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Aujourd’hui — 26 novembre 2022les 7 du quebec

Comment Blackrock a créé la crise énergétique mondiale!?…

par F. William Engdahl

La plupart des gens sont déconcertés face à ce qui ressemble à une crise énergétique mondiale : avec des prix du pétrole, du gaz et du charbon qui montent en flèche simultanément, et qui forcent même la fermeture de grandes usines industrielles telles que la chimie, l’aluminium ou l’acier. L’Administration Biden et l’Union europénne (UE) ont insisté sur le fait que tout ceci était dû aux actions militaires de Vladimir Poutine et de la Russie en Ukraine. Or ce n’est pas le cas. Cette crise énergétique est en fait une stratégie planifiée de longue date par les milieux affairistes et politiques occidentaux, afin de démanteler les économies industrialisées, au nom d’un « Agenda vert » dystopique. Les origines de cette évolution actuelles sont à rechercher dans la période bien plus ancienne que février 2022, lorsque la Russie a lancé son action militaire en Ukraine.

Blackrock en chantre de la Gouvernance Environnementale et Sociale (GES)

En janvier 2020, à la veille des confinements pour cause de COVID [mars 2022], qui dévastateurs sur le plan économique et social, le PDG du plus grand fonds d’investissement au monde, Larry Fink de Blackrock, a adressé une lettre à ses collègues de Wall Street et aux PDG d’entreprises, au sujet de l’avenir des flux d’investissements. Dans ce document, modestement intitulé « Une Refonte Fondamentale de la Finance [A Fundamental Reshaping of Finance] », Fink, qui gère le plus grand fonds d’investissement au monde avec quelque 7000 milliards de dollars alors sous gestion, a annoncé une déviation radicale pour l’investissement des entreprises. L’argent allait « devenir vert ». Dans sa lettre de 2020 qui fut scrutée de près, Fink déclarait en effet : « Dans un avenir proche – et plus tôt que prévu – il y aura une réaffectation importante du capital… Le risque climatique est un risque d’investissement ». En outre, il a déclaré que « chaque gouvernement, entreprise et actionnaire doit faire face au changement climatique »1.

Dans une lettre distincte adressées aux clients investisseurs de Blackrock, Fink a présenté ce nouvel Agenda pour l‘investissement capitalistique. Il a déclaré que Blackrock quitterait certains investissements à forte teneur en carbone tels que le charbon, qui demeure la plus grande source d’électricité pour les États-Unis et de nombreux autres pays. Il a ajouté que Blackrock scruterait dorénavant les nouveaux investissements dans le pétrole, le gaz et le charbon afin de déterminer si ils adhéreraient à la « soutenabilité » de l’Agenda 2030 des Nations unies. Fink a donc clairement indiqué que le plus grand fonds du monde commencerait à désinvestir dans le pétrole, le gaz et le charbon. « Au fil du temps », écrivait alors Fink, « les entreprises et les gouvernements qui ne répondent pas aux parties prenantes et ne traitent pas les risques de soutenabilité, rencontreront un scepticisme croissant de la part des marchés et, par conséquent, un coût du capital plus élevé ». Il ajouta que « le changement climatique est devenu un facteur déterminant dans les perspectives à long terme des entreprises… nous sommes au bord d’une refonte fondamentale de la finance »2.

À partir de ce point-ci de l’Histoire, l’investissement dit « GES / ESG » (Gouvernance Environnementale et Sociale [Environnemental & Social Governance], pénalisant les entreprises émettrices de CO² comme ExxonMobil, est devenu à la mode parmi les fonds spéculatifs et les banques et fonds d’investissement de Wall Street, incluant les fonds State Street et Vanguard. Tel est le pouvoir de Blackrock. Fink a également été en mesure de convaincre quatre nouveaux membres du Conseil d’Administration d’ExxonMobil de mettre fin aux activités pétrolières et gazières de la société.

Cette lettre Fink de janvier 2020 était une déclaration de guerre de la Haute finance contre l’industrie de l’énergie conventionnelle. BlackRock a été en effet un membre fondateur du Groupe de travail sur la « Divulgation Financière relative au Climat » (GDFC) [Task Force on Climate-related Financial Disclosure (TCFD)]3, et fut par ailleurs un signataire des Principes pour un Investissement Responsable (PIR) des Nations unies [UN PRI – Principles for Responsible Investing] : un réseau d’investisseurs soutenu par l’ONU qui encourage les investissements « zéro carbone [Zero Carbon] » en utilisant la GES/’ESG hautement corrompu en ce sens. Or il n’y a aucun contrôle objectif sur les données factices relatives à la GES d’une entreprise. Blackrock a également signé la déclaration du Vatican de 2019, qui se faisait l’avocat des régimes de tarification du carbone. BlackRock a également rejoint en 2020 la coalition « Climate Action 100 », rassemblant près de 400 gestionnaires d’investissements gérant 40 billions [40 000 milliards] de dollars américains.

Par cette lettre fatidique de janvier 2020, le PDG de Blackrock Larry Fink donna le coup d’envoi d’un désinvestissement colossal dans le secteur mondial du pétrole et du gaz, à hauteur d’un billion [1000 milliards] de dollars. Notablement, la même année, le même Larry Fink de BlackRock a été nommé au Conseil d’Administration du Forum économique mondial (FEM) dystopique de Klaus Schwab, qui sert de « lien » entre les entreprises et la politique de l’Agenda 2030 des Nations unies « zéro carbone ». En juin 2019, le Forum économique mondial et les Nations unies ont signé un accord-cadre de partenariat stratégique pour accélérer la mise en œuvre de cet Agenda 2030. Sans surprise, le FEM dispose d’une plateforme d’intelligence stratégique qui inclue les 17 objectifs de développement durable de l’Agenda 2030.

Dans sa nouvelle lettre du PDG de 2021, Fink a remisé [doublé] son attaque contre le pétrole, le gaz et le charbon. « Étant donné à quel point la transition énergétique sera centrale pour les perspectives de croissance de chaque entreprise, nous demandons aux entreprises de divulguer chacune un plan sur la manière dont leur modèle commercial sera compatible avec une économie zéro net [émission de CO²] »4, a écrit Fink. Un autre officier [Jim Barry] de BlackRock a déclaré lors d’une récente conférence sur l’énergie : « là où BlackRock ira, d’autres suivront »5.

En seulement deux ans jusqu’à cette année 2022, un montant estimé à 1 billion de dollars aura été retiré des investissements dans l’exploration et le développement pétroliers et gaziers à l’échelle mondiale. Or, l’extraction de pétrole est une activité coûteuse, et la coupure des investissements externes par BlackRock et d’autres investisseurs de Wall Street signifie à terme, la mort lente de l’industrie.

Joe Biden : un « Président BlackRock » ?

Au début de sa candidature présidentielle alors bien terne, Biden eut une réunion à huis clos, fin 2019, avec Larry Fink, à l’occasion de laquelle il fut rapporté que ce dernier avait dit au candidat : « je suis là pour aider ». Après sa rencontre fatidique avec Larry Fink de BlackRock, le candidat Biden a soudainement annoncé : « Nous allons nous débarrasser des combustibles fossiles… » En décembre 2020, avant même que Biden ne soit intronisé en janvier 2021, il nomma Brian Deese alors responsable mondial de l’investissement soutenable [Global Head of Sustainable Investing] chez BlackRock, pour être à la fois Assistant auprès du président Biden, et en même temps directeur du Conseil économique national [National Economic Council]. Depuis ce poste, Deese, qui avait déjà joué un rôle clé sous Obama dans la rédaction de l’Accord de Paris sur le climat de 2015, a discrètement façonné cette nouvelle guerre de Biden contre l’énergie.

Cette nomination s’est avérée catastrophique pour l’industrie pétrogazière. En effet, Deese, l’homme lige de Fink, a été actif pour faire passer au nouveau président Biden une liste des mesures anti-pétrole à signer par décrets exécutifs, à compter du premier jour de janvier 2021 (début officiel du mandat de Biden). Cela comprenait la fermeture de l’énorme oléoduc Keystone XL, qui aurait amené 830 000 barils par jour du Canada jusqu’aussi loin que les les raffineries du Texas, et l’arrêt de toute nouvelle concession pétrogazière dans le Refuge faunique national de l’Arctique [Arctic National Wildlife Refuge, au Nord-Est de l’Alaska]. Biden a également rejoint l’Accord de Paris sur le climat au nom des États-Unis, que Deese avait négocié pour Obama en 2015 et que Trump avait annulé [« dénoncé » en tant que Traité international], les États-Unis se retirant de l’accord (juin 2017).

Le même jour, Biden a initié le changement du soi-disant « coût social du carbone [Social Cost of Carbon] », qui impose une taxe punitive de 51 $ la tonne de CO² à l’industrie pétrogazière. Cette seule décision, établie sous l’autorité purement exécutive sans le consentement du Congrès, a eu un coût dévastateur pour les investissements pétrogaziers aux États-Unis : un pays qui seulement deux ans auparavant, était encore le plus grand producteur de pétrole au monde6.

L’assassinat des capacités de raffinage aux États-Unis

Pire encore, les règles environnementales agressives de Biden et les mandats quasiment impératifs d’investissement de BlackRock relatifs à la GES, sont en train de tuer les capacités de raffinages américaines. Or sans raffineries, peu importe le nombre de barils de pétrole que vous prélevez sur les Réserves stratégiques américaines de pétrole. Au cours des deux premières années de la présidence de Biden, les États-Unis ont ainsi fermé quelque 1 million de barils par jour de capacité de raffinage d’essence et de diesel, certains en raison de l’effondrement de la demande : c’est la baisse la plus rapide de toute l’Histoire des États-Unis. Or ces fermetures de raffineries sont permanentes. En 2023, une capacité supplémentaire de 1,7 million de BPJ (Barrils par jour) devrait être fermée, sous les coups conjugués du désinvestissement de la part de BlackRock et de Wall Street sous prétexte de GES, et des réglementations de Biden7.

Tant et si bien que, citant ce lourd et subit désinvestissement de Wall Street dans le pétrole et les politiques anti-pétrole de Biden, le PDG de Chevron (Mike Wirth ) a déclaré en juin 2022 qu’il ne croyait pas que les États-Unis construiraient un jour une autre nouvelle raffinerie8.

Larry Fink, membre du Conseil d’Administration du Forum économique mondial de Klaus Schwab, est rejoint en ce sens par l’UE, dont la présidente de la Commission européenne notoirement corrompue Ursula von der Leyen, a quitté le Conseil d’Administration du même FEM en 2019 avant de devenir la patronne de la Commission européenne. Son premier acte majeur à Bruxelles fut de faire adopter l’Agenda européen zéro carbone, « Fit for 55 »9. Cela a eu pour conséquence l’imposition d’importantes taxes sur le carbone, ainsi que d’autres contraintes sur le pétrole, le gaz et le charbon dans l’UE. Ceci, bien avant les actions russes de février 2022 en Ukraine. L’impact combiné de l’Agenda GES frauduleux de Larry Fink dans l’Administration Biden, et de la folie « zéro carbone » de l’UE, est en train de créer la pire crise énergétique et inflationniste de l’Histoire.

William F. Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier, titulaire d’un diplôme en Sciences Politiques de l’Université de Princeton. Il est l’auteur de plusieurs livres mondialement connus sur le pétrole, la géopolitique et les OGM. Son dernier livre traduit en français : « Le charme discret du djihad », est disponible aux éditions Demi-Lune et synthétise l’Histoire de l’instrumentalisation du djihadisme par l’État profond américain.

source : New Eastern Outlook

traduction Jean-Maxime Corneille

Russie, Inde, Chine, Iran: le Quad oriental concurrent du Quad occidental

par Pepe Escobar.

L’Asie du Sud-Est est au centre des relations internationales pendant toute une semaine, à l’occasion de trois sommets consécutifs : le sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) à Phnom Penh, le sommet du Groupe des vingt (G20) à Bali et le sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Bangkok.

Dix-huit nations représentant environ la moitié de l’économie mondiale étaient représentées au premier sommet de l’ANASE en personne au Cambodge depuis la pandémie de Covid-19 : les 10 pays de l’ANASE, le Japon, la Corée du Sud, la Chine, l’Inde, les États-Unis, la Russie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Avec la politesse asiatique caractéristique, le président du sommet, le Premier ministre cambodgien Hun Sen (ou « colombien », selon le soi-disant « leader du monde libre »), a déclaré que la réunion plénière était quelque peu animée, mais que l’atmosphère n’était pas tendue : « Les dirigeants ont parlé de manière mature, personne n’est parti ».

Il revenait au ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, d’exprimer ce qui était vraiment significatif à l’issue du sommet.

Tout en faisant l’éloge de la « structure inclusive, ouverte et égale de sécurité et de coopération de l’ANASE », Lavrov a souligné comment l’Europe et l’OTAN « veulent militariser la région afin de contenir les intérêts de la Russie et de la Chine dans l’Indo-Pacifique ».

Une manifestation de cette politique est la façon dont « AUKUS vise ouvertement la confrontation en mer de Chine méridionale », a-t-il déclaré.

Lavrov a également souligné que l’Occident, par le biais de l’alliance militaire de l’OTAN, n’accepte l’ANASE « que nominalement » tout en promouvant un programme totalement « flou ».

Ce qui est clair en revanche, c’est que l’OTAN « s’est rapprochée des frontières russes à plusieurs reprises et a déclaré au sommet de Madrid qu’elle avait pris une responsabilité mondiale ».

Ce qui nous amène à l’argument décisif : « L’OTAN déplace sa ligne de défense vers la mer de Chine méridionale ». Et, a ajouté Lavrov, Pékin est du même avis.

Voici, de manière concise, le « secret » de notre incandescence géopolitique actuelle. La priorité numéro un de Washington est l’endiguement de la Chine. Cela implique d’empêcher l’UE de se rapprocher des principaux moteurs de l’Eurasie – la Chine, la Russie et l’Iran – engagés dans la construction du plus grand environnement de libre-échange/connectivité du monde.

S’ajoutant à la guerre hybride menée depuis des décennies contre l’Iran, l’armement infini du trou noir ukrainien s’inscrit dans les étapes initiales de la bataille.

Pour l’Empire, l’Iran ne peut pas profiter de devenir un fournisseur d’énergie bon marché et de qualité pour l’UE. Et en parallèle, la Russie doit être coupée de l’UE. L’étape suivante consiste à forcer l’UE à se couper de la Chine.

Tout cela correspond aux rêves les plus fous et les plus tordus des straussiens et des néocons : pour attaquer la Chine, en enhardissant Taïwan, il faut d’abord affaiblir la Russie, en instrumentalisant (et en détruisant) l’Ukraine.

Et tout au long de ce scénario, l’Europe n’a tout simplement aucun pouvoir.

Poutine, Raïssi et la piste Erdogan

La vie réelle à travers les nœuds clés d’Eurasie révèle une image complètement différente. Prenez par exemple la rencontre détendue qui a eu lieu la semaine dernière à Téhéran entre le haut responsable russe de la sécurité, Nikolaï Patrouchev, et son homologue iranien, Ali Shamkhani.

Ils ont discuté non seulement de questions de sécurité, mais aussi d’affaires sérieuses, notamment d’échanges commerciaux dynamiques.

La National Iranian Oil Company (NIOC) signera le mois prochain un accord de 40 milliards de dollars avec Gazprom, contournant les sanctions américaines, et englobant le développement de deux champs gaziers et de six champs pétroliers, des échanges de gaz naturel et de produits pétroliers, des projets de GNL et la construction de gazoducs.

Immédiatement après la rencontre Patrouchev-Shamkhani, le président Poutine a appelé le président Ebrahim Raïssi pour qu’il poursuive « l’interaction dans les domaines de la politique, du commerce et de l’économie, et notamment du transport et de la logistique », selon le Kremlin.

Le président iranien aurait plus que « salué » le « renforcement » des liens entre Moscou et Téhéran.

Patrouchev a soutenu sans équivoque Téhéran face à la dernière aventure de révolution de couleur perpétrée dans le cadre de la guerre hybride sans fin de l’Empire.

L’Iran et l’UEE négocient un accord de libre-échange (ALE) parallèlement aux accords d’échange de pétrole russe. Bientôt, SWIFT pourrait être complètement contourné. L’ensemble du Sud global observe.

Simultanément à l’appel téléphonique de Poutine, Recep Tayyip Erdogan, de la Turquie, qui mène sa propre surenchère diplomatique et revient tout juste d’un sommet des nations turques à Samarcande, a souligné que les États-Unis et l’Occident dans son ensemble attaquent la Russie « presque sans limites ».

Erdogan a précisé que la Russie était un État « puissant » et a salué sa « grande résistance ».

La réponse est arrivée exactement 24 heures plus tard. Les services de renseignement turcs sont allés droit au but en soulignant que l’attentat terroriste perpétré dans la rue piétonne Istiklal d’Istanbul, perpétuellement animée, avait été conçu à Kobané, dans le nord de la Syrie, qui répond essentiellement aux États-Unis.

Cela constitue un acte de guerre de facto et peut avoir de graves conséquences, notamment une révision profonde de la présence de la Turquie au sein de l’OTAN.

La stratégie à plusieurs voies de l’Iran

Une alliance stratégique Russie-Iran se manifeste pratiquement comme une fatalité historique. Cela rappelle l’époque où l’ex-URSS a aidé militairement l’Iran via la Corée du Nord, après un blocus imposé par les États-Unis et l’Europe.

Poutine et Raïssi passent à la vitesse supérieure. Moscou et Téhéran élaborent une stratégie commune pour faire échec à la militarisation des sanctions par l’Occident collectif.

L’Iran, après tout, a un palmarès absolument exceptionnel pour ce qui est de réduire en miettes les variantes de la « pression maximale ». En outre, il est désormais lié à un parapluie nucléaire stratégique offert par les « RIC » des BRICS (Russie, Inde, Chine).

Téhéran peut donc maintenant envisager de développer son énorme potentiel économique dans le cadre de la BRI, de l’OCS, de l’INSTC, de l’Union économique eurasienne (UEE) et du partenariat pour la Grande Eurasie dirigé par la Russie.

Le jeu de Moscou est de la pure sophistication : s’engager dans une alliance stratégique pétrolière de haut niveau avec l’Arabie saoudite tout en approfondissant son partenariat stratégique avec l’Iran.

Immédiatement après la visite de Patrouchev, Téhéran a annoncé le développement d’un missile balistique hypersonique de fabrication nationale, assez similaire au KH-47 M2 Kinjal russe.

L’autre nouvelle importante concernait la connectivité : l’achèvement d’une partie d’une voie ferrée reliant le port stratégique de Chabahar à la frontière avec le Turkménistan. Cela signifie une connectivité ferroviaire directe imminente avec les sphères d’Asie centrale, de Russie et de Chine.

Ajoutez à cela le rôle prédominant de l’OPEP+, le développement des BRICS+ et la volonté pan-eurasienne de tarifer le commerce, l’assurance, la sécurité, les investissements dans le rouble, le yuan, le rial, etc.

Il y a aussi le fait que Téhéran ne se soucie guère des interminables atermoiements collectifs de l’Occident sur le Plan d’action global conjoint (JCPOA), communément appelé accord sur le nucléaire iranien : ce qui compte vraiment maintenant, c’est l’approfondissement des relations avec les « RIC » des BRICS.

Téhéran a refusé de signer le projet d’accord nucléaire de l’UE à Vienne. Bruxelles était enragée ; aucun pétrole iranien ne « sauvera » l’Europe, remplaçant le pétrole russe en vertu d’un plafond absurde qui sera imposé le mois prochain.

Et Washington a enragé car il pariait sur les tensions internes pour diviser l’OPEP.

Compte tenu de tout ce qui précède, il n’est pas étonnant que le « Think Tankland » américain se comporte comme une bande de poulets sans tête.

La queue pour rejoindre les BRICS

Lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Samarcande en septembre dernier, il était déjà tacite pour tous les acteurs de voir comment l’Empire cannibalise ses alliés les plus proches.

Et comment, simultanément, la sphère de l’OTAN, qui se rétrécit, se tourne vers l’intérieur, en se concentrant sur l’ennemi intérieur, en incitant sans relâche les citoyens moyens à marcher au pas derrière une conformité totale à une guerre à deux volets – hybride et autre – contre les concurrents impériaux pairs, la Russie et la Chine.

Comparez maintenant avec le président chinois Xi Jinping qui, à Samarcande, a présenté la Chine et la Russie, ensemble, comme les principales « puissances mondiales responsables » déterminées à garantir l’émergence de la multipolarité.

Samarcande a également réaffirmé le partenariat politique stratégique entre la Russie et l’Inde (le Premier ministre indien Narendra Modi l’a qualifié d’amitié indéfectible).

Cela a été corroboré par la rencontre entre Lavrov et son homologue indien Subrahmanyam Jaishankar la semaine dernière à Moscou.

Lavrov a fait l’éloge du partenariat stratégique dans tous les domaines cruciaux – politique, commerce et économie, investissements et technologie, ainsi que des « actions étroitement coordonnées » au Conseil de sécurité des Nations unies, aux BRICS, à l’OCS et au G20.

En ce qui concerne les BRICS, Lavrov a confirmé que « plus d’une douzaine de pays » sont candidats à l’adhésion, dont l’Iran : « Nous pensons que le travail de coordination des critères et des principes qui devraient sous-tendre l’expansion des BRICS ne prendra pas beaucoup de temps ».

Mais d’abord, les cinq membres doivent analyser les répercussions révolutionnaires d’un élargissement des BRICS+.

Encore une fois : le contraste. Quelle est la « réponse » de l’UE à ces développements ? Elle propose un énième train de sanctions contre l’Iran, visant les fonctionnaires et les entités « liées aux affaires de sécurité » ainsi que les entreprises, pour leurs prétendues « violences et répressions ».

La « diplomatie », à la manière de l’Occident collectif, ressemble à peine à de l’intimidation.

Pour en revenir à l’économie réelle – comme sur le front du gaz – les intérêts nationaux de la Russie, de l’Iran et de la Turquie sont de plus en plus imbriqués, ce qui ne manquera pas d’influencer l’évolution de la situation en Syrie, en Irak et en Libye, et constituera un facteur clé pour faciliter la réélection d’Erdogan l’année prochaine.

En l’état actuel des choses, Riyad a, à toutes fins utiles, effectué une étonnante manœuvre à 180 degrés contre Washington via l’OPEP+. Cela peut signifier, même de manière tordue, le début d’un processus d’unification des intérêts arabes, guidé par Moscou.

Des choses plus étranges se sont produites dans l’histoire moderne. Il semble que le moment soit venu pour le monde arabe d’être enfin prêt à rejoindre le Quad qui compte vraiment : la Russie, l’Inde, la Chine et l’Iran.

Pepe Escobar

source : Press TV

traduction Réseau International

Comment la fraude et la corruption ont été les vraies causes de la crise «sanitaire du Covid»…systémique

Par Jean-Dominique MICHEL
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J’inaugure ici la série de publications présentant les contributions des différents intervenants aux colloques de Lisbonne et Marseille sur le thème « Corruption et fraude dans la crise COVID depuis 2020 ». Je ne commence évidemment pas avec la mienne par nombrilisme, mais parce que la crise dite sanitaire a révélé un degré de gravité sans précédent dans le phénomène (pourtant identifié de longue date) de corruption institutionnelle et systémique des politiques de santé.

La crise que nous avons vécue depuis 2020 n’aura eu en définitive de sanitaire que l’épithète camouflant ses vraies causes. C’est la conclusion à laquelle m’ont conduit les recherches que j’ai menées depuis le mois de février 2020.

J’ai présenté cette hypothèse forte à Lisbonne et Marseille, avec comme toujours une vaste somme de références à l’appui. Comme celles-ci figurent dans le corps de ma présentation, je ne les ai pas répétées dans le texte qui suit. Le lecteur intéressé se référera à mon exposé et/ou au diaporama de celui-ci, dans lequel figurent près de 120 références documentaires. Mon ouvrage Covid-19 : anatomie d’une crise sanitaire (paru au mois de mai 2020 aux éditions HumenSciences) ainsi que les différentes présentations que j’ai faites dans le cadre du Conseil scientifique indépendant ou lors du séminaire que j’ai été invité à donner à l’IHU Méditerranée-Infection en contiennent de nombreuses autres.

Les présentations du colloque portant sur les statistiques (Pierre Chaillot), l’épidémiologie et les modélisations (Vincent Pavan), l’informatique (Emmanuelle Darles) ou encore l’histoire de la corruption médicale (Olivier Soulier), ainsi que celles des autres intervenants, complètent ce que je nomme et expose ici. Ces contributions seront rendues publiques au cours des deux semaines à venir.

Les colloques de Lisbonne et Marseille ont été organisés grâce au soutien de généreux donateurs. Qu’il soient ici chaleureusement remerciés !

La corruption systémique et endémique des systèmes de santé

Jean-Dominique Michel, anthropologue de la santé, auteur du livre Covid : anatomie d’une crise sanitaire (éd. Humensciences), expose depuis mars 2020 tous les aspects de corruption systémique et les mensonges dans les systèmes de santé. Il est membre du CSI (Conseil Scientifique Indépendant).

Alors que l’instrumentalisation des politiques sanitaires au service d’intérêts prioritaires autres que ceux de la population est connu de longue date comme un problème systémique, la crise du Covid a été l’occasion d’une étonnante amnésie collective (à moins qu’il se soit agi d’un interdit) à ce sujet. Ceci pendant que les processus de corruption directs et indirects se diffusaient largement à d’autres milieux, posant désormais la question de leur possible endémicité au cœur de notre société.

Pour visionner la vidéo de la conférence sur Odysee : cliquer ici.

Au mois de décembre 2019, un départ de feu épidémique fut signalé en Chine. Si dans un premier temps, les gouvernements occidentaux semblèrent relativement confiants quant aux risques encourus, les choses tournèrent mal, brusquement, entre février et mars 2020. Paniqués par les images dramatiques venant de la ville de Wuhan, puis d’un foyer en Italie du Nord, les gouvernements occidentaux prirent un ensemble de mesures sans précédent et qui avaient pour particularité d’avoir été évaluées comme étant inutiles et dommageables dans toute la littérature en épidémiologie infectieuse.

On expliqua ainsi qu’il fallait confiner la population pour « tasser la courbe » des contaminations, assurant que cela ne durerait que 15 jours et que toutes les mesures seraient levées ensuite. On vit d’autres décisions tout à fait stupéfiantes être prises ensuite, comme la mise en échec du premier rideau (contre les épidémies) des médecins généralistes, l’interdiction faite d’utiliser certains traitements précoces, ainsi que l’injonction de laisser les patients seuls à domicile avec du paracétamol jusqu’à ce qu’éventuellement leurs conditions s’aggravent au point de nécessiter une hospitalisation en urgence.

Ayant très tôt cherché à connaître l’ordre de gravité de l’épidémie, j’avais découvert dès la mi-mars (les informations étaient alors parfaitement disponibles) que le COVID-19 était relativement bénin, d’un ordre comparable à une grippe un peu forte en termes de dangerosité et de létalité. Cette évaluation a été révisée à la baisse depuis, les plus récentes estimations montrant que pour la population âgée de moins de 70 ans, elle aura été équivalente à la grippe annuelle – ni plus, ni moins.

Il existait certes un risque particulier pour les personnes plus âgées, mais l’absence de protection et d’accompagnement ne pouvait constituer une réponse adéquate aux besoins de cette tranche d’âge. Les bonnes pratiques en matière de gestion des épidémies prévoient de laisser la société vivre le plus normalement possible tout en protégeant les groupes à risque, avec un ensemble de mesures adaptées. Ici, tous les principes cardinaux furent piétinés au profit de mesures que l’on savait de longue date inefficaces est fortement dommageables pour la population dans son ensemble. Ayant produit un certain nombre de textes sur le sujet et accordé des entretiens, je fus surpris de voir qu’ils eurent instantanément une très forte résonance avec plusieurs millions de lectures en quelques jours – alors que je ne faisais qu’indiquer ce que n’importe quel expert en santé publique raisonnablement compétent pouvait aisément comprendre à partir des données disponibles.

Cette séquence un peu folle ne fut pas suivie d’un retour à la raison, mais à l’inverse d’une sorte de fuite en avant empilant les mesures absurdes les uns sur les autres, avec l’imposition du port du masque en population générale, la fermeture d’écoles, de commerces et de restaurants, des dispositifs de traçage numérique, la fermeture de frontières alors même que le virus était déjà en circulation dans les différents pays, un mésusage généralisé des tests PCR sans contrôle des taux d’amplification – ce qui a comme conséquence de multiplier le nombre de faux malades – et, pour faire bonne mesure, jusqu’à l’imposition plus tard de passes sanitaire et vaccinaux !

On a marché sur la tête

Il faut savoir que le point commun de ces mesures est de ne s’appuyer sur aucune science digne de ce nom. On vit donc un ballet d’absurdités mises en œuvre par des responsables gouvernementaux aussi autoritaires que déboussolés, sous les injonctions d’une caste médico-sanitaire toute-puissante qui multiplia les injonctions arbitraires au mépris de toute science et de toute éthique. Avec, in fine, une destruction socio-économique infiniment supérieure au risque provoqué par l’épidémie elle-même…

Ces réalités, nous fûmes quelques-uns à les énoncer assez rapidement, rejoints en cours de route par de plus en plus de spécialistes et d’experts. Le British Medical Journal, la moins corrompue des principales revues médicales, se fendit d’un éditorial tonitruant en novembre 2020 en affirmant que nous étions en pleine dérive et en pleine corruption, avec pour résultat des conséquences littéralement dramatiques :

« La science est actuellement réprimée pour des raisons politiques et financières. Le Covid-19 a déclenché la corruption de l’État à grande échelle, et elle est nuisible à la santé publique (…)

La politisation de la science a été déployée avec enthousiasme par certains des pires autocrates et dictateurs de l’histoire, et elle est maintenant malheureusement monnaie courante dans les démocraties. Le complexe médico-politique tend à supprimer la science pour engraisser et enrichir ceux qui sont au pouvoir. Le complexe politico-médical tend à supprimer la science pour engraisser et enrichir ceux qui sont au pouvoir. Et, à mesure que les puissants deviennent plus prospères, plus riches et plus intoxiqués par le pouvoir, les vérités dérangeantes de la science sont supprimées. Lorsque la bonne science est supprimée, les gens meurent. »

Silence et corruption

On aurait évidemment pu s’attendre à ce qu’une mise en garde de cet ordre énoncée par une revue aussi prestigieuse et crédible que le BMJ soit prise sérieusement en considération. Eh bien ici, absolument pas : ce signalement (comme ceux qui suivirent) resta lettre morte, sous une omerta de plomb. Avec notamment un travail de propagande virulent produit par les médias de la presse écrite et audiovisuelle. Lesquels se comportèrent comme les sectateurs d’une idéologie totalitaire ne tolérant aucun débat et aucune contradiction, en transgression de son éthique et de sa déontologie mais aussi de sa responsabilité sociale.

Si la panique d’une caste médiatico-politique pouvait éventuellement expliquer la somme d’erreurs commise au tout début de la gestion de l’épidémie, cette hypothèse devenait de plus en plus faible au fur et à mesure que le temps passait. On vit apparaître de manière notoire des procédés de disqualification frauduleux des traitements précoces et de négation de la bonne science, avec des visées intéressées évidentes. Notamment, les autorités de santé et les centres hospitalo-universitaires se mirent à recommander des remèdes hyper coûteux, toxiques et même carrément dangereux, tout en disqualifiant des remèdes à l’utilité démontrée par des données probantes de qualité.

Ce motif n’avait toutefois guère de quoi surprendre un œil averti. Étant moi-même un des bons connaisseurs de la corruption systémique dans le domaine de la santé, je me trouvais en terrain familier. La réalité de cette corruption est peu connue du grand public et plus étonnamment peut-être de la plupart des responsables politiques. Pourtant cela fait plus de vingt ans que l’on a identifié de la manière la plus claire qui soit que la totalité des systèmes de soins dans les pays occidentaux est captif de logiques qui font passer la santé et la protection de la population à l’arrière-plan des intérêts lucratifs de l’industrie pharmaceutique.

Celle-ci a infiltré tous les étages décisionnels du système de soins de sorte qu’elle manipule à sa guise, grâce à ses affidés, la recherche et la production de sciences, l’enseignement et la pratique médicale aussi bien que les politiques sanitaires. Ce constat, posé par des autorités aussi incontestables que la Chambre des Communes britannique, le Sénat français, le Rapporteur de la Commission des droits de l’homme des Nations-Unies, la Commission européenne elle-même ou encore les centres d’éthique des plus prestigieuses universités aurait dû mettre la puce à l’oreille. Au lieu de cela, on assista à un déchaînement tous azimuts de la corruption, avec un ensemble de motifs aberrants.

Douce confiance

Comme celui de faire une confiance aveugle à des firmes pharmaceutiques criminelles multirécidivistes : le nombre de condamnations civiles et pénales par exemple, aux États-Unis uniquement, entre l’an 2000 et 2020 se monte à près de 1 000 pour un total cumulé de 56 milliards de dollars d’amendes. Ceci pour un ensemble de crimes et délits allant de la falsification de données jusqu’à l’homicide, en passant par la tromperie sur la marchandise, la corruption d’autorités de santé et de fonctionnaires, les essais cliniques illicites sur les populations ou (selon l’anglicisme consacré) la « charlatanerie ».

Or la caste médico-scientiste unanime annonçait la bouche en cœur que nous devions prendre pour parole d’évangile la production « scientifique » de cette industrie, que l’on sait pourtant génériquement frauduleuse. La dimension systémique de la corruption en santé est aujourd’hui fort bien documentée : on sait comment l’industrie s’y prend pour falsifier la science en usant de toutes sortes de stratagèmes pour, par exemple, disqualifier des traitements efficaces faisant concurrence aux siens ou promouvoir des traitements sans efficacité en faisant croire qu’ils en ont une.

Les médecins et scientifiques sont eux-mêmes pris en tenaille entre deux réalités : la première est qu’aujourd’hui, il serait impossible à quiconque se permettrait de contester cette somme d’inconduites de faire carrière où d’occuper une position de prestige.

L’autre est que l’industrie déploie tout un intense travail de manipulation psychologique et même d’ingénierie sociale envers les médecins pour éviter qu’ils mesurent la gravité de ce à quoi ils participent. Ce thème de la sujétion de la profession médicale s’est manifesté de manière transversale dans la gestion de la « crise sanitaire ».

Des responsables occupant des positions d’autorité […] ont participé activement à la production et à la promotion de contenus relevant de la fraude scientifique. Ceci en désinformant diligemment la population, en transgression de toutes les règles éthiques en santé publique.

Médias de masse

Les mass médias ont joué un rôle particulièrement délétère dans cette affaire, réservant leurs tribunes et plateaux à ces apparatchiks de la corruption et en attaquant avec virulence toutes les voix divergentes. On en est ainsi venu à faire croire à l’existence d’un consensus en faveur des mesures de contrainte présentées abusivement comme sanitaires, consensus qui n’a jamais existé dans la réalité.

À l’inverse, le vrai consensus scientifique international était celui énoncé dans la déclaration de Great Barrington, signé par plus de 65 000 scientifiques et médecins, affirmant qu’il fallait mettre un terme au plus vite à la dérive en cours et revenir aux principes de la santé publique et de son éthique.

Des titres auparavant prestigieux et respectables comme Le Monde et L’Express en France ou Le Temps en Suisse se sont engagés dans un travail de désinformation d’une sidérante systématicité. Comme l’ont relevé nombre d’épidémiologistes de réputation mondiale, les principaux pourvoyeurs de désinformation et autres fake news aujourd’hui ont été ceux-là même qui au sein des rédactions et autres agences de presse prétendaient les combattre.

Ces journalistes ont systématiquement monté en épingle la science la plus falsifiée tout en tirant à boulets rouges sur celle qui, produite selon les règles de l’art, apportait une contradiction documentée au dogme dominant.

Pendant qu’Antone Flahault réclamait à cor et cris les mesures les plus injustes, inefficaces et brutales contre les groupes le plus vulnérables de la population (en particulier les enfants), Caroline Samer cautionnait de son autorité une méta-analyse réalisé par des doctorants, qui constituait une pure escroquerie scientifique.

En France, des épidémiologistes […] ont pareillement produit des papiers frauduleux à la demande du gouvernement pour justifier les confinements, la fermeture des restaurants puis l’imposition du passe sanitaire. Mon excellent collègue du Conseil scientifique indépendant, le mathématicien-chercheur Vincent Pavan a pu détecter dans leurs modélisations où se situaient les fraudes et truanderies. Un dépôt de plainte de pénale à leur encontre s’en est suivi pour production et usage de faux.

Corruption et collusion

Il faut ainsi savoir qu’aujourd’hui, il existe une inconduite gravissime et généralisée dans le milieu médico-scientifique, organisé et dissimulé par la presse, les agences de santé et les plateformes du numérique. Cette collusion, dont la finalité est d’empêcher tout débat digne de ce nom en censurant les scientifiques intègres, a conduit à l’imposition d’une idéologie sanitaire appelée « doxa du COVID » par Laurent Mucchielli, sociologue et directeur de recherche au CNRS. Il a montré que les quatre composantes de cette narration (à savoir nous vivons une épidémie d’une gravité dramatique ; aucun traitement précoce n’est disponible ; les mesures de contraintes sont nécessaires ; et seul le vaccin nous sauvera) sont entièrement fausses mais assurent le marché à l’injection génique expérimentale présentée comme un « vaccin ».

Nous l’avons vu, la gravité réelle du Sars-CoV-2 est bénigne. Sans le dévoiement des tests PCR faisant croire à une abondance de cas sans correspondance dans la réalité, l’épidémie aurait été considérée comme terminée dès juillet 2020 selon le meilleur connaisseur des épidémies respiratoires pour la France, l’épidémiologiste Laurent Toubiana.

La palette de traitements précoces disponibles est remarquablement abondante en ce qui concerne le Covid. De récentes études ont montré que le simple fait de prescrire une suuplémentation en zinc permettait de réduire de moitié le risque d’hospitalisation. Une supplémentation en vitamine D fait quant à elle baisse ce risque de 80%, sans même parler des remèdes comme les macrolides (azithromycine en particulier), l’ivermectine (qu’un député socialiste a traité de « remède pour les ânes » alors qu’il figure dans la liste des médicaments essentiels de l’OMS…) ou même l’Artemisia, qui disposent d’une somme de données probantes à l’appui de leur efficacité contre le Covid carrément rare dans la pharmacopée !

Les mesures de contrainte n’ont quant à elles aucune validité avérée (contrairement à leurs effets dommageables), et n’auraient dès lors jamais dû être imposées selon les bonnes pratiques en santé publique. Elles relèvent de la superstition mais non de la science. L’imposition du port du masque constituant un cas d’école hélas puisqu’il provoque bel et bien une asphyxie (hypercapnie), particulièrement risquée chez les jeunes avec un risque de surinfection bactérienne fortement accru.

Enfin, l’injection génique expérimentale, imposée par la manipulation, le harcèlement et même la contrainte (un délit pénal) s’est avéré un fiasco retentissant ! Ne pouvant plus prétendre que l’injection protégeait de la contamination, les autorités ont été réduites à affirmer qu’elle protégeait au moins contre les formes graves, cette assertion étant au final elle aussi démentie par les faits.

Au bout du compte il reste de tout cela un énorme désastre produit par les « mesures » imposées.

Comment cela est-il arrivé ?

Lorsqu’on analyse la manière dont les bonnes réponses sanitaires (et les plans pandémie qui avaient été prévus) ont été mis en échec, on trouve quelques motifs intéressants. Tout d’abord, c’est la Chine qui a dicté les réponses sanitaires mondiales alors même qu’elle employait des méthodes d’une brutalité inouïe et sans validité scientifique probante. L’OMS a ensuite assuré le relais en osant affirmer que les méthodes chinoises constituaient désormais les stratégies sanitaires à appliquer – à l’encontre de tout bon sens, de toute science digne de ce nom ainsi que de la connaissance accumulée depuis plus d’un siècle.

Un autre motif intéressant (qu’une enquête des médias Politico et Die Welt a récemment mis en lumière), est que ce sont Bill Gates et ses fondations qui, de facto, ont été en charge de la réponse mondiale à l’épidémie du COVID, hors de tout contrôle des gouvernements.

Indépendamment du fait que sa philanthropie est plus que douteuse (tant dans ses finalités qu’au regard des moyens employés) selon les connaisseurs, on voit mal en quoi, comment et pourquoi un informaticien doit décider de la réponse sanitaire mondiale à une épidémie respiratoire. Or les fondations de Bill Gates et la fondation Rockefeller sont les principaux bailleurs de fonds de l’OMS. Ce qui a conduit Rony Brauman, l’ancien président de médecins sans frontières, à énoncer tout récemment que :

« L’OMS est aujourd’hui partagé entre le pouvoir de Pékin, le lobby pharmaceutique et celui des financements privés, notamment de la Fondation Bill Gates (…) j’estime que l’OMS se rend complice de cette dérive politico-mafieuse. »

Les autorités de l’état de Genève, elles, préfèrent offrir la cuvée de leur vigne officielle à ce « bienfaiteur de l’humanité » dont l’obsession est de modifier génétiquement la nature ainsi que les humains et à sa fondation vaccinale dystopique, la GAVI !

On a vu en effet que toutes les instances de santé prévues et outillées pour faire face à une pandémie ont été mises en échec dans les différents pays comme au niveau international. Avec évidemment des soupçons de corruption particulièrement graves – on pense bien sûr à la présidente de la Commission européenne, Ursula van der Leyen, qui a négocié personnellement, en transgression de toutes les règles, les contrats d’injection génique directement avec le P-DG de Pfizer. Ce qui a tout de même conduit le procureur européen à ouvrir une enquête pour corruption…

Fraudes et re-fraudes

Les études à l’appui de l’injection génique sont elles aussi massivement frauduleuses, avec une somme d’incohérences et de falsifications camouflées pour l’essentiel dans les annexes, pour éviter que les médecins, les journalistes ou les politiques y aient accès !

Malgré ces truanderies, le monde médico-politique a clamé à la ronde dès le mois de décembre les louanges d’un produit forcément « sûr et efficace », alors nous disposions à ce moment-là en tout en pour tout d’un seul mois et demi de recul sur un produit expérimental jamais testé sur l’être humain, et avec les seules données bidouillées (nous l’avons montré) de Pfizer pour en juger. Les responsables politiques des différents pays qui ont osé affirmer une chose pareille se sont engagés dans un mensonge d’état envers leur population en profanant de manière très grave la parole publique.

On a vu au passage être jeté aux orties tout un ensemble de règles de sécurité et d’éthique pourtant impératives, comme celles de ne pas imposer une expérimentation médicale à la population, de ne pas vacciner pendant une épidémie, de ne pas vacciner les femmes enceintes, de ne pas user de harcèlement, de chantage ou même de contrainte envers les personnes pour qu’elles se soumettent à la vaccination.

Les autorités ont surenchéri dans le mensonge, hélas, en affirmant par exemple que l’ARN messager restait au point d’injection : on en a retrouvé bien au contraire jusqu’à huit semaines plus tard dans tout le corps et même accumulé dans certains organes comme les gonades avec un risque évident pour la fertilité. On a assuré qu’il était impossible qu’il y ait une retranscription de l’ARNm dans l’ADN. Or une étude in vitro a montré que des cellules hépatiques pouvaient connaître ces phénomènes de rétrotranscription, ce qui pose un évident souci d’intégrité du génome pour les injectés !

Enfin, on a nié, de manière éhontée, l’intensité, la sévérité et la fréquence des effets indésirables, très largement supérieurs à tout ce qu’on a connu au cours de l’histoire. Avec des atteintes cardiaques fréquentes et en rien anodines touchant en particulier les jeunes gens.

Évoquant le rôle glauque et opaque des cabinets de conseil dans la gestion sanitaire (McKinsey a « conseillé » la quasi-totalité des gouvernements occidentaux tout en conseillant aussi Pfizer…), Barbara Stiegler, professeur de philosophie à l’université Bordeaux-Montaigne a résumé cette somme de forfaitures :

« Ils n’ont pas commis d’erreur… Ils ont juste une excellente maîtrise de l’ingénierie sociale et de la manipulation des masses. Je vous rappelle que ces cabinets sont des experts de l’ingénierie sociale, ils n’ont pas été recrutés pour rien. »

Une épidémie sans gravité, mais des politiques sanitaires dramatiques

La tragique vérité est que l’épidémie de Sars-CoV-2 était sans gravité, mais que les réponses sanitaires faites de corruption et de prédation des ressources publiques, sans égard pour les besoins réels de la population, ont quant à elles produit des effets littéralement dramatiques.

Quelques scientifiques de réputation mondiale (en l’occurrence les professeurs Jay Bhattacharya et Peter McCullough) ont proposé un ensemble de principes pour éviter la répétition de dérives d’une telle gravité :

1. Arrêter de raconter des mensonges, pieux ou autres ; être honnête avec la population.

2. Cesser de harceler et considérer comme illégitimes les bons médecins et experts.

3. Mettre fin aux recommandations dictatoriales, fournir des données transparentes et faire une véritable analyse des données.

4. Produire une analyse mensuelle des données de sécurité et instituer des comités externes de suivi des données de sécurité.

5. S’attaquer à l’incompétence épidémiologique du CDC et à son asservissement à l’industrie.

6. Reconnaître quand on va dans une mauvaise direction, et y remédier.

7. Renoncer à imposer des obligations et des rappels pour des vaccins inefficaces.

8. Ne pas conditionner les pédiatres à harceler les parents pour un vaccin inefficace.

9. Accepter les termes et les conséquences de l’admission tardive par le CDC que les vaccinés ne sont pas différents des non-vaccinés en termes de contagiosité.

10. Peut-être pas tant comme idée de réforme que comme un besoin inévitable : plus de poursuites judiciaires.

Le constat doit être posé que l’entier du système aujourd’hui a atteint un degré de corruption toxique, au croisement de la malhonnêteté et de la malfaisance des uns et de l’irresponsabilité et la soumission des autres.

Comme le soulignait Primo Lévi, rescapé des camps de la mort :

« Les monstres existent, mais ils sont trop peu nombreux pour être vraiment dangereux, ceux qui sont vraiment dangereux ce sont les hommes ordinaires, les fonctionnaires prêts à croire et à obéir sans discuter. »

Ce sont eux qui ont asphyxié et traumatisé les enfants, privé de soins les malades, isolé et parfois même achevé les aînés, imposé le port du masque aux parturientes, stigmatisé et brutalisé tous ceux qui avaient préservé leur bon sens et leur esprit critique.

Il est impératif que touts ceux qui ont participé à cette dérive gravissime en semant la destruction, la terreur et la mort dans la population, en s’attaquant en particulier à ses groupes les plus vulnérables, aient à répondre de leurs actes devant la justice, comme il se doit au regard du nombre de lois constitutionnelles, civiles et pénales qui ont été violées par les États au cours de cette crise – comme conséquence de la fraude et de la corruption sévissant dans le domaine de la santé.

Dérives sectaires: n’oubliez pas la plus grandes des sectes…l’État fasciste

Par H16. Source Dérives sectaires : N’oubliez pas la plus grandes des sectes (reseauinternational.net)

La stupéfaction est totale : on apprenait il y a quelques jours que la France, pourtant pays du miel et du lait, serait le terreau fertile à l’apparition de certaines sectes et autres groupuscules louches à « caractère sectaire ». C’est en tout cas ce que s’est époumoné à dire la mission interministérielle dédiée, la Miviludes, dans un récent rapport dont il a rapidement été question dans tous les médias grand public.

Pire encore : ces dérives sectaires seraient même en pleine augmentation dans le pays, à tel point que le gouvernement, entre deux restrictions supplémentaires de liberté pour le peuple et l’une ou l’autre gabegie financière grotesque, entend fermement lutter contre ce nouveau fléau en instaurant un numéro vert pardon un Grenelle des Sectes des « assises des dérives sectaires et du complotisme ».

Et oui, pouf, comme ça et avec une décontraction assez caractéristique d’un pouvoir sans plus aucune retenue, vous aurez noté l’apparition du mot « complotisme » en même temps que « dérives sectaires », la Miviludes ayant vu ses missions subitement gonfler de ce nouveau domaine : la France, cornaquée par le Mozart de la Finance, va donc se lancer dans une lutte âpre (mais nécessaire, il va de soi !) contre les sectes et les complotistes qui gangrènent la société française.

Coïncidence pratique : c’est aussi ce que vont faire d’autres pays occidentaux comme la Nouvelle-Zélande ou le Canada (ou le gouvernement Trudeau parainne une commission d’enquête chargé de lui conseiller d’étendre l’usage de la loi des mesures d’urgences ancienne loi des mesures de guerre. NDÉ) ou tous ceux qui expliquent à quel point « la démocratie est en danger » par ces dérives sectaires et ces théoriciens de conspirations toutes plus farfelues les unes que les autres. Dans ce tableau, on s’étonnera de la brévité du Ministère de la Vérité du « Conseil de gouvernance de la désinformation » américain qui n’a pas survécu plus de 6 mois. On se rassurera en se disant que ce n’est que partie remise, à l’évidence et devant l’insistance des autres pays à mettre en place ce genre d’institutions.

Bien évidemment, il n’y a pas de doute à avoir : en ouvrant ainsi, clairement et ouvertement, la chasse contre les sectes, les gouvernements occidentaux entendent en réalité assez évidemment lutter contre les complotistes, c’est-à-dire les non-conformistes et toutes ces mouvances gluantes qui ont le mauvais goût de ne pas prendre les informations officielles pour argent comptant.

Il n’y a en fait aucune coïncidence lorsque cette lutte renouvelée contre les sectes correspond aussi au moment où les médias grand public remettent deux sous dans le bastringue éculé de la « lutte contre la désinformation » et où les politiciens commencent à réfléchir à muscler leurs contre-offensives contre les vilains mal-pensants.

Tout ceci participe, n’en doutez pas, d’une véritable mobilisation des troupes gouvernementales et médiatiques contre l’effritement des opinions publiques par des déviants qui refusent de rentrer dans le moule. Et le mélange du sectarisme et du complotisme ne tient pas du hasard : si on y réfléchit deux minutes, on constate que ceux qui interprètent les faits communément disponibles d’une façon différente des réseaux officiels (sanctionnés par le gouvernement et les médias de grand chemin) peuvent parfois être jugés suffisamment intéressants pour s’attirer des suiveurs, des disciples qui se chargent ensuite de relayer leurs analyses et leurs conclusions, rarement syntonisées avec les messages (et les buts) de la propagande  officielle.

Alors rebaptisés « gourous », ces vilains complotistes ou désinformateurs tombent – de façon fort pratique – dans la cible de ces actions anti-sectes. Habile.

Évidemment, pour bien border juridiquement l’affaire, les gouvernements n’ont pas tardé à définir ce qu’est une secte. Une lecture attentionnée de l’article Wikipedia consacré à la question permet de dégager les grands points saillants de cette définition : une secte est juridiquement définie comme un groupe disposant d’une organisation pyramidale du pouvoir, centralisé aux mains d’une personne (un gourou) ou d’un collège restreint de dirigeants, qui pratique la manipulation mentale de ses adeptes, l’extorsion de fonds, cherche à exclure toute doctrine différente, s’inscrit en rupture de l’environnement d’origine des membres, peut atteindre à leur santé physique et psychique, recherche à embrigader les enfants, provoque assez souvent des troubles à l’ordre public et collectionne les démêlés judiciaires.

Or, à la lecture de cette définition, quelque chose apparaît assez clairement : la plus grosse secte qui sévit actuellement en France n’est certainement pas celle qui est la plus combattue, au contraire. Pourtant, aucun doute possible : quasiment par définition, l’État français remplit tous les critères et les dérives des deux dernières années accroissent encore le sentiment que l’augmentation des dérives sectaires constatées proviennent bien de lui en premier lieu.

En effet, est-il utile de revenir sur l’actuelle centralisation du pouvoir dans les mains d’un énarque de plus en plus difficilement contrôlable? Doit-on évoquer la multiplication (artificielle) des collèges d’apparat pour les décisions les plus iniques et loufoques qui se sont succédées ces dernières années ?

Est-il vraiment nécessaire de revenir sur les manipulations mentales qui ont eu lieu pendant cette période, la multiplication des injonctions paradoxales, l’alternance visible des périodes de relâchement et celles de privation, les messages contradictoires et les interdictions ou obligations complètement loufoques dont on peut, pour l’essentiel, retracer la naissance dans les petits papiers de cabinets de conseils payés (par le contribuable) pour manipuler l’opinion publique dans le sens désiré ?

Est-il utile de rappeler que le chef de l’État entend depuis plus de deux ans faire entrer le peuple français (de gré ou de force) dans un « monde d’après » en véritable rupture avec le « monde d’avant » ? Comment ne pas voir là ce projet de rupture que toute secte mettrait en place pour durablement sectionner les liens des membres avec la réalité du monde extérieur ?

L’extorsion de fonds n’a jamais été aussi visible qu’actuellement où les finances de l’État français sont catastrophiques. Depuis les taxes (rappelez-vous qu’elles représentent plus de la moitié des prix de l’essence à la pompe, par exemple) et impôts jusqu’aux milliards distribués pour différentes causes qui, toutes, violent le bon sens ou les besoins fondamentaux du peuple français, est-il question d’autre chose que d’un véritable racket actuellement mis en place par la Macronie ?

L’exclusion de toute doctrine différente est précisément l’action actuellement engagée pour réduire les « complotistes » au silence : la Vérité ne peut être partagée, elle ne peut provenir que des porteurs officiels de la lumière gouvernementale.

Pour ce qui est des atteintes à la santé physique ou psychique du peuple français, nul besoin de détailler. Chacun a payé, paye et payera lourdement dans sa chair et dans son âme cette période qui s’est ouverte avec l’arrivée de Macron au pouvoir – les Gilets jaunes s’en souviennent encore, s’est poursuivie avec la distribution d’injections miracle et continue actuellement avec les mantras permanents de crise énergétique ou de catastrophe climatique inéluctables.

Cette secte étatique, pieuvre malfaisante qui infuse maintenant toute la société française, s’est aussi attelée, comme toute secte, à embrigader les enfants qu’elle prétend éduquer. On en voit chaque jour le résultat calamiteux.

Sans surprise, cette secte, par les décisions qui ont été prises et qui continuent de s’enchaîner avec un rythme inquiétant, provoque bien des troubles à l’ordre public (repensez-y lorsque le courant tombera, en plein hiver) et collectionne les démêlés judiciaires qu’elle n’a aucun mal à écraser puisque la Justice, c’est elle.

En somme, lorsque l’État explique lutter contre les sectes, il ne cherche qu’une chose : en luttant contre des concurrents, il ne cherche qu’une chose, à savoir un monopole sur son marché, par la force s’il le faut.

Cependant, rassurez-vous : ce constat posé, il est évident qu’absolument personne n’en tirera la moindre conclusion. Aucune action ne sera posée, aucune remise en question ne sera envisagée. Et tout comme dans d’autres sectes, les membres actuels de l’Église de l’État Macronien Millénariste et Catastrophile iront jusqu’au bout. Il ne pourra y avoir d’autre voie, celle choisie par le Gourou étant la seule juste et bonne.

source : Hashtable

L’horreur échappée de la fosse

ALLAN ERWAN BERGER — Toujours les animaux que l’on descend au fond de la fosse s’y comportent de la manière la plus prévisible. Debout sur leurs deux pattes ridicules, stupides, ronchons, ne comprenant jamais rien, ils ne réagissent pas lorsqu’on place le lourd treillis de barreaux croisés qui fait grille, et qui les empêchera de sortir lorsqu’ils se battront pour l’atteindre. Ils ne réagissent pas plus lorsque les clowns arrivent, batraciens agités, moqueurs, lâchant des insultes aux bêtes, pitres grotesques dont la tête hilare est glissée dans un poste de télévision ; au contraire, on dirait que ces personnages les fascinent, alors qu’ils devraient les avoir en exécration. Personne, là en-bas, ne réagit non plus lorsque ces même clowns, qui font ici office d’exécuteurs de nos plaisantes œuvres, ayant glissé les tuyaux multicolores à travers les barreaux, ouvrent les vannes en produisant de longs pets à chaque tour de robinet.

C’est alors que le public de l’arène se lève dans les gradins, car il veut mieux goûter à ce moment où l’hébétude lentement laisse la place à de l’inquiétude chez les bêtes, cependant que l’eau monte et commence à mouiller les pattes. C’est un des plus délicieux spectacles, qu’accompagnent à merveille les accords guillerets de la fanfare. Dans la fosse, la mort froide gagne les chevilles, puis les genoux.

Ordinairement, il se passe ceci : les bipèdes s’énervent, tournent et s’engueulent, se mordent un peu, regardent l’eau puis la grille, et l’on voit alors dans leurs yeux poindre la compréhension. Ils vont crever noyés ! Alors tout s’emballe. Dès que l’eau arrive à mi-cuisses, les singes entreprennent de s’escalader les uns les autres, dans l’espoir d’atteindre la grille. Ce ne sont, pendant quelques minutes, que de réjouissants hurlements de colère et d’intimidation, et des griffades, des empoignades, des pugilats furieux, jusqu’aux premiers assassinats.
Les morts faisant opportunément office de socle, c’est bientôt la guerre pour leur grimper dessus. Peu à peu, les bêtes en bataille forment ainsi une espèce de pyramide. Et comme évidemment se sont les plus forts qui grimpent sur les plus faibles, très vite cette pyramide s’écroule, une fois, deux fois, parfois trois, dans de grandes éclaboussures rougies du sang des vaincus, tandis que toujours l’eau monte.
Pour finir, les plus vaillants, agrippés aux barreaux, ou suspendus, avalent leurs dernières goulées d’air tandis que sous eux on se bat au milieu des cadavres qui flottent. Sous le poids imbécile des survivants, la grille, qui n’est pourtant pas fixée, ne risque certes pas de s’envoler. La maintenant solidement collée à la margelle, tous ces winners en train de se repousser sont ainsi les artisans de leur propre noyade. Ce spectacle est très philosophique.


Mais aujourd’hui il n’en est pas allé ainsi. Les singes, qu’on nous annonçait d’une nouvelle race, avaient attiré une masse considérable de spectateurs, ce qui rendit le carnage final d’autant plus effroyable. Ils commencèrent par crier, à s’interpeller tandis que l’eau des tuyaux arrosait leurs chevilles. Soudain ils formèrent trois groupes : les massifs, les poids-moyens, et les plus légers. Les moyens grimpèrent sur les épaules des massifs, puis les plus légers escaladèrent cette figure acrobatique. Ils inspectèrent les barreaux, et observèrent comment la grille reposait sur la margelle. Ils trouvèrent qu’elle n’était pas fixée. En bas, pataugeant dans l’eau, inquiets mais pas paniqués, des intellectuels donnaient des conseils.

On testa le poids de la grille. Elle fut trouvée lourde. Aussitôt on défit les grappes, et les plus costauds d’entre les singes, montant sur les épaules des plus fragiles qui étaient montés sur les moyens, et tous dressés contre la même paroi, poussèrent. Ils entrevirent ainsi le succès de leurs efforts. Ceci leur donna du courage. Il ne leur fallut que trois essais pour comprendre par quel mouvement synchronisé la grille devait être soulevée.
C’est maintenant que se place ce qu’il faut bien appeler le trait de génie, proprement révolutionnaire, dont fit preuve cette tribu inquiétante. Car quand la grille, en se soulevant, glissa et se renversa dans la fosse, tuant quelques bêtes au passage, toutes les autres se retrouvèrent coincées par elle contre la paroi. Ceci aurait pu clore l’affaire et tout serait allé comme avant, mais non car, grimpant tout en haut, les singes, poussant collectivement des pattes et des mains, en quatre élans toujours plus amples, rejetèrent la grille contre l’autre paroi. Ainsi, en basculant, ce qui les enfermait se trouva transformé en échelle ; ce qui devait les tuer les sauva. Toutes les bêtes encore vivantes sortirent, et se répandirent dans l’arène.
Vous connaissez la suite. Les quarante-huit rescapés de la fosse ont tué directement cent-vingt spectateurs, et causé la mort des presque cinq-cents autres dans le mouvement de panique qui s’ensuivit, lorsque la foule, voulant s’enfuir par les trois issues de l’arène, y trouva trop souvent la mort par écrasement.


Libéralisme, marché souverain, loi du plus fort, chacun pour soi et Dieu pour tous : ça ne marche pas ! Aidez-vous vous-mêmes, renversez cette foutue grille, et passez aux représailles. Qui sait combien de trappes des humains assemblés peuvent faire voler en éclat ?!

Professeur Perronne: « Nous devons stopper ces savants fous » et leurs dangereux « vaccins » à ARNm (22)

Les labos développent un vax grippe+covid, soit le mélange de 2 produits à l’efficacité jamais démontrée mais pire, ils veulent ajouter leur vax ARNm aux vaccins obligatoires des enfants! C’est stupéfiant que personne n’arrête ces expériences illégales qui violent la Constitution et menacent la santé de nos enfants…
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EN COMPLÉMENTAIRE SUR LE SCANDALE MONDIAL DE LA PLANDÉMIE
DU COVID-19 ET LES DANGEREUX «VACCINS» À ARNmessenger

 

Article de la série Les dangereux « vaccins » à ARNm: Les dangereux « vaccins » ARNm (1) –les 7 du quebec
Article de la série Les dangereux « vaccins » à ARNm: des armes de destruction massives (2)–les 7 du quebec
Article de la série Les dangereux « vaccins » à ARNm: Les dangereux « vaccins » ARNm (3) –les 7 du quebec
Article de la série Les dangereux « vaccins » à ARNm: Les dangereux « vaccins » à ARNm (4) -les 7 du quebec
Article de la série Les dangereux « vaccins » à ARNm: Les dangereux « vaccins » à ARNm (5) –les 7 du quebec
Article de la série Les dangereux « vaccins » à ARNm: Les dangereux « vaccins » à ARNm (6) –les 7 du quebec
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Les Allemands de Russie (Yves Caron)

«Plus de 3,5 millions d’Allemands ont péri
au cours de cet exode le plus important de l’histoire mondiale
»

Entretien avec le professeur Yves Caron, auteur du livre Les Allemands de Russie, éditions Dualpha

(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul ; paru sur le site EuroLibertés)

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Depuis la IIe Guerre mondiale, rares sont les historiens qui s’apitoient sur le sort des populations allemandes…

Je me suis passionné dès ma jeunesse pour l’histoire de cette grande guerre civile européenne doublée d’une inutile et horrible tuerie qu’ont été les deux Guerres mondiales, et je me suis intéressé à la très grave question de leurs origines et des responsabilités respectives des belligérants. Pour cela, je me suis constitué une bibliothèque privée de 30 000 ouvrages en six langues et y ais consacré soixante ans d’études intensives. Licencié d’anglais, d’allemand, de russe et d’histoire, j’ai obtenu en 1978 un Doctorat sur les Allemands de la Volga. J’ai également été détaché aux Relations Culturelles du Quai d’Orsay dans plusieurs pays, puis enfin nommé professeur de Littérature et Civilisation germanique à l’Université d’Abidjan en 1980.

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Qu’est-ce qui vous a incité à vous intéresser aux Allemands de Russie, expulsés après 1945 de leurs terres ?

Je ne m’intéressais pas particulièrement à eux, mais seulement à ce que je considère toujours comme un des plus grands crimes commis par les vainqueurs contre le peuple allemand, lequel est depuis plus d’un siècle l’objet de la haine et de l’envie des « trois gredins » comme les appelait Lénine : l’Angleterre, la France et la Russie tsariste ; ces derniers se partageaient les trois quarts de la planète en accusant la jeune Allemagne de viser à l’hégémonie mondiale, alors qu’eux menaient des guerres coloniales et de conquêtes sur toute la planète. Inutile de dire que comme dans Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, les trois étaient quatre avec le pire d’entre eux, d’ailleurs : les USA.

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Vous n’hésitez pas à parler de « la plus vaste expulsion de population que le monde ait jamais connu » ; n’exagérez-vous pas un peu ?

Mon propos était de parler de ce crime épouvantable qu’a été l’expulsion de 15 à 18 millions d’Allemands dans des conditions que des Français qui, comme moi, ont fait l’exode de 1940, ont du mal à imaginer. Plus de 3,5 millions d’Allemands ont péri au cours de cet exode le plus important de l’histoire mondiale. Arrivé en Allemagne pour la première fois en novembre 1945 à 19 ans, j’ai eu vite fait de prendre conscience de la terrible tragédie qui était en train de se dérouler à l’Est, dégoûté aussi par les comportement des vaincus de 1940 devenus les occupants de 1945 (200 000 viols selon l’évêque de Fribourg) . Vingt ans plus tard, j’ai formé le dessein de passer sous le « camouflage » du « recul du germanisme » une thèse de doctorat en sachant d’avance les difficultés auxquelles j’allais me heurter.

Est-ce que je n’exagère pas un peu en parlant de la « plus vaste expulsion… » ? Mais pouvez-vous m’en citer une dans l’histoire contemporaine ou ancienne qui ait atteint ces chiffres vertigineux (les échanges de population entre la Turquie et la Grèce en 1921-22 ont touché tout au plus 1,5 millions de personnes.

Essayez de vous représenter l’équivalent en superficie de 35 départements français vidés entièrement de leurs habitants, dépouillés de tous leurs biens – fermes, maisons, appartements, etc. – bref de leur petite patrie (à laquelle nous autres Français sommes tant attachés), de la terre qui, depuis mille ans, appartenaient à leurs ancêtres (quatre fois la superficie de la Suisse).

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Est-ce que les Allemands actuels ont connaissance des souffrances endurés par ces Allemands de la Volga… qui pourtant, comme il est indiqué en couverture du livre « n’avaient, et pour cause !, jamais voté pour Adolf Hitler… » ?

Plus ou moins, mais plutôt moins que plus. En 1945, les vainqueurs se sont appliqués à « rééduquer » avec un formidable succès les nouvelles générations. Un enseignant qui en classe se serait avisé de parler des provinces de l’Est risquait à partir de 1945 de perdre son emploi !

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Yves Caron, Les Allemands de Russie, éditions Dualpha, collection «Vérités pour l’Histoire», dirigée par Philippe Randa, 266 pages.

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Hier — 25 novembre 2022les 7 du quebec

L’antisémitisme comme indice de détérioration mentale

Par : Ysengrimus

Antisemitisme

YSENGRIMUS

NOTE LIMINAIRE: CECI N’EST PAS UN ARTICLE SUR ISRAËL ET/OU LA PALESTINE. CE CONFLIT RÉGIONAL NE SERA PAS COMMENTÉ ICI.

On partira, si vous le voulez bien, du portrait-robot de deux antisémites ordinaires que j’ai connu personnellement et en lesquels vous devriez arriver à reconnaître assez aisément deux cas-types clairement découpés et aussi navrants, au demeurant, l’un que l’autre.

Mon premier antisémite, c’est Yvan «Jean» Chouvalov (non fictif). Jean naît en 1904 de parents russes réfugiés en France. Il grandit dans le milieu des intellectuels russes français du quatorzième arrondissement à Paris. Lénine, réfugié à Paris circa 1908-1909 l’aurait fait sauter, enfançon, sur ses genoux, lors d’une rencontre sociale de réfugiés russes (c’est du moins ce que Jean racontera ad nauseam à ses petits-enfants jusqu’à ses vieux jours et, fatalement, de par l’insistance de Jean, la légende restera dans la famille). Bercé à la fois par les rouges et les blancs (un nombre significatif de ces bolchevistes de la première heure étaient en fait des aristocrates), très fier de son nom russe à saveur nobiliaire, Jean ne parle pourtant pas russe et ne se soucie en fait pas trop du brassage des nationalités. Dans une prise de bec restée mémorable avec une parente, il se fit un jour traité de «russe blanc». Cela le vexa beaucoup car il ne comprit pas cette injure, sans doute quelque obscure attaque sur les origines géographiques ou les vues idéologiques d’ancêtres dont il ne savait goutte et auxquels il ne s’identifiait pas spécialement. Jean est bien plus français que russe en fait et, jeune, il ne formule pas ses réflexions en termes ethniques ou nationalistes mais bien en termes universels. Les juifs, pour lui, ce sont des gens comme les autres et il n’en fait pas spécialement une question particulière. Il grandit dans une banlieue rouge des alentours de la capitale. Compagnon de route et électeur de base du Parti Communiste Français, Jean n’exercera jamais de fonctions politiques. Il pratique trente-six métiers prolétariens: cantonnier, outilleur, chauffeur de taxi. Sous l’Occupation, Jean s’occupe moins de résistance que de marché noir. Il fabrique des sandales avec du cuir non enregistré et confectionne du savon de contrebande. À la Libération, il redevient chauffeur de taxi à Paris. Il lit beaucoup, vote systématiquement PCF et s’associe à toutes les luttes sociales du Parti, en gardant l’œil bien fixé sur la ligne dudit Parti. Froidement anti-américain et sereinement prosoviétique, il pense souvent au jour où les chars conduits par ses «grands frères russes» paraderont sur la place de la Concorde et libéreront Paris du joug du grand Capital. Mai 68 le fera ricaner et les Accords de Grenelle le feront grincer des dents. Jean lit L’Humanité, joue aux boules avec les copains, siffle un petit ballon de rouge de temps en temps et regarde ses enfants puis ses petits-enfants grandir tranquillement. Vers 1980, à l’âge de soixante-seize ans environ, les petits-enfants de Jean lui font un beau cadeau, le genre de cadeau qu’en sa qualité d’intellectuel autodidacte de gauche, il adore: une splendide biographie illustrée de Jean Jaurès. Jean trépide d’enthousiasme et se met à raconter qu’il a sauté sur les genoux de cet homme politique dans sa toute petite enfance. Les petits-fils et les petites-filles de Jean froncent les sourcils et se regardent entre eux, un peu interloquées de voir la légende léninienne familiale se muer subitement en cette fadaise jaurésienne parfaitement ad hoc et que Jean d’ailleurs ne reprendra pas. Il semble assez patent, ce jour là, que notre bon Jean est en train de doucement perdre la boule. Peu de temps après, Jean se met à un nouveau hobby. Il recouvre patiemment une table de bois de ce papier doré que l’on trouvait autrefois dans les paquets de cigarettes. Il œuvre à transformer cette banale table en quelque chose ressemblant à un autel d’église orthodoxe. Non, indubitablement, dans de tels moments, l’entourage de Jean se dit qu’il n’a plus toutes ses facultés. Or c’est justement dans ces années là qu’un peu au milieu de tout et de rien, Jean va se mettre à délaisser la lecture de L’Humanité au profit de celle de France-Soir (qu’il prétendra lire exclusivement pour «prendre connaissance de la version de l’ennemi de classe pour mieux la combattre») mais surtout il va se mettre à tenir des propos ouvertement antisémites qui augmenteront en virulence et en incohérence et ce, jusqu’à sa mort en 1990. Il ressassera les développements obscurantistes usuels sur le contrôle des médias et de la politique par les juifs et sur la grande conspiration sioniste. Il se mettra à noter sur un calepin les noms des personnalités de la télé d’origine juive et se mettra à invectiver au moment de leur apparition sur le petit écran. Ce sera là une surprise catastrophée et hautement désagréable pour ses enfants et petits-enfants, tous des rouges ou des roses de bonne tenue, de voir ainsi le vieux cramoisi se coaguler, se rembrunir et se mettre à basculer, comme spontanément, dans la grosse parano conspiro obscurantiste. Outrés, les descendants et descendantes de Jean lui tiendront fréquemment la dragée haute dans des engueulades familiales qui deviendront de plus en plus épiques et amères à mesure que le poids des années se fera sentir et que l’antisémitisme de Jean prendra une dimension de pesante ritournelle en forme de chant du cygne malsonnant. Même après sa mort, ses enfants et ses petits-enfants n’en reviendront jamais vraiment, de la commotion causée par ce revirement aussi frontal que tardif du vieux coco.

Mon second antisémite, c’est Cyprien Morel (nom fictif). Né dans un village du Québec en 1919 de parents agriculteurs, élevé dans un milieu ethniquement homogène et ouvertement intégriste catholique, Cyprien est l’intellectuel de la famille. On lui fait suivre le cours classique, dans une congrégation de curetons dont nous tairons ici pudiquement le nom (c’est tous les mêmes de toutes façons). Il s’intéresse aux mathématiques et à l’histoire. L’histoire du Québec, telle que racontée par le chanoine Lionel Groulx, l’exalte. Il a aussi des talents de dessinateur et de sculpteur. Certains enseignants de Cyprien lui «expliquent», circa 1935, que la province de Québec est tenue par la juiverie anglophone et que cette dernière est l’ennemie jurée des coopératives agricoles, des caisses mutuelles «populaires» et de la petite entreprise canadienne-française. Cyprien adhère à un mouvement de jeunesses catho proche des Bérets Blancs, distribue de la propagande antisémite, lit Le Goglu, feuille antisémite de l’entre-deux guerre et participe, circa 1942, à la même manifestation qui vit un de nos théâtreux notoires arborer la svastika dans les rues de Montréal. Il soumet certaines de ses caricatures au comité éditorial du Goglu qui en retient deux, mais le journal sera fermé par les autorités canadiennes avant que les œuvres de Cyprien ne rencontrent leur public. Constatant que la ci-devant «cinquième colonne» se fait singulièrement serrer les ouïes, dans nos campagnes, pendant les années de guerre, Cyprien, réformé pour un léger boitillement congénital, décide de s’assagir. Il entre comme commis-comptable dans l’épicerie de son grand-père maternel. Il gravira patiemment les échelons, héritera de l’entreprise après-guerre et la fera fructifier en achetant ou ouvrant des succursales. Cyprien en vient à faire partie d’un solide petit conglomérat de magasins d’alimentation canadien-français. Lui et des compatriotes partageant son messianisme luttent pour empêcher un marché d’alimentation spécifique d’établir un monopole au Québec: le juif montréalais SteinbergLa quête pour la survie du petit commerce de détail et la hantise antisémite fusionnent étroitement en Cyprien. Il se fait remettre un certain nombre d’exemplaires du Protocole des Sages de Sion, imprimés nuitamment, circa 1957, dans une version française très passable, sur une des rotatives d’un petit éditeur catholique montréalais. Cyprien gardera pendant plusieurs années, dans une boite de carton au grenier de sa grande maison de campagne, l’ouvrage suavement séditieux. Il le distribuera parcimonieusement, sous le manteau, uniquement à des amis fiables, car, c’est bien connu, cet ouvrage secret est si imprégné d’une vérité précieuse et mirifique que la juiverie, qui contrôle la police et la justice, ferait un sort à ceux qu’on pincerait en flagrant délit de le distribuer ou de le lire. L’oecuménisme verra un accrochage sérieux entre Cyprien et le curé de son village. Pendant toutes ses années de dur labeur, Cyprien, maintenant père de sept enfants, a toujours maintenu son violon d’Ingres de sculpteur. Portraitiste compétent, il façonne, moyennant une rétribution strictement symbolique (Cyprien est désormais à l’aise, on l’aura compris), le portrait des notables du village, dans le granit blanc. Un jour, circa 1972, le curé du village lui fait une commande formelle: une madone en pied pour la facade de la nouvelle église du village. Enthousiaste, Cyprien sculpte sa madone en quelques mois, dans le plus grand secret, sans préalablement en soumettre les croquis au curé. Quand l’œuvre est terminée, Cyprien emmène le bon abbé soixantard dans son hangar et lui dévoile privément l’œuvre. Le petit calotin est atterré. La madone de granit blanc est magnifique. Mais elle est aussi tellement sérieuse, austère, roide, pieuse. Elle tient dans ses mains une croix de bonnes proportions qu’elle brandit comme une bannière. La croix et la bannière, tu me le dis… Le curé fait valoir que l’œuvre est un peu rébarbative, passablement pré-vaticane et qu’il aurait mieux valu une madone moderne, souriante, plus amène et tenant, par exemple, un bébé dans ses bras. Cyprien se drape dans sa dignité et tonne: «La croix, c’est le signe de ralliement des chrétiens. Vous m’avez commandé une madone, pas une déesse orientale enjuivée». Le curé proteste, fustige l’antisémitisme carré et explicite de Cyprien et se tire. La madone à la croix restera dans le hangar de Cyprien. Et ce dernier se fera de plus en plus doctrinaire au fil des années. Ses fils deviendront des ingénieurs, des hommes d’affaire, des politiciens municipaux. Ses filles deviendront des avocates, des techniciennes de laboratoire, des médecins. Certains des enfants de Cyprien (mais pas tous…) sont antisémites, comme leur père. Ils ne le disent pas trop fort, naturellement, car la juiverie contrôle tout et a le bras long, enfin, disent-ils… Cyprien Morel meurt en 2000, toujours en pleine harmonie avec ses idées, après de longues années d’une retraite tranquille à causer à voix douce au coin du feu, avec ses vieux amis et ses fils, des hauts et des bas de la foi catholique dans l’exécrable civilisation contemporaine et des victoires et des défaites du mystérieux «clan juif».

Dans mon petit exemple ici, Jean Chouvalov est un antisémite de la onzième heure genre Staline, militant internationaliste perdant la boule sur ses vieux jours, ou Marlon Brando, acteur absorbé par son art, qui se tape souverainement du reste, et ne se met à déconner qu’il y a des juifs à Hollywood qu’au soir de sa vie. D’autre part, Cyprien Morel est un antisémite de la toute première heure, genre Hitler, doctrinaire de souche, ou Mel Gibson, catho intégriste tournant même des films formulant ses élucubrations – autrement dit: fous raides aussi, mais, eux, dès le début. Il y a deux types bien distincts d’antisémitismes. C’est quand même pas anodin, ça. Et, de Louis-Ferdinand Céline (type: Cyprien Morel) à David Ahenakew, (type: Jean Chouvalov), on pourrait assez facilement classer les personnalités antisémites que l’on connaît sous ledit profil Jean Chouvalov ou sous ledit profil Cyprien Morel. Ça tiendrait parfaitement.

Ceci dit, quand on observe la résurgence antisémite actuelle, elle me semble être plus du type de celle de Jean que du type de celle de Cyprien. Cyprien est un antisémite historique, produit précis d’une époque obscurantiste, imprégnée elle-même de religion, de xénophobie ethnocentriste, de régionalisme corporatiste et de protectionnisme nationaliste. Il est un antisémite de doctrine et, même durable, pugnace, cette vision est vouée, l’un dans l’autre, à faire date sans plus, à rester cernée, encagée dans son époque (inique et criminelle, certes, mais limitée dans le temps). Jean, pour sa part, est un antisémite pathologique, récurrent, résurgent, tendanciel, un cinglé de fin de course qui formule sa démence paranoïaque naissante dans un gabarit historique, politique et collectif plutôt que familial, privé ou individuel. C’est le rejet convulsionnaire d’un groupe spécifique se coulant dans une forme historique spécifique. Mais pourquoi les juifs? me dirons les fins-finauds. Réponse: parce que, Cyprien Morel oblige, ce sont les juifs que notre horizon culturel du moment a encodés comme ça, en Jean Chouvalov. Notez d’ailleurs que si Jean s’en prenais aussi abruptement aux lombards, aux maltais, aux roms ou aux cinghalais, vous me demanderiez, sur le même ton biaiseux: «Mais pourquoi les maltais, mais pourquoi les roms?» Il est crucial de comprendre que c’est toujours historiquement déterminé ce genre de pathologie, tant et tant qu’on est toujours dans du «mais pourquoi tel groupe?» en fin de compte. Ces hystéries là ne peuvent pas rouler à vide. Elles se chopent un objet, une cible, au hasard de l’histoire (qui, lui, au demeurant, n’est jamais un hasard). Il n’y a rien de magique, d’essentiel ou de principiel dans le juif ou le lombard le vouant, comme fatalement, à la vindicte, éphémère ou durable, de certains segments des masses. Ce que j’affirme ici, c’est qu’historiquement les Cyprien Morel, qui sont des fous mais des fous durs, articulés, construits, doctrinaires, ont relayé une fixation antisémite multi-centenaire. Elle fait encore dépôt dans notre culture sociopolitique collective. Elle traîne comme un vieux rhume. Elle colle dans l’esprit comme une vieille pube ressassée. Les Jean Chouvalov passent alors par là, ne s’en soucient pas, traversent les émanations intellectuelles de leur temps comme on traverse un fin brouillard humide, n’en sentent pas la pression initialement… mais finalement, quand ils ramollissent intellectuellement et faiblissent mentalement, ils finissent par se les choper, dans leurs versions les plus grossières et stéréotypées imaginables et, redisons-le, à la grande surprise interloquée de leurs pairs.

Je pense vraiment que l’antisémitisme (le primaire comme le doctrinaire) est l’indice d’une détérioration mentale s’exprimant via un modèle intellectuel délabré, gâté, daté, régressant, irrationnel et foutu. On peut d’ailleurs élargir la réflexion en direction de la dimension collective et historico-sociale de cette idée. On peut effectivement faire observer que, dans notre histoire récente, l’antisémitisme comme option collective, comme psychologie de masse, si vous me passez l’expression, se manifesta dans des périodes, justement, de Grande Dépression… noter ce mot, et ceci n’est pas un calembour. Le discours antisémite est la manifestation d’un désordre mental irrationnel, individuel ou collectif, pulsionnel, défoulatoire, sectaire, quasi incantatoire. Lisez les échancrures de lisérés de commentaires parfaitement hystéros de certains blogues à la page que je ne nommerai pas ici (notamment quand ils parlent d’Israël et de la Palestine – ce que je ne fais jamais), à la lumière de cette modeste hypothèse. Vous serez sidérés de constater que l’antisémite est soi un fou doctrinaire (Cyprien Morel) soit un pauvre quidam ordinaire en état de détresse sociale qui déraille et se met subitement à délirer le politique (Jean Chouvalov). Il n’y a là rien, mais absolument rien, de plus.

À partir d’avant-hierles 7 du quebec

La fin de la guerre entre l’OTAN et la Russie selon un recteur Orthodoxe

Par Batiushka  – Le 18 octobre 2022 – Source The Saker Blog

Même les politiciens occidentaux qui se bercent d’illusions et leurs médias de presse commencent à comprendre que la situation ne peut plus durer. Prenons simplement les titres de l’actualité du 18 octobre.

La publication américaine National Interest rapporte que l’Ukraine ne pourrait tenir qu’un mois sans l’aide américaine.

https://news.mail.ru/incident/53516988/?frommail=1

Le gouverneur de la province de Kherson, Kirill Stremousov, a annoncé sur la chaîne russe Channel One que les forces de Kiev ont perdu 9 800 soldats en six semaines, ainsi que 320 chars, 250 véhicules d’infanterie, 542 voitures blindées, 36 avions et 7 hélicoptères. Elles sont tombées dans le piège des Russes, qui leur ont permis d’avancer en rase campagne.

https://news.mail.ru/incident/53510849/?frommail=1

Des photos du gazoduc Nordstream ont été publiées dans le journal suédois « Expressen ». Il s’agit clairement d’un sabotage. Qui serait intéressé à faire cela ? Peut-être les mêmes que ceux qui ont abattu le MH 17 en 2014 ?

https://news.mail.ru/incident/53519325/?frommail=1

La mobilisation partielle de 300 000 réservistes russes est presque terminée. Leur présence dans le Donbass va libérer les forces régulières pour qu’elles puissent avancer davantage, bien qu’une partie des terres prises par les forces de Kiev en septembre ait déjà été reprise et que d’autres soient libérées chaque jour.

Après sept jours d’attaques aériennes (dont deux jours seulement ont été rapportés par les médias occidentaux) sur les infrastructures ukrainiennes, en particulier sur l’approvisionnement en électricité, même Zelensky a admis aujourd’hui que 30 % des centrales électriques du régime de Kiev ont été détruites dans toute l’Ukraine. Tout cela en réponse à son terrorisme à Zaporozhye, Donetsk, Belgorod, Moscou (Daria Dugina), et contre le Nordstream et le pont de Crimée. A quoi d’autre s’attendait-il ?

La France est en grève.

L’Italie en a assez et veut que les livraisons d’armes aux néo-nazis de Kiev cessent.

Au Royaume-Uni, en faillite, à la stupéfaction générale, Truss est toujours « présente » [Ce n’est plus le cas à ce jour, NdT], mais le site web du Daily Mail rapporte que de nombreux pubs vont devoir fermer pour l’hiver. Les propriétaires n’ont pas les moyens de payer les factures de chauffage.

En Allemagne, le ministre de la santé, Karl Lauterbach, a mis en garde contre le risque que même les hôpitaux doivent fermer à cause de la crise énergétique.

Certains demandent : « Mais pourquoi la Fédération de Russie n’a-t-elle pas commencé la campagne de libération en février dernier en augmentant immédiatement le seuil de douleur ? » La réponse est simple. Ce n’est pas seulement que la Fédération a sous-estimé la stupidité totale de l’OTAN et de la junte de Kiev. C’est bien plus que cela, c’est tout simplement que la Russie n’a jamais voulu infliger de douleur aux Ukrainiens ordinaires et à ses propres soldats de l’Union. Les Ukrainiens ordinaires n’ont JAMAIS été l’ennemi. Les Russes ont toujours visé les militaires de Kiev fournis et entraînés par l’OTAN. Les Russes ne sont pas des Américains qui arrosent les buissons de balles de mitrailleuses et les arbres d’agent orange, ou qui rayent Hambourg et Dresde de la carte comme les Britanniques. Ils ciblent. Ils ne sont pas des terroristes.

N’avez-vous pas lu le discours du président Poutine du 30 septembre ? Écoutez-le à nouveau, s’il vous plaît :

Je veux que les autorités de Kiev et leurs véritables manipulateurs à l’Ouest m’entendent maintenant, et je veux que tout le monde se souvienne de ceci : les personnes vivant à Lougansk et Donetsk, à Kherson et Zaporozhye sont devenues nos citoyens, pour toujours.

…Nous appelons le régime de Kiev à cesser le feu et toutes les hostilités immédiatement ; à mettre fin à la guerre qu’il a déclenchée en 2014 et à revenir à la table des négociations. Nous sommes prêts pour cela, comme nous l’avons dit plus d’une fois. Mais le choix des habitants de Donetsk, Lougansk, Zaporozhye et Kherson ne sera pas discuté. La décision a été prise, et la Russie ne la trahira pas.

…Nous défendrons notre terre avec toutes les forces et les ressources dont nous disposons, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la sécurité de notre peuple. C’est la grande mission libératrice de notre nation.

….Aujourd’hui, nous nous battons pour qu’il ne vienne à l’idée de personne que la Russie, notre peuple, notre langue ou notre culture puissent être effacés de l’histoire. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une société consolidée, et cette consolidation ne peut être fondée que sur la souveraineté, la liberté, la création et la justice. Nos valeurs sont l’humanité, la miséricorde et la compassion.

Si vous ne croyez pas ces derniers mots sur les valeurs, alors regardez dans les yeux de la grande sainte russe, Sainte Xénia de Saint-Pétersbourg.

Batiushka

Recteur orthodoxe russe d’une très grande paroisse en Europe, il a servi dans de nombreux pays d’Europe occidentale et j’ai vécu en Russie et en Ukraine. Il a également travaillé comme conférencier en histoire et en politique russes et européennes.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

 

QUÉBÉCOIS ROBOTS

Je n’en reviens tout simplement pas! J’arrive d’un voyage à La Pocatière, Québec, ou le gaz était à 1,79$. Alors qu’à Grenville, Québec, près de chez moi, le gaz était à 1.57$. J’étais scandalisé! Mais j’étais le seul! Là-bas, ils me disaient que ça doit être normal!?!

Moi, j’étais hors de moi! C’était du vol, pur et simple. Mais les gentils Québécois trouvait ça… normal?!? Normal, dans le dictionnaire veut dire : qui est dépourvu de tout caractère exceptionnel. Moi, je n’accepte pas des réponses absurdes : (contraire à la raison, au bon sens, à la logique!) Moi, je dirais : défaitiste! La robotique en expansion.

Là, j’arrive chez moi et je vais faire mon épicerie chez Métro. Je remplis mon panier et j’arrive à la caisse et… il n’y a plus de caissière ?!? Il n’y a que des machines automatiques ou les gentils québécois s’acharnaient à déchiffrer ce nouveau système très compliqué! Métro a dompté et programmé ses consommateurs car aucun d’eux a osés dénoncer cet excès de zèle, car Métro savait d’avance, grâce à Legault, que les Québécois accepteraient volontiers ce nouveau moyen de couper au moins cinquante (50) emplois.

Moi, l’ancien syndicaliste, j’étais le seul à me plaindre. J’étais enragé noir! Mais la gérante avait tout de suite, des réponses toutes faites. Exemple: On manque de personnel, on n’a pas les moyens d’augmenter les salaires?!? Des réponses de boss.

J’ai réussis à faire ouvrir une caisse, pour moi, tout seul ! Mais, immédiatement, d’autres personnes se sont rajoutés derrière moi, ce qui a vraiment mit en fureur la gérante qui s’était installée à la caisse. J’ai tout simplement utilisé mon DROIT de consommateur! Je ne me suis pas promener devant le magasin avec une pancarte. Je trouve que j’ai agis diplomatiquement, ce qui n’est pas vraiment pas dans mes habitudes!

En revenant en auto, je me trouvais fière de moi. Mais, quand mon autre personnalité, le syndicaliste, à bousculer le diplomate; là, ma rage s’est déplacer vers le syndicat! Elles sont syndiquées ces caissières. Quel sorte de syndicat laisse passer une aberration pareil? La Mafia?

John Mallette
Le Poète Prolétaire

France – 21 novembre 2022 – La nouvelle réforme du chômage

Par : do

Source: http://mai68.org/spip2/spip.php?article13374

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23.11.2022-Mesloub-vaccin-Do-Chomage-English-Italiano-Spanish

Mathilde Goupil pour franceinfo, 21 novembre 2022 :

« Si le taux de chômage actuel se maintient, la période durant laquelle les chômeurs sont indemnisés diminuera d’un quart à partir du mois d’août 2023.

« Les exceptions. Le ministre du Travail a listé des exceptions à cette réforme. La modulation de la durée d’indemnisation ne sera ainsi pas mise en place dans les départements d’Outre-mer, en raison du contexte économique « trop particulier ». Par ailleurs, plusieurs métiers, qui n’étaient déjà pas concernés par la précédente réforme de l’assurance-chômage, conserveront les règles d’indemnisation de l’ancien système. Il s’agit des marins, des pêcheurs, des dockers, des intermittents du spectacle et des expatriés. »

Note de do : La réforme ne s’appliquera qu’aux personnes dont le pouvoir n’a pas peur. Donc, seule la lutte paye ! Mais, comme le dit Ninie en commentaire, s’«ils» n’attaquent pas aussi ceux qui savent se défendre, c’est pour empêcher la solidarité de ceux qui savent lutter, et qui pourraient montrer l’exemple, avec ceux qui ne savent pas encore le faire.

Commentaire de Ninie : En fait tout ceci est à pleurer, car croire que les français vont bouger, c’est croire au Père Noël. Nous acceptons tout. Pas tout le monde bien sûr. Mais que peut faire une minorité de personnes contre l’Etat ? Entre la lâcheté, l’indifférence et l’avidité on est mal parti pour combattre ce gouvernement.
Et pourquoi cette différence de traitements entre travailleurs ? C’est effectivement pour éviter toute solidarité.

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Manifestation des Gilets Jaunes à Paris le 19 novembre 2022 – vidéo RT 5′ :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article13370

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Gilets Jaunes – Quatre ans après, quel bilan ? vidéo RT 53′

Avec une critique de moi : http://mai68.org/spip2/spip.php?article13371

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N’ayez plus peur du pétrole et du CO2 – vidéo TF1 2’40 » :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article13368

(On sait fabriquer du pétrole avec des algues et du CO2)

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Coronavirus – Fraude sur les effets indésirables – vidéo 46′

Effets secondaires : « Il manque 6000 décès dans les bases de données »

Emmanuelle Darles – Vincent Pavan

Epoch Times France – 16 novembre 2022

Auteurs d’une étude critique du rapport sur les effets indésirables des vaccins produit par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) au mois de juin, Emmanuelle Darles et Vincent Pavan pointent également du doigt « un défaut de vigilance » de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et de l’Agence européenne des médicaments (EMA) dans le cadre du dispositif de pharmacovigilance passive relatif aux vaccins.

« Il y a beaucoup d’interrogations sur les alertes de vigilance qui n’ont manifestement pas été produites. […] Je tiens à rappeler que l’ANSM a été condamnée dans l’affaire du Mediator pour défaut de vigilance. Depuis, rien n’a vraiment changé. […] Il y a une faillite des agences de santé, qu’il s’agisse des Centres régionaux de pharmacovigilance ou de l’Agence nationale de sécurité du médicament. »

il est urgent que les victimes d’effets indésirables soient reconnues, indemnisées et accompagnées : « Il faut que le doute puisse bénéficier aux patients et non aux labos pharmaceutiques. L’enjeu est là, aujourd’hui. »

La vidéo est ici : http://mai68.org/spip2/spip.php?article13358

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Bien à vous,
do
http://mai68.org/spip2

 

 

Les fioles de l’imposture vaccinale – responsables de l’hécatombe covidale

Par Khider Mesloub.

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23.11.2022-Mesloub-vaccin-Do-Chomage-English-Italiano-Spanish

L’audition au Parlement européen, le 10 octobre 2022, de Janine Small, chargée auprès de Pfizer des marchés internationaux du laboratoire, a permis de démasquer l’imposture sanitaire, de confondre la maffia gouvernementalo-pharmaceutique occidentale. Interrogée par un député européen, la responsable du laboratoire avait déclaré : « Savions-nous l’effet sur l’arrêt de l’immunisation (lapsus avec le mot « transmission », nda) avant la mise sur le marché ? Non. ».  Pour justifier la commercialisation précipitée, donc prématurée, de ce produit chimique en phase expérimentale, Janine Small avait excipé, non pas d’un argument d’urgence médicale, mais de vitalité financière : « Pfizer avait vraiment dû avancer à la vitesse de la science, mettant en avant les investissements risqués – à hauteur de 2 milliards – pour la recherche et le développement du vaccin », comme le rapporte le journal Libération.

Autrement dit, l’efficacité du vaccin anti-covid contre la transmission n’avait pas été évaluée avant sa mise sur le marché. Ce faisant, rien ne permettait non plus d’affirmer que la vaccination protégeait contre la transmission, ou même simplement contre l’infection.

Question : les autorités occidentales, tout comme l’OMS, organisation entièrement inféodée aux intérêts de Big Pharma, ont-elles menti sur l’efficacité du vaccin ? Une chose est sûre, à la date de la mise sur le marché de ce produit commercial à base d’ARNm, les gouvernements occidentaux ignoraient, au vrai, dans quelle mesure le vaccin pouvait empêcher l’infection ou réduire la charge virale des patients. Et donc, de diminuer le risque de diffusion du virus. Et, pourtant, tous les gouvernements occidentaux, avec la même résolution concertée, avaient autorisé la commercialisation des fioles présentés comme étant des vaccins capables d’endiguer définitivement le coronavirus.

Avec la guerre de l’Irak de 2003, pour justifier l’intervention militaire américaine, qui provoquera le massacre d’1,3 millions de civils irakiens, nous avions eu droit à la fiole du mensonge (anthrax) exhibée par le secrétaire d’État américain Colin Powell devant le Conseil de sécurité des Nations unies (1), en 2020-2021, nous avons eu droit aux fioles de l’imposture Big Pharma pour légitimer la vaccination forcée de centaines de millions de personnes, et le massacre de six millions de malades, mortes faute de soins, c’est-à-dire d’une réelle médication curative et d’un traitement médicamenteux efficient, tous deux curieusement interdits dès le déclenchement de la pandémie. En effet, les médecins avaient interdiction de soigner leurs patients présentant les symptômes d’un état grippal. De même, il leur était défendu de prescrire les habituels médicaments, notamment l’hydroxychloroquine et Azithromycine, comme le préconisait dès le début de l’épidémie le Pr D. Raoult.

Cette stratégie « tout vaccinale », au vrai purement mercantile, étant donné l’inefficacité avérée des vaccins ARNm, aura provoqué la mort de plus de 6 millions de personnes dans le monde. Preuve de l’inefficacité de cette stratégie « tout vaccinale » imposée par l’OMS (autrement dit Big Pharma), 80% des décès liés au Covid ont été enregistrés dans les pays occidentaux ou sous domination atlantiste (Afrique du Sud, Brésil, Tunisie). Malades décédés non pas à cause des vaccins (totalement inopérants), mais faute d’une authentique médication prophylactique et curative, et de traitements médicamenteux.

Autrement dit, par la faute des gouvernants occidentaux, plusieurs millions de personnes, majoritairement âgées ou vulnérables, auront été euthanasiées, sacrifiées sur l’autel des multinationales pharmaceutiques. Par cette orchestration d’euthanasie de plusieurs millions d’individus, en majorité des personnes âgées et vulnérables, décédés par absence de soins curatifs conventionnels ordinairement prodigués par les médecins (sommés par les gouvernements de refuser de prendre en charge leurs patients présentant les symptômes grippaux. On se souvient que la recommandation officielle relayée notamment par les médias audiovisuels sous forme de publicité était : « en cas de symptômes grippaux, éviter de vous rendre chez votre médecin ou aux Urgences ». Autrement dit, « si vous êtes malades, crevez chez vous ». Les dirigeants de maisons de retraite avaient également interdiction d’acheminer leurs pensionnaires malades vers un hôpital ou un cabinet médical. Sous couvert d’éviter l’engorgement des Urgences et la propagation du virus, la consigne était le maintien du pensionnaire à l’isolement, c’est-à-dire son confinement dans sa chambre, jusqu’à ce que la mort elle-même vienne administrer ses derniers  sacrements : cela s’appelle non-assistance à personne en péril dans un contexte de pandémie, voire d’homicide, c’est-à-dire délaissement ayant provoqué la mort), donc par cette orchestration d’euthanasie le capital réalise désormais, annuellement, des dizaines de milliards d’économie à la fois sur les pensions de retraite et les dépenses de santé. L’Europe et les États-Unis auront sacrifié 3 millions de « surnuméraires », véritables fardeaux financiers du point de vue du capital : « l’argent macabre » économisé servira à financer leur réarmement, leurs guerres contre la Russie et la Chine. Ainsi fonctionne le capitalisme mortifère. Au plan économique : « Le capital est du travail mort, qui, semblable au vampire, ne s’anime qu’en suçant le travail vivant, et sa vie est d’autant plus allègre qu’il en pompe davantage », dixit Marx. Au plan social et géopolitique, il poursuit cette opération funèbre économique par les famines, les guerres permanentes, les massacres de masse et les génocides.

En revanche, les pays ayant adopté la stratégie médicale et médicamenteuse conventionnelle, c’est-à-dire le protocole classique, notamment l’Inde, le Mexique et l’Algérie, auront déploré un très faible nombre de décès attribués au Covid.

Pour prendre l’exemple de l’Algérie, grâce au protocole préconisé par le Pr D. Raoult, adopté dès le déclenchement de l’épidémie par le gouvernement algérien, le bilan définitif du nombre de décès, en dépit du très faible taux de vaccination de la population, n’a pas été plus mortifère qu’une grippe ordinaire : 6881 morts en deux ans et demi sur une population de 42 millions d’habitants. Les accidents de la route ont provoqué au cours de la même période plus 8000 morts. Toujours au cours de la même période, plus de 150 000 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés, et plus de 600 00 décès dus au cancer. Pourtant, en Algérie comme dans aucun autre pays confronté aux mêmes fléaux, aucun plan ORSEC sanitaire n’a été déclenché pour enrayer ces hécatombes, ni aucune mesure de fermeture des entreprises ni de restriction de circulation – notamment des voitures – n’a été instaurée, comme ce fut le cas durant la pandémie de Covid-19.

En comparaison, la France, avec une population adulte vaccinée à plus de 80%, elle a enregistré 156 000 décès attribués au Covid pour 67 millions d’habitants. Ainsi, en Algérie, avec une population très peu vaccinée, la pandémie aura provoqué 22 fois moins de morts qu’en France.

Le pays voisin, la Tunisie, qui a misé, conformément aux recommandations de l’OMS (Big Pharma), sur l’interdiction de toute médication conventionnelle curative et traitement médicamenteux prophylactique, donc misé pour la stratégie tout vaccinale, compte 16 fois plus de morts par millions que l’Algérie.

L’Algérie confirme que le protocole préconisé par le Pr D Raoult est très efficace. La stratégie médicale et médicamenteuse choisie par le gouvernement algérien aura permis d’épargner la vie des malades du Covid, sauvés grâce à leur prise en charge médicale et médicamenteuse.

Sans nul doute, l’hécatombe française et tunisienne, pour ne citer que ces deux pays, est liée au choix de la stratégie tout vaccinale imposée par l’OMS, c’est-à-dire Big Pharma. À l’échelle mondiale, cette stratégie tout vaccinale aura décimé 6 millions de morts : L’Europe enregistre plus de 2 millions de décès, les États-Unis 1 million, le Brésil 700 000.

Autre donnée prouvant l’inefficacité de la stratégie tout vaccinale : en dépit de la vaccination de la majorité de la population française, le Covid continue sa propagation en France provoquée en vrai par les anticorps facilitants induits par les vaccins ARNm. Rappelons que les anticorps facilitants, au lieu de neutraliser le virus, vont faciliter sa réplication et, donc, l’infection de nouvelles cellules.  Induisant automatiquement la pérennisation des contaminations. Ainsi les vaccins aggravent les infections au coronavirus et prolongent indéfiniment l’épidémie.

Comme le titrait récemment un journal français : « Covid-19 : La circulation du virus s’intensifie, les hospitalisations augmentent ». L’Agence nationale de santé publique, organisme français, dans son dernier point épidémiologique publié le 28 octobre 2022, s’alarmait de l’augmentation du nombre de décès : « le nombre de décès toujours en hausse », déplorait-il.

A contrario, en Algérie, l’épidémie est quasiment terminée depuis 6 mois. Le nombre de nouvelles contaminations journalières est très infime.

 

Khider MESLOUB  

 

1- Le 5 février 2003, Colin Powell brandit une fiole devant l’ONU. Cette fiole est censée prouver que le régime irakien détient des armes de destruction massive (comme la fiole ARNm est censée enrayer l’épidémie du Covid, donc éviter l’hécatombe). Ce mensonge servira d’excuse à une intervention militaire (comme la vaccination servit de mensonge pour permettre le pillage des deniers publics par les multinationales pharmaceutiques, favorisées par les gouvernants occidentaux stipendiés qui auront combiné ce hold-up de plusieurs dizaines de milliards de dollars en quelques mois. Tout comme la pandémie servit de paravent pour soumettre l’ensemble de la population à la dictature sanitaro-sécuritaire étatique). Le secrétaire d’État avait déclaré : « Aucun doute que Saddam Hussein a des armes biologiques et la capacité d’en produire rapidement davantage (aucun doute que le vaccin ARNm a la capacité d’endiguer l’épidémie avait déclaré le groupe pharmaceutique Pfizer, note de l’auteur). Et il a la capacité de répandre ces poisons et maladies mortels de façon à provoquer des morts et destructions massives (c’est exactement ce qu’a répandu la stratégie tout vaccinale imposée par les gouvernants des pays atlantistes : poisons vaccinaux, maladies mortelles, destruction massive de l’économie, nda). Si les armes biologiques semblent trop horribles à envisager, les armes chimiques sont tout aussi glaçantes. » (on peut dire la même chose des « horribles » et « glaçants » vaccins ARNm, ces produits chimiques fabriqués par des gangsters de l’industrie létale pharmaceutique, nda).

 

«La critique de la religion est la condition de toute critique» (Karl Marx)

Par Robin Goodfellow. Novembre 2006. 

La formation de la critique communiste.

Dans la « Préface » de 1859 à la Critique de l’Economie Politique, Marx retrace le parcours intellectuel qui l’a amené à poser la critique de l’économie politique comme base de sa théorie.

«Le premier travail que j’entrepris pour résoudre les doutes qui m’assaillaient fut une révision critique de la Philosophie du droit, de Hegel, travail dont l’introduction parut dans les Deutsch-Französische Jahrbücher, publiés à Paris, en 1844. Mes recherches aboutirent à ce résultat que les rapports juridiques – ainsi que les formes de l’État – ne peuvent être compris ni par eux-mêmes, ni par la prétendue évolution générale de l’esprit humain, mais qu’ils prennent au contraire leurs racines dans les conditions d’existence matérielle dont Hegel, à l’exemple des Anglais et des Français du XVIII° siècle, comprend l’ensemble sous le nom de « société civile », et que l’anatomie de la société civile doit être cherchée à son tour dans l’économie politique. J’avais commencé l’étude de celle-ci à Paris et je la continuai à Bruxelles où j’avais émigré à la suite d’un arrêté d’expulsion de M. Guizot.»[i][1]

Entre Juillet et Octobre 1843, Marx est à Kreuznach (où demeure sa mère), et il y réétudie le texte de Hegel, étude qu’il avait commencée en 1842. Il part ensuite en Octobre 1843 pour Paris. L’expulsion de Paris sur ordre de Guizot a lieu le 3 Février 1845. Le passage à l’étude systématique de l’économie politique a donc lieu fin 1843.

Dans l’Allemagne des années 1840, régler son compte à l’hégélianisme (tout en reconnaissant l’immense apport du maître, contre les détenteurs de chaires universitaires qui avaient tendance à le traiter en « chien crevé ») était une tâche indispensable en prélude à la fondation de toute théorie nouvelle.

La critique que fait Marx à Hegel a souvent été reportée de manière simpliste, notamment par ces matérialistes vulgaires que sont les philosophes staliniens. On se contente de dire que Marx et Engels ont « renversé » la philosophie de Hegel, en ce sens que là où le philosophe d’Iéna mettait « l’Idée » ou « l’Esprit » au centre de la réalité, la théorie communiste y mettrait la « matière ». Or, le renversement effectué par Marx est autrement dialectique.

La compréhension vulgaire de Marx (et notamment celle des philosophes staliniens) comprend le « renversement » de manière mécanique. On substitue l’être à l’Idée, et vice-versa. Or, le marxisme explique non seulement que la réalité est renversée, mais aussi en quoi la réalité renversée est, elle aussi, réelle. Par exemple, dans la critique de la religion, il ne s’agit pas de rejeter simplement Dieu comme le fait l’athéisme pur, mais d’expliquer comment certaines conditions sociales créent un Dieu à l’image de l’homme [ii][2]. Dans cette mesure ce Dieu est réel en tant que représentation renversée d’une réalité qui n’est pas encore comprise comme telle. Dans les communautés primitives, ce Dieu est symbolisé par le totem, image de la Communauté, plus tard, par le polythéisme, plus tard encore dans les monothéismes. A chaque fois, il ne s’agit pas de rejeter purement et simplement la religion, mais de la critiquer en en expliquant les fondements matériels, réels. Marx écrit : « Voici le fondement de la critique irréligieuse : c’est l’homme qui fait la religion, et non la religion qui fait l’homme »[iii][3].

Lorsque Marx s’attaquera ensuite à la critique de la politique, il appliquera la même logique de renversement, cherchant la racine humaine, celle de la forme des relations nouées pratiquement par les hommes dans leur activité productive, sous l’apparence aliénée des rapports politiques qui en découlent. On peut citer à nouveau la préface de 1859 où Marx résume de façon particulièrement lumineuse l’apport de la dialectique matérialiste :

« Le résultat général auquel j’arrivai et qui, une fois acquis, servit de fil conducteur à mes études, peut brièvement se formuler ainsi : dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. L’ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur laquelle s’élève une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociale déterminées. Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général. Ce n’est pas la conscience des êtres qui détermine leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience. »[iv][4]

Le renversement opéré par la théorie communiste sur la philosophie Hégélienne n’a rien de mécanique ; il ne s’agit pas simplement de substituer un terme à l’autre (ici la « matière » à l’Esprit) pour avoir effectué une critique véritable. Pour cela, il faut aussi comprendre les fondements qui ont permis l’expression d’une telle théorie. Aussi la critique de Marx montre-t-elle non seulement le véritable rapport qui régit la production matérielle des conditions de vie de la société et les expressions idéologiques qui reflètent ces conditions, mais encore pourquoi ce sont ces expressions idéologiques là et pas d’autres qui s’expriment dans telle ou telle époque.

Un apport de ce type est donné, à travers la critique de la religion, point de départ qui sert par la suite de « modèle » à la critique de la politique et de l’Etat, puis à la critique de l’économie. On ne saurait confondre la théorie communiste avec un simple athéisme. L’athée est celui qui nie Dieu et se dresse contre toute manifestation religieuse. Il nie l’un et l’autre de manière unilatérale, absolue. Cela signifie en même temps que, philosophiquement, il se montre incapable de comprendre de manière dialectique pourquoi, à un moment donné, une société se donne telle expression idéologique sous la forme (exclusive ou non selon les époques) de la religion.

L’athéisme est une approche limitée, encore contradictoire de la vérité de l’homme, parce qu’il ne pose pas le problème dans les bons termes. Ce n’est pas contre la seule sphère de la religion que l’homme peut construire son émancipation ; il faut aussi et surtout qu’il transforme ses conditions de vie réelle. Ainsi : « l’athéisme est l’humanisme médiatisé par la suppression de la religion, et le communisme est l’humanisme médiatisé par lui-même grâce à la suppression de la propriété privée. »[v][5]

On a beaucoup glosé sur la formule extraite de la Préface à la Critique de la philosophie du droit de Hegel : « la religion c’est l’opium du peuple ». Cette phrase est souvent comprise de la façon suivante : « Regardez ce qu’est le pouvoir de l’Eglise et des curés : ces gens-là abrutissent le peuple et le droguent pour l‘empêcher de réfléchir à sa condition et se révolter. »

Cela vaut la peine ici de citer le contexte de cette formule et de la commenter.
« La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple. »[vi][6]

Il y eut, il y a quelques années, dans une tribune libre du journal « Le Monde » un bon esprit qui prétendit découvrir une contradiction dans cette affirmation car, disait-il, au 19° siècle, l’opium n’était pas considéré comme une drogue, mais comme un calmant. Le discours de Marx contre la religion, en déduisait-il, était moins critique que la vulgate ne voulait le dire. On ne sait si cette découverte lui valut le prix Nobel. Toujours est-il que si contresens il y a, c’est si l’on estime que le capital, ou la bourgeoisie, ou toute autre puissance tutélaire endort le bon peuple à coup de drogues. La critique de l’idéologie, dans la théorie communiste, ne spécule pas sur telle ou telle volonté de tromperie ou de mensonge de la part de la bourgeoisie. Elle cherche à dévoiler les fondements matériels des phénomènes idéologiques. Elle ne nie pas, effectivement, que le besoin de religion soit un besoin réel ; elle ne nie pas que ce que l’on y recherche, comme dans l’opium, c’est le soulagement ; elle ne se livre pas à une critique simpliste de la religion, mais à une critique dialectique : si la religion est l’expression de la misère réelle, alors ce n’est qu’en abolissant la misère réelle que l’on abolira la religion [vii][7].

Autrement dit, la religion n’est pas une simple idéologie imposée du dehors comme un instrument intellectuel d’asservissement. Il est possible de comprendre la genèse de ses conditions d’expression et de voir qu’elle répond, quoique bien sûr de manière mystifiée, à une problématique réelle. C’est pourquoi on ne saurait y répondre sur le même terrain qu’elle. Aucune discussion philosophique ou théologique ne saura résoudre à elle seule la question religieuse, et c’est là où le pur athéisme révèle sa principale faiblesse. En revanche, la nature même de la critique opérée par la dialectique matérialiste montre clairement contre quoi l’action doit porter : non pas sur les formes d’expression de conditions matérielles et sociales particulières, mais contre ces conditions matérielles elles-mêmes. On ne détruit pas la religion en convainquant les prêtres et leurs fidèles, ni même en les persécutant, mais en travaillant à détruire les conditions qui permettent à la religion, aux prêtres et aux fidèles d’exister.

C’est sur le modèle de cette critique de la religion que se construit la critique de la politique et de l’Etat, tout comme d’ailleurs celle de l’économie politique. Le communisme est une théorie du dévoilement, qui se bat contre toutes les mystifications. S’il est une véritable science, c’est justement parce qu’il est capable de comprendre et d’expliquer, au-delà des phénomènes et des apparences, l’essence de ceux-ci. Dans la critique de l’économie politique, il ne s’agit pas de partir des simples formes phénoménales, et encore moins de la représentation que les hommes s’en font, mais de découvrir sous cette apparence, les fondements qui permettent à ces formes d’exister. Dans la préface à la première édition du Capital, Marx relève que « …l’analyse des formes économiques ne peut s’aider du microscope ou des réactifs fournis par la chimie ; l’abstraction est la seule force qui puisse lui servir d’instrument. »[viii][8]

L’existence de la religion témoigne d’un manque et du fait que l’homme vit son existence sous le signe de la séparation. Ne pouvant atteindre la totalité dans le contexte de sa vie ordinaire, dans le champ de sa vie réelle, il fantasme une totalité idéale au sein d’une sphère séparée. Ce modèle de la séparation se retrouve dans les mêmes formes pour ce qui concerne l’État. L’existence de celui-ci repose également sur un manque et témoigne d’une séparation. Il s’agit ici de la séparation entre l’homme privé, réel, et l’homme politique, le citoyen. Marx a développé cette question notamment dans « La question juive » [ix][9].

« La question juive », rédigée en 1843 est un petit ouvrage polémique [x][10], répondant au texte du même nom publié par le « jeune hégélien » Bruno Bauer [xi][11]. Fondamentalement, Marx reproche à Bauer de ne pas aller assez loin dans sa critique de l’Etat. Bauer pense que le juif sera émancipé le jour où la religion aura été entièrement replacée dans la sphère privée, et où l’Etat sera totalement laïque. Ce à quoi Marx répond : ceci l’aura peut-être émancipé en tant que juif, mais qui ou quoi l’émancipera en tant qu’homme ? Autrement dit, la critique de l’Etat religieux ne suffit pas, il faut également critiquer l’Etat en tant que tel. L’émancipation politique ne suffit pas à réconcilier l’homme avec lui-même car elle laisse subsister une autre séparation : celle de l’homme privé et du citoyen.
« Les limites de l’émancipation politique apparaissent immédiatement dans le fait que l’Etat peut se libérer d’une entrave, sans que l’homme en soit vraiment libéré, que l’Etat peut être un Etat libre, sans que l’homme soit un homme libre » [xii][12].

La critique de la religion constitue à la fois une étape dans la compréhension de ce qu’est l’Etat, et une anticipation de la forme que prendra la critique de l’Etat. Ainsi Marx écrit :
« La question du rapport de l’émancipation politique à la religion devient pour nous la question du rapport de l’émancipation politique à l’émancipation humaine. Nous critiquons la faiblesse religieuse de l’Etat politique, en critiquant celui-ci, dans sa structure profane, abstraction faite de ses faiblesses religieuses. En le rendant humain, nous faisons du conflit entre l’Etat et une religion déterminée, parexemple le judaïsme, un conflit entre l’Etat et des éléments profanes déterminés, du conflit entre l’Etat et la religion tout court, un conflit entre l’Etat et la religion tout court, un conflit entre l’Etat et ses principes tout court. » [xiii][13]

De cette citation, nous pouvons tirer deux choses quant à la formation de la critique de l’Etat chez Marx ; tout d’abord la laïcité, c’est-à-dire l’émancipation de l’Etat vis-à-vis de tout élément religieux ne saurait constituer un but en soi. A supposer un Etat appliquant rigoureusement les principes de la laïcité : cantonner la religion à la sphère purement privée, interdire tout soutien public à l’activité religieuse, n’autoriser aucune intervention de l’idéologie religieuse dans les affaires publiques, les hommes vivant dans cet Etat n’en seraient pas moins aliénés. Ensuite, l’Etat est en contradiction, non seulement avec la religion, mais même avec ses propres présupposés laïques. Autrement dit, l’Etat est construit sur les mêmes fondements que la religion ; il intègre, dans sa relation avec ses présupposés, une dimension de la séparation qui est tout aussi aliénante que la religion. C’est pourquoi la critique de la religion est indispensable, non seulement comme critique de la religion en tant que telle, mais parce qu’elle anticipe entièrement la pure et simple critique de l’Etat.

D’autre part, qu’est ce que cela signifie sur le plan de l’histoire de la théorie communiste ?
Tout simplement le fait que dès les premières étapes de la formation de cette théorie (nous sommes ici, rappelons-le en 1843), la critique de l’Etat est une critique radicale. Il est clairement affirmé ici que l’émancipation humaine ne pourra pas se faire sans destruction de l’Etat, y compris (et surtout) dans sa forme moderne, laïque, et, ajouterons-nous, démocratique.

En même temps, cette démarche nous éclaire sur la nature de la théorie communiste elle-même. Celle-ci peut être qualifiée de science, dans la mesure où elle construit un processus de dévoilement des apparences pour chercher l’essence au cœur du phénomène. Dans ce cas précis, la critique de la religion a constitué une étape dans la ruine de la mystification propre à la société bourgeoise ; derrière la critique du religieux se profile celle de l’Etat, et derrière la critique de l’Etat celle de l’économie politique. Ainsi, la théorie révolutionnaire se constitue en remontant vers les causes ultimes de la situation phénoménale qui suscite l’engagement révolutionnaire. Ce processus est entièrement achevé avec le Manifeste du Parti Communiste en 1848. C’est pourquoi on peut dire que la théorie communiste naît d’un bloc, comme une totalité, même si tous les moments de cette totalité ne sont pas développés d’un seul coup, et si la théorie devra par la suite prouver sa capacité à comprendre et intégrer les évolutions du monde réel.

La critique de l’Etat comme sphère séparée de la communauté humaine vivante.
Au cours du processus qui l’amène à remonter de la critique de la religion à la critique de l’économie politique, Marx, comme nous l’avons vu, ressent le besoin de se replonger dans la lecture du texte très ardu de Hegel : « Principes de la philosophie du droit ». Il en recopie de nombreux passages qu’il commente, dans un texte édité en français notamment dans le volume 3 des œuvres de la Pléiade,  sous le titre «Critique de la philosophie politique de Hegel » (traduction de M. Rubel) [xiv][14].

Un des apports essentiels de ce travail, à travers la critique de la vision de l’Etat développée par Hegel, est de restaurer un rapport dialectique cohérent entre la sphère de l’Etat proprement dit et les sphères de ce que l’on appelle la « société civile ». Le terme de « société civile » utilisé par Hegel et employé bien souvent à tort et à travers dans la relation à l’Etat mériterait d’être remplacé par cet autre concept, plus clair : «sphère de l’activité de production et de reproduction de la vie matérielle». Nous empruntons cette expression à Engels. Elle désigne exactement ce que veut signifier Hegel par société civile [xv][15].

Mais du même coup ce concept a le mérite de détruire radicalement, par son expression même, toute la construction hégélienne. Au lieu de voir apparaître l’Etat comme le seul lieu où s’accomplit l’existence réelle de la «société civile», on comprend ici immédiatement que l’Etat ne serait rien s’il n’existait pas une sphère de l’activité réelle, sur laquelle il puisse asseoir ses bases. Là où la société vit et se reproduit, ce n’est pas dans l’Etat, mais dans la base matérielle. La mystification est ici démontée d’emblée.

Dans son autre ouvrage, «La Raison dans l’histoire », édité à partir des notes de cours de ses disciples, Hegel développe également la thèse selon laquelle « L’Esprit » qui s’incarne dans l’Etat, se différencie dans différentes sphères qui sont autant d’incarnations de la puissance de l’Etat. Il est revenu à la théorie communiste de montrer, au contraire, que l’Etat était un produit historique, et donc un objet qui n’avait pas toujours existé. Là où l’idéalisme hégélien voit les différentes sphères de la société comme des incarnations de l’Etat, la dialectique matérialiste montre que l’Etat est un produit de ces sphères, reproduisant ainsi le raisonnement déjà appliqué à la critique de la religion : « Hegel part de L’Etat, et fait de l’homme l’État changé en sujet ; la démocratie [xvi][16] part de l’homme, et fait de l’État l’homme changé en objet. De même que la religion ne crée pas l’homme, mais que l’homme crée la religion, ce n’est pas la Constitution qui crée le peuple, mais c’est le peuple qui crée la Constitution.» [xvii][17]

Pour Hegel, l’Etat, la traduction politique de l’Idée, est la plus haute sphère de l’Esprit. Lorsque Hegel analyse le rapport entre l’entité Etat et les autres entités de la vie sociale collective, à savoir la société civile et la famille, il les voit comme des produits, des « éléments objectifs » (Marx) de l’Idée, c’est-à-dire de l’Etat. Marx souligne ainsi que, pour Hegel, « famille et société civile sont des parties réelles de l’Etat, de réelles existences spirituelles de la volonté; elles sont des modes d’existence de l’Etat. » Le point de vue de Hegel est purement mystique, il estime que, à travers la société civile et la famille, l’Etat exprime sa « finitude », qu’il trouve là deux entités dans lesquelles vont se trouver incarnées concrètement sa puissance en tant qu’Etat. Autrement dit, et toujours en langage philosophique, la famille et la société civile ne sont rien d’autre que des déterminations de l’Etat. Aussi, lorsqu’il lui arrive d’envisager correctement le rapport de subordination de la famille et de la société civile à l’Etat, Hegel l’identifie comme un retour de l’Idée vers elle-même, depuis ses déterminations incomplètes (famille et société civile) vers sa propre expression pure (l’Etat). Ici, le raisonnement dialectique de Hegel se mue en tautologie.

Or, la relation historique, matérielle, réelle, entre la famille et la société civile d’une part et l’Etat de l’autre est inverse. La famille et ses formes d’organisation sociale précèdent historiquement l’Etat comme Engels l’a montré dans son ouvrage « L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat ».

Au lieu de considérer la famille, les formes d’organisation sociales comme des produits de « l’idée-Etat », Marx et Engels ont montré[xviii][18] que ces formes précédaient la naissance de l’Etat proprement dit, et que celui-ci était le produit d’une abstraction progressive des différentes fonctions collectives qui étaient auparavant à l’œuvre dans les organismes sociaux propres aux sociétés gentilices par exemple. De la famille à la tribu et à la gens, il se produit un élargissement des organismes de coordination de la vie sociale, dont la forme suprême est l’Etat à partir du moment où la complexification des relations sociales, l’émergence des classes et de leur antagonisme, exigent l’émergence d’une sphère spécifique pour gérer et diriger les affaires publiques en fonction de l’intérêt des classes dominantes. Cette complexité ne réside donc pas simplement dans un accroissement quantitatif de la population, par exemple, mais surtout dans la division de la société en classes sociales, opposées par des intérêts antagoniques. Telle est la nature conflictuelle de l’origine de l’Etat.
Par conséquent, c’est l’Etat qui constitue une sphère déterminée de la société et non l’inverse. On voit ici toute la portée révolutionnaire de l’argument, car si, dans la philosophie de Hegel, quintessence de la pensée bourgeoise, l’Etat est une réalité éternelle, préexistant idéalement à ses formes d’expression ultérieures que sont la famille et la société civile, dans la théorie communiste, l’Etat est un produit historique, qui n’a pas toujours existé, et qui par conséquent peut et doit périr un jour.
Il s’agit là d’une question fondamentale pour la théorie communiste de l’Etat. On ne peut comprendre la thèse de la disparition de l’Etat, ni la nature de la dictature du prolétariat, sans se référer à cette question de la nature de l’Etat et de son rapport avec la « société civile ». L’autonomisation de l’Etat ne peut se comprendre qu’à travers une analyse de l’évolution des formes sociales, et la compréhension de la nécessité de sa destruction est indissociable de la description de ce que doit être la nouvelle forme sociale qui supplantera le mode de production capitaliste, dernière société de classe. La révolution des rapports de production et des formes sociales qui y sont attachées est à la fois destruction de ces formes et destruction des relations politiques qu’elles ont produites. C’est pourquoi on ne saurait parler d’un simple « renversement » de la philosophie Hégélienne lorsqu’il est question de l’Etat. Il ne s’agit pas simplement de restaurer le rapport réel entre la vie productive (la société civile) et l’Etat pour mettre la première à la place du second, renversant ainsi la construction élaborée par Hegel ; il s’agit de considérer que les éléments de la vie productive qui seront à mettre à la place de l’Etat sont, pour cette raison, radicalement différents des éléments à l’œuvre dans la société actuelle (le mode de production capitaliste) et qui permettent l’existence d’une certaine forme d’Etat (l’Etat bourgeois). Ainsi, pour Marx et Engels, l’abolition de l’Etat est l’abolition d’une dichotomie : il s’agit d’abolir ET l’Etat, ET la société civile qui l’a produit. Dans un autre passage du texte critique sur Hegel, Marx rattache, inversement, l’apparition de l’Etat moderne à l’apparition de la vie privée moderne :
« L’Etat comme tel, cette abstraction, n’appartient qu’aux Temps Modernes, parce que la vie privée, cette abstraction, n’appartient qu’aux Temps Modernes. L’Etat politique, cette abstraction, est un produit moderne.»[xix][19]

Dans un important article de 1844, intitulé « Roi de Prusse et réforme sociale par un prussien »[xx][20], Marx écrit ceci, dans un langage encore philosophique, à propos de cette séparation entre Etat et société civile : « [L’Etat] repose sur la contradiction entre la vie publique et la vie privée, sur la contradiction entre l’intérêt général et les intérêts particuliers. » Marx relève ici également que l’administration de l’Etat, qui se veut le régulateur de la société, est en fait impuissante, face au « monde sordide » de la société civile et à « l’esclavage » qui en constitue l’essence. Mais cette impuissance est le secret de l’existence même de l’Etat, car c’est parce que cette vie « civile » est de « nature non sociale » qu’elle suscite l’Etat comme sphère à la fois opposée et complémentaire. On ne peut donc réaliser la critique de l’un sans celle de l’autre. « Si l’Etat moderne voulait supprimer l’impuissance de son administration, il faudrait qu’il supprime la vie privée actuelle. S’il voulait supprimer la vie privée, il faudrait qu’il se supprime lui-même car il n’existe qu’en opposition avec elle. »

Hegel compare la société actuelle à celle du Moyen-âge, pour conclure que la forme d’organisation propre à la société médiévale est immédiatement politique, et donc ne suscite pas le besoin d’un Etat particulier, au-dessus de la société. L’organisation en corporations consacre l’unité de la sphère productive et de la sphère politique, qui ainsi ne dispose pas des conditions pour s’autonomiser. En ce sens, il n’y a pas de représentation, c’est-à-dire de médiation, entre l’homme comme membre de la société civile, et l’homme comme citoyen. Si l’individu a comme activité la draperie, l’orfèvrerie ou la boucherie, il dispose, à travers les corporations, les guildes, et autres formes d’organisation basées sur l’activité sociale, d’une représentation à la fois sociale et immédiatement politique en tant que drapier, orfèvre ou boucher ; ils ne possèdent pas, à côté et au-dessus de cette existence, de représentation spécifiquement politique de leurs intérêts.

Marx commente ainsi ce passage de Hegel :
« Au Moyen Age, il y avait des serfs, la propriété féodale, la corporation des gens de métier, la corporation des savants, etc. ; autrement dit, au Moyen Age, la propriété, le commerce, la société, l’homme sont politiques; le contenu matériel de L’Etat est posé par sa forme ; chaque sphère privée possède un caractère politique ; elle est une sphère politique, ou encore la politique est aussi le caractère des sphères privées. Au Moyen Age, la constitution politique est la constitution de la propriété privée, mais uniquement parce que la constitution de la propriété privée est une constitution politique. Au Moyen Age, vie du peuple et vie de l’Etat sont identiques. L’homme est le principe réel de l’Etat, mais cet homme n’est pas libre. L’Etat est donc la démocratie de la non liberté, l’aliénation parachevée. L’antagonisme abstrait et réfléchi n’appartient qu’au monde moderne. Le Moyen Age est le dualisme réel, l’Age moderne, le dualisme abstrait. »[xxi][21]

Ceci ne signifie pas que le Moyen Age est une société sans Etat, pas plus que ne l’étaient les sociétés de l’antiquité. Cela signifie que l’Etat ne s’occupe pas d’organiser la sphère de la société civile, qui dispose de ses propres institutions politiques et qu’il se contente de gérer certaines tâches collectives comme par exemple la lutte contre les Etats concurrents et l’expansion militaire du territoire dans le cadre de la création des futures nations modernes.

Ce sera d’ailleurs un des facteurs essentiels de la révolution bourgeoise moderne, menée par ces représentants de la société civile que sont les membres du tiers-état : commerçants, patrons artisans, entrepreneurs, professions tels que juristes, avocats… La représentation politique au sein de leurs organismes respectifs leur paraît insuffisante. C’est le pouvoir d’Etat dont il leur faut s’emparer pour faire triompher leur intérêt de classe.

Mais du même coup, l’Etat semble (et c’est ainsi en même temps qu’il se présente officiellement, notamment dans l’idéologie démocratique) se détacher de ses présupposés matériels, économiques. Il semble constituer une sphère spécifique, séparée, qui s’affirme en négatif de la société civile. Cette problématique de la relation entre l’Etat et la «société civile» est également posée en des termes très clairs par Marx dans « La question juive » [xxii][22] :« Là où l’Etat politique est parvenu à son épanouissement véritable, l’homme mène non seulement dans la pensée, dans la conscience, mais dans la réalité, dans la vie, une vie double, une vie céleste et terrestre : la vie dans la communauté politique où il s’affirme comme un être communautaire et la vie dans la société civile, où il agit en homme privé, considère les autres comme des moyens, se ravale lui-même au rang de moyen et devient le jouet de puissances étrangères. L’Etat politique se comporte envers la société civile d’une manière aussi spiritualiste que le ciel envers la terre. Il se trouve envers elle dans la même position, il en vient à bout de la même manière que la religion surmonte la limitation du monde profane, c’est-à-dire qu’il est de nouveau contraint de la reconnaître, de la rétablir et de se laisser lui-même dominer par elle. Dans sa réalité la plus immédiate, dans la société civile, l’homme est un être profane. Et c’est justement là où, à ses propres yeux et aux yeux des autres, il passe pour un individu réel, qu’il est une figure sans vérité. En revanche, dans l’Etat, où il est considéré comme un être générique, l’homme est le membre imaginaire d’une souveraineté illusoire, dépouillé de sa vie réelle d’individu et rempli d’une universalité irréelle. »

Dans ce passage, Marx montre clairement le rapport entre la communauté réelle et la communauté aliénée. L’Etat fait office de communauté aliénée justement parce que la communauté réelle n’existe pas. Par conséquent, tout ce qui prétend incarner la « neutralité » de l’Etat, son caractère égalitaire, etc. est purement illusoire. L’Etat laisse subsister en dehors de lui une réalité qui est le contraire de ce que l’Etat prétend être. Dans la société civile règnent l’inégalité, la lutte de tous contre tous, la concurrence. Par conséquent, réconcilier l’homme avec lui-même, ce n’est pas réconcilier artificiellement l’Etat et la société civile tels qu’ils sont, c’est les abolir l’un et l’autre pour abolir la contradiction.

Ceci a une conséquence importante sur la définition de la nature du combat révolutionnaire : il ne s’agit pas de s’attaquer à la réforme de l’Etat, mais à la révolution de la société civile. Dès lors que dans cette société civile, c’est-à-dire dans la réalité, disparaîtront les conditions réelles de l’inégalité, de la concurrence, de la misère, l’existence d’un « double » idéal de la communauté sous la forme de l’Etat ne s’impose plus. D’où une dialectique entre révolution de la société civile et destruction de l’Etat politique. Pas de révolution sans destruction de l’Etat. Mais pas de destruction de l’Etat sans bouleversement complet des rapports de production et des conditions d’existence de la « société civile».

Dans le rapport entre l’Etat et la société civile, l’abolition de l’Etat ne signifie pas restituer tout le pouvoir à la société civile. Cette dernière s’abolit également. Dans des notes pour un ouvrage sur l’Etat, que Rubel date approximativement de Février 1845, début du séjour à Bruxelles, Marx termine (partie 9’’) par « Le droit de suffrage, la lutte pour l’abolition de l’Etat et de la société civile. » Ce sont donc bien les deux termes de l’opposition qui s’abolissent en même temps que s’évanouit l’opposition elle-même. L’Etat n’est en effet pas une simple excroissance parasitaire de la société, mais l’un et l’autre se nourrissent de leur manque pour former une totalité mystifiée. Le réinvestissement par l’espèce humaine de sa totalité, la communauté (Gemeinwesen) humaine implique aussi bien l’abolition de la société civile que celle de l’Etat. Cela signifie que les actions des hommes ne se déroulent plus doublement, dans une sphère réelle qui serait la sphère de la société civile et dans une sphère idéelle qui serait celle de l’Etat, mais dans la sphère de la vie humaine tout court, qui n’a pas besoin d’être représentée par autre chose qu’elle-même, parce qu’elle est immédiatement humaine et sociale. Cela signifie que la vie de l’homme cesse d’être religieuse, et on a vu qu’elle continuait à être religieuse même dans un état laïc, dès lors que l’on définit l’illusion religieuse comme le dédoublement et le masque d’une situation réelle par une situation illusoirement vécue.

Comment se met en place cette communauté qui réunit immédiatement tous les aspects de la vie sociale ? Par la socialisation du travail. Par le développement d’une société où la base de la reproduction de la vie matérielle, c’est-à-dire le travail, autrement dit la réalisation de l’être humain, est lui-même devenu immédiatement social. « Politique » et « Economie » se rejoignent ici en s’abolissant l’une et l’autre. Abolition de la propriété privée, abolition de l’Etat et socialisation des moyens de production sont les trois actes indissociables à travers lesquels s’établit la communauté humaine.

La critique anarchiste prône, de manière unilatérale, l’abolition de l’Etat. Nous lisons ici que, non seulement l’Etat politique, mais également la société civile s’abolissent, d’un même mouvement. Si l’Etat n’est vu que comme une excroissance parasitaire, inutile, qui vit et prospère aux détriments de la société civile et qui contribue à étouffer celle-ci, comment comprendre une telle formule ? Ne suffit-il pas d’abolir l’état pour libérer du même coup les forces de la société civile, et quel est le besoin dans ce cas, d’abolir cette dernière ? Si l’état est vu comme une puissance « superfétatoire » (superflue) – Marx – on peut comprendre l’intérêt et la nécessité de son abolition, mais si, à l’inverse, la société civile est bien cette sphère où s’effectue la production et la reproduction de la vie sociale, comment admettre que ces fonctions soient elles-mêmes abolies ?

La réponse est qu’il ne s’agit pas de « libérer » de l’emprise de l’Etat la société civile telle qu’elle est, mais de bouleverser radicalement celle-ci. La société civile n’est pas le terme « neutre » d’une contradiction dans laquelle l’Etat concentrerait à lui seul tous les caractères négatifs. L’Etat émerge de la société civile parce que celle-ci est traversée de contradictions de classes, concentre en son sein la perte de la communauté dans la figure du prolétariat. Abolir la société civile signifie détruire les rapports sociaux sur lesquels se fondent à la fois la séparation entre Etat et société civile et l’existence même de l’Etat. Une société sans Etat suppose une base matérielle où les antagonismes sociaux ont été supprimés, où l’activité humaine ne s’exprime plus dans la figure contradictoire des relations économiques et notamment la fausse relation égalitaire du « contrat » entre possesseur collectif des moyens de production (la classe des capitalistes ou même l’Etat des moyens de production nationalisés) et « possesseurs » de sa force de travail (la classe prolétarienne), mais où l’activité sociale s’exprime immédiatement dans la figure de la communauté.

La communauté est cette forme, non politique et non sociale, mais seulement humaine, où l’homme se reconnaît immédiatement comme être collectif, sans la médiation de la politique et sans la médiation de la relation « sociale », au sens de conciliation entre des individus aux intérêts opposés. Pour être reconnu collectivement par son travail, l’homme n’a plus à passer par la médiation de l’échange marchand, par cet équivalent général que représente le marché, la marchandise, l’argent. Son travail est posé d’emblée comme participation à l’œuvre collective, comme participation utile au maintien et au développement de la société.

« Dans l’hypothèse de la propriété privée positivement abolie, l’homme produit l’homme ; en se produisant lui-même, il produit aussi bien l’autre ; l’objet, l’affirmation immédiate de son individualité, est en même temps sa propre existence pour autrui, l’existence d’autrui, et l’existence de celui-ci pour moi. De même, le matériel du travail aussi bien que l’homme en tant que sujet sont tout autant le point de départ que le résultat du mouvement (et ils doivent l’être : d’où la nécessité historique de la propriété privée). Le caractère social est le caractère général de tout le mouvement : de même que la société crée l’homme en tant qu’homme, de même elle est créée par lui. L’activité et la jouissance, tant par leur contenu que par leur mode d’existence, sont sociales ; elles sont activité sociale et jouissance sociale. »[xxiii][23]

Dans le chapitre du Livre I du Capital consacré au « fétichisme de la marchandise », Marx analyse le travail humain exactement comme il analysait le rapport de l’homme à la religion. Le double caractère de la marchandise produit un mystère. Ce mystère contribue à voiler les rapports sociaux qui sont à l’œuvre derrière l’acte productif, tout comme le mystère religieux contribue à voiler l’essence humaine de l’homme.

Après avoir évoqué l’exemple célèbre de Robinson sur son île, puis une communauté autarcique de paysans au Moyen-âge, Marx évoque directement la société communiste : « Représentons-nous enfin une réunion d’hommes libres travaillant avec des moyens de production communs et dépensant, d’après un plan concerté, leurs nombreuses forces individuelles comme une seule et même force de travail social. »[xxiv][24]

Dans une telle société toute mystification a disparu car un individu sait pourquoi, pour qui et comment il travaille. La communauté n’est plus posée de manière médiate sous la forme d’une figure étrangère et aliénée comme par exemple l’Etat. Elle est le présupposé immédiat de toute activité, aussi bien celle de l’individu que celle de la totalité des producteurs. On ne recrée pas une communauté à travers la médiation de formes marchandes qui font reconnaître a posteriori le travail comme activité sociale, c’est la communauté qui se reproduit elle-même à travers son travail social. De ce fait : « Les rapports sociaux des hommes dans leurs travaux et avec les objets utiles qui en proviennent restent ici simples et transparents dans la production aussi bien que dans la distribution. »[xxv][25]

Le modèle de la critique de la religion est ensuite posé de manière tout à fait explicite :
« Le monde religieux n’est que le reflet du monde réel. Une société où le produit du travail prend généralement la forme de marchandise, et où, par conséquent, le rapport le plus général entre les producteurs consiste à comparer les valeurs de leurs produits, et, sous cette enveloppe des choses, à comparer les uns aux autres leurs travaux privés à titre de travail humain égal, une telle société trouve dans le christianisme, avec son culte de l’homme abstrait, et surtout dans ses types bourgeois, protestantisme, déisme, etc., le complément religieux le plus convenable. »

Il est intéressant de rappeler ici au passage que, dans les années 1970, les commentateurs staliniens de Marx, comme par exemple Louis Althusser, partisan de la « coupure épistémologique » qui renvoyait les textes de jeunesse, d’avant 1848, dans les limbes de l’idéalisme, interdisaient peu ou prou la lecture de ce chapitre du livre I consacré au fétichisme de la marchandise. On comprend pourquoi ! A plus de vingt ans de distance de ces textes dits « de jeunesse », en 1867, ce texte de Marx révèle une remarquable constante dans la construction critique qui relie la critique de la religion à la critique de l’économie politique et à celle de l’élément constituant, fondamental, du mode de production capitaliste : la marchandise. Renvoyer ce texte à une constitution idéologique, « pré-scientifique » en quelque sorte, c’est renoncer à toute la portée révolutionnaire de la critique communiste. Car ce qui est dit ici, explicitement et pas seulement en filigrane, c’est que négation de la religion, abolition de l’Etat et destruction de la marchandise et donc de la propriété privée, sont indissolublement liées. Toute critique du mode de production capitaliste qui n’associe pas explicitement ces trois aspects ne peut dès lors être qu’une critique partielle, réformiste, vouée à l’échec et, in fine, à la conservation du rapport social qu’elle prétend abolir.

« En général, le reflet religieux du monde réel ne pourra disparaître que lorsque les conditions du travail et de la vie pratique présenteront à l’homme des rapports transparents et rationnels avec ses semblables et avec la nature. La vie sociale, dont la production matérielle et les rapports qu’elle implique forment la base, ne sera dégagée du nuage mystique qui en voile l’aspect que le jour où s’y manifestera l’œuvre d’hommes librement associés, agissant consciemment et maîtres de leur propre mouvement social. »[xxvi][26]

Or, le nuage mystique qui voile l’aspect de la vie sociale ne concerne pas seulement la transparence des rapports sociaux, c’est-à-dire le fait de voir l’exploitation de la force de travail derrière la production des marchandises, mais également la traduction politique de ces rapports, dans l’existence de l’Etat. L’Etat est une puissance mystique car il se présente comme un organe neutre et indépendant là où il incarne en fait la domination d’une classe sur une autre. Le fait aue l’Etat soit purement démocratique ne change rien à son caractère mystificateur. C’est pourquoi, lorsqu’il pousse à la réalisation plus parfaite de la démocratie, le communisme est conscient qu’il ne s’agit pas là d’un but, mais d’un moment. Car la démocratie parfaite (la « vraie démocratie ») est une impossibilité (une hypocrisie et un mensonge selon Engels), tant qu’elle laisse subsister la propriété privée, c’est-à-dire l’essence des rapports de production capitaliste. C’est pourquoi le mouvement démocratique le plus radical ne peut pas, sur ses propres bases, aboutir « naturellement » au socialisme. Car ce mouvement s’arrêtera toujours devant le mur de la propriété privée. Qu’il transgresse cette limite, et il cesse d’être en soi un mouvement démocratique. Prendre des mesures authentiquement socialistes, c’est rompre avec la démocratie. L’attaque contre la propriété privée et la dictature du prolétariat sont indissociables. Mais on ne peut pas exclure que ceci se pose au cours du mouvement, qui se nie lui-même en dépassant les limites qui lui sont fixées ; et un mouvement démocratique radical, dès lors qu’il a à sa tête la classe prolétarienne, ne peut pas ne pas poser la question du bouleversement révolutionnaire de la société civile, la remise en cause des rapports de classe et donc l’abolition de la propriété privée. Au moment où le problème se pose, on quitte la sphère démocratique pour entrer dans la négation socialiste de l’état de choses existant. C’est pourquoi la critique communiste, dialectique, de la démocratie ne peut pas simplement consister à s’abstraire de la démocratie pour revendiquer un mouvement qui se présenterait d’emblée comme « purement » socialiste. Ce n’est que par une remise en cause qui aille vraiment au fond des choses, qui pousse la revendication démocratique jusqu’à sa plus extrême limite que le saut qualitatif, la rupture avec la démocratie devient possible.


Critique d’une thèse bourgeoise (à propos du livre de Miguel Abensour :
« La démocratie contre l’Etat ». )

A l’image de Jacques Texier [xxvii][27], Miguel Abensour [xxviii][28] est bien obligé de prendre en compte la nature anti-démocratique des thèses développées par Marx, mais au lieu de les accepter telles quelles, il se livre à un travail de conciliation pour montrer qu’il s’agit, au pire d’une contradiction, au mieux d’une tentative de conciliation/dépassement de deux thèses distinctes concernant la démocratie.

Abensour utilise et commente les mêmes textes que ceux que nous avons utilisés ci-dessus. Mais il en tire des conclusions fort différentes. Son point de départ est également « l’avant-propos » de 1859 pour évoquer le parcours de Marx, de la critique de la religion à la critique de l’économie politique. Mais au lieu d’y voir le signe d’une remarquable continuité de pensée, il feint d’y trouver une reconstitution a posteriori, qui masquerait une contradiction dans l’approche que Marx a de la politique. Abensour reproche à Marx de ne pas être cohérent, car si d’un côté en cheminant du fait religieux vers le fait politique, Marx paraît accorder une grande importance à celui-ci, d’un autre côté, en basculant de la critique du politique à la critique de l’économie politique il « procéderait (…) dans une direction inverse et désaxerait le politique en le faisant dériver de l’économique. » (p.41). Dans sa vision étriquée de commentateur universitaire, Abensour ne saurait comprendre que ces deux mouvements ne sont aucunement contradictoires, mais au contraire participent, en tant que moments distincts, de la construction d’un processus critique dont l’objectif final est la critique radicale de ce monde. En matérialiste, Marx remonte à la source des représentations, car une critique pure et simple des représentations qui laisse subsister leur fondement matériel ne saurait être qu’une critique idéologique, châtrée de toute puissance révolutionnaire. Tel est le sens constant du combat de Marx contre les jeunes hégéliens et plus généralement contre tous ceux qui restent à mi-chemin dans leur travail critique de la réalité. Abensour projette sa propre existence d’intellectuel petit-bourgeois en reconstituant le cheminement de Marx comme un pur itinéraire intellectuel, sans voir ce qu’il doit à la rencontre, à partir de 1844 à Paris, avec le prolétariat.

« Lorsque les ouvriers communistes se réunissent, leur intention vise d’abord la théorie, la propagande, etc. Mais en même temps ils s’approprient par là un besoin nouveau, le besoin de la société tout entière, et ce qui semble n’avoir été qu’un moyen est devenu un but. Ce mouvement pratique, on peut en observer les plus brillants résultats lorsqu’on voit s’assembler des ouvriers socialistes français. Fumer, boire, manger, etc. ne sont plus alors de simples occasions de se réunir, des moyens d’union. La compagnie, l’association, la conversation qui vise l’ensemble de la société les comblent ; pour eux la fraternité humaine n’est pas qu’une phrase, mais une vérité, et, de leurs figures endurcies par le travail, la noblesse de l’humanité rayonne vers nous. »[xxix][29]

C’est guidé par l’exemple du prolétariat parisien que Marx parcourt la seconde moitié du chemin, que nul critique petit-bourgeois, fût-il le plus radical, ne saurait accomplir par lui-même, c’est-à-dire celle qui, partant de la critique de la politique, en arrive à la négation de la propriété privée, à la remise en cause du cœur même des rapports de production capitaliste. Seul le prolétariat, classe totalement privée de propriété est capable d’accomplir ce chemin jusqu’au bout, en fonction de la place particulière qu’il occupe dans la société.

« Tout asservissement de l’homme est impliqué dans le rapport de l’ouvrier à la production (…) tous les rapports de servitude ne sont que des variantes et des conséquences de ce rapport. »[xxx][30]

Pourtant, tout en citant lui-même cette phrase, Abensour est incapable d’en appréhender les conséquences. La libération que l’action du prolétariat implique pour la société toute entière ne peut en rester à une libération politique, car la politique reste une forme d’asservissement, et de mystification de type religieux. Or, contrairement à ce qu’affirme notre bourgeois, le communisme est bien un dépassement/destruction de la politique elle-même. Comme tous les penseurs de son acabit, Abensour est incapable de comprendre le fondement de la critique de la démocratie. A partir des passages de Marx sur la «vraie démocratie », il en tire la conclusion que l’achèvement de la critique révolutionnaire est la récupération par le prolétariat de son être politique. Or, ceci n’est pas un achèvement, mais un moment contradictoire qui se dissout lui-même dans l’abolition de l’Etat ET de la société civile, donc des classes et donc du prolétariat.

« …disparition de l’Etat politique en tant que forme organisatrice mais maintien du politique, moment de la vie du peuple, de sorte que liberté et universalité puissent s’étendre à l’ensemble des sphères pour les pénétrer, tel est le choix de Marx, sous le nom de vraie démocratie. »[xxxi][31] Pour Abensour, « l’Etat politique ne disparaît pas, donc il persiste dans la mesure où il se cantonne dans sa tâche, où il reste ce qu’il est, un moment particulier de la vie du peuple. » (id. p.118)

On voit mal ce que devrait être cette « tâche » mystérieuse, dès lors que l’abolition de la société civile a justement rendu superflue toute forme séparée de représentation politique. Au début des années 1840, Marx semble faire une apologie de la démocratie sous le terme de « vraie démocratie ». Et il la loue parce qu’elle signifie pour lui la disparition d’une sphère séparée. Abensour ajoute, « ce qui ne signifie nullement la disparition ou l’extinction du politique ». Si, justement ! L’idée de « vraie démocratie » tend, dans un langage qui est encore celui du démocratisme radical et non de la critique communiste à anticiper le dépassement de toute forme politique de séparation entre l’homme et son être social. Mais pour que cette abolition ait lieu, il faut plus qu’une simple révolution politique, fût-elle radicalement démocratique, il faut une révolution sociale, qui détruise jusqu’aux fondements de l’inégalité entre les hommes, la propriété privée, et par voie de conséquence l’Etat démocratique.

Or, la démocratie n’est qu’un leurre ; la plus parfaite démocratie n’est qu’un moment, instable, entre deux termes : soit la rechute dans une forme de gouvernement autoritaire, quelle que soit sa variante, soit le dépassement/transcroissance dans le communisme, la société sans classes. Le projet démocratique est contradiction en actes car il est à la fois basé sur l’existence des classes et impossible à réaliser dans une société de classes. C’est pourquoi le titre même du livre d’Abensour, en forme de slogan (plus publicitaire que politique d’ailleurs), est un mensonge : il ne peut y avoir de « démocratie contre l’Etat », c’est-à-dire de solution démocratique qui viendrait servir de garde-fou contre l’Etat. La destruction de l’Etat comme but ultime du combat révolutionnaire signifie aussi destruction de l’existence séparée d’une sphère politique, même sous sa forme la plus purement démocratique. En rencontrant le prolétariat parisien, Marx fait le reste du chemin qui sépare la critique démocratique radicale de la critique communiste. Il n’y a pas de retour en arrière possible. Tout au long de sa vie militante, Marx, avec Engels, tout comme plus tard le fera Lénine, ne perdra jamais une occasion de défendre l’expansion du champ de la démocratie, soit dans l’espace à travers l’expansion mondiale de la révolution bourgeoise, soit en profondeur avec l’accroissement des droits démocratiques, mais sans jamais maintenir d’illusion sur la démocratie en soi. Pour que cette expression atteigne un état d’achèvement, il faudra à nouveau une expérience prolétarienne, celle de la Commune de Paris, dans laquelle le prolétariat démontrera, par la pratique que la machine d’Etat ne peut être que brisée et non aménagée. L’Etat auquel s’attaquent les communards, en 1871, c’est la république démocratique ; et le régime que défend Adolphe Thiers, homme d’Etat dont chaque ville de France possède une place ou une rue à son nom, c’est la république démocratique. L’un des grands mérites de la révolution russe de 1917, l’autre grande expérience de prise du pouvoir par le prolétariat révolutionnaire, fut de passer la corde au cou de la république démocratique bourgeoise avant que celle-ci puisse faire subir au jeune pouvoir prolétarien le sort sanglant que la soldatesque versaillaise fit subir au prolétariat parisien insurgé. C’est là une des principales leçons que le prolétariat devra faire sienne demain, contre toute interprétation savante, s’il veut, définitivement, emporter la victoire.

Robin Goodfellow. Novembre 2006   


NOTES

[i][1] MARX Karl, Contribution à la critique de l’économie politique, Editions sociales, 1972, p.4.
[ii][2] “…la question d’un être étranger, d’un être étranger, d’un être placé au-dessus de la nature et de l’homme est devenue en tout état de cause impossible – cette question impliquant l’aveu de l’irréalité de la nature et de l’homme. En tant que négation de cette irréalité, l’athéisme n’a plus de sens, qui, par la négation de Dieu, pose l’existence de l’homme. Le socialisme en tant que tel n’a plus besoin de cette médiation. » (MARX K. Manuscrits de 1844, Gallimard, bib. De
la Pléiade Oeuvres
, T.2, p.89)
[iii][3] MARX Karl, Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel, Gallimard,
La Pléiade
, Œuvres complètes, vol.3 p.382
[iv][4] op.cit. p.4.
[v][5] MARX Karl, Economie et philosophie (Manuscrits parisiens), Œuvres complètes, vol.2, Gallimard,
La Pléiade
, p.136.
[vi][6] MARX Karl, Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel, Œuvres complètes, vol 3., Gallimard,
La Pléiade
, p.382
[vii][7] Sur ce point, voir aussi la note de la page 1581 dans Oeuvres, Philosophie, T.3, Gallimard, Bibliothèque de
La Pléiade.
[viii][8] MARX Karl, Le Capital, Livre I., Garnier Flammarion, 1969, p.35
[ix][9] MARX Karl, La question juive, in. Œuvres, T.3. Philosophie,
La Pléiade
, 1982 ?
[x][10] Ce n’est néanmoins plus cet aspect polémique qui nous intéresse ici, mais le fait que cette œuvre contienne des éléments fondamentaux sur la question de l’Etat, et des thèses constitutives de la pensée ultérieure de Marx.
[xi][11] On trouvera le texte original de Bruno Bauer dans l’édition 10/18 (1975) de « La question Juive ».
[xii][12] MARX Karl, La question juive , in Oeuvres, Pléiade vol 3, p. 354.
[xiii][13] op.cit, p. 354.
[xiv][14] Voir aussi la traduction de K.Papaioannou, sous le titre « Critique de l’Etat hégélien », Edtions 10/18, 1976.
[xv][15] (voir aussi dans la lettre de Marx citée plus haut l’expression : « les conditions d’existence matérielle dont Hegel, à l’exemple des Anglais et des Français du XVIII° siècle, comprend l’ensemble sous le nom de « société civile » ».)
[xvi][16] Nous aurons l’occasion de revenir sur ce qu’il faut entendre ici par « démocratie ».
[xvii][17] MARX, Karl, Critique de la philosophie du droit de Hegel, in Oeuvres, Pléiade vol 3, p. 901.
[xviii][18] cf. Engels Friedrich, L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat, Editions sociales, date, 1976.
[xix][19] op.cit. p.904
[xx][20] MARX Karl, Roi de Prusse et réforme sociale par un prussien, Spartacus, 1972.
[xxi][21] op.cit. p. 905
[xxii][22] MARX Karl, A propos de la question juive, Œuvres, Gallimard, Bibliothèque de
la Pléiade
t.3 p.356
[xxiii][23] MARX Karl, Manuscrits de
1844, in
. Œuvres, Pléiade vol 2. p.80
[xxiv][24] MARX Karl, Capital, Livre I, 1, iv, Œuvres, Gallimard,
La Pléiade
, vol.1 p.613
[xxv][25] Ibid.
[xxvi][26] Ibid. p.614
[xxvii][27] Voir notre texte de janvier 2002 : Marx-Engels et la démocratie (2. Critique d’un point de vue bourgeois)
[xxviii][28] ABENSOUR Miguel, La démocratie contre l’Etat, éditions du Félin, 2004
[xxix][29] MARX Karl, Manuscrits de
1844, in
. Œuvres, Pléiade vol 2. p.98
[xxx][30] MARX Karl, Manuscrits de 1844, Editions sociales, 1962, p.68
[xxxi][31] ABENSOUR Miguel, op.cit., p.123
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POURQUOI L’EUROPE VA S’APPAUVRIR À VITESSE GRAND V

Dans un rare accès de lucidité, le commissaire européen Josep Borrell a récemment évoqué la fin à venir de la prospérité – certes très mal répartie – de l’Europe. Dans le monde multipolaire qui se dessine, le Vieux continent ne pourra plus compter sur l’énergie bon marché issue de la Russie et les marchandises peu chères importées de Chine. La dépendance croissante à l’égard de Washington, et tous les risques qu’elle comporte, ne semble pas davantage être prise en compte par les élites politiques, qui espèrent vainement un retour à la « fin de l’histoire ». Article d’Aaron Bastani pour notre partenaire Novara Media, traduit par Jean-Yves Cotté et édité par William Bouchardon. Source: Pourquoi l’Europe va s’appauvrir à vitesse grand V (lvsl.fr)

Le 10 octobre dernier, Josep Borrell, vice-président de la Commission européenne, a fait une des déclarations les plus importantes de 2022. Tandis que le gouvernement britannique essayait d’imiter la politique de Margaret Thatcher, et que les soutiens de l’opposition travaillistes rêvent d’un retour à 1997 (date d’une victoire écrasante de Tony Blair), il a fallu que ce soit un eurocrate qui assène quelques vérités dérangeantes.

Le constat dressé par Borrell relève de l’évidence depuis une dizaine d’années, mais la classe politique ne s’en aperçoit qu’aujourd’hui : « Notre prospérité a reposé sur une énergie bon marché en provenance de la Russie », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Les bas salaires des travailleurs chinois ont fait bien plus […] pour contenir l’inflation que toutes les banques centrales réunies. » Borrel a ensuite résumé en une seule phrase lapidaire le modèle économique européen des 30 dernières années : « Notre prospérité reposait sur la Chine et la Russie – l’énergie et le marché. »

Venant d’un technocrate bruxellois, ce constat est pour le moins saisissant. Les énergies fossiles bon marché appartiennent au passé, tout comme les biens de consommations à bas prix. Ces trente dernières années, tout en devenant dépendante du gaz russe, l’Europe continentale a également bénéficié d’une faible inflation grâce à ses importations depuis la Chine, devenue l’atelier du monde. Pendant les trois décennies qui suivirent la chute du mur de Berlin, les Occidentaux aux faibles revenus pouvaient donc au moins se procurer toute une panoplie de gadgets et une énergie plutôt abordable. Désormais, cette époque est révolue.

Pendant 30 ans, la faible croissance des salaires fut compensée par une abondance soudaine de biens bon marché, en particulier de produits électroniques, ainsi que par l’expansion du crédit.

Au Royaume-Uni, cette période, qui s’étend des années 1990 à la pandémie de Covid-19, fut déterminante pour le phénomène politique que fut le blairisme – qui relevait davantage d’une chance historique que des compétences du New Labour ou de la Banque d’Angleterre. Ainsi, la faible croissance des salaires fut compensée par une abondance soudaine de biens bon marché, en particulier de produits électroniques, ainsi que par l’expansion du crédit. Dans la terminologie marxiste, ce système économique mondialisé et reposant de plus en plus sur la dette était la base économique qui permettait la superstructure de la « fin de l’histoire » (pour les marxistes, la superstructure désigne les institutions politiques et l’idéologie d’une époque, qui est déterminée par des rapports de production, appelés “la base”, ndlr). Si des thinks tanks ou des universitaires avaient déjà annoncé la fin de cette époque, le fait qu’un homme d’Etat à la tête de l’UE finisse par le reconnaître acte la mort définitive de cette ère.

Les mauvaises nouvelles ne s’arrêtent pas là, car Borrell a ensuite souligné combien l’Europe continentale avait délégué sa défense aux États-Unis. La sécurité énergétique de l’Europe est un autre motif d’inquiétude, Borrell précisant également que le fait d’être moins dépendant des énergies fossiles russes ne devrait pas induire une plus grande subordination à Washington. « Que se passerait-il demain si les États-Unis, avec un nouveau président, décidaient d’être moins favorables aux Européens ? ». « On imagine aisément la situation dans laquelle notre dépendance excessive au GNL (gaz naturel liquéfié) importé des États-Unis poserait également un problème majeur. » Pour les atlantistes, c’est une question capitale : est-il souhaitable de remettre notre destin entre les mains d’un Donald Trump ou d’un Ron DeSantis (gouverneur républicain de Floride, fervent soutien de Donald Trump et potentiel candidat en 2024, ndlr) ? Veut-on qu’un individu comme Mike Pompeo décide si l’Europe peut ou non se chauffer ? Dépendre d’une puissance étrangère aussi profondément divisée n’est pas sans risques.

Borrell a également insisté sur les défis politiques, à la fois internes et externes, auxquels l’Europe est confrontée. À l’intérieur, le danger vient de la progression continue de l’extrême droite, de Giorgia Meloni en Italie à Viktor Orban en Hongrie en passant par le parti Vox en Espagne. A rebours du discours bruxellois classique, il faut d’ailleurs souligner que Borrell n’a pas attribué ce phénomène à l’influence de puissances étrangères perfides, déclarant que la popularité de tels partis correspondent  « au choix du peuple » et non à « l’imposition d’un quelconque pouvoir ». Des propos qui visaient clairement le centre de l’échiquier politique, qui tend à être de plus en plus complotiste, voyant partout la main de Moscou. Si l’extrême-droite gagne du terrain, c’est bien parce que les crises sociales et économiques ne sont pas résolues, et non à cause des usines à trolls de Saint-Pétersbourg – quand bien même l’intelligentsia libérale voudrait qu’il en soit autrement.

À l’extérieur, l’Europe est confrontée à la montée du nationalisme radical et de formes d’impérialisme dignes du xixe siècle, parfois jusqu’à l’annexion. Cela ne se limite pas à la Russie, qui après avoir annexé la Crimée en 2014 vient de s’emparer de territoires dans l’est de l’Ukraine, mais aussi de l’occupation turque dans le nord de la Syrie – un territoire que le ministre de l’Intérieur turc Süleyman Soylu a déclaré en 2019 comme « faisant partie de la patrie turque ». Ankara a également menacé d’envahir les îles grecques de la mer Égée. Le déclin de la superpuissance américaine signifie que nous entrons vraisemblablement dans une nouvelle phase, dans laquelle l’accaparement des terres vient s’ajouter à un monde multipolaire.

Le déclin de la superpuissance américaine signifie que nous entrons vraisemblablement dans une nouvelle phase, dans laquelle l’accaparement des terres vient s’ajouter à un monde multipolaire.

Tout cela est vu avec une profonde consternation dans les capitales européennes, Londres y compris. Alors que le modèle énergétique du continent se désagrège et face à la plus forte inflation depuis des décennies, le découplage avec la Chine semble acté, ce qui exacerbera la hausse des prix. Quand cela se produira, ce sera un tremblement de terre économique pour le consommateur européen, quand bien même des politiciens comme le conservateur britannique Iain Duncan se plaisent à durcir le ton. L’industrie automobile allemande est-elle désavantagée du fait de l’envolée des prix de l’énergie ? Assurément. Il en va de même pour d’autres pays, comme la France et l’Italie, qui ont déjà vu la ruine de leurs industries manufacturières au cours de ce siècle. Mais ajoutez à cela la disparition des biens de consommation bon marché – qui ont servi de palliatif à la stagnation des salaires pendant des décennies – et une vague massive de mécontentement est inévitable. En résumé, les Européens vont s’appauvrir très vite. Les hivers froids ne sont que le début.

Ajoutons à cela les autres défis que doit relever l’Europe, comme le vieillissement de la population et la faiblesse de l’innovation. Non que l’Europe continentale soit menacée d’effondrement – bien entendu, elle demeure incroyablement riche – mais elle va relativement s’appauvrir. Le prestige de ses capitales va décliner, sauf en matière de tourisme, tandis que l’attrait mondial de sa culture et de son modèle social vont également s’éroder. Les plaques-tournantes mondiales des peuples, des idées et de l’énergie se situeront ailleurs – essentiellement en Amérique du Nord et en Asie. L’Europe deviendra la Venise des continents : belle mais désuète, un musée plus qu’un acteur de l’histoire.

Pour le Royaume-Uni, désormais à l’écart de l’Union, cela est vrai à double titre. Le pays est un grand importateur net de produits alimentaires et d’énergies fossiles tout en ayant une classe politique qui – contrairement du moins à certaines du continent – refuse de s’atteler sérieusement à une politique industrielle. Pour l’heure, le réflexe des conservateurs britanniques est d’augmenter les réductions d’impôts, tandis que le New Labour ressasse que la mondialisation est une bonne chose.

En définitive, ni l’un ni l’autre n’augmenteront le niveau de vie : les marchés punissent les zélateurs des premières, tandis que la mondialisation craque de toutes parts. La confrontation avec la Russie n’est que le début d’un effondrement plus vaste qu’aucun des partis n’a le courage d’admettre.

L’inflation est là pour durer et, comme le reconnaît Borrell, il faut apporter des réponses sérieuses aux questions énergétiques, commerciales, de croissance et de sécurité. Dans chaque domaine, le bon sens de ces trente dernières années s’est évaporé. Y aura-t-il au Royaume-Uni un politicien d’envergure assez courageux pour le dire ? N’y comptons pas trop. Un État bipartite, avec un système hiérarchique de whips (parlementaires qui veillent à ce que les élus de leur parti soient présents et votent en fonction des consignes du parti, ndlr) qui écrase toute dissension, signifie que la liberté de pensée est une denrée rare à Westminster. Elle n’a pourtant jamais été aussi nécessaire. (sic)

 

Guerre nucléaire, prémisses et prémices de la guerre totale et globale

par Francis Goumain. Sur Guerre nucléaire, prémisses et prémices (reseauinternational.net)

Nous ne savons pas si l’ambiance nucléaire actuelle doit être prise au sérieux ou si elle n’est qu’un nième avatar de l’ambiance médiatique qui encore dernièrement nous a bien soûlés avec le covid, une crise sanitaire de gravité minime. Mais pour le nucléaire, au moins, nous ne partons pas de zéro, nous savons qu’une bombe atomique ça fait mal, et nous savons qu’il y en a beaucoup, bien réparties dans des camps rivaux, pour ne pas dire mortellement antagonistes. Nous savons aussi que la guerre n’est que la continuation de (l’économie NDÉ ) et de la politique par d’autres moyens, pour y voir plus clair, nous avons alors la ressource de nous demander de quelle (économie NDÉ ) politique la guerre nucléaire pourrait-elle être la continuation et selon quels scénarios.

La question du politique relève plutôt des prémisses, c’est-à-dire des conditions logiques – des préalables, si on préfère – qui doivent être réunies pour rendre possible une guerre nucléaire, la question des scénarios relève plutôt des prémices, c’est-à-dire des signes avant-coureurs d’une telle guerre, ceux-là même qu’on devrait voir apparaître en cas de mise en place d’un scénario de guerre.

Comme dit Kant, aucune des deux méthodes n’est préférable à l’autre, dans le cas du nucléaire, il est même recommandé de les utiliser conjointement : ce sont inévitablement les prémisses d’une guerre qui font reconnaître un événement comme étant une prémice, et l’observation d’une prémice peut venir remettre en cause la validité des prémisses qui au fond sont plus des postulats que des axiomes.

Bonne nouvelle, nous avons la réponse aux deux questions – politique et scénario :

1. Pour la politique, c’est simple, les Anglo-Saxons, après avoir éliminé la France comme compétiteur mondial en 1815 à Waterloo, puis l’Allemagne en 1945 à Nuremberg, doivent maintenant éliminer la Russie : on croyait que c’était fait en 1989 avec la chute du mur, mais ce n’est manifestement pas le cas et c’est logique, pour éliminer un compétiteur, il faut une vraie guerre totale.

2. Pour le scénario, c’est plus compliqué, il va falloir entrer dans les détails, mais la ligne générale est simple : après avoir épuisé en quelques jours ses stocks de munitions volontairement limités, l’OTAN doit passer à la guerre nucléaire, c’est ce scénario qui est tout le temps joué lors des manœuvres à grande échelle de l’OTAN, c’était déjà le cas du temps de la guerre froide, et l’Ukraine n’est jamais qu’une manœuvre un peu plus grande.

Mais heureusement, entrer dans une guerre nucléaire n’est pas si simple que ça, pour qu’un des protagonistes s’y engage, il faut qu’il ait un bon degré de certitude sur une rupture en sa faveur de l’équilibre des forces.

– L’équilibre des forces

Voici les éléments que nous a communiqués un spécialiste :

« Une guerre nucléaire fait intervenir 4 éléments.

1 : Le nombre et la puissance des bombes : on peut penser qu’il y a parité entre l’Est et l’Ouest et c’est sur ce seul constat que les Occidentaux se rassurent.

2 : La rapidité et la fiabilité des vecteurs : dans ce domaine, la supériorité semble bien être russe car la Russie a mis le paquet pendant vingt ans sur l’hypersonique alors que les USA qui guerroyaient un peu partout sur la planète se contentaient de maintenir en condition des vecteurs de conception ancienne.

3 : La maîtrise de l’environnement électromagnétique et spatial. C’est-à-dire les moyens de « déboussoler » les systèmes de guidage des vecteurs adverses et de faire en sorte qu’ils se perdent et n’arrivent pas au bon endroit. Là encore la Russie et l’Iran ont fait d’énormes progrès dans ce domaine pour améliorer leur capacité de défense alors que les USA, trop confiants dans leur supériorité technologique présumée, ont trop vécu sur leurs lauriers et n’ont pas assez travaillé le sujet.

Sur ces premiers points, les Russes n’ont pas encore dévoilé leur jeu et n’ont pas encore intérêt à le faire. Ils restent très sereins et sûrs d’eux-mêmes. Sans doute savent-ils déjà qu’ils ne seraient pas les plus gros perdants dans un échange nucléaire.

4 : Enfin il y a la profondeur stratégique des territoires concernés par les frappes. À puissance et nombre de bombes équivalents, une frappe russe fera beaucoup plus de dégâts sur les zones très densément peuplées d’Europe de l’Ouest ou des USA et sur des infrastructures très concentrées alors qu’une plus grande dispersion des populations et des infrastructures sur un territoire immense permettraient de limiter la casse sur les territoires de la Fédération de Russie, surtout si une partie des missiles adverses n’arrivent pas à l’endroit prévu ».

Cette présentation se limite exprès à l’aspect technique en éludant provisoirement le deuxième facteur clé de la crédibilité de la dissuasion : le facteur humain, la détermination des protagonistes à recourir au feu nucléaire, le but de l’article est d’identifier le plus court chemin vers la guerre nucléaire et de voir si nous sommes dessus.

L’auteur néglige les facteurs et les vecteurs économiques qui sont déterminants dans une perspective de guerre totale (faisant appel à toutes les armes – numériques-économiques-financières-bactériologiques-virales-climatologiques et nucléaires) et globale (mondiale) NDÉ.

Mais même sur un simple plan technique, il reste à présenter un aspect auquel les Russes sont sensibles et qui joue dans l’équilibre des forces : la capacité des États-Unis à stocker des ogives et des vecteurs en Europe même, tout près des frontières russes.

II – La prolifération des ogives et des vecteurs US en Europe

Nous donnons en annexe un article de Ria Novosti dont nous retenons les problématiques suivantes que nous avons soumises au même expert :

1. Les Russes semblent préoccupés par la multiplication des vecteurs, c’est-à-dire des avions polyvalents à capacité nucléaire, sur un radar, il n’est pas possible de distinguer un avion avec ou sans bombe atomique, or, ces vecteurs, comme le F35, sont aussi en service dans les flottes aériennes européennes : dans quelle mesure les différentes bases aériennes américaines en Europe sont-elles exclusivement américaines ? Est-ce qu’il y a des bases mixtes, par exemple, USA – Allemagne, dans ce cas, qu’est-ce qui peut empêcher un avion allemand de charger une bombe atomique américaine ?

2. Les Russes semblent également préoccupés par le développement de manœuvres conjointes en Europe impliquant l’utilisation du feu nucléaire : dans quelle mesure un échelon de décision du commandement d’un pays européen serait-il susceptible de déclencher l’usage de la bombe atomique, après tout, l’OTAN est un commandement intégré.

3. Les Russes semblent également préoccupés par l’expansion du nombre de scénarios dans lequel le nucléaire pourrait intervenir en Europe, c’est-à-dire en Russie : quels sont ces scénarios ?

Dans l’ensemble,

4. Les Russes considèrent les tendances qui précèdent comme relevant tout bonnement de la prolifération nucléaire, en gros, c’est comme si l’Allemagne, l’Italie, la Turquie, les Pays-Bas, la Belgique, avaient la bombe : ont-ils raison ?

5. Les Russes s’inquiètent de voir se développer une sorte de « découplage 2.0 » : on se souvient qu’avant, on parlait du découplage Europe – USA pour justifier la dissuasion française car « jamais les USA ne risqueraient une guerre nucléaire pour les beaux yeux de l’Europe », or, aujourd’hui, les Américains semblent organiser un découplage d’un nouveau genre : une guerre nucléaire seulement en Europe.

Voici les réponses de l’expert :

« Trois sortes de vecteurs « nucléaires » peuvent être considérés dans les deux camps selon qu’ils partent d’infrastructures terrestres enterrées, d’un sous marin nucléaire (ou non) en cours de mission, ou d’un avion en vol.

Avec la composante sous-marine, la moins détectable, on peut s’approcher très près du territoire de l’adversaire, surtout lorsque celui-ci a une longueur de côtes de plusieurs milliers de kms, ce qui est le cas des USA et de l’UE. Un sous-marin peut être détecté, mais la probabilité reste faible et après tout, les eaux internationales sont ouvertes à la navigation de tous.

Par ailleurs, pour les composantes terrestres et aériennes, la crise de Cuba a appris aux Russes qu’il ne fallait pas médiatiser le déplacement de ses bombes et de ses vecteurs. Les excellentes relations entretenues entre la Russie et le Venezuela autorisent à penser qu’il y a peut-être aujourd’hui, sur une base vénézuélienne, quelques « conseillers russes » dotés de quelques vecteurs (avions ou missiles) et de quelques bombinettes, importés clandestinement (pièces détachées pour les vecteurs). On se rapprocherait ainsi du territoire US.

[FG : Les Russes ne se cachent d’ailleurs pas d’avoir déployé des TU160 au Venezuela, et pas en pièces détachées, c’était le 10 décembre 2018, le déploiement, toutefois, était provisoire, pour des exercices]

Enfin, l’hypersonique dont les Russes disposent depuis 3 ou 4 ans réduit considérablement les temps de parcours et donc le handicap de la distance. Bien sûr, l’excessive proximité des vecteurs de l’adversaire est un problème, mais moins sérieux qu’un pays surarmé (l’Ukraine) dont les gouvernants sont profondément russophobes, hostiles et fous furieux et sont devenus les proxies des USA dont les projets de démantèlement de la Russie sont parfaitement connus.

Question 1 :

Oui, il y a des bases mixtes, USA-Allemagne, USA-Turquie, USA-Italie entre autres. Mais seules les pistes d’envol sont mises en commun. Pour ce qui est des états-majors et des commandements des bases, il faut savoir qu’à côté des états-majors bi ou multinationaux auxquels participent des officiers US, il existe toujours des bâtiments hébergeant une structure et un état-major exclusivement US : « US eyes only ».

Autrement dit, l’intégration est une fiction car en cas de litige ou de différence d’appréciation entre l’état-major multinational intégré et l’état-major « US only » qui coexistent et cohabitent sur une même base, c’est l’état-major US only qui aura toujours le dernier mot. Les officiers non US devront se soumettre et le font régulièrement. Toute décision importante d’emploi des forces de l’OTAN, y compris et surtout nucléaire, devra être validée par l’état-major « US eyes only ».

[FG: donc finalement rien de nouveau par rapport à la doctrine américaine qui prévalait au moment de la guerre froide : la dissuasion américaine, du fait de l’OTAN, ne doit pas devenir un pistolet avec trente doigts sur la gâchette (à l’époque, on disait plutôt 15 doigts, mais le nombre de pays membres a augmenté vers l’est, c’est bien le problème]

Par ailleurs je vois mal un avion allemand partir « en premier » avec une bombe sale US. L’opinion publique allemande ne le comprendrait pas et ne l’accepterait pas. Quel que soit le niveau d’intégration, l’armée de l’air allemande a son propre état-major qui demanderait un feu vert politique pour déclencher une telle opération. Je doute qu’aucun gouvernement allemand puisse aujourd’hui prendre une telle décision qui engagerait la survie de son pays très vulnérable en cas de riposte massive.

[FG –  Soit, mais la question peut aussi se poser autrement : si à l’inverse les Américains demandaient aux Européens de mettre à leur disposition des F35 pour une mission nucléaire ? C’est peut-être en ce sens que les Russes sont préoccupés, du reste, on peut aussi douter de l’innocence des pays européens : quand ils achètent des F35, ils doivent bien savoir qu’ils ont la capacité nucléaire – américaine, évidemment. Au passage, on doit aussi noter un autre avantage des USA – moral cette fois, mais qui peut avoir son importance : nombre de pays sont demandeurs de l’installation d’ogives américaines sur leur sol, ce n’est pas le cas de la Russie]

Enfin, ces bases sont extrêmement surveillées, voire infiltrées par la partie russe. En particulier les dépôts de munitions nucléaires et le déploiement des missiles sur le terrain. Il est peu probable que l’OTAN utilise le nucléaire en un seul exemplaire pour une frappe en premier comme à Hiroshima car il y a, dans le cas envisagé aujourd’hui, une capacité de riposte qui n’existait pas en 1945. Autrement dit, il est peu probable que la préparation, même très courte, d’une frappe nucléaire impliquant plusieurs vecteurs puisse passer inaperçue.

Questions 2 et 3 :

Pour le feu nucléaire, seuls les US prendront l’éventuelle responsabilité de le déclencher. Le seul pays théoriquement autonome reste la France (grâce à de Gaulle), mais elle ne l’est plus qu’à moitié depuis sa malheureuse réintégration dans la composante militaire intégrée de l’OTAN en 2007 et le syndrome de Stockholm dont ses élites civiles et militaires semblent être affectées. On la voit mal décider seule l’emploi du nucléaire contre la Russie. Elle peut bien sûr refuser de participer à une opération nucléaire de l’OTAN. C’est la précaution qu’a prise publiquement le président français en rappelant récemment les limites de l’emploi du nucléaire français au cours d’une conférence de presse.

Les manœuvres conjointes interalliées avec emploi du feu nucléaire tactique ont toujours existé pendant la guerre froide. Elles visaient à entraîner les troupes et les états-majors au combat qui ne pouvait être envisagé que dans la haute intensité et en ambiance NBC (Nucléaire- Biologique et Chimique)…virale-sanitaire-météorologique…etc.

La guerre prévue était donc courte, ce qui explique que la logistique ne nécessitait pas de stocks très importants : donc juste de quoi tenir une à deux semaines.

Depuis la dissolution du pacte de Varsovie, l’entraînement à la haute intensité en ambiance NBC est tombé en désuétude à l’Ouest sans pour autant adapter la logistique. En clair, aujourd’hui, les armées de l’OTAN ne sont plus équipées et entraînées pour mener une telle guerre. L’armée française ne dispose que d’un stock de munitions permettant de combattre quelques jours (moins d’une semaine). Pas de quoi inquiéter la Russie.

En clair, les manœuvres conjointes à thème nucléaire de l’OTAN et la réaction officielle russe ne sont qu’un jeu de rôles à destination des opinions publiques mondiales. Rien de plus, rien d’inhabituel, rien d’inquiétant. L’OTAN tente de montrer des muscles qu’elle n’a plus. La Russie exploite le filon en exagérant fortement le risque posé par l’OTAN pour se poser en victime devant l’opinion mondiale. C’est aussi simple que ça.

Question 4 :

Déployer des bombes et des vecteurs nucléaires un peu partout en Europe et toujours plus près de la Russie peut être interprété, à juste titre, comme une prolifération nucléaire sur l’espace terrestre européen. On peut débattre de tout sauf des chiffres et des faits. Ce qu’il faut tout de même rappeler, c’est que l’expansion territoriale du nucléaire ne donne pas pour autant la maîtrise du feu nucléaire (boutons ou codes) aux pays qui hébergent les armes US.

En clair, ces pays prennent l’immense risque d’être les cibles des ripostes, alors qu’ils n’ont même pas la décision d’activer les armes hébergées sur leur sol et qui peuvent leur valoir soit un tir nucléaire en riposte, soit même un tir nucléaire préemptif visant à éliminer la menace. C’est tout simplement délirant.

D’autant que ce ne sont probablement pas des missiles intercontinentaux stationnés aux USA qui seront tirés en premier compte tenu des temps de parcours. Ce sont bien les missiles stationnés les plus près de la Russie, donc en Europe, qui partiront les premiers.

Reste à savoir si les politiques européens donneront unanimement leur feu vert a une telle entreprise. En dehors du Royaume-Uni, de la Pologne et des pays Baltes, je vois mal les grands leaders européens (Allemagne, France, Italie) donner leur accord pour tirer nucléaire à partir de leur sol, sauf en cas de péril existentiel avéré pour la survie de leur propre pays. (Comme l’a rappelé le président français)».

Puisque l’expert termine par la détermination des divers protagonistes à recourir au feu nucléaire, voici une petite volée d’événements qui semblent bien être des tests de cette détermination, et par conséquent, des prémices de la guerre nucléaire.

III – Tests et Prémices de la guerre

Dans tous les tests présentés, et c’est préoccupant, ce sont les Russes qui sont testés et les Russes qui se montrent frileux.

1. Odessa, Kiev, Kharkov : comme nous l’avons déjà dit, ces trois villes nous semblent avoir été sanctuarisées, c’est-à-dire que l’OTAN les a placées au-dessus du seuil nucléaire et pour l’instant, les Russes respectent ce seuil, à notre avis, c’est le test majeur, si les Russes renoncent à prendre ces trois villes, ils ont perdu, si l’OTAN laisse prendre ces villes, c’est elle qui a perdu.

2. La constellation de satellite Starlink. Le petit jeu autour de cette constellation est assez amusant, lorsque les Russes dénoncent l’utilisation de ces satellites pour les transmissions de l’armée Ukrainienne, le Pentagone répond que « ce n’est pas nous, c’est Ellon Musk », en revanche, si les Russes font mine de vouloir détruire ces satellites, là, d’un seul coup, le même Pentagone annonce que c’est passible de guerre nucléaire.

3. Les sabotages du Nord Stream. Les Russes affirment que ces sabotages sont le fait des services spéciaux britanniques, mais ils se gardent d’en apporter la preuve en public: le faire serait clairement établir un casus belli qui ne pourrait pas rester sans réponse. Posons le problème autrement: les Russes sont bien placés pour savoir que ce n’est pas eux qui sont à l’origine des explosions, que donc c’est l’OTAN, inversement, l’OTAN sait bien qu’ils en sont les auteurs et ils voient que les Russes ne font rien … (voir annexe 2)

4. L’attaque récente des drones marins et aériens sur la flotte de la mer Noire en Crimée. Là aussi les Russes disent que la manœuvre est de conception otanienne, ils précisent même que les navigateurs des drones étaient de fabrication canadienne, mais à nouveau, pas de réponses de la part des Russes.

Précision qui tombe le 2 novembre : le ministère russe des Affaires étrangères présentera à Londres des preuves de l’implication de la Grande-Bretagne dans l’attaque de Sébastopol. Le MAE Russe les transmettra à l’ambassadrice britannique à Moscou, Deborah Bronnert.

5. Un ancien officier de la Bundeswehr a mis en garde les pays de l’OTAN contre les provocations en Ukraine. Toute provocation de l’OTAN en Ukraine dirigée contre la Russie risque de se transformer en guerre nucléaire, a déclaré l’ancien officier de la Bundeswehr et lieutenant-colonel à la retraite Jurgen Rose.

L’ancien officier a parlé de la crise ukrainienne et a déclaré que l’aide fournie par l’Occident à Kiev fait partie des provocations contre Moscou. Tout d’abord, ils visent à détruire l’État russe et son armée.

« L’OTAN fait tout son possible pour inciter la Russie à utiliser des armes nucléaires tactiques sur le champ de bataille en Ukraine, afin de pouvoir ensuite détruire complètement les forces russes au motif qu’elles les ont utilisées », a déclaré Rose, cité par RIA Novosti.

Il a noté que son opinion est partagée par d’autres officiers de haut rang de la Bundeswehr. Rose a également souligné que l’Europe n’a jamais été aussi proche de la ligne au-delà de laquelle la guerre atomique commence.

6. Baranets a averti du danger d’une guerre mondiale en cas d’ingérence de l’US Air Force dans le cours du SVO. L’invasion de l’US Air Force au cours d’une opération militaire spéciale en Ukraine peut provoquer le déclenchement d’une guerre mondiale.

« Les avions américains rôderont dans le ciel ukrainien non pas pour le plaisir de voler, ils seront engagés dans un travail de combat. Ils détruiront nos soldats et nos officiers. Nous allons contrer cela. Naturellement, ce sont des batailles aériennes, ce sont des bombardements, ce sont des avions qui tombent. C’est une guerre. Si les Américains apportent une guerre aérienne sur le territoire de l’Ukraine, et plus encore sur le territoire des républiques de Lougansk et de Donetsk, je pense que nous aurons le plein droit d’apporter une guerre aérienne sur le territoire des États-Unis », a déclaré Baranets.

Selon le colonel, les États-Unis sont en train de mettre en place un nouveau groupe de frappe de porte-avions en Europe pour tenter d’organiser la couverture aérienne des forces armées. On ne sait pas s’il y a eu une demande de Kiev ou s’il s’agit d’une décision des États-Unis, mais les pilotes des forces armées ukrainiennes suivent une formation de recyclage pour maîtriser les chasseurs américains F-16.

Et nous savons que le porte-avions Gerald Ford et son groupe viennent d’arriver en Angleterre.

Conclusion

Pour le moment, malgré l’intensité de la guerre en effectif et en matériel, malgré l’importance des pertes, malgré la localisation même du théâtre d’opérations sur le continent européen, la crise ukrainienne peine à atteindre l’intensité historique de la crise des missiles à Cuba en 1962.

Que ce soit parce que l’humanité est sortie de la période historique (fin de l’Histoire avec un grand « H » ou que soit parce que le sort du monde ne se joue plus en Occident – ce qui au fond revient au même, étant donné que c’était l’Occident le moteur de l’histoire, le fait est là, nous ne sommes pas parcourus d’un grand frisson, ce n’est pas ainsi que nous imaginions la Fin de l’Histoire.

Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas du tout curieux de savoir ce qui va remplacer l’Occident et l’Histoire.

***
Annexe 1 : article de Ria Novosti sur les bombes américaines en Europe1
Le vice-ministre des Affaires étrangères Grushko : La Russie tiendra compte dans sa planification de la modernisation des bombes atomiques américaines dans l’UE

La Russie prendra en compte la modernisation des bombes atomiques américaines en Europe, a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

La Russie prendra en compte dans sa planification militaire la modernisation des bombes nucléaires américaines déployées dans les pays européens et prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Alexander Grushko à RIA Novosti.

« Nous ne pouvons pas ignorer les plans de modernisation des armes nucléaires, ces bombes à chute libre qui sont déployées en Europe. Les États-Unis les modernisent, augmentent leur précision et réduisent la puissance de la charge nucléaire, c’est-à-dire qu’ils transforment ces armes en « armes de champ de bataille », abaissant ainsi le seuil nucléaire », a déclaré le diplomate.

Selon lui, Moscou tient également compte du remplacement des vecteurs américains de ces types d’armes : « Les États-Unis forcent leurs alliés à acheter des avions F-35 (qui peuvent emporter une arme nucléaire), mettre en œuvre d’autres mesures pour accroître la capacité des pays de l’alliance à surmonter les zones de blocage d’accès. C’est aussi une réalité dont nous devons tenir compte tant au sens politique que dans notre planification militaire », a expliqué le vice-ministre.

Il a ajouté qu’en plus de cela, l’OTAN elle-même a déjà pris des décisions pour renforcer la composante nucléaire dans les plans militaires de l’alliance, pour la rendre plus visible, pour augmenter le nombre d’exercices avec un scénario nucléaire, pour impliquer dans les exercices l’aviation stratégique des États-Unis, qui a commencé à voler dans le Royaume-Uni et ensuite voler le long de nos frontières.

« Nous notons également que l’OTAN n’abandonnera pas les missions nucléaires conjointes, qui, soit dit en passant, contredisent le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires – il interdit expressément le transfert, sous quelque forme ou à aucun stade que ce soit, du contrôle des armes nucléaires à des États non dotés d’armes nucléaires. Mais ce sont ceux qui participent aux missions nucléaires de l’alliance qui modernisent leur flotte aérienne et achètent des avions américains F-35, qui sont plus modernes que les F-16, Tornado et autres transporteurs », a déclaré Grushko.

La combinaison de ces facteurs, a-t-il dit, « fait l’objet de notre attention, y compris du point de vue de la planification militaire, et de l’adoption de toutes les autres mesures nécessaires pour assurer de manière fiable notre sécurité et notre défense ».

Plus tôt, le journal Politico, citant un télégramme diplomatique et des sources proches de la situation, a rapporté que les États-Unis avaient accéléré le déploiement de la bombe atomique B61-12 modernisée sur les bases de l’OTAN en Europe.

Selon Politico, le programme de modernisation de la bombe atomique de 10 milliards de dollars est conçu pour remplacer les versions antérieures de l’arme, y compris environ 100 bombes stockées dans des bases aériennes en Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Turquie. Selon la publication, la livraison d’une version améliorée de la bombe était initialement prévue pour le printemps 2023. Cependant, selon un câble diplomatique, des responsables américains ont informé les alliés de l’OTAN lors d’une réunion à huis clos à Bruxelles en octobre, qu’il est maintenant attendu en décembre de cette année.

***
Annexe 2 : sur les Casus Belli créés par la Grande-Bretagne

Kornilov : La Grande-Bretagne a créé un casus belli pour une confrontation directe avec la Russie

Londres cherche activement une excuse pour une confrontation directe avec Moscou, en organisant une diversion sur les Nord Streams ou en essayant de faire sauter la baie de Sébastopol. Cela a été raconté à RIA Novosti par le politologue Vladimir Kornilov.

Selon Kornilov, de cette façon, le gouvernement britannique crée en fait un casus belli – un prétexte pour la guerre avec la Russie. On sait que Moscou a déclaré à plusieurs reprises son refus de participer à un affrontement armé avec les pays occidentaux, mais les actions de Londres donnent à la Fédération de Russie le droit à une réponse symétrique.

source : Jeune Nation

GILETS JAUNES: LE RETOUR ??? QU’EN PENSEZ-VOUS ?

Source El Diablo.

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22.11.2022-ElDiablo-Delepine-Zokharova-English-Italiano-Spanish
« Gilets jaunes » : « On est là pour entretenir les braises »… Quatre ans après, ils tiennent toujours un rond-point

TOUJOURS LÀ Quatre ans après l’éclosion de ce mouvement social inédit, des irréductibles « gilets jaunes » campent toujours près d’un rond-point dans la campagne toulousaine. Ils ne désespèrent pas d’un nouvel embrasement:

  • Le 17 novembre 2018 éclatait en France la colère des « gilets jaunes », déclenchant un mouvement social inédit par son ampleur, sa durée, et, parfois, sa violence.
  • Quatre ans plus tard, alors que les prix flambent, des ronds-points sont toujours occupés et de nombreuses manifestations anniversaires sont annoncées pour le samedi 19 novembre.
  • A Villefranche-de-Lauragais, au sud-est de Toulouse, des irréductibles « gilets jaunes » occupent toujours un cabanon. Ils organisent des permanences hebdomadaires et y refont le monde, persuadés que les braises de la révolte couvent toujours.
  • Voir aussi:  AUTOPSIE DU MOUVEMENT DES GILETS JAUNES – AUTOPSY OF YELLOW VESTS – les 7 du quebec
    et ceci Résultats de recherche pour « gilet jaune » – les 7 du quebec

Quand il descend de sa grosse moto, Thierry a encore son épais blouson de cuir. Mais à peine a-t-il posé le pied sur le plancher de la cabane, avant même de s’asseoir autour de la table aux coins rognés, il le troque contre son gilet jaune, la tenue de rigueur dans ce QG fait de palettes et de planches. Quatre ans après l’embrasement populaire, le « chalet » de Villefranche-de-Lauragais, au sud-est de Toulouse, est toujours là. Planté tout près du grand rond-point, grâce à l’indulgence du propriétaire privé de la parcelle. La cabane s’est même considérablement équipée, avec son kiosque, son coin jardin autour d’une table en bobine de bois et ses toilettes sèches.

Quatre ans après, des  » gilets jaunes  » entretiennent toujours les braises

https://www.20minutes.fr/societe/4010290-20221117-gilets-jaunes-entretenir-braises-quatre-ans-apres-tiennent-toujours-rond-point

AUTRES LIENS :

Vers un retour des Gilets jaunes? « J’attends que ça pète et j’y vais pour faire bouger les choses »

Face à l’inflation galopante, et alors que la ristourne à la pompe du gouvernement doit diminuer, le retour d’une contestation sociale d’ampleur se profile. Certains, comme le député communiste…

https://rmc.bfmtv.com/actualites/societe/vers-un-retour-des-gilets-jaunes-j-attends-que-ca-pete-et-j-y-vais-pour-faire-bouger-les-choses_AV-202211140467.html

Quatre ans après, les Gilets jaunes du Nord Franche-Comté font le bilan de leur mouvement

Le 17 novembre 2018, ils étaient des milliers de « gilets jaunes » à s’installer sur les ronds-points en nord Franche-Comté et partout en France, pour protester contre la hausse des prix des carbu…

https://www.francebleu.fr/infos/societe/quatre-ans-apres-les-gilets-jaunes-du-nord-franche-comte-font-le-bilan-de-leur-mouvement-1668606799

Les Gilets jaunes bientôt de retour ? Quatre ans après, certains sont encore « sacrément motivés »

l’essentiel Alors que le mouvement né il y a 4 ans avait largement diminué, les Gilets jaunes pourraient bientôt faire leur grand retour pour protester contre la hausse des prix. Les Gilets jaun…

https://www.ladepeche.fr/2022/11/18/les-gilets-jaunes-bientot-de-retour-quatre-ans-apres-certains-sont-encore-sacrement-motives-10811233.php

Gilets Jaunes : des députés insoumis demandent justice pour les «mutilés» de la «révolte»

Les Gilets Jaunes soufflent leur quatrième bougie. Depuis l’Assemblée nationale, La France insoumise a annoncé ce 17 novembre qu’elle travaillait à faire reconnaitre les «mutilés» et la «répression policière» survenus au cours de ce mouvement.

Quatre ans jour pour jour après le premier «acte» de ce qu’ils appellent une «révolte», la présidente du groupe LFI Mathilde Panot et les députés Raquel Garrido, Arnaud Le Gall et Andrée Taurinya ont présenté ce 17 novembre leur «plan d’action législatif» en conférence de presse au palais Bourbon.

«Cet événement historique a provoqué une sortie de route de nos institutions côté police et justice», qui se sont «comportées de manière inhabituelle et non conforme», a estimé Raquel Garrido à propos des Gilets jaunes. La députée était alors entourée de figures du mouvement, dont Priscilla Ludosky et Jérôme Rodrigues.

«La seule réponse, ça a été des tartes dans la figure»

D’après le ministère de l’Intérieur, au cours des différents «actes» du samedi à Paris et sur les ronds-points de France, 1 900 manifestants ont été blessés dont certains gravement avec la perte d’un œil ou d’un membre. Onze personnes sont mortes, pour la plupart lors d’accidents sur des barrages routiers. Selon Amnesty International, rien qu’entre novembre 2018 et juillet 2019, 11 203 manifestants ont été placés en garde à vue, parmi lesquels 5 962 manifestants libérés sans poursuite. Plusieurs milliers de condamnations ont été prononcées.

Alors que «nous voulions seulement œuvrer pour l’amélioration de la vie des citoyens», «la seule réponse, ça a été des tartes dans la figure», a déclaré Jérôme Rodrigues. «Seuls 50% des mutilés ont pu porter plainte, car ça coûte de l’argent», s’est-il par la suite indigné.

Vers la création d’une commission d’enquête parlementaire ?

Raquel Garrido a indiqué que La France insoumise envisageait d’utiliser son unique droit de tirage par session pour obtenir une commission d’enquête parlementaire. Ou à défaut, les insoumis réaliseraient leur propre «audit». Avec plusieurs objectifs, a expliqué l’élue de Seine-Saint-Denis : la «reconnaissance par l’Etat des dysfonctionnements» ; la création «d’un guichet où les personnes pourraient recevoir un soutien juridique, financier et psychologique» ; et «obtenir des pouvoirs publics des éléments chiffrés sur les condamnations et amendes». «Cela doit impliquer une prise en compte spécifique des situations personnelles des individus blessés et de leur famille», a avancé la députée.

Soulignant qu’ils ne pourraient jamais récupérer l’usage de leurs membres, Raquel Garrido estime que les individus mutilés durant des manifestations doivent «sentir que la République reconnait que le sort qui leur a été fait était injuste» et qu’il ne peut se traiter «par une réparation classique au plan judiciaire».

Arnaud Le Gall a pour sa part présenté une proposition de loi, «à améliorer» mais «qui sera déposée rapidement», pour entre autres «amnistier les [Gilets Jaunes] condamnés, souvent pour outrage, ce qui est très flou». «Ce sera la reconnaissance que c’était une révolte, car il y a eu amnistie après la commune de Paris [en 1871], la guerre d’Algérie et mai 68», a relevé le député du Val-d’Oise.

Vu sur l’application RT News

Maria Zakharova, un regard russe sur la guerre de l’OTAN en Ukraine. Prière de ne pas comparer avec Mélanie Joly

Voici une interview vraiment remarquable de Maria Zakharova, porte parole du ministre des Affaires étrangères russe par le journal français Le Point. Une fois n’est pas coutume, on ne peut qu’être agréablement surpris par la publication d’un tel document dans un hebdomadaire français de niveau national et dans le contexte général d’une véritable hystérie russophobe.

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Le point de vue russe est enfin mis à la disposition des citoyens de notre pays qui ne sont pas aveuglés par la Propagande de guerre. Difficile de ne pas trouver de nombreux points de convergence avec les propos tenus par Maria Zakharova. Dominique Delawarde

***

Maria Zakharova, 46 ans, est depuis 2015 la porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie. Première femme à occuper ce poste au cœur du pouvoir, elle est connue pour son franc-parler et son infatigable détermination à développer et préciser la vision russe du monde, notamment sur sa chaîne Telegram. La rencontre, sans interprète, a duré plus d’une heure dans une salle de réunion du ministère des Affaires étrangères, en plein centre de Moscou, la veille du départ de la délégation russe pour le G20 de Bali.

Rompue à l’exercice, Maria Zakharova a répondu avec verve, sans consulter les notes qui lui avaient été préparées par ses services. Classée par la BBC, il y a cinq ans, parmi les 100 femmes les plus influentes du monde, elle n’avait pas accordé d’interview à un média occidental depuis plusieurs mois. La traduction de ses propos, effectuée par nos soins, a été validée par le ministère.

Le Point : Qu’est-ce que l’Occident aurait selon vous « raté » dans ses relations avec la Russie ? Et plus particulièrement dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine ?

Maria Zakharova : Tout a commencé à la fin des années 1980 et au début des années 1990. À l’époque, on pouvait encore différencier l’Europe des États-Unis. Avant la dislocation de l’URSS, le monde était bipolaire. Quand les États membres du pacte de Varsovie ont commencé à le quitter – et ce processus a débuté avant la fin de l’URSS –, l’Europe aurait pu affirmer son indépendance. L’URSS était en faveur de l’union des deux Allemagne, les États-Unis étaient contre…

C’est là que l’Europe a commencé à saisir ce que ça signifiait d’être vraiment l’Europe unie, sans ligne de démarcation. Elle a commencé à s’unir. Là aussi, nous étions pour. Nous disions : nous sommes avec vous ! Unissons-nous, intégrons-nous ! Construisons un avenir ensemble ! Mais là, ça a été l’horreur : les États-Unis d’Amérique, les élites, « l’État profond », je ne sais pas vraiment, ont tout d’un coup compris que ça serait un cauchemar. Que si l’Europe s’unissait avec nous, avec nos ressources russes, ça leur ferait non  seulement de la concurrence, mais ça serait même la fin pour eux.

D’abord, ils se sont prononcés contre notre intégration, ont refusé le régime sans visa, ensuite, ils ont commencé le processus de rapprochement de leurs bases militaires, avec des contingents et du matériel, vers nos frontières. Puis ils ont accepté de nouveaux membres dans l’OTAN, mais surtout, ils ont créé ce narratif historique anti-russe.

Le Point : À quel moment cela a-t-il basculé ?

Maria Zakharova : Au début des années 2000, quand on a fini par comprendre de quoi il s’agissait, nous leur avons dit : eh, dites donc camarades, quel monde construit-on ? C’est nous qui nous sommes ouverts à l’Occident, et pas l’inverse ! L’Europe, elle, a poursuivi son intégration, notamment économique : création de l’euro, de Schengen ; et pour les États-Unis, ça a été un second choc : le dollar a cessé d’être la seule devise dominante. Or le dollar n’est sécurisé que sur sa propre dette, sur rien d’autre. Alors que l’euro, lui, est sécurisé par le niveau économique élevé d’une vingtaine de pays, sans compter les économies des pays de l’Europe orientale, de l’Europe centrale et du Nord… Pardon, mais c’est une économie puissante, et qui, en plus, à ce moment-là, se nourrissait du fort potentiel des ressources russes !

En face, la devise américaine, c’est une bulle de savon ! Là, ils ont compris qu’il fallait agir, non seulement envers nous, mais aussi envers l’Europe : ils ont commencé à saper nos liens énergétiques avec l’Ukraine qui est devenue le nœud central de cette politique. Les politiques ukrainiens se sont mis à s’écrier qu’on était très dangereux parce qu’on ne leur livrait pas notre gaz gratuitement, les Américains ont répondu aux Européens, mais achetez donc le nôtre ! Les Européens ont rétorqué : il est cher, si on achète plus cher, nos opinions publiques ne comprendront pas… Augmentez donc les impôts, ont-ils répondu ! Problème, parce que les impôts, c’est aussi le peuple, a répondu l’Europe. OK, d’accord, débrouillez-vous, voilà ce qu’on dit les Américains.

Donc, l’Ukraine, c’est juste un instrument, c’est tout ! L’Europe a deux bananes dans les oreilles.

Le Point : Donc, pour vous, cette situation n’est pas une nouveauté ?

Maria Zakharova : Quelle nouveauté ? Que l’Europe a les deux yeux fermés et deux bananes dans les oreilles ? Tout ça, c’est à cause de vos médias qui ne se sont jamais déplacés dans le Donbass pendant toute cette période, à l’exception de quelques-uns. Au moment de Pussy Riot ou de Navalny, en revanche, ils étaient tous là. Mais là-bas, quand des milliers de personnes mouraient, il n’y avait personne. Et savez-vous que depuis 2014, les Criméens n’ont pas eu droit à des visas Schengen ? Pourquoi ? Parce qu’ils auraient pu raconter la situation !

En revanche, il suffisait de venir en Crimée pour s’en rendre compte par soi-même. En 2016, on a organisé des voyages de presse en Crimée, on a demandé aux journalistes ce qu’ils voulaient voir et faire, on a dit OK à tout. Un Français a dit qu’il voulait aller sur la base navale de la flotte de la mer Noire. On a accepté. Mais quand on a lu son article, on n’en croyait pas nos yeux, une telle censure ! Son titre était quelque chose du genre « pour faire peur à l’Europe, la Russie a regroupé des journalistes et leur a montré la flotte de la mer Noire », et vous me demandez pourquoi l’Europe n’est au courant de rien ! Justement à cause de ce genre de journalistes !

Le Point : Depuis neuf mois, la Russie a-t-elle réussi à développer ses relations avec des pays en dehors de la sphère occidentale ?

Maria Zakharova : Nous ne nous impliquons pas dans des coups ou des renversements. Pendant toutes ces années, nous nous sommes vraiment efforcés de nous tourner vers l’Occident. Aujourd’hui, nous souhaitons avoir des relations harmonieuses et équilibrées avec tous ceux avec qui il est possible de construire des relations sur un pied d’égalité, mutuellement  respectueuses et bénéfiques. Une conception « multi vecteurs » avait commencé à être déployée dès l’arrivée de Primakov aux Affaires étrangères (Evgueni Primakov a été ministre des Affaires étrangères de 1996 à 1998 avant de devenir Premier ministre, NDLR). Avant lui, on n’avait d’yeux que pour l’Occident. Kozyrev (Andreï Kozyrev a été ministre des Affaires étrangères de 1990 à 1996, NDLR) avait même prononcé la phrase suivante : « Il est impossible pour la Russie d’avoir des intérêts qui différeraient de ceux des États-Unis » ! Oui, il l’a dit, et aujourd’hui il dit que Lavrov était bien avant, et qu’aujourd’hui, il est terrible…

Mais ce qui est terrible, c’est justement ce qui s’est passé avec Kozyrev, et pas avec Lavrov. Ceux qui ont dirigé la Russie dans ces années 1990 avaient même l’impression qu’ils pouvaient réduire le nombre d’ambassades russes dans le monde, et ils l’ont fait ! Ils ne payaient pas les salaires des fonctionnaires du ministère, ne les envoyaient plus en mission, etc. Primakov, lui, a insisté sur nos intérêts nationaux et sur la nécessité d’une diplomatie forte. Il a tout fait pour qu’on reçoive nos salaires et que nos ambassades ne manquent de rien. C’est depuis ce moment-là que la Russie a commencé à tisser des liens étroits en dehors de l’Occident. Et aujourd’hui, ces pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine sont justement ceux qui, contrairement aux exigences des USA, n’adoptent pas de position anti-russe. Et ils représentent la majorité des pays du monde !

L’armement que vous envoyez en Ukraine est déjà en train de se déverser en Europe sur le marché noir.

Le Point : L’Occident mène-t-il, selon vous, une politique anti-russe ?

Maria Zakharova : Ce n’est pas une position anti-russe, c’est une position antinationale vis-à-vis de vos propres peuples. Qu’avons-nous à voir là-dedans ? Bien sûr, nous aimerions être perçus normalement, objectivement et positivement, mais que peut-on y faire ? En premier lieu, c’est vous-même que vous détruisez ! Finalement, vous n’avez plus rien, vous ne disposez plus des ressources ni des possibilités que vous offraient les relations avec la Russie, et vous n’avez même plus la paix en Europe.

L’Ukraine flambe depuis 2014 dans le Donbass et personne ne s’en préoccupait. Vous n’arrivez même pas à comprendre que tout l’armement que vous envoyez en Ukraine est déjà en train de se déverser en Europe sur le marché noir. Vous savez pourquoi ? Parce que ce que vous pensez être la mafia « russe » n’a jamais été « russe », ce sont plutôt des gars de Moldavie et d’Ukraine. Vous avez toujours cru que tous ceux qui venaient de l’ex-URSS étaient des Russes, vous n’avez jamais fait la distinction. Vos ministères de l’Intérieur, vos forces policières et services de renseignements sont au courant, mais l’opinion publique en général ne le sait pas. Je vous félicite, après avoir reçu les « élites » d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, aujourd’hui vous avez remplacé tout ça par des gens qui viennent d’Ukraine, mais ce ne sont pas des gens qui veulent travailler ou étudier…

Le Point : Vous voulez dire, les réfugiés de guerre ?

Maria Zakharova : Oui, vous les appelez comme ça. Beaucoup souffrent de la situation humanitaire, c’est vrai, mais ce ne sont pas des gens qui apporteront leur part personnelle à la vie en Europe, ils vont juste en profiter !

Ils ont besoin d’allocations, de logements et ils utiliseront cette situation politique. Ils ont vu comment en profiter… Nous connaissons leur mentalité, vous non. Vos belles valeurs sur la tolérance ont perdu leur sens : on est passé à la complaisance. La tolérance n’est plus du tout le respect d’un avis différent ou la possibilité d’écouter quelqu’un qui n’a pas la même mentalité que vous, c’est devenu une complaisance vis-à-vis de tous ses actes d’une personne, bons ou mauvais. Du coup, c’est le chaos.

Le Point : Parleriez-vous ainsi si nous étions avant le début de la guerre, en février 2022 ?

Maria Zakharova : Bien sûr ! Ça fait des années qu’on le dit, au moins depuis 2014. Et souvenez-vous qu’en 2007, Vladimir Poutine était venu à la conférence de Munich. Il avait dit : « Réfléchissez bien, que voulez-vous de nous ? Que nous soyons ensemble ou pas ? Sachez que nous, on ne peut pas rester impassibles face à vos mensonges ! »

En 2015, sur la Syrie, Poutine déclare à l’Assemblée générale de l’ONU : « Si vous voyez, comme moi, que l’État islamique existe, il faut s’unir pour le contrer. Comme en 1941, quand nous avons tous raté Hitler justement parce que vous ne vous  étiez pas décidé à temps ! Unissons-nous et ensemble, nous vaincrons l’EI. » Une moitié du public s’est moquée, l’autre a hué… Poutine a dit OK, il est rentré à Moscou, et la semaine suivante nos avions partaient pour la Syrie. Il avait raison, en tous points, même si, à l’époque, beaucoup nous ont menacés. Aujourd’hui, les mêmes pays nous remercient et nous disent qu’on les a sauvés ! Qu’est-ce que vous croyez ? Que ça se serait terminé comme ça avec la Syrie ? Pas du tout, « l’Occident collectif » aurait été ailleurs, là où il y a du gaz et du pétrole. Ils ne vont jamais là où règnent la pauvreté, les problèmes et la famine. Uniquement là où il y a des ressources.

Le Point : L’Occident ne se serait réveillé qu’à cause du conflit en Ukraine ?

Maria Zakharova : Qui s’est réveillé ? L’Occident ? Il dort d’un sommeil léthargique. Ce sont les États-Unis d’Amérique les plus actifs à ce jeu. L’Union européenne est un peu comme le /Titanic/, l’eau rentre par tous les côtés, mais l’orchestre continue à jouer !

Dès que la bataille est honnête, les Américains perdent.

Le Point : Les médias et dirigeants politiques occidentaux ont interprété le retrait des troupes russes de Kherson comme une défaite . Pouvez-vous convaincre qu’il en est autrement ?

Maria Zakharova : Nous n’avons aucune intention de convaincre quiconque de quoi que ce soit. L’époque où on essayait de convaincre est passée, c’est leur problème. À eux de voir comment ils vont prendre tout ça ! Certains dorment, ou nous sifflent, mais tous s’occupent de livraisons d’armes, et nous, on a déjà compris que la discussion sous ce format était inutile. On leur a couru après pendant huit ans, on a essayé d’obtenir, via les Occidentaux, que Kiev respecte les accords de Minsk. Pendant huit ans, les Occidentaux ne l’ont pas fait. Et on irait maintenant parler avec eux ?

Je comprendrais que vous n’avez pas pitié de nous, je comprends même que vous n’ayez pas pitié de l’Ukraine, mais enfin, vous n’avez même pas pitié de vous-mêmes, avec toutes ces armes que vous livrez, vous avez oublié tous les actes terroristes commis sur vos sols ? Vous en avez tous subi. Personne n’y prête attention, c’est devenu un problème de politique intérieure. En plus, à la tête des institutions politiques de certains de ces pays se tiennent des personnes liées aux États-Unis parce qu’elles y ont étudié, travaillé… Les États-Unis ne veulent qu’une chose : primo, dominer le monde et être les seuls qui contrôlent tous les processus ; deuzio : ne pas avoir de concurrents…

Or, dès que la bataille est honnête, ils perdent. Technologiquement, ils ont déjà perdu face à la Chine ; économiquement, financièrement et d’un point de vue civilisationnel, ils ont perdu face à l’Europe et au reste du monde ; du point de vue de leur complexe militaro-industriel, ils ont compris qu’ils étaient en retard. Pour ce qui est du cosmos, je suis ravie qu’on puisse y envoyer des voitures, mais ça a été rendu possible grâce à nos fusées de lancement ! Tout ça n’est que de la com. En fait, les États-Unis ont tout perdu à cause de la crise de leur système fondé sur cette suprématie du dollar. Leur dette est gigantesque. Leur économie n’est pas réelle, elle n’est que virtuelle. Il vous faut des preuves ? Écoutez Trump ! Quand il parlait de « Make America Great Again » ça voulait dire qu’il fallait revenir à l’économie réelle !

Souvenez-vous comment le G20 a été créé, en 2008, au moment où le marché américain de l’immobilier avait éclaté, embarquant avec lui toutes les Bourses mondiales. C’était une crise mondiale mais artificielle, à cause  du système hypothécaire américain… Or, là, en 2008, ils avaient besoin de tout le monde pour réanimer le système économique mondial, de l’UE, du Brésil, des pays du Golfe, de la Russie, de la Chine. « Big Brother », pardon pour l’expression, avait fait dans sa culotte, il fallait que tout le monde aide… Ensuite, quand il s’est remis, « Big Brother » a commencé à se mêler de l’Irak, de la Libye, de l’Afghanistan, de la Syrie, et de l’Ukraine…

Le Point : Les relations russo-américaines étaient-elles plus faciles sous Trump que sous Biden ?

Maria Zakharova : Pas du tout, surtout quand, tous les jours, Trump était accusé d’avoir des liens spéciaux avec les Russes… Et qu’est-ce que ça veut dire « plus  facile » ?

Le Point : N’est-ce pas plus compliqué aujourd’hui, avec Biden ?

Maria Zakharova : Aujourd’hui, c’est plus marrant… Non, je plaisante, mais on se rend tous compte que ce qui se passe est absurde. Le scrutin qui a élu Biden en 2020 s’est déroulé de manière sauvage, pas honnête. Les Américains eux-mêmes le disent : lisez les sondages selon lesquels la population ne croit pas en ces résultats ! Et de quelle liberté d’expression parle-t-on quand on ferme le compte Twitter d’un président en exercice, rendez-vous compte, en exercice ! Uniquement parce que c’est le souhait des sphères libérales !

En 2016, Trump a gagné justement parce qu’il avait été capable de s’adresser directement à son public via les médias sociaux. Pendant ces 4 ans, il n’y a pas eu un seul jour où on ne l’accusait pas de liens avec la Russie, mais qu’avons-nous donc à voir là-dedans ? En revanche, nous avons bien vu comment certains dirigeants européens étaient liés, eux, à Hillary Clinton. François Hollande, par exemple, qui l’a félicitée avant même que les résultats soient proclamés, il voulait sans doute être le premier. Le problème est plutôt qu’on a accusé la Russie de soutenir Trump, même si aucun fait ne le prouve, alors que certains soutenaient ouvertement Hillary Clinton et là, c’est encore une fois deux poids, deux mesures. Ils pensent qu’ils ont le droit de le faire et pas nous. Ils expliquent que c’est parce que nous ne serions pas une « vraie » démocratie. Voilà, tout est dit.

Classe ! On leur demande : mais qui définit une « vraie » démocratie ? Nous, « l’Occident collectif », ils répondent. L’Iran ? Non, l’Iran n’est pas une démocratie, le Venezuela ? Non plus… En 2020, Mme Rodriguez, la vice-présidente du Venezuela, a prononcé une phrase géniale lors d’une visite ici à Moscou : « Savez-vous combien de scrutins électoraux nous avons organisés ? Pas un seul n’a plu aux États-Unis ! Pourquoi ? Parce que ce ne sont pas les élections qui les intéressent, mais leurs résultats ! » C’est ainsi : les Américains ne considèrent comme légitimes que les résultats électoraux qui leur conviennent.

Le Point : Le /Wall Street Journal /affirme que, ces dernières semaines, le Kremlin et l’administration présidentielle ont mené des discussions officielles concernant la menace nucléaire. Confirmez-vous ?

Maria Zakharova : Je ne sais pas à quels contacts en particulier vous faites allusion. En revanche, pour ce qui concerne notre position sur l’arme nucléaire, nous essayons de rassurer tout le monde. Nous avons publié une déclaration à ce propos sur le site du ministère des Affaires étrangères. Cessons ces spéculations, cessons d’en parler.

Le Point :  Mais si Vladimir Poutine en parle, les spéculations reprendront…

Maria Zakharova : En parle-t-il maintenant ? Non. C’est nous qui décidons ce qu’on a envie de dire, et vous, vous décidez ce que vous avez envie d’entendre. Nous continuerons à dire ce que nous avons envie de dire. Et pour ce qui est de poursuivre le dialogue, écoutez… Ici, Macron nous a tous fatigués.

Surtout quand on a appris que pendant ses coups de fil avec Moscou, il y avait une caméra derrière lui et que tout était enregistré pour un film (/Un président, l’Europe et la guerre/, 2022, NDLR). Avec qui on parle alors, et de quoi ? Cela fait huit ans qu’on a déjà discuté de tout et pour ce qui est de l’Ukraine, ce sont les États-Unis qui décident.

Rendez-vous compte que l’ambassadeur d’Ukraine en Allemagne a traité le chancelier Scholz de « saucisse offensée » (en mai 2022, NDLR), c’est comme s’il lui disait que son seul boulot était de continuer à donner de l’argent, des armes. Avec qui pourrait-on parler de l’Ukraine dans l’UE? Conseillez-moi. Peut-être avec Borrell ? Ou avec un Italien ? Ou avec l’Allemande Baerbock, spécialiste de l’écologie ? Avec qui parler, et de quoi ? Ils ne savent même pas de quoi ils parlent…

Le Point : Personne en Europe ne pourrait donc influencer la situation ?

Maria Zakharova : Ils le pourraient, s’ils admettaient que le centre des décisions se trouve à Washington qui prend des sanctions, établit des listes, livre des armes, dit qu’il faut accueillir des réfugiés, faire ceci, ou voter cela… Comment les Européens pourraient-ils admettre tout ça, alors qu’ils n’arrivent même pas à être indépendants, c’est-à-dire à agir par eux-mêmes ? Le plus triste, et je le dis sur un ton sarcastique, c’est que chaque État de l’UE pense qu’il est indépendant, en est convaincu, même s’ils sont incapables de dire en quoi ça consiste. Ils sont même  incapables de poser des questions tout doucement, par exemple, celle-ci : qui a fait exploser les gazoducs (Nord Stream, NDLR) au fond de la mer Baltique ? Ils n’ont même pas le droit de la poser. Pourtant, quand un certain Skripal avait été empoisonné (Sergueï Skripal est un agent russe devenu un agent double britannique, qui a survécu en 2018 à une tentative d’empoisonnement au Novitchok, NDLR), toute l’Europe en parlait… mais en quoi cela concernait-il la France, l’Italie, la Grande-Bretagne ? Ils ne savaient même pas ce qui s’était vraiment passé.

Alors que ce projet est celui d’une infrastructure nous concernant tous. Oui, c’est notre gaz et nos tubes, mais pour approvisionner l’Europe ! Il a été détruit et aucun chef d’État ou Premier ministre de l’UE n’ose poser cette question simple : qui a fait ça ? Et vous me parlez de politique indépendante européenne ! Le peuple, lui, est capable de se poser des questions, mais chez lui, pas publiquement. Dès que quelqu’un s’exprime là-dessus, les services spéciaux viennent le voir et l’accusent d’être un agent russe.

Le Point : Vous pensez que ce que vous dites là arrive en France ?

Maria Zakharova : Je ne le pense pas, je le sais…

Le Point : La russophobie existe-t-elle en France ?

Maria Zakharova : Les Français tentent d’y résister parce qu’ils lisent, regardent des films, vont au théâtre et qu’ils sont habitués à penser et réfléchir par eux-mêmes grâce à leur niveau de culture. Mais on essaie de la leur imposer d’en haut. Comme en Espagne, au Portugal et en Grèce.

Le Point : Vous évoquez souvent ce que vous qualifiez de « deux poids, deux mesures » entre la Russie et l’Occident, pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par-là en rapport avec l’Ukraine ?

Maria Zakharova : Voici un exemple : en 2012, un groupe de jeunes femmes russes habillées en punk a fait irruption dans une cathédrale de Moscou. Elles s’appelaient les Pussy Riot. Elles ont bondi derrière l’autel, dansé sur fond d’icônes et d’objets saints, fait quelques déclarations et posté ce moment sur les médias sociaux. En Russie, le peuple et les structures de sécurité ont été épouvantés. Cette cathédrale du Christ Sauveur est la plus grande sur le territoire de la Russie, elle a été complètement reconstruite après sa destruction par les communistes qui en avaient fait une piscine. Elle avait été érigée avec l’argent du peuple, d’abord au XIXe siècle pour célébrer notre victoire sur Napoléon en 1812, puis au XXe. Ces filles ont profané en quelques minutes tout ce en quoi les gens de notre pays croient ! Elles voulaient provoquer. Le monde libéral les a défendues et aussi Madonna, Sting, Red Hot Chili Peppers, etc. On nous disait : Comment osez-vous punir des jeunes femmes pour leurs actes civiques ? C’est de l’art !

Aujourd’hui, on voit qu’en différentes parties de l’Europe des activistes, du même âge qu’elles, pénètrent dans les musées et jettent une substance sur des œuvres. Ils protestent contre ce qu’ils estiment être un préjudice infligé à la nature par les industries. Leur but n’est pas de détruire l’œuvre d’art protégée par une vitre, mais d’attirer l’attention sur ce problème. Et que voit-on ?

Personne ne s’exprime en leur faveur. Ni l’Union européenne, ni le président des États-Unis, ni aucun diplomate ne les soutiennent, alors que chacun d’entre eux défend un programme environnemental et que dans tous ces pays, les démocrates considèrent l’écologie comme un thème central. Tout ça pour vous dire que des actions grotesques similaires n’aboutissent pas aux mêmes réactions.

Quand ça se passe en Russie, c’est critiqué, mais dès que ça touche l’Occident, ces personnes sont  considérées comme des hooligans ! Pourquoi ? J’aimerais bien le savoir ! Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Combien de jeunes ont terminé en prison pour avoir participé aux Gilets jaunes en France ou à des protestations en Amérique ? Des centaines, des milliers de gens partis à l’assaut du Capitole ont été pénalement condamnés. Mais dès que c’est chez nous, ça concerne immédiatement les États-Unis, Bruxelles, Paris, Rome, Madrid, Lisbonne ! J’ai envie de dire : eh, les amis, faudrait peut-être avoir les mêmes standards !

Pour ce qui est des élections, c’est la même chose. Aux États-Unis : personne ne comprend ce qui s’est vraiment passé. Des observateurs de l’OSCE se sont exprimés avec grande délicatesse sur les violations. Je le sais, j’ai attentivement lu leur conférence de presse. Alors que pour ces mêmes observateurs occidentaux, pas un seul scrutin ne s’est déroulé tranquillement chez nous. Chaque fois, c’était la même hystérie. Nous ne nous mêlons pas des élections aux États-Unis, alors qu’ils ne se mêlent pas des nôtres ! C’est un second exemple. Et au Venezuela ! Pour les Occidentaux, Maduro n’est pas président. OK mais qui est-ce alors ? Même si aujourd’hui, tout a changé, Macron l’a salué, et aussi Kerry qui, je le rappelle, représente un pays qui le recherche.

Le Point ? Et l’Ukraine ?

Maria Zakharova : En ce qui concerne l’Ukraine, tout a commencé quand les États-Unis, de concert avec l’Union européenne, Bruxelles, Berlin et Paris dans une moindre mesure, Varsovie et les pays Baltes ont commencé à se mêler des affaires internes de ce pays, et ils n’ont pas fait que ça : ils ont carrément modelé la situation sur place en dépensant de l’argent, en multipliant les soutiens politiques, en formant ceux qui, en 2014, avaient fomenté le coup d’État. En 2004, la Révolution orange, c’était quoi ? Le troisième tour des élections ? Alors que tout le monde voyait bien que Ianoukovitch (l’ex-président ukrainien pro-russe entre 2010 et 2014, NDLR) les avait gagnées. Tout le sud-est de l’Ukraine avait voté pour lui. Donc ils ont conçu une Ukraine à leur main, ont été à la source d’un changement gouvernemental et ont transformé les problèmes énergétiques en facteur politique. Ce sont eux qui ont décidé comment l’Ukraine allait nous acheter de l’énergie et que ces tuyaux passeraient à travers leur territoire en transit. Ensuite, il est apparu qu’eux seuls avaient le droit d’agir ainsi, encore un double standard, et ça ne pouvait qu’exploser, car quand on met dehors à deux reprises un président élu, ça ne peut pas bien se passer. Ils l’ont viré comme un malpropre !

Le Point : Pouvez-vous expliciter le terme « Occident collectif » ?

Maria Zakharova : C’est le fait que vous n’avez aucune politique extérieure individuelle !

À de nombreuses reprises, lors de conférences de presse, j’ai été témoin des questions posées par des journalistes à des ministres des Affaires étrangères des pays européens. Tous répondaient qu’ils n’avaient pas le droit de donner leur avis sur des questions internationales globales parce qu’ils suivent une politique collective au sein de l’UE et de l’OTAN. Donc ils ne peuvent que commenter que les relations bilatérales.

Vous êtes l’« Occident collectif » parce que vous êtes unis dans un système administratif de direction au sein de l’OTAN. Depuis les années 1990 et 2000, l’UE a cessé d’être une union politico-économique, elle est devenue une partie de l’OTAN, elle a cessé d’être autonome.

Pourtant, selon certains sondages, la population de tel ou tel pays européen ne soutient pas les sanctions anti-russe, et ce, non par amour pour la Russie, mais parce que ça leur rend la vie plus complexe, mais elle n’a aucun moyen de déléguer son opinion aux dirigeants. On sait très bien qui a pris le premier la décision des sanctions au lendemain de 2014, c’est Biden, alors vice-président, c’est lui qui a influencé la décision de l’UE, c’est de notoriété publique. C’est seulement après que les pays de l’UE ont décidé de nous sanctionner, alors, vous voyez bien ce qu’on veut dire avec l’idée de « l’Occident collectif » ! Il n’y a rien de répréhensible à prendre une décision de façon collective, nous
aussi sommes membres de structures collectives, mais il y a une différence fondamentale : nous décidons avec les autres sur un pied d’égalité.

Sur certaines questions pas vraiment cruciales, les Européens prennent des décisions de concert, mais dès que certains pays sont tentés de prendre des décisions qui leur seraient individuellement bénéfiques, mais qui diffèrent de ce qui est important pour la superstructure, ils sont punis. Regardez ce qui se passe en Pologne, et ça n’a rien à voir avec la Russie, elle a sa propre législation nationale sur la question du genre ou la question nationale, mais si ça ne plaît pas à Bruxelles, ils sont punis ! Et la Hongrie ! Comment on l’a traitée, comment on traite Orban ! Voilà : personne ne peut prendre ses propres décisions si elles ne coïncident pas avec les opinions de « Big Brother ».

 

Source secondaire: Maria Zakharova, une femme au cœur du pouvoir russe (reseauinternational.net)

 

Un marché d’un autre genre est né: le juteux marché du TRANSGENRE (Delépine)

Par Nicole Delépine. Sur Mondialisation.ca.

Un nouveau drame appelle notre vigilance : les malheurs de Chloé «TRANSGENRE»

Une adolescente ex-trans poursuit les médecins qui l’ont mutilée alors qu’elle était mineure. Chloé Cole a reçu des bloqueurs de puberté, des hormones transsexuelles, et subi une ablation de la poitrine à l’âge de 15 ans. Elle a décidé de poursuivre le groupe médical et l’hôpital qui ont facilité sa transition de genre alors qu’elle était mineure. Car aujourd’hui elle regrette profondément ses choix.1 2

[Voir aussi :

MAUVAIS GENRE chapitre 1 UNE ÉPIDÉMIE MONDIALE
Idéologie LGBTQ+… Un Transgenre raconte sa détransition
La transsexualité dénoncée par une transgenre repentie
Vague de poursuites à l’encontre de psychiatres et de médecins qui ont approuvé les mutilations et les chirurgies transgenres
La théorie du genre a-t-elle transformé en profondeur nos sociétés occidentales ?
Dysphorie de GENRE : le mirage de la TRANSITION
« Une femme est une femme, un homme est un homme » : Poutine s’engage à protéger la Russie de « l’obscurantisme de genre » de l’Occident]

L’histoire de Chloé3

« Dès l’âge de neuf ans, Chloé Chole a commencé à “se questionner sur son genre”. À douze ans, elle dit à ses parents qu’elle veut “changer de sexe”. Ne sachant pas quoi faire, ces derniers sollicitent une aide médicale.

Un traitement “radical”

À aucun moment les médecins ne repoussent son “désir de transition”. De 13 à 17 ans, Chloé Cole subit un “traitement radical”hors autorisation de mise sur le marché et “insuffisamment étudié”, comprenant des bloqueurs de la puberté, un traitement par hormones sexuelles croisées et une double mastectomie.

Devenue adulte, elle regrette d’avoir subi “un traitement médical expérimental et irréversible”. “J’ai pris une décision d’adulte quand j’étais enfant” déclare-t-elle ».

Elle va poursuivre l’hôpital et les professionnels qui « ont effectué, supervisé et, ou, conseillé une hormonothérapie transgenre et une intervention chirurgicale ». Elle demande des dommages-intérêts punitifs. Les adultes m’ont mis en danger.

De fait ils ont manipulé les parents par le mythe du suicide qui menace et qui « serait évité » par ce long parcours médical, radical, irréversible qui pourtant mène plus souvent à l’issue fatale que l’inverse. En effet une étude canadienne montre que le taux de tentatives de suicide est de 3 % chez les hétérosexuels, 15 à 25 % chez les gays, lesbiennes et bi, mais dépasse les 45 % chez les trans comme l’illustre le graphique qui suit.

Chloé se bat pour elle, mais surtout pour tous les autres : « Je veux tenir responsables les adultes qui m’ont mis en danger, parce que ce qui m’est arrivé est horrible, mais cela n’est pas arrivé qu’à moi », insiste la jeune femme. « Cela arrive aux enfants partout aux Etats-Unis, partout en Occident, et cela se répand dans le monde entier »

LE TEMPS DES PROCÈS EST ARRIVÉ

Les procès apparaissent en Californie, en Angleterre et des cliniques jusqu’ici fort rentables sont obligées de fermer.

Comment en sont-ils arrivés là dans les pays anglo-saxons, et comment éviter chez nous les mêmes déviances ?. Aujourd’hui en France allons-nous tenter une nouvelle fois de copier, et reproduire les délires d’outre-Atlantique, d’outre-Manche ou scandinaves, alors même que ces pays commencent à en prendre conscience des dangers que leur permissivité fait courir aux adolescents mal dans leur peau. En France toujours deux décennies de retard…

Un rapport de janvier 2022 remis au ministre Véran montre que le nombre de personnes se disant trans ou en parcours de transition représente 0,013 % de la population (8952 personnes parmi plus de 67 millions de Français). Mais la publicité redondante à la télévision, la formation des petits à l’école à leur soi-disant libre choix entraînent des conséquences…

D’après les données de l’Assurance maladie :

« Les demandes de prise en charge de chirurgie mammaire et pelvienne de réassignation ont quant à elles été multipliées par quatre entre 2012 et 2020, avec respectivement 113 et 462 demandes ».

Par ailleurs :

« Le nombre de séjours en établissements de médecine, chirurgie et obstétrique pour transsexualisme a été multiplié par trois entre 2011 et 2020, passant de 536 à 1 615. »

On se demande pourquoi actuellement un feuilleton ou film récent se croit obliger d’insérer un trans dans le scénario, pourquoi le ministre de l’Éducation nationale semble vouloir traiter ces domaines en priorité et pourquoi de multiples articles de journaux pleurent sur ces pauvres soi-disant « victimes de leur sexe » alors qu’ils le deviendront à coup sûr par l’utilisation généralisée de leur drame privé ;

Pourquoi les dirigeants politiques se croient-ils obligés d’afficher la caractéristique trans de tel ou tel ministre alors que cela ne devrait relever que de leur domaine privé.4

Ils ou elles (iel ?) deviendront victimes à coup sûr si elles sombrent dans ce parcours du combattant qui les rendra à jamais dépendants du système médical (par ailleurs défaillant)…

Pour combien de « satisfaits » ? Et pour combien de temps ? L’idée n’est pas de refuser à quelques rares adultes cette reconnaissance et ces actes médicaux, mais d’informer, avertir enfants et adultes de la terrifiante manipulation qui mène des enfants en bonne santé, mais qui se posent avec plus d’acuité que la moyenne leur devenir sexuel à plonger dans ce parcours médical, ce petit monde fermé dans lequel ils trouvent au début une communauté accueillante, mais qui se transforme selon leurs confidences progressivement en un enfermement pour la plupart.

L’argent : cherchez l’argent, toujours

Malheureusement la soi-disant humanité dont on multiplie les faux sens télévisés en mettant in fine sur le trottoir ou dans la drogue des êtres humains, « migrants » désinformés sur les conditions de vie occidentales, et dépouillés de leurs économies pour payer les passeurs, cette soi-disant humanité est la même qui pousse des enfants à la mutilation, pour satisfaire des prédateurs avides d’argent ou de « belles » interventions de modelage d’un pénis chez une femme ou d’un vagin chez un homme… Appât du gain et distraction de la routine de l’appendicite ou du cancer du côlon d’un chirurgien blasé ou les deux ou encore envie de notoriété ? En tous cas le sort de « l’objet » à remodeler, du patient devenu objet n’a probablement pas grand-chose à voir avec la compassion pour l’enfant ou l’adulte angoissé par sa sexualité, du moins dans la majorité des cas…

Le lobby trans affirmatif a de gigantesques moyens

Soutenu notamment par la fondation Thomson Reuters, la société mondiale de services d’information, et par l’un des plus gros cabinets internationaux d’avocats, Dentons5.

On se demande pourquoi les pouvoirs publics accordent une telle importance aux militants trans-affirmatifs qui ne représentent que très peu de personnes. Pourquoi leur ouvre-t-on les portes des ministères (en premier lieu santé, éducation, etc.), des collectivités locales qui financent abondamment leurs projets 6 ou des autorités administratives comme le Défenseur des droits ou le Contrôleur général des lieux de privation de liberté ?

Les rapports censés orienter les choix de la HAS en matière de recommandations sont confiés à des personnes, tout sauf indépendantes et objectives.7 Plaidant pour leur paroisse et ne tenant aucun compte de l’expérience acquise par les pays pionniers des traitements de transition médicale, et qui justement en reviennent comme la Suède.8

Depuis une vingtaine d’années, la folie du « genre » avait atteint le monde anglo-saxon et scandinave, nous épargnant relativement (en dehors des séries…). Mais récemment la mode « de changer de sexe » dès l’école primaire s’est installée officiellement en imposant aux enseignants d’accepter que l’élève choisisse un nouveau prénom sans l’accord de ses parents.

Le ministre de l’Éducation prétend que l’éducation sexuelle est une priorité dans un pays où les jeunes ne savent plus ni écrire, ni compter, ni calculer même à l’entrée de prépas réputées…

Nous devons nous préoccuper de cette nouvelle dérive pour savoir comment aborder ces sujets délicats, sans braquer, avec nos jeunes, proches, amis, familles, soumis à la pensée unique des réseaux sociaux colonisés par des « militants » d’un seul discours renchéri par France info et co…

Ainsi trop d’adolescents, en recherche d’eux-mêmes se trouvent embarqués dans un parcours de genre, tout malaise étant interprété comme une « dysphorie »9 pourtant rarissime. Les médecins consultés choisis pour leurs « compétences » autoproclamées sont le plus souvent des militants de la transition et orientent systématiquement d’emblée les enfants vers ce type de réponse, oubliant toutes les autres causes de mal être de cette tranche d’âge pour peut traiter moins brutalement.

Un marché juteux et trop de victimes embarquées sans réel diagnostic, sans précaution

Ce serait le règne de l’autodiagnostic ! Une enfant de quatre ans qui se dit garçon a forcément raison et il faut aller dans son sens, c’est ce qu’on explique aux parents perdus et pas préparés à ce genre de déviance, et les enfants de quatorze ans peuvent imposer leur « transition » dans le secret, sans en informer leurs parents.

ON FAIT VOTER AUX DÉPUTÉS LA DÉPATHOLOGISATION DE LA TRANS-IDENTITÉ

Comme si on pouvait choisir son sexe ! Le sexe est une constance biologique déterminée lors de la fécondation par la loterie du mélange des gênes X et Y des parents. Cette reproduction sexuée apporte un avantage biologique à l’espèce qui l’adopte et pour cette raison se retrouve chez toutes les espèces vivantes évoluées. Prétendre qu’on pourrait choisir son sexe ou que celui-ci est uniquement la conséquence d’un apprentissage social est un mensonge éhonté véhiculé parmi les députés, mais surtout les jeunes en souffrance et leurs parents qui ne peuvent plus donner de nécessaires « limites » aux jeunes sans se sentir ou être traités de parents indignes. On ne pourra jamais changer que l’apparence, mais jamais le sexe chromosomique ! Le changement de sexe promis aux jeunes gens est une imposture.

Société de la folie. Essayons de sortir du délire ambiant !

De la loi du 31 janvier 2022 interdisant les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne10 qui ont répété à l’envi que « la transidentité n’était pas une maladie » et « que chacun devait être libre de choisir son identité de genre, sans se laisser imposer “un modèle hétéronormé binaire”11. » Cette revendication n’est pas propre à la France. La dernière version de la classification internationale des maladies éditée par l’OMS (CIM 11) vient de transférer « l’incongruence de genre » du chapitre des affections psychiatriques vers celui de la santé sexuelle.

Alors que les soins à la vue de tous sont de plus en plus compromis par le délabrement continu de notre système de santé, la disparition des médecins de famille, la fermeture récurrente des urgences hospitalières et des blocs opératoires repoussant aux calendes grecques une intervention urgente, l’objectif du gouvernement et de ses instances telles la HAS est de créer un HOMME NOUVEAU avec tous les moyens y compris financiers détournés de la sécurité sociale.

Ainsi pour ces avocats d’un nouveau monde rêvé par Huxley et exposé par Laurent Alexandre, le sexe n’existe plus, c’est un fantasme que vous pensez voir à l’échographie prénatale et à la naissance et seul le GENRE existe… Et c’est bien sûr la sécurité sociale, la solidarité nationale qui doit assumer vos fantasmes ou plutôt vos pseudo-fantasmes bien utilisés par les lobbies fournisseurs de clients à la filière transhumaniste.

Ainsi est affirmé le droit à réquisitionner la médecine et la solidarité nationale afin de transformer et mutiler son corps pour le faire correspondre à ses fantasmes :

« Nous passons à un modèle dans lequel la personne détermine librement et elle-même son genre ainsi que le recours à tel ou tel traitement (…) ». « Il s’agit là aussi de mettre en œuvre des moyens du champ médical non pas pour soigner une pathologie, mais pour concrétiser le droit à disposer de soi-même »

Ainsi alors que le choix revient en totalité à la personne, c’est la société qui doit rembourser à 100 % les frais induits chez un être humain considéré comme normal, non malade, mais classé en affection de longue durée pour remboursement total des interventions et autres traitements médicaux.

Il semble bien que le médecin généraliste soit sommé « d’établir un protocole de soins de transition médicale à la demande de son patient non malade (ne pas confondre, sous peine de sanction pour discrimination), c’est-à-dire de lui prescrire les produits hormonaux réclamés et lui fournir des ordonnances nécessaires à la chirurgie. Pourra-t-il s’y refuser ? Avec la loi du 31 janvier 2022, rien n’est moins sûr ».

En résumé un diagnostic établi par la personne (considérée comme non malade, y compris mineure) sans confirmation médicale et un accès AUTOMATIQUE A LA TRANSITION MÉDICALE ET/OU CHIRUGICALE. !

Un drame social et financier,12 mais surtout individuel d’une personne en souffrance, en mal être13 en raison de ce qu’elle pense suite à ses lectures internet, ses participations à des forums influencés par les lobbies très riches, et la confirmation ou l’acceptation quasi automatique des médecins consultés qui appartiennent automatiquement aux lobbies, puisque la personne est orientée vers les « spécialistes ».

Imaginez un instant : je décrète avoir un cancer des ovaires et me fais enlever les gonades et prescrire un traitement hormonal sans avis médical et avec obligation pour le corps médical de me prescrire ces traitements qui seront automatiquement remboursés.
On peut décliner ce modèle pour se sentir avoir une sclérose en plaques et exiger les traitements ou un lymphome… Cela paraît exagéré, mais c’est exactement cela qui se passe en matière de changement de sexe et de son effroyable parcours qui transforme définitivement la personne en malade chronique, tant les traitements hormonaux à vie et la surveillance des sites opératoires s’imposent à vie, sans même parler de ceux, nombreux, qui feront le chemin inverse (détransition et rebelote pour les hormones inverses et les interventions…).

La prudence minimale enterrée

Des vies perturbées, gâchées au nom d’une pseudo liberté et de décisions privées de la plus élémentaire prudence ne respectant même plus, dans le cadre particulier du changement de sexe, des dispositions protectrices du Code civil et du code de santé publique interdisant les interventions mutilantes14 et les prescriptions hors AMM.

Notre société avide de copier les délires new-yorkais ou californiens est entrée dans un nouveau monde, « le meilleur des mondes » d’Huxley15, où au nom d’une pseudo liberté individuelle accrue, on soumet en réalité les esclaves du net et de la propagande télévisuelle via Netflix et autres, à un avenir lourd de drames personnels via les traitements médicaux lourds et les mutilations irréversibles menant trop souvent au suicide.

CHANGEMENT DE PARADIGME IMPOSÉ PAR NOS GOUVERNANTS

Voici la justification de la détermination du gouvernement à imposer ces pratiques qu’on pourrait aussi considérer comme barbares vers un changement de paradigme :

« Les nombreux échanges réalisés par la mission, les évolutions du contexte international (CIM 11) l’ont convaincue qu’un changement de paradigme dans les parcours de soins des personnes trans est à la fois nécessaire, attendu et possible.

Les changements doivent reposer sur des principes éthiques et politiques : dépathologisation de la transidentité, autodétermination des personnes seules à même de définir leur identité de genre, non-discrimination, égalité géographique et sociale d’accès aux soins. Les travaux à venir de la HAS doivent par ailleurs contribuer à intégrer l’état des connaissances, dans les pratiques de soins »16.

Donc la HAS n’aura aucun autre choix que mettre en pratique l’avis du ministre.

On a, dans le même temps, privé les parents de toute autorité, par conditionnement social et menaces pénales pour une fessée, donnant ainsi la toute-puissance sur les cerveaux de nos petits à une école qui n’enseigne plus le français ni le calcul, mais la sexualité, priorité avouée de notre actuel ministre de « l’éducation nationale »17.

Le rapport de janvier 2022 18 qui sert de base à la réflexion de la HAS sur les recommandations qui seront publiées en septembre 2023 est orienté par les lobbies qui l’ont rédigé et fait cruellement la place centrale au modèle « trans-affirmatif » immédiat, y compris pour les mineurs. Est-ce l’avenir que vous voulez pour vos enfants ? Et pourtant la maturité cérébrale ne serait acquise qu’à 24 ans…

Ces rapports préliminaires de janvier 2022 ainsi que le rapport de la HAS de septembre 2022 sur les futures recommandations ne font guère référence aux drames vécus par ces victimes de la mode et des médecins et seulement de façon insuffisante. La note de cadrage de la HAS de septembre 2022 19 avoue qu’elle a peu d’informations sur les « détransitions ». C’est pourtant un point fondamental, ainsi que la comparaison des suicides dans les tranches d’âge comparables et celles des sujets trans ou en parcours de transition.

Rappelons enfin la « définition du parcours de transition », d’après le rapport de l’IGAS 2022.

Les parcours de transition se déclinent en transition sociale, administrative, et médicale.

La transition sociale est le fait de vivre dans son environnement dans un genre social autre que son genre de naissance (de fait sexe de naissance !).

La transition administrative porte sur la modification du prénom et/ou de la mention de sexe à l’état civil.

« La transition médicale concerne l’ensemble des soins médicaux liés à la transition de genre (hormonothérapie, chirurgies). »

Les parcours de transition médicale désignent les parcours au sein du système de santé d’une personne transgenre, visant à d’obtenir les modifications corporelles souhaitées, à l’aide de soins délivrés par des médecins (hormonothérapie, épilation laser) et/ou chirurgiens (plasties de la poitrine, chirurgie pelvienne, etc.) et/ou d’autres professionnels de santé (orthophonie pour féminisation de la voix).

Ces parcours de transition devraient reconnaître l’autodétermination des personnes, permettre un choix éclairé en améliorant l’accès à l’information, rendre possibles des parcours de transition médicale diversifiés dans leur contenu et leurs modalités, faisant une plus grande place à la médecine de 1er recours et au travail en réseau, dépsychiatriser l’entrée dans les parcours, tout en permettant un accompagnement en santé mentale si nécessaire. La doxa officielle ne veut surtout pas « psychiatriser » alors que tous professionnels et proches conviennent que ces personnes ont besoin de soutien psychologique et souvent psychiatrique.

Dans ce rapport de l’IGAS, on note encore que la prévalence de cette dite dysphorie de genre chez les mineurs n’est pas établie.

« Selon une revue systématique de la littérature, à ce jour, la prévalence de la dysphorie de genre chez l’adolescent (âgés de 12 à 18 ans) ne peut pas être établie. Il y a des preuves d’une augmentation de la fréquence de consultation des adolescents pour traitement ces dernières années et les adolescents de sexe féminin à la naissance sont maintenant majoritaires ».

Enfin les troubles associés sont tout de même reconnus par l’IGAS. D’après une revue générale, la vulnérabilité des jeunes transgenres inclut les risques suicidaires, la dépression, l’anxiété, et l’auto-agressivité, ainsi qu’une persécution à l’école autant chez les garçons que chez les filles. » On aimerait des statistiques !

IL EST CLAIR QUE CES SUJETS MÉRITERONT APPROFONDISSEMENT ET SURVEILLANCE POPULAIRE

En effet dans notre société, est passée subrepticement la légalisation de l’avortement devenu infanticide puisqu’autorisée jusqu’à l’âge de neuf mois en août 2021 au sein de la loi dite de bioéthique, sans prise de conscience populaire qui s’étonne aujourd’hui de cette possibilité en Californie, sans savoir que la disposition existe en France.

Est passée également l’autorisation de fabrication de chimères homme-animal dans la même loi passée en catimini.

Peut-on citer également l’expérimentation à grande échelle d’une substance génique expérimentale, appelée fallacieusement vaccin, pour tromper les foules, mais évitée chez les animaux en raison de trop de mortalité dans les premiers essais ?

Alors laisserons — nous sans rien dire des enfants se faire martyriser, mutiler, transformer à un âge où la sexualité est silencieuse chez les plus jeunes, puis questionnable chez les adolescents, sans tenter de les protéger d’une idéologie mondialiste et d’un lobby extraordinairement lucratif…

Les parents ont été dépouillés de leur droit de regard : nous devons le leur rendre.

Nicole Delépine, pédiatre cancérologue.

https://t.me/DrDelepine

Cet article a été publié. initialement sur le site du Dre Delépine et nouveau-monde.ca


                                                                                              Notes
1 13.11.22 https://m.epochtimes.fr/une-adolescente-ex-trans-poursuit-les-medecins-qui-lont-mutilee-alors-quelle-etait-mineure-2158461.html2 https://www.foxnews.com/media/detransitioned-teen-hold-gender-affirming-surgeons-accountable3 Transition de genre chez une mineure : des médecins poursuivis. Publié le 15 novembre 2022, revue de presse génétique.4 Voir par exemple une ministre de Biden dont l’objectivité sera questionnable en ce domaineJoe Biden nomme Rachel Levine, première femme transgenre ministre adjointe de la SantéCette pédiatre devient ainsi la personne transgenre la plus haut placée au sein du gouvernement américain, une première historique. Joe Biden nomme Rachel Levine, première femme transgenre ministre adjointe de la Santé — Allo Docteurs5 « Seulement les adultes ? Bonnes pratiques en matière de la reconnaissance légale du genre pour les jeunes ; un rapport sur l’état actuel des lois et du plaidoyer des ONG dans huit pays d’Europe, en mettant l’accent sur les droits de jeunes » : https://www.iglyo.com/wp-content/uploads/2019/11/IGLYO_v3-1.pdf

6 Cf par exemple le site de l’association lyonnaise Chrysalide dont les publications sont subventionnées par le ministère des Solidarités et de la Santé, la région Aura, la Métropole de Lyon, alors qu’elles sont très contestables : https://chrysalide-asso.fr/nos-documents/

7 Voir article La fragile protection des enfants face aux lobbies trans-affirmatifs,

Publié le 25 mars 2022, revue Gènéthique

https://www.socialstyrelsen.se/om-socialstyrelsen/pressrum/press/uppdaterade-rekommendationer-for-hormonbehandling-vid-konsdysfori-hos-unga/

9 Le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux — 5e édition) publié en 2015 en version française, définit la dysphorie de genre par : A : la non-congruence marquée entre le genre vécu/exprimé par la personne et le genre assigné, d’une durée minimale de 6 mois et B : le trouble est accompagné d’une détresse cliniquement significative ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.

10 Article 225-4-13 du Code pénal : « Les pratiques, comportements ou propos répétés visant à modifier ou à réprimer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne et ayant pour effet une altération de sa santé physique ou mentale sont punis de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende ».

11 M. Bastien Lachaud, Compte-rendu de la deuxième séance du 5 octobre 2021

L’ensemble du parcours médico-chirurgical est financé par l’assurance maladie au titre de la prise en charge d’une affection de longue durée (ALD)

12 « Les soins de transition peuvent, contrairement à ce qu’on observe dans d’autres pays, être pris en charge par la sécurité sociale, pour certains à 100 % en cas d’accès à l’ALD (affection de longue durée). Le nombre de bénéficiaires de l’ALD au titre d’un diagnostic de transidentité ou dysphorie de genre a fortement augmenté depuis 10 ans, tout en restant relativement modeste : 9 000 personnes sont concernées en 2020 dont 3 300 admises dans l’année (soit 10 fois plus d’admissions qu’en 2013 selon la CNAM). 70 % des bénéficiaires ont entre 18 et 35 ans. En 2019, le nombre de demandes et d’avis favorables d’ALD concernant des hommes trans (FtM) a rejoint celui des femmes trans (MtF) » rapport au ministre 2022 ibid 9

13 A-t-on encore le droit de le dire ou de l’écrire sans être accusé de discrimination ?

14 Female to Male (FtM) désigne une femme qui devient homme ; Male to Female (MtF), un homme qui devient femme.

La chirurgie d’affirmation de genre recouvre des interventions de féminisation (création d’un néo-vagin, augmentation mammaire, féminisation du visage…) ; la chirurgie de masculinisation recouvre des interventions des organes génitaux (hystérectomie, métaoidioplastie, phalloplastie…) ou de la poitrine, mastectomie.

15 Le Meilleur des mondes (titre original : Brave New World) est un roman d’anticipation dystopique, écrit en 1931 par Aldous Huxley. Le récit évoque une société futuriste et eugéniste, très hiérarchisée, divisée en différentes castes dont les individus, conçus artificiellement, sont conditionnés biologiquement et psychologiquement afin de garantir la stabilité et la continuité du système.

16 Rapport ibid11 page 6 objectifs imposés : « L’enjeu prioritaire est de renouveler l’organisation des parcours de transition, avec pour principes clefs l’autodétermination, le consentement éclairé, la reconnaissance de la diversité des parcours, une place renforcée des professionnels de santé de premier recours, un travail en réseau et un repositionnement du rôle de la psychiatrie. »

17 Les mesures devraient a priori concerner tous les niveaux scolaires. Elles viseront à lutter contre les « stéréotypes de genre » ainsi que les LGBT-phobies et les violences sexuelles et sexistes.

18 Remis au ministre début 22 rapport_sante_des_personnes_trans_2022.pdf (solidarites-sante.gouv.fr) répond à une saisine du ministre des Affaires sociales et de la Santé faite à deux acteurs de terrain de la prise en charge des personnes, le Dr Hervé Picard, médecin généraliste et médecin de santé publique et Simon Jutant de l’association ACCEPTESS-T, avec l’appui de Geneviève Gueydan de l’IGAS. « Ce rapport intervient un moment qui laisse espérer des progrès possibles ; si la situation et les parcours de soins des personnes trans ont été, et restent encore trop, marqués du sceau de la pathologisation de la transidentité et de sa stigmatisation, des évolutions majeures du contexte peuvent en effet contribuer à de profonds changements. »

19 Parcours de transition des personnes transgenres (has-sante.fr) note de cadrage de la HAS de septembre 2022 en préparation des recommandations prévues pour sept 2023.

La source originale de cet article est Mondialisation.ca
Copyright © Dre Nicole Delépine, Mondialisation.ca, 2022

ALGÉRIE — Interview de René Naba à la Patrie News

Par : René Naba

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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Interview de René Naba à la Patrie News:
  • Le sommet arabe d’Alger a une fonction d’exorcisme.
  • Le Maroc fera profil bas et assurera un service minimum, d’autant plus qu’il doit gérer un scandale diplomatique concernant les galipettes marocaines du chef de la mission israélienne au Maroc.

L’usage de l’arme du pétrole, lors de la guerre d’Octobre 1973, par le renchérissement soudain des principautés du golfe, a entraîné un basculement géo stratégique du centre de gravité du monde arabe, de la rive républicaine de la Méditerranée vers les monarchies du Golfe, de la zone de pénurie populeuse et frondeuse vers la zone d’abondance; Des pays du champ de bataille, qui ont tous mené des guerres d’indépendance vers une zone sous tutelle militaire occidentale.

  • Mahmoud Abbas et Ismail Haniyeh pouvaient difficilement refuser de se serrer la main sous les auspices du président Tebboune en raison du soutien constant et inconditionnel témoigné par l’Algérie à la cause palestinienne.
  • La France marche sur sa tête et réfléchit comme un pied en Algérie.
  • Le Liban a valeur d’exemple de par sa fonction de curseur diplomatique régional.

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1- Question La Patrie News: Après la décision prise par la Syrie de ne pas mettre à profit le sommet d’Alger pour réintégrer légitimement la Ligue arabe, quels autres résultats probants peut-on en attendre encore?

Réponse RN : Le sommet d’Alger aura principalement une fonction d’exorcisme en ce qu’il vise à exorciser l’idée que le Monde arabe est sorti de l’histoire du fait de son immobilisme et de ses divisions, alors que dans la décennie 1950-1960, les Arabes étaient le fer du combat de libération du tiers monde.
Maigre consolation, le fait que ce sommet se tienne après trois ans d’absence est déjà un exploit en soi tant les divisions sont profondes au sein du Monde arabe, tant bon nombre de protagonistes arabes ne souhaitaient pas un succès de l’Algérie.

Le dernier sommet s’est tenu en Tunisie en 2018. Le fait qu’il se tienne à Alger est à mettre au crédit de la diplomatie algérienne, d’autant plus valorisant pour l’Algérie qu’il se tient à la date commémorative du déclenchement de la guerre d’indépendance et au terme d’une longue léthargie diplomatique doublée d’une période de contestation, le Hirak, qui a paralysé toute vie politique, économique et diplomatique du pays.

Le Qatar, par exemple, ne voyait pas d’un bon œil que la Syrie soit réintégrée, alors que c’est sous la présidence de la principauté que la Syrie a été expulsée de la Ligue arabe. Le plus pathétique dans cette affaire est que la Syrie, membre fondateur de l’organisation pan arabe, a livré quatre guerres contre Israël, alors que le Qatar est passé du protectorat britannique au protectorat américain sans coup férir, mais il s’arroge l’outrecuidance d’expulser un pays pivot du Proche-orient, le dernier avec le Liban des pays du champ de bataille à n’avoir pas pactisé avec Israël.

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2 – Question La Patrie News: Particulièrement problématique, la participation du Maroc à ce sommet, pour ne pas dire son niveau de représentativité, continue de susciter le débat. Par quel tour de passe-passe les rapports de force et l’épicentre de cette ligue. Est-il déplacé vers les monarchies du Golfe, l’affaiblissement du front du refus, et le risque d’un plus grand élargissement des accords d’Abraham. Peut-on encore, et comment serait-il possible de mettre un frein définitif à cette machine en train de broyer la cause palestinienne?

Réponse RN : Le Maroc ne voit pas d’un bon œil non plus la tenue d’un sommet arabe à Alger, lui qui fait face déjà à un mécontentement d’une population marocaine qui considère la normalisation avec l’État Hébreu comme un “bradage de la Palestine” de la part du président du Comité Al Qods.
Le Maroc fera profil bas et assurera un service minimum, d’autant plus qu’il doit gérer un scandale diplomatique concernant les galipettes marocaines du chef de la mission israélienne au Maroc. Pas mal pour un début.

Quant au basculement stratégique du Monde arabe, il s’explique par des raisons économiques, sous tendant des objectifs stratégiques:
L’usage de l’arme du pétrole, par le renchérissement soudain des principautés du golfe, a entraîné un basculement géo stratégique du centre de gravité du monde arabe, de la rive républicaine de la Méditerranée vers les monarchies du Golfe, de la zone de pénurie populeuse et frondeuse vers la zone d’abondance; Des pays du champ de bataille, qui ont tous mené des guerres d’indépendance vers une zone sous tutelle militaire occidentale. L’usage de l’arme du pétrole, lors de la guerre d’octobre 1973, n’avait pas pour fonction première de soutenir le combat des pays du champ de bataille (Égypte, Syrie, OLP, Liban), mais de financer indirectement l’effort de guerre américain au Vietnam en fragilisant les rivaux économiques des États Unis, le Japon et l’Union européenne, dépourvus tous les deux du pétrole.

Corrélativement, le mot d’ordre «Unité Arabe» a cédé la place au mot d’ordre de «Solidarité islamique», diluant ainsi la question palestinienne dans un ensemble plus vaste, polymorphe incluant les grands pays musulmans alliés stratégiques d’Israël: L’Iran du temps du chah d’Iran et la Turquie, le «Muslim de service» de l’Otan.

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3- Question La Patrie News: Après le tour de force du président Tebboune, qui a réussi à se faire serrer la main Mahmoud Abbas et Ismail Haniyeh, est-il encore possible de réconcilier à Alger toutes les factions palestiniennes, sachant que le Hamas place légitimement la barre de plus en plus haute, et que l’Autorité palestinienne donne l’air de se complaire dans les concessions en cascade?

Réponse RN : Mahmoud Abbas et Ismail Haniyeh pouvaient difficilement refuser de se serrer la main sous les auspices du président Tebboune en raison du soutien constant et inconditionnel témoigné par l’Algérie à la cause palestinienne. Cela dit, Mahmoud Abbas est complètement discrédité pour sa collaboration sécuritaire avec la puissante occupante. Au crépuscule de sa vie, il est à bord de l’apoplexie politique et financière. Le Hamas a de nouveau le vent en poupe depuis sa riposte balistique lors de l’offensive israélienne de Mai 2021, -«la bataille de Saif al Qods» – et sa réintégration au sein de l’axe de la contestation à l’hégémonie israélo-américaine dans la zone: une réintégration opérée grâce aux bons offices du Hezbollah libanais.

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4- Question La Patrie News: Que retenez-vous de la visite en Algérie du président Macron, qui refuse encore de parler d’excuses, et qui nous demande de nous tourner vers l’avenir, sic?

Réponse RN : La France marche sur sa tête et réfléchit comme un pied en Algérie. La France a institué au XIX me siècle un “Code de l’indigénat” en Algérie. Elle reconnaissait donc implicitement que l’Algérie appartenait à ses indigènes, c’est-à-dire aux habitants originels du pays.

A contrario, les Français étaient des “exogènes” en Algérie. Dès cette époque, les Français, qui se réclament de la rationalité cartésienne, auraient dû en tirer les conséquences. Au lieu de cela, ils ont été guidés par une sorte de péché d’orgueil, qui s’est traduit par une cécité politique, aboutissant par enchaînements de drames à l’impasse actuelle. Qu’espérer vous d’un pays qui glorifie Adolphe Thiers, le fossoyeur de la commune, qui a acté dans le psychisme français l’idée de capitulation? La France va droit dans le mur en klaxonnant.

La visite du président Emmanuel Macron, en Août 2022, suivie deux mois plus tard de celle de son premier ministre, Mme Elisabeth Borne, en vue de “renforcer la coopération bilatérale”, selon la formule en vigueur, vise en fait à finaliser une transaction subliminale consistant à ravitailler la France en énergie en contrepartie du rapatriement des milliards d’euros investis par des Algériens en France lors de la phase crépusculaire de l’ère Bouteflika.

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5- Question La Patrie News: A cause du conflit ukrainien, Alger est fortement «courtisée» par le Vieux continent. Comment est-ce possible de tirer le meilleur parti de ce rééquilibrage géo stratégique?

Réponse RN : Pour l’Algérie de continuer dans la même direction. Ne jamais courber l’échine devant l’adversité. Demeurer fidèle à ses amitiés internationales. Cette constance dans l’amitié lui vaut un crédit moral considérable au plan international.

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6- Question La Patrie News: A cause du gaz toujours, un conflit armé semble se profiler entre le Liban (Hezbollah) et l’entité sioniste, qui projette d’entamer des exploitations off-shore dans une zone maritime revendiquée par Beyrouth. La guerre est-elle encore évitable, et quel rôle pour la Ligue arabe dans ce conflit latent?

Réponse RN : La Ligue arabe n’a aucun rôle à jouer. Pas même l’État libanais évanescent. Seul le Hezbollah par sa dissuasion et sa science militaire, peut préserver les droits légitimes du Liban. Israël et les États Unis en sont conscients et manœuvrent pour éviter que les concessions qu’ils devront faire n’apparaissent pas comme une capitulation devant le Hezbollah.

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7- Question La Patrie News: Dans le même ordre d’idées, l’entité sioniste déploie des trésors de «diplomatie» et de «pressions» tous azimuts pour faire échouer l’accord sur le nucléaire iranien. Est-il encore possible de sauver ce dernier?

Réponse RN : L’accord sera sauvé aux conditions iraniennes ou ne sera pas sauvé car ce sont les États Unis qui ont rompu le précédent accord. L’Iran, dans cette affaire, a un avantage moral. De surcroît, au terme de 40 ans d’embargo, l’Iran a accédé au statut de “puissance de seuil” du fait de son autosuffisance technologique. La guerre d’Ukraine a permis à l’Iran de nouer un partenariat stratégique avec la Russie qui va se matérialiser par des investissements de 40 milliards de dollars de la Russie dans la modernisation des infrastructures pétrolières iraniennes, en contrepartie de facilités d’escale à la flotte russe dans les ports iraniens du Golfe persique.

De ce fait, l’Iran est le prochain membre de plein exercice du BRICS, une organisation qu’il importe à l’Algérie de rejoindre sans trop de délai. C’est mon vœu le plus cher pour l’Algérie à l’occasion du 60ème anniversaire de son indépendance.

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8- Question La Patrie News Comment voyez-vous la reconfiguration de l’échiquier géopolitique global à la faveur du conflit ukrainien? Quelle place y aurait-il pour le monde arabe? L’ONU?

Réponse RN : Je serai bref sur ce sujet pour la simple raison que je viens d’accorder une longue interview à un journal malien sur ce thème, qui sera publié en février 2023, à l’occasion du 1 er anniversaire de cette guerre. Je peux vous dire très schématiquement que la guerre d’Ukraine a fracturé le champ économique mondial, mettant un terme à la globalisation économique et au primat de l’Otan dans la gestion des affaires du Monde, favorisant l’émergence d’un monde multipolaire.

Dans cette perspective, il faudra songer à modifier la composition du Conseil de sécurité qui abrite 3 membres de l’Otan, alors que l’Asie (4 puissances nucléaires, la moitié de l’humanité) ne dispose que d’un siège (Chine), que l’Afrique n’en dispose d’aucun, pas plus que le Monde musulman 1,5 milliards de personnes.

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9- Question La Patrie News: Un mot sur la crise libanaise, qui n’en finit plus de s’enliser, ou comment en finir avec le confessionnalisme?

Réponse RN : Le confessionnalisme est une grille de lecture commode qui dispense d’une analyse plus approfondie de la crise libanaise. La religion au Liban n’est pas un facteur de division. Le clivage distingue les reptiles des vertébrés. L’histoire de ce pays en est témoin.

Le Liban, –un pays sans aviation ni marine, le plus petit pays arabe– a réussi néanmoins le considérable exploit, d’abroger un traité de paix avec Israël du fait d’un soulèvement de la population de Beyrouth, en 1985, doublant quinze ans plus tard, en 2000, son exploit en provoquant le retrait militaire israélien de son territoire sans négociation ni traité de paix, cas unique dans les annales des relations internationales. A ce titre, le Liban a valeur d’exemple de par sa fonction de curseur diplomatique régional. En fait, les Américains imposent un blocus illégal au Liban pour inciter la population libanaise à se révolter contre le Hezbollah en vue d’obtenir son désarmement.

Les Occidentaux ne semblent pas avoir pris la mesure de la volonté des peuples à vivre dans la dignité et leur détermination à préserver leur indépendance. Le Hezbollah libanais, les Houthistes du Yémen, le Hamas Palestinien tout comme le Jihad Islamique à Gaza, en apportent quotidiennement la preuve, préservant ainsi les chances de résurrection du Monde arabe.

Au chaud sur la terre de glace

OLIVIER CABANEL — Située au sein d’une Europe liée au pétrole et au nucléaire, une île, l’Islande, est passée du statut de très pauvre, à l’inverse, grâce à son choix écologique.

La fin de la misère islandaise a commencé après son indépendance, en 1944.
Jusque-là, ce pays de 309 700 habitants avait connu la famine, la peste, la pauvreté, à quoi venaient s’ajouter les catastrophes naturelles.
Aujourd’hui il accumule les records :
Il a l’indice de fécondité le plus élevé d’Europe, le record mondial d’espérance de vie pour les hommes (79,4) et second après le Japon pour les femmes (82,9), le plus faible taux mondial de mortalité enfantine (2,3).
L’Islande est même devenue le 5e pays le plus riche du monde, avec une croissance de 2,6 en 2006, un taux de chômage de 2,9 et une inflation de 6,7.
Mais son record le plus original demeure qu’il est le premier producteur de bananes d’Europe.
Il faut dire que, tout comme la France, elle a la chance d’avoir des ressources géothermiques importantes.
Elle produit donc des bananes sous serres chauffées grâce à cette énergie propre et inépuisable.
L’Islande a joué la carte de l’écologie.
Elle produit toute son énergie sans pétrole ni nucléaire, elle peut être fière d’être l’Etat le moins pollué de la planète.
Près de 99 % de son électricité est d’origine hydraulique, ou géothermique.
Les Islandais ne se contentent pas de vivre en harmonie avec les forces de la Terre, ils en tirent profit depuis longtemps.
L’Islande est devenue le premier pays du monde pour l’exploitation de la chaleur de la Terre, et ses ingénieurs sont reconnus dans le monde entier comme les experts de la géothermie.
Cette géothermie permet de chauffer 85 % des maisons et, même depuis quelques années, les trottoirs et les rues de Reykjavik.
Original pour ce pays qui flirte avec le pôle Nord.
Tout près du volcan Krafla, les Islandais ont construit une grande centrale géothermique ultramoderne.
La cathédrale du feu de la terre.
Il y a naturellement quelques dangers, car la zone est encore extrêmement active, et l’immense bâtiment est parfois secoué par les mouvements du sous-sol.
Dans la péninsule de Reykjanes, la centrale de Svartsengi utilise un forage de 2,000 mètres de profondeur pour extraire une eau sous pression à 240° qui fait tourner de puissantes turbines à vapeur.
Joignant l’utile à l’agréable, les Islandais ont utilisé le trop-plein des eaux chargées en silice, pour alimenter un lac artificiel d’une couleur irréelle : le lagon bleu.
C’est devenu un lieu de baignade apprécié toute l’année autant par les Islandais que par les touristes, l’eau étant continuellement à 40°.
Une autre originalité énergétique est l’utilisation de la pile à combustible :
C’est le principe inverse de l’électrolyse de l’eau. Le cœur comprend une électrode positive et une électrode négative, séparées par un électrolyte (matériau qui bloque le passage des neutrons). Grâce au catalyseur (platine couvrant les surfaces actives des électrodes), l’hydrogène se combine avec l’oxygène, générant à la fois eau, chaleur et électricité. Souvent l’eau ainsi produite s’évacue naturellement dans l’air sous forme de vapeur.
Grâce à l’énergie géothermique, l’Islande est l’un des rares pays capables de produire de l’hydrogène dans des quantités suffisantes, et à un prix abordable.
Elle possède tout un parc de véhicules fonctionnant grâce à cette pile à combustible, l’hydrogène étant distribué dans les stations-service.
N’y a-t-il pas là un exemple pour nous tous ?
Car comme disait un vieil ami africain :
«L’éléphant ne peut pas courir et se gratter les fesses en même temps».

Une dangereuse meute de hyènes erre en Europe…entre la Pologne et l’Ukraine (Macgregor)

Par The Saker – Le 17 novembre 2022 – Source The Saker’s Blog

À l’heure actuelle, la plupart d’entre vous doivent avoir entendu parler du « mystérieux » tir de missile qui a frappé la Pologne.  Si vous l’avez manqué, voici quelques articles qui montrent comment ce non-événement a été développé par les médias à la solde du Grand capital:

 

Il est en fait assez intéressant de voir comment cette histoire a « évolué« . D’abord, elle a été présentée comme une attaque russe. Bien sûr. Comment pourrait-il en être autrement ?

Puis il est devenu assez évident que le missile était un missile de défense aérienne ukrainien S-300.  Maintenant, je dois vous dire que les Ukronazis ont accusé la Russie d’utiliser de vieux S-300 contre des cibles terrestres. Cependant, il n’y a aucun S-300 russe à portée de l’endroit où le missile a atterri, seulement des S-300 ukrainiens. Et, comme l’a souligné Gonzalo Lira, un agriculteur polonais a vraiment fait une bonne action en photographiant les débris du missile. Je voudrais noter que Lira a tort lorsqu’il affirme qu’un missile russe ne peut venir que de l’Est. Les armes russes à distance utilisent des guidages par satellite, inertiel et le suivi du terrain pour suivre une trajectoire soigneusement préparée afin de contourner les défenses aériennes et elles peuvent très bien voler autour d’une cible avant de la frapper « par derrière«.

Comme on pouvait s’y attendre, la bande habituelle de cinglés a exigé une réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unis et une réunion de l’OTAN. Les Ukies ont été particulièrement véhéments, et la raison en est assez évidente : Les S-300 ukrainiens frappent des bâtiments depuis un certain temps déjà, et chacune de ces explosions a, bien entendu, été imputée à la Russie (ou même personnellement à Poutine). Il existe des vidéos sur Telegram montrant des missiles de défense aérienne ukrainiens décollant, effectuant une grande courbe et explosant en plein vol ou, pire, frappant le sol. La même chose s’est produite pendant la guerre du Golfe, lorsque les Patriots américains n’ont pas réussi à intercepter les SCUD irakiens et ont tué des personnes au sol. Les tentatives de Kiev de dissimuler la véritable origine de ce missile par des hystéries sur « l’agression russe » n’ont pas très bien fonctionné cette fois-ci.

Au départ, il semble que certains politiciens polonais aient voulu immédiatement utiliser cet incident pour créer encore plus de tensions, mais la réaction plutôt tiède des États-Unis leur a envoyé un message clair : les États-Unis ne souhaitent pas participer à ce qui serait une PSYOP ou un false flag vraiment ridicule (et potentiellement très dangereux).

Les Polonais ont compris le message et ont rapidement convenu que le missile était ukrainien.

Le seul « prix de consolation » que les Polonais et les Ukrainiens ont obtenu a été une déclaration américaine molle selon laquelle la Russie était « responsable en dernier ressort« , ce qui est à peu près aussi significatif et intéressant qu’un pétard mouillé.

Pourtant, la hyène polonaise s’efforce de montrer ses prouesses en menant de « petites guerres« , car ses maîtres américains ne lui permettent pas (encore !) de déclencher la grande guerre dont elle a désespérément besoin pour, une fois de plus, arracher des terres à l’Ukraine vaincue (comme elle l’a fait lors de la partition de la Tchécoslovaquie avec l’aide d’Hitler en 1938).

La dernière victoire polonaise est d’avoir vaincu Roger Waters, à qui ils ont désormais interdit de se produire en Pologne. Roger Waters figurait déjà parmi les « ennemis de l’Ukraine » sur la tristement célèbre liste des « Mirotvorets« . Il a maintenant été élevé au rang d’« ennemi de la Pologne ».

Une confirmation de plus que les Ukrainiens nazis, les Polonais latins et les Israéliens sionistes ont les mêmes « ennemis » en dépit de leurs différences idéologiques, relativement mineures.

Pour être juste, le Royaume-Uni, le Canada, le Banderastan ou l’un des trois États baltes ne sont pas moins des hyènes que la Pologne. Eux aussi ne font preuve de courage que lorsqu’ils sont protégés par les suzerains américains.

Alors oui, cette fois-ci, les Ukronazis et les Polonais n’ont pas pu utiliser un missile indiscutablement ukrainien pour tenter de forcer l’OTAN à attaquer la Russie. Mais que se passera-t-il la prochaine fois si aucune photo n’est disponible (les Ukronazis ont déjà interdit la réalisation de photos ou de vidéos de tout endroit touché par un missile !)

Alors, où tout cela nous mène-t-il ?

C’est simple : premièrement, les Polonais détestent les Ukrainiens tout autant qu’ils détestent les Russes. Les Ukrainiens, d’ailleurs, ne détestent pas moins les Polonais que les Russes (et les Juifs). La seule différence est que la haine polonaise anti-ukrainienne est teintée de mépris alors que leur haine anti-russe est teintée de peur. Ajoutez à ce tableau les Britanniques, avec leurs propres douleurs fantômes impériales et leur sentiment de supériorité raciale sur les Européens « continentaux » (« Brouillard sur la Manche, l’Europe est isolée« ) et vous verrez rapidement qu’il y a beaucoup de haine entre ces « alliés« .

Nous avons donc affaire à une meute entière de hyènes haineuses.

Les Polonais et les Ukies ont une chose principale en commun, ils veulent que l’OTAN fasse la guerre à la Russie : les Ukies veulent simplement que leur pays survive et les Polonais veulent s’emparer d’un morceau de l’Ukraine. Certains partis politiques polonais veulent même que les réfugiés ukrainiens jurent fidélité à la Pologne ! En vérité, les Ukronazis ont adopté des lois qui, en substance, permettent aux ressortissants polonais d’avoir les mêmes droits que les Ukrainiens.

On dirait bien que la Pologne, ou du moins une partie du Banderastan, est préparée pour une fusion éventuelle en une seule entité. Si cela se produit vraiment, l’UE aura un gros et très vilain problème sur les bras 🙂

Et, bien sûr, les dirigeants de l’OTAN aimeraient bien vaincre la Russie dans une guerre majeure, mais ils savent qu’ils n’ont tout simplement pas les effectifs nécessaires pour y arriver, d’où la « prudence » des États-Unis et les discussions sur la « désescalade« .

Certains envisagent une sorte de « coalition de volontaires » ou une « alliance des démocraties« , mais tous ces jolis concepts n’apportent ni effectifs ni puissance de feu. Cette approche a échoué lamentablement partout où elle a été tentée, et elle échouera encore.

Attaquer la Russie quand elle est faible, ou déjà attaquée par d’autres ennemis, est une tradition polonaise bien ancrée et leur héros national est un dirigeant psychopathe qui veut sérieusement que la Pologne devienne une superpuissance européenne en s’emparant de toutes les terres entre la mer Baltique et la mer Noire. Dieu sait qu’ils ont essayé suffisamment de fois pour savoir que cela n’arrivera jamais, alors la meilleure solution pour les Polonais est de s’emparer de la plus grande partie possible de l’Ukraine.

L’autre stratégie « sophistiquée » des Polonais est d’être le caniche le plus abjectement soumis dans l’ »Anglo-Eurokennel« , dans l’espoir que la « nouvelle Europe » de Rumsfeld (c’est-à-dire la Pologne) remplace la « vieille Europe » (c’est-à-dire l’Allemagne et la France). Vous vous souvenez qu’ils voulaient un « Fort Trump » ?  Ils étaient même prêts à payer (principalement avec des subventions de l’UE) pour avoir l’»honneur » d’accueillir les forces américaines !

C’est ainsi que les Polonais veulent devenir une « superpuissance de l’UE« . Sans blague !

Il en va de même pour les Britanniques dont la politique étrangère séculaire peut se résumer en une seule phrase : « mettre le feu à l’Europe en déclenchant des guerres et des révolutions ».

Il n’est donc pas surprenant que les Britanniques et les Polonais entretiennent actuellement une sorte de relation amoureuse (malgré le sentiment de supériorité des Britanniques sur cette prétendue superpuissance européenne).

Leur principal problème est qu’aucun des deux pays ne possède d’armes nucléaires et qu’ils ont tous deux besoin du feu vert de l’oncle Shmuel non seulement pour utiliser des armes nucléaires, mais aussi pour organiser un incident (relativement) mineur ou un faux drapeau. Et alors que les Polonais se sont armés (et s’arment toujours) comme des fous, l’armée britannique est assez largement une plaisanterie. Mais il est tout simplement impossible que les Polonais trouvent le courage (certes suicidaire) d’attaquer les forces russes toutes seules. Les trois États baltes contribueraient volontiers à une si noble cause, mais leurs capacités militaires sont vraiment dérisoires et leur géographie les condamne à mort s’ils attaquent la Russie.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de Polonais qui se battent en Ukraine. Il y a au moins plusieurs milliers de Polonais qui combattent actuellement en Ukraine mais, comme le reste du personnel de l’OTAN, ils sont officiellement soit des « volontaires« , soit des « conseillers« , soit des « fournisseurs d’aide« . À propos, les « vieux Européens » sont également bien représentés en Ukraine avec des unités françaises, espagnoles et italiennes.

Mais ces nombres sont loin d’être ceux qui sont nécessaires pour affronter directement l’armée russe.

Quoi qu’il en soit, les politiques et les attitudes véritablement insensées des Polonais et des Ukrainiens font lentement prendre conscience du fait que l’expansion de l’UE vers l’Est était une erreur énorme et fatale. Non seulement des pays comme la Hongrie et la Pologne ne sont pas disposés à obéir à tous les ordres des eurobureaucrates, mais l’arrogance infinie des Ukrainiens, qui exigent constamment, et non pas demandent, que l’OTAN et l’UE les soutiennent quoi qu’il arrive, entraîne maintenant une sorte de contrecoup (toujours très discrets, la plupart des politiciens européens sont encore incapables de défier ouvertement les États-Unis). Au fur et à mesure que les économies occidentales s’enfoncent dans un gouffre économique, l’arrogance et le sentiment d’être dans leur bon droit des Polonais et des Ukrainiens déclencheront de plus en plus de réactions négatives.

Tôt ou tard, le reste de l’UE en aura assez de ces fous.

Certains, comme le très populaire Tucker Carlson, en ont déjà bien assez de ces affreux clowns.

Même certains politiciens américains, y compris des Libéraux et des Conservateurs, s’opposent au soutien total des États-Unis au régime de Kiev.

Ces voix se regrouperont-elles un jour pour un retour à la raison ? Honnêtement, je n’en sais rien.

L’avenir du continent européen sera largement déterminé par la capacité des pays de l’UE, disons, « sains d’esprit« , à maîtriser et à contenir les fous purs et durs de la bande 3B+PU+UK. À l’heure actuelle, les 3B+PU+UK ont le soutien total des États-Unis, ce qui est extrêmement dangereux car cela les encourage à s’engager davantage dans des actions vraiment dangereuses et même téméraires. Les néoconservateurs américains sont au moins aussi haineux à l’égard de la Russie que le gang 3B+PU+UK, aussi ne pouvons-nous que prier et espérer qu’il y ait suffisamment d’esprits sains au Pentagone et ailleurs pour inciter à la prudence (ce qui s’est apparemment produit dans le cas de la « mystérieuse » attaque de missiles sur le tracteur polonais).

L’essentiel est le suivant : à moins que les adultes dans la pièce ne parviennent à tenir en laisse les différentes « hyènes de l’UE« , tôt ou tard, l’une de ces hyènes déclenchera une chaîne d’événements potentiellement cataclysmiques. N’oubliez pas que les personnes qui ont mis les nazis au pouvoir à Kiev sont les mêmes qui ont fédéré les Takfiris dans ce qui est devenu Al-Qaïda (merci Zbig !). C’était il y a plus de 40 ans, et le monde paie encore un énorme prix en sang innocent pour ce « brillant » plan de la CIA…

Pour l’instant, je ne vois aucun « adulte dans la salle« , mais peut-être cela va-t-il changer au cours de cet hiver?

Nous le saurons bientôt.

Avant de conclure, je voudrais vous laisser avec trois éléments intéressants:

Premièrement, ce qui semble être des documents déclassifiés de la CIA qui montrent que la CIA était profondément impliquée avec les nationalistes ukronazis. Je ne peux pas me porter garant de l’authenticité de ces documents, mais j’ai demandé à un ami qui le saurait peut-être, et il m’a dit qu’ils lui semblaient vrais.

Deuxièmement, n’oubliez pas de consulter le commentaire d’Andrei Martyanov sur ce « missile faux drapeau« . Je suis entièrement d’accord avec lui lorsqu’il dit que (la plupart) des journalistes occidentaux sont des criminels de guerre.

Troisièmement, je vous laisse avec une interview très intéressante du colonel (retraité) Douglas MacGregor, un superbe analyste militaire américain et un homme qui dit la vérité sur la guerre en Ukraine depuis longtemps maintenant.

Je ne peux qu’espérer et prier pour que les gens du Pentagone et les autres écoutent ce que MacGregor a à dire !

L’interview originale est sur sa chaîne YouTube :

The Saker

Source secondaire: Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.


[ Entretien ] Douglas Macgregor: « Quels sont les intérêts de la France qui justifient sa participation à une coalition antirusse en Europe de l’Est? »

Colonel de l’armée américaine, expert, praticien et théoricien, Douglas Macgregor est une voix dissonante dans le concert de « narratifs » formatés. Une voix qui mérite d’être écoutée.

Le colonel Douglas Macgregor (capture d’écran extraite de la vidéo Douglas Macgregor: Margin of Victory )

Douglas Macgregor est diplômé de West Point et titulaire d’un doctorat en relations internationales de l’Université de Virginie. Durant ses 28 ans de carrière militaire, il a notamment été directeur de la planification stratégique et du centre d’opération interarmes du commandement suprême de l’Otan durant l’intervention de 1999 au Kosovo. Il fut également le conseiller du secrétaire à la défense par interim Stephen Miller.

Douglas Macgregor est un spécialiste de la “configuration des forces”. Les deux livres qu’il a écrit sur le sujet Breaking the Phalanx (Praeger, 1997) and Transformation under Fire (Praeger, 2003), font autorité sur le sujet. Son dernier ouvrageMargin of Victory: Five Battles that Changed the Face of Modern War est disponible chez Naval Institute Press.


L’Eclaireur : Que pensez-vous du dernier épisode d’hystérie collective provoqué par la chute d’un missile en territoire polonais ?

Col. Douglas Macgregor : Tous ceux qui ont une expérience de la chose militaire vous diront qu’ils s’attendaient à ce que cela arrive. Je ne me souviens plus du nombre de fois durant ma carrière où j’ai vu lors de manœuvres, d’exercices ou de simples entraînements, des projectiles tirés par erreur atterrir sur des corps de fermes ou dans des jardins. Si de tels incidents surviennent en temps de paix, ils se produisent immanquablement en temps de guerre.

A ce stade, ce que l’ont sait, c’est que les débris ramassés sur site en Pologne montrent qu’il s’agit très vraisemblablement de missiles sol-air S300 d’une batterie anti-aérienne ukrainienne. Les Ukrainiens les auraient tirés pour abattre des missiles de croisière. Les Russes ont mené ce jour-là plus de 90 frappes à longue distance.

Ce sont donc bien des missiles ukrainiens et je pense que c’est pour cette raison que Soltenberg (le secrétaire général de l’Otan, ndlr) et Biden ont déclaré qu’il n’y avait aucune raison de déclencher l’article 4 du traité de l’Otan (qui prévoit que “Les parties se consulteront chaque fois que, de l’avis de l’une d’elles, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de l’une des parties sera menacée”, ndlr).

L’Eclaireur : Pas de consultation au titre de l’article 4 ?

Col. Douglas Macgregor : Non, ce ne n’est pas à l’ordre du jour. Les Polonais se sont vu répondre qu’ils pouvaient enquêter s’ils le souhaitaient. Mais tout indique qu’il s’agit de missiles ukrainiens, non pas d’une frappe russe. Les Russes, en toute franchise, ont depuis le début du conflit évité de manière systématique la confrontation avec l’armée américaine et toute autre force de l’Otan, malgré de très nombreuses provocations.

L’Eclaireur : Des Etats-Unis, comment considérez-vous la situation en Europe – Europe continentale comprenant l’Ukraine, Union européenne et l’Otan ? Quelle évolution voyez-vous?

Col. Douglas Macgregor : Ma première réaction est d’avancer que pour le moment, la situation en Europe n’est pas aussi mauvaise qu’on le dit mais qu’elle va vite s’aggraver. En matière de stabilité économique, l’impact de la crise énergétique et alimentaire n’est pas très sévère. Pour l’instant.

Malheureusement, aux Etats-Unis comme en Europe occidentale, pour que les gens commencent à se préoccuper des questions importantes, il faudra que les choses empirent significativement. Et elles vont être bien pire. A partir du moment où le froid s’installera vraiment en Allemagne, en République tchèque, aux Pays Bas, au Danemark… on verra des gens réellement souffrir de la crise énergétique.

Je pense également que de plus en plus d’Européens commencent à douter des informations que leur bombardent les médias mainstream, qu’ils soient publics ou privés. Hier, par exemple, un sondage a été publié en Allemagne qui montre que 40% des Allemands doutent de la véracité de ce qu’on leur dit au sujet de la Russie et de ce qui se passe en Ukraine.

Mais une fois encore, il faudra que la crise s’aggrave. Et à mesure que les économies européennes s’effondreront, on pourra peut-être voir des changements. Il ne m’étonnerait pas que la plupart des gens aujourd’hui au pouvoir en Europe ne soient plus là au printemps ou début de l’été prochain.


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L’Eclaireur : Quelle analyse faite-vous de l’alignement des leaders européens sur les positions américaines ?

Col. Douglas Macgregor : Les problèmes auxquels est confronté l’Union européenne sont les mêmes que ceux de l’Alliance atlantique. Personne ne voit ce qui se passe en Europe de l’Est à travers le même prisme. Ce qu’on considère comme un problème ou une menace est contingent d’où on est situé, d’où l’on habite.

Je pense que l’Europe fonctionnait nettement mieux quand elle ne se préoccupait que du marché commun et n’avait pas fait sacerdoce d’imposer un Etat supranational. Il est possible qu’à l’avenir cette obsession fédérale s’estompe, qu’on retourne vers quelque chose qui sera – comment dire ? – moins uniforme dans sa manifestation politique, plus focalisé sur ce qui est bon économiquement pour l’Europe. La multiplicité des points de vue et des d’intérêts, c’est compliqué.

L’Eclaireur : D’un point de vue stratégique, l’effet des sanctions?

Col. Douglas Macgregor : Les Italiens, par exemple, n’ont pas envie de sanctionner la Russie. Ce sont nous les Américains qui avons décidées et imposées les sanctions. Nous ne semblons pas comprendre que quand nous sanctionnons un pays économiquement – que ce soit par des droits de douane ou autre chose – nous menons une guerre économique, ce qui est un conflit bien réel. Et nous avons été en guerre contre tous ceux qui ont une vision du monde différente de la nôtre. Nous sanctionnons des pays qui ne font montre d’aucune hostilité à notre égard, afin de les forcer à faire ce que nous disons. Sinon, ils souffrent.

Après tout, nous contrôlons le système financier. La finance et le commerce mondial sont dollarisés. Nous contrôlons les institutions (de Bretton-Woods, ndlr), Fonds monétaire international comme Banque mondiale. Tout cela sont autant d’instruments que nous avons utilisés pour punir ceux qui ne nous soutiennent pas ou ne se sont pas alignés sur nos positions.

Cela date de la guerre du Vietnam. En fait, on peut même remonter jusqu’à la crise de Suez en 1956. Je pense que les Européens en ont soupé de nos arguties et vont découvrir que ce bonhomme, Stoltenberg (le secrétaire général de l’Otan, ndlr), comme ses prédécesseurs, n’est que le pantin de Washington. Est-ce vraiment là ce que les Européens attendent de l’Otan ? Est-ce bien ce que les Européens veulent de l’UE ?

En toute franchise, je ne vois pas beaucoup d’avenir pour ces deux organisations, qui ne survivront pas à moins de changer profondément, de devenir plus européennes dans leurs orientations. Pour l’instant, elles sont sous influence américaine au service des intérêts américains.

Dans les années 1990, je travaillais à la direction de la stratégie et de la planification (war plans, ndlr) à l’état-major de l’armée de terre, qui est l’une des directions les plus importantes du Pentagone. L’un des sujets majeurs de discussion y était comment européaniser l’Otan, parce que la raison – la menace soviétique – et la mission – préserver la paix en Europe – pour lesquelles on l’avait constituée originellement n’existaient plus.

Il était impérieux de diminuer la présence militaire américaine. Certains, dont moi, étaient partisans d’un retrait presque total d’Europe. Nous n’avons pas eu gain de cause même si l’engagement américain fut considérablement diminué. En outre, nous étions d’avis qu’un Européen occupe le siège de commandant suprême en Europe (SACEUR, Supreme Allied Commander in Europe, ndlr) et que les Européens aient la main haute sur les affaires militaires en Europe, pas les Américains. Là aussi, nous avons perdu la bataille parce que l’establishment politico-militaire américain prend un réel plaisir à diriger l’Europe. Ils adorent ça! Ils adorent dicter ! Et les Européens l’ont accepté parce que cela leur permettait de faire de grosses économies.

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Zelensky, l’ukro-nazi, désespéré

 

Définition de « Démocratie électorale »: Les mille individus qui contrôlent le gouvernement étasunien sont des milliardaires

Définition de « Démocratie électorale »: Les mille individus qui contrôlent le gouvernement étasunien sont des milliardaires…les autres sont de la chair-à-voter, issu de la chair-de-salarié, de la chair-de-consommateur, et ultimement de la chair-à-canon. Donald Trump est l’un de ces mille ploutocrates dirigeant de leur classe sociale décadente. La classe prolétarienne affronte toute la classe bourgeoise et pas seulement son avant-garde.  L’article qui suit expose en détail l’extrême concentration du capital qui est une autre des règles, des lois, et des principes qui ordonnent le mode de production capitaliste à son stade impérialiste moribond.


Voici comment les ultra-riches contrôlent le gouvernement étasunien


Par Eric Zuesse − Le 5 novembre 2022 − Source Oriental Review

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Le gouvernement des États-Unis essaye de dissimuler l’obscénité qui caractérise la distribution des richesses de la nation ; mais on en trouve une présentation tout à fait remarquable (la distribution des richesses privées des États-Unis) sur la page web du Board of Governors du système de la Federal Reserve, présentant un « aperçu » de la « distribution des richesses » sur la période s’étendant entre « Q3 1989 » et « Q2 2021 ». (Le présent article en fait une présentation encore plus claire, sur la base des données livrées par cette page.)

 

Les nombres qui suivent montrent les répartitions des quintiles de richesses — les pourcentages de la richesse détenues par les ménages de la nation, de la tranche des 20% du haut à la tranche des 20% du bas — en « milliers de milliards de dollars » pour chaque cinquième — au cours du dernier trimestre (« Q2 2021 »), tels que présentés sur cette page web :

  • 20 % le plus élevé = 20 % du haut totalise 94 680 Md$ (36 230 Md$ pour le 1% le plus élevé + 58 450 Md$ pour les autres 19 %)
  • 2ème tranche de 20 % = 40 % du haut – 20 % du haut = 20 680 Md$
  • 3ème tranche de 20 % = 60 % du haut – 40 % du haut = 9 620 Md$
  • 4ème tranche de 20 % = 80 % du haut – 60 % du haut = 5 410 Md$
  • dernière tranche de 20 % = Total – 80 % du haut = 3 690 Md$

100% = 94 680 Md$ + 20 680 Md$ + 9 620 Md$ + 5 410 Md$ + 3 690 Md$ = 134 080 Md$ au total.

Donc :

  • La tranche des 20 % les plus aisés détient 70.6 % de la richesse totale.
  • La tranche des 40 % les plus aisés détient 86.0 % de la richesse totale.
  • La tranche des 60 % les plus aisés détient 93.2 % de la richesse totale.
  • La tranche des 80 % les plus aisés détient 97.2 % de la richesse totale.

On a également vu le 1 % des plus aisés :

  • Tranche des 1 % les plus aisés (« 99-100 % ») : 36 230 Md$
  • Tranche des 20 % les plus aisés sans les 1 % les plus aisés = 58 450 Md$

Donc : les 1 % les plus aisés (La tranche des 5 % les plus riches des 20 % les plus riches) détient 38.3 % des 94 680 Md$ détenus par la tranche haute de 20 %.

1 % les plus aisés = 27 % de l’ensemble de la richesse.

(Le 1% du bas n’est pas détaillé.)

  • Tranche des 20 % les moins aisés = 2,8 % de la richesse totale.
  • Tranche des 40 % les moins aisés = 6,8 % de la richesse totale.
  • Tranche des 60 % les moins aisés = 14,0 % de la richesse totale.
  • Tranche des 80 % les moins aisés = 29,4 % de la richesse totale.
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En pratique, toutes les personnes disposant d’assez de fonds pour pratiquer des donations significatives aux hommes politiques de leur choix font partie de la tranche des 20 % les plus aisés — les gens qui détiennent 70,6 % de la richesse totale. Ils dominent le jeu financier politique de la nation. Presque tous les pots-de-vin qui emplissent les comptes de campagnes politiques aux États-Unis sont versés par les 20 % Étasuniens les plus riches — et le 1 % du haut comprend l’ensemble des « faiseurs de roi ». Et si vous faites partie des 80 % du bas, vous n’êtes pas du tout représenté par le gouvernement étasunien.

Les 1 % les plus riches ont bien plus à disposition pour donner à leurs hommes politiques préférés que le reste de la tranche haute des 20 % , car ces gens — les membres du 1 % — détiennent les sièges dans les conseils d’administration des entreprises, et choisissent les dirigeants d’entreprises qui embauchent les lobbyistes au Congrès, pour divertir, récompenser et embaucher les membres du Congrès pour servir leurs entreprises, et se tenir au service des 1 % du haut qui contrôlent l’ensemble de ces entreprises. Parmi ces entreprises figurent celles qui contrôlent l’ensemble des grands — et la plupart des petits — groupes médiatiques, si bien qu’ils façonnent ce que « savent » et donc ce que pensent la plupart des électeurs (des deux partis).

Les États-Unis comptent environ mille milliardaires, et ils contrôlent assez d’argent pour amener le Congrès à ne pas adopter la moindre loi à laquelle ces ultra-riches seraient opposés, et à adopter les nombreux projets de loi que ces ultra-riches veulent voir mis en œuvre. Donc, la quasi-totalité des quelque mille individus qui contrôlent le gouvernement étasunien est composée de milliardaires. Ils contrôlent en particulier les entreprises internationales. Ces quelques personnes dominent les deux partis. Mais ils tirent les ficelles depuis l’ombre. Au cours des siècles passés, on connaissait l’identité des aristocrates, qui disposaient de titres formels ;

dans les « démocraties » contemporaines, ils se dissimulent autant que possible. Ils ne veulent pas que le public sache que le gouvernement ne représente qu’eux, car si cela devait se savoir, la parole du gouvernement au sujet de telle ou telle « dictature » étrangère, ne posant aucune véritable menace à la sécurité nationale du pays, et des changements de régime nécessaires à l’étranger ; cette parole se verrait remise en question par les citoyens, qui se demanderaient : « Ne serait-ce pas notre propre régime qu’il convient de changer en premier ? » Il suffit de jeter un coup d’œil sur les médias d’« information » pour comprendre qu’ils NE veulent PAS que cette question pénètre l’esprit de quiconque. Le message est, au lieu de cela, systématiquement de promulguer des changements de régimes sur des dirigeants étrangers que les milliardaires des États-Unis VEULENT changer. C’est ainsi que le public est amené à accepter de financer (avec ses impôts) le département de la « Défense »). N’est-il pas anti-« patriotique » de vouloir couper dans les dépenses de « défense » ? Qui pourrait bien vouloir une telle chose ?

 

Eric Zuesse

Source secondaire: Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

LE PETIT MONDE DU SHOW-BIZZ

Par : ROBERT GIL

Recherche menée par Robert Gil

artistesUne partie de ces gens est totalement déconnectée du monde des réalités. Ils ne peuvent même pas s’imaginer une seconde ce que vivent chaque jour des millions de personnes. Puis il y a l’autre partie, celle qui se pense, se croit, se veut de la race des seigneurs, celle-ci n’a que mépris pour les autres et son seul but dans sa médiocre vie est l’accumulation incessante de pouvoir, notoriété et richesse. Voilà aujourd’hui des célébrités, dont le compte en banque explose et qui pour la plupart ne payent pas l’impôt en France, qui viennent dispenser leurs bons conseils dans les médias. Ces gens là devraient, de part la chance que la vie leur a accordé, et de part leur aisance matérielle, être des exemples d’humilité, de modestie et de fraternité. Hélas, c’est le contraire ! Le citoyen lambda appréciera …

La plupart de ces « artistes » font dans le commercial, le facile, voire le trivial. On les voit se dandiner lors des soirées qui défendent des causes humanitaires. Ce faisant, ils permettent à l’Etat de se désengager et même ils deviennent les alliés d’un système d’exploitation. Je pense en particulier aux « Enfoirés », au Sidaction, aux émissions consacrées à financer la recherche médicale. Les voilà auréolés de « générosité », d’altruisme, de compassion. Pourtant, ce sont nos chaînes qui servent de moyen d’arraisonnement du peuple, des modestes et des humbles.

Alors que le pays est frappé par la crise, le chômage, l’austérité et la misère, ces saltimbanques mineurs aident à ramasser des impôts et en appellent à la générosité du peuple travailleur, quant aux « Depardieusarts » ils font preuve de médiocrité en allant s’installer en Belgique, en Suisse ou en Russie ; ils ont profité du système et maintenant ils crachent dans la soupe… Ils illustrent pleinement la déliquescence de ces parvenus !

Peut-on dire qu’ils ont réussi ? Ils ont réussi quoi ? N’est pas Brassens, Ferré, Brel ou Ferrat qui veut, lesquels écrivaient de réels chef-d’œuvre et participaient ainsi à cultiver et à procurer du plaisir. C’étaient de réels poètes. Ce que ne sont pas ces individus assez piètres et sans véritable talent.

Ils ont de surcroît le mauvais goût de se reproduire et de nous refiler leurs rejetons qui persistent à nous casser les oreilles, à bredouiller des âneries. Ils forment en effet, avec les sportifs et les « people » en général, une aristocratie napoléonienne qui rencontre et fréquente l’aristocratie politique. Cette quasi consanguinité de classe occupe l’écran de télévision et nous est arbitrairement imposée via l’écran. Désormais, les émissions grand public des Drucker, Ruquier et autres Ardisson, mêlent les uns et les autres. Ils viennent promouvoir qui un album, qui un film, qui un livre. C’est le même monde, le Tout-Paris des arrivistes qui se croisent et s’entrecroisent. Ils font la une des magazines et polluent notre vie de leur indécrottable présence.

Le pire est qu’ils se mêlent de tout, jusqu’à jouer les consciences morales, philosophiques et politiques. Qui participe aux meetings de l’UMP, qui du PS. Les uns et les autres se prostituent pour le profit des uns et des autres. C’est en circuit fermé qu’ils font l’actualité de la presse, de la radio, de la télé, des grandes sociétés du disque, du cinéma, du grand commerce, etc….

C’est un monde bien réel qui fait dans le superficiel et il est triste de constater qu’ils bénéficient d’une authentique popularité. Lorsqu’ils auront moins de succès, c’est que notre société sera sur le point de se transformer. Ils n’auront qu’à aller bosser comme tout un chacun et laisser la place à de véritables artistes qui auront, eux, du talent, des principes, et qui ne prétendront pas à être payés des fortunes pour exercer leurs passions.

De véritables artistes qui sauront que leur réussite n’est pas seulement due à leur talent personnel, mais aussi à tout ce qui a été mis à leur disposition via les impôts des citoyens, comme les infrastructures et les différentes subventions pour l’aide et le développement culturel par exemple ! Car comme pour beaucoup de choses il vaut mieux être né ici qu’en Somalie, en Ethiopie, ou dans ces pays qui représentent sans doute un modèle pour certains car les impôts et les fonctionnaires y sont inexistants !

D’après YAPADAXAN

LE MOINS CONNU MAIS NÉANMOINS SUBLIME CHEZ LÉON TOLSTOÏ

Par : JBL 1960

Chacun rêve de changer L’HUMANITÉ

Mais personne ne pense à se changer LUI-MÊME…

Léon Tostoï

Grâce à Résistance71 ;

Qui a été cherché le moins connu de Tolstoï, pour nous convaincre qu’il nous fallait profondément nous changer nous-même, pour vaincre l’inertie de départ et enclencher un nouveau paradigme en lien avec les peuples autochtones de tous les continents et ainsi changer durablement ; L’HUMANITÉ…

J’ai réalisé une version PDF {N° 37} de 27 pages de leurs publications des textes de Léon Tolstoï, comme suit ;

Tu ne tueras point ► Page 2

Inutilité de la violence pour faire disparaitre le mal ► Page 6

Le commencement de la fin ► Page 11

De l’esclavage moderne ► Page 17

L’esclavage de notre temps ► Page 18

S’affranchir et de la pseudo-religion et de la violence étatique ► Page 25

Le moins connu mais néanmoins sublime chez Léon Tolstoï

Lien direct ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/10/pdfleontolstoi.pdf

Et parce que la recherche de la vérité n’a pas de prix, et qu’elle ne doit pas se monnayer, en aucun cas, ce PDF et comme tous les PDF de ce blog, sont mis GRATUITEMENT à votre disposition pour lecture, téléchargement et/ou impression et vous pouvez les consulter librement dans cette page dédiée ► https://jbl1960blog.wordpress.com/les-pdf-de-jbl1960/

De plus, je suis persuadée, tout autant que Résistance71, que c’est la vérité qui libérera les peuples à tout jamais, une fois que nous aurons changé d’attitude envers l’État, ses institutions. Dès lors que nous nous serons changés NOUS-MÊME et une fois compris que nous avons le droit d’ignorer l’État, et de désobéir aux lois !

C’est bien pourquoi, du reste,  les psychopathes aux manettes s’échinent à nous diviser, et tentent de nous maintenir dans l’ignorance de leur Plan et de tout le reste. C’est pourquoi nous devons créer une chaine de diffusion, grâce à Internet, véritable presse Gutenberg 2.0, de toutes les pépites de vérités historiques, scientifiques, littéraires, qui surgissent tant bien que mal du fatras idéologique qu’est devenu la société du spectacle entretenue par les peuples eux-mêmes en acceptant, par démission de leur pensée critique, les fadaises proposées par une oligarchie désormais aux abois, la preuve par 3 false flag ► Attentats terroristes « manipulés » en cours…

« C’est pourquoi le sage dit : Je pratique le non-agir et le peuple se convertit de lui-même… Je me dégage de tous désirs et le peuple revient de lui-même à la simplicité. » Lao Tseu, Tao Te King, LVII

Le populo, dont je fais partie, est à même de comprendre la pensée Taoïste ; car comme l’a dit la Tortue Taoïste Oogway dans le film Kung Fu Panda :

Hier, c’est l’histoire.

Demain est un mystère.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui est un cadeau ;

C’est pourquoi on l’appelle le présent…

Et nous savons, désormais que l’Histoire s’écrit au présent…

Victor Hugo: Pour l’amnistie

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Au camp de Satory, juillet 1871.

Victor Hugo: Pour l’amnistie

ÉLP éditeur, 2013.

ALLAN ERWAN BERGER   Après la reddition de la France du Second Empire à Sedan, malgré l’opposition totale des députés, la République est proclamée. Ceci se passe le 4 septembre 1870, sous l’impulsion de Gambetta. Voilà pourquoi, à Paris, une rue porte cette date, et un boulevard ce nom. La France continue la guerre.

Malheureusement, quelques victoires ne compensent pas les défaites face à un ennemi toujours plus nombreux. Mi-septembre, Paris est assiégée ; fin janvier, Paris capitule. Une trêve est négociée, des élections sont organisées. Le thème est : pour ou contre la poursuite des combats.

Les monarchistes, les républicains modérés et les conservateurs veulent la paix. Les départements en guerre veulent la guerre, les département en paix veulent la paix. La France vote, mais dans ses chef-lieux uniquement : du coup, l’abstention est énorme. La paix l’emporte, les Allemands et les monarchistes s’installent.

Thiers devient le chef de l’exécutif. Bismarck lui remet ses conditions : elles sont exorbitantes. L’Assemblée nationale, majoritairement provinciale et royaliste, se prononce : tout est accepté. Mais les députés de Paris ont voté contre ; et aussi ceux d’Alsace, ceux de Lorraine. Le scandale est énorme. L’Assemblée voit quantité de républicains démissionner. La Gauche en conclut que cette chambre n’est plus représentative.

Paris gronde. Le 10 mars 1871, par prudence, l’Assemblée déménage à Versailles. Là, ses premiers ordres plongent le petit peuple et ses artisans dans la misère. Des journaux de gauche sont interdits. On nomme aux postes de commandement des hommes détestés.

Paris n’appartient plus à Paris ; aux humiliations de la défaite succèdent le mépris de classe, et le joug insensé d’un pressurage économique que rien ne justifie sinon la haine de la Droite pour le populo.

C’en est trop. Lorsque, le 18 mars, Versailles tente de s’emparer des canons de la Garde Nationale, qui ont été fabriqués avec l’argent des Parisiens pour contrer les armées prussiennes, la Garde se révolte et Paris se dresse. Un Conseil de commune est élu. La Commune est née.

Les mesures de ce conseil communal sont intéressantes ; aujourd’hui encore, on peut les tenir pour bien modernes :

  • Séparation de l’Église et de l’État ;
  • Adoption du drapeau rouge ;
  • Interdiction du cumul des mandats ;
  • Instruction laïque gratuite et obligatoire ;
  • Interdiction de l’enseignement confessionnel ;
  • Nationalisation des biens religieux ;
  • Justice gratuite, jurys élus ;
  • Liberté de la presse – la Droite en profite.

22 mars, jour de démocratie extrême : « Les membres de l’assemblée municipale, sans cesse contrôlés, surveillés, discutés par l’opinion, sont révocables, comptables et responsables ». Bigre ! Ça ne pouvait que mettre Versailles en furie. Thiers réagit, et fait rassembler une armée.

Pour le gouvernement de la France, c’est une nécessité. Une des conditions exigées par Bismarck est le désarmement de Paris. L’armistice ne durera pas toujours ; il faut donc impérativement récupérer la ville pour être en mesure de signer la paix. Le vainqueur comprend cela, et dès lors ne s’oppose pas aux mouvements des troupes gouvernementales. Au besoin, il les secondera.

Le 21 mars, le siège de Paris commence. Les projectiles qui tombent dans la ville sont français et allemands. Cette alliance d’intérêts se retrouvera au cours du siècle suivant. Nous frôlons aujourd’hui une époque où de semblables rassemblements de forces pourraient surgir de nouveau.

Le 21 mai, une poterne est ouverte au bastion 64, par où Versailles s’infiltre et se répand. Commence la Semaine sanglante, qui va jusqu’au 29 mai 1871. Il faudra seulement ces neuf jours aux armées réactionnaires, appuyées par les troupes d’invasion allemandes, pour récupérer Paris insurgé. C’est Mac Mahon, le vaincu de Sedan, qui commande la reconquête avec la bénédiction du vainqueur.

La semaine, qui a commencé par une trahison, se poursuit par de la mollesse – Le Conseil communal ne réagit pas immédiatement aux alertes – avant de sombrer dans la désorganisation et le carnage. Si les soldats versaillais du premier rang combattent sur les fronts, au contact des barricades, ceux du second rang procèdent au nettoyage : ils collent des civils aux murs – femmes, enfants, tout ce qui est suspect y passe. Les quartiers sont enlevés les uns après les autres ; certains sont pris à revers, en faisant passer, au besoin, les troupes d’épuration à travers les banlieues tenues par l’envahisseur.

Exécutions de masse à Montmartre. Le Panthéon résiste. Le 24, la Banque de France se retrouve versaillaise. Les territoires encore tenus par les insurgés se réduisent. La défaite devient inéluctable. La Commune exécute alors les principaux de ses prisonniers : des politiques, des religieux, des militaires. Pendant ce temps elle perd ses dernières barricades. Le 27, Versailles tire sur Belleville. Le 29, les Allemands emportent le fort de Vincennes. Paris est ouvert béant, la Commune s’effondre.

On poursuit les insurgés jusque dans les catacombes. Qui héberge un combattant est fusillé. Les dénonciations pullulent, les soldats nettoient, les tribunaux exécutent à la chaîne. Entre trois et sept mille fédérés sont tués soit au combat, soit devant les pelotons. On parle aussi de trente mille civils. Des milliers d’habitants sont enlevés, et conduits au camp d’internement de Satory, près de Versailles. Cet endroit devient un mouroir et un champ de tortures. Les déportations vont commencer, en wagons plombés, jusqu’aux pontons des ports de l’Atlantique, puis vers la Nouvelle-Calédonie. La réaction franco-prussienne a gagné.

coverMais dès 1872, on commence à réclamer une amnistie. La proposition ci-contre, portée par Victor Hugo, est de mai 1876. Cette édition s’appuie sur la mise à disposition en 2013 par le Sénat français de la copie numérisée du manuscrit original de Victor Hugo. Les passages raturés par l’auteur ont été enlevés, ses modifications enregistrées. Le texte prononcé sera légèrement différent, surtout dans son introduction. Je l’ai mis à la suite, car il n’est pas inintéressant de connaître quels passages Hugo a finalement fait sauter. Il est disponible dans : Hugo, Victor, Actes et paroles, XXXII, L’amnistie au Sénat.


Présentation du texte, avec un commentaire très intéressant de Paul Laurendeau, un extrait, et le lien vers la fiche d’achat sur Immatériel.
Présentation de la nouvelle collection  : La Malle aux trésors.
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La fabrique d’une « plandémie » : l’art de faire mentir les chiffres

Le statisticien Pierre Chaillot explique la mécanique du comptage qui a entretenu la peur et fait croire à l’efficacité du soi-disant « vaccin » anti-Covid. Un déchiffrage saisissant.

Par Pierre Chaillot, statisticien, chercheur, auteur de la chaîne Décoder l’éco

Source: La fabrique d’une pandémie: l’art de faire mentir les chiffres – CovidHub.ch

L’objectif de cette présentation est de comprendre la mécanique mise en place depuis le début de l’année 2020 pour créer et entretenir la peur d’un virus, mais également faire croire à l’efficacité des vaccins censés protéger contre ce dernier. Cette mécanique est d’ordre bureaucratique. Des règles ont été édictées très tôt de façon à maîtriser les comptages et mettre tous les projecteurs sur le fameux Covid-19. La nouveauté de ce siècle est qu’il n’y a même plus besoin d’avoir des symptômes pour être déclaré malade, et même plus besoin de malades pour déclarer une pandémie.

Bilan de deux ans de pandémie

Pas d’hécatombe. Pas d’hôpitaux engorgés par le Covid. Pas de vague de malades

La quasi-totalité des pays se sont émus de l’augmentation du nombre de décès pendant l’année 2020 par rapport aux années précédentes. L’augmentation a partout été montrée comme la preuve de l’hécatombe Covid-19. Ici on observe le nombre de décès annuels français disponible sur Eurostat.

Cependant, la France comme tous les pays d’Europe est vieillissante, comme en témoigne l’évolution de sa pyramide des âges entre 2000 et 2020. Les baby-boomers arrivent dans les âges où l’on décède. Le nombre de décès va donc naturellement augmenter fortement pendant 30 ans. Tous les démographes le savent depuis longtemps.

On doit compter les décès standardisés par âge

Pour comparer des choses comparables, il faut prendre en compte cette évolution en utilisant la méthode reconnue par l’OMS et tous les instituts de statistiques (jusqu’en 2020 en tout cas) : les décès standardisés par âge. On observe alors que l’année 2020 est aussi mortelle que l’année 2015. L’année 2020 est la 6e année la moins mortelle de toute l’histoire de France. Si en nombre brut, il y a plus de morts en 2020 qu’auparavant, c’est parce que la population vieillit et pas à cause d’un virus. Cette situation est la même pour la quasi-totalité des pays Européens. Pour un certain nombre de pays (en beige pâle) 2020 est même l’année la moins mortelle de l’histoire. Au pire en Europe comme en Espagne, c’est juste une année relativement mortelle pour la décennie (voir la carte d’Europe au chapitre « La désorganisation organisée »).

Au passage, si on fait l’exercice de mettre tous les pays européens sur la même échelle de décès, ici ils sont standardisés selon la population française de 2020, on remarque qu’au sein de chaque pays, les variations d’une année sur l’autre sont relativement faibles. L’année 2020 est pour chaque pays en bas du graphique, donc une année de faible mortalité. En revanche les différences ente pays sont énormes. A population égale, la Bulgarie a deux fois plus de morts que le France ! Ce qui impacte réellement la mortalité n’a rien à voir avec des phénomènes épidémiques. C’est le niveau de pauvreté et l’accès aux soins qui sont déterminants. Un organisme comme l’OMS devrait uniquement se préoccuper de ces aspects s’il voulait réellement améliorer la santé des gens. Dommage que ça ne rapporte pas d’argent.

Covid: à peine 2% des hospitalisations en 2020

Donc pas d’hécatombe en 2020. Passons aux hospitalisations. En France, l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation a sorti deux rapports sur les hospitalisations en 2020. Nous y avons découvert que contrairement à ce que la propagande médiatique nous a fait croire pendant des mois, l’activité Covid-19 n’a représenté que 2% de l’activité hospitalière en 2020. C’est ridicule. Elle a représenté 11% des morts à l’hôpital, tout simplement parce qu’en France, 1 personne âgée sur 2 décède à l’hôpital. Un certain nombre de personnes âgées hospitalisées ont été cataloguées Covid-19 en 2020.

Même au maximum du pic de mars-avril 2020, l’activité covid-19 n’a représenté que 7,6% de l’activité. Et encore, dans un contexte où les hôpitaux ont été à moitié vidés pour laisser la place au soi-disant « raz-de-marée » de patients Covid-19 prévus. Et qui ne sont pas venus.

Au niveau régional, le record de déclarations Covid-19 est pour l’Ile-de-France avec 2,2% seulement. On note juste qu’il y a une adéquation parfaite entre la part de Covid-19 déclarée et la sous-activité. Plus les hôpitaux sont proches du pouvoir et plus ils déclarent de Covid-19 et moins ils soignent.

Où est le raz-de-marée, la peste noire?

Même les réanimations sont restées vides. Les hôpitaux ont déclaré une surutilisation de 10% par rapport à l’habitude, alors que les capacités avaient été doublées en requalifiant d’autres lits en réanimation. Ces lits requalifiés sont donc majoritairement restés vides.

Nous savons donc que le « raz-de-marée » de malades Covid-19 n’était pas à l’hôpital. Il n’était pas non plus dans les cabinets médicaux. Regardons le nombre de malades Covid-19 déclarés par les médecins. L’incidence relevée par les médecins généralistes est toujours restée ridiculement faible (ce sont les courbes rouges autour de 100 malades pour 100 000) au regard des grippes habituelles (autour de 800 malades pour 100 000).

Donc pas d’hécatombe nulle part, pas de saturation hospitalière, mais au contraire, une sous-utilisation, et pas de malades chez les médecins. Où est la pandémie mortelle ? Comment a-t-on pu faire croire à ce scénario ?

La prise en main du comptage

Commencer à compter les choses, c’est leur donner une existence

L’histoire du Covid-19 a démarré fin 2019. L’OMS nous raconte qu’une «nouvelle pneumopathie» d’étiologie inconnue a été constatée chez 44 malades. 44 malades dans un pays d’1,5 milliard d’habitants dont on a une idée du niveau de pollution et de pauvreté. D’ailleurs à cette période, Wuhan enregistre de très forts taux de pollution aux particules. On devrait donc s’attendre à trouver des personnes souffrant de problèmes respiratoires. La logique voudrait de ne pas créer de psychose. Pas pour l’OMS.

Le 7 janvier la séquence d’un nouveau coronavirus est diffusée. Une équipe de chercheurs chinois annonce alors avoir trouvé la « cause » de la maladie.

Pas de quoi lancer une panique mondiale. Et pourtant…

La méthodologie est expliquée dans un article du journal Nature. L’équipe explique avoir récupéré du liquide de lavage broncho-alvéolaire chez un patient de 41 ans malade, et avoir lancé des RT-PCR multiples pour faire du séquençage. Ce procédé mériterait un examen en détail pour relever toutes les incertitudes et discussions possibles sur chaque étape. Contentons-nous de considérer que, comme toute méthode, elle possède sa part d’incertitudes. Cette méthode permet d’identifier des morceaux de séquence ARN ou ADN présents dans un échantillon.

56 millions de séquences ont été identifiées. Elles ont été passées dans 2 logiciels réalisant chacun 2 étapes : enlever les séquences attribuées au patient à toutes les séquences déjà connues, puis recoller les séquences restantes pour former la chaîne d’un nouveau virus. Les 2 logiciels utilisés ne sont pas d’accord entre eux. Le logiciel Megahit a formé une séquence de 30 000 nucléotides qui a pu être appelée « SARS-COV-2 ». Le logiciel Trinity considère que la séquence n’existe pas dans l’échantillon. A ce stade nous avons donc 44 patients malades d’étiologie inconnue et une séquence qu’un seul logiciel déclare avoir trouvée sur un seul malade. Cette séquence n’a pour le moment jamais prouvé être un pathogène. Il n’y a pas de lien statistique montré entre la séquence et la maladie, et donc encore moins de causalité. Rationnellement, on semble assez loin de pouvoir lancer une panique mondiale. C’est pourtant ce qu’il se passe.

Changement de définition: la grippe disparaît des comptages…

Très vite le 23 janvier est publié un protocole validé dans la foulée par eurosurveilance pour tester des gens et trouver le virus du « SARS-COV-2 ». Ce protocole a le bon goût d’arranger financièrement ses commanditaires, tout en détectant un maximum de « SARS-COV-2 » partout.

En France, les définitions des maladies changent. Auparavant les maladies hivernales étaient appelées «grippes». A partir de mars 2020 elles sont appelées «infections respiratoires aiguës», ce qui permet de piocher dedans pour attribuer les malades au Covid-19.

D’ailleurs, depuis le changement de définition, la grippe disparaît des comptages.

…de même que les bronchites, pneumonies, etc.

A l’hôpital, arrive la nouvelle arnaque au comptage. Il faut savoir que chaque patient se voit attribuer un code en arrivant. Ce code fait partie d’une nomenclature appelée Classification Internationale des Maladies (CIM-10). Elle est tenue par l’OMS. Fin janvier 2021, et pour la première fois de l’histoire, l’OMS a créé un code d’urgence : U07.1 maladie respiratoire à coronavirus Covid-19. Grâce à ce code, tout malade d’infection respiratoire va pouvoir être comptabilisé comme Covid-19. D’ailleurs l’ATIH prévient de n’utiliser que ce code, même lorsque la Covid-19 n’est pas confirmée par test.

Cela n’a d’ailleurs pas raté, toutes les bronchites, pneumonies, bronchopneumopathies, bronchiolites, tuberculoses, grippes, semblent avoir disparu, au profit du code d’urgence Covid-19.

La désorganisation organisée

Confinements: la «stratégie du choc»

Nous venons de voir la prise de contrôle des statistiques début 2020. Elle a eu lieu en même temps que la propagande médiatique permettant de préparer les esprits. La bascule dans la psychose et le totalitarisme sanitaire a lieu à mon sens à l’annonce des premiers confinements. Le confinement général est un choc, au sens de « La stratégie du choc » de Naomi Klein. Il place les gens dans un état de sidération et empêche toute contestation. En toute rationalité, chacun peut se dire que si l’Etat prend des mesures aussi drastiques, c’est forcément que la situation est très grave. Le confinement est un révélateur de l’adhésion du gouvernement à la propagande de l’OMS et révèle bien souvent le début de la désorganisation complète du soin au profit de l’histoire racontée.

En étudiant la soi-disant première vague Covid-19 de mars-avril 2020 en Europe, j’ai été surpris de constater que seulement 9 pays sur 35 ont une surmortalité visible sur la période. Il n’y a aucune logique géographique à ces pays. L’histoire de la pandémie qui se répand partout a de sérieuses lacunes. Par exemple, la Belgique a suivi depuis le début le narratif Covid-19 et présente, en effet une forte hausse du nombre de décès (seulement des personnes âgées) fin mars 2020 en plein confinement. La France a le même profil. A contrario son voisin l’Allemagne qui n’a pas confiné et a misé sur des mesures de recommandations n’a aucune hausse de mortalité significative.

Discours qui fait peur – discours qui rassure

Nous pouvons faire le même constat entre l’Espagne et le Portugal. En Espagne, 12 000 décès de personnes âgées sont suspects. La presse a rendu publique la découverte par les militaires espagnols après le confinement, de dizaines de maisons de retraite entièrement désertées par les personnels, laissant les plus âgés mourir dans leur lit. Il est public que ce n’est pas le virus qui a tué les plus âgés espagnols, mais la peur. Au Portugal, il y a également eu un confinement, mais avec une autre stratégie, dont des annonces du gouvernement pour renforcer les moyens hospitaliers. D’un côté un discours de la peur, de l’autre un discours qui rassure. Deux pays, deux ambiances, deux résultats.

Le même constat se fait au sein des pays. La France métropolitaine est découpée en 96 départements. Sur ces 96, seuls 15 ont une hausse de mortalité significative en mars-avril 2020. On peut voir ici la différence entre la région Île-de-France autour de Paris et la région Nouvelle-Aquitaine au Sud-Ouest. Plus on est proche de la capitale et donc du pouvoir, là où se trouvent les décideurs, les plus acharnés du narratif, et plus il y a de morts.

Pas un problème de virus tueur… mais de stratégie tueuse

L’institut de la statistique français décline les décès selon le lieu de décès. Les Français décèdent soit à domicile, soit à l’hôpital, soit en maison de retraite. J’ai récupéré les statistiques de décès et je les ai comparées aux morts déclarés Covid-19 sur ces 3 lieux. A domicile personne n’est déclaré mort du Covid-19. On a pourtant une augmentation forte du nombre de décès sur la période. A posteriori les autorités et instituts français ont attribué ces morts au Covid-19. Pourtant les rapports officiels de l’ATIH nous montrent que pendant cette période les hôpitaux étaient déserts, en particulier les urgences. Il manque sur la période 5 000 personnes aux urgences cardiaques et AVC par rapport à d’habitude. Soit exactement la surmortalité. Ce que l’on mesure ici n’est pas le virus, mais l’abandon de soin.

En France, plus d’une personne sur deux décède à l’hôpital. L’hôpital est le lieu principal de la fin de vie avec 1000 décès par jour. On observe qu’en mars-avril 2020, une grosse partie des décès habituels est attribuée au Covid-19. Faisant croire à une hécatombe alors qu’il s’agit de la vie normale en majorité. C’est là qu’interviennent les fameux codes d’urgence Covid-19. La surmortalité hospitalière est de 7 000 personnes, alors que 14 000 sont attribuées au Covid-19. Il reste quand même un surplus visible, mais dont nous savons l’origine : le Conseil Scientifique français (qui conseille le gouvernement) a publié un article montrant que 6000 personnes déclarées décédées du Covid-19 à l’hôpital sont mortes dans les 3 premiers jours. Dont 3000 le jour même de leur arrivée. Cette étude révèle juste que la stratégie d’interdire aux gens de consulter un médecin en cas de symptômes, de laisser la situation s’aggraver jusqu’à ne plus pouvoir respirer, a tué plusieurs milliers de personnes. Il n’y a pas de problème d’un virus tueur, mais d’une stratégie tueuse.

5000 personnes tuées au Rivotril

Enfin dans les maisons de retraite intervient le pire. Quasiment toutes les personnes âgées décédées sur la période ont été déclarées Covid-19. La stratégie sur la période en France était qu’en cas de soupçon Covid-19, la personne était déclarée non soignable et devait être placée en soins palliatifs avec des tranquillisants. Cette stratégie a été mise en place dans tellement de pays qu’il y a eu une pénurie mondiale de midazolam. En France, une loi d’urgence a été votée pour remplacer ce produit par du clonazépam commercialisé sous le nom de Rivotril. En comparant le nombre de boîtes de Rivotril injectables à ce qui est vendu d’habitude, et en considérant qu’il suffit de 2 ampoules pour « accompagner » un décès, on estime que 5000 personnes ont bénéficié de cette mesure. 5000 personnes c’est exactement la surmortalité en maisons de retraite. Il n’y a pas un virus tueur, il y a des personnes âgées qui ont été déclarées mortes avant de l’être.

Le moteur de la fraude : les tests

L’épidémie sans malades

Nous avons vu qu’il a été possible de déclencher une panique mondiale sans même avoir besoin de prouver l’existence d’un pathogène. Il a suffi qu’un laboratoire déclare avoir reconstruit une chaîne ARN à partir de liquide prélevé sur un patient, et qu’il déclare que cette chaîne était responsable d’une quarantaine de pneumopathies en Chine. La suite est une succession de surveillance et d’accusation des malades de propager la maladie sans jamais le prouver. Les parcours de soins ont été désorganisés, les malades habituels ont été déclarés Covid-19 et insoignables. Les plus anciens ont été abandonnés ou au mieux placés en soins palliatifs. Les tests RT-PCR, qui sont positifs dans beaucoup de cas, font le travail d’entretien de la psychose sans même avoir besoin de trouver des malades. Les nombreux bien-portants sont déclarés asymptomatiques, en totale contradiction avec le 2e postulat de Koch dans sa version moderne : La séquence nucléique du micro-organisme ne doit pas être retrouvée (ou rarement) chez des individus indemnes.

Vaccin ciblant tout le monde et pas seulement les plus âgés

La supercherie des tests est indispensable à toute la stratégie de contrôle de la population et surtout à la stratégie vaccinale depuis le début. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire les études de phase 3 de Moderna et Pfizer. Les 2 études sont construites exactement de la même façon. Pour commencer, ces études comportent une majorité de personnes de moins de 65 ans. Cela signifie que les laboratoires savent déjà que leurs vaccins ont pour finalité d’être distribués à toute la population et pas seulement aux plus âgés. Mais surtout, la soi-disant efficacité des vaccins n’est pas basée sur des résultats cliniques, sur le fait que les patients seraient moins malades, mais sur des résultats de tests.

Les volontaires et les chercheurs savaient qui était vacciné ou non

Les 2 études portent d’ailleurs un biais monumental puisqu’elles sont en « observer-blinded ». Les vaccins et placebos administrés n’avaient pas la même couleur, de sorte que tout le monde pouvait savoir qui avait reçu le vaccin miracle (et se croyait protégé) et qui avait reçu le placebo. Ensuite, les laboratoires n’ont pas organisé de tests réguliers. Ils ont juste recueilli les tests des volontaires lorsqu’ils y allaient d’eux-mêmes. Le biais est évident. Les vaccinés ont naturellement cru être protégés et avoir des effets indésirables des vaccins lorsqu’ils se sont sentis un peu malades, alors que ceux qui ont reçu le placebo ont plus souvent cru être malades du Covid-19 au moindre symptôme. Ne pas contrôler le nombre de tests tout en influençant les volontaires en leur laissant savoir le produit qu’ils reçoivent est une fraude grossière.

Nous savons en plus qu’au moins un des laboratoires de Pfizer a triché en décourageant les vaccinés de se faire tester. En toute logique, il suffit de savoir qu’un seul laboratoire a fraudé pour invalider l’ensemble des résultats. Non seulement le biais est énorme, mais en plus ils ont triché. D’ailleurs au final, il y a eu dans chaque essai autant de morts voire plus du côté des vaccinés que du côté des placébos. Et encore, c’est en faisant semblant de croire que tous les morts des volontaires initiaux ont bien été rapportés et pas masqués en les considérant sortis de l’étude.

Tests: la clé pour forcer la vaccination et faire croire que les vaccins marchent

Le biais du test a été mis en place dès les études de phase 3. On sait dès leur lecture que les vaccins seront imposés à toute la population et que les tests seront la clé pour imposer la vaccination et faire croire que les vaccins marchent. Il faudra pour cela s’assurer que les non-vaccinés se testent bien plus souvent que les vaccinés, soit mettre en place un passe sanitaire. Pour bien comprendre ce biais, prenons l’exemple d’une population vaccinée à plus de 80%. Nous avons 200 non-vaccinés et 1000 vaccinés. Un passe sanitaire est mis en place de sorte que 8 non-vaccinés sur 10 se testent alors que seulement 1 vacciné sur 10 se teste. Cela fait 160 tests réalisés pour les non-vaccinés et seulement 100 chez les vaccinés. Supposons que le vaccin n’a aucun impact sur le taux de positivité du test. Il est de 10% dans chaque cas. Cela fait 16 tests positifs chez les non-vaccinés et seulement 10 chez les vaccinés. 16 tests positifs pour 200 fait un ratio de 80 pour 1000 chez les non-vaccinés alors que le ratio est de 10 pour 1000 chez les vaccinés. Voilà comment les autorités peuvent déclarer le vaccin efficace à 90 %, il suffit de tester plus souvent les non-vaccinés.

Ce biais a été reproduit dans toutes les études d’efficacité de tous les gouvernements. C’est le cas dès l’étude israélienne de Dagan et al. Toute l’équipe est pleine de conflits d’intérêts avec Pfizer, mais c’est surtout ce biais qui permet de faire croire à une efficacité. Ils ont en plus supprimé le résultat de tous les testés positifs dans les jours suivant la vaccination, afin de vraiment gonfler le résultat.

Le passe sanitaire fait exploser le nombre de non-vaccinés positifs

Le ministère de la santé français reproduit le même biais dans toutes ses études. Il n’y a aucun contrôle sur le nombre de tests réalisés par les vaccinés et non-vaccinés. Le vaccin fait donc semblant d’être efficace dès la mise en place du passe sanitaire.

On voit donc le nombre de tests positifs exploser en France chez les non-vaccinés à partir de la mise en place du passe sanitaire au 12 juillet 2021. Les non-vaccinés en rouge et ceux qui n’ont reçu qu’une seule dose en violet sont juste obligés de se tester pour accéder aux bâtiments publics et lieux de vacances. Il n’y a aucune épidémie virale en juillet 2021, juste une épidémie de tests, avec un biais pour faire croire à l’efficacité des vaccins.

Les instituts payés par le ministère de la santé ont également reproduit ce biais à chaque fois pour vanter l’efficacité vaccinale.

La soi-disant efficacité vaccinale s’est effondrée avec la fin du passe sanitaire.

Dès que le passe a été abandonné, les non-vaccinés n’ont plus été obligés de se tester. Les acharnés du test nasal sont les plus stressés de la population : les multiples vaccinés. Ils sont du jour au lendemain devenus majoritaires. Cela a fait croire à une baisse de l’efficacité vaccinale ou même une inversion, alors qu’il ne s’agit que du même biais, mais cette fois-ci à l’envers. Toute l’efficacité n’a jamais été qu’une fraude statistique. C’est la maîtrise du comptage qui créé l’illusion.

Pour finir, si nous regardons en France qui, depuis le début de la crise a été déclaré positif ou négatif après un test, et selon le fait d’être malade ou non, on obtient 4 catégories. Pendant tout 2021, le taux de positivité (rapportant le nombre de tests positifs au nombre total de tests) a rarement dépassé les 5 %. Il n’est donc pas possible sur la base de ces résultats d’être certains que la chaîne ARN recherchée par les tests était présente quelque part. Ces résultats positifs peuvent tout à fait provenir de l’erreur de mesure.

Appelés «asymptomatiques» pour gonfler le nombre de cas

En outre, durant l’année 2021, les personnes testées positives étaient majoritairement en bonne santé, on les a appelées pour le besoin de communication « asymptomatiques », remettant ainsi au goût du jour la célèbre formule du Docteur Knock « Tout bien portant est un malade qui s’ignore ». Parallèlement, les « enrhumés » (symptomatiques) étaient en grande majorité testés négatifs ! Il n’y a donc aucun lien statistique entre le test et la maladie en 2021 et toute la positivité peut être mise sur le dos du hasard statistique.

Dès le début de 2022 les nouveaux protocoles de tests ont fait exploser le taux de positivité aussi bien chez les malades que chez les bien-portants. La positivité augmente par l’introduction de la recherche du « variant omicron » présent partout, et de l’abandon de la confirmation par test PCR en cas d’un test antigénique positif. On observe également qu’à partir du mois de novembre 2021, la part de personnes testées présentant des symptômes (avec des résultats positifs comme négatifs) augmente : quand arrive l’hiver, il y a plus de maladies respiratoires qu’en été. Que ferions-nous sans la science ?

Depuis le début, il n’y a aucun lien statistique entre le fait d’être malade et le fait d’avoir un test positif. Selon les postulats de Koch, les tests ne recherchent pas un pathogène, mais juste une séquence présente chez des humains. Les vaccins ne peuvent pas avoir le moindre intérêt puisqu’ils se basent sur une supercherie. Leur soi-disant efficacité ne repose que sur le biais créé et entretenu par le principe du passe sanitaire. Il faut et il suffit de faire tomber la croyance envers ces fameux tests pour faire s’effondrer la fraude politique, bureaucratique, médiatique sous couvert de science, qui nous régit depuis plus de 2 ans.

Lien entre surmortalité et campagnes de vaccination

(Covidhub) Dans la plupart des pays européens, les courbes de décès excédentaires (notamment chez les jeunes) explosent peu après les campagnes de vaccination, comme le montre l’exemple hongrois. A noter que la croissance de la surmortalité avant le début de la vaccination s’observe partout en Europe en octobre 2020, au moment d’une vaccination antigrippale massive. La Finlande et la Norvège, qui ont largement renoncé à cette dernière, n’ont en revanche pas connu cette « bosse » de mortalité à l’automne 2020.

Les nombreuses «guerres» imbriquées – Un guide sommaire à travers le brouillard (A. Crooke)

Alastair Crooke pose son regard avisé sur la situation internationale marquée par un enchevêtrement des conflits qui opposent les deux grands blocs impérialistes – l’Alliance Atlantique (USA-UE-OTAN) contre l’Alliance Pacifique (CHINE-RUSSIE-OCS). Crooke subdivise ce vaste conflit en cinq guerres thématiques et démontre que la résultante de ces cinq affrontements pourrait bien être la guerre mondiale globale nucléaire-sanitaire-virale-numérique-thermo-climatique…


Par Alastair Crooke – Le 24 octobre 2022 – Source Strategic Culture

Nous avons maintenant un ensemble embarrassant de « guerres » dont, paradoxalement, l’Ukraine est peut-être celle de moindre importance stratégique – bien qu’elle conserve un contenu symbolique significatif. Un « drapeau » autour duquel les histoires sont racontées et le soutien rallié.

Oui, il n’y a pas moins de cinq « guerres » en cours, qui se chevauchent et sont liées entre elles – et elles doivent être clairement différenciées pour être bien comprises.

Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs changements d’époque : le sommet de Samarkand, la décision de l’OPEP+ de réduire la production pétrolière des pays membres de deux millions de barils par jour à partir du mois prochain, et la déclaration explicite du président Erdogan selon laquelle « la Russie et la Turquie sont ensemble et travaillent ensemble » .

Les alliés de base des États-Unis, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Égypte et des groupements tels que l’OPEP+ font un grand pas vers l’autonomie et vers la coalescence de nations non occidentales en un bloc cohérent, qui agit selon ses propres intérêts et fait de la politique « à sa façon » .

Cela nous rapproche du monde multipolaire que la Russie et la Chine préparent depuis plusieurs années – un processus qui signifie « la guerre » du découplage géostratégique de l’« ordre » mondial occidental.

Cette guerre est menée, d’une part, en présentant la Russie et la Chine comme trop méfiantes l’une envers l’autre pour être des partenaires. D’autre part, on présente la Russie comme étant si faible, si dysfonctionnelle et erratique (prête à utiliser des armes nucléaires tactiques), que le binaire « avec nous » ou « contre nous » oblige les États à se ranger du côté de l’Occident. Dans ce cas, l’Ukraine est présentée comme le brillant « Camelot » autour duquel se rassembler, pour combattre les « ténèbres » .

Cela nous mène directement à la « guerre » financière mondiale qui dure depuis longtemps, une guerre à deux niveaux.

Au premier niveau, la Fed américaine joue un « jeu mondial » . Elle augmente les taux d’intérêt pour de nombreuses raisons. Mais ici, il s’agit de protéger le « privilège du dollar » , qui consiste à pouvoir échanger l’argent qu’elle imprime à partir de rien contre de la main-d’œuvre et des marchandises réelles dans le monde entier. Ce privilège de « monnaie de réserve » est à la base du niveau de vie élevé des États-Unis (bien plus élevé qu’il ne le serait autrement). C’est un avantage énorme, et la Fed va protéger cet avantage.

Pour ce faire, le plus grand nombre possible d’États doivent être dans la « filière » du dollar et faire des échanges en dollars. Et placer leur épargne dans les bons du Trésor américain. La Fed fait maintenant tout ce qu’elle peut pour faire s’effondrer la part de marché de l’euro et ainsi faire passer les euros et les euro-dollars dans le circuit du dollar. Les États-Unis menaceront l’Arabie saoudite, les États du Golfe et la Turquie pour les empêcher de quitter ce circuit.

Il s’agit là de la « guerre » contre la Russie et la Chine, qui détournent une grande partie de la planète du système du dollar pour la faire entrer dans une sphère non dollarisée. Le non-respect de l’appartenance au système du dollar est sanctionné par divers outils, depuis les sanctions, le gel des avoirs et les droits de douane jusqu’au changement de régime.

Si la Fed ne protège pas le « privilège du dollar » , elle court le risque de voir tout le monde sortir du circuit. Le bloc Eurasie s’efforce de sortir du circuit du dollar, de créer une résilience économique et de commercer en dehors du circuit. Ce que la Fed essaie de faire, c’est d’arrêter cela.

La deuxième dimension de la guerre financière américaine est la longue lutte menée par les États-Unis (Yellen et Blinken, plutôt que la Fed) pour conserver le contrôle des marchés de l’énergie, et la capacité des États-Unis à fixer le prix des carburants. Les BRICS (avec la volonté des Saoudiens de les rejoindre) ont l’intention de développer un « panier » de devises et de matières premières destiné à servir de mécanisme commercial alternatif au dollar pour le commerce international.

Le groupe eurasien ne prévoit pas seulement de commercer en monnaies nationales, et non en dollars, mais il veut lier cette monnaie d’échange à des produits de base (pétrole, gaz, nourriture, matières premières) qui ont une valeur intrinsèque – qui deviennent ainsi des « monnaies » à part entière. Plus que cela, le groupe cherche à éloigner le contrôle des marchés de l’énergie des États-Unis, et à le relocaliser en Eurasie. Washington a toutefois l’intention de reprendre le contrôle (par le biais du contrôle des prix).

Et c’est là que réside un problème fondamental pour Washington : le secteur des matières premières – avec sa valeur tangible inhérente – devient, en soi, une « monnaie » très recherchée. Une monnaie qui, à cause d’une inflation galopante, surpasse la monnaie fiduciaire dévaluée. Comme le souligne Karin Kneissl, ancienne ministre autrichienne des affaires étrangères, « en 2022 seulement, la banque centrale étasunienne a imprimé plus de papier-monnaie que dans toute son histoire. L’énergie, en revanche, ne peut être imprimée » .

Cette « guerre de l’énergie » prend la forme d’une perturbation ou d’une destruction du transport – et du flux – des produits des producteurs d’énergie eurasiens vers les clients. L’UE vient de goûter à cette « guerre » particulière avec la destruction des pipelines Nordstream.

Nous en arrivons maintenant aux grandes « guerres » : tout d’abord, la guerre pour forcer la Fed à pivoter – à pivoter vers les taux d’intérêt zéro et l’assouplissement quantitatif.

La révolution sociale aux États-Unis, qui a vu une élite métropolitaine radicalisée considérer la diversité, le climat et la justice raciale comme des idéaux utopiques, a trouvé sa « cible » facile dans une UE déjà à la recherche d’un « système de valeurs » pour combler son propre « déficit démocratique » .

La bourgeoisie européenne a donc sauté avec alacrité dans le « train » libéral américain. S’appuyant sur les politiques identitaires de ces derniers, ainsi que sur le « messianisme » du Club de Rome en matière de désindustrialisation, la fusion semblait offrir un ensemble impérial idéal de « valeurs » pour combler les lacunes de l’UE.

Seulement … seulement, les Républicains pro-guerre américains, ainsi que les néo-conservateurs Démocrates pro-guerre, avaient déjà grimpé dans « ce train » . Les forces culturelles-idéologiques mobilisées convenaient parfaitement à leur projet interventionniste : « Notre premier objectif est d’empêcher la réémergence d’un nouveau rival » (doctrine Wolfowitz) – la Russie d’abord, la Chine ensuite. Voir:  L’ancien président russe Medvedev déclare que l’événement en Pologne prouve que «l’Occident se rapproche d’une guerre mondiale». (msn.com)

En quoi cela a-t-il à voir avec la guerre contre la Fed ? Cela a beaucoup à voir. Ces courants s’engagent à imprimer et à dépenser GROS, sinon ils verront leurs projets s’effondrer. Le Reset nécessite l’impression. Le Green nécessite l’impression. Le soutien au « Camelot » ukrainien nécessite l’impression. Le complexe militaro-industriel en a également besoin.

Les libéraux américains woke et les écolos européens woke ont besoin que le robinet de l’argent soit complètement ouvert. Ils ont besoin d’imprimer de l’argent à outrance. Ils doivent donc faire chanter la Fed pour qu’elle n’augmente pas les taux, mais qu’elle revienne à l’ère du taux zéro, afin que l’argent reste à coût zéro et circule librement (et au diable l’inflation). Voir:  De l’Union européenne au Reich allemand sous tutelle américaine – les 7 du quebec

La CNUCED, qui supplie toutes les banques centrales d’arrêter de relever les taux pour éviter une récession, est l’un des fronts de cette guerre ; la poursuite de la guerre en Ukraine, avec l’énorme déficit financier qui en découle, est un autre moyen de forcer la Fed à « pivoter » . Et forcer la Banque d’Angleterre à « pivoter » vers le QE en est encore un autre.

Pourtant, jusqu’à présent, Jerome Powell résiste.

Il y a aussi l’autre « guerre » (en grande partie invisible) qui reflète la conviction de certains courants conservateurs américains que l’après-2008 a été un désastre, mettant le système économique américain en danger.

Oui, ceux qui soutiennent Powell sont certainement préoccupés par l’inflation (et comprennent aussi que les hausses de taux d’intérêt ont été faite en retard par rapport à l’inflation galopante), mais ils sont encore plus préoccupés par le « risque sociétal » , c’est-à-dire le glissement vers la guerre civile en Amérique.

Happy 3d man leaping and a money rain

La Fed pourrait continuer à relever les taux pendant un certain temps – même au prix d’un certain effondrement des marchés, des fonds spéculatifs et des petites entreprises. Powell a le soutien de certaines grandes banques new-yorkaises qui voient avec beaucoup de clarté ce qui les attend avec le modèle libéral et woke : la fin de leur activité bancaire lorsque les renflouements deviendront numériques et seront versés directement sur les comptes bancaires des demandeurs (comme l’a proposé le gouverneur Lael Brainard).

Powell ne dit pas grand-chose (il est probable qu’il se tienne à l’écart de la politique américaine partisane durant cette période délicate).

Cependant, la Fed pourrait tenter de mettre en œuvre une démolition contrôlée de la bulle économique américaine, dans le but précis de ramener l’Amérique sur des rails financiers plus traditionnels. Pour briser la « culture des actifs à effet de levier » … Vous commencez à résoudre l’énorme fossé d’inégalité sociétale que la Fed a contribué à créer, par le biais de l’assouplissement quantitatif facilitant les bulles d’actifs géantes … Vous commencez à rajeunir l’économie américaine en mettant fin aux distorsions. Vous dissipez l’envie de guerre civile parce que le problème n’est plus seulement entre les « nantis » et les « démunis » .

Cette vision est peut-être un peu utopique, mais elle permet de briser la « bulle du tout » , de briser la culture de l’effet de levier et de mettre fin à la confrontation extrême entre les bénéficiaires de la bulle et la baisse des salaires réels aux États-Unis pendant 18 mois consécutifs.

Mais … mais cela n’est possible que si rien de systémique ne se brise.

Quelles sont les implications géostratégiques ? De toute évidence, beaucoup de choses dépendent du résultat de l’élection américaine de mi-mandat. Il semble d’ores et déjà (en fonction des résultats précis des candidats du GOP) que le financement de la guerre en Ukraine sera réduit. L’ampleur de cette réduction dépendra de la marge de succès obtenue par les « populistes » du GOP.

Il n’est pas plausible que l’UE, confrontée à sa propre crise dévastatrice, continue à financer Kiev comme avant.

Mais l’importance de la lutte pour replacer les États-Unis dans le paradigme économique des années 1980 suggère que l’Occident va frôler une rupture systémique au cours des prochaines semaines.

Les euro-élites sont trop lourdement investies dans leur voie actuelle pour changer de narratif dans un avenir proche. Ils continueront donc à blâmer et à dénigrer la Russie – ils n’ont guère le choix s’ils veulent éviter la colère populaire. Et il y a trop peu de signes indiquant qu’ils ont mentalement assimilé le désastre que leurs erreurs ont provoqué.

Et en ce qui concerne Bruxelles, le mécanisme de rotation des dirigeants de l’UE est largement absent. L’Union n’a jamais été équipée d’une marche arrière – un besoin que l’on pensait inimaginable à l’époque.

La question reste donc : « quelle sera la situation en Europe en janvier-février ? ».

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

«L’enveloppe budgétaire»

ALLAN ERWAN BERGER  — Nous allons parler ici de métonymie associée à un pléonasme. C’est grave. En plus, on a du grec plein la bouche. Ça ne peut pas durer. Heureusement, l’objet de cette étude est parfaitement français, et même français « de souche », et tellement de souche qu’il en est françois (on prononce « françoué », à la bressanne et en roulant le R s’il vous plaît). Il s’agit en effet du budget.

Mais l’on pourrait aussi parler du fisc, qui vient du latin fiscus, le panier. Pour financer une armée, soit le citoyen romain mettait dans le panier de quoi payer un soldat, soit il se faisait soldat lui-même. Le fiscus devint rapidement, (par métonymie) le contenu du panier : autrement dit la recette fiscale.

Il en va de même du budget. Vous savez que les rois (proncez « les roués ») de l’ancien temps vivaient sur un pied et menaient un train : mais ce pied devait être grand, et le train aussi. Pour alimenter train et pied en argent frais, iceulx roués ne levaient pas forcément des impôts sur leurs populations, mais puisaient dans ce qu’ils tiraient de l’exploitation de leurs domaines. Les recettes, converties en métaux précieux et en gemmes, reposaient dans le « trésor » (grec thesauros), une salle qui, elle, a pris le nom de son contenu (c’est de l’antimétonymie, cette affaire). Mais dans les temps anciens, où l’inflation n’existait pas et où l’or était rare, ce trésor tenait dans un simple sac, et en avait pris, par métonymie directe cette fois-ci, le nom : « le sac ».

Il y avait un vieux mot pour ce genre de sac : on l’appelait le bouge (sac de voyage en cuir, petit sac dans lequel on met son argent). De la forme bouge, on passe à la forme bougette, qui est attestée dans la littérature. La taille de la bougette est très variable : il y en a de petites chez les particuliers, de grosses chez les voleurs, les politiciens et les banquiers, et donc d’énormes chez les rois.

L’usage royal passe en Angleterre, via l’Aquitaine et l’Anjou, qui sont provinces de l’île. Le mot s’y implante et s’y pare de l’accent chantant des Britanniques : « la baoudjette ». Il connaît des fortunes diverses, mais revient en force en 1733, lorsque le ministre des finances de l’époque, devant la chambre des Communes, déclare à la fin des travaux « l’apertiure de la baoudgette », c’est-à-dire que la nouvelle saison des dépenses royales est lancée : « I open the budget. » Un pamphlet s’empare du fameux budget, de son contenu, de la façon dont il est géré, et le mot connaît alors une célébrité sans précédent, jusque chez les anglomanes français. Si l’inimitié chronique entre les deux peuples ralentira la progression de ce mot en France, elle ne l’arrêtera pas. Qui, aujourd’hui, sait encore que le budget (qu’on prononce par ici « büdjè ») est la francisation de la forme anglicisée d’un vieux mot roman ?

L’enveloppe n’a pas eu si belle fortune : si, comme son grand frère le sac de cuir, elle a fait l’objet d’une ellipse qui lui a ouvert l’accès à la métonymie, elle n’a pas pour autant traversé la Manche, et son mot n’a pas changé de forme. Mais quand même, aujourd’hui, on l’utilise parfois de la manière la plus bête qui soit puisque c’est dans un pléonasme : « l’enveloppe budgétaire ». Il faut vraiment avoir fait Sciences Po, Journalisme ou l’ENA pour causer aussi mal. Et quand on baragouine ainsi, comment pense-t-on ? Et comment, alors, fait-on penser les autres ? Et comment, surtout, gère-t-on le budget qu’on croit contenu dans une enveloppe ? On pèle le tout, comme un oignon ? Voilà pourquoi les Français pleurent.

FIN

2015_09_17

« L’enveloppe budgétaire »
ou
les véritables causes
de la morosité
en France

Retour précis sur les vrais taux de mortalité du COVID…les dessous d’une « plandémie »

Par Ian Miller − Source The Epoch Times

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Lors des premières phases de la pandémie, les « experts » se sont particulièrement escrimés à faire forte impression sur le grand public, en affirmant et répétant que le COVID était une maladie extrêmement dangereuse. S’il est clair que pour les personnes extrêmement âgées et les personnes fortement immunodéprimées, le COVID présente bel et bien des problématiques de santé importantes, les « experts » ont fait de leur mieux pour convaincre les gens de tous âges qu’ils se trouvaient en danger.

 

Au départ, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dans son incompétence sans borne, a contribué significativement à cette perception, en affirmant que le taux de mortalité du COVID était épouvantablement élevé.

Au mois de mars 2020, sur la base de fort peu de données, l’OMS a crié au loup en affirmant que 3,4% des personnes ayant contracté le COVID étaient mortes.

CNBC a rapporté qu’au cours d’une conférence de presse réalisée très tôt, Tedros Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, avait comparé le taux de mortalité attendu du COVID-19 avec celui de la grippe :

‘Globalement, environ 3,4% des cas rapportés de COVID-19 sont décédés’, a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, au cours d’une séance de presse au siège de l’agence à Genève. En comparaison, la grippe saisonnière tue bien moins de 1% des personnes affectées, a-t-il ajouté.

Ces affirmations marquaient un contraste avec les estimations précédentes, qui dépassaient déjà les 2% :

Au début de l’épidémie, les scientifiques avaient conclu que le taux de mortalité avoisinait les 2,3%.

Si l’on peut pardonner aux « experts » des incertitudes sur le taux de mortalité d’une maladie tout juste apparue et sur la base de données extrêmement réduites, les politiques catastrophistes de modification du monde, sur la base de la peur, justifiées par ces estimations, ont provoqué des dégâts considérables.

Le consensus est désormais que ces estimations étaient totalement incorrectes, et ce de plusieurs ordres de grandeur.

Mais un nouvel article, signé par l’un des experts les plus éminents au monde, confirme que les estimations de l’époque étaient encore plus déconnectées de la réalité que ce que l’on pensait jusqu’ici.

John Ioannidis est l’un des experts en santé publique les plus en vue des États-Unis, il travail pour l’université de Stanford comme professeur de médecine au sein du Stanford Prevention Research of Epidemiology and Population Health, ainsi qu’au sein de Statistics and Biomedical Data Science.

On pourrait penser que ce pedigree impeccable, ainsi qu’un historique faisant de lui l’un des scientifiques les plus publiés et les plus cités du monde moderne le mettraient à l’abri des critiques, mais malheureusement, La Science™ ne fonctionne plus ainsi.

Ioannidis a commencé par s’attirer les foudres des Gardiens de La Science™ au début de l’épidémie, lorsqu’il avait émis l’avertissement que la société était peut-être en train de prendre des décisions radicales sur la base de données limitées et de mauvaise qualité.

Il avait également participé à l’étude de séroprévalence menés dans le Comté de Santa Clara, menée par le Dr. Jay Bhattacharya.

Cet examen, qui s’intéressait à la prévalence des anticorps dans la région de San Jose, était parvenu à la conclusion que le COVID était d’ores et déjà significativement plus répandu aux mois de mars et d’avril 2020 que ne le comprenaient la plupart des gens.

Cela présente des implications très importantes, mais la révélation la plus importante était que les estimations du taux de mortalité du COVID utilisées par les « scientifiques » et par l’OMS étaient presque certainement bien trop élevées.

Ces estimations ont été créées selon l’hypothèse que les cas de contamination au COVID étaient très facilement détectables ; que les données étaient acquises sur la base de tests, et que le suivi des décès pouvait être réalisé suivant un « taux de mortalité par cas » et non un « taux de mortalité par infection ».

C’est cette erreur que Tedros et l’OMS ont faite il y a deux ans et demi.

Bien sûr, Ioannidis (et Bhattacharya) ont fait l’objet d’attaque de la part de la « communauté des experts » pour avoir apporté des éléments substantiels et des données montrant que le COVID était moins mortel que craint initialement.

Suivant ce qui est désormais devenu une insulte courante, ceux qui avaient mené l’étude ont été diabolisés, décrits comme des minimiseurs du COVID et comme de dangereux théoriciens du complot, qui allaient faire mourir des gens, tués parce qu’ils ne prendraient pas le virus assez au sérieux.

Mais Ionnidis ne s’est pas laissé abattre, et avec plusieurs autres auteurs, il a publié récemment une nouvelle étude du taux de mortalité de l’infection au COVID. Chose importante, l’article considère la période d’avant-vaccination, et couvre les groupes d’âge non-séniors ; les personnes les plus affectées par les restrictions et les mesures sans fin justifiées par le COVID.

Les Chiffres

L’article commence par énoncer des faits restés presque totalement ignorés des « experts » en confinement au cours de toute la pandémie, mais surtout lorsque des restrictions, confinements, et autres mesures avaient culminé au départ.

Il est important d’estimer avec précision le taux de mortalité à l’infection du COVID-19 pour les personnes non-âgées, en l’absence de vaccination ou d’infection préalable, car 94% de la population mondiale a moins de 70 ans, et 86% moins de 60 ans.

 

  • 94% de la population mondiale a moins de 70 ans.
  • 6% de la population mondiale a plus de 70 ans.
  • 86% de la population mondiale a moins de 60 ans.

Voilà qui est important, car les restrictions ont impacté de manière écrasante les 86-94% de gens de moins de 60 ou 70 ans.

Ioannidis et ses co-rédacteurs ont passé en revue 40 études nationales de séroprévalence couvrant 38 pays, pour déterminer leur estimation du taux de mortalité de l’infection pour une majorité écrasante de gens.

Chose importante, ces études de séroprévalence ont été menées avant que les vaccins aient été distribués, ce qui signifie que les taux de mortalité par infection étaient calculés indépendamment de l’impact des vaccins sur les groupes d’âges plus jeunes.

Alors qu’ont-ils découvert ?

Le taux médian de mortalité par infection pour le groupe d’âge compris entre 0 et 59 ans était de 0,035%.

Ce groupe constitue 86% de la population mondiale, et le taux de survie pour ceux qui ont été infectés par le COVID, sans vaccination, était de 99,965%.

Pour le groupe d’âge 0-69 ans, qui couvre 94% de la population mondiale, le taux de mortalité était de 0,095%, c’est-à-dire que le taux de survie pour presque 7,3 milliards de personnes était de 99,965%.

Ces taux de survie sont de toute évidence extrêmement élevés, ce qui provoque d’ores et déjà une frustration face aux mesures de restrictions qui ont été imposées sur tous les groupes d’âge, alors qu’une protection ciblée sur les personnes âgées de plus de 70 ans et sur les personnes présentant des risques significativement élevés aurait été une mesure nettement préférable.

Mais les choses sont encore pires que cela.

Les chercheurs ont séparé ces données démographiques en groupes d’âge plus petits, qui montrent la montée du risque parmi les populations plus âgées, et réciproquement, à quel point le risque était infinitésimal au sein des groupes les plus jeunes.

    • Ages 60–69, taux de mortalité 0,501 %, taux de survie 99,499 %
    • Ages 50–59, taux de mortalité 0,129 %, taux de survie 99,871 %
    • Ages 40–49, taux de mortalité 0,035 % taux de survie 99,965 %
    • Ages 30–39, taux de mortalité 0,011 %, taux de survie 99,989 %
    • Ages 20–29, taux de mortalité 0,003 %, taux de survie 99,997 %
    • Ages 0–19, taux de mortalité 0,0003 %, taux de survie 99,9997 %

Ils ajoutent qu’« en intégrant les données de 9 autres pays avec une distribution sur l’âge des décès du COVID-19, le taux médian de décès par infection était compris entre 0,025% et 0,032% pour les 0-59 ans et de 0,063-0,082% pour les 0-69 ans. »

Ces nombres sont tellement bas qu’ils sont stupéfiants, tous autant qu’ils sont.

Et le taux de décès est presque inexistant pour les enfants.

Pourtant, aussi tard qu’à l’automne 2021, Fauci continuait de manipuler les peurs au sujet des risques de COVID pour les enfants pour faire monter les taux de vaccination, affirmant au cours d’une interview que la situation n’était « pas bénigne ».

Nous voulons absolument faire vacciner autant d’enfants au sein de ce groupe d’âge que nous le pouvons, car comme vous l’avez entendu, il ne s’agit pas, vous savez, d’une situation bénigne.

Il est presque impossible, pour toute maladie, de faire peser une risque plus faible, ou d’être plus « bénigne », qu’un taux de mortalité de 0,0003%.

Au mois d’octobre 2021, au cours de la même interview avec NPR, Fauci avait affirmé que les enfants devaient continuer de porter des masques comme « mesure supplémentaire » de protection, y compris après la vaccination :

Et lorsque l’on a ce type de dynamique virale, même lorsque vos enfants sont vaccinés, vous voulez certainement, lorsque vous vous trouvez à l’intérieur de bâtiments, prendre des mesures supplémentaires pour les protéger. Je ne suis pas en mesure de vous donner un nombre exact de ce que cela représenterait dans la dynamique du virus au sein de la communauté, mais on peut espérer en disposer dans un délai raisonnable. Vous savez, les masques, comme on le dit souvent, on ne va pas les porter indéfiniment. Et on peut espérer parvenir à un stade où nous pourrons retirer les masques dans les écoles et en d’autres lieux. Mais je ne pense pas que ce moment soit arrivé.

Les masques et les « vaccins » à ARNmessenger

Rien ne souligne mieux l’incompétence et la désinformation manifestées par le Dr. Fauci que d’ignorer qu’avant toute vaccination, les enfants subissaient des risques extrêmement faibles de la part du COVID, que l’utilisation de la vaccination parmi les enfants était absolument inutile puisqu’elle n’empêchait ni l’infection, ni la transmission, et que l’utilisation du masque est totalement inopérante pour protéger qui que ce soit. Surtout ceux qui n’ont pas besoin de protection au départ.

Le CDC, communauté « experte », l’OMS, les personnes en vue dans les médias — tous ont propagé une terreur selon laquelle le virus tuait les gens en masse, en confondant les taux de mortalité par cas avec les taux de mortalité par infection.

Mais nous avons un autre élément pour suggérer que les estimations initiales de l’OMS étaient fausses à 99 % pour 94 % de la population mondiale.

Pour apporter un peu de perspective, voici la différence illustrée de manière visuelle entre ce que l’OMS a affirmé, et ce qu’Ionnidis a découvert :

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Même si les confinements, les mesures de port du masque, les limites de capacité des établissements recevant le public et les fermetures des espaces de jeux avaient fonctionné, les dangers induits par le virus étaient tellement minuscules que les dégâts collatéraux l’emportaient immédiatement sur tout bénéfice potentiel.

La destruction économique, l’augmentation des taux de suicide induite par un isolement apparemment sans fin, les taux terrifiants de déficit d’enseignement, l’augmentation de l’obésité chez les enfants, la chute spectaculaire des réussites aux tests, l’augmentation de la faim et de la pauvreté, les problèmes d’approvisionnements, l’inflation rampante ; tout cela est un débouché direct de politiques imposées par des « experts » terrifiés et incompétents.

Leurs estimations étaient catastrophiquement fausses, mais ils ont conservé des années durant leur sens de l’autorité, sans contestation, et ils continuent de recevoir des récompenses, des louanges, de plus en plus de financements, et un sens de l’infaillibilité règne parmi les politiciens et les décideurs.

Si la raison et l’honnêteté intellectuelles existaient encore, ces estimations feraient les gros titres de tous les grands médias du monde.

Au lieu de cela, comme les médias et leurs alliés dans les classes technologiques, du monde de l’entreprise, et politiques promulguent et encouragent les confinements et les restrictions en censurant toute pensée divergente, ces faits restent ignorés.

Il n’y a pas plus COVID que cela.

Ian Miller

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

La chute de la FTX et de tout ce qui est crypto-monnaie…l’arnaque du Bitcoin & Co

Par Moon of Alabama – Le 12 novembre 2022

Cette semaine, j’ai été stupéfait par la stupidité des personnes qui avaient investi dans la crypto-« bourse » FTX. Je suis également stupéfait que certains aient pu « investir  » leur « argent  » sur le compte de cette entité non réglementée. Comment peut-on être aussi stupide ?

Les crypto-« monnaies » n’ont pas de but réel. Elles ne sont pas de l’argent. Leur valeur dépend uniquement de la confiance que les gens ont en elles. Lorsque la confiance disparaît, leur valeur tombe à zéro. C’est ce qui est arrivé à FTX et à la « monnaie » FTT que la société avait émise :

Un jeune homme de 30 ans a créé FTX, basé aux Bahamas, en 2019 et l’a conduit à devenir l’une des plus grandes bourses, accumulant une fortune de près de 17 milliards de dollars.

La nouvelle de la crise de liquidité chez FTX – évaluée en janvier à 32 milliards de dollars avec des investisseurs comme SoftBank et BlackRock – a eu des répercussions dans tout le monde de la crypto.

Le prix des principales pièces a chuté, le bitcoin atteignant son plus bas niveau en près de deux ans, ce qui a aggravé la situation d’un secteur dont la valeur avait déjà chuté d’environ deux tiers cette année en raison du resserrement du crédit par les banques centrales.

Lorsque le Vision Fund de Softbank investit dans quelque chose, c’est un signe certain que sa valeur va bientôt baisser.

Il y a beaucoup de criminalité dans cette affaire. FTX a prêté l’ »argent » de ses clients à la société de négoce de Bankman-Fried, Alameda Research, qui l’a elle-même investi dans un certain nombre d’autres cryptomonnaies déficitaires. Binance, une « bourse » de cryptos tout aussi louche, possédait une grande partie de la « monnaie » de FTX. Dimanche dernier, elle a annoncé qu’elle avait tout vendu. Cela a été l’initiative qui a renversé son principal concurrent. Tout le système s’est effondré. La confiance a disparu. Les gens ont retiré leur « argent » des bourses d’ »échange » de FTX. La société n’avait plus accès à suffisamment d’argent pour payer ce qu’elle devait. Hier, elle a été mise en faillite.

Une partie de l’argent que FTX avait prétendument donné à Alameda Research s’est volatilisée en route :

Au moins un milliard de dollars de fonds de clients ont disparu de la bourse de crypto-monnaies FTX qui s’est effondrée, selon deux personnes familières de l’affaire.

Le fondateur de la bourse, Sam Bankman-Fried, avait secrètement transféré 10 milliards de dollars de fonds des clients de FTX à la société de trading de Bankman-Fried, Alameda Research, ont déclaré ces personnes à Reuters.

Une grande partie de ce total a depuis disparu, ont-elles expliqué. Une des sources a estimé le montant manquant à environ 1,7 milliard de dollars. L’autre dit que l’écart se situe entre 1 et 2 milliards de dollars.

Toute cette affaire était, comme pour tout ce qui est crypto, une énorme fraude :

Les documents ont montré qu’entre 1 et 2 milliards de dollars de ces fonds n’étaient pas comptabilisés parmi les actifs d’Alameda, ont dit les sources. Les feuilles de calcul n’indiquaient pas où cet argent avait été déplacé, et les sources disent qu’elles ne savent pas ce qu’il est devenu.

Lors d’un examen ultérieur, les équipes juridiques et financières de FTX ont également appris que Bankman-Fried avait mis en place ce que les deux personnes ont décrit comme une « porte dérobée » dans le système de comptabilité de FTX, qui a été construit en utilisant un logiciel sur mesure.

Ils ont déclaré que cette « porte dérobée » permettait à Bankman-Fried d’exécuter des commandes susceptibles de modifier les documents financiers de la société sans alerter d’autres personnes, y compris les auditeurs externes. Grâce à cette configuration, le déplacement des 10 milliards de dollars de fonds vers Alameda n’a pas déclenché de signaux d’alarme internes de conformité ou de comptabilité chez FTX, ont-ils déclaré.

Le type est maintenant en fuite.

Il y a un autre aspect de l’histoire qui mérite un examen beaucoup plus approfondi :

Mr. Whale 🐳 whalechart.org @WhaleChart – 13:53 UTC – 11 Nov. 2022

🔸 25 avril 2019 : Biden annonce sa campagne présidentielle.

🔸 13 jours plus tard, Sam Bankman-Fried, fils de Barbara Fried (cofondatrice d’organisations de collecte de fonds politiques), lance sa bourse de crypto-monnaie #FTX.

🔸 L’affaire est un succès du jour au lendemain. SBF devient le plus grand donateur de Biden.

Ça fait vraiment réfléchir, non ?

FTX a implosé le jour de l’élection d’ailleurs :-(.

La mère de Sam Bankman-Fried est une « cofondatrice de l’organisation de collecte de fonds politiques Mind the Gap, qui défend les candidats politiques progressistes et finance des groupes de soutien. »

Sam Bankman-Fried a investi une grande partie de l’argent qu’il avait « possédé » dans la politique Démocrate :

Âgé de 30 ans, Sam Bankman-Fried est une puissance majeure dans la politique Démocrate, se classant au deuxième rang des plus gros donateurs individuels du parti pour le cycle électoral 2021-2022, selon Open Secrets, avec des dons totalisant 39,8 millions de dollars. Il n’est devancé que par George Soros (environ 128 millions de dollars) mais devance de nombreux autres grands noms, dont Michael Bloomberg (28,3 millions de dollars). De plus, il avait promis de dépenser beaucoup plus pour les Démocrates à l’avenir, prédisant en mai qu’il financerait pour « plus de 100 millions de dollars » et avait un « plafond souple » d’un milliard de dollars pour les élections de 2024.

Bankman-Fried a été l’un des principaux donateurs du président Joe Biden lors des élections de 2020 et est le principal donateur de Protect Our Future PAC, le comité d’action politique qui a soutenu des candidats démocrates tels que Peter Welch, qui a remporté cette semaine sa candidature pour devenir le prochain sénateur du Vermont, et Robert J. Menendez du New Jersey, qui a obtenu un siège à la Chambre des représentants.

Il s’agissait soit d’argent de protection, soit d’un stratagème bien joué par les Démocrates pour financer leurs élections. Ou bien peut-être les deux.

La Maison Blanche est directement impliquée :

Un milliardaire de la crypto-monnaie faisant l’objet d’une enquête fédérale pour avoir mal géré les fonds de ses clients a eu des réunions de haut niveau à la Maison Blanche il y a quelques mois à peine, alors que le Congrès débattait de la manière de réglementer sa société – et quelques semaines seulement avant qu’il ne s’engage à donner jusqu’à 1 milliard de dollars aux Démocrates avant la campagne de mi-mandat.

Sam Bankman-Fried, propriétaire de la bourse de crypto-monnaies FTX, a rencontré le 22 avril et le 12 mai le principal conseiller de Biden, Steve Ricchetti, selon les registres des visiteurs de la Maison Blanche examinés par le Washington Free Beacon. À l’époque, FTX faisait pression sur le Congrès et les agences fédérales pour façonner la réglementation de l’industrie des crypto-monnaies.

[Bankman-Fried] a donné plus de 5 millions de dollars à la campagne présidentielle de Biden en 2020, et a donné des millions de plus au parti Démocrate. Début mai, entre ses deux premières visites à la Maison-Blanche, Bankman-Fried a versé 865 000 dollars au Bureau de campagne Démocrate, selon les dossiers de la Commission électorale fédérale. Auparavant, en mars, il avait fait trois chèques d’un montant total de 66 500 dollars au Comité Démocrate pour la campagne sénatoriale, et plus tard en juin, il a envoyé 250 000 dollars au Comité démocrate pour les élections au Congrès.

Il a déclaré en juin, quelques semaines après sa dernière réunion à la Maison-Blanche, qu’il pourrait donner jusqu’à 1 milliard de dollars pour soutenir les Démocrates lors des élections de mi-mandat, mais il a renoncé à cette promesse en septembre.

Au moment où il faisait ces déboursements politiques, Bankman-Fried menait une campagne de lobbying agressive à Washington concernant la réglementation des crypto-monnaies. Il a rencontré Ricchetti, le conseiller de la Maison Blanche, le 22 avril et le 12 mai, selon le registre des visiteurs. Le 13 mai, il a rencontré Charlotte Butash, conseillère politique auprès du chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche.

Lors de certaines de ces réunions, M. Bankman-Fried était accompagné de Mark Wetjen, responsable de la politique et de la stratégie réglementaire chez FTX, qui a été commissaire à la Commodity Futures Trading Commission sous l’ancien président Barack Obama. Eliora Katz, lobbyiste en chef de FTX, a également assisté aux réunions mais n’a pas mentionné de lobbying auprès de la Maison Blanche dans les déclarations déposées auprès du Congrès.

Les réunions de Bankman-Fried ont eu lieu quelques semaines après que des responsables de la Maison Blanche aient rencontré son frère, qui dirige les opérations politiques du milliardaire. Gabe Bankman-Fried s’est rendu à la Maison-Blanche le 7 mars en compagnie de Jenna Narayanan, une stratège Démocrate qui a travaillé pour Tom Steyer et l’Alliance pour la démocratie, un réseau de riches donateurs libéraux qui financent des causes de gauche. Gabe a également assisté à la réunion du 13 mai avec son frère et les lobbyistes de FTX.

Bankman-Fried a fait du lobbying en faveur d’un projet de loi proposé par la présidente de la commission de l’agriculture du Sénat, Debbie Stabenow (D., Mich.), qui mettrait la Commodity Futures Trading Commission en charge de la réglementation des crypto-monnaies. Bankman-Fried a fait un don de 5 800 dollars à la campagne de Stabenow en février, et de 20 800 dollars à son comité conjoint de collecte de fonds en janvier. Bankman-Fried a financé d’autres membres Démocrates de la commission dans le cadre de sa campagne de lobbying. Il a envoyé un total de 31 000 $ aux bureaux de campagne et aux comités de collecte de fonds conjoints liés aux Sénateurs. Cory Booker (D., N.J.), Tina Smith (D., Minn.), Dick Durbin (D., Ill.), et Kirsten Gillibrand (D., N.Y.) d’octobre à juin 2021. Bankman-Fried a également contribué aux principaux Républicains de la commission de l’agriculture du Sénat. Le crypto-milliardaire a donné 5 800 dollars à chacun des membres de la commission, John Boozman (R., Ark.) et John Hoeven (R., N.D.), respectivement en janvier et en juin.

C’est un sacré marigot. Son but était de voler de l’argent de petits gars qui sont enclins à tomber dans de telles combines.

Toute cette histoire de crypto a toujours senti mauvais.

J’avais lu le document fondateur du bitcoin peu après sa sortie. Il a été écrit par un anonyme sous le nom de Satoshi Nakamoto. Ce fut le premier signal d’alarme. Je soupçonnais, et soupçonne toujours, que certains services secrets « occidentaux » avaient imaginé ce projet pour disposer d’un moyen de déplacer secrètement de l’argent.

Comme j’ai déjà fait un peu d’informatique bancaire, je connais les difficultés des transactions de masse. J’ai constaté que la blockchain, un mécanisme de registre public qui conserve un enregistrement public de chaque transaction en bitcoins, était beaucoup trop compliquée pour un nombre important de transactions mondiales. Elle n’atteindrait jamais la vitesse inhérente aux systèmes de transaction en argent réel, comme ceux des grands émetteurs de cartes de crédit. Je pensais également qu’il serait dangereux que chaque transaction privée soit enregistrée dans un registre public que tout le monde pourrait voir et analyser. Cela rendrait le véritable anonymat de ces paiements presque impossible.

La quantité de pièces dans le système est également limitée par nature, ce qui entraîne tous les problèmes des monnaies fondées sur l’or. Il y a de bonnes raisons pour lesquelles nous ne les utilisons plus.

Tous les échanges et autres sociétés construites autour de ce système ne sont pas réglementés, ne sont pas sécurisés et sont donc sujet à la fraude.

Je me suis donc toujours abstenu d’utiliser des bitcoins ou d’autres monnaies de ce type et je les ai même rejetés lorsqu’ils m’ont été proposés en tant que dons. Enfin, le battage médiatique de ces dernières années m’a convaincu que ces crypto-monnaies n’étaient qu’un grand système de Ponzi dans lequel les petites gens étaient poussés à placer leur argent dans des entités criminelles non réglementées qui, c’étaient certain, allaient finir par les voler.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

La guerre entre la Chine et les États-Unis est inévitable alors que le G20 vit ses derniers jours. Le BRICS se propose

Par Peter Yermelin.

Les tensions croissantes dans les relations entre la Chine et les États-Unis vont inévitablement dégénérer en conflit. Le G20, en tant qu’organe consultatif international, vit ses derniers jours. Les BRICS+ viendront le remplacer.

Le sommet du G20 s’est ouvert à Bali (Indonésie). Un certain nombre de pays refusent d’accuser la Russie de tous les problèmes auxquels le monde est confronté aujourd’hui. On peut donc supposer que le sommet ne se terminera pas par une résolution finale.

Selon le Financial Times, le sommet du G20 se terminera très probablement soit par une déclaration large et abstraite (l’heure n’est pas à la guerre), soit par une déclaration commune plus stricte de 19 ou 18 membres sans la Russie et/ou la Chine.

La rencontre entre les dirigeants de la Chine et des États-Unis est devenue la seule intrigue du sommet en l’absence du président russe Vladimir Poutine

Joe Biden a déclaré la veille qu’il tenterait de tracer une « ligne rouge » dans ses relations avec Xi Jinping. La ligne a été tracée il y a longtemps – il s’agit de la question de Taïwan.

La Chine a besoin d’une garantie claire de Washington, indiquant que les États-Unis ne soutiennent pas le choix d’indépendance de Taïwan. C’est irréaliste, car les démocrates ne refuseront pas de soutenir le parti séparatiste taïwanais au pouvoir, tandis que les républicains soutiendront les livraisons d’armes à l’île. Par conséquent, un conflit entre Pékin et Washington est inévitable.

À cet égard, les États-Unis disposent de peu de leviers de pression des sanctions sur Xi. Elles auront un effet boomerang sur les États-Unis. Pékin ne peut que se moquer de l’isolement économique et diplomatique de l’Occident : La Chine a une économie autosuffisante et un choix énorme de partenaires auprès desquels Pékin peut s’approvisionner en carburant et en nourriture.

Par conséquent, les sanctions économiques visant à « contenir » la République populaire de Chine échoueront, tout comme l’Occident échoue à écraser la Russie dans le conflit en Ukraine.

« Cette crise ukrainienne dans laquelle nous sommes en ce moment, ce n’est que l’échauffement. La grande crise est à venir. Et il ne va pas falloir attendre très longtemps avant que nous soyons testés d’une manière qui ne l’a pas été depuis longtemps », a écrit l’amiral américain Charles Richard dans une tribune publiée sur le site du Wall Street Journal.

« Lorsque j’évalue notre niveau de dissuasion contre la Chine, le navire coule lentement », a-t-il déclaré. « Il coule lentement, mais il coule, car fondamentalement, ils mettent des capacités sur le terrain plus rapidement que nous », a-t-il ajouté.

Il semble que Pékin et Washington doivent se préparer à la guerre. Il est dans l’intérêt de Xi de voir l’ennemi affaibli par les guerres de sanctions avec la Fédération de Russie. Par conséquent, la Chine appellera à la paix en Ukraine et fera tout pour soutenir la Fédération de Russie sur le plan économique et politique.

La Russie et la Chine comme alternative au G20

D’autres facteurs externes, tels que la coopération entre la Russie, la Chine et l’Arabie saoudite dans le cadre de l’OPEP+, y contribueront également. Xi Jinping se prépare à une visite à Riyad, qui devrait être sans précédent.

Pékin fera pression pour que l’Arabie saoudite rejoigne les BRICS. L’alternative du G20 se développera dans le cadre de l’alliance BRICS+ qui ne cessera d’ajouter des acteurs plus influents.

L’Arabie saoudite possède 19% des réserves mondiales de pétrole, 12% de la production mondiale et plus de 20% des ventes de pétrole sur le marché mondial, ainsi qu’une capacité de raffinage de plus de 5 millions de barils par jour.

« L’Arabie saoudite dispose également d’énormes réserves d’or et de devises étrangères. Elles ont atteint 465,49 milliards de dollars en septembre

Riyad a également le plus haut statut spirituel et religieux du monde islamique. L’Arabie saoudite attirera donc tous les États du Golfe et de nombreux pays musulmans d’Asie dans des organisations et des alliances alternatives.

La domination de l’Occident a prouvé au monde entier que les pays répréhensibles et déloyaux ne peuvent être isolés et détruits très rapidement. La Russie en est un bon exemple.

source : France Pravda

 

Contre la guerre impérialiste, que peuvent faire les révolutionnaires?

La guerre en Ukraine a bouleversé la situation politique mondiale en alignant, face à face, la Russie d’une part et l’Otan et les États-Unis d’autre part. Mais la guerre en Europe de l’Est n’est que le prélude à d’autres affrontements, opposant ouvertement la Chine et les États-Unis. La tension à Taïwan en est la dernière illustration. Ainsi un nouveau pallier semble atteint dans le processus orientant le monde vers l’horreur de la guerre généralisée.

Comme lors deux autres guerres mondiales, les révolutionnaires internationalistes affirment que la guerre impérialiste et ses fronts doivent être désertés – quels qu’en soient leurs formes. Dans la guerre et le nationalisme, la classe ouvrière a tout à perdre et rien à gagner. Le seul véritable choix qui s’offre à elle reste la transformation de la guerre impérialiste en guerre de classe, en construisant une alternative basée uniquement sur ses propres intérêts immédiats et à plus long terme. Cette alternative implique, d’ores et déjà, le rejet de l’économie de guerre et de l’ensemble des sacrifices qu’il nous faudrait lui consentir. (Dont l’arnaque de l’urgence climatique et la « sobriété » énergétique (sic). Voir: L’arnaque de l’urgence climatique anthropique (6) – les 7 du quebec et L’ARNAQUE DE L’URGENCE CLIMATIQUE ANTHROPIQUE (4) – les 7 du quebec). 

En France, la bourgeoisie dispose certes de nombreux relais pour faire passer sa campagne idéologique guerrière. L’enjeu est que la population adhère à la défense de la démocratie et prenne partie pour le petit pays agressé par le « fou du Kremlin ». Cette campagne constitue un véritable rouleau compresseur pour miner la conscience qu’a le prolétariat de la situation. Face à ce rouleau compresseur, le pacifisme ne sera d’aucun recours. C’est bien en développant une lutte intransigeante contre le système capitaliste et ses défenseurs, que les exploités pourront supprimer durablement les menaces de guerre, toujours renaissantes dans un mode de production fondé sur l’accumulation de capital et les appétits opposés des États nationaux. C’est le capitalisme qu’il faut renverser pour mettre fin à ses guerres impérialistes, ses bains de sang, la misère et la destruction de la planète.

Alors, que pouvons-nous faire ?

Des camarades internationalistes se sont réunis dans plusieurs pays du monde au sein de comités « No War But Class War ». Ces comités se donnent pour ambition de faire converger les interventions politiques et militantes des internationalistes, c’est-à-dire de celles et ceux qui militent pour la transformation de la guerre en révolution internationale. (voir: Le fascisme a pour mission de préparer les conditions de la guerre mondiale à venir – les 7 du quebec  et Crise et guerre font rage. L’enjeu du moment? Ne pas laisser l’initiative et la direction des luttes aux syndicats – les 7 du quebec)  Affirmer la nécessité de la guerre de classe et de la révolution prolétarienne signifie faire circuler, dans tous les lieux et toutes les situations possibles, la défense des intérêts des prolétaires et de la rupture révolutionnaire.

Ainsi pensons-nous pouvoir contribuer à regrouper les forces de notre classe autour de cet objectif. S’il est vrai que les internationalistes sont minoritaires, ils sont pourtant en plein dans la réalité. Leur rôle est appelé à se développer et croître tout au long de cette nouvelle période, qui augmente la pression sur nos conditions de vie. Débattons ensemble de la situation, réfléchissons aux actions à entreprendre pour intervenir en commun ! Toutes les initiatives internationalistes sont bonnes à envisager et à populariser ! (Voir: Pas de guerre impérialiste, mais la guerre de classe. L’ennemi principal est chez-nous! – les 7 du quebec)

 

Rendez-vous : vendredi 2 décembre 2022 18h CICP 21 ter rue Voltaire 75011 Paris

L’arnaque de l’urgence climatique anthropique (6)

Vous vous souvenez du « Pass sanitaire » de triste mémoire ? Ce n’était qu’un test – une expérience – grandeur réelle pour connaître les défis à l’implantation d’un tel système numérique universel – de contrôle en temps réel – et pour sonder la réaction des masses populaires à un tel système de surveillance et de répression social calqué sur le modèle du « crédit social » totalitaire chinois. Voici le « Pass carbone » celui pour lequel ces tests et ces expériences ont été menés – manigancés – pour vous arnaquer et pour vous faire payer la crise économique systémique qui se prépare ouvertement sous vos yeux ébaubis et crédules. Pour vous faire payer également la guerre nucléaire-sanitaire-numérique-climatique que le Grand capital mondialisé vous prépare. Le « Pass carbone » sera l’outil pour imposer et gérer le rationnement (consommation) des denrées et des ressources essentielles et pour contrôler votre temps de travail (production) et gérer votre salaire et votre compte bancaire numérique. La « démocratie libérale de 1984 » est à vos portes. L’article ci-dessous vous présente la propagande écologiste-Vert-fasciste que les médias à la solde du Grand capital souhaite vous faire gober à propos de cette arnaque militariste. Il nous faut nous opposer à ce « Pass carbone » et à la guerre nucléaire-sanitaire qu’elle conditionne.


RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE: LE « PASS CARBONE », UNE SOLUTION POUR LIMITER NOS ÉMISSIONS DE CO2????

Par Salomé Robles. BFMTVLe 
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2050, OUVRONS LES YEUX – Avec ce système, à chaque fois que vous achetez un bien ou un service, ce qu’il « pèse » en émissions de gaz à effet de serre serait décompté de votre quota. Un dispositif visant à encourager les consommateurs à limiter leur impact sur le réchauffement.
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Et si, dans un futur proche, vous ne payiez pas seulement en euros? Lors de votre passage en caisse, en plus du prix affiché, le coût écologique de votre achat serait décompté de votre compte, avec une limite à ne pas dépasser dans l’année. Objectif: réduire notre empreinte environnementale, pour parvenir à nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre et limiter l’ampleur du réchauffement climatique dans les décennies à venir.

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> Et vous, quel est votre empreinte carbone? Faites le test

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L’idée de ce « permis carbone », au cœur du scénario du docu-fiction « 2050: ouvrons les yeux » diffusé ce lundi soir sur BFMTV, n’est pas nouvelle: un tel système avait été pensé par des chercheurs anglo-saxons dès les années 1990. Mais face à l’urgence climatique, le concept se diffuse: des économistes, des militants écologistes, des ONG et même des élus proposent désormais mettre en place ce « quota carbone individuel » ou « compte carbone ».

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« Il faut atteindre la neutralité carbone et il n’y a pas plein de façons d’y arriver », estime ainsi Jean-Marie Fiévet, député Renaissance des Deux-Sèvres.

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Une carte de crédit carbone?

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Cet élu défend le principe d’un « compte carbone », qui permettrait « d’y arriver à la fois collectivement et individuellement ». Si un tel système était mis en place, chaque individu serait alors doté d’un quota d’équivalent CO2 à ne pas dépasser sur une année. Tous les ans, ce quota diminuerait, afin de nous inciter à consommer différemment et ainsi réduire collectivement et progressivement nos émissions de gaz à effet de serre.

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Concrètement, le dispositif pourrait se matérialiser sous la forme d’une sorte de carte bancaire qui totaliserait votre stock de CO2 restant, à présenter à chaque achat afin d’en retirer le « prix carbone » du produit. En 2019, une start-up suédoise avait ainsi imaginé avec Mastercard une carte de crédit qui calculait l’empreinte carbone de chaque achat et informait le consommateur, pouvant même « bloquer » les dépenses dès un « maximum de carbone » atteint.

La DO Black, une carte de crédit avec une limite carbone imaginée en 2019 par la start-up Doconomy et Mastercard.
La DO Black, une carte de crédit avec une limite carbone imaginée en 2019 par la start-up Doconomy et Mastercard. © DOCONOMY / MASTERCARD

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Chaque achat diminuerait notre quota disponible en fonction de son coût écologique, lié notamment à sa production ou à son transport, une sorte de « nutri-score » du carbone. L’idée est notamment de faire prendre conscience que de consommer une banane venant d’Amérique du Sud ou une poire cultivée à quelques kilomètres n’a pas le même impact carbone.

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Évidemment, encore faut-il pourquoi fournir un étiquetage carbone fiable sur tout ce qui est mis en vente. La loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire et à l’économie circulaire, votée en 2020, prévoit déjà la conception et la mise en place d’un système d’affichage environnemental sur les produits alimentaires. Une expérimentation a d’ailleurs vu naître l’éco-score, un premier indicateur de l’impact environnemental des produits alimentaires.

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L'éco-score, un indicateur de l'impact environnemental des produits alimentaires.
L’éco-score, un indicateur de l’impact environnemental des produits alimentaires. © ECO-SCORE

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La loi Climat et résilience de 2021 prévoit également une nouvelle expérimentation de l’affichage environnemental, notamment dans le secteur des textiles d’habillement et des chaussures.

. »L’objectif des quotas est d’amener les consommateurs à choisir les produits et modes de production ayant l’empreinte écologique la plus faible possible », explique l’ancien haut fonctionnaire Pierre Calame, défenseur du dispositif.

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« Or, les écarts, pour un produit donné, sont considérables: pour la viande selon le mode d’élevage, pour les produits métalliques selon le taux de recyclage… », a-t-il détaillé lors des Assises européennes de la transition énergétique, à Genève.

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L’idée est de lancer une « prise de conscience par l’étiquetage », abonde Jean-Marie Fiévet. Exemple sur la viande: un kilogramme de boeuf équivaut à une émission de 27 kg de CO2, contre 39 kg pour de l’agneau. Bien loin devant le porc (12,1 kg), la dinde (10,9 kg) ou le poulet (6,9 kg), selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

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Autre exemple: du bœuf produit en Europe de l’Ouest a une empreinte carbone en moyenne 4 fois inférieure à celle d’un bœuf produit en Asie du Sud ou en Amérique latine, toujours selon la FAO. Les vaches élevées sur des pâturages naturels émettent moins de gaz à effet de serre que les bovins élevés sur des terres déboisées.

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En influençant les choix des consommateurs, les partisans du quota carbone individuel estiment que le dispositif aura très vite des répercussions sur les industries. « Cela va créer de nouvelles conditions de concurrence entre les entreprises d’un même secteur au profit des mieux-disants environnementaux », juge Pierre Calame.

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Un cercle vertueux?

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Pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, les experts estiment que l’empreinte carbone d’un Français ne devrait pas dépasser l’équivalent de 2 tonnes de CO2 par an. Elle est aujourd’hui estimée en moyenne à 9 tonnes, selon les dernières données pré-Covid du ministère de la Transition énergétique. Mais beaucoup de ménages, en particulier les plus modestes, sont bien en deça de ce seuil.

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Le dispositif nécessite donc une forme de « flexibilité », « il faut être réaliste », estime le militant climat Côme Girschig. Pour apporter cette souplesse, les défenseurs du quota carbone individuel mettent en avant un système d’échange: une personne souhaitant dépasser son quota carbone alloué se verrait obligée d’acheter des quotas supplémentaires sur un marché, auprès d’une personne au mode de vie plus écoresponsable.

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« L’objectif est de parvenir au bien commun tout en imposant à chaque citoyen le moins de contraintes possibles », assure Pierre Calame. « Le but, c’est la réduction annuelle des émissions, pas d’imposer que tous fassent les mêmes choix de vie. »

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Dépassant le simple principe de « pollueur-payeur », le dispositif permettrait une redistribution entre les individus, au profit de ceux qui émettent moins que leur quota annuel. « L’objectif est donc double: apaiser la colère sociale et atteindre la neutralité carbone », précise Côme Girschig.

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Autoriser les citoyens à échanger les excédents de carbone permettrait également de pallier le problème des « inégalités horizontales ». Zone rurale ou zone urbaine, région chaude ou région froide… Car même avec des revenus similaires, l’empreinte écologique de deux ménages peut considérablement varier selon leurs conditions de vie.

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« Ça pousse tout le monde à baisser son empreinte: ceux qui consomment peu pour vendre et ceux qui consomment beaucoup pour payer moins cher », résume Jean-Marie Fiévet.

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« Problème radical, solution radicale »

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Reste à convaincre au-delà des cercles militants. Côme Girschig « n’est pas sûr du tout » que ce système de quota carbone individuel soit accepté par l’opinion. « L’absence de limite à la consommation est très ancrée », explique-t-il. Si le principe d’un étiquetage carbone a par exemple été défendu par les membres de la Convention citoyenne pour le climat, ces derniers ont indiqué ne pas vouloir « contraindre le consommateur dans ses choix ».

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Mais « à problème radical, solution radicale », estime Pierre Calame. « Ce n’est pas la solution qui est radicale, c’est le problème lui-même. »

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Pour l’heure, Jean-Marie Fiévet est l’un des rares élus à en faire la promotion. « J’en parle beaucoup aux collègues, aux élus mais les gens ont du mal à voir la finalité, ils se disent que ça va être compliqué », déplore le député Renaissance.

 

La promotion des armes à feu auprès des femmes

Par : Ysengrimus
Légende: UN «NON» FORMULÉ AVEC EMPHASE

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YSENGRIMUSLA PROMOTION DES ARMES À FEU AUPRÈS DES FEMMES PROGRESSISTES (AUTOUR DES AFFICHES DU PROPAGANDISTE OLEG VOLK). C’est une erreur intellectuelle assez commune que de prendre l’intégralité des pro-flingues américains pour de parfaits abrutis. On imagine des gros malotrus pas de têtes, inintelligents, fachos, arriérés, demeurés, cow-boys, militaristes, réacs, xénophobes et, surtout, machos. Erreur… Croire cela, c’est faire bien peu de cas de l’incroyable et effarante sophistication de la culture des armes à feu chez nos voisins du sud. Know your enemy, my friend… La problématique pro-flingues US est beaucoup plus insidieuse, casuiste et subtile que ne le laisse croire le stéréotype grossier auquel on la réduit habituellement dans le monde, et il n’est pas inutile de prendre connaissance de l’argumentation mise de l’avant par certains promoteurs des armes à feu américains, surtout lorsqu’ils adressent leur message ouvertement aux femmes, aux citoyennes (et/ou aux citoyens) progressistes.

Le corpus spécialisé, largement diffusé chez nos bons ricains, sur lequel j’attire votre attention ici a été produit par le photographe et publicitaire Oleg Volk, un promoteur explicite des armes à feu aux États-Unis depuis 1995 et l’auteur de nombreux panneaux publicitaires, calendriers et sites web sur le sujet. Son «oeuvre» a été traduite dans de nombreuses langues dont notamment l’allemand, le russe et le portugais brésilien. Ce qui est représentatif et hautement pernicieux chez ce propagandiste spécifique, c’est moins l’œuvre photographique (quoique l’émotion véhiculée par la dimension visuelle du topo soit absolument cruciale, dans le pitch du message) que l’exercice argumentatif, faussement éclairé et moderne, que s’efforce de formuler le propos pro-flingues en jeu. Ce propagandiste photographie des femmes ordinaires, la majorité d’entre elles usagères effectives d’armes à feu. Il monte ensuite des affiches sur lesquelles il épingle l’argumentaire qu’il entend exposer. Son intervention est hautement intéressante comme tentative méthodique et systématique de récupération d’une sensibilité progressiste, réformiste, citoyenne, universaliste au service d’une propagande profondément réactionnaire et biaisée.

On cible (excusez le jeu de mot facile) exclusivement les femmes, donc, et on le fait avec une maestria et un sens de la mise en scène dramatique particulièrement sentis. Sans vendre un produit spécifique, sans mentionner nominalement la National Rifle Association, il s’agit de convaincre les citoyennes ordinaires, tertiarisées, centristes, pas spécialement militaristes ou bellicistes de se procurer une arme à feu et de s’entraîner au tir. On campe d’abord une ambiance de tension contenue en introduisant l’omniprésence feutrée et tangible du danger. On mise sur les peurs spontanées et naturelles des femmes (eu égard à un corps de contraintes sociales iniques et injustes qui restent intégralement dans l’implicite et le postulé). Un petit instrument fort commode dans un tel exercice de mise en condition, c’est l’indubitable lenteur du service 911 (le police secours des Amériques – les traduction des légendes sont de moi).

Légende: VERS MINUIT, ELLE SONNA LE 911. MAIS VERS MINUIT SIX, L’ENGAGEMENT ÉTAIT TERMINÉ. IL S’AVÉRA QU’IL N’ÉTAIT TOUT SIMPLEMENT PAS POSSIBLE D’ATTENDRE QUE L’AIDE ARRIVE. ELLE SE SERVIT DONC DE SA CARABINE POUR DÉFENDRE SA VIE
Légende: IL EST POSSIBLE QUE LA POLICE ARRIVE, À TEMPS POUR FAIRE INTERVENIR LE SERVICE DE NETTOYAGE DES CADAVRES. UNE RÉACTION PLUS PROMPTE EST REQUISE POUR QUE LE CADAVRE NETTOYÉ NE SOIT PAS LE VÔTRE
Légende: L’INTERVENTION POLICIÈRE SUITE À UN APPEL AU 911 PEUT PRENDRE JUSQU’À TRENTE MINUTES. L’INTRUS AYANT FAIT IRRUPTION DANS VOTRE DOMICILE PEUT VOUS ATTEINDRE EN TRENTE SECONDES. RESTEZ EN VIE, PENDANT QUE LES SECOURS ARRIVENT
Légende: TU FAIS FEU OU TU SONNES LE 911?
Légende: APPUYONS LE DROIT AU CHOIX
Légende: UNE ARME À LA MAIN VAUT BIEN MIEUX QUE LES FLICS AU BOUT DU FIL. SOYEZ BIEN ARMÉE QUAND VOUS ÊTES SEULE À LA MAISON

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L’ambiance de peur et de complicité veule du propagandiste dans ladite peur est bien en place. On veut montrer qu’on comprend les femmes. On cherche à faire sentir qu’on partage leur angoisse avec empathie, délicatesse et respect. On envisage que, dans leur esprit fondamentalement inquiet, un violeur peut toujours surgir. Ce qui est proposé à la femme progressiste ici, c’est purement et simplement un programme martial, exclusivement défensif, dont la légitimité foncière n’est pas directement questionnable, attendu la psychose sécuritaire que l’on s’autorise ouvertement à postuler.

Légende: LES EXPERTS ME DISENT DE JOUER LA PETITE SOURIS MORTE EN CAS DE VIOL. JE PRÉFÈRE DE LOIN JOUER L’HUMAINE VIVANTE QUI MANIE LE BON OUTIL
Légende: LE RÊVE ÉTHÉRÉ DU VIOLEUR. SON CAUCHEMAR LE PLUS INTENSE. LEQUEL FAUT IL RÉALISER?
Légende: DANS L’ŒIL D’UN VIOLEUR POTENTIEL (POUR UNE PÉRIODE D’ENVIRON DEUX DIXIÈMES DE SECONDE)
Légende: UN VIOL ÉVITÉ OU UN VIOL SUBI. C’EST ELLE QUI DEVRAIT POUVOIR CHOISIR
Légende: LE CONTRÔLE DES ARMES À FEU PROTÈGE LES VIOLEURS DE CE GENRE DE DÉCONVENUE
Légende: LES VIOLEURS NE PEUVENT RIEN FAIRE AUX FEMMES BIEN ARMÉES. C’EST BIEN POUR ÇA QUE BILL CLINTON VOULAIT QU’ELLES SOIENT SANS DÉFENSE!
Légende: ME FAIRE VIOLER. PLUS JAMAIS

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La petitesse physique de la femme, son désavantage psychologique dans une situation subite d’agression violente (par un agresseur anonyme qui est toujours donné comme un être extérieur, inconnu, radicalement autre) sont des impondérables ouvertement mis à profit pour faire avancer le point doctrinal. Il faut rétablir l’équilibre sociétal acquis historiquement et subitement rompu par l’abus physique hors contrôle de l’instant d’agression. Il faut égaliser les chances. L’arme à feu est l’instrument exclusif proposé à cette fin.

Légende: UNE VICTIME FACILE OU UNE CITOYENNE ARMÉE? AU SOIN DU CRIMINEL DE CHERCHER À DEVINER
Légende: LE BANDIT: DEUX CENT LIVRES. MOI: CENT LIVRES. L’ÉGALISEUR DE NOS CHANCES
Légende: DEUX FAÇONS DISTINCTES DE FAIRE OBSTACLE À UNE ATTAQUE VIOLENTE

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Les maladies et les infirmités sont, elles aussi, ostensiblement mises à profit. L’arme à feu se donne alors comme l’instrument neutre et serein assurant la protection de la femme isolée dans sa détresse et ses limitations physiques, son esprit étant présumé toujours alerte et sain, n’est-ce pas, vu qu’elle a eu la sagesse de s’armer.

Légende: UNE FEMME ATTEINTE D’ASTHME NE PEUT UTILISER LE POIVRE DE CAYENNE COMME ARME DÉFENSIVE. ELLE NE PEUT FUIR NON PLUS. CETTE ARME À FEU LA PROTÈGE. COMBATTONS LES POLITICIENS QUI CHERCHENT À LA PRIVER DE SA SÉCURITÉ!
Légende: ALLEZ DONC LUI DIRE DE FUIR À TOUTES JAMBES. LES PRÉDATEURS RECHERCHENT LES PROIES MALADES OU BLESSÉES. MAIS IL N’EST PAS OBLIGATOIRE DE VIVRE SOUS LEURS LOIS. LES HUMAINS NE SONT PAS AU MONDE POUR SERVIR DE PÂTURE AUX BANDITS. CEUX-CI JOUENT AUX DURS, MAIS ILS SERONT FREINÉS SEC PAR UN BON PRUNEAU QUI CLAQUE

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En passant glissandi à la femme enceinte, une autre étape affective est franchie et la manipulation émotive gagne en profondeur et en intensité. À mi-chemin entre handicap physique et abnégation maternelle, l’autoprotection s’ouvre graduellement, insidieusement, sur la protection de l’être cher, l’enfant.

Légende: NE PEUT COURIR OU FAIRE DU KARATÉ. MAIS PEUT (DÉGAINER SON FLINGUE)
Légende: ENCEINTE DE HUIT MOIS, PEUT-ELLE COURIR PLUS VITE QU’UN CRIMINEL? L’AUTODÉFENSE EST UN DROIT HUMAIN
Légende: SON BÉBÉ A UNE GARDE DU CORPS EN PERMANENCE. QU’EN EST-IL DU VÔTRE?

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Empathie féminine oblige, la référence à l’enfance jouera aussi, subtilement, d’une infantilisation de la personne que l’on cherche à convaincre, la femme même. Dans le ton, dans le contexte visuel, dans l’intimisme des ambiances, on pourra alors la traiter comme une petite fille «sans défense». On ne fait pas cela pour se faire mousser comme séducteur paterne au fait, oh que non. Ce dont-il s’agit en fait ici, c’est exclusivement de la promotion ouverte du flingue auprès de la femme adulte, ainsi que de la promotion graduelle et de plus en plus ouverte de la possession d’armes à feu chez la petite fille même.

Légende: LIBRE ET SANS PEUR. IL N’EST PAS TROP LOIN, MON PROTECTEUR
Légende: QUAND LES HARCELEURS N’ACCEPTENT PAS DE SE FAIRE DIRE «NON», PASSEZ À L’ARGUMENTATION NON VERBALE
Légende: PAIX SUR TERRE… SOUS LA GARDE DES BONNES FILLES ET DES BONS GARÇONS
Légende: MALGRÉ LE FAIT QU’ELLE NE SOIT QU’UNE ENFANT, PARFOIS SEULE À LA MAISON, ELLE EST PARFAITEMENT ENTRAINÉE POUR LA PROTECTION DES VIES HUMAINES, Y COMPRIS, NATURELLEMENT, LA SIENNE PROPRE. ON NE PEUT PAS SURVEILLER NOS ENFANT À CHAQUE HEURE DU JOUR, IL FAUT DONC LEUR INCULQUER LE SAVOIR FAIRE DE BASE PERMETTANT DE FERMEMENT TENIR LES INTRUS EN RESPECT
Légende: SI ELLE EST ASSEZ MÛRES POUR RESTER SEULE À LA MAISON, ELLE EST PRÊTE POUR POSSÉDER UNE ARME

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Cela nous amène aux inévitables dimensions famille et dépendance à l’homme qui seront traitées avec tout le tact progressiste requis. Il est clair qu’on s’adresse à une femme cheffe de famille dont le conjoint est un partenaire, si ce n’est carrément un subalterne. Le ton est indubitablement féministe, sans ambivalence. En douce, on fait valoir que l’homme ne suffit pas, ou plus, comme protecteur, qu’un bon flingue qu’on manie soi-même et dont on détient le contrôle intégral vaut mille fois mieux.

Légende: ELLE POURRAIT DÉFENDRE SA FAMILLE. LE POURRIEZ-VOUS? SOYEZ DES PARENTS RESPONSABLES. APPRENEZ À PROTÉGER VOS ENFANTS
Légende: FUIR LE DANGER EST SOUVENT LA MEILLEURE CHOSE À FAIRE. MAIS QUE FAIRE SI VOS ENFANTS NE COURENT PAS AUSSI VITE QUE VOUS? MOURIR EN TENTANT DE PROTÉGER VOTRE PROGÉNITURE, OU PLANIFIER À L’AVANCE ET JOUER GAGNANT?
Légende: JE FAIS CONFIANCE À MON MARI POUR LA PROTECTION DE NOTRE FAMILLE. JE ME CONTENTE DE POINTER LES DANGERS ET DE LEUR CARTONNER UNE MARQUE, IL SE CHARGE DE REVOIR LES CHOSES EN DÉTAILS
Légende: VOTRE HOMME PEUT-IL SORTIR CES DÉTRITUS? LE MÉNAGE DE LA MAISON N’EST PLUS UNE TÂCHE EXCLUSIVEMENT FÉMININE
Légende: VOTRE PARTENAIRE PEUT-IL/ELLE VOUS SERVIR DE RENFORT EN CAS D’INVASION DE VOTRE DOMICILE? ASSUREZ L’ENTRAINEMENT AU TIR DE VOTRE FAMILLE
Légende: C’EST PAS TOUTES LES FILLES QUI ONT BESOIN D’UN HOMME POUR SE PROTÉGER. MON INDÉPENDANCE, C’EST MA CAPACITÉ DE ME DÉFENDRE PAR MOI-MÊME

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Fondamentalement, la femme est seule face au danger. L’homme est périphérique et on n’opère pas du tout dans un cadre conservateur de représentations sur la vie féminine. Pas de phallocratisme ici. Indépendance est le maître mot. Et, de surcroît, le fait de flirter ouvertement avec le féminisme n’empêche pas notre matois propagandiste de rester en harmonie avec toutes les facettes de la féminité. L’arme à feu cherche ainsi à devenir un objet ordinaire, compagnon des vêtements, des bijoux, du sac à main. La culture intime des femmes est récupérée dans tous ses angles. Le message délicatement pro-flingues, tant dans ses dimensions verbales (et non verbales) que visuelles, se soumet totalement à ladite culture intime des femmes, dans la version sciemment individualiste qui est celle de notre temps.

Légende: CECI ME PROTÈGE BIEN MIEUX QUE N’IMPORTE QUEL MEC PACIFISTE
Légende: ABANDONNER MON ARME À FEU. JAMAIS! JE SUIS UNE BLONDE PAS UNE CONNE
Légende: LIBRE DE TOUTE PEUR. ÉDITION DOMICILIAIRE
Légende: DES VÊTEMENTS POUR ÈTRE BIEN AU CHAUD, UNE ARME DE POING POUR ÊTRE EN SÉCURITÉ: NE VOUS BALADEZ PAS TOUTE NUE EN PUBLIC!
Légende: LES MODES ET LES STYLES VONT ET VIENNENT MAIS LES ACCESSOIRES SÉCURITAIRES SONT TOUJOURS DE SAISON. PENSEZ SÉCURITÉ, SORTEZ ARMÉE
Légende: VA-T-EN! (DANS LE LANGAGE UNIVERSEL DES SIGNES)

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Même les femmes homosexuelles sont desservies, avec une ouverture d’esprit et une prise en compte de la diversité qui est explicite, crue et intégrale.

Légende: LES GOUINES ARMÉES PEUVENT VÉRITABLEMENT CHOISIR LEUR CIBLE. LES DÉSARMÉES NE LE POUVAIENT PAS

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On est d’ailleurs ici à l’épicentre d’une promotion des armes à feu qui endosse de plein pied toutes les formes de rectitude politique. Les races et groupes ethniques les plus divers sont représentés dans ce corpus d’affiches. Classiquement, désormais, les asiatiques sont traitées en toute neutralité, tandis que la prise en compte des spécificités socio-historiques de la culture afro-américaine se fait en harmonie intégrale et frontale avec la totalité des acquis de l’émancipation et des droits civiques. Même les musulmanes ne sont pas en reste. Ceux qui prennent les pro-flingues américains pour des racistes obtus et sans nuances devront attentivement méditer les promos suivantes.

Légende: DES AMÉRICAINS ET DES AMÉRICAINES PORTANT UNE ARMES, IL EN EST DE TOUTES CULTURES, TAILLES ET COULEURS
Légende: LES CRIMINELS VIOLENTS DU MONDE ENTIERS SONT D’ACCORD SUR CE POINT. UNE FEMME INDÉPENDANTE ET BIEN ARMÉE N’EST VRAIMENT PAS FACILE À VICTIMISER
Légende: LES ADVERSAIRES DE L’AUTODÉFENSE ARMÉE CONCENTRENT LEUR ATTENTION SUR L’ARME À FEU. ILS IGNORENT LA PERSONNE PROTÉGÉE PAR CETTE ARME À FEU. LA VIE HUMAINE MÉRITE QU’ON LA DÉFENDE
Légende: « JE N’AIME PAS L’ÉPÉE FLAMBOYANTE POUR SON TRANCHANT, NI LA FLÈCHE POUR SA VIVE CÉLÉRITÉ, NI LE GUERRIER POUR SA GLOIRE. SIMPLEMENT, J’AIME CE QU’ILS DÉFENDENT. » (J.R.R. TOLKIEN, LES DEUX TOURS)
Légende: L’AUTODÉFENSE EST UN DROIT CIVIQUE
Légende: LES HOMMES ET LES FEMMES LIBRES POSSÈDENT DES ARMES À FEU. LES ESCLAVES N’EN POSSÈDENT PAS. EXTRAIT DU JUGEMENT DE LA COURS SUPRÊME AMÉRICAINE SUR LA CAUSE DRED SCOTT CONTRE SANDFORD, 1856 : « Si les noirs disposaient des privilèges et des immunités que confère le statut de citoyen, cela les exempterais des opérations judiciaires spéciales et des régulations de police que les États du Sud considèrent comme indispensables à leur sécurité. Cela conférerait aux personnes de la race nègre ayant été reconnues citoyennes de n’importe quel état de l’Union… une liberté pleine et entière d’expression en public et en privé sur tout sujet qu’il est loisible à un citoyen de traiter, le droit de tenir des réunions publiques sur des questions politiques et DE DÉTENIR ET DE PORTER DES ARMES dans toutes leurs allées et venues. Ceci se ferait sous les yeux des autres personnes de même race et couleur, qu’ils soient esclaves ou libres, provoquant mécontentement et insubordination parmi eux, et mettant ouvertement en danger la paix et la sécurité de l’État.»
Légende: À L’ORIGINE, L’OBJECTIF DU CONTRÔLE DES ARMES À FEU ÉTAIT DE PROTÉGER LES HOMMES DU KU-KLUX-KLAN CONTRE LEURS VICTIMES. LE CONTRÔLE DES ARMES À FEU EST UNE PRATIQUE RACISTE
Légende: INUTILE DE TIRER PLUS DE DIX CARTOUCHES? ALLEZ RACONTER ÇA À QUELQU’UN QUI FAIT FACE À UNE BANDE DE LYNCHEURS!
Légende: LA MAJORITÉ DES COMPATRIOTES AMÉRICAINS DE CETTE FEMME N’IRAIENT PAS S’EN PRENDRE À ELLE À CAUSE DES MÉFAITS DES TERRORISTES. CECI DIT, CERTAINS RACISTES AURAIENT PEUT-ÊTRE BESOIN QU’ON LEUR PRÉSENTE UN ARGUMENT UN PEU PLUS FERME

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Il est patent et clair que, se donnant ouvertement comme progressiste (liberal dans le jargon politique américain), cette intervention propagandiste spécifique déploie un effort soutenu pour s’articuler comme une pensée, comme un programme social. Une batterie perfectionnée d’argumentations de nature juridique complète d’ailleurs le tableau doctrinal et ce, dans la réflexion (les droits et leurs interconnexions logiques), comme il l’avait campé initialement dans l’émotion (les peurs et leur impact affectif). L’argumentaire juridico-logique frôle aussi assez vite, mais légèrement, sans excès, la criticaillerie politique.

Légende: ABOLISSEZ LES CRIMINELS, PAS LES MOYENS QUE JE DOIS UTILISER POUR ME PROTÉGER CONTRE EUX!
Légende: DANS CERTAINS ÉTATS, L’APTITUDE TOUTE SIMPLE À SE DÉFENDRE EST PUNIE PLUS SÉVÈREMENT QUE LE VIOL, LE VOL À MAIN ARMÉE OU L’AGRESSION PHYSIQUE. C’EST JUSTE, ÇA?
Légende: AVOIR LE MOYENS DE PROTÉGER LA VIE, LA LIBERTÉ ET LA PROPRIÉTÉ EST UN DROIT HUMAIN FONDAMENTAL! INSISTEZ BIEN LÀ-DESSUS. UN DROIT HUMAIN FONDAMENTAL
Légende: À DIX-HUIT ANS, JE SUIS UNE ADULTE. JE PEUX VOTER, M’ENRÔLER, FONDER UNE FAMILLE. PAR CONTRE, AVANT VINGT-ET-UN ANS, LA LOI ME REFUSE LE MOYEN DE DÉFENDRE MA VIE
Légende: UN INTRUS NE CHERCHERA PAS À DÉSARMER CETTE FEMME, VOS REPRÉSENTANTS ÉLUS ONT PROMIS DE LE FAIRE À SA PLACE
Légende: LE CONTRÔLE DES ARMES À FEU ET LA CENSURE SONT LES ÉQUIVALENTS POLITIQUES DU LIGOTEMENT ET DU BÂILLONNEMENT D’UNE FUTURE VICTIME AVANT DE LA VIOLER ET DE LA TUER. CES PRATIQUES SONT HABITUELLEMENT MISES DE L’AVANT PAR LE MÊME TYPE DE BANDITS, DANS LES MÊMES BUTS DÉSAXÉS
Légende: ON NE PEUT ABOLIR LE VANDALISME EN BANISSANT LES CAILLOUX ET ON NE PEUT ABOLIR LES MEURTRES EN BANNISSANT LES CARTOUCHES. LA PROHIBITION DES ARMES À FEU N’A PAS RÉDUIT LE TAUX DE MEURTRES EN GRANDE-BRETAGNE OU EN RUSSIE, TANDIS QUE L’AUTODÉFENSE ARMÉE LÉGALE A RENDU L’AMÉRIQUE PLUS SÉCURITAIRE
Légende: MA CARABINE DE CHASSE, C’EST AUSSI L’ARME AVEC LAQUELLE JE PROTÈGE MA MAISONNÉE. LAQUELLE DES DEUX PRÉTENDEZ-VOUS INTERDIRE?
Légende: UNE PLAQUETTE D’ACIER DE TROIS MILLIMÈTRES PROTÈGE DES LAMES DE COUTEAUX. UNE ARMURE CORPORELLE FLEXIBLE PROTÈGE DES CARTOUCHES D’ARME DE POING. UN PISTOLET PROTÈGE DES HARCELEURS. UN ORDRE DE LA COURS RESTREIGNANT LES ALLÉES ET VENUES PROTÈGE DE RIEN DU TOUT
Légende: FREINER L’ACTION D’UN HARCELEUR, VRAIMENT, AVEC UN BOUT DE PAPIER? LA VALEUR EFFECTIVE D’UN ORDRE DE LA COURS RESTREIGNANT LES ALLÉES ET VENUES REPOSE EXCLUSIVEMENT SUR L’ENTRAINEMENT AU TIR ET L’ARMEMENT QUI PERMET DE L’IMPOSER DANS LES FAITS

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Dans le même ordre d’idée de sophistication doctrinale, il ne sera pas possible d’échapper à la batterie de références historiques. Par contre, celles-ci se déploient léger, léger, sans chauvinisme excessif, et surtout avec un focus très concentré sur l’histoire des droits et des luttes de guérilla sociale, effectives ou fantasmées, des femmes. De la culture de la frontière au terrorisme contemporain, en passant par les guerres du passé, les émeutes, les désastres et les ouragans, on vise à associer étroitement les femmes en armes à l’héroïsme américain ordinaire.

Légende: RÉSISTER À LA TYRANNIE N’EST PAS UN OBJECTIF DE PERFORMANCE SPORTIVE, C’EST LE SEUL ET UNIQUE OBJECTIF CONSTITUTIONNEL
Légende: AVANT MÊME D’AVOIR LE DROIT DE VOTE, LES FEMMES AVAIENT LE DROIT DE PORTER UNE ARME POUR SE DÉFENDRE. LES FEMMES DE CE TEMPS NE DEVRAIENT-ELLES PAS BÉNÉFICIER DES MÊMES DROITS?
Légende: 1907, LES FEMMES NE POUVAIENT PAS VOTER MAIS ELLES POUVAIENT S’ACHETER N’IMPORTE QUELLE CARABINE MILITAIRE MODERNE. 2007, LES FEMMES ONT LE DROIT DE VOTE MAIS NE PEUVENT PAS POSSÉDER DE CARABINES MILITAIRES CONTEMPORAINES. EST-CE LÀ UN PROGRÈS?
Légende: L’ÉGALITÉ? ELLE EST RENDUE POSSIBLE PAR SAM COLT
Légende: LES FEMMES DE CE PAYS ONT APPRIS DE LONGUE DATE QUE CEUX ET CELLES QUI NE PORTENT PAS UN SABRE PEUVENT QUAND MÊME MOURIR PAR LE SABRE. APPRENEZ L’AUTODÉDENSE!
Légende: IL FREINA L’ATTAQUE DES BANZAÏ À LA BATAILLE D’IWO JIMA. IL FREINA LA MARÉE HUMAINE HOSTILE À LA BATAILLE DU RÉSERVOIR DE CHOSIN. IL FREINERA AUSSI L’ENTRÉE D’UN INTRUS DANS LA CHAMBRETTE DE VOTRE GAMINE, SI VOUS FAITES VOTRE PART. ASSUREZ L’ENTRAINEMENT AU TIR DE VOTRE ENFANT
Légende: LORS DES ÉMEUTES DE LOS ANGELES EN 1992, LES POLICIERS ET LA GARDE NATIONALE ÉTAIENT INCAPABLES DE PROTÉGER TOUT LE MONDE DE LA FOULE DES TUEURS, DES PYROMANES ET DES PILLARDS. DES AMÉRICAINS ET DES AMÉRICAINES ORDINAIRES EN ARMES GARDÈRENT LA FOULE DES ÉMEUTIERS SOUS CONTRÔLE, SAUVANT AINSI UN NOMBRE INCALCULABLE DE VIES INNOCENTES
Légende: LES ÉMEUTES DE LOS ANGELES EN 1992. DES RÉSIDENCES ET DES COMMERCES FURENT PILLÉS ET BRÛLÉS… SAUF QUAND ILS ÉTAIENT DÉFENDUS PAR DES RÉSIDENTS ET DES RÉSIDENTES ARMÉS
Légende: LORS D’ÉMEUTES URBAINES MASSIVES, COMME À LOS ANGELES EN 1992 OU À LA NOUVELLE ORLÉANS EN 2005, LA POLICE NE PEUT PAS PROTÉGER TOUT LE MONDE. CETTE FEMME FAIT REMPART ENTRE LA POPULACE ET SA FAMILLE. QUI PROTÈGERA LA VÔTRE?
Légende: LES INONDATIONS DE NOLA EN 2005. LES PILLARDS ÉCUMAIENT LA VILLE. CETTE FEMME ÉTAIT EN SÉCURITÉ… JUSQU’À CE QUE LES FLICS LUI RETIRENT SON ARME
Légende: APRÈS L’OURAGAN, ELLE N’ÉTAIT PAS SEULE POUR FAIRE FACE À L’ÉMEUTE. TRENTE PETITS AUXILIAIRES ONT ASSURÉ SA SÉCURITÉ
Légende: APRÈS L’OURAGAN, LES PILLARDS SE SONT TENUS À DISTANCE RESPECTUEUSE DE SON VOISINAGE. DANS LE VÔTRE, GARDERAIENT-ILS LEURS DISTANCES AUSSI?
Légende: LES TALIBANS ONT PEUR DES FEMMES INDÉPENFANTES ET ARMÉES. QU’EN EST-IL DE VOUS?
Légende: POURQUOI LES POLITICIENS VEULENT-ILS TANT QUE LES AMÉRICAINS ET LES AMÉRICAINES SOIENT DÉSARMÉS DEVANT LA MENACE DU TERRORISME?

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Le dispositif idéologique et logique est alors bien en place pour réintroduire en douce la bonne vieille culture des vigilantes, si tenace, dans cet horizon culturel spécifique, et si peu moderniste. On le fait, en cultivant notamment un jeu logico-argumentatif de référence aux militaires et aux policiers. Même la critique des flics et l’antimilitarisme le plus explicite trouvent leur place dans ce déconcertant argumentaire.

Légende: UNE PROTECTION PERSONNELLE. CONTRAIREMENT AUX FLICS, ELLE EST TOUJOURS AVEC VOUS
Légende: LE MIEN, C’EST POUR PROTÉGER LA VIE HUMAINE. LES POLICIERS EN ONT UN POUR EXACTEMENT LA MÊME RAISON
Légende: (LA POLICIÈRE) REÇOIT DES RENFORTS SUR APPEL. (LA CITOYENNE) EST LAISSÉE À ELLE-MÊME. LES ARMES DÉFENSIVES MODERNES NE DEVRAIENT PAS ÊTRE RÉSERVÉES AUX FLICS
Légende: LE GOUVERNEMENT AMÉRICAIN FAIT CONFIANCE À CELLE-CI POUR CE QUI EST DE PROTÉGER VOTRE FAMILLE DE L’ENNEMI ÉTRANGER, AVEC UNE ARME AUTOMATIQUE. POURQUOI CERTAINS ÉTATS NE FONT-ILS PAS CONFIANCE À CELLE-CI, POUR CE QUI EST DE SE PROTÉGER ELLE-MÊME DES CRIMINELS, AVEC UNE ARME DE POING?
Légende: ON LUI FAIT CONFIANCE, UN AR15 ENTRE LES MAINS, POUR EN PROTÉGER D’AUTRES. ON DEVRAIT BIEN POUVOIR LUI FAIRE CONFIANCE AUSSI POUR CE QUI EST DE SE DÉFENDRE ELLE-MÊME
Légende: LA VRAIE PROTECTION DU TERRITOIRE DÉBUTE AU FOYER. «VEILLEZ À LA SÉCURITÉ DES ENFANTS, PENFANT QUE JE SUIS AU TRAVAIL»
Légende: SON DÉTENTEUR ANTÉRIEUR OFFICIEL L’UTILISA POUR ASSASSINER DES CIVILS. SA DÉTENTRICE ACTUELLE, UNE CIVILE, L’UTILISE POUR SE PROTÉGER. APPUYONS LA PROPRIÉTÉ CIVILE DES ARMES À FEU!

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Se protéger sans agresser est l’option cardinale. Or cela implique une désacralisation, une banalisation du flingue. Il se doit de cesser d’êtres une sorte d’objet de fascination irrationnelle. Instrument ordinaire, il faut le manier sans ostentation, comme n’importe quel objet de la vie courante. Cela s’apprend, cela s’acquiert, cela s’étudie. Une culture vernaculaire supporte cela. C’est alors l’argument du savoir-faire avec l’arme qui se met fermement en place. Il s’agit, dans le même mouvement, de faire la promotion de l’entraînement au tir et de démolir les arguments voulant qu’une femme risque de voir son arme à feu se retourner contre elle. L’idée fondamentale est de promouvoir le caractère infailliblement sécuritaire de la dissuasion les armes à la main, si celle-ci est éclairée, formée et efficacement instruite sur elle-même.

Légende: ET ALORS, C’EST ICI QUE L’INTRUS S’EXCLAMERAIT: «POUFIASSE, TU N’OSERA JAMAIS APPUYER SUR LA GÂCHETTE!» ET S’EFFORCERAIT ENSUITE DE LUI ARRACHER SON ARME?
Légende: «UNE ARME À FEU LUI SERAIT SIMPLEMENT ARRACHÉE DES MAINS ET ON LA RETOURNERAIT CONTRE ELLE». LES CHARLATANS DU CONTRÔLE DES ARMES À FEU CROIENT-ILS VRAIMENT À LEURS PROPRES MENSONGES?
Légende: JE PEUX CARTONNER UN PIGEON D’ARGILE DE CINQ POUCES DE DIAMÈTRE EN PLEN VOL. INTRUS ÉVENTUELS, VEUILLEZ PRENDRE NOTE
Légende: L’AUTODÉFENSE TYPE AVEC UNE ARME À FEU: PAS DE COUP DE FEU, PAS DE PREMIÈRE PAGE DANS LES JOURNAUX. JUSTE UN AUTRE BANDIT EFFRAYÉ, ET UNE AUTRE VIE INNOCENTE SAUVÉE

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Sur la question, jugée capitale dans un tel argumentaire, de l’entraînement méthodique au tir, un message subreptice est alors discrètement filé aux hommes, celui de la promotion de la transmission du savoir. L’homme classique passe la main à la femme moderne et cette main contient une arme, moderne elle aussi.

Légende: FAITES DON DE LA SÉCURITÉ. FORMEZ UN NOUVEAU TIREUR
Légende: PLACEZ L’APPROPRIATION DU POUVOIR ENTRE LES MAINS D’UNE AMIE. ENSEIGNEZ L’AUTODÉFENSE
Légende: LES ARMES À FEU DE L’AVENIR POURRAIT CHANGER D’APPARENCE. LES USAGERS DES ARMES À FEU DE L’AVENIR AUSSI. PARTAGEZ CE DROIT FONDAMENTAL. ENSEIGNEZ LE TIR

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Il devient alors de plus en plus difficile de ne pas se rendre compte que c’est d’une prolifération jovialiste des armes à feu qu’il s’agit ici. La croyance promue, de moins en moins crédible, de plus en plus délirante et imaginaire, dérape vers le fantasme d’une autodéfense individuelle totale, intégralement non-criminelle, dans un monde (pourtant!) implicitement violent et hostile qu’il faut coucher en joue et tenir en respect avec des armes d’assaut modernes au magasin bien garnis. On hallucine allègrement un programme pro-flingues opérant partout, à la ville, à la campagne, sur les campus universitaires, dans les avions de ligne, un programme pro-flingues pour jeunes filles souriantes, fraîches, lucides et sereines, dont la mise en place effective et pratique n’est décrite que sous forme de propositions lapidaires, vaguement ébauchées et fort mal étayées.

Légende: CEUX QUI ENTENDENT PROHIBER L’AUTODÉFENSE VEULENT QUE NOUS SOYONS TOUS SANS PROTECTION ET DÉPENDANTS. LES VICTIMES, ELLES, NE PEUVENT PLUS S’OBJECTER. ET VOUS, QU’EN DITES-VOUS?
Légende: LES INTRUS DOMESTIQUES NE LAISSENT PAS LE TEMPS À LEURS VICTIMES D’ENFILER LEUR CEINTURE DE MUNITIONS. LES ARMES À FEU AVEC UN GRAND MAGASIN DE CARTOUCHES SAUVENT DES VIES
Légende: CULTURE DE L’ARME À FEU. CULTURE DU BANDITISME. NE PAS CONFONDRE. UNE SEULE DES DEUX PRODUIT DES CRIMINELS
Légende: LES «ZONES DÉSARMÉES» DES CAMPUS ATTIRENT LES TUEURS. LES INSTITUTIONS D’ENSEIGNEMENT POURRAIENT TRANSFORMER LES CAMPUS EN CAMPS RETRANCHÉS, AVEC FILS BARBELÉS ET FOUILLES DE CORPS. OU ALORS ELLES POURRAIENT FAIRE LA PROMOTION D’UNE VRAIE AUTO-DÉFENSE EFFICACE
Légende: LA VRAIE DE VRAIE PASSAGÈRE SÉCURITAIRE, DANS UN AVION DE LIGNE, EST ARMÉE. DÉTOURNEZ DONC ÇA, SI VOUS LE POUVEZ!
Légende: À VIRGINIA TECH, TRENTE-DEUX PERSONNES MOURURENT INUTILEMENT. UN SEUL ÉTUDIANT OU ENSEIGNANT ARMÉ AURAIT PU ARRÊTER LE TUEUR. MAIS ILS MOURURENT TOUS, EN OBÉISSANT AUX RÈGLES. PLUS JAMAIS!

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Voilà. Passablement parlant, cette petite centaine d’affiches propagandistes, vous ne me direz pas. Bien plus pernicieux qu’on ne l’aurait cru, aussi. Un certain nombre de conclusions s’imposent face à un tel discours. Indubitablement, les causes réformistes sont récupérables et récupérées au service d’enjeux autres qu’elles-mêmes. Le flagornage faussement progressiste est un instrument argumentatif de plus en plus utilisé par la droite, en fait. Malgré ce qu’elle cherche constamment à faire croire, ladite droite est perpétuellement mise aux abois par le développement social de la roue de l’histoire. Elle peine, de plus en plus, pour tenir à bout de bras les enjeux dangereux et impopulaires qu’elle endosse, genre promotion des armes à feu, de la pollution industrielle, de la malbouffe, de la boursicote bancaire cynique, du militarisme et du bellicisme. Ici aussi, dans cet univers d’illusionniste, on ment sciemment aux masses. Ce type de campagne de propagande promotionnelle présente le porteur ou la porteuse d’arme à feu comme un être angélique, infaillible, imperméable au banditisme, qui se défend mais n’attaque jamais, ne commet pas d’erreur sur la personne, ne tiraille jamais à l’aveuglette dans l’obscurité, ne pointe jamais son arme sur son conjoint, ses enfants, ou ses proches, ne se colle jamais son flingue sur la tête ou dans la bouche, ne laisse pas son arme tomber entre des mains maladroites ou hostiles, ne se blesse pas malencontreusement avec, s’entraîne avec discipline et prudence sans la transformer en un objet magique mal connu et mal dominé, ne bascule pas dans le crime par désespoir ou par calcul. Charme, intelligence, climax visuel et fourberie mis à part, ce qu’on nous présente ici, c’est un monde fantasmé, simpliste, vide, faux et illusoire. Il est surtout parfaitement malhonnête, mensonger et fallacieux de laisser croire que la multiplication, la prolifération, le pullulement des armes de poing et des fusils d’assaut automatiques dans la société civile augmenterait la sécurité. C’est tout juste le contraire, et la doctrine racoleuse de l’égaliseur fonctionne en fait de façon implacablement bilatérale. À contexte social dogmatiquement inchangé, armez-vous, votre agresseur s’armera aussi et les mêmes proportions d’inégalités se rétabliront à très court terme. Ensuite –surtout- elles se perpétueront, le danger de mort constant et permanent en plus, ce dernier bien profondément inscrit dans la vie ordinaire et désormais parfaitement indécrottable. Comme le dit une de ces pubes, c’est la criminalité qu’il faut abolir. Or justement, il ne faut pas seulement le dire mais il faut le faire et ça, c’est un immense programme social et sociétal. Car ça requiert le tout d’un engagement articulé et sophistiqué qu’aucune solution simpliste, genre arme à feu dans les sacs à main et sur les tables de nuit, n’équivaudra jamais en valeur, en durabilité, en efficacité de fond, et en décence civique.

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Réflexions américaines sur la façon de mener la prochaine guerre mondiale!?…

Promouvoir une troisième guerre mondiale est en train de devenir une opinion publique


Par Caitlin Johnstone

Depuis la seconde moitié de l’année 2022, les faiseurs de l’opinion publique dominante est truffée d’articles d’opinion affirmant que les États-Unis doivent augmenter considérablement leurs dépenses militaires parce qu’une guerre mondiale est sur le point d’éclater, et ils présentent toujours les choses comme si cela était quelque chose que les États-Unis allaient subir, sans que leurs propres actions n’en soient la cause. Comme si cette guerre n’était pas le résultat direct de l’accélération continue de l’empire centralisé américain vers cet événement horrible, en refusant toutes les rampes de sortie diplomatiques possibles en raison de son incapacité à renoncer à son objectif de domination planétaire unipolaire totale.

 

Le dernier exemple de cette tendance est un article intitulé « Could America Win a New World War ? – What It Would Take to Defeat Both China and Russia » [L’Amérique peut-elle gagner une nouvelle guerre mondiale ? Ce qu’il faudrait pour vaincre la Chine et la Russie.] publié par Foreign Affairs, un magazine qui appartient et est géré par le suprêmement influent centre de réflexion Council on Foreign Relations. Voir Le fascisme a pour mission de préparer les conditions de la guerre mondiale à venir – les 7 du quebec  et Les trois crises n’en font qu’une…et elles conduisent à la guerre! – les 7 du quebec.

« Les États-Unis et leurs alliés doivent prévoir comment gagner simultanément des guerres en Asie et en Europe, aussi désagréable que cette perspective puisse paraître« , écrit l’auteur de l’article, Thomas G Mahnken, ajoutant que, d’une certaine manière, « les États-Unis et leurs alliés auront un avantage dans toute guerre simultanée » sur ces deux continents.

Les systèmes d’armement occidentaux sont parmi les meilleurs au monde – mais pour remporter un conflit potentiel contre la Chine et la Russie, les États-Unis devront également développer de nouvelles techniques de combat, écrit Thomas Mahnken. https://t.co/1xLExCQx5D. – Foreign Affairs (@ForeignAffairs) 27 octobre 2022

Mais Thomas Mahnken ne prétend pas qu’une guerre mondiale contre la Russie et la Chine serait une promenade de santé ; il affirme également que pour gagner une telle guerre, les États-Unis devront – vous l’aurez deviné – augmenter radicalement leurs dépenses militaires.

« Les États-Unis ont clairement besoin d’augmenter leur capacité et leur vitesse de fabrication en matière de défense« , écrit Mahnken. « À court terme, cela implique d’ajouter des équipes aux usines existantes. À plus long terme, cela implique d’agrandir les usines et d’ouvrir de nouvelles lignes de production. Pour faire les deux, le Congrès devra agir maintenant pour allouer plus d’argent à l’augmentation de la production. »

Mais l’explosion des dépenses américaines en matière d’armement reste insuffisante, selon Mahnken, qui estime que « les États-Unis devraient travailler avec leurs alliés pour qu’ils augmentent aussi leur production militaire et la taille de leurs stocks d’armes et de munitions« .

Selon Mahnken, cette guerre mondiale pourrait être déclenchée « si la Chine lançait une opération militaire pour s’emparer de Taïwan, obligeant les États-Unis et leurs alliés à réagir« , comme s’il n’y avait pas d’autres options sur la table que de se lancer dans une troisième guerre mondiale à l’ère nucléaire pour défendre une île voisine du continent chinois qui s’appelle elle-même la République de Chine. Il écrit que « Moscou, pendant ce temps, pourrait décider qu’avec les États-Unis enlisés dans le Pacifique occidental, il pourrait s’en tirer en envahissant une plus grande partie de l’Europe« , démontrant le paradoxe bizarre d’une propagande occidentale digne du chat de Schrödinger disant que Poutine est toujours simultanément (A) en train de se faire détruire et humilier en Ukraine et (B) sur le point de mener une guerre chaude avec l’OTAN.

C’est fou le nombre de personnes qui font carrière en prônant la pire chose qui puisse arriver. pic.twitter.com/GfmBrNDEDg

– Caitlin Johnstone (@caitoz) 27 octobre 2022

Encore une fois, il ne s’agit que de la dernière publication en date d’un genre de plus en plus courant dans la presse occidentale grand public.

Dans « The skeptics are wrong : The U.S. can confront both China and Russia » [Les sceptiques ont tort : les États-Unis peuvent affronter à la fois la Chine et la Russie.], Josh Rogin, du Washington Post, pointe du doigt les Démocrates qui pensent que les agressions contre la Russie devraient être prioritaires et les Républicains qui pensent que l’attention militaire et financière devrait être consacrée à la Chine, se demandant : « pourquoi pas les deux en même temps ? ».

Dans « L’armée américaine pourrait-elle combattre la Russie et la Chine en même temps ?« , Robert Farley de 19FortyFive répond par l’affirmative, écrivant que « l’immense puissance de combat des forces armées américaines ne serait pas excessivement sollicitée par la nécessité de mener une guerre sur les deux théâtres » et concluant que « les États-Unis peuvent combattre la Russie et la Chine en même temps… pendant un certain temps, et avec l’aide de quelques amis« .  Voir:  LA MILITARISATION DE L’ESPACE EN PRÉVISION DE LA PROCHAINE GUERRE – les 7 du quebec

Dans « Les États-Unis peuvent-ils affronter la Chine, l’Iran et la Russie en même temps ? » Hal Brands, de Bloomberg, répond que ce serait très difficile et recommande une escalade en Ukraine et à Taïwan, ainsi que la vente à Israël d’un armement plus avancé pour avoir une longueur d’avance sur la Russie, la Chine et l’Iran respectivement.

Dans « International Relations Theory Suggests Great-Power War Is Coming » [La théorie des relations internationales suggère que la guerre des grandes puissances est imminente.], Matthew Kroenig, de l’Atlantic Council, écrit pour Foreign Policy qu’une épreuve de force mondiale entre démocraties et autocraties se prépare « avec les États-Unis et leurs alliés démocratiques de l’OTAN, du Japon, de la Corée du Sud et de l’Australie d’un côté et les autocraties révisionnistes de la Chine, de la Russie et de l’Iran de l’autre« , et que les aspirants experts en politique étrangère devraient adapter leurs attentes en conséquence.

Quand ils ne prétendent pas que la troisième guerre mondiale est imminente et que nous devons tous nous préparer à la combattre et à la gagner, ils affirment qu’un conflit mondial est déjà à l’œuvre et que nous devons commencer à agir comme tel, comme dans l’article du New Yorker du mois dernier intitulé « Et si nous étions déjà en train de combattre la troisième guerre mondiale avec la Russie ? »

Nouveau : Les sceptiques ont tort : les États-Unis peuvent affronter à la fois la Chine et la Russie https://t.co/raxePmSa0T par moi @PostOpinions

– Josh Rogin (@joshrogin) 4 août 2022

Ces monstrueuses pontifications émanant des marais de la Beltway ne s’adressent pas seulement au grand public, mais aussi aux décideurs et aux stratèges du gouvernement, et cela devrait tous nous déranger que leur public soit encouragé à considérer un conflit mondial d’une horreur indicible comme une sorte de catastrophe naturelle envers laquelle les gens n’ont aucun contrôle.

Toutes les mesures devraient être prises pour éviter une guerre mondiale à l’ère nucléaire. Si cela semble être la direction vers laquelle nous nous dirigeons, la réponse n’est pas d’augmenter la production d’armes et de créer des industries entières dédiées à cette fin, la réponse est la diplomatie, la désescalade et la détente. Ces experts présentent la montée en puissance d’un monde multipolaire comme quelque chose qui doit inévitablement s’accompagner d’une explosion de violence et de souffrance humaine, alors qu’en réalité, nous n’en arriverions là qu’à la suite de décisions prises par des êtres humains, des deux côtés.

Il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Il n’y a pas de divinité omnipotente qui décrète d’en haut que nous devons vivre dans un monde où les gouvernements brandissent des armes de l’apocalypse et où l’humanité doit soit se soumettre à Washington, soit se résigner à une violence cataclysmique aux conséquences planétaires. Nous pourrions simplement avoir un monde où les peuples de toutes les nations s’entendent les uns avec les autres et travaillent ensemble pour le bien commun plutôt que de travailler à se dominer et à se subjuguer les uns les autres.

Comme l’a récemment déclaré Jeffrey Sachs, « la plus grande erreur du président Biden a été de dire que la plus grande lutte du monde est entre les démocraties et les autocraties. La véritable lutte du monde est de vivre ensemble et de surmonter nos crises communes de l’environnement et de l’inégalité. »

Nous pourrions avoir un monde où notre énergie et nos ressources servent à accroître la prospérité humaine et à apprendre à collaborer avec cette biosphère fragile dans laquelle nous avons évolué. Un monde où toutes nos innovations scientifiques visent à faire de cette planète un meilleur endroit pour vivre, au lieu de les canaliser pour s’enrichir et trouver de nouvelles façons d’exploser les corps humains. Où nos anciens modèles de compétition et d’exploitation cèdent la place à des systèmes de collaboration et de soins. Où la pauvreté, le labeur et la misère passent progressivement du statut de normes acceptées de l’existence humaine à celui d’archives historiques vaguement remémorées.

Au lieu de cela, nous avons un monde où l’on nous martèle de plus en plus fort une propagande nous encourageant à accepter le conflit mondial comme une réalité inévitable, où les politiciens qui expriment ne serait-ce que le plus léger soutien à la diplomatie sont rabroués et diabolisés jusqu’à ce qu’ils s’inclinent devant les dieux de la guerre, où la politique de la corde raide nucléaire est présentée comme une sécurité et la désescalade comme une mise en danger imprudente.

Nous n’avons pas à nous soumettre à cela. Nous ne sommes pas obligés de continuer à marcher vers la dystopie et l’apocalypse au rythme des sociopathes manipulateurs. Nous sommes beaucoup plus nombreux qu’eux, et les enjeux sont beaucoup plus importants pour nous que pour eux.

Nous pouvons avoir un monde sain. Nous devons juste le vouloir assez fort. S’ils travaillent dur pour obtenir notre consentement c’est que, en fin de compte, ils en ont absolument besoin.

Caitlin Johnstone

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

LE PORTUGAL AU BORD DU « CAPITACLYSME »

Par Nicolas Guillon. Sur Le Portugal au bord du « capitaclysme » (lvsl.fr)

Il y a la carte postale et l’envers du décor. D’un côté, un pays vu de l’étranger comme le nouvel Eldorado. De l’autre, une population qui, avec de petits revenus, ne s’en sort plus face à une inflation galopante et à un marché du logement de plus en plus inaccessible. Selon les dernières données publiées, près d’un Portugais sur cinq vivrait sous le seuil de pauvreté, dont nombre de personnes âgées, qui doivent survivre avec un minimum vieillesse de 268 euros. L’Instituto Nacional de Estatistica (INE) a calculé qu’en 1974, au sortir des années noires du salazarisme, celui-ci était de 260 euros… Une décennie après le plan de sauvetage de la Troïka (FMI, Commission européenne et BCE), le Portugal a certes retrouvé une capacité d’investissement mais la réalité du quotidien le situerait plutôt au bord du capitaclysme – pour reprendre un néologisme localement à la mode. Un reportage de Nicolas Guillon.

C’est leur nouvelle route des Indes. Le Portugal a annoncé fin septembre la construction d’ici à 2031 d’une ligne de TGV reliant Lisbonne à Porto en 1h15. Au-delà de l’utilité d’un chantier aussi gigantesque pour relier deux villes distantes d’à peine 300 kilomètres et reliables en 2h30, une question se pose : qui montera dans ce train de la « modernité » ? Antonio Costa, le premier ministre portugais, a donné une partie de la réponse : « C’est un projet stratégique qui favorisera la compétitivité », en cohérence avec la volonté portugaise d’attirer des entrepreneurs et des investisseurs étrangers. All right, répond l’écho qui commence à parler la langue du business. « Qui montera dans ce TGV ? Des touristes riches car désormais le Portugal veut des touristes riches », complète Joao, en position d’observation en retrait de l’emblématique pont Dom-Luis, qui enjambe le Douro [1]. Son Portugal à lui ne prend le jour que par des soupiraux mais sa longue vue offre néanmoins une belle visibilité.

NDLR : pour une analyse du contexte politique et social portugais depuis une décennie, lire sur LVSL l’article de Mariana Abreu « La hantise de l’austérité et le spectre de Salazar : le Portugal à l’ère post-Covid », celui d’Yves Léonard « Portugal : les oeillets d’avril confinés », cet entretien avec Cristina Semblano sur les ravages de l’austérité au Portugal ou encore l’article de cette dernière sur les raisons politiques et économiques qui ont entraîné une hausse des feux de forêts ces dernières années au Portugal.

Les alentours immédiats peuvent en témoigner : le Portugal s’est amouraché des riches étrangers. Sur cette rive Sud du fleuve, qui jouit d’une vue imprenable sur la vieille ville de Porto, Vila Nova de Gaia, siège des plus grandes maisons de vin de Porto, s’est semble-t-il découvert un goût immodéré pour les projets immobiliers tape-à-l’oeil. Le plus spectaculaire d’entre eux, comme son acronyme l’annonce : le WoW, pour World of Wine. Impossible de passer à côté : dès l’aéroport, c’est dans cette direction que le voyageur est invité à s’engager. Inauguré en 2020, le WoW se présente comme le nouveau quartier culturel de la ville mais il serait plus juste de parler de parc d’attractions lié à la culture de la ville.

Sachant que le seuil de pauvreté s’établit à 554 euros de ressources mensuelles – on notera que le salaire minimum net s’en rapproche dangereusement – ce sont aujourd’hui 1,9 million de Portugais qui doivent vivre avec moins, soit 18,4 % de la population.

Le projet a été imaginé par le propriétaire des marques Taylor’s et Croft, Adrian Bridge. Le magnat anglais a investi 106 millions d’euros pour transformer 35 000 md’entrepôts et de chais en un vaste espace de loisirs comprenant six musées, neuf restaurants, une école du vin, une galerie d’expositions, des lieux événementiels, des bars, des boutiques et un hôtel Relais & Châteaux avec son indispensable spa. Si les travaux de réhabilitation sont indéniablement de belle facture, l’ostentation du lieu (des carrés Hermès aux murs des couloirs et des escaliers) confine, de la part d’un lord, à la faute de goût dans une société qui cultive la simplicité. Inutile de préciser que tout est cher, et même très cher à l’échelle du niveau de vie portugais. Le manant peut néanmoins profiter gratuitement de la vue panoramique sur la ville.

Mais le WoW « en jette » et c’est précisément l’image filtrée que le Portugal veut aujourd’hui donner de lui-même : un pays qui a définitivement tourné le dos à la misère pour entrer avec ses plus beaux habits dans la salle de bal. Le futur TGV procède de cette même stratégie de développement mais Antonio Costa a beau en appeler au « consensus national » dans cette bataille du rail, le client des chemins de fer portugais, qui doit actuellement débourser une soixantaine d’euros pour un aller-retour en 2e classe Porto-Lisbonne, a d’autres préoccupations que celle de filer comme l’éclair du Nord au Sud. Car depuis qu’en 2011 la Troïka (Fonds monétaire international, Commission européenne et Banque centrale européenne) est passée par là, les Portugais ont de très faibles revenus. Selon l’Instituto Nacional de Estatistica (INE), l’équivalent portugais de l’INSEE, la rémunération brute mensuelle moyenne était de 1 439 euros au 2e trimestre 2022, le salaire minimum s’élevant à 822,50 euros.

Toujours selon l’INE, la pension moyenne en 2021 s’élevait à 487 euros par mois. Au Portugal, le minimum vieillesse n’est que 268 euros. L’INE a calculé qu’en 1974, au sortir des années noires du salazarisme, celui-ci était de 260 euros. Sachant que le seuil de pauvreté (60% du revenu médian selon le mode de calcul de l’Observatoire des inégalités) s’établit à 554 euros de ressources mensuelles – on notera que le salaire minimum net s’en rapproche dangereusement – ce sont aujourd’hui 1,9 million de Portugais qui doivent vivre avec moins, soit 18,4 % de la population, sur la base des dernières données sur le niveau de vie divulguées par l’INE, largement commentées par les media portugais cet automne.

Et encore ! Les aides sociales retouchent le tableau : sans elles, ce sont quelque 4,4 millions de citoyens qui ne franchiraient pas la barre. Au Portugal, travailleur pauvre est presque devenu un statut. Déjà effrayants dans le contexte européen, ces chiffres de la misère explosent si l’on prend en considération la privation matérielle, l’éloignement du monde du travail et l’exclusion sociale : près d’un quart du pays connaîtrait une ou plusieurs de ces situations. Les enfants ne sont, malheureusement, pas épargnés : 10,7 % d’entre eux souffraient, l’an passé, de manque matériel et de coupure sociale (source : INE).

On ne se rend sans doute pas compte à Bruxelles de ce qu’on a demandé au Portugal, de s’humilier, et aux Portugais, de se sacrifier. Les dégâts commis ne sautent, c’est vrai, pas immédiatement aux yeux. Depuis la dictature, les gens d’ici ont une capacité à encaisser assez phénoménale, comme si leur principal trait de caractère était de subir. Et vous ne les entendrez jamais se plaindre. Livreur pour des multinationales de l’ameublement, Sergio confie « passer 15 heures par jour sur la route, six jours sur sept ». Et depuis deux ans, on lui a retiré son binôme pour l’aider à porter les colis. Il continue pourtant de faire sa tournée avec le sourire. Il s’estime bien loti avec un travail et 1 100 euros net mensuels. Ici, c’est une serveuse dans un bar de centre-ville dont le salaire pour 40 heures par semaine et des horaires difficiles peine à dépasser les 600 euros ; là, une institutrice qui, au terme d’une carrière complète, va devoir se contenter d’une retraite de 500 euros. Tout ça fait d’excellents Portugais.

« Il entre au Portugal beaucoup trop de capitaux étrangers au regard du nombre d’opportunités. » Ce n’est pas un altermondialiste qui parle mais Francisco Sottomayor, le PDG de Norfin, une des principales sociétés de gestion immobilière portugaises.

Les « bons élèves de l’Europe » ont, en effet, souvent été cités en exemple. En remerciement des efforts colossaux consentis durant la récession, ils voient aujourd’hui le robinet des crédits communautaires couler à gros débit. Les travaux du premier tronçon de la future ligne TGV, à hauteur de 2,9 milliards d’euros, seront financés au tiers par des fonds européens. « Le pays réunit aujourd’hui les conditions financières pour pouvoir réaliser ce type de projet », se félicite Antonio Costa, de la famille des socialistes convertis au modèle néolibéral. Le nouvel Eldorado a peut-être des finances saines mais en attendant, le citoyen doit faire face à l’inflation bondissante : 9,3% à l’amorce du dernier trimestre, 22,2% pour l’énergie et 16,9% pour l’alimentation (source : Trading Economics). L’Association portugaise des entreprises de la distribution (APED) a constaté depuis septembre une recrudescence des vols de produits alimentaires de base : morue congelée, boîtes de thon, bouteilles d’huile d’olive et briques de lait. Retraité de l’industrie pharmaceutique depuis dix ans, Rui sait qu’il compte parmi les privilégiés. Dans la ferme qu’il a rénovée à une heure de Porto, il coule une vie paisible entre son jardin et ses animaux. Tout en conservant une louable lucidité : « Après toutes ces années d’austérité, nous commencions à retrouver un peu de souffle, à voir le bout du tunnel. Et puis la pandémie est arrivée. Et maintenant c’est la guerre en Ukraine et l’inflation. Quand le week-end je reçois mes filles encore étudiantes, entre les courses et le plein d’essence j’en ai pour 300 euros. Combien de Portugais peuvent se le permettre ? Et je ne vous parle pas de la facture de chauffage. » (Voir: Les trois crises n’en font qu’une…et elles conduisent à la guerre! – les 7 du quebec).

Se chauffer a toujours été un problème au Portugal et pas seulement pour les plus modestes. Héritage d’une autarcie qui dura un demi-siècle – « mieux vaut la pauvreté que la dépendance », avait l’habitude de dire Salazar -, peu de logements sont bien isolés et équipés. Et c’est une idée reçue de croire qu’il fait toujours beau et chaud en Lusitanie. Mais la crise de 2009, encore elle, n’a rien arrangé. En retour des 78 milliards d’aides reçus, le Portugal a dû privatiser des pans entiers de son économie, dont le secteur de l’énergie. Le groupe chinois China Three Gorges a ainsi repris en 2011 les 21% détenus par l’Etat portugais dans EDP (principale entreprise de production d’électricité du pays). Après ça, allez exercer le moindre contrôle sur les prix.

Bons princes, les Chinois se sont également portés acquéreurs d’une partie de la dette portugaise. Le Portugal et l’Empire du Milieu entretiennent depuis 1557 une relation étroite par le biais de l’administration de Macao, rétrocédée en 1999. Energie, banque, assurance : l’investissement chinois au Portugal est estimé à environ 3% du PIB.

L’immobilier n’échappe pas, bien sûr, à cet afflux de fonds étrangers, en provenance de Chine mais aussi des Pays-Bas, d’Espagne, du Royaume-Uni ou du Luxembourg. Dans certains quartiers de Lisbonne ce sont des rues entières qui sont rachetées, ce qui pose évidemment un problème : l’envolée des loyers, qui ont augmenté de 42,4 % en moins de cinq ans, un chiffre affiché en une, fin septembre, par le journal Publico et confirmé dans la foulée par l’INE. A Lisbonne et Porto, l’augmentation atteint même 50 %, voire 60 % dans certaines communes périphériques de la capitale, dont Vila Nova de Gaia – l’effet WoW sans doute. Le loyer moyen portugais s’élève désormais à 6,25 euros par mètre carré (9,29 euros dans la zone métropolitaine de Lisbonne). A Braga, Joaquim gère un portefeuille de locations modestes, issu d’un legs familial : « Nous avons beaucoup de locataires très anciens et si nous suivions le marché, ces gens ne pourraient plus payer leur loyer ni se reloger. Nous essayons donc d’entretenir nos logements sans engager de trop gros travaux afin de maintenir le statu quo et de préserver ces personnes que nous connaissons de longue date et qui ont toujours honoré les échéances. » Pour leur salut, les Portugais ont conservé cette fibre de l’entraide qui naguère était leur seul canal de survie.

« Je déteste dire que le Portugal est un petit marché mais on ne peut pas dire non plus que c’est un très grand marché, et le fait est qu’il entre beaucoup trop de capitaux étrangers au regard du nombre d’opportunités. » Ce n’est pas un altermondialiste qui parle mais Francisco Sottomayor, le PDG de Norfin, une des principales sociétés de gestion immobilière portugaises. Résultat : pour ceux qui en ont encore les moyens, acheter un bien au Portugal coûte en 2022 50 % plus cher qu’en 2016.

Il y a dix ans, le maire de Lisbonne était un certain Antonio Costa, qui, à l’époque, se battait pour maintenir les autochtones dans la place, en passant, par exemple, des accords avec les promoteurs : un terrain en échange de logements sociaux. Mais il semblerait que la lame de fond de la spéculation soit en train de tout emporter, avec la multiplication sur le marché de biens de luxe, comme, par exemple, un penthouse de 200 m2 à Cascais, station balnéaire du grand Lisbonne, mis en vente au prix de 6 millions d’euros.

Albert Alain Bourdon et Yves Léonard nous remémorent les circonstances de l’accession au pouvoir d’Antonio de Oliveira Salazar : « Une inflation galopante avait multiplié les prix par 25. (…) Et Salazar, magicien des finances, réussit à équilibrer le budget. » Le cauchemar qui s’ensuivit dura 45 ans.

Alors dans les quartiers, la résistance s’organise, comme, à Bonfim, à Porto. L’adega Fontoura annonce sur une affichette la tenue d’un « événement convivial de contestation contre l’intimidation immobilière et les expropriations illégales ». Les bars ont toujours été les réseaux sociaux du Portugal : on y regarde le football mais pas seulement, on vient y boire son café pour 70 centimes, prendre des nouvelles des amis, parler politique et parfois, fomenter la rébellion. Coincé entre l’hyper centre et Das Antas, où l’appel d’air provoqué il y a dix-huit ans par la construction du nouveau stade du FC Porto a été épuisé, « Bonfim est le dernier terrain de jeu des investisseurs et la pression qui y est exercée sur les habitants est énorme », explique Antonio, le patron. Philippe, un Français qui vient une fois par mois pour son travail (la recherche de terrains pour l’industrie), est convaincu que « la bulle va exploser » Plus qu’une information, un oracle déjà ancien. Dans l’attente de la déflagration, bonne nouvelle : la mairie de Porto a suspendu pour une période renouvelable de 6 mois les agréments de logement touristique (Alojamento Local) dans le centre et à Bonfim. Mais 940 requêtes de propriétaire sont déjà parvenues sur ses bureaux.

Car les investisseurs font feu de tout bois en rachetant, par exemple, des quintas, anciens domaines agricoles ou viticoles, qu’ils transforment en lieux événementiels. Une quinta dans la région de Porto peut se louer 25 000 euros la journée pour un mariage. Et prière d’avoir effacé toute trace de la fête au petit matin car une autre famille attend son tour. Les Portugais s’endettent pour offrir à leur enfants ces noces dignes d’une série Netflix, avec feu d’artifice et pool de photographes et vidéastes pour immortaliser la story d’une vie. C’est tout le paradoxe d’un pays pauvre qui n’a jamais autant consommé, notamment dans ces centres commerciaux à l’américaine dont les villes sont désormais truffées. Longtemps, le Portugal fut privé de tout alors, plutôt que de commander un plat du jour à 6 euros au restaurant du coin, on préfère s’attabler à la terrasse d’une enseigne de la malbouffe dans un food court, ce qui peut s’apparenter à une forme de liberté.

« Non à la mine, oui à la vie. » A Montalegre, dans la région de Tras-o-Montes (littéralement : au-delà des montagnes), à l’extrême Nord-Est du pays, les habitants ont un autre souci : leur terre est classée au patrimoine agricole mondial des Nations Unies mais pour son malheur regorge en sous-sol de lithium, or blanc des fabricants de batteries de téléphone et autres véhicules électriques. Le Portugal serait assis sur un trésor de 60 000 tonnes qui n’a pas échappé aux industriels. Au nom de la transition énergétique et avec l’espoir de donner naissance à toute une filière, le gouvernement a donc donné son feu vert pour l’exploitation dans six endroits du pays, dont Covas do Barroso, à une trentaine de kilomètres au Sud de Montalegre, à proximité immédiate des parcs nationaux de Peneda-Geres et du Haut-Douro. La concession a été accordée à l’entreprise britannique Savannah Resources. Dormez tranquilles, notre projet est durable et conforme aux techniques les plus vertueuses, jure la société. Mais les locaux, qui vivent ici depuis toujours en harmonie avec la nature, n’ont que faire de la communication de Londres. « Nous ne sommes pas contre le lithium mais vaut-il vraiment l’éventration de cette montagne ? s’indigne Aida, l’une des voix de la contestation, en contemplant ce paysage de rêve où ruminent paisiblement de magnifiques vaches à longues cornes dont la race est réputée et où il n’est pas rare de croiser des hordes de chevaux sauvages. Cette nature est notre seule richesse, notre mère nourricière. Ici, pas de magasins mais nous ne manquons de rien. Et nous savons très bien ce qui va se passer avec la mine : nous allons devoir partir pour rejoindre la ville où l’on vit moins bien avec 1 500 euros qu’ici avec 500 euros. » Les agriculteurs des régions concernées affirment, en effet, que l’extraction va interférer avec l’irrigation des terres, ce qui à terme condamnera la production.

Dans ce contexte explosif, l’extrême-droite n’a pas manqué de faire sa réapparition dans le débat politique pour la première fois depuis la Révolution des œillets et la chute de l’Etat nouveau en 1974. Fondé en 2019, le parti Chega est arrivé en troisième position des élections législatives en janvier dernier, avec plus de 7 % des suffrages : un véritable choc dans le pays, dont chaque enfant a dans les yeux une image en gris de la dictature. Quelle que soit leur génération, les émigrants qui reviennent chaque été au village perpétrer la tradition, n’ont rien oublié, même si une certaine pudeur les rend discrets sur ce sujet ô combien douloureux. Dans Histoire du Portugal (Ed. Chandeigne, 2020), Albert Alain Bourdon et Yves Léonard nous remémorent les circonstances de l’accession au pouvoir d’Antonio de Oliveira Salazar : « Une inflation galopante avait multiplié les prix par 25. (…) Et Salazar, magicien des finances, réussit à équilibrer le budget. » Le cauchemar qui s’ensuivit dura 45 ans.

 

Notes :

[1] Certains prénoms ont été modifiés.

 

SYNCHRONE

SYNCHRONE

Alternance du temps… égaux
Synchronisme des émotions

Troubles dans les mouvements…
Du cœur

Cadence produite
Dans les sentiments… allongés

Prolonger l’effet
Conséquence fortunée

Concordance…

Jumelée!

John Mallette
Le Poète Prolétaire

Midterms ET Ukraine : l’Allemagne est-elle en train de redevenir nazie ? vidéos

Par : do

http://mai68.org/spip2/spip.php?article13245

Allemagne – Anna Lipp : Journalisme=Prison

Adam Fury – 17 juin 2022

Cliquer ici pour télécharger la vidéo

FR : Message d’Alina Lipp

  • ⚡Le gouvernement allemand se bat contre la liberté d’expression. Je suis une journaliste libre qui couvre l’opération spéciale en Ukraine. Ils vont me condamner maintenant à 3 ANS DE PRISON pour avoir dit la vérité⚡

. Selon la loi allemande en vigueur, il n’est permis de publier que des informations unilatérales qui profitent aux autorités. Tout ce qui va à l’encontre de cette loi non écrite est puni par la machine judiciaire biaisée.

. Mais : La communauté des blogueurs indépendants est prête à résister à la censure en Occident.

. 👉 Je continue à travailler à Donetsk. Si vous êtes intéressé par le projet spécial que j’ai mentionné, écrivez-moi à : wombator2022@mail.ru

Ma chaîne : @neuesausrussland

t.me/neuesausrussland/6787

ENG : Alina Lipp message

. ⚡The German government is fighting against freedom of speech. I am a free journalist who covers the special operation in Ukraine. They are going to sentence me now to 3 YEARS IN PRISON for telling the truth⚡

. According to current German law, it is only allowed to publish one-sided information that benefits the authorities. Anything that goes against this unwritten law is punished by the biased judicial machine.

. But : The independent blogging community is ready to resist censorship in the West.

. 👉 I continue to work in Donetsk. If you are interested in the special project I mentioned, email me at : wombator2022@mail.ru

My channel : @neuesausrussland

t.me/neuesausrussland/6787

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Alina Lipp, gouvernement allemand et compte bloqué

Viv – 10 novembre 2022

Cliquer ici pour télécharger la vidéo

Selon ce témoignage, le gouvernement allemand bloque les comptes bancaires des parents de la journaliste Alina Lipp pour avoir rapporté des faits concernant le Donbass.

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Précédemment, je vous ai alerté sur le traitement de l’information en Allemagne. Il s’agissait de personnes ayant voulu dénoncer le nazisme du bataillon ukrainien AZOV. Pour cela, ils avaient publié une photo originellement prise par une fraction du bataillon AZOV lui même. Et c’est carrément eux, les dénonciateurs, qui sont appelés par les tribunaux allemand pour apologie du nazisme, parce qu’ils ont montré cette photo. Si vous ne l’avez pas vu, vous pouvez cliquer ici.

Bien à vous,
do
http://mai68.org/spip2

USA – Midterms 2022 – Était-il prévisible que les Républicains réussiraient moins bien qu’envisagé ?
Réponse : oui !

Le 30 octobre 2022, sous le titre La CIA a-t-elle commandité une attaque contre le mari de Nancy Pelosi ? j’écrivais ceci :

« Les élections américaines de mi-mandat vont avoir lieu dans une dizaine de jours. Or Joe Biden et les « démocrates » sont en mauvaise posture. Donc l’attaque contre le mari de Nancy Pelosi va peut-être sauver les démocrates lors de ces élections, car les électeurs vont peut-être se dire que les partisans de Trump sont vraiment des salauds. »

Lien de ce second article, pour le retrouver ou le commenter :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article13241

 

 

Coup d’État planétaire, le livre qui annonçait le Great Reset en 2019, en lecture libre

[Source : lilianeheldkhawam.com]

Par Liliane Held-Khawam

Chers amis lecteurs,

Après le succès de la diffusion de Dépossession en libre accès, voici la suite indispensable : Coup d’État planétaire. Ce livre est la suite de Dépossession et je le mets lui aussi en libre accès.

Je rappelle que ce livre a été publié en septembre 2019, soit plusieurs mois AVANT le Covid-circus. Or, il y est soigneusement décrit les bases contractuelles (Traités supragouvernementaux) qui devaient aboutir à un RESET de l’ordre planétaire. Exemples:

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1.- Avant-propos :

Aux dernières nouvelles, les banques centrales se ruent sur l’achat d’or physique. En tête de celles-ci on trouve la Russie, dont le premier vice-gouverneur de sa banque centrale, Dmitry Tulin, disait en 2018 que l’or, était « une garantie à 100% contre les risques juridiques et politiques ».  Zerohedge relayait en mai de la même année l’information selon laquelle la totalité de l’or turc avait été rapatrié en Turquie suite aux tensions que le pays connaissait au niveau de sa politique américaine[1]. Mais voilà qu’un rapport suisse de la Schweiz am Wochenende, tout en confirmant que le rapatriement était terminé, et que la banque centrale turque avait retiré toutes ses réserves d’or des États-Unis, le journal suisse note qu’environ 19 tonnes d’or turc ont été stockées à la Banque des règlements internationaux, basée à Bâle… Contrairement au transfert annoncé en avril par la presse turque vers le… Istanbul Stock Exchange[2]. La globalisation monétaire demande la création d’une banque centrale mondiale unique. Elle agirait en tant que régulateur des liquidités du système monétaire mondial et préteur de dernier ressort. Le rapport du FMI prend la Réserve Fédérale américaine en candidate possible. Mais cela peut être tout aussi bien la BRI par exemple.

Bref, la fin du système qui a vampirisé la planète avec une monnaie sans consistance est actée. L’or physique retrouvera sous une forme ou une autre une place de choix dans le nouveau modèle. Mais attention, les dettes devront être honorées le jour du « reset ».

Avant-Propos Coup d’Etat planétaire

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2.- Extrait de l’introduction

À la tête de cette oligarchie se trouvent les bénéficiaires finaux de l’endettement mortifère de la planète. Ces individus sont inconnus. Grâce au mutisme des médias d’investigation, et à une barrière infranchissable constituée d’une infinité de structures, à la fois supra et infranationales, dotées de personnalités juridiques, parfaitement anonymes, ces conquérants du monde demeurent dans l’ombre. Bien que leur identité soit inaccessible, il n’en demeure pas moins que ces individus existent forcément, et bénéficient de l’élément central qui leur permet de conquérir le monde : le seigneuriage de la monnaie. De fait, les bénéfices de la confiscation de la création monétaire de la planète par les nouveaux seigneurs sont incalculables. Notre hypothèse de travail de fond est qu’ils ont pu, grâce à ce privilège régalien transmis par l’ensemble des pays, s’approprier la planète et ses ressources, y compris humaines.

Dotés d’un pouvoir holistique, global, ces maîtres d’un genre inédit vont imposer un nouveau paradigme, ou reset, dans tous les domaines du globe. Au plus tard en 2030, le nouveau monde devra être opérationnel.

Introduction Coup d’Etat planétaire

Nous sommes donc à la croisée des chemins. Les modèles monétaires, financiers, économiques, fonciers, éducatifs, ou culturels de l’ancien monde sont en voie de liquidation. Les richesses associées ont néanmoins été captées par une oligarchie privée et corporatisée, qui se rend maîtresse de tous les leviers. Parallèlement à cela, elle tente d’unifier la planète sous des prétextes messianiques, auxquels sont rattachés des programmes de développement. Pour l’heure, nous avons pu constater que le concept générait une décrépitude de l’humanité et de la planète. A l’opposé, se trouve la micro-élite dotée de seigneuriage qui bénéficie d’une prospérité historique. Tout dépend donc de quel côté on se place pour évaluer l’écart entre les résultats promis et ceux observés. Les programmes mis en place sont porteurs d’un succès parfait pour les uns et d’un drame tout aussi prégnant pour le reste des vivants (animaux et planète inclus).

Pour atteindre le nouveau paradigme, les seigneurs mettent en place une révolution sociétale dans laquelle l’humanité risque de perdre ses dernières libertés et ses droits, avec en particulier le droit à la propriété privée. Ce faisant, elle dépendra du système omniprésent pour assurer sa subsistance. Un revenu universel et une économie de partage seront mis à disposition du terrien contre services rendus à la communauté.

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3.- Pénuries organisées

Forte des piliers monétaires et financiers, l’oligarchie peut conquérir le pilier économique. Les FTN sont devenues des armes destructrices de l’économie de marché, de ses lois, mais surtout de la myriade des agents économiques privés et publics. Maintenant, si l’on ajoute le fait que cette micro-élite de la haute finance est détentrice (directement ou indirectement) de l’ensemble des dettes de la planète, aussi bien du public, que des ménages, et aussi des dettes pharaoniques des entreprises, on peut raisonnablement l’imaginer en marche vers un pouvoir planétaire absolu !

Tous les mécanismes économiques ont été soigneusement cassés. Il ne faut s’attendre à aucun imprévu venant des mécanismes de marché, ou d’un contre-pouvoir quelconque. Ceux qui se permettent des prédictions n’ont pas compris le contexte global dans lequel s’inscrivent les crises.

Détenant les leviers essentiels de la vie économique, seules les personnes aux manettes de la planète finance-industrie sont capables de décider du jour et de l’heure du « reset ». C’est à ce moment que sera annoncé le nouveau paradigme sociétal promis par Brzezinski. Un modèle qui brillera par un totalitarisme d’ampleur inédite. Une révolution historique se déroule en ce moment même dans le silence consternant des médias.

Chapitre 17: Ce libéralisme qui tue le marché

Voilà chers amis. Par ces quelques exemples qui font référence au Reset, vous voyez que tout était déjà là car le Great Reset est un projet planétaire dont les bases ont été jetées il y a de très nombreuses décennies.

Cela fait de nombreuses années que j’observe les gens marcher dans la rue sans qu’ils se rendent compte le moins du monde de la révolution par le haut qui se déroulait en silence. Je me disais que finalement ce n’était pas plus mal, car ils profitaient tranquillement de la vie.

Je me demandais juste comment les dirigeants pensaient imposer leur projet alors qu’ils parlaient sans cesse de peuple souverain et de démocratie. Au sujet du Grand Genève par exemple, je me demande depuis un paquet d’années si l’eurorégion va être détachée de la Suisse et si tel devait être le cas, comment les dirigeants suisses l’annonceraient alors aux Romands…

Je m’arrêterais là, je ne vais pas réécrire le livre. Cependant, si vous preniez le temps de lire cet ouvrage pensez qu’il a été mis sur le marché en 2019. L’écriture ayant commencé bien avant.

Bref, le virus est arrivé et les dirigeants suisses (et mondiaux) vont invoquer la « pandémie » pour imposer le nouveau modèle liberticide et violemment intrusif. On aurait pu invoquer le hasard ou le concours de circonstances…?

Même pas puisque l’émergence du virus n’est un mystère que pour ceux qui ont trop peur de se confronter à la dure réalité. Soyez sûr que je ne jetterai pas la pierre à celui qui serait dans ce cas. Le déni actif est une protection comme une autre et pas forcément pire que d’autres.

Courage mes amis. Le plus dur est à venir, car les problèmes de virus et d’énergie ne sont que des hors-d’œuvre. Pourtant, il faut garder espoir, optimisme et même enthousiasme, car celui qui a créé le monde est toujours là. Il n’a ni vieilli ni abdiqué.

Avec mes chaleureuses pensées,

LHK

Les dangereux « vaccins » à ARNm (21)

Effets secondaires : la face cachée des vaccins

Pour lutter contre le Covid-19, nous avons tous été soumis à des mesures drastiques, changeantes, et même contradictoires. Mais s’il y a bien une constante depuis le départ de cette crise, c’est l’espoir affiché par nos gouvernants que les vaccins nous sauveront. Malheureusement, et même si ces cas semblent rares, ces vaccins provoquent parfois des effets secondaires graves, voire mortels.

Dans cette course mondiale, et notamment française, vers la vaccination de toute la population, ces victimes sont-elles correctement prises en charge médicalement ? Sont-elles bien prises en compte, en considération ? A-t-on pris les bonnes mesures pour éviter que ces accidents vaccinaux ne se répètent ? C’est ce à quoi ce film tente de répondre, en donnant la parole à des victimes et à des spécialistes du sujet.

Un Film de Raphaël Berland

Sortie officielle : vendredi 11 février 2022 puis remasteriser

Liens vidéos de secours : CrowdBunker

L’arnaque de l’urgence climatique anthropique (5)

Comment les banquiers mondialistes ont imposé le réchauffement climatique anthropique

Par Jean Goychman.

Il est souvent utile, lorsque se pose la question de la validité ou non d’une théorie réputée scientifique, de recourir à la mise en perspective chronologique des événements ou des observations  qui sont fournis comme autant de preuves scientifiques démontrant sa validité.

Prenons, par exemple, la théorie du réchauffement climatique lié à l’activité humaine.

Quels furent les premiers signes de ce réchauffement ? Est-il localisé ou s’étend-il à l’ensemble de la planète ? Y-a-t-il eu des signes avant-coureurs ?

Toutes ces questions semblent légitimes de la part de qui ceux qui, pour une raison ou une autre, doutent de la réalité du phénomène. Et ce doute peut ne pas concerner le phénomène en lui-même, mais plutôt l’activité humaine qui serait seule responsable de ce « dérèglement », qui, en toute logique, ne serait pas survenu en son absence.

Si nous poursuivons dans cette logique, la seule façon, d’après cette théorie, d’obtenir un climat sans variation serait de mettre fin à l’activité humaine.

Or, et c’est là où « le bât blesse », il y a des preuves irréfutables de la variation du climat avant l’apparition de l’Homme sur la Terre. En l’état, cela devrait ruiner cette théorie.

Mais la logique, aussi implacable soit-elle, ne gagne pas tout le temps car la pensée humaine rechigne, dans certains cas, à s’y conformer.

La naissance de Gaïa, la religion de la Terre

Après l’épisode dramatique des « fusées de Cuba », le « deep state », plus communément désigné par « le complexe militaro-industriel », craignant de voir se profiler une longue période de paix, préjudiciable à ses activités, avait chargé une quinzaine de personnes de se livrer à une réflexion commune afin de proposer d’éventuels substituts à la guerre militaire.

Un rapport fut établi en 1967. Il aurait dû rester confidentiel, mais quelqu’un l’a publié sous un pseudonyme. Même si une campagne de presse menée par l’establishment a tenté de discréditer ce rapport, il existe bel et bien et contient notamment plusieurs suggestions répondant à la question posée.

Parmi celles-ci, il en est une qui a prospéré au-delà de tout espoir : faire croire à l’humanité que l’Homme est un danger pour sa propre planète. Il devenait alors essentiel de protéger la planète des activités humaines destructrices par nature. Cette affirmation, qui ne pouvait naturellement pas faire l’objet d’une théorie scientifique, la Terre existant depuis quelques milliards d’années et ayant connu de multiples vicissitudes d’origine naturelle. Songez que, toutes proportions gardées, si la Terre existait depuis un an, l’homme y serait apparu il y a deux heures et le Christianisme sept secondes seulement. Le dogme religieux était alors le seul vecteur possible pour propager cette croyance et l’effet grégaire, associé à un contrôle étendu des médias, ferait le reste.

Voici ce qu’écrit Hong BingSong, dans son livre « La guerre des monnaies » (p287) : « Finalement, tout le monde songea à la pollution de l’environnement. Dans une certaine mesure, c’était une menace crédible et réelle. En redoublant d’efforts de propagande sur les méfaits de la pollution, on pourrait atteindre un effet psychologique aussi effroyable que celui de la fin du monde après une guerre nucléaire. La logique était imparable : la pollution de l’environnement est un véritable gaspillage économique. Pour y répondre, les gens tolèrent les impôts et une qualité de vie réduite ; ils acceptent aussi plus facilement l’immixtion du gouvernement dans leur vie privée, tout cela sous prétexte de sauver notre terre nourricière. C’était vraiment un bon choix !

Pour que le problème de la pollution de l’environnement colonise tous les esprits et suscite une grave grise à l’échelle planétaire, les scientifiques de la Montagne de Fer estimèrent que cela prendrait une génération ennemie » (rappelons que nous étions en 1967).

Le quatrième World Wilderness Congress : de l’écologie à la finance

C’est en 1977 que fut créé le World Wilderness Congress. Cependant les choses n’évoluèrent vraiment que durant le 4ème congrès qui se tint à Denver en septembre 1987. Cette réunion dura pratiquement une semaine et de nombreux intervenants prirent la parole devant un auditoire de plus de deux mille personnes reprèsentant environ soixante pays.

1500 d’entre-eux reçurent  un document intitulé « Déclaration de Denver pour la préservation mondiale » Hong BingSong donne le contenu du cinquième point :

« Parce que de nouvelles sources de financement doivent être mobilisées, en vue d’accroître l’expansion des activités de conservation, un nouveau programme bancaire international de conservation devrait être créé pour intégrer l’aide internationale  à la gestion environnementale dans des programmes communs cohérents pour les pays bénéficiaires, en se basant sur une évaluation objective des ressources et des besoins de chaque pays ».

Cette phrase très absconse, peut-être à dessein, demande à être explicitée. Dans une vidéo de l’époque,Georges Hunt, qui a assisté à ce congrès, clarifie les choses. Il décrit le processus de la création de la World Conservation Bank, qui serait une banque d’un type nouveau. Cette banque mondiale de conservation de la nature serait en quelque sorte un second « plan Marshall » qui permettrait de sauver les pays du tiers-monde qui croulent sous un monceau de dettes, tout en protégeant l’environnement. Elle proposera des emprunts pour la nature ou la conservation de la planète en vertu du nouveau culte à Gaïa.  La World Conservation Bank prêtera aux banques qui émettront des prêts . Ces emprunts généreront des revenus financiers et peu importe la validité des projets ou leurs rentabilité. (On retrouve ici une des recommandations du rapport de la Montagne de Fer qui conseille de multiplier les dépenses inutiles pour faire fonctionner l’économie)

Evidemment, la WCB continuera de s’enrichir au détriment des peuples et des nations toujours plus endettés. Cette banque aura son siège au Canada, en vertu du traité de libre-échange signé entre le Canada et les Etats-Unis. Elle concentrera toutes les richesses mondiales et est appelée à exercer un contrôle financier planétaire.

Toujours dans cette vidéo, autour de la 28ème minute, Georges Hunt nous dit qu’Harry Schultz décrit dans son « bulletin international » que ses recherches montrent que le Japon va subir une terrible crise financière qui peut entraîner le monde dans une panique financière. (La crise arrivera bien un an plus tard)

Pour Georges Hunt, de nombreuses banques feront faillite et se retrouveront directement sous la coupe de la WCB, par le simple jeu du droit financier international. Il s’agit d’une situation frauduleuse pour créer de la monnaie afin que les pays développés semblent rembourser leurs dettes afin que leur revenu en monnaie locale à partir de leur base en capital puisse être utilisé sans toucher au capital. Ainsi, l’élite financière du monde aura échangé les « mauvais dollars » venant de la Conservation mondiale contre des revendications sur la richesse réelle des nations et que c’est « un sale tour » qui est joué.

Il cite ensuite David Lang, qui est un ami de Michael Sweetman : « La chair à canon n’a pas besoin de s’impliquer dans cette banque. Quand l’auditeur aura enfin ses mains dans le bilan, je suggère que cela ne soit pas vendu par un processus démocratique qui prendrait trop de temps et mobiliserait beaucoup trop de fonds pour éduquer cette chair à canon (il s’agit de vous et moi NDR) qui peuple la Terre. Il faut donc prendre un programme presqu’élitiste et regarder plus loin avec des délais et des résultats qui ne sont pas perceptibles et qui peuvent être, en toute honnêteté intellectuelle, être réduits à un sorte de définition simpliste qui convient. Ce sont des idéaux très élevés qui peuvent ne pas être réalisables, mais si on ne le tente pas, tout ce qui a été fait sera perdu »

Il s’agit de la mise en place d’un dollar « mondial » destiné, à terme, à asservir tous les peuples, situation préalable nécessaire à la mise en place d’un pouvoir mondial et Georges Hunt a le sentiment que très peu des congressistes l’ont compris.

Après la finance, la création de la religion

Il y a, dans le Colorado, un immense ranch qui appartient à Maurice Strong et à sa femme. Il fait environ 70 000 hectares et est situé sur les montagnes du « Sang du Christ » Un certain nombre d’ashrams y sont situés ainsi que lieux de culte, ce qui en fait un endroit de rapprochement de toutes les religions. Or, il s’y trouve également un temple qui a été construit par les « boursiers »conformément aux systèmes de numérologie Babyloniques. Il y a, par exemple, 72 sièges (6×6) où les représentants des différentes religions sont assis autour d’une croix rose (Rosecroix) et le signe du Saint Graal est au milieu de la voûte du bâtiment. Cette symbolique Rosicrucienne figure l’union sexuelle du Père (Dieu) et de la mère (Terre). Ce n’est pas une coïncidence si, dans les anciennes cérémonie du feu, il y a un système de culte de la Terre-mère qui va ensuite être lié aux lois écologiques et environnementales. William Ruckelshals  (Nommé par Reagan président de la commission de l’environnement) figure sur une photo officielle du Congrés à coté du quatrième drapeau mondial de la nature sauvage. Juste derrière, on trouve David Rockefeller, président de la Chase Manhattan Bank. Ces deux personnages sont antinomiques, l’un veut la croissance (développement) et l’autre la protection de l’environnement (décroissance).

Il est curieux de constater que Maurice Strong et David Rockefeller, côte à côte à ce congrès de préservation de l’environnement, ont un projet commun qui consiste à assécher la fertile vallée de San Luis (Colorado) et la réduire à l’état de friche. Georges Hunt parle même de « Gouvernement mondial satanique »

La dernière partie de cette vidéo (minute 52) est une courte présentation de Maurice Strong dans laquelle il introduit une séance de travail consacrée au fonctionnement de la World Conservation Bank et de son programme, avant de passer la parole à celui qu’il considère  comme étant réellement la « cheville ouvrière » de ce projet, celui qui s’est investi depuis longtemps dans les sources d’énergie qui respectent l’environnement : Edmond de Rothschild.

Le concept mondial de la nature sauvage

Edmond de Rothschild le définit comme un idéal jusqu’à présent insurpassable, mais auquel il faut maintenant donner les moyens de s’ancrer dans la réalité. Ces moyens existent et ils permettent d’apporter des solutions aux problèmes soulevés par les intervenants de ce congrès. Les principaux sont la lutte contre la pollution et l’élimination des déchets comme les « pluies acides ». Il existe des méthodes alternatives inoffensives pour produire de l’énergie et elles sont disponibles. On peut utiliser l’eau sans pour autant inonder les terres et sans déplacer les populations ni la faune. On peut exploiter l’énergie des vagues et du Soleil, ainsi que l’énergie du vent, pour ne citer que celles-là.

Ceci permettra de déjouer les pronostics effrayants de l’effet de serre du Dr Irving et peut-être serait-il possible d’utiliser le CO2 -une de ses principales causes- pour fabriquer de la neige carbonique afin de maintenir l’état des calottes glaciaires et des glaciers. Une technologie innovante permettra de brûler les déchets dans les zones volcaniques ou de les enfouir très profondément dans les zones désertiques sauvages dans lesquelles personne ne va. Mais tout ceci nécessite de l’argent.

A ce sujet, Michael Sweetman vous a exprimé ses idées « du bout des lèvres ».

Le programme bancaire international de conservation doit impliquer toute la communauté mondiale. Les gouvernements, les agences gouvernementales et inter-gouvernementales, les agences publiques et privées, les grandes fondations caritatives et la population du monde entier, doivent se mobiliser.

Michael Sweetman en a défini la forme et celle-ci ne sera ni modifiée, ni élargie et cette Convention doit proposer une charte, qui, espérons-le, emportera l’adhésion de tous les représentants présents. Il faut réfléchir à la façon d’impliquer le grand public, ainsi que toutes les personnes morales afin qu’ils contribuent -si possible avec une exonération d’impôts- à ce projet en y mettant une partie de leurs économies et de leurs bénéfices afin de financer notre protection écologique et environnementale. Chaque pays à ses propres contraintes, son propre peuple et ses particularités, mais la Banque de Conservation Mondiale ne doit connaître ni limites, ni frontières.

Ses fonds doivent être utilisés de manière constructive et non par des mains avides ou servir à financer des armes de destruction. J’hésite à lier cette banque à la nature sauvage du Monde, mais je voudrais la lier à la survie de la race humaine. Notre génération ne doit pas être maudite par nos descendants comme étant celle qui a le plus gaspillé et détruit les richesses. Theillard de Chardin a dit : « l’homme peut exploiter les vents, les vagues et les marées, le spirituel peut exploiter l’énergie de l’Amour, et c’est ainsi que sera découvert le feu une seconde fois ».

Derrière tous ces beaux sentiments, la finance mondiale

Il s’agit essentiellement d’échapper à la dette non maîtrisée des pays du Tiers-monde qui risque d’anéantir l’ensemble du système monétaire. La WCB va reprendre la totalité de ces dettes en prenant en garantie l’ensemble des ressources actuelles et futures de ces pays, y compris celles qui sont les plus indispensables à leur survie. Pour imposer cela au monde entier, il faut générer des peurs indicibles afin que tout le monde se sente concerné et que ceux qui douteraient ou résisteraient soient contraints par les autres à suivre le mouvement.

Tout s’est aujourd’hui concentré sur le « dérèglement climatique » qui ne peut qu’être d’origine humaine, condition sine qua non pour justifier les mesures prises car on ne voit pas comment on pourrait s’opposer à des phénomènes naturels.

Nous sommes, au moment de ce congrès, en 1987. Plusieurs sujets de craintes futures sont évoquées, comme les pluies acides, après avoir connu dans les années 70 le trou de la couche d’ozone (origine humaine), mais l’effet de serre dû au CO2 n’en est qu’à ses premiers balbutiements.

Le résultat de ce programme de la WCB fut que nombre de pays perdirent toutes leurs ressources car ils étaient dans l’incapacité de rembourser leurs dettes, et la WCB en devenait alors le propriétaire, C’est ainsi qu’aujourd’hui plus du tiers des terres agricoles de la planète sont aux mains des banquiers internationaux.

Voici ce qu’écrit Hong BingSong à ce sujet : (page 289)

« Avec de tels avantages, il n’est pas étonnant que les Rothschild et les Rockefeller aient pris la peine de se déplacer pendant six jours à cette réunion sur la protection de l’environnement. José Pedro de Oliveira , un haut fonctionnaire du Ministère des Finances brésilien, passa une nuit blanche après avoir entendu les propositions d’Edmond de Rothschild sur la Word Conservation Bank. Il pensait que si cette banque accordait des prêts aux devises faibles, cela aiderait l’économie brésilienne à court-terme, à redémarrer son moteur économique. Mais,à long terme, si le Brésil se trouvait dans l’incapacité de rembourser, le trésor que représente la forêt amazoniene du Brésil ne lui appartiendrait plus. Les ressources mises en gage n’étaient pas seulement les sols, mais également l’eau et les autres ressources présentes dans le sol et le sous-sol.

Le nom de World Conservation Bank sonnait probablement trop « capitaliste » Elle fut rebaptisée Global Environment Facility en 1991.

Elle est gérée par la Banque Mondiale et le Trésor des Etats-Unis est son principal actionnaire. Le plan à long terme des banquiers se mettait progressivement en place ». 

Où en sommes-nous aujourd’hui en 2022 ?

Après des décennies de propagande, le dogme du dérèglement climatique s’est infiltré dans la population mondiale. Le consensus scientifique est devenu l’argument principal et évite tout débat qui aurait pourtant dû se tenir depuis longtemps. Le talon d’Achille de ce dogme est justement le but financier qui impose l’activité humaine comme unique responsable, déniant ainsi tous les effets, pourtant prépondérants, de la Nature, à commencer par les cycles de l’activité solaire et de l’évolution de l’orbite terrestre.

Connaissant la fragilité de l’argumentation et son manque de rigueur scientifique, les promoteurs de  l’idée ont utilisé leur influence afin de la rendre légale, à défaut de réelle.

C’est probablement de là que s’est fait le choix religieux, le dogme étant plus facile à imposer que la conviction basée sur l’étude scientifique.

Mais la médaille possède son revers.

Comment ne pas relier les événements qui se déroulent aujourd’hui aux conséquences des décisions prises lors de la fondation de la WCB ? Ce sont elles qui poussent aujourd’hui un nombre de pays de plus en plus grand vers ce qui s’appelle aujourd’hui un nouvel ordre mondial, basé non plus sur l’hégémonie du dollar, symbole de la toute-puissance de la finance mondialisée, mais sur une régionalisation autour des continents qui respecterait à la fois l’indépendance et la souveraineté des nations. Trop de pays ont été victimes de la cupidité de cette élite mondiale qui a cru pouvoir s’enrichir d’une manière démesurée en utilisant la peur et l’intimidation, qui sont davantage des moyens mis en œuvre par des maffieux plutôt que par des gens qui se disent soucieux du bien-être de l’Humanité. Cela ne se fera certes pas en un jour, mais la machine est lancée…

Jean Goychman

Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place.


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Source:  Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

L’ARNAQUE DE L’URGENCE CLIMATIQUE ANTHROPIQUE (4)

« FIT FOR 55 » DEVIENT LOI ET VA CHANGER VOTRE MODE DE VIE

10/11/2022 | UE

"Fit for 55" devient loi et va changer votre mode de vie

Hier vers minuit , pressés de pouvoir le présenter à la Cop27 qui se tient ces jours-ci en Égypte, le Parlement européen et le Conseil (les États) sont parvenus à un accord pour mettre en œuvre une augmentation de l’objectif de réduction des émissions pour 2030. Cette nouvel accord signifie le lancement de Fit for 55 .

Passer de 29% à 40% en 2030 par rapport aux émissions de 2005 devrait être une bonne nouvelle. Mais non. Le Green Deal ne consiste pas vraiment à freiner le changement climatique, mais à organiser un transfert de revenus du travail vers le capital et à le répartir entre les secteurs et les pays.

Pour cette raison, la question aujourd’hui est de savoir comment Fit for 55 changera la vie des travailleurs européens et si la guerre avec la Russie en Ukraine et la vague d’inflation qu’elle a accrue  ont en quelque sorte modéré le coup brutal que le plan présenté par  von der Leyen en 2021.

 

UN RÈGLEMENT PEUT-IL ÊTRE SI IMPORTANT ?

Oui, le langage de l’UE est un mensonge car il est conçu pour réduire la résistance dans les pays sur les pouvoirs réels du cadre de l’Union.

Un règlement de l’UE n’est pas l’élaboration mineure des détails d’application d’une loi, mais une loi paneuropéenne qui s’applique automatiquement et uniformément dans tous les pays dès son entrée en vigueur, sans que les États aient besoin de l’adapter et d’approuver une loi nationale . la loi comme le font les directives . Dès sa publication officielle, elle devient directement et littéralement loi dans chacun des pays membres.

QUELS SONT LES PRINCIPAUX CHANGEMENTS APPROUVÉS ?

QUOTAS DE RÉDUCTION DES ÉMISSIONS PAR PAYS

Objectifs de réduction des émissions par pays

Objectifs de réduction des émissions par pays. En bleu ceux existant jusqu’à présent, en vert les nouveaux objectifs approuvés dans le nouveau règlement.

En premier lieu, le règlement fixe des objectifs d’émissions pour les pays et les années, mais leur permet de s’accumuler, de mettre un certain montant en compte et même d’acheter jusqu’à 10 % de réductions aux autres membres. En d’autres termes, si un pays n’a pas réduit suffisamment pour atteindre les objectifs, il peut payer à un autre pays qui a réduit au-delà de l’objectif jusqu’à 10 % de ce qu’il n’a pas réduit.

DE NOUVEAUX SECTEURS ENTRENT SUR LE MARCHÉ SPÉCULATIF DES ÉMISSIONS

De nouveaux secteurs ajoutés au marché spéculatif des émissions

De nouveaux secteurs ajoutés au marché spéculatif des émissions

Le moteur du Green Deal européen est le marché des émissions. Pour mener à bien certaines activités polluantes, il est obligatoire d’acheter des droits d’émission. En maîtrisant le nombre total d’émissions sur le marché et en le réduisant progressivement, la Commission espère atteindre ses objectifs globaux. Le point de départ était le marché de la production d’électricité.

Problème : on parle de laisser une part essentielle des coûts de production entre les mains d’un marché purement spéculatif. Les États européens ont adoré l’idée dès le départ car c’est un puits artificiel de plus dans lequel placer d’énormes masses de capitaux avec un profit assuré. Mais c’est aussi un vrai danger. C’est laisser les requins (financiers) s’occuper de la pisciculture.

Résultat : En 2021 , l’afflux massif de capitaux sur le marché des émissions a déclenché une escalade des prix de l’électricité , qui, comme si elle n’était pas déjà assez destructrice, a encouragé la Russie – principal fournisseur de gaz de l’UE – à jouer ses tours pour participer dans le parti du profit créé artificiellement et a fini par inciter les États-Unis à accélérer leurs propres paris et objectifs sur l’énergie européenne . Le marché des émissions, excitant tous les requins, a fini par être l’un des principaux accélérateurs de la guerre d’Ukraine .

(Voir: Les trois crises n’en font qu’une…et elles conduisent à la guerre! – les 7 du quebec et Non à la guerre, non à l’envoi d’armes: 50 000 manifestants contre le militarisme et l’OTAN – les 7 du quebec )

Après le succès de l’expérience, ce marché s’est désormais étendu au transport routier, au transport maritime national, au logement, à l’agriculture, à la gestion des déchets et aux PME industrielles.

FORÊTS ET FORESTERIE

Carte des forêts primaires européennes

Carte forestière européenne. Il n’y a plus de forêts primaires. Mais ils continuent à être brûlés et l’abattage est augmenté de 15 %.

Le système actuel de comptabilisation des émissions récompense de manière absurde la combustion de la biomasse forestière. Le résultat est qu’il met fin de facto aux puits de CO~2~ de l’Europe .

Pour couronner le tout, la hausse des prix des combustibles fossiles fait grimper les prix du bois de chauffage , qui est le combustible de chauffage de dernier recours dans une grande partie de l’Europe centrale et orientale. En d’autres termes, il est non seulement évident que le système est mal conçu, mais il crée également des incitations à la déforestation.

Que fait Fit for 55 dans ce cadre ? Autoriser une augmentation de l’extraction et de l’abattage de 15 %. La raison est évidente : le maintien et l’entretien des forêts indigènes, qui sont très différentes des plantations de bois à croissance rapide de l’industrie du papier, ne sont pas une niche pour la capitalisation à grande échelle. Le grand capital et les entreprises ne savent pas comment rentabiliser l’entretien des forêts ou la foresterie non prédatrice, et les idéologues, dans leur fausse opposition Humanité-Nature, sont incapables de penser les forêts comme des centres de savoir et d’apprentissage .

Ainsi, au-delà de vaines déclarations et d’objectifs d’émissions de calcul plus que douteux, en pratique, son rôle fondamental dans l’absorption du CO~2~ est ignoré et une politique désastreuse est préservée et aggravée.

.

QU’EST-CE QUE TOUT CELA SIGNIFIE POUR NOUS DANS LA PRATIQUE ?

lieu d'habitation

Désormais, nous devrons payer des droits d’émission pour les émissions liées à nos habitations. Par exemple, nous paierons les émissions des appareils de chauffage et des systèmes de chauffage.

Augmenter artificiellement les coûts de production de l’agriculture et de l’élevage est une autre idée . Il n’est pas nécessaire de faire un grand effort d’imagination pour connaître les résultats. Nous apprécions déjà ce que cela signifie d’augmenter le coût des intrants tels que les engrais.

L’impact affectera le mode de vie et l’accès à la consommation de base, notamment dans tout ce qui concerne l’élevage. Au final, la viande et les produits laitiers deviendront de plus en plus chers afin de créer de nouvelles opportunités de placement de gros capitaux et de rentabiliser des industries forcément ultra-centralisées et hyper-capitalisées, comme celle de la viande de laboratoire. (Voir: L’ARNAQUE DE L’URGENCE CLIMATIQUE ANTHROPIQUE (3) – les 7 du quebec)

L’augmentation des coûts de gestion des déchets, ainsi que du transport maritime et routier national, affectera également le coût que nous devons payer pour la consommation de base et le prix des taxes municipales que nous payons chaque année. Surtout dans des pays comme l’Espagne, où le transport routier est l’épine dorsale des réseaux de distribution.

Et enfin, l’augmentation des coûts des PME industrielles, qui ne font pas partie du noyau du capital national auquel sont réservées les politiques stratégiques , non seulement met une partie de la petite bourgeoisie dans les cordes, mais va accélérer la désindustrialisation et Le chômage augmente, ce qui, une fois de plus, exerce une pression sur les prix des biens de consommation. (Voir: LA DÉSINDUSTRIALISATION DE L’EUROPE ET LA RECONFIGURATION DES BLOCS RIVAUX – les 7 du quebec)

Car, toute cette succion des revenus du travail se traduira inévitablement par un renforcement des tendances inflationnistes et une baisse d’abord du pouvoir d’achat des salaires réels et aussitôt après par une baisse de ces mêmes salaires réels .

 

QUE FAUT-IL RETENIR DE «FIT FOR 55»

Prolétaires du monde entier, unissez-vous, abolissez les armées, la police, la production de guerre, les frontières, le salariat !

La légalisation de l’euthanasie nous enferme dans une société de la pulsion de mort (Delépine)

Par Nicole Delépine

Et le maître de nos sociétés et mentor du président Macron :

« L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figures. Dans une société capitaliste, des machines à tuer, des prothèses qui permettront d’éliminer la vie lorsqu’elle sera trop insupportable, ou économiquement trop coûteuse, verront le jour et seront de pratique courante. »

Jacques Attali, 1981.

Lui, qui a 79 ans, ne recourt pas à l’euthanasie qu’il prône pour les « inutiles »

Et c’est encore lui qu’on écoute, qu’on invite sur le sévice public… C’est une obsession, et une nouvelle fois, ce chantier est imposé !

« Ce devrait être l’un des chantiers du quinquennat. Une grande concertation a été lancée cet automne sur la fin de vie. Pilotée par le Conseil économique social et environnemental (Cese), elle associera un panel de citoyens avec l’objectif d’aboutir au printemps prochain. » 2

Ne nous laissons pas instrumentaliser une nième fois pour aboutir à une décision déjà prise par le président au prétexte d’un retard sur la Belgique ou autre, pays dans lequel les dérives lourdes sont pourtant bien souvent signalées.

« La Belgique porte et portera toujours, d’une manière indélébile, cette tâche morale, ce péché de mensonges, cette trahison par omission qui, par effet de contagion, a déteint sur les autres pays européens.

Elle porte une immense responsabilité d’aveuglement collectif.

Elle s’est crevé les yeux — comme dans une tragédie grecque et je pense en particulier à Œdipe qui se crève les yeux quand il comprend qu’il a tué son père. Elle a cassé les indicateurs, les baromètres, les cadrans de vitesse et de surveillance préférant laisser l’euthanasie en roue libre, livrée à ses promoteurs et surveillée par ses thuriféraires. »3

Alors que les élections américaines se terminaient en ce soir du 9 novembre 2022, nous eussions aimé des commentaires pertinents sur les machines à voter, permettant l’élection d’un député démocrate mort depuis le 9 octobre4, sur les conséquences du changement de majorité au moins à la chambre des représentants, tant le pouvoir américain nous concerne, la France comme l’UE étant suiviste..

Curieusement ce fut l’annonce par le président Macron d’une nouvelle tentative d’imposer une légalisation de l’euthanasie pour faire plaisir à Line Renaud, semble-t-il, qui occupa l’antenne… Problème de l’heure, manifestement ou nouvelle diversion pour faire oublier le grotesque de la nouvelle COP sur le climat qui réunit les mêmes que les futurs spectateurs de la coupe du monde dans un stade climatisé en plein désert, ou l’accumulation des vrais problèmes des Français en ce nouveau jour de grève avec l’inflation, la pauvreté galopante dont témoignent les queues des étudiants aux distributions de repas, etc.. Non le sujet du jour est comment aider à mourir..

ET MENSONGE INDIGNE DES SONDAGES AU SERVICE DU POUVOIR

Neuf Français sur dix seraient d’accord avec une légalisation de l’euthanasie ! Ceci est faux, complètement faux, tout dépend de la façon de poser la question et évidemment la poser à un bien portant qui ne peut se projeter de fait dans sa mort imminente n’a rien n’a voir avec l’avis du mourant qui, lui, supplie souvent de lui préserver encore quelques jours, voire quelques instants pour écouter sa chanson préférée ou revoir le parent venu d’Afrique ou d’Asie… Que de mensonges sincères ou manipulatoires, comme souvent en cette période de déni de la réalité.

DISCOURS INDIGNE SUR LA DIGNITÉ !

Serait-ce indigne d’être malade, d’être blessé, d’être souffrant ? Un patient bien pris en charge dans son lit avec l’aide de soignants et de parents aimants qui l’accompagnent est-il indigne ? Impossible à regarder ? Seul est indigne ce regard méprisant sur un être qui souffre. Ce cinéma de la dignité bafouée, de la fausse compassion qui conduirait à faire disparaître un malade qui souffre alors qu’on peut le soulager par des médicaments à doses suffisantes est honteux. Il traduit seulement le désir parfois inconscient d’oublier notre condition humaine qui se termine constamment par la mort.

L’indignité est de laisser la malade abandonnée dans son lit, voire par terre avec des couches insuffisamment changées, des repas traînant sur la table de nuit, des vêtements sales non lavés ni changés.

L’INDIGNITÉ N’EST JAMAIS LE MALADE, MAIS SON ABANDON par le décadent système de soins qui n’effectue pas ce pour quoi il coûte encore 13 % du PIB. Pour ne pas voir cette indignité majeure qui conduit à découvrir aux urgences un malade mort sur une chaise, doit-on TUER les patients en perte d’autonomie pour éviter qu’ils ne nous infligent ce spectacle insoutenable ? Notre société est moribonde, agonisante, devons-nous l’euthanasier ou tenter de la réanimer ?

Euthanasie : signifie faciliter la mort et donc provoquer la mort.

Dans une société dans laquelle le président ne cesse de répéter que nous sommes en guerre, et de le prouver en envoyant les quelques canons qui nous restent et des milliards d’euros en Ukraine, dans une société morte de peur depuis trois ans avec la terreur d’un virus assez inoffensif qui a conduit à la fermeture des écoles, et de tant de faillites, dans une société où la bizarre « mort subite » touche les jeunes, que les AVC et les Alzheimer se multiplient comme des petits pains, que les cancers flambent après les injections toxiques, le problème de l’heure est pour nos gouvernants l’euthanasie…

Alors que des patients meurent à l’hôpital aux urgences sur des brancards sans un mot et sans un verre d’eau pendant des heures et qu’une malade en attente de prise en charge d’une fracture de fémur pendant six jours meurt littéralement de faim, alors que des soignants suspendus se suicident ou abandonnent définitivement les carrières de soin, et que le nouveau ministre de la Santé s’enferme dans une posture intenable,5 l’obsession du peuple serait le suicide assisté ou même la mort donnée par un soignant, légalisée ! L’obsession pour trop de Français est de fuir ce pays moribond et toxique et non de tuer ses ressortissants.

Est-ce vraiment l’urgence de bloquer des commentateurs sur ce sujet mille fois rediscuté, pesé, sous pesé, depuis vingt ans avec la succession de « l’amélioration » des lois Leonetti, puis Clays Leonetti, qui de fait donnent le feu vert (trop facilement) aux médecins pour donner la mort sans ennui médicolégal, par pose d’une perfusion létale prolongée sans réveil possible de l’endormi.

CULTE DE LA MORT D’UNE SOCIÉTÉ DÉCADENTE ET AGONISANTE

Alors pourquoi ce culte obsessionnel de nos « élites » de la mort ? Quelques illuminés écologistes pensent que la diminution du nombre d’humains sur terre, émettant comme les vaches trop de CO2, limiterait le réchauffement climatique et préserverait la planète bleue. Quelle prétention ! La terre a vécu avant nous et nous survivra et de vrais humains feraient mieux de s’occuper du bien être des vivants que d’un monde qui nous dépasse.

Nous avons déjà expliqué à plusieurs reprises le danger inhérent (et peut-être caché) à la légalisation de l’euthanasie, particulièrement dans une société de violence, de pauvreté, de pertes de repères, d’ensauvagement comme la nôtre depuis quelques décennies.6 7

AIDER UN PATIENT À MOURIR A TOUJOURS ÉTÉ VRAI, MAIS DANS LE SECRET DE LA CHAMBRE DU MALADE

Le seul rapport valable entre un malade et un médecin est le colloque singulier, sans témoin, qui a de tout temps permis à un médecin de famille de soulager un patient, quitte à accélérer le décès, mais dans la communion réelle entre le désir du malade et l’aide du médecin.

Mais la marchandisation de la mort avec renfort de publicité comme les cliniques suisses d’euthanasie n’a rien à voir avec la compassion, mais bien avec la manipulation de personnes fragiles et de leurs proches pour certains compatissants, pour d’autres complices.

Nous écrivions en mai 2022 8 que depuis des lustres et comme pédiatre oncologue et toute l’équipe, nous nous battions CONTRE cette nouvelle « théorie » qui consiste à éliminer les malades considérés comme incurables (par qui ?) et en particulier les enfants cancéreux qui furent probablement le terrain d’essai social de cette pratique immonde dès les années 2000.

Les propositions d’essais thérapeutiques usées, les familles se voient expliquer que la compassion de ces médecins chercheurs pour votre enfant les conduit à les « endormir » puisqu’on ne peut plus rien pour eux. En tous cas, ces équipes-là…

Ce fut ma première révolte évoquée dans la publication de « neuf petits lits au fond du couloir »9 en 2000, relatant quelques exemples d’enfants condamnés par les soi-disant sachants et auxquels la médecine classique individualisée avait finalement pu donner quelques mois ou années de survie en bonnes conditions, voire la guérison et un avenir professionnel et familial pour d’autres. Mais ils avaient dû quitter (grâce à leurs familles) le chemin déjà consensuel de la « recherche clinique » prioritaire et devenue toute puissante via la corruption de Big Pharma et l’hégémonie du plan cancer depuis les années 2000.10

L’explication économique fut une des premières évoquées dans la période récente 11

« 3,1 % des décès font suite à un acte visant délibérément à abréger la vie, par un arrêt du traitement ou une intensification de la sédation. Dans 0,8 % des décès, des médicaments ont été administrés afin de donner la mort (dont 0,2 % seulement à la demande du patient). Aujourd’hui illégale, l’euthanasie est pratiquée et dans un nombre significatif de cas sans la demande du patient, selon l’Ined. »12

Mais ne nous y trompons pas, l’explication seulement financière était probablement naïve, vu l’évolution actuelle de la société occidentale, du Canada à la Belgique…

Elle doit être « progressiste » cette théorie qui consiste à « liquider des êtres embarrassants, inutiles et pesants, dirait Attali (toujours là, jamais suicidé malgré son âge avancé — ça ne vaut que pour les gueux), soit par leur grand âge, soit par leurs handicaps.

« La prescription du Rivotril a contribué à la Solution létale »

Le drame a de nouveau explosé avec le scandale du Rivotril et les fameuses instructions aux médecins en mars 2020 puis le décret du 28 mars 2020 permettant aux médecins d’injecter du Rivotril aux patients susceptibles d’être atteints du covid. 13

L’euthanasie devenue une habitude pour certains

L’AP-HP (les hôpitaux de Paris) a mis en place des Groupes d’intervention rapide pour aller administrer du Rivotril dans toute l’Île-de-France. Or la fameuse « surmortalité » de mars-avril 2020 n’a quasiment eu lieu qu’en Île-de-France » dans la zone d’action de ces fameux groupes d’intervention rapide.

« L’EUTHANASIE PREND SA PLACE DANS LES OUTILS DE GESTION DU GRAND ÂGE ! » 14

L’euthanasie comme moyen de réguler le coût des retraites et le grand âge redevient un sujet d’intérêt médiatique dans la mesure où le président réélu remet sur les rails une loi sur la fin de vie pour le début 2023.

« L’euthanasie devient une “proposition sociale” »

« Une liste de “choses concrètes” qui débute par “l’évocation d’une prime à l’adaptation de l’habitat, alignée non pas sur la prime à la casse, mais c’est plus délicat sur Ma Prime Rénov, pour la rénovation énergétique”, ironise Erwan Le Morhedec dans son article du figaro.

« Puis, après d’autres propositions aussi peu ambitieuses et inventives les unes que les autres, vient l’euthanasie, souligne-t-il. Pour être concrète, l’euthanasie sera concrète, pour qui la subira ». Ainsi, « voilà l’euthanasie qui, dans les mentalités, prend sa place dans les outils de gestion du grand âge ! »

« Voilà que cette euthanasie — qui doit être demandée et que nul n’est jamais censé proposer — devient une proposition sociale» « C’est la vulnérabilité de l’individu laissé à lui-même, dans un monde construit par les forts pour les forts »15

CONDITIONNEMENT ET CULPABILISATION DES PERSONNES ÂGÉES ET/OU HANDICAPÉES

Alors on conditionne les gens âgés pour qu’ils se sentent de plus en plus surnuméraires d’autant que le mythe de notre responsabilité dans les changements du climat les conditionne à vouloir disparaître pour ne pas ruiner la sécu et sauver la planète !

Quelle vantardise, quelle prétention de croire que les pauvres humains vont interférer avec les périodes glaciaires ou chaudes ! Quoi que nous fassions, la planète survivra ! Seules les espèces vivantes, dont la nôtre, peuvent disparaître.

Depuis plusieurs décennies, les associations pour la « mort dans la dignité » ont fait un lobbying important auprès des politiques pour ancrer dans la population la notion de suicide assisté, voire d’euthanasie. Comme médecin cancérologue, pendant ces longues années, on a vu les demandes des familles augmenter alors que celles des patients restaient proches de zéro comme l’avait bien expliqué le Pr Lucien Israël dans « la vie jusqu’au bout » il y a plus de vingt ans.

Et le nouveau quinquennat devrait à nouveau tenter de faire passer une loi pour l’euthanasie, pour la culture de la mort et de la diversion. L’Ukraine, la variole du singe et le covid ne feraient-ils plus recette ?

« Les esprits ont été, de longue date, préparés à cette évolution, puisqu’il est convenu désormais que “l’on meurt mal en France”. Un slogan, à la signification obscure, qui suggère qu’il faudrait mourir mieux. Pour finir par mourir quand même. »

« UN CONTEXTE JURIDIQUE NOUVEAU » ET ILS REVIENNENT ENCORE ET ENCORE SUR CE SUJET MORBIDE ET MALSAIN, ET POURTANT LES FRANÇAIS N’EN VEULENT PAS 16

Contrairement à leurs mensonges répétitifs sur radio pouvoir !

En 2005, la loi Leonetti a autorisé « l’arrêt des traitements qui n’ont pour seul effet que le maintien artificiel de la vie du patient ». En 2016, la loi Claeys-Leonetti y a associé « systématiquement » une sédation profonde et continue jusqu’au décès. Ce fut déjà une terrible escroquerie, sédation continue dont on ne vous réveille pas !! Qu’est-ce d’autre qu’une euthanasie sans l’accord véritable du patient ou de sa famille, une fantastique hypocrisie qui dure des toujours !

Et quand l’on sait que certains patients dans le coma « pensent » au moins par moments, par bribes, comme tant de survivants l’ont raconté dans des livres ou directement ! Combien d’entre eux se sont-ils sentis abandonnés et pendant combien de jours ? Pire qu’une euthanasie « habituelle » en quelques heures maximum. Une torture sûrement parfois.

Ce « contexte juridique nouveau » « a permis au Conseil d’État de juger légale la décision médicale de provoquer la mort par arrêt de l’hydratation et de l’alimentation artificielle d’un homme placé dans l’impossibilité d’exprimer ses volontés, et qui n’était pas en fin de vie », dénonce Jean-Marie Le Méné.

Ces lois Leonetti et Claeys-Leonetti de 2005 et 2016, relatives aux droits des malades et des personnes en fin de vie, ont créé une véritable rupture avec la loi du 9 juin 1999 visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs.

La loi Leonetti constitue le terreau qui permettra, demain, de légaliser le droit de se donner la mort, par injection/administration d’une substance létale avec l’aide du corps médical. Les pièges de cette loi sont multiples comme le souligne Emmanuel Hirsch en octobre 202017.

« Le parcours chaotique de M. Vincent Lambert dans les dédales médico-juridiques est exemplaire d’une déroute éthique et politique qui interroge nos valeurs de sollicitude et de solidarité ». « M. Vincent Lambert, dans sa mort même, nous interroge sur ce qu’est l’esprit de notre démocratie »

Au regard des souffrances provoquées par l’arrêt de la nutrition et l’hydratation, la loi Claeys-Leonetti, votée dix ans après la loi Leonetti, l’a associé systématiquement à une sédation profonde et continue jusqu’au décès. Cette pratique vise incontestablement à accélérer voire à provoquer la mort du patient.

LA TRANSGRESSION DUE AU SERMENT D’HIPPOCRATE — « JE NE PROVOQUERAI JAMAIS LA MORT DÉLIBÉRÉMENT » est consommée. Il ne reste plus qu’à débattre de la méthode : une injection par le médecin ? Un comprimé à prendre soi-même ?

De surcroît, le médecin reste impliqué dans le processus, car il devra établir la recevabilité de la demande de suicide faite par son patient. Comment concilier cette perspective avec le délit de non-assistance à personne en danger, prévu et réprimé par l’article 223-6 du Code pénal ?

Rappelons-nous que « le médecin est fait pour se battre contre la mort. Il ne peut subitement changer de camp et se mettre du côté de la mort » (Dr Jérôme Lejeune).

Pour Jean-Marie Le Méné, « la seule manière efficace de combattre la légalisation de l’euthanasie est effectivement le développement des soins palliatifs, mais en excluant clairement de son contenu tout arrêt des soins ». Pour « rompre un continuum inexorable ». Les hommes politiques n’ont pas à imposer aux soignants « la mise en œuvre de lois sociétales qui n’ont rien à voir avec l’exercice de leur art ».18

« IL Y AURAIT POURTANT TANT À FAIRE, TANT À INVENTER POUR MIEUX S’OCCUPER DE NOS PARENTS »

Alors « comment notre société et les “progressistes” (la gauche et les autres)  ont-ils pu perdre ce réalisme et ce simple humanisme en l’espace de trente ans?  interroge Erwan Le Morhedec. Parce que l’euthanasie répondrait au mouvement perpétuel d’émancipation qu’ils vénèrent ? » « Qu’ils réalisent donc qu’à terme, l’émancipation a pour nom isolement et solitude, interpelle l’avocat. C’est la vulnérabilité de l’individu laissé à lui-même, dans un monde construit par les forts pour les forts. Alors réveillons-nous, il y a tout un pays à remettre sur ses pieds, pour remettre la personne au centre. »19 de nos préoccupations

Rappelons une nouvelle fois À SITUATION EXCEPTIONNELLE SOLUTION PARTICULIÈRE, MAIS PAS DE LOI ! Cet article, pas plus que les précédents n’est pas un papier souhaitant interdire de soulager un malade en fin de vie qui n’en peut vraiment plus et ne peut pas se suicider lui-même. Ces situations exceptionnelles ont, du temps où la vraie médecine existait, et n’était pas polluée par les dérives médicolégales, médiatiques et autres, toujours été résolues dans le secret du cabinet en liaison par le colloque singulier médecin-patient20.

MAIS LÉGIFÉRER EST UNE ABERRATION QUI PERMET TOUTES LES DÉRIVES

Le professeur Léon Schwarzenberg qui avait promu l’euthanasie CHOISIE pour les cancéreux au bout du rouleau et que j’ai connu dans les années 80 dans le service du Pr Mathé à Villejuif insistait beaucoup sur ce danger. Il nous disait se mettre en avant sur ce sujet pour protéger les médecins anonymes qui auraient « aidé » leur patient des poursuites juridiques qui commençaient à apparaître.

Rien n’est simple, mais il faut se garder de la manipulation médiatique de sujets aussi graves, par des personnes même bien intentionnées, mais loin des patients et du tragique du vécu des derniers moments, utilisés par des idéologues de la vie et de la mort et de la manipulation de certains espérant un poste ou quelques voix.

L’expérience du scandale du Rivotril a démontré que, même sans loi, les dérives sont rapides.

NE JAMAIS LÉGIFÉRER

Et si, par malheur l’autorisation de donner la mort devenait légale, comme l’ont fait en leur temps les nazis par l’aktion T421 je conseille à tous, mais surtout à ceux qui ont des ennemis où dont le patrimoine pourrait susciter des convoitises de bien choisir leur personne de confiance…

UNE PRUDENCE COMPLÉMENTAIRE DISCUTABLE, MISE EN CAUSE DE FAIT PAR L’AVIS DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL, LES DIRECTIVES ANTICIPÉES

Certains avaient l’illusion de leur propre protection par des « directives anticipées » dont néanmoins nous nous méfions beaucoup. La demande des « bien portants » qui donnent des directives anticipées ne correspond pas toujours au vécu du grand malade quand il arrive devant l’échéance. Ces directives anticipées sont aussi le plus souvent une manipulation psychique de celui auquel on fait signer « un papier » abstrait, administratif, sans lien avec la réalité qu’il aura à subir. Préparation aux documents qu’on signera bientôt aux assurances privées pour savoir si on veut la réa ou non comme aux USA (en cas de refus programmé de réa, vous bénéficiez d’une ristourne sur la prime d’assurance). Et le jour venu, on vous refusera l’entrée en réa ou la grosse opération, car votre prime d’assurance ne le prévoyait pas !

Damien Le Guay le résume très bien dans son Interview :

« Les Directives Anticipées (D.A.) deviennent de plus en plus indispensables dans les dispositifs législatifs. Les politiques les demandent. Les lois aussi. La solution, disent-ils tous, viendra de cette expression par avance des volontés. Or, cette expression est tout à fait impossible face à une situation inimaginable par avance. Nous ne savons pas ce que nous réserve l’avenir. Nous ne savons pas ce qu’est une maladie tant que nous n’y sommes pas. Penser est une chose, vivre en est une autre. Le sens de l’histoire, fait de ces D. A. des indications non contraignantes qui vont vite devenir contraignantes, qui restent encore à apprécier par les médecins et qui seront vite opposables au tiers. Or, les D. A. vont être, de plus en plus, la porte d’entrée de l’euthanasie. Et plus elles vont devenir contraignantes, plus elles vont mettre au grand jour leurs injonctions aussi contradictoires qu’impossibles. Plus elles vont solliciter des qualités morales qui auront été affaiblies par la “passion de l’égalité” et plus elles produiront des “volontés” qui seront soumises à l’opinion dominante. »

MAIS FINALEMENT LE MÉDECIN A LE DROIT DE NE PAS RESPECTER CES DIRECTIVES ! AVIS DU 10 NOV 2022

Et si on pensait être protégé par les fameuses directives anticipées, une décision du Conseil constitutionnel vient de tomber :

« Un médecin n’est pas contraint de respecter les directives anticipées (DA) d’un patient sur son maintien en vie, lorsqu’il les juge “manifestement inappropriées ou non conformes” à sa situation médicale. Et cela est bien conforme à la Constitution, notamment aux principes de sauvegarde de la dignité de la personne et de la liberté personnelle », confirme le Conseil constitutionnel dans une décision rendue ce 10 novembre. »22

 


 

NOTES

1 N’oubliez pas que « l’avortement » d’un bébé viable de 9 mois est maintenant autorisé par la loi dite de bioéthique…

2 France — Pourquoi le gouvernement pousse-t-il à l’euthanasie ? — Nouveau Monde (nouveau-monde.ca)

3 Entretien Damien Le Guay : Quand l’euthanasie sera là…, publié aux éditions Salvator. Entretien avec l’auteur.

4 « Bien que nous soyons incroyablement attristés par la perte du représentant Tony DeLuca, nous sommes fiers de voir les électeurs continuer à lui témoigner leur confiance et leur engagement envers les valeurs démocrates en le réélisant à titre posthume », ont déclaré les démocrates de Pennsylvanie dans un tweet. » Tony DeLuca : Le défunt législateur de Pennsylvanie est réélu un mois après sa mort (https_meaww.com)

5 Di vizio https://youtu.be/akcdt_yaC3o?t=124 et réintégration des soignants

6 La pandémie d’euthanasie médico-économique (1/2) — les 7 du Québec

7 La pandémie d’euthanasie médico-économique (2/2) — Nouveau Monde (nouveau-monde.ca)

8 L’euthanasie bientôt légalisée comme mesure progressiste ? Dérive humaine et sociétale — Nouveau Monde (nouveau-monde.ca)

9 Editions Michalon N Delépine 2000

10 Le cancer, un fléau qui rapporte éd Michalon, N Delépine 2013

11 Nicole Delepine —L’euthanasie, ou la réduction radicale des dépenses de santé publié sur ÉCONOMIE MATIN

12 Aide à l’euthanasie pour les pauvres au Canada. Vite la dépopulation ! — Nouveau Monde (nouveau-monde.ca)

13 Décret Rivotril : compassion, euthanasie ou meurtre sur ordonnance ? Versus traitement prometteur par chloroquine, interdite ? — Nouveau Monde (nouveau-monde.ca) publié le 6 avril 2020 dans agoravox. Tout le monde savait, tous pouvaient savoir et refuser, tant médecins que citoyens… Mais quel silence !

14 « Nous avons ouvert la voie à une euthanasie qui virera sans le dire à la modalité de gestion du grand âge » — Genethique

15 « Le glissement de la sédation profonde vers l’euthanasie est en marche, inéluctable » (la-croix.com)

16 Ibid 15]

17 Emmanuel Hirsch : L’affaire Vincent Lambert, « un échouement éthique et politique dont nous devrions tirer quelques leçons » — Genethique

Vincent Lambert, une mort exemplaire ? publié aux éditions du Cerf, Emmanuel Hirsch, Professeur d’éthique médicale de l’Université Paris-Saclay, rassemble cinq années de chroniques (2014-2019) qui retracent les étapes d’une procédure qui a pris le pas sur l’humain, sur la rencontre de l’autre tel qu’il est, dans ses limites et sa fragilité. Il répond aux questions de Gènéthique.

La marche inexorable vers la légalisation de l’euthanasie.

Publié le 7 Avr. 2022

18 Sources : Le Figaro, Erwan Le Morhedec (18/03/2022) ; Le Monde, Béatrice Jérôme (18/03/2022)

19 https://www.lefigaro.fr/vox/societe/erwan-le-morhedec-si-l-euthanasie-est-legalisee-elle-risque-de-devenir-un-outil-de-gestion-du-grand-age-20220318

20 Comme chirurgien cancérologue j’ai aidé, avec Léon Schwarzenberg, quelques malades en phase terminale à mourir dans un colloque singulier ou ils avaient plusieurs fois exprimé leur volonté irréversible et les raisons qui la motivaient

21 https://www.geo.fr/voyage/nazisme-aktion-t4-la-mise-a-mort-des-inutiles-161366

22 « le Conseil constitutionnel a été saisi par la famille d’un patient de 43 ans, plongé dans le coma depuis mai après un accident — patient qui, en juin 2020, avait rédigé des DA, précisant souhaiter être maintenu en vie “même artificiellement” en cas de coma.

Deux mois après son arrivée au service de réanimation de l’hôpital de Valenciennes (Nord), et après des examens approfondis et la consultation de réanimateurs extérieurs à l’équipe comme le veut la procédure collégiale prévue par la loi Leonetti-Claeys de 2016, les médecins ont estimé “inutile et même disproportionnée” la poursuite des traitements de maintien artificiel de la vie. La décision d’arrêt des soins — une ventilation mécanique, avec nutrition et hydratation artificielles — est prise le 15 juillet. L’hôpital se réfère à l’article L. 1111-11 du Code de la santé publique, dont l’alinéa 3 prévoit que les directives anticipées s’imposent au médecin sauf lorsqu’elles “apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale” — pour passer outre la volonté du patient ».
Fin de vie : le médecin a bien une marge de manœuvre dans l’application des directives anticipées, confirme le Conseil constitutionnel | Le Quotidien du Médecin (lequotidiendumedecin.fr)

Source : Nouveau monde

Haïti : Quand les États-Unis et le Canada jouent aux pompiers pyromanes dans la crise haïtienne

Il n’existe pas encore de bilan exhaustif sur les conséquences néfastes des missions militaires américaines et onusiennes en Haïti depuis les trente dernières années. Les rapports les plus conservateurs font état de plusieurs centaines de milliers de victimes. L’introduction du virus du choléra par les troupes onusiennes fait à lui seul plus de 10 000 morts et 800 000 contaminés. Les opérations militaires dans les quartiers populaires ont causé presqu’autant de victimes mais les rapports en parlent très peu. À l’époque, les forces d’occupation pouvaient massacrer les pauvres des bidonvilles sans trop attirer l’attention des organismes des droits humains (1).

Soulignons que les États-Unis ont toujours joué un rôle de premier plan dans la déstabilisation justifiant les interventions militaires en Haïti. Pendant la décennie 1990, tout a été mis en œuvre pour transformer en cauchemar la volonté des masses populaires de choisir leurs propres dirigeants. (sic)  De concert avec les classes dominantes haïtiennes, les services secrets américains se sont servis du commandement de l’armée pour renverser le gouvernement démocratiquement élu d’Aristide. En 1994, Bill Clinton a ramené Aristide avec 20 000 marines. Après avoir déstabilisé le pays en instrumentalisant les militaires, (sic) les États-Unis interviennent pour apporter « la démocratie », sous la menace des mitrailleuses. Ce retour de la démocratie a été en fait une nouvelle imposition des mesures d’ajustements structurels implémentés successivement par les gouvernements d’Aristide et de Préval.

En 2004, avec l’appui du Canada, les États-Unis ont de nouveau renversé un gouvernement élu. L’armée d’Haïti étant dissoute, les armées étrangères intervenaient directement pour séquestrer le président. Cela a ouvert la voie à une nouvelle occupation militaire du pays entrainant des conséquences néfastes pour les masses populaires. Les viols et les assassinats massifs n’ont été que la fine pointe de l’iceberg. Pourtant, avec leurs milliers de tanks, les missions militaires étrangères prétendaient une fois de plus apporter « la démocratie » aux « nègres » d’Haïti. Dans les faits, l’analyse de ces expériences d’ingérence permet de voir que les États-Unis s’en moquent de la démocratie même formelle dans la mesure où ils mobilisent toujours l’ensemble de ses agences pour déstabiliser le pays.

Par ailleurs, sur le plan institutionnel, les conséquences de ces interventions sont incommensurables. La gouvernance du pays tombe désormais sous l’égide des ambassades occidentales. En renforçant leur mainmise sur le pays, celles-ci s’octroient le droit de choisir le président, de décider de la liste des élus, voire même d’imposer des dirigeants de facto, etc. Les rares institutions fonctionnelles sont sous la coupe réglée des ambassades occidentales notamment celles des États-Unis. C’est en ce sens que le régime néoduvaliste PHTK a été minutieusement sélectionné et institué pour diriger le pays après le séisme. Ces ambassades arrivaient même à exiger le changement des résultats des urnes en utilisant la force des baïonnettes de la MINUSTAH en 2010.

Depuis deux semaines, les ambassades occidentales notamment les États-Unis et le Canada se livrent à une véritable propagande systématique en vue de préparer l’opinion publique pour une énième intervention militaire en Haïti. Ils se basent sur l’existence d’une crise humanitaire sévissant dans le pays. Cela sous-entend que ces ambassades seraient des bons samaritains qui courent au secours des pauvres dans le monde ! Certains intellectuels, dont Jean Marie Théodat, Frédéric Boisrond, Georges Michel montent au créneau pour justifier une telle idée (2).

Le bilan catastrophique des invasions militaires ne se circonscrit pas seulement à Haïti. Rappelons que les États-Unis et ses alliés viennent d’occuper militairement l’Afghanistan pendant 20 ans. Cette occupation a causé l’une des plus importantes crises humanitaires dans la région. Dans plusieurs villes du pays, les Afghans se trouvent dans l’obligation de vendre leurs reins pour s’acheter de la nourriture alors que le gouvernement Biden a gelé des fonds d’une valeur de plusieurs milliards de dollars appartenant à l’État afghan (3).

Dans le continent africain, les interventions militaires ont entrainé l’effondrement de l’État libyen en transformant le territoire en théâtre de guerres fratricides depuis une décennie. Plus près de nous, dans le cadre d’un projet d’intervention avorté, le gouvernement étatsunien a imposé des sanctions économiques au peuple vénézuélien depuis plusieurs années. À cause de ses sanctions, plusieurs millions de Vénézuéliens ont sombré dans la pauvreté la plus abjecte au point que la migration devienne un acte de survie. Mais une fois atteints la frontière américaine, ces migrants vénézuéliens sont massivement déportés.

Dans le cas d’Haïti où les bons samaritains occidentaux s’apprêtent à envoyer leurs missions militaires, le cynisme s’associe à l’hypocrisie éhontée. Pour l’année 2021-2022, l’administration américaine a déporté plus de 20 000 haïtiens en moins d’un an (4). Alors que ces migrants fuyaient la crise humanitaire et la violence des gangs, les bons samaritains étasuniens ne leur reconnaissaient même pas le droit de formuler une demande d’asile sur leur territoire.


Notes

1- Voir l’article du philosophe James Darbouze sur les interventions des forces onusiennes dans le bidonville de Cité-Soleil : https://www.alterpresse.org/spip.php?article3788

2- Voir les liens suivants, https://www.la-croix.com/Debats/Comment-communaute-internationale-peut-elle-aider-Haiti-2022-10-12-1201237259
https://www.lenational.org/post_article.php?pol=2731
https://lenouvelliste.com/article/238525/cest-une-force-armee-etrangere-qui-doit-venir-nettoyer-le-terrain-parce-que-nous-ne-pouvons-pas-le-faire-tranche-georges-michel
https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/tout-un-matin/segments/entrevue/420358/crise-haiti-aide-militaire-intervention-canada-etats-unis

3- Voir les liens suivants pour plus de précision, https://www.slate.fr/story/222695/afghanistan-certains-vendent-rein-filles-pour-nourrir
https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2022-02-11/banque-centrale-afghane/joe-biden-ordonne-la-saisie-de-7-milliards-de-dollars.php

4- Voir les liens suivants, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1825493/migrants-haiti-texas-del-rio-riviere-pont-expulses-avions
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1825326/etats-unis-immigration-politique-expulsions-texas-pont


Source: Haïti : Quand les États-Unis et le Canada jouent aux pompiers pyromanes dans (…) – Presse-toi à gauche ! Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche (pressegauche.org)

Les conséquences catastrophiques du confinement se révèlent. Comme une guerre majeure, la pandémie a laissé un héritage dévastateur (The Telegraph)

Source:  Le Blog de Sam.

Avec sept établissements haut de gamme à son actif, Jason Atherton, étoilé au Michelin, est l’un des principaux restaurateurs de Londres.

Contre toute attente, ils ont tous survécu à la pandémie – ou presque. Mais la grave pénurie de personnel – il a 350 postes à pourvoir – l’oblige aujourd’hui à envisager la fermeture de tous ses restaurants, sauf deux ou trois. Il n’est pas le seul. Tom Kerridge, Rick Stein, Angela Hartnett, Raymond Blanc, et une foule d’autres cuisiniers célèbres qui apparaissent régulièrement sur nos écrans de télévision, sont tous en train de saigner. La demande est là ; les serveurs et les chefs ne le sont pas.

Le Brexit a sans doute joué un rôle dans cette pénurie de travailleurs qualifiés. Une grande partie du personnel de nos restaurants est depuis longtemps originaire du continent. Mais la cause la plus importante est la pandémie, qui semble avoir réduit durablement la main-d’œuvre disponible.

Les conséquences profondément négatives de la Covid-19 et des stratégies de confinement (dément) qui l’ont accompagné sont nombreuses ; l’absence de travailleurs n’est que l’une des plus visibles d’entre elles.

Les autres sont presque trop nombreuses pour être énumérées. Dans l’ensemble, le tableau est celui de la ruine. Ce n’est que maintenant que l’on commence à prendre conscience de l’énormité de ces coûts.
Comme une guerre majeure, la pandémie a laissé un héritage dévastateur. De la crise des finances publiques à l’inflation à deux chiffres, en passant par la hausse des taux d’intérêt et l’instabilité géopolitique croissante, le confinement a changé le monde tel que nous le connaissons. Il a considérablement accéléré le passage d’une ère de relative abondance, de stabilité des prix, de mondialisation et de crédit ultra bon marché à une ère d’inflation, d’austérité, d’insécurité, de conflit entre superpuissances et d’incertitude chronique.

L’intention du confinement, qui était de sauver autant de vies que possible, était noble, (sic) mais même en termes de mortalité, les politiques adoptées semblent avoir fait beaucoup plus de mal que de bien.

La semaine dernière, des données de l’Office for National Statistics (ONS) ont montré qu’au cours des six derniers mois, il y a eu plus de décès excédentaires dus à des causes autres que la Covid que de décès dus au coronavirus pour l’année entière.

Toutes les restrictions relatives à la Covid ont pris fin en mars dernier, mais les décès excédentaires – c’est-à-dire les décès supérieurs à ce qui serait normalement attendu – sont de nouveau en augmentation. Les experts de la santé attribuent largement ce phénomène à des problèmes médicaux qui n’ont pas été traités pendant les mois de confinement. Cette interruption des soins est depuis lors aggravée par un sentiment croissant de crise au sein du NHS, qui s’efforce de faire face au retard accumulé et à un problème de pénurie de personnel similaire à celui qui affecte le secteur de l’hôtellerie.

Il est vrai qu’il aurait été politiquement très difficile pour une économie majeure comme le Royaume-Uni de s’opposer à la marée en mars 2020, avec des images télévisées de personnes mourant dans les unités de soins intensifs italiennes et une grande partie de l’Europe se précipitant vers des mesures draconiennes de distanciation sociale. À ce stade, nous ne savions pas à quoi nous avions affaire. Pourtant, au fil du temps, la nature lourde et extraordinairement coûteuse des restrictions a commencé à ressembler de plus en plus à une réaction excessive massive.

Bien entendu, on pourra toujours se demander si une approche volontaire de la pandémie, faisant appel au bon sens naturel des gens, aurait été préférable aux privations imposées par le pouvoir central et le verrouillage autoritaire de la Chine. Nous ne pouvons jamais connaître le contrefactuel, ou le chemin non emprunté.
Pourtant, il est difficile de croire que les coûts économiques, ou même le coût en termes de vies prématurément terminées, auraient pu être pires. À long terme, compte tenu de la persistance du chaos économique et des taux de surmortalité toujours élevés, il y a de fortes chances pour qu’ils aient été considérablement réduits.

Alors que l’enquête britannique Covid-19 se met lentement en mode de collecte de preuves, c’est la question à laquelle beaucoup d’entre nous aimeraient le plus trouver une réponse. Après plus de 300 milliards de livres de dépenses publiques directement liées à la crise, et alors que l’économie elle-même souffre manifestement d’une longue période de blocage, n’aurait-il pas été préférable d’adopter des mesures moins doctrinaires et moins coûteuses ? À aucun moment, les politiques imposées n’ont été soumises à une analyse coûts/avantages approfondie. En soi, c’est un échec majeur.

Dans un peu plus de quinze jours, nous en saurons plus sur le prix à payer. Les augmentations d’impôts et les réductions de dépenses sont une certitude du premier budget de Jeremy Hunt. Et ce, dans le contexte d’une récession désormais tout aussi certaine, ce qui est précisément ce que les manuels économiques recommandent de ne pas faire dans une telle conjoncture. Malheureusement, les marchés ont laissé peu de choix au gouvernement en la matière. L’austérité à venir est directement liée à la décision de la Commission européenne.

Traduction SLT

 

Le dilemme de la Réserve fédérale américaine face aux taux d’intérêt

Par Jean-Luc Baslé – Le 28 Octobre 2022

Graphique 1

En réponse à l’inflation, la banque centrale américaine a relevé son taux directeur pour le porter de 0,25% le 17 mars à 3,25% le 22 septembre par touches successives (graphique 1). A noter que la Fed 1 a été lente à réagir puisque l’inflation a fait son apparition au printemps 2021 (graphique 2)2. Certains économistes le lui ont reproché. Cette remontée des taux a engendré une baisse du cours des actions de 25% depuis le début de l’année (graphique 3), et fait craindre à certains qu’elle enfonce l’économie dans une longue récession. La Fed fait face à un dilemme : doit-elle ou non poursuivre sa politique de remontée des taux ? Sa décision ne peut nous laisser indifférents car elle aura des répercussions sur l’économie européenne.

 

Graphique 2

Graphique 3

L’inflation s’étant stabilisée en septembre (8,2%), certains militent pour une baisse des taux. Des voix se sont élevées récemment pour relever la cible officielle d’inflation de 2% à 4%3. Voilà pourquoi, après un nouveau relèvement attendu cette semaine de 0,75%, la Fed devrait baisser son taux directeur en début d’année. Mais comment croire que l’inflation est jugulée quand le taux réel des bons du trésor à dix ans est négatif (-4,7% en septembre) ? Il est permis de s’interroger sur cette baisse annoncée par certains (mais non confirmée par la Fed). Les causes de l’inflation sont plus profondes que ne le laissent entendre certains analystes proches de Wall Street qui craignent un relèvement des taux d’intérêt4. La rupture des chaînes d’approvisionnement, suite à la pandémie de 2020/21, et la guerre en Ukraine ont exacerbé la montée des prix, mais celle-ci précède ces événements, et prend naissance dans la politique économique des États-Unis de ces deux dernières années. (Les vingt dernières années…NDÉ).

Politique économique depuis mars 2020

Les gouvernements disposent de deux leviers principaux pour contrôler l’économie : le levier monétaire et le levier budgétaire. En mars 2020, Jérôme Powell, gouverneur de la Réserve fédérale adopte une politique exceptionnelle d’achats de bons du Trésor et de créances hypothécaires qui a pour effet de quasiment doubler le total du bilan de la banque en quatre mois, le faisant passer de 4 170 milliards de dollars à 7 128 milliards – du jamais vu dans l’histoire de cette institution (graphique 4). Le 25 mars 2020, le Sénat américain adopte à mains levée The CARES Act, promulguée dès le lendemain par Donald Trump. Au titre de cette loi, tout citoyen américain reçoit 1 200 dollars, plus 500 dollars par personne à charge. Qualifiée de « plus grande loi d’aide économique de l’histoire des États-Unis », son montant s’élève 2 200 milliards de dollars, soit 10% du produit intérieur brut. Ainsi, arguant de l’effet dépressif de la pandémie sur l’économie, les autorités auront utilisé les deux leviers à leur disposition pour le contrer. Incertain que cela soit suffisant, le Congrès vote une rallonge de 900 milliards de dollars en décembre 2020, soit au total 3 100 milliards de dollars en moins d’un an. Le déficit budgétaire atteint 14,9% du produit intérieur brut cette année-là (graphique 5).

 

Graphique 4

Graphique 5

Happy 3d man leaping and a money rain with dollar.

Dès son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2021, Joe Biden fait voter par le Congrès The American Rescue Plan – est un plan de soutien de 1 900 milliards de dollars à l’économie, en réponse à la crise du covid-19. Le déficit budgétaire s’élève à 10,3% du produit intérieur brut (graphique 5). Il accroît la dette fédérale qui désormais atteint 128% du produit intérieur brut – montant supérieur à celui de 1946 (118%). Cette dette est en partie financée par la création monétaire – la Réserve fédérale en détenant 20% contre 5% en juin 2008.

En résumé, en un peu plus d’un an, les gouvernements de Donald Trump et de Joe Biden ont fait voter par le Congrès des plans de soutien à l’économie de 5 000 milliards de dollars, soit l’équivalent de 21% du produit intérieur brut 2021. (Vous comprenez pourquoi nous affirmons… »Ils sont tous pareils! » NDÉ) Si on ajoute le soutien monétaire apporté par la Réserve fédérale, il s’agit là d’un soutien hors normes, sans équivalent dans l’histoire des États-Unis, que ni le taux de croissance, ni le taux de chômage des années 2020/2021 ne justifient. Il se traduit par un emballement brutal et prolongé de la consommation qui s’atténue en juin de cette année (graphique 6). L’offre ne pouvant satisfaire cette demande exceptionnelle, l’inflation fait son apparition. En relevant leurs prix de vente, les entreprises engrangent des profits accrus.5

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Graphique 6

Cette situation est le fruit d’une politique non-orthodoxe, alliant néolibéralisme et monétarisme, initiée par les autorités américaines sous la présidence Clinton6, (Ils sont tous pareils vous-dis-je et tous au service de Wall Sreet. NDÉ) mise en pratique à la suite de la crise de 2008, et dont Wall Street fut le premier bénéficiaire. Sans revenir sur cette crise dont la cause principale est la stratégie des grandes banques new-yorkaises dans le secteur immobilier, la Fed – loin de les sanctionner – les a secourues par des rachats massifs d’actifs. Cette politique, baptisée plus tard assouplissement quantitatif (QE), s’est révélée inefficace pour combattre la récession qui fit suite à la crise. Le retour au plein emploi n’est intervenu qu’après 75 mois contre 15 pour la récession de 1973, 30 pour celle de 1990 et 46 pour celle de 2001 (graphique 7). (Prendre note que le capitalisme est une longue suite de crises, de récessions et de reprises bancales. NDÉ ) Cette politique a été poursuivie au-delà du raisonnable, comme le montre l’évolution de la masse monétaire sur laquelle il convient de s’arrêter. La vélocité de la monnaie mesure la quantité de monnaie dans l’économie par le rapport qu’elle établit avec le produit intérieur brut. De 1960 à 2008, la quantité de monnaie dans l’économie est égale en moyenne à 52% du produit intérieur brut. Puis elle monte brutalement pour atteindre et dépasser brièvement 90% de ce produit (graphique 8). En bref, les autorités monétaires ont quasiment doublé la quantité de monnaie dans l’économie. Cette politique a eu pour effet de gonfler exagérément le prix des actifs immobiliers et financiers, et d’aggraver les inégalités de patrimoines. (Voilà la source profonde de l’inflation c’est-à-dire de la perte de valeur de l’argent-monnaie-devise de vos salaires et de votre pouvoir d’achat. Le pire c’est que la FED américaine ne pouvait faire autrement…ce sont les lois de l’économie politique qui mènent le jeu. NDÉ

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Graphique 7

Graphique 8

Le S&P 500, l’indice des valeurs mobilières, a été multiplié par 6 de janvier 2009 à novembre 2021 – son niveau le plus élevé. Plus les cours sont hauts, plus les investisseurs sont à la fois heureux et inquiets – heureux des profits engrangés, inquiets de les voir disparaître. La bourse s’effondre sans préavis à la mi-février 2020, provoquant la plus brève récession de l’histoire des États-Unis (2 mois). Le covid est immédiatement accusé d’en être la cause mais l’accusation ne tient pas. Aucun décès n’a encore été enregistré à cette date (graphique 9). Il n’en demeure pas moins que ce fut la raison invoquée pour justifier le vote du CARES Act, mentionné plus haut. Sa raison d’être semble plus politique qu’économique. Donald Trump fit très probablement voter ce plan de relance en ayant sa réélection en tête – un plan auquel les Démocrates pouvaient difficilement dire non en raison du chèque qu’il contenait pour les Américains. La Fed apporte aussi son soutien en doublant la taille de son bilan, comme mentionné plus haut, ce qui a pour effet de revigorer la bourse des valeurs mobilières qui retrouve et dépasse très rapidement son niveau de février 2020.

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Graphique 9

La Fed doit désormais résoudre le dilemme qu’elle a elle-même créé en coopération avec le Congrès et les présidents Trump et Biden. Après deux trimestres de décroissance, le produit intérieur brut a cru de 1,6% au troisième trimestre. Cette bonne nouvelle en apparence n’en est pas une de son point de vue car elle laisse présager une continuation, voire une augmentation de l’inflation. Si l’inflation n’est pas vaincue7, la combattre provoquera une récession. Mais, ne rien faire – comme certains le souhaitent – la transformera en hyperinflation obligeant la Fed à intervenir avec plus de détermination. Récession ou hyperinflation, voilà le prix à payer pour une politique déraisonnable. Ce sont « les petits, les sans-grades »8 (les prolétaires. NDÉ) qui en paieront le prix le plus élevé. Cette perspective fait craindre une guerre civile à certains…(en effet ).

 

Jean-Luc Baslé


Notes

  1. Réserve fédérale ↩
  2. Ce graphique cache une réalité beaucoup plus sombre : l’action d’entreprises ‘vedettes’ comme Meta (anciennement Facebook) est tombée à $105, soit une chute de 73% depuis son point haut de septembre 2021, celle de d’Amazon de 39% depuis juillet 2021, et Alphabet (Google) de 38% depuis novembre 2021 ↩
  3. To keep unemployment low, central banks should plan to raise inflation target / Pour maintenir le chômage à un faible niveau, les banques centrales devraient prévoir de relever l’objectif d’inflation, Joseph E. Gagnon, 18 oct. 2022 ↩
  4. Un relèvement prolongé aggravera la chute des actions en bourse (voir note 2) ↩
  5. Le Fonds monétaire international attribue la montée de l’inflation en partie au resserrement du marché du travail (Understanding U.S. inflation during the Covid Era, Octobre 2022) ↩
  6. Le Glass-Steagall Act de 1933 qui sépare le secteur bancaire en banques de dépôts et banques d’investissement, limitant ainsi les risques de malversation, est remplacé en 1999 par le Gramm-Leach-Bliley Act qui élimine cette séparation ↩
  7. Le taux d’inflation de base (Core PCE en anglais) qui exclue les produits alimentaires et énergétiques, est passé de 4,9% en août à 5,1% en septembre ↩
  8. L’Aiglon d’Edmond Rostand ↩

LIBYE — Le portable, l’erreur fatale du Colonel Kadhafi

Par : René Naba

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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1 – Kadhafi repéré par son portable

Replié sur Syrte depuis la chute de Tripoli, le 21 août 2011, Mouammar Al Kadhafi tente une sortie de sa ville natale sur la côte méditerranéenne, pour chercher à joindre la province méridionale de la Libye, au-delà vers les zones désertiques des pays limitrophes.

Traqué depuis les airs par l’aviation de l’Otan, encerclé par les forces rebelles soutenues par les mercenaires des pétromonarchies du Golfe, le fugitif s’empare alors de son portable satellitaire pour joindre à Damas (Syrie) une chaîne de télévision syrienne afin de s’adresser au peuple libyen.

Mal lui en prit. L’erreur lui sera fatale. Le mobile est repéré par les satellites géostationnaires américains qui répercutent le signal au commandement français, sous-traitant des Américains dans la Zone. Les hélicoptères français sont lancés à sa trousse.

Centre névralgique de son pouvoir, dont il avait fait la vitrine de sa révolution, Syrte, la ville natale du «guide la révolution libyenne», sera aussi, le lieu de sa mort.

Le récit des derniers instants du Colonel ont été relatés par son ancien ambassadeur en Arabie saoudite, Mohamad Saad Al Kachatte, dans une déclaration reproduite par le site en ligne «Lebanon 24.com», dont le locuteur arabophone pourra prendre connaissance sur ce lien

«Sentant la menace, Kadhafi tente une sortie en compagnie d’une escouade de 70 hommes en armes, dont son fils Mou’tassem et Abou Bakr Jaber, son ministre de la défense. Repérés par les hélicoptères français, le convoi s’engouffre dans une canalisation pour se mettre à l’abri.

…«Des missiles et des projectiles de gaz toxique sont alors lâchés en direction de l’abri de fortune des fugitifs en vue de les neutraliser. Alertés, les rebelles capturent Kadhafi et procède à sa mise à mort dans des conditions épouvantables à Misrata».

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2- La chute de Tripoli et le pillage de l’or libyen

Selon l’ancien ambassadeur libyen, «la chute de Tripoli et la liquidation du Colonel Kadhafi ont marqué le début du pillage de la Libye. Soixante-dix tonnes d’or (70 tonnes) entreposés dans les diverses caches de la Banque centrale libyenne ont été pillées, alors que les capitales occidentales mettaient la main sur les avoirs libyens à l’étranger estimées à 170 milliards de dollars» et que le gigantesque arsenal de la capitale lui aussi sera à son tour pillé par les islamistes libyens pour servir à équiper les groupements terroristes en Syrie et au Sahel

En fait, le Qatar avait voulu, dès le départ, intronisé l’Émir des groupements islamiques combattants libyens en Afghanistan (GIGL), Abdel Hakim Belhadj, comme le chef des révolutionnaires libyens. Transporté par avion par le Qatar de Kaboul à Doha, il a été présenté aux chefs d’état-major de l’Otan lors d’une réunion des chefs militaires de la coalition à Doha, en Août 2011, où il a fait un briefing sur la situation militaire en Libye, en prélude à l’offensive contre Tripoli.

Le quartier général des opérations a été alors transféré de l’Ile de Djerba en Tunisie, (déjà sous l’autorité du parti islamiste An Nahda de Rached Ghannouchi, ami du Qatar) vers Zintane, dans le Djebel Nefoussa, dans le secteur occidental de la Libye.

Finalement l’assaut contre Tripoli a été retardé de plusieurs semaines, en raison du fait que le Qatar avait invoqué l’opposition de l’Otan à une telle opération du fait de son impossibilité à mener à bien dans un tel délai la destruction des défenses majeures de la capitale.

Un faux prétexte pour permettre à son poulain islamiste Abdel Halim Belhadj de s’emparer de Tripoli et de son arsenal. 24 des 28 cibles névralgiques destinées à paralyser les défenses de la Capitale avaient été auparavant détruites. Abdel Karim Belhadj a rallié depuis lors Daech. Du travail d’orfèvre des chancelleries occidentales et de leurs supplétifs pétro-monarchiques.

Sur les circonstances de la chute de Tripoli, ce lien

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3- Hillary Clinton sonne l’hallali

L’hallali avait été sonné par Hillary Clinton, secrétaire d’état américain, trois jours auparavant, qui avait fait de la Libye sa guerre personnelle, bafouant pour ce faire les résolutions du Conseil de l’ONU.

En pleine campagne de Libye, débarquant à l’improviste à Tripoli pour donner le signal de la mise à mort du Colonel Mouammar Al Kadhafi, sans égard pour les destructions qu’elle vient d’imposer à la Libye, Hillary Clinton aura ce terme d’une indécence méprisant à l’égard de sa future victime: «We came, we saw, He died».

La visite surprise d’Hillary Clinton a eu lieu le 18 octobre 2011. Trois jours plus tard, Kadhafi était liquidé.

Six ans après, la malédiction de Kadhafi a frappé Hillary Clinton, qui sera consommée sur le bûcher de ses vanités, avec sa déroute présidentielle américaine en 2016. Tel un effet boomerang, sa victime lui retournera, d’outre-tombe, sa sentence morbide. «We came, We saw, She died».

Triste fin pour Hillary Clinton, en retraite forcée anticipée aux cachetons de ménagère dévalués.

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4 – La bouche d’égout de Kadhafi et la tanière de Saddam Hussein

Le journaliste égyptien Tarek Abbas relate dans le journal «Al Misri Al Yom» (L‘égyptien aujourd’hui) le dernier jour de Mouammar Kadhafi et laisse entendre qu’une mise en scène identique à celle qui avait prévalu au moment de l’arrestation de l’irakien Saddam Hussein s’est produite pour l’arrestation du libyen.

«Mou‘tassem, le fils cadet de Kadhafi, était lucide, conscient que son heure avait sonné, en raison du grand nombre de ses partisans fauchés par la mitraille ennemie et qui gisait autour de lui. Il a néanmoins continué à combattre jusqu’à épuisement de son stock de munitions et que ses forces l’abandonnent. Il perdit connaissance, atteint d’une balle.

Ses assaillants s’en emparèrent sans risque… Il sursauta lorsqu’il entendit quelqu’un insulter son père. Il se dressa, lui répliqua et tenta de le frapper. Un nouveau tir l’immobilisa pour l’éternité.

«Mouammar Kadhafi était, lui aussi, dans une situation désespérée. Gravement blessé, encerclé sans la moindre possibilité que des secours lui parviennent. Sa garde combattait vaillamment pour tenter de percer un passage loin de la zone des combats.

«Vaincu par les assaillants en surnombre, et l’intensité des tirs, Kadhafi sera capturé vivant. Puis ses assaillants s’acharneront sur lui, allant jusqu’à ce que l’un d’eux lui plante sa baïonnette dans son postérieur.

«Mais une question intrigante demeure: «Les hommes des tribus, des êtres de grande fierté, consentent-ils à se faufiler aisément dans une bouche d’égout, voire une canalisation d’eaux usées? Ou cette mise en scène répondait-elle à la volonté de ses assaillants de le discréditer auprès de l’opinion publique internationale, de la même manière que les communicants américains ont popularisé l’image de Saddam Hussein dégagé de sa tanière le regard hagard, exorbités, les cheveux ébouriffés?

Ci-joint le lien de ce récit pour le lectorat arabophone

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5 – le Général Khalifa Belkassem Haftar

Le 20 octobre 2011, après deux mois de siège et de combats, Khalifa Belkassem Haftar annonce la mort de l’ex-dirigeant libyen et la libération de la ville de Syrte. Ancien commandant en chef du Front Sud lors de la guerre tchado libyenne, dans la décennie 1980,  Haftar, piètre stratège, a été le grand vaincu des batailles de Wadi Doum et de Faya-Largeau.

Pour les besoins de la cause atlantiste, il sera promu nouveau chef d’état-major de l’armée rebelle, en dépit de son piteux état de service et de la peu flatteuse réputation dont il pâtissait du fait de son long séjour aux États-Unis où il s’était réfugié, vingt-deux ans auparavant pour échapper à la cour martiale de son pays.

Autre état de service glorieux de cet officier félon, le Général dirigeait depuis le Tchad, pour le compte de la CIA, des opérations de déstabilisation contre son pays d’origine; opérations interrompues à la suite du surgissement miraculeux du «printemps arabe» en Libye.

En 2019, assisté par ses deux fils, Saddam et Khaled, chacun à un poste de commandement au sein de son armée, le Maréchal Haftar (75 ans) se lance à la conquête de Tripoli et de l’autorité centrale internationalement reconnue, fort de son butin de guerre, -le pillage de la succursale de la banque centrale de Libye à Benghazi- et d’un arsenal fourni par les Émirats Arabes Unis, les nouveaux incendiaires du Monde arabe. En vain. Son échec devant Tripoli a conformé une fois de plus sa réputation de piètre stratège.

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6- Le précédent d’Abdullah Ocalan

Fondateur et dirigeant du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Parti des Travailleurs (PKK, Partiya Karkêren Kurdistan), une organisation considérée comme terroriste par la Turquie, les États Unis, et l’Union Européenne, Abdullah Ocalan a été lui aussi capturé, à cause de son portable, au Kenya au cours d’une opération menée conjointement par les services secrets turcs, américains et israéliens le 15 Février 1989.

Voyageant sous passeport grec, et installé à la mission diplomatique de Grèce au Kenya, Abdullah Ocalan a actionné son portable alors qu’il se rendait à l’aéroport de Nairobi pour prendre l’avion vers une destination inconnue. Repéré par les satellites, son avion sera intercepté par une opération commando israélo-américaine et détourné vers la Turquie.

La Turquie et Israël baignaient alors dans une «belle alliance», considérée comme «les deux uniques démocraties du Moyen orient», selon les communicants atlantistes, avant que leurs relations ne s’enveniment.

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7- Le stratagème de Saddam Hussein pour communiquer avec l’extérieur lors de sa clandestinité.

Plus avisé, Saddam Hussein, lui, ne faisait jamais usage du téléphone car il savait que les Américains veillaient à intercepter ses communications. C’était un gros consommateur de livres.

«Saddam a enregistré plusieurs messages incitant ses partisans à combattre l’occupant américain. Il enregistrait ses messages sur un mini magnétophone, et, sachant que les Américains allaient décrypter ses enregistrements pour y déceler des indices pour sa localisation, Nameq (son aide de camp) se dirigeait en voiture jusqu’à une dizaine de km de Samara, et, là, en bordure de l’autoroute, la voix de Saddam couverte par le trafic autoroutier, il procédait à la diffusion des messages.

«Je voulais plonger les Américains dans la perplexité et la confusion», a expliqué Saddam Hussein à son porte-voix.

Le récit du stratagème de Saddam Hussein pour s’adresser à ses partisans durant sa clandestinité figure sur ce lien «L’ombre de Saddam Hussein pèse sur l’Irak dix ans après sa pendaison»

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8- Les quatre objectifs de Nicolas Sarkozy en Libye

la prédation du pétrole libyen et la neutralisation de l’influence du Colonel Kadhafi dans l’Afrique subsaharienne.

«La France se préoccupait de préserver son emprise sur la monnaie africaine, le Franc CFA, et s’opposait à la création d’une monnaie unique africaine adossée sur l’or, comme le préconisait le dirigeant libyen.

Telle est du moins la substance d’une documentation constituée par 3000 mails échangés entre les responsables américains lors de l’intervention de l’Otan contre la Jamahiriya. Datant du printemps 2011, ces mails portaient principalement sur des échanges entre Hillary Clinton, à l’époque secrétaire d’état, et Samuel Blumenthal, auteur d’une étude sur «l’or de Kadhafi», faisant état d’«intentions malveillantes occidentales» concernant ce sujet.

«L’opération de l’OTAN en Libye, sous la direction de la France, était principalement motivée par le souci de Paris d’obtenir une plus grande part dans la production du pétrole libyen et de brider la marge de manœuvre de Kadhafi dans l’Afrique francophone».

Selon ces mels, Nicolas Sarkozy visait quatre objectifs:

  • Avoir accès au pétrole libyen
  • Préserver l’influence française dans l’Afrique francophone
  • Renforcer le prestige de Nicolas Sarkozy en phase électorale de la reconduction de son mandat présidentiel
  • Brider la marge de manœuvre de Kadhafi dans l’Afrique subsaharienne.

Pour aller plus loin sur ce sujet: L’ECO, une victoire posthume pour le libyen Mouammar Kadhafi

Ci-joint pour le locuteur arabophone, le compte rendu de synthèse des 3000 mels, publié par le site Ar Rai Al Yom», en date du 21 octobre 2019, soit 8 ans après la mort du dirigeant libyen.

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9 – La Libye, point d’évacuation du contentieux para matrimonial entre Nicolas Sarkozy et Bernard Henry Lévy

La Libye a été l’Austerlitz de Nicolas Sarkozy, sans son soleil. La Libye sera, de fait, le point d’évacuation du contentieux para matrimonial entre Nicolas Sarkozy et Bernard Henri Lévy, entre l’époux de la «chipeuse» et le père de la victime.

((NDLR= Carla Bruni, épouse de Nicolas Sarkozy, avait été auparavant la compagne du philosophe Jean Paul Enthoven, ami de BHL. Lors d’un séjour de vacances à Marrakech dans la propriété de BHL, Carla est tombée amoureuse du propre fils de son compagnon, Raphaël Enthoven, à l’époque marié avec la propre fille de Bernard Henry Lévy, Justine Lévy, qui narrera ses déboires conjugaux dans un ouvrage intitulé «Rien de grave». (Éditions Stock 2004). Carla Bruni et Raphaël Enthoven ont eu un enfant, Aurélien, Bernard Henri Lévy, quant à lui, avait soutenu Ségolène Royal, la rivale socialiste de Nicolas Sarkozy, lors des élections présidentielles françaises, en 2007. Fin de la note )).

Sur les malheurs du peuple libyen, Nicolas Sarkozy a donc scellé sa réconciliation avec le théoricien de la guerre humanitaire, purgeant un contentieux souterrain para matrimonial, à la faveur d’un indécent ballet diplomatique, couvrant de ridicule la France, en contournant le ministre des Affaires étrangères, le gaulliste Alain Juppé, supposé restaurer le prestige terni de la diplomatique française après la calamiteuse prestation de Michèle Alliot Marie, promotrice immobilière en Tunisie, en pleine révolte populaire.

Instrumentalisant l’opposition libyenne sur fond de gesticulation médiatique, au risque de la dé légitimer, au risque de replacer le peuple libyen sous la tutelle de pays occidentaux qui se sont forts peu préoccupés de sa liberté sous la mandature Kadhafi, le tandem Sarkozy BHL a fait du théâtre libyen une kermesse, distribuant des satisfactions d’amour propre aux principautés pétrolières en compensation de gracieusetés dont elle a bénéficié de sa part.

L’implication d’un des chefs de file majeurs de la stratégie médiatique israélo-américaine sur le théâtre européen dans le changement démocratique en Libye a bridé l’adhésion populaire arabe à l’opposition anti Kadhafi et quelque peu obéré sa crédibilité.

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10- Le tropisme sélectif occidental à l’égard de l’Islam

Le tropisme sélectif occidental à l’égard de l’Islam conduira en France chaque notabilité intellectuelle à disposer de sa minorité protégée, comme la marque de la bonne conscience chronique de la mauvaise conscience, comme une sorte de compensation à un trop grand désintérêt pour les Palestiniens, compensant une hostilité aux revendications du noyau central de l’Islam, la Palestine et le Monde arabe, par un soutien à l’Islam périphérique.

Il en est ainsi du philosophe André Glucksmann pour les Tchétchènes, quand bien même son nouvel ami le président Nicolas Sarkozy, est devenu le meilleur ami occidental du président russe Vladimir Poutine. Il en est aussi de Bernard Kouchner, pour les Kurdes, ces supplétifs des Américains dans l’invasion de l’Irak, pour le Darfour, le Biafra et la Birmanie. Il en est enfin de l’héritier Raphaël Glucksmann pour les Ouïghours

Au point qu’un journaliste anglais Christopher Caldwell en déduira dans la prestigieuse revue London Review of Books que cette prédilection pour les zones pétrolifères stratégiques de «l’humanitarisme transfrontière asservit les intérêts de la politique étrangère française à ceux des États-Unis et que l’humanitarisme militarisé du transfuge sarkozyste n’est qu’une forme de néo conservatisme larvé».

Il en est enfin de même de Bernard Henry Lévy, pour le Darfour, quand bien même son entreprise familiale est mentionnée dans la déforestation de la forêt africaine. Le fait de privilégier le Darfour et non l’enclave palestinienne de Gaza, -un cas de figure en tout point transposable à la province sécessionniste du sud Soudan-, trouverait sa justification médiatique et non morale par le fait que le Darfour a fait office de contre feu médiatique au prurit belligène d’Israël contre le Liban et la Palestine.

La Libye, l’Austerlitz du tandem, sera aussi leur Waterloo, au vu des pitoyables résultats de leur exposition médiatique du printemps: Mobiliser l’OTAN, le Charles de Gaulle, les Rafales, pour instaurer la Charia.

Démembrer le Soudan et mettre la main sur la Libye afin de couper le ravitaillement énergétique de la Chine pour finir par mendier à cette même Chine cinquante milliards de dollars pour renflouer l’Euro…. Point n’est besoin de faire «normal sup» pour parvenir à un tel résultat calamiteux

Imprecator tout au long de sa mandature présidentielle, «le sang mêlé» et son comparse philosophe du botulisme s’est dévoilé Matamore en fin de carrière.

Hillary Clinton n’aura pas été l’unique victime de la vengeance posthume de Kadhafi. Nicolas Sarkozy fera, à son tour, les frais de sa vindicte «avec les compliments du guide».

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RÉFÉRENCES

Journaliste militant bénévole

OLIVIER CABANEL — Etre journaliste militant, c’est faire non seulement de l’investigation, mais surtout s’employer pour que ces informations soient connues du plus grand nombre.

Comme chacun sait, on a tenté en vain de nous faire croire que la pollution de Tchernobyl n’avait pas passé la frontière française.

Peu de temps après l’accident, Michele Rivasi avec une trentaine d’autres scientifiques avait réuni une somme d’argent importante afin de créer un laboratoire d’analyse indépendant capable de mesurer la radioactivité contenue dans les aliments.

Ce groupement, sous l’appellation de CRIIRAD avait commencé les expertises en 1986 et, comme à l’époque, leur siège était à Montélimar, les produits analysés venaient surtout de la Drôme.

Les analyses démontrant, que le césium 134 et 137 de Tchernobyl avait contaminé les aliments, furent envoyées à la presse qui s’en fit bien sûr l’écho.

Seulement ce que retenaient les journalistes, c’est que la Drôme était polluée, sans évoquer tous les autres départements.

J’avais rencontré Michelle Rivasi peu après l’accident de Tchernobyl, l’ayant invitée à commenter un film, Le Tocsin de Tchernobyl, que nous avions présenté en Isère.

Elle me demanda si je pouvais l’aider afin de prouver que cette radioactivité ne s’était pas limitée à la Drôme.

Je m’en fus ramasser des champignons, choisissant à dessein des trompettes de la mort, puisque y figurait le mot mort, et que le champignon évoquait aussi celui des bombes nucléaires.

Ces champignons étaient connus pour leur capacité à concentrer la radioactivité.

J’envoyais ces champignons à la CRIIRAD à fins d’analyses et, peu de temps après, je recevais le verdict :

Ils avaient 1 841 becquerels au kilo, alors que la norme préconisait de ne pas dépasser 600 bcq pour les adultes et 340 pour les enfants.

Je contactais alors l’agence locale du Dauphiné libéré, et informais le rédacteur en chef de cette information, leur réservant le scoop pendant 48 heures.

Dans l’après-midi, un journaliste m’appela de Lyon afin de prendre rendez-vous.

Lorsqu’il fut en possession de toutes les preuves, fiche de laboratoire en main, il prit une photo des champignons et publia l’information en première page de toutes les éditions rhône-alpines de ce journal.

Le titre de l’article était : « Trompettes de la mort, prudence ».

J’avais posé comme seule condition que le nom et le téléphone du laboratoire de la CRIIRAD soient indiqués à la fin de l’article.

Le résultat dépassa toutes mes espérances, puisqu’une équipe de télévision régionale vint même filmer ces fameuses trompettes.

Cela fit boule de neige, et toute la presse s’en fit l’écho.

Les demandes d’expertises affluèrent à la CRIIRAD.

Bientôt les preuves de la contamination de tous les départements rhône-alpins furent apportées.

Peu après, j’étais contacté par Que choisir qui me demanda de l’aider à faire un numéro spécial sur les conséquences de Tchernobyl sur nos produits alimentaires.

Ce magazine commanda donc de multiples expertises sur des aliments de toutes les régions françaises et, lorsque le numéro sorti, chacun put enfin connaître la complète vérité.

Certes, j’ai eu de la chance, car Le Dauphiné aurait très bien pu ne pas publier l’information que j’avais donnée, et rien ne dit que d’autres journaux l’auraient fait.

Aujourd’hui, grâce à internet, ce genre d’action est plus facile, même si parfois, comme c’est le cas pour l’huile contaminée (voir mon article « Mets de l’huile ? surtout pas ! »), on éprouve des difficultés à sensibiliser les citoyens.

Car comme disait un vieil ami africain :

« Quiconque taquine un nid de guêpes doit savoir courir ».

Journaliste militant bénévole

Aux origines païennes de l’imposition du voile (3/3)

Par Khider Mesloub.

La première partie de ce texte se trouve Ici:
Aux origines païennes de l’imposition du voile (1/3) – les 7 du quebec
La seconde partie de ce texte se trouve ici:
https://les7duquebec.net/archives/278176

La principale source coranique sur le voile est la sourate 33 : « Les Coalisés » ou « Les Factions ». Le voile est mentionné au verset 53. Ce verset concerne exclusivement les femmes du Prophète : « O vous, femmes du Prophète ! vous n’êtes comparables à aucune autre femme» (v. 32 de la même sourate). Dieu commande aux croyants de s’adresser aux femmes du Prophète à travers un voile : «Quand vous demandez quelque objet aux épouses du Prophète, Faites-le derrière un voile, Cela est plus pur pour vos cœurs et pour leurs cœurs.» Dans ce verset, contrairement à l’opinion communément répandue, le voile dont il s’agit ici est le rideau, c’est-à-dire le tissu servant à séparer hermétiquement les pièces. En effet, dans ce verset, qui ne concerne que les femmes de Mohammed, le mot arabe est hidjâb. Il signifie «tenture» ou «rideau. Tout comme le terme tchador signifie littéralement « tente ».

Il est vrai que le verset 59 s’adresse aussi bien aux femmes du Prophète qu’à celles des croyants : «Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de se couvrir de leurs voiles : c’est pour elles le meilleur moyen de se faire connaître et de ne pas être offensées.».

Cependant, selon les exégètes, ce verset a une valeur civile, et non religieuse.  « Le meilleur moyen de se faire connaître et de ne pas être offensées », c’est-à-dire qu’il permet de signaler le rang social de la femme, et, par conséquent, de dissuader les harcèlements concupiscents des hommes.

En d’autres termes, si dans la Première Épître aux Corinthiens le voile revêt un caractère explicite de sujétion, comme le formule solennellement ce verset biblique : « Je veux cependant que vous le sachiez le chef de tout homme, c’est le Christ ; le chef de la femme, c’est l’homme ; et le chef du Christ, c’est Dieu» ; dans le verset coranique il revêt une recommandation simplement d’ordre public.

Au-delà d’être une coutume vestimentaire culturelle millénaire, ne figurant, par ailleurs, explicitement dans aucune sourate à destination de l’ensemble des croyantes, à l’exception de la sourate circonstancielle relative aux femmes du Prophète et des femmes de rang social élevé, aussi cette tradition païenne est-elle théologiquement censée contrevenir aux prescriptions authentiques du Coran. Au reste, la sociologue franco-algérienne, Leïla Babès, souligne que « l’usage de ce concept [hidjâb] comme voile de la femme, et de surcroît appliqué à l’ensemble des musulmanes alors qu’il est réservé aux épouses du Prophète, est un abus et un détournement de sens, qui devrait être d’autant plus transgressif que le Coran réserve à celles-là un statut particulier : “Ô femmes du Prophète, vous n’êtes les pareilles d’aucune autre femme”» (33, 32). Par ailleurs, il est utile de rappeler que chez les Arabes d’avant l’islam, à  l’instar de tous les peuples du Moyen-Orient, seules les femmes des couches aisées et libres portaient un voile pour se distinguer des servantes et des esclaves. Autrement dit, ces «citadines» étaient voilées car elles avaient une valeur marchande : le voile constituant, dans les mariages arrangés entre familles privilégiées, le symbole de leur bonne moralité et de leur virginité.

À la vérité, sous couvert de religion, cette coutume vestimentaire païenne n’est-elle pas perpétuée au nom de cette millénaire domination patriarcale de l’ancien mode de production dont l’homme musulman contemporain semble difficilement se départir ; au nom de cet atavique attachement obsessionnel à des traditions misogynes toujours aussi prégnantes ? Notamment dans les pays musulmans. Et en Iran, en proie à une révolte des femmes opposées à l’imposition du port du voile.

En 1979, l’ayatollah Khomeini arrive au pouvoir et instaure une République islamiste. Dès son investiture, la première mesure autant politique que religieuse qu’il impose à la société s’applique exclusivement aux femmes : l’obligation de porter le tchador, nom donné au voile iranien ; suivie de l’abaissement de l’âge du mariage de 18 à 9 ans pour les filles. Des décisions en rupture avec le précédent régime monarchique. À cet égard, il est utile de rappeler que, sous la monarchie de la dynastie Pahlavi, la période des années 1930 aux années 1970 fut marquée par une certaine émancipation des femmes iraniennes (au vrai, comme dans l’ensemble des pays musulmans). Sur la question de la femme, assurément la monarchie de Pahlavi était plus progressiste que le régime des mollahs. En 1935, le shah Reza Shah Pahlavi avait interdit le port du voile en public. L’année suivante, en 1936, il avait réformé l’éducation nationale, instituant un système éducatif d’égalité scolaire entre garçons et filles, autorisant l’accès des femmes à l’université. Cette émancipation des femmes sera interrompue par les Mollahs.

On l’oublie souvent : la mesure d’obligation du port du voile instaurée par le nouveau despote théocratique Khomeini entraîna immédiatement une vague de contestation dans le pays. Le port du voile obligatoire fut définitivement inscrit dans la loi iranienne en 1983.  « Ce voile, on l’a rendu obligatoire pour protéger nos valeurs », confiait Khomeini, en 1984. Voilà l’aveu prononcé : « nos valeurs », autrement dit celles de la société patriarcale, c’est-à-dire des hommes.

Il ne faut pas perdre de vue que les organisations activistes d’extrême-gauche iraniennes, telles les Moudjahidines du peuple Iranien, s’étaient associées avec les Mollahs pour les aider dans leur conquête du pouvoir. De fait, on peut affirmer que les mouvements d’extrême-gauche iraniens auront été les artisans et les complices de la victoire islamiste et de l’avilissement de la condition des femmes iraniennes.

Tout le monde qualifie le changement de régime de 1979 de « révolution islamique » iranienne. Or, il serait plus approprié de caractériser ce cataclysme politique de Coup d’État Masculiniste Islamiste perpétré contre la femme iranienne. Khomeini et ses sbires islamistes n’ont pas commis leur coup d’État pour déposer la dynastie Pahlavi, mais pour destituer la royale et noble Femme iranienne de la société, de son règne sur sa vie personnelle. Ce n’était pas la monarchie l’ennemie des Mollahs, mais la femme iranienne. Ce coup d’État masculiniste islamiste réussi sera imité par d’autres pays, notamment l’Algérie. En Algérie, après avoir échoué leur coup d’État violent, c’est-à-dire leur insurrection armée terroriste dans les années 1990, les islamistes poursuivront leur combat « pacifiquement » en s’appliquant à perpétrer des mini-coups d’États culturel et cultuel, parfois avec l’aide de certains membres salafisés du régime de Bouteflika. Ils auront mieux réussi leur « révolution islamique », ou plus exactement leur coup d’État masculiniste islamiste. Avec leurs mœurs surannées foncièrement misogynes, ils ont recouvert l’Algérie d’un voile culturel phallocratique.

En fait, une haine clitoridienne terrestre unit les islamistes. Dans leur exaltation religieuse phallocratique, la femme, cet être réel et libre doté de sexualité, de sensualité, de volupté, doit être « castré », « châtré », châtié, réduit à sa seule fonction de génitalité. Ils n’aiment la femme terrestre qu’éthérée, enterrée, voilée, désérotisée, enfermée dans le goulag islamique. La vraie femme épurée, selon leur frénésie islamique hystérique, est hissée au paradis. Aussi, pour jouir de sa compagnie paradisiaque décuplée (d’aucuns parlent de 72 vierges, les voluptueuses houris, mises à la disposition de chaque croyant musulman), sont-ils prêts à transformer la terre en enfer, en océan de larmes et de sang, en charnier à ciel ouvert.

Quoi qu’il en soit, les islamistes, institutionnels ou non, c’est-à-dire membres de gouvernement ou simples « citoyens », défendent mordicus la thèse religieuse que le voile est un levier fondamental de la préservation des traditions et coutumes islamiques, autrement dit de la conservation de la culture et de l’identité musulmanes. D’aucuns, notamment les islamistes radicalement politisés, au nom d’un prétendu modèle de féminité supposément islamique,  présentent le voile comme un étendard de combat contre l’impérialisme culturel occidental décadent.

Mais, en réalité, le voile, érigé comme emblème de piété religieuse par les islamistes, constitue un redoutable moyen de régulation du corps des femmes. Mieux : de soumission des femmes.

Quoique de nos jours le voile soit associé systématiquement au monde musulman, comme nous l’avons souligné plus haut, en vérité le port du voile, tout comme la réclusion des femmes, sont des coutumes préislamiques, c’est-à-dire païennes, répandues dans plusieurs sociétés antiques. Dans les sociétés perse, grecque et romaine, le voile servait de marqueur social et de prestige (en vrai d’estampille morale de la valeur maritale de la femme, de garantie d’authenticité virginale de la marchandise féminine destinée à la vente conjugale).

Comme ne cesse de le marteler Razika Adnani, philosophe et islamologue, dans ses contributions et livres, le port du voile n’est en rien une obligation coranique. Contrairement aux assertions fallacieuses des islamistes, le voilement des femmes ne constitue nullement une recommandation divine. Pour preuve : le voile existait bien avant l’avènement de l’islam, et était répandu également dans les sociétés romaine, grecque et perse, par ailleurs païennes. En tout état de cause, y compris le voilement de la chevelure n’est évoqué nulle part dans les textes coraniques. Aussi, le voile qui couvre la chevelure de la femme ou son visage repose-t-il  davantage sur l’interprétation patriarcale des textes que sur les textes eux-mêmes. Globalement, le corpus coranique contient 6236. Or, seuls deux font allusion au vêtement féminin. De surcroît, ces deux versets ne mentionnent aucunement la tête à couvrir. « Prophète, dis à tes épouses, à tes filles, aux femmes des croyants de revêtir leurs mantes, sûr moyen d’être reconnues et d’échapper à toute offense. Dieu est toute indulgence, Miséricordieux. » (33 : 59). « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qu’il en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines. » (24 : 31)

Quand bien même cette pratique fut consacrée par les textes, il n’en demeure pas moins, à l’instar de nombreuses règles et coutumes tombées en désuétude ou officiellement abolies pour leurs incompatibilités avec notre système de valeurs contemporain, comme l’esclavage, les châtiments corporels, les inégalités femmes-hommes, les duels, la peine de mort, l’anthropophagie, doit-on la perpétuer ou la réactiver sous prétexte qu’elle exista autrefois ou qu’elle figure dans les textes sacrés anciens ? Doit-on, pour complaire aux fanatiques qui refusent l’évolution et la modernité, continuer à vivre selon les normes traditionnelles du Moyen-Âge, c’est-à-dire l’époque de la genèse de l’islam ?

Au vrai, à notre ère moderne marquée par l’émancipation de la femme, symbolisée par son intégration dans le système scolaire et son insertion dans le monde du travail, gages de son indépendance sociale et financière, la revendication islamiste de l’imposition du voile, tout comme celle de l’application de la charia, entend légaliser et sacraliser l’infériorité définitive de la gent féminine.

De ce qui ressort de notre étude sur les origines du voile, on pourrait même avancer la thèse selon laquelle, à l’époque de la genèse de l’islam au 7ème siècle, le voilement du corps des femmes était beaucoup plus répandu en Algérie (tout le Maghreb) qu’en Arabie saoudite (tout le Golfe persique), région de naissance du prophète Mohamed.

Autrement dit, le port du voile était plus massivement diffusé parmi les populations berbères algériennes (maghrébines), notamment de confession chrétienne, qu’au sein des tribus arabes du Golfe, majoritairement païennes. Une chose est sûre : contrairement aux stéréotypes propagés par les berbéristes, la femme arabe du Moyen-Orient était plus libre qu’en Afrique du nord. Notamment sur la question de l’héritage où la femme kabyle fut toujours victime d’exhérédation, autrement dit d’extorsion patrimoniale.

À l’époque de l’islamisation du Maghreb, en matière d’héritage, les tribus paysannes berbères se trouvèrent confrontées à un dilemme très cruel : ou bien on appliquerait la loi de la nouvelle religion, l’islam, à laquelle elles venaient de se convertir, en vertu de laquelle la femme a droit à une part d’héritage – et alors on briserait la tribu –, ou bien on sauverait la tribu, mais il faudrait violer la loi du Coran.

Or, pour la majorité des tribus berbères, notamment kabyles, c’est la Loi de la Tradition qui prévalut. Puisque, contrairement à la loi religieuse de l’islam, les tribus berbères optèrent pour le maintien et la pérennisation de leurs coutumes, à savoir continuer à exhéréder toutes les filles afin d’éviter l’éclatement de la tribu, le transfert des terres entre familles et, surtout, entre tribus. La sacralité de la terre primait la sacralité de la loi du Ciel, celle dictée par la nouvelle religion, l’islam.

Dans la même logique de perpétuation des coutumes misogynes, de nos jours les islamistes préfèrent outrepasser les textes coraniques que de renoncer à leurs prérogatives patriarcales, abdiquer leur pouvoir de domination machiste.

De fait, dans les pays musulmans, de nos jours l’oppression des femmes constitue un moyen de contrôle spécifique employé par les régimes féodaux despotiques pour canaliser contre la femme (présentée comme être intrinsèquement maléfique et concupiscent) les tensions et frustrations suscitées par une société inégalitaire déchirée par conflits sociaux.

Globalement, dans les pays musulmans, notamment l’Algérie, la femme est soumise à un code de l’indigénat patriarcal, symbolisé par cette législation exceptionnelle (excluante) qui lui est exclusivement appliquée.

Ce code de l’indigénat féminin est la dernière forme d’oppression et d’exploitation, survivant dans les pays musulmans où l’infériorisation de la femme est gravée dans le marbre des mœurs mais également inscrite dans la constitution.

Le régime de l’indigénat patriarcal, à l’instar de l’opposition entre « sujet indigène » et « citoyen européen » instaurée à l’époque coloniale, établit un statut d’exception pour les femmes musulmanes. Ce régime de l’indigénat patriarcal, comparable au régime d’apartheid longtemps en vigueur en Afrique du Sud, est la dernière survivance d’oppression humaine.

Dans le cadre de ce régime de l’indigénat patriarcal, les pays musulmans, notamment leurs franges religieuses fanatisées, contraignent les femmes à se voiler entièrement le corps et à se soumettre à des conventions sociales humiliantes. Certes, les femmes de ces pays sont autorisées à se scolariser et à exercer une profession, mais elles demeurent toujours d’éternelles mineures soumises à la tutelle du mâle. Les femmes sont considérées comme la propriété privée de leur père, leur mari, leur frère, c’est-à-dire l’homme de la famille.

Quoi qu’il en soit, comme on l’a analysé plus haut, l’origine du port du voile imposé à la femme s’inscrit dans une longue tradition païenne millénaire marquée par l’avilissement de la condition féminine. Le port du voile ne constitue aucunement un signe religieux. Encore moins un pilier de l’islam. Ni une prescription coranique.

C’est un vestige vestimentaire parmi d’autres de l’ancien monde archaïque qui refuse de mourir dans de nombreux pays, notamment en Algérie. Un monde patriarcal dominé par des hommes demeurés fixés au stade enfantin et infantile de l’humanité, de leur personnalité puérile.

La misogynie transcende les frontières et les temps. Depuis l’aube de l’humanité la condition de la femme est réduite à une perpétuelle nuit.

Drôle d’humanité qui piétine sa moitié pour avancer en entier. D’ailleurs, a-t-elle vraiment avancée, progressée, évoluée depuis la nuit des temps, cette humanité socialement bancale ? Ne continuons-nous pas à vivre encore dans les temps de la nuit ! L’aube de l’Humanité tarde à éclore, à s’éveiller.

Fondamentalement, l’hiver de l’oppression voile encore l’horizon culturel des sociétés musulmanes. Le printemps de l’émancipation de la femme « musulmane » certes darde ses premiers rayons de liberté bourgeonnante d’indépendance sociale et juridique, mais le ciel patriarcal islamique recouvre encore de son obscur manteau traditionnel phallocratique les hommes musulmans, arc-boutés à leurs privilèges de domination masculine, enrobés de justifications religieuses, de légitimation coranique, paradoxalement avalisées et soutenues par une frange importante de femmes musulmanes, ferventes disciples de la servitude volontaire spiritualisée et sacralisée.

Khider MESLOUB

 

Le « grand reset » est pour bientôt…la monnaie numérique exclusive et le fascisme financier dominant

Par Johann Oriel − Source La Loi de l’Un.

L’ancien monde s’effondre. La dette explose. La mondialisation est terminée. Le vieillissement met les économies avancées un genou à terre. Que va-t-il se passer ?

D’ici aujourd’hui à 2030 maximum, mais peut-être dès cet hiver, nous allons très probablement basculer vers les monnaies numériques.

Dit comme ça, ça n’a pas l’air de grand-chose, après tout, nous utilisons déjà tous des cartes bleues et des comptes bancaires numériques au quotidien.

Pourtant, c’est l’un des événements les plus importants de l’histoire humaine qui se profile. Il y aura un avant et un après. L’anthropocène se termine, voici venir le digitocène.

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Avec les CBDC, central bank digital currencies, les technocrates auront un contrôle quasi total sur nos vies. Vous pensez mal ? il leur suffira de bloquer votre compte en banque. Vous ne vous soumettez pas ? qu’à cela ne tienne, une petite amende quotidienne vous remettra dans le droit chemin rapidement. Vous refusez tel job que les IA vous recommandent ? Voyons, ce n’est pas raisonnable monsieur !

Mais ça, c’est juste le sommet de l’iceberg. Car ce sont des pans entiers de l’économie qui seront pilotables à volonté. Trop de dette ici ? un petit haircut sur quelques millions d’épargnants et hop, on repart. Un projet qui fait faillite, mais les actionnaires sont intouchables ? bah… il n’y aura qu’à se servir ailleurs.

Nous serons soumis à l’arbitraire, sans moyens de nous rebeller. Le contrôle sera total grâce à la technologie numérique. Ce qui n’avait jamais été possible jusqu’ici. Il avait toujours fallu trouver des compromis. Comme les populations sont toutes désarmées dorénavant, et que les réseaux sociaux sont sous contrôle, il n’y aura pas de révolte possible.

Pensez gilets jaunes, pensez LBD. Voilà, vous avez saisi l’idée.

Sauf qu’en fait, c’est bien plus profond que ces histoires d’argent et de contrôle social.

Les CBDC vont très probablement déboucher sur la mise en place d’un passe CO2, pass vert ou pass planète, je ne sais pas comment ils vont l’appeler. Si les dirigeants décident que nous devons manger des insectes, et bien, ils auront tous les moyens de nous l’imposer. Je ne parle pas d’imposer de force. Ils auront les moyens de mettre en place des programmes de reformatage culturel à grande échelle avec les CBDC, car les forces du marché seront sous leur contrôle.

En fait, pour le dire clairement, ce sera l’an zéro du dataïsme. C’est encore plus profond qu’un changement de religion ou que l’avènement de l’écriture ou de l’imprimerie. Nous ne penserons plus pareil. Pour ceux de l’ancien monde, ça risque d’être très difficile à supporter. Les données seront devenues « officiellement » (mais pas explicitement) le moloch sacré. Les données seront plus importantes que les sentiments des gens. Le dataïsme c’est ça : l’ère du numérique, de la pensée statistique, du pilotage par les big data.

Nous entrons dans une nouvelle ère pour l’humanité et pour la planète aussi. Les capteurs numériques envahissent déjà notre quotidien, mais ce n’est qu’un début, la nature elle-même sera « pilotée », les animaux d’élevage, les champs, l’eau, le climat (la géo-ingénierie est inévitable) tout quoi… Quand tout sera un OGM, plus rien ne sera OGM.

Je ne sais pas quand ça va arriver, je ne sais pas s’ils sont techniquement prêts. Je sais juste deux choses : le programme est en cours et il avance à marche forcée, il y a urgence à cause de l’explosion de la dette de reconfigurer l’architecture monétaire mondiale.

Ici, c’est pure spéculation de ma part, mais je pense que les épargnes vont subir une forte décote, l’argent liquide sera interdit. Ça se passera probablement un WE. Personne ne sera prévenu (sauf quelques initiés qui auront pris leurs précautions). Il est possible que pour faire passer la pilule, ils lancent un «revenu de base» (la mythomanie de la gauche), tout en reconfigurant les systèmes de sécurité sociale. Peut-être que tout ne sera pas fait en une seule fois.

Je n’ai mis aucune source dans mon texte. J’aurais, sans exagérer, des milliers de liens à vous proposer tellement c’est un phénomène pervasif (qui se produit partout à tous les niveaux). Ce n’est même pas de la conspiration, c’est expliqué sur les sites gouvernementaux (sauf bien sûr la date, et les détails sur les mesures pour réduire la dette).

Certains pensent que le coup d’envoi sera pour le 13 décembre de cette année, date de la prochaine réunion de la FED aux USA. Je pense que c’est encore un peu tôt, mais qui sait…

Le défi va être de rester humain.

Johann Oriel

PAIX – POUVOIR & RECTITUDE INVITATION DE LA NATION MOHAWK

Par : JBL 1960

À restaurer la Paix…

Au lieu de préparer la guerre perpétuelle ;

“Les génitrices de la terre ont le devoir de se dresser et d’agir.”
~ Conseil des femmes de la nation Mohawk ~

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Société contre l’État… 4 principes ancestraux et civisme

Le Wampum Deux Rangées ► J’ai réalisé la version PDF N° de 18 pages Paix, Pouvoir et Rectitude, un manifeste indigène par le Pr. Taiaiake Alfred ► UN MANIFESTE INDIGÈNE

Ainsi que La Loi du Grand Changement, du même auteur : PDF N° 22 de 29 pages ► Résistance au fléau de l’humanité, Pr. T. ALFRED

Paix, Pouvoir, Rectitude

Mohawk Nation News | 2 octobre 2017 | URL de l’article original ► http://mohawknationnews.com/blog/2017/10/02/peace-righteous-power/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 – URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/10/03/societe-contre-letat-4-principes-ancestraux-et-civisme/

Sken-nen, kari-wiio, kasa-stsenera et atonwa-kowa, sont les quatre principes qui relient entre eux les instructions originelles de la création de toute vie.

Sken-nen est le lien d’amour entre les êtres, nos familles, notre peuple et toute vie. Kanoron-watsera nous maintient unifiés dans la réalité naturelle.

Kari-wiio est la réalité parfaite, notre connexion avec le véritable environnement naturel, tionheh-kwen. Chaque individu, famille et peuple fonctionnent en harmonie avec les autres et les différents éléments. Nous faisons partie d’une seule famille dont les membres se soutiennent les uns les autres.

Kasatsten-sera est ce que la nature nous fournit pour avoir un esprit fort, un esprit que nous avons l’obligation d’entraîner, de former. La création/nature a pour intention que chacun d’entre nous doit questionner tout exercice du pouvoir.

Atonwa-sera est la capacité de relier tous ces principes en un, la formule parfaite mise en place par la création pour la paix.

Kaianere’ko:wa ou la Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise (12ème siècle), version PDF {N°21} de 27 pages {Page 1 à 5 ; Introduction au texte par R71 ► Page 6 à 27 présentation de la traduction, en français, des 117 wampums (articles) }

https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/02/pdfgrandeloidelapaix.pdf

Texte politique fondateur : Kaianerekowa ou la Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise (version pdf avec intro)

Résistance71 a traduit les 117 wampums (articles) de Kaianere’ko:wa ou la Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise (datant de 1142 et plus ancienne « constitution » ou charte confédérale active au monde) pour l’usage de toutes et tous. Nous avons remis notre traduction à la Confédération Iroquoise au travers de membres du conseil des Mères/anciens et conseil des femmes de la nation Mohawk. Kaianere’ko:wa est un des documents les plus importants de l’histoire de l’humanité et se doit d’être plus connu car son esprit représente le futur de nos sociétés au vu de l’échec de nos modèles étatico-répressifs anti-démocratiques.

Nous ne prônons pas son application Per se à nos sociétés qui sont culturellement et structurellement différentes de la société iroquoise, mais nous devrions l’étudier et adapter ce qui est adaptable notamment dans le domaine de l’horizontalité de la prise de décision politique et du schéma de la chefferie sans pouvoir.

Une charte de ce style a non seulement un impact sur le processus politique d’une société, mais aussi sur le processus économique et donc écologique.

Il est également à noter le processus politique par des femmes et des conseils des femmes, dans une société matrilinéaire et égalitaire.

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Conseil d’une femme de la Nation Mohawk en 1990 aux Canadiens & Québecois de papier lors de la crise d’Oka ;

Regardez bien ce qu’il se passe ici, parce que quand ils en auront fini avec nous, (les Natifs) ce sera votre tour…

Et c’est très exactement ce qu’il se passe, aujourd’hui, aussi bien au Canada, aux USA, qu’en France ► Attentats terroristes « manipulés » en cours…

Commençons par ne plus fêter le Jour de la découverte ou le Colombus Day ou le Día de la Raza le 9 octobre prochain, puis refusons de célébrer Thanksgiving, puis en janvier 2018 l’Australia Day ou Jour de l’Invasion, ou Jour de la Survie, qui célèbrent partout d’avoir tuer l’indigène/Aborigène pour sauver l’homme blanc et de surcroit chrétien et lui permettre de dominer le monde pour les siècles et les siècles…

Retirons-leur notre consentement, ne soyons plus complices de cette domination par une MINORITÉ BLANCHE sur les peuples autochtones et les Nations premières…

Nous pouvons faire tomber l’empire, sans arme, ni haine ni violence…

Comme  Thahoketoteh  me l’avait transmis, ici-même :  With unity of mind comes great strength and with that power we will attain the peace. Unity, Strength, Peace

L’unité de l’esprit revêt une grande force et avec cette puissance, nous atteindrons la Paix.

Mitakuye Oyasin ► Nous sommes tous inter-reliés !

Le communisme, le fascisme, l’église et le capitalisme

Par : ROBERT GIL

Recherche menée par Robert Gil

fonctionnaireLe communisme, comme l’église catholique, est une doctrine qui prêche le partage, la tolérance, l’égalité entre les hommes. Mais comme l’église, le communisme n’a pas trouvé de personnes capables de mettre en adéquation ses actes avec sa doctrine, ou de façon marginale et temporaire. L’église a toujours soutenu les régimes capitalistes en place, et pour les actionnaires le communisme a toujours été une menace. L’église a oublié Jésus chassant les marchands du temple, et à la fin de la guerre, l’église a aidé nombre de nazis à fuir à l’étranger pour échapper à la justice : l’ennemi n’a jamais été le fascisme, mais le communisme.

Le capitalisme et le fascisme ont vite vu le danger du communisme, pour eux pas question de partage des richesses ou d’égalité entre les hommes. Dans la Russie impériale, l’église était au côté du Tsar, et partout dans le monde, l’église légitimait l’ordre établi afin de pouvoir prospérer. Le communisme faisait peur à l’église, c’était un sérieux concurrent qui risquait si on lui laissait mettre ses théories en pratique de remettre en cause son pouvoir. L’église, le capitalisme et le fascisme ont donc fait cause commune. Tout le monde se souvient de Jean Paul II soutenant «solidarnoc» en Pologne, mais peu se souviennent que dans le même temps il fustigeait les prêtres se battant contre la dictature au Nicaragua, en réclamant plus de justice sociale. La répression fit des dizaines de millier de victimes et le Pape resta étrangement silencieux !

Pour maintenir le système capitaliste, l’Etat s’attaque à tous les mécanismes basées sur les solidarités, et qui tentent de réduire les inégalités : casse de la sécurité sociale, des retraites, du code du travail. L’Etat est au service des plus riches, il multiplie les cadeaux au patronat et aux actionnaires. Pour défendre ses privilèges la bourgeoisie prend  des mesures : licenciements massifs, gels des salaires, chantage à l’emploi. Dans le même temps on fait voter le bouclier fiscal et des exonérations de cotisations sociales, pendant que les hausses des loyers et des prix appauvrissent la majorité des citoyens.

Les partis fascistes radicalisent leur discours, ils s’appuient sur des thèses racistes et xénophobes en faisant vibrer la fibre nationale, l’extrême droite sait que lorsque la population s’appauvrit, il suffit de lui jeter les plus pauvres en pâture. Sous couvert de défendre les plus faibles, l’extrême droite est au service de la bourgeoisie. Derrière le fascisme, se cache le capital !

Jamais le communisme n’a été en mesure de pouvoir mettre en pratique ses théories, il en a été empêché par une pression continuelle à l’extérieur de ses frontières. A l’intérieur, les opposants financés par «l’ouest» sabotaient l’économie, participaient à la propagande et préparaient les coups d’état ! Et des hommes comme Staline n’ont pas été les meilleurs ambassadeurs du système. Et les pays qui au nom de la liberté combattaient le communisme, ce n’était pas au nom de la liberté des hommes, mais au nom de la liberté du capital. A la chute de l’URSS (un régime dévoyé du communisme), certains ont pillé l’économie du pays, le taux de pauvreté a explosé mais les russes ont acquis une certaine liberté de paroles, d’ailleurs à Moscou l’humour russe peut s’exprimer : «ça va beaucoup plus mal qu’avant, mais maintenant, on peut le dire»

«Le fascisme est pour le capitalisme un moyen de retrouver ses marques»……Luis LERA

Chine-USA: le graphique qui explique tout, par Mike Whitney

Par Mike Whitney.


Chine-USA, le graphique qui explique tout:

 

Regardez le graphique ci-dessus: US en relatif déclin, Chine en pleine ascension.

Il explique pourquoi Washington s’inquiète tant de la croissance explosive de la Chine. Il explique pourquoi les États-Unis continuent de harceler la Chine sur les questions de Taïwan et de la mer de Chine méridionale. Il explique pourquoi Washington envoie des délégations du Congrès à Taïwan, au mépris des demandes explicites de Pékin. Elle explique pourquoi le Pentagone continue à envoyer des navires de guerre américains dans le détroit de Taïwan et à expédier des quantités massives d’armes létales à Taipei. Cela explique pourquoi Washington crée des coalitions anti-chinoises en Asie, qui visent à encercler et à provoquer Pékin. Elle explique pourquoi l’administration Biden intensifie sa guerre commerciale contre la Chine, en imposant des sanctions économiques onéreuses à ses entreprises et en interdisant les semi-conducteurs de haute technologie critiques qui sont “essentiels non seulement… pour pratiquement tous les aspects de la société moderne, des produits électroniques et des transports à la conception et à la production de toutes sortes de biens”. Cela explique pourquoi la Chine a été désignée dans la stratégie de sécurité nationale américaine (NSS) comme “le seul concurrent ayant à la fois l’intention et, de plus en plus, la capacité de remodeler l’ordre international”. Il explique pourquoi Washington considère désormais la Chine comme son plus grand et plus redoutable adversaire stratégique qu’il faut isoler, diaboliser et vaincre. (Voir: Le cauchemar des entreprises américaines de puces électroniques ne fait que commencer – les 7 du quebec). 

Cela explique l’agressivité US contre la Russie

Le graphique ci-dessus explique tout, non seulement les coups diplomatiques hostiles qui visent à discréditer et à humilier la Chine, mais aussi les politiques ouvertement belliqueuses qui visent également la Russie. Les gens doivent comprendre cela. Ils doivent voir ce qui se passe réellement pour pouvoir replacer les événements dans leur contexte géopolitique. (Voir: La Chine se prépare à la guerre mondiale sous le harcèlement de l’hégémon américain – les 7 du quebec).

Et de quel “contexte” s’agit-il ?

Le contexte d’une troisième guerre mondiale ; une guerre qui a été minutieusement planifiée, instiguée et (maintenant) poursuivie par Washington et ses mandataires. C’est ce qui se passe réellement. Les conflagrations de plus en plus violentes que nous voyons apparaître en Ukraine et en Asie ne sont pas le résultat de “l’agression russe” ou du “méchant Poutine”. Non. Elles sont la concrétisation d’une sinistre stratégie géopolitique visant à étouffer l’ascension fulgurante de la Chine et à préserver le rôle dominant de l’Amérique dans l’ordre mondial. Peut-il y avoir le moindre doute à ce sujet ?

Cela explique l’agression contre l’Europe

C’est pourquoi nous assistons à la redivision du monde en blocs belligérants. C’est pourquoi nous assistons au retour en arrière de 30 ans de mondialisation et à une perturbation massive de l’économie. Et c’est pourquoi l’Europe a été précipitée dans l’obscurité glaciale et la désindustrialisation forcée. Toutes ces politiques suicidaires ont été concoctées dans un seul et unique but, celui de maintenir la place exaltée de l’Amérique dans le système mondial. C’est pourquoi l’humanité tout entière est actuellement engagée dans une troisième guerre mondiale, une guerre destinée à empêcher la Chine de devenir la plus grande économie du monde, une guerre destinée à préserver la primauté mondiale des États-Unis. Consultez cet extrait d’un article sur le site Web socialiste mondial :

La déclaration de guerre

Dans un article du Financial Times du 19 octobre, Edward Luce, intitulé “Contenir la Chine est l’objectif explicite de Biden”, tire la sonnette d’alarme suivante : “Imaginez qu’une superpuissance déclare la guerre à une grande puissance et que personne ne le remarque. Ce mois-ci, Joe Biden a lancé une véritable guerre économique contre la Chine – engageant les États-Unis à stopper son ascension – et, pour la plupart, les Américains n’ont pas réagi.  (Voir: La Chine se prépare à la guerre mondiale sous le harcèlement de l’hégémon américain – les 7 du quebec).

“Certes, la guerre de la Russie contre l’Ukraine et l’inflation dans le pays retiennent l’attention. Mais l’histoire retiendra probablement le geste de Biden comme le moment où la rivalité entre les États-Unis et la Chine est sortie du placard”.

En outre, la semaine dernière, un haut responsable de l’administration Biden a indiqué que les États-Unis préparaient de nouvelles interdictions à l’encontre de la Chine dans des domaines clés de la haute technologie. S’exprimant au Center for a New American Security, on a demandé à Alan Estevez, sous-secrétaire au commerce pour l’industrie et la sécurité, si les États-Unis allaient interdire à la Chine l’accès à la science de l’information quantique, à la biotechnologie, aux logiciels d’intelligence artificielle ou aux algorithmes avancés. M. Estevez a admis que cette question faisait déjà l’objet de discussions actives. “Allons-nous finir par faire quelque chose dans ces domaines ? Si je devais parier, je miserais là-dessus”, a-t-il déclaré… (Voir: Le blocus étasunien des semi-conducteurs destinés à la Chine est une bombe – les préparatifs de guerre globale se poursuivent – les 7 du quebec).

Luce a conclu son article du Financial Times cité ci-dessus en déclarant : “Le pari de Biden va-t-il réussir ? Je ne me réjouis pas à l’idée de le découvrir. Pour le meilleur ou pour le pire, le monde vient de changer avec un gémissement et non une explosion. Espérons qu’il en restera bien ainsi”…(“Biden’s technology war against China”, World Socialist Web Site)

Une fois encore, regardez le graphique. Que vous dit-il ?

L’hégémon régional de l’Asie

La première chose qu’il vous dit, c’est que les hostilités que nous voyons en Ukraine (et éventuellement à Taïwan), peuvent être attribuées à un changement fondamental dans l’économie mondiale. La Chine devient plus forte. Elle est en passe de dépasser l’économie des États-Unis d’ici dix ans. Et la croissance s’accompagne de certains avantages. En tant que première économie mondiale, la Chine va naturellement devenir l’hégémon régional de l’Asie. Et, en tant qu’hégémon régional de l’Asie, elle sera en mesure “de régler les différends régionaux en sa faveur et de délégitimer le leadership régional et mondial des États-Unis”.

Voyez-vous le problème ici ?

Depuis près de deux décennies, les États-Unis ont orienté leur politique étrangère autour d’une stratégie de “rééquilibrage des forces” appelée “pivot vers l’Asie”. En bref, les États-Unis entendent être l’acteur dominant dans la région la plus peuplée et la plus prospère du monde, l’Asie. Voyez-vous comment la montée en puissance de la Chine fait dérailler le plan d’avenir de Washington ?

Les États-Unis ne vont pas se laisser faire sans se battre. Washington ne va pas laisser la Chine retirer les US par la force des marchés qu’elle compte dominer. Cela ne se produira pas. Et si vous pensez que cela va se produire, vous feriez mieux d’y repenser. Les États-Unis feront la guerre pour éviter un scénario dans lequel ils joueraient les seconds rôles face à la Chine. En fait, l’establishment de la politique étrangère a déjà décidé que les États-Unis engageraient la Chine militairement dans ce but précis.

La troisième guerre mondiale

Notre thèse est donc simple : nous pensons que la troisième guerre mondiale a déjà commencé. C’est tout ce que nous disons. Les ruines que nous voyons en Ukraine ne sont que la première salve d’une Troisième Guerre mondiale qui a déjà déclenché une crise énergétique sans précédent, une insécurité alimentaire mondiale massive, une rupture catastrophique des lignes d’approvisionnement mondiales, une inflation généralisée et hors de contrôle, la réémergence constante d’un nationalisme extrême et la redivision du monde en blocs belligérants. Quelle autre preuve vous faut-il ?

Et elles sont toutes d’ordre économique. Les origines de ce conflit remontent toutes aux changements sismiques de l’économie mondiale, à la montée de la Chine et au déclin inévitable des États-Unis. C’est le cas d’un empire qui remplace l’autre. Naturellement, une transition de cette ampleur va générer des changements tectoniques dans la répartition mondiale du pouvoir. Ces changements s’accompagneront d’une multiplication des points de tension, d’une plus grande dévastation et de la perspective imminente d’une guerre nucléaire. Et c’est précisément la façon dont les choses se déroulent.

Le rôle de l’Ukraine

Alors, comment le graphique explique-t-il ce qui se passe en Ukraine ?

La guerre par procuration de Washington en Ukraine vise en fait la Chine et non la Russie. La Russie n’est pas un concurrent de taille et elle n’a pas les moyens économiques de supplanter les États-Unis dans l’ordre mondial. NordStream a toutefois représenté un risque important pour les États-Unis en renforçant considérablement les relations économiques de Moscou avec l’UE et en particulier avec la puissance industrielle de l’Europe, l’Allemagne. L’alliance Moscou-Berlin – mutuellement bénéfique et essentielle à la prospérité de l’Allemagne – a dû être sabotée pour empêcher une intégration économique plus poussée qui aurait rapproché les continents dans la plus grande zone de libre-échange du monde. Washington devait empêcher cela afin de préserver sa mainmise économique sur l’Europe et de défendre le dollar comme monnaie de réserve mondiale. Malgré cela, personne ne s’attendait à ce que les États-Unis fassent sauter l’oléoduc lui-même dans ce qui semble être le plus grand acte de terrorisme industriel de l’histoire. C’était vraiment choquant.

Le rôle de la Russie

En substance, Washington considère la Russie comme un obstacle à son plan de “pivot” visant à encercler, isoler et affaiblir la Chine. Mais la Russie n’est pas la plus grande menace pour la primauté mondiale des États-Unis, loin de là. Cette désignation appartient à la Chine.

La troisième guerre mondiale est menée pour contenir la Chine et non la Russie. Ce que la guerre en Ukraine suggère, c’est que, parmi les élites de la politique étrangère, on s’accorde à dire que la route vers Pékin passe par Moscou. Cela semble être le point de vue consensuel. En d’autres termes, les puissants américains veulent affaiblir la Russie afin d’étendre les bases militaires américaines en Asie. En fin de compte, l’armée sera appelée à faire respecter la domination économique de Washington sur ses nouveaux sujets asiatiques. Si ce jour arrive un jour.

Une tentative désespérée

Nous pensons qu’il est extrêmement improbable que le plan ambitieux de Washington réussisse, mais nous ne doutons pas qu’il sera tout de même mis en œuvre. Des dizaines de millions de personnes risquent de mourir dans une tentative désespérée pour remonter le temps jusqu’à l’éphémère “moment unipolaire” et le tout aussi éphémère siècle américain. C’est une tragédie qui dépasse l’entendement.

 

Sources Chine-US: le graphique qui explique tout, par Mike Whitney (3 novembre 2022) – Association Entre la plume et l’enclume (plumenclume.com)   https://www.unz.com/mwhitney/the-one-chart-that-explains-everything/

Rosny Aîné: Les autres vies

DANIEL DUCHARME — Les autres vies réunit quatre nouvelles ou plutôt, pour au moins trois d’entre elles, des novellas, un mot anglais qui désigne des petits romans dont le nombre de pages varie entre 70 et 120. Ces novellas, donc, ont été rédigées entre 1887 et 1910 par l’aîné des frères Rosny, d’où son nom de Rosny Aîné. Ces deux frères se sont rendus célèbres par la publication du roman préhistorique La guerre du feu, roman qui a d’ailleurs été adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud en 1981. Ce film a d’ailleurs connu un grand succès au box-office, remportant notamment le César du meilleur film en 1982 au Festival de Cannes. Dans ce recueil intitulé Les autres vies on retrouve Les Xipéhuz (1887), La mort de la terre (1910), Nymphée (1893) et Le cataclysme (1896), quatre récits qui ont en commun la description d’autres formes de vie. Deux de ces récits ont retenu particulièrement mon attention : Les Xipéhuz et La mort de la terre.

Dans Les Xipéhuz, sans doute le récit le plus marquant de ce recueil, Rosny Aîné décrit avec minutie le mode de vie de ces formes qui, pour survivre, s’en prennent aux mammifères de toutes les espèces, ce qui inclut les humains, bien entendu… Heureusement  pour ces derniers, le territoire des formes est limité par leur nombre. Le problème, c’est que ce même territoire s’agrandit en fonction de leur taux d’accroissement.  Pour contrer l’expansion des Xipéhuz, ces hommes, qui viennent à peine de sortir du paléolithique, se tournent vers Bakhoûn, un sédentaire professant des « idées singulières qui l’eussent fait lapider ». D’ailleurs le roman de Rosny Aîné est en quelque sorte la reproduction de son « étude hardie et minutieuse des ennemis de l’Homme, cette étude à laquelle nous devons le grand livre antécunéiforme de soixante tables, le plus beau lapidaire que les âges nomades aient légué aux races modernes ». Comment Bakhoûn s’y prend-t-il pour freiner la progression des Xipéhuz et, par le fait même, sauver l’humanité naissante ? Je vous le laisse découvrir par la lecture de ce récit passionnant qui se termine par un immense regret : « Je demande à l’Unique quelle fatalité a voulu que la splendeur de la Vie soit souillée par les ténèbres du Meurtre ».

Avec La mort de la terre, nous quittons les temps du nomadisme pour nous transposer dans un futur lointain où les êtres humains subsistent en groupes restreints dans des oasis au milieu d’immenses déserts. Dans un décor glauque à souhait, les derniers hommes constatent que la terre qu’ils ont tant aimée s’avère incapable, faute de ressources, de les nourrir plus longtemps. Au moment même où on vient d’annoncer que nous sommes plus de sept milliards d’habitants sur la planète, ce récit s’avère d’une cruelle actualité. Ici, l’auteur a fait preuve d’un sens remarquable de la prospective pour « imaginer » ce que personne n’aurait pu faire avec autant d’acuité avant lui : la fin des temps humains… En attendant cette fin, les derniers hommes sont menacés par les ferromagnétaux, des résidus post-radioactifs peu à peu animés par un mécanisme complexe, et, surtout, la raréfaction de l’eau, source de vie. Cette ressource, en s’épuisant, entraîne les hommes et les femmes vers une lente agonie que plusieurs abrègent en recourant au suicide collectif. Bref, cela vous donne une idée de ce récit qui ne risque pas de vous propulser dans l’avenir avec optimisme…

Joseph Henri Honoré Boex, dit Rosny Aîné, né à Bruxelles en 1856, est considéré par Wikipédia comme le père de la science-fiction moderne. Bien avant Wells et Conan Doyle, il appuie ses récits cataclysmiques sur une solide base scientifique.  Et je vous dirais que cela n’est guère rassurant pour nous, pauvres mortels à l’avenir collectif incertain.

Rosny Aîné, Les autres vies, Ebooks libres et gratuits.

La Chine à l’offensive: l’hégémonie atlantiste malmenée dans la sphère économique…et militaire

Par Vincent Gouysse, pour www.marxisme.fr.

Preuve qu’au-delà du théâtre militaire ukrainien où se joue ce qui reste de la crédibilité de son hégémonie coloniale mondiale, la ploutocratie occidentale est aujourd’hui en (très) grande difficulté, non seulement sur le plan géopolitique (où les séismes se multiplient jusqu’au cœur de ses zones d’influence (néo-)coloniales privilégiées), mais aussi sur le plan économique, comme celui de l’accumulation capitalistique : malgré la concentration croissante des richesses en faveur des plus riches (un processus renforcé depuis la crise des subprimes et de la Covid-19), le premier semestre 2022 a vu le nombre des personnes les plus fortunées chuter dans le monde… Selon un rapport du Wealth-X, à l’échelle internationale, « la chute de la population d’individus ayant une très grande valeur nette (UHNW) a été évaluée à 6 %, soit jusqu’à 392 410 personnes. (…) Pour être répertorié dans ce groupe des plus fortunés, il faut disposer d’actifs à investir d’au moins 30 millions de dollars. En 2019, il ne représentait que 0,003 % de la population, mais possédait 13 % de toutes les richesses mondiales ».

Au-delà de cette baisse moyenne, certains se démarquent particulièrement, à l’instar de la France (- 10,0 %), des États-Unis (- 10,3 %) et du Japon (- 13,3 %) qui « occupent les premiers rangs dans le classement des 10 pays ayant fait les plus grosses chutes ». L’Occident collectif est touché jusque dans ses fondements en apparence les plus solides : l’Allemagne voit ainsi le nombre de ses ultra-riches reculer de 7,2 % et la Suisse de 6,2 %. Plus grave encore, le différentiel avec le dynamique impérialisme chinois va également crescendo puisque « le nombre de multimillionnaires a chuté partout dans le monde sauf… en Chine » où il a continué d’augmenter (+ 2,3 %), et ce malgré l’environnement économique international très défavorable…

Ceci est le reflet de lourdes tendances économiques structurelles renforcées par la crise énergétique aggravée par le boomerang des sanctions occidentales contre la Russie. L’Occident entre ainsi dans une période durable de stagflation avec de sombres perspectives économique pour 2023 : « Le taux d’inflation annuel dans la zone euro a atteint un niveau record de 10,7 % en octobre. Au troisième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) corrigé des variations saisonnières a augmenté de 0,2 % par rapport au trimestre précédent, et ce à la fois dans la zone euro et dans l’UE, selon Eurostat ». Les représentants lucides des classes dominantes d’Occident ne cachent plus désormais s’attendre à rien de moins qu’un « tsunami », comme le déclarait avant hier Michel-Edouard Leclerc prévoyant une inflation « à deux chiffres » sur les produits alimentaires et une récession en 2023… Outre-manche, la situation et les perspectives économiques ne sont guère plus reluisantes : « La livre Sterling vacille, le Royaume-Uni fonce vers une récession historique »… Même les USA, pourtant déterminés à sacrifier leurs féaux pour tenter de mieux affronter l’inéluctable déclassement commun, sont d’ores et déjà entrés en récession

La Chine peut à l’évidence aborder 2023 avec bien davantage de sérénité : sa consommation domestique reste solide avec une inflation presque anecdotique et ses entreprises voient leurs bénéfices augmenter (+ 2,5 % sur les trois premiers trimestres 2022). Sur la même période, la valeur de la production agricole chinoise affiche une hausse insolente de 4,2 %. Rien d’étonnant à ce que la consommation électrique du pays affiche une hausse de 4,0 % durant la même période à 6 490 TWh.

Même son commerce extérieur se paie encore le luxe de croître (très) confortablement, augmentant de 9,5 % en glissement annuel à 34 620 milliards de yuans (soit environ 4 790 milliards de dollars) durant les dix premiers mois de l’année, les exportations (+ 13 % à 19 710 milliards de yuans) s’accroissant en outre bien plus rapidement que les importations (+ 5,2 % à 14 910 milliards de yuans) avec un excédent commercial record à la clef.

Les investisseurs étrangers ne s’y trompent pas, et la Chine demeure un eldorado particulièrement convoité : les flux d’IDE étrangers en Chine ont augmenté de 15,6 % en glissement annuel de janvier à septembre 2022. Les perspectives de l’Occident sont bien différentes. Comme nous l’avions souligné en janvier dernier, les loups confrontés à la réduction inéluctable de leur territoire de chasse ont commencé à s’entre-dévorer. La France enregistre à l’inverse de la Chine un déficit commercial record : « Toujours plus plombé par la facture des importations énergétiques, il a par ailleurs déjà largement dépassé sur les neuf premiers mois de l’année le record historique déjà établi l’an dernier à 85 milliards d’euros, ainsi que la barre symbolique des 100 milliards d’euros. En cumul sur douze mois fin septembre, le déficit commercial français s’affiche au niveau jamais vu de 149,9 milliards d’euros ».

Les élites chinoises ont donc assurément raison de célébrer leur rapide montée en gamme technologique et le recentrage de leur croissance autour de leur marché intérieur en synergie avec les « nouvelles routes de la soie » visant à l’édification d’une nouvelle division internationale du travail capable de compenser l’effondrement en cours de l’ancienne où l’Occident collectif occupait le sommet de la chaîne alimentaire du capitalisme mondial. Tel est le fameux « monde multipolaire » promu par l’OCS et les BRICS… Or l’Occident est déjà en grande difficulté sur le théâtre militaire ukrainien face à une fraction certes conséquente (mais néanmoins limitée) des forces armées d’une Russie qui est parvenue à cimenter son unité nationale dans le combat contre la marionnette ukro-nazie opposée contre elle par l’Occident (conflit dont l’officier du renseignement Jacques Baud a fourni une peinture remarquablement détaillée et implacablement documentée), avec la promesse de sortir considérablement renforcée de cette épreuve, comme l’illustre le récent et déjà très populaire clip musical « Levons-nous ! ».

Nous renvoyons également au court métrage d’animation « Stop nazi games » dont nous avons extrait le diaporama suivant :

Déjà embourbé dans le bandéristan qu’il a créé en Ukraine et sans même évoquer son extrême fragilité globale ainsi que sa dépendance économique aigüe à l’égard de la Chine, l’Occident, fusse-t-il collectif, semble donc aujourd’hui bien incapable de faire face à un conflit militaire frontal avec une Chine qui modernise sa PLA à une cadence accélérée, à l’instar des drones avancés (Wing Loong-3), des missiles hypersoniques YJ-21 et des chasseurs de 5e génération (J-20) exhibés au Zhuhaï air show qui se tient en ce moment… En face, les productions de l’US Navy et de l’US Air Force sont loin d’impressionner et paraissent presque désuètes, sinon pour le moins surclassées ou obsolètes…

La sentence, déjà publiquement prononcée, est implacable : « The matching of the Type-55 [heavy destroyer] and YJ-21 missile was designed for anti-access and area-denial to counter American’s maritime hegemony in the region ». En d’autres termes, les porte-avions US ne peuvent pas parer la menace des missiles hypersoniques chinois et devront donc rester à bonne distance des côtes chinoises en cas de conflit, tandis que le J-20 (dont près de 200 appareils seraient déjà produits, sans oublier aux alentours d’un bon millier d’autres appareils modernes de type J-10, J-11 et J-16), semble avoir davantage de capacités de vol et de manœuvre que le F-35 (codname : « smoothing-iron » ou « fer à repasser » en français), et ce bien que le programme chinois ait pourtant coûté bien moins que les 400 milliards de $ US du programme F-35 américain (en 2016)…

Avec ses modestes 230 milliards de $ de budget militaire en 2022, la Chine s’équipe pourtant à une toute autre cadence que les USA et leurs 800 milliards de $ de budget militaire engloutis dans l’entretien de près de 800 bases militaires disséminées à travers le monde ainsi que dilapidés dans des programmes d’armement dotés d’un bien piètre rapport qualité/prix… Technologiquement, la Chine a rattrapé et même commencé à dépasser le niveau technique avancé US dans bien des domaines… mais industriellement, l’Occident est aujourd’hui complètement largué par les capacités productives chinoises ! Il ne reste donc plus guère que les merdias atlantistes pour continuer à affirmer fièrement que la PLA est encore loin derrière…

Bien que démenti certaines réalités de notre époque agitée, le mythe de la toute-puissance de l’Armée américaine doit cependant absolument perdurer, car c’est fondamentalement la dernière digue garante de la valeur du pétrodollar et de TOUT ce qui y est adossé : le niveau de vie longtemps privilégié des peuples vivant depuis des décennies au sein de la « société de consommation » « postindustrielle » occidentale !

Les challengers de l’Occident l’ont parfaitement compris, et Vladimir Poutine déclarait dernièrement publiquement que « c’est sur la souffrance et le pillage des pays africains que l’Occident a pu construire son niveau de vie actuel ». L’idéologie « non-alignée » et le rejet des méthodes coloniales de domination impérialiste ont indéniablement le vent en poupe en ce moment, n’en déplaise à l’Occident pour lequel ils sont synonymes d’inéluctable destruction de son hégémonie coloniale mondiale séculaire… L’Algérie vient de déposer sa candidature pour intégrer les BRICS, c’est un signe des temps. D’autres sont encore plus explicites :

« Si Moscou le demande, les Syriens combattront aux côtés de la Russie en Ukraine car la Russie se protège et protège le monde », déclarait récemment Bachar Al Assad dont le pays est victime depuis plus d’une décennie de l’agression coloniale des marionnettes salafistes de l’Occident.

Vincent Gouysse, pour www.marxisme.fr, le 10/11/2022

Et si…

ALLAN ERWAN BERGER  — L’art dit ce qui ne peut se dire autrement. «Contre toutes les puissances de l’oubli, le livre nous reconduit sans cesse à notre liberté, il nous est école de dissidence.» La citation est de Michel Le Bris, dans une note, Introduction à Une amitié littéraire, correspondance entre Henry James et Robert Louis Stevenson, Verdier 1987.


Et si…

Je m’en doutais, nous nous en doutions, vous vous en doutiez, et maintenant ça commence à devenir officiel : les prix littéraires sentent le moisi. Luis de Miranda : « Les prix littéraires tuent car, chaque année, ces offices du bon goût élèvent artificiellement au rang de best-seller une littérature parfois frelatée, sans dimension épique, sans réelle ambition stylistique, créative ou sociétale. Je ne compte plus les lecteurs qui m’avouent, entre la honte et la colère, avoir été déçus par l’achat d’un livre portant la mention Prix Goncourt, Renaudot ou autre. » Cette phrase révoltante, ou révoltée, ou les deux, est tirée d’un billet que l’on peut lire avec profit ici : Les prix littéraires tuent. Oui monsieur oui madame.

Il y a plus de mille maisons d’édition publiant des romans en France, nous dit Miranda. En première approximation, aucune n’a accès à une quelconque des prix majeurs – Renaudot, Interallié, Goncourt etc. Voilà l’état de la littérature. J’entends : de la littérature papier.

Or, puisque ce qui donne du rayonnement à la litérature passe, en ce siècle peu vertueux, par le simulacre d’un jugement rendu par un jury désuètement snob farci de conflits d’intérêt à la sauce consanguine, et qu’on ne saurait sauter aux yeux du lecteur moyen sans en passer par le rituel du prix, puisqu’enfin c’est ce prix qui donne tout son prix à l’acte de lire et d’écrire, j’en viens à me demander s’il ne faudrait pas, nous autres les pure players de la littérature, singer ces crapuleuses institutions mais en montrant tout ce qu’elles ne sont pas, en étant simplement ce que nous sommes.

Et que sommes-nous ? Nous sommes des amoureux. Nous sommes nourris de désirs, nous sommes dépourvus de toute avidité, nous ne sommes pas ennemis ni même concurrents – pas encore – puisque nous nous sentons, éditeurs numériques, membres d’une fraternité. Or, Régis Debray nous l’a suggéré il y a peu, la fraternité se construit contre un adversaire. L’adversaire ici n’est pas le livre en papier, cette pauvre chose prise en otage. Non, il est en amont, il est si ancien ; c’est le même à travers les siècles, il veut tout, il ne laisse rien, il ne sait qu’être ogre ; il vend de la bouffe, des équipements, des bidules électroniques, de la « culture », des crédits, de la sécurité. Son but est toujours de tout manger. À commencer, dans le cas de la littérature, par les jurys, les éditeurs et les auteurs, pour finir par les lecteurs. Ligotez-moi tout ce petit monde ! ordonne-t-il dans ses fantasmes. Et si nous organisions un prix ?

Par exemple que chaque éditeur numérique choisisse, dans son catalogue, un livre à soumettre aux autres. Que ces cinq, huit ou quinze livres soient lus, étudiés, pendant trois mois, six mois. Puis que chaque éditeur vote pour un livre édité chez un autre. Un petit programme bidouillé sur un coin de table, un peu de php entre deux cafés et c’est dans la poche : numéro un, numéro deux, numéro trois. Les résultats sont publiés. Les lauréats ainsi mis en avant susciteront d’abord l’intérêt des lecteurs numériques. Les candidats non retenus y trouveront aussi leur compte, par le simple fait qu’ils auront été exposés (ne donnons pas les scores de ceux-là).

Voilà. Et si, nous aussi, profitant de notre jeunesse et de notre pureté actuelle, nous nous amusions à donner un prix à ce qui n’en a pas ?

Non à la guerre, non à l’envoi d’armes: 50 000 manifestants contre le militarisme et l’OTAN

Fini les belles déclarations « révolutionnaires » contre la guerre en Ukraine, 50 000 manifestants sont passés aux actes en venant dire non au militarisme montant. Pendant que la ministre d’extrème droite pousse à la guerre. (SPARTACUS (canalblog.com)

« Non à la guerre. Non à l’envoi d’armes », pouvait-on lire sur une grande banderole portée par les manifestants – au nombre de 50.000, »

Un réel premier succés au sein même de l’ UE, malgré quelques illusions pacifiques, ci dessous un article initialement paru sur La Voce Delle Lottee

Après une semaine de manifestations locales dans toute l’Italie, la mobilisation nationale pour la paix appelée samedi dernier à Rome a été un succès. Malgré un appel lancé seulement quatre jours à l’avance ce sont quelques 50 000 personnes qui ont participé, avec une forte présence de syndicats dont la Confédération Générale Italienne du Travail (CGIL), d’étudiants, d’organisations sociales et communautaires telles que l’ARCI, et de nombreuses organisations politiques de gauche. Des bus des quatre coins du pays ont convergé vers Rome pour la manifestation.

Le contenu de l’appel à manifester a fait l’objet d’un débat important, et l’une des confédérations syndicales, la CISL (confédération italienne des syndicats de travailleurs) a décidé de ne pas s’y joindre parce qu’elle n’était pas d’accord avec la remise en question du rôle de l’OTAN et du militarisme européen.

La manifestation a également vu une participation importante de divers centres sociaux et de la gauche italienne, reprenant le slogan «Ni OTAN ni Poutine», et malgré la campagne médiatique menée par les puissances impérialistes de l’OTAN, ce mot d’ordre a eu beaucoup d’écho au sein des différents cortèges de la marche. Marquant même une opposition aux partis politiques traditionnels et aux directions syndicales bureaucratiques, qui avaient opté pour une mobilisation qui ne remettait pas en cause l’ « atlantisme » italien.

Les discours de fin de manifestation prononcés depuis la scène de la Piazza San Giovanni étaient eux, pour la plupart, au nom d’un appel démocratique à la paix, avec un espoir marqué dans le rôle progressiste possible de l’État italien, de l’Union Européenne et des Nations Unies.

C’est le cas de Maurizio Landini, secrétaire général de la CGIL, qui a parlé de la paix en se réclamant … du Pape (en tant que «dirigeant ouvrier honoraire») et s’est montré très ambigu insistant sur le rôle que pourrait avoir une intervention de l’ONU en Ukraine et mettant en avant l’option d’envoyer des troupes de « maintien de la paix ». Une revendication qui n’était en aucun cas celle de la marche de samedi.

Landini a également assuré : « Je ne pense pas que le problème aujourd’hui soit d’arrêter la guerre en envoyant des armes. Ce n’est pas la voie à suivre, il nous faut emprunter le chemin de la diplomatie. Je pense que l’ONU devrait, pour le rôle qu’elle joue, se rendre en Ukraine et être présente à la table des négociations. Avec le syndicat, nous défendons une grande journée de mobilisation de tous les travailleurs européens contre la guerre ».

Une bouffée d’air frais est venue ensuite, avec l’intervention de deux jeunes représentant le réseau « No War Roma » et le nouveau mouvement étudiant romain « La lupa ». Ils ont dénoncé à la fois le rôle du gouvernement russe et le militarisme de l’OTAN, dont les pays fomentent des conflits sur toute la planète et répriment violemment les mouvements sociaux dans leur pays. En outre, ils ont appelé à une grève générale contre la guerre, et ont appelé à une participation active à la grève féministe internationale du 8 mars [alors à venir].

La marche de ce samedi est devenue le premier événement important à l’échelle nationale, qui devrait poursuivre et radicaliser la lutte contre la résurgence du militarisme, contre la guerre qui se joue par procuration entre l’OTAN et la Russie par le biais de la livraison massive d’armes au gouvernement Zelensky. Une journée qui se présente comme un premier pas vers la défense d’une paix immédiate en Ukraine avec le retrait des troupes russes du pays et l’utilisation de moyens réellement démocratiques et non-militaristes pour résoudre les problèmes de liberté et d’autodétermination nationale, en Ukraine comme ailleurs.

 

https://youtu.be/Y2mjALBWq34

Le témoignage d’un camarade

Naples devient la capitale de l’opposition sociale du pays avec la scène « Insorgiamo » lancée par le Mouvement du 7 novembre et le Collectif Usine Gkn.

Le processus de convergence des luttes sociales, civiles et climatiques qui a eu lieu à Florence le 26 mars, à Bologne le 22 octobre se retrouve à Naples le 5 novembre, car la dignité des luttes du sud ne peut plus attendre, car la répression contre les chômeurs et la criminalisation de classe des revenus de citoyenneté, doivent être arrêtés maintenant. Parce que la guerre c’est ici et maintenant, au Pays des Incendies, c’est une guerre du gaspillage, des impacts environnementaux, de l’embauche illégale, des corps qui coulent en Méditerranée, du business, du mensonge et de l’hypocrisie.

Après la grande manifestation de Bologne le 22 octobre dernier, qui a rassemblé plus de 30 000 personnes dans les rues, consolidant un processus de convergence né sur les places florentines grâce à la contribution du Collettivo di Fabbrica ex Gkn, qui a atteint son apogée le 26 mars avec 40 mille personnes sur la place.

Processus de convergence renforcé par la rencontre et par la contribution du « Mouvement combattant des chômeurs du 7 novembre » de Naples qui verra la capitale de Naples, une nouvelle étape dans le processus de mobilisation sociale par le bas.

« Nous accueillerons à Naples une autre étape d’Insorgiamo autour de notre lutte pour un salaire et un travail socialement nécessaire qui conjugue les besoins sociaux de nos villes avec l’urgence d’un salaire garanti pour vivre : sécurisation des territoires, reconquête, renforcement des services « Pour cette lutte nous sommes frappés par une répression qui voudrait arrêter le rôle dirigeant de nombreux prolétaires de cette ville qui se sont organisés pour s’émanciper de la marginalisation sociale. Nous le ferons avec une mobilisation claire contre la guerre et les coûts sociaux, la vie chère et la précarité déchargée sur les couches ouvrières et populaires » poursuit Sorge. « Pour lutter contre la sociaux » explique Eduardo Sorge du mouvement de lutte des chômeurs du 7 novembre. guerre, il faut lutter contre les plans de nos gouvernements, les dépenses militaires,

Ce ne sera donc pas notre manifestation « conclut-il », mais celle de tous ceux qui veulent s’unir pour changer ce système qui favorise les profits de quelques-uns au détriment de la misère de beaucoup qui produisent la même richesse sociale. Le 5 Tous les chômeurs de Naples, ouvriers, étudiants, comités environnementaux pour relever la tête ! »

Selon le Collettivo di Fabbrica ex Gkn « A Naples, les chômeurs se présentent et nous convergeons. Nous nous battons pour un travail comme eux. Nous les licenciés et leurs chômeurs : c’est le système lui-même qui nous rapproche. Remontons le chemin que tant d’entre nous ont fait en émigrant, pour aller dire que nous sommes la classe dirigeante de ce pays. Que nous pouvons mettre fin au chômage et à la misère. Et que nous sommes une famille élargie ».

Selon Michela Spina, porte-parole nationale de Fridays For Future Italy « Nous convergeons et nous nous levons, car la lutte pour le climat ne peut être séparée de celle pour la justice sociale. Nous sommes dans le sud de l’Italie, dans une des villes les plus pauvres d’Europe, ici la précarité et l’absence de perspectives se mêlent aux effets de la crise climatique, biocide dans un mélange létal qui dévaste la vie des territoires et de ceux qui y vivent, c’est assez « .

Selon Francesco Tramontano, nous ne payons pas, « Nous avons collectivement décidé que « Nous ne payons pas » convergera vers Naples le 5 novembre. « Pour ceci, pour les autres et pour tout » se fait entendre sur les places et les assemblées, lit-on sur les banderoles et les tracts. Même « On ne paye pas » part d’un « pour ça », de l’augmentation généralisée des factures et de la cherté de la vie. Sans gagner les coûts élevés, les factures chères, la précarité, la pauvreté, les délocalisations, les licenciements et le chômage galopant  » souligne Tramontano « , nous ne pouvons pas nous libérer du chantage économique et existentiel du présent. Nous avons lancé hier la révocation massive de la domiciliation : si elle est pratiquée en masse elle représente déjà en elle-même un signal clair et sans équivoque d’opposition aux factures coûteuses qui doivent commencer à devenir factuelles et non plus seulement énoncées ou agitées ».

Pour Paolo di Vetta du Mouvement pour le droit au logement à Rome, « le mouvement pour le droit au logement à Rome participe avec conviction à la manifestation de Naples où le protagonisme des luttes sociales contre la guerre et la vie chère émerge avec Obliger. Nous serons présents pour réitérer au nouveau gouvernement en place que les seuls grands travaux à réaliser sont la maison et les revenus de chacun ».

Le rendez-vous est à 14h00 le 5 novembre à Naples, sur la Piazza Garibaldi.

Diretta conferenza stampa per il 5 novembre a Napoli, il sud che insorge #insorgiamo

https://www.facebook.com/coordinamentogknfirenze/

collettivo.gkn.firenze@gmail.com

http://www.laboratoriopoliticoiskra.org – info@laboratoriopoliticoiskra.org

https://twitter.com/LabPolIskra


Posté par Spartacus1918  –

L’ARNAQUE DE L’URGENCE CLIMATIQUE ANTHROPIQUE (3)

Par Christian Navis, sur Cop 27 : 44 ans de mensonges et d’élucubrations – Riposte Laique 

Un anniversaire ça se fête ! Le GIEC (Gang Interlope d’Escrocs pour l’Enrichissement des Crapules) fut créé le 10 novembre 1988 à Genève. Porté sur les fronts baptismaux par le G7, la Commission Trilatérale et le Groupe Bilderberg. Que des bienfaiteurs de l’humanité !  (Voir: Les 12 mensonges du GIEC, par Christian Gerondeau – les 7 du quebec

Depuis le gang n’a pas chômé et a bien rempli son rôle d’abrutissement et d’asservissement des personnes les plus crédules, par des peurs imaginaires.

Document N° 1 : L’imminence du déluge annoncé est une immense supercherie

Dans les années 50 sur le littoral landais, les blockhaus des boches dégringolaient du haut de la dune sur la plage, au rythme des grandes marées qui grignotaient le littoral. Puis ce fut le tour de quelques villas trop près de l’eau. Avant que des courants marins ramènent des sédiments et restaurent la côte. À l’époque, il n’y avait pas les écolos-barjots pour semer la panique.

Documents N°2 : Ajustement des données, pour ne pas dire fraude grossière

Puerto Casado, un coin perdu en Uruguay érigé en symbole du réchauffement, en espérant que personne n’ira vérifier.

La supercherie a été révélée par une brochette de scientifiques, tous interdits de médias, et parfois virés de leur université.

Documents N°3 : La courbe en crosse de hockey de Mann, alpha et omega des réchauffistes, lissée en ignorant délibérément l’optimum médiéval

Abandonnée après que le MIT l’ait qualifiée « artéfact médiocre non probant » et que son auteur ait été condamné pour fraude par la justice.

Documents N°4 : Le Groenland a connu des températures beaucoup plus élevées dans un passé récent

Les cycles climatiques ont toujours existé, ils ne sont pas une spécificité de l’ère industrielle.

Documents N° 5 : Les variations de température dépendent du soleil et des mouvements de la terre

Le CO2 (0,04 % de l’atmosphère) ne peut être corrélé à la légère augmentation de température de 1,2°C mesurée à partir de 1860 (fin de la petite ère glaciaire,) en stase depuis 1998, et en diminution depuis 2015.

L’étude des isotopes d’oxygène retenus dans les glaciers, la cyclostratigraphie des sédiments marins carbonés, et à moindre échelle la dendrochronologie (cernes des arbres même fossiles) confirment que les réchauffements et refroidissements dépendent de paramètres astronomiques tels que l’activité solaire, les variations de l’ellipse de la terre et les modifications de l’inclinaison de son axe de rotation.

De nos jours comme au temps des dinosaures, le CO2 et la température moyenne sont des phénomènes indépendants l’un de l’autre.

Documents N°6 : Selon la NASA, la calotte polaire arctique évolue en fonction des années et des saisons

On est loin de la diminution catastrophique annoncée. Et si le passage du Nord-Ouest est parfois libre de glaces, Amundsen l’a déjà emprunté en 1905 !

Documents N°7 : Les écolos-barjots racontent qu’il va faire plus froid parce qu’il a fait plus chaud (sic) et que la banquise a fondu.

Or l‘Atlantique compte 354 700 000 Km3 d’eau et la banquise arctique seulement 1 370 000 Km3 soit 0,38 % .Un ratio négligeable.

En outre, s’il y avait une incidence sur la circulation thermohaline du Gulf Stream, des tropiques au pôle, ce seraient les côtes Nord Américaines qui seraient impactées et pas l’Europe.

Mieux encore, de 1997 à 2012, période où les médias réchauffistes se sont déchaînés pour convaincre les peuples de l’imminence de la catastrophe, justifiant taxes et pertes de libertés, la température moyenne mondiale est restée stable !

Documents N° 8 : Depuis 2 ou 3 ans, les réchauffards affirment que des pluies diluviennes en Europe seraient la conséquence du réchauffement !

Un graphe des précipitations mondiales de 1940 à 2019 dément catégoriquement ces oiseaux de mauvaise augure qui font toujours la loi chez Twitter.

Dans le même ordre d’idée, les falsificateurs du GIEC ont affirmé qu’en 2021 on avait connu les pires inondations jamais vues depuis l’an mil, alors que celles-ci étaient très inférieures à celles des siècles précédents, et tout particulièrement celles de 1651 quand il n’y avait pas de camions, d’avions et de centrales à neutrons pour faire chauffer le bocal de Sainte Greta des Enfumages. (Voir: Ce que le rapport du GIEC sur le climat ne vous dit pas – les 7 du quebec). 

Réchauffards, covidistes, immigrationneurs, même méthodes de crapules relayées par des imbéciles et des ignares !

Ils ne retiennent que les données qui vont dans leur sens, dénigrent celles qui les démentent en les traitant de « fakes », paradent dans les médias complices avec une componction de télé évangélistes, monopolisent le débat façon amphis trotskistes, et le verrouillent par le bannissement des dissidents et la censure des hérétiques. Tout en prétendant « défendre la démocratie ».

Sinon bonne nouvelle pour les vrais défenseurs de la nature, le nombre d’ours blancs a augmenté de 42 % depuis 2004.

Christian Navis

Climats sous influence (climatorealist.blogspot.com)

Pour la civilisation américaine, contre l’impérialisme américain

Par : Ysengrimus

James Dean rime pas avec John Wayne,
Saint-Denys Garneau est mort désossé…

Lucien Francoeur

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YSENGRIMUS — Un mot d’abord, pour faire changement, sur mon exergue ici. Ce sont des vers de Lucien Francoeur que l’on peut citer quand la question du recentrage socio-économique et de la déchéance impériale de l’Amérique est en cause. Hector de Saint-Denys Garneau (1912-1943), poète, peintre, homme grand, beau, riche, indolent, ayant tout pour lui, meurt pourtant à 31 ans des complications d’une maladie rhumatismale qui le laisse tout amaigri. Il est la grandeur fondamentale de l’Amérique, hautaine, fugitive, fragile et fatale… James Dean (1931-1955), bien, cela ne rime pas avec John Wayne (1907-1979)… Cela s’entend au son mais aussi au sens. Dean ado révolté mort jeune. Wayne cow-boy réac (genre Reagan) mort vieux. Trois pôles antinomiques du fait américain. La jeune Amérique meurt jeune. La vieille Amérique réactionnaire dure et dure. Sa dimension impériale s’enfle, sa dimension civilisationnelle se désosse. Il est plus que temps d’inverser ça un petit peu. Ça ne rime pas, et ne rime à rien.

Car maintenant, je vais vous dire un truc. Je ne crois pas vraiment à la connerie américaine et je suis aussi pro-américain pour l’intelligence sagace, la rouerie matoise, la lucidité, le réalisme, la richesse ethno-culturelle, la simplicité intellectuelle sans complexe, la saine et fluide cordialité, la langue bien pendue, la vis comica, la sagesse sourde de ce nouveau monde virulent, critique, souple et libre… que je suis anti-impérialiste (ce qui m’oblige à brasser les américains de temps en temps, si tant est qu’ils s’en soucient…). Les impérialistes américains sont fondamentalement bellicistes, militaristes, ploutocrates et bêtes (je vous passe les sempiternelles ritournelles des guerres de théâtres des temps passés et présents, Vietnam, Afghanistan etc…), ce sont leurs moyens titanesques qui, malgré la susdite bêtise et inénarrable incurie, les tiennent en place encore pour un temps. Et, par delà les fausses rédemptions politiciennes, l’intelligence des américains, qui est ailleurs, ne se mesure nullement à l’aune de la sottise épaisse de leur impérialisme… Je suis pour la civilisation américaine, contre l’impérialisme américain et archi-contre l’idée fixiste implicite que ces deux aspects sont inséparables. L’histoire est en train de mettre une cassure de plus en plus nette entre l’Amérique de demain et son impérialisme auto-sanctifié d’hier. Ça fait mal mais ça s’en vient. Nous, et notre bon voisinage tant mondial que panaméricain, nous en porterons tous beaucoup mieux quand ce divorce sera consommé. Un jour viendra…

Le détroit de Taiwan (photo satellite du UCLA Asia Institute)

L’impérialisme américain craque dans tous ses maillons. On nous bassine bien avec le Moyen-Orient mais des maillons faibles de l’impérialisme américain, il y en a d’autres, et pas des petits. Un cas d’espèce peu publicisé, par exemple, c’est celui de Taiwan. La Chine continentale monte en puissance et alors, comme par hasard, la tension taiwanaise rejaillit épisodiquement. Sauf que… attention ici. C’est chinois donc c’est subtil. Simplisme grossier s’abstenir. Lors de la première (1955) seconde (1958 – sous Eisenhower) et troisième (1995 – sous Clinton) crise du détroit de Taiwan, les porte-avions US se sont portés directement et concrètement au secours de la ci-devant République de Chine (Taiwan). De nos jours, on semble plutôt tendre à opter pour une formule plus ambivalente: on vous vend par avance du matos pour soldoques et bruits de bottes (terrestres – ceci N.B.), mes bons taiwanais, et négociez ensuite vos affaire par vous-même… entre vous, ni plus ni moins. Cette fois-ci, c’est cash & carry, donc, en fait. Signal implicite et feutré: ne comptez pas sur nous pour aller faire nager des brasses belliqueuses ou symboliques à nos flottes dans le détroit de Taiwan pour vous tirer de la nasse de ce siècle nouveau. Mon pronostic: sous couvert de les armer (un peu), les USA larguent en fait la République de CHINE ou CHINE nationaliste (Taiwan). Sous l’ergotage et le plastronnage à la Fonzie couve son contraire veule, la concession. Ce n’est pas du Eisenhower, ça. Je vous en passe mon carton. Pourquoi le nom très officiel de cette île est-il CHINE au fait… Demandez aux autorités de Pékin, ils vont bien éclairer votre lanterne sur la question. Chine ça veut dire Chine, non? C’est pas du chinois ça… On ne va pas faire péter la planète pour ça… C’est à suivre attentivement, cette montée toute ordinaire de la vraie de vraie Chine. La subreptice mise en place de l’Amérique post-impériale nage sinueusement, entre autres, dans le détroit de Taiwan… Oh, oh, je le redis. L’impérialisme américain a sauté par-dessus son requin en mer de Chine, et partout ailleurs. TO JUMP THE SHARK (sauter par-dessus le requin), cela fait référence au feuilleton HAPPY DAYS. Comme tous les feuilletons populaires de l’Amérique impériale, HAPPY DAYS s’amplifie, se magnifie, s’hypertrophie, en rajoute. Puis un beau jour de 1977, dans une scène restée iconique, on nous présente justement Fonzie (un des persos les plus populaires du feuilleton) sautant par-dessus un requin en skis nautiques. Fracture, perte subite de magie, yeux qui se dessillent. Là HAPPY DAYS a charrié trop loin et le saut de Fonzie au dessus du requin marque le moment où ce feuilleton, jadis plaisant, crédible et valide, bascule dans la pantalonnade, le ridicule, le grotesque, l’inepte, l‘incohérent. Et c’est le déclin irréversible dont la borne initiale est à jamais marquée par Fonzie sautant par dessus le requin en skis nautiques. Sauter par dessus le requin est aujourd’hui une expression idiomatique américaine encapsulant: «Charrier trop loin, dépasser les bornes du tolérable et entrer en déclin». L’impérialisme américain a sauté par-dessus son requin et c’est la civilisation américaine qui se prend tout le discrédit dans la gueule.

Traduction: «J’ai vu Fonzie sauter par-dessus le requin». Interprétation symbolique: j’ai vu le spectacle impérial US en faire autant…

Aussi, justement, conséquemment, de plus en plus, on va devoir observer l’Amérique avec d’autres lentilles. On va devoir l’appréhender non plus dans sa généralité impériale si flatulente mais bel et bien dans sa spécificité civilisationnelle si truculente. Cela nous obligera, par exemple, à observer mille particularités et curiosités, dont la suivante. L’impérialisme US, bouteur ne faisant habituellement pas dans la dentelle, s’est planté lamentablement dans l’exportation internationale d’un de ses objets culturels pourtant majeurs: ses sports. Le baseball, le football américain, le hockey sur glace, même le basketball, immenses pour les ricains, le reste de la planète s’en tape totalement ou quasi-totalement. Et le foot/soccer, qui est désormais LE sport universel, les ricains y perdent leur latin et s’y mettent tardivement et sans joie réelle. C’est quand même curieux, ça, quand on y songe une minute. Non-impérial en diable aussi, pour faire un peu changement. De fait, une part significative de la spécificité intellectuelle (notez ce mot) américaine se canalise dans ses sports. C’est que ceux-ci sont un trait tellement typiquement US… bien plus que la musique, la littérature et le reste. Le sportif américain est voué à sa non-universalité, ce qui place sa spécificité (folklorique et philosophique inclusivement) en un singulier et saisissant relief. Et j’en veux pour preuve ultime, le remarquable opus suivant: Yogi BERRA, The Yogi Book – I really didn’t say everything I said, Workman Publishing, New York, 1998, 127 p. La civilisation américaine non-impériale est là (entre autres) et nous attend, biscornue, sapientale et clownesque.

Peter Lawrence Berra dit Yogi Berra (1925-2015) fut receveur pour les mythiques Yankees de New York de 1946 à 1963. Il fut un de ces innombrables joueurs en pyjama rayé qui hantent le panthéon des figures incroyables du baseball majeur (il portait le numéro 8, retiré depuis, et, fait crucial, le personnage de dessin animé Yogi Bear fut nommé d’après lui, pas le contraire). Un mot brièvement sur sa fiche. Frappeur, Yogi Berra tint une moyenne au bâton très honorable de .285. Pour obtenir ce chiffre, au fait, vous divisez simplement le nombre de coups de bâtons fructueux par le nombre de présences au marbre. Si un joueur se présente au marbre 20 fois et frappe la balle correctement huit fois (8/20 soit 40%), il se retrouve avec une moyenne au bâton de .400 et… finit catapulté au Temple de la Renommée s’il tient cela en carrière (le monstrueux Babe Ruth, le titan des titans du baseball majeur tint une moyenne globale de .342). De plus, Yogi Berra cogna 359 coups de circuits en carrière (Babe Ruth en cogna 714). Encore une fois: honorable. En défensive, Yogi Berra fut un receveur talentueux qui, entre autres exploits, fut justement le receveur de la fameuse partie parfaite lancée par Don Larsen lors de la Série Mondiale de 1956 contre les Dodgers de Brooklyn. On aura compris qu’une partie parfaite se réalise quand, oh merveille, aucun des 27 frappeurs (3 par manche de jeu avec 9 manches dans une partie) de l’équipe adverse n’arrive à frapper la balle que vous lancez/recevez. Berra fut intronisé au Temple de la Renommée du Baseball Majeur en 1972. Après une carrière de gérant moins fructueuse s’étalant cahin-caha jusqu’en 1989, Yogi Berra prit une retraite paisible et l’affaire aurait pu en rester là, avec un mérite sportif aussi parfaitement incontestable que solidement circonscrit au petit monde des grands stades.

Yogi Berra, receveur de baseball et… réceptacle philosophique

Mais non, cet homme peu instruit, jovial, simple et spontané, allait devenir, presque sans s’en rendre compte et quasiment malgré lui, l’un des héros populaires les plus bizarres et les plus originaux de l’Amérique du 20ième siècle. Et qui plus est un héros intellectuel… En effet, Yogi Berra est à l’origine d’une série d’environ 70 aphorismes populaires (les fameux Yogismes, tous colligés dans le petit ouvrage que je vous mentionne ici) qui font de lui l’un des penseurs (absolument sans ironie) les plus cités par ses compatriotes. Son ami et ancien confrère avec les Yankees Joe Garagiola nous dit ceci, sur cette figure tellement, mais tellement éminement et fondamentalement américaine, dans la préface de l’ouvrage (je traduis – P.L.):

On peut bien rire et se prendre la tête quand Yogi dit quelque chose de curieux comme «Tant que c’est pas fini, c’est pas fini», mais vite on se rend compte que ce qu’il dit est tout à fait cohérent. Et on en vient à utiliser ses paroles nous-mêmes car, finalement, elles s’avèrent un mode d’expression parfaitement adéquat pour les idées spécifiques auxquelles nous pensons.

De fait, la clef du mystère des Yogismes, c’est la logique toute simple de Yogi. Il emprunte peut-être une route distincte de celle que nous emprunterions pour raisonner, mais sa route est la plus rapide et la plus vraie des routes. Ce que vous diriez en un paragraphe. Il le dit, lui, en une seule phrase.
(p. 5)

La transmission populaire des aphorismes de Yogi Berra, via un colportage oral et médiatique s’étalant sur plus d’un demi-siècle, avait, avant la publication de ce petit ouvrage définitif, connu un certain nombre de brouillages et de distorsions regrettables. On imputait à Yogi Berra toutes sortes de citations farfelues, peu cohérentes, souvent excessivement ridicules et clownesques, d’où le sous-titre de l’ouvrage: J’ai pas vraiment dit tout ce que j’ai dit (pour dire: je n’ai pas vraiment dit tout ce qu’on m’impute – mais le fait est que je reste quand même présent aux aphorismes qu’on m’impute et que je n’ai pas textuellement dit – Ouf, Joe Garagiola a raison, la formule de Yogi surprend, mais elle est bien plus rapide). Un petit nombre des aphorismes de Yogi Berra sont intraduisibles parce qu’ils jouent sur des effets de sens spécifiques à la langue anglaise. Mais la majorité d’entre eux se transpose parfaitement en français (ou dans toute autre langue), ce qui garantit sans conteste leur impact de sagesse. Citons-en six, sublimes :

Quand vous arrivez à une croisée des chemins, eh bien, prenez la
(p. 48)

Si le monde était parfait, il ne serait pas
(p. 52)

Si vous ne pouvez l’imiter, évitez donc de le copier
(p. 63)

On arrive à observer énormément simplement en regardant
(p. 95)

L’avenir n’est plus ce qu’il était
(pp. 118-119)

Tant que c’est pas fini, c’est pas fini
(p. 121)

Chacun des quelques 70 aphorismes est cité dans sa formulation propre et replacé dans le contexte verbal qui fut celui de son émergence spontanée initiale. L’ouvrage remarquable que je vous recommande ici se complète de la préface de Joe Garagiola (pp 4-5), d’une introduction très sympathique écrite par les trois fils Berra (pp 6-7), de photos et de commentaires d’amis et d’anciens collègues de ce surprenant philosophe vernaculaire. Et, pour le pur plaisir, une grande photo de famille nous présente (pp 124-125) les enfants et les petits enfant du Sage, avec un aphorisme numéroté par personne. C’est ainsi que l’on apprend qu’une de ses petites filles du nom de Whitney aurait dit un jour:

Comment puis-je la retrouver si elle est perdue?
(p. 125)

Eh bien… la sagesse inouïe de Yogi Berra, elle, n’est plus perdue. Ce petit ouvrage délicieux la retrouve. Et, justement, oh que justement, c’est toute l’Amérique cogitante qui y percole. Ne cherchons plus ses philosophes, ils sont à se courailler, en ricanant comme des sagouins et en pensant à leur manière, autour de tous les losanges de baseball, connus et méconnus, de ce continent incroyable… Alors? Alors, quand leurs grandes bourgeoisies criminelles et véreuses auront fini de tuer des gens inutilement pour engraisser leurs consortiums de pétrole et d’armes, les modestes représentants de la civilisation américaine ne vont pas se pulvériser. On saura bien les retrouver, pimpants, sagaces, toniques, naturels, contemplativement braqués sur