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Aujourd’hui — 12 août 2022les 7 du quebec

Manifeste internationaliste contre la guerre et la paix capitaliste en Ukraine…Tridnivalka

https://www.autistici.org/tridnivalka/manifeste-internationaliste-contre-la-guerre-et-la-paix-capitaliste-en-ukraine/

« Leurs guerres ! Nos morts ! » C’est sous cette bannière que des
prolétaires radicaux se démarquèrent des défilés pacifistes organisés
en mars 2004 dans les rues d’Espagne après les attentats massacres
perpétrés à Madrid qui firent plus de 200 morts. C’est cette consigne
défaitiste qu’ils mirent en avant en réponse à l’engagement militaire
de l’Espagne en Irak et à la « guerre contre le terrorisme » imposé
par l’Etat capitaliste mondial et sa succursale espagnole, se faisant
ainsi l’écho des nombreuses manifestations historiques du défaitisme
révolutionnaire qui jalonnent le développement des sociétés de classe
et donc de la lutte de classe, de la guerre de classe.

En tant que prolétaires sociaux-révolutionnaires, communistes,
anarchistes…, nous n’avons absolument aucun intérêt matériel à nous
ranger d’une façon ou d’une autre du côté de l’Etat capitaliste et de
sa démocratie, quel qu’il soit, du côté de nos ennemis de classe, de
nos exploiteurs, de ceux qui, la baïonnette au fusil, nous ont
toujours rendu « plomb, mitraille, prison » lorsque nous luttons et
descendons dans la rue pour revendiquer notre humanité. Et cela,
quelle que soit la nature et l’orientation politique, le régime en
place dans la patrie A ou dans la patrie B qui s’affrontent dans un
conflit inter-étatique pour des intérêts de conquête et de pouvoir qui
sont les leurs. Nous n’exprimerons jamais aucune solidarité avec aucun
de nos exploiteurs !

Leurs intérêts ! Nos morts ! Nous ne prenons position pour aucun des
Etats en conflit, que l’un soit catégorisé selon la morale politique
bourgeoise dominante comme étant « l’agresseur » et l’autre «
l’agressé » ou vice versa. Leurs intérêts respectifs en jeu sont
exclusivement les leurs et en opposition totale à ceux de la classe
exploitée, c’est-à-dire nous autres prolétaires ; c’est pourquoi,
en-dehors et contre tout nationalisme, tout patriotisme, tout
régionalisme, tout localisme, tout particularisme, nous affirmons haut
et fort notre internationalisme !

Le prolétariat, en tant que classe révolutionnaire, n’affiche aucune
neutralité envers aucun de ses exploiteurs qui s’affrontent dans la
redistribution de leurs parts de marché, mais bien du contraire il les
renvoie dos à dos comme étant les deux faces d’une même réalité, le
monde de l’exploitation d’une classe par une autre, et il exprime sa
profonde solidarité avec tous les secteurs de notre classe qui
subissent les assauts démultipliés de l’un ou l’autre de ses ennemis
historiques. Mais qu’on nous comprenne bien, jamais à tout jamais nous
ne dénierons aux prolétaires la nécessité impérieuse de se défendre
contre toute agression, répression, torture, massacre…

Et ici, en l’occurrence, les prolétaires en Ukraine n’ont plus
désormais en face d’eux seulement leur ennemi habituel, quotidien,
c’est-à-dire l’Etat ukrainien « agressé » et ses bourgeois locaux
(appelés « oligarques » pour mieux occulter leur véritable nature de
classe, comme s’ils étaient différents de tous les autres capitalistes
ailleurs dans le monde), ils ne doivent plus subir non seulement les
attaques de leur propre bourgeoisie (avec les baisses de salaire, les
licenciements, l’économie de guerre, la répression des mouvements de
grève qui s’ensuivent), mais depuis le 24 février de cette année, ils
doivent aussi affronter l’offensive militaire de l’Etat « agresseur »
des capitalistes russes avec leur armée, leurs bombardements, leurs
missiles, leurs massacres quotidiens…

Leurs Nations ! Nos morts ! Et à tous les bellicistes de gauche et
d’extrême gauche du Capital qui accuseront une fois encore les
révolutionnaires d’être « neutres » et de ne pas « prendre parti »,
nous leur répondons que c’est tout le contraire que nous proposons
dans ce manifeste et dans notre activité militante en général : nous
prenons indéfectiblement position pour le parti du prolétariat et la
défense de ses intérêts historiques et immédiats, nous prenons parti
pour son action de subversion de ce monde de guerre et de misère, nous
prenons parti pour le développement, la généralisation, la
coordination et la centralisation des actes déjà existants de
fraternisation, de désertion, de mutinerie des deux côtés du front,
contre les deux belligérants, contre les deux Etats, contre les deux
nations, contre les deux fractions locales de la bourgeoisie mondiale…
Nous prenons parti pour l’extension de ces luttes et leur liaison
organique comme moments d’une totalité avec toutes les luttes en cours
depuis plusieurs mois, partout sous le soleil noir de la dictature
sociale du Capital, que ce soit au Sri Lanka, au Pérou, en Iran, en
Equateur ou en Lybie…

Nous prenons parti pour le développement du troisième camp, le seul
camp qui défende les intérêts globaux du prolétariat dans sa lutte
immédiate et historique contre l’exploitation, le travail salarié, la
misère et la guerre. Ce troisième camp, c’est celui du prolétariat
révolutionnaire internationaliste qui s’oppose à tous les camps
bourgeois bellicistes en présence, c’est le camp de nos frères et
sœurs de classe qui luttent pour leurs propres intérêts, qui sont
antagoniques aux intérêts de tous ceux qui défendent la propriété
privée, l’argent et l’ordre social qui va avec…

Leur paix ! Notre exploitation ! Si nous rejetons catégoriquement
toutes les guerres bourgeoises, où le prolétariat ne sert que de chair
à canon, quel que soit le camp dans lequel il est incorporé, nous
rejetons tout autant et avec la même force « la paix » qui n’est
jamais que le moment inversé mais complémentaire de « la guerre ». La
paix n’est qu’un moment de reconstruction entre deux guerres, car la
guerre est nécessaire au Capital pour résoudre provisoirement les
crises inhérentes à son mode de production. Mais la guerre est aussi
le moment suprême de la paix sociale, et cette dernière n’est jamais
que la matérialisation de la guerre permanente menée contre notre
classe à travers l’exploitation de notre force de travail, la
marchandisation de nos vies et l’aliénation de nos existences.

Pour en revenir à l’Ukraine, nous tenons à souligner ici que si nous
nous opposons fermement au soutien d’un camp quelconque dans la guerre
qui sévit actuellement, qui n’est jamais qu’une guerre inter-étatique,
si nous refusons de prendre parti pour l’un ou l’autre des
belligérants bourgeois, tant « l’agressé » ukrainien « occupé » que «
l’agresseur » russe « occupant », notre jugement est différent et même
antagonique lorsqu’on analyse les événements qui sont survenus juste
quelques semaines avant le début de la guerre en Ukraine. Nous voulons
parler ici de la répression militaire déclenchée au Kazakhstan et de «
l’occupation » de ce pays par des troupes d’élite de l’armée russe :
une « occupation » n’est pas forcément égale à une autre !

Nos révoltes ! Nos morts ! Manifestement, personne n’a été choqué, ou
très peu l’ont été, par la répression envers le soulèvement ouvrier au
Kazakhstan de janvier dernier, et pour cause. Pas même en occident, où
finalement les capitalistes ont très vite compris que la bourgeoisie
russe, en « envahissant » le Kazakhstan devenu socialement hors
contrôle, en écrasant le prolétariat en révolte, en rétablissant par
la terreur l’ordre des bonnes affaires, l’ordre du business
international, travaillait en fait objectivement pour les intérêts de
tous les capitalistes, et donc aussi des multinationales qui ont leurs
quartiers généraux en occident. Ici se situe toute la différence de
nature entre d’un côté « l’occupation » du Kazakhstan pour réprimer un
mouvement social qui mettait partiellement en danger l’ordre des
choses présent, l’ordre capitaliste, et de l’autre côté « l’occupation
» d’une partie de l’Ukraine dans un conflit qui répond à des intérêts
géostratégiques entre différentes fractions du même Capital mondial.

Tout le monde comprendra aisément que l’approche prolétarienne à ces
deux types d’occupation, et comment prendre parti, sera totalement
différente. Dans le cas, comme en Ukraine, où se sont deux acteurs
bourgeois qui s’affrontent, prendre position et s’engager contre l’un,
contre « l’agresseur » (ici en l’occurrence, l’Etat russe), mais pas
contre l’autre, « l’agressé » (l’Etat ukrainien), revient
objectivement, et surtout de manière éminemment pratique qu’on le
veuille ou non, en dépit de sa propre volonté, en dépit de ce que l’on
affirme, à s’engager avec et à soutenir ce dernier, et cela d’autant
plus en l’absence de toute véritable dynamique d’autonomisation
vis-à-vis des structures militaires, des structures
d’approvisionnement, qui encadrent cet engagement. Car ne nous
leurrons pas, il n’y avait pas avant le déclenchement de la guerre, et
il n’y a pas pour le moment, un quelconque mouvement révolutionnaire
fort en Ukraine, suffisamment antagonique pour qu’il puisse affirmer
la puissance sociale de notre classe et défendre ses intérêts tant
immédiats qu’historiques.

Par contre, dans le cas d’un soulèvement prolétarien dans une région
donnée que la bourgeoisie est obligée de réprimer par l’apport d’une
force d’intervention « externe » (à cause du défaitisme qui mine les
forces de répression locales), « l’occupation » qui en résulte prend
un tout autre caractère. Notre ennemi, c’est notre propre bourgeoisie,
certes, mais c’est avant tout la bourgeoisie que l’on a directement en
face de soi, celle qui nous réprime, celle qui nous bombarde, celle
qui nous massacre, c’est celle qui prend la place de la fraction
bourgeoise qui nous exploitait initialement, c’est celle qui se
substitue à elle. Certes, nous comprenons que face à une « agression
», face à une « occupation », face à des massacres et à la répression,
les prolétaires veuillent résister, prendre les armes, se défendre…
Mais autant au Kazakhstan cette résistance armée aurait pour but de
défendre le soulèvement social, de défendre un embryon de dynamique
révolutionnaire, autant en Ukraine la résistance des prolétaires,
encore une fois si celle-ci ne vise qu’un des protagonistes de
l’affrontement guerrier, risque très rapidement de s’anéantir dans les
bras de l’Etat ukrainien, de ses alliés et de leurs intérêts
bourgeois. C’est du moins ce que l’histoire des luttes de notre classe
nous a toujours démontré, jusqu’à preuve du contraire… et l’exemple
historique de l’Espagne 1936-37 est révélateur à ce sujet puisque la
révolution y fut sacrifiée au nom d’un « moindre mal » à défendre, la
république bourgeoise, le front populaire antifasciste, face à ce qui
était représenté comme « le mal absolu », le fascisme.

En Espagne hier comme au Rojava et en Ukraine aujourd’hui, « le peuple
en armes », ce n’est pas, loin s’en faut, le prolétariat armé ; armé
des armes de la critique qui permettent de développer la réelle
critique par les armes…

Nous ne pouvons dès lors que saluer les prolétaires qui refusent de se
situer dans l’un ou l’autre des camps bourgeois en présence et qui du
contraire affirment leur internationalisme et s’organisent pour
s’opposer aux deux frères ennemis. Comme dans les années 80 du siècle
dernier lorsque des soldats déserteurs « irakiens » se sont organisés
avec des soldats déserteurs « iraniens », durant la terrible boucherie
qui dura huit longues années, et lorsqu’ils ont uni leurs forces pour
combattre ensemble les deux armées bourgeoises.

Salut donc aux femmes prolétaires en Ukraine, tant dans la région
occidentale de Transcarpathie (donc sous administration militaire
ukrainienne) que dans le Donbass, dans les « provinces orientales »
(donc sous administration militaire russe), qui sont descendues dans
les rues pour exprimer leur mépris envers « la défense de la patrie »
et réclamer le retour de leurs fils, de leurs frères, de leurs proches
envoyés sur l’un quelconque des fronts pour défendre des intérêts qui
ne sont pas les leurs.

Salut aux prolétaires en Ukraine qui hébergent clandestinement des
soldats russes déserteurs, à leurs risques et périls car lorsqu’ils
sont arrêtés, soit par les autorités militaires russes, soit par les
ukrainiennes, on leur fait bien comprendre où se trouve la force
légale dans ce monde immonde, quel camp et quelle patrie ils se
doivent de défendre et qu’aucune fraternisation ne sera tolérée.

Salut aux prolétaires en Ukraine, qui malgré la conscription
obligatoire, fuient leur incorporation dans des unités militaires par
tous les moyens à leur disposition, légaux ou non, et refusent donc de
se sacrifier et de servir sous les plis du torchon national ukrainien.

Salut aux soldats russes qui depuis le début des « opérations
spéciales » en Ukraine fuient la guerre et ses massacres, abandonnant
tanks et véhicules blindés en état de fonctionner, et cherchant leur
salut dans la fuite, via des réseaux de solidarité envers les
déserteurs des deux armées.

Salut aussi (bien que les informations à ce sujet soient moins sûres,
guerre des communiqués et propagande militaire oblige !) aux 600
soldats du corps des Marines russes qui auraient refusé au tout début
du conflit de débarquer, faisant ainsi capoter une opération amphibie
dans la région d’Odessa.

Salut aussi (avec les mêmes réserves) aux soldats russes qui se
seraient mutinés et auraient refusé de monter à l’assaut de Kharkov,
également au tout début du conflit.

Salut aux soldats de l’armée de la « République Populaire de Donetsk
», incorporés de force et envoyés sur le front de Marioupol, et qui
ont refusé de continuer à combattre, de servir de « chair à canon »
(selon leur propre expression !), alors qu’ils étaient cette fois
envoyés défendre la « République Populaire » voisine de Lougansk.

Salut aux rebelles et aux saboteurs qui en Fédération de Russie ont
déjà incendié plusieurs dizaines de bureaux de recrutement militaire
et autres officines de porcs à travers tout le pays.

Salut aux cheminots en Biélorussie qui ont, à de nombreuses reprises,
saboté des voies de chemin de fer indispensables pour maintenir les
lignes d’approvisionnement de l’armée russe déployée en Ukraine.

Salut aux prolétaires en Ukraine qui dès les premiers bombardements
ont commencé à organiser des pillages collectifs de magasins
abandonnés par leurs propriétaires, de supermarchés et de centres
commerciaux comme on en a signalé à Melitopol, Marioupol, Kherson et
jusqu’à Kharkov, mettant ainsi en avant la satisfaction de leurs
besoins élémentaires de survie envers et contre toute loi et morale
qui protègent la propriété privée.

Salut à tous les prolétaires, à l’arrière du front, qui organisent des
grèves et refusent d’offrir ainsi leur travail et leur sueur à
l’économie de guerre, à l’économie de la paix sociale, et donc à
l’économie tout court, qu’ils en soient conscients ou non.

Salut enfin aux prolétaires, cheminots, dockers… en Europe, en Grèce,
en Angleterre… qui refusent de transporter du matériel militaire pour
l’OTAN en direction de l’Ukraine.

Salut donc à vous tous et toutes qui refusez de vous sacrifier sur
l’autel de la guerre, de la misère et de la patrie !!!

Et le jour, que nous espérons très proche, où les prolétaires
descendront dans les rues de Moscou et de Kiev, et de toutes les
grandes agglomérations urbaines de Russie et d’Ukraine, en scandant
d’une seule voix « Poutine et Zelenski, dégagez ! », alors nous
répondrons à notre tour, en nous référant aux camarades qui
brandissaient dans les rues d’Argentine il y a une vingtaine d’années
la consigne « _¡Que se vayan todos!_ », qu’ils s’en aillent tous, qu’ils
dégagent absolument tous, les Biden, les Johnson, les Macron, les
Scholz, les Sanchez, les von der Leyen, les Michel, les Stoltenberg…
tous ces fauteurs de guerre et de misère… et tous ceux, absolument
tous ceux, qui se présentent au portillon de l’alternance politique !

Mais soyons clairs : ils ne sont que des entremetteurs dans ce système
de prostitution généralisée qu’est le travail salarié, la vente
obligatoire de notre force de travail. Au-delà de toutes les personnes
qui incarnent la dictature sociale du Capital, celui-ci est avant tout
un rapport social impersonnel qui peut être, qui est et qui a été,
reproduit par tout élément, bourgeois ou prolétaire, coopté pour ce
faire. Alors, même si nous partageons pleinement la joie des
prolétaires au Sri Lanka qui, après avoir chassé le président en
exercice il y a quelques jours, ont envahi son palais présidentiel et
plongé dans la piscine de luxe de ce dernier, la question que nous
devons nous poser est la suivante : comment pousser la dynamique
révolutionnaire à ses ultimes conséquences, comment exproprier la
classe possédante et nous réapproprier nos moyens d’existence… et
surtout comment ne pas retourner en arrière !? C’est là que commence
la véritable aventure humaine…

« Guerre de Classe – 31 juillet 2022 «tridnivalka@autistici.org

L’œuvre picturale de Nelly Roy: ET SI ON RETOURNAIT À L’HUMAIN

Par : Ysengrimus
MIRAGE (copyright © Nelly Roy)

.

YSENGRIMUS — L’art moderne est réifiant. Sa propension historique de tendance est donc de s’orienter vers le parti pris des choses. On a amplement développé sur les rapports de l’art moderne à l’industrie, à l’objet préfabriqué, au ready-made, au design, au monde des objets. La peintre Nelly Roy choisit de s’exprimer selon le modus operandi de l’art moderne. On a même parlé, pour qualifier son œuvre, de peinture surréaliste. Comme toujours dans un tel univers, c’est peut-être là parler pour ne rien dire ou pour dire la bonne chose. Le travail de Nelly Roy est, en effet, figuratif mais pas que. Elle a soigneusement choisi son style et ses thèmes. Et, de fait, nos choix nous choisissent toujours un peu aussi. C’est fatal. Les contraintes de l’art moderne comme idiome et comme tradition (eh oui, il faut déjà proférer ce gros mot concernant l’art moderne) vont s’exercer sur le travail de Nelly Roy. Mais elle va aussi arc-bouter une jolie résistance qui va démarquer son art de façon particulièrement intéressante.

Comme maints peintres modernes, Nelly Roy a des scotomes. Il s’agit de ces objets de fixation qui virevoltent un peu et viennent hanter le travail par leur récurrence visuelle et plastique. On connaît les exemples: les yeux rapprochés de Picasso, ou le petit personnage en gabardine chez Magritte, ou les grands hommes longilignes qui marchent de Giacometti, ou les immenses petits chiens sculptés dans des ballons oblongs de Koons. L’art semi-figuratif, moderne et contemporain, tant du fait d’avoir fait éclater les contraintes d’une représentation excessivement cadrée que de par une certaine dimension soit automatiste soit préfabriquée de la production, facilite la mise en place des scotomes. Cela se passe un peu comme dans la vie onirique. Même quand on traite ouvertement et explicitement un thème spécifique, l’esprit rêveur se laisse aller et ne se gène pas pour fixer sur ses fixations, si vous me passez l’insistant petit pléonasme. Chez Nelly Roy, on peut suggérer que les scotomes sont principalement les suivants: les doigts de mains et les doigts de pieds, les barques, les petits escaliers irréguliers, les oiseaux de profil, les fruits éparpillés des coupes de nature morte. Il faut bien faire attention de discerner ce qui distingue les scotomes des tableaux des thèmes (eux aussi récurrents) ouvertement traités par la peintre (sur lesquels je vais revenir dans un instant), nommément: les figures zoomorphes et (par-dessus tout) anthropomorphes.

Ce qui facilite la pêche aux scotomes dans ce corpus spécifique, c’est le fait que les tableaux de Nelly Roy sont très souvent des fresques-agoras, c’est-à-dire de grands ensembles humanisants, chargés de fourmillants détails. On peut donc aisément y chercher ce qu’on y cherche et y trouver ce qu’on y trouve. Contrairement aux fresques-agoras humoristiques bien connu de l’univers Où est Charlie?, la contrainte figurativiste d’une unité de temps ou de lieu ne joue pas ici. On se retrouve donc avec un vrac beaucoup plus libre, semi-figuratif, associatif, serein ou tourmenté, et configuré sur un mode plus onirique que platement réaliste. Une telle configuration est hautement favorable à l’apparition, habituellement périphérique, des scotomes. Ceux-ci se manifestent de toute façon même dans les toiles les plus dépouillées. Observer la toile MIRAGE placée supra (entête du billet). Elle déploie le problème que je vous expose ici, de façon sobre et limpide. Devant les figures humaines apparaissent le scotome de leurs mains doitues, distordues et intenses. Derrière ce thème net du collectif humain (sur lequel je reviendrai) se profilent les barques et les oiseaux faisant à la fois scotome et configuration périphérique. J’insiste sur ces derniers (scotome et configuration périphérique, intimement corrélés) parce qu’ils représentent ce que Nelly Roy concède à la dimension réifiante de l’art moderne. Et, du fait de cette concession, ils seront présents mais se tiendront habituellement dans les marges ou en fond de scène. Quand j’ai eu l’occasion de discuter la question de ses scotomes avec Nelly Roy, elle a d’abord mis de l’avant la nette dimension symbolique de ces récurrences. La main et les superpositions de mains (gantées ou non — souvent une petite main dans une grande, en tout cas. Certaines mains ont parfois six doigts) symboliseraient l’entraide. Les petits escaliers, eux, vaudraient pour l’accession à une situation améliorée. La barque serait là pour symboliser le voyage, notamment le voyage migratoire. Très généreuse et soucieuse de partager la nature profonde de son travail, Nelly Roy en vient vite à expliquer qu’elle est originaire de la Gaspésie, pays des barques se posant sur les plages et des oiseaux se posant sur les barques… À propos du scotome des doigts de pieds, elle est encore plus explicite: dans mon enfance, une chaussure, c’était comme une prison. Nous vivions pieds nus (notamment sur nos plages). On mettait des chaussures en septembre, quand c’était le temps de retourner à l’école. Le scotome retrouve donc sa manifestation naturelle, notamment en peinture automatiste. Il est bel et bien la récurrence semi-consciente d’une sensualité secrète. Mais, perfectionnée, la symbolisation habillant le scotome est ouvertement revendiquée par l’artiste, ce qui ne sera certainement pas à négliger.

On a donc affaire, en fait, à un surréalisme bien tempéré. Les pulsions automatistes, le facteur réification, et la transgression du figuratif y sont mais il ne s’agit pas ici de se laisser porter ou emporter n’importe où. C’est que Nelly Roy a des choses à dire. S’il fallait résumer son propos de peintre moderniste en une seule phrase synthèse, celle-ci serait: ET SI ON RETOURNAIT À L’HUMAIN… Le corpus, formulé dans un idiome pictural réifiant, va s’arc-bouter et inverser la tendance. La réification étant le fait de transformer l’humain en chose, sa converse dialectique sera la fétichisation (au sens strictement marxiste du terme): transformer les choses en réalités humaines, humaniser les choses, les historiciser. Concentrons, pour exemple, notre attention sur la toile BABYLONE:

BABYLONE (copyright © Nelly Roy)

.

On part (sans trop le savoir) de la nature morte cézannienne, disons, trois poires bien chosifiées dans une coupe. Puis la réification éclate. La coupe disparaît et les trois poires virevoltent dans les racoins du tableau, une au sol, côté jardin, une dans le décors lui-même, une troisième épinglée dans la tourelle, côté cours. Oh, et puisque nous sommes à régler nos comptes avec les scotomes du tableau, observer, au premier plan, la main ouverte tronçonnée du reste et, plus bas, les trois pieds nus (deux dans le sable et un troisième plus petit à l’intérieur d’un grand), ainsi que les petits escaliers irréguliers menant vers quelque choses d’autre. Le fond choral périphérique bien auditionné, passons au thème central du tableau. Il s’agit d’un espace convivial fétichisé (humanisé). Ma maison est devenu un grand totem humain. Le monde de mon humanité domine donc pleinement le monde de mes objets (sable extérieur, poires de nature morte, mobilier, escaliers, arches, configurations architecturales antiques). L’espace ici n’est pas seulement un espace humain (construit, architecturé, historique même). C’est aussi un espace humanisé et dominé par la figure gigantale et tutélaire du fétiche. Notons, en guise de souvenir réifiant rappelant les lois de l’idiome pictural mobilisé, les yeux intégralement noirs, comme chez le fameux Portrait de Madame Gagnon de Paul-Émile Borduas. S’il y a Babylone dans tout ceci, ses flonflons lointains, blanchâtres, émulsionnés, se font vaguement sentir au fond du torse de ce grand totem féminin. Le collectif antique babylonien (du titre) est réifié, pour ne pas dire mythifié, occulté. Il est marginal. Si quelque chose rappelle la pose hiératique (archéologique, mythique) de Babylone ici, c’est bien cette femme-chaise et son espace. Elle, elle est centrale. Conséquence inéluctable: le dispositif architectural est fétichisé. La figure humaine n’est plus dominée par son monde domestique ou archéologique (comme dans la peinture moderniste de l’ère industrielle) mais elle domine derechef celui-ci, dans une dynamique à la fois archaïsante, post-industrielle et, admettons-le, passablement triomphante. Retournement. On retourne à l’humain et on en vibre.

L’étude des figures humaines est de fait un aspect clef du travail de Nelly Roy. L’acte global de réification de la peinture moderne se subordonne à l’acte spécifique, fétichisant lui, de la démarche originale en cours. Bon, qu’est-ce que cela signifie concrètement? Revoyons le petit collectif humain du tableau MIRAGE (en entête du billet). Il y a là sept visages humains manifestant une intensité émotive peu commune des expressions faciales. Or, deux de ces figures sont soumises à un processus réifiant (d’ailleurs lui aussi récurrent dans l’œuvre). À deux reprises, on se trouve avec deux têtes siamoises qui semblent partiellement émerger l’une de l’autre comme, disons, les deux portions d’un brocoli ou d’un bourgeon. Le procédé est fatalement réifiant (chosifiant), en ce sens qu’il gère ces têtes humaines selon un traitement qui ne parviendrait à être factuellement figuratif que s’il s’agissait d’objets (de statues, par exemple). Et pourtant, malgré ce procédé, devenu plus ou moins convenu depuis Picasso, c’est la force humanisée, à la fois intime et ouverte, de ce collectif qui ressort, qui rejaillit. Un procédé pictural jadis fortement réifiant est mobilisé ici pour s’arc-bouter, inverser un vaste mouvement culturel, et retourner vers une humanisation semi-figurative (qui, cependant, préserve précieusement la sagesse moderniste de ne par retomber dans un réalisme plat). On notera que les effets de couleurs contribuent massivement au jeu, ici. Il y a de la chair et de la mer mais absolument aucun danger de se croire dans du photographique. La dimension anti-réaliste et semi-figurative est pleinement assumée. Le matériau bringuebalant et intransigeant du traitement moderniste est intégralement mis au service de l’aphorisme ET SI ON RETOURNAIT À L’HUMAIN… Le résultat est saisissant. On dirait que ces émouvantes figures, esquissées mais puissantes, vont se mettre à nous parler. Et c’est bel et bien parce qu’elles ont des choses à nous dire. N’épiloguons pas.

Concluons plutôt notre réflexion sur LE MARIAGE, une très belle fresque-agora évoquant la vie sociale d’immigrants du Congo-Kinshasa.

LE MARIAGE (copyright © Nelly Roy)

.

Tout est dit, ici. On retrouve les mains, au moins un pied nu et les petits escaliers, en guise de scotomes… mais aussi, au premier plan, les barques, désormais subtilement réinvesties et habillées en pirogues africaines et assumant ainsi plus explicitement leur chaloupeuse mission symbolique. Les figures humaines, hiératiques et solennelles en leur gestus social indubitable (un mariage), dominent calmement et solidement le tableau mais cela se fait comme par transparence ou par transcendance, au sein de la trame sémillante des petits objets de la fresque. Le propos nouveau ici, ce sont les figures animalières. Quand une figure animalière apparaît chez Nelly Roy, si elle n’est pas un des scotomes oiseaux conventionnels, elle est habituellement fortement anthropomorphisée, du fait d’être ouvertement fétichisée. Regardez les animaux dans ce tableau, un zèbre, un éléphant, d’autres figures de bestiaire moins directement figuratives et plus complexes. Elles ne sont pas si bestiales, ces bêtes. Elles ressemblent toutes plus ou moins à des jouets, des dessins encadrés, des toutous façonnés, ou des totems soigneusement fabriqués de main d’homme. Observez maintenant deux des trois figures humaines au bas du tableau. Côté cours, les deux figures humaine ont le visage assombri, comme peint ou ombragé. Elles ressemblent un peu à des poupées. Ici, tout partout, les animaux et les humains semblent ouvragés par l’Humain. Et leur passage par la phase réifiée (jouet, toutou, dessin, poupée) sert à rien d’autre qu’à les ramener tous et toutes vers l’humanité, comme dimension déterminante. Et ainsi, la fresque-agora sera de la densité, du bigarré et du complexe que l’on voudra, l’ensemble sobre et stable des déterminations travaillant l’œuvre de Nelly Roy la traversera, comme un inévitable flot de couleurs. Le torrent des petits objets est comme fracassé. L’humain en émerge. Le parti pris des choses est remplacé par le parti pris des hommes et des femmes. Que dire de plus?

ET SI ON RETOURNAIT À L’HUMAIN… L’art pictural moderne, réifié, industriel, matériel, redevient, chez Nelly Roy, fétichisant, post-industriel, social. La pulsion intime de peindre rencontre le devoir civique de dépeindre. Et ce faisant, cet art pictural moderne, déjà crucialement démarqué face à sa propre tradition, parle derechef de ce qui humanise.

Hier — 11 août 2022les 7 du quebec

EN VÉLO

EN VÉLO

5 KM. En vélo
30 degrés à l’ombre
Sur 2 roux
Printemps 2022
2 kilos de perdus
À 10 heures du matin
À 79 ans!

Ô, que la vie est belle
Sans être gouverné par…
Le numérique,
Je contemple
Un nouveau printemps
Sans masque ni vaccin
Sur une route sans barricades,
Ni couvre feu!

Une liberté tan espérée.
C’est à prendre et non à laisser.
La retrouver c’est la… chérir!

John Mallette
Le Poète Prolétaire

À partir d’avant-hierles 7 du quebec

SOMMES-NOUS PLUS PROCHES D’UNE GUERRE À TAIWAN ?

  Source Communia. Traduction commentaires   

POURQUOI LE CENTRE DU CONFLIT IMPÉRIALISTE SE DÉPLACE-T-IL À TAIWAN ?

Moins de six mois avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, tout semblait indiquer que les États-Unis se préparaient à concentrer toute leur capacité de pression contre la Chine autour de Taïwan.

D’une part, Taïwan est à la pointe de l’industrie des puces et des semi-conducteurs et les États-Unis se sont ouvertement engagés à couper les chaînes d’approvisionnement chinoises afin de freiner son développement technologique et commercial. De plus, les risques croissants pour toute industrie basée à Taïwan rendent plus viable la tentative de déplacer des capitaux taïwanais, coréens et japonais et des entreprises spécialisées vers le sol américain. Quelque chose que la bourgeoisie taiwanaise n’aime pas plus que les Chinois du continent.

En revanche, sur tout autre lieu où se concentrent les tensions entre les deux puissances, Taïwan dispose d’un avantage tactique très important : compte tenu de l’enjeu, les États-Unis pensaient pouvoir graduer presque unilatéralement le degré de conflit. L’éventail des possibilités allait de la gradation des visites officielles d’officiels américains à la promotion d’une éventuelle déclaration d’indépendance de l’île à laquelle Pékin avait promis de répondre avec toutes ses capacités militaires .

Autrement dit, à un moment donné, les États-Unis ont été capables de pousser le gouvernement Xi à donner son feu vert à une tentative d’invasion ou du moins à un blocus de l’île par l’APL chinoise… à contre-courant. Une stratégie situationnelle similaire à celle suivie contre la Russie en Ukraine. À une différence près : forcer Pékin à faire un mauvais pas à Taïwan qui le conduirait à stagner dans une guerre qui à son tour conduirait au « retour » du secteur technologique aux États-Unis, avait une date d’expiration en 2025.

La Chine aura la capacité de fermer le détroit de Taïwan en 2025 selon le ministre taïwanais de la Défense . En d’autres termes, 2025 marquerait un tournant dans les capacités militaires chinoises qui rendrait possible le blocus économique de l’île sans qu’il soit nécessaire d’entrer en guerre. La stratégie américaine de presser sans entrer dans l’affrontement direct aurait, dans ce cas, une date d’expiration.

Les États-Unis sont-ils prêts à déclencher une guerre à propos de Taiwan ? 

L’ambiance est devenue encore plus gênante car sur la colline du Capitole, le fantasme sinistre d’une série de « guerres d’endiguement » avec la Chine comme moyen d' »encercler » Pékin dans sa zone continentale asiatique et de réduire son influence régionale. En fait, la proximité de la date augmentait plus que proportionnellement le risque lorsque la guerre commençait à être envisagée, ou du moins une escalade sans fin claire, dans le cadre de l’agenda politico-électoral interne.

Le 21 octobre, Biden a ouvertement déclaré sa détermination à « défendre Taïwan » au cas où le gouvernement chinois, qui considère l’île comme une province, la bloque ou l’envahit. Dans les médias de Washington depuis lors, la question à résoudre est passée de la volonté des États-Unis à entrer en guerre à la question de savoir si la marine dispose de moyens suffisants pour la gagner .

Et dans le débat démocrate à Washington, cela se traduit par une tendance à embrasser et à accélérer la nouvelle perspective stratégique qui s’ouvre dans le parti républicain et qui prévoit une série de guerres « d’endiguement » contre la Chine, à commencer par Taïwan. Ils voient le conflit comme inévitable, ils savent qu’en 2025 il pourrait être gagné par Pékin et ils considèrent les avantages électoraux de le faire avancer, surtout si la marine donne certaines garanties de victoire. Le parallélisme avec Roosevelt est finalement l’un des sujets de la présidence actuelle.

 

Élections en Virginie et dans le New Jersey et glissement vers la guerre à Taïwan , 03/11/2021

Lorsque le voyage de Pelosi a été annoncé pour la première fois en avril et défini comme une « ligne rouge » par la Chine , le Département d’État a vu une victoire. Après tout, il est assez téméraire de lancer une épreuve contre une puissance rivale qui ne subira pas de grandes conséquences quoi qu’il arrive. Une nième vague du Covid lui a donné l’occasion d’organiser à partir de la stratégie étrangère américaine ce qui était en principe une tentative de Pelosi de renforcer le seul lien commun qui existe aujourd’hui entre démocrates et républicains dans la chambre : l’obsession de couper les jambes du Développement impérialiste chinois.

Les États-Unis ont rouvert le jeu en juillet avec des déploiements navals dans le détroit de Taïwan et des exercices en mer de Chine méridionale , obtenant le reflet automatique des contre-manœuvres chinoises . Dans un appel personnel, Biden a assuré à Xi qu’il maintiendrait la politique de non-reconnaissance de Taïwan et lui a fait comprendre qu’il était opposé à la visite de Pelosi… qui s’est finalement déployée sans confirmation préalable comme une véritable opération de provocation et de propagande .

Le voyage, cependant, ne semble pas avoir été particulièrement pertinent en tant qu’épisode de la « bataille idéologique » entre Washington et ses rivaux. Entre autres parce qu’il n’était pas exempt du sens historique habituel des campagnes de l’ère Biden. Écouter Pelosi vanter « le modèle de société libre » créé par le régime du Kuomintan sous un portrait de Sun Yat Sen, n’est pas passé inaperçu en Asie et encore moins sur l’île elle-même, qui lèche encore les cicatrices de décennies de dictature à parti unique. .à Taipei.

 

QUE SIGNIFIE LA RÉPONSE CHINOISE ?

Manœuvres chinoises à Taïwan

Zones de déploiement de l’APL chinoise pendant les exercices en cours

La principale réponse chinoise, en fait une simulation de mobilisation générale , vise à envoyer un message profond. L’APL a fait tout son possible pour montrer que nous n’avons pas à attendre jusqu’en 2025, car aujourd’hui, la Chine peut effectivement bloquer non seulement le détroit de Taiwan, mais toute l’île .

L’objectif principal a donc été de perturber la chaîne d’approvisionnement internationale et de démontrer à Washington que les coûts d’une guerre « localisée » sont plus élevés qu’il ne semble l’évaluer. En fait, lorsque les États-Unis ont encouragé Taïwan à contourner les ports chinois sur ses routes d’exportation, il est devenu clair qu’il suffirait que Pékin n’autorise pas les navires taïwanais à faire escale dans ses ports pour mettre la capitale de l’île dans une situation plus difficile.

L’enchère politique, interrompant la coopération militaire et le Green Deal , ne fait qu’amplifier le message adressé au marché des capitaux et multiplier les risques d’« affrontements armés accidentels ».

La réponse de la Maison Blanche a battu des records de cynisme mais, dans le langage diplomatique perverti, elle n’en reste pas moins révélatrice : condamnant les « provocations » chinoises et présentant la réaction du rival comme le prélude à une invasion chinoise de Taïwan qui aurait lieu dans cette décennie.

 

LA PERSPECTIVE D’UNE GUERRE SE RENFORCE-T-ELLE OU S’AFFAIBLIT-ELLE ?

Pilote taïwanais

Après cet exercice général d’avant-guerre, le principal changement qui nous laisse dans le scénario du conflit impérialiste entre les États-Unis et la Chine est la perspective d’une escalade encore plus rapide que prévu en cas d’ouverture des hostilités.

Les métaphores ukrainiennes sont moins pertinentes que jamais. Pas seulement parce que les armées en lice ont une dimension numérique et technologique bien supérieure à celles qui s’affrontent aujourd’hui aux confins du Donbás. D’autant que les régions directement concernées ont un degré de capitalisation et un poids sur le marché industriel mondial incomparable à celui des régions en bataille en Ukraine.

Suite à ces manœuvres chinoises, l’idée américaine selon laquelle une série de « guerres d’endiguement » contre la Chine pourrait avoir lieu dans des théâtres pacifiques géographiquement et temporellement limités s’avère moins viable que jamais. Qu’il s’agisse de Taïwan ou du plus petit des États micronésiens , la possibilité d’une escalade est presque suicidaire.

Ainsi, les perspectives de rechercher et de détruire la Chine dans d’anciens théâtres d’affrontements impérialistes comme le Moyen-Orient … ou l’Europe reviennent. Et c’est sûrement le dérivé le plus dérangeant aujourd’hui.

Avec le modèle allemand d’accumulation en crise existentielle et une coalition gouvernementale dans laquelle les Verts – le parti le plus militariste et pro-américain de la scène européenne – ont de plus en plus de poids , les États-Unis font pression ouvertement sur Berlin pour accélérer sa rupture industrielle avec la Chine. La bourgeoisie allemande semble décidée à avancer légionnairement dans cette direction … quitte à réduire drastiquement le poids global et les capacités concurrentielles de son industrie automobile .

Mais une telle faillite, qui serait inévitablement liée à l’ éviction des grands capitaux et entreprises chinois d’Europe, changerait complètement la relation de Pékin avec l’Occident impérialiste. L’Europe redeviendrait alors le principal champ de bataille entre les blocs. Et l’Ukraine deviendrait la représentation d’un avenir de plus en plus possible. (Un peu comme la Guerre d’Espagne préfigura la Seconde Guerre Mondiale. Cependant les conditions d’existence de l’immense prolétariat européen moderne et très développé, sont très différent aujourd’hui en comparaison des années trente. Voilà une variable fondamentale qui pourrait bien entraîné l’effondrement du grand capital occidental agressif et désespéré face à la crise économique mondiale imminente.  ).

 

Prolétaires du monde entier, unissez-vous, abolissez les armées, la police, la production de guerre, les frontières, le salariat !

Covid-19: le rétropédalage de Delfraissy et Attal…amorce le procès du gouvernement français

Le président du Conseil scientifique et l’ex-porte-parole du gouvernement, en charge des mensonges oligarchiques lors de la séquence covidiste en France (2020-2022), se renvoient la balle, ou plutôt l’obus. C’est à qui se lavera les mains sur l’autre, le scientifique accusant le politique, le politique chargeant le scientifique. On dirait que tout est en train de se casser la gueule, dans les sphères des ingénieurs sociaux… Pourtant, le mensonge aura tenu deux ans, deux ans pendant lesquels des millions de Français ont souffert, inutilement.

Avant de passer au procès médiatico-politique de ces deux agents pathogènes, qui ont abusé de la confiance des Français et dont la collaboration a conduit à un désastre sanitaire et économique sans pareil, rappelons ce qui a été dit et fait au nom du covidisme.

 

La suite:  L’Échelle de Jacob: Covidisme : le rétropédalage de Delfraissy et Attal, responsables mais pas coupables (echelledejacob.blogspot.com)

Aujourd’hui qu’il a quitté la Haut Conseil scientifique…


Dès mars 2020 nous avons dénoncé les mesures prétendument sanitaires (confinement et autres privations de liberté)

Dès mars 2020 nous avons dénoncé les mesures prétendument sanitaires (confinement et autres privations de liberté), comme inefficaces car contraires à la vérité scientifique, les tests PCR chez les asymptomatiques comme une arnaque sans intérêt médical Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique de Emmanuel Macron, serait-il devenu complotiste ?

par Dr Gérard Delépine.

Dès mars 2020 nous avons dénoncé les mesures prétendument sanitaires (confinement et autres privations de liberté), comme inefficaces car contraires à la vérité scientifique, les tests PCR chez les asymptomatiques comme une arnaque sans intérêt médical uniquement destinée à faire croire à des poussées de l’épidémie et l’objectif officiel du zéro covid comme un mirage de la propagande marchande provax.

Depuis la mise sur le marché des pseudo vaccins et la propagande forcenée que martèlent les médias pour nous les imposer, nous répétons que les injections anti-covid ne sont pas des vaccins mais des médicaments, qu’elles sont totalement expérimentales et issues d’une technique jusqu’alors jamais utilisée en infectiologie, qu’elles ne protègent ni de la maladie, ni des transmissions, ni des formes graves, ni de la mort.

Ces constatations scientifiques des faits publiés par l’OMS ont été constamment traitées de fake news par de pseudo journalistes peu scrupuleux qui nous qualifient de complotistes en suggérant même que nous serions d’extrême droite, voire antisémites pour nous diffamer. Malheureusement pour ces mercenaires de la désinformation la vérité est têtue et ce que nous proclamons depuis près de deux ans et demi est progressivement confirmé et reconnu même par les anciens avocats des mesures sanitaires dès qu’ils quittent le monde imaginaire des simulations biaisées pour examiner le monde réel..

Un très bel exemple d’un retour très tardif au monde réel est celui de J.F. Delfraissy.

Confinement déclaré indispensable puis reconnu dévastateur

Début 2020 J.F. Delfraissy avait prétendu que le confinement était indispensable malgré ses doutes qu’il a récemment confié au Parisien : « Mais qu’est-ce qu’on a fait ? », avant de se rassurer rapidement : « Plusieurs autres membres du Conseil scientifique doutaient, eux aussi, et on s’est remonté le moral, se répétant qu’on n’avait pas d’autre choix ». Attitude vraiment incroyable d’un prétendu scientifique censé analyser la balance avantage/risques d’une mesure avant de la conseiller.

Un an plus tard malgré le bilan catastrophique avéré du premier confinement il récidivait avec Denis Malvy et Karine Lacombe plaidant pour une nouvelle astreinte à résidence de la population « Le confinement apparaît vraiment irrémédiable » !

Mais l’inefficacité sanitaire et les conséquences dramatiques des confinements ont depuis été largement démontrées par tous les scientifiques indépendants des gouvernements et des organismes qui les ont imposés.

En février 2021 dans une lettre au Lancet, J.F. Delfraissy reconnaissait enfin, avec 5 autres membres du Conseil scientifique que le confinement avait été nocif et qu’il fallait changer de politique : « il est temps d’abandonner les approches fondées sur la peur, fondées sur un confinement généralisé apparemment aléatoire ». « L’impact de l’enfermement général sur des économies entières a été dévastateur, le pire à venir étant le taux de chômage et la dette nationale ». « Les conséquences sociales et sanitaires (y compris la santé mentale) sont également colossales, en particulier pour les jeunes générations, bien qu’elles soient à faible risque en termes de morbidité et de mortalité par infection par le SRAS-CoV-2. »

Alors pourquoi a-t-il conseillé le premier confinement et persisté ensuite dans l’erreur plusieurs fois ?
Le scandale des passes inefficaces et discriminatoires

Le Conseil scientifique et son président ont présenté les pass comme des mesures permettant de retrouver les libertés sans risque alors qu’ils ne constituaient que des chantages aux libertés pour forcer à l’injection les gens qui n’en avaient aucun besoin.

Lors de son audition au sénat à la question : « Est-ce que le passe protège réellement ? La réponse de J.F. Delfraissy a été « non ».

Alors pourquoi ont-ils menti aux Français en prétendant le contraire ?

Le mirage du « Zéro Covid » reconnu un « échec total ».

Pendant près de deux ans le Conseil scientifique a fait croire que les mesures sanitaires et la vaccination allaient éradiquer le virus selon la stratégie du zéro covid inventée par les Chinois. Ils nous ont promis qu’on obtiendrait l’immunité collective après la vaccination de 60% des Français, puis de 70%, puis de 90%. Mais tous les pays (sauf la Chine) qui nous avaient précédé dans cette stratégie ont reconnu qu’il s’agissait d’un mirage impossible à atteindre dans le monde réel.

Mais après deux ans d’atteintes majeures à nos libertés fondamentales cautionnées par son comité prétendument scientifique J.F. Delfraissy avoue : « Le « Zéro Covid » est un échec total. Il faut vivre avec le virus ! »

Cette stratégie n’a jamais permis d’éradiquer une épidémie avec réservoir animalier connu comme l’est le Covid. Alors pourquoi l’a-t-il conseillée sinon pour vendre des prétendus vaccins ?

Les « vaccins sûrs et efficaces » devenus des « vax médicaments inefficaces ».

Le comité scientifique et son président ont validé tous les mensonges de Pfizer comme celui d’appeler vaccin un médicament expérimental ne contenant aucun antigène et celui « d’une efficacité de 95% » pour inciter la population à se faire injecter. Plus tard, alors que l’échec contre la diffusion virale devenait évident ils ont persisté. « Les vaccins sont efficaces contre le variant delta, si l’on a eu deux injections. il faut se faire vacciner » et quelques mois plus tard ils ont persévéré en prétendant « le vaccin est toujours efficace contre le Covid-19 (…) s’il a été administré trois fois ».

Encore plus choquantes ont été les déclarations de Delfraissy à Sciences-Po Lille conseillant la vaccination des plus jeunes qui ne risquent rien du Covid et celle poussant à la vaccination des femmes enceintes, hérésie scientifique jusqu’ici toujours contre-indiquée.

Ce n’est qu’après la fin annoncée de son comité anti scientifique que J.F. Delfraissy avoue « Ce n’est pas le bon vaccin ! Il ne protège pas contre l’infection et la contagion ».

Alors pourquoi ne s’excuse-t-il pas d’avoir menti pendant au moins dix-huit mois et des complications et des morts que ces médicaments expérimentaux ont causé ?

Le Pr. Delfraissy a été en pointe dans la propagande alarmiste et les décisions portant atteinte à nos libertés fondamentales en leur donnant un alibi scientifique mensonger. Il a bafoué et décrédibilisé la science en trompant les Français pour qu’ils supportent l’inacceptable.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (« Pantagruel », Rabelais)

Il reconnait enfin que ce sont les compagnies pharmaceutiques qui ont tout pouvoir sur les décisions prétendument scientifiques en rapport à ces pseudo vaccins. Mais pourquoi ne l’a-t-il pas dénoncé plus tôt et démissionné du conseil scientifique comme l’a fait très rapidement le Pr D. Raoult ?

Le ministre proclame son désir de transparence. Pour nous en convaincre, il faudrait qu’il fasse lever  le secret défense ubuesque qui pèse sur les 300 réunions et les 80 avis ou notes rédigés en deux ans et quatre mois par ce comité scientifique pour que chacun puisse en faire l’analyse.

À défaut, l’opposition parlementaire devrait l’exiger car qui peut croire que la divulgation de ces documents jusqu’à présent classés secrets, puisse renforcer la virulence du Sars-CoV-2 ?

La démocratie nécessite une information honnête et durant ces deux ans et demi, elle ne l’a pas jamais été.

Source : ns2017

Palestine – Rassemblement jeudi 11 août 2022 à Paris

Par : do

http://mai68.org/spip2/spip.php?article12345

CAPJPO-EuroPalestine 8 août 2022

nous nous rassemblerons jeudi 11 août à la Fontaine des Innocents (angle rue Lescot et rue Berger) à partir de 17 H 30.

Nous vous remercions pour votre présence et pour la diffusion de cette information importante.

Il n’est pas question en effet de cesser la mobilisation contre l’existence du Ghetto de Gaza, contre la colonisation et contre tous les assassinats de Palestiniens.

Le refus de prendre des sanctions contre les criminels de guerre israéliens, alors que cela a pris quelques minutes à nos dirigeants, quand la Russie a bombardé l’Ukraine, est inacceptable.

Le cessez le feu annoncé n’empêchera par l’Etat colonial de poursuivre ses crimes dans toute la Palestine occupée, de tuer, de blesser et d’emprisonner hommes, femmes et enfants. Et il ne pourra effacer les 49 morts et les centaines de blessés, dont un tiers d’enfants, victimes du terrorisme israélien.

Alors même si Israël profite des vacances d’août pour commettre ses massacres, nous devons être le plus nombreux possibles pour réagir et manifester notre soutien au peuple Palestinien !

A jeudi à la Fontaine des Innocents à Paris !

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Sur le chemin de la libération…

Assawra 8 août 2022

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ala’ Abdullah Qaddoum, 5 ans de Gaza City« Aube naissante » aura duré trois jours, du vendredi 05 au dimanche 07 août 2022. Ce fut, comme l’ont qualifié les stratèges israéliens une « opération préventive » contre une éventuelle attaque du Jihad Islamique. Les Etats-Unis et dans leur sillon l’ensemble des puissances alliées dont la France, ont soutenu l’initiative israélienne. L’argument était simple : « Israël a le droit de se défendre ». Ainsi, les droits nationaux et légitimes du Peuple Palestinien ont été balayé d’un revers de main. Toute résistance à l’occupation israélienne étant considérée comme « terroriste ». Voici donc la liste nominative des « terroristes » tombés durant ces trois jours et que notre récit à nous retiendra comme autant d’étendards sur le chemin de la libération. Gloire à nos martyrs.

Roland RICHA
Lundi, 08 août 2022

1- Imad Abd al-Rahim Shallah, 50 ans Gaza.
2- Youssef Salman Qaddoum 24 ans Gaza.
3- Taysir Mahmoud Al-Jabari, 50 ans Gaza City.
4- Salama Muharib Abed 41 ans Gaza.
5- Ala’ Abdullah Qaddoum, 5 ans Gaza City.
6- Donyana Adnan Attia Al-Amour 22 ans Gaza.
7- Mohamed Ahmed Abdel-Fattah Al-Madhoun, 26 ans Tours Al-Nada.
8- Fadl Mustafa Zorob 30 ans Khan Younès.
9- Muhammad Hassan Al-Bayouk, 35 ans, Khan Younis.
10- Ahmad Mazen Azzam, 25 ans Bande de Gaza.
11- Tamim Ghassan Abdullah Hijazi, 23 ans Al-Zana.
12- Oussama Abdul Rahman Al-Suri, 27 ans, Bani Suhaila.
13- Hassan Mohamed Mansour, 26 ans, Jabalia.
14- Naama Muhammad Abu Qaida 62 ans Jabalia.
15- Noureddine Ali Al-Zubaidi 19 ans Jabalia
16- Hazem Muhammad Salem 12 ans Jabalia.
17- Ahmad Muhammad Al-Nayrab 13 ans Jabalia.
18- Moamen Muhammad Al-Nairab 4 ans Jabalia.
19 – Khalil Iyad Abu Hamadeh, 19 ans, Jabalia.
20- Ahmed Walid Al-Fram, 18 ans Jabalia.
21- Misbah al-Khatib 50 ans Jabalia.
22- Muhammad Muhammad Ibrahim Zaqout 19 ans Jabalia.
23- Ziad Ahmed Al Mudallal, 36 ans Rafah.
24- Muhammad Iyad Hassouna, 14 ans Rafah.
25- Ismail Abdel Hamid Mohamed Salameh, 30 ans Rafah.
26- Hana Ismail Ali Salameh, 51 ans, Rafah.
27- Rafat Saleh Ibrahim Al-Zamili, 45 ans, Rafah.
28- Khaled Saïd Mansour 47 ans Rafah.
29- Alaa Saleh Al-Tahrawi, 30 ans, Rafah.
30- Ahmad Muhammad Afana, 31 ans, Jabalia.
31- Dia Zuhair Al-Borai, 30 ans Jabalia.
32- Jamil Ehab Najm 15 ans Jabalia.
33- Jamil Najm Najm 6 ans Jabalia.
34- Nazmi Fayez Abu Karsh 16 ans Jabalia.
35- Hamed Haider Najm 17 ans Jabalia.
36-Mohamed Salah Negm 17 ans Jabalia.
37- Muhammad Yasser Nimr Al-Nabahin 13 ans Al-Bureij.
38- Ahmed Yasser Nimr Al Nabahin 9 ans Al-Bureij.
39- Dalia Yasser Nimr Al Nabaheen 13 ans Al Bureij.
40 – Yasser Nimr Mahmoud Al Nabahin 45 ans Al-Bureij.
41 – Khaled Ayman Yassin, 27 ans Al Zaytoun.
42- Shady Emad Nimr Kahil, 27 ans Al Zaytoun.
43- Abd al-Rahman Jum’ah al-Silk 19 ans al-Shuja’iyya.

LA RÉVOLUTION BOLCHÉVIQUE (1934)

Publié dans International Council Correspondence, Chicago, vol. 1, n° 3, décembre 1934. Précédente mise en ligne sur www.left-dis.nl .

 

  1. LA SIGNIFICATION DU BOLCHEVISME
  2. Le bolchevisme s’est créé un champ clos de pratique sociale dans l’économie et dans l’État soviétiques. Il a fait de la IIIe Internationale un instrument apte a diriger et influencer le mouvement des travailleurs à une échelle internationale. Il a élaboré dans le « léninisme » ses directives en matière de principes et de stratégie. Il reste à savoir si la théorie bolchevique exprime, comme l’a dit Staline, le marxisme à l’heure de l’impérialisme et si, dans ce cas, elle représente l’axe du mouvement révolutionnaire prolétarien international.
  1. Le bolchevisme s’est acquis une réputation internationale au sein du mouvement ouvrier, d’une part par son opposition révolutionnaire systématique à la guerre mondiale de 1914-1918, d’autre part par la révolution russe de 1917. Son importance historique mondiale vient de ce que, sous la direction conséquente de Lénine, il a reconnu les problèmes de la révolution russe et a su forger, dans le même moment, à l’intérieur du parti bolchevique, l’instrument par lequel ces problèmes pouvaient être résolus en pratique. Cette adaptation du bolchevisme aux problèmes soulevés par la révolution russe fut la conséquence de vingt années d’un développement continu et patient, ainsi que d’une profonde connaissance des rapports entre les classes.
  2. Pour savoir si cette parfaite maîtrise dont a fait preuve le bolchevisme lui donne droit à la direction théorique, tactique et organisationnelle de la révolution internationale prolétarienne, il est nécessaire d’examiner, d’une part, les bases et les prémisses sociales de la révolution russe, et, d’autre part, les problèmes de la révolution prolétarienne dans les grandes nations capitalistes.
  3. LES PRÉMISSES DE LA RÉVOLUTION RUSSE
  4. La société russe a été fortement conditionnée par sa situation entre l’Europe et l’Asie. Tandis que la force économique plus progressive de l’Europe occidentale et sa position internationale plus puissante détruisaient, en Russie, avant la fin du Moyen Age, les premiers balbutiements d’un développement commercial de type capitaliste, la supériorité politique du despotisme oriental allait jeter les bases de l’organisation étatique absolutiste de l’Empire russe. Ainsi, la Russie occupait, non seulement par sa situation géographique, mais aussi du point de vue économique et politique, une position intermédiaire entre les deux continents, dont elle a combiné les différent systèmes sociaux et politiques de façon très personnelle.
  5. Cette position ambiguë qu’occupait la Russie dans le monde a influencé de manière décisive, non seulement son lointain passé, mais aussi les problèmes de sa révolution dans les deux premières décades du siècle. A l’époque de la montée de l’impérialisme, le système capitaliste a créé deux centres qui s’opposaient mutuellement tout en s’entrelaçant étroitement : le centre capitaliste hautement développé de la marche en avant de l’impérialisme actif dans les zones fortement industrialisées de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord, et le centre colonial du pillage impérialiste passif dans les régions agricoles de l’Asie orientale. De ces deux centres simultanément s’est élevée une opposition de classe au système impérialiste : la révolution prolétarienne internationale, d’une part, qui s’organise autour des nations capitalistes fortement développées de l’Europe et de l’Amérique du Nord, et la révolution agraire nationale, d’autre part, née dans les nations agricoles de l’Asie orientale. La Russie, qui se trouvait sur la ligne de démarcation des sphères d’influence de ces deux centres impérialistes, a vu se combiner ces deux tendances révolutionnaires sur son territoire.
  6. L’économie russe était un mélange de production agricole de type archaïque, caractéristique des pays asiatiques, et d’économie industrielle moderne, caractéristique de l’Europe. Le servage, sous diverses formes, survivait en pratique pour l’immense majorité de la paysannerie russe, et entravait le développement d’une agriculture de type capitaliste qui commençait à peine à s’ébaucher. Ces nouvelles méthodes allaient simplement entraîner la dislocation du village russe (1), et faire naître une situation d’indigence indescriptible, tandis que le paysan restait enchaîné à une terre qui ne pouvait désormais plus le nourrir.

L’agriculture russe qui impliquait les quatre cinquièmes de la population russe et représentait plus de la moitié de la production totale du pays, était jusqu’en 1917 une économie féodale parsemée d’éléments de capitalisme. L’industrie russe fut greffée sur le pays par le régime tsariste, désireux de se rendre indépendant de l’étranger, en particulier pour l’équipement militaire. Toutefois, comme la Russie ne possédait ni les bases d’un système artisanal bien développé, ni les rudiments nécessaires à la création d’une classe de « travailleurs libres », ce capitalisme d’État, bien que fondé sur la production en série, ne donna pas naissance à une classe ouvrière salariée. Ce système de servage capitaliste devait laisser, jusqu’en 1917, des traces indélébiles de sa particularité, par exemple dans le mode de paiement des salaires, le logement des ouvriers, la législation sociale, etc. Les travailleurs russes étaient par conséquent, non seulement en retard dans leurs techniques, mais aussi, pour une large part, illettrés et attachés, directement ou indirectement, au village. Dans de nombreuses branches de l’industrie, la main-d’œuvre se composait essentiellement d’ouvriers paysans saisonniers qui n’avaient pas de contact permanent avec la ville. Jusqu’en 1917, l’industrie russe représentait un système de production capitaliste mêlé à des éléments féodaux. L’agriculture de type féodal et l’industrie capitaliste s’imprégnaient ainsi mutuellement de leurs éléments essentiels et se combinaient en un système qui ne pouvait ni être gouverné d’après les principes d’économie féodale, ni se développer dans la voie du capitalisme.

  1. La tâche économique de la révolution russe était, tout d’abord, de démasquer le féodalisme agraire et de mettre fin à l’exploitation des paysans par le système du servage, tout en industrialisant l’agriculture, en la haussant au niveau d’une production moderne de marchandises; et en deuxième lieu, de rendre possible la création autonome d’une classe de véritables  « travailleurs libres » , en débarrassant le développement industriel de tout vestige féodal — en d’autres termes, il s’agissait pour le bolchevisme d’accomplir les tâches de la révolution bourgeoise.
  2. C’est sur ces bases que se dressait l’absolutisme de l’État tsariste. L’existence d’un tel État dépendait de l’équilibre entre les deux classes possédantes, aucune de ces deux classes ne pouvant arriver à dominer l’autre. Si le capitalisme représentait la charpente économique de l‘État tsariste, la noblesse féodale en était l’assise politique « constitution » , « droit de vote », système d’ « autonomie étatique », autant de termes qui ne pouvaient cacher l’impuissance politique des classes de l’État tsariste. Étant donné le retard économique du pays, cela produisit une méthode de gouvernement à mi-chemin entre l’absolutisme européen et le despotisme oriental.
  1. Sur le plan politique, la révolution russe devait procéder aux tâches suivantes : destruction de l’absolutisme, abolition de la noblesse féodale en tant que premier ordre, et création d’une constitution politique et d’un appareil administratif, garants politiques de l’exécution de l’oeuvre économique de la révolution. Ainsi, les objectifs politiques de la révolution russe s’accordaient à ses prémisses économiques… les objectifs de la révolution bourgeoise.

III. LES CLASSES DANS LA RÉVOLUTION RUSSE

  1. En raison de ce mélange social particulier d’éléments féodaux et capitalistes, la révolution russe se heurtait aussi à d’autres problèmes ardus. En essence, elle différait aussi fondamentalement de la révolution bourgeoise de type classique que la structure sociale de l’absolutisme russe du début du siècle différait, disons, de celle de l’absolutisme français du XVIIe siècle.
  2. Cette différence, qui correspondait à la dualité de la structure économique, a trouvé sa plus claire expression politique dans l’attitude des diverses classes de la société russe envers le tsarisme et envers la révolution. Si, en principe, toutes ces classes étaient unies par leurs intérêts économiques dans leur opposition au tsarisme, dans la pratique elles ne se battaient pas avec la même intensité ni dans les mêmes buts.
  3. La noblesse féodale luttait avant tout pour étendre son influence sur l’Etat absolutiste, qu’elle souhaitait maintenir intact, afin de conserver ses privilèges.
  4. La bourgeoisie, faible dans ses effectifs, dépendante politiquement et directement attachée au tsarisme par des subventions étatiques, devait connaître de nombreux changements d’orientation politique. Le mouvement des Décembristes de 1825 a été sa seule action révolutionnaire contre l’Etat absolutiste. Dans les années 1870 et 1880, elle a soutenu passivement le mouvement terroriste révolutionnaire des narodniki (2), espérant ainsi accroître les pressions contre le tsarisme. Dans le même but, elle a tenté d’utiliser les mouvements de grève révolutionnaires, jusqu’aux luttes d’octobre 1905 il n’était désormais plus question, pour la bourgeoisie, de renverser le tsarisme, mais simplement de le réformer. Pendant la période parlementaire, de 1906 au printemps de 1917, elle est entrée dans sa phase de coopération avec le tsarisme. Et finalement, fuyant les conséquences des luttes révolutionnaires des masses prolétariennes et paysannes, elle s’est rendue sans conditions à la réaction tsariste, lors du putsch de Kornilov (3), qui avait pour but de rétablir le tsar dans ses anciens pouvoirs. La bourgeoisie russe était devenue contre-révolutionnaire bien avant même d’avoir accompli sa propre révolution. Révolution bourgeoise, la révolution russe s’est faite, non seulement sans la bourgeoisie, mais directement contre elle, ce qui a eu des répercussions fondamentales sur l’ensemble de sa politique.
  5. Quant à la paysannerie, qui constituait l’écrasante majorité de la population russe, elle allait jouer un rôle déterminant, bien que passif, dans la révolution russe. Alors que la paysannerie possédante — la moyenne et la grande — aux effectifs limités, se situait politiquement du côté du libéralisme petit-bourgeois, la grande masse des petits paysans affamés et asservis se sont vus contraints, pour survivre, à procéder à de violentes expropriations des grands domaines. Incapables de poursuivre une politique de classe qui leur soit propre, les paysans russes ont dû se mettre sous la direction d’autres classes. A l’exception de quelques révoltes isolées, ils représentaient, jusqu’en février 1917, le pilier du tsarisme. Ces masses inertes et arriérées ont été responsables de l’échec de la révolution de 1905. Pourtant, en 1917, les paysans ont joué un rôle décisif dans la chute du tsarisme organisés par celui-ci en grandes unités dans l’armée russe, ils ont paralysé, par leur passivité, la conduite de la guerre. Enfin, pendant la période révolutionnaire, ils ont, par leurs révoltes primitives mais efficaces, mis fin à la grande propriété terrienne et ont créé les conditions nécessaires à la victoire de la révolution bolchevique : pendant les années de la guerre civile, celle-ci n’aurait pu survivre sans leurs actions de solidarité.
  6. Le prolétariat russe, également arriéré, avait néanmoins accumulé, sous la férule impitoyable de l’oppression tsariste et capitaliste, une grande réserve de combativité. Il a participé avec ténacité à toutes les actions de la révolution bourgeoise russe, dont il est devenu l’instrument le plus acéré et le plus sûr. Il a fait de chacun de ses affrontements avec le tsarisme un acte révolutionnaire, développant ainsi une conscience de classe primitive qui, pendant les luttes de 1917 (en particulier lors de la prise d’assaut spontanée des principales entreprises), a atteint le point culminant de la volonté subjective du communisme.
  7. L’intelligentsia petite-bourgeoise a joué un rôle précis dans la révolution russe. Limités à l’extrême sur le plan culturel et matériel, freinés dans leurs progrès professionnels, ayant été en contact avec les idées les plus avancées de l’Europe occidentale, les éléments les plus combatifs de l’intelligentsia étaient à l’avant-garde du mouvement révolutionnaire qu’ils allaient marquer du sceau jacobin et petit-bourgeois. Le mouvement de la social-démocratie russe, dirigé par des révolutionnaires professionnels, représentait essentiellement un parti de la petite-bourgeoisie révolutionnaire.
  8. La révolution russe présentait certains problèmes dont la solution sociale dépendait d’une curieuse combinaison des forces les masses paysannes constituaient, dans leur passivité, les assises de la révolution; les masses prolétariennes, plus faibles numériquement, mais puissantes dans l’action révolutionnaire, en étaient l’arme de combat; et la petite fraction d’intellectuels révolutionnaires, en était le cerveau.
  9. Cette structure triangulaire était une séquelle inévitable de la société tsariste qui était dominée par un Etat absolutiste autonome, s’appuyant sur les classes possédantes, privées du droit électoral : la noblesse féodale et la bourgeoisie. Les problèmes particuliers que posait l’accomplissement d’une révolution bourgeoise sans la bourgeoisie, et contre elle, venaient de œ que, pour renverser le tsarisme, il était nécessaire de mobiliser la paysannerie et le prolétariat dans une lutte pour leurs propres intérêts, ce qui impliquait, non seulement la destruction du tsarisme, mais aussi des formes existantes d’exploitation féodale et capitaliste. Par leur nombre, les paysans auraient pu faire face à la situation; politiquement, ils en étaient incapables, ne pouvant actualiser leurs intérêts de classe qu’en se soumettant à l’autorité d’une autre classe qui, à son tour, déterminait dans quelle mesure ces intérêts pouvaient être satisfaits. En 1917, les travailleurs russes ont ébauché une politique de classe, communiste et autonome. Il leur manquait toutefois les bases sociales nécessaires pour réussir, puisque la victoire de la révolution prolétarienne devait être aussi une victoire sur la paysannerie. Or le prolétariat russe, dont les effectifs, répartis dans différents secteurs, ne dépassaient pas dix millions, ne pouvait triompher de la classe paysanne. En conséquence, il a dû, tout comme la paysannerie, se soumettre à l’autorité d’un groupe d’intellectuels qui n’étaient pas intrinsèquement liés à ses intérêts.
  10. L’œuvre des bolcheviks a été de créer la direction de la révolution russe et de développer une tactique appropriée. Ils ont accompli ce qui paraissait impossible : la création d’une alliance entre deux classes antagonistes, les masses paysannes en lutte pour la propriété privée, et le prolétariat en lutte pour le communisme. Dans les conditions difficiles qui existaient alors, ils ont rendu la révolution possible, et ils en ont assuré le succès en accouplant ces éléments ouvriers et paysans dans les fers de la dictature du parti bolchevique. Ils représentent le parti dirigeant de l’intelligentsia petite-bourgeoise révolutionnaire de Russie. Ils ont accompli la tâche historique de la révolution russe qui consistait à lier la révolution bourgeoise de la paysannerie à la révolution prolétarienne de la classe ouvrière.
  11. L’ESSENCE DU BOLCHEVISME
  12. Le bolchevisme offre toutes les caractéristiques de la révolution bourgeoise, mais intensifiées par une connaissance approfondie, tirée du marxisme, des lois de la lutte des classes. Lorsque Lénine dit :  » Le social-démocrate révolutionnaire est un jacobin uni aux masses « , il fait plus qu’une comparaison superficielle. Pour lui, il existait une profonde affinité de méthode et de buts entre la social-démocratie russe et la petite bourgeoisie révolutionnaire de la révolution française.
  13. Le principe de base de la politique bolchevique (conquête et exercice du pouvoir par l’organisation) est jacobin ; la grandiose perspective politique bolchevique est jacobine; sa réalisation pratique au cours de la lutte de l’organisation bolchevique pour le pouvoir est jacobine; la mobilisation de tous les moyens et de toutes les forces de la société capables de renverser l’absolutisme, ainsi que l’emploi de toute méthode susceptible de mener à bien ce projet ; les manœuvres et les compromis du parti bolchevique avec toute force sociale qui pouvait être utilisée, ne serait-ce que pour un très court instant, et dans le secteur le moins important… tel est l’esprit jacobin. Enfin, conception essentielle de l’organisation bolchevique elle-même, est jacobine la création d’une organisation rigide de révolutionnaires professionnels qui restera l’instrument obéissant d’une direction omnipotente.
  14. Sur le plan de la théorie, le bolchevisme est loin d’avoir élaboré une pensée autonome qui puisse être considérée comme un système cohérent. Au contraire, il s’est approprié la méthode marxiste d’analyse des classes, en l’adaptant à la situation révolutionnaire russe, c’est-à-dire qu’il en a fondamentalement changé le contenu tout en conservant les concepts.
  15. La seule réalisation idéologique du bolchevisme a été de relier sa propre théorie politique, dans son ensemble, au matérialisme philosophique. Protagoniste radical de la révolution bourgeoise, il retombe sur l’idéologie radicale de la révolution bourgeoise, dont il fait le dogme de sa propre conception de la société humaine. Cet attachement au matérialisme philosophique s’accompagne d’un glissement en arrière continu vers un idéalisme qui veut que la pratique politique émane en dernier lieu de l’action des chefs. (La trahison du réformisme, l’idolâtrie de Lénine et de Staline.)
  16. L’organisation du bolchevisme a émergé des cercles social-démocrates de révolutionnaires intellectuels et s’est développée, à travers les luttes, les scissions et les défaites des factions, en une organisation de dirigeants dont les postes essentiels Sont aux mains des intellectuels petits-bourgeois. La situation d’illégalité qui se poursuivait en Russie allait favoriser la croissance du bolchevisme. Celui-ci s’établit alors comme une organisation politique de caractère militaire, s’appuyant sur des révolutionnaires professionnels. Sans cet instrument rigide du pouvoir, la tactique bolchevique n’aurait pu être menée à bien, et l’œuvre historique de l’intelligentsia révolutionnaire russe n’aurait pu s’accomplir.
  17. Élaborée pour poursuivre la conquête du pouvoir, La tactique bolchevique s’est avérée — notamment jusqu’au mois d’octobre 1917 — d’une grande uniformité interne. Ses perpétuelles fluctuations externes n’étaient que des adaptations temporaires aux changements de situations et aux variations des rapports de force entre les classes. En concordance avec le principe de subordination absolue des moyens à la fin, et sans aucune considération pour les effets idéologiques qu’elle pouvait avoir sur les classes dirigées par le parti bolchevique, la tactique a été révisée, même sur des points en apparence fondamentaux. La tâche des fonctionnaires était de rendre ces manoeuvres accessibles aux  » masses « . D’autre part, étant donné que le seul but de la politique du Parti était la capture inconditionnelle des masses (attitude rendue nécessaire puisque les masses se composaient des classes ouvrière et paysanne dont les intérêts et la conscience de classe différaient totalement), toute agitation idéologique au sein des masses était utilisée, même lorsqu’elle contredisait radicalement le programme du Parti. C’est précisément en cela que la méthode tactique du bolchevisme se rapproche de la politique de la révolution bourgeoise ; et c’est effectivement la méthode de cette politique que le bolchevisme a remis à l’honneur.
  18. LES DIRECTIVES DE LA POLITIQUE BOLCHEVIQUE
  19. Le bolchevisme est né de la volonté de renverser le régime tsariste. En tant qu’attaque contre l’absolutisme, il présente les traits de la révolution bourgeoise. Au cours des luttes qui se sont déroulées au sein de la social-démocratie russe au sujet des tactiques à adopter pour atteindre cet objectif, le bolchevisme a élaboré ses méthodes et ses slogans.
  20. La tâche historique du bolchevisme a été de souder deux révoltes opposées, celle du prolétariat et celle de la paysannerie, en en prenant la direction et en les orientant vers un objectif commun : l’abolition de l’État féodal. Il lui a fallu allier la révolte paysanne (phase de la révolution bourgeoise au début du développement de la société bourgeoise) à celle du prolétariat (phase de la révolution prolétarienne à la fin du développement de la société bourgeoise) dans une action commune. Ceci n’a été rendu possible que par un grand déploiement stratégique qui a utilisé les agitations et les tendances de classe les plus variées.
  21. Cette stratégie (qui consistait à utiliser le mécontentement des masses) venait du désir d’exploiter jusqu’aux moindres divergences et aux plus infimes failles dans le camp ennemi. Ainsi Lénine a-t-il pu dire un jour des propriétaires libéraux qu’ils étaient « nos alliés de demain« , soutenir, une autre fois, les prêtres parce qu’ils s’opposaient à un régime qui ne les satisfaisait pas matériellement, et se déclarer prêt à appuyer les sectes religieuses persécutées par le tsarisme.
  22. Toutefois, Lénine a précisé sa tactique en posant correctement la question des « alliés de la révolution »; en particulier, en se servant des expériences de 1905, il s’est opposé carrément à tout compromis avec les groupes capitalistes dominants, et il a limité la politique des « alliés  » et des compromis aux seuls éléments de la petite bourgeoisie ou de la petite paysannerie — c’est-à-dire, les seuls éléments qui pouvaient être historiquement mobilisés pour une révolution bourgeoise en Russie.
  23. Le slogan tactique  » dictature démocratique des ouvriers et des paysans « , indiquait en 1905 la ligne directrice générale du bolchevisme et exprimait encore l’idée illusoire d’un parlementarisme sans la bourgeoisie. II allait plus tard être remplacé par le slogan « alliance de classe entre ouvriers et paysans « . Cette formule ne cachait rien d’autre que la nécessité de mettre chacune de ces classes en mouvement pour permettre la saisie du pouvoir par les bolcheviks.
  24. Ces slogans temporaires qui ont mobilisé, sur la base de leurs intérêts contradictoires, les deux classes déterminantes de la révolution russe, découlaient de la volonté implacable d’utiliser les forces de ces classes. Pour mobiliser la paysannerie, les bolcheviks ont forgé dès 1905, ou vers cette époque, le slogan de l’ » expropriation radicale des propriétaires terriens par les paysans « . Slogan qui, du point de vue des paysans, pouvait passer pour une invitation à se partager entre eux les grands domaines. Lorsque les mencheviks ont fait ressortir le contenu réactionnaire des slogans agraires bolcheviques, Lénine leur a répondu que les bolcheviks étaient loin d’avoir décidé de ce qu’ils allaient faire de ces grands domaines expropriés ; le règlement de cette question serait l’affaire de la social-démocratie au pouvoir. En conséquence, la demande d’expropriation des grands domaines par les paysans, bien qu’essentiellement démagogique, touchait directement les intérêts de la paysannerie. De la même manière, les bolcheviks ont diffusé leurs slogans parmi les ouvriers; celui des soviets en particulier. Que le slogan détermine la tactique des ouvriers n’était en soi qu’un succès momentané; le Parti ne considérait aucunement que le slogan le liait aux masses par une obligation de principe; il y voyait au contraire l’instrument de propagande d’une politique qui visait en dernier lieu la prise du pouvoir par l’organisation.
  25. Au cours de la période 1906-1914, le bolchevisme allait développer la tactique du « parlementarisme révolutionnaire » par une combinaison d’actes légaux et illégaux. Cette tactique s’accordait à la situation de révolution bourgeoise en Russie. Grâce à cette tactique, le parti bolchevique est parvenu à unifier la guerre de guérilla contre l’absolutisme que menaient, sur deux fronts à la fois, les ouvriers d’une part, et les paysans de l’autre, et à en faire l’élément essentiel à la préparation de la révolution bourgeoise dans le contexte russe. En particulier, du fait de la politique dictatoriale tsariste, chaque progrès de la social-démocratie russe dans l’activité parlementaire portait la marque de la révolution bourgeoise. Cette tactique de mobilisation de la paysannerie et du prolétariat (ces deux classes décisives pour la révolution russe) allait se poursuivre plus avant au cours de la période qui s’étend de la révolution de 1905 à la guerre mondiale, et la Douma allait servir de tribune de propagande pour les ouvriers et les paysans.
  26. Le bolchevisme a résolu le problème historique de la révolution bourgeoise dans la Russie féodale et capitaliste avec l’aide du prolétariat, instrument actif et combattant. Il s’est également approprié la théorie révolutionnaire de la classe ouvrière en la transformant pour ses propres besoins. Le  » marxisme-léninisme  » n’est pas le marxisme, mais un remplissage de terminologie marxiste adaptée aux besoins de la révolution bourgeoise en Russie avec le contenu social de la révolution russe. Si cette théorie a permis de comprendre la structure sociale russe, elle est devenue également, entre les mains des bolcheviks, un moyen de voiler le contenu de classe de la révolution bolchevique. Derrière les concepts et les slogans marxistes se cache une révolution bourgeoise qui a été menée, sous la direction d’une intelligentsia révolutionnaire petite-bourgeoise, par les forces unies d’un prolétariat socialiste et d’une paysannerie liée à la propriété privée, contre l’absolutisme tsariste, la noblesse terrienne et la bourgeoisie.
  27. La revendication absolue du leadership par l’intelligentsia révolutionnaire petite-bourgeoise et jacobine se cache sous la conception bolchevique du rôle du Parti vis-à-vis de la classe ouvrière. L’intelligentsia petite-bourgeoise ne pouvait élargir son organisation et en faire une arme révolutionnaire active qu’à la condition de pouvoir attirer et utiliser les forces prolétariennes. Elle a donc appelé son parti jacobin un parti prolétarien. La subordination d’une classe ouvrière combattante à une direction petite-bourgeoise se justifiait par la théorie bolchevique de I’ « avant-garde  » du prolétariat — une théorie qui aboutit, en pratique, au principe d’après lequel le Parti incarne la classe. En d’autres termes, le Parti n’est pas un instrument de la classe ouvrière, mais au contraire, c’est la classe ouvrière qui est l’instrument du Parti.
  28. La nécessité de fonder la politique bolchevique sur les deux classes inférieures de la société russe s’est traduite par la formule d’une « alliance de classe entre le prolétariat et la paysannerie  » — une alliance dans laquelle, logiquement, les intérêts de classe antagonistes sont volontairement réunis.
  29. Par la formule « suprématie du prolétariat dans la révolution » , les bolcheviks ont masqué leur volonté de diriger inconditionnellement la paysannerie. Or, comme le prolétariat est à son tour dirigé par le parti bolchevique, la  » suprématie du prolétariat  » n’est rien d’autre que la Suprématie du parti bolchevique et sa volonté de gouverner les deux classes.
  30. Cette prétention des bolcheviks à vouloir prendre le pouvoir à l’aide des deux classes, trouve sa plus haute expression dans le concept bolchevique de la  « dictature du prolétariat ». Cette formule, liée à la conception du Parti comme organisation dirigeante de la classe, signifie tout naturellement l’omnipotence de l’organisation jacobino-bolchevique. Son contenu de classe est, de plus, totalement balayé par la définition bolchevique de la dictature du prolétariat comme étant  « une alliance de classe entre le prolétariat et la paysannerie sous la direction du prolétariat  » (Staline et le programme du Komintern). Le principe marxiste de la dictature de la classe ouvrière est ainsi déformé par le bolchevisme qui en fait la domination, par un parti de caractère jacobin, de deux classes opposées.
  31. Les bolcheviks ont eux-mêmes souligné le caractère bourgeois de leur révolution avec leur formule révisée de  » révolution du peuple « , c’est-à-dire la lutte commune de différentes classes d’un peuple dans une révolution. C’est le slogan type de toute révolution bourgeoise qui mobilise sous la direction de la bourgeoisie les masses de paysans petits-bourgeois et de prolétaires pour servir les intérêts de la classe bourgeoise.
  32. En ce qui concerne la lutte de l’organisation pour assurer son pouvoir sur les classes révolutionnaires, toute attitude démocratique du bolchevisme n’est qu’un simple coup tactique dans un jeu d’échecs. Ceci est apparu clairement lorsque s’est posée la question de la démocratie des travailleurs dans les soviets. Le slogan léniniste de mars 1917,  « tout le pouvoir aux soviets », restait fidèle à la caractéristique fondamentale de la révolution russe (le système des deux classes), puisque les soviets étaient des  « conseils d’ouvriers, de paysans et de soldats » (les soldats étant des paysans). De plus, le slogan avait été lancé par Lénine au cours de la révolution de février dans un but tactique. Il paraissait susceptible d’assurer la transition « pacifique », à la tête de la révolution, de la coalition menchevique social-révolutionnaire au bolchevisme, grâce à l’influence croissante de ce dernier dans les soviets. Après la manifestation de juillet, les bolcheviks devaient perdre de leur influence sur les soviets, et Lénine, abandonnant temporairement le slogan des soviets, demanda au parti bolchevique d’élaborer d’autres slogans d’insurrection (4). Il a fallu attendre le putsch de Kornilov pour que l’influence bolchevique dans les soviets remonte en flèche et pour que le parti de Lénine décide de reprendre ce slogan. (Dès l’instant où les bolcheviks ont considéré les soviets comme des organes d’insurrection et non plus comme des organes de la classe ouvrière, il est venu plus évident que pour eux les soviets n’étaient qu’un instrument qui permettait à leur parti de s’emparer du pouvoir. Ceci a été démontré dans la pratique, non seulement par leur organisation de l’État soviétique après la conquête du pouvoir, mais aussi dans le cas particulier de la répression sanglante de l’insurrection de Kronstadt. Au terme de cette insurrection, les revendications de caractère capitaliste faites par des paysans devaient être satisfaites par la NEP, tandis que les revendications démocratiques du prolétariat ont été noyées dans le sang de la classe ouvrière.
  33. Les divergences d’opinion sur la forme et la composition des soviets russes ont amené, dès 1920, la formation, dans le Parti, d’un courant communiste authentique, quoique encore faible dans son ensemble. L’« Opposition ouvrière » (5) s’appuyait sur la volonté de mener à bien la démocratie soviétique dans l’intérêt de la classe ouvrière. Comme toute opposition sérieuse contre le régime, celle-ci devait être matée ultérieurement par l’emprisonnement, l’exil et l’exécution militaire, mais son programme reste le point de départ historique d’un mouvement indépendant prolétarien-communiste contre le régime bolchevique.
  34. La question des syndicats a été de même déterminée par le désir du parti bolchevique de dominer et de diriger les ouvriers. En Russie, les bolcheviks ont éliminé des syndicats tout ce qui avait trait à l’organisation du travail, en leur imposant, après la conquête du pouvoir, une structure disciplinaire et militaire. Dans les autres pays, le résultat ultime de la politique bolchevique a été de protéger les organisations syndicales réformistes et bureaucratiques; loin de démanteler ces organisations, les bolcheviks ont préconisé la  « conquête  » de leurs dispositifs. Ils étaient les adversaires farouches de l’idée d’organisations industrielles révolutionnaires, qui incarnaient pour eux la démocratie. Les bolcheviks se sont battus pour la conquête ou pour la rénovation d’organisations contrôlées par une bureaucratie centralisée, qu’ils pensaient pouvoir diriger du haut de leurs postes de commande.
  35. En tant que dirigeants d’une dictature de type jacobin, les bolcheviks ont, à tous les stades, combattu sans relâche l’idée d’auto-détermination de la classe ouvrière et réclamé la subordination du prolétariat à l’organisation bureaucratique. Avant la guerre, lors des discussions qui se déroulèrent au sein de la IIe Internationale au sujet de l’organisation, Lénine se révéla un adversaire violent et vindicatif de Rosa Luxemburg et s’appuya carrément sur le centriste Kautsky qui devait, pendant et après la guerre, s’avérer un ennemi de classe. Déjà à cette époque, le bolchevisme avait prouvé (et ne devait jamais se démentir) non seulement qu’il ne comprenait pas le développement de la conscience de classe du prolétariat et de ses organisations, mais aussi qu’il combattait par tous les moyens toute tentative théorique et pratique de développer de véritables organisations de classe et une véritable politique de classe.

VII. LA RÉVOLUTION BOLCHEVIQUE

  1. Le bolchevisme a appelé la révolution de février la révolution bourgeoise, et celle d’octobre, la révolution prolétarienne, faisant ainsi passer son propre régime pour le règne de la classe prolétarienne, et sa politique économique pour du socialisme. Cette vision de la révolution de 1917 est une absurdité de par le simple fait qu’elle suppose qu’un développement de sept mois aurait suffi à créer les bases économiques et sociales d’une révolution prolétarienne, dans un pays qui venait à peine d’entrer dans la phase de sa révolution bourgeoise — en d’autres termes, sauter d’un bond par-dessus tout un processus de développement social et économique qui nécessiterait au moins plusieurs décennies. En réalité, la révolution de 1917 est un processus de transformation unitaire, qui a débuté avec la chute du tsarisme et a atteint son apogée avec la victoire de l’insurrection armée des bolcheviks, le 7 novembre. Et ce violent processus de transformation ne peut être que celui de la révolution bourgeoise russe, dans les conditions historiques et particulières de la Russie.
  2. Au cours de ce processus, le parti de l’intelligentsia jacobine révolutionnaire a pris le pouvoir en s’appuyant sur les deux mouvements sociaux qui avaient déclenché l’insurrection de masse, celui des prolétaires et celui des paysans. Pour remplacer le gouvernement triangulaire ébranlé (tsarisme, noblesse et bourgeoisie), il a créé le triangle bolchevisme, paysannerie, classe ouvrière. Et de même que l’appareil étatique du tsarisme régnait de façon autonome sur les deux classes possédantes, de même le nouvel appareil étatique bolchevique commença par se rendre indépendant des deux classes qui l’avaient porté au pouvoir. La Russie est sortie des conditions de l’absolutisme tsariste pour tomber dans celles de l’absolutisme bolchevique.
  3. Pendant la période révolutionnaire, la politique bolchevique a atteint son point culminant avec la mobilisation et le contrôle des forces sociales de la révolution. La tactique révolutionnaire bolchevique a connu son apogée lors de la préparation et de la mise à exécution de l’insurrection armée. Le soulèvement violent devint pour les bolcheviks une action militaire concertée et minutieusement organisée, avec, comme moteur et comme puissance dirigeante, le parti bolchevique et ses troupes de combat. La conception, la préparation et l’exécution de l’insurrection armée par les bolcheviks porte le sceau de la conspiration jacobine (ce qui en Russie était, répétons-le, la seule politique possible) : une insurrection dans le contexte particulier d’une révolution bourgeoise contre la bourgeoisie.
  4. Les slogans économiques de la révolution bolchevique font apparaître son caractère de révolution bourgeoise. Pour les masses paysannes, les bolcheviks symbolisaient l’expropriation violente des grands domaines par l’action spontanée de la petite paysannerie avide de terres. Les bolcheviks ont parfaitement exprimé, dans leur pratique et dans leurs slogans (la Paix et la Terre), les intérêts des paysans en lutte pour la sauvegarde de la petite propriété privée (intérêts capitalistes). Loin de soutenir les intérêts du prolétariat socialiste contre la propriété terrienne féodale et capitaliste, ils se sont ainsi fait, en ce qui concerne la question agraire, les tenants effrontés des intérêts du petit capitaliste.
  5. Pour ce qui est des ouvriers, les revendications économiques de la révolution bolchevique n’avaient pas davantage un contenu socialiste. En plusieurs occasions, Lénine devait repousser sévèrement la critique menchevique selon laquelle le bolchevisme proposait une politique utopique de socialisation de la production dans un pays qui n’était pas encore mûr pour une telle situation. Les bolcheviks devaient rétorquer qu’il n’était pas du tout question de socialiser la production, mais bien d’en remettre le contrôle aux mains des ouvriers. Le slogan du contrôle de la production fut utilisé pour tenter de conserver l’efficacité des méthodes capitalistes dans l’organisation technique et économique de la production, mais en leur ôtant leur caractère d’exploitation. L’aspect bourgeois de la révolution bolchevique, ainsi que le fait que les bolcheviks se sont eux-mêmes limités à une économie de type bourgeois (au lieu de consolider les résultats de la victoire de 1917), est éclairé de manière exemplaire par ce slogan du contrôle de la production.
  6. La violence élémentaire de l’attaque des travailleurs, d’une part, et le sabotage des patrons détrônés, d’autre part, ont incité les bolcheviks à s’emparer des entreprises industrielles et à en confier la direction à la bureaucratie gouvernementale. L’économie étatique qui, pendant toute la période du communisme de guerre, était presque étouffée par la surorganisation (Glavkisme), fut qualifiée par Lénine de capitalisme d’Etat. Ce n’est qu’à l’ère stalinienne qu’on devait parler de l’économie d’État comme d’une économie socialiste.
  7. Cependant, la conception de base de la socialisation de la production n’allait pas pour Lénine au-delà d’une économie étatique dirigée par l’appareil bureaucratique. Pour lui, l’économie de guerre allemande et les services postaux étaient des exemples type de l’organisation socialiste : une organisation économique de caractère ouvertement bureaucratique, dirigée par une centralisation venant d’en haut. Du problème de la socialisation, il ne vit que les aspects techniques et non les aspects prolétariens et sociaux. De même, Lénine se fonda, et avec lui le bolchevisme en général, sur les concepts de socialisation proposés par le centriste Hilferding (6) qui, dans son Capital Financier, a tracé un tableau idéalisé d’un capitalisme totalement organisé. Le véritable problème, en ce qui concerne la socialisation de la production — la prise en charge des entreprises et des organisations du système économique par la classe ouvrière et par ses organisations de classe, les conseils ouvriers —, a été complètement ignoré du bolchevisme. Et il devait être ignoré parce que l’idée marxiste d’une association de producteurs libres et égaux est totalement opposée à la conception jacobine de l’organisation, et parce que la Russie ne possédait pas les conditions sociales et économiques nécessaires à l’instauration du socialisme. Le concept de socialisation des bolcheviks n’est par conséquent rien d’autre qu’une économie capitaliste prise en charge par l’État et dirigée de l’extérieur et d’en haut par sa bureaucratie. Le socialisme bolchevique est un capitalisme organisé par l’Etat.

VIII. L’INTERNATIONALISME BOLCHEVIQUE ET LA QUESTION NATIONALE

  1. Pendant la Première Guerre mondiale, les bolcheviks ont représenté de manière continue la position internationaliste avec le slogan : «Transformer la guerre impérialiste en une guerre civile» et ils se sont comportés en apparence comme des marxistes conséquents. Mais cet internationalisme révolutionnaire faisait partie de leur tactique de même que plus tard, leur retournement vers la NEP. L’appel au prolétariat international n’était qu’un des aspects d’une vaste politique qui cherchait à se concilier le soutien international en faveur de la révolution russe. L’autre aspect était la politique et la propagande pour une « auto-détermination nationale« , où les horizons de classe étaient sacrifiés plus radicalement encore que dans le concept de « révolution du peuple« , et qui faisait appel à certains éléments de toutes les classes.
  2. Cet internationalisme à double face correspondait à la situation internationale de la Russie et de la révolution russe. Géographiquement et sociologiquement, la Russie se trouvait située entre les deux pôles du système impérialiste mondial. La rencontre de la tendance impérialiste active et de la tendance coloniale passive provoqua l’effondrement de ce système. Les classes réactionnaires s’avérèrent impuissantes à le rétablir, comme devait le prouver leur défaite décisive lors du putsch de Kornilov et, plus tard, dans la guerre civile. Le véritable danger qui menaçait la révolution russe était celui d’une intervention impérialiste. Seule une invasion militaire lancée par le capital impérialiste pouvait abattre le bolchevisme et restaurer le tsarisme — cet ancien régime, construit au sein du système mondial d’exploitation impérialiste pour en être l’instrument. Pour se défendre contre l’impérialisme mondial, le bolchevisme devait organiser une contre-attaque des centres impérialistes dominants. C’est ce que fit la politique internationale à double face du bolchevisme.
  3. Au nom de la révolution prolétarienne internationale, le bolchevisme a lancé le prolétariat international à l’assaut de l’impérialisme mondial dans les pays capitalistes les plus avancés. Au nom du  « droit à l’auto-détermination nationale », il a lancé les peuples paysans opprimés d’Extrême-Orient contre le centre colonial de l’impérialisme mondial. Avec cette politique internationale en deux temps qui ouvrait d’immenses perspectives, le bolchevisme a cherché à pousser l’infiltration des éléments prolétaires et paysans dans la sphère du capitalisme mondial.
  4. Pour le bolchevisme, la « question nationale  » était une question pratique, et n‘était donc pas uniquement un expédient de la révolution bourgeoise russe — une révolution qui s’est servie des instincts nationaux des paysans et des minorités nationales opprimées de l’Empire russe pour abattre le tsarisme. Cette position reflète aussi l’internationalisme paysan d’une révolution bourgeoise qui s’est accomplie à l’ère de l’impérialisme mondial et qui n’a pu survivre dans les rets de l’impérialisme qu’à l’aide d’une contre-politique internationale active.
  5. Pour diriger en territoire russe cette politique de soutien international pour la révolution bourgeoise, le bolchevisme a cherché à créer deux organisations internationales : la IIIe Internationale, qui devait mobiliser les travailleurs des pays capitalistes hautement développés, et l’Internationale des paysans qui rassemblait sous sa bannière les peuples paysans orientaux. Le but ultime de cette politique internationale qui s’appuyait sur les classes ouvrières et paysannes était la révolution mondiale, incluant la révolution prolétarienne internationale (européenne et américaine) et la révolution paysanne nationale (essentiellement orientale) dans le cadre d’une politique mondiale bolchevique sous les ordres de Moscou. Ainsi, le concept de « révolution mondiale » avait, pour les bolcheviks, un contenu de classe tout à fait différent et n’avait plus rien à voir avec la révolution prolétarienne internationale.
  6. La politique internationale du bolchevisme n’était ainsi qu’une répétition, à l’échelle mondiale, de la révolution russe (combinant la révolution prolétarienne et la révolution bourgeoise-paysanne), et plaçait le parti bolchevique russe à la tête d’un système bolchevique mondial où les intérêts communistes du prolétariat se combinaient aux intérêts capitalistes de la paysannerie. Cette politique a eu comme résultat positif de protéger l’État bolchevique de l’invasion impérialiste, en entretenant l’inquiétude des Etats capitalistes. Elle a ainsi permis à l’État bolchevique de prendre sa place dans le système impérialiste mondial, en se servant des méthodes capitalistes de relations commerciales, d’accords économiques et de pactes de non-agression. Elle a donné l’occasion à la Russie de se consolider sur le plan national et d’étendre sa propre position internationale. Mais elle a échoué dans sa tentative de porter à l’échelle mondiale la politique active du bolchevisme. L’expérience de l’Internationale des paysans a pris fin avec l’échec de la politique bolchevique en Chine. La IIIe Internationale, depuis l’effondrement lamentable du parti communiste allemand, ne représente plus un facteur important de la politique bolchevique mondiale. L’effort gigantesque entrepris pour étendre la politique bolchevique russe à la scène mondiale a été un échec historique qui a prouvé les limitations nationales du bolchevisme russe. Quoi qu’il en soit, l’expérience bolchevique dans la Machtpolitik (politique de puissance) internationale a donné le temps au bolchevisme de se replier sur ses positions nationales (russes) et de se convertir aux méthodes capitalistes impérialistes en matière de politique internationale. En théorie, ce repli a été justifié par la formule « socialisme dans un seul pays ». Par cette formule, le concept de « socialisme » qui avait déjà été amputé de son contenu de classe prolétarien par la pratique économique russe, perdait ses couleurs internationales et, sous le couvert d’un capitalisme d’Etat, n’était plus guère éloigné du réformisme et du fascisme petit-bourgeois.
  7. En fait, il n’est pas essentiel, maintenant que nous pouvons voir les résultats de quinze ans de bolchevisme, tant sur le plan national qu’international, de savoir si Lénine escomptait ou non, à l’époque de la fondation du Komintern — ou avant — un résultat différent de cette internationale bolchevique. En pratique, le bolchevisme, avec son concept du  » droit à l’auto-détermination nationale  » a développé les tendances à une Machtpolitik mondiale bolchevique. II est également responsable, à travers le Komintern, de l’incapacité du prolétariat européen à se hausser au niveau d’un communisme révolutionnaire et de son enlisement dans la boue d’un réformisme, ressuscité par le bolchevisme et orné de phrases révolutionnaires. En fin de compte, le concept de  » Patrie russe  » est devenu la pierre d’achoppement de la politique des partis bolcheviques, alors que pour le communisme prolétarien, la classe ouvrière internationale doit se trouver au centre de toute orientation internationale.
  8. LE BOLCHEVISME D’ÉTAT ET LE KOMINTERN
  9. L’établissement de l’État soviétique a été l’établissement de la domination du parti du machiavélisme bolchevik. La base sociologique de ce pouvoir étatique, qui s’est rendu indépendant des classes qui l’ont soutenu et qui a créé ce nouvel élément social qu’est la bureaucratie bolchevique, se composait du prolétariat et de la paysannerie russes. Le prolétariat, enchaîné par les syndicats (adhésion obligatoire) et par le terrorisme de la Tchéka, représentait la base de l’économie nationale bolchevique, sous le contrôle de la bureaucratie. La paysannerie cachait et cache encore dans ses rangs les tendances au capitalisme privé de cette économie. L’État soviétique, dans sa politique intérieure, était ballotté entre ces deux tendances. Il a cherché à les maîtriser par de violentes méthodes d’organisation, tels le plan quinquennal et la collectivisation forcée. En pratique, toutefois, il a seulement accru les difficultés économiques, exacerbant les contradictions économiques jusqu’à leur point d’explosion, et portant à leur paroxysme les tensions entre ouvriers et paysans. L’expérience d’une économie nationale planifiée bureaucratiquement est loin de pouvoir être considérée comme un succès. Les grands cataclysmes internationaux qui menacent la Russie ne pourront qu’accroître les contradictions de son système économique jusqu’à ce qu’elles deviennent intolérables, hâtant ainsi probablement la chute de cette expérience économique gigantesque.
  10. L’économie russe est essentiellement déterminée par les caractéristiques suivantes : elle s’appuie sur les bases d’une production de marchandises; elle est centrée sur la rentabilité; elle révèle un système ouvertement capitaliste avec salaires et cadences accélérées; enfin, elle a porté les raffinements de la rationalisation capitaliste jusqu’à ses limites extrêmes. L’économie bolchevique est une production étatique qui emploie des méthodes capitalistes.
  11. Cette forme de production étatique s’accompagne également de plus-value, donc d’une exploitation maximale des travailleurs. Bien entendu, cette plus-value ne profite directement et ouvertement à aucune classe particulière de la société russe, mais elle enrichit l’appareil parasitaire de la bureaucratie dans son ensemble. Outre son entretien coûteux, la plus-value ainsi produite contribue à augmenter la production et à soutenir la classe paysanne; elle sert aussi à régler les dettes de l’État envers l’étranger. Ainsi, la plus-value produite par les ouvriers russes profite non seulement à l’élément économiquement parasitaire de la bureaucratie au pouvoir, mais encore à la paysannerie russe, en tant que secteur à part du capital international. L’économie russe est donc une économie de profit et d’exploitation. Elle représente un capitalisme d’Etat dans les conditions historiques particulières du régime bolchevique, soit, une production de type capitaliste qui se différencie de celle des pays les plus industrialisés et apparaît comme beaucoup plus avancée.
  12. La politique étrangère de l’Union Soviétique est étroitement déterminée par la nécessité de renforcer la position du parti bolchevique et de l’appareil étatique qu’il dirige. Sur le plan économique, le gouvernement russe a déployé tous ses efforts pour établir et maintenir une base industrielle forte. L’isolement de l’économie soviétique a nécessité une politique énergique pour mettre fin à I‘autarcie forcée tout en maintenant le contrôle du monopole commercial avec l’étranger. Les traités commerciaux, les concessions de même que les transactions pour obtenir de vastes crédits ont rétabli les liens entre l’économie soviétique et la production capitaliste mondiale et son marché, dans lequel la Russie est entrée à la fois comme cliente sollicitée et comme concurrente acharnée. D’autre part, cette politique économique, liée au capitalisme mondial, a forcé le gouvernement soviétique à cultiver des relations amicales et pacifiques avec les puissances capitalistes. Le principe d’une politique mondiale bolchevique, là où il existait encore, était subordonné de manière opportuniste aux purs traités commerciaux. Toute la politique étrangère du gouvernement russe a été marquée du sceau de la diplomatie capitaliste, et par conséquent, dans la sphère internationale, a définitivement séparé la théorie bolchevique de sa pratique.
  13. Le bolchevisme a introduit au centre de la propagande étrangère du Komintem, la thèse de I’ « encerclement impérialiste de l’Union soviétique « , bien que cette définition ne s’accorde guère avec l’écheveau des conflits d’intérêts impérialistes et de leurs combinaisons sans cesse renouvelées. Il a cherché à mobiliser le prolétariat international pour servir sa politique étrangère et, à travers une politique mi-parlementaire, mi-putschiste, émanant des partis communistes, à créer, de l’intérieur, un malaise dans les pays capitalistes, renforçant ainsi la position diplomatique et économique de l’Union soviétique.
  14. Les oppositions entre l’Union soviétique et les puissances impérialistes déclenchèrent la contre-propagande du Komintern avec les slogans :  » Menace de guerre contre l’U.R.S.S.  » et « Protégez l’Union soviétique ». Ces oppositions étant présentées aux ouvriers comme seules déterminantes de la politique mondiale, ceux-ci ne pouvaient comprendre les véritables dessous de la politique internationale. Les membres des partis communistes étrangers devinrent, avant tout, les défenseurs aveugles et opportunistes de l’Union soviétique, et furent maintenus dans l’ignorance quant à la place de choix qu’occupait depuis longtemps l’Union soviétique dans la politique mondiale.
  15. Le perpétuel cri d’alarme sur l’imminence d’une guerre des puissances impérialistes alliées contre l’U.R.S.S. fut utilisé en politique intérieure pour justifier la militarisation intensive du travail et l’accroissement des pressions sur le prolétariat russe. Dans le même temps, cependant, I‘Union soviétique avait, et a toujours, le plus grand intérêt à éviter un conflit militaire avec les autres Etats. La survie du gouvernement bolchevique dépend en grande partie de sa capacité à éviter toute convulsion, tant militaire que révolutionnaire, en politique étrangère. Par conséquent, le Komintern a, dans la pratique, et en contradiction criante avec sa théorie et sa propagande intérieures, entrepris de saboter tout véritable développement prolétarien révolutionnaire. Il a plus ou moins ouvertement propagé, dans les partis communistes, la conception selon laquelle il fallait tout d’abord consolider l’Union Soviétique dans ses fondements économiques et militaires avant de pouvoir pousser plus avant la révolution prolétarienne en Europe. D’autre part, si le gouvernement soviétique, pour sauvegarder son prestige, s’est dépensé en gestes d’hostilité contre les puissances impérialistes, il s’est toujours incliné, dans les faits, devant ces puissances. La  » vente  » de la ligne de chemin de fer mandchourienne est un exemple de capitulation sans résistance de l’U.R.S.S. devant ses adversaires impérialistes. La reconnaissance plus que hâtive de l’U.R.S.S. par les Etats-Unis qui eut lieu au même moment est, réciproquement, une preuve que les puissances impérialistes, dans les limites de leur politique d’intérêts antagonistes, ont su également reconnaître dans l’Union soviétique un facteur important. Mais surtout, l’U.R.S.S. a illustré ses liens avec le capitalisme en nouant d’étroites relations économiques avec l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie. L’Union soviétique apparaît comme le solide soutien économique, et donc politique, de la plupart des dictatures fascistes les plus réactionnaires en Europe.
  16. Cette politique d’entente absolue entre I ‘U.R.S.S. et les pays capitalistes et impérialistes n’a pas uniquement des bases économiques. Elle n’est pas non plus seulement l’expression d’une infériorité militaire. En fait, la  » politique de paix  » de l’Union soviétique dépendrait plutôt de façon décisive de la situation du bolchevisme à l’intérieur du pays. Son maintien en tant que puissance étatique autonome dépend de son succès à conserver l’équilibre entre la classe ouvrière dominée et la paysannerie. En dépit des progrès d’industrialisation du pays, la paysannerie russe conserve encore une position de force. En premier lieu, la paysannerie détient, dans une large mesure, et en dépit d’une politique répressive venue d’en haut, les ressources alimentaires du pays. En second lieu, la collectivisation a renforcé la puissance non seulement économique, mais aussi politique de la paysannerie qui, comme auparavant, continue de lutter pour les intérêts capitalistes privés. (Car la  » collectivisation « , en Russie, signifie une union collective de paysans propriétaires qui restent attachés aux méthodes capitalistes de comptabilité et de distribution.) En troisième lieu, en cas de guerre, l’armement en masse de la paysannerie pourrait déclencher un sursaut de violentes révoltes paysannes contre le système bolchevique — de même qu’une révolution faite par le prolétariat européen donnerait probablement le coup d’envoi d’une rébellion ouverte des ouvriers russes. Dans de telles conditions, la politique d’entente entre le gouvernement soviétique et les puissances impérialistes apparaît d’une nécessité vitale pour l’absolutisme bolchevique.
  17. Le Komintern lui-même a été utilisé pour manipuler abusivement la classe ouvrière internationale, afin de servir les buts opportunistes de glorification nationale et de la politique de sécurité internationale de l’Union soviétique. Il s’est constitué, en dehors de Russie, à partir de la combinaison des cadres révolutionnaires du prolétariat européen. En usant de l’autorité de la révolution bolchevique, le principe organisationnel et tactique du bolchevisme s’est imposé dans le Komintern de façon extrêmement brutale et sans aucune considération pour les scissions immédiates. Le Comité exécutif du Komintern (I’E.K.K.I.) — autre instrument de la bureaucratie russe au pouvoir — s’est vu confier le commandement absolu de tous les partis communistes, et la politique des partis a complètement perdu de vue les véritables intérêts révolutionnaires de la classe ouvrière internationale. Les slogans et les résolutions révolutionnaires ont servi de couverture à la politique contre-révolutionnaire du Komintern et de ses partis qui, avec leurs façons bolchevistes, sont devenus aussi experts dans la trahison de la classe ouvrière et dans la démagogie effrénée, que l’étaient les partis social-démocrates. En même temps que le réformisme, fusionnant avec le capitalisme, déclinait dans le sens historique, le Komintern faisait naufrage en s’unissant à la politique capitaliste de l’Union soviétique.

 

  1. LE BOLCHEVISME ET LA CLASSE OUVRIÈRE INTERNATIONALE
  2. Le bolchevisme, dans ses principes, dans sa tactique et dans son organisation, est un mouvement et une méthode de la révolution bourgeoise dans un pays à prépondérance paysanne. Sous l’autorité dictatoriale de l’intelligentsia jacobine, il a conduit le prolétariat (orienté vers le socialisme) et la paysannerie (orientée vers le capitalisme) à un soulèvement révolutionnaire contre l’État absolutiste, le féodalisme et la bourgeoisie, dans le but d’abattre l’absolutisme féodal-capitaliste. Habile à tourner toute chose à son avantage, il a réuni les intérêts de classe antagonistes des prolétaires et des paysans, grâce à son intelligence du caractère de classe des lois du développement social.
    67. En conséquence, le bolchevisme est non seulement incapable de diriger la politique révolutionnaire du prolétariat international, mais il est aussi pour elle l’un des plus infranchissables et l’un des plus dangereux obstacles. La lutte contre l’idéologie bolchevique, contre la pratique bolchevique et, par là même, contre tous les groupes qui cherchent à ancrer à nouveau cette idéologie et cette pratique au sein du prolétariat, est l’une des premières tâches de la lutte pour une réorientation révolutionnaire de la classe ouvrière. Une politique prolétarienne ne peut se développer qu’à l’intérieur de la classe ouvrière, avec les méthodes et les formes d’organisation qui lui sont propres.

 

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

Algérie : “Le drame de mai 1945 était prémédité!”

Par : René Naba

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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Par Abdel’Alil Medjaoui. https://www.madaniya.info/ soumet à l’attention de ses lecteurs les «bonnes feuilles» de l’ouvrage d’Abdel ‘Alil Medjadoui «N’est-il d’histoire que blanche? Tome 1, Casbah édition, 2021, pp. 204-220. à l’occasion du 77e anniversaire du crime du 8 mai 1945, les massacres de Sétif.

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La cohabitation des paradoxes

S’il fallait résumer les paradoxes de la République en une date, ce serait 8 mai 1945. Si la France célèbre la victoire des Alliés sur les nazis, elle massacre des milliers d’Algériens en Algérie.

Nadia Henni Moulaï

Algérie: Département français mais soumis néanmoins au Code de l’Indigénat. Une spécificité de la «Patrie des Droits de l’Homme»

https://histoirecoloniale.net/le-code-de-l-indigenat-dans-l.html

Et l’histoire s’accélère, avec des conséquences contradictoires:

L’année 1939, n’augure rien de bon pour le mouvement national. En effet, faisant endosser la responsabilité de la déroute au gouvernement et à la République, les dirigeants de l’armée prennent en main les choses en instaurant l’État de Vichy; celui-ci, nous l’avons déjà dit, est radicalement moins enclin à se pencher sur la question indigène, ce que confirme l’engouement des Européens d’Algérie pour ce nouvel État qui ne cache pas ses positions colonialistes.

En 1940, le président Paul Reynaud tente d’”échanger” la Tunisie contre la neutralité de l’Italie fasciste; en 1941, il a été question du partage de l’Algérie: Constantinois + Tunisie devant aller à Italie, l’Oranie à l’Espagne, l’Algérois restant français…

Mais l’incapacité de Paul Raynaud et ses ministres civils à imposer aux militaires la continuation de la guerre à partir de l’Afrique du Nord, permet aux généraux de prendre le pouvoir et d’imposer l’armistice.

La IIIe République, la «Gueuse», comme l’appelaient les monarchistes, finit lamentablement, victime de l’inconséquence de ses défenseurs dans ce rapport de forces indécis depuis le début. Le chef de l’armée, le général Weygand, qui a porté l’estocade est ministre de la Défense (juin-septembre 1940) dans le gouvernement Pétain, puis délégué général de Vichy en Afrique du Nord (1941), où il finit par signer un accord avec l’Américain Murphy, visant à faciliter un éventuel débarquement américain. Arrêté par la Gestapo un an plus tard, puis interné en Allemagne jusqu’en 1945, il est traduit devant la Haute Cour de justice française mais bénéficie d’un non-lieu (1948).

Après la guerre, dans ses Mémoires (1950-1957), il réhabilitera l’action du maréchal Pétain; en 1962, il condamnera le retrait de la France d’Algérie!

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Ces développements dramatiques, quel effet ont-ils sur le mouvement national?

Le mouvement national voit pleuvoir sur lui un surcroît de mesures répressives. Les principaux dirigeants des formations politiques nationales sont mis en prison.

«Messali Hadj, qui avait fini de purger sa peine, note Ferhat Abbas, est de nouveau arrêté. Il restera en prison jusqu’à la signature de l’armistice (22 juin 40). Il est traduit avec d’autres militants, sous le gouvernement de Vichy, devant le tribunal militaire, pour une affaire déjà jugée.

Me Ali Boumendjel assure leur défense. Le tribunal prononce contre eux des peines très lourdes : 16 ans de travaux forcés, 20 ans d’interdiction de séjour et 30 millions d’amende»1

Par ailleurs, le 7 octobre 40, le décret Crémieux est abrogé…Ce qui redonne au Juif le statut d’indigène. Et Ferhat Abbas de préciser: «À l’évidence, la querelle qui s’était instituée autour du “statut personnel” des Algériens musulmans n’était qu’un prétexte fallacieux. Bien qu’ayant abandonné le sien, l’Israélite algérien n’avait pas trouvé grâce devant la conception raciste du régime colonial.»

Mais en même temps, alors que la France est dans une situation difficile, «les radios de Londres, de Moscou, de Washington, multiplient leurs appels en faveur de la liberté de l’homme et de l’égalité des peuples. Elles contribuent ainsi puissamment à l’éducation politique de l’Afrique et de l’Asie.

Les peuples colonisés prennent conscience de leurs droits et de leur personnalité. Ils relèvent la tête et s’interrogent sur leur devenir.»

– Les vents, dit un proverbe arabe, peuvent souffler dans le sens contraire de celui attendu par les voiliers…

C’est juste. L’État colonial a été affaibli dans cette guerre. Et dans le pays, les différents protagonistes du mouvement national restent attentifs à cette situation et à la façon de s’en servir pour la révision des rapports avec la France.

En avril 1941, Ferhat Abbas adresse à Pétain un rapport, L’Algérie de demain, sur les réformes toujours nécessaires. Puis, «la fièvre (…) s’empara des Algériens au lendemain du débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942. (…) les formations politiques d’avant-guerre se réunirent pour mettre au point un plan d’action.»

Cela aboutit, le 10 février 1943 au Manifeste du peuple algérien, où les Élus prennent une part dirigeante très active. Ce texte est marqué par une qualité nouvelle, l’affirmation de l’idée nationale; de même les divers acteurs, qui sont alors devenus «nationalistes»; et également la nouvelle union, mise en place pour porter leurs revendications et leurs espoirs, et qui est, pour la première fois, une union «nationale»…

Ferhat Abbas relate la façon dont cela s’est fait, et donne la liste des représentants des organisations – Ppa, ‘Ulama, délégués financiers, conseillers généraux, Association des Étudiants musulmans, en somme toute l’élite politique – qui «se mirent d’accord sur certaines positions de principes» et lui confièrent la rédaction de ce qui devint le Manifeste du Peuple algérien.

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Quel est le contenu du Manifeste du Peuple algérien?

Le Manifeste pose:

  1. la condamnation et l’abolition de la colonisation,
  2. l’application du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,
  3. la dotation de l’Algérie d’une constitution propre garantissant une série de droits dont
  4. la liberté et l’égalité absolue de tous ses habitants, sans distinction…, –
  5. une réforme agraire…, –
  6. la reconnaissance de la langue arabe comme langue officielle au même titre que la langue française,
  7. la liberté de la presse et le droit d’association,
  8. l’instruction gratuite et obligatoire pour les enfants des deux sexes, – la participation immédiate et effective des Musulmans algériens au Gouvernement de leur pays…,
  9. la liberté du culte… et l’application du principe de séparation des Églises et de l’État,
  10. la libération de tous les condamnés et internés politiques… » (Cnqs.)

Le texte va bien au-delà de l’ex projet Violette…

On le voit bien, puisqu’entre autres, on a pu y avancer l’objectif de condamner la colonisation et de demander son abolition.

La France coloniale est trop affaiblie et occupée à tenter de recomposer sa conscience éclatée entre résistance et collaboration pour se permettre de refuser d’écouter les doléances du peuple algérien, d’autant que la guerre et la tournure qu’elle a prise ont rompu le tête-à-tête colonial.

Au pas de charge, le document est remis à Peyrouton, Gouverneur général vichyste de l’Algérie depuis janvier, aux représentants des É.-U., de Grande-Bretagne et de l’Urss, à de Gaulle à Londres, et au gouvernement égyptien au Caire.

«Les Élus, unis autour du Manifeste, avaient obtenu, [de Peyrouton] en mars et avril 1943 la libération des détenus et condamnés politiques ». Messali, après un court séjour à Alger, est placé en résidence surveillée aux confins sahariens du pays, où il reçoit, à deux reprises, la visite de F. Abbas. Qui précise: «Messali approuvait mon action […] Il me fit confiance sans toutefois engager sa responsabilité; il comprenait très bien qu’il “fallait faire quelque chose”.

Cependant, me dit-il, si je te fais confiance pour la réalisation d’une République algérienne associée à la France, par contre, je ne fais pas du tout confiance à la France. La France ne te donnera rien. Elle ne cédera qu’à la force et ne donnera que ce qu’on lui arrachera…»

«Le gouvernement général de l’Algérie ne fut pas surpris par cette nouvelle charte [le Manifeste]. Ce qui le déconcerta, ce fut l’attitude de certains élus, façonnés depuis des décades par l’Administration. Que ces hommes aient pu échapper à l’influence de cette dernière, demeurait pour les pouvoirs publics inexplicable. Cette solidarité de la bourgeoisie musulmane avec les aspirations réelles du peuple algérien était un fait nouveau, mais non imprévisible. L’Algérie était à l’heure de la vérité. Mais cette vérité comme toujours, échappait au colonisateur.(…)»

«Alors s’engagea pour nous une course contre la montre. Durant une décennie [1943-1954], nous avons essayé de conjurer le péril (…). Nous avons multiplié conseils et avertissements aux Français. Auprès de nos compatriotes, nous avons prêché la modération, l’objectivité et la mesure. (…) Cette période a comporté trois temps. Très succinctement, je les exposerai ici, surtout à l’intention des Français. Car [ils] ont été laissés dans l’ignorance la plus complète de la bataille que nous avons engagée et que nous aurions dû gagner si la France, comme en 1936, ne s’était pas révélée prisonnière (…) des forces réactionnaires et capitalistes.»

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Qui Ferhat Abbas vise-t-il ici comme ayant caché la vérité aux Français?

Ce reproche, Charles-André. Julien le ressentira comme le visant, pour la version des choses qu’il avait exposée dans les deux premières éditions – 1952 et 1953 – de son ouvrage L’Afrique du Nord en marche2, et il mettra dix ans – de 1962 à 1972 – à remâcher sa réaction, choisissant, pour l’exprimer, le 20e anniversaire de son œuvre.

Mais il le fait pour ainsi dire en catimini, de façon à ne pas donner, semble-t-il, trop de publicité à l’écrit de Ferhat Abbas; il a enrichi son livre d’une volumineuse bibliographie très détaillée, écrite en caractères plus petits, et il a eu l’intelligence d’y «enfouir» sa réaction… un peu plus loin d’une première mention de l’œuvre, où il en apprécie le IIIe chapitre, qui, dit-il, donne son importance au livre…

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Comment peut-on expliquer cette discrétion de la réaction de Julien à l’accusation dee Ferhat Abbas?

Les historiens français semblent si incommodés par cette œuvre de Ferhat Abbas qu’ils la passent en général sous silence. Elle les gêne d’abord par son titre; rien de plus «radical» pour dire ce qu’a été la colonisation: «la Nuit»! et quelle nuit!

«Cent trente ans de massacres et de lois raciales», assène F. Abbas3 ! Elle les gêne aussi par sa dénonciation de leur travail, grâce auquel le colonialisme «a même élevé cette fureur destructrice au rang d’une science.»

Un «impérialisme intellectuel adéquat» pour déclarer notre pays «terre vacante et l’Algérie musulmane inexistante», et pour nier «que ses généraux, ses écrivains, ses juristes, sa caste terrienne et ses oligarchies financières aient conçu le dessein de nous détruire, […] de s’emparer de nos terres avec la ferme volonté de créer une “province française” où les Arabes auraient cessé d’être légalement chez eux »…

Mais si Julien a au moins eu l’honnêteté d’évoquer La Nuit coloniale même si c’est pour en minimiser la critique qui le visait, d’autres historiens l’ignorent superbement. C’est le cas de Benjamin Stora qui a commis, avec Zakhia. Daoud, une biographie4 de Ferhat Abbas, sans citer cette œuvre ! C’est dire que le sérieux de ce travail qui présente un F. Abbas… estropié. Il commettra la même censure dans le livre qu’il a codirigé5 avec M. Harbi, et qui porte un sous-titre, La fin de l’amnésie, dont on aurait cru qu’il allait l’inciter à réparer son «oubli». Mais la bibliographie du livre, en fin du volume, ne signale, comme référence pour F. Abbas, qu’Autopsie d’une guerre. […]

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Revenons aux trois temps de l’action nationaliste dont parle F. Abbas…

– Nous y venions.

Le premier temps, c’est celui de «l’action des élus» et la négociation menée avec le gouverneur. Celui-ci «accepta de prendre en considération la nouvelle charte comme base d’un statut futur de l’Algérie». Ainsi a été mis au point le fameux «additif au Manifeste».

Ferhat Abbas cite les réformes politiques que cet additif prévoyait… Il fixait que «l’Algérie sera érigée en État algérien doté d’une constitution propre qui sera élaborée par une Assemblée algérienne élue au suffrage universel par tous les habitants de l’Algérie» ; il arrêtait des mesures, immédiates, «pour orienter l’avenir du pays».

Parmi ces propositions: «A.- Participation immédiate et effective des représentants musulmans au gouvernement et à l’administration de l’Algérie» [par une série de décisions dont: «- transformation du Gouvernement général en Gouvernement algérien composé de ministères, également répartis entre titulaires français et titulaires musulmans…, – répartition égale des Français et des Musulmans au sein des assemblées élues et organismes délibérants…, – accession des Musulmans à toutes les fonctions publiques…,

– abrogation de toutes les lois et mesures d’exception…»]; et «B.- Égalité devant l’impôt du sang…».

Une incroyable avancée ! un engagement qui, malgré son «caractère provisoire» (en attendant la fin de la guerre), rend Ferhat Abbas très optimiste: il est possible donc de «faire la révolution par la loi». Si cela s’arrange «entre les représentants des colons et nous, la France nouvelle s’en féliciterait et entérinerait purement et simplement nos accords »; optimisme que tempèrera un Messali qui avait trop pratiqué cette France-là pour croire à ce trop beau scenario.

C’était en effet trop beau!

En effet. De fait, Peyrouton n’a pas le temps de prouver sa bonne foi (ou la duplicité? de Vichy). Il est remplacé par le général Catroux, représentant de cette «France nouvelle», dont les premiers actes tournent le dos à la disponibilité dont venait de faire preuve la France fasciste, concernant les revendications nationales des Algériens.

– C’est donc la France “résistante”, qui remet les pendules à l’heure coloniale

Eh oui! il faut oublier les chimères de “l’additif” du Manifeste, fait-elle savoir.

Catroux, dit Ferhat Abbas, «ne put faire montre, en Algérie, du libéralisme dont il était foncièrement empreint». Il reconnaît en lui, en fait, un des représentants “gant de velours” dans lequel se dissimule la “main de fer” de la République impériale, ici renaissante, après l’intermède vichyste.

De Gaulle fait faire, là, à Catroux le sale boulot qui jurait avec son «libéralisme». Pierre Mendès France qui était son ami, témoigne «que De Gaulle l’a traité de façon indigne», alors que «l’ayant reconnu pour chef, il s’est toujours conduit vis-à-vis de De Gaulle avec une loyauté chevaleresque. Dix fois les Américains et les Anglais ont tenté de le dresser contre […] (lui). Dix fois il a coupé court.»6

Le Gouvernement provisoire de de Gaule a eu les pires difficultés pour arracher sa représentativité auprès des Alliés. Nous pensons que c’est ce qui a condamné la future IVe République aux mêmes «noces de sang» – entre “1789” et le racisme colonial – que celles qu’avait contractées la IIIe, et dont les tumultueux rebondissements l’avaient emportée…

Pour le mouvement national, et l’on en est au deuxième temps de son action, «le voile venait de se lever sur les intentions réelles de nos interlocuteurs français. Gagner du temps, ruser, manœuvrer les élus indigènes pour maintenir le système tel qu’il avait été appliqué depuis 1830, et rien de plus. (…) En contraignant l’adversaire à se démasquer, précise Ferhat Abbas, nous avions gagné une première manche.»

Catroux dirige un coup de force contre les Élus, en convoquant, le 29 septembre 1943, une session des Délégations financières, signifiant qu’il n’est plus question de les réformer; et devant le boycott des élus musulmans, le gouverneur-général signe un arrêté de dissolution de la section «indigène» arabe, et l’internement dans le Sud algérien des élus protestataires, dont Ferhat Abbas. D’où la colère des Élus, et les lourdes sanctions qui accroissent la tension.

Devant la pression de l’opinion musulmane (manifestations un peu partout…), Catroux rapporte les mesures de répression et l’année 1943 se termine sur le discours de de Gaulle à Constantine – 12 décembre – annonçant une nouvelle réforme.

Réforme concrétisée par l’ordonnance du 7 mars 1944 qui abolit toutes les mesures d’exception appliquées jusque-là aux musulmans (le “code de l’indigénat” n’est pas explicitement cité!). Mais le “second collège” est maintenu, contrairement à ce que prévoyait l’«additif» discuté; il est seulement ouvert à tous les musulmans en âge de voter.

Cette resucée du projet Violette ne correspondait même plus aux exigences actualisées des Élus. «Le peuple la condamna catégoriquement.»

Pour l’anecdote, c’est ce qui a encouragé le PCA à ruer dans les brancards du grand parti frère, et cela a été la seule fois: à l’occasion du passage devant l’Assemblée nationale française de ce projet de Statut de l’Algérie, en août 1947, les députés du Pca, européens comme «musulmans», se sont désolidarisés de la position du PCF qui s’apprêtait à voter le projet, l’obligeant à s’abstenir, alors qu’eux votaient contre, en raison de «certaines» de ses insuffisances.

«Lorsqu’en octobre 1946, sera instituée la IVe république, note encore Ferhat Abbas, sa Constitution prétendra avoir mis “hors la loi” la domination coloniale, en accordant la “citoyenneté française” à tous les habitants des anciennes colonies. Et en même temps, par d’autres lois, elle codifiera les rapports du colonisateur et du colonisé, censés ne plus exister.

En fait, par des arguties juridiques elle reprendra d’une main ce qu’elle donnait de l’autre.» C’est ainsi qu’elle prétendait avoir réalisé l’égalité; Ferhat Abbas décide alors, en février 1948, que son Égalité, qui portait en exergue: «Égalité des hommes, égalité des peuples, égalité des races», prenne le titre de la République algérienne!

En réalité, fait savoir, pour sa part, Olivier Le Cour Grandmaison, certaines dispositions juridiques et pratiques comme le travail forcé imposé aux «indigènes» sous la IIIe République, sous Vichy et dans certains territoires d’Afrique et d’Asie contrôlés par la France libre, n’ont pas été supprimées.

La conférence de Brazzaville réunie par de Gaulle (30 janvier-7 février 1944) pour déterminer les orientations coloniales de la «France libre» avait fait passer les «nécessités» économiques de l’empire (maintien de cette forme de labeur indispensable pour la réalisation des grands travaux et l’entretien des infrastructures) avant la fidélité aux principes de 1789!

Des protestations s’étaient bien élevées, dès 1942, contre le travail forcé. Et en 1946, un député africain, Gabriel d’Arboussier (Sénégal), dénonce devant l’Assemblée nationale constituante, un «servage» insupportable «150 ans après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et 100 ans après l’abolition de l’esclavage». Mais c’est seulement avec la loi du 11 avril 1946, présentée par un autre député africain, Félix Houphouët-Boigny, que la suppression de ce labeur forcé sera enfin votée par l’Assemblée nationale7

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Le voilà bien l’«anticolonialisme» de de Gaulle!

Assurément. On connaît la sensibilité sourcilleuse de De Gaulle à l’encontre de cette internationalisation du problème algérien au moment du débarquement anglo-américain, lui qui estime déjà que ce débarquement «chez nous»! s’est fait «par effraction».

Ne se sentant pas tenu par les engagements “bradeurs” du gouverneur vichyste, il a dû longtemps ruminer sa vengeance contre les “internationaliseurs” et bien la préparer; il la voulait froidement exemplaire: ce sera la tragédie de mai 1945 !

Le général ne réserve à ce drame dans ses Mémoires, que le court passage suivant: «En Algérie, un commencement d’insurrection, survenu dans le Constantinois et synchronisé avec les émeutes syriennes du mois de mai, a été étouffé par le gouverneur-général Chataigneau»8. Notons, ici, la litote machiavélique: Chataigneau avait remplacé Catroux en septembre 1944. Catroux et lui étaient connus pour leur «libéralisme».

De Gaulle et son gouvernement les ont chargés d’exécuter les basses œuvres – la répression –, mais lui, veut tirer son épingle du jeu… dans la relation [mémorielle] des faits.

Cette explication est beaucoup plus convaincante que celle de Ch.-A. Julien qui laisse à penser que la responsabilité de cette riposte cruelle est à lier au double jeu de Ferhat Abbas qui aurait négocié avec Augustin Berque et R. Murphy une version du Manifeste où était affirmé le cadre français du nouvel État algérien à mettre sur pied et qui se serait laissé manœuvrer et dépasser par un Ppa foncièrement opposé à un tel encadrement. Ce que F. Abbas dénonce:

«Il est faux de dire que les dirigeants du Parti du peuple algérien n’étaient pas acquis à ce processus pacifique de la décolonisation. J’en peux témoigner. Il est également faux de dire qu’ils ont utilisé les “Amis du manifeste et de la liberté” à des fins de désordre.

Il est faux aussi de dire que, de notre côté, nous avions accepté de vivre dangereusement en nous associant à un parti interdit, sans mesurer toutes nos responsabilités. À la vérité, nous voulions prévenir de grands malheurs et forcer le destin de l’Algérie en arrachant, à la faveur d’un changement de régime, la formation d’un État algérien…»

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Le drame de mai 1945 était donc prémédité!

Certainement. Revenons aux péripéties qui l’ont préparé. Malgré la répression des Élus par Catroux, le mouvement national ne lâche rien, et dans le cadre de la réformette du 7 mars 1944, Ferhat Abbas et ses amis créent, «à Sétif, le 14 mars 1944, Les Amis du Manifeste et de la Liberté» (Aml), mouvement dont l’objectif (statuts déposés à la préfecture de Constantine) est: «- la défense du Manifeste, […], – la condamnation définitive des contraintes du régime colonial, de son dogme racial et de son arbitraire. (Art. III.)»

La création des Aml est le fruit d’une grande activité de contact et de propagande pour faire connaître le contenu du Manifeste largement dans l’opinion et parmi les organisations politiques et leurs leaders.

À titre d’anecdote, nombre de ceux qui ont pris connaissance alors du Manifeste en ont trouvé l’exemplaire que le marchand de journaux – à qui ils avaient acheté leur quotidien colonialiste – avait glissé entre les pages. On comprend le risque que ces vendeurs encouraient! Pendant la “décennie rouge”, le brave «Marengo», propriétaire du Kiosque de la rue Zabana, à Alger, a payé de sa vie son refus de se prêter à truffer de propagande islamiste (du Fis) les journaux qu’il vendait. Il est mort en héros de la résistance à la barbarie terroriste, en 1994.

Les Aml connaissent immédiatement un grand succès: «Plus de 500.000 adhésions arrivèrent au siège social…», et le 2 avril, ils tiennent leur premier congrès dans une ambiance enthousiaste… preuve d’un large éveil à la conscience nationale et du progrès de l’idée d’indépendance dans les esprits. On est loin du “tête-à-tête” parisien de Messali et de l’État français.

C’est toute l’Algérie “muette” –celle des “B’ni Salah”– qui recouvre la voix et trouve comment la joindre à celle des élites qu’elle déborde, tout en lui servant de puissant amplificateur: cette voix conjointe force le colonisateur à écouter les requêtes des élites, à faire un geste en leur direction pour éviter de les voir basculer vers des exigences moins apeurées.

Notons que le Pca a refusé de rallier les Aml et a préféré créer ses propres Amis de la Démocratie, qui n’ont eu aucun impact.

Nous avons vu plus haut le démenti formel de Ferhat Abbas aux accusations mensongères portées contre les dirigeants du Ppa prétendument fauteurs de désordre et opposés à une décolonisation pacifique.

À Augustin Berque9 qui voulait l’intimider: «Vous êtes noyautés par Messali et en train de travailler pour lui», Ferhat Abbas rétorquait que «tous les Algériens avaient le droit et le devoir d’adhérer aux Aml. La police des Renseignements généraux n’avait pas sa place dans le conflit qui nous opposait à la colonisation. (…) Ce qui comptait pour l’Algérie en 1945, c’était la revendication nationale et le programme de sa réalisation. Celui des Aml était-il valable ? Dans ce cas, le Gouvernement général devait se féliciter de la présence du Parti du peuple algérien dans ce rassemblement qui allait nous permettre de construire pacifiquement et avec le concours de tous, l’Algérie nouvelle.»

À souligner que le mouvement des Aml a instauré quelque chose de nouveau dans les relations entre l’Algérie et la France, une sorte de «contre-pouvoir», un État algérien en filigrane;

Les AML ont inauguré une donne nouvelle et préludé à ce qui se produira de façon plus organisée en 1954, avec la formation du Fln-Aln. A. Rey-Goldzeiguer note: «La vie algérienne s’ordonne désormais autour des Aml organisateurs de la solidarité, de la diffusion des nouvelles et des ordres venant de la direction […] un immense réseau commence à fonctionner qui ignore le pouvoir colonial et exclut tous les “béni-oui-oui” […].

Les différends ne passent plus devant la justice française mais devant les tribunaux populaires improvisés […]; les nouvelles se transmettent par L’Égalité et les réunions de cellules. La solidarité agit pour les détenus et leurs familles […]. Le mot Istiqlal (indépendance) entre dans l’entendement populaire…»10

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Évidemment, Ce fait, il ne fallait pas qu’il devienne accompli…

Précisément. Cette voix de l’Algérie qui s’était “dé-muselée”, il fallait, donc, la rendre au silence dans lequel elle était murée par la force des armes et la chape du code de l’Indigénat. C’est ce qu’ont cru pouvoir faire le pouvoir colonial – alors représenté par de Gaulle, et son Gouvernement provisoire de la République française – et les colons et autres Européens (petit peuple “pied-noir”) d’Algérie, au lendemain de la victoire sur le racisme d’État nazi.

La barbarie de leur réaction aux espoirs soulevés par cette victoire et par la marche du monde, est à la mesure de la peur qu’ils ont ressentie devant la puissance du mouvement ; elle a montré de façon crue la nature du système colonial, et confirmé l’incapacité des Européens à trouver leur place de citoyens de l’Algérie.

Nous avons évoqué plus haut les raisons logiques, de positionnement colonialiste, qui ont prévalu dans la préméditation de ce crime inexpiable, et le jugement froid porté sur ce mouvement 15 ans après qu’il eut été «étouffé», au moment où, plus que jamais vivant, il malmène politiquement la France…

Ce jugement figure dans les Mémoires du Chef d’État responsable de ce crime commis, répétons-le, de sang-froid, en application d’une directive du 12 mai par laquelle il engageait trois divisions du Nord-Constantinois contre les «rebelles» à la manière de la guerre d’occupation ! Il n’y perce aucune critique, aucun sentiment de regret, même pas envers ceux des Algériens qui, par leur courage sur le front, avaient contribué à donner à ce chef la légitimité d’être compté parmi les vainqueurs, et ont trouvé à leur retour chez eux leurs familles massacrées.

Cette insensibilité glacée de colonialiste invétéré montre tout ce qu’il faudra comme intelligence politique et comme savoir-faire à nos moudjahidine, à nos politiques et à nos négociateurs pour venir à bout d’un tel adversaire, lorsqu’il sera de nouveau à la tête de la République française…

Ajoutons qu’il évoque une «synchronisation» avec des «émeutes syriennes», pour faire croire aux intrigues d’un deus ex machina qui serait indument intervenu dans les affaires françaises; mais ce fait plaide au contraire contre la malfaisance de la France coloniale qui, elle, sévit sur toute l’étendue du système colonial qu’elle domine.

On a beaucoup écrit sur le drame du 8 mai 1945. Un orage, a-t-on dit, survenu dans un ciel serein et qui aurait pris au dépourvu les autorités coloniales; ce qui expliquerait alors qu’elles aient été «dépassées». On en a imputé la responsabilité au mouvement national: il aurait, pour le moins, dit-on, fait le jeu de provocateurs pronazis, face à quoi ces mêmes autorités n’auraient rien pu faire d’autre que justement sévir.

Le verdict de l’histoire a déjà rejeté dans l’inconsistance et l’oubli de telles problématiques. Des écrits de plus en plus nombreux, français comme algériens, sont revenus sur cet épisode colonial dramatique pour démontrer que, si complot il y a eu, il a été de bout en bout le fait du colonisateur.

Un colonisateur coutumier des provocations, comme le note Ferhat Abbas qui rappelle l’assassinat du mufti Kahoul, à l’époque où il fallait casser le rassemblement en cours des forces nationales (le Congrès musulman de 1936). Se sont acoquinés pour ce crime immoral de mai 1945, en une “association” plus que jamais contre-nature, un État républicain impérial renaissant, et une administration et une population vichystes reconverties de la dernière heure. Ils arriveront à étouffer le rapport Tubert qu’une opinion républicaine horrifiée avait fait diligenter, et n’ont pas tenu compte du cynique mais sage rapport de mission du général Duval qui avait dirigé la répression; il avertissait le pouvoir colonial qu’il lui avait gagné un répit de 10 ans, répit qu’il fallait utiliser pour régler ce qu’il y avait à régler… Le conseil tombait dans des oreilles sourdes.

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Terrible épreuve!

De cette douloureuse expérience, notre mouvement national tire les leçons pour faire fructifier l’engouement et la mobilisation que l’idéal national, bien défini, a suscités dans les larges couches de la population. Tout le monde, toutes les forces du mouvement saisissent que c’est l’union en cours de constitution qui avait jeté l’effroi parmi les représentants de cette France qui s’entête à vouloir s’accaparer un pays “occupé par effraction”, en en excluant ses occupants premiers; de cette France qui s’accroche à son idée d’”Algérie française”. Et les différentes forces politiques qui ont émergé parmi les Algériens sont plus que jamais conscientes de leur bon droit et de leur puissance… si elles arrivent à s’unir.

Mais pour l’heure, c’est aux suites de la répression qu’il faut faire face. «Nous nous sommes penchés, poursuit Ferhat Abbas, sur un certain nombre de questions que nous voulions voir régler: 1- les Aml, dissous, furent réhabilités; 2- Messali Hadj fut transféré sur notre demande de Brazzaville à Paris; 3- le journal Égalité, suspendu après les événements du 8 mai 45, fut autorisé à reparaître; 4- un crédit de 500 millions, destiné à indemniser les victimes du 8 mai, fut demandé.

Le ministre des finances donna son accord. Mais le gouvernement général de l’Algérie s’y opposa, sous prétexte que lesdites victimes avaient été déjà dédommagées; un projet de loi permettant le retour à la vie légale du PPA fut déposé sur le bureau de la chambre, etc.»

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Il faut, surtout, arrêter la main du bourreau…

Principalement. Sauver les condamnés à mort dont l’exécution va bon train, secourir les familles des disparus, et ceux qui ont été emprisonnés. Un grand mouvement de solidarité s’organise dans ce sens… qui arrache la loi d’amnistie du 9 mars 1946, malgré laquelle dix condamnés seront guillotinés à la mi-décembre, neuf mois après son adoption!

Dans cette atmosphère de fin du monde, le pouvoir colonial cède quelque peu: pour la 1ère fois depuis 115 ans, en août 1945, une loi – concrétisant l’ordonnance du 7 mars 1944 évoquée plus haut – permet aux Algériens d’avoir, à égalité avec les colons – c’est-à-dire huit fois moins qu’eux en proportion –, une représentation au Parlement français: de Gaulle avait donné, là, suite à une exigence… avancée en 1920 par l’émir Khaled!

Les dirigeants et militants politiques qui ont échappé à la tuerie, sortent peu à peu de prison, font le point, réorganisent leurs rangs pour reprendre «le travail là où il avait été interrompu » par le saccage de l’expérience des Aml.

Dans ce sens – et c’est le troisième temps de l’action nationaliste décrit par F. Abbas –, de nouvelles organisations se créent, telles l’Union démocratique du Manifeste algérien (Udma), le Mtld (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, (qui remplace légalement le Ppa, et qui coexiste, au sein de ce dernier, avec l’Os) (Organisation spéciale)…, avec l’objectif de reconstruire l’unité…

Sur cette réorganisation du mouvement national, nous verrons plus loin le témoignage d’un autre acteur qui se révélera dans ce bouleversement, à travers justement le développement de l’Os. Mohamed Boudiaf, puisque c’est de lui qu’il s’agit, donnera sa version et son éclairage de ces événements, dans deux textes: l’un factuel et informatif, «La Préparation du 1er Novembre 1954»11, et l’autre, rédigé pendant l’été 1961, donc avant la fin de la guerre, plus analytique et plus marqué par l’esprit de la Proclamation du 1er Novembre 1954, «Le Commencement»12

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Notes
  • 1[. Les citations de Ferhat Abbas sont tirées de son œuvre La Nuit coloniale, dans la partie où il fait l’historique du mouvement national comme seul il a pu systématiquement le faire, à travers son cheminement comme un de ses leaders, depuis les « J. A. » – il en était un – jusqu’à la Guerre de libération nationale – il a été le premier président de son Gpra.]
  • 2. [Julliard, 1952; rééd. 1953 et 1972.]
  • 3. Dont La Nuit coloniale, l’essai, destiné au large public, donne pour la première fois une idée d’ensemble concrète de cette nuit de plus de 130 ans, en appui sur les écrits parlants des généraux et législateurs du crime colonial.
  • 4. Ferhat Abbas. Une autre Algérie, Denoël-Casbah, 1995.
  • 5. Mohamed Harbi et Benjamin Stora, La Guerre d’Algérie. 1954-2004, Laffont, 2004.
  • 6. J. Lacouture, P. Mendès France, Seuil, 1981, p. 154.
  • 7. In O. Le Cour Grandmaison, De l’indigénat, Introduction, p.32-33.
  • 8. De Gaulle, Mémoires de Guerre. Le Salut, Plon, 1959, p. 261.
  • 9. Augustin, le père de Jacques, était aux Affaires indigènes au Gouvernement général, c’est-à-dire qu’il dirigeait aussi les services policiers des RG (Renseignements généraux), d’où la mention de ces derniers dans la réponse de Ferhat Abbas à A. Berque.
  • 10. A. Rey-Goldzeiguer , Aux origines de la guerre d’Algérie 1940-1945, Casbah, p. 233-234.
  • 11. Cf. El-Jarida, organe du Parti de la Révolution socialiste, N° 15, nov.-déc. 1974.
  • 12. Écrit en 1961 à Turquant le 22 août 1961, portant Copyright “Association Denise et Robert Barat” in algeria.com/forums/history-histoire/

La médiacratie ne règne plus sur l’esprit des «peuples»

Par Khider Mesloub.

De nos jours, les médias mainstream, autrement dit les complaisants médias propagateurs et défenseurs de la « vérité étatique et capitalistique », sont concurrencés par les réseaux sociaux animés directement par des femmes et hommes du peuple, porteurs d’informations alternatives, par ailleurs inscrits dans une dynamique de purification idéologique et de démystification médiatique.

La croyance en la toute puissante et hypnotisante parole médiatique s’est effondrée. Les gens, depuis longtemps vaccinés contre la propagande étatique, sont désormais, également, immunisés contre le virus médiatique. La médiacratie ne règne plus sur l’esprit des peuples, extirpés de leur torpeur politique, léthargie intellectuelle, atonie combative.

Fondamentalement, l’avènement du numérique a bousculé le rapport à l’information, en particulier, et à la connaissance, en général. Avec la popularisation numérique de l’information et des connaissances savantes, à la faveur de la pandémie de Covid-19, la défiance, longtemps exprimée de manière latente, a pu se développer vis-à-vis des médias traditionnels dominants et des instances scientifiques officielles stipendiées, avec une critique portant sur leur orientation idéologique dans l’interprétation et l’analyse de l’information pour les médias, leurs connivences avec les firmes pharmaceutiques, pour les scientifiques et médecins. En effet, au cours de la pandémie de Covid-19, les scientifiques se sont discrédités par leur incurie, leurs mensonges et, surtout, leur arrogance. Les milieux scientifiques se sont convertis en scientifiques du milieu, en participant au racket planétaire des deniers publics opérés au profit des entreprises pharmaceutiques et laboratoires médicaux, via les lucratifs vaccins ARN-m et tests PCR, favorisés en lieu et place des traitements préventifs et curatifs non vaccinaux qui ont prouvé pourtant leur efficacité.

Étonnamment, les réseaux sociaux remplissent le même rôle de « révolution culturel » que les livres à l’époque de l’invention de l’imprimerie. De contre-pouvoir informationnelle et scientifique. Avec la fabrication et la diffusion massive des livres, favorisées notamment par des ateliers d’imprimerie clandestins, établis secrètement pour échapper à la censure des pouvoirs monarchiques et ecclésiastiques toujours prompts à excommunier de la communauté chrétienne tout hérétique (comme les grands groupes capitalistes du numérique – You Tube, Face Book, Twitter –  bannissent tout membre accusé de contrevenir au discours dominant), les populations pouvaient désormais accéder à des ouvrages interdits, souvent rédigés dans leur langue vernaculaire, vecteurs de paradigmes profanes subversifs et de représentations sociales sécularisées émancipatrices.

À la faveur de la popularisation du livre et du développement des connaissances impulsés au XVIème siècle, l’Europe rentrait, en effet, dans la modernité marquée par le mutation psychologique et intellectuel : matérialisée par l’émergence du règne de la Raison, du doute, de la liberté individuelle, du rejet des institutions, de l’Église, des vérités traditionnelles, de la croyance aux dogmes ; objectivée par le délitement de la fidélité au roi, l’assaut contre les autorités ecclésiastiques et nobiliaires, sur fond de combats intellectuels et politiques, de la diffusion de la pensée critique et du triomphe des sciences, favorisés par le développement extraordinaire des forces productives portées par la nouvelle classe révolutionnaire : la bourgeoisie. Toute ressemblance avec notre époque de crise multidimensionnelle n’est pas fortuite : nous entrons dans une ère marquée par l’éveil d’une nouvelle conscience universelle et révolutionnaire portée par le prolétariat mondial rompu aux nouvelles technologies informationnelles numériques alternatives, acculé à remplir sa mission historique pour accoucher de son nouveau monde fondé sur un inédit mode de production basé sur la satisfaction des besoins essentiels humains, et non sur le profit, l’accumulation du capital, la guerre économique et militaire permanente.

Par ailleurs, avant l’âge de l’imprimerie, notamment en France, l’Église triomphait sans difficulté de toutes les hérésies du fait de la maîtrise exclusive et du monopole total des moyens de communication (scripturaux). Les rares adversaires impies et libres penseurs, avec leurs libelles rudimentaires, ne pouvaient pas rivaliser avec les ecclésiastiques et les « hommes lige » féodaux dévoués à la royauté, les ancêtres des théologiens du capital contemporains et des plumitifs journalistiques actuels –  Les chiens de garde selon le livre éponyme de Paul Nizan paru en pleine florescence des mouvements pestilentiels nazis et fascistes, surgis sur fond de crise économique et sociale, ouvrage d’une brûlante actualité – , œuvrant au service des grands groupes financiers, propriétaires de la majorité des mass-média.

C’est grâce à la traduction et la publication de la Bible que se produisit « la Réforme » (qui éclata en Europe au début du 16ème siècle, symbolisée par le besoin de réformer la religion et la vie sociale) ; à la diffusion des grandes œuvres humanistes de la Renaissance que purent éclater les Révolutions anglaise, hollandaise, américaine, française, s’illuminer les Lumières. Avec l’avènement de l’imprimerie et, corollairement, la diffusion massive du Livre, la nouvelle pensée critique cultive le doute systématique à l’égard du discours scolastique et la connaissance dominante religieuse. L’Église romaine et les royaumes dynastiques ne tardèrent pas à être ébranlés sur leurs bases, puis balayés par l’Histoire (comme la société capitaliste actuelle vacille sur ses fondements, menacée d’effondrement, sous l’effet de la crise économique déguisée en crise sanitaire, et de la crise de la gouvernance désormais contestée par le prolétariat combatif en ébullition).

Assurément, la classe dominante a perdu la bataille de l’endoctrinement idéologique par suite de l’érosion de son monopole sur l’information permise par la démocratisation des réseaux sociaux. Et sa science vénale est désormais questionnée, contestée, réfutée par un peuple massivement instruit, doté de l’esprit critique, donc capable de faire du « popperisme », comme Jourdain, sans le savoir. En effet, les nouveaux esprits sceptiques s’inspirent, intuitivement, de la pensée relativiste de Karl Popper pour qui il faut avoir la possibilité de réfuter un énoncé scientifique pour que ce soit vraiment de la science.

Avec les gouvernants actuels des pays occidentaux décadents, nous ne sommes plus dans la théorie de la réfutation scientifique, mais la falsification médicale par les industries pharmaceutiques qui imposent leur « vérité » scientifique irréfutable.

Pire :  avec le durcissement autoritaire des pouvoirs occidentaux opéré à la faveur de la pandémie de Covid-19, nous sommes rentrés dans l’ère du « jdanovisme sanitaire » : la division du monde en deux camps thérapeutiques, marquant la bipolarisation de la population entre les partisans doctrinaires officiels de l’idéologie vaccinale, et les dissidents adeptes de la liberté thérapeutique. Rappelons ce que représentait la doctrine de Jdanov, père du réalisme socialiste en matière de production artistique, érigée en dogme politico-culturel (comme la thérapeutique vaccinale est érigé par les pays atlantistes en dogme médical). Le jdanovisme fut l’idéologie culturelle officielle du régime soviétique, défendue par Andreï Jdanov qui exerçait une censure féroce contre toute production artistique s’écartant du « politiquement correct », à l’instar du « vaccinalisme », érigé en dogme par les zélotes gouvernementaux adorateurs des firmes pharmaceutiques divinisées, exerce sa censure contre toute thérapeutique médicale curative.

Au reste, seul ce discours dominant et officiel a droit de cité dans la nouvelle démocratie totalitaire occidentale. Les opposants actuels aux mesures liberticides, les refuzniks, incarnent la dissidence. Ce sont les nouveaux Dissidents de l’Occident, surveillés et bannis des espaces publics comme des réseaux sociaux. À cet égard, il est utile de relever que, depuis l’apparition de la pandémie, des milliers de comptes et des millions de publications ont été supprimés par Facebook sous couvert de lutte contre les fake news. De même, pour semblable motif idéologique, Google a supprimé de nombreuses applications de son Play Store. En effet, Google avait décidé de suspendre de sa plateforme toute application faisant référence au coronavirus. Officiellement, pour lutter contre les fausses nouvelles, en vérité contre toute information libre diffusée par un média alternatif.

Désormais lorsque l’on tape les mots « coronavirus » ou « covid » dans la barre de recherche de Play Store sur les smartphones gérés par Android, aucune proposition n’est faite à l’utilisateur, à l’exception de quelques applications validées par des organismes officiels. Car Google n’a pas simplement banni toute référence au virus. Il a aussi pris un parti radical : celui de considérer que seule la parole officielle (autrement dit celle des Big Pharma et de leurs vassaux gouvernementaux) a désormais droit de cité sur sa plateforme. Pour Google, seul un gouvernement, institution désormais au service de Big Pharma, a le droit de parler du Covid-19. Google s’est fendu d’un communiqué : « Les applications faisant référence ou allusion au Covid-19, sous quelque forme que ce soit, ne seront approuvées pour être distribuées par Google que si elles sont publiées, commandées ou autorisées par des organismes gouvernementaux. », (autrement dit la maffia étatique contrôlée par Big Pharma).

L’ironie de l’histoire, c’est que dans l’ancestral débat entre croyance et science, aujourd’hui, à l’ère de la décadence de la société capitaliste occidentale, ce sont les scientifiques et les médecins, corrompus par les firmes pharmaceutiques et les gouvernants asservis au grand capital, qui sombrent dans la croyance, c’est-à-dire le dogmatisme vaccinal, illustré par la démission de leur rôle de soignants, désormais mission thérapeutique médicale déléguée à la miraculeuse seringue vaccinale en lieu et place des soins curatifs. A contrario, les « citoyens » maintiennent encore haut le flambeau de l’esprit scientifique par leur doute méthodique cher à Descartes, par leur circonspection dans l’interprétation des données opaques fournies par les firmes pharmaceutiques sur leur dernier vaccin ARN-m, mis sur le marché en un temps record quoiqu’étant en phase expérimentale, et par leur prudence dans la réception des informations contradictoires diffusées par les gouvernants.

Actuellement, sans conteste, avec l’entrée en crise de la société occidentale, les vieux réflexes inquisitoriaux resurgissent avec une intense acuité. Pour preuve. Au début du mois d’août 2022, un professeur israélien, Shmuel Shapira, directeur de l’Institut israélien de recherche biologique, pour avoir suggéré que l’épidémie de variole du singe est liée aux vaccins à ARNm, vient d’être censuré par Twitter.

En effet, la revue Kanekoa reprise par Les DeQodeurs, a rapporté que le professeur Shapira s’est vu retirer l’un de ses posts sur Twitter pour avoir affirmé : « Les cas de variole du singe ont été rares pendant des années. Ces dernières années, un seul cas a été documenté en Israël. Il est bien établi que les vaccins à ARNm affectent le système immunitaire naturel. Une épidémie de variole du singe après une vaccination massive de covidés : n’est pas une coïncidence. » Cette censure démontre que les médias sociaux sont totalement inféodés aux intérêts de Big Pharma. Au passage, cette information fournie par le professeur Shapira sur la cause de la flambée de la variole du singe est fondamentale.  Le lien entre la vaccination à ARN-m et la résurgence de la variole du singe est probable.

Assurément, avec l’introduction d’internet, en général, et la généralisation des réseaux sociaux, en particulier, nous sommes rentrés dans l’ère de la défiance systématique à l’égard de la pensée dominante et du discours journalistique idéologique vénal.  

Selon les gouvernants, décontenancés par l’expansion de « l’incroyance médiatique », cette nouvelle hérésie salutaire populaire, illustrée par le rejet de la parole journalistique longtemps divinisée, il s’agit d’une véritable « crise de la connaissance », nommée par certains spécialistes l’ère de la « post-vérité ». En d’autres termes, l’ère de la mort de la vérité officielle de la classe dominante en déclin. Or, la mort de cette « vérité bourgeoise » catégorielle est assimilée par les médias à la mort de la vérité ontologique universelle. Comme la mort de la croyance en Dieu en Occident fut associée à la fin de l’humanité par les anciennes classes féodales et les hommes d’Église. Au contraire, elle marqua la Renaissance des humanités, donc de l’homme nouveau moderne libre, producteur de sa vie et créateur de ses œuvres.

La « crise de la connaissance » et de la « vérité officielle » actuelle sonnent le glas de la société bourgeoise vérolée. La société capitaliste se meurt, aidons-la à mourir ! Nous sommes garantis de recouvrer notre paradis terrestre, transformé en enfer par le règne méphistophélique de la bourgeoisie prédatrice, dominatrice, belliciste, exterminatrice.

Une classe régnante en déclin assimile toujours la fin de son monde à la fin du Monde. Or, il n’en est rien. La fin du monde bourgeois que nous entrevoyons actuellement marque la naissance du nouveau monde porté par l’humble humanité prolétarienne en pleine effervescence sociale et conscientisation politique, animée par le doute systématique et la défiance absolue à l’égard de la contemporaine société mortifère, doublée de l’assurance en sa force militante combative pour édifier sa future société sans classe, fondée sur des rapports sociaux égalitaires authentiquement humains, expurgée des impostures gouvernementales et des mensonges médiatiques.

 

Khider MESLOUB

 

 

Inde-Russie-Iran: les nouvelles voies de transport de l’Eurasie

Par Matthew Ehret*

(29 juillet 2022) Le «Corridor international de transport nord-sud» (INSTC) n’est plus seulement une «route alternative» tracée sur une planche à dessin, mais présente de nombreux avantages en temps de crise mondiale. Moscou, Téhéran et New Delhi sont désormais les acteurs principaux de la compétition eurasienne pour les voies de transport.

Les mouvements tectoniques du système mondial se poursuivent et les Etats-nations se rendent rapidement compte que le «grand jeu» tel qu’il était pratiqué depuis l’introduction du système monétaire de Bretton Woods après la Seconde Guerre mondiale est terminé.

Cependant, les empires ne disparaissent jamais sans résistance, et l’empire anglo-américain ne fait pas exception: il exagère, menace et bluffe jusqu’à la fin.

La fin d’un ordre

Peu importe le nombre de sanctions imposées par l’Occident à la Russie, les victimes sont avant tout des civils occidentaux. La gravité de cette erreur politique est en effet tel que les pays transatlantiques se dirigent vers la plus grande crise alimentaire et énergétique auto-infligée de l’histoire.

Alors que les représentants de l’«Ordre international libéral basé sur des règles»1 poursuivent leur course à l’anéantissement de toutes les nations qui refusent de jouer selon ces règles, un paradigme bien plus raisonnable a émergé ces derniers mois, qui promet de changer complètement l’ordre mondial.

La solution multipolaire

Nous voyons ici l’ordre alternatif en matière de sécurité et de finance qui a pris la forme du Grand Partenariat Eurasien.2 Pas plus tard que le 30 juin dernier, le président russe Vladimir Poutine a décrit ce nouvel ordre multipolaire, lors du 10e Forum juridique international à Saint-Pétersbourg, comme suit:3

«Un système multipolaire de relations internationales est en train de se mettre en place. Il s’agit d’un processus irréversible qui se déroule sous nos yeux et qui est de nature objective. La position de la Russie et de nombreux autres pays est que cet ordre mondial démocratique et plus juste devrait être construit sur la base du respect et de la confiance mutuels et, bien sûr, sur les principes universellement reconnus du droit international et de la Charte des Nations Unies.»

Depuis la rupture inévitable du commerce occidental avec la Russie après l’éclatement du conflit ukrainien en février, Poutine a été de plus en plus clair sur le fait que la réorientation stratégique des relations économiques de Moscou d’est en ouest doit mettre un accent dramatiquement nouveau sur les relations nord-sud et nord-est, non seulement pour la survie de la Russie, mais aussi pour la survie de toute l’Eurasie.

L’un des principaux axes stratégiques de cette réorientation est le Corridor international de transport nord-sud (INSTC),4 qui aurait dû être mis en place depuis longtemps.

A propos de ce mégaprojet révolutionnaire, Poutine a déclaré5 le mois dernier lors de la séance plénière du 25e Forum économique international de Saint-Pétersbourg:

«Afin d’aider les entreprises d’autres pays à développer des relations logistiques et de coopération, nous travaillons à l’amélioration des corridors de transport, à l’augmentation des capacités ferroviaires, des capacités de transbordement dans les ports de l’Arctique et dans l’est, le sud et d’autres parties du pays, y compris le bassin de la mer Noire d’Azov et le bassin de la mer Caspienne – ils deviendront la section la plus importante du corridor nord-sud, offrant une connexion stable avec le Moyen-Orient et l’Asie du Sud. Nous nous attendons à ce que le trafic de marchandises sur cette route augmente régulièrement dans un avenir proche.»

Le corridor international de transport nord-sud (INSTC)

Le moment Phénix de l’INSTC

Jusqu’à récemment, la principale route commerciale pour les marchandises de l’Inde vers l’Europe était le corridor maritime passant par le détroit de Bab El-Mandeb, qui relie le golfe d’Aden à la mer Rouge, via le canal de Suez, très encombré, puis par la Méditerranée et ensuite vers l’Europe via les ports et les corridors ferroviaires/routiers.

Sur cette route dominée par l’Occident, le temps de transit moyen jusqu’aux ports d’Europe du Nord ou de Russie est d’environ 40 jours. Les réalités géopolitiques de l’obsession technocratique occidentale pour la gouvernance mondiale ont rendu cette route contrôlée par l’OTAN très peu fiable.

Bien que l’INSTC soit loin d’être achevé, les marchandises transportées par ce biais de l’Inde vers la Russie terminent leur voyage 14 jours plus tôt que celles transportées par le canal de Suez, avec une réduction globale des coûts de transport de l’ordre de 30 %.

On s’attend à ce que ces chiffres diminuent encore à mesure que le projet progresse. Mais surtout, l’INSTC créerait une nouvelle base pour une coopération internationale gagnant-gagnant, bien plus en harmonie avec l’esprit de la géoéconomie dévoilé par l’Initiative Belt and Road (BRI) chinoise en 2013.

L’initiative chinoise «Belt and Road» (BRI)

Coopération plutôt que concurrence

Initialement convenu en septembre 2000 par la Russie, l’Iran et l’Inde, l’INSTC n’a été sérieusement lancé qu’en 2002, bien que beaucoup plus lentement que ne l’espéraient ses architectes.

Ce mégaprojet multimodal de 7200 km intègre directement ou indirectement plusieurs Etats eurasiens dans un réseau unique et étroitement maillé d’interdépendances via des corridors ferroviaires, routiers et maritimes. Le long de chaque axe, de nombreuses possibilités s’offrent à la construction de projets énergétiques, miniers et de zones économiques spéciales (ZES) de haute technologie, qui donnent aux nations participantes le pouvoir économique de sortir leur population de la pauvreté, d’accroître leur stabilité et de renforcer leur pouvoir national de déterminer leur propre destin.

Outre les trois pays fondateurs, dix autres Etats ont rejoint le projet au fil des ans, dont l’Arménie, la Géorgie, la Turquie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la Biélorussie, le Tadjikistan, le Kirghizstan, Oman, la Syrie et même l’Ukraine (bien que ce dernier membre pourrait ne pas rester longtemps à bord). Ces derniers mois, l’Inde a également invité officiellement l’Afghanistan et l’Ouzbékistan à rejoindre l’organisation.6

Alors que les groupes de réflexion et les analystes géopolitiques occidentaux tentent de présenter l’INSTC comme un adversaire de la BRI de la Chine, la réalité est que les deux systèmes sont extrêmement synergiques à plusieurs niveaux.

Contrairement à l’économie de bulle spéculative de l’Occident, la BRI et l’INSTC définissent toutes deux la valeur économique et l’intérêt personnel par l’amélioration de la productivité et du niveau de vie dans l’économie réelle. Alors que la pensée à court terme prévaut dans le paradigme à courte vue de Londres et Wall Street, les stratégies d’investissement de la BRI et de l’INSTC sont motivées par une pensée à long terme et un intérêt mutuel.

Il n’est pas dénué d’ironie de constater qu’une telle politique a jadis donné vie aux meilleures traditions de l’Occident, avant que la pourriture de la pensée unipolaire ne prenne le dessus et que l’Occident ne perde sa boussole morale.

Une alternative intégrée

Les deux principaux points d’appui de l’INSTC sont la zone productive de Mumbai, dans la région sud-est de l’Inde, le Gujarat, et le port arctique le plus septentrional de Lavna,7 dans la péninsule russe de Kola à Mourmansk.

Il s’agit non seulement du premier port construit par la Russie depuis des décennies, mais aussi, une fois achevé, de l’un des plus grands ports commerciaux du monde, avec une capacité de transbordement prévue de 80 millions de tonnes de marchandises d’ici 2030.

Le port de Lavna fait partie intégrante de la vision russe du développement de l’Arctique et de l’Extrême-Orient et constitue un élément central de l’actuel Plan global de la Russie pour la modernisation et le développement des infrastructures principales8 et de la Voie maritime du Nord,9 qui prévoit une multiplication par cinq du trafic de marchandises dans l’Arctique dans les années à venir. Ces projets sont étroitement liés à la Route de la Soie polaire de la Chine.10

Entre ces deux points d’appui, l’INSTC transporte du fret de l’Inde vers le port iranien de Bandar Abbas, où il est chargé sur le rail à double voie vers la ville iranienne de Bafq, puis vers Téhéran, avant d’atteindre le port d’Anzali, au sud de la mer Caspienne.

«Etre comme l’eau»

Etant donné que l’INSTC repose sur un concept flexible, capable de s’adapter à un environnement géopolitique changeant (tout comme la BRI), il existe une multitude de voies de raccordement qui bifurquent de l’axe principal nord-sud avant que les marchandises n’atteignent la mer Caspienne.

Il s’agit notamment d’un corridor oriental et d’un corridor occidental partant de la ville de Bafq vers la Turquie et de là vers l’Europe via le Bosphore, ainsi que d’un corridor oriental reliant Téhéran au Turkménistan, à l’Ouzbékistan et au Kazakhstan, puis à Urumqi en Chine.

Le chemin de fer reste important

Depuis le port d’Anzali, dans le nord de l’Iran, les marchandises peuvent être transportées via la mer Caspienne jusqu’au port russe d’Astrakhan, où elles sont ensuite chargées sur des trains et des camions pour être acheminées vers Moscou, Saint-Pétersbourg et Mourmansk. Inversement, les marchandises peuvent également être transportées par voie terrestre vers l’Azerbaïdjan, où la ligne de chemin de fer Iran-Rasht-mer Caspienne, longue de 35 km, est actuellement en construction et dont 11 km sont achevés à ce jour.

Une fois achevée, la ligne reliera le port d’Anzali à Bakou, en Azerbaïdjan, et permettra aux marchandises de poursuivre leur route soit vers la Russie, soit vers l’ouest et l’Europe. Une ligne ferroviaire Téhéran-Bakou existe déjà.

En outre, l’Azerbaïdjan et l’Iran collaborent actuellement sur une vaste ligne ferroviaire de 2 milliards de dollars reliant la voie ferrée Qazvin-Rasht de 175 km, mise en service en 2019, à une ligne ferroviaire stratégique reliant le port iranien de Rasht sur la Caspienne au complexe de Bandar Abbas dans le sud (achèvement prévu en 2025). En janvier 2022, le ministre iranien des Routes et du Développement urbain, Rostam Ghasemi, a décrit ce projet ainsi:11

«L’objectif de l’Iran est d’établir une connexion avec le Caucase, la Russie et les pays européens. Dans ce but, la construction du chemin de fer Rasht-Astara est au centre de l’intérêt. Des discussions ont eu lieu à ce sujet lors de la visite du président iranien en Russie et la construction de la ligne de chemin de fer devrait bientôt commencer avec la mise à disposition des fonds nécessaires.»

Ces derniers mois, le Premier ministre indien Narendra Modi a plaidé pour que le port de Chabahar, construit conjointement par l’Iran et l’Inde, soit inclus dans l’INSTC, ce qui sera probablement le cas puisqu’une autre ligne de chemin de fer de 628 km reliant le port à la ville iranienne de Zahedan est en cours de construction.

Les marchandises pourront ainsi être facilement transportées jusqu’à la ville de Bafq. Alors que certains critiques ont suggéré que le port de Chabahar est antagoniste du port pakistanais de Gwadar, les responsables iraniens l’ont constamment qualifié de sœur jumelle de Chabahar.12

Depuis 2014, un vaste complexe ferroviaire et de transport a vu le jour autour des cosignataires de l’Accord d’Achkabat (entré en vigueur en 2011 et étendu à plusieurs reprises au cours des dix dernières années). Ces réseaux ferroviaires comprennent la ligne Iran-Turkménistan-Kazakhstan13 de 917,5 km, mise en service en 2014, et le projet de chemin de fer/énergie Turkménistan-Afghanistan-Tadjikistan,14 lancé en 2016 , qui est en cours d’extension et pourrait facilement atteindre le Pakistan.

Ligne ferroviaire Islamabad–Istanbul (via l’Iran)

En décembre 2021, la ligne ferroviaire de 6540 km reliant Islamabad à Istanbul (via l’Iran) a été remise en service après une décennie d’inactivité.15 Cette ligne réduit de moitié le temps de transit traditionnel de 21 jours par voie maritime. Des discussions sont déjà en cours pour prolonger la ligne du Pakistan vers la province chinoise du Xinjiang, ce qui permettrait à l’INSTC de s’impliquer encore davantage dans la BRI.

Enfin, le mois de juin 2022 a vu l’inauguration tant attendue de la ligne ferroviaire Kazakhstan-Iran-Turquie16 de 6108 km, qui offre une alternative au corridor médian sous-développé. Le président kazakh Kazym-Jomart Tokaev a célébré le voyage inaugural du train de marchandises, qui a duré 12 jours, en ces termes:17 «Aujourd’hui, nous avons accueilli le train de conteneurs qui a quitté le Kazakhstan il y a une semaine. Il se rendra ensuite en Turquie. Compte tenu des conditions géopolitiques difficiles, c’est un événement important.»

Bien que l’INSTC ait déjà plus de 20 ans, la dynamique géopolitique mondiale, les guerres impliquant des changements de régime et les guerres économiques continues contre l’Iran, la Syrie et d’autres pays cibles des Etats-Unis ont fortement nui au climat géopolitique stable nécessaire à l’octroi de crédits importants, indispensables à la réussite de projets à long terme comme celui-ci.

Percée sécuritaire au Sommet de la Caspienne

Preuve que nécessité fait loi, l’effondrement systémique de l’ensemble de l’édifice de l’après-guerre a forcé la réalité à prendre le pas sur les préoccupations mesquines qui empêchaient les différentes nations de l’«île-monde»18 de Sir Halford John Mackinder de coopérer. Parmi ces conflits interminables et cette stagnation qui, en l’espace de trois décennies, ont réduit à néant un potentiel économique important, la zone caspienne se distingue.

C’est dans cette zone riche en pétrole et en gaz naturel que les cinq Etats riverains de la Caspienne (la Russie, l’Iran, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan) ont réussi à conclure des accords de sécurité, économiques et diplomatiques à plusieurs niveaux tout au long du Sixième sommet de la Caspienne19 qui s’est tenu les 29 et 30 juin 2022 à Achgabat au Turkménistan.

Lors de ce sommet, une priorité élevée a été accordée à l’INSTC, étant donné que la région est devenue un carrefour de communication nord-sud et est-ouest. Mais surtout, dans leur communiqué final, les chefs d’Etat et de gouvernement des cinq pays riverains ont placé la sécurité de la région au centre de leurs préoccupations, car il est évident que la tactique du partage et de la conquête sera appliquée à l’avenir par tous les moyens de guerre asymétrique.

Les principaux principes convenus20 étaient la sécurité indivisible, la coopération mutuelle, la coopération militaire, le respect de la souveraineté nationale et la non-ingérence. Plus important encore, l’interdiction pour les militaires étrangers d’accéder aux terres et aux eaux des Etats de la Caspienne a été fermement établie.

Bien qu’aucun accord final n’ait été conclu sur la propriété controversée des ressources au fond de la mer Caspienne, le terrain a été préparé pour l’harmonisation des doctrines de sécurité des Etats partenaires, un environnement sain a été établi pour le Deuxième sommet économique de la Caspienne, qui se tiendra cet automne et qui, espérons-le, permettra de régler bon nombre des différends relatifs à la propriété des ressources de la Caspienne.

Bien que les tempêtes géopolitiques continuent de s’intensifier, il est de plus en plus clair que seul le navire multipolaire a démontré sa compétence à naviguer sur les mers hostiles, tandis que la nef des fous unipolaire en perdition a une coque brisée, maintenue par à peine plus que du chewing-gum et une grande dose d’illusions.


*  Matthew Ehret est Senior Fellow à l’Université américaine de Moscou, fondateur de Canadian Patriot Review, de la Rising Tide Foundation et auteur de la série Untold History of Canada.

NOTES

Source: https://thecradle.co/Article/Investigations/13240, 19 juillet 2022

(Traduction «Point de vue Suisse»)

1 https://www.atlanticcouncil.org/content-series/atlantic-council-strategy-paper-series/strategic-context-the-rules-based-international-system/

2 https://www.silkroadbriefing.com/news/2021/04/14/the-greater-eurasian-partnership-connecting-central-south-east-asia/

3 http://en.kremlin.ru/events/president/news/68785

4 https://www.gica.global/initiative/international-north-south-transport-corridor-instc

5 http://en.kremlin.ru/events/president/news/68669

6 https://thehill.com/opinion/international/593579-does-central-asia-have-southern-options-for-transport-and-trade/

7 https://en.portnews.ru/news/318693/

8 https://arctic-lio.com/comprehensive-plan-for-the-modernization-and-expansion-of-trunk-infrastructure/

9 https://www.russia-briefing.com/news/new-rail-infrastructure-plans-russia-signs-off-new-northern-sea-passage-developments.html/

10 https://risingtidefoundation.net/2019/07/10/india-and-other-asian-nations-join-the-polar-silk-road/

11 https://www.silkroadbriefing.com/news/2022/01/31/irans-rasht-astara-railway-to-provide-the-key-link-in-the-instc/

12 https://www.hindustantimes.com/world-news/iran-s-chabahar-and-pakistan-s-gwadar-are-sister-ports-says-islamabad/story-E3efuNQMYqZ84cf4G3CyII.html

13 https://caspiannews.com/news-detail/kazakhstan-iran-turkmenistan-agreed-to-boost-cargo-volume-via-railroad-2021-11-29-0/

14 https://caspiannews.com/news-detail/turkmenistan-afghanistan-launch-new-infrastructure-projects-to-bolster-afghan-economy-2021-1-17-0/

15 https://www.silkroadbriefing.com/news/2021/12/23/pakistan-iran-turkey-rail-freight-line-reopens-after-ten-years/

16 https://www.railfreight.com/beltandroad/2022/06/20/first-kazakhstan-turkey-train-via-iran-how-can-it-help-eurasian-rail/?gdpr=deny

17 https://www.railfreight.com/beltandroad/2022/06/20/first-kazakhstan-turkey-train-via-iran-how-can-it-help-eurasian-rail/?gdpr=deny

18 https://www.thoughtco.com/what-is-mackinders-heartland-theory-4068393

19 https://www.specialeurasia.com/2022/07/07/caspian-sea-summit-geopolitics/

20 https://casp-geo.ru/16253-2/

Campagne en faveur de l’annulation de la dette capitaliste…la petite bourgeoisie en révolte (Michael Hudson)

 

Une présentation de la conférence : Building Bridges around David Graeber’s Legacy à Lyon, Vendredi 7 juillet 2022.

Il peut sembler étrange d’inviter un économiste à prononcer le discours d’ouverture d’une conférence de sciences sociales. Les économistes ont été décrits comme autistes et anti-sociaux par la presse populaire pour de bonnes raisons. Ils sont entrainés à penser abstraitement et à utiliser une déduction a priori – basée sur comment ils pensent que les sociétés devraient se développer. Les économistes du courant dominant d’aujourd’hui considèrent la privatisation néolibérale et les idéaux du libre marché comme étant ce qui apporte les revenus de la société et la richesse nécessaires pour atteindre un équilibre optimal sans le moindre besoin de régulation de l’État – et particulièrement pas de régulation du crédit et de la dette.

Le seul rôle reconnu pour l’État est de faire appliquer le « caractère sacré des contrats » et la « sécurité des biens ». Par cela, ils veulent dire l’imposition de contrats de dette, même quand leur mise en place exproprie un large nombre de propriétaires endettés et de propriétaires d’autres types de biens. C’est l’histoire de Rome. Nous voyons la même dynamique de dette en action aujourd’hui. Pourtant cette approche basique a mené les économistes dominant à insister en disant que la civilisation avait pu et avait dû suivre cette politique pro-crédit depuis son propre commencement.

La réalité est que la civilisation n’aurait jamais décollé si quelque économiste du libre marché s’était introduit dans une machine à remonter le temps pour se rendre cinq mille ans en arrière, à l’époque du Néolithique et de l’Age de Bronze. Supposez que cet économiste ait pu convaincre des anciens chefs ou dirigeants sur comment organiser leurs échanges, l’argent et la gestion des terres sur la base de « la cupidité est une bonne chose » et tout régulation publique est mauvaise. Si quelque Milton Friedman ou Margaret Thatcher avait persuadé les Sumériens, Babyloniens et autres anciens dirigeants de suivre la philosophie néolibérale d’aujourd’hui, la civilisation n’aurait pas pu se développer. Les économies se seraient polarisées – comme Rome l’a fait et comme le font aujourd’hui les économies occidentales. Les populations auraient fui ou bien auraient soutenu un réformiste local ou un révolutionnaire pour renverser le dirigeant écoutant de tels avis économiques. Ou elles auraient accueilli des attaquants ennemis leur promettant d’annuler leurs dettes, de libérer les esclaves et de redistribuer la terre.

Pourtant plusieurs générations de linguistes, d’historiens et même d’anthropologues ont ingurgité la vision mondiale individualiste et antisociale de la discipline économique et imaginent que le monde a toujours été comme ça. Nombre de ces non-économistes ont involontairement adopté leurs préjugés et leurs approches anciennes, ainsi que l’histoire moderne, avec un biais. Notre discours quotidien est tellement bombardé de manière insistante par les politiciens étasuniens d’aujourd’hui comme quoi le monde est divisé entre la « démocratie » avec un « libre marché » et « l’autocratie » avec une régulation publique qu’il y a beaucoup de fantaisies sur les civilisations anciennes.

David Graeber et moi-même avons cherché à faire comprendre comment des oligarchies pro-crédit ont pris le pas sur des économies de palais qui protégeaient les intérêts des populations endettées dans leur ensemble. À l’époque où il a publié son livre : Dette, 5000 ans d’histoire en 2011, mon groupe d’Harvard constitué d’assyriologues, d’égyptologues et d’archéologues était encore dans le processus d’écrire l’histoire économique de l’ancien Proche-Orient d’une manière radicalement différente des représentations et croyances de la majorité du public. Notre insistance commune sur comment les proclamations royales d’Effacements des Ardoises des dettes, de libérations des esclaves et de distributions des terres, jouaient un rôle normal et attendu des dirigeants de Mésopotamie et des Pharaons égyptiens n’était toujours pas admise à l’époque. Il semblait impossible que de tels Effacements d’Ardoises aient été ce qui avait préservé la liberté pour la population.

Le livre de David Graeber résumait mon enquête sur l’annulation royale de la dette dans l’ancien Proche Orient pour montrer qu’une dette portant intérêt était originalement adoptée avec des freins et contrepoids pour éviter qu’elle ne polarise la société entre créditeurs et débiteurs. En fait, il montrait que les pressions créées par l’émergence d’une richesse monétaire entre des mains individuelles ont mené à une crise économique et sociale qui a suscité l’apparition des grandes religions et des réformateurs sociaux.

Comme il l’a résumé, « la période centrale de l’Age axial de Jaspe correspond presque exactement à la période où la monnaie a été inventée. Qui plus est, les trois parties du monde où la monnaie a été inventée en premier ont également été les mêmes régions où ces sages ont vécu ; en fait, elles sont devenues les épicentres des religions de l’Age Axial et de la créativité philosophique ». Bouddha, Lao-Tseu et Confucius cherchaient tous les trois à créer un contexte social dans lequel intégrer l’économie. Il n’y avait pas de concept de laisser « le marché fonctionner » pour attribuer de la richesse et du profit sans avoir aucune idée sur comment ils pourraient être dépensés.

Toutes les sociétés anciennes avaient une méfiance envers la richesse, et par dessus tout la richesse monétaire et financière entre la mains des créditeurs, parce qu’elle tendait à être accumulée au dépend de la société dans son ensemble. Les anthropologues ont trouvé que ceci était une caractéristique des sociétés à faible revenu en général.

Arnold Toynbee a qualifié l’histoire comme étant une longue dynamique de déroulement de défis et de réponses aux intérêts centraux qui donnent forme aux civilisations. Le plus grand défi a été économique par son caractère : qui doit profiter des surplus obtenus quand les échanges et la production augmentent et sont de plus en plus spécialisés et monétisés ? Par dessus tout, comment la société doit-elle organiser le crédit et la dette nécessaires à la spécialisation des activités économiques – et entre les fonctions « publiques » et « privées » ?

Presque toutes les premières sociétés avaient une autorité centrale chargée de décider comment répartir les surplus investis de manière à promouvoir un bien-être économique général. Le plus grand défi était d’éviter que le crédit ne mène à ce que les dettes soient payées d’une manière qui appauvrisse la population, par exemple à travers la dette personnelle et l’usure – et amène à des pertes de libertés plus que temporaires (de la servitude à l’exil) ou à des droits de propriété des terres.

Le grand problème que le Proche-Orient de l’Age de Bronze a résolu – mais que l’Antiquité classique et la civilisation occidentale n’ont pas résolu – était de savoir comment faire face au paiement des dettes – particulièrement avec des intérêts – sans polariser les économies entre les créditeurs et les débiteurs et sans appauvrir finalement l’économie en réduisant la majeur partie de la population à une dépendance envers la dette. Les marchands s’engageaient dans le commerce, aussi bien pour eux-mêmes que comme agents des dirigeants des palais. Qui obtiendraient les bénéfices ? Et comment le crédit pourrait être fourni mais équilibré avec la capacité à être payé ?

Public vs. privé, les théories sur l’origine des modes d’occupation des terres (droit foncier)

Les sociétés anciennes reposaient sur une base agricole. Le premier et le plus basique problème à résoudre pour les sociétés était de décider comment répartir les terres. Même les familles qui vivaient dans les villes construites autour des temples et des centres de cérémonies civiles et d’administration recevaient des terres d’auto-subsistance – un peu comme les Russes avaient des datchas où ils faisaient pousser la plupart de leur nourriture à l’époque soviétique.

En analysant les origines des modes d’occupation des terres comme n’importe quel phénomène économique, nous trouvons deux approches. D’un côté il y a un scénario où la terre est attribuée par la communauté en échange d’obligations d’un travail de corvée et de service militaire. D’un autre côté il y a un scénario individualiste dans lequel le mode d’occupation des terres a trouvé son origine chez des individus agissant spontanément par eux-mêmes pour défricher de la terre, en faire faire sa propre propriété et produire de l’artisanat et d’autres produits (même du métal pour utiliser comme monnaie !) pour échanger entre eux.

La deuxième vision individualiste de la propriété des terres a été popularisée depuis que John Locke a imaginé des individus se lançant dans le défrichage de terres – apparemment vides et boisées – par leur propre travail (et supposément celui de leurs femmes). Cet effort établit leur droit de propriété sur ces terres et sur leurs récoltes. Certaines personnes avaient plus de terres que d’autres, soit parce qu’elles étaient plus fortes à les défricher, soit parce qu’elles avaient une famille plus grande pour les aider. Et il y avait assez de terre pour tous pour défricher et planter.

Dans cette perspective, il n’y a aucun besoin pour une communauté de s’investir, même pour se protéger contre une attaque militaire – ou pour des aides mutuelles en cas d’inondations ou autres problèmes. Et il n’y a aucun besoin de crédit – même si dans l’Antiquité c’était le levier principal de rupture de la division des terres en transférant sa propriété aux riches créditeurs.

À un certain point dans l’histoire, c’est sûr, cette théorie voit des Etats entrer dans le tableau. Peut-être ont-ils pris la forme d’armées prêtes à envahir les terres, ce qui est comment les ancêtres normands des propriétaires terriens au temps de John Locke avaient obtenu la terre anglaise. Et comme en Angleterre, les dirigeants auraient forcé les propriétaires terriens à payer une partie de leurs récoltes en impôts et à fournir un service militaire. Dans tous les cas, le rôle de l’État était reconnu comme simplement « interférant » avec le droit du cultivateur d’utiliser la récolte comme il l’entendait – probablement pour échanger contre des choses dont il avait besoin, faites par les familles dans leurs propres ateliers.

Mon groupe d’assyriologues, d’égyptologues et d’archéologues sponsorisés par Harvard a trouvé une genèse entièrement différente des modes d’occupation des terres. Les droits de propriété semblent avoir été attribués en parcelles standardisées en fonction du rendement des récoltes. Pour fournir de la nourriture à leurs membres, les communautés du Néolithique tardif et du début de l’Age du Bronze, depuis la Mésopotamie jusqu’à l’Égypte, attribuaient des terres aux familles proportionnellement à ce dont elles avaient besoin pour vivre et à combien elles pouvaient donner en retour aux autorités du palais.

Le rendement des impôts versés en contrepartie aux collecteurs du palais était la rente économique originale. Le régime foncier est venu comme une partie d’un qui pro quo – avec une obligation fiscale de fournir des services en main d’œuvre à des périodes définies de l’années et de servir dans l’armée. Ainsi c’est la taxation qui a créé les droits d’occupation des terre et pas l’inverse. La terre était de caractère social et pas individuel. Et le rôle de l’État était celui d’un coordinateur, d’un organisateur et d’un planificateur, ce n’était pas un rôle prédateur et extractif.

Public vs. privé, les origines de l’argent

Comment les premières sociétés ont-elles organisé l’échange des récoltes contre des produits – et plus important la manière de payer les impôts et les dettes ? Est-ce que c’était simplement un monde spontané d’individus faisant « du transport et du troc », comme l’a dit Adam Smith ? Les prix auraient radicalement variés sans aucun doute comme les individus n’avaient pas de référence de base du coût de production ou des degrés de nécessité. Qu’est-il arrivé alors que certains individus sont devenus des commerçants, prenant ce qu’ils avaient produit (ou ce que d’autres avaient produit et mis en dépôt) pour en faire des bénéfices ? S’ils voyageaient sur de longues distances, est-ce que les caravanes ou les bateaux étaient nécessaires – et la protection de grands groupes ? Est-ce que de tels groupes étaient protégés par leurs communautés ? Est-ce que l’offre et la demande jouaient un rôle ? Et, plus important, comment l’argent est-il apparu comme dénominateur commun pour fixer les prix de ce qui était échangé – ou payé en impôts ou en remboursement de dettes ?

Un siècle après Adam Smith, un économiste autrichien, Anton Menger, a développé une « fantaisie » sur comment et pourquoi les individus dans l’ancien temps pourraient avoir préféré garder leurs économies sous la forme de métal – principalement de l’argent mais aussi du cuivre, du bronze et de l’or. Il a été dit que l’avantage du métal est qu’il ne se détériore pas (au contraire du grain transporté dans une poche par exemple). Il était également assumé qu’il était de qualité uniforme. Ainsi les pièces d’argent en métal seraient devenues progressivement le moyen par lequel les autres produits auraient été amenés à être mesurés lors des échanges en troc – dans les marchés dans lesquels les États ne jouaient aucun rôle !

Le fait que cette théorie autrichienne ait été enseignée pendant presque un siècle et demi maintenant nous montre jusqu’à quel point des économistes crédules sont prêts à aller pour accepter une fantaisie en contradiction avec tous les documents historiques connus dans l’histoire mondiale. Pour commencer, l’argent et les autres métaux ne sont pas tous de qualité uniforme. La contrefaçon est une pratique vieille comme le monde, mais les théories individualistes ignorent le rôle de la fraude – et donc la nécessité d’une autorité publique pour la prévenir. Cet angle mort est la raison pour laquelle le président de la Réserve fédérale des EU Alan Greenspan était si peu préparé à faire face à la crise massive des prêts hypothécaires pourris qui a culminé en 2008. Là où l’argent est impliqué, la fraude est omniprésente.

C’est ce qui arrive dans les marchés non régulés – comme nous pouvons le voir aujourd’hui avec la fraude bancaire, l’évasion fiscale et le crime qui payent très très bien. Sans un gouvernement fort pour protéger la société contre la fraude, la violation des lois, l’usage de la force et l’exploitation, les sociétés se polarisent et s’appauvrissent. Pour des raisons évidentes, les bénéficiaires de ces butins cherchent à affaiblir le pouvoir régulateur et sa capacité à empêcher de telles appropriations.

Pour prévenir la fraude monétaire, la monnaie, d’argent et plus tard d’or, depuis la Mésopotamie de l’Age du Bronze jusqu’à la Grèce et la Rome classique, était frappée dans les temples pour sanctifier sa qualité standardisée. C’est pourquoi notre mot pour l’argent (money) vient du temple de Juno Moneta à Rome, où la monnaie de Rome était frappée. Des milliers d’années avant que des lingots ne soient fondus, elle était fournie en bandes de métal, en bracelets et autres formes frappées dans les temples, dans des alliages de proportions normalisées.

La pureté des métaux n’est pas le seul problème avec l’utilisation de monnaies d’échange. Le problème immédiat auquel se trouve confronté n’importe quelle personne qui échange des produits contre de l’argent est de savoir comment peser et mesurer ce qui acheté et vendu – et aussi comment payer les impôts et les dettes. Depuis Babylone jusqu’à la Bible, nous trouvons des dénonciations contre des marchands utilisant des faux poids et mesures. Les impôts impliquent un rôle du gouvernement et dans toutes les sociétés archaïques, c’était le temple qui supervisait les poids et mesures de même que la pureté des métaux. Et la dénomination des poids et mesures indique l’origine de leur secteur public : des fractions divisées en 60èmes en Mésopotamie, en 12èmes à Rome.

Le commerce des produits de première nécessité se faisait en prix coutumiers ou en paiements normalisés aux palais ou aux temples. Cela reflète le fait que « l’argent » dans la forme de marchandises définies n’était nécessaire que pour payer des impôts ou acheter des produits aux palais et aux temps et, à la fin de la saison des récoltes, pour payer les dettes destinée à régler ces achats.

Aujourd’hui le courant dominant de l’économie néolibérale a créé un conte de fée à propos d’une civilisation existant sans aucune surveillance réglementaire ou rôle productif de l’État, et sans aucun besoin de lever des impôts pour fournir les services sociaux de base comme la construction publique ou même le service militaire. Il n’y a pas besoin de prévenir la fraude ou l’accaparement violent de la propriété – ou la confiscation des droits de propriété par les créditeurs suite à une dette. Mais comme Balzac l’a noté, la plupart des fortunes des grandes familles ont été le résultat de tels grands vols, perdus dans le brouillard du temps et légitimés sur des siècles, comme si tout cela était naturel.

Ces angles morts sont nécessaires pour défendre l’idée des « marchés libres » contrôlés par les riches et plus que tout par les créditeurs. On prétend que c’est pour le mieux et que c’est ainsi que la société doit être gérée. C’est pourquoi la nouvelle guerre froide actuelle est menée par les néolibéraux contre le socialisme – menée avec violence et en excluant l’étude de l’histoire de l’économie des programmes académiques et donc de la conscience du public en général. Comme l’a dit Rosa Luxembourg, le combat entre le socialisme et la barbarie.

Public contre privé, les origines de la dette portant intérêt

Les taux d’intérêts étaient régulés et stables pendant de nombreux siècles en fin de compte. La clé de calcul était simple : 10ème, 12ème ou 60ème.

Les scribes babyloniens étaient entraînés à calculer n’importe quels taux d’intérêt comme un temps de doublement. Les dettes croissaient de manière exponentielle, mais les étudiants scribes apprenaient que les troupeaux de bétail et autres productions économiques matérielles diminuaient selon une courbe en S. C’est pourquoi l’intérêt composé était interdit. C’est aussi pourquoi il était nécessaire d’annuler les dettes périodiquement.

Si les dirigeants n’avaient pas annulé les dettes, le décollage de l’ancien monde aurait souffert prématurément du genre de déclin et de chute qui a appauvri la population de Rome et a amené au déclin et à la chute de sa République – laissant un système légal de loi pro-créditeurs former ultérieurement la civilisation occidentale.

Qu’est-ce qui rend la civilisation occidentale distinctivement occidentale ? Y a-t-il eu un détour ?

La civilisation n’aurait pas pu se développer si un Milton Friedman moderne ou un lauréat du prix Nobel d’Économie était retourné dans le temps et avait convaincu Hammourabi ou le pharaon d’Égypte de simplement laisser les individus agir par eux-mêmes et laisser les riches créditeurs réduire les débiteurs en esclavage – et ainsi d’utiliser leur travail comme une armée pour renverser les rois et prendre le pouvoir pour eux-mêmes, créant une oligarchie dans le genre des romains. C’est ce que les familles byzantines ont essayer de faire au IXème et au Xème siècles.

Si les champions de la « libre entreprise » avaient imposé leur voie, il n’y aurait eu ni monnaie frappée dans les temples, ni supervision des poids et mesures. La terre appartiendrait à qui pourrait s’en emparer, s’en saisir ou la conquérir. L’intérêt aurait reflété ce qu’un riche marchand pouvait forcer un cultivateur dans le besoin à payer. Mais pour les économistes, tout ce qui arrive est une histoire de « choix ». Comme s’il n’y avait pas de nécessité absolue – pour manger ou pour payer.

Un prix Nobel d’Économie a été donné à Douglass North pour avoir affirmé que le progrès économique d’aujourd’hui, et de fait depuis toute l’histoire, était basé sur « la sécurité des contrats » et les droits de propriété. Par cela, il voulait dire la priorité des droits des créanciers pour saisir les biens des débiteurs. Ce sont les droits de propriété de créer des latifundia et de réduire les populations à l’esclavage pour dettes.

Aucune civilisation archaïque n’aurait survécu si longtemps en suivant ce chemin. Et Rome n’a pas survécu en instituant ce qui est devenu le signe distinctif de la civilisation occidentale : donner le contrôle de l’État et de son pouvoir législatif à une classe de riches créditeurs monopolisant la terre et la propriété.

Si une société ancienne avait fait cela, la vie économique aurait été appauvrie. La plupart de la population se serait enfuie. Ou bien, les élites Thatchériennes/ou de l’École de Chicago auraient été renversées. Les riches familles soutenant cette appropriation auraient été poussées à l’exil, comme c’est arrivé dans bien des villes grecques au VIIe et VIe siècle avant Jésus-Christ. Ou bien des populations mécontentes auraient quitté les lieux et/ou menacé de faire défection face aux troupes étrangères promettant de libérer les esclaves, d’annuler leurs dettes et de redistribuer la terre, comme cela s’est passé avec la Sécession de la Plèbe à Rome au Ve et IVe siècle avant Jésus Christ.

Ainsi nous sommes ramenés à la question soulevée par David Graeber selon laquelle les grands réformateurs d’Eurasie sont apparus à l’époque où les économies ont été monétisées et de plus en plus privatisées – une époque pendant laquelle des familles riches accroissaient leur influence sur la manière dont les villes-États étaient gérées. Non seulement les grands réformateurs religieux mais aussi les plus grands philosophes, poètes et dramaturges grecs ont expliqué comment la richesse est addictive et mène à l’hybris qui les pousse à chercher la richesse par des manières qui blessent les autres.

Si nous balayons l’histoire ancienne, nous pouvons voir que l’objectif principal des dirigeants depuis Babylone jusque l’Asie du Sud et de l’Est a été de prévenir une oligarchie mercantile et créditrice d’émerger et de concentrer la propriété de la terre entre ses propres mains. Leur plan d’action implicite était de réduire l’ensemble de la population au clientélisme, aux liens de dette et de servitude.

C’est ce qui est arrivé en Occident, à Rome. Et nous vivons toujours dans ses contre-coups. À travers l’Occident d’aujourd’hui, notre système légal reste pro-créditeur, et pas en faveur de l’ensemble de la population endettée. C’est pourquoi les dettes personnelles, les dettes d’entreprises, les dettes publiques et les dettes internationales des pays du Sud ont augmenté jusque dans des conditions de crise menaçant d’enfermer leurs économies dans une déflation de la dette et une dépression prolongées.

C’était pour protester contre cela que David a participé à l’organisation d’Occupy Wall Street. Il est évident que nous sommes confrontés non seulement à un secteur financier qui est de plus en plus agressif mais qu’il a créé une fausse histoire, une fausse conscience destinée à empêcher la révolte en affirmant qu’Il n’y A Pas d’Alternative (TINA, There Is No Alternative).

À quel moment la civilisation occidentale s’est-elle fourvoyée ?

Nous avons deux scénarios diamétralement opposés décrivant comment les relations économiques les plus élémentaires ont commencé à exister. D’un côté, nous voyons les sociétés proche-orientales et asiatiques organisées de manières à maintenir un équilibre social en gardant les relations de dettes et la richesse mercantile subordonnées au bien public. Cet objectif a caractérisé la société archaïque et les sociétés non occidentales.

Mais la périphérie occidentale, autour de la mer Méditerranée et de la mer Egée, n’avait pas la tradition proche-orientale de « royauté divine » et les traditions religieuses asiatiques. Ce vide a permis à une riche oligarchie de créditeurs de prendre le pouvoir et de concentrer la propriété de la terre et des biens entre ses propres mains. Pour des objectifs de relations publiques, elle prétend être une « démocratie » – et dénonce toute régulation protectrice de l’État comme étant, par définition, une « autocratie ».

La tradition occidentale manque en fait d’une politique subordonnant la richesse à la croissance économique générale. L’Occident n’a pas de solides contrôles de l’État pour empêcher une oligarchie accro à la richesse d’émerger et de prendre la forme d’une aristocratie héréditaire. Faire des débiteurs et des clients une classe héréditaire, dépendante des riches créditeurs, est ce que les économistes d’aujourd’hui appelle un « libre marché ». C’est un marché sans freins et contrepoids publics contre l’inégalité, la fraude et la privatisation du domaine public.

Il pourra sembler incroyable à quelque futur historien que les dirigeants politiques et intellectuels du monde d’aujourd’hui entretiennent de tels fantasmes individualistes et néolibéraux selon lesquels une société archaïque « aurait dû se développer de cette manière – sans reconnaître que c’est ainsi que la République oligarchique de Rome s’est véritablement développée, menant à son inévitable déclin et à sa chute.

Les annulations de la dette de l’Age de Bronze et la dissonance cognitive moderne

Ainsi nous sommes revenus à ce pourquoi j’ai été invité à parler aujourd’hui. David Graeber a écrit dans son livre sur la dette qu’il cherchait à populariser la documentation de mon groupe de Harvard sur la manière dont les annulations de la dette existaient réellement et n’étaient pas de simples exercices littéraires et utopiques. Son livre a aidé à faire de la dette un sujet public, comme ses efforts dans le mouvement Occupy Wall Street.

L’administration Obama a envoyé la police pour briser les campements d’Occupy Wall Street et a fait tout son possible pour détruire la conscience des problèmes de la dette qui affligent les économies étasuniennes et étrangères. Et non seulement les médias du courant dominant mais aussi l’orthodoxie universitaire ont fait circuler leurs wagons contre la simple pensée que les dettes puissent être effacées et, dans les faits, nécessitaient d’être effacées pour empêcher les économies de tomber en dépression.

Cette éthique néolibérale pro-créditeur est la racine de l’actuelle nouvelle guerre froide. Quand le président Biden décrit ce grand conflit mondial destiné à isoler la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran et leurs partenaires commerciaux eurasiatiques, il le caractérise comme une lutte existentielle entre « démocratie » et « autocratie ».

Par « démocratie », il veut dire oligarchie. Et par « autocratie », il veut dire n’importe quel gouvernement assez fort pour empêcher l’oligarchie financière de renverser le gouvernement et la société et d’imposer des règles néolibérales – par la force. L’idéal est de rendre le reste du monde comme la Russie de Elstine, où les néolibéraux américains avaient la main libre pour s’approprier toute propriété publique des terres, des droits miniers et des services publics de base.

Source : Michael Hudson.  Source secondaire : Le Grand Soir.

Envoyé par Anna Lucciola

Claude Allègre, un étrange scientifique

OLIVIER CABANEL — Le ridicule ne tue pas, la preuve Allègre est toujours vivant.

Ce chercheur contesté attire aujourd’hui le regard, puisqu’on le dit ministrable, et queles uns et les autres clament tout haut tout le bien qu’il pense de lui.

Depuis des années, Claude Allègre, défend l’indéfendable.

Prendre le contre-pied systématique est devenu pour lui une raison d’être.

Pour la petite histoire, Allègre s’est illustré comiquement à ses dépens dans un des fleurons de la presse humoristique, Le Canard enchaîné, et j’avais suivi avec ravissement les épisodes abracadabrantesques qu’il a offerts au monde scientifique, en mars 1999 sur un débat passionnant.

Allègre : « vous prenez un élève, vous lui demandez une chose simple en physique : vous prenez une boule de pétanque et une balle de tennis, vous les lâchez, laquelle arrive la première ?

L’élève va vous dire : la boule de pétanque ?

Eh bien non (continue Allègre, allègrement) elles arrivent ensemble et c’est un problème fondamental, on a mis 2000 ans pour le comprendre. Ca ce sont des bases, tout le monde doit savoir ça. »

Mais le ministre de l’Éducation nationale qu’il était à l’époque devait aussi savoir que ce principe n’est valable que dans le vide total.

Dans l’air, environnement plus fréquent sur notre Terre, c’est évidemment la boule de pétanque qui touche le sol la première.

Eh bien non, Claude Allègre n’en a pas démordu, et pendant plusieurs semaines, dans les colonnes du Canard, il a défendu mordicus sa thèse.

Il a fallu que Georges Charpak, prix Nobel s’il vous plaît, prenne sa plus belle plume pour pourfendre l’ignorant dans les colonnes dudit Canard (déchaîné pour le coup).

Mais Claude Allègre n’en est pas à son premier dérapage.

C’est lui qui défend bec et ongles les OGM.

Il dit que rien n’est prouvé.

Qu’il vaut mieux mettre des pesticides à l’intérieur des plantes pour tuer les insectes, plutôt que de vaporiser les mêmes insecticides sur les cultures.

Il semble ignorer que ces insecticides OGM font d’énormes dégâts, tuant les vers de terre, gros fertilisateurs de notre terre.

Ils sont aussi un danger pour la santé des mammifères que nous sommes, puisqu’en ingurgitant ces OGM, nous absorbons des pesticides avec des conséquences grave pour notre santé, ainsi que l’a prouvé une expertise faite sur des rats.

Toujours plus fort, Allègre conteste avec la plus grande véhémence la thèse du réchauffement de la planète.

«Tout cela est normal», dit-il, « et il ne faut pas s’inquiéter ».

Sauf que les scientifiques en mission sur le voilier arctique, Tara, rentrant d’une mission de plus de cinq cents jours, affirment que les choses sont plus graves que nous pensions, et que la fonte de la banquise de l’Arctique est plus proche que nous le pensions : 2015.

Une élévation d’un seul mètre des océans provoquera l’exode d’un million de personnes.

Après tout, c’est dans l’ordre des choses, le gouvernement Sarkozy a choisi les éléments les plus brillants de nos élites :

Bernard Kouchner, traînant son sac de riz, ministre d’opérette, toujours prié de laisser passer son président sur le devant de la scène.

Jacques Attali, l’Attila de la réforme, qui a trouvé la solution pour sauver la France : multiplier le nombre de taxis et de coiffeurs.

Eric Besson, le « tourneur de veste de service », prié de distribuer les bons et les mauvais points aux ministres.

Rachida Dati qui veut punir d’avance ceux qui pourraient plonger dans la délinquance.

Et donc bientôt Claude Allègre qui avait réussi avec une seule loi à faire descendre tous les étudiants du pays dans la rue.

Il est même question d’inviter bientôt De Villiers, le chouan résistant, qui veut bouter l’étranger hors de France.

Pas de doutes, la République est dans de bonnes mains.

Car comme disait un vieil ami africain :

« Un seul doigt ne peut prendre un caillou ».

Une guerre USA-Russie est-elle inévitable ?

On ne doit pas croire que l’Alliance impérialiste Atlantique (OTAN) est unie et solidaire autour de la stratégie d’encerclement et de provocation de la Russie et de la Chine visant à déterminer la superpuissance hégémonique mondiale. Certaines voies réactionnaires, comme celle de Pat Buchanan, s’élèvent contre cette marche à la guerre nucléaire et réclame une seconde guerre froide…seul moyen, selon lui,  de venir a bout de l’Alliance Asie-Pacifique coalisée (BRICS)  L’alliance financière sino-russe-BRICS bouleverse le monde capitaliste – les 7 du quebec. Il est utile que nous prolétaires prenions compte des tensions internes de chaque alliance impérialiste comme des tensions inter-impérialistes.  Robert Bibeau.


Par Patrick J.Buchanan (revue de presse : Arrêt sur Info – 16/7/22 et France-Irak Actualité)*

Lors du sommet de l’OTAN à Madrid, la Finlande a été invitée à rejoindre l’alliance. Qu’est-ce que cela signifie pour la Finlande ?

Si le président russe Vladimir Poutine franchit la frontière finlandaise de 830 miles, les États-Unis se porteront à la défense d’Helsinki et combattront la Russie aux côtés de la Finlande.

Que signifie pour l’Amérique l’adhésion de la Finlande à l’OTAN ?

Si Poutine fait un mouvement militaire en Finlande, les États-Unis entreront en guerre contre la plus grande nation du monde avec un arsenal de 4 500 à 6 000 armes nucléaires stratégiques et de combat.

Aucun président de la guerre froide n’aurait rêvé de prendre un tel engagement – risquer la survie de notre nation pour défendre le territoire d’un pays situé à des milliers de kilomètres qui n’a jamais été un intérêt vital pour les États-Unis.

Entrer en guerre avec l’Union soviétique pour la préservation du territoire finlandais aurait été considéré comme une folie pendant la guerre froide.

Rappelez-vous : Harry Truman a refusé d’utiliser la force pour briser le blocus de Berlin par Joseph Staline. Dwight Eisenhower a refusé d’envoyer des troupes américaines pour sauver les combattants de la liberté hongrois écrasés par les chars soviétiques à Budapest en 1956.

Lyndon B. Johnson n’a rien fait pour aider les patriotes tchèques écrasés par les armées du Pacte de Varsovie en 1968. Lorsque le mouvement Solidarité de Lech Walesa a été écrasé sur ordre de Moscou en Pologne en 1981, Ronald Reagan a fait des déclarations courageuses et envoyé des photocopieuses.

Bien que les États-Unis aient publié des déclarations annuelles de soutien aux « nations captives » d’Europe centrale et orientale pendant la guerre froide, la libération de ces nations de l’emprise soviétique n’a jamais été considérée comme vitale pour l’Occident au point de justifier une guerre avec l’URSS.

En effet, au cours des 40 années de la guerre froide, l’OTAN, qui avait commencé en 1949 avec 12 pays membres, n’en a ajouté que quatre autres – la Grèce, la Turquie, l’Espagne et l’Allemagne de l’Ouest.

Pourtant, avec l’invitation faite à la Suède et à la Finlande de devenir les 31e et 32e pays à bénéficier d’une garantie de guerre au titre de l’article 5, l’OTAN aura doublé le nombre de ses membres depuis ce que l’on croyait – en tout cas les Russes – être la fin de la guerre froide.

Toutes les nations qui faisaient autrefois partie du Pacte de Varsovie de Moscou – l’Allemagne de l’Est, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Roumanie, la Bulgarie – sont maintenant membres d’une OTAN dirigée par les États-Unis et dirigée contre la Russie.

Trois anciennes républiques de l’URSS – l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie – sont désormais également membres de l’OTAN, une alliance militaire formée pour encercler et contenir la nation à laquelle elles avaient appartenu pendant la guerre froide.

La Lituanie, dont la population représente 2 % de celle de la Russie, vient de décréter un blocus partiel des marchandises traversant son territoire vers Kaliningrad, l’enclave russe sur la mer Baltique.

Face aux protestations de Poutine, Vilnius a rappelé à Moscou que la Lituanie est membre de l’OTAN.

Selon un dicton de la politique géostratégique, une grande puissance ne devrait jamais céder à une puissance inférieure la capacité de l’entraîner dans une grande guerre.

En 1914, l’Allemagne du kaiser a donné à son allié autrichien un « chèque en blanc » pour punir la Serbie pour son rôle dans l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand, héritier du trône d’Autriche. Vienne encaisse le chèque du kaiser et attaque la Serbie, et la Grande Guerre de 1914-1918 est lancée.

En mars 1939, Neville Chamberlain émet une garantie de guerre à la Pologne. Si l’Allemagne attaque la Pologne, la Grande-Bretagne se battra aux côtés de la Pologne.

Forts de cette garantie de guerre de l’Empire britannique, les Polonais font obstruction à Hitler, refusant de discuter avec Berlin des revendications allemandes sur la ville de Danzig, qui lui avait été enlevée lors de la Conférence de paix de Paris en 1919.

Le 1er septembre 1939, Hitler attaque et la Grande-Bretagne déclare la guerre, une guerre qui durera six ans et blessera mortellement l’Empire britannique.

Et la Pologne ? À Yalta, en 1945, Winston Churchill a accepté qu’une Pologne occupée par les Soviétiques reste sous la garde de Staline.

Poutine est un nationaliste russe qui considère l’éclatement de l’URSS comme la plus grande calamité du XXe siècle, mais il n’est pas le seul responsable des relations misérables entre nos pays.

Nous, Américains, avons joué un rôle de premier plan dans ce qui s’annonce comme une deuxième guerre froide, plus dangereuse que la première.

Au cours du dernier quart de siècle, après que la Russie a dissous le Pacte de Varsovie et laissé l’URSS se diviser en 15 nations, nous avons poussé l’OTAN, créée pour encercler et contenir la Russie, en Europe centrale et orientale.

En 2008, les néoconservateurs ont poussé la Géorgie à attaquer l’Ossétie du Sud, provoquant l’intervention de la Russie et la déroute de l’armée géorgienne.

En 2014, les néoconservateurs ont incité les Ukrainiens à renverser le régime pro-russe élu à Kiev. Lorsqu’ils ont réussi, Poutine s’est emparé de la Crimée et de Sébastopol, depuis des siècles le port d’attache de la flotte russe de la mer Noire.

En 2022, Moscou a demandé aux États-Unis de s’engager à ne pas faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN. Nous avons refusé. Et Poutine a attaqué. Si les Russes pensent que leur pays a été poussé contre un mur par l’Occident, peut-on les blâmer ?

 

Patrick Buchanan a été conseiller principal de trois présidents, deux fois candidat à l’investiture républicaine et candidat du Parti réformiste en 2000. Né à Washington, D.C., M. Buchanan a fait ses études à la Gonzaga High School où il a été diplômé premier de sa classe en 1956. Il a fréquenté Georgetown grâce à une bourse d’études complète, et a obtenu son diplôme avec mention en anglais et en philosophie en 1961, et a été intronisé dans la Gold Key Society de l’université. Il a obtenu une maîtrise de l’école supérieure de journalisme de Columbia en 1962. À 23 ans, il devient le plus jeune éditorialiste d’un grand journal américain : The St. Louis Globe-Democrat.

*Source : Arrêt sur info – Traduction : Arrêt sur info

Sur le même sujet, lire aussi : La « démocratie » mondiale est-elle la mission de l’Amérique ? par Patrick J.Buchanan

Revenu maximum autorisé

Par : ROBERT GIL

Recherche menée par Robert Gil

Dans notre société riche jusqu’à l’obésité, la pauvreté n’est pas seulement inacceptable, elle est surtout aberrante. Les «grands» patrons français gagnent l’équivalent de plusieurs milliers de SMIC par mois, et côtoient les 5 millions de français survivants sous le seuil de pauvreté. Les rémunérations de ces grands patrons sont les plus élevées d’Europe, sans compter les indemnités de départ de toutes sortes (parachutes dorés, primes de départ, retraites chapeau…) exorbitantes. Encore un effort et ils seront les mieux payés de la planète, ce doit être leur objectif : devenir les champions du monde !…..Cocorico!

Les patrons du Cac40, dont les revenus explosent, sont à juste titre montrés du doigt. Ils sont à la tête d’entreprises qui externalisent leurs coûts par la sous-traitance et l’exploitation de petites et moyennes entreprises. Quand les sous traitants ne peuvent maintenir des coûts bas par des baisses de salaires, ou des délocalisations, le marché passe à quelqu’un d’autre: le seul critère est la rentabilité.

Comme il existe un SMIG, il faut établir un revenu maximum égal à X fois le SMIG, rien ne justifie les différences exorbitantes de revenus entre les citoyens d’un même pays, quel que soit les postes qu’ils occupent. Car si parait-il les patrons méritent bien leurs salaires, est-ce à dire que les smicards ne le méritent pas ? On nous dit que si on ne les paye pas assez ils iront voir ailleurs. Mais peut être qu’ailleurs, personne ne les veut !

On nous dit aussi que les patrons ne font pas 35H, eux ! Faut dire qu’un patron, dès qu’il se lève, il se considère au boulot; quand il se brosse les dents le matin, quand il déjeune avec sa secrétaire, qu’il va au théâtre avec un client, ou qu’il assiste à un match de tennis avec un fournisseur il est au travail ! Et quand il passe un weekend sur un yacht ou une semaine aux Seychelles c’est pour réfléchir à une nouvelle stratégie de développement. D’ailleurs il est au travail 24 Heures sur 24 car l’appartement qu’il occupe dans le 16ème, et la voiture dans laquelle il se déplace comme le chauffeur est payé par l’entreprise.

Ces personnes tirent leurs revenus de notre exploitation et leur pouvoir de notre crédulité et de notre soumission. Cet argent disparaît dans des montages financiers complexes, il sert à la spéculation financière et alimente les paradis fiscaux. Seule une partie minime est réinjectée dans le circuit. Quand on a la possibilité de s’acheter une Ferrari tous les jours et une maison toutes les semaines, ce n’est pas seulement un problème de salaire, c’est aussi un problème de santé mentale.

Il est urgent de fixer un revenu maximum, car pour gagner davantage ils sont prêts à tout. Licenciements, délocalisations, fraude fiscale, tous les moyens sont bons, ce n’est pas qu’ils n’en aient pas assez, c’est qu’ils en veulent toujours plus. Et même si eux et leurs enfants sont à l’abri du besoin jusqu’à la fin des temps, ça ne fait rien, ils continuent à engranger ! Limiter les salaires, c’est leur rendre service !

Les inégalités de revenu ou de fortune sont des incitations à la délinquance.. C’est encore plus vrai à l’échelle mondiale. Quand la fortune de 225 personnes est égale au revenu de deux milliards et demi d’êtres humains, le cocktail explosif de l’humiliation et la misère constituent un réservoir de choix pour les intégristes ou les terroristes de toute sorte. Lorsque l’on nous parle d’insécurité, en voilà une des causes !!! Les richesses sont là, il ne nous reste qu’à les répartir équitablement …

«L’argent pollue toute chose et dégrade inexorablement la personne humaine»…Albert Einstein

L’armée ukrainienne utilise des boucliers humains dans sa guerre fratricide

L’ONG stipendié « Amnesty International » décrit ainsi ce crime de guerre des nazi ukrainiens…

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5.7.08.2022.Amnesty-Monopole-Capitalismo-Spartacus-English-Italiano-Spanish

Ukraine. Les tactiques de combats ukrainiennes mettent en danger la population civile  (!?…)

 

Revue de presse : Amnesty international – communiqué (4/8/22)*

  • Des bases militaires sont installées dans des zones résidentielles, notamment dans des écoles et des hôpitaux
  • Des attaques sont lancées depuis des secteurs habités par des civil·e·s
  • Ces violations ne justifient cependant pas les attaques menées sans discrimination par les forces russes, qui ont fait de nombreux morts et blessés parmi la population civile

Les forces ukrainiennes mettent en danger la population civile en établissant des bases et en utilisant des systèmes d’armement dans des zones résidentielles habitées, notamment des écoles et des hôpitaux, lors des opérations visant à repousser l’invasion russe qui a débuté en février, a déclaré Amnesty International le 4 août.

Ces tactiques de combat violent le droit international humanitaire et mettent gravement en danger la population civile, car elles transforment des biens de caractère civil en cibles militaires. Les frappes russes qui en ont résulté dans des zones habitées ont tué des civil·e·s et détruit des infrastructures civiles.

« Nous avons réuni des informations sur de nombreux cas où les forces ukrainiennes ont mis en danger des civil·e·s et violé les lois de la guerre en opérant dans des zones habitées, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

« Le fait de se trouver dans une position défensive n’exempte pas l’armée ukrainienne de l’obligation de respecter le droit international humanitaire. »

Toutes les attaques russes sur lesquelles Amnesty International a rassemblé des informations n’ont cependant pas été menées dans des circonstances semblables. En effet, Amnesty International a dans d’autres cas conclu que la Russie avait commis des crimes de guerre, notamment dans certains secteurs de la ville de Kharkiv, sans avoir trouvé d’éléments prouvant que les forces ukrainiennes s’étaient installées dans les zones civiles visées de façon illégale par l’armée russe.

Entre avril et juillet, une équipe de recherche d’Amnesty International a pendant plusieurs semaines enquêté sur les frappes russes dans les régions de Kharkiv, du Donbas et de Mykolaïv. L’organisation a inspecté les sites de frappes, interrogé des victimes, des témoins et des proches de victimes des attaques, et recouru à la télédétection et analysé des armes.

Lors de toutes ces investigations, les chercheurs ont trouvé des éléments prouvant que les forces ukrainiennes ont lancé des attaques depuis des zones résidentielles peuplées et qu’elles se sont aussi basées dans des bâtiments civils dans 19 villes et villages de ces régions. Le Laboratoire de preuves du programme Réaction aux crises d’Amnesty International a analysé des images satellites afin de vérifier les informations recueillies sur le terrain.

La plupart des zones résidentielles où les soldats s’étaient installés se trouvaient à des kilomètres de la ligne de front. Ils auraient pourtant eu la possibilité de s’installer dans d’autres lieux qui n’auraient pas mis en danger la population civile, comme des bases militaires ou des zones densément boisées des environs, ou d’autres structures encore situées loin des zones résidentielles. Dans les cas sur lesquels Amnesty International a réuni des informations, à la connaissance de l’organisation, quand l’armée ukrainienne s’est installée dans des structures civiles dans des zones résidentielles, elle n’a ni demandé aux civil·e·s d’évacuer les bâtiments environnants, ni aidé les civil·e·s à les évacuer, s’abstenant ainsi de prendre toutes les précautions possibles pour protéger la population civile.

Attaques lancées depuis des zones civiles habitées

Des victimes et des témoins des frappes russes dans les régions du Donbas, de Kharkiv et de Mykolaïv ont dit aux chercheurs d’Amnesty International que l’armée ukrainienne menait des opérations près de leurs habitations au moment des attaques, ce qui exposait ces quartiers à des frappes de représailles des forces russes. Les chercheurs d’Amnesty International ont été témoins de ce comportement dans de nombreux endroits.

Le droit international humanitaire prévoit que toutes les parties à un conflit doivent éviter de positionner, dans toute la mesure du possible, des objectifs militaires dans des zones densément habitées ou près de ces zones. D’autres obligations existent visant à protéger les civil·e·s des conséquences des attaques, comme l’obligation d’éloigner les civil·e·s du voisinage d’objectifs militaires et l’obligation d’alerter efficacement sur des attaques qui risquent de nuire à la population civile.

La mère d’un homme de 50 ans tué le 10 juin lors d’une attaque à la roquette dans un village au sud de Mykolaïv a dit à Amnesty International : « Les militaires s’étaient installés dans une maison à côté de la nôtre et mon fils allait souvent voir les soldats pour leur prendre de la nourriture. Je l’ai supplié plusieurs fois de rester à distance de cet endroit, parce que j’avais peur qu’il lui arrive quelque chose. Cet après-midi-là, au moment de la frappe, mon fils se trouvait dans la cour de notre maison et moi j’étais à l’intérieur de la maison. Il a été tué sur le coup. Son corps a été déchiqueté. Notre maison a été en partie détruite. » Les chercheurs d’Amnesty International ont trouvé de l’équipement et des uniformes militaires dans la maison d’à côté.

Mykola, qui habite dans une tour dans les environs de Lyssytchansk (Donbas) ayant subi plusieurs frappes russes qui ont tué au moins un vieil homme, a dit à Amnesty International : « Je ne comprends pas pourquoi notre armée tire depuis les villes et non depuis la campagne. » Un autre habitant, un homme de 50 ans, a dit : « Il y a vraiment une activité militaire dans le quartier. Quand il y a des tirs depuis ce secteur, on entend ensuite des tirs qui cette fois visent ce secteur. Les chercheurs d’Amnesty International ont vu des soldats utiliser un immeuble d’habitation situé à une vingtaine de mètres de l’entrée d’un abri souterrain utilisé par les habitants, où le vieil homme a été tué.

Dans une ville du Donbas, le 6 mai, les forces russes ont utilisé des armes à sous-munitions, largement interdites et qui frappent sans discernement, contre une localité constituée principalement de maisons d’un ou deux étages, depuis laquelle les forces ukrainiennes procédaient à des tirs d’artillerie. Des éclats d’obus ont endommagé les murs de la maison où vivent Anna, qui a 70 ans, son fils et sa mère de 95 ans.

Anna a expliqué : « Les éclats d’obus ont volé à travers les portes. J’étais dans la maison. L’artillerie ukrainienne se trouvait près de mon champ […] Il y avait des soldats derrière le champ, derrière la maison […] Je les ai vus entrer et sortir […] depuis le début de la guerre […] Ma mère est […] paralysée je ne pouvais donc pas m’enfuir. »

Début juillet, un paysan a été blessé quand les forces russes ont visé un hangar agricole, dans le secteur de Mykolaïv. Quelques heures après cette frappe, les chercheurs d’Amnesty International ont été témoins de la présence de personnel et de véhicules militaires ukrainiens dans les environs du hangar agricole, et d’autres témoins ont confirmé que les militaires avaient utilisé la grange située de l’autre côté de la route par rapport à une ferme où des civil·e·s habitaient et travaillaient.

Alors que les chercheurs d’Amnesty International examinaient les dégâts subis par des immeubles d’habitation et des bâtiments publics voisins, à Kharkiv et dans des villages du Donbas et de l’est de Mykolaïv, ils ont entendu des coups de feu venant de positions militaires ukrainiennes à proximité.

À Bakhmout, plusieurs habitants ont dit à Amnesty International que l’armée ukrainienne avait utilisé un bâtiment situé à 20 mètres à peine d’une tour d’habitation, de l’autre côté de la rue. Le 18 mai, un missile russe a touché la façade de cet immeuble, détruisant partiellement cinq appartements et causant des dégâts à des bâtiments voisins. Kateryna, une habitante qui a vécu cette attaque, a dit : « Je n’ai pas compris ce qui se passait. [Il a eu] des vitres brisées et beaucoup de poussière chez moi […] J’étais restée là parce que ma mère ne voulait pas partir. Elle a des problèmes de santé. »

Trois habitants ont dit à Amnesty International qu’avant cette frappe, les forces ukrainiennes avaient utilisé un bâtiment situé de l’autre côté de la rue par rapport à l’immeuble touché, et que deux camions militaires étaient garés en face d’une autre maison qui a subi des dégâts quand le missile a frappé. Les chercheurs d’Amnesty International ont trouvé des signes d’une présence militaire à l’intérieur et à l’extérieur de ce bâtiment, notamment des sacs de sable et des bâches de plastique noir recouvrant les vitres, ainsi que des équipements de premiers secours neufs fabriqués aux États-Unis.

« Nous n’avons pas notre mot à dire par rapport à ce que fait l’armée, mais c’est nous qui en payons le prix », a dit à Amnesty International un habitant dont la maison a également subi des dégâts à cause de cette frappe.

Des bases militaires dans des hôpitaux

Les chercheurs d’Amnesty International ont été témoins de l’utilisation d’hôpitaux comme bases militaires de facto par les forces ukrainiennes dans cinq localités. Dans deux villes, des dizaines de soldats se reposaient, s’affairaient et prenaient leurs repas dans des hôpitaux. Dans une autre ville, des soldats procédaient à des tirs depuis des positions situées près d’un hôpital.

Le 28 avril, une frappe aérienne russe a blessé deux employés d’un laboratoire médical dans la banlieue de Kharkiv après que les forces ukrainiennes eurent installé une base dans ce complexe.

L’utilisation d’hôpitaux à des fins militaires constitue une violation évidente du droit international humanitaire.

Des bases militaires dans des écoles

L’armée ukrainienne installe régulièrement des bases dans des écoles dans les villes et villages du Donbas et de la région de Mykolaïv. Des écoles ont été temporairement fermées pour les élèves depuis le début du conflit, mais dans la plupart des cas, ces bâtiments se trouvaient à proximité de zones habitées par des civil·e·s.

Dans 22 des 29 écoles qu’ils ont visitées, les chercheurs d’Amnesty International ont constaté que des soldats utilisaient ces bâtiments ou y ont trouvé des éléments prouvant une activité militaire passée ou présente – notamment des treillis militaires, des munitions abandonnées, des sachets de rations militaires et des véhicules militaires.

Les forces russes ont frappé un grand nombre des écoles utilisées par les forces ukrainiennes. Dans au moins trois villes, à la suite de bombardements russes sur des écoles, les soldats ukrainiens se sont installés dans d’autres écoles des environs, exposant ainsi les quartiers environnants au risque de subir de semblables attaques.

Dans une ville à l’est d’Odessa, Amnesty International a constaté que les soldats ukrainiens avaient très largement pour habitude d’utiliser des espaces civils pour leur hébergement et pour d’autres usages : ils ont ainsi placé des véhicules blindés sous des arbres dans des quartiers uniquement résidentiels, et utilisé deux écoles situées dans des secteurs résidentiels densément peuplés. Les frappes russes près de ces écoles ont tué et blessé plusieurs civil·e·s entre avril et fin juin, notamment un enfant et une femme âgée qui ont été tués chez eux par une attaque à la roquette le 28 juin.

À Bakhmout, les forces ukrainiennes utilisaient comme base militaire le bâtiment d’une université quand une frappe russe l’a atteint le 21 mai ; sept soldats auraient été tués. L’université se trouve à côté d’une tour d’habitation qui a subi des dégâts lors de cette frappe, de même que d’autres immeubles d’habitation civils situés à une cinquantaine de mètres de là. Les chercheurs d’Amnesty International ont trouvé les restes d’un véhicule militaire dans la cour du bâtiment universitaire bombardé.

Le droit international humanitaire n’interdit pas spécifiquement aux parties à un conflit de se baser dans des écoles en dehors des périodes scolaires. Cependant, les militaires ont l’obligation d’éviter d’utiliser les écoles situées à proximité de maisons ou d’immeubles d’habitation remplis de civil·e·s, car cela mettrait leur vie en danger, sauf en cas de nécessité militaire absolue. Le cas échéant, les militaires doivent alors avertir les civil·e·s et, si nécessaire, les aider à évacuer les lieux. Cela ne s’est manifestement pas passé comme cela dans les cas examinés par Amnesty International.

Les conflits armés nuisent considérablement à l’exercice du droit à l’éducation pour les enfants, et l’utilisation d’établissements d’enseignement à des fins militaires peut entraîner des destructions qui privent encore les enfants de ce droit après la guerre. L’Ukraine fait partie des 114 pays qui ont approuvé la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, un accord sur la protection de l’éducation lors des conflits armés qui permet aux parties d’utiliser les écoles abandonnées ou évacuées que s’il n’existe pas d’autre solution viable.

Attaques menées sans discrimination par les forces russes

Un grand nombre des frappes russes sur lesquelles Amnesty International a réuni des informations ces derniers mois ont été menées avec des armes frappant sans discrimination, notamment des armes à sous-munitions interdites, ou avec d’autres armes explosives à large champ d’action. D’autres frappes ont été menées au moyen d’armes guidées avec des niveaux de précision variables ; dans certains cas, ces armes ont été suffisamment précises pour toucher des cibles bien définies.

La pratique de l’armée ukrainienne qui consiste à placer des objectifs militaires dans des zones habitées ne justifie en aucun cas les attaques menées sans discernement par les forces russes. Toutes les parties à un conflit doivent en toutes circonstances faire la distinction entre les objectifs militaires et les biens de caractère civil et prendre toutes les précautions possibles, y compris en ce qui concerne le choix des armes, pour réduire le plus possible les préjudices subis par la population civile. Les attaques menées sans discrimination qui tuent ou blessent des civil·e·s ou endommagent des biens de caractère civil constituent des crimes de guerre.

« Le gouvernement ukrainien doit immédiatement prendre les mesures nécessaires pour placer ses forces loin des zones habitées, et pour évacuer les civil·e·s dans les zones où l’armée mène des opérations. Les militaires ne doivent en aucun cas utiliser des hôpitaux pour faire la guerre et ils ne doivent utiliser des écoles ou des immeubles d’habitation civils qu’en dernier ressort, en l’absence de toute autre solution viable », a déclaré Agnès Callamard.

Amnesty International a contacté le ministère de la Défense ukrainien en lui indiquant les conclusions de ses recherches le 29 juillet 2022. Au moment de la publication, Amnesty n’avait reçu aucune réponse.

*Source : Amnesty international

’HISTOIRE DE JOSEPH EST UN ANCIEN CONTE POPULAIRE ARABE

Par : JBL 1960

VIDÉO D’A. EZZAT TRADUIT EN FRANÇAIS PAR JBL1960


FAISONS TOMBER LES DOGMES, LES DOCTRINES & LES MYTHES ;

Tous les écrits, publications et livre du Dr. Ashraf Ezzat qui ne dit jamais que l’histoire de la bible est une invention. Mais prouve juste que la location GÉOGRAPHIQUE de cette histoire n’est pas la bonne. Et qu’il ne faut pas chercher en Égypte ou en Palestine des traces de  l’ Exode ou du Palais de Salomon mais dans le Sud de l’Arabie Saoudite et au Yémen sont réunis, en français, dans ce PDF N° 3 de 47 pages ► TRADUCTION DE LA BIBLE & ESCROQUERIE HISTORIQUE et dans sa dernière version de juin 2017.

À relier avec le dernier article du Dr. Ashraf Ezzat ► Dans quelle langue Dieu a-t-il écrit les 10 Commandements ? Dr A. Ezzat traduit & complété par JBL1960

Vidéo mise en ligne par Ashraf Ezzat le 6 août 2017

Traduction de l’anglais au français par Jo Busta Lally le 3 septembre 2017

À partir du texte, en anglais, fourni par le Dr. Ashraf Ezzat de transcription de cette vidéo

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L’histoire de Joseph est un ancien conte populaire arabe

Épilogue écrit

Tout au long de ma vie, j’ai entendu trop d’histoires étranges que mon esprit ne pouvait tout simplement pas les considérer comme véritables. L’un des plus étranges et les plus incroyables est l’histoire de Joseph.

Je pourrais l’avoir rejeté comme toute autre histoire du passé lointain qui ne justifiait pas nécessairement un examen ou une enquête pour valider son historicité, si ce n’était une histoire biblique et si je n’avais pas été égyptien.

Toute histoire donnée devrait avoir une ambiance générale qui la distingue par un dialogue unique, l’emplacement et l’origine culturelle. C’est ce que nous appelons le milieu de l’histoire.

L’histoire de Joseph est un ancien conte arabe, et tout à son sujet est Arabe : son milieu linguistique, culturel et géographique.

Selon la Bible hébraïque, l’histoire de L’Exode commence environ 300 ans plus tôt avec la vente du patriarche Joseph comme esclave. Si nous regardons l’histoire de Joseph comme un scénario de film et que nous creusons dans le texte, nous trouverons des mots clés spécifiques qui nous aideront à construire son milieu géographique et culturel et même à déterminer le moment probable pendant lequel cette histoire aurait pu se produire.

Dans le livre de la Genèse, chapitre 37-38, nous trouverons quelques mots clés intéressants qui nous aideront à identifier le milieu de l’histoire de Joseph. En fait, il y a des tas de mots clés, mais voici quelques-uns des plus révélateurs :

«Les troupeaux, Dothan, le berger, la citerne, l’animal sauvage, la caravane des ismaélites, les chameaux portant la myrrhe et l’encens, les marchands midianites, les ismaélites, ou encore les ismaélites, ont tué une chèvre, Sallah, Onan, Tamar, Hirah, Adullam, Kezib et bien sûr, Joseph a prononcé Youssef en arabe « .

Les mots «troupeaux, animaux sauvages, chameaux, chèvres et bergers» indiquent clairement que les versets bibliques décrivent un milieu nomade. En d’autres termes, certaines tribus vivant dans le désert aride regroupent des chèvres et des chameaux.

Le «chameau» est un mot clé exceptionnel ici, car l’Arabie antique est l’endroit où les chameaux à anguille ont d’abord été domestiqués dans l’histoire, et ce n’était pas avant le 9ème siècle AV JC.

Au fait, l’ancienne Égypte ne connaissait pas les chameaux et n’était certainement pas une culture nomade. Ceci est particulièrement important parce que selon l’histoire biblique, Joseph est entré en Égypte sur un chameau (Et non sur un âne comme narrer dans le mythe de la Sainte famille) [NdJBL : La fuite de la sainte famille en Égypte est-elle un mythe ? par le Dr. A. Ezzat]

Des chameaux ont été introduits en Égypte après la conquête d’Alexandre le Grand 332 av. J.C. Et quand je dis l’Égypte ancienne, je parle de l’Égypte et des territoires dont il a eu le contrôle, de la Nubie au sud vers la Palestine dans l’est du Nord. Oui, la Palestine, où (selon la Bible) la plupart des histoires israélites auraient eu lieu.

À ce stade de notre recherche, nous avons rencontré un anachronisme frappant qui rendrait l’historicité de l’histoire de Joseph une théorie impossible, car selon la chronologie biblique, Joseph a été vendu comme esclave vers 1546 avant JC. Historiquement, la caravane de chameaux sur laquelle Joseph a été emmenée à Mizraim (Mistaken for Egypt) n’aurait pu exister avant le 7ème siècle AV JC, pour deux raisons ;

  • Premièrement, et comme nous l’avons mentionné précédemment, les chameaux n’ont été domestiqués dans l’Arabie antique et au Yémen qu’au IXème  siècle AV JC.
  • Deuxièmement, l’ancienne route de l’encens qui portait des épices, de l’encens, de la myrrhe, de l’ivoire et des textiles de l’Ancien Yémen et de la Corne de l’Afrique de l’Est tout au nord vers la Mésopotamie et la Syrie n’a commencé  qu’entre le 7ème et le 5ème siècle avant JC.

Par conséquent, avec ces faits historiquement vérifiés à l’esprit, nous parlons d’un écart de 800 ans entre le scénario biblique de l’histoire de Joseph et son milieu historique (toile de fond plausible) et toile de fond.

Dans son livre le plus vendu «La Bible dévoilée»,  le professeur Israël Finkelstein, un archéologue israélien, a déclaré que toutes les histoires israélites (y compris celle de Joseph et de Moïse) n’auraient pas pu être écrites et composées avant le 7ème siècle AV JC. La découverte de Finkelstein ne met pas seulement en doute le calendrier biblique des histoires d’Israël, mais aussi si elles reflètent l’histoire réelle en premier lieu. ICI.

Si l’histoire de Joseph ne pouvait pas avoir eu lieu avant le 7ème siècle AV JC, cela déplacerait nécessairement l’Exode dans ce nouveau calendrier historique vers le milieu du 4ème siècle AV JC, c’est-à-dire pendant la domination grecque de l’Égypte, autre théorie impossible.

Revenons au milieu de la saga de Joseph glané par la langue et les mots clés de son histoire racontée dans le livre de la Genèse :

  • Tout d’abord, le mot «encens» a une forte connotation arabe car il est un produit distinctif (typique) de l’Arabie antique et du Yémen.
  • Les noms « Youssef (traduit en anglais comme Joseph), Shelah, Onan, Tamar, Hirah et Adullam » sont tous des noms d’origines arabes qui étaient très commun dans l’Arabie antique et le Yémen.
  • Aussi intéressant, le nom « Tamr / Tamar » était un nom arabe très populaire chez les femmes. Tamar en arabe signifie « palm dates/datier », fruit caractéristique et arbre symbolique de toute l’Arabie et du Yémen.
  • La mention des ismaélites (traduit en anglais comme ismaélites) a fortement confirmé l’origine arabe de l’histoire.
  • Il est largement connu (par la tradition orale et les documents historiques) qu’Ismael est l’ancêtre de toutes les tribus arabes (y compris, croyez-le ou non, des tribus israélite ou Bani-Israël).
  • Grâce à l’analyse littéraire des versets bibliques, nous pourrions facilement détecter une culture profondément intégrée (arabe) de l’esclavage et de la traite des esclaves.
  • Le mot arabe pour esclave est Abd. Savez-vous ce qu’est la translittération en hébreu ? C’est aussi Abad (dans la Bible hébraïque, vous le trouverez partout). Cela ne devrait pas être une surprise, car l’hébreu, en ce qui concerne la phonétique, est l’une des langues de l’ancienne langue arabe, tout comme l’histoire de Joseph est l’un de ses vieux contes populaires.
  • L’alternative de tuer Joseph dans l’histoire était simplement de l’abandonner afin qu’il soit ramassé et vendu comme esclave.
  • Ce scénario est tellement révélateur de l’ampleur de la culture de la traite des esclaves dans l’Arabie antique où cette histoire s’est effectivement produite.
  • Comme nous l’avons expliqué ci-dessus, la mention des chameaux et des caravanes de chameaux a aidé à identifier l’Arabie antique comme théâtre/patrie de l’histoire de Joseph.

Dans l’ancienne Égypte, les jeunes enfants perdus n’ont jamais été capturés et vendus comme esclaves ; pour la seule raison que la traite des esclaves n’était pas une pratique fréquente dans l’Égypte ancienne. Nous avons révélé en détail, l’histoire vraie de l’esclavage dans l’Égypte ancienne dans une vidéo précédente [ICI avec la retranscription en français ► exclusivité de ce blog].

Malheureusement, pour obtenir des informations sur l’archéologie biblique, la plupart des gens s’appuient sur des savants occidentaux et des expéditions archéologiques qui ne font que gâcher l’histoire ancienne du Proche-Orient pour corroborer leurs (fausses) croyances et préjugés bibliques.

Bien qu’il soit prouvé que le milieu de l’histoire de Joseph soit largement arabe, les savants et les archéologues bibliques occidentaux nieront toujours toute autre explication à l’historicité des histoires bibliques. Et malgré que beaucoup d’entre eux connaissent bien l’origine arabe (pas palestinienne) des histoires israélites, ils n’en parleront que derrière des portes totalement fermées.

P.S. Les paragraphes en gras seront directement filmés et ceux qui sont en rouge foncé seront enregistrés sous forme de voix

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Ashraf Ezzat, Égyptien né au Caire et basé à Alexandrie, il est diplômé de la faculté de médecine de l’Université d’Alexandrie. Soucieux de ne pas être entièrement accaparé par sa profession médicale, le Dr Ezzat  investit beaucoup de son temps dans la recherche et l’écriture. L’histoire de l’ancien Proche-Orient et de l’Égypte ancienne est depuis longtemps un domaine d’intérêt particulier pour lui. Dans ses écrits, il s’approche de l’histoire ancienne, pas comme des récits des temps reculés, mais comme un facteur causant dans notre vie existante, et pour lui, c’est aussi pertinent et dynamique que le moment présent. Dans ses recherches et ses écrits, le Dr Ezzat est toujours en train de chercher à savoir pourquoi la sagesse ancienne a été entravée et la spiritualité ancienne a diminué alors que les enseignements et la foi judéo-chrétienne s’établissaient et prospéraient. Le Dr. Ezzat a beaucoup écrit en arabe pour aborder de nombreuses questions et sujets dans le domaine de l’égyptologie et de la religion et de la mythologie comparée, mais «l’Égypte n’a jamais connu ni Pharaons ni Israélites» est l’un de ses premiers livres en anglais.

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Parce que l’idée première et l’objectif sur lequel nous devons nous concentrer, c’est de connecter les énergies, les électrons libres pour donner l’exemple d’associations toutes aussi libres par delà l’espace et le temps…

« Il y a plein d’expériences qui nous sont volontairement cachées, parce qu’elles portent en elles les grains de la sagesse et de la réussite d’un nouveau paradigme esquissé, et mis volontairement sous le boisseau afin que nous les peuples soyons maintenu dans l’ignorance. »

Et pour que cela parle au plus de gens possible et qu’ils comprennent bien que c’est réalisable, une fois retirer notre consentement l’Empire anglo-américano-christo-sioniste s’effondrera, et gageons qu’une fois cet empire sans terre à terre, nous serons en capacité de faire tomber tous les empires…

Devenons tous des lanceurs d’alertes, des chercheurs de vérité ► Crackons les codes, faisons péter les verrous, et déconstruisons la pyramide du pouvoir pierre par pierre !

Union ► Réflexion ► Action ► Associations libres confédérées

Tous les secteurs de l’économie américaine sont un monopole ou un oligopole = l’impérialisme

Par  Michel Snyder ( Fin du rêve américain ) mer. 6 juil. 2022 |

EFFONDREMENT OCCIDENTAL DES ARCHIVES


Note de l’éditeur : cela est manifestement vrai dans les télécommunications, comme le démontre amplement l’article de jeudi :  Russie : 10 $/mois pour le haut débit ultrarapide, en 70 $ US pour des vitesses plus lentes – Enquête auprès de 195 pays . Chez le leader technologique américain et ayant la plus grande économie, l’accès cellulaire et Internet devrait être le moins cher au monde, au lieu de cela, c’est le plus cher, et cela ne fonctionne pas aussi bien. Un autre article paru le même jour aborde le problème sous un angle différent – les conservateurs ont avalé l’accroche, la ligne et le plomb de l’idéologie (((libre-échange))) :  l’obsession des conservateurs pour les marchés libres est insensée et pas du tout conservatrice .


Une concurrence dynamique est absolument essentielle  pour qu’un système économique capitaliste fonctionne efficacement.

Malheureusement, aux États-Unis, nous  assistons aujourd’hui à la mort de la concurrence, industrie après industrie.  alors que les plus grandes entreprises engloutissent de plus en plus tous leurs concurrents. (Ce que Lénine constatait déjà en 1917. NDÉ).

John D. Rockefeller a dit un jour que « la concurrence est un péché », et il a été l’un des tout premiers oligopoleurs américains.  Selon  Google , un oligopole est « un état de concurrence limitée, dans lequel un marché est partagé par un petit nombre de producteurs ou de vendeurs », et c’est une description parfaite de l’état actuel des choses dans de nombreuses grandes industries.  Au début de l’Amérique, les entreprises avaient une portée très limitée et, dans la plupart des cas, elles n’étaient censées exister que temporairement. Mais aujourd’hui, les plus grandes entreprises sont devenues si énormes qu’elles dominent littéralement toute notre société, et ce n’est bon pour aucun d’entre nous.

Regardez ce qui se passe dans l’industrie du transport aérien.  Quand je grandissais, il y avait  littéralement des dizaines de compagnies aériennes , mais maintenant quatre grandes entreprises contrôlent tout et elles font des  profits gigantesques …

Les compagnies aériennes américaines étaient célèbres pour deux choses : un service épouvantable et des finances plus mauvaises.  Aujourd’hui, les voyageurs doivent encore supporter des frais cachés, des vols en retard, des genoux meurtris, des accessoires cassés et de la nourriture de qualité inférieure. Pourtant, les compagnies aériennes font maintenant de juteux profits. Les compagnies aériennes régulières de passagers ont déclaré un bénéfice net après impôt de 15,5 milliards de dollars en 2017, contre 14 milliards de dollars en 2016.

Ce qui est vrai de l’industrie du transport aérien est de plus en plus vrai de l’économie américaine. Les bénéfices ont augmenté dans la plupart des pays riches au cours des dix dernières années, mais l’augmentation a été la plus importante pour les entreprises américaines. Couplé à une concentration croissante de la propriété, cela signifie que les fruits de la croissance économique sont monopolisés.

Si vous n’aimez pas la façon dont une compagnie aérienne vous traite, dans certains cas, vous pouvez choisir de voler avec quelqu’un d’autre la prochaine fois.

Mais comme le soulignait un récent  article de Bloomberg , cela devient de plus en plus difficile à faire…

United, par exemple, domine bon nombre des plus grands aéroports du pays. À Houston, United détient environ 60 % de part de marché, à Newark 51 %, à Washington Dulles 43 %, à San Francisco 38 % et à Chicago 31 %. Cette situation est encore plus biaisée pour les autres compagnies aériennes. Par exemple, Delta détient une part de marché de 80 % à Atlanta. Pour de nombreux itinéraires, vous n’avez tout simplement pas le choix.

Et bien sûr, l’industrie du transport aérien est loin d’être la seule.  Secteur après secteur, le pouvoir économique se concentre entre quelques mains.

Pendant un moment, j’aimerais que vous considériez  ces chiffres …

Deux sociétés contrôlent 90 % de la bière que boivent les Américains.

  • Cinq banques contrôlent environ la moitié des actifs bancaires du pays.
  • De nombreux États ont des marchés de l’assurance maladie où les deux principaux assureurs détiennent une part de marché de 80 à 90%. Par exemple, en Alabama, une entreprise, Blue Cross Blue Shield, a une part de marché de 84 % et à Hawaï, elle a une part de marché de 65 %.
  • En matière d’accès Internet haute vitesse, presque tous les marchés sont des monopoles locaux ; plus de 75 % des ménages n’ont pas le choix avec un seul fournisseur.
  • Quatre acteurs contrôlent l’ensemble du marché américain du bœuf et ont découpé le pays.

Après deux fusions cette année, trois sociétés contrôleront 70 % du marché mondial des pesticides et 80 % du marché américain des semences de maïs.

Je savais que les choses allaient mal, mais je ne savais pas qu’elles allaient si mal.

Le capitalisme fonctionne mieux lorsque la concurrence est maximisée (C’est vrai ce qui n’empêche pas le capitalisme de tendre inexorablement vers la monopolisation destructrice. NDÉ).  Dans les systèmes socialistes, le gouvernement (l‘ÉTAT) lui-même devient un acteur majeur du jeu, et ce n’est jamais un résultat souhaitable.  (Il en est de même sous le capitalisme libéral. Les deux formes du capitalisme = socialiste et libéral = se complètent. NDÉ). Au lieu de cela, ce que nous voulons, c’est que le gouvernement serve d’« arbitre » qui applique des règles qui encouragent une concurrence libre et équitable. (Illusion d’intellectuel bourgeois. NDÉ). Jonathan Tepper, l’auteur de  « Le mythe du capitalisme : les monopoles et la mort de la concurrence » , a très bien fait valoir ce point  dans un extrait de son nouveau livre …

Le capitalisme est un jeu où les concurrents jouent selon des règles sur lesquelles tout le monde est d’accord. Le gouvernement est l’arbitre, et tout comme vous avez besoin d’un arbitre et d’un ensemble de règles convenues pour un bon match de basket, vous avez besoin de règles pour promouvoir la concurrence dans l’économie. (L’unique problème tient au fait que la tendance naturelle su système le porte à consolider les gagnants au détriment des perdants ce qu’on appel la tendance à l’accumulation et à la concentration du capital en réaction à la baisse tendancielle du taux moyen de profit. NDÉ).

Livrées à elles-mêmes, les entreprises utiliseront tous les moyens disponibles pour écraser leurs rivaux (Exactement. NDÉ). Aujourd’hui, l’État, en tant qu’arbitre, n’a pas appliqué de règles qui augmenteraient la concurrence et, par le biais de la capture réglementaire, a créé des règles qui limitent la concurrence. (Voilà un rôle mythique d’arbitre que l’État bourgeois au service du capital ne peut jouer inféodé qu’il est à la main directrice-invisible du grand capital dominant. Le chien gouvernemental ne peut mordre la main de son maître ploutocrate. NDÉ).

Nos fondateurs étaient très méfiants à l’égard des grandes concentrations de pouvoir.  C’est pourquoi ils voulaient un gouvernement fédéral très limité, et c’est aussi pourquoi ils ont imposé des restrictions substantielles aux personnes morales… qui n’ont pas tenues plus d’un siècle…NDÉ.

Lorsque le pouvoir est fortement concentré, la plupart des récompenses ont tendance à affluer tout en haut de la pyramide, et c’est précisément ce dont nous avons été témoins.  Ce qui suit provient du  New York Times …

Même lorsque la croissance économique a été décente, comme c’est le cas aujourd’hui, la majeure partie de la prime est allée au sommet. Les revenus hebdomadaires médians  ont augmenté de 0,1 % par an depuis 1979. La famille américaine typique a aujourd’hui  une valeur nette inférieure à celle d’il y a 20 ans. L’espérance de vie, de façon choquante, a chuté au cours de cette décennie.

Alors, quelle est la solution?

Eh bien, l’une des grandes choses que nous devons faire est d’arrêter d’écraser les petites entreprises.

En Amérique aujourd’hui, le taux de création de petites entreprises a été proche des plus bas historiques et le pourcentage d’Américains qui travaillent pour eux-mêmes a été proche des plus bas historiques.

Pour qu’il y ait plus de concurrence, nous avons besoin de plus de concurrents pour entrer sur le marché, mais au lieu de cela, nous avons écrasé « le petit gars » avec des montagnes de réglementations et des taxes profondément oppressives.

Et tu sais quoi? Beaucoup de grandes entreprises aiment en fait toute la bureaucratie parce qu’elles savent qu’elles peuvent la gérer beaucoup plus facilement que leurs concurrents beaucoup plus petits. Cela leur donne un avantage concurrentiel et crée une barrière à l’entrée difficile à surmonter.

Quand j’étais à l’école, on m’a appris que l’une des raisons pour lesquelles le système américain était tellement meilleur que les systèmes communistes était que nous avions tellement plus de choix.

Mais aujourd’hui, nos choix sont très limités, industrie après industrie, et les gigantesques entités corporatives qui dominent tout ne se soucient pas vraiment de savoir si cela nous plaît ou non.

Nous pouvons faire tellement mieux que cela, mais pour ce faire, nous devons revenir aux valeurs et aux principes sur lesquels cette nation a été fondée à l’origine. (sic)

Voilà comment un idéologue fasciste conçoit un monde capitaliste rénové, remodelé, pour revenir au bon vieux temps du capitalisme concurrentiel d’avant qui ne reviendra jamais. Le Nouvel.Ordre.Mondial ne vivra jamais à la condition cependant que la classe prolétarienne internationaliste se lève et mette fin à ce mode de production moribond.

L’assassinat du terroriste al-Zawahiri (Al-Qaïda) par l’État terroriste Américain

Non au terrorisme religieux ! Non au terrorisme d’État!  Le renversement du système capitaliste garantira la paix mondiale

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left radical Afghanistan (2022)-English-French

Par Radical de gauche d’Afghanistan (LRA) Le 4 août 2022- Afghanistan

Le président des États-Unis d’Amérique, Joe Biden, a annoncé que le 31 juillet 2022, par une frappe aérienne, Ayman al-Zawahiri, le chef du réseau terroriste Al-Qaïda, avait été tué à Kaboul, et avec cet exploit (sic), il a parlé de la paix et de « l’administration de la justice » (sic). Le gouvernement américain, qui est lui-même le producteur et le soutien du terrorisme dans le monde, ne pourra jamais être le héros de la lutte contre le terrorisme.

Hillary Clinton, l’ancienne secrétaire d’État américaine, n’a-t-elle pas admis que «La faction que nous combattons aujourd’hui, nous l’avons financé il y a vingt ans»? John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, n’a-t-il pas admis avoir organisé des coups d’État dans divers pays, y compris en Amérique latine ?

N’avons-nous pas assisté à la guerre, aux effusions de sang et aux opérations terroristes des États-Unis et de leurs alliés en Irak, en Libye, en Syrie et en Afghanistan il y a quelques années à peine? Les États-Unis n’ont-ils pas créé l’intégrisme islamique et les partis moudjahidines pendant l’occupation de l’Afghanistan par les Soviétiques, puis n’ont-ils pas créé les talibans? ISIS n’est-il pas la nouvelle version d’Al-Qaïda produite par les États-Unis? N’y a-t-il pas eu plus de 20 groupes terroristes islamiques créés en Afghanistan pendant l’occupation de l’Afghanistan par les États-Unis? Alors, les États-Unis qui parlent de «justice rendue» et de lutte contre le terrorisme, n’est-ce pas ridicule et démagogique ?

La vérité est qu’à l’occasion du premier anniversaire de l’arrivée au pouvoir des talibans et de la honteuse défaite des États-Unis en Afghanistan, ainsi que de la crise économique et de l’inflation sans précédent aux États-Unis, la baisse de popularité de Joe Biden; le gouvernement américain et le Parti démocrate ont lancé le scénario de tuer le chef d‘Al-Qaïda afin de détourner l’attention du peuple américain.

Le peuple afghan n’oubliera jamais et ne pardonnera jamais comment les États-Unis ont cédé le pouvoir au groupe le plus brutal, anti-femmes et anti-science appelé les talibans lors d’un accord en février 2020 à Doha, et les ont laisser dominer le sort de 40 millions de personnes, dont 20 millions de femmes afghanes. Le peuple afghan n’oubliera jamais comment les avions américains ont largué des dizaines de jeunes qui voulaient échapper à l’enfer créé par l’Amérique en Afghanistan. Aujourd’hui, la situation désastreuse en Afghanistan et la privation d’éducation, de travail et la torture des femmes par les talibans est le résultat de la politique intéressée de l’Amérique et de ses principaux alliés comme l’Angleterre, la France et l’Allemagne.

Le capitalisme est prêt à commettre n’importe quel type de crime et à violer toutes les valeurs humaines et morales pour le profit et l’impérialisme américain pour maintenir son hégémonie sur le monde. Ils utilisent la religion, en particulier l’islam, comme un outil pour attaquer leurs ennemis stratégiques. Parfois, ils créent des forces islamiques radicales et en font des héros. Parfois, des forces islamiques radicales «héroïques» arrivent à leur date d’expiration et qu’un certain groupe ne peut plus atteindre les objectifs fixés par l’Amérique, ils les considèrent comme des terroristes et les éliminent…pour en promouvoir un autre.

En Afghanistan, les partis fondamentalistes islamiques et les moudjahidines ont été utilisés dans la guerre contre l’Union soviétique et le gouvernement de Najibullah (1979-1992), puis les moudjahidines ont été évincés du pouvoir par les talibans en 1996. En 2001, les États-Unis ont attaqué l’Afghanistan et renversé le gouvernement taliban sous le prétexte du soutien des talibans à Al-Qaïda et à Oussama ben Laden. L’Amérique profite à la fois de la création et du soutien des forces terroristes, et lorsqu’elles les détruisent, elle se présente comme anti-terroriste.

Lorsque la guerre en Afghanistan, contrairement à ses prévisions, s’est avérée longue et coûteuse pour les États-Unis, ils sont devenus dégoûtés par leur gouvernement corrompu et fantoche à Kaboul, ont tenté de conclure un accord avec les talibans et le réseau Haqqani afin d’atteindre leurs objectifs.

Objectifs et agenda contre la Russie, l’Asie centrale, la Chine et l’Iran par les talibans au lieu du gouvernement d’Ashraf Ghani.

C’est à cause de ces manigances que les États-Unis ont ignoré les pensées et les actions des talibans terroristes en tant que groupe religieux extrémiste, terroriste, anti-science et misogyne et leur ont délégué le pouvoir. C’est sur la base de ces propensions que les États-Unis ont accordé à la plupart des dirigeants talibans, mis sur liste noire par les Nations unies et les États-Unis, des facilités pour voyager à l’étranger et une légitimité politique. Sirajuddin Haqqani, en tant que chef du réseau Haqqani et responsable de l’organisation de 1100 attentats-suicides en Afghanistan, pour lequel les États-Unis ont fixé une récompense de 10 millions de dollars pour son identification, son arrestation ou son assassinat, alors que l’énergumène agit facilement comme le ministre de l’intérieur des talibans devant le yeux des États-Unis (!?…)

Mais al-Zawahiri, 71 ans, qui n’a pas eu d’activités anti-américaines sérieuses ces vingt dernières années, est considéré comme le plus dangereux et a été éliminé par des opérations spéciales !

Cette opération terroriste américaine à Kaboul a prouvé que les forces de renseignement et militaires américaines sont toujours présentes à Kaboul et défendent les intérêts américains à moindre coût.

Contrairement à leur revendication d’indépendance, les talibans n’ont pas de souveraineté sur la terre ou l’espace de l’Afghanistan. « Selon une recherche menée par Airwars, au cours des 20 dernières années et après plus de 91 000 frappes aériennes dans sept zones de guerre, au moins 22 679 et potentiellement jusqu’à 48308 civils ont été tués par les frappes terroristes américaines« .

Pour le peuple afghan, peu importe que le meurtre d’al-Zawahiri ait eu lieu à la suite d’un accord entre la CIA et l’ISI du Pakistan ou entre le réseau Haqqani et une autre partie des talibans afin que le Pakistan puisse obtenir d’énormes prêts du FMI et des États-Unis et ainsi épargner temporairement la crise économique aiguë et les soulèvements populaires.  Les talibans prendront l’argent gelé de l’Afghanistan aux États-Unis et ouvriront la voie à la reconnaissance de leur gouvernement totalitaire, mais l’important est que toute cette clameur pour tuer une personne du réseau terroriste mondialisé ne profitera pas aux États-Unis et au peuple afghan et ne sera en aucun cas considéré comme une «éradication du terrorisme» et une «justice rendue». Ces actions de type James Bond peuvent être appréciées par les larbins politiques pour les applaudir, mais elles ne peuvent jamais tromper le peuple épris de paix, anti-guerre et anticapitaliste des États-Unis et le peuple souffrant d’Afghanistan.

Les peuples d’Afghanistan et des États-Unis savent très bien que la paix et la justice ne sont possibles qu’avec l’unité et la solidarité entre les travailleuses et les travailleurs du monde et leur lutte commune contre le système capitaliste. Ce n’est qu’en abolissant la propriété privée et en communautarisant les moyens de production et d’échanges que la justice et l’égalité peuvent être assurées et qu’un monde exempt de guerre et de la menace du terrorisme religieux et d’État peut être apporté à l’humanité.

 

Radical de gauche d’Afghanistan (LRA)

4 août 2022- Afghanistan

 

 

CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR SUR LA VARIOLE DU SINGE QUE LES MÉDIAS NE VOUS DISENT PAS

  Par Communia. Traduction et commentaires   

Ce que vous devez savoir sur la variole du singe que les médias ne vous disent pas

Nous ne sommes pas encore sortis d’une pandémie contre laquelle une grande partie du monde n’est pas vaccinée ou ne dispose que d’une seule dose de vaccin , et l‘OMS a déjà déclaré une nouvelle urgence mondiale en raison du comportement anormal et hautement dangereux d’un virus qui a été pris par inoffensif. Mais était-ce une surprise ? Quel danger réel existe-t-il ? Qu’est-ce que les médias ne nous disent pas sur ce que les scientifiques publient et discutent ?

UNE MALADIE TROPICALE?

Jusqu’à très récemment, de nombreux virologues considéraient ce virus comme une version relativement bénigne de la variole, à la famille de laquelle il appartient. Malgré son nom plutôt malheureux, ce virus de la variole circule en réalité dans les populations d’écureuils africains, qui en sont le réservoir naturel.

Parfois, ils sont transmis à l’homme, généralement par contact direct avec un animal infecté, puis parviennent à circuler de manière très restreinte entre les humains. Un détail très important est qu’il ne s’agit pas d’un virus qui se transmet par des piqûres d’insectes, contrairement à d’autres maladies virales inquiétantes comme le Chikungunya ou le Zika.

Le virus peut se transmettre par contact et par voie aérienne entre humains, mais jusqu’à présent les épidémies ont toujours été très limitées et si un cas est apparu en dehors de l’Afrique c’est parce qu’il s’était récemment trouvé dans des zones à risque . C’est-à-dire que le monkeypox n’a réussi à circuler efficacement que dans sa petite zone du Congo et principalement au sein des populations d’écureuils.

Mais maintenant tout cela a changé . Pour une raison qui n’est pas encore claire, le virus n’a plus besoin d’être lié à son réservoir animal naturel, maintenant pratiquement tous les cas concernent des personnes qui ne sont jamais allées en Afrique. Autrement dit, le virus circule à grande échelle parmi les humains loin de son lieu d’origine .

Mais son mode de diffusion n’est pas la seule chose qui a changé. En effet, les signes et symptômes de la maladie ne sont plus les mêmes que dans sa version africaine d’origine . À l’origine, les patients développaient des pustules sur le visage qui se propageaient ensuite par centrifugation à d’autres parties du corps d’une manière similaire à la variole. Maintenant, les premiers symptômes sont de l’urticaire et des éruptions cutanées sur les parties inférieures du corps et les organes génitaux.

En fait, les symptômes sont si différents qu’il est à craindre qu’il y ait beaucoup d’erreurs de diagnostic. Le monkeypox est diagnostiqué comme étant de l’herpès ou du zona (varicelle), ce qui a probablement un effet négatif sur les efforts visant à contenir l’épidémie.

C’est à cause de ces changements déconcertants et à cause du danger pour la population aux prises avec des problèmes immunitaires posés par une famille de virus contre laquelle une grande partie de la population n’est pas immunisée (en raison de la fin de la vaccination antivariolique) que l’OMS sonne l’alarme. Mais comment est-il arrivé ici ?

 

SOUS LES ÉPIDÉMIES ZOONOTIQUES COMME COVID ET LA VARIOLE, IL EXISTE UN MODÈLE SOCIAL SIMILAIRE.

L'OMS déclare la variole éradiquée

1980, l’OMS déclare la variole éradiquée

Le monkeypox a été décrit chez l’homme dans les années 1970, en pleine campagne de vaccination contre la variole. Le fait que la campagne de vaccination ait conféré une certaine immunité incomplète contre la variole du singe a réussi à maintenir les cas de variole du singe relativement bas, mais la campagne contre la variole s’est terminée en 1980.

L’OMS a maintenu une mission de surveillance du monkeypox entre 1981 et 1986 et, à l’aide de modèles mathématiques, a décidé que les épidémies locales seraient contenues même en l’absence de vaccination . Il a donc retiré toute surveillance pendant plus de 20 ans, et l’organisation elle-même, soutenue par les médias, a insisté pendant des décennies sur le fait que la variole avait été vaincue pour de bon . Mais… était-ce vrai ?

Un groupe de chercheurs est retourné au Congo à la fin des années 2000 et a constaté que les cas se multipliaient depuis toutes ces années. Le nombre de cas était 20 fois plus élevé qu’en 1986 . Sur les modèles mathématiques utilisés par l’OMS, ces auteurs ont dit que :

Cette analyse a utilisé les informations disponibles pour prédire la dynamique future du monkeypox [épidémie] dans le cas d’une population complètement non vaccinée, mais n’a pas inclus d’incertitudes statistiques et n’a pas pu rendre compte des changements dans le réservoir écologique ou l’épidémiologie causés par ceux-ci.

Le modèle n’était valable que pour un monde statique. Mais comme les auteurs l’ont souligné, la population et l’utilisation des terres avaient changé rapidement dans la région où la variole du singe était endémique étant donné la pression croissante sur la paysannerie de subsistance.

En d’autres termes, quelque chose de similaire à l’ origine du Covid se produisait : les besoins et les catastrophes du capitalisme national poussaient les paysans vers des zones productives et des pratiques qui impliquaient une augmentation des contacts entre les humains et les animaux qui agissaient comme un réservoir naturel du virus .

Ce contact accru ne pouvait pas être de bon augure. Et de fait, en facilitant la réplication, il a fini par multiplier et aggraver les épidémies, mais aussi rendre le virus plus dangereux.

Cependant, l’étude a été publiée dans une revue de haut niveau en 2010 et immédiatement ignorée.

 

LE DANGER DE SOUS-ESTIMER LES VIRUS CONNUS

Séquençage du monkeypox

Génome entier de bout en bout de la famille des virus de la variole. Chaque petite case est un gène différent et le code couleur indique le degré de conservation du gène entre les différents virus de la famille (en haut : début, milieu milieu et extrémité inférieure du génome). En vert sont ceux qui sont bien conservés, en rouge ceux qui sont perdus ou mal conservés. On constate que le génome des poxvirus (virus de la variole) présente une grande variabilité à ses extrémités, avec des ensembles entiers de gènes manquants ou multipliés de manière répétée entre différents virus d’une même famille.

La lutte contre les maladies infectieuses est une guerre prolongée contre des organismes qui s’adaptent continuellement à de nouvelles conditions et à de nouveaux hôtes. Gagner une bataille -comme l’a été l’éradication de la variole- ne peut être confondu avec gagner la guerre. Contrairement aux organismes comme nous, les agents pathogènes – et les virus en particulier – sont façonnés par une énorme pression sélective.

L’ensemble de son génome et de sa structure existe en réponse à une pression incessante pour trouver de nouvelles niches et se développer. Ceci est visible, par exemple, dans les virus à ARN comme le coronavirus ou le VIH, qui favorisent et supportent d’énormes taux de mutation dans leurs génomes.

Dans certains cas, jusqu’à 80% de tous les virions (particules infectieuses) produits par les cellules infectées deviennent si pleins de mutations nocives qu’ils les rendent complètement défectueuses, mais c’est cette course folle qui permet aux virus d’échapper à notre système immunitaire en produisant de nouvelles variantes plus vite que notre immunité ne peut se propager.

Les poxvirus (nom scientifique de la famille de la variole) sont des virus à ADN très différents du coronavirus ou du VIH, et à première vue faussement stables. Les poxvirus peuvent avoir des centaines de gènes et un grand génome linéaire de plus de 100 000 bases d’ADN, ce qui est énorme par rapport aux virus à ARN de moindre réputation.

L’ARN est chimiquement instable (les bases peuvent rompre les brins en réagissant avec elles-mêmes) et les virus à ARN utilisent une machinerie qui est intrinsèquement moins capable que l’ADN de corriger les erreurs de réplication dans son propre génome, ce qui fait que l’ADN semble avoir des taux d’évolution relativement lents.

En fait, les poxvirus « trichent ». On sait depuis des années que la machinerie de réplication des poxvirus a tendance à « patiner » vers les extrémités du génome et à « épisser » différents morceaux d’ADN (recombinaison), provoquant de grandes répétitions en accordéon et des délétions de gènes . Cela les aide à échapper rapidement aux défenses cellulaires par l’expansion en accordéon des familles de gènes attaquant les cellules et la mutation de ces gènes.

 

Les poxvirus sont beaucoup moins stables et beaucoup plus dangereux qu’il n’y paraît à première vue .

Rien dans cette épidémie n’était ou n’est vraiment inattendu, le danger était connu au niveau moléculaire et la montée de la maladie en Afrique avait été décrite il y a 12 ans. Personne ne devrait être surpris.

Après 20 ans d’avertissements de plus en plus désespérés sur le danger des coronavirus, les alertes scientifiques se sont également heurtées à un mur d’inaction. Vingt années qui auraient pu être librement utilisées pour développer des médicaments et des lignes pilotes pour la fabrication de vaccins contre des familles spécifiques de virus.

UNE SOLUTION QUI NE PEUT ÊTRE QUE GLOBALE DANS UN MONDE DE PLUS EN PLUS DIVISÉ

Virus monkeypox, Covid et VIH

En ce qui concerne la réponse à cette catastrophe annoncée, les problèmes sont multiples. Le vaccin contre la variole est connu pour offrir un niveau de protection sous-optimal contre la version originale du monkeypox (environ 87 %), et toute campagne de vaccination réelle et efficace devrait être véritablement mondiale pour être utile .

Et si les grandes puissances, qui sont celles qui monopolisent la production de vaccins, n’ont été ni capables ni eues de réelle intention d’assurer la vaccination d’une grande partie du monde contre le Covid aujourd’hui (seulement 16% de la population des pays les plus pauvres a une ou plusieurs doses), il est très difficile de croire qu’ils changeront quelque peu leur position face à une épidémie qui n’affecte toujours pas leurs économies au même degré que le covid l’a fait. (sic)

Big Pharma se bat toujours pour des brevets à ce jour alors que les victimes meurent en masse dans des pays comme le Malawi :

« Nous avons vu nos collègues infirmières mourir du COVID », déclare Milly Kumwenda, infirmière à l’hôpital central Queen Elizabeth de la ville de Blantyre, dans le sud du Malawi, rappelant une vague mortelle de la maladie en janvier 2021. Après la mort de deux ministres du COVID- Le 19, le président du Malawi a déclaré l’état de catastrophe nationale. L’agence humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) s’est précipitée à l’aide et a lancé un appel au reste du monde : « Le Malawi a un besoin urgent d’accéder au vaccin. »

Très peu de doses sont arrivées, par séries imprévisibles et souvent proches de la date d’expiration. Lorsque la vague suivante a frappé en juillet 2021, seulement 1 % des Malawiens avaient été vaccinés. De nombreuses personnes avaient alors cessé de se faire soigner parce qu’elles avaient perdu confiance dans le système de santé, explique Loveness Gona, une autre infirmière de l’hôpital.

Au Malawi, il y a peu de ventilateurs, pas de perfusions antivirales ou de traitements par anticorps monoclonaux, et une pénurie chronique de médicaments pour traiter les symptômes potentiellement mortels comme les caillots sanguins et l’inflammation. Ce sont quelques-unes des raisons pour lesquelles les taux de mortalité parmi les personnes hospitalisées pour COVID-19 dans les pays à faible revenu ont été plus du double de ceux des pays riches.

Gona se souvient d’être arrivée au travail pour trouver des cadavres appuyés sur des chaises dans la salle d’attente de l’hôpital, ses proches exigeant des preuves. « Dans un autre endroit, ils seraient vivants », dit-il.

Et pourtant, comme le rappellent toutes les publications scientifiques, les pandémies ne peuvent être traitées qu’au niveau mondial :

Le contrôle à long terme du monkeypox nécessitera la vaccination du plus grand nombre possible des 327 millions de personnes âgées de 40 ans et moins qui vivent dans les 11 pays africains où le monkeypox est endémique dans un réservoir animal (rongeurs). Cet effort devrait inclure des programmes de vaccination des enfants. Une surveillance sera nécessaire pour identifier de nouveaux réservoirs animaux, qui pourraient s’établir dans d’autres pays du fait que des humains infectés transmettraient par inadvertance le virus à des rongeurs domestiques qui auraient ensuite été en contact avec des rongeurs sauvages.

Le programme d’éradication de la variole était un effort de 12 ans impliquant 73 pays avec pas moins de 150 000 employés nationaux. En raison de son réservoir animal, le monkeypox ne peut pas être éradiqué. À moins que le monde ne développe et n’exécute un plan international pour contenir l’épidémie actuelle, ce sera une autre maladie infectieuse émergente que nous regretterons de ne pas avoir contenue.

Les maladies infectieuses émergentes éclatent à l’échelle mondiale et continuent de se cacher derrière les frontières nationales alors que le conflit impérialiste fait rage ne fera qu’aggraver la situation.

L’essentiel est que l’appauvrissement massif de la paysannerie dans les pays semi-coloniaux , le désintérêt des grandes puissances pour maintenir une surveillance épidémiologique, le coût anti-humain de l’exacerbation de la propriété intellectuelle et l’incapacité des système de réponse coordonnée aux risques mondiaux, y compris les risques sanitaires , continuent de coûter des vies présentes et futures.

Comme la guerre, les épidémies expriment brutalement la contradiction entre le développement du système (=croissance du capital) et le développement humain. Une contradiction qui se présente de plus en plus ouvertement comme un antagonisme entre la survie du capital et la vie humaine.

Prolétaires du monde entier, unissez-vous, abolissez les armées, la police, la production de guerre, les frontières, le salariat !

Emmanuelle Cart-Tanneur: Ainsi va la vie

DANIEL DUCHARME — Il arrive parfois que des auteurs ou des éditeurs m’envoient des textes pour que j’en fasse un compte rendu sur mon blogue ou sur le webzine ÉLP. Je prends ça comme une marque d’estime, bien entendu. Par contre, je les avise d’emblée d’un principe qui guide mon travail de critique depuis plusieurs années : si je n’aime pas le bouquin, je n’en ferai pas de compte rendu. Depuis la fondation d’écouter lire penser en 2005, l’équipe d’ÉLP a adopté comme ligne de conduite le partage. Cela veut dire qu’on ne partage pas ce qu’on n’aime pas. Point trait.

Ainsi va la vie est un recueil de dix-sept nouvelles qui ont toutes en commun qu’elles illustrent un incident, voire un accident, dans la vie quotidienne de gens comme vous et moi. L’écriture est sobre, agréable et, le style, parfaitement maîtrisé par l’auteure qui sait nous emmener là où elle veut. Ces nouvelles mettent donc en scène des gens ordinaires, de gens qui pourraient être nos voisins, nos collègues, des gens qui vivent des existences apparemment banales, comme des millions de personnes au Canada, en France ou ailleurs. Mais le quotidien recèle son lot de mystères, de drames, d’histoires d’horreur parfois. Et c’est justement là que réside la force d’Emmanuelle Carl-Tanneur : elle sait parfaitement bien comment nous faire découvrir ce qui se cache derrière la banalité de la vie quotidienne.

Dans La ligne droite, une femme prend soin de son mari alzheimer, un brillant professeur avant qu’il ne passe ses journées à tracer des lignes dans des cahiers d’écolier. Dans Sarbarcade, un petit garçon attend chaque soir le retour de son père, peintre en bâtiment, dans l’espoir que celui-ci lui ramène un bout de tuyau avec lequel il fera une sarbacane. Dans Fatigue, une femme tente de faire le vide en elle de peur de sombrer dans la dépression. Dans Mon ange, une femme entre deux âges raconte sa difficile décision de recourir à l’avortement. Dans Mobile home, l’auteure raconte la rencontre entre un homme et un itinérant qui se tient sur le seuil de la porte d’un immeuble. Dans Bals perdus, une vieille en maison d’hébergement attend son Jeannot qui ne viendra plus. Dans Le syndrome de Diogène, une dame de 80 ans est retrouvée morte dans son appartement jonché de déchets. Dans Promesses, une femme aide sa mère à mourir dans sa chambre d’hôpital. Dans Old friends, deux amies se retrouvent, une jolie qui a réussi sa vie dans le design de mode, et une moche qui a tout raté. Dans Terminus, la fin d’un couple racontée par une femme assise à une table d’un café d’habitués. Dans Les bungalows, une femme se rappelle l’agression sexuelle qu’elle l’a subie à neuf ans dans une colonie de vacances, au moment où elle s’apprête à en subir une autre… Dans Détournement de majeur, une élève de 3e enlève pratiquement le pion dont elle est amoureuse. Dans Le saut de l’ange, une institutrice, qui a perdu un enfant il y a 40 ans, reçoit la visite d’un ange. Dans C’est la vie, l’auteure met en scène une femme, un homme et un accident de moto. Dans Le bonheur est dans le pré, il est question d’une séquestration. Dans Paradis perdu, une femme se suicide en avançant dans la mer lors d’un séjour dans le sud qu’elle fait sans son mari fauché par une voiture. Enfin, dans Échecs et mat, un petit garçon attend son grand-père qui vient de subir un infarctus.

Je vous conseille vivement la lecture de ce recueil qui vous rappellera qu’on n’a pas nécessairement besoin d’aller très loin pour assister au bouleversement du monde.

Emmanuelle Cart-Tanneur. Ainsi va la vie. Numériklivres, 2011, 2,99 euros. Disponible sur toutes les plateformes et, sans DRM, à la librairie 7switch.com.

John Africa, autrefois…

 

MOVE était un groupe de libération des noirs américains, qui prêchait la révolution et prônait le retour à la nature. Cliquez sur l’image pour accéder à des infos complémentaires.

ALLAN ERWAN BERGER  — Le 13 mai 1985, la police de Philadelphie, en Pennsylvanie, bombarda le quartier général de MOVE, communauté fondée par John Africa dans les années 1970 aux États-Unis. Le largage d’une bombe incendiaire sur leur maison tua onze personnes, dont des enfants, toutes brûlées vives. Seuls deux rescapés réchapperont à ce massacre. La police a volontairement laissé brûler tout le bloc, à savoir une soixantaine de maisons.

Largage de la bombe incendiaire par un hélicoptère de la police.

Mumia Abu-Jamal, journaliste, suivait avec attention la répression que les forces de police faisaient subir à ce groupe depuis les années 1970. Mumia Abu-Jamal était même le seul journaliste à faire entendre leur voix.

À Rennes, le 13 mai 2001, une manifestation a réuni près de 250 personnes. Cette année, le 13 mai 2015 sanctionne le trentième anniversaire de ce massacre. Des initiatives se sont déroulées à Philadelphie comme dans d’autres villes du monde, dont Rennes.

Rappeler ce massacre de 1985, c’est rappeler aujourd’hui les conditions de vie désastreuses pour les trois milles condamnés à mort américains, issus des minorités et pauvres pour la plupart, et les deux millions de prisonniers répartis dans les prisons américaines. C’est rappeler qu’il y a encore sept militants de MOVE vivants, emprisonnés depuis 1978, et c’est dénoncer l’acharnement à vouloir « lyncher » Mumia en refusant qu’il soit pris en charge médicalement, en prison, en ce moment même.


À l’initiative du Comité Vie sauve pour Mumia, rendez-vous fut pris ce mercredi 13 mai à 18h devant le Consulat des États-Unis (30 Quai Duguay Trouin, 35000 Rennes). Étaient présentes une trentaine de personnes, dont des représentants du Comité, de la CGT, MVP, PCF, PG, LO, FA.


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Auteur : Comité rennais du Parti de gauche (CC BY-SA 3.0)

Discours tenu devant le consulat des USA :

Les faits de violences policières et racistes subies part les afro-américains aux États-Unis ne datent pas d’hier. Ce qui change c’est qu’une partie de la jeunesse utilise les nouveaux moyens de communications et d’information pour montrer la réalité, la vérité des violences, dans toute leur cruauté.

Aujourd’hui même le Times Magazine reprend le hashtag du storytelling des manifestations #BlackLivesMatter. Les images des lynchages et assassinats font ainsi le tour du monde.

Alors qu’il n’y a pas plus d’agressions qu’au siècle dernier, le fait de les rendre publiques permet à une partie de la jeunesse et de la population de se mobiliser en un temps record.

L’inertie lamentable de Barack Obama a été sanctionnée par une forte abstention de la population afro-américaine, notamment les plus pauvres, aux élections de mi-mandat en 2014. Rien à attendre évidemment des Républicains qui ont même fait reculer la Loi sur les discriminations en vidant de sa substance le Voting Rights Act de 1965.

La société américaine se retrouve dans une situation où le combat pour le respect des droits démocratiques, la justice, contre le racisme, redevient une priorité pour ces jeunes. En cela nous ne pouvons que saluer les mobilisations actuelles aux États-Unis. Comment ne pas se réjouir de voir aux avant-postes la militante Angela Davis ? Qu’ils sachent qu’en France ils peuvent compter sur de vrais amis et camarades.

Ce pays s’est construit en anéantissant les amérindiens par millions, puis en tolérant les activités racistes et violentes du Ku Klux Klan pendant des décennies, bien après la fin de la guerre de sécession.

Rappelons-nous que des milliers d’afro-américain ont été lynchés à mort aux USA, entre les deux guerres. Un récent rapport fait état de 4000 lynchages dans douze États du Sud entre 1877 et 1950. Évoquons parmi d’autres le cas de William Little, survivant des horreurs de la Première guerre mondiale, qui en 1919, revenant chez lui, à Blakely, en Géorgie, fut reçu par une foule blanche. Lorsqu’il refusa de retirer son uniforme de l’armée, il fut lynché.

William Little n’est que l’un des 3.959 Afro-Américains qui furent brutalement et souvent publiquement tués dans les États du Sud entre les deux guerres. Ce rapport révèle une histoire des violences raciales bien plus importante et brutale qu’initialement rapporté, avec au moins 700 lynchages de plus qu’enregistré précédemment.

Nombreuses furent les victimes qui, comme William Little, furent tuées pour des infractions mineures ou pour avoir exigé le respect de leurs droits, ou pour avoir refusé de se soumettre à un traitement injuste. Leur décès, fait valoir le rapport, a laissé une marque indélébile sur les relations raciales en Amérique.

« Le traumatisme et l’angoisse que ces lynchages et violences raciales ont créé dans ce pays continuent de nous hanter et contaminent les relations raciales et notre système judiciaire criminel » affirment les auteurs.

Ces mêmes auteurs regrettent qu’aujourd’hui encore, on note une « étonnante absence d’effort pour reconnaître, discuter ou répondre » à ces violences. Ils font remarquer que le pays ne peut pas espérer guérir de ce chapitre douloureux de son histoire s’il ne reconnaît pas pleinement les massacres de cette époque et les effets dévastateurs qu’ils ont créés.

Retenons au passage ce qu’il nous revient de faire, ici en France, à propos de l’esclavage. Le militant guadeloupéen Élie Domota a raison quand il demande que l’État français abroge les indemnisations accordées aux propriétaires d’esclaves lors de l’abolition, car cela leur a permis d’asseoir leur domination économique et sociale, de créer des banques et de faire en sorte que l’économie coloniale soit préservée.

Le 13 mai 1985 :

Le 13 mai 1985, la police de Philadelphie a décidé d’en finir avec la communauté militante MOVE. Rappelant leur exigence de libération pour neuf de leurs membres emprisonnés en 1978, dont sept survivent encore en prison aujourd’hui, ils manifestèrent, mais la police utilisa des moyens totalement démesurés pour les réprimer. Un hélicoptère largua une bombe incendiaire sur leur maison, tuant onze personnes dont cinq enfants, tous brûlés vifs. Ils ont même laissé le quartier entier brûler.

Aucun responsable politique et policier de ce massacre ne fut condamné. Pourtant un rapport a identifié le recours démesuré de la force ; « déraisonnable » ont-ils dit. En 1996 la justice finit par octroyer une somme de 1,5 millions de dollars à Ramona Africa. Mais les sept emprisonnés de MOVE encore en vie, qui étaient libérables en 2008, sont toujours enfermés.

Cette continuité dans la violence raciste valut à Mumia Abu-Jamal, journaliste qui porta la défense des neuf de MOVE, d’être particulièrement repéré.

Le massacre du 13 mai 1985 s’inscrit dans cette continuité historique d’hystérie raciste contre les afro-américains.

Aujourd’hui, avec tous ceux qui manifestent à Philadelphie, Berlin, Madrid, etc. nous exigeons que justice soit faite, que les responsables de ce massacre soient jugés et condamnés, que les sept MOVE encore prisonniers soient libérés.

Mumia Abu-Jamal va très mal. Son état de santé s’est détérioré en quelques semaines. Les autorités pénitentiaires refusent encore aujourd’hui qu’il puisse être soigné par des spécialistes. Indéniablement elles veulent sa mort.

Grâce à la mobilisation internationale, le droit de visite s’est amélioré mais cela n’a pas encore modifié le comportement assassin des autorités.

Deux informations récentes : pour la première fois le New York Times a accepté de publier un encart publicitaire des soutiens de Mumia – contre paiement évidemment, nous sommes aux États-Unis ! – et la Ligue nationale des avocats américains (National Lawyers Guild), avec le soutien de Kathleen Cleaver, dirigeante historique des Black Panthers et militante des droits de l’Homme, a saisi le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Mr Juan Mendez, pour lui demander d’intervenir d’urgence à propos de la situation de Mumia.

Nous nous sommes souvent retrouvés ici pour défendre le militant Mumia injustement condamné. Notamment le 09 décembre 2014 pour les 33 années d’emprisonnement dont 30 passées dans le couloir de la mort.

Cette année, la situation est grave. Notre mobilisation peut être déterminante. Mumia sait que nous nous mobilisons et il s’est exprimé pour nous remercier. Voici son message :

Chers amis, chers frères et sœurs, chers camarades ;

Merci, merci du fond du cœur pour tout l’amour que j’ai reçu de vous et que je continue de recevoir. Dans le monde entier, des centaines, voire des milliers de gens ont téléphoné, écrit, protesté, organisé des manifestations. Je ne savais pas que vous étiez tous là parce que je suis resté inconscient quelque temps ; pendant un moment je n’ai rien vu, rien entendu mais vous avez touché mon cœur, mon corps, et maintenant je me sens porté par vous tous et je vous en remercie. Je ne suis pas redevenu l’homme que j’étais auparavant mais grâce à tout ce soutien, cet amour que je reçois de vous tous, je vais le redevenir.

Je vous aime tous ; vraiment, ce ne sont pas de simples mots, je vous aime de tout mon cœur … Vive John Africa ! Nous gagnerons !

Depuis le pays des prisons, c’est votre frère, Mumia Abu-Jamal.

Envoyez des lettres, des cartes à Mumia ; envoyez les cartes au gouverneur de Pennsylvanie, bref faites tout ce que vous jugerez utile pour renforcer cet élan de solidarité internationale.

Justice et Liberté pour Mumia demeure notre exigence commune. Continuons à la porter tous ensemble.

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Auteur : Comité rennais du Parti de gauche (CC BY-SA 3.0)

FIN

Les grandes transformations de l’exploitation capitaliste en ce début du XXIe siècle

Les grandes transformations de l’exploitation capitaliste en ce début du XXIe siècle.

Introduction

Un dénommé Maurice RONAI ancien membre de la CNIL, nous a livré un article intéressant sur la date de naissance de la société numérique , pour lui cette datation est 2020 et elle est intimement liée à la pandémie. Pour Maurice RONAI le numérique est présenté comme une bouée de sauvetage, qui à montré non seulement sa capacité à sauver l’ économie, mais à émerger comme nouveau mode de fonctionnement du mode de production capitaliste.

Voici le constat qu’il fait:  « Réunions de famille virtuelles, solidarités de voisinage, achats en ligne, suivi scolaire, réorganisations du travail: en mars2020, 46millions de Français se sont connectés chaque jour à Internet. Le besoin de préserver les liens familiaux et sociaux a trouvé à s’exprimer à travers des groupes WhatsApp, la visioconférence ou l’invention de dispositifs inédits comme les apéros en ligne. Un Français sur deux a testé pour la première fois ces nouvelles formes de sociabilité à distance. « Zoomer » (en d’autres mots, se retrouver sur la plateforme de visioconférence Zoom) est entré dans le langage courant. Des usages qui peinaient à s’imposer ont été massivement adoptés, comme le télétravail ou la téléconsultation médicale. 66 % des Français ont pratiqué la transmission de résultats d’analyse ou de diagnostic en ligne. Le paiement sans contact s’est banalisé, y compris dans les commerces de proximité. 21 % des Français estiment qu’ils savent désormais faire davantage de choses avec le numérique, certes ceux-ci sont plutôt diplômés ou pratiquant le télétravail. Près d’un tiers des salariés en emploi pendant le confinement a pratiqué le travail à distance. Pour 70 % d’entre eux, c’était leur première expérience. Les difficultés rencontrées par ce « télétravail subi », improvisé, dans un contexte familial et matériel souvent peu adapté, expliquent la demande croissante de retour sur site constatée fin 2020. En mars 2021, 37% des actifs télétravaillaient cependant.

L’école à la maison a donné lieu à un « joyeux bazar » (1). Il a fallu en quelques jours à peine proposer une solution de «continuité pédagogique » à quelque 12,5 millions d’élèves et leurs 950000 enseignants. Cette continuité a pris majoritairement la forme d’envoi de listes de travaux à faire et de listes de ressources en ligne à consulter. Seuls 12% des enseignants ont eu recours à la classe virtuelle. Leur priorité était de maintenir le contact avec leurs élèves (un contact qu’ils ont perdu avec en moyenne 10 % d’entre eux). Contournant les espaces numériques de travail, les enseignants optèrent souvent pour des outils grand public (WhatsApp, Snapchat, Discord…). Parents et enseignants ont, à la faveur de la crise, connu un rapprochement inédit. »

Après ce constat d’un réalisme unilatéral,Maurice RONAI va plus loin en révélant la corrélation bénéfique pour le capital de l’ association pandémie/numérique.

Le numérique a permis d’amortir le choc économique tant du côté de l’offre, en facilitant le télétravail, que de la demande, en rendant possible la consommation à distance (3). 10 % des entreprises se sont adaptées à ce nouvel environnement en réorganisant leur logistique : vente en ligne, livraison à domicile, drive ou vente directe par le biais de boutiques en ligne. L’organisation logistique a fait preuve de flexibilité: malgré des problèmes de recrutement et d’absentéisme, elle a fait face aux fluctuations de la demande, à l’augmentation du nombre de colis comme à celle des livraisons à domicile. Les chaînes d’approvisionnement se sont réorganisées, avec la transformation, par exemple, de magasins en entrepôts urbains (« dark stores »). Le télétravail a permis à 40% des sociétés de poursuivre leur activité pendant le confinement. Il s’est surtout imposé dans les grandes sociétés et dans les services, mais est demeuré marginal dans la plupart des activités industrielles ou de services à la personne. À la surprise des directions d’entreprise, les usages informatiques se sont modifiés très rapidement. Des outils qui restaient marginaux dans la vie quotidienne des équipes (agenda, tableaux et stockage partagés, messagerie instantanée, et, bien sûr, visioconférence) se sont imposés. Cette expérience à grande échelle a fait prendre conscience tant aux directions qu’aux salariés qu’un mode de travail plus hybride pouvait être envisagé durablement, et de manière étendue.

Remercions tout de même Maurice RONAI de nous avoir montré le lien intime entre le numérique et la pandémie, à ce niveau il frise le « complotisme ». Maintenant il nous faut poursuivre notre critique du grand regénéring mondial visant un contrôle totalitaire des populations. Le fascisme sans botte comme le disait Snodven.

L’organisation du travail « Agile »

L’ organisation capitaliste du travail, à toujours été en mouvement, mais aujourd’hui les nouvelles technologies se présentent directement comme une arme contre les travailleurs qui ne se limite plus à chercher, par le truchement des syndicats à gérer les rapports de force.

Nous avons pu nous rendre compte comment le temps de travail, les contrats de travail , se sont démultiplier jusqu’ au contrat zéro heure, comment les gestionnaires capitalistes ont procéder pour émietté le travail , liquider le code du travail et commencé à restreindre les droits syndicaux qui devenaient inutiles dans cette nouvelle société de l’ Intelligence artificielle, cette prothèse venant se greffer sur nos cerveaux.

C ‘est tambour battant, que les ordonnances du docteur Macron sont venues soigner, les déficiences d’un manque de productivité et de plus-value. Ils ont lâché les « barbares » à l’ assaut, pour asseoir à tous les niveaux la pénétration du numérique. La loi travail (El Khomri) à rendu légal le système de l’ auto- entrepreneur de soi, tout en faisant avant la pandémie la promotion du télétravail.

Avec le smartphone, nous nous sommes tous équipés de nouvelles chaînes bien plus sournoises que le bracelet mis à la jambe des prisonniers.

Comment de flexible le travailleur devient « Agile » 

La dite flexibilité semble bien faire partie de l’ histoire ancienne, avec la méthode « Agile » les exploiteurs ne se limitent plus au travail à distance et à la réduction des espaces. L’organisation de plus en plus scientifique du travail, s’ accompagne toujours de méthodes visant la collaboration de classe généralement confiée aux sectes managériales.

Après mai 68, nous avons connus la Direction par Objectif ( DPO) qui sera mise en échec à plusieurs reprises, puis l’ Analyse transactionnelle (une reproduction du père du fils et du saint esprit), puis tout le système des normes ISO – International Organization for Standardization (Organisation internationale de normalisation) … Autant de tentatives et autant d’ échecs, car il est difficile,voir impossible de faire collaborer du personnel de plus en plus nomade. A ce niveau de difficultés la technostructure est contrainte d’user de contrôle, l’ auto-collaboration reste de façade, ce que le télétravail a révéler avec la mise en place de logiciel de contrôle.1

Le système « Agile « est de la même veine, popularisé à partie de 2001 par le Manifeste pour le développement agile de logiciels. 2 avec cette différence que la collaboration transversale et internationale est particulièrement déstabilisante pour le salarié. Détaché de son collectif de travail de proximité il devient la proie idéale à mettre en compétition, l’objectif visant d’importantes économies d’ échelle grâce à la transversalité entre les RH, la nance,l’informatique, le Marketing.

Centralisés sur des plate forme internes de service partagé, les activités deviennent des centres d’Excellence avec mise en concurrence d’un pays à l’ autre, une véritable sous traitance des forces de travail dites « Agile » en réalité fragiles. L’ interconnection et la simplification globale des procédures (produit,procédures,parcours client) aboutissent à une rationalisation extrême des coûts de production. La recherche permanente du travail gratuit pousse le capital dans ses derniers retranchements, son désire est de n’ être plus qu’un donneur d’ordre sans « charges » il économise sur l’immobilier, il accélère les prises de décision, la création de nouveaux produits, allant jusqu’à utiliser le consommateur ou client par des applications de ‘self-care ».

 

Le travail du consommateur ou self-care

Dans une brochure produite en l’ an 2000, «  la sphère de circulation du capital » j’ attirai l’ attention de mes camarades sur la tendance au « travail gratuit »  du consommateur» en ces termes :

« La société self-service a le pouvoir de déguiser la soumission, l’ exploitation et même la servitude en liberté. Le libre-service, ce système a, à première vue, un immense avantage, il supprime les domestiques (illustration: le poinçonneur des lilas). Plus besoin de serveurs, de vendeurs, de contrôleurs. Le problème (sans charges sociales) est reporté sur le consommateur qui devient un domestique, « libre » et « payant » qui va effectuer un travail gratuit et qui devra même payer pour ce travail les accès au Minitel, Internet… Nous devenons des serveurs, des banquiers, des assureurs,des pompistes, des poinçonneurs, des téléphonistes, des portiers, des assembleurs kilt, des hôteliers….plus le travail devient simple, plus il est possible de l’externaliser sur l’ utilisateur »

Il faudra attendre 2008 et la publication du Livre de M A Dujarier3 « Le travail du consommateur » pour qu’un début de réflexion et de conceptualisation de ce type de travail se manifeste sous divers noms comme l’ auto-production dirigée et l’ économie collaborative. Mais la question essentielle pour les marxistes celle du travail gratuit, de la plus-value, effectué indirectement pour les entreprises capitalistes n’ a pas été au centre des préoccupations de nos intellectuels marxistes. Pourtant maintenant tout se déroule sous leurs yeux avec la smartphobie.

Certes, le système du self-service n’ est pas nouveau, il avait commencé avec les pompes à essence, puis dans les super-marché, pour finir par les Kits de montage (une spécialité de IKEA) … Ce qui est nouveau, c’ est que le capital dans sa recherche de travail gratuit, c’ est rendu compte qu’il pouvait mettre à la disposition du consommateur des applications lui permettant de gérer lui même certains besoins. Les banques vont utiliser à fond les possibilité technologique dans ce sens, d’ abord avec les GAB distributeurs de billets, puis en mettant en ligne tout un arsenal permettant d’ auto-gérer des opérations bancaires. Le résultat nous le connaissons la fermeture de nombreuses agence bancaires. Les assurances elles aussi vont se lancer sur la manne du travail gratuit, avec plus de difficultés mais elles y parviennent ( contracter des contrats en ligne et auto-gérer les sinistres) le tout accompagné de l’ IA et des objets connectés. Les grandes surfaces, elles aussi vont commencer à sentir tout le poids de la distribution en ligne une spécialité d’ Amazon.

Le tertiaire est dans la ligne de mire de l’ économie collaborative, de l’ économie des plateformes

Cette économie ne cache pas ses objectifs de « crowdsourcing » (littéralement « sous-traitance par les foules »). En fait il s’ agit pour une entreprise ou une organisation de confier la réalisation de certaines tâches à un grand nombre d’utilisateurs et en réalité de mettre en concurrence le salariat et les contractants.

De l’ auto-production dirigée

Les entreprises externalisent la réalisation de tâches simplifiées qu’elles effectuaient auparavant vers le consommateur, qui termine le produit en assemblant des éléments de l’offre standardisée, tout en suivant les indications qui lui sont faites.

Parmi ces tâches externalisées vers les consommateurs, il existe par exemple : le self-scanning, dans les supermarchés par la mise en place de caisses en libre-service, dans les aéroports, les bornes interactives pour prendre un ticket de métro, les meubles en kit à monter soi-même, la commande d’un plat dans un fast-food à ramener soi-même à une table (et dont il faut ensuite jeter les emballages alimentaires à la poubelle), la réservation de voyages sur Internet, ou encore l’impression des titres de transport13. Si l’on développe ce dernier point, à la gare, devant un guichet automatique, le voyageur sélectionne sa destination et ses horaires, s’affranchit du tarif du trajet et récupère son billet de train. Ensuite, il le composte avant de prendre place dans le wagon indiqué. Toutes ces opérations se font sans l’intervention du personnel de l’entreprise de transports : il y a donc un transfert de travail qui s’effectue entre guichetiers, agents d’accueil et consommateurs14.

De plus, de nombreux services après-vente fonctionnent de manière externalisée aujourd’hui. Par exemple, si un produit tombe en panne, le consommateur se verra bien souvent offrir un service d’assistance à distance, par lequel il va être amené à réaliser lui-même les tâches de réparation. Encore une fois, toutes ces tâches ont pour caractéristiques communes d’êtres prescrites, encadrées, outillées et contrôlées par le fournisseur. C’est donc désormais le consommateur qui assure une prestation auparavant assumée par l’entreprise. Mais pour ce faire, il doit fournir de son temps, mettre ses compétences à contribution, en acquérir de nouvelles, disposer de matériel spécifique (un téléphone, un ordinateur, une connexion à Internet, une imprimante etc.) pour finaliser la production ou assurer lui-même le service après-vente13.

Concrètement, pour faire travailler le consommateur, l’entreprise le forme, dans un premier temps avec de la communication afin de lui montrer les avantages de la coproduction. Ensuite, la formation est opérationnelle : par l’intermédiaire d’un automate par exemple, l’entreprise, va expliquer au consommateur ce qu’il doit faire opérationnellement – le plus souvent c’est indiqué sur l’interface de la machine14.

Dès lors, le but affiché de l’autoproduction dirigée est d’augmenter le sentiment d’autonomie du consommateur, tandis que le but dissimulé est de réduire les coûts de producti

La coproduction collaborative

Au-delà d’une autoproduction dirigée, le travail du consommateur se manifeste aussi grâce à une coproduction collaborative15. Cela permet aux entreprises de recueillir gratuitement un certain nombre de données. C’est donc grâce à de nombreux outils traçant les comportements, que le consommateur offre des informations sur ses pratiques et celles de ses pairs. Cette forme de mise au travail du consommateur s’est particulièrement développée et intensifiée via Internet et le Web 2.015.

Aujourd’hui, le consommateur est sollicité et invité à fournir des idées, des évaluations, des avis, des solutions, des productions (photos, musiques, films etc.), à intervenir dans des processus créatifs, à personnaliser, à customiser des produits standards, depuis la création du produit en passant par sa promotion et son évaluation (le tout de manière ludique)15. En faisant appel à la créativité, au savoir-faire et à l’intelligence du consommateur, l’entreprise applique une forme de production participative : le Crowdsourcing16. Cette captation de données se fait par divers sondages, formulaires, forums, enquêtes de satisfaction, évaluations, concours (pour créer un nouveau goût, un packaging, un slogan publicitaire etc.) et est d’autant plus aisée à mener que les réseaux sociaux fournissent des moyens rapides et efficaces de propagation d’informations15.

Par ailleurs, de nombreuses activités des consommateurs sont désormais tracées, notamment sur le Web. Des informations sont ainsi captées et enregistrées, sans que les acteurs en soient spécifiquement conscients.

En effet, à travers des achats en ligne, des envois de mails, les recherches faites sur le net ou encore des cartes de fidélités, les centres d’intérêts des consommateurs sont emmagasinés, les produits qu’ils sélectionnent sont enregistrés et leurs comportements sont scrutés. Toutes ces données peuvent ensuite être exploitées par les entreprises, notamment pour cibler les consommateurs en fonction de leur offre ou encore particulariser les publicités qu’elles diffusent. Les entreprises ont une connaissance plus fine du marché, des consommateurs et peuvent ainsi plus facilement fidéliser ces derniers17.

Plus récemment certains dispositifs d’authentification sur internet font littéralement travailler l’internaute à son insu pour alimenter des bases de données d’intelligence artificielle. C’est le cas de Google avec son ReCAPTCHA qui a été largement utilisé dans le processus de numérisation d’ouvrages Google Books18, ou d’autres CAPTCHA dans le domaine de la numérisation de données cartographiques (voir également CAPTCHA Utilisations déviées).

Reporter la responsabilité sur le consommateur

le contrat « zéro heure » : une mise en jachère de la force de travail

L’exemple en ce sens qui nous vient d’Outre-Manche, le contrat « zéro heure », peut apparaître comme une variante plus perfectionnée de l’intérim ou de l’intermittence dans les professions du spectacle et de l’audiovisuel. En fait, ce type de contrat supprime tout intermédiaire entre le travail et le capital et accroît au maximum l’utilisation de la force de travail dans un temps déterminé pour un salaire brut de tous ses accessoires protecteurs du porteur de cette force de travail.

En quoi consiste le contrat « zéro
heure » ? La définition en est donnée par une entreprise proposant sur Internet des formules de contrat (4) :

« L’employé “zéro heure” est celui qui accepte que l’employeur n’ait pas forcément à lui donner du travail mais que, s’il y a du travail à faire, l’employé est contraint de l’accepter. Ce contrat est pour un employé qui n’a pas d’horaires fixes de travail et qui accepte de travailler au jour le jour. »

Ce type de contrat est parfaitement valable et conforme aux dispositions de l’Employment Rights Act de 1996, pourvu qu’il soit consigné par écrit (5). Le contrat peut être temporaire ou permanent. Dans ce dernier cas le travailleur est dans l’obligation d’être disponible 24 heures sur 24, c’est-à-dire accroché à son portable, car son employeur peut l’appeler à n’importe quel moment pour l’exploiter tout le temps qu’il juge nécessaire sans même une spécification à l’avance d’une période ou d’un horaire (6).

Le salaire n’est évidemment versé que pour le temps effectivement travaillé. Il semble que le contrat « zéro heure » se soit développé come moyen de tourner l’obligation prévue par la National Minimum Wage Regulation de payer le salaire minimum légal à tout salarié présent sur le lieu de travail, quelle que soit son activité durant ce temps. De plus, ledit salaire ne comporte aucun supplément pour ce que l’on appelle les avantages sociaux depuis la maladie, la retraite jusqu’à la cantine ou toute autre invention d’autrefois pour attirer le salarié.

Quant au rythme de travail, c’est bien sûr celui imposé par l’employeur. Il est bien évident que le chômeur qui, dans cette période de marasme économique et de chômage élevé (7), « bénéficie » d’un contrat « zéro heure » va faire tout son possible pour satisfaire les impératifs de l’employeur, faisant preuve d’un zèle inhabituel et espérant, grâce à la bonne opinion que son patron aura ainsi de lui, d’obtenir sinon un CDD ou un CDI, un plus grand nombre d’heures ou des appels plus fréquents.
Mais certains patrons ne se fient guère à cette perspective de pression indirecte et imposent parfois dans ce contrat une discipline très stricte pour être sûr que le salaire versé correspond bien à la totalité du temps supposé être travaillé. Parfois cet exploité « zéro heure » est soumis à une discipline avec un système de points de pénalisation : on est pénalisé si on parle à son voisin durant le travail, si on va trop souvent ou reste trop longtemps aux toilettes, si on s’absente dans la période de temps travaillé ou si l’on est en retard, etc. Un certain nombre de points ne signifie pas directement la porte mais la fin de la période de travail et le silence total du téléphone. C’est l’application du principe « Three strikes and you are out » (trois infractions et vous êtes dehors). Bien sûr il n’en résulte aucune indemnisation puisque formellement on n’est jamais licencié ; simplement, on n’est plus jamais appelé.

Pour faire croire à un équilibre entre partenaires, les zélateurs du contrat « zéro heure » prétendent que, sous ce contrat, le travailleur a la possibilité de refuser une proposition de travail ou de débrancher temporairement son téléphone. C’est ignorer que, comme dans tout contrat de travail quel qu’il soit, le capitaliste dispose d’un pouvoir absolu et peut toujours régler une situation dans son intérêt. Ce qui signifie que le refus d’un travail ou le silence téléphonique entraîne un licenciement de fait.

Gérard Bad.


Grande Bretagne: Le contrat de travail zéro heure c’ est quoi ?

 

Le contrat « zéro heure ». Vu que, contrairement à… conflits concernant le contrat « zéro heure » : 200 travailleurs de…’embauche sous le contrat « zéro heure ». Depuis novembre 2012, cette… pratiquement l’usage du « zéro heure contrat » en réglementant…

 

Dans le contrat « zéro heure », le travailleur a l’obligation d’être « disponible » 24 sur 24, c’est-à-dire accroché à son portable tout ce temps car son « patron » peut l’appeler à n’importe quel moment pour l’exploiter strictement le temps qu’il juge nécessaire. Comme il est dit en anglais, il doit être toujours in call. Le salaire n’est évidemment versé que pour le temps travaillé. Cela explique que les travailleurs exploités sous ce système sont soumis à une discipline très stricte : ne pas parler à son collègue, ne pas s’absenter pour une cause quelconque si l’emploi dure plus longtemps que prévu, ne pas passer trop de temps aux toilettes. Un système de points de pénalisation a même été institué et, selon le principe « strikes and you are out » (« infractions et vous êtes saqués »), un certain niveau de points signifie la porte. On comprend ici le souci patronal de faire qu’à l’instar d’une machine, l’être humain doit être totalement productif pour le temps qu’il fonctionne, et ne doit rien coûter s’il ne fonctionne pas. Bien sûr, d’après le contrat, soi-disant pour rétablir l’équilibre, le travailleur a en principe le droit de refuser l’offre du patron ; mais il est bien évident que ce travailleur n’aurait plus d’appel et serait en quelque sorte licencié sans l’être s’il refusait fur-ce qu’un appel.

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Au Royaume-Uni, le contrat « zéro heure », degré zéro de l’exploitation du travail

 

… conséquences ­sociales. LE CONTRAT « ZERO HEURE » : UNE MISE EN… contrats permanents en contrats « zéro heure » qui permet de moduler… de dix-neuf heures. Le salaire moyen des « zéro heure » est… matin à 9 heures (et que le contrat « zéro heure » permettait…


 

1 Aux Etats-Unis, c’ est le logiciel Time Doctor qui fait le flicage, en France, Hubstaff peut prendre des captures d’ écran des salariés toutes les cinq minutes. Microsoft a proposé une nouvelle fonction dans sa suite Office 365 qui permet de noter, avec un score, les utilisateurs… De son côté, l’outil Teramind permet de surveiller le comportement en ligne des salariés (messagerie instantanée, suivi des documents et des fichiers partagés, etc.)

  • 3Par Marie-Anne Dujarier Année 2014 ,Pages 262 Collection : Poche / Essais Éditeur : La Découverte.

Bilan de cinq mois de guerre en Ukraine et la ligne de front s’effondre!

Par Brigitte Bouzonnie.

 

Je fais le point. Cinq mois que la guerre en Ukraine est déclarée. Depuis le 24 février 2022. La guerre en Ukraine, c’est comme les poupées russes. D’abord, il y a la guerre “officielle” déclarée par Poutine le 24 février dernier. Puis, très vite, si on s’intéresse au sujet, on tombe sur une seconde guerre impérialiste voulue par le camp mondialiste depuis 2014. Depuis Obama. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Attali lui-même dans un de ses livres remontant à 2015. Attali, répète-jacquot bien connu de tout ce qui se dit à Davos et dans les cercles mondialistes. C’est un vieux projet de l’état profond américain : vouloir faire la guerre au Donbass, puis attaquer la Russie, le cas échéant, avec des armes nucléaires. D’ailleurs, l’analyse de la chronologie des évènements du mois de février 2022, montre que Poutine a anticipé d’une petite semaine une guerre impérialiste voulue par Biden. Ce qui lui a permis de confisquer les centrales nucléaires comme Tchernobyl.

Je fais le point. Les russes ont gagné les victoires de Marioupol, Severodonetz, Lissytchansk. Personne n’en a parle. Les médias au ordres de l’OTAN ont même eu le toupet infernal de dire que Marioupol était une victoire de Zélensky : Bonjour Orwell ! Personne n’a parlé de ces trois victoires consécutives des russes. Tout de même, il y a eu un journaleux de LCI pour dire avec mépris : “Poutine a gagné quelques batailles’ (sic) : cela ne s’invente pas !

Je fais le point. Sur les réseaux sociaux, cela ne se passe pas du tout comme prévu. Pendant les deux ans de Covid, 2002 et 2021, nous étions un petit groupe d’actifs anti Covid, anti vaccination, connus (Didier Raoult, Christian Perrone, Nicole et Georges Délépine, Louis Foucher, Reiner Fuelmich, Robert Kennedy junior, André Bercoff, Jean-Dominique Michel), et inconnus, restés groupés malgré toutes nos différences. Et les 24 mois pendant lesquels a duré la pandémie. Inversement, lorsque la guerre en Ukraine s’est déclenchée, je pensais qu’il en irait de même : c’est à dire qu’il y aurait un groupe dense, compact, “anti guerre impérialiste en Ukraine voulue par les américains” : tout comme il y a eu des militants contre l’absence de masques pendant le premier confinement, puis anti vaccins sans nuance. Alors que, pas du tout. Rien que le mot “anti guerre impérialiste des américains en Ukraine” n’apparait jamais dans les posts du fil d’actu de Facebook : comme s’il s’agissait d’un gros mot !

Un exemple entre mille : au mois de juillet 2022, après 50 articles postés contre la guerre de l’OTAN, je viens de me faire traiter sur Tweeter “d’anti vaccins, responsable de nombreux morts” (sic) : alors que cela fait bien six mois que je n’ai rien écrit sur le Covid et les vaccins. Une volonté évidente de ne pas nommer le présent problème !

J’ai l’impression, comme pendant le Tour de France, de faire une échappée en solitaire avec Karine Béchet-Golovko, Thierry Meyssan et Jacques Baud. Mes amis Dominique Kern, Monika Karbowska, Jean-Pierre Combe, Aymeric Monville et autres amis du PCRF. Des militants avisés comme Erwan et Sylvia Castell. Danièle Bleitrach. Régis de Castelnau. Les sites “Les 7 du Québec” et “Réseau International”. Et c’est tout, et c’est tout.

Dans leur immense majorité, les facebookiens ont choisi l’expectative. La posture du “spectateur dégagé”, pour parler comme Nietzsche. Comme on regarde un match à la télé. Comme on regarde par la fenêtre un couple en train de se disputer dans la rue. Rien à voir avec les choix clairs de notre jeunesse, lorsque toute la population était instinctivement “contre” la guerre du Vietnam !

C’est vrai que depuis la victoire de Marioupol, il y a des facebookiens, qui trouvent que Poutine a de beaux yeux. Ce qu’ils aiment dans Poutine c’est le vainqueur. Mais, à supposer que par malchance, les américains reprennent Marioupol, il n’aurait plus du tout de beaux yeux. C’est donc un Poutinisme indexé, intéressé sur la seule réussite des russes. Moi dans ma jeunesse, on était militant(e), que notre projet de changer le monde réussisse ou pas.

Nul doute que dans cette fausse conscience généralisée, portée inconsciemment par son propriétaire mouton, pensant qu’il s’agit là d’une attitude “normale”, “allant de soi”, Macron est à la manoeuvre pour brouiller notre pauvre jugeote ! Pour la macronie, il ne faut pas que le Peuple français comprenne à minima ce qui se passe en Ukraine : savoir critique, attention, danger !


COMPLÉMENTAIRE

 

https://www.moonofalabama.org/2022/08/ukraine-sitrep-on-the-ground-report-ukrainian-frontline-collapses.html

Ukraine SitRep – Rapport sur le terrain – Effondrement de la ligne de front ukrainienne

Vous trouverez ci-dessous une traduction automatique légèrement modifiée d’ un article paru hier sur le site ukrainien censor.net . La pièce a été promue par Yuri Butusov , un correspondant militaire ukrainien bien connu. Il s’agit à l’origine d’une publication sur les réseaux sociaux par quelqu’un qui était en première ligne à Pisky, immédiatement au nord-ouest de la ville de Donetsk.

Le contexte:

Au cours des deux à trois derniers mois, la partie ukrainienne a utilisé ses positions à proximité de la ville de Donetsk pour bombarder plus ou moins au hasard la population civile du côté affilié à la Russie. Après de sérieuses protestations, le commandement militaire russe a accepté de lancer une opération de contre-artillerie dédiée pour mettre fin au harcèlement meurtrier ukrainien.

Ses « rapports sur les conneries » quotidiens, voici celui d’hier (3 aout 2022), ont depuis inclus des lignes comme celles-ci presque tous les jours :

Dans le cadre de la guerre de contre-batterie, 2 batteries d’artillerie d’obusiers Giatsint près de Dzerzhinsk et Novhorodskoye, la République populaire de Donetsk ont ​​été touchées.

4 pelotons de Grad MLRS et 9 pelotons d’artillerie sur des positions de tir près de Seversk, Kirovo, Artemovsk, Avdeevka, Peski, Orlovka, Shakhterskoye, Velikaya Novoselka en République populaire de Donetsk, Dobropolie dans la région de Zaporozhye, Shirokoye, Bereznevatoye dans la région de Nikolaev, Russkaya Lozovaya et Nortsovka dans la région de Kharkov.

La campagne systématique de contre-artillerie a sérieusement détérioré la puissance de feu ukrainienne déjà rare.

La partie russe a également changé la direction principale de sa poussée du front nord de la direction Sievierdonetsk-Lysichansk-Siversk vers une poussée plus au sud. L’opération offensive actuelle est concentrée au nord-ouest et à l’ouest de la ville de Donetsk en direction d’Avdivka. Il y a une opération d’enveloppe qui se déroule au nord et au sud pour encercler cette ville extrêmement fortement fortifiée.

Le territoire rouge à gauche de la ligne rouge marque des parties de progrès récents.

Source : carte UA en direct – plus grande

Pisky est la partie sud de cette opération d’enveloppe.

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Après d’intenses préparatifs d’artillerie, les forces russes nettoient actuellement – lentement, lentement – les lignes de bunkers et de fossés en béton armé qui ont été construits du côté ukrainien au cours des 8 dernières années. Voici maintenant la vue de cette bataille du côté ukrainien (traduction automatique éditée, pour une traduction alternative, voir ceci .) (Remarque : 300 est l’indicatif de fret militaire pour les blessés, 200 pour les soldats morts) :

Pisky. Hachoir à viande

Auteur : Serhiy Gnezdilov

Qu’y a-t-il à perdre, que peut-on m’enlever d’autre au sixième jour de mon enfer personnel, à Pisky, à un kilomètre de la première rue de Donetsk, en Ukraine ? Les corps de ceux qui m’étaient plus chers que ma famille gisent sous la chaleur des tranchées, brisés par le calibre 152. Comme je l’ai écrit plus tôt, 6 500 obus par putain de village en moins d’une journée.

Cela fait déjà six jours de ce genre, et je ne peux pas imaginer comment même un petit nombre de nos fantassins ont survécu à ce barrage de tirs ennemis.

Non, je ne pleurniche pas.

Deux mortiers 82 et 120 travaillent de notre côté.

Parfois, ils se réveillent et « éternuent » deux canons d’artillerie en direction de Donetsk.

Nous répondons à peine. Il n’y a pas de tir de contre-batterie, dès le départ, l’ennemi met des obus d’artillerie dans nos tranchées sans aucun problème, démantèle des positions très solides et concrètes en quelques dizaines de minutes, poussant notre ligne de défense sans pause ni repos minimal.

Avant-hier, la ligne a rompu, et une rivière de 200 ou 300 [tués/blessés] a été déversée. Je ne publierai aucune statistique, c’est interdit dans notre pays, mais vous n’avez aucune idée du nombre et du pourcentage de pertes.

C’est un sacré hachoir à viande, où le bataillon retient simplement l’assaut avec ses corps.

Depuis près d’une semaine, nous attendons au moins une sorte d’aide qui toucherait l’artillerie ennemie, nous, je le répète, sommes tirés en toute impunité avec tout ce dont le système militaire russe est riche, leur aviation fonctionnait aujourd’hui.

Je suis fier du leadership du bataillon qui est resté ici avec nous. Le combattant est avec nous, tout le monde est avec nous, confus, léger 300, bandé et revenu après quelques heures à la position, si vous pouvez appeler ainsi ces ravins sans fond.

Il y a une guerre en cours.

Mais sans combat de contre-batterie, il se transforme en un hachoir à viande insensé, où une quantité insensée de notre infanterie est broyée en une journée.

Vouliez-vous vraiment la vérité ? La voici, la vérité nue.

La réserve se dirige vers la position, ferme la percée et après cinq minutes, une seule des 15 personnes reste intacte.

Les corps gisent au sol. Si c’est un 300 léger, vous aurez peut-être de la chance, vous vous évanouirez, et vous sortirez à pied, vous atteindrez les médecins.

Ils ont juste pris un 300 [blessé]. Il a crié tout le long : – « Où est le soutien ? Où est l’artillerie ? Pourquoi avons-nous été abandonnés ? Pourquoi personne ne nous a-t-il couverts ? »

Je ne sais pas, mon ami, pourquoi personne ne nous a couverts… Il hurle, et j’ai honte d’être encore sain et sauf, seulement quelques bons assourdissants.

J’ai vomi, je me suis énervé, je suis désolé, et je suis de retour à l’action.

Toutes les réserves sont détruites, le matériel militaire est en feu, l’ennemi s’approche et occupe sans problème nos positions après un nouveau barrage d’artillerie.

En ce moment nous perdons Pisky, toutes nos ressources humaines et matérielles sont presque épuisées.

Denys, un habitant de Marioupol, qui m’a dit « eh bien, je fais confiance à la personne arrêtée [le conseiller Zelenski Arestovich], nous allons tout rendre très bientôt » est mort. Il a été blessé deux fois, ils l’ont bandé directement dans la tranchée, ils lui ont dit, Denchyk, allez à l’évacuation, mais il a répondu « les gars, je ne vous abandonnerai pas ».

Tous deux blessés pour la première fois, et après la deuxième blessure, il a continué à riposter.

Nous n’avons toujours pas pris son corps. Sur les ruines de Pisky, il est allongé les bras tendus et le regard figé. Il demande vengeance. Comment puis-je refuser sa dernière demande ? Comment pouvons-nous tous quitter Dan ?

Je crois que Dimka a survécu après tout. Parce qu’il ne pouvait pas mourir, étant récemment revenu de l’hôpital, venant de proposer à sa petite amie. Ils disent qu’après l’une des paroisses, il a tout simplement disparu. Il s’est endormi avec de la terre. Mais, je crois que c’est une erreur, et il est vivant. Espoir et attente insensés.

Je sais, mon pays n’aime pas penser à haute voix. Mais, je n’avais pas le choix entre la victoire et l’arrestation. La vérité doit être entendue, pas des chuchotements dans la cuisine. Bien sûr, il volera séparément pour ce poste, car comment ? Oui, l’État ment-il à ses propres citoyens?

Je ne serais pas surpris si quelqu’un disait aujourd’hui: « L’agent du Kremlin Sirozh a parlé du plan brillant des vainqueurs sur le front de Donetsk, pendons-le au pacificateur. »

Je me suis amusé à dire que tout est sous contrôle. Maintenant à Pisky, tout n’est sous le contrôle de personne, mais pour une raison quelconque, la situation est étouffée.

Sonnez les cloches brisées pendant que nous couvrons Pisky de corps.

Nous avons besoin d’artillerie.

Donnez-nous quelque chose ici à quoi nous raccrocher.

Maintenant, mettez-vous à la place de Serhiy Gnezdilov, Denys ou Dimka. Pensez ensuite aux politiciens qui parlent gentiment de la résistance ukrainienne héroïque et envoient ces hommes se faire massacrer sans gain possible.

Désolé Serhiy, plus d’artillerie ne le fera pas. La partie russe ne ferait que le broyer en quelques jours. Combien des 120 obusiers américains M-777 qui ont été donnés à l’Ukraine existent encore ? Peut-être une dizaine d’entre eux, la plupart endommagés ?

D’autres opérations sont en cours. Au nord du front de Donetsk, il y a une poussée vers Bakhmut (également connu sous le nom d’Artomovsk). Hier, Soledar, au nord de Bakhmut, aurait été en grande partie capturé. Vershyna et Zaiseve, au sud de celle-ci, sont également parties ou tomberont bientôt.

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La partie ukrainienne a annoncé haut et fort une contre-offensive à venir sur le front sud vers la ville de Kherson. Mais le nombre d’unités russes dans cette zone plus vaste a depuis été augmenté à un niveau qui rend une nouvelle offensive russe vers Mykolaïv (Nikolaev), Kryvyv Rih (Krivoy Rog) ou Zaporitzhia plus probable que tout ce que la partie ukrainienne pourrait faire.

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La partie russe mène également une campagne continue contre les réserves ukrainiennes, les quartiers généraux de brigade et les installations militaires ou les camps de stockage temporaire loin derrière la ligne de front immédiate. Ces attaques moins visibles tuent un grand nombre de soldats ukrainiens. Extrait du ‘rapport clobber’ d’hier (également ici ):

À la suite de la frappe des forces aérospatiales russes sur les positions de combat de la 54e brigade mécanisée de l’AFU près de Mar’inka dans la République populaire de Donetsk, plus de 50 nationalistes du 2e bataillon de cette unité ont été détruits.

Des armes de haute précision des Forces aérospatiales russes ont frappé un point de déploiement temporaire de la Légion étrangère ukrainienne près de la ville de Nikolaev. Les attaques ont entraîné l’élimination de jusqu’à 250 nationalistes et de 20 unités de matériel militaire.

Les frappes de haute précision des forces aérospatiales russes ont éliminé jusqu’à 500 nationalistes de la 92e brigade mécanisée de l’AFU et une grande quantité d’équipements militaires à Merefa et Chuguyiv dans la région de Kharkov.

Le bombardement des positions de combat du 16e bataillon de la 58e brigade d’infanterie motorisée de l’AFU près d’Artemovsk a entraîné l’élimination de plus de 130 nationalistes. Les militaires restants du bataillon, au nombre de 70, ont quitté précipitamment leurs positions et sont partis pour Konotop, dans la région de Soumy, où ils ont été désarmés et déclarés déserteurs.

Le 21e bataillon de la 56e brigade d’infanterie motorisée, qui avait subi des pertes importantes près de Peski, a essuyé des tirs d’artillerie de l’AFU lors de sa retraite à Vodyanoye et a été presque complètement éliminé.

Remarquez le dernier paragraphe. L’unité de Pisky (Peski), d’où Serhiy Gnezdilov faisait rapport, se retirait vers Vodiane (Vodyanoye), au nord de Pisky (voir la deuxième carte ci-dessus). Sur leur chemin, les Forces armées ukrainiennes (AFU) ont ouvert le feu sur eux, tuant presque tous ceux qui avaient survécu aux attaques russes contre Pisky.

Était-ce une punition pour la retraite déjà tardive ? Ou était-ce une erreur d’identification par un observateur d’artillerie avancé qui pensait que ces forces ukrainiennes en retraite attaquaient des unités russes ? Je ne sais pas, mais…

Soit dit en passant – le nombre de victimes de l’adversaire donné par le ministère russe de la Défense est probablement surestimé (comme tous ces chiffres le sont). Mais même si seulement la moitié de ces ~900 revendiqués hier ont vraiment été blessés ou tués la veille, les pertes sont toujours dévastatrices. En 1967, au plus fort de la guerre du Vietnam, les pertes américaines, morts et blessés, étaient au maximum d’environ 200 par jour . Nous en voyons plusieurs du côté ukrainien chaque jour.

Ce n’est pas durable. Le gouvernement ukrainien aurait dû abandonner la lutte inégale il y a des mois. C’est un immense crime de l’encourager davantage.

Publié par b le 3 août 2022 à 8:07 UTC | Lien permanent     MoA – Ukraine SitRep – Rapport sur le terrain – La ligne de front ukrainienne s’effondre (moonofalabama.org)

C’EST PAS NOUS, ÇA… ou à propos de ce qui n’existe pas

Par : Ysengrimus

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YSENGRIMUS — Combien d’athées se sont fait servir l’interrogation suivante par des théogoneux: Oui mais es-tu capable de prouver —de prouver incontestablement— que Dieu n’existe pas? Or, admettons-le, il y a passablement de bizarrerie dans l’attitude consistant à réclamer la démonstration d’une inexistence. Pour tout dire comme il faut le dire: on ne veut tout simplement pas de ça, en fait, dans les replis heuristiques d’une philosophie ordinaire conséquente. Ce que je propose ici, en toute déférence, c’est une remise à sa bonne place du fardeau de la preuve. Le fait est que, quel que soit le cadre de représentations physico-culturel commun qu’on se donne, c’est l’argumentateur aspirant à introduire une catégorie non étayée dans le système qui hérite du devoir de la démonstration de son existence. Ceux qui croient, en plein, en un dieu intangible doivent prouver leur dieu intangible, point. C’est pas à moi, athée en creux, de non-prouver ou de déprouver leur zinzin. Une démonstration d’inexistence est toujours une réfutation qui ne dit pas son nom. Et une réfutation se donne fatalement des postulats largement indus. De fait, il y a, dans toute démonstration d’inexistence, un point d’appui insidieusement déposé et arc-bouté sur une argumentation d’autorité préexistante. Dans le genre: le dieu est traditionnellement reçu par un grand nombre d’instances institutionnalisoïdes (religions officielles, pontes divers, scolastes, magisters, curetons de tous tonneaux, papa-maman, philosophes suppôts, croyants ahuris, et toute la ribambelle usuelle). Donc, ce serait à l’objecteur de démontrer le contraire (nommément sa non-existence) en référence insidieuse à cet argument d’autorité préexistant et pesant de tout son poids culturel conformiste. Sauf qu’une aporie déférente et docile reste une aporie… Alors, non. Juste, non.

Que je m’explique sur un cas moins conforté ethnoculturellement. Appliquons l’idée, sans rougir, aux soucoupes volantes. Argument d’autorité oblige, on commencera en faisant valoir que Jimmy Carter a vu une soucoupe volante quand il était gouverneur de Georgie (1969). Ancien président américain de prestige, Jimmy Carter n’a donc certainement pas besoin des ufos pour se faire mousser. Cela garantit amplement la sincérité d’autorité de ses observations et, conséquemment, dans l’enthousiasme, l’authenticité de ses souvenirs. Sur la base de cette source (ou de toute autre d’un poids analogue), on ferait donc ensuite valoir que c’est désormais entre les mains de l’objecteur que repose le fardeau de la démonstration de l’inexistence des soucoupes volantes. L’argumentateur pas convaincu par monsieur Carter et ses semblables se devrait donc subitement de reprendre tout le corpus, les photos, les vidéos, les témoignages et de les passer au décapant, démontrant leur invalidité, au cas par cas. On goûtera la dimension ubuesque qu’atteindrait vite une telle stratégie argumentative si elle trouvait des olibrius des deux camps pour l’endosser. Le fait reste que, tant culturellement qu’empiriquement, le débat sur les soucoupes volantes ne s’engage jamais comme ça. Avec ou sans l’appui implicite de Jimmy Carter et des autres de son tonneau, c’est l’ufologue qui se doit de travailler à démontrer l’existence de la catégorie qu’il cherche à introduire dans notre système de représentations ordinaires (ici, la catégorie en question, c’est la soucoupe volante). C’est bien pour cela qu’il serait particulièrement ardu (et corollairement savoureusement surréaliste) de dénicher un argumentaire qui viserait à démontrer à vide, au tout venant, sans dimension polémique préalable (sans visée de réfutation, donc), l’inexistence formelle et factuelle des soucoupes volantes et l’extraction méthodique de ces dernières de l’ensemble plus vaste des OVNI (qui eux, en leur qualité de notion gnoséologique, existent sans difficulté particulière, puisqu’ils ne corroborent jamais que notre inaptitude collective à reconnaître infailliblement tout ce qui nous flotte au dessus de la tête, dans le ciel). Pour faire simple: tu crois aux soucoupes volantes, Baquet, eh bien, cherche des soucoupes volantes. Et, surtout, ne me demande pas de les faire disparaître avant de ne les avoir toi-même fait apparaître.

Si on trouve plus facilement des traités d’athéologie que des traités de non-ufologie, c’est bien, par principe, que les chercheurs de dieux disposent (encore) d’une crédibilité intellectuelle, institutionnelle et sociétale implicite dont les chercheurs de soucoupes volantes ne disposent pas ou pas encore. Il y a pourtant là un vice commun de méthode. Ce dernier se formule comme suit. Il est tout simplement philosophiquement inadéquat de chercher à procéder directement, de façon isolée et abstraite (et conséquemment sans systématicité dialectique) à la démonstration d’une inexistence.

Concentrons notre attention sur une catégorie dont l’inexistence est si massivement reçue aujourd’hui qu’il est même assez ardu de conceptualiser ce à quoi elle pouvait à peu près correspondre du temps de la revendication de sa validité descriptive. Il s’agit de nul autre que du fameux phlogiston. Plus personne ne croit à l’existence empirique de cette catégorie qui correspondait, dans cette partie de la physique des premiers temps modernes qui s’appelait la phlogistique, à une substance immanente intrinsèquement garante d’inflammabilité. Quand un objet inflammable passait au feu, on jugeait qu’il était, sous l’effet des flammes, en perte de phlogiston et qu’il ne contenait finalement plus de cette substance étrange au moment de son accession au statut de cendres impalpables. Libéré par la combustion, le phlogiston foutait le camp avec les flammes. Corollairement, un objet ininflammable était un objet tout simplement initialement dénué de phlogiston. En brûlant, l’objet inflammable, lui, se dévidait de son phlogiston, poil au menton. Bon. Personne ne chercha trop nettement à démontrer l’inexistence du phlogiston, tout simplement parce que la démonstration frontale (non-réfutative) d’une inexistence, on ne fait pas ça, en saine méthode. Ça n’arrive pas. C’est intellectuellement inhabituel. Le phlogiston, comme substance inhérente garante d’inflammabilité, resta donc en place dans le lot des postulats heuristiques de la physique empirique du bon vieux temps, un bon bout de temps. Puis quelque chose d’autre se passa dans un autre recoin de la science.

Le nom du chimiste français Antoine Lavoisier (1743-1794) est en effet associé à la disparition intellectuelle de cette catégorie factice du phlogiston et à l’irréversible effondrement de l’hypothèse phlogistique. C’est que Lavoisier travaillait sur l’oxygène (c’est lui qui a découvert l’oxygène en 1778 — et surtout ne me demandez pas comment on faisait pour respirer avant, on me l’a déjà faite) et il finit par tirer au net le rôle de cette dernière dans la combustion. Lavoisier ne travailla pas particulièrement sur l’inexistence du phlogiston. Il travailla tout simplement, dans un autre angle, sur autre chose, en mobilisant d’autres informations. Cela en vint, par effet logique, à rendre l’inexistence du phlogiston confirmable puis éventuellement confirmée. On ne travaille pas à démontrer que quelque chose n’existe pas. On travaille —d’autre part et par ailleurs— sur quelque chose qui existe et, par effet secondaire heureux, voulu ou non, notre travail sur ce qui existe fait disparaître la croyance en ce qui de toute façon n’existait pas (et ne valait donc, corollairement, pas vraiment la peine qu’on s’acharne dessus en s’y objectant et le combattant, disons, en l’air).

Arrivons-en au fameux C’est pas nous, ça ou C’est pas ce que nous sommes ou On est pas comme ça, nous des américains. (This not who we are). On l’entend de plus en plus, cette formulation, mise en vogue autrefois, par le président Obama. Rhéteur subtil, ce dernier s’efforça bien souvent, au cours de sa présidence tourmentée de démontrer l’inexistence de certains comportements peu reluisants de ses compatriotes. Cela se joua, avec une bien douloureuse récurrence, dans les multiples situations de coups foireux sociétaux qui ponctuèrent ses deux mandats (crimes haineux, capotages racistes, fusillades nihilo-absurdistes, terrorisme en uniforme etc.). Ce problème américain est, du reste, bien plus lancinant qu’on ne le pense. Il est vrai que les vingt dernières années nous ont forcé collectivement (et bien involontairement) à nous interroger pensivement sur ce que les américains ne sont pas. On a eu le party de la fin de la guerre froide clintonien, puis le Onze Septembre de la refachisation Bush, puis l’ère de la rédemption obamaesque et nous voici revenus au style fier-à-bras trumpiste. Carotte, bâton, carotte, bâton. Pas bâton, pas carotte, pas bâton, pas carotte. Admettons-le, la question se pose de plus en plus crucialement: qu’est-ce que les américains ne sont pas? Ils ne sont pas impérialistes? Ils ne sont pas ethnocentristes? Ils ne sont pas ploutocrates? Vraiment?

Sauf que là, attention hein, on va pas retomber dans la logique non-avenue de la négation abstraite du phlogiston, des soucoupes volantes et du dieu monothéiste. Holà, holà, ne cultivons pas la démonstration de ce qui n’est pas. En nos temps ambivalents de la fausse nouvelle et du fait alternatif, on va laisser aux politicards américains bon teint les This is not who we are ébaubis et atterrés et on va se tenir bien loin de l’effort de démonstration de ce qui n’existe pas, chez les américains, comme ailleurs. Dans un autre angle, donc, et d’autre part, si on regarde, sans vergogne mais sans amertume non plus, ce que les américains sont, devant l’histoire, ils sont la grande civilisation bourgeoise de l’ère moderne. Ils se sont constitués révolutionnairement, en démarcation du colonialisme britannique, et ils ont conquis une influence prépondérante sur le monde, dans la mouvance des deux guerres mondiales faisant, au siècle dernier, reculer l’Europe. Puis ils ont reculé eux aussi, civilisationnellement, devant la poussée africaine, moyen-orientale et eurasiatique. Détenteurs autoproclamés de vérités programmatiques en perte accélérée de sérénité dogmatique, les américains ressassent encore un peu leurs mythes de terre de liberté, de contrée d’opportunités, de melting pot et de société égalitaire. Il y a donc une chose que les américains sont voués à faire de plus en plus dans un futur historique proche et un peu plus lointain: se surprendre. Il vont s’étonner et s’exclamer, en voyant leur civilisation perdre graduellement son amplitude impériale, son pluralisme débonnaire, et son insouciance consumériste: C’est pas nous, ça ou C’est pas ce que nous sommes ou On est pas comme ça, nous.

Ne les suivons pas dans cet argumentaire. Ne nous préoccupons pas de ce que les américains ne sont pas et regardons ce qu’il sont, c’est-à-dire ce qu’ils deviennent: une civilisation originale sans empire pour l’imposer. Il ne s’agit pas ici de prétendre que les américains ne sont pas impérialistes, ne sont pas ethnocentristes, ne sont pas ploutocrates. Il s’agit, plus simplement d’observer concrètement qu’ils sont en crise de conscience, comme l’ont été toutes les puissances contraintes, sur le tas, à historiquement se relativiser face à la montée des autres cultures du monde.

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Tiré de mon ouvrage, PHILOSOPHIE POUR LES PENSEURS DE LA VIE ORDINAIRE, chez ÉLP éditeur, 2021.

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C’EST PAS NOUS, ÇA! Ah, non? Ah bon…

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Allianz l’assureur malveillant et l’Organisation Morbide de la Santé (?)

Par Claude Janvier.

Le communiqué de presse international très officiel publié il y a peu par ladite compagnie d’assurances m’a conforté dans le fait que nous subissons quotidiennement une propagande scandaleuse et spécieuse plus destinée à terroriser la population mondiale qu’à l’aider.

Voici leur prose (en italique et en vert) publiée à travers le monde. Mes remarques sont en caractères noirs. Je vous laisse juger :

 » Johannesburg/Londres/Munich/New York/Paris/São Paulo/Singapour. Les entreprises doivent se préparer à une augmentation des troubles sociaux. Le potentiel déstabilisateur des chaînes d’approvisionnement perturbées et la hausse du coût de la vie due à l’inflation pourraient provoquer des troubles civils dans de nombreux pays du monde.

Les médias nous assènent que les chaînes d’approvisionnement ont considérablement souffert au cours des deux dernières années en raison de la « pandémie » Covid-19. Une soi-disant pénurie de matériaux alors qu’en fait, des stocks, il y en a. Mais étant donné que les gouvernements ont géré la crise Covid-19 de façon totalement frénétique et illogique, cela a affecté le prix des expéditions.

Cette « crise » n’est pas prête de s’arrêter, car inflation et stagflation sont les maîtres mots du moment. Profits en hausse pour l’Etat français car, plus les prix grimpent, plus la TVA récoltée est importante. Ajoutez à cela les bénéfices réalisés par les centrales d’achats et le commerce en général grâce à des prix majorés à tour de bras et à l’épée de damoclès que représente les menaces de restrictions, vous obtenez encore plus de soumissions de la population et encore plus de laisser pour comptes.

Concernant l’huile de tournesol, la moutarde et la farine, ce serait la faute du Président Poutine et des vilains français qui ont sur-stockés les produits… J’ignorais que nous dépendions autant de l’Ukraine pour tout un tas de produits. Naïvement, je pensais que la moutarde était fabriquée dans la région de Dijon… Tout ce cirque est fort étrange, car, il y a peu, je me trouvais en Croatie et je n’ai pu que constater que les rayons des supermarchés regorgent de moutarde et d’huile de Tournesol.

Le FMI en rajoute une couche : « Les problèmes d’approvisionnement qui ont touché à peu près tous les secteurs depuis l’automne risquent de perdurer jusqu’en 2023« . C’est ce qu’on peut lire dans un nouveau rapport du FMI. À la fin de l’année dernière, le FMI s’attendait encore à ce que les pénuries de voitures soient en grande partie résorbées d’ici à la mi 2022 et que les autres goulets d’étranglement aient disparu d’ici à la fin de cette année, mais le variant omicron est arrivé comme un cheveu dans la soupe. (1)  Quel bla-bla inutile et terrorisant.

Les dommages et les pertes causés par les manifestations précédentes en France, au Chili, aux États-Unis et en Afrique du Sud ont coûté des milliards de dollars.Le pouvoir des médias sociaux, combiné à la polarisation politique, alimente les mouvements de protestation.

Vous noterez au passage qu’Allianz pointe du doigt les réseaux sociaux et les médias libres. Cela vous étonne?

Les entreprises devraient examiner et mettre à jour leurs plans d’urgence si nécessaire, en tenant compte des vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement.

La confiance dans les sources traditionnelles d’information et le leadership étant ébranlée, le rôle des plateformes de médias sociaux dans l’activation des troubles civils devient de plus en plus influent. Les grèves, les émeutes et les mouvements de protestations violentes présentent des risques pour les entreprises, car, en plus des bâtiments ou des actifs subissant des dommages matériels coûteux, les opérations commerciales peuvent également être gravement perturbées avec des locaux inaccessibles, entraînant une perte de revenu.

« Les troubles civils représentent de plus en plus une exposition plus critique pour de nombreuses entreprises que le terrorisme», déclare Srdjan Todorovic, actuellement responsable de la gestion de crise, Royaume-Uni et pays nordiques, chez AGCS (à compter du 1er juillet, Todorovic devient responsable de la violence politique mondiale et des solutions pour les environnements hostiles chez AGCS). « Il est peu probable que les troubles sociaux diminuent de sitôt, compte tenu des répliques du Covid-19, de la crise du coût de la vie et des changements idéologiques qui continuent de diviser les sociétés du monde entier. Les entreprises doivent être attentives à tout indicateur suspect et désigner des voies claires pour la désescalade et l’intervention, qui anticipent et évitent le risque de blessures du personnel et/ou de dommages aux biens commerciaux et personnels.

Les mutations sans fin du SARS-CoV-2… Ce vilain virus qui arrête de se propager au début du conflit russo-ukrainien, pendant les élections présidentielles et législatives, mais qui repart de plus belle cet été… Alors que les « spécialistes » n’ont pas arrêté de nous bassiner que le virus mourrait avec le chaud et se propageait avec le froid… Ne pas oublier que la quasi-totalité des pays est sous contrôle de l’OMS… Cette dernière, largement financée par la fondation Gates, la Gavi Alliance, Baxter international Inc, l’UE…,  est aussi complètement noyautée par les lobbies pharmaceutiques. Alice Desbiolles, épidémiologiste, le 5 janvier 2022, citait une déclaration de l’OMS à Europe 1 dans l’émission de Sonia Mabrouk :

 » Le coronavirus n’est qu’un « amuse-gueule » de ce que nous allons vivre ces prochaines années… Nous rentrons dans l’ère des pandémies, on peut parler d’épidémie de pandémie… ». La messe est dite ! Cerise sur le gâteau, en 2018, bien avant l’apparition du SARS-Cov-2 en janvier 2020, l’OMS déclarait : « … La maladie X est une maladie encore inconnue (diantre) mais qui un jour, très probablement, émergera, et sera potentiellement très grave avec un risque pandémique majeur… ».

L’OMS,  » l’Organisation Morbide de la Santé« , ose donc épouvanter la population avec une prospective terrifiante qu’une maladie inconnue déferlera sur la planète. Pareille déclaration non scientifiquement démontrée et totalement infondée, relève d’une grande perversité et d’une totale escroquerie. L’OMS est belle et bien une organisation corrompue, aux ordres de l’oligarchie financière mondiale apatride.

Les Nations unies ont mis en garde contre le potentiel déstabilisateur des chaînes d’approvisionnement perturbées et de la flambée des prix des denrées alimentaires, des carburants et des engrais, en particulier dans le contexte de la Russie et de l’Ukraine, qui représentent environ 30 % de l’approvisionnement mondial en blé. « Tout cela sème les graines de l’instabilité politique et des troubles dans le monde entier », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en mars 2022. Dans le même temps, le cabinet de conseil en risques Verisk Maplecroft considère qu’une augmentation des troubles civils est « inévitable » dans les pays à revenu intermédiaire, qui ont pu offrir une protection sociale pendant la pandémie, mais qui auront maintenant du mal à maintenir ce niveau de dépenses à mesure que le coût de la vie augmentera. Selon les projections de l’indice Verisk Civil Unrest [1], 75 pays connaîtront probablement une augmentation des manifestations d’ici la fin de 2022, ce qui entraînera, par exemple, une fréquence plus élevée de troubles et davantage de dommages aux infrastructures et aux bâtiments. Les perspectives sont les plus sombres pour les 34 pays qui font face à une détérioration significative d’ici août 2022. Plus d’un tiers de ces États se trouvent en Europe et en Europe centrale (12), suivis des Amérique (10), de l’Afrique (6), du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (3) et de l’Asie (3).

Les pertes économiques et assurées des manifestations précédentes ont été importantes, créant des réclamations importantes pour les entreprises et leurs assureurs. En 2018, le mouvement des Gilets jaunes en France s’est mobilisé pour protester contre les prix du carburant et les inégalités économiques, avec des pertes évaluées à 1,1 milliard de dollars [2] en chiffre d’affaires en quelques semaines seulement. Un an plus tard, au Chili, des manifestations à grande échelle ont été déclenchées par une augmentation des tarifs du métro, ce qui a conduit à des pertes de 3 milliards de dollars [3]. Aux États-Unis, on estime que les manifestations de 2020 contre la mort de George Floyd en garde à vue ont entraîné plus de 2 milliards de dollars de pertes assurées [4], alors que les émeutes sud-africaines de juillet 2021, qui ont suivi l’arrestation de l’ancien président, Jacob Zuma, et ont été alimentées par des licenciements et des inégalités économiques ont causé des dommages d’une valeur de 1,7 milliard de dollars [5]. Plus tôt, cette année au Canada, en France et en Nouvelle-Zélande, les manifestations contre les restrictions liées au Covid-19 comprenaient des convois de véhicules créant des perturbations dans les grandes villes.

 

La désinformation médiatique et politique s’en donne à cœur joie. L’article du New York Times cité en note de leur communiqué donne une vision cauchemardesque de la situation en France en 2018 à l’époque des manifestations des Gilets Jaunes. Alors qu’en fait, les magasins de luxe ont subi pendant cinq semaines une petite baisse de CA, vite rattrapée les années suivantes. Car malgré les confinements, les couvre-feux et la « crise sanitaire », le marché de luxe se porte à merveille. Difficile est la vie du secteur des produits de luxe… Vite un mouchoir ! Extrait de « Ouest France du 28 juillet 2021 » : « malgré la crise sanitaire, pourquoi le marché du luxe, dominé par la France, se porte-t-il si bien ? Le leader mondial du luxe, le groupe LVMH, vient d’annoncer des ventes record avec des profits qui ont augmenté de 44 %. D’excellents résultats à l’image du marché du luxe qui reprend des couleurs, malgré le contexte difficile et la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. » (2)

Vous noterez que toutes les manifestations pointées par Allianz ne sont pas l’œuvre du hasard, mais bien de l’incurie de certains gouvernements qui au lieu, de résoudre les situations ne cessent de l’envenimer. Bienvenue dans le monde fantastique des marchands de chaos. Une société dystopique nous attend. En gros, on ne peut rien solutionner, il faut s’attendre au pire et donc assurez-vous chez nous de préférence, nous vous ferons des contrats aux petits oignons. Quel altruisme !

Un réseau de disruptions

L’influence des réseaux sociaux joue un rôle croissant dans la mobilisation des manifestants et l’intensification des troubles sociaux. « L’effet unificateur et galvanisant des médias sociaux sur ces manifestations n’est pas un phénomène particulièrement récent, mais pendant la crise du Covid, il s’est combiné à d’autres facteurs potentiellement inflammatoires tels que la polarisation politique, le sentiment anti-vaccination et la méfiance croissante envers le gouvernement pour créer une tempête parfaite de mécontentement », a déclaré Todorovic. « La géographie était aussi moins un obstacle. Ceux qui partageaient les mêmes points de vue ont pu partager leurs opinions plus facilement et se mobiliser en plus grand nombre plus rapidement et plus efficacement. Dans un monde où la confiance dans le gouvernement et les médias a fortement chuté, la désinformation pourrait s’installer et les griefs partisans être intensifiés et exploités.

En clair, il faut trouver le moyen de supprimer les réseaux sociaux, responsables de tous les maux. Bienvenue dans le monde parfait où tout serait sous contrôle des États, des multinationales, des assureurs, des banquiers, des trusts agro-alimentaires, de Monsanto et de Big Pharma. Le monde parfait, uniformisé, homogénéisé et aseptisé. Mortel !

Les cibles de troubles civils, ou de dommages collatéraux qui en découlent, pourraient inclure des bâtiments gouvernementaux, des infrastructures de transport, des chaînes d’approvisionnement, des locaux commerciaux, des entreprises à capitaux étrangers, des stations-services, des centres de distribution de biens critiques et des entreprises touristiques ou hôtelières.

Les entreprises devraient examiner et mettre à jour leurs plans d’urgence si nécessaire, en tenant compte des vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement. Ils devraient également revoir leurs polices d’assurance en cas d’augmentation de l’activité de troubles locaux. Les polices d’assurance de biens peuvent couvrir les réclamations pour violence politique dans certains cas, mais les assureurs offrent une couverture spécialisée pour atténuer l’impact des grèves, des émeutes et des troubles civils (SRCC).

« La nature des menaces de violence politique évolue, car certaines démocraties deviennent instables et certaines autocraties répriment fortement les dissidents. Les troubles peuvent se produire simultanément dans plusieurs endroits, car les médias sociaux facilitent désormais la mobilisation rapide des manifestants. Cela signifie que les grandes chaînes de vente au détail, par exemple, pourraient subir plusieurs pertes lors d’un événement à différents endroits dans un pays », explique Todorovic.

Comment les entreprises peuvent se préparer et prévenir le pire

Les meilleures pratiques sur la façon dont les entreprises doivent se préparer ou réagir à de tels incidents de troubles civils dépendent de nombreux facteurs, y compris la nature de l’événement déclencheur, la proximité du lieu et le type d’entreprise. Allianz Risk Consulting a développé une liste de recommandations techniques pour les entreprises et les particuliers afin d’aider à atténuer les risques liés aux situations de troubles civils, en tenant compte de ces variables et des voies associées pour la désescalade, la communication et la réponse.

Fin du communiqué tout à fait indigeste, mais reflétant la mentalité sordide inhumaine de tout un tas de dirigeants, plus soucieux de leur carrière et de leur misérable vie, plutôt que du bien-être de la majorité. Répugnant.

Boycottons ces sociétés écœurantes. Ce n’est pas facile, mais si nous étions de plus en plus nombreux à ne plus les cautionner, notre monde s’en porterait beaucoup mieux.

 

Claude Janvier

Écrivain, essayiste

Co-auteur avec Jean-Loup Izambert du livre : Covid-19, le bilan en 40 questions, retour sur deux ans d’infos et d’intox. https://www.is-edition.com/?fbclid=IwAR29qEZ2Dt2nlOfSwPDlXtZkzbv9LhgptkH4MbPjesIpX3cdhkzRBS8S9T8


 

Notes du communiqué de presse Allianz

https://www.verisk.com/archived/verisk-to-acquire-wood-mackenzie/

Références

Verisk, A Dangerous New Era Of Civil Unrest Is Dawning In The United States And Around The World

New York Times, In Paris, ‘Yellow Vest’ Protests Cut Sharply Into City’s Luxury Trade, December 17, 2018

World Economic Forum, How 2020 Protests Changed Insurance Forever, February 22, 2021

Forum économique mondial, How 2020 Protests Changed Insurance Forever, 22 février 2021

AP News, Les émeutes sud-africaines vont coûter 1,7 milliard de dollars en réclamations d’assurance, 8 septembre 2021

 

Notes du billet.

(1) https://www.retaildetail.be/fr/news/general/problemes-dapprovisionnement-et-inflation-jusquen-2023/

 

(2) https://www.ouest-france.fr/economie/commerce/luxe/pourquoi-le-marche-du-luxe-se-porte-t-il-si-bien-4fa98d74-eeec-11eb-8fb3-44cfaeb2c880

LE MILITARISME ET LES PRÉPARATIFS DE GUERRE TOTALE EN EUROPE

Source: Communia.  Traduction et commentaire:

CE N’EST PLUS LA « NOUVELLE ARMÉE » DE 2018…

Il y a cinq ans maintenant, en août 2018, un fantôme hantait les palais gouvernementaux européens : la réintégration du service militaire . La proposition a commencé comme une boutade de campagne par Macron. Mais peu de temps après, Salvini en Italie, May – feu vert de The Economist – en Grande-Bretagne, une bonne partie de la presse en Allemagne et même le roi du Maroc s’en sont emparés.

C’était, ont-ils insisté, « quelque chose de nouveau », obligatoire dès l’âge de 16 ans pour les hommes et les femmes et non axé sur l’entraînement militaire.

Les jeunes seront « mixtes » et placés dans des internats avec d’autres jeunes de classes sociales différentes, ces internats seront répartis sur tout le territoire national et ils seront envoyés en priorité dans des lieux éloignés de leurs régions d’origine, où ils recevront se former aux « valeurs civiques et républicaines » et « contribuer » au travail social. En d’autres termes, il s’agit de créer une expérience interclasse qui favorise l’identification au territoire national et l’association entre l’État et les besoins sociaux.

L’ objectif plus éducatif-patriotique que militaire était un produit du contexte de ce moment à travers l’Europe et le Maghreb.

Les petites bourgeoisies en révolte sont le principal problème de «gouvernance» d’une bourgeoisie qui voit déjà venir une nouvelle récession et craint que le ‎prolétariat‎ des pays centraux n’apparaisse comme un sujet politique. […] C’est pourquoi la bourgeoisie voit maintenant l’urgence de «réformer» et de «rééduquer» la ‎petite bourgeoisie‎, en l’associant au ‎projet national.

Au fil des années, cette « nouvelle armée », le « Service National Universel », ne s’est développée qu’en France. D’après le récit de L’Express :

Pendant quinze jours, les jeunes participent d’abord à un séjour de cohésion , un moment de vie collective hors de leur département d’origine. Ils doivent alors s’engager auprès d’une association, d’une administration ou d’un corps en uniforme, pour une mission d’intérêt général de 84 heures.

Mais en réalité, elle n’a pour l’instant pas dépassé la phase pilote : 2 000 jeunes en 2019 et 15 000 en 2021 ont participé aux « stages de cohésion » durant l’été. Cette année, ils ont l’intention d’atteindre 50 000. Le faible développement n’est pas uniquement dû à la pandémie. Les syndicats d’enseignants du secondaire continuent de s’y opposer… et les militaires traînent où ils peuvent.

Mais Macron n’est pas satisfait. Ce 14 juillet dernier est revenu à la charge. Dans sa présentation des priorités immédiates pour l’armée , la première était la « relance du Service national universel » (SNU). Il souhaite que ce soit obligatoire en 2024 , c’est-à-dire que chaque jeune Français le fasse lorsqu’il aura 16 ans. Et il veut que j’intègre un contenu typique de la « formation de défense » car les généraux demandent à voir une utilité militaire. En fait, ils pensent à autre chose.

 

… MAIS CELLE DE LA VIE AVEC UN MEILLEUR ÉQUIPEMENT ET UN NUMERUS CLAUSUS VARIABLE

Conscrits suédois du service militaire obligatoire

Conscrits pour le service militaire obligatoire en Suède

Pendant au moins deux ans, la plupart des armées d’Europe et d’Asie ont calculé leur propre participation à une « guerre de haute intensité » à un moment donné entre 2027 et 2030. Jusqu’à la guerre en Ukraine, les Européens étaient ceux qui  ont permis plus de préparation.

En janvier [2021], l’état-major [français] a discrètement créé dix groupes de travail pour examiner l’état de préparation du pays à une guerre de haute intensité. Les généraux français estiment qu’ils ont une dizaine d’années pour s’adapter.

Les groupes couvrent tout, des pénuries de munitions à la résilience de la société, y compris si les citoyens sont « prêts à accepter un niveau de pertes que nous n’avons pas vu depuis la Seconde Guerre mondiale « , explique un participant. .

Le spectre de la guerre de haut niveau est déjà tellement omniprésent dans la pensée militaire française que le scénario a son propre acronyme : HEM, ou « hypothèse d’affrontement majeur ».

Les armées françaises se préparent à une guerre de haute intensité , La Vanguardia, 30/03/2021

Cela s’est produit un an avant que la guerre en Ukraine n’éclate. Cette année, la France a augmenté son budget militaire de 3 000 millions d’euros pour raccourcir ces délais et préparer au plus vite ses armées à une « guerre de haute intensité » .

 

Mais une guerre de « haute intensité » signifie une mobilisation forcée et massive. Quelque chose qui peut facilement être chaotique et contre-productif si une partie importante de la population n’a pas été préalablement formée à l’utilisation des armes et au comportement tactique. C’est dans ce cadre que le service militaire de toute une vie prend un nouveau sens pour l’État. (Voir: La gestion sanitaire de la pandémie et la crise ukrainienne: répétition générale des préparatifs de Guerre Totale! – les 7 du quebec.)

En Allemagne , un mois avant que Macron n’ordonne la résurrection du SNU, le président avait prôné un retour au service militaire obligatoire à vie, démantelé par Merkel en 2011. Il n’était pas le seul. La Lettonie a commencé à l’organiser peu après le déclenchement de la guerre en Ukraine. La Lituanie suit leurs traces. Et les Pays-Bas , qui ne peuvent couvrir un quart des places faute de personnel bénévole, l’ont en phase d’étude .

La plupart des pays qui l’étudient « sérieusement » ont les yeux rivés sur le modèle de la Norvège et de la Suède . Là, tous les jeunes d’âge militaire et sans conditions physiques sont appelés à une série d’ épreuves compétitives . Cependant, seul un certain nombre d’entre eux sont enrôlés comme soldats , ce qui se situe jusqu’à présent autour de 15% et cela dépend des « besoins de défense anticipés ».

Les gouvernements apprécient le modèle car il réduit les coûts par rapport à la milice universelle classique et les militaires car la partie « éducative » est soumise à leurs véritables objectifs de déploiement, permettant aussi une certaine flexibilité pour augmenter rapidement les dotations.

C’est pourquoi il était important qu’en mars le Premier ministre suédois s’adresse aux jeunes pour leur dire qu’« ils doivent être préparés au service militaire ». Les « besoins » ne peuvent plus être satisfaits, semble-t-il, avec seulement 15% des jeunes sur cinq.

 

LA PREMIÈRE GÉNÉRATION EUROPÉENNE DU 21ÈME SIÈCLE À « FAIRE LA GUERRE »

Recrues ukrainiennes âgées respectivement de 19 et 18 ans

Deux conscrits ukrainiens âgés respectivement de 19 et 18 ans, mobilisés en zone de combat

En 2019, le chef d’état-major français s’est présenté à huis clos devant le Parlement . Il a composé un cadre très clair pour l’accélération de la dimension armée des conflits impérialistes.

L‘ordre mondial, tel que nous l’envisageons dans notre vision stratégique, va se réorganiser autour du Pacifique dans une confrontation majeure. Cela devrait nous amener, nous Européens – et les Français devraient jouer un rôle important dans cette réflexion – à repenser notre position. Nous ne pouvons pas abandonner le camp occidental (…) la solidarité avec les États-Unis est extrêmement importante.

Cependant, nous ne pouvons pas, par exemple, laisser les Chinois s’allier aux Russes sans réagir, ce qui arrivera demain lorsqu’ils affronteront de plus en plus les Américains. L’évolution actuelle ne cesse de s’accélérer, mais elle reflète une tendance de fond dont on sait qu’elle est à l’œuvre depuis de nombreuses années.

Dans ce cadre, comme il l’avait prévenu quelques semaines auparavant, une guerre de haute intensité « devenait une option très probable ». Et dans un tel scénario, « la question de la masse » des moyens matériels et humains à incorporer dans l’abattage devient cruciale.

A cette époque, le général a suggéré aux parlementaires que cela pourrait être réalisé en mutualisant les forces armées des différents pays de l’UE, le projet « d’armée européenne » promu par Macron. Cependant, les chiffres n’ont pas fonctionné pour ces raisons, l’armée discutait déjà ouvertement de la possibilité de réintroduire la conscription obligatoire.

Le problème était que les lois de la guerre industrielle imitaient celles de la production capitaliste. De la même manière que l’incorporation de nouveaux ouvriers dans une usine contribue peu à la production si le nombre de machines n’est pas augmenté, la guerre moderne s’organise autour de l’équivalent armé du capital fixe : les armes lourdes.

« A quoi bon 800 000 jeunes dans une tranche d’âge quand on n’a que 200 chars Leclerc à construire ? s’exclamait le général Bouquin, ancien chef de la légion, en 2020 dans un rapport du principal groupe de réflexion militaire français sur la guerre de haute intensité à venir. Mais c’est ce qui a changé avec le déclenchement de la guerre d’Ukraine à travers l’UE.

Des 100 milliards supplémentaires dans les budgets de défense allemands à la soif soudaine de sous-marins en Roumanie , le militarisme est, aujourd’hui, la principale tendance commune à toutes les capitales nationales européennes . Les industries militaires démarrent à plein régime de l’Espagne à la Bulgarie. Les généraux ne manqueront pas de leur version particulière du « capital fixe ». (Voir: Résultats de recherche pour « guerre totale » – les 7 du quebec).

La dimension de l’effort est immense tant pour l’ensemble que pour chaque État et capitale nationale impliqués individuellement. Un saut d’échelle par rapport aux dernières décennies qui favorise la socialisation du militarisme . (Voir: Résultats de recherche pour « militarisme » – les 7 du quebec).

Le militarisme signifie l’instrumentalisation et la subordination de l’organisation de la production et des destinations de l’accumulation aux besoins matériels du conflit impérialiste armé. Dans ses premiers pas, la rentabilité du secteur de l’armement est assurée et des centaines de milliards d’euros de ressources de toutes sortes y sont enfouies. La socialisation est une conséquence immédiate. Les autoroutes, les voies ferrées et même les cultures ont été modifiées en fonction des besoins militaires, transformant rapidement les bases matérielles de la vie sociale. L’idéologie militariste officielle est tordue et les moyens sont appliqués en profondeur pour faire des « besoins de défense » une « priorité ressentie par la population ». Et enfin, la population elle-même, et surtout les travailleurs doivent être encadrés dans l’effort de guerre à des degrés divers, de l’expansion de la base humaine de l’armée à la militarisation des travailleurs que nous voyons en Ukraine .

C’est dans ce cadre général de développement, déjà en cours, que le retour du service militaire sous une forme ou une autre est prévisible.

Au fur et à mesure que le militarisme se développera, la pression en faveur de sa socialisation augmentera inévitablement : le service militaire obligatoire reviendra dans certains pays et dans toutes les politiques d’approvisionnement et de production – à commencer par l’agriculture, l’alimentation et les transports – ils seront soumis à la perspective de la guerre.

La nouvelle carte impérialiste de l’Europe est plus contradictoire que jamais , 4/4/2022

Nous n’avons pas eu à attendre longtemps pour voir cette tendance se mettre en place. L’UE accélère sa réforme du système de transport – en particulier les trains et les autoroutes – pour l’ adapter aux besoins d’une éventuelle guerre avec la Russie . Parallèlement, la nouvelle présidence tchèque s’est fixé comme objectif principal de repenser la politique agricole dans une perspective stratégique de « sécurité alimentaire » . Et les systèmes de recrutement se développent déjà.

En Pologne, par exemple, le budget militaire a soudainement augmenté pour atteindre 5 % du PIB . Les généraux polonais ont déjà plus de chars que les forces françaises du Bouquin désemparé . Ils ont donc rapidement réformé le système de recrutement volontaire pour doubler leurs effectifs humains .

Así, paso a paso, pero rápidamente, se están construyendo todas las condiciones materiales necesarias de esa guerra para la que se preparan los militares europeos en la perspectiva de 2030. La guerra en la que esperan «un nivel de bajas que nunca hemos visto desde la seconde Guerre mondiale ».

C’est-à-dire que selon les « scénarios stratégiques » que gèrent aujourd’hui les États européens, les garçons des deux sexes nés vers 2012 , ceux qui ont aujourd’hui 10 ans, sont les plus susceptibles d’être la première génération européenne à se battre dans une guerre de masses. depuis la seconde guerre mondiale .

L’Europe a fait un saut qualitatif vers le militarisme qui ne peut être inversé. Les conséquences commencent à se dessiner de plus en plus clairement sous les profils caractéristiques d’une économie de guerre : concentration et centralisation du capital renforcées autour de l’État, renforcement de l’industrie militaire, subordination des besoins d’accumulation aux besoins stratégiques du conflit impérialiste (rappelez-vous le suicide représenté par le changement accéléré des sources d’énergie) et des politiques d’encadrement politique et social renforcées.

Contre eux, aucune résistance sérieuse ne peut être attendue d’aucun secteur de l’appareil politique. L’État va avancer comme un rouleau compresseur, les syndicats en première ligne , sur les conditions de vie et les libertés des travailleurs. Ils l’habilleront d’avances ou l’imposeront comme des « sacrifices ». Mais ils n’arrêteront pas d’accélérer sur une trajectoire déjà tracée. Seul le développement de l’organisation et la capacité des travailleurs à faire face à ses conséquences immédiates peuvent en arrêter le cours.

L’avenir de l’Europe et la guerre , 11/05/2022

Prolétaires dU MONDE ENTIER, unissez-vous, abolissez les armées, la police, la production de guerre, les frontières, le salariat !

PANDÉMIE HISTÉRIQUE!

PANDÉMIE HISTÉRIQUE!

La balle est lancée
Et tout le monde court après.
Comme le faut vaccin,
On se met en ligne!

Un vaccin, ça empêche
La maladie
Mais pas celui là?

Mais on lui fait confiance?
Quelqu’un joue avec nos cerveau!
Quelqu’un de très puissant!
Quelqu’un de très riche!

Quelqu’un de très influant
Qui contrôle le gars souriant
Dans votre télé.

Ce même gars là qui contrôle votre télé,
Il crée l’hystérie
Qui provoque la …
Tyrannie sanitaire!

John Mallette
Le Poète Prolétaire

Ukraine – Le secret de Boutcha (vidéo)

Par : do

http://mai68.org/spip2/spip.php?article12294

Un décalage entre ce que j’ai vu en Ukraine et à la télé française

Un humanitaire témoigne – 29 juillet 2022 – Adrien Bocquet

Cliquer ici pour télécharger la vidéo

Adrien Bocquet, ancien militaire français, s’est rendu en Ukraine au début du conflit. Il raconte pour RT France son expérience en tant que volontaire humanitaire et témoigne du décalage entre ce qu’il a vu sur place et la façon dont les médias rendent compte des événements.

Transcription partielle :

Je me suis rendu en Ukraine en tant que volontaire humanitaire.

Le premier crime de guerre que j’ai vu a été commis par les Ukrainiens qui tiraient dans les jambes de prisonniers. Et j’en ai vu un se prendre une balle dans la tête. Ensuite les militaires ukrainiens m’ont fait partir le plus vite possible.

Puis, à Boutcha, j’ai vu des camions ukrainiens décharger des cadavres. Il n’y avait alors pas le droit de prendre de photos. Puis une fois les cadavres déchargés, pas avant, les journalistes sont venus prendre des photos.

En Ukraine, aucune personne n’a le droit de prendre de photo. Personne. Les Ukrainiens ont peur de prendre des photos. Et dans un hôpital où je me suis rendu, je n’ai pas eu le droit de parler aux enfants qui auraient pu me raconter leur histoire.

Le régime actuel en Ukraine est vraiment un régime nazi.

Quand j’ai été dans le Dombas russe, c’était tout le contraire. Je pouvais parler à tout le monde. Dans les hôpitaux, je pouvais parler aux enfants. Je pouvais prendre toutes les photos que je voulais où je voulais.

Bien à vous,
do
http:///mai68.org/spip2

Coronavirus – Des vérités émergent ; ça se retourne, ça se protège (vidéo) :

Ils avouent : http://mai68.org/spip2/spip.php?article12291

 

Le vaccin ARN contre le VIH réussira-t-il à donner le SIDA ? vidéo :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article12285

L’article contient un topo sur :

Coronavirus – Pfizer, c’est l’exact contraire d’un vaccin

Coronavirus – Ces vaccins ont augmenté l’épidémie !

Coronavirus – Le vaccin Pfizer peut s’intégrer dans le génome du vacciné

Les possibles méfaits du vaccin ARN (vidéo)

Vaccination & Anticorps facilitants

 

Covid-19 : un tribunal italien ordonne l’analyse des vaccins à ARN messager :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article12284

 

Guerre en Ukraine – Macron viole la constitution (vidéo) :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article12280

 

C’est l’État ukrainien qui affame le Liban

http://mai68.org/spip2/spip.php?article12276

Le Liban importe 80% de son blé d’Ukraine. Avec la guerre qui s’y déroule, le pays manque de farine et le pain se vend au marché noir. Au même moment, le « Laodicea » un navire chargé de blé est bloqué au port de Tripoli au nord du Liban avec interdiction de décharger sa cargaison. Les autorités judiciaires libanaises ayant été saisies d’une plainte de l’ambassade d’Ukraine à Beyrouth pour « trafic de marchandises volées ». Le blé se trouvant à bord du « Laodicea » proviendrait de territoires occupés par la Russie et vendu illégalement par cette dernière.

Une enquête est en cours par les autorités douanières libanaises. Pendant ce temps, les files d’attentes s’allongent devant les boulangeries prises d’assaut à chaque rare fournée.

Le « Laodicea » va-t-il devoir appareiller emportant sa précieuse marchandise sous d’autres cieux ou alors le blé va-t-il être saisi par les autorités libanaises, auquel cas remis à qui ?

 

 

 

 

 

 

 

Médiocratie (Thiéfaine)

Médiocratie
par
Hubert-Félix Thiéfaine

Question gun & machicoulis
un GI vaut 2000 hoplites
mais au rayon philosophie
on est resté chez Démocrite
on joue les chasseurs d’arc-en-ciel
meublés chez Starck & compagnie
mais on sort d’un vieux logiciel
made in Néandertal-city…

Médiocratie… médiacrité !
frères humains dans nos quartiers
ça manque un peu d’humanité
médiocratie… médiacrité !
ça manque un peu de verbe aimer
de respect, de fraternité
médiocratie… médiacrité !

Dans le grand jeu des anonymes
la fiction s’adoube au virtuel
on s’additionne on tchate on frime
& l’on se soustrait au réel
baisés grave & manipulés
devant nos écrans de Facebook
on n’a qu’un pseudo pour rêver
& s’inventer un autre look

Médiocratie… médiacrité !
frères humains dans nos quartiers
ça manque un peu d’humanité
médiocratie… médiacrité !
ça manque un peu de verbe aimer
de respect, de fraternité
médiocratie… médiacrité !
frères humains frangins damnés
sous la plage il y’a des pavés
médiocratie… médiacrité !
des pavés bien intentionnés
pour un enfer climatisé

Devant toutes ces news qui nous soûlent
ces flashs qui nous anesthésient
DJ God a perdu la boule
& mixe à l’envers nos envies
devons-nous croire à un réveil
dans l’au-delà des jours fériés
avec la photo du soleil
brillant sur nos calendriers ?

Médiocratie… médiacrité !
frères humains dans nos quartiers
ça manque un peu d’humanité
médiocratie… médiacrité !
ça manque un peu de verbe aimer
de respect, de fraternité
médiocratie… médiacrité !

esclave-a-l-ordi
.

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

Le milliardaire Elon Musk (Tesla automobile) se propose de plumer la populace désemparée

Comme nous l’indiquions dans une récente publication : La pandémie crée un milliardaire toutes les 30 heures et un million de pauvres toutes les 48 heures– les 7 du quebec. Vous devez comprendre, chers lecteurs, que le vase communiquant « milliardaires » et le vase communiquant  « pauvre de plus en plus pauvre » sont interreliés et l’urne de l’un se remplit à condition que l’urne de l’autre se déverse dans la première…bref, chaque année… pandémie ou pas… il y a plus de milliardaires parce qu’il y a plus de pauvres, ainsi va le système capitaliste et il ne peut en être autrement.

Le ploutocrate milliardaire Elon Musk prétend s’émouvoir de la pauvreté galopante qui s’abat sur la populace désemparée – paupérisée – prolétarisée –  et ce riche brigand propose aux petites gens de risquer leurs maigres « économies » – ce qui reste à la petite bourgeoisie tétanisée une fois l’hyper-inflation gavée – dans une Pyramide de Ponzi – une arnaque de « monnaies » Bitcoins fumeuse et sulfureuse.  Les médias bourgeois – complices (voir ci-dessous) – font la promotion de cette malversation que nous dénonçons sans rémission. Bien sûr, les premiers « investisseurs », montrés en exemple,  feront quelque profit, mais au bout du chemin la masse des péquenots qui suivra sera flouer par ce bandit de grand chemin. Honte aux médias mainstream avide de profit!

Notre conseil est simple…en ces temps d’instabilité et de chaos économique mondialisé planquer vos maigres avoir dans l’OR métal.

 

Pour votre information voici le fumiste Elon Musk.

Tesla lance sa toute nouvelle plateforme BitcoinPrime. Elle vise à aider les familles à s’enrichir

En raison de la crise financière mondiale, Tesla a lancé un nouveau projet promettant d’aider les familles à gagner de l’argent. (sic)…

 

Tout le monde sait que les familles du monde entier souffrent de la crise financière, que des entreprises ferment et que des personnes perdent leur emploi en raison de la récente pandémie mondiale.

La multinationale « Tesla » a décidé d’aider les personnes dans le besoin (sic)  et a commencé à mettre en place son projet BitcoinPrime en investissant 1,5 milliard de dollars dans Bitcoin.

Le PDG d’Tesla, Elon Musk, a demandé à garder le projet secret tant qu’il n’était pas lancé. (sic)

Aujourd’hui, Tesla a enfin révélé son nouveau projet, BitcoinPrime . Ils ont annoncé que les citoyens canadien seront parmi les premiers à tester cette nouvelle plateforme avec les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie.

L’idée était simple: donner à la personne moyenne la possibilité de profiter du boom de la monnaie numérique. Même s’ils n’ont absolument aucune expérience en matière d’investissement ou de technologie.

Les gens du monde entier ont été surpris par l’annonce de cette nouvelle plateforme qui promet d’aider les gens à s’enrichir rapidement.

BitcoinPrime est une nouvelle plateforme de trading de cryptomonnaies, qui selon Tesla, peut transformer n’importe qui en millionnaire en 3 à 4 mois! (sic).

Tesla qualifie ce projet de « plus grande opportunité de se constituer une petite fortune rapidement » et invite les gens à essayer leur nouvelle plateforme avant que les banques ne tentent de la fermer.

Avec BitcoinPrime , un utilisateur effectue simplement un dépôt initial sur la plateforme, généralement de $320, et l’algorithme de trading automatisé se met en marche.

 

ENTRETIEN EXLUSIF AVEC LE PDG D’TESLA, ELON MUSK

« Tesla a toujours essayé de rendre les gens heureux dans le monde entier, maintenant nous visons à aider les gens plutôt qu’à les rendre simplement heureux, nous voulons que chacun puisse réaliser ses rêves et obtenir ce qu’il désire. « 

Musk continue:

« Notre toute nouvelle plateforme, BitcoinPrime , aidera les gens à s’enrichir plus RAPIDEMENT, au lieu de travailler pour une bouchée de pain, nous faisons travailler l’argent POUR VOUS! » (Fadaise…NDÉ).

Musk promet que tant que BitcoinPrime restera en service, les personnes qui l’utiliseront s’enrichiront, mais les banques du monde entier ne sont pas satisfaites de cette nouvelle plateforme et essaient de la faire fermer, c’est pourquoi Musk exhorte tout le monde à en profiter avant qu’elle ne soit bannie.

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que seuls deux tiers de la fortune de 182.9 milliards de dollars de Musk proviennent de son travail.
 

QU’EST-CE QUE BITCOINPRIME ET COMMENT ÇA MARCHE?

L’idée de BitcoinPrime est simple: permettre à une personne moyenne de tirer profit du boom de la crypto-monnaie, qui reste l’investissement le plus lucratif du XXIe siècle, en dépit de ce que la plupart des gens pensent. (Mensonge éhonté. NDÉ).

Bien que le prix du bitcoin soit tombé de son plus haut record de $60,000 par bitcoin, les commerçants continuent de résister. Pourquoi? Parce qu’il y a des milliers d’autres crypto-monnaies (et des millions de benêts. NDÉ)  en plus de Bitcoin qui sont échangées quotidiennement contre d’énormes profits…(Avant la grande dépression. NDÉ)

Certaines de ces crypto-monnaies comprennent Ripple, Ethereum, Monero, Zcash et rendent plus de 10,000% et plus pour les citoyens ordinaires en Suisse.

BitcoinPrime vous permet de tirer profit de toutes ces crypto-monnaies, même dans un marché baissier. Il utilise l’intelligence artificielle (IA) pour gérer automatiquement les ventes à court et à long terme, ce qui vous permet de gagner de l’argent 24 heures sur 24, même pendant votre sommeil.

BitcoinPrime est soutenu par certains des esprits les plus intelligents dans la technologie à avoir jamais existé. Richard Branson, Jeff Bezos et Bill Gates pour n’en nommer que quelques-uns.

Bill Gates et Richard Branson discutent de BitcoinPrime au CES 2021.
 

Ces génies de la technologie ont créé des entreprises de plusieurs milliards de dollars pour résoudre des problèmes complexes tels que les paiements en ligne, l’informatique et les transports. Aujourd’hui, ils s’attaquent au problème mondial de l’inégalité de la richesse en permettant à quiconque – qu’il soit riche ou pauvre – de gagner suffisamment d’argent pour vivre une vie heureuse et épanouissante.

MAIS LE SYSTÈME FONCTIONNE-T-IL VRAIMENT?

Nous avons pensé que la meilleure façon de répondre à cette question était de tester par nous-mêmes les affirmations de Elon Musk à propos de BitcoinPrime . Nous avons ouvert un compte et investi la somme initiale de $320.

Ensuite, il nous a suffi de cliquer sur le bouton « Démarrer ». Le logiciel a alors fait tout le reste pour nous.

Avant même que nous ayons eu la chance de répondre aux questions que tout le monde se pose, Musk nous a interrompus en nous disant avec un large sourire sur son visage: « Je suis passée à $389,42 après seulement 8 minutes ».

Source La Presse: SPEZIAL FEATURE: Tesla startet seine brandneue <productname>BitcoinPrime</productname> (belownews.com)

 

FADAISES ET FOURBERIES

L’alliance financière sino-russe-BRICS bouleverse le monde capitaliste


À la mi-juin, lors de l’une des dernières réunions des BRICS (Brésil, Russie, Chine, Inde et Afrique du Sud), le président russe Poutine a annoncé que la Russie, la Chine et les autres pays de la communauté avaient l’intention d’introduire une nouvelle monnaie de réserve mondiale qui devrait fonctionner sur le principe d’un panier de monnaies des pays mentionnés. Or, tous ces pays sont des producteurs d’or… Elle devrait également être un concurrent direct du dollar américain. Depuis 2014, la Russie et la Chine s’attachent à réduire la part du dollar dans leurs réserves monétaires et le remplacent par des lingots d’or.

Cette politique monétaire est donc dirigée contre le dollar américain, dont la domination dans l’économie mondiale a sans cesse diminué sur les vingt dernières années, face à l’euro, au yuan ou au rouble. La Russie et la Chine, alliés politiques, énergétiques et économiques, veulent en effet s’affranchir des Etats-Unis sur la scène internationale.

La création d’une nouvelle monnaie de réserve permettra aux BRICS de créer leur propre sphère d’influence et leur propre unité monétaire dans ce domaine et les sanctions imposées par l’Union Européenne suite à la guerre en Ukraine, n’a fait que renforcer le président russe dans sa détermination à changer l’échiquier des devises en matière de transactions internationales et commerce des matières premières. Il souhaite donc faire de cette nouvelle monnaie un concurrent du dollar américain.

Du côté des Etats-Unis, on constate que la dette américaine est abyssale, que le cours du dollar est récemment tombé sous la barre de 1€, que la croissance atteindrait à 2,3% (en deçà des prévisions du FMI d’avril 2022) et que les marchés financiers américains craignent une récession. S’ajoutent à cela les tensions autour de Taïwan qui laissent présager que la confrontation sino-américaine sur cette question risque de se durcir au fil des semaines.

 

À SUIVRELa Chine soutient l’adhésion de l’Iran aux BRICS (reseauinternational.net)

 

Quartz Traduction pour francemediasnumerique.net

https//odysee.com/@Quartz:1

Merci à Laurence pour son travail !

La famine mondiale menace : Coïncidence ou plan concerté?

Le thème d’une famine mondiale devient soudain le sujet le plus important et le plus alarmant de l’agenda mondial. Mais la Russie est-elle vraiment responsable ? Ou y a-t-il de tout autres raisons sous-jacentes ?

 

 
Depuis des semaines, les médias et les politiques occidentaux accusent la Russie de provoquer une famine mondiale et d’utiliser la faim comme une arme. La Russie voit elle aussi une crise alimentaire mondiale arriver d’ici la fin de l’année – elle l’attribue toutefois aux prix élevés des céréales et des denrées alimentaires, qui sont désormais inabordables pour les pays les plus pauvres. Jusqu’à l’été 2020, le prix mondial du blé est resté stable à environ 200 dollars la tonne. Aujourd’hui, il s’élève à 450 dollars la tonne. La Russie considère que la raison principale de cette énorme hausse des prix est avant tout les mesures économiques irréfléchies des États-Unis et de l’Union européenne – la promotion de l’énergie verte et le refus de Nord Stream 2, qui ont fait grimper les prix du gaz européen à des niveaux insoupçonnés. La production d’engrais est par conséquent devenue non rentable, ce qui a contraint les usines à cesser leurs activités.source : Kla.TV

 

Et la guerre d’Ukraine se poursuit avec ses conséquences économiques et monétaires

 

La pandémie crée un milliardaire toutes les 30 heures et un million de pauvres

Alors que le coût des biens essentiels augmente plus rapidement qu’il ne l’a fait depuis des décennies, les milliardaires des secteurs de l’alimentation et de l’énergie augmentent leur fortune de 1 milliard de dollars tous les deux jours.

par OXFAM, Canada

Pour chaque nouveau milliardaire créé pendant la pandémie – un toutes les 30 heures – près d’un million de personnes pourraient être poussées dans l’extrême pauvreté en 2022 à peu près au même rythme, révèle aujourd’hui un nouveau mémoire d’Oxfam.

« Profiting from Pain » est publié alors que le Forum économique mondial de Davos se déroule pour la première fois en face à face depuis COVID-19, une période au cours de laquelle les milliardaires ont bénéficié d’un énorme coup de pouce à leur fortune.

Au Canada, la richesse des milliardaires a augmenté de 57,1 % depuis le début de la pandémie, en mars 2020. Les 41 milliardaires les plus riches possèdent autant que les 40 % de Canadiens les plus pauvres.

« Les milliardaires réunis à Davos ont connu une montée en flèche obscène de leur fortune au cours des deux dernières années. La pandémie et maintenant la forte hausse des prix des aliments et de l’énergie ont été une aubaine pour les plus riches, tandis que des millions de personnes sont confrontées à la faim et à la pauvreté alors que le coût de la vie augmente », a déclaré Ian Thomson, directeur des politiques chez Oxfam Canada.

Le mémoire montre que 573 personnes sont devenues de nouveaux milliardaires pendant la pandémie, au rythme d’une toutes les 30 heures. Nous nous attendons cette année à ce que 263 millions de personnes supplémentaires sombrent dans l’extrême pauvreté, à un rythme d’un million de personnes toutes les 33 heures.

La richesse des milliardaires a augmenté davantage au cours des 24 premiers mois de la COVID-19 qu’en 23 ans combinés. La richesse totale des milliardaires du monde équivaut maintenant à 13,9 % du PIB mondial. Il s’agit d’une multiplication par trois (contre 4,4 %) en 2000.

« La richesse des milliardaires augmente parce que les super-riches ont truqué le système (sic)  pendant des décennies et en récoltent maintenant les bénéfices. Les plus riches – dont la plupart sont des hommes – bénéficient de la privatisation, des monopoles pharmaceutiques, des subventions aux combustibles fossiles et des reculs des droits des travailleurs. Pendant ce temps, les personnes à faible revenu travaillent plus fort et gagnent moins en salaire », a déclaré Thomson. « L’inégalité risque de déchirer nos sociétés si nous ne l’arrêtons pas. »

La nouvelle étude d’Oxfam révèle également que les entreprises des secteurs de l’énergie, de l’alimentation et de la pharmacie – où les monopoles sont particulièrement courants – affichent des bénéfices record, même si les salaires ont à peine bougé et que les travailleurs sont aux prises avec des prix élevés depuis des décennies dans le contexte de la COVID-19. La fortune des milliardaires de l’alimentation et de l’énergie a augmenté de 453 milliards de dollars au cours des deux dernières années, soit l’équivalent de 1 milliard de dollars tous les deux jours. Cinq des plus grandes entreprises énergétiques du monde (BP, Shell, TotalEnergies, Exxon et Chevron) réalisent ensemble des bénéfices de 2 600 dollars par seconde, et il y a maintenant 62 nouveaux milliardaires de l’alimentation.

Du Sri Lanka au Soudan, les prix alimentaires mondiaux record suscitent des bouleversements sociaux et politiques. Soixante pour cent des pays à faible revenu sont au bord du surendettement. Alors que l’inflation augmente partout, les hausses de prix sont particulièrement dévastatrices pour les travailleurs à bas salaires dont la santé et les moyens de subsistance étaient déjà les plus vulnérables à la COVID-19, en particulier les femmes, les personnes racialisées et marginalisées. Les habitants des pays pauvres consacrent plus de deux fois plus de leur revenu à l’alimentation que ceux des pays riches.

  • Aujourd’hui, 2 668 milliardaires – 573 de plus qu’en 2020 – possèdent 12,7 billions de dollars, soit une augmentation de 3,78 billions de dollars.
  • Les 10 hommes les plus riches du monde possèdent plus de richesses que les 40 % les plus pauvres de l’humanité, soit 3,1 milliards de personnes.
  • Les 20 milliardaires les plus riches valent plus que l’ensemble du PIB de l’Afrique subsaharienne.
  • Un travailleur dans les 50 pour cent les plus pauvres devrait travailler pendant 112 ans pour gagner ce qu’une personne dans le premier pour cent obtient en une seule année.

La pandémie a créé 40 nouveaux milliardaires pharmaceutiques. Des sociétés pharmaceutiques comme Moderna et Pfizer réalisent des bénéfices de 1 000 dollars par seconde rien que grâce à leur contrôle monopolistique du vaccin contre la COVID-19, bien que son développement ait été soutenu par des milliards de dollars d’investissements publics. Ils facturent aux gouvernements jusqu’à 24 fois plus que le coût potentiel de la production de génériques. Quatre-vingt-sept pour cent des habitants des pays à faible revenu n’ont toujours pas été complètement vaccinés.

« Les extrêmement riches et puissants profitent de la douleur et de la souffrance. C’est inadmissible. Certains se sont enrichis en refusant à des milliards de personnes l’accès aux vaccins, d’autres en exploitant la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie. Ils versent des bonus et des dividendes massifs tout en payant le moins d’impôts possible. Cette richesse croissante et cette pauvreté croissante sont les deux faces d’une même médaille, preuve que notre système économique fonctionne exactement comme les riches et les puissants l’ont conçu pour le faire », a déclaré Thomson.

« Le gouvernement canadien parle bien de taxer les inégalités extrêmes en matière de richesse, mais nous devons voir plus d’action. Dans les deux derniers budgets fédéraux, de nouvelles taxes sur les produits de luxe et des taux d’imposition accrus sur les grandes banques ont été annoncés mais pas mis en œuvre. Le véritable test sera si le Canada et d’autres grandes économies trouvent la volonté politique d’imposer enfin la richesse des milliardaires. »

Lisez le rapport complet à OXFAM, Canada.

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La pandémie crée un nouveau milliardaire toutes les 30 heures – maintenant un million de personnes pourraient tomber dans l’extrême pauvreté au même rythme en 2022

Nouveaux milliardaires de Plandemic : Stéphane Bancel (à gauche), PDG de Moderna, une société qui n’avait jamais distribué de vaccin avant son vaccin contre l’ARNm contre la COVID-19, Liu Fangyi (au centre), fondateur et président d’Intco Medical, un fabricant d’équipements de protection individuelle comprenant des gants, des masques faciaux, des blouses d’isolement et du désinfectant pour les mains. La Californie à elle seule a envoyé 1 milliard de dollars de fonds publics américains COVID à la Chine en 2020 pour des masques faciaux. Uğur Şahin (à droite), PDG et cofondateur de BioNTech, qu’il a lancé aux côtés de son épouse et médecin en chef Özlem Türeci. BioNTech s’est associé à Pfizer pour fabriquer le premier vaccin autorisé par les régulateurs aux États-Unis, sous la pression du président de l’époque, Donald Trump, le 11 décembre 2020. Source de l’image par Forbes.

 

Crainte d’une nouvelle guerre israélienne au Liban

Par Adnan Abu Amer (revue de presse: Chronique de Palestine – 26/7/22)*

Source secondaire: France-Irak Actualité.

L’armée d’occupation israélienne et le Hezbollah libanais ont soutenu une guerre féroce en juillet-août 2006, qui a duré 34 jours et tué 165 soldats et colons israéliens. Le souvenir de cette guerre donne encore des cauchemars aux Israéliens et a laissé même après toutes ces années de graves cicatrices mentales, sans doute aussi graves que la guerre d’octobre 1973 contre l’Égypte.

Le Hezbollah s’est depuis abstenu de harceler Israël, et n’a pas répliquer à ses agressions afin de ne pas provoquer au Liban plus de destruction alors que le pays traverse une crise économique et sociale. Le parti a également vu ses appuis diminuer lors des récentes élections législatives.

Le seizième anniversaire de la Seconde Guerre du Liban survient à un moment où la tension libano-israélienne s’intensifie à nouveau, en particulier après que le Hezbollah a fait voler des drones au-dessus du champ gazier méditerranéen.

Israël estime que le Hezbollah a la capacité d’utiliser beaucoup plus de puissance de feu qu’il ne l’a fait jusqu’à présent s’il prend vraiment la décision d’attaquer, faisant de cette organisation une véritable menace pour les actifs économiques de l’État occupant, bien plus qu’en 2006.

Les Israéliens ont intercepté les drones au-dessus de la plate-forme gazière de Karish à 100 kilomètres au large des côtes israéliennes, mettant en alerte les forces d’occupation et les médias israéliens, leur donnant une occasion de parler des menaces, d’une réponse possible et du calendrier des opérations contre le Hezbollah.

Israël est bien conscient de l’ampleur de la menace posée par le mouvement libanais, mais les drones ont accru les inquiétudes israéliennes.

Cela démontre que le Hezbollah renforce ses capacités, même s’il ne les utilise pas toutes. Israël n’est pas surpris, étant donné que le Hezbollah possède des missiles à courte et longue portée, des missiles sol-sol et un certain nombre d’autres armements de précision.

À cela, il faut ajouter ses véhicules aériens sans pilote, l’utilisation de drones près de la clôture frontalière, la menace de missiles de croisière sur la côte et son attaque contre un navire de guerre pendant la guerre de 2006, après quoi le Hezbollah a reconstitué et renforcé ses capacités militaires.

Le récent incident de drone suggère qu’il y a une course aux armements entre le mouvement et Israël, le Hezbollah obtenant un soutien financier et technologique de l’Iran, ce qui le rend prêt à faire face à tous les défis de l’État d’occupation.

L’incident a également révélé le fait qu’Israël n’était pas en mesure de protéger ses eaux territoriales et pourrait faire face à d’autres menaces maritimes.

De plus, les capacités de défense navale d’Israël pourraient ne pas faire suffire à face à la menace du Hezbollah. Le mouvement peut détecter des cibles volant à basse altitude et les intercepter et Israël pourrait donc devoir préparer ses forces à des situations plus difficiles, basées non seulement sur les capacités du Hezbollah, mais aussi sur celles de l’Iran.

Divers forums en Israël ont récemment mis en garde contre la possibilité d’une confrontation imminente en raison du différend avec le Liban sur le champ gazier en Méditerranée et la démarcation de la frontière maritime.

Des menaces ont été échangées entre les deux parties, ce qui pourrait inciter les forces d’occupation israéliennes à se montrer plus disposées à franchir le pas d’une attaque aérienne et maritime globale, en mettant davantage l’accent sur les opérations terrestres.

Pendant ce temps, il y a un sentiment croissant parmi les Israéliens qu’une guerre peut éclater à tout moment, et ceci sans une préparation suffisante de la part de leur gouvernement et de leur armée.

Toute attaque israélienne contre le Hezbollah visera en premier les infrastructures libanaises. Israël avait mené la guerre de 2006 selon les règles du Hezbollah et a été entraîné dans une bataille dans laquelle le mouvement de résistance avait l’avantage relatif.

Il était clair dès le départ que l’armée israélienne n’allait pas gagner dans ce qui allait devenir le Vietnam israélien. L’État d’occupation a tenté de vaincre une armée de guérilla en utilisant l’artillerie et les bombardements aériens, déployant ses forces progressivement, tandis que la volonté publique devait être brisée par le nombre de morts et de blessés.

A l’occasion de ce dernier anniversaire de cette guerre, ce qui reste aux Israéliens, c’est le goût amer de l’échec.

Ils ne peuvent même pas prétendre qu’ils l’avaient emporté, et le facteur de dissuasion d’Israël a été brisé, soulevant des questions sur sa présence et son rôle sur la nouvelle carte du Moyen-Orient.

Les déclarations d’anniversaire de personnalités militaires et politiques montrent clairement que 16 ans plus tard, Israël est impuissant, confus et extrêmement inquiet à l’idée d’une troisième guerre avec le Liban.

Une telle guerre devrait voir des troupes terrestres israéliennes engagées sur la ligne de front, ce qui la rendrait très coûteuse pour l’État occupant. Ses récentes offensives militaires contre les Palestiniens à Gaza confirment qu’Israël est incapable de supporter des pertes importantes.

Une troisième guerre au Liban exigerait sans aucun doute un prix très lourd à payer.

Adnan Abu Amer dirige le département des sciences politiques et des médias de l’université Umma Open Education à Gaza, où il donne des cours sur l’histoire de la Cause palestinienne, la sécurité nationale et lsraël.Il est titulaire d’un doctorat en histoire politique de l’université de Damas et a publié plusieurs ouvrages sur l’histoire contemporaine de la Cause palestinienne et du conflit israélo-arabe.

Il travaille également comme chercheur et traducteur pour des centres de recherche arabes et occidentaux et écrit régulièrement pour des journaux et magazines arabes. Son compte Facebook.

Source et  Traduction : Chronique de Palestine

Version originale : 19 juillet 2022 – Middle East Monitor

 


Le Liban entre résistance et capitulation

Publié par Gilles Munier sur 28 Juin 2022, 07:19am

Catégories : #Liban

Par Abdel Bari Atwan (revue de presse : Chronique de Palestine – 18/6/22)*

Beyrouth ne doit pas se laisser intimider et renoncer à ses droits d’exploitation maritime, écrit Abdel Bari Atwan.

Dimanche dernier, le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kochavi, a menacé d’attaquer des milliers d’endroits ciblés au Sud-Liban – au motif qu’ils abritent des missiles, des drones ou du matériel militaire du Hezbollah – et a averti les habitants de la région concernée à évacuer leurs maisons.

Ces menaces ont été proférées la veille de l’arrivée au Liban de l’envoyé américain pour l’énergie, Amos Hochstein.

Elles étaient également une réponse à l’avertissement du Secrétaire général Hassan Nasrallah selon lequel le Hezbollah ne resterait pas les bras croisés pendant qu’Israël pille le pétrole et le gaz offshore du Liban et l’empêcherait d’extraire du gaz du champ de Karish.

Le général Kochavi sait parfaitement qu’il ne peut pas faire peur au Hezbollah. Son objectif était de fournir des munitions politiques à ses opposants libanais qui se sont pliés au stratagème israélo-américain dans le pays.

Cela explique les fuites qui sont sorties des réunions de Hochstein avec divers politiciens libanais au pouvoir ,indiquant qu’ils lui ont offert des concessions « tangibles » qu’il a décrites comme utiles aux négociations indirectes visant à résoudre le différend.

Les autorités libanaises ont montré qu’elles étaient la partie faible dans le différend, en implorant l’envoyé américain de reprendre rapidement sa médiation et en lui proposant de revenir sur les droits maritimes légaux du Liban.

Cela encouragera très certainement Israël à se comporter de manière encore plus autoritaire et, en utilisant ses vastes pouvoirs d’extorsion, à s’en tenir à ses exigences et à ne faire aucune concession. Trente ans de [simulacre de] négociations israélo-palestiniennes en sont un bon exemple.

Les Libanais, quel que soit leur camp politique ou communautaire, ont deux options.

Premièrement : entrer dans une négociation à long terme de style palestinien – dans laquelle ils offrent une concession après l’autre et n’obtiennent rien en retour, sauf plus d’extorsion et des demandes de concessions supplémentaires – et devenir les serviteurs indirects de l’occupation israélienne

Deuxièmement : l’option de l’emploi de la force, qui a vaincu Israël à deux reprises dans le passé : en 2000, alors qu’il ne pouvait plus encaisser les pertes imposées par la résistance et s’est unilatéralement retiré du Liban ; et ensuite la bande de Gaza en 2005.

Les trois dirigeants du Liban – le président, le Premier ministre et le président du parlement – préfèrent l’option des négociations pour éviter la guerre, dans l’espoir de permettre au Liban d’obtenir une partie de sa part du pétrole et du gaz, comme s’il s’agissait d’une faveur des États-Unis.

C’est une grave erreur qui reflète la myopie et l’incapacité à comprendre les développements politiques dans la région – en particulier la formation imminente d’une alliance israélo-arabe sunnite pour affronter militairement l’Iran sous la direction des États-Unis.

Ces espoirs sont donc complètement vains, car la priorité absolue de cette alliance est de décapiter le Hezbollah.

L’extraction de gaz libanais, syrien ou palestinien (de la bande de Gaza) est conditionnée à la reddition et au désarmement de la résistance, sans garantie d’obtenir quoi que ce soit en retour. L’amère expérience de la Pax Americana/Israelica par l’Autorité Palestinienne (AP) en est une illustration.

L’État d’occupation israélien ne permettra pas au Liban d’extraire son pétrole et son gaz tant qu’un seul missile du Hezbollah restera au Sud-Liban. L’objectif est de mettre le peuple libanais à genoux et de l’affamer pour qu’il se soumette, comme ce fut le cas pour les Irakiens après l’invasion du Koweït par leurs forces.

La famine est en effet plus ruineuse pour un pays que la guerre civile.

Saddam Hussein a cru les médiateurs et a permis aux inspecteurs/espions de fouiller ses palais et de d’éradiquer ses [prétendues] armes biologiques et chimiques. Sa récompense pour ces concessions n’était pas seulement d’être renversé, arrêté et exécuté, mais que l’Irak soit occupé, ses ressources pillées et le pays réduit à l’état misérable dans lequel il se trouve aujourd’hui.

Nasrallah a déclaré dans son dernier discours que le temps ne joue pas en faveur du Liban et que l’objectif immédiat de la résistance est d’empêcher Israël d’exploiter le champ de Karish, et de pouvoir utiliser ses 600 milliards de dollars de pétrole et de gaz pour atténuer la crise économique du Liban et profiter à tous ses citoyens.

L’année dernière, les trois dirigeants du Liban se sont pleinement soumis aux exigences des États du Golfe, renonçant à la souveraineté et au respect de soi du pays, et n’ont obtenu aucun retour.

Aujourd’hui, ils se préparent à commettre le même péché sous prétexte de l’aggravation des crises du pays, sans reconnaître que ces crises ont été en grande partie créées par les États-Unis et Israël.

Ces derniers ont détruit l’économie du Liban, paupérisé son peuple et l’ont soumis à un siège, exploitant les divisions internes libanaises et l’existence d’un camp qui mise sur le mirage du soutien et d’un salut venu des États-Unis et d’Israël.

Hochstein – l’envoyé américain né en Palestine occupée et qui a servi pendant trois ans dans l’armée israélienne – sera-t-il plein de compassion pour les Libanais ? Traitera-t-il équitablement leurs droits et sera-t-il un intermédiaire honnête ?

Nous laisserons la réponse à ceux qui lui déroulent des tapis rouges, comptent sur son intégrité et capitulent devant lui.

Abdel Bari Atwan est le rédacteur en chef du journal numérique Rai al-Yaoum. Il est l’auteur de L’histoire secrète d’al-Qaïda, de ses mémoires, A Country of Words, et d’Al-Qaida : la nouvelle génération. Vous pouvez le suivre sur Twitter : @abdelbariatwan

*Source et Traduction : Chronique de Palestine

Version originale : 17 juin 2022 – Raï al-Yaoum

Retour sur l’affaire Coquerel !

  Par Brigitte Bouzonnie  Brigitte Bouzonnie

 

Les mains baladeuses de Coquerel”, promues sujet number one du champ politique français 2022, est un tour de passe passe qui ne va pas de soi. La polémique que le nouveau responsable de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale essuie est jugée “normale”. “Allant de soi”, par beaucoup de journalistes, facebookiens, tweeteriens. Moi pas du tout.

Chacun sait combien je déteste l’homme Coquerel, dont je n’ai pas oublié les pratiques staliniennes à mon égard. Comment il m’a virée de mon poste de responsable chômage-précarité du Parti de Gauche en 2010. Comment, parce que je critiquais les “djeuns” de la FI, responsables de la triste ligne PS bis suivie à compter de juin 2017, il m’a fêtée la “fête des grands mères” un jour de mai 2018. Une façon délicate de me rappeler que je suis “vieille”, dans un pays où seuls les “jeunes” ont de l’importance : quand bien même il s’agit de petits messieurs et pimprenelles à deux neurones. Comment cette “fête des grand mères” donna lieu à de longs commentaires FB ignobles et révoltants sur moi toute la journée. Au point que le lendemain matin, j’avais l’impression d’avoir été rouée de coups…

Mais en politique, ce qui compte, dans la hiérarchie des haines qui vous structurent et vous habitent contre celui-ci ou celle-là, c’est la plus importante. La numéro une. Mon combat le plus important est celui de l’émancipation du Peuple français. Ma colère la plus importante, c’est celle que j’éprouve depuis 2017 pour le candidat Macron, arrivé par fraudes abyssales à l‘Elysée grâce aux serveurs truqués SCYTL En 2017 ET en 2022.

Ma colère la plus importante, c’est celle que j’éprouve pour le camp mondialiste occidental, responsable du chômage et de la pauvreté de masse de 15 millions de français vivant en dessous du seuil de pauvreté. De la dégringolade de la France passée du 6ème au 47ème rang mondial, notamment, délocalisation de son industrie oblige représentant à peine 11% de la population salariée aujourd’hui. De la mort ignoble de 5 millions de personnes dans le monde, à cause du Covid et des vaccins anti covid. Certes, ce chiffre est énorme, mais il est peu de choses lorsqu’on sait que le camp mondialiste voulait initialement la mort de 65 millions d’hommes et de femmes, comme écrit le grand lanceur d’alerte Israël Adam Shamir dans son article collector intitulé : la boite de Pandore.

Évidemment, la colère que j’éprouve pour un second couteau comme Coquerel est très subalterne. Surtout lorsque l’affaire qu’on lui reproche sent le coup monté à plein nez. Des “mains baladeuses” » sur l’auguste croupe de Sophie Tissier observées en 2014, et qui ressurgissent curieusement, tout à coup en 2022, juste le lendemain de la nomination de Coquerel à la tête de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée. Vous avez dit bizarre !

Un mode opératoire qui me rappelle de vieux souvenirs de lecture : l’ouvrage magistral rédigé par l’ex-commissaire de police Jacques Delarue intitulé “Histoire de la Gestapo”, édition Fayard, 1962, réédité en 1987. Personne n’a aussi bien parlé de cette terrible police, qui a fait tremblé l’Allemagne puis l’Europe entière. Et qui a certainement atteint un point de perfection dans le mal, et dans l’horreur des basses manoeuvres politiciennes.

Naturellement, l’objet de cet article n’est pas de vous raconter pour la énième fois l’incendie du Reichstag ou le massacre sanglant de la nuit des longs couteaux, épisodes au demeurant parfaitement relatés par Jacques Delarue dans ce livre majeur. Et dont je parlerai peut être un jour, où l’actualité sera molle…Dans le “grand oeuvre” de la Gestapo, l’histoire que je vais vous raconter n’est qu’un “hors d’oeuvre” sans importance, comparé aux crimes abominables commis par cette machine de la mort sans morale qu’était la police Hitlérienne. Mais l’affaire fut exécutée dans des conditions exceptionnelles de cynisme et d’ignominie, et se présente comme la nouvelle forme de liquidation des gêneurs imaginée par Hitler lui-même et ses potes.

Le mode opératoire fut promis à un bel avenir.

1°) -L’élimination du Maréchal Von Blomberg, Ministre de la Guerre

L’histoire se passe en 1938. Le Maréchal Von Blomberg, Ministre de la Guerre, épouse à Berlin Eva Gruhn. Les témoins de mariage sont Hitler et Goering. Curieusement, la presse ne publie aucune photographie. On sait que la nouvelle mariée est d’origine modeste. Moins d’une semaine après la cérémonie, on apprend qu’il s’agit d’une prostituée de bas étage. Sa mère déjà exploitait un salon de massage. La jeune Eva travaillant dans différentes villes allemandes avait été arrêtée sept fois. Le préfet Helldorf de Berlin prescrit une enquête.

Une entrevue se tient sur le sujet le 22 janvier 1938 entre Goering, Himmler et Heydrich. Le 24 janvier, Hitler interdit à Blomberg de se présenter à la Chancellerie et de porter l’uniforme. Les deux mariés sont obligés de fuir le territoire allemand, partir à Capri. Naturellement, Himmler, et Heydrich connaissaient tout du passé sulfureux de la jeune mariée et n’avaient rien dit. Blomberg est donc éliminé.

2°) -La chute du militaire Von Fritsch :

Un second dignitaire allemand tombe à son tour dans le piège sexuel tendu par la GESTAPO. Il s’agit du général d’artillerie Werner von Fritsch, monarchiste, second dans la hiérarchie militaire après Blomberg. La GESTAPO veut soi disant lutter contre l’homosexualité faisant des ravages dans la jeunesse allemande. Elle met la main sur un maitre chanteur homosexuel : Hans Schmidt surveillant les riches homosexuels. Il cite parmi eux Von Fritsch, à qui, en 1933, il a soutiré de l’argent sur un terrain vague. Le dossier arrive dans les mains d’Hitler, malgré ses “trous” administratif évidents. Il fait convoquer Fritsch à la Chancellerie et l’interroge lui-même. Bien sûr, Fritsch nie les faits. Hitler ouvre une porte et fait rentrer Schmidt. Celui dit simplement : “C’est bien lui” (sic)…

Ce qui frappe dans ces deux histoires sordides, c’est le rôle de tout premier plan joué par Hitler lui-même : alors même, que juridiquement parlant, il n’appartient pas à la GESTAPO. Son chef est d’abord Goering, puis Himmler. Tout comme Hitler a joué un rôle de tout premier plan dans l’affaire de l’incendie du Reichstag et de la nuit des longs couteaux : participant activement aux réunions préparatoires avec Goering, Himmler et Heydrich, comme le montre l’historien Jacques Delarue. Ce qui montre le caractère très politique de ces scandales sexuels, qui n’ont d’autre but que de se débarrasser des opposants et des gêneurs.

Aujourd’hui, on reproche les mains baladeuses de Coquerel. Soit. Mais le principal instigateur de ce procès de Moscou à caractère sexuel, Macron lui-même, ferait bien de balayer devant sa porte, avant de donner des leçons de morale aux autres. On n’a pas oublié sa drague poussée des petites frappes de l’île de Saint-Martin, dont l’un deux, petit délinquant à deux balles, cambriolât une bijouterie deux jours plus tard. On n’a pas oublié son pelotage appuyé et réitéré des coureurs du Tour de France 2021, au point même que la presse aux ordres s’en émue.

Donc, ce qui montre bien que les faits reprochés à Coquerel sont un simple prétexte. Pour Macron, il s’agit avant tout d’éliminer un adversaire politique, avec des méthodes, une boite à outils inventées avec cynisme et adoration du mal par les nazis eux-même, pour se débarrasser d’ennemis du régime, sans passer par un combat à la loyale….!

Le mouvement Me too est un faux mouvement féministe : rien à voir avec les chansons d’Anne Sylvestre délivrant un vrai message féministe. Parlant des femmes ordinaires, “celle qui attend sur le port, celle du monument aux morts”, se dévouant corps et âme pour leur famille. Me too est un vrai moyen de faire chanter des hommes connus, copié/collé des pratiques nazies de la GESTAPO dans ce qu’elles ont de pire : et personne ne moufte !

La pacification de la Sanaga Maritime ou la chronique ordinaire de la violente répression de la révolte du peuple camerounais

Par : René Naba

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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Piqure de rappel à l’occasion de la décision d’Emmanuel Macron de faire la lumière sur les crimes de la France au Cameroun… en attendant les crimes au Sénégal (Thiaroye).

Pour mémoire Félix Moumié, chef charismatique de la lutte pour l’indépendance du Cameroun a été empoisonné par Jacques Foccart, M. Afrique du temps de la présidence De Gaulle, lors d’un déjeuner entre le camerounais et le barbouzard français à Genève..

Des dizaines, peut-être des centaines de milliers de morts : c’est le bilan de la guerre française contemporaine la moins connue, menée au Cameroun à la fin des années 1950 pour empêcher l’indépendance du pays.
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“Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur”, dit un proverbe africain que Chinua Achebe aimait à citer. Avec ce récit magistral, tout s’effondre.

…«L’absence de récit national, fruit d’un large consensus, produit par un Etat fort et légitime indépendant intellectuellement dont la main ne tremble pas en assumant le passé héroïque des Um Nyobè et Félix Moumié, laisse la porte ouverte aux interprétations où seul le récit du colonisateur tient lieu de vérité absolue».

Paris – François Hollande au Cameroun, en juillet 2015, a brisé le tabou mettant un terme à une invraisemblable amnésie de 58 ans qui frappait ce pays concernant les massacres commis par l’armée Française dans ce pays central de l’Afrique.

«Il y a eu une répression dans la Seine-Maritime en pays Bamiléké et je veux que les archives soient ouvertes pour les historiens, a déclaré François Hollande, ajoutant : «Je tenais à venir ici au Cameroun, Il y avait presque quinze ans qu’un président de la République française n’était pas venu en visite officielle dans vote pays Monsieur le président. Je tenais à y venir aussi parce qu’il y a des liens humains qui unissent nos deux pays. Certains de ces liens plongent loin dans notre histoire. Ils peuvent être douloureux et la France regarde toujours avec lucidité son passé pour mieux préparer son avenir et c’est ce que nous avons fait».

Le président français s’est borné à mentionner «La SANAGA maritime, en pays Bamiléké», sans plus de détails. À croire que l’allusif est la marque de fabrique des dirigeants français, particulièrement des hiérarques socialistes.

Laurent Fabius en visite de repentance à Téhéran se bornera, lui aussi, a mentionner «les souffrances, je pense aux souffrances qui ont été éprouvées pendant la guerre Iran-Irak (1980- 1988), occultant sa responsabilité particulière en sa qualité de premier ministre du temps de la co-belligérance franco irakienne contre l’Iran dans la décennie (1979-1989).

Pourtant la «Sanaga Maritime», dans la mémoire vive des Camerounais retentit comme Sétif en Algérie, Thiaroye au Sénégal, Alexandrette en Syrie, Bizerte en Tunisie et Suez en Égypte. Autant de variations sur la face hideuse de la «Partie des Droits de l’Homme».

L’intitulé de la mission était anodin et résonnait furieusement avec la mission civilisatrice de la France et sa charge d’aînesse, visant à apporter la civilisation et les lumières aux races inférieures.

La pacification de la Sanaga maritime est en fait la campagne menée par l’armée française pendant un an dans la décennie 1950 (Décembre 1957 à Janvier 1959) pour mater le mouvement indépendantiste camerounais. À la lecture du rapport établi par le Colonel Jacques Lamberton, Colonel d’infanterie, il se révélera être une chronique d’un crime de bureau ordinaire, comparable à celui du préfet Maurice Papon sous l’administration préfectorale du régime collaborationniste de Vichy (1939-1945).

Tout est narré sans la moindre émotion, dans la grande tradition des bilans comptables des grandes entreprises, sans la moindre impression que son auteur traite de cas humains, d’un conflit dont l’enjeu va déterminer le positionnement futur de la France dans son ancien empire.

Circonstance aggravante, si Papon pouvait plaider l’excuse de l’obéissance passive aux ordres hiérarchiques, ses successeurs gardés français ne pouvait invoquer la moindre excuse absolutoire, en ce qu’ils auront été les concepteurs et acteurs primordiaux de la répression du peuple camerounais, nourri de l’expérience de la période post guerre mondiale.

Circonstance accablante, une lecture diachronique de ce fac-similé révèle la cécité du commandement politique et militaire français et sa posture proto-fascisante.

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Mise en contexte

Certes, le secteur de la Sanaga maritime présentait un intérêt stratégique majeur en ce qu’il pouvait menacer la jonction de Yaoundé avec le port de Douala. Mais ce ci n’explique la furie française, dans un contexte historique qui aurait dû inciter les décideurs de l’époque à brider leurs pulsions éradicatrice.

L’Opération ZOPAC (zone de pacification) s’est déroulée en 1957-1959, soit à une période marquée par la défaite de Dien Bien Phu (Vietnam), en 1955, première défaite d’une armée occidentale devant une armée du tiers monde; l’agression tripartie de Suez (1956), l’expédition punitive française menée de concert avec Israël et la Grande Bretagne contre l’Égypte pour châtier Nasser d’avoir nationalisé le Canal de Suez, sa principal source de revenus; enfin, dans la foulée du soulèvement algérien.

Mieux, la révolte du peuple camerounais intervient dix ans après la fin de la IIe Guerre Mondiale et de la promesse de Brazzaville (1944), faite par le général De Gaulle d’octroyer l’indépendance aux pays africains à titre de gratitude pour leur contribution à la victoire française contre l’Allemagne nazie.

Pis, la répression française au Cameroun s’inscrit dans la série des massacres coloniaux qui ont jalonné l’histoire de France après la IIe Guerre mondiale, de Sétif et Guelma (Algérie), le 8 mai 1945, le jour même la fête de la victoire alliée, à Thiaroye (Sénégal), en 1946.

Comme si la France, par haine de soi, a voulu gommer sa défaite et sa collaboration nazie par un acharnement sur ses bienfaiteurs, ses propres colonisés, supposés lui être inférieurs.

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Le texte en témoigne. Ci joint un échantillon de morceaux choisis

Page 44 : Les méthodes employées dans la ZOPAC

Les méthodes employées dans la ZOPAC, la zone de pacification, autrement dit dans le terrain de chasse de l’armée française, n’ont rien d’original : «Isoler les rebelles pour les désagréger et finalement le détruire».

Tel un automate, l’auteur du rapport égrène les onomatopées sans se poser les vrais questions : Des rebelles à qui ? À l’ordre colonial ? Des rebelles à quoi ? A l’exploitation séculaire des peuples africains et au pillage de leurs ressources au nom de la charge d’aînesse de la France et de son rôle positif dans la colonisation ?

Isoler les rebelles pour les désagréger et finalement les détruire… Non reconsidérer son comportement antérieur sur la base des récriminations et revendications des rebelles, et nouer des négociations pour un vrai partenariat.

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Page 37 : Le problème des ralliés

«Le ralliement était un moyen, non une fin. Le terme rallié étant synonyme de reddition. Le rallié étant un agent de désagrégation du système rebelle». On s’en doutait. Point n’était besoin d’être grand clerc pour deviner les turpitudes du pouvoir colonial.

À la lecture de ce passage, il est difficile au lecteur de ne pas éprouver une grande tristesse à l’égard de tous les abusés de la puissance coloniale et de ses belles promesses, tous les supplétifs anciens modernes, aussi bien les Harkis Algériens, que les porteurs de mallettes et de djembés de la Francafrique, que les porte serviettes de l’administration française de l’opposition syrienne off shore… Tous les Bounty et les «Rented negroes» de l’époque contemporaine aveuglés par les paillettes fugaces d’une actualité vorace.

Dans sa guerre psychologique contre le mouvement national camerounais, mené par l’UPC (Union des Populations Camerounaises), sous la houlette du tandem magique de la lutte pour l’indépendance Félix Moumié et Ruben Um Nyobé, l’armée française va recourir à une équation basique, dans la digne tradition des clichés sommaires de la littérature coloniale, -«Y a Bon Banania»- qui témoignent de son mépris pour les aspirations nationales des peuples colonisés : «UPC= TSE TSE, elle pique, elle endort et elle fuit».

Ne cherchez pas plus loin pour comprendre comment la France a perdu son empire colonial et de nos jours son rang de grande puissance… Par de procédés aussi sommaires que rudimentaires, sur une posture du mépris, de la morgue et de la suffisance.

Traumatisée par la défaite de Dien Bien Phu, sur la défensive en Algérie, l’armée française va appliquer au Cameroun les méthodes glanées sur les champs de bataille du Vietnam. L’ouvrage consacre un chapitre complet à «L’action psychologique» (Chapitre 5); aux «Méthodes et procédés (Chapitre 4) avec en annexe une rubrique «ordres particuliers.

L’Algérie et le Cameroun serviront de banc d’essai à la «théorie de la contre-insurrection», théorisée par le Général Paul Aussaresses, le commandant Zéro de la torture en Algérie, avant de l’enseigner en Amérique latine pour les sbires du Plan Condor de sinistre mémoire… avant d’être recyclées pour les tortionnaires du camp irakien d’Abou Ghraib, lors de l’invasion américaine de l’Irak (2003-2008).

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Heureux Hasard

«Le hasard ne favorise que ceux qui le méritent», estimait Pascal. Heureux hasard en effet que la découverte de ce fac-simili dans une caisse abandonnée dans un village, de la Sanaga maritime, découvert par un villageois dont deux des oncles avaient été passés par les armes par les pacificateurs français.

Une pêche miraculeuse, dont il importe d’en tirer le meilleur usage pour une pédagogie politique à l’intention des générations futures.

Sans risque d’erreur «La pacification de la Sanaga maritime» devrait figurer dans la bibliothèque des grands classiques des crimes coloniaux de la France, sur le même rayon que le «Code Noir de l’Esclavage», de Louis Moulin Salin, «Le Rapport Brazza», longtemps soustrait au regard du lecteur français et de la Venus Hottentote.

Que les Africains s’emparent de leur histoire et s’emploient à la purifier des scories de leurs anciens maîtres pour une saine pédagogie de leur propre histoire en vue de contraindre leur ancien colonisateur à revoir sa copie tant dans la perception de sa propre histoire que dans l’enseignement de cette discipline.

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Épilogue

L’équation ralliement-reddition dispense, plus que tout, de grands discours, en ce que la France n’a jamais conçu un partenariat avec les Africains, voués, éternellement, dans son schéma mental, au rôle de subalterne.

Ruben Um Nyobe, le dirigeant syndicaliste, sera tué le 13 Septembre 1958, par les troupes françaises, alors qu’il dirigeait depuis la clandestinité la lutte pour l’indépendance de son pays. Luxe de perfidie, son compagnon de lutte, Félix Moumié, miraculeusement rescapé de la répression, sera, lui, mithridatisé… par Jacques Foccart, l’homme de main du général de Gaulle pour l’Afrique. Convié à Genève des pourparlers exploratoires avec l’âme damné de la Francafrique, il sera laissera abusé par la qualité de son hôte, qui en tirera avantage pour lui verser du poison dans son repas. Et dire que la France assourdira les tympans de la planète sur La mission civilisatrice de la France et son rôle positif… laissent songeurs.

Au delà du jugement que l’histoire portera sur la mandature trentenaire du Président Paul Biya, force est de constater qu’un lent mouvement de désenclavage s’opère du Cameroun vis à vis de la France, au profit des pays du BRICS, la force diplomatique montante du XXI me siècle, … une prise de distance perçue dans de larges couches de la population comme la sanction du mépris longtemps manifesté par la France à l’égard des «indigènes de son ancien empire».
Hollande vers la relance d’une nouvelle dynamique franco-camerounaise ?

Alors que la France est en constante régression sur le marché africain depuis plus d’une décennie, François Hollande, a tenté, en juillet dernier, lancé la semaine dernière, d’endiguer le sentiment anti-français sévissant sur le continent. Au Cameroun, dernière étape de son voyage africain, le chef d’État français a enfin reconnu en reconnaissant les crimes perpétrés par l’armée française entre 1950, époque où Ruben Um Nyobe a été massacré dans les forêts de Boumyebel dans la province du Centre et 1971, année de l’exécution d’Ernest Ouanjié, l’un des derniers combattants pour une véritable indépendance camerounaise.

«Il y a eu une répression dans la Sanaga-Maritime en pays Bamiléké et je veux que les archives soient ouvertes pour les historiens, a déclaré François Hollande, ajoutant : «Je tenais à venir ici au Cameroun, Il y avait presque quinze ans qu’un président de la République française n’était pas venu en visite officielle dans vote pays Monsieur le président. Je tenais à y venir aussi parce qu’il y a des liens humains qui unissent nos deux pays.

Certains de ces liens plongent loin dans notre histoire. Ils peuvent être douloureux et la France regarde toujours avec lucidité son passé pour mieux préparer son avenir et c’est ce que nous avons fait».

Mais suffit-il de reconnaître ces crimes pour revenir pour regagner l’estime du Cameroun ? Rien n’est certain.

Basile Louga, secrétaire général de l’UPC, Union des Populations du Cameroun, (parti dont sont issus les milliers de camerounais décimés par l’armée française), reconnaît qu’un déni aurait été pire. «Le président Hollande a eu raison de ne pas se situer dans le déni. Quelle que soit la qualité des relations entre États, il est évident qu’on ne peut pas conserver longtemps l’amitié d’un peuple dont on méprise la mémoire, dont on méprise la dignité».

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Exemples du lent désengagement du Cameroun envers la France.

Percée de la Chine et de la Russie

La percée de la Russie et de la Chine dans le domaine militaire du Cameroun jusque-là une chasse gardée de la France est un fait nouveau annonciateur de grands bouleversements.

La Russie a opéré une percée significative sur le plan militaire, s’engageant à fournir à l’armée camerounaise «des armements et systèmes les plus sophistiqués de dernière génération». L’équipement militaire promis porte sur «l’artillerie, y compris l’artillerie de missiles, la protection aérienne, le système anti-aérien de missiles et de canons, le transport de personnel, les camions blindés et les autres équipements et armements». Pour garantir une bonne utilisation de ces équipements, la Russie serait prête à accueillir de jeunes camerounais pour la formation des spécialistes civils et militaires.

En plus du système de surveillance des frontières, un dispositif installé par la Chine, le Cameroun sera doté des systèmes de DCA Russes pour sécuriser son espace aérien.

Au plan économique, la Russie est prête à assurer la réalisation de projets d’infrastructure et de développement au Cameroun, notamment dans la Région de l’Extrême-Nord. Autrement dit, sur le plan économique, la 6e puissance économique mondiale va investir dans l’extrême-nord Cameroun, un message fort pour signifier que la guerre est d’abord une guerre économique et contre le sous-développement.

La Chine, pour sa part, outre le dispositif de surveillance des frontières, a offert du matériel militaire de protection maritime au Cameroun pour une valeur de 2,5 milliards FCFA, de même que des hélicoptères, à titre de contribution à la lutte contre la piraterie et la criminalité dans le Golfe de Guinée et contre la secte islamiste nigériane.

Elle envisage d’importants investissements dans le domaine économique. La Banque chinoise d’import-export (Exim Bank of China), l’institution financière publique qui fait office de bras séculier des investissements chinois à l’étranger, pourrait ouvrir une filiale au Cameroun.

Eximbank of China est d’ailleurs premier bailleur de fonds du Cameroun, Fin 2014, le Chine avait apporté son soutien financier à 21 grands projets réalisés sur le territoire camerounais, pour un montant total d’environ 3 milliards de dollars, soit environ 1850 milliards de francs Cfa. Investissements dans divers secteurs : Énergie (construction des barrages), transports (construction des ports et des autoroutes), télécommunications (pose de la fibre optique).

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Inde-Chine

L’installation de deux usines de montage de véhicules (camions et berlines) par la société indienne Azad Coach et les firmes chinoises Gac Gonow et, surtout, Yutong, leader de la construction automobile en Chine et 3e dans le monde. Usine installée dans les villes de Douala, la capitale économique, et de Kribi, qui attend la mise en service de son port en eau profonde en cette année 2015.

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Portugal

L’entreprise portugaise de BTP Mota-Engil réalisera le chemin de fer de 510 km reliant la localité de Mbalam, à l’Est du pays, au port en eau profonde de Kribi, dans la région du Sud. Une autre ligne de 71 km reliant Nabeba (Congo Brazza) à Mbalam est prévue. L’entreprise portugaise construira aussi l’appontement fer du port en eau profonde de Kribi, qui permettra de stocker les cargaisons issues de la mine de Mbalam.

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LES PRÉCÉDENTS ARTICLES DE ZACHÉE IBIIH LAPÉE

La gestion sanitaire de la pandémie et la crise ukrainienne: répétition générale des préparatifs de Guerre Totale!

Par Khider Mesloub et Robert Bibeau

 

De toute évidence, chaque État bourgeois, depuis l’apparition de la soi-disant pandémie du COVID, s’applique à blinder son pouvoir totalitaire par l’instauration de mesures sécuritaires attentatoires aux libertés civiles, décrétées sous le fallacieux prétexte de « gérer » la crise sanitaire que l’État a lui-même imaginé.

Les dirigeants (oligarques – ploutocrates – politiciens larbins – sous-fifres médiatiques – experts sanitaires) se sont amplement servis de l’opportune pandémie patentée, politiquement instrumentalisée, pour radicaliser les lois antisociales et durcir la dictature étatique, renforcée par la militarisation de la société dans son ensemble. Depuis 2020, les peuples du monde entier assistent, impuissants, à l’exécution d’un véritable « pronunciamiento sanitaro-sécuritaire » permanent.

Sans nul  doute, le confinement dément – l’internement des citoyens innocents – en bonne santé, décrété au nom de la prétendue protection des personnes âgées et vulnérables (par ailleurs massivement vaccinées et soi-disant « protégés » (sic), à notre époque hautement technologique, censée être équipée d’infrastructures médicales de pointe, s’intègre dans le projet de militarisation de la société, participe de la caporalisation des mentalités, autrement dit de l’assujettissement de l’ensemble de la population à l’économie de guerre fondée sur les restrictions politiques et le rationnement alimentaire afin de favoriser le réarmement des États impérialistes, animés par des ambitions  bellicistes et d’irrépressibles besoins de confrontation militaire généralisée…la guerre est nécessaire à l’économie capitaliste qui n’a trouvé que ce moyen d’effacer ses dettes abyssales «2023 sera une année infernale». Martin Armstrong met en garde contre la guerre pour effacer la dette – les 7 du quebec

 

« Ce qui rend les choses encore pires pour le monde, c’est que le dollar monte et ne baisse pas.  C’est parce que tous ces marchés émergents ont émis des dettes en dollars…Ils empruntaient en dollars parce que le taux d’intérêt était moins élevé, et ils n’avaient aucune idée du risque de change… C’est ce qui s’est passé en Australie.  La devise fluctue et, soudain, vous devez 20 % de plus…..La même chose s’est produite avec tous ces marchés émergents…. Maintenant, le dollar monte et on assiste à des ruées vers les banques »… « C’est pourquoi ils font pression pour la guerre…. Ils pensent qu’ils peuvent créer un nouveau système monétaire, et pour ce faire, ils ont besoin de la guerre. Ils pensent qu’ils peuvent la garder juste conventionnelle.  Ensuite, les Nations Unies peuvent apparaître comme le chevalier blanc et le pacificateur. Donc, nous avons un autre Bretton WoodsVous pouvez redessiner toutes les monnaies, et quand vous faites cela, vous effacez toute la dette. C’est ce qui est à l’ordre du jour… Il n’y a aucun moyen pour eux de s’en sortir autrement que par un défaut de paiement. S’ils font défaut, ils s’inquiètent de voir des millions de personnes prendre d’assaut les parlements d’Europe… C’est vraiment une énorme crise financière à laquelle nous sommes confrontés. Ils ont emprunté année après année depuis la Seconde Guerre mondiale sans avoir l’intention de rembourser quoi que ce soit. » «2023 sera une année infernale». Martin Armstrong met en garde contre la guerre pour effacer la dette – les 7 du quebec

 

En réalité, depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19, sous couvert de guerre virologique la classe bourgeoise (sa faction dominante) mène une guerre de classe à la classe prolétarienne internationaliste, et aussi aux « classe moyenne » (sic) et petite bourgeoise, précipitées brutalement dans la paupérisation et la prolétarisation inévitable. Une fois cette guerre de classe menée avec succès; une fois la militarisation de la société et la caporalisation des esprits accomplies (militarisme et fascisme); autrement dit, une fois le danger de sédition et d’insurrection populaire circonscrit à l’intérieur des frontières nationales, les ploutocrates pourront envoyer aisément les populations asservies en dehors des frontières étatiques pour se battre sur les lignes de front chauvines-nationalistes, pour le bénéfice du grand capital mondialisé.

Incontestablement, le monde est en voie d’«Ukrainisation» accélérée, autrement dit, chaque État capitaliste recèle quelque Poutine (Zelensky – Biden – Macron – Trudeau) va-t-en-guerre tapi dans les palais présidentiels totalitaires pour déclencher, attiser et entretenir la guerre ; et une population conditionnée par l’idéologie militariste actionnée par quelque Poutine (Zelensky – Biden – Macron – Trudeau) pour, au nom de la défense de la patrie « en danger » ou de la démocratie bourgeoise ostracisée, se transformer en chair à canon…ne voit-on pas le « remake » des deux premières guerres mondiales ? La fin dangereuse de l’empire Yankee…marque-t-elle la fin de l’impérialisme? – les 7 du quebec.

Avec l’aggravation de la crise, accentuant l’exacerbation de la concurrence entre chaque capital national et blocs géostratégiques, la Guerre Totale qu’on nous prépare constitue l’unique solution pour les puissances impérialistes rivales. Car la guerre impérialiste est une donnée permanente du capital et de l’impérialisme.

 

« La Guerre Totale signifie qu’il n’y a plus de front de combat puisque la planète entière est une zone de combat. La Guerre Totale signifie qu’il n’y a plus des civils et des soldats puisque tout un chacun devient un combattant (malgré lui) pouvant être abattu par les armes chimiques, bactériologiques, virales ou nucléaires. Les ploutocrates du Grand capital mondialisé, qui commandent aux politiciens larbins n’hésiteront pas à exterminer des milliards d’individus dans un immense holocauste planétaire afin de relancer le cycle d’accumulation du capital. » La vérité fait jour: « le virus SRAS-CoV-2 serait sorti d’un laboratoire chinois faisant usage de la biotechnologie étatsunienne» – les 7 du quebec

 

Militarisation de la société et caporalisation des esprits

Cette précipitation vers la guerre impérialiste généralisée (Guerre Totale) se confirme par la décision de la Suède et de la Finlande, pays traditionnellement « neutres », de rejoindre l’OTAN, accentuant l’encerclement de la Russie, que Poutine voulait, pourtant, desserrer par l’invasion de l’Ukraine. Elle se confirme également par la décision de la majorité des États d’accroître substantiellement leurs dépenses militaires, de relancer leur industrie d’armement pour les pays producteurs d’armes. Elle se confirme, pareillement, par la résurgence des alliances économiques, politiques et militaires, induisant l’exacerbation des polarisations impérialistes. La vérité fait jour: « le virus SRAS-CoV-2 serait sorti d’un laboratoire chinois faisant usage de la biotechnologie étatsunienne» – les 7 du quebec

Elle se confirme par l’instauration de l’austérité économique, les « pénuries » patentées et les rationnements appréhendées, matérialisées par des politiques dictatoriales antisociales décrétées par les gouvernements, la flambée de l’inflation (véritable impôt « caché » payé par tous les travailleurs), par la recrudescence de la propagande politico-idéologique, illustrée par l’exhortation aux populations d’accepter des sacrifices, à consentir de réduire leur consommation pour soutenir l’effort de guerre.

 

« La Commission européenne ne se contente plus d’alerter sur l’approvisionnement en gaz pour cet hiver 2022/2023, mais prévoit également des difficultés pour l’hiver 2023-2024. Baisser la consommation de gaz de 15 % entre août 2022 et mars 2023 par rapport à la moyenne des cinq dernières années conduira néanmoins à des coupures d’électricité et de gaz pour les particuliers et les industries si la Russie arrête ou diminue très fortement ses fournitures de gaz ! Un arrêt des livraisons de gaz russe réduirait la valeur du PIB allemand de 5 % entre 2022 et 2024, a calculé le Fonds monétaire international (FMI). Nord Stream achemine actuellement seulement 20 % des 55 milliards de m3 annuels de gaz… » Cocktail explosif fin 2022 pour la France et l’UE : Italie, gaz russe, zone euro ! – les 7 du quebec

 

Au reste, la pandémie de covid-19, politiquement instrumentalisée à des fins contre-insurrectionnelles par la militarisation de la société, avait servi également de prétexte pour impulser la première phase de l’orientation de la production vers l’économie de guerre, matérialisée par l’imposition de la production exclusive des biens dits essentiels, autrement dit indispensables à la défense (agression) nationale dans la perspective de la préparation à la Guerre Totale et Globale. En effet, la gestion sécuritaire de la pandémie constitua la répétition générale de l’économie de guerre. Ce fut la préfiguration de la militarisation de la société et de la caporalisation des mentalités. Au cours de la prétendue crise sanitaire, les États ont jeté les premières bases de la centralisation étatique de la production, de l’organisation et de la planification de l’économie pour l’orienter vers la fabrication exclusive des biens dits essentiels indispensables à l’instauration d’une économie de guerre. « Nous allons durablement devoir nous organiser dans une économie de guerre », vient de le rappeler sur un ton martial le président français, Macron. Résultats de recherche pour « guerre totale » – les 7 du quebec

Ce faisant, dans le prolongement de la crise sanitaire, orchestrée par les États capitalistes, durant laquelle l’économie fut délibérément mise à l’arrêt ou, plutôt, réorientée vers la production des biens essentiels, entraînant une désorganisation de la production mondiale et un infléchissement vers la « relocalisation », la guerre en Ukraine accentue et accélère ce processus apparent de « démondialisation » et de découplage des économies induit par l’économie de guerre et le militarisme (que nous qualifions de « relocalisation » économique  mondialiste en fonction des politiques des grandes puissances impérialistes). La « démondialisation » est absolument impossible sous le régime capitaliste mondialisée. En effet, avec l’exacerbation des tensions commerciales et militaires, le monde s’achemine vers la « refragmentation » et la « relocalisation » avec la constitution de blocs de pays aux intérêts irréconciliables, dont les échanges commerciaux seront fortement réduits, voire rompus…momentanément, en attendant que la Guerre Totale et Globale accrédite le vainqueur. La fin dangereuse de l’empire Yankee…marque-t-elle la fin de l’impérialisme? – les 7 du quebec  et La guerre des monnaies: conversion du système de crédit en système monétaire. – les 7 du quebec

Nul doute, la guerre entre l’Ukraine et la Russie s’inscrit dans un conflit plus ample qui oppose, au vrai, la première puissance américaine à son concurrent économique actuel, la Chine (pays condamné par la faute des États-Unis bellicistes à devenir le prochain théâtre des opérations militaires).  L’Échiquier mondial, BRICS contre G7, les puissances impérialistes se concertent pour la guerre? – les 7 du quebec.

 

À cet égard, depuis l’apparition de la pandémie politiquement instrumentalisée, et, surtout, de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, au sein du bloc atlantiste, on aura remarqué le battage médiatique réservé au narratif chauviniste relatif à la politique de relocalisation prônée par le Grand capital mondialisé et ses États totalitaires. Tous les médias encensent cet agenda de rapatriement des entreprises, précédemment délocalisées, au bercail national.

 

Que révèle ce programme de relocalisation des entreprises multinationales vers la « mère patrie », prôné par les pays atlantistes ?

La première raison est d’ordre socioéconomique. À force de contractions salariales réelles, de pressions sur la productivité du travail salarié, d’intensification des cadences de travail, le capital des pays atlantistes est parvenu à égaler les dramatiques conditions d’exploitation de la force de travail des pays émergents et sous-développés. Assurément, conscient de la dégradation des conditions sociales et salariales de « ses » prolétaires autochtones, le capital occidental a commencé à mettre en adéquation le futur mode de vie des prolétaires désormais impécunieux, par l’élimination des secteurs dits non-essentiels. En effet, soumis à de telles misérables conditions de vie et de travail, le prolétaire « occidental », du fait de son impécuniosité et épuisement professionnel, n’aura plus ni les moyens financiers ni le temps de s’offrir des loisirs et des vacances, pour reconstituer sa force de travail surexploitée.

La seconde raison pour laquelle les pays atlantistes œuvrent à la relocalisation des entreprises est d’ordre impérialiste. Dans l’actuel contexte des préparatifs de guerre mondiale, comme l’avait déclaré lucidement Donald Trump devant l’assemblée parlementaire de l’OTAN : « un pays débiteur importateur – donc client dépendant – ne peut entrer en guerre contre un pays créditeur – exportateur – et fournisseur de biens stratégiques essentiels » (il visait la Chine et, indirectement, la Russie).  Donald Trump à l’ONU – Qui dit vrai ? Qui dit faux ? – les 7 du quebec

Actuellement, la guerre entre les pays pour l’approvisionnement des marchés occidentaux, dépendants des fournisseurs manufacturiers chinois, a pris des proportions alarmantes, sans oublier leur dépendance vis-à-vis des matières énergétiques russes, du pétrole arabe, des matières premières et provisions des pays du Sud. La dernière dépendance relevée par les pays occidentaux, paralysant de nombreuses entreprises, concerne les composants électroniques fabriqués exclusivement en Asie (les États-Unis et les pays atlantistes, notamment européens, ne produisent que 10% des semi-conducteurs sur leurs territoires). L’EUROPE – LE GAZ RUSSE – L’INFLATION – LA RÉCESSION – LA GUERRE – les 7 du quebec

Aussi, pour se conformer aux recommandations de Trump qui préconisait, comme on l’a rapporté plus haut, l’indépendance économique avant de mener une guerre contre un pays fournisseur, les pays occidentaux ont commencé, sous couvert de la crise sanitaire de la Covid, à mettre en application ce programme d’économie auto-suffisante matérialisée par la « relocalisation » de la production manufacturière établie jusqu’à présent majoritairement en Chine, la réorganisation de la politique d’approvisionnement en matière des énergies fossiles.

Au vrai, les récentes pénuries des produits manufacturés et énergétiques constatées en Occident ont été délibérément accentuées (planifiées depuis le début de la crise sanitaire) pour acculés les pays atlantistes, c’est-à-dire le capital occidental, à réorganiser leur approvisionnement indépendamment des pays de l’Alliance de Shanghai et de la Russie, afin de pouvoir poursuivre leurs préparatifs de guerre en toute indépendance. Mais, également, pour justifier la hausse des prix que les prolétaires devront supporter, induisant la baisse de leur pouvoir d’achat. Donc la dégradation de leurs conditions sociales, l’affaiblissement de leur résistance, facilitant ainsi leur soumission et leur enrôlement dans la Guerre Totale et Globale en préparation. Un prolétariat affamé et atomisé devient plus aisément corvéable et exploitable, plus perméable à l’endoctrinement idéologique chauvine – nationaliste – belliqueuse – réactionnaire, et, par extension, à l’enrôlement militaire dans les imminentes guerres régionales et locales.  Résultats de recherche pour « guerre » – les 7 du quebec.

Une chose est sûre, en dépit de l’adoption de toutes ces mesures drastiques pour juguler la crise, celle-ci ne cesse de s’approfondir, obérant toutes les possibilités de reprise économique. Nombre d’études admettent que la reprise économique mondiale va s’infléchir. Le monde assiste, impuissant, au glissement inéluctable de l’économie internationale vers la récession. Résultats de recherche pour « récession » – les 7 du quebec.

Du fait des multiples déséquilibres, notamment en raison du changement soudain de la consommation de services vers les biens (c’est le résultat voulu, comme on l’a souligné plus haut, de la restructuration des secteurs dits non-essentiels opérée au cours de la crise sanitaire 2020-2022), l’économie internationale ne devrait pas rattraper son niveau d’avant la pandémie de Covid-19 avant un certain temps…pour, plus gravement, replonger car nous avons affaire à une crise systémique du capitalisme. En effet, depuis deux ans, on assiste au creusement des déséquilibres dans chaque économie nationale, matérialisé par une consommation favorisant les produits manufacturés plutôt que les services (délibérément pénalisés par les confinements déments et les couvre-feux suicidaires, le pass-sanitaire), sur fond du déplacement vers le commerce électronique (l’e-commerce au détriment du commerce de proximité). Selon une étude publiée par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, l’écart de croissance entre le commerce de marchandises et de services ne cesse de s’élargir. « Le premier a bondi de 22 % au troisième trimestre 2021, en rythme annuel, tandis que le second a progressé de 6 %. Les échanges de marchandises, d’une valeur de 5 600 milliards de dollars au troisième trimestre 2021, ont atteint un niveau record ».

Tensions commerciales et escalade guerrière

Depuis le début de la pandémie, à plus forte raison depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, du fait des multiples mesures restrictives et des successifs confinements imposés par les gouvernements, et en raison de l’hyperinflation induisant une érosion du pouvoir d’achat,  l’activité dans les services subit une très forte baisse, notamment dans les secteurs de la culture (arts, spectacles et activités récréatives, en proie à une très forte baisse de fréquentation), les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, avec un recul particulièrement prononcé dans l’hébergement. Sans oublier le secteur du tourisme. Résultats de recherche pour « inflation » – les 7 du quebec

Pour autant, face à ces attaques frontales menées contre les conditions de vie et de travail, le prolétariat ne demeure pas inerte. Il riposte. En effet, face aux attaques portées contre ses conditions de vie, de consommateur, de citoyen et de travailleur, la classe prolétarienne se rebelle. Nous avons eu droit à un aperçu, une sorte de répétition générale, des mouvements de révolte surgis spontanément pour résister contre les mesures antisociales décrétées par les gouvernants : les carrés rouges au Québec, les Piketos en Amérique latine, les Gilets jaunes en Europe, etc. Plus récemment, en Guadeloupe, Martinique, Maroc, Sri Lanka. COMMENT RÉSISTER À L’INFLATION ? – les 7 du quebec et La récession qui s’amorce: LES ÉTATS-UNIS PEUVENT-ILS ARRÊTER L’INFLATION MONDIALE? – les 7 du quebecé

Quoi qu’il en soit, dans cette période marquée par l’exacerbation des tensions commerciales et l’escalade guerrière, la militarisation de la société et la caporalisation des mentalités, l’Alliance des pays qui parvient le plus efficacement à embrigader son prolétariat, à briser le plus rapidement la résistance de sa classe ouvrière, de sa petite bourgeoisie en voie de prolétarisation et de sa moyenne bourgeoisie en pleine paupérisation, triomphera de ses concurrents, et se positionnera ainsi en nouveau leadership de la nouvelle refonte mondiale capitaliste despotique.

À moins que le prolétariat mondial, dans un sursaut historique, parvienne à déjouer l’agenda socialement régressif, autant policièrement répressif que militairement agressif, du grand capital financier par une révolution sociale émancipatrice.

Une chose est sûre : quoique la bourgeoisie tente de dissimuler, par sa propagande officielle, l’effondrement de son mode de production capitaliste moribond derrière le paravent de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine, les populations mondiales ne sont pas dupes. Elles sont conscientes de vivre la fin de régime capitaliste, le crépuscule du règne de la bourgeoisie et de sa civilisation consumériste. La débâcle de son système est générale : aux plans économique, social, institutionnel, scientifique, médical, sanitaire, philosophique, moral, culturel, etc.

Aucune réforme salvatrice ne peut éviter l’effondrement du capitalisme. Ce mode de production est désormais en sursis.

Ironie de l’histoire, le système capitaliste, fondé sur l’accumulation de capital extrait du secteur privé, ne survit qu’à l’aide de fonds publics siphonnés des budgets de l’État et des grandes institutions bancaires, notamment les banques centrales.

En tout état de cause, même si le capitalisme joue les prolongations, maintenu de force par l’arbitre étatique à coups de subventions et financements publics, sans le ballon du profit, ni la participation des consommateurs qui ont déserté les gradins de la production du fait de la fermeture d’entreprises et du chômage endémique, le match historique du système est achevé. L’Histoire s’apprête à siffler la fin de la « game ».

Lénine a déclaré « le capitalisme est une horreur sans fin ». Notre époque, marquée par la résurgence de la paupérisation, la famine, du chômage endémique, des fléaux morbides, et, surtout, de la guerre généralisée, lui donne raison. Le capitalisme est ontologiquement pathogène, belligène, mortifère, génocidaire.

La dramatique situation actuelle marquée par la flambée des fléaux pathologiques (notamment la propagation des virus, des maladies psychiatriques et des morbidités multiples), par l’aggravation de la crise multidimensionnelle systémique, la prolifération des guerres et des exodes, constitue une condamnation sans appel du capitalisme. Au reste, depuis un siècle, c’est-à-dire la Première Guerre mondiale, il n’a survécu au-delà de sa mission historique que grâce à la falsification de ses lois (endettement, crédit, subventions, planches à billets), au durcissement autoritaire de son pouvoir étatique, illustré par l’instauration de modes de gouvernance fondés sur le fascisme, le nazisme, le stalinisme, la démocratie financière despotique bâtie en Occident décadent.

Quand une formation sociale et économique amorce son déclin, cela signifie que la révolution sociale est à l’ordre du jour.

 

Khider MESLOUB

L’EUROPE – LE GAZ RUSSE – L’INFLATION – LA RÉCESSION – LA GUERRE

Source Communia.

 

OÙ SOMMES-NOUS

Débit du NordStream en juillet

Le gouvernement allemand a envoyé tous ceux qui peuvent télétravailler à partir d’octobre, a réduit au maximum la consommation gouvernementale et a finalement durci son plan d’économie de gaz dans son ensemble .

Scholz affirme que les coûts des surtaxes sur le gaz seront d’un peu plus de trois cents euros par an et par famille allemande. Elle en a besoin pour payer le sauvetage du principal importateur , mis en faillite par les sanctions imposées à la Russie par son propre gouvernement. Mais la vérité est que si l’on calcule les taxes et que l’on ajoute la hausse prévisible des prix, l’impact total sur la facture dépassera très probablement mille euros par famille .

Et pourtant les grands économistes du grand capital allemand savent peu qu’ils n’ont qu’un seul objectif : économiser le gaz le plus possible pour faire tourner des industries comme la chimie ou la pharmacie, qui souffrent déjà du coup porté aux prix . Ce qui s’en vient se voit déjà dans ses déclarations. Selon les mots de Veronika Grimm, l’une des économistes les plus influentes du pays :

Le gouvernement a tort d’essayer de protéger les citoyens des hausses de prix. (…) Si nous ne répercutons pas les prix sur les consommateurs maintenant, beaucoup pourraient avoir l’illusion qu’ils finiront par s’en sortir gagnants. Tant qu’on peut s’attendre à ce que l’État plafonne les prix, moins sera épargné. Ce n’est pas une vallée comme la crise corona où vous pouvez aider les gens.

Car malgré tout, les comptes ne sortent pas. D’où l’importance que Berlin, qui préparait déjà « l’austérité pour tous » à Bruxelles, a accordé au plan européen de « solidarité » forcée visant à rationner le gaz en fonction des besoins industriels allemands.

The Economist a vu l’UE sur le point d’exploser . Mais la résistance était apparemment peu nombreuse. Le gouvernement hongrois a mis le doigt sur le yaga du gouvernement de coalition à Berlin en suggérant de ne pas fermer les armes nucléaires avant d’exiger du gaz rare des autres. Et le gouvernement espagnol, qui a fait tout un plat de sa résistance au premier moment , passa sans transition à une parade ordonnée par Under der Linden. Cette fois, de longues nuits de négociations et d’échanges stratégiques n’étaient pas nécessaires. Parce que?

  1. Parce que tout est « volontaire ». En réalité, aucun pays n’est obligé de faire quoi que ce soit s’il ne déclare pas une urgence énergétique. C’est comme si dans un naufrage, le seul à être obligé de partager un gilet de sauvetage était celui qui tombait à l’eau sans celui-ci. De plus, même dans ce cas, on ne sait pas comment l’obligation est décidée : le gouvernement polonais a exigé après le sommet que le principe de l’unanimité soit maintenu lors de l’imposition d’un rationnement obligatoire… c’est-à-dire donner la possibilité de bloquer à chaque membre pays.
  2. Car pour que ce qui a été signé soit utile à l’Allemagne, tous les pays devraient signer, au moins avec chacun de leurs voisins, des accords bilatéraux de solidarité. Quelque chose comme un gazoduc de contrats d’assistance mutuelle qui finit par obliger les pays les plus éloignés à partager leurs réserves alors que l’industrie du « croissant de lune industriel » européen vide les réserves de gaz les plus proches. Mais ces contrats ne le sont pas . Et peu les attendent.

Cela signifie-t-il que les restrictions et le rationnement ne viendront pas dans les pays les plus éloignés de la Russie ? Pas du tout. Seulement que chaque capitale nationale a gardé ses cartes pour en tirer le maximum face à l’Allemagne quand les choses se compliquent.

 

VERS UNE RÉCESSION MONDIALE

Variations trimestrielles du PIB américain

Variations trimestrielles du PIB aux États-Unis

En France, la presse débat de la manière de répartir l’austérité énergétique , que ce soit par des prix égaux pour tous ou par des prix échelonnés avec moins d’impact sur les bas revenus. Paris acceptés.

En Espagne, Pedro Sánchez est sorti hier pour raconter les préparatifs du futur rationnement comme si c’était quelque chose de merveilleux . Il s’est permis de lancer le leurre ridicule de la fin de l’égalité tout en annonçant qu’en septembre il présenterait à Bruxelles sa énième proposition de réforme du marché de l’électricité .

Tout le même jour que les données d’inflation espagnole ont atteint leur maximum en 38 ans . Indifférents à une réalité tenace, aucun média gouvernemental ne s’est rendu compte que l’augmentation de la consommation publiée également aujourd’hui était pour le moins trompeuse : le panier de base étant plus cher, nous achetons plus même si nous sommes plus pauvres simplement parce que nous devons dépenser plus pour le le plus basique et ce qui reste du salaire après est de moins en moins. Disons dans leur langage : hausse de l’inflation et gel des salaires, surprise surprise, augmentation de la propension marginale à consommer .

Cela ne semble pas être quelque chose qui devrait être célébré mais … cela a sauvé le PIB des négatifs par les cheveux . Un grand succès, disent-ils. Ce n’est pas ça. Il ne s’agit pas non plus de 0,5 % de croissance trimestrielle en France , bien que le moteur y ait été les exportations. Et ce n’est pas parce qu’en aucun cas ce ne sera durable. Le résultat trimestriel américain est déjà négatif et la nouvelle hausse des taux d’intérêt ne va qu’aggraver la contraction des offres d’investissement et d’emploi.

Il est déjà plus qu’évident que les sanctions n’ont pas seulement déchiré le tissu économique de l’Europe avec la Russie et l’Asie centrale, retournant la Russie sur la Chine et l’Inde , déstabilisant l’Asie et projetant la famine sur la moitié de l’Afrique . Elle a rendu obsolète le modèle d’accumulation allemand et déséquilibre profondément celui des États-Unis et de la Grande-Bretagne.

VOUS NE L’AVEZ PAS VU VENIR ?

Sommet de l'OTAN en 2018

Sommet de l’OTAN en 2018

Revenons un instant en 2018. Nous sommes en juillet et un sommet de l’OTAN a lieu. Merkel et Trump sont au sommet de leur carrière politique. Dans l’UE, le Green Deal fixe toujours son cap en fonction des intérêts industriels allemands, avec le gaz comme principale énergie de transition . La Russie termine la construction de NordStream 2… et Trump charge directement l’Allemagne : il exige la participation d’entreprises américaines à l’exploitation du gaz russe et à NordStream 2 lui-même… ou sa fermeture.

Le Nord Stream est la mère de tous les conflits géopolitiques entre la Russie d’une part et Visegrad et les États-Unis d’autre part. Nord Stream n’est en fait qu’un pipeline – détenu par la société pétrolière russe GazProm via une société suisse – qui permet l’approvisionnement direct en gaz du marché allemand.

Le Nord Stream 2 est un deuxième tube sur pratiquement le même parcours. Gazprom y partage l’investissement avec un groupe de cinq compagnies pétrolières européennes (Engie, OMV, Shell, Uniper et Wintershal).

La Pologne, la République tchèque et les pays baltes tentent d’empêcher sa mise en œuvre depuis des années car ils comprennent qu’elle augmente le pouvoir de négociation de la Russie en Europe. En mars dernier, alors que la guerre commerciale se dessinait, l’Allemagne a finalement autorisé le nouvel embranchement et il n’était pas nécessaire d’être un lynx pour se rendre compte que Merkel et Poutine posaient les bases d’un réalignement des intérêts Russie-UE… avec la Pologne et surtout l’Ukraine, en tant que « victimes potentielles » .

L’angoisse de la Pologne -l’un des pays disposant des plus grandes réserves de charbon en Europe-, des pays baltes et d’Europe centrale, est due au fait que les cycles combinés remplacent rapidement le charbon par des accords sur les émissions anti-changement climatique . […]

Les États-Unis ouvrent la bataille du Nord Stream et de l’accès à la production énergétique russe à un moment d’augmentation où la guerre commerciale avec la Chine devient de plus en plus violente et se transforme déjà en guerre des devises . Sur le front européen, Trump vise de plus en plus l’Allemagne , appelant ouvertement à son isolement et cherchant à alimenter l’épuisement de « l’Europe allemande » . Il montre à la bourgeoisie allemande que défendre le statu quo ne suffira pas dans le nouveau contexte. Merkel a semblé l’avoir au Québec . Il a également réalisé ce que cela signifiait . On ne peut s’empêcher de le voir : ce sommet de l’Otan nous rapproche un peu plus de la guerre.

Sommet de l’OTAN : les États-Unis ouvrent la bataille pour le gaz russe , 7/12/2018

Au sein de l’UE, la bataille pour le contrôle du gaz va devenir explosive, faisant exploser l’axe franco-allemand que Macron tentait de relancer quelques mois plus tard.

Le Nord-Stream 2 est aujourd’hui la pierre de touche de la relation entre l’Allemagne et les USA . C’est le fondement du rêve d’un impérialisme allemand capable de dominer seul l’Europe et la grande fracture stratégique au sein de l’UE. Aujourd’hui, une initiative de la Commission est votée qui mettrait un terme au projet. La France a déjà annoncé qu’elle voterait pour , coulant les plans russo-allemands et brisant, peut-être définitivement, l’axe franco-allemand et avec lui l’ère « Maastricht » de domination incontestée du capital allemand sur le continent.

Plus qu’un simple gazoduc, Nord Stream 2 est un cordon ombilical entre la Russie et l’Allemagne … que les Américains voient comme un danger direct contre lequel ils ne peuvent s’empêcher de presser sans vergogne .

La bourgeoisie allemande elle-même est divisée, elle craint de trop dépendre de la Russie et de perdre son influence sur la Pologne et l’Ukraine, qu’elle « fait littéralement pont ». Ce n’est pas une considération mineure, les pays du groupe de Visegrad , dont font partie la Pologne et la Slovaquie, deux « victimes » directes du Nord Stream, sont de loin les plus gros acheteurs des exportations allemandes : 256 000 millions d’euros contre 170 000 de Chine, 167 000 de France et 165 000 des États-Unis.

Mais la position majoritaire, défendue par Merkel et la CDU, est que le gazoduc cimente les rêves impérialistes allemands : accroître encore leur domination sur l’Europe, isoler et étouffer les pays de l’Est tout en acquérant une totale indépendance énergétique vis-à-vis de l’axe énergétique méditerranéen qu’il lui atteint. par l’Italie et la France. (…)

L’impérieuse nécessité d’exporter vers le marché allemand et de réduire encore son excédent commercial , c’est-à-dire les besoins strictement impérialistes des Américains, des Polonais et des Français, montre à l’Allemagne que sa position extractive sur l’Europe, basée sur le mécanisme de l’euro, n’est pas être si facilement pris pour acquis.

Avec le déclin de Merkel s’achève également l’époque où l’Allemagne pouvait être un « empire cupide » et affronter ouvertement ses principales destinations d’exportation. L’assujettissement des bourgeoisies européennes par l’euro commence à ne plus suffire au maintien de la puissance allemande.

Le jour où l’axe franco-allemand a été brisé , 13/02/2021

La France et l’Allemagne sont finalement parvenues à un accord de dernière minute … inaugurant la période de plus grande tension entre Berlin et Paris depuis la naissance de l’UE . La tension et les blocages mutuels qui ont duré jusqu’au Covid les ont forcés à choisir entre satisfaire à nouveau leurs urgences impérialistes et laisser exploser l’UE .

L’ascension de Biden à la présidence américaine a poursuivi et radicalisé la politique européenne de Trump. Dès le début de son mandat, les sanctions contre l’Allemagne comme pression contre NordStream2 et la pression sur la Russie depuis l’Ukraine , menaçant le Kremlin d’ éliminer sa profondeur stratégique, ont été les deux axes d’action clairs pour les Américains.

Oui, le gaz et les conséquences d’une rupture de l’approvisionnement russe de l’Allemagne n’ont jamais cessé d’être présents dans ce jeu pour chacun de ses protagonistes. C’était pour Biden qui avait promis que l’Allemagne ne mettrait pas NordStream 2 en marche… devant un Scholz silencieux . Il en a toujours été ainsi pour la France, qui n’a cessé de rappeler que sous l’ activisme nord-américain se cachait une vieille volonté de contrôle du marché européen de l’énergie, contre laquelle il fallait toujours se méfier.

C’était pour tous les concurrents de l’industrie allemande à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE. La Grande-Bretagne et la Hollande par exemple. Et bien sûr c’était à Bruxelles, Varsovie, Budapest et les capitales baltes. Chacun ayant des intérêts et des préoccupations particulières avec l’Allemagne, avec la Russie ou avec les deux, et dans le cas des États-Unis avec une stratégie globale. Ils étaient tous conscients du destin vers lequel ils dirigeaient le monde.

Et l’Allemagne le premier. En avril 2018, Merkel a averti les parlementaires de la CDU que l’Europe s’approchait rapidement d’une nouvelle guerre de 30 ans, soulignant le danger d’être exclue de l’histoire européenne pendant un siècle. « Les prochaines années montreront si nous avons appris de l’histoire », a-t-il déclaré pour clore son discours. Deux mois plus tard, après le clash avec Trump au sommet du G7, il déclarait :

L’ordre mondial s’est effondré, soit l’Allemagne dirige effectivement l’Europe, soit elle tombera.

Ni la France ni l’Allemagne n’attendaient un soulagement de la présidence Biden , mais les contradictions de leurs intérêts les ont empêchées de s’unir et de prendre à temps le commandement des impérialismes européens. Moins d’un mois après avoir prêté serment, Biden appuyait sur l’accélérateur militariste contre la Russie pour s’affirmer contre les deux.

Biden semble déterminé à reprendre et à accélérer le jeu anti-russe comme moyen d’assujettir l’UE, à la fois de l’intérieur et de l’extérieur .

Première étape : déployer des bombardiers en Norvège dans un mouvement que la Russie ne peut voir que comme une menace directe.

Deuxième étape : face à une éventuelle riposte russe, proposer à la Pologne et à d’autres pays un déploiement de roquettes à la Guerre froide.

C’est à l’ordre du jour de l’équipe Biden, qui se plaint que les Européens ne veulent pas le voir : Biden veut actualiser l’engagement nucléaire américain , c’est-à-dire accélérer la nouvelle course de la terreur mondiale . Le renouvellement du traité START n’était qu’un cadre partiel d’endiguement.

Biden met les gaz , 13/02/2021

Quatre mois plus tard, la tournée européenne de Biden a clairement fait comprendre que le gaz russe restait au centre de ses objectifs et que la résistance franco-allemande à une rupture brutale avec la Chine et la Russie n’allait conduire qu’à une radicalisation de sa stratégie avec à chaque fois moins de considérations envers les « partenaires européens ». En août, le départ de Kaboul l’a rendu évident .

Le fiasco afghan inquiète l’Europe non pas parce qu’il signifiera la « fin de l’ère américaine », mais parce qu’il a une fois de plus montré que les États-Unis de Biden n’ont pas plus de considération pour l’UE que Trump. En effet, Biden a rompu cette semaine l’accord qu’il avait conclu avec Merkel en juin et imposé de nouvelles sanctions aux entreprises liées à NordStream2, le nouveau gazoduc qui reliera la Russie et l’Allemagne dans quelques semaines.

Avec l’atmosphère tendue due aux tensions de l’évacuation et les responsables de l’UE accusant l’armée américaine d’entraver le départ des Européens et de leurs collaborateurs , les médias et think tanks européens ont commencé à commander des analyses des deux côtés de l’Atlantique en se demandant s’il s’agissait vraiment ils peuvent clore une ère d’unilatéralisme américain et reprendre leur souveraineté dans la conception de leurs propres politiques impérialistes ou ce qui s’est simplement passé, c’est que le tournant vers la Chine du capital américain les a laissés encore plus hors jeu . (…)

Ce que Kaboul ouvre n’est certainement pas « la fin de l’ère américaine », mais une étape dans laquelle la guerre mondiale est déjà directement reconnue comme l’horizon et dans laquelle nous verrons une nouvelle série de guerres régionales hautement internationalisées, une aggravation des tendances commerciales la guerre et le protectionnisme – largement développés à travers le  » Green Deal  » – s’accompagneront d’un renouveau idéologique de plus en plus ouvertement lié à la perspective d’enrôlement des travailleurs dans l’effort de guerre.

Kaboul est-il la « fin de l’ère américaine » ? , 25/08/2021

Bref : tout le monde l’a vu venir. Les États-Unis ont exercé de plus en plus de pression, passant du chantage économique trumpiste à la pression militaire et à la radicalisation guerrière bidéniste. Et la France et l’Allemagne se sont révélées incapables d’articuler leurs intérêts impérialistes pour arrêter la voiture qui avançait pour les submerger depuis Washington. Ils ont été incapables d’aller au-delà de la contrainte, à un coût économique croissant, des États membres de l’UE autour de Bruxelles en augmentant, avec une centralisation timide, les contradictions de leur propre zone d’influence impérialiste directe.

C’est pourquoi sa réponse aux pressions américaines face à une crise ukrainienne auparavant alimentée par Washington s’est organisée autour de sanctions. C’était le moyen de suivre les États-Unis pour éviter une perte complète de l’apparence d’un leadership intra-européen et en même temps éviter d’affronter directement la Russie. Mais en risquant les seuls mécanismes de blocage qu’ils avaient pu construire dans l’UE, les mutualisations, désormais sous forme de sanctions et de guerre économique, semblaient catastrophiques.

L’UE a finalement approuvé le train de sanctions qui menaçait d’être « dévastateur ». Ce n’est pas tellement. Les puissances européennes ont découvert que la maîtrise des mécanismes financiers et l’accès aux marchés ne suffisent plus à gouverner le continent. La classe dirigeante russe aujourd’hui, soutenue par la Chine, n’est pas aussi dépendante de l’UE que la Grèce l’était en 2015.

UE : Des sanctions « entre amis » au militarisme pur et dur , 25/02/2022

Ainsi, après avoir vérifié leur faible impact à Moscou, non seulement ils ne se sont pas arrêtés à évaluer les coûts auto-infligés des sanctions, mais ils ont célébré le « succès » de les avoir unanimement convenus et redoublés – ils sont déjà dans leur septième -, en les complétant de plus en plus par une aide militaire directe.

Afin de maintenir une position minimale face aux États-Unis sans affronter directement la stratégie américaine, ils sont passés de se tirer une balle dans le pied à sept et sont entrés dans une spirale militariste inféodée à Washington après avoir été incapables de se coordonner pour affirmer une alternative impérialiste commune qui maintiendrait aux États-Unis à une distance minimale .

Ce n’était pas une spirale inconsciente. La propaganda machacona sobre «el chantaje ruso» y la histeria de las consignas de Bruselas -como el inolvidable «Rusia es culpable» de Von der Leyen , con sus ecos históricos inevitables – demostraba que sabían muy bien hacia dónde estaban yendo y qué podían esperar que se passera-t-il.

Mais c’est le jeu impérialiste : pour Berlin et Paris, il s’agissait de garder à tout prix la poule aux œufs d’or du marché européen sans se séparer ouvertement des États-Unis. Pour la Russie, aplanir les contradictions entre les deux principales puissances européennes et la stratégie de Washington. Pour Biden et son équipe, déchirer définitivement le tissu des dépendances eurasiennes et remettre l’Europe dans la dépendance .

QU’ATTENDEZ-VOUS DANS L’IMMÉDIAT ?

viande dans un supermarché

L’achat de viande et autres consommations de base va être de moins en moins accessible pour les retraités

La fracture du marché mondial qui s’opère et la nouvelle division internationale du travail qui en résultera imposeront d’elles-mêmes une dynamique convergente avec les intérêts américains. Ce n’est pas une question d’années, mais de mois.

Cette semaine, Renault a annoncé qu’il amorçait son départ de Chine . Et les familles qui possédaient Volkswagen enlevaient Herbert Diess . Diess représentait la principale voix en faveur du maintien des investissements allemands en Chine au sein du capital allemand . Mais la grande industrie automobile allemande commence à se rendre compte que soit l’UE met des barrières et protège son « marché naturel », soit le marché de la voiture électrique peut être repris d’emblée par des entreprises chinoises sur tout le continent.

Cette reconversion de l’Europe en une grande île à l’extrême est de l’archipel américain, une fois son intégration avec la Russie et la Chine rompue, accélérera la stratégie d’absorption des Balkans occidentaux dans l’UE , ce qui ravivera très probablement des poches d’ impérialisme tension avec la Russie dans des régions comme la Bosnie et vieilles batailles pour le pouvoir entre la classe dirigeante de Serbie ou de Bulgarie.

Mais le plus important de la nouvelle « expansion balkanique » n’est pas seulement son intégration dans une nouvelle carte des conflits dans laquelle l’ Afrique et certaines enclaves d’Amérique du Sud comme les Malvinas, qui sont revenues sur la ligne de front mondiale en même temps que Biden que l’Ukraine , s’ajouteront à la liste des nouveaux points chauds potentiels en Asie et en Océanie.

L’expansion balkanique renforcera et homogénéisera encore plus vers le bas une nouvelle situation pour les travailleurs du continent. De toute évidence, l’ érosion des conditions vitales minimales causée par l’inflation et l’extension des contrats « zéro heure » ​​dans lesquels la personne embauchée ne travaille pas nécessairement ni n’est payée, comme les nouveaux contrats « fixes discontinus » en Espagne , ne va pas être s’est inversé, mais s’est propagé et s’est aggravé. Le résultat prévisible est le même que celui produit par l’original britannique : une augmentation soutenue de la pauvreté au travail .

Surtout à l’Est et en Allemagne, où l’ incapacité des revenus de nombreux ouvriers et retraités à payer le chauffage cet hiver va marquer un nouvel élan à la précarité générale des conditions de vie et de travail.

Pour cette raison, il sera de plus en plus courant pour les retraités partout en Europe, comme c’est déjà le cas en Grande-Bretagne , de devoir chercher des emplois plus ou moins au noir, plus ou moins à temps partiel pour compléter un revenu dont ils ne pourront même plus être en dernier recours familial… et peut-être même ne pas manger de viande une ou deux fois par semaine compte tenu de l’ évolution des prix , qui ne fera qu’empirer avec les nouvelles mesures du Green Deal .

Au tournant du mois d’août, l’Europe entrera pleinement dans une nouvelle ère en conséquence directe du développement mondial de la guerre dans le cadre du jeu de plus en plus direct entre les premiers sabreurs impérialistes et de la rupture à coups de hache du tissu des dépendances et des échanges commerciaux. entre l’UE d’un côté et la Russie et la Chine de l’autre.

Ce ne sera pas facile pour les travailleurs. Surtout s’ils ne sont pas capables de se défendre collectivement au niveau et de la manière que la situation historique exige . C’est pourquoi nous devons nous organiser. Et cela devient de plus en plus urgent.

Prolétaires du monde entier, unissez-vous, abolissez les armées, la police, la production de guerre, les frontières, le salariat !

 

Ils se foot de nous

OLIVIER CABANEL — Des exploits qui sentent le dopage à plein nez, des salaires exorbitants et un championnat qui s’essouffle.

Quand un joueur est capable de courir pendant 90 minutes, et parfois plus, sans paraître essoufflé, on s’interroge.

Quand un joueur s’écroule et meurt sur la pelouse, on est inquiet.

Un film à grand battage n’aura échappé à personne : Astérix aux Jeux Olympiques.

Le scénario est connu : pour gagner, les candidats utilisent une potion magique.

Mais ce n’est qu’un film.

Comment pourrait-on imaginer qu’un sportif digne de ce nom utilise de tels subterfuges pour décrocher une médaille ou mettre un but dans la cage ?

Certes, il y a bien quelques moutons noirs qui ont fini par être démasqués comme Lance Armstrong, mais le dopage ne touche-t-il que le cyclisme ?

Marc Vivien Foé, le joueur lyonnais, est mort sur la pelouse tombé d’un coup.

Explication : il était exténué.

Ah bon ? Aucun rapport avec une drogue qu’il aurait pris ?

Dans les temps anciens, ce qui menait les sportifs se résumait en un mot : enthousiasme.

En grec ancien, le mot enthousiasme signifie « avoir les Dieux dedans », mais, aujourd’hui, ce ne sont plus des dieux que les joueurs ont dans le corps.

Malgré les déclarations de Schumacher dans son livre de 1987 Coup de sifflet, malgré les contrôles positifs de joueurs vedettes comme Jaap Stam, Edgard Davids, Fernando Couto, ni même l’éviction de Maradonna du mondial américain de 1994, tout continue comme avant.

Le grand Zidane lui-même reconnut avoir pris de la créatine, produit qui ne figurait pas alors sur la liste des interdits.

D’après les chiffres publiés par France football, le temps de vie utile des joueurs professionnels a diminué de moitié au cours des vingt dernières années.

Edouardo Galénao, dans son livre Malaise dans le football, une industrie cannibale, écrit :

« Pour répondre aux exigences du rythme de travail, nombre d’entre eux n’ont d’autres recours que faire appel à l’aide chimique, piqûres et cachets qui accélèrent leur usure : les drogues ont mille noms, mais elles naissent toutes de l’obligation de gagner et devraient plutôt s’appeler « succetoïne » ».

Du pain et des jeux réclamait le peuple romain, où est la nouveauté ?

Que réclament aujourd’hui les Français ?

De beaux matchs avec plein de buts et l’augmentation de leur pouvoir d’achat.

A défaut de pouvoir répondre à la deuxième demande, contentons-nous de satisfaire à la première se dit le chef de l’Etat.

Seulement voilà, les sommes demandées par les instances footballistiques sont aujourd’hui si élevées que les chaînes de télévision hésitent à acheter si cher ces prestations.

Feuilleton passionnant quand l’on connaît les salaires attribués à quelques joueurs :

Sur internet circulait il y a peu le bulletin de paie d’un joueur lyonnais :

Heures payées = 151,57

Salaire brut : 141 199,76

Salaire net : 131 997,44

Comment voulez-vous faire : pour payer si cher des joueurs, il faut bien que quelqu’un achète les prestations encore plus cher.

Alors tous les jeunes de banlieue se prennent à rêver.

Leurs études sont un échec et le foot va faire d’eux des vedettes.

Ils oublient une chose : sur un terrain de foot, il n’y a que 22 joueurs.

Et les postulants risquent bien de se retrouver sur la touche, les poches vides et sans diplômes.

Voilà où va la France d’aujourd’hui : paillettes et pauvreté, drogue et football, carrosse et citrouille.

Et le prince charmant, pour séduire la princesse, arbore ses montres clinquantes et ses espèces trébuchantes.

Mais comme disait un vieil ami africain :

« La mouche a beau voler, elle ne deviendra jamais un oiseau ».

«2023 sera une année infernale». Martin Armstrong met en garde contre la guerre pour effacer la dette

Par Tyler Durden – Le 21 Juillet 2022 – Zero Hedge

Le légendaire analyste des cycles financiers et géopolitiques, Martin Armstrong, affirme qu’il est temps de se préparer à ce qui va arriver en 2023.

Le programme informatique Socrates d’Armstrong prédit que « 2023 sera une année infernale« .

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30.07.2022-Rousset-Armstrog-China-military-English-Italiano-Spanish

Armstrong explique :

« Notre ordinateur prédit un ‘cycle de guerre’ qui frappe en 2023, mais aussi des troubles civils…donc, vous envisagez des révolutions, etc. à cause de l’inflation.  Notre projection sur le pétrole est qu’il va augmenter de façon spectaculaire en 2023.  Ce sera la même chose, je pense, pour les prix de l’essence. Ce n’est pas encore fini. L’euro ressemble à une mort réchauffée…Notre ordinateur prévoit la poursuite du déclin de l’euro et la hausse des prix des matières premières. Avec ces sanctions contre la Russie, vous venez d’entendre le leader de la Hongrie dire que l’Europe se suicide. Les sanctions font plus de mal à l’Europe qu’à la Russie. C’est comme un coup de feu dans le poumon. Ils ne peuvent même plus respirer à ce stade ».

Selon Armstrong, il ne faudra pas attendre l’année prochaine pour voir des tensions extrêmes dans le système financier.  Armstrong prévoit des bouleversements financiers pour les mois d’août et de septembre. Ainsi, la douleur économique est déjà là et s’aggrave, en particulier en Europe.  Armstrong déclare :

« Je pense que nous allons voir les choses se précipiter…. De toute façon, la crise s’aggrave…. Ce qui rend les choses encore pires pour le monde, c’est que le dollar monte et ne baisse pas.  C’est parce que tous ces marchés émergents ont émis des dettes en dollars…Ils empruntaient en dollars parce que le taux d’intérêt était moins élevé, et ils n’avaient aucune idée du risque de change… C’est ce qui s’est passé en Australie.  La devise fluctue et, soudain, vous devez 20 % de plus…..La même chose s’est produite avec tous ces marchés émergents…. Maintenant, le dollar monte et on assiste à des ruées vers les banques ».

Selon Armstrong, non seulement l’euro est en chute libre, mais les obligations en euros sont boudées par les banques américaines. C’est un autre mauvais signe financier pour l’UE.

Armstrong déclare :

« Toutes ces choses constituent une véritable crise. Je peux vous dire qu’en parlant aux trois principales banques de New York, elles refusent d’accepter toute dette souveraine européenne comme garantie – point final. C’est ce qui a déclenché toute la crise du repo en 2019. »

Nous entrons donc dans une crise de la dette avec le système financier de l’UE dans le collimateur.  Armstrong dit :

« C’est pourquoi ils font pression pour la guerre…. Ils pensent qu’ils peuvent créer un nouveau système monétaire, et pour ce faire, ils ont besoin de la guerre. Ils pensent qu’ils peuvent la garder juste conventionnelle.  Ensuite, les Nations Unies peuvent apparaître comme le chevalier blanc et le pacificateur. Donc, nous avons un autre Bretton Woods. Vous pouvez redessiner toutes les monnaies, et quand vous faites cela, vous effacez toute la dette. C’est ce qui est à l’ordre du jour… Il n’y a aucun moyen pour eux de s’en sortir autrement que par un défaut de paiement. S’ils font défaut, ils s’inquiètent de voir des millions de personnes prendre d’assaut les parlements d’Europe… C’est vraiment une énorme crise financière à laquelle nous sommes confrontés. Ils ont emprunté année après année depuis la Seconde Guerre mondiale sans avoir l’intention de rembourser quoi que ce soit. »

Il y a beaucoup plus dans cette interview de près de 40 minutes.

https://rumble.com/v1cvw9r-2023-will-be-year-from-hell-martin-armstrong.html

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

La ligne de basculement

Par : ROBERT GIL

Recherche menée par Robert Gil

La force du système ultra libéral, nouvelle appellation de certain, mais qui n’est que la continuité du capitalisme, est d’avoir en quelques décennies réussi à faire en sorte que les gens aient intériorisé la formule du « c’est comme ça, on ne peut pas faire autrement, tous les autres systèmes ont échoué, il n’y a aucune alternative ». Et tous les pays qui veulent vivre différemment ou essaient une autre voie sont immédiatement sanctionnés, voir ici la théorie dite « punir les mauvais élèves ». Mais il est certain qu’un profond ressentiment et un mal de vivre pèsent sur les populations de nombreux pays. Les « sacrifices » constants demandés  aux plus nombreux et souvent au plus pauvres commencent à toucher les classes dites moyennes et épargnent toujours les plus favorisés qui se vautrent dans le luxe et étalent dans les magazines peoples leur fortune démesurée. A Monaco au dernier étage d’une tour en construction on pourra acheter un appartement d’une valeur de 300 millions d’euros!

La seule préoccupation de nos élites dans la course effrénée au pouvoir et à la richesse est d’éviter un soulèvement violent des populations qu’ils exploitent. Eviter coûte que coûte  qu’une «révolution» compromette complètement ce mécanisme qu’ils mettent patiemment en place depuis des décennies. Lorsque l’on pressurise des peuples, il y a une ligne que l’on pourrait nommer « ligne de basculement » ou de « fracture » qui une fois atteinte peut déclencher, pour un motif à priori anodin ou secondaire, une véritable révolte avec des conséquences incontrôlables. Passé cette ligne, les populations sont annihilées, lobotomisées et trop préoccupées par leur seule survie pour se rebeller de façon à mettre en danger le système dominant. Donc, le véritable problème pour nos dirigeants (politiques, économiques et financiers) est de passer cette ligne sans encombre. Le tout est de savoir à combien de distance nous sommes de cette ligne ? En sommes- nous encore loin ? L’avons nous atteinte ? Ou est-ce déjà trop tard ? Nous l’avons peut être déjà dépassée et les soubresauts que l’on perçoit ici ou là ne sont que des petites répliques sans importance pour le système.

En Turquie, il a suffi que  le parc Gezi  soit menacé d’être détruit par les pelleteuses pour qu’éclatent des manifestations violentes dans 385 villes du pays  et que la place Taksim soit le symbole d’un mouvement contestataire qui n’en finit pas. A Rio de Janeiro, une augmentation de 6 centimes d’euros a mis des millions de brésiliens dans les rues. Des centaines de milliers de manifestants ont défilé pendant des jours pour protester contre la hausse des tarifs des transports publics et les dépenses somptuaires engagées pour l’organisation du Mondial 2014 de football. Et là bas non plus ce n’est pas fini. Souvenons nous aussi qu’il n’y a pas longtemps, au Portugal,  il a suffi que le gouvernement veuille abaisser les cotisations patronales de 22,5 à 18, 5 % et hausser celles des salariés de 11,5 % à 18,5 % pour mobiliser 1,5 million de manifestants (soit l’équivalent de 11 millions en France). En Grèce la colère gronde toujours, et dans de nombreux pays européens un mal être et un ras le bol couvent sous l’apparente acceptation des changements voulus par la commission européenne avec la complicité de nos politiques et le « forcing » des banques et des organismes financiers. J.P Morgan ou Goldman Sachs par exemple préconisent de baisser les salaires de manière drastique et de mettre en place des régimes plus « autoritaires  » en Europe … Alors cette ligne dite de « basculement » où est-elle ?

Ouvertement ou insidieusement, tout est fait pour mettre en place  des mesures pour réprimer la classe ouvrière et éradiquer ses acquis sociaux. Le système capitaliste et ses agents politiques soutiennent qu’il est nécessaire d’imposer des «réformes politiques» destinées à supprimer l’opposition aux mesures d’austérité massivement impopulaires qui sont appliquées au nom des banques. Leur rêve est de mettre en place des régimes fascistes et dictatoriaux pour permettre à la bourgeoisie de préserver ses privilèges. Mais il est sûr que nous sommes en équilibre instable et une étincelle peut mettre le feu aux poudres, quelle sera la grosseur de l’allumette, quelle sera la quantité de la réserve de poudre… ça c’est une autre histoire !

DANS QUELLE LANGUE DIEU A-T-IL ÉCRIT LES 10 COMMANDEMENTS?

Par : JBL 1960

DR A. EZZAT TRADUIT & COMPLÉTÉ PAR JBL1960


FAISONS TOMBER LES DOGMES, LES DOCTRINES & LES MYTHES ;

Tous les écrits, publications et livre du Dr. Ashraf Ezzat qui ne dit jamais que l’histoire de la bible est une invention. Mais prouve juste que la location GÉOGRAPHIQUE de cette histoire n’est pas la bonne. Et qu’il ne faut pas chercher en Égypte ou en Palestine des traces de  l’ Exode ou du Palais de Salomon mais dans le Sud de l’Arabie Saoudite et au Yémen sont réunis, en français, dans ce PDF N° 3 de 47 pages ► TRADUCTION DE LA BIBLE & ESCROQUERIE HISTORIQUE et dans sa dernière version de juin 2017. Dès que j’aurai traduit sa dernière vidéo « Joseph d’Arabie » je la rajouterais avec sa toute dernière publication, ci-dessous, au PDF initial.

Dans quelle langue Dieu a-t-il écrit les 10 commandements ?

Dr. Ashraf EZZAT | le 31 août 2017 | URL de l’article source en anglais ► https://ashraf62.wordpress.com/2017/08/31/in-what-language-did-god-write-the-ten-commandments/

Traduit par Jo Busta Lally le 1er septembre 2017

« Les Dix Commandements auraient dû être écrits en langue égyptienne ancienne, mais ce ne fut pas le cas. Alors, où est le chaînon manquant ? « 

Le dieu des Israélites a-t-il délivré les soi-disant Dix Commandements à Moïse par voie orale ou sous forme écrite ? La Bible dit clairement dans plusieurs endroits qu’il a effectivement écrit les Dix Commandements lui-même (avec son propre doigt). Le verset le plus clair à cet égard se trouve dans (Ex 31:18).

Ce qui était si spécial à propos de ces dix commandements, en particulier, c’est  qu’ils préconisaient l’éthique commune, l’homme ancien avait déjà connu et apprécié – y compris l’idée d’un Dieu suprême – par l’évolution sociale et non par la révélation divine ?

Ironiquement, l’homme dieu a choisi de porter ses lois qui abhorraient fortement l’acte de tuer et de voler, alors qu’il était déjà un tueur et plus tard un seigneur de guerre qui a ordonné le meurtre de tant de personnes innocentes après avoir volé leur terre natale. Cela permet de se demander si ces commandements ont un mandat moral qui aurait empêché les enfants d’Israël de commettre les crimes de guerre qu’ils ont commis au nom de l’invasion ou de l’occupation de leur soi-disant «Terre promise».

De plus, la plupart des cultures anciennes avaient des codes d’éthique plus ou moins semblables aux dix commandements hébraïques et, étonnamment, d’autres cultures les avaient remplacées. L’Égypte antique avait longtemps respecté 42 commandements moraux – connus sous le nom de lois de Ma’at, écrit au moins 2 000 ans avant l’époque de Moïse. Ma’at est le principe égyptien de la vérité, de la droiture et de l’ordre. Par rapport aux lois morales égyptiennes, les Dix Commandements semblent un peu trop peu et trop tard.

Plus important encore, quelle était la langue que le dieu des Israélites utilisait pendant qu’il dictait ses tables de la Loi et aussi pendant ses longues conversations avec Moïse ? Le dieu des Israélites a-t-il utilisé le chinois, le grec ou l’ancien hébreu, comme le croit le consensus des érudits bibliques ?

Quel était le but que le dieu des israélites voulait atteindre en inscrivant directement ses commandements sur la pierre, plutôt que de les articuler verbalement à Moïse, comme il le fit, du reste, avec la Torah ? Si ces tablettes étaient si divines et si sages, comment Moïse at-il eu le courage – quelle que soit la raison d’être – de les briser en morceaux à la minute où il est descendu de la montagne où il a longuement discuté avec son dieu ? Ou peut-être que Moïse al détruit ces tablettes saintes parce que la gestion de la colère (une valeur recommandée par les anciens sages) n’était en quelque sorte pas incluse dans ces Dix Commandements ?

Le rendu des Dix Commandements sous une forme écrite semble étrange, étant donné que, au moment de l’histoire de l’Exode d’Égypte, aucun esclave israélite n’était alphabétisé en hébreu ancien ou dans une autre langue ancienne.

Aussi, pourquoi le dieu des Israélites a-t-il insisté pour écrire ses commandements pour une mafia analphabète, agressive et ingrate d’Israélites ?

En fait, l’alphabet paléo-hébreu n’a pas évolué avant 1000 ante JC – environ trois siècles après le temps de Moïse et de ses 10 commandements. La structure de la langue est relativement semblable à l’hébreu ancien, qui était sur le point de se produire vers 1000 av. J.-C., mais les symboles n’étaient pas en hébreu, ils proviennent d’un ensemble de symboles pictogrammes antérieurs à l’écriture arabe / yéménite ancienne.

Alors, quel était le but de délivrer des commandements de Dieu inscrits sur des tablettes de pierre quand personne ne pouvait les lire, y compris Moïse qui aurait été élevé et éduqué selon la tradition et la langue égyptiennes ?

Si Moïse a été (comme le dit l’idée fausse ou le mythe) élevé comme un égyptien de haut rang, il était probablement alphabétisé qu’en égyptien antique.

Les Hébreux n’avaient pas pu lire ou écrire leurs propres hiéroglyphes, parce que c’était une compétence étroitement gardée qui exigeait des années de formation et était le domaine exclusif d’une classe de scribes sélective, habituellement pratiqué par l’élite de familles égyptiennes.

Bien qu’aucune preuve archéologique n’a jamais été retrouvée pour attester d’un tel événement d’exode ou d’asservissement en Égypte, mais, si l’histoire de Moïse s’est passée dans l’ancienne Égypte, alors les Dix Commandements ainsi que le reste des Tables de la Loi, devraient avoir a été écrit dans une langue égyptienne antique. Mais ce n’était pas le cas selon le consensus scolaire. Alors, où est le lien manquant ?

Quand Moïse n’était pas en Égypte avant l’Exode, il était avec les Madianites et non les Hébreux. Le fait que Moïse, après avoir fui l’Égypte, ait pu facilement communiquer / converser avec les Madianites signifie que les gens de l’Égypte ancienne et du Madian parlaient la même langue, mais historiquement cela n’est pas vrai non plus.

Un consensus (erroné) parmi les historiens considère le Madian comme une tribu arabe / confédération de tribus qui habitait dans la partie nord-occidentale de l’Arabie antique. Mais les historiens ne se sont pas trompés car ils ont identifié les Madianites en tant que tribu arabe, mais seulement lorsqu’ils les ont localisés au nord de la péninsule arabique (près de l’Égypte). Alors que selon la tradition arabe antique et les enregistrements, le site original de Midian était depuis longtemps dans la partie ouest-sud de la péninsule arabique et plus précisément dans l’ancien Yémen. La montagne de Jethro / Shu-ayb (le beau-père de Midianite de Moïse) reste au Yémen comme le pic le plus important de toute la péninsule arabique.

Si les Madianites étaient des tribus arabes anciennes, ils devaient avoir parlé une sorte de langue / dialecte arabe antique.

Est-ce que Moïse a parlé la langue de l’Égypte antique ou de l’arabe ancien ? Très peu probable. Alors, comment cet anachronisme pourrait-il être expliqué ?

De plus, Dieu a-t-il parlé à Moïse en langue égyptienne antique ou en ancien arabe ? (Et s’il vous plaît épargnez-moi les voix condescendantes qui prétendront que Moïse et son dieu ont conversé dans un dialecte divin surnaturel, parce que même les autorités rabbiniques les plus fondamentalistes n’ont jamais été aussi loin).

Si, au moment prétendu de l’histoire de l’Exode, aucun alphabet / langue écrite n’avait encore évolué dans l’ancien Proche-Orient – sauf l’Égyptien, le Sumérien et l’Ancien Arabe / Yéménite, alors quelle était la langue la plus probable que le dieu des israélites avait utilisé pour graver ses (soi-disant) Dix Commandements ? Bien sûr, le sumérien et l’égyptien semblaient très improbables.

Cela nous laisserait une seule possibilité ; Les Dix Commandements doivent avoir été écrits dans l’Ancien Yéménite.

Fait intéressant, pas très loin du Yémen, l’Église orthodoxe et le sacerdoce de l’Éthiopie moderne sont persuadés que leur terre a toujours gardé l’Arche de l’Alliance, quelque chose que le monde entier a longtemps jugé perdu et irrémédiable.

Mais cette conclusion changerait considérablement la géographie de l’histoire de l’Exode, de l’Égypte ancienne à l’Arabie antique et au Yémen. Bien que cela puisse sembler bien lointain pour beaucoup, l’Arabie antique et le Yémen sont en réalité les anciens Israélites (primordiaux) qui habitaient là à l’origine et d’où leurs histoires et leurs légendes ont évolué, y compris celles de l’Exode.

La vraie question est que la doctrine de l’Église catholique romaine ou ce qu’on appelle le Nouveau Testament reposait à l’origine sur une véritable culture et son folklore arabe. On l’appelle par erreur l’Ancien Testament ou la Bible hébraïque – soit une terminologie totalement grecque (chez les Arabes et les Éthiopiens, on parle seulement de la Torah)

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For further reading and references :

The Bible unearthed” by Israel Finkelstein & Neil Silberman

Deconstructing the walls of Jericho” by Prof. Ze’ev Herzog

Bible came from Arabia” By prof. Kamal Salibi

Egypt knew no Pharaohs nor Israelites” by Dr. Ashraf Ezzat

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Dans sa vidéo (en lien) entièrement retranscrite en français par Résistance71 et uniquement sur ce blog, le Dr. Ashraf Ezzat argumente que l’esclavage n’était nullement une pratique fréquente en Égypte antique ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/06/07/lesclavage-netait-pas-une-pratique-frequente-en-egypte-dr-ashraf-ezzat/

Dans ce dernier billet complété par mes soins sur une traduction de R71 ► L’histoire de Joseph coule le Titanic du Dr. A. Ezzat on comprend que la mystification et la falsification durent depuis au moins 2600 ans ; Au moins…

Et que pour l’empire anglo-américain-christo-sioniste et une certaine minorité blanche ce n’est pas prêt de changer si nous ne nous levons pas pour dire STOP ! ÇA SUFFIT !

Les stratégies militaires modernes des va-t-en guerre chinois

Les modifications apportées au Livre blanc clarifient l’orientation du développement militaire de la Chine.

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30.07.2022-Rousset-Armstrog-China-military-English-Italiano-Spanish

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, le déclenchement de la guerre du Golfe et la mise en œuvre de nouvelles réformes militaires dans le monde entier ont montré que la guerre mécanisée allait être remplacée par une nouvelle forme de guerre : la guerre de l’information. La manière de traiter efficacement les nouveaux défis de sécurité de la Chine et les préparatifs militaires pour la nouvelle révolution militaire mondiale sont devenus les questions militaires les plus importantes mises à l’étude à l’époque.

Jiang Zemin (photo), alors président du Conseil militaire central, avait depuis longtemps commencé à étudier comment mener les futures batailles et comment construire une armée, et à planifier et formuler de nouvelles orientations militaires stratégiques pour prendre la direction stratégique. Dans les années 1990, la politique stratégico-militaire a été étudiée très activement dans le milieu universitaire de l’armée chinoise, et différents points de vue sont souvent apparus, indiquant une tendance au développement de la « lutte de centaines d’écoles ». Les scientifiques ont fait de nombreuses propositions pour définir la stratégie militaire dans une nouvelle situation et beaucoup d’entre elles sont pertinentes.

Jiang Zemin a déclaré à l’époque : « La question de la politique stratégique militaire peut être étudiée dans les forces armées, en particulier dans les départements de recherche, mais la politique stratégique de notre pays dans son ensemble doit, selon moi, être menée conformément à la politique de défense active définie par le camarade Xiaoping, car la défense active est conforme à notre réforme et à notre ouverture, à notre politique de développement économique ».

Il a souligné que la stratégie militaire est en fin de compte le moyen de gouverner un pays. Dans toute nation, il est absolument impossible de gouverner le pays sans une armée de qualité. « La politique de défense active est notre héritage et nous devons l’étudier pleinement et systématiquement, la comprendre complètement et précisément, et la mettre en œuvre rigoureusement. En même temps, comme la situation évolue, elle doit aussi être transmise et développée de manière réaliste ». Ainsi, après de nombreuses études, les militaires chinois ont progressivement formé un consensus sur la stratégie militaire de la nouvelle ère. Et au début de 1993, la « politique militaro-stratégique de défense active dans une nouvelle ère » a été officiellement présentée. Dans ce document, un ajustement stratégique sérieux de l’idéologie directrice a été effectué et le point principal de la préparation à la lutte militaire est passé de la réaction à des guerres locales dans des conditions générales à la victoire de guerres locales dans les conditions de la technologie moderne. Il s’agit d’un développement important de la pensée stratégique de la défense active, ainsi que de l’approfondissement de la transformation stratégique de l’idéologie directrice de la construction militaire, marquant l’établissement de la stratégie militaire de la Chine dans une nouvelle ère.

La « défense active » est au cœur de la stratégie militaire de la nouvelle ère. La Chine prônant fermement la construction économique, la réforme et l’ouverture, le but de la préparation à la lutte militaire est de créer un environnement pacifique pour le développement du pays. Par conséquent, la politique militaro-stratégique de la nouvelle ère doit résoudre non seulement le problème de la préparation à la guerre et de la manière de la mener, mais aussi la dissuasion efficace de la guerre, le désir de l’éviter et de l’arrêter.

Wei Xinan, historien militaire, a déclaré que la politique militaro-stratégique de la nouvelle ère commence par une grande stratégie, intègre étroitement le combat militaire au combat politique, diplomatique et économique, s’efforce d’améliorer l’environnement stratégique de la Chine, de réduire l’instabilité et de contenir et retarder les guerres ou les conflits armés contre la Chine.

Au tournant du siècle, une nouvelle révolution militaire mondiale, dont le contenu principal est l’informatisation militaire, s’est développée et les caractéristiques de la guerre informatisée sont devenues de plus en plus évidentes. La Commission militaire centrale est bien consciente de ce changement et a une fois de plus développé la politique militaro-stratégique de la nouvelle ère, proposant de transférer la base de la préparation de la lutte militaire pour la victoire dans l’information des guerres locales qui peuvent survenir dans le futur.

Le spécialiste Wei Xinan a déclaré : « Pour gagner une guerre locale dans un environnement de haute technologie, nous devons nous appuyer sur l’utilisation des armes et des équipements existants, et hériter et développer l’excellente tradition de l’armée populaire en utilisant des équipements obsolètes. Cependant, de nos jours, l’essence de la guerre de haute technologie est la « guerre de l’information ». Il a également souligné que la politique militaire enrichie et améliorée de la nouvelle ère a déplacé l’objectif de la direction stratégique vers « la construction d’une armée basée sur l’information et la victoire dans une guerre basée sur l’information », clarifiant davantage l’idéologie directrice fondamentale à laquelle il faut adhérer lors de la construction de son armée et de la préparation au combat.

Sécurité nationale : la situation actuelle de la Chine

Zhang Zhaozhong, théoricien militaire chinois, observateur militaire et contre-amiral de la marine, a souligné dans son article « National Defence Again »1 qu’étant donné la situation actuelle de la sécurité nationale, la Chine devrait prêter attention au moins aux huit questions suivantes.

Premièrement, la Chine doit reconnaître la menace de la guerre dans le monde moderne. Actuellement, l’ordre dominant dans le monde est toujours le système institutionnel capitaliste, dirigé par les pays occidentaux développés, avec les États-Unis en tête. Dans le processus de mondialisation capitaliste, la recherche du profit est le principal moteur, la nature du capital n’a pas changé. Si la nature du capitalisme, qui maximise les profits, favorise le développement économique, elle entraîne également une plus grande concurrence mondiale. Le général estime que tant qu’il y aura une concurrence mondiale au sein du système capitaliste, les guerres entre les peuples seront inévitables.

Deuxièmement, la Chine doit reconnaître la menace d’un endiguement stratégique de la Chine par les États-Unis. Les États-Unis sont la seule superpuissance du monde de l’après-guerre froide à disposer d’une stratégie globale et d’un vaste système d’alliances militaires avec des bases militaires dans le monde entier. La façon dont les États-Unis choisissent de traiter avec la Chine a un grand impact sur l’environnement sécuritaire chinois. En d’autres termes, les États-Unis sont le plus grand facteur externe influençant la sécurité de la Chine. Plus récemment, l’Amérique a poursuivi une stratégie de « rééquilibrage de l’Asie-Pacifique » pour contenir la Chine en termes de politique, de sécurité et d’armée. Cette stratégie de « rééquilibrage Asie-Pacifique » montre clairement que les principes politiques américains n’ont pas changé.

Troisièmement, la Chine doit reconnaître la menace d’un parti pris de droite dans la politique japonaise. La Chine et le Japon sont séparés par une simple bande d’eau. Une coopération amicale tous azimuts entre la Chine et le Japon est dans l’intérêt fondamental des deux peuples et constitue la politique constante de la Chine. Toutefois, il convient de noter que depuis la fin de la guerre froide, on a assisté à une augmentation du nombre de courants idéologiques de droite dans la société japonaise qui nient ouvertement l’histoire de l’agression nipponne, embellissent la guerre d’agression, promeuvent vigoureusement la révision de la constitution et une tentative d’acquérir officiellement le « droit d’autoprotection collective », se débarrassent des restrictions de l’article 9 de la constitution. Ces dernières années, le Japon a cherché à exploiter le déplacement du centre de gravité stratégique américain vers l’est pour défier ouvertement la Chine et poursuivre la politique dite de « nationalisation » du territoire chinois sacré des îles Diaoyu, qui non seulement menace la souveraineté territoriale mais remet aussi ouvertement en question le système international fondé sur le processus de Tokyo. Zhang Zhaozhong estime donc que, poussé par la tendance de la société de droite, le Japon glisse de plus en plus vers la possibilité d’une confrontation avec la Chine.

Quatrièmement, la Chine doit reconnaître la menace de l’instabilité de la péninsule coréenne. La péninsule coréenne n’est séparée de la Chine que par un fleuve et la Chine tient à sa sécurité. L’élimination de toute forme d’ingérence, la réalisation de la dénucléarisation de la péninsule coréenne et le maintien d’une paix à long terme sont non seulement dans l’intérêt de la Chine, mais aussi dans celui de toutes les parties.

Cinquièmement, la Chine doit reconnaître la menace que représentent les différends relatifs aux droits et intérêts maritimes. Ces dernières années, les actions de certains pays voisins qui empiètent sur les droits et intérêts maritimes de la Chine sont devenues plus fréquentes. La situation concernant l’occupation d’îles chinoises, la division des espaces maritimes et le pillage des ressources maritimes est de plus en plus grave. Bien que la Chine ait promu la politique de « suprématie de la souveraineté, ajournement des différends et développement commun » à partir de l’intérêt commun de maintenir la paix et la stabilité dans la région, de préserver l’amitié traditionnelle avec les pays voisins et de maintenir les opportunités de développement commun, les bons vœux de la Chine ne reçoivent pas la réponse qu’ils méritent.

Sixièmement, la Chine doit reconnaître la menace d’une « indépendance de Taïwan ». Le général a souligné que les forces séparatistes n’ont pas disparu de Taïwan. Après le retour de Hong Kong et de Macao dans leurs patries, la réunification pacifique des deux côtés du détroit de Taïwan selon le principe « un pays, deux régimes » est toujours confrontée à une bataille difficile et il reste un long chemin à parcourir.

Septièmement, la Chine doit reconnaître la menace que représentent les forces de « l’indépendance du Xinjiang » et de « l’indépendance du Tibet ». Les « forces du mal » représentées par le « mouvement du Turkestan oriental » ont des tendances obstinées, réactionnaires, radicales et violentes. Ils ont conspiré et se sont fait écho à l’intérieur et à l’extérieur, soutenus et tolérés par les forces étrangères anti-chinoises, ont été très destructeurs et ont eu un grand impact sur la sécurité politique, économique et sociale de la Chine, en particulier du Xinjiang et du Tibet.

Huitièmement, la Chine doit reconnaître la menace de pénétration et de différenciation par les forces occidentales anti-chinoises. Ces dernières années, les forces occidentales ont continuellement infiltré le pays sur le plan politique par divers moyens, encouragé les forces antigouvernementales dans certains pays et organisé une série d’actions politiques délibérées dans le but de renverser le régime en place. Par exemple, l’incident du « printemps arabe » créé par les États-Unis en Égypte ressemble à un « cauchemar arabe » ; l’Égypte s’est muée en un « pays démocratique » presque du jour au lendemain, et bien que des élections libres aient été organisées, elle n’a pas atteint une véritable démocratie. Zhang Zhaozhong estime que « ces incidents sanglants sont exactement ce que les forces occidentales anti-chinoises veulent voir survenir en Chine et nous devons être prêts ».

Le « Livre blanc sur la stratégie militaire de la Chine » : la quête d’une armée nationale forte et de la paix mondiale (sic)

Le 26 mai 2015, le gouvernement chinois a publié le « Livre blanc sur la stratégie militaire chinoise », le neuvième livre blanc sur la défense nationale publié par le gouvernement chinois depuis 1998 et le premier livre blanc à exposer spécifiquement la stratégie militaire de la Chine. Avant la publication du « Livre blanc sur la stratégie militaire chinoise », la Chine a publié huit livres blancs sur la défense nationale. En 1998, le système de livre blanc de la défense nationale avec des caractéristiques chinoises a été établi, qui pour la première fois a décrit de manière systématique la politique de défense nationale de la Chine. En 2000, pour la première fois, la question de Taïwan a été spécifiquement abordée dans la section sur la politique de défense nationale ; en 2002, pour la première fois, la politique stratégico-militaire de la nouvelle ère a été systématiquement exposée, un nouveau chapitre « Forces armées » a été ajouté, qui présente de manière exhaustive la composition de l’armée de libération du peuple, de la police armée et de la milice. En 2004, les principes et méthodes de base pour la promotion de la réforme militaire aux caractéristiques chinoises ont été exposés pour la première fois dans une nouvelle présentation, tels que « réduire le nombre de troupes de 200 000 unités », « renforcer la construction de la marine, de l’armée de l’air et de la deuxième armée d’artillerie » et « promouvoir la création de technologies de l’information ». En 2006, la stratégie nucléaire de la Chine a été annoncée pour la première fois, une stratégie de sécurité nationale a été proposée pour la première fois, et l’environnement sécuritaire de la Chine a été analysé de manière exhaustive pour la première fois. En 2010, l’établissement d’un mécanisme de confiance mutuelle entre les deux rives du détroit a été esquissé pour la première fois et en 2013, le regroupement des forces a été annoncé pour la première fois dans le premier document de défense.

Depuis le premier livre blanc sur la défense nationale en 1998, qui traitait des sept régions militaires, sans même énumérer de noms spécifiques, jusqu’au livre blanc « La défense nationale de la Chine 2008 », qui a publié des données clés sur les changements intervenus dans le domaine de la défense au cours des 30 dernières années après la réforme et l’ouverture, la direction du développement des forces armées est devenue claire. Le théoricien militaire Ni Hongyang estime que les changements apportés au contenu du Livre blanc reflètent pleinement l’attitude positive de la Chine, qui recherche la confiance par l’ouverture, lutte pour la sécurité par la coopération et le développement par des résultats gagnant-gagnant, réfutant ainsi efficacement la « théorie de la menace chinoise »2.

source : Geopolitika

via Euro-Synergies

 

 

Cocktail explosif fin 2022 pour la France et l’UE : Italie, gaz russe, zone euro !

Par Marc Rousset.

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30.07.2022-Rousset-Armstrog-China-military-English-Italiano-Spanish

 

La Commission européenne ne se contente plus d’alerter sur l’approvisionnement en gaz pour cet hiver 2022/2023, mais prévoit également des difficultés pour l’hiver 2023-2024. Baisser la consommation de gaz de 15 % entre août 2022 et mars 2023 par rapport à la moyenne des cinq dernières années conduira néanmoins à des coupures d’électricité et de gaz pour les particuliers et les industries si la Russie arrête ou diminue très fortement ses fournitures de gaz !

Un arrêt des livraisons de gaz russe réduirait la valeur du PIB allemand de 5 % entre 2022 et 2024, a calculé le Fonds monétaire international (FMI). Nord Stream achemine actuellement seulement 20 % des 55 milliards de m3 annuels de gaz. Les Allemands verront bientôt leur facture quadrupler afin d’éviter la faillite du groupe énergétique allemand Uniper, malgré une aide financière gigantesque de l’État allemand. Uniper doit en effet acheter du gaz au comptant sur le marché européen où le prix de référence néerlandais a atteint aujourd’hui le prix faramineux de 190 euros le mégawattheure (MWh) ! Uniper, qui emploie 12 000 salariés dans le monde, perd actuellement des dizaines de millions d’euros chaque jour !

Après la prise de participation de 25 % du gouvernement allemand dans Lufthansa pendant la crise du Covid, c’est désormais au tour d’Uniper d’être secouru par l’État allemand, sous la forme d’une prise de participation de 30 % du capital, à un prix cassé de 1,70 euros l’action, le titre ayant perdu 75 % de sa valeur en 6 mois. Le groupe bénéficiera aussi d’un prêt obligataire de 7,7 milliards d’euros convertible en actions. De plus, la banque publique de sauvetage KfW qui avait déjà prêté 2 milliards d’euros, va procéder à un prêt supplémentaire de 7 milliards d’euros ! L’entreprise a surtout réussi à obtenir du gouvernement allemand la possibilité de répercuter sur ses clients, dès le 1er octobre 2022, 90 % des surcoûts des achats de gaz sur le marché. Le gouvernement allemand s’inquiète d’un automne social chaud d’autant plus que les nombreuses critiques sur cette politique suicidaire des sanctions vis-à-vis de la Russie se font de plus en plus vives ! Scholz est une sorte de Hollande bis, un mauvais chancelier pour l’Allemagne.

Selon Poutine les pays européens ont sous-estimé l’importance des sources d’énergies traditionnelles et ont trop misé sur les sources d’énergie non traditionnelles telles que le soleil et le vent. Les Européens, selon le Président russe, font la même erreur que pour les valeurs sociétales en oubliant la famille traditionnelle avec des enfants, s’intéressant beaucoup trop aux valeurs décadentes LGBTQ2+.

Poutine remarque également que les Polonais ont voulu fermer le gazoduc Yamal qui leur apportait du gaz russe, mais que c’était en fait pour remettre en marche le gazoduc Yamal dans le sens inverse, afin d’acheter du gaz à l’Allemagne car le prix allemand du contrat à long terme était 4 fois moins cher que le prix payé par les Polonais ! On réalise mieux la folie des Allemands, pour plaire à l’Amérique et à l’OTAN, de vouloir sanctionner la Russie qui leur fournissait, grâce aux bonnes relations avec l’ancien chancelier Schroeder, un gaz très compétitif pour l’industrie allemande.

Gazprom vient d’annoncer une nouvelle réduction des livraisons de Nord Stream, à 20 % des capacités, au lieu de 40 % jusqu’à présent. Gazprom invoque une turbine de Siemens en réparation au Canada toujours pas parvenue à destination, en raison des sanctions, et la nécessité de maintenance d’une seconde turbine. On apprend en même temps, ce qui est assez cocasse, que la Russie se fera un plaisir de fournir 700 millions de de m3 de gaz supplémentaire à la Hongrie, à un prix canon, en plus des 4,5 milliards de m3 déjà vendus annuellement à Budapest ! Il n’est donc pas étonnant que le moral des investisseurs et des chefs d’entreprise se dégrade en Allemagne. « La récession frappe à la porte, on ne peut plus l’exclure », selon un économiste allemand de l’Ifo.

L’inquiétude des bien-pensants, valets antirusses de l’Amérique et de l’OTAN, pour l’unité et la stabilité de l’UE grandit aussi en Europe, suite à la démission forcée de Mario Draghi. Le parti patriote Fratelli d’Italia, présidé par Giorgia Meloni, arriverait en tête avec 23,8 % des voix devant le Parti démocrate avec 22,1 % et la Ligue de Matteo Salvini avec 14 %. Meloni ne prône pas une sortie radicale de l’UE, mais elle souhaite une révision des traités et la substitution d’une « confédération d’États souverains à l’UE. Avec la ligue de Salvini et Forza Italia de Silvio Berlusconi (7,4 % des voix), Fratelli d’Italia pourrait constituer une coalition et gagner les prochaines élections en septembre 2022.

L’Italie pourrait donc virer à droite toute le 25 septembre 2022, lors des élections législatives anticipées. Si la droite patriote italienne remporte les élections, il peut y avoir « une chance de contagion. » dans l’UE, ce qui serait une excellente nouvelle pour la France et les patriotes français, en même temps qu’une victoire morale pour Éric Zemmour ! Seule la bêtise, l’étroitesse d’esprit et l’égoïsme politicien à court terme de Marine Le Pen ainsi que de LR qui lutte pour sa survie, ont eu pour effet qu’il n’y ait pas une cinquantaine de plus de députés de Droite aujourd’hui à l’Assemblée nationale française ! Toutes choses égales par ailleurs, Giorgia Meloni de Fratelli d’Italia, c’est Éric Zemmour de Reconquête en France, Matteo Salvini de la Ligue, c’est Marine le Pen, mais en beaucoup plus intelligent, et Sivio Berlusconi de Forza Italia, c’est Laurent Wauquiez de LR en beaucoup plus âgé, infiniment plus riche et moins érudit.

Grâce aux 192 milliards du plan de relance de Bruxelles « Il Dottore » Draghi, vendu à l’Amérique, pensait avoir vacciné l’Italie contre le patriotisme, mais la coalition italienne de Droite pourrait bien faire exploser l’UE et la zone euro. Poutine pourrait trouver en Silvio Berlusconi, dont il est déjà très proche à titre personnel, et en son fervent admirateur Salvini, de nouveaux amis au pouvoir, en plus du hongrois Viktor Orban !

Les marchés tremblent et scrutent avec attention la situation. Le coût de la dette italienne est reparti à la hausse et la bourse de Milan est en berne. L’écart entre les taux d’intérêt allemand et italien à dix ans est de 2,20 % et pourrait monter jusqu’à 3 % très rapidement. L’Italie croule sous une dette colossale de plus de 2700 milliards d’euros, soit 150 % de son PIB, le ratio d’endettement le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce. Il y a possibilité d’explosion de la zone euro. De plus, l’Italie est ultra-dépendante du gaz russe (43 % de ses importations) et prend de plein fouet l’attitude antirusse de Draghi sur la guerre en Ukraine avec une diminution des livraisons de gaz russe et une inflation de 8 % qui s’emballe ! L’UE redoute une crise politique et économique qui plomberait la zone euro en envoyant un message de désunion à Poutine. Le Président russe se réjouit de voir la tête de Mario Draghi servie sur un plateau, après celle du va-t-en guerre anglais Boris Johnson !

Ce qui pourrait libérer et déterminer le peuple italien, c’est le bilan catastrophique de Draghi en matière d’invasion migratoire et d’insécurité, tout comme dans la France de Macron, ce dont ne parlent pas bien évidemment ni les médias pensants, ni les traîtres qui nous dirigent, ni les technocrates de l’UE affidés à Washington et à l’OTAN ! Macron/Draghi : bonnet blanc et blanc bonnet ! Alors que 4 120 immigrants clandestins débarquaient en moyenne sur 6 mois avec Salvini, du temps où il était ministre italien de l’Intérieur, les chiffres ont explosé à 34 000 pour le premier semestre 2022 avec Draghi ! Selon Giorgia Meloni il n’y a plus de temps à perdre en matière d’insécurité qui est directement liée à l’immigration ! Puissent les Français entendre aussi son message : « À combien d’agressions et de violences devrons-nous assister pour admettre qu’il y a en Italie un énorme problème de sécurité ? il n’y a plus de temps à perdre ». Le résultat des courses en Italie, ce sera donc : Adieu et Bon débarras Draghi ! Avec un pays convoqué aux urnes le 25 septembre ! L’alliance des droites patriotes italiennes devrait l’emporter sans difficultés face à un M5S scindé en deux et une gauche italienne désunie en déroute.

La troisième raison pour laquelle Macron et les bien-pensants peuvent se faire du souci est que la BCE, outil de puissance monétaire permettant de dépenser sans compter, fait face à la quadrature du cercle entre l’inflation et la récession qui menacent et va devenir très rapidement un outil d’impuissance supplémentaire du politiquement correct ! La BCE est en train d’accoucher d’une souris, dans l’attente de l’explosion à venir de la zone euro ! Les faucons de la BCE, comme condition de l’approbation du nouvel instrument monétaire destiné à soutenir les pays les plus fragiles et les plus endettés tels que l’Italie, ont obtenu l’augmentation immédiate des taux d’intérêt de 0,50 % pour en finir avec les taux négatifs et ramener les taux à 0 %, alors que l’inflation est de 8,6 % dans la zone euro, ce qui est insuffisant pour combattre l’inflation, même si une deuxième hausse des taux de 0,50 % est prévue en septembre 2022.

Mais le nouvel instrument d’intervention monétaire, comble du génie technocratique de la BCE et de l’UE, qui a été conçu pour aider avant tout l’Italie, est assorti de conditions telles que par définition le nouveau gouvernement eurosceptique italien en octobre 2022 ne pourra pas l’utiliser ! Le pays utilisateur du nouvel outil « Instrument de protection de la transmission » (IPT), terme barbare incompréhensible pour le grand public qui signifie tout simplement rachat de sa dette avec émission monétaire supplémentaire par la BCE , devra en effet se trouver en conformité avec le cadre budgétaire de l’Union européenne : pas de déficit excessif, pas d’endettement débridé, pas de déséquilibre macroéconomique grave, respect des critères édictés par Bruxelles pour le plan de déploiement des 192 milliards du plan italien de relance, respect des valeurs sociétales défendues par l’UE. En réalité, le gouvernement eurosceptique italien devra quitter la zone euro, réintroduire la lire, dévaluer d’au moins 20 % et, suite à la déflagration italienne et à l’augmentation subite des taux d’intérêt, la France n’aura pas d’autre choix que de suivre avant même la fin de cette année 2022 ! Tout ça pour expliquer au lecteur que le volcan de la zone euro va certainement exploser fin 2022 !

Les dirigeants politiques, style Macron et Draghi, ont reporté leur incurie pendant la crise du Covid sur la BCE, avec la politique budgétaire insensée du quoi qu’il en coûte (augmentation de la dette publique française de 400 milliards d’euros par Macron !) ; le temps est venu maintenant de régler la note démentielle qui se traduira par la faillite de l’Italie, de la France et l’explosion de la zone euro dans les six mois qui viennent ! Poutine n’a donc plus qu’à attendre de voir toutes les démocraties ouest-européennes s’écrouler, avant de prendre le contrôle complet de l’Ukraine s’il le souhaite, fin 2022 ! Christine Lagarde finira la corde au cou car elle ne peut plus assumer la dette démentielle des pays de l’Europe du Sud en menaçant d’intervenir de nouveau avec une augmentation de la masse monétaire du type «assouplissement monétaire quantitatif» ; ce serait sinon condamner la zone euro dans son ensemble à finir comme l’Allemagne en 1923 avec une énorme hyper-inflation !

La BCE, consciente de l’impasse dans laquelle elle se trouve face à toutes ces contradictions, a déclaré publiquement qu’elle va cesser de faire des prévisions ! Les patriotes italiens doivent donc se tenir prêts pour prendre le pouvoir le 25 septembre 2022 et les patriotes français lors des nouvelles élections à venir fin 2022 ou début 2023 au plus tard, lorsque la zone euro explosera et que la situation politique, économique, sociale, financière et monétaire sera devenue intenable pour Macron ! Le prix de l’or montera alors subitement en flèche à la verticale, comme en 1923, à des niveaux insoupçonnés !

 

Marc Rousset

Auteur de « Comment sauver la France / Pour une Europe des nations avec la Russie »

 

La fin dangereuse de l’empire Yankee…marque-t-elle la fin de l’impérialisme?

Par Moon of Alabama (15/7/22)*             

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21.22.30.07.2022-SriLanka-CriminalUSA-Harpers-English-Italiano-Spanish 

Harpers déclare que c’est terminé – le « siècle américain » est révolu.

Le titre du Harpers de ce mois-ci est étonnant.

Déclarer que le siècle américain est terminé, sans point d’interrogation, est encore une hérésie aux yeux du grand public. Bien sûr, l’American Conservative l’a déjà fait il y a des années. Mais Harpers se situe du côté plus libéral des choses et cette opinion y est rarement exprimée.

 L’article principal de ce numéro de Harpers, rédigé par un certain Daniel Bessner, est intitulé :

Empire Burlesque

Qu’est-ce qui vient après le siècle américain ?

Pour la première fois depuis l’effondrement de l’Union soviétique, les États-Unis sont confrontés à une nation dont le modèle – un mélange de capitalisme d’État et de discipline du parti communiste – représente un véritable défi pour le capitalisme démocratique libéral, (sic) qui semble de plus en plus incapable de faire face aux nombreuses crises qui l’assaillent. La montée en puissance de la Chine, et les lueurs d’un monde alternatif qui pourrait l’accompagner, montrent clairement que le Siècle américain de Luce vit ses derniers jours. La suite n’est cependant pas évidente. Sommes-nous condamnés à assister au retour de la rivalité entre grandes puissances, dans laquelle les États-Unis et la Chine se disputent l’influence ? Ou le déclin de la puissance américaine donnera-t-il lieu à de nouvelles formes de « collaboration » internationale ?

En ces derniers jours du siècle américain, l’establishment de la politique étrangère de Washington – les groupes de réflexion qui définissent les limites du possible – s’est divisé en deux camps opposés. Les internationalistes libéraux, qui défendent le statu quo, insistent pour que les États-Unis conservent leur position de primauté armée mondiale. Face à eux se dressent les partisans de la modération, qui préconisent une refonte fondamentale de l’approche américaine en matière de politique étrangère, afin d’abandonner le militarisme au profit de formes pacifiques d’engagement international. L’issue de ce débat déterminera si les États-Unis restent engagés dans une politique étrangère atavique inadaptée au XXIe siècle, ou si la nation prendra au sérieux les désastres des dernières décennies, abandonnera l’orgueil démesuré qui a causé tant de souffrances dans le monde, et, enfin, adoptera une grande stratégie de retenue. (sic)

Sur le site Consortium News, Andrew Bacevich fournit un contexte supplémentaire et offre une légère critique de l’essai de Bessner. Il semble largement d’accord avec lui.

Moi ? J’ai toujours été en faveur d’une politique de retenue, non seulement pour les États-Unis, mais pour tous les pays de la planète. Les gens sont trop différents par leurs croyances personnelles, leur histoire, leurs traditions et leur environnement social pour être soumis à une seule forme de gouvernement ou à une seule forme particulière d’organisation économique. Tenter de le faire est, comme l’indique Michael Hudson, ruineux pour ceux qui essaient.

C’est aussi une question de capacité personnelle. Les États-Unis n’ont pas le leadership, et ce depuis un certain temps, pour réussir dans une telle entreprise.

Même les démocrates ont reconnu que leur président actuel n’est pas à la hauteur de la tâche.

Le New York Times écrit que la plupart des démocrates ne veulent pas de Biden en 2024, selon un nouveau sondage. Le Washington Post ajoute que les démocrates sont sceptiques quant à la présence de Biden en 2024. La gauche du parti va-t-elle enfin gagner ? D’autres ont également apporté leur pierre à l’édifice, notamment un chroniqueur du NYT qui déclare carrément : Joe Biden est trop vieux pour être à nouveau président.

Matt Taibbi appelle cela la signalisation politique :

Avec des organes de presse complémentaires comme le Washington Post et The Atlantic (le reflet le plus pur de la pensée de l’establishment qui existe en Amérique), le journal remplit en ce sens la même fonction que les Izvestia en Union soviétique, en nous informant peu, voire pas du tout, sur les événements d’actualité, mais en nous donnant des portraits complets, bien que souvent codés, de la pensée de la classe dirigeante.

La « classe dirigeante » démocrate a déclaré que Biden était désormais un président boiteux et qu’il ferait mieux de signaler qu’il ne se représentera pas avant que les résultats probablement catastrophiques des élections de mi-mandat ne soient connus.

Je suis d’accord avec cette opinion, mais ce n’est pas seulement la fragilité mentale de Biden qui est en cause ici, mais l’incompétence des personnes qui l’entourent et qui définissent essentiellement sa politique. Les Sullivan et les Blinken de ce monde ou ce que Ray McGovern appelle l’élite effacée :

Les questions posées m’ont amené à commenter franchement l’état regrettable d’hommes d’État occidentaux comme le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, et le secrétaire d’État, Antony Blinken. Oui, le même Blinken qui, dans un premier temps, excoriose la Chine et le « défi systémique » qu’elle est censée représenter, et qui, dans un second temps, fait une tentative pathétiquement chimérique pour cajoler son homologue chinois afin qu’il abandonne la position de Pékin aux côtés de la Russie sur l’Ukraine.

La politique anti-chinoise de Blinken n’est, c’est le moins que l’on puisse dire, pas un succès :

Washington a conçu une série de plans pour contrer la Chine, mais peu d’entre eux ont obtenu un soutien ferme dans la région.

Une coalition entre les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde, connue sous le nom de Quad, est censée faire preuve de solidarité dans la région Asie-Pacifique, mais l’Inde achète d’énormes quantités de pétrole à la Russie ; un nouveau groupe économique de 14 pays dirigé par les États-Unis, le Cadre économique indo-pacifique, a reçu un accueil tiède de la part de ses membres car il ne propose pas de réductions tarifaires pour les marchandises entrant aux États-Unis ; et un accord prévoyant le partage de technologies entre les États-Unis et la Grande-Bretagne pour aider l’Australie à déployer des sous-marins à propulsion nucléaire reste vague.

Cette « élite » qui a pensé ces politiques est maintenant en train de baby-sitter Biden pour l’empêcher, mais pas eux-mêmes, de faire d’autres « erreurs ».

Dan Cohen @dancohen3000 – 14:57 UTC – 12 juil. 2022

Il y a 2 jours, le NYT rapportait que la Maison Blanche était tellement préoccupée par l’âge de Biden qu’elle avait retardé d’un mois son voyage au Moyen-Orient pour qu’il puisse se reposer. Nous apprenons maintenant que Blinken l’accompagnera. Un autre rappel quotidien que Biden est une figure de proue et que ses conseillers dirigent le spectacle.

Le voyage actuel de Biden et de Blinken au Moyen-Orient risque également de s’ajouter à leur collection d’échecs :

Le président Biden se rend en Israël mercredi pour un voyage de quatre jours au Moyen-Orient afin d’essayer de ralentir le programme nucléaire iranien, d’accélérer l’acheminement du pétrole vers les pompes américaines et de remodeler les relations avec l’Arabie saoudite sans donner l’impression d’embrasser un prince héritier accusé de violations flagrantes des droits de l’homme.

Ces trois efforts sont lourds de dangers politiques pour un président qui connaît bien la région, mais qui revient pour la première fois en six ans avec beaucoup moins de poids qu’il ne le souhaiterait pour façonner les événements.

Il y a un mois, Biden a déclaré qu’il ne rencontrerait pas le prince clown saoudien :

« Je ne vais pas rencontrer MBS. Je vais assister à une réunion internationale, et il en fera partie« , a déclaré M. Biden aux journalistes à la Maison Blanche.

Cependant, un communiqué saoudien a annoncé que MBS et Biden : « auront des entretiens officiels qui porteront sur divers domaines de coopération bilatérale et sur les efforts conjoints pour relever les défis régionaux et mondiaux. »

Nous verrons probablement bientôt des photos de Biden et de MBS se serrant la main. Biden a besoin d’une augmentation de la production pétrolière saoudienne et d’une baisse des prix à la pompe pour atténuer les pertes de mi-mandat des démocrates. Il peut difficilement condamner Mohammed Bin Salman pour le meurtre du « journaliste » et lobbyiste du Qatar Jamal Khashoggi tout en ignorant le meurtre israélien de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh.

Le retour à l’accord nucléaire avec l’Iran a été bâclé par Biden et Blinken lorsqu’ils ont tergiversé pendant des mois après leur investiture avant d’entamer les pourparlers. Ils ont ensuite formulé de nouvelles exigences que l’Iran n’était manifestement pas disposé à satisfaire. Ils se retrouvent maintenant à devoir contredire leurs propres arguments :

Au début du printemps, M. Malley et le secrétaire d’État Antony J. Blinken ont déclaré qu’il ne restait que quelques semaines, peut-être un mois, pour conclure un accord avant que les progrès de l’Iran, et les connaissances acquises au fur et à mesure qu’il installait des centrifugeuses de pointe pour produire de l’uranium en grande quantité, ne rendent l’accord de 2015 obsolète.

Aujourd’hui, quatre mois plus tard, les assistants de M. Biden refusent d’expliquer comment ils ont laissé passer cette échéance – et ils insistent toujours sur le fait que relancer l’accord a plus de valeur que de l’abandonner.

À la suite de diverses crises financières et de dépenses trop élevées, le levier financier des États-Unis a disparu. Comme ils l’ont prouvé au Moyen-Orient, et maintenant en Ukraine, leur armée hyper coûteuse est incapable de gagner des guerres contre des concurrents petits et grands. Le rôle des États-Unis dans les institutions internationales a été diminué par les efforts concurrents de la Chine et de la Russie, comme le programme Belt and Road, la Banque asiatique de développement, le couloir de transit Nord-Sud de la Russie et de l’Iran.

Le titre du Harpers est correct. Le siècle des États-Unis est bel et bien terminé. Comme le conclut l’essai principal du Harpers :

Le siècle américain n’a pas atteint les objectifs nobles que des oligarques comme Henry Luce lui avaient fixés. Mais il a démontré que les tentatives de domination du monde par la force sont vouées à l’échec. La tâche des cent prochaines années consistera à créer non pas un Siècle américain, mais un Siècle mondial, dans lequel la puissance des États-Unis ne sera pas seulement limitée mais réduite, et dans lequel chaque nation se consacrera à la résolution des problèmes qui nous menacent tous. Comme l’affirmait le titre d’un livre à succès de 1946, avant que la guerre froide n’empêche toute tentative de véritable coopération internationale, nous aurons « un monde ou aucun ».

Un seul monde, dans lequel les différents pays s’abstiennent d’une avidité sans bornes et pourvoient au bien commun, est certainement le meilleur choix. (sic)

*Source : Afrique Asie

Version originale : Moon of Alabana

 

Entretien avec Carolle-Anne Dessureault au sujet de son roman L’ABÉCÉDAIRE (VERS LA VIE)

Par : Ysengrimus

Paul Laurendeau: Alors Carolle-Anne Dessureault vous publiez, chez ÉLP éditeur l’ouvrage L’Abécédaire (vers la vie) dont la protagoniste principale et narratrice en JE, Grâce, est une jeune femme avec enfants. La question autobiographique ne sera pas soulevée ici, tant par discrétion élémentaire que (surtout) par préférence pour ce bel univers de fiction que vous construisez si adroitement, dans ce roman. Donc, strictement installée dans l’espace fictionnel, pourriez-vous me donner, disons, la fiche signalétique de votre psrsonnage-narratrice. Horizon, profession, background et caractéristiques diverse de sa personnalité mais ce, AVANT que l’histoire qu’elle nous relate dans votre ouvrage ne prenne corps?

Carolle-Anne Dessureault: Grâce a grandi au Lac Saint-Jean sur les rives de la Petite Décharge à Alma. Très tôt, elle cherche à comprendre les mystères, surtout celui du mouvement de l’eau qui influencera sa vision de la vie de même que les personnalités opposées de ses grands-mères. L’une, Anna, la maternelle, habite en haut de la côte en face de l’église. Pieuse, imposante et austère, mais aussi charismatique, elle enseigne à Grâce à voir au-delà des apparences. Rosa, la grand-mère paternelle, habite en bas de la côte et tient une boutique sur la rue principale. Excentrique et élégante, elle se promène avec d’immenses chapeaux et des colliers en pierres du Rhin en plein jour. Elle convainc Grâce de l’importance d’une belle apparence pour être heureux. Entre les deux grand-mères, il y a le pont reliant les deux côtes sous lequel coulent les eaux de la Petite Décharge parsemées de rapides. Chaque fois qu’elle le traverse, Grâce s’attarde pour observer le flot du courant des eaux. Où va-t-il? Plus tard, elle étudie la mode à Montréal. Designer et mannequin, elle évolue dans un univers qui la séduit, mais qui ne comble pas son besoin d’absolu. L’image n’est jamais parfaite. En elle, il y a une dichotomie. Deux continents séparés, l’un fait d’une attirance pour le superficiel et l’autre pour la profondeur des tréfonds en soi. C’est dans cet état de souffrance latente qu’elle croise «A» en espérant trouver l’absolu dans l’amour humain.

PL: Voici donc un personnage sensible, délicat, très féminin, mère de petites filles qu’elle adore, qui sont toute sa vie et qui, au cours du déploiement de votre ouvrage, sent que les choses se mettent à graduellement grincer, justement, avec la toute première lettre de l’abécédaire, ce magistral A qui, lui, indubitablement prend bien de la place. Parlez-nous donc un petit peu de ce qui a imperceptiblement amené votre narratrice à sentir qu’elle devrait sortir sa bagnole de ce gArAge là, pour aller éventuellement stationner ailleurs. Qu’est-ce qui, fondamentalement, nous pousse à quitter l’Alpha A et à envisager de se tourner vers les autres lettres?

CAD: Grâce est déçue de l’amour de «A» qui la considère comme un trophée pour glorifier sa propre image de lui-même. Auprès de lui, elle ne se sent pas reconnue pour ce qu’elle est. «A» est passif, routinier et figé dans une pensée rigide faite de connaissances qu’il ne remet jamais en question. Il manque de vie. Elle va vers un autre alphabet comme le voyageur traverse des rivières avant d’atteindre sa destination. Personne entière, elle refuse d’être la moitié de l’autre alors que «A» s’en accommode, s’y sentant en sécurité. Grâce quitte l’Alpha du A conditionné pour faire jaillir ce qui la pousse à être complète sans pouvoir nommer la chose. Le souvenir de sa grand-mère Anna qui arrachait les mauvaises herbes de son jardin pour dégager la beauté des fleurs et faire pousser les légumes revient souvent à son esprit. En fait, le jardin de sa grand-mère fait écho à sa propre essence. Elle aussi, lui semble-t-il, est un jardin. Elle répond à une forte impulsion d’extirper les pensées négatives et stéréotypées qui trouent la toile de sa vision du bonheur.

PL: Voilà. Grâce va vers un autre alphabet comme le voyageur traverse des rivières avant d’atteindre sa destination. Dites-nous donc un petit mot des autres lettres. Est-ce que ce sont tous des hommes?

CAD: Au début, la traversée pour Grâce passe par des hommes dont chacun la ramène un peu plus vers elle-même. Des hommes comme «B» et «C» ont le pouvoir, par leur écoute et leur présence, d’éclairer ses zones potentielles. Au centre, ce sont des lettres d’ancrage qui l’équilibrent. Les dernières lettres «X», «Y» et «Z» la plongent dans la réalité de ce qu’elle est.

PL: On va revenir aux lettres conclusives. Mais avant il faut dire un mot du second thème-force de votre ouvrage. La maternité. La maternité, se livre moins ici dans sa séquence de corps que dans sa séquence de tête. On a plus affaire, en cette phase spécifique du développement de vos protagonistes, à une maternité-parentalité. On accompagne ce sens tactique, subtil et fin, détectant et anticipant les besoins des enfants perpétués et provignés dans le sein du corps de contraintes de la graduelle séparation d’un couple solaire. L’enfant ici vit et se déploie, comme un jeune arbre fragile mais souple se perpétue, toujours magnifique, dans les premières tempêtes de l’automne. Parlez-nous un peu des enfants de Grâce et de l’impact sur eux de la dynamique en marche de l’Abécédaire.

CAD: La maternité est la partie solide dans la vie de Grâce. Cette solidité se manifeste par un perpétuel enchantement. Elle sent qu’elle vit une relation d’amour qui ne mourra pas. Elle est si apaisée de ressentir un amour inconditionnel qui ne se questionne pas qu’elle aborde ses filles «L» et «M», dans la confiance et l’abandon. D’autre part, sa quête va les faire souffrir en détruisant la famille. Malgré cette souffrance, elles l’appuient silencieusement car, comme tous les enfants du monde, elles veulent voir leur mère heureuse. En surface, elles vont traverser avec équilibre cette phase chaotique. Pourtant, il y aura effet miroir. En même temps que Grâce fait éclater le cocon qui l’enferme, «L» et «M» vivent une profonde mutation qui explosera quelques années plus tard.

PL: Voilà. Maintenant, le susdit cocon en court de fracture, au cœur duquel s’opère une mutation cruciale, enveloppe beaucoup plus qu’une stricte reconfiguration maritale, familiale et émotionnelles. C’est aussi une véritable révolution intellectuelle et philosophique qui s’opère en Grâce, à travers le canal grumeleux et lettriste de l’Abécédaire. Autour des toutes dernières lettres de l’alphabet, notamment fatalement, X, Y, Z, gravite une constellation de catégories philosophiques. Si Grâce vit sa crise existentielle tranquille, elle la pense aussi, la conceptualise. Dites-nous un mot de la Weltanschauung de Grâce.

CAD: Il s’agit d’un personnage en constante transformation qui se voit comme un laboratoire expérimental. En quelque sorte, une quête du Graal. Il s’agit de transformer le vulgaire matériau intérieur en un diamant éclatant. Avec X, Y et Z, on s’aperçoit que Grâce est animée d’un intense élan de percer l’insondable. Elle reste cependant assez consciente de la réalité concrète des choses. Ces dernières lettres de son Abécédaire la ramènent aux premières impressions de son enfance, celles-ci non conceptualisées bien sûr, mais qui ont au fil du temps tissé une réalité qui veut se faire entendre. Donc, ce processus de changement la ramène aux sources anciennes, les seules qui ne se soient jamais taries. Il y a surtout l’eau qui, par son mouvement, lui révélait qu’elle ne faisait que passer. Grâce demandait à Anna: «où va l’eau de la rivière, grand-maman, est-ce qu’elle va mourir, est-ce qu’elle va revenir?». Mais Anna écartait la question, lui reprochant de penser à des choses trop sérieuses pour son âge. Cette question non répondue a cristallisé son attention sur l’impermanence des choses jouxtée à un profond désir de trouver une permanence dans la matière, ce qui est impossible. Le combat également entre l’image et l’être qui pense se résout en acceptant d’être observateur du théâtre humain qui se joue à l’extérieur comme à l’intérieur.

PL: Et pour conclure sur un de ces calembours que la licence poétique nous autorisera toujours, Carolle-Anne Dessureault, si je vous dis que votre ouvrage L’Abécédaire (vers la vie) expose un État de Grâce, vous me répondez quoi?

CAD: Grâce à votre mot d’esprit, tout est dit. Vous avez bien saisi le sens de la quête de Grâce.

PL: Je pour remercie (et, de ce fait, vous rend Grâce), Carolle-Anne Dessureault.

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Carolle-Anne Dessureault, L’Abécédaire (vers la vie), Montréal, ÉLP éditeur, 2015, formats ePub ou PDF.

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Minuit moins une

Honneur à ceux qui ne baissent pas les yeux devant leur destin
Clémenceau

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ALLAN ERWAN BERGER — «Fais attention, la couverture ne tient plus.» Le muezzin ouvrit le coffre et en sortit un livre, un gros pavé de l’épaisseur d’un dictionnaire, qui commença, fort à propos, par s’échapper de sa couverture. Le mufti le rattrapa. « Je vois, dit-il. J’ai apporté une écharpe pour l’enrouler. »

C’était un coran splendide, une pure merveille. Reliés dans un véritable carton toilé de vert scarabée, les cahiers semblaient faits d’une matière naturelle ; peut-être bien du papier. Une édition ancienne, visiblement, bilingue arabe-anglais, du canon d’Al-Azhar.

« Et regarde, reprit le muezzin, les encres ne bavent pas !

― Remarquable, chuchota le mufti, qui caressait les pages. Remarquable…

― Eh bien voilà… Tu ne veux pas passer la nuit ici ?

― Et pourquoi tu ne deviens pas imam ? Comme ça le coran resterait ici…

― Parce que je ne sais lire ni l’arabe, ni l’anglais. Et personne en ville n’ose prendre la place du mort ; c’est assez compréhensible… »

L’ancien imam s’était fait descendre par les Frères. Depuis, personne n’avait eu envie de mourir en se portant volontaire. Un imam “correct” arriverait sous peu, désigné par les envahisseurs qui avaient leur propre coran, une version dite “de combat”, expurgée de toute traduction mollassonne, pure comme l’acier. Ce livre-ci, s’il restait dans la mosquée, serait brûlé.

« Et j’aurai des ennuis, ajouta le muezzin. Déjà que c’est moi qui chante…

― Comment ça ? Tu chantes vraiment ? Avec la voix et tout ?

― Cinq fois par jour, je monte là-haut (il désigna du doigt quelque chose au-dessus du plafond voûté) et j’appelle. Que les gens viennent ou pas, j’appelle. J’espère pouvoir continuer à le faire quand leur imam correct sera ici ; ce sera ma manière à moi de résister. » Là, il rêvait debout.

Il se mit à gueuler dans la cave : « Allāhu ākbar ! Allāhu ākbar ! Aaa !…

― D’accord ! D’accord ! Stop ! cria le mufti épouvanté. Dites donc, les oreilles vont lui tomber dans le cou, au “correct” ! et tu auras la paix, je le prédis… Bon, je dois m’en aller. Je te remercie d’avoir appelé… Tu as appelé où, au fait ?

― Casablanca. C’est le seul numéro que j’avais ! »

Le vieux mufti médita quelques secondes sur la vie moderne. Le muezzin, depuis une ville perdue au nord-est de l’Anatolie, avait contacté les services centraux de Casa au Maroc : quarante-cinq degrés de planète à traverser. Puis demi-tour : la demande avait été transmise à Beyrouth, encore quarante-cinq degrés. Des heures plus tard, Beyrouth avait contacté le muezzin sur son portable : « On vous envoie quelqu’un » et voilà, il était venu.

« Ce n’était pas difficile, dit le muezzin en regardant ses pieds, on a une station montante derrière la gare routière. Enfin… plus exactement : on avait… Elle a sauté il y a deux jours, boum ! avec le cybercafé. Terrible ! Le gérant est mort avec sa famille. De toute façon, plus personne n’y allait… Pas fous.

― Oui alors c’est terrible, mais c’est assez fréquent… Symptomatique, en somme. Ils se rapprochent. Bon, allez, je m’en vais. Je suis parti » décida le mufti, que ces horreurs rendaient pétochard. Ce livre lui brûlait les mains. Si jamais les Frères l’interceptaient et découvraient ce qu’il transportait, il était bon pour le fossé.

Il fourra le coran dans son sac à dos, bien emmailloté dans son écharpe, et partit à la recherche de ses chaussures. Il y avait un car pour Ankara qui partait à vingt-trois heures, arrivée seize heures plus tard à la gare du 19 Mai. Moins il restait ici, moins il risquait de se faire remarquer.

« Tu ne veux pas un petit café ?

― Non.

― Du thé alors ?

― Non.

― De l’eau !

― Non…

― Je te raccompagne aux cars !

― Surtout pas ! On ne s’est jamais vu, comprends-tu ? Où est la sortie ?

― Ici… Attend, j’ai des gâteaux. Je reviens de suite.

― Mais…

― Ne me refuse pas, patron. Deux secondes.

― Tu devrais apprendre à lire ! » cria le mufti aux fesses de l’autre. Ce type avait du cran. Dommage qu’il se cantonnât au rôle de muezzin. Il revenait déjà.

« Les gâteaux… Voilà, je suis content ; quelqu’un est venu, le livre est sauvé. Et puis, moi, apprendre à lire ? Non non non, c’est beaucoup trop tard.

― Merci. Maintenant, je fuis, je me fais ombre, personne ne me voit. Adieu !

― Merci !

― Merci ! »

II

Depuis cinquante ans, Dieu se retirait manifestement du monde, et avec fracas. La preuve en était donnée, pour qui avait des yeux, par tous ces corans qui ne trouvaient plus de lecteurs et que l’on rapatriait en zone calme, cependant que les envahisseurs gagnaient du terrain partout, avec leur saleté de bouquin expurgé, avec leurs bombes, leurs armes, leurs Frères, leurs infernaux drapeau noirs ou verts.

Depuis cinquante ans, la guerre faisait rage depuis l’Iran jusqu’au Maroc, depuis le Kazakhstan jusqu’en Autriche. On l’appelait la “guerre grise”. Les Russes, les Syriens, Israël, l’Iran, le Golfe, la Somalie, l’Égypte, l’Algérie, l’Ukraine, la Turquie, la Bulgarie. L’OTAN. Donc les USA. Et l’Europe, entraînée dans le tourbillon.

Des attentats, des villages rasés, une guerre civile continuelle à l’échelle de deux continents. Des avions qui s’écrasent, des trains qui sautent, des minarets qui s’envolent, des missiles qui tombent. Une pluie grise de cendres et d’acier pulvérisé, des averses de béton concassé.
Dieu se retire, et la nuit vient.

Dieu se retire. En l’espèce, des corans anciens, des vieilles bibles coptes, des rouleaux juifs, récupérés parfois in extremis par des sauveteurs en robe ou en soutane, voire en bleu de travail, tandis que le territoire des combats s’étendait, mâchonnant petit à petit le monde des humains.

Tout ces ouvrages finissaient sur le mont Athos, à la Grande Laure, dans le vaste Œkoumenicon de Saint-Athanase, dont le linteau d’entrée portait cet extrait de Jean, 17 : « Afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi » en trois langues : le russe, l’anglais, l’arabe, en plus du grec ancien.

Se tenait là un extraordinaire amas de chercheurs, intellectuels, religieux de toutes confessions, avec même des femmes, prêtresses d’Afrique ou d’Europe occidentale, qui avaient leur propre étage toutefois. Mais le réfectoire, les cafétérias et les salles de méditation étaient mixtes. Scandale ! Afin de sauvegarder la pureté de ses mœurs, la République de l’Athos – une sorte de théocratie en territoire grec – avait enkysté le vieux monastère, qu’un double mur de béton isolait désormais du reste de la péninsule, avec chiens, robots et crucifix conjuratoires de douze mètres de haut.

Le vieux mufti était crevé de fatigue, de tristesse, de faim, d’ennui ; chaque coran exfiltré avait été une défaite de l’esprit, et il en avait sauvé cent-douze. Combien de nuits exténuantes à être bringuebalé dans de mauvais cars, sur les routes de Cappadoce, du Liban, d’Irak ou de Jordanie ? À Ankara, il avait appris qu’il n’y aurait pas de trains pour Istanbul : la ligne était coupée. Il avait trouvé un camion qui transportait des sacs de ciment, plus douze cages de poulets et dix valises appartenant à deux passagers Azéris. Il fit le troisième, pour deux cents euros payables à l’arrivée à Florya-sud, devant l’ancien aéroport civil transformé en centre de transit pour l’Europe, un cube immense où grouillait jour et nuit une masse considérable d’humanité à la recherche d’un asile contre la folie.

Il passa huit heures à piétiner au milieu de la foule, dans les cris et les hurlements des vendeurs de nourriture qui faisaient comme une haie vociférante de bras tendus au bout desquels s’agitaient des billets, des sachets de plastique qui contenaient quelques glaçons barbotant dans un liquide trouble, des moitiés de citron, des figues. Le sol était jonché de papiers et de crottes étalées ; on clapotait dans le sang, l’urine et le vomi.

Tous les cent mètres, sur une estrade avec parasol, se tenait un soldat avec un chien de combat.

Les guichets se rapprochaient peu à peu, jusqu’au moment où le mufti put enfin souffler à l’ombre d’un auvent, pendant les trois minutes que dura sa fouille.
L’extraction du coran lui coûta encore cinquante euros de bakchich, le tarif habituel. La navette jusqu’à la frontière : dix euros ; le ticket de siège : cinq. Une ultime bouteille d’Évian pour ne pas tomber raide cuit pendant le trajet : trois, mais c’était une 50cl premium, qu’il s’empressa de vider avant l’embarquement, après quoi il ne sut quoi faire de l’emballage.

Trente-sept heures après avoir quitté le muezzin, il se présentait enfin au check-point de Feres, à la frontière entre la Grèce et la Turquie, entre l’Europe et l’Asie. Il avait dormi – très mal – six heures en tout et pour tout, et sa patience était à bout. Pour passer le temps, il se récitait des sourates entières, les yeux clos, le visage fermé et triste. On aurait dit un Christ à la descente de croix. Debout titubant dans une file, il avançait, traînant son sac à dos sur le goudron brûlant, immergé dans ce bruit de mer que font des milliers de gens las dans un hangar, qui attendent que des portes s’ouvrent, et se taisent.

Alors, au bout d’une éternité, les portes s’ouvrirent.

Tout de suite, le vacarme. Les huit files dans le hangar se mirent à pousser très fort tandis que montaient les cris, les supplications. Les chiens se mirent à aboyer, des soldats hurlèrent, les gens se pressèrent contre les barrières, les files se transformèrent en serpents ondulants dont la tête, écrasée contre le fond, s’étalait, hérissée de membres qui brandissaient des sacs, des valises, des bébés, et les visas, les précieux visas.

Tout au bout, au cœur même du boucan, se tenait un fonctionnaire immobile et serein, entouré de gros bras qui jouaient du tonfa sur les têtes des immigrants. À cet endroit, chaque file se scindait en deux : à droite, les recalés, qui filaient entre deux haies de flics habillés de noir et d’argent ; à gauche, ceux qui auraient le droit de montrer patte blanche. Ceux-là s’enfonçaient dans un tunnel ouvrant sur une immense place en béton.

Personne ne savait en vertu de quels critères on finissait à droite ou à gauche, avoir des papiers n’étant même pas utile à ce stade du tri. Une question de faciès, et d’âge aussi, semblait-il.

À l’extérieur, un village entier se collait aux barbelés : c’étaient des passeurs, qui, par des souterrains, des poubelles, des égouts, ramenaient leurs clients en amont du hangar, pour un nouvel essai. Ces choses-là étaient tolérées : après tout, l’on était encore, de ce côté-ci, en Turquie, où l’on sait être un peu humain, tandis qu’en Europe, de deux choses l’une : soit l’on est corruptible, soit on ne l’est pas du tout.

Quand vint son tour, le vieil homme jeta sa bouteille vide dans une poubelle, signe qu’il était civilisé ; il leva les bras en l’air pour la fouille corporelle sans qu’on eût à le lui demander, signe qu’il était un habitué ; il ne regarda jamais personne dans les yeux, qu’il tint fixés sur la poitrine du fonctionnaire, et surtout, il s’abstint de supplier ou de baragouiner des bobards. Le type du pré-filtrage était dans un bon moment, il laissa passer ce mufti si poli, lequel inclina la tête en remerciement et fila vers la douane, au bout du tunnel, tirant son sac.

Dehors, la clarté des projecteurs tirait des ombres triples au pied des gens ; le soleil se cachait derrière une couche de nuages ventrue et plissée, d’un violet d’ecchymose, et il bruinait. Sous un dais trônaient trois fonctionnaires de l’Immigration et deux douaniers : fouille des sacs, détection de métaux et d’explosifs, inspection minutieuse des papiers, du carnet sanitaire, des tampons ; recherche de drogue, interrogatoire en anglais. Le halètement des chiens faisait une basse rythmée au claquement des questions. Le mufti n’aimait pas ces bêtes, des rottweilers à l’haleine chaude qui voyaient en tout être de la viande sur pied, et n’obéissaient qu’aux robots.

Partout des soldats, dans ces treillis à motif béton qui étaient le signe distinctif de ce siècle où les armées combattent dans les espaces suburbains. Sur sa gauche, il vit un groupe de gens accroupis, entourés de flics, les mains sur la tête. Un sergent hurlait et gesticulait, marchant à grand pas devant les prisonniers, brandissant une photo porno format A3, où l’on voyait une Levantine se faire violer par des Aryens. Le message était assez clair. Les hommes, par terre, détournaient le regard avec un profond dégoût mêlé d’humiliation. Une haine brûlante roulait derrière les visages. « Voilà un des nombreux endroits où l’Europe forme les terroristes, murmura l’homme qui suivait le mufti. Ceux-là sont bons pour le camp ; et quand on les relâchera, ils seront des loups… C’est quand même des sacrés connards, ces cognes…

― Aha » répondit le vieillard, sans se mouiller. On ne sait jamais à qui…

À cet instant, le ciel fut déchiré par l’irruption de quatre chasseurs en formation, des Hueng kasakhs, reconnaissables à leurs deux réacteurs situés bas sous l’empennage. Ils virèrent au sud-ouest au-dessus de la vallée et disparurent dans un grondement volcanique qui roula longtemps parmi les montagnes. Puis il y eut, dans cette direction, des éclairs jaunes et bleus, stroboscopiques. Les chasseurs revinrent, passant au sud de Fares. Ils n’étaient plus que deux, qui lâchaient des artifices éblouissants dans leur sillage. Ils étaient suivis à deux secondes par de petites flèches grises. Tout ce joli monde disparut vers le golfe de Saros. Il n’y avait rien à comprendre.

La douane enfin franchie, le vieux mufti commença à respirer. Il s’avança vers le terminal des taxis, cherchant son portefeuille dans sa poche ventrale. Il y avait six files de voitures. Il se mit dans la queue pour Thessalonique. C’était la plus chargée, et pourtant ce n’était pas la plus bruyante ; une petite foule de braillards allait et refluait autour de l’accès à la file pour Plovdiv ; des soldats accoururent, préparant leurs matraques. Une espèce de géant blond roux à la barbe de pirate, venu d’une autre file, se mit en devoir de traverser celle-ci à grands coups de poings ; il hurlait plus fort que tout le monde, envoyait valser les importuns, bousillant des valises, éventrant des sacs. Derrière lui vint un cheval blanc, dont la peau, sur le flanc droit, pendait, laissant voir la chair sanguinolente. Le silence se fit sur son passage.

Cette apparition fut comme un grand mystère. Le vieux mufti, qui voyait partout des signes, et comprenait que Dieu, par le truchement du monde, lui chuchotait des choses, prit cette vision pour un avertissement ; il en conclut qu’il allait mourir.

Du reste, il le sentait venir depuis longtemps. Avec ça, son bagage était vite fait : trois lignes dans une liste, et encore, bien petites. Lui-même était remplaçable. Ceci lui conférait un inestimable sentiment de liberté. La seule chose qu’il devait finir absolument était d’apporter ce coran vert-scarabée à l’Œkoumenicon ; après quoi, il pourrait se laisser aller. Il en avait plus qu’assez. Regardant en lui-même, il se rendit compte que, depuis au moins deux semaines, il ne tenait plus que par la force de sa volonté, et celle-ci commençait à faillir.

III

Le taxi était un monospace Mercedes qui avait dû faire trois guerres  ; quatre places étaient prises, et le bagage débordait sur le toit comme une vilaine hernie. Le vieil homme s’insinua dans le cockpit après avoir marchandé un siège pour Iraklitsa. Après lui vint une grosse dame arménienne avec un ventilateur à piles. Tous deux passèrent le voyage à se sourire, à grignoter des raisins secs, et à s’envoyer des courants d’air dans le cou. C’était mignon tout plein. Il n’avait plus été aussi espiègle depuis sa petite enfance. Il mettait cette humeur fleurie sur le compte de sa fin prochaine. En somme, il s’éloignait, et se prenait au sérieux encore moins que d’habitude.

Arrivé au port, il apprit qu’il n’y aurait pas de bateau pour l’Athos avant le lendemain neuf heures. Il trouva un banc près de la jetée, mit le coran sous sa robe, le sac sous sa tête, et s’endormit jusqu’à trois heures du matin, heure à laquelle sa vessie le réveilla pour la première fois depuis Ankara. Lui qui pissait d’ordinaire six à huit fois par jour, il comprit qu’il était déshydraté. Après avoir arrosé un buisson, il voulut boire, mais tout était fermé, et il ne vit de fontaine nulle part. Il attendit le matin assis sur son banc, à voir dans la nuit défiler des sourates et des gens du passé.

Le bateau fut à quai à huit heures. Le mufti monta, prit un café-loukoum, acheta un paquet de cigarettes pour la première fois depuis quinze ans, en alluma une, manqua s’étouffer, et sentit son cœur s’emballer d’une manière qui l’effraya. Vite, il jeta la clope par dessus bord, comme si par ce geste la mort allait hésiter et attendre encore un peu. Le bateau, qui redémarrait son moteur juste à ce moment-là, éructa un affreux nuage de fumée noire dans l’air calme du petit matin, produisant un terrible bruit de ferraille qui tousse et crache ses boyaux, typique du ferry au réveil dans la Méditerranée orientale. Le vieux mufti écouta les efforts de la machine avec une compassion significative : quand les vieillards, de chair ou d’acier, s’engagent dans une nouvelle mission, c’est toute une affaire, d’abord, pour les mettre en branle. Des moines montèrent, noirs fantômes aux longues barbes, l’oreille collée à leur téléphone. En s’asseyant, l’un d’eux renversa un sac plein de crucifix qui se dispersèrent sous les sièges.

IV

« Cette vie n’est pas vraiment une plaine, songeait le mufti. Pourtant j’ai l’impression d’avoir couru tout du long… Il y a deux jours, j’avais vingt ans ! » Le chemin était raide. Le soleil tapait dur, la sueur giclait en cascades, les souvenirs remontaient à la surface en foules pressées.

Il avait débarqué vers midi à Nea Roda. L’Athanase, une petite navette fonctionnant au Diesel, était venu le chercher, et l’avait laissé au port du monastère. Il avait regardé en l’air, envisagé la pente et les murailles au loin dans le ciel, soupiré et soulevé le pied gauche pour le reposer un petit peu plus haut que le pied droit, lequel ne savait pas encore ce qui l’attendait. Une heure plus tard, brûlant de chaleur et près de tourner de l’œil, il s’affalait à l’accueil de l’hôtellerie, et n’arrivait plus même à bouger un bras.

Il resta là à refroidir pendant vingt bonnes minutes, puis un moine l’aida à monter les escaliers – monter encore – jusqu’à sa chambre dont la petite fenêtre irradiait de chaleur. Incapable de faire autre chose, il s’écroula tout habillé, dormit jusqu’au lendemain, ratant les offices, et se fit bouffer par les moustiques.

Le dernier matin de son existence, le vieux mufti, qui n’avait plus mangé correctement depuis Ankara, entreprit, au réfectoire, de faire du scandale. Il demanda trois fois du gruau et vida quatre verres de jus d’orange. On n’avait jamais vu ça. On ne le verrait plus. Ce matin, tout ce qu’il faisait serait unique.

Il descendit à la bibliothèque, qu’on avait déménagée dans la montagne, à vingt mètres sous le cloître, pour y conserver les trésors à l’abri des flammes et des attentats. Au troisième sous-sol, il franchit le sas du département de l’Islam, extirpa son coran, le démaillota, et le claqua d’un grand coup sur le comptoir de l’accueil, faisant sursauter le moine qui pianotait derrière.

« Turquie ! beugla-t-il. Refahiye, extraction d’un coran édité en… bougez pas, 1442 de l’Hégire, bilingue anglais-arabe, dos à refaire, couverture à recoller, quelques rousseurs, huit cent douze pages… Vous notez un peu, là ? Non… Qu’est-ce que c’est que ça ?

― C’est tout nouveau ! Vous remplissez cette fiche. Voici un feutre, et là-bas il y a un siège et même une table. À tout à l’heure. »

Le département de l’Islam, et avec lui, ceux de la Chrétienté Orientale et des Études Juives d’Europe Centrale, sans oublier les salles dédiées au monastère lui-même, occupaient quatre vastes niveaux dans la roche. En plus des espaces de lecture, il y avait, pour chaque département, une cafétéria, et une salle de méditation éclairée par une longue paroi-écran qui projetait une image de la mer prise depuis les toits. Lorsque le soir venait, la Méditerranée y devenait d’un bleu éteint, métallique. Les nuages s’embrasaient. Les chercheurs, les moines et les muftis qui passaient là-devant, ombres chinoises sur des fonds incendiés, s’arrêtaient pour contempler la beauté du monde en danger. Et le matin, c’était une splendeur grandiose.

Depuis cinquante ans, la Grande Laure recueillait les plus précieux documents des religions monothéistes, les escamotant sous le nez des armées, des milices, des factions de tout poil. Comme un grand organisme dans lequel le sang refluait vers le cœur, le réseau œcuménique du Livre récupérait les ouvrages les plus magnifiques, quitte à les voler dans les musées, d’ailleurs, quand le danger se faisait pressant. La nuit venait, sombre, qui verrait les extrémistes s’affronter, et tomber sur les modérés. Il convenait de ne pas bêtement s’offrir en pâture, et de retirer les billes qui pouvaient l’être.

Dans la mesure du possible, des copies de piètre qualité étaient laissées sur place, en de nombreux exemplaires, en échange des originaux.

Le cas de la mosquée de Refahiye, cependant, montrait qu’il n’en était pas toujours ainsi. Le mufti n’avait rien laissé derrière lui, puisque, de toute manière, les Frères apporteraient leur propre coran – leur sinistre coran de combat – lorsqu’ils investiraient la ville. Ceci arrivait de plus en plus souvent. Le mufti en avait terminé.

« Voilà. Et maintenant, je vous laisse, mon ami. Ah oui, je note le numéro de dossier… Sinon, savez-vous qui est ici, à cette heure ?

― Il y a un moine blanc dont je ne me rappelle plus le nom, il y a… voyons voir, le Père Bartholomée, et le recteur de la mosquée de Bethléem. Et aussi, la Mère Maria Venizelou… Mon Père ? Eh ! Oh ? Ça ne va pas ? »

Se faire appeler « mon Père » par un moine orthodoxe grec en charge de l’accueil au département de l’Islam n’était pas une chose courante. Il fallait vraiment venir ici pour entendre des trucs pareils. Ceci dit, le mufti ne se sentait pas d’humeur à relever le bon mot, il blêmissait à grande vitesse, tremblotait et commençait à baver. L’autre gicla de derrière son bureau, empoigna le frêle bonhomme comme on fait d’un polochon, et le convoya à grand pas jusqu’en salle de méditation où il l’allongea sur une banquette face à la mer, un coussin sous la tête. Alors seulement il bippa un infirmier, et partit chercher du monde en salle de lecture, dérapant dans les virages.

Il revint avec la Mère Maria et un missionnaire, dans une grande envolée de robes et de soutanes. Le vieux petit mufti fit signe à la Mère de s’approcher, et lui chuchota sa demande : dans la poche de poitrine, un mini-coran. Au signet, si elle pouvait lire le numéro indiqué… merci.
D’autres gens s’approchèrent. Le moine de l’accueil les fit s’écarter, pour que le vieil homme pût voir, sur la paroi, la mer et les nuages. Dans le silence, seulement dérangé par le grincement des semelles sur le parquet ciré, on entendit la voix claire qui récitait :

« Or, Nous lançons sur le Vain, d’un jet, le Vrai qui le meurtrit. Et le Vain s’étiole. »

« C’est tout ce que je vous souhaite », chuchota le mufti, puis il rendit l’âme. Maria Venizelou se signa et referma le livre.

FIN

Dave Proffer : Great Lavra boat house – sept 2005. (CC BY 2.0)

Le « changement climatique » sera la prochaine « hystérie pandémique »!?…

Un directeur de CNN a été filmé en caméra cachée en train d’admettre que la chaîne a décidé que le «changement climatique» serait la prochaine «hystérie pandémique» parce que, selon lui, «la peur fait vendre».

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Selon Charlie Chester, directeur technique de CNN, le public n’a plus peur du Covid-19 et les élites ne peuvent plus l’utiliser pour contrôler les masses. Selon le directeur, les médias ont besoin d’une « histoire » avec « longévité ».

Project Veritas a publié une série en trois parties exposant Charlie Chester admettant que CNN «inventait des histoires» pour destituer Trump.

Selon Project Veritas, ces enregistrements secrets ont été réalisés alors que Chester avait des rendez-vous sur Tinder avec un journaliste infiltré de Veritas.

Dans la vidéo, on peut entendre Chester dire que «l’histoire de Covid-19» touche à sa fin et que CNN est prête à commencer à vendre l’histoire du «changement climatique» et à instiller la «peur».

CLIQUEZ POUR VISIONNER:

 

 

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Lorsque le journaliste sous couverture a demandé à Chester de définir la propagande, il a répondu : « Par exemple, vous pouvez façonner la perception d’un peuple entier sur n’importe quoi, selon la façon dont vous le faites. Il suffit de forcer une histoire pour aider votre plateforme, vous savez ?»

«Une histoire de type pandémie que nous allons battre à mort, mais qui a une longévité, vous voyez ce que je veux dire ? Comme si c’était la fin définitive de la pandémie. Elle va se réduire à un point où elle ne sera plus un problème. Le changement climatique prendra des années, donc [CNN] pourra en faire une bonne promotion.»

La théocratie implicite américaine, mais ça suffit…

Par : Ysengrimus

YSENGRIMUS — Ceux qui comprennent l’anglais onctueux et phraséologique prendront connaissance de ce vieux discours de jadis du président Obama qui déclenche ma réflexion du moment. Cela porte sur cette tuerie « cinématographique » d’Aurora (Colorado) où, comme d’habitude, on ne nous signale ni l’origine du flingue, ni celle des munitions et des explosifs, ni l’identité de l’armurier (pourtant aussi sciemment coupable que le tireur). Sur un ton qu’il n’adoptait jamais en 2008, celui du prêcheur hautain et faussement tranquille, le président nous pose le fait divers criminel du moment comme un mal absolu, insondable, impalpable, une fausseté indicible. On nie ouvertement et frontalement que l’Amérique soit cela. Aucune analyse sociétale de ce genre de criminalité-spectacle en augmentation ne nous est fournie. Obama nous avait pourtant –pour un temps– habitués à mieux. Pot de fleurs flexibles, comme ses prédécesseurs, il commence à vraiment bien plier sous le faix de sa civilisation. Et, ultime insulte à la vérité, il comble ce qu’il n’analyse pas et, de ce fait, n’avoue pas, par du préchi-précha sur le mal, les «humains» qui font «acte de terrorisme» les uns sur les autres, et ses angoisses paternes pour ses filles «qui elles aussi vont au cinéma» (sous bonne garde, dans leur cas, ce qu’il se prive bien de mentionner). Quand je dis que l’espace citoyen est sur-religionisé, en voici un exemple de plus, tiens. Il est patent ici que le flux irrationnel est un écran de fumée pour masquer cette vérité véreuse face à laquelle les petits pouvoirs en place sont impuissants. Toute la vision sociopolitique que l’Amérique a d’elle-même se canalise dans cette intervention présidentielle sidéralement creuse. Et pourtant, la brèche ouverte il y a peu par Obama lui-même prouve (encore un peu) que ce caramel mensonger systémique ne va pas durer. Un beau jour, les américains cesseront de se comporter comme s’ils vivaient sous une théocratie implicite leur allouant tacitement et comme magiquement ce monopole moral parfaitement usurpé dont ils se croient tant les dépositaires exclusifs. Seulement alors comprendront-ils vraiment la politique et corollairement l’impact terrible et tangible de leur pays sur les multiples vallées de larmes bien réelles de ce susdit vaste monde mystifié. Sauf que, pour le moment, la politique intérieure et la politique étrangère américaines sont, de concert, un angélisme meurtrier et un manichéisme infantile. Car ce qu’ils fantasment « pour » eux-mêmes, ils le fantasment aussi « contre » le reste du monde. Dans leur ignorance complète du terrain, ils font l’erreur impardonnable de croire à leur propre propagande de pasteurs pour alcooliques en sursis. Donner les commandes du monde à des ignares ethnocentristes de ce baril, c’est encore toujours bel et bien lui, le grand danger géopolitique de l’heure. Mais cela commence à flancher sérieusement. Toute la crise de la conscience « intérieure » américaine est synthétisée sur le théâtre des pays que les USA occupent. C’est que même le petit peuple bon teint est fortement indisposé par le flafla des folliculaires propagandistes des oligarches US. La morale cucul ricaine n’est somme toute pas très impressionnée par le mensonge, le tripotage et les combines. Or là, en plus, sur cette sempiternelle question-ritournelle des armes à feu, c’est meurtrier, sordide et les nouveaux théolâtres mentent en pleine face de leurs petits commettants. Tous les mensonges, toutes les magouilles de l’administration américaine palpitent dans la blessure belliciste comme une migraine longue et lancinante. Tout le paradoxe moral de ces gogos qui veulent contrôler les chambres à coucher s’étale sous le nez des petits saints besogneux qui leur faisaient jadis tant confiance. Ça ne marche plus, ne vend plus, ne colle plus. Il y a une saturation. Le monopole de la sainteté est fissuré comme une vieille outre gangrenée. Bon an mal an, Obama fait déjà ouvertement fracture, en ceci. Et les gamins qui vont jouer du flingue au ciné parachèvent douloureusement la prise de conscience estomaquée qui se vrille, sans oublier de laisser force machines infernales en chausse-trappes dans leurs appartes, en prévision de la visite d’autorités militaro-constabulaires dont ils bousillent, ouvertement et en toute sociopathie sereine et méthodique, le système de valeur implicitement ou explicitement neuneu-patriotard…  Bon, euh… est-ce si évident, que c’est « nous », les bonnes gens dans toute cette histoire?

D’ailleurs, qui plus est, pour filer la catastrophe, on n’en peut plus justement que les américains tendent à fusionner théocratisme et patriotisme. Ils ont Dieu de leur bord, comme le disais autrefois Bob Dylan. La question devrait donc être: les américains sont-ils prêts pour un nouveau regard critique face au patriotisme? Les américains sont-ils prêts pour (et conséquemment méritent-ils enfin) une vision sociopolitique du monde qui remplace la docilité cocardière vidée de son idéal par une analyse relativiste et lucide de la place de l’Amérique dans le monde? Les américains sont-ils capables d’accéder à la distinction entre patriotisme et impérialisme que cherche à insuffler la réflexion politique actuelle dans leur conscience? La caricature patriotarde et la hideur de ses marionnettistes accède-t-elle enfin à la conscience des américains de par le nouvel ordre du monde? Sont-ils mûrs pour ce rendez-vous autocritique auquel les aurait par exemple convié le Barack Obama de 2008 (similaire mutadis mutandis à celui auquel Gorbachev avait convoqué les soviétiques circa 1985-1990) s’il n’avait pas, lui aussi, fini par flancher sur sa droite et bel et bien se pendre avec le ruban jaune? Le New Deal patriotique du ci devant monde multilatéral est-il en selle? Au matin d’un éventuel second mandat, Obama, désormais hautement plastronneur et soporifique, est-il encore assez visionnaire pour réformer le patriotisme américain et leur faire piger qu’aimer son pays c’est voir au bien être de ses citoyens, pas à la promotion de ses détrousseurs meurtriers enveloppés dans le fanion et enrobés dans la tartuffade patriote de droit divin? Tous les indicateurs le montrent: l’Amérique est un empire en déclin. Et, personnellement, Je suis 100% pour ce « déclin ». Londres est une ville bien plus agréable depuis qu’elle n’est plus la capitale d’un empire. Le déclin de l’empire ce n’est pas le déclin de l’Amérique, seulement d’une meute d’oligarches qui se sert de la société civile comme d’un paravent en dilapidant les ressources dans des guerres pharaoniques et ineptes. Quand l’empire est devenu nuisible pour tous, incluant les impériaux, c’est qu’il est plus que temps que tout ça vire de bord.

La théocratie implicite américaine, ça suffit. Ça va faire. Ça ira. Basta. Y en a marre. Écoeurement. Saturation. Surdose. Dans une république laïque, les décisions politiques des dirigeants sont indépendantes et séparées de leurs représentations religieuses privées. Quand Léonid Brejnev consultait des astrologues, tout le monde se payait sa poire et à raison. J’en pense autant de nos dirigeants qui niaisent à la messe, à la mosquée, à la synagogue, au temple, quel qu’il soit. Je n’ai absolument aucun respect pour quoi que ce soit qui sorte de ce tonneau là et le fait que qui que ce soit, personnage public ou personne privée, doive laisser chuinter sa religion, notamment en bénifiant/sanctifiant les troupes impériales comme on présente patte blanche, me parait aussi fallacieux et hors sujet que s’il devait déclarer la marque de sauce tomate qu’il met sur ses nouilles les soirs pluvieux. Cessez de nous cacasser de nous aimer les uns les autres au premier coup fourré sociétal faussement fatal, de prier niaiseusement pour les enfants cinéphiles d’Aurora (Colorado), et mettez vous au plus vite à mettre les flingues à la casse une bonne fois, bondance de la vie.

La guerre des monnaies: conversion du système de crédit en système monétaire.

Je reproduis de nouveau cet article de 2009 sur la guerre des monnaies, cette guerre refaisant surface à la faveur de la guerre en Ukraine. Il faut remonter à l’ époque de la présidence de Jimmy Carter et de son redoutable conseillé Zbigniew Brzezinski pour comprendre ce qui se passe actuellement dans le monde.

Zbigniew Brzezinski explique dans son livre « le grand échiquier », comment les Etats-Unis doivent agir pour empêcher la création d’ une entité économique eurasienne qui mettrait hors circuit les États-Unis. Depuis les États-Unis n’ont pas cessé de décapité tous les régimes politiques proche de Moscou notamment au Moyen-Orient.

Pour Zbigniew Brzezinski il était devenu vital pour les États-Unis de couper les ailes de l’ empire russe et de détacher l’Ukraine de la Russie. C’ est ce que nous vivons actuellement, dans un contexte de création monétaire sans limite par la FED et la BCE.

Le dollar de ce fait n’ est plus une monnaie stable, elle est de la fausse monnaie et les détenteurs de dollars Chine et Japon le savent très bien et commencent à se débarrasser du dollar. Les BRICKS aussi ne veulent plus s’endetter en monnaie fictive et sont devenus sensibles à la création d’une monnaie basée sur du réel, indiquant ainsi qu’ils veulent comme la Chine, la Russie et d’ autres la conversion du système de crédit en système monétaire, tel est actuellement l’ enjeu du schisme entre l’ occident et le reste du monde, la majorité de la population mondiale. Il n’y aura pas d’Eurasie, sauf s’il advenait que l’ UE éclate de ses contradictions. En attendant le schisme entre l’occident et la coalition Chine, Russie et BRICKS est consommé.

 

« C’est là la phase particulière des crises du marché mondial que l’on appelle crise monétaire. Le summum bonum [le bien suprême] que, dans ces moments, on demande à grands cris comme l’unique richesse, c’est l’argent, l’argent comptant, et toutes les autres mar­chandises, précisément par ce que ce sont des valeurs d’usage, semblent auprès de lui inutiles, des futilités, des hochets, ou encore, comme dit notre docteur Martin Luther, simples parures et ripailles. Cette brusque conversion du système de crédit en système monétaire ajoute la crainte théorique à la panique pratique, et les facteurs de la circulation frémissent devant l’impénétrable mystère de leurs propres rapports économiques 4. » (K.Marx, Contibution à la critique de l’ économie politique, ed.sociale ,p.109)

G.Bad


VOIR :https://www.docdroid.net/PdwLz44/la-guerre-des-monnaies-hongbing-song-pdf

 

La guerre des monnaies: conversion du système de crédit en système monétaire.

 

En septembre 2009 nous terminions notre article « OR et dollar les reliques de la barbarie capitaliste » par une citation de Marx , indiquant comment s’opère «  une brusque conversion du système de crédit en système monétaire ».Cela fait déjà quelque temps, que le dollar en tant qu’ équivalent général ou monnaie universelle est contesté du nord au sud. Mais pour le moment toutes les tentatives de liquider le dollar ont été déminées, y compris par la guerre comme en Irak(1).

Quelques jours avant la réunion du G 20 ( le 11 novembre) la banque centrale américaine (FED) annonce le 3 novembre, qu’ elle va de nouveau faire marcher la planche à billet(2. Le monde entier venait ainsi d’ apprendre, que la FED allait émettre 600 milliards de dollars  pour contenir une déflation menaçante, mais aussi pour déclencher une inflation spéculative(3) à l’ échelle mondiale.

En procédant de la sorte, la FED allait affoler le monde des affaires, tout en faisant avorter la  réunion du G20(4) qui devait trouver un terrain d’ entente pour stabiliser la « guerre des monnaies ».

Ce qui est intéressant c’ est de voir qu’un journal financier comme La Tribune va jusqu’ à titrer « Monnaies: l’Europe piégée par les Etats-Unis » 6 et 7/11/2010. Ce titre n’ est pas anodin, Sarkosy le Président de la république française assumera après le sommet de Séoul la présidence du G 20 et mettra à l’ ordre du jour la réforme du système monétaire et financier, un morceau plus coriace que la réforme des retraites.

Ceci indique le niveau de confrontation entre les blocs d’ influence financière ( dollar , euros, yen , yuan) et explique aussi la réunion de Deauville, entre la France, l’ Allemagne, et la Russie et leur déclaration commune visant sans le dire vraiment, la constitution de l’ Eurasie ( la frayeur de Brzezynski)(5). Les pays dits émergents ont eux aussi immédiatement réagis, la Chine, l’ Inde, la Corée du Sud, la Turquie, Thaïlande, le Brésil , la Colombie et la Malaisie menacent de mettre en place une ceinture protectionniste contre toute tentative de déstabilisation spéculative. Ce qui fit dire au ministre brésilien des Finances Guido Mantega  « ça ne sert à rien de jeter des dollars du haut d’un hélicoptère » (6).

Ce que Ben Bernanke ( grand spécialiste de la crise de 1929) a fait des le début de la crise, c’ est d’injecter des masses de capitaux dans le système bancaire, il ne voulait pas commettre les mêmes « erreurs » que lors de la crise de 1929 (7). Aussi nous avons constaté que la masse monétaire américaine a gonflé  rapidement jusqu’ à l’ été 2009. Depuis elle stagne comme réserve excédentaire dans les banques à des niveaux historiques. La FED est sur les traces du Japon (1998/1999) qui fit marcher  à fond la planche à billet pour couvrir ses propres emprunts ( achat de bons du trésor). Il en résulta que la banque centrale avait beau émettre des liquidités, celles ci ne circulaient pas, la production et la consommation restaient au point mort, et la déflation ( baisse des prix)  poursuivait sa course. L’ économie nippone fonctionnait comme une « trappe à liquidités ».

Nous pouvons dire sans trop nous tromper, que le Japon à une bonne longueur d’ avance dans cette crise et qu’il préfigure l’ avenir des autres pays. Il arrive encore à tenir le gouvernail grâce à son importante réserve de change et aux mesures d’ austérité radicales faite au peuple. Ce qu’il faut souligner dans se nouveau tournant de la crise mondiale du capitalisme, c’ est l’ utilisation selon les moments du monétarisme ( encadrement de la masse monétaire) notamment dans l’ Union Européenne ou du Keynésianisme par les anciens partisans du monétarisme: Grande Bretagne , Etats unis….  Tous par contre du nord au sud utilisent déjà les dévaluations compétitives de leur monnaie, mais dés lors que tous les pratiquent le jeu devient nul à la sortie. Il en résulte que c’ est la structure capitaliste réelle, et  non la structure monétaire, qui détermine la capacité concurrentielle relative des pays.

L’ offre de monnaie ne résulte pas du jeu de facteurs économiques, elle est une décision d’ ordre politique, une sorte de balancier tactique que chaque gouvernement utilise pour gagner du temps en essayant de reporter la crise sur d’ autres. L’ enjeu dans le cadre du capitalisme, est de savoir qui sera éjecté ( y compris par la guerre ) du marché mondial, sachant qu’aujourd’hui, les États unis, l’ Union Européenne, le Japon et la Chine ont chacun  la possibilité d’inonder le marché mondial de marchandises. La mise hors jeu d’une de ces zones, est donc à l’ ordre du jour pour le capital en jachère ou  monnaie oisive.

L’ Union Européenne, semble à cet égard la plus fragile, et le patron de la BCE est ballotté dans tous les sens et doit résoudre le problème d’ une Europe à deux vitesses; mais aussi les tendances centrifuges qui se manifestent en son sein depuis la crise grecque. Le journal La Tribune du 5/ 11/ 2010 mérite d’ être cité:

Sous le titre « Les obligations des États « périphériques » européens sont de nouveaux attaquées » il indique que «certains fonds souverains commencent à se détourner: la Russie a exclu l’Irlande et l’Espagne des investissements obligataires de ses deux fonds et le fonds norvégien commence à trouver les titres espagnols moins attractifs. ». La suite est plus intéressante et montre comment les taux d’intérêts s’envolent  « Le taux des obligations d’État grecques à 10 ans a ainsi dépassé jeudi le seuil de 11% pour la première fois depuis le 27 septembre, après être descendu à 8,73% le 13 octobre (…)l’Irlande a vu son taux à 10 ans grimper à son plus haut depuis 14 ans, à 7,69 soit 170 points de base de plus qu’à la mi-octobre. Idem pour le Portugal dont le taux à 10 ans a bondi de près de 120 points depuis le 18 octobre touchant un plus-haut de treize ans de 6,655%. ». A noter au passage que le Portugal essaye de vendre de la dette portugaise, il n’ a plus que cela à vendre et le représentant chinois en visite d’ affaire au Portugal a déclaré:  « Nous sommes disposés à prendre des mesures concrètes pour aider le Portugal à faire face à la crise financière mondiale », il est même question que le Portugal sorte de l’ euro .

Qui va devoir éponger, cette hausse des taux d’intérêts , des dettes contractées par les états? c’ est bien entendu et toujours le peuple a qui on annoncera comme Churchill en son temps « de la sueur, du sang, et des larmes ». Solution négative que nous remplaçons par le mot d’ordre révolutionnaire de Socialisme ou barbarie.

Gérard Bad; 16 11 2010.


NOTES

1-Saddam Hussein avait décidé de ne plus payer le pétrole en dollars.

2-Selon une analyse rédigée par la Banque d’Angleterre, l’intervention de l’Etat pour soutenir les banques aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans la zone Euro se monte à 14 000 milliards de dollars. Cette somme représente un quart du produit intérieur brut (PIB) mondial.

3-Dés que la masse monétaire augmente plus vite que le PIB,c’ est que l’ argent mis en circulation ne repose sur aucune véritable richesse, à ce titre elle devient de la fausse monnaie, émise par les états.Les Etats sont actuellement les principaux créateurs de capital financier fictif, ce qui ne les empêche pas par ailleurs d’ en dénoncer les méfaits tout en exigeant une régulation de la finance devenue folle.

4-Les membres du G20 — l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Royaume-Uni, le Canada, la Chine, la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Indonésie, l’Italie, le Japon, le Mexique, la République de Corée, la Russie, L’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, la Turquie, les Etats-Unis et l’Union européenne — constituent 90% de la production mondiale, 80% du commerce mondial et les deux tiers de la population mondiale.

5-Voir Le grand échiquier de Zbigniew Brzezinski

6- allusion au surnom de Bernanke

7-La comparaison avec la crise des années 1930 paraît désuette, au regard de la situation actuelle. A l’ époque de Roosevelt l’ encours total de crédit aux USA représentait 160% du PIB (1929) et atteint 260% en 1932.  En 2008 l’ encours de crédit s’élevait à 365%  du PIB et sera propulsé à plus de 500%.

 

La vérité fait jour: « le virus SARS-CoV-2 est sorti d’un laboratoire chinois faisant usage de biotechnologie étasunienne»

Les fantassins médicaux tétanisés sur le front sanitaire de la guerre pandémique se mutinent sur le pont du navire qui chavire. Comme nous le disions il y a deux ans: « le virus SRAS-Cov-2, qui a provoqué le COVID-19, est sorti – probablement accidentellement – d’un laboratoire chinois – subventionné par les États-Unis – et faisant usage de biotechnologie états-unienne« . Aujourd’hui, c’est le professeur américain Jeffrey Sachs, Président de la Commission Lancet sur le Covid qui émet publiquement cette hypothèse. Cette déclaration confirme que les grandes puissances mondialisées poursuivent des recherches pour le développement d’armes bactériologiques à « gain de fonctions meurtrières » et de tueries massives. Cette déclaration confirme que les peuples du monde sont directement menacés par la Guerre Totale que prépare le Grand capital mondialisé. La Guerre Totale signifie qu’il n’y a plus de front de combat puisque la planète entière est une zone de combat. La Guerre Totale signifie qu’il n’y a plus des civils et des soldats puisque tout un chacun devient un combattant pouvant être abattu par les armes chimiques, bactériologiques, virales ou nucléaires. Les ploutocrates qui ordonnent aux politiciens larbins n’hésiteront pas à exterminer des milliards d’individus dans un immense holocauste planétaire afin de relancer le cycle d’accumulation du capital. En Ukraine, comme ailleurs, régulièrement, de nouveaux laboratoires militaires de recherche de nouvelles armes sont mis au jour.  Il est temps que le prolétariat international se mobilise pour stopper cette course folle à la Guerre Totale.

 


Coup de tonnerre sur les origines du Covid

Par Ron Unz.  Source unz.com

Il arrive que la trajectoire de l’histoire humaine puisse être déviée par une petite étincelle, lorsque celle-ci met le feu à un baril de poudre idéologique. Tombant à point nommé pour la fête nationale des États-Unis du quatre juillet, une énorme explosion dans l’attention du grand public vient de submerger les origines de l’épidémie de Covid, et de relancer le débat sur les causes de l’épidémie globale qui a emporté plus d’un million de vies aux États-Unis et a perturbé le monde entier.

 

Wow Prof. Jeffrey Sachs: « J’ai présidé pendant 2 ans la commission du Lancet sur le Covid. Je suis convaincu que ce virus est sorti d’un laboratoire de biotechnologie étasunien […] Nous n’en avons pas la preuve, mais nous disposons de suffisamment d’éléments. [Pourtant] aucune enquête n’est menée, ni aux États-Unis, ni ailleurs »

Le professeur Jeffrey Sachs est l’universitaire de haut niveau qui a présidé la commission Lancet sur le Covid, et il y a quinze jours, il a fait des déclarations publiques qui semblent indiquer que le virus aurait été fabriqué aux États-Unis. Le 1er juillet, j’ai republié un bref article produit par RT faisant part de ces déclarations, et le lendemain, un petit clip faisant état de ses remarques est devenu ultra-viral sur les réseaux sociaux : il a été retweeté plus de 9000 fois et la vidéo a été vue 800 000 fois, avec une croissance qui s’est constatée de minute en minute. En toute fin de compte, nos médias occidentaux vont peut-être se retrouver confrontés au problème qu’ils ont mis tant de soin à éviter d’évoquer depuis plus de deux ans.

Wow😯Prof. Jeffrey Sachs:

« J’ai présidé pendant 2 ans la commission du Lancet sur le Covid. Je suis convaincu que ce virus est sorti d’un laboratoire de biotechnologie étasunien […] Nous n’en avons pas la preuve, mais nous disposons de suffisamment d’éléments. [Pourtant] aucune enquête n’est menée, ni aux États-Unis, ni ailleurs ». pic.twitter.com/IYvSJnlv1q

— Arnaud Bertrand (@RnaudBertrand) 2 juillet 2022

La suggestion incendiaire émise par Sachs tombe un mois après qu’il a co-signé un article universitaire au sein du prestigieux journal Proceedings of the National Academy of Sciences, indiquant les éléments importants qui laissent à penser que le Covid était le produit fabriqué génétiquement dans un laboratoire, et demandant une enquête indépendante sur le rôle possible des États-Unis dans la fabrication du virus qui a tué plus de 20 millions de gens dans le monde entier.

A call for an independent inquiry into the origin of the SARS-CoV-2 virus
Neil L. Harrison and Jeffrey D. Sachs • PNAS • 19 mai 2022 • 2800 mots

Il y a deux ans, la commission qu’il a présidée sur le Covid avait conclu que le virus était sans doute d’origine naturelle, un verdict rapidement adopté de manière uniforme par les médias des États-Unis, et Facebook en était même venu à censurer les opinions contraires. Le retournement public de Sachs sur cette question centrale représente donc une bombe gigantesque, mais à l’exception d’un seul article paru dans the Intercept, l’événement est resté totalement ignoré par les médias, malgré mes propres efforts pour le mettre en lumière.

Mais un Tweet bien rédigé a désormais attiré un tel niveau d’attention qu’il va sans doute devenir très difficile désormais pour les médias de continuer à ignorer ce sujet.

En parcourant l’énorme fil Twitter, la seule réfutation substantielle que j’ai trouvée venait du professeur Richard H. Ebright de Rutgers, un virologue influent très impliqué dans le débat sur le Covid, qui prétend que les propos de Sachs ont été mal interprétés. À en croire Ebright, Sachs ne faisait que suggérer que c’était la biotechnologie étasunienne, et non concrètement un laboratoire étasunien, qui avait été responsable du Covid :

Il s’agit d’une mauvaise interprétation de l’affirmation et de la conclusion de Sachs.

Sachs a parlé d’une « biotechnologie de laboratoire des États-Unis », pas d’« un laboratoire de biotechnologie des États-Unis. » (les articles « un » et « de » sont des interpolations erronées faites par l’auteur du Tweet). Sachs conclut que le virus provient d’un laboratoire chinois faisant usage de biotechnologie étasunienne.

— Richard H. Ebright (@R_H_Ebright) 2 juillet 2022

Les mots employés par Sachs sont certes un peu indistincts et peut-être quelque peu ambigus, et je les avais personnellement interprétés de la même manière et j’avais pensé qu’il induisait purement et simplement que le virus aurait pu être produit aux États-Unis, mais sans l’affirmer explicitement. Mais l’autre principal candidat à constituer la source du virus a toujours été le laboratoire de Wuhan, et Sachs n’a jamais fait ne serait-ce que mention de cette possibilité, ce qui reflète possiblement ses doutes à ce sujet. Quoi qu’il en soit, l’affirmation d’Ebright que « Sach[s] conclut que le virus est sorti d’un laboratoire chinois faisant usage de biotechnologie étasunienne » est un résumé totalement erroné de ce qu’affirme Sachs.

Cette étrange et fallacieuse affirmation émise par Ebright peut enfin attirer l’attention sur son implication personnelle étrange et plutôt détournée dans le débat sur les origines du Covid, un sujet que j’avais traité en détail dans un article que j’ai publié il y a presque un an, dont certains extraits méritent d’être cités.

Alors que le coronavirus commençait peu à peu à se répandre hors des frontières de la Chine, un autre développement s’est produit, qui a grandement multiplié mes soupçons. La plupart de ces premiers cas s’étaient produits exactement là où on pouvait les attendre, dans les pays d’Asie de l’Est jouxtant la Chine. Mais à la fin du mois de février, l’Iran était devenu le second épicentre de l’épidémie globale. Plus surprenant encore, les élites politiques de ce pays avaient été très fortement touchées, avec pas moins de 10% des membres du parlement iranien rapidement infectés, et au moins une douzaine de dirigeants du pays tués par le virus, parmi lesquels des hommes plutôt âgés. De fait, les activistes néo-conservateurs se réjouissaient sur Twitter de voir leurs ennemis iraniens détestés tomber comme des mouches.

Examinons les implications de ces faits. Dans le monde entier, les seules élites politiques qui ont jusqu’ici subi des pertes humaines significatives ont été celles de l’Iran, et ils sont morts très tôt, avant que l’épidémie n’ait significativement éclaté où que ce soit dans le monde, hormis la Chine. Aussi, nous voyons les États-Unis assassiner le plus haut commandant militaire iranien le 2 janvier, puis, quelques semaines plus tard, de vastes franges des élites dirigeants iraniennes subitement infectées par un nouveau virus mystérieux et mortel, qui a tué un grand nombre d’entre eux. Est-ce qu’une personne dotée de raison peut considérer ces événements comme une simple coïncidence ?

Les Iraniens avaient tout à fait conscience de ces éléments, et leurs hauts-dirigeants politiques et militaires ont accusé publiquement les États-Unis de mener une attaque biologique interdite contre leur pays et contre la Chine, leur ancien président allant jusqu’à émettre une plainte officielle auprès des Nations Unies. Mais bien que ces accusations explosives aient été largement couvertes par la presse iranienne, elles sont restées totalement ignorées des médias étasuniens, si bien que presque aucun habitant des États-Unis n’en a quasiment entendu parler.

Et le rôle central pour réfuter ces accusations explosives en provenance d’Iran a été joué par Ebright, dont très tôt les positions publiques sur le virus ont été strictement opposées à celles qu’il a ensuite affirmé avoir tenues depuis le départ. Comme je l’ai écrit :

Je pense que cette reconstruction des événements est soutenue par les positions publiques remarquablement contraires entre elles adoptées par le professeur Richard H. Ebright, un biologiste moléculaire et expert en sûreté biologique très réputé de Rutgers, qui s’est récemment positionné comme soutien scientifique le plus cité de la théorie du virus-ayant-fuité-du-laboratoire-de-Wuhan.

Au mois de janvier, Nicholson Baker avait cité Ebright, qui affirmait que des années durant il avait été préoccupé par le laboratoire de Wuhan et des travaux qui y étaient menés en vue de créer des coronavirus de chauve-souris de type SARS « chimériques » « présentant une infectivité humaine améliorée ». Au sein d’un e-mail, le scientifique avait en outre déclaré que « Dans le présent contexte, la nouvelle d’un nouveau coronavirus à Wuhan ***criait*** à la fabrication en laboratoire. »

Peu de temps après, Ebright est devenu l’un des signataires de premier-plan de la lettre ouverte du mois de mars, critiquant vertement le rapport de l’OMS, et appelant à une nouvelle enquête internationale sur le laboratoire de Wuhan, et a soutenu ses opinions dans une longue interview accordée à Independent Science News. Selon l’article de Vanity Fair, lorsque les tous premiers rapports d’épidémie de Covid étaient apparus, ses soupçons à l’encontre d’un virus artificiel fuité du laboratoire de Wuhan avaient été immédiats, en l’espace d’« une nanoseconde ou une picoseconde. » Les affirmations d’Ebright ont également constitué une pièce maîtresse de l’article fondateur de Wade :

Il est clair et limpide que l’Institue de Virologie de Wuhan s’employait de manière systématique à fabriquer de nouveaux coronavirus chimériques, et évaluait leur capacité à infecter des cellules humaines ainsi que des souris ACE2 exprimant des gènes humains. Il est également clair que, selon les contextes génomiques constants choisis pour les analyses, ces travaux auraient pu produire le SARS-CoV-2 ou un progéniteur proche du SARS-CoV-2… Il est clair que tout ou partie de ces travaux étaient réalisés suivant un standard de biosécurité… qui allait provoquer des risques inacceptablement élevés d’infection du personnel du laboratoire. Il est également clair que ces travaux n’auraient jamais dû être financés, et n’auraient jamais dû avoir lieu.

Pourtant, de manière tout à fait étrange, Ebright, durant les premiers mois de l’épidémie, avait semblé tenir une position publique absolument contraire. Dans son interview du 29 janvier 2020 au Washington Postil avait déclaré : « Sur la base du génome et des propriétés du virus, il n’existe aucune indication d’aucune sorte qu’il puisse s’agir d’un virus fabriqué [artificiellement]. Et selon un article du Post paru quelques semaines plus tard, il avait également ajouté : « La possibilité qu’il puisse s’agir d’une arme biologique délibérément déclenchée peut être nettement exclue. »

Les affirmations radicales d’Ebright avaient pour objet de réfuter les allégations très répandues selon lesquelles le Covid était une arme biologique chinoise qui avait été propagée par accident, mais bientôt, elles se sont avérées très utiles à notre propre RFE/RL1, sponsorisé par notre gouvernement, dénonçant l’accusation de guerre biologique lancée par l’Iran comme « affirmation infondée » soutenue par « aucune preuve » et citant les affirmations radicales d’Ebright pour réfuter cette thèse. Cet apparent consensus scientifique selon lequel le virus était naturel garantissait que toute nouvelle accusation iranienne serait sommairement rejetée comme totalement irrationnelle par les médias internationaux, contraignant Téhéran à abandonner ses vaines tentatives.

Que ma propre analyse des motivations d’Ebright soit correcte ou non, la réalité indéniable est que la voix scientifique ayant affirmé haut et fort en premier que le Covid était naturel est devenue la voix que l’on entend le plus pour affirmer que le virus est sorti d’un laboratoire, une thèse qu’il maintient désormais avoir soutenue depuis le tout début. Au sein des médias, nul ne paraît avoir commenté ou même remarqué ce changement de position radical.

Aussi, lorsque début 2020 les Iraniens ont accusé les États-Unis d’avoir lancé une attaque de guerre biologique contre leur pays et la Chine en utilisant le virus du Covid, les déclarations du professeur Ebright selon lesquelles le virus était absolument naturel avaient été utilisées pour repousser les accusations portées contre le gouvernement des États-Unis. Mais plus tard la même année, après que ces accusations iraniennes furent oubliées, Ebright s’est mis à affirmer que depuis le tout début, il avait estimé que le virus était artificiel, très probablement un produit chinois sorti du laboratoire de Wuhan. Dans chacun des cas, sa position a parfaitement servi à soutenir les intérêts de propagande immédiats de l’establishment de sécurité des États-Unis, et dans nos médias, il ne s’est trouvé absolument personne pour lui demander d’expliquer ces positionnements totalement contradictoires. Peut-être que des personnes actives sur Twitter devraient à présent commencer à lui poser des questions sur ces sujets.

Le sous-texte absolument tabou du débat en cours est la possibilité évidente que le virus du Covid ait pu être créé dans un laboratoire des États-Unis, puis délibérément déployé contre la Chine et l’Iran, exactement comme dénoncé à l’époque par le gouvernement iranien, pour finir par se répandre et dévaster les États-Unis et le reste de l’Occident.

Au cours des deux dernières années, je suis resté pratiquement seul à soutenir cette hypothèse controversée, qui est restée presque totalement exclue à la fois des médias dominants et des médias alternatifs. On peut lire ma longue suite d’articles sur mon site, qui ont été assemblés dans un eBook disponible librement, déjà téléchargé plus de 110 000 fois :

Covid/Biowarfare Series
Ron Unz • The Unz Review • avril 2020-décembre 2021 • 60000 mots

Pour ceux qui préfèrent lire ces nombreux éléments sur format papier, ils sont également disponibles dans un petit livre, au prix abordable de 9.99$.

Les interviews filmées au cours desquelles j’ai présenté mes analyses sur les origines du Covid ont déjà été vues presque 600 000 fois ; en voici les trois plus populaires et importantes. Je m’attends à ce que ces nombres de visionnages augmentent fortement si les commentaires émis par Sachs portent le sujet au cœur du débat public.

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Ron Unz

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone


  1. Il s’agit de RadioFreeEurope/RadioLiberty, un organe de propagande financé par les États-Unis, NdT ↩

L’avocat Todd Callender – associé à la direction d’un groupe d’assurance, dénonce la surmortalité des personnes «vaccinées» contre COVID

 

L’avocat, co-directeur d’un groupe d’assurance, avertit que la surmortalité des personnes entièrement « vaccinées » devient désormais non seulement statistique, mais évidente. Toutes les formes de maladies parmi ceux qui ont reçus les injections contre Covid montent en flèche. Il prévient que la « vaccination » anti-Covid pourrait exclure les personnes des garanties contractuelles parce qu’il s’agit d’un traitement expérimental.

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C’est la seconde fois que nous rapportons les propos d’un assureur sur les taux de morbi-mortalité liés aux injections contre Covid. En Janvier 2022, les propos de Scott Davison, PDG d’une compagnie d’assurance américaine basée à Indianapolis depuis 1877 et employant 2400 personnes, faisait savoir qu’il y avait une augmentation des décès de 40% au troisième trimestre 2021 et qu’elle touchait la population active des 18-64 ans, c’est-à-dire dans la période où les injections Covid ont été imposées aux populations de moins de 65 ans. Les analyses de la compagnie montraient qu’il ne s’agissait pas d’une hausse liée au Covid mais bien aux injections.

Cette déclaration n’a pas été relayée par les principaux médias qui ont simplement ignoré l’information.

Tod Callender, est l’un des directeurs de Cotswold Group, un groupe d’assureurs ayant des bureaux dans les Caraïbes car l’activité de ce groupe était originellement agréée dans les îles vierges britanniques (la défiscalisation pourrait également expliquer une telle géolocalisation). Le secteur d’activité de Cotswold est principalement tourné vers la gestion des risques et la vente de produits d’assurance englobant la prévoyance, le risque invalidité, l’immunothérapie, la couverture médicale, l’assurance vie incluant l’assurance décès. Chaque assureur est agréé par le groupe et fait l’objet à minima d’un audit annuel.

 

Todd Callender prévoit une surmortalité excédentaire de 5000% liée aux injections contre Covid

Todd Callender – connu également pour la création d’un site intitulé vaxxchoice – s’est exprimé dans une vidéo que l’on peut consulter sur Rumble. Il explique que depuis la vaccination de masse, « la surmortalité aurait augmenté de 84 % et les maladies de 1 100 %. Rien qu’en 2022, a-t-il dit, son entreprise s’attend à une augmentation de 5 000 % des décès (excédentaires)… ». Par décès excédentaires, il faut comprendre le nombre de décès supplémentaires attendus dans une mauvaise année, ces calculs sont réalisés sur des moyennes des années passées à court, moyen et long terme. Sauf événement exceptionnel (guerre, épidémie, catastrophe naturelle de très grande ampleur…), les prévisions sont très fiables.

Etrangement, ces chiffres sont très proches de ceux qui sont dénoncés par 3 médecins lieutenant colonels de l’armée américaine (augmentation de 1135% de la morbidité) et grossièrement démentis par le département américain de la Défense (DoD) dont le secrétaire d’Etat affirmait qu’il n’y avait pas d’erreurs sur les données de 2021 mais sur celles des 5 années précédentes (2015-2020). Moyenne des 5 années à laquelle était comparée l’augmentation visible des décès après la « vaccination » des militaires.

L’avocat estime qu’aux Etats Unis, 25 millions de personnes ayant reçu les injections pourraient décéder d’ici la fin 2022, auquel il faut ajouter les 2,95 millions de décès qui correspondent aux décès « normalement attendus » (statistiquement parlant et non liés aux injections contre Covid). Il faut rester prudent avec les projections et s’en tenir aux informations disponibles et vérifiables.

Todd Callender confirme que le sida serait transmis par les injections Covid

Les propos de Callender sur la responsabilité des injections Covid ayant déclenché des syndromes d’immunodificience acquise (SIDA) sont rapportés ci-dessous :

“Il se trouve que je travaille dans le domaine de la morbidité”, a expliqué Callender lors de l’appel (téléphonique, cf. vidéo rumble). « Je ne pense pas que ce soit par hasard, soit dit en passant, que Moderna vient de recevoir l’homologation de son vaccin contre le VIH avec autorisation d’utilisation d’urgence. Alors, ils ont transmis le sida à tout le monde, et voici votre salut, un autre vaccin ». Cette information sur le vaccin a ARNm de Moderna est tout à fait exacte et laisse sans voix alors que les effets indésirables des injections Covid ne cessent d’être constatées. Si Callender n’est pas médecin, il a toutefois accès aux dossiers des défunts et connait la cause du décès notifiée par un médecin.

Nous avions également rapporté la détérioration du système immunitaire des personnes injectées, les données britanniques permettaient même d’observer ce phénomène qui s’aggravait avec le nombre de doses reçues.

Le dossier intitulé « les effets post vaccinaux peuvent-ils être pires que le Covid ? » mettent particulièrement en avant les risques sanitaires liés à la « vaccination » contre Covid sur des bases scientifiques.

La vaccination anti-Covid peut-elle être excluante du bénéfice d’un contrat d’assurance vie ?

Callender évoque un autre sujet qui concerne les assurances et plus précisément une affaire judiciaire en France concernant le décès d’une personne fortunée après l’injection Covid. La prime d’assurance décès n’aurait pas été versée aux bénéficiaires ; le tribunal ayant jugé que le défunt aurait pris un risque en acceptant un traitement expérimental. Cet acte l’aurait associé à une prise de risque l’excluant des garanties selon l’auteur de la vidéo. L’identité du défunt et le jugement n’ayant pas été identifiés, cette information n’a pas été vérifiée et incite à la prudence.

 

VENDREDI TREIZE!

J’ai peur de minuit! Quand les prix montent et mon salaire stagne! $2.00 le litre, le gaz, et PERSONNE ne réagit? Qui nous défend à Québec et à Ottawa? Et nos syndicats endormis? Ça fait dur, mes amis. Et il n’y a pas de solutions en vue? Je vous le dis avant chaque élection : «Les riches vont être plus riches et les pauvres plus pauvres!» Tout le monde me croit mais ils votent, quand même, pour les mêmes vieux partis?

Je prêche dans le vide? La classe moyenne est déjà dans la marde, mais ils continuent à acheter… à crédit ? Pensant que l’inflation c’est temporaire. Mauvaises nouvelles. Je prédis que les prix et l’intérêt vont CONTINUER à monter! Pourquoi?

Parce que, personne n’est indigné? Donc, on est foutus! Allez chercher votre quatrième vaccin et boucler là avec un masque tout neuf. Que voulez-vous, on a laissées les camionneurs se faire écraser, ceux là même qui défendaient la classe moyenne. Cette classe moyenne, confortablement assis devant vos télés qui crachent que du fake news.

Où est Rambo? Quelqu’un l’a vu?

John Mallette
Le Poète Prolétaire

L’Échiquier mondial, BRICS contre G7, les puissances impérialistes se concertent pour la guerre?

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Xavier Moreau, directeur du Centre d’analyses politico-stratégiques, et son invité Arnaud Dotézac, géopolitologue, reviennent sur les réunions du G7 et des BRICS de la fin du mois de juin 2022.


Ces deux sommets ont rassemblé de part et d’autre les grandes puissances mondialisées qui s’allient et s’opposent en deux grands blocs impérialistes agressifs. Ces puissances n’ont d’autres choix que de préparer la guerre qui déterminera l’hégémon mondial… Bloc militaire Atlantique-Occidental  contre Bloc militaire Pacifique-Asiatique ??? Les vieilles puissances impérialistes occidentales s’accrochent au pouvoir alors que les puissances impérialistes émergentes tentent de leur ravir l’hégémonie mondiale.  La guerre d’Ukraine est le révélateur de ce jeu de puissance guerrier – génocidaire – dans lequel nous entraîne ces empereurs du grand capital mondial.  La vidéo de L’ÉCHIQUIER MONDIAL présente des statistiques importantes pour comprendre cette guerre en marche vers l’Apocalypse.


 

Des agents au service de l’État français ont-ils mis le feu à la dune du Pilat ? vidéo

Par : do

http://mai68.org/spip2/spip.php?article12228

Canadairs en panne ,refus d’avoir recours aux 5000 pompiers parce-que non injectés Entre autre : projet de ferme solaire sur plus de 1000 hectares, projet de la lgv Visite du pyromane maqueron rictus aux lèvres pour voir si le travail a été bien fait Qui s’est soucié de ces pauvres animaux décimés ?

https://crowdbunker.com/v/22fM6c7yaP

Note : Une version Youtube a été diffusée avant cette version Crowdbunker. La vidéo youtube est de meilleure qualité. Mais, dans la version crowdbunker un extrait significatif de la vidéo est rajouté au début. Voici maintenant la version youtube :

 

Bien à vous,
do
http://mai68.org/spip2

 

POURQUOI LES ENTREPRISES PROPOSENT-ELLES DES PRODUITS ET SERVICES DE PIRE EN PIRE?

GESTION D’ENTREPRISE DEPUIS LA SECONDE MOITIÉ DES ANNÉES 80

De la seconde moitié des années 1980 à la faillite de Lehman Brothers en 2008, le capital fictif a connu une période de véritable effervescence. Les investissements spéculatifs développent systématiquement de meilleurs résultats moyens que les investissements dans la production.

Les entreprises ont répondu en valorisant leurs résultats comme s’il s’agissait de flux financiers – le début de la fameuse financiarisation – et en maximisant les revenus de trésorerie pour les parier immédiatement dans le grand casino spéculatif des bourses, des fonds et des marchés.

Des secteurs industriels entiers tels que les voyagistes ou les grands magasins se transforment radicalement et commencent à vendre en dessous des coûts directs de production afin de maximiser les rentrées de fonds et de récupérer une marge élargie grâce à la spéculation à court terme. La logistique vise le juste à temps pour réduire la taille des entrepôts et maintenir les coûts de stockage au minimum.

C’est l’âge d’or des directeurs financiers. Leur rémunération se multiplie à mesure que leur contribution au compte de résultat devient plus importante. Et leurs compétences et leurs outils sont désormais considérés comme la base d’un nouveau type de management. En fonction de leurs besoins, les « business schools » créeront le nouveau standard idéologique de la bourgeoisie patronale.

Le slogan « maximiser la valeur actionnariale » est devenu le nouveau mantra. Elle passait par la minimisation de tout poste de dépenses assimilable à une sortie financière. L’entreprise idéale n’avait que des fournisseurs, c’est-à-dire des dépenses courantes aux prix du marché, et des entrées finançables , sans engagement de paiement régulier à long terme. Autrement dit, à la limite, l’idéal était de ne pas avoir de salariés ni de dépenses d’entretien du capital fixe.

Si les « travailleurs propres » pouvaient être remplacés par un contrat avec une entreprise extérieure, même si c’était plus cher à court terme, c’était considéré comme plus rentable. Parce que? Parce qu’avec le temps, tous ces sous-traitants seraient en concurrence les uns avec les autres, en maintenant au minimum le montant payé par le capital aux travaux. La valeur à long terme de l’entreprise serait donc plus importante car ses flux financiers sortants seraient toujours au minimum.

Pour cette raison, chaque annonce de licenciement faisait monter la valeur boursière des grandes entreprises.

De plus, une fois que Clinton aurait renforcé les droits de propriété intellectuelle à l’ échelle mondiale , toute la production pourrait être externalisée vers un autre pays où il y aurait des usines suffisamment sophistiquées avec des salaires plus bas. Si ceux-ci augmentaient, le coût du déplacement de la production vers une nouvelle usine dans un autre pays était simplement celui du changement de fournisseur. Rien ne devrait être fermé ou des licenciements payés à qui que ce soit.

 

PRÉCARITÉ DU TRAVAIL, FRAGILITÉ DES ENTREPRISES

Ce cadre général explique pourquoi la précarité du travail -utile en soi au capital- s’est accompagnée d’un affaiblissement des entreprises qui finira par nuire à des investissements jusque-là considérés comme « la poule aux œufs d’or ».

Jack Welch était la personnalisation de cette fuite vers la catastrophe chez General Electrics, comme López de Arriortúa l’ était chez General Motors. Les deux sociétés avaient été deux des plus grandes entreprises du monde depuis l’après-guerre et il en reste peu aujourd’hui, à l’exception des ruines.

Pourtant, Welch et López de Arriortúa ont été pendant une décennie les « dieux » du capital, les « modèles » de toute la bourgeoisie d’entreprise qui aspirait à créer de la « valeur actionnariale », c’est-à-dire des opportunités spéculatives adossées à une action en constante augmentation.

La « magie Welch » ou « l’effet super-López » n’étaient rien d’autre qu’une combinaison de flux tendus et de sous-traitance industrielle : désormais, les sous-traitants non seulement géraient la main-d’œuvre, mais achetaient également les machines nécessaires pour produire… en payant à l’original société les redevances correspondantes et acceptant des prix unitaires qui ne peuvent être révisés qu’à la baisse. Pour la multinationale, tout était flux financiers positifs. Tout a servi à apporter plus de capitaux aux marchés spéculatifs. Tout a généré une « valeur actionnariale ».

Mais tandis que la valeur boursière des entreprises gigantesques qu’ils dirigeaient augmentait, tout ce qui était socialement utile en elles s’évanouissait : leur capacité productive matérielle était transférée à d’autres entreprises subordonnées, leur potentiel logistique était liquidé et le savoir de leurs ouvriers était gaspillé par le chômage forcé de leurs modèles originaux.

Et puis est venue la vague de faillites de 2008-2009, et soudain les rois de l’industrie se sont retrouvés nus alors qu’ils tombaient les uns après les autres.

 

LE CAPITALE NATIONAL SENT LE DANGER

L’espoir qu’« après la crise » il serait possible de revenir au statu quo s’est avéré illusoire. En 2019, alors que les gouvernements européens criaient déjà victoire, la faillite de Thomas Cook , le plus grand voyagiste mondial, a clairement fait comprendre que les « bons moments » n’allaient pas revenir. Et surtout, que les grandes multinationales, principale destination du grand capital appliqué à la production, n’avaient pas la capacité de résister indéfiniment en s’endettant en attendant le retour de la manne.

En fait, les délocalisations jusque-là rentables et la dépendance vis-à-vis des fabricants d’autres pays commençaient déjà à être perçues comme un problème stratégique.

Le Brexit et la montée de Trump aux États-Unis ne peuvent être compris sans deux des conséquences les plus évidentes des années de mondialisation et de la fuite vers la financiarisation du capital national des pays les plus capitalisés : la perspective de perdre le leadership impérialiste au profit de la Chine et la faiblesse des marchés intérieurs qui jusqu’alors assuraient la base nécessaire à l’apparition de nouvelles entreprises à capacité monopolistique mondiale.

La montée des conflits impérialistes , la nouvelle doctrine de sécurité nationale de Trump , la guerre commerciale américano-chinoise qui a suivi et les efforts pour créer des blocs économico-militaires, intensifiés par Biden plus tard, qui ont abouti au déclenchement de la guerre actuelle, ils sont une conséquence directe de ces bonnes années de capital. Et tout cela est associé à un modèle d’entreprise de «maximisation de la valeur actionnariale »… qui est toujours d’actualité.

 

LA BALLADE DES ENTREPRISES FRAGILES

Chemin de fer Union Pacific

La question est maintenant que si les entreprises avaient déjà été fragilisées dans les bonnes années de la soi-disant mondialisation , les conséquences de l’éclatement du marché mondial en blocs les rendent encore plus fragiles. Surtout s’ils ne changeaient pas leurs formes de gestion.

Il est évident, par exemple, que le juste à temps est entré en crise dès qu’une nouvelle division internationale du travail a commencé à prendre forme. À ce stade, il est au centre de la crise d’approvisionnement et du chaos logistique mondial. Mais cela ne s’arrête pas là.

Les entreprises de transport elles-mêmes, en théorie à l’abri de l’effondrement du juste à temps , ne sont pas exemptes de la fragilité générale des entreprises à laquelle ont conduit les années d’exubérance des capitaux spéculatifs. Les transports, comme toutes les moyennes et grandes entreprises, ont changé leur mode de gestion pour « se débarrasser de la graisse », comme l’a dit López de Arriortúa.

Cette semaine, dans un magazine spécialisé , le président et chef de la direction d’Union Pacific, Lance Fritz, a avoué :

Nous gérons le réseau avec des ressources équitables. Nous n’avons pas reconnu l’accumulation de risques que nous avions devant nous, le COVID continuant d’affecter la disponibilité de l’équipage, la croissance [du volume] à venir et les événements météorologiques.

Lorsque vous partez, vous n’avez tout simplement pas beaucoup d’occasions de récupérer rapidement. Nous avons eu des problèmes et l’arriéré de marchandises [non déplacées] a augmenté, et nous avons dû prendre des mesures assez importantes pour y remédier. [Mais nous ne l’avons pas fait] avant le deuxième quart-temps.

Les employés de l’entreprise lui ont répondu sur Facebook :

Il était une fois trois équipes d’hommes dans le chantier qui n’avaient qu’à travailler 40 heures par semaine contre deux équipes d’hommes dans le chantier qui martelaient le ballast pendant 60 heures par semaine.

Les trains routiers allaient et venaient à 12 heures ou plus tôt… maintenant ils ne viennent plus et les employés travaillent 14 heures par jour. Les maîtres de triage ont dirigé le spectacle et ont fait un excellent travail… ces emplois ont été éliminés.

La longueur maximale du train était de 7 000 pieds, maintenant sur l’avenue, elle est de 9 000. Ils ne peuvent même pas entrer dans les cours encombrées. Les inspecteurs de voitures inspectaient les voitures, maintenant les équipages doivent le faire. Les serre-freins faisaient autrefois le tour des chantiers pour accélérer le mouvement des marchandises… mais maintenant ils ne sont plus là et les trains sont à l’extérieur des chantiers.

Il y avait suffisamment de moteurs pour ne pas avoir à maximiser le tonnage et à les démonter. Il y avait suffisamment de chantiers pour stocker les wagons, mais maintenant, de nombreux chantiers ont été fermés et vendus pour maximiser les revenus. Les conducteurs en formation ont été formés pendant 5 à 6 mois. Maintenant, ils sont formés en deux, mettant tous les employés en danger pour la sécurité…

Les employés ont apprécié le travail. Les employés détestent maintenant le travail. Le nombre d’accidents et de blessures a explosé. Les convois s’organisent, ils ne se contentent pas de se regrouper provoquant l’arrêt des trains à chaque terminus engorgé. Les clients étaient heureux. Les seules personnes heureuses en ce moment sont les gars des fonds spéculatifs. La vie ferroviaire craint vraiment!

Un autre ouvrier a ironiquement condamné :

Vous réduisez le personnel de 30 %, les locomotives de 30 % et les wagons de 30 %, puis vous vous demandez pourquoi vous n’avancez pas. C’est totalement déroutant.

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MAIS COMMENT PENSENT CES GENS ?

valises empilées un aéroport

Nous avons un autre exemple dans la supposée « crise mondiale des bagages perdus ». A Francfort, le patron de Fraport, la société qui gère l’aéroport, a avoué garder 2 000 valises qu’il ne sait pas à qui livrer . Votre idée pour que cela ne se reproduise plus ? Demander aux voyageurs de ne pas acheter de valises noires et de personnaliser leur apparence pour les rendre plus faciles à trouver dans le bourbier qu’une gestion basée sur le « tout porter correctement » a produit.

C’est loin d’être le seul cas où la réponse de la bourgeoisie patronale à un problème de gestion de la production est à première vue absurde ou contre-productive.

Netflix a perdu au moins un million d’abonnés . La raison, selon les sondages, est que la baisse de qualité de leurs productions et la pression endoctrinante de leurs scénarios dérangent certains clients qui, lorsque leurs salaires réels ont été réduits par l’inflation, ont commencé à se désinscrire.

Selon la pléthore de consultants et de gestionnaires, qu’est-ce qui pourrait réduire la ponction sur les abonnés? Améliorer le contenu?  S’adapter aux demandes d’un public majoritairement non américain qui a du mal à réfléchir à la doctrine du wokisme? Des prix plus bas pour ne pas assumer un pourcentage beaucoup plus élevé de ce qui est supportable parmi les dépenses non essentielles de vos clients ?

Non. Première chose : licencier des travailleurs . Faites ensuite payer un supplément à ceux qui partagent la connexion même au sein d’une même maison … en guise de pré-requis pour faire payer plus cher ceux qui prennent la connexion en vacances . Et au lieu de baisser les prix, créez un nouvel abonnement de base dans lequel vous devrez supporter de la publicité et vous pourrez accéder à moins de contenu . Ces gens-là savent vraiment comment faire une offre alléchante à un consommateur insatisfait : plus de contrôle, de nouveaux paiements pour des usages qui étaient gratuits, moins de contenu -quoique tout aussi mauvais- et en plus… des publicités. Infaillible!

 

EXISTE-T-IL UN CORRECTIF ? LE SYSTÈME PEUT-IL ÊTRE AMÉLIORÉ EN AMÉLIORANT LES ENTREPRISES ?

C’est la même vieille logique, le livre de recettes de toute école de commerce. Premièrement, réduire les travailleurs au minimum et les rendre plus précaires. Ce qui s’accompagne normalement d’une baisse de la qualité des produits et des matières premières utilisées. C’est une façon discrète, mais tout aussi irritante que le reduffing , d’augmenter les prix. Et en même temps, surveillez et chassez les clients pour convertir les basiques gratuits en extras payants, trouvant ainsi de nouvelles choses à monétiser, que ce soit la confidentialité des utilisateurs ou autre chose. Tout vaut. Comme s’il n’y avait pas de lendemain… littéralement.

Ce n’est pas seulement un style de management , il exprime des contradictions fondamentales à la petite échelle de chaque entreprise. Ce sont ces contradictions qui font que les idées de la bourgeoisie patronale et de ses consultants semblent dysfonctionnelles. Mais ils ne le sont pas, ni ne sont-ils le produit d’une maladresse particulière de l’un ou de l’autre.

Ils sont dysfonctionnels pour les fonctions qu’ils prétendent remplir… car c’est la seule façon pour eux d’être fonctionnels pour leur véritable objectif dans le système : obtenir une rentabilité pour le capital qui y est investi. Exemple : Dans le capitalisme d’aujourd’hui, Exxon double ses profits et Repsol les triple non pas parce qu’ils ont trouvé une solution à la pénurie, mais justement parce qu’ils font des profits extraordinaires grâce à elle .

En réalité, ce n’est pas qu’une mauvaise gestion d’entreprise détériore un système améliorable, c’est que le système façonne l’image des entreprises. C’est pourquoi celles-ci sont de plus en plus contradictoires avec la satisfaction des besoins humains auxquels leurs produits doivent servir.

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Prolétaires de tous les pays, unissez-vous, abolissez les armées, la police, la production de guerre, les frontières, le salariat !

COMMENT RÉSISTER À L’INFLATION ?

Partout dans le monde, de l’Iran aux États- Unis , l’inflation monte en flèche, ronge le pouvoir d’achat des salaires et aide les bénéfices des entreprises à rebondir à nos dépens. Aucune stratégie de consommation ne peut nous ramener à la situation antérieure, mais nous essayons tous d’atténuer la destruction de nos conditions de vie et de travail. Que font les familles ouvrières pour résister au quotidien

 

1. RETOUR AUX TARIFS RÉGLEMENTÉS D’ÉLECTRICITÉ

En Espagne, la hausse brutale des prix de l’électricité a commencé en mai 2021 . Au fond , l’impact du Pacte Vert a été plus important que ce qu’ils avaient calculé … du moins c’est ce qu’ils ont dit entre promesses de corrections et palliatifs qui n’ont jamais aidé.

Ces dernières années, environ 60 % des familles étaient passées d’un tarif réglementé à une souscription d’électricité basée sur le prix du marché de gros. En principe, un moyen d’économiser. Mais… lorsque les prix ont commencé à monter en flèche, les soi-disant factures du « marché libre » ont fait de même.

Ainsi, des milliers de contrats sont revenus au tarif réglementé, qui continue d’être un monopole entre les mains des distributeurs des cinq grands énergéticiens . Ainsi , pour la première fois, les grandes compagnies d’électricité ont arraché des clients aux distributeurs indépendants. Quelque 200 des 700 enregistrés ont fermé ou cessé leurs activités.

 

2. RÉDUIRE LES VACANCES ET LES LOISIRS

Camping en France

Camping à Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales françaises)

En France, premier pays à avoir introduit les congés payés, le changement des modes de consommation est le thème de l’été dans la presse. Les journaux parlent de l’ essor du tourisme rural et du camping dans des lieux de plus en plus proches du domicile familial. Les plages méditerranéennes ne sont plus abordables.

En Espagne, 43 % des familles ont modifié leurs projets de vacances pour cette année, mais le plus important est que la façon de sortir et de consommer à la fois dans la ville même et dans la destination de vacances a changé.

Les achats et les sorties au restaurant pendant les vacances sont réduits et, lorsque vous sortez, la commande moyenne est beaucoup plus faible. La réponse des terrasses et restaurants est d’instaurer un système de temps limités à table (15 minutes maximum pour un café) et un double quart de travail pour le déjeuner et le dîner .

 

3. DES CHANGEMENTS DANS LE PANIER ET DANS L’ASSIETTE… SANS CHANGEMENT DE RÉGIME ALIMENTAIRE

Melon d'eau

La pastèque, quatrième fruit le plus consommé en Espagne, vaut plus d’un euro le kilo

Il semble que les changements de prix relatifs rendent les aliments transformés plus compétitifs par rapport aux aliments frais. En d’autres termes, les conditions qui ont fait que la nourriture est devenue un problème de santé publique dans des pays comme les États-Unis commencent à exister .

Malgré tout, les premiers signes parlent davantage d’une réduction de la quantité achetée et d’un rééquilibrage stratégique. Par exemple, il semble que les familles aient réduit leur consommation d’huile en général, mais que l’huile d’olive gagne un poids relatif par rapport aux pires graisses .

Les légumes frais, qui ont triplé leur prix même en Navarre , commencent à être remplacés par des légumes surgelés pour tout ce qui n’est pas cru. Et la tomate d’Almería, qui bat des records d’origine , est moins achetée simplement parce que la taille de la portion moyenne dans les ménages est réduite . Et ils augmentent le poulet -qui n’a augmenté « que » entre 16% et 20%-, les pois chiches et les lentilles.

L’été aide : salades de légumes et gaspachos couvrent une bonne partie des menus et la hausse des prix est en partie compensée par les économies d’énergie.

En d’autres termes, il semble que les familles, en particulier les familles ouvrières, résistent ce qu’elles peuvent sans sortir des schémas culturels de la diète méditerranéenne . Mais si l’inflation continue et que les salaires ne suivent pas – le vrai pacte des revenus – cette stratégie défensive cessera également d’être soutenable.

 

4. MANIFESTATIONS ET GRÈVES

Manifestation contre l'inflation à Tirana

Manifestation à Tirana, en Albanie, contre l’inflation ce week-end

Dans des pays comme le Maroc , l’Albanie ou la Pologne , on manifeste depuis un mois « citoyens » contre la baisse du pouvoir d’achat. En eux, les intérêts de la petite bourgeoisie, qu’ils soient propriétaires de camions ou agriculteurs, tentent d’exploiter les travailleurs. Mais encore et encore, ils se retrouvent dans des aides gouvernementales pour les petites entreprises sans rien pallier, même pour les travailleurs. Cela dans le meilleur des cas. Au pire, en ultra drift, comme aux Pays- Bas .

C’est un terrain stérile : le problème n’est pas le prix du carburant ou d’un intrant particulier, mais la baisse du salaire réel par heure travaillée et donc la hausse du prix par rapport au revenu pour tous les biens de consommation.

C’est pourquoi les grèves des cheminots britanniques , des infirmières zimbabwéennes , des travailleurs iraniens ou des pilotes américains ) ont un sens beaucoup plus général et affectent les travailleurs dans leur ensemble plus que n’importe quelle grande manifestation «citoyenne».

 

ET LA CHUTE ?

Pour l’instant, la réponse de la plupart des travailleurs est de se priver de la consommation de base et de continuer à travailler sans protester. Jusqu’à la mort dans certains cas. Mais tenir le coup n’aide pas à changer la situation. Pourquoi cela changerait-il si l’inflation était au service de la recapitalisation des entreprises ?

Quand les hypermarchés regardent l’automne avec inquiétude , c’est parce qu’ils se rendent compte que la consommation de base, qu’ils nous vendent, va devenir très difficile au retour de l’été. Il y aura de moins en moins d’options pour « s’adapter ». Et puis, parmi les réactions que nous avons vues, une seule peut être d’une quelconque utilité : se battre .

 

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous, abolissez les armées, la police, la production de guerre, les frontières, le salariat !

Les Jacobins noirs (James)

Une trouvaille de lucien

Réédition d’un classique sur la Révolution haïtienne par l’un des futurs animateurs de la tendance Johnson-Forest.

Les Jacobins noirs, par C.L.R. James. 401 pages. Éditions Amsterdam (octobre 2008)

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Préface de l’auteur (1938)

En 1789, les deux tiers du commerce extérieur de la France se faisaient avec sa colonie antillaise de Saint-Domingue, laquelle représentait le plus grand marché de la traite européenne des esclaves. La plus grosse colonie du monde, fierté de la France et objet de convoitise de toutes les autres nations impérialistes, faisait partie intégrante de la vie économique d’alors. Tout cet ensemble reposait sur le labeur d’un demi-million d’esclaves.

Au mois d’août 1791, après deux ans de Révolution française avec ses répercussions à Saint-Domingue, les esclaves entrèrent en révolte. Leur lutte dura douze ans. Ils mirent tour à tour en déroute les Blancs locaux et les soldats de la monarchie française, une invasion espagnole, une expédition britannique de près de 60 000 hommes, et un contingent français identique, commandé par le propre beau-frère de Bonaparte. La défaite des troupes napoléoniennes, en 1803, permit l’installation de l’Etat nègre d’Haïti, qui s’est maintenu jusqu’à nos jours.

C’est la seule révolte d’esclaves dont l’histoire ait enregistré le succès. Les obstacles qu’elle dut franchir témoignent de l’importance des intérêts qui étaient en jeu. La transformation des esclaves, qui auparavant tremblaient par centaines face à un seul Blanc, en un peuple capable de s’organiser et de défaire les nations européennes les plus puissantes de l’époque, constitue une des grandes épopées de la bataille et de la réussite révolutionnaires. le pourquoi et le comment de ce phénomène, tels sont les thèmes de ce livre.

Conformément à un phénomène souvent observé au cours de l’histoire, le commandement individuel et responsable de ce succès unique reposa presque entièrement sur les épaules d’un seul homme – Toussaint Louverture. Dans sa Biographie Universelle, Beauchamps décrit Toussaint comme l’un des hommes les plus remarquables d’une période riche en hommes remarquables. De son apparition jusqu’au moment où les circonstances le mirent à l’écart, il domina la scène dominicaine. En conséquence, l’histoire de la révolution de Saint-Domingue sera largement une chronique de ses succès et un hommage à sa personnalité politique. Nous croyons (nous en sommes sûrs) que ce récit montrera qu’entre 1789 et 1815, aucune individualité apparue sur le théâtre de l’histoire ne fut, à l’exception de Bonaparte lui-même, plus formidablement douée que ce Nègre, resté esclave jusqu’à l’âge de quarante-cinq ans. Et, de fait, ce n’est pas Toussaint qui fit la Révolution, mais la Révolution qui fit Toussaint, ce qui n’est pas encore toute la vérité.

Écrire l’histoire devient sans cesse plus délicat. Que les rois se prévalent de la puissance de Dieu ou de la faiblesse humaine, du christianisme ou du droit divin pour mal gouverner, voilà les « raisons » qu’on peut aisément rendre responsable de la chute des États et de la naissance de sociétés nouvelles. Des conceptions si élémentaires se prêtent à merveille à un traitement purement narratif et, de Tacite à Macaulay, de Thucydide à Green, les historiens traditionnellement célèbres se sont montrés plus artistes que scientifiques: ils ont d’autant mieux écrit qu’ils ne savaient pas bien regarder. De nos jours, par une réaction bien naturelle, nous tendons à personnifier les forces sociales, les grands hommes étant tout au plus, ou quasiment, des instruments manipulés par le destin économique. Comme bien souvent, la vérité ne se trouve pas au milieu; les grands hommes font l’histoire, mais seulement celle qui est à leur portée. Leur liberté, leur capacité de réussite, est limitée par les nécessités de leur environnement. Dire jusqu’où portent ces potentialités, tel est le vrai travail de l’historien.

Lors d’une révolution, quand explose en une volcanique éruption la lente et incessante accumulation des siècles, les gerbes d’étincelles et autres trajectoires météoriques qui survolent la scène forment un chaos dénué de sens, et se prêtent à d’infinis caprices d’interprétations, à tous les romantismes, si l’observateur cesse de les prendre pour autre chose que ce qu’elles sont: les projections du sous-sol dont elles proviennent. Dans ce livre, nous avons essayé, non seulement de faire l’analyse, mais aussi la démonstration, en leur dynamique, des forces économiques de l’époque et de la façon dont elles modèlent la société et la politique, les hommes dans leur masse et leur individualité. Nous avons enfin tenté de faire apparaître la puissante réaction qu’exercent ceux-ci sur leur environnement dans l’un des rares moments où la société atteint son point d’ébullition et se fait alors fluide.

L’analyse est science et démonstration de cet art qu’est l’histoire. Les violents conflits de notre époque permettent à notre regard, désormais affûté, de percer jusqu’à la moelle, plus aisément qu’auparavant, les révolution du passé. Mais pour cette raison, précisément, il n’est plus possible de rameuter les émotions de l’histoire avec cette tranquillité qu’un grand écrivain anglais a trop étroitement associée à la seule poésie.

La tranquillité de nos jours, ne peut être que de deux ordres: innée, elle est philistine; acquise, elle n’a pu l’être qu’au prix d’un abrutissement délibéré de la personnalité. C’était dans la quiétude anglaise d’une bourgade de bord de mer que l’on pouvait le mieux entendre, distinct et incessant, le fracas de l’artillerie lourde de Franco, le crépitement des pelotons d’exécution de Staline et la stridence de l’agitation acharnée du mouvement révolutionnaire s’évertuant à développer sa clarté et son influence. Tel est notre temps et ce livre s’en réclame, lui empruntant un peu de sa fièvre et de ses tourments. L’auteur n’en a aucun regret. C’est l’histoire d’une révolution. Ecrit en d’autres circonstances, il eût pu être un livre différent, mais pas forcément meilleur.

C.L.R. James (1938)

 

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

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