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Hier — 30 juin 2022Le Saker Francophone

La voix de la Russie. Commentaires sur le point de presse hebdomadaire de Maria Zakharova

Par : Wayan

Par Karlof1 − Le 29 juin 2022 − Source Moon of Alabama

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères

Une nouvelle gaffe de l’Occident, faite cette fois pendant la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, a été portée à l’attention des médias aujourd’hui lors du point de presse hebdomadaire de Maria Zakharova. La première partie détaille la gaffe et le placement délibéré d’armes et de lance-missiles à côté/au milieu de structures civiles par l’OTAN/Kiev. La deuxième partie explique la soit-disant crise alimentaire mondiale :

Le 28 juin de cette année, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU a été convoquée par la présidence albanaise, à la demande de Kiev, en rapport avec les frappes de missiles effectuées ces derniers jours sur des installations dans plusieurs villes d’Ukraine, dont la ville de Kremenchuk.

 

Les pays occidentaux, en violation de la pratique établie du Conseil de sécurité, ont fait pression pour que le président de l’Ukraine, V.A. Zelensky, participe à l’événement par liaison vidéo. Son rôle est clair. Il doit faire son show, donc son visage hypnotisé doit apparaître. Pourtant, il y a une semaine, la possibilité de participer au même genre de réunion, par liaison vidéo, a été refusée au ministre des Affaires étrangères de la République centrafricaine, S. Baipo-Temon. Serait-ce du racisme ? C’est-à-dire qu’on refuse à un représentant du continent africain ce qui est le droit d’une personne blanche ? C’est bien cela ? Dans quel siècle vivez-vous ? Comment se fait-il qu’une personne blanche puisse « entrer » dans la salle du Conseil de sécurité de l’ONU par liaison vidéo, mais pas un représentant du continent africain. S’agit-il d’une nouvelle forme de ségrégation ? Il n’y a jamais eu de racisme ni de traite des esclaves dans notre pays.

 

Notre pays a historiquement combattu ces phénomènes honteux dans le monde en prônant activement le processus de décolonisation. Il est inacceptable que cette logique néocoloniale domine encore, parce qu’une « poignée » de pays pense qu’elle peut dire aux gens qui peut participer à la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU et qui ne le peut pas ; qui mérite d’être connecté par liaison vidéo et qui ne le mérite pas. Je pense que ceux qui n’ont pas permis au représentant du continent africain de participer à la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU devraient s’expliquer sur cette question, et pourquoi un représentant de la « communauté occidentale » a eu cette possibilité et ce privilège.

 

De toute évidence, la tâche principale de Kiev était de surmonter la « fatigue » qui règne autour des problèmes ukrainiens et de créer un contexte favorable à l’augmentation de l’ampleur du soutien militaire des États occidentaux. Cependant, V.A. Zelensky n’a pas réussi à atteindre ses objectifs et à élever le « degré de discussion » au sein du Conseil, même après la présentation d’un autre produit de l’agit-propagande ukrainienne. Nous comprenons bien que toute cette histoire autour de Kremenchuk est clairement programmée pour coïncider avec le sommet de l’OTAN à Madrid. C’est très clair. Notre question s’adresse aux régimes occidentaux. En fait, pas tant à eux, ils ne diront jamais la vérité, mais à la société occidentale en premier lieu. Vous comprenez où sont stockées les armes fournies par le régime occidental. Dans l’ensemble, ces « mines » occidentales de toutes sortes (je le dis symboliquement) sont posées sous de l’infrastructure civile ou dans son voisinage immédiat. Pourquoi ? Le but est clair : s’en servir comme couverture. « la même barbarie du XXIe siècle ».

 

De notre côté, nous avons une nouvelle fois adressé une rebuffade décisive et argumentée aux attaques de Kiev, en fournissant une « chronologie » des activités, de la « fausse usine » ukrainienne aux « défenseurs ukrainiens » de l’île des Serpents, en terminant par le « tir de missile » sur la ville de Kremenchuk. Nous rappelons également que dans le cadre de l’opération militaire spéciale, les forces armées russes ne frappent pas de cibles civiles, et que le fait d’arroser le régime de Kiev d’armes ne peut qu’entraîner une nouvelle augmentation de la violence et des victimes.

Les Occidentaux ne seront jamais informés par leurs médias des doubles standards de leurs représentants au Conseil de sécurité des Nations unies. Le fait que le représentant militaire de l’empire américain soit un Afro-Américain rend l’affaire encore plus douloureuse pour tous les peuples de couleur précédemment colonisés. Et oui, un showman, une référence à la description de Lavrov d’hier. Quant à la fausse « crise alimentaire », elle n’existe qu’en raison des sanctions illégales qui sont malheureusement respectées par les nations alors qu’elles devraient être rejetées :

Les passions continuent autour du mythe artificiellement créé d’une apocalypse alimentaire mondiale, prétendument provoquée par la Russie en raison du blocus des céréales ukrainiennes. Le plus surprenant est que ni les chiffres, ni les faits, ni les données des organisations internationales, ni leurs propres données sur la production alimentaire des pays occidentaux, ne le confirment. Rien n’est pris en compte lors de la reproduction de ce mythe. Le « tableau » est dressé, les thèses consignées dans les manuels sont envoyées. Pas un seul fait de nature globale, avec les chiffres de la production alimentaire, ni les faits d’approvisionnement en céréales des pays occidentaux ne peuvent interrompre cette campagne de désinformation. Cette mise en scène a acquis une dimension mondiale.

 

Voici les déclarations scandaleuses et inacceptables de la ministre allemande des Affaires étrangères, Anna Berbok, qui a dit : « La Russie utilise très consciemment la faim comme une arme de guerre et prend le monde entier en otage. » Non seulement elle ment, mais elle ment effrontément et cyniquement. A. Berbok fait tout pour faire oublier que c’est son pays qui, historiquement, a utilisé la faim comme une arme et pris des gens en otage, détruisant la population civile et voulant effacer notre pays de la surface de la terre.

 

Répétons-le une fois de plus : La Russie n’empêche pas l’exportation de céréales depuis le territoire de l’Ukraine. Le ministère russe de la Défense ouvre chaque jour des couloirs sécurisés, en informe tous les partenaires et l’Organisation maritime internationale. Nous sommes prêts à assurer le passage des navires marchands étrangers du Bosphore vers les eaux territoriales ukrainiennes et inversement. Cela a été dit à plusieurs reprises à tous les niveaux. Bien sûr, à condition qu’ils soient inspectés pour vérifier l’absence de produits militaires et empêcher leur escorte par des navires de guerre, des avions et des drones étrangers.

 

Qu’est-ce qui empêche réellement l’exportation de céréales ukrainiennes ? Ce sont aujourd’hui les autorités ukrainiennes elles-mêmes qui l’entravent, car elles sont chargées d’assurer la sécurité du passage des navires marchands dans ses eaux territoriales en les déminant ou en les escortant en toute sécurité.

 

En outre, la Russie est prête à exporter des dizaines de millions de tonnes de ses propres céréales si les interdictions occidentales sont levées pour leur exportation. De quoi l’Occident s’inquiète-t-il ? Du fait qu’il n’y ait pas de famine dans le monde ? Alors arrêtez de bloquer l’approvisionnement en nourriture, ce que font Washington, Bruxelles et Londres. Je vous rappelle que les interdictions occidentales concernent : les escales de navires dans les ports russes, l’entretien des navires russes dans les ports étrangers, l’assurance du transport maritime et les transferts bancaires. Tout a été fait pour aggraver artificiellement la situation.

 

Mais cela est fait par Washington, Londres et Bruxelles. Malheureusement, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’UE ne sont pas prêts à assumer la responsabilité de leurs propres actes, même pour éliminer le risque de faim dans le monde, dont ils parlent tant. Des conférences sont organisées sur la manière d’éviter la faim sur la planète Terre. Les mêmes personnes qui élaborent de nouvelles mesures restrictives de nature logistique, financière et économique discutent intelligemment à la table des négociations de ce qu’il convient de faire pour que la nourriture soit librement acheminée vers toutes les parties de notre planète. De quoi s’agit-il ? De cynisme ? De stupidité ? D’insolence ?

 

Il me semble qu’il s’agit plutôt d’un crime de nature universelle, dont quelqu’un doit certainement être responsable. Comme cela a toujours été le cas avec ce que les régimes occidentaux ont voulu cacher ou voiler et ce qui est devenu l’état de l’opinion publique. Maintenant, cela se passe très vite. Il n’y aura pas besoin d’attendre dix, cinq ans, ou même un an. Nous apprendrons la vérité sur qui et comment cette apocalypse alimentaire de notre planète a été fabriquée. Nous savons que c’est l’œuvre des régimes occidentaux. Il y a des noms précis. Je pense que nous les découvrirons bientôt.

Il semble probable que la Russie réunira son propre tribunal international pour poursuivre ces criminels et leurs complices, car ce qui est à la base de la « rébellion de Poutine », c’est la nécessité de rétablir le droit international et de l’utiliser pour tenir les contrevenants responsables, ce qui a été à peine fait à Nuremberg et pas du tout par l’Occident pour les crimes du Japon. Oui, je pense qu’il y aura un Grand Tribunal, et je ne pense pas que les Russes bluffent lorsqu’ils parlent de sa nécessité.

Posté par karlof1 dans la section commentaire du blog Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Voici comment les esprits sont manipulés

Par : Wayan

Par Caitlin Johnstone – Le 24 Juin 2022

Tous les pires problèmes de notre monde sont créés par les puissants. Les puissants continueront à créer ces problèmes jusqu’à ce que les gens ordinaires utilisent leur nombre supérieur pour les arrêter. Les gens ordinaires n’utilisent pas leur supériorité numérique pour arrêter les puissants parce que ces derniers manipulent continuellement la compréhension que les gens ont de ce qui se passe.

Les humains sont des créatures qui se racontent des histoires. Si vous pouvez contrôler les histoires que les humains se racontent sur le monde, vous contrôlez les humains et vous contrôlez le monde.

La narration mentale joue un rôle extrêmement important dans l’expérience humaine ; si vous avez déjà essayé de calmer votre esprit en méditation, vous savez exactement de quoi je parle. Les récits de pensée babillards dominent notre expérience de la réalité. Il est donc logique que si vous pouvez influencer ces histoires, vous influencerez effectivement l’expérience de la réalité de quelqu’un.

Les puissants manipulent les récits dominants de notre société d’environ cinq manières principales : la propagande, la censure, la manipulation des algorithmes de la Silicon Valley, le secret gouvernemental et la guerre contre le journalisme. Comme les doigts d’une main, ils sont distincts les uns des autres et jouent chacun leur propre rôle, mais ils font tous partie de la même chose et travaillent ensemble vers le même objectif. Ce ne sont que des aspects différents du système de contrôle narratif de l’empire centralisé étasunien.

  1. Propagande

Tout le monde est contre la guerre jusqu’à ce que la propagande de guerre commence.

« Personne ne se considère comme un belliciste, mais la machine à propagande se met en marche et, avant même de s’en rendre compte, les gens débitent les slogans pour lesquels ils ont été programmés. https://t.co/lLnPVlfyfK

– Caitlin Johnstone ⏳ (@caitoz) 27 avril 2022

La propagande est le système de création de narratives de l’empire. Alors que les quatre autres éléments du contrôle narratif impérial visent surtout à empêcher les récits gênants de circuler, la propagande est le moyen par lequel l’empire génère les récits qui lui sont profitables.

Ce dirigeant étranger est un dictateur et doit être écarté. Ce politicien dérangeant est sinistre d’une certaine manière et ne doit pas être autorisé à diriger. Votre gouvernement aime les droits de l’homme et toutes ses guerres sont humanitaires. Le vote fonctionne. Le capitalisme est génial. Vous pouvez nous faire confiance, nous sommes les gentils.

Vous verrez des variations de ces récits et d’autres similaires, produits jour après jour par les médias grand public et Hollywood. La riche classe des propriétaires de médias protège ses propres intérêts de classe en engageant des cadres dont la vision du monde correspond à la sienne, et ces cadres engagent des subordonnés ayant la même vision du monde, qui engagent leurs propres subordonnés ayant la même vision du monde, et avant que vous ne le sachiez, vous avez devant vous un conglomérat de médias rempli de personnes qui soutiennent toutes la politique du statu quo de la classe des propriétaires de médias, dont les royaumes sont construits sur ce statu quo.

En fait, ces institutions médiatiques géantes sont tellement investies dans la protection du statu quo qu’elles ont un très grand degré de chevauchement avec d’autres institutions responsables du maintien du statu quo impérial, comme le cartel du renseignement américain. La presse est aujourd’hui peuplée d’« anciens » agents des services de renseignement, et chaque fois qu’une agence de renseignement souhaite faire publier un récit, il suffit qu’un agent ou un mandataire le chuchote à un journaliste de la presse grand public, qui répète alors, sans esprit critique, ce récit déguisé en article.

Dans ce système, on ne dit pas explicitement aux journalistes de produire de la propagande pour protéger le pouvoir du statu quo. Ils comprennent intuitivement le genre de reportage qui sera publié et qui leur vaudra des félicitations dans la salle de rédaction, par rapport à celui qui sera mal vu et fera stagner leur carrière. S’ils n’apprennent pas à naviguer dans le système de cette manière, vous n’entendrez tout simplement jamais parler d’eux, car leur carrière s’étiolera.

  1. La censure

La censure en ligne s’intensifie

« YouTube a supprimé des vidéos contestant le récit du gouvernement américain sur les crimes de guerre russes à Bucarest. https://t.co/M7zupF8AMa

– Caitlin Johnstone ⏳ (@caitoz) 15 avril 2022

La propagande vise à mettre en avant les récits favorables à l’empire oligarchique, tandis que la censure a pour but de maintenir les récits défavorables loin de la vision publique. Nous l’avons vu depuis longtemps dans la façon dont les médias de masse refusent tout simplement de donner une plateforme ou une voix aux critiques du capitalisme et de l’impérialisme, mais la gestion impériale des récits a nécessité un tout nouvel ordre de censure depuis que l’accès à Internet est devenu largement disponible.

Parce que la capacité généralisée de partager des idées et des informations constitue une menace majeure pour le contrôle narratif impérial, les gestionnaires de l’empire se sont efforcés de normaliser et d’étendre la censure sur des plateformes Internet comme Google/YouTube, Meta/Facebook/Instagram et Twitter. Tout espace en ligne où un grand nombre de personnes se rassemblent subira la pression du gouvernement américain pour supprimer un spectre de plus en plus large de contenus au nom de la sécurité publique, de la sécurité des élections, de la lutte contre un virus ou simplement pour empêcher les gens d’avoir de mauvaises pensées sur une guerre.

Tous les mois depuis les élections américaines de 2016, on nous donne une nouvelle raison de renforcer la censure sur Internet, qui est toujours suivie d’une purge géante des contenus nouvellement interdits et des comptes qui les ont créés. Cette tendance s’est intensifiée de façon spectaculaire avec la guerre en Ukraine, où pour la première fois, on ne prétend pas que le contenu est censuré pour protéger l’intérêt public ; il est simplement censuré parce qu’il n’est pas en accord avec ce que les institutions gouvernementales et médiatiques occidentales nous disent.

  1. La manipulation des algorithmes de la Silicon Valley

La manipulation des algorithmes de la Silicon Valley est la seule chose qui maintient les médias traditionnels en vie.

Les récentes déclarations du PDG de YouTube mettent en évidence la façon dont les géants technologiques de la Silicon Valley utilisent les algorithmes pour renforcer la propagande des médias dominants et supprimer les contenus indépendants. https://t.co/rJRkSmydUG

– Caitlin Johnstone ⏳ (@caitoz) 3 mai 2021

Celui-ci concerne à la fois la propagande et la censure, car il facilite les deux. Des responsables de la Silicon Valley ont admis avoir manipulé leurs algorithmes pour s’assurer que les médias indépendants ne soient pas beaucoup vus, tout en élevant artificiellement les publications en ligne des médias de masse au motif qu’ils sont des « sources d’information faisant autorité », malgré le fait que ces « sources faisant autorité » nous ont menti à propos de chaque guerre.

Les manipulations d’algorithmes de la Silicon Valley font plus de dégâts que les formes manifestes de censure en ligne, car leurs conséquences sont beaucoup plus étendues et parce que les gens ne s’en rendent même pas compte. Lorsque Google a modifié ses algorithmes pour que les médias de gauche et les médias anti-guerre soient classés beaucoup plus bas qu’auparavant dans les résultats de recherche, il a influencé la façon dont des millions de personnes s’informent sur les questions les plus importantes dans le monde. Et presque personne n’a jamais su que cela s’était produit.

Si les géants de la technologie n’avaient pas dirigé artificiellement le trafic vers les médias approuvés par l’empire, ces médias auraient probablement déjà fermé leurs portes. Nous avons vu une illustration claire du mépris du public pour les médias de masse lorsque le service de streaming payant CNN+ a été contraint de fermer ses portes 30 jours seulement après son lancement, alors qu’il ne parvenait même pas à maintenir 10 000 spectateurs quotidiens. Les gens ne consomment pas les grands médias d’information à moins qu’ils ne leur soient imposés.

[De même Facebook manipule ses algorithmes pour qu’un post non politiquement correct n’apparaisse pas sur le fil de discussion des amis. C’est une censure dont celui qui poste ne se rend pas compte puisque son post n’a pas été officiellement censuré mais mis simplement au rencard en n’étant pas repris sur le fil de discussion des amis. NdT]

  1. Le secret gouvernemental

Le seul obstacle à un monde sain est le secret gouvernemental et la propagande.

« Si les gens au pouvoir n’étaient plus capables de cacher des secrets et de raconter des mensonges sur ce qui se passe dans le monde, tous nos problèmes majeurs prendraient fin. https://t.co/NIWdBpY4Jn

– Caitlin Johnstone ⏳ (@caitoz) 21 juillet 2020

Comme la censure, le secret gouvernemental est une autre façon pour l’empire d’empêcher les récits gênants d’entrer dans la conscience publique. En classant les informations sur la base de la « sécurité nationale », l’empire empêche les récits non autorisés avant même qu’ils ne prennent leur envol. Comme l’a dit Julian Assange, « L’écrasante majorité des informations sont classifiées pour protéger la sécurité politique, pas la sécurité nationale. »

La quantité de pouvoir que vous avez devrait être inversement proportionnelle à la quantité de vie privée que vous obtenez. Dans une société saine, les gens ordinaires bénéficieraient d’une totale confidentialité vis-à-vis du gouvernement, tandis que les responsables gouvernementaux devraient devoir être totalement transparents sur leur vie, leurs finances et leur comportement. Dans notre société, c’est exactement l’inverse : les gens sont surveillés et contrôlés tandis que les personnes au pouvoir cachent de vastes quantités d’informations derrière les murs de l’opacité gouvernementale.

Ils cachent tout ce qu’ils font à la vue du public, et lorsque les gens commencent à faire des suppositions sur ce qu’ils pourraient faire derrière le voile du secret gouvernemental, ils se font traiter « d’adeptes des théories du complot ». Il n’y aurait pas besoin de former des théories du complot s’il y avait une transparence totale pour les puissants, mais bien sûr, cela entraverait considérablement la capacité des puissants à conspirer.

Ils prétendent avoir besoin du secret gouvernemental pour éviter de donner un avantage à l’ennemi en temps de guerre et de conflit, mais en réalité ils ont besoin du secret gouvernemental pour déclencher des guerres et des conflits.

  1. La guerre contre le journalisme

Assange accomplit son travail le plus important à ce jour

Aussi importantes que soient ses publications WikiLeaks, aucune n’a autant exposé la dépravation de l’empire que le fait de les forcer à nous regarder dans les yeux et à nous dire qu’ils extraderont un journaliste pour avoir dit la vérité. https://t.co/Qr3KVqH0TP

– Caitlin Johnstone ⏳ (@caitoz) 18 juin 2022

Enfin, afin de contrôler efficacement les récits dominants sur le monde, l’empire doit mener une guerre contre le journalisme désobéissant. Nous avons vu cela se dérouler de diverses manières au fil des ans, mais actuellement, aucune n’est aussi claire que la persécution de Julian Assange par l’empire américain.

L’objectif de l’affaire Assange est d’établir un précédent juridique pour l’extradition de tout journaliste ou éditeur du monde entier qui tente de contourner le secret du gouvernement américain. Une fois qu’un précédent a été créé et que le consentement a été fabriqué, la guerre contre le journalisme peut vraiment commencer.

Ces cinq points sont utilisés pour contrôler la façon dont les gens voient, pensent et parlent de leur monde, contrôlant ainsi leur façon d’agir et de voter à grande échelle. Cela permet aux puissants de maintenir une population entièrement asservie qui ne cherche jamais à échapper à son asservissement, car elle pense être déjà libre.

Caitlin Johnstone

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

L’inflation va priver de nombreux Américains de logement et les conduire à dormir dehors

Par : hervek

Par Brandon Smith − Le 4 juin 2022 − Source Alt-Market

L’un des aspects les plus préjudiciables d’une crise inflationniste ou stagflationniste est que, dans la plupart des cas, les coûts du logement ont tendance à augmenter alors que les ventes de logements diminuent.

Cela peut sembler contre-intuitif ; on pourrait supposer que les prix devraient baisser à mesure que les ventes diminuent, mais c’est le monde à l’envers de l’inflation. Certaines marchandises et certains produits, généralement des produits de première nécessité, voient presque toujours leur prix monter en flèche, ce qui finit par écarter complètement la plupart des familles américaines du marché.

L’une des seules exceptions à cette règle est lorsque le gouvernement institue un contrôle des loyers ou des prix. Dans l’Allemagne de Weimar, par exemple, le gouvernement a appliqué des contrôles réglementaires stricts aux propriétaires, fixant le loyer à un taux qui rendait les profits impossibles.

La crise du logement de Biden

Cette situation peut sembler familière : au plus fort de la pandémie de Covid, l’administration Biden a instauré un long moratoire sur les expulsions, ce qui a empêché de nombreux propriétaires de percevoir les loyers qui leur étaient dus. Les propriétaires ne pouvaient pas remplacer les locataires défaillants par des personnes prêtes à payer à temps, ce qui a entraîné une charge financière massive pour les propriétaires de toute l’Amérique.

Les effets de cette situation ont été préjudiciables à l’économie américaine et surtout au marché locatif.

Comment ? Le moratoire a fait prendre conscience aux propriétaires qu’ils pouvaient être limités unilatéralement dans leur activité. On pourrait les empêcher de percevoir les loyers dus par les locataires sous contrat tout en les obligeant à payer les taxes et les frais d’entretien de ces mêmes propriétés.

L’ensemble du marché locatif est devenu un jeu à somme nulle. En réaction, les propriétaires ont commencé à vendre leurs propriétés supplémentaires en masse au lieu de les louer.

Comme vous pouvez vous y attendre, cela a entraîné une pénurie de logements à louer dans de nombreuses régions du pays. Lorsque l’offre est limitée, qu’est-ce que l’économie de base nous dit qu’il doit se passer ? Le moratoire sur les expulsions a directement entraîné une hausse des prix des quelques logements encore disponibles.

Mais ce n’est pas seulement la réduction de l’offre qui a provoqué la hausse des prix.

Les propriétaires encore disposés à louer des biens dans le cadre du moratoire sur les expulsions ont dû augmenter leurs prix pour compenser les risques supplémentaires qu’ils prenaient dans un marché où les règles ont soudainement changé. En imposant le moratoire sur les loyers, Biden a aggravé une crise du logement déjà existante.

Qui profite de cette crise fabriquée ?

Un autre facteur à prendre en compte est le suivant : qui étaient les acheteurs de bon nombre de ces propriétés soudainement mises en vente ?

Des conglomérats massifs comme Blackstone et Blackrock sont de plus en plus impliqués dans le marché du logement depuis le crash de 2008.

Bien que Blackrock prétende ne pas être impliqué dans le marché du logement individuel, il travaille en étroite collaboration avec des entreprises qui sont impliquées, en achetant plusieurs maisons et des paquets de prêts hypothécaires en difficulté.

Blackstone a continué à acheter des maisons en gros au cours de la dernière décennie, retirant des propriétés du marché pendant un certain temps. Ces achats en masse donnent au public l’impression que les ventes locales sont « chaudes » et que le marché est florissant. Comme on peut s’y attendre, ces actions poussent les prix à augmenter encore plus pour répondre à cette demande artificielle.

Actuellement, les prix de vente médians des maisons ont grimpé en flèche pour atteindre des sommets historiques en l’espace de quelques années – une hausse de 30 % coïncidant avec le début de la panique de Covid.

Une partie de l’inflation des prix peut être attribuée à l’importante migration des Américains vers les États bleus pour échapper aux restrictions Covid draconiennes et aux impôts élevés, mais cette migration est maintenant terminée. Les ventes de logements sont en train de retomber sur terre. Pourtant, les prix restent plus élevés que ce que la famille moyenne peut se permettre.

L’inflation du logement dépasse de loin les salaires

En 2022, le coût médian d’une maison aux États-Unis est désormais de 428 000 dollars. L’Américain moyen gagne environ 50 000 dollars par an ou moins, ce qui le place bien en dehors du marché actuel.

En ce qui concerne les locations, le coût moyen aux États-Unis a explosé, passant à 1 300 dollars par mois pour les personnes qui restent ancrées à un endroit, et à 1 900 dollars par mois pour les personnes qui déménagent. Cette moyenne est bien sûr en partie poussée à la hausse par les prix ridiculement élevés dans les grandes villes côtières comme San Francisco (hausse de 22 % par rapport à l’année précédente), Los Angeles (hausse de 297 % depuis janvier 2000) et New York (hausse de 159 % des prix des logements depuis janvier 2000).

Aujourd’hui, un individu doit gagner au moins 20 dollars de l’heure pour s’offrir un appartement d’une chambre à coucher. Il faut savoir que plus de 30 % des Américains sont payés moins de 15 dollars de l’heure (avant impôts).

Près de la moitié de la population américaine ne gagne pas assez d’argent pour entretenir un appartement d’une chambre à coucher. La grande majorité des Américains se trouveront dans l’impossibilité d’acheter une maison aux prix actuels.

En moyenne, un salaire annuel de 105 000 $ est recommandé avant de contracter un prêt hypothécaire pour une maison de 350 000 $. Et n’oubliez pas qu’à mesure que la crise de l’inflation s’accélère, la Réserve fédérale augmentera les taux d’intérêt, ce qui fera grimper le coût des prêts hypothécaires. Où cela nous mène-t-il ? La situation ne fait qu’empirer à partir de maintenant.

Quelle sera la prochaine étape ?

Les acheteurs de maisons qui attendent que les prix baissent en même temps que les ventes risquent d’attendre un certain temps. Cela pourrait changer SI le gouvernement applique un contrôle des prix des logements. Il est vrai que c’est très improbable.

Je pense qu’il est plus probable qu’à mesure que l’inflation augmente, le gouvernement gèle les loyers mensuels, mais pas les prix des logements eux-mêmes.

Cela dit, s’il y avait un autre moratoire sur les expulsions ou un gel des loyers, les propriétaires vendraient probablement leurs propriétés en masse une fois de plus pour éviter les taxes et les dépenses sur des investissements qui ne leur rapportent rien. Cela pourrait entraîner une baisse plus importante des prix, mais là encore, je ne retiendrais pas mon souffle.

Une solution au problème du logement serait un moratoire sur les achats de maisons par les entreprises. Cela limiterait les fonds spéculatifs et les banques d’investissement à spéculer sur les propriétés industrielles et commerciales.

Personnellement, je n’aime pas que le gouvernement s’insinue dans les affaires, mais peut-être est-il préférable d’empêcher les conglomérats d’acheter des maisons américaines et de faire grimper les prix que d’empêcher les propriétaires de percevoir des loyers ? Nous devons également envisager la possibilité très réelle que les sociétés mondiales qui dévorent le marché immobilier américain fassent partie d’un programme calculé pour rendre le logement cher.

Les explosions de prix causées par l’inflation comme celle que nous connaissons aujourd’hui durent souvent de nombreuses années, parfois une décennie ou plus. Lorsque le marché immobilier finira par se dégonfler, ce ne sera que sous l’effet d’une instabilité économique radicale. À ce moment-là, les gens auront des préoccupations bien plus importantes que de savoir s’ils peuvent contracter un prêt hypothécaire. (Note : Birch Gold a publié de nombreux articles sur la dernière bulle immobilière et les forces qui la sous-tendent).

Les droits de propriété et la propriété sont un des principaux piliers d’une société libre. Lorsque la propriété est reléguée à la classe moyenne supérieure et aux riches, il en résulte un déclin social inévitable vers diverses formes de féodalisme ou de socialisme.

Pour ceux qui ont des ambitions autoritaires, l’inflation du logement est une aubaine. Le sans-abrisme nourrit le genre de désespoir qui pousse le public à soutenir les actions totalitaires. Ils finiront peut-être par vous fournir un logement, mais ce sera à un prix terriblement élevé.

La dernière chose que toute personne de bon sens souhaite est que le gouvernement devienne son propriétaire par défaut. Il est très difficile de défier les abus du gouvernement lorsque celui-ci contrôle le toit au-dessus de votre tête.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

À partir d’avant-hierLe Saker Francophone

L’Empire va étendre l’OTAN en réponse à une guerre causée par l’expansion de l’OTAN

Par : Wayan

Par Caitlin Johnstone – Le 29 Juin 2022

Le président turc Erdoğan a officiellement retiré l’objection d’Ankara à l’ajout de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, les trois pays ayant signé un mémorandum trilatéral lors du sommet de l’OTAN à Madrid.

La levée de l’objection d’Erdoğan aurait été obtenue grâce à d’importantes concessions de la part des deux autres pays, largement destinées à faciliter le conflit en cours entre la Turquie et les factions kurdes régionales, et elle lève le dernier obstacle à l’entrée de la Finlande et de la Suède dans le processus d’adhésion à l’OTAN. L’adhésion de la Finlande fera plus que doubler la taille de la frontière directe de l’OTAN avec la Russie, une préoccupation majeure de Moscou en matière de sécurité nationale.

« La Suède et la Finlande ont rapidement posé leur candidature à l’OTAN à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, renversant des décennies de politique de sécurité et ouvrant la porte à la neuvième expansion de l’alliance depuis 1949« , rapporte Axios.

Ainsi, l’empire occidental va à nouveau étendre l’OTAN en réponse à une guerre qui a été principalement causée par l’expansion de l’OTAN. Brillant.

Biden déclare que les États-Unis vont renforcer leur présence militaire en Europe alors que le sommet de l’OTAN débute à Madrid

 

L’OTAN doit se mettre d’accord sur une expansion de ses forces en Europe de l’Est.

 

par Dave DeCamp@DecampDave #NATO #NATOSummit #Ukraine #Russie #Europe https://t.co/JBMKIQh9UI pic.twitter.com/EkBjhvym9m

– Antiwar.com (@Antiwarcom) 28 juin 2022

Biden Says US Will Beef Up Military Presence in Europe as NATO Summit Begins in Madrid
NATO is set to agree on an expansion of its forces in Eastern Europe
by Dave DeCamp@DecampDave #NATO #NATOSummit #Ukraine #Russia #Europe https://t.co/JBMKIQh9UI pic.twitter.com/EkBjhvym9m

— Antiwar.com (@Antiwarcom) June 28, 2022

Lors du même sommet de l’OTAN, le président Biden a annoncé des plans pour renforcer la présence militaire américaine en Europe, en réponse à la guerre en Ukraine.

« S’adressant au Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, Biden a déclaré que les États-Unis allaient augmenter le nombre de destroyers de l’US Navy stationnés sur une base navale à Rota, en Espagne, de quatre à six« , rapporte Dave DeCamp d’Antiwar. « Le président a déclaré qu’il s’agissait de la première des multiples annonces que les États-Unis et l’OTAN feront lors du sommet sur l’augmentation de leurs forces en Europe, des mesures prises en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. »

Cette nouvelle est publiée alors qu’un nouveau rapport de CNN nous apprend que l’administration Biden ne croit pas que l’Ukraine ait la moindre chance de gagner cette guerre, mais qu’elle ne veut toujours pas encourager un quelconque règlement négocié pour mettre fin à l’effusion de sang.

De CNN :

Les responsables de la Maison Blanche ne croient plus que l’Ukraine puisse un jour reprendre toutes les terres qu’elle a perdues au profit de la Russie au cours des quatre derniers mois de guerre, ont déclaré des responsables américains à CNN, même avec les armes lourdes et sophistiquées que les États-Unis et leurs alliés prévoient d’envoyer.

 

Les conseillers du président Joe Biden ont commencé à débattre en interne de la manière dont le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, devrait modifier sa définition d’une « victoire » ukrainienne, en tenant compte de la possibilité que son pays soit irréversiblement rétréci. Des responsables américains ont souligné à CNN que cette pessimiste évaluation ne signifie pas que les États-Unis envisagent de faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle fasse des concessions territoriales officielles à la Russie afin de mettre fin à la guerre.

Cela confirmerait ce que je dis, comme beaucoup d’autres, depuis l’invasion de la Russie : cette guerre par procuration est menée non pas dans l’intention de sauver des vies ukrainiennes en infligeant une défaite rapide à Moscou, mais dans l’intention de créer un bourbier militaire coûteux et épuisant pour affaiblir la Russie sur la scène mondiale.

Ceci est confirmé par un nouveau rapport de Politico disant que le Premier ministre britannique Boris Johnson a découragé le président français Macron de faciliter un accord de paix négocié entre Moscou et Kiev, ce qui confirmerait un rapport antérieur des médias ukrainiens selon lequel Johnson avait découragé le président Zelensky d’un tel accord lors de sa visite à Kiev en avril.

Cela confirme l’histoire de la Pravda ukrainienne d’il y a quelques mois. Les élites politiques anglophones ne veulent pas que cette guerre se termine tant qu’elles n’ont pas estimé qu’assez de Russes aient été tués pour mettre la Russie à genoux en tant que rivale – peu importe le nombre de morts ukrainiens nécessaires pour y parvenir.

 

https://t.co/alKLzwy7DF

– Mark Ames (@MarkAmesExiled) 27 juin 2022

 

Confirms that Ukrainian Pravda story from a couple of months ago. Angloid political elites don't want this war to end until they're satisfied enough Russians are killed to kneecap Russia as a rival—no matter how many dead Ukrainians it takes to do so.https://t.co/alKLzwy7DF

— Mark Ames (@MarkAmesExiled) June 27, 2022

Ces révélations émergent au lendemain de l’aveu par des responsables occidentaux que l’Ukraine grouille de personnel de la CIA et d’agents des forces spéciales des États-Unis et d’autres pays de l’OTAN.

« Comme d’habitude, il semble que l’administration veuille avoir le beurre et l’argent du beurre : assurer au peuple américain qu’elle se « retient » et que nous ne sommes « pas en guerre » contre les Russes, mais faire tout sauf planter un soldat américain et un drapeau à l’intérieur de l’Ukraine« , écrit Kelley Beaucar Vlahos de Responsible Statecraft à propos de cet aveu. « Les Russes pourraient ne pas voir la distinction et considérer cette nouvelle comme une preuve supplémentaire que leur guerre est plus contre Washington et l’OTAN que contre l’Ukraine. »

L’empire est guidé par si peu de sagesse dans ses escalades contre la Russie que le Congrès américain pousse maintenant à l’acquisition de coûteux missiles de croisière nucléaires installés sur les navires de ses forces navales, même si la marine américaine leur dit qu’elle ne veut pas de ces armes et n’en a pas l’utilité.

De toute façon, prenez-les ces armes nucléaires. Quel mal pourrait arriver ?

Aujourd’hui, dans notre budget extrêmement rationnel du Pentagone : Le Congrès finance une arme nucléaire dont la Marine ne veut même pas.

 

https://t.co/aOndUGdqDI

– John Carl Baker (@johncarlbaker) 28 juin 2022

 

https://twitter.com/johncarlbaker/status/1541816394060275712?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1541816394060275712%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fcaitlinjohnstone.com%2F2022%2F06%2F29%2Fempire-to-expand-nato-in-response-to-war-caused-by-nato-expansion%2F

Nous devons vraiment commencer à prendre au sérieux la possibilité qu’une arme nucléaire puisse exploser à la suite d’un malentendu ou d’un dysfonctionnement au milieu du chaos et de la confusion de toutes ces escalades frénétiques et stupides et conduire à un échange qui mettrait fin à notre monde entier. Cela a failli se produire à plusieurs reprises au cours de la dernière guerre froide, et il n’y a aucune raison rationnelle de croire que nous aurons de nouveau de la chance.

Le seul plan d’action sain ici est la désescalade et la détente, et tous les acteurs majeurs de ces escalades sont dirigés dans la direction exactement opposée.

C’est bien plus dangereux que ce que la plupart des gens se permettent d’envisager. C’est soutenue par le cloisonnement psychologique, l’évitement émotionnel et un profond manque de sagesse.

Comme l’a récemment fait remarquer David S. D’Amato, « Si notre espèce trouve un moyen de survivre dans un avenir lointain, nos descendants considéreront le moment présent comme un échec de justesse ; ils se diront : « Ouah, c’était moins une ». Comment convaincre les gens au pouvoir de préserver cet avenir ? »

Caitlin Johnstone

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Les nouvelles règles de la Russie

Par : Zineb

Par Tom Luongo – Le 17 juin 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

La Russie en a fini avec l’Occident. Le divorce est presque consommé. Ces derniers jours, tous les grands dirigeants russes nous ont dit la même chose : « L’Occident va jouer selon nos règles maintenant. »

Vous pouvez décider par vous-mêmes que la Russie est en train de faire des chèques qu’elle ne peut pas payer, mais comme l’a dit le ministre des affaires étrangères Sergei Lavrov à la BBC, « Nous ne nous soucions pas de l’opinion de l’Occident ».  Lavrov a toujours incarné la politesse et la discrétion lorsqu’il traite avec les médias européens.

Son hostilité ouverte envers son intervieweur de la BBC n’était pas seulement palpable, elle était difficile à contredire. Il a enchaîné avec :

« Je pense qu’il n’y a plus aucune marge de manœuvre » , a répondu Lavrov. « Parce que tant [le Premier ministre Boris] Johnson que [la ministre des Affaires étrangères Liz] Truss disent publiquement : ‘Nous devons vaincre la Russie, nous devons mettre la Russie à genoux’. Alors, allez-y, faites-le. »

Les dirigeants russes ne s’expriment jamais en termes aussi directs. C’est presque comme si Lavrov reprenait les paroles de l’humoriste Dennis Miller qui disait : « Passe à l’action et saute » .

Voyez où cela vous mène.

La Russie sait que l’Occident est dans les cordes. Nous avons besoin de ce qu’ils produisent et, maintenant, ils sont déterminés à fixer les règles pour savoir qui les obtient et à quel prix. Elle sait que les dirigeants européens sont des marionnettes actionnées par Klaus Schwab.

Et elle sait que Davos n’aura aucune influence sur les actions de la Russie, à partir de maintenant.

Ce qui m’amène aux déclarations d’Alexei Miller, PDG de Gazprom, qui s’est exprimé devant un public au Forum d’investissement économique de Saint-Pétersbourg (SPEIF) et qui vient de décrire la situation dans les termes les plus crus qui soient.

Le jeu de la valeur nominale de l’argent est terminé, car ce système ne permet pas de contrôler l’offre de ressources. … Notre produit, nos règles. Nous ne jouons pas selon les règles que nous n’avons pas créées.

La déclaration de Miller doit être considérée comme une déclaration de principe sur tous les théâtres d’opération de la Russie. Cela ne s’applique pas seulement au gaz naturel ou au pétrole. Tout est concerné : à partir de maintenant, toutes les relations de la Russie avec l’Occident se feront à ses conditions et non à celles de l’Occident.

C’est clairement le plus grand doigt d’honneur géopolitique de l’après-seconde guerre mondiale.

Miller établit clairement les règles d’un nouveau système monétaire centré sur les matières premières, un système basé sur ce que Zoltan Poszar, du Crédit Suisse, appelle « l’argent extérieur », les matières premières, l’or, voire le bitcoin, plutôt que l’utilisation flagrante par l’Occident de « l’argent intérieur » avec la monnaie fiduciaire et le crédit basés sur la dette pour perpétuer les vieilles pratiques colonialistes bien au-delà de leur date limite d’utilisation.

J’ai exposé le problème de base dans un article du mois de mars, après que la Russie ait rattaché le rouble à l’or.

La norme actuelle de l' »argent intérieur » , connue familièrement sous le nom de norme de la réserve de dollars, est en fait ce que j’aime appeler « le cauchemar de Milton Friedman ». Ce n’est rien d’autre qu’un système de titres basés sur la dette, dévalués et gonflés de manière compétitive, qui se baladent en buvant les milkshakes des autres jusqu’à ce que tous les verres soient vides.

Miller est définitivement du genre à avoir le verre plein maintenant.

Ces commentaires sont intervenus après que Gazprom a commencé à réduire les flux de gaz vers l’Europe par le biais du gazoduc Nordstream 1, sous prétexte que des turbines à gaz réparées étaient bloquées dans le Canada fasciste et ne pouvaient être renvoyées à Siemens en raison des sanctions.

L’Allemagne et le Canada essaient maintenant de trouver un moyen de contourner les sanctions pour rendre ces turbines.

Dans le même temps, Miller s’est engagé à fournir davantage de gaz à la Chine (en hausse de 67 % en glissement annuel de janvier à mai) parce que la Russie a intérêt à assurer la stabilité énergétique de ses amis, tandis que ses ennemis peuvent bien mourir de faim.

Reuters rapporte que « la société russe Gazprom a augmenté ses livraisons de gaz à la Chine de 67 % au cours des cinq premiers mois de cette année, a déclaré jeudi le PDG de la société, Alexei Miller. »

 

C’est également mercredi que le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping ont tenu leur deuxième conversation téléphonique depuis le début de la guerre en Ukraine. Xi a déclaré à Poutine que la Chine était « disposée à continuer d’offrir un soutien (à la Russie) sur les questions concernant les intérêts fondamentaux et les préoccupations majeures telles que la souveraineté et la sécurité » , comme le cite le radiodiffuseur public CCTV.

L’arrogance des commissaires européens ne cesse de me surprendre. Ces gens déclarent pratiquement la guerre à la Russie et se montrent ensuite choqués (je dis bien, choqués !) que la Russie les traite de la sorte.

Le jour même où quatre membres de la Commission européenne – la France, l’Italie, l’Allemagne et la Roumanie – ont approuvé l’accélération de la demande d’adhésion de l’Ukraine, le Français Emmanuel Macron a exhorté le président ukrainien Volodymyr Zelensky à s’asseoir à la table des négociations avec la Russie.

Même si Zelensky faisait ces ouvertures à la Russie, compte tenu de ses déclarations publiques sur ses conditions, il n’y aurait absolument aucune chance que la Russie accepte de se présenter aux négociations.

À l’heure actuelle, je pense que la Russie va continuer à écraser l’armée ukrainienne, à prendre les territoires qu’elle veut et à organiser des élections locales dans les territoires conquis pour qu’ils deviennent soit des États indépendants, soit partie intégrante de la Russie.

Il est probable qu’il en soit ainsi à l’heure actuelle, puisque la Russie délivre désormais des passeports russes dans les régions qu’elle a prises à l’Ukraine, passeports que l’UE, bien entendu, refusera de reconnaître jusqu’à ce que personne ne se soucie plus de ce qu’elle pense.

Les règles changent rapidement. À l’avenir, il existe un réel danger que ce que la Russie a mis en marche mène à quelque chose que personne ne veut envisager. Bien sûr, l’Occident a contribué à créer cette situation en forçant la main à Poutine pour envahir l’Ukraine, donc la question de savoir qui est à blâmer pour les conséquences de tout cela n’est peut-être pas pertinente.

Espérons que les bruits qui viennent de l’Ouest sur le fait que les sanctions sont allées trop loin et que les lamentations des pires néocons américains et britanniques ne sont plus pris au sérieux par ceux qui ont leurs doigts près des codes de lancement.

Si c’est le cas, ces nouvelles règles ne seront acceptées à contrecœur qu’après que de nombreuses frontières auront été redessinées, que de nouvelles alliances auront été formées et qu’un ordre mondial différent aura été établi.

Ce matin, le président Poutine a déclaré que l’ancien ordre mondial était mort. Il a terminé son discours dans lequel il a expliqué comment l’Occident se suicidait pour répondre aux souhaits de la bande du Davos par la déclaration définitive suivante :

La Russie entre dans l’ère à venir en tant que puissant pays souverain. Nous utiliserons sans aucun doute les énormes nouvelles opportunités qui se présenteront à l’avenir. Et nous deviendrons encore plus forts.

Poutine a raison sur ce point. La Russie devient plus forte de jour en jour. L’Occident a fait de son mieux pour détruire la Russie et a raté son coup. Il a clairement identifié les véritables responsables des problèmes de l’Europe et des États-Unis : la soumission à une classe d’oligarques qui se sentent autorisés à diriger le monde.

Lorsque la guerre a commencé, j’ai écrit sur ce que je pensais être les intentions de Poutine. Ensuite, ce n’était que de la spéculation :

La Russie avait toutes les cartes en main dans les négociations sur l’Ukraine et nous avons imprudemment poursuivi une politique d’insultes et de propagande amateur, refusant de croire que la Russie ne tiendrait pas le coup.

 

En envoyant des troupes au sol, des avions dans les airs et des missiles sur toutes les installations militaires ukrainiennes du pays, la Russie a renversé l’argument de la « force du droit » des États-Unis et de l’Europe.

 

Le jeu a changé parce que les règles ont changé. Il ne s’agit plus d’un jeu du bras de fer rhétorique et de déclarations vertueuses.

Aujourd’hui, c’est un fait. Lorsque Poutine a fait son entrée en Ukraine, l’objectif ultime était que la Russie soit traitée par l’Occident comme un égal et qu’elle sorte le Sud de ce qu’il a appelé la « vassalité » . La raison pour laquelle Poutine est détesté est qu’il a compris qu’il existe deux types de pays, les « souverains » et les « vassaux » .

C’est l’œuvre de sa vie que de faire de la Russie un État « souverain » affranchi de l’Occident.

Du point de vue de la Russie, leur opération militaire en Ukraine a été une déclaration d’indépendance vis-à-vis de l’ancien « ordre fondé sur des règles » de l’ère post-Seconde Guerre mondiale. Justifiée ou non, nous sommes maintenant dans une nouvelle ère.

La question est maintenant de savoir combien y survivront.

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Pourquoi la Turquie se fait subitement « bien plus prudente » pour vendre des drones à Kiev

Par : jmarti

Par Andrew Korybko − Le 21 juin 2022 − Source OneWorld Press

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Ankara invoque le prétexte de se parer d’une aura de neutralité pragmatique dans l’espoir de faciliter la paix entre les parties en conflit, mais la Turquie dissimule ce faisant ses inquiétudes non-dites sur le fait que Kiev n’a aucune chance de l’emporter face à Moscou. C’est le monde entier qui se met peu à peu à comprendre cet état de fait, comme l’illustre le changement de « récit officiel » que chacun a pu constater au cours des dernières semaines.

Le Wall Street Journal a cité Ismail Demir, président de l’agence de l’industrie de défense turque,  qui affirme que son pays est désormais « nettement plus prudent » lorsqu’il s’agit de vendre des drones à Kiev. Si on l’en croit, « la Turquie est me semble-t-il le seul pays qui puisse en appeler aux deux parties et les rassembler à une table de négociations de paix. Comment faire cela si vous envoyez des dizaines de milliers d’armes à l’une des parties ? » Cette annonce de sa part coïncide avec le récit propagé dans les médias occidentaux, États-Unis en tête, qui bascule de manière décisive d’une propagande de « porno victorieux » faisant les éloges de soi-disant « succès militaires » ukrainiens, vers la réalité qui est que l’intermédiaire utilisé par l’OTAN contre la Russie se fait lourdement déborder militairement par Moscou, qui ne cesse d’afficher des progrès dans le Donbass.

On spécule sur l’idée que les « Trois Grands » de l’UE — la France, l’Allemagne et l’Italie — auraient pu présenter une proposition de cessez-le-feu au cours de la visite de leurs premiers ministres respectifs à Kiev la semaine dernière, avant que Trump, l’ancien président des États-Unis, fustige sans les nommer des pays européens, accusés par lui d’en faire moins que lui-même pour venir en aide militairement à l’ancienne république soviétique. On ne peut pas dire que le conflit ukrainien ait changé de dynamique sur le terrain, étant donné que la dynamique militaire a toujours été favorable à la Russie ; en revanche, les médias dominants ont couvert ce conflit de manière mensongère jusqu’à ce qu’il soit devenu impossible de continuer à le faire sans fortement se discréditer : c’est cela qui explique la bascule opérée au cours des récentes semaines dans leur couverture du conflit. La Turquie, confrontée à cette réalité, et ne voulant pas sombrer avec le Titanic, a elle aussi pris la sage décision de changer de partition.

Le complexe militaro-industriel de cette grande puissance montante serait fortement embarrassé si Kiev ne sortait pas victorieuse du conflit, forte de nouvelles livraisons de drones militaires turcs de renommée mondiale ; Ankara n’a pas manqué de faire le lien entre les victoires militaires de l’Azerbaïdjan et de la Libye, ses partenaires régionaux, et le fait que ces pays ont reçu les équipements turcs. Il est tout aussi vrai que la Turquie doit également tenir compte des intérêts de la Russie, non seulement en raison du rôle unique qu’a joué Ankara dans les négociations de paix entre Moscou et Kiev, mais aussi pour des raisons plus pragmatiques en lien avec les rivalités entre Moscou et Ankara. Mais les raisons de la posture adoptée par la Turquie ne sont pas évoquées, ce qui laisse à penser que c’est la réalité indéniable du terrain dans le Donbass qui sous-tend le changement de position turc.

Jusqu’ici, la Turquie avait conjointement avec Kiev fait les éloges de ses drones dans la supposée « défaite » de la Russie dans la soi-disant « bataille de Kiev », mais ces communications n’avaient en réalité constitué qu’une distraction. Désormais, on assiste à toute autre chose : l’Ukraine, partenaire de la Turquie, est peut-être sur le point de s’accorder avec un projet hypothétique de cessez-le-feu des « Trois Grands », débouchant sur une cession de nouveaux territoires à Moscou, tout en continuant activement de s’appuyer sur les drones d’Ankara pour l’emporter militairement. Dans le premier scénario, on pouvait évoquer au grand public l’impact « décisif » des drones turcs sur les conflits étrangers ; le second scénario vient contredire ce mythe, au détriment du complexe militaro-industriel turc.

Ankara invoque le prétexte de se parer d’une aura de neutralité pragmatique dans l’espoir de faciliter la paix entre les parties en conflit, mais la Turquie dissimule ce faisant ses inquiétudes non-dites sur le fait que Kiev n’a aucune chance de l’emporter face à Moscou. C’est le monde entier qui se met peu à peu à comprendre cet état de fait, comme l’illustre le changement de « récit officiel » que chacun a pu constater au cours des dernières semaines. Quoi qu’il en soit, il n’était pas nécessaire de faire état publiquement de ce changement de politique implicite comme Demir vient de le faire ; on peut penser que cette annonce répond à deux objectifs : indiquer à la communauté internationale la gravité qu’a pris la situation, et envoyer un signal positif à la Russie, qui reste pour la Turquie un partenaire stratégique bien plus proche que l’Ukraine.

Andrew Korybko est un analyste politique étasunien, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Un autre mensonge de Zelensky démonté. La Maison Blanche estime que l’Ukraine devra céder du terrain

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 28 juin 2022

Hier, j’ai mentionné l’incendie du centre commercial de Kremenchuk, en Ukraine, où, selon le mensonge du président ukrainien Zelensky, se trouvaient des milliers de personnes.

Je me posais la question :

Les photos satellites montrent que le centre commercial se trouve juste à côté de la grande usine de machines de Kredmash. Était-ce là la véritable cible de l’attaque, le centre commercial n’étant qu’un dommage collatéral ?

Il est maintenant confirmé que la réponse à ma question est « oui ».

Le rapport de guerre publié aujourd’hui par le ministère russe de la Défense dit ceci :

Le 27 juin, à Kremenchuk (région de Poltava), les forces aérospatiales russes ont lancé une attaque aérienne de haute précision contre les hangars contenant de l’armement et des munitions livrés par les États-Unis et les pays européens, hangars situés dans l’usine d’engins mobiles de Kremenchug.

 

L’attaque de haute précision a permis de neutraliser des armements et des munitions fabriqués en Occident et concentrés dans cette zone de stockage avant d’être livrés aux troupes ukrainiennes dans le Donbass. L’explosion des munitions stockées a provoqué un incendie dans un centre commercial fermé situé à côté des installations de l’usine.

Ahhh, « ne faites pas confiance aux Russes ! » dites-vous. Eh bien, ne faisons confiance à personne, répons-je, examinons simplement les faits.

Les Ukrainiens ont publié une vidéo de surveillance provenant d’un parc et montrant le moment des deux explosions. Un grand flash apparaît et les gens s’enfuient alors que des débris tombent.

Le parc se trouve autour d’un lac artificiel avec une île au milieu à laquelle on peut accéder par un pont. Un petit bâtiment rond se trouve sur l’île.

Voici une vue satellite Google de l’ensemble de la scène.

Le toit gris clair du centre commercial est visible au sud de la grande usine de machines Kredmash, qui est au centre. Le petit parc d’où proviennent les vidéos de surveillance se trouve directement au nord de celle-ci. Google l’a marqué en vert en tant qu’espace récréatif spécial. L’usine dispose d’un accès ferroviaire direct sur son côté sud, avec plusieurs voies ferrées pour le chargement et le déchargement des machines. L’accès ferroviaire en fait un espace idéal pour la préparation ou la réparation d’armes lourdes. Il semble que la zone ferroviaire était l’une des deux cibles.

Toujours pas convaincu ? Eh bien, voici une vidéo d’une chaîne de télévision ukrainienne prise sur le terrain de l’usine. Elle montre un cratère et les débris de l’usine. Les zones où elle a été touchée sont pratiquement détruites.

Selon les services d’urgence ukrainiens, l’attaque a causé la mort de 16 personnes et en a blessé 59. Ainsi, la plupart des « milliers » de personnes qui se trouvaient dans le centre commercial selon Zelensky ont soit survécu, soit n’ont jamais existé, cette dernière hypothèse étant la plus probable.

Le centre commercial était évidemment aussi vide que son grand parking, comme je l’ai dit hier. Il a surement pris feu après le bombardement de l’usine voisine. Ceux qui sont morts étaient très probablement des soldats ou des ouvriers qui préparaient des armes « occidentales » pour les livrer au front.

Le mensonge de Zelensky est donc démystifié, tout comme les autres fictions d’horreur qu’il a racontées sur les Russes.

Pendant ce temps, la Maison Blanche se prépare à se retirer de l’Ukraine. Les titres de CNN :

Des officiels de l’équipe Biden doutent, en privé, que l’Ukraine puisse reconquérir tout son territoire

L’article est signé de la « théoricienne du complot, dérangée et propagandiste de la CIA, qui aime tant les scandales », Natasha Bertrand. Cela en fait une position officielle de l’administration.

(CNN) – Les responsables de la Maison Blanche perdent confiance dans le fait que l’Ukraine sera un jour capable de reprendre tout le territoire qu’elle a perdu au cours des quatre derniers mois de guerre, ont déclaré des responsables américains à CNN, même avec les armes lourdes et sophistiquées que les États-Unis et leurs alliés prévoient d’envoyer.

 

Les conseillers du président Joe Biden ont commencé à débattre en interne de la manière dont le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, devrait modifier sa définition d’une « victoire » ukrainienne, en tenant compte de la possibilité que son pays ait irréversiblement rétréci.

Des responsables américains ont souligné à CNN que cette évaluation plus pessimiste ne signifie pas que les États-Unis envisagent de faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle fasse des concessions territoriales officielles à la Russie afin de mettre fin à la guerre. On peut également espérer que les forces ukrainiennes seront en mesure de reprendre des pans entiers de territoire lors d’une contre-offensive probable plus tard dans l’année.

Cette « contre-offensive dans le courant de l’année » me semble très improbable. Lorsque les forces russes verront un quelconque regroupement, elles le détruiront avant qu’il ne puisse faire le premier pas.

L’Ukraine ne regagnera aucun des territoires que les Russes ne veulent pas qu’elle regagne. Elle n’est pas en mesure de le faire militairement ou par le biais de négociations. Elle devra simplement accepter sa défaite, renoncer à l’est et au sud et accepter la perte de la source de 70 à 80 % de son ancien PIB.

Tout cela était parfaitement prévisible depuis le tout premier jour de la guerre.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Le modèle d’effondrement en cinq étapes a-t-il encore un sens ?

Par : hervek

Par Dmitry Orlov – Le 21 juin 2022 – Source Club Orlov

Cela fait 14 ans que j’ai écrit l’article « Les cinq étapes de l’effondrement« , que j’ai ensuite transformé en livre, qui a été publié dans une douzaine de langues. L’idée a été généralement bien accueillie. C’était une façon de systématiser ce qui, pour la plupart des gens, était et reste un processus imprévisible et chaotique. Il s’agissait également d’une idéalisation (ce qui est le langage de l’ingénierie pour une simplification excessive faite dans le but d’expliquer un concept ou de faire un calcul rapide, bien qu’inexact).

J’ai basé mes cinq étapes d’effondrement (financier, commercial, politique, social et culturel) sur les cinq étapes du processus de deuil d’Elizabeth Kübler-Ross (déni, colère, marchandage, dépression et acceptation), mais la similitude est superficielle : oui, il y en a cinq et oui, ce sont des choses tristes ; comptez-les et pleurez. Mais c’est aussi comme le modèle en cascade, aujourd’hui dépassé, du développement de logiciels (recueillir les besoins, rédiger la conception, coder, tester/déboguer, lancer) – et, là encore, pleurez, car lorsque vous aurez terminé, les besoins auront certainement changé.

Tout en pleurant abondamment et en maudissant leur sort, les gestionnaires de projets logiciels ont mis au point des mesures palliatives : développement progressif, versions bêta, lancements progressifs, etc. Mais la mode est finalement passée au développement agile, où les équipes de développement mettent en œuvre un ensemble limité de fonctionnalités avant une certaine date, puis recommencent. Au fur et à mesure que les exigences changent et que de nouvelles fonctionnalités sont greffées sur les anciennes, le logiciel accumule des résidus, ou tissus cicatriciels, sous la forme de code mort, d’énormes bibliothèques de fonctions qui sont à peine utilisées, d’autres d’une inefficacité flagrante et généralement avec une manière stupide de faire les choses. Tous ces éléments doivent être éliminés par un processus minutieux appelé « refactoring », qui devient de plus en plus complexe et source d’erreurs au fil du temps.

Le système logiciel finit par former une grosse boule de boue où de subtils bugs se cachent partout et où tout est connecté à tout le reste de manière inexplicable. Il est alors temps de réécrire l’ensemble du système à partir de zéro, mais comme personne ne sait plus vraiment ce que ce logiciel est censé faire, cela ne peut pas non plus être fait. Et il est alors temps pour les chefs de projet de retourner pleurer abondamment en maudissant leur sort.

J’aimerais développer un modèle d’effondrement plus agile que le cadre plutôt rigide des cinq étapes, basé sur l’examen des synergies de la décomposition et des écosystèmes de l’effondrement. En attendant, le modèle d’effondrement par étapes semble toujours avoir du mérite :

1. Financier. En ce moment même, l’ensemble de l’establishment financier américain est au bord de la défaillance du système. L’impression d’énormes quantités de dollars, dont la moitié est détenue en dehors des États-Unis, tout en maintenant les taux d’intérêt en dessous de zéro (ajustés pour l’inflation) a conduit la Réserve fédérale dans un cul-de-sac qu’elle a elle-même créé. Elle tente maintenant de relever les taux d’intérêt de manière infime (moins de 1 % à la fois) alors que l’inflation des prix à la production atteint déjà 20 % et est prête à se propager au marché de la consommation.

2. Commercial. Pendant ce temps, les entreprises ont accumulé des dettes à taux zéro, qu’elles ont utilisées pour racheter leurs propres actions afin de maintenir leurs valorisations élevées (ce qui leur a permis de s’endetter encore plus) et maintenant, chaque petite hausse des taux d’intérêt envoie une vague géante de douleur dans le domaine commercial, les coûts du service de la dette engloutissant les revenus et poussant les entreprises à la faillite. Alors que de plus en plus de sociétés se trouvent dans l’impossibilité de continuer à fonctionner en raison de l’inflation élevée des producteurs et des coûts élevés du service de la dette, les gens commencent à connaître des pénuries de nombreux produits essentiels tels que les aliments pour bébés et les articles d’hygiène féminine, tandis que la flambée des prix de l’essence provoque des vagues de douleur et de colère dans la population.

3. Politique. Cette colère se manifeste dans les sondages d’opinion et, le moment venu, dans les urnes, rendant nécessaire de continuer à se moquer complètement des processus démocratiques afin de maintenir au pouvoir l’élite politique auto-élue, profondément impopulaire et systématiquement corrompue. De larges infusions d’idéologie totalitaire, sous forme de culture d’annulation et d’emprisonnement politique, et de mauvaise orientation politique (tout mettre sur le dos de Poutine) complètent le tableau épouvantable du dysfonctionnement politique.

4. Social. Puisqu’il est devenu traditionnel de diviser et de conquérir la population en utilisant des sujets brûlants comme l’avortement et le contrôle des armes à feu (avec la pédophilie et la castration des enfants récemment ajoutées pour épicer le mélange), la population se retrouve de plus en plus en guerre contre elle-même, s’auto-séparant selon des lignes idéologiques. En parlant d’idéologie, l’ensemble de la population, y compris les élites politiques et économiques, a subi un lavage de cerveau intensif par l’idéologie fondamentaliste du marché libre, ce qui les empêche de comprendre et d’accepter leur situation difficile. Ayant absorbé le dicton idiot de Milton Friedman selon lequel « L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire… », ils sont incapables de comprendre la signification du terme « inflation structurelle », qui est ce à quoi ils sont confrontés actuellement. Ils écoutent avec une incompréhension insensible les nouvelles selon lesquelles l’inflation en Russie est maintenant de 0 % (malgré une escarmouche mineure en Ukraine et des sanctions – shmanctions infernales) et, comme vous l’avez peut-être deviné, ils accusent Poutine. Aucun d’entre eux n’est capable de comprendre un fait simple : la seule force capable de maîtriser l’inflation structurelle est… le gouvernement, en subventionnant ou en nationalisant les industries clés. « Eh bien, certainement pas ce gouvernement ! » expliqueraient beaucoup de gens, et ils auraient raison ; le gouvernement russe, chinois ou indien, certainement ; le gouvernement américain, pas tellement vous savez. Alors, quel choix avons-nous ? Et bien, se refaire une guerre civile, bien sûr ! Cette fois, il ne s’agirait pas tant de préserver l’Union que de la briser.

5. Culturel. Comme je l’ai écrit en 2018, aux États-Unis et, à des degrés divers, dans différentes parties de l’Union européenne : une tentative de saper et de détruire la société cohésive et la culture commune avant l’effondrement financier, commercial et politique à venir. Cela peut sembler étrange comme objectif, mais considérez ceci : si la société et la culture sont détruites à l’avance, lorsque l’effondrement se produira, il n’y aura plus de communauté humaine intacte pour l’observer et comprendre ce qui se passe. Avec les capacités de raisonnement de chacun suffisamment entravées, il sera trivial de diffuser la responsabilité lorsque le reste de la séquence d’effondrement se produira, d’amener les gens à se blâmer eux-mêmes ou à désigner des boucs émissaires, ou de simplement l’ignorer parce que la plupart des gens ont des problèmes plus importants que l’effondrement, qu’il s’agisse de leurs familles dysfonctionnelles, de leurs diverses dépendances, de leur zèle religieux ou de leurs politiques extrémistes.

Les approches adoptées pour détruire la société et la culture peuvent sembler disparates et manquer d’unité de but… jusqu’à ce que vous compreniez que leur but est de détruire la société et la culture. Dans le domaine de l’éducation, l’accent mis sur l’entraînement à passer des tests standardisés en excluant tout apprentissage réel, prétendument motivé par le désir d’inclure les minorités défavorisées et intellectuellement déficientes, crée cohorte après cohorte des jeunes qui ne sont plus capables d’une pensée indépendante et rationnelle.

  • En politique, les vraies préoccupations sont remplacées par de fausses, centrées sur des croquemitaines comme « l’agression russe » ou « l’ingérence russe », renforcées sans cesse par la répétition sans qu’aucune preuve réelle ne soit jamais apportée, jusqu’à ce qu’il devienne impossible de prendre des positions politiques raisonnées et motivées.
  • Dans la politique sociale, la substitution du genre au sexe, censée lutter contre la discrimination mais niant en fait les impératifs biologiques, dénature la nature humaine au point que les gens deviennent de moins en moins utiles les uns aux autres.
  • Dans la politique d’immigration, l’inclusion d’une large population de migrants issus de cultures incompatibles crée une sorte de conflit ethnique qui ne sait pas dire son nom : souligner que les migrants issus de pays islamiques sont responsables d’une très grande partie de la criminalité est considéré comme politiquement incorrect et a même été rendu illégal en Suède.
  • Dans les relations internationales, nous avons assisté à un effort concerté pour détruire la souveraineté nationale et vider de leur sens les frontières nationales, transformant des nations autrefois fières en groupes de migrants parlant un anglais approximatif.
  • En économie, tout est fait pour démanteler et supprimer le pouvoir des syndicats, pour ouvrir le marché du travail aux migrants économiques et pour supprimer les entreprises locales au profit des sociétés transnationales.

En résumé, le modèle d’effondrement en cascade peut encore avoir du sens, et plus en 2022 qu’au cours des années précédentes. La Réserve fédérale continuera de se diriger lentement vers des taux d’intérêt plus élevés dans le but de contenir l’inflation qui, étant structurelle plutôt que monétaire, ne fera qu’empirer. Mais même une légère hausse des taux d’intérêt videra le Trésor américain et mettra en faillite de nombreuses entreprises américaines, aggravant encore les pénuries de produits essentiels. Tout cela fera que les taux d’approbation des politiciens passeront de très bas à négatifs. Et il sera alors temps pour la société de s’autodétruire. La culture s’est déjà autodétruite, alors ne nous en préoccupons plus.

Alors, y a-t-il de bonnes nouvelles ? Bien sûr qu’il y en a ! Les représentants de 69 pays sont actuellement présents au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, et nombre d’entre eux sont impatients de signer des accords de coopération et de développement économiques. Un nouveau modèle de développement économique post-capitaliste est en cours d’élaboration, dans lequel l’objectif n’est pas l’accumulation de capital mais le bien-être de la société. Pendant ce temps, la Troisième Guerre mondiale se termine non pas par un coup d’éclat, mais par un gémissement. Elle sera menée jusqu’au dernier Ukrainien (nazi), tandis que les non-nazis attendent de passer dans le camp russe. L’Ukraine se dénazifie rapidement en envoyant tous ses nazis dans des endroits où ils sont massacrés par l’artillerie russe. En prime, la Russie a commencé à démilitariser uniquement l’Ukraine, mais elle démilitarise maintenant toute l’OTAN en détruisant les armes que l’OTAN envoie en Ukraine à l’aide de ses nouveaux missiles. La récolte de céréales de la Russie devrait être la plus importante jamais réalisée, ce qui devrait contribuer à atténuer la famine qui menace dans les régions du monde qui sont amies de la Russie. Oui, les bonnes nouvelles semblent toutes se trouver en Russie, alors que tout semble plutôt mauvais pour les États-Unis, mais s’il vous plaît, ne dites pas que vous n’avez pas été avertis, parce que vous avez été avertis, par moi.

Dmitry Orlov

Soutenez mes efforts sur https://boosty.to/cluborlov ou https://subscribestar.com/orlov.

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Fiers de vous ?

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 13 juin 2022 – Source kunstler.com

America a un trouble de l’alimentation – l’avez-vous remarqué ? – et un peu de la vieille dysmorphie sexuelle – suis-je un garçon ou une fille ? – et a été surprise dans sa chambre en train de jouer avec des lames de rasoir. Ergo : America est une jeune fille de treize ans qui a besoin d’une aide thérapeutique. Qui répondra à l’appel à l’aide ?

Nous voici en plein milieu du mois des fiertés. Comment se fait-il, alors, que les autorités aient envoyé des escadrons de drag queens à travers le pays, comme autant de singes volants, voletant et criant depuis les forêts aux couleurs de bonbons d’Oz, pour animer des « heures du conte » pour les enfants ? L’Amérique n’est-elle pas suffisamment désorientée de nos jours ? Les drag queens sont-ils vraiment les meilleurs interlocuteurs pour la doctrine de la diversité et de l’inclusion ? N’avons-nous rien de mieux à offrir pour occuper l’esprit des enfants, comme apprendre à faire du pain ou à construire une cabane à oiseaux ? Des compétences pratiques dont ils auront besoin lorsque l’économie de la civilisation occidentale achèvera sa désorientante descente des Temps Modernes vers le Nouveau Médiéval ?

Quelqu’un sait-il vraiment ce que les enfants pensent d’une drag queen qui lit, par exemple, My Princess Boy de Cheryl Kilodavis à une salle pleine de garçons et de filles de cinq ans ? Je veux dire, en dehors de ce que les parents qui les y emmènent nous disent ce que leurs enfants pensent. (« Ils étaient enchantés ! ») Nous savons que les parents prétendent qu’il s’agit d’un exercice de développement sain. Et pourtant, regardons les choses en face : n’est-ce pas le but d’être un drag queen que de présenter une parodie horrifiante d’une femme humaine adulte ? Quelque chose comme des femmes-monstres ?

Les mamans qui amènent leurs enfants à l’heure du conte des drag queens se présentent-elles en public comme des femmes, comme le font les drag queens ? Comme, avant tout, sexuellement super-disponibles ? Est-ce que, par exemple, la maman d’un enfant de cinq ans de Palo Alto s’arrêterait pour faire du twerk dans le rayon des surgelés du supermarché un après-midi donné ? Dans ce contexte, quelle pourrait être la réaction des autres mamans qui font leurs courses de hot pockets et de Ben and Jerry’s Chubby Hubby ?

Les enfants de cinq ans n’ont généralement aucune idée de ce qu’est la sexualité des adultes. Leur première exposition à un domaine si complexe que de nombreux adultes ne le comprennent pas devrait-elle être la présentation de femmes comme des monstres ? Et pourquoi les mamans sont-elles si désireuses que leurs enfants soient initiés à la sexualité de cette façon ? Certains de ces enfants sont-ils assez perspicaces et astucieux pour se douter que les drag queens exposées ne sont pas vraiment des femmes ? Et pourraient-ils aller un peu plus loin et se demander : pourquoi cet homme veut-il se faire passer pour une femme-monstre ? Pourquoi ne veut-il pas être un papa ? Les mamans sont-elles des monstres ? Peuvent-elles se transformer en quelque chose comme ça quand je ne suis pas là ? Les papas qui essaient d’agir comme des mamans sont-ils des monstres ?

Comment un enfant est-il censé assimiler tout cela ? En soi, sans inversions, distorsions et interprétations erronées, le sexe est difficile à appréhender pour certains jeunes humains. Lorsqu’ils atteignent le seuil de la puberté – disons à l’âge de treize ans pour les filles – le début du développement sexuel est si alarmant qu’ils tentent de s’affamer pour y échapper et de se mutiler.

Bien entendu, nous n’avons pas commencé à étudier ce qui peut pousser un homme à se présenter au monde comme une parodie monstrueuse de femme. Il suffit de dire qu’un tel comportement suggère une psychodynamique compliquée. Et pourquoi, exactement, sont-elles soudainement exposées de manière si extravagante dans tout le pays, soi-disant pour l’édification des enfants ? Je vais vous dire pourquoi : Ce n’est pas vraiment pour le bien des enfants. Les enfants ne sont que des pions dans ce qui est en fait un psychodrame politique national. Ou plutôt, ils sont des otages.

Ce que vous voyez, c’est le Parti du Chaos qui envoie un message au reste d’entre nous – ceux qui ne sont pas membres du Parti du Chaos. Le message est le suivant : nous allons prendre vos enfants et détruire leurs esprits, et prétendre qu’il s’agit juste d’un autre module de leur éducation… et vous saurez, et nous saurons, et vous saurez que nous savons que ce n’est qu’un stratagème malveillant pour vous humilier pendant que nous détruisons la machinerie de la civilisation, que nous détestons parce qu’elle a besoin de frontières et de normes pour fonctionner.

Et pensez-y : il y a quelques jours à peine, la FDA annonçait qu’elle acceptait la demande de Pfizer pour un vaccin Covid-19 destiné aux enfants âgés de six mois à cinq ans. Il s’agit du même vaccin « sûr et efficace » qu’ils ont administré au reste d’entre vous depuis plus d’un an, et qui a produit des réactions indésirables et des maladies en nombre plutôt frappant. Savez-vous pourquoi ils ont fait cela ? Je vais vous le dire : pour prolonger l’autorisation d’utilisation d’urgence qui protège Pfizer de toute responsabilité légale pour ses vaccins à ARNm. Ils ne se contentent pas de détruire la civilisation. Ils veulent aussi vous tuer, vous et vos enfants.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

 

Infos sur l’Ukraine. Le Chaudron de Lysichansk, les dégâts civils, les troupes de réserve et le « défaut » russe

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 27 juin 2022

Voici la région de Lysichansk en juin 2022, avec les positions russes en rouge.

Voici la même zone une semaine plus tard.

La distance entre les fronts rouges en haut et en bas de la carte s’est réduite à 8 kilomètres. Selon une source russe, il reste environ 8 000 soldats et miliciens à Lysichansk.

La zone située entre les fronts russes est entièrement contrôlée par l’artillerie russe et des drones survolent la zone pour repérer toute personne qui tente de s’échapper de Lysichansk vers Siversk, à gauche de la carte. Un article du Washington Post décrit ce qui arrive à ceux qui essaient :

L’unité aéroportée ukrainienne a été soulagée de se retirer du front dimanche matin, en éloignant une colonne de véhicules blindés de transport de troupes de la ville assiégée de Severodonetsk, qui est déjà tombée aux mains des Russes, et de Lysychansk, qui est au bord du gouffre.

« Il ne nous est rien arrivé lorsque nous étions au front« , a déclaré le commandant de l’unité. « C’est en battant en retraite que nous avons été touchés« . Ils ont été touchés, et gravement.

 

Alors que le convoi entrait dans le village agricole de Verkhniokamianske, la plupart des soldats se trouvant à l’extérieur des véhicules, la première explosion les a frôlés. Il s’agissait d’une bombe à fragmentation, comme ils l’ont compris plus tard, qui a déchiré le contingent d’hommes qui s’accrochaient au côté d’un camion.

 

Plusieurs hommes ont été blessés, le sang coulant des membres et, dans un cas, de la tête d’un soldat. Mais il n’y avait pas le temps de les soigner tant que le convoi restait dans le collimateur de l’artillerie russe. Les personnes indemnes ont posé des garrots là où elles le pouvaient, ont fait remonter les blessés dans les véhicules et ont quitté le village en courant, traversant des chemins de ferme pleins d’ornières jusqu’à une ligne d’arbres traversant un champ de blé doré à environ un kilomètre de là.

(L’allégation d’une bombe à fragmentation est probablement fausse. Un obus d’artillerie explosif de 152 mm qui explose disperse de nombreux fragments de métal mortel).

L’attaque a fait au moins huit blessés. Le garde du corps du journaliste du WAPO a aidé à leur prodiguer les premiers soins. Ils ont été évacués vers Lysichansk.

Celui qui commande les 8 000 soldats de cette ville devrait leur dire d’abandonner et de se rendre aux forces dirigées par les Russes.

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Samedi, un bombardier russe survolant la mer Caspienne a tiré quatre missiles de croisière sur l’usine de missiles Artem à Kiev. Les reportages « occidentaux » ont affirmé que certains avaient touché un bâtiment civil :

Des missiles russes ont frappé un immeuble résidentiel à plusieurs étages et un jardin d’enfants à Kiev tôt dimanche, tuant au moins une personne et en blessant six autres dans ce que le maire de la ville a appelé une tentative d' »intimidation des Ukrainiens » à la veille de sommets en Europe fortement axés sur la guerre. …

 

Les victimes se trouvaient dans un immeuble résidentiel de neuf étages situé dans le centre de Kiev, gravement endommagé par ce que l’armée de l’air ukrainienne a déclaré être des missiles de croisière russes Kh-101 lancés depuis des bombardiers stratégiques à longue portée au-dessus de la mer Caspienne, à environ 1 000 miles de là.

Une photo de l’article montre les dommages subis par les deux étages supérieurs.

Le missile de croisière Kh-101 est doté d’une ogive de 450 kilogrammes d’explosifs puissants. Si l’un d’entre eux avait touché ce gratte-ciel, le bâtiment aurait complètement disparu.

Les missiles de croisière russes modernes sont extrêmement précis, comme le montrent les dégâts subis la semaine dernière par le pont du Dniepr dans la région de Tcherkassy, en Ukraine. La partie ferroviaire qui était utilisée pour le transport d’armes lourdes a disparu. Le pont routier situé juste à côté a subi peu de dégâts.

Il est beaucoup plus probable que le bâtiment de Kiev ait été touché par un missile de défense aérienne ukrainien qui a manqué sa cible et est finalement retombé sur terre.

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Toute armée qui fait la guerre garde en réserve quelques unités entraînées. Une telle réserve sera utilisée pour bloquer une percée stratégique de l’ennemi ou lorsqu’il y a une bonne chance de lancer une contre-attaque significative. Alors que Kiev lançait des forces de défense territoriale non entraînées au massacre sur le front du Donbass, j’ai commencé à douter de l’existence d’une réserve significative. Vendredi ou samedi, le président ukrainien Zelensky a ordonné à toutes les forces territoriales restées dans les zones non combattantes de se rendre sur le front de Donetsk. Cela comprenait quelques unités d’Odessa, qui risque toujours d’être attaquée. J’en étais presque convaincu. S’ils retirent des troupes d’Odessa, c’est que la réserve ukrainienne n’existe plus.

Mais dimanche, le rapport quotidien du ministère russe de la Défense m’a montré que j’avais tort :

Des attaques de haute précision des forces aérospatiales russes et des missiles Kalibr ont été lancées contre le 169e centre d’entraînement de l’armée près de Desna (région de Tchernigov), le 199e centre d’entraînement des troupes d’assaut aérien près de Teterevka (région de Jitomir), ainsi que le 184e centre d’entraînement des forces armées ukrainiennes (AFU) près de Starichi (région de Lvov).

Les attaques ont permis de neutraliser les 65e et 66e brigades mécanisées et la 46e brigade aéromobile des réserves stratégiques des FAU qui terminaient leur préparation sur ces terrains d’entraînement. Le redéploiement prévu des unités susmentionnées vers la zone d’opérations a ainsi été contrarié.

Trois brigades complètes, probablement à pleine puissance et équipées d’armes livrées par l’« Ouest », représentent une force importante de 12 000 hommes. Elles auraient pu lancer une contre-attaque décente sur Kherson ou une autre zone que les forces russes ont capturée mais où leurs lignes de défense sont actuellement très minces.

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Un autre jour, une autre fausse déclaration de victimes civiles ?

The Kyiv Independent @KyivIndependent – 4:32 PM – Jun 27, 2022

⚡ Zelensky : La Russie frappe un centre commercial à Kremenchuk, alors que plus de mille personnes se trouvent à l’intérieur.

« Le centre commercial est en feu, les pompiers tentent d’éteindre l’incendie, le nombre de victimes est impossible à imaginer« , a déclaré le président Volodymyr Zelensky.

Volodymyr Zelensky/Telegram

Vidéo

La vidéo montre un centre commercial en feu qui ne semble pas avoir d’environnement urbain. Une vingtaine de civils sont là et regardent les pompiers faire leur travail. Ils ne montrent aucune panique ni aucun chagrin. Le grand parking du centre commercial est vide, à l’exception de cinq voitures qui ne semblent pas avoir été endommagées. Je ne vois aucune bicyclette.

S’il y avait 1 000 personnes dans le centre commercial, comment sont-elles arrivées là ? Comment ont-elles prévu de rentrer chez elles ?

Une autre vidéo, d’un point de vue différent, montre également une grande place de parking vide avec deux soldats qui se promènent en tenue de combat. Ils portent des casques, des gilets pare-balles et leurs armes. Ils ont de grands sacs à dos militaires. D’autres soldats qui traînent dans le coin, en tenue vert olive, les saluent.

Kremenchuk se trouve sur le Dniepr, loin des lignes de front. Pourquoi des soldats seraient-ils autour d’un centre commercial en feu. Y avait-il quelque chose à l’intérieur qui présentait un intérêt militaire ?

Les photos satellites montrent que le centre commercial est juste à côté de la grande usine mécanique de Kredmash. Était-ce la véritable cible de l’attaque, le centre commercial n’étant qu’une victime involontaire ?

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Le New York Times titre:

La Russie ne respecte pas l’échéance de paiement de ses obligations, signalant ainsi le premier défaut de paiement sur sa dette extérieure depuis 1918

Environ 100 millions de dollars de paiements d’intérêts libellés en dollars et en euros n’ont pas été versés aux investisseurs dans le délai de grâce de 30 jours suivant l’échéance du 27 mai. Le délai de grâce a expiré dimanche soir.

 

Une déclaration officielle de défaillance devrait être faite par les détenteurs d’obligations, car les agences de notation, qui déclarent normalement les défaillances des emprunteurs, n’ont pas le droit, en raison des sanctions, de faire rapport sur la Russie. Le comité de détermination des produits dérivés de crédit, un groupe d’investisseurs qui décide du paiement des titres liés à des défaillances, n’a pas encore été invité à prendre une décision sur ces paiements obligataires.

La Russie a payé les intérêts le 24 juin :

MOSCOU. 24 juin (Interfax) – Le National Settlement Depository (NSD), l’agent payeur des euro-obligations souveraines russes, a reçu 8,5 milliards de roubles, soit l’équivalent de 159,4 millions de dollars, pour le paiement des intérêts du coupon des euro-obligations 2028 du pays, a déclaré le ministère des Finances.

 

Le ministère a déclaré qu’il avait honoré ses obligations de service des obligations souveraines dans leur intégralité.

Le ministère a déclaré le 23 juin qu’il avait transféré des roubles à la NSD, en paiement des coupons des euro-obligations 2027 et 2047 du pays, dans le cadre du nouvel arrangement pour le service de la dette extérieure souveraine, approuvé par un décret présidentiel du 22 juin.

Cette nouvelle forme de paiement a été adoptée après que l’« Occident » a refusé de recevoir l’argent en euros. Comme l’écrit le NYT :

La Russie rejette la déclaration de défaut de paiement, au motif qu’elle a fait des efforts pour payer. Dmitri S. Peskov, le porte-parole du Kremlin, a déclaré aux journalistes lundi que les déclarations de défaut de paiement étaient « absolument illégales« .

 

« Le fait qu’Euroclear ait retenu cet argent, ne l’ait pas transféré aux destinataires, ce n’est pas notre problème« , a déclaré M. Peskov. « En d’autres termes, il n’y a aucune raison de qualifier cette situation de défaut de paiement.« 

Les investisseurs obligataires peuvent facilement obtenir leur argent dans la devise qu’ils souhaitent. Ils devront ouvrir deux comptes auprès de Gazprombank à Zurich, un en roubles et un en euros. Ils pourront ensuite demander au National Settlement Depository de Russie d’envoyer leurs roubles sur leur compte en roubles auprès de Gazprombank, qui se fera un plaisir d’acheter ces roubles et de transférer la valeur correspondante en euros sur le compte en euros de l’investisseur.

C’est tout simplement l’inverse du processus que les acheteurs européens utilisent pour payer le gaz russe en roubles.

Il n’y a donc aucune raison d’appeler cela un défaut de paiement.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Des responsables occidentaux admettent que l’Ukraine grouille de membres de la CIA

Par : Wayan

Par Caitlin Johnstone – Le 26 Juin 2022

Le New York Times rapporte que l’Ukraine regorge de forces spéciales et d’espions des États-Unis et de leurs alliés, ce qui semble contredire les rapports antérieurs selon lesquels le cartel du renseignement américain a du mal à obtenir des informations sur ce qui se passe sur le terrain en Ukraine.

Cela mettrait évidemment un terme aux déclarations disant qu’il ne s’agit pas d’une guerre par procuration menée par les États-Unis.

Dans un article intitulé « Un réseau de commandos coordonne le flux d’armes en Ukraine, selon les officiels« , les officiels occidentaux nous informent de ce qui suit par l’intermédiaire de leurs sténographes du New York Times :

Alors que les troupes russes poursuivent leur campagne acharnée pour s’emparer de l’est de l’Ukraine, la capacité de la nation à résister à cet assaut dépend plus que jamais de l’aide des États-Unis et de leurs alliés – notamment d’un réseau furtif de commandos et d’espions qui se précipitent pour fournir des armes, des renseignements et des formations, selon des responsables américains et européens.

 

Une grande partie de ce travail se fait en dehors de l’Ukraine, dans des bases en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne, par exemple. Mais même si l’administration Biden a déclaré qu’elle ne déploierait pas de troupes américaines en Ukraine, certains membres de la C.I.A. ont continué à opérer secrètement dans le pays, principalement dans la capitale, Kiev, dirigeant une grande partie des quantités massives de renseignements que les États-Unis partagent avec les forces ukrainiennes, selon des responsables actuels et anciens.

 

Dans le même temps, quelques dizaines de commandos d’autres pays de l’OTAN, dont la Grande-Bretagne, la France, le Canada et la Lituanie, ont également travaillé en Ukraine.

Some CIA personnel have continued to operate in Ukraine secretly, mostly in Kyiv, directing much of the intelligence the U.S. is sharing with Ukrainian forces, according to current and former officials. https://t.co/4VWdybmome

— The New York Times (@nytimes) June 25, 2022

La révélation que la CIA et les forces spéciales américaines mènent des opérations militaires en Ukraine fait effectivement mentir l’insistance de l’administration Biden, au début de la guerre, sur le fait qu’il n’y aurait pas de bottes américaines sur le terrain en Ukraine, et le fait d’admettre que les puissances de l’OTAN sont tellement impliquées dans des opérations contre une superpuissance nucléaire signifie que nous sommes proches d’un échange nucléaire que quiconque ne devrait être prendre à la légère.

Cette nouvelle ne devrait pas surprendre ceux qui connaissent le comportement habituel du cartel du renseignement américain, mais il est intéressant de noter qu’elle contredit ce que le même New York Times nous disait il y a moins de trois semaines.

« Les agences de renseignement américaines ont moins d’informations qu’elles ne le souhaiteraient sur les opérations de l’Ukraine et possèdent une bien meilleure image de l’armée russe, de ses opérations planifiées et de ses succès et échecs« , nous disait le NYT au début du mois. « Les responsables américains ont déclaré que le gouvernement ukrainien leur a donné peu de briefings classifiés ou de détails sur leurs plans opérationnels, et les responsables ukrainiens ont reconnu qu’ils n’ont pas tout dit aux Américains. »

Il semble peu probable que les agences de renseignement américaines aient du mal à obtenir des informations sur ce qui se passe dans un pays où elles sont elles-mêmes physiquement situées. À l’époque, Moon of Alabama émettait l’hypothèse que ce ridicule discours disant « nous ne savons pas ce qui se passe dans notre propre guerre par procuration » avait pour but de donner aux États-Unis la possibilité de nier les échecs de l’Ukraine sur le champ de bataille, qui n’ont fait qu’empirer depuis.

Alors pourquoi nous disent-ils tout cela maintenant ? Eh bien, il se pourrait que l’on nous pousse à accepter le rôle de plus en plus actif des États-Unis et de leurs alliés en Ukraine.

Les Faucons en avril : N’appelez pas cela une guerre par procuration !

Les Faucons en mai : Bien sûr que c’est une guerre par procuration !

Les Faucons en juin : Ce n’est pas leur guerre, c’est notre guerre !

– Daniel Larison (@DanielLarison) 20 juin 2022

Hawks in April: Don't call it a proxy war!
Hawks in May: Of course it's a proxy war!
Hawks in June: It's not their war, it's our war!

— Daniel Larison (@DanielLarison) June 20, 2022

C’est en effet exactement ce qui s’est passé. En avril, le président Biden déclarait à la presse que l’idée qu’il s’agissait d’une guerre par procuration entre les États-Unis et la Russie était « fausse » et le secrétaire à la défense, Lloyd Austin, répondait : « Non, c’est clairement le combat de l’Ukraine » lorsqu’on lui demandait s’il s’agissait d’une guerre par procuration. Les grands médias continuaient de présenter cette affirmation comme une simple « accusation » du gouvernement russe, et les propagandistes de l’empire réprimandaient régulièrement quiconque utilisait ce terme au motif qu’il prive les Ukrainiens de leur « libre arbitre« .

Puis le mois de mai est arrivé et tout d’un coup, le New Yorker nous a dit sans équivoque que les États-Unis sont dans « une guerre par procuration avec la Russie » et des faucons comme le membre du Congrès américain Seth Moulton ont dit des choses comme « Nous ne sommes pas seulement en guerre pour soutenir les Ukrainiens. Nous sommes fondamentalement en guerre, bien que quelque peu par procuration, avec la Russie, et il est important que nous gagnions. »

Et maintenant, ici, en juin, nous avons des faucons de guerre comme Max Boot qui déclarent ouvertement qu’il s’agit en fait de la guerre de l’Amérique, et qu’il est donc important pour les États-Unis d’intensifier drastiquement la guerre afin d’infliger aux Russes des « pertes dévastatrices« .

Nous devons comprendre que ce n’est pas leur guerre en Ukraine – c’est notre guerre – et nous devons faire plus pour vaincre l’attaque de la Russie contre l’Occident. Je parle sur @Morning_Joe du sujet de ma nouvelle colonne @PostOpinions : https://t.co/URNFXiKo1o pic.twitter.com/jG1VZChRth

– Max Boot 🇺🇦 (@MaxBoot) 20 juin 2022

We need to understand that this isn’t their war in Ukraine—it’s our war—and we need to do more to defeat Russia’s attack on the West. Speaking on @Morning_Joe about the subject of my new @PostOpinions column: https://t.co/URNFXiKo1o pic.twitter.com/jG1VZChRth

— Max Boot 🇺🇦 (@MaxBoot) June 20, 2022

Ainsi, l’idée auparavant impensable que les États-Unis soient en guerre contre la Russie a été progressivement normalisée, avec une montée en température si lente que la grenouille ne remarque pas qu’elle est en train de bouillir vivante. Si cette idée peut être suffisamment normalisée, le consentement du public pour de plus grandes escalades sera probablement acquis, même si ces escalades sont extrêmement psychotiques.

En mars dernier, lorsque j’ai dit que le seul « libre arbitre » de l’Ukraine dans ce conflit était la CIA, les loyalistes de l’empire m’ont sauté à la gorge. Ils n’arrivaient pas à croire que je disais quelque chose de si mauvais et de si faux. Aujourd’hui, on leur dit que la Central Intelligence Agency mène effectivement des opérations et dirige les services de renseignement sur le terrain en Ukraine, mais je doute que cela suscite une quelconque réflexion de leur part.

Caitlin Johnstone

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Le monde vous regarde

Par : hervek

Par Batiushka – Le 14 juin 2022 – Source The Saker Blog

Une énorme et historique injustice a eu lieu en Europe en 1914, qui, au cours des quatre années suivantes, a fait plusieurs millions de morts. Qui en est responsable ? Les Prussiens d’Allemagne, avides de pouvoir, utilisant l’impérialisme austro-hongrois comme pion, ou l’Establishment de Grande-Bretagne, avide de pouvoir, utilisant le revanchisme français comme pion ? Certains diront que tous étaient dans une certaine mesure responsables, bien que l’armistice spontané de Noël 1914 sur le front occidental suggère qu’il ne s’agissait pas d’une guerre des peuples, mais des élites. Mais nous laisserons le débat sur les responsabilités aux universitaires. Nous ne sommes pas concernés par la répartition des blâmes ou les conspirations, nous ne sommes concernés ici que par les conséquences tragiques.

Cette guerre, devenue dans une certaine mesure mondiale, a fait des millions de morts, la fleur de la jeunesse européenne massacrée par des politiciens sadiques, par des marchands d’armes avides qui contrôlaient aussi largement la presse, et par des généraux sans cœur. Outre les morts, les forces du mal ont laissé derrière elles un continent traumatisé, des dizaines de millions d’éclopés, de mutilés, de veuves, d’orphelins et aussi de vieilles filles qui, soixante ans après, mouraient encore dans une vieillesse solitaire et sans enfants, faute d’homme à marier. Combien de centaines de millions de tragédies humaines avaient été causées par le mal humain, la soif de pouvoir et de richesse. Mais tout cela fut encore bien pire.

À la suite de cette première guerre, les bolcheviks athées ont pris le pouvoir dans l’ancien Empire russe. Bien que plus de 600 000 soldats russes soient morts au cours des deux ans et demi qui ont précédé février 1917, alors qu’ils avaient affronté, contrairement aux Alliés sur le front occidental, la grande majorité des forces de l’Allemagne, de l’Autriche-Hongrie et de la Turquie, le pire était à venir. Des étrangers parrainés par des étrangers, comme le cerveau fou Blank-Lenine et le génie du mal Bronstein-Trotsky, ont tué des millions de personnes dans une guerre civile, y compris la famille impériale, et par une famine délibérée. Beaucoup d’autres mourront plus tard dans des camps de concentration. Et contrairement à la Première Guerre, où l’ennemi n’est même pas entré en Russie, lors de la Seconde Guerre, l’ennemi a atteint les portes mêmes de Moscou, de Leningrad et les rives de la Volga, massacrant 27 millions de personnes, principalement des civils.

Mais il y eut aussi la grippe américaine (appelée pour des raisons de propagande « grippe espagnole »). Apparue au Kansas, elle a été amenée en Europe en 1917 par les troupes américaines, qui étaient entrées dans la Première Guerre, comme prévu, dès que les perfides « Alliés » (pas l’Allemagne) auraient réussi à renverser la Russie impériale. Les Américains étaient venus pour conquérir l’Europe. Après le grand suicide européen de la Première Guerre, cette grippe a peut-être tué 50 millions de personnes supplémentaires, mais certains disent beaucoup plus. Mais surtout, exactement comme l’avait prédit le maréchal français, Foch, à Versailles, la « paix » de 1919 a conduit directement à la deuxième grande guerre qui a éclaté vingt ans plus tard. Celle-ci a fait des dizaines de millions de morts et a fait de l’Europe occidentale, en 1945, une province conquise et occupée par les États-Unis, qui ont ensuite entrepris de créer des États-Unis d’Europe à leur image.

C’est ainsi qu’est née la guerre froide, avec sa phobie de la MAD (destruction mutuelle assurée), la construction de bunkers, le gaspillage d’armes, et la révolution sociale de la nouvelle génération des années 1960. Puis vint la génération suivante de 1989, 75 ans après 1914 et 50 ans après 1939, et l’occupation de l’Europe de l’Est par les mêmes colons américains, qui envoyèrent leurs proconsuls-ambassadeurs dans les États clients de la « nouvelle Europe ». En 1991, 50 ans après que l’opération Barbarossa de l’impérialisme nazi a ravagé l’URSS mais a été vaincue, celle-ci est tombée aux mains de l’impérialisme de l’OTAN. Et à son tour, 100 ans après le début du Grand Suicide Européen, l’Empire du Mal a commencé son occupation de l’Ukraine en 2014, la transformant en vassal dépendant. Tout le schéma de ces cent ans, 1914-2014, avait la même source.

Jusqu’en 2022, il n’y avait jamais eu d’espoir de justice et de restitution pour tout cela. C’est alors que le 24 février a commencé l’opération spéciale pour libérer l’Ukraine et dénazifier le monde. C’est le dernier coup de dé et les yeux du monde épris de liberté sont tournés vers la Fédération de Russie. Même avec tous ses problèmes, ses imperfections et ses trahisons, nous n’avons pas d’autre espoir. Le monde vous regarde.

Batiushka

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Les récents événements ne font que renforcer notre besoin de droits sur les armes et de milices communautaires

Par : hervek

Par Brandon Smith − Le 2 juin 2022 − Source Alt-Market

Je veux avant tout insister sur un point très important, parce que je ne pense pas que la gauche politique et l’accapareur d’armes moyen comprennent la gravité de la situation et qu’ils doivent être éduqués.

Les défenseurs de la liberté ne renonceront JAMAIS à leurs armes. Cela ne se produira pas. Nous avons tracé une ligne dans le sable en ce qui concerne le 2ème amendement et nous ne bougerons pas, pas même d’un pouce. Peu importe la législation ou les ordres exécutifs promus par Joe Biden, et peu importe s’il y a de futurs événements criminels impliquant des armes à feu. Il n’existe aucun scénario dans lequel nous allons abandonner notre capacité à nous défendre et nous en remettre uniquement au gouvernement. Toutes les lamentations indignées et les prêches des gauchistes anti-armes à feu ne servent à rien ; ils n’obtiendront rien.

Les droits des armes à feu font partie intégrante d’une société libre parce qu’ils agissent comme un moyen de dissuasion contre les excès et l’autoritarisme potentiels du gouvernement. Les tyrans peuvent infiltrer la politique et s’emparer des gouvernements, et ils peuvent même PENSER qu’ils ont la capacité d’opprimer le public, mais ils ne seront jamais tout à fait sûrs de pouvoir s’en tirer tant que le public aura les moyens de « les atteindre et les toucher » à distance. Ils auront toujours des doutes et c’est vital pour la liberté – Quand les tyrans ont des doutes, la liberté prévaut.

J’ai abordé la question de l’interdiction des armes à feu dans le dernier numéro de ma lettre d’information, The Wild Bunch Dispatch, mais je voulais examiner ici les implications plus larges du désarmement, notamment les conséquences si nous nous y conformons et ce que l’establishment devrait craindre si la plupart d’entre nous ne le font pas.

Je dis depuis de nombreuses années maintenant que je suis certain que les intérêts anti-armes vont essayer de désarmer le peuple américain avant 2030, simplement parce qu’ils le doivent. Ils ne peuvent pas réaliser la mise en œuvre de la « Grande Réinitialisation » ou du « Nouvel Ordre Mondial » (leur terminologie de leur propre bouche) sans d’abord nous priver de notre capacité à nous défendre. Ils savent que s’ils ne désarment pas les Américains, ils finiront par échouer. C’est vraiment aussi simple que cela à comprendre : si nous gardons nos armes, nous gagnerons. Si nous laissons nos armes être prises, nous perdrons.

Une chose doit être clairement établie dans ce débat : les crimes commis avec des armes à feu n’ont rien à voir avec les droits des armes à feu. Ils n’ont pas d’importance en termes de constitution, et ne devraient pas en avoir. Nos droits l’emportent sur le potentiel d’abus par de mauvaises personnes, et ils l’emportent sur les caprices du gouvernement.

La gauche politique semble penser que le crime par arme à feu est tout ce qui compte. Ils sont obsédés par chaque tragédie, non pas parce qu’ils se soucient réellement des victimes ou des familles concernées, mais parce qu’ils supposent que chaque crime par arme à feu est une sorte de monnaie qu’ils peuvent utiliser pour payer l’achat éventuel du 2e amendement. Ils pensent qu’ils peuvent acheter l’option d’effacer nos droits sur les armes à feu en utilisant les vies des victimes de fusillades comme monnaie d’échange.

Je suis désolé de devoir les informer, mais ce n’est pas comme ça que ça marche. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionnera JAMAIS. Et s’ils pensent pouvoir forcer les choses, nous sommes des millions dans le mouvement pour la liberté à leur donner une douloureuse leçon d’humilité. Un jour viendra où ils souhaiteront avoir été plus raisonnables et ne pas s’être tournés vers l’autoritarisme.

En attendant, ils essaieront tous les stratagèmes possibles pour tromper le public et lui faire croire que des mesures progressives ou des décrets sont nécessaires pour sauver des vies. Ils ne sauveront pas de vies, ils ne feront que conduire au désarmement de la population, ce qui facilitera notre soumission et l’élimination de toute résistance. La clé pour comprendre les lois sur le contrôle des armes est d’accepter la réalité que les accapareurs d’armes n’ont AUCUNE INTENTION de se contenter d’un contrôle des armes « de bon sens » ; ils ne se satisferont que de la confiscation des armes. C’est pourquoi on ne peut leur faire de quartier. Aucun compromis. Aucune diplomatie. Rien du tout.

Il est important de préciser où en sont les défenseurs des droits des armes à feu, car les gauchistes ne comprennent pas. Ils sont parfaitement disposés à renoncer à leurs libertés en échange d’une fausse sécurité. Laissez-moi vous expliquer :

L’histoire nous montre que le désarmement d’une population ou d’un sous-ensemble de population est finalement suivi de l’oppression et souvent du génocide de cette même population. Statistiquement, le désarmement a conduit à certains des pires meurtres de masse de l’histoire de l’humanité. Nous risquons de perdre beaucoup plus de vies en renonçant à nos armes qu’en les gardant.

Par extension, un argument commun aux accapareurs d’armes est que les autres nations occidentales ont des restrictions étendues sur les armes et qu’elles ne connaissent pas la tyrannie. Je ne suis pas d’accord. Comme nous l’avons vu récemment avec les obligations Covid et les tentatives de passeports vaccinaux, de nombreux gouvernements, de l’UE à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande, ont fait tomber le masque (jeu de mots) et ont montré leurs vraies couleurs totalitaires au point de créer des camps Covid où les gens sont enfermés sans procédure régulière.

Je dirais que sans l’opposition croissante des conservateurs aux États-Unis et dans certaines régions du Canada, le programme Covid serait encore actif aujourd’hui et la plupart de nos libertés seraient effacées. L’opposition aux États-Unis est la raison pour laquelle la tyrannie médicale a été mise au rebut dans la plupart des pays du monde. Car si nous pouvons être libres malgré l’existence du virus de la Covid-19, alors tout le monde le peut aussi.

Et comment les conservateurs ont-ils pu vaincre les confinements ? En fin de compte, c’est parce que nous avons des armes.

Mais qu’en est-il de la mort des enfants à Uvalde et ailleurs ? N’ont-ils pas d’importance ? Bien sûr que si, et tous les pro-armes sont d’accord. Ce sur quoi nous ne sommes pas d’accord, c’est l’idée que le gouvernement devrait avoir le monopole de la sécurité et de la force. Lorsque le gouvernement a le monopole de la force, des millions de personnes meurent au lieu de dizaines.

En réalité, les événements d’Uvalde prouvent une fois de plus que les défenseurs du 2e amendement ont raison. Les rapports sur les lieux de la fusillade indiquent maintenant que la police n’a pas réussi à empêcher le tireur (Salvador Ramos) d’entrer dans l’école primaire Robb et qu’elle a reçu l’ordre de rester à l’extérieur sans rien faire alors que le tireur se déplaçait librement pendant plus d’une heure. Ramos a finalement été arrêté par un seul agent de la patrouille frontalière qui est entré de son propre chef.

Pour ajouter l’insulte à la blessure, la police a utilisé la force pour empêcher les parents et les membres de la communauté d’entrer et de faire le travail qu’ils ont refusé de faire. Je tiens à souligner que le fait que la police ait reçu « l’ordre » de rester dehors et d’empêcher les gens d’entrer n’est pas une excuse – Certains ordres doivent être ignorés et si vous ne les ignorez pas, vous êtes en partie responsable des conséquences.

Je suggère que deux solutions simples auraient pu sauver des vies à Uvalde sans effacer nos droits constitutionnels.

Tout d’abord, si les écoles publiques avaient supprimé leur statut de « zone sans armes » et autorisé les enseignants à porter une arme dissimulée, Ramos serait probablement mort avant de blesser un seul enfant. Ou, il aurait au moins fait face à une opposition et aurait été acculé.

Deuxièmement, si les milices communautaires existaient encore aux États-Unis comme l’exige la Constitution, les parents auraient pu organiser une réponse beaucoup plus rapide et marcher sur les policiers qui refusaient d’entrer et de faire ce qui devait être fait. Les parents ont le droit de risquer leur vie pour leurs enfants, et toute personne qui dit le contraire doit être ignorée ou piétinée.

La réponse à la criminalité de toutes sortes (et pas seulement aux crimes impliquant des armes à feu) est une plus grande implication de la communauté et une présence armée visible. Nous avons besoin de plus de personnes armées et de plus de responsabilité individuelle pour la sécurité de ceux qui ne peuvent pas se défendre.

Une interdiction des armes ne nous protégera pas de la criminalité, elle ne fait qu’encourager la tyrannie. Cela n’a pas non plus d’importance car Biden ou la gauche politique ne peuvent rien faire pour prendre nos armes de toute façon. D’autres solutions doivent être essayées, et il y a une raison pour laquelle les accapareurs d’armes refusent de reconnaître toute alternative – Parce qu’ils ne se soucient pas de protéger les innocents, ils se soucient seulement d’éliminer une partie de la constitution qui les a longtemps empêchés d’obtenir plus de pouvoir.

Je l’ai déjà dit et je le répète, de nouveaux empiètements sur le 2e amendement conduiront à la guerre. Les gauchistes pourraient s’en réjouir en pensant qu’ils ont le gouvernement et l’armée de leur côté. Ils ne réalisent peut-être pas que de nombreux militaires sont également des partisans des droits des armes à feu. Ils pourraient également avoir oublié les résultats des guerres asymétriques dans des endroits comme l’Afghanistan, et franchement, de nombreux Américains ont un bien meilleur équipement et un bien meilleur entraînement que les Talibans. Cela ne se terminera pas bien pour les autoritaires anti-armes.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

La Commune de Paris : la naissance du néolibéralisme international et du néo-impérialisme de l’UE

Par : Wayan

par Ramin Mazaheri – Le 26 juin 2022 – Le Saker Francophone

Cent cinquante ans plus tard, il est clair que la Commune de Paris de 1871 était quatre choses, et une seule – la dernière de cette liste – est largement comprise en 2022.

1) Une inversion de la guerre civile américaine : en France, ce sont les propriétaires d’esclaves et les marchands d’esclaves qui – au lieu de l’initier – ont interdit et combattu une sécession rebelle. Je pense que Marx aurait été plus efficace dans sa description s’il avait comparé la France avec la situation aux États-Unis, car il s’agit d’un parallèle inverse intéressant.

2) Pour les gens de droite : il est intéressant de constater qu’ils ne regardent jamais comment leur victoire sur la Commune de Paris a favorisé l’idéologie et les objectifs de la droite. C’est presque comme si les champions du libéralisme ne voulaient pas admettre que la trahison armée avec Bismarck était la raison de leur victoire en France ?

Dommage pour eux – il ne fait aucun doute que c’est ce qui s’est passé. 1871 marque la restauration du libéralisme après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte approuvé par les électeurs en 1852. Mais la Troisième République créée en 1871 n’est plus un gouvernement « français » fondé sur le libéralisme – comme en 1848-52 – mais un nouveau type de libéralisme fondé sur la collusion des élites internationales : il s’agit donc bien de « néolibéralisme ». Si nous devons appeler quelque chose « néolibéralisme » – même s’il s’agit fondamentalement du même vieux « libéralisme » – c’est l’endroit le plus précis de l’histoire pour ajouter ce préfixe. La plupart l’ajoutent plus d’un siècle plus tard, de manière incorrecte.

3) Si la Commune représente une avancée majeure pour la gauche internationale parce qu’elle est le premier exemple durable de la dictature du prolétariat – pendant deux mois -, alors la victoire armée d’une classe d’élite internationale sur une avancée aussi importante doit annoncer quelque chose de tout aussi significatif, non ? C’est le cas : La Commune représente les diktats néo-impérialistes, même avec leurs premières troupes, de ce qui sera finalement institué comme l’Union européenne.

La définition du néo-impérialisme n’est pas simplement le remplacement de la domination directe des colonisateurs occidentaux par une domination indirecte des Occidentaux via des marionnettes brunes locales – le néo-impérialisme inclut également les Occidentaux menant une guerre impérialiste contre leur propre peuple occidental au profit d’un 1% international. Le premier exemple moderne de cette lutte des classes intra-européennes (et pas seulement féodale) a commencé avec la Commune. L’Union européenne est l’expression bureaucratique de ces forces qui ont vaincu la Commune.

4) Enfin, il est tout à fait compréhensible que, pour la gauche, il ne manque que les célèbres remarques finales de Frederich Engels lors du 20e anniversaire de la Commune : “ Bien, messieurs, voulez-vous savoir à quoi ressemble cette dictature ? Regardez la Commune de Paris. C’était la dictature du prolétariat.m” C’est la plus largement comprise des quatre affirmations.

La Commune est une grande affaire, mais nous devons en faire une grande affaire pour les vainqueurs, car ils en ont – à juste titre – honte.

L’histoire objective : La Commune a été vaincue par la collusion armée des 1% français avec les 1% allemands

Les écrits de Marx sur la Commune de Paris ont été rédigés en temps réel. C’est un incroyable travail journalistique que d’avoir compris si bien et si vite, mais ce qui est le plus choquant c’est ce qu’il s’est réellement passé :

La Commune de Paris est née de la capture de Louis-Napoléon Bonaparte lors de la guerre franco-prussienne de 1870. Cette fin ignominieuse de l’ère impériale bonapartiste convenait à l’homme de la rue : le pouvoir exécutif moderne avait été discrédité. En 1852, la France avait démocratiquement sanctionné l’auto-coup d’État du pouvoir exécutif contre le pouvoir législatif usurpateur, non représentatif et déjà disgracié de la démocratie libérale occidentale, et en 1870, elle était prête à se défaire de la monarchie la plus progressiste du monde. Elle voulait quelque chose de nouveau – la démocratie socialiste – mais l’élite libérale-démocrate occidentale était heureuse d’écarter Bonaparte et de reprendre le pouvoir, exactement comme elle l’avait fait de 1849 à 1851, lorsque l’Assemblée nationale avait subverti la constitution de 1848 pour la soumettre à la volonté de la majorité du Parlement et éviscéré le suffrage universel masculin. Pour parvenir à cette reconquête du peuple français, il a fallu des troupes allemandes pour les remettre au pouvoir ; il a fallu des mois de famine, de censure et de contrôles totalitaires autour de Paris ; il a fallu le rejet total de toute volonté démocratique… mais c’est le « néolibéralisme » – faut-il s’en étonner ?

Un gouvernement français des riches assemblé à la hâte, de connivence avec les occupants allemands de Bismarck pour bombarder et assiéger Paris.

 » La conspiration de la classe dirigeante pour briser la révolution par une guerre civile menée sous le patronage de l’envahisseur étranger… a culminé avec le carnage de Paris. « 

C’est de Marx, mais ce n’est pas « une histoire » – c’est « l’Histoire ».

Comment cela peut-il être autre chose qu’une trahison ? Comment cela peut-il être autre chose qu’imposer à la France une régression politique ? Comment le succès d’une telle faction pourrait-il être autre chose que l’anti-France ?

Ces questions sans réponse de la part des partisans de l’Occident s’ajoutent à un thème majeur de l’histoire occidentale : la dissimulation des premiers crimes de la démocratie libérale occidentale, qui aime hypocritement se concentrer sans cesse sur les premières erreurs d’un mouvement beaucoup plus moral et démocratique – le socialisme.

Il est vraiment exact d’appeler ces législateurs français de l’après-guerre de 1871 les « anti-Résistance » de l’histoire de France, car au lieu de se battre contre les Teutons autocratiques, ils se sont alliés à la Prusse occupante pour subvertir la volonté démocratique de Paris et, surtout, pour les isoler du reste de la nation afin d’empêcher la victoire de la démocratie socialiste de Paris de se propager.

Gilet Jaune : “ Nous n’avons pas fait un très bon score aux élections européennes du mois dernier, mais n’oubliez pas que nous n’avons eu que quelques mois pour tout organiser, contrairement à tous les autres partis. Ce que les Gilets Jaunes ont martelé dans la tête des gens, c’est la réalité : notre pouvoir d’achat n’augmentera jamais, notre dette envers la haute finance ne peut que continuer à augmenter, et l’évasion fiscale ne fera qu’augmenter si les électeurs ne se battent pas pour notre cause. « 

Vous n’avez probablement aucune idée de qui sont ces législateurs, et le Français moyen non plus. Les trahisons de la démocratie libérale occidentale sont autant étouffées qu’elles sont récompensées; le principal collaborateur, Adolphe Thiers, est devenu le premier président de la Troisième République française.

Une différence majeure entre la Révolution française de 1789 et la Commune est l’absence de violence à Paris, jusqu’à ce que les forces de la démocratie libérale arrivent et massacrent autant de personnes à Paris qu’il y a eu de morts dans toute la nation pendant la « Terreur » (1793-4). Bien sûr, on n’entend parler que de la Terreur de 1793-4 et jamais de cette Terreur bien pire: elle est bien pire parce que les victimes comprenaient bien plus de femmes, d’enfants, de pauvres et d’innocents, qui ont tous été exécutés sans procès, contrairement aux nombreuses élites impénitentes de 1793-4. La « Terreur » dans le monde occidental est que les riches ont été jugés et condamnés à mort; les pauvres exécutés sans procès ne posent aucun problème aux libéraux démocrates occidentaux, bien sûr. Cette fausse réalité est due au fait que ce sont les vainqueurs qui écrivent les livres d’histoire, mais il ne fait aucun doute qu’à mesure que le socialisme l’emportera sur la démocratie libérale occidentale, la véritable terreur sera de plus en plus nommée à juste titre.

Pas de ‘rébellion des esclavagistes’, mais un véritable retournement de la guerre civile américaine

Marx, dans ses écrits sur la Commune de Paris, la qualifie à plusieurs reprises de « rébellion des propriétaires d’esclaves », mais c’est en fait l’inverse: c’est Paris qui s’est rebellé, pas les propriétaires d’esclaves au pouvoir, et après des mois de siège, les Parisiens ont appelé à faire sécession et à établir une nouvelle république.

La France avait interdit l’esclavage, une fois de plus, en 1848, mais les démocrates libéraux occidentaux qui étaient de connivence avec Bismarck pour établir leur contrôle mutuel sur les masses de Paris contenaient de nombreux anciens marchands d’esclaves ; ils contenaient des familles dont la richesse était basée sur des siècles de commerce d’esclaves ; ils contenaient des membres établissant des transactions financières avec des pays qui n’avaient pas encore interdit l’esclavage; c’est donc à juste titre que Marx les appelle « propriétaires d’esclaves ».

Il est également très significatif que l’opposition à la Commune de Paris ait été démarquée pour la première fois lors d’une assemblée à Bordeaux : c’est une ville portuaire construite sur le commerce des esclaves. L’élite de Bordeaux, qui est située dans le département de la Gironde, a toujours fait partie de l’élite la plus réactionnaire, pro-esclavagiste et anti-démocratique de France (encore plus que la Bretagne, la seule région qui a envoyé des troupes pour conquérir la Commune).

Ainsi, les « esclavagistes » n’ont pas fait sécession contre la France, comme aux États-Unis en 1861, mais ont plutôt collaboré avec les occupants étrangers et les massacreurs de soldats français afin de contenir une tentative rebelle de nouvelle structure gouvernementale. La guerre civile en France, nom du célèbre pamphlet de Marx sur la Commune, a été provoquée par la restauration de la démocratie libérale occidentale rejetée par le peuple, et ce n’est que par le biais d’un siège traître qu’elle est restée une « Commune de Paris » et non une vraie « Seconde Révolution française ».

Après avoir établi ce qu’il s’est passé ainsi que le rôle et l’idéologie impopulaires des esclavagistes/libéraux-démocrates occidentaux qui ont prévalu, nous pouvons à présent discuter de ce que ces traîtres de connivence de la plus grande ville du pays ont établi.

La restauration du libéralisme = néolibéralisme = anti-démocratie, censure & oligarchie

Même si le peuple français en avait fini avec la monarchie et l’empire, l’aristocratie et l’autocratie, la fausse méritocratie et la fausse technocratie non représentative, ce n’était pas le cas des libéraux, des monarchistes constitutionnels et des autocrates.

Les élections pour la première législature de la nouvelle Troisième République se sont déroulées avec des Prussiens dans la moitié du pays : faut-il s’étonner que la naissance du néolibéralisme se soit faite dans des conditions de vote totalement antidémocratiques ? Les deux tiers de ses membres étaient soit orléanistes, soit bourbonistes: oui, le royalisme et l’autocratie ont prévalu dans une prétendue « Troisième République » construite sur le meurtre de masse dans la capitale.

Gilet Jaune : “ Il y a eu tellement de brutalités policières aujourd’hui et ces derniers mois. Il est clair que la 5e République est morte, et que nous devons changer non seulement le régime de Macron, mais notre système tout entier. Le peuple français est gouverné par des voleurs. « 

On ne soulignera jamais assez à quel point la Commune de Paris s’inscrit dans la tendance historique générale de lutte contre la monarchie et les mentalités autocratiques : 100 ans après la Révolution française, la Troisième République était une « république » principalement dirigée par des royalistes ! Il ne s’agit plus d’un gouvernement « français » fondé sur le libéralisme, comme en 1849-52, mais d’un nouveau type de libéralisme basé sur la collusion entre les élites internationales : c’est le néolibéralisme.

Au fil des années de la Troisième République, ces royalistes ont dû renoncer à leur royalisme, étant donné qu’il était totalement rejeté par le peuple français, et ont donc fait allégeance au nouveau néolibéralisme. Le résultat était clair pour une grande partie du nouveau « tiers-monde » : sous couvert d’institutions républicaines et démocratiques, l’empire de la Troisième République allait devenir le deuxième plus grand empire du monde. L’idée que Louis-Napoléon Bonaparte ou son oncle représentent un « empire » plus vénal que celui de la Troisième République est une fiction totalement insoutenable.

Marx note comment la Commune différait des désirs de 1% des libéraux-démocrates occidentaux : dans la Commune, les ouvriers et les classes inférieures étaient rejoints par les petits bourgeois, tout comme avec les Gilets Jaunes. Ce qui les unissait était la production de dettes et la recherche de rente des libéraux.

“ Et pourtant, ce fut la première révolution où la classe ouvrière fut ouvertement reconnue comme la seule classe capable d’initiative sociale, même par la grande majorité de la classe moyenne parisienne, boutiquiers, artisans, commerçants, à l’exception du riche capitaliste. La Commune les avait sauvés par un règlement sagace de cette cause récurrente de conflit au sein de la classe moyenne elle-même, les comptes débiteurs et créditeurs (via l’ajournement des dettes de 2 à 3 ans). La même partie de la classe moyenne, après avoir aidé à réprimer l’insurrection ouvrière de juin 1848, avait été immédiatement sacrifiée sans ménagement aux créanciers par l’Assemblée constituante de l’époque. Mais ce n’était pas leur seul motif pour se rallier maintenant à la classe ouvrière. Ils estimaient qu’il n’y avait qu’une alternative : la Commune, ou l’empire, sous quelque nom qu’il réapparaisse. Le (2e) empire (de Louis-Napoléon Bonaparte), les avait ruinés économiquement par le ravage qu’il avait fait de la richesse publique, par les escroqueries financières à grande échelle qu’il avait favorisées, par les appuis qu’il avait donnés à la centralisation artificiellement accélérée du capital, et à l’expropriation concomitante de leurs propres rangs. « 

Défendre Louis-Napoléon Bonaparte plutôt que la première classe de politiciens libéraux-démocrates occidentaux est une chose, mais nous devrions voir ici pourquoi notre soutien moderne de gauche doit être limité pour Louis-Napoléon Bonaparte : il n’a pas réussi à mettre fin, en tant que président ou empereur élu, à l’esclavage domestique moderne fondé sur la dette, qui reste endémique en Occident aujourd’hui.

“ Aux yeux du paysan français, l’existence même d’un grand propriétaire foncier est elle-même un empiétement sur ses conquêtes de 1789. Le bourgeois, en 1848, avait grevé son lopin de terre de l’impôt supplémentaire de 45 centimes, au franc, mais alors il l’avait fait au nom de la révolution, tandis que maintenant il a fomenté une guerre civile contre la révolution, pour faire porter sur les épaules du paysan la charge principale des 5 milliards d’indemnité à payer au Prussien. La Commune, de son côté, dans une de ses premières proclamations, déclarait que les véritables initiateurs de la guerre seraient amenés à en payer le prix. « 

Nous voyons donc les racines du néolibéralisme tant sur le plan politique qu’économique : autocrates multinationaux et élites bourgeoises contre tous les travailleurs et la classe moyenne moderne, essentiellement précaire.

(En parenthèse par rapport à la question plus large du passage du servage au servage pour dettes en France : nous voyons ici la cause des réparations que la France a exigée après la Première Guerre mondiale. Ces réparations sont toujours dépeintes historiquement comme injustifiées et comme une cause majeure de l’hyperinflation en Allemagne et de la montée des nazis. Une fois encore, nous voyons comment le refus de la démocratie libérale occidentale d’examiner honnêtement ses années de formation de 1848 à 1914 a conduit à une ignorance historique totale. Les germaniques feront également remarquer que ce fardeau de la dette reflète le même fardeau de la dette que Napoléon a imposé à l’Allemagne, mais les différences sont énormes: la France a mené guerre défensive après guerre défensive contre l’agression prussienne, autrichienne et hongroise, et la France a également été reçue comme libératrice du féodalisme, 1871 n’est pas du tout une libération.)

1871 est populairement dépeinte comme un mouvement localisé et extrêmement radical, voire immoral : d’après Wikipédia, et sans explication ni justification, « Les principes qui sous-tendent la Commune sont considérés comme moralement dégénérés….” Elle n’est pas décrite comme la « guerre civile française de 1871 » uniquement en raison de la vaste tactique de censure utilisée à son encontre.

 » Les Ruraux (c’est-à-dire l’Assemblée de Bordeaux), c’était d’ailleurs leur principale appréhension, savaient que trois mois de communication libre du Paris communal avec les provinces amèneraient un soulèvement général des paysans, d’où leur souci d’établir un blocus de police autour de Paris, afin d’arrêter la propagation de la peste bovine. « 

Au XXIe siècle, nous voyons comment la démocratie libérale occidentale, après avoir réalisé ce que pouvait faire la dévolution du « pouvoir de l’écriture » via les médias sociaux numériques, a répondu par une vaste censure contre ses classes « pestes » d’aujourd’hui. Bien sûr, la Démocratie libérale occidentale a brutalement réprimé la pensée socialiste pendant près de deux siècles.

 » Tandis que le gouvernement de Versailles (l’Assemblée de Bordeaux se réinstallera à Versailles, siège de l’autocratie, en mars 1871), dès qu’il eut retrouvé un peu d’esprit et de force, employa les moyens les plus violents contre la Commune ; tandis qu’il réprima dans toute la France la libre expression des opinions, jusqu’à interdire les réunions des délégués des grandes villes ; tandis qu’il soumettait Versailles et le reste de la France à un espionnage dépassant de beaucoup celui du Second Empire ; tandis qu’il brûlait, par ses gendarmes inquisiteurs, tous les papiers imprimés à Paris, et passait au crible toute la correspondance de et vers Paris ; tandis qu’à l’Assemblée nationale, les tentatives les plus timides pour défendre Paris étaient repoussées d’une manière inconnue même de la Chambre introuvable de 1816 (la Chambre des députés ultra-royaliste et ultra-réactionnaire de la Restauration des Bourbons) ; avec la guerre sauvage de Versailles au dehors, et ses tentatives, sa corruption et ses conspirations à l’intérieur de Paris, la Commune n’aurait-elle pas honteusement trahi sa confiance en affectant de conserver toutes les convenances et les apparences du libéralisme comme en un temps de paix profonde ? « 

C’est le même problème qu’en 1849 : La démocratie libérale occidentale ne protège même pas les libertés démocratiques décrites dans la pensée libérale. Il n’y a jamais de marché libre des idées si celles-ci discutent de l’élimination du style de gouvernement parlementaire oligarchique qui domine l’Occident. De même, l’Iran, Cuba, la Chine et d’autres démocraties d’inspiration socialiste censurent les appels à contrer leurs révolutions populaires, mais il y a deux différences essentielles : la démocratie libérale occidentale prétend hypocritement être plus tolérante alors qu’elle ne l’est pas, et le soutien populaire de la démocratie libérale occidentale est une fausse construction.

En raison de la coupure des communications, ainsi que de la saignée massive lorsque le siège a été brisé, la guerre civile française est restée une affaire limitée : il s’agissait des travailleurs de Paris, et des progressistes politiques de cette ville, contre l’élite nationale des banquiers/avocats/propriétaires/aristocrates qui était de connivence avec les occupants allemands. Elle aurait pu être la quatrième grande révolution nationale progressiste en 82 ans, mais elle a été massacrée avant d’atteindre ce niveau.

Gilet Jaune : ” Ils utilisent des gaz lacrymogènes encore plus durs sur nous, et les gens tombent au sol à gauche et à droite. Notre revendication est celle d’une société plus égalitaire et plus démocratique, et cela ne mérite pas une telle violence inadmissible. Le gouvernement doit écouter le peuple français. « 

Il s’agit toujours d’une guerre de classe et d’une guerre internationale, c’est pourquoi la Commune est si importante. Alors qu’un siècle plus tôt, les rois s’entendaient contre leur propre peuple, la Commune a vu des politiciens libéraux soutenus par des étrangers le faire.

C’est véritablement la naissance des principes de l’Union européenne.

La Commune comme naissance du néo-impérialisme de l’UE

Pour en revenir au thème de l’histoire politique européenne que j’ai exposé dans l’Introduction, 1871 représente une étape essentielle au-delà de l’impérialisme originel de l’Europe qui a débuté avec l’ère colombienne de l’Ancien Monde contre le Nouveau Monde, puis également une étape au-delà de l’occupation de l’Algérie par la France en 1830 : le refus d’une immense partie de la France de soutenir la guerre armée contre Paris a obligé Bismarck à libérer des centaines de milliers de prisonniers de guerre, qui ont ensuite été utilisés pour reconquérir Paris.

 » Cette armée, cependant, aurait été ridiculement inefficace sans les versements de prisonniers de guerre impérialistes, que Bismarck a accordés en nombre juste suffisant pour entretenir la guerre civile et maintenir le gouvernement de Versailles dans une dépendance abjecte vis-à-vis de la Prusse. « 

Ils représentent les toutes premières troupes de choc du néo-impérialisme européen. Si la démocratie libérale occidentale était vraiment honnête quant à son individualisme élitiste, ces hommes seraient glorifiés comme les premiers fantassins néo-impériaux de l’UE. Si nous devions assister à un « Frexit », des troupes similaires pourraient être mobilisées si la guerre financière ne parvient pas à les forcer à réintégrer l’empire néolibéral européen.

La Troisième République a été formée au milieu de l’occupation allemande, dans la précipitation d’un vote en temps de guerre, afin d’approuver un plan de paix avec l’Allemagne, mais aussi – de manière critique – pour mettre au pouvoir les personnes les plus inaptes, les plus antipatriotiques et les plus favorables au 1% néolibéral. C’est une critique caractéristique de la démocratie libérale occidentale que leurs politiciens soient incroyablement méfiants et les marionnettes du grand capital; il en va de même pour les premiers représentants des néolibéraux, selon Marx.

 » La population ne pouvait qu’avoir le sentiment que les conditions de l’armistice rendaient impossible la continuation de la guerre, et que pour avoir sanctionné la paix imposée par Bismarck, les pires hommes de France étaient les meilleurs. […] Il n’y a que cette différence : que les Romains n’avaient pas de mitrailleuses pour expédier, en bloc, les proscrits, et qu’ils n’avaient pas ‘la loi entre les mains’ ni sur les lèvres le cri de ‘civilisation’. « 

Nous voyons ici que le faux-moralisme de la démocratie libérale occidentale a également véritablement commencé en 1871.

 » Qu’après la plus formidable guerre des temps modernes, les hôtes vaincus et conquérants fraternisent pour le massacre commun du prolétariat – cet événement sans pareil indique bien, non pas, comme le pense Bismarck, la répression finale d’une nouvelle société en plein essor, mais la réduction en poussière de la société bourgeoise. « 

Ce que Marx oublie, c’est que, selon sa propre analyse, la petite bourgeoisie, les petits commerçants et la véritable classe moyenne ont également été massacrés en 1871. L’alliance des Gilets Jaunes avec cette classe, par opposition au mépris général de la gauche pour le commerçant même le plus proche de la faillite, est donc un élargissement significatif du gauchisme et un retour à ce qui a réellement fonctionné.

Gilet Jaune : « Le G7 dépense 30 millions d’euros en un week-end pour offrir aux riches ministres du champagne, du caviar et des homards, alors que les Français n’ont pas d’argent pour la nourriture ou l’électricité. Ils parlent de sauver l’environnement, mais seulement après être venus ici dans leurs avions privés de première classe. Les milliardaires français voient leur fortune s’accroître chaque année, alors que le salaire minimum français est contraint de s’étirer de plus en plus. Nous avons besoin d’une véritable redistribution des richesses. « 

La Commune de Paris socialiste a perdu. Ce qui s’est levé n’était pas la société socialiste mais une nouvelle forme de libéralisme, où les élitistes-impérialistes occidentaux se sont retournés contre les Occidentaux eux-mêmes dans des massacres autrefois réservés aux personnes de couleur. C’est aussi le début de la guerre du libéralisme pour éradiquer les sociétés socialistes, une guerre d’éradication aussi brutale et hautement censurée que l’était la guerre monarchique contre le libéralisme avant que les deux ne commencent à collaborer en 1871.

Commune de Paris : le début de ce que 1917, 1949, 1959 et 1979 ont transporté

Pour résumer simplement :

“ C’était essentiellement un gouvernement de la classe ouvrière, le produit de la lutte de la classe productrice contre la classe possédante, la forme politique sous laquelle on pouvait enfin réaliser l’émancipation du travail. […] La Commune devait donc servir de levier pour déraciner les fondements économiques sur lesquels repose l’existence des classes, et donc de la domination des classes. « 

Et si nous ne travaillons pas pour une société sans classes, alors pourquoi lisez-vous ceci ? Allez-y, volez et trichez pour rejoindre la classe supérieure, puis participez à la suppression des classes ouvrière, moyenne, des retraités, des étudiants, des jeunes, des femmes, des minorités, etc.

Il y a beaucoup d’absurdités qui émanent de France sur la Commune, quatre mois de siège, c’est peut-être ce que ça fait, et c’est du côté des anarchistes.

La Commune est considérée par les anarchistes comme leur apogée, un jour où les étapes du socialisme et du communisme ont été sautées (qui a besoin de développement ?), et la répression immédiate n’a pas donné une chance de repousser ces ennuyeux trompeurs. La seule chose plus ennuyeuse que les écrits auto-référentiels de Mikhaïl Bakounine, fondateur de l’anarchisme collectif, sur la Commune, ce sont ses pensées métaphysiques. Les certitudes des anarchistes de la Commune sont aussi pleines de fausses « valeurs universelles » que n’importe quel démocrate libéral occidental. Marx et Trotsky détestaient les anarchistes de leur génération autant que les Gilets Jaunes refusent de donner une quelconque direction politique aux Black Bloc ou aux Antifa.

Les libéraux démocrates occidentaux aiment se concentrer sur les idées les plus individualistes, les plus fantastiques et les plus absurdes émises pendant la Commune, (encore une fois, quatre mois de siège en produiront quelques-unes), parce que cela évite de parler de la politique réelle qui a été discutée et permet des caricatures telles que « moralement dégénéré ». Ils veulent faire de la Commune un peu comme Mai 1968, mais la première n’était pas seulement un mouvement pour les droits individuels, mais aussi pour le droit politique de former un nouveau type de gouvernement. Au fil du temps, l’unité des Gilets Jaunes et ses objectifs politiques sont devenus plus évidents: non pas l’individualisme soixante-huitard mais la guerre des classes et la guerre culturelle de 1789. Les Gilets Jaunes sont un groupe de lutte des classes.

Gilet Jaune : « Il y a eu une répression énorme jamais vue en France. Même en 1968, ce n’était pas aussi grave que cela. Mais c’est la politique choisie par le président pour casser le mouvement. Nous allons continuer à improviser de nouvelles solutions pour gagner nos revendications. « 

Mais le plus gros problème que les gauchistes doivent désapprendre de l’héritage de la Commune est qu’il était totalement parisien. Cela a conduit à une vénération des citadins aussi dépassée que la vénération du prolétariat d’usine: les ruraux, les ouvriers dans les bureaux, les retraités et d’autres groupes doivent aussi être à l’avant-garde.

Voici une réflexion intéressante : si nous devons accepter que, à l’époque de la domination rurale de 1871, les zones urbaines étaient l’avant-garde politique, alors peut-être devrions-nous considérer qu’aujourd’hui, alors que la plupart des sociétés sont urbanisées, les zones rurales sont maintenant l’avant-garde politique ? Avec les Gilets Jaunes, cette généralisation semble se vérifier.

Ce qui est intéressant, c’est que la Commune de Paris a prouvé qu’Edmund Burke avait raison concernant la manière dont la démocratie libérale occidentale, dans son objectif ultime de fédéralisme (que l’on retrouve aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, en Australie et dans de nombreuses monarchies occidentales prétendument « unitaires »), centre tout autour de la capitale et crée donc en fin de compte la fragmentation et la désunion. La démocratie socialiste s’oppose au fédéralisme parce que le fédéralisme libéral-démocratique occidental sert à affaiblir la société en affaiblissant le pouvoir du gouvernement et en augmentant ainsi le pouvoir de l’individu riche: il permet aux capitalistes de « diviser pour mieux régner ».

Burke l’avait prévu :  » Vous ne pouvez pas ne pas percevoir dans ce projet qu’il a une tendance directe et immédiate à diviser la France en une variété de républiques, et à les rendre totalement indépendantes les unes des autres sans aucun moyen constitutionnel de cohérence, de connexion ou de subordination, sauf ce qui peut être dérivé de l’acquiescement aux déterminations du congrès général des ambassadeurs de chaque république indépendante. « 

Plus important encore, Burke n’aurait pas été surpris du tout par la réponse de l’élite en 1871 face au rejet démocratique de la démocratie libérale occidentale :

“ Ils n’ont pas non plus laissé de principe par lequel une de leurs municipalités puisse être liée à l’obéissance, ou même consciencieusement obligée à ne pas se séparer de l’ensemble pour devenir indépendante, ou pour se rattacher à quelque autre État. … À cela, la réponse est : nous enverrons des troupes. La dernière raison des rois est toujours la première avec votre Assemblée. « 

En effet : devenir libéral-démocrate occidental ou mourir, être sanctionné, etc.

Burke voit un problème occidental plus moderne, la domination du capital, mais convient que les libéraux-démocrates occidentaux doivent avant tout contrôler le capital.

“ Tout ce que vous avez pour l’instant, c’est une circulation de papier et une constitution boursière ; et, quant à l’avenir, pensez-vous sérieusement que le territoire de la France, sur le système républicain de quatre-vingt-trois communes indépendantes (sans parler des parties qui les composent), puisse jamais être gouverné comme un seul corps ou puisse jamais être mis en mouvement par l’impulsion d’un seul esprit ? Quand l’Assemblée nationale aura achevé son œuvre, elle aura accompli sa ruine. Ces communautés d’états ne supporteront pas longtemps un état de sujétion à la république de Paris. « 

Parce que la « république de Paris » de 1871 était socialiste, le reste de la France n’avait rien à craindre de la capitale, c’est tout le contraire dans la démocratie libérale occidentale moderne. L’étouffement des cultures locales par une capitale ethnocentrique est une chose à laquelle la démocratie socialiste s’oppose expressément.

Afin d’éviter que les anarchistes ne se trompent sur Marx, nous devons noter qu’il reconnaît la nécessité de la centralisation.  » La centralisation du gouvernement, requise par la société moderne, ne s’élève que sur les ruines de l’appareil gouvernemental militaire et bureaucratique qui a été forgé en opposition au féodalisme. “ (c’est moi qui souligne)

Par-dessus tout, la Commune représente ce que le néolibéralisme exige : le régime armé est ce qui maintient la démocratie libérale occidentale en vie.

Nous ferions bien de nous rappeler qu’Engels pensait que la plus grande erreur de la Commune était de ne pas s’attaquer au véritable cœur de la démocratie libérale occidentale : sa bancocratie.

“ Le plus difficile à comprendre est certainement la sainte crainte avec laquelle ils sont restés debout, respectueux, devant les grilles de la Banque de France. C’était aussi une grave erreur politique. La banque aux mains de la Commune – cela aurait valu plus que 10 000 otages. Cela aurait signifié la pression de toute la bourgeoisie française sur le gouvernement de Versailles en faveur de la paix avec la Commune. « 

Sur la place Tahrir en Égypte, j’ai rapporté que le premier endroit où les manifestants se sont rendus était le centre des médias télévisés :

« le principal problème n’est pas la persuasion, mais la finance, le peuple admettra toujours que la démocratie libérale occidentale a échoué. Ils auraient dû s’emparer des banques, comme l’ont fait les envahisseurs occidentaux de la Libye: ils ont pillé la forme autoritaire du socialisme islamique de tant d’or qu’on a parlé du « plus grand hold-up du monde ».

La Commune met fin à près de 100 ans de leadership français en matière de politique progressiste, la Russie et l’Europe de l’Est prenant les rênes à la génération suivante.

Ce qui a commencé avec la Commune de Paris se terminera en 1936 par la guerre civile espagnole. L’Espagne était une Commune de Paris non guerrière, légale et nationale, mais la démocratie libérale occidentale néolibérale et néo-impériale a choisi la guerre, tout comme en 1871.

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Date du publication: 1 juillet, 2022.

Les précommandes du livre électronique en français peuvent être peuvent être peuvent être effectuées ici.

Ramin Mazaheri est le correspondant en chef à Paris pour PressTV et vit en France depuis 2009. Il a été journaliste dans un quotidien aux États-Unis et a effectué des reportages en Iran, à Cuba, en Égypte, en Tunisie, en Corée du Sud et ailleurs. Il est l’auteur de ‘Socialism’s Ignored Success: Iranian Islamic Socialism’ ainsi que de ‘I’ll Ruin Everything You Are: Ending Western Propaganda on Red Chinaqui est également disponible en simplified et traditional en chinois.

 

 

Une mise à jour rapide d’Andrei, avec quelques notes supplémentaires


Par The Saker – Le 23 juin 2022 – Source The Saker Blog

Chers amis, un mois s’est écoulé depuis ma dernière mise à jour, j’ai donc décidé de poster cette note pour partager quelques réflexions avec vous.

Tout d’abord, les choses ennuyeuses : ma santé va définitivement mieux et, bien que je regrette beaucoup d’avoir dû prendre ce temps d’arrêt, je suis maintenant sûr que c’était la bonne décision, à la fois pour moi et pour le blog. J’espère revenir à la rédaction à plein temps d’ici la fin du mois de juillet. Encore une fois, je m’excuse auprès de vous tous pour mon absence, et je vous demande de faire preuve de compréhension.

Deuxièmement, et comme je l’avais prédit, la situation dans le monde et en Ukraine a beaucoup changé au cours des deux derniers mois. Je me contenterai de mentionner quelques points saillants de ce que je considère comme les plus importants :

Le récit « les glorieux Ukrainiens sont en train de gagner » a maintenant presque officiellement disparu (même le NYT a changé d’avis) et plus personne de sensé ne débite ces absurdités. La réalité est que les Ukrainiens perdent, en moyenne, environ un bataillon par jour, et c’est pourquoi ils envoient maintenant des civils à peine formés à l’Est : la plupart des unités de combat ukrainiennes (souvent très bien formées et courageuses) sont même mortes, prisonnières, portées disparues ou dans des « chaudrons » (réels ou sous la puissance de feu) sans aucune chance de s’échapper.

Il est maintenant indéniable que ce qui a commencé comme une opération militaire spéciale (SMO) s’est transformé en une guerre ouverte et à grande échelle entre l’Occident consolidé (alias l’Empire anglo-sioniste) et la Russie : l’Empire a maintenant « frappé » la Russie avec tout ce qu’il avait à part une attaque militaire directe. L’armée ukrainienne (forte de plus de 200 000 hommes à l’origine), sans doute la plus puissante force militaire de l’OTAN (qui est par ailleurs principalement composée de petites « armées de parade » complètement épuisées !), surtout avec le soutien total de l’Occident (renseignements, armes, argent, politique, etc. etc.) est en train d’être « démilitarisée » et « dénazifiée » par une force militaire russe largement supérieure (mais pas en taille : La Russie n’a utilisé qu’une fraction de sa pleine puissance militaire). L’issue de cette affaire ne fait aucun doute.

Cette réalité a été pleinement acceptée par la société russe, qui soutient désormais le Kremlin (à plus de 80 %), lequel n’a pas caché qu’il était désormais engagé dans une guerre existentielle contre l’Occident. C’est le cas depuis au moins 2013, mais maintenant les ratios originaux (environ 80% d’information, 15% d’économie et 5% de militaire) sont passés à ce que j’appellerais une « guerre totale par procuration ».
Les fous purs et durs de l’Occident (les néoconservateurs américains, le Royaume-Uni, la Pologne et les 3 états baltes) s’efforcent de déclencher une guerre totale entre l’OTAN et la Russie et, jusqu’à présent, les eurolemmings veules les ont laissés fixer l’ordre du jour, aussi suicidaire que cela puisse être pour l’UE et l’OTAN. Franchement, mon dégoût pour l’Europe occidentale est total – je n’ai jamais eu d’illusions sur les « nouveaux » Européens – et tout ce que je peux dire, c’est qu’ils se méritent tous amplement ce qui leur arrive. Tout ce que je peux dire, c’est ceci : continuez à agir comme des nazis et vous serez dénazifiés. C’est vraiment aussi simple que cela.

Les dirigeants de l’Empire savent qu’ils ont perdu une fois de plus, et ils se réfugient dans leurs mécanismes habituels d’adaptation : l’auto-gratification idéologique et le déni profond, profond. Alors que l’UE commet un suicide économique, politique et social pur et simple, l’administration Biden est devenue « full woke », comme l’a fait l’Amérique corporative (c’est-à-dire les États-Unis, bien sûr, et non le continent américain) : les soi-disant « minorités » sont maintenant enfoncées dans la gorge collective du peuple américain, quelle que soit la taille ou l’étrangeté desdites « minorités ». Cela est particulièrement frappant dans le type de publicités que les sociétés américaines produisent désormais à l’unanimité. Je pense, par exemple, aux femmes noires morbidement obèses en couches (!!!) prenant des « poses de ballerine » que YouTube montre désormais régulièrement. En regardant ces publicités, on pourrait croire que les Noirs aux États-Unis occupent tous les postes d’autorité et de prestige, que la plupart des femmes américaines sont lesbiennes et que des millions d’enfants américains (et même des nourrissons !) ont besoin de changer de sexe de toute urgence (regardez l’excellent documentaire « What is a Woman ? » pour voir à quel point tout cela est devenu insensé). Quand je vois cette folie collective, je ne peux m’empêcher de me demander si l’Amérique n’essaie pas délibérément d’énerver la grande majorité des Américains et de déclencher une sorte de crise interne majeure et violente.

Entre-temps, les Russes adoptent de nouvelles lois contre la propagande de l’homosexualité : alors que, par le passé, cette propagande n’était interdite que si elle s’adressait aux enfants, elle est désormais étendue à l’ensemble de la population russe. Pour clarifier les choses : La Russie n’interdit pas les homosexuels et leurs pratiques sexuelles, aussi pathologiques soient-elles, restent totalement légales. Mais ce que la Russie fait, c’est refuser de considérer l’homosexualité comme une « variation normale et naturelle de la sexualité humaine » (Wikipedia). En d’autres termes, les Russes considèrent toujours l’homosexualité comme un trouble psychologique qui peut mériter la compassion, mais pas l’affirmation (et encore moins l’encouragement). Puisque l’« inclusion » et la « positivité » sont désormais des « valeurs » occidentales clés, c’est également un message de la Russie : gardez vos woke-freaks et leur idéologie pour vous, nous ne voulons rien de tout cela !

En attendant, les Eurokrainiens prévoient maintenant d’interdire et de détruire plus de 100 000 000 d’exemplaires de livres en langue russe. Hitler serait fier. Les Eurolemmings n’ont rien à en dire. Vous savez, le truc « #cancelRussia » (qui désigne à la fois les Russes eux-mêmes et la culture russe sous toutes ses formes) et tous ces trucs du genre « c’est bien quand on le fait » ou quand on parle de nos « dictateurs ».

Le Blitzkrieg économique occidental contre la Russie a totalement échoué et la plaisanterie en Russie est que si McCain a dit un jour que « la Russie est une station-service déguisée en pays » avec mépris, « Biden » dit maintenant la même chose, mais avec une profonde envie.

Pour notre patrie

Je pourrais continuer encore et encore, mais l’essentiel est là : l’Occident a déclaré une guerre totale à la Russie (et, de facto, à toute la zone B) et la Russie l’a accepté. Depuis plus d’une décennie, l’Occident s’efforce de réveiller et de provoquer le proverbial ours russe et ces efforts ont finalement porté leurs fruits : l’ours est maintenant sorti, et il est très, très en colère. Pour clarifier, je ne fais pas allusion aux anciens intégrationnistes atlantiques comme Medvedev, qui fait maintenant son « coming out » en tant que partisan d’une ligne dure souverainiste eurasienne (il se prépare clairement pour une future élection présidentielle et dit toutes les « bonnes choses »), mais au peuple russe, qui est maintenant dans ce que j’appelle en mode « Seconde Guerre mondiale » totale (« Lève-toi, immense pays«  et tout ça). À droite, le genre d’images qui circulent actuellement sur l’internet russe et qui expriment la conscience que l’Europe n’a jamais été vraiment dénazifiée, du moins pas dans les pays occupés par les États-Unis.

La Russie est à présent déterminée à terminer ce vilain travail, une fois pour toutes. Vous voulez « annuler la Russie » ? Dans vos rêves seulement, mais la Russie peut, et va, « annuler le nazisme » une fois pour toutes. 1000 ans de cette merde, ça suffit !

Depuis les premières croisades jusqu’à l’invasion de l’URSS par l’Europe unie sous le commandement d’Hitler, l’Occident a toujours eu une sorte d’idéologie pour justifier ses guerres d’agression impérialiste. Ce qui est intéressant, c’est qu’aujourd’hui, au lieu de justifier ses actes d’agression au nom d’une religion ou d’une idéologie prétendument universelle, les élites occidentales (et, hélas, une grande partie de sa population) ont enfin montré leur vrai visage, qui est le suivant :

  • Un racisme anti-russe virulent dans sa forme la plus pure (là encore, Hitler serait fier).
  • Un satanisme pur et ouvert sous l’étiquette de l’idéologie « Woke » (la dernière idéologie occidentale, semble-t-il), axé sur la destruction de la famille et, en particulier, des enfants (les satanistes savent qu’ils ne peuvent rien faire contre le Créateur de tous, c’est pourquoi ils essaient d’exprimer leur haine et leur vengeance contre Ses créatures, en particulier les enfants)
  • La haine ouverte et même « en pleine figure » envers tous ceux qui s’opposent à cet agenda (comme le révolutionnaire français Louis Antoine de Saint-Just a déclaré : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté »).

La vérité est que le véritable Occident, celui qui est né du Moyen-Âge (et *non* des civilisations romaine ou grecque !) a toujours été dirigé par des voyous cyniques et malfaisants. Dans le passé, ces voyous ont toujours dissimulé leur véritable vision du monde et leur programme sous toutes sortes de prétextes pieux, maintenant sa seule « idéologie » restante est la haine pure et le wokisme (la même chose, en fait).

Je soutiens qu’il est impossible de prédire ce qui va se passer dans les mois et les années à venir – il y a simplement trop de variables qui peuvent affecter dramatiquement notre avenir. Ce qui a commencé comme une opération militaire spéciale (par opposition à une opération d’armes combinées) s’est maintenant transformé en ce que l’on pourrait appeler la troisième ou même la quatrième guerre mondiale (selon vos définitions). Cette guerre durera plusieurs années, à moins, bien sûr, que les néoconservateurs et les fous qui leur sont associés au sein de l’UE n’arrivent à leurs fins et ne déclenchent un conflit nucléaire : dans ce dernier cas, elle sera courte et définitive.

Pour l’instant, l’accent est mis sur le Donbass et le sud de l’Ukraine, mais nous devons comprendre deux choses à ce sujet :

Les Ukronazis et leurs patrons de l’OTAN ont déjà perdu cette guerre depuis longtemps, et tout ce que font l’Occident et ses marionnettes nazies à Kiev, c’est essayer de prolonger cette guerre ingagnable aussi longtemps que possible pour faire tuer ou mutiler un maximum d’Ukrainiens, détruire le plus possible l’Ukraine et faire « payer le prix fort » à la Russie pour sa victoire (tout à fait inévitable) sur le champ de bataille. Quel paradoxe ! Les « agresseurs » russes font tout leur possible pour sauver le plus grand nombre possible d’Ukrainiens (même au prix de leur propre vie !) ainsi que ce qui reste de l’infrastructure ukrainienne après 30 ans d’« indépendance », tandis que les « défenseurs » et même les « alliés » occidentaux de l’Ukraine veulent en faire un paysage lunaire désolé couvert de cadavres.

Ce n’est pas une guerre à propos de l’Ukraine, du moins plus maintenant, c’est maintenant une guerre pour l’avenir du continent européen et même le futur ordre international. Comme je l’ai déjà dit à de nombreuses reprises, les Russes ont pleinement l’intention de dénazifier au moins l’ensemble du continent européen, de préférence par des moyens économiques et politiques, mais aussi, si nécessaire, par des moyens militaires. Pourquoi ? Parce que l’Occident n’a laissé à la Russie aucun autre choix. Pour la Russie et, je dirais, pour l’ensemble de la zone B, le choix est à la fois dur et simple : la souveraineté véritable et totale (économique, bien sûr, mais aussi culturelle, spirituelle et civilisationnelle) ou l’asservissement.

En d’autres termes, ce n’est pas une guerre que la Russie peut se permettre de perdre et le peuple russe le sait.

La dernière fois, la Russie a perdu environ 27 millions de personnes, tandis que la Chine en a perdu environ 35 millions. Soit un total de 62 millions de personnes, dont environ deux tiers de civils. Gardez ces chiffres à l’esprit lorsque vous observez la modernisation rapide et assez radicale des forces armées russes et chinoises (entre parenthèses, les Chinois ont également « compris » et soutiennent pleinement la Russie, tout comme les dirigeants chinois, même s’ils essaient de faire profil bas pour le moment et de laisser la Russie porter le fardeau d’être en première ligne de cette guerre : en d’autres termes, les Chinois gagnent du temps, dont ils ont franchement besoin pour atteindre la parité, voire mieux, avec les États-Unis et leurs protectorats en Asie, comme Taïwan, le Japon, la République de Corée ou l’Australie. Les Russes le comprennent également, car ils se sont eux-mêmes trouvés dans une position similaire entre 2000 et 2018. Mais ils savent que le dragon chinois devra se « réveiller » complètement, plus tôt que tard.

Oui, je sais, la plupart des gens en Occident ne le savent pas, ou s’en moquent, mais l’important, maintenant, n’est pas ce que les gens en Occident ne savent pas, mais plutôt ce que les peuples de Russie et de Chine savent et comprennent très bien. Seul un fou furieux douterait ou ne tiendrait pas compte de la détermination qui réside au plus profond de l’âme des peuples russe et chinois à ne plus jamais permettre à l’Occident de les subjuguer. Jamais.

Note de l’auteur

Oui, je sais, l’Empire japonais qui a attaqué la Chine ne faisait pas (encore) partie de l’Occident, mais c’est un argument extrêmement superficiel qui ne permet pas de comprendre que c’est précisément l’impérialisme occidental qui a créé les conditions, tant en Chine qu’au Japon, qui ont abouti aux attaques impérialistes japonaises contre toute la région Asie-Pacifique.

Ce qui précède ne commence même pas à couvrir tous les développements étonnants qui ont eu lieu au cours des derniers mois. Non seulement il y a eu des changements vraiment énormes à l’intérieur de la Russie (et ils ne font que s’accélérer), mais aussi en Amérique latine, en Afrique et au Moyen-Orient. Et je reviendrai sur tous ces sujets dans un mois environ, lorsque je reviendrai à la rédaction de blogs à plein temps. D’ailleurs, dans un mois environ, bon nombre des choses que j’ai mentionnées ci-dessus deviendront encore plus évidentes pour tous, et plutôt que d’essayer d’établir un « fait X », nous pourrons en discuter et l’analyser, sa réalité étant déjà bien établie.

Note de l’auteur

Rappelez-vous qui vous a dit la vérité et qui vous a menti au cours des derniers mois. Ces menteurs étaient très nombreux, de la machine de propagande officielle (alias la « presse libre ») aux émo-marxistes « Poutine a tout perdu », en passant par tous ceux de la sixième colonne qui, qu’ils l’aient compris ou non, ont servi les objectifs des PSYOPs de l’Empire. N’oubliez pas non plus qu’Andrei Martyanov, Bernard et Gonzalo Lira ont non seulement dit la vérité, mais qu’ils avaient raison et que leurs détracteurs avaient totalement tort. Nous leur devons tous une immense dette de gratitude.

Franchement, avant ma pause forcée, je devenais vraiment frustré en essayant de prouver à des commentateurs mal informés ou même complètement lavés du cerveau que le récit officiel (produit par la plus grande PSYOP stratégique de l’histoire) était un tas de conneries, basé sur des mensonges et/ou sur une totale « incompréhension » (et je suis gentil ici !) du monde réel en dehors de la « zone mentale A ». Aujourd’hui, la majeure partie de ce récit s’est effondrée.

Je suis également convaincu que dans un mois, les choses seront encore plus évidentes qu’elles ne le sont aujourd’hui.

Ainsi, mes amis et lecteurs, je vous laisse entre les mains (très compétentes) d’Amarynth, d’Herb et du reste de l’équipe du Saker et j’attends avec impatience mon retour complet, si Dieu le veut, dans un mois environ.

Cordialement, et merci pour votre soutien !

Andrei

PS : Hier, je regardais à nouveau le superbe film de Costa Gavras « Z » qui, à la fin, énumère toutes les œuvres d’art, de littérature, de musique, etc. que les « colonels » grecs (soutenus par la CIA américaine) ont interdites et je me suis dit : Je me suis dit : « Quel réalisateur de gauche ferait un tel film aujourd’hui sur la façon dont l’Occident tout entier fait la même chose avec tout ce qui est russe ? ». Aucun, bien sûr. J’ai aussi remarqué la douce ironie du fait que le film de Costa Gavras s’appelle « Z » (qui en grec signifie « Ζει » ou « il vit ») et je me suis demandé si les détenteurs des droits d’auteur du film devront maintenant le renommer puisque la lettre « Z » est désormais interdite chez les russophobes doublement bien pensants. Enfin, il y a certains en Occident qui veulent créer deux catégories : les « bons Russes », qui doivent dénoncer publiquement leur pays et leur président, et les « mauvais Russes » qui refusent de le faire. Hitler voulait que les Juifs portent une étoile de David, alors pourrions-nous voir un jour où les « mauvais Russes » de la zone A devront porter un « Z ». Pour l’instant, aucune entreprise d’impression de t-shirts ou de mugs de la zone A n’accepte d’imprimer un « Z » sur ses articles (je le sais, j’ai essayé et j’ai échoué !), mais compte tenu de la rage et de la folie collectives des élites dirigeantes occidentales, peut-être la lettre « Z » deviendra-t-elle obligatoire pour les « mauvais Russes » de la zone A ? Je plaisante, bien sûr, mais le visionnage du film « Z » m’a quand même paru assez étrange.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Remarques fatiguées sur l’infatigable puissance maléfique américaine


Juin 2022 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

Biden et sa folle administration (on se croirait dans un Mel Brooks) veut faire la guerre à la Chine et à la Russie, anéantir l’Europe vassale et terroriser le reste du monde. Ils soutiennent les nazis ici, et les anciennes puissances fascistes et nazies là (Allemagne et Japon) qui devraient se confondre en excuses au lieu de jeter de l’huile de ricin sur le feu de ces guerres sans fin que tant de grands esprits américains ont dénoncé en leur temps, de Charles Beard à Smedley Butler.


Néocons et impérialistes sont infatigables avec leur planche à billets et leurs news en bandeau ; même leurs déculottée récentes ne les arrêtent pas, ces imbéciles de Nuland ou Kagan qui ont un vieux compte à régler la Russie (lisez Nietzsche ou Buchan, qui en savaient plus que les rédacteurs du Figaro). Ils me font parfois penser à Tom Cruise dans Collatéral, tueur enragé qui doit exterminer tout un petit monde pendant une nuit disco et qui ne s’arrête que faute de munitions. Là il s’assoit (on est dans le métro) et il meurt. Qui viendra VRAIMENT à bout des munitions américaines ? Qui viendra à bout du dollar, des consciences achetées, des populations avilies ? Ce pays empoisonne le monde depuis deux siècles, qu’il soit aux ordres des Illuminati ou des prédateurs extraterrestres (cf. Castaneda) et ce sur le plan énergétique, militaire, juridique, militaire ou culturel. Ce pays qui n’en est pas un (États-Unis d’Amérique ?) est une nuisance, il a été mis là pour mettre fin au monde (cf. Fukuyama) ; des dizaines de grands esprits l’ont dit, y compris américains (de Poe à Miller en passant par London ou Sinclair), chacun à leur manière ; mais c’est Dostoïevski qui remarque que l’Amérique jouit d’un charisme extraordinaire digne d’Oz ; elle emmène le monde à sa suite c’est-à-dire à sa destruction ontologique, comme le charmeur de Hamelin emmène ses rats.

Dostoïevski évoquant des « libéraux russes » :

Il a légué toute son immense fortune aux fabriques et aux sciences positives, son squelette à l’académie de la ville où il résidait, et sa peau pour faire un tambour, à condition que nuit et jour on exécuterait sur ce tambour l’hymne national de l’Amérique. Hélas ! nous sommes des pygmées comparativement aux citoyens des États-Unis ; la Russie est un jeu de la nature et non de l’esprit.

Dostoïevski encore :

Loin de là, dès le début, nous avions posé en principe, Kiriloff et moi, que nous autres Russes, nous étions vis-à-vis des Américains comme de petits enfants, et qu’il fallait être né en Amérique ou du moins y avoir vécu de longues années pour se trouver au niveau de ce peuple. Que vous dirai-je ? quand, pour un objet d’un kopek, on nous demandait un dollar, nous payions non seulement avec plaisir, mais même avec enthousiasme. Nous admirions tout : le spiritisme, la loi de Lynch, les revolvers, les vagabonds.

Tout est dit, et il n’y a rien à faire : si le plus grand écrivain du monde le dit…Les cons adoreront toujours l’Amérique, ils la diviniseront. Et si l’Amérique a donné l’ordre à Ursula (qui d’ailleurs est américaine) d’exterminer les Européens, elle le fera, et tous les vaccinés Pfizer-Netflix seront d’accord.

Le problème est que l’Amérique restera nocive même si elle prend une branlée en Ukraine après en avoir pris une en Afghanistan et ailleurs : car cette entité n’est pas un empire mais une matrice. Et au temps de l’intelligence ou plutôt de l’inintelligence artificielle cette matrice nous renvoie quand elle veut à l’âge de pierre (dixit Kilgore). L’anéantissement culturel occidental est fait sur ordre et Macron est là pour en terminer avec la France, ce territoire repeuplé par un peuple nouveau, toujours très occupé et adorant l’être.

Si vous pensez que j’exagère, lisez les grands historiens libertariens Beard, Flynn, Denson, Raico ou Shaffer Butler. Sur cet appétit de guerre humanitaire et cette imbécillité ontologique, lisez aussi le grand historien d’extrême-gauche Howard Zinn. Il rappelle dans son histoire populaire de l’Amérique :

La guerre avait été menée par un gouvernement dont les principaux bénéficiaires – en dépit d’un certain nombre de réformes – étaient les membres de l’élite fortunée de la nation. L’alliance tissée entre le gouvernement et les milieux d’affaires les plus influents remontait aux premières mesures présentées au Congrès par Alexander Hamilton, immédiatement après la guerre d’Indépendance. Quand la Seconde Guerre mondiale survint, cette alliance s’était développée et consolidée (p. 472).

Depuis Hamilton et la guerre d’indépendance menée par des marchands et des propriétaires esclavagistes (ancêtres de Leyen d’ailleurs), les jeux sont faits. Zinn ajoute après Tocqueville que l’Amérique adore la guerre :

Illustration d’une vieille leçon apprise par les gouvernements : la guerre règle les problèmes de maintien de l’ordre. Charles Wilson, président de la General Electric Corporation, fut si satisfait de la situation en temps de guerre qu’il proposait de perpétuer l’alliance du militaire et de l’économique afin de pratiquer une « économie de guerre permanente.

Ralph Raico a parlé de l’épouvantable rôle de Truman, rôle souligné ensuite par Kennan en personne (rappelons que les démocrates sont toujours plus dangereux que les républicains, y compris, rappelle Zinn, quand il s’agit de baisser jusqu’à extinction les impôts des oligarques et milliardaires) :

Et c’est ce qui eut lieu. Lorsque, immédiatement après la guerre, l’opinion publique américaine, lassée par les combats, sembla favorable à la démobilisation et au désarmement, l’administration Truman (Roosevelt était mort en avril 1945) travailla à créer une atmosphère de crise et de guerre froide. Certes, la rivalité avec l’Union soviétique était bien réelle – ce pays, sorti du conflit avec une économie effondrée et vingt millions de morts, était en train de faire un incroyable retour en reconstruisant son industrie et en confortant sa puissance militaire. Pourtant, l’administration Truman préférait présenter l’Union soviétique non comme un simple rival mais comme une menace immédiate.

La guerre sert à faire marcher, même mal, l’économie ; mais la guerre sert aussi à entretenir la peur, qu’elle soit contre le climat, la Russie, la Chine ou le désormais obsolète terrorisme islamique ; Zinn ajoute :

Par une série d’actions, elle instaura un climat de peur – et une véritable hystérie vis-à-vis du communisme – qui entraîna l’escalade progressive du budget de l’armée et la stimulation de l’économie nationale par le biais des commandes militaires. Cette combinaison permettait d’engager des actions plus agressives à l’étranger et plus répressives à l’intérieur du pays (p. 482).

Parfois on va un peu trop loin (on est tombé sur un os en Ukraine, quoiqu’en pense les généraux Gamelin ou le colonel yoga – ou Yoda ?…) ; alors le public râle un peu et on fait marche arrière :

En juillet de la même année, un sondage évaluant la confiance du public à l’égard du gouvernement entre 1966 et 1975 révélait que la confiance en l’armée était passée de 62 % à 29 %, la confiance dans le monde des affaires de 55 % à 18 % et la confiance envers le président et le Congrès de 42 % à 13 %. Peu après, un autre sondage révélait que « 65 % des Américains [s’opposaient] à l’idée d’une aide militaire américaine à l’étranger parce qu’ils [pensaient] qu’elle permet aux dictateurs d’opprimer leurs populations (p. 625).

Rassurez-vous, ce peuple bigarré américain qui est par excellence le peuple nouveau mondialisé-remixé-concassé a aussi une mémoire de poisson rouge. Alors on remet ça, et on en est à 200 guerres (Oliver Stone) menées par le démocratique Oncle Sam. Zinn cite des dizaines d’opérations militaires en Amérique du sud et en Asie (pensons au Japon) dès le dix-neuvième siècle : car on est là pour emmerder le monde, pour le « corriger » dans tous les sens du terme. Oh, cette scène de Shining quand le père sévère explique dans sa pissotière comment il a corrigé ses petites filles…

On termine avec Orwell, qui explique génialement la guerre interminable :

La guerre, si nous la jugeons sur le modèle des guerres antérieures, est une simple imposture. Elle ressemble aux batailles entre certains ruminants dont les cornes sont plantées à un angle tel qu’ils sont incapables de se blesser l’un l’autre. Mais, bien qu’irréelle, elle n’est pas sans signification. Elle dévore le surplus des produits de consommation et elle aide à préserver l’atmosphère mentale spéciale dont a besoin une société hiérarchisée.

Pour l’élite totalitaire américaine comme pour l’élite totalitaire européenne, cette guerre reste une affaire intérieure, destinée à faire plier la masse (Reset, vaccins, numérisation, etc.) :

Ainsi qu’on le verra, la guerre est une affaire purement intérieure. Anciennement, les groupes dirigeants de tous les pays, bien qu’il leur fût possible de reconnaître leur intérêt commun et, par conséquent, de limiter les dégâts de la guerre, luttaient réellement les uns contre les autres, et celui qui était victorieux pillait toujours le vaincu. De nos jours, ils ne luttent pas du tout les uns contre les autres. La guerre est engagée par chaque groupe dirigeant contre ses propres sujets et l’objet de la guerre n’est pas de faire ou d’empêcher des conquêtes de territoires, mais de maintenir intacte la structure de la société.

Orwell ajoute même qu’on entre dans un état de cauchemar permanent (pensez à leurs guerres contre l’humain polluant, le pétrole, le gaz, le russe et le virus, etc.) :

Le mot « guerre », lui-même, est devenu erroné. Il serait probablement plus exact de dire qu’en devenant continue, la guerre a cessé d’exister (p. 243).

Nicolas Bonnal sur Amazon.fr

Ridley Scott et le cinéma rétrofuturiste Les mystères de Stanley Kubrick Louis-Ferdinand Céline : La colère et les mots Guénon, Bernanos et les gilets jaunes

Sources

Revue de presse RT du 19 au 25 juin 2022

Par : Wayan

Par Wayan − Le 25 juin 2022 − Le Saker Francophone

Au menu cette semaine, une guerre OTAN-reste du monde qui, même si elle est encore froide, se réchauffe de plus en plus ; l’Europe se confronte à la réalité de la crise énergétique ; plus l’Ukraine perd la guerre plus elle se fascise, plus l’UE veut l’intégrer ; la Russie et la Chine continuent à se préparer à une future guerre chaude…

La guerre hybride OTAN-Reste du monde

Il semble de plus en plus évident que l’OTAN, c’est-à-dire le CMI étasunien, se prépare à une confrontation globale pour garder son hégémonie :

« Les États-Unis ont pour objectif stratégique de balkaniser l’Eurasie, faisant de cette région une cible facile pour leurs politiques coloniales », a averti vendredi un haut responsable russe de la sécurité. « L’OTAN est l’outil de Washington, qui est prêt à faire la guerre en Europe de l’Est », a-t-il déclaré à ses homologues des membres d’une organisation régionale de sécurité.

 

« Transformer l’Eurasie en un espace de conflagration de nations en guerre, qui seraient transformées en États coloniaux fantoches semblables à l’Ukraine, est un objectif à long terme pour l’Occident« , a déclaré le secrétaire du Conseil de sécurité de la Russie, Nikolay Patrushev.

Cet avertissement sévère était adressé à ses homologues des États membres de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), réunis en Arménie. Il a déclaré que les tentatives des États-Unis et de leurs alliés de perturber les organisations d’intégration régionale comme l’OTSC constituaient une preuve de leurs intentions.

 

Patrushev a désigné l’OTAN comme le principal vecteur du prétendu complot occidental visant à diminuer la Russie et ses voisins. Le bloc « est utilisé comme un outil de politique étrangère par une seule nation », a-t-il déclaré. « Cela se fait d’une manière agressive qui dégrade davantage l’état déjà instable de la sécurité internationale », a-t-il évalué.

 

L’expansion de l’OTAN en Europe de l’Est a déjà placé son infrastructure militaire à côté de la Russie et du Belarus, a déclaré le responsable. Il s’est dit préoccupé par le développement militaire rapide dans la région, affirmant qu’il avait des ramifications inquiétantes pour la sécurité de la région.

 

« Il est évident que l’OTAN considère l’Europe de l’Est comme le théâtre de guerre le plus probable », a-t-il déclaré. »

 

https://www.rt.com/about-us/press-releases/patrushev-csto-meeting-eurasia

Du coup, tous les coups sont permis :

« La Lituanie a enfreint le droit international en mettant en place un « blocus » économique de la région russe de Kaliningrad, selon le sénateur moscovite Konstantin Kosachev. L’opérateur ferroviaire public du pays de l’UE a précédemment déclaré qu’il avait arrêté le transit de marchandises sanctionnées entre la région et le reste de la Russie.

 

« La Lituanie est un fleuron de la destruction du droit international », a écrit Kosachev sur sa chaîne Telegram samedi.

 

Kosachev, qui est le vice-président de la chambre haute du parlement russe, a déclaré que les actions de la Lituanie violaient diverses normes internationales, y compris les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Kaliningrad est une petite enclave russe qui borde la Lituanie au nord et à l’est, et la Pologne au sud.

 

Le porte-parole des chemins de fer lituaniens, Mantas Dubauskas, a affirmé samedi que l’opérateur avait partiellement arrêté le transit de marchandises russes par la Lituanie afin d’appliquer les sanctions de l’UE.

 

Le gouverneur de Kaliningrad, Anton Alikhanov, a déclaré vendredi que cette décision affecterait jusqu’à 50 % des flux de marchandises entre la région et le reste de la Russie. Il a déclaré que cette décision a été prise en « violation flagrante » du droit international et équivaut à « une tentative de placer la région dans un étau économique. »

 

Alikhanov a ensuite ajouté que les autorités s’efforçaient de livrer des marchandises par bateau via la mer Baltique. »

 

https://www.rt.com/russia/557418-lithuania-trade-blockade-kaliningrad

Non seulement le trafic ferroviaire mais aussi routier :

« Les restrictions imposées par la Lituanie au transit de marchandises vers la région de Kaliningrad ont déjà affecté le trafic routier, ont indiqué mardi des responsables de l’exclave russe.

 

« La restriction partielle du transit de marchandises s’applique également aux véhicules routiers traversant la Lituanie. Comme [les marchandises transportées par] le rail, ces marchandises ne peuvent désormais être transportées que par voie maritime », a indiqué le service de presse du gouvernement régional. »

 

https://www.rt.com/russia/557581-lithuania-kaliningrad-traffic-blockade

 

« La décision de la Lituanie de bloquer le transit ferroviaire de marchandises de la Russie vers Kaliningrad – l’enclave la plus occidentale du pays, située entre la Pologne et la Lituanie – a été prise après consultation et approbation de la Commission européenne, a déclaré lundi le ministre des affaires étrangères Gabrielius Landsbergis.

 

Landsbergis a fait cette déclaration lors d’une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE, au cours de laquelle il a expliqué qu’à compter du 17 juin, la Lituanie n’autoriserait plus le transit de marchandises sanctionnées sur son territoire. « Cette décision a été prise après des consultations avec la Commission européenne et mise en œuvre sous sa direction », a déclaré le ministre. »

 

https://www.rt.com/news/557476-lithuania-kaliningrad-blockade-european-commission

Bien sur la Russie prend cette nouvelle provocation au sérieux :

« Les représailles de Moscou au « blocus » des transports de la Lituanie dans la région russe de Kaliningrad affecteront sérieusement les citoyens lituaniens, a déclaré Nikolay Patrushev, le chef du Conseil de sécurité de la Russie.

 

« Bien sûr, la Russie répondra aux actions hostiles. Des mesures appropriées sont en cours d’élaboration et seront adoptées dans un avenir proche », a déclaré Patrushev aux journalistes lors d’un voyage à Kaliningrad mardi.

 

Il a ajouté que les conséquences de la réponse de Moscou auront « un impact négatif sérieux sur le peuple lituanien. » »

 

https://www.rt.com/russia/557536-russia-threatens-lithuania-serious-consequences

Du coup, il semble que l’UE fasse marche arrière ou cherche à noyer le poisson :

« L’UE ne cherche pas à imposer un « blocus » à la région russe de Kaliningrad et va revoir ses lignes directrices en matière de sanctions afin d’éviter de « bloquer » le trafic à destination et en provenance de l’exclave, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie de l’Union, Josep Borrell.

 

Les mesures prises par la Lituanie pour restreindre le transit à destination et en provenance de Kaliningrad, mises en œuvre conformément aux lignes directrices de la Commission européenne, visent avant tout à empêcher le contournement des sanctions anti-russes imposées dans le cadre du conflit en cours en Ukraine, a expliqué M. Borrell.

 

« Nous voulons effectuer des contrôles qui pourraient empêcher toute forme de contournement des sanctions, et non pas empêcher le trafic. Et la Commission [européenne] et le Service européen d’action extérieure vont revoir les lignes directrices afin de préciser que nous ne voulons pas bloquer ou empêcher le trafic entre la Russie et Kaliningrad« , a déclaré le diplomate lors d’une conférence de presse. Certaines marchandises sont soumises à un contrôle et ce contrôle doit être mis en œuvre de manière intelligente afin de contrôler les sanctions, mais sans entraver le trafic entre Kaliningrad et la Russie. » »

 

https://www.rt.com/russia/557713-traffic-restrictions-to-be-reviewed

L’Europe, en particulier le Royaume Uni, prend au sérieux son rôle de proxy étasunien dans la guerre contre la Russie :

« Les forces britanniques doivent se préparer « à combattre en Europe une fois de plus », a déclaré le nouveau chef d’état-major général, le général Patrick Sanders, selon une dépêche dominicale de Sky News.

 

Dans une lettre à ses hommes, Sanders, dont le premier jour dans ce nouveau rôle était le 13 juin, a affirmé que « l’invasion de l’Ukraine par la Russie » soulignait « l’objectif principal des troupes britanniques, qui est de protéger le Royaume-Uni en étant prêt à combattre et à gagner des guerres sur terre ».

 

« Il y a maintenant un impératif brûlant de forger une armée capable de se battre aux côtés de nos alliés et de vaincre la Russie au combat », a écrit le général dans sa lettre, citée par les médias britanniques.

 

Il a souligné qu’il assumait ses nouvelles responsabilités dans une « nouvelle ère d’insécurité ». Il a également affirmé être le premier chef d’état-major général depuis 1941 « à prendre le commandement de l’armée dans l’ombre d’une guerre terrestre en Europe impliquant une puissance continentale. »

 

« Nous sommes la génération qui doit préparer l’armée à combattre en Europe une fois de plus », a affirmé Sanders.

Ses remarques font suite à un avertissement sévère du Premier ministre du pays, Boris Johnson.

 

Dans un article paru dans le Times samedi, au lendemain de son retour de Kiev, Boris Johnson a déclaré « J’ai bien peur que nous devions nous préparer à une longue guerre, alors que le président russe Vladimir Poutine recourt à une campagne d’usure, essayant de broyer l’Ukraine par pure brutalité ».

 

De l’avis de Johnson, tout dépend maintenant de « savoir si l’Ukraine peut renforcer sa capacité à défendre son sol plus rapidement que la Russie ne peut renouveler sa capacité d’attaque » et, par conséquent, le principal objectif des partisans occidentaux de Kiev est « d’enrôler le temps du côté de l’Ukraine. » Il a décrit les principales étapes pour atteindre cet objectif : la poursuite des livraisons d’armes, la formation des forces ukrainiennes, le soutien à la « viabilité » de l’État ukrainien, le développement de voies d’exportation terrestres alternatives pour l’Ukraine et la sortie des stocks de céréales des ports ukrainiens.

 

« Nous savons que Poutine ne s’arrêterait pas au démembrement de l’Ukraine. Pas plus tard que la semaine dernière, il s’est comparé à Pierre le Grand et a arrogé à la Russie le droit éternel de ‘reprendre’ tout territoire jamais habité par les ‘Slaves’, une doctrine qui permettrait la conquête de vastes étendues d’Europe, y compris des alliés de l’OTAN », a averti le Premier ministre britannique. »

 

https://www.rt.com/news/557443-uk-russia-army-europe

Mais cette guerre froide ne reste pas confinée à l’Europe :

« Des entreprises chinoises et émiraties, ainsi qu’un réseau de producteurs pétrochimiques iraniens, ont été frappés par des sanctions américaines secondaires pour avoir aidé Téhéran à « échapper aux sanctions » en soutenant la vente de ses produits pétrochimiques sur les marchés internationaux.

 

Les sanctions ont été introduites contre deux sociétés basées à Hong Kong, trois en Iran et quatre aux Émirats arabes unis, selon un communiqué publié jeudi par le département américain du Trésor.

 

Tous les intérêts dans les biens des entreprises relevant de la juridiction américaine ont été bloqués et ceux qui traitent avec elles peuvent également être sanctionnés ou pénalisés dans certaines circonstances.

 

Les sanctions ont également été imposées au citoyen chinois Jinfeng Gao et au ressortissant indien Mohammed Shaheed Ruknooddin Bhore.

 

« Les États-Unis poursuivent la voie d’une diplomatie significative pour parvenir à un retour mutuel au respect du Plan d’action global conjoint », a déclaré le sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier, Brian E Nelson, en référence à l’accord sur le nucléaire iranien. »

 

https://www.rt.com/business/557325-us-sanctions-china-uae-iran-oil

Le projet de l’OTAN de s’étendre vers l’Asie est bien accueilli par la Corée du Sud et le Japon :

« La Corée du Sud envisage de mettre en place une mission au siège de l’OTAN en Europe, a révélé mercredi le conseiller à la sécurité nationale du pays, Kim Sung-han. Séoul, un proche allié de longue date de Washington, cherche à renforcer sa coopération avec le bloc dirigé par les États-Unis face à une situation internationale « imprévisible », a expliqué le responsable.

 

« En établissant une mission de l’OTAN à Bruxelles, en Belgique, où se trouve le siège de l’OTAN, nous pourrons accroître le partage d’informations et renforcer nos réseaux avec les membres de l’OTAN et les pays partenaires », a déclaré M. Kim lors d’une conférence de presse.

 

Le président Coréen, Yoon Suk-yeol, devrait aussi assister au prochain sommet de l’OTAN à Madrid, prévu les 29 et 30 juin. Il s’agira de la première grande visite internationale de ce responsable, qui a pris ses fonctions le 10 mai. C’est également la toute première fois qu’un président sud-coréen assiste à un sommet de l’OTAN. »

 

https://www.rt.com/news/557637-south-korea-nato-mission

 

L’Europe

Cette fois c’est certain, l’hiver sera froid dans les chaumières européennes :

« Les niveaux de stockage de gaz de l’UE ont diminué cette semaine pour la première fois en deux mois, selon les dernières données de Gas Infrastructure Europe, citées par Bloomberg.

 

Cette baisse, qui est considérée comme un signe de l’aggravation de la crise énergétique en Europe, a fait grimper en flèche les prix à terme du carburant, qui ont enregistré leur plus forte hausse hebdomadaire depuis fin février.

 

« Il est clair que cela ne devrait pas se produire pendant la saison des injections », a déclaré à l’agence de presse Warren Patterson, le responsable de la stratégie des matières premières pour ING Groep. « Cela sera déstabilisant pour le marché et est susceptible de maintenir les prix élevés ».

 

La diminution des réserves, qui sont souvent exploitées pendant la haute saison hivernale, intervient alors que des réductions de l’approvisionnement en gaz des clients en Italie, en Allemagne, en France et en Autriche ont été annoncées par le géant énergétique russe Gazprom au cours des deux derniers jours. »

 

https://www.rt.com/business/557379-europe-taps-gas-reserves-winter

 

« L’UE pourrait économiser de l’énergie afin de compenser complètement le gaz russe du gazoduc Nord Stream 1, a déclaré lundi Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

 

« Si nous (…) diminuons le chauffage en Europe de deux degrés, ou le refroidissement, moins de climatisation, cela compenserait la totalité de la livraison [du] Nord Stream 1 », a déclaré Mme von der Leyen au Irish Times, en référence au gazoduc de la mer Baltique qui achemine le gaz de la Russie vers l’Allemagne.

 

La chef de la Commission a indiqué que Bruxelles disposait de plans d’urgence pour atténuer l’impact d’éventuelles ruptures d’approvisionnement, qui consistent notamment à économiser l’énergie et à hiérarchiser les besoins.

 

« C’est encore beaucoup de travail. Et les circonstances sont graves », a déclaré Mme von der Leyen. »

 

https://www.rt.com/news/557533-eu-commission-energy-savings

 

« L’Europe ne sera pas en mesure de remplir ses installations de stockage de gaz avant l’hiver si de nouvelles mesures ne sont pas prises, a déclaré lundi le ministre néerlandais du climat et de l’énergie, Rob Jetten.

 

« Nous constatons que l’approvisionnement global en gaz de la Russie vers l’Europe diminue rapidement. Cela signifie que, sans mesures supplémentaires, il n’est plus possible de garantir que nous serons en mesure de remplir suffisamment les installations de stockage de gaz en Europe et aux Pays-Bas pour nous préparer à l’hiver », a prévenu M. Jetten, cité par l’agence de presse russe RIA Novosti. Il n’a pas précisé à quelles mesures supplémentaires il faisait référence. »

 

https://www.rt.com/business/557552-eu-warned-of-gas-shortages

La réaction allemande ne va pas plaire aux écologistes qui font pourtant partie de la coalition gouvernemental :

« La réduction de l’approvisionnement en gaz de la Russie est sur le point de forcer Berlin à prendre des mesures supplémentaires pour sécuriser ses réserves énergétiques, notamment en accordant un prêt de plusieurs milliards d’euros et en organisant une « vente aux enchères de gaz » pour les consommateurs industriels allemands, a rapporté dimanche l’agence de presse dpa, citant un document d’orientation du ministère de l’économie qu’elle a obtenu.

L’Allemagne doit réduire davantage sa consommation de gaz et stocker plus de gaz si elle veut faire face à des temps « vraiment difficiles » cet hiver, a averti le ministre de l’économie Robert Habeck dans ce document de cinq pages, selon dpa.

 

Le ministère de l’économie estime que le manque de gaz dû à la réduction des approvisionnements en provenance de Russie peut encore être comblé et que les stocks du pays peuvent être remplis à temps, mais à des prix plus élevés. Cependant, la consommation de gaz, y compris dans le secteur de l’énergie, devrait être réduite pour que les réservoirs de stockage puissent être remplis, ajoute le document cité par dpa.

 

Pour sécuriser les approvisionnements, le gouvernement prévoit d’accorder un prêt de 15 milliards d’euros (15,74 milliards de dollars) par l’intermédiaire de la banque publique KfW pour acheter du gaz supplémentaire sur le marché. L’argent devrait aller à la plate-forme de négociation du marché national du gaz Trading Hub Europe (THE), qui l’utilisera ensuite pour acheter du gaz supplémentaire et remplir les installations de stockage, rapporte l’agence de presse, selon dpa.

 

L’industrie allemande devrait également contribuer aux efforts d’économie grâce à un mécanisme de mise aux enchères du gaz que M. Habeck veut lancer cet été. L’idée est d’inciter les entreprises à économiser ou à vendre leur gaz, selon les médias allemands. Les entreprises qui « peuvent se passer » de gaz pourraient réduire leur consommation et mettre leur gaz à disposition sur le marché par le biais du THE, afin qu’il puisse être stocké.

 

Le rôle du gaz dans la production d’électricité devrait également être réduit. Habeck aurait l’intention d’utiliser « plus largement » les centrales électriques au charbon. La législation correspondante est actuellement examinée par la chambre haute du parlement allemand, le Bundesrat, et devrait être adoptée d’ici le 8 juillet, indique Der Spiegel. Le gouvernement prévoit également de moderniser les centrales électriques de sa « réserve de remplacement du gaz » afin de les remettre en service plus rapidement.

 

« Cela signifie, il faut être honnête, plus de centrales électriques au charbon alors pour une période transitoire », a déclaré Habeck dans une déclaration par courriel à Bloomberg. « C’est amer, mais c’est tout simplement nécessaire dans cette situation pour réduire la consommation de gaz. Nous devons et nous ferons tout ce que nous pouvons pour stocker autant de gaz que possible en été et en automne », a-t-il ajouté. »

 

https://www.rt.com/news/557435-germany-store-gas-russian-supplies

Cette crise énergétique commence à faire sentir ses effets sur l’économie :

« L’inflation des prix à la production en Allemagne a augmenté à un rythme record en mai, a déclaré lundi l’Office fédéral de la statistique (Destatis). Il s’agit de la hausse la plus rapide depuis le début de la collecte des données en 1949.

 

Selon les données, les prix ont augmenté de 33,6 % en glissement annuel le mois dernier, après la hausse de 33,5 % enregistrée en avril.

 

Sur une base mensuelle, les prix à la production ont augmenté de 1,6 % après avoir progressé de 2,8 % en avril. Les économistes avaient prévu une hausse des prix de 1,5 %.

Les augmentations de prix continuent d’être principalement dues à la flambée des coûts de l’énergie, qui ont augmenté de 87,1 % par rapport à l’année précédente. Le prix du gaz naturel, dont l’industrie allemande est fortement tributaire, s’est envolé de 148,1 %. »

 

https://www.rt.com/business/557467-producer-prices-soaring-germany

Pendant ce temps, la colère populaire commence à se faire entendre :

« Des milliers de manifestants ont défilé samedi à Londres, accusant le gouvernement de ne pas s’attaquer à l’augmentation rapide du coût de la vie au Royaume-Uni. Des marches similaires ont eu lieu dans plusieurs villes irlandaises, où les citoyens sont confrontés aux mêmes luttes.

 

« Les prix montent en flèche, mais les bonus des conseils d’administration ont retrouvé leur niveau record », a-t-elle déclaré à la foule. « Tous ceux qui travaillent pour vivre méritent de gagner décemment leur vie, mais les travailleurs britanniques subissent la plus longue et la plus dure compression de leurs revenus de l’histoire moderne. »

 

« Si nous ne parvenons pas à augmenter les salaires dans l’ensemble de l’économie, nous ne ferons qu’errer de crise en crise. Cette crise du coût de la vie n’est pas tombée du ciel. Elle est le résultat de plus d’une décennie d’immobilisme salarial. »

 

Le TUC affirme que le travailleur britannique moyen a perdu 11 800 £ (14 426 $) en revenus réels depuis 2008, car les salaires n’ont pas augmenté au même rythme que l’inflation. »

 

https://www.rt.com/news/557408-london-protest-inflation-cost

Comme pour Anne Laure Bonnel en France, en Allemagne aussi la censure contre ceux qui perturbe la doxa médiatique continue de sévir :

« Une blogueuse, qui compte des dizaines de milliers d’abonnés, a déclaré qu’elle faisait l’objet d’une enquête en Allemagne en raison de sa couverture du conflit en Ukraine. Les médias allemands ont confirmé que l’activiste fait l’objet d’une enquête par un bureau du procureur local.

 

Dans une interview diffusée vendredi sur la chaîne russe Channel One, Alina Lipp a déclaré être « persécutée » notamment pour un post du 24 février, jour où la Russie a lancé son offensive contre l’Ukraine. Elle avait alors écrit que la « dénazification » avait commencé, tout en accusant l’Ukraine de tuer des civils depuis des années.

 

« Deuxièmement, je suis poursuivi pour le fait que le 12 mars, j’ai publié une vidéo sur ma chaîne Telegram dans laquelle je disais que l’Ukraine commet un génocide dans le Donbass« , a révélé Lipp.

 

Selon le site d’information allemand t-online, les forces de l’ordre soupçonnent Lipp de « manifester constamment sa solidarité avec la guerre de la Russie contre l’Ukraine« , de fomenter une scission dans la société allemande et de répandre la haine par le biais de reportages « déformés et partiellement faux ».

 

L’affaire a été initialement ouverte par le parquet allemand de Luneburg à la suite de multiples plaintes déposées depuis février, rapporte t-online, citant le porte-parole de l’organisme. Elle aurait ensuite été confiée au parquet de Gottingen, qui est le bureau central chargé d’enquêter sur les crimes de haine sur Internet.

 

Mme Lipp, qui vit actuellement en Russie et a réalisé plusieurs reportages dans le Donbass, est née d’une mère allemande et d’un père russe. Elle tient un blog d’information en langue allemande intitulé « News from Russia ». Elle possède également une chaîne Telegram avec plus de 174 000 followers et une petite chaîne vidéo sur PeerTube. On ignore si la blogueuse a fait l’objet de poursuites en Allemagne. Cependant, une banque locale, la DKV-Bank, a saisi les avoirs financiers qu’elle a reçus sous forme de dons, selon t-online, avec 1 600 € (1 679 $) qui seraient gelés sur son compte. »

 

https://www.rt.com/news/557404-german-police-probe-blogger-donbass

La perfide Albion ne respecte toujours pas ses engagements :

« Le Premier ministre irlandais Micheal Martin a accusé le Royaume-Uni de « vandalisme économique » dans une interview accordée à la BBC dimanche. M. Martin répondait au projet du Premier ministre britannique Boris Johnson de réviser le protocole post-Brexit pour l’Irlande du Nord, le qualifiant de pire forme d’unilatéralisme.

 

Un projet de loi présenté à la Chambre des communes la semaine dernière remanierait radicalement le protocole, qui impose actuellement des contrôles douaniers sur les marchandises entrant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne. Si le nouveau projet de loi était adopté, les marchandises à destination de l’Irlande du Nord ne seraient pas soumises à ces contrôles, tandis que les marchandises à destination de la République d’Irlande via l’Irlande du Nord seraient contrôlées et taxées dans les ports de l’exclave britannique avant de se diriger vers le sud.

 

« La législation serait en fait gravement préjudiciable à l’économie de l’Irlande du Nord, en particulier dans le contexte de la double approche des normes réglementaires », a déclaré M. Martin à la BBC, en faisant référence au choix que les entreprises nord-irlandaises devraient faire entre se conformer aux normes de l’UE ou du Royaume-Uni.

 

« En fait, cela représente une forme de vandalisme économique sur l’Irlande du Nord, car si vous regardez, toutes les données objectives montrent maintenant que l’économie de l’Irlande du Nord se porte très bien », a-t-il poursuivi. Le gouvernement irlandais, a-t-il ajouté, estime que la nouvelle législation « est très, très inquiétante en termes de dommages réels qu’elle pourrait causer à des secteurs clés de l’économie nord-irlandaise. » »

 

https://www.rt.com/news/557451-northern-ireland-bill-economic-damage

Comme au temps de la crise grecque, la dispute financière entre pays du nord et du sud recommence :

« Le nouveau plan de réinvestissement des obligations mis en place par la Banque centrale européenne (BCE) en début de semaine pour aider les États européens endettés a peu de chances de fonctionner, rapportent Reuters et Bloomberg, citant des analystes.

 

La BCE a élaboré ce plan pour aider les pays du sud de l’UE, les plus endettés, à faire face à leurs obligations croissantes. Le régulateur a déclaré qu’il dirigerait vers les nations les plus endettées des liquidités provenant de la dette arrivant à échéance dans le cadre du plan de soutien de 1 700 milliards d’euros (1 800 milliards de dollars). Cela signifie que si, avant cette annonce, le processus d’achat d’obligations de la BCE par les États se déroulait en fonction de l’investissement de chaque pays, la préférence serait désormais donnée aux pays très endettés, comme l’Italie, dont la dette brute s’élève à environ 150 % du PIB.

Toutefois, les experts estiment que cette mesure n’est pas de nature à résoudre la crise de la dette. Olli Rehn, directeur de la Banque centrale de Finlande, a déclaré à Reuters que cette mesure permettrait simplement d’éviter les mouvements « injustifiés » du marché et n’aiderait pas les pays en cas de problèmes d’endettement vraiment importants.

 

Markus Ferber, membre allemand du Parlement européen, a fait remarquer que la BCE pourrait aller trop loin dans son domaine d’expertise. « Le travail de la BCE consiste à assurer la stabilité des prix, et non à garantir des conditions de financement favorables… Certains pays reçoivent maintenant simplement la facture d’années de politiques budgétaires irresponsables », a-t-il déclaré au média.

Selon l’analyste financier Richard Cookson, alors que l’objectif principal d’une banque centrale est de maintenir l’inflation à un faible niveau, le régulateur européen semble avoir un objectif différent : empêcher les membres les plus faibles de l’UE « de quitter l’union monétaire. »

 

« La BCE s’est maintenant mise dans une position impossible… Au cours des dix dernières années, plutôt que de cibler l’inflation, la politique monétaire a été définie dans le but d’empêcher les membres les plus faibles de quitter l’union monétaire. En clair, ce n’est plus une banque centrale qui vise l’inflation », écrit Cookson dans un article de Bloomberg. »

 

https://www.rt.com/business/557432-eu-debt-plan-save-euro-zone

L’Ukraine

Tous les dirigeants ukrainiens s’enferrent dans un déni de réalité et sont sûrs de leur victoire :

« L’Ukraine s’appuie désormais sur un moyen militaire lorsqu’il s’agit de « reprendre » la Crimée, a déclaré vendredi la représentante présidentielle ukrainienne pour la région, Tamila Tasheva, expliquant que l’offensive militaire russe a incité Kiev à laisser largement de côté sa stratégie diplomatique pour la « désoccupation » de la péninsule.

Dans une interview accordée à Ukraine 24 TV, Tamila Tasheva a déclaré que « dans tous les cas, quels que soient les plans, les militaires seront les premiers à entrer sur le territoire de la Crimée. »

 

« La question de la Crimée, l’approche du retour du territoire a changé après le 24 février. Nous comprenons que, dans tous les cas, nous nous appuyons désormais principalement sur les forces armées ukrainiennes », a déclaré Mme Tasheva.

 

Elle a ajouté que la « position clé sans ambiguïté » de Kiev est d’assurer le retour des territoires du pays, y compris la Crimée, les régions de Donetsk et de Lougansk, aux frontières de 1991, « sans aucun ultimatum pour la partie ukrainienne. » Elle a admis que certains partenaires de l’Ukraine encouragent Kiev à opter pour des compromis – ce à quoi, selon Tasheva, le gouvernement du pays n’est pas préparé.

 

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il adviendrait des citoyens russes vivant en Crimée, Mme Tasheva a souligné qu’elle « ne parlerait pas de « nettoyage » mais plutôt de personnes séjournant illégalement sur notre territoire. » »

 

https://www.rt.com/russia/557350-crimea-russia-ukraine-military

 

« L’Ukraine pourrait reprendre les négociations de paix avec la Russie dans une position favorable à la fin du mois d’août, a déclaré le principal négociateur du pays, David Arakhamia.

 

« Nous ne voulons pas partager nos plans avec les Russes car ils pourraient les voir dans des sources ouvertes. Mais je pense que nous mènerons des opérations contre-offensives dans certaines zones », a déclaré Arakhamia, un député, à Voice of America vendredi.

 

Il a ajouté qu’« un accord minimalement viable » verrait les troupes russes quitter les territoires qu’elles ont saisis après le 24 février, date à laquelle Moscou a lancé l’offensive de grande envergure en Ukraine.

 

« Nous n’accepterons jamais la perte de territoires. C’est juridiquement impossible. Mais nous pourrions envisager un accord politique, similaire à celui que nous avons présenté à Istanbul. »

 

Lors des pourparlers en Turquie fin mars, les Ukrainiens ont proposé que Kiev et Moscou organisent des négociations sur le statut de la Crimée dans les 15 prochaines années, tandis que l’Ukraine promet de ne pas s’emparer de la péninsule par la force. »

 

https://www.rt.com/russia/557398-ukraine-peace-talks-august

 

« L’Ukraine peut vaincre la Russie sur le champ de bataille si l’Occident fournit suffisamment d’artillerie et d’autres armes lourdes au lieu de pousser Kiev vers un mauvais accord de paix, a écrit le ministre des Affaires étrangères Dmitry Kuleba dans une tribune publiée vendredi par le magazine Foreign Affairs.

 

« L’Occident ne doit donc pas suggérer des initiatives de paix aux conditions inacceptables et aider plutôt l’Ukraine à gagner », a écrit Kuleba, appelant à fournir des armes supplémentaires à Kiev et à renforcer les sanctions contre Moscou.

 

« Certaines déclarations sont fondées sur l’idée que les Ukrainiens, quelle que soit la qualité de leur combat, ne peuvent pas vaincre les forces de Moscou. Mais cette idée est fausse », a déclaré Kuleba. Il a insisté sur le fait qu’« avec un soutien suffisant », l’Ukraine peut arrêter l’avancée des troupes russes et reprendre une partie de son territoire.

« [Le président russe Vladimir] Poutine n’est pas suicidaire ; une victoire ukrainienne ne conduira pas à une guerre nucléaire« , a déclaré Kuleba. « Au lieu de se concentrer sur les sentiments de Poutine, les États-Unis et l’Europe devraient se concentrer sur des mesures pratiques pour aider l’Ukraine à l’emporter. » »

 

https://www.rt.com/russia/557389-ukraine-bad-peace-deals

Boris Johnson lui-même est bien atteint par ce déni de réalité :

« Alors que la « fatigue au sujet de l’Ukraine » s’installe dans le monde, il est crucial de transmettre des messages de soutien à Kiev, a déclaré samedi le Premier ministre britannique Boris Johnson, dans le contexte de l’offensive militaire russe en cours.

 

S’exprimant sur Sky News au lendemain de son voyage dans la capitale ukrainienne, Boris Johnson s’est dit préoccupé par le fait qu’en ce « moment particulièrement critique… une certaine fatigue au sujet de l’Ukraine commence à s’installer dans le monde ».

 

« Les Ukrainiens souffrent terriblement dans l’est du pays. Poutine [le président russe Vladimir Poutine] continue de commettre des atrocités épouvantables. Les Russes avancent à grands pas, centimètre par centimètre. Et il est vital pour nous de montrer ce que nous savons être vrai, à savoir que l’Ukraine peut et va gagner », a déclaré M. Johnson, expliquant l’importance de sa visite à Kiev, la deuxième depuis le début de l’offensive russe fin février.

 

Le Premier ministre a affirmé que les forces russes « subissent encore d’énormes pertes, elles sont à court d’une grande partie de l’armement le plus sophistiqué, leurs armes de précision commencent à être épuisées très sévèrement ».

« Nous devons faire comprendre aux Ukrainiens et au monde entier à quel point nous les soutenons et combien il est important qu’ils réussissent », a souligné M. Johnson. »

 

https://www.rt.com/russia/557396-britain-warns-fatigue-ukraine

Lire ce qui suit en sachant que l’UE a hâte d’intégrer l’Ukraine montre la décadence européenne en cours :

« Le parti ukrainien Plateforme de l’opposition – Pour la vie (OPPL) a été officiellement interdit par un tribunal ukrainien ce lundi. Le ministère de la Justice a annoncé sur Facebook que l’ensemble de ses actifs, biens et fonds devaient être transférés à l’État.

 

La décision d’interdire le parti a été prise par la huitième cour d’appel administrative de la ville de Lviv, dans l’ouest du pays, à la suite d’une demande du ministère de la justice. L’OPPL a vu toutes ses activités suspendues par les autorités de Kiev en mars après le lancement de l’opération militaire de Moscou, et le parti et ses dirigeants ont été accusés d’avoir des liens avec la Russie et d’être « anti-ukrainiens ».

 

Dans sa publication sur Facebook, le ministère a noté que les tribunaux ukrainiens ont jusqu’à présent interdit 11 partis dits « pro-russes » soupçonnés d’agir pour « porter atteinte à la souveraineté » du pays.

 

Avant la suspension de ses activités, l’OPPL était le plus grand groupe d’opposition d’Ukraine et le deuxième plus grand parti du pays. En 2019, il a remporté 13 % des voix lors d’une élection parlementaire, et en 2021, les sondages ont montré qu’il a dépassé le « Serviteur du peuple » du président Volodymyr Zelensky en tant que parti le plus populaire. »

 

https://www.rt.com/news/557500-ukraine-bans-opposition-platform-for-life-party

Tout cela ne va pas empêcher l’UE d’accueillir à bras ouvert l’Ukraine :

« Les dirigeants des 27 États membres de l’Union européenne ont reconnu ce 23 juin à l’Ukraine et à la Moldavie le statut de candidat à l’adhésion à l’UE, a annoncé le président du Conseil européen Charles Michel, évoquant un « moment historique », dans un contexte européen marqué par l’opération militaire russe en Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué lui aussi « un moment unique et historique », affirmant que, selon lui, « l’avenir de l’Ukraine se trouve au sein de l’UE ». Le président français Emmanuel Macron a jugé qu’il s’agissait d’un « signal très fort vis-à-vis de la Russie ». Le chef d’État, dont le pays assure la présidence semestrielle du Conseil de l’UE, a salué « un geste politique » de « l’Europe forte et unie ». »

 

https://francais.rt.com/international/99459-union-europeenne-valide-statut-candidat-ukraine-et-moldavie

Mais ces ardeurs théâtrales sont tout de suite douchées :

« Accorder à l’Ukraine le statut de candidat à l’UE est un « message symbolique » important pour soutenir Kiev dans le conflit actuel avec la Russie, a déclaré jeudi le Premier ministre belge Alexander De Croo. L’admission effective du pays dans l’Union européenne prendra toutefois « de nombreuses années » et « beaucoup de réformes », a-t-il prévenu.

 

Le Parlement européen s’est prononcé à une écrasante majorité en faveur de cette décision jeudi, tandis que la Commission européenne a recommandé la semaine dernière l’octroi de ce statut à Kiev.

 

« Cela ne signifie pas que l’Ukraine fera bientôt partie de l’Union européenne. C’est un processus de plusieurs années avec de nombreuses réformes qui seront très difficiles et pour nous, il est très important de donner un signal symbolique fort », a expliqué M. De Croo. »

 

https://www.rt.com/news/557702-ukraine-eu-candidate-status

La Russie

Après MacDo, un autre symbole de la domination économique étasunienne quitte la Russie :

« Coca-Cola a annoncé son retrait officiel du marché russe et qu’elle est en train d’épuiser ses stocks dans le pays.

La société a publié jeudi une déclaration indiquant qu’elle « ne produira ni ne vendra plus de Coca-Cola ou d’autres marques de la société Coca-Cola en Russie ».

 

PepsiCo est devenu un autre producteur de boissons qui a annoncé des plans de retrait, suspendant les ventes de boissons Pepsi-Cola, 7up et Mirinda en Russie. La société avait été la première marque américaine à s’implanter en Union soviétique en 1974. »

 

https://www.rt.com/business/557296-coca-cola-russia-depleting-stock

Nous avions vu la semaine dernière que Gazprom avait drastiquement diminué ses envois de gaz en Europe, sous prétexte de problèmes de compresseurs. Aujourd’hui, Gazprom ne s’embarrasse plus de prétextes :

« L’économie mondiale connaît un changement tectonique global, les matières premières devenant plus précieuses que l’argent », a déclaré jeudi le chef du géant public russe de l’énergie Gazprom, Alexey Miller, ajoutant qu’il s’agit désormais de « notre produit, nos règles ».

 

« Le jeu de la valeur nominale de l’argent est terminé, car ce système ne permet pas de contrôler l’offre de ressources », a déclaré Alexey Miller lors d’une table ronde au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, jeudi. « Notre produit, nos règles. Nous ne jouons plus selon les règles que nous n’avons pas créées », a-t-il ajouté.

 

Selon le patron de Gazprom, l’économie mondiale connaît un changement tectonique global avec l’émergence de nouvelles règles économiques. « La Russie déterminera le contour de la nouvelle structure économique du monde », a déclaré M. Miller. »

 

https://www.rt.com/business/557315-our-product-our-rules-gazprom

Voici comment la Russie va contourner les sanctions, en important des marques occidentales via d’autres pays :

« La Douma d’État de Russie a adopté mardi une loi prévoyant la légalisation des importations parallèles dans le pays. La loi protège d’une éventuelle responsabilité civile, administrative et pénale les entreprises russes qui importent des marchandises sans l’autorisation du détenteur du droit.

 

Selon le comité de la Douma d’État chargé de la politique économique, l’adoption de la loi garantira les intérêts des consommateurs russes. Elle contribuera également au développement de l’économie russe dans un contexte de sanctions occidentales.

 

En mars, le gouvernement russe a autorisé les détaillants à importer des produits de l’étranger sans l’autorisation du propriétaire de la marque. Cette décision est intervenue après que de nombreuses marques mondiales ont interrompu leurs ventes ou cessé leurs exportations vers la Russie en raison de la pression exercée par leurs gouvernements pour se conformer aux sanctions.

 

Le Premier ministre Mikhaïl Mishustin a ensuite précisé que des « importations parallèles » étaient nécessaires pour que certaines marchandises puissent continuer à être expédiées en Russie.

 

Le mois dernier, le ministère russe de l’industrie et du commerce a publié une liste de marchandises autorisées à l’importation parallèle dans le pays. »

 

https://www.rt.com/business/557549-russia-import-substitution-law

Grande nouvelle, les pays des BRICS préparent, discrètement mais activement, la future dédollarisation du monde non occidental :

« Le président Vladimir Poutine a déclaré mercredi que les pays du BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – travaillent actuellement à la création d’une nouvelle monnaie de réserve mondiale.

 

« La question de la création d’une monnaie de réserve internationale basée sur un panier de monnaies de nos pays est en cours d’élaboration », a-t-il déclaré lors du forum commercial des BRICS.

 

Selon le président russe, les États membres développent également des mécanismes alternatifs fiables pour les paiements internationaux. »

 

https://www.rt.com/business/557627-brics-developing-global-reserve-currency

 

« Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mercredi que les banques des pays des BRICS peuvent se connecter librement au Système de transfert de messages financiers (SPFS), l’alternative russe à SWIFT.

 

S’adressant à un forum d’affaires des BRICS, M. Poutine a déclaré qu’avec ses partenaires des BRICS (Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud), la Russie développe des alternatives fiables pour les paiements internationaux.

« Le système russe de transmission des messages financiers est ouvert à la connexion des banques des cinq pays », a-t-il déclaré, ajoutant : « La géographie de l’utilisation du système de paiement russe Mir s’étend ». »

 

https://www.rt.com/business/557620-russian-financial-messenger-brics

L’alliance Chine-Russie se confirme dans les faits :

« La Chine est prête à fournir aux compagnies aériennes russes des pièces de rechange pour les avions, a déclaré vendredi l’ambassadeur de Chine à Moscou, Zhang Hanhui.

« Nous sommes prêts à fournir des pièces de rechange à la Russie, nous allons mettre en place la coopération. Actuellement, [les compagnies aériennes] y travaillent, elles ont certains canaux, il n’y a pas de restrictions de la part de la Chine », a déclaré l’ambassadeur à TASS.

 

Après le lancement de l’opération militaire russe en Ukraine en février, l’UE et les États-Unis ont imposé plusieurs séries de sanctions contre la Russie, interdisant la location et la fourniture d’avions au pays, ainsi que l’exportation vers la Russie de biens et de pièces destinés à l’industrie aéronautique. Boeing et Airbus ont cessé d’assurer la maintenance des avions exploités par les compagnies aériennes russes, ce qui a fait craindre que la majorité de la flotte du pays ne soit clouée au sol en quelques mois. »

 

https://www.rt.com/business/557335-china-aircraft-parts-russia

Se préparant à une guerre chaude, la Russie augmente ses capacités de défense :

« L’armée russe est en train de déployer le S-500, le système de défense aérienne le plus avancé du pays, a déclaré mardi le président Vladimir Poutine.

 

Le dirigeant russe a fait cette annonce lors d’un discours devant les diplômés des écoles militaires de Moscou, alors qu’il décrivait les plans de la Russie pour la mise en service de systèmes d’armes avancés, qui, selon lui, « détermineront les capacités de combat de l’armée et de la marine pour les années et les décennies à venir ».

 

Poutine a déclaré que le système de missiles à longue portée S-500, qui est conçu pour intercepter les avions et les missiles et peut avoir des capacités antisatellites, n’avait pas d’équivalent dans le monde.

 

Le S-500 Prometey a été conçu par le fabricant d’armes Almaz-Antey dans le prolongement de sa famille de missiles sol-air à longue portée. Il aurait une portée de 600 km et serait capable d’intercepter des cibles se déplaçant à des vitesses hypersoniques, y compris les ogives de missiles balistiques intercontinentaux.

 

Le Prometey serait étroitement intégré à d’autres systèmes Almaz-Antey, tels que le S-400 et le S-350, ce qui permettrait aux batteries déployées d’avoir une synergie avec d’autres éléments de la défense aérienne stratifiée de la Russie.

 

Le chef d’Almaz-Antey, Yan Novikov, a déclaré que la société s’attendait à ce que le S-500 devienne l’épine dorsale des capacités antiaériennes de la Russie. Il a confirmé en avril dernier que le système était entré en production de série. »

 

https://www.rt.com/russia/557539-putin-deployment-s-500-defense-systems

Mais aussi ses capacités d’attaque :

« Le tout nouveau missile balistique intercontinental (ICBM) à capacité nucléaire Sarmat de la Russie sera déployé en 2022, a déclaré le président Vladimir Poutine.

« Nous avons testé avec succès le missile balistique intercontinental lourd Sarmat. Selon le plan, le premier système de ce type entrera en service de combat à la fin de l’année », a déclaré M. Poutine lors d’une allocution devant des cadets diplômés mardi.

 

Le Sarmat a été lancé à titre d’essai en avril.

 

Ce missile remplacera les anciens systèmes Voyevoda, également connus sous le nom de SS-18 Satan.

Dmitri Rogozine, directeur de l’agence spatiale russe Roscosmos, a déclaré en avril que le Sarmat, surnommé « Satan 2 », est le missile le plus puissant de sa catégorie en termes de portée et d’ogives. Il a été conçu pour être « invincible » à toutes les défenses aériennes existantes, a-t-il ajouté.

 

Rogozin a ajouté que les Sarmats sont beaucoup plus rapides que les Voyevodas et « peuvent frapper des cibles à une portée pratiquement illimitée. »

 

Le colonel général Sergey Karakayev, commandant des Forces de fusées stratégiques de Russie, a annoncé ce mois-ci que la modernisation avec des missiles de premier ordre prêts au combat, y compris le Sarmat et l’arme à glissement hypersonique Avangard, atteindra 86 % d’ici la fin de 2022. »

 

https://www.rt.com/russia/557547-putin-nuclear-missile-sarmat-deployment

 

Les Etats-Unis

La fausse opposition entre Démocrates et Républicains, qui tenait lieu de démocratie, est en train de tourner à une vraie opposition :

« Les républicains du Texas ont adopté, au cours d’une plate-forme, un texte déclarant que l’élection en 2020 du démocrate Joe Biden à la présidence des États-Unis est illégitime lors de la première convention en personne du parti depuis 2018. C’était l’une des nombreuses délaration signalant le nouveau virage à droite du parti.

 

« Nous rejetons les résultats certifiés de l’élection présidentielle de 2020, et nous considérons que le président par intérim Joseph Robinette Biden Jr. n’a pas été légitimement élu par le peuple des États-Unis », peut-on lire dans la résolution, adoptée par vote vocal.

 

La majorité des républicains pensent que l’élection de 2020 a été volée, un récent sondage indiquant que sept personnes sur dix sont convaincues que Biden est un président illégitime malgré près de deux ans de messages ininterrompus affirmant le contraire. Selon Politifact, la tentative de « vérification des faits » des croyances de ceux qui pensent que l’élection a été volée n’a fait que les inciter à s’accrocher davantage à ces croyances. »

 

https://www.rt.com/usa/557457-texas-republicans-biden-election-stolen

Les Etats-Unis aussi se préparent à une guerre chaude. Ce sera vaisseau spatial Starship contre missile hypersonique Starmat. Pas sur que Starship ait le temps de décoller :

« L’atterrissage d’une force de sauvetage dans une ambassade américaine en Afrique menacée par un siège de type Benghazi n’est qu’une des utilisations militaires potentielles des vaisseaux Starship d’Elon Musk, selon un rapport militaire interne rendu public lundi. Le document concerne l’accord de coopération de 2020 entre SpaceX et le US Transportation Command (TRANSCOM), mais reste une liste de souhaits, les Starship étant loin d’être prêts pour des opérations réelles.

 

Le fait que le TRANSCOM ait conclu un partenariat avec SpaceX en octobre 2020 était connu du public, puisque l’armée américaine l’avait annoncé à l’époque. Officiellement, le ministère de la défense voulait avoir la capacité de déplacer l’équivalent d’une charge utile de C-17 – un peu moins de 80 tonnes, ou un seul char M1 Abrams – « n’importe où sur le globe en moins d’une heure ».

 

Il s’avère que le Pentagone avait d’autres ambitions, selon le « rapport de mi-parcours » sur le programme obtenu par The Intercept grâce à une demande en vertu de la loi sur la liberté d’information (FOIA) et publié lundi.

 

Une flotte de vaisseaux militaires pourrait fournir « une méthode alternative pour la livraison de la logistique » dans le Pacifique, ou livrer « un ensemble d’abris, de véhicules, d’équipements de construction et d’autres équipements » n’importe où dans le monde dans un court délai, afin que l’US Air Force puisse mettre en place une base aérienne.

Le troisième scénario imaginé, intitulé « Soutien aux ambassades », envisage une « capacité de livraison directe rapide sur le théâtre » des États-Unis à une ambassade en Afrique, impliquant potentiellement une « force de réaction rapide ». La simple démonstration d’une telle capacité « pourrait dissuader les acteurs non étatiques de commettre des actes agressifs à l’égard des États-Unis », selon l’armée.

 

Bien que le rapport lui-même ne fasse pas une telle comparaison, le scénario se recoupe assez bien avec l’attaque du complexe américain de Benghazi, en Libye – où un ambassadeur et trois entrepreneurs de sécurité ont été tués le 11 septembre 2012 alors qu’ils attendaient une force de secours qui n’est jamais venue.

 

Bien que SpaceX n’ait pas commenté l’histoire, le porte-parole de TRANSCOM, John Ross, a déclaré à The Intercept que l’armée pense qu’une force de réaction rapide déployée par fusée serait « possible dans les 5 à 10 prochaines années ». »

 

https://www.rt.com/news/557516-pentagon-spacex-starship-scenarios

Top Guns, Kishida et US Biden : l’épreuve de force avec la Russie et la Chine

Par : hervek

L’Empire des sanctions [et des mensonges] profite de sa colonie japonaise pour militariser l’ensemble du Pacifique.


Par Thorsten J Pattberg  – Le 30 mai 2022 – Source Saker Blog

http://dxczjjuegupb.cloudfront.net/wp-content/uploads/2022/05/Top-Gun-Kishida-US-Biden-Header-Image-680x496_c.jpg

Partie 1. Servitude mentale et appel aux peuples coloniaux.

La bande-son de Top Gun « Danger Zone » de 1986 est diffusée en boucle dans un magasin FamilyMart Combini à Nogata, à l’ouest de Shinjuku, à Tokyo. Nous sommes le 24 mai 2022, et US Hollywood va enfin sortir cette semaine une suite à son ancien classique : Top Gun : Maverick.

Ces films racontent l’histoire de pilotes de chasse américains de la flotte du Pacifique qui tuent les ennemis de la démocratie.

Tous les FamilyMarts au Japon ont ces coins de machines à café en libre-service, et maintenant des autocollants Top Gun sont collés à gauche et à droite, et une bannière Top Gun pend du haut qui dit : « 5.27 Seulement au cinéma. »

Pourquoi « Seulement au cinéma » ? Les Américains pensent-ils que les Japonais vivent encore en 1986 ? Bien sûr, en 2022, les films iront directement sur DVD, services de streaming, Youtube et autres.

 

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Mais cela n’a pas d’importance, car il s’agit d’un film de propagande américain glorifiant le passé, et le Japon est un passé parfait. Et les Américains savent que l’acteur américain le plus petit et acteur principal Tom Cruise, la force de la marine américaine, « Iceman », « Hangman » et leurs manœuvres à haute gravité dans le ciel se vendront une fois de plus dans leur colonie asiatique préférée.

Si c’est américain, les Japonais vont l’adorer – et pour toujours. Il y a un magasin de collectionneurs Star Wars de 1979, toujours à Koenji, la station suivante. Il y a aussi un club d’imitateurs d’Elvis Presley de 1968 tout près. Je me souviens soudain de la culture des plans cul des années 90.

À l’époque de l’analogie, un « booty call / plan cul », c’était quand on s’ennuyait et qu’on avait envie d’appeler son ex du passé par téléphone.

Appelle le Japon : Hé Japon, j’ai ces vieux disques vinyles de Top Gun Danger Zone, je peux venir ? Subarashi-gimmi 15 minutes, prends une douche !

En tant que colonie vieillissante, je suppose que le Japon s’est habitué à recevoir des plans culs américains et des trucs rétro américains et tout le reste.

Exemples. Le Pentagone américain a déchargé ses avions de combat F-15 américains de 1969 au Japon seulement vingt ans plus tard, à la fin des années 80. Et les avions de combat F-35 de Lockheed Martin de 2006, le Japon ne les recevra qu’en 2024. D’une certaine manière, les Japonais sont coincés dans des souvenirs du passé, attendant que les Val Kilmer les appellent pour une suite.

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Tokyo a toujours ses vieilles chaînes de cinéma de la guerre froide. Oui, il y a moins de gens qui font la queue à cause d’Internet et du canular de la pandémie, mais cela ne dérange pas les visionnaires américains. Ils passent quelques coups de fil à leurs anciens distributeurs d’il y a 30 ans et – Kureiji-Tokyo imprime de superbes affiches de Top Gun. Les chiffres des ventes de billets sont faux de toute façon et ne veulent rien dire.

Le fait d’avoir le marché japonais pour soi tout seul n’a rien à voir avec le marché libre, mais avec l’Amérique. Les véritables bénéfices ne proviennent pas des ventes de billets ou du café promotionnel bon marché de FamilyMart, mais de la dépendance qui découle du lavage de cerveau des Japonais trop facilement impressionnables qui ne peuvent pas produire un tel film naval de plusieurs millions de dollars en mille ans, et qui ont probablement été soumis à un embargo s’ils ont essayé.

Le véritable objectif de ces superproductions et franchises hollywoodiennes américaines est donc de voler des centaines de millions d’heures de vie aux Japonais, temps qu’ils ne pourront pas investir dans leur propre développement culturel. Les Japonais passent peut-être 80 % de leur temps libre à consommer des biens et des idées, une langue et une culture américains.

Deuxième partie. Pensez au Japon de science-fiction, où le futur est le passé.

Je viens de réaliser qu’il y a un logo Top Gun : Maverick en relief sur ma tasse de café ordinaire à 1 dollar.

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Cela doit être des grains de café d’esclaves du Brésil, je veux dire… le plastique et les impressions coûtent probablement plus cher que le travail humain. Qui paie pour imprimer des ordures dans tout le Japon de toute façon ?

Une autre tête d’affiche américaine est arrivée à Tokyo hier – Joe Biden de l’Empire des sanctions [et des mensonges]. Amelika appelle à la guerre en Asie, donc dans la présentation suivante, nous avons beaucoup de contenu à déballer :

Lorsque le commandant en chef de l’empire le plus attardé que le monde ait jamais vu se rend à Tokyo – ce n’est certainement pas la première fois, il était ici en 2019 pour parler de la guerre avec la Chine – nous savons qu’il s’agira du plus grand conflit de masse oriental que nous ayons jamais infligé ; il s’agira de manuels scolaires gays, d’extermination de personnes brunes, d’embargo sur les missiles, de porte-avions en forme de bite de Dieu et de… ZORG… sanctions [et mensonges], uh-eh.

Ah, pour commencer, il s’agit d’abord de la guerre contre la Russie. La Russie est le plus grand pays, elle a la tête en Europe mais ses tibias sont en Chine et son cul au Japon. Étudiez la carte.

Des armes pour l’Ukraine. Embargo sur tout ce qui est russe. Endiguement de la Chine, et hop ! Militarisation de la mer de Chine méridionale, bla-bla. Traités commerciaux déloyaux pour dominer le reste du Pacifique ? Oppression brutale des critiques anti-guerre. Plus de soldats américains pour les plus de 30 bases américaines du Japon ?

J’habite à Tokyo et je me suis habitué à entendre des hélicoptères américains voler à basse altitude, généralement des Black Hawks. Ils ressemblent à des hélicoptères de la guerre du Vietnam, mais sont des copies réalisées par Mitsubishi Heavy Industries, qui appartient au groupe Toyota, qui représente en fait la moitié du Japon si vous y pensez.

Les Black Hawks américains sont aussi ces hélicoptères polyvalents qui ont occasionnellement tué des gens du désert au Moyen-Orient dans les années 2000. Il existe également des hélicoptères d’attaque lourd Apache de Boeing, mais ils ne survolent pas Tokyo, heureusement, car cela ferait aboyer violemment 10 millions de chiens apato.

Il y a beaucoup d’observateurs de trains au Japon. C’est une obsession nationale. Mais il y a aussi des observateurs d’avions. Le plus gros trafic d’hélicoptères se fait au-dessus des îles du sud, où j’ai vu à plusieurs reprises ces gros hélicoptères de transport à deux rotors. Le Japon en possède exactement 100 en service, fabriqués par le constructeur Kawasaki, et ils font toujours plaisir à voir, comme des bus publics volants.

Des milliers de plaintes sont déposées chaque année auprès du ministère de la défense pour harcèlement sonore. On s’en fiche, le commandement colonial américain dit que cela instille un sentiment de sécurité dans la population. Il y a des milliers de publicités dans les journaux japonais qui disent aux Japonais à quel point ils se sentent en sécurité grâce à l’occupation américaine.

En Occident, vous n’entendrez jamais parler de cette militarisation insensée, mais le Japon ressemble vraiment à l’Irak ou à l’Allemagne. Il y a des postes militaires américains partout. Une fois, je suis allé à la base d’habitation Neghishi de la marine américaine à Yokohama pour un festival de l’amitié. On les appelle vraiment « festivals de l’amitié » – je n’invente rien. J’ai également assisté au festival de l’amitié à la base aérienne de Yokota, dans l’ouest de Tokyo.

Il existe des installations plus petites de l’armée américaine qui sont camouflées en ville. Une fois, je suis allé à un festival de la bière allemande à Aoyama, dans le centre de Tokyo. Et juste derrière la salle de bière et tous ces vendeurs de bretzels et de bratwurst, nous avons repéré une unité de renseignement de l’armée américaine – avec des gardes, des héliports et des bureaux.

Comment les Japonais peuvent-ils vivre comme ça ? Une colonie américaine depuis plus de 75 ans maintenant, et pas de fin en vue, mais en fait une suprématie américaine totale.

Le grand public en est conscient, mais il est impuissant. Il y a tellement d’exercices militaires conjoints entre les États-Unis et le Japon de nos jours qu’il est difficile de les ignorer. La dernière grande fête des armes a eu lieu en 2021, couvrant toutes les lignes maritimes d’Okinawa au sud à Hokkaido au nord.

Les prochains jeux de guerre sont d’ailleurs prévus pour l’automne 2022, le plus grand exercice bilatéral que cette nation battue ait jamais vu. Combien d’autres ?

Selon Nikkei Asia news, ses journalistes ont connaissance de 49 exercices bilatéraux pour la seule année 2020, mais il pourrait y en avoir davantage, car la guerre maritime est en grande partie classifiée.

Par exemple, les États-Unis et le Japon ont joué à des jeux de guerre dans la baie du Bengale en 2021. C’était pendant le pic de la crise corona, et nous nous souvenons que le public japonais a été informé qu’il y avait un virus mortel en cours, et que les gens devaient s’enfermer chez eux et respirer à travers des masques filtrants et se faire piquer quatre fois avec ce bouillon génétique US Pfizer.

Si les médias avaient annoncé que ces 80 000 soldats japonais et étrangers étaient immunisés contre le virus, le public aurait pu remettre en question les obligations de confinement, mais qui peut dire comment les gens réagissent lorsque la réalité s’effondre.

Partie 3. Vivre dans une pandémie mortelle qui ne tue personne.

Pour que tout le monde ait peur, le gouvernement préfère que les dirigeants étrangers ne se promènent pas au Japon sans masque, pas même l’Imperator Joe Biden.

En général, le nouveau shogunat est toujours assez nerveux lorsque les gens de Washington passent par là, parce que les Américains sont plutôt erratiques et imprévisibles, et qu’ils pourraient forcer le régime japonais à faire un demi-tour complet de politique en un jour.

Exemple. Depuis la fin de l’année 2019, le peuple shogun japonais, par décret du peuple-OMS, a dit à ses paysans que les réunions en personne sont arriérées et totalement inutiles, parce que les Japonais cool du futur se rencontreront tous par Skype ou Zoom call ou sur WhatsUp online, ou qu’ils travailleront à distance et ainsi de suite.

Mais maintenant, les Américains viennent en personne et font un demi-tour complet – c’est vrai ! Ainsi, à la Foreign Guest House de Tokyo le 23 mai, l’Imperator Biden en personne est monté sur le podium et a déclaré à tout le monde que [citation] « les réunions en personne sont essentielles pour un bon travail et de bonnes relations. »

Vous réalisez à quel point c’est gênant ? Pendant plus de 30 mois, le gouvernement de Tokyo a prêché à ses 27 millions de salariés que « les réunions en personne étaient moyenâgeuses et pratiquement disparues », à ses 60 millions de ménages avec des personnes âgées qu’ils ne devraient pas se rencontrer en personne « parce que tout le monde va finir aux urgences », et aux 2,5 millions d’étudiants que « les conférences en personne étaient une chose du monde analogue perdu ». Et voilà que l’Imperator Joe Biden en personne déclare exactement le contraire. C’est hilarant.

Mais l’Imperator de l’Homme a 1000 ans et fait des erreurs, non ? Les shoguns japonais ont donc supplié l’administration Biden avant sa visite : « Faites en sorte que ce vieil homme et son entourage portent TOUS des masques anti-peste, S’IL VOUS PLAÎT – parce que nous avons dit aux paysans japonais pendant 30 mois qu’ils devaient porter des masques anti-peste en permanence sous peine de mourir de pneumonie ».

Les contrôleurs du président se sont bien comportés et ont semblé coopératifs à deux jours de dimanche, et l’Imperator Joe a d’abord visité Séoul en Corée du Sud samedi et a porté un masque de terreur noir au visage effrayant.

Mais ensuite, oh l’horreur, il l’a enlevé devant tous les invités, juste là, au pied de l’escalier, et a été accueilli par des agents de sécurité américains en attente, venus d’un autre avion – tous ne portant pas de masque.

Certains ont même serré la main des Coréens, ce qui au Japon est une offense. Encore une fois, c’était au Kimchiland étranger, et la brigade des thoniers japonais a immédiatement éteint ses caméras. Mais si Joe Biden agit de la même manière au Japon demain, que ferons-nous ? Il nous fera passer pour des attardés !

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Et pouvez-vous deviner ce qui s’est passé dimanche ? Biden a fait exactement la même chose au Japon. Il est arrivé à la base aérienne américaine de Yokata à Tokyo et est sorti d’Air Force One avec son masque noir de terreur. Les conservateurs du shogunat se sont précipités avec leurs accessoires et leurs acteurs de crise, ainsi qu’une centaine de gardes de sécurité portant tous un masque, et environ 2 000 jubilaires portant tous un masque, et les journalistes et les vendeuses de fleurs portant tous un masque – et tout le monde a prié pour que l’Imperator Biden ait reçu le mémo et n’enlève pas son fichu masque filtrant ! Bien sûr, il l’a fait.

Juste après. En effet, alors que tout semblait fonctionner selon le grand mensonge, dès que Biden et sa garde du trône sont entrés dans le centre international du sommet et ont rencontré les autres invités internationaux qui attendaient, venus d’Inde, d’Australie et de Londres au bord de la Tamise… Que puis-je dire ? Ils ont tous enlevé leurs masques et ont bavardé, ri et passé un moment des plus agréables. Ils ont fait passer l’équipe Kishida et ses conservateurs pour des menteurs, des manipulateurs et des conspirateurs sous faux drapeau.

Quoi qu’il en soit, comment revenir à la société en chair et en os ? Comment effectuer un revirement aussi ridicule au Japon ? Biden est-il devenu complètement fou ?

Partie 4. L’OTAN MONDIALE De l’Ukraine à Taïwan, et avec l’Inde, la Corée et le Japon aussi.

Washington défend sa prise de contrôle de toute l’Asie-Pacifique avec ses deux slogans favoris de « valeurs partagées » et d’« ordre international fondé sur des règles ». Que des conneries. La conquête ne va que dans un sens. Aucun des pays orientaux ne possède de bases militaires, de sous-marins nucléaires ou de porte-avions dans le Pacifique Nord – pas un seul.

Considérez ceci : Dans toutes ces nations du Pacifique, les États-Unis contrôlent non seulement l’armée, les marchés financiers, la politique étrangère, le commerce, l’éducation, les voyages et les médias, mais aussi toute la culture, la communication et les technologies.

L’Amérique a maintenant environ 2 milliards d’Asiatiques dépendants des technologies américaines. Les Japonais, par exemple, passent 16 heures par jour sur leur iphone et sur les applications Facebook, Apple et Google. Les drogues numériques sont les nouveaux opioïdes. Si seulement les Asiatiques pouvaient se voir… comment ils se penchent sur ces appareils comme des héroïnomanes. Et négligeant leurs enfants. Ils sont déjà morts, le cerveau mort.

Ce que Joe Biden propose à Kishida à Tokyo est vraiment terrifiant. Les deux gouvernements prévoient de découper la Russie et la Chine.

Le Japon doit prendre le contrôle de certaines parties de la Chine une fois qu’elle se sera désintégrée, et avoir accès aux ports russes, ce qui signifie le contrôle du trafic de ressources naturelles comme le pétrole, le charbon, le blé et le poisson.

Pour le pro-américain Kishida Fumio, l’alliance de l’OTAN, le club des nations industrielles du G7 et l’alliance de sécurité américano-japonaise sont l’occasion rêvée de s’asseoir à la table des enfants de l’Occident, sans se soucier de ne pas se voir offrir de baguettes. Le Japon est le seul homme jaune à la table des impérialistes occidentaux, tout comme en 1839 – banzai !

Nous reviendrons dans une minute sur l’impérialisme du 19e siècle, mais nous devons d’abord parler de Kishida, qui ne sera pas Premier ministre l’année prochaine, car les Japonais redistribuent les postes de direction entre les grandes familles afin de rendre leur gouvernement moins vulnérable à un changement de régime. De plus, les États-Unis sélectionnent les nouveaux dirigeants japonais afin que le régime ne change jamais.

Kishida est l’homme des transferts de fonds de Washington. Il a été ministre japonais des affaires étrangères et ministre de la défense, deux postes coloniaux américains. Ses détracteurs au Japon l’appellent le démon colonial de N’Hon – sous certains angles, il a ces sourcils maléfiques et un visage en forme de triangle avec un menton pointu, tout comme un méchant de Disney ou un démon yokai classique.

En mars, il a rencontré le chef d’état-major de l’OTAN, Jens Stoltenberg, dans la capitale de l’UE, Bruxelles. Si l’OTAN concerne vraiment l’Atlantique, pourquoi faire plaisir au chien américain qu’est le Japon dans le Pacifique ?

Alors peut-être, juste peut-être, que cette expansion actuelle de l’OTAN vers l’est est allée trop loin quand elle se repose maintenant parfaitement sur Taipei et les îles Kouriles ? Peu importe.

Soit il s’agit de l’Atlantique Nord qui s’étend maintenant au Pacifique Sud, soit il s’agit vraiment d’une OTAN GLOBALE et c’est tout ce qui existe.

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Et peu importe ce que c’est, la prochaine action conséquente sera une suite du 21ème siècle au découpage du 19ème siècle de la Chine-Maverick. Et que je sois damné si l’Amérique n’appelle pas le Japon en 2019, 2020, 2021, 2022 déjà pour une autre rencontre.

Pour ceux de nos nouveaux diplômés qui ne sont pas familiers avec la première guerre de l’opium de l’Occident, ou la deuxième guerre de l’opium et les traités injustes, ceux-ci sont généralement considérés comme des événements historiques qui ont abouti à ce qui est communément appelé l’orientalisme : L’assujettissement de l’Est par l’Ouest.

Le fait le plus remarquable concernant le « dépeçage de la Chine » par l’Occident de 1841 à 1912 est que le Japon était un allié de l’Occident. Le Japon a trahi sa propre race asiatique comme Jake Sully dans Avatar, à ceci près que l’humain Jake Sully voulait devenir un Na’vi exotique, alors que si le Japon était un Na’vi, il voulait absolument devenir Jake Sully.

Les Japonais du XVIIIe siècle étaient essentiellement des Mongols exotiques, qui avaient largement emprunté leur culture et leurs traditions au Cathay, la Chine d’aujourd’hui. Les généraux occidentaux ont donc séduit le shogunat en leur faisant croire qu’ils devaient faire des raids sur la Grande Chine ensemble – « vous savez, vous allez retourner sur les terres de vos ancêtres et reprendre ce qui vous revient de droit ! » Ce qu’ils ont fait. En fait, les Japonais sont devenus les impérialistes les plus violents de tous les impérialistes occidentaux.

Partie 5. Mon traité, notre traité, le traité de tout le monde – Les guerres des traités.

Les « traités injustes », ou parfois appelés traités inégaux, sont une figure de style pour désigner un capitalisme horrible dans lequel les négociateurs occidentaux concluent un accord avec un pays oriental de moindre importance. De tels accords mettent toujours l’accent sur les concepts d’équité et d’égalité, faisant ainsi allusion à un même terrain de jeu pour les maîtres et les esclaves. Inutile de dire qu’il est plutôt juste et équitable que les maîtres dominent les esclaves, n’est-ce pas ? Je veux dire, demandez à votre patron si vous pourriez être son patron. Ainsi, tous ces traités conclus dans le passé entre un conquérant et le conquis étaient généralement de mauvaises affaires pour les Orientaux.

Le fait que les Orientaux n’avaient souvent pas de canonnières et n’avaient aucun concept de contrat ou d’État de droit n’a pas aidé à les attirer ; ils croyaient probablement à l’honneur et, dans le cas de la Chine, à la réciprocité.

L’Occident, en revanche, est le destructeur de « l’autre ». Laissez-moi vous expliquer comment cela fonctionne : Les Britanniques sont arrivés avec leurs canonnières à Pékin et ont pris le contrôle du port. Les Chinois voulaient « faire face » et ont signé sur place tous les traités que les Britanniques souhaitaient, car la Chine est harmonieuse, immense et possède de nombreux ports, et qu’est-ce qu’un morceau de papier face à la sagesse des sages qui s’adaptent et changent comme l’eau ?

Malheureusement, il y avait des commerçants hollandais, des protestants allemands et des jésuites italiens sur les bateaux, ainsi que de nombreux autres navires portugais, français et américains, et la nouvelle s’est vite répandue en Europe et en Amérique que les Chinois partageaient désormais les valeurs occidentales de justice et d’égalité. Toutes ces puissances occidentales ont donc exigé l’équité et l’égalité et un accès total à la Chine.

Les négociateurs occidentaux arrivaient et exigeaient exactement les mêmes conditions favorables que les Britanniques, basées sur « l’égalité » et « l’équité » et « tous les hommes naissent égaux » et « les droits de l’homme » et ainsi de suite.

Exemple. Après que le Britannique George Elliot ait signé des traités injustes à Zhoushan et Hong Kong en 1841, les Français ont signé des traités injustes à Guangzhouwan, les Japonais à Kwantung et Taiwan, les Allemands à Jiaozhou et… tous les impérialistes ont signé ensemble d’autres traités injustes et ont rendu la Chine beaucoup plus juste et égale dans ces concessions étrangères extraterritoriales à Shanghai, Beijing, Guangzhou, Tianjin, Hankou et bien d’autres ports stratégiques clés.

Et cette première période de « traités injustes » a duré de 1842 à 1912. Et c’est pourquoi l’empire Qing s’est finalement effondré. Toutes ces puissances impériales en Chine avaient été plus égales que les Chinois. La guerre civile a dû éclater. D’où la mémoire collective chinoise du « dépeçage de la Chine » par les Occidentaux.

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Comment les puissances occidentales et le Japon envisagent-ils le nouveau dépeçage de la Chine en 2022 ? Eh bien, elles s’y prennent avec de nouveaux traités injustes, qu’elles appellent aujourd’hui des accords commerciaux tarifaires. Bien sûr, ces accords commerciaux ne sont absolument pas libres.

Laissez-moi vous expliquer. Par exemple, l’accord de libre-échange ou ALE entre les États-Unis et le Japon accorde à ses signataires des droits égaux pour piller et exploiter les non-signataires.

Il s’agit essentiellement d’un regroupement contre les nations du Pacifique environnantes, en particulier la Chine, la Corée, le Vietnam, la Thaïlande, l’Inde, la Malaisie, l’Indonésie, etc. Les États-Unis et le Japon ont l’intention de découper l’Asie-Pacifique, pour ainsi dire.

Dans le même temps, le Japon n’est clairement que le partenaire junior, et non la superpuissance. L’accord de libre-échange fait donc perdre le Japon au fil du temps face à la superpuissance américaine beaucoup plus forte. Cela dit, à court et moyen terme, l’ALE fait perdre le monde entier face aux puissances combinées du Japon et de l’Amérique.

Ainsi, la première chose que le Japon va faire avec l’accord de libre-échange, dit Kishida, est de « lancer la traque maritime de la pêche chinoise illégale » et de « contrôler les étudiants et les universitaires chinois pour éviter les fuites de technologie ».

Ensuite, le Japon déclarera tous ses produits agricoles supérieurs, toutes ses qualifications plus élevées et tous ses brevets universels, de sorte que toutes les normes du Pacifique s’adosseront aux normes japonaises, des cuiseurs à riz à la formation des médecins en passant par la juridiction.

En effet, tenir un traité aussi injuste entre ses mains revient à prétendre être sa propre mini-Organisation mondiale du commerce – une Organisation du commerce du Pacifique pour ainsi dire, avec un siège à Tokyo. Imaginez ce droit.

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D’un autre côté, tout comme en 1841, le Japon sera toujours exploité par les puissances occidentales. Prenez l’accord de partenariat transpacifique de 2019 ou TTP, pour rire.

Ceci est vraiment arrivé. Le groupe japonais Toyota a toujours voulu vendre plus de voitures en Amérique, n’est-ce pas ? Mais l’Amérique a dit : « Assez, nous ne voulons pas de vos petites voitures ethniques – et d’ailleurs, la maison est pleine, désolé ».

C’est bien sûr parfaitement légitime. Tout comme le propriétaire de la boîte de nuit la plus branchée de la ville, lorsque la salle est pleine, vous augmentez le prix d’entrée de façon exorbitante. Dans le commerce, le droit d’entrée est appelé la taxe d’importation.

L’éthique dans tout ça est assez simple : Si l’Amérique voulait vraiment plus de voitures Toyota, elle les laisserait entrer, croyez-le. Il n’y a pas de frais d’entrée pour le modèle le plus chaud de la ville. Mais en réalité, l’Amérique ne veut pas plus de voitures Toyota, désolé. Elles sont bon marché, oui, mais minuscules et nous voulons en quelque sorte nos propres voitures ici, rien de personnel.

Dans les négociations du TTP, cependant, Tokyo a exigé une levée des taxes d’importation sur les voitures et les pièces détachées Toyota. Vous pouvez voir où cela va nous mener. Les accords commerciaux sont complètement odieux. Entre-temps, Washington a observé que le Japon mangeait trop peu de viande et a donc obligé Tokyo à importer davantage de bœuf américain. Tokyo a répliqué en disant : « D’accord, mais nous avons du bœuf de première qualité à Hokkaido que nous pouvons vendre plus cher aux Nord-Américains ».

Trois ans plus tard, la situation suivante s’est présentée : Washington n’a pas levé l’embargo sur les importations de voitures et de pièces détachées Toyota – poursuivez-moi ! Washington n’a pas non plus acheté de bœuf d’Hokkaido, pourquoi ? Entre-temps, Tokyo a importé beaucoup de bœuf américain contenant beaucoup de protéines saines, mais a fini par interdire à nouveau le bœuf américain parce que personne ne voulait plus acheter de bœuf Hokkaido fait maison.

Par conséquent, tout accord commercial (non libre) entre les États-Unis et le Japon est insensé, à moins que nous ne considérions ces accords comme la continuation des traités injustes du passé, conçus pour faire équipe contre les nations non signataires, la Chine en particulier.

Dans ce cas, ces accords commerciaux, ou plutôt ces pactes impies, ont un sens. Tokyo et Washington peuvent maintenant aller en Chine et dire « nous échangeons librement et équitablement des voitures Toyota et du bœuf d’Hokkaido, pourquoi pas vous ? ». Une fois que la Chine tombera à nouveau dans ce stratagème, elle recommencera le cercle vicieux des traités injustes et s’effondrera à nouveau.

Partie 6. Le Japon comme simulation des États-Unis en 2022

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Laissez-moi vous expliquer brièvement ce qui est au menu de la prochaine guerre du Japon avec la Chine. Washington veut mettre la Russie et la Chine sous embargo, rendre leur existence même illégale, illicite et illégitime. Tous ceux qui s’associent à la Russie et à la Chine sont des ennemis par association – la Corée du Nord et l’Iran par exemple.

Voici l’appel à l’action lancé par le Japon et l’Amérique lors de leur sommet Asie-Pacifique 2022 :

Le 19 mars, Kishida a lancé un avertissement à l’égard de Pékin : « Le peuple japonais ne tolérera pas les actions de la Chine dans la mer de Chine méridionale. » (Note : l’histoire se répète ici – parlez du massacre de Nankin et de la Nippon-Manchuria. Taïwan a aussi été une colonie japonaise).

Le 23 mai, Biden a menacé Pékin de guerre : Les États-Unis feront la guerre à la Chine si elle attaque Taïwan. (Note : les Japonais présents dans la salle ont failli s’évanouir – il aurait tout aussi bien pu dire : « Bien sûr, le Japon débarquera à Taïwan »).

Le peuple japonais est maintenant politiquement piégé – serré ensemble, balancé ensemble – dans un plan occidental pour infliger la douleur, la misère et la guerre aux Chinois.

Le 27 mai, Kishida a approuvé un budget supplémentaire de 8,6 milliards de dollars pour accueillir encore plus de troupes militaires américaines à Futenma, et cela ne suffira pas. En août 2022, il pourrait s’agir de 40 milliards de dollars. Il suffit d’attendre et de regarder les nouvelles.

Trois autres alliances ont été renforcées à Tokyo cette fois-ci : L’IPEF, le QUAD et l’AUKUS. Pourquoi autant ? Eh bien, c’est délibéré, et c’est le début d’une bureaucratie mondiale impénétrable qui ne peut être comprise par les acteurs individuels. C’est comme essayer de comprendre à qui appartient la blockchain. Vous devenez fou.

Biden a ainsi annoncé un budget de 50 milliards de dollars pour le tout nouveau « Cadre économique indo-pacifique » ou IPEF. Personne ne sait ce que c’est, probablement du blanchiment d’argent de l’hiver corona lorsque les banques de réserve fédérales occidentales ont créé 8 000 milliards de dollars ou d’euros en fiat que personne n’a jamais revu.

Vient ensuite le pacte de sécurité trilatéral pour le Pacifique entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis ou AUKUS. Vous vous demandez peut-être pourquoi cette alliance de sous-marins nucléaires a été évoquée à maintes reprises depuis septembre 2021, ici au Japon, et pourquoi Washington insiste pour que le Japon et Taïwan, mais aussi l’Inde et la Corée du Sud, soient inclus en tant qu’alliés non signataires.

Cela montre bien que les noms des traités sont trompeurs et que les acronymes ne veulent plus rien dire, comme nous l’avons, je l’espère, suffisamment démontré avec les exemples de l’OTAN, de l’ALE et du TTP et, peut-être que nous ne l’avons pas dit mais que nous le pensons : l’acronyme très trompeur de US ou USA – qui désigne un lieu mais signifie en réalité la planète.

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Le Premier ministre Kishida a perfectionné l’art de l’obéissance anticipée et est, d’après l’impression que nous donnent les médias mondiaux favorables, un véritable plaisir pour la Maison Blanche de travailler avec lui ; bien qu’il semble assez frappant, je dois le dire, que rien de ce qu’il dit ou fait n’améliore le moins du monde les conditions de vie du Japonais ordinaire – rien.

Je suppose que la meilleure chose que l’on puisse dire du gouvernement japonais est qu’il est si mauvais, car M. Kishida semble tirer ses prochaines idées de réforme brillantes directement de la culture d’annulation ou des pages tendances de Youtube.

Voici quelques exemples populaires de cette absurdité :

Le 20 mai, M. Kishida a exhorté toutes les entreprises japonaises à divulguer leur « écart de rémunération entre les sexes ». Qu’est-ce que c’est, et pourquoi ? Parce que son gouvernement pourra combler cet écart en retirant le salaire des hommes pour le donner aux femmes, ou en payant davantage les travailleuses parce qu’elles sont des femmes, ou – solution la plus simple – en embauchant un homme et une femme pour chaque poste salarié de l’entreprise, et en partageant le salaire entre les deux.

Il a même un slogan brillant pour éliminer l’écart de rémunération entre les sexes. Il s’agit de combler l’écart de rémunération entre les sexes, a expliqué M. Kishida.

Cela pourrait démanteler la méritocratie et la compétitivité du Japon une fois pour toutes, mais le Japon n’a de toute façon pas de plafond ici, il ne peut se développer nulle part, alors autant rappeler les navires au port, non ?

Quoi d’autre le Japon pourrait-il démanteler ou éliminer, couler et saborder ? Ses propres sous-marins, peut-être ? C’est bien cela ! Averti Kishida le 15 novembre 2021 : afin de créer une dynamique internationale pour un monde sans armes nucléaires, « le Japon doit faire du désarmement mondial un objectif au Japon. » Notez que le Japon ne peut pas et n’a pas dit qu’il voulait retirer nos sous-marins nucléaires. Il veut seulement retirer ses propres sous-marins nucléaires, vraisemblablement, s’il en a.

Ok, a-t-il un nouveau slogan pour cela aussi ? En effet, il en a un. Il l’appelle le « Nouveau Capitalisme ».

Le Japon est prêt à faire reculer son économie et à ruiner son peuple parce que ses dirigeants pourraient alors être promus intendants occidentaux des États-Unis et du Japon.

Kishida a grandi à New York et n’a pas pu entrer plus tard à l’université de Tokyo. Et quand tout le monde a cessé de parler avec lui d’Amelika, il les a raillés en leur disant qu’il était d’Hiroshima.

Dernière partie. C’est fini pour le Japon. Même pas un État client.

Si je devais résumer la situation, j’appellerais le Japon 2022 une récession sans fond. Le sommet mondial de Tokyo réunissant tant de dirigeants du monde à l’esprit fort s’est terminé le 25 mai 2022, avec la conclusion que [citation du gouvernement de la Maison Blanche] :

Les États-Unis sont une puissance économique indo-pacifique, et l’expansion du leadership économique américain dans la région est bonne pour les travailleurs et les entreprises américaines.

C’était gênant. Tellement brutal. Donc, le Japon et l’Indo-Pacifique concernent le leadership américain et l’expansion du peuple américain ? Si vous n’avez pas vu le rôle du peuple japonais dans tout ça, c’est parce qu’il ne s’agit pas toujours d’eux, je suppose.

Le Président Kishida marche un mètre derrière l’Imperator Joe. Regardez la vidéo. Et Joe, eh bien Joe ressemble à une tasse à thé. Mon Dieu, pourquoi les Japonais ont-ils tous les cheveux noirs, c’est du cirage ou un toupet ?

C’est pas grave. Retour à la base aérienne américaine de Yokata. Profitez de votre film Top Gun, les amis ! Et trouvez la scène où Maverick porte les drapeaux de Taïwan et du Japon par lots.

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…Je vous appelle, plus tard.

Thorsten J Pattberg

L’auteur est un écrivain et critique culturel allemand.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

L’étau se resserre autour de la Chine

Par : Wayan

Par Alan Pukhaev – Le 13 juin 2022 – EurAsia Daily (En russe)

Ce n’est pratiquement plus un secret pour personne [en Russie, mais pas dans le monde occidental, NdT] que le grand jeu entamé par l’Occident dans le cadre de la confrontation géopolitique en cours poursuit des objectifs mondiaux. Le sort de l’ordre mondial est en jeu. Mais l’Occident, qui défend son hégémonie à sa manière habituelle, tente d’agir par procuration, en créant des problèmes dans le périmètre de ses ennemis géopolitiques – la Russie et la Chine.

L’Asie de l’Est et du Sud

De l’extérieur, cela semble plutôt déroutant, mais pas pour ceux qui ont mis au point les ingénieux stratagèmes utilisés aujourd’hui.

Aujourd’hui, le principal front apparent de la lutte géopolitique est l’Ukraine, où la Russie mène une opération militaire spéciale, et où l’Occident collectif investit d’énormes ressources financières. Dans cette situation, il peut sembler que la Russie agisse seule et que la Chine adopte une attitude attentiste.

Cependant, selon le célèbre sinologue Nikolay Vavilov, ce n’est pas du tout le cas. La Chine agit de son côté. De plus, elle remplit activement et consciencieusement la partie des tâches qui lui sont assignées.

L’aggravation de la situation dans le détroit de Taïwan peut en être la preuve. Malgré le mécontentement des États-Unis, les avions de l’armée de l’air chinoise volent de plus en plus fréquemment dans la zone insulaire, ce qui énerve l’administration taïwanaise et irrite les États-Unis. Cela ne permet pas à Washington de se concentrer pleinement sur l’Ukraine, ce qui constitue une aide évidente pour la Russie.

Dans le même temps, on peut noter qu’aujourd’hui, sur tout le périmètre de la frontière chinoise, se déroule la phase chaude de la guerre froide déclenchée par les États-Unis contre la Chine.

« Imran Khan s’est rendu en avion à l’ouverture des Jeux olympiques à Pékin. Après cela, il s’est rendu à Moscou. En réponse, les États-Unis ont initié le renversement d’Imran Khan, portant au pouvoir l’opposition pro-américaine. Et maintenant, une guerre civile éclate au Pakistan », a écrit Nikolay Vavilov sur son canal Telegram. « Le Pakistan est l’allié le plus important de la Chine. La route qui va de l’ouest de la Chine au golfe Persique en passant par le Pakistan est une route stratégique d’approvisionnement en hydrocarbures. En gros, c’est un territoire limitrophe de la Chine qui a été frappé. »

Le sinologue attire l’attention sur le fait que, tout récemment, le régime pro-chinois de l’État du Sri Lanka a été balayé, avec le soutien des États-Unis. Une crise gouvernementale se prépare au Népal, qui a une frontière directe avec la Chine.

« Une lutte active pour la présidence a également eu lieu aux Philippines », poursuit l’expert. « Le gagnant est un homme politique associé aux monopoles chinois. Mais le département militaire philippin poursuit sa propre politique pro-américaine. Récemment, le chef du Pentagone, Lloyd Austin, s’y est rendu. Au cours de sa visite, un accord-cadre sur la sécurité maritime a été signé entre les Philippines et les États-Unis. En outre, les États-Unis tentent d’attirer le Vietnam dans la coalition anti-chinoise, en profitant du fait qu’il a des différends territoriaux avec la Chine. »

Il rappelle que Biden a visité la Corée du Sud et le Japon en mai. Ce sont les plus proches alliés des États-Unis. Et de nombreux analystes pensent que lors de sa visite, une proposition a été faite pour étendre la coopération militaire de Washington avec Séoul et Tokyo, avec la possibilité de transformer le Japon en une puissance nucléaire et de déployer des armes nucléaires tactiques sur le territoire de la Corée du Sud.

« Nous constatons que Biden ne s’envole pas vers l’Ukraine, mais vers l’Asie orientale », poursuit Vavilov. « Rencontrer les dirigeants des pays d’Asie du Sud-Est, concentrer les efforts dans cette région ».

Le sinologue souligne que, presque au même moment, il y a eu une tentative de coup d’État dans les îles Salomon, où la Chine a bien aidé le gouvernement à rester au pouvoir en signant un accord bilatéral de sécurité. En outre, selon les médias américains, la Chine a l’intention de signer des accords similaires avec Kiribati et Vanuatu. C’est ainsi, selon l’expert, que Pékin répond aux actions de Washington ; en créant une ceinture de sécurité dans l’océan Pacifique.

En outre, il convient de prêter attention aux intentions de l’OTAN d’accorder l’adhésion à des pays d’Asie de l’Est. De toute évidence, il s’agit uniquement d’une mesure anti-chinoise.

L’Asie centrale

Pour confirmer l’opinion de l’expert, nous pouvons également rappeler la situation dans la région autonome de Gorno-Badakhshan au Tadjikistan, qui est également directement frontalière avec la Chine. Rappelons que les 17 et 18 mai de cette année, les forces de sécurité tadjikes y ont mené une opération anti-terroriste contre des bandes armées organisées.

Le ministère de l’Intérieur de la République a officiellement déclaré que les actions des militants étaient coordonnées depuis l’étranger par des extrémistes recherchés par l’État, dont la principale figure est le chef de l’Alliance nationale et du Parti de la Renaissance islamique (interdit au Tadjikistan), Muhiddin Kabiri.

Également frontalier avec la Chine, le Kirghizistan a reçu le mois dernier la visite du représentant britannique Richard Chalk (Richard Edward Oliver Chalk. Depuis 2011, il dirigeait l’unité spéciale britannique RICU-Research, Information and Communication, un service secret qui fait partie de l’Office for Security and Counter-Terrorism du Home Office britannique. Il dirige désormais l’ONG britannique REOC Communications. EurAsia Daily). Selon des sources kirghizes, le principal objectif de sa visite était de convaincre les autorités kirghizes de commencer à accepter des réfugiés afghans.

Bien entendu, on ne peut ignorer les événements de janvier au Kazakhstan, qui ont amené le pays au bord de la guerre civile.

Ainsi, comme l’a noté Nikolay Vavilov, la déstabilisation s’opère sur tout le périmètre de la frontière chinoise, à l’exception de la Mongolie. Les maillons les plus faibles, selon lui, sont le Pakistan, le Kazakhstan et le Myanmar. On ne peut donc pas dire que la Chine reste à l’écart. Elle mène, elle aussi, une guerre froide contre les États-Unis.

« Une autre chose est que cette guerre est toujours menée via des mandataires, via des forces politiques alliées, mais elle n’en est pas moins féroce », poursuit Nikolay Vavilov. « Des régimes entiers sont démolis, des gouvernements sont remplacés, et les préparatifs sont en cours pour un conflit à grande échelle. »

Au vu de ce qui précède, il y a des raisons de penser que les principales batailles du conflit mondial actuel se dérouleront dans la région Asie-Pacifique. L’Ukraine n’étant qu’une manœuvre pour distraire la Russie.

Alan Pukhaev

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Ukraine SitRep. Le chaudron de Zolote fermé. Lysichansk bloquée

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 24 juin 2022

[Corrigé (deux fois) ci-dessous]

Dans le dernier rapport de situation sur la guerre en Ukraine, j’évoquait la situation près de Lysichansk.

Les dirigeants ukrainiens continuent d’envoyer de nouvelles unités dans le chaudron de Lysichansk à l’est. Cela ne dérange pas les Russes, leur travail consistant à « démilitariser » l’Ukraine. Enfermer davantage de troupes au même endroit leur facilite cette tâche.

La distance entre la zone rouge tenue par les Russes, en haut, et la zone en bas, au niveau de la brèche la plus étroite, n’est que de 15 kilomètres. Elle n’est traversée que par une seule route ouverte d’ouest en est, qui sert à acheminer le ravitaillement des troupes ukrainiennes à Lysichansk.

La carte a considérablement changé depuis :

Le 16 Juin

Source : LiveUAmapAgrandir

Ce qui s’est passé, c’est d’abord un chaudron plus petit autour de Zolote, au bas de la carte.

Le 18 juin

Ce fut un mouvement classique effectué dans les règles de l’art.

Le 20 juin

Ensuite, un bataillon de troupes ukrainiennes qui était censé tenir les villages de la partie supérieure de la poche a battu en retraite. Certains disent qu’on leur a ordonné de partir, d’autres qu’ils se sont mutinés. Cette dernière hypothèse est plus vraisemblable car il s’agissait d’amateurs des forces de défense territoriale qui avaient été envoyées, sans soutien suffisant, pour remplacer de meilleures troupes qui avaient reçu l’ordre de rentrer.

Le 22 juin

Les Russes de l’aile est se sont déplacés vers l’ouest pour prendre 5 villages en un jour, le long de la frontière nord de la poche.

Le 24 juin

Ils ont ainsi mis le couvercle sur le chaudron qui a immédiatement commencé à cuire les quelque 2 000 soldats ukrainiens qui s’y trouvaient.

Les cartes ci-dessus sont assez grossières. Une carte plus détaillée du côté russe montre que plusieurs villes situées dans le chaudron de Zolote n’ont pas encore été nettoyées.

Le 24 juin

Dans son rapport d’aujourd’hui, le ministère russe de la défense affirme :

L’offensive réussie des unités russes vers Lougansk a, en 5 jours, permis la libération de Loskutovka, Podlesnoye, Mirnaya Dolina, Shchebkaryer, Vrubovka, Nyrkovo, Nikiolayevka, Novoivanovka, Ustinovka et Ray-Aleksandrovka.

 

Un groupe d’unités ukrainiennes a été complètement isolé près de Gorskoye et Zolotoye.

 

Dans cette poche sont encerclés quatre bataillons : le 3e bataillon mécanisé de la 24e brigade mécanisée, le 15e bataillon d’assaut en montagne de la 128e brigade d’assaut en montagne, le 42e bataillon d’infanterie mécanisée de la 57e brigade d’infanterie mécanisée, le 70e bataillon de la 101e brigade de défense territoriale, ainsi qu’un groupe d’artillerie de la 57e brigade d’infanterie mécanisée, un groupe de nazis de l’organisation Secteur droit et un détachement de mercenaires étrangers.

 

Au total, jusqu’à 2 000 personnes sont isolées dans la poche de Gorskoïe : environ 1 800 militaires, 120 nazis du Secteur droit, environ 80 mercenaires étrangers, ainsi que plus de 40 véhicules blindés de combat et environ 80 canons et mortiers.

 

41 militaires ont abandonné leur résistance et se sont rendus volontairement au cours des dernières 24 heures.

Selon les prisonniers, les unités ukrainiennes encerclées sont épuisées. Les unités sont actuellement occupées par moins de 40% de leurs effectifs. Le commandement supérieur ukrainien a perdu le contrôle de ces unités. L’approvisionnement en armement, munitions, carburant et autre logistique est complètement arrêté.

 

Les troupes russes resserrent l’encerclement de Gorskoye en lançant des attaques ininterrompues contre l’ennemi. La moitié de Zolotoye était sous contrôle hier.

Depuis ce matin, quelque 600 personnes supplémentaires se sont rendues. Les autres suivront probablement plus tard dans la journée ou demain.

Ce matin également, le commandant adjoint ukrainien de la province de Louhansk a annoncé que les soldats et les mercenaires étrangers qui tenaient la zone industrielle de Sevierodonetzk, à l’est de Lysichansk, avaient reçu l’ordre de se retirer vers Lysichansk. En fait, une retraite complète de Lysichansk plus à l’ouest semble probable.

Mais cela n’était plus vraiment possible pour les 10-15 000 soldats dans et autour de la ville, car un pont sur l’unique route qui mène à l’ouest a été brisé et s’est écroulé pendant la nuit sur les voies ferrées en contrebas.

Correction (19:00 utc) Cette section était erronée et a été corrigée. Un pont a été bombardé pour couper la route d’évacuation de Lysichansk, mais il s’agissait d’un pont différent de celui que j’avais écrit au départ. Cela ne change en rien la conclusion

Pont marqué en rouge – Cette carte montre un pont différent.

Cette carte représente le pont qui a été effectivement détruit. Il se trouve au nord-ouest de la raffinerie de Lysichansk dont j’ai parlé dans le précédent rapport de situation.

Pont marqué en rouge

Un hélicoptère russe a effectué cette mission et il semble maintenant qu’il y ait eu un débarquement important de troupes aéroportées à l’ouest de la raffinerie.

Voici à quoi ressemble le pont. Correction (17:30 utc) : L’image ne montre pas le pont sur la carte.

Correction (19:00 utc) : L’image est celle du pont détruit mais elle a été mal géolocalisée. Mais que le pont sur la carte est maintenant endommagé a été rapporté par une source qui est habituellement correcte. Je continue à supposer que c’est effectivement le cas. Là encore, c’est la carte qui était erronée, pas la photo du pont.

Désolé pour cette confusion due au « brouillard de guerre ». Les effets tactiques de l’incident mentionné ci-dessous restent les mêmes. [fin des deux corrections]

Il y a encore des routes secondaires et des chemins de terre qui peuvent être utilisés, mais toute la zone à l’ouest de Louhansk est sous le contrôle des tirs russes. Le long convoi qui serait nécessaire pour une retraite ne peut pas passer sans être sévèrement molesté.

Le grand chaudron de Lysichansk a donc également été fermé. Malgré le nettoyage encore nécessaire de la ville et de deux ou trois petits villages, on peut affirmer que l’ancienne province ukrainienne de Louhansk, devenue la République populaire de Louhansk, a été libérée de l’Ukraine.

Du côté russe, quelque 30 à 40 groupes de bataillons tactiques (BTG) ont participé à l’ensemble de l’opération. La plupart d’entre eux peuvent maintenant se réapprovisionner et se reposer pour être ensuite utilisés ailleurs.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Le tsunami financier mondial planifié vient de commencer

Par : Wayan

Par F. William Engdahl – Le 21 juin 2022 – Source New Eastern Outlook

L’effondrement a été délibérément déclenché pour des motifs politiques par la banque centrale. La situation n’est pas différente aujourd’hui, car il est clair que la Fed américaine agit avec l’arme des taux d’intérêt pour faire s’effondrer ce qui est la plus grande bulle financière spéculative de l’histoire humaine, une bulle qu’elle a elle-même créée. Les krachs mondiaux commencent toujours à la périphérie, comme le Creditanstalt autrichien de 1931 ou la faillite de Lehman Brother, en septembre 2008. La décision du 15 juin de la Fed d’imposer la plus forte hausse de taux en près de 30 ans, alors que les marchés financiers sont déjà en plein effondrement, garantit désormais une dépression mondiale, voire pire.

L’ampleur de la bulle de « crédit bon marché » que la Fed, la BCE et la Banque du Japon ont créée en achetant des obligations et en maintenant des taux d’intérêt proches de zéro, voire négatifs, depuis 14 ans, dépasse l’imagination. Les médias financiers couvrent le tout avec des reportages quotidiens absurdes, alors que l’économie mondiale est préparée, mais pas à la soi-disant « stagflation » ou récession. Ce qui s’annonce dans les mois à venir, à moins d’un revirement spectaculaire de la politique, c’est la pire dépression économique de l’histoire à ce jour. Merci à la globalisation et à Davos.

Globalisation

Les pressions politiques à l’origine de la globalisation et de la création de l’Organisation mondiale du commerce à partir des règles commerciales du GATT de Bretton Woods, à la suite de l’accord de Marrakech de 1994, ont fait en sorte que la fabrication industrielle avancée de l’Occident, plus particulièrement des États-Unis, puisse fuir à l’étranger, « s’externaliser », pour créer une production dans des pays à très bas salaires. Aucun pays n’a offert plus d’avantages à la fin des années 1990 que la Chine. La Chine a rejoint l’OMS en 2001 et, depuis lors, les flux de capitaux en provenance de l’Occident vers le secteur manufacturier chinois ont été stupéfiants. Il en a été de même pour l’accumulation de la dette chinoise en dollars. Aujourd’hui, cette structure financière mondiale fondée sur une dette record commence à s’effondrer.

Lorsque Washington a délibérément permis l’effondrement financier de Lehman Brother en septembre 2008, les dirigeants chinois ont réagi par la panique et ont offert des crédits sans précédent aux gouvernements locaux pour construire des infrastructures. Certaines de ces infrastructures étaient partiellement utiles, comme un réseau de trains à grande vitesse. D’autres étaient carrément du gaspillage, comme la construction de « villes fantômes » vides. Pour le reste du monde, la demande sans précédent de la Chine en acier de construction, en charbon, en pétrole, en cuivre et autres était la bienvenue, car les craintes d’une dépression mondiale s’éloignaient. Mais les mesures prises par la Fed et la BCE après 2008, ainsi que par leurs gouvernements respectifs, n’ont rien fait pour remédier aux abus financiers systémiques des grandes banques privées de Wall Street et d’Europe, ainsi que de Hong Kong.

La décision prise par Nixon en août 1971 de découpler le dollar américain, la monnaie de réserve mondiale, de l’or, a ouvert les vannes des flux monétaires mondiaux. Des lois toujours plus permissives favorisant la spéculation financière incontrôlée aux États-Unis et à l’étranger ont été imposées à tout bout de champ, depuis l’abrogation de la loi Glass-Steagall par Clinton, à la demande de Wall Street, en novembre 1999. Cela a permis la création de mégabanques si grandes que le gouvernement les a déclarées « trop grosses pour faire faillite ». C’était un canular, mais la population y a cru et les a renflouées avec des centaines de milliards d’euros, tirés de l’argent des contribuables.

Depuis la crise de 2008, la Fed et les autres grandes banques centrales mondiales ont créé un crédit sans précédent, appelé « helicopter money« , pour renflouer les grandes institutions financières. La santé de l’économie réelle n’était pas un objectif. Dans le cas de la Fed, de la Banque du Japon, de la BCE et de la Banque d’Angleterre, un total de 25 000 milliards de dollars a été injecté dans le système bancaire par le biais de l’achat d’obligations, ainsi que d’actifs douteux comme les titres adossés à des créances hypothécaires, au cours des 14 dernières années.

La folie quantitative

C’est là que les choses ont commencé à vraiment mal tourner. Les plus grandes banques de Wall Street, telles que JP MorganChase, Wells Fargo, Citigroup ou, à Londres, HSBC ou Barclays, ont prêté des milliards à leurs grandes entreprises clientes. À leur tour, les emprunteurs ont utilisé les liquidités, non pas pour investir dans de nouvelles technologies de fabrication ou d’exploitation minière, mais plutôt pour gonfler la valeur des actions de leurs sociétés, ce que l’on appelle des rachats d’actions, faites pour « maximiser la valeur pour les actionnaires ».

BlackRock, Fidelity, les banques et d’autres investisseurs ont adoré ce tour de manège gratuit. Entre le début de l’assouplissement de la Fed en 2008 et juillet 2020, quelque 5 000 milliards de dollars ont été investis dans ces rachats d’actions, créant ainsi le plus grand rallye boursier de l’histoire. Tout s’est financiarisé dans le processus. Les entreprises ont versé 3 800 milliards de dollars de dividendes entre 2010 et 2019. Des entreprises comme Tesla, qui n’avaient jamais réalisé de bénéfices, ont pris plus de valeur que Ford et GM réunis. Les crypto-monnaies comme le bitcoin ont atteint une valorisation de la capitalisation boursière supérieure à 1 000 milliards de dollars, fin 2021. Avec l’argent de la Fed qui circule librement, les banques et les fonds d’investissement ont investi dans des domaines à haut risque et à haut profit comme les junk bonds ou la dette des marchés émergents dans des endroits comme la Turquie, l’Indonésie ou, oui, la Chine.

L’ère d’assouplissement monétaire post-2008 et de taux d’intérêt zéro de la Fed a conduit à une expansion absurde de la dette du gouvernement américain. Depuis janvier 2020, la Fed, la Banque d’Angleterre, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon ont injecté un total de 9 000 milliards de dollars de crédit à taux quasi nul dans le système bancaire mondial. Depuis un changement de politique de la Fed en septembre 2019, cela a permis à Washington d’augmenter la dette publique d’un montant stupéfiant de 10 000 milliards de dollars en moins de 3 ans. Puis la Fed a de nouveau secrètement renfloué Wall Street en achetant 120 milliards de dollars par mois d’obligations du Trésor américain et de titres adossés à des hypothèques, créant ainsi une énorme bulle obligataire.

Une administration Biden imprudente a commencé à distribuer des milliers de milliards de dollars de soi-disant fonds de relance pour combattre les blocages de l’économie. La dette fédérale américaine est passée d’un niveau raisonnable de 35 % du PIB en 1980 à plus de 129 % du PIB aujourd’hui. Seul l’assouplissement quantitatif de la Fed, l’achat de milliers de milliards de dollars de dette publique et hypothécaire américaine et les taux quasi nuls ont rendu cela possible. Aujourd’hui, la Fed a commencé à dénouer cette situation et à retirer des liquidités de l’économie par le biais d’un resserrement monétaire, ainsi que par des hausses de taux. C’est délibéré. Il ne s’agit pas d’une erreur d’appréciation de l’inflation par la Fed.

L’énergie est le moteur de l’effondrement

Malheureusement, la Fed et les autres banques centrales mentent. Le relèvement des taux d’intérêt n’a pas pour but de ralentir l’inflation. Il s’agit de forcer une réinitialisation globale du contrôle des actifs mondiaux, de la richesse, qu’il s’agisse de l’immobilier, des terres agricoles, de la production de matières premières, de l’industrie et même de l’eau. La Fed sait très bien que l’inflation ne fait que commencer à se propager dans l’économie mondiale. Ce qui est nouveau, c’est que ce sont les mandats d’énergie verte à travers le monde industriel qui sont à l’origine de cette crise de l’inflation pour la première fois, ce qui est délibérément ignoré par Washington, Bruxelles ou Berlin.

Les pénuries mondiales d’engrais, la flambée des prix du gaz naturel et les pertes d’approvisionnement en céréales dues à la sécheresse mondiale, à l’explosion des coûts des engrais et du carburant ou à la guerre en Ukraine, garantissent qu’au plus tard au moment de la récolte de septembre-octobre, nous subirons une nouvelle explosion mondiale des prix de l’alimentation et de l’énergie. Toutes ces pénuries sont le résultat de politiques délibérées.

De plus, une inflation bien pire est certaine, en raison de l’insistance pathologique des principales économies industrielles du monde, menées par l’agenda anti-hydrocarbures de l’administration Biden. Ce programme est illustré par la stupéfiante absurdité du secrétaire américain à l’énergie qui a déclaré « achetez donc des voitures électriques » en réponse à l’explosion des prix de l’essence.

De même, l’Union européenne a décidé d’éliminer progressivement le pétrole et le gaz russes, sans substitut viable, alors que sa principale économie, l’Allemagne, s’apprête à fermer son dernier réacteur nucléaire et à fermer davantage de centrales au charbon. En conséquence, l’Allemagne et d’autres économies de l’UE connaîtront des pannes d’électricité cet hiver et les prix du gaz naturel continueront de s’envoler. Au cours de la deuxième semaine de juin, en Allemagne, les prix du gaz ont encore augmenté de 60 %. Le gouvernement allemand, contrôlé par les Verts, et l’agenda vert « Fit for 55 » de la Commission européenne continuent de promouvoir l’énergie éolienne et solaire, peu fiable et coûteuse, au détriment des hydrocarbures, bien moins chers et fiables, assurant ainsi une inflation sans précédent liée à l’énergie.

La Fed a débranché l’imprimante

Avec la hausse de 0,75 % des taux d’intérêt de la Fed, la plus importante depuis près de 30 ans, et la promesse d’autres hausses à venir, la banque centrale américaine a maintenant garanti l’effondrement non seulement de la bulle de la dette américaine, mais aussi d’une grande partie de la dette mondiale, d’une valeur de 303 000 milliards de dollars. La hausse des taux d’intérêt, après presque 15 ans à 0%, signifie l’effondrement de la valeur des obligations. Les obligations, et non les actions, sont le cœur du système financier mondial.

Les taux hypothécaires américains ont doublé en cinq mois pour dépasser les 6 %, et les ventes de logements étaient déjà en chute libre avant la dernière hausse des taux. Les entreprises américaines ont contracté une dette record grâce aux années de taux ultra bas. Environ 70 % de cette dette est classée juste au-dessus du statut de « junk ». Cette dette des entreprises non financières s’élevait à 9 000 milliards de dollars en 2006. Aujourd’hui, elle dépasse 18 000 milliards de dollars. Désormais, un grand nombre de ces entreprises marginales ne seront pas en mesure de reconduire l’ancienne dette en empruntant la nouvelle, et des faillites suivront dans les mois à venir. Le géant des cosmétiques Revlon vient de déclarer faillite.

Le marché hautement spéculatif et non réglementé des crypto-monnaies, mené par le bitcoin, s’effondre à mesure que les investisseurs réalisent qu’il n’y a pas de solution de sauvetage. En novembre dernier, le monde des crypto-monnaies était évalué à 3 000 milliards de dollars. Aujourd’hui, elle est inférieure à la moitié de cette somme, et l’effondrement se poursuit. Avant même la dernière hausse des taux de la Fed, la valeur des actions des mégabanques américaines avait perdu quelque 300 milliards de dollars. Maintenant que la poursuite de la vente panique en bourse est garantie à mesure que l’effondrement économique mondial s’amplifie, ces banques sont préprogrammées pour une nouvelle crise bancaire grave au cours des prochains mois.

Comme l’a récemment noté l’économiste américain Doug Noland, « Aujourd’hui, il existe une « périphérie » massive chargée d’obligations de pacotille « subprime », de prêts à effet de levier, de prêts « buy-now-pay-later », de titrisations de voitures, de cartes de crédit, de logements et de panneaux solaires, de prêts de franchise, de crédits privés, de crédits cryptographiques, de DeFi, etc. Une infrastructure massive s’est développée au cours de ce long cycle pour stimuler la consommation de dizaines de millions de personnes, tout en finançant des milliers d’entreprises non rentables. La « périphérie » est devenue systémique comme jamais auparavant. Et les choses ont commencé à se briser ».

Le gouvernement fédéral va maintenant trouver que le coût des intérêts de sa dette record de 30 000 milliards de dollars est beaucoup plus élevé. Contrairement à la Grande Dépression des années 1930 où la dette fédérale était presque nulle, aujourd’hui le gouvernement, surtout depuis les mesures budgétaires de Biden, est à la limite. Les États-Unis sont en train de devenir une économie du tiers monde. Si la Fed n’achète plus des milliers de milliards de dette américaine, qui le fera ? La Chine ? Le Japon ? Peu probable.

Dégonfler la bulle

Avec la Fed qui impose désormais un resserrement quantitatif, retirant des dizaines de milliards d’obligations et d’autres actifs chaque mois, ainsi qu’en augmentant les taux d’intérêt directeurs, les marchés financiers ont commencé à se désendetter. Il sera probablement saccadé, car des acteurs clés comme BlackRock et Fidelity cherchent à contrôler l’effondrement à leurs fins. Mais la direction est claire.

À la fin de l’année dernière, les investisseurs avaient emprunté près de 1 000 milliards de dollars en dette marginale pour acheter des actions. Et ce, dans un marché en hausse. Aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit, et les emprunteurs sur marge sont obligés de donner plus de garanties ou de vendre leurs actions pour éviter le défaut de paiement. Cela alimente l’effondrement à venir. Avec l’effondrement des actions et des obligations dans les mois à venir, c’est l’épargne-retraite privée de dizaines de millions d’Américains dans des programmes comme le 401-k qui s’envole. Les cartes de crédit, les prêts automobiles et autres dettes de consommation aux États-Unis ont explosé au cours de la dernière décennie pour atteindre le chiffre record de 4 300 milliards de dollars à la fin de 2021. Les taux d’intérêt sur ces dettes, en particulier les cartes de crédit, vont grimper au-delà du niveau déjà élevé de 16 %. Les défauts de paiement sur ces prêts vont monter en flèche.

En dehors des États-Unis, ce que nous allons voir maintenant, alors que la Banque nationale suisse, la Banque d’Angleterre et même la BCE sont obligées de suivre la hausse des taux de la Fed, c’est la boule de neige mondiale des défauts de paiement, des faillites, dans un contexte d’inflation galopante que les taux d’intérêt des banques centrales ne pourront pas contrôler. Environ 27 % de la dette mondiale des entreprises non financières est détenue par des sociétés chinoises, pour un montant estimé à 23 000 milliards de dollars. Les entreprises américaines et européennes en détiennent 32 000 milliards de dollars supplémentaires. Aujourd’hui, la Chine est au cœur de sa pire crise économique depuis 30 ans et il y a peu de signes de reprise. Avec les États-Unis, le plus grand client de la Chine, qui entrent dans une dépression économique, la crise de la Chine ne peut que s’aggraver. Cela ne sera pas bon pour l’économie mondiale.

L’Italie, dont la dette nationale s’élève à 3 200 milliards de dollars, a un ratio dette/PIB de 150 %. Seuls les taux d’intérêt négatifs de la BCE ont empêché l’explosion d’une nouvelle crise bancaire. Maintenant, cette explosion est préprogrammée malgré les paroles apaisantes de Lagarde, la patronne de la BCE. Le Japon, avec un niveau d’endettement de 260%, est la pire de toutes les nations industrielles, et se trouve bloqué dans le piège du taux zéro avec une dette publique de plus de 7 500 milliards de dollars. Le yen est en train de chuter sérieusement, ce qui déstabilise toute l’Asie.

Le cœur du système financier mondial, contrairement à la croyance populaire, n’est pas les marchés boursiers. Ce sont les marchés obligataires ; obligations d’État, d’entreprises et d’agences. Ce marché obligataire a perdu de sa valeur en raison de l’inflation galopante et de la hausse des taux d’intérêt depuis 2021 aux États-Unis et dans l’Union européenne. Au niveau mondial, ce marché représente quelque 250 000 milliards de dollars d’actifs, une somme qui perd encore de la valeur à chaque hausse des taux d’intérêt. La dernière fois que nous avons connu un renversement aussi important de la valeur des obligations, c’était il y a quarante ans, à l’époque de Paul Volcker, avec des taux d’intérêt de 20 % pour « juguler l’inflation ».

À mesure que le prix des obligations baisse, la valeur du capital des banques chute. Les plus exposées à une telle perte de valeur sont les grandes banques françaises et la Deutsche Bank dans l’UE, ainsi que les plus grandes banques japonaises. Les banques américaines comme JP MorganChase seraient à peine moins exposées à un effondrement majeur des obligations. Une grande partie de leur risque est cachée dans des produits dérivés hors bilan et autres. Cependant, contrairement à ce qui s’est passé en 2008, les banques centrales ne pourront pas refaire une autre décennie de taux d’intérêt nuls et d’assouplissement quantitatif. Cette fois-ci, comme l’ont fait remarquer des initiés comme l’ancien directeur de la Banque d’Angleterre Mark Carney, il y  déjà trois ans, la crise sera utilisée pour forcer le monde à accepter une nouvelle monnaie numérique de banque centrale, un monde où tout l’argent sera émis et contrôlé de manière centralisée. C’est aussi ce que les gens du WEF de Davos entendent par leur Grande Réinitialisation. Ce ne sera pas bon. Un tsunami financier planifié à l’échelle mondiale vient de commencer.

William Engdahl

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

« Si nous ne mettons pas fin à la guerre, la guerre en finira avec nous »

Par : Zineb

L’Europe est maintenant engluée jusqu’au cou dans des sanctions économiques de grande envergure à l’encontre de la Russie, et elle est incapable d’en affronter les conséquences.


Par Alastair Crooke – Le 13 juin 2022 – Source Strategic Culture

1Emmanuel Macron a irrité beaucoup de monde (tout comme Kissinger au FEM), lorsqu’il a déclaré « nous ne devons pas humilier Vladimir Poutine » , car il doit y avoir un règlement négocié. C’est la politique française depuis le début de cette saga. Plus important encore, c’est la politique franco-allemande, et elle pourrait donc finir par être la politique de l’UE également.

Le qualificatif « pourrait » est important : en matière de politique ukrainienne, l’UE est plus divisée que pendant la guerre d’Irak. Et dans un système (le système européen) qui insiste structurellement sur le consensus (même s’il est factice), lorsque les blessures sont profondes, la conséquence est qu’une seule question peut bloquer l’ensemble du système (comme lors de la préparation de la guerre en Irak). Aujourd’hui, les fractures en Europe sont plus larges et plus acrimonieuses (c’est-à-dire aggravées par l’application de la primauté de la loi).

Alors que l’étiquette « réaliste » a acquis (dans les circonstances actuelles) une dimension d’« apaisement », ce que Macron dit simplement, c’est que l’Occident ne peut pas, et ne veut pas, maintenir indéfiniment son niveau actuel de soutien à l’Ukraine. La politique s’immisce dans tous les États européens. En Allemagne, en France et en Italie également, l’opinion publique s’oppose à un engagement continu dans le conflit. Le crash économique à venir devient tout simplement trop évident et menaçant.

Les difficultés rencontrées par Boris Johnson lors du récent vote de confiance au sein de la commission 1922 n’étaient peut-être pas explicitement liées à l’Ukraine, mais les accusations sous-jacentes concernant les politiques Net Zero de Johnson (considérées par les électeurs conservateurs comme du socialisme furtif), l’immigration et l’augmentation du coût de la vie, l’étaient certainement.

Bien sûr, « une hirondelle ne fait pas le printemps » . Mais l’effondrement spectaculaire de la cote de popularité de Johnson, résultant de sa belligérance économique envers la Russie, donne le tournis aux dirigeants européens. « Nous assistons à une panique en Europe à cause de l’Ukraine », a fait remarquer le président Erdogan.

Ce qui est remarquable, c’est que malgré le fait que Macron se réclame de l’« autonomie stratégique européenne » en appelant à un accord, il pourrait être plus proche de Washington que les faucons de Londres. Oui, au début, le mot « accord » était vaguement présent dans le discours américain, mais il s’en est suivi un long hiatus au cours duquel, pendant environ deux mois et demi, le récit a porté uniquement sur la nécessité de faire souffrir Poutine.

L’humeur américaine, le discours, est en train de changer, et semble se réconcilier avec les mauvaises nouvelles militaires émanant de l’Ukraine (avec même le quasi-néo-con Edward Luttwak qui jette l’éponge, disant que la Russie va gagner, et que le Donbass devrait avoir son mot à dire sur son propre destin).

De même que le soutien de Johnson à l’Ukraine est considéré comme une tentative désespérée de rappeler l’héritage de la guerre des Malouines de Margaret Thatcher (Thatcher était confrontée à une inflation croissante et à une colère intérieure grandissante contre son programme, mais le conflit victorieux contre l’Argentine en 1982 l’a aidée à être réélue), « Parler de la crise ukrainienne comme d’un ‘moment Malouines’ pour Johnson, cependant, est simplement de la poudre aux yeux pour des conservateurs désespérés », écrit Steven Fielding, professeur d’histoire politique à l’Université de Nottingham. Cela pourrait s’avérer être de la poudre aux yeux pour Bruxelles également.

S’il y a quelque chose à dire sur l’appel de Macron à un accord, c’est que même un accord de cessez-le-feu limité, qui est probablement ce que Macron a à l’esprit, ne serait pas réalisable dans cette atmosphère occidentale toxique et polarisée. En bref, Macron agit de manière inconsidérée. Certaines planètes doivent d’abord s’aligner.

L’Amérique devrait faire marche arrière et renoncer à son mème vicieux de la « haine de Poutine ». Ils devraient modifier leur discours à propos de la « victoire » pour pouvoir discuter avec Poutine, sinon le fait même de parler avec le « méchant Poutine » se retournera contre eux dans un flot d’acrimonie publique. Macron vient d’en avoir un avant-goût.

Une certaine remise à zéro a déjà commencé (soit à dessein, soit pour ne pas lasser les lecteurs). L’actualité ukrainienne n’est guère traitée dans les médias américains aujourd’hui. Les recherches et les liens Google sur la « guerre » ont chuté brutalement. Quoi qu’il en soit, le parti Démocrate doit clairement se concentrer sur les questions nationales, l’inflation, les armes à feu et l’avortement, les questions qui domineront les élections de mi-mandat.

Voilà ce qu’il en est. L’UE est clairement fracturée, mais les élites américaines de la sécurité le sont aussi. Peut-être qu’une impasse prolongée, une guerre d’usure, qui maintiendrait la Russie et l’Europe occidentale engagées l’une contre l’autre, est préférée (notamment par un Biden engagé émotionnellement) à un « accord » , mais une longue guerre n’est peut-être plus possible (si, comme Luttwak le suggère, la Russie va bientôt gagner).

Et Biden, s’il choisissait d’essayer de conclure un « accord » avec l’Ukraine, serait-il capable de soutenir politiquement autre chose qu’un accord présenté comme une « victoire » claire des États-Unis ? Cette option est-elle envisageable aujourd’hui ? Il est quasiment certain que non. Moscou n’est pas d’humeur.

Une offre de pourparlers de la part de Biden aurait-elle ne serait-ce qu’une once de valeur du point de vue russe ? Il est presque certain que non. Si ce n’est pas le cas, qu’y a-t-il alors à discuter ?

Moscou se dit ouvert aux pourparlers avec Kiev. Le Kremlin ne cherche toutefois pas à trouver une « porte de sortie » (l’opinion publique s’y oppose catégoriquement). Appelez cela des « pourparlers » , si vous voulez, mais il serait plus juste de dire que Moscou est prêt à accepter le « document de reddition » de Zelensky dans le cadre de « pourparlers » , ce n’est pas exactement une « victoire » facile que l’équipe Biden pourra présenter à un électorat américain sceptique !

Ainsi, dans un sens, cette formule de « longue guerre d’usure » implique un certain « échec » car ce n’est pas l’usure militaire mais la guerre financière qui a été configurée comme la force de « première frappe » de l’Occident. Le rouble devait être réduit en miettes presque instantanément car la guerre économique à grande échelle devait anéantir la Russie sur le plan structurel (en sapant sa volonté de se battre en Ukraine). L’avertissement à la Chine (et à d’autres pays comme l’Inde) devait être sévère.

C’était du moins le plan d’avant-guerre. L’action militaire n’a jamais été destinée à être le meilleur moyen d’écraser la Russie, mais était plutôt destinée à servir d’amplificateur du mécontentement intérieur, tandis que l’économie russe s’effondrerait sous l’effet de sanctions sans précédent. L’insurrection du Donbass, planifiée et préparée pendant huit ans, n’était pas censée jouer un rôle de premier plan, précisément parce que les États-Unis ont toujours pensé qu’il était probable que les forces russes finiraient par l’emporter. Néanmoins, il n’y a plus d’autre front.

Mais la guerre financière, sur laquelle reposait l’espoir d’un effondrement rapide de la Russie, a non seulement échoué, mais elle s’est paradoxalement retournée contre l’Europe pour la meurtrir très, très gravement. Cette situation, ainsi que l’effondrement de l’esprit de corps ukrainien, sont devenus un boulet pour l’UE. Il n’est pas possible de s’affranchir des sanctions, ni de l’imminence de l’implosion militaire ukrainienne, sans que la Russie en sorte clairement « gagnante » .

C’est une débâcle (même si les « spin artists » ont beau tourner et retourner la situation dans tous les sens). Il n’est donc pas surprenant que les dirigeants européens cherchent une porte de sortie pour échapper aux effets nocifs des politiques qu’ils – l’UE – ont adoptées à la hâte, sans même prendre la peine de faire preuve de « diligence raisonnable » .

Mais le problème est bien plus grave : même si des pourparlers plus larges devaient avoir lieu (disons) la semaine prochaine, l’Occident peut-il même théoriquement se mettre d’accord sur ce qu’il pourrait dire à Poutine ? A-t-il, au moins, fait preuve de diligence raisonnable quant à la manière dont la Russie, à son tour, définirait sa vision de l’avenir eurasien ? Et si c’est le cas, les négociateurs européens auraient-ils le pouvoir politique de répondre, ou les pourparlers s’effondreraient-ils parce que l’Europe ne peut répondre à aucun mandat de négociation, au-delà d’un mandat strictement limité aux questions de la future composition de l’Ukraine ?

La Russie, en fait, a clairement exposé ses objectifs stratégiques. En décembre 2021, la Russie a remis aux États-Unis et à l’OTAN deux projets de traités qui comprennent des demandes concernant une architecture de sécurité en Europe qui garantirait une sécurité indivisible pour tous, et un retrait de l’OTAN jusqu’à ses anciennes limites orientales de 1997. Ces documents soulignent que l’Ukraine n’est qu’une petite partie des objectifs stratégiques plus larges de la Russie. Les deux projets ont été ignorés à Washington.

En principe, la guerre en Ukraine pourrait prendre fin grâce à un accord négocié qui répondrait aux préoccupations sécuritaires plus larges de la Russie dans l’ensemble de l’Europe, tout en maintenant l’indépendance de l’Ukraine, même si le nord-est, l’est et le sud de l’Ukraine seraient liés d’une manière ou d’une autre à la Russie ou absorbés par elle.

Mais il y a aussi le fait que l’UE a transféré son mandat politique concernant l’Ukraine à l’OTAN. Et l’objectif clair de cette dernière est d’exclure la Russie de l’échiquier politique mondial et de faire imploser l’économie russe ; en d’autres termes, de ramener la Russie à l’ère Eltsine.

En tant que tels, les objectifs de l’OTAN ne laissent aucune place pour le dialogue. La « longue guerre » de Moscou doit également être comprise correctement ; il ne s’agit pas seulement des menaces pour la sécurité émanant de l’Ukraine, mais de la menace pour la sécurité émanant d’une culture qui se définit elle-même comme une « civilisation » occidentale excusable :

Christopher Dawson, dans Religion and the Rise of Western Culture, écrit il y a près d’un siècle : « Comment se fait-il que l’Europe, seule parmi les civilisations du monde, ait été continuellement secouée et transformée par une énergie d’agitation spirituelle qui refuse de se contenter de la loi immuable de la tradition sociale qui régit les cultures orientales ? Est-ce parce que l’idéal religieux n’a pas été le culte de la perfection intemporelle et immuable, mais un esprit qui s’efforce de s’incorporer à l’humanité et de changer le monde? »

Les dirigeants européens qui envisagent un « accord » comprennent-ils que, qu’ils soient d’accord ou non, ce dernier point résume la perception populaire russe ? Et que la victoire en Ukraine est considérée comme le déclencheur cathartique nécessaire pour relancer la civilisation russe et les autres civilisations non occidentales ?

La question qui se pose alors est la suivante : l’Union européenne a-t-elle un rôle distinct de celui de Washington à jouer dans un tel scénario ? En fait, non ; elle n’a pas de rôle singulier.

L’UE n’a pas de rôle singulier. En effet, comme l’a noté Wolfgang Streeck dans son essai sur « L’UE après l’Ukraine » , les États d’Europe occidentale ont accepté, apparemment tout naturellement (c’est-à-dire sans réflexion approfondie), « de laisser à Biden le soin de décider en leur nom : le sort de l’Europe dépendra du sort de Biden » : c’est-à-dire des décisions, ou des non-décisions, du gouvernement américain ». L’UE se considère donc effectivement comme une province excentrée, au sein de la politique intérieure américaine.

Certaines élites européennes ont triomphé : l’Ukraine a défini sans ambiguïté l’UE comme « nord-atlantiste », point final. Mais pourquoi cette jubilation ?

Il est vrai que la guerre en Ukraine a peut-être (temporairement) neutralisé les différentes lignes de faille de l’UE. Depuis un certain temps, la Commission européenne s’efforce de combler le vide démocratique résultant de la centralisation de fait et de la dépolitisation de l’économie politique de l’Union, par une « politique des valeurs » néolibérale que l’UE doit appliquer rigoureusement et imposer aux États membres récalcitrants par le biais de sanctions économiques (la primauté de la loi).

Il n’est pas difficile de comprendre comment l’Ukraine a pu s’intégrer dans les projets d’une Ursula von der Leyen déterminée à faire respecter les valeurs de l’UE, non seulement à l’égard d’Orbán, mais aussi en tant qu’outil permettant de déraciner les sentiments pro-russes persistants au sein d’une Union européenne divisée, et d’ancrer fermement l’atlantisme comme valeur européenne dominante. Sanctionner la Russie et ses notions traditionalistes était en parfaite harmonie avec la sanction des États d’Europe de l’Est pour leur traditionalisme social également.

Cela a toutefois eu un coût, celui de catapulter les États-Unis dans une position d’hégémonie renouvelée sur l’Europe occidentale. Cela a obligé l’Europe à maintenir des sanctions économiques de grande envergure, voire paralysantes, à l’encontre de la Russie, ce qui a pour effet collatéral de renforcer la position dominante des États-Unis en tant que fournisseur d’énergie et de matières premières à l’Europe.

Cela exclut complètement les idées de Macron selon lesquelles l’UE a besoin d’une « souveraineté stratégique européenne » qui puisse apaiser les préoccupations légitimes de la Russie en matière de sécurité. L’Europe est maintenant engluée « jusqu’au cou » dans des sanctions économiques de grande envergure à l’encontre de la Russie, et elle est incapable d’en affronter les conséquences. Il n’y a littéralement aucune chance que l’inflation structurelle ou la contraction économique qui s’ensuivront puissent être, ou soient, contenues. L’UE a renoncé à mettre fin à la guerre. Il ne lui reste plus qu’à se retrouver à la même table que Zelensky lorsqu’il signera le document de reddition.

Il n’y aura aucune tentative sérieuse aux États-Unis avant novembre, ne serait-ce que pour essayer de freiner l’inflation. La conséquence de cette capitulation de l’UE devant le commandement américain est qu’en ce qui concerne l’inflation, l’UE sera également dépendante des changements indirects de la politique électorale américaine. Il est tout autant possible que Biden ordonne une nouvelle émission de « chèques de stimulation » pour atténuer les effets de l’inflation sur le portefeuille des Américains (ce qui accélérera encore l’inflation), qu’il est probable qu’il autorise un resserrement quantitatif (visant à réduire l’inflation) à l’approche des élections de mi-mandat.

Au fur et à mesure que les effets de la guerre se feront sentir, tout cela déclenchera un sérieux retour de bâton contre Bruxelles.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

  1. Le titre est une citation de H.G. Wells

Le conte du roi maléfique

Par : hervek

Avec mes excuses à J.R.R. Tolkien


Par Batiushka – Le 13 juin 2022 – Source The Saker Blog

tolkiens legendarium - What was Sauron reaching for? - Science Fiction & Fantasy Stack Exchange

Il était une fois un roi maléfique dont les ancêtres avaient traversé un grand océan jusqu’à un vaste pays. Là, ils avaient massacré à coups de bâtons de feu et de pestes ou bien fait prisonniers les peuples indigènes de cette terre riche et fertile, dont le sol contenait de nombreux minéraux. Les autres nations de la terre appelaient ce pays Mordorica, car c’était un pays de mort et de destruction. Ce roi maléfique y régnait d’une main de fer et personne ne pouvait lui résister, ni à ses nombreux courtisans maléfiques, que le roi payait en or. Le Roi cupide avait l’habitude d’envoyer ses grandes armées et flottes à la conquête des autres peuples du monde, essayant de conquérir des terres encore plus grandes que la sienne.

Son ingéniosité pour faire violence aux autres ne connaissait aucune limite et il faisait appel à des hommes habiles, dotés de connaissances astucieuses, pour fabriquer des armes toujours nouvelles. Celles-ci étaient destinées à tuer ses ennemis de manière toujours nouvelle, qu’il s’agisse de grandes machines en fer qui se déplaçaient toutes seules, ou qui volaient dans les airs et sous les océans, ou de minuscules microbes, conçus pour tuer un peuple particulier. Ses ateliers sombres et sales dégageaient tant de fumée qu’il était impossible de distinguer le jour de la nuit. Des feux maléfiques y brûlaient et le bruit qui en provenait était semblable à un grand fracas et à un tonnerre.

Le roi maléfique et rusé possédait tant d’or qu’il avait volé dans d’autres pays qu’il pouvait acheter presque tout, et, comme il le pensait, acheter presque tout le monde, comme il le voulait. Seuls ceux qui croyaient fermement en quelque chose d’autre pouvaient lui résister. Mais il croyait pouvoir acheter l’âme de tout le monde, interdisant aux autres d’acheter quoi que ce soit dans les pays qui suscitaient sa colère. Et plus il devenait puissant, plus il devenait mauvais et rusé.

Les gens comprenaient que l’on ne pouvait accorder aucune confiance au Roi maléfique car il avait appris à beaucoup de ses sujets à raconter des mensonges avec des mots et des images animées. On ne pouvait pas croire un seul mot de ce qu’ils disaient et on savait que le contraire de ce qu’ils disaient devait être vrai. Comme le roi parlait toujours avec sa langue fourchue, on l’appelait le grand menteur. Son Empire des ténèbres, qui jetait une grande ombre sur toute la terre, on l’appelait l’Empire du mensonge.

Ainsi, ce roi fut dur et conquit de nombreux souverains et pays et tua les peuples de grandes nations, bien, bien plus anciennes que la sienne. Il a détruit et mis à terre même les plus anciennes et les plus renommées des cités. Ses actes d’infamie suscitèrent la peur parmi tous les peuples du monde, qui furent contraints d’acheter et de vendre uniquement avec ses propres pièces de monnaie, qui portaient son image, et de parler sa langue étrange.

De nombreuses années passèrent et le peuple d’un pays autrefois grand se souleva, car il ne voulait plus acheter ou vendre avec l’argent de ce roi. Ils commencèrent à se battre contre les armées du Roi afin de libérer leurs frères et sœurs réduits en esclavage dans d’autres pays. Au grand étonnement de beaucoup, le Grand Menteur commença à perdre sa guerre, car ses bâtons de feu étaient tous brisés. Les gens de son Empire du Mal commencèrent à souffrir et ils ne croyaient plus aux mensonges de ses mots et aux mensonges de ses images animées.

Même les mers et les airs ne voulaient pas obéir au Roi du Mal. La terre trembla, le soleil et la pluie se retournèrent contre le Roi du Mal. Les arbres brûlèrent de peur et les vents soufflèrent puissamment, le grain ne poussa pas dans les champs et les rivières s’asséchèrent. Et la méchanceté était sur toutes les terres de la terre où régnait le mauvais Roi. Les hommes disaient qu’ils étaient des femmes et les femmes disaient qu’elles étaient des hommes et les enfants ne voulaient pas naître, car ils craignaient de vivre dans un tel pays.

Et puis d’autres pays anciens se sont soulevés contre le mauvais roi. Et tous s’unirent et dirent : nous aussi, nous voulons vivre par nos âmes, comme le faisaient nos ancêtres. Et ils ont dit : Nous voulons parler notre propre langue, acheter et vendre dans notre propre monnaie, où nous voulons, nous voulons être libres de vivre comme l’ont fait nos ancêtres avant nous. Nous sommes fatigués de ce roi étranger et maléfique, de ses manières étrangères et des mensonges de son empire des ténèbres.

A cette époque, même le peuple de Mordorica se demandait pourquoi sa vie était devenue si dure. Il en était de même pour les peuples des pays dont les souverains avaient été achetés par Mordorica. Ils se demandaient pourquoi ils ne pouvaient plus manger comme avant et pourquoi ils semblaient avoir si peu de pièces. Ils s’agitèrent et élevèrent la voix. Leurs souverains ont pris peur et l’ont dit au roi de Mordorica. Celui-ci demanda aux chefs de tuer tous ces gens, car il disait qu’ils étaient tous méchants. Mais c’était le roi de Mordorica qui était méchant. Les souverains lâches eurent très peur, car les peuples se soulevaient, et les uns après les autres, ils s’enfuirent à Mordorica et se cachèrent.

L’histoire de la chute de Mordorica et de la mort de leur roi pour ses nombreux mensonges sera racontée. Ce fut le début d’un nouveau monde. Mais je vous raconterai cela dans un autre livre et à un autre moment.

LE COMMENCEMENT DE LA FIN

Batiushka

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Le rêve des Néocons : Décoloniser la Russie, recoloniser la Chine

Par : Wayan

Par Moon of Alabama − Le 22 juin 2022

Le 26 mars, le président américain Joe Biden demandait un changement de régime en Russie :

S’exprimant à Varsovie, en Pologne, samedi, le président Biden a déclaré à propos du président russe Vladimir Poutine : « Pour l’amour de Dieu, cet homme ne peut pas rester au pouvoir. »

La Maison Blanche s’est immédiatement empressée de revenir sur cet appel à un changement de régime et, le lendemain, Joe Biden lui-même démentait qu’il demandait un changement de régime :

Le président Joe Biden a déclaré aux journalistes dimanche qu’il n’appelait pas à un changement de régime en Russie lorsqu’il a déclaré, hier, que le président russe Vladimir Poutine « ne peut pas rester au pouvoir », un commentaire surprenant sur lequel la Maison Blanche a rapidement tenté de revenir samedi.

 

Lorsqu’un journaliste lui a redemandé s’il appelait à la destitution de Poutine, M. Biden a répondu « non » en sortant de l’église dimanche après-midi, selon la journaliste Courtney Rozen de Bloomberg.

Toutefois, d’autres services du gouvernement américain ont clairement indiqué que leurs objectifs en Russie allaient bien au-delà d’un changement de régime. Demain, la Commission sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) du gouvernement américain tiendra une séance d’information sur « l’impératif moral et stratégique » qui rend nécessaire la « décolonisation de la Russie ».

La décolonisation de la Russie sera discutée à la prochaine réunion de la Commission à Helsinki –Agrandir

Comme le souligne Nicolo Saldo :

Ce qui est remarquable dans ce panel, c’est le passage du thème de la « propagation de la liberté et de la démocratie » à la nécessité de « décoloniser » la Russie.

Les néo-conservateurs sont de retour et utilisent un nouveau discours pour promouvoir leur ancien programme.

Les responsables russes vont adorer ce genre de discours :

Le groupe d’experts d’aujourd’hui fait un pas en avant en ce sens qu’il dit aux Russes ordinaires que même le changement de régime et la démocratie ne sont pas suffisants pour eux. Ils exigent la partition de leur pays en de plus petites entités (plus facilement contrôlables), afin de pouvoir être libres. Inutile de dire que c’est un coup de propagande pour Poutine et le Kremlin, car cela leur permet de dépeindre le conflit en Ukraine comme une lutte existentielle.

Le Kremlin n’a pas besoin de « dépeindre » le conflit comme un combat existentiel. Les Russes savent qu’il s’agit d’un tel combat.

L’inaction de Biden continue d’hypothéquer les chances des Démocrates de conserver la majorité au Parlement.

Dans une faible tentative de s’attaquer au prix élevé du carburant, il va demander aujourd’hui au Congrès de suspendre la taxe sur le carburant pendant trois mois. Ce n’est qu’un effet de style qui n’aura que peu d’effet sur les prix à la pompe et qui n’a aucune chance de passer au Congrès :

Les législateurs du Parti Républicain ont attaqué Biden et les Démocrates pendant la campagne électorale à propos de l’inflation et des prix des carburants. Ils affirment que ces mesures ne sont que du théâtre politique qui n’aura que peu d’effet à long terme sur les prix du pétrole. La meilleure façon de réduire les prix du pétrole, disent-ils, est d’assouplir les réglementations et d’augmenter la production pétrolière américaine. …

 

La Californie a enregistré le prix moyen de l’essence le plus élevé de tous les États, soit 6,398 dollars le gallon. La suspension de la taxe sur l’essence réduirait le coût d’un gallon de carburant diesel de 24 cents.

La véritable raison des prix élevés du carburant est la politique étrangère malavisée de Biden. Trois des plus grands producteurs de pétrole du monde, le Venezuela, l’Iran et la Russie, sont soumis à des sanctions américaines qui limitent leurs exportations de pétrole :

Les sanctions ont rendu plus difficile la vente du pétrole russe. Biden a également interdit l’importation de pétrole russe, et le mois dernier, l’Europe a annoncé qu’elle lui imposait un embargo partiel.

 

En 2020, la Russie était le troisième plus grand producteur de pétrole au monde, selon l’Administration américaine d’information sur l’énergie.

Comme le titre correctement le New York Times :

La décision de l’Occident d’étrangler les exportations de pétrole de la Russie a, pour le moment, un effet boomerang

Cette mesure va continuer à avoir des effets boomerang. La Russie vend son pétrole à la Chine et à l’Inde, où il est raffiné. L’essence et le diesel qui en résultent sont ensuite exportés vers les États-Unis. C’est une bonne chose pour l’Inde et la Chine, qui achètent le pétrole avec un rabais et vendent les produits finis avec une marge substantielle. C’est « gagnant » pour la Russie, l’Inde et la Chine, le seul perdant étant l’« Occident ». Quel que soit l’espoir exprimé par le NYT dans son ajout « pour le moment » au titre, cela ne changera rien.

Pendant ce temps, la Russie annonce la prochaine cible de sa campagne visant à contrer l’inconduite de l’« Occident » : le statut de réserve du dollar américain et de l’euro :

MOSCOU, 22 juin. /TASS/

 

La question de la création d’une monnaie de réserve internationale basée sur les monnaies des États membres des BRICS est à l’étude, a déclaré mercredi le président russe Vladimir Poutine dans son discours de bienvenue aux participants du Forum des affaires des BRICS.

 

« La question de la création de la monnaie de réserve internationale basée sur le panier de devises de nos pays est à l’étude« , a déclaré le dirigeant russe.

Les BRICS sont actuellement constitués du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud. Ensemble, ces pays représentent 3,2 milliards de personnes et un tiers du PIB mondial en termes de pouvoir d’achat. La nouvelle monnaie de réserve internationale aurait donc un support beaucoup plus important que le dollar américain ou l’euro.

Les États-Unis avancent aussi, mais dans la mauvaise direction.

Certains membres de l’administration Biden font pression pour abaisser les tarifs douaniers de l’ère Trump sur les produits chinois. M.K.Bhadrakumar interprète cela comme une tentative de nouvelle détente avec la Chine. Je doute que l’abaissement des droits de douane ait beaucoup d’effet sur les prix aux États-Unis, car une nouvelle loi entrée en vigueur hier va encore augmenter les prix des marchandises en provenance de Chine. Les États-Unis se réveillent lentement face aux conséquences d’une telle stupidité :

L’administration Biden a déclaré son intention d’appliquer pleinement la loi, ce qui pourrait conduire les autorités américaines à retenir ou à refuser un nombre important de produits importés. Un tel scénario est susceptible de causer des maux de tête aux entreprises et de semer de nouvelles perturbations dans la chaîne d’approvisionnement. Il pourrait également alimenter l’inflation, qui atteint déjà son plus haut niveau depuis quatre décennies, si les entreprises sont contraintes de chercher des alternatives plus coûteuses ou si les consommateurs commencent à se disputer les produits rares.

 

Si la loi n’est pas pleinement appliquée, le Congrès, qui est chargé du contrôle, risque de s’insurger. « Le public n’est pas préparé à ce qui va se passer », a déclaré Alan Bersin, un ancien commissaire des douanes et de la protection des frontières des États-Unis qui est maintenant président exécutif d’Altana AI. « L’impact de cette situation sur l’économie mondiale, et sur l’économie américaine, se mesure en plusieurs milliards de dollars, pas en millions de dollars. »

Comme le commente avec acidité Bhadrakumar :

Lorsque la Russie a attaqué l’Ukraine et que l’Occident a imposé des sanctions à Moscou, Washington a menacé la Chine que tout geste de sa part pour aider la Russie à contourner les sanctions déclencherait une punition sévère. Aujourd’hui, la roue a tourné et les États-Unis ont besoin de l’aide de la Chine pour sauver leur économie. C’est le piège de Thucydide à l’envers : une puissance émergente qui vient au secours d’une grande puissance bien établie, dont les extravagances l’ont appauvrie.

J’en doute. Tarifs douaniers ou pas, la Chine n’aidera pas du tout les États-Unis. Elle sait que la guerre par procuration entre les États-Unis et la Russie ne concerne pas seulement l’Ukraine.

L’objectif actuel des États-Unis est peut-être de décoloniser la Russie, mais leur véritable objectif géopolitique est la recolonisation de la Chine.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Briser la Russie pour « sauver l’ordre libéral » , alors que les spectateurs deviennent des « victimes collatérales l’accident de la route »

Par : Zineb

Il est compréhensible que les États du Moyen-Orient restent à l’écart, en tant que « spectateurs » , mais cela ne veut pas dire qu’ils ne deviendront pas des « victimes de l’accident » dans cette euro-collision. C’est inévitable.


Par Alastair Crooke – Le 12 juin 2022 – Source Al Mayadeen

Berlusconi a écrit dans Il Giornale cette semaine que l’Occident est isolé en raison de sa monomanie ukrainienne : « La réponse de l’Occident [à l’Ukraine] a été unanime, mais qu’entendons-nous par Occident ? Les États-Unis, l’Europe et certains pays de la région Pacifique qui ont des liens traditionnels avec les États-Unis, dont l’Australie et le Japon. Et les autres pays du monde ? Presque rien » .

C’est précisément cela. L’Ukraine est au centre d’une lutte identitaire intra-européenne qui remonte à la chute de Rome.

Il est compréhensible que les États du Moyen-Orient restent à l’écart, en tant que « spectateurs » , mais cela ne veut pas dire qu’ils ne deviendront pas des « victimes de l’accident » dans cette collision européenne. C’est inévitable.

En substance, dans sa rage de nuire à la Russie, l’Establishment occidental a fait chavirer les équilibres délicats qui sous-tendent la structure financière globaliste. De manière impulsive et irréfléchie, ils ont « libéré » les produits de base, de la nourriture à l’énergie en passant par les métaux rares, pour que leur valeur s’envole, car ces produits sont à nouveau considérés comme possédant une valeur intrinsèque propre.

Au lieu d’être la base collatérale refoulée d’une pyramide d’« actifs » en monnaie fiduciaire que l’inflation dévore chaque année, les matières premières, et non plus les dollars ou les euros fiduciaires, sont en train de devenir la monnaie vers laquelle le « monde des spectateurs » est attiré et représentent maintenant un commerce alternatif.

Bien sûr, ce n’est pas seulement l’Ukraine qui est à l’origine de cette situation. Deux autres facteurs clés jouent un rôle : premièrement, la notion d’« économie Krugman » selon laquelle les gouvernements doivent « imprimer pour dépenser » . L’augmentation des dépenses publiques a déjà déclenché l’inflation (avant l’Ukraine) et ébranle actuellement la confiance dans les monnaies fiduciaires qui se déprécient et n’ont plus aucune valeur.

La seconde est l’adhésion de l’élite occidentale à une « transition mondiale » (c’est-à-dire une fuite en avant) des combustibles fossiles. Pourquoi ? Parce qu’en entendant des déclarations qui sont inlassablement absolues, telles que : « la science est établie » , on prend conscience que l’on a affaire à une secte et non à la science. Énoncée en termes absolus, elle n’accepte aucune autre science ou perspective plus large qui pourrait nuancer la méta-narration.

L’Europe était déjà en train de brûler les étapes de la « transition ». Il est clair que l’Ukraine « sert » davantage d’accélérateur, en « sevrant » (notez le langage chargé) l’Europe de la dépendance énergétique russe.

Mais, comme si cela ne suffisait pas à enflammer les prix des matières premières, l’Europe s’est surpassée en préconisant l’interdiction des achats d’énergie russe, ce qui a encore attisé la flamme et aggravé la situation. Les prix ont grimpé en flèche, car les Européens paieront davantage pour des approvisionnements énergétiques de substitution, même si une interdiction plus complète s’est avérée impossible à mettre en œuvre.

D’accord, c’est une chose pour l’Europe et les États-Unis de dire que l’inflation qui s’ensuivra, la contraction industrielle qui en résultera, l’urgence alimentaire qui sera aggravée et les douleurs de la faim qui s’étendront à toute la société, en valent la peine.

Le fait de « réaffirmer l’ordre libéral en sauvant l’Ukraine » , au risque de l’effondrement économique de l’Europe, est pleinement justifié par la perspective de l’humiliation de Poutine à n’importe quel prix. Mais pourquoi les États du Moyen-Orient qui ne sont pas des producteurs de matières premières devraient-ils eux aussi payer le prix extrême de la vanité de l’Europe ?

Comme l’a laissé entendre Berlusconi, ces États ne considèrent pas nécessairement Poutine ou la Russie comme leur ennemi. Nombreux sont ceux qui voient plutôt en la Russie un allié potentiel, mais il est certain que le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique latine sont tout sauf attachés à l’« ordre » fondé sur les règles imposées par les États-Unis. Ils n’ont pas de place dans cette bataille entre Européens.

Pourtant, ce qui attend leurs sociétés est évident, il suffit de se tourner vers le Sri Lanka et le Pakistan. Le Pakistan doit rembourser plus de 21 milliards de dollars de dette extérieure au cours de la prochaine année fiscale. Il est également confronté à une forte inflation alimentaire et à des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, le gouvernement cherchant à importer au moins 3 millions de tonnes de blé et 4 millions de tonnes d’huile de cuisson pour pallier les pénuries.

Dans le même temps, quelque 40 000 usines, à Karachi, risquent de fermer en raison de la hausse des coûts de l’électricité qui rend leur fonctionnement quasiment impossible. Les élites, obnubilées par leur programme de « transition » , semblent avoir perdu de vue le truisme selon lequel l’énergie, à savoir les ressources humaines et fossiles, alimentaires et matérielles, constituent effectivement l’économie. Une partie de l’élite voit plutôt la crise comme une opportunité, bien que douloureuse, d’accélérer la transition.

Aujourd’hui, un establishment occidental désespéré semble vouloir poursuivre une « longue guerre d’usure » militarisée par procuration pour affaiblir la Russie. Malheureusement, cette stratégie entraînera probablement la mort de de nombreuses personnes, par sous alimentation. Le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial a averti que 49 millions de personnes dans 43 pays seront bientôt confrontées à la famine.

L’urgence alimentaire, comme l’inflation, n’est pas causée par l’Ukraine, même si le fait qu’un grand producteur de blé soit impliqué dans un conflit militaire ne fait que l’aggraver. La crise alimentaire est plus directement liée à des facteurs de « transition » (l’écologisation de la production alimentaire), ainsi qu’aux changements structurels dans les économies néolibérales (où la production alimentaire a été délocalisée).

La perversité de toute cette douleur à venir réside dans son insouciance brute : l’Europe n’a pas réfléchi à sa stratégie de sanctions à l’encontre de la Russie avant de la déclencher, tant elle était convaincue que la Russie s’effondrerait presque immédiatement. Les ministères des affaires étrangères qui ont élaboré les plans n’ont même pas envisagé un seul instant la possibilité que la Russie ne subisse pas d’effondrement économique, et encore moins que son économie se stabilise (comme elle l’a fait).

Et les planificateurs n’ont pas réfléchi à l’effet de leur guerre militaire par procuration sur l’opinion publique russe. Ils ont présumé, sans y réfléchir, que les forces militaires russes étaient si maladroites qu’elles devaient inévitablement perdre. Ils n’ont jamais envisagé la possibilité d’un durcissement de l’opinion russe à mesure que l’opération militaire progresserait. Ils ont plutôt tenu pour acquis que l’opinion publique russe se retournerait contre Poutine à mesure que le vent tournerait contre les forces russes, et qu’il serait chassé du pouvoir. L’idée que la Russie puisse gagner en Ukraine était considérée comme un signe de déloyauté en Occident, voire de trahison.

En fin de compte, les dirigeants de l’UE doivent faire face à leurs propres électeurs pour ces graves erreurs de jugement amplifiées par une propagande triomphaliste dont on verra qu’elle a trompé les électeurs, ce qui suscitera leur colère. Mais le fond du problème, malheureusement, est que ces divers maux du système économique occidental sont structurels. Un nouveau groupe de dirigeants n’aura pas de « solution miracle » pour y mettre fin rapidement.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

En pleine tempête ukrainienne, la Turquie est destinée à une coopération maximale avec la Russie

Par : Wayan

Par Nikolay Arkhipov – Le 13 juin 2022 – Source EurAsia Daily (en russe)

Ces derniers temps, la Turquie figure parmi les cinq pays du monde les plus fréquemment mentionnés dans la presse russe, ce qui, sans aucun doute, est dû à la position particulière qu’elle adopte vis-à-vis de la situation militaro-politique autour de l’Ukraine. Et cela n’est pas surprenant si l’on considère dans leur ensemble les déclarations et les actions des dirigeants politiques du pays dans le contexte de la « tempête ukrainienne ».

Ankara, représentée par le président Recep Tayyip Erdoğan et ses plus proches collaborateurs, malgré toutes les pressions extérieures exercées sur eux, a refusé à plusieurs reprises de faire un choix entre Moscou et Kiev, appelant à la fois la Russie et l’Ukraine leurs partenaires. La Turquie est le seul pays parmi les pays membres de l’OTAN à ne pas s’être associé aux sanctions anti-russes et, de plus, elle continue d’augmenter régulièrement le volume de ses échanges commerciaux avec la Russie, l’aidant très fréquemment à contourner de facto les sanctions et restrictions économiques imposées à la Russie par l’Union européenne, le Commonwealth et les États-Unis (dans la Russie d’aujourd’hui, on appelle cela des « importations parallèles »).

La position d’Ankara sur la question de l’élargissement de l’OTAN à la Suède et à la Finlande est particulièrement révélatrice. Ankara, ayant lié la question de leur entrée dans l’OTAN à leur position sur la question kurde, a en pratique opposé son veto à leur adhésion à l’Alliance de l’Atlantique Nord (la Finlande a déjà annoncé qu’elle ne compromettrait pas les principes de sa politique étrangère pour adhérer à l’OTAN, reconnaissant ainsi que les portes de ce bloc militaro-politique, tant que la Turquie en fait partie ou tant que le président Erdoğan est à la tête du pays, lui sont fermées).

Il n’est donc pas du tout surprenant que des publications d’experts accusant Ankara d’être ami avec le Kremlin et de tolérer « l’agression russe » en Ukraine apparaissent de plus en plus dans la presse d’Europe occidentale.

Si l’on considère l’ensemble des événements ci-dessus du point de vue de la Russie, plusieurs raisons tout à fait rationnelles et même financières (ou facteurs macroéconomiques) viennent immédiatement à l’esprit pour expliquer cette position d’Ankara sur la question ukrainienne.

Premièrement, la Turquie est objectivement incapable d’assurer sa sécurité alimentaire en raison des conditions naturelles et climatiques, principalement en termes de production de céréales – blé pour le pain, orge pour la bière et le bétail. Le gouvernement d’Erdoğan est parfaitement conscient de ce fait. Les fournisseurs traditionnels de ces types de produits agricoles sur le marché intérieur turc étaient la Russie et l’Ukraine, c’est pourquoi Ankara ne peut pas, ne veut pas et ne choisira pas, sans équivoque, le camp de Moscou ou de Kiev, afin de maintenir la diversification des sources de matières premières et de ne pas devenir dépendant d’une situation géopolitique toujours changeante. C’est pourquoi la Turquie est aujourd’hui le principal et, en fait, le seul modérateur des négociations, dont le Kremlin voudra écouter l’avis lorsqu’il s’agira de résoudre la question du blocage des exportations ukrainiennes de céréales à partir des ports de la région nord de la mer Noire, conformément aux contrats internationaux précédemment conclus.

Dans le même temps, Ankara se trouve dans une position ambiguë extrêmement inconfortable : d’une part, elle ne peut pas faire pression sur le Kremlin, en suivant l’exemple des pays qui ont introduit des restrictions à l’encontre de la Russie, afin de ne pas se retrouver sans céréales ukrainiennes, mais d’autre part, elle ne peut pas en même temps sacrifier ses propres intérêts et sa sécurité alimentaire, sur fond d’inflation annuelle de 80 %, sans connaître également des pénuries alimentaires et, par conséquent, des « émeutes du pain » dans les villes.

Deuxièmement, lorsque les travaux d’entretien saisonniers planifiés commenceront sur le gazoduc Nord Stream et que le flux de gaz vers l’Europe sera considérablement réduit, la Turquie sera en mesure de devenir le principal pays de transit du gaz russe vers les marchés d’Europe occidentale pendant un certain temps, en tirant un profit maximal de cette situation, et aura la possibilité de rester dans cette position aussi longtemps que le Kremlin et Gazprom seront satisfaits de cette situation. La Turquie peut recevoir un paiement pour le transit à travers son territoire à la fois en nature et en espèces, ce qui lui donne l’occasion de manœuvrer sur le plan macroéconomique dans des conditions où la situation n’est pas si stable sur le marché intérieur.

L’exploration des réserves d’hydrocarbures sur le plateau turc en mer Égée ne signifie en aucun cas leur développement et leur mise en service imminents à un niveau industriel, même s’il existe un soutien complet de la part de l’allié stratégique qu’est l’Azerbaïdjan, qui possède une riche expérience en la matière. Par conséquent, la loyauté envers le Kremlin ou du moins la préservation et le développement de partenariats avec la Russie servent aujourd’hui de garantie et même de moteur de stabilité interne pour la Turquie.

Troisièmement, on ne peut écarter un facteur macroéconomique mondial tel que la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu par Rosatom, qui garantira l’indépendance et l’autosuffisance de la Turquie dans le secteur de l’énergie électrique (aujourd’hui, la Turquie est obligée d’acheter de l’électricité à presque tous ses petits voisins, y compris l’Azerbaïdjan et la Géorgie). Le président Erdoğan ne peut et ne veut évidemment pas risquer un tel projet stratégique et le bien-être des générations futures Turques face à la situation militaro-politique autour de l’Ukraine, afin de ne pas priver son pays d’une perspective géopolitique et macroéconomique.

Il faut dire que les alliés de la Turquie au sein de l’OTAN sont parfaitement au courant de toutes les raisons susmentionnées qui expliquent l’« opinion dissidente » d’Ankara sur la question ukrainienne, qui diffère de l’opinion collective des autres membres de l’Alliance (à l’exception de la Hongrie), et c’est pourquoi, au niveau officiel, ils ne la condamnent pas publiquement et ne lancent pas une campagne de propagande massive contre Ankara pour la discréditer au niveau mondial, comme celle qu’ils mènent aujourd’hui contre la Russie.

Mais cela ne signifie pas que la Turquie cesse d’être un « talon d’Achille » pour l’OTAN, et pas seulement sur la question ukrainienne. Aujourd’hui, nous sommes tous témoins d’une grave détérioration des relations entre la Turquie et la Grèce, à l’origine de laquelle ne se trouvent pas seulement des contradictions politiques ou religieuses, multipliées par des griefs historiques mutuels qui, après de nombreuses décennies et un changement de génération, pourraient être pardonnés et oubliés, mais des raisons purement pragmatiques et financières liées au contrôle des gisements d’hydrocarbures récemment explorés sur le plateau continental de la mer Égée, dont la possession fera de la Turquie l’un des leaders régionaux de la Méditerranée orientale, dépassant l’Italie dans ce statut. Et cela entraînera une redistribution des vecteurs de force non seulement en Asie occidentale et au Moyen-Orient, mais aussi en Europe du Sud-Est et même en Europe centrale. De telles perspectives effraient l’OTAN et constituent la principale raison pour laquelle les États-Unis, conjointement avec la Grèce, ont annoncé la création de quatre bases militaires à la fois, deux aériennes et deux navales, sur les îles de l’archipel [il s’agit en fait de trois nouvelles bases, toutes en Grèce continentale ; la base de Crète est opérationnelle depuis 1969 – S]. Et bien qu’ils expliquent cette décision par la volonté de contrer la « menace russe » et prétendent que les bases ne sont en aucun cas dirigées contre la Turquie, Ankara sait pertinemment que ce n’est pas le cas et que le principal objectif de cette mesure est de contenir les ambitions politiques de la Turquie en matière de domination régionale et de contrer ses revendications sur les ressources du plateau continental de la mer Égée.

Il est absolument évident que la Turquie seule ne pourra pas réaliser toutes ses aspirations et ses attentes sans un soutien extérieur sérieux face à une Europe consolidée par le conflit en Ukraine, et qu’elle ne peut le recevoir, ici et maintenant, que de la Russie, avec laquelle (avec l’Azerbaïdjan) Ankara pourra non seulement sécuriser les ressources de facto de la mer Égée, mais aussi commencer leur développement et leur exploitation sans aucun problème. La Russie et la Turquie sont donc destinées à une coopération maximale pendant la transformation globale du monde en cours.

Nikolay Arkhipov

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Sitrep Opération Z : Chaudrons et Fatigue


Par Saker Staff – Le 22 juin 2022 – Source The Saker Blog

La meilleure source aujourd’hui, de nouveau, est Military Summary qui vaut la peine d’être écouté et regardé. Il « prédit » une « révolte » parmi les troupes ukrainiennes dans le chaudron. Il y a une mise à jour sur l’île des Serpents.

Ce qui devient clair, c’est que la carte va devenir très rouge dans de larges zones très bientôt.

 

Oui, il y a un chaudron avec des forces ukrainiennes estimées entre 1 500 et 2 000. C’est là que le Military Summary prévoit une « révolte militaire ».

La principale conclusion du rapport du ministère russe de la Défense est la suivante : « L’ennemi subit des pertes considérables« .

Maintenant nous attendons

  • l’arrêt des bombardements dans le Donbass
  • les résultats de toutes les raffineries de pétrole en Ukraine maintenant non fonctionnelles
  • les résultats de cette annonce de Kadyrov : l’encerclement imminent de Lisichansk et le nettoyage ultérieur de la ville.

Le ministère russe de la défense a également indiqué que pas moins de 500 soldats ukrainiens d’une seule brigade ont été tués dans la ville de Nikolaev.

Dans le reste du monde, la guerre d’Ukraine commence à se faire sentir. Nous recevons toujours des informations selon lesquelles tel ou tel pays va envoyer des armes au plus vite, mais si vous lisez les petits caractères, cela dépend généralement de l’arrivée d’armes américaines en échange. Alors que la fatigue de la guerre en Ukraine s’installe dans les climats occidentaux, la peur du froid et d’un avenir sans pouvoir s’installe également. Ce qui devient également rouge, c’est le visage de certains verts, car nous entendons dire qu’en divers endroits de l’UE, ils réactivent leurs vieilles centrales à charbon. Il n’est évidemment pas facile de remettre ces centrales en service, et l’on ne peut que rire car au moins 70 % du charbon thermique européen est importé de Russie.

Notre propre Mr P, qui s’y connaît en centrales électriques et en ingénierie, a rédigé un article pour nous dans le Café. Cela vaut la peine d’y jeter un coup d’œil.

L’idée centrale est que les centrales au charbon peuvent être sorties de la naphtaline, mais qu’en est-il des anciens artisans qualifiés ?

Certains thèmes généraux qui apparaissent sont que la Turquie pourrait vouloir quitter l’OTAN (ou devrions-nous dire, en sous-texte, briser l’OTAN) et que l’UE ne peut pas se mettre d’accord sur quoi que ce soit. Ce que cela devrait nous indiquer, c’est que l’OTAN pourrait bien être de l’histoire ancienne et l’UE également, dans sa forme actuelle.

Nous sommes dans un tsunami de changements, mais il y a un terme qui peut être utilisé et c’est le vieux terme militaire SNAFU partout. Cela s’applique également à Zelensky, car la fatigue de Zelensky s’est maintenant vraiment installée. Zelensky s’est adressé à l’Union africaine et seuls 4 des 55 chefs d’État invités ont assisté à la session virtuelle.

Commentaire de Mr P.

Ils affirment que les centrales thermiques au charbon de l’UE seront remises en service

C’est plus facile à dire qu’à faire. Certaines C-TPS vont, pourraient, probablement redémarrer dans 90 jours environ. Ces choses ne sont pas la vieille voiture de tante Pearl.

Et quand ils ont été arrêtés, je suppose qu’il y a eu des chapardages et des vols… Certains C-TPS s’avéreront impossibles à redémarrer… par exemple, les turbines à vapeur sont sujettes à l’affaissement… elles sont donc censées être tournées plus ou moins tout le temps avec un « engrenage tournant »… un moteur électrique… sinon elles ont tendance à s’affaisser et deviennent inutiles dynamiquement… et cela peut devenir permanent. Les chaudières sont censées rester pleines pour éviter l’oxydation…n’est-ce pas ? Ensuite, il y aura des pompes « gelées », de la rouille et peut-être des dommages dus au gel… des vannes coincées… des pièces moulées et des tuyaux fissurés… et les chaudières doivent être soumises à des tests hydrauliques et recertifiées….probablement, des pièces essentielles ont été volées, récupérées et vendues. La documentation est-elle encore disponible ou est-elle perdue ?

Les artisans qualifiés et les monteurs constituent un groupe limité… et je vous assure qu’ils travaillent dans le respect des règles, qu’ils savent comment faire en sorte qu’un travail dure longtemps…. surtout s’ils ne sont pas satisfaits.

  • Costume : « Combien de temps ça va prendre ? »
  • Tuyauteur : « Oh putain ! Regarde ce que tu as fait ! Tu m’as déconcentré. Je vais devoir reprendre cette soudure et recommencer… »

Les personnes compétentes qui connaissaient ces usines ? Ces personnes sont parties comme la brise.

Je pense que le « redémarrage » peut être de 50% dans 90 jours, s’ils ont un chèque en blanc et qu’ils prennent des raccourcis réglementaires et techniques. Après le redémarrage ? Attendez-vous à des événements non planifiés.

Les centrales à vapeur durent longtemps… et lorsqu’un élément critique n’est plus conforme aux spécifications, le fabricant n’est plus là…

Les hommes qui ont coulé le corps de pompe vital, et leur usine, sont partis, morts. Les réparations temporaires à la souris ne durent pas si longtemps…et nécessitent des experts…

En attendant… @ Anoxia ? On promet 42,2 degrés. Bière fraiche à midi. Brocoli encore et tomates à venir … grande parcelle de maïs pas tout à fait prêt à planter …. myrtilles à profusion et beaucoup plus.

Le charbon TPS est en fait une assez bonne machine… le charbon ne crée pas d’eau dans la combustion, donc la chaleur spécifique des gaz de cheminée est moindre, moins de corrosion, le CO2 a un bon transfert de chaleur vers les tubes de la chaudière… J’ai été dans des usines de charbon qui étaient si propres que vous pouviez passer la journée sans avoir à changer de vêtements ou à vous doucher avant d’aller à une fête ou au bar. D’autres, par contre…

Après le projet de redémarrage de TPS ? Tous les mêmes problèmes multipliés par 10 pour redémarrer une centrale nucléaire, si elle a été arrêtée pendant longtemps.

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Sitrep : Monnaie de réserve internationale basée sur un panier de devises des BRICS

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mercredi que les banques des pays du BRICS peuvent se connecter librement au Système de transfert de messages financiers (SPFS), l’alternative russe à SWIFT.

S’adressant à un forum d’affaires des BRICS, M. Poutine a déclaré qu’avec ses partenaires des BRICS (Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud), la Russie développe des alternatives fiables pour les paiements internationaux.

« Le système russe de transmission des messages financiers est ouvert à la connexion des banques des cinq pays », a-t-il déclaré, ajoutant : « La géographie de l’utilisation du système de paiement russe Mir s’étend ».

Le président russe a également noté que des travaux sont en cours pour créer une monnaie de réserve internationale basée sur un panier de devises des BRICS.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Encore une loi étasunienne qui va nuire aux consommateurs

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 21 juin 2022

Aujourd’hui, les États-Unis, qui souffrent déjà d’une forte inflation causée par un manque d’approvisionnement, lancent une nouvelle salve de sanctions les plus stupides qui soient :

Une nouvelle loi, la Loi pour Empêcher le Travail Forcé des Ouïghours (ETFO), entre en vigueur mardi aux États-Unis et interdit l’entrée dans le pays de produits fabriqués au Xinjiang ou ayant des liens avec les programmes de travail dans cette région. Elle exige des importateurs ayant un lien quelconque avec le Xinjiang qu’ils produisent des documents prouvant que leurs produits, et toutes les matières premières avec lesquelles ils sont fabriqués, sont exempts de travail forcé ; une entreprise délicate étant donné la complexité et l’opacité des chaînes d’approvisionnement chinoises. …

 

En théorie, la nouvelle loi étasunienne devrait bloquer tous les produits fabriqués avec des matières premières associées au Xinjiang jusqu’à ce qu’il soit prouvé qu’ils sont exempts d’esclavage ou de pratiques de travail coercitif. Mais il reste à voir si le gouvernement américain est prêt ou capable de refuser un tel éventail de produits étrangers.

Les 12 millions de Ouïghours vivent principalement dans le sud de la province chinoise du Xinjiang. La région est aride et il n’y a pas assez d’eau pour une population en augmentation. Au fil des ans, cette situation a entraîné la pauvreté, des troubles sociaux et, avec l’aide de certains prédicateurs wahhabites formés en Arabie saoudite, le terrorisme contre les non-wahhabites.

Le gouvernement chinois a lancé un programme à grande échelle pour résoudre le problème une fois pour toutes. Il a subventionné des entreprises pour qu’elles déplacent leurs installations de production au Xinjiang. Pour des raisons géographiques, celles-ci se trouvent désormais principalement dans la partie nord du Xinjiang. Le gouvernement a également organisé de grands camps pour la formation professionnelle et linguistique. Une fois que les gens y sont passés, on leur a offert des emplois dans les nouvelles usines où ils travaillent en échange de salaires normaux.

La campagne de propagande anti-chinoise des États-Unis prétend que ces Ouïghours ont été contraints d’accepter leurs nouveaux emplois et appelle cela du « travail forcé ». Ce n’est pourtant pas le cas.

Travailler dans une industrie loin de chez soi est normal en Chine. C’est la raison pour laquelle, chaque année, pendant la saison de la fête du printemps, 300 millions de personnes en Chine voyagent pour retrouver leur famille.

Le vrai travail forcé, c’est ce que l’on voit dans l’industrie pénitentiaire étasunienne où les prisonniers n’ont pas d’autre choix que de travailler pour quelques sous que la prison finira par récupérer en raison des prix absurdes des petits produits de première nécessité que les prisonniers doivent payer.

Il est probable que l’administration Biden appliquera la nouvelle loi à de nombreux autres produits.

Les producteurs nationaux en concurrence avec les produits chinois peuvent se plaindre auprès du département du commerce qui devra alors retenir les importations à la frontière, lancer une enquête et pourra éventuellement saisir les produits.

C’est exactement ce qu’a fait Auxin, un petit producteur américain de panneaux solaires, dans une affaire de droits de douane qui a provoqué le chaos dans le secteur :

L’enquête réduira de 46 % les installations solaires prévues pour 2022 et 2023 et pourrait coûter plus de 100 000 emplois dans le secteur de l’énergie solaire si le ministère impose les tarifs douaniers, selon une analyse publiée hier par la Solar Energy Industries Association (SEIA), qui a organisé les réunions du Congrès.

 

L’enquête a « déjà un impact assez dévastateur », a déclaré Abigail Ross Hopper, présidente et directrice générale de la SEIA, à The Climate 2022.

La nouvelle loi remplacera un Ordre de Retenue et de Libération (ORL) que le service américain des Douanes et de la Protection des Frontières (DPF) a émis sous l’administration Trump en janvier 2021. L’ORL s’appliquait aux produits en coton provenant du Xinjiang et a entraîné un certain chaos dans l’industrie du vêtement.

La nouvelle loi ETFO est beaucoup plus large et touchera beaucoup plus de produits. De nombreuses matières premières, comme le lithium et le nickel, sont produites au Xinjiang et entrent dans la composition de nombreux produits en aval :

Xinjiang Nonferrous et ses filiales se sont associées aux autorités chinoises pour accueillir des centaines de ces travailleurs [ouïghours] ces dernières années, selon des articles affichés fièrement en chinois sur le compte de médias sociaux de l’entreprise. Ces travailleurs ont finalement été envoyés dans les mines du conglomérat, dans une fonderie et dans des usines qui produisent certains des minéraux les plus recherchés sur terre, notamment le lithium, le nickel, le manganèse, le béryllium, le cuivre et l’or.

 

Il est difficile de savoir précisément où vont les métaux produits par Xinjiang Nonferrous. Mais certains ont été exportés vers les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud et l’Inde, selon les déclarations de l’entreprise et les registres des douanes. Et certaines sont allées à de grands fabricants de batteries chinois qui, à leur tour, fournissent, directement ou indirectement, de grandes entités américaines, notamment des constructeurs automobiles, des sociétés d’énergie et l’armée américaine, selon des rapports de presse chinois.

Les efforts bureaucratiques que les importateurs de l’industrie solaire et d’autres secteurs devront déployer pour éviter d’être punis en vertu de la nouvelle loi sont considérables :

Le DPF a publié la semaine dernière les directives de l’ETFO, qui comprennent une section sur les importations de polysilicium. Afin de se conformer à l’ETFO, le DPF a déclaré que les entreprises du secteur solaire doivent

  • Fournir une documentation complète sur la chaîne d’approvisionnement qui énumère toutes les entités impliquées dans le produit exporté.
  • Fournir un organigramme décrivant chaque étape de la production et identifier la région d’où provient chaque matériau.
  • Fournir une liste de toutes les entités associées à chaque étape de la production, même si la société exportatrice n’a pas travaillé directement avec elles.

Les directives du DPF indiquent également que les entreprises solaires qui s’approvisionnent en polysilicium à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du Xinjiang risquent d’être bloquées, car il peut être plus difficile de vérifier que les produits ne se sont pas mélangés avec du polysilicium du Xinjiang à un moment quelconque du processus de fabrication.

Pour les petits importateurs, il sera impossible de faire ce qui précède. Seules les grandes entreprises peuvent se permettre de rechercher et de fournir toutes ces données et de prendre le risque d’importer des produits qui pourraient être confisqués à la frontière. Elles demanderont bien sûr à leurs clients de payer pour tout cela.

Pour le consommateur américain, cela ne signifie pas seulement des prix plus élevés, mais probablement un accès plus limité aux produits dont il a besoin ou qu’il désire. L’industrie américaine n’est pas dans un état où elle peut fournir à l’échelle de la Chine.

Pour éviter les contrôles, les producteurs chinois pourraient éventuellement déplacer leurs usines. Mais ils se déplaceront vers des pays d’Asie du Sud et non vers les États-Unis.

Je ne comprends pas pourquoi l’administration Biden, qui a un « programme vert », a pensé que c’était une bonne idée.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Une interview de Michael Hudson sur la future fracture mondiale

Par : Wayan

Par Yves Smith − Le 3 juin 2022 − Source Naked Capitalism

Professeur Hudson, votre nouveau livre « The Destiny of Civilization » est sorti. Cette série de conférences sur le capitalisme financier et la nouvelle guerre froide présente un aperçu de votre perspective géopolitique.

Vous parlez d’un conflit idéologique et matériel en cours entre des pays financiarisés et désindustrialisés comme les États-Unis et les économies mixtes que sont la Chine et la Russie. En quoi consiste ce conflit et pourquoi le monde se trouve-t-il actuellement à un « point de fracture » unique, comme le dit votre livre ?

La fracture mondiale d’aujourd’hui divise le monde entre deux philosophies économiques différentes : Dans l’Occident États-Unis/OTAN, le capitalisme financier a désindustrialisé les économies et a déplacé les processus de production vers l’Eurasie, surtout la Chine, l’Inde et d’autres pays asiatiques, travaillant conjointement avec la Russie qui fournit les matières premières de base et les armes.

Ces pays sont une extension du capitalisme industriel évoluant vers le socialisme, c’est-à-dire vers une économie mixte avec un fort investissement gouvernemental dans les infrastructures pour fournir l’éducation, les soins de santé, le transport et d’autres besoins de base de la population en les traitant comme des services publics, avec des services subventionnés ou gratuits pour ces besoins.

Dans l’Occident néolibéral des États-Unis et de l’OTAN, par contre, cette infrastructure de base est privatisée pour en faire un monopole naturel qui permet d’en extraire des rentes financières.

Le résultat est que l’Occident États-Unis/OTAN se retrouve avec une économie à coût élevé, avec des dépenses de logement, d’éducation et de santé de plus en plus financées par la dette, ce qui laisse de moins en moins de revenus personnels et commerciaux à investir dans de nouveaux moyens de production (formation de capital). Cela pose un problème existentiel au capitalisme financier occidental : comment peut-il maintenir un tel niveau de vie face à la désindustrialisation, à la déflation de la dette et à la recherche d’une rente financiarisée qui appauvrit les 99% pour enrichir le 1% ?

Le premier objectif des États-Unis est de dissuader l’Europe et le Japon de chercher un avenir plus prospère en établissant des liens commerciaux et d’investissement plus étroits avec l’Eurasie et l’Organisation de coopération de Shanghai (l’OCS, une façon plus utile de penser à la fracture mondiale que les BRICS). Pour maintenir l’Europe et le Japon en tant qu’économies satellites, les diplomates américains cherchent à créer un nouveau mur de Berlin économique grâce aux sanctions, permettant de bloquer le commerce entre l’Est et l’Ouest.

Depuis plusieurs décennies, la diplomatie américaine s’immisce dans la politique intérieure européenne et japonaise, en parrainant des fonctionnaires pro-néolibéraux pour les mettre à la tête des gouvernements. Ces fonctionnaires ont le sentiment que leur destin (et aussi leur fortune politique personnelle) est étroitement lié au leadership américain. Du coup, la politique européenne suit essentiellement la politique de l’OTAN dirigée par les États-Unis.

Le problème est alors de savoir comment maintenir le Sud de la planète, l’Amérique latine, l’Afrique et de nombreux pays asiatiques, dans l’orbite des États-Unis et de l’OTAN. Les sanctions contre la Russie ont pour effet de nuire à la balance commerciale de ces pays en augmentant fortement les prix du pétrole, du gaz et des denrées alimentaires (ainsi que les prix de nombreux métaux) qu’ils doivent importer. Pendant ce temps, la hausse des taux d’intérêt américains attire l’épargne financière et le crédit bancaire vers les titres libellés en dollars américains. Cela a fait monter le taux de change du dollar, rendant beaucoup plus difficile pour les pays de l’OCS et du Sud Global de payer le service de leur dette en dollars qui arrivera à échéance cette année.

Ces pays devront donc faire un choix : soit se priver d’énergie et de nourriture pour payer les créanciers étrangers, faisant ainsi passer les intérêts financiers internationaux avant leur survie économique nationale, soit faire défaut sur leurs dettes, comme cela s’est produit dans les années 1980 après que le Mexique a annoncé, en 1982, qu’il ne pouvait pas payer les étrangers détenteurs d’obligations.

Comment voyez-vous la guerre/opération militaire spéciale en cours en Ukraine ? Quelles conséquences économiques prévoyez-vous ?

La Russie a sécurisé l’Ukraine orientale russophone et son littoral sud au bord de la mer Noire. L’OTAN continuera à « titiller l’ours » par des sabotages et de nouvelles attaques en cours, notamment en utilisant des combattants polonais.

Les pays de l’OTAN ont déversé leurs armes anciennes et obsolètes en Ukraine, et doivent maintenant dépenser des sommes immenses pour moderniser leur matériel militaire. La fuite des paiements vers le complexe militaro-industriel américain exercera une pression à la baisse sur l’euro et la livre sterling britannique, le tout s’ajoutant à l’augmentation de leurs propres déficits énergétiques et alimentaires. L’euro et la livre sterling se dirigent donc vers la parité avec le dollar américain. L’euro y est presque (environ 1,07 $). Cela signifie une forte hausse des prix en Europe.

Je lis et j’entends des informations contradictoires sur les nouvelles sanctions. Certains experts de l’Est et de l’Ouest pensent que cela va nuire considérablement à l’économie nationale de la Fédération de Russie. D’autres experts ont tendance à croire que cela se retournera contre eux ou aura un énorme effet boomerang sur les pays occidentaux.

La politique américaine primordiale consiste à lutter contre la Chine, dans l’espoir de briser les régions occidentales ouïgours et de diviser la Chine en petits États. Pour ce faire, il est nécessaire de rompre le soutien militaire et en matières premières de la Russie à la Chine, et à terme de la diviser en plusieurs petits États (les grandes villes occidentales, la Sibérie du Nord, un flanc sud, etc.)

Les sanctions ont été imposées dans l’espoir de rendre les conditions de vie si désagréables pour les Russes qu’ils feront pression pour un changement de régime. L’attaque de l’OTAN en Ukraine a été conçue pour drainer la Russie militairement, faisant en sorte que les corps des Ukrainiens épuisent les réserves de balles et de bombes de la Russie en donnant leur vie simplement pour épuiser les armes russes.

L’effet a en réalité été d’accroître le soutien des Russes à Poutine, tout le contraire de ce qui était prévu. Il y a une désillusion croissante à l’égard de l’Occident, après avoir vu ce que les Harvard Boys ont fait à la Russie lorsque les États-Unis ont soutenu Eltsine pour créer une classe kleptocrate intérieure qui a essayé d’« encaisser » les privatisations en vendant à l’Occident des parts dans le pétrole, le nickel et les services publics, puis en déclenchant des attaques militaires depuis la Géorgie et la Tchétchénie. Il est généralement admis que la Russie est en train d’effectuer un virage à long terme vers l’Est, abandonnant l’Ouest.

Les sanctions américaines et l’opposition militaire à la Russie ont donc eu pour effet d’imposer un rideau de fer politique et économique qui enferme l’Europe dans la dépendance aux États-Unis, tout en rapprochant la Russie de la Chine au lieu de les séparer. Parallèlement, le coût des sanctions européennes contre le pétrole et les denrées alimentaires russes, au grand bénéfice des fournisseurs de gaz naturel liquéfié et des exportateurs agricoles américains, menace de créer une opposition européenne à long terme contre la stratégie mondiale unipolaire des États-Unis. Un nouveau mouvement « US go home » est susceptible de se développer.

Mais pour l’Europe, le mal est déjà fait, et ni la Russie ni la Chine ne sont susceptibles de croire que les responsables gouvernementaux européens peuvent résister aux pots-de-vin et aux pressions personnelles exercées par l’ingérence américaine.

Ici, en Allemagne, j’entends le nouveau ministre de l’économie, M. Robert Habeck, du parti des Verts, qui parle d’activer le « gaz d’urgence » fédéral et de demander des ressources aux Émirats (cet « accord » semble avoir déjà échoué, selon les informations). Nous voyons la fin du North Stream II et une énorme dépendance de Berlin et Bruxelles aux ressources russes. Comment tout cela va-t-il se résumer ?

En fait, les responsables américains ont demandé à l’Allemagne de se suicider économiquement en provoquant une dépression, une hausse des prix à la consommation et une baisse du niveau de vie. Les entreprises chimiques allemandes ont déjà commencé à arrêter leur production d’engrais, étant donné que l’Allemagne accepte les sanctions commerciales et financières qui l’empêchent d’acheter du gaz russe (la matière première de la plupart des engrais). Et les constructeurs automobiles allemands souffrent de coupures d’approvisionnement.

Ces pénuries économiques européennes sont un énorme avantage pour les États-Unis, qui réalisent d’énormes profits grâce à un pétrole plus cher (contrôlé en grande partie par des sociétés américaines, suivies par des sociétés pétrolières britanniques et françaises). Le réapprovisionnement par l’Europe des armes qu’elle a données à l’Ukraine est également une aubaine pour le complexe militaro-industriel américain, dont les profits s’envolent.

Mais les États-Unis ne recyclent pas ces gains économiques vers l’Europe, qui apparaît comme la grande perdante.

Les producteurs de pétrole arabes ont déjà rejeté les demandes américaines de vendre leur pétrole moins cher. Ils semblent être les gagnants exceptionnels de l’attaque de l’OTAN sur le champ de bataille par procuration qu’est l’Ukraine.

Il semble peu probable que l’Allemagne puisse simplement rendre à la Russie le Nord Stream 2 et les filiales de Gazprom qui ont fait du commerce avec elle. La confiance a été rompue. Et la Russie a peur d’accepter les paiements des banques européennes depuis le vol de 300 milliards de dollars de ses réserves de change. L’Europe n’est plus économiquement sûre pour la Russie.

La question est de savoir dans combien de temps la Russie cessera tout simplement d’approvisionner l’Europe.

Il semble que l’Europe devienne un appendice de l’économie américaine, supportant en fait le fardeau fiscal de la guerre froide 2.0 de l’Amérique, sans représentation politique aux États-Unis. La solution logique serait que l’Europe rejoigne politiquement les États-Unis, en renonçant à ses gouvernements mais en obtenant au moins quelques Européens au Sénat et à la Chambre des représentants des États-Unis.

Quel rôle a) la nouvelle guerre froide et b) le capitalisme financier néolibéral jouent-ils dans la guerre actuelle entre la Russie et l’Ukraine ? D’après vos récentes recherches.

La guerre USA/Otan en Ukraine est la première bataille de ce qui ressemble à une tentative vieille de 20 ans d’isoler la zone dollar occidentale de l’Eurasie et du Sud global. Les politiciens américains promettent de poursuivre indéfiniment la guerre en Ukraine, en espérant qu’elle devienne un « nouvel Afghanistan » pour la Russie. Mais cette tactique semble maintenant menacer de devenir le propre Afghanistan de l’Amérique. Il s’agit d’une guerre par procuration, dont l’effet est de verrouiller la dépendance de l’Europe à l’égard des États-Unis en tant qu’oligarchie cliente avec l’euro comme monnaie satellite du dollar.

La diplomatie américaine a tenté de neutraliser la Russie de trois manières principales. Premièrement, en l’isolant financièrement en la bloquant du système de compensation bancaire SWIFT. La Russie a répondu en passant sans problème au système de compensation bancaire chinois.

La deuxième tactique consistait à saisir les dépôts russes dans les banques américaines et les avoirs en titres financiers américains. La Russie a répondu en rachetant à bas prix les investissements américains et européens en Russie dont l’Occident s’est débarrassé.

La troisième tactique a consisté à empêcher les membres de l’OTAN de commercer avec la Russie. Il en résulte que les importations russes en provenance de l’Occident ont diminué, tandis que ses exportations de pétrole, de gaz et de denrées alimentaires explosent. Cela a fait monter le taux de change du rouble au lieu de le faire baisser. Et comme les sanctions bloquent les importations de la Russie en provenance de l’Ouest, le président Poutine a annoncé que son gouvernement allait investir massivement dans le remplacement des importations. L’effet sera la perte définitive du marché russe pour les fournisseurs et exportateurs européens.

Parallèlement, les tarifs douaniers de Trump contre les exportations européennes vers les États-Unis restent en place, laissant l’industrie européenne avec des opportunités commerciales en diminution. La Banque centrale européenne peut continuer à acheter des actions et des obligations européennes pour protéger la richesse des 1%, mais elle réduira les dépenses sociales intérieures afin de respecter la limite de 3 % des déficits budgétaires que la zone euro s’est imposée.

À moyen et à long terme, les sanctions des États-Unis et de l’OTAN sont donc principalement dirigées contre l’Europe. Et les Européens ne semblent même pas voir qu’ils sont les premières victimes de cette nouvelle guerre économique américaine pour la domination énergétique, alimentaire et financière.

En Allemagne, le projet énergétique Nord Stream II, qui a été bloqué, est toujours une grande question politique. Dans votre récent article en ligne « Le dollar dévore l’euro », vous avez écrit : « Il est maintenant clair que l’escalade d’aujourd’hui de la nouvelle guerre froide a été planifiée il y a plus d’un an. Le plan de l’Amérique pour bloquer Nord Stream 2 faisait en réalité partie de sa stratégie visant à empêcher l’Europe occidentale (« OTAN ») de rechercher la prospérité par le commerce et les investissements mutuels avec la Chine et la Russie. » Pouvez-vous expliquer cela à nos lecteurs ? 

Ce que vous qualifiez de « blocage du Nord Stream 2 » est en réalité une politique « Buy-American ». Les États-Unis ont persuadé l’Europe de ne pas acheter sur le marché des prix les plus bas, mais de payer son gaz jusqu’à sept fois plus cher auprès des fournisseurs américains de LGN, et de dépenser 5 milliards de dollars pour augmenter leur capacité portuaire, qui ne sera pas achevé avant un an.

Cela menace d’un interrègne très inconfortable pour l’Allemagne et les autres pays européens qui suivent les diktats américains. En gros, les parlements nationaux sont désormais soumis à l’OTAN, dont les politiques sont dirigées depuis Washington.

L’un des prix que l’Europe paiera, comme indiqué ci-dessus, est la baisse du taux de change par rapport au dollar américain. Il est probable que les investisseurs européens déplacent leurs économies et leurs investissements de l’Europe vers les États-Unis afin de maximiser leurs gains en capital et d’éviter simplement les baisses de prix de leurs actions et obligations mesurées en dollars.

Professeur Hudson, examinons l’évolution de la situation en Allemagne. En mai, le parlement allemand, le Bundestag, adoptait un nouveau projet de loi : Les législateurs allemands ont approuvé l’expropriation possible des entreprises énergétiques. Cela pourrait permettre au gouvernement de Berlin de mettre sous tutelle des entreprises énergétiques si elles ne peuvent plus remplir leurs missions et si la sécurité de l’approvisionnement est menacée. Selon Reuters, cette loi, qui doit encore passer devant la chambre haute du Parlement, pourrait être appliquée pour la première fois si aucune solution n’est trouvée concernant la propriété de la raffinerie de pétrole PCK Refinery à Schwedt/Oder (Allemagne de l’Est), qui est détenue majoritairement par l’entreprise publique russe Rosneft.

Il semble que l’Europe et l’Amérique vont confisquer les investissements russes dans leurs pays, et vendre (ou faire confisquer par la Russie) les investissements des pays de l’OTAN en Russie. Cela signifie un découplage de l’économie russe de l’Occident et un rapprochement avec la Chine, qui semble être la prochaine économie à être sanctionnée par l’OTAN, qui est en train de devenir une Organisation du Traité du Pacifique Oriental impliquant l’Europe dans une confrontation en mer de Chine.

Je serais surpris que la Russie recommence à vendre du pétrole et du gaz à l’Europe sans être remboursée pour ce que l’Europe (et aussi les États-Unis) a saisi. Cette demande voudrait dire que l’Europe fasse pression sur les États-Unis pour qu’ils rendent les 300 milliards de dollars de réserves étrangères dont ils se sont emparés.

Mais même en cas d’un telle restitution et réparations, il semble peu probable que le commerce reprenne. Un changement de phase s’est produit, un changement de conscience quant à la façon dont le monde se divise sous l’effet des attaques diplomatiques des États-Unis contre leurs alliés et leurs adversaires.

Ma question sera la suivante : Le socialisme est un sujet important dans votre nouveau livre. Que pensez-vous des mesures « socialistes » prises par un pays capitaliste comme l’Allemagne ?

Il y a un siècle, on s’attendait à ce que le « stade final » du capitalisme industriel soit le socialisme. Il existait de nombreux types de socialisme : Le socialisme d’État, le socialisme marxien, le socialisme chrétien, le socialisme anarchiste, le socialisme libertaire. Mais ce qui s’est produit après la Première Guerre mondiale était l’antithèse du socialisme. C’était le capitalisme financier et un capitalisme financier militarisé.

Le dénominateur commun de tous les mouvements socialistes, de la droite à la gauche de l’échiquier politique, était le renforcement des dépenses d’infrastructure du gouvernement. La transition vers le socialisme était menée (aux États-Unis et en Allemagne) par le capitalisme industriel lui-même, qui cherchait à minimiser le coût de la vie (et donc le salaire de base) et le coût des affaires par des investissements gouvernementaux dans les infrastructures de base, dont les services devaient être fournis gratuitement, ou du moins à des prix subventionnés.

Mais cet objectif empêchait les services de base d’être des opportunités de rente monopolistique. L’antithèse fut donc la doctrine Thatcher-néolibérale de privatisation. Les gouvernements ont cédé les services publics à des investisseurs privés. Les entreprises ont été achetées à crédit, ajoutant les intérêts et autres charges financières aux bénéfices et aux paiements à la direction. Le résultat a été de faire de l’Europe et de l’Amérique néolibérales des économies à coûts élevés, incapables de rivaliser en termes de cout de production avec les pays qui poursuivent des politiques socialistes plutôt que des politiques de néolibéralisme financiarisé.

Cette opposition des systèmes économiques est la clé pour comprendre la fracture mondiale actuelle.

Le pétrole et le gaz russes sont particulièrement au centre de l’attention en ce moment. Moscou exige des paiements en roubles uniquement et élargit son champ d’acheteurs en y ajoutant la Chine, l’Inde ou l’Arabie Saoudite. Mais il semble que les acheteurs occidentaux puissent toujours payer en euros ou en dollars US. Quel est votre point de vue sur cette guerre des ressources en cours ? Le rouble semble être un gagnant.

Le rouble est certainement en hausse. Mais cela ne fait pas de la Russie un « gagnant » si son économie est perturbée par les sanctions qui bloquent ses propres importations nécessaires au bon fonctionnement de ses chaînes d’approvisionnement.

La Russie sera gagnante si elle peut mettre en place un programme de substitution des importations industrielles et recréer une infrastructure publique pour remplacer ce qui a été privatisé par les Harvard Boys, sous la direction des États-Unis, dans les années 1990.

Assistons-nous à la fin du pétrodollar et à l’émergence d’une nouvelle architecture financière à l’Est, accompagnée d’un renforcement des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ?

Il y aura toujours des pétrodollars, mais aussi une variété de blocs de zones monétaires à mesure que le monde dédollarise ses accords internationaux en matière de commerce et d’investissement. Fin mai, Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe déclarait que l’Arabie saoudite et l’Argentine souhaitaient rejoindre les BRICS. Comme l’a récemment noté Pepe Escobar, les BRICS+ pourraient s’élargir pour inclure le MERCOSUR et la Communauté de développement de l’Afrique du Sud (SADC).

Ces accords feront probablement appel à une alternative non américaine au FMI pour créer du crédit et fournir un véhicule pour les réserves de change officielles des pays non membres de l’OTAN. Le FMI survivra toujours pour imposer l’austérité aux pays satellites des États-Unis tout en subventionnant la fuite des capitaux des pays du Sud et en créant des DTS pour financer les dépenses militaires des États-Unis à l’étranger.

L’été 2022 sera un terrain d’essai, car les pays du Sud souffriront d’une crise de la balance des paiements due à l’augmentation des déficits pétroliers et alimentaires, ainsi qu’à l’augmentation du coût en monnaie nationale de leurs dettes en dollars étrangers. Le FMI pourrait leur offrir de nouveaux DTS pour qu’ils puissent payer les détenteurs d’obligations en dollars américains afin de maintenir l’illusion de la solvabilité. Mais les pays de l’OCS pourraient offrir du pétrole et de la nourriture ; si les pays donnent l’assurance de rembourser le crédit en répudiant leurs dettes en dollars envers l’Occident.

Cette diplomatie financière promet « des temps intéressants ».

Dans votre récente interview avec Michael Welch (« Accidental Crisis ? ») vous avez une analyse spécifique sur les événements actuels en Ukraine/Russie : « La guerre n’est pas contre la Russie. La guerre n’est pas contre l’Ukraine. La guerre est contre l’Europe et l’Allemagne. » Pourriez-vous développer ce point ?

Comme je l’ai expliqué plus haut, les sanctions commerciales et financières américaines enferment l’Allemagne dans une dépendance aux exportations américaines de GNL et aux achats d’armes militaires américaines pour faire de l’OTAN l’autorité gouvernementale européenne de facto.

L’effet est de détruire tout espoir européen de gains mutuels en matière de commerce et d’investissement avec la Russie. Elle est en train de devenir le partenaire junior (très junior) dans ses nouvelles relations commerciales et d’investissement avec des États-Unis de plus en plus protectionnistes et nationalistes.

Le véritable problème pour les États-Unis semble être le suivant : « La seule façon de maintenir la prospérité si vous ne pouvez pas la créer chez vous est d’aller la chercher à l’étranger. » Quelle est la stratégie de Washington à cet égard ?

Dans mon livre intitulé Super Impérialisme, j’ai expliqué comment, au cours des 50 dernières années, depuis que les États-Unis ont abandonné l’or en août 1971, l’étalon des bons du Trésor américain a permis aux États-Unis de s’en tirer à bon compte aux dépens de l’étranger. Les banques centrales étrangères ont recyclé leur afflux de dollars résultant du déficit de la balance des paiements américaine en prêts au Trésor américain – c’est-à-dire pour acheter des titres du Trésor américain afin de conserver leur épargne. Cet arrangement a permis aux États-Unis d’engager des dépenses militaires à l’étranger pour ses quelque 800 bases militaires en Eurasie sans avoir à déprécier le dollar ou à taxer ses propres citoyens. Le coût a été supporté par les pays dont les banques centrales ont accumulé les prêts en dollars au Trésor américain.

Mais maintenant qu’il est devenu dangereux pour les pays de détenir des dépôts bancaires, des titres gouvernementaux ou des investissements américains libellés en dollars s’ils « menacent » de défendre leurs propres intérêts économiques ou si leurs politiques divergent de celles dictées par les diplomates américains, comment l’Amérique peut-elle continuer à bénéficier d’un tel argent gratuit ?

En fait, comment peut-elle importer des matériaux de base de Russie pour combler les parties de sa chaîne d’approvisionnement industrielle et économique qui sont brisées par les sanctions ?

Tel est le défi de la politique étrangère américaine. D’une manière ou d’une autre, elle vise à taxer l’Europe et à faire des autres pays des satellites économiques. L’exploitation ne sera peut-être pas aussi flagrante que l’accaparement par les États-Unis des réserves officielles vénézuéliennes, afghanes et russes. Il est probable qu’elle implique la réduction de l’autosuffisance étrangère pour forcer d’autres pays à dépendre économiquement des États-Unis, afin que les États-Unis puissent menacer ces pays de sanctions perturbatrices s’ils cherchent à faire passer leurs propres intérêts nationaux avant ce que les diplomates américains veulent qu’ils fassent.

Comment tout cela va-t-il affecter la balance des paiements de l’Europe occidentale (Allemagne / France / Italie) et donc le taux de change de l’euro par rapport au dollar ? Et pourquoi pensez-vous que l’Union européenne est en passe de devenir un nouveau « Panama, Porto Rico ou Liberia » ?

L’euro est déjà une monnaie satellite des États-Unis. Ses pays membres ne peuvent pas enregistrer de déficits budgétaires intérieurs pour faire face à la dépression inflationniste à venir résultant des sanctions parrainées par les États-Unis et de la fracture mondiale qui en résulte.

La clé se révèle être la dépendance militaire. Il s’agit du « partage des coûts » de la guerre froide 2.0 parrainée par les États-Unis. Ce partage des coûts est ce qui a conduit les diplomates américains à réaliser qu’ils doivent contrôler la politique intérieure européenne pour empêcher les populations et les entreprises d’agir dans leur propre intérêt. Leur pression économique est un « dommage collatéral » de la nouvelle guerre froide d’aujourd’hui.

Une philosophe suisse a écrit un essai critique à la mi-mars pour le journal socialiste allemand « Neues Deutschland », un ancien organe de presse du gouvernement de la RDA. Mme Tove Soiland a critiqué la gauche internationale pour ses comportements actuels concernant la crise ukrainienne et la gestion du Covid. La gauche, dit-elle, est trop favorable à un gouvernement/état autoritaire et copie ainsi les méthodes des partis de droite traditionnels. Partagez-vous ce point de vue ? Ou est-elle trop sévère ?

Comment répondriez-vous à cette question, notamment en ce qui concerne la thèse de votre nouveau livre : « … la voie alternative est un capitalisme industriel d’économie largement mixte menant au socialisme… »

Le « puissant Wurlitzer«  du département d’État et de la CIA s’est concentré sur la prise de contrôle des partis sociaux-démocrates et travaillistes européens, anticipant que la grande menace pour le capitalisme financier centré sur les États-Unis serait le socialisme. Cela a inclus les partis « verts », au point que leur prétention à s’opposer au réchauffement de la planète s’avère hypocrite à la lumière de la vaste empreinte carbone et de la pollution de la guerre militaire de l’OTAN en Ukraine et des exercices aériens et navals connexes. On ne peut pas être à la fois pro-environnement et pro-guerre !

Les partis nationalistes de droite sont donc moins influencés par l’ingérence politique des États-Unis. C’est de là que vient l’opposition à l’OTAN, en France comme en Hongrie.

Et aux États-Unis même, les seuls votes contre la nouvelle contribution de 30 milliards de dollars aux dépenses militaires contre la Russie sont venus des Républicains. L’ensemble de la « brigade » du Parti démocrate « de gauche » a voté pour les dépenses de guerre.

Les partis sociaux-démocrates sont fondamentalement des partis bourgeois dont les partisans ont l’espoir de s’élever dans la classe des rentiers, ou du moins de devenir des investisseurs en actions et en obligations. Le résultat est que le néolibéralisme a été dirigé par Tony Blair en Grande-Bretagne et ses homologues dans d’autres pays. Je discute de cet alignement politique dans The Destiny of Civilization.

Les propagandistes américains qualifient d’« autocratiques » les gouvernements qui conservent les monopoles naturels en tant que services publics. Être « démocratique » signifie laisser les entreprises américaines prendre le contrôle de ces richesses, les laissant « libre » de toute réglementation gouvernementale et taxation du capital financier. Ainsi, la « gauche » et la « droite », la « démocratie » et l’« autocratie » sont devenues un double langage orwellien parrainé par l’oligarchie américaine (qu’elle euphémise sous le nom de « démocratie »).

La guerre en Ukraine pourrait-elle être un point de repère pour montrer une nouvelle carte géopolitique dans le monde ? Ou bien le Nouvel Ordre Mondial néolibéral est-il en train de s’imposer ? Comment le voyez-vous ?

Comme je l’ai expliqué dans la question n°1, le monde est en train de se diviser en deux parties. Le conflit n’est pas simplement entre nations de l’Ouest contre l’Est, c’est un conflit entre systèmes économiques : le capitalisme financier prédateur contre le socialisme industriel visant l’autosuffisance de l’Eurasie et de l’OCS.

Les pays non alignés n’ont pas étés en mesure de « faire cavalier seul » dans les années 1970, car ils ne disposaient pas de la masse critique nécessaire pour produire leur propre nourriture, énergie et matières premières. Mais maintenant que les États-Unis ont désindustrialisé leur propre économie et externalisé leur production vers l’Asie, ces pays ont le choix ne pas rester dépendant de la diplomatie du dollar américain.

Michael Hudson

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

N’espérez pas un atterrissage en douceur

Par : Wayan

Par Nouriel Roubini – Le 26 mai 2022 –  Source Project Syndicate

L’homme en cravate : « Mec, le prix de l’essence me tue ». L’autre répond : « Moi je n’ai plus besoin de m’en soucier, j’ai perdu mon boulot »

L’« équipe inflation persistante » l’ayant clairement emporté sur l’« équipe inflation temporaire » dans le débat sur la nature de l’inflation galopante actuelle, la question est maintenant de savoir si les prix peuvent être maîtrisés sans provoquer de récession. Les données historiques suggèrent que non, laissant les banques centrales choisir entre une mauvaise et une pire option.

En 2021, le grand débat sur les perspectives de l’économie mondiale a consisté à déterminer si la hausse de l’inflation aux États-Unis et dans d’autres économies avancées était temporaire ou persistante. Les principales banques centrales et la plupart des chercheurs de Wall Street étaient dans « l’équipe transitoire ». Ils attribuaient le problème à des effets de base et à des goulets d’étranglement temporaires de l’offre, ce qui impliquait que le taux d’inflation élevé retomberait rapidement dans la fourchette cible de 2 % des banques centrales.

Pendant ce temps, l’« équipe persistante » – menée par Lawrence H. Summers de l’université de Harvard, Mohamed A. El-Erian du Queens’ College de l’université de Cambridge, et d’autres économistes – soutenait que l’inflation resterait élevée, car l’économie surchauffait en raison d’une demande globale excessive. Cette demande était alimentée par trois forces : des politiques monétaires durablement souples, des politiques budgétaires excessivement stimulantes et une accumulation rapide de l’épargne des ménages pendant la pandémie, qui a entraîné une demande refoulée une fois les économies rouvertes.

Moi aussi, je faisais partie de l’équipe Persistante. Mais je faisais valoir qu’en plus d’une demande globale excessive, plusieurs chocs d’offre globale négatifs contribuaient à la hausse de l’inflation, voire à la stagflation (croissance réduite et inflation élevée). La réponse initiale à l’affaire COVID-19 avait conduit à des confinements qui ont provoqué des perturbations majeures dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et réduit l’offre de travailleurs (créant un marché du travail très tendu aux États-Unis). Puis sont survenus deux autres chocs d’approvisionnement cette année : L’invasion brutale de l’Ukraine par la Russie, qui a fait grimper les prix des matières premières (énergie, métaux industriels, nourriture, engrais), et la réponse « zéro COVID » de la Chine à la variante Omicron, qui a entraîné une nouvelle série de goulets d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement.

Nous savons maintenant que l’équipe Persistante a remporté le débat sur l’inflation en 2021. Avec une inflation proche des deux chiffres, la Réserve fédérale américaine et d’autres banques centrales ont admis que le problème n’était pas transitoire et qu’il fallait le résoudre d’urgence en resserrant la politique monétaire.

Cela a suscité un autre grand débat : les responsables de la politique économique pourront-ils organiser un « atterrissage en douceur » de l’économie mondiale ? La Fed et d’autres banques centrales soutiennent qu’elles seront en mesure de relever leurs taux directeurs juste assez pour ramener le taux d’inflation à leur objectif de 2 % sans provoquer de récession. Mais, comme de nombreux autres économistes, je doute que ce scénario à « l’eau de rose », une économie ni trop chaude ni trop froide, puisse être réalisé. Le degré de resserrement nécessaire de la politique monétaire entraînera inévitablement un atterrissage brutal, sous la forme d’une récession et d’une hausse du chômage.

Comme les chocs stagflationnistes réduisent la croissance et augmentent l’inflation, ils placent les banques centrales devant un dilemme. Si leur priorité absolue est de lutter contre l’inflation et d’empêcher un dangereux désancrage des anticipations d’inflation (une spirale salaire-prix), elles doivent abandonner progressivement leurs politiques expansionnistes non conventionnelles et relever les taux directeurs à un rythme qui entraînera probablement un atterrissage brutal. En revanche, si leur priorité absolue est de soutenir la croissance et l’emploi, elles doivent normaliser leur politique plus lentement et risquent de dérégler les anticipations d’inflation, ouvrant ainsi la voie à une inflation persistante supérieure à l’objectif.

Un scénario d’atterrissage en douceur ressemble donc à un vœu pieux. À présent, la hausse de l’inflation est suffisamment persistante pour que seul un resserrement sérieux de la politique monétaire puisse la ramener dans la fourchette cible. Si l’on prend comme référence les précédents épisodes de forte inflation, la probabilité d’un atterrissage brutal dans les deux ans est de plus de 60 %.

Mais il existe un troisième scénario possible. Les responsables de la politique monétaire tiennent aujourd’hui un discours ferme sur la lutte contre l’inflation afin d’éviter qu’elle ne devienne incontrôlable. Mais cela ne signifie pas qu’ils ne finiront pas par céder et laisser le taux d’inflation dépasser l’objectif. Étant donné que l’atteinte de l’objectif nécessite très probablement un atterrissage brutal, les autorités pourraient finir par relever les taux, puis se dégonfler lorsque ce scénario devient plus probable. De plus, en raison de l’ampleur de la dette privée et publique (348 % du PIB mondial), les hausses de taux d’intérêt pourraient déclencher une nouvelle baisse brutale des marchés obligataires, boursiers et du crédit, donnant ainsi aux banques centrales une raison supplémentaire de faire marche arrière.

En d’autres termes, les efforts déployés pour lutter contre l’inflation pourraient facilement faire s’effondrer l’économie, les marchés, ou les deux. Déjà, le resserrement modeste des banques centrales a ébranlé les marchés financiers, les principaux indices boursiers étant proches du territoire baissier (une baisse de 20 % par rapport aux récents sommets), les rendements obligataires augmentant et les écarts de crédit s’élargissant. Pourtant, si les banques centrales se dégonflent maintenant, le résultat ressemblera à la stagflation des années 1970, lorsqu’une récession s’est accompagnée d’une forte inflation et d’un désancrage des anticipations d’inflation.

Quel scénario est le plus probable ? Tout dépend d’une combinaison de facteurs incertains, notamment la persistance de la spirale salaires-prix, le niveau auquel les taux directeurs doivent être relevés pour contenir l’inflation (en créant des capacités inutilisées sur les marchés des biens et du travail) et la volonté des banques centrales d’infliger une douleur à court terme pour atteindre leurs objectifs d’inflation. En outre, il reste à voir quel sera le cours de la guerre en Ukraine, et quel effet cela aura sur les prix des matières premières. Il en va de même pour la politique chinoise du zéro COVID, avec ses effets sur les chaînes d’approvisionnement, et pour la correction actuelle des marchés financiers.

L’histoire montre qu’un atterrissage en douceur est hautement improbable. Il reste donc soit un atterrissage brutal et un retour à une inflation plus faible, soit un scénario stagflationniste. Dans les deux cas, une récession est probable au cours des deux prochaines années.

Nouriel Roubini

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

L’Europe ensommeillée et en pause estivale, comme en 1914 …

Par : Zineb

Alors que l’Occident pense que la crise ukrainienne se transforme en quelque chose de similaire à la guerre froide, les circonstances historiques et matérielles disent tout autre chose : le monde est à la veille d’un événement de l’ampleur de la Première Guerre mondiale.


Par Alastair Crooke – Le 5 juin 2022 – Source Al Mayadeen

Le récit courant est que l’Occident est entré dans une guerre froide similaire à celle menée contre l’Union soviétique ; et que, comme pour cette lutte antérieure, son issue doit être la réaffirmation primordiale du modèle économique, politique et civilisationnel américain.

Une bien meilleure analogie serait toutefois de considérer une époque antérieure qui s’est terminée non pas par le triomphe de la guerre froide, mais plutôt par un tsunami de guerre chaude qui a désemparé le monde entier. Il s’agissait d’une période où les décideurs politiques (et les marchés) n’ont pas su apprécier le danger croissant qui s’accumulait pendant la période de sommeil estival qui s’est écoulée entre l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand fin juin 1914 et le déclenchement de la guerre, cinq semaines plus tard.

Il est vrai que l’on avait alors le sentiment que deux alliances lourdement armées étaient sur une trajectoire de collision potentielle. Mais il y avait déjà eu des épisodes de guerre d’usure auparavant, et c’est le fait que ces épisodes n’aient pas abouti qui a donné le sentiment que le statu quo pouvait, et allait, se prolonger indéfiniment. L’opinion de l’époque avait été influencée par le best-seller de Norman Angell, The Great Illusion, paru en 1909, qui affirmait que la guerre était devenue impossible parce que le commerce mondial et les flux de capitaux étaient trop étroitement liés.

Ce qui n’a pas été pleinement apprécié à ce moment-là, c’est que la Grande-Bretagne avait furtivement observé avec une colère indignée la menace imminente pour son empire que représentait l’ambition naissante de l’Allemagne d’acquérir son propre empire rival. La Grande-Bretagne se préparait depuis un certain temps à supprimer cette « chutzpah » allemande. La guerre des Boers de 1899-1902 visait principalement à permettre à la Grande-Bretagne d’acquérir les richesses financières de l’Afrique du Sud afin de financer son réarmement.

Les circonstances du milieu de l’année 1914 (le moment de Sarajevo) semblaient si propices, à la fois pour l’Allemagne qui aspirait à un empire et pour la Grande-Bretagne qui croyait que c’était l’occasion de l’écraser complètement. Tout comme l’Ukraine est aujourd’hui considérée par Moscou comme la charnière d’une architecture mondiale différente, Washington voit un bourbier ukrainien comme une occasion inespérée de concrétiser son désir d’écraser les aspirations russes et chinoises qui menacent maintenant de déloger l’empire américain « fondé sur des règles » .

La guerre des Balkans, au début du XXe siècle, a entraîné l’Autriche-Hongrie, alliée inconstante de l’Allemagne, dans la lutte contre la Russie. Tout comme aujourd’hui, la guerre d’Ukraine de Biden a réussi à enfermer l’Europe (inconstante) dans l’objectif américain de neutraliser la Russie.

Le conflit ukrainien, qui semble maintenant aboutir à une victoire russe de plus en plus probable, est métaphoriquement parlant le « moment Sarajevo » d’aujourd’hui. Nous sommes pris dans l’interrègne de l’illusion car les dirigeants européens complaisants ont fait le pari que Biden allait sûrement gagner et que la « normalité » serait rétablie.

Rappelons que la Grande-Bretagne a lancé son opération de mise en coupe réglée de l’Allemagne au début du vingtième siècle en tentant de démanteler ses lignes d’approvisionnement mondiales, en préservant les siennes, et d’interdire à l’Allemagne l’accès à ses liens extérieurs. Dans le cadre de cette opération, la Grande-Bretagne a mis en place un blocus naval qui a eu pour effet involontaire de canaliser les ambitions allemandes renaissantes vers l’est, à travers la plaine de l’Europe, et finalement vers la Russie.

Nous savons tous que cette concaténation d’événements a abouti à deux guerres mondiales et à la dévastation économique de l’Europe qui s’en est suivie, ouvrant ainsi la voie au siècle américain.

Comment expliquer le deuxième accès contemporain de somnolence et d’insouciance de l’élite politique de l’Europe en cent ans ? Eh bien, l’outil de la Grande-Bretagne pour préparer l’espace de combat contre l’Allemagne au siècle dernier relevait de la diplomatie à l’ancienne. La Grande-Bretagne a mis en place une alliance diplomatique contre l’Allemagne. Mais les États-Unis ont apporté un nouvel outil pour préparer l’espace de bataille européen : leur inversion de la thèse d’Antonio Gramsci selon laquelle la sphère culturelle est l’arène la plus productive de la lutte politique.

Ainsi, au lieu que la culture soit le lieu de l’action révolutionnaire contre une élite (selon Gramsci), les plateformes sociales et les médias de masse américains et européens, débarrassés de leurs rivaux non occidentaux, sont devenus précisément le lieu où le « système » , l’élite, peut se réaffirmer, en neutralisant la possibilité de résistance politique par la domination de la sphère culturelle : l’algorithme des grandes plateformes et la diabolisation de la Chine et de la Russie par les médias.

Ce sont les moyens par lesquels une Europe largement réticente à la guerre peut être retournée contre la Chine et la Russie, avec les euro-élites qui s’y soumettent, au nom de la promotion de leurs valeurs libérales « universelles » .

Ce qui est différent aujourd’hui est aussi le plus troublant. L’hypothèse initiale semble avoir été que l’utilisation de la puissance financière et commerciale des États-Unis pour faire s’effondrer l’économie de la Russie, contenir la Chine et tordre le cou à l’Europe pour la vassaliser sur le plan technologique, tant que l’Amérique reste prédominante, serait en soi suffisante pour contenir le risque de guerre chaude.

Mais c’est l’inverse qui se produit. L’échec embarrassant de la guerre des sanctions a forcé Biden à se lancer dans un tourbillon de distractions pour couvrir cet échec, un échec qui non seulement n’a pas réussi à faire tomber la Russie, mais qui risque maintenant de faire s’effondrer l’économie européenne, posant ainsi un grand risque collatéral pour le système financier américain lui-même.

Ainsi, Biden a déclaré que les États-Unis interviendraient à Taïwan si la Chine l’attaquait, verrouillant ainsi l’axe Chine-Russie. En Ukraine, les États-Unis et l’OTAN se rapprochent de plus en plus d’un affrontement direct avec les forces militaires russes. En ce qui concerne l’Ukraine, la CIA allume une série de feux de brousse dans la périphérie ukrainienne, de la Moldavie au Kazakhstan (ce qui ravive de vieilles tensions). Biden ferme les yeux sur la tentative de la Pologne d’annexer en douceur ses anciennes revendications territoriales en Ukraine occidentale, ou bien il est de connivence avec elle (ce qui menace d’ouvrir une multitude d’anciennes blessures en Europe de l’Est).

En Asie de l’Est, les États-Unis ont allumé des feux au Pakistan ; ils tentent de le faire en Afghanistan ; et avec les Kurdes ; et plus important encore, ils s’exercent conjointement avec Israël à pratiquer une attaque militaire conjointe contre l’Iran.

L’Europe observe avec une inquiétude croissante l’administration Biden contribuer à ce que l’Allemagne se lance dans une nouvelle tentative de transition, ce qui fait écho aux aspirations antérieures de la « Grande Allemagne » et renvoie précisément au contexte européen d’avant la Première Guerre mondiale, avec ses élites qui, une fois de plus, visent la Russie. Une militarisation complète de la société allemande est, une fois de plus, en cours. L’Allemagne et les États-Unis collaborent déjà étroitement sur l’Ukraine et sur les actions de l’OTAN contre la Russie.

La gravité de ce changement peut être considérée comme la note de bas de page ésotérique d’une déclaration diplomatique ; en fait, c’est tout le contraire. Dans la déclaration conjointe russo-chinoise de septembre 2020, un sujet clé portait sur la « vérité historique » concernant la Seconde Guerre mondiale. En termes simples, les deux États affirment que, dans le cadre d’une campagne occidentale apparemment inoffensive, les faits historiques sont systématiquement falsifiés (dans des pays tels que la Pologne et les États baltes), souvent avec l’encouragement subtil des États-Unis. Le récit se métamorphose pour présenter la Seconde Guerre mondiale comme celle où la « famille européenne » s’est unie pour combattre la Russie.

L’objectif est clair. Son importation (une Allemagne militarisée dominante) est explosive pour l’Europe. (Est-ce là l’objectif secondaire de Washington ?) Ce qui semble si pervers, c’est que tout ce jeu avec le feu est censé aider Biden à ne pas échouer trop lourdement lors des élections de novembre.

Une pyromanie pour soutenir une cause perdue ?

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Obtenez votre variole du singe

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 10 juin 2022 – Source kunstler.com

Les audiences du 6 janvier sur l’émeute du Capitole, réalisées pour la télévision, ont débuté la nuit dernière avec une vidéo d’hommage d’un grand nombre d’Américains ordinaires en colère marchant sur le bâtiment majestueux où, ce jour fatidique, la cérémonie de certification finale d’une élection manifestement malhonnête était en cours après quatre ans de machinations séditieuses par une bureaucratie militarisée visant à mettre hors d’état de nuire et à détruire le chef de l’exécutif en exercice.

Le Parti du Chaos joue son jeu : un comité restreint de sept diables et deux jokers. Ont-ils l’air de pouvoir passer à travers cette extravagance sans s’humilier ? On ne sait jamais ce qui peut sortir de la bouche d’un témoin, malgré les orchestrations de l’ancien producteur de l’émission Good Morning America sur ABC, James Goldston, chargé de cimenter la narration dans le cerveau collectif du public, pré-assoupli par des années de multiples manipulations médiatiques.

C’est la pièce maîtresse de leur campagne de mi-mandat. Et je soutiens que c’est peut-être un peu prématuré, car il devient de plus en plus clair que le Parti du chaos, dirigé par le « vainqueur » de l’élection de 2020, « Joe Biden » et des manipulateurs invisibles, a presque terminé sa mission de destruction des États-Unis en tant qu’entreprise permanente. Économie brisée, santé brisée, armée brisée, application de la loi brisée, culture brisée, moral brisé. Ils ont vraiment réussi. Croient-ils que personne n’a remarqué ?

Si le spectacle du Comité du 6 janvier est court et doux, disons quelques semaines, il sera rapidement oublié dans la chaleur de l’été alors que les grandes masses de l’Amérique gémiront sous les prix de l’essence à 5, 7, peut-être 10 dollars le gallon (ou peut-être pas d’essence du tout) tandis que les prix du diesel à 6,50 dollars aujourd’hui détruisent déjà l’industrie du camionnage – et donc le système entier de livraison de toutes les marchandises dans le pays. L’esprit du temps frémit à l’évocation de pénuries alimentaires et le philosophe nous rappelle que tout corps politique n’est qu’à neuf repas manqués d’une rébellion sanglante. Regardez à nouveau cette photo de groupe hétéroclite du comité du 6 janvier et considérez les lampadaires le long de Pennsylvania Avenue.

C’est un jeu dangereux que d’essayer d’écraser la population de cette façon, et dans quel but, exactement ? Je doute que même l’équipe bleue puisse l’exprimer… ou ose le faire… parce qu’à ce stade, leur seul objectif est de cacher leurs nombreux actes criminels au cours des six dernières années et d’échapper aux poursuites, un motif impérieux. Et il est de plus en plus difficile de dissimuler tout cela, en particulier leur campagne visant à blesser physiquement plus de 200 millions de personnes avec des « vaccins » à ARNm. Le nombre de morts augmente – bien plus que les décès dus à l’hypothétique « pandémie » que les « vaccins » étaient censés vaincre, et qu’ils ont spectaculairement échoué à vaincre.

Et cette « pandémie » de Covid-19 a-t-elle été conçue tacitement pour perturber les élections de 2020 avec des bulletins de vote par correspondance si faciles à reproduire, à récolter et à remplir par ballots entiers dans des boîtes de dépôt sous couvert de la nuit ? Ça y ressemble, de plus en plus. Et maintenant, le Parti du chaos est si désespéré de ne pas aller en prison qu’il cherche apparemment à répéter l’exploit lors des élections de mi-mandat de l’automne, qui sont autrement certaines de les balayer ignominieusement du plateau de jeu comme autant de quilles mal jouées.

Ainsi, la variole du singe, la visite de pustules suintantes, bien plus horribles visuellement que la Covid-19 dans toutes ses itérations piquantes, est à peine mortelle. Le CDC, désespérément corrompu, s’est déjà mis à l’œuvre en conseillant de se masquer dans les avions contre ce nouveau fléau. Peut-être que les voyageurs feraient mieux de porter des préservatifs sur leur nez. Apparemment, la variole du singe se propage par un contact intime de chair à chair. L’épidémie actuelle est apparue à la suite d’une gigantesque rave sexuelle dans les îles Canaries, où des hommes ont eu des rapports sexuels brutaux avec d’autres hommes. On soupçonne que cette variole du singe a les caractéristiques d’une maladie créée en laboratoire. Bon sang, vous y croyez ?

S’il y a un Dieu, quand le jugement sera proche, un jury dans la cour des anges poussera ce parti du chaos dans un enfer spécial rempli d’histoires éternelles de drag queen, avec le représentant Adam Schiff (D-CA) lisant l’Oncle Rémus à une multitude assemblée de jacobins hurlants, de bolcheviks et de gardes rouges maoïstes. Aucun rafraîchissement ne sera servi. Pour toujours.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Ukraine SitRep. Le Chaudron de Lysichansk. Moral en baisse. Plus de provocations

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 20 juin 2022

L’ancien gros bonnet de la CIA et du renseignement, Graham Fuller, prédit une sombre issue à la guerre par procuration entre les États-Unis et la Russie en Ukraine. Sombre pour l’Ukraine, les États-Unis et l’Europe :

Contrairement aux déclarations triomphalistes de Washington, la Russie est en train de gagner la guerre, l’Ukraine de la perdre. Les dommages à long terme pour la Russie sont sujet à débat.

 

Les sanctions américaines contre la Russie se sont avérées bien plus dévastatrices pour l’Europe que pour la Russie. L’économie mondiale a ralenti et de nombreux pays en développement sont confrontés à de graves pénuries alimentaires et au risque d’une famine généralisée.

 

Des fissures profondes apparaissent déjà du côté européen de la soi-disant « unité de l’OTAN ». L’Europe occidentale regrettera de plus en plus le jour où elle a aveuglément suivi le joueur de flûte américain dans sa guerre contre la Russie. En effet, il ne s’agit pas d’une guerre ukraine-russie mais d’une guerre américano-russe menée par procuration, jusqu’au dernier Ukrainien.

 

Contrairement aux déclarations optimistes, l’OTAN pourrait en fait en sortir affaiblie. Les Européens de l’Ouest réfléchiront longuement à la sagesse et aux coûts importants qu’ils devront subir pour avoir provoqué de graves confrontations à long terme avec la Russie ou d’autres « concurrents » des États-Unis.

 

L’Europe reviendra tôt ou tard à l’achat d’énergie russe bon marché. La Russie est à sa porte et une relation économique naturelle avec elle sera, en fin de compte, d’une logique écrasante.

 

L’Europe perçoit déjà les États-Unis comme une puissance en déclin, avec une « vision » erratique et hypocrite de la politique étrangère, fondée sur le besoin désespéré de préserver le « leadership américain » dans le monde. La volonté de l’Amérique d’entrer en guerre à cette fin est de plus en plus dangereuse pour les autres.

Tout ce qui précède a déjà été dit sur ce site, fin février et en mars. Mais il est bon de voir que des spécialistes chevronnés du renseignement arrivent maintenant à des conclusions similaires.

Il y a deux semaines, j’écrivais que les Ukrainiens allaient bientôt atteindre un point de rupture. La « liste des pertes » publiée aujourd’hui par le ministère russe de la Défense contient une partie supplémentaire concernant les pertes de troupes ukrainiennes qui vient étayer cette hypothèse :

Depuis le 19 mai, au cours du mois, rien que la 14e brigade mécanisée des FAU a perdu 2 100 personnes, tuées ou blessées. En raison de conditions morales et psychologiques défavorables, 800 personnes destinées à reconstituer les pertes de cette unité ont refusé de se rendre dans la zone opérationnelle et ont accusé les officiers d’incompétence, de corruption et de copinage dans le paiement des allocations.

Une centaine de militaires d’une unité de reconnaissance de la 10e brigade d’assaut de montagne ont été relevés de leurs fonctions de combat et transportés à Kremenchug pour enquête.

 

Une partie considérable des commandants de la 30e brigade mécanisée des FAU se sont retirés de la gestion de leurs unités et refusent de remplir des tâches de combat. Toutes sortes de prétextes sont utilisés pour simuler la maladie. La majorité des unités se sont déjà retrouvées sans aucun officier.

Une brigade mécanisée compte environ 3 500 soldats. En un mois, la 14e brigade ukrainienne a perdu deux tiers de ses effectifs. Les remplaçants ne sont pas formés pour utiliser les équipements mécanisés (chars, APC), qui de toute façon n’existent probablement plus, et ne peuvent donc être utilisés que comme infanterie non protégée. Il n’est pas étonnant qu’ils refusent d’être envoyés dans des conditions si désespérées.

Les dirigeants ukrainiens continuent d’envoyer de nouvelles unités vers le chaudron de Lysichansk, à l’est. Cela ne dérange pas les Russes. Leur travail consistant à « démilitariser » l’Ukraine, coincer davantage de troupes pour les anéantir d’un seul coup facilite cette tâche.

La distance entre la zone rouge tenue par les Russes, en haut, et la zone en bas, au niveau de la brèche la plus étroite, n’est que de 15 kilomètres. Elle n’est traversée que par une seule route ouverte d’ouest en est, qui sert à acheminer le ravitaillement des troupes ukrainiennes à Lysichansk.

Les combats se déroulent actuellement au-dessus de Mykolaivka, au bas de cette carte détaillée. À cinq kilomètres au nord, se trouve la raffinerie de Lysichansk. Elle sera la prochaine cible. La dernière route vers Lysichansk passe directement au nord de celle-ci. Lorsque cette route sera sous le feu direct des Russes, le chaudron sera fermé et ceux qui s’y trouvent coincés commenceront à bouillir. Pour ces 20 000 soldats cela signifiera se rendre ou mourir.

Si cela est encore possible, le moral des autres troupes ukrainiennes n’en sera que plus bas.

Ananke Group @AnankeGroup – 15:01 UTC – Jun 20, 2022

 

« Nous, soldats du 8e bataillon de la 10e brigade, basés près de la ville de Seversk. Nous en appelons à vous, Monsieur le Président, Monsieur Zaluzhny, et au peuple ukrainien […] Nous exigeons la rotation immédiate de nos troupes restantes, physiquement et mentalement nous sommes à bout de forces « .

 

Vidéo embarquée

Il est intéressant de noter que les troupes s’adressent également au général Zaluzhny, le commandant en chef des forces armées ukrainiennes (FAU). C’est la première fois que j’entends cela. L’idée de se battre à Lysichansk jusqu’au bout est venue de Zelensky et de ses conseillers civils. Zaluzhny s’y serait opposé. Il voulait que ces troupes et d’autres se retirent et mènent une campagne plus mobile. Cela aurait raccourci la ligne de front et donné une chance de créer des réserves pouvant se reposer et se préparer à une contre-attaque ultérieure. Selon certaines rumeurs, les conseillers de Zelensky font maintenant pression pour remplacer Zaluzhny, qui a accru sa présence dans les médias. Ils craignent probablement un coup d’État.

La Russie a annoncé hier qu’elle avait tué 50 généraux et officiers supérieurs des forces armées ukrainiennes par un tir de missile. Le groupe se réunissait pour planifier la suite des combats dans la région sud d’Odessa et de Kherson. Cette info semble maintenant avoir été confirmée :

Management Impact Solutions Consulting, LP – @MiExecSearch – 15:10 UTC – Jun 20, 2022

 

Les forces armées russes ont abattu des généraux des FAU, qui étaient retranchés à l’arrière. L’administration militaro-civile de la région de Zaporozhye a confirmé les résultats d’une frappe de missiles sur le poste de commandement des FAU près du village de Shirokaya Dacha, 57 officiers de haut niveau ont été tués.

La nuit dernière, probablement en réponse à la frappe sur les officiers, les Ukrainiens ont tiré un missile contre une plate-forme de production de gaz et de pétrole dans les eaux proches de la Crimée. L’installation a été endommagée. La Russie considère qu’il s’agit d’une attaque directe contre une infrastructure précieuse située sur son territoire et elle y répondra probablement avec force.

Hier, la Lituanie a annoncé qu’elle interdirait immédiatement aux marchandises russes visées par les sanctions de l’UE de transiter du Belarus vers l’enclave de Kaliningrad, située sur les rives de la mer Baltique, qui est un territoire russe. Cette mesure est contraire à plusieurs accords internationaux qui garantissent un accès sans entrave de la Russie à la ville. La Russie n’a pas encore annoncé de réponse à cette nouvelle provocation.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Il y a une raison pour laquelle je ne prends pas le « réalisme » de Mearsheimer au sérieux

Par : hervek

Par Andrei Martyanov − Le 18 juin 2022 − Source Reminiscence of the future

D’un point de vue réaliste, il est un penseur géopolitique de second ordre qui aime se prétendre réaliste. Il n’y a AUCUN penseur géopolitique de classe mondiale en Occident aujourd’hui pour des raisons que j’ai expliquées à de nombreuses reprises : la plupart des « penseurs » ne saisissent pas la nature de la puissance militaire moderne parce qu’ils n’ont pas le bagage nécessaire pour comprendre toutes les subtilités technologiques et les façons dont la domination par escalade affecte l’équilibre des forces. Oui, il y a très peu de personnes de l’envergure de Douglas MacGregor qui comprennent, mais ces exceptions ne font que confirmer la règle. La revendication réelle de l’« autorité » en géopolitique par Mearsheimer n’a rien à voir avec la géopolitique (de ce qui passe comme tel aujourd’hui en Occident) en soi, mais avec son célèbre travail et celui de Walt sur le lobby israélien aux États-Unis.

De plus, Mearsheimer a eu la malchance d’être diplômé de West Point en 1970, au plus fort de l’humiliation américaine au Vietnam, puis de servir dans l’USAF précisément jusqu’à la fin de la débâcle américaine au Vietnam en 1975. En d’autres termes, il n’a été informé que de la confusion doctrinale des forces armées américaines et du début de la troisième phase du développement technologique de la guerre, qui ne s’est manifestée que dans les années 1980 et 1990. Donc, pour parler franchement, il a raté la plupart des choses et son trope pseudo-académique de « réalisme offensif » n’est rien de plus qu’un euphémisme pour l’exceptionnalisme américain basé sur l’ignorance du monde extérieur et, en fait, du principal rival géopolitique de l’Amérique aujourd’hui, la Russie. Voyez la vidéo ci-dessus sur l’escalade.

Je peux facilement répondre à sa question de savoir « où tout cela s’arrête » – cela s’arrête maintenant et ces livraisons de l’OTAN (et des États-Unis) ne font aucune différence pour le résultat et beaucoup à Washington commencent à le comprendre. Mais ce n’est pas ce qui le rend vraiment drôle, non, c’est le fait qu’il utilise encore des mantras usés jusqu’à la corde sur la « démocratie ». Le fait qu’il ne comprenne pas à quel point ces déclarations sur la « démocratie » et le « désir de l’Amérique de la répandre » sont risibles, témoigne du fait que ses moments de lucidité et les grains de bon sens qui apparaissent périodiquement dans son discours ne sont que des contacts sporadiques, voire accidentels, avec la réalité. Les États-Unis ne répandent pas la « démocratie », mais le chaos et des régimes fantoches servant les intérêts des États-Unis. Il doit également accepter un fait simple dont je parle depuis de nombreuses années : l’OTAN ne peut pas mener une guerre conventionnelle dans le voisinage géographique de la Russie et espérer éviter des pertes catastrophiques. Pour cette raison, les États-Unis vont escalader jusqu’au seuil nucléaire car ils sont incapables de supporter de telles pertes sur le champ de bataille et l’effort de guerre sur le plan économique. Mearsheimer ne comprend pas cela, comme il ne comprend pas la nature de la domination par escalade.

À ce sujet. Lisez ceci :

ST. LOUIS – Le projet de l’administration Biden de vendre quatre grands drones armés à l’Ukraine a été suspendu de peur que son équipement de surveillance sophistiqué ne tombe entre les mains de l’ennemi, selon deux personnes connaissant bien le dossier. L’objection technique à la vente a été soulevée lors d’un examen approfondi par l’Administration de la sécurité des technologies de défense du Pentagone, chargée de protéger les technologies de grande valeur des mains de l’ennemi.

 

Auparavant, le plan, qui circule depuis mars, avait été approuvé par la Maison Blanche, selon trois personnes. Le projet de vendre à l’Ukraine quatre drones MQ-1C Gray Eagle pouvant être armés de missiles Hellfire pour une utilisation sur le champ de bataille contre la Russie a été rapporté pour la première fois par Reuters en juin. L’objection à l’exportation de ces drones était due à la crainte que les équipements de radar et de surveillance des drones ne constituent un risque pour la sécurité des États-Unis s’ils tombaient entre les mains des Russes.

Non, l’inquiétude concernant cette « technologie sensible » tombant entre les mains de la Russie comme raison de l’objection est une pure foutaise, bien que je ne dise pas qu’il n’y a pas de telles inquiétudes, elles existent mais elles ne concernent pas principalement la « sécurité ».

Elles concernent principalement le fait que le MQ1C Grey Eagle ne peut pas survivre dans un environnement de combat réel face aux capacités de la défense aérienne, de l’armée de l’air et de la guerre électronique de la Russie. La livraison de ces armes ne fera qu’ajouter aux « performances » embarrassantes de la technologie américaine en Ukraine contre les forces russes, avec les dernières merveilles américaines telles que la fameuse munition du tant vanté Switchblade, qui est devenue un sujet de plaisanterie en Russie en raison de sa lamentable « efficacité » au combat ou, plutôt, de son manque d’efficacité, qui, selon différentes sources, s’élève à un énorme… 20%. Les clowns de Forbes se sont empressés de limiter les dégâts causés par cette munition, mais les données (même incomplètes) sont déjà disponibles et ne sont pas bonnes pour pratiquement tous les types de technologies de combat occidentales utilisées en Ukraine. Mais là encore, le problème est systémique et ne peut être résolu dans le cadre actuel de la culture technologique de combat de l’Amérique qui s’est développée à partir de guerres contre des ennemis nettement inférieurs. Cela ne s’achète pas avec de l’argent, point final.

Ainsi, dans ce cas, le colonel Douglas MacGregor, un homme qui, contrairement à Mearsheimer, a non seulement vécu mais combattu au sein du nouveau paradigme technologique, contredit Merasheimer de manière spectaculaire, étant en effet un véritable réaliste et un observateur militaire compétent.

Cependant, les effets des échecs stratégiques répétés en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie sont cumulatifs. Dans les années 1980, General Motors voulait dicter le type d’automobiles que les Américains achèteraient, mais les consommateurs américains avaient d’autres idées. C’est pourquoi G.M., qui a dominé le marché américain pendant 77 ans, a perdu sa première place au profit de Toyota. Washington ne peut pas dicter tous les résultats, et Washington ne peut pas non plus échapper à la responsabilité d’avoir ruiné la prospérité américaine par ses dépenses inconsidérées.

Succinct, et c’est pourquoi j’ai déclaré publiquement que les États-Unis perdent leurs guerres en raison de l’ignorance et d’un défaut systémique dans leur pensée stratégique et leur philosophie de R&D et d’approvisionnement. C’est pourquoi j’ai déclaré il y a quelques années que les États-Unis ont perdu la course à l’armement au profit de la Russie, parce qu’ils n’ont pas réussi à s’adapter aux réalités changeantes du combat moderne.


Par Andrei Martyanov − Le 19 juin 2022 − Source Reminiscence of the future

Même l’horloge cassée… Ou la réponse rapide à Simon

Un de nos amis, Simon, a décidé de me critiquer pour avoir mis le doute sur l’adéquation académique et les intentions de John Mearsheimer, que j’ai décrites dans mon post d’hier. Voici ce que Simon a écrit.

De quoi parlez-vous ? Tel que je l’ai entendu, Mearsheimer critique clairement l’habitude américaine de cacher ses agressions derrière la feuille de vigne de la « démocratie ». Avec tout le respect que je vous dois, vous devriez peut-être vous arrêter, compter jusqu’à dix, prendre une grande respiration et revenir en arrière pour écouter ce qu’il a réellement dit.

Je ne nie pas le fait que j’entends également Mearsheimer exprimer des pensées de bon sens au cours des dernières années. Et le fait que lui et feu Stephen Cohen aient pris position contre l’hystérie du Russiagate ne peut qu’être applaudi et admiré. Mais je n’ai jamais dit que Mearsheimer était un lâche, loin de là – sa position de bon sens est un indicateur d’un courage humain significatif et cela aussi devrait être admiré. Mais le problème est que Mearsheimer parle aussi comme un impérialiste américain classique et on peut facilement trouver ses menaces verbales adressées à l’Australie (la vidéo de cela a été postée sur nos forums de discussion), sans parler du fait qu’il a un point de vue très particulier sur l’histoire du 20ème siècle dans son livre « The Great Delusion ».

Il s’agit de son ouvrage récent, 2018, de « science » politique et il est désastreux dans ses fondements. Pour commencer, tout « universitaire » qui cite Fukuyama dans son ouvrage devrait immédiatement être considéré avec suspicion quant à ses connaissances historiques. Mais pendant que Mearsheimer essaie de comprendre la place du « libéralisme » dans le nouveau monde, il continue de penser que c’est le libéralisme qui a vaincu le nazisme. Eh bien, voilà le problème, une telle vision de l’histoire est à la base de la « tradition » néocon et de l’exceptionnalisme américain. Mearsheimer devrait accepter une simple vérité et un fait, à savoir que c’est le libéralisme occidental qui a donné naissance au fascisme et au national-socialisme allemand et que le « libéralisme » existe encore aujourd’hui, même s’il empoisonne l’air avec ses gaz putrides de décomposition, UNIQUEMENT parce que 27 millions de citoyens soviétiques sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale et ont ainsi donné une chance aux États-Unis de se remettre d’une dépression débilitante et ont sauvé la civilisation occidentale – le creuset du « libéralisme » – d’elle-même. C’est la contribution de la Russie qui a donné 70 ans de plus au « libéralisme ». Mais Mearshmeir ne s’embarrasse pas d’une étude sérieuse de la guerre.

C’est le maréchal Joukov qui a noté en 1945 : « Nous les avons libérés, et ils nous haïront pour cela à jamais ». Il était prophétique, alors que toute la vision historique de Mearsheimer, semble-t-il, est construite autour du « libéralisme » anglo-saxon sauveur du monde. Le fait qu’il ait, comme la proverbiale horloge cassée, raison (indiquant l’heure exacte) deux fois par jour est une question de bon sens purement humain et de capacité à calculer certaines conséquences de l’escalade, et non de ses convictions « académiques » qui sont celles d’un impérialiste et d’un exceptionnaliste américain dévoué – deux positions déjà vaincues par la réalité. En fin de compte, on peut même trouver une graine de rationalité dans les manifestes les plus farfelus, mais l’école « réaliste » américaine n’est rien d’autre qu’une faible tentative de reconnaître la réalité strictement sur les conditions américaines, dans un monde centré sur l’Amérique. Voici un « réaliste » américain classique. Un porteur de carte. Et il est très représentatif d’une telle école de pensée, tout comme Mearsheimer, qui continue à pousser les idées en faillite du « réalisme » américain.

Andrei Martyanov

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Ukraine. La réponse de l’Occident face à la réalité du terrain

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 18 juin 2022

Ce matin, j’ai regardé une discussion d’une heure (vidéo) entre « experts » du Center for Strategic & International Studies montrant leur évaluation de la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Je dois dire que ces gens ne savent rien de pertinent. Ils semblent n’avoir jamais entendu parler du conseil de Sun Tsu disant « Connais ton ennemi » :

Sun Tzu disait : « Pour connaître votre ennemi, vous devez devenir votre ennemi », mais comment devenir votre ennemi ? Vous devez vous mettre à la place de votre ennemi afin de pouvoir prédire ses actions.

Pas une seule fois les gens du CSIS n’ont considéré le point de vue de la Russie ou ses intentions réelles. Ils parlent de telle ou telle option américaine mais ne considèrent pas une seule fois comment l’autre partie y réagirait.

L’un des « experts » du CSIS affirme que la Russie avait prévu de prendre Kiev mais a échoué. Prendre Kiev avec quoi ? Il y avait environ 20 à 30 000 soldats russes près de Kiev, qui compte quelque 3 millions d’habitants. Historiquement, il faut un soldat pour 40 civils pour occuper une ville ou un pays après la fin des combats. La Russie aurait eu besoin de plus de deux fois et demie le nombre de troupes qu’elle avait placé autour de Kiev pour prendre et tenir la ville.

Plusieurs des « experts » du CSIS ont déjà occupé des postes élevés au sein de la sécurité de l’État. Avec des gens comme eux, il n’est pas étonnant de voir à quel point le plan américain visant à entraîner la Russie dans une longue guerre en Ukraine est en train de mal tourner.

Comme l’écrit justement Daniel Larson : Nous aurions dû savoir que les sanctions contre la Russie ne fonctionneraient pas comme prévu.

L’autre acteur du jeu est beaucoup plus conscient de la situation réelle et prend en compte et prédit correctement les réactions des États-Unis.

Jeudi, le ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergey Lavrov, a accordé trois interviews à différents organes de presse.

La première avec TASS est assez courte.

Transcription : Interview du ministre des affaires étrangères Sergey Lavrov avec l’agence de presse TASS, St Petersbourg, 16 juin 2022.

La deuxième interview avec la BBC montre un Lavrov acerbe qui rappelle plusieurs fois à l’intervieweur que de nombreuses choses cruelles se sont produites en Ukraine avant le début de l’« Opération militaire spéciale » le 24 février, que les négociations avaient échoué et que les obligations de l’Ukraine en vertu des accords de Minsk n’avaient pas été respectées. L’intervieweur essaye pourtant toujours de négliger ce contexte historique et de faire porter la responsabilité de cette guerre à la Russie. Lavrov appelle cela une forme de « cancel culture ».

BBC : Vidéo avec sous-titres anglais. Transcription : Interview du ministre des Affaires étrangères Sergey Lavrov avec la chaîne de télévision BBC, Saint-Pétersbourg, 16 juin 2022

Question : Mais la situation a changé il y a quatre mois …

 

Sergey Lavrov : La situation n’a pas changé. Nous revenons à ce pour quoi les accords de Minsk ont été coordonnés : protéger les Russes du Donbass, qui ont été trahis par les Français et les Allemands. Les Britanniques ont également joué un rôle de premier plan. Tous nos collègues occidentaux ne cessaient de dire qu’ils étaient incapables de faire respecter les accords de Minsk par Kiev. …

 

Question : Aux yeux de l’Occident, la Russie est responsable de ces personnes. Pensez-vous que la condamnation à mort …

 

Sergueï Lavrov : Je ne m’intéresse pas du tout aux « yeux de l’Occident ». Je m’intéresse uniquement au droit international, selon lequel les mercenaires ne sont pas des combattants. Donc rien de ce qui est important à vos yeux n’a d’importance.

La dernière interview de Lavrov est accordée à une chaîne de télévision russe. C’est la plus longue mais aussi la meilleure. Elle explique très bien la position de la Russie et est facile à comprendre.

Transcription : Interview du ministre des affaires étrangères Sergey Lavrov avec la chaîne NTV, Saint-Pétersbourg, 16 juin 2022

Le lendemain des interviews de Lavrov, le président Vladimir Poutine tenait un discours au 25e forum économique de Saint-Pétersbourg. La transcription est ici :

Texte complet du discours de Vladimir Poutine au SPIEF, 17 juin 2022

Le discours est long, mais la deuxième partie concerne les mesures économiques intérieures de la Russie et ne présente pas beaucoup d’intérêt. Je recommande de lire la première partie dans son intégralité mais en voici quelques extraits :

Un résultat direct des actions et événements des politiciens européens cette année sera la poursuite de la croissance des inégalités dans ces pays, ce qui, à son tour, divisera encore plus leurs sociétés, et le point en question n’est pas seulement le bien-être mais aussi l’orientation des valeurs des différents groupes dans ces sociétés.

 

En effet, ces inégalités sont supprimées et balayées sous le tapis. Franchement, les procédures et élections démocratiques en Europe et les forces qui arrivent au pouvoir ressemblent à une façade, car des partis politiques presque identiques vont et viennent, alors qu’au fond les choses restent les mêmes. Les véritables intérêts des personnes et des entreprises nationales sont de plus en plus relégués à la périphérie.

 

Une telle déconnexion de la réalité et des demandes de la société conduira inévitablement à une montée du populisme et des mouvements extrémistes et radicaux, à des changements socio-économiques majeurs, à la dégradation et au remplacement des élites à court terme. Comme vous pouvez le constater, les partis traditionnels perdent tout le temps. De nouvelles entités font surface, mais elles ont peu de chances de survie si elles ne sont pas très différentes de celles qui existent déjà. …

 

Soit dit en passant, les Américains ont adopté des sanctions sur nos engrais, et les Européens ont suivi. Plus tard, les Américains les ont levées parce qu’ils ont vu ce que cela pouvait donner. Mais les Européens n’ont pas reculé. Leur bureaucratie est aussi lente qu’un moulin à farine au 18ème siècle. En d’autres termes, chacun sait qu’il a fait une bêtise, mais il lui est difficile de revenir sur ses pas pour des raisons bureaucratiques. …

 

La structure même des sanctions occidentales reposait sur la fausse prémisse selon laquelle, sur le plan économique, la Russie n’est pas souveraine et est extrêmement vulnérable. Ils se sont tellement laissés emporter par la diffusion du mythe de l’arriération de la Russie et de sa faible position dans l’économie et le commerce mondiaux qu’ils ont apparemment commencé à y croire eux-mêmes.

 

En planifiant leur blitzkrieg économique, ils n’ont pas remarqué, ils ont simplement ignoré les faits réels montrant la façon dont notre pays a changé au cours des dernières années.

Exactement.

Le magazine National Defense a interviewé le commandant logistique des forces terrestres ukrainiennes, qui a donné quelques détails révélateurs.

NOUVELLE : L’Ukraine à l’industrie de la défense américaine : Nous avons besoin d’armes de précision à longue portée

 

Tout d’abord, vous devez comprendre que la ligne de front est longue de 2 500 kilomètres. La ligne de front où il y a des combats actifs fait plus de 1 000 kilomètres. C’est la distance de Kiev à Berlin. …

 

Pensez-y : une brigade occupe environ 40 kilomètres de la ligne de front. Cela signifie que pour couvrir le conflit en combat actif, nous avons besoin de 40 brigades. Chaque brigade représente 100 véhicules de combat d’infanterie, 30 chars, 54 systèmes d’artillerie – juste pour une brigade, et nous en avons besoin de 40.

 

Je ne vais pas parler des missiles guidés antichars ou des armes guidées antichars pour l’instant. Je ne parle que des armes lourdes. Au jour d’aujourd’hui, nous avons environ 30 à 40, parfois jusqu’à 50% de pertes d’équipement à la suite de combats actifs. Donc, nous avons perdu environ 50 %. … Environ 1 300 véhicules de combat d’infanterie ont été perdus, 400 chars, 700 systèmes d’artillerie.

Je pense que ces chiffres de pertes sont sous-évalués. La liste quotidienne de l’arsenal russe compte plus du double de ces chiffres comme détruits. Bien que cette liste soit très probablement gonflée (comme toutes les listes de ce type le sont inévitablement), je doute qu’elle le soit à ce point.

Le colonel Markus Reisner, de l’académie militaire d’Autriche, présente un exposé (vidéo) sur « l’équipement lourd » que l’Ukraine a perdu et que l’« Occident » est en train de remplacer.

Selon lui, l’Ukraine a commencé la guerre avec 2416 chars et autres véhicules blindés, 1509 pièces d’artillerie de campagne et mortiers, 535 MRLS, etc. (L’Ukraine disposait également de dépôts supplémentaires contenant des armes rouillées dans divers états). Elle a en outre reçu 250 chars et autres véhicules blindés, ainsi que quelque 200 pièces d’artillerie de campagne et 50 MLRS.

Elle compte au total 21 brigades actives, 14 autres en réserve et diverses unités de soutien. C’est moins que les 40 que le commandant ukrainien estime nécessaires pour couvrir la ligne de front et aucune réserve. Le matériel nouvellement livré pourrait permettre de constituer une ou deux brigades supplémentaires. Mais avec un taux de perte de 50 %, au moins la moitié de tout cela a probablement déjà disparu.

L’Ukraine ne constitue pas de réserves permettant de lancer une contre-attaque, mais semble envoyer tout ce qui vient de l’« Occident » directement sur la ligne de front. Au total, c’est bien trop peu pour remplacer les pertes quotidiennes et certainement pas assez pour créer des forces de contre-attaques.

Le commandant logistique ukrainien mentionne également que les obusiers livrés par les États-Unis sont très vulnérables :

Malheureusement, nous n’avons pas la possibilité aujourd’hui de faire renvoyer les équipements fournis par l’étranger vers un atelier de réparation, simplement en raison de contraintes de temps. C’est pourquoi nous discutons ici des pièces de rechange afin que nous puissions entretenir et réparer cet équipement sur le terrain.

 

Par exemple, les systèmes d’artillerie M777 sont vraiment susceptibles d’être endommagés par l’artillerie ennemie. Pour chaque batterie de M777, il y a six pièces.

 

Après chaque bataille d’artillerie, nous devons prendre deux pièces d’artillerie et les ramener à l’arrière pour les entretenir car certains sous-systèmes sont endommagés par les éclats d’obus. Cela se produit tous les jours.

Je parie que l’équipement de l’ère soviétique est beaucoup moins enclin à s’endommager sous le feu.

Enfin, mais pas des moindres, permettez-moi de vous recommander un excellent essai d’Aurélien sur l’avenir de l’« Occident » au fur et à mesure que la nouvelle réalité s’installe.

Les charnières de l’histoire grincent

 

L’avenir se développera, pas nécessairement à l’avantage de l’Occident.

 

Cependant, les nations occidentales continuent à agir comme si elles étaient économiquement et militairement supérieures, et à essayer de contraindre les nations dont elles dépendent économiquement, ainsi qu’à mener une guerre par procuration contre une nation qui a plus de capacités de combat en Europe qu’elles. …

 

En ce sens, l’Ukraine est un test de solidité pour l’OTAN et de l’UE, ainsi que du système multilatéral plus large, dominé par l’Occident, dont ils font tous deux parties. L’OTAN, en particulier, vient d’être confrontée à exactement le genre de situation à laquelle ses fondateurs s’attendaient – l’exercice de la puissance militaire russe – et elle n’a effectivement rien fait. Aucune déclaration, aucune sanction, aucune livraison d’armes ne peut changer ce fait, qui à son tour change tout. L’OTAN et l’UE peuvent prolonger la guerre, causer davantage de souffrances et détruire de nombreuses économies, y compris la leur. Mais elles ne peuvent pas affecter fondamentalement le résultat, et la nature de leurs réponses, sous la posture de surface, démontre qu’elles le savent. …

 

Il existe désormais une autre nouvelle normalité : une Europe dans laquelle la Russie est la plus grande puissance militaire et un Occident dépendant largement de la Russie, de la Chine et de l’Inde pour sa prospérité économique. Ce n’est pas nouveau, bien sûr, mais c’est une honte que personne ne l’ait remarqué avant.

Et la raison en est que l’« Occident », dans son arrogance, a trop longtemps écouté de faux « experts » comme ceux du CSIS.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Traîtres et patriotes

Par : hervek

Par Batiushka − Le 10 juin 2022 − Source The Saker Blog

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Le prolifique auteur nationaliste russe ayant écrit 91 livres, Oleg Platonov (né en 1950), raconte dans son ouvrage sur la chute de l’Union soviétique comment, dans les années 1980 à la veille de l’effondrement du pays, les Occidentaux, que The Saker appelle à juste titre les « euro-atlantistes », ont trahi l’URSS. Ces « euro-atlantistes » étaient les « communistes » qui, dans les années 1990, sont devenus du jour au lendemain des super-capitalistes, ont acheté des parts pour presque rien dans des entreprises nationales précieuses, sur le point d’être privatisées, et sont ainsi devenus des « oligarques ». Leurs actes honteux, en fait des vols de biens nationaux par des initiés, ont créé une sous-classe de sans-abri. Ils révèlent comment ces blanchisseurs d’argent ont vendu leur propre pays, leur peuple et leur âme, allant ensuite souvent vivre à Tel Aviv, New York, Londres, Nice, Marbella, Nicosie, etc.

Les traîtres étaient combattus par les patriotes, dont certains travaillaient dans les services de renseignement nationaux, où se rencontraient les meilleurs cerveaux. L’un de ces patriotes, le futur président Poutine, était alors un modeste colonel à Dresde, en Allemagne de l’Est, et travaillait dans les services de renseignement soviétiques (sans en être le chef, comme tant de présidents américains, chefs de la CIA). Lorsque le mur de Berlin est tombé en novembre 1989, son bureau a cherché des réponses auprès de Moscou sur ce qu’il fallait faire. Et il n’y a pas eu de réponse. Moscou est resté silencieux. Je crois que cette histoire est relatée à de nombreux endroits, notamment dans « The Putin Interviews » d’Oliver Stone. C’est cette paralysie et ce silence du Centre à Moscou qui ont été parmi les événements les plus décisifs dans la vie du futur président. Il s’est rendu compte que Moscou trahissait l’Union soviétique, qu’elle avait été prise en main par les traîtres, la « Nomenklatura ». Ils ne croyaient en rien, sauf en leur propre gain honteux. Ils étaient anti-patriotes.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2000, V. V. Poutine a remédié très lentement et très prudemment, mais progressivement, à la situation. C’est l’œuvre de sa vie : renverser la trahison. Dans l’histoire de la Russie du XIXe siècle, les gens comme lui étaient connus sous le nom de « slavophiles » et les « Occidentaux » s’y opposaient. Ces termes sont très vagues et plutôt grossiers, car il existe de nombreux types de slavophiles, des nationalistes primitifs et fanatiques aux véritables patriotes, qui sont des réalistes bien éduqués et ne recherchent que le bien-être de leur peuple. De même, le terme « Occidentaux » peut désigner des traîtres et des meurtriers purs et simples, comme Litvinenko et Skripal, mais aussi ceux qui réalisent que si la Russie veut se défendre contre l’Occident, elle doit combattre l’obscurantisme et utiliser, puis améliorer, la technologie occidentale. Le président Poutine ne s’identifierait probablement pas à l’une ou l’autre de ces étiquettes historiques, mais plutôt peut-être à certains aspects des deux.

Histoire

Les tendances slavophile et occidentaliste remontent à bien plus loin que l’invention des termes au XIXe siècle. L’influence occidentale, mais pas la domination, est déjà présente à la fin du 15e siècle, dans le Kremlin de Moscou construit par les Italiens et dans la fabrication italienne de canons sous Ivan III, le Grand (mort en 1505). Cette évolution est positive. Cependant, sous le règne d’Ivan IV (mort en 1584), appelé « le Menaceur » en russe et délibérément mal traduit en anglais par « The Terrible », le prince Andrei Kurbsky est devenu le premier émigré politique russe. Aujourd’hui, nous le qualifierions d’oligarque, ou de traître, car dans sa correspondance, il trahit clairement sa Patrie, fuyant vers l’ennemi en Lituanie. C’est le premier des traîtres, le stéréotype de l’« Occidental ».

Dans la seconde moitié du 17e siècle, la protestation contre les changements religieux rituels imposés par l’État a conduit à la réaction nationaliste des vieux rituels, populaire parmi les marchands et les « boyards », appelés « aristocrates » au 19e siècle, aujourd’hui appelés « oligarques ». Ce sont des « ultra-slavophiles », certains diraient des nationalistes obscurantistes. À l’inverse, le tsar Pierre Ier, dit « le Grand » (mort en 1725), un occidental, impose par la force la technologie et le mode de vie occidentaux, allant jusqu’à couper la barbe. Ce XVIIIe siècle verra ensuite le règne de l’ensorceleuse Catherine II, dite « la Grande » (morte en 1796), qui était en réalité la princesse allemande Sophie von Anhalt-Zerbst-Dornburg, qui ne cessera de persécuter les traditions russes. Occidentaux et slavophiles, traîtres et patriotes.

Aux XIXe et XXe siècles, trois tsars Romanov ont été assassinés par des Occidentaux. Le premier d’entre eux fut Paul Ier en 1801, avec un soutien britannique étroit, car Paul voulait libérer l’Inde du joug de l’impérialisme britannique. En 1825, une révolte des aristocrates occidentaux a débouché sur le complot décembriste, juste après la disparition mystérieuse du tsar Alexandre Ier, le fils de Paul Ier. En 1881, Alexandre II, le libérateur de l’asservissement du peuple par les aristocrates, est assassiné par un terroriste occidental. En 1918, son petit-fils, Nicolas II, détesté par les aristocrates pour avoir fourni une éducation et des soins de santé pratiquement gratuits et donné des terres au peuple, a également été assassiné, là encore avec un soutien occidental étroit. Après le coup d’État de 1917 orchestré par les Britanniques (appelé de manière absurde « révolution »), les classes moyennes et supérieures occidentales avaient pris le pouvoir, mais elles ont été chassées quelques mois plus tard par les bolcheviks occidentaux. La grande majorité d’entre eux n’étaient pas russes, et leur idole Karl Marx ne l’était pas non plus. Ils se sont donc sentis libres de génocider la population slave de l’URSS.

Rendre la Russie grande à nouveau

Depuis l’échec, après trois générations, de l’expérience communiste de l’URSS imposée en 1917, l’Occident a finalement dû faire face à une nouvelle réalité. Une réalité que le russophobe Brzezinski avait tellement redoutée qu’il avait préconisé, dans les années 1990, la destruction et le démembrement de la Russie et de son Église. Comme l’a si bien dit Samuel Huntington : « Lorsque les Russes ont cessé de se comporter comme des marxistes et ont commencé à se comporter comme des Russes, le fossé entre la Russie et l’Occident s’est élargi. Le conflit entre la démocratie libérale et le marxisme-léninisme opposait des idéologies qui, malgré leurs différences majeures, étaient à la fois modernes et laïques… Un démocrate occidental pouvait mener un débat avec un marxiste soviétique. Il lui serait impossible de le faire avec un nationaliste orthodoxe russe » 1. En d’autres termes, les Brzezinski de ce monde craignaient que les patriotes reviennent au pouvoir après avoir rejeté les idéologies laïques occidentales, comme ils l’ont fait temporairement entre 1941 et 1945 lors de la « Grande guerre patriotique ».

C’est également ce qui s’est passé en 2000, lorsque V. V. Poutine est arrivé au pouvoir. Depuis lors, il a été très patient, supportant toutes sortes d’insultes et d’humiliations de la part du monde occidental, d’un président américain à l’autre. De nombreuses personnes de l’extrême opposé l’ont critiqué ces années-là, ceux que The Saker appelle à juste titre la « sixième colonne ». De même, nombreux sont ceux qui ont critiqué Dmitri Medvedev en le qualifiant d’« Occidental ». Peut-être était-il un Occidental à l’époque, mais maintenant que les jeux sont faits et que l’Occident collectif a montré sa main nazie, il est impossible de se tromper sur les personnes qu’il soutient. Et peut-être n’a-t-il jamais été un Occidental de toute façon. Peut-être était-il émollient à l’époque, simplement parce que la Russie était si faible et qu’il devait courtiser la popularité en Occident. Nous ne pouvons le dire, mais quel que soit son passé, son présent est clair.

Maintenant que la Russie est forte, le président Poutine, avec son Premier ministre Dmitri Medvedev et toute la Russie qui compte derrière lui, n’est pas d’humeur à accepter les Occidentaux faibles et leurs compromis. L’opération spéciale, c’est tout ou rien, et l’Occident est en train de perdre rapidement. Tout a été soigneusement préparé. Depuis plus de vingt ans, la Fédération de Russie rassemble des alliés au sein d’une coalition dans le monde entier, en utilisant judicieusement ses compétences diplomatiques internationales. La trahison de la Serbie par Eltsine ne se reproduira plus jamais. La trahison de la Libye ne se reproduira plus jamais. Technologiquement et économiquement, la Russie est devenue indépendante. Et militairement, la Russie est devenue plus forte que l’OTAN occidental réuni. Les patriotes sont au pouvoir et l’Occident aux mains molles et ses sanctions rendent à la Russie sa grandeur.

Le Grand Nettoyage

Le grand nettoyage est en cours depuis le 24 février 2022. De nombreux traîtres internes à la Russie ont rapidement fui – l’un des premiers étant l’économiste et privatisateur notoire Anatoly Chubais. Des millions d’autres traîtres ont également rapidement fui l’Ukraine vers l’ouest, à la grande satisfaction des Russes. La Russie n’accueillera pas un si grand nombre d’entre eux à leur retour. Seuls ceux qui sont partis à cause d’une panique erronée ou d’un lavage de cerveau, ou parce qu’ils ne voulaient pas être enrôlés dans l’armée suicidaire de Kiev, reviendront. Que les autres restent en Pologne et ailleurs, vivant de la bêtise idéologique et de la naïveté humaniste de l’Occident. D’autres traîtres internes qui se sont infiltrés aux postes de responsabilité au cours des 30 dernières années ont également été éliminés en Russie, car ils ont été découverts. Nous connaissons certains de leurs noms. Il en reste encore quelques-uns à éliminer. Le Grand Nettoyage est là. La déstalinisation est en cours.

L’Opération Spéciale a révélé qui est qui. Les traîtres ont été révélés. Ainsi que les Patriotes. Ceux qui n’ont soutenu que par beau temps ont disparu. Ceux qui soutenaient encore par mauvais temps ont été révélés. Le monde multilatéral, dirigé par la Russie, la Chine, l’Inde et l’Iran, est en train de prendre forme ; le monde unilatéral est terminé, car les sanctions russes mordent. Oubliez l’État vassal et client des États-Unis appelé « Ukraine » – c’est terminé ; à la place, il y aura un petit protectorat russe centré sur Kiev. Plus jamais les traîtres de Kiev ne menaceront les Russes avec l’OTAN, les armes nucléaires, les armes biologiques ou n’interdiront la langue et la culture russes, interdisant « Guerre et Paix », mais autorisant « Mein Kampf ». Plus jamais Kiev ne fera la promotion de l’idéologie nazie occidentale de « l’annulation de la Russie ». C’est terminé. C’est le Grand Nettoyage.

Mais qu’il soit dit que, tout comme en Russie, en Occident aussi, il y a des traîtres et des patriotes, l’élite et ceux qui, parmi le peuple, ont conservé une certaine intégrité. Ils ont toujours été là, supprimés et réprimés, mais toujours vivants. L’historien anglais Robert Bartlett l’a très bien exprimé dans son étude de l’Europe occidentale entre 950 et 1350, en consacrant un chapitre entier à « l’européanisation de l’Europe ». Il y raconte comment l’Occident s’est « occidentalisé » à partir du XIe siècle 2. En d’autres termes, si, même après tout ce temps, la sous-classe des patriotes, les personnes intègres, parvenaient au pouvoir en Europe en raison de la situation catastrophique actuelle, comme l’a décidé l’élite, et remplaçaient les traîtres de l’Establishment, alors l’Occident pourrait lui aussi entamer un processus de désoccidentalisation. Ce serait un nettoyage encore plus grand.

Batiushka

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Notes

  1. The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order, chapitre 6, Torn Countries, Samuel Phillips Huntington, 1997
  2. La construction de l’Europe, conquête, colonisation et changement culturel 950-1350, chapitre 11, Robert Bartlett, 1993

Les droits des armes à feu sont plus importants que la fausse sécurité et l’apaisement des gauchistes

Par : hervek

Par Brandon Smith − Le 25 mai 2022 − Source Alt-Market

S’il y a un Graal qui obsède la gauche politique plus que toute autre chose, c’est de mettre la main sur le 2ème amendement et de le modeler à sa volonté ou de l’effacer à jamais. La poursuite des droits américains en matière d’armes à feu est primordiale pour eux, au-delà de la théorie critique de la race, de la politique de genre et même du débat sur l’avortement. Le problème pour eux est que, depuis l’ère Obama, ils se heurtent constamment à un mur de briques lorsqu’il s’agit de convaincre le grand public de céder un pouce de terrain en matière de contrôle des armes à feu.

Certes, il y a de nombreuses raisons qui coïncident. Tout d’abord, la crise du crédit de 2008 a ouvert les yeux de nombreuses personnes sur la possibilité que les systèmes économiques que nous considérons comme acquis aujourd’hui puissent disparaître demain. Le droit aux armes à feu n’est plus une question de « tradition », mais une question de nécessité. Si le système s’effondre et que les services d’urgence sont débordés ou disparaissent, la seule personne sur laquelle vous pouvez compter pour protéger votre famille, c’est vous. Les réalités mortelles l’emportent toujours sur les exigences émotionnelles et réactionnelles. En d’autres termes, les avantages de l’autoprotection individuelle l’emportent largement sur les risques potentiels de criminalité ou d’abus.

Deuxièmement, l’avènement des obligations Covid, des confinements et des tentatives flagrantes de mettre en place une tyrannie du passeport vaccinal sur la moitié de la population de ce pays a encore renforcé l’idée que les droits des armes à feu sont plus importants que jamais. Sans le refus unanime des conservateurs et de certains Américains modérés d’obtempérer, il est fort probable que notre pays se retrouverait dans la même situation que la Chine actuellement – un cycle inutile de confinements, de refus autoritaire de services de base pour les personnes qui refusent de se soumettre à un vaccin ARNm hautement expérimental, et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et une instabilité financière encore pires que celles que nous connaissons déjà.

Ne vous méprenez pas, la raison pour laquelle les États-Unis sont en grande partie libérés de ces conditions draconiennes aujourd’hui est l’existence continue du 2ème amendement et d’une population armée. Sans ces éléments, il n’y a plus aucun obstacle à l’application des dispositions anticonstitutionnelles que l’establishment souhaite.

Troisièmement, avec l’avènement des émeutes de BLM, les pressions inflationnistes et la hausse des taux de criminalité, il y a eu un regain d’intérêt pour la possession d’armes à feu aux États-Unis parmi les gens du camp du bien. Il ne s’agit pas seulement d’une tendance conservatrice, de nombreux démocrates s’y sont soudainement intéressés également. Il y a très peu de chances que l’augmentation des restrictions sur les armes à feu soit approuvée par le public. La seule façon de tenter de le faire est par décret, et des millions d’Américains diront simplement « non », comme ils l’ont fait pour les passeports vaccinaux.

Et, soyons clairs sur ce qui se passe réellement : L’intention des élites politiques et de la gauche n’est pas le « contrôle raisonnable des armes à feu ». Leur but est bel et bien la confiscation.

L’incrémentalisme est le nom du jeu. N’oublions pas ce que nous avons vu avec les passeports Covid – Au début, ils ont prétendu qu’il n’y avait aucun plan pour instituer quelque chose comme un système de passeport vaccinal. Ils ont dit que c’était une « théorie de la conspiration ». Puis, pas plus d’un an plus tard, Biden a essayé d’imposer une preuve de vaccination par décret. Tout à coup, ce n’était plus une théorie du complot.

La même stratégie a été tentée avec les droits des armes à feu dans le passé, et ils vont essayer de le faire à nouveau. Comme dans toutes les autres nations occidentales qui ont réduit la possession d’armes à feu à presque rien, ils commencent par les armes semi-automatiques « effrayantes » et descendent jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Ou, jusqu’à ce que seules les personnes disposant d’une somme d’argent considérable aient la possibilité d’acheter une arme à feu (ce qui est le cas dans la plupart des pays européens). [Et de se former, NdT]

Je soupçonne que les gauchistes ne sont pas totalement opposés à l’idée de posséder une arme à feu comme ils le prétendent souvent. Je pense qu’ils aimeraient en fait conserver leurs propres armes si possible, ils ne veulent simplement pas que des gens comme vous et moi en possèdent. La confiscation sélective des armes serait leur idéal, ce qui correspond exactement à la stratégie utilisée par les nazis, qui ont sélectivement interdit la possession d’armes aux citoyens juifs et à toute personne politiquement opposée au Troisième Reich, mais ont laissé tous les autres Allemands conserver leurs armes.

Je voudrais noter que chaque fois que des crimes commis avec des armes à feu et des meurtres de masse sont commis par des personnes idéologiquement opposées aux conservateurs, les médias et les gauchistes cessent souvent, comme par hasard, de se soucier de prendre des mesures. Ils ne semblent s’en soucier que lorsque le crime peut être associé à leurs ennemis politiques.

Nous savons tous que les gauchistes affirment constamment que les conservateurs sont intrinsèquement dangereux. Il suffit d’un pas de plus pour qu’ils prétendent que la pensée conservatrice est en soi une « maladie mentale » et que nos armes à feu devraient être prises par défaut. Mais parlons un instant de VRAIE maladie mentale, d’accord ?

Parlons des récents tireurs actifs comme Payton Gendron, dont les croyances politiques et idéologiques bizarres n’ont rien à voir avec les principes conservateurs. Des démocrates comme AOC et Chuck Schumer ont immédiatement essayé de lier Gendron, le tireur de l’épicerie de Buffalo, aux conservateurs et au parti républicain. Pourtant, en l’espace de quelques jours seulement, ils sont devenus soudainement silencieux sur l’ensemble de l’événement et les médias sont restés étrangement silencieux. Mais pourquoi ?

Il s’avère que la philosophie de Gendron était entièrement socialiste, avec des nuances de fascisme et de communisme dans le même cadre. En fait, Gendron a déclaré à plusieurs reprises qu’il détestait les conservateurs et s’est identifié comme un « éco-fasciste ». Il a également fait l’objet de plusieurs rapports concernant sa santé mentale et sa sécurité. L’accent mis par les médias sur la « théorie du remplacement » a clairement détourné l’attention du véritable problème. Ils affirment que si vous critiquez l’immigration illégale, vous êtes automatiquement raciste et partagez la même idéologie que des personnes comme Payton Gendron. Mais leur discours s’est effondré lorsqu’il est devenu évident que Gendron était en fait anti-conservateur.

Dans le cas de Salvador Ramos, des détails sont encore en train d’émerger sur le tireur de l’école du Texas et ses affiliations, mais certaines informations ont été divulguées malgré les mesures rapides prises par les médias pour contrôler le récit. Par exemple, Ramos n’est pas le monstre blanc conservateur dont les gauchistes ont besoin pour remplir leurs exigences narratives. Des photos sont également en circulation, prétendument tirées de ses comptes de médias sociaux, qui suggèrent qu’il était transgenre et s’identifiait comme « ils/elles ». J’insiste cependant sur le fait que ses comptes de médias sociaux ont été complètement effacés et qu’il n’y a actuellement aucun moyen de confirmer que cette affirmation est vraie. La raison pour laquelle ses comptes ont été supprimés si rapidement n’est pas claire, mais nous en saurons certainement plus dans les deux prochains jours.

Les gauchistes s’empressent de réfuter toute possibilité que Ramos soit transsexuel ; peut-être ont-ils raison, peut-être pas. Ils ont également été très rapides à nier que Darrell Brooks Jr, le tueur de masse qui a renversé un défilé de personnes avec sa voiture à Waukesha, WI, était un partisan de BLM. Mais il s’est avéré que les rapports initiaux des détectives d’Internet étaient corrects. Tout à coup, les gauchistes ont avancé des arguments selon lesquels il avait été « poussé » à commettre le crime par le « racisme institutionnel ».

S’il s’avère que Ramos s’est en fait identifié comme trans, le message des médias changera certainement une fois de plus. Je ne doute pas qu’ils défendront Ramos comme une figure tragique, plutôt que comme un monstre, et qu’ils rejetteront la faute sur l’État du Texas et ses actions législatives pour empêcher les politiques transgenres d’envahir leur système scolaire public.

Le fait est qu’il n’y a aucun lien entre les partisans des droits des armes à feu ou les conservateurs et les crimes commis avec des armes à feu, comme le prétendent souvent les gauchistes. Je peux trouver autant, sinon plus, de cas de meurtres de masse perpétrés par des gauchistes.

Le point commun entre tous ces tueurs et ces événements n’est pas les armes ou les droits des armes. Il s’agit plutôt de signes flagrants de maladie mentale et de fanatisme idéologique. Les médias n’aborderont pas cette question, et les marionnettes politiques comme Joe Biden ne l’aborderont pas non plus. N’oubliez pas que l’objectif est la confiscation des armes, pas la sécurité publique. S’ils se souciaient réellement de la sécurité publique, le lien avec la maladie mentale ne serait pas ignoré.

Il est également important de souligner que de telles tragédies ne se limitent pas aux États-Unis, comme certains partisans de la confiscation des armes aimeraient vous le faire croire. De nombreuses incidences de meurtres de masse ont eu lieu en Europe et en Asie malgré un contrôle strict des armes à feu. Beaucoup de gens ont oublié le massacre de citoyens français à Paris en novembre 2015 par des militants islamiques armés d’AK47. Ou encore le massacre de citoyens espagnols par des terroristes musulmans à Barcelone en 2017, à l’aide d’un camion de déménagement.

Un autre facteur qui est presque toujours présent lors des meurtres de masse est que la plupart d’entre eux se produisent dans des zones sans armes, des endroits où le port d’armes par des citoyens respectueux de la loi est refusé ou désapprouvé. Si nous voulons aborder la question des meurtres de masse, nous ne pouvons ignorer les points communs entre la maladie mentale et les zones sans armes. L’existence d’armes à feu entre les mains de civils n’est pas le problème, si c’était le cas, les meurtres de masse seraient quotidiens dans toutes les communautés du pays. Cependant, cela n’empêche pas les gauchistes d’essayer d’exploiter chaque tragédie comme une occasion d’attaquer les droits des armes à feu.

Ils ne se soucient pas des nuances ou des solutions honnêtes, ils veulent simplement que les armes ne soient plus entre les mains des personnes qu’ils n’aiment pas. L’establishment veut également que les armes à feu ne soient plus entre les mains du public pour des raisons évidentes ; il est ainsi beaucoup plus facile d’éroder d’autres parties de la constitution lorsque le 2e amendement n’a plus d’effet dissuasif. Joe Biden affirme que les Américains « doivent tenir tête au lobby des armes » à la suite de la fusillade du Texas, mais le lobby des armes n’a rien à voir avec ces événements non plus. Le plus grand lobby des armes à feu aux États-Unis est le peuple américain qui défend ses libertés, et il n’a commis aucun crime.

Au fond, aucun propriétaire d’armes à feu ou défenseur des droits des armes à feu n’est à blâmer pour ce qui s’est passé à New York ou au Texas la semaine dernière. Nous n’avons pas commis les crimes, mais l’affirmation est que nous devrions être punis quand même. Eh bien, je ne vais pas permettre cela, et des millions de conservateurs et de personnes soucieuses de liberté ne vont pas le permettre. L’appel à de nouvelles mesures de contrôle et de confiscation des armes à feu est destiné à la gauche politique, et il est conçu pour les faire se sentir mieux face à la réalité de la tragédie. Il s’agit d’une fausse solution miracle (sans mauvais jeu de mots). Elle ne s’attaque pas aux causes réelles de la violence de masse, elle ne fait que nous rendre plus vulnérables à celle-ci.

Franchement, je me fiche que les gauchistes se sentent mieux, ou qu’ils aient l’impression d’avoir accompli quelque chose alors que ce n’est pas le cas. Je sais également qu’un contrôle accru des armes à feu est excitant pour beaucoup d’entre eux, simplement parce qu’il va à l’encontre des valeurs des personnes qu’ils détestent – c’est-à-dire les conservateurs. Le fait est le suivant : Quelle que soit la tragédie qui survient, notre droit à l’autodéfense est globalement plus important que l’apaisement des émotions du moment. Nous ne renoncerons pas à nos armes à feu. Cela n’arrivera pas. Ils pensent que nous capitulerons s’ils reçoivent suffisamment de menaces ou de pression, et ils ont tort. Cela ne se terminera pas bien pour eux.

D’autres solutions doivent être explorées car la voie vers une révision ou un effacement du 2ème amendement, que ce soit par voie législative ou par décret, n’est rien d’autre qu’une voie vers la guerre civile. Il est temps d’abandonner l’idée stupide selon laquelle retirer les armes à feu à tout le monde (ou seulement aux personnes avec lesquelles nous sommes en désaccord politique) résout les causes sous-jacentes des meurtres de masse. Cela ne supprime pas la motivation, ni même les moyens, cela ne fait que préparer le terrain pour un conflit que les gauchistes trouveront impossible à gagner.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Sitrep Opération Z : Thème Kalibr Kaboom !

Par : hervek

Par Saker Staff – Le 19 juin 2022 – Source The Saker’s Blog

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C’est à peu près le plus significatif des deux derniers jours de silence. Mais le silence est terminé. Certains se souviendront que le résumé militaire disait, il y a environ deux jours, qu’il n’y a pas grand-chose à signaler car il y a très peu de mouvement sur le front. Attendez, je pense que nous savons maintenant pourquoi.

Prenons quelques extraits, quelque peu expurgés, du rapport du ministère russe de la Défense d’aujourd’hui, qui est sensiblement plus long que les rapports précédents.

  • https://t.me/mod_russia_en/2282
  • https://t.me/mod_russia_en/2283
  • À 12h30, des missiles de haute précision à longue portée Kalibr ont été lancés sur un poste de commandement des troupes ukrainiennes près du village de Shirokaya Dacha (région de Dnepropetrovsk).
  • À ce moment-là, une réunion de travail des commandants du groupe opérationnel-stratégique Aleksandriya était en cours.
  • Plus de 50 généraux et officiers des FAU ont été éliminés. Il s’agissait notamment de l’état-major général du groupe de Kakhovka, des troupes d’assaut aéroportées et des unités qui opèrent vers Nikolaïev et Zaporozhye, information confirmée également par RT.
  • À 08h20, des missiles longue distance de haute précision Kalibr ont détruit 10 obusiers M777 de 155 mm et jusqu’à 20 véhicules blindés de combat livrés par l’Occident au régime de Kiev au cours des 10 derniers jours, qui se trouvaient dans une usine de transformation à Nikolayev.

Et plus loin dans ce même rapport, on voit les résultats de tirs amis des FAU, détruisant une quarantaine des leurs.

  • Les pertes importantes des FAU en hommes obligent le commandement ukrainien à impliquer du personnel non préparé dans les combats, malgré leur manque de compétences nécessaires dans l’utilisation de l’armement et des équipements militaires.
  • À 13h30, 2 chasseurs d’assaut Su-25 de l’armée de l’air ukrainienne ont lancé une attaque contre les positions de ses unités près de Shirokoye (région de Dnepropetrovsk).

Le discours de Poutine sur le changement du monde lors du SPIEF fournit un autre KABOOM avec son annonce que L’ère du monde unipolaire est terminée. Le futur ordre mondial, actuellement en cours de formation, sera formé par des États souverains forts. Ce n’est rien de moins qu’une déclaration de victoire.

En ce qui concerne la ligne de front, après avoir vérifié un certain nombre de sources, le site Military Summary d’hier en fin de journée apporte toujours les détails les plus précis.

Allez lire les deux sections du rapport du ministère russe de la Défense. C’est assez stupéfiant. Et pour un peu de couleur, faites défiler Intel Slava Z.

Et pour rire, voyez Liz Truss : Le ministère britannique des Affaires étrangères déclare que l’Ukraine devrait reprendre les négociations avec la Russie. Comme le ver a tourné et comme ils essaient de sauver quelque chose de leur opération ratée !

Quant à l’avenir, nous avons le chef de la RPD Denis Pushilin :

  • La Russie et les républiques doivent libérer l’ensemble de l’Ukraine, y compris Kiev et Lviv, déclare Denis Pushilin au SPIEF-2022.

Donc, maintenant nous savons ce qu’ils envisagent et nous savons pourquoi c’était calme pendant deux jours. Je ne pense pas qu’il soit impossible que le ministère russe de la Défense ait reçu de nouvelles instructions, et que celles-ci soient déjà appliquées en termes d’actions actuelles et futures. Cette guerre n’est pas terminée, à moins que l’Ukraine ne s’effondre ou que d’autres tranches de 50 unités à la fois de commandement et de contrôle des FAU ne soient éliminées par le gros Kaboom d’un Kalibr.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Où l’Occident est-il coincé ? Le fascisme des années 1930 et le « fascisme » des années 2020

Par : Wayan

Par Ramin Mazaheri Le 19 juin 2022 – Le Saker Francophone

À partir de 1917, les mêmes nations européennes réactionnaires qui avaient fait 7 guerres européennes contre la Révolution française ont par la suite fait la guerre à l’Union Soviétique. Le problème a toujours été une idée – l’anti-autocratie, l’idée dont découle la démocratie socialiste (et les Gilets Jaunes) – et non une nation particulière.

(Ceci est le septième chapitre d’un nouveau livre, Les Gilets Jaunes de France : La répression occidentale des meilleures valeurs de l’Occident. Cliquez ici s’il vous plaît pour l’article qui annonce ce livre et explique ses objectifs).

Il existe un moment précis où la France a définitivement cédé son leadership de longue date sur la politique progressiste européenne. Ce n’est pas 1914, lorsque, contrairement aux bolcheviks soviétiques, les socialistes français se sont ralliés à la Première Guerre mondiale : c’est la création du Front populaire après la mort de 15 personnes dans une émeute de droite en 1934. L’idée que les socialistes engagés doivent s’unir à tout le monde, des faux gauchistes aux partis de droite, pour combattre le fascisme s’est avérée être une catastrophe totale.

Pourtant, cette idée reste la politique de gauche occidental aujourd’hui, et elle produit encore des catastrophes.

La leçon européenne des années 30 est que la classe ouvrière et la classe moyenne ont remis le pouvoir aux socialistes et aux communistes – qui l’ont immédiatement rendu aux bourgeois !

Depuis le vote du Brexit contre l’Union européenne néolibérale et néo-impériale, les démocraties occidentales sont perpétuellement bloquées en 1936 : elles mettent constamment en garde contre le « fascisme » et produisent constamment des échecs aussi graves que le Front populaire originel en France.

Cependant, en raison d’une incompréhension totale de ce qu’est le « fascisme », il est essentiel que nous mettions fin à la propagande occidentale sur la montée du national-socialisme germanique afin de comprendre correctement l’histoire européenne d’hier et d’aujourd’hui. Il est « germanique » et pas seulement « allemand » parce que ses adhérents venaient d’Autriche, de Hongrie, de Prusse et d’autres régions de langue et de culture allemande de longue date.

Le national-socialisme germanique avait quelque chose de vital en commun avec le socialisme : un rejet clair de la démocratie libérale occidentale, qui s’est installée pour la première fois dans la IIe République française de 1848. Si l’on n’élucide pas le fil conducteur de l’histoire politique postérieure à 1789 – à savoir que la démocratie libérale occidentale est une oligarchie à peine modifiée par rapport à l’autocratie – l’histoire européenne n’a aucun sens en 1936 ou après. Autant dire que Napoléon Bonaparte n’était pas un révolutionnaire de gauche !

Nous passons de la Commune de Paris à 1936 parce que ce qui s’est passé en 1936 était extrêmement similaire : en février 1936, la victoire électorale d’une coalition du Front populaire en Espagne a conduit à une prise de pouvoir légale par les socialistes et les anti-monarchistes, avant de voir une coalition internationale de réactionnaires se lever pour soutenir une dictature dirigée par le général Francisco Franco et fomenter une guerre civile et internationale.

Le Front populaire en France a en fait créé la désastreuse politique de “non-intervention”, que la gauche française a créée pour ne pas intervenir dans la guerre civile espagnole voisine. Presque toute l’Europe a signé pour isoler diplomatiquement et économiquement la République espagnole. En effet, la démocratie libérale occidentale ne veut pas parler honnêtement de la guerre civile espagnole, tout comme elle ne veut pas parler honnêtement de la Commune de Paris de 1848 ou des sept guerres européennes contre la Révolution française.

En mai 1936 ont lieu ce qui deviendra les dernières élections de la IIIe République française. Au milieu de la Grande Dépression, le centre-gauche et la gauche gagnent finalement le contrôle du gouvernement, avec 60 % des voix, et par le biais de campagnes expressément contre le pouvoir sans précédent de l’oligarchie bancaire, historiquement nouvelle. En juillet, la guerre civile espagnole débute et, malgré le soutien massif de la France aux républicains de gauche, le gouvernement français, prétendument de gauche, s’entend avec les Britanniques sur une politique de non-intervention. Vue du nouveau centre de la politique progressiste – Moscou – la non-intervention du Front populaire confirme à l’URSS que l’Europe occidentale n’aura jamais de révolution socialiste, que cette idée est une erreur depuis plus de trois décennies, que l’Europe occidentale va se ranger du côté du fascisme et s’y rallier, comme le fera bientôt la France de Vichy. L’URSS et le Mexique seront les seules nations à apporter un soutien armé à la République espagnole.

Le Front populaire et Léon Blum, premier socialiste à être Premier ministre en France, ont fait volte-face sur les réformes intérieures promises qu’il a été élu pour mettre en œuvre. C’est exactement ce que feront les socialistes François Mitterrand et François Hollande en 1983 et 2012, respectivement, lorsqu’ils ont reçu le pouvoir et le mandat d’appliquer des réformes de gauche. L’année 1936 marque le moment où la gauche occidentaux ont prouvé de manière indiscutable qu’ils ont abandonné la démocratie socialiste en faveur de la démocratie libérale occidentale – une idéologie fondamentalement de droite enracinée dans le monarchisme, l’autocratie et l’oligarchie – et qu’ils sont donc de droite sur dans le spectre politique mondial.

En avril 1938, le Front populaire français s’effondre après avoir échoué dans presque tous les domaines. La déception colossale des français après un si grand enthousiasme progressiste a provoqué une désillusion massive et a directement conduit à l’établissement du fascisme en France deux ans plus tard. Le Front populaire a sonné le glas de la démocratie libérale occidentale. Il aurait plutôt dû, mais en 1946 les fascistes, les royalistes et les libéraux démocrates occidentaux allaient – pour reprendre une expression de Marx concernant une fusion similaire de toutes les classes de richesse au 19e siècle – « devenir bourgeois », c’est-à-dire se fondre en un seul afin d’arrêter la démocratie socialiste.

C’est là que se trouve l’Ouest aujourd’hui.

Ils sont totalement opposés à la démocratie socialiste à l’intérieur et à l’extérieur du pays, et prétendent que les Fronts populaires sont nécessaires pour élire de faux candidats de gauche qui s’avèrent inévitablement être les outils d’oligarchies de longue date. Nous y reviendrons dans les chapitres suivants.

En septembre 1938, désormais dirigé par les réformistes (c’est le terme le plus exact pour désigner le très mal nommé « Parti radical » de France), le pacte de Munich voit la France poignarder l’URSS dans le dos par rapport au pacte franco-URSS de 1935, qui stipulait une action militaire commune contre la belligérance allemande. La trahison de Munich, comme on l’appelle également, a vu la France et le Royaume-Uni s’associer à l’Allemagne et à l’Italie fascistes pour remettre une grande partie de la Tchécoslovaquie à Hitler. Au lieu de s’opposer à la guerre de l’Allemagne contre la Tchécoslovaquie, le Front populaire a préféré « l’apaisement » avec le fascisme.

La collusion va se poursuivre : La France et le Royaume-Uni reconnaissent Franco en février 1939, même s’il ne détient que les deux tiers du pays et non Madrid. (L’armée que Franco avait initialement dirigée pour déclencher la guerre était l’Armée espagnole d’Afrique, basée au Maroc. Tout comme la France avec l’Algérie en 1848, nous voyons une fois de plus les effets politiques intérieurs pernicieux de l’impérialisme de l’Europe sur l’Ancien Monde).

Parce que nous avons situé le début du néolibéralisme et du néo-impérialisme européen avec la Commune de Paris, nous voyons comment ces collusions ont un sens : ce sont des pays occidentaux libéraux-démocrates, donc dirigés par une élite oligarchique, donc opposés à tout pays d’inspiration socialiste. Ils feront toujours la guerre aux idées socialistes qui s’opposent au libéralisme occidental oligarchique qui, grâce à la domination de la classe des banquiers au début du 20e siècle, est plus « globaliste » que ne l’ont jamais été les monarques mariés entre eux. Les Fronts populaires se révèlent inévitablement inutiles – ils ne sont que des soupapes de sécurité pour le véritable gauche.

En juin 1939, les sondages nationaux montraient que 84 % des Britanniques étaient favorables à une alliance militaire anglo-franco-soviétique – les politiciens libéraux-démocrates occidentaux de Grande-Bretagne n’avaient d’autre choix que de donner l’apparence d’un effort. Après six semaines de négociations, il est devenu clair pour Moscou que les représentations effroyablement mineures de la Grande-Bretagne n’étaient pas intéressées par une quelconque alliance avec la démocratie socialiste.

Deux jours seulement après leur départ, une délégation allemande est arrivée à Moscou et le pacte Molotov-Ribbentrop (un pacte de non-agression et non une quelconque alliance) a été conclu précisément parce que l’URSS a vu que les démocraties libérales occidentales n’autoriseraient jamais des relations pacifiques avec des systèmes d’inspiration socialiste. Tout comme le révolutionnaire Napoléon Bonaparte a perdu son temps dans un Moscou incendié à essayer de faire la paix avec un autocrate qui n’en a jamais voulu, l’URSS a perdu son temps à essayer de faire la paix avec des autocrates et des oligarques.

Gilet Jaune : ” Ce que je veux pour Noël, c’est que les Gilets Jaunes rejoignent les mouvements sociaux français pour stopper le néolibéralisme de Macron. Mais ce serait encore mieux si le monde entier devenait Gilet Jaune pour arrêter les ravages de la haute finance et de la mondialisation. « 

(Note : ce livre contient plus de 100 citations de Gilets jaunes en marche, publiées à l’origine dans des reportages sur PressTV).

Les gauchistes occidentaux (principalement les trotskistes) ont hurlé que le pacte Molotov-Ribbentrop était une trahison des idéaux gauchistes. C’est une affirmation étonnamment opportuniste et creuse, si l’on considère à quel point le Front populaire français et les démocraties libérales occidentales n’ont pas défendu l’Espagne, et aussi comment les nations occidentales ont refusé de faire la paix avec Moscou. L’URSS a attendu pendant 19 ans qu’un autre pays européen devienne socialiste, mais la pensée politique progressiste européenne était épuisée en Europe occidentale après 150 ans.

L’URSS avait donc renoncé, car on était clairement à la veille d’une guerre. Les staliniens auraient certainement raison de dire que le fascisme balayerait l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne et la France – l’histoire les disculpe clairement et accuse la démocratie libérale occidentale.

L’URSS a conclu un pacte de non-agression avec le socialisme germanique parce qu’à l’époque, beaucoup pensaient que le fascisme allait remplacer les démocraties libérales occidentales totalement discréditées. Cela peut sembler difficile à croire aujourd’hui, mais l’idée que la démocratie libérale occidentale était totalement morte était une hypothèse fondamentale des le gens du gauche, comme Trotsky, et comme l’a également supposé Marx en 1852.

Il est essentiel de comprendre la chronologie de l’histoire européenne jusqu’au pacte Molotov-Ribbentrop, car elle s’inscrit dans le droit fil du thème dominant de l’histoire européenne depuis 1789 : la collusion des élites oligarchiques pour gouverner de manière autocratique et supprimer les idées socialistes et démocratiques.

Bien sûr, la démocratie libérale occidentale a toujours essayé d’occulter cette histoire, et elle le fait encore : une résolution adoptée par l’Union européenne en 2019 a déclaré que le pacte Molotov-Ribbentrop « a ouvert la voie au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale », dans une réécriture honteuse de l’histoire. Je ne m’attends pas à ce que l’UE adopte des résolutions pour les sept guerres européennes contre la Révolution française, les révolutions ratées de 1848 ou la Commune bientôt…..

L’élite occidentale se bat pour la démocratie libérale occidentale et n’autorise donc pas les discussions honnêtes et les critiques honnêtes de la démocratie libérale occidentale. Cela explique pourquoi on n’admet pas la réalité historique selon laquelle le nazisme et le fascisme européen des années 1930 ont gagné le pouvoir précisément parce que beaucoup de gens ont compris que la démocratie libérale occidentale n’était rien d’autre qu’une affreuse oligarchie.

C’est en niant cette réalité historique que la politique occidentale a cessé d’avoir un sens pour l’Occidental moyen : Ils ne peuvent tout simplement pas comprendre ce qu’était le fascisme, ce qu’il est, ou comment il est né – il est né de la condamnation populaire et réussie de la démocratie libérale occidentale par le fascisme.

Le problème est que les socialistes n’insistent pas assez sur ce point, dans leur crainte absurde d’être considérés comme étant de connivence avec le fascisme.

Savoir ce qu’est réellement le « fascisme » et pourquoi les socialistes ne doivent pas le désavouer complètement

Tout comme la monarchie et le féodalisme étaient totalement discrédités pour l’Européen moyen en 1848, la démocratie libérale occidentale et le « féodalisme de la dette/bancocratie » étaient totalement discrédités en 1939.

Cette condamnation réussie est la raison pour laquelle il est tout simplement inexact et absurde de dire des choses comme ”les nazis n’avaient pas de marxisme du tout ». Agir ainsi est extrêmement contre-productif et tout simplement faux. Mussolini était le rédacteur en chef d’Avanti ! la voix officielle du parti socialiste italien, et était autrefois un socialiste italien de premier plan. Les socialistes ne veulent pas admettre ces choses, mais l’échec causé par le fait de ne pas expliquer la relation entre le fascisme et le socialisme est que nous ne pouvons pas comprendre l’histoire politique occidentale si nous renonçons à la critique démocratique incroyablement nécessaire de la démocratie libérale occidentale et du « capitalisme aux caractéristiques occidentales », comme en témoigne la montée du fascisme.

Hitler, lecteur de Marx, résume lui-même les similitudes initiales en 1922 : Sans son prétendu « principe essentiel » – la race – le nazisme « ne ferait vraiment rien d’autre que de concurrencer le marxisme sur son propre terrain ».

Cependant, au lieu de déposséder une classe noble par le biais de la politique de classe, il a dépossédé des races pour créer une nouvelle classe noble et ce n’est pas vraiment du socialisme, ni rien de ce que préconise le marxisme.

Pourquoi les socialistes devraient-ils craindre d’admettre le marxisme dans le socialisme germanique ? S’ils le font, c’est probablement parce qu’ils cherchent l’approbation des libéraux démocrates occidentaux. Il est clair qu’en incluant la race – ce n’est pas vraiment du marxisme ou du socialisme, mais quelque chose de différent.

Ou quand Hitler a rejeté la lutte des classes, vitale pour le socialisme, en disant : ”Les classes n’existent pas : Elles ne peuvent pas exister. La classe signifie la caste et la caste signifie la race ». Bon, le nazisme peut inclure certaines analyses marxistes du développement historique politique et économique, mais ce n’est pas vraiment du socialisme, mais quelque chose de différent.

Faire une alliance avec les puissances corporatives, au lieu de s’approprier des expropriateurs avides ce n’est pas vraiment du socialisme, non plus.

Choisir une orientation centrale plutôt qu’une propriété majoritaire centrale ce n’est pas vraiment du socialisme.

Hitler était également le politicien le moins internationaliste que l’on puisse imaginer – il a totalement rejeté l’internationalisme de la lutte des classes et l’a remplacé par une « communauté du volk ». Il ne voulait protéger que les citoyens teutons dans sa nation entièrement germanique.

Nous pourrions continuer à souligner ces différences à l’infini.

Mais le rejet de la démocratie libérale occidentale – en raison de ses décennies d’échecs par une direction oligarchique, corrompue et ploutocratique à peine différente de la monarchie du 18ème siècle – est en fait identique au socialisme. Le rejet de l’économie libérale-démocrate occidentale – en raison des décennies d’échecs du capitalisme de marché libre (c’est-à-dire la composante économique du libéralisme) – est identique au socialisme.

Les libéraux démocrates occidentaux d’aujourd’hui ne veulent tout simplement pas parler de leur rejet souvent démocratique par des personnes qui ressentent intimement ses échecs.

Gilet Jaune : ” Nos médias ont perdu toute crédibilité. Tout ce que vous voyez sur les grands médias, et tous leurs reporters sont à la botte du gouvernement. Pour eux, les Gilets Jaunes n’existent même plus, que ce soit sur les chaînes privées ou publiques. ”

Qu’est-ce donc que le national-socialisme allemand et le fascisme italien ? C’est le socialisme moins l’égalitarisme plein d’espoir et l’internationalisme, et remplacé par l’élitisme darwinien pessimiste et le racisme. C’est un socialisme de droite dont la seule vertu est de s’opposer ouvertement à l’idéologie de la démocratie libérale occidentale.

Mais les partisans des élites qui gouvernent par le biais d’une bancocratie ne veulent pas que les gens comprennent que le fascisme et le national-socialisme germanique sont arrivés au pouvoir en s’opposant à la domination de la haute finance internationale et du libéralisme (qu’il soit “néo-« , “ultra- » ou sans-préfixe, c’est toujours la même chose : marchés libres, capitalisme non réglementé, droits uniquement pour ceux qui peuvent se le permettre), qui n’est jamais que la couverture d’une oligarchie autocratique.

On ne le dira donc jamais assez : Le socialisme n’a rien à craindre d’un examen libre, honnête et patient de la relation des nazis avec le socialisme. Ce qu’il faut rectifier, c’est le désaveu total du fascisme qui exclut ses critiques de la démocratie libérale occidentale.

Cependant, la démocratie libérale occidentale a beaucoup à craindre de véritables discussions sur ses relations avec les nazis. Ils se sont, encore et encore, alliés au fascisme contre le socialisme dans les années 1930 ; ils ont collaboré avec les nazis et les fascistes survivants après 1945 ; ils ont encouragé les nazis de troisième génération dans des endroits comme l’Ukraine au 21e siècle. Ainsi, depuis les années 1930, le fascisme et la démocratie libérale occidentale ont coopéré plus souvent qu’ils ne se sont combattus.

Où se situe le fascisme dans l’évolution de l’économie européenne depuis 1492 ?

Les fascistes sont finalement arrivés au pouvoir en affirmant que leurs objectifs économiques étaient différents de ceux des libéraux démocrates occidentaux.

Au début du XXe siècle, l’industrialisation n’est plus une nouveauté mais la force économique déterminante. La richesse foncière, la richesse de la colonisation de l’ancien monde, la richesse du commerce maritime et la richesse industrielle et financière du milieu et de la fin du 19e siècle ont été fusionnées en un système financier dominé par les banquiers dans lequel – bien sûr – la vieille monnaie était prédominante. Le nouveau système bancaire qu’ils ont créé contrôlait les moyens de production et possédait de manière usuraire les terres sur lesquelles vivaient récemment les serfs. Il s’agit d’une chronologie claire de l’histoire économique – elle n’est pas difficile à comprendre, ni éternelle.

Les fascistes ont promis d’exproprier les richesses aujourd’hui détenues par les banques et de le faire par l’intermédiaire d’une nouvelle classe – celle du magistrat ; du pouvoir politique individualiste.

Le mot « fascisme » vient de « fasces », qui est un faisceau de bâtons enroulés ensemble et surmontés d’une hache. À l’origine, il s’agit d’un symbole étrusque qui symbolisait le pouvoir du magistrat – et non des personnes enroulées ensemble. Qu’était le magistrat à Rome ? C’était un officier de haut rang doté de pouvoirs à la fois exécutifs et judiciaires. La richesse ou la justice que les magistrats romains permettaient de « ruisseler » dépendait entièrement d’eux. C’était un système élitiste, centré sur le 1%, et l’avancée du fascisme consistait (prétendument) à ouvrir la classe du 1% à la concurrence (qui, selon eux, commence dans l’ADN). Le sceau du Sénat des États-Unis, une maison aristocratique de seigneurs, comporte deux fasces croisées.

Au-delà des pouvoirs autocratiques d’une élite non-monarchique, la démocratie libérale occidentale était également en grande partie d’accord avec l’élément clé du programme économique du fasciste. La « planification centrale » existe dans les pays occidentaux modernes – elle est basée sur l’armée. Par exemple, aux États-Unis, leur économie est guidée par le Pentagone, le plus grand employeur du monde. Le Pentagone distribue les fruits de ses recherches financées par les contribuables à des entreprises privées ; il enrichit la bourgeoisie locale avec des contrats extrêmement corrompus ; il fournit des emplois aux masses de manière terriblement inefficace ; mais il enrichit très efficacement ses 1%.

Le fascisme n’a jamais été pour le peuple mais dédié au pouvoir de ceux qui sont au pouvoir ; pour le statu quo ; pour la soumission à des magistrats et des politiciens essentiellement autocratiques ; contre la redistribution des richesses et du pouvoir politique. Seul le socialisme réduit le pouvoir du magistrat, le rend responsable et améliore la personne du magistrat en veillant à ce qu’il ne soit pas uniquement issu de l’élite et de la classe possédante.

Le fascisme se distingue de la classe mondialiste de la démocratie libérale occidentale en insistant sur la concurrence nationaliste et la souveraineté nationale. L’arrivée de l’Union européenne, de l’euro et de l’Eurogroupe, qui supplanteront les lois nationales sans se soucier des idéaux de la démocratie, rendra ces désirs essentiellement sans objet. Le principal péché du slogan « Make America Great Again » de Donald Trump, ou de Marine Le Pen, est que ces deux politiciens fascistes cherchent tous deux à restaurer certains aspects de la souveraineté nationale.

Trotsky a écrit : “ Le fascisme, comme nous le savons, naît entre l’union du désespoir des classes moyennes et la politique terroriste du grand capital. «  Pourtant, l’Occident n’adopte jamais une vision de classe et élève le grand capital au rang de demi-dieu – c’est pourquoi, pour eux, le fascisme doit toujours être uniquement lié à la race et jamais à l’économie. C’est tout simplement une demi-vérité, et ne pas comprendre et combattre cela condamne la politique occidentale – et leur propre histoire – à une incompréhension totale.

Les 1% et leurs laquais ont immédiatement traité les Gilets Jaunes de fascistes parce qu’il s’agissait d’une union des classes inférieures et moyennes – comme dans la Commune de Paris, elle comprenait également une union de la classe inférieure et du prolétariat avec le petit commerçant bourgeois.

Gilet Jaune : « Depuis 10 ans, nous n’avons fait que créer de l’instabilité. 75% de la France a de graves difficultés économiques. Nous avons fermé des hôpitaux, des crèches, des écoles – tout est fermé, et cela ne peut pas continuer ! « 

En raison de son insistance sur l’élitisme, le fascisme n’aurait pu s’allier qu’avec la démocratie libérale – le pacte de non-agression Molotov-Ribbentrop est le plus loin qu’il aurait pu aller. Cependant, s’ils s’étaient alliés à l’URSS contre la démocratie libérale, qu’auraient-ils définitivement détruit ? Réponse : la Banquocratie qui règne aujourd’hui.

Il est essentiel de le reconnaître, car l’usage actuel du terme « fasciste » ne tient absolument pas compte de cette composante historico-économique.

Le fascisme des années 2020 est encore plus à droite que le fascisme des années 1930

En raison du refus de parler honnêtement du fascisme – à la fois sur la gauche et sur la droite – la politique occidentale d’aujourd’hui est simplement une catastrophe d’absurdités et de désinformation.

Leur manque de connaissances leur permet d’occulter le fait que les « fascistes » occidentaux modernes sont encore plus à droite qu’Hitler, qui s’appuyait beaucoup sur l’explication marxiste de l’histoire et de l’économie du XIXe siècle. Cependant, l’extrême droite moderne a expurgé le marxisme, et ne peut donc pas être un véritable fascisme. Racisme et fascisme ne peuvent pas être de simples synonymes l’un pour l’autre – à moins que l’objectif ne soit de les vider de toute signification.

Être plus à droite qu’Hitler… cela semble être quelque chose qui devrait être compris, non ? Cependant, la démocratie libérale occidentale ne veut rien d’autre que de la propagande sur les autres systèmes et rester muette sur ses propres échecs et trahisons.

Le meilleur terme pour les prétendus « fascistes » d’aujourd’hui serait « Nalis » – nationalistes libéraux : ils ont tout le chauvinisme, le militarisme, l’autoritarisme et l’impérialisme des fascistes des années 30, mais en y associant des structures politiques et des analyses historiques libérales, ainsi que l’inégalité économique et la concurrence acharnée.

Il s’agit d’une description politique simple et précise, mais seuls les pays d’inspiration socialiste qui ont totalement rejeté la démocratie libérale occidentale utiliseraient le terme « Nali » : Tout comme les socialistes mal informés ne veulent pas admettre de similitudes idéologiques avec le nazisme, les libéraux démocrates occidentaux mal informés ne veulent pas admettre qu’ils se livrent en fait à des guerres intestines avec leurs frères « nationaux libéraux ».

Et que se soucient les libéraux démocrates occidentaux si le fait de qualifier les Ukrainiens d’extrême droite de « nazis » en 2022 ternit injustement le socialisme et répand la désinformation ? Les deux ailes des libéraux (l’une nationaliste, l’autre mondialiste) sont unies dans leur anti-socialisme.

Donald Trump et Marine Le Pen sont deux exemples de Nalis ouverts, mais aussi deux ennemis – Vladimir Poutine de Russie et l’Ukrainien Volodymyr Zelensky. L’opération militaire russe en Ukraine a été une catastrophe de désinformation des deux côtés concernant qui est un « fasciste » et qui est un « libéral », et précisément parce que ni l’un ni l’autre ne peut admettre que le fascisme et le libéralisme coïncident et s’allient presque toujours, historiquement. Ainsi, cette bataille entre deux états Nalis est soit une anomalie historique, soit, comme je le prédis, l’invasion de la Russie marquera un pas en arrière par rapport à leur Nalisme depuis 1991 et un retour vers la démocratie socialiste. Si la Russie continue d’insister sur le fait que la « russophobie » équivaut totalement au « nazisme », alors cela annoncera son échec à retourner dans le giron de la politique progressiste.

En France, en 2017, la grande crise financière – qui n’est que le dernier échec périodique du libéralisme – avait trop enflammé les masses pour que chaque politicien puisse l’ignorer : Marine Le Pen a donc laissé tomber le Reaganisme de son père et s’est hissée au second tour de l’élection présidentielle. Elle a défendu des idées économiques qui s’apparentaient à la fois à la gauche française et aux nationaux-socialistes germaniques des années 1930. Cependant, lors de la campagne de 2022, Le Pen est revenue à l’économie d’extrême-droite, abandonnant toutes ses promesses, comme le vote du « Frexit » dans les six mois suivant l’élection et la répudiation de la dette des banquiers, et pourtant les grands médias l’ont qualifiée de « fasciste » pendant tout ce temps.

Le modèle moderne français et occidental a été essentiellement créé de 1928 à 1945, et ce qu’il a retenu du fascisme et du national-socialisme germanique, c’est que la planification économique doit se limiter au militaire, et que la xénophobie, l’identitarisme et le sécuritaire sont des spectacles juste assez grands pour faire la une des journaux, et donc pour ignorer les échecs du libéralisme. Pour le dire dans les termes du candidat à la présidence de 2022, Eric Zemmour : Le problème économique de la France c’est les allocations des musulmans, pas celui des banquiers. C’est une analyse intellectuelle pathétique. Lorsque les troubles en Ukraine ont commencé, la France l’a immédiatement compris et la popularité de Zemmour a rapidement diminué de moitié, et il n’a même pas pu passer le premier tour des élections législatives de 2022.

Gilet Jaune : « Si vous regardez autour de vous, vous voyez des gens de toutes les couleurs et de toutes les religions. Pour moi, cela va au-delà des questions d’origine – c’est vraiment une question de justice sociale, quelle que soit l’ethnie ou la religion de quelqu’un. »

Pendant la campagne de 2022, le raciste convaincu Zemmour a déclaré, ”J’ai un devoir d’humanité pour le peuple français, pas pour le reste du monde. J’ai la responsabilité de sauver le peuple français et la France. » C’est une remarque révélatrice, semi-messianique, car elle est tout droit sortie du programme d’Adolf Hitler dans les années 1930.

Mais une telle comparaison n’a jamais été faite par les médias grand public, et elle ne pourrait jamais l’être. Beaucoup ont entendu parler de la loi de Godwin, ou de la règle des analogies nazies : un adage Internet affirmant que plus une discussion en ligne s’allonge (quel que soit le sujet ou la portée), plus la probabilité d’une comparaison impliquant des nazis ou Adolf Hitler augmente. Cependant, un corollaire important est que chaque fois que quelqu’un compare quelqu’un ou quelque chose au nazisme – cette personne a perdu l’argument et/ou l’argument est sommairement terminé.

Essentiellement, le monde doit accepter que toutes les discussions sur la politique occidentale ne peuvent pas aborder l’idéologie libérale anti-occidentale qu’était le nazisme germanique.

Il leur était donc impossible de décrire avec précision une élection française de 2022 où quatre de les cinq principaux candidats étaient tous d’extrême droite – que ce soit sur le plan économique, politique, culturel ou les trois. Pendant les deux semaines qui ont séparé les deux tours de scrutin, toute critique du bilan d’Emmanuel Macron a été immédiatement dénoncée par les médias grand public comme un « soutien au fascisme » – les électeurs se demandant à quel candidat ils faisaient référence ? L’incapacité à délimiter le fascisme de la démocratie libérale occidentale signifie que nous ne pouvons pas non plus comprendre où ils se sont réconciliés un siècle plus tard, tout comme le libéralisme et la monarchie ont fini par se réconcilier.

La droite occidentale est coincée en croyant à tort que la droite de 2022 est la même que dans les années 1930, malgré tous les progrès antiracistes réalisés depuis lors ; la gauche occidentale est coincée en croyant à tort que sa tactique de « Front populaire » est un véritable gauchisme, bien qu’elle ait été castrée du marxisme et du socialisme. C’est pourquoi les versions occidentales de l’histoire et leur discours politique d’aujourd’hui n’ont tout simplement aucun sens. Cela n’a de sens que si nous nous souvenons que l’obscurcissement des vérités politiques est une caractéristique de l’histoire occidentale libérale-démocrate, et donc que leurs versions ne sont pas du tout véridiques ni complètes.

Ne voulant pas définir précisément le fascisme ou le libéralisme, mais certains dans leur rejet de la démocratie socialiste, après le vote du premier tour en 2022, tous les candidats perdants (sauf Zemmour) ont immédiatement appelé à un Front populaire contre Le Pen, comme ils l’avaient fait en 2017. Ce qui est vital et nouveau, c’est que les Gilets Jaunes ont refusé avec insistance cette forme de collaborationnisme de classe. La tactique du Front populaire doit être vue pour ce qu’elle est : non pas un effort pour combattre le fascisme mais comme un moyen de cimenter le faux gauchisme.

Trotsky a écrit : “ Les racistes pillent le programme marxiste, transformant avec succès certaines de ses sections en un instrument de démagogie sociale. Les ‘communistes’ ( ?) refusent en fait leur propre programme, lui substituant les déchets pourris du réformisme. Peut-on concevoir une faillite plus frauduleuse ? « 

Trotsky a écrit cela en 1935, mais tout le monde peut voir que c’est là que l’Occident est bloqué, toujours. Reformuler pour le 21ème siècle :

Les racistes rejettent certaines sections de l’économie libérale-démocrate occidentale afin de préserver les citoyens blancs des Bankocrates unis, tandis que les gauchistes soutiennent hystériquement les modérés de droite qui ne cherchent qu’à raffiner le libéralisme en un système toujours plus inégalitaire. Pouvez-vous concevoir une faillite idéologique plus frauduleuse que la politique occidentale moderne ?

Si le « Nali » venait à se répandre, une chose est sûre : ce serait une énorme amélioration.

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Liste des chapitres à venir des Gilets Jaunes de France : La répression occidentale des meilleures valeurs de l’Occident. Date de publication : 1er juillet 2022.

Les précommandes du livre électronique en français peuvent être peuvent être effectuées ici.

Ramin Mazaheri est le correspondant en chef à Paris pour PressTV et vit en France depuis 2009. Il a été journaliste dans un quotidien aux États-Unis et a effectué des reportages en Iran, à Cuba, en Égypte, en Tunisie, en Corée du Sud et ailleurs. Il est l’auteur de ‘Socialism’s Ignored Success: Iranian Islamic Socialism’ ainsi que de ‘I’ll Ruin Everything You Are: Ending Western Propaganda on Red China qui est également disponible en simplified et traditional en chinois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un ouragan économique et financier arrive


Par Jean-Luc Baslé – Le 13 juin 2022

Jamie Dimon hates bitcoin. But he's OK with the money it makes. - Protocol

Voilà ce que vient d’annoncer Jamie Dimon – le très médiatique président de JPMorgan Chase, première banque américaine dont la réputation a été sévèrement écornée non seulement par la performance de son titre en bourse mais aussi par ses nombreuses condamnations en justice1. Jamie fait cette révélation, plutôt inquiétante pour le bon peuple, de façon désinvolte, comme s’il s’agissait d’un évènement ordinaire imprévu. C’est un évènement ni ordinaire, ni imprévu. Il y a longtemps que lui et ses amis de Wall Street savent que la situation qu’ils ont créé avec la complicité de la Réserve fédérale et du Congrès qui rappelons-le supervise la banque centrale, savent qu’un tsunami économique et financier est en formation.

La politique économique américaine ne fait plus sens depuis la Révolution Reagan, c’est-à-dire depuis sa conversion au néolibéralisme dont le but non déclaré est la soumission de l’État aux diktats du marché. La crise des subprimes fut l’occasion pour la Réserve fédérale d’adopter une politique résolument monétariste qui sauva les grandes banques de la faillite2, mais laissa dans le dénuement les braves gens qui s’étaient laissés convaincre par leurs boniments pour acheter un bien immobilier dont ils n’avaient pas les moyens3. Le gouvernement Obama ne fit rien ou presque pour les sauver de la misère !

graphique 1

graphique 2

graphique 3

L’irresponsabilité des autorités américaines et de leurs complices de Wall Street apparaît clairement à la lumière de graphiques qui illustrent trois données économiques fondamentales depuis 1940 : un budget fédéral hors contrôle dont le déficit en 2021s’élève à 3,132 milliards de dollars, soit 15% du produit intérieur brut (graphique 1), un endettement public supérieur à celui de 1945 (en pourcentage du produit intérieur brut – graphique 2), et une politique de la Réserve fédérale tout à la fois incompréhensible et répréhensible comme le montre l’évolution de son bilan dont le total a été multiplié par 9 depuis la crises des subprimes (2008). Plus étonnant encore, 62% de cette augmentation s’est produite au cours des deux dernières années (graphique 3). Il s’agit d’une injection de liquidité hors norme, sans raison apparente, porteuse d’inflation. Jamie Dimon le sait. Il le sait depuis longtemps ce qui rend son annonce hypocrite.

Avec les effets négatifs de la pandémie et de la guerre en Ukraine, cette politique irresponsable et criminelle ne peut se traduire que par une crise économique et financière mondiale d’ampleur qui enverra la Grande Crise de 1929 dans les oubliettes de l’Histoire.

Jean-Luc Baslé est un ancien vice-président de Citigroup, et diplômé de l’Université de Columbia et de l’Université de Princeton. Il est l’auteur de « L’euro survivra-t-il ? ».

Notes

  1. JPMorgan Chase a payé 37 milliards de dollars à la justice américaine au titre des délits financiers de ces dernières années (JPMorgan Chase admits to two new felony counts, JPMorgan Chase admits to two new felony counts…).
  2. Source: Historical Transaction Data – FEDERAL RESERVE BANK of NEW YORK (newyorkfed.org)
  3. No Income, No Asset Mortgage (NINA)

18 juin : Poutine prône une révolution européenne contre l’élite occidentale


Juin 2022 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

L’élite occidentale devient folle : reset, pénurie, tyrannie sanitaire et numérique, sabbat des sorcières. Elle se radicalise comme Hitler en 45, quand il souhaitait l’anéantissement de son peuple. Ses héritiers socialistes, écologistes et mondialistes sont à la hauteur. Seule peut nous sauver une révolution populaire. Sinon ce sera la mort et le camp.

Et Poutine a mis les pieds dans le plat hier. On lisait dans ZeroHedge hier :

Le président russe Vladimir Poutine a souligné dans de nouvelles remarques faites devant le Forum économique international de Saint-Pétersbourg que les sanctions antirusses ne sont revenues que pour blesser les peuples de l’UE et de l’Occident en général, au milieu de la flambée du gaz et de la nourriture les prix, les craintes d’inflation et les graves pénuries de la chaîne d’approvisionnement. Il a déclaré la fin du monde unipolaire tel que nous le connaissons…

Le webzine US peu enjoué a ajouté :

Le président russe a critiqué la décision de l’Union européenne d’imposer des sanctions antirusses, la qualifiant de « folle » et « pas bien réfléchie ». Poutine a déclaré que leur objectif était d’écraser l’économie russe d’un seul coup, mais qu’ils n’y sont pas parvenus. Au lieu de cela, les politiciens européens ont porté un coup sérieux à leurs propres économies, provoquant une forte inflation, a souligné le président. Il a estimé les coûts de la « fièvre des sanctions » à environ 400 milliards de dollars cette année seulement et a noté que les mesures deviendront un fardeau pour les gens ordinaires.

Et de citer Poutine :

Il est clair pourquoi ils ont mené cette campagne de propagande, ce qu’étaient tous ces sorts sur les taux de change de 200 roubles pour 1 dollar et les affirmations selon lesquelles notre économie s’effondrerait. Tout cela était – et reste – un outil dans la guerre de l’information, une tentative de pression psychologique sur la société russe, a-t-il poursuivi, soulignant en outre que « certaines monnaies mondiales se suicident ».

Comme le nazisme (autre spiritualité humanitaire, belliciste et écologiste, lisez les libertariens américains) l’euro-mondialisme est nihiliste suicidaire :

À propos de l’UE, il a déclaré: « L’Union européenne a complètement perdu sa souveraineté politique et ses élites bureaucratiques dansent sur l’air de quelqu’un d’autre, acceptant tout ce qu’on leur dit d’en haut, causant du tort à leur propre population et à leur propre économie. »

Et là le grand Vladimir qui les épouvante, nos nazis suicidaires aux ordres des oligarques malthusiens, depuis vingt ans déjà, enfonce vraiment le clou :

ZeroHedge : Il a dit qu’il y aura un « changement d’élites » en Occident dans le cadre du virage « révolutionnaire » initié par la guerre d’Ukraine et le dépassement américano-européen : « Un tel détachement de la réalité, des exigences de la société, conduira inévitablement à une montée du populisme et à la croissance de mouvements radicaux, à de graves changements sociaux et économiques, à une dégradation et, dans un avenir proche, à un changement des élites », a déclaré Poutine.

Moscou peut attendre ; il ne fallait pas se fâcher avec son pompiste (n’en déplaise à McCain), sauf que ces tarés schwabiens ont décidé de nous affamer, de nous congeler et de nous terroriser au passage :

À l’arrière-plan, Moscou décide cette semaine d’augmenter la pression sur l’Europe en réduisant drastiquement les flux de gaz naturel pour ses plus gros clients en Europe occidentale, entraînant une flambée des prix de l’énergie.

 

Le président russe Vladimir Poutine, dans des déclarations publiées le même jour que l’annonce de l’approbation préliminaire de la candidature de von der Leyen à l’UE, a souligné le « coût » croissant pour l’Europe de sa position pro-ukrainienne intransigeante et des sanctions antirusses. Il a estimé que l’Union européenne subira « des pertes d’au moins 400 milliards de dollars » en raison des multiples vagues de sanctions imposées à Moscou jusqu’à présent.

L’occident méphitique et rabique est seul responsable donc de ce qui lui arrive :

Il a une fois de plus rejeté la responsabilité du ralentissement économique mondial, déclarant à la place que l’inflation, les coûts de l’énergie et la crise alimentaire sont tous liés aux politiques de l’Occident. Il a en outre prédit un développement potentiellement désastreux pour l’approvisionnement alimentaire mondial, déjà menacé, selon les dépêches : Poutine a prédit que la pénurie d’engrais pourrait pousser les prix des denrées alimentaires encore plus haut, ajoutant que la Russie pourrait augmenter ses exportations d’engrais et de céréales.

 

Il a également affirmé que les « prévisions sombres » sur l’état de l’économie russe ne se sont pas réalisées et que son gouvernement a réussi à stopper la montée de l’inflation intérieure. « Après un pic de 17,8%, l’inflation est désormais à 16,7% et continue de baisser », a-t-il déclaré, notant que les finances publiques sont stables et que les autorités prennent des mesures pour refroidir davantage l’économie.

Il est clair qu’une élite globale bonne pour Nuremberg tire parti de la guerre pour liquider l’Europe et les peuples africains, latino-américains ou asiatiques qui résistent :

Cependant, dans les déclarations de Poutine, il a souligné à propos de la crise de la production d’engrais et de nourriture déclenchée à la suite de la guerre que « la Russie ne peut pas être blâmée pour cela », tout en disant que ce n’est pas encore le problème d’aujourd’hui, suggérant qu’une action appropriée et une réponse de l’Occident pourraient apaiser la crise à venir.

On répète l’élément-clé de cet appel du 18 juin : « Il a dit qu’il y aura un « changement d’élites » en Occident dans le cadre du virage « révolutionnaire » initié par la guerre d’Ukraine et le dépassement américano-européen… »

On va voir ce que Borne et autre nous réservent demain, et comment finiront l’incroyable commission Leyen et l’apocalyptique administration Biden. Pour reprendre le vers d’Hölderlin, « là où croît le danger là aussi croit ce qui sauve ».

Mais Guy Debord moins optimiste disait :

Le destin du spectacle (de la démocratie libérale avancée…) n’est pas de finir en despotisme éclairé.

Car les peuples sont pour l’instant bien dégonflés.

Nicolas Bonnal sur Amazon.fr

Ridley Scott et le cinéma rétrofuturiste Les mystères de Stanley Kubrick Louis-Ferdinand Céline : La colère et les mots Guénon, Bernanos et les gilets jaunes

Sources

 

Ursula von der Leyen la dirigeante européenne contrôlée par les Américains

 

Poutine au SPIEF : « l’Union européenne a perdu sa souveraineté »

Par : Wayan

Par RT France et RT International − Le 18 juin 2022

Voici les grands moments du dernier après midi du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, ce 17 juin, tel que transmis par RT :

14h47 CET. Le président russe Vladimir Poutine défend le multilatéralisme, et le droit de chaque pays à défendre son identité nationale et sa souveraineté, lors de sa prise de parole à la session plénière du Forum économique de Saint-Pétersbourg, ce 17 juin.

14h48 CET. «Le monde d’avant ne reviendra pas», et certains dirigeants occidentaux s’accrochant à leurs «valeurs du passé», «refusent de voir la vérité», «veulent aller à l’encontre de l’évolution» de l’Histoire, considère le chef d’État russe. De là la volonté occidentale d’imposer des pressions, des sanctions, y compris sur la culture et l’Histoire, ajoute-t-il. « Et c’est une erreur de suggérer que l’on peut attendre la fin de ces périodes de changement turbulent et que les choses reviendront à la normale ; que tout sera comme avant. Ce ne sera pas le cas. »

14h51 CET. «Nous devons faire preuve d’initiatives, […] croire en nos forces […] Nous pourrons relever tous les défis», a déclaré le président russe, en référence aux sanctions occidentales contre la Russie, liées notamment à l’intervention russe en Ukraine.

14h54 CET. A propos de l’économie russe, le président russe a affirmé qu’il cherchait à renforcer la demande, dans le contexte notamment de sanctions occidentales contre la Russie. «La « blitzkrieg » contre l’économie russe n’avait aucune chance de réussir», a d’ailleurs jugé le chef d’État, qui avait déjà affirmé ces dernières semaines que les pays sanctionnant la Russie ne parviendraient pas à mettre à mal son économie.  Les sanctions ont «des coûts plus importants» pour les pays qui les prennent que pour le pays sanctionné, a-t-il également déclaré, évoquant la forte inflation en Europe et une perte de compétitivité des entreprises européennes.

Poutine a ensuite déclaré que les prédictions concernant l’effondrement du rouble et de l’économie russe faisaient partie d’une guerre de l’information contre Moscou, visant à « déstabiliser psychologiquement la société russe et les milieux d’affaires nationaux. »

Poutine a félicité le gouvernement pour son travail de stabilisation de l’économie de manière professionnelle. « Nous avons d’abord stabilisé les marchés financiers, le système bancaire et le réseau commercial, puis nous avons commencé à saturer l’économie de liquidités et de fonds de roulement pour maintenir la stabilité des entreprises et des sociétés, de l’emploi et des postes de travail ». Le président a admis que le niveau actuel de l’inflation, à 16,7 %, était élevé, mais a noté qu’il était en baisse et qu’un objectif avait été fixé à 4 %.

15h07 CET. «On voit qu’en réalité, l’Union européenne a perdu sa souveraineté, les élites jouent la mélodie qui leur est dictée « d’en haut », en causant des dommages à leurs propres sociétés, à leur propre économie», a déclaré le dirigeant russe, faisant référence aux allégations régulièrement formulées par la Russie, au sujet d’une soumission des Européens aux États-Unis. Les sanctions de l’Union européenne contre Moscou sont la principale cause du ralentissement économique du bloc des 27 membres. « Les pertes directes dues à la seule fièvre des sanctions pourraient dépasser 400 milliards de dollars en un an », a-t-il déclaré, ajoutant que les coûts seront supportés par les citoyens de l’UE.

15h15 CET. L’«opération de libération du Donbass n’a absolument aucun rapport» avec l’augmentation des prix des biens de consommation et des énergies, selon Vladimir Poutine. Selon lui, cette inflation est en effet «le signe d’erreurs systémiques dans la gestion de l’économie». Le chef d’État a évoqué de nouveau, à ce sujet, l’impression massive de billets aux États-Unis.

« Les dernières hausses de prix, l’inflation, les problèmes de nourriture et de carburant, l’essence, les problèmes dans le secteur de l’énergie sont le résultat d’erreurs systémiques dans la politique économique de l’administration américaine actuelle et de la bureaucratie européenne », a déclaré Poutine, ajoutant que les années d’assouplissement quantitatif ont augmenté la masse monétaire aux États-Unis et dans la zone euro de 38 % et 20 %, respectivement.

« La hausse des prix à cause de Poutine », comme le dit la Maison Blanche, est une « stupidité » et « conçue pour des gens qui ne savent ni lire ni écrire », a déclaré le président russe. « Ne nous accusez pas, accusez-vous vous-mêmes », a déclaré Poutine.

« Un tel détachement de la réalité, des exigences de la société, conduira inévitablement à une poussée de populisme et à la croissance des mouvements radicaux, à de graves changements sociaux et économiques, à la dégradation et, dans un avenir proche, à un changement des élites », a déclaré le dirigeant russe.

15h25 CET. «Aujourd’hui, nos soldats et nos officiers, les milices du Donbass, se battent pour protéger leur peuple, défendant le droit de la Russie à un développement libre et sûr en tant que grand pays multinational prenant ses propres décisions», a déclaré le chef d’État russe, à propos de l’opération militaire russe en Ukraine lancée le 24 février dernier. «Toutes les cibles fixées par l’opération militaire spéciale vont être atteintes», a également assuré le président de la Fédération russe à ce sujet.

15h33 CET. Vladimir Poutine a (de nouveau) affirmé qu’il existait «cinq à six options pour l’exportation de céréales ukrainiennes», et qu’il fallait pour cela que les États étrangers laissent les autorités de Kiev décider d’elles-mêmes à ce sujet, sans tenir compte des intérêts venant de «l’autre côté de l’océan». La tâche la plus importante pour la communauté mondiale est d’augmenter les approvisionnements alimentaires sur le marché, selon Vladimir Poutine, qui a ajouté que la Russie était «capable de les augmenter».

La Russie est prête à envoyer de la nourriture en Afrique et au Moyen-Orient, où la menace de famine est la plus aiguë, mais se heurte à des obstacles « logistiques, financiers et de transport » imposés par l’Occident, a-t-il déclaré.

15h49 CET. «Face à la spirale de l’inflation, notre objectif est d’assurer un développement durable pendant des années. Pour les citoyens, pour les entreprises, pour que l’on ait à long terme une inflation qui soit à hauteur de 4%. […] C’est notre objectif, 4%, qu’on y revienne», a fait savoir Vladimir Poutine, qui avait récemment estimé que l’inflation annuelle en Russie serait de 15% fin 2022.

La Russie « ne suivra jamais la voie de l’auto-isolement et de l’autarcie », mais développera ses interactions avec tous ceux qui souhaitent commercer, a déclaré  Poutine, ajoutant que ces pays sont « nombreux ». Moscou soutiendra également les entreprises privées, construira et réparera ses infrastructures de transport, cherchera à réduire les inégalités sociales et veillera à ce que ses technologies clés ne dépendent pas des importations étrangères. « Les États véritablement souverains sont toujours engagés dans des partenariats égaux », tandis que « ceux qui sont faibles et dépendants, en règle générale, sont occupés à chercher des ennemis, à semer la xénophobie, ou finalement à perdre leur originalité, leur indépendance, en suivant aveuglément le suzerain », a-t-il déclaré.

16h11 CET. Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, prend la suite de son homologue russe, à la tribune du Forum économique de Saint-Pétersbourg.

16h24 CET. Le président chinois Xi Jinping livre un message, par visioconférence, au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. «Le monde entre dans une nouvelle période de turbulences et de changements», a jugé le chef d’État, pour qui l’on assiste à une «tendance négative d’antiglobalisme», «de rupture entre le Nord et du Sud» et de «réduction de la puissance des moteurs de développement», ce qui risque d’engendrer une récession.

16h43 CET Le président russe Vladimir Poutine et son homologue kazakh Kassym-Jomart Tokaïev évoquent notamment l’Union économique eurasiatique, lors d’une discussion à l’issue des prises de parole individuelles des chefs d’État au Forum.

16h46 CET. «Comme l’a dit Mark Twain, « les bruits qui courent sur ma mort sont exagérés » – c’est à peu près la même chose pour l’économie russe», a plaisanté Vladimir Poutine, pour souligner la bonne résistance de l’économie russe aux sanctions occidentales.

17h01 CET. Vladimir Poutine dénonce le fait que des sanctions économiques occidentales «concernent des gens qui n’ont aucun rapport avec l’État [russe], avec les décisions prises par les autorités politiques du pays» ; selon le dirigeant russe, on dépasse avec ces sanctions «toutes les limites, on dépasse même le bon sens. On scie la branche sur laquelle on est assis.»

17h29 CET. «On n’a pas voulu respecter le choix des habitants de la Crimée en introduisant des sanctions contre la Russie», a déclaré Vladimir Poutine, en référence au rattachement de la péninsule de Crimée à la Russie, à l’issue d’un référendum non reconnue par Kiev et les Occidentaux en 2014. «Nous allons soutenir les habitants des territoires libérés» en Ukraine, a également déclaré le chef d’État, à propos de l’opération militaire russe menée depuis la fin de ce mois de février.

17h45 CET. Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a déclaré que son pays ne reconnaissait pas la souveraineté des Républiques populaires de Lougansk et Donetsk (républiques autoproclamées du Donbass, reconnues par Moscou) – de même qu’il ne reconnaît pas Taïwan ou le Kosovo, entre autres. Pour autant, le dirigeant a évoqué au sujet des territoires du Donbass une contradiction entre les principes d’intégrité territoriale étatique et le droit à l’auto-détermination.

17h49 CET. «Nous devons éviter que les localités que nous libérons se transforment en « Stalingrad » […] c’est la préoccupation de nos militaires», a déclaré Vladimir Poutine, à propos des territoires dont l’armée russe a pris le contrôle dans le cadre de son opération militaire en Ukraine.

17h54 CET. «Si ça n’a pas d’impact sur l’aspect militaire […] Nous n’avons rien contre [une intégration de l’Ukraine à l’Union européenne], c’est une décision souveraine de tout pays de conclure des alliances, de même sur le plan économique. Or les alliances économiques peuvent prendre des décisions sur l’intégration de nouveaux membres. Est-ce que c’est important pour l’UE ? C’est aux pays de l’UE d’en décider. Est-ce que ce sera utile pour eux ou dommageable pour l’Ukraine ? C’est au peuple ukrainien de décider, ou aux dirigeants actuels», a déclaré Vladimir Poutine. Le chef d’État a ajouté que la structure économique de l’Ukraine est telle «qu’il faudra un certain nombre de soutiens, sans quoi le pays va se transformer en semi-colonie». En revanche, la Russie a toujours été contre le fait que le territoire ukrainien devienne une zone militaire, «car cela représente une menace pour notre sécurité», a ajouté le chef d’État russe.

18h09 CET. «L’Union soviétique […] a cessé son existence et je veux souligner que c’est avec beaucoup de respect que nous regardons les processus de souverainisation dans l’espace post-URSS. Nous avons des relations d’alliés, de fraternité avec le Kazakhstan […] Qui en Russie, peut avoir l’idée d’aggraver les relations avec le Kazakhstan ? C’est du délire ; nous sommes amenés à améliorer nos relations avec le Kazakhstan. C’était la même chose avec l’Ukraine», a déclaré Vladimir Poutine.  «On n’aurait pas eu ce problème de la Crimée si les droits des populations russophones existaient. […] Le nationalisme à l’époque soviétique, les cadres politiques du Parti communiste n’ont pas su le maîtriser», a-t-il notamment estimé. «Si l’on avait eu de bonnes relations l’Ukraine, on n’aurait pas eu la tragédie d’aujourd’hui», a-t-il ajouté, soulignant que «les ambitions de quelques personnes, des héritiers de Bandera» ont compromis les relations russo-ukrainiennes.

Traduit par Wayan pour le Saker Francophone

Revue de presse RT du 12 au 18 juin 2022

Par : Wayan

Par Wayan − Le 18 juin 2022 − Le Saker Francophone

Cette semaine au sommaire de la revue de presse RT, la guerre des sanctions contre les pays qui résistent à la globalisation continue de faire des dégâts, l’Ukraine s’enfonce dans la défaite et le déni, l’intensification de la crise économique en Europe et aux États Unis.

La guerre des sanctions

On se souvient qu’il y a deux semaines, la Grèce, sous pression étasunienne, confisquait un pétrolier iranien et que, par mesure de rétorsion, l’Iran confisquait deux cargos grecs. La saga continue :

« Une cour d’appel de la ville grecque de Halkida a annulé une décision qui autorisait les États-Unis à confisquer le pétrole iranien, ont confirmé l’ambassade d’Iran et des responsables grecs. La décision n’a pas encore été annoncée officiellement par la cour.

 

Les autorités grecques ont saisi un pétrolier, le Lana, en avril, car elles le soupçonnaient d’avoir des liens avec la Russie et d’enfreindre les sanctions imposées à Moscou dans le cadre du conflit en Ukraine.

 

En mai, les États-Unis ont confisqué une partie du pétrole du navire et l’ont transféré sur un autre navire, sur la base de la décision initiale du tribunal. Selon les médias, le pétrolier transportait plus de 100 000 tonnes de brut iranien, en violation des restrictions imposées par les États-Unis et l’Union européenne à Téhéran.

 

L’Iran a qualifié cette action d’acte de « piraterie » et a riposté en arrêtant deux pétroliers battant pavillon grec dans le golfe Persique, ce qui a encore aggravé la situation.

« Par la grâce de Dieu, la totalité de la cargaison de pétrole sera restituée », a annoncé jeudi sur Twitter l’ambassade d’Iran en Grèce.

 

« Des consultations intenses » sont en cours entre Téhéran et Athènes pour s’assurer que la décision de la cour d’appel concernant la cargaison du pétrolier soit pleinement appliquée, a-t-elle ajouté.

 

« La cour a décidé que la cargaison soit libérée », a déclaré à l’AFP un responsable du gouvernement grec, soulignant que les autorités d’Athènes n’avaient rien à voir avec cette décision.

 

Il a également déclaré que le gouvernement grec avait « bon espoir » que cette décision conduise à la libération des pétroliers battant pavillon grec que l’Iran a retenus fin mai. »

 

https://www.rt.com/news/556914-greece-iran-oil-us/

 

« Les pertes des entreprises internationales dues aux sanctions occidentales contre la Russie ont dépassé 59 milliards de dollars, a rapporté vendredi le Wall Street Journal, citant des données provenant de déclarations publiques et de dépôts de titres.

 

Selon le rapport, près de 1 000 entreprises occidentales ont fait part de leur intention de quitter la Russie ou de réduire leurs activités dans le pays.

 

Les dépréciations d’actifs russes ont jusqu’à présent concerné une grande variété de secteurs, des banques et des brasseries aux fabricants, aux détaillants, aux restaurants et aux sociétés de transport maritime, précise le journal.

Le géant de la restauration rapide McDonald’s s’attend à déprécier jusqu’à 1,4 milliard de dollars après avoir accepté de vendre ses activités en Russie à un concessionnaire local. ExxonMobil pourrait subir des pertes de 3,4 milliards de dollars après avoir arrêté les opérations d’un projet pétrolier et gazier dans l’Extrême-Orient russe.

 

« Cette période de pertes n’est pas fini », a déclaré la directrice générale de la société de conseil en matière de risques Kroll, Carla Nunes, citée par le WSJ. « Au fur et à mesure que la crise se poursuit, nous pourrions voir d’autres retombées financières, notamment des effets indirects du conflit. » »

 

https://www.rt.com/business/556950-international-firms-losses-russia-sanctions/

 

« La décision de Boeing de suspendre la production de son célèbre avion 737 MAX pourrait être due aux sanctions imposées à Moscou, a déclaré Roman Gusarov, expert en sécurité aérienne, au journal Izvestia. La Russie fournit des pièces et des composants essentiels à l’avionneur américain.

La semaine dernière, le Wall Street Journal a rapporté que Boeing avait dû interrompre la production d’avions à fuselage étroit pendant 10 jours en mai en raison de problèmes de chaîne d’approvisionnement.

 

« La dépendance de Boeing à l’égard du titane russe est extrêmement élevée, de l’ordre de 30 à 40 %, ce qui signifie qu’au moins un avion Boeing sur trois est entièrement assemblé à partir de titane russe », a déclaré M. Gusarov, ajoutant qu’outre le titane, qui est vital pour l’ingénierie aéronautique, la société importe également des produits en titane du producteur russe VSMPO-AVISMA.

 

L’analyste a ajouté que l’avionneur américain avait déjà reçu des pièces presque finies produites dans une usine gérée conjointement dans la ville russe de Verkhnyaya Salda.

 

En mars, Boeing a suspendu ses achats de titane en provenance de Russie, affirmant qu’il disposait d’un stock important de ce métal et qu’il pouvait s’approvisionner auprès d’autres sources. »

 

https://www.rt.com/business/556941-boeing-production-halt-russia/

 

« Les restrictions imposées par le gouvernement russe aux exportations de gaz utilisés dans la production de semi-conducteurs pourraient exacerber la pénurie de puces sur le marché mondial et entraîner une nouvelle hausse des prix, a rapporté cette semaine le Global Times, citant des sources.

Xiang Ligang, directeur général de l’Information Consumption Alliance basée à Pékin, a déclaré au journal que les restrictions pourraient affecter la fabrication de semi-conducteurs en Chine. Le pays est le plus grand consommateur de puces au monde et est fortement dépendant des importations de puces.

 

Selon M. Xiang, la Chine a importé pour environ 300 milliards de dollars de puces en 2021, utilisées pour la production de voitures, de smartphones, d’ordinateurs, de téléviseurs et d’autres appareils. Selon lui, les secteurs qui dépendent fortement des puces importées pourraient être affectés de manière plus significative, alors que l’impact sera moins perceptible sur les industries utilisant des puces qui peuvent être produites par des entreprises chinoises telles que SMIC.

 

https://www.rt.com/business/556708-global-chip-shortage-to-worsen/

L’Ukraine

L’armée ukrainienne accumule les crimes de guerre parce qu’elle sait que le monde occidental détournera le regard :

« Le bombardement ukrainien de la ville de Stakhanov en République populaire de Lougansk (RPL), jeudi, a fait 22 morts, selon le ministère local des urgences. Selon un communiqué des autorités, l’attaque sur Stakhanov, un centre industriel régional, a été mise en scène à l’aide d’un système de roquettes à lancement multiple Uragan. Dans un premier temps, 15 victimes ont été signalées.

 

« À la suite du bombardement du territoire de la République populaire de Lougansk, 22 personnes ont été tuées, quatre personnes ont été blessées, des installations résidentielles à neuf adresses et six installations d’infrastructure à Stakhanov ont été endommagées et détruites« , ont déclaré les autorités.

 

Les médias locaux avaient précédemment indiqué qu’un hôpital, un stade, une auberge et quelques bâtiments résidentiels avaient été endommagés par les bombardements. Au total, près de 20 roquettes ont été tirées, selon le centre d’information de Lougansk.

 

Jeudi, le haut responsable du LNR, Leonid Pasechnik, commentant le bombardement de Stakhanov, a comparé les forces armées ukrainiennes aux « nazis allemands en 1941 ». Il a affirmé que « les nationalistes savaient avec certitude qu’ils attaquaient des civils et des infrastructures. » Kiev n’a pas commenté les accusations de bombardements. »

 

https://www.rt.com/russia/556930-lpr-shelling-city-casualties

 

« La République populaire de Donetsk (RPD) demande des « forces alliées » supplémentaires pour l’aider dans sa lutte contre les forces ukrainiennes, a indiqué lundi son chef, Denis Pushilin, dans une allocution vidéo. Cette décision intervient alors que Kiev a signalé des tirs d’artillerie lourde sur des zones résidentielles à Donetsk et dans d’autres endroits de la république.

 

« L’ennemi a littéralement franchi toutes les lignes. Des méthodes de guerre interdites sont utilisées. Les zones résidentielles et les quartiers centraux de la ville de Donetsk sont sous les tirs d’artillerie, d’autres villes et villages de la RPD sont également sous le feu », a déclaré M. Pushilin.

Par conséquent, la république demande à la Russie de déployer des forces supplémentaires pour l’aider dans le conflit en cours, a déclaré le responsable. « Un accord a été conclu pour que toutes les forces supplémentaires nécessaires des troupes alliées, principalement de la Russie, soient déployées », a-t-il déclaré.

 

Donetsk, ainsi que d’autres localités de la RPD, ont fait l’objet de lourdes attaques à la roquette et à l’artillerie de la part de l’armée ukrainienne au cours des derniers jours. Les bombardements ont été particulièrement violents, lundi, avec des dizaines d’incidents enregistrés par les autorités locales dans la ville. »

 

https://www.rt.com/russia/557107-donetsk-shelling-troops-request

Alors que la défaite dans le Donbass est proche, le vent tourne pour l’Ukraine :

« Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré dimanche que l’alliance dirigée par les États-Unis avait pour objectif de renforcer la position de l’Ukraine à la table des négociations, mais il a ajouté que tout accord de paix impliquerait des compromis, notamment sur le plan territorial.

 

Stoltenberg s’est exprimé lors des entretiens de Kultaranta, en Finlande, à la suite d’une rencontre avec le président finlandais Sauli Niinisto. Le chef de l’OTAN a déclaré que l’Occident était prêt à « payer un prix » pour renforcer l’armée ukrainienne, mais que Kiev devra faire certaines concessions territoriales à Moscou pour mettre fin au conflit actuel.

 

« La paix est possible », a-t-il déclaré. « La seule question est de savoir quel prix vous êtes prêts à payer pour la paix. Combien de territoires, combien d’indépendance, combien de souveraineté… êtes-vous prêts à sacrifier pour la paix ? »

Stoltenberg n’a pas suggéré quels termes l’Ukraine devrait accepter, disant que « c’est à ceux qui paient le prix le plus élevé de faire ce jugement », tandis que l’OTAN et l’Occident continuent de fournir des armes aux Ukrainiens pour « renforcer leur main » lorsqu’un règlement est finalement négocié. »

 

https://www.rt.com/news/557057-stoltenberg-ukraine-give-territory

Tout cela n’empêche pas l’Union Européenne de persister, idéologiquement, à soutenir l’adhésion de l’Ukraine :

« La Commission européenne va soutenir l’octroi à l’Ukraine du statut de pays candidat à l’adhésion à l’UE, rapporte Politico. Plusieurs fonctionnaires anonymes « familiers du débat entre les commissaires » ont déclaré au média que parmi les facteurs qui ont fait pencher la balance en faveur de Kiev, il y avait les sacrifices que les Ukrainiens ont fait jusqu’à présent, ainsi que la nécessité de faire comprendre au Kremlin que l’Ukraine ne fera plus jamais partie de sa sphère d’influence.

 

« La Commission n’oublie pas que l’Ukraine est le seul pays d’Europe où des gens sont morts, où des gens se sont fait tirer dessus parce qu’ils étaient dans la rue avec des drapeaux de l’UE », a expliqué un haut fonctionnaire. « Maintenant, nous ne pouvons pas leur dire : ‘désolé les gars, vous brandissiez les mauvais drapeaux' », a-t-il ajouté.

Selon Politico, c’est l’un des arguments que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a utilisé lors de la visite surprise de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen à Kiev samedi, lorsqu’il a tenté de convaincre la patronne de l’UE que son pays mérite le statut tant convoité. »

 

https://www.rt.com/news/557117-eu-commission-to-support-ukraine-candidacy

 

« Le président français Emmanuel Macron a déclaré que l’Allemagne, la France, l’Italie et la Roumanie étaient toutes favorables à l’octroi à l’Ukraine du statut de candidat immédiat à l’adhésion à l’UE, à la suite d’une réunion conjointe entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et les quatre dirigeants de l’UE à Kiev jeudi.

 

Le chancelier allemand Olaf Scholz, le président français Emmanuel Macron, le premier ministre italien Mario Draghi et le président roumain Klaus Iohannis sont arrivés en Ukraine ce matin pour s’entretenir avec Zelensky au palais présidentiel de Kiev.

 

Macron a été le premier à annoncer que tous les membres actuels de l’UE étaient favorables à l’octroi à l’Ukraine du statut de candidat immédiat à l’adhésion à l’Union européenne. Il a également ajouté que la France allait livrer à l’Ukraine six canons Ceasar à longue portée supplémentaires, en plus des 12 Ceasar déjà livrés. »

 

https://www.rt.com/russia/557275-ukraine-eu-candidacy

Voyant cet entêtement, la Russie a-t-elle finalement décidé d’augmenter le niveau de souffrance pour les européens :

« La société multinationale française Engie a déclaré jeudi que la Russie avait réduit ses livraisons de gaz, rapporte Bloomberg, citant un communiqué de la société. Des annonces similaires ont été faites par plusieurs sociétés européennes de services publics, dont l’allemande Uniper, l’italienne Eni et l’autrichienne OMV.

 

La réduction de l’approvisionnement de l’Europe à moins de la moitié des volumes habituels devrait entraîner une nouvelle flambée des prix du gaz naturel sur le continent.

Jeudi matin, les prix de gros du gaz néerlandais, la référence européenne, ont bondi de près de 25 %, s’ajoutant à la hausse de 44 % des deux sessions précédentes, pour atteindre plus de 1 500 dollars par millier de mètres cubes pour la première fois depuis avril.

 

La flambée des prix a suivi la déclaration de Gazprom selon laquelle des problèmes techniques ont forcé le géant énergétique russe à réduire de près de 60 % les livraisons de gaz à l’Allemagne via le gazoduc Nord Stream. »

 

https://www.rt.com/business/557249-france-russia-gas-supply

 

« Le ministre russe de l’agriculture, Dmitry Patrushev, a déclaré jeudi que la récolte de céréales du pays pourrait atteindre 130 millions de tonnes cette année, ce qui serait suffisant pour couvrir les besoins intérieurs et assurer le potentiel d’exportation.

 

S’exprimant en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), il a souligné les nombreux défis à relever, notamment la rupture des chaînes d’approvisionnement et les difficultés liées aux calculs financiers.

 

Patrushev a déclaré que la Russie devait surmonter ces obstacles afin de fournir de la nourriture aux pays qui en ont le plus besoin. « Nos produits [agricoles] seront présents sur les marchés étrangers, mais uniquement dans les pays qui nous sont favorables, qui ne nous créent pas d’obstacles et de difficultés », a-t-il déclaré aux journalistes.

 

La Russie s’attend à une récolte de céréales exceptionnelle cette année, notamment une récolte de blé record, a déclaré le président Vladimir Poutine le mois dernier. Il a ajouté qu’un certain nombre de pays sont confrontés à la menace de la famine, soulignant que la responsabilité de cette situation incombe entièrement aux « élites occidentales. » »

 

https://www.rt.com/business/557260-russia-agricultural-products-friendly-countries

Du coup, le déni de réalité, face à la défaite, persiste chez les dirigeants ukrainiens :

« Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a juré de « libérer » le territoire russe de Crimée et les républiques indépendantes de Donetsk (RPD) et de Lougansk (RPL). Il s’exprimait quelques heures après des informations faisant état du bombardement par l’armée ukrainienne de bâtiments résidentiels, d’une place de marché et d’une maternité dans le centre de Donetsk.

 

« Nous viendrons dans toutes nos villes, dans tous nos villages, qui n’ont pas encore notre drapeau », s’est vanté Zelensky dans une allocution vidéo lundi soir, affirmant que son armée vaincra ses adversaires russes dans l’est de l’Ukraine et reprendra les villes de Marioupol, Kherson et Melitopol aux forces russes et aux forces de la DPR et de la LPR.

 

« Et je demande à tous ceux qui ont une telle opportunité de communiquer avec les gens dans le sud occupé… dites qu’il y aura une libération », a-t-il poursuivi. « Dites-le à Gorlovka, Donetsk, Lugansk. Dites-leur que l’armée ukrainienne va certainement venir ».

 

« Bien sûr, nous libérerons également notre Crimée. Que chaque fonctionnaire russe qui s’est emparé de terres précieuses en Crimée se souvienne : ce n’est pas sur cette terre qu’ils auront la paix », a-t-il menacé. »

 

https://www.rt.com/russia/557110-zelensky-donetsk-crimea-donbass

L’Europe

« L’Italie a rejeté une information diffusée par les médias selon laquelle elle enquêtait sur des personnalités publiques soupçonnées de diffuser des opinions pro-russes. En outre, le gouvernement a choisi vendredi de publier un document déclassifié sur les activités « pro-Kremlin » sur les médias sociaux, dont certaines parties avaient déjà été divulguées à la presse, suscitant un tollé.

 

Franco Gabrielli, le sous-secrétaire d’État à la sécurité, a insisté sur le fait que la rumeur d’un dossier secret du gouvernement sur des personnalités supposées pro-russes était « en fait inexistante. »

 

« Il n’y a pas de Big Brother, pas de Spectre en Italie : personne ne veut enquêter sur les opinions des gens », a déclaré Gabrielli, faisant référence à une organisation crapuleuse des romans de James Bond. « Les opinions sont toujours respectées, ce qui est différent des fake news », a-t-il dit, ajoutant que « le seul antidote à la propagande est l’information libre. » La fuite d’un document classifié dans les médias fera toutefois l’objet d’une enquête et « rien ne restera impuni », a souligné M. Gabrielli.

 

Le bulletin de sept pages intitulé « Désinformation spéciale dans le conflit russo-ukrainien entre le 15 avril et le 15 mai » a été compilé par le Département du renseignement de sécurité (DIS) avec la contribution de plusieurs autres agences, puis envoyé à la Commission parlementaire pour la sécurité de la République (Copasir).

 

Le document explique en détail comment divers « récits pro-Kremlin », notamment des critiques à l’encontre du gouvernement italien et de l’OTAN, se sont répandus sur Facebook, Twitter et Telegram. Il décrit également les canaux par lesquels les citations d’officiels russes gagnaient du terrain sur les médias sociaux. Toutes les données ont été recueillies auprès de sources ouvertes et ne contiennent « aucun élément d’activités de renseignement », a déclaré M. Gabrielli.

 

La controverse a éclaté après que le quotidien Corriere della Sera a rapporté dimanche dernier que des responsables du renseignement avaient identifié des canaux liés à la « propagande » russe et que « l’enquête lancée par Copasir est entrée dans sa phase cruciale ». Le journal a énuméré plusieurs personnes qui, selon lui, font partie du « réseau de Poutine en Italie », en référence au président russe. La liste comprend des journalistes, des blogueurs et des commentateurs politiques.

 

Le rapport affirme que des « militants pro-Poutine » se rallient au sénateur Vito Petrocelli, qui a perdu son poste de président de la commission des affaires étrangères du Sénat le mois dernier après s’être opposé à l’aide militaire à l’Ukraine.

 

S’adressant aux journalistes vendredi, M. Gabrielli a nié que M. Petrocelli, qui n’était pas mentionné dans le bulletin déclassifié, fasse l’objet d’une enquête. Le sénateur a toutefois qualifié la conférence de presse de M. Gabrielli de « désordre politique ». Il avait auparavant dénoncé le rapport du Corriere della Sera comme « une chasse aux sorcières contre la liberté de pensée et d’expression des parlementaires, des professeurs, des chroniqueurs et des journalistes. » »

 

https://www.rt.com/news/556994-italy-bulletin-russia-online

Il n’y a pas qu’en France que la gabegie et la corruption des services de santé est de plus en plus visible :

« Le gouvernement britannique a accumulé des équipements de protection individuelle (EPI) Covid-19 d’une valeur énorme de 4 milliards de livres (4,94 milliards de dollars) qui sont jugés inutilisables et doivent être éliminés, a déclaré la commission des comptes publics du Parlement dans un rapport publié vendredi. Le Cabinet prévoit maintenant de brûler littéralement la plupart de ces équipements, ajoute le rapport.

 

Le gouvernement affirme que l’équipement sera brûlé pour « produire de l’énergie », mais la commission a critiqué cette approche, affirmant que Londres n’a pas de « stratégie d’élimination claire » et que la « rentabilité et l’impact environnemental » de la méthode suscitent des inquiétudes. Les EPI ne peuvent être utilisés dans le National Health Service en raison de leur qualité inférieure, qui ne répond pas aux exigences fixées pour les établissements de santé britanniques, note la commission.

 

Le problème est le résultat d’une plus grande maladresse de la part du ministère britannique de la santé et des soins sociaux (DHSC), indique le rapport, ajoutant qu’il a perdu 75 % des 12 milliards de livres (14,81 milliards de dollars) dépensés en EPI au cours de la première année de la pandémie de Covid-19 à cause de « prix gonflés et de kits qui ne répondaient pas aux exigences ».

 

La « stratégie d’achat désordonnée » du Cabinet au cours de cette période a également conduit à une situation dans laquelle 24% des contrats EPI attribués à l’époque sont aujourd’hui contestés parce que les produits fournis n’étaient pas adaptés à leur usage. En outre, un contrat portant sur 3,5 milliards de gants a été conclu avec un fabricant qui fait aujourd’hui l’objet d’allégations d’esclavage moderne, indique le rapport.

 

La commission s’est également inquiétée des « paiements non autorisés inappropriés versés au personnel par les organismes de santé » au cours de cette période, ajoutant qu’une restructuration massive du NHS pourrait voir quelque chose de ce genre « se reproduire ». »

 

https://www.rt.com/news/556961-uk-government-burn-covid-protection

 

« Le Royaume-Uni violera le droit international s’il modifie unilatéralement le protocole post-Brexit pour l’Irlande du Nord, a déclaré Mary Lou McDonald, chef du parti nationaliste irlandais Sinn Fein.

 

« Ce que le gouvernement conservateur propose de faire, en violation du droit international, c’est de créer d’énormes dommages à l’économie du Nord, à l’économie irlandaise« , a déclaré Mme McDonald à Sky News dimanche. Elle a en outre déclaré que cette mesure porterait atteinte à l’Accord du Vendredi Saint, un accord de paix de 1998 qui a mis fin à la violence en Irlande du Nord.

 

En mai dernier, le Sinn Fein a obtenu le plus grand nombre de sièges lors des élections de l’assemblée d’Irlande du Nord. Il s’agissait de sa meilleure performance en 100 ans d’histoire de l’Irlande du Nord et c’était la première fois qu’un parti nationaliste irlandais devenait le plus important au sein de l’assemblée du territoire.

 

S’exprimant sur les projets de changement de protocole, le Premier ministre irlandais Micheal Martin a adopté un ton similaire mercredi, déclarant que cela marquerait « un point bas historique ». »

 

https://www.rt.com/news/557045-sinn-fein-ireland-protocol

 

« La Norvège, l’un des membres fondateurs de l’OTAN, met fin à un contrat portant sur des hélicoptères militaires NH-90 qu’elle avait signé en 2001, a annoncé vendredi le ministre de la défense du pays, Bjorn Arild Gram, lors d’une conférence de presse. Le modèle, qui a été développé spécifiquement pour répondre aux exigences de l’alliance militaire, a été jugé sous-optimal par les militaires norvégiens, qui ont cité de multiples défauts et retards.

 

Comme le modèle « ne sera jamais en mesure de répondre aux exigences des forces armées norvégiennes », Oslo exige désormais le remboursement des quelque 500 millions d’euros qu’elle a versés jusqu’à présent. L’exploitation des hélicoptères, qui avaient déjà été livrés à la Norvège, a été arrêtée avec effet immédiat vendredi. Les appareils seront renvoyés au fabricant, la multinationale française NHIndustries.

 

Entre-temps, Oslo serait à la recherche d’un remplaçant, qui pourrait venir des États-Unis, a indiqué le média allemand Die Welt. Le rapport décrit le verdict final de l’armée norvégienne sur le NH-90 comme « accablant », tant pour le modèle lui-même que pour la société qui le produit. Oslo a clairement indiqué, comme le note l’article, qu’aucun bricolage, aucune pièce de rechange ou aucun investissement supplémentaire n’était susceptible de rendre l’hélicoptère intéressant.

 

Cependant, NHIndustries ne va apparemment pas se laisser abattre par cette brusque annulation de contrat et pourrait même poursuivre la Norvège en justice pour cette décision, que la société a qualifiée de « juridiquement infondée ».

 

Dans son communiqué, la multinationale a notamment déclaré qu’elle « rejette les accusations portées contre le NH90 et la société », ajoutant qu’Oslo n’avait pas donné à NHIndustries l’occasion de répondre aux « exigences norvégiennes particulières ».

 

Le fabricant a poursuivi en insistant sur le fait que 13 des 14 hélicoptères commandés par la Norvège avaient été livrés, l’autre étant prêt à être enlevé. Toutefois, selon l’armée norvégienne, seuls huit de ces appareils étaient pleinement opérationnels.

 

Pour NHIndustries, dont Airbus détient une participation majoritaire, la décision de la Norvège représente un nouveau coup dur, après que l’Australie, autre acheteur du NH-90, a annoncé en décembre 2021 qu’elle envisageait de passer au Black Hawk de fabrication américaine à terme. Canberra avait alors expliqué que les performances de l’hélicoptère européen étaient un « problème constant », ajoutant que les coûts d’exploitation étaient également trop élevés.

 

Die Welt affirme que la Belgique envisage elle aussi de remplacer ses NH-90. Le média allemand a noté que d’autres utilisateurs ont également signalé divers problèmes avec le NH-90. Par exemple, les Pays-Bas se seraient plaints de problèmes de corrosion liés à ce modèle. »

 

https://www.rt.com/news/557036-norway-terminates-contract-nato-helicopter

 

« Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration britannique est confronté à « une crise aussi importante, voire plus importante » que lors de la pandémie de Covid, a déclaré Kate Nicholls, directrice générale de l’association professionnelle UKHospitality, au Daily Mail.

 

Elle a prévenu que 10 000 pubs et restaurants pourraient bientôt faire faillite en raison d’une « tempête parfaite » d’inflation, avec une montée en flèche des coûts de l’énergie et des loyers.

 

« Nous voyons déjà beaucoup d’opérateurs indépendants rendre les clés et s’en aller », a-t-elle déclaré dimanche.

Mme Nicholls estime que 20 000 des entreprises membres de UKHospitality fonctionnent toujours à perte et que 30 000 n’ont pas de réserves de trésorerie.  « Je n’ai jamais vu un tel cocktail toxique de coûts. C’est une tempête parfaite », a-t-elle déclaré. »

 

https://www.rt.com/business/556767-uk-pubs-may-go-bust

 

« Près d’un Allemand sur six a été contraint de sauter régulièrement des repas pour joindre les deux bouts, selon un sondage réalisé en début de semaine par l’Institut pour de nouvelles réponses sociales et publié vendredi par le journal Bild. Treize autres pour cent disent craindre une telle situation si la hausse des prix des denrées alimentaires se poursuit. »

 

https://www.rt.com/news/557009-germany-hunger-poll-energy-embargo

 

« La fabrication de drogues illégales monte en flèche dans toute l’Europe, selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), qui a révélé dans un rapport mardi que quelque 52 nouvelles substances psychoactives avaient été découvertes en 2021.

 

« Les drogues établies n’ont jamais été aussi accessibles, et de nouvelles substances puissantes continuent d’apparaître… tout le monde peut être affecté, que ce soit directement ou indirectement », a déclaré Alexis Goosdeel, directeur de l’OEDT.

 

Parmi les nouvelles drogues qui sortent des laboratoires européens figurent les amphétamines et les méthamphétamines, les opioïdes de synthèse et les cannabinoïdes de synthèse, selon le rapport.

 

Quelque 350 installations de production de drogue ont été découvertes et détruites en 2020, principalement aux Pays-Bas et en Belgique, et un nombre record de 213 tonnes de cocaïne a été confisqué dans l’UE, a observé l’agence, qui a appelé les pays européens à renforcer les structures de traitement de la toxicomanie et de réduction des risques. »

 

https://www.rt.com/news/557157-synthetic-drugs-proliferating-europe-agency

 

Les États-Unis

« L’armée américaine a ordonné l’arrêt temporaire de certaines missions non critiques, afin de procéder à un examen des risques et des erreurs, après qu’un MV-22B Osprey du Corps des Marines, ainsi qu’un MH-60S Seahawk de la Marine et un avion de combat F/A-18E Super Hornet se soient tous écrasés en une semaine dans le sud de la Californie.

 

« À la suite des récents crashs impliquant des aéronefs de l’US Navy et du Marine Corps, le commandant des forces aéronavales a demandé à toutes les unités aéronautiques de la Navy non déployées de faire une pause sécurité le 13 juin afin de revoir les pratiques de gestion des risques et d’organiser une formation sur les processus de gestion des menaces et des erreurs », indique un communiqué publié samedi.

 

Les unités actuellement déployées ont reçu l’ordre de procéder à une pause de sécurité similaire « dès que possible », a ajouté l’armée, soulignant que « la sécurité de notre personnel reste l’une de nos principales priorités ».

La pause opérationnelle obligatoire de 24 heures fait suite à une série d’incidents et d’accidents mortels alors que la marine américaine et les Marines effectuent depuis plusieurs semaines des exercices sur le champ de tir du comté d’Imperial, dans le désert à la frontière entre la Californie et l’Arizona.

 

Le 9 juin, un hélicoptère Sikorsky MH-60S Seahawk de l’US Navy s’est écrasé près de Naval Air Field El Centro, en Californie. Les quatre membres d’équipage à bord ont survécu à l’accident, et un seul a subi des « blessures ne mettant pas sa vie en danger ».

 

Le 8 juin, un US Marine MV-22B Osprey s’est écrasé près de Glamis, en Californie, tuant les cinq Marines à bord. L’avion à rotors basculants a des antécédents controversés en matière de sécurité, puisque quatre autres Marines ont été tués en mars lorsque leur Osprey s’est écrasé dans le nord de la Norvège lors d’exercices de l’OTAN. Les précédents crashs d’Osprey ayant fait des morts ou des blessés comprenaient des incidents en Australie et en Syrie en 2017, au Japon en 2016 et à Hawaï en 2015.

 

Le 3 juin, un pilote d’avion de chasse de la marine américaine a été tué lorsque son F/A-18E Super Hornet s’est écrasé dans le désert de Mojave, en Californie du Sud. Le Super Hornet, construit par Boeing, est connu comme le premier chasseur d’attaque de la marine et a une vitesse de pointe de près de 1 200 miles par heure. Ce jet à 70 millions de dollars est présenté dans le nouveau film « Top Gun : Maverick » avec Tom Cruise. »

 

https://www.rt.com/news/557016-us-navy-marine-crashes-safety-pause

 

« Les actions américaines se sont effondrées jeudi, l’indice Dow Jones passant 700 points sous les 30 000 pour la première fois depuis plus d’un an.

 

L’indice S&P 500 a glissé de 3,2 % et le Nasdaq Composite de 4 %. Ces deux indices sont maintenant dans des marchés baissiers, en baisse d’environ 23 % et 34 % par rapport à leurs sommets de janvier 2022 et novembre 2021, respectivement. Le Dow Jones se rapproche également de la zone de marché baissier, avec une baisse d’environ 19 % par rapport à ses récents sommets.

 

Ce plongeon fait suite à la hausse des taux d’intérêt décidée mercredi par la Réserve fédérale américaine, la plus importante depuis 28 ans. C’est la première fois depuis 1994 que la Fed augmente ses taux de trois quarts de point de pourcentage, signalant ainsi que l’économie continue de s’affaiblir.

 

« Cela ne va pas être facile », a prévenu mercredi le président de la Fed, Jerome Powell, en révisant à la baisse les perspectives du PIB pour cette année et à la hausse celles du chômage et de l’inflation.»

 

https://www.rt.com/business/557287-us-stocks-sink-year-lowest

Du coup, il semble que les États Unis cherchent, sans faire de bruit, à alléger le poids des sanctions sur eux-mêmes, laissant l’Europe couler toute seule :

« A en croire un article publié le 13 juin par Bloomberg, l’administration américaine encouragerait «discrètement» les entreprises agricoles et maritimes à acheter et à transporter plus d’engrais russes. Et pour cause, du fait des sanctions économiques décrétées par Washington et ses alliés contre Moscou en raison du conflit ukrainien en cours, de nombreuses entreprises occidentales liées au commerce agricole international auraient levé le pied «de peur de ne pas respecter les règles par inadvertance».

 

Des tractations impliquant l’ONU «[Cette incitation des autorités américaines fait] partie de négociations complexes et difficiles en cours impliquant les Nations unies pour augmenter les livraisons d’engrais, de céréales et d’autres produits agricoles en provenance de Russie et d’Ukraine», explique l’agence de presse américaine selon qui les craintes des entreprises du secteur auraient provoqué une forte baisse des approvisionnements mondiaux. Un phénomène en partie responsable d’une «flambée des prix alimentaires» en Occident.  «Des livraisons d’engrais insuffisantes cette année pourraient également affecter les récoltes de l’année prochaine», souligne encore Bloomberg. »

 

https://francais.rt.com/economie/99140-washington-pousserait-discretement-entreprises-acheter-transporter-engrais-russes

 

« Le département du Trésor américain a délivré mardi une licence générale autorisant les transactions liées à l’énergie avec les banques russes sanctionnées jusqu’en décembre. Le permis précédent devait expirer le 24 juin.

 

Selon le document, publié sur le site Internet du département, les transactions seront autorisées avec Vnesheconombank, Otkritie, Sovcombank, Sberbank, VTB, Alfa-Bank, et la Banque centrale de Russie.

 

« Aux fins de cette licence générale, le terme « lié à l’énergie » signifie l’extraction, la production, le raffinage, la liquéfaction, la gazéification, la regazéification, la conversion, l’enrichissement, la fabrication, le transport ou l’achat de pétrole », peut-on lire dans le communiqué.

 

Cela inclut le pétrole brut, les condensats de location, les pétroles non finis, les liquides de gaz naturel, les produits pétroliers, le gaz naturel ou d’autres produits capables de produire de l’énergie, est-il précisé.

 

Sont également inclus dans cette catégorie le charbon, le bois ou les produits agricoles utilisés pour fabriquer des biocarburants, ou l’uranium sous toutes ses formes, ainsi que le développement, la production, la génération, la transmission ou l’échange d’énergie, par tous les moyens, y compris les sources d’énergie nucléaire, thermique et renouvelable. »

 

https://www.rt.com/business/557161-us-energy-transactions-russian-banks

Pendant ce temps la « saga du 6 janvier », quand le Capitole fut envahi par les partisans de Trump à la suite de sa défaite aux élections présidentielles, montre que les coups bas politiques continuent de plus belle aux USA :

« Le représentant Byron Donalds (R-Floride) a accusé la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, d’avoir bloqué les questions de deux enquêtes distinctes du Congrès sur la façon dont les émeutes du 6 janvier ont pu se produire, dans une interview accordée samedi à Dan Bongino sur la chaîne Fox.

 

« À la Chambre, Nancy Pelosi a bloqué les questions qui avaient un sens, comme celles de savoir si vous aviez des agents du FBI intégrés, ce qu’il est advenu du rapport d’information que le FBI a envoyé à la police du Capitole trois ou quatre jours avant le 6 janvier », a déclaré le député.

Pelosi a également refusé de répondre à « la plus grande question de toutes », a-t-il affirmé.

 

« Qu’est-il arrivé aux troupes de la Garde nationale que Donald Trump a autorisées le 4 janvier ? Comment se fait-il qu’elles n’étaient pas au Capitole ou même à proximité le 6 janvier ? »

 

Donalds, membre de la commission de surveillance du Congrès, a révélé que Pelosi a « mis fin » à l’enquête de la commission sur les émeutes à la fin de sa deuxième audience sur le sujet parce que, selon lui, ses collègues républicains s’approchaient trop de la vérité. Cette enquête a été suivie par une commission indépendante, qui, selon M. Donalds, a également été avortée par Mme Pelosi. « Puis elle a créé son Politburo, que tout le monde a pu voir hier soir sur les chaînes d’information ».

 

Tout en reconnaissant que « la violence et les émeutes au Capitole étaient réelles », Donalds a rejeté la « conspiration politique selon laquelle Donald Trump voulait une insurrection » comme « insensée ». Alors que Bongino soulignait que les audiences largement télévisées sur les émeutes semblaient incapables de décider si le chaos avait été comploté longtemps à l’avance ou « incité » sur place par Trump – un « délit » pour lequel le président de l’époque a été jugé pour destitution une seconde fois, le député de Floride a convenu que les audiences étaient destinées à « créer un récit là où il n’y en a pas. »

 

Pelosi est loin d’être le seul allié puissant de l’administration Biden à tenter de faire obstruction à l’enquête sur le rôle du FBI dans la prétendue insurrection. Lorsqu’on lui a demandé « combien d’agents ou de biens du gouvernement fédéral étaient présents le 6 janvier, s’ils ont fait de l’agitation pour entrer dans le Capitole, et si l’un d’entre eux l’a fait » par le député Thomas Massie (R-Kentucky) lors d’une audition en octobre, le procureur général Merrick Garland a refusé de répondre, invoquant une enquête en cours.

 

En tentant d’expliquer les tentatives bâclées de contrôle narratif par Pelosi et ses alliés, Donalds a souligné que les démocrates d’aujourd’hui étaient « le même parti politique qui voulait que tout le monde croie à la collusion avec la Russie. Et nous avons découvert que la seule collusion venait du DNC et d’Hillary Clinton. »

 

L’enquête Durham lancée par Trump sur les origines du scandale de la « collusion russe » a récemment révélé que non seulement le faux récit de « collusion » provenait de la campagne d’Hillary Clinton, mais qu’elle avait personnellement approuvé la fuite vers les médias d’une histoire bidon affirmant que la campagne Trump avait été en contact avec la banque russe Alfa Bank. Les courriels du FBI rendus publics dans le cadre de l’enquête ont également révélé que l’ancien président Barack Obama avait approuvé la publication de l’affirmation selon laquelle la Russie avait piraté le Comité national démocrate avant même que le FBI n’ait reçu et examiné une image du serveur prétendument piraté fournie par la société de cybersécurité CrowdStrike. »

 

https://www.rt.com/news/557053-pelosi-capitol-riot-questions

La réponse de Trump ne s’est pas fait attendre :

« L’ancien président américain Donald Trump a accusé les démocrates américains d’utiliser l’enquête sur les émeutes du Capitole pour distraire les Américains du fait que leur pays est « en train d’être détruit » et l’empêcher de se représenter en 2024.

 

Trump a fait cette affirmation lundi dans une déclaration de 12 pages, publiée en réponse au lancement, la semaine dernière, des audiences publiques des commissions de la Chambre des représentants qui enquêtent sur les événements du 6 janvier 2021.

 

Les membres du Congrès sont en train de monter un dossier selon lequel l’insistance publique de Trump sur le fait que l’élection de 2020 lui a été volée – bien que les assistants présidentiels aient déclaré à plusieurs reprises que c’était faux – a trompé ses partisans et les a incités à prendre d’assaut le Capitole.

 

Trump rejette ces allégations. « Notre nation souffre. Notre économie est dans le caniveau. L’inflation est galopante. Les prix de l’essence ont atteint un niveau record. Les navires sont incapables de décharger leur cargaison. Les familles ne peuvent pas obtenir le lait maternisé dont elles ont besoin. Nous sommes une honte pour le monde entier. Mais au lieu d’essayer de résoudre ces problèmes et d’autres, le « Congrès démocrate » met en scène « un tribunal kangourou, dans l’espoir de détourner l’attention du peuple américain de la grande douleur qu’il éprouve », a écrit l’ancien président. »

 

https://www.rt.com/news/557118-trump-democrats-capitol-probe

 

La Chine

« Les responsables chinois et pakistanais ont convenu d’accroître leur coopération dans la lutte contre le terrorisme et d’autres problèmes de sécurité, approfondissant leur coopération au milieu des efforts de « forces extérieures » pour diviser les deux pays.

« Le Pakistan et la Chine ont réaffirmé leur partenariat stratégique en ces temps difficiles et ont convenu de poursuivre l’échange régulier de points de vue sur des questions d’intérêt commun », a déclaré l’armée d’Islamabad dans un communiqué dimanche. Les pays ont également promis de renforcer leurs liens en matière de formation, de technologie et de lutte contre le terrorisme.

 

L’accord a été conclu à l’issue d’une visite de quatre jours à Pékin d’une délégation militaire pakistanaise dirigée par le chef d’état-major de l’armée, le général Qamar Javed Bajwa. Leurs hôtes chinois étaient dirigés par le général Zhang Youxia, vice-président de la Commission militaire centrale de Chine.

 

Les délégations ont discuté de leurs points de vue sur la sécurité internationale et régionale. Pékin aurait demandé à Bajwa d’empêcher les attaques dans la région du Baloutchistan contre les ressortissants chinois qui travaillent sur le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), un ensemble de projets d’infrastructure évalués à plus de 60 milliards de dollars. »

 

https://www.rt.com/news/557098-china-pakistan-expand-security-ties

L’OTAN, fer de lance de l’impérialisme étasunien, veut étendre ses alliances pour encercler la Chine :

« Le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, a annoncé mercredi son intention de participer au prochain sommet de l’OTAN qui se tiendra à Madrid à la fin du mois. M. Kishida a critiqué le conflit actuel entre la Russie et l’Ukraine, accusant Moscou de violer « l’ordre du monde » par ses actions.

 

« J’ai l’intention de lancer un appel pour dire que changer le statu quo unilatéralement par la force est inacceptable où que ce soit dans le monde et que la sécurité en Europe est inséparable de la sécurité dans l’Indo-Pacifique », a déclaré Kishida lors d’une conférence de presse. « L’invasion de la Russie viole la paix et l’ordre du monde et ne peut jamais être tolérée. »

 

Si M. Kishida est en passe de devenir le premier Premier ministre japonais à assister à un sommet de l’OTAN, il ne sera pas le seul dirigeant de la région Asie-Pacifique à participer à l’événement, comme l’a révélé le secrétaire général de l’alliance, Jens Stoltenberg, qui s’exprimait avant une réunion ministérielle de l’OTAN à Bruxelles mercredi.

 

« Pour la première fois de notre histoire, nous inviterons nos partenaires de l’Asie-Pacifique, les premiers ministres de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie, du Japon et aussi le président de la Corée du Sud participeront au sommet de l’OTAN, ce qui est une démonstration forte de notre partenariat étroit avec ces pays de l’Asie-Pacifique qui partagent les mêmes idées« , a déclaré Stoltenberg.

 

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky sera également invité, a révélé le responsable, mais on ne sait pas encore s’il sera en mesure d’assister en personne à l’événement. »

 

https://www.rt.com/news/557202-japan-pm-nato-summit

Tout cela ne fait que renforcer le lien entre la Russie et la Chine :

« Le président chinois Xi Jinping a déclaré à son homologue russe Vladimir Poutine lors d’un appel téléphonique mercredi que Pékin continuera à soutenir Moscou sur les questions de « souveraineté et de sécurité ».

 

« La Chine est prête à continuer à offrir un soutien mutuel à la Russie sur les questions concernant nos intérêts fondamentaux tels que la souveraineté et la sécurité, à intensifier la coordination stratégique entre les deux pays, et à renforcer la communication et la coordination dans les grandes organisations internationales et régionales telles que les Nations unies, les BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghai« , a déclaré Xi Jinping, cité par le média d’État chinois CCTV.

 

Lors de l’appel téléphonique, qui tombait le jour du 69e anniversaire de Xi, les deux dirigeants ont noté que les relations entre la Russie et la Chine « ont atteint un niveau sans précédent et s’améliorent constamment », a déclaré le service de presse du Kremlin.

 

Poutine a souligné que Moscou s’oppose à toute tentative d’ingérence de forces extérieures dans les affaires intérieures de la Chine, comme c’est le cas au Xinjiang, à Hong Kong et à Taiwan, a rapporté CCTV.

 

Abordant le conflit en Ukraine, M. Xi a noté, selon les médias d’État chinois, que Pékin a toujours porté des jugements indépendants. Il aurait également appelé toutes les parties au conflit à trouver une solution pacifique, les dirigeants chinois étant prêts à jouer un rôle constructif dans ce processus.

 

Il s’agissait du deuxième appel téléphonique entre Poutine et Xi depuis que la Russie a lancé son offensive contre l’Ukraine le 24 février. »

 

https://www.rt.com/news/557220-china-russia-cooperation-security-issues

Traduit par Wayan pour le Saker Francophone

Votre spectacle de tous les spectacles

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 6 juin 2022 – Source kunstler.com

Capitol riots: Here's everyone from New York State arrested so far (photos) - syracuse.com

Le démantèlement des États-Unis reçoit sa dose estivale de stéroïdes ce jeudi, lorsque la fête politique connue sous le nom de commission spéciale du 6 janvier commencera à diffuser en prime-time son enquête sur la soi-disant « insurrection » qui a eu lieu le jour où le Congrès s’est réuni pour décompter le vote du collège électoral de 2020, lorsque des centaines de manifestants ont pénétré illégalement dans le Capitole, encouragés et aidés par une équipe du FBI qui était infiltrée dans la foule et par de mystérieux personnages, situés à l’intérieur du bâtiment, qui leur ont ouvert les portes.

Les objectifs de cette extravagance sont A) d’amadouer les derniers électeurs « hésitants » avant les élections de mi-mandat, B) de dépeindre l’ancien président Donald Trump comme l’instigateur du tumulte et un ennemi du peuple afin qu’il ne puisse plus se présenter aux élections, et C) de punir les anciens employés de la Maison Blanche et les partisans de Trump par des frais de justice onéreux afin de les éliminer du jeu politique.

Le Parti du chaos n’a certainement pas besoin de renforcer la psychose collective de sa base, qui soutient que l’élection de 2020 a été la plus juste et la plus équitable de l’histoire des États-Unis. Les membres du comité chanteront la phrase talismanique « Le grand mensonge » ad nauseam pour éloigner les soupçons raisonnables que ce sont eux qui font le mensonge. Comme une sorte de stupidité maniaque accompagne toutes les actions du parti ces jours-ci, cela pourrait facilement se retourner contre eux. Deux ans plus tard, des enquêtes sont toujours en cours dans plusieurs États clés et, il y a quelques semaines seulement, le documentaire « 2000 Mules » a diffusé des images vidéo horodatées du bourrage flagrant des urnes à travers le pays.

Les actions en justice déposées récemment affirment également que la commission elle-même est illégalement constituée, puisque la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a interdit (contre les règles) aux républicains minoritaires de nommer leurs propres membres. Au lieu de cela, elle l’a fait pour eux, en y plaçant les voyous Liz Cheney et Adam Kinzinger, farouchement hostiles, ce qui signifie qu’aucun témoin qui pourrait réfuter les détails pertinents du récit de l’« insurrection » déjà construit ne sera appelé. La plupart des témoignages présentés seront des entretiens enregistrés sur vidéo avec des responsables de la Maison Blanche de Trump et il n’y aura aucun compte à rendre sur ce qui pourrait être supprimé. En d’autres termes, vous avez une configuration évidente pour une chambre étoilée, un dispositif pour ignorer les droits individuels et la procédure équitable.

Le contexte, bien sûr, comme je l’ai dit plus haut, est un pays qui est en train d’imploser de six façons différentes – pour paraphraser Chuck Schumer, le leader du Parti du Chaos au Sénat. Au moins la moitié du public est déjà au courant des dégâts extravagants infligés à notre vie nationale par les bénéficiaires de l’élection de 2020. Grâce à « Joe Biden », le dollar perd de sa valeur, nous avons déclenché une guerre en Ukraine qui conduira à une famine mondiale et à une immigration de réfugiés en masse, le pétrole et le gaz naturel sont inabordables grâce à notre déstabilisation des réseaux de distribution mondiaux, les pièces de rechange sont indisponibles pour toutes les machines imaginables dans le pays, le modèle économique de l’agriculture est brisé, l’immobilier croule sous la hausse des taux d’intérêt hypothécaires, le CDC continue de promouvoir les vaccins Covid malgré la preuve de leur inefficacité et de leur nocivité, les villes sont submergées par la violence criminelle et les toxicomanes sans-abri psychotiques, et, comme dernière indignité – en fait, une publicité au monde de notre faiblesse dépravée – l’armée américaine accueille des spectacles de drag queens sur nos bases aériennes européennes.

S’agit-il là des circonstances que les électeurs américains sont censés approuver lors des élections de novembre, alors que toutes ces conditions sont susceptibles d’empirer ? Apparemment, le Parti du Chaos le pense, puisqu’il offre exactement ce qu’il représente. Et pourtant, ils sont clairement nerveux à ce sujet, comme s’ils souffraient de doutes fugitifs que nous, le peuple, sommes prêts pour un effondrement culturel et économique.

Mon conseil est donc de prendre les audiences télévisées du 6 janvier pour le grand divertissement qu’elles sont censées être. Appréciez les histoires larmoyantes des officiers de la police du Capitole qui prétendent souffrir de stress post-traumatique. Voyez la terrible « menace pour notre démocratie » que représente l’intrus torse nu portant un casque à cornes qui discute avec les agents de sécurité dans la salle du Sénat. Remarquez les « insurgés » qui prennent des selfies séditieux dans le hall des statues et tentent de se refourguer des meubles souvenirs. Voyez la représentante Liz Cheney fulminer avec mépris et dégoût contre sa némésis orange. Compatissez avec le président de la commission, Bennie G. Thompson, qui frappe avec son marteau et crie à l’ordre lorsqu’un témoin en direct prononce le nom d’Ashli Babbitt. Regardez le représentant Adam Kinzinger mettre le feu aux poudres. Prenez tout cela en compte et demandez-vous : qui cherche exactement à subvertir notre république ?

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Ukraine. Les États-Unis se dirigent vers l’escalade

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 17 juin 2022

Les conséquences économiques catastrophiques de la guerre par procuration de « l’Occident » contre la Russie apparaissent. L’inflation élevée, causée par les contraintes de l’offre dues aux sanctions et à un excès de dépenses, va ruiner les classes moyennes de nombreux pays.

Pour ceux qui ne portaient pas d’œillères et qui connaissaient les économies réelles de l’« Occident » et de la Russie, cette situation était prévisible et prédite :

Les États-Unis poussent leurs « alliés » européens à commettre un suicide économique en sanctionnant tout ce qui concerne la Russie. Les États-Unis devraient être plus prudents. Ils sont l’un des plus gros acheteurs de pétrole russe et leur industrie aéronautique dépend du titane russe. La Russie sait sûrement qui essaie de lui faire le plus de mal et elle sait sûrement comment, et a les moyens, de riposter.

Le mal n’a pas encore atteint son paroxysme. Cet hiver sera très difficile pour l’Europe. Les pays pauvres sont encore plus mal lotis. Beaucoup connaîtront des crises alimentaires et des émeutes.

Aujourd’hui, le président russe Vladimir Poutine a tenu un discours au forum économique de St Petersbourg. La transcription n’est pas encore disponible, mais voici des extraits d’un fil Twitter :

The Eurasianist @Russ_Warrior – 12:58 UTC – Jun 17, 2022

 

Président Poutine au #SPIEF2022 : « Les États-Unis, après avoir déclaré la victoire dans la guerre froide, se sont déclarés les messagers de Dieu sur terre, n’ayant plus d’obligations, mais seulement des intérêts. Ils semblent ne pas remarquer que de nouveaux centres de puissance se sont formés sur la planète »

 

Poutine au #SPIEF2022 : « Les changements dans le monde sont fondamentaux, charnières et inexorables. Et c’est une erreur de croire que l’on peut rester assis au milieu de ces changements rapides, attendant que soi-disant tout revienne à la normale, que tout soit comme avant. Ce ne sera pas le cas ! »

 

« Il y aura une profonde dégradation en Europe, les élites actuelles vont être remplacées » – Président Poutine à #SPIEF2022 « Leurs politiques erronées conduiront à une augmentation des sentiments nationalistes et extrémistes dans la société européenne. »

 

« Le monde a été systématiquement conduit vers une énorme crise mondiale par les pays du soi-disant « G7 » – Président Poutine à #SPIEF2022.

 

« L’UE a totalement perdu sa souveraineté politique, ses élites dansent sur l’air de quelqu’un d’autre, causant du tort à leur propre population. »

 

« La faim dans les pays les plus pauvres sera sur la conscience de l’Occident et des soi-disant démocraties européennes » – Président Poutine à #SPIEF2022.

 

« Ce problème ne date pas d’aujourd’hui, ni des 3-4 derniers mois, et ce n’est pas la faute de la #Russie. Nous serions heureux d’être aussi omnipotents. La situation s’est aggravée depuis des années, en raison des activités de ceux qui prévoyaient de briser les flux commerciaux », a souligné le président Poutine….

 

« Tous ceux qui veulent continuer à travailler/coopérer avec la Russie sont menacés par les États-Unis » – Président #Poutine « Cependant, cela montre si de vrais dirigeants sont à la tête d’un pays ou pas », a souligné le président.

« La Russie entre dans l’ère à venir en tant que puissant pays souverain et seuls les États souverains forts peuvent avoir leur mot à dire dans l’ordre mondial émergent, ou sont condamnés à rester ou à devenir une colonie », a conclu le président Poutine dans son discours au #SPIEF2022.

Chaque mot de ce discours est vrai. Peut-être que Poutine lit Moon of Alabama car j’ai beaucoup parlé de ces mêmes sujets.

Ce n’est pas seulement l’actuelle élite européenne qui sera remplacée. Les États-Unis connaîtront des changements similaires. Biden et les Démocrates sont grillés :

L’enquête, menée du 10 au 13 juin auprès de 1 541 adultes américains, révèle que si une autre élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, davantage d’électeurs inscrits disent qu’ils voteraient pour Donald Trump (44 %) que pour Biden (42 %) …

 

Depuis que Biden a pris ses fonctions, aucun sondage Yahoo News/YouGov ne l’a montré à la traîne de Trump (bien que les écarts les plus récents de Biden se situent dans la marge d’erreur, comme c’est le cas pour Trump). Il y a un an, Biden devançait Trump de 9 points de pourcentage. En 2020, Biden a remporté la Maison-Blanche par plus de 7 millions de voix.

 

Pourtant, la cote de popularité de Biden s’est atrophiée pendant une grande partie de l’année dernière, et la nouvelle enquête montre qu’elle n’a jamais été aussi faible. Aujourd’hui, 56 % des Américains désapprouvent les performances du président – le pourcentage le plus élevé à ce jour – tandis que 39 % seulement les approuvent. Il y a trois semaines, ces chiffres étaient respectivement de 53 % et 42 %.

 

En moyenne, les scores d’approbation du travail de Biden sont maintenant inférieurs de quelques points à ceux de Trump au même moment de sa présidence.

 

Parmi tous les Américains, Trump (43 %) a maintenant une cote de popularité personnelle plus élevée que Biden (40 %) également. Dans le même temps, près des deux tiers des indépendants (64 %) ont une opinion défavorable de Biden et 28 % seulement déclarent qu’ils voteraient pour lui plutôt que pour Trump.

Dans Asia Times, David Goldman voit des signes de changement de cap de Biden sur l’Ukraine :

Un compromis en Ukraine avec d’importantes concessions territoriales à la Russie – la seule façon concevable de mettre fin à la guerre – humilierait Washington.

Une solution négociée à la guerre en Ukraine n’est cependant pas impossible. Washington pourrait continuer à se présenter comme le défenseur de la souveraineté de l’Ukraine tout en encourageant les dirigeants européens à faire le sale boulot et à forcer l’Ukraine à négocier avec Moscou.

 

Un indice possible dans cette direction a été donné le 14 juin par le sous-secrétaire américain à la défense pour la politique Colin H. Kahl, qui a déclaré : « Nous n’allons pas dire aux Ukrainiens comment négocier, quoi négocier et quand négocier. Ils vont fixer ces conditions par eux-mêmes ». …

 

Les États-Unis ne diront pas à l’Ukraine ce qu’elle doit faire, a déclaré le sous-secrétaire Kahl. Mais cela n’empêche pas d’autres gouvernements de faire à Zelensky une offre qu’il ne peut refuser. Le conseiller de Zelensky, Oleksiy Arestovych, a déclaré au journal allemand Bild-Zeitung le 16 juin que le chancelier allemand Scholz, le président français Macron et le président italien Draghi pourraient présenter une telle demande à Zelensky lors de leur visite actuelle à Kiev.

J’espère qu’ils l’ont fait. Mais aujourd’hui, sans aucune annonce, le premier ministre britannique Boris Johnson, sans doute sur ordre de Biden, est apparu à Kiev pour faire pression en faveur d’une nouvelle guerre, tout comme il l’a fait fin mars lorsqu’il a dit au président ukrainien Zelensky d’abandonner les négociations avec la Russie.

C’est pourquoi je crains que Michael Brenner n’ait raison et que Biden n’intensifie la guerre en attaquant ailleurs :

La nécessité est la mère de l’invention – c’est du moins ce que l’on dit. Toutefois, il est très difficile de saisir ce qui est « nécessaire ». Une véritable refonte de la façon dont on considère une situation problématique est normalement un dernier recours. L’expérience et l’histoire nous le disent, tout comme les expériences comportementales. …

 

Vous êtes donc coincé avec l’albatros d’une Ukraine tronquée et en faillite accroché à votre cou. Il n’y a rien que vous puissiez faire pour changer ces conditions – sauf un rapport de force direct, peut-être suicidaire, avec la Russie. Ou, peut-être, une tentative de représailles ailleurs. Cette dernière solution n’est pas facilement atteignable, pour des raisons géographiques et parce que l’Occident a déjà épuisé son arsenal d’armes économiques et politiques.

 

Au cours de l’année écoulée, les États-Unis ont tenté de fomenter des changements de régime de type Maïdan au Belarus et au Kazakhstan. Les deux ont été déjoués. Le dernier avec la connivence de la Turquie, qui a déployé un contingent de bazouks bashi à partir du stock de djihadistes syriens qu’elle garde en réserve à Idlib (à déployer comme le président Recep Erdogan l’a fait avec plus de succès en Libye et en Azerbaïdjan).

 

Il reste une cible sensible concevable : la Syrie. Là, les Israéliens sont devenus de plus en plus audacieux en provoquant les Russes par des frappes aériennes contre les infrastructures syriennes et les installations militaires.

Aujourd’hui, nous voyons des signes indiquant que la tolérance de Moscou s’amenuise, ce qui suggère que de nouvelles provocations pourraient déclencher des représailles que Washington pourrait alors exploiter pour faire monter les tensions. Cela servira-t-il ? Pas sûr. À moins que les ultras de l’administration Biden ne recherchent le type de confrontation directe qu’ils ont évité en Ukraine, jusqu’à présent.

 

L’implication est que l’option du déni et l’option de l’ajustement progressif sont exclues. Une sérieuse remise en question s’impose, logiquement parlant.

 

Le scénario le plus inquiétant voit la frustration, la colère et l’anxiété s’accumuler à Washington au point d’encourager une impulsion irréfléchie pour démontrer les prouesses américaines. Cela pourrait prendre la forme d’une attaque contre l’Iran en compagnie d’Israël et de l’Arabie saoudite, le nouveau couple bizarre de la région.

 

Une autre perspective, encore plus sombre, serait un test de volonté artificiel avec la Chine. Nous en voyons déjà des preuves croissantes dans la rhétorique belliqueuse des dirigeants américains, depuis le président Joe Biden.

Mais le Pentagone n’est pas prêt pour une guerre contre la Chine. L’Iran est trop fort et répondrait à une attaque en lançant son énorme arsenal de missiles sur Israël et les alliés des États-Unis dans le Golfe. Il reste donc la Syrie. Ce n’est pas un hasard si le Wall Street Journal rapportait hier que les États-Unis coordonnent les frappes aériennes israéliennes dans ce pays :

WASHINGTON – Israël coordonne secrètement avec les États-Unis un grand nombre des frappes aériennes qu’il effectue en Syrie, alors que les alliés sont confrontés à un champ de bataille encombré de groupes militants, de milices soutenues par l’Iran et de militaires étrangers, selon des responsables américains.

Je m’attends à ce que ces frappes aériennes, comme l’attaque de la semaine dernière contre l’aéroport de Damas, s’intensifient dans l’espoir de détourner l’attention de la Russie de l’Ukraine.

La Russie est bien sûr préparée à 100 % à cela, mais les erreurs de calcul des États-Unis qui ont conduit à cette situation sont déjà nombreuses et je ne pense pas que cette tendance va changer de sitôt.

Dans son dernier exposé sur les causes et les conséquences de la guerre en Ukraine (vidéo), John Mearsheimer explique également pourquoi il pense qu’une escalade est probable et quels pourraient en être les résultats. Sans les questions-réponses, la conférence ne dure qu’une heure et vaut bien le temps passé à l’écouter.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Trudeau ment. Les patrouilles aériennes canadiennes près de la Chine ne sont pas sous « mission de l’ONU »

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 16 juin 2022

Le Canada ment en prétendant qu’il applique le droit international alors qu’en fait ses avions espionnent la Chine.

Le 2 juin, le quotidien canadien Globe & Mail rapportait l’interdiction par la Chine d’un avion de reconnaissance canadien :

L’armée canadienne accuse les avions de guerre chinois de harceler ses avions de patrouille en mission de sanction contre la Corée du Nord

 

L’armée canadienne a accusé les avions de guerre chinois de harceler ses avions de patrouille lorsqu’ils surveillent les tentatives de contournements des sanctions par la Corée du Nord, obligeant parfois les avions canadiens à dévier de leur trajectoire de vol.

 

À plusieurs reprises entre le 26 avril et le 26 mai, des avions de l’Armée de l’air de l’Armée populaire de libération (PLAAF) se sont approchés d’un avion de patrouille à long rayon d’action CP-140 Aurora de l’Aviation royale du Canada (ARC), ont déclaré les Forces armées canadiennes dans un communiqué mercredi.

 

De telles interactions sont préoccupantes et de plus en plus fréquentes, a déclaré l’armée canadienne, notant que les missions ont lieu pendant les opérations approuvées par les Nations Unies pour mettre en œuvre les sanctions contre la Corée du Nord.

 

Les aéronefs canadiens faisaient partie de l’opération NEON d’Ottawa, dans le cadre de laquelle des navires, des aéronefs et du personnel militaires sont déployés pour repérer en mer les cas présumés de contournement des sanctions, notamment les transferts de navire à navire de carburant et d’autres fournitures interdites par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Les Nations unies ont-elles vraiment donné au Canada la mission ou même le droit d’identifier les évasions de sanctions en haute mer ou près de la Corée du Nord ? Je trouve cela étonnant.

Quatre jours plus tard, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a été interrogé sur ces incidents. Ses réponses sont intervenues après que la Chine eut expliqué sa position :

Le ministère chinois des affaires étrangères avertit le Canada que provoquer Pékin pourrait entraîner de « graves conséquences » après que l’armée canadienne a accusé, la semaine dernière, des avions de guerre chinois de harceler ses appareils, qui sont là pour surveiller le respect des sanctions des Nations unies par la Corée du Nord.

 

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a laissé entendre lors d’un point de presse à Pékin, lundi, que ces patrouilles d’avions canadiens et alliés sont illégales. « Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a jamais autorisé un pays à effectuer une surveillance militaire dans les mers et l’espace aérien d’autres pays au nom de l’application de sanctions », a-t-il déclaré aux journalistes.

La réponse de Trudeau à cette question est quelque peu confuse :

Le Premier ministre Justin Trudeau, en réponse, a défendu les patrouilles qui, selon lui, font partie d’un effort multinational pour faire appliquer les sanctions de l’ONU. Il a averti Pékin que les pilotes des deux côtés risquaient d’être blessés ou tués par le comportement de la Chine.

 

« Les actions de la Chine sont, dans ce cas là, irresponsables et provocatrices, et nous continuerons à avertir avec force qu’elles mettent des gens en danger tout en ne respectant pas les décisions de l’ONU d’appliquer les sanctions de l’ONU contre la Corée du Nord », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’une conférence de presse à Ottawa avec le président du Chili lundi.

 

Les pilotes de chasse chinois ont récemment intensifié leur comportement agressif à l’encontre des avions militaires canadiens volant dans l’espace aérien international près de la Corée du Nord.

Un « effort multinational pour appliquer les sanctions de l’ONU » est quelque chose de différent d’une « opération approuvée par l’ONU pour appliquer les sanctions contre la Corée du Nord », ce que l’armée canadienne a affirmé.

Depuis 2019, le Canada a, de temps en temps, envoyé une frégate navale ou un avion de patrouille à long rayon d’action pour aider à surveiller les approches océaniques de la Corée du Nord dans le cadre d’une mission multinationale, avec les États-Unis et d’autres alliés, pour faire appliquer les sanctions contre Pyongyang concernant son programme d’armes nucléaires. La zone de patrouille comprend la mer de Chine orientale contestée, au-dessus de laquelle la Chine a établi une zone d’identification de défense aérienne en 2013.

Les pays à l’origine de cet effort sont les États-Unis et leurs mandataires habituels. Mais s’il s’agissait d’une mission de l’ONU ou approuvée par l’ONU, la Chine et la Russie auraient dû l’accepter au Conseil de sécurité de l’ONU. Elles ne l’ont jamais fait.

Pourtant, Trudeau insiste sur l’écran de fumée de l’ONU :

« Le Canada participe à une mission de l’ONU visant à interdire, à intercepter et à assurer le respect des sanctions contre le régime meurtrier de la Corée du Nord », a déclaré le Premier ministre. « Le Canada continue de défendre la primauté du droit. Nous continuons à défendre le multilatéralisme. Nous continuons à défendre les principes de la Charte des Nations Unies. »

Je n’ai trouvé aucune nouvelle ou document officiel indiquant que l’ONU a déjà conçu ou demandé une telle mission.

Il existe un total de neuf résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies contre la Corée du Nord. La plus pertinente ici est la résolution 1718 de 2006. Au paragraphe 8, elle demande aux pays membres d’appliquer certaines sanctions :

Agissant en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, et prenant des mesures en vertu de son article 41 …

  1. Décide que :

(a) Tous les États membres empêchent la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la RPDC, par leur territoire ou par leurs ressortissants, ou en utilisant des navires ou des aéronefs battant leur pavillon, et qu’ils soient ou non originaires de leur territoire, de :

[… une liste de certains systèmes d’armes et de matériels].

Ce paragraphe limite toute mesure que les pays peuvent prendre, avec l’accord du CSNU, à leur territoire, leurs ressortissants ou les navires sous leur contrôle. Il n’autorise pas à faire quoi que ce soit à d’autres territoires, ressortissants ou navires battant pavillon étranger ou à agir contre de tels navires en haute mer.

Le paragraphe 8d, qui concerne les sanctions financières, comporte des restrictions similaires :

d) Tous les États membres, conformément à leurs procédures légales respectives, gèlent immédiatement les fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques qui se trouvent sur leur territoire à la date d’adoption de la présente résolution ou à tout moment par la suite, ….

La résolution 2094 du CSNU de 2013 a ajouté des sanctions supplémentaires mais a inclus les mêmes restrictions territoriales :

Décide que les États Membres, outre qu’ils s’acquitteront des obligations qui leur incombent en vertu des alinéas d) et e) du paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006), empêcheront la fourniture de services financiers ou le transfert de fonds vers, par ou depuis leur territoire, ou à ou par leurs ressortissants ou des entités constituées conformément à leur législation (y compris des succursales à l’étranger), ou des personnes ou institutions financières se trouvant sur leur territoire, …

En fait, toutes les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies dont j’ai connaissance, à l’exception des quelques-unes qui autorisent directement une guerre, comportent des restrictions similaires. Les ordres ou les demandes adressés aux pays membres de l’ONU pour appliquer des sanctions ou prendre d’autres mesures sont toujours limités aux choses ou aux personnes que le pays contrôle légalement. Les raisons en sont évidentes. Les droits des autres pays seraient violés si les Nations unies permettaient au Canada ou à toute autre personne d’intervenir en dehors de leur propre domaine juridique.

L’affirmation de l’armée canadienne selon laquelle ses avions participent à des « opérations approuvées par les Nations Unies » est donc fausse. Il n’y a aucune approbation de l’ONU pour de telles opérations.

L’affirmation du Premier ministre canadien selon laquelle il participe à une « mission de l’ONU » est fausse. Il n’existe aucune mission de ce type concernant la RPDC.

Les avions espions canadiens qui volent près de la frontière chinoise n’appliquent pas le droit international. Il s’agit simplement d’un subterfuge pour cacher leur véritable mission qui est en fait d’espionner la Chine.

Il convient de rappeler à M. Trudeau l’incident survenu en 2001 près de l’île de Hainan, au cours duquel un avion à réaction chinois est entré en collision avec un avion espion américain qui a ensuite dû effectuer un atterrissage d’urgence en Chine :

Les 24 membres de l’équipage (21 hommes et 3 femmes) ont été détenus pendant 10 jours au total, et ont été libérés peu après que les États-Unis aient émis une « lettre de regrets » aux Chinois. L’équipage n’a que partiellement réussi à détruire le matériel classifié, et certains des documents qu’il n’a pas réussi à détruire comprenaient des clés cryptographiques, des manuels de renseignement électromagnétique et les noms des employés de la National Security Agency. Certains des ordinateurs capturés contenaient des informations détaillées sur le traitement des communications PROFORMA en provenance de Corée du Nord, de Russie, du Vietnam, de Chine et d’autres pays. L’avion transportait également des informations sur les paramètres des émetteurs des systèmes radar alliés des États-Unis dans le monde entier. Le fait que les États-Unis pouvaient suivre les sous-marins de la PLAN par transmission de signaux a également été révélé à la Chine.

Les États-Unis évitent désormais largement de telles missions. Ils ordonnent plutôt au Canada (et à l’Australie) de les effectuer, en leur faisant supporter les risques. Le fait d’énerver la Chine en prétendant, à tort, que ces missions sont effectuées en vertu du droit international ne fera qu’accroître le risque d’un autre incident grave.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Le monde ne fonctionne plus de cette façon maintenant

Par : Zineb

La fixation sur l’Ukraine n’est essentiellement qu’un vernis qui recouvre les réalités d’un ordre mondial en décomposition.


Par Alastair Crooke – Le 6 juin 2022 – Source Strategic Culture

La Première Guerre mondiale a marqué la fin d’un ordre mercantile qui avait évolué sous l’égide des puissances européennes. Cent ans plus tard, un ordre économique très différent est en place (le cosmopolitisme néolibéral). Considérée par ses architectes comme universelle et éternelle, la globalisation a fasciné le monde pendant un long moment, mais a ensuite commencé à s’affaisser à partir de son zénith, précisément au moment où l’Occident donnait libre cours à son triomphalisme lors de la chute du mur de Berlin. L’OTAN, en tant que système de régulation de l’ordre, a répondu à la « crise identitaire » qui l’accompagnait en poussant à l’expansion vers l’est, vers les frontières occidentales de la Russie, au mépris des garanties qu’elle avait données et des objections virulentes de Moscou.

Cette aliénation radicale de la Russie a déclenché son pivot vers la Chine. L’Europe et les États-Unis ont toutefois refusé d’examiner les questions d’« équilibre » au sein des structures mondiales et se sont contentés de passer sous silence les réalités d’un ordre mondial en pleine métamorphose : le déclin progressif des États-Unis était déjà apparent, la fausse « unité » européenne masquait ses propres déséquilibres internes et, dans le contexte d’une structure économique hyperfinanciarisée, l’économie réelle était mortellement aspirée.

La guerre actuelle en Ukraine n’est donc qu’un complément, l’accélérateur de ce processus existant de décomposition de l’« ordre libéral » . Elle n’en est pas le centre. Fondamentalement géostratégique à l’origine, la dynamique explosive de la désintégration actuelle peut être considérée comme le contrecoup de l’inadéquation entre, d’une part, les divers peuples qui cherchent désormais des solutions adaptées à leurs civilisations non occidentales et, d’autre part, l’insistance de l’Occident sur son ordre à « taille unique » . L’Ukraine est donc un symptôme, mais n’est pas en soi le désordre le plus profond.

Tom Luongo a fait remarquer, à propos des événements « désordonnés » et confus d’aujourd’hui, que ce qu’il craint le plus, c’est que tant de gens analysent les interactions entre la géopolitique, les marchés et l’idéologie, et le fassent avec une si grande complaisance. « Il y a une quantité étonnante de biais de normalité dans la caste des experts, trop de « les têtes froides prévaudront » et pas assez de « tout le monde a un plan jusqu’à ce qu’il reçoive un coup de poing dans la gueule » » .

Ce que la réplique de Luongo n’explique pas entièrement, c’est la véhémence, l’indignation, avec laquelle toute mise en doute de la caste des experts accrédités du moment est accueillie. Il est clair qu’il existe une peur plus profonde qui rôde dans les profondeurs de la psyché occidentale et qui n’est pas pleinement explicitée.

Wolfgang Münchau, anciennement au Financial Times et aujourd’hui auteur d’EuroIntelligence, décrit comment un tel zeitgeist canonisé a implicitement emprisonné l’Europe dans une cage de dynamiques adverses qui menacent son économie, son autonomie, son globalisme et son être.

Münchau raconte comment la pandémie et l’Ukraine lui ont appris que c’est une chose de proclamer un globalisme interconnecté « comme un cliché » , mais que « c’en est une autre d’observer ce qui se passe réellement sur le terrain lorsque ces connexions se déchirent… Les sanctions occidentales étaient fondées sur une prémisse formellement correcte, mais trompeuse, une prémisse que je croyais moi-même, du moins jusqu’à un certain point : la Russie est plus dépendante de nous que nous ne le sommes de la Russie … La Russie est cependant un fournisseur de produits primaires et secondaires dont le monde est devenu dépendant. Mais lorsque le plus grand exportateur de ces produits disparaît, le reste du monde connaît des pénuries et une hausse des prix » . Il poursuit :

Avons-nous bien réfléchi à tout cela ? Les ministères des affaires étrangères qui ont élaboré les sanctions ont-ils discuté à un moment ou à un autre de ce que nous ferions si la Russie bloquait la mer Noire et ne permettait pas au blé ukrainien de quitter les ports ? Ou avons-nous pensé que nous pouvions répondre de manière adéquate à un problème de famine mondial en montrant Poutine du doigt ?

 

Le confinement nous a beaucoup appris sur notre vulnérabilité aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Il a rappelé aux Européens qu’il n’existe que deux voies pour expédier des marchandises en masse vers l’Asie et en revenir : soit par conteneur, soit par chemin de fer à travers la Russie. Nous n’avions aucun plan pour une pandémie, aucun plan pour une guerre, et aucun plan pour le cas où les deux se produiraient en même temps. Les conteneurs sont bloqués à Shanghai. Les chemins de fer sont fermés à cause de la guerre…

 

Je ne suis pas sûr que l’Occident soit prêt à affronter les conséquences de ses actions : inflation persistante, réduction de la production industrielle, baisse de la croissance et hausse du chômage. Pour moi, les sanctions économiques ressemblent au dernier baroud d’honneur d’un concept dysfonctionnel appelé l’Occident. La guerre en Ukraine est un catalyseur de la déglobalisation massive.

La réponse de Münchau est la suivante : à moins que nous ne passions un accord avec Poutine comprenant la levée des sanctions, il voit « un danger que le monde devienne soumis à deux blocs commerciaux : l’Ouest et le reste. Les chaînes d’approvisionnement seront réorganisées pour rester à l’intérieur de ces blocs. L’énergie, le blé, les métaux et les terres rares de la Russie seront toujours consommés, mais pas ici. Nous continuerons à manger des Big Macs » .

Donc, une fois de plus, « on » cherche une réponse : pourquoi les euro-élites sont-elles si bruyantes, si passionnées dans leur soutien à l’Ukraine ? Et risquent-elles une crise cardiaque du fait de la véhémence de leur haine pour Poutine ? Après tout, jusqu’à cette année, la plupart des Européens et des Américains ne savaient presque rien de l’Ukraine.

Nous connaissons la réponse : la peur la plus profonde est que tous les repères de la vie libérale, pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, sont sur le point d’être balayés à jamais. Et c’est Poutine qui en est responsable. Comment allons-nous naviguer dans la vie, sans repères ? Que deviendrons-nous ? Nous pensions que le système libéral était inéluctable. Un autre système de valeurs ? Impossible !

Ainsi, pour les Européens, la fin de la partie en Ukraine doit absolument réaffirmer l’identité européenne (même au prix du bien-être économique de ses citoyens). Historiquement, de telles guerres se sont généralement terminées par un règlement diplomatique sale. Cette « fin » serait probablement suffisante pour que les dirigeants de l’UE puissent parler de « victoire » .

La semaine dernière encore, l’UE a déployé des efforts diplomatiques considérables pour persuader Poutine de conclure un accord.

Mais (en paraphrasant et en développant les propos de Münchau), c’est une chose de proclamer le caractère souhaitable d’un cessez-le-feu négocié « comme un cliché » . « C’en est une autre d’observer ce qui se passe réellement sur le terrain lorsque le sang coule pour concrétiser les faits sur le terrain … » .

Les initiatives diplomatiques occidentales partent du principe que la Russie a besoin d’une « porte de sortie » , davantage que l’Europe n’en a besoin. Mais est-ce vrai ?

Paraphrasant à nouveau Münchau : « Avons-nous bien réfléchi ? Les ministères des affaires étrangères qui ont élaboré les plans visant à former et à armer une insurrection ukrainienne dans le Donbass dans l’espoir d’affaiblir la Russie ont-ils discuté à un moment donné de l’effet que leur guerre et leur mépris exprimé vis-à-vis de la Russie pourraient avoir sur l’opinion publique russe ? Ou de ce que « nous » ferions si la Russie choisissait simplement de s’imposer sur le terrain jusqu’à ce qu’elle ait terminé son projet… Ou avons-nous même évoqué la possibilité que Kiev perde, et ce que cela signifierait pour une Europe criblée de sanctions qui ne prendraient alors jamais fin ? » .

L’espoir d’un règlement négocié a fait place à une humeur plus sombre en Europe. Poutine s’est montré intransigeant lors de ses entretiens avec les dirigeants européens. Paris et Berlin commencent à comprendre qu’un accord bancal n’est pas à l’avantage de Poutine et qu’il ne peut pas se le permettre. L’opinion publique russe n’acceptera pas facilement que le sang de ses soldats ait été dépensé dans un exercice vain, aboutissant à un compromis « sale » , pour que l’Occident ressuscite une nouvelle insurrection ukrainienne contre le Donbass dans un an ou deux.

Les dirigeants européens doivent se rendre compte de leur situation difficile : ils ont peut-être raté le coche pour obtenir une « solution » politique. Mais ils n’ont pas raté le coche en ce qui concerne l’inflation, la contraction économique et la crise sociale dans leur pays. Ces catastrophes s’approchent d’eux à toute vapeur. Les ministères des affaires étrangères de l’UE ont-ils réfléchi à cette éventualité ou ont-ils été emportés par l’euphorie et le récit autorisé du « méchant Poutine » émanant des pays baltes et de la Pologne ?

Voilà où nous voulons en venir : la fixation sur l’Ukraine n’est essentiellement qu’un vernis qui recouvre les réalités d’un ordre mondial en décomposition. Ce dernier est la source du désordre général. L’Ukraine n’est qu’une petite pièce sur l’échiquier, et son issue ne changera pas fondamentalement cette « réalité ». Même une « victoire » en Ukraine ne conférerait pas l’« immortalité » à l’ordre néolibéral fondé sur des règles.

Les fumées nocives émanant du système financier mondial n’ont aucun lien avec l’Ukraine, mais elles sont d’autant plus importantes qu’elles sont au cœur du « désordre » qui règne dans l’« ordre libéral » occidental. Peut-être est-ce cette peur inexprimée primordiale qui explique la véhémence et la rancœur que suscite tout écart par rapport aux messages approuvés sur l’Ukraine ?

Et le biais de normalité des discours qu’évoque Luongo n’est jamais plus évident (Ukraine mise à part) que lorsqu’il s’agit d’aborder l’étrange sélectivité de la pensée anglo-américaine qui ne tient compte que de son propre avis sur son ordre économique néolibéral.

Le système politique et économique anglo-américain, comme l’a noté James Fallows, ancien rédacteur de discours à la Maison Blanche, repose, comme tout système, sur certains principes et croyances. « Mais plutôt que d’agir comme si ces principes étaient les meilleurs ou ceux que leurs sociétés préfèrent, les Britanniques et les Américains agissent souvent comme si ces principes étaient les seuls possibles et que personne, sauf par erreur, ne pourrait en choisir d’autres. L’économie politique devient une question essentiellement religieuse, sujette à l’inconvénient standard de toute religion, l’incapacité à comprendre pourquoi des personnes extérieures à la foi pourraient agir comme elles le font » .

« Soyons plus spécifiques : la vision anglo-américaine du monde d’aujourd’hui repose sur les épaules de trois hommes. Le premier est Isaac Newton, le père de la science moderne. L’autre est Jean-Jacques Rousseau, le père de la théorie politique libérale. (Si nous voulons que cela reste purement anglo-américain, John Locke peut servir à sa place). Et l’autre est Adam Smith, le père de l’économie du laissez-faire.

 

De ces titans fondateurs découlent les principes selon lesquels la société avancée, dans la vision anglo-américaine, est censée fonctionner… Et elle est censée reconnaître que l’avenir le plus prospère pour le plus grand nombre de personnes provient du libre fonctionnement du marché.

 

Dans le monde non anglophone, Adam Smith n’est que l’un des nombreux théoriciens qui ont eu des idées importantes sur l’organisation des économies. Les philosophes des Lumières n’ont cependant pas été les seuls à réfléchir à la manière dont le monde devait être organisé. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, les Allemands ont également été actifs, sans parler des théoriciens à l’œuvre dans le Japon des Tokugawa, la Chine impériale tardive, la Russie tsariste et ailleurs.

 

Les Allemands méritent d’être mis en avant, plus que les Japonais, les Chinois, les Russes et ainsi de suite, car nombre de leurs philosophies perdurent. Celles-ci n’ont pas pris racine en Angleterre ou en Amérique, mais elles ont été soigneusement étudiées, adaptées et appliquées dans certaines régions d’Europe et d’Asie, notamment au Japon. À la place de Rousseau et de Locke, les Allemands ont proposé Hegel. A la place d’Adam Smith… ils avaient Friedrich List.

L’approche anglo-américaine est fondée sur l’hypothèse de l’imprévisibilité de l’économie et l’impossibilité de la planifier. Les technologies changent, les goûts changent, les circonstances politiques et humaines changent. Et parce que la vie est si fluide, cela signifie que toute tentative de planification centrale est pratiquement vouée à l’échec. La meilleure façon de « planifier » est donc de laisser l’adaptation aux personnes qui ont leur propre argent en jeu. Si chaque individu fait ce qui est le mieux pour lui, le résultat sera, par sérendipité, ce qui est le mieux pour la nation dans son ensemble.

Bien que List n’ait pas utilisé ce terme, l’école allemande était sceptique quant à la sérendipité, et plus préoccupée par les « défaillances du marché » . Il s’agit des cas dans lesquels les forces normales du marché produisent un résultat clairement indésirable. List soutenait que les sociétés ne passaient pas automatiquement de l’agriculture à l’artisanat et aux grandes industries simplement parce que des millions de petits marchands prenaient des décisions pour eux-mêmes. Si chaque personne place son argent là où le rendement est le plus élevé, l’argent ne va pas automatiquement là où il fait le plus de bien à la nation.

Pour qu’il le fasse, il faut un plan, une impulsion, l’exercice d’un pouvoir central. List s’est largement inspiré de l’histoire de son époque où le gouvernement britannique encourageait délibérément les produits fabriqués en Grande-Bretagne et où le jeune gouvernement américain décourageait délibérément les concurrents étrangers.

L’approche anglo-américaine suppose que la mesure ultime d’une société est son niveau de consommation. À long terme, selon List, le bien-être d’une société et sa richesse globale sont déterminés non pas par ce que la société peut acheter, mais par ce qu’elle peut fabriquer (c’est-à-dire la valeur provenant de l’économie réelle et autosuffisante). L’école allemande a fait valoir que l’accent mis sur la consommation finirait par aller à l’encontre du but recherché. Elle détournerait le système de la création de richesse et rendrait finalement impossible de consommer autant ou d’employer assez de personnes.

Les déclarations de List étaient prémonitoires. Il avait raison. C’est la faille maintenant si clairement exposée dans le modèle anglo-saxon. Elle a été aggravée par la financiarisation massive qui a conduit à une structure dominée par une super-sphère éphémère de produits dérivés qui a vidé l’Occident de son économie réelle créatrice de richesse, en envoyant ses restes et ses chaînes d’approvisionnement à l’étranger. L’autosuffisance s’est érodée et la base de la création de richesse qui s’est rétrécie fait vivre une proportion de plus en plus faible de la population avec des emplois correctement rémunérés.

Le système n’est plus adapté aux besoins et est en crise. C’est un fait largement compris dans les hautes sphères du système. Reconnaître ce fait semble toutefois aller à l’encontre des deux derniers siècles d’économie présentés comme une longue progression vers la rationalité et le bon sens anglo-saxons. C’est la base de l’« histoire » anglo-saxonne.

Pourtant, la crise financière pourrait bien bouleverser cette histoire.

Comment cela ? Eh bien, l’ordre libéral repose sur trois piliers, trois piliers imbriqués et co-constituants : les « lois » de Newton. Celles-ci ont été projetées pour donner au modèle économique anglo-saxon la prétention (douteuse) d’être fondé sur des lois empiriques dures, comme s’il s’agissait de physique. Rousseau, Locke et leurs disciples ont élevé l’individualisme au rang de principe politique, et c’est de Smith qu’est venu le noyau logique du système anglo-américain : si chaque individu fait ce qui est le mieux pour lui, le résultat sera ce qui est le mieux pour la nation dans son ensemble.

L’élément le plus important de ces piliers est leur équivalence morale, ainsi que leur lien d’interdépendance. Si l’un des piliers est invalidé, l’ensemble de l’édifice connu sous le nom de « valeurs européennes » s’écroule. Ce n’est qu’en étant verrouillés ensemble qu’ils possèdent une cohérence.

Et la peur inexprimée de ces élites occidentales est que pendant cette période prolongée de suprématie anglo-saxonne, il y a toujours eu une école de pensée alternative à la leur. List ne se préoccupait pas de la moralité de la consommation. Il s’intéressait plutôt à la stratégie et au bien-être matériel. En termes stratégiques, les nations finissaient par être soit dépendantes soit souveraines en fonction de leur capacité à fabriquer des choses pour elles-mêmes.

Et la semaine dernière, Poutine a dit à Scholtz et Macron que les crises (y compris les pénuries alimentaires) auxquelles ils étaient confrontés, provenaient de leurs propres structures et politiques économiques défaillantes. Poutine aurait pu citer l’aphorisme de List :

L’arbre qui porte le fruit a plus de valeur que le fruit lui-même… La prospérité d’une nation n’est pas… plus grande selon que celle-ci a amassé plus de richesses (c’est-à-dire de valeurs d’échange), mais selon que celle-ci a plus développé ses capacités de production.

Scholtz et Macron n’ont probablement pas apprécié le message. Ils voient bien que le système néolibéral occidental a perdu son hégémonie.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

L’opération très spéciale

Par : hervek

Par Batiushka – Le 7 juin 2022 – Source thesaker.is

L’opération spéciale en Ukraine a porté à son paroxysme la confrontation entre la Russie et les pays occidentaux, États-Unis en tête. Les batailles se déroulent non seulement dans les vastes espaces de l’Ukraine, mais aussi dans les sphères économiques, politiques et culturelles. Le style des Anglo-Saxons n’a pas changé depuis des siècles. Ils continuent donc aujourd’hui à dicter leurs conditions au monde, en piétinant grossièrement les droits souverains des États.

Nikolai Patrushev, Secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, 3 juin 2022

Ce que la crise ukrainienne nous a montré, c’est que…. l’Occident est isolé du reste du monde et c’est un signal d’alarme pour le présent et surtout pour l’avenir.

Silvio Berlusconi, Il Giornale, 4 juin 2022

Introduction

Prêtre orthodoxe russe et historien de la culture, ayant vécu dans plusieurs pays d’Europe occidentale et orientale, dont la Russie et l’Ukraine, je ne peux manquer de ressentir une grande tristesse face aux événements qui se déroulent aujourd’hui. Mais je ressens également une grande espérance. Le processus d’injustice barbare qui a commencé en 1914 et mis fin à la Vieille Europe et qui est passé par toutes sortes de dates fatidiques, 1917, 1929, 1939, 1945, 1968, 1989, 1991, 2014, pour n’en citer que quelques-unes, est en train de se déployer davantage et d’atteindre un crescendo mondial. Comme l’a déclaré Nikolai Patrushev, l’Opération Spéciale n’est pas seulement un événement militaire, elle est beaucoup, beaucoup plus profonde que cela, elle est militaire, politique, économique et culturelle. C’est pourquoi il a fallu si longtemps, huit ans, pour mener à bien les préparatifs minutieux nécessaires à l’Opération, compte tenu de la forte probabilité que l’Occident refuse de descendre de ses grands chevaux d’orgueil et de négocier comme le font les gens raisonnables.

L’autodestruction militaire

Puisque l’Occident a refusé de négocier, le champ de bataille est pour l’instant l’Ukraine orientale ultra-militarisée. Toutefois, la guerre ne se déroule pas entre des frères ukrainiens et des frères russes, mais entre Washington et ses vassaux de l’OTAN/UE et Moscou et ses alliés du Donbass. Il ne fait aucun doute que la Russie gagnera en Ukraine, car elle dispose d’une supériorité aérienne et navale totale. L’est et le sud russophones de l’Ukraine, la Novorussie, qui faisait partie de la Russie jusqu’en 1922, sont en train d’être libérés par un petit corps expéditionnaire de l’armée russe et des troupes locales. Toutefois, il n’a jamais été prévu que l’opération serait brève ; la plupart des gens savaient qu’elle prendrait des mois et peut-être, en raison d’une éventuelle ingérence de l’OTAN, un an ou plus.

La guerre est plus longue parce que l’armée de Kiev s’y prépare depuis huit longues années. Elle a construit des tranchées et des fortifications, s’est équipée d’une énorme quantité de formations et d’armes de l’OTAN, que les forces armées russes sont obligées de détruire, avec les nazis ukrainiens, les mercenaires occidentaux et les instructeurs de l’OTAN. De ce conflit naîtra une nouvelle Ukraine. Elle s’appellera peut-être à nouveau Malorussie ou gardera peut-être son nom de « Borderlands ». Quoi qu’il en soit, il s’agira d’un petit pays, comptant peut-être une quinzaine de millions d’habitants, dont le centre sera Kiev. Quel que soit son nom, ce sera effectivement le Protectorat de Kiev, qui fera partie de l’État de l’Union avec la Fédération de Russie, le Belarus et probablement d’autres pays.

Mort politique

Les opposants à l’opération spéciale et à ses conséquences ont été révélés. Les traîtres russes et autres parmi nous, contre lesquels nous avons continuellement mis en garde sans être écoutés, se sont montrés. Beaucoup, mais pas tous (nous ne citerons pas de noms ici), ont fui la Russie et ont été éloignés ailleurs. Ils n’ont pas compris les mots selon lesquels la lutte en Ukraine est une « lutte métaphysique ». Les oligarques et tous ceux qui chérissent les billets de banque et l’approbation des élites occidentales par-dessus tout ne comprendront jamais cela – que nous avons des valeurs qui sont plus élevées que l’or. Aujourd’hui, les sept milliards de personnes du monde non occidental sont opposées au milliard de personnes du monde occidental. Toutes les fondations internationales, l’ONU, le FMI, l’OMS etc, vont être refaites. Pourquoi certaines d’entre elles, au moins, n’auraient-elles pas leur siège en Russie ? Soit à Saint-Pétersbourg, soit à Ekaterinbourg, soit en Crimée.

L’ONU, qui pourrait être rebaptisée « Union des peuples » ou quelque chose de similaire, devrait être soutenue par les plus grandes nations de tous les continents et civilisations : la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Pakistan, le Brésil, le Nigeria, le Bangladesh, la Russie, le Mexique, le Japon, l’Éthiopie, les Philippines, l’Égypte et le Vietnam. Peut-être y aurait-il d’autres nations qui doivent encore être réformées des reliques du présent. Par exemple, à l’issue de cette opération spéciale, il n’y a aucune raison pour que les États-Unis ou l’Union européenne continuent d’exister. Une fois qu’ils se seront effondrés, dénazifiés et réformés, une nouvelle nation ou un nouveau groupe de pays d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale, par exemple une Confédération nord-américaine ou une Fédération des nations souveraines d’Europe de style gaulliste, pourrait être autorisée à rejoindre la nouvelle Symphonie mondiale des nations et à y prendre part. Son hymne pourrait peut-être être tiré du Nouveau Monde, la neuvième symphonie de Dvorak.

Suicide économique

Outre l’extraction des matières premières, les entreprises technologiques, les industries d’armement et les vastes secteurs de services (services aux services), le monde occidental dépend de la « drôle de monnaie » pour survivre. En d’autres termes, il vit des presses qui impriment des billets de banque. Ceux-ci créent des dettes impayables et une inflation systémique. Pendant des décennies, le monde occidental a vécu dans un paradis de la dette. Cependant, il atteint maintenant un point où il ne peut même plus payer les intérêts de cette dette. La faillite l’attend.

D’un autre côté, le monde réel ne repose pas sur la spéculation sur les « produits dérivés » et les « contrats à terme », mais sur des choses solides, des produits de base, de la nourriture à manger (céréales, maïs et les engrais pour les faire pousser), du pétrole et du gaz pour l’énergie et le chauffage, des matières premières et des minéraux pour la fabrication. En d’autres termes, pendant plusieurs décennies, le monde occidental a vécu dans une bulle. Cette bulle est en train d’éclater : les poules sont en train de rentrer au bercail, peut-être déjà cet hiver, sinon avant. Attendez-vous à des protestations généralisées dans tout le monde occidental et contre le monde occidental.

Nihilisme culturel

Depuis plusieurs décennies, et surtout depuis les années 1960, le monde occidental semble avoir abandonné ses fondements culturels et ses systèmes éducatifs. Les signes en étaient alors des hordes de jeunes filles hurlant à propos de leurs hormones, alors qu’elles écoutaient les sons musicaux de jeunes hommes aux cheveux longs. Cependant, les premiers signes de ce nihilisme culturel étaient déjà apparus bien avant, dès 1914, dans divers ismes artistiques et littéraires, mais ils étaient ésotériques, de taille très limitée et très moqués par le grand public. Pourtant, en 1949, le célèbre artiste anglais Sir Alfred Munnings pouvait reprocher aux membres de l’Académie royale britannique de pratiquer l’art moderne, qualifiant Picasso et Matisse de « barbouilleurs stupides ».

L’infantilisation du système éducatif occidental – le primaire qui est devenu la maternelle, le secondaire qui est devenu le primaire et le tertiaire (université) qui est devenu le secondaire – le révèle. Le doctorat n’a plus vraiment de sens, car on dit aux enfants qu’ils sont des génies simplement parce qu’ils sont capables de reconnaître les lettres de l’alphabet latin. Cette dégénérescence a produit une société infantilisée, comme on le voit bien au niveau des politiciens et des journalistes en particulier, mais elle est partout visible dans l’analphabétisme et l’innumérisme des sociétés occidentales contemporaines. Il n’est pas étonnant que nous en soyons arrivés au nazisme de « l’annulation de la Russie », c’est-à-dire l’annulation de Pouchkine, de Dostoïevski, de Tchaïkovski, c’est-à-dire l’annulation de la culture.

Conclusion

Nous sommes maintenant à un tournant, non seulement dans l’histoire européenne, mais aussi dans l’histoire mondiale. Les prophéties des saints sont en train de se réaliser. Par exemple, le saint russe Aristocleus, parlant en 1917, a prédit : « La fin viendra par la Chine. Il y aura une explosion inhabituelle et un miracle de Dieu sera révélé ». Il y a quelques années seulement, cette prophétie semblait dénuée de sens. Aujourd’hui, nous pouvons commencer à penser qu’il faisait peut-être référence au coronavirus, ou encore au retour prochain de Taïwan à la Chine ? Ou peut-être quelque chose d’autre, que nous n’avons pas du tout prévu. Le temps nous le montrera, mais voici de curieuses possibilités.

Soyons honnêtes. Soit la Russie est victorieuse dans cette opération très spéciale, soit nous entrerons dans un âge sombre, auquel il n’y aura pas de fin, car il s’agira d’un gouvernement mondial unique orwellien. Une telle dictature mondiale ne tolérera aucune opposition, tous ceux qui la contesteront seront réprimés. C’est notre dernière chance de résister et de riposter à l’agression qui a commencé en 1914, une agression militaire, politique, économique et culturelle, une agression totalitaire qui conduit à la mort totale, la mort du corps et de l’âme. Mais selon tous les rapports militaires, et encore plus les prophéties, la Russie sera victorieuse.

6 juin 2022, 78ème anniversaire du Jour J

Batiushka

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Les grandes questions que nous devrions tous nous poser en matière de géopolitique

Par : Zineb

Par Tom Luongo – Le 31 mai 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

Dire que l’actualité est « désordonnée » aujourd’hui serait le comble de l’euphémisme. Chaque jour, les titres des journaux nous présentent une nouvelle série de données contradictoires qui nous convainquent d’un mensonge qui sert les intérêts de quelqu’un.

Quels que soient les efforts que nous déployons pour suivre l’évolution de la situation, éliminer les éléments superflus pour trouver les informations utiles au milieu de ce vacarme est un travail à plein temps.

Parfois, cependant, il est préférable de reculer de quelques pas, de se rabattre sur les principes de base et de se rappeler qui sont les acteurs, ce qu’ils veulent, puis de poser la grande question à chacun d’eux… est-ce qu’ils réussissent ?

Mais pour pouvoir poser cette question, nous devons nous poser honnêtement la question suivante :

Que seront-ils prêts à faire pour survivre dans les circonstances actuelles ?

C’est la question la plus inconfortable que vous puissiez poser à quelqu’un. Que feriez-vous pour survivre ? Pour protéger votre famille ? Votre position ? L’idée que vous vous faites de vous-même ?

Tout le monde a des limites à sa moralité. Tout le monde. Tout le monde a une ombre, un côté sombre, un endroit où il se replie sur son moi hobbesien et voit le monde uniquement en termes de « guerre de tous contre tous » . Toute personne qui refuse de l’admettre est une personne que vous devriez fuir en hurlant.

Ceux qui revendiquent toujours la supériorité morale, qui sont toujours « les bons ! » sont ceux qui n’ont pas de limites à leur comportement. Comme l’a proclamé le grand H.L. Mencken il y a près de 70 ans :

L’envie de sauver l’humanité n’est presque toujours qu’un faux-semblant, l’envie véritable est celle de diriger. Le pouvoir est ce que tous les messies recherchent réellement, pas la possibilité de servir. Cela est vrai même pour les frères pieux qui portent l’évangile dans les pays étrangers.

C’est dans ce contexte que nous devons poser cette question : « Que feront-ils ? » .

Bien sûr, la réponse est : « Tout ce qui leur sera nécessaire » .

C’est pourquoi je n’écarte jamais rien dans mon analyse. C’est pourquoi je suis toujours prêt à sauter cinq ou six étapes avant le grand mouvement, car c’est la limite du comportement du groupe étudié. Aujourd’hui, il peut s’agir de Davos, demain de la Fed, le jour suivant de la Russie.

Ils ont tous un état final préféré, une solution à leur équation personnelle, avec leur propre combinaison de variables d’entrée. Moi, je vois cela comme un ensemble d’équations différentielles à résoudre. Nous voulons tous qu’elles se réduisent à un ensemble de résultats qui permettront à quelqu’un de se rapprocher de son résultat préféré.

Et la partie effrayante pour nous tous devrait être de réaliser que non seulement il n’y a pas une seule combinaison où le résultat de chacun est maximisé, mais qu’il n’y a même pas de condition « gagnant/perdant » .

Il n’y a que des perdants, nous.

Parce que la première règle de toute organisation est l’auto-survie. Jetez les déclarations de mission, les discours d’entreprise et les signaux de vertu des RH dans la benne à ordures et foutez-y le feu. A la fin de la journée, tout ce qui compte c’est la survie. Ce n’est que lorsque celle-ci est quasiment assurée qu’une organisation peut commencer à penser au-delà de son cerveau reptilien.

Comme vous et moi. Et à ce stade, toutes les factions majeures ont été réduites à cela, leur horizon est juste hors de portée, et elles s’efforcent de l’atteindre parce qu’il est … là, tout prêt !

Mais, à l’image du paradoxe de Zénon, ils ne l’atteignent jamais parce qu’il n’a jamais été possible de l’atteindre en premier lieu.

Ce que je crains plus que tout, ce que je vois chez trop de gens qui analysent les rapports entre la géopolitique, les marchés et l’idéologie, c’est la complaisance. Il y a une quantité étonnante de biais de normalité dans la caste des analystes, trop de « les têtes calmes prévaudront » et pas assez de « ils ont tous un plan jusqu’à ce qu’ils se prennent un coup de poing dans la gueule » .

Alors, quand vous pensez à Davos et à ses objectifs déclarés pour la grande réinitialisation et le sauvetage du monde du changement climatique, pensez-vous vraiment qu’il y a une limite à leur comportement ?

Croyez-vous vraiment qu’ils ne déclencheront pas une guerre nucléaire, qu’ils ne libéreront pas une peste virulente, qu’ils ne créeront pas un remède pire que la maladie, qu’ils ne provoqueront pas une fusillade sous faux drapeau dans une école ou qu’ils ne divulgueront pas un avis de la Cour suprême ?

Lorsque l’on pense à la Réserve fédérale dans le contexte d’un assaut sans précédent contre son autonomie et les intérêts bancaires commerciaux dont la protection est sa raison d’être, pensez-vous vraiment qu’aujourd’hui, à ce stade, elle ne provoquerait pas un effondrement économique pour se sauver d’un autre groupe (disons Davos) qui menacerait tout cela de destruction ?

Alors, tous ceux qui pontifient sur le fait que la Fed n’opérera qu’une ou deux hausses de taux parce que c’est ce que les modèles disent, parce que c’est ce que le comportement passé de la Fed est censé leur dire, que direz-vous à vos clients lorsque la Fed procédera à une quatrième hausse de 50 points de base. Ou qu’elle accélérera le rythme du resserrement quantitatif à 125 milliards de dollars par mois et permettra à l’obligation américaine à 10 ans d’atteindre 6 % ? 8% ? 10% ?

Allez-vous hausser les épaules et dire, « Euh, désolé, c’est ma faute » .

Face à la perspective d’une Ukraine réarmée sur le plan nucléaire, qui s’allie à des idéologues néoconservateurs du Congrès et du Département d’État américain engagés dans une vision singulière d’hégémonie sur la planète, ne serait-il pas possible que la Russie mène une guerre d’usure vicieuse en utilisant les tactiques d’artillerie de la Seconde Guerre mondiale pour réduire ses adversaires en bouillie, tout en s’engageant sinistrement à les éradiquer ?

Qu’en est-il des dirigeants du Congrès au Capitole, corrompus à l’extrême et sans morale, qui se sont enrichis personnellement et ont tissé un immense réseau de conneries si vaste et encombrant que nous pouvons à peine en suivre les détails, même en surface ?

Ne feraient-ils pas tout pour empêcher que leur malfaisance ne paraisse au grand jour et ne puisse plus être démentie de manière plausible, sachant que le déni est la seule chose qui compte à D.C. ?

Aujourd’hui, le président du FOMC nouvellement confirmé, Jerome Powell, a été convoqué par le président Biden à la Maison Blanche pour discuter de l’économie. Biden et les Démocrates ont une peur bleue de cet automne. Biden veut évidemment que Powell cesse de relever les taux. Les Démocrates ne veulent perdre que 40 sièges à la Chambre en novembre.

C’est tout ce que l’infrastructure de fraude électorale paye avec l’argent de George Soros.

Powell a à peine commencé le cycle de resserrement et ces gens-là, sans vergogne, après avoir retardé sa confirmation pendant un an, après avoir abusé de leur pouvoir sur la Fed, convoquent Powell comme un chien à la Maison Blanche et lui disent : « Ne nuisez pas à nos chances cet automne. »

Si j’étais Powell, je sourirais comme le chat du Cheshire avant de disparaître dans les entrailles du bâtiment Marriner-Eccles, et j’envisagerais une hausse de 75 points de base juste pour le fun.

Ou il pourrait voir son ombre, être effrayé et conclure un accord. Mais à ce stade, avec qui ? Avec qui passe-t-on un accord ? Les détenteurs d’obligations ? Davos ? Biden ? Avec qui ?

Sérieusement, c’est à cela que notre politique est réduite par ces abrutis vénaux contrôlés par Davos ? Y-a-t-il encore des gens là-bas qui réfléchissent un tant soit peu ?

Cela fait un an que je vous dis que personne ne pose les bonnes questions sur ce que la Fed est prête à faire, non seulement pour se sauver elle-même, mais éventuellement dans le but beaucoup plus large de briser les personnes qui brisent intentionnellement le monde à leur profit.

Trop de gens n’arrivent pas à dépasser les chiffres du budget ou des recettes fiscales. Les marchés obligataires ? Les actions ? La Fed ne pourrait pas tout brûler, n’est-ce pas ? Ceux qui ne veulent pas poser cette question sérieusement sont ceux qui continuent à détourner le regard de l’abîme parce que l’abîme les regarde en retour.

Ils refusent d’envisager ce qui se passe lorsque le plateau de jeu est si chamboulé, lorsque la tour de Jenga est si fragile, que le seul mouvement gagnant consiste à donner un petit coup à la table et à regarder le tout s’effondrer.

La Fed s’est déjà penchée sur cet abîme par le passé et s’en est toujours éloignée, mais c’était quand on avait encore du temps. Mais le Davos nous a poussés au bord de l’effondrement sociétal dans tout l’Occident, il a refusé de même envisager qu’il est l’abîme et à cause de cela, la Fed pourrait être confrontée au choix héroïque de sauter et de nous laisser ramasser les morceaux.

La question que j’ai pour vous est simple : « Qu’êtes-vous prêt à devenir si cela arrive ? »

Nous savons déjà ce que font les grands joueurs.

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Une fuite massive montre une conspiration de l’État profond anglais pour pousser au Brexit

Par : Wayan

Par RT − Le 5 juin 2022

Une conspiration élaborée, prétendument dirigée par des personnages agissant dans l’ombre au sein de l’élite britannique, a été exposée dans une fuite massive publiée par un groupe de pirates informatiques, fin mai. Les documents et courriels alléguant un complot de l’État profond par les partisans inconditionnels du Brexit pour obtenir un Brexit le plus « dur » possible est maintenant disponible sur un site internet nommé « Very English Coup d’État ».

Complot pour un Brexit dur

Le complot implique les partisans du Leave [de la rupture avec l’UE, NdT] les plus acharnés : L’ancien chef du MI6, Richard Dearlove, l’ancienne conseillère à l’OTAN et au ministère de la Défense, Gwythian Prins, l’éminente militante du Brexit et ancienne députée travailliste, Baroness Stuart, le professeur émérite d’histoire de France de l’Université de Cambridge, Robert Toombs, ainsi que d’autres personnages.

Les objectifs de la campagne, baptisée « Opération Surprise », ont été exposés dans un document datant de 2018, rédigé par Prins, qui proclamait la nécessité de « porter le combat contre nos adversaires, qui sont sans scrupules, par tous les moyens nécessaires. » Les comploteurs cherchaient à aboutir à un Brexit le plus « dur » possible, ciblant à la fois ceux qui cherchaient à maintenir l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE et les partisans d’un Brexit « doux ».

Le groupe a cherché à « bloquer tout accord découlant du désastreux et peureux Chequers White Paper », le plan Brexit de la Première ministre de l’époque, Theresa May, et à « s’assurer que nous partions dans les conditions normales de l’OMC ». Ils voulaient également, « si nécessaire, destituer la Premier ministre et la remplacer par un autre qui soit à la hauteur » et « nettoyer la fonction publique polluée de fond en comble » en plaçant des personnes de confiance à des postes clés.

D’après les courriels divulgués, le projet était apparemment financé par Tim et Mary Clode, un couple d’aristocrates agissant dans l’ombre et basé dans le paradis fiscal britannique de Jersey. Les comploteurs considéraient le couple comme parfait pour leur rôle, notant qu’ils étaient « plutôt doués pour les conversations consciemment discrètes » et « évitaient soigneusement toute interaction avec les médias sociaux. »

Avec la chute du gouvernement May, le groupe a à la fois activement essayé d’élever Boris Johnson au poste de premier ministre, et tenté d’influencer sa façon de penser. Dans un courriel envoyé par Dearlove en juin 2019, alors que la campagne de leadership battait son plein, l’ex espion-en-chef a déclaré qu’il avait été occupé à « fournir des briefings sur la sécurité nationale à Boris », faisant l’éloge de Johnson comme étant un gars « très rapide et capable » et un « excellent érudit classique » qui était l’homme parfait pour le poste.

« Nous avons besoin d’un leader qui a le charisme et la capacité de se débarrasser de [Jeremy] Corbyn et de faire face à la menace de [Nigel] Farage. Il n’y a pas d’alternative quand on regarde la question sous cet angle. »

Cependant, la confiance du groupe en Johnson s’est apparemment érodée au fil du temps, les courriels les plus récents suggérant que la cabale de l’ombre cherche désormais à le remplacer par quelqu’un d’autre. Dans un courriel envoyé début janvier, Prins déplorait le manque d’« endurance » du Premier ministre pour mener à bien le Brexit.

« J’en viens à l’idée que je ne vois pas comment le Premier ministre ne va pas sombrer d’une manière ou d’une autre ; et il a tellement perdu le contrôle de son esprit et de sa volonté que ce serait peut-être pour le mieux ? Il faudra un nouveau leadership pour sortir du bourbier, ce qui ne peut se faire que de manière décisive, et non à petits pas », peut-on lire dans la lettre.

Le chancelier de l’Échiquier, Rishi Sunak, et la ministre des Affaires étrangères, Liz Truss, font partie des candidats potentiels pour remplacer Johnson.

 « Avant la clôture pour les vacances, j’étais assis, pendant un dîner, à côté de l’un des bailleurs de fonds de longue date de BoJo, qui m’a dit qu’il l’avait largué et lui avait dit que c’était à cause d’Anne Boleyn et de ses managers [Goldsmiths et Gummers Inc] ; et qu’il avait placé son argent sur Truss », écrit Prins.

Accuser la Russie

Cette fuite massive a fait l’objet d’une couverture médiatique étonnamment rare, compte tenu de l’ampleur du système exposé. Les efforts déployés pour limiter les dégâts ont principalement consisté à rejeter la responsabilité de la fuite sur les omniprésents « hackers russes » et à la qualifier de « campagne de désinformation » organisée par Moscou.

Cette prétendue campagne de désinformation a été qualifiée de maladroite par Shane Huntley, directeur du groupe d’analyse des menaces de Google. Il a affirmé que des « indicateurs techniques », qu’il ne spécifie pas, suggéraient que le site Web « English Coup » était lié au groupe de pirates informatiques Coldriver, également connu sous les noms de Gamaredon et Callisto, qui serait basé en Russie. Huntley a ouvertement recommandé de ne pas parler de cette fuite dans les médias.

« Il est difficile de rendre compte des activités de désinfo. Il est trop facile d’amplifier la campagne et d’en accroître l’effet. En le disant à voix basse, nous constatons qu’il s’agit d’une campagne plutôt maladroite, et peut-être basée sur un seul compte ProtonMail piraté », a déclaré Huntley.

Les personnes prétendument impliquées dans la conspiration qui ont fait des commentaires publics sur cette fuite n’ont pas essayé de réfuter l’authenticité des documents et des courriels, mais se sont concentrées sur la responsabilité de la Russie dans la fuite.

« Je suis bien conscient d’une opération russe contre un compte Proton qui contenait des courriels que j’avais reçu et envoyé« , a déclaré M. Dearlove à Reuters, ajoutant que les documents et les courriels devaient être traités avec prudence étant donné « le contexte de la crise actuelle dans les relations avec la Russie ». Il a ajouté que les courriels ne montraient qu’un « exercice de lobbying légitime » qui est simplement devenu « sujet à distorsion ».

La réaction de Toombs a été similaire. Il a déclaré que lui et ses collègues étaient « au courant de cette désinformation russe basée sur un piratage illégal ».

Les efforts pour limiter les dégâts ont été moqués par la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, qui a déclaré que toute cette conspiration était parfaitement conforme à la « tradition anglaise » de changement de régime.

« Bien sûr, Richard Dearlove et les ‘experts’ de poche ont immédiatement accusé les Russes d’être responsables des ‘fuites’. Si je comprends bien, les Britanniques ne peuvent apprendre la vérité sur leur démocratie que de la Russie ? Est-ce pour cela que Londres a interdit la diffusion de RT ? » a déclaré Zakharova dans un message posté sur les médias sociaux, samedi dernier.

RT

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Sitrep Opération Z. Cela continue à grignoter et à reculer

Par : Wayan

Par Amarynth – Le 15 juin 2022 – Source The Saker’s Blog

Commençons par l’environnement général :

C’est la décision de Zelensky, dit le Chorus du Grand Recul.

« Le peuple et le gouvernement de l’Ukraine, dirigé par le président Zelensky, doivent décider par eux-mêmes de la question des possibilités de concessions territoriales. » – Le secrétaire d’État américain Blinken. Selon le chef du département d’État, les États-Unis n’ont pas l’intention d’imposer leur position.

(Vous avez perdu, et vous ne voulez pas le dire Blinken !)

Nous voyons de plus en plus de déclarations occidentales selon lesquelles l’Ukraine peut mettre fin à la guerre, via la perte de territoires. C’est du pur désespoir pour éviter ne serait-ce qu’un iota de responsabilité pour les pertes de vies qu’ils ont causées. Ils ne savent pas comment s’en sortir mais ils doivent s’en sortir, ils doivent sauver la face pour leur public national face à une perte spectaculaire de prestige, donc encore une fois, Zelensky est jeté sous le bus et l’Ukraine est orpheline.

La Russie, en tout cas, dit nyet ! Ce sera à nos conditions, pas aux vôtres.

Un coup de sang a frappé l’ancien commandant des forces de l’OTAN en Europe, Wesley Clark. Il affirme que sans l’intervention directe de l’Alliance, il ne sera pas possible de mettre fin à la guerre en Ukraine. Il a bien sûr tort, mais son calcul est intéressant :

« De plus, si l’OTAN n’intervient pas en Ukraine, elle risque de se dissoudre elle-même. L’idée que le secrétaire général Jens Stoltenberg défend maintenant, et qui trouve un soutien parmi les autres membres de l’alliance – que l’OTAN ne peut pas intervenir activement à moins d’être directement attaquée – cette idée est celle des années 90. »

Il veut donc ordonner aux Russes de cesser le feu.

« Il est temps d’en tirer la leçon que « l’OTAN doit intervenir ». Reconnaissons officiellement cela et ordonnons aux Russes de cesser le feu. »

Selon ce général de l’armée américaine à la retraite, l’alliance doit soit « dépasser le cadre défini, soit cesser ses activités. »  (Mais… mais, pendant tout ce temps, vous avez dit que l’OTAN était seulement une alliance défensive).

Peut-être, enfin, a-t-il compris ! L’idée ici est de repousser l’OTAN à ses propres frontières et si elle ne veut pas y aller, les Russes l’y obligeront !

Maria Zakharova, parfaitement à l’heure et au sujet lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg :

« Si vous recherchez l’objectivité des médias, mieux vaut ne pas se concentrer sur la représentation de l’Ukraine par l’Occident ».

Pendant ce temps en Chine, Xi Jinping a signé un cadre juridique sur la manière dont les forces militaires chinoises opéreront dans une guerre, qui n’en est pas une. Comme, par exemple, une opération militaire spéciale. Et puis, Xi Jinping et le président russe Vladimir Poutine ont eu une conversation téléphonique aujourd’hui. « La Chine et la Russie sont prête à continuer à se soutenir mutuellement sur les questions de souveraineté et de sécurité », selon Xi Jinping dans une conversation avec Poutine. Votre supposition ici est aussi bonne que la mienne, mais il semble que les deux dirigeants s’attendent à davantage d’opérations militaires spéciales, ou de travail militaire/technique.

De là, passons à Dmitry Medvedev :

« J’ai vu un message selon lequel l’Ukraine veut recevoir du GNL de ses propriétaires étrangers dans le cadre d’un prêt-bail avec paiement de la livraison dans deux ans. Sinon, l’hiver prochain, il y aura tout simplement du gel. Juste une question. Qui a dit que dans deux ans l’Ukraine existera encore sur la carte du monde ? Même si les Américains s’en fichent désormais. Ils ont tellement investi dans le projet « anti-Russie » que tout le reste n’est qu’une broutille pour eux. »

Le Grand Recul est visible pour tous ceux qui veulent bien regarder !

Et il ne s’est pas arrêté là et a parlé des sanctions : Il s’est avéré que les personnages spécialement doués dont j’ai parlé ont commencé à réaliser que la Russie est notre chère Patrie. Et ils ont également compris que sans notre pays, ils ne pourraient pas survivre.

Après tout, sinon ils ne recevront pas :

  • de la nourriture pour leurs citoyens ;
  • des engrais pour produire de la nourriture pour leurs citoyens ;
  • des sources d’énergie pour la production de nourriture et le chauffage de leurs citoyens ;
  • des métaux et autres produits pour la production de machines et de mécanismes pour leurs citoyens ;
  • du combustible pour les centrales nucléaires européennes et américaines, qui fournissent 20 à 40 % de l’électricité à leurs citoyens.

Et la liste est encore longue.

Nous attendons maintenant avec impatience le prochain paquet de sanctions européennes et les grandes décisions de Grand-père Joe en matière de sanctions, à propos desquelles les auteurs de ces mêmes sanctions commencent immédiatement à imaginer des schémas de contournement.

Je ne vous rappellerai pas l’inflation, les prix de tous les types de carburant et les prévisions de chute des économies. Toutes les données sont accessibles au public.

Et ce n’est que le premier mois de l’été.

Nous attendons l’automne… quand il faudra récolter les fruits des principales sanctions.

En attendant, la locomotive de leur économie de services et de monnaies numériques fonce dans le mur à toute vapeur. « Souriez, messieurs, souriez ! »

https://t.me/medvedev_telegram/110

Sur le champ de bataille, c’est toujours la même chose.

Le travail du corridor humanitaire de l’usine Azot à Severodonetsk a été perturbé par la partie ukrainienne lors de son premier jour, 1 personne seulement en est sortie, a rapporté l’armée de la RPD.

Dernière déclaration du modérateur russe : https://t.me/mod_russia_en/2197

Et le résumé militaire de Rumble est aussi détaillé que possible dans une autre phase de grignotage.

https://rumble.com/v18fye1-ukraine.-military-summary-and-analysis-14.06.2022.html

Certains commentaires indiquent qu’ils ne comprennent toujours pas la situation ukrainienne vis-à-vis de l’Opération Spéciale et encore moins la situation vis-à-vis de l’évolution vers un monde multipolaire. Voici une carte ukrainienne des oblasts, suivie d’une carte de Readovka. Il suffit de comparer les deux cartes et vous verrez les progrès réalisés.

Amarynth

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

L’inquiétude de Davos et la peur inavouée de l’échec – Les prémices d’un changement de cap pour les États-Unis en Ukraine

Par : Zineb

La crainte inexprimée des participants à Davos est celle d’une nouvelle débâcle, après celle de l’Afghanistan.


Par Alastair Crooke – Le 30 mai 2022 – Source Strategic Culture

Klaus Schwab, passionné par l’Ukraine, a essentiellement configuré le Forum économique mondial (FEM) pour mettre en valeur Zelensky et exploiter l’argument selon lequel la Russie devrait être mise à la porte du monde civilisé. La cible de Schwab était la crème de la crème des chefs d’entreprise du monde entier réunis à cette occasion. Zelensky a frappé fort : « Nous voulons plus de sanctions et plus d’armes » ; « Tout commerce avec l’agresseur devrait être arrêté » ; « Toutes les entreprises étrangères devraient quitter la Russie afin que vos marques ne soient pas associées à des crimes de guerre » , a-t-il déclaré. Les sanctions doivent être globales ; les valeurs sont essentielles.

L’inquiétude a parcouru le plateau de Davos : le FEM, c’est du globalisme à outrance, non ? Pourtant, cette ligne de Schwab suggère un découplage radical. Elle inverse précisément l’interconnexion. De plus, les généraux occidentaux en charge disent que ce conflit pourrait durer non pas des années, mais des décennies. Les argentiers se demandent ce que cela signifiera pour leurs marchés dans les régions du monde qui refusent d’agir contre la Russie.

Il est peu probable que cette sensation de désorientation soit l’intention de Schwab. Peut-être ce dernier était-il plus en phase avec l’intervention ultérieure de Soros qui a déclaré qu’une victoire rapide sur la Russie était nécessaire pour sauver la « société ouverte » et la civilisation elle-même ; et que c’était là le message du FEM 2022.

La « plus grande inquiétude » de Davos a toutefois émergé d’un endroit inattendu. Juste avant le début du FEM, le NY Times avait publié un article de l’équipe éditoriale exhortant Zelensky à négocier avec la Russie. Il affirmait qu’un tel engagement impliquait des sacrifices territoriaux douloureux. L’article a suscité des réactions indignées et furieuses en Europe et en Occident, peut-être parce que bien que formulé comme un conseil à Kiev, sa cible était de toute évidence Washington et Londres (les belligérants traditionnels).

Eric Cantor, ancien whip de la Chambre des représentants des États-Unis (un législateur bien au fait des sanctions contre l’Iran), également présent à Davos, s’est demandé si l’Occident serait capable de maintenir un front uni dans la poursuite d’objectifs aussi maximalistes que ceux exigés par Zelensky et son chef du renseignement militaire. « Nous n’obtiendrons peut-être pas le prochain vote » , a estimé Cantor (dans le sillage du vote de 40 milliards de dollars apparemment destinés à l’Ukraine).

Selon Cantor, exclure entièrement la Russie nécessiterait des sanctions secondaires contre d’autres pays. Cela placerait l’Occident dans un conflit frontal avec la Chine, l’Inde et les quelque 60 États qui ont refusé de soutenir une résolution de l’ONU dénonçant l’invasion de la Russie. Il a averti que les États-Unis risquaient de dépasser les limites de leurs possibilités.

Puis le redoutable Henry Kissinger a pris la parole, également à Davos. Il a recommandé à l’Occident de cesser d’essayer d’infliger une défaite écrasante aux forces russes en Ukraine, affirmant que cela aurait des conséquences désastreuses pour la stabilité à long terme de l’Europe. Il a ajouté qu’il serait fatal pour l’Occident de se laisser emporter par l’humeur du moment et d’oublier la place de la Russie dans l’équilibre des forces en Europe.

Dr Kissinger a déclaré qu’il ne fallait pas laisser la guerre s’éterniser et a quasiment appelé l’Occident à demander à l’Ukraine d’accepter des conditions très éloignées de ses objectifs de guerre actuels : « Les négociations doivent commencer dans les deux prochains mois, avant de créer des bouleversements et des tensions qui ne seront pas faciles à surmonter » .

Que se passe-t-il ici ? En un mot, nous voyons les premiers signes de fractures apparaître dans la position américaine sur l’Ukraine. Les fissures en Europe sont déjà très claires, tant sur les sanctions que sur les objectifs de la mission. Mais le commentaire de Cantor selon lequel « nous n’obtiendrons peut-être pas le prochain vote » doit être approfondi.

Dans un article précédent, j’ai fait valoir que la victoire du sénateur JD Vance dans les primaires de l’Ohio pour un siège au Sénat pourrait être révélatrice. Sa candidature a été soutenue par Trump, qui a ensuite lancé un appel à « mettre fin à la guerre » . Maintenant, le principal indicateur est le sénateur républicain Josh Hawley qui est ambitieux et connu pour ses aspirations au leadership.

Au début de la guerre en Ukraine, le sénateur Hawley avait appelé Zelensky, l’avait félicité et encouragé. Mais il a ensuite changé d’avis. Après avoir voté « non » lors du vote de procédure visant à faire avancer le programme d’aide, Hawley a critiqué les 40 milliards de dollars d’aide proposée à l’Ukraine, estimant que cette aide « n’était pas dans l’intérêt des États-Unis » .

Au début, comme certains s’en souviennent peut-être, il y a eu 6 votes de la Chambre contre le projet de loi puis 60. Et au Sénat, il y a d’abord eu zéro puis 11 votes. Le projet de loi a été adopté à la hâte car les responsables du vote craignaient que le vote ne s’effrite davantage.

Que se passe-t-il ? Eh bien, le courant républicain « populiste », qui n’a jamais été enthousiasmé par l’aide étrangère, a été choqué par les 40 milliards de dollars destinés à l’Ukraine, alors même que les États-Unis manquaient de lait maternel (et devaient eux-mêmes compter sur l’aide étrangère pour le lait maternel). Ce courant politique devient plus important et a plus d’impact en raison d’un changement structurel. Les candidats politiques, et maintenant même certains groupes de réflexion américains, se tournent vers le crowd-funding comme principale source de financement, s’éloignant ainsi des donateurs « établis ». Ainsi, le sentiment général « anti-implication étrangère » prend de l’ampleur.

Bien sûr, les 40 milliards de dollars ne vont pas tous à l’Ukraine. Pas du tout. Selon les détails du projet de loi, la majeure partie ira au Pentagone (pour des équipements déjà fournis par les États-Unis et leurs alliés). Et une grande partie ira au département d’État, pour financer toutes sortes d’acteurs non étatiques et d’ONG « utiles » – en d’autres termes, il s’agit d’un budget pour l’État profond avec un emballage ukrainien. Les six milliards alloués directement pour de nouvelles armes à l’Ukraine comprennent en fait à la fois la formation et les armes, de sorte qu’une grande partie de cette somme finira dans les poches d’États tels que le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui donneront une formation « hors théâtre » aux Ukrainiens sur leur propre territoire ou sur celui des pays voisins.

Eric Cantor et d’autres Américains présents au FEM peuvent présenter leur inquiétude à propos des objectifs occidentaux « entre gens polis » comme une simple expression de leurs incertitudes concernant la grande stratégie américaine : les États-Unis essaieraient-ils de punir la Russie pour son agression, ou l’objectif serait-il une utilisation plus subtile de la politique qui donnerait au Kremlin une « voie de sortie des sanctions » , s’il changeait de cap ? Mais derrière ce récit se cache une peur plus sombre. La peur non exprimée de l’échec.

Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que les buts de guerre ultimes de l’Occident en Ukraine ont pu jusqu’à présent rester opaques et indéfinis, les détails étant balayés au gré de l’humeur du moment.

Paradoxalement, cette opacité a été préservée malgré l’échec public de la première déclaration d’objectifs de l’Occident qui prévoyait que la saisie des réserves étrangères offshore de la Russie, l’expulsion des banques russes de SWIFT, les sanctions à l’encontre de la Banque centrale et la vague de sanctions allaient, à elles seules, réduire le rouble en miettes, provoquer une ruée sur le système bancaire national, faire s’effondrer l’économie russe et provoquer une crise politique à laquelle Poutine ne pourrait pas survivre.

En bref, la « victoire » devait être rapide, voire immédiate. Nous le savons car les responsables américains et le ministre français des finances, Bruno Le Maire, s’en sont publiquement vantés.

Ces responsables occidentaux étaient tellement confiants dans un succès financier rapide qu’il ne semblait guère nécessaire d’investir dans une réflexion stratégique approfondie sur les objectifs ou le cours de la poussée militaire ukrainienne secondaire. Après tout, une Russie déjà économiquement effondrée, avec sa monnaie ruinée et son moral brisé, n’aurait probablement pas ou peu résisté à l’armée ukrainienne qui aurait traversé le Donbass et pénétré en Crimée.

Eh bien, les sanctions ont été un échec et la monnaie et les revenus pétroliers de la Russie sont florissants.

Et maintenant, les politiciens occidentaux sont avertis par les médias et par leur propre armée que la Russie est « proche d’une victoire majeure » dans le Donbass.

C’est la crainte inexprimée des participants à Davos : la crainte d’une nouvelle débâcle, après celle de l’Afghanistan. Une débâcle d’autant plus grave que la « guerre » contre la Russie se transforme en un effondrement économique en Europe, et que l’investissement de huit ans de l’OTAN dans la mise en place d’une armée mandataire efficace aux normes de l’OTAN tombe en poussière.

Voici ce que les commentaires décodés de Kissinger préconisent : « Ne tergiversez pas » ; obtenez un accord rapide (même défavorable), mais un accord qui peut être maquillé et présenté comme une « victoire » . Mais n’attendez pas car cela équivaudrait à laisser les événements entraîner les États-Unis dans une nouvelle débâcle incontestable et indéniable.

Pour l’instant, il s’agit encore d’un sujet de discussion confidentiel aux États-Unis, car le pouvoir d’un récit, investi de tant d’émotions et soutenu par une pression sans précédent de l’infoguerre par les pairs, a caché ces pensées de l’expression publique. Néanmoins, des fractures commencent à être visibles. Quelque chose s’agite, et l’Europe suivra inévitablement la voie tracée par l’Amérique. Mais pour l’instant, les faucons restent fermement aux commandes (aux États-Unis, à Londres, en Pologne, à la Commission européenne et à Kiev).

La grande question, cependant, est de savoir pourquoi Moscou accepterait une telle « porte de sortie » (si elle lui était proposée). Un compromis serait perçu par Moscou comme une simple chance donnée à Kiev de rassembler ses forces et de réessayer.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Opération Z+ : Sur la levée du rideau de fer qui pèse sur l’Europe

Par : hervek

Par Batiushka – Le 5 juin 2022 – Source thesaker.is

De Kaliningrad sur la Baltique à Odessa sur la mer Noire, un rideau de fer est tombé sur le continent. Derrière cette ligne se trouvent toutes les capitales d’Europe occidentale, centrale et orientale, toutes ces villes célèbres et les populations qui les entourent se trouvent dans ce que je dois appeler la sphère américaine, et toutes sont soumises, sous une forme ou une autre, non seulement à l’influence américaine, mais à un contrôle très élevé et, dans certains cas, croissant de la part du Grand Satan de Washington, coupant ce monde occidental sombre et minuscule des milliards de personnes qui travaillent dur, en Chine, en Inde, au Vietnam, en Indonésie, en Iran, en fait dans tout le monde musulman, en Afrique et en Amérique latine. Ce sont eux qui regardent maintenant avec espoir vers la Russie, vers sa lumière pour libérer le monde, vers son blé pour nourrir le monde, et vers son pétrole pour réchauffer le monde.

Le discours de Fulton II

Et j’entendis une voix au milieu des bêtes qui disait : Une mesure de blé pour un penny, et trois mesures d’orge pour un penny ; et garde-toi de faire du mal à l’huile et au vin.

L’Apocalypse 6:6

Introduction : 6 juin 1945

Il existe un type d’histoire connu sous le nom de « Histoire de l’éventualité ». Son nom correct est « Histoire Suppositionnelle ». Il s’agit tout simplement de traiter des univers logiques mais parallèles de l’imagination et de se demander : « Et si/supposons que X ne se soit pas produit, et que Y se soit produit à la place, à quoi ressemblerait Z aujourd’hui ? » Un saut de l’imagination et nous pouvons arriver dans un monde très logique, tout à fait plausible, mais en réalité inexistant. L’une de ces questions « et si » est la suivante : Que se serait-il passé si les « Anglo-Saxons » (Britanniques, Américains et Canadiens) n’avaient pas envahi la Normandie le 6 juin 1944 ou s’ils avaient été repoussés ? La réponse à laquelle nous arrivons est que l’Armée rouge ne se serait pas arrêtée à Berlin en mai 1945. Elle aurait poursuivi sa route, laissant Berlin et le suicide d’Hitler loin derrière elle, et presque sans opposition, serait arrivée jusqu’aux côtes de l’Europe occidentale.

L’expression « débarquement de Normandie » aurait alors eu une signification très différente. Le 6 juin 1945 aurait été très différent du 6 juin 1944. Ironiquement, le fait que le jour J ait eu lieu signifie que l’Europe occidentale n’a jamais été libérée de la mentalité nazie 1. En d’autres termes, elle n’a jamais été libérée de cette idéologie et de cette mentalité bizarres qu’est le suprémacisme occidental, qui déclare que « l’Occident est le meilleur ». En 2022, nous payons encore le prix de cet échec à mettre fin à la Seconde Guerre mondiale. C’est pourquoi il est absurde de parler de troisième guerre mondiale ; la deuxième guerre mondiale n’est pas encore terminée 2. Pourtant, peut-être certains d’entre nous verront-ils un jour les troupes russes libérer l’Europe, non seulement jusqu’à Paris comme en 1814, mais jusqu’en Normandie et même au-delà, jusqu’aux îles de l’autre côté de la mer, jusqu’à ce que les anciens appelaient « Ultima Thule ».

L’opération Z

Le conflit actuel en Ukraine serait déjà terminé si les Occidentaux ne l’avaient pas constamment intensifié, en créant sans cesse de nouvelles provocations et en refusant de laisser leur régime fantoche de Kiev se rendre. En conséquence, les forces de la Fédération de Russie et ses alliés doivent détruire non seulement les équipements militaires de l’armée de Kiev, mais aussi des pans entiers d’équipements de l’OTAN, importés d’Europe occidentale et même, à terme, des États-Unis. Une fois que ce matériel, en grande partie obsolète, aura été utilisé, détruit par les missiles russes, l’OTAN sera en fuite. Que pourrait-il se passer alors ? Certains objecteront, mais la Fédération de Russie voulait seulement libérer le Donbass ? A-t-elle alors menti ? Voulait-elle finalement occuper toute l’Ukraine ou même aller plus loin ?

Non, elle ne mentait pas, mais en raison de la multitude de provocations inspirées par l’Occident, comme la coupure de l’eau et de l’électricité en Crimée, la Fédération est obligée d’occuper non seulement l’Est russophone, mais aussi le Sud russophone de l’Ukraine. En outre, puisque le nord et l’ouest de l’Ukraine reçoivent de nouvelles armes menaçantes (beaucoup avaient déjà été fournies dans les années et les mois précédant l’opération spéciale, en préparation de la campagne ukrainienne de génocide du Donbass et d’invasion de la Crimée au début du mois de mars 2022), il faudra aussi s’occuper d’eux d’une manière ou d’une autre. Étant donné que des millions d’Ukrainiens anti-russes ont quitté le nord et l’est de l’Ukraine pour l’ouest, la tâche des Russes ne sera peut-être plus aussi difficile. La démilitarisation signifie ce qu’elle dit – détruire tout ce que l’OTAN envoie, quelle que soit la manière dont cela se passe.

Aux dernières nouvelles, l’idiote et ignorante ministre britannique des affaires étrangères, Liz Truss, veut maintenant intégrer la Moldavie dans l’OTAN. Ce pays devra donc lui aussi être dégagé. Comme l’effectif total de l’armée moldave, dont beaucoup sont de toute façon pro-russes, est de 5 000 hommes, cela ne devrait pas être difficile. Mais pourquoi s’arrêter là ? Si l’Ukraine et la Moldavie peuvent être dégagées d’ici à la fin de 2022, ce qui est possible, il reste 2023. Comme nous l’avons mentionné précédemment, nous avons le concept de l’opération Z+. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie la démilitarisation et la dénazification du monde entier, en commençant par la péninsule européenne, petite mais densément peuplée.

Cela ne signifie pas seulement libérer les peuples de l’actuelle UE des coûts écrasants de la « défense » (cad de l’attaque), qui ont si longtemps appauvri ses peuples. Cela signifie surtout une libération interne, en débarrassant les peuples d’Europe du parasite millénaire de l’idéologie et de la mentalité nazies, dont ils ont été tellement infectés par leur élite qu’elle est devenue une partie inconsciente mais intégrante de la culture occidentale. A tel point qu’ils ne se rendent même pas compte qu’ils sont nazis et seraient choqués par la simple suggestion. Pourtant, c’est précisément cette maladie du suprémacisme occidental qui a déformé, tordu, lavé le cerveau, manipulé et trompé le monde occidental pendant si longtemps.

Bien sûr, un projet aussi ambitieux ne peut pas se réaliser comme ça. Nous parlons d’un changement lent, progressif et générationnel, et pas nécessairement par des moyens militaires. Voici, à titre d’exemple, un programme sur 44 ans. Ce programme n’est pas du tout réaliste dans sa précision (les calendriers ne fonctionnent jamais – la réalité prend le dessus), mais il constitue une sorte de ligne directrice ou d’objectif vers lequel tendre. Et tout est possible, une fois que l’Ukraine aura été délivrée des liens avec Satan. Les liens de Satan, après tout, sont la signification du drapeau ukrainien flottant dans l’Occident collectif et son utilisation, par exemple, sur les comptes Twitter et Facebook. Laissez-nous vous expliquer :

Ceux qui n’ont pas la moindre idée de l’endroit où se trouve l’Ukraine, ou du fait que ce mélange artificiel de pays « indépendant » (en fait, une colonie américaine) n’existe que depuis une trentaine d’années et qu’il a opprimé et exilé des millions de personnes et assassiné des dizaines de milliers de personnes au nom de son idéologie nazie, savent une chose : arborer un drapeau ukrainien signifie afficher leur propre intérêt – le drapeau ukrainien représente le drapeau de leur idéologie nazie personnelle, bien que généralement assez inconsciente, du suprémacisme occidental 3. Une fois que l’Ukraine aura été nettoyée par l’opération Z, quelque part ils savent qu’ils seront nettoyés ensuite. Ils craignent cette purification. L’arrivée de la réalité terrifiera les illusions avec ces mots effrayants : après Z vient Z+.

L’opération Z+

1. 2022 : La libération de l’Ukraine et de la Moldavie

Personne ne sait quand la démilitarisation de ce qui restera de l’ancienne Ukraine sera terminée. L’ancienne Ukraine pourrait s’effondrer en quelques semaines, avec un coup d’État militaire contre la marionnette-traitre Zelensky, ou cela pourrait prendre un an ou même plus. Nous ne faisons pas de prévisions. En ce moment, l’OTAN intensifie encore le conflit, mais dès le départ, il s’agissait d’une guerre par procuration entre Washington et Moscou. En tout cas, il semble qu’un gouvernement militaire sera nécessaire pour la future Ukraine (15 millions d’habitants ?) dans ses nouvelles frontières. Les gouvernements civils ukrainiens, dirigés par des oligarques non ukrainiens et leurs marionnettes, ont tous été totalement corrompus, au profit et à l’intention de l’Occident.

Personne ne sait ce qui se passera à l’extrême ouest de l’Ukraine. Les trois provinces de Volyn, Lviv et Ivano-Frankivsk retourneront-elles à la Pologne ? Ou peut-être plus de trois partiront-elles ? La « Transcarpatie » (un nom absurde – c’est Kiev qui se trouve de l’autre côté des Carpates) ou, pour l’appeler par ses noms propres, Carpatho-Russie/Subcarpathian Rus/Ruthénie, retournera-t-elle en Hongrie ou en Slovaquie, ou fera-t-elle partie de la Fédération de Russie ? La Moldavie, dont près de la moitié des quatre millions d’habitants sont à l’étranger, en exil, est totalement corrompue, ce qui en fait le pays le plus pauvre d’Europe et assure cette émigration massive. Ce problème aussi devra sûrement être traité.

2. 2023-2026 : La libération des États baltes

Physiquement, les minuscules et non viables États baltes, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, pourraient être conquis et démilitarisés rapidement. Toutefois, leur « refascisation » sous les gouvernements coloniaux de l’OTAN et des États-Unis nazis, leur désindustrialisation (qui a contraint quelque 40 % de la population à émigrer) et l’oppression sadique de leurs minorités russes sont autant de problèmes qu’il faudra régler. La dénazification de ces pays prendra du temps, même si leur population est aujourd’hui d’à peine quatre millions d’habitants.

3. 2027-2030 : La libération des Balkans orientaux

Une fois que les élites de Roumanie et de Bulgarie, totalement corrompues et installées par les États-Unis, auront été traitées et que les équipements terroristes de l’OTAN auront été retirés, ces pays pourront revenir à la normalité.

4. 2031-2034 : La libération des Balkans occidentaux

Les problèmes de l’ex-Yougoslavie et de l’Albanie n’ont pas seulement été jugés insolubles par l’Occident, celui-ci les a aggravés. Il doit y avoir des solutions pour la Serbie et la Bosnie maltraitées. Les parties croates et musulmanes de la Bosnie-Herzégovine pourraient être échangées avec la Croatie contre la Slavonie orientale, qui doit être rendue à la Serbie. Certains échanges de population seraient nécessaires. La Serbie et le Monténégro se réunifieront, une fois que les traîtres pro-US de l’élite auront été éliminés. La Slovénie ne présente aucun problème car elle est homogène. La Macédoine du Nord est désormais un pays indépendant.

Cependant, il reste le problème du Kosovo, divisé entre Serbes et Albanais. Seuls de grands investissements et la prospérité dans l’énorme potentiel touristique de l’Albanie, actuellement capitale européenne des voleurs de voitures, des trafiquants d’armes et des trafiquants de drogue, pourraient ramener les Albanais du Kosovo dans leur propre pays et attirer les minorités albanaises du Monténégro et de la Macédoine du Nord vers une terre ancestrale nouvellement prospère, rendant ainsi ces terres aux Slaves et les rendant à nouveau homogènes. Au revoir, Camp Bondsteel.

5. 2035-2038 : La libération de l’Autriche-Hongrie

Nous pensons que la Hongrie sera libérée très rapidement, l’Autriche prendra plus de temps, mais il y a quelques signes prometteurs là-bas. L’UE n’est pas populaire dans les deux pays.

6. 2039-2042 : La libération des Hellènes

La Grèce pourrait être libérée relativement facilement : Le nazisme n’y a jamais dominé, sauf parmi les politiciens de la colonisation américaine. Chypre, saisie par la Grande-Bretagne impérialiste en 1878 et qui lui a été cédée comme un bien immobilier, est plus complexe. La base britannique – en fait américaine – qui s’y trouve devrait être retirée. Bien que les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs s’entendent bien, il y a le problème de l’invasion turque de Chypre Nord en 1974, parrainée par les États-Unis et la Grande-Bretagne, et des colons turcs du continent qui s’y trouvent maintenant. Ici, la Turquie doit recevoir une compensation ailleurs, afin que Chypre puisse être restaurée.

7. 2043-2046 : La libération des Slaves de l’Ouest

La Slovaquie pourrait être libérée assez facilement, mais pas les terres tchèques germanisées ni la Pologne. Des opérations nazies comme Akcja Visla en 1947, lorsque la minorité Lemko Rusin du sud-est a été terrorisée par les troupes polonaises fascistes et déplacée de force vers les Beskides, montrent à quel point la Pologne peut être vicieuse. Peu de gens se souviennent aujourd’hui que la Pologne avait un gouvernement fasciste avant 1939 et a participé au démembrement de la Tchécoslovaquie avec Hitler. Pourtant, c’est un fait. Les progrès dans ce domaine pourraient être lents, même dans les années 2040.

8. 2047-2050 : La libération des terres allemandes

Cela signifie la dénazification (et la désaméricanisation) des terres allemandes, en d’autres termes, la restitution de ces terres au peuple allemand, dem deutschen Volken. Nous ne voyons pas l’Allemagne rester une nation unique. Il serait préférable qu’elle redevienne quatre, cinq ou plus de quatre pays différents, comme la Bavière, la Saxe, le Hanovre, le Brandebourg et la Westphalie.

9. 2051-2054 : La libération des peuples allemands frontaliers

Par peuples germaniques frontaliers, nous entendons les peuples germaniques les plus latinisés, où l’on parle parfois aussi le français ou l’italien, c’est-à-dire ceux de Suisse, du Liechtenstein, du Luxembourg, des Pays-Bas et de la Belgique, pays artificiel et ukrainien (inventé par les Britanniques), qui fait en fait partie des Pays-Bas méridionaux et, dans une moindre mesure, du nord de la France. Bruxelles, sa capitale en forme de village envahi par la végétation et comptant une importante population d’immigrants, pourrait s’effondrer très rapidement une fois qu’elle aura été débarrassée des sièges cancéreux de l’UE et de l’OTAN.

10. 2055-2058 : La libération des peuples latins occidentaux

Les peuples lat