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Aujourd’hui — 18 septembre 2021Le Saker Francophone

Ce sont les poètes qui détruisent le vieil ordre de la conscience mécanique

Par : hervek

Par Jon Rappoport − Le 6 juillet 2021

The Poet Gustav Fröding — Sven Richard Bergh

La plus grande somme n’est pas une somme du tout. Ce n’est pas l’addition de faits ou de chiffres. Il existe des qualités mythiques dans l’existence qui proviennent de nous… des mythes plus grands que les machines… et pour donner une voix aux mythes, nous devons aller là où les poètes vont. Nous devons absolument y aller. Pour notre propre bien, nous devons mettre sur l’étagère cette précision particulière qui divise une particule minuscule en morceaux de plus en plus petits…

Le magicien s’éveille

De nos jours, les gens s’inquiètent à juste titre de l’espionnage, de la fouille, du pistage, du piratage, du profilage. La bataille de la vie privée contre l’intrusion. Les systèmes qui regardent les autres systèmes.

Quel genre de langage est impliqué dans l’espionnage et le contre-espionnage et la protection des ordinateurs ? Il n’est pas nécessaire d’être un expert pour comprendre que c’est le langage de la machine. Il est délimité par des détails fins, très fins et extra-fins. Le cheval de Troie est maintenant algorithmique.

Les personnes qui entrent et travaillent dans cet univers sont engagées dans un processus méticuleux de mouvements et de contre-mouvements. Des programmes au-dessus d’autres programmes. Des observateurs qui traitent les stratégies d’autres observateurs.

Le passé, le présent et le futur du langage sont impliqués. Une civilisation, dans une large mesure, dépend de ce qui arrive aux mots – non pas en tant qu’entités détachées, mais en tant qu’expression de ce que nous nous inventons à être.

Il n’est pas nécessaire qu’un poème soit long. Chaque mot a déjà été un poème.

Ralph Waldo Emerson

Si la liberté est placée dans un contexte moderne de vie privée contre absence de vie privée, la guerre va nous embrigader dans un langage de machine. Nous allons toucher ce langage, nous y frotter d’une manière ou d’une autre, l’utiliser, opposer une partie de ce langage à une autre partie.

Les enfants vont grandir en l’apprenant et en nageant dans ce langage et ses effets.

De cette façon, les ruisseaux, les rivières et les océans de l’interaction des machines vont alimenter la pensée humaine.

…il est difficile d’obtenir les nouvelles des poèmes et pourtant des hommes meurent misérablement chaque jour par manque de ce qu’on y trouve…

William Carlos Williams

Voici un exemple étrange. Les gens vont prendre un paragraphe dans le roman d’un auteur, en extraire tous les mots clés, et traquer leurs références possibles – et ensuite essayer de reconstituer le paragraphe comme s’il s’agissait de lignes de code secret. Ils le reconstruiront en soudant ces références entre elles.

Parce que les mathématiques consistent en une manipulation de symboles, et que ces symboles ont des significations très spécifiques et étroites, on a de plus en plus tendance à penser que tout le langage fonctionne de cette façon.

Ce n’est pas le cas.

Ce n’est pas le cas de la poésie. Mais le poète, qui était déjà à la limite de la crédibilité, est réintroduit comme un fabricant de symboles, un mathématicien glissant une révolution codée dans la matrice.

Cela pourrait faire un roman de science-fiction divertissant, mais cela n’a rien à voir avec l’énergie ou l’intention d’un poème.

Les poètes déterrent peut-être des trésors cachés, mais le butin de leur guerre est tout ce que les mathématiques ne sont pas. Tous les grands poètes détruisent l’ordre ancien. C’est au lecteur de le découvrir et de le voir, s’il le peut.

L’ordre ancien, qui est toujours et à jamais le fascisme déguisé en « plus grand bien », refait sans cesse surface dans le même bassin de décomposition.

Ce sont les poètes qui savent à la fois descendre dans la boue et voler au-dessus, réveillant les parties mortes de la psyché.

Celui qui gouverne les morts, et quel que soit le but royal, reste constant : il rejette la conscience poétique qui peut pleinement redonner vie à l’être humain.

La poésie fait plus que réorganiser la réalité. Elle la crée dès le début, dès la première ligne sur la page du futur.

La société, telle qu’elle a été façonnée, est la somme des illusions qui empêchent l’individu d’entendre la première ligne, même si elle résonne dans son esprit.

Cette répression est un échange coopératif sur le marché. L’individu accepte de s’assourdir, afin d’apaiser ses forces intérieures.

Le temps m’a laissé saluer et monter, doré aux beaux jours de ses yeux. Et honoré parmi les chariots, j’étais le prince des villes de pommes, Et une fois sous le temps, j’ai seigneurialement fait traîner les arbres et les feuilles avec des marguerites et de l’orge le long des rivières à la lumière de la tombée du ciel.

Partons alors, vous et moi, quand le soir s’étale sur le ciel comme un patient éthéré sur une table…

Ce sont les temps qui mettent à l’épreuve les âmes des hommes. Le soldat de l’été et le patriote du soleil le seront, dans cette crise…

Ce ne sont pas des instructions, des codes ou des habitudes à suivre, ou des améliorations politiques. Ce sont de grandes intrusions dans le labyrinthe de la vie courante. Elles arrivent et explosent.

Alors que la conscience de ces choses s’amenuise à l’ère de la machine et de toutes ses complications, alors que la matrice s’étend pour inclure des calculs de langage conçus pour décrire ce que l’individu est et n’est pas, une mer de métriques forme l’illusion du progrès.

Pris dans des nids de relations symboliques, nous attendons, « jusqu’à ce que des voix humaines nous réveillent et nous noient ».

Dans la mesure où le poète est simplement pris pour un fou, le malheur s’installe comme un linceul autour de nos épaules.

…la volonté de donner la réponse à l’héroïque… s’affaiblit de plus en plus dans chaque démocratie, à mesure que le temps passe. Alors les hommes se retournent contre l’appel héroïque, avec une sorte de venin. Ils n’écoutent que l’appel de la médiocrité qui exerce le pouvoir d’intimidation insensible de la médiocrité : ce qui est le mal.

DH Lawrence

Mais les poètes viennent toujours. Ils voient le malheur et l’utilisent comme combustible pour un nouveau feu qui met fin à une époque et en commence une autre. Qui les écoute ? C’est toujours la question ouverte. Nous vivons déjà dans une nouvelle époque, si nous voulons bien la reconnaître.

La poésie est la langue maternelle de l’espèce humaine.

Johann Georg Hamann

 

[Poésie :] des pensées qui respirent, et des mots qui brûlent.

Thomas Gray

Imaginez qu’il y ait un million de langues nouvelles et inconnues qui attendent d’être découvertes. Ces langues ne rendraient pas les choses plus simples. Elles ne feraient pas fonctionner les machines plus facilement. Elles nous conduiraient dans des mondes qui sont restés dans l’ombre parce que nous n’avions aucun moyen d’exprimer notre perception d’eux. Ils éclaireraient des géographies entières de la conscience qui étaient restées en sommeil. Chaque compromis avec la réalité serait exposé comme un énorme mensonge flagrant.

Chaque « machine à penser » s’effondrerait. L’absurdité de construire des organisations de plus en plus grandes comme la grande solution au conflit se révélerait si clairement que même les androïdes-humains le verraient et se réveilleraient de leur transe.

Voici un extrait de mon manuscrit inachevé, Le magicien se réveille :

Vous êtes assis là et vous me racontez votre vie, mais au bout d’un moment, vous vous rendez compte que vous parlez dans une langue aveugle. Vous vous déplacez sous d’autres mots auxquels vous ne donnez pas de voix.

Vous pensez vaguement, de temps en temps, que ces autres mots pourraient se trouver dans la nature. Mais la Nature n’est qu’une partie de cette expression. Il y a des milliers d’autres Natures. Et chacune a un langage qui la déverrouille et la déploie dans un espace et un temps différents.

Préférez-vous vous replier et vous contenter des mots que vous utilisez tous les jours ? Préféreriez-vous devenir un expert de ces mots, un roi de ces mots, un souverain dans ce petit endroit ? Est-ce le début et la fin de ce que vous voulez et où vous allez ?

Parce que si c’est le cas, alors nous pouvons mettre fin à cette discussion et à toutes les discussions. Nous pouvons nous contenter de ce que nous avons. Nous pouvons esquiver. Nous pouvons nous injecter une drogue de satisfaction et dire qu’il n’y a rien d’autre à faire.

C’est ainsi que se produit une vie circonscrite : à travers une histoire qu’une personne se raconte.

Il n’y a vraiment qu’un seul solvant universel qui peut faire disparaître cette histoire : l’imagination.

La base ultime de tout contrôle de l’esprit est : tout ce qu’il faut pour nier le véritable pouvoir de l’imagination.

On peut dire exactement la même chose du but ultime de la répression politique.

Pour comprendre, pour avoir une idée de ce dont l’imagination est capable, vous devez vous rendre à l’ART.

Le centre créatif du monde.

Après le non final vient un oui et sur ce oui est suspendu l’avenir du monde.

Wallace Stevens

Que se passerait-il si le monde était enveloppé d’art ? Et si nous étions les artistes ? Et si nous ne devions rien à une quelconque hiérarchie ou autorité extérieure ?

L’art est un mot qui devrait être océanique. Il devrait secouer et faire exploser l’ennui de l’âme.

L’art est ce que l’individu invente quand il est en feu et ne se soucie pas de le dissimuler. C’est ce que l’individu fait lorsqu’il s’est débarrassé de la fausse façade qui l’étrangle lentement.

L’art est la fin de l’ajournement insensé. C’est ce qui arrive quand on brûle les jolies et mesquines petites obsessions. Il émerge du costume vide et de la machine vide de la société qui tourne en rond et aspire le flux sanguin vital.

L’art détruit l’ordre ancien et l’ordre nouveau et l’ordre actuel, d’un coup d’œil.

L’art transperce la vieille pomme à la pointe d’une épée étincelante et ouvre toute la croûte pourrie qui s’est attachée à l’arbre de vie.

Il se débarrasse de la fausse harmonie des morts-vivants.

Alimentée par une imagination libérée, c’est la révolution que la psyché réclamait.

L’art déchaîné devient titanesque.

Il y a des artistes comme Stravinsky, comme Gaudi, comme le compositeur Edgar Varese, comme l’écrivain américain souvent honni Henry Miller, comme Walt Whitman (qui a été grotesquement coopté en préfet à la Norman Rockwell), comme les nombreux grands muralistes mexicains – Orozco, Rivera, Siqueiros – qui transmettent tous la qualité océanique.

Comme dans Le Déluge.

On craint que, si ces artistes étaient libérés pour produire leurs œuvres à grande échelle, ils ne s’emparent du monde.

Notre monde, contrairement à ce que l’on pense, est censé être révolutionné par l’art, par l’imagination, jusqu’au plus profond de lui-même.

Que cela ne se soit pas produit n’est pas un signe que le processus n’est pas pertinent. C’est seulement un témoignage de la résistance collective.

Qui sait combien de révolutions de ce type ont été écartées et rejetées, en faveur de la forme consensuelle que nous considérons aujourd’hui comme centrale et éternelle ?

Nous vivons dans une structure par défaut, celle qui est restée après que toutes les révolutions antérieures aient été mises en sommeil.

Mais la création n’est pas neutre.

Elle se répand dans l’atmosphère avec toute sa force subjective.

C’est la transformation que nous avons inconsciemment espérée, la révolution qui bouleverserait sans cesse la société, qui finirait par briser l’influence de tous les cartels et monopoles de l’expérience physique, émotionnelle, mentale et spirituelle.

Non pas parce que nous l’avons souhaité, mais parce que nous l’avons fait advenir.


Prométhée, l’artiste qui a libéré l’humanité…

À travers quel miroir nous regardons-nous dans ces contes anciens ?

L’histoire de Prométhée n’a absolument aucun sens si nous ne reconnaissons pas qu’il y a une raison à la rébellion. Mais pas n’importe quelle rébellion. Un homme qui prend d’assaut la montagne surnaturelle des Olympiens pour voler le feu, s’échapper et le ramener à l’homme est plus qu’audacieux, si tant est que les poètes grecs aient inventé le panthéon des dieux et leur aerie.

Dans ce cas, le vol du feu est une reconnaissance du retour du pouvoir à la maison.

Nous avons inventé les dieux. Maintenant nous nous réinventons.

La religion est une poésie gelée. Les poètes ont commencé par écrire en dehors des limites de la tribu, et les prêtres se sont auto-proclamés censeurs.

Ils ont martelé, coupé et poli les poèmes libres et sauvages pour en faire des tablettes, des catéchismes et des manuels de réprobation sévère. Ils ont rassemblé des ouvriers pour construire les temples où les nouvelles lois seraient prêchées et enseignées. Ils ont établi les sanctions en cas de défection. Ils ont revendiqué l’exclusivité de la révélation.

Ils ont établi la centralité universelle fausse et synthétique du mythe déguisé en révélation, et ils l’ont vendue, et ils l’ont appliquée, et ils ont préparé une liste d’ennemis qui menaçaient la Loi des Lois.

Et toute cette matière première, qu’ils ont volée ? Elle venait des poètes. Elle provenait de la création libre et illimitée des artistes.

Donc Prométhée remettait les pendules à l’heure. Il cassait le système comme un œuf. Il ramenait l’imagination là où elle devait être.

Bien sûr, dans le mythe antique, il a payé le prix fort pour ses actions. Mais ce n’est que de la propagande. Les grands prêtres écrivent cette fin punitive sur chaque histoire issue de la liberté. Ils appellent la punition de divers noms, et ils prétendent naturellement qu’elle est infligée par un marteau de la plus haute autorité. Ils travaillent cet angle avec une dévotion désespérée.

Prométhée était le libérateur. Il était les peintres chinois du Dun Huang, les artistes de perles Yoruba, le Michel-Ange de David, le Piero della Francesca de la Légende de la Vraie Croix, le Velazquez des Demoiselles d’honneur, le Van Gogh des Iris et de l’Arles éclairée, le Yeats du Chant de l’Aengus errant, le Dylan Thomas de Fern Hill, le Walt Whitman de La Route ouverte, le Henry Miller de Se souvenir pour se souvenir, le Orson Welles de Citizen Kane, le Lawrence Durrell du Quatuor d’Alexandrie, le Kooning de Gotham News.

Il était Tesla et Rife.

Partout où l’imagination humaine individuelle a été lancée comme feu, Prométhée était là.

Bien sûr, il ne l’était pas. Il était l’histoire que nous nous sommes racontée sur ce que nous pouvions faire. Cette histoire est destinée à nous rappeler que toute vision collective est une fraude. Elle peut ne pas commencer comme ça, mais tôt ou tard, elle devient un glissement gargantuesque vers la narcose de l’âme.

Prométhée est l’histoire que nous nous racontons pour nous rappeler la limite entre ce que l’individu peut apprendre et ce qu’il peut créer, et combien de chevaux ont été tirés jusqu’à cette limite et refusent de la franchir pour s’abreuver aux puits de l’imagination.

Prométhée est l’histoire d’une reconquête de ce que nous sommes. Nous avons peut-être enfoui cette compréhension au plus profond de notre psyché, mais elle est là. Combien de fois avons-nous essayé de la refuser !

Nous nous rassemblons en groupes et prétendons que tout progrès découle de la masse. Nous jouons avec telle ou telle limite. Nous nous ajustons et faisons plus de place à la moyenne. Nous construisons des machines pour penser à un niveau plus élevé que le nôtre. Nous regardons des spectacles théâtraux de « nouveaux humains hybrides ». Nous proclamons des vertus curatives et oublions ce que la guérison de l’esprit pourrait réellement impliquer, quelle révolution, quelles énergies vitales, quels sauts d’imagination, quelles affirmations de notre pouvoir inhérent.

Nous continuons à penser à la paix, alors que la paix signifie, selon la définition des « sages », une mort. Leur paix est ce qui reste après que la guerre de l’humain créatif ait été abandonnée.

Leur paix est un sirop. Leur paix est la soumission à une quelconque « conscience universelle ». Leur paix est une colonne d’idiots souriants qui gardent une tour d’apprentissage autoproclamée. Leur paix est la survie et l’organisation de marchandises endommagées. Leur paix est : « Si cela doit arriver, cela arrivera. » Leur paix est : l’univers décide, nous obligeons. Leur paix est une décharge cosmique.

De cette foule de castrats, Prométhée émergea, se démêlant des fils humides de l’illusion, de la résignation et de la peur. Il s’est élevé. Il a avancé. Il a repris notre caractère fondamental et vital. Il a insufflé une énergie crépitante dans les flux sanguins.

Dans la perspective prométhéenne, la Réalité attend que l’imagination la révolutionne jusqu’à son noyau.

Au-delà des systèmes. Au-delà des structures.

Les énergies bouillonnent dans les cavernes souterraines. Où ces rivières couleront-elles au cours des mille prochaines années ou des mille prochaines incarnations ?

Qu’est-ce qui créerait une révolution interne ?

Qu’est-ce qui ferait tourner les roues à eau et surgir les torrents ?

Comment la création commencerait-elle ?

Sur cette question prométhéenne repose le destin de chaque civilisation, passée, présente et future.

Chaque fil, chaque atome, chaque quark, chaque wavicule de cette Réalité prend la posture, est imprégné de l’impression que « ce qui existe déjà » est supérieur à ce que l’individu peut maintenant inventer. Les chaînes causales de l’histoire semblent produire le présent et le présent semble produire le futur.

Ce sont les grandes tromperies. Ce sont les illusions…

Jon Rappoport

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Une suite insouciante

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 30 Août 2021 – Source kunstler.com

Malgré toute la puissance apparente de l’État profond – alias la « communauté du renseignement » – on ne peut qu’être impressionné par sa stupidité et son désespoir. Il ne peut pas garder de secrets ou couvrir ses traces. Quiconque a prêté attention à l’opération RussiaGate a vu les preuves publiées de tous les comportements illicites qu’elle a engendrés et connaît les noms de tous les acteurs. Idem pour les efforts visant à organiser l’élection de 2020 et à installer un larbin-marionnette manifestement sénile à la Maison Blanche. Et idem pour l’effort visant à fabriquer la crise de la Covid-19 en détournant l’appareil de santé publique du gouvernement fédéral.

Pourtant, cette menace de l’État profond est en train de trébucher parce qu’elle n’a pas compris la dynamique de base de l’urgence à long terme : les surinvestissements dans la complexité produisent inexorablement le désordre et l’effondrement. Cela inclut la complexité de l’État profond lui-même, une entreprise tentaculaire étouffée par l’immense flux de données dont elle se nourrit et par les efforts maladroits de ses agents trop humains pour en faire des armes. La question qui se pose maintenant est de savoir si l’État profond va s’effondrer – et peut-être même être battu avec force par les Américains qui s’y opposent – avant que le pays tout entier et tous ses systèmes de soutien ne s’effondrent.

Les événements se succèdent bien au-delà du contrôle de l’État profond. Son homme de paille, « Joe Biden », a scellé son destin la semaine dernière avec la sortie ratée d’Afghanistan. La mort de treize soldats américains n’est peut-être que l’avant-goût d’un Grand-Guignol à venir, alors que les maniaques islamiques victorieux vont pouvoir mettre en scène des atrocités à l’encontre des milliers d’Américains et d’autres Occidentaux laissés sur place. Pourquoi ne le feraient-ils pas ? Pendant des décennies, ils ont promis de vaincre et d’humilier leurs ennemis « infidèles ». Rappelez-vous les décapitations enregistrées sur vidéo de Nicholas Berg, Daniel Pearl et bien d’autres ? Le rôti du pilote syrien capturé dans une cage en acier ?

Il n’est même pas nécessaire de poser la question rhétorique suivante : qui a planifié et exécuté l’évacuation pied-nickelesque de Kaboul ? C’est une évidence : toute la chaîne de commandement. Cela galvanise enfin la moitié du pays qui n’est pas sous l’emprise de l’État profond pour qu’elle s’y oppose, et c’est ce que vous verrez dans les semaines à venir. Ils se débarrasseront de cet imposteur de « Joe Biden » – si l’État profond n’essaie pas de le faire avant – et ensuite ils « annuleront » la tentative de l’État profond de gérer toute succession au poste vacant au sommet.

Pensez-vous que vous n’entendrez pas parler des résultats de l’audit des élections en Arizona simplement parce que l’entreprise s’est tue la semaine dernière lorsque trois membres de l’équipe d’audit sont tombés malades à cause de la Covid-19 ? Le processus n’a pas été arrêté ou écrasé. Le rapport montrera une disparité flagrante et surprenante entre les résultats certifiés et les bulletins réellement comptés. Cela fera voler en éclats les lambeaux de légitimité que portait « Joe Biden », révélant la créature larvaire et aveugle qui se cache à l’intérieur.

Le CDC et ses agences alliées ont fait le plein des Américains prêts à se faire vacciner. La dernière manœuvre de la FDA visant à « approuver » l’agent de thérapie génétique « Comirnaty », qui n’a pas encore été produit (ou testé), avait pour but de faire croire au public que l’actuel « vaccin » Pfizer-BioNTech était également approuvé. Il n’est pas approuvé. Il est toujours administré en vertu de l’autorisation d’utilisation d’urgence. Les médias d’information menteurs mentent encore à ce sujet. Quoi qu’il en soit, la moitié du pays refuse de prendre un cocktail qui n’agit pas comme un véritable vaccin (c’est-à-dire qui prévient la maladie) et qui menace d’attaquer mortellement la paroi des vaisseaux sanguins… cette grande partie du public en a bien assez d’être bousculée par des obligations et des menaces.

Nous ne nous soumettrons pas. Nous approchons de la fin de ce règne de terreur médicale. Le problème, c’est que l’establishment médical n’y survivra pas. Ils ont perverti et sapé ce que l’on appelait autrefois la science – la recherche de la vérité sur ce qui est réel et ce qui ne l’est pas – et, de toute façon, le système médical s’est déjà empoisonné lui-même avec un racket si excentrique et cruel qu’il fait passer l’ancienne mafia pour une organisation caritative. Non seulement les Américains reçoivent un virus Covid dont le développement a été financé et guidé par le principal responsable de la santé publique des États-Unis, Tony Fauci, mais s’il les conduit à l’hôpital, leurs médecins leur refusent un traitement avec des médicaments efficaces et, si les patients survivent à l’épreuve, ils reçoivent des factures de plusieurs millions de dollars. Cette conduite témoigne d’une sorte de sadisme qui va au-delà de la simple addition d’insultes aux blessures.

La moitié du pays prête également attention à l’invasion de « sauteurs de frontières » venant du Mexique avec l’aide de l’État profond. Ils remarquent également que « Joe Biden » ne se conforme pas à la récente décision de la Cour suprême des États-Unis selon laquelle il doit appliquer la procédure permanente pour renvoyer les « demandeurs d’asile » au Mexique en attendant une décision sur leur admissibilité. Beaucoup de ces migrants viennent des coins les plus reculés du monde, notamment d’endroits remplis de gens qui ne nous aiment pas, ni notre pays. Combien d’entre eux viennent ici pour faire exploser des choses et tirer sur des citoyens américains ? Personne ne le sait. L’État profond ne veut pas le savoir et il ne veut pas que vous le découvriez.

Enfin, il y a la question du système financier qui, ces derniers temps, est devenu le mandataire de ce qui était l’économie productive américaine, son faux front Potemkine. Les divers plans visant à dépenser environ 8 000 milliards de dollars d’argent inexistant pour d’autres expériences sociales telles que payer les citoyens pour qu’ils soient oisifs, auraient suffi à couler la monnaie américaine, le dollar américain. Maintenant que le monde a été témoin du retrait humiliant des États-Unis de notre guerre de 20 ans en Afghanistan, le processus va s’accélérer. Le monde voit que l’on ne peut compter sur nous dans aucune crise étrangère. Ils savent que nous ne produisons plus de choses de valeur. A quoi sommes-nous bons, exactement ? Des entreprises absurdes comme la confusion des genres et l’escroquerie raciale ? La drogue et la pornographie ? Est-ce cela qui se cache derrière le dollar ?

L’ancien (depuis hier) lieutenant-colonel Stuart Scheller est revenu sur YouTube hier. Il montre bien à quel point la meilleure moitié de la nation est en colère, la moitié qui refuse de se plier à l’État profond, la moitié qui cherche à l’écraser et à lui demander des comptes pour avoir tenté de détruire le pays de six façons différentes.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Hier — 17 septembre 2021Le Saker Francophone

Voici la raison pour laquelle l’Australie a annulé son contrat d’achat de sous-marins français

Par : Wayan

Pour se protéger de l’hostilité des États-Unis.


Par Moon of Alabama – Le 16 septembre 2021

Hier, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie ont annoncé que ce dernier pays achèterait des sous-marins à propulsion nucléaire pour défendre les intérêts des États-Unis contre la Chine :

La prochaine flotte de sous-marins de l'Australie sera à propulsion nucléaire dans le cadre d'un plan audacieux qui mettra au rebut un programme controversé de 90 milliards de dollars visant à construire jusqu'à 12 sous-marins de conception française.

Selon ABC, l'Australie utilisera des technologies américaines et britanniques pour configurer sa prochaine flotte de sous-marins dans le but de remplacer ses sous-marins actuels de classe Collins par d’autres plus adapté à la détérioration de l'environnement stratégique.

Il s’agit d’une victoire énorme mais à court terme pour les États-Unis, avec un prix de consolation pour la Grande-Bretagne et une perte stratégique de souveraineté et de contrôle budgétaire pour l’Australie.

Il s’agit aussi d’une nouvelle gifle des États-Unis à la France et à l’Union européenne. L’accord mettra en colère la Nouvelle-Zélande, l’Indonésie et, bien sûr, la Chine. Il bouleversera le régime international de non-prolifération nucléaire et pourrait conduire à une nucléarisation militaire accrue de la Corée du Sud et du Japon.

L’Australie possède actuellement 6 sous-marins de classe Collins. Il s’agit de sous-marins à moteur diesel basés sur des modèles suédois mais partiellement construits en Australie. Ils sont relativement lents et ont une portée et une endurance moyennes. Ils ont été construits entre 1990 et 2003 et sont principalement destinés à un usage défensif. Il y a eu beaucoup de problèmes pendant la construction car l’Australie n’a pas les capacités techniques et la profondeur industrielle pour fabriquer des produits aussi compliqués. L’histoire opérationnelle de ces sous-marins est également assez mitigée, plusieurs scandales s’étant succédé. Ils doivent être modernisés pour être utilisés pendant une autre décennie.

Dans les années 2010, l’Australie a commencé à chercher une nouvelle génération de sous-marins. Après une longue discussion, elle a décidé de s’en tenir à des engins à propulsion conventionnelle. Les nouveaux sous-marins devaient à nouveau être construits en Australie d’après une conception étrangère.

L’Allemagne, le Japon et la France ont été invités à faire des propositions. Le constructeur naval public français Naval Group (DCNS) avait remporté la commande pour 12 nouveaux bateaux et un contrat de 50 milliards d’euros. Ironie du sort, le modèle français de Shortfin Barracuda à propulsion conventionnelle proposé par la France est basé sur son propre modèle de classe Barracuda à propulsion nucléaire. Pour l’Australie, la France a donc dû concevoir une centrale conventionnelle pour un sous-marin qui a été conçu à l’origine, comme tous les sous-marins français, pour fonctionner avec un réacteur nucléaire à uranium faiblement enrichi (UFE). Il était tout à fait évident que cette conversion inhabituelle se heurterait à des difficultés et à des retards.

En juin dernier, Peter Lee, alias Chinahand, écrivait à propos de ce programme retardé :

Le programme a officiellement "quelques problèmes" et le Premier ministre australien Scott Morrison a eu une entrevue avec le président français Macron pour tenter de remettre le projet sur les rails.

Bien que le contrat ait été signé en 2016, la construction n'a pas encore commencé, et le premier sous-marin du programme ne sera pas lancé avant une autre décennie. Au moins.

Cela ne cadre pas avec l'ambition déclarée de la marine australienne de déployer sa puissance armée contre une invasion de Taïwan par la RPC qui pourrait se produire au cours des prochaines années. On parle donc de dépenser quelques milliards de dollars pour moderniser la flotte actuelle de sous-marins de classe Collins en guise de palliatif, ou même de se procurer en urgence des sous-marins allemands.

Il est également question d'annuler, de menacer d'annuler et/ou de modifier le contrat des sous-marins d'attaque pour faire mieux. Et peut-être orienter le projet vers l'Allemagne ou vers le choix de l'Amérique, le Japon.

Il s’avère que le constructeur choisi par l’Amérique pour les sous-marins australiens n’est pas le Japon mais les États-Unis eux-mêmes.

Nous apprenons maintenant que les discussions sur l’abandon du contrat avec les Français en faveur de la construction de sous-marins nucléaires par les États-Unis avait déjà commencé en avril 2020 et ont été finalisées lors d’un sommet entre les États-Unis, l’Australie et la Grande-Bretagne au début du mois de juin 2021. Cela s’est donc passé avant que le Premier ministre Scott Morrison ne rencontre le Président français Macron pour remettre le projet franco-australien sur les rails !

Ce que le Premier ministre n'a pas dit à Macron au cours de ce long dîner à Paris - et peut-être la raison pour laquelle le président français pourrait être particulièrement fâché - c'est que Morrison avait, un jour ou deux auparavant, déjà conclu un accord informel avec le président américain Joe Biden et le Premier ministre britannique Boris Johnson pour une prolongation d'un accord de partage de la technologie nucléaire.

Cette révélation donne une nouvelle tournure à la réunion tripartite du 12 juin à Carbis Bay, en Cornouailles, entre les deux PM et le président américain. ...

ABC croit savoir que le gouvernement fédéral a commencé à explorer l'option du sous-marin à propulsion nucléaire il y a environ 18 mois, lorsque Linda Reynolds était encore ministre de la défense.

En outre, le 30 août, les ministres français et australiens des affaires étrangères et de la défense se sont rencontrés et ont publié une déclaration commune sur la coopération bilatérale dans un certain nombre de domaines politiques. La coopération en matière de défense en faisait partie :

Les deux parties se sont engagées à approfondir la coopération dans le domaine de l'industrie de la défense et à renforcer leur avantage capacitaire dans la région. Les ministres ont souligné l'importance du programme de sous-marins du futur. Ils ont convenu de renforcer la coopération en matière de recherche scientifique militaire par le biais d'un partenariat stratégique entre le groupe des sciences et technologies de la défense et la direction générale de l'armement.

Seize jours plus tard, la France apprenait qu’elle avait perdu un énorme contrat de défense en raison d’un revirement à 180 degrés de son « partenaire » australien. Il n’est donc pas étonnant que les Français soient furieux :

Le gouvernement français a réagi à la décision de l'Australie de rompre un contrat de sous-marins avec la France d'une valeur de plus de 50 milliards d'euros pour acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire de fabrication américaine.

"C'est un coup de poignard dans le dos. Nous avions établi une relation de confiance avec l'Australie, et cette confiance a été trahie", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans un entretien accordé à France Info jeudi matin. Le Drian a ajouté qu'il était "en colère et très amer de cette rupture", ajoutant qu'il avait parlé à son homologue australien il y a plusieurs jours et qu'il n'avait reçu aucune indication sérieuse au sujet de cette démarche.

En vertu d'un accord annoncé mercredi par le président américain Joe Biden, l'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis formeront une nouvelle alliance appelée AUKUS, dans le cadre de laquelle les trois pays partageront entre eux des technologies avancées. Dans le cadre de ce nouveau pacte, Canberra abandonnera son accord sur les sous-marins avec la France.

Les Français accusent, à juste titre, les États-Unis de cette décision :

Dans une déclaration publiée avant l'interview, Le Drian et la ministre des Armées Florence Parly ont dit : "Cette décision est contraire à la lettre et à l'esprit de la coopération qui prévalait entre la France et l'Australie."

Le communiqué poursuit : "Le choix américain d'écarter un allié et partenaire européen comme la France d'un partenariat structurant avec l'Australie, alors que nous sommes confrontés à des défis sans précédent dans la région indo-pacifique... témoigne d'un manque de cohérence que la France ne peut que constater et regretter."

L’ambassadeur de France aux États-Unis a été un peu moins direct avec cette pique :

Philippe Etienne @Ph_Etienne - 2:43 UTC – 16 Sep 2021

Fait intéressant, il y a exactement 240 ans, la marine française a vaincu la marine britannique dans la baie de Chesapeake, ouvrant la voie à la victoire de Yorktown et à l'indépendance des États-Unis.

Il existe des raisons militaires de préférer les sous-marins nucléaires aux sous-marins à moteur diesel, si l’on envisage d’assiéger une côte étrangère éloignée de la sienne. Les sous-marins nucléaires (SSN) sont plus rapides et peuvent rester en mission beaucoup plus longtemps que ceux à moteur diesel (SSK).

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Mais les bateaux nucléaires présentent également de nombreux inconvénients. Ils sont plus grands et plus chers que les navires conventionnels. Ils coûtent près de 50 % de plus. Ils nécessitent également une infrastructure dédiée et une formation nucléaire très spécialisée pour les équipages. L’Australie ne dispose pas et ne peut pas fournir le combustible nécessaire aux réacteurs nucléaires.

Le prix des nouveaux sous-marins que l’Australie devra payer sera beaucoup plus élevé que celui des sous-marins français. Quelque 3 milliards de dollars ont déjà été engloutis dans le contrat français. La France exigera à juste titre une compensation supplémentaire pour l’annulation. Le nouveau contrat avec les États-Unis ou le Royaume-Uni coûtera plus cher que le contrat français mais ne comprendra que 8 bateaux au lieu de 12. Comme trois bateaux sont nécessaires pour en garder un en mer (pendant que les deux autres sont en formation ou en maintenance), la capacité réelle de patrouille de la marine australienne passera de 4 à 2-3 sous-marins en mer.

Un prix beaucoup plus élevé pour des bateaux moins nombreux et plus compliqués, cela va bouleverser le budget de défense de l’Australie pour les décennies à venir.

Si le passage à la propulsion nucléaire était la seule raison de l’Australie pour changer de cheval, elle aurait pu s’en tenir à la conception originale du Barracuda français. Celui-ci présente l’avantage d’utiliser de l’uranium faiblement enrichi, disponible dans le commerce. L’Australie ne serait pas dépendante de la France pour les nouveaux approvisionnements en combustible. Les bateaux britanniques et américains utilisent des réacteurs nucléaires avec de l’uranium hautement enrichi (HEU 60%). Comme l’Australie a maintenant décidé d’acheter ces bateaux, elle sera à jamais dépendante de ces fournisseurs.

Les partisans de la non-prolifération et l’AIEA vont s’insurger contre cet accord. Quel sera le degré de supervision de l’UHE ? Qui y aura accès ?

Les sous-marins à propulsion nucléaire sont également perçus comme des armes offensives, et non comme des armes défensives raisonnables. Il y a plus de pays sur cette carte que la seule Chine.

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Le fait que l’Australie, qui ne compte que 25 millions d’habitants, achète des sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire ne sera pas bien accueilli par son voisin du nord, l’Indonésie, dix fois plus peuplé. D’autres pays voisins, comme la Nouvelle-Zélande, rejettent toute utilisation de combustible nucléaire et ne laisseront pas entrer dans leurs ports les navires ou bateaux qui en utilisent.

Le nouveau contrat va également bouleverser les plans australiens de fabrication des sous-marins sur son propre sol. Alors que le projet français était prêt à démarrer la phase de construction proprement dite au début de l’année prochaine, l’ensemble du projet de sous-marin va maintenant entrer dans une nouvelle phase de définition de 18 mois, après laquelle des contrats réels devront être négociés et signés. Entre-temps, il faudra s’occuper des centaines d’ingénieurs australiens qui se sont déplacés en France pour aider à la conception et des spécialistes qui ont été engagés par Naval Group en Australie. L’Australie ne dispose pas de beaucoup de personnes possédant ces connaissances. Que vont-ils faire en attendant que le nouveau projet démarre réellement ?

Le Royaume-Uni proposera à l’Australie d’acheter des sous-marins de classe Astute fabriqués en Grande-Bretagne, tandis que les États-Unis offriront probablement la version plus petite de leurs sous-marins de classe Virginia. Étant donné que les deux pays disposent de chaînes de production actives pour ces sous-marins, il ne sera pas judicieux, d’un point de vue économique, de construire en Australie même plus que quelques petites pièces pour ces sous-marins . Les États-Unis exerceront toutes les pressions nécessaires pour s’assurer que leur offre remportera la course. Un indice de cela est que l’Australie a également annoncé qu’elle allait acquérir des missiles américains Tomahawk à longue portée qui seront utilisés avec les sous-marins.

Le premier des bateaux français destinés à l’Australie devait être prêt au début des années 2030. L’Australie devra maintenant attendre une dizaine d’années supplémentaires avant d’obtenir de nouveaux navires.

Sa gamme de Collins actuelle nécessitera plus qu’un simple carénage pour être maintenue aussi longtemps. Cela va coûter cher. Les Allemands pourraient s’engouffrer dans la brèche en proposant leurs sous-marins de type 214 à propulsion par hydrogène. Bien que ces bateaux soient beaucoup plus petits, ils offrent une longue endurance, peuvent être approvisionnés assez rapidement et coûtent beaucoup moins cher que les sous-marins à propulsion nucléaire.

Dans l’ensemble, je ne vois aucun avantage pour l’Australie dans cette décision.

Quelle est alors la raison de cette initiative ?

Cela s’appelle du chantage.

La Chine est de loin le premier partenaire commercial de l’Australie. Les « stratèges » américains et australiens affirment que les sous-marins sont nécessaires pour protéger de la Chine les routes commerciales maritimes de l’Australie avec son principal partenaire commercial…qui est la Chine. Cela n’a, comme le montre cette scène, aucun sens.

La seule raison pour laquelle l’Australie s’est tournée politiquement et militairement contre la Chine est le chantage qu’exercent les États-Unis. Il y a deux ans, le politologue « réaliste » américain John Mearsheimer est venu en Australie pour expliquer aux Australiens (voir la vidéo à 33 minutes) comment cela fonctionne.

Comme le résume Caitlin Johnstone :

"Maintenant, certaines personnes disent qu'il y a une alternative : vous pouvez marcher avec la Chine", a déclaré Mearsheimer. "Exact, vous avez un choix ici : vous pouvez marcher avec la Chine plutôt qu'avec les États-Unis. Il y a deux choses que je dirai à ce sujet. Numéro un, si vous marchez avec la Chine, vous devez comprendre que vous serez notre ennemi. Vous décidez alors de devenir un ennemi des États-Unis. Parce qu'encore une fois, nous parlons d'une compétition sécuritaire intense."

"Vous êtes soit avec nous, soit contre nous", a-t-il poursuivi. "Et si vous faites un commerce important avec la Chine, et que vous êtes amical avec elle, vous sapez les États-Unis dans cette compétition sécuritaire. Vous nourrissez la bête, de notre point de vue. Et cela ne va pas nous rendre heureux. Et quand nous ne sommes pas contents, il ne faut pas sous-estimer à quel point nous pouvons être méchants. Il suffit de demander à Fidel Castro."

Les rires nerveux de l'auditoire du think tank australien ont ponctué les observations incendiaires de Mearsheimer. La CIA est connue pour avoir tenté de nombreuses tentatives d'assassinat contre Castro.

Voilà donc ce qu'il en est. L'Australie ne s'aligne pas sur les États-Unis pour se protéger de la Chine. L'Australie s’aligne sur les États-Unis pour se protéger des États-Unis.

Joe Biden a peut-être oublié le nom du Premier ministre australien. Mais Scott Morrison se souvient pour qui on attend de lui qu’il travaille. En 1975, les États-Unis et le Royaume-Uni ont lancé un coup d’État contre le Premier ministre australien Gough Whitlam, qui faisait avancer son pays vers l’indépendance. Peu de gens aux États-Unis s’en souviennent, mais les politiciens australiens si. Depuis, leur pays a toujours fait ce qu’on lui disait de faire.

C’est ce qui explique toute cette histoire.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Briser l’Empire signifie rompre avec les Saoudiens

Par : Zineb

Par Tom Luongo – Le 2 septembre 2021 – Source Gold Goats ‘n Guns

Dire que l’Arabie saoudite a été le pivot des objectifs de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient et en Asie centrale est un euphémisme. Pendant plus de cinquante ans, les Saoudiens ont contribué à soutenir la politique étrangère américaine en exportant leur pétrole dans le monde entier et en ne recevant que des dollars en retour.

Leur monnaie, le Riyal, est indexée au dollar américain depuis que le secrétaire d’État de l’époque du président Nixon, Henry Kissinger, a négocié l’accord qui a donné naissance au système dit des pétrodollars.

Au cours des décennies qui ont suivi, le pétrodollar a été un mot à la mode que beaucoup, dont moi-même, ont utilisé pour expliquer l’architecture des ambitions impériales des États-Unis. À bien des égards, il a joué un rôle crucial dans ce contexte, à certains moments. Mais il était surtout nécessaire pendant les premières années de la mise en place de l’étalon-dollar, pour aider à légitimer ce nouveau régime monétaire et fournir un marché pour la dette américaine dans le monde entier afin de remplacer l’or.

Après cela, ce ne fut que l’aspect d’un jeu beaucoup plus grand construit sur un schéma de Ponzi en constante expansion de fausse monnaie. En réalité, le système bancaire parallèle des eurodollars est beaucoup plus important que celui des pétrodollars.

Cela dit, je ne l’ignore pas complètement, car je comprends qu’il s’agit d’argent réel qui change de mains pour des biens réels, plutôt que de grandes quantités de dollars qui soutiennent un système financier de plus en plus fragile. Le commerce réel est important et la monnaie avec laquelle il s’effectue l’est tout autant.

Les États-Unis ont défendu avec acharnement le pétrodollar en partant en guerre contre tout pays qui osait offrir du pétrole sur les marchés internationaux dans une autre monnaie que le dollar, comme l’Irak sous Saddam Hussein. Mais les temps changent, tout comme la structure des marchés de capitaux.

Ainsi, lorsqu’on évalue la santé du système des pétrodollars et son importance aujourd’hui, il est important de réaliser que le marché du pétrole est beaucoup plus fragmenté en termes de paiement qu’il ne l’a été depuis le début des années 1970.

En tant que système, le pétrodollar a toujours été voué à une mort lente. Selon moi, les premiers signes de cette évolution ont commencé fin 2012, après que le président Obama a finalement utilisé l’arme nucléaire financière contre l’Iran, à savoir l’expulsion du système de paiement SWIFT, sans pratiquement aucune raison.

Au début de l’année, j’ai écrit un article expliquant pourquoi, dans les négociations, il ne faut jamais recourir au nucléaire et comment Obama a commis la plus grosse erreur stratégique, peut-être dans l’histoire des États-Unis, en menaçant d’abord les Suisses au sujet du secret bancaire, puis l’Iran.

Le fait que l’administration Obama ait politisé SWIFT comme elle l’a fait a mis fin à une ère de la finance internationale. Le système financier mondial a mis fin à toutes les illusions qu’il avait sur qui était en charge et qui dictait les conditions.

Le problème, c’est qu’une fois qu’on y est, on ne peut plus revenir en arrière, comme l’a fait remarquer {Jim} Sinclair il y a plus de dix ans.

Menacer la Suisse de  l’expulser de SWIFT n’était pas un signe de force, mais un signe de faiblesse. Seules les personnes faibles intimident leurs amis pour les soumettre. Cela montrait que les États-Unis n’avaient aucun autre moyen de pression sur la Suisse que SWIFT, un signe clair de désespoir.

Et c’est ce que les États-Unis ont fait en appuyant sur le gros bouton rouge « effacé de l’histoire ».

La Suisse a cédé. Sa fameuse confidentialité bancaire fait désormais partie de l’histoire.

L’Iran, en revanche, en 2012, face à une menace similaire de la part d’Obama, n’a pas cédé et a forcé Obama à mettre sa menace à exécution. Une fois que vous avez débloqué l’arme nucléaire, vous ne pouvez plus menacer avec des armes moins puissantes, elles n’ont aucune influence. C’est une leçon que Donald Trump apprendra à ses dépens en 2018.

L’Iran a fait fi du pétrodollar pour vendre son pétrole en concluant un accord d’échange de biens contre du pétrole avec l’Inde. Les experts américains en politique étrangère se sont moqués de l’Iran à l’époque. Puis nous avons découvert que la Turquie blanchissait les ventes de pétrole pour l’Iran par le biais de ses banques en utilisant de l’or.

Sa monnaie, le Rial, a depuis lors fait l’objet d’attaques constantes de la part des États-Unis, le plus vicieusement sous le président Trump qui a cherché à faire ce qu’Obama n’a pas pu faire, conduire les exportations de pétrole de l’Iran à zéro. L’objectif était un changement de régime.

J’ai chroniqué cela en détail, au cours de ces quatre dernières années, en disant explicitement que la stratégie était stupide et à courte vue. Elle n’a pas fonctionné. Elle ne pouvait pas fonctionner.

La résistance de l’Iran à l’intimidation de Trump n’a fait que renforcer les structures de pouvoir existantes là-bas et endurcir le peuple iranien pour qu’il devienne plus désagréable, plus dédaigneux vis-à-vis de l’Amérique et, probablement, des Américains.

Tout ce que cela a fait, c’est de forcer l’Iran à développer des plans alternatifs et à trouver de nouveaux marchés. Ces alternatives impliquaient de développer de meilleures relations avec la Chine, la Russie et la Turquie, ce que les États-Unis se sont efforcés de saboter. Tant que l’Iran respectait sa parole, fournissait du pétrole et se comportait comme un partenaire fiable en matière de diplomatie, les accords finissaient par se concrétiser.

L’investissement de 400 milliards de dollars sur 20 ans de la Chine l’année dernière est le point culminant de cette résistance et de cette ingéniosité. C’est le tourbillon provoqué par les politiques pro-Israël, anti-Iran et les politiques confuses de Trump à l’égard de la Syrie et de l’Afghanistan.

Dans l’intervalle, les États-Unis ont sanctionné la Russie, qui vend une grande partie de son pétrole dans un certain nombre de devises différentes, dont certaines sont encore des dollars. La Chine a lancé il y a quelques années un contrat à terme sur le pétrole libellé en yuan, qui est finalement convertible en or à Shanghai.

Les États-Unis commercent toujours avec la Chine et la Russie et pourtant, personne n’a eu raison de réclamer la mort du pétrodollar à l’époque. Ces choses sont un processus, pas une étape. Le fait est que le pétrodollar ne dépend pas du fait qu’il soit un monopsone dans le commerce du pétrole. Le système fuit depuis près d’une décennie maintenant.

L’Iran est un exemple de la raison pour laquelle le Davos ne parviendra à rien de plus que la forme la plus limitée de son Grand Reset. La Russie aussi. La nécessité est mère de l’innovation. Poutine ne cesse de le répéter. Et lui, comme les Mollahs en Iran, ont été la risée des experts américains en politique étrangère de K Street.

Mais, cet article ne concerne pas l’Iran, la Russie ou la Chine. Il s’agit de l’Arabie Saoudite.

Maintenant que la situation de l’Afghanistan est pratiquement réglée sur le plan géopolitique, la question est de savoir quelles en seront les retombées. Pendant des années, nous avons vu la coalition qui voulait atomiser la Syrie se diviser, petit à petit. Ce fut d’abord le Qatar, qui a défié le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MbS), isolé tout comme l’Iran. Le Qatar a survécu.

Ensuite, c’était la Turquie, qui fait constamment volte-face sous la direction du président Erdogan en essayant de combler les vides de pouvoir découlant des succès militaires de la Russie en Syrie et des succès diplomatiques dans la région qui ont fait échouer les plans des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël dans cette région.

Lentement, petit à petit, la Russie et la Chine se sont installées dans ces espaces pendant qu’Erdogan essayait et échouait…. encore et encore et encore.

Ainsi, la présence américaine en Afghanistan faisant désormais officiellement partie de l’histoire, de grands changements s’opèrent rapidement et furieusement dans toute la région.

Et le plus important est l’accord vague mais significatif de coordination de la défense entre la Russie et l’Arabie Saoudite. Car maintenant, après avoir réussi à contrôler le baril de pétrole marginal produit dans le monde, la Russie contrôle l’OPEP+ 1. C’est un accord nominal de partage du pouvoir avec les Saoudiens, mais en fin de compte, avec Trump hors jeu, les Saoudiens ont réalisé qu’il leur restait très peu d’amis, voire aucun, dans le monde.

J’ai fait cette leçon d’histoire pour vous rappeler que ce moment n’est pas arrivé par hasard. Il s’est construit sur une décennie d’erreurs de politique étrangère américaine. Des erreurs qui ont tenté de faire perdurer les avantages et le récit du pétrodollar bien plus longtemps qu’ils n’auraient dû.

Le système aurait dû mourir il y a des années. Mais il a continué à boiter en cédant à la soif de sang de MbS au Yémen, en Syrie et au Liban. Plutôt que de subventionner les objectifs de politique étrangère des États-Unis, il a subventionné l’illusion continue de la famille royale saoudienne qu’elle était un courtier du pouvoir mondial.

Cela a continué jusqu’à ce que Trump soit renversé et que Biden soit installé. Depuis lors, MbS et le reste de la Maison des Saoud ont compris à quoi ressemblait leur avenir et dans quelles mains il se trouvait.

Celles de la Russie.

Nous avons vu des négociations en coulisses entre Riyad et Téhéran, entre Riyad et Damas. La Syrie revient au sein de la Ligue arabe. L’Iran et les Saoudiens mettent un terme au désastreux conflit au Yémen.

Le moment est venu de réclamer la paix et de trouver une solution garantissant une stabilité relative. Alors, comment le pétrodollar intervient-il dans tout cela ?

Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Ceux qui pensent que le pétrodollar est mort à cause de cet accord s’avancent beaucoup. Avec des prix du pétrole aux alentours de 70 dollars (pétrole brut Brent), il n’y a pas de menace immédiate pour l’avenir du gouvernement saoudien. Ils peuvent gérer un léger déficit budgétaire à ces prix pendant longtemps. Il n’y a pas de pression sur le Riyal à ces prix.

Ce qu’ils ne peuvent pas gérer, c’est le pétrole dans les 30 ou 40 dollars pendant un certain temps. C’est ce qui fait exploser le déficit budgétaire.

Donc, pour l’instant, tant que les États-Unis ne se mettent pas davantage à dos MbS, il n’y a aucune raison pour que ce qui reste du pétrodollar ne puisse pas rester en place.

À cette fin, le fléau de l’existence du Davos, Southfront.org, dont la diffusion est fortement censurée par Big Tech, spécule que les États-Unis pourraient sanctionner l’Arabie saoudite pour cet accord avec la Russie.

Les États-Unis exhortent leurs alliés à éviter les grands accords de défense avec la Russie, a déclaré un porte-parole du département d’État, commentant la signature d’un accord de coopération militaire entre la Russie et l’Arabie saoudite.

« Nous continuons d’exhorter tous nos partenaires et alliés à éviter les nouveaux accords majeurs avec le secteur de la défense russe, ce que nous avons clairement indiqué avec … la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act) », a déclaré le porte-parole au média d’État russe RIA.

Bien qu’il s’agisse d’une spéculation, cette déclaration du Département d’État a été faite avant que les Saoudiens ne s’assoient et ne signent un accord avec les Russes au plus fort de la retraite honteuse et désordonnée des États-Unis de Kaboul.

En matière d’insultes géopolitiques, celle-ci était plutôt énorme.

Ce sera donc la prochaine étape à franchir. Si j’ai raison et que l’objectif de ceux qui sont derrière l’administration Biden (dont la date limite d’utilisation est similaire à celle du pétrodollar) est de démanteler les États-Unis autant que possible, alors nous verrons Lindsey Graham et d’autres se tordre les mains ensanglantées en se lamentant sur la nécessité de sanctionner nos amis de longue date en Arabie saoudite.

Ce sera aussi nauséabond que prévisible.

Et ce sera un acte délibéré de destruction d’une partie encore significative de la demande étrangère pour le dollar américain. Bien entendu, cela fait directement le jeu du Davos, qui s’emploie activement à saper la confiance dans les États-Unis sur les plans politique, économique, culturel et social. Parce qu’à la minute où les États-Unis font cela, la seule action rationnelle de MbS est de rompre l’indexation du Riyal au dollar et de le laisser flotter librement.

À 70 dollars le baril, l’effet sur le Riyal sera minime.

Cela dit, cela permettrait une forte baisse des prix du pétrole au niveau international, car les Saoudiens, qui ont besoin d’un prix du pétrole élevé pour financer leur État-providence, n’auront plus besoin d’autant de dollars pour leur pétrole. Il faut donc s’attendre à ce que le Davos tente de favoriser cette évolution. Ils ont déjà essayé lorsque les EAU ont tenté de torpiller la solidarité de l’OPEP+ il y a quelques semaines.

Si le pétrole devait chuter brusquement, disons dans les 40 dollars, cela créerait une inflation massive en Arabie Saoudite en raison d’une forte baisse du Riyal, désormais exposé aux forces du marché. Et les Saoudiens devraient alors procéder au même ajustement douloureux que la Russie a connu en 2015-17, lorsqu’elle a finalement mis fin à sa politique de rouble fort.

C’est pourquoi on dit à Biden de supplier publiquement pour une baisse des prix du pétrole. Cela n’a rien à voir avec le fait d’aider les consommateurs américains et tout à voir avec le fait d’appâter les pays arabes pour qu’ils désindexent leur monnaie du pétrodollar et espèrent faire s’effondrer les prix du pétrole dans la confusion.

Donc, annoncez le variant Mu du COVID-11/09.

Les Saoudiens, pour leur part, ont bien appris les leçons de ce qui se passe quand on se lance dans une guerre des prix avec la Russie. Vous perdez. Donc, au lieu de se battre contre la Russie pour des parts de marché, ils ont décidé de coordonner la production pour que tout le monde y gagne pendant que les États-Unis continuent à se débattre avec la réalité que leur empire n’est pas seulement en train de s’effondrer, mais qu’il est activement démantelé de l’intérieur.

Et vu où nous allons, je dirais que ceux qui rient maintenant ne sont pas au Département d’État.

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

  1. En cas d’augmentation de la demande, la Russie, en tant que principal producteur de pétrole à fort coût d’exploitation en provenance de l’Arctique, peut décider du prix du baril de pétrole au niveau mondial, NdT

Réfugiés militarisés et attaques hybrides

Par : hervek

Par Binoy Kampmark − Le 07/09/2021 − Source Oriental Review

Réfugiés afghans coincés entre la Pologne et le Belarus

Les réfugiés et les demandeurs d’asile constituent un riche vivier pour les démagogues et les opportunistes politiques. L’approche australienne politise leur détresse en affirmant qu’ils sont illégitimes selon la façon dont ils arrivent, à savoir par bateau. Le vingtième anniversaire de la tentative du MV Tampa d’accoster à l’île Christmas avec plus de 400 de ces individus a inauguré un régime particulièrement vicieux. Intercepté par les forces spéciales australiennes, les SAS, en août 2001, cela a offert au gouvernement Howard une occasion incroyablement cruelle de récolter des voix. Et ce gouvernement les a récoltés avec enthousiasme.

Plusieurs pays européens ont également adopté une approche similaire : les arrivées navales en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique doivent être contenues, détenues et, de préférence, traitées dans des pays tiers par le biais d’une série d’accords. Le thème commun à tous ces accords est la fermeté des contrôles aux frontières et la dissuasion.

Le Belarus a ajouté une autre option à l’arsenal d’utilisation et d’abus des réfugiés. Le pays, sous la direction d’Alexandre Loukachenko, a mis au point un plan bâclé pour harceler les pays sympathisants de ses opposants et responsables de l’imposition de sanctions à son régime : les submerger. Premièrement : inciter les réfugiés et les migrants d’un certain nombre de pays – Irak, Iran, Afghanistan, Syrie et Cameroun – à arriver avec des visas touristiques. Mobiliser ces personnes pour qu’elles franchissent les frontières polonaises, lituaniennes et lettones.

Des descriptions ont été proposées pour cette stratégie. Le ministre lituanien des affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis, a considéré les actes de la part du Belarus comme une « opération de guerre hybride » qui menaçait, a-t-il affirmé avec un effet dramatique, « l’ensemble de l’Union européenne ». En juillet, il a déclaré à la Deutsche Welle que les réfugiés concernés étaient utilisés comme des « boucliers humains » et une sorte d’« arme hybride ». Le vice-ministre lituanien de l’Intérieur, Arnoldas Abramavičius, n’a pas apprécié que les gardes-frontières de son pays « agissent comme une sorte d’hôtel d’accueil pour les migrants pendant longtemps. Il fallait que cela cesse ».

Les États membres ont échangé leurs expériences sur la meilleure façon de faire face à la recrudescence de ces arrivées « Loukachenko ». Lors d’une réunion entre M. Landsbergis et son homologue grec Nikos Dendias en juin, une grande solidarité a été ressentie dans la discussion sur la manière de combattre une menace commune. Les droits de l’homme se sont avérés moins importants que l’intégrité territoriale et la défense européenne. Comme l’a déclaré le ministère lituanien des affaires étrangères, les deux ministres « ont souligné l’importance de la solidarité européenne et la nécessité de prêter attention aux processus dans le voisinage de l’UE, ainsi qu’être prêt à répondre aux menaces dangereuses qui émergent au voisinage de l’UE. »

Les gardes le long de la frontière lituanienne avaient, jusqu’en août, intercepté environ 4 100 réfugiés et demandeurs d’asile rien que cette année. L’année dernière, ce nombre n’était que de 81. Ces chiffres ont incité l’État balte à déclarer l’état d’urgence en juillet. Les ressources de Frontex, cet organisme peu transparent également connu sous le nom d’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, ont déployé du personnel à la hâte ce même mois pour aider à maintenir l’ordre à la frontière avec la Lituanie et la Lettonie.

Selon Frontex, le soutien initial comprendrait « la surveillance des frontières et d’autres fonctions de gestion des frontières ». L’opération commencera par le déploiement de 10 agents avec des voitures de patrouille, et leur nombre sera progressivement augmenté.

Le directeur exécutif de l’agence, Fabrice Leggeri, n’a pas tari d’éloges sur les prouesses de l’organisation aux allures militaires, suggérant une aide face à des barbares menaçants à la frontière de l’Europe. « Le déploiement rapide en soutien à la Lituanie et à la Lettonie met en évidence la valeur des troupes permanentes de Frontex, qui permet à l’agence de réagir rapidement à des défis inattendus, en apportant la solidarité européenne pour soutenir les États membres aux frontières extérieures. »

L’humanitarisme est la dernière chose à laquelle pense M. Leggeri lorsqu’il évoque le rôle des « gardes-frontières et patrouilleurs supplémentaires de Frontex », qui « travaillent côte à côte avec leurs collègues lettons et lituaniens » pour « protéger nos frontières extérieures » en faisant cause commune.

Au début du mois, la Pologne a rejoint la Lituanie avec une ferveur alarmiste, en déclarant l’état d’urgence. Cette mesure a eu pour effet de militariser inutilement la situation, tout en faisant appel au jingo intérieur. Il s’agit du premier ordre de ce type depuis l’époque communiste du pays, qui interdit les rassemblements de masse et limite les mouvements de la population dans une bande de 3 km le long de la frontière pendant 30 jours. Marta Anna Kurzyniec, habitante de la ville frontalière polonaise de Krynki, a décrit une atmosphère « généralement violente ». Il y avait « des militaires en uniforme et armés partout… cela me rappelle la guerre ».

À l’utilisation de troupes s’ajoutent des barrières inhospitalières telles que la construction d’une clôture en fil de fer rasoir de 508 km par les autorités lituaniennes. La première ministre lituanienne, Ingrida Simonyte, a estimé qu’il s’agissait d’un élément essentiel de la stratégie de son pays pour repousser les arrivées indésirables. « La barrière physique est vitale pour repousser cette attaque hybride, que le régime biélorusse entreprend contre la Lituanie. »

Des personnalités politiques telles que le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki et le Lituanien Landsbergis ont également encouragé la diffusion de messages sévères de désapprobation à ceux qui tentent d’entrer dans leur pays. « Nous devons informer les gens qu’on leur ment », s’est emporté Landsbergis. « On leur promet un passage facile vers l’Europe, une vie très libre en Europe. Ce n’est pas ce qui va se passer. » Morawiecki, bien que revendiquant une certaine sympathie pour « les migrants qui ont été dans une situation extrêmement difficile », a estimé qu’« il faut clairement dire qu’ils sont un instrument politique. »

La situation a également vu la Cour européenne des droits de l’homme faire une apparition bien nécessaire en demandant à la Pologne et à la Lettonie de « fournir à tous les requérants de la nourriture, de l’eau, des vêtements, des soins médicaux adéquats et, si possible, un abri temporaire ». La Cour a toutefois tenu à faire savoir « que cette mesure ne doit pas être comprise comme exigeant que la Pologne ou la Lettonie laissent les requérants entrer sur leur territoire. »

Le gouvernement polonais, quant à lui, insiste sur le fait que son cœur ne s’est pas endurci, et s’adonne à son propre jeu de dissimulation pour la presse. Comme l’a affirmé une porte-parole du ministère de l’intérieur, « ces personnes se trouvent du côté biélorusse de la frontière ».

La manipulation de ce trafic humain a créé son lot de réalités bestiales ignorant les principes fondamentaux de la Convention des Nations Unies sur les réfugiés et d’un assortiment d’instruments internationaux, dont la Convention de Genève. C’est notamment le cas d’un certain nombre de réfugiés afghans qui se retrouvent bloqués à Usnarz Gorny, à 55 km à l’est de Bialystok. « Ils sont les victimes du jeu politique entre les pays », a déclaré avec justesse Aleksandra Fertlinska, d’Amnesty International Pologne. « Mais ce qui est le plus important, c’est que la source de ce jeu politique n’a pas d’importance. Ce sont des réfugiés, et ils sont protégés par [la] Convention de Genève ; ce que nous devons faire, c’est les accepter. »

Un réfugié irakien du nom de Slemen, se trouvant dans les environs détrempés de Rūdninki, à quelque 38 kilomètres de la capitale lituanienne Vilnius, offre sa propre observation pertinente. « Ce n’est pas parce que nous sommes passés par la Biélorussie que nous sommes de mauvaises personnes », a-t-il expliqué à Der Spiegel. Mais lui, et ses compagnons de voyage, sont présentés comme mauvais par des États qui négligent la compassion du traitement des demandes au profit d’une politique instinctive mettant l’accent sur le déluge et la menace plutôt que sur le salut et l’espoir.

Binoy Kampmark

Note Saker Francophone
Il est assez étonnant de voir que la Biélorussie renvoie la monnaie de leur pièce à la Pologne et aux États Baltes après les déstabilisations récentes, et avec des techniques utilisées par les forces globalistes pour imposer le multiculturalisme en Occident.

Traduit par hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

À partir d’avant-hierLe Saker Francophone

Quinze ans plus tard, le film d’Al Gore, « Une vérité qui dérange », s’avère être un tissu d’inexactitudes.

Par : Wayan

Par Paul A. Nuttall − Le 15 septembre 2021 − Source Russia Today

Le film d’Al Gore sur le changement climatique a été salué comme révolutionnaire lors de sa sortie en fanfare mais, dans l’intervalle, la fameuse vérité s’est avérée ne pas être une vérité du tout.

Il y a quinze ans aujourd’hui, Al Gore, candidat malheureux à la présidence des États-Unis, sortait ce que l’on peut décrire comme un film d’épouvante intitulé « Une vérité qui dérange : l’urgence planétaire du réchauffement climatique et ce que nous pouvons faire pour y remédier ». Le film a connu un succès mondial et Gore a remporté un Oscar ; il a également reçu le prix Nobel de la paix.

Gore avait réussi à rendre sexy le réchauffement de la planète. Tout le monde voulait être de la partie pour montrer qu’il était respectueux de l’environnement, en particulier les célébrités. Et tous les autres durent s’inscrire à l’ordre du jour car, comme on l’entend encore si souvent aujourd’hui, « c’est la science qui le dit ».

Je me souviens que lorsque je suis devenu membre de la commission sur l’environnement du Parlement européen, il y a maintenant plus de dix ans, on m’a envoyé un exemplaire du DVD et du livre. Je pense qu’ils ont été conçus pour être notre bible, en particulier lorsque nous nous livrons à des discours alarmistes sur le réchauffement climatique… ce que la commission n’a cessé de faire. C’est pour cela que j’ai arrêté d’y aller.

Mais le film n’était pas seulement destiné aux adultes, ou aux députés européens crédules, il était conçu pour effrayer nos enfants. Les écoles du monde entier ont montré le film et le livre complémentaire est apparu dans leurs bibliothèques. En conséquence, les enfants ont été terrifiés par l’imminence de la catastrophe climatique, ce qui a conduit à une « anxiété climatique«  et donne aujourd’hui encore des nuits blanches à nos petits.

Cependant, les problèmes ont commencé à arriver pour « Une vérité qui dérange ». En 2007, la Haute Cour d’Angleterre et du Pays de Galles a jugé que le film contenait neuf inexactitudes scientifiques liées au « contexte alarmiste et à l’exagération. » À partir de ce moment, les écoles ont dû fournir un contrepoids aux arguments « unilatéraux«  contenus dans le film.

Mais, je m’égare. J’ai voulu écrire cet article pour marquer le quinzième anniversaire de la sortie de « Une vérité qui dérange » et voir comment certaines des prédictions apocalyptiques de Gore se vérifient aujourd’hui. J’en ai choisi trois – mais j’aurais pu en aborder beaucoup, beaucoup d’autres.

La première est que le niveau des mers pourrait s’élever de 6 mètres dans « un avenir proche », entraînant la submersion de villes du monde entier et laissant des millions de personnes sans abri. On pourrait croire qu’il s’agit d’une scène tirée du film catastrophe de 2004 « Le jour d’après », mais ne vous inquiétez pas, elle est tout aussi irréaliste.

Les villes n’ont pas été submergées et la dernière fois que j’ai visité les Pays-Bas, il y a quelques années, je n’ai pas eu besoin d’utiliser un tuba. Même le GIEC, qui n’hésite pas à recourir à des tactiques alarmistes, a prédit en 2007 que le niveau des mers n’augmenterait que de 0,59 cm à 60 cm au cours de ce siècle.

Gore lui-même était tellement préoccupé par l’élévation du niveau de la mer qu’il a acheté une propriété de 8 millions de dollars en bord de mer à Los Angeles quelques années plus tard. En effet, ces satanés Démocrates adorent dire aux gens comment vivre, mais mettent rarement en pratique ce qu’ils prêchent… La récente fête d’anniversaire de Barack Obama où personne ne portait de masque en est un autre exemple.

Quoi qu’il en soit, la deuxième prédiction erronée de Gore est que les calottes glaciaires du pôle Nord auraient fondu au milieu de la dernière décennie. Il a fait cette affirmation en 2008 lors d’une interview en Allemagne à l’occasion de la conférence sur le climat COP15.

Techniquement, il n’a pas inventé cette affirmation hyperbolique lui-même, il l’a simplement extraite d’une étude alarmiste sur le climat. Mais comme Gore l’a diffusée au monde entier, elle lui appartient. Et un simple coup d’œil à une carte, ou même à des photographies récentes prises depuis l’espace, révèle que, oui, ces calottes polaires sont toujours là.

Enfin, et je pense que c’est le meilleur, Gore a affirmé que « le réchauffement de la planète, ainsi que la coupe et l’incendie des forêts et d’autres habitats essentiels, causent la perte d’espèces vivantes à un niveau comparable à l’événement d’extinction qui a éliminé les dinosaures il y a 65 millions d’années ». Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour voir que c’est tout simplement faux.

Les scientifiques pensent que les dinosaures – et 70 % des animaux et des plantes de la Terre – ont été anéantis lorsqu’un astéroïde de 10 kilomètres de large s’est écrasé sur la péninsule du Yucatan. Et Dieu merci, cela s’est produit, car il y a de fortes chances pour que nous ne soyons pas là aujourd’hui si cela n’avait pas été le cas. Quoi qu’il en soit, l’affirmation de Gore selon laquelle le léger réchauffement auquel nous assistons aujourd’hui pourrait avoir le même effet que cet astéroïde est si ridicule que je ne suis même pas sûr qu’elle justifie une réfutation.

Ce que je dirai, c’est que les scientifiques estiment qu’il y a entre 8,7 et 10 millions d’espèces différentes sur Terre. Avant cette étude récente, ils estimaient qu’il pouvait y en avoir entre 3 et 100 millions. Je me demande donc comment ils peuvent savoir si le nombre d’espèces augmente ou diminue alors qu’ils ne savent même pas exactement combien d’espèces il y a ?

Quoi qu’il en soit, je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que les affirmations de Gore sont plus farfelues que les slogans entendus lors d’une manifestation d’Extinction Rebellion. Mais les alarmistes climatiques ne sont pas stupides, et ils ont appris de leurs erreurs. Bien qu’ils n’aient pas atténué leurs hyperboles, ils ont réalisé qu’ils avaient besoin d’une personne plus pratique pour faire ces déclarations farfelues.

Vous voyez, Gore était la Greta de son époque. La différence, cependant, est que Gore, en tant qu’ancien politicien, n’était pas imperméable à la critique. Les alarmistes climatiques ont appris qu’il valait mieux avoir pour porte-parole une adolescente irréprochable plutôt qu’un ancien politicien coriace. Tout cela est très sinistre quand on y pense.

Quoi qu’il en soit, quinze ans se sont écoulés et de nombreuses affirmations de Gore se sont avérées être des foutaises hyperboliques, mais cela n’empêche pas les alarmistes climatiques de continuer à faire des allégations similaires. Et j’espère vraiment que je serai là dans quinze ans pour écrire un autre article sur la façon dont les histoires effrayantes qui émanent de Greta ne se sont pas révélées exactes. Sauf si je suis mort de chaleur ou sous l’eau d’ici là, ce dont je doute fort.

Paul A. Nuttall

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Les petites victoires de Biden

Par : hervek

Par Dmitry Orlov – Le 8 septembre 2021 – Source Club Orlov

Kamala Harris dépose des fleurs devant un monument à la mémoire du Viet Cong qui a abattu John McCain.

Pour un nourrisson, la victoire peut consister à cracher une bouchée de nourriture plus loin que jamais auparavant ; pour un homme adulte dans la force de l’âge, la victoire peut consister à coucher avec une belle femme ; et pour quelqu’un de l’âge de Joe Biden, la victoire peut consister à réussir à aller à la selle. Ne perdons pas de vue ces relativités lorsque nous considérons la sortie victorieuse de l’Amérique de l’Afghanistan et ses prochaines sorties victorieuses de l’Irak, de la Syrie, de l’Ukraine, du Kosovo, d’Israël, de Taïwan, du Qatar, d’Okinawa, de Guam, de Porto Rico, des îles Vierges et de l’Alaska, pour n’en citer que quelques-unes.

Un fait bien connu à propos des États-Unis est que leurs politiques nationales en général, et leur « truc de vision » (comme George Bush-père l’appelait) en particulier, sont formulées par des diplômés en « liberal arts » des écoles de la Ivy League. Leur formation consiste généralement à lire et à réfléchir à certains livres, mais leurs listes de lecture ont tendance à être plutôt courtes. Cependant, elles comprennent toujours deux titres : 1984 de George Orwell et Brave New World d’Aldous Huxley. De façon perverse, ils s’en souviennent non pas comme des anti-utopies édifiantes, mais comme des manuels d’instructions, surtout pour 1984, et agissent en conséquence.

Rappelez-vous que sur le mur du Ministère de la Vérité de George Orwell étaient inscrits trois slogans :

LA GUERRE, C’EST LA PAIX
LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE
L’IGNORANCE EST UNE FORCE

En 2014, il m’était apparu que ces slogans s’appliquaient un peu trop bien au mode de fonctionnement de l’establishment de Washington, DC, et j’ai suivi ses progrès à la lumière de cette prise de conscience depuis lors, avec d’excellents résultats.

La guerre est certainement la paix : il suffit de voir à quel point l’Irak, l’Afghanistan, le Yémen, le Kosovo, la Libye, la Syrie et l’Ukraine sont devenus pacifiques grâce à leurs efforts de pacification. Les seuls écarts par rapport à la paix absolue qui pourraient se produire là-bas sont liés au fait que tout le monde n’a pas été contraint de devenir un réfugié et que certaines personnes tentent encore de vivre sur place. Cette situation devrait se résoudre d’elle-même, notamment en Ukraine, où les gens sont désormais confrontés à la perspective de survivre à un hiver froid sans chauffage.

La liberté est en fait un esclavage : pour profiter de leur « liberté », les Américains passent la majeure partie de leur vie à rembourser leurs dettes, qu’il s’agisse d’un prêt hypothécaire, de dettes médicales contractées à la suite d’une maladie ou de prêts étudiants. Ils peuvent aussi en profiter en pourrissant en prison. Ils travaillent également de plus longues heures avec moins de congés et des avantages sociaux plus mauvais que dans n’importe quel autre pays développé, et leurs salaires n’ont pas augmenté depuis deux générations.

Et ce qui maintient tout cela, c’est le fait que l’ignorance est en fait vraiment une force ; si ce n’était pas l’ignorance écrasante et délibérée des Américains, à la fois de leurs propres affaires et du monde en général, ils se seraient déjà rebellés, et le château de cartes (comme l’appelle George Bush-fils) se serait écroulé.

Mais il y a un quatrième slogan qu’ils doivent ajouter au mur du ministère de la Vérité de Washington. Il s’agit de :

LA DÉFAITE EST UNE VICTOIRE

Le caractère grotesque des trois premiers slogans peut être atténué de diverses manières. Il est difficile de prétendre que les engagements américains en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Libye, en Syrie ou en Ukraine ont produit la « paix », mais divers fonctionnaires menteurs et autres télétubbies nationaux trouvent encore possible de prétendre qu’ils ont en quelque sorte évité des dangers plus graves (totalement inventés) comme les « armes de destruction massive » irakiennes et syriennes ou Oussama Ben Laden qui, depuis sa grotte de Tora Bora, en Afghanistan, a fait tomber à distance encore plus de grattes-ciel à New York. Ce qu’ils ont produit, c’est une guerre sans fin financée par une dette galopante menant à la ruine économique. Cela devient de plus en plus difficile à ignorer, mais l’ignorance aide beaucoup ici.

De même, il est possible, bien qu’un peu maladroit, de prétendre que l’esclavage est une liberté – parce que, voyez-vous, une fois que vous vous êtes acquitté de vos devoirs d’esclave, vous pouvez rentrer chez vous et lire toutes les absurdités que vous voulez sur un blog ou un autre. C’est, bien sûr, tout à fait idiot ; vous pouvez vous bourrer la tête de toutes les « connaissances » que vous voulez, mais si vous essayez de les mettre en pratique, vous découvrirez rapidement que vous n’y êtes pas autorisé. « Retourne dans le rang, esclave ! » Vous pouvez aussi prendre le contre-pied et prétendre que la liberté est réservée aux fainéants tandis que nous, les gens productifs, devons nous précipiter d’une activité programmée à l’autre, en obligeant également nos enfants à vivre selon un calendrier tout aussi serré, en évitant les « temps non structurés » comme la peste, et que cela n’a rien à voir avec l’esclavage. Rien du tout. Même pas un peu. « Personne ne me dit ce que je dois faire ! » (Baisse les yeux sur le smartphone pour voir ce qu’il y a ensuite sur la liste des choses à faire aujourd’hui).

Avec l’ignorance, nous n’avons même pas besoin d’en faire l’apologie : les ignorants sont parmi les personnes les plus savantes de la terre – selon eux. Je l’ai constaté tout le temps dans les centaines de commentaires de blogs publics que j’ai dû supprimer (avant de les désactiver) ; ceux qui commençaient par « Vous devez sûrement savoir que [quelque chose que je ne sais pas] » ou « Tout le monde devrait maintenant savoir que [quelque chose qui n’est pas clair] » étaient particulièrement amusants. Certains jours, j’ai trouvé cette ignorance presque accablante, et l’ignorance est en effet une force.

Mais il est très difficile de prétendre que la défaite est une victoire, et c’est là que réside un grand défi pour l’establishment de Washington, DC. Lorsqu’ils sont victorieux, vos dirigeants peuvent faire ce qu’ils veulent avec le monde ; lorsqu’ils sont vaincus, le monde fait ce qu’il veut avec eux. C’est quelque chose qui est difficile à cacher : vos dirigeants disent ce qu’ils veulent faire, et ensuite ils réussissent ou échouent. Lorsqu’ils échouent, ils essaient toujours d’appeler cela un succès, mais si vous regardez leur déclaration d’intention initiale, puis les résultats, et que les deux ne correspondent pas du tout, alors cela ressemble un peu à une sorte de défaite, peu importe comment ils se tordent et se tortillent.

C’est une bonne chose, car avec toute la propagande diffusée par le ministère de la Vérité, il est difficile pour le commun des mortels de déterminer la nature des « faits sur le terrain », mais lorsqu’il s’agit de victoire ou de défaite, vous pouvez généralement vous fier au rectum du cheval. Oui, les consultants en relations publiques du ministère peuvent toujours prétendre que « nous avons forcé l’ennemi à nous faire un massage en profondeur gratuit de nos glutei maximi« , mais un élève précoce de maternelle peut toujours décoder cela en « Nous nous sommes fait botter le cul ». Ainsi, dans le cas de l’Afghanistan, la plupart des gens, lorsqu’ils entendent que les États-Unis sont entrés dans le pays il y a 20 ans pour se débarrasser des talibans et qu’ils viennent juste de le quitter, après avoir dépensé des milliers de milliards de dollars, en rendant l’Afghanistan aux talibans avec 90 milliards de dollars d’armes gratuites et de nombreux otages américains (actuellement piégés à l’aéroport de Mazar-e-Sharif), peuvent très bien faire le rapprochement et appeler cela une défaite humiliante.

Les étudiants en « liberal arts », venez à la rescousse ! Au cours de l’obtention de leurs diplômes ridiculement hors de prix de l’Ivy League, ils se sont familiarisés avec la théorie de la critique, qui leur a appris que l’objectivité est subjective. Par conséquent, pour transformer la défaite en victoire, il suffit de choisir le bon sujet. Si le commandant en chef croit que la mission a été une victoire, qui sommes-nous pour discuter ?

Joe Biden : « Nous avons réalisé l’un des plus grands ponts aériens de l’histoire, avec plus de 120 000 personnes évacuées en lieu sûr. … Seuls les États-Unis avaient la capacité, la volonté et les moyens de le faire, et nous l’avons fait aujourd’hui. … L’extraordinaire succès de cette mission est dû à l’incroyable compétence, à la bravoure et au courage désintéressé de l’armée américaine, de nos diplomates et des professionnels du renseignement. »

Vous pourriez être tenté de mettre cela sur le compte de la sénilité, et peut-être le devriez-vous, mais vous devez réaliser qu’il ne s’agit pas simplement des divagations d’un vieux fou. Non, c’est de la sénilité stratégique. Rappelez-vous, à l’âge de Biden, la mesure du succès est une défécation réussie, et il ne laissera rien s’y opposer. Et pour les manipulateurs de Biden, le succès réside dans le fait d’avoir réussi à choisir un homme de paille pour qui la défaite est une victoire, ce qui est très certainement le cas, car selon la théorie critique de quelque chose d’autre, l’objectivité est subjective.

L’Afghanistan est loin d’être la seule victoire de Joe Biden ; si vous l’observez attentivement, vous vous rendrez compte qu’il remporte des victoires similaires presque tous les deux jours. Il a victorieusement dormi pendant une réunion avec le nouveau Premier ministre israélien Naftali Bennett, comme c’était la chose intelligente à faire pour lui. Bennett a apporté de terribles nouvelles :  » Les Syriens ont appris à abattre plus de 90 % des roquettes israéliennes en utilisant leurs systèmes de défense aérienne russes mis à jour (S1 Pantsyr et Buk-M2Э). Il ne s’agit même pas des systèmes russes haut de gamme dont disposent les Iraniens ; ceux-ci auraient pu abattre les avions israéliens qui avaient lancé les roquettes au-dessus du Liban. Que faisons-nous, M. le Président ? » Que devait faire Biden, reconnaître sa défaite ? Bien sûr que non ! Au lieu de cela, il s’est gentiment assoupi.

Ou prenez sa rencontre avec le président ukrainien Vladimir Zelensky, un clown, qui s’est présenté pour quémander un peu d’argent pour son numéro de clown consistant à « tenir tête à l’agression russe ». Le vieux cerveau de Biden, dont les neurones fonctionnent de moins en moins chaque jour, a tendance à tracer des lignes droites entre deux points quelconques, et il a donc appelé Zelensky, Lewinsky, comme Monica Lewinsky, qui offrait certains services sexuels dans le Bureau ovale, que Zelensky serait trop heureux d’offrir en échange d’une tape sur la tête et d’un peu d’argent, mais Biden est trop vieux pour cela.

Zelensky a également apporté une terrible nouvelle : « Les Russes ont terminé leur gazoduc NordStream 2 vers l’Allemagne et n’utiliseront plus l’Ukraine comme Pipelineistan pour acheminer leur gaz vers l’UE ; en conséquence, les Ukrainiens ne pourront plus siphonner le gaz russe et mourront de froid dans le noir. Que faisons-nous, Monsieur le Président ? » La brillante réponse de Biden a été du style « Franchement, mon chère, je m’en fous ». Selon Victoria Nuland, les États-Unis ont dépensé 5 milliards de dollars pour faire de l’Ukraine une démocratie moderne et dynamique, et maintenant ceci : une autre victoire !

J’espère que vous êtes dûment impressionnés par l’idée brillante de la sénilité stratégique ; mais attendez, il y a plus ! La sénilité stratégique de Biden est soutenue par l’incompétence stratégique. C’est le cas de Kamala Harris : les primaires démocrates avaient montré qu’elle était éminemment inéligible, mais ce problème a été résolu en faisant en sorte que les machines à compter les votes par correspondance fassent « brrr ». Et maintenant, elle vole autour du monde, faisant des acrobaties comme déposer des fleurs au mémorial des courageux guerriers vietnamiens qui ont abattu John McCain et démontrant généralement qu’il y a un vent frais qui souffle entre ses oreilles.

Harris semble être une sorte de call-girl exotique. Elle a un rire de jeune fille et sait comment bouger ses hanches comme il faut, et quel dirigeant mondial ne voudrait pas dormir… pendant une réunion avec elle. Mais vous auriez tort de penser qu’elle fait simplement une erreur ; non, elle démontre son incompétence stratégique. Son rôle est d’offrir aux Américains un choix : soit supporter Joe, sa sénilité stratégique et ses selles victorieuses, soit le faire remplacer par quelqu’un qui ricanera et se trémoussera sans réfléchir d’une défaite à l’autre, les qualifiant de victoires parce que c’est ce qui est écrit sur le téléprompteur.

À la lumière de tout cela, que doit faire le peuple américain ? Eh bien, ils pourraient simplement déclarer que l’Empire américain est une chose raciste et maléfique construite par des hommes blancs fanatiques, et alors son effondrement serait une victoire plutôt qu’une défaite. Après tout, cela va dans le sens de ce qu’on a appris aux Soviétiques à penser de leur pays il y a 30 ans, et lorsque l’URSS s’est effondrée, cela a été présenté comme une grande victoire. Bien sûr, environ 10 millions de personnes sont mortes dans la violence et le désespoir qui ont suivi, mais je suppose que l’on pourrait appeler cela une vision indûment négative d’un événement historique important et inspirant, car, voyez-vous, selon la théorie critique de d’une chose ou l’autre, l’objectivité est subjective.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

On plonge dans le noir

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 27 Août 2021 – Source kunstler.com

Il serait cruel d’accabler les lecteurs d’une dénonciation avec plus d’opprobre du personnage pathétique qui prétend diriger la nation, mais il serait juste de se demander ce qu’il faut faire à son sujet. On a l’impression que « Joe Biden » dérape vers la résignation. Son langage corporel suggère la défaite. Lorsque le journaliste Peter Doocy l’a interrogé jeudi soir en direct sur les treize soldats américains qui se sont fait exploser devant l’aéroport de Kaboul, il s’est replié devant les caméras comme un accordéon cassé. Mauvaise optique, comme on dit dans le milieu de la manipulation. Et ce, après avoir fait attendre le pays pendant cinq heures et demie avant même de faire une apparition lorsque la nouvelle de l’attentat a été annoncée.

Ses managers ont installé une « pilule empoisonnée » nommée Kamala Harris comme vice-présidente, et même les membres de son propre parti ont des vapeurs à la simple pensée fugitive de la voir essayer de diriger le pays, gloussant d’une crise à l’autre. Pendant ce temps, la VIP a écourté sa tournée en Asie du Sud-Est, se précipitant pour aider le gouverneur de Californie Gavin Newsom lors d’un rassemblement pour combattre son vote de rappel… mais elle a ensuite interrompu sa mission de sauvetage de Newsom pour s’envoler vers Washington. Faire campagne électorale pendant la plus grande crise d’otages de l’histoire des États-Unis est probablement synonyme de mauvaise image. Elle passera vraisemblablement les jours à venir à se tenir prête sur les développements, à portée de main de la fiole de Xanax – tandis qu’un groupe de gros bonnets du parti l’implore d’invoquer le 25e amendement.

Certains de ces gros bonnets, y compris les dirigeants des partis derrière « Joe Biden », pourraient être en train de préparer une opération soignée dans laquelle « Joe Biden » démissionne, Mme Harris est élevée au rang de POTUS… Mme Harris nomme Barack Obama vice-président… puis Mme Harris démissionne, faisant de l’ex-président populaire un nouveau président. Le 22e amendement empêche seulement les présidents d’être élus plus de deux fois, pas d’être nommés par hasard. Oseraient-ils ? Eh bien, pourquoi pas ? Ils ont osé organiser des détournements d’élections assez audacieux en 2020.

Une chose sur laquelle vous pouvez compter, la situation a le potentiel de devenir bien pire, à la fois pour la nation et pour « Joe Biden ». Nos nouveaux « partenaires » talibans, chargés d’assurer la sécurité à l’intérieur et autour de Kaboul, pourraient se révéler moins fermes dans leurs fonctions que prévu. Le bain de sang de jeudi laisse entrevoir leurs insuffisances. Le nombre d’Américains bloqués en Afghanistan reste hypothétique, un millier… six mille… personne ne semble le savoir. De plus, Dieu seul sait combien de membres du personnel civil de l’OTAN, d’employés d’ONG internationales et d’autres personnes, disons, occidentales, restent coincés.

Les attentats-suicides de ISIS ont également constitué une déclaration assez audacieuse. Si l’on se risque à dire que nos nouveaux partenaires talibans ne sont pas des gentlemen, comment décririez-vous les cadres d’Al-Qaïda et de ISIS ? De piètres sportifs ? Ruffians ? Misogynes ? Ils ont désormais la mainmise sur Kaboul, la possibilité de faire du porte-à-porte et d’éliminer les Occidentaux, ce qu’ils considèrent probablement comme amusant. Vous souvenez-vous des choses qu’ils aimaient faire à leurs prisonniers il y a quelques années ? Leur couper la tête. (Remarquez que je n’ai pas dit hacher.) Les faire rôtir dans des cages. Cela pourrait commencer d’une minute à l’autre. Et quoi alors, « Joe Biden » ?

Mais, alors, peut-être que quelque chose d’autre se produit, quelque chose de plutôt choquant : un jeu pour destituer le président actuel par des moyens peu orthodoxes, disons, un soulèvement de parties apparemment extérieures au gouvernement américain, y compris un groupe choisi d’officiers militaires américains actuels et anciens ? Un hiatus extraordinaire dans les procédures habituelles de longue date autour du transfert du pouvoir ? Je ne peux pas en dire plus parce que je n’en sais pas plus – sauf qu’il y a des rumeurs dans le vent et que c’est un moment au moins aussi sombre de notre histoire que Valley Forge, Fort Sumter, Pearl Harbor, 9/11. On ne saurait trop insister sur le fait que certaines personnes ingénieuses sont très mécontentes de la situation actuelle.

N’oublions pas que « Joe Biden » doit encore faire face à d’autres adversités. Les résultats de l’audit des élections en Arizona peuvent être publiés à tout moment. Ils indiqueront que le vote officiellement certifié du 3 novembre 2020 dans le comté de Maricopa ne ressemble guère à ce qui a été découvert par un examen scrupuleux et exhaustif des bulletins de vote. Le résultat sera une puissante intimidation que peut-être « Joe Biden » est arrivé à son dernier poste fédéral par des moyens infâmes… provoquant des mouvements dans d’autres États pour revoir leurs conclusions certifiées de 2020, aussi. L’image sera mauvaise.

Ensuite, il y a l’hystérie actuelle du Covid 19, un fiasco mondial de données truquées et de méfaits mortels. « Joe Biden » est déterminé à faire vacciner tout le monde dans le pays avec des cocktails pharmaceutiques à propos desquels le public a des raisons d’être sceptique. Nous savons que ces injections d’ARNm ont provoqué plus d’effets indésirables graves et de décès que tout ce qui était auparavant appelé « vaccin ». Il y a des raisons de croire que le nombre de ces mésaventures est, malgré tout, largement sous-déclaré.

Il y a de nombreuses raisons de suspecter le nombre de cas de Covid-19 rapportés. Les tests PCR ont été jugés non fiables, et pourtant le corps médical est autorisé à les utiliser jusqu’en décembre. C’est comme ça qu’on calcule encore le nombre de cas ? Je n’ai entendu parler d’aucune autre méthode. Et si un nombre important de cas de Covid n’était pas du tout du Covid, mais plutôt des réactions aux protéines de pointe chez les personnes déjà vaccinées ? Je pense qu’un grand nombre d’entre eux ne sont que cela. Et n’est-il pas clair maintenant que le fait de « vacciner » la moitié de la population n’éradique pas la maladie, mais crée plutôt davantage de variantes résistantes à ces concoctions d’ARNm ? Les nations du monde qui sont les plus vaccinées sont aussi celles qui ont les taux les plus élevés de cas de Covid.

Et « Joe Biden » remue ciel et terre pour que chaque entreprise et institution américaine contraigne ses employés à se faire vacciner. Avez-vous la moindre idée de l’état d’énervement de la nation à ce sujet – sans parler de l’avalanche de mensonges diffusés depuis deux ans par les responsables de la santé publique et les médias d’information sur les véritables origines de la maladie et des « vaccins » à ARNm ? Il est évident que cette prétendue pandémie est devenue une excuse pour bousculer les gens.

Les événements se précipitent au galop, et ce sont les événements qui commandent maintenant, pas les personnalités. « Joe Biden » a encore des jours devant lui dans le bureau ovale. Ce n’est vraiment qu’une question de comment il sera écarté… et de qui le remplacera. Les personnes qui l’ont installé dans ses fonctions et tous ses partisans électoraux ont-ils des remords d’achat ? C’est ce que nous allons découvrir. Voici la déclaration d’un des principaux blogueurs de la gauche politique :

J’ai avalé ces mots… syllabe par syllabe. Je me sens submergé de gratitude pour les adultes dans la pièce.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Biden est il en train de perdre l’Arabie saoudite ?

Par : Wayan

Par William Engdahl − Le 6 septembre 2021 − Source New Eastern Outlook

L’ignominieux retrait américain d’Afghanistan a creusé un trou dans le système de domination globale américain d’après 1945, un vide de pouvoir qui aura probablement des conséquences irréversibles. Pour l’instant, on peut se demander si les stratèges de Biden à Washington – car il ne fait manifestement pas de politique – ont déjà réussi à perdre le soutien de son plus gros acheteur d’armes et de son allié stratégique régional, le Royaume d’Arabie saoudite. Depuis les premiers jours de l’investiture de Biden, fin janvier, la politique américaine pousse la monarchie saoudienne à opérer un changement radical de sa politique étrangère. Les conséquences à long terme pourraient, elles aussi, être énormes.

Dès la première semaine de son entrée en fonction, l’administration Biden entamait un changement radical dans les relations américano-saoudiennes. D’abord en annonçant un gel des ventes d’armes au Royaume pendant qu’elle examinait les contrats d’armement de Trump. Puis, fin février, les services de renseignement américains ont publié un rapport condamnant le gouvernement saoudien pour le meurtre du journaliste saoudien du Washington Post, Adnan Khashoggi, à Istanbul en octobre 2018, ce que l’administration Trump avait refusé de faire. Puis Washington a enlevé la direction Houthi de sa liste terroriste tout en mettant fin au soutien militaire américain à l’Arabie saoudite dans sa guerre contre les forces Houthi soutenues par l’Iran, un geste qui a enhardi les Houthis à poursuivre les attaques de missiles et de drones contre des cibles saoudiennes.

La politique du Pentagone après le 11 septembre

Si le prince héritier saoudien, Mohammed bin Salman, a jusqu’à présent pris soin d’éviter une rupture avec Washington, certaine initiatives prises depuis que Biden est au pouvoir sont significatives. La principale est une série de négociations secrètes menées avec l’ancien ennemi juré, l’Iran, et son nouveau président. Des pourparlers avait débuté en avril, à Bagdad, entre Riyad et Téhéran pour explorer un éventuel rapprochement.

La stratégie géopolitique de Washington au cours des deux dernières décennies a consisté à attiser les conflits et à plonger l’ensemble du Moyen-Orient dans le chaos, dans le cadre d’une doctrine approuvée par Cheney et Rumsfeld après le 11 septembre 2001, parfois appelée « Grand Moyen-Orient » par l’administration de George W. Bush. Cette doctrine a été formulée par feu l’amiral américain Arthur Cebrowski, qui faisait partie du bureau de transformation des forces de Rumsfeld au Pentagone après le 11 septembre. L’assistant de Cebrowski, Thomas Barnett , a décrit la nouvelle stratégie de chaos délibéré dans son livre publié en 2004, The Pentagon’s New Map : War and Peace in the Twenty-first Century, juste après l’invasion américaine non provoquée de l’Irak. Rappelons que personne n’a jamais trouvé de preuves des armes de destruction massive de Saddam.

Barnett était professeur à l’US Naval War College, puis stratège pour le cabinet israélien Wikistrat. Comme il l’a écrit, l’ensemble des frontières nationales du Moyen-Orient post-ottoman découpées par les Européens après la Première Guerre mondiale, y compris l’Afghanistan, devaient être dissoutes et les États actuels balkanisés en entités sunnites, kurdes, chiites et autres entités ethniques ou religieuses afin de garantir des décennies de chaos et d’instabilité nécessitant une « forte » présence militaire américaine pour contrôler tout cela. C’est ainsi que se sont déroulées deux décennies d’occupation catastrophique des États-Unis en Afghanistan, en Irak et au-delà. C’était un chaos délibéré. La secrétaire d’État Condi Rice a déclaré en 2006 que le Grand Moyen-Orient, alias le Nouveau Moyen-Orient, serait réalisé grâce à un « chaos constructif ». En raison d’une énorme réaction de l’Arabie saoudite et d’autres pays de la région, le nom a été enterré, mais la stratégie du chaos a perduré.

Les révolutions de couleur du « printemps arabe » d’Obama, qui ont été lancées en décembre 2010 avec les déstabilisations de la Tunisie, de l’Égypte et de la Libye par les réseaux des Frères musulmans soutenus par les États-Unis, ont été une nouvelle application de la nouvelle politique américaine de chaos et de déstabilisation. L’invasion par procuration de la Syrie par les États-Unis a ensuite suivi, tout comme le Yémen avec la révolution des Houthis contre le président Ali Abdullah Saleh en 2012, soutenue secrètement par les États-Unis.

Le conflit actuel entre Téhéran et Riyad trouve ses racines dans cette stratégie Cebrowski-Barnett/Pentagone-CIA. Elle a provoqué et alimenté la scission entre le Qatar pro-Frères musulmans et Riyad anti-Frères musulmans en 2016, après quoi le Qatar a cherché le soutien de l’Iran et de la Turquie. Elle a provoqué la triste guerre par procuration en Syrie, entre les forces soutenues par l’Arabie saoudite et celles soutenues par l’Iran. Elle a provoqué la guerre par procuration entre l’Arabie saoudite et Téhéran au Yémen, et l’impasse politique au Liban. Aujourd’hui, le régime saoudien, sous la direction de MBS, semble s’engager dans un virage majeur en s’éloignant de cette guerre chiite-sunnite pour la domination du monde islamique et en recherchant la paix avec ses ennemis, dont l’Iran.

Téhéran est la clé

Sous l’administration Trump, la politique est passée d’un soutien apparent des États-Unis à l’Iran sous Obama avec le JCPOA nucléaire de 2015, au détriment des Saoudiens et d’Israël, à un soutien unilatéral de Trump-Kushner à l’Arabie saoudite et à Israël, à la sortie du JCPOA, à l’imposition de sanctions économiques draconiennes contre Téhéran et à d’autres mesures incarnées en dernier lieu par les accords mal conçus d’Abraham visant Téhéran.

MBS et les Saoudiens lisent clairement les intentions de Washington et s’efforcent de désamorcer les multiples zones de conflit qui les ont conduits dans une impasse tracée par les États-Unis. Washington sous Trump avait nourri MBS d’armes à profusion (payées par les pétrodollars saoudiens) pour alimenter les conflits. Cela a été une catastrophe pour les Saoudiens. Maintenant qu’il est devenu clair qu’une administration Biden ne signifie également rien de bon pour eux, MBS et les Saoudiens ont commencé un pivot stratégique pour mettre fin à tous ses conflits au sein du monde islamique. La clé de tout cela est l’Iran.

Discussions en coulisse

En avril, les Saoudiens ont entamé la première des trois négociations bilatérales visant à stabiliser leurs relations avec l’Iran, des pourparlers secrets en Irak, puis à Oman. Bagdad a un intérêt majeur dans une telle paix car la politique américaine en Irak depuis 2003 a été de créer le chaos en opposant une majorité de chiites à une minorité de 30% de sunnites pour semer la guerre civile. En juillet, le Premier ministre al Kadhimi a obtenu la promesse de Biden de mettre fin à la présence des troupes américaines d’ici la fin de l’année.

Les discussions par canaux détournés entre Téhéran et Riyad porteraient sur la position de l’Iran à l’égard de Washington dans le cadre des politiques du Pentagone voulues par Biden, ainsi que sur la volonté de l’Iran de réduire sa présence militaire en Syrie, au Yémen et au Liban. Les discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran sur un retour à l’accord nucléaire de 2015 ont été suspendues après les élections iraniennes de juin. L’Iran a également annoncé qu’il intensifiait l’enrichissement de son uranium.

Les pourparlers entre l’Arabie saoudite et l’Iran ont réuni des personnalités de haut niveau des deux parties, dont le chef de la direction générale des renseignements saoudiens, Khalid al-Humaidan, et le secrétaire adjoint du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Saeed Iravani. Les protestations en cours en Iran concernant le coût économique du déploiement de troupes et de l’aide apportée à des groupes tels que le Hezbollah au Liban et en Syrie et les Houthis au Yémen, seraient en augmentation. Cette situation, à un moment où les difficultés économiques causées par les sanctions américaines sont graves, incite fortement Téhéran à faire un compromis dans le cadre d’un rapprochement avec Riyad. Si cela se produit, ce sera un coup dur pour la stratégie américaine de chaos régional.

Alors qu’aucun accord n’est encore à portée de main, un quatrième entretien vient d’être annoncé qui indique une volonté de forger un compromis dès que le gouvernement du président iranien nouvellement élu, Ebrahim Raisi, sera approuvé par le Majlis ou parlement. Un accord ne sera pas facile, mais les deux parties se rendent compte que le statu quo est une option perdante.

Dans le même temps, l’Iran, sous la direction de Raisi, joue la carte de la fermeté avec les négociateurs de Biden. Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, exigerait que l’administration Biden lève toutes les sanctions contre l’Iran et l’indemnise pour les dommages qu’elles ont causés, et que l’Iran soit reconnu comme un État au seuil du nucléaire ayant la capacité de produire une bombe nucléaire dans un court laps de temps. Les sanctions américaines imposées en 2018 ont provoqué une hausse annuelle de 250 % des prix des denrées alimentaires et une chute libre de la monnaie, les recettes pétrolières s’étant effondrées. Raisi subit une énorme pression intérieure pour que cela change, bien que le Washington de Biden refuse à ce jour de lever les sanctions comme condition préalable à la reprise des négociations du JCPOA.

Pour Téhéran, la question est de savoir s’il est préférable de faire confiance à un rapprochement avec les États arabes sunnites du Golfe dirigés par l’Arabie saoudite ou de s’en remettre à Washington, dont le bilan de promesses non tenues est mis en évidence par sa sortie catastrophique de Kaboul.

Plus récemment, Téhéran a renoué des relations avec les talibans afghans et du matériel militaire américain provenant d’Afghanistan et pris par les talibans aurait été vu en Iran, ce qui suggère une coopération étroite entre l’Iran et l’Afghanistan qui joue contre Washington. Dans le même temps, l’Iran a convenu d’une coopération économique stratégique de 400 milliards de dollars sur 25 ans avec la Chine. Cependant, jusqu’à présent, Pékin semble faire preuve de prudence en évitant de défier les sanctions américaines de manière majeure et cherche également à resserrer ses liens avec l’Arabie saoudite, les États arabes du Golfe et Israël. Un rapprochement entre l’Arabie saoudite et l’Iran permettrait d’alléger davantage les pressions exercées sur ce pays.

L’effondrement spectaculaire de la présence américaine en Afghanistan donne à toutes les parties une idée claire du fait que, quel que soit le président américain, les pouvoirs institutionnels américains poursuivent en coulisse un programme de destruction et qu’on ne peut plus compter sur eux pour tenir leurs promesses de soutien.

Les implications d’un véritable accord entre l’Arabie saoudite et l’Iran constitueraient un pivot majeur en termes géopolitiques. En plus de mettre fin à la guerre au Yémen et en Syrie, cela pourrait mettre fin à l’impasse destructrice au Liban entre le Hezbollah soutenu par l’Iran et les principaux intérêts saoudiens dans ce pays. C’est ici que les récentes négociations sur les armes entre Riyad et Moscou deviennent plus qu’intéressantes.

Le rôle central de la Russie

Dans ce cocktail géopolitique d’intérêts concurrents, le rôle de la Russie devient stratégique. La Russie est la seule grande puissance militaire étrangère qui a pour objectif de mettre fin aux guerres par procuration entre sunnites et chiites et de créer une stabilité dans toute l’Eurasie et au Moyen-Orient, un défi direct à la stratégie Cebrowski-Barnett de Washington, qui consiste à instaurer délibérément l’instabilité et le chaos.

En avril de cette année, le président russe Vladimir Poutine et une délégation de chefs d’entreprise ont effectué une rare visite à Riyad, la première de Poutine en 12 ans. La rencontre était annoncée comme une réunion de partenariat énergétique, mais il est clair qu’elle était bien plus que cela. Des accords d’une valeur de 2 milliards de dollars ont été conclus dans les domaines suivants : pétrole, espace et navigation par satellite, santé, ressources minérales, tourisme et aviation. Les deux pays ont convenu de coopérer pour stabiliser les prix du pétrole, ce qui constitue une avancée majeure. Poutine et MBS ont souligné que le pétrole et le gaz naturel continueraient à jouer un rôle majeur dans les années à venir, ce qui constitue une gifle pour l’agenda vert de Davos. Le fonds souverain russe RDIF a également ouvert son premier bureau étranger à Riyad.

Pris isolément, cet événement était intéressant, mais le fait qu’il ait été suivi, quatre mois plus tard, par une visite du vice-ministre saoudien de la défense, le prince Khalid bin Salman, en Russie, à l’occasion du Forum technique militaire international annuel (ARMY 2021), près de Moscou, donne une nouvelle signification aux liens croissants entre l’Arabie saoudite et la Russie, à un moment où Biden et ses collaborateurs « recalibrent » les liens américano-saoudiens, comme l’a dit le département d’État, quoi que cela signifie. Khalid a tweeté : « J’ai signé avec le vice-ministre russe de la Défense, le colonel général Alexandre Fomin, un accord entre le Royaume et la Fédération de Russie visant à développer la coopération militaire conjointe entre les deux pays. » Bin Salman a également ajouté : « J’ai rencontré le ministre russe de la Défense, Sergey Shoygu, pour explorer les moyens de renforcer la coopération militaire et de défense et j’ai discuté de notre effort commun pour préserver la stabilité et la sécurité dans la région. » Notamment, la Russie a mené des exercices militaires conjoints avec l’Iran au cours des dernières années et est également bien placée pour favoriser une détente entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

Les pourparlers de Moscou ont eu lieu quelques semaines seulement après que le Pentagone et l’administration Biden ont annoncé qu’ils retiraient huit systèmes antimissiles Patriot d’Arabie saoudite, de Jordanie, du Koweït et d’Irak, ainsi qu’un système THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) du Royaume saoudien, et qu’ils accéléraient le retrait des troupes américaines de la région, des mesures qui ne renforcent guère la confiance en Washington en tant que protecteur de l’Arabie saoudite. La meilleure technologie de défense antimissile au monde, le système de défense aérienne S-400, est fabriquée en Russie, tout comme un large éventail d’autres équipements militaires.

Toutes ces mesures prises par les Saoudiens ne vont évidemment pas conduire à une rupture du jour au lendemain avec Washington. Mais il est clair que la monarchie saoudienne a compris, notamment à la suite de l’abandon abrupt de l’Afghanistan aux talibans par Biden, que la dépendance continue à l’égard du parapluie de sécurité américain dont elle bénéficie depuis les chocs pétroliers des années 1970 est une illusion qui s’estompe. MBS se rend clairement compte qu’il s’est fait avoir par Trump et maintenant par Biden. Les plaques tectoniques de la géopolitique du Moyen-Orient et de l’Eurasie sont en train de bouger et les implications sont stupéfiantes.

William Engdahl

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Une « apocalypse stratégique » en Afghanistan : Un bouleversement sismique en préparation depuis des années

Par : Zineb

La Chine est plus déterminée à façonner la région que ne le pensent de nombreux analystes.


Par Alastair Crooke – Le 23 août 2021 – Source Strategic Culture

Un énorme événement géopolitique vient de se produire en Afghanistan : l’implosion d’une stratégie occidentale clé pour gérer ce que Mackinder, au 19ème siècle, appelait le Heartland asiatique. Le fait que cela ait été accompli, sans combat et en quelques jours, est quasiment sans précédent.

Cela a été un choc. Pas seulement un de ces chocs éphémères que l’on oublie vite, mais un choc profondément traumatisant. Contrairement à l’impact psychologique du 11 septembre, le monde occidental traite cette expérience comme le deuil d’un « être cher ». Il y a eu des larmes ministérielles, des bravades et une entrée simultanée dans les trois premières étapes du deuil : tout d’abord, le choc et le déni (un état d’incrédulité et d’engourdissement des sentiments) ; ensuite, la douleur et la culpabilité (pour nos alliés réfugiés à l’aéroport de Kaboul), et enfin, la colère. La quatrième étape est déjà en vue aux États-Unis : la dépression – car les sondages montrent que l’Amérique bascule déjà dans un profond pessimisme à l’égard de la pandémie, de l’économie et des perspectives, ainsi que de la voie sur laquelle la République américaine est engagée.

Les rédacteurs du New York Times ont clairement indiqué qui était cet « être cher » :

[La débâcle afghane est] tragique parce que le rêve américain d’être la « nation indispensable » dans un monde où règnent les valeurs des droits civils, de l’émancipation des femmes et de la tolérance religieuse – s’est avéré n’être qu’un rêve.

Michael Rubin, représentant du think tank belliciste AEI, a prononcé un éloge funèbre de la « dépouille » :

Biden, Blinken et Jake Sullivan pourraient rédiger des déclarations sur les erreurs commises lors des précédents déploiements de l’OTAN, « et sur la nécessité pour Washington de se concentrer sur ses intérêts fondamentaux plus à l’ouest ». Et les responsables du Pentagone et les diplomates pourraient contester avec indignation toute diminution de l’engagement de l’Amérique, mais la réalité est que l’OTAN est un cadavre qui continue de bouger.

Un article antérieur, reflétant la fureur à l’égard de Biden – et le sentiment d’une apocalypse stratégique qui s’est abattue sur Washington – est mieux compris dans ce cri d’agonie, toujours de Michael Rubin :

En permettant à la Chine de promouvoir ses intérêts en Afghanistan, Biden lui permet également de couper l’Inde et d’autres alliés américains de l’Asie centrale. En d’autres termes, l’incompétence de Biden met désormais en péril l’ensemble de l’ordre libéral de l’après-guerre… Que Dieu vienne en aide aux États-Unis.

Rubin dit clairement le rôle que l’Afghanistan a toujours joué réellement : perturber l’Asie centrale, pour affaiblir la Russie et la Chine. Au moins, Rubin nous épargne l’hypocrisie de la sauvegarde de l’éducation des filles (d’autres, proches du complexe militaro-industriel américain, continuent de répéter le mantra de la nécessité de redéployer les troupes en Afghanistan et de la poursuite de la guerre – et donc des ventes d’armes – en Afghanistan, en partie pour « protéger » les droits des femmes). Rubin conclut : « Au lieu de renforcer la position de l’Amérique face à la Chine, Biden l’a plutôt saignée à blanc ».

En Grande-Bretagne également, le président de la commission des affaires étrangères, Tom Tugenhadt, a déploré l’erreur stratégique de Biden et la nécessité de ne pas abandonner, mais de persévérer : « Il ne s’agit pas seulement de l’Afghanistan », écrit-il, « il s’agit de nous tous. Nous sommes engagés dans un conflit sur la façon dont le monde fonctionne. Nous voyons des puissances autocratiques comme la Chine et la Russie contester les règles et rompre les accords que nous avons conclus… ».

Tugenhadt croit que : « Nous pouvons renverser la situation. Nous devons le faire. Il s’agit d’un choix. Jusqu’à présent, nous avons choisi de perdre ». De nombreux faucons à Washington reconnaissent que c’est, bien sûr, impossible. Cette époque est désormais révolue – en effet, ce que les événements des derniers jours en Afghanistan représentent, c’est un paradigme perdu.

Nombreux sont ceux qui en veulent profondément à Biden (bien qu’ils aient des intentions contradictoires), et qui sont également perplexes quant à la façon dont cela a pu se produire. L’explication, cependant, est peut-être encore plus troublante. La situation était devenue intolérable – il y a une limite à la durée pendant laquelle une élite corrompue, coupée de ses racines au sein de son propre peuple, peut être soutenue par une culture étrangère en déclin.

Cependant, les exhortations du Premier ministre britannique lors d’une téléconférence avec Biden, selon lesquelles ce dernier doit préserver « les acquis » des vingt dernières années en Afghanistan, font littéralement rêver.

La question de fond n’est pas seulement celle de la transformation des talibans, mais plutôt celle d’un bouleversement sismique dans la géopolitique. Les services de renseignement occidentaux étaient tellement absorbés par la lutte contre le terrorisme qu’ils n’ont pas vu la nouvelle dynamique en jeu. Cela peut certainement expliquer l’évaluation faite par l’administration Biden des longs mois qu’il faudrait avant que le régime de Ghani ne risque de tomber.

Il y a de nombreuses années, avant le retrait soviétique de l’Afghanistan en 1979, j’étais basé à Peshawar, au Pakistan, près de l’Afghanistan. J’étais responsable des rapports diplomatiques sur la guerre et de l’engagement avec les dirigeants afghans pendant l’ère soviétique. J’ai appris à connaître les talibans, qui venaient d’être forgés par les services secrets pakistanais, sous la direction du général Hamid Gul. Ils étaient alors : intensément bornés, géographiquement et politiquement sectaires, xénophobes, tribaux et rigidement inflexibles.

En tant que descendants de Pachtounes, et aussi plus grand groupe ethnique minoritaire d’Afghanistan, ils tuaient les autres ethnies sans raison : les chiites Hazaras en particulier, en tant qu’apostats, étaient tués. Ils détestaient Ahmad Chah Massoud, le « lion du Panshir » et un héros de la résistance aux Soviétiques, parce qu’il était Tadjik. Une partie de leur fondamentalisme était alimentée par les souches radicalisées de l’islam, le déobandisme et le wahhabisme – exportations d’Arabie saoudite et de Dar al-Islam Howzah en Inde. Mais la plupart du temps, il s’agissait d’anciennes traditions tribales connues sous le nom de Pachtounwali.

Les talibans que nous voyons aujourd’hui sont une coalition bien plus complexe, multiethnique et sophistiquée, ce qui explique pourquoi ils ont été capables, à une telle vitesse, de renverser le gouvernement afghan installé par les Occidentaux. Ils parlent d’inclusion politique afghane et se tournent vers l’Iran, la Russie, la Chine et le Pakistan pour une médiation et pour faciliter leur place dans le « Grand Jeu ». Ils aspirent à jouer un rôle régional en tant que gouvernement islamiste sunnite pluraliste.

C’est pourquoi ils ont donné des assurances explicites à ces partenaires extérieurs clés que leur accession au pouvoir n’entraînera ni un bain de sang de règlements de comptes, ni une guerre civile. Ils promettent également que les différentes sectes religieuses seront respectées, et que les filles et les femmes pourront être éduquées et le seront.

L’arrivée au pouvoir des talibans a toutefois été préparée pendant des années, et des acteurs extérieurs clés ont joué un rôle crucial dans la supervision de cette métamorphose. Plus concrètement, à mesure qu’un consensus sur l’avenir était atteint avec les talibans, ces puissances extérieures – la Chine, l’Iran, la Russie et le Pakistan – ont amené leurs alliés afghans (c’est-à-dire les autres minorités afghanes, qui sont presque aussi nombreuses) à la table des négociations aux côtés des talibans. Les liens de ces derniers avec la Chine remontent à plusieurs années. L’Iran s’est également engagé auprès des talibans et d’autres composantes afghanes, dans la même veine, depuis au moins deux décennies. La Russie et le Pakistan se sont engagés conjointement, en décembre 2016.

À la suite de cette action concertée, les dirigeants talibans se sont adaptés à la realpolitik de l’Asie centrale : ils voient que l’OCS représente le paradigme stratégique régional à venir, qui peut leur permettre de sortir de l’isolement du à leur statut d’« intouchables » politiques et leur ouvrir la voie pour gouverner et reconstruire l’Afghanistan, avec l’aide économique des États membres de l’OCS.

La guerre civile reste un risque : on peut s’attendre à ce que la CIA tente de dresser une contre-insurrection afghane contre le nouveau gouvernement – la voie n’est pas difficile à prévoir : les actes de violence et les assassinats seront (et sont) attribués aux talibans « terroristes ». Il s’agira probablement d’opérations sous faux drapeau. Et l’on se demande également (surtout en Occident) si l’on peut faire « confiance » aux talibans ou s’ils respecteront leurs engagements.

Il ne s’agit toutefois pas d’une simple question de « confiance ». La différence aujourd’hui réside dans l’architecture géopolitique extérieure qui a donné naissance à cet événement. Ces partenaires régionaux extérieurs diront (et ont dit) aux talibans que, s’ils violent leurs assurances, ils retrouveront leur statut de paria international : ils seront à nouveau classés comme terroristes, leurs frontières se fermeront, leur économie s’effondrera – et le pays sera à nouveau en proie à la guerre civile. En bref, le calcul est fondé sur l’intérêt personnel, plutôt que sur la présomption de confiance.

La Chine est plus déterminée à façonner la région que ne le pensent de nombreux analystes. On dit souvent que la Chine est purement mercantile, qu’elle ne s’intéresse qu’à l’avancement de son programme économique. Pourtant, la province chinoise du Xinjiang – son ventre islamiste – partage une frontière avec l’Afghanistan. Cela touche à la sécurité de l’État, et la Chine aura donc besoin de stabilité en Afghanistan. Elle ne tolérera pas que des insurgés d’origine turque (encouragés par l’Occident) se déplacent de l’Afghanistan vers le Turkménistan ou le Xinjiang. Les Ouïgours sont ethniquement turcs. Nous pouvons nous attendre à ce que la Chine soit ferme sur ce point.

Ainsi, non seulement les États-Unis et l’OTAN ont été contraints de quitter le « carrefour de l’Asie » dans un désarroi extrême, mais ces développements ouvrent la voie à une évolution majeure des plans de corridors économiques et commerciaux régionaux de la Russie et de la Chine. Ils transforment également la sécurité de l’Asie centrale en ce qui concerne les vulnérabilités chinoises et russes dans cette région. (Jusqu’à présent, les États-Unis se sont vus refuser une base militaire alternative en Asie centrale, relocalisant leurs forces en Jordanie).

Pour être juste, Michael Rubin avait « à moitié raison » lorsqu’il a dit que « plutôt que de renforcer la position de l’Amérique face à la Chine, Biden l’a saignée à blanc », mais seulement à moitié. Car l’autre moitié manquante est que Washington a été dépassé par la Russie, la Chine et l’Iran. Les services de renseignement occidentaux n’ont absolument pas réussi à percevoir la nouvelle dynamique intérieure afghane c’est à dire les acteurs extérieurs qui soutenaient les négociations des talibans avec les tribus.

Et ils ne voient toujours pas tous les dominos extérieurs qui se mettent en place autour d’un pivot afghan, ce qui change tout le calcul pour l’Asie centrale.

D’autres pièces de ce puzzle de changement de paradigme sont devenues visibles dans le sillage de l’arrivée au pouvoir des talibans : un domino est tombé avant même la « déroute de Kaboul » : la nouvelle administration iranienne a repositionné stratégiquement le pays en donnant la priorité aux relations avec les autres États islamiques, mais en partenariat avec la Russie et la Chine.

Le Conseil national de sécurité iranien a ensuite refusé d’approuver le projet d’accord de Vienne pour une relance du JCPOA (le deuxième domino à se mettre en place).

Pendant la déroute, la Chine et la Russie ont (« par hasard ») fermé l’espace aérien au-dessus du nord de l’Afghanistan en raison de leurs exercices militaires conjoints qui se déroulaient dans cette région – et, pour la première fois, les deux puissances ont exercé un contrôle militaire conjoint. Cela représente le troisième (et très important) domino, bien qu’il ait été à peine remarqué par l’Occident.

Enfin, le Pakistan s’est lui aussi repositionné stratégiquement, en refusant d’accueillir toute présence militaire américaine sur son territoire.

Et enfin, un dernier domino : l’Iran a été invité officiellement à rejoindre l’OCS (ce qui impliquerait en fin de compte que l’Iran rejoigne l’Union économique eurasienne (UEEA), offrant ainsi au pays un nouvel horizon économique et commercial – à défaut de la levée du siège de son économie par les États-Unis.

Ainsi, non seulement les États-Unis et l’OTAN ont été contraints de se retirer de ce nouveau lieu stratégique, mais ces développements parallèles ouvrent la voie à une évolution majeure du plan de corridor régional économique et commercial de la Russie et de la Chine.

La Chine jouera un rôle clé à cet égard. La Chine et la Russie ont reconnu le gouvernement taliban, et la Chine construira probablement un oléoduc le long du « corridor des cinq nations« , pour acheminer le pétrole iranien vers la Chine, via le nord de l’Afghanistan. Elle poursuivra probablement par un corridor nord-sud, reliant finalement Saint-Pétersbourg, via l’Afghanistan, au port iranien de Chabahar, situé de l’autre côté du détroit d’Oman.

Iran and Afghanistan Inaugurate Cross-Border Railway

Pour l’Occident, cette concaténation de dominos qui tombent a à peine été comprise.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Le 11 septembre, vingt ans plus tard

Par : Wayan

Par The Saker − Le 11 septembre 2021 − Source The Saker blog

Vingt ans se sont écoulés depuis le 11 septembre, alors où en sommes-nous aujourd’hui ?  Je vais donner mes réponses courtes sous forme de points et vous laisser ensuite réfléchir à vos propres conclusions.  Voici les miennes :

De nombreux ingénieurs, architectes, chimistes, chercheurs et autres ont prouvé au-delà de tout doute raisonnable que le 11 septembre était une démolition contrôlée.

Il existe une prépondérance de preuves très fortes, bien qu’indirectes, que les Israéliens étaient profondément impliqués et qu’ils avaient des complices à l’intérieur des États-Unis.

À partir des deux éléments ci-dessus, je pense qu’il est raisonnable de supposer que les Israéliens travaillaient avec les néoconservateurs américains sur un projet commun.

Certaines parties d’Al-Qaeda (qui est une création de la CIA en premier lieu !) ont été activées par les États profonds américains et israéliens (qui essaient toujours de diriger les Takfiris), mais seulement pour jouer le rôle de pigeon (il y avait bien quelques Saoudiens et vrais avions, mais ils n’ont pas abattu de bâtiments à New York).

Je ne sais toujours pas ce qui s’est réellement passé au Pentagone, mais je pense que nous pouvons considérer l’idée que les avions au-dessus de Washington et de New York ont été pilotés à distance comme une bonne hypothèse de travail (qui doit encore être prouvée).

Les armes à énergie dirigée, les missiles de croisière nucléaires de la marine russe, les mini-bombes nucléaires et autres sont de la grossière désinformation répandue par l’État profond américain pour troubler ceux qui cherchent la vérité au sujet du 11 septembre.  Elles n’ont été que modérément efficaces et n’ont convaincu qu’un genre, disons, spécifique de « vérificateurs » qui ont tous été rejetés comme des idiots (au mieux) par le mouvement dominant autour du 11 septembre.

La vérité sur le 11 septembre est en train d’acquérir lentement le « statut JFK », c’est-à-dire que « tout le monde soupçonne ou sait, mais personne ne s’en soucie vraiment ».  C’est une vieille info, surtout dans une société dont la capacité d’attention se situe entre 2 minutes et 2 jours.

Le véritable objectif du 11 septembre était de créer un « prétexte patriotique » pour lancer la Grande Guerre contre le Terrorisme et transformer l’ensemble du Moyen-Orient en une entité obéissante comme l’est la Jordanie.

La Grande Guerre contre le Terrorisme a été un échec total et l’une des pires campagnes militaires de l’histoire.

Le plan visant à créer un « nouveau » Moyen-Orient a totalement échoué et a finalement résulté en un environnement anti-israélien plus fort qu’avant le 11 septembre.  Le fait que des médailles soient distribuées à la tonne ne signifie rien : après l’échec de Grenade, l’oncle Shmuel a distribué plus de médailles que de participants à toute l’opération.

L’Empire anglo-sioniste est mort le 8 janvier 2020 et les États-Unis, tels que nous les connaissions, sont morts le 6 janvier 2021 (voir ici pour une discussion détaillée de ces dates et du contexte), presque exactement un an plus tard.

En étant assassiné par les États-Unis, le général Soleimani a remporté la plus grande victoire de sa vie.

Les États-Unis devront quitter l’Irak et la Syrie plus tôt que prévu.

L’entité sioniste qui se fait appeler « Israël » traverse actuellement une crise politique majeure, voire une crise existentielle, et est désormais dans les cordes et désespérée.  Elle le cache juste bien mieux que les propagandistes américains.  Mais les Palestiniens le sentent, tout comme un bon nombre d’Israéliens.

Biden et « Biden » se battent maintenant pour leur vie politique non seulement à cause de « Kaboul » mais aussi à cause de la façon dont Biden vient de déclarer la guerre à ceux qui refusent les vaccins.

Les anti-vax peuvent être beaucoup de choses, mais personne ne peut leur nier les qualités suivantes : ils sont très fortement motivés, pour eux la question n’est pas médicale, mais une question d’image de soi, d’identité et de résistance à la tyrannie.  D’accord, certains céderont finalement, mais beaucoup ne le feront pas.  C’est pourquoi je crois fermement que la « déclaration de guerre » de Biden contre les « déplorables » non vaccinés (il n’a pas utilisé ce mot, mais son mépris et sa haine étaient évidents) est une énorme erreur.  Au moins aux États-Unis, je crois qu’il y a beaucoup d’anti-vax qui préfèrent mourir dans une fusillade plutôt que d’être vaccinés (ce qui, selon eux, nuira à leur santé ou les tuera dans quelques années).  En d’autres termes, je ne crois pas que « Biden » ait les moyens de forcer plus de 80 millions d’anti-vax à se faire vacciner, en fait, son discours tout entier a été une gifle très agressive au visage de millions d’Américains.  La violence est presque inévitable maintenant.  D’abord des incidents isolés, mais peut-être aussi quelque chose de plus important.

L’économie américaine n’est pas en croissance ou en reprise.  Ce n’est qu’un jeu de chiffres ou de « statistiques » au sens où l’entend Churchill.  La vérité, c’est que le pays se désagrège et devient lentement un « tiers-monde » (d’accord, il y a déjà beaucoup de régions « tiers-mondisées » aux États-Unis, mais elles vont encore s’agrandir).  La véritable économie chinoise est environ 1,5 fois plus importante que la véritable économie américaine.  Point, set et match pour la Chine.  Par ailleurs, l’économie russe réelle est comparable ou supérieure à l’économie allemande réelle, et l’économie russe s’est à peu près remise de la crise du COVID (mais ce n’est pas fini, les cas sont toujours en hausse dans certaines régions de Russie).

L’armée américaine a totalement perdu sa capacité à fonctionner comme une véritable armée.  Idem pour l’OTAN.  Ils ont été publiquement humiliés à peu près partout où ils ont mis les pieds. Ce processus est désormais irréversible. Point, set et match pour la Russie, la Chine et l’Iran.

Sur le plan interne, les États-Unis perdent leur cohésion et ce processus centrifuge est accéléré par les politiques internes vraiment insensées de « Biden » (rien que le Woke et la Covid sont une déclaration de guerre contre des millions d’Américains).  Je ne suis pas du tout convaincu que « Biden » puisse mettre au pas des États comme la Floride ou le Texas.  Je ne ferai pas d’autres commentaires sur la situation interne des États-Unis, mais il fallait le mentionner.

Conclusions

Comme pour toutes les politiques néoconservatrices, elles semblent initialement « brillantes » pour finir en un abject bourbier et les néoconservateurs sont détestés par à peu près tout le monde.

Les Talibans ont gagné la Grande Guerre contre le Terrorisme (même à son meilleur, l’oncle Shmuel « contrôlait » environ 40% du pays, au maximum !)

Toute la zone B (Russie / Chine) et une grande partie de la zone A (Occident) s’en rendent compte maintenant (qu’ils l’admettent ouvertement ou non).

Il y a de fortes chances que le désastre public en Afghanistan oblige maintenant les Européens à prendre leurs distances par rapport à un Big Brother clairement sénile, dément et faible.

Le noyau de l’anglosphère (Royaume-Uni/CA/NZ/AUS) semble se consolider autour des « États-Unis de Biden », ce qui pourrait les mettre sur une trajectoire de collision avec l’UE.  Nous n’en sommes pas encore là, mais c’est vers cela que nous nous dirigeons.

La pandémie de COVID a effectivement « explosé » toutes les sociétés de la zone A, qui sont maintenant toutes dans un état de pré-guerre civile de faible intensité.  Je ne vois pas ce que l’on pourrait faire pour changer cela.

La pandémie de COVID ne fera qu’empirer, ce qui ne fera que déclencher davantage de tentatives de la part des gouvernements de la zone A pour essayer de forcer leur population à « obéir », ce qui, à son tour, ne fera que déstabiliser davantage tous, je répète, TOUS les régimes au pouvoir dans la zone A.

La conclusion est la suivante : Le 11 septembre et la Grande Guerre contre le Terrorisme étaient des succès tactiques initiaux, de très courte durée, qui ont abouti à un désastre stratégique ou, mieux, à un effondrement stratégique de l’empire anglo-sioniste et des États-Unis.

Et, enfin, ceci.  Je ne peux pas le prouver, mais ma lecture de l’histoire moderne et des effondrements de régimes m’amène à croire ce qui suit :

J’ai toujours dit que les politiques américaines, internes et externes, ne sont pas vraiment le résultat d’une planification minutieuse, mais plutôt le résultat de divers intérêts/entités qui utilisent leur influence et leur pouvoir pour « tirer » les politiques américaines dans le sens qu’ils souhaitent.  Et comme il y a BEAUCOUP d’intérêts/entités différents, surtout dans les cas importants, ce que nous voyons n’est pas un « résultat politique » mais seulement un « vecteur de somme », un « résultat » qui est la somme de toutes les différentes pressions et de la force relative des personnes qui exercent ces pressions.

Je pense que ce processus n’a été qu’amplifié, mais d’un ordre de grandeur. Ce que nous voyons aujourd’hui dans les élites dirigeantes américaines, c’est un énorme « couvre tes arrières », « cours pour ta vie », « protège-toi et ton avenir » et même « attrape tant que tu le peux encore » et PAS, je répète, PAS de « vraies » politiques.  Ceux qui croient à une grande conspiration ne réalisent pas que ce qui s’est passé à Kaboul n’est pas l’exception, c’est la règle !  Kaboul a été un projecteur géant qui a finalement montré le vrai visage de l’armée américaine à la planète entière : pas le genre d’hallucinations patriotiques délirantes à la Tom Clancy ou Hollywood, mais la « vraie réalité » filmée « sur le terrain » par des téléphones portables bon marché mais omniprésents, par des militaires afghans et même américains/OTAN !

Le problème pour les patriotes délirants est le suivant : loin d’être des « agents de Poutine » ou quoi que ce soit de ce genre, les millions de personnes qui possèdent des téléphones portables avec appareil photo (aussi vieux et bon marché soient-ils) produisent un tel volume de données brutes qu’il est impossible de les supprimer.  Il en va de même pour les Israéliens, qui ont payé un prix énorme en termes de « perte de propagande de guerre », puisque les Palestiniens (et un certain nombre d’Israéliens aussi !!) utilisent désormais leurs téléphones portables plus efficacement que n’importe quelle roquette palestinienne ou n’importe quel kamikaze. C’est également ce qui a fait échouer les récentes élections américaines : l’omniprésence des téléphones portables (et des caméras de vidéosurveillance).

Si l’on imagine la machine de propagande américano-israélienne comme un animal énorme et puissant (des MILLIARDS sont investis dans cette machine), on peut considérer les pauvres gens opprimés qui ont des téléphones portables bon marché comme des fourmis rouges.  Concluons en disant que le temps n’est pas du côté du gros animal puissant et lourd, mais du côté des fourmis rouges.

Andrei

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

La noosphère, Partie III : Mythologies polythéistes

Par : hervek

Par Dmitry Orlov – Le 6 septembre 2021 – Source Club Orlov

Cet ensemble de mythes englobe le polythéisme sous toutes ses formes et est symbolisé par l’expression mathématiquement invalide 0 = ∞ Le nombre est zéro parce que dans ce schéma, il y a exactement zéro dieu réel. Ici, 0 est très différent de l’état NULL dont nous avons parlé précédemment, qui est le déni acharné des athées et/ou l’absence expérimentée de tout ce qui est divin. Zéro est également l’infini puisque le nombre de dieux, de déesses et de dieux en minuscules n’est limité par aucun principe. Si vous avez une déesse de la forêt, alors pourquoi pas une déesse de l’arbre, une déesse du buisson, une déesse de l’arbuste et une déesse du jeune arbre ? Ajoutez une bonne poignée de nymphes, de trolls et de gobelins pour compléter le tableau.

Une autre distinction est que NULL semble être un état transitoire indiquant une crise alors que 0 = est un état stable que l’Homo sapiens a connu et continuera vraisemblablement à connaître au cours d’innombrables millénaires. Diverses religions et cultes monothéistes, symbolisés par 1≠1, 1+1=1 et 1+1+1=1, dont nous parlerons plus tard, occupent une position intermédiaire : ils ne sont pas transitoires ; ils ne sont pas non plus permanents, mais tendent à se dégrader vers 0 = au fil du temps.

Les dieux en minuscules forment un continuum allant d’entités véritablement divines qui créent et détruisent des mondes et ne peuvent être apaisées que par des sacrifices humains réguliers, de préférence des vierges, à des humains déifiés dont les restes momifiés reposent perpétuellement dans des mausolées, en passant par des pop stars et des célébrités et jusqu’à de petites idoles – les dieux de la cuisine chinoise, par exemple, qui sont des statuettes que l’on peut apaiser correctement en les enduisant de saindoux une fois par an. Les fétiches et les talismans se situent à l’extrémité de ce continuum. L’existence de « figurines de Vénus » néolithiques montre que cela dure depuis au moins quelques milliers d’années, probablement beaucoup plus longtemps, ce qui accrédite la théorie selon laquelle le penchant pour la mythologie religieuse est un trait évolué de l’Homo sapiens que les athées scientifiques sont assez stupides pour essayer de combattre : les dieux, les êtres et les choses divines sont peut-être des logiciels, mais ces logiciels fonctionnent sur un matériel dédié, à usage spécial, intégré dans le crâne humain.

Si la technosphère apprécie particulièrement NULL, elle sait aussi se servir des cultes 0 = et connaît ceux qu’elle préfère. Certains cultes païens peuvent présenter des difficultés pour la technosphère. Par exemple, le culte apollinien avec sa devise  » rien en trop «  militerait contre une surabondance de technologie, limitant la portée de la technosphère. Le culte orgiaque de Bacchus, qui trouve son reflet dans la culture contemporaine des boîtes de nuit, tend à contrevenir aux restrictions épidémiologiques ostensiblement imposées dans le cadre d’un effort futile pour contrecarrer la propagation d’un virus grippal pas particulièrement mortel (mais utilisé en réalité pour contrôler la consommation, en particulier la consommation d’énergie d’hydrocarbures, et pour renforcer le contrôle social).

Plus généralement, la technosphère trouve le polythéisme relativement copieux. Les divinités mineures telles que les pop stars et les célébrités peuvent être vénérées en achetant les produits qu’elles soutiennent ou dont elles font la publicité. Les divinités majeures qui composent l’oligarchie – Bill Gates, Elon Musk, Jeff Bezos, etc. – intégrées comme elles le sont dans la technosphère, suscitent un certain niveau de crainte et requièrent des formes de sacrifice plus sérieuses, allant de l’injection de vaccins expérimentaux à l’utilisation de systèmes d’exploitation qui sont des logiciels espions flagrants, en passant par la conduite de Teslas hautement combustibles, ridiculement hors de prix et inefficaces, et la dépense d’une fortune pour de petits rectangles lumineux aux jolis coins arrondis, et une grande variété d’autres fétiches technologiques.

Chez l’Homo sapiens, l’envie de déifier est irrépressible, et le polythéisme tend à apparaître spontanément, ce qui donne du crédit au fait qu’il s’agit d’un aspect évolué de la nature humaine, rendant inutile toute tentative de suppression pure et simple par la technosphère. Au contraire, il est beaucoup plus efficace pour la technosphère de le canaliser de manière à produire le comportement obéissant, conformiste et consumériste souhaité. Les consommateurs forment alors volontairement le troupeau, les « prosommateurs » (qui publient des vidéos Youtube populaires d’eux-mêmes utilisant le produit fétichisé) deviennent le clergé laïc, et les supporters des célébrités le grand sacerdoce du culte éphémère de tel ou tel gadget, babiole, substance injectable ou pilule.

Le polythéisme représente la première étape du développement de la mythologie religieuse de l’humanité, et si la technosphère gagne, ce sera aussi la dernière. La technosphère déteste toute sophistication qui n’est pas une sophistication technique. De son point de vue, les formes de culte les plus primitives, comme le fait de baver devant des chanteurs pop sud-coréens androgynes, sont acceptables en tant que phase de transition vers l’état NULL qui représente une existence entièrement végétative d’un point de vue spirituel.

Le fait que le polythéisme soit une tendance naturelle de l’espèce humaine est vraiment difficile à manquer. Prenons l’exemple des cultes d’État auxquels sont spontanément parvenus divers régimes communistes ostensiblement athées. Peu après que toutes les divinités aient été bannies par un dictat gouvernemental, les régimes communistes se sont mis à construire des mausolées dans lesquels ils ont enterré les restes momifiés de leurs grands dirigeants. Il y a le très imposant Palais du Soleil de Kumsusan à Pyongyang, en Corée du Nord, qui sert de mausolée au président Kim Il-sung et à son fils, le président Kim Jong-il. Et puis il y a le Mausolée Ho Chi Minh, dont le style attrayant rappelle celui d’un temple grec antique, à Hanoi, au Vietnam. Et n’oublions pas le mausolée de Mao Zedong à Pékin, en Chine.

Et puis, bien sûr, il y a le mausolée de Lénine sur la Place Rouge à Moscou, qui est toujours en place aujourd’hui, bien que son balcon ne soit plus utilisé comme tribune par les dirigeants politiques et les dignitaires lors des défilés. Mon humble proposition de le réutiliser comme entrée d’une nouvelle station de métro – « Mavzoleiskaya » [littéralement « Station du mausolée », NdT] – est restée lettre morte ; même après tout ce temps, de nombreuses personnes trouvent l’idée sacrilège et préfèrent subir l’inconvénient de devoir marcher 210 mètres pour se rendre sur la Place Rouge depuis la station de métro la plus proche (place de la Révolution).

Ces cultes d’État communistes ne parviennent généralement pas à inspirer le même niveau de ferveur religieuse que les formes traditionnelles d’observance religieuse. Ils peuvent prolonger le pouvoir du grand leader pendant un certain temps après sa mort, mais l’effet s’estompe inévitablement avec le temps. Ce fait a été reconnu même par les dirigeants communistes eux-mêmes. Les dirigeants chinois ont progressivement assoupli les restrictions sur la pratique religieuse, en prenant soin de contrôler les groupes religieux qui présentent des risques politiques ou qui pourraient servir de canaux pour l’infiltration et l’ingérence étrangères.

Les gens sont souvent choqués d’apprendre que Joseph Staline a pris la décision de rouvrir de nombreuses églises pendant la Seconde Guerre mondiale, moins de deux décennies après la mort de Lénine, ayant compris que la foi joue un rôle fondamental pour conduire les soldats russes vers la victoire. Ayant été éduqué dans un séminaire, Staline était bien conscient du pouvoir de la foi. Selon certaines sources, il était lui-même un homme religieux : avant sa mort, il s’est confessé au patriarche Alexii Ier, qui aurait dit « Il s’est repenti ! ». Pour des raisons évidentes, cela a été tenu secret par la hiérarchie soviétique aussi longtemps qu’elle a continué d’exister.

Une résurgence spontanée différente de l’expérience religieuse peut être facilement observée dans les sociétés qui arrivent à l’état NULL (ou passent brièvement par l’état NULL) par des processus autres que le changement révolutionnaire. Ces processus peuvent aller de l’endoctrinement athée pur et simple par des pédagogues rationalistes à la décadence culturelle (et religieuse) générale et à la perte de sens. Il existe de nombreuses façons de produire un athée ; par exemple, beaucoup de bons athées ont été produits par les écoles catholiques. En général, la combinaison d’observances religieuses spirituellement vides et l’utilisation sans discernement du concept de culpabilité pour contrôler le comportement font que le déni de l’existence de Dieu est ressenti comme une libération et une expérience religieuse à part entière.

Il s’avère qu’il ne s’agit en fait que d’une phase qui libère l’espace pour de nouveaux types d’expériences religieuses, spontanément improvisées. La nature a horreur du vide, et la nature humaine a horreur du vide spirituel : quelle que soit la rationalité que nous essayons d’avoir, nous ne sommes tout simplement pas faits pour maintenir un haut niveau de scepticisme pendant de longues périodes et, au bout d’un certain temps, le besoin inné de croire et d’adorer quelque chose ou autre l’emporte.

Ainsi, en Occident, dans le sillage de la dislocation sociale de la Seconde Guerre mondiale et de la disparition progressive de la société traditionnelle, est apparue une nouvelle culture de la jeunesse centrée sur la musique pop, qui s’est assez rapidement transformée en une grande variété de phénomènes quasi-religieux, de la Beatlemania extatique aux Rolling Stones sataniques (sympathie pour le diable, quelqu’un ?), ainsi qu’en une grande quantité d’idolâtrie générale. Le chanteur pop anglais William Broad n’a pas choisi arbitrairement le nom de scène Billy Idol : il essayait de suivre la tendance.

À cette époque, la concurrence entre les superpuissances était intense et les dirigeants soviétiques ont vite compris le pouvoir de cette nouvelle culture des jeunes. Ils ont dépensé une fortune pour cultiver leur propre scène musicale pop, avec d’excellents résultats, sauf sur un point : l’idéologie soviétique a imposé un niveau d’égalitarisme qui a empêché les pop stars soviétiques, aussi bien rémunérées soient-elles, d’atteindre la fabuleuse richesse divine des pop stars occidentales, ce qui a contribué à les transformer en objets de culte public. C’est ainsi que la culture occidentale des jeunes l’a emporté, apportant avec elle toute une série d’influences culturelles occidentales qui ont contribué à sceller le destin de l’URSS, qui avait mal tourné pour un grand nombre d’autres raisons. Mais le charme n’a pas duré longtemps et aujourd’hui, des groupes russes comme Little Big, qui a remporté l’Eurovision, prospèrent en détruisant les tropes culturels occidentaux avec un sarcasme industriel, tandis que d’autres, comme le groupe Leningrad, doivent leur fabuleux succès à une heureuse combinaison de patriotisme parfaitement laïc, de blasphèmes surpuissants et de virtuosité musicale.

La technosphère s’accommode parfaitement de l’idéologie NULL qui règne en maître dans les hautes sphères de la société tandis que les ordres inférieurs sont sans cesse distraits par une idolâtrie puérile car aucun d’entre eux n’est capable de s’organiser pour s’y opposer et menacer sa suprématie. Ce n’est pas nécessairement le cas des mythologies religieuses monothéistes, symbolisées par 1≠1, 1+1=1 et 1+1+1=1, dont nous parlerons ensuite.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Des jours étranges en perspective

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 16 Août 2021 – Source kunstler.com

A gauche : La chute de Kaboul, 2021 – A droite : La chute de Saïgon, 1975

Si American Airlines était aux commandes, ils auraient mis toutes les annulations sur le compte de la météo et auraient ensuite donné les bagages enregistrés de tout le monde aux talibans.

Sean Davis, rédacteur en chef, The Federalist, à propos de ce qui se passe dans l’aéroport de Kaboul.

Je suppose que nous avons dû apprendre à nos dépens que l’Afghanistan n’est pas comme le Nebraska. Laissons les autres être cruels à ce sujet (et il y en a beaucoup en ce moment, ailleurs). Le dernier prétendu hégémon qui a essayé d’occuper l’endroit avant nous était l’Union soviétique, qui a découvert douloureusement que l’Afghanistan ne ressemblait pas beaucoup à son Oblast de Kemerovo non plus, et peu après avoir retiré ses troupes en 1989, l’Union soviétique a commencé à s’effondrer – ce qui pousse à se demander : Dans quelle mesure les États-Unis de 2021 ressemblent-ils à l’Union soviétique de ces années-là ?

Eh bien, nous sommes devenus une nomenklatura administrative sclérosée, composée de larbins de l’État profond, comme l’étaient les Soviétiques, et dernièrement, nous sommes tout aussi anarchiques qu’eux, du point de vue constitutionnel – par exemple, l’abolition des droits de propriété via le moratoire sur les loyers du CDC… l’emprisonnement prolongé en isolement des prisonniers politiques du 6 janvier… l’introduction de « passeports » internes. Les États-Unis fonctionnent sur des vapeurs économiques comme les Soviétiques. La direction de notre parti dominant a vieilli en une gérontocratie embarrassante. Est-ce que c’est notre tour de nous effondrer ?

On dirait bien que oui. Les jours à venir risquent d’être difficiles. La Chine a certainement pris la mesure de notre armée « éveillée » et envisage de s’emparer de Taïwan dans notre moment de faiblesse. Plus de puces électroniques pour vous, Oncle Sam ! Allons-nous défendre Taïwan militairement, ou peut-être des armes nucléaires ? Et si ça ne marche pas très bien ? Je vais vous dire : une réorganisation géopolitique majeure des choses, nous laissant… où ? Incapables d’imposer notre volonté dans le monde comme c’est le cas depuis 80 ans. Désemparés. Sans amis. Fauchés. Cassés !

Bien sûr, la situation intérieure de notre pays n’a jamais été aussi tendue et exacerbée depuis 1861. Tout est politisé, c’est-à-dire qu’on s’en sert comme d’une matraque pour battre ses adversaires et, avouons-le, surtout dans le sens gauche contre droite. C’est particulièrement vrai pour le feuilleton Covid-19, qui oppose de plus en plus les « progressistes » vaccinés de manière moralisatrice aux conservateurs récalcitrants du « libre choix de ne pas se faire vacciner » – c’est-à-dire un gouvernement coercitif qui tente de forcer des citoyens supposés libres à accepter un traitement médical expérimental plutôt douteux.

Depuis quand la gauche américaine est-elle devenue si pro-tyrannie, et comment cela est-il arrivé ? J’ai des amis et des parents – et je suis sûr que vous en avez aussi – qui se sont tués à la tâche dans les années 1960 pour protester contre la guerre, le gouvernement, le FBI et la CIA… qui se sont battus dans les rues pour la liberté d’expression et ont fait feux de tout bois contre la propagande officielle – et aujourd’hui, ils n’en peuvent plus de contraindre, punir, laver le cerveau et annuler leurs concitoyens. Ils vont même jusqu’à concevoir un récit vicieux pour qualifier leurs opposants de « terroristes nationaux ». Vous pensez que ça va marcher ?

J’en doute. Et la chute de l’Afghanistan ne manquera pas de susciter une réaction de ressentiment parmi les nombreux anciens soldats qui ont payé un lourd tribut en effectuant des tours de service dans cette aventure infortunée pendant vingt ans. Ils sont nombreux dans l’Amérique rouge, et ils étaient déjà furieux de l’absurdité pernicieuse que leur enfonçaient dans la gorge les sbires du wokestérisme : les bousculades raciales et sexuelles, la hausse vertigineuse de la criminalité violente, l’ouverture des frontières, la délocalisation des emplois, les confinements Covid et le démantèlement des petites entreprises, l’expérience de la Théorie Moderne de la Monnaie qui lance l’inflation, et la nouvelle « pussification » [féminisation, NdT] des forces armées dans lesquelles ils ont servi et souffert. Ils sont restés plutôt discrets pendant toutes ces années, se contentant d’observer la scène avec étonnement et nausée, mais vous les verrez peut-être devenir plus actifs maintenant. Et n’oubliez pas qu’ils ont été bien entraînés aux armes et aux tactiques militaires.

Des découvertes troublantes sont à prévoir pour l’avenir. Le Wall Street Journal a récemment détecté des signes de vie dans l’enquête sur John Durham, rapportant que l’affaire a été portée devant un grand jury. Cela signifie que des crimes sont poursuivis. Nous pourrions bientôt retrouver des noms qui ont failli être oubliés – Bruce Ohr, Glenn Simpson, Andrew McCabe, Rod Rosenstein, Pete Strzok… qui d’autre ? Cela pourrait également conduire à un discrédit catastrophique des grands médias d’information – qui étaient pleinement impliqués dans l’escroquerie du RussiaGate – au point que certaines entreprises finissent par être complètement ruinées et de nombreuses carrières balayées.

Des informations concrètes sur ce qui s’est réellement passé lors de l’élection de 2020 sont également en train de sortir, et pas à l’avantage du régime au pouvoir qui a prétendument triomphé lors de ce scrutin. Certaines de ces informations pourraient avoir une incidence sur la question de l’implication de la Chine dans nos affaires et, au-delà de la simple ingérence dans les élections, sur l’achat en gros de la classe politique américaine. Ce qui est pathétique, c’est que nous connaissons déjà plusieurs personnalités très en vue qui ont été achetées par la Chine, notamment Eric Swalwell, Diane Feinstein et, surtout, Hunter Biden (et sa famille), mais les rangs des personnes connues pour être achetées pourraient grossir de façon spectaculaire.

Enfin, il y a le sort du président « Joe Biden ». Alors que Kaboul tombe ce matin, il reste dans son trou de marmotte de Camp David. Les observateurs pensent qu’il a eu quelques « mauvais jours » ces derniers temps, ce qui signifie qu’il n’est pas présentable. La clameur monte, même parmi ses propres partisans, pour qu’il sorte et dise quelque chose, n’importe quoi… pour l’amour du ciel… qu’il fasse plus que prétendre être le leader du monde libre ! Cela pourrait être le baisser de rideau pour Ol’ White Joe… le temps de partir. Jamais auparavant un président américain n’a été confronté à une telle perte de légitimité, et pas seulement à cause de l’Afghanistan. Et puis, pensez à qui sera le prochain à occuper ce poste. (Avez-vous frissonné ?)

Parfois, comme le faisait remarquer Vlad Lénine, les événements prennent des décennies, et parfois les années se déroulent en quelques semaines. Cela ressemble à l’une de ces périodes pour les États-Unis. Les têtes vont bientôt tourner comme celles de la petite fille dans L’Exorciste, libérant un flot de révélations choquantes. Les anciens récits vont s’effondrer sous nos yeux. Les esprits devront se ressaisir. Préparez-vous à vivre des jours étranges.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

La débâcle de la sortie d’Afghanistan : incompétence, distraction ou quelque chose de plus sinistre ?

Par : hervek

Par Brandon Smith − Le 18 Août 2021 − Source Alt-Market

Mon premier réflexe a été d’ignorer le cirque entourant l’apparente gabegie de Biden concernant le retrait des troupes d’Afghanistan, principalement parce que je pense que cela détourne l’attention du danger bien plus grand des mandats despotiques et des passeports vaccinaux que Biden et ses manipulateurs tentent de faire avancer en ce moment même sur notre sol. Cela dit, j’ai reçu de nombreuses demandes de lecteurs pour discuter de la situation et j’ai trouvé certains aspects du retrait plutôt suspects. L’hypothèse de base est que Biden est sénile et que sa gestion de la sortie est entachée de sa stupidité, mais il y a peut-être plus que ce que l’on croit…

Tout d’abord, je pense qu’il est important de dissiper un récit de propagande qui circule dans les médias et selon lequel les conservateurs demandent en quelque sorte que les troupes restent en Afghanistan en critiquant la stratégie de sortie de Biden. Il s’agit là d’une propagande typique de la gauche. On peut être en faveur d’un retrait des troupes tout en critiquant la façon dont Biden a géré la situation. Franchement, les États-Unis auraient dû quitter l’Afghanistan il y a plusieurs années ; je ne pense pas qu’il soit trop demander de mettre en place un plan concret pour atténuer les dommages causés aux personnes qui comptaient sur notre présence pour les protéger des talibans.

C’est Barack Obama qui, le premier, a promis une sortie de l’Afghanistan pour 2014, tout en affirmant que la « mission de combat était terminée ». Cela n’est bien sûr jamais arrivé et la gauche politique a ignoré la tromperie d’Obama en faveur du récit du sauveur progressiste.

Pour être juste, l’administration Trump a fait exactement la même chose, en mettant en avant l’idée d’un retrait majeur ou d’une sortie complète, puis en instituant des renforts de troupes à la place, mais au moins les conservateurs ont été beaucoup plus critiques à l’égard de son retour en arrière. Trump s’est finalement engagé à réduire les troupes en 2020, en déplaçant la plupart des actifs APRÈS l’élection de novembre, laissant 2 500 militaires en Afghanistan ainsi que 17 000 entrepreneurs privés.

Le véritable choc a été la rapidité du programme de sortie de Biden après que Trump ait déjà retiré le gros des troupes américaines. Ce retrait rapide a consisté à réduire la quasi-totalité des troupes américaines et à diminuer le nombre d’entrepreneurs privés d’au moins 60 %, le tout en l’espace de quelques mois. Cela a permis aux talibans d’envahir les dernières provinces sécurisées autour de la capitale Kaboul, puis Kaboul elle-même. Une panique s’est emparée des citoyens afghans aux sentiments anti-talibans, et des centaines de milliers de personnes cherchent à s’échapper.

Les multiples administrations américaines ont pour habitude de répondre du bout des lèvres aux préoccupations de l’opinion publique concernant la guerre sans fin en Afghanistan, en disant aux gens que la sortie est imminente, puis en haussant les épaules lorsqu’elles sont prises en flagrant délit de mensonge. C’est devenu une telle formule que je pense que les Américains ont été conditionnés pour s’attendre à ce que nous ne quittions jamais réellement le pays, que les fausses promesses se poursuivent perpétuellement. C’est peut-être la raison pour laquelle le retrait précipité et désordonné des troupes de la région par Biden en l’espace de quelques mois semble si bizarre.

Les apologistes de Biden diront que le jacassant commandant en chef nous a donné exactement ce que nous voulions, et que nous devrions donc l’applaudir. Cependant, la manière chaotique dont Biden exécute le retrait des troupes est de plus en plus suspecte. Cela ressemble davantage à une retraite désespérée face à une attaque écrasante, plutôt qu’à une sortie contrôlée avec un plan défensif face à une insurrection limitée. Ou, plus inquiétant encore, on a l’impression que Biden a besoin de ces troupes et de ces ressources ailleurs et dans l’urgence – mais où sont les troupes nécessaires et pourquoi ?

Une stratégie de sortie aurait dû prendre au moins un an de plus, avec une zone sécurisée entourant Kaboul et les provinces frontalières du Pakistan, ainsi qu’un plan d’évacuation des civils risquant des représailles de la part des fondamentalistes islamiques. Une stratégie à plus long terme (et meilleure) aurait été de diviser une partie des provinces des régions les plus difficiles à contrôler du pays et de former une nouvelle nation composée de personnes qui ne veulent pas vivre sous la domination des talibans (ils sont nombreux). Cela aurait été une solution plus significative, mais qui aurait dû être mise en œuvre il y a des années. Il est bien trop tard maintenant.

Il faut comprendre que les États-Unis n’allaient JAMAIS « gagner » la guerre en Afghanistan. Une stratégie militaire orthodoxe est rarement susceptible de réussir contre une insurrection à long terme utilisant des tactiques asymétriques. Peu importe l’avancée technologique de cette armée, peu importe le nombre d’avions, de chars et de drones dont elle dispose. Au fil du temps, ils finiront par perdre par pure attrition face à une résistance de guérilla.

Je tiens également à souligner que ce n’est pas vraiment le retrait des troupes qui a ouvert la porte à la récente offensive des talibans, mais plutôt le retrait des 17 000 entrepreneurs privés présents dans le pays. C’était la principale force qui maintenait les talibans à distance après les élections.

Aujourd’hui, les Afghans s’entassent sur les trains d’atterrissage des avions qui quittent les bases de l’armée de l’air à l’extérieur de Kabul, alors que la capitale est envahie par les combattants talibans, dans des scènes qui rappellent la fin de la participation des États-Unis à la guerre du Vietnam. Des mères afghanes jettent leurs bébés par-dessus les barbelés pour les soldats de l’autre côté. De nombreux gouvernements n’ont même pas eu le temps d’évacuer leurs ambassades que les talibans ont envahi le pays. Les femmes dépoussièrent rapidement leurs burkas après 20 ans et les personnes qui se sont portées candidates à des fonctions publiques sont laissées derrière pour être massacrées, tandis qu’un nombre incalculable d’armements américains sont tombés entre les mains des talibans. Cela n’a tout simplement aucun sens. Et c’est ici que nous devons examiner certaines théories expliquant pourquoi cela a été géré de cette façon.

Je ne crois pas à l’histoire du « Biden est incompétent », car elle est trop simpliste et ne tient pas compte de la situation dans son ensemble. Biden est une marionnette, une mascotte, un homme de paille que le public peut aimer ou détester, et c’est tout ce qu’il est. Oui, il peut à peine lire sur un téléprompteur, mais ce sont ses marionnettistes qui prennent les grandes décisions, pas Biden. Ce sont des gens mauvais, mais pas incompétents.

Donc nous devons poser des questions importantes : Pourquoi maintenant ? Et, qui en profite ? Après des décennies de présidents nous mentant sur la « mission accomplie » et le retrait imminent des troupes, pourquoi Biden s’engage-t-il soudainement dans une stratégie de sortie de la manière la plus hystérique qui soit ?

Pourquoi l’administration Biden a-t-elle choisi le 11 septembre comme date limite pour le retrait des troupes ? C’est certainement le symbole d’un nouvel échec et d’une nouvelle défaite des États-Unis, mais est-ce aussi le symbole d’une nouvelle phase dans les plans de l’establishment pour les États-Unis dans leur ensemble ? Un autre événement majeur, comme le 11 septembre ou un événement plus important, est-il prévu et la sortie soudaine d’Afghanistan est-elle une préparation à cet événement ?

Comme je l’ai mentionné, certaines scènes me rappellent le Viêt Nam, mais aussi Benghazi. Il y a une odeur de pourriture dans cet événement, comme si le but était de déclencher délibérément un brasier pour cacher un autre motif dans la fumée.

Certes, la folie en Afghanistan est une distraction bien loin de la mise en œuvre des passeports vaccinaux et d’autres mandats illégaux aux États-Unis, avec un nombre croissant de sociétés et de gouvernements de villes et d’États qui tentent de les appliquer. Le DHS vient de publier une déclaration indiquant que toute personne qui refuse de se soumettre aux restrictions et aux vaccins expérimentaux à ARNm « pourrait » être un terroriste potentiel. Ils envisagent même l’idée de restrictions interétatiques sur les voyages des personnes non vaccinées, ce que je prédis depuis un an et qui figure en tête de ma liste des actions qui déclencheront une guerre civile.

Tout ce que les médias alternatifs ont mis en garde ces 18 derniers mois contre la tyrannie médicale est en train de se réaliser. Ce n’est pas une « théorie de la conspiration », c’est une réalité de la conspiration.

L’administration Biden va certainement essayer d’annoncer des exigences de passeport vaccinal au niveau fédéral dans un avenir proche. Le plan consiste-t-il à ramener des troupes américaines et peut-être même des entrepreneurs privés aux États-Unis pour aider à faire appliquer des directives illégales par le biais de la loi martiale ? Il y a une forte probabilité d’une sécession douce des états et comtés rouges si la farce Covid continue. Les troupes américaines étant majoritairement conservatrices, on peut espérer qu’elles n’obtempéreront pas et qu’elles n’ont aucun intérêt à combattre une nouvelle insurrection composée de leur propre peuple. Nous devrons attendre et voir.

Ou bien, y a-t-il une autre guerre en préparation, destinée à détourner les Américains valides pour les envoyer se battre dans un autre trou perdu à l’étranger, alors qu’ils devraient se battre pour la liberté aux États-Unis ? Un renforcement des capacités dans le Pacifique est en cours et le PC chinois est effectivement l’un des régimes les plus horribles qui existent aujourd’hui, mais nous devons d’abord éliminer les communistes et les globalistes dans notre propre pays avant de nous préoccuper de ceux qui gouvernent à l’autre bout du monde.

Un conflit régional avec la Chine ou tout autre pays à ce stade minerait complètement l’économie américaine déjà fragile et la chaîne d’approvisionnement mondiale, sans parler de la dévaluation du dollar américain et de l’augmentation de l’inflation des prix à un degré paralysant. C’est quelque chose à considérer.

Ce qui m’inquiète le plus, encore une fois, c’est la vitesse à laquelle tout cela est mis en œuvre. Dans mes derniers articles, j’ai souligné le fait que le gouvernement et les entreprises bombardent le public de propagande sur les passeports vaccinaux et les restrictions Covid à un niveau jamais vu depuis l’apogée de la pandémie en janvier. C’est comme s’ils DEVAIENT mettre ces mesures en place d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine. Par extension, la sortie de l’Afghanistan ressemble également à une course effrénée. Peut-être est-ce parce que les ressources utilisées là-bas seront nécessaires ailleurs d’ici la fin de l’année ?

Je ne peux pas prédire quel sera l’événement exact, mais il semble évident que l’establishment se prépare à une autre crise à court terme. La fin abrupte de l’occupation de l’Afghanistan est un signe précurseur de menaces plus pressantes à venir.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Prise de contrôle de l’Afghanistan par les Talibans : le pire échec de toute l’histoire pour l’appareil de renseignements étasunien

Par : jmarti

Par Andrew Korybko − Le 31 août 2021 − Source Oriental Review

andrew-korybko

La prise de contrôle centrale relève que la supériorité technologique des États-Unis n’a servi à rien durant la guerre en Afghanistan, et que les sources humaines de renseignements dont ceux-ci dépendaient n’étaient pas assez fiables.

La CIA prévoyait de fermer ses bases de satellites en Afghanistan, et de rapatrier tout son personnel à Kaboul au début de l’été.

L’histoire retiendra que les États-Unis n’ont jamais connu d’échec plus cuisant, en matière de renseignements, que la prise de contrôle de l’Afghanistan par les Talibans. Des voix contrariennes pourraient évoquer Pearl Harbor ou le 11 septembre, mais on a découvert depuis que certaines personnes au moins, aux États-Unis, étaient au courant de ces deux attaques avant qu’elles se produisent, même si aucune action ne fut entreprise à l’avance pour les empêcher, quelles que soient les hypothèses que l’on puisse émettre pour expliquer cela. Pour ce qui concerne la guerre en Irak, que certains pourraient également évoquer, elle n’a pas sa place dans ce contexte, car les renseignements sur la base desquels elle fut lancée avaient été fabriqués, et n’avaient été partagés avec le public que pour manipuler les perceptions en soutien de cette campagne planifiée d’avance. La prise de contrôle de l’Afghanistan par les Talibans est complètement différente de ces trois exemples, car la communauté des renseignements étasuniens a totalement échoué à anticiper ce scénario.

Il est exact que certains, à la CIA et au département d’État, ont émis des avertissements à l’avance à ce sujet durant l’été, mais il était trop tard pour que cela change quoi que ce fût après que la machine militaire étasunienne a déclenché son retrait. Ceci est absolument inacceptable d’un point de vue professionnel, car on savait depuis un bon moment déjà, parmi les membres des administrations permanentes des armées, du renseignement, et de la diplomatie (l’« État profond« ) que les États-Unis étaient en train de perdre la guerre. On en a la preuve par le journal de guerre afghan mis à disposition par Wikileaks, couvrant la phase du conflit étalée entre 2004 et 2010, ainsi que par les Afghanistan Papers, obtenus par le Washington Post en 2019, après une demande émise dans le cadre du Freedom Of Information Act. Ces deux éléments ont établi que l’« État profond » mentait au sujet de la guerre, pleinement au courant de la corruption, et pessimiste quant aux perspectives du conflit.

Ces observations internes n’impliquaient pas automatiquement que les Talibans allaient s’emparer de l’Afghanistan avant même la fin du retrait étasunien, mais elles suggéraient très fortement qu’ils pourraient inévitablement finir par le faire. Ce scénario dramatique a été raté par l’« État profond », du fait que ses membres s’étaient mis à croire en leurs propres mensonges intéressés au sujet de la guerre, après les avoir montés pour duper le grand public. Après un temps, ils sont devenus incapables de déceler objectivement la vérité parmi les éléments faux. Ils savaient que l’Armée Nationale Afghane (ANA) était extrêmement corrompue et mal entraînée, mais ils n’avaient pas bien évalué à quel stade de démoralisation elle était tombée, surtout après que le président Joe Biden s’engagea à poursuivre le retrait annoncé par son prédécesseur, même si l’échéance en avait été reportée.

Un autre facteur majeur qu’ils ont raté est l’attrait réellement populaire, et à croissance rapide, que les Talibans ont exercé sur les Afghans moyens, surtout ceux enrôlés dans l’Armée nationale afghane. Le groupe est parvenu à se requalifier comme mouvement de libération nationale, quoique toujours désigné comme terroriste par la Russie et le reste de la communauté internationale. Ils ont parvenu à se présenter de manière convaincante comme le soi-disant « moindre mal » après que les États-Unis et leurs alliés de l’ANA ont tué d’innombrables civils, considérés comme des « dommages collatéraux », durant les opérations menées depuis presque vingt ans, supposément contre les Talibans. Les Talibans ont également pris un positionnement ferme face à la corruption, incorporé davantage de minorités en leurs rangs (y compris parmi leurs dirigeants), et sont ainsi parvenus à infiltrer idéologiquement une grande partie de l’ANA.

Ce dénouement, mentionné ci-avant, a débouché sur un entraînement, pratiqué par les États-Unis sans le savoir, au bénéfice de sympathisants des Talibans, sur la manière d’opérer les équipements militaires déployés pour 85 milliards de dollars, laissés en arrière lors du retrait, précisément pour lutter contre ce groupe. C’est la raison pour laquelle tant de soldats afghans se sont rendus en masse, une fois que les Talibans atteignirent les portes de leur ville, surtout après que certains des plus braves parmi eux soient devenus totalement démoralisés par le fait que leur parrain étranger leur avait coupé tout soutien aérien. Le gouvernement Ghani resta par conséquent plus ou moins éphémère, et n’exista jamais réellement en pratique hors de Kaboul, et peut-être dans quelques autres lieux, comme une ou deux villes importantes. Au sujet de l’ancien président, il a défié ses parrains en refusant de démissionner, ce qui aurait facilité le gouvernement de transition que les États-Unis comptaient créer avant leur retrait, afin de conserver quelque influence.

Les États-Unis pensaient que Ghani était leur marionnette, et s’il le fut véritablement pour l’essentiel, son égo était bien trop développé pour qu’il démissionne ainsi, surtout après avoir mentionné qu’il tiendrait jusqu’à la fin des fins. Il a fini par fuir une fois qu’il a compris qu’il ne pouvait plus avoir confiance en ses propres hommes, parmi lesquels de nombreux éléments avaient sympathisé secrètement avec les Talibans, et ne voulaient pas risquer leur vie pour lui conserver Kaboul. L’hubris de Ghani l’a donc aveuglé face à cette réalité, tout comme la propre hubris hégémonique des États-Unis les ont aveuglés quant à son refus de principe de démissionner, en dépit du fait qu’il était leur marionnette. Comme écrit ci-avant, chacun croyait en ses propres mensonges, et pour des raisons de convenances personnelles ou professionnelles, et nul n’avait pour volonté d’évaluer objectivement la situation. Le résultat final en a été que les Talibans ont pris le contrôle, non seulement de l’Afghanistan, mais se sont également emparés de l’équipement militaire que les États-Unis y avaient laissé.

Pour l’ancien chef du contre-terrorisme de la CIA de la région : l’Afghanistan n’est pas qu’un échec du renseignement — c’est bien pire.

Rétrospectivement, on peut sans doute en conclure que cette situation a résulté de plusieurs facteurs convergents. Tout d’abord, l’« État profond » n’a pas été capable de reconnaître qu’il ne gagnait pas la guerre, quelle que soit la métrique conventionnelle pour en mesurer le succès, ni que ces métriques conventionnelles n’étaient pas adaptées au conflit dans lequel il était impliqué. Cela a conduit au second facteur, qui est qu’ils ont menti au public et même à leurs propres collègues, à tous les sujets, ce qui en troisième a créé la réalité alternative qu’ils se sont mis à croire et ont divorcé avec la réalité objective. Des renseignements humains fiables auraient contribué à enrayer ces tendances, mais manquaient, de toute évidence. En réalité, les Talibans disposaient sans doute d’innombrables agents doubles travaillant pour leur compte, et apportant aux États-Unis davantage d’informations soutenant leurs vœux pieux, pour les amener à poursuivre leur trajectoire contre-productive.

Le groupe est parvenu à réaliser cela parce que les États-Unis ne disposaient d’aucun autre moyen significatif d’obtenir des renseignements à son sujet. Les Talibans ne se sont pas appuyé sur des technologies modernes d’information ou de communication, à l’instar de la plupart des autres cibles du renseignement dans le monde. Leurs messages ne pouvaient par conséquent pas être interceptés ni analysés par la NSA, ce qui a découlé sur une dépendance disproportionnée des renseignements étasuniens à l’égard des sources humaines, dont la plupart étaient sans doute des sympathisants des Talibans (que ce soit depuis le début, ou sur le tard), voire des membres secrets du groupe. Durant tout ce temps, les Talibans ont fait tourner les États-Unis en bourrique, les envoyant à la chasse au dahu, et les trompant délibérément quant à la réelle étendue de leur attrait sur le terrain pour la société afghane, ce qui a fini par déboucher sur cette campagne de libération d’une durée de deux semaines, sans précédent et quasiment sans verser de sang ; un franc succès.

La principale conclusion est que la supériorité technologique étasunienne est restée sans objet durant leur guerre contre l’Afghanistan, et que les sources humaines de renseignements n’étaient pas assez fiables. L’« État profond » a fini par croire en ses propres mensonges, ce qui a perpétré un cercle vicieux, contribuant à la formulation de politiques encore plus contre-productives, et peu de personnes dans la boucle avaient pour volonté d’évaluer objectivement la situation qu’ils avaient sous les yeux depuis le début. On peut par conséquent avancer que l’idéologie a constitué le facteur le plus déterminant de ce conflit : l’idéologie des Talibans a attiré suffisamment d’Afghans dans ses rangs pour atteindre une supériorité en matière de renseignement dans la durée, cependant que l’idéologie libérale-démocratique étasunienne a convaincu ces derniers qu’il n’y avait pas de raison que leur mission de construction d’une nation pût jamais réellement échouer. Si les États-Unis avaient géré correctement ces deux facteurs, le débouché de la guerre aurait pu être différent.

Andrew Korybko est un analyste politique étasunien, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

De l’empire britannique au IVème Reich


Le globalisme financier, véritable intégrisme commercial, comme origine des Guerres Mondiales d’hier et de demain


Le 30 août 2021 − Source Valérie Bugault

Bref rappel du déroulé des séquences historiques depuis les Révolutions du XVIIIème siècle

Du point de vue politique, à partir des velléités impériales d’Olivier Cromwell (1599 – 1658), ce qui deviendra l’empire britannique a étendu son emprise sur le monde via le développement du système des banques centrales, du parlementarisme représentatif et du droit anglo-saxon (qui tourne autour des seuls axes commerciaux et maritimes). Il faut immédiatement rappeler que ce « droit anglo-saxon » s’était émancipé du principe de droit continental à partir de 1531 (naissance de l’Église anglicane sous le règne du Roi Henri VIII), transformant sa vocation initiale, qui était d’organiser les conditions de la vie en commun, en « arme de contrôle des populations » aux mains des puissants.

Olivier Cromwell a initié le principe de Commonwealth, sorte de République commerciale universelle rattachée à la Couronne en utilisant sa boîte à outil faite d’anonymat, d’opacité, de théâtre politique (via le parlementarisme dit représentatif), afin d’établir les ferments de ce qui deviendra (est d’ores et déjà devenu !) l’hégémonie capitalistique et apatride de la haute finance anglo-saxonne. Précisons immédiatement que c’est donc bien le modèle capitalistique hollando-britannique qui s’est imposé, aux dépens du modèle rhénan de la cogestion et de ce qui aurait pu devenir le modèle français de la codécision (la participation).

C’est précisément ce rapport de force politique qui a généré l’obsession des tenanciers économiques à imposer une nouveau modèle impérial appelé « Gouvernement mondial » afin de réduire drastiquement l’humanité et de mettre en esclavage les rares survivants. Cet esclavage prendra la forme de la fusion des identités biologique et numérique, c’est-à-dire du contrôle des moindres actes et pensées des Hommes, ce qui n’a rien de commun avec toutes les tyrannies que nous avons historiquement connues.

Il est bien ici question de fin de l’humanité en ce qu’un Homme a toujours pu conserver, par définition et quel que soit par ailleurs son statut social, son autonomie de pensée ainsi que sa liberté de discernement et de conscience. Il est ici question de retirer à l’humanité ce qui est sa caractéristique première.

Du point de vue géopolitique, je passerai rapidement sur toutes les étapes intermédiaires suivis par les tenanciers économiques anglo-saxons dans leur longue marche vers l’hégémonie mondiale ; ces étapes, tout à fait décisives, ont consisté à imposer une dialectique mondiale capitalisme/communisme alors qu’ils étaient à l’origine de ces deux idéologies et que ces termes ont été connotés dans le sens que les médias dominants à leur solde se sont ingéniés à imposer dans l’inconscient collectif. Pour clarifier les débats il faut donc préciser deux choses :

  • Par « capitalisme », il faut entendre le modèle hollando-britannique, véritable imposture politique, juridique et économique ;
  • Par « communisme », il faut entendre un modèle dans lequel les hommes sont empêchés de produire, de vivre librement et dans lequel les richesses sont accaparées par un petit groupe d’apparatchiks/bureaucrates aussi inutiles que néfastes en termes de développement social.

Sans cette domination de l’empire britannique, aussi sournoise qu’impitoyable, il aurait été loisible de considérer d’autres modèles de développement. Ou plutôt nous aurions alors pu élaborer un modèle de développement pérenne, favorable tant au niveau individuel qu’au niveau collectif, alors que le modèle britannique nous menait directement et sans échappatoire possible à une impasse économique, sociale et politique.

En particulier, nous aurions pu développer, sur le modèle de la doctrine sociale de l’Église du XIXème siècle, un schéma de développement économique dans lequel l’accaparement est rendu impossible et dans lequel la force de travail, tant matérielle qu’immatérielle, a un statut social équivalent à l’apport de capital.

C’est exactement ce modèle que je propose de suivre à nouveau à l’occasion de ma réforme des institutions : il s’agit de revenir sur la bifurcation du « tout commercial » que nous avons subi, à notre corps défendant depuis la vague de Révolution colorées survenues au cours du XVIIIème siècle, afin de reprendre le chemin de la Civilisation européenne, duquel nous nous sommes depuis trop longtemps écarté, chemin pavé de justice, de vérité et de recherche d’équilibre.

Au-delà de l’Europe de l’Ouest, véritable base arrière de la domination de la finance britannique, et des autres continents dominés, il s’est produit l’impensable du côté asiatique. Depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir, les représentants de la finance apatride issus de l’empire britannique ont commencé à comprendre qu’ils étaient en phase de perdre leur emprise financière, morale et commerciale sur la Chine.

Ces partisans de l’hégémonie globale se sont donc apprêtés, dès cette époque, à livrer un combat à l’empire continental eurasiatique renaissant. L’OTAN a donc déclaré la Chine principale menace.

État des lieux de l’aFrance en août 2021

Comme je l’ai déjà maintes et maintes fois expliqué, il se trouve que, depuis le 16 mars 2020, les institutions françaises ont été mises en suspens par Macron, en tant que Chef d’État, chef des armées et représentant du pouvoir exécutif français.

Il en résulte que nos institutions officielles, celles qui sont parties prenantes aux Traités européens, à l’OTAN, à l’OMS, à l’OMC… sont de jure et de facto en cessation d’activité ; nous nous trouvons dans un vide juridique institutionnel dans lequel les fonctions régaliennes sont captées par des instances illégitimes. Officiellement notre pays a disparu des radars du droit international public, les fonctions régaliennes de l’État sont détournées de leur mission pour être mises au service d’un obscur Conseil de Défense sanitaire qui n’a ni base juridique satisfaisante, ni légitimité politique. Nous assistons à un détournement d’État, un abus de droit public international !

Ce détournement des institutions, fait de l’intérieur par le pouvoir en place, n’a été possible que parce que les institutions françaises ne fonctionnaient plus dès avant leur suspension. Ainsi, tout le théâtre politique instauré par le « parlementarisme » dit représentatif apparaît maintenant aux yeux de tous pour ce qu’il est réellement depuis toujours : une imposture politique.

Dès lors, la question qui se pose est : que va-t-il advenir de l’État français ?

La réponse à cette question est binaire : soit la France évolue sur le modèle initié au XVIIIème siècle, et disparaît définitivement en tant qu’entité autonome pendant que les Français sont réduits en esclavage. Soit les Français se montrent capables, comme ils l’ont déjà fait dans leur Histoire, d’un improbable sursaut et arrivent, collectivement, à imposer une bifurcation institutionnelle et à retrouver la route de leur évolution civilisationnelle sur son modèle millénaire.

La réponse ne peut être que binaire car les deux orientations, radicalement opposées l’une à l’autre, relèvent d’un basculement ou non du rapport des forces sociales et politiques en jeu. Le basculement, s’il a lieu, ne peut qu’être total car les tenanciers de l’hégémonie financière ne pourront se contenter de partager un pouvoir qu’ils exercent de manière absolue depuis maintenant quelques 250 ans.

Les conséquences géopolitiques de la réponse qui sera apportée à la question de l’avenir institutionnel de la France

Dans l’optique ou les forces globalistes emportent le combat institutionnel, nous assisterons, à une revivification des instances européennes fédéralistes ; d’ores et déjà nous connaissons l’EuroGendfor, mais nous allons assister à la naissance de l’Euroforce. Ces deux forces « européennes » qui resteront rattachées, de loin, à l’OTAN via les Traités européens, seront et sont déjà l’occasion inespérée pour les forces globalistes de légitimer, légaliser et recycler les mercenaires des réseaux de typa Stay Behind (Cf. Daniele Ganser « Les armées secrètes de l’OTAN »), qui œuvrent, partout en Europe, sous couverture et qui ne rendent de comptes qu’à leur réel donneur d’ordre, c’est-à-dire les forces financières qui ont pris le contrôle de l’occident. Le statut juridique de ces forces en termes de responsabilité ne sera pas modifié, car elles ne continueront à ne rendre de comptes qu’à la Haute Finance qui contrôle de facto et de jure les instances européennes.

A cela s’ajoute le spectre hautement dangereux d’une fusion de cette Union Européenne renforcée avec l’Intermarium, alors même que cette organisation se revendique officiellement de l’idéologie nazie.

Avec un peu de recul, il est aisé de considérer que l’histoire se répète car les conditions qui ont donné naissance au IIIème Reich se trouvent à nouveau réunies : la toute-puissance de la haute finance (qui via la création de la Banque des Règlements Internationaux avait financé les préparatifs et l’économie de guerre d’Hitler) va ainsi réussir à créer un IVème Reich, base arrière de leur future guerre contre le bloc Chine-Russie, c’est-à-dire contre le continent eurasiatique en tant que force politique terrestre renaissante (qui pourra donc s’opposer au contrôle absolu, par les puissances globalistes, des voies de commerce maritimes).

Quelques questions à se poser

J’attire votre attention sur plusieurs phénomènes.

Transformation de l’État…

Le premier phénomène est le suivant : pourquoi les dirigeants de l’État ont-ils eux-mêmes, de leur propre chef, mis fin à l’existence juridique de cet État ? Car enfin, l’État peut être contesté mais alors il s’agit d’une contestation qui ne peut venir des équipes dirigeantes. Or, nous avons assisté à la négation de l’État par ceux-là mêmes qui le dirigeaient sans que ces derniers ne soient en aucune façon gênés par des contre-pouvoirs inexistants. Ces dirigeants ont donc eu une bonne raison, bien que non avouée, pour mettre fin à cet État… Quelle meilleure raison pouvons-nous imaginer que la transformation de la structure juridique en une structure différente, d’une autre nature ?

En l’occurrence, je vous invite à vous rappeler le tropisme non dissimulé et parfaitement assumé de Macron pour les institutions européennes ainsi que sa volonté avouée et décomplexée de partager notre puissance nucléaire avec l’Allemagne (pays sous le joug des mêmes forces financières dominantes que la France !). Il faut aussi rappeler la récente signature du Traité d’Aix-la-Chapelle, créant la première région européenne.

Or quoi de plus simple que de faire basculer l’État français, qui de facto et de jure n’existe plus (puisque l’équipe en place s’est préalablement assuré de sa disparition), vers cette superstructure a-nationale fédérale et contrôlée par les puissances financières ?

… Au moyen de la mise en œuvre de la stratégie de la tension par le pouvoir exécutif

Je voudrais également que vous réfléchissiez sur le phénomène récurrent (tellement récurrent que l’on peut maintenant considérer qu’il s’agit d’un mode permanent d’administration des populations), selon lequel le Président (ce qui sert de Président) affirme positivement et publiquement qu’il n’ira jamais contre l’intérêt des français – par exemple qu’il n’imposera jamais le port du masque généralisé ou qu’il ne rendra jamais obligatoire l’injection expérimentale – avant que le gouvernement ne revienne, quelques semaines plus tard, sur cette affirmation et impose des brimades et des punitions inimaginables dans un état de droit.

Au passage, j’insiste sur le fait que nous devrions tous nous inquiéter lorsque le Président manifeste publiquement qu’il ne portera pas atteinte à nos intérêts ! Une telle assertion devrait être plus que superfétatoire tant elle devrait « aller de soi », inutile donc de la préciser. Cette attitude est, en soi, très problématique et devrait nous inviter à interroger ses finalités… –

La dernière brimade en date, sous forme de véritable provocation, faite aux français concerne les forces de l’ordre.

L’équipe au pouvoir avait dans un premier temps assuré que les forces de l’ordre ne feraient pas l’objet d’une injection expérimentale forcée.

Or le 24 août dernier, Darmanin, qui sert de ministre de l’intérieur, vient affirmer que si le taux d’injection volontaire n’augmentait pas significativement parmi les forces de Police, ces dernières se verraient contraintes à une injection forcée.

Rappelons que la gendarmerie avait reçu sa punition de la contrainte d’injection avant la Police puisque nous apprenions le 19 août que les gendarmes devraient tous être injecté avant le 15 septembre.

Auparavant, et dès la loi du 5 août 2021 (extrêmement contestable et néanmoins validée sans état d’âme par le Conseil Constitutionnel) c’était le corps des pompiers qui était contraint à l’injection obligatoire.

Finalement, on constate que la stratégie de la division n’ayant pas suffi à soulever les Français contre leurs forces de l’ordre et la gendarmerie contre la police, le pouvoir exécutif change de stratégie pour punir tout le monde.

La méthode de gouvernement utilisée n’est pas sans rappeler les techniques utilisées par la CIA pour le contrôle mental (projet MK Ultra) consistant à créer un climat de terreur permanent et généralisé (la crainte du virus) pour ensuite se montrer partiellement clément et finalement, dans un troisième et dernier temps, punir sévèrement les victimes ciblées. L’objectif de ces manœuvres frauduleuses est de générer sidération, confusion et culpabilisation au sein des populations, de sorte qu’elles deviennent incapables de réactions, que leurs velléités d’auto-défense soient définitivement neutralisées.

Enfin, il faut ajouter pour une vue exhaustive de la situation, que le gouvernement utilise à nouveau la délation comme mode de gouvernement ; ce qui n’est pas sans rappeler les techniques de gestion du peuple français sous occupation nazie ( « Délation 2.0 : La plateforme de la répression des fraudes s’est enrichie d’un nouvel onglet spécial « Covid ». Il est désormais possible de dénoncer son entreprise et le commerçant du coin qui ne se plieraient pas aux injonctions Covidesques d’un simple clic »).

L’objectif recherché par le pouvoir exécutif

Le gouvernement fait monter la pression sociale pour maximiser les chances d’aboutir à un chaos généralisé permettant le passage à l’étape d’après : l’intégration européenne à marche forcée… avec légitimation des mercenaires des armées secrètes de l’OTAN recyclés dans l’Euroforce et l’Eurogendfor (déjà réalisé… ou en cours de réalisation avancée).

N’oublions pas qu’au cours du premier trimestre 2022, la France prend officiellement la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. L’objectif affiché étant de construire une Europe « plus solidaire et plus souveraine ». Il faut comprendre par là que l’objectif est de renforcer le fédéralisme européen en mettant en œuvre l’imposition commune des entreprise (projet ACCIS de longue date), la probable fédéralisation des dettes d’État (si l’Allemagne joue le jeu…), et les forces de l’ordre fédérales.

L’observateur averti ne peut que s’inquiéter de cette longue « marche », chère au macronisme, vers le IVème Reich.

Il faut en effet se rappeler l’ascendance nazie des institutions de l’Europe fédérale (née de l’esprit prolifique du juriste Walter Hallstein qui deviendra d’ailleurs le premier président de la Commission Européenne), et rappelons que cette Europe a été bâtie par et pour les multinationales : commencée par la CECA, elle s’est poursuivie par la toute-puissance de la BCE, dont aucun personnel n’est élu par quelque peuple que ce soit, tout en se cachant derrière l’apparence de légitimité populaire issue du Parlement européen qui n’a aucune initiative en matière règlementaire et dont le rôle, bon an mal an, se concentre sur le choix des multinationales bénéficiaires des Directives et autres Règlements.

Les intérêts qui gèrent les institutions européennes sont les mêmes que ceux qui se trouvent être à l’origine du Club de Rome (dont la posture eugéniste est revendiqué et assumé), du Bilderberg (ce groupe fut créé par le prince Bernhard des Pays-Bas, ancien nazi, voir à cet égard ; il fut officiellement impliqué, avec la mafia et la loge P2, dans des attentats sous faux drapeaux du Gladio survenus en Italie), et de Davos (outre les activités nazies du père de Klaus Schwab ; le site même de Davos ayant hébergé des activités nazies). Ces intérêts, qui sont à l’origine de la montée nazie ayant aboutie au IIIème Reich et à la 2nde Guerre Mondiale, sont dirigés et normés par ceux qui contrôlent la City of London et la Banque des Règlements Internationaux. Ces intérêts sont à nouveau à l’œuvre aujourd’hui pour le renforcement des institutions de « l’Union Européenne »

Un pas plus loin, le renforcement du fédéralisme européen sera la porte d’entrée à la fusion de ces instances, dominées par la Haute finance anglo-saxonne, avec l’organisation appelée « Intermarium »), laquelle est ouvertement dirigée contre la Russie et revendique officiellement et sans complexe la doctrine et l’idéologie nazie… Le mot d’ordre de l’Intermarium est « Reconquista » ! De quelle « reconquête » peut-il bien s’agir dans le contexte où les pays membres de l’Intermarium n’ont strictement aucun problème d’immigration ?

La France en suspension administrée par l’équipe Macron et sous le contrôle des forces financières globales nous mène donc « En marche » vers le nazisme « toutes tendances » confondues et la destruction de l’Humanité via la 3ème Guerre Mondiale…

Conclusion

La perspective que la mafia globaliste a concoctée pour nous est la terreur et le génocide intérieurs (via l’arme biologique des prétendus vaccins qui ne sont que des injections expérimentales à vocation génétique), lesquels seront suivie pas une inéluctable guerre mondiale qui verra s’opposer l’UE nazie (sous couverture de l’OTAN et sous la direction et le contrôle des forces de la City) au bloc eurasiatique Chine-Russie et leurs alliés.

Grosso modo les protagonistes de cette ultime guerre contre l’Humanité seront l’empire maritime contre un empire continental renaissant.

Informatique et nouvel ordre mondial : un rappel de Claude Lévi-Strauss


Par Nicolas Bonnal – Septembre 2020 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

Nicolas Bonnal

Le nouvel ordre mondial se met en place sur fond d’apparent effondrement américain : en réalité GAFA et oligarques se foutent du peuple américain, devenu un troupeau réductible et contrôlable comme un autre. Certains risquent d’être déçus par le comportement des Talibans qui se sont vus régaler le pays, relâchés par les Américains, et dont certains leaders ont été préparés par le Dr Seligman et les procédés de Guantanamo.


En réalité on se prépare à la monstrueuse fourmilière électronique dans tous les pays, musulmans, chinois ou autre, et on cherche comme en France et en Europe à contrôler la masse par le « virus » et par cette informatique qui nous a réduits à l’état de bêtes ou pour mieux dire d’insectes (prédiction de Kojève, voyez mon texte). On a vu que le Ghana sera le premier pays à utiliser la biométrie sans contact dans le programme national de vaccination.

On ignore les corps, on attaque l’esprit, et cet esprit, conformément aux prédictions de Tocqueville (et de Tulsa Doom du film Conan) permet de faire agir le groupe de primates comme la colonie de fourmis.

En France on comprend enfin que leur Informatique sert à recréer des castes. Ceux qui ne seront pas vaccinés seront traités un certain temps comme des sous-hommes en attendant leur extermination par une élite qui comme Enthoven les trouve fous et dangereux.

Il faut donc revoir le fondamental texte de Lévi-Strauss sur les origines de l’écriture : comme l’informatique, l’écriture a servi au contrôle et à l’esclavage, pas à faire de la littérature et de la poésie – qui elles-mêmes auront surtout servi à sélectionner des profs et des élèves. Pour Lévi-Strauss, « la fonction primaire de la communication écrite est de faciliter l’asservissement. »

Elle ne fut pas facteur de progrès cette écriture, tout comme cette informatique qui accélère l’effondrement culturel, musical, politique, cinématographique ou autre de notre ex-civilisation :

Inversement, depuis l’invention de l’écriture jusqu’à la naissance de la science moderne, le monde occidental a vécu quelque cinq mille années pendant lesquelles ses connaissances ont fluctué plus qu’elles ne se sont accrues. On a souvent remarqué qu’entre le genre de vie d’un citoyen grec ou romain et celui d’un bourgeois européen du XVIIIe siècle il n’y avait pas grande différence. Au néolithique, l’humanité a accompli des pas de géant sans le secours de l’écriture ; avec elle, les civilisations historiques de l’Occident ont longtemps stagné. Sans doute concevrait-on mal l’épanouissement scientifique du XIXe et du XXe siècle sans écriture. Mais cette condition nécessaire n’est certainement pas suffisante pour l’expliquer.

Esclavage, castes, contrôle, voilà la fonction de l’écriture (et de l’informatique des techno-féodaux dont je parlais il y a vingt ans avant d’être plagié) :

Si l’on veut mettre en corrélation l’apparition de l’écriture avec certains traits caractéristiques de la civilisation, il faut chercher dans une autre direction. Le seul phénomène qui l’ait fidèlement accompagnée est la formation des cités et des empires, c’est-à-dire l’intégration dans un système politique d’un nombre considérable d’individus et leur hiérarchisation en castes et en classes. Telle est, en tout cas, l’évolution typique à laquelle on assiste, depuis l’Égypte jusqu’à la Chine, au moment où l’écriture fait son début : elle paraît favoriser l’exploitation des hommes avant leur illumination. Cette exploitation, qui permettait de rassembler des milliers de travailleurs pour les astreindre à des tâches exténuantes, rend mieux compte de la naissance de l’architecture que la relation directe envisagée tout à l’heure. Si mon hypothèse est exacte, il faut admettre que la fonction primaire de la communication écrite est de faciliter l’asservissement.

Ne pas trop se faire d’illusions sur la poésie :

l’emploi de l’écriture à des fins désintéressées, en vue de tirer des satisfactions intellectuelles et esthétiques, est un résultat secondaire, si même il ne se réduit pas le plus souvent à un moyen pour renforcer, justifier ou dissimuler l’autre.

Rappelons-nous que Platon dans le dialogue Phèdre tort aussi le cou à l’écriture.

Le pharaon Thamous déclare au dieu Thot qui vient de l’inventer :

Le roi répondit : Industrieux Theuth, tel homme est capable d’enfanter les arts, tel autre d’apprécier les avantages ou les désavantages qui peuvent résulter de leur emploi ; [275a] et toi, père de l’écriture, par une bienveillance naturelle pour ton ouvrage, tu l’as vu tout autre qu’il n’est : il ne produira que l’oubli dans l’esprit de ceux qui apprennent, en leur faisant négliger la mémoire. En effet, ils laisseront à ces caractères étrangers le soin de leur rappeler ce qu’ils auront confié à l’écriture, et n’en garderont eux-mêmes aucun souvenir. Tu n’as donc point trouvé un moyen pour la mémoire, mais pour la simple réminiscence, et tu n’offres à tes disciples que le nom de la science sans la réalité ; car, lorsqu’ils auront lu beaucoup de choses [275b] sans maîtres, ils se croiront de nombreuses connaissances, tout ignorants qu’ils seront pour la plupart, et la fausse opinion qu’ils auront de leur science les rendra insupportables dans le commerce de la vie.

Revenons à Lévi-Strauss qui voit aussi les pièges de l’alphabétisation au dix-neuvième siècle :

Si l’écriture n’a pas suffi à consolider les connaissances, elle était peut-être indispensable pour affermir les dominations. Regardons plus près de nous : l’action systématique des États européens en faveur de l’instruction obligatoire, qui se développe au cours du XIXe siècle, va de pair avec l’extension du service militaire et la prolétarisation. La lutte contre l’analphabétisme se confond ainsi avec le renforcement du contrôle des citoyens par le Pouvoir. Car il faut que tous sachent lire pour que ce dernier puisse dire : nul n’est censé ignorer la loi.

Et notre grand esprit de comprendre que tout le monde copie les occidentaux ne fût-ce que pour les remplacer :

Du plan national, l’entreprise est passée sur le plan international, grâce à cette complicité qui s’est nouée, entre de jeunes États – confrontés à des problèmes qui furent les nôtres il y a un ou deux siècles – et une société internationale de nantis, inquiète de la menace que représentent pour sa stabilité les réactions de peuples mal entraînés par la parole écrite à penser en formules modifiables à volonté, et à donner prise aux efforts d’édification. En accédant au savoir entassé dans les bibliothèques, ces peuples se rendent vulnérables aux mensonges que les documents imprimés propagent en proportion encore plus grande.

L’instruction serait un mensonge ? Mazette…

Nicolas Bonnal sur Amazon.fr

Ridley Scott et le cinéma rétrofuturiste Les mystères de Stanley Kubrick Louis-Ferdinand Céline : La colère et les mots Guénon, Bernanos et les gilets jaunes

Sources

Septembre 2001 aux États-Unis : quelle fut l’origine des évènements ?


Par Christian Darlot − Le 18 août 2021

Chronologie des attentats du 11 septembre 2001 — Wikipédia

L’attentat du 11 septembre 2001 aux États-Unis fut à l’origine de vingt années de guerres et de tensions internationales. La dynamique politique ainsi déclenchée s’est développée jusqu’à mettre la paix du monde en péril, tandis que la répression du terrorisme était prétexte à restreindre les libertés publiques. Les circonstances de cet attentat éclairent son origine.

Viendra un temps auquel la postérité s’étonnera que nous ayons méconnu de telles évidences. Sénèque

La crédulité des dupes est un fonds inépuisable pour l’ingéniosité des coquins. Edmund Burke

La réalité a cet avantage sur la fiction qu’elle n’a pas besoin d’être vraisemblable. Mark Twain

Seuls les plus petits secrets ont besoin d’être protégés. Les plus grands sont gardés par l’incrédulité publique. Marshall McLuhan.

Le bobard dément prépare le bombardement. Ephraïm Camember, 29 juillet 1881.

Un précédent article a montré que la version officielle de la destruction des tours de Manhattan, en septembre 2001, est incompatible avec les lois de la Physique, mais qu’une analyse simple, fondée sur les principes de la Physique, permet d’identifier le procédé de destruction : des explosions nucléaires souterraines. Ce procédé est inaccessible à un groupe terroriste, et son emploi nécessita des complicités dans l’appareil d’État et les médias.

Comment ces évènements furent-ils possibles ?

1 Circonstances

Les faits physiques ont été analysés précédemment, mais bien d’autres faits sont étonnants :

1.1 Coïncidences à Manhattan

  • La famille Bush participait à la gestion du World Trade Center : un frère de G.W. Bush, Marvin Bush, et son cousin Wirt Walker III dirigeaient la société de maintenance. Un frère de Cheney dirigeait la société de sécurité. Or le dimanche précédent, l’activité fut arrêtée dans les tours et le système de sécurité fut débranché pour des travaux.
  • Au matin du 11 septembre, des dirigeants et des cadres de sociétés ayant leurs bureaux dans les tours participèrent à un « petit déjeuner de charité » sur une base militaire. Plusieurs sociétés envoyèrent à leur personnel des courriels enjoignant de ne pas venir ce jour-là, ou de quitter les tours au plus vite.
  • Le spéculateur immobilier Larry Silverstein fut extrêmement chanceux. Il ne vint pas à son bureau ce matin-là, tandis que ses enfants arrivèrent en retard. Déjà propriétaire du bâtiment n°7, il avait acquis six semaines auparavant, pour 14 millions de dollars, ces immeubles déficitaires, dont le coût de désamiantage était estimé à un milliard de dollar, et les avait assurés séparément contre des attentats, chacun pour une valeur de 3,2 milliards de dollars1. En compensation de deux attentats, les compagnies d’assurance des immeubles et de navigation aérienne lui payèrent 4,577 milliards de dollars pour les tours jumelles et 861 millions pour le bâtiment 7. Total : 5,4 milliards. Certaines gens sont des génies de la finance

1.2 Coïncidences au Pentagone

  • Entre le 24 et le 26 octobre 2000, l’exercice Mass Casualty (Mascal) éprouva la préparation des équipes d’intervention d’urgence en cas d’écrasement d’un Boeing 757 sur le Pentagone.
  • Quelques jours avant le 11 septembre 2001, des experts en explosifs nucléaires du Ministère de la Défense avaient été envoyés en Allemagne pour une visite de courtoisie.
  • Aussi quelques jours plus tôt, les archives du budget du Ministère de la Défense avaient été placées dans cette partie rénovée du Pentagone, et des contrôleurs budgétaires commencèrent le matin même à enquêter sur un détournement de fonds gigantesque (240 milliards de dollars de titres douteux venaient à échéance au 12 septembre). Parmi les 65 personnes tuées par l’explosion, 34 étaient comptables ou analystes, tous civils. Les archives brûlèrent. Dans cette partie du Pentagone venait aussi de s’installer un service de renseignement de la Marine, l’ONI (Office of Naval Intelligence), dont plusieurs membres furent aussi tués.

Démonstration efficace pour dissuader les critiques.

  • Ce jour même, des manœuvres aériennes de l’armée de l’air étasunienne étaient organisées, dont le thème était « des avions détournés frappent des tours ». Aussi les aiguilleurs du ciel ne savaient-ils comment distinguer la fiction de la réalité supposée. Selon des sources militaires, à cause de ces manœuvres, quatre chasseurs seulement étaient armés et prêts à décoller.
  • La société AMEC Construction Management, qui venait d’achever des travaux dans cette aile du Pentagone2, fut aussitôt chargée du déblayage par Donald Rumsfeld, sans appel d’offre. Outrepassant son pouvoir de Secrétaire d’État à la Défense, Rumsfeld la fit aussi participer au déblayage des ruines du World Trade Center, à New-York et non à Washington.

1.3 Coïncidences économiques et politiques

  • Au cours des jours précédents, le volume inhabituel des achats d’options à la baisse des actions en bourse des compagnies aériennes, et des achats de 5 milliards de dollars de bons du Trésor étasunien, prouvent que des spéculateurs financiers anticipaient les attaques3.
  • Le projet, étudié depuis plusieurs années, d’exploiter les réserves gazières d’Asie centrale et de faire passer un gazoduc à travers l’Afghanistan, butait sur des tractations avec les Talibans, et quelques jours auparavant le négociateur étasunien avait menacé les négociateurs afghans d’une invasion4.
  • Les familles Bush et Séoud tenaient ce jour-là une réunion d’affaire, et des ressortissants séoudiens quittèrent ensuite précipitamment le territoire étasunien.
  • Une semaine après l’attentat, des lettres contenant des bacilles du charbon furent envoyées à des personnalités politiques, causèrent la mort de cinq personnes et suscitèrent l’angoisse aux États-Unis. L’enquête les attribua à un biologiste d’un laboratoire militaire, Bruce Ivins, qui aurait agi seul et se serait suicidé en août 2008. Néanmoins Georges Tenet, directeur de la CIA en 2001, vante dans ses mémoires, parues en 2007, l’efficacité de cette agence, et affirme que ces lettres piégées avaient été envoyées par Al Qaïda.
  • Deux centaines de ressortissants israéliens furent expulsées au cours des jours suivants5.

2 Scénario imaginable

Les arguments physiques exposés dans l’article précédent ne pourraient être réfutés que par d’autres arguments physiques, mais l’interprétation des agissements humains présentée ci-dessous pourrait être révisée si de nouvelles informations étaient révélées. Quoique la vérité ne soit pas encore connue avec certitude – mais cela viendra – un scénario interprétatif peut être proposé, tout en restant spéculatif. Ce scénario présente une vue rétrospective des faits, dont la cohérence reconstruite est évidemment discutable. Sa critique argumentée permettrait de progresser vers une compréhension réaliste des évènements.

2.1 Avions

2.1.1 Complicités

Les pirates de l’air sont supposés avoir réussi à détourner en même temps pas moins de quatre avions. La compagnie de sécurité surveillant les aéroports était israélienne, originaire d’un pays en alerte permanente. Des complicités dans les compagnies d’aviation ont été nécessaires. Pour changer de route sans être repérés, les pirates auraient débranché les moyens de communication des avions (« transpondeurs ») et volé à basse altitude, mais ces ruses ne permettent pas d’échapper aux radars militaires. Des avions de chasse sont à tout instant prêts à partir, interviennent plusieurs fois par jour, et mettent en moyenne un quart d’heure à joindre un avion s’écartant de sa route6. Comment déjouer les services de sécurité de plusieurs aéroports, s’emparer en même temps de quatre avions sans provoquer d’alerte, et les détourner pendant 33, 49, 83 et 112 minutes sans être interceptés par la chasse aérienne ?

À l’occasion des manœuvres aériennes organisées ce jour-là sur le thème de détournements d’avions, plusieurs spécialistes de la défense aérienne avaient été déplacés (en congé ou en déplacement) et remplacés par d’autres, sans expérience du poste auquel ils étaient provisoirement affectés. Ce mouvement de personnel nécessita des complicités au Ministère de la Défense, et l’accord de chefs militaires haut gradés et haut placés7.

Les informations sur les identités des passagers sont lacunaires8. Composer une liste de passagers bidon est au programme du premier cycle de barbouzologie9.

Parmi les 19 hommes présentés comme pirates de l’air par les autorités étasuniennes, 6 habitaient dans des pays du Proche-Orient, Arabie, Égypte, Maroc, et protestèrent véhémentement contre cette usurpation d’identité. En septembre 2002, Robert Mueller, directeur du FBI, admit sur CNN que les identités des prétendus pirates n’étaient pas prouvées.

Ces habiles pirates ne savaient pas piloter ; tout au plus quelques-uns étaient-ils capables de faire des ronds dans l’air à bord d’avions d’écolage.

Le grand coupable, M. Oussama Ben Laden, fut désigné quelques heures après ; jamais enquête ne fut si rapide. Pourtant il ne fut pas inculpé aux États-Unis pour cet attentat, qu’il déclara ne pas avoir organisé10. Les vidéos où il se vante de l’avoir organisé furent reconnues fausses par des experts en analyse d’image. Des revendications d’origine incertaine ne furent pas confirmées ensuite : étonnante discrétion pour un mouvement terroriste supposé capable d’organiser secrètement un attentat d’une telle ampleur.

2.1.2 Leurres

Deux avions de ligne partirent, vraisemblablement à vide, au-dessus de l’Atlantique puisque c’est là que la chasse aérienne paraît être allée les chercher, en vain. La confusion des vrais avions et des leurres dus aux manœuvres laisse planer le doute sur leur trajet. Furent-ils jetés à l’eau et les équipages récupérés par un navire croisant par là, ou atterrirent-ils sur un aéroport discret mais doté d’une piste de longueur suffisante ? Ont-ils été démontés dans un hangar ?

2.1.3 Accident

L’avion de Pennsylvanie (United Airlines 93, « Let’s roll ! ») fut vraisemblablement abattu par erreur, parce qu’il ne s’était pas posé assez vite après l’interdiction de vol. Des débris furent retrouvés près d’un lac, à quelques km du lieu où officiellement il s’écrasa et où seuls quelques menus débris furent montrés, mais où l’on feignit de le chercher avant d’y renoncer parce qu’il s’était enfoncé trop profondément dans le sol meuble (sic). Un avion-taupe.

2.1.4 Disparitions

Reste le quatrième avion, peut-être réellement détourné mais plutôt piloté par des complices, qui pourrait avoir atterri sur la base aérienne militaire Westover dans le Massachusetts, dont le personnel avait été averti la veille de ne pas venir travailler ce jour-là. De cet avion partirent les appels téléphoniques des hôtesses, dont les paroles paraissent avoir été choisies pour signaler à demi-mots une situation anormale11. Le sort de l’avion et des passagers est inconnu.

2.2 Tours

Qui déclencha les bombes ? Les organisateurs du complot ou les chefs militaires ?

  • Puisque chaque pays pratique le secret militaire, le nombre de bombes atomiques dans le monde n’est pas connu précisément. Elles ne paraissent pas aussi bien gardées que les humains normaux le souhaiteraient ; en particulier, lors de la dissolution de l’URSS, une partie de l’arsenal disparut, et pas seulement des chars ou des armes à feu. Les organisateurs pourraient ainsi avoir disposé eux-mêmes de bombes12.
  • L’organisation de manœuvres aériennes ce jour-là prouve que les organisateurs influèrent sur les décisions du Ministère de la Défense. Les chefs militaires sont en charge de la sécurité du pays. Pourraient-ils avoir été induits en erreur ? Ils s’attendaient à un attentat13, et, au cours de l’été précédent, peuvent avoir fait entreposer des bombes thermonucléaires dans le bâtiment 7, centre de gestion de tous les bâtiments du World Trade Center, afin de pouvoir procéder si nécessaire à une démolition d’urgence. Nul danger à stocker ce type d’explosif, tout à fait stable tant que les deux parties de la masse critique de la bombe-amorce restent séparées14.

Leur réaction pourrait donc être imaginée ainsi :

Alertés dès les explosions dans les tours, les chefs militaires ne crurent évidemment pas un instant à la fable des avions, mais supposèrent que des missiles étaient entrés dans les tours, et pas pour y déposer des bombes à confettis. Ces chefs étaient à Washington, loin de New-York, ne disposant que d’informations partielles et sans les experts en explosifs nucléaires. Ils faisaient face à un dilemme auquel ils avaient déjà réfléchi : risquer qu’une explosion nucléaire à 300 m au-dessus du sol, altitude idéale, ne détruise la ville, causant peut-être 10 millions de morts, ou détruire les tours et ainsi les bombes supposées y avoir été placées par des missiles, en faisant certainement périr les personnes y étant. La destruction mécanique d’une bombe nucléaire ne déclenche pas d’explosion nucléaire. Afin de minimiser les pertes humaines, les chefs militaires donnèrent eux-mêmes l’ordre de placer les bombes de démolition dans les loges souterraines, et de les faire exploser15. Une heure fut nécessaire pour mettre en place les bombes, sans doute via des tunnels partant du bâtiment 7, puis pour permettre aux opérateurs de se carapater en refermant les portes étanches. Ainsi, les bombes auraient été déclenchées sur ordre de chefs militaires ignorant le complot, et pas sur ordre des comploteurs.

Mouiller les militaires à leur insu serait très habile ; un trait de génie (de génie du mal !), mais quelle est la vraisemblance de ce petit roman ?

Quoiqu’il en ait été, au cours de l’après-midi le bâtiment 7 (troisième tour) fut détruit par le même procédé, effaçant les indices sur la technique employée16. Des documents sur d’autres affaires de malversation furent ainsi, eux aussi, fort opportunément détruits17.

2.3 Réaction du Gouvernement

Pendant toute la journée, le Président de la République étasunienne, M. G.W. Bush, fut promené en avion. Complice actif ou passif ? 18 Après l’activation du plan de « gouvernement de continuité », le pouvoir fut exercé par le Vice-Président et le Secrétaire d’État à la Défense, MM. Richard Cheney et Donald Rumsfeld19.

Le soir, devant le Gouvernement et les chefs militaires réunis à Raven Rock – le QG souterrain creusé dans les Appalaches – les organisateurs du complot donnèrent le choix aux autres dirigeants : obéir, ou supporter le poids d’une accusation les incriminant mais disculpant les organisateurs20. Les dirigeants accréditèrent la version qui leur fut dictée. Coup d’État ?

Depuis 2001, les dirigeants des États-Unis obéissent.

2.3.1 Omerta

Les télévisions et la presse battirent aussitôt furieusement du tam-tam pour accuser Oussama Ben Laden, empêchant d’argumenter raisonnablement. Lancée dès les premières heures par des personnalités politiques, cette accusation ne put plus être modifiée.

L’irradiation de Manhattan pendant plusieurs mois était inavouable : la panique eût emporté l’économie étasunienne.

Le cafouillage de la défense aérienne et la vulnérabilité du Pentagone écornèrent la réputation de l’armée étasunienne : incompétence stupéfiante, ou prix à payer pour paraître agressé ?

Quoiqu’il en soit, les chefs militaires n’eurent d’autre option que d’obéir aux ordres d’attaquer les pays du Proche-Orient21. D’où l’omerta générale22. À chaque niveau de commandement, une vérité fut fabriquée pour le niveau inférieur.

Quelques militaires furent promus23.

2.3.2 Négociations internationales ; le prix du silence

Les réseaux de détection établis pour surveiller les essais nucléaires mesurent très précisément les effets des explosions, ondes sismiques et émissions de radionucléides, même à des milliers de km. Les dirigeants des principales puissances du monde, les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, plus l’Allemagne, le Canada, Israël, et peut-être d’autres, furent alertés le jour même et reçurent un rapport de leurs services de renseignement dans la semaine24. Après vinrent les négociations : d’un côté les demandes « Laissez-nous tranquilles dans le Caucase », « Ne vous mêlez pas de la situation au Tibet ni au Turkestan oriental », « Gardez-nous nos puits de pétrole en Irak », et de l’autre côté les menaces « Rappelez-vous que nous contrôlons l’information et la finance ; ne risquez pas d’être ridicules, déconnectés du réseau de paiement international ou soumis à des spéculations contre vos titres de dette. »

De tels accords valent quelques mois. Dès 2003, la France – le pays le plus faible – fut spoliée de ses investissements en Irak. Ce fut l’un des motifs du refus par MM. Jacques Chirac et Dominique de Villepin de l’agression contre l’Irak.

Quant à Oussama Ben Laden, selon les notices nécrologiques publiées par la presse du Proche-Orient et par Fox News, il mourut d’insuffisance rénale en décembre 200125. Pour le besoin de leur scénario, les organisateurs le firent fictivement survivre encore dix années26.

3 Puissances étatiques et supra-étatiques

3.1 Conséquences politiques

L’attentat de Manhattan fut prétexte à promulguer des lois restreignant les libertés, à organiser la surveillance de masse et à déclencher des guerres, tout cela dans des délais si brefs qu’ils révèlent des textes déjà rédigés et des agressions déjà planifiées27. Les lois coercitives furent ensuite étendues aux pays vassaux des États-Unis.

Vingt ans après, « l’urgence sanitaire » sert de prétexte à imposer d’autres contraintes tyranniques28. Un totalitarisme s’installe, surveillant sans cesse davantage les citoyens.

Quoique les dirigeants de tous les États aient feint de croire à la version officielle des faits, faute d’avoir la puissance politique suffisante pour la contredire, les services de renseignement furent mis en alerte. Le refus opposé par la France à l’agression contre l’Irak, en 2003, décida les gouvernants anglo-saxons à soumettre définitivement le rival millénaire. En mars 2003, Condoleezza Rice, alors conseillère du président Bush pour la sécurité nationale, déclara :

Il faut ignorer l’Allemagne, pardonner à la Russie et punir la France.

En 2005, un autre coup d’État eut lieu, en France cette fois : l’AVC de Chirac fut l’occasion du retour de Sarkozy au Gouvernement, puis de sa promotion à la Présidence29. La France a depuis perdu toute indépendance. En résultèrent successivement le traité de Lisbonne, la réintégration de la France dans l’OTAN, l’envoi de troupes au Proche-Orient, la participation aux guerres en Libye et en Syrie, contraires au Droit international et aux intérêts de la France. Les candidats aux élections sont à présent des larbins de l’oligarchie mondialiste, choisis et promus par leurs maîtres, et le freluquet qui feint de diriger est un gauleiter en escarpins.

3.2 Réseaux oligarchiques

Par les participations croisées à leur capital et les contacts entre leurs dirigeants, les firmes supranationales, industrielles et financières, sont intégrées en réseaux mondiaux. Leurs budgets sont comparables à ceux d’un État moyen ; elles entretiennent des services d’analyse, de programme, d’influence et même d’action. Elles mènent leur propre politique et influencent les gouvernements, au point à présent de choisir les candidats présentés aux électeurs, et même de changer à leur gré le résultat des élections. Leurs lobbys dictent leurs décisions aux institutions internationales comme l’Union Européenne, qui les imposent aux États et ceux-ci aux citoyens. Les GAFAMs sont les Ministères de la Vérité. Les dirigeants les plus puissants décident entre eux, puis couvrent leurs arrangements d’une apparence de débats, et donnent force publicité aux réunions de leurs représentants – et à leurs desseins prétendus généreux.

Cependant l’oligarchie mondiale n’est évidemment pas coiffée par une « coupole » centrale dirigée par le capo dei capi omniscient, dont les ordres seraient inexorablement appliqués. Les personnes, les firmes, les États, ont de multiples intérêts pratiques ou idéologiques, parfois divergents, parfois convergents. Conflits et ententes alternent, et quelquefois de véritables complots se trament, par exemple lorsque deux grandes banques s’entendent pour pousser une rivale à la faillite et se partager ses dépouilles. Dans ce vaste réseau de complicités et de duplicités, divers groupes, tantôt rivaux tantôt alliés, s’affrontent pour la suprématie tout en coopérant pour de grands projets, comme l’illustre l’utilisation de l’épidémie de Covid et même son aggravation délibérée : quelles que soient l’origine du virus à la mode et sa dangerosité pour les personnes faibles, il sert de prétexte à la « Grande Réinitialisation »30.

Toutefois des conflits demeurent ; ainsi les mondialistes qui mènent en 2021 leur projet de domination sont différents des suprémacistes étasuniens et autres auteurs du complot de 2001. Mais les méthodes de domination demeurent aussi, et les comprendre est indispensable pour nous libérer.

Libérons-nous !

Christian Darlot est chercheur en Physiologie.

  1. Le plan de démolition fut bien entendu transmis au nouveau propriétaire
  2. Pour un coût de 258 millions de dollars
  3. Marc Chesney et Loriano Mancini, professeurs à l’université de Zurich, concluent : « la probabilité qu’il y ait eu délits d’initiés est forte pour American Airlines, United Airlines, Merrill Lynch, Bank of America, Citigroup et JP Morgan. Ce n’est pas une preuve juridique mais le résultat de méthodes statistiques. » Délits d’initiés entre le 6 et le 10 septembre : Dailymotion Très mollement menée, l’enquête ne permit pas de connaître l’origine des informations reçues par les personnes physiques ou morales ayant spéculé
  4. En 1997, Zbigniew Brzezinski avait écrit que le maintien de l’hégémonie des États-Unis nécessitait de contrôler les vastes réserves de pétrole et de gaz de l’Asie Centrale. Or, après l’échec des négociations entre les Talibans et les diplomates étasuniens, le commandant Ahmed Shah Massoud fut assassiné, l’avant-veille des attentats, au moyen d’un matériel perfectionné, par de faux journalistes tunisiens membres d’Al Qaïda, qui moururent avec lui. Les connaisseurs de l’Afghanistan affirment qu’il était le seul chef capable de diriger une résistance armée et de bouter l’envahisseur hors du pays. Une interprétation cohérente des faits devrait expliquer la coïncidence de sa mort avec les attentats et l’invasion de l’Afghanistan par les troupes des États-Unis et de leurs alliés
  5. Plusieurs étaient domiciliés près des pirates de l’air présumés. Cinq hommes furent aperçus dansant et se filmant sur fond de tour en flammes, après la première explosion dans la tour Nord. Arrêtés par la police, ils furent identifiés comme agents du Mossad. Quelques semaines plus tard, ils furent libérés par l’intercession de Michael Chertoff, fonctionnaire anti-terroriste au Département de la Justice, doté des deux nationalités étasunienne et israélienne. Expulsés des États-Unis, ils déclarèrent à une chaîne de télévision israélienne qu’ils étaient venus à New-York pour « couvrir l’évènement ». Les pompiers prévoyants vérifient en effet le bon fonctionnement des pompes et l’étanchéité des tuyaux la veille d’un incendie. En 2003, Chertoff mena la procédure contre Zacarias Moussaoui, qui fut condamné à la prison à perpétuité pour terrorisme malgré sa folie évidente et quoique l’accusation ait reconnu qu’il n’avait pas participé aux attentats du 11 septembre 2001
  6. Les procédures coordonnant l’aviation civile et la défense aérienne, établies depuis les années 60, furent modifiées au début de juin 2001 par le Secrétaire d’État à la Défense, Donald Rumsfeld. Le pouvoir de décider fut retiré aux commandants des bases et attribué au Secrétaire d’État à la Défense, Donald Rumsfeld lui-même
  7. Des enquêteurs – en particulier l’auteur (signant « Michel Straugof ») d’articles publiés en 2019 sur le site « Le Saker francophone » – ont étudié les réseaux de politiciens étasuniens membres de cercles suprémacistes, et des hauts gradés et fonctionnaires du Ministère de la Défense qui organisèrent l’exercice aérien et modifièrent l’organigramme du commandement ce jour-là. Fait remarquable, presque tous avaient deux nationalités, étasunienne et israélienne. Plusieurs étaient aussi membres du « Project for a New American Century » (PNAC), un club de réflexion géostratégique cherchant comment assurer la pérennité de la domination étasunienne, et ayant appelé de ses vœux un « nouveau Pearl Harbour » pour permettre la mise en œuvre de ses projets
  8. Le 11 septembre à 13 h10, la compagnie American Airlines publia les listes des passagers et des membres d’équipage. Celle du vol 77 mentionnait 64 victimes, mais le rapport de la commission n’en mentionne que 58, « terroristes » compris. Toute publication d’informations sur les passagers et le vol, même l’heure de décollage, fut ensuite interdite par le FBI à American Airlines, à l’aéroport de Dulles et même à la FAA. Éric Laurent La face cachée du 11 septembre, Plon, 2004. Comme après toute catastrophe aérienne, des journalistes cherchèrent à filmer des familles éplorées dans les aéroports de destination, mais reconnurent qu’ils étaient bredouilles, excepté pour l’avion tombé en Pennsylvanie. Dean T. Hartwell Planes without Passengers: the Faked Hijackings of 9/11
  9. Les services secrets fabriquent de fausses personnalités détaillées, précisant enfance, famille, études, diplômes, stages, emplois et domiciles successifs, liaisons, amis et violons d’Ingres. Des listes de quelques dizaines de personnes imaginaires sont prêtes en permanence. Des États aussi peuplés que ceux des côtes Est et Ouest des É-U s’y prêtent particulièrement. Truquer une liste de passagers est plus facile que modifier les lois de la Physique, plus facile que faire voler à 900 km/h, au niveau de la mer, un avion dont les ailes s’arracheraient s’il volait à plus de 400 km/h, plus facile que viser à cette vitesse une cible de 60 m de large, plus facile surtout que créer des millions de joules, exploit à la portée du seul Divin Créateur
  10. Lorsqu’il déclara, le 16 septembre 2001, ne pas avoir organisé les attentats, Oussama Ben Laden était soigné à l’hôpital militaire de Rawalpindi mais ne fut pas inquiété par les autorités pakistanaises pourtant alliées aux étasuniennes : http://archives.cnn.com/2001/US/09/16/inv.binladen.denial/index.html
  11. En 2001, les communications téléphoniques en vol par téléphones portables n’étaient pas possibles
  12. C’est la thèse de Khalezov (cf. article précédent)
  13. Des services de renseignement israéliens, allemands, français, russes, affirmèrent avoir prévenu, au cours de l’été 2001, les services étasuniens que des attentats étaient à craindre en automne. Qui intoxiqua qui ?
  14. Des explosifs chimiques furent aussi placés aux emplacements prévus, selon le plan de démolition
  15. Le ministre de la Défense, Donald Rumsfeld, joua au brancardier amateur au lieu de rester à son poste, et fut injoignable pendant une demi-heure, ne participant pas aux délibérations. On a été démis pour moins que cela
  16. Le bâtiment 7 était le centre de contrôle de tout l’ensemble immobilier, communiquant avec d’autres bâtiments par des passages en sous-sol. Les explosions dans les Tours Jumelles ne pouvaient manquer d’y laisser des traces
  17. Dans le bâtiment 7 étaient situés des bureaux du Département de la Défense, de la CIA (le plus grand hors de Washington) et d’autres agences (NSA, FBI), de la Security and Exchange Commission SEC (institution fédérale de contrôle des marchés financiers), de l’Internal Revenue Service (le fisc) et un dépôt d’archives judiciaires contenant, parmi bien d’autres, des dossiers sur la manipulation par ENRON des tarifs de l’électricité en Californie. Au 23e étage, le centre de surveillance et d’alerte de l’agglomération new-yorkaise devait permettre de gérer en lieu sûr une crise grave (ouragan, attaque terroriste)
  18. Pour rappel, George Walker Bush fut élu Président de la République des États-Unis d’Amérique par la grâce du trucage des élections en Floride par son frère John Ellis Bush, gouverneur de cet État.
  19. En activant le plan de « continuité du gouvernement », le Vice-Président s’arrogea le pouvoir de décider à la place du Président. Que le Président et les principaux ministres soient emmenés en lieu sûr par des gardes du corps est normal, mais ce qui ne l’est pas, c’est que le Président soit promené toute la journée à bord de l’avion présidentiel, déchu en fait de son pouvoir. Il ne fut vraisemblablement emmené à Raven Rock qu’après qu’il eut cédé. Sur quoi ? Sur le programme d’agression au Proche-Orient ? Actionnaires de sociétés de mercenaires, Richard Cheney et Donald Rumsfeld s’enrichirent énormément par les guerres qu’ils organisèrent
  20. Une possibilité serait l’emboîtement de complots gigognes organisés par des groupes différents : un « petit » complot Bush-Séoud, visant à envahir l’Afghanistan, aurait été éventé et dépassé par un « grand » complot visant à fournir un prétexte à des guerres au Proche-Orient. Les organisateurs du grand complot auraient fait plier ceux du petit. Toutefois, l’organisation d’un seul complot serait plus simple
  21. Donald Rumsfeld et son adjoint Paul Wolfowitz réclamaient depuis des années une nouvelle guerre contre l’Irak, et demandèrent dès le 11 septembre que l’armée la préparât
  22. Lorsqu’une firme automobile prépare un nouveau modèle, maintes personnes participent au projet, mais les firmes concurrentes n’apprennent que des bribes de renseignements. Les exécutants d’opérations clandestines ne connaissent ni l’identité ni les motifs des commanditaires, et observent le secret. Convaincre un service technique de garder ses observations sous le coude et de fournir un rapport de complaisance est le B-A BA du pouvoir. Enfin, le chantage à la vie de la famille est classique : un accident est si vite arrivé !
  23. Dont le général Eberhart, commandant la région aérienne
  24. Des laboratoires surveillent à tout moment la composition de l’atmosphère et quelques–uns ne dépendent pas directement d’un gouvernement, mais leur renommée, leur financement, l’emploi de leurs techniciens et la carrière de leurs chercheurs, dépendent des études commandées par des pouvoirs établis. Le soutien d’un État eût été nécessaire pour qu’ils publiassent leurs observations
  25. Selon Éric Laurent, dès son accession au pouvoir, l’administration Bush fit cesser les enquêtes du FBI sur Ben Laden, Al-Qaida et la participation de la famille royale séoudienne au financement du terrorisme. Les familles Bush et Ben Laden étaient liées au groupe Carlyle. Pendant l’été 2001, Oussama Ben Laden était hospitalisé sous le nom de Hassan al Talal, à l’hôpital étasunien de Dubaï. Le 12 juillet, un agent de la CIA, Larry Mitchell, aurait eu avec lui une discussion houleuse. Cet agent quitta Dubaï quelques jours plus tard, le 15 juillet. RFI – Attentats – Ben Laden et la CIA: les détails de la rencontre
  26. Le 8 août 2011, un hélicoptère vétuste s’écrasa au centre de l’Afghanistan. À bord, plusieurs membres du commando censé avoir abattu Oussama Ben Laden. De belles funérailles consolèrent fort leurs familles. Ainsi, il n’y eut jamais de preuves et il n’y a désormais plus de témoins. Assassinat ? Une autre interprétation est possible : à expédition inexistante, commando imaginaire. Si, comme tout l’indique, l’élimination de M. Ben Laden fut une pure fable, il a suffi d’attendre un accident – il s’en produit fatalement au cours d’une guerre – pour révéler que les morts étaient les membres de la courageuse équipe qui avait soulagé le monde de l’ennemi public n°1. Héros dont l’identité avait jusqu’alors été tue pour ne pas embarrasser leur modestie
  27. M. Donald Trump s’efforça pendant quatre années de mettre fin aux guerres commencées par ses prédécesseurs. Le but du plan de paix partial proposé pour le Proche-Orient était peut-être de délier les États-Unis du chantage subi depuis 2001. En 2020, le trucage de l’élection présidentielle organisé pour l’éliminer fut si évident qu’il aura des conséquences graves. Complot au grand jour. Deuxième coup d’État. Qui décide à présent de la politique ?
  28. En France, l’examen des statistiques de mortalité annuelle conduit à diviser par cinq le nombre avancé par les dirigeants de « 100 000 morts » supplémentaires. Voir, par exemple, l’analyse « Décoder l’éco ».
  29. En 2007, toute la presse promut Ségolène Royal comme la brêle qui se ferait battre. Ce battage publicitaire pour la perdante désignée préfigura l’encensement en 2017 du gagnant choisi par l’oligarchie mondialiste
  30. L’apôtre de la Grande Réinitialisation, l’inénarrable Klaus Schwab, illustre jusqu’à la caricature l’hubris des dirigeants décidés à imposer leur volonté aux peuples. L’étonnant livre qu’il a publié avec Thierry Malleret, « COVID-19 : La Grande Réinitialisation » sonne comme un aveu

Septembre 2001 aux États-Unis : analyse physique des évènements

Si la force est nulle, le principe d’inertie énonce que la vitesse du mouvement est constante. Le concept d’inertie fut progressivement précisé par Galilée, Baliani, Torricelli, Descartes, Huygens, puis énoncé explicitement par Hooke, formulé mathématiquement par Newton, et généralisé par Poincaré et Noether. Ces lois sont parmi les mieux établies de la Physique

L’Europe peut-elle créer sa propre armée ?

Par : Wayan

Par Vladimir Odintsov – Le 9 septembre 2021 – Source New Eastern Outlook

Ces derniers temps, on entend de plus en plus souvent dans l’Union européenne le fait que les Européens ont besoin d’une force armée commune. Le nombre de ces déclarations a sensiblement augmenté, surtout dans le contexte de l’échec des États-Unis et de l’OTAN en Afghanistan.

« L’Amérique quitte l’Afghanistan non seulement vaincue mais humiliée », écrit le quotidien français Le Figaro. La chute de Kaboul a ébranlé le monde qui s’était rassemblé autour de l’Amérique. Le retrait américain d’Afghanistan, et la manière dont il s’est produit, prive les États-Unis de leur capital confiance et enterre l’idée de garanties de sécurité de leur part, souligne le journal. Dans le même temps, les États-Unis sont aujourd’hui en position de faiblesse, sans unité au sein du pays. Le Figaro suggère donc à l’Europe de créer une nouvelle alliance qui contribuerait à défendre la sécurité et les frontières du continent, sans reposer sur les épaules des États-Unis.

Malgré toutes les déclarations du président américain Joe Biden, l’OTAN reste pour l’instant une alliance divisée, selon le Wall Street Journal. En effet, les membres du bloc ne parviennent toujours pas à s’entendre sur des questions telles que les menaces communes et le réarmement de l’Europe. Et comme l’alliance ne parvient jamais à s’entendre sur des objectifs géostratégiques communs, elle reste une coquille vide. Alors que Washington considère la Chine comme un problème militaire et économique personnel, injectant de la sinophobie dans la politique de l’OTAN, l’Europe la considère comme une opportunité économique, percevant au plus l’Empire céleste comme un défi stratégique. Le marché asiatique est considéré comme trop important pour la prospérité de l’Europe, elle ne veut donc pas provoquer le mécontentement de Pékin.

Tandis que la Pologne, la Roumanie et les États baltes considèrent la Russie comme une menace et cherchent délibérément à créer la tension, L’Europe occidentale, très prudente, craint ouvertement de risquer sa croissance économique, la faisant passer avant le bien-être de ses voisins, sur lesquels l’URSS dominait autrefois. Quant à Berlin, elle entend travailler avec la Russie et non s’y opposer avec une approche intégrée de mesures politiques et économiques, souligne le journal. Quant à la France, ses priorités sécuritaires se concentrent sur le sud, vers la Méditerranée et l’Afrique, plutôt que vers l’est. Ces intérêts européens disparates empêchent un consensus à l’échelle de l’OTAN sur les menaces effectives.

Il n’est donc pas surprenant qu’après le retrait d’Afghanistan, les ministres des affaires étrangères et de la défense de l’UE aient commencé à discuter à Brdo, en Slovénie, le 2 septembre, de la meilleure façon d’assurer la sécurité européenne à l’avenir, sans continuer à dépendre des États-Unis. L’Afghanistan a montré que l’Europe était trop dépendante des États-Unis, a noté la chaîne de télévision allemande Das Erste, de sorte que des propositions d’unités européennes communes de réaction rapide placées sous un commandement conjoint sont maintenant examinées. Et pour que l’Europe devienne plus indépendante des États-Unis, Josep Borrell, Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, exige la création de troupes similaires. Mais aucune date n’a encore été fixée. Nous parlons d’un nombre de militaires allant de 5 000 à 50 000, mais dans tous les cas, il s’agit d’un commandement global. Dans le même temps, il convient de rappeler que l’UE dispose déjà de ce que l’on appelle des « groupes de combat » qui ont été formés à cette fin. Ils sont en état d’alerte depuis 2007. Cependant, ils n’ont jamais été utilisés jusqu’à présent. En partie parce qu’une telle décision ne peut être prise qu’à l’unanimité, et bien sûr, parce qu’ils n’ont pas les mêmes capacités que, par exemple, l’armée américaine.

Il convient également de noter que l’idée de forces armées européennes communes est apparue dans le Vieux Continent il y a plus de 70 ans – depuis la création de l’Union de l’Europe occidentale en 1948, une union qui s’occupait de l’organisation de la défense collective européenne. Cependant, cette idée n’a pas été reconnue car les États-Unis, qui n’ont jamais voulu une Europe trop unie, encore moins militairement, ont imposé une alliance nord-atlantique qui leur a permis de dominer le continent. Et la Grande-Bretagne a toujours été opposée à l’émergence d’une armée européenne qui, selon Londres, aurait un impact négatif sur le rôle des États-Unis dans les affaires européennes.

Les discussions sur une politique européenne commune de sécurité et de défense ont repris après l’effondrement de l’Union soviétique, les capitales européennes estimant qu’avec la disparition de l’Union soviétique, le danger d’une confrontation militaire sur le continent avait disparu. De plus, l’Union européenne s’était déjà renforcée politiquement et économiquement. Par conséquent, sa propre force militaire pouvait assumer la responsabilité de l’état des affaires dans le monde avec l’Amérique. Le Brexit a ramené les politiciens européens à réfléchir sur cette idée, puisque l’Angleterre n’était plus un obstacle sur le chemin pour étendre et approfondir la coopération dans la sphère militaire.

Si nous parlons d’aujourd’hui, il est impossible de ne pas mentionner que l’Allemagne a initié l’actualisation de ce processus, ayant fait l’expérience de la pression américaine en premier. Il n’est donc pas surprenant qu’au forum de Davos, Angela Merkel ait sévèrement critiqué les actions américaines contre l’Europe et appelé l’Union européenne à prendre son destin en main. Dans le même temps, elle a souligné l’importance de la création d’un fonds de défense européen, l’Europe ayant pris la mauvaise habitude de « s’en remettre aux États-Unis ».

Le vieux projet de Bruxelles de créer une armée européenne a pris forme en 2017. En décembre 2017, les dirigeants européens ont officiellement lancé le programme de coopération structurée permanente (PESCO) pour la sécurité et la défense. De nombreux experts ne doutent pas qu’Angela Merkel et Jean-Claude Juncker soient les véritables auteurs du projet d’armée européenne et du pacte de défense européen. Il convient également de rappeler à cet égard que Juncker est un ancien partisan de l’idée des « États-Unis d’Europe ». Et une telle structure devrait, bien entendu, être en mesure d’assurer sa propre sécurité en toute indépendance. Avec l’avènement de la PESCO, une image complètement différente est apparue. Selon les experts occidentaux : L’UE, en dépensant de l’argent dans le domaine militaire, peut développer ses propres forces armées et produire ses propres armes.

Quant à l’idée de créer un corps de réaction rapide paneuropéen, ce n’est pas nouveau non plus. Au printemps dernier, 14 nations, dont l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne, ont proposé, sur la base d’un rapport de menace classifié, de créer une unité militaire commune qui serait utilisée dans des « scénarios nécessitant une intervention immédiate ». Selon les plans alors annoncés par les politiciens, à l’avenir, en plus de la force de réaction rapide, une division de l’armée de l’air et un groupe de troupes de soutien au combat devaient faire partie de l’armée paneuropéenne. Toutefois, en raison des désaccords existants au sein de l’UE, la mise en œuvre de cette stratégie a été suspendue au stade des discussions.

De manière générale, la volonté de l’Europe de se protéger sans les États-Unis se heurte depuis longtemps à l’opposition active de Washington. Par exemple, en 2009-2010, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique et les Pays-Bas ont tenté de faire retirer les armes nucléaires américaines de leurs territoires. Mais Washington, avec l’aide de la Pologne et des États baltes, a réussi à faire adopter un nouveau concept stratégique de l’alliance, lors du sommet de l’OTAN à Lisbonne, qui met l’accent sur la nécessité de localiser les armes nucléaires américaines sur le continent européen.

C’est pourquoi on peut être sûr que dès que les États-Unis sentiront, ne serait-ce qu’un instant, que l’unification militaire de l’Europe menace leurs positions dans l’Ancien Monde, ils feront tout pour l’empêcher. L’idée de certains pays européens de ne plus dépendre des États-Unis en créant leur propre armée semble donc encore difficile à mettre en œuvre.

Vladimir Odintsov

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Extrait du carnet de notes : vers qui le Davos se tournera-t-il après Biden ?

Par : Zineb

Par Tom Luongo – Le 24 août 2021 – Source Gold Goats ‘n Guns

Avec l’effondrement de l’Afghanistan et l’incapacité manifeste de Joe Biden à gérer la situation, le temps presse pour la bande du Davos, qui doit trouver un moyen d’éviter que la situation ne déraille complètement.

L’opposition à la vaccination obligatoire et à l’utilisation publique des données médicales privées augmente bien plus vite que prévu. Elle révèle l’étendue de l’inutilité des personnes qu’ils ont installées dans les lieux de pouvoir du monde entier pour effectuer le Grand Reset.

De la Nouvelle-Zélande au Canada, de la France à la Maison Blanche, la bande du Davos pensait qu’elle pouvait jouer à l’empereur Palpatine et simplement « légaliser le Grand Reset » et que tout s’arrangerait tout seul. Ce n’est clairement pas le cas.

Les histoires qui nous parviennent d’Australie sont aussi profondément troublantes que l’échec du retrait d’Afghanistan de Biden. Elles mettent en évidence la rapidité avec laquelle les petits tyrans se sont transformés en tueurs inhumains d’êtres sans défense, par exemple les chiens de sauvetage en Australie qui ont été abattus et gazés pour avoir été exposés au COVID-11/09.

Mais, là encore, c’est le problème fondamental des collectivistes de tous poil. Ils détestent les choses qu’ils veulent protéger. Les mêmes personnes qui criminalisent la « maltraitance des animaux » font ensuite du lobbying, financent et créent par le biais des impôts des camps de concentration pour chiens au refuge local du comté.

Pour eux, la vie est bon marché. Tellement bon marché qu’ils en réduisent la valeur à zéro afin de justifier leur désir de dominer les autres, en masquant leur peur d’un monde hostile et imprévisible. Ce qui est fait aux chiens en Nouvelle-Galles du Sud va s’étendre aux humains non-vaccinés si cela n’est pas stoppé net.

Une fois que la déshumanisation commence, elle ne s’arrête pas tant que les tyrans ne sont pas renversés et vaincus. De plus, lorsqu’un groupe est poussé au bord de l’extinction, il est en mesure de se défendre plus durement que jamais auparavant.

Les menaces existentielles sont comme ça.

Alors, que le ciel vienne en aide aux tyrans d’outre-mer, car il y a une place spéciale dans le four EZ-Bake de Dante (dédicace à Dennis Miller) pour les personnes qui gazent les chiens de sauvetage.

A chaque saison, Baratte, Baratte, Baratte…

Ce que je veux dire, c’est que cette opposition croissante à la Nouvelle Normalité telle que promue par la bande du Davos force une accélération de leurs plans. J’en ai déjà parlé. Et quand vous voyez un changement à 180 degrés dans un récit médiatique, vous devez le prendre au sérieux.

Parce que cela signifie que quelque chose de significatif a changé.

Les médias et Washington se sont retournés contre Biden dans un virage à 180 degrés, tout comme ils l’ont fait pour la théorie de la fuite du laboratoire COVID-11/09 une fois qu’il est devenu utile pour le Davos de le faire et que le Dr Fauci a été pris en flagrant délit de mensonge au Congrès par Rand Paul.

Maintenant, je crois fermement que le désordre à Kaboul était un chaos planifié. Il a été conçu pour faire passer les États-Unis pour une bande de crétins maladroits. Je laisserai de côté, pour l’instant, le fait que le retrait désordonné de l’Afghanistan était destiné à y semer le chaos, laissant derrière lui des milliards d’armes pour aider l’armée afghane et d’autres à s’en prendre aux talibans et à entraver leur capacité à former un gouvernement.

Biden a été désigné pour porter le chapeau de cette situation. Il n’y est pas préparé et n’est même pas capable de comprendre la vitesse à laquelle cela se passe. C’est presque comme si, comme nous, il était perdu dans La Baratte, comme l’exprime Amos Burton dans la série The Expanse de James S.A. Corey. Un petit rappel …

La Baratte est ce moment où, « les règles du jeu changent ». Quel jeu ?

Amos : {de The Expanse} « Le seul jeu. La survie. Quand la jungle se détruit et se reconstruit autrement. Des gars comme toi et moi, on finit par mourir. Ça ne signifie pas grand chose. Ou alors on survit et ça ne veut rien dire non plus. »

L’idée de la Baratte d’Amos, cependant, est que tandis que les règles changent, la société elle-même continue de fonctionner. En ce moment, beaucoup de gens essaient d’analyser la situation politique en termes de Baratte, le flux et le reflux habituels de la lutte pour le pouvoir.

En fait, je ne crois pas que nous soyons dans la Baratte habituelle des événements. Cela ressemble à quelque chose de très différent.

Revenons à Biden, parce qu’il est clair qu’il ne survivra pas à cette situation. S’il n’avait pas passé toute sa vie au service des pires formes de corruption, j’aurais presque de la peine pour lui, car la maltraitance des personnes âgées fait honte à toute société, tout comme le gazage des chiens de sauvetage. Mais, comme je l’ai dit, nous avons affaire à des gens qui n’ont pas d’âme, pas de cœur et seulement l’envie inextinguible qui habite ceux qui n’ont pas ces choses et qui cherchent un sens à leur existence vide de sens.

Donc, Biden n’est pas fait pour cette vie sur le devant de la scène. Il est rapidement mis à l’écart, tel un autre chien abattu pour ouvrir la voie au servage mondial.

Je crois que l’Europe commence à m’énerver

À l’inverse, avez-vous remarqué que le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne obtiennent tous un laissez-passer pour faire sortir leurs ressortissants de Kaboul, alors qu’ils étaient au courant de la situation là-bas ?

Avez-vous remarqué les bêlements désespérés de gens comme Tony Blair et le ministre des Affaires étrangères de l’UE, Josep Borrell, à propos de la perte de l’Afghanistan ?

De toute évidence, il s’agit de détourner l’attention de l’agitation civile croissante dans notre pays, mais le but réel est de creuser davantage le fossé entre l’Europe et les États-Unis sur tous les sujets.

Dans leur esprit imbibé de pouvoir et de mondialisme, comment les idées du Davos peuvent-elles survivre si elles ne peuvent pas exploiter la vache à lait américaine pour dépenser des milliards de dollars afin de protéger leurs intérêts en Asie centrale ?

Le gouvernement de Boris Johnson vient de voter en faveur de l’outrage à Biden pour sa débâcle en Afghanistan.

L’équipe de Biden a mal géré le retrait d’Afghanistan en sachant très bien ce qui allait se passer. Les couteaux sont déjà sortis pour son conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan, son secrétaire d’État Antony Blinken et son secrétaire à la défense Lloyd Austin.

Macron, Merkel et les Britanniques, qui sont vraiment des incapables, connaissaient tous la situation dans le pays. Admettre l’échec de Biden en Afghanistan est la seule chose sur laquelle les néocons et les néolibéraux sont vraiment d’accord.

Ainsi, le fait qu’ils se retournent contre lui par le biais des médias montre clairement que les règles du jeu ont à nouveau changé.

Dans le même temps, Alex Mercouris a eu raison de dire que Kamala Harris est également mise sur la touche parce qu’elle n’est pas en Afghanistan, ou du moins à l’étranger, pour coordonner avec ces alliés étrangers la gestion de la situation et faire sortir les Américains piégés là-bas.

Elle est à Singapour et au Vietnam, où elle se fait taper dessus par la presse et se moque des Américains laissés pour compte, tout en faisant des déclarations fades et vaguement dociles sur les revendications de la Chine en mer de Chine méridionale.

Ce que l’on voit ici, c’est la vieille rengaine : « Nous faisons tout mieux que les Américains ». Cela contribue également à atténuer le choc de la dissonance cognitive que les gauchistes subissent à mesure que tout s’écroule. Ils arriveront rapidement à la conclusion qu’ils ont « élu » un champignon du dimanche comme président, au lieu d’un type qu’ils détestaient pour la seule raison que les architectes de cette tragédie afghane leur avaient dit qu’il était un nazi.

La programmation est profonde, des deux côtés du spectre politique.

Beaucoup se réveillent, mais ce n’est peut-être pas suffisant avant que tout n’explose.

Nous en sommes aux prémices de la mise en scène du discours de sortie de Biden. Mais comme nous sommes également entrés dans un nouveau jeu, les anciennes règles ne s’appliquent pas nécessairement.

La grande question est maintenant de savoir ce qui va se passer ensuite.

Kamala Caméléon

Je veux croire que le Davos a déjà calculé quelle est sa meilleure ligne de conduite. Je vais commencer par dire que je ne pense pas que Kamala Harris soit la solution pour eux, à moins que l’objectif soit que le prochain président soit tellement détesté par une Amérique en colère et confuse que le pays se déchire littéralement en deux.

Ce n’est pas une hypothèse déraisonnable.

Le problème est qu’elle est peut-être le plus gros problème qu’ils ont maintenant, parce qu’elle n’est dans l’équipe de personne d’autre que l’équipe Harris. Je pense que c’est peut-être pour cela qu’elle est à Singapour maintenant, pour voir si elle peut s’attirer les bonnes faveurs et être autorisée à prendre la relève.

Se débarrasser de Biden ne sera pas difficile à ce stade.

Donc, Harris, bien qu’elle soit détestée par tout le monde, n’est pas non plus qualifiée pour le poste de président. Ceci étant dit, elle n’est pas pour autant dénuée des qualités nécessaires à une comploteuse et une assoiffée de pouvoir. Elle et Obama doivent s’entendre à merveille.

Cela dit, je suis sûr qu’elle a planifié son parcours jusqu’à la présidence, même si le Davos, qui, à mon avis, peut vouloir quelque chose de différent, quelqu’un de plus prévisible en ces temps post-Baratte.

Si l’indignation de l’opinion publique à propos de l’Afghanistan atteint un quelconque pic de fièvre, à cause, disons, d’images semblables à celles de Benghazi montrant des Américains se faisant tirer dessus et traîner dans les rues de Kaboul, diffusées tous les soirs dans ce qui passe pour des informations aux États-Unis, alors Biden devra démissionner.

Alors que Biden se soumet au calendrier de retrait des talibans et que le 20e anniversaire du 11 septembre approche… cela semble-t-il vraiment si irréaliste ?

Ils tirent sur les chiens de sauvetage, n’est-ce pas ?

Si nous ajoutons à cela la preuve définitive par les audits que les Démocrates ont triché lors des élections, alors nous avons le chaos maximum et Harris n’y survit pas non plus. Rappelez-vous, le Davos a utilisé le pivot sur l’origine du COVID-11/09 pour fomenter un sentiment anti-chinois aux États-Unis.

Utiliser les audits pour pivoter et délégitimer Harris en même temps semble à la fois cohérent et très possible.

Maintenant, pourquoi cela ne signifierait-il pas une remise en place de Trump ? Eh bien, la Cour suprême a-t-elle fait quelque chose de notable, en dehors de se recroqueviller, depuis que le Davos a mis la pression l’été dernier ?

Quand je dis que je pense que les États-Unis sont en train d’être liquidés, je suis sérieux.

Je ne vois pas Kamala Harris, l’ultime recrue de la diversité politique, survivre à ça. En fait, les Démocrates seraient en plein désarroi si les audits commençaient à causer de réels troubles au niveau de la base. Les élections de mi-mandat sont déjà une cause perdue. Donc, le temps est essentiel pour mener à bien cette opération.

Peut-être suis-je trop réducteur ici, car Harris a de nombreuses cartes à jouer au sein de l’appareil du parti Démocrate, mais seulement si sa position est considérée comme légitime et seulement si les Démocrates ont plus de deux longueurs d’avance sur la foule en colère.

Crise de nerfs due au 25e amendement

Ceci étant dit, si je me trompe et qu’il s’agit de la Baratte habituelle des événements, nous assistons à une remise en cause de la compétence de Biden par le 25e amendement. Tous les chemins mènent au président Harris, c’est ce que dit le 25e amendement.

… à moins qu’il n’y ait pas de vice-président. Harris devrait d’abord démissionner, et elle n’a rien fait qui puisse provoquer ça.

En fait, son éloignement de l’Afghanistan est le geste le plus intelligent que je l’ai vu faire.

Cela conduit au scénario attendu, à savoir que Harris accède à la présidence et choisit probablement la présidente du parlement Nancy Pelosi comme vice-présidente et présidente du Sénat. Pour faire passer sa désignation, Nancy va passer un accord avec Mitch McConnell et c’est tout. Ce sera un bon accord pour les Républicains.

Nancy décroche le gros lot et deux années supplémentaires à D.C. contre une année restante sur son probable dernier mandat au Congrès. Dans le même temps, McConnell sait qu’il la neutralisera lorsque les Républicains gagneront les élections de mi-mandat (en supposant qu’elles aient lieu). Elle vit le rêve d’être la deuxième femme vice-présidente.

Mais, si Biden se retire en disgrâce à cause de la combinaison de la fraude électorale, de l’Afghanistan et de quelque chose d’autre que nous n’avons pas encore planifié, alors Harris devra le suivre.

A ce moment-là, les choses deviennent bizarres. C’est là que nous savons que nous sommes dans un monde post-Baratte. Passer en revue la liste des Démocrates qui pourraient correspondre au profil disponible dans un tel scénario est problématique car elle est si courte qu’elle est pratiquement inexistante.

Et si Harris doit également démissionner sous la menace d’un impeachment, le dernier acte de Biden en tant que président serait de nommer un nouveau vice-président conformément au 25e amendement.

Voici les parties pertinentes du 25ème amendement.

Section 1. En cas de révocation du président, de sa mort ou de sa démission, le vice-président devient président.

Section 2. En cas de vacance du poste de vice-président, le président nommera un vice-président qui prendra ses fonctions après confirmation par un vote majoritaire des deux chambres du Congrès.

Lorsque Nixon a démissionné, cela relevait normalement de la section 1. Gerald Ford était vice-président. Nixon a démissionné en état de disgrâce pour le Watergate et Ford a pris le pouvoir, a ensuite gracié Nixon et a perdu contre Jimmy Carter en 1976.

Les choses deviennent intéressantes avec la section 2. Et celle-ci n’entre en jeu que si Harris est inacceptable au regard du Davos et est contrainte de démissionner avant. Le dernier acte de Biden sera alors de nommer un nouveau vice-président qui assumera alors la présidence avant de démissionner.

Et là, je soutiens que Nancy Pelosi ne deviendra pas la première femme présidente.

Pelosi est exclue parce qu’elle ne survivrait jamais à un vote majoritaire du Sénat. Mitch McConnell, qui verrait là l’occasion ultime de briser les Démocrates pour la prochaine génération, pourrait même sourire.

Ils ont besoin de quelqu’un de compétent pour diriger les choses, suffisamment jeune pour tenir jusqu’à la fin du mandat et, surtout, loyal envers Obama et le Davos. Cette personne ne doit pas susciter la révolte des gens normaux ni être ouvertement partisane pour ceux qui vivent dans le centre du pays.

L’objectif est d’avoir une personne neutre sur laquelle personne n’a d’opinion tranchée, mais qui est bien au fait des choses qui comptent.

Hillary est hors jeu. C’est une marchandise dépréciée. Le Davos n’a pas besoin d’elle.

Je ne la vois même pas vouloir le poste à ce stade. Elle a des rêves de crème glacée.

Alors, qui reste-t-il ? Aucun des candidats à la présidence lors des primaires. Ce sont tous des clowns, à l’exception de Tulsi Gabbard bien sûr, mais elle a quitté la politique dans une rare démonstration d’humanité de la part de quelqu’un qui a passé du temps à D.C. Les autres ont été choisis spécifiquement pour nous amener à un ticket Biden/Harris ou Harris/le lâche.

Cette personne peut, cependant, être totalement inacceptable pour les mêmes catégories de la population américaine déjà classées parmi les « terroristes nationaux » et les « semi-citoyens sous-humains »… c’est-à-dire les libertariens, les constitutionnalistes, ceux qui refusent de se faire vacciner et qui voient le mondialisme comme le cauchemar corporatiste qu’il est vraiment…. en bref, des gens comme vous qui lisez cet article.

Mitch McConnell n’aimerait rien tant que de nous coller au train après ce qui s’est passé le 6 janvier. Il va pouvoir jouer au faiseur de roi avec un candidat « neutre ».

Merde, Janet Davos t’aime !

Alors, qui est cette personne ? La réponse m’est apparue en un éclair alors que je répondais à quelqu’un sur Twitter et j’ai honte d’admettre qu’il m’a fallu tout ce temps pour la trouver.

La réponse, bien sûr, est la secrétaire au Trésor Janet Yellen. Elle remplit toutes les conditions.

Femme, apparemment apolitique, connaissant bien Washington, ancienne directrice de la Fed et troll de Davos jusqu’au bout des ongles.

Et, pour couronner le tout, elle est la seule personne qui pourrait s’opposer de manière crédible à Jay Powell à la Fed, qui a clairement quitté la sphère du Davos en défendant le dollar et la Fed. Selon mon dernier article, si la Fed est vraiment en train de fomenter une crise du dollar pour réaffirmer sa primauté dans le panthéon des banques centrales, alors Yellen serait la seule personne qui achèverait le tour de force du Davos en virant Powell, neutralisant la Fed et mettant fin au chaos.

Le Davos doit réaffirmer son contrôle ici et restaurer notre foi en La Baratte. Yellen est juste la personne qui doit s’assurer que tout cela se produise.

Je sais ce que vous pensez, cependant, qu’il semble exagéré de mettre un banquier central non élu à la tête d’un pays puissant ? Qu’est-ce que tu fumes, Tom ?

Je vous avais dit que les banquiers centraux allaient arriver !

Attendez-vous donc à ce que la présidente Yellen soit nommée dans les six prochains mois par le Davos, comme Mario Draghi a été nommé en Italie. Ils n’ont pas beaucoup de temps pour mettre tout cela en place, et encore moins pour faire partir Biden.

Avec la présidente Yellen, la prise de contrôle de l’Occident par les banques centrales serait complète avec cet arrangement. Je ne sais pas si ça marcherait comme le prévoit le Davos, mais c’est, à mon avis, la solution la plus propre à leur problème actuel.

Pour cette seule raison, je pense que c’est le scénario le plus probable, car les choses s’enveniment rapidement avec Biden.

Si vous n’aimez pas ça, il y a une niche pour chien avec votre code QR dessus.

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Épreuves de force et luttes tribales

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 23 Août 2021 – Source kunstler.com

Remarquez qu’il y a deux groupes d’otages dans cette phase de ce qui ressemble à un effondrement américain artificiel : les milliers d’Américains bloqués qui ne peuvent pas quitter l’Afghanistan à cause de l’ineptie historique de « Joe Biden », Tony Blinken et du général Mark Milley, et les millions de « Nous-le-Peuple » de retour chez eux dont les esprits sont otages des récits concoctés dans l’ombre d’une gouvernance sinistre. Bienvenue dans une semaine d’épreuves de force et de lutte tribales, une force majeure pour changer les esprits.

Une étrange paralysie au Pentagone a empêché l’utilisation de la puissance américaine pour dégager un couloir d’évacuation vers l’aéroport de Kaboul et d’y rétablir l’ordre – ceci, après la décision tactiquement mystificatrice d’abandonner l’aérodrome militaire américain de Bagram, à une bonne trentaine de kilomètres de Kaboul en proie à l’agitation, et entouré d’un désert vide plus facile à sécuriser. La Grande-Bretagne et la France ont réussi à faire sortir leurs ressortissants la semaine dernière, avant d’être réprimandées par l’état-major américain pour « nous avoir fait mal paraître ». Ça a aidé, j’en suis sûr.

Et puis combien de temps les Américains bloqués peuvent-ils rester cachés et en vie ? Ils doivent manger. Soit ils sortent de leur cachette et se rendent sur un marché, soit ils doivent (théoriquement) envoyer des domestiques afghans pour les ravitailler. Mais quel Afghan sain d’esprit voudrait être pris au service des Américains par les Talibans ? L’horizon temporel de ce dilemme va être assez court. J’attends de voir comment ça se passe. ….

La prochaine étape de la parade de cette semaine est l’approbation imminente par la FDA du vaccin Covid-19 de Pfizer, sans aucun des essais approfondis habituels. Comment cela est-il possible, avec un taux d’efficacité de 39 % maximum et un train d’effets secondaires vicieux allant des lésions cérébrales et cardiaques à la stérilité ? Les « vaccins » à ARNm sont également impliqués dans la mutation continue de la maladie, produisant une cavalcade de variants. Serait-ce, peut-être, à dessein, pour maintenir la pandémie, l’empêcher de s’épuiser ?

La Covid-19 est un moyen expéditif d’exercer le contrôle le plus strict sur la vie quotidienne des Américains, et il est à nouveau utilisé généreusement dans les villes « bleues » pour rendre les affaires ordinaires aussi difficiles que possible, jusqu’à la fermeture et la ruine. L’approbation de la FDA va permettre la « vaccination » obligatoire des écoliers, des fonctionnaires et des employés des entreprises. Environ la moitié du pays refuse toujours de se faire vacciner. Vous êtes sur le point de les voir passer à la vitesse supérieure lorsque la FDA agira.

La cabale de l’ombre derrière « Joe Biden » va, en conséquence, détruire ce qui reste de l’éducation publique alors que des millions de parents retirent leurs enfants du système. Vous assisterez alors à l’assemblage rapide de réseaux d’enseignement à domicile qui se regroupent de manière informelle en petites académies privées – et, bien sûr, les plus grands perdants seront les minorités qui n’ont pas la culture nécessaire pour faire l’école à la maison. Bien joué, « Joe Biden » et la FDA ! Pendant que vous y êtes, pourquoi ne pas détruire aussi l’enseignement supérieur ? (Le bruit que vous entendrez est celui du contreplaqué que l’on cloue sur les fenêtres d’innombrables petites universités insolvables).

La révolte des écoles ne sera qu’une partie d’un plus grand tumulte contre l’hystérie confuse due à la Covid-19. Prochaine étape : la publication des résultats préliminaires de l’audit des élections en Arizona. La rumeur veut qu’elles montrent une mauvaise gestion du scrutin, probablement criminelle, et qu’elles permettent de conclure que « Joe Biden » n’a pas gagné les élections dans cet État. Une autre rumeur dit que les bulletins de vote portaient des numéros de série cachés et traçables, ou quelque chose de ce genre, montrant de manière concluante comment le vote papier a été truqué. Le cauchemar de Rachel Maddow – « Ils ont les bulletins de vote !! » – se réalise… un réveil pour le camp des Éveillés.

Comme prédit ici, John Durham est de retour dans les nouvelles. Les médias captifs – c’est-à-dire les organisations grand public appartenant à la communauté du renseignement – ont publié la semaine dernière des histoires selon lesquelles le procureur spécial du RussiaGate a fait quelques passages devant le grand jury. Cela implique une sorte de poursuites pénales. Leur version était qu’il n’avait obtenu que quelques alevins, des personnages pour la plupart extérieurs au gouvernement, comme Igor Danchenko de la Brookings Institutes, qui serait la source principale du « dossier » infâme de Christopher Steele. N’y croyez pas. Durham va chercher les requins et les baleines : Andrew McCabe, Peter Strzok, John Brennan, Bruce et Nellie Ohr… et, vraiment, comment exclure James Comey de cette bande, puisqu’il la dirigeait ?

Cette semaine marque le début d’une période difficile pour l’État profond. Ses récits sont en train de s’effilocher. Ses mesures de contrôle de l’esprit s’effacent. La moitié du pays a compris leur jeu depuis des années, et l’autre moitié est sur le point de sentir sa tête exploser alors qu’une réalité corrective entre en scène. C’est-à-dire la vraie et seule réalité, et non celle que vous ont confabulée en coulisses des quislings. Vous voyez comment vous avez été manipulés ? Ils ont pris votre pays. Vous devriez peut-être commencer à vous en soucier.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

La Chine met des gardes fous à « l’opium spirituel » que sont les jeux en ligne

Par : Wayan

Par Tom Fowdy – Le 31 aout 2021 – Source Russia Today

Nous vivons une nouvelle ère fascinante de réformes socialistes, très ambitieuses et radicales, qui ne visent qu’un seul résultat : gagner la bataille technologique contre l’Amérique.

L’ampleur de la révolution sociale de Xi Jinping s’intensifie chaque jour, et rien ne semble à l’abri de sa portée. En plus de la réorganisation spectaculaire des cours particuliers, de la mise à mal des grandes entreprises technologiques et de la campagne contre la culture des stars, l’État chinois s’intéresse désormais à ce qu’il perçoit comme l’utilisation excessive des jeux en ligne chez les jeunes. De nouvelles réglementations strictes visent à limiter leurs activités sur les plateformes de jeux en ligne à seulement trois heures par semaine, en les décrivant comme un « opium spirituel » et en soulignant qu’elles ont un impact négatif sur la santé mentale des enfants, tout en cherchant à faire en sorte que les enfants se concentrent davantage sur leur éducation.

Il s’agit d’un autre effort pour aligner la société chinoise sur ses priorités nationales, et d’une autre indication que les intérêts des « grandes entreprises » ne représentent pas toujours les intérêts de la société dans son ensemble, comme de nombreux pays occidentaux le supposent. George Soros a récemment exprimé son inquiétude, mais c’est probablement plus un signe que la Chine est sur la bonne voie qu’autre chose.

L’évolution et la croissance des jeux vidéo ont complètement changé nos vies et notre façon de nous divertir. En l’espace d’une quarantaine d’années, les jeux vidéo et les consoles ont transformé les activités récréatives et les passe-temps de millions de personnes, reléguant les jeux de société familiaux classiques au rang d’antiquités. Tous les enfants des années 1990 ont grandi avec différentes consoles, de la Playstation à la Nintendo, en passant par la XBox et des plateformes en ligne comme Steam. Outre son impact sur les modes de vie, le jeu moderne a également donné naissance à une méga industrie qui se chiffre en centaines de milliards.

La Chine possède une énorme part de ce gâteau. Mais c’est là que réside le problème aux yeux de Xi. L’industrie des jeux vidéo s’efforce de perpétuer ses produits et d’accaparer une part toujours plus grande du temps et des ressources des jeunes, même si cela perturbe leur développement social et éducatif. Si les jeux sont amusants et divertissants, ils ne correspondent pas au monde réel. Les efforts qu’on y consacre n’aboutissent jamais vraiment à quelque chose de tangible ou de valable, et c’est pourquoi la Chine s’y oppose fermement, en disant effectivement « ça suffit : Les enfants doivent se concentrer sur les vraies priorités de leur vie ». Et la priorité numéro un est l’éducation, pas l’univers fantastique des jeux.

Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour les plus grands conglomérats de jeux chinois, tels que Tencent, qui ont déjà été frappés par le vaste remaniement de Pékin, mais il y a une sagesse innée dans tout cela, et elle est liée à l’intensification de la lutte technologique de la Chine avec les États-Unis et à sa propre vision du développement.

Cette sagesse est la suivante : La Chine devrait développer de meilleures entreprises de semi-conducteurs, d’intelligence artificielle et de puces technologiques haut de gamme, et non des entreprises de jeux vidéo de plus en plus grosses. S’il y a un message qui ressort des événements de ces derniers mois, c’est que la force économique d’un pays ne se définit pas seulement par le nombre de « Mark Zuckerberg » qu’il possède. Xi articule sans relâche une vision directe et claire de l’économie chinoise et s’appuie sur les principes socialistes pour la défendre. Il a décidé que certaines choses sont plus importantes que d’autres pour l’économie de la Chine et son développement stratégique. Il ne s’agit pas simplement de savoir qui a le plus de milliardaires ou les plus grandes entreprises, mais le défi avec les États-Unis signifie qu’il y a des domaines très spécifiques dans lequel le pays doit exceller, et son avenir stratégique et son succès en dépendent. C’est pourquoi Xi s’est attaqué aux jeunes et aux habitudes de jeu dans le cadre de son approche globale de l’éducation, en mettant également fin au soutien scolaire à but lucratif.

Mais comment cette limite de trois heures va-t-elle être appliquée ? Qui dira aux enfants « tu as eu tes trois heures, éteins maintenant ! », surtout si les parents ne sont pas coopératifs ? La Chine va sans aucun doute faire peser la charge réglementaire sur les sociétés de jeux pour qu’elles l’appliquent, et les punira si elles ne le font pas. Compte tenu de la manière dont la Chine moderne gère l’identité et les données, les gens pourraient être obligés de s’inscrire sur des plateformes de jeux pour vérifier leur âge et leurs documents d’identité, qui limiteront ensuite leur temps en conséquence. Il existe sans doute des moyens de contourner ces limites – il suffit de demander aux centaines de millions de Chinois qui utilisent des VPN (réseaux privés virtuels qui masquent votre identité réelle ou votre localisation) – et l’efficacité de cette mesure n’est pas évidente, elle dépend en grande partie de la volonté des parents d’être responsables et de discipliner leurs enfants.

En résumé, la Chine dit clairement qu’elle ne veut pas, n’a pas besoin et n’apprécie pas les joueurs. Il s’agit d’un passe-temps qui est fondamentalement une distraction, quelque chose qui est acceptable avec modération, mais pas en tant qu’addiction à grande échelle, étant donné qu’il a une faible valeur sociale. En le qualifiant d’« opium spirituel », la Chine évoque métaphoriquement un puissant souvenir historique : elle est enfermée dans une nouvelle « guerre de l’opium » contre l’Occident, avec une série de pays qui veulent imposer leurs préférences idéologiques, économiques et stratégiques à la Chine, tout comme les Britanniques ont cherché à le faire au XIXe siècle avec leurs exportations de drogue depuis le sous-continent indien.

Mais cette fois, Pékin a décidé que ce type d’asservissement ne pourra plus jamais se reproduire. Xi ne veut pas d’une société de joueurs, il veut une société d’ingénieurs, de scientifiques, de médecins et d’innovateurs ; le genre de personnes qui peuvent faire en sorte que Pékin gagne la course technologique et prenne le dessus dans la lutte avec l’Amérique. Ce faisant, il utilise les principes les plus forts du collectivisme contre la nature individualiste des sociétés occidentales, où les enfants font à peu près ce qu’ils veulent. Il s’agit d’une nouvelle ère de réforme socialiste, très ambitieuse et radicale, sans équivoque. C’est une expérience fascinante.

Tom Fowdy

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

La noosphère, Partie II : Mythologies athées

Par : hervek

Par Dmitry Orlov – Le 23 aout 2021 – Source Club Orlov

En dépit de leur grande diversité, les mythes qui servent d’éléments fondateurs à la noosphère peuvent tous être classés dans des catégories identifiées par un membre de l’ensemble suivant : {NULL, 0, 1, 2, 3}. Ces identificateurs indiquent les mythologies athées, polythéistes, monistes, dualistes et trinitaires. Ces nombres n’obéissent pas aux lois de l’arithmétique mais se comportent de la manière suivante, contre-intuitive et non évidente :

  • Athée : NULL est NULL
  • Polythéiste : 0 = ∞
  • Moniste : 1≠1
  • Dualiste : 1+1=1
  • Trinitaire : 1+1+1=1

Comme promis, nous allons maintenant nous pencher sur chacune d’entre elles. Le volet de cette semaine portera sur les mythologies athées.

Les mythologies athées

NULL est NULL est NULL. NULL est différent de zéro qui signifie lui qu’il n’y a rien ; NULL signifie que nous ne savons pas ce qu’il y a et que nous ne nous en soucions pas. NULL n’est égal à rien, pas même à lui-même, puisqu’il n’y a pas de base de comparaison ; par conséquent, tout ce que l’on peut dire à son sujet est qu’il est NULL, une tautologie. Il y a une variété presque illimitée d’adeptes de NULL, tout comme il y a une variété presque illimitée de poteries cassées dans les décharges du monde, mais un exemple particulièrement omniprésent est l’Homo trivialis : le cas dégénéré d’un Homo sapiens non-sapiens, un homme qui ne se préoccupe de rien de plus noble qu’un ventre plein, une libido satisfaite et un endroit chaud et sec pour dormir. Le spécimen typique de l’Homo trivialis est un consommateur satisfait de bière, de féculents, d’aliments gras et de sports télévisés. Il peut aussi s’agir d’une femme, dont les préoccupations sont centrées sur ses cheveux, ses ongles et ses chaussures, avec en prime des seins, des lèvres et des fesses améliorés par la chirurgie.

Parmi les adeptes de NULL, on trouve également les serviteurs enthousiastes de la technosphère. Ce sont les technophiles qui considèrent tout ce qui dépasse une conception purement mécaniste de l’univers comme une superstition de base à ridiculiser, alors que sa propre idolâtrie et fétichisation de la technologie n’est pas du tout ridicule, remarquez ! Plusieurs générations d’auteurs de science-fiction ont construit un univers technosphérique entier que vous pouvez traverser à bord du bon petit vaisseau spatial Spinal Tap qui fait Warp 11 1 (mais seulement dans votre imagination juvénile). En réalité, l’homme n’a jamais sorti la tête de l’orbite terrestre basse, malgré toutes les absurdités de la mission Apollo, et ne le fera probablement jamais. Il s’avère maintenant que les Américains ne peuvent pas retourner sur la Lune parce qu’ils n’ont pas de combinaisons spatiales. Ces merveilleuses combinaisons spatiales qu’ils utilisaient pour s’ébattre sur la Lune ont été rongées par des rats de l’espace et ils ne peuvent pas en fabriquer de nouvelles parce qu’ils ont perdu le plan que leur chien a mangé. Tout cela est très crédible, bien sûr, mais seulement si vous êtes aussi crédule qu’un enfant.

Parmi la population adulte, il y a aussi un certain nombre de rationalistes philosophiques. Ils sont convaincus qu’une entité dont l’existence ne peut être prouvée (documentée, attestée, pesée, mesurée, obligée de faire pipi dans un gobelet, interviewée par une caméra, traînée devant un tribunal pour témoigner, etc.) n’existe pas. Cette position est particulièrement drôle si on l’aborde du point de vue d’une divinité : si j’étais Dieu (ce que, soit dit en passant, je ne suis pas ; il s’agit purement d’une expérience de pensée), alors pourquoi condescendrais-je à me laisser tripoter de la sorte ? En tant que Dieu, je serais bien disposé à l’égard de ceux qui croient en moi et me vénèrent, peut-être même me montrerais-je à eux, mais uniquement de manière purement mystique et éthérée afin de ne pas banaliser ma nature divine. Mais j’ignorerais surtout ceux qui ne croient pas en moi et ne m’adorent pas, tant qu’ils laissent mes vrais croyants tranquilles. Mais Je frapperai avec une grande vengeance et une furieuse colère ceux qui tentent d’empoisonner et de détruire Mes frères. Cette partie-là, Ezéchiel [25:17] l’a bien comprise. Mais ils ne sauront pas que Mon nom est le Seigneur quand J’exercerai Ma vengeance sur eux ; plutôt, ils ne sauront pas ce qui les a frappés et appelleront simplement cela un « acte de Dieu » (en qui ils ne croient pas). J’ai fini de parler en tant que Dieu maintenant, aussi amusant que cela puisse être.

Du point de vue de la technosphère, ce sont tous des clients idéaux : soit ils sont indifférents, obéissants et faciles à manipuler, sans programme propre, soit ce sont des gardiens zélés de la technosphère qui souhaitent tout technologiser et qui monteraient volontiers dans une capsule spatiale pour être envoyés dans le vide sans fin de l’espace juste pour la plus grande gloire de la chose.

Les adeptes passionnés et zélés de NULL sont les plus fidèles serviteurs de la technosphère. Leur insistance sur le fait que tout doit avoir une base rationnelle est très utile pour élargir le champ d’action de la technosphère et renforcer sa capacité à exercer un contrôle total sur l’humanité. Bien entendu, une approche rationnelle est souvent utile, notamment lorsqu’il s’agit de décider de la quantité d’eau à mettre dans un réacteur nucléaire pour l’empêcher de fondre. Mais elle n’est ni nécessaire ni suffisante pour trouver le sens de la vie ; au contraire, elle est très utile pour le détruire. L’objectif à long terme de la technosphère est donc de conduire l’ensemble de l’humanité vers l’état NULL.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Notes

  1. Assemblage du vaisseau Enterprise de Star Trek, qui passait en distorsion/warp 10 (très rapide), et le groupe de rock fictif Spinal Tap, dont les amplificateurs pouvaient être réglés sur 11 (très fort).

Scandale derrière la fausse approbation du vaccin Pfizer par la Food and Drug Administration

Par : Wayan

Par William Engdahl – Le 30 août 2021 –  Source New Eastern Outlook

L’autorité gouvernementale américaine chargée de la réglementation des médicaments, la Food and Drug Administration [FDA dans la suite du texte,NdT], vient d’annoncer qu’elle avait approuvé le vaccin génétique à ARNm de Pfizer et BioNTech. Mais dans quelles conditions ?

Ce supposé nouveau statut est utilisé par l’administration Biden et de nombreux États et entreprises pour imposer la vaccination obligatoire. Le conseiller Covid de Biden, Tony Fauci du NIAID, en conflit d’intérêts notoire, s’appuie sur cette décision pour pousser à une vaccination nationale obligatoire dans tout le pays. Ce qui n’est pas révélé, c’est le cloaque de corruption et de conflits d’intérêts entre la FDA et les grandes entreprises pharmaceutiques, dont Pfizer, qui sont à l’origine de cette approbation précipitée. Et il ne s’agit pas d’une approbation complète pour le vaccin de Pfizer, mais seulement pour le vaccin juridiquement différent de BioNTech.

« …le cachet final d’approbation » ?

Le 23 août, la FDA annonçait l’approbation totale de la substance génétiquement modifiée qu’est l’ARNm de Pfizer. Mais en réalité pas tout à fait, lorsque l’on étudie les documents complets de la FDA. M. Fauci, dont le NIAID a des intérêts financiers dans le vaccin, a qualifié la décision de la FDA de « cachet final d’approbation ». Or, elle est tout sauf finale ou issue d’une évaluation médicale impartiale, scientifique et rigoureuse. Il s’agit plutôt d’une décision à motivation politique prise par une FDA dont la corruption dépasse l’imagination.

Revenant sur sa déclaration de 2020 selon laquelle elle tiendrait des audiences normales du comité consultatif de la FDA, avec des experts indépendants pour discuter de la demande d’approbation complète de Pfizer, la FDA a maintenant déclaré au British Medical Journal (BMJ) qu’elle pensait qu’une réunion n’était pas nécessaire avant d’accorder l’approbation complète d’un des vaccins le plus controversé de l’histoire moderne. Le BMJ cite Kim Witczak, un défenseur de la sureté des médicaments qui représente les consommateurs au sein du comité consultatif de la FDA sur les médicaments psychopharmacologiques : « Ces réunions publiques [de la FDA] sont impératives pour instaurer la confiance, en particulier lorsque les vaccins ont été commercialisés à la vitesse de l’éclair dans le cadre d’une autorisation d’utilisation d’urgence. »

Witczak poursuit avec une note alarmante : « Il est déjà inquiétant que l’approbation complète soit basée sur des données prises sur une période de seulement six mois alors que les essais cliniques ont été conçus pour être étendus sur deux ans. Il n’y a plus eu de groupe de contrôle après que Pfizer ait offert le vaccin aux participants du groupe placebo, avant la fin des essais. » Relisez ça, lentement. Pendant les essais, Pfizer a détruit le propre groupe de contrôle à mi-parcours ! Et l’utilisation de ce vaccin à ARNm depuis six mois dans le monde entier a entraîné des effets secondaires catastrophiques qui ont été officiellement totalement ignorés. Est-ce de la « science », Dr Fauci ?

Le refus de la FDA et de sa directrice par intérim, Janet Woodcock, de convoquer son comité consultatif sur les médicaments pour discuter des décisions de Pfizer et de BioNTech est d’autant plus choquant qu’en juin, trois membres de ce même comité ont démissionné en signe de protestation pour avoir été ignorés au cours d’une autre approbation de médicament. La radio NPR a rapporté : « Trois experts ont maintenant démissionné d’un comité consultatif de la Food and Drug Administration après que l’agence a approuvé un médicament contre la maladie d’Alzheimer appelé Aduhelm, contre les souhaits de presque tous les membres du panel. » L’un des trois, le Dr. Aaron Kesselheim, dans sa lettre de démission du comité consultatif de la FDA (10 juin 2021), écrivait :  » Tant pour l’eteplirsen que pour l’aducanumab, les décisions des administrateurs de la FDA d’ignorer les recommandations claires du comité consultatif ont conduit à l’approbation de deux médicaments hautement problématiques qui offrent peu de preuves qu’ils seraient significativement bénéfiques pour les patients… Avec l’eteplirsen, l’AdComm (comité consultatif) et le propre personnel scientifique de la FDA ont signalé qu’il n’y avait pas de preuves convaincantes que le médicament fonctionnait ; ces deux groupes n’ont pas été écoutés par les dirigeants de la FDA…  »

Le refus de la FDA de convoquer son comité consultatif pour la décision de Pfizer est d’autant plus étonnant que les Centres gouvernementaux de contrôle des maladies (CDC), dans leur banque de données officielle VAERS pour l’enregistrement des effets négatifs des vaccins, ont enregistré 8 508 rapports de décès suite à l’injection du vaccin à ARNm de Pfizer au cours des sept derniers mois, un nombre supérieur à celui de tous les vaccins combinés au cours des 30 dernières années.  En refusant une audition publique, la FDA a évité toute discussion sur ces chiffres alarmants de décès, sans parler des dizaines de milliers d’effets secondaires graves, dont des crises cardiaques, des caillots sanguins, des fausses couches, des paralysies permanentes, provoqués par les injections de Pfizer-BioNTech. La déclaration publique de Fauci, avant l’approbation, selon laquelle il s’attendait à cette approbation, est également une influence contraire à l’éthique, mais c’est le moindre des crimes.

Approbation truquée

Il semble que la FDA ait usé d’une ruse astucieuse en rendant des décisions distinctes pour un vaccin Pfizer Inc. et BioNTech, largement utilisé aux États-Unis, et une autre décision pour le vaccin similaire du partenaire allemand de Pfizer et développeur de la plate-forme d’ARNm, BioNTech de Mayence. C’est seulement BioNTech qui a obtenu l’approbation de la FDA, mais sous réserve de la réalisation d’une série de tests supplémentaires sur des groupes sélectionnés, notamment des nourrissons, des femmes enceintes et des jeunes, d’ici 2027. Le vaccin américain, le vaccin Pfizer-BioNTech Covid-19, n’a obtenu qu’une extension de son autorisation d’utilisation d’urgence (EUA), et non une approbation complète !

Dans sa lettre séparée adressée à Pfizer, la FDA déclarait : « …Le 23 août 2021, ayant conclu que la révision de cette Autorisation d’Urgence est appropriée pour protéger la santé ou la sécurité publique en vertu de la section 564(g)(2) de la Loi, la FDA réédite la lettre d’autorisation (d’utilisation d’urgence) du 12 août 2021 dans son intégralité avec des révisions incorporées pour clarifier que l’autorisation restera en place pour le vaccin Pfizer-BioNTech COVID-19 pour l’indication et les utilisations précédemment autorisées… » (c’est nous qui soulignons).

Dans une note de bas de page de la lettre, la FDA admet qu’il existe deux entités et deux vaccins juridiquement distincts : le vaccin Covid-19 de Pfizer-BioNTech et le vaccin Comrinaty de BioNTech GmbH de Mayence, qui a son propre nom commercial. La FDA écrit que « les produits sont légalement distincts avec certaines différences… ». Légalement distincts signifie deux vaccins séparés. Si vous trouvez cela déroutant, c’est normal. Ce n’est qu’en vertu d’une décision de l’Autorisation d’Urgence que Pfizer est actuellement exemptée de la responsabilité des vaccins. Certains avocats qualifient la ruse de la FDA de tactique classique du « j’attire et change le produit », une forme de fraude basée sur la tromperie.

Le Dr Robert Malone, vaccinologue américain et concepteur de la technique de l’ARNm, a accusé la FDA de jouer un « jeu de passe-passe bureaucratique » avec sa prétendue approbation précoce du vaccin Covid-19 de Pfizer. Il cite les deux lettres distinctes de la FDA : « Il y a une lettre pour Pfizer et une lettre pour BioNTech. Le New York Times et le Washington Post se sont trompés. L’autorisation n’est pas pour Pfizer. L’autorisation est pour BioNTech, et elle ne sera accordée qu’au moment où le produit BioNTech sera disponible… »

Ajoutant aux irrégularités bizarres, dans ses deux lettres séparées, l’une à BioNTech et l’autre à Pfizer, la FDA supprime à plusieurs reprises le lieu de fabrication du vaccin qu’elle approuve. Pourquoi cela ? Est-ce en Chine où BioNTech a un accord conjoint avec Fosun Pharma de Shanghai pour produire et commercialiser conjointement le vaccin Comirnaty pour le COVID-19 ? Pourquoi ont-ils besoin de cacher ces données de localisation au public ? Cela révélerait-il toute la fraude ?

Conflits d’intérêts entre la FDA et Pfizer

En 2019, Pfizer a procédé à une nomination très conflictuelle au sein de son conseil d’administration. Elle a en effet embauché Scott Gottlieb, qui venait de démissionner de la tête de la FDA trois mois plus tôt. Si cela donne l’apparence d’un énorme conflit d’intérêts, c’est que c’en est un. Aux côtés de Gottlieb au conseil d’administration de Pfizer siège le Dr Susan Desmond-Hellmann, qui a dirigé la Fondation Bill et Melinda Gates jusqu’en 2020. La Fondation Gates est à l’origine de chaque élément clé de la ruée vers le vaccin contre le covid et possède des actions de Pfizer par-dessus le marché.

Une autre personne qui fait le lien entre Pfizer et Gates est le professeur Holly Janes, experte en biostatistique à Seattle, ville natale de Gates, au centre de recherche sur le cancer Fred Huff. Janes est également membre du comité des vaccins de la FDA jusqu’en 2023. Elle a notamment co-conçu les essais controversés des vaccins à ARNm de Pfizer et Moderna pour le NIAID de Fauci depuis son centre de Seattle, qui est également financé par la Fondation Gates.

Janes est professeur au centre de recherche sur le cancer Fred Hutchinson, division des vaccins et des maladies infectieuses, connu sous le nom de Fred Hutch. Auparavant, elle avait reçu des fonds de recherche de la Fondation Gates pendant une période de six ans, lorsqu’elle a travaillé pour la Fondation Gates de 2006 à 2012 afin de développer « un soutien statistique et de conception d’étude pour des essais précliniques de performance des vaccins. » Le professeur Janes a également participé au développement du programme de suivi des données sur les vaccins à l’université John Hopkins.

La personne qui dirige la FDA en tant que « directrice par intérim » est Janet Woodcock. La qualifier de « sans tâches » serait un peu léger. Elle est à la FDA depuis 1986, presque aussi longtemps que Fauci au NIAID. Woodcock était le choix de Biden pour diriger la FDA, mais l’opposition massive de 28 groupes, dont des procureurs généraux d’État et des groupes de citoyens, a forcé à ce qu’elle soit nommer « intérimaire », ce qui ne nécessite pas d’examen par le Congrès.

Mme Woodcock fut directement responsable de l’approbation par la FDA d’opioïdes mortels, malgré les objections de ses propres scientifiques et autres conseillers. Il y a vingt ans, alors qu’elle dirigeait l’unité responsable de la FDA, Mme Woodcock a joué un rôle déterminant dans l’approbation d’un opioïde puissant, le Zohydro, bien que le propre comité consultatif scientifique de la FDA ait voté à 11 contre 2 pour que le médicament ne soit pas commercialisé parce qu’il n’était pas sûr. Le site en ligne Drugs.com publie : « L’hydrocodone (Zohydro) peut ralentir ou arrêter votre respiration. N’utilisez jamais le Zohydro ER en plus grande quantité ou pour une durée plus longue que celle prescrite. Avalez-le entièrement pour éviter d’être exposé à une dose potentiellement mortelle. L’hydrocodone peut créer une accoutumance, même à des doses régulières. » Woodcock a ensuite approuvé la vente d’une pilule narcotique très forte, l’OxyContin, comme étant « plus sûre et plus efficace que d’autres analgésiques », sur la base des fausses allégations du fabricant, aujourd’hui en faillite, Purdue Pharma. Depuis, quelque 500 000 Américains sont morts des suites d’une dépendance aux opioïdes.

Woodcock est clairement la personne clé de la FDA derrière la décision trompeuse du 23 août concernant Pfizer, veillant à ce qu’il n’y ait pas d’audiences consultatives publiques pour examiner les données pertinentes. Il serait pertinent de savoir quelles discussions ou communications ont eu lieu avec son ancien patron, maintenant directeur de Pfizer, Scott Gottlieb.

Pourquoi ?

De nombreuses questions restent sans réponse dans cette histoire tordue de corruption à la FDA et chez Pfizer. Ce théâtre a-t-il été monté à la hâte par l’administration Biden pour accélérer la vaccination forcée de millions d’Américains incertains ou sceptiques à l’idée de prendre un vaccin d’urgence ou expérimental ? Pourquoi les médias grand public et les politiciens exercent-ils une telle pression pour que chaque homme, femme et maintenant enfant des États-Unis soit vacciné ? Les vaccins sont-ils vraiment sûrs alors que les cas d’effets indésirables après avoir reçu le vaccin Pfizer sont si nombreux ? Pourquoi la FDA a-t-elle refusé de laisser son comité indépendant sur les vaccins s’exprimer ?

Il faut rajouter que, depuis le 14 août, Pfizer n’impose pas la vaccination de ses propres employés. De même, la Maison Blanche de Biden ne rend pas obligatoire la vaccination de son personnel. Ce sont toutes des questions sérieuses qui exigent des réponses sérieuses et honnêtes.

William Engdahl

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Retour de bâton de la politique étatsunienne de sanctions contre la Syrie

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 7 septembre 2021

L’hostilité des États-Unis envers l’axe de la résistance en Iran, en Irak, en Syrie et au Liban conduit à des objectifs contradictoires. Si les États-Unis veulent isoler la « résistance », ils veulent aussi conserver leur rôle dominant au Liban. Ces objectifs sont désormais en conflit. Les États-Unis se trouvent donc dans une situation où ils devront lever les sanctions contre la Syrie pour pouvoir concurrencer politiquement le Hezbollah au Liban.

Les États-Unis avaient assiégé économiquement le Liban pour le contraindre à obéir :

Après l'échec d'Israël à perturber ou à vaincre le Hezbollah lors de la guerre de 2006, la victoire de l'Axe de la Résistance dans le conflit syrien et la portée militaire et stratégique croissante du Hezbollah, les États-Unis ont mis en place une politique visant à affamer le Liban et à déstabiliser l'économie du pays. Mais le sac à malices de Washington était vide, à part cette dernière arme de sanctions/siège. ...

Israël veut que les États-Unis fassent l'impossible : faire pression sur le Liban pour qu'il désarme le Hezbollah et reprenne les négociations sur la frontière contestée de la mer Méditerranée pour l'extraction du gaz. ...

Entre-temps, les Libanais ont perdu confiance dans un système bancaire qui a confisqué leurs économies il y a près de deux ans, et dans une banque centrale soutenue par les États-Unis qui a contribué à l'effondrement de la monnaie locale. Le gouvernement libanais en faillite a, à son tour, supprimé la plupart des subventions sur l'essence nécessaire au fonctionnement des hôpitaux, de l'électricité, des transports et des boulangeries.

Le pays n’a plus de réserves monétaires pour importer du pétrole ou de l’essence et pour produire de l’électricité. Les coupures de courant durent désormais 22 heures par jour. Il n’y a plus de gouvernement fonctionnel pouvant résoudre ces problèmes.

Le Liban est donc plongé dans une récession extrêmement profonde au cours de laquelle le taux de pauvreté est passé de 40 % à plus de 80 %. De plus, aucun politicien ou chef de faction libanais n’osera attaquer le Hezbollah, car il est trop puissant pour être battu. De même, personne, à l’exception peut-être d’Israël ou des États-Unis, ne souhaite que le Liban retourne à l’époque de la guerre civile.

Le Hezbollah a aidé ses membres à traverser la crise en leur fournissant de la nourriture subventionnée. Mais il ne peut pas soutenir tout le Liban. Ce qu’il peut faire par contre, avec ses amis en Syrie et en Iran, c’est briser le siège que les États-Unis imposent au pays.

L’Iran avait proposé de fournir du pétrole au Liban en échange de lires libanaises (sans valeur). Mais le gouvernement libanais n’a pas accepté cette offre car les États-Unis l’ont menacé de sanctions supplémentaires.

Le Hezbollah s’est engouffré dans la brèche. Trois pétroliers ont quitté l’Iran et sont en route pour la Syrie. Leur chargement sera raffiné dans une raffinerie syrienne. De là, le diesel et l’essence seront acheminés au Liban où le Hezbollah organisera la distribution.

Après que cela a été connu et que les pétroliers sont partis – protégés par la menace du Hezbollah d’attaquer quiconque les toucherait – les États-Unis ont dû contrer l’offre. Ils ne pourraient plus soutenir la prétention d’être un ami du Liban s’ils étaient perçus comme ne faisant rien pour aider le pays alors que le Hezbollah et l’Iran lui apportent un soutien réel.

Les États-Unis ont donc proposé un plan plutôt étrange. L’Égypte augmentera ses approvisionnements en gaz naturel pour la Jordanie où il sera utilisé pour produire de l’électricité qui sera ensuite exportée vers le Liban. On ne sait pas encore par qui, ni comment, sera payé tout cela.

De plus, comme le Liban et la Jordanie n’ont pas de frontière commune, l’électricité devra être acheminée à travers la Syrie !

Le plan américain visant à apporter un soutien marginal au Liban nécessite donc une rupture des sanctions américaines contre la Syrie et son isolement diplomatique :

La Jordanie accueillera mercredi une réunion des ministres de l'énergie égyptien, syrien et libanais pour discuter du transport du gaz égyptien vers le Liban pour la production d'électricité, a déclaré le radiodiffuseur d'État Mamlaka.

Les États-Unis sont en pourparlers avec l'Égypte et la Jordanie au sujet d'un plan visant à atténuer le manque d'électricité au Liban, qui prévoit l'utilisation du gaz égyptien pour produire de l'électricité en Jordanie, laquelle serait transmise via la Syrie.

Une délégation libanaise de haut niveau s'est rendue à Damas samedi pour ouvrir la voie au plan soutenu par les États-Unis visant à atténuer les pénuries d'électricité au Liban.

Les sanctions américaines à l'encontre de Damas compliquent tout effort visant à aider le Liban via la Syrie, mais les diplomates affirment que Washington étudie les moyens de surmonter ces obstacles de toute urgence.

Les États-Unis devront maintenant lever les sanctions contre la Syrie pour gagner une guerre de relations publiques contre l’axe de résistance libanais. Certains paiements devront également être effectués à la Syrie pour reconstruire les lignes électriques nécessaires qui ont été détruites pendant la guerre.

En poussant à l’imposition de sanctions et de blocus à quiconque n’est pas d’accord avec la vision « occidentale » du monde, les États-Unis font échouer leurs propres objectifs politiques. Le risque que tout le Liban bascule du côté de la résistance les oblige maintenant à rompre leur propre politique de sanctions.

C’est une défaite diplomatique et une perte d’image que peu de gens au Moyen-Orient sont prêts à oublier de sitôt.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Un été long, chaud et violent

Par : Zineb

L’idéologie de l’exclusion est en train de se retourner contre elle-même. Au sein des sociétés occidentales, et pas seulement vis-à-vis des adversaires étrangers de l’Occident. Désormais, ce sont des segments clés de la société nationale qui sont réprouvés et exilés de la pleine participation à leurs sociétés.


Par Alastair Crooke – Le 16 août 2021 – Source Strategic Culture

Quelque chose de « grand » se prépare-t-il ? On a l’impression que c’est possible. De graves problèmes se préparent dans les sociétés occidentales et les élites commencent à s’impatienter. Nous pouvons l’observer dans la manière dont l’Establishment tente de préserver la narration relative au virus (« tout le monde doit être vacciné »), tout en agissant simultanément pour la modifier, en imputant toute faille narrative au variant Delta. Sir Andrew Pollard, professeur d’infectiologie et d’immunologie pédiatriques à l’Université d’Oxford, affirme catégoriquement qu’il est « impossible » d’atteindre l’immunité collective, maintenant que le variant Delta circule.

En fait, il affirme que le vaccin ne peut pas faire ce qui a été promis, c’est-à-dire instaurer une immunité collective ; pourtant, le professeur continue d’exhorter tout le monde à se faire vacciner. De même, un conseiller principal du SAGE (Scientific Advisory Group for Emergencies) auprès du gouvernement britannique déclare sans ambages que les mesures d’isolement contre le Covid ne peuvent plus être justifiées.

En bref, leurs arguments vont dans tous les sens. La directrice du CDC, Walensky, a déclaré la semaine dernière que le vaccin ne prévient pas l’infection par le Covid et n’empêche pas non plus la personne vaccinée de transmettre l’infection par le Covid, y compris par le variant Delta ; les données montrent un taux d’infection également réparti, indépendamment du statut vaccinal, ce que reconnaît la directrice Walensky. En tant que tel, c’est un aveu qui sape l’ensemble de l’argument en faveur des vaccins obligatoires. Selon la directrice, le seul avantage du vaccin à l’heure actuelle est vraisemblablement qu’il pourrait réduire la gravité des symptômes.

Si une personne vaccinée et une personne non vaccinée ont la même capacité à porter, excréter et transmettre le virus – avec ou sans symptômes – alors quelle différence un passeport ou une carte de vaccination font-ils ? Selon le CDC, les personnes vaccinées et non vaccinées qui entrent dans un restaurant, un magasin, au sein d’un groupe, un lieu de réunion ou un lieu de travail présentent exactement le même risque pour les autres personnes présentes, alors en quoi la présentation d’une preuve de vaccination fait-elle la différence ?

Les infections (que le récit, encore une fois, attribue au variant Delta) montent en flèche : Israël en est un bon exemple. Il s’agit de la société la plus vaccinée (et, selon l’éminent commentateur israélien Nadav Eyal, elle aurait reçu des vaccins Pfizer de « meilleure qualité » que ceux du Royaume-Uni), et pourtant elle connaît une augmentation spectaculaire des nouveaux cas – les cas graves ont bondi de 70 % en une semaine seulement. Le nombre de cas graves a été multiplié par 10 environ depuis le début du mois de juillet : 90% des cas graves sont des personnes de plus de 50 ans ; et 95% des personnes de plus de 50 ans sont vaccinées.

Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, prévient que les cas pourraient quadrupler en trois semaines et que les autorités se préparent à de nouveaux confinements (même si les confinements se sont avérés inefficaces pour arrêter le virus). La plupart des Israéliens ont pris le vaccin Pfizer à ARNm.

Là encore, les contradictions flagrantes dans le récit établi sont frappantes : les confinements sont-ils justifiés, ou non ? Antony Fauci a déclaré que la récente flambée d’infections était une « pandémie de personnes non vaccinées » et que 99 % des décès concernaient des personnes non vaccinées. Mais ce n’est qu’un mensonge. Les propres données du CDC indiquent que seulement 15% des personnes décédées n’avaient pas été vaccinées.

Il n’est pas surprenant que le public se méfie de plus en plus des affirmations de la « science ».

Que se passe-t-il ? Eh bien, nous ne sommes pas des scientifiques. Cependant, c’est au printemps 2021 que l’on a commencé à entendre dire que les vaccins à ARN messager avaient un sérieux problème d’ADE (facilitation de l’infection par les anticorps). Une fois que la protection initiale des vaccins s’est dissipée (un processus qui dure quelques mois), les personnes qui ont été vaccinées sont beaucoup plus susceptibles de tomber gravement malades en cas de nouvelle exposition au Covid que les personnes qui ne l’ont pas été.

En effet, si cela s’avère exact, les gouvernements américain et européen se retrouvent avec un désastre auto-infligé sur les bras. Le discours a donc, sans surprise, pris une autre tournure : il ne suffisait plus de vacciner 70 % de la population (pour obtenir une « immunité collective »). Non, désormais, tout le monde, sans exception, y compris les personnes ayant une immunité naturelle, devait être vacciné. Après tout, si tout le monde se fait vacciner, il est plus facile de prétendre que ce qui se passe est un nouveau variant désagréable plutôt qu’une ADE induite par le vaccin, puisque personne ne serait en mesure de désigner un groupe témoin non vacciné qui s’avérerait nettement moins vulnérable.

Certains vaccins Covid introduisent de l’ARNm (ARN messager) dans les cellules musculaires. Ces cellules (autrefois saines) sont ainsi conduites par l’action de cet ADN synthétique à fabriquer des protéines synthétiques spike qui constituent la principale arme d’attaque du virus. Il s’agit d’une forme de thérapie génique. Si ces cellules créaient une réponse immunitaire contre la protéine (qu’elles ont elles-mêmes contribué à créer), cela empêcherait en théorie le virus d’infecter l’organisme. La réalité semble toutefois être que les problèmes du système cardiovasculaire, les saignements et la formation de caillots, sont tous associés à la protéine spike du Covid, qui, au lieu de rester dans le tissu musculaire, circule dans tout le système cardio-vasculaire.

Certains scientifiques affirment qu’il est clairement prouvé que les vaccins font que les cellules des muscles du bras fabriquent des protéines spike, qui passent ensuite dans la circulation sanguine, et que cette protéine spike, à elle seule, est presque entièrement responsable des dommages causés au système cardiovasculaire. D’autres scientifiques ne sont pas d’accord.

Un chercheur a observé que le problème central est constitué de caillots microscopiques dans les plus petits capillaires de ses patients. Il a déclaré : « Les caillots sanguins se forment au niveau des capillaires. Cela n’a jamais été observé auparavant. Il ne s’agit pas d’une maladie rare. C’est un phénomène absolument nouveau ». Le Dr Hoffe a surtout souligné que ces micro-caillots sont trop petits pour être visibles sur les tomodensitométries, les IRM et les autres tests conventionnels, et qu’ils ne peuvent être détectés qu’à l’aide du dosage sanguin des D-dimères : « Et donc, nous comprenons finalement que la raison pour laquelle les poumons ne fonctionnent pas, n’est pas due à la présence du virus. C’est parce que des micro-caillots de sang sont là… ».

C’est compliqué ! Le fait est que les « infections post-vaccinales » sont de plus en plus fréquentes et que, vraisemblablement, plus le pourcentage de la population de la région vaccinée avec l’ARNm est élevé, plus elles seront graves. Les variants, bien sûr, seront accusés. Et les médias grand public essaieront de dire que les variants sont entièrement la faute des non-vaccinés, même si la question ne peut pas être aussi facilement réduite à un mème manichéen pro ou anti-vaxx.

Pourquoi alors les élites s’accrochent-elles autant à leur récit explicitement contradictoire ? Il est clair qu’elles craignent une réaction populaire brutale s’il s’avère que certains vaccins sont préjudiciables à la santé. Mais la raison la plus profonde est que les élites américaines et européennes sont enfermées dans un échange intérieur mortel de « missiles » narratifs intelligents. L’argumentation ou la stratégie rationnelles sont exclues. Quiconque sort la tête de la « tranchée narrative » sera éliminé. Le boycott, la honte et l’exclusion des plateformes fonctionnent et sont les outils de prédilection actuels.

Ce qui est différent aujourd’hui, c’est que cette idéologie d’exclusion est en train de se retourner contre elle-même. Au sein des sociétés occidentales, et pas seulement vis-à-vis des adversaires étrangers de l’Occident. Désormais, ce sont des segments clés de la société nationale (et pas seulement les dirigeants étrangers) qui sont humiliés et exclus de la pleine participation à leurs sociétés – et menacés de sanctions – qui, si elles sont appliquées, pourraient détruire leurs moyens de subsistance.

Ce sont principalement les « non-vaxxés » qui sont jugés moralement inadéquats, mais le champ d’application de la nouvelle idéologie morale s’étend plus largement, et inclut ceux qui n’adhèrent pas sans réserve à l’agenda vert et aux droits des LBGTQ. Les médias de l’Establishment insistent sur le fait que ces récits politiquement orientés sur la vaccination, l’« urgence » climatique et les droits des LBGTQ représentent la nouvelle « ligne de démarcation », qui définit la majorité par rapport à la minorité.

Pourquoi le maintien de la « ligne de démarcation » est-il plus important que la clarification de l’approche politique du virus ? La plupart des membres de l’élite savent que le Covid n’est pas la menace que leur propagande véhicule ; mais le récit leur donne l’occasion d’exercer leur pouvoir par le biais d’un « jugement moral », et donc ils mentent – et ils continuent de mentir sur les données, parce qu’ils pensent que le mensonge sera accepté comme une réalité.

Le « revers de la médaille » de cette approche du mensonge utile n’est pas seulement la protection de la narration, mais plutôt la possibilité pour la « majorité » de se sentir pieuse et supérieure à ceux qu’elle est déterminée à blesser.

Une épidémie persistante, combinée à des pertes d’emplois importantes, à une récession prolongée et à un endettement sans précédent, créera inévitablement des tensions sociales qui se transformeront probablement en une réaction politique brutale – un été long, chaud et furieux. L’implosion de la confiance dans le leadership et la crainte d’un bouleversement social peuvent toutefois implanter une pathologie plus profonde. Elle peut produire l’état spirituel qu’Emile Durkheim appelait « l’anomie » ; le sentiment d’être déconnecté de la société ; la conviction que le monde qui nous entoure est illégitime et corrompu ; que nous sommes invisibles : un « numéro » ; l’objet impuissant d’une répression hostile, imposée par « le système », le sentiment qu’il ne faut faire confiance à personne.

Et pourtant, cela ne s’arrête pas là. L’Establishment, qui sent le désespoir, a réagi à la crise des vaccins en déplaçant ses efforts sur un autre flanc du front de la guerre culturelle : l’idéologie moralisatrice est montée en puissance. Le code rouge de l’« urgence » climatique a été lancé, promettant des conséquences vraiment effrayantes si les nouvelles restrictions de l’utilisation de l’énergie et les « confinements » n’étaient pas acceptés par le public. Le Washington Post a clairement exprimé le sous-texte : le nationalisme et le populisme trumpiste ne peuvent être tolérés dans le cadre de la confrontation avec une urgence climatique mondiale. Le message est truffé de propos empreints de supériorité morale et de piété.

Voilà donc les sujets de tension qui préoccupent la « rue », mais qu’en est-il de ceux de l’élite ? Que se passera-t-il s’ils deviennent encore plus désespérés alors que leurs plans de rééquilibrage s’effondrent, que leurs économies sombrent, que leurs chaînes d’approvisionnement sont perturbées, que les pénuries se répandent et que l’inflation monte en flèche ? Vont-ils « faire le dos rond » et déclencher un nouveau Lehman Brothers ?

Est-ce le moment pour eux d’abandonner le système bancaire commercial existant au profit d’un système de banque centrale centré sur les monnaies numériques émises par la banque centrale, les applications de paiement remplissant la plupart des fonctions des anciennes banques commerciales ? Est-ce la façon de sécuriser les oligarques ? Il est beaucoup plus facile de bloquer d’éventuelles faillites et crises financières lorsque la BC contrôle une monnaie numérique : elle détermine si le déposant peut ou non puiser dans son portefeuille, elle peut bloquer ou même déduire des fonds de celui-ci, et elle peut autoriser ou interdire des dépenses à partir de celui-ci, en appuyant sur un bouton numérique.

Cela fonctionnera-t-il, ou cela risque-t-il de provoquer un retour de bâton intolérable ? Le moment est-il donc venu de faire diversion ? L’Iran s’approche-t-il du seuil nucléaire (il l’a peut-être déjà atteint) ? La Russie menace-t-elle l’Ukraine ? La Chine se prépare-t-elle à envahir Taïwan ? Il existe une panoplie de possibilités de diversion déjà préparées dans la cuisine narrative et qui peuvent être facilement utilisées en cas de besoin.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Que pouvons-nous apprendre de l’Australie et de l’Afghanistan sur la tyrannie Covid ?

Par : hervek

Par Brandon Smith − Le 26 août 2021 − Source alt-market

Les personnes despotiques ont tendance à télégraphier leurs actions futures tout comme les combattants inexpérimentés ont tendance à télégraphier leurs coups de poing ; ce n’est pas comme si les intentions des totalitaires étaient obscures ou difficiles à prévoir. Dans certains cas, ils peuvent même croire qu’ils peuvent être aussi transparents qu’ils le souhaitent, car ils supposent que personne ne tentera jamais de les arrêter. Ils détruisent des vies depuis si longtemps qu’ils adoptent un sentiment de supériorité, comme s’ils étaient intouchables.

Dans mon étude approfondie de la psychopathie, je constate que, malheureusement, le principal catalyseur de l’exploitation et de la victimisation de vastes populations est le fait que nombre d’entre elles ne parviennent pas à se faire à l’idée d’une conspiration organisée de monstres humains. Ils refusent de reconnaître l’existence du mal qui se trouve juste devant eux, ce qui permet au mal de rester sans opposition pendant de longues périodes. Il y a TOUJOURS un moment, cependant, où les psychopathes poussent les mauvaises personnes trop loin. Ils ne peuvent pas s’en empêcher, et c’est à ce moment-là qu’ils se retrouvent au bout d’un nœud coulant ou dans la ligne de mire du canon d’une arme.

Lorsqu’il s’agit d’organisations de psychopathes, le même moment finit par arriver, il faut simplement plus de temps pour que le public comprenne que c’est nécessaire.

En ce qui concerne l’agenda du « Grand Reset », la tyrannie médicale utilisant la Covid comme justification est clairement un ingrédient clé des objectifs futurs de l’élite du pouvoir. Au début des confinements pandémiques l’année dernière, j’ai fait plusieurs prédictions et émis des avertissements. J’ai dit que les obligations et les confinements pour la plupart des gens dans le monde ne disparaîtraient jamais, et j’ai appelé cela la « théorie des vagues » ; l’utilisation de moments intermittents de liberté limitée suivis de restrictions de plus en plus agressives.

Ce cycle est destiné à conditionner le public à l’idée que les gouvernements sont « autorisés » à microgérer notre vie quotidienne, que c’est « normal », que c’est pour notre bien et que nous devrions profiter des courts moments de liberté ou de normalité qu’ils nous laissent si gracieusement.

J’ai toujours prévenu que tous les gouvernements du monde finiraient par adopter des exigences en matière de preuve de vaccination pour que les gens puissent participer aux activités quotidiennes telles que se rendre dans des lieux publics, aller à l’école, faire des achats dans des magasins ou même trouver un emploi. L’année dernière, les médias grand public et les gouvernements n’ont cessé d’affirmer que les passeports vaccinaux « n’allaient pas exister » et que cette notion même était une théorie du complot. Aujourd’hui, les passeports vaccinaux sont mis en place dans de nombreux pays, y compris dans certaines régions des États-Unis, et toute personne qui s’y oppose est traitée de « théoricien de la conspiration ».

Vous voyez comment cela fonctionne ? Si vous exposez la vérité d’un complot autoritaire, l’establishment ment et vous traite de « théoricien du complot ». Une fois que l’establishment admet le complot et que vous refusez de vous y conformer, ces mêmes menteurs vous traitent de nouveau de théoricien du complot, ainsi que de « terroriste ».

Oui, cela a également été prédit par moi-même et d’autres au début de la pandémie. Nous avions dit que les personnes qui luttent contre la tyrannie du passeport vaccinal seraient rapidement qualifiées de traîtres et de terroristes « mettant les autres en danger » parce que nous sommes trop « égoïstes » pour nous incliner et prendre le vaccin expérimental ou nous soumettre aux confinements. C’est exactement ce qui s’est passé, le DHS ayant récemment annoncé que l’un des signes avant-coureurs d’un terroriste potentiel est l’opposition aux obligations Covid et aux vaccins.

J’ai également prédit que le but ultime de l’agenda Covid sera de créer des restrictions de voyage à l’intérieur du pays et des points de contrôle dans les États et les villes, sans parler des « camps » ou des prisons Covid pour les personnes non vaccinées. Aux États-Unis, le DHS admet qu’il envisage de limiter les déplacements entre les États et d’instaurer un système de « papiers s’il vous plaît » pour empêcher les Américains de se déplacer librement. L’État de New York a fait allusion à des camps Covid il y a plusieurs mois, mais le véritable plan est révélé à l’étranger, dans d’autres nations occidentales comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Et c’est ici que nous trouvons les coups de poing télégraphiés…

J’ai spécifiquement examiné les plans de tyrannie Covid accélérée de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande il y a un an dans mon article « L’avenir totalitaire que les globalistes veulent pour le monde entier est en train d’être révélé«  et j’ai noté que tout ce qui se passe dans ces pays ainsi que dans certains pays d’Europe va être essayé aux États-Unis à court terme. La principale différence est que ces mesures ne peuvent pas être mises en œuvre rapidement de la même manière aux États-Unis, car les Américains sont lourdement armés et ont la capacité d’enterrer l’establishment six pieds sous terre si nous nous organisons pour le faire.

C’est pourquoi les passeports vaccinaux ne sont encore qu’une mesure progressive aux États-Unis et ne sont pas mis en place dans la grande majorité du pays. C’est pourquoi, en dehors des grandes villes, la plupart des Américains ignorent complètement les obligations et ce, depuis de nombreux mois.

Dans ma région, je ne pense pas avoir vu plus de deux personnes par jour porter un masque, où que ce soit. La vue du masque est si bizarre qu’il se remarque presque immédiatement. Une fois, j’ai même vu une femme avec un masque (une touriste évidente) dans la file d’attente de l’épicerie regarder autour d’elle et réaliser que personne d’autre n’en portait. Elle a soudain commencé à trouver des excuses bizarres et très bruyantes pour son masque devant tous les gens dans la file, affirmant qu’elle « déteste l’odeur des détergents » et que c’était pour cela qu’elle le portait.

La différence entre les zones rurales libres et les villes dystopiques est frappante.

Franchement, je me fiche que quelqu’un porte un masque ou non. C’est un placebo qui ne fait rien pour arrêter la transmission du virus, mais si cela les fait se sentir mieux, alors tant mieux pour eux. Le problème est que ces personnes effrayées et pathétiques essaient de projeter leurs illusions sur tout le monde. Le taux de mortalité médian de 0,26% pour la Covid est si faible que je n’arrive pas à croire que tant de personnes dans les états et comtés bleus en soient terrifiées. Je ne pense pas qu’ils comprennent les statistiques de base de la situation – 99,7% de la population a peu à craindre de la Covid.

C’est ce que disent les CDC et des dizaines d’études médicales indépendantes, mais vous n’entendrez jamais ces chiffres dans les médias. Ils parleront du nombre d’infections et de décès, mais ils refusent de mettre les décès en perspective avec les statistiques. Pourquoi ? Parce qu’alors la peur du public disparaîtrait, et l’establishment a besoin d’augmenter la peur pour pouvoir continuer à nous priver de nos libertés au nom de la « sécurité ».

J’ai entendu récemment un argument plutôt naïf selon lequel des pays comme la France font honte aux Américains parce qu’ils sont dans les rues pour protester contre les confinements et les passeports. Ils disent que les Américains « ne se défendront jamais ». Ce que ces gens ne comprennent pas, c’est que dans la plupart des États-Unis, il n’y a PAS de confinements et il n’y a pas d’obligations. Le gouvernement les déclare, bien sûr, et nous les ignorons. Il n’y a que des poches de gauchistes dans certains états et comtés qui suivent et appliquent réellement ces règles. La population conservatrice est tout à fait prête à stopper net cet agenda lorsque le gouvernement essaiera de le faire respecter, et elle essaiera certainement.

C’est ici que nous devons comprendre les développements horribles en Australie et en Nouvelle-Zélande : Les confinements sont maintenant normalisés dans ces pays et les gouvernements n’ont pas besoin d’une réelle excuse pour les justifier. Ils annoncent simplement qu’il y a une poignée de cas de Covid et que les confinements doivent revenir. Les voyages sont étranglés et les droits et libertés fondamentaux sont inexistants. Le dernier discours du Premier ministre néo-zélandais sur les restrictions en dit long :

Le message principal étant que l’interaction sociale est interdite. Il suffit de rester dans sa bulle et de suivre les obligations sans poser de questions. Et, même si vous êtes vacciné, ces règles s’appliquent toujours à vous. La beauté des restrictions Covid est qu’elles sont une excuse parfaite pour un gouvernement tyrannique pour bloquer les rassemblements publics, ce qui permet d’empêcher l’organisation de la résistance.

Les globalistes ont besoin que les confinements durent éternellement. En Australie et en Nouvelle-Zélande, on affirme que toute personne qui enfreint ces restrictions sera la cible de sanctions pouvant aller jusqu’à l’enfermement dans un camp Covid géré par l’armée. Ce sont les mêmes mesures que Biden et les globalistes de l’establishment voudraient pour les États-Unis. Ce n’est pas une théorie du complot, c’est la réalité du complot.

Cela m’amène à la situation en Afghanistan, et certains pourraient suggérer qu’elle n’a rien à voir avec la tyrannie Covid, mais suivez-moi. Encore une fois, il s’agit de prédire les événements futurs en fonction de coups de poing télégraphiés ainsi que d’exemples historiques.

La question que j’entends le plus souvent lorsqu’il s’agit de l’Afghanistan est « comment est-il possible pour un groupe d’hommes des cavernes tribales de vaincre l’armée la plus avancée du monde ». Je pense que cette énigme doit être explorée lorsqu’il s’agit de la tyrannie Covid, car si la puissance épique de l’armée américaine n’a pas suffi à retenir les Talibans, comment les globalistes prévoient-ils de faire respecter les confinements Covid en Amérique ?

Soyons d’abord clairs : nombreux sont ceux qui affirment que l’armée américaine n’avait pas le droit de gagner en Afghanistan. Il s’agit d’une déformation de la réalité. Le fait est que gagner a TOUJOURS été IMPOSSIBLE en Afghanistan. L’establishment le savait il y a 20 ans lorsqu’il a envoyé les premières troupes américaines. Ils n’avaient pas besoin de saboter la mission américaine en Afghanistan, car perdre en Afghanistan était de toute façon inévitable.

L’occupation d’une nation entière afin de réduire une insurrection importante et d’imposer un changement culturel est un effort qui doit être accompli rapidement ou pas du tout. Le coût financier est écrasant, le coût humain est stupéfiant et la quantité de ressources nécessaires pour maintenir la subjugation est exponentielle. En vérité, plus une occupation se prolonge sans l’élimination totale de l’insurrection, moins elle a de chances de réussir. Le problème est que, pour éliminer complètement l’insurrection, il faudrait anéantir la majeure partie de la population en utilisant des tactiques grotesques, qui ne font qu’inspirer davantage d’insurrection.

Je vais répéter le message ici car je pense que certaines personnes ne le comprennent pas : La conspiration visant à piéger les États-Unis dans l’échec a été achevée il y a 20 ans, au moment où nous nous sommes engagés dans l’invasion de l’Afghanistan. À partir de là, tout s’est dégradé et il n’y avait aucun moyen de gagner.

J’ai également entendu dire qu’il n’est pas pratique de comparer une insurrection afghane à une rébellion américaine contre la tyrannie parce que les Talibans sont composés de combattants dont les capacités sont bien supérieures à celles des patriotes américains. En d’autres termes, certaines personnes pensent que les talibans sont des sortes de super soldats. C’est une vision idiote. Je pense que la vidéo suivante illustre bien mon propos :

Ces soldats ne sont pas les plus brillants de la bande et ne sont pas non plus des berserkers inarrêtables. Leur entraînement est médiocre et la majorité des incidents de combat avec les talibans font état de leur habitude de ne même pas regarder le viseur de leur fusil lorsqu’ils tirent. Cela nous amène à une question logique concernant le goulag Covid que les globalistes veulent transplanter aux États-Unis : si les combattants à bas prix des talibans peuvent repousser la puissance militaire moderne des États-Unis, comment diable les globalistes comptent-ils contrôler une insurrection américaine composée de vétérans entraînés au combat et de tireurs civils expérimentés utilisant des tactiques de guérilla ?

Qui vont-ils charger de cette tâche ? Qui est assez stupide pour exiger des papiers, faire respecter les points de contrôle et arrêter ceux qui ne s’y conforment pas dans des régions majoritairement conservatrices où il y a plus d’armes que de personnes et assez de munitions pour combattre au moins deux guerres mondiales ? Je soupçonne que des mercenaires coûteux payés par des entreprises privées seraient la seule réponse en dehors des forces étrangères, et même dans ce cas, je ne voudrais pas être à leur place lorsque le géant endormi de la rébellion américaine se réveillera.

Je suppose que la leçon que je tire de ces exemples est que les globalistes vont essayer d’appliquer l’agenda Covid et la tyrannie du passeport quoi qu’il arrive. Ils ne peuvent pas arrêter le processus qu’ils ont mis en marche. Les événements en Australie et en Nouvelle-Zélande montrent que leur addiction au totalitarisme est insatiable et qu’elle exige qu’ils poursuivent un contrôle croissant quel qu’en soit le coût. Ils nous disent exactement ce qu’ils sont sur le point de faire.

Les événements en Afghanistan montrent qu’un tel contrôle est presque impossible à maintenir sur une population armée et que, du moins aux États-Unis, ils finiront par perdre… gravement. Même s’ils utilisent des tactiques de terreur absolue, ils perdront toujours tant que les Américains continueront à se battre. Les lois de l’usure prévalent toujours, et la supériorité technologique ne signifie rien. Pour résumer, le combat est déjà gagné, mais la lutte ne fait que commencer.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

La technosphère et la noosphère de la Terre

Par : hervek

Par Dmitry Orlov – Le 19 aout 2021 – Source Club Orlov

Dans mon livre de 2016 « Réduire la technosphere« , j’ai décrit la technosphère comme une intelligence émergente mondiale non humaine dirigée par une téléologie abstraite de contrôle total, une machine en réseau avec quelques pièces mobiles humaines (de moins en moins nombreuses chaque jour), totalement dépourvue de tout sens moral ou éthique (mais habile à utiliser la moralité et l’éthique à des fins de manipulation). La technosphère peut vous maintenir en vie et vous offrir un certain confort si elle vous trouve utile, mais elle peut tout aussi bien vous tuer, ses technologies meurtrières étant parmi les plus avancées. J’ai fait valoir que nous devrions nous efforcer de réduire la technosphère, non pas en l’éliminant complètement, car cela entraînerait la mort de milliards de personnes, mais en la maîtrisant et en devenant son maître plutôt qu’elle ne soit notre maître.

Mon livre a défini la moitié du problème, mais en se concentrant sur la seule technologie, il a ignoré l’autre moitié en plaçant hors de portée une question importante : qu’est-ce qui motive la totalité de l’activité humaine ? Oui, la technosphère ne se soucie pas particulièrement de savoir si nous vivons ou mourons. Si nous devons réduire la technosphère, dans quel but ? La technosphère est puissante, et se battre contre elle requiert une certaine dose d’héroïsme et d’abandon sauvage. Mais qu’est-ce qui doit nous motiver à devenir des héros – la peur de la mort ? Eh bien, la peur n’a jamais produit de héros. Pourquoi essayer d’être un héros si la simple lâcheté peut produire des résultats similaires ?

Ce qui peut contrôler et réduire la technosphère, ce n’est pas vous ou moi et nos efforts dérisoires et pathétiques, mais des forces culturelles et civilisationnelles qui échappent à notre contrôle. Pour les comprendre, nous devons d’abord admettre que rien n’est hors de portée. Nous devons commencer par examiner la variété des mythologies religieuses qui servent de base à la plupart des motivations humaines. Certaines d’entre elles limitent la technosphère de manière délibérée, tandis que d’autres la laissent se déchaîner. Ces mythologies, ainsi que tout ce qui est construit au-dessus d’elles, constituent la noosphère de la Terre, que je vais tenter de décrire.

Le monde a sensiblement changé au cours des années qui se sont écoulées depuis que j’ai publié ce livre, notamment dans le sens d’un contrôle total de la technosphère sur nos vies. Une grande partie de la population mondiale se voit maintenant donnée des ordres, souvent apparemment au hasard, injectée des concoctions expérimentales aux conséquences à long terme inconnues, forcée de s’isoler et de porter des masques. Un certain virus respiratoire, qui n’est pas particulièrement mortel et qui est probablement artificiel, a fourni une excuse commode pour masquer les évolutions désastreuses de la disponibilité et de l’accessibilité des combustibles fossiles. Dans de nombreuses régions du monde, les libertés humaines fondamentales se sont pratiquement évaporées : les gens vivent désormais dans un panoptique, observés et surveillés en permanence pour détecter tout signe de désobéissance par leurs ordinateurs et leurs smartphones, par des caméras de sécurité omniprésentes, et leur discours public censuré par des algorithmes d’intelligence artificielle. Il semblerait que nous vivions désormais dans une anti-utopie technologique qui surprendrait à la fois Orwell et Huxley. La technosphère semble avoir gagné ; à partir de 2021, rien ne l’empêchera de mettre sur la touche les sages et les vieux, de laver le cerveau des jeunes et des idiots et de remplacer les humains par des gadgets.

Ce que je proposais dans ce livre n’a pas fonctionné, mais j’ai depuis appris suffisamment de choses pour essayer de résoudre le problème, du moins du point de vue d’une meilleure compréhension. Pour ce faire, nous devons d’abord faire un zoom arrière et replacer le concept de technosphère dans son contexte. La technosphère n’est qu’un aspect d’un schéma intellectuel plus vaste créé par le scientifique russe Vladimir Vernadsky, une sommité de la science du 20e siècle qui a fondé des disciplines scientifiques entièrement nouvelles – la biochimie et la radiogéologie – et a été l’un des fondateurs de la minéralogie et de la géochimie génétiques. Aucun des autres scientifiques du XXe siècle n’a pu se comparer à lui dans l’étendue de ses connaissances. L’apogée de sa créativité a été son enseignement sur la biosphère, résultat de la synthèse d’idées et de faits provenant de dizaines de branches différentes des sciences naturelles. Vernadsky était un élève de Dmitry Mendeleïev, qui, avec son invention de la table de Mendeleiev, a fondé la chimie moderne. Vernadsky était à son tour le professeur d’Igor Kurchatov, le scientifique nucléaire qui, entre autres, a fourni à l’URSS la dissuasion nucléaire qui l’a sauvée de l’anéantissement par les États-Unis, qu’elle prévoyait de réaliser dans les années qui ont suivi le bombardement atomique réussi du Japon.

Ces phares brillants de la science mondiale ont été résolument ignorés par l’Occident. La contribution de Mendeleïev étant impossible à ignorer, son tableau fut timidement rebaptisé « tableau périodique des éléments », tandis que Vernadsky est à peine mentionné. Pourtant, c’est Vernadsky qui a fourni le meilleur cadre conceptuel pour comprendre la vie sur Terre et la place qu’y occupe l’humanité, bien mieux que le théologien amateur qu’est James Lovelock, qui a créé une Gaia entièrement imaginaire et, dans sa dernière version, prétendument vengeresse. Mais Gaïa est politiquement utile en menaçant de déchaîner sa douce vengeance sur quiconque ose tracer des empreintes de carbone sur le tapis de son salon.

Examinons le modèle de Vernadsky, qui englobe à peu près tout ce qui devrait nous préoccuper. Sans entrer dans les détails, la Terre est une boule avec un noyau de fer solide entouré d’un manteau de roches silicatées fondues ou semi-fondues sur lequel flotte une fine croûte composée d’éléments plus légers qui constituent le fond des océans et les îles et continents que nous habitons. Les réactions de fission nucléaire au sein de la Terre génèrent de la chaleur qui est dissipée par le volcanisme, le mouvement des plaques tectoniques et le réchauffement des océans du bas vers le haut. Il est amusant de constater que les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), motivés par leur programme, ont constamment raté le plus simple des tests en sciences de la Terre, affirmant que la fonte des glaciers entraînera une élévation du niveau des mers, sans remarquer que les terres sur lesquelles reposent les glaciers et les fonds marins que leur eau de fonte pousserait vers le bas sont à flot. Si la glace terrestre fond et s’écoule dans les océans (un processus qui prendrait jusqu’à un million d’années), les tremblements de terre provoqueraient l’élévation de la terre et l’abaissement du plancher océanique, annulant ainsi l’effet.

La biosphère (terme inventé par Vernadsky) est une sphère située entre les couches supérieures de la croûte terrestre et les parties inférieures de la stratosphère, où se trouvent tous les êtres vivants, tandis que les zones situées au-dessus et au-dessous sont entièrement dépourvues de vie. Mais ce n’est pas tout ce qui se passe. Depuis l’évolution de l’Homo sapiens, la biosphère a été de plus en plus transformée par les effets de deux autres entités sphériques. La noosphère (du grec nöos, connaissance ou sagesse) est une sphère de la connaissance humaine. La noosphère est ce qui rend l’Homo sapiens sapiens. Il y a aussi la technosphère (également une invention de Vernadsky), qui englobe la panoplie toujours plus grande d’astuces techniques à la disposition de tous les Homo sapiens, quelles que soient leurs différences noosphériques, et qui a de plus en plus développé un esprit primitif et un agenda qui lui est propre.

Pour la biosphère comme pour la noosphère, la diversité est essentielle. Bombardez la Terre d’astéroïdes ou de bombes nucléaires, recouvrez-la de cendres volcaniques provenant d’éruptions volcaniques, modifiez subtilement la chimie de son atmosphère en brûlant tous les combustibles fossiles que vous pouvez trouver – et elle finira par rebondir, car une fois la poussière retombée, certains organismes qui étaient auparavant tapis dans l’ombre remonteront des profondeurs de l’océan ou ramperont hors d’une crevasse et évolueront pour occuper chaque nouvelle niche disponible. Il en va de même pour la noosphère : un certain ensemble de mythes (capitalisme, communisme, socialisme, démocratie, progrès, catastrophisme climatique, valeurs humaines universelles, etc.) peut prospérer pendant un certain temps, puis périr, et d’autres mythes, peut-être plus récents, mais très probablement plus anciens, sortiront de l’ombre et prendront leur place.

Si vous pensiez que la noosphère englobe ce que vous connaissez ou considérez comme des connaissances communes dans un sens officiellement reconnu au niveau international, vous auriez probablement tort. La noosphère est une pile qui comprend les relations sociales, les traditions politiques, l’histoire, la langue, les coutumes et les lois locales, les traditions, les observances religieuses et, à sa base, les mythes religieux qui donnent un sens à la vie. Allez voir une personne au hasard et demandez-lui : « Quel est le but de votre vie ? » Si la réponse est du type « Travailler et s’amuser avec les autres », « Devenir riche et coucher avec des tas d’inconnus » ou « Gagner suffisamment pour nourrir ma famille », alors l’Homo sapiens auquel vous vous adressez n’est peut-être pas particulièrement sapiens, puisque les mêmes motivations peuvent animer un singe, un éléphant, un pingouin ou même un termite. Une réponse plus intéressante serait plutôt du type « Ne faire qu’un avec mon animal spirituel » ou « Entrez dans le royaume des cieux » ou « Brisez le cycle de la mort et de la résurrection en atteignant le nirvana ».

Malgré leur grande diversité, les mythes qui servent d’éléments fondateurs de la noosphère peuvent tous être classés dans des catégories identifiées par un membre de l’ensemble suivant : {NULL, 0, 1, 2, 3}. Ces identificateurs indiquent les mythologies athées, polythéistes, monistes, dualistes et trinitaires. Ces nombres n’obéissent pas aux lois de l’arithmétique mais se comportent de la manière suivante, contre-intuitive et non évidente :

  • Athée : NULL est NULL
  • Polythéiste : 0 = ∞
  • Moniste : 1≠1
  • Dualiste : 1+1=1
  • Trinitaire : 1+1+1=1

La semaine prochaine, nous examinerons chacun de ces cas.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Les Heebie-Jeebies du mois d’août

Par : hervek

Par James Howard Kunstler – Le 20 Août 2021 – Source kunstler.com

« Joe Biden » va interrompre ses vacances mobiles – pour l’instant, il est de retour à Wilmington, DE – pour s’adresser à la nation en début d’après-midi ce vendredi. Va-t-il s’enfoncer davantage dans le trou dans lequel les talibans l’ont jeté, ou va-t-il simplement jeter l’éponge pour diriger la branche exécutive du gouvernement (si c’est ce qu’il a fait) ?

Note du Saker Francophone

Heebie-Jeebies : sentiment d'anxiété, d'appréhension, de dépression ou de maladie.

Soyons réalistes : Les faits et gestes de « Joe B » à la Maison-Blanche au cours de ces sept mois sont aussi mystérieux que l’attaque éclair des talibans en Afghanistan la semaine dernière. Que fait réellement le vieux Joe Blanc toute la journée après que ses managers aient mis fin à ses fonctions officielles à 8h30 du matin ? Il discute avec Hunter des affaires familiales sur un téléphone sécurisé ? Il regarde Joy Behar et sa bande à la télévision ? Nous, le peuple, ignorons que le « président » a des hobbies ou des loisirs. Du golf ? Apparemment pas. Les timbres ? S’il vous plaît ! Ou bien est-il simplement assis dans un fauteuil confortable au deuxième étage, repensant à ce qui reste de son esprit, à ces jours perdus de son enfance légendaire à Scranton ?

Pouvez-vous vraiment imaginer Kamala Harris dans le bureau ovale ? Je doute que Kamala elle-même le puisse. Quoi qu’il en soit, quelqu’un l’a envoyée à Singapour et au Vietnam cette semaine, comme si c’était le moment (qu’elle quitte la ville, pronto… les choses vont devenir un peu difficiles par ici). On peut supposer qu’elle reviendra aux États-Unis en temps voulu, sans accident fâcheux impliquant Air Force Two. Mais que se passera-t-il si la VIP, pour des raisons qui lui sont propres (disons, les « nerfs »), jette aussi l’éponge ? Qui d’autre est constitutionnellement dans la ligne du commandant en chef au cas où l’ensemble du ticket 2020 se retire ? La présidente de la Chambre des représentants, bien sûr, Mme Nancy Pelosi, le premier modèle mondial de masques faciaux assortis aux tenues. Quel couronnement de carrière cela va être ! Il vaut mieux remplir le congélateur de la Maison Blanche de glaces gourmandes à la mangue et au gâteau au fromage de la marque Jeni’s et se préparer à une rafale d’ordres exécutifs faisant de tous ceux qui vivent entre les chutes du Potomac et l’Embarcadero des hors-la-loi.

Les médias d’information peuvent se demander si l’Afghanistan ne retourne pas au douzième siècle, mais beaucoup d’entre nous ici se demandent si notre pays restera au vingt-et-unième siècle. Les chaînes de télévision câblées crépitent d’angoisse existentielle. Les États-Unis semblent avoir fait de leur pays l’idiot des nations idiotes. Nous sommes si facilement trompés ! Notre armée et nos services de renseignements, qui coûtent des milliards de dollars, se sont fait avoir par des sauvages en sandales, pour l’amour de Dieu ! Dix mille Américains (ou plus !) sont bloqués à Kaboul pendant que des cavaliers pachtounes se promènent au-dessus de la ville dans des hélicoptères Blackhawk volés ! Nous abandonnons nos alliés et nos obligations ! Nous ne sommes pas dignes de confiance (même par nous-mêmes). Que faut-il faire ?

Personne ne le sait, ou s’ils le savent, ils ne le disent pas. On sent une descente vers une saison de désordre national extraordinaire. On entend les chuchotements d’une cabale de l’armée de l’ombre, proche de Trump, qui se cache en marge, attendant de prendre le pouvoir. Qu’y a-t-il d’autre ? Un appel au Pakistan pour qu’il rappelle ses chiens ? Parce qu’après tout, c’est le Pakistan qui a pratiquement créé les Talibans, qui a placé Oussama Ben Laden à Kandahar, puis qui l’a hébergé à Abbottabad après que les Américains soient arrivés dans le coin en 2001 pour le faire sortir d’une grotte mythique (et qu’ils n’y soient pas parvenus, ayant sous-traité la tâche aux gendarmes pachtounes, une équipe qui a certains problèmes de motivation).

Jimmy Carter a été défait par seulement cinquante-deux otages en Iran en 1979, mais ce fiasco est bien plus important. Les talibans pourraient facilement mettre un terme à la question de l’extraction des milliers d’Américains coincés à Af-stan en tirant quelques balles de RPG sur la piste de l’aéroport international Hamid Karzai. Ensuite, ils décapiteront tout Afghan qui aura pris un chewing-gum à un Américain ?

« Le cimetière des empires », en effet. Rome a attendu quelques siècles pour s’effondrer, mais l’Amérique semble démontrer qu’elle peut le faire en quelques années seulement. Et, au-delà de ces questions d’hégémonie mondiale, il y a la question de ce qui se passe ici dans la soi-disant patrie. L’hystérie des vaccins et des masques autour de la Covid-19 arrive à son comble. Les conseils d’administration des écoles se font entendre à propos de tout ce qui est basé sur la race dans les programmes scolaires. Certains gouverneurs et maires semblent déterminés à détruire ce qui reste des petites entreprises. Une mutinerie se prépare contre le nouveau semi-confinement de Bill de Blasio à New York. Gavin Newsom est sur le point d’être jeté dans le gyre du Pacifique Nord. D’un moment à l’autre, l’audit des élections en Arizona publiera un rapport préliminaire, que l’on dit choquant. Les marchés financiers sont dans la zone de flottement. Les lignes d’approvisionnement sont en panne pour de nombreux éléments nécessaires à la vie quotidienne dans ce pays. Et des millions de personnes se demandent maintenant avec anxiété : quels sont vraiment les effets latents de ces piqûres ?

Les choses se bousculent un peu partout. Comme l’a dit un jour Bob Dylan, l’ordre s’estompe rapidement (et il est encore plus vieux que « Joe Biden ».) Tous les gens que je connais ont la chair de poule. Personne n’est aux commandes de cet ensemble alors que nous naviguons dans le brouillard.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Les plans des États-Unis pour se venger de l’Afghanistan ne mèneront probablement à rien

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 4 septembre 2021

Les États-Unis ne veulent pas la paix en Afghanistan. Il y a deux raisons à cela.

La première est la vengeance.

Qu’une prétendue superpuissance se fasse éjecter d’un pays par une guérilla locale est trop difficile à accepter. Le fait que la retraite se soit produite d’une manière plutôt humiliante, même si elle a été causée par l’incompétence des États-Unis et pas du fait des talibans, ne fait que renforcer ce sentiment.

L’esprit de vengeance était déjà visible dans les derniers jours de l’occupation américaine. Les forces américaines quittant Kaboul ont non seulement détruit les équipements militaires, mais aussi la partie civile de l’aéroport.

Murad Gazdiev @MuradGazdiev - 16:06 UTC - 1 Sep 2021

Les troupes américaines ont saccagé les deux terminaux civils lors de leur évacuation de l'aéroport de Kaboul.

Toutes les caméras de sécurité ont été cassées, les ordinateurs détruits, de nombreuses vitres brisées. Le câblage électrique a été coupé, les machines à rayons X ont été cassées et même les écrans d'arrivée/départ ont été renversés Images

Rien de tout cela n’était nécessaire ou n’avait de sens. Quelques jours plus tard, le secrétaire d’État américain a exigé que les talibans rouvrent l’aéroport pour permettre aux personnes les plus éduquées de fuir le pays.

Elijah J. Magnier @ejmalrai - 12:11 UTC - 3 sept. 2021

Aéroport de #Kaboul : les #US ont totalement détruit les radars et la tour de contrôle et ont ensuite supplié le #Qatar de réparer tout cela au plus vite pour permettre aux étrangers, aux collaborateurs afghans et à ceux qui avaient un visa adéquat de partir. Le Qatar a envoyé une équipe de techniciens et des pièces de rechange pour que l'aéroport fonctionne.

Les États-Unis continuent de retenir les réserves de la Banque centrale d’Afghanistan et ont empêché le FMI et la Banque mondiale de débloquer des fonds pour l’Afghanistan. Il s’agit d’un acte de vengeance touchant tous les Afghans.

Le New York Times tente de le justifier (faussement) par une prétendue étiquette terroriste posée sur les Talibans :

"C'est un nouveau monde", a déclaré Adam M. Smith, un haut responsable des sanctions au département du Trésor de l'administration Obama. "Je ne vois aucun autre cas dans lequel un groupe déjà désigné terroriste a pris le pouvoir d'un pays entier."

Il explique que le département du Trésor doit bientôt décider des exceptions, ou licences, qu'il accordera pour certains types de transactions. Il doit également déterminer si l'ensemble de l'Afghanistan, ou seulement les dirigeants talibans, reste sous sanctions afin que le monde sache quel genre de dialogue il peut avoir avec le gouvernement.

Bien que certaines sanctions datant de juillet 1999 puissent encore s’appliquer aux talibans, ceux-ci ne sont pas désignés comme un groupe terroriste et leurs dirigeants, comme le mollah Baradar, ne sont pas des ressortissants spécialement désignés (SDN) sur la liste des sanctions du Trésor américain. Sinon, les États-Unis n’auraient pas été en mesure de négocier officiellement avec eux.

Il ne fait pourtant aucun doute que les talibans dirigent désormais l’Afghanistan. Il n’y a aucune raison valable de leur refuser les fonds du gouvernement afghan. Ils ne sont pas corrompus comme le précédent gouvernement soutenu par les États-Unis. Ils n’ont pas besoin de l’argent pour eux-mêmes mais pour nourrir la population de leur pays.

La deuxième raison pour laquelle les États-Unis ne veulent pas la paix en Afghanistan est géopolitique. Comme l’analyse l’ancien ambassadeur indien M.K.Bhadrakumar :

Les services de renseignement américains ont fait de profondes incursions au sein des Talibans et ont acquis la capacité de les diviser, de les affaiblir et de les soumettre, lorsque le moment sera venu. Il est évident que les Talibans n'auront pas la vie facile. L'intérêt de Washington est de créer une situation "sans État" dans le pays, sans gouvernement central opérationnel, afin de pouvoir intervenir à volonté et poursuivre ses objectifs géopolitiques à l'égard des pays de la région.

L'objectif non avoué est de déclencher une guerre hybride dans laquelle les combattants d'ISIS transportés par avion par les États-Unis depuis la Syrie et transférés en Afghanistan, ainsi que des vétérans aguerris d'Asie centrale, du Xinjiang, du Caucase du Nord, etc. opèrent dans les régions entourant l'Afghanistan.

La Russie a reconnu ce danger, comme l’a expliqué hier son président Vladimir Poutine :

"En cas de désintégration [de l'Afghanistan], il n'y aura personne à qui parler en Afghanistan. Le Mouvement islamique d'Ouzbékistan (hors-la-loi en Russie) et bien d'autres sur le territoire de l'Afghanistan constituent une menace pour nos alliés et nos voisins. Et si nous nous souvenons que nous n'avons pas de restrictions en matière de visas et que les déplacements transfrontaliers sont en fait libres, il est clair que pour nous, pour la Russie, tout cela a une grande importance du point de vue du maintien de notre sécurité", a déclaré M. Poutine.

Cela signifie que les actions des États-Unis seront contrées. ISIS dans l’est de l’Afghanistan a déjà été vaincu une fois. Sans accès à l’Afghanistan, les États-Unis auront du mal à y insérer davantage de combattants.

Une partie du plan américain consiste à lever à nouveau des forces anti-talibans comme l’ancienne « Alliance du Nord » sous la direction d’Amrullah Saleh et d’Ahmad Massoud, opérateurs de la CIA, dans la vallée « invincible » du Panjshir.

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Mais il s’est avéré que Ahmad Massoud, qui a fait ses études à Sandhurst, n’est pas un combattant et un leader comme l’était son père Ahmad Shad Massoud et que la vallée du Panjshir peut très bien être conquise. Les défenses extérieures ont déjà été brisées. Jusqu’à présent, les talibans ont pris Dalan Sang et Shutul et franchi la porte de la route de la vallée du Panjshir sans grande résistance. Ils visent Bazarak, le centre administratif de la vallée du Panjshir. Ils ont également pris des positions sur les montagnes au-dessus de la vallée et mis en place des barrages au nord pour bloquer la route de fuite et les éventuels réapprovisionnements en provenance du Tadjikistan.

Les forces du Panjshir peuvent retarder la progression des talibans dans la vallée en posant des mines pour bloquer la route et en organisant de petites embuscades. Mais ils envoient déjà des enfants au combat car ils n’ont pas assez d’effectifs pour mener une bataille plus longue ou plus importante.

Pour l’instant, les talibans n’ont à craindre aucun défi, si ce n’est la désunion en leur sein. La formation d’un gouvernement prend plus de temps que prévu. Il semble qu’il y ait encore des discussions entre la faction Haqqani de l’est et les dirigeants kandaharis pour savoir qui y participe. Mais le conflit n’est pas aussi important que certains rapports le laissent supposer.

Aujourd’hui, le général Faiz Hamid, chef de l’Inter-Services Intelligence pakistanaise, et une délégation militaire de haut niveau sont arrivés à Kaboul. Le Pakistan comprend que le soutien de la Chine et de la Russie à l’Afghanistan dépend de la création d’un gouvernement d’unité afghan composé essentiellement de technocrates. ils joueront un rôle de médiateur auprès des talibans dans ce sens.

Le négociateur de l’accord de Doha, le mollah Baradar, internationalement respecté, est susceptible d’occuper la position de dirigeant du pays.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

La mise à mort de la vérité par la technocratie

Par : Wayan

Maintenant que le monde dans son ensemble, en tout cas les grandes puissances, se dirigent vers une technocratie, le problème du mensonge en politique, ainsi que le sens des mots « vérité » et « réalité », doivent être réévalués.


Par Paul Grenier – Le 22 août 2021 – Source National Interest

Pendant la période précédant l’invasion de l’Irak, en 2003, Washington proclamait au monde entier que l’Irak était en possession d’armes de destruction massive. Bien que l’administration Bush ne disposait d’aucune preuve réelle pour étayer cette affirmation, cela ne fut pas un obstacle à la poursuite du plan d’action souhaité. Les preuves nécessaires ont été inventées, et les preuves contradictoires ont été autoritairement reboutées. L’exemple suivant est instructif. José Bustani, le directeur fondateur de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), s’efforçait à l’époque de faire accepter l’Irak comme membre de l’OIAC, car cela aurait permis des inspections approfondies, et Bustani s’attendait pleinement à ce que ces inspections confirment ce que ses propres experts en armes chimiques lui avaient déjà dit, à savoir que toutes les armes chimiques de l’Irak avaient déjà été détruites, dans les années 1990 après la guerre du Golfe. La réponse de l’administration Bush à Bustani a été rapide : John Bolton, alors sous-secrétaire d’État, lui a donné vingt-quatre heures pour démissionner ou en subir les conséquences. Pour l’administration Bush, le renversement de l’Irak était une affaire bien trop importante pour que la vérité y fasse obstacle.

Comparez cela à la ligne de conduite adoptée par John F. Kennedy lors de la crise des missiles cubains. La crise elle-même a été déclenchée lorsque des avions espions américains ont photographié des sites de missiles SS-4 soviétiques à capacité nucléaire en cours d’installation sur le sol cubain. Contrairement aux armes chimiques irakiennes, ces armes de destruction massive étaient réelles et non inventées. Malgré cette preuve factuelle, et même si cela allait à l’encontre des conseils insistants de ses militaires, Kennedy refusa d’entrer en guerre. Il refusa d’envahir Cuba, sauvant ainsi, selon toute vraisemblance, le monde de l’Armageddon.

Mais il existe un point de comparaison encore plus instructif entre les deux cas : Les efforts constants de Kennedy, dans le sillage de la crise des missiles de Cuba, pour tenter de comprendre l’Union soviétique. Le discours qu’il prononce en juin 1963 à l’American University témoigne des efforts du président pour comprendre à la fois les motivations et la réalité complexe de l’adversaire soviétique. En décrivant les deux camps comme également pris au piège « d’un cycle vicieux et dangereux, la suspicion d’un côté entraînant la suspicion de l’autre », Kennedy montre un esprit influencé par l’Iliade d’Homère. Il a loué le peuple russe « pour ses nombreuses réalisations dans les domaines de la science et de l’espace, sa croissance économique et industrielle, sa culture et ses actes de courage ». Il a reconnu les pertes massives de l’Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale. Au lieu de déshumaniser l’adversaire de l’Amérique, il a fait le contraire ; il a souligné notre humanité commune : « Nous respirons tous le même air. Nous chérissons tous l’avenir de nos enfants. Et nous sommes tous mortels ».

Le contraste entre le niveau de réflexion atteint par Kennedy lors de son discours à l’American University et les banalités et mensonges si régulièrement proférés par les présidents américains depuis lors ne pourrait guère être plus dramatique. Que s’est-il passé ? Comment la qualité de la pensée et du leadership américains a-t-elle pu décliner de manière aussi rapide ?

Page Smith, dans son « Histoire des États-Unis » en huit volumes, revient à plusieurs reprises sur la compétition, pendant la majeure partie de l’histoire américaine, entre ce qu’il appelle une conscience chrétienne classique et une conscience laïque démocratique. Presque dès le début, selon Smith, la seconde l’a toujours emporté sur la première. Bien que cette étude de l’historien se termine avec l’administration de Franklin D. Roosevelt, je dirais que c’est Kennedy qui a brièvement rouvert la possibilité d’une Amérique incorporant au moins certains éléments importants de la perspective chrétienne classique. Avec l’assassinat de Kennedy, cette possibilité s’est refermée. Au moment où George W. Bush et Dick Cheney sont devenus les occupants de la Maison Blanche, la conscience chrétienne classique, à part quelques fioritures rhétoriques peu convaincantes, n’était déjà plus qu’un lointain souvenir. La politique, la culture et la société américaines étaient devenues profondément technocratiques. La conscience séculière, présente dès le début, a subi une transformation ; ou, peut-être serait-il préférable de dire, s’est concrétisée en une technocratie implicite dans son idée même.

Sous la technocratie, la raison, voire la rationalité, ne sont plus reconnues comme ayant une valeur intrinsèque. Elles n’obligent plus notre accord. Au contraire, elles sont désormais elles-mêmes soumises à notre volonté. La nature devient du mastic entre les mains de l’homme technologique : il n’est même plus possible de parler d’« homme ». Les acteurs qui agissent au sein de la société technologique refusent une telle dénomination. Ce sont eux qui décideront désormais technologiquement de ce que nous « sommes » et de qui nous sommes, jusqu’au cœur de notre existence biologique.

Ce milieu culturel américain présente deux aspects, deux vecteurs de fonctionnement. D’une part, nous avons les révolutionnaires de « gauche » et les adeptes des cours accélérés sur Karl Marx et Michel Foucault qui, en nombre surprenant, ont récemment fait irruption sur les campus universitaires américains. Et puis nous avons, d’autre part, le nombre étonnamment élevé d’entreprises mondiales et, en particulier, tous les grands géants des médias sociaux qui, en tant que groupe, ont embrassé cette « révolution ». Ces derniers, en particulier, contribuent à discipliner le discours public afin qu’il reste conforme à la nouvelle idéologie.

Le dernier livre de Rod Dreher, Live Not By Lies, constitue une introduction utile à ce nouveau monde woke. La méthodologie de Dreher repose sur une vaste comparaison entre les États-Unis et l’URSS/Russie. Au cours de ces comparaisons, Dreher tombe parfois lui-même dans le piège du raisonnement technologique, par inadvertance. Néanmoins, son analyse est révélatrice. Elle montre comment ces entreprises et ces soldats wokes expriment une seule et même « civilisation » profondément technocratique.

Dreher prend l’Union soviétique et ses satellites d’Europe de l’Est comme l’exemple paradigmatique d’un ordre politique fondé sur le mensonge. Mais quel genre de « mensonges » a-t-il à l’esprit ?

Tout d’abord, l’athéisme. Pour Dreher, la négation par le système soviétique de la vérité de la foi chrétienne, une négation rendue nécessaire par son credo marxiste-léniniste fondateur, le matérialisme dialectique, est majeur. Le point central, pour Dreher, est qu’un système fondé sur l’athéisme est lui-même, pour cette même raison, déjà fondé sur un mensonge.

Il accorde aussi une attention considérable aux défis moraux auxquels sont confrontés les croyants qui vivent dans une société qui considère la foi comme dangereuse, ou en tout cas comme quelque chose qui appartient entièrement au passé. Dans une telle société, il est difficile, et parfois même dangereux, de vivre ouvertement sa foi. Dans les années 1920 et 1930, lorsque plusieurs milliers de prêtres et de croyants orthodoxes ont été raflés et ont péri dans le goulag de Josef Staline, le danger était mortel. Bien qu’après la Seconde Guerre mondiale et la mort de Staline en 1953, la situation en Russie ait progressivement connu d’importants changements qui ont considérablement facilité la vie des croyants, il n’en reste pas moins que, pendant la majeure partie de la période soviétique, l’expression ouverte de la foi religieuse pouvait au minimum briser votre carrière.

Le deuxième exemple de « vie par le mensonge » cité par Dreher concerne l’exigence de conformité idéologique du système soviétique. Le matérialisme dialectique était l’idéologie régnante, et l’appareil du parti communiste faisait savoir quelle interprétation de cette idéologie devait être considérée comme faisant autorité. Dans un tel système, écrit Dreher, le Parti lui-même devenait « la seule source de vérité ». Les écoliers devaient dire ce que l’idéologie exigeait d’eux au lieu de refléter dans leurs papiers ce qu’ils pensaient honnêtement.

S’appuyant sur ces deux thèmes, Dreher établit une série de parallèles entre ce qu’il appelle l’empire totalitaire soviétique et le « totalitarisme mou » actuellement installé par les révolutionnaires woke. Ces derniers partagent avec les premiers bolcheviks ce que l’on pourrait appeler une faute sociologique. Ils divisent les gens en deux catégories, les oppresseurs et les opprimés. Pour les bolcheviks, les oppresseurs étaient la bourgeoisie propriétaire, et les opprimés étaient les pauvres sans propriété, les paysans et les ouvriers d’usine. Pour les révolutionnaires américains, les oppresseurs sont désormais les chrétiens blancs, masculins et hétérosexuels, tandis que les opprimés sont les minorités sexuelles et les personnes de couleur [et les femmes, NdSF].

Une telle pensée par catégories sociologiques entraîne un échec de la raison. Bien que Dreher n’utilise pas le terme, cela implique également l’adoption du moralisme. Dreher note comment, pour une génération nourrie par Marx et filtrée par Foucault, la raison objective n’existe pas. La rationalité n’est plus considérée comme également disponible entre tous. La raison ne fait plus autorité. Ce qui compte, c’est la position de pouvoir de chacun, et le pouvoir est considéré comme une fonction de la catégorie (oppresseurs ou opprimés) à laquelle quelqu’un appartient. La similitude avec les premiers bolcheviks est en effet très frappante. Du point de vue des praticiens actuels de la justice sociale et autres idéologies wokenistes, note Dreher, l’ennemi ne peut être raisonné. L’ennemi ne peut qu’être vaincu. Ceux qui résistent à l’imposition de nouvelles doctrines par les révolutionnaires sont, prétendument, « en train de pratiquer la « haine » ».

D’autre part, alors que le conformisme idéologique soviétique s’appliquait du haut vers le bas, dans le cas américain, il est plus distribué. Évoquant des thèmes qui rappellent l’essai controversé du metteur en scène russe Konstantin Bogomolov, « Le viol de l’Europe 2.0 », Dreher écrit :

Le totalitarisme [occidental] d’aujourd’hui exige l’allégeance à un ensemble de croyances progressistes, dont beaucoup sont incompatibles avec la logique – et certainement avec le christianisme. La conformité est forcée moins par l’État que par les élites qui forment l’opinion publique, et par les entreprises privées qui, grâce à la technologie, contrôlent nos vies bien plus que nous ne voudrions l’admettre.

Les géants des médias sociaux de la Silicon Valley intensifient encore la menace totalitaire. Citant Edward Snowden, Dreher note que l’État a désormais accès, à perpétuité, aux communications de chacun, et que si le gouvernement veut cibler quelqu’un, il n’y a plus aucune raison d’espérer que la loi soit un refuge. Le résultat est la propagation d’un « capitalisme de surveillance dans des domaines auxquels les tyrans orwelliens du bloc communiste n’auraient pu que rêver », et l’émergence de ce qu’il appelle un totalitarisme doux.

Il est significatif que Dreher cite à plusieurs reprises Hannah Arendt comme autorité en matière de totalitarisme. Il cite sa thèse bien connue selon laquelle le totalitarisme tend à prendre racine dans une société d’individus déracinés, solitaires et isolés. Ces individus atomisés sont des cibles faciles pour une idéologie qui offre un sens, la possibilité de faire partie d’une cause. Un autre thème arendtien clé est la réduction de la raison à un outil pour se donner de la consistance. Une idéologie, pour Arendt, est par définition un système fermé dépourvu d’ouverture au mystère qui est la marque de la raison classique. Selon Dreher, dans la mesure où les géants américains des médias grand public et sociaux encouragent la répétition constante de mèmes et de phraséologie empruntés à la théorie critique des races et à d’autres sources de jargon progressiste, ils encouragent précisément une pensée idéologique. Citant Arendt, Dreher note que ce qui convainc les masses, au point où elles deviennent sensibles au totalitarisme, « …ce ne sont pas les faits, ni même les faits inventés, mais seulement la cohérence du système dont ils font vraisemblablement partie. »

Aux États-Unis, écrit Dreher à un moment donné, il est difficile pour le commun des mortels de ne serait-ce qu’imaginer un monde où il faut constamment mentir pour simplement exister. À intervalles réguliers, il oppose l’URSS « totalitaire » aux États-Unis « libres et prospères ». Il entend par là, bien sûr, les États-Unis tels qu’ils étaient avant qu’ils ne soient attaqués par ce qu’il appelle les Social Justice Warriors (sjws, les révolutionnaires woke susmentionnés).

C’est ici, cependant, que Dreher lui-même glisse vers un certain style de pensée technocratique. Au lieu de comprendre d’abord l’ensemble du phénomène qui se présente à lui, il s’en sert pour marquer des points et mieux vendre son récit. Sa position de missionnaire l’emporte sur son souci de vérité.

La façon dont Dreher traite le phénomène de la Russie et de l’URSS tout au long du XXe siècle manque de nuance et est parfois tout à fait réductrice. Pour Dreher, l’ensemble de l’expérience soviétique a été uniformément « totalitaire » – comme s’il n’y avait pas de différences importantes entre 1937 et 1967. Pour Dreher, tout au long de son existence, on n’a trouvé dans l’empire soviétique que mensonges, souffrance et misère matérielle.

Il est vrai que l’URSS, même après la mort de Staline en 1953, était, à bien des égards, grise : elle connaissait des pénuries chroniques de produits de consommation, le service dans les magasins et les restaurants était grossier. Il y avait, surtout dans la première période, des persécutions religieuses. Les grandes œuvres de la philosophie religieuse russe (de V. Solovyov, S. Frank, N. Berdyaev, P. Florensky, etc.) ont disparu dans des archives secrètes. La Russie soviétique avait beaucoup de choses qui méritaient d’être condamnées dans des termes tels que ceux que l’on trouve en abondance dans le volume de Dreher.

Du coup, le lecteur n’a guère de raison de se douter qu’un certain nombre de monastères et d’églises ont été autorisés à rouvrir dans l’Union soviétique de l’après-guerre, ou que des Russes ordinaires ont été baptisés, et que ceux qui n’étaient pas communistes et soucieux de leur carrière pouvaient assister aux services religieux. La majorité, bien sûr, ne souhaitait plus le faire. L’idéologie matérialiste de l’État et la propagande antireligieuse ayant eu un certain impact.

S’il est indubitable que l’Union soviétique ne possédait pas plusieurs des véritables vertus de l’Amérique de la guerre froide, il est tout aussi vrai qu’elle ne possédait pas certains des véritables défauts de l’Amérique. L’URSS n’était pas un monde centré sur l’argent. Il était plus facile de nouer des amitiés durables, et pas seulement parce que l’on avait plus de temps à leur consacrer. Les gens pouvaient choisir de consacrer leur vie à des activités aussi inutiles – et pourtant la quintessence de l’humain – que l’étude de la poésie ou la pratique du piano. Les classiques de la littérature russe du XIXe siècle étaient encore enseignés, lus et vénérés. Et puis il y a le cinéma soviétique. Quelques exemples suffiront. La nuit du carnaval (1956) et L’ironie du sort (1976) d’Eldar Ryazanov sont des chefs-d’œuvre d’humanité et même de joie. Andrei Rublev d’Andrei Tarkovsky, sorti en 1971 (bien qu’il ait été édité), était imprégné d’un sens tragique et d’une beauté spirituelle. Pendant une grande partie de la période soviétique, les émissions de radio, de télévision et de théâtre destinées aux enfants étaient remarquables par leur chaleur et leur bon goût. Le contraste binaire de Dreher incarne précisément une logique technocratique de simplification excessive.

Le philosophe italien Augusto Del Noce a noté que, du point de vue de la civilisation technologique dirigée par l’Occident, la révolution marxiste en Russie était considérée globalement comme une chose positive, infiniment préférable à l’ordre tsariste antérieur, avec sa foi chrétienne embarrassante et son manque de démocratie. Le matérialisme marxiste permettrait à la Russie d’« évoluer » progressivement dans la direction nécessaire. En fin de compte, l’Occident, grâce à ses attraits supérieurs, surmontera le marxisme en s’appropriant les côtés négatifs du marxisme tout en abandonnant l’humanisme résiduel du marxisme. Déjà en 1969, Del Noce écrivait que la société technologique occidentale imitait la méthode marxiste dans le sens où elle rejetait ce que Marx avait rejeté – en premier lieu le christianisme et Platon. Par contre, la société technologique va à l’encontre du marxisme en instituant un individualisme absolu. Une telle inversion donne à « la civilisation technologique la fausse apparence d’être « une démocratie » et la continuité de l’esprit du libéralisme. »

Live Not By Lies de Dreher présente le thème classique d’une guerre froide entre un Ouest essentiellement bon et libre et un Est essentiellement mauvais et pas libre. Cela rend d’autant plus choquant le fait qu’un des interlocuteurs hongrois de Dreher observe que les trente précédentes années de « liberté » ont détruit plus de mémoire culturelle en Hongrie que toute autre époque précédente. « Ce que ni le nazisme ni le communisme n’ont pu faire, le capitalisme libéral victorieux l’a fait », lui dit un professeur hongrois. L’idée libérale occidentale a abouti à un déracinement plus complet de la personne du « passé et de ses traditions, y compris de la religion » que ce que l’ère communiste avait réussi à faire.

De même, Timo Krizka, cinéaste slovaque et chroniqueur de la persécution des fidèles à l’époque communiste, a déclaré que la prospérité et la liberté occidentales – la liberté telle que l’Occident la définit – n’avaient pas grand-chose à voir avec les aspirations de ces chrétiens qu’il avait fini par admirer. Ils avaient trouvé un sens même à leurs souffrances et vivaient dans la joie malgré le peu qu’ils possédaient. Ce que Krizka a découvert, écrit Dreher, c’est que « l’idée libérale séculaire de la liberté si populaire en Occident … est un leurre ». Il s’est avéré que le fait de se libérer de tout engagement contraignant (envers Dieu, le mariage, la famille) « est un chemin vers l’enfer ».

Cela renverse le thème narratif précédent de Dreher. Le mouvement qui s’éloigne du « mensonge » et qui, comme on nous l’avait laissé entendre, avait un caractère spatial – un mouvement qui s’éloigne de l’Est (de « la longue main de Moscou », du communisme, de la Russie, etc.) et qui se dirige vers l’Occident, idéalement vers les États-Unis, s’avère plutôt être de nature civilisationnelle. Bien sûr, Dreher nous dit que l’Occident lui-même évolue dans des directions analogues à l’ancien ordre communiste. C’est bien le cas. Mais nous voyons maintenant un point très différent émerger. Le cœur même de l’idéal de la civilisation libérale, un idéal, de plus, très ancien en Occident, s’avère, selon Dreher, être un mensonge.

Dreher cite le travail du philosophe catholique Michael Hanby, l’un des critiques les plus perspicaces de la modernité libérale. Hanby décrit ce qui pourrait s’avérer être le fil conducteur reliant le détournement actuel de l’Occident révolutionnaire de la nature biologique, de toute forme traditionnelle, et son apparente adhésion à une nouvelle « utopie » technologique aux qualités dystopiques évidentes. Les deux mouvements trouvent leur source ultime dans cette habitude de pensée qui a défini la modernité libérale pendant des siècles : le mythe du progrès et la science conçue comme le moteur de ce progrès. Pour Hanby, la révolution sexuelle en constante évolution « est au fond, la révolution technologique et sa guerre perpétuelle contre les limites naturelles appliquées extérieurement au corps et intérieurement à la compréhension de soi ».

Le défi que la pensée technocratique pose à la notion de vérité et de mensonge est fondamental. La perspective technologique se développe à partir du positivisme implicitement ou explicitement adopté, sinon par toute la « science » occidentale en tant que telle (certainement pas par toute la physique ou la science cognitive occidentale), du moins par le scientisme qui est à la mode dans le monde occidental éduqué depuis au moins le début du XIXe siècle.

Pour la science ainsi comprise, la connaissance ne peut avoir de valeur que dans la mesure où elle sert des fins pratiques. Mais si seul ce qui est du domaine de la réalité matérielle est reconnu comme réel, alors ce qui est privilégié par rapport à tout le reste est la transformation de la matière, une transformation orientée vers un contrôle toujours plus grand.

Une autre conséquence est la négation de la métaphysique et l’affaiblissement de la tradition. Del Noce aide à clarifier pourquoi cela doit être le cas. Si la notion platonicienne de vérité (qui n’est que « métaphysique ») ne fait plus autorité et si, par conséquent, la vérité ne peut plus être considérée comme étant au-dessus de nous, alors pourquoi devrions-nous la révérer, pourquoi la considérer comme quelque chose de sacré ? La société technologique rejette toute révérence de ce genre. Notez, cependant, ce qui se passe ensuite. Une vérité aussi banalisée devient rapidement ennuyeuse. D’où l’adoration de la nouveauté, d’où la destruction joyeuse de toute tradition, qui est en soi la seule « tradition » encore honorée par l’homme technocratique.

Certes, bien avant le début du XIXe siècle, la pensée occidentale (Francis Bacon, Niccolo Machiavel, John Locke et leurs héritiers) avait déjà rejeté la nature telle qu’elle était comprise par les traditions de la pensée aristotélicienne et platonicienne et les formes de christianisme de l’Orient et de l’Occident influencées par celles-ci. Dans cette conception antérieure, non technocratique, de la nature, toutes les choses créées ont une orientation significative vers leur forme idéale, ou telos. C’est leur nature. En l’absence d’une forme juste pour quoi que ce soit, en l’absence de nature, comme l’a également reconnu Martin Heidegger, tout ce qui reste est de la matière nue au sens d’une « ressource » attendant d’être modelée par une volonté extérieure. L’ordre technocratique est profondément volontariste.

Si ce que nous savons du monde n’est pas conditionné ou limité par ce que les choses sont, dans leur nature même, alors qu’est-ce qui nous empêche de remplacer ce qu’on appelait la nature par ce que nous fabriquons nous-mêmes ? Qu’est-ce qui nous dissuade de supposer que « ce qui existe de plus fondamental » est ce que nous fabriquons nous-mêmes ? Du point de vue du mode de connaissance technologique, comme l’a souligné le philosophe canadien George Grant, les processus de « connaissance » et de « fabrication » commencent à se confondre. Sous la technocratie, l’état d’esprit technologique atteint son apogée : désormais, le sens même de la vérité change, tout comme la notion de mensonge. La vérité est ce que nous fabriquons. Ce que l’on appelait autrefois un mensonge peut être considéré maintenant comme une simple étape de ce processus de fabrication.

La connaissance technologique ne nous laisse plus que deux façons d’être dans le monde : le contrôle ou le conflit. Il n’est plus possible de simplement « laisser être » ce qui n’est pas entièrement sous notre contrôle. Tout comme la vérité ne suscite plus de révérence, les « choses », quelles qu’elles soient – arbres, nations, rochers, visages humains – ne suscitent pas non plus de révérence. Comme le dit Grant, tout ce que nous pouvons devoir, au sens d’un devoir ou d’une obligation nécessaire envers un autre être, « est toujours provisoire par rapport à ce que nous désirons créer ». En d’autres termes, ce qui est « dû » à quelque chose est toujours d’abord soumis à notre propre volonté. La volonté technocratique est autonome et « libre » spécifiquement dans le sens où elle n’est pas entravée par un ordre, un telos ou une obligation antérieurs.

Le rationaliste de style kantien répondrait, bien sûr, que les lignes de démarcation, les principes limitatifs, sont, après tout, fixés ici par l’autonomie et la dignité a priori de chaque sujet, ou personne. Mais quelle est la source de cette dignité ? C’est que nous sommes des créatures capables de concevoir notre propre loi. Et pour cette loi ainsi comprise, faut-il autre chose que la cohérence ? Dans sa forme moderne et vulgarisée, la grandeur de la pensée d’Emmanuel Kant produit le prétendu « ordre fondé sur des règles » sur lequel les États-Unis fondent la légitimité de leur vision de l’ordre international. Mais un tel « ordre » se passe du droit, et ce dans plusieurs sens. Comme je l’ai soutenu ailleurs, un ordre fondé sur le droit exige précisément la permanence et la disponibilité de la vérité – au minimum une capacité à déterminer de manière fiable ce qui n’est pas vrai.

C’est précisément cette capacité qui n’existe plus dans l’ordre technocratique. Si la réalité et la vérité peuvent être créées, fabriquées, alors le waterboarding peut servir de moyen suffisamment fiable de découverte juridique. Le waterboarding, en tant que moyen d’interroger les prisonniers américains, est devenu populaire bien avant toute apparition de la gauche « woke » dans la vie américaine.

Cela nous amène à une omission notable dans le récit de Dreher sur ce que signifie « ne pas vivre de mensonges ». L’instrumentalisation de la raison est en effet une pratique répandue parmi ceux que Dreher appelle les Social Justice Warriors susmentionnés. L’utilisation, ou plutôt l’abus de la raison n’est cependant pas une invention originale des sjws. C’est depuis longtemps un trait caractéristique de la modernité libérale en tant que telle. En même temps, dans le développement historique actuel du technologisme volontariste, c’est l’État américain de sécurité nationale qui a affiné cette approche en faisant de cette instrumentalisation de la raison l’outil le plus vital de son arsenal. Le résultat a été ces « manipulations de l’information » qui ont remplacé ce qu’on appelait autrefois les « nouvelles ». En effet, ces manipulations de l’information ne sont plus le fait d’une seule agence, mais de l’ensemble du gouvernement et même de l’ensemble du bloc politique.

Alors pourquoi blâmer Black Lives Matter ? Si la « majesté de la loi » – représentée par l’État lui-même, même si l’État, sans le reconnaître, a corrompu le sens même de la loi – modèle pour le reste de la société d’une imposition volontariste de sa volonté, pourquoi être surpris lorsque les citoyens d’un tel gouvernement imitent de manière radicale ce que l’État lui-même a déjà béni ? Si la loi modèle le volontarisme comme la forme idéale (aujourd’hui technologiquement comprise) de la « raison » moderne, pourquoi s’étonner que la « raison » des citoyens soit également corrompue ?

Il ne s’agit en aucun cas de prendre le parti des wokes. Leur défense moralisatrice de catégories toujours nouvelles d’opprimés s’auto-détruit de toute façon. D’une part, Dreher décrit avec précision leur cynisme révolutionnaire vis-à-vis de la « vérité », leur rejet de la « raison ». D’autre part, il se peut que les révolutionnaires aient parfois raison de voir clair dans les tromperies d’un pouvoir qui se cache derrière un ersatz de « raison » – Foucault, après tout, n’avait pas entièrement tort. Le problème est le suivant : même les biens réels que les sjws peuvent occasionnellement défendre deviennent finalement sans défense dès que leur propre logique est adoptée. Comme l’a dit D.C. Schindler :

La dignité humaine repose sur le fait que, lorsque l’ordre social s’effondre, face à l’oppression et à la force aveugle du pouvoir, on peut toujours se positionner par rapport à la vérité. Mais si le fondement ultime de la vérité est lui-même suspendu… alors il n’y a pas d’endroit où se tenir.

Arendt, bien connue pour ses études sur le totalitarisme, est moins souvent considérée comme une personne préoccupée par la transformation des États-Unis en un tel système idéologique. Bien qu’elle n’ait peut-être pas utilisé le terme « technocratie », Arendt était très préoccupée par une tendance au sein de la haute politique américaine qui abandonnait son souci de la réalité, et donc son engagement envers l’ordre factuel qui existe indépendamment de notre volonté. Dans son commentaire sur les Pentagon Papers, par exemple, Arendt note que les hauts fonctionnaires de l’exécutif substituaient régulièrement au monde factuel un monde qu’ils avaient simplement fabriqué, un monde basé sur les apparences.

Arendt a fait allusion à des préoccupations similaires lorsqu’elle a écrit, dans son essai intitulé « Vérité et politique », que :

…enfin, et c’est peut-être le plus troublant, si les mensonges politiques modernes sont si gros qu’ils nécessitent un réarrangement complet de toute la texture factuelle – la création d’une autre réalité, pour ainsi dire, dans laquelle ils s’inséreront sans couture, fissure ou cassure, exactement comme les faits s’insèrent dans leur propre contexte original – qu’est-ce qui empêche ces nouvelles histoires, images et non-faits de devenir un substitut adéquat à la réalité et à la factualité ?

Y a-t-il des raisons suffisantes pour supposer que, déjà ici, Arendt pensait non seulement aux régimes infâmes des années 30 en Allemagne et en URSS, mais aussi aux États-Unis tels qu’ils évoluaient déjà à son époque ? Au moment où elle écrit cet essai, en 1967, deux mensonges majeurs se sont déjà institutionnalisés aux États-Unis, même si l’un s’avère plus réussi que l’autre. Le premier concerne la guerre du Vietnam. Les nombreux mensonges qui ont rendu cette guerre possible ont finalement été rendus publics lorsque Daniel Ellsberg a divulgué les « Pentagon Papers » en 1971. Arendt a consacré une attention considérable à ce rapport et à l’obsession malsaine de l’exécutif pour la « fabrication d’images« . D’autre part, les mensonges entourant les assassinats des années 1960 n’avaient pas encore, à l’époque, été rendus entièrement publics, et ils ne le sont toujours pas.

En ce qui concerne l’assassinat de John F. Kennedy, Arendt, dans sa dernière interview, en octobre 1973, remarquait :

Je pense que le véritable tournant dans toute cette affaire a été en effet l’assassinat du président. Peu importe comment vous l’expliquez et peu importe ce que vous savez ou ne savez pas à ce sujet, il est tout à fait clair que maintenant, vraiment pour la première fois dans une très longue période de l’histoire américaine, un crime direct a interféré avec le processus politique. Et cela a en quelque sorte changé le processus politique.

Sa déclaration « cela a en quelque sorte changé le processus politique » est remarquable. Elle fait référence à la naissance de l’utilisation systématique du « mensonge » qui change la réalité dans la politique américaine, l’utilisation d’une technologie capable d’assurer la création réussie d’une nouvelle réalité qui peut, comme Arendt l’a dit, se substituer à « la réalité et la factualité. » Dans cette même interview, à la question de savoir ce qui motive « l’arrogance du pouvoir » de l’exécutif, elle répond : « C’est vraiment la volonté de dominer, pour l’amour du ciel. Et jusqu’à présent, cela n’a pas réussi, car je suis toujours assise avec vous à cette table et je parle assez librement … d’une certaine manière, je n’ai pas peur. »

Dans le sillage de l’assassinat – je devrais dire les assassinats, car les décès de John F. Kennedy, Robert Kennedy et Martin Luther King faisaient bien sûr tous partie de la même série – l’atmosphère spirituelle et intellectuelle des États-Unis a subi un changement radical. L’humaniste de formation classique, pourtant déjà une rareté, a tout simplement disparu de la politique américaine. « Le sexe, drogue et rock-and-roll », le mysticisme, J.R.R. Tolkien, bien que de manière très différente, ont également servi à détourner beaucoup d’autres personnes du contact avec la vraie politique. Ceux qui étaient encore attirés par la politique ne pouvaient être que de deux types. L’un était l’« idéaliste » à la Ronald Reagan qui embrassait une version fantaisiste de l’Amérique et du monde en général. L’autre était le réaliste autoproclamé, le technocrate. Arendt, dans ses réflexions sur les Pentagon Papers, a décrit ces technocrates et « résolveurs de problèmes » comme des hommes intelligents qui, « à un degré plutôt effrayant », sont au-dessus de tout sentimentalisme. Ils mentent systématiquement, non pas parce qu’ils manquent de toute intégrité, mais simplement « parce que cela leur donne un cadre dans lequel ils peuvent travailler. » Le divorce total entre l’acte et sa signification profonde crée en effet le cadre idéal pour un travail sans fin.

Ce même type psychologique en est venu progressivement à occuper tous les bureaux de tous les buildings des think tanks de Washington et de Crystal City. Ce sont eux qui, après la chute de l’Union soviétique, ont élaboré les plans visant à décimer une demi-douzaine de pays au Moyen-Orient et en Asie centrale, après l’avoir déjà fait en Asie de l’Est et en Amérique centrale des années 1960 aux années 1980. Ce sont eux qui ont parsemé leurs discours de bons mots tels que « Tous les dix ans environ, les États-Unis doivent prendre un petit pays minable et le jeter contre le mur, juste pour montrer au monde que nous sommes sérieux ». Rien ne fournit une base plus vigoureuse pour l’action et le contrôle que la peur, et les technocrates se mettent donc volontiers à créer les menaces qui suscitent cette peur toujours si utile.

On pourrait continuer ainsi. D’une manière générale, l’impact de ces assassinats a été le suivant : il a contribué à l’émergence d’une culture américaine qui, si elle n’est pas littéralement terrifiée par la pensée, l’évite au moins autant qu’il est humainement possible. Il est plus sûr de s’en tenir au scénario pré-approuvé.

Maintenant que le monde dans son ensemble, ou en tout cas les grandes puissances, adoptent la technocratie, le problème du mensonge en politique, ainsi que la signification de la « vérité » et de la « réalité », doivent être réévalués. Il ne suffit plus de critiquer le mensonge en termes moraux. Seule une critique philosophique et théologique peut avoir un espoir d’adéquation avec le défi que représente la technocratie, notre nouvelle (anti) civilisation mondiale.

Une fois que le savoir technologique devient omniprésent, la « réalité » ne peut plus agir comme une limite ou une discipline contre le mensonge. Entre l’assassinat de Kennedy et aujourd’hui, en ce milieu d’année 2021, il y a eu de nombreux cas de création technocratique de nouvelles « réalités » englobantes accomplies par l’utilisation de ce que l’on appelait autrefois des « mensonges ». Le Russiagate vient certainement à l’esprit. Tout comme l’opération Timber Sycamore en Syrie. Tout comme ce fameux suicide dans une prison de New York, en août 2019, d’une personne également apparemment liée aux milieux du renseignement [Epstein, NdT]. Nous n’avons ni le temps ni l’espace pour développer tous ces exemples ici, et de toute façon, il serait inutile de le faire, sauf, peut-être, dans une nouvelle itération du Samizdat.

L’Empire romain a persisté pendant des siècles sans aucune dévotion notable à la vérité. C’est en tout cas l’avis de Simone Weil [la philosophe, NdSF]. La Rome antique a démontré l’efficacité de la combinaison du pouvoir absolu, d’une part, et du maintien d’une réputation de grandeur, d’autre part. Cette méthode de domination humaine reposait sur une abondante autopromotion complétée par un système de propagande omniprésent. Cette même propagande était d’autant plus convaincante qu’elle suscitait l’effroi par l’usage massif de la force déployée contre quiconque y résistait. Dans ses Réflexions sur les origines de l’hitlérisme, Weil a trouvé dans la Rome antique l’inspiration originelle de cette puissance qui, au moment même où elle écrivait, terrorisait la France et la majeure partie du reste du continent européen.

La Rome antique était avant tout un système volontariste, même si ce n’était pas, du moins au sens de ce terme que nous avons exploré plus haut, un système technocratique. Certes, sa conception de la nature et de la science différait grandement de celle de la Grèce antique. Ce qui préoccupait Rome avant tout, selon Weil, c’était son prestige. « Toutes ces cruautés [le traitement réservé par Rome à Carthage, entre autres massacres] constituaient le moyen d’élever son prestige. Le principe central de la politique romaine (…) était de maintenir son propre prestige dans toute la mesure du possible, et quel qu’en soit le prix. » Plus loin dans l’essai, elle ajoute que « rien n’est plus essentiel à une politique fondée sur le prestige que la propagande. »

Je me demande souvent si, si Simone Weil écrivait aujourd’hui, elle aurait vu dans les États-Unis le digne successeur de la Rome antique. Certains indices, parsemés dans ses écrits, laissent penser qu’elle aurait pu être encline à aller dans ce sens. Dans « A Propos de la question coloniale », elle écrit :

Nous savons bien qu’il existe un grave danger d’américanisation de l’Europe après la guerre, et nous savons ce que nous perdrions si cela devait arriver. Ce que nous devrions perdre, c’est cette partie de nous-mêmes qui s’apparente à l’Orient. … il semble que l’Europe ait périodiquement besoin de contacts authentiques avec l’Est afin de rester spirituellement vivante… l’américanisation de l’Europe conduirait à l’américanisation du monde entier.

Weil s’inquiète que la domination de l’Amérique après la guerre signifie que « l’humanité dans son ensemble perdra son passé. »

Ce que Weil craignait s’est presque déjà produit. Certes, que ce soit l’Amérique ou un autre pays qui agisse comme moteur de l’ordre technocratique n’a, en fin de compte, que peu d’importance. Tant qu’une grande puissance – les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Allemagne, etc. – adopte la technocratie, cela déclenche un mécanisme de rétroaction qui rend presque impossible pour toute autre nation de faire un choix civilisé. Aujourd’hui, la Russie craint clairement que le rejet de l’approche technologique ne fasse d’elle une proie facile pour les prédateurs extérieurs, et son alliance croissante avec la Chine n’est guère propice à l’abandon de la technocratie. Et pourtant, de toutes les grandes puissances, seule la Russie a les moyens historiques de s’engager résolument dans une autre direction.

Il fut un temps, qui semble s’être achevé au milieu de l’administration Trump, où les conseillers du Kremlin conseillaient d’embrasser la tradition russe, influencée par le christianisme byzantin, d’une rationalité fondée sur la métaphysique. Ils ont fait valoir qu’un tel traditionalisme constituerait un exemple attrayant, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Russie, et qu’il aurait l’avantage supplémentaire de relier la politique russe à quelque chose que de nombreux Russes ordinaires pourraient respecter et pour lequel ils éprouveraient de l’affection. (Le problème de la conciliation de la politique – en particulier d’une politique qui embrasse la vérité – et de la nécessité pour un public de ressentir une affection authentique pour son pays et son passé, est apparu au grand jour dans de nombreux pays ; aux États-Unis, il est au cœur même d’une crise nationale). En attendant, le résultat de ces efforts des conseillers du Kremlin reste, au mieux, assez ambigu. Les politiciens sont des pragmatiques. Ce qui n’apporte pas de résultats est généralement rejeté, et les ouvertures vers le monde extérieur fondées sur la « tradition » n’ont rien apporté à la Russie.

Est-il possible de terminer sur une note d’espoir ? Je ne peux pas parler pour la Chine. D’ailleurs, je ne peux pas non plus parler pour l’Angleterre, l’Allemagne ou la France. Quoi qu’il en soit, ce que j’ai vu de la Russie d’aujourd’hui suffit à entretenir l’espoir que, si les États-Unis ou toute autre grande puissance amorçait de manière inattendue une rupture avec le projet technocratique, pour embrasser au contraire la tradition de la rationalité qui considère la vérité comme sacrée, il y a de bonnes chances, dès aujourd’hui, qu’elle soit accueillie par la réciprocité de la Russie et, le cas échéant, par le pardon.

Nous devons, bien sûr, mettre de côté les notions romantiques sur les Russes. Certains sont matérialistes. Certains sont des technocrates. Certains sont des tricheurs. Comme tout autre peuple, les Russes ont beaucoup de défauts. Pourtant, il reste en Russie un contingent non négligeable de personnes qui n’ont pas encore oublié leur tradition millénaire et qui murmurent parfois, avec émotion, la phrase : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Ces personnes, que l’on appelle des chrétiens, ont encore au moins une base solide sur laquelle s’appuyer en Russie. Pouvons-nous en dire autant en Occident ?

Paul R. Grenier est le président et fondateur de Centre Simone Weil pour la philosophie politique

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

L’horizon s’éclaircit

Par : Zineb

Le discours de Raïssi constitue un défi particulier pour l’Occident, car il est fondé sur les valeurs de la révolution éthique qui sont à la fois étrangères et incompréhensibles pour cette élite métropolitaine.


Par Alastair Crooke – Le 16 août 2021 – Source Al Mayadeen

Il y a des moments où des lueurs de clarté brillent à travers le brouillard de la guerre narrative. Le discours d’investiture du président Raïssi ce mois-ci a été l’une de ces lueurs d’espoir. L’Iran se repositionne stratégiquement : les années passées à essayer de trouver un modus vivendi avec l’Occident n’ont fait que démontrer aux deux partenaires de cette « liaison » peu romantique qu’une relation n’est tout simplement pas possible. En effet, comme l’a laissé entendre Raïssi, cela a non seulement manqué de couler l’Iran, mais l’a aussi laissé avec une maison en désordre. Raïssi doit d’abord remettre de l’ordre dans sa maison, a-t-il dit, puis ouvrir la diplomatie à un cercle d’interactions plus large et plus diversifié. Les huit dernières années ont été étouffantes. Il faut ouvrir une fenêtre.Shafts of Clarity

Tout cela peut sembler quelque peu banal : une question de réorganisation intérieure. Cela peut donner cette impression, mais ce n’est pas le cas. C’est loin d’être banal. Précédée par le coup d’État de 1953, la révolution de 1979 a été un « os coincé dans la gorge des Américains » ; et la guerre de sept ans avec l’Irak, qui a suivi, n’a pas réussi à déloger cet « os ». Et maintenant, les espoirs américains d’enchaîner l’Iran avec les entraves de fer du JCPOA semblent avoir disparu à l’horizon.

Il s’agit ici du symbolisme plus large de ce moment – et de l’éclairage qu’il renvoie – sur une lacune clé non exprimée : ni les États-Unis, ni « Israël » (et bien sûr l’UE), n’ont la moindre idée d’un plan « B ».

Le caractère symbolique de ce point ne doit cependant pas être occulté par l’absence d’un plan « B » occidental. L’Iran est un « pivot » de la région et un « influenceur » du monde musulman. La Russie à Munich, puis la Chine à Anchorage, se sont lavées les mains de toute tentative de « diplomatie » transactionnelle avec l’Occident. Ce signal iranien d’aliénation – malgré des tentatives répétées – trouve un large écho.

La raison de ce manque de compréhension mutuelle n’est pas difficile à identifier : l’approche sous-jacente, profondément moralisatrice, de l’hyper-libéralisme particulier épousé par les élites occidentales a limité le discours politique à des positions morales simplistes, présentées comme évidentes et jugées moralement impeccables (aux yeux de cette élite métropolitaine).

Aujourd’hui, débattre du pour et du contre de la realpolitik n’est pas loin d’être une entreprise interdite. En effet, les changements dans le paradigme stratégique mondial, ou même les défis plus larges auxquels il est confronté, ne sont pas abordés de manière sérieuse. Car cela exigerait du réalisme et une compréhension stratégique que les leaders d’opinion occidentaux majoritaires rejettent comme défaitiste, voire immorale. Un plan « B » n’a donc jamais été envisagé – tant les élites étaient convaincues que l’Iran devait, bien entendu, choisir de réintégrer l’Ordre occidental.

Le discours de Raïssi constitue un défi particulier pour l’Occident, car il est fondé sur les valeurs de la révolution éthique qui sont à la fois étrangères et incompréhensibles pour cette élite métropolitaine.

Le problème de l’absence de plan « B » (étant donné les capacités de dissuasion de l’Iran) est toutefois crucial. La « guerre de l’ombre » d’Israël, les pressions exercées par les sanctions américaines et ses diverses tentatives de fomenter une « révolution de couleur » ont toutes échoué. Et la « grande guerre » est aujourd’hui au-delà des capacités de chacun. L’Occident en conclura que tout ce qui peut être fait, c’est de renforcer l’application des sanctions et de donner à « Israël » le « feu vert » pour poursuivre son entreprise d’attrition de l’Iran, en dépit de son échec patent.

Voici le dilemme : le repositionnement stratégique de Raïssi ne concerne pas seulement un rééquilibrage vers la Chine et la Russie ; son message était également celui du retour de la République iranienne à l’« indépendance » et à la « résistance » (contre les « puissances tyranniques »). Cela signifie que tout retour d’« Israël » à sa « guerre de l’ombre » contre l’Iran ne sera plus accueilli par une « patience stratégique », mais plutôt par des représailles réciproques calibrées : douleur pour douleur.

Tel est le risque. Un cycle orchestré par les Israéliens d’assassinats ou de sabotages dont ils pourraient nier en être les instigateurs – et auquel l’Iran riposterait – pourrait rapidement dégénérer en guerre.

Bien sûr, l’alternative évidente serait qu’« Israël » négocie une désescalade avec l’Iran. Mais il est peu probable que cela se produise, car l’ancien Premier ministre Netanyahou a poussé « Israël » si loin à droite – à la fois politiquement et culturellement – qu’« Israël » est acculé. Il ne peut plus résoudre la question palestinienne, que ce soit sous la forme de deux ou d’un seul État (après que les Palestiniens de 1948 se soient soulevés pour soutenir le Hamas lors de la récente guerre de Gaza), et encore moins trouver une solution à sa « guerre » avec l’Iran.

Les États-Unis ont un remède facile à proposer : se détourner du Moyen-Orient pour se tourner vers la Chine. Mais que peut faire « Israël » ?

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Tocqueville et la destruction du Nouveau Monde par ses conquérants


« A mesure que nous avancions, le but de notre voyage semblait fuir devant nous. »


Par Nicolas Bonnal – Septembre 2020 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

Nicolas Bonnal

Tocqueville n’a pas fait que de l’analyse en voyageant en Amérique ; il a aussi fait du tourisme avec son ami Beaumont et son bref journal de voyage est un des plus beaux et plus durs qui soient ; car le style incomparable de notre artiste romantique se heurte au mur de briques du puritain américain qui va détruire le monde.

Chercher la nature façon Thomas Cole et Alfred Bierstadt est déjà dur ; en effet :

Une des choses qui piquaient le plus notre curiosité en venant en Amérique, c’était de parcourir les extrêmes limites de la civilisation européenne, et même, si le temps nous le permettait, de visiter quelques-unes de ces tribus indiennes qui ont mieux aimé fuir dans les solitudes les plus sauvages que de se plier à ce que les blancs appellent les délices de la vie sociale ; mais il est plus difficile qu’on ne croit de rencontrer aujourd’hui le désert. A partir de New-York, et à mesure que nous avancions vers le nord-ouest, le but de notre voyage semblait fuir devant nous. Nous parcourions des lieux célèbres dans l’histoire des Indiens, nous rencontrions des vallées qu’ils ont nommées, nous traversions des fleuves qui portent encore le nom de leurs tribus; mais partout la hutte du sauvage avait fait place à la maison de l’homme civilisé, les bois étaient tombés, la solitude prenait une vie.

Les indiens eux-mêmes sont déjà des êtres qui rétrécissent, comme dans le film éponyme de Jack Arnold. Tocqueville ajoute sans concession :

Les Indiens que je vis ce jour-là avaient une petite stature; leurs membres, autant qu’on en pouvait juger sous leurs vêtements, étaient grêles; leur peau, au lieu de présenter une teinte rouge cuivré, comme on le croit communément, était bronze foncé, de telle sorte qu’au premier abord elle semblait se rapprocher beaucoup de celle des mulâtres. Leurs cheveux noirs et luisants tombaient avec une singulière raideur sur leurs cous et sur leurs épaules. Leurs bouches étaient en général démesurément grandes, l’expression de leur figure ignoble et méchante. Leur physionomie annonçait cette profonde dépravation qu’un long abus des bienfaits de la civilisation peut seul donner. On eût dit des hommes appartenant à la dernière populace de nos grandes villes d’Europe, et cependant c’étaient encore des sauvages. Aux vices qu’ils tenaient de nous se mêlait quelque chose de barbare et d’incivilisé qui les rendait cent fois plus repoussants encore.

Le contact avec l’Occident souille. On ne saurait être plus guénonien. Et pourtant on n’a pas affaire à des inconnus :

Ces êtres faibles et dépravés appartenaient cependant à l’une des tribus les plus renommées de l’ancien monde américain. Nous avions devant nous, et c’est pitié de le dire, les derniers restes de cette célèbre confédération des Iroquois, dont la mâle sagesse n’était pas moins connue que le courage, et qui tinrent longtemps la balance entre les deux plus grandes nations de l’Europe.

L’égoïsme froid de l’Américain frappe Tocqueville (il a bouleversé et révolté Beaumont – voyez nos textes) :

D’autres avouaient que probablement l’Indien mourrait; mais on lisait sur leurs lèvres cette pensée à moitié exprimée : qu’est-ce que la vie d’un Indien? C’était là le fond du sentiment général. Au milieu de cette société si jalouse de moralité et de philanthropie, on rencontre une insensibilité complète, une sorte d’égoïsme froid et implacable lorsqu’il s’agit des indigènes de l’Amérique. Les habitants des États-Unis ne chassent pas les Indiens à cor et à cri ainsi que faisaient les Espagnols du Mexique; mais c’est le même instinct impitoyable qui anime ici comme partout ailleurs la race européenne.

On ne peut pas dire qu’il la porte dans son cœur cette race européenne qui a rompu déjà avec ses racines spirituelles et le règne de la qualité.

Il ne faut pas lui parler de promenade romantique à notre pionnier :

Traverser des forêts presque impénétrables, passer des rivières profondes, braver les marais pestilentiels, dormir exposé à l’humidité des bois, voilà des efforts que l’Américain conçoit sans peine s’il s’agit de gagner un dollar, car c’est là le point; mais qu’on fasse de pareilles courses par curiosité, c’est ce qui n’arrive pas jusqu’à son intelligence. Ajoutez qu’habitant d’un désert il ne prise que l’œuvre de l’homme. Il vous enverra volontiers visiter une route, un pont, un beau village; mais qu’on attache du prix à de grands arbres et à une belle solitude, cela est pour lui absolument incompréhensible. Rien donc de plus difficile que de trouver quelqu’un en état de vous comprendre.

Après Tocqueville se lance dans de belles descriptions méditatives et presque transcendantales. On pense à Chateaubriand, Senancour, à Maurice de Guérin (merveille méconnue du centaure) :

Il est difficile de se figurer le charme qui environne ces jolis lieux où l’homme n’a point fixé sa demeure, où règnent encore une paix profonde et un silence non interrompu. J’ai parcouru dans les Alpes des solitudes affreuses où la nature se refuse au travail de l’homme, mais où elle déploie jusque dans ses horreurs mêmes une grandeur qui transporte l’âme et la passionne. Ici la solitude n’est pas moins profonde, mais elle ne fait pas naître les mêmes impressions. Les seuls sentiments qu’on éprouve en parcourant ces déserts fleuris, où, comme dans le Paradis de Milton, tout est préparé pour recevoir l’homme, c’est une admiration tranquille, une émotion douce et mélancolique, un dégoût vague de la vie civilisée, une sorte d’instinct sauvage qui fait penser avec douleur que bientôt cette délicieuse solitude aura cessé d’exister.

Mais le blanc va arriver :

déjà, en effet, la race blanche s’avance à travers les bois qui l’entourent, et dans peu d’années l’Européen aura coupé les arbres qui se réfléchissent dans les eaux limpides du lac et forcé les animaux qui peuplent ses rives de se retirer vers de nouveaux déserts.

Il y a quand même des mavericks chez ces blancs, des artistes, des coureurs des bois comme on disait :

…ce sont les Européens qui, en dépit des habitudes de leur jeunesse, ont fini par trouver dans la liberté du désert un charme inexprimable. Tenant aux solitudes de l’Amérique par leur goût et leurs passions, à l’Europe par leur religion, leurs principes et leurs idées, ils mêlent l’amour de la vie sauvage à l’orgueil de la civilisation, et préfèrent à leurs compatriotes les Indiens, dans lesquels cependant ils ne reconnaissent pas des égaux.

Mais il n’y a rien affaire contre le blanc destructeur :

ce peuple immense qui, comme tous les grands peuples, n’a qu’une pensée, et qui marche à l’acquisition des richesses, unique but de ses travaux, avec une persévérance et un mépris de la vie qu’on pourrait appeler héroïque, si ce nom convenait à autre chose qu’aux efforts de la vertu; peuple nomade que les fleuves et les lacs n’arrêtent point, devant qui les forêts tombent et les prairies se couvrent d’ombrages, et qui, après avoir touché l’Océan-Pacifique, reviendra sur ses pas pour troubler et détruire les sociétés qu’il aura formées derrière lui…

Avant de détruire ou de bombarder le reste du monde ! Comme dit Beaumont l’Amérique est le seul pays qui n’ait pas eu d’enfance mystérieuse ! Sa mission était de nous engloutir dans la matrice mafieuse, matérialiste et numérique.
Puis notre voyageur redevient poète et évoque la similitude cette forêt et du grand océan. On pense à Melville, à Moby Dick bien sûr et au si bel essai de Jacques Cabau sur la Prairie perdue :

Il nous est souvent arrivé d’admirer sur l’Océan une de ces soirées calmes et sereines, alors que les voiles, flottant paisiblement le long des mâts, laissent ignorer au matelot de quel côté s’élèvera la brise. Ce repos de la nature entière n’est pas moins imposant dans les solitudes du Nouveau-Monde que sur l’immensité des mers.

Et plus loin :

Ce n’est pas au reste dans ce seul cas que nous avons remarqué la singulière analogie qui existe entre la vue de l’Océan et l’aspect d’une forêt sauvage. Dans l’un comme dans l’autre spectacle, l’idée de l’immensité vous assiège. La continuité, la monotonie des mêmes scènes étonne et accable l’imagination.

On a déjà évoqué nos coureurs des bois (redécouvrez en ce sens la captive aux yeux clairs de Hawks) ; ils reviennent sous la plume de notre indien :

Pénétrez sous cette cabane de feuillage; vous y rencontrerez un homme dont l’accueil cordial et la figure ouverte vous annonceront dès l’abord le goût des plaisirs sociaux et l’insouciance de la vie. Dans le premier moment, vous le prendrez peut-être pour un Indien. Soumis à la vie sauvage, il en a volontairement adopté les habits, les usages et presque les mœurs : il porte des mocassins, le bonnet de loutre et le manteau de laine. Il est infatigable chasseur, couche à l’affût, vit de miel sauvage et de chair de bison.

Or cet homme est un bon Français :

Cet homme n’en est pas moins resté un Français gai, entreprenant, fier de son origine, amant passionné de la gloire militaire, plus vaniteux qu’intéressé, homme d’instinct, obéissant à son premier mouvement moins qu’à sa raison, préférant le bruit à l’argent. Pour venir au désert, il semble avoir brisé tous les liens qui l’attachaient à la vie. On ne lui voit ni femme ni enfants.

Et de le comparer au rude américain enfant de Caïn :

A quelques pas de cet homme habite un autre européen qui, soumis aux mêmes difficultés, s’est raidi contre elles. Celui-ci est froid, tenace, impitoyable argumentateur. Il s’attache à la terre et arrache à la vie sauvage tout ce qu’il peut lui ôter. Il lutte sans cesse contre elle, il la dépouille chaque jour de quelques-uns de ses attributs. Il transporte, pièce à pièce, dans le désert ses lois, ses habitudes, ses usages, et, s’il se peut, jusqu’aux moindres recherches de sa civilisation avancée. L’émigrant des États-Unis n’estime de la victoire que ses résultats…

Tocqueville sent le danger du métissage ; et il écrit à ce sujet :

Ne sachant comment se guider au jour incertain qui l’éclaire, son âme se débat péniblement dans les langes d’un doute universel : il adopte des usages opposés, il prie à deux autels, il croit au rédempteur du monde et aux amulettes du jongleur, et il arrive au bout de sa carrière sans avoir pu débrouiller le problème obscur de son existence.

Ce qu’il ressent dans son voyage (la région de Détroit et du lac Erié donc) c’est l’effrayant et rapide bouleversement en cours :

Cinquante lieues séparent encore cette solitude des grands établissements européens, et nous sommes peut-être les derniers voyageurs auxquels il ait été donné de la contempler dans sa primitive splendeur : tant est grande l’impulsion qui entraîne la race blanche vers la conquête entière du Nouveau-Monde! C’est cette idée de destruction, cette arrière-pensée d’un changement prochain et inévitable qui donne, suivant nous, aux solitudes de l’Amérique un caractère si original et une si touchante beauté.

On est presque chez Tolkien (chez Fenimore Cooper il règne une aura presque elfique parfois). L’homme a un trop grand pouvoir de destruction. Tocqueville :

On les voit avec un plaisir mélancolique. On se hâte en quelque sorte de les admirer. L’idée de cette grandeur naturelle et sauvage qui va finir se mêle aux magnifiques images que la marche de la civilisation fait naître. On se sent fier d’être homme, et l’on éprouve en même temps je ne sais quel amer regret du pouvoir que Dieu vous a accordé sur la nature. L’âme est agitée par des idées, des sentiments contraires; mais toutes les impressions qu’elle reçoit sont grandes, et laissent une trace profonde.

Nicolas Bonnal sur Amazon.fr

Ridley Scott et le cinéma rétrofuturiste Les mystères de Stanley Kubrick Louis-Ferdinand Céline : La colère et les mots Guénon, Bernanos et les gilets jaunes

Sources

Tocqueville : Quinze Jours au Désert souvenirs d’un voyage en Amérique
https://fr.wikisource.org/wiki/Quinze_Jours_au_D%C3%A9sert_souvenirs_d%E2%80%99un_voyage_en_Am%C3%A9rique


Gustave de Beaumont et la critique radicale de la démocratie américaine.


 

 

 

 

Pass sanitaire, biopolitique et apartheid social


Par Patrice-Hans Perrier − Le 11 août 2021 − Source Strategika

Strategika – Le professeur Neil Ferguson a récemment expliqué que l’épidémie de Coronavirus pourrait être jugulée d’ici octobre. D’autres sources semblent indiquer la possible arrivée de nouveaux protocoles de traitements anti-covid en Octobre. Rappelons que Neil Ferguson – que les anglais appelle « Professor Lockdown » – est à l’origine du célèbre modèle de l’Imperial College de Londres. C’est lui qui avait averti Boris Johnson que, sans un confinement immédiat, le coronavirus causerait 500 000 décès et submergerait le National Health Service. Ses projections amèneront la plupart des gouvernements occidentaux à suivre la même politique. Il préconisait aussi dès le départ un confinement de 18 mois en six étapes. Confinement qu’il avait d’ailleurs lui-même enfreint dès mars 2020. Les récentes déclarations de Neil Ferguson ont amené Boris Johnson à mettre en garde la population contre des conclusions « prématurées ». Dans la foulée de ces déclarations en Grande-Bretagne, on commence aussi à parler de la chute des contaminations pour d’autres pays comme les Pays-Bas ou la Tunisie, deux pays qui connaissent de grands soulèvements populaires.

Selon vous, pourquoi Ferguson fait-il ces déclarations en ce moment ? Est-ce pour tenter de juguler la colère populaire qui monte dans le monde entier ? Allons-nous vers un changement dans la narration covidienne ?

PHP – La « narration covidienne », pour reprendre votre expression, est une sorte de coup de semonce, c’est-à-dire qu’elle inaugure la mise en vigueur de ce que j’appelle les « Tables de Davos ». En effet, Klaus Schwab et ses associés caressent un plan eugéniste qui consiste à réduire la taille de l’humanité au moyen d’une cure d’amaigrissement drastique. La grande réinitialisation consistant en un scénario qui table sur une succession de crises – sanitaire, informatique, économique, sociale – afin de déstructurer les infrastructures nationales et de transférer une part importante des actifs régaliens vers l’escarcelle des grandes transnationales.

Lucien Cerise et Yousef Hindi ont très bien expliqué tout le processus cabalistique qui consiste à fragmenter la cohésion d’une société afin d’être en mesure d’en modifier les structures anthropologiques. Car, ne l’oublions pas, il s’agit d’une entreprise de re-façonnage de la société occidentale qui table sur l’effet de PEUR comme principal levier d’action en termes de polémologie. La crise du coronavirus constituant la première salve, c’est désormais toute la question du crédit social et de ses déclinaisons, en matière d’identification et de contrôle numérique, qui s’est installée à demeure.

Neil Ferguson, qui est un condottiere de première, a été mandaté pour représenter des autorités de santé publique qui font partie d’un théâtre d’ombres chinoises et … c’est le cas de le dire. C’est à lui qu’incombe la responsabilité d’avoir lancé la première salve mensongère qui permettra à la classe politique stipendiée de confiner l’ensemble de la population occidentale le temps d’amorcer une première opération de démolition contrôlée des économies en lice.

Maintenant que la première opération de démolition a été menée avec succès, il faut bien admettre que le variant DELTA et les autres chimères concoctées par les cabalistes aux manettes ne sont pas si dangereux que ça et que le taux de mortalité RÉELLE de cette prétendue quatrième vague avoisine le néant. D’autant plus que les test PCR de Drosten sont du pipeau de A à Z – ce que les plus hautes autorités américaines ont bien été obligées d’admettre – et qu’il est patent pour ceux qui ont un minimum de jugeote que la majorité des cas de mortalité causés par le COVID 19 sont en fait des faux en écriture.

En effet, un nombre considérable de décès étiquetés « COVID 19 » concernait des cas de comorbidité où les patients souffraient de graves maladies terminales et avaient été faussement testés positifs au coronavirus. C’est ce qui explique que les autorités médicales impliquées ont vertement refusées de procéder à des autopsies en bonne et due forme. Rajoutons à tout cela le fait que les géants biopharmaceutiques impliqués ont bien été obligés d’admettre que leur thérapie génique en est toujours au stade de l’expérimentation et que l’administration de plusieurs injections de leur potion magique risque de réduire considérablement le système immunitaire des patients ayant consentis sous le poids de la contrainte. Ferguson, sentant que la soupe est chaude, est bien obligé de tenter de calmer le jeu, histoire de sauver la face ; mais aussi de nous préparer à l’étape suivante de cette « démolition contrôlée » : la crise informatique. D’où les récents exercices de simulation baptisés Cyber-Polygone 2021.

Strategika – Pourquoi le gouvernement accélère-t-il la marche en France et tente-t-il de faire passer en force le pass-sanitaire au risque de déclencher un soulèvement populaire plus massif encore que celui des gilets jaunes ? Est-ce justement parce-qu’il sait que la fenêtre de tir covidienne va bientôt se refermer ?

PHP – L’Emmanuel, qui est un autre condottiere, joue son va-tout, c’est-à-dire qu’il accélère la cadence avant la fin de son quinquennat afin d’imposer un PASS SANITAIRE qui n’est, dans les faits, que l’embryon d’un système de crédit social basé sur la traçabilité du cheptel humain et la cryptomonnaie. Macron est, de facto, le dernier représentant d’une lignée de traîtres à la nation, inaugurée par François Mitteleuropa, presque tous des American Young Leaders dûment mandatés par la Round Table et toutes les officines atlantistes de ce monde afin de démanteler la France morceau par morceau. La France ne pouvant plus adopter ses propres budgets – Règle d’Or de Bruxelles oblige – , les oligarques coalisés autour de Macron ayant cédé plusieurs secteurs stratégiques industriels aux américains et les forces armées de l’Hexagone étant sous la tutelle du Haut commandement de l’OTAN, on peut donc dire qu’il ne reste que le PEUPLE de France à briser. C’est la phase ultime du mandat de celui qui pourrait bien être le dernier président d’une Cinquième République moribonde.

Tout ce mouvement de troupes sent la guerre civile larvée – avec une tentative avortée de dresser les vaccinés contre les réfractaires – dans une perspective de coup d’état militaire avant la tenue des prochaines élections présidentielles. Curieusement, on dirait que Macron et sa fine équipe font tout leur possible pour mettre un terme à cette Cinquième République qui a, de plus en plus, une curieuse ressemblance avec … la République de Weimar. La coupe est pleine, le petit peuple de France n’en pouvant plus, les COMMISSAIRES BOLCHÉVIQUES de Bruxelles vont bientôt sonner la fin de la récréation et exiger une reddition de comptes. On sent que cette histoire de PASS SANITAIRE fait partie d’un ultime scénario visant à instaurer, manu militari, un état d’exception où les prérogatives de la constitution seront suspendues, le temps de mettre sur pieds un véritable protectorat bruxellois. Et, de fils en aiguille, les mesures de contrôle sanitaire pourraient bien se métamorphoser en véritable état policier avec un confinement permanent à la clef. Il s’agit, toutefois, d’un ultime coup de grâce asséné à la nation qui pourrait se retourner contre ses auteurs.

Strategika – Sur quoi la colère populaire et les manifestations peuvent-elles déboucher selon vous ?

PHP – La Cinquième République ne tient plus qu’à un fil, toutes ses institutions ayant été discréditées et ne valant plus rien aux yeux d’une immense majorité de citoyens qui ne se déplace même plus pour aller voter. Lucien Cerise a très bien saisi ce kairos – ou temps du moment opportun – qui fait en sorte que les FORCES DE L’ORDRE pourraient abandonner leurs maîtres stipendiés et se ranger du côté des forces vives de la nation. Cette carte aurait l’avantage de permettre au peuple et à la petite bourgeoisie de confisquer le coup d’état anticipé du Président Macron pour instaurer une période d’interrègne. Certains parlent même d’un scénario de restauration d’une monarchie constitutionnelle dans un contexte où il serait hors de question d’instaurer une Sixième République telle que rêvée par tous les Merluchon de ce monde.

Le gouvernement Macron fait la loi par décret et transgresse manifestement toutes les prérogatives de la constitution en imposant une dictature sanitaire qui fait fi des dispositions qui protégeaient les droits et libertés. De facto, l’Habeas corpus a été suspendu en France et la junte aux manettes accélère la cadence en conformité avec les desiderata de Bruxelles, puisque les Commissaires européens ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Hormis sa sociopathie aiguë, le potentat parisien ne fait qu’appliquer la feuille de route des « Tables de Davos », à l’heure où les véritables donneurs d’ordre souhaitent passer au scénario de la crise informatique.

La cadence des manifestations pourrait bien s’intensifier cet automne, avec une montée en crescendo de la paralysie gouvernementale malgré le cahier de charges despotique adopté. La question étant tout simplement la suivante : qui prendra la décision de siffler la fin de la récréation ? Un Conseil militaire d’exception ou une sorte de Conseil national de la Résistance (CNR) ayant pour mandat de déposer l’actuel potentat et d’abroger les prochaines élections présidentielles, le temps d’instaurer un gouvernement de transition.

Strategika – Est-il imaginable qu’on en finisse réellement avec le Covid ? Si oui le scénario covidien va-t-il être remplacé par autre chose ?

PHP – À mon avis, nos élites stipendiées par les cabalistes de Davos pourraient bien faire du PASS SANITAIRE une sorte de « passeport vert » qui vous donnera le droit d’exercer vos prérogatives de futurs « citoyens » d’une gouvernance trans-européenne tyrannique. La crise du Covid débouchant sur une prochaine crise informatique – anticipée à l’horizon du début de l’année 2022 – l’urgence sanitaire va se muer en urgence tout court. D’où cette idée de « passeport vert » déjà mise dans les cartons de nos commissaires stakhanovistes. Il n’y aura pas de cinquième variant, puisque l’Epsilon devrait être, selon toute vraisemblance, une fenêtre d’opportunités débouchant sur une série de crises informatiques d’une magnitude jamais vue. D’ailleurs, plusieurs coups de semonce ont été tirés à travers le monde à ce sujet en 2021.

Strategika – Tout comme Bill Gates, l’épidémiologiste Bruce Aylward, conseiller du directeur de OMS et responsable du programme international Covax expliquait « qu’il faut vacciner autour de 60 % de la population mondiale pour stopper l’épidémie de Covid-19 ». Peut-on penser qu’une fois atteint ce taux de vaccinations dans la plupart des pays, les autorités lâcheront prise ? Que feront-elles alors des non-vaccinés ? Vont-elles tenter de réduire ce bloc d’irréductibles sur le temps long afin d’atteindre une couverture vaccinale totale ou accepteront-elles qu’une partie de la population (30, 20 % ?) continue de vivre normalement sans être vaccinée ?

PHP – Il s’agit, d’abord et avant tout, de diviser pour régner. Il n’est pas nécessaire de vacciner tout le monde. A contrario, il est beaucoup plus avantageux de constituer un régime comportant deux classes de citoyens : ceux qui « jouiront » des prérogatives de la nouvelle Trans-Europe Express et les parias qui seront définitivement spoliés de tous leurs biens et droits. On voit, désormais, se dessiner un mode d’élimination accélérée des réfractaires qui sera rendu possible par une distorsion incroyable d’un état de droit totalement dévoyé. Sous prétexte de protéger la majorité des « citoyens », la junte européenne prévoit, déjà, de mettre en place des camps de concentration et des méthodes d’élimination des contrevenants manu militari.

Un état de confinement permanent sera institué à des fins de « salut public », et pas seulement en termes de « santé publique ». Il s’agit d’un bon quantique de la santé vers le SALUT PUBLIC. Il s’agit de purger les porteurs de VIRUS de la pensée non-conforme : tous les contempteurs du globalisme et du transhumanisme devront être neutralisés, désintoxiqués, voire éliminés. Les non-vaccinés sont, DÉJÀ, identifiés comme des fauteurs de troubles, des antisociaux, voire des extrémistes en voie de radicalisation. Le peuple de France et l’ensemble des forces vives de la nation ont clairement identifié la quadrature du cercle : il faut, de toute urgence, que se poursuive la lutte contre l’instauration du PASS SANITAIRE et d’un mode de gouvernance à deux vitesses. Parce que ceux qui détiendront le « Sésame » pourraient, tout aussi bien, se faire confisquer certains droits à la carte. Il s’agit d’une dictature par soustraction d’air : l’alternance entre « citoyens » conformes et délinquants permettant d’instituer ce fameux crédit social à la chinoise qui fera en sorte de profiler le comportement des détenus de la future geôle planétaire.

Strategika – Comment devront alors vivre les humains non-vaccinés ? Seront-ils réellement des citoyens de seconde zone voire pire ? Un contrôle biopolitique global de type chinois est-il envisageable pour l’ensemble de l’humanité ou le réel est-il encore trop conservateur ?

PHP – L’Habeas corpus a été suspendu. J’espère que vous saisissez cette nuance. Il n’y a plus d’état de droit et nous sommes, déjà, en dictature. Maintenant, c’est la tyrannie qui se met en place, ce qui constitue un temps beaucoup plus fort que celui de la dictature. La dictature, c’est le moment du COUP DE FORCE, le temps intermédiaire entre la DÉCADENCE et … la TYRANNIE.

Cessons de nous plaindre de ce monde déliquescent – à la manière de tous les Philippe Muray de ce monde – et comprenons bien que nous survivons à travers les restes fumants de ce qui constituait, naguère, une proto-société, une sorte de rogaton de société déjà complétement atomisée. Le rôle actuel des politiques n’est PAS d’arbitrer les forces du POLEMOS au sein de la société, mais bien de GÉRER des quantités en lieu et place des anciens citoyens. Nous sommes à l’orée de la société des nombres, un monde entièrement conçu et administré par de mauvais cabalistes qui utilisent le concept de RÉVOLUTION en qualité de VORTEX utilisé afin de liquéfier la société et tous ses codes culturels. Les institutions religieuses, c’est-à-dire la pratique exotérique, ont été compromises ; les élites corrompues et la culture anéantie ; le travail a été graduellement robotisé, puis éliminé, pour qu’un assistanat puisse permettre aux technocrates de lisser tout ce qui dépassait en matière de « bouches inutiles » ; la GUERRE DES SEXES est entrée dans sa phase terminale ; la FAMILLE n’existe plus et la PROPRIÉTÉ INDIVIDUELLE sera bientôt confisquée.

Nous sommes dans l’actualisation du phantasme du Grand Phalanstère de l’utopiste Charles Fourier, un monde où les humains seront reprogrammés afin d’adopter le comportement des fourmis. La grande fourmilière maoïste est désormais, et nul ne peut le nier, presqu’une réalité. Les non-vaccinés sont appelés à être confinés in extremis, le temps d’éliminer une portion indésirable de NOMBRES trop lourds à gérer pour le Politburo ; alors que les vaccinés devront se conformer aux nouveaux « protocoles » de mise en circulation des « nombres » au sein d’une matrice régie par l’Intelligence artificielle et les algorithmes de prédictibilité. Pour paraphraser Schwab le cabaliste « les objets seront interconnectés et nous serons tous interconnectés via un réseau où la prédictibilité permettra d’éliminer la marge d’erreur qui fait en sorte de rendre notre écosystème ingérable. Vous ne posséderez rien, mais vous serez heureux … », et nous serions tentés d’ajouter que « vous ne vous posséderez plus; puisque votre corps, votre esprit et votre âme seront entre les mains de NOTRE science ».

Exit le scénario covidien, maintenant, place au scénario informatique. Avec une pléiade de pannes anticipées, les centrales nucléaires, les trains, une part importante des usines, les centres de distributions, la réseautique des services gouvernementaux, la production et la distribution alimentaire, les services de santé et les forces de l’ordre risquent d’être paralysés partiellement de manière … permanente. Il faudra, conséquemment, RATIONNER. Après le confinement des réfractaires, suivra le rationnement des dociles et le système de crédit social pourra se mettre en place. Avec la paralysie du système de production et de distribution, l’anomie des services gouvernementaux, l’état de rationnement pourra se mettre en place et suivront les CRISES ÉCONOMIQUE ET SOCIALE. Cette partita est magnifique, luciférienne à souhait et elle est proprement délicieuse en cela qu’elle nous permet, enfin, de mettre à plat toute la mécanique projectuelle des adeptes de l’initiation contrefaite, suivant les enseignements de l’inestimable René Guénon.

Le PASS SANITAIRE c’est le SÉSAME de la futur METROPOLIS des algorithmes lucifériens. Voilà la formule magique ! Le futur « citoyen » devra être interconnecté – par injection de particules de graphène et, in fine, par insertion d’une micropuce ou d’un tatouage permanent – avec les objets « intelligents » de la nouvelle SMART CITY luciférienne où la sacro-sainte prédictibilité remplacera le « libre arbitre » si cher aux idiots utiles de la maçonnerie BASIQUE.

Ainsi, si l’on suit le cahier de charges de nos maîtres réels, votre liberté de mouvement sera conditionnée par votre acquiescement à votre propre TRAÇABILITÉ. Il s’agit, in fine, de suivre à la trace vos mouvements et déplacements, vos achats et transactions, mais, tout autant, vos désirs et vos pensées les plus profondes. Il s’agit de faire de VOUS des nombres corvéables à merci. Ceci étant dit, les anciens non-vaccinées, seront promis au confinement permanent et devront, conséquemment, tisser des liens informels avec les « CONFORMES » afin de pouvoir obtenir des accréditations, des biens ou des services de première nécessité. À l’inverse, les « CONFORMES » pourraient avoir avantage à tisser des liens avec les nouveaux pestiférés de cette cité numérisée afin de se soustraire à leurs obligations fiduciaires envers les cabalistes aux manettes. C’est en jouant de l’alternance entre les zones de « non-droit » et les NODES INTERCONNECTÉS que les citoyens de cette cité dévoyée pourront tisser les liens de la future dissidence. Ce sera aux dissidents d’apprendre à DISSOUDRE les nouveaux liens de conformité mis en place par les adeptes de cette marche forcée vers le grand chaos universel. Jouer sur les alternances et les rythmes de cette nouvelle gouvernance mondiale afin de pouvoir REBÂTIR la cité des hommes et des femmes LIBRES.

Patrice-Hans Perrier

Patrice-Hans Perrier est un journaliste indépendant qui s’est penché sur les affaires municipales et le développement urbain durant une bonne quinzaine d’années. Disciple des penseurs de la lucidité – à l’instar de Guy Debord ou Hannah Arendt – Perrier se passionne pour l’éthique et tout ce qui concerne la culture étudiée de manière non-réductionniste. Dénonçant le marxisme culturel et ses avatars, Patrice-Hans Perrier s’attaque à produire une critique qui ambitionne de stimuler la pensée critique de ses lecteurs. Passant du journalisme à l’analyse critique, l’auteur québécois fourbit ses armes avant d’aborder le genre littéraire. Patrice-Hans Perrier est un contributeur régulier de différents sites d’analyses stratégiques tels que le Saker francophone, Dedefensa, Réseau International. Vous pouvez aussi le retrouver sur son propre site : patricehansperrier.wordpress.com et sur le réseau social VK.

L’establishment de la politique étrangère américaine est incroyablement stupide

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 3 septembre 2021

L’establishment de la politique étrangère américaine est incroyablement stupide :

A cause de son retrait de l'Afghanistan, Biden s’est mis à dos l'establishment de la politique étrangère, New York Times, 1er sept. 2021

"L'establishment de la politique étrangère s'est trompé en Irak, où les États-Unis sont allés trop loin", a déclaré Richard N. Haass, président du Council on Foreign Relations. "Nous nous sommes trompés en Libye, nous nous sommes trompés au Vietnam. Mais à part cela, au cours des 75 dernières années, l'establishment de la politique étrangère a fait la plupart des choses correctement."

Qu’est-ce que l’« establishment » de la politique étrangère a fait correctement ?  Il est amusant de constater qu’il ne cite pas un seul cas de réussite.  C’est probablement parce qu’il n’y en a pas.

"Ma plus grande inquiétude est que les États-Unis entrent peut-être dans une ère de sous-exploitation", a déclaré M. Haass, qui a servi dans l'administration de George W. Bush. "L'histoire montre qu'il y a autant de risques à ne pas aller assez loin qu'à aller trop loin."

Ne pas aller trop loin = ne pas mener et perdre des guerres d’agression illégales ? S’il vous plaît, quel est le risque avec ça ?

Voilà le vrai problème :

Micah Zenko @MicahZenko - 0:38 UTC - 3 sept. 2021

L'establishment de la politique étrangère ne fait généralement pas d'auto-analyse. Les dirigeants et les bailleurs de fonds ne l'exigent pas, l'accent est intrinsèquement orienté vers le futur, et l'analyse prédictive si infalsifiable que l'évaluation est impossible.

Ce phénomène va au-delà de l’establishment :

Pourquoi les États croient aux idées folles : Pas d’auto-analyse faite par les États et les sociétés – MIT, 10 janvier 2002

Les théoriciens de l'organisation notent que les organisations sont de piètres auto-évaluatrices ; je soutiens ici que les États souffrent du même syndrome.

Ce défaut d'auto-évaluation entrave l'apprentissage national et permet aux perceptions erronées de se développer. Les mythes, la fausse propagande et les croyances anachroniques persistent en l'absence d'institutions d'évaluation solides qui testent les idées en fonction de la logique et des preuves, et qui éliminent celles qui échouent. En conséquence, l'apprentissage national est lent et l'oubli est rapide. L'environnement extérieur n'est perçu que faiblement, à travers un brouillard de mythes et de perceptions erronées.

Les États qui perçoivent ainsi leur environnement de manière erronée sont condamnés à ne pas s'y adapter, même si les sanctions dues à cet échec sont élevées. Aveugles aux incitations auxquelles ils sont confrontés, ils réagiront de manière inappropriée, même s'ils acceptent en théorie la nécessité de s'adapter.

C’est également la raison pour laquelle les États-Unis écoutent, encore et toujours, les mêmes personnes toujours aussi stupides.

Micah Zenko @MicahZenko – 15:44 UTC – 21 Aout 2021

C'est triste de voir que tant d'experts, d'universitaires et d'anciens fonctionnaires, qui se trompent régulièrement et ne s'excusent même pas, continuent d’être sollicités pour leur sagesse en matière de politique étrangère.

Non seulement il n'y a aucune obligation de rendre des comptes, mais l'obstination à se tromper est constamment récompensée par les gardiens des médias, les groupes de réflexion, le secteur privé, etc.

Chaque intervention américaine invraisemblable ou guerre désastreuse a été fortement encouragée par des intellectuels et des experts publics - souvent les mêmes 3 ou 4 douzaines de personnes.

Enfin, étant donné que les États-Unis ont une telle influence sur le reste du monde, les débats sur les choix spécifiques en matière de politique étrangère ne peuvent continuer à être menés par les mêmes voix qui se trompent régulièrement. Le monde a besoin de bien mieux.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Alors que l’accord de Vienne s’estompe, l’option militaire est-elle de plus en plus chimérique ?

Par : Zineb

La perspective du JCPOA s’éloignant, l’Occident envisage, comme on pouvait s’y attendre, des options militaires.


Par Alastair Crooke – Le 7 août 2021 – Source Al Mayadeen

Les États-Unis se détournent rapidement du JCPOA. Rob Malley, négociateur en chef américain, a fait part ce week-end de ses doutes croissants quant à la possibilité d’un accord avec l’Iran. Raïssi et sa nouvelle équipe de politique étrangère ont promis d’exiger une « mise en œuvre adéquate » du JCPOA, si les négociations de Vienne reprennent en septembre ou en octobre.As JCPOA Deal Fades, Is the Military Option More a Chimaera?

La perspective du JCPOA s’éloignant, l’Occident envisage, comme on pouvait s’y attendre, des options militaires. Lundi, le ministre israélien de la défense, Gantz, a déclaré qu’« Israël » devait prendre des mesures « dès maintenant » à la suite de l’attaque par drone de la semaine dernière contre un navire exploité par Israël près d’Oman. « Israël », les États-Unis et le Royaume-Uni ont rejeté la faute sur Téhéran, mais l’Iran dément.

L’Establishment américain d’aujourd’hui, cependant, souhaite ardemment laisser derrière lui sa vieille « guerre contre le terrorisme » centrée sur le Moyen-Orient, pour passer à sa nouvelle « menace » flambant neuve : la « concurrence entre grandes puissances » – avec une cible épinglée sur la poitrine de la Chine. Le fait est que les conflits au Moyen-Orient ne suffisent plus à faire sortir un électeur américain de son lit (ces matins-ci), mais que dans un système politique américain radicalement polarisé, la seule chose qui suscite des applaudissements bipartites sur le terrain est de dénigrer la Chine. La Chine est la seule question perçue comme potentiellement capable de rassembler les Américains « en guerre », un jour ou l’autre.

La « grande guerre » est également problématique pour des États-Unis divisés. Ainsi, aujourd’hui, l’Amérique suit une stratégie qui consiste à infliger à ses ennemis une douleur par « milliers de coupures ». Cela semble plus facile et moins coûteux pour les États-Unis. La Chine doit être tourmentée par l’occidentalisation de Taïwan, et simultanément « inculpée » pour ses « abus » au Xinjiang et pour le Covid. La Russie est harcelée à propos d’à peu près tout ce qui se passe sous le soleil, et le bourbier ukrainien est maintenu en ébullition (en cas de besoin pour les États-Unis). Mais ces deux États comprennent que les États-Unis – bien que toujours dangereux – ont perdu leur avantage militaire mondial et sont entrés dans l’entropie politique.

Dans ce contexte, que faut-il penser de l’option militaire à l’égard de l’Iran ? Ici, au Moyen-Orient, les États-Unis et « Israël » ont également perdu leur « avantage militaire », cédant la place à des nuées de missiles intelligents et de drones en essaim. Le Dr Uzi Rubin, fondateur et premier directeur de l’Organisation de défense antimissile d’« Israël » au « ministère israélien de la Défense », écrivait en octobre 2019, au lendemain de « la frappe aérienne la plus dévastatrice » sur la raffinerie d’Abqaiq de Saudi Aramco, que « c’était aussi une attaque surprise ressemblant par son audace, sinon par son ampleur, à l’attaque surprise japonaise de 1941 sur Pearl Harbour ». En un sens, on pourrait se souvenir de septembre 2019 comme du « septembre noir » de l’Arabie saoudite. Il a indiqué qu’« Israël » était également vulnérable à ce type d’attaque.

Si une attaque militaire directe contre l’Iran est problématique en raison des nouvelles capacités de dissuasion de l’Iran de type « Pearl Harbour », et si des représailles occidentales pour l’incident du pétrolier sont également problématiques parce que (comme le note le correspondant israélien pour la défense, Ben Caspit) le « prêté pour rendu » dissimulé du pétrolier – entre « Israël » et l’Iran – se poursuit depuis environ deux ans (avec « Israël » en tête d’environ 12 points, contre 5 pour l’Iran). Le résultat final est qu’« Israël » serait le plus vulnérable dans ce « jeu ».

Quelle sera la prochaine étape ? Une balkanisation américano-israélienne de l’Iran multiethnique pour renverser le gouvernement ? C’est une vieille chimère. Comme l’admet un autre Israélien, Raz Zimmt, vétéran de l’observation de l’Iran par les Forces de défense israéliennes, la « balkanisation de l’Iran » relève probablement du « fantasme ». Les manifestations déclenchées par une grave crise de l’eau dans le Khuzestan, dans le sud-ouest de l’Iran (où les MeK seraient implantés), se sont déroulées principalement dans des zones à majorité arabe. (Les ethnies arabes – principalement chiites – représentent environ un tiers de la population de la province).

La réalité, écrit Raz Zimmt, est que l’Iran existe en tant qu’État civilisationnel distinct depuis des siècles, et que le degré d’intégration des minorités au sein de la société iranienne réduit considérablement le risque pour la cohésion nationale de l’Iran.

Par exemple, les Arabes vivant en Iran sont majoritairement chiites, ce qui renforce leur attachement à un pôle civilisationnel chiite et a grandement déjoué les efforts visant à mobiliser leur soutien pendant la guerre Iran-Irak. Des membres de minorités ethniques ont également occupé des postes à responsabilité au fil des ans, notamment le guide suprême Khamenei (à moitié azéri du côté de son père).

Les dirigeants israéliens se sont réjouis de l’intention de la Grande-Bretagne de déployer des forces spéciales contre les auteurs présumés de l’attaque du navire Mercer par un drone, mais ils s’inquiètent également de l’isolement potentiel d’« Israël », alors que les États-Unis tentent de se retirer de la région et que l’évolution négative du sentiment à l’égard d’« Israël » handicape son influence sur la politique intérieure américaine. D’un point de vue réaliste, que peut faire « Israël » ?

La plus grande préoccupation d’« Israël » est ce qu’il appelle le « projet de précision » : l’arsenal de missiles de précision du Hezbollah qui est considéré par « Israël » comme un « briseur d’égalité » stratégique, transformant le Hezbollah en une force capable de paralyser « Israël » pendant une période substantielle, en cas d’affrontement militaire. Et une confrontation avec le Hezbollah, en soi, pourrait déclencher une guerre sur plusieurs fronts. Le Premier ministre Bennett prendra-t-il ce risque ? Rappelons qu’il était le commandant d’artillerie qui a été sanctionné pour avoir ordonné en 1996 des tirs d’artillerie provoquant le massacre de Kufr Kana au Liban, tuant 102 civils et un certain nombre de fonctionnaires des Nations unies. Peut-être l’ancienne blessure est-elle encore présente ?

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Et si l’Afghanistan était plus qu’une simple guerre ratée ?

Par : Zineb

Par Tom Luongo – Le 16 août 2021 – Source Gold Goats ‘n Guns

L’empire américain est en chute libre. Bien. L’Afghanistan est retourné au contrôle nativiste comme prévu. Les « gardiens de chèvres » restent invaincus. La rapidité de la prise de pouvoir par les talibans ne me surprend pas, car le travail préparatoire était en cours depuis des années.

Seul le département d’État américain, sous la direction de Mike Pompeo et maintenant d’Antony Blinken, s’y est opposé. Si vous êtes en colère ce matin, vous pouvez remercier les diplomates russes qui ont lancé ce processus en décembre 2016 en ouvrant le dialogue entre les talibans et les puissances asiatiques, le Pakistan menant les discussions.

Je ne peux pas dire que je verse des larmes ici, sauf pour toutes les pertes des deux côtés. La guerre n’est jamais juste.

Donc, bien que je sois heureux de voir cette fin, je suis également triste de voir cette fin pour ce qu’elle est, un acte planifié de vandalisme géopolitique par l’administration Biden Obama pour assurer un effondrement complet du système politique américain.

Nous sommes en train d’être liquidés par la bande du Davos au moment précis où leur Grand Reset est le plus vulnérable.

20 ans comme esclave de guerre

Pendant 20 ans, nous, les libertariens, avons prévenu que ce jour viendrait et maintenant il est là. Vaut-il mieux tard que jamais ?

Je pense que cette question n’est pas pertinente. Les coûts sont incalculables. Ils le sont toujours.

Vous entendrez beaucoup d’absurdités utilitaires sur les 2 200 milliards de dollars, etc. Ce que vous ne voyez pas, comme nous le rappelle Henry Hazlitt, ce sont les coûts réels – les opportunités perdues, les vies afghanes et américaines perdues, la bureaucratie renforcée, le capital détourné du travail productif – qui découlent de la poursuite d’une guerre sans fin pour une démocratie impossible.

Avant l’Afghanistan, y avait-il un département de la sécurité intérieure ? Le Patriot Act ? La loi sur les commissions militaires ? Une guerre globale contre le terrorisme ?

Font-ils partie de ces 2 200 milliards de dollars ? Non. Ils n’en font pas partie. Et pourtant nous les avons payés quand même.

Ce n’est pas comme si l’Amérique ne combattait pas déjà une série de guerres idéologiques ingagnables (drogues, pauvreté, démocratie, individualisme) dans la poursuite de l’idéal néoconservateur/néolibéral d’« exceptionnalisme » qui a été vendu à un trop grand nombre d’entre nous comme un chemin vers un monde sans péché. Malheureusement, trop de gens y ont cru par loyauté envers un gouvernement qui ne peut rien faire d’autre que mentir.

Ces péchés se reflètent dans la génération d’hommes et de femmes qui ont fait la mauvaise guerre pour les bonnes raisons, en servant leur pays et leur famille. Le cœur de chacun devrait se serrer devant l’énormité des pertes subies par tous.

Nous sommes tous plus appauvris aujourd’hui physiquement, moralement et spirituellement à cause de cette guerre.

Le regretté Justin Raimondo a passé sa vie à nous mettre en garde contre cela :

Raimondo m’a appris à comprendre que la politique étrangère est une guerre menée par d’autres moyens, et que c’était la partie la plus importante de notre politique nationale. L’orthodoxie de la politique étrangère ne peut jamais être remise en question dans la sphère publique.

Elle est verboten.

Parce que c’est ce qui conduit l’Empire et tous les avantages qui en découlent pour ceux qui en ont la charge.

Pendant une génération, nous avons envoyé des jeunes hommes et des jeunes femmes dans un broyeur à viande sans autre raison réelle que de protéger le commerce de l’opium de la CIA et d’avoir des troupes prêtes à attaquer l’Iran si les bonnes circonstances se présentaient.

Et ceux qui l’ont fait ont prouvé qu’ils n’ont plus jamais le droit de parler de ce sujet. Ce sont eux les méchants ici.

Chaque fois que j’enlève mes chaussures et que je me fais scanner à l’aéroport, je me souviens de cet échec lamentable, non pas d’une politique, mais d’une philosophie fondamentale de gouvernement. Nous, les Américains (oui, même les libertariens qui ont mis en garde tout le monde à ce sujet), sommes coupables des échecs non seulement en Afghanistan, mais aussi dans tous les autres endroits où nous faisons pression sur l’Iran et, par extension, sur la Russie pour qu’ils se soumettent.

Pour quelle raison ? Une théorie géopolitique désuète sur le monde – la théorie de Mackinder du Heartland – à laquelle les personnes au pouvoir s’accrochent comme Linus à sa couverture pour justifier leur soif de sang et leur avarice ?

Il est temps de cesser ces enfantillages et de retourner dans nos quartiers, nos maisons.

Je me réjouis de l’effondrement mimétique de millions de personnes au centre du spectre politique américain. Ils posent la bonne question, « Au nom de Dieu, à quoi bon tout ça à la fin ? »

La foule anti-interventionniste dont je suis fier de faire partie se réjouit en ce moment, mais ce n’est pas le moment de jubiler.

C’est le moment de prouver que vous compatissez à nos pertes afin que personne ne doive mourir à nouveau pour une cause aussi ignoble qu’un pipeline ou la démocratie. Que l’envie de se battre pour sa famille, son pays est noble mais que cette noblesse s’arrête au rivage. Le message maintenant est que nous voulons ce que vous voulez, reconstruire les liens de la société civile que ces scélérats ont bombardé sans remords ; ces scélérats qui ont jeté et étripé vos enfants sur l’autel de leur malveillance.

Vous pouvez commencer par vous souvenir de ces 2 minutes de Ron Paul en 2009.

Ron Paul’s #WhatIf speech. pic.twitter.com/1K0ZpYFGsu

— Being Libertarian (@beinlibertarian) August 15, 2021

Discours devant la Chambre des représentants des États-Unis, 12/02/09 : « Et si notre politique étrangère du siècle dernier était profondément viciée et ne servait pas les intérêts de notre sécurité nationale ? Et si nous nous réveillions un jour et réalisions que la menace terroriste est une conséquence prévisible de notre ingérence dans les affaires des autres ? Et n’a rien à voir avec le fait que nous soyons libres et prospères. Et si soutenir des régimes répressifs au Moyen-Orient mettait en danger à la fois les États-Unis et Israël ? Et si l’occupation de pays comme l’Irak et l’Afghanistan – et le bombardement du Pakistan – était directement liée à la haine dont nous sommes l’objet ? Et si, un jour, nous nous rendions compte que la perte de plus de 5 000 militaires américains au Moyen-Orient depuis le 11 septembre n’est pas une contrepartie équitable à la perte de près de 3 000 citoyens américains ? Et si l’on réalisait enfin que la guerre et les dépenses militaires sont toujours destructrices pour l’économie ? Et si toutes les dépenses de guerre étaient payées par le processus trompeur et maléfique de l’inflation et de l’emprunt ? Et si l’on se rendait enfin compte que les périodes de guerre portent toujours atteinte à la liberté individuelle ? Et si les conservateurs, qui prêchent un petit gouvernement, se réveillaient et réalisaient que notre politique étrangère interventionniste fournit la plus grande incitation à étendre le gouvernement ? Et si le peuple américain se réveillait et comprenait que les raisons officielles d’entrer en guerre sont presque toujours basées sur des mensonges et promues par la propagande de guerre afin de servir des intérêts particuliers ? Et si, en tant que nation, nous prenions conscience que la conquête d’un empire finit par détruire toutes les grandes nations ? Et si le peuple américain apprenait la vérité : que notre politique étrangère n’a rien à voir avec la sécurité nationale et qu’elle ne change jamais d’une administration à l’autre ? Et si la guerre et la préparation à la guerre n’étaient qu’un racket au service d’intérêts particuliers ? Et si le président Obama se trompait complètement sur l’Afghanistan et que ce pays s’avérait pire que l’Irak et le Vietnam réunis ? Et si le christianisme enseignait réellement la paix et non les guerres d’agression préventives ? Que se passerait-il si mes inquiétudes sont totalement infondées – rien ! Que se passerait-il si mes inquiétudes sont justifiées et ignorées – rien de bon ! »

Le retour du roi tribal

C’est la première leçon de cet échec en Afghanistan qui met tout le monde en état de choc.

Les humains sont fidèles à leurs tribus.

Nous avons passé 20 ans à construire un gouvernement et une occupation militaire par la destruction, les bombardements et les pots-de-vin dans le but de saper la structure tribale de l’Afghanistan.

Il n’en reste pas une miette. Et pourtant, après 20 ans de propagande disant que ça marchait, nous sommes choqués au moment où nous annonçons que nous laissons ces mêmes personnes, qui ne nous ont jamais aimés, retourner à leurs racines tribales ?

Aucune quantité de violence ne crée cela. En fait, elle ne fait que durcir ce qui est déjà là. Les vagues notions de démocratie et de droits des femmes ne sont pas convaincantes.

Si ce que nous avions proposé au peuple afghan était ce qu’il voulait, il n’aurait pas fallu 20 ans pour le construire. Comme toujours, les néoconservateurs avaient tort. La preuve en est l’effondrement de tout l’édifice en 72 heures.

Les crétins au pouvoir ne pouvaient pas croire que les gardiens de chèvres allaient lire les feuilles de thé et prêter allégeance au groupe le plus puissant, les talibans ?

C’est pourquoi je n’ai pas été surpris par la rapidité de l’effondrement du gouvernement afghan et de son armée forte de 300 000 hommes.

Ils ont pris notre argent et l’ont utilisé pour survivre à l’occupation.

L’histoire regorge d’exemples de vice-rois rapidement déposés après l’effondrement de leur règne.

J’espère que les talibans tiendront les promesses faites aux Russes lors des pourparlers de Moscou en juillet. Si c’est le cas, la période chaotique sera aussi brève qu’elle peut l’être. L’effusion de sang supplémentaire sera minimisée et quelque chose de proche de l’ordre pourra émerger. Nous devrions tous nous réjouir de cela.

Lorsque vous poussez un peuple au bord de l’extinction, lorsque vous le forcez à revenir aux unités de base de la communauté, dans l’exemple de l’Afghanistan, son identité tribale, vous trouvez la limite vers laquelle ils se replieront.

Ayant perdu tout le reste, ils se battront toujours, et sans faillir, jusqu’à la mort pour leur famille. Pourquoi s’attendre à autre chose ? Vous ne le feriez pas ? Rien d’autre ne compte si ce n’est votre famille.

C’est pourquoi tous ceux qui sont allés en Afghanistan au cours des 150 dernières années ont échoué. Seuls l’orgueil démesuré et le solipsisme qui découle d’un pouvoir perçu comme illimité peuvent faire entendre une autre rengaine.

Les personnes qui ont constitué l’« armée » afghane ont été confrontées à un choix réel : se battre pour quelque chose envers laquelle elles n’avaient aucune loyauté ou se soumettre aux talibans, qui considèrent maintenant cela comme la victoire ultime sur l’Occident.

Le chemin pour sortir du servage

Ce même choix nous est rapidement proposé ici en Amérique, voire dans tout l’Occident. Nous sommes gouvernés par des apatrides et des occupants étrangers. Il y a un vice-roi qui se sporifie à la Maison Blanche. Il y a des pilleurs et des vandales qui se déchaînent sur Main Street, K Street et Wall Street.

Les tribunaux ont peur, détruisant l’état de droit, tandis que le Congrès est à court d’argent pour nous corrompre.

Et pourtant, nous avons l’impression d’avoir très peu d’amis ou même d’alliés temporaires. Mais nous avons également assisté à une vague massive de contre-mesures de la part de ceux qui croient encore en des notions aussi désuètes que la famille, la communauté et, oui, la tribu.

Dans mon dernier article, je disais qu’il était temps de s’attaquer à la source de la confiance. Non pas la confiance dans les valeurs de nos institutions, mais notre confiance dans ceux qui gèrent ces institutions.

L’effondrement de notre aventure en Afghanistan est censé nous faire profondément honte et nous humilier. Les vandales de D.C. gloussent de leur version du Collapsitarisme.

C’est ce qu’ils ont fait.

Les médias qui ont été leurs sténographes et nos ennemis ont été plongés dans un silence rare, certains nous implorant même d’autocensurer les images de leurs échecs.

La colère liée à cet effondrement est en train de s’installer chez des millions de personnes.

Mais nous devons rapidement dépasser cette honte. Nous devons maintenant faire preuve d’humilité, ce qui était l’éthique de l’Amérique d’avant l’Empire, et réaliser qui étaient les architectes de cette situation et les exclure du discours public. Ils n’ont plus le droit de parler dans des salles sacrées et de faire des incantations de mort et de destruction, en les maquillant en cause juste.

Ils n’ont plus le droit d’embobiner avec des éléments de langage préparés aussi pathétiques que trompeurs.

De : Bureau de presse du Président <Speaker.PressOffice@mail.house.gov>
Envoyé : lundi 16 août 2021 12:06 PM
Objet : Points de discussion de la Maison Blanche sur l'Afghanistan

Points de discussion de la Maison Blanche sur l'Afghanistan

POINTS CLES :
Le Président ne souhaitait pas entrer dans une troisième décennie de conflit et envoyer des milliers de soldats supplémentaires pour combattre dans une guerre civile que l'Afghanistan ne voulait pas mener par lui-même.

Il est clair, au vu des dernières semaines, que cela aurait été nécessaire - plus de troupes pour une durée indéterminée.

L'administration savait qu'il y avait une forte possibilité que Kaboul tombe aux mains des talibans.

Ce n'était pas une fatalité. C'était une possibilité.

Le président américain a déclaré en juillet que l'armée afghane avait la capacité de combattre les talibans. Mais ils devaient faire preuve de volonté. Malheureusement, cette volonté ne s'est pas matérialisée.

L'administration a prévu toutes les possibilités. Nous avions des plans pour parer à toute éventualité, y compris une chute rapide de Kaboul. C'est pourquoi nous avions des troupes prépositionnées dans la région pour se déployer comme elles l'ont fait.

Nous nous concentrons sur l'évacuation en toute sécurité du personnel de l'ambassade des États-Unis, des citoyens américains, des candidats aux visas spéciaux pour immigrants et de leurs familles, ainsi que des Afghans visés. Nous avons déployé 6 000 militaires américains en Afghanistan pour sécuriser l'aéroport et faire en sorte que les vols d'évacuation, ainsi que les vols commerciaux et les charters, puissent partir en toute sécurité.

Mais une guerre indéfinie était et reste inacceptable pour le Président.

DEMANDEURS DE VISAS SPECIAUX POUR IMMIGRANTS
L'administration a déployé 6 000 militaires américains en Afghanistan pour sécuriser l'aéroport et faire en sorte que les vols d'évacuation, ainsi que les vols commerciaux et les charters, puissent partir en toute sécurité.

Le président Miley et le secrétaire Austin travaillent à rétablir l'ordre à l'aéroport pour que ces vols puissent avoir lieu.

Beaucoup ont demandé pourquoi nous n'avons pas évacué plus de civils afghans, plus tôt. Une partie de la réponse est que beaucoup ne voulaient pas partir plus tôt : de nombreux Afghans à qui nous avons donné des visas pour venir aux États-Unis ont choisi de rester dans leur pays, toujours plein d'espoir.

Près de 2000 candidats aux visas spéciaux pour immigrants et leurs familles se trouvent aux États-Unis, et l'administration est prête à évacuer des milliers de citoyens américains, de candidats aux visas spéciaux pour immigrants et d'Afghans ciblés.

S'AGISSAIT-IL D'UN ECHEC DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT :

Voici ce que le président n'était pas prêt à faire : entrer dans une troisième décennie de conflit et envoyer des milliers de troupes supplémentaires pour combattre dans une guerre civile que l'Afghanistan ne voulait pas mener pour lui-même.

Lorsque Trump a conclu l'accord de Doha, il y avait 13 000 soldats en Afghanistan. Lorsque le président américain a pris ses fonctions, il avait réduit le nombre de troupes à 2 500. Il est clair, au vu des dernières semaines, que cela aurait été nécessaire.

Le président n'était pas disposé à renvoyer des hommes et des femmes américains en Afghanistan pour une guerre indéfinie.

CONTRE-TERRORISME

Les États-Unis sont confrontés à des menaces terroristes dans des pays du monde entier, notamment en Syrie, en Libye et au Yémen. Nous n'avons pas de troupes sur le terrain dans ces pays. Nous avons des capacités de contre-terrorisme à distance. Et c'est ce que nous ferons en Afghanistan : prévenir, détecter et perturber les menaces terroristes grâce à nos capacités d’action à distance.

Et nous demanderons des comptes aux talibans pour qu'ils ne créent pas de havre de paix pour Al-Qaïda. S'ils le font, ils en subiront les conséquences.

Parce que si nous faisons cela, alors ceux qui appliquent le chaos du vice-roi seront également confrontés à un choix brutal. Je leur demande ouvertement, « Est-ce que c’est ça l’ordre ? »

Est-ce pour protéger cela que vous êtes prêts à mourir ?

Le changement arrive. Vous pouvez en faire partie ou courir vers les aéroports avec votre masque et votre QR code vaccinal à portée de main. Le Davos a essayé de briser notre esprit en brisant nos familles et nos tribus.

Ils nous font nous battre entre nous pendant qu’ils essaient de faire la pluie et le beau temps avec le vaccin contre la grippe. Nous nous croyons supérieurs à ces gardiens de chèvres afghans. Mais ils ont toujours leur identité.

Et maintenant ils ont récupéré leur pays.

J’ai gardé des chèvres, c’est un travail difficile. Bien plus dur que le travail que la plupart des Américains font aujourd’hui. Alors, rangez l’exceptionnalisme, éloignez-vous des ombres projetées sur le mur de la caverne et reconnectez-vous avec la lumière de la réalité.

Il y a deux semaines, j’ai imploré les forces de l’ordre de voir les choses telles qu’elles étaient et de se rappeler qui elles protègent et servent.

Vous avez maintenant l’occasion de nous prouver, en ces temps difficiles, que vous êtes nos amis et non les ennemis de la société civile. Vous avez l’opportunité d’aider à restaurer un véritable ordre. Ne faites pas les mêmes erreurs que nos soldats et leurs familles, en sacrifiant vos vies pour des gens qui vous méprisent.

Les guerres, sous toutes leurs formes, sont des rackets.

Car la grande révélation en Afghanistan, c’est que ce qui s’est passé là-bas peut arriver ici, rapidement. Ces gardiens de chèvres viennent de nous montrer comment vaincre un Empire à l’étranger. Maintenant il est temps de vaincre l’empire à l’intérieur.

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

L’échange de missiles narratifs intelligents pulvérise les critiques

Par : Zineb

Les narrations sont devenues des missiles de croisière intelligents : dites « l’Iran n’est pas une menace pour l’Amérique » ; dites « les Etats-Unis devraient cesser de recevoir des instructions de l’AIPAC » – et un missile narratif tombera du ciel, vous pulvérisant.


Par Alastair Crooke – Le 26 juillet 2021 – Source Al Mayadeen

Vieux, absurdes et inadaptés – comment décrire autrement les récits de politique étrangère de l’Amérique en ce qui concerne le Russiagate, mais plus particulièrement l’Iran ? Les ambitions nucléaires de l’Iran constituent une « menace » ; l’Iran est un « acteur malveillant », qui sape l’ordre fondé sur des règles, et sa nature est faite de « tromperie et de mensonge ».

Exchange of Smart Narrative Missiles Vaporizes Criticism

Pourtant, l’équipe Biden souhaite un accord avec Téhéran.

Il existe une contradiction évidente entre la narration américaine et l’intérêt actuel des États-Unis à s’engager avec l’Iran. Alors pourquoi Washington s’en tient-il à ces narrations qui sont si manifestement inadaptées ? Pourquoi tout est figé sur des récits anciens et absurdes de l’ère Obama, établis par des faucons néoconservateurs ? Ils entravent la marge de manœuvre de l’Amérique.

Le journaliste américain Matt Taibbi donne une réponse : les États-Unis sont enfermés dans un échange intérieur mortel de « missiles » narratifs intelligents ; l’argumentation ou la stratégie rationnelles sont « exclues ». Quiconque sort la tête de la « tranchée narrative » sera éliminé. La sécurité est dans le récit.

Taibbi écrit :

Voici ce que nous faisons maintenant, au lieu d’argumenter : nous lançons des termes comme « suprémaciste blanc », « transphobe », « théoricien du complot » et « fasciste », sachant que si les mots collent, ils mènent à des résultats : boycotts, licenciements, retrait des plateformes Internet, etc. Lorsque [une personnalité éminente est comparée – disons – à] Alex Jones, ils le font, sachant que Jones a été expulsé d’Internet – c’est donc une façon pas si subtile de voter pour ce même résultat.

C’est devenu notre style d’argumentation politique : asséner à quelqu’un une accusation à laquelle on ne peut pas répondre, puis, comme le dirait Lyndon Johnson, « faire en sorte que ce fils de pute la nie ».

C’est pourquoi tant d’efforts ont été déployés pour dénoncer l' »anxiété économique » comme un « code » pour le racisme, pourquoi Hillary Clinton a accusé Jill Stein et Tulsi Gabbard d’être des agents étrangers… Ce sont toutes des stratégies de préparation au débat. Lorsque Clinton s’en est pris à Gabbard, nous avons cessé de discuter pour savoir si l’intervention militaire en Syrie était une bonne idée ou non, et nous sommes passés à un débat pour savoir si Gabbard était complice d’un génocide. Dès le début, les détracteurs du Russiagate ont dû déterminer leur degré de motivation car ils allaient être accusés de soutenir Poutine ou Trump… Jusqu’où êtes-vous prêt à aller ? Combien pouvez-vous vous permettre d’en prendre ?

C’est devenu la norme, surtout dans la politique du parti Démocrate (mais aussi plus récemment du côté Républicain), d’embrasser cette forme maximaliste de débat au motif qu’elle fonctionne. Le retrait des plates-formes fonctionne, les boycotts fonctionnent, la honte fonctionne. Les deux partis l’ont fait, et le font encore aujourd’hui, sous une forme exacerbée : les Républicains de l’ère Bush parlaient du libéralisme comme d’un « trouble mental », voire d’une « trahison ». Aujourd’hui, les Républicains sont considérés comme la première « menace pour la sécurité nationale de la démocratie américaine ». Cette polarisation radicale n’inclut volontairement aucune vision pour l’autre moitié de l’Amérique – sauf une abjuration digne d’un autodafé, ou une carrière menée au bûcher.

La version la plus puissante, qui prévaut aujourd’hui chez les Démocrates, cherche à mettre en place une politique de non-engagement woke (ou d’annulation) – avec un bâton « raciste »/suprémaciste/« autre » privilégié, en utilisant des outils supplémentaires tels que la censure des plateformes et la surveillance nationale.

Les narrations sont devenues des missiles de croisière intelligents : dites « l’Iran n’est pas une menace pour l’Amérique » ; dites « les États-Unis devraient cesser de recevoir des instructions de l’AIPAC«  – et un missile narratif tombera du ciel, vous pulvérisant.

« L’Iran peut se plier aux exigences de négociation des États-Unis ; l’Iran peut se conformer au JCPOA ; il peut se soumettre aux inspections renforcées de l’AIEA«   – rien ne changera. Le discours restera verrouillé. L’Iran restera une « menace ».

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Pour contrer l’hostilité des États-Unis, la Chine prend des décisions politiques axées sur son peuple

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – le 1 septembre 2021

En décembre 2001, la Chine est devenue membre de l’Organisation mondiale du commerce. Cela a ouvert de nouveaux marchés pour l’industrie chinoise et a attiré de nombreux investissements étrangers.

La croissance de son PIB depuis lors est époustouflante.

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Ce développement a permis à la Chine de réaliser d’énormes investissements dans les infrastructures. Il a également généré les ressources nécessaires pour éliminer la pauvreté.

Ce n’est pas une coïncidence si ce développement s’est produit alors que les États-Unis gaspillaient leur argent dans des guerres au Moyen-Orient. Alors que les États-Unis se retirent peu à peu de ces guerres pour affronter la Chine, le pays doit se préparer à ce nouvel environnement.

L’introduction de plus en plus de caractéristiques capitalistes dans l’économie chinoise au cours des 20 dernières années a créé des déséquilibres. Les entreprises ont tenté d’ignorer ou d’influencer les structures et réglementations gouvernementales. Les entreprises ont abusé de leurs travailleurs. La spéculation des riches a créé des bulles sur les marchés immobiliers. Les excès culturels qui ont mis l’accent sur l’individualisme ont menacé l’unité nationale.

Ces déséquilibres ont fait que la description de l’économie chinoise en tant que « socialisme aux caractéristiques chinoises » semble vide. À long terme, ils entraîneraient le mécontentement d’une grande partie de la population à l’égard de l’establishment politique au pouvoir. Il était grand temps d’éliminer les excès que le développement ultra rapide avait engendrés.

Le gouvernement devait agir pour éviter de futurs conflits internes. Depuis la fin de l’année dernière, il le fait avec la même efficacité qui lui a permis d’arrêter et d’éliminer les épidémies de Covid-19. Il le fait impitoyablement, sans se soucier de la valeur des actions boursières ou l’intérêt des investisseurs.

Il y a six semaines, je me suis opposé à la position de Stephen S. Roach sur les nouvelles réglementations chinoises et j’ai expliqué pourquoi le grand public chinois ne se soucie pas des « investisseurs » et soutiendra ces mesures.

Depuis lors, la campagne de réglementation s’est poursuivie avec une rapidité et un rythme étonnants. Voici une collection de titres, publiés depuis ma dernière prise de position, qui détaillent le développement et le déluge de nouvelles réglementations et lois destinées à remettre les choses en ordre tout en maintenant la croissance économique de la Chine.

Le nouveau slogan de cette époque est désormais « prospérité commune », une politique qui réduira les grands écarts de richesse tout en maintenant des incitations monétaires raisonnables et l’économie de marché en vie pour permettre la poursuite du développement.

Un pamphlet, rédigé par une figure maoïste mineure, qui justifie ces mesures et les replace dans un contexte politique plus large a été largement publié par les organes du Parti communiste :

Un commentaire largement publié dans les médias d'État chinois décrit la répression réglementaire du président Xi Jinping comme une "révolution profonde" qui balaie le pays et avertit que quiconque résiste s'expose à des sanctions.

"Il s'agit du retour d’une part des capitaux vers les masses populaires, c'est la transformation d’une politique centrée sur le capital à une politique centrée sur le peuple", déclare le commentaire, ajoutant que cela marquait un retour à l'intention initiale du Parti communiste. "Par conséquent, c'est un changement politique, et le peuple redevient le corps principal de ce changement, et tous ceux qui bloquent ce changement centré sur le peuple seront écartés."

L’auteur poursuit en plaçant cette « transformation profonde » dans un contexte géopolitique plus large :

"La Chine est actuellement confrontée à un environnement international de plus en plus sévère et complexe. Les États-Unis ont mis en œuvre des menaces militaires, des blocus économiques et technologiques, des frappes financières et un siège politique et diplomatique contre la Chine", écrit Li.

"Les États-Unis ont également lancé une guerre biologique, une cyberguerre et tourné l'opinion publique contre la Chine."

"Si nous devons encore compter sur les grands capitalistes comme force principale de l'anti-impérialisme et de l'anti-hégémonisme, ou si nous coopérons encore à la stratégie de 'tittytainment' des États-Unis, nos jeunes perdront leurs vibrations fortes et masculines et nous nous effondrerons comme l'Union soviétique, avant même d'être attaqués", a-t-il ajouté, affirmant que les États-Unis avaient lancé une révolution de couleur contre la Chine par différents canaux.

La "transformation profonde" en cours en Chine vise à répondre aux attaques brutales et féroces des États-Unis ainsi qu'à la situation internationale compliquée actuelle, a-t-il déclaré.

Les restrictions imposées au secteur du divertissement sont loin d'être suffisantes, car les travailleurs et les personnes ordinaires devraient devenir les personnages principaux sur les écrans. Les gens bénéficieront de l'objectif de "prospérité commune" après la réforme des secteurs de l'éducation, de la médecine et de la propriété, a-t-il écrit.

Si cela ressemble à une révolution culturelle 2.0, il est certain qu’il n’y aura pas de saccages d’étudiants maoïstes dans les bibliothèques ou de camps de rééducation pour les membres du parti.

Le capitaliste prédateur George Soros affirme dans le Financial Times que ces mesures vont condamner l’économie chinoise. (Voir ici la réponse de Michael Hudson.) Mais les personnes qui, comme Soros, s’opposent à des réglementations strictes oublient qu’il n’y aurait pas de marché sans elles. Les entreprises qui ne regardent que la valeur des actionnaires ne sont pas saines et ne permettent pas une société saine. Il suffit de regarder Boeing et les camps de sans-abri dans les villes américaines.

En dehors de leur fondement idéologique, les nouvelles mesures réglementaires sont populistes. Les masses vont les apprécier. Elles garantissent la réélection du président Xi Jinping lors du congrès national du parti l’année prochaine.

Elles renforceront l’unité de la Chine dans sa compétition avec les États-Unis.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

La déroute de l’Afghanistan et la « glasnost » américaine


Par Dmitry Orlov – Le 28 Août 2021 – Source Club Orlov

Les événements récents m’ont obligé à interrompre ma programmation habituelle pour vous présenter un rapport sur l’évolution de la situation en Afghanistan et ce qu’elle laisse présager, selon moi, pour les États-Unis. Les États-Unis et l’OTAN ont finalement quitté l’Afghanistan après une occupation qui a duré 20 ans. À l’heure actuelle, ils gardent toujours un pied à l’aéroport international Hamid Karzai de Kaboul, d’où ils tentent de rapatrier leurs ressortissants ainsi que les Afghans qui ont servi l’occupation. Ces collaborateurs craignent désormais pour leur vie face aux talibans, qui ont rapidement pris le contrôle de la quasi-totalité du pays dans le cadre de ce qui est probablement l’opération de changement de régime la moins sanglante que cette partie du monde ait jamais connue.

L’occupation américaine de l’Afghanistan a été rationalisée sur la base d’un édifice entier de mensonges. À la base, il y avait le mensonge du 9/11. Au-dessus, il y a eu le mensonge de la lutte contre le terrorisme (tout en formant et en équipant les terroristes). Quelque part en chemin, le mensonge de l’aide au développement de l’Afghanistan pour transformer le pays en une démocratie dynamique et moderne, avec égalité des sexes et autres cloches et sifflets, a été ajouté à cette structure déjà stupéfiante (alors que le seul développement réel fut celui du commerce de l’héroïne). Et, bien sûr, à tout cela s’est ajoutée une quantité vraiment stupéfiante de corruption et de vol.

Si l’on en croit le récit officiel, Oussama Ben Laden était une sorte de Jésus des temps modernes qui a répété le miracle des pains et des poissons, mais avec des gratte-ciel, en faisant tomber trois d’entre eux (WTC 1, 2 et 7) avec seulement deux avions. Un autre de ses miracles a été de faire en sorte qu’un avion de ligne entier, piloté par un amateur, effectue des acrobaties aériennes vraiment stupéfiantes qu’aucun avion de ligne n’a jamais effectuées avant ou depuis, puis ils sont montés au ciel en traversant un mur du Pentagone avec moteurs, sièges, bagages, corps et tout, laissant derrière lui une petite ouverture carbonisée et une partie d’un missile de croisière qui avait apparemment été caché à bord et qui a ensuite été emporté enveloppé dans une bâche sur les épaules de quelques messieurs en tenue de bureau, très nerveux et à l’air mécontent. Un autre avion rempli de passagers a laissé une petite fosse calcinée dans le sol et des enregistrements de conversations téléphoniques plutôt scénarisées tenues alors que l’avion supposé se trouvait dans une zone sans couverture téléphonique. Ben Laden a orchestré toute cette pagaille par téléphone satellite, ou par télépathie, sans jamais quitter le confort de sa grotte en Afghanistan. Je vous encourage à croire à ce récit parce que croire l’alternative peut vous faire perdre la tête. Cela a été le cas pour beaucoup de gens.

Et si vous voulez être têtu et refuser de croire le récit officiel, alors il devient tout à fait plausible de penser que 9/11 était un somptueux canular américain : que les trois gratte-ciel ont été minés par des Américains, que le Pentagone a été frappé par un missile de croisière américain tiré par d’autres Américains et qu’Oussama ben Laden était un agent de la CIA qui réalisait des vidéos et des bandes audio de mauvaises qualités pour inspirer les terroristes préférés des Américains (appelés Al-Qaïda, puis ISIS/ISIL/Daesh/Califat islamique). Oussama aspirait à une retraite confortable quelque part dans le sympathique Pakistan – une retraite qui a été écourtée par une attaque d’un groupe de Navy Seals quelque temps après sa mort due à une insuffisance rénale.

Pourquoi les Américains s’infligent-ils cela ? Pour dominer le monde, bien sûr ! Ils avaient adhéré à la théorie farfelue du « heartland » de Mackinder, selon laquelle la puissance mondiale qui contrôlera le cœur de l’Eurasie contrôlera le monde. Si vous pensez que le contrôle d’un tas de rochers habités par des indigènes hargneux et belliqueux dont l’esprit est resté bloqué au Moyen-Âge n’est pas propice à la domination du monde entier, alors vous êtes certainement plus intelligent que le navet moyen, mais pas assez bon pour être l’un des brillants stratèges géopolitiques américains.

Les développements du 9/11 ont justifié 20 ans d’occupation militaire de l’Afghanistan par les États-Unis et l’OTAN, ce qui a coûté plus de 2 000 milliards de dollars et causé environ un demi-million de morts injustifiées. Il ne s’agit en aucun cas d’une aubaine : mettre quelqu’un sous les feux de la rampe ne coûte pas près de 4 millions de dollars par tête, surtout pas en Afghanistan, pays très pauvre et inondé d’armes. Une hypothèse prudente est qu’une grande partie de cet argent a été simplement volée. En effet, les informations selon lesquelles l’ancien président afghan Ashraf Ghani a fui le pays à bord d’un hélicoptère tellement bourré d’argent qu’il a fallu en abandonner une grande partie sur le tarmac donnent une idée claire de la manière dont les fonds ont été alloués au cours de l’occupation américaine.

Il est officiellement connu qu’un peu plus de la moitié de l’argent a servi à remplir les coffres de quatre entrepreneurs de la défense – Lockheed Martin, Raytheon, General Dynamics, Boeing et Northrop Grumman. Leurs produits ont été librement utilisés sur toute l’étendue de l’Afghanistan, entraînant des quantités fabuleuses de dommages collatéraux. Une partie a également servi à armer l’armée afghane, qui s’est rendue aux Talibans sans combattre, abandonnant armes et tout, à l’exception de 22 jets et 24 hélicoptères militaires qui ont fui en Ouzbékistan avec 585 soldats. Ce matériel, y compris les hélicoptères Black Hawk haut de gamme dotés de tous les gadgets récents, va maintenant être examiné, et probablement moqué, par les experts russes. (Le but des marchands d’armes américains, comme Lockheed Martin, Raytheon, General Dynamics, Boeing et Northrop Grumman, n’étant pas de produire des armes efficaces mais de faire des profits).

Mais, me direz-vous, qu’en est-il des fruits du contrôle du pays « heartland » ? Qu’en est-il du contrôle du monde entier une fois installé là-bas ? Une fois sur place, les Américains ont découvert que l’Afghanistan n’offrait pas grand-chose d’autre que des indigènes hargneux et des champs de pavot. Et si les premiers n’étaient d’aucune utilité pour assurer la domination du monde, les seconds, transformés en héroïne, pouvaient être utilisés stratégiquement pour affaiblir l’ensemble de l’Eurasie en transformant sa population en une bande de drogués. À cette fin, l’Afghanistan a été transformé en usine à héroïne du monde, produisant 85 % de l’approvisionnement mondial estimé en héroïne et en morphine, un quasi-monopole. Avant l’invasion de l’Afghanistan par les États-Unis et l’OTAN, la culture du pavot avait été interdite par les talibans, il s’agit donc bien d’une réalisation entièrement occidentale.

Le plan était de faire suinter l’héroïne afghane dans toute l’Eurasie environnante par des caravanes de chameaux traversant d’immenses déserts inhabitables, ce qui s’est effectivement produit en partie, mais il s’est rapidement avéré qu’il était plus rentable de l’acheminer par voie aérienne à l’aide d’avions de transport militaires américains à destination du Camp Bondsteel au Kosovo, qui est devenu le principal point de transbordement de l’héroïne. C’est ainsi qu’une grande partie de l’héroïne s’est retrouvée aux États-Unis et dans l’Union européenne, à tel point que l’on compte plus de 10 millions d’opiomanes aux États-Unis et que les décès par overdose d’opiacés dans ce seul pays s’élèvent à un demi-million par an et augmentent rapidement, les décès liés à la drogue étant la principale cause de décès chez les personnes n’ayant pas atteint le 3ème âge. Mais il semble qu’il ne s’agisse là que des toxicomanes aux opiacés, alors que l’abus d’opiacés est beaucoup plus répandu et, à en juger par la chute rapide de l’espérance de vie globale, assez grave.

Une bonne question à poser est la suivante : Qu’adviendra-t-il des héroïnomanes lorsque les talibans auront à nouveau mis un frein à la culture du pavot ? Ce sera facile pour eux maintenant qu’il n’y a plus de troupes américaines ou de l’OTAN pour surveiller les champs de pavot. Ils compenseront le manque à gagner en vendant au marché noir des armes américaines abandonnées sur place. La réponse probable est que les junkies passeront (et passent déjà) au fentanyl, un opiacé synthétique que les Chinois sont heureux de fournir en quantités importantes. Toute suggestion selon laquelle les Chinois pourraient vouloir arrêter de le faire peut conduire à une mention polie des guerres de l’opium et à une suggestion selon laquelle on récolte ce que l’on sème. À un moment donné, un quart des Chinois étaient dépendants de l’opium ; voyons si les Américains peuvent battre ce record. Il est certain que l’héroïne afghane n’est pas la seule responsable de l’épidémie d’abus d’opiacés aux États-Unis. La famille Sackler a beaucoup fait pour construire un véritable tapis roulant qui a d’abord accroché les gens aux analgésiques sur ordonnance, puis les a abandonnés aux drogues de rue une fois les ordonnances épuisées. Mais l’héroïne afghane est un boomerang majeur de la politique américaine, comme beaucoup d’autres.

Une autre bonne question à poser est la suivante : D’où vient l’envie de dominer le monde en prenant le contrôle du heartland et en l’inondant d’héroïne (et de réfugiés afghans) ? Il y a certainement la nécessité de faire fonctionner le complexe militaro-industriel et d’alimenter les caisses électorales du Congrès, et puis il y a l’ambition impériale et mégalomaniaque de divers Washingtoniens des deux partis, mais c’est loin d’être tout. Le besoin primordial de perturber, de dégrader et de faire des ravages est un élément clé du plan d’affaires global de l’Amérique, qui consiste à continuer à vivre au-dessus de ses moyens en imprimant simplement de l’argent.

La seule façon de faire fonctionner ce plan est que les États-Unis se présentent comme un îlot de stabilité dans un monde chaotique et un refuge financier où les oligarques voleurs du monde entier peuvent blanchir en toute sécurité leurs gains mal acquis. Si ce plan échoue, les États-Unis passeront alors par un statut de pays du tiers-monde puis à celui d’une interminable reconstitution de la guerre civile à balles réelles. D’où le Sturm und Drang actuel sur le retrait précipité des États-Unis et de l’OTAN d’Afghanistan.

Parce que qui se soucie de l’Afghanistan ? Bien sûr, on y trouve de l’héroïne, mais le fentanyl est encore plus puissant et n’implique pas tout le travail de la culture du pavot, de la récolte et du traitement du jus de pavot. Et excusez-moi si je ne crois pas que la mort de militaires américains ou de ressortissants américains laissés sur place puisse être considérée comme une sorte de tragédie nationale ; c’est ce qui arrive généralement lors d’une retraite précipitée. Et depuis quand les Américains n’ont-ils pas abandonné leurs alliés locaux ? Les Kurdes du nord de la Syrie, que les Américains en retraite ont abandonnés aux Turcs toujours aussi amicaux, sont le dernier exemple qui me vient à l’esprit ; mais combien d’Américains se souviennent encore de cette époque ? C’est simplement une habitude des Américains, toujours.

Cette retraite précipitée signale, quelque part dans le subconscient profond (parce que la prise de conscience est trop douloureuse), la fin de l’économie de l’inutile dont les États-Unis sont de plus en plus dépendants depuis que Nixon a retiré le dollar américain de l’étalon-or il y a 50 ans. Cette maladie a peut-être été lente à se développer, mais elle est chronique, incurable et invariablement fatale. En 2021, le budget fédéral américain s’élève à 6 800 milliards de dollars et le déficit budgétaire à 3 000 milliards de dollars, ce qui signifie que pour chaque dollar dépensé, 44 cents sont imprimés pour exister. Il s’agit d’un niveau de morphine financière qu’on ne voit que dans les hospices.

À ce stade, aucune quantité de morphine financière ne permettra au patient américain de se lever de son lit, d’arracher l’intraveineuse de son bras et d’aller faire encore plus de ravages dans le monde, en semant la peur et le chaos. La peur et le chaos se trouvent maintenant au sein même des États-Unis. Les 753,5 milliards de dollars que les États-Unis dépenseront pour la défense en 2021 sont supérieurs aux dépenses combinées des neuf autres pays les plus dépensiers, mais ce n’est pas suffisant pour provoquer un chaos capable d’effrayer le monde entier et l’inciter à continuer à honorer le dollar américain dans le commerce international ou à investir dans des actifs libellés en dollars ; tout ce qui reste, c’est l’inertie financière et un peu d’excitation autour de la plus grande bulle boursière au monde, que la réserve fédérale américaine continue de gonfler désespérément.

L’angoisse mentale produite par cette situation donne lieu à des images médiatiques terribles depuis l’aéroport de Kaboul. On ne tient pas compte du fait que le reste de l’Afghanistan est soudainement devenu plutôt calme, avec des talibans aux yeux brillants et à la barbe fournie, armés des dernières et meilleures armes américaines, qui patrouillent les marchés et les coins de rue. L’ISIS-K, les terroristes chouchous des Américains en Afghanistan, de la lignée de Ben Laden/Al Qaeda, se sont tus. Ils avaient l’habitude d’organiser régulièrement des attentats à la bombe à Kaboul, tuant régulièrement des centaines d’habitants, mais maintenant le seul endroit où ils font encore sauter des gens est l’aéroport, qui est comme par hasard la seule zone encore sous contrôle américain.

Les Américains ont eu la gentillesse de partager leur plan de bataille astucieux avec leurs alliés de l’OTAN, ce qui explique pourquoi Lord Pederast d’Angleterre et Madame Petite-Pute de France [En français dans le texte, NdT] (je ne veux pas me donner la peine de chercher leurs vrais noms) ont rendu publique la nouvelle de cette attaque terroriste bien avant qu’elle ne se produise. Treize militaires américains sont morts ; de nombreux autres locaux sont morts parce que les militaires américains survivants ont ouvert le feu sur les victimes. Personne n’a été traduit en cour martiale et personne n’a démissionné ; c’est la routine. La raison pour laquelle les garçons d’ISIS-K ont été chargés de cette mission est évidente. Les Américains ont besoin d’une raison pour écourter l’évacuation de leurs ressortissants et de leurs serviteurs afghans locaux, comme l’exigent les Talibans, et maintenant ils ont une excuse : la sécurité de leurs militaires est primordiale.

Le retrait américain d’Afghanistan était inévitable, mais ce qui a stupéfié et consterné le monde entier, c’est l’inimaginable maladresse de l’opération à tous les niveaux. Comparé au retrait soviétique, c’est une profonde humiliation nationale. Les Soviétiques se sont retirés en ordre de bataille, drapeaux flottants, et ont laissé derrière eux un gouvernement fonctionnel qui est resté au pouvoir pendant trois années supplémentaires, résistant avec succès aux efforts occidentaux pour le renverser, et qui n’est tombé que lorsque le soutien soviétique a cessé parce que l’URSS s’était effondrée – essentiellement à cause de la trahison de Gorbatchev. Mais les Afghans se souviennent des Russes et les aiment toujours, ils les appellent toujours « Shuravi » (Soviétiques) et sont reconnaissants à la Russie pour tout ce qu’elle a construit là-bas. L’ambassade russe à Kaboul est dotée d’un personnel complet et fonctionne normalement, maintenant des canaux de communication bien établis avec les Talibans. En revanche, au cours de leurs 20 années d’occupation, les Américains n’ont rien construit, ont détruit beaucoup de choses et sont maintenant presque universellement détestés et méprisés.

Je crois que l’extrême et apparente incompétence des Américains en Afghanistan est le résultat de l’effet corrosif des mensonges. Une fondation de mensonges est inévitablement fragile et ne peut être empêchée de s’effondrer que dans des circonstances soigneusement contrôlées. Par exemple, un oligarque véreux peut promouvoir un certain vaccin comme étant efficace contre un certain virus alors que son intention réelle est d’arrêter la croissance démographique en rendant les femmes stériles. Cela fonctionne parce que les structures d’entreprise peuvent être organisées autour d’une stratégie de gestion connue sous le nom de théorie du champignon (les garder dans l’obscurité et les nourrir de merde). Mais cela ne fonctionne pas pour un empire militaire tentaculaire, où la vérité est inévitablement divulguée, les contradictions s’accumulent et le moral s’effondre. Un mensonge en appelle toujours un autre, et les erreurs commises, les efforts pour les réparer et les efforts pour les cacher deviennent alors sans fin. À un moment donné, les terroristes de la CIA combattaient les terroristes du Pentagone en Syrie. C’était vraiment gênant et difficile à cacher. Heureusement, les Russes ont réglé ce problème en les bombardant tous pour les faire tomber dans l’oubli.

L’occupation de l’Afghanistan a commencé avec les horribles mensonges du 9/11, s’est poursuivie avec les excuses ridicules et inventées pour l’invasion et a ensuite duré 20 longues années, chacune ressemblant à la précédente, les mensonges de chaque année s’empilant sur ceux des années précédentes. L’Amérique a dû rester à cause du terrorisme causé par les terroristes qu’ils ont d’abord organisés pour combattre les Soviétiques, puis gardés comme animaux de compagnie. Et maintenant, dire la vérité en Amérique revient à crier au feu dans un théâtre bondé. Ce pauvre vieux Joe Biden, dont le cerveau fait un tic-tac de plus en plus fort, qui a du mal à former une phrase cohérente, qui souffre de la charge écrasante de ces mensonges, ne peut rien faire de mieux que de se mettre en position fœtale au beau milieu d’une conférence de presse. Pouvez-vous imaginer ce qui se passerait s’il cessait soudainement de mentir ? J’en frémis à l’idée ! Il serait prudent de garder des provisions de thorazine. Mais un tel accès de « glasnost » américain semble inévitable. Tôt ou tard, la vérité débordera de ce barrage géant débordant de mensonges. L’inondation qui s’ensuivra balaiera certainement tout sur son passage.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Note du Saker Francophone

Concernant le Pentagone, on a publié une autre version des faits. On vous laisse seuls juges mais cela ne change pas le sens des conséquences de cette fameuse journée.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Les talibans d’aujourd’hui pourraient être véritablement « nouveaux » , et ce changement pourrait transformer le Moyen-Orient

Par : Zineb

Plus important encore, plutôt que d’avoir une perspective limitée à l’étroit territoire de Kandahar, les nouveaux jeunes dirigeants talibans veulent jouer le « Grand Jeu » stratégique.


Par Alastair Crooke – Le 20 juillet 2021 – Source Al Mayadeen

Une brise subtile souffle ; il est trop tôt pour l’appeler « un vent ». Mais un changement frappant s’est produit – et se produit encore. Est-ce suffisant ? Nous devrions être prudents, à juste titre ; cependant, les talibans que j’ai connus, lorsqu’ils ont commencé à se regrouper – une idée du général Hamid Gul des services de renseignement pakistanais – ne sont pas les talibans d’aujourd’hui. Peut-être devons-nous, nous aussi, éviter de nous enfermer dans des récits éculés. Suhail Shaheen, leur porte-parole, l’a fait remarquer en déplorant la « propagande lancée contre nous », et en laissant entendre que le monde devrait admettre que les talibans ont effectivement changé.Today’s Taliban May Be Truly ‘New’, and the Shift Could Transform the Middle East

Plusieurs de ces changements sont à couper le souffle : les talibans étaient un mouvement revanchard pachtoune étriqué, entièrement paralysé par une loi tribale rigide, et influencé par le salafisme saoudien et l’islamisme pakistanais intolérants.

Que voyons-nous aujourd’hui ? Les talibans s’engagent dans une vaste diplomatie avec l’Iran. Téhéran, semble-t-il, n’est plus un apostat, ni un ennemi idéologique et théologique. Les talibans cherchent désormais à intégrer l’Iran dans leurs intérêts stratégiques plus larges. Et plus extraordinaire encore, les Hazaras chiites afghans – à l’origine massacrés et affreusement réprimés par les talibans – sont désormais une composante des talibans ! Il existe également des « talibans tadjiks », alors qu’auparavant, les talibans étaient les ennemis jurés des forces du nord (principalement tadjikes) d’Ahmad Shah Massoud. Les talibans d’aujourd’hui ne sont plus un simple instrument de l’hégémonie pachtoune – peut-être jusqu’à 30 % d’entre eux sont tadjiks, ouzbeks ou hazaras. En d’autres termes, la graine de l’inclusion est déjà plantée.

Plus important encore, au lieu d’avoir une vision étriquée limitée à l’étroit territoire de Kandahar, les nouveaux jeunes dirigeants talibans veulent jouer le « Grand Jeu » stratégique. Leur vision s’est élargie. Ils le disent, de manière très ferme, à Moscou et à Téhéran : ils seront inclusifs, ils essaieront d’éviter les grandes effusions de sang et ils considèrent Moscou et Téhéran comme des médiateurs pour une nouvelle configuration afghane. Et il y a autre chose : l’Arabie saoudite et le Pakistan contrôlaient autrefois le robinet à fric. Maintenant, c’est la Chine. Depuis plusieurs années maintenant, les talibans cultivent la Chine – et la Chine cultive les talibans.

Mais nous devons garder les pieds sur terre. Les talibans ne sont pas autonomes. L’Inde et le Pakistan pèsent sur eux, et les narco-gangs (héritage des tentatives irréfléchies de la CIA d’acheter d’éminents chefs de guerre afghans) peuvent jouer les trouble-fête.

La question qui se pose ici – hormis les mises en garde ci-dessus – est de savoir si cela est suffisant. Suffisant pour quoi ? Suffisant pour que les États-Unis quittent la région, bien sûr. Il y a ici, une inhabituelle constellation d’intérêts importants. Tous les principaux acteurs veulent que les États-Unis quittent la région.

Ce n’est pas de la haute science géostratégique que de comprendre que le retrait américain de l’Irak et de la Syrie dépendra de ce qui se passe en Afghanistan. S’il y a un désordre monstrueux après le 31 août, d’autres retraits américains de la région deviendront beaucoup plus problématiques en raison de l’opposition intérieure américaine. Il est dans l’intérêt des talibans – tout comme de la Russie, de l’Iran et de la Chine – que l’Afghanistan n’humilie pas Biden en sombrant dans une (très possible) guerre civile sanglante.

Une « demande » difficile, mais comme le souligne Pepe Escobar, les poids lourds de l’Organisation de Coopération de Shanghaï, la Chine et la Russie, seront rejoints le 14 juillet à Douchanbé par les quatre « stans » d’Asie centrale, plus l’Inde et le Pakistan (l’Afghanistan et l’Iran participent en tant qu’observateurs).

Wang Yi et Lavrov diront probablement au ministre des affaires étrangères de Ghani, « en termes très clairs, qu’il doit y avoir un accord de réconciliation nationale, sans interférence américaine, et que cet accord doit inclure la fin de la filière opium-héroïne ». (La Russie a déjà obtenu des talibans la promesse ferme de ne pas laisser le jihadisme s’envenimer. La finalité : des tonnes d’investissements productifs, l’Afghanistan est incorporé à la Nouvelle route de la soie et – plus tard – à l’Union économique eurasiatique (UEEA).

Pourquoi les talibans devraient-ils accepter ? Eh bien, ils peuvent être les facilitateurs d’un retrait américain plus important (ou, les « gâcheurs »). Mais, s’ils sont patients – et acceptent d’attendre que l’attention des États-Unis se soit déplacée – ils peuvent permettre à Ghani de tomber quelques mois plus tard – en temps voulu. Les talibans pourraient alors prétendre être l’avant-garde d’un nouvel islamisme sunnite plus sophistiqué et plus inclusif, aligné sur un grand projet d’infrastructure de la Nouvelle route de la soie.

Comment cela est-il arrivé ? Le professeur Rabbani sourit peut-être de sa tombe. Il semble que les « nouveaux » talibans aient pris les vêtements politiques du leader tadjik.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Les États-Unis ont un plan pour la suite des événements en Afghanistan mais ce n’est pas un plan de paix.

Par : Wayan

Par Moon of Alabama – Le 31 août 2021

Secrétaire Antony Blinken @SecBlinken - 1:34 UTC – 31 août 2021

Je veux faire savoir aujourd'hui que le travail de l'Amérique en Afghanistan se poursuit. Nous avons un plan pour la suite, et nous le mettons en œuvre.

Le nom de code du plan que le secrétaire Blinken est en train de mettre en œuvre n’a pas été communiqué officiellement. Il sera probablement appelé « Eternal Revenge » ou quelque chose dans le genre.

Les États-Unis n’ont jamais été bon perdant. Le président Biden et Blinken non plus. Ils vont se venger du tollé que leur évacuation chaotique des troupes et des civils d’Afghanistan a provoqué. Les talibans en seront tenus pour responsables, alors même qu’ils avaient, à la demande des États-Unis, escorté des groupes de citoyens américains jusqu’aux portes de l’aéroport de Kaboul.

On peut anticiper ce que leur plan implique en examinant le processus qui a conduit à la résolution d’hier du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’Afghanistan. La résolution complète n’a pas encore été publiée, mais le rapport de l’ONU en donne l’essentiel :

Le Conseil de sécurité exhorte les talibans à assurer un passage sûr hors d'Afghanistan.

Treize des 15 ambassadeurs ont voté en faveur de la résolution, qui exige en outre que l'Afghanistan ne soit pas utilisé comme refuge pour le terrorisme.

Les membres permanents, la Chine et la Russie, se sont abstenus.

Comme la résolution ne fait que « demander instamment », elle est évidemment minimale et non contraignante. Ce n’est pas ce que les États-Unis voulaient obtenir. Ils en voulaient une beaucoup plus forte, assortie de sanctions possibles (voir « tenir les talibans responsables » ci-dessous) si les talibans ne la respectaient pas.

Avant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, la France et la Grande-Bretagne avaient proposé de créer une « zone de sécurité » à Kaboul. Cette demande a été silencieusement abandonnée, probablement en raison des préoccupations de la Chine et de la Russie concernant la souveraineté de l’Afghanistan.

Le 29 août, Blinken s’était entretenu avec le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, au sujet d’une résolution contraignante. Le compte rendu du département d’État sur cet appel a été minimal :

Le secrétaire d'État Antony J. Blinken s'est entretenu aujourd'hui avec le conseiller d'État et ministre des Affaires étrangères de la RPC, Wang Yi, de l'importance pour la communauté internationale de tenir les talibans responsables des engagements publics qu'ils ont pris concernant le passage en toute sécurité et la liberté de voyager des Afghans et des ressortissants étrangers.

Le compte rendu de la Chine révèle que les sujets de discussion ont été beaucoup plus nombreux que cela :

Selon Wang, la situation en Afghanistan a subi des changements fondamentaux, et il est nécessaire que toutes les parties prennent contact avec les talibans et les guident activement.

Les États-Unis, en particulier, doivent collaborer avec la communauté internationale pour fournir à l'Afghanistan l'aide économique, l'aide à la subsistance et l'aide humanitaire dont le pays a besoin de toute urgence, aider la nouvelle structure politique afghane à assurer le fonctionnement normal des institutions gouvernementales, maintenir la sécurité et la stabilité sociales, freiner la dépréciation de la monnaie et l'inflation, et s'engager rapidement sur la voie de la reconstruction pacifique, a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont bloqué les réserves de la Banque centrale d’Afghanistan, ont arrêté tout paiement budgétisé à l’Afghanistan et ont ordonné au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale de bloquer leurs programmes pour l’Afghanistan.

Cela paralysera toutes les fonctions de l’État afghan. La Banque mondiale est par exemple actuellement chargée de payer les enseignants et le personnel médical afghans. L’Afghanistan connaît une sécheresse et devra importer de grandes quantités de nourriture. Avec ses avoirs étrangers bloqués, il n’a aucun moyen de le faire.

La Chine est clairement consciente que l’Afghanistan connaîtra une catastrophe humanitaire si les États-Unis poursuivent leur blocus économique.

Il y a aussi le danger du terrorisme auquel les États-Unis n’ont pas su faire face :

Wang a exhorté les États-Unis, sur la base du respect de la souveraineté et de l'indépendance de l'Afghanistan, à prendre des mesures concrètes pour aider l'Afghanistan à lutter contre le terrorisme et la violence, au lieu de pratiquer la politique du deux poids deux mesures ou de combattre le terrorisme de manière sélective.

La partie américaine connaît clairement les causes de la situation chaotique actuelle en Afghanistan, a noté Wang, ajoutant que toute action à entreprendre par le CSNU devrait contribuer à apaiser les tensions au lieu de les intensifier, et contribuer à une transition en douceur de la situation en Afghanistan plutôt qu'à un retour à la tourmente.

La Chine est particulièrement préoccupée par le « Mouvement islamique du Turkestan oriental » (MITO) basé dans l’est de l’Afghanistan, que l’administration Trump avait retiré l’année dernière de sa liste de terroristes, alors que l’organisation continue de cibler la Chine. L’administration Biden n’a fait aucune tentative pour renouveler la désignation terroriste du MITO.

La Russie a les mêmes préoccupations, comme l’a expliqué son représentant permanent, Vassily Nebenzia, après s’être abstenu de voter la résolution :

Nous avons dû le faire parce que les auteurs du projet avaient ignoré nos préoccupations de principe.

Tout d'abord, en dépit du fait que le projet de résolution a été proposé dans le contexte d'une attaque terroriste odieuse, les auteurs ont refusé de mentionner État Islamique et le "Mouvement islamique du Turkestan oriental", des organisations qui sont internationalement reconnues comme terroristes, dans le paragraphe sur le contre-terrorisme. Nous interprétons cela comme une réticence à reconnaître l'évidence et une tendance à diviser les terroristes entre "les nôtres" et "les leurs". Les tentatives de minimiser les menaces émanant de ces groupes sont inacceptables.

Deuxièmement, au cours des négociations, nous avons souligné le caractère inacceptable et les effets négatifs de l'évacuation du personnel afghan hautement qualifié pour la situation socio-économique du pays. S'il subit une "fuite des cerveaux", le pays ne sera pas en mesure d'atteindre les objectifs de développement durable. Ces éléments qui sont vitaux pour le peuple afghan n'ont pas été reflétés dans le texte de la résolution.

Troisièmement, les auteurs n'ont pas tenu compte de notre proposition d'indiquer dans le document les effets négatifs du gel des avoirs financiers afghans sur la situation économique et humanitaire du pays, et de mentionner le fait que l'aide humanitaire à l'Afghanistan doit impérativement respecter les principes directeurs de l'ONU, stipulés dans la résolution 46/182 de l'AGNU.

La première préoccupation mentionnée par Nebenzia reconnait les préoccupations chinoises. La deuxième est basée sur une préoccupation que les talibans avaient soulevée lorsqu’ils ont refusé de prolonger l’évacuation par les États-Unis de la population afghane éduquée. La troisième est la plus importante.

La Russie avait proposé de lever le blocage des avoirs afghans. Les États-Unis ont rejeté cette proposition. Il est donc évident que les États-Unis ont l’intention de les maintenir en place. Ils s’en serviront pour formuler des exigences que les talibans seront incapables de satisfaire.

Dans le même temps, les États-Unis utiliseront les membres de l’ISPK (ISIS-K) et de l’« Alliance du Nord » en Afghanistan pour poursuivre la guerre et rendre impossible toute tentative de gouverner l’Afghanistan de manière fructueuse.

Ils accuseront ensuite les talibans des mauvais résultats.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

La CIA utilise ISIS-K pour garder un pied en Afghanistan

Par : Wayan

Par Moon of Alabama − Le 29 août 2021

Il y a une autre histoire derrière les récents événements terroristes en Afghanistan. Nous allons tenter de la retracer.

Au fil des ans, plusieurs rapports publiés par le Réseau d’Analystes Afghans (AAN) concernant État islamique dans la province du Khorasan (ISKP ou ISIS-K) montrent que ce groupe est composés de militants venant de groupes pakistanais. Un rapport de 2016 décrit en détail comment ils ont été encouragés par l’État afghan :

Les combattants de État Islamique qui ont créé la filiale Khorasan étaient des militants pakistanais installés depuis longtemps dans les districts du sud-est de Nangarhar, dans les montagnes de Spin Ghar ou ses contreforts, de l’autre côté de la frontière où vivaient les groupes tribaux, du côté pakistanais de la ligne Durand.

Avant de choisir de rejoindre ISKP, ces militants opéraient sous différentes marques, principalement sous l'égide du Tehrik-e Taleban Pakistan (TTP). Depuis 2010, la plupart de ces militants arrivent à Nangarhar, principalement en provenance de groupes tribaux d'Orakzai, du Nord-Waziristan et de Khyber.

Le Pakistan affirme que TTP est soutenu par le RAW, les services secrets indiens. Ils pourraient également avoir contribué à financer une autre filiale, ISKP.

Dans l'espoir de les utiliser contre le Pakistan, le gouvernement afghan a commencé à courtiser certains de ces combattants, selon certains anciens vivant dans les tribus qui participent à l'établissement des relations et qui ont abrité les militants invités. ...

Toutefois, les efforts déployés par les services de renseignements afghans, la Direction nationale de la sécurité (NDS), pour courtiser les militants pakistanais dans le Nangarhar ne se sont pas limités au Lashkar-e Islam ou aux militants de Khyber. Des anciens des tribus et des habitants d'Achin, Nazian et Kot témoignent que des combattants des filiales d'Orakzai et de Mohmand, appartenant à différentes factions du TTP, ont été autorisés à circuler librement dans la province et à se faire soigner dans les hôpitaux publics. Lorsqu'ils se déplaçaient en dehors de leur centre dans les districts du sud de Nangarhar, ils n'étaient pas armés.

Lors de conversations confidentielles avec l'AAN, des représentants du gouvernement ont confirmé ce type de relations entre des militants pakistanais et la NDS, comme en ont les anciens des tribus et les politiciens pro-gouvernementaux de Jalalabad. Ils ont décrit cet état de fait comme une réaction de représailles à petite échelle au soutien institutionnalisé, plus large et de plus longue portée, apporté par le Pakistan aux talibans afghans dans leur lutte contre le gouvernement afghan.

Le NDS de l’État afghan était une agence proxy de la CIA. Au milieu des années 1990, le chef des services de renseignement de l’Alliance du Nord, Amrullah Saleh, a été formé par la CIA aux États-Unis. Après que les États-Unis ont renversé le gouvernement taliban, Saleh est devenu le chef de la NDS. La NDS entretenait également des relations étroites avec les services secrets indiens.

Alors que les États-Unis prétendaient combattre État islamique en Irak et en Syrie (ISIS), des rapports concordants émanant de diverses parties affirmaient que des membres du noyau dur d’ISIS avaient été extraits d’Irak et de Syrie par des hélicoptères américains banalisés et transférés à Nangarhar où ils ont renforcé les militants de l’ISKP.

Hadi Nasrallah @HadiNasrallah - 1:18 UTC – 28 Aout 2021

En 2017 et 2020, la chaîne syrienne SANA rapportait que des hélicoptères américains avaient transporté entre 40 et 75 militants ISIS de Hasakah, dans le nord de la Syrie, vers une "zone inconnue". La même chose a été signalée pendant des années en Irak par l'UMP, ainsi que des rapports selon lesquels des hélicoptères américains ont largué de l'aide à ISIS.

Comme le résume Alex Rubinstein :

La liste des gouvernements, des anciens responsables gouvernementaux et des organisations de la région qui ont accusé les États-Unis de soutenir l'ISIS-K est longue et comprend le gouvernement russe, le gouvernement iranien, les médias du gouvernement syrien, le Hezbollah, un groupe militaire irakien soutenu par l'État et même l'ancien président afghan Hamid Karzai, qui a qualifié le groupe d'"outil" des États-Unis ...

Comme en Irak et en Syrie, l’utilisation par la CIA d’islamistes ultra-militants a entraîné un retour de bâton, les militants attaquant de plus en plus l’État afghan. L’armée américaine a finalement jugé nécessaire d’intervenir contre eux. Mais la lutte sur le terrain a surtout été menée par les talibans, qui ont reçu à cette fin le soutien direct de l’armée de l’air américaine.

Les opérations des talibans ont été couronnées de succès et la propagation d’ISKP dans l’est de l’Afghanistan a été bloquée. Au lieu de s’emparer ouvertement de nouvelles zones, l’ISKP a alors eu recours à des attentats-suicides sensationnels contre des cibles vulnérables à Kaboul. En mai 2021, par exemple, une voiture piégée placée devant une école de filles hazara à Kaboul a tué plus de 90 personnes, dont la plupart étaient des enfants.

La CIA et la NDS disposaient aussi de militants qui luttaient contre les talibans. Ils avaient développé et construit des forces spéciales organisées en plusieurs bataillons (NDS-01 à -04 et la Khost Protection Force (KPF)). Ces escadrons de la mort contrôlés par la CIA disposaient de leur propre soutien par hélicoptère :

Depuis 2018, la CIA est engagée dans un programme visant à tuer ou capturer des chefs militants, nom de code ANSOF, précédemment Omega. Les effectifs de la CIA sont complétés par du personnel provenant du Commandement des opérations spéciales de l'armée américaine.

Mi-2019, l'ONG Human Rights Watch déclarait que "les forces de frappe afghanes soutenues par la CIA" ont commis "de graves abus, certains équivalant à des crimes de guerre" depuis fin 2017.

Le rapport 2019 de HRW note :

Ces forces d'attaque ont tué illégalement des civils lors de raids nocturnes, fait disparaître de force des détenus et attaqué des établissements de santé pour avoir prétendument soigné des combattants insurgés. Les victimes civiles de ces raids et opérations aériennes ont augmenté de façon spectaculaire au cours des deux dernières années.

Après la prise de Kaboul par les talibans, il est devenu évident que la CIA allait devoir mettre un terme à son programme de « lutte contre le terrorisme » et qu’elle perdrait le contrôle d’une grande partie de son activité (de drogue) en Afghanistan.

Alors que Kaboul tombait, au moins une de ses unités afghanes, soit quelque 600 soldats, a reçu l’ordre d’aider à garder l’aéroport de Kaboul.

NDS 01 Unit @NDS_Afghanistan - 11:50 UTC - Aug 17, 2021

Nous viendrons

Nous servirons aussi nos compatriotes.

#انشاء_الله #Kabul #ANDSF

Les forces afghanes de la CIA se sont chargées de garder les portes et les tours :

Les Américains ont fait appel à plusieurs centaines de commandos de la Direction nationale de la sécurité de l'ancien gouvernement afghan pour limiter l'accès à certaines portes de l'aéroport, afin d'empêcher la foule de submerger l'aéroport. ...

Les commandos de l'ancien NDS devraient être parmi les derniers à quitter le pays lors de l'évacuation, servant d'arrière-garde avant d'être évacués par avion, selon des responsables américains et afghans.

Certains membres de cette unité à la gâchette facile ont eu un incident de tir ami avec des soldats allemands. Les troupes afghanes de la CIA présentes à l’aéroport vont être évacuées. D’autres unités, dont les KPF, se rendraient dans la vallée du Panjshir, où une nouvelle « Alliance du Nord », dirigée par Amrullah Saleh et Ahmad Massoud, est censée se constituer. Les talibans tentent de les traquer.

Jeudi, un kamikaze a attaqué une porte de l’aéroport de Kaboul où de nombreuses personnes attendaient d’être évacuées. État Islamique en a revendiqué la responsabilité :

L'attentat suicide de jeudi à Kaboul et la panique qui a suivi ont tué plus de 150 civils (dont une trentaine de Britanno-afghans), 28 combattants talibans et 13 soldats américains.

Avant l'attentat, un porte-parole des talibans avait déclaré à RT qu'ils avaient averti les États-Unis de l'imminence d'une attaque par ISPK.

Il est difficile de comprendre pourquoi les États-Unis, après avoir été avertis, n’ont pas pris davantage de précautions contre une telle attaque.

La plupart des victimes de l’attaque n’ont pas été causées par le kamikaze mais par les gardes postés sur le mur et dans les tours de garde entourant l’aéroport.  « La plupart des victimes » avaient des blessures par balle sur le haut du corps et les balles venaient d’en haut. Cela a maintenant été confirmé par de multiples sources :

Sangar | سنګر پیکار @paykhar - 13:02 PM – 28 Aout 2021

"La plupart des victimes de l'explosion de l'#KabulAirport n'ont pas été tuées par l'explosion mais par les balles tirées sur elles par les Américains".

Faisal, de la chaîne Kabul Lovers, a interviewé des travailleurs humanitaires à l'hôpital d'urgence de #Kaboul et voici ce qu'ils ont à dire : video

Les médias américains tentent d’ignorer ces rapports. Ce n’est qu’au plus profond d’un long article du New York Times que l’on trouve ces lignes :

Pour la première fois, des responsables du Pentagone ont reconnu publiquement la possibilité que certaines personnes tuées à l'extérieur de l'aéroport jeudi aient pu être abattues par des membres des services américains après l'attentat suicide.

Les enquêteurs cherchent à savoir si les tirs provenaient des Américains postés à la porte d'embarquement ou de État Islamique.

Ce ne sont ni les Américains à la porte ni État Islamique, mais très probablement les escadrons de la mort afghans de la CIA postés dans les tours de garde qui ont causé le massacre.

L’analyse de l’attaque par le Washington Post est tout aussi trompeuse :

Plusieurs hommes armés ont ensuite ouvert le feu sur les civils et les forces militaires. Une filiale locale de État Islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque.

Deux jours après l’attaque la CIA, CNN, a publié une interview de Clarissa Ward avec un commandant présumé d’ISKP, qui aurait été enregistrée il y a deux semaines dans un hôtel de Kaboul. La raison pour laquelle CNN a flouté le visage de l’homme n’est pas expliquée.

Comme RT le titre de façon moqueuse :

« La CIA tweete une interview de la CIA par la CIA » : Les téléspectateurs réagissent à l’interview de CNN avec le commandant d’ISIS-K, qui a été soudainement diffusée et qui est « sinistrement prophétique ».

Un jour après l’attaque de l’aéroport, la CIA a également tué un « planificateur » présumé d’ISKP à Jalalabad qui n’avait rien à voir avec l’attaque de l’aéroport.

Dion Nissenbaum @DionNissenbaum - 10:43 UTC – 29 Aout 2021

Une vidéo exclusive du @WSJ montre les conséquences d'une attaque de drone américain, qui a utilisé un missile "Flying Ginsu", contre État Islamique en Afghanistan. Le Pentagone affirme qu'il n'y a pas eu de victimes civiles. Un témoin oculaire affirme qu'une femme figure parmi quatre blessés.

Une vidéo exclusive montre les conséquences d'une attaque de drone américaine en Afghanistan.

Dire qu’il s’agirait d’un missile « Flying Ginsu », qui ne contient pas d’explosifs, est incompatible avec les importants dégâts causés par des éclats d’obus, que l’on peut voir dans la vidéo ci-dessus.

Passons maintenant aux choses importantes.

Si ISKP est, comme indiqué ci-dessus, un produit de la CIA/NDS et si les gardes de l’aéroport qui ont tué la « plupart des victimes » de l’attaque sont des forces spéciales afghanes dirigées par la CIA, tout cela pourquoi faire   ?

Nous trouverons peut-être la réponse dans un autre article du New York Times intitulé :

Au milieu du chaos afghan, une mission de la CIA qui persistera pendant des années

Alors que la guerre d'Afghanistan touche à sa fin, la CIA s'attend à ce que son objectif principal s'éloigne progressivement du contre-terrorisme - une mission qui avait, en deux décennies, transformé l'agence en une organisation paramilitaire axée sur les chasses à l'homme et les meurtres - pour revenir à un espionnage traditionnel orienté vers des puissances comme la Chine et la Russie.

Mais les deux explosions mortelles de jeudi sont les dernières d'une rapide série d'événements qui se déroulent depuis l'effondrement du gouvernement afghan et la prise de contrôle du pays par les talibans et qui bouleversent ce plan. Tel un trou noir ayant sa propre attraction gravitationnelle, l'Afghanistan pourrait coincer la CIA dans une mission complexe de contre-terrorisme pour les années à venir.

La pauvre CIA, replongée dans une coûteuse mission de « contre-terrorisme » en Afghanistan et ailleurs, qui était censée prendre fin alors que… eh bien, alors qu’un groupe terroriste créé par la CIA envoie un kamikaze à l’aéroport de Kaboul et que les forces afghanes dirigées par la CIA abattent une foule de réfugiés.

On pourrait aussi considérer cela comme la revanche de l’État profond contre l’ordre du président Biden de se retirer d’Afghanistan.

C’est ce même État profond qui nous a valu quatre années de « Russiagate », lorsqu’un autre président était également enclin à rappeler les troupes américaines à la maison et à limiter ainsi les champs d’opération de la CIA.

Pour que leur point de vue soit parfaitement clair, les auteurs de la CIA s’exprimant dans le NYT émettent, dans leur dernier paragraphe, cette menace pas vague du tout :

Toute attaque terroriste en provenance d'Afghanistan exposerait M. Biden à des critiques féroces de la part de ses adversaires politiques, qui lui reprocheraient d'avoir pris la décision de retirer les troupes américaines du pays - un autre facteur susceptible d'entraîner une pression intense de la Maison-Blanche sur les agences d'espionnage pour qu'elles se concentrent sur l'Afghanistan.

La pression de la Maison-Blanche sur les agences d’espionnage ? Non, plutôt la pression exercée par la CIA sur la Maison-Blanche pour qu’elle puisse continuer ses petites affaires en Afghanistan.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Pourquoi certaines personnes soutiennent-elles la tyrannie alors que d’autres la défient ?

Par : hervek

Par Brandon Smith − Le 12 Août 2021 − Source Alt-Market

Il existe une question fondamentale qui hante les pages de l’histoire et qui n’a jamais été traitée de manière satisfaisante. Il existe de nombreuses écoles de pensée sur le pourquoi et le comment de l’émergence de la tyrannie dans une société donnée et toutes ratent la cible en termes d’explications, principalement parce qu’elles laissent toutes leurs préjugés gouverner leurs conclusions et les aveuglent sur les aspects plus profonds du pouvoir et de la conspiration. En d’autres termes, ils ne sont prêts à descendre dans le terrier du lapin que jusqu’à un certain point, puis ils nient l’existence même de ce terrier.

L’hypothèse commune en matière d’autocratie ou d’oligarchie est que les gens sont « stupides » et facilement manipulés pour suivre des personnalités convaincantes qui font des promesses qu’elles n’ont pas l’intention de tenir. Il s’agit d’une simplification excessive et stupide. En vérité, le niveau de manipulation nécessaire pour attirer une majorité de personnes dans une dictature est si complexe qu’il requiert une compréhension avancée de la psychologie humaine.

Dans notre ère moderne, on ne peut pas simplement ordonner aux gens de se soumettre sous la menace d’une arme, du moins pas tout de suite. Il faut les inciter à se conformer, et non seulement cela, mais il faut aussi leur faire croire que c’était LEUR idée depuis le début. Sans cette dynamique d’autocensure et d’auto-asservissement, la population finira par se rebeller, quelle que soit l’oppression du régime. Une tyrannie de mille ans ne peut exister que si un certain nombre de personnes sont amenées à l’applaudir, ou si elles en bénéficient directement.

Et c’est là que se trouve la véritable clé du totalitarisme : il ne prospère que parce qu’une partie inhérente de toute société donnée l’aime secrètement et souhaite qu’il existe. Nous pourrions appeler ces gens des idiots utiles, mais c’est bien plus que cela. Ils ne sont pas nécessairement inconscients de ce qu’ils font ; ils comprennent dans une certaine mesure qu’ils contribuent à la destruction des libertés d’autrui… et ils s’en délectent. Bien sûr, il y a des élitistes et des globalistes qui lancent des conspirations de base et cherchent à exercer de plus en plus de contrôle, mais ils ne pourraient pas accomplir grand-chose sans l’aide de l’armée d’aberrations sociopathes qui vivent parmi nous.

Cette caractéristique étrange et destructrice est toujours visible aujourd’hui à la lumière des confinements Covid et de la pression pour les vaccinations forcées. Il est clair que certaines personnes sont trop préoccupées par les décisions de santé personnelle des autres. La science et les statistiques prouvent que le virus ne devrait pas être une crainte pour eux, mais ils ignorent la science. Ils ont soif du goût du pouvoir. Ils sont devenus un culte qui ignore toute logique et exige la fidélité à leur récit frauduleux. Ils ne se soucient pas des faits, ils se soucient seulement que nous nous conformions.

Eh bien, comme je l’ai dit maintes et maintes fois : Nous ne nous plierons pas !

Et c’est ainsi que commence le conflit épique, une histoire aussi vieille que la civilisation elle-même. Il y a deux types de personnes dans ce monde : Ceux qui veulent contrôler les autres, et ceux qui veulent qu’on les laisse tranquilles. Mais qu’est-ce qui motive les maniaques du contrôle ? Pourquoi sont-ils tels qu’ils sont ? Examinons quelques-unes des causes…

Le moteur de la peur

Il y a des gens qui sont motivés par le succès, le mérite, l’espoir, la prospérité, la foi, l’optimisme, l’amour et l’honneur. Et puis, il y a les personnes guidées par la peur. Il existe des centaines de peurs différentes, mais seulement quelques façons de réagir à chacune d’entre elles. Les collectivistes répondent à la peur par un besoin désespéré de microgérer leur environnement ; ils croient que s’ils peuvent dicter le comportement des gens et les événements dans une certaine mesure, ils peuvent éliminer les résultats inattendus et être libérés de la peur. Mais la vie ne fonctionne pas ainsi et ne fonctionnera jamais ainsi.

Le niveau d’influence que ces personnes recherchent est si loin d’elles qu’elles ne pourront jamais l’atteindre. En d’autres termes, ils ne seront jamais satisfaits tant qu’ils n’auront pas obtenu davantage. Leurs peurs les hanteront toujours, car les peurs ne peuvent être traitées de l’extérieur, mais seulement de l’intérieur.

De plus, les choses qu’ils craignent tournent souvent autour de leur propre narcissisme et sont de leur propre fabrication. Ils ont peur de l’échec, mais ils travaillent rarement assez dur pour réussir. Ils ont peur de s’exposer, mais uniquement parce qu’ils mentent constamment. Ils craignent les conflits, mais uniquement parce qu’ils sont faibles de corps et de caractère. Ils ont peur de la mort, car ils ne croient en rien de plus grand qu’eux-mêmes. Ils revendiquent la domination de leur environnement parce qu’ils croient à tort qu’ils peuvent tromper le destin et les conséquences de leurs propres choix terribles.

La sécurité de la foule

La question de la peur s’étend à l’état d’esprit commun des totalitaires et à la façon dont ils trouvent la sécurité. L’idée de se tenir sur ses deux pieds et de défendre ses principes face à l’opposition leur est complètement étrangère. Ils évitent ces situations à tout prix et la notion de risque leur est odieuse. Ils cherchent donc plutôt à se fondre dans la foule. Cela leur permet de se sentir en sécurité dans l’obscurité tout en exerçant une force par le biais d’une action collective. Ils peuvent se sentir puissants tout en étant pitoyables et faibles.

Ces personnes opèrent presque toujours par le biais de grands groupes à l’esprit unique qui punissent toute dissension dans les rangs, généralement avec des gardiens qui modèrent les motivations de la ruche.

La foule elle-même est une arme, son seul but, au-delà du confort de ses adhérents, est de détruire les personnes qui n’ont pas les mêmes croyances ou valeurs que les contrôleurs. Il n’y a pas de but défensif à la foule, c’est un outil pour assassin, c’est une bombe nucléaire. Et, comme nous l’avons vu dans toutes les dictatures modernes, des bolcheviks en Russie aux fascistes en Allemagne en passant par les communistes dans la Chine de Mao, la foule totalitaire est capable d’assassiner plus de personnes que n’importe quelle arme nucléaire existante, tout cela au nom du « plus grand bien du plus grand nombre ».

Une fausse piété à la place de l’estime de soi

Tous les tyrans se croient justes dans leur cause, même lorsqu’ils savent que leurs actions sont moralement odieuses. J’ai pu observer cette dynamique en pleine démonstration lors des mandats de vaccination et des initiatives de passeports vaccinaux. Considérez un instant que 99,7 % de la population n’est pas menacée par le virus de la Covid-19 ; elle n’en mourra pas et, dans la grande majorité des cas, elle s’en remettra rapidement. Pourtant, la secte Covid soutient constamment que les personnes qui refusent les mandats, les confinements et les vaccins mettent les autres en danger, et que c’est pourquoi nous devons être « forcés » à nous soumettre.

La plupart d’entre eux savent, d’après les données, que le Covid n’est pas une menace, mais le récit leur donne l’occasion d’appliquer leur pouvoir par le biais d’un « jugement moral », et donc ils mentent, et ils continuent à mentir au sujet des données jusqu’à ce qu’ils pensent que le mensonge sera accepté comme une réalité. Il s’agit d’un aspect commun à la plupart des sectes et des religions fondamentalistes qui se sont égarées – l’habitude des adhérents de privilégier les mensonges aux faits et aux preuves, non pas parce qu’ils essaient de protéger leur foi, mais parce que cela leur donne la possibilité de se sentir pieux et supérieurs à ceux qu’ils sont déterminés à blesser.

Ceux qui ne sont pas d’accord sont qualifiés d’hérétiques, de moins que rien, de terroristes sans foi ni loi. La foule anti-mandat est ainsi dépouillée de son humanité et est dépeinte comme démoniaque. Les personnes qui veulent rester libres deviennent des monstres, et les monstres totalitaires deviennent des héros chargés de sauver le monde. Comme l’a dit un jour l’auteur Robert Anton Wilson :

Les obéissants se considèrent toujours comme des vertueux plutôt que des lâches.

L’amour d’une cage

J’ai l’impression de comprendre cet état d’esprit dans une certaine mesure, mais je suis toujours choqué par la façon dont les gens qui grattent pour avoir du pouvoir sur les autres semblent aussi aimer être les esclaves du système. Je ne suis pas sûr que ce soit ironique, car l’autoritarisme tient certaines de ses promesses de « sécurité » tant que les personnes impliquées sont prêtes à renoncer à tout élan de liberté. Si vous faites ce que l’on vous dit à tout moment et que vous servez le système sans faillir, il y a de bonnes chances que vous puissiez vous accrocher aux maigres nécessités de la survie. Vous vivrez une vie, mais probablement pas une vie heureuse.

Pour ceux qui se surpassent et mettent de côté tout principe personnel afin d’atteindre les objectifs du système, ils peuvent même jouir d’un minimum de richesse par rapport à leurs pairs. Vous voyez, dans une société despotique, les personnes les plus dépourvues d’honneur sont celles qui sont les plus récompensées. Ils n’ont pas besoin de mérite, d’accomplissement, de compétences ou même d’intelligence ; tout ce qu’ils doivent faire, c’est vendre leur âme et faire tout ce qu’il faut pour attirer l’attention de l’oligarchie. Ils n’ont pas besoin d’être bons dans quoi que ce soit, tout ce qu’ils ont à faire c’est d’être méchants, et pour certaines personnes, c’est facile.

De cette façon, le système devient une couverture confortable dans laquelle des déviants inutiles peuvent être emmaillotés. Ils s’y enveloppent et se prélassent dans sa chaleur. Ils ne sont pas concernés par la liberté, car celle-ci leur semble froide. La liberté peut être isolante et l’existence du choix est terrifiante. Lorsque tous vos choix sont faits pour vous, il n’y a jamais de doute ou de stress interne. Tout ce que vous devez faire, c’est vous réveiller chaque jour et obéir.

Pour les personnes faibles et ignorantes, la soumission est un cadeau plutôt qu’une malédiction. Ils croient qu’une cage est faite pour être dorée, pas pour s’en échapper, et que quiconque cherche à s’échapper doit être fou ou dangereux. Si des personnes libres existent, les esclaves sont obligés de remettre en question leur propre condition et leur propre conformité, donc tout le monde doit être asservi pour éliminer tout doute de la société. L’esprit de ruche est placé au-dessus de tout.

Les rebelles et les libres

Les petits tyrans qui infiltrent l’humanité considèrent probablement les défenseurs de la liberté comme des créatures extraterrestres venues de bien au-delà des limites de leur univers. Ils n’arrivent pas à comprendre comment il est possible pour quelqu’un de défier le système, de s’opposer à la foule ou à la collectivité, même s’il est en infériorité numérique ou si le risque est élevé. Ils supposent qu’il s’agit d’une forme de folie ou d’un manque d’intelligence ; car comment quelqu’un d’intelligent pourrait-il penser avoir une chance de se défendre contre la dictature ?

Les gens voulant la Liberté par dessus tout sont des individualistes par nature, mais nous nous soucions également des libertés des autres. Il existe un récit de propagande commun qui prétend que les individualistes sont « égoïstes », mais ce n’est pas du tout le cas. Il ne suffit pas que nous soyons les seuls à échapper à l’esclavage, nous ne resterons pas non plus à regarder les autres être contraints à l’esclavage. Nous sommes prêts à risquer nos vies non seulement pour nous sauver, mais aussi pour sauver les générations futures de l’autocratie.

Alors que les passeports vaccinaux et les mandats continuent de s’intensifier, les totalitaires se trouveront encore plus désorientés, car chaque nouveau mécanisme de contrôle donnera un élan encore plus grand à la rébellion, et franchement, à ce stade, ce sera nous, ou eux. Ils ne cesseront pas leur quête de domination et nous ne nous y plierons pas, nous sommes donc dans une impasse. Nos deux tribus ne peuvent coexister au sein de la même société, peut-être même pas sur la même planète.

La vérité est que si le volontarisme était un idéal valorisé, alors tout ce combat pourrait être évité. Si le culte collectiviste était prêt à accepter l’idée qu’il peut choisir de vivre dans un environnement hautement microgéré alors que d’autres peuvent choisir de vivre indépendamment, alors il n’y aurait pas de crise. Nous pourrions facilement suivre des chemins différents. Mais ce n’est pas ainsi que pensent les totalitaires : pour eux, tous les gens sont des biens meubles, nous sommes des biens à mettre au pilori et à rééduquer jusqu’à ce que nous voyions la lumière. Et si nous ne voyons pas la lumière, nous devons être éliminés et effacés.

C’est pourquoi ils sont totalement responsables de la guerre qui s’annonce. Ils ne peuvent s’empêcher de s’emparer de nos gorges et de nos esprits. Ils sont accros à la suprématie. Ils vivent dans un rêve fiévreux et la seule drogue qui leur rafraîchit les veines est l’oppression totale de tous ceux qui les entourent. Je vois ce qui va se passer et ce n’est pas joli pour les deux camps, mais ce sera particulièrement horrible pour les collectivistes parce qu’ils ne peuvent pas imaginer un scénario dans lequel ils perdent. Ils sont tellement certains de leur prééminence et de la sécurité de leurs prisons auto-imposées qu’ils verront l’échec comme un fantôme, un fantôme qui ne peut pas les toucher. Il suffirait d’une poignée de défaites mineures pour les faire tomber, mais il faudrait pour cela que les défenseurs de la liberté deviennent plus organisés qu’eux.

La conclusion est la suivante : Les systèmes tyranniques sont planifiés par des groupes et des gouvernements élitistes et ce sont eux qui profitent le plus de la destruction des libertés publiques. Il s’agit bel et bien d’une conspiration, et le confinement en réponse à la pandémie et le recours forcé aux vaccins ne font pas exception. Cependant, les systèmes tyranniques ne pourraient pas être viables sans l’aide d’un plus grand contingent psychopathe de la population, et ces personnes se rassemblent pour que des choses terribles se produisent. C’est comme s’ils entendaient un sifflet à chien silencieux lorsque le totalitarisme s’élève, ou qu’ils sentaient le sang des victimes innocentes dans l’air.

Appelez-les gauchistes, communistes, collectivistes, appelez-les comme vous voulez, mais sachez que les globalistes ne sont pas notre seule préoccupation. Il y a un mur de péons égocentriques et avides de pouvoir sur le chemin, et ils veulent tous les morceaux qu’ils peuvent obtenir de la table des puissants. Ils ne sont pas inconscients, ils n’ont pas été trompés pour faire les choses qu’ils font. Ce sont des gens tristes et pathétiques, mais leurs ambitions sont toujours dangereuses, et ils continueront à sortir du bois au fur et à mesure que l’agenda de la secte Covid progresse.

Brandon Smith

Note du Saker Francophone

Bruno Bertez propose une analyse de ce texte de Brandon Smith. On pourrait cependant nuancer son utilisation du terme complotisme qui passe à côté de l'incarnation du Système par des personnes, des familles qui surfent sur les idéologies du moment pour rester tout en haut. On suit aussi Brandon Smith pour voir comment aux USA, la perception du "complot" Chinois / Communiste évolue chez les conservateurs. Kunstler d'ailleurs renforce cette perception depuis quelques mois avec les intrications bien réelles Biden / PC Chinois.

Essai: Mais pourquoi donc obéissent ils? De la soumission.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Le carcan du non sens de la narration occidentale

Par : Zineb

Les récits de Biden resteront des fantasmes, qui ne peuvent être mis en œuvre dans la réalité. En d’autres termes, ils ne peuvent être mis en œuvre sans déclencher une guerre majeure au Moyen-Orient – une guerre qui menacerait l’existence même d’ « Israël ».


Par Alastair Crooke – Le 13 juillet 2021 – Source Al Mayadeen


Lorsque le président israélien sortant a rencontré Biden dans le bureau ovale le mois dernier, tous les « récits porteurs » de l’Establishment mondial étaient exposés : l’« ordre mondial » imposé par les États-Unis, le renforcement de l’alliance arabe anti-iranienne, le blocage de la poussée nucléaire iranienne, l’arrêt du développement de l’arsenal militaire iranien – et l’Iran « ne réussira jamais à se doter d’une arme nucléaire sous « mon » mandat (c’est-à-dire celui de Biden) » .The Shackle of Western Non-meaningful Narrative

Cela semble difficile. Cela résonne chez nous, comme si les États-Unis dirigeaient le monde « depuis le front ». Mais tout cela, ce n’est que du bruit, car l’équipe Biden ne peut, en fait, mettre en œuvre aucun de ces récits. Ils restent des fantasmes, qui ne peuvent être mis en pratique dans la réalité : c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas être mis en œuvre sans déclencher une guerre majeure au Moyen-Orient – une guerre qui menacerait l’existence même d’« Israël ».

L’ordre mondial s’est effondré et ses « valeurs » n’appellent plus d’émulation ; l’Iran ne peut plus être forcé à entrer dans une « boîte de restriction nucléaire » – et comment Biden pourrait-il garantir (sans une guerre régionale majeure) qu’il n’y aura pas d’« arme » iranienne durant sa présidence ? Il en va de même pour les autres enjeux régionaux : les États-Unis vont « donner le coup d’envoi » d’une solution à deux États pour les Palestiniens, et Assad doit être tenu pour responsable du « massacre de son propre peuple ».

Comment Biden garantirait-il un État palestinien ? Et, au-delà de la transformation de la Syrie en un désert de fumée, comment va-t-il forcer les Syriens à abandonner leur dirigeant ?

Nous touchons là au cœur du dilemme du Moyen-Orient : la région s’est transformée au cours des quatre dernières années ; le monde prend de nouvelles directions, mais rien de tout cela ne peut être abordé – aucune de ces vérités n’est directement « regardée dans les yeux » dans le discours occidental, en raison du caractère sacré de ces schibboleths éculés. Et puisqu’il est impossible d’en parler, ou d’y réfléchir de manière critique en Occident, la capacité de la région à aller de l’avant est gravement atténuée.

Voici le problème : lorsque l’Establishment a finalement évincé Trump – et que sa « nouvelle normalité » a été proclamée – nous (le monde) étions déjà complètement déboussolés en vivant une réalité dans laquelle les faits n’avaient plus aucune importance, où des choses qui ne se sont jamais produites ont néanmoins eu lieu officiellement. Et d’autres choses qui se sont évidemment produites, ne se sont jamais produites – pas officiellement, du moins. Il s’est avéré que ces dernières n’étaient pas fondées sur la « science », et qu’elles méritaient donc d’être condamnées comme étant de l’extrémisme de droite, des théories du complot, des « fake news » ou autre chose, bien que les gens sachent qu’elles ne sont pas fausses. Et ils pouvaient le voir.

Il ressort clairement du récit de Biden que « ses maîtres » ne veulent absolument pas réfléchir aux nouvelles réalités stratégiques de la région, ni les aborder. Ils n’ont que faire d’un examen approfondi de ces nouvelles circonstances. Ils veulent, au contraire, aller dans la direction opposée à la pureté épistémologique. Ils cherchent à générer un grand nombre de réalités contradictoires, c’est-à-dire non seulement des idéologies contradictoires, mais aussi des réalités qui s’excluent mutuellement, qui ne peuvent pas exister simultanément et qui, bien sûr, ne servent qu’à embrouiller davantage les gens.

L’objectif est de « dévaloriser » toutes les valeurs nationales restantes, d’affaiblir la cohésion nationale – car son objectif logique n’est pas de créer une nouvelle idéologie ou un nouveau récit (il n’en a pas besoin), mais plutôt de prolonger un ordre unique, mondial et mercantile.

Bien sûr, même la Maison Blanche a toujours besoin de son « récit ». Mais le but, ici, de tout récit de l’Establishment, est de tracer une ligne Maginot, une frontière idéologique défensive, entre « la vérité » telle que définie par les classes dirigeantes et toute autre « vérité » qui contredit leur propre récit.

Les « classes dirigeantes » accréditées (telles que celles qui dirigent Bruxelles et travaillent au Congrès) savent que leur succès dans le monde est, en grande partie, le fruit de leur enthousiasme pour les récits officiels. Et leur espoir collectif est que l’adoption du « récit correct » leur assure un espace sûr et durable. D’un côté de cette « ligne Maginot », il y a donc la sécurité et un certain avancement, mais de l’autre côté, il y a la stigmatisation sociale et professionnelle, et la fin d’une carrière.

C’est là que réside le nœud du problème. Le Moyen-Orient (comme d’autres régions) est prisonnier de ce carcan de récits délibérément absurdes. Jusqu’à ce que le méta-récit d’un ordre mondial, soutenu par les « muscles » américains – et le récit subordonné d’un « avantage » israélien garanti sur le monde musulman, se fracture enfin, la région semble condamnée à une crise durable.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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