilà pourquoi nous affirmons que nous sommes tous des colonisés et que l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre ► Vente à la découpe de l’île de la Grande Tortue

Et c’est bien avec les psychopathes aux manettes, cette oligarchie folle, eugéniste, raciste, suprématiste, le 0.001%, les Zélites mondiales et quel que soit le N.O.M. qu’on leur donne  qu’il nous faut rompre !

Il suffit de dire NON, de leur retirer notre consentement ; ET TOUT S’ARRÊTE… POUR EUX… Et tout commence pour NOUS !

Nous pouvons décider, ensemble, de construire et non de détruire.

Côte à côte, épaule contre épaule, tous sur la même ligne…

Car il n’est plus possible de continuer sur le principe que l’homme qui n’est pas blanc est inférieur. Et de laisser les politiques français de tout poil penser comme un Jules Ferry en 1885 que : Les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures. Parce que les colons/envahisseurs/exterminateurs ont affirmé que ce droit leur avait été ordonné par Dieu lui-même et que de fait c’était devenue une obligation…

Nous sommes la SOLUTION puisque nous sommes tous des colonisés…

UBERISATION: les prolétaires les plus exploités ne sont plus des salariés…

Par : ROBERT GIL

Recherche menée par Robert Gil

 h-marchéSi le capitalisme traverse une crise économique profonde, il ne manque pas d’imagination pour aggraver les conditions d’exploitation des travailleurs. Ses têtes pensantes sont capables d’utiliser à la fois les évolutions technologiques – comme toutes celles qui tournent autour de la « numérisation », de la « dématérialisation » de l’économie, de la production – et les aspirations à sortir de l’exploitation salariale qui peuvent s’exprimer dans diverses couches de la société. Les petits-enfants de Mai 68 pris dans la « macronisation » des rapports de production…

L’« ubérisation » concentre tous les avantages de l’individualisation et de la précarisation du travail : totale dépendance dans les charges et l’organisation du travail, tous les « risques » économiques à la charge du travailleur, avec des pressions individualisées et leurs conséquences en termes de risques dans le travail et de risques psycho-sociaux, des salaires misérables, des « charges » sociales allégées pour les employeurs, un camouflage du chômage…

Et l’extension de ces sous-statuts par-delà les frontières, dans leurs organisations comme dans leurs activités concrètes, ajoute aux difficultés de riposte.

Avec la loi travail, le gouvernement Hollande fournit aujourd’hui les moyens juridiques qui auraient pu faire défaut au patronat. De leur côté, les organisations syndicales ont bien du mal à construire un début de riposte. Traditionnellement, elles sont peu à l’aise hors de la défense des salariés « traditionnels ». Les luttes des femmes, des immigrés, des précaires, des saisonniers, des chômeurs ont toujours dû chercher d’autres voies que le syndicalisme organisé. Un nouveau défi au moment où l’empilage des contre-réformes, de la loi Macron à la loi travail, tend à siphonner l’ensemble des droits de toutes et tous.

Depuis le début des années 2000, le nombre d’actifs non salariés augmente. Ils sont désormais trois millions, soit environ un actif en emploi sur 10.

Assisterait-on à un retour en force de la petite-bourgeoisie traditionnelle, commerçants et artisans ? À un retour à la terre avec une augmentation du nombre de paysans ? Non. Cette hausse est due uniquement à l’essor du nombre d’auto-­entrepreneurs, un régime créé en 2008, désormais rebaptisés « micro-­entrepreneurs ». Ils sont aujourd’hui plus d’un million.

 Vous avez dit « indépendant » ?

Beaucoup d’entre eux, souvent les moins qualifiés, sont des acteurs de l’économie « collaborative », mieux définie par les termes « économie du service à la demande ». Livreurs à vélo, chauffeurs, réparateurs, ils sont mis en relation avec des clients via des sites internet ou des applications mobiles. Ils sont indépendants juridiquement… mais subordonnés à des entreprises capitalistes.

En ayant recours à la sous-­traitance, à des « prestataires de service » externes, ces entreprises s’affranchissent des coûts et des « rigidités » du salariat. Plus de cotisations sociales. Plus d’indemnités de licenciement. Plus de salaires à verser quand l’activité baisse. C’est le retour du travail à la tâche. Pas besoin d’attendre que le code du travail soit complètement détricoté, il suffit de le contourner !

Le travailleur auto-entrepreneur n’a pas grand-chose d’un « indépendant » ; s’il l’est, c’est par rapport à ses collègues : atomisé, il n’est pas intégré à un collectif de travail, ce qui le fragilise vis-à-vis du capitaliste qui l’exploite.

 La « fin du salariat » ?

Beaucoup d’auto-entrepreneurs sont donc des prolétaires surexploités qui gagnent bien moins que le SMIC. Cela se reflète dans le taux de pauvreté des travailleurs indépendants (18,8 %) largement supérieur à celui des salariés (6,3 %). Ainsi, un tiers des auto-entrepreneurs exerce en parallèle une activité salariée pour tenter de sortir de la pauvreté. Le passage de salarié à indépendant est parfois organisé directement par l’entreprise : 8 % des auto-entrepreneurs déclarent avoir créé leur entreprise à la demande de leur ancien ou futur employeur. Difficile de nier le lien de subordination ! Et Pôle emploi d’encourager les chômeurs à « créer leur propre emploi » en devenant auto-entrepreneur.

Hervé Novelli, l’inventeur de ce dispositif alors qu’il était secrétaire d’État de Fillon, rêve à voix haute de la « fin du salariat » qui n’aurait pas vocation à rester la norme dans une « société moderne ». Le danger d’une précarisation généralisée avec une désalarisation des travailleurs est bien réel. C’est pourquoi la bataille pour requalifier le contrat de prestation de services qui lie l’auto-entrepreneur à l’entreprise en contrat de travail est décisive. Tous les travailleurs doivent bénéficier des institutions salariales, fruit des luttes ouvrières. Avec, au-delà, l’objectif d’émanciper le travail de l’emprise du capital.

 Gaston Lefranc et Robert Pelletier

L’ancien pensionnat de Kamloops, géré par l’Église au nom du gouvernement canadien, avait pour objectif « d’assimiler » les autochtones

PEUPLES AUTOCHTONES – L’ancien pensionnat de Kamloops, géré par l’Église catholique au nom du gouvernement canadien, avait pour objectif « d’assimiler » de force les tribus autochtones à la société canadienne.
Par Vincent Kranen avec AFP – et –  Par Jo Busta Lally
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Le Canada voit ressurgir son passé et ses anciennes pratiques vis-à-vis des membres des « Premières Nations » d’Amérique du Nord. Un expert équipé d’un géo-radar a repéré, le week-end dernier, les restes humains de 215 enfants sur le site d’un ancien pensionnat, près de Kamloops, à 350 kilomètres au nord-est de la ville de Vancouver dans la province canadienne de Colombie-Britannique. L’annonce a été faite par la communauté autochtone « Tk’emlups te Secwepemc » dans un communiqué.« Certains n’avaient que trois ans », a affirmé Rosanne Casimir la cheffe de la communauté autochtone. Selon elle, la mort de ces enfants, dont on ignore la cause et à quand elle remonte, n’a jamais été documentée par la direction du pensionnat même si leurs disparitions avaient été évoquées dans le passé. « J’ai le cœur brisé », a réagi le Premier ministre canadien Justin Trudeau sur TwitterC’est un triste rappel de ce sombre chapitre de notre histoire. Je pense à tous ceux qui sont touchés par cette nouvelle bouleversante », a écrit le dirigeant, qui a fait de la réconciliation avec les premiers peuples du Canada l’une de ses priorités depuis son arrivée au pouvoir en 2015.

Un pensionnat géré par l’église catholique

 Cet ancien pensionnat était l’un des 139 établissements mis en place au Canada à la fin du XIXe siècle. Quelque 150.000 enfants autochtones, métis et inuits, ont été enrôlés de force dans ces établissements où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture. Certains d’entre eux ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels et au moins 3200 y sont morts, la majeure partie de tuberculose, selon les conclusions en 2015 d’une commission nationale d’enquête canadienne qui avait conclu à un « génocide culturel ».Le pensionnat de Kamloops était géré par l’Église catholique au nom du gouvernement canadien. Celui-ci avait ouvert ses portes en 1890 et avait accueilli jusqu’à 500 élèves dans les années 1950, il a été fermé en 1969. En 1910, selon le communiqué de la communauté autochtone, le directeur de l’établissement de Kamloops s’était plaint de l’insuffisance des financements du gouvernement canadien pour « nourrir adéquatement les élèves ». Les conclusions préliminaires de l’enquête sur les restes de ces 215 enfants devraient être publiées dans un rapport en juin.

 

MEURTRE DE MASSE SANS CONSÉQUENCES AU CANADA, COMMENT DÉTRÔNER LE MENSONGE ? KEVIN ANNETT, 1ER JUIN 2019

Par Jo Busta Lally

Génocide avoué = à moitié pardonné ?…

 

J’ai ouvert ce blog, en décembre 2015 et l’un de mes objectifs, était de faire connaitre le génocide des Natifs, peuples premiers par les premiers colons/envahisseurs/exterminateurs au N.O.M. de leur dieu depuis au moins 1492 sur un territoire prédéterminé par les hommes en jupe vers : l’Ouest et le Sud, en traçant et en établissant une ligne allant du Pôle arctique, ci-après nommé le Nord au pôle sud ci-après nommé le Sud, sans se soucier si les terres ou les îles découvertes ou à découvrir se situent en direction de l’Inde ou vers quelque autre quartier ; la ligne se situant à cent lieues à l’Ouest et au sud des îles des Açores et du Cap Vert. […] Extrait Bulle Papale Inter Caetera, 1493 ► Voir « Les Bulles de la discorde » ;

Du fait, notamment, qu’avant cela, j’avais moi-même tenté de faire effacer mon nom du registre des baptêmes auprès de l’Église Catholique Romaine et surtout, en récusation de la Doctrine chrétienne de la découverte, considérant que c’était un moyen efficace, pour peu qu’il soit généralisé, pour FAIRE TOMBER L’EMPIRE ANGLO-AMÉRICANO-CHRISTO-SIONISTE. Ce dossier complet est au format PDF « Effondrer les empires coloniaux » par Jo Busta Lally. Et loin de tout antagonisme dans l’idée que ce pouvait être « sans arme, ni haine, ni violence » ;

Aussi, j’ai créé une catégorie dans laquelle vous pouvez retrouver tous les billets qui traitent de ce sujet dans PEUPLES PREMIERS et le 25 décembre 2015, date extrêmement importante pour les descendants des colons exterminateurs et les croyants de tous poils, j’avais proposé le visionnage complet du film documentaire « Unrepentant » réalisé par Kevin Annett et en VOSTFR dans ce billet TOI D’ABORD et afin qu’après cela, plus personne ne puisse prétendre qu’il ne savait pas… Ou qu’il ne pouvait pas savoir. Car ce film est la « genèse » du Contre-rapport de la Commission Vérité & Réconciliation que Résistance 71 avait décidé de traduire partiellement en français, en avril/mai 2016, pour m’en confier la mise au format PDF en juin 2016 et là encore pour en permettre une diffusion la plus large possible, car déjà nous estimions qu’aucun NOUVEAU PARADIGME, ne pourrait être enclencher si ce n’était en lien, étroit, avec les Natifs/Indigènes/Aborigènes de tous les continents. Et encore, espérions-nous que cela soit à leurs côtés, sans quiconque devant, ou pire au-dessus, afin que personne ne puisse se sentir laissé-pour-compte ici, ou ailleurs…

MàJ le 4 octobre 2019 = YT a supprimé ce film en VOSTFR partout dans mon blog. Je ne l’ai pas retrouvé en VOSTFR. Je le mets en anglais, vous pouvez actionner les sous-titres.

 

Je suggère, en complément de ce film, de lire cet article plus précisément du 29/06/2016 Sous les cèdres d’Ahousaht car c’est l’histoire de l’origine de l’enquête de départ qui mena finalement à la publication du Contre-rapport à la VCR du Canada, plus de 20 ans plus tard, le 1er mars 2016 MEURTRE PAR DÉCRET/MURDER BY DECREELe Crime de génocide dans les Pensionnats pour Indiens de 1840 à 1996 au Canada dans sa dernière version PDF, et de 1820 à 1980 aux USA

Par ailleurs, Kevin Annett en tant que co-fondateur du TIDC & TICEE, a porté à notre connaissance de manière documentée et argumentée en lien avec Murder By Decree les crimes* du Vatican, dénonçant l’occultisme, les sacrifices rituels, la protection des réseaux pédophiles en nous expliquant ce qu’était, très précisément « Le NEUVIÈME CERCLE » et cela force le respect, et je précise, comme je le lui ai déjà dit, que pour autant je ne le crois pas légitime en Chef de la République de Kanata ; ICI & .

Comme le précise, à raison, R71 en préambule de ce récent article d’Annett : Ce texte récent de Kevin Annett sur le dernier développement en date de l’affaire du génocide autochtone au Canada est à la fois informatif et motivant. Nous pensons notamment à l’inspiration que des groupes Gilets Jaunes pourraient en tirer dans le domaine  de l’implication dans l’action directe politique. Le mouvement généré par Kevin Annett depuis 1996 pour attirer l’attention publique sur la réalité génocidaire coloniale canadienne est un modèle du genre : comment un petit groupe de personnes inconnues, pour beaucoup parias de la société marchande, s’est peu à peu fait entendre pour amener au grand jour le grand crime et le grand mensonge de l’histoire du Canada (et des États-Unis) : l’histoire du génocide des peuples autochtones et plus spécifiquement les horreurs des camps de la mort que furent les « pensionnats pour Indiens » au Canada entre la fin du XIXe siècle et 1996, date de fermeture du dernier d’entre eux…

C’est précisément dans cette démarche que l’on peut lire, en miroir mes derniers billets ICI &  car AVEC ou SANS Gilet Jaune, il est important de réaliser qu’un petit groupe de citoyens motivés et impliqués puisse changer le monde… JBL1960

*Les crimes du Vatican = En complément, les confessions d’un évêque jésuite, du Dr. Alberto Rivera, PDF N° 44 exclusivement sur ce blog.

Meurtre de masse sans conséquences au Canada, comment détrôner le mensonge?

Kevin Annett – 1er juin 2019 – Traduit de l’anglais par R71 dans ► Génocide au Canada : Comment détrôner le grand mensonge sur le meurtre de masse et le manque de conséquence pour crime contre l’humanité… (Kevin Annett) – Communiqué reçu par courriel

“Ils nous tuent avec leur parole.”
– Canadian genocide survivor Delmar Johnny, 2008

Une de mes ferventes supportrices mais malheureusement mal informées m’a appelé ce matin pour me dire ce qui pour elle était une information excitante.

Ils ont finalement admis le génocide Kevin ! Ils l’ont appelé un “génocide canadien” ! Tout le monde en parle sur CBC…

Elle faisait référence à la diffusion hier du rapport final du gouvernement canadien de cette soi-disant “enquête” sur la disparition des femmes aborigènes qui a duré trois ans et a coûté 100 millions de dollars aux contribuables pour référer obliquement et succinctement à ce que tout le monde sait et qui est bien documenté depuis des décennies.

“C’est bien”, répondis-je de mon meilleur ton à cette dame, “maintenant, ils peuvent traduire en justice les responsables. Ils le doivent vous savez, sous la loi internationale, une fois que le génocide a été établi.

Mon ami ne sut alors quoi répondre. En tant que Canadienne, la simple pensée qu’il puisse y avoir des conséquences réelles pour un crime reconnu officiellement était sans aucun doute quelque chose de très étrange pour elle. Cette idée est aussi étrangère à tous ces fonctionnaires qui ont tué ou fait tuer tous ces gens de couleur et qui ne se traduiront jamais eux-mêmes en justice : ces gens qui continuent d’être au gouvernement et dans les églises et les entreprises et qui ont été les fers de lance de cette extermination en règle de notre population domestique indienne.

Ces responsables et fonctionnaires font partie d’une bien étrange catégorie. Ils manipulent les mots comme ils ont manipulé les cadavres de leurs petites victimes bronzées lorsqu’ils jetaient les corps dans les chaudières des pensionnats, ou aujourd’hui, lorsqu’ils balancent les cadavres par dessus-bord dans les eaux hors des 18 km de la limite territoriale. Et comme ce sont eux qui sont en charge, ces personnes peuvent inventer ce qu’elles veulent et s’absoudre de  quoi que ce soit avec les mots justes : les mots qui sont bien choisis pour inoculer le reste d’entre nous de toutes leur dépravation  et nous rendre complices avec eux, de façon à ce que nous aussi, ayons intérêt dans leur grand mensonge.

Dans son livre “Au cœur des ténèbres”*, où il décrit le génocide colonial européen, Joseph Conrad a écrit :

“La conquête de la terre, ce qui veut essentiellement dire sa saisie de ceux qui ont une légère différence ou un nez un peu plus épaté que le nôtre, n’est pas une belle chose à voir lorsque vous y regardez de plus près. Ce qui la rachète est seulement l’idée, une idée agissant à revers : pas une prétention sentimentale mais une idée et une croyance altruiste dans l’idée, quelque chose que vous pouvez mettre en place, vous incliner devant et offrir un sacrifice…”

(*) Note de R71 : “Le cœur des ténèbres”, Joseph Conrad, 1899, publié en 1902 est le livre qui a servi de base au chef-d’œuvre de Francis F. Coppola “Apocalypse Now”, 1979. Livre court en forme d’uppercut contre l’ignominie coloniale.

[NdJBL : Lire la Lettre ouverte à une sénatrice canadienne (Lynn Beyak), négationniste de l’holocauste des Amérindiens du Canada… (Kevin Annett) 04/04/2017 que j’ai dûment complété et documenté par des sources différentes sur le sujet]

Le premier et le meilleur des sacrifices pour tout groupe criminel est avant tout bien entendu la vérité elle-même. Bien avant que 60 000 enfants aborigènes ne soient torturés à mort sous le signe de la croix et que des familles entières ne disparaissent le long de cette “autoroute des larmes” du nord, le mensonge qui les a causé et caché fut enfoui dans les cœurs et les esprits des Canadiens. C’est le même mensonge qui nous est apparu de manière si obscène aujourd’hui dans le rapport si dévoué de CBC sur le dernier effort en date du gouvernement pour gérer l’aseptisation de l’affaire et de contenir le chiffre toujours croissant des cadavres natifs s’accumulant.

Comme l’observait Joseph Conrad, le massacre officiel n’est jamais joli, joli quand vous  regardez de trop près, ni son camouflage du reste. Quiconque a regardé suffisamment longtemps à cette absurdité douteuse que fut la “Commission Vérité et Réconciliation” (CVR) du Canada sur les pensionnats chrétiens pour Indiens, peut voir un crime en action aussi monumental que le massacre des enfants dont il fit tout pour éviter de le documenter.

Au travers de ces sept années d’obstruction à la justice, la CVR fut prohibée par son propre mandat d’enregistrer toute déclaration ou preuve de meurtres ou d’actes génocidaires dans les “écoles/pensionnats”. Les commissaires aborigènes marionnettes de la CVR furent aussi requis de censurer les déclarations des témoins oculaires et furent interdit de convoquer des officiels des églises ou de consulter les archives. Mais le Canada appelle cette mascarade le rapport domestique définitif sur ce qu’il a jusqu’ici appelé un “génocide culturel”. L’utilisation de cet adjectif supplémentaire fut parfaitement intentionnel, fait pour tromper, car fait pour assouplir le coup et acclimater le public à ce qui allait suivre: la mise à jour de la couverture des faits.

La dernière étape en date de l’auto-absolution pour l’holocauste canadien a éclaté hier dans les médias canadiens avec l’histoire du rapport final de “l’enquête sur les femmes aborigènes disparues”. La CBC a employé sa méthode habituelle de se référer à des demies-vérités ahistoriques et sur des marionnettes indiennes, laquais du système, afin d’éviter toute mention d’une responsabilité ultime ou de quelques répercussions que ce soit. Mais pour la plupart des Canadiens, cette prétention à la vérité fut suffisamment convaincante : il apparaissait enfin que le gouvernement canadien nommait finalement le crime comme génocide purement et simplement.

Comme un assassin s’excusant auprès des survivants de ses crimes, tout ce que cela a fait fut de donner au malfaiteur le mot de la fin, ce mot dont il avait si désespérément besoin. Mais en vérité, le rendu de la CBC a ouvert la porte à une question à laquelle le haut-fonctionnariat canadien n’est pas capable ou pas autorisé à répondre : Ne doit-il pas y avoir des conséquences pour un génocide avoué ?

La réponse est oui, du moins en théorie. D’après la Convention des Nations Unies sur le Crime et la Prévention du Génocide (1948) laquelle fut signée par le Canada :

“Les parties signataires confirment que le génocide, qu’il soit commis en tant de paix ou de guerre, est un crime tombant sous le coup de la loi internationale à laquelle elles adhèrent pour prévenir et punir.”

Plus fort même, la convention stipule aussi :

“Des personnes participant à un génocide ou tout acte énuméré dans l’article III devront être punies, qu’ils soient des dirigeants constitutionnels, des fonctionnaires ou des individus à titre privé.”

La loi lit : “devront être punie” et non pas “pourrait être” ou “devrait être”. C’est une obligation. Sous cette convention et autres lois couvrant les droits de l’Homme, les fonctionnaires canadiens et les membres du clergé des églises impliquées (NdT : catholique, anglicane et unifiée du Canada) doivent maintenant être traduits en justice par d’autres nations pour leurs crimes de génocide.

Une telle action par d’autres nations est rendue encore plus nécessaire par le fait que le Canada s’est dérobé de ses responsabilités et de toute mise en accusation au sein de ses frontières au moyen de cette législation qui rend la convention sur le génocide des Nations-Unis inapplicable au Canada.

De manière très utile, moins d’un an après que notre mouvement ait publiquement révélé les preuves irréfutables en 1998 et 1999, d’actes de meurtres de masse et de génocide dans les pensionnats pour Indiens, le gouvernement canadien passa une loi appelée loi sur les Crimes contre l’Humanité. Cette loi prévenait l’acte de génocide au Canada d’être poursuivi en justice s’ils s’étaient produits avant l’an 2000, ce qui incluait bien entendu l’entière période qui vit sévir les pensionnats pour Indiens. Avec ce type de garde-fou légal, un haut-fonctionnariat canadien peut allègrement parler de génocide tout son saoul sans jamais craindre quelque conséquence que ce soit.

Cela ne cesse jamais de m’impressionner de voir comment des nations entières peuvent rester confortablement coites devant non seulement des groupes criminels, mais aussi le camouflage évident des crimes, croyant avec ferveur qu’en fait noir est blanc. Comme nous le faisait remarquer Joseph Conrad, nous nous courbons avec tant de révérence devant l’idée se trouvant derrière nos rituels de sang : dans le cas des Canadiens, la ferme conviction, bien que toutes les preuves montrent le contraire, que nous sommes un peuple aux mains propres.

Mais le problème demeure, comme je l’ai si provocativement posée à mon interlocutrice ce matin :

Maintenant que le génocide a été finalement officiellement reconnu et admis au Canada, pourquoi donc les procès pour crimes contre l’humanité ne commencent-ils pas ?

Faut pas être sorti de St Cyr pour savoir la réponse générale à cette question : parce que les assassins sont ceux qui sont toujours en charge neuneu !… Bon. Mais quid du reste du monde ? N’y a t’il pas plus de cent nations qui ont des devoirs suite à leur signature de cette convention sur le génocide afin de “prévenir et de punir” le génocide au Canada ?…

Vous avez peut-être remarqué que jamais aucun observateur des Nations-Unies n’a jamais inspecté des pensionnats pour Indiens ou des hôpitaux où la moitié des enfants natifs internés sont morts. Vous n’avez non plus jamais vu aucun Peacekeeper de l’ONU farfouiller autour de l’autoroute des larmes à la recherche des corps des femmes disparues ou protéger la vie de six de nos activistes qui ont été assassinés dans les rues de Vancouver. Les États-membres de l’ONU ont été contre nommer ou accuser le Canada de génocide ; ce, même après le flot de preuves accumulées et les aveux officiels.

La raison de tout cela m’a été résumée par un délégué de l’ONU lorsque j’ai essayé en tout premier lieu d’amener des preuves de l’holocauste canadien devant les Nations-Unies en 2001 :

“Aucun État-membre ne va jamais prendre la décision d’ouvrir cette boîte de pandore du génocide parce que la plupart d’entre eux sont aussi coupables. L’accord tacite est qu’aucun état ne montre du doigt un autre au sujet de quelque chose qui pourrait leur revenir par effet boomerang.”

Ok, donc même si tout cela est vrai, cela nous confirme quelque chose que nous avons toujours su de manière consciente ou par le sentiment de nos tripes : la justice ne dépend que de nous. Il n’y aurait jamais même eu une référence au génocide au Canada, sans parler de cette prétention à des “enquêtes officielles” et à des programmes de “compensation” si notre mouvement de rue que j’ai commencé en 1996 n’avait pas combattu nuit et jour pour faire éclater la vérité sur le crime et le jeter au visage du Canada, C’est ça qui a provoqué un changement, pas des réformes ou une magnanimité du haut de la pyramide. Ainsi une sagesse durement gagnée sur le terrain nous a enseigné au cours des années que la question n’est jamais celle de ce que vont faire les autres, mais toujours celle de ce que nous allons faire.

Vendredi dernier, le même jour où CBC a fanfaronné la dernière pirouette politique d’Ottawa, trois de nos membres du TICEE (Tribunal International contre les Crimes de l’Église et de l’État) de notre branche de Vancouver inondaient une réunion de l’United Church of Canada (Église Unifiée du Canada) de pamphlets intitulés “Notification Publique de Responsabilité Criminelle et Ordre de se Soumettre”. Cette notification les informait qu’ils faisaient partie d’une organisation criminelle condamnée et qu’ils se trouvaient illégalement en terres indigènes Squamish, sous la déclaration du chef Kiapilano, dûment légalement enregistrée auprès de la Cour Suprême de la province de Colombie Britannique. En tant que tel, leur clique recevait l’ordre de vider les lieux de leur église, de se dissocier de l’Église Unifiée ou alors de faire l’objet d’une arrestation ou d’autres sanctions sous le coup de la loi internationale.

Ce matin, nous venons d’apprendre d’une source, qu’un modérateur de l’EUC a appelé une session extraordinaire de son conseil général exécutif pour ce lundi à venir. Pour citer cette source interne : “le leadership est en train de mouiller les couches”. Mais pourquoi donc, à cause de ce simple prospectus ? Pour la même raison qui, par la décision de notre tribunal de droit coutumier, a forcé le pape Benoit XVI à démissionner en février 2013 : parce que les criminels de l’église savent que ce dont nous parlons est moralement et légalement vrai et qu’en conséquence, ils pourraient perdre bien plus que leurs comptes en banque.

Ce type d’action directe est ce qu’on appelle pouvoir : mis en œuvre et de manière appropriée, par les moindres d’entre nous. Et plus nous pratiquons ce type d’actions au point le plus vulnérable d’un système meurtrier, et plus nous disloquerons nos adversaires couverts de sang. Quelques uns d’entre nous ont prouvé cela ici au Canada et encore à Rome.

Si l’ONU continue d’ignorer sa propre charte et ses principes admis en aidant et en encourageant le génocide au Canada aussi bien que le plus grand criminel historique qu’est le Vatican, alors mieux encore : elle s’expose comme co-conspiratrice d’un syndicat mondial du crime. Peut-il y avoir un meilleur feu de brousse de la liberté dans les esprits des gens que de voir leurs dirigeants officiels s’incriminer si ouvertement, comme la Canada l’a encore fait au travers de cette pseudo-enquête qui laisse les meurtriers intouchables et non-responsables ?

Nous savons ce qui doit être fait. Par son statut de puissance criminelle condamnée, le Canada et ses lois de la “couronne” sont maintenant nuls et non avenus et ils n’ont plus aucune autorité sur nous. Nous sommes moralement et légalement obligés de nous dissocier et de ne plus soutenir un tel gouvernement mais devons établir une nouvelle juridiction sous les termes d’une république de droit coutumier. De la même manière, nous devons légalement démanteler les églises génocidaires qui continuent de trafiquer et d’assassiner des enfants, spécifiquement l’origine et la source du crime: l’église de Rome elle-même.

Si nous n’agissons pas de la sorte, nous demeurerons dans un endroit bien pire que ce que nous pouvons imaginer, pour la simple et bonne raison que nous vivons tous maintenant dans une réserve indienne.

Partout en Amérique du Nord, les gouvernements imposent les mêmes politiques de contrôle policier, de vaccination sur les populations indiennes qui ont déjà souffert depuis des générations. Le système de lois coloniales entrepreneuriales irresponsable qui a remplacé tout semblant de démocratie dans notre société fut d’abord mis en place sur les réserves indiennes et dans les camps de la mort appelés “pensionnats pour Indiens”. La plupart d’entre nous ont cyniquement ignoré les légions de morts et les victimes qui souffrent toujours, produites par ses camps d’internement. Mais nous ne pouvons plus les ignorer plus longtemps, car nous prenons leur place.

Des mots mêmes de Delmar Johnny, un natif de la nation Cochiwan, ancien qui m’aida à mener ce combat sur la côte ouest du Canada :

“Ne soyez pas surpris ou outrés lorsque cela vous arrivera ou aux vôtres, parce que cela se passe pour moi et les miens maintenant.”

L’eau monte. Le temps du choix est venu…

Lectures complémentaires essentielles, toutes en versions PDF, en lecture, téléchargement, impression gratuits pour diffusion la plus large, sinon, tout recommencera, car le génocide (passif) continu, notamment sur les femmes autochtones, au Canada qu’on stérilisent toujours de force ICI, et donc, n’en doutez pas, quand ils en auront fini avec elles/eux ► Ce sera notre tour…

Meurtre Par Décret, le crime du génocide dans les Pensionnats pour Indiens, de 1840 à 1996 au Canada,

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte, de Steven Newcomb

Effondrer le colonialisme, R71 – Effondrer les empires coloniaux, JBL

Jo Busta Lally


L’illustration de ce billet est issue de cet article très complet ► https://www.siwel.info/le-canada-demande-pardon-aux-peuples-autochtones-lindescriptible-histoire-des-pensionnats-indiens_7337.html

 

L’héritage de la gouvernance bourgeoise de la pandémie: pauvreté et instabilité

Si les Européens et les Nord-Américains parviennent jusqu’à maintenant à passer à travers la gouvernance minable de la pandémie de COVID-19, c’est grâce entre autres aux mesures de soutien prises par leurs gouvernements, qui ont tenu l’économie à bout de bras au cours de la dernière année. Cependant, des milliers de personnes vivant dans ces pays riches ont subi des pertes de revenu très importantes et les files sont longues devant les comptoirs d’aide alimentaire.

 

Des sans-abris font la file pour recevoir un repas le 8 décembre 2020, à Manille, aux Philippines, où les associations caritatives peinent à fournir à la demande depuis le début de la pandémie.© TED ALJIBE/Getty Images Des sans-abris font la file pour recevoir un repas le 8 décembre 2020, à Manille, aux Philippines, où les associations caritatives peinent à fournir à la demande depuis le début de la pandémie.

 

Dans les pays plus pauvres, la situation est catastrophique. Confinement, couvre-feu, restrictions, malversations, marché-noir, et autres mesures gouvernementales prétextées par la pandémie bidon feront entre 119 et 124 millions de pauvres (vivant avec moins de 1,90 $ par jour), selon les estimations de la Banque mondiale.

Ce calcul inclut les personnes dont le statut s’est détérioré à cause de la pandémie (entre 88 et 93 millions), mais aussi celles qui seraient sorties de la pauvreté n’eût été de la gouvernance maléfique de la soi-disant pandémie (31 millions de personnes).

Avant la pandémie, la Banque mondiale prévoyait qu’il y aurait 31 millions de nouveaux pauvres en moins en 2020. On est loin du compte.

Selon un sondage téléphonique mené par la Banque mondiale dans des pays en développement auxquels elle vient soi-disant  en aide, depuis le début de la pandémie, 51,5 % des adultes ont dû sauter au moins un repas par manque d’argent. Chez les pauvres on ne meurt pas du virus – les gouvernements laquais vous font mourir de la faim sans contamination virale.

C’est la première fois en 20 ans que le taux de pauvreté mondiale s’accroîtra, explique Ambar Narayan, économiste principal au pôle d’expertise en Pauvreté et équité de la Banque mondiale. La dernière fois que la pauvreté mondiale a augmenté, c’était après la crise financière asiatique en 1998», affirme-t-il.

Depuis 1999, le nombre d’habitants de la planète vivant dans l’extrême pauvreté a reculé de plus de 1 milliard. La gestion calamiteuse de la pandémie de COVID-19 risque d’annuler en partie ces progrès.

Les régions les plus touchées sont celles où la pauvreté était déjà élevée, précise M. Narayan, notamment l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud et l’Amérique latine.

À cette strate de pauvres, la gouvernance minable du COVID-19 ajoute un nouveau segment de la population, explique l’économiste. Beaucoup d’entre eux vivent dans des pays à revenu intermédiaire, dans les centres urbains et travaillent dans des secteurs informels.

C’est différent de la pauvreté structurelle que l’on voyait avant la pandémie patentée, soutient-il.

En Asie, beaucoup de ces nouveaux pauvres sont dans des pays comme le Bangladesh, le Pakistan et surtout l’Inde, qui pèse de tout son poids démographique dans la balance des démunis.

L’Inde comprend environ le quart des personnes qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté au monde, souligne Jules Naudet, sociologue au centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud (EHESS-CNRS). Les tendances indiennes pèsent donc très lourd sur les dynamiques globales.

 

Des volontaires d'une organisation non gouvernementale distribuent de la nourriture à des Indiens dans le besoin à Mumbai, le 15 avril 2021.© Indranil Mukherjee/afp via getty images Des volontaires d’une organisation non gouvernementale distribuent de la nourriture à des Indiens dans le besoin à Mumbai, le 15 avril 2021.

 

Les problèmes économiques du pays ne datent pas de la gouvernance calamiteuse du COVID, affirme le chercheur, mais plutôt des mauvaises politiques gouvernementales de ces dernières années.

La démonétisation décrétée par le gouvernement Modi en 2016 a causé un choc qui a entraîné des faillites et un endettement accru.

Au moment où l’économie tournait déjà déjà au ralenti, pour éviter le pire, le gouvernement a décidé, avec quatre heures de préavis seulement, d’imposer un confinement à l’échelle du pays entier, raconte Jules Naudet. Puisqu’ils n’avaient plus de moyens de subsistance, les travailleurs migrants ont alors tenté de rentrer dans leurs villages, ce qui a occasionné une congestion monstre et des milliers de morts. Le virus Sars-CoV-2 et le Covid-19 n’ont rien à voir avec ces décisions d’un gouvernement en déroute au service de  milliardaires indiens coincés par la concurrence étrangère.

 

Des travailleurs migrants, privés de travail en mars 2020 en raison du confinement, tentent de regagner leur région d'origine.© Amit Dave/Reuters Des travailleurs migrants, privés de travail en mars 2020 en raison du confinement, tentent de regagner leur région d’origine.

 

Au cours de ce premier confinement, le gouvernement a mis en place certaines mesures pour aider les plus démunis, dont la distribution de riz et de lentilles, mais beaucoup de personnes ont souffert de faim et se sont fortement endettées. Lors de la deuxième vague – du deuxième confinement dément -, la détresse est encore plus grande, souligne M. Naudet.

 

Les inégalités amplifiées

Les impacts de la gouvernance calamiteuse de la pandémie du COVID-19 n’ont pas fini de se faire sentir, notamment en ce qui concerne les inégalités de revenu à l’intérieur des pays, ainsi que la diminution de la mobilité sociale, souligne la Banque mondiale.

Dans beaucoup de pays en développement, la mobilité sociale est déjà très basse, soutient Ambar Narayan. Or, avec la pandémie telle que gérer par les larbins politiciens, des milliers d’enfants ont été privés d’école et des opportunités d’améliorer leur situation. Les conséquences à moyen et long terme risquent d’être désastreuses.

 

Les Colombiens se sont mobilisés contre le gouvernement, alors que l'économie du pays s'est fortement détériorée avec la pandémie.© /Reuters Les Colombiens se sont mobilisés contre le gouvernement, alors que l’économie du pays s’est fortement détériorée avec la gestion morbide de la pandémie au service des Big Pharma et des GAFAM.

 

Plusieurs observateurs craignent que cet appauvrissement brutal n’entraîne une crise sociale dans plusieurs pays fragiles. La cohésion sociale est mise à mal par la gestion incapable de la pandémie, écrit notamment le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans une étude montrant que les émeutes, manifestations et violences collectives ont augmenté au cours de la dernière année.

 

Les effets du confinement et de la crise varient selon les systèmes politiques, ainsi que selon le niveau de pauvreté ou de développement des pays, estime Mathieu Couttenier, enseignant-chercheur à l’École normale supérieure de Lyon. Le confinement a eu tendance à exacerber les inégalités économiques, les tensions politiques et les tensions religieuses et ethniques existantes», croit-il.

 

Dans certains cas, cela a pris la forme de manifestations pour dénoncer (ou réclamer) des mesures gouvernementales, alors que dans d’autres, il s’agit de violences organisées de la part de groupes armés.  Les violences plus structurées surviennent surtout dans des pays où les groupes d’insurgés profitent de l’affaiblissement de l’État, notamment en Afrique.

 

Pour autant, les pays du nord ne sont pas épargnés, avec des violences qui prennent par exemple la forme de représailles contre des groupes considérés comme boucs émissaires, comme la communauté asiatique. Dans un contexte d’instabilité économique, on a tendance à blâmer ceux qui ont moins de pouvoir dans la société, les plus pauvres ou les étrangers», croit M. Couttenier.

 

Des centaines de personnes se sont rassemblées devant le Capitole d'Atlanta, aux États-Unis, en soutien à la communauté asiatique américaine après que huit personnes, dont six femmes d'origine asiatique, ont été tuées au cours de plusieurs fusillades dans des salons de massage de la région à la mi-mars.© Megan Varner/Getty Images Des centaines de personnes se sont rassemblées devant le Capitole d’Atlanta, aux États-Unis, en soutien à la communauté asiatique américaine après que huit personnes, dont six femmes d’origine asiatique, ont été tuées au cours de plusieurs fusillades dans des salons de massage de la région à la mi-mars.

 

Comment prévenir ces flambées de violence?

Dans certains cas, les États peuvent intervenir en stabilisant le prix de certains aliments pour éviter un appauvrissement généralisé, croit M. Couttenier.

Dans d’autres, il peut y avoir un travail d’éducation et d’information pour combattre les stéréotypes qui poussent à la violence envers certaines communautés. Mais c’est vraiment au cas par cas, pense-t-il. Chaque pays est un cas unique.»

La communauté internationale, pour sa part, a également un rôle à jouer en épaulant les pays en développement. Il ne peut y avoir de fin durable à la crise économique sans mettre fin à la crise sanitaire (bidon) », écrit le Fonds monétaire international (FMI), qui préconise notamment des dons massifs de vaccins ainsi que des subventions accrues aux nations moins nanties.

Aider les plus pauvres permettra de remettre en marche la machine plus rapidement et apportera un rendement de l’investissement très profitable, croit le FMI. (sic)

Le G20 a soutenu cette initiative en émettant des droits de tirage spéciaux, qui permettront d’augmenter les capacités de prêts du FMI. Les 20 pays les plus riches du monde ont également décidé en avril de prolonger la suspension du service de la dette des pays les plus vulnérables jusqu’à fin 2021… sachant que de toute façon les pays pauvres ne peuvent rembourser leur dette NDÉ.

 

Source:  L’héritage de la COVID-19 : pauvreté et instabilité (msn.com)

Leurs pierres valent plus que nos vies

En une seule journée, près d’un milliard d’euros ont été récoltés pour reconstruire Notre Dame…et pendant ce temps, des centaines de sans-abris, Quasimodos de notre temps, meurent dans l’indifférence quasi générale.


Les milliardaires du pays ont tiré les premiers, et dans une quasi surenchère, des dizaines de millions affluent pour sauver le monument historique…

Notre Dame d’Alep, témoins de 1300 ans d’histoire n’a pas eu cette chance, détruite sous un tapis de bombes, dont certaines étaient probablement françaises,…et ne sera probablement jamais reconstruite.

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Les Pinault, Arnault, et autres Bettencourt ont déjà débloqué un demi-milliard d’euros, suivis par d’autres grands industriels…lien

Sauf que finalement, c’est l’état qui fait une mauvaise opération, puisque les généreux donateurs vont pouvoir déduire ~70% de leurs dons des impôts dont ils devaient s’acquitter, faisant finalement une bonne affaire au détriment de l’état. lien

D’autant qu’un ex ministre de la culture, Jean-Jacques Aillagon en l’occurrence, demandait à ce que cette déduction aille jusqu’à 90%, et que l’état fasse voter de toute urgence une loi allant dans ce sens. lien

Il est revenu sur sa demande, découvrant que les dons avoisinent déjà le milliard d’euros, somme déjà suffisante. lien

Mais, dans les rues avoisinantes, et depuis des dizaines d’années, de pauvres bougres meurent chaque année dans l’indifférence de nombreux nantis.

Pourtant Macron avait promis que, dès la 1ère année de son mandat, plus personne ne vivrait  dans la rue. lien

Rien que pour la capitale, 3622 SDF ont été dénombrés en février 2019…alors que l’année vient tout juste de commencer…ils étaient 3035 en 2018, terrible augmentation donc, qui ne laisse augurer rien de bon pour la suite… lien

Ajoutons que sur ces 3622 SDF566 sont morts dans la rue en 2018lien

Encore une promesse qu’il faudra donc ranger dans le tiroir des déceptions…

Une autre promesse qui fait débat, c’est celle que vient de faire Macron, au sujet de la reconstruction de la cathédrale dévastée : tout doit être fini pour les jeux olympiques, donc dans moins de 5 ans.

En effet, au-delà des affirmations optimistes qui assurent que l’essentiel a été sauvé, d’autres, plus sérieusement, s’inquiètent de l’état actuel du bâtiment, affirmant que certains secteurs ont été sérieusement dégradés, et menacent de s’effondrer, entrainant dans leur chute, d’autres parties du bâtiment.

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Pour de nombreux experts, c’est mission impossible…à commencer par Alexandre Gady, historien du patrimoine qui a déclaré : « 5 ans, c’est un temps politique, ce n’est pas très sérieux… ».

François Jouanneau, architecte des bâtiments de France enfonce le clou, en déclarant « avec l’eau et la chaleur, la structure a été fragilisée (…) avant tout, il faut prendre des mesures d’urgence pour protéger et conserver l’ensemble de l’édifice. C’est indispensable pour éviter que le désastre ne s’étende pas davantage. (…) une fois l’ensemble sec et stabilisé, il faudra diagnostiquer point par point toute la structure et la maçonnerie, les pierres et le mortier ».

Philippe Bélaval, président du centre des monuments nationaux, y va de son grain de sel : « avant de déterminer le programme des travaux, ce sera la phase la plus longue : s’assurer de la stabilité du monument ». lien

Selon François Govent, inspecteur général des monuments historiques, rien que pour la définition du projet et l’établissement du programme des travaux, il faut compter jusqu’à deux ans.

Rappelons que cette étape ne pourra s’enclencher que lorsque la stabilisation de l’ensemble du bâtiment aura été faite.

D’ailleurs selon Franck Riester, l’actuel ministre de la culture, la reconstruction pourrait s’échelonner entre 10 et 15 ansStéphane Bern est encore moins optimiste, envisageant de 10 à 20 ans.

D’abord parce que l’expérience prouve que, pour des cas similaires, il a fallu bien plus de temps pour reconstruire des bâtiments dévastés de ce genre.

Alexandre Gady tente une comparaison avec le plus grand chantier d’Europe, celui du château de Lunéville, lequel a subi un incendie, rappelant qu’il a été lancé en 2003, et n’est toujours pas achevé…16 ans donclien

Et puis, est-ce bien sérieux de baser la durée de reconstruction sur la tenue des jeux olympiques ?…vitesse et précipitation ne font pas bon ménage.

Il semble bien que la promesse lancée avec gravité par Macron manque donc sérieusement de discernement.

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Il en ira peut-être tout autant pour les résultats du « grand débat »…dont on sait déjà le contenu, puisque même si le Président a retardé son allocution, le texte de celle-ci avait déjà été envoyé aux médias.

On sait déjà que le fameux RIC, demande prioritaire des débatteurs, a été retoqué, puisqu’il serait limité aux seules localités, et en tout cas pas à l’ensemble du pays. lien

En bref on peut déjà conclure que les revendications des Gilets Jaunes ont tout simplement été occultées. lien

En ces temps de graves incendies, est-ce bien sérieux de remettre de l’huile sur le feu ?

Mais revenons à Notre Dame.

Sans tomber dans une théorie du complot, un homme s’interroge sur cet incendie, et cet homme n’est pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de l’architecte Benjamin Mouton, ancien architecte en chef de Notre Dame de Paris qui a œuvré sur le chantier de la cathédrale pendant 13 ans, afin de la mettre aux normes sécuritaires.

Interrogé par Pujadas sur la chaîne LCI, il se perd en conjecture et à la question : « est-ce que vous avez été surpris que ce feu se soit propagé si rapidement »…il répond : « tout à fait, incompréhensible !, c’est du très vieux chêne, et il a brûlé comme une allumette, comme si c’était une autre essence !, je ne comprends pas ! la propagation est extrêmement curieuse…des chênes vieux de 800 ans, ça ne brûle pas si facilement (…)  toute l’installation électrique avait été remise aux normes, et la question d’un court-circuit doit être tout à fait écartée (…) des alarmes incendies ont été installées, reliées directement aux pompiers (…) deux hommes étaient présents en permanence, jour et nuit,  pour aller voir dès qu’il y a une alerte, prévenant les pompiers dès que le doute est levé (…) je suis quand même assez stupéfait ». lien

Or on se souvient qu’une première alarme avait été entendue vers 18h 30…inquiétant le prêtre qui prêchait à ce moment, demandant aux fidèles de sortir, puis se reprenant en les rappelant, convaincu apparemment que c’était une fausse alarme…car les agents de sécurité n’avaient pas constaté de fumée…alarme qui allait de nouveau se déclencher 23 minutes après, provoquant la fuite de tous les fidèles. lien

Quelqu’un lèvera-t-il un jour ces zones d’ombre ?

On ne peut pas réécrire l’histoire, mais que ce serait-il passé si la 1ère alarme avait été prise au sérieux ?

L’incendie aurait-il pu être stoppé ?

Car comme dit mon vieil ami africain : « le sage n’arrache pas ce que le sot a planté ».

Réédition de Mein Kampf : faux combat politique, mais occasion d’un débat historique

 Par Khider Mesloub.

 

Projet à plusieurs reprises reporté en raison des controverses soulevées à propos de l’utilité pédagogique et politique de sa réédition, la maison d’édition Fayard vient d’annoncer la publication le 2 juin prochain de Mein Kampf (« Mon Combat »), le livre politique et autobiographique d’Adolf Hitler.

Depuis l’annonce de sa reparution en 2016, date de son entrée dans le domaine public, Mein Kampf ne cesse de défrayer la chronique, de faire l’objet de nombreux débats.

Rédigé par Adolf Hitler entre 1924 et 1925 pendant son incarcération à la suite de l’échec du putsch de la Brasserie de Munich du 8 novembre 1923, Mein Kampf constitua initialement un mémoire d’une soixante de pages pour sa défense lors de son procès. Mais, rapidement, le manifeste se transforma en livre de plus 700 pages, dans lequel sont consignés des éléments biographiques, le programme politique de son organisation, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP). L’ouvrage fut destiné initialement à ses militants. Certes, Mein Kampf est un livre animé par la haine et le racisme, mais pas uniquement à l’encontre des Juifs, comme le véhicule l’idéologie dominante occidentale. L’antisémitisme de Hitler le dispute à son aversion des Chinois, des Noirs et surtout des Slaves qu’il vouait aux gémonies, à son exécration des communistes qu’ils assimilaient aux juifs rendus responsables de tous les maux de l’Allemagne, notamment de sa défaite lors de la Première Guerre mondiale.

Hitler ne fut ni un écrivain, ni véritablement un penseur. Ce fut un simple tribun bavarois. Dans son livre, Hitler prêcha un violent darwinisme social, entendit substituer la lutte des races à la lutte des classes, promouvoir un antisémitisme virulent et un anticommunisme scélérat.

Mein Kampf est un livre ultranationaliste. Dans cet ouvrage, Hitler prônait certes l’exclusion des Juifs de la vie politique et publique, mais jamais il ne fit référence à quelque projet d’extermination des juifs. Cela pose ainsi la question de la Shoah. L’extermination fut-elle prévue dès l’intronisation démocratique de Hitler à la chancellerie du Reich, voire dès la rédaction de son manifeste politique ? Ou fut-elle « improvisée » en fonction des circonstances de la guerre ?

Comme le reconnaissent les historiens fonctionnalistes, le nazisme, notamment sa version génocidaire, ne fut pas la concrétisation d’un programme politique rédigé dans le soporifique opuscule Mein Kampf, mais l’aboutissement de mesures incohérentes prescrites dans le contexte de guerre totale lancée par Hitler. Ni les camps de la mort ni les escadrons meurtriers nazis ne figurent dans Mein Kampf.

Pour autant, la réédition du pamphlet d’Hitler, Mein Kampf, donne de nouveau lieu à des empoignades entre les tenants de sa publication et les partisans du maintien de son interdiction. La polémique enfle au point de déborder les frontières. Toujours est-il que la controverse fait rage entre les deux tendances aux orientations politiques divergentes mais aux conceptions historiques confluentes.  Dans les deux camps, les arguments convoqués pour analyser et décrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et de l’hitlérisme sont fallacieux.

Sur le premier chapitre de l’histoire, l’appréhension de la question est très réductrice. Autant sur la genèse que sur les finalités de la Seconde Guerre mondiale.  En effet, depuis la fin de la guerre, le camp des vainqueurs, incarné par l’Occident, réussit le tour de force de procéder à une double falsification. Une chose est sûre : il imposa sa vision de l’Histoire.

Premièrement, les vainqueurs dépeignent, depuis la fin de la guerre, la Seconde Boucherie Mondiale sous les couleurs d’une épopée moderne dans laquelle l’héroïsme du monde libre le disputa au patriotisme sacrificiel pour sauver l’humanité de la bête immonde nazie. À accréditer le récit historique d’une guerre glorieuse et légitime entreprise par le camp du Bien contre le camp du Mal, dans un combat prométhéen de la démocratie contre le fascisme.  Bien évidemment, les alliés (les USA, l’Angleterre, L’URSS, etc.) représentaient le camp du Bien. Tandis que le camp de l’axe constituait le Mal. Selon cette grille d’écriture de l’histoire bourgeoise, les Alliés symbolise la civilisation, l’Axe incarne la barbarie (comme aujourd’hui, dans l’optique occidentale Israël incarne le Bien, les Palestiniens, le Mal ; Israël fait figure de victime, les Palestiniens présumés coupables, condamnés sans autre forme de procès par le tribunal médiatique présidé par le lobby pro-israélien). Du point de vue de ce paradigme historique idéologique dicté par le camp des vainqueurs, les Alliés se battirent pour la démocratie, les droits de l’homme, la défense de la civilisation, des valeurs humaines, de la liberté. Une imposture éhontée. Car nul n’ignore qu’à la même époque tous ces pays piétinaient allègrement, factuellement, ces droits, ces principes, ces valeurs, ces libertés. La France et l’Angleterre par leur colonialisme asservissaient des centaines de millions d’« indigènes » réduits en esclavage.

Les USA, pays de l’esclavage et du racisme institutionnalisé, déniaient tout droit civique aux Noirs américains. L’URSS, pays stalinien, avec ses goulags, n’avait rien à envier à l’Allemagne hitlérienne en matière de répression politique, de déportation des opposants et d’oppression des minorités ethniques. Enfin, tous ces pays étaient fondés sur le mode de production capitaliste (d’État pour l’URSS) dans lequel l’exploitation, l’oppression, l’aliénation sont érigés en mode de fonctionnement « naturel », l’asservissement du prolétariat institutionnalisé par le salariat sur fond d’une répression « démocratique » assurée par le bras armé et le droit coercitif des classes possédantes :  la police et la justice.

D’autre part, seconde falsification : l’historiographie dominante confine toujours cette Deuxième Guerre mondiale, par une focalisation psychologisante ou démonologique de l’histoire, à la seule personne d’Hitler, censé être l’unique responsable de la guerre, du fait sa personnalité pathologique, de son esprit démoniaque.

En réalité, la Seconde Guerre mondiale constitua une véritable guerre impérialiste préparée de longue date par l’ensemble des pays belligérants en lice pour le repartage du monde. Hitler ne fut que le pantin du grand capital allemand. Hitler n’était ni un Génie ni un Malade mental, comme le propagent de nombreux historiens, adeptes de la personnalisation de l’histoire. En réalité, n’était l’accélération de la crise économique mondiale à partir 1929, son ascension et son accession démocratiquement au pouvoir en 1933 n’aurait jamais pu se réaliser. Force est de relever que, avec ou sans Hitler, la Seconde Guerre mondiale aurait éclaté : elle était inscrite dans l’agenda impérialiste depuis 1918, date de la fin de la première mi-temps interrompue par le surgissement inattendu du prolétariat sur le théâtre des opérations belliqueuses mais actionnés sur son territoire de classe, notamment en Russie avec la révolution soviétique. Car la guerre constitue l’ADN du capitalisme. Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. Il est né dans la boue et le sang et se perpétue dans la fange et par le dégorgement des hémoglobines.

Quoi qu’il en soit, il ne faut jamais perdre de vue que cette Seconde Guerre mondiale, tout comme la Première, se produisit au sein du mode de production capitaliste, au cœur du monde impérialiste, dans le giron européen, au sein de l’univers « civilisé », berceau de la « démocratie », pour résoudre militairement les contradictions inhérentes à ce système confronté en permanence aux crises économiques. Cette Boucherie mondiale ne se déroula pas dans un man’s land socio-économique, politique et idéologique. Les deux guerres mondiales ne surgirent pas ex nihilo. Elles furent enfantées par un système de production déterminé, baptisé et nommé capitalisme. Encore une fois : ce ne fut pas Hitler qui provoqua la Seconde Guerre mondiale, mais la Première Guerre mondiale qui enfanta la Seconde Guerre mondiale, avec les frustrations politiques suscitées par la redistribution des cartes géostratégiques sur fond d’une crise économique exacerbée. Hitler, en bon soldat du capital allemand, ne fut qu’un dirigeant propagandiste, catalyseur des foules, puis meneur de troupes de choc.

Au demeurant, force est de constater que tous les pays belligérants étaient impérialistes, colonialistes (France et Angleterre) totalitaires (URSS), ségrégationnistes (États-Unis). Contrairement aux pays Alliés, l’Allemagne n’occupait aucun pays. N’opprimait aucun peuple.

Par conséquent, il n’y avait à défendre aucun des deux camps en guerre. S’il fallait prendre position, comme le proclama Lénine lors de la Première Guerre mondiale, c’eût été d’appeler, comme dans le Projet de résolution de la gauche de Zimmerwald du 2 septembre 1915, à « transformer la guerre impérialiste entre les peuples en une guerre civile des classes opprimées contre leurs oppresseurs, en une guerre pour l’expropriation de la classe des capitalistes, pour la conquête du pouvoir politique par le prolétariat ».

D’aucuns rétorqueront qu’il fallait lutter contre le fascisme pour sauver la démocratie, « système politique plus humain » (on vient de démontrer l’inanité de cet argument : les fameux pays dits démocratiques, la France, l’Angleterre et les États-Unis, exploitaient, opprimaient, asservissaient des centaines de millions « d’indigènes », notamment la France avec son système colonial instauré en Algérie, avec son lot de massacres de masse, d’expropriation territoriale, de spoliation des richesses nationales, de ségrégation sociale et spatiale appliquée contre le peuple algérien réduit à vivre sous le code de l’indigénat. Le peuple algérien subissait le nazisme tricolore depuis 1830, tout comme les peuples de l’Inde, de l’Afrique sous domination britannique, des Afro-américains aux États-Unis).

Pour justifier et légitimer ses guerres, la classe dominante recourt constamment à tous les subterfuges. Comme il sied aux plumitifs de service, les intellectuels organiques contemporains lui emboîtent le pas pour cautionner cette boucherie par des arguties selon lesquelles la démocratie bourgeoise représenterait le modèle et l’idéal de gouvernance le plus « accompli », popularisé au sein d’un système capitaliste le plus performant, au-delà duquel aucun autre mode production ni de gouvernance inédite ne pourrait triompher. Le capitalisme serait ainsi l’horizon indépassable de l’humanité parvenue enfin à la fin de son histoire. Et la démocratie de marché, le modèle de gouvernance le plus parfait.

À la vérité, la démocratie est la feuille de vigne derrière laquelle se dissimule la dictature du Capital. Dans l’histoire, Démocratie et Dictature, deux modes de régulation politique au sein du même mode production capitaliste, se succèdent alternativement, au sein du même État, au gré des conjonctures économiques et sociales, autrement dit de l’âpreté de la lutte des classes.

Certes, depuis 1945 les pays occidentaux vivent, pour la première fois de leur histoire jalonnée de perpétuelles guerres séculaires sanglantes, dans une « période de paix ». Mais à quel prix ? Au prix de l’exportation de Leurs Guerres dans les pays périphériques (au Moyen-Orient, en Afrique), au plus grand profit de l’industrie de l’armement occidental (mais aussi russe et chinois, ces deux pays féodaux devenus, par une transition violemment accélérée, capitalistes). En effet, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il n’y a jamais eu autant de guerres aux quatre coins de la planète. Autant de massacres. De morts, majoritairement civils (c’est une caractéristique du capitalisme : les principales victimes des guerres sont toujours des civils – la preuve par Israël qui massacre la population civile palestinienne avec des moyens militaires hautement sophistiquées, notamment par le largage des bombes, le lancement des missiles). D’exodes. De génocides quotidiens provoqués par les malnutritions et les maladies. D’Holocaustes perpétrés à petit feu, autrement désignés sous l’euphémistique terme « famine ». Quelle est la différence entre les massacres massifs perpétrés par le nazisme et les famines occasionnées par le capitalisme mondialisé contemporain ? Aucune. S’il y a une différence, elle est de degré et non de nature. Dans le cas des famines contemporaines, le capitalisme massacre à petit feu, dans l’indifférence générale.  Et non à l’échelle industrielle et massive comme l’exécuta le système hitlérien dans ses camps de concentration et de travail, sur les champs de guerre.

Aux yeux du « monde libre », avec sa morale à géométrie variable, seule l’horreur nazie est apparemment condamnable. L’horreur démocratique capitaliste est humainement tolérable.  Les massacres perpétrés au nom de la démocratie sont bénis, auréolés de vertus politiques et de caution morale (comme il le prouve actuellement avec son soutien indéfectible accordé à Israël dans sa guerre d’extermination du peuple palestinien, hier avec les guerres menées contre l’Irak, l’Afghanistan, la Syrie, la Libye, etc.).

Quant à la question sur la responsabilité de l’opuscule Mein Kampf dans l’avènement de l’hitlérisme et le massacre des Juifs, la réponse coule de source, mais pas de la source historique occidentale falsifiée. Tous les historiens sincères l’affirment : l’ouvrage Mein Kampf n’a nullement contribué à l’avènement de l’hitlérisme, ni ne renferme quelque passage annonçant la Solution Finale.

En vérité, la politique d’extermination fut dictée par les circonstances tragiques de la guerre totale, impulsée officieusement dans le feu de l’engrenage du conflit mondial pour régler le problème de l’immigration générée à la suite de l’occupation des territoires par les troupes nazies.

Il est important de révéler que les Juifs furent utilisés comme moyen de chantage et de monnaie d’échange auprès de l’Angleterre et des États-Unis afin d’obtenir des faveurs notamment matérielles et énergétiques. Mais en vain. Pour preuve, un exemple historique véridique : l’Angleterre déclina les propositions réitérées allemandes de libération de plusieurs milliers de Juifs en échange de l’obtention de quelques camions.

Loin de nous la pensée de minorer le rôle du nazisme dans l’extermination des Juifs, à la vérité cette Solution Finale fut l’œuvre du capitalisme moderne hautement technologique et non le produit d’une folie humaine surgie dans la petite cervelle de Hitler. Tous les pays belligérants, notamment les États-Unis, étaient informés de l’existence des camps d’extermination, mais ils n’entreprirent aucune action militaire pour arrêter les massacres. Ils laissèrent Hitler régler à sa manière génocidaire la question de l’immigration, autrement dit les surnuméraires générés par la guerre. Car ils ne voulaient absolument pas accueillir les réfugiés juifs sur leur territoire. C’est dans cette perspective qu’il faut expliquer leur soutien apporté au projet sioniste de création d’un foyer juif en Palestine au lendemain de la guerre : pour se débarrasser des Juifs de leur pays.

En tout état de cause, l’humanité n’est pas comptable de ce génocide, à plus forte raison les populations du reste du monde situées hors des zones des conflits lors de la Seconde Guerre mondiale. Et si ces populations devaient compatir, verser des larmes pour les victimes de ce conflit, elles le feraient pour les 60 millions de morts, victimes d’une guerre totale génocidaire. Non pour une partie de ces morts, autrement dit les 6 millions de Juifs désignés comme uniques victimes. L’humble Humanité pleure toutes les victimes de la Seconde Guerre mondiale, s’incline devant tous ces morts massacrés par la barbarie capitaliste.

C’est le système capitaliste comme un tout, incarné par tous les dirigeants à la tête de l’État de tous les pays belligérants, qui est responsable, et de la Seconde Guerre Mondiale et du massacre des Juifs. L’humble Humanité opprimée a sa conscience tranquille. Ses mains sont maculées d’innocence. Pour la majorité de l’humanité, en particulier sa frange longtemps opprimée (les peuples du continent africain, du Moyen-Orient) sa mémoire porte encore les stigmates de l’esclavage et du colonialisme infligés à ses aïeux par l’Occident civilisé et démocratique jusqu’à l’orée des années 1960, notamment pour l’Algérie meurtrie par 132 ans d’asservissement colonial opéré par la France démocratique, pays des droits de l’Homme (Blanc).

De fait, l’opuscule Mein Kampf n’est ni comptable de l’embrigadement idéologique des Allemands fourvoyés dans le nazisme, ni responsable du déclenchement de la guerre mondiale. L’adhésion massive des Allemands au nazisme tout comme le déclenchement de la guerre mondiale s’expliquent par des facteurs contextuels d’ordre économique et politique. Nullement par la publication et la diffusion de l’ouvrage Mein Kampf.  

Une chose est sûre : ce n’est pas l’Esprit qui guide le monde. Ce n’est pas la conscience qui détermine l’être, mais c’est l’être social qui détermine la conscience. La diffusion du livre Mein Kampf ne fut nullement le vecteur du conditionnement idéologique de la population allemande dans l’entreprise hitlérienne. À cet égard, il est important de souligner qu’entre la date de sa première publication en 1925 et le jour de l’accession de Hitler au pouvoir, Mein Kampf fut vendu seulement à quelques milliers d’exemplaires.

Ce ne fut pas la littérature nazie et fasciste qui engendra le nazisme et le fascisme, mais le contraire. Autrement dit, les contextes historiques particuliers des deux pays concernés : l’Italie et l’Allemagne.

Preuve s’il en est, la littérature fasciste naît en France où elle était très prolifique depuis la fin du XIXème siècle (Édouard Drumont, Maurice Barrès, Charles Maurras, etc.). Pareillement pour les partis d’extrême-droite, très florissants en France au cours de cette période (le Boulangisme, Action française, etc.). Or, le fascisme ne bénéficia jamais d’une audience favorable parmi la population française, ni, à plus forte raison, n’accéda au pouvoir en France, sinon à la faveur de l’occupation de la France par les troupes nazie en 1940, imposant un pouvoir vichyssois à sa solde. En revanche, on peut même affirmer, sans contredit, que les mécanismes politiques et idéologiques du nazisme dominaient depuis plusieurs siècles la France au travers son colonialisme génocidaire et son esclavagisme ethnocidaire, son racisme institutionnel et son esprit de prédation et d’expropriation. La France comme l’Angleterre, sans oublier les États-Unis, trois pays colonialistes et esclavagistes, symbolisent le nazisme. Le nazisme constitue la phase industrielle et technologique des politiques coloniales et esclavagistes occidentales. L’Allemagne ne fit qu’appliquer en accéléré le programme d’accumulation primitive du capitalisme fondé sur le pillage, l’esclavage, le colonialisme, le racisme, le massacre de masse des populations autochtones.

Autre preuve s’il en est, plus actuelle. Quand bien même l’opuscule Mein Kampf d’Hitler serait-il diffusé gratuitement dans le monde entier, il n’engendrerait jamais d’adeptes purs et durs du nazisme. Croire que Mein Kampf a la puissance de nazifier les éventuels lecteurs est une vue de l’esprit. C’est un livre susceptible d’intéresser et de convaincre uniquement les convertis.

Au contraire, Mein Kampf s’exposerait sinon à un rejet viscéral par l’ensemble de la population mondiale, au mieux à l’indifférence générale.

L’époque a changé. Le fascisme comme l’hitlérisme sont le produit d’une époque spécifique révolue, la singularité de pays (l’Italie et l’Allemagne) tardivement créés, déchirés par des contradictions internes criantes de révoltes politiques et sociales.  En effet, leurs États respectifs embryonnaires étaient très vulnérables face aux classes en conflit. À cette époque ravagée par la première guerre et la crise économique, trois classes s’affrontaient : l’ancienne classe seigneuriale en voie de dissolution mais toujours déterminée à lutter pour sa survie et surtout pour freiner la consolidation de cette nouvelle société capitaliste en mutation portée par la bourgeoisie moderne; la bourgeoisie naissante résolue à imposer et à consolider son pouvoir politique et son système économique arrimé désormais au capital international;  enfin, la nouvelle classe ouvrière  en gestation résolue  à unir ses forces pour se constituer en parti politique et en syndicat afin d’affronter la bourgeoisie. Parmi ces trois classes, à cette époque d’effervescence révolutionnaire, la plus menaçante, amplement illustrée lors des révolutions avortées, écrasées dans le sang entre 1917-1923, c’était la Classe Ouvrière. Qui plus est, le mouvement ouvrier allemand était le plus important à cette époque. En particulier, le mieux organisé, le plus avancé, le mieux éduqué. Le plus menaçant.

Aussi, pour parer au danger de la révolution prolétarienne, les réponses apportées par les bourgeoisies respectives des deux pays eurent-elles pour objectif d’affermir leurs États, de blinder leurs pouvoirs, militariser leurs économies, verrouiller la politique par l’instauration d’un État policier, d’écraser les partis ouvriers, d’éradiquer les syndicats, museler les médias, muscler le patronat, en résumé asservir dictatorialement leurs populations (n’assistons-nous pas actuellement, dans la majorité des pays, à la réitération du même plan de  despotisme étatique et de la militarisation de la société, impulsé à la faveur de la pandémie stratégiquement instrumentalisée par le grand capital  ?).

De fait, en ce qui concerne l’Allemagne, pour dompter la menace de la classe ouvrière dans cette période d’agitations révolutionnaires inaugurées en Russie par la Révolution bolchevique et dans le reste de l’Europe, notamment en Italie et en Hongrie, la nécessité d’instaurer un État fort s’imposa à la bourgeoisie. D’autant plus que, après sa défaite et la signature de l’humiliant traité de Versailles, la bourgeoisie allemande se préparait déjà à reprendre sa revanche. Aussi s’imposa à la bourgeoisie la nécessité de créer les conditions historiques pour réaliser son projet par un réarmement aussi bien militaire qu’idéologique de l’Allemagne. C’est dans ce contexte de défaite militaire, d’effervescences révolutionnaires prolétariennes, d’exacerbation d’esprit vindicatif répandue par les classes possédantes exsangues allemandes, de crise économique profonde, de misère généralisée, de frayeurs éprouvées par les classes dominantes à la suite des révolutions spartakistes pourtant écrasées dans le sang, que la figure hideuse d’Hitler vérolée de haines émergea, au milieu d’autres figures nazifiées anonymes, pour s’imposer comme l’icône providentielle sur laquelle s’appuya le capital allemand aux fins de redessiner le tableau politique et la carte géographique de l’Allemagne.

Force est de constater qu’Hitler, peintre raté mais brillant orateur, parvint à se hisser sur le devant de la scène politique grâce au soutien du capital allemand, notamment par le financement de son parti et de ses milices créées pour mater les ouvriers et les communistes. Toute sa rhétorique fut axée sur la dénonciation du marxisme et accessoirement de la finance juive. Mais son ennemi principal fut toujours le Communisme. Rien d’étonnant pour un représentant du capital en proie à cette époque à une grave crise économique et à des agitations sociales ouvrières. Ainsi, l’hitlérisme fut un pur produit du capital allemand.

En outre, à cette époque, le principal ennemi fut le Communisme, incarné par les Bolcheviks associés aux Juifs, majoritaires au sein du Parti bolchevique, selon les nazis. De même pour le parti Spartacus, accusé d’être dirigé par des juifs, il fut tenu responsable de la défaite de la guerre 1914/1918, comme de l’insurrection révolutionnaire spartakiste. Dès lors le Communisme, dans l’optique réductrice de la bourgeoisie réactionnaire allemande, devint synonyme de Juifs. La principale préoccupation obsessionnelle fut donc de s’attaquer au communisme personnifié par le juif (le Judéo-bolchévisme), de soumettre la classe ouvrière allemande pour la préparer à la guerre de revanche.

En effet, frustré par la défaite de sa guerre impérialiste 1914/1918, l’absence d’espace vital (à savoir l’absence de colonies pour disposer de matières premières gratuitement comme les autres puissances impérialistes anglaise et française, et d’un marché pour écouler ses produits), la fermeture des marchés extérieurs, le Capital allemand fourbissait ses armes pour régler militairement ces deux problèmes (de marchés et de territoires). À cet égard, il est important de souligner qu’à la veille du déclenchement de la seconde Guerre mondiale, Hitler avait proclamé : « l’Allemagne doit exporter ou périr ». Aussitôt, il lança ses troupes sur toute l’Europe dans une guerre de conquêtes, pour accaparer ses richesses, favoriser l’industrie allemande, conquérir des territoires indispensables à son « espace vital ».

Pour conclure, le plus cynique dans cette histoire de la Seconde Guerre mondiale, du moins en Europe comme dans le reste des pays « occidentaux », favorisée par une outrancière manipulation idéologique et falsification historique opérée par la propagande pédagogique et médiatique, c’est la perception de l’opinion publique de cette tragédie capitaliste (ou plutôt prolétarienne car c’est, encore une fois, le prolétariat qui fut sacrifié sur l’autel du capital). Pour exonérer la responsabilité du capitalisme dans cette guerre exterminatrice, la bourgeoisie se livre, depuis 1945, à une véritable falsification de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale. En effet, une proportion importante de la population réduit cette effroyable Deuxième Boucherie impérialiste à une simple guerre menée contre les Juifs, à la Shoah, c’est-à-dire à la seule mort des 6 millions de Juifs (qui, soit dit au passage, ont réellement été massacrés ; aussi il n’entre pas dans notre pensée de nier ce génocide mais de déplorer l’instrumentalisation de la Shoah à des fins politiques et sionistes).

Dans la conception historique mystifiée de la majorité de la population occidentale, la Seconde Guerre mondiale demeure synonyme de la Shoah. De fait, est occulté totalement le massacre des 60 millions de morts majoritairement civils (prolétaires) sacrifiés au cours de cette guerre, et au-delà est dissimulée le caractère impérialiste de la Seconde Guerre mondiale. Il faut rappeler que l’URSS paya un lourd tribut avec ses 27 millions de morts, sans oublier les millions de victimes des autres pays, à savoir 27 millions de morts.

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